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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Supplément 1
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1972-10-28, Collections de BAnQ.

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W.-i; € ¦g^'s.,jjFS 'i,.- r^m - L*.-J ¦*K » 'Pf*it 44 sX 1^*'*'*% jlW \ \ ¦ l: ;;* \\jf Nos géographes.Après Victor-Livy Beaulieu, Jacques Benoit, Roch Carrier, Jacques Godbout at Pierre Vadeboncoeur qui l'avaient fait en 1971, cette année Denys Arcand Raoul Duguay Fernand Dumont Jean-Claude Dussault Madeleine Ferron Gérald Godin Anne Hébert Claude Jasmin Jean-Pierre Lefebvre Urgel Lefebvre André Major Gilles Marcotte Hélène Palletier-Baillargeon Clément Perron Jean-Marie Poupart Malcolm Reid Jean-Jules Richard Pierre Richard Marcel Sabourin Claude Saint-Germain Fernande Saint-Martin Jacques Thériault Michel Tremblay et Clément Trudel ont décrit le Québec.f Tj- % notre écurie.Ce supplément littéraire 1972 du DEVOIR a été préparé par le fringant service Arts et Lettres du journal, avec le concours des linotypistes, typographes et correcteurs de l'imprimerie DUMONT: Yolande Caron Roger Charlebois Gynet Dagenais Lorraine Demers Louis Frenette Jeanne Gervais Lysiane Guenette Carole Lacerte Micheline Lafrance Léon Lambert Louise Laurent Denise Levigne Richard Lavigne Claude Lavoie Ghislaine Leduc Jean-Marc Legault Roger Legault Francine Létourneau Lise Perreault Noëlle Poirier Lise Primeau Yolande Primeau Pierre Tremblay et André Verdon sous la direction de Gilles Rouette.m mttÊÊÊÊimim .et nos collaborateurs.Aussi, Gilles Archambault, Victor-Lévy Beaulieu, Mireille Oensereau, Jean Ethier-Bleis, Jacques Ferron, Jacques Godbout, Mgr de Groesbriand, le Rév.P.E.Hamon, Nairn Kattan, Louis Rousseau, Robert Guy Scully et Fernand Seguin sur Jack Kérouac vu du Québec.Accompagnés de Michel Bélair sur la littérature du théâtre, Pierre Duceppe sur l'art du scénario au cinéma, Nairn Kattan sur les littératures des Amériques, Gaston Ouellette sur les publications artistiques, Jean Paré sur notre littérature et son horloge, (lisez, vous verrez), Jean-Pierre Proulx sur les lettres religieuses, Robert-Lionel Séguin sur notre "vie galante et libertine" (il y a trois cents ans.), Jean Tétreau sur tout ce qu'il faut savoir pour être critique, et Georges-André Vachon sur science et littérature.Enfin, pour clore, une insurrection que personne n'appréhendait: la rencontre en page LV de quatre fins nez policiers: ceux d'André Major, romancier, Jean-Marie Poupart, essayiste, Pierre Turgeon, scénariste, et Jacques Thériault, interviewer.N.B.Il est interdit aux myopes de fumer en lisant ce supplément.s'ils n'ont pas leurs lunettes.À tous les autres, bonne lecture I '/ i Il • Le Devoir, samedi 28 octobre 1972 Devenez membre CLUB DU LIVRE DU QUÉBEC Vous recevrez un livre GRATUIT d'une voleur de $250"j400 POUR LA SOMME DE VOUS ÊTES MEMBRE À VIE CHOIX DE LIVRES GRATUITS .,ctoNNA£! ÉMOU VAN* @ W0** ! MEMOIRES D’UN ESQUIMAU, MOI NULIGAK Récit authentique et fascinant traduit de l'esquimau par le R.P.Maurice Métayer OMI.2.LES ROSES SAUVAGES par Jacques Perron Un des meilleurs romans de Jacques Perron.Suivi d'une lettre d'amour (celle d'une patiente de Saint-Jean-de-Dieu).Du grand Perron.3.BARREAUX DE FER ET HOMMES DE CHAIR de Raymond Boyer, Le récit de prison d'un Québécois condamné pour "espionnage".Une atmosphère émouvante.Se lit comme un.roman.4.COLIN-MAILLARD de Louis Hémon Un grand roman d'amour qui est en même temps un document essentiel sur le socialisme du début du siècle.Chaque mois vous déciderez si vous achetez un livre ou non.AUCUNE OBLIGATION DECOUPEZ ET POSTEZ CE COUPON AUJOURD'HUI MÊME CLUB DU LIVRE DU QUEBEC INC.1651, rue St>Denis, Montréal m test Je veux devenir membre du CLUB DU LIVRE DU QUÉBEC, ce qui ne m'engage à rien.Je pourrai en tout temps me retirer du Club.Je recevrai chaque mois un bulletin indiquant les sélections et d'autres offres intéressantes.Si je ne veux rien acheter, je n'aurai qu'à retourner la carte-réponse.?Conclus $1.00 pour frais d'admission ?Envoyez-moi GRATIS le livre No.¦ L NOM.PRÉNOM.ADRESSE.VILLE Age, si moins de 18 ans.Occupation.—.•»»: î*»>; •SW?• • • • • WAV MESSAGERIES JOUR Depuis le 1 er septembre 1972, les Messageries du Jour ont l'exclusivité de la diffusion des maisons d'édi- tions suivantes: ÉDITIONS _ ROBERT LAFFONT ÉDITIONS SEGHERS ET PLUSIEURS AUTRES MAISONS FRANÇAISES DONT: ÉDITIONS DU TERRAIN VAGUE LOSFELD L'HERNE MOREL TCHOU ETC.SANS PARLER, BIEN ENTENDU, DES EDITIONS DU JOUR ET DES ÉDITIONS RENÉ PERRON » PRÉSIDENT: Jacques Hébert VICE-PRÉSIDENT: Robert Soupras SECRÉTAIRE-TRÉSORIER: Claude Béland DIRECTEUR: Ernest Maassen DIRECTEUR GÉNÉRAL: Bernard Pagé.C.A DIRECTEUR COMMERCIAL: Alfred Lcspérance DIRECTEUR DES VENTES EN CONSIGNATION: Marcel Lafleur DIRECTEUR DES STOCKS: Louis Doutrelepont CHEF DU SECRÉTARIAT: Marie-Thérèse Maassen REPRÉSENTANTS: ARMAND DE LESELEUC MARCEL ZEHNER NOUVELLE ADRESSE MESSAGERIES DU JOUR 8255, rue Durocher, Montréal 303 Téléphone: 274-2551 inc.Devoir Octobre 1972 Le Devoir, samedi 28 octobre 1972 • III petite géographie littéraire bitibiabitibiabitibiabitibiabitibiabitibiabitibiabitibiabitibiabitibiabitibiabitibiabitibiabitibiabitibiabitibiabi La Bit» à Tibi par RAOUL LUOAR YAUGUD DUGUAY 1-la géographie du bûcheron C est en fendant le coeur des arbres que 1 on entre en Abitibi.Et les premiers dormaient sur un tapis de branches de sapin Le plus grand géographe de tous les pays a toujours été le bûcheron.Et ses pareils le suivent, ouvrant l'espace sous la botte boueuse.L ancètre du bûcheron, comme chacun le sait, s'appelait Hache.Le skiddeur.le draveur.le charretier en savent quelque chose.C'était vraiment l'école buissonnière.Je ne peux parler ici que par souvenirs.Et pourtant je plonge en mon pays comme un castor dans son nid de bois.Lorsque j'étais petit, ma mère me raconta une petite histoire que voici."Ton père et moi.Rita.Fernand.Jeannette.Laurette.Raymond et Rodolphe.tes frères et soeurs, sommes arrivés à Val d'Or par la route d' Amos.C'était une route tellement lourde de boue, qu'une fois partis, les chevaux et les charettes ne pouvaient s'arrêter.Il fallait toujours avancer sur ce chemin difficile.C'était notre nouvelle vie.Soudain, en cours de route, l une de tes petites soeurs a laissé tomber sa petite poupée.Ton père demande alors au charretier de faire une courte halte pour sécher les pleurs de ta petite soeur.Mais le charretier répondit Quand on n avance pas.on recule et si l'on s'arrête, votre enfant retrouvera sa poupée, mais nous, nous devrons habiter le lieu.' Et mon père regarda par terre et il comprit qu'on ne pouvait bâtir maison sur une mare du boue.Je pris ta petite soeur contre mon coeur et lui fis croire que la musique qu elle y entendait était celle du petit coeur de sa poupée.Quand vint la nuit, elle me crut .' Mon père était une sorte de pionnier de Val d'Or.Comme tous ceux qui s'y étaient rués, il rêvait de construire sa maison dans un bloc d or.Il y avait déjà 7 maisons en bois rond, lorsque mes parents arrivèrent au foetus de village.11 parait que nous avons habité la septième.Je n'étais pas encore né.en ce temps-là.J'habitais quelque part parmi les nébuleuses d'étoiles ou peut-être même au coeur du soleil.Mon père était tailleur de métier et musicien de profession par les soirs.Il a fait giguer et valser et fox-trotter toute la région.Mais je ne me souviens pas du son de son violon, ni de celui de son banjo, ni de celui de sa clarinette.ni de celui de sa batterie, ni de celui de son trombone, ni de celui de son piano, ni même de sa voix.Ma mère me dit qu'il me jouait des airs de saxophone et que j'aimais bien cela, et tellement que j'en pissais parfois dans ma couche.11 ne m'a laissé aucun autre héritage que l'essentiel: la musique.Ma mère et mon père venaient de Caraquette.et Dalhousie.N.B.Je suis de race acadienne-abitibienne-ké-bekoise.Ma mère avait fait un cours d'infirmière.Mon père est mort lorsque j'avais 5 ans.Tout ce dont je me souvient de lui.c'est quand, la main coupée par le couvercle d'une boite à café, il m'accompagna à l'hôpital après m'avoir enveloppé la main dans une serviette de service.Ne pas connaître son père est-il une blessure0 Ma mère m a donné son immense courage et son infinie patience dans le labeur de devenir enfant.Complainte (Voix de vieillard près du feu> ion wouin ia éon wuin iéuin iéo wouin ié iéa wuin ièiun iua wouin iu aié wuin iéain Moé J'viens d'Abitibi Moé j'viens dla Bitt à Tibi Moé j'viens d'un pays qui a ventre d'or Moé j'viens d'un pays qui vit dans le nord ( Tyrolien improvisé ou gigue \ Dans ce pays qui était comme un neuf Le treize février mil neuf cent trente-neuf Chui né à Val d'Or en Abititi Dans ce pays qui est encore tout neuf J avions connu H imess Turcottt Qui viva ent de bos boués rons Qui parla aux âbes et aux taons Qui chaque matin chaussait ses bottes Pour aller comme Ti-Djo Hébert Fend' la forêt avec ses nerfs Qui ava pas de tchénsa Quiava hach et boxa Pi dé bras durs kom la roche Pi dé cuiss kom dé troncs d'âbe Pi du front toultour dla tête Pi quin'étapasi bêt En mil neuf cent dix En Abitibi Dans mon pays Colonisé 2-la géographie de l'enfant La géographie du pays, quand j étais tout petit, c'était maison ou bois.Je ne me souviens plus au-delà de cet âge Je sais qu'un jour je retournerai dans le ventre de ma rnère.comme Toulmonde.pour renaître à moi-même.pour devenir ma mère et mon père, mon fils et ma fille.Pourtant lorsque j'allais jouer à .Tarzan et Robin des Bois, derrière la maison, tous mes petits amis me tuaient J'étais toujours ou bien le premier ou bien le dernier à mourir.Nos pistolets étaient faits de branches d'arbre.Et plus tard, il y eut de l'eau puis du feu dedans.Je n ai jamais pointé mon pistolet sur un arbre.Il m'arrivait parfois de leur parler lorsque personne d'autre ne pouvait combler ma solitude.Jen ai pas changé.Nous étions treize à table ou plutôt douze, quand le cancer eut fini de ronger mon père.Il rêvait de faire avec toute hr famille, un orchestre-choeur ambulant.Comme mon grand'père.mort du cancer lui aussi, sa voix faisait trembler les poutres de l'église.Rien n'a changé.La treizième arriva quatre mois après le départ de mon père.Je ne me souviens pas du cercueil, ni des fleurs, ni des.pleurs Rien n'a changé Il fallait toujours essuyer la morve sous son nez.se tenir droit comme les drilleurs de l'année et obéir.Comme Toulmonde.j'ai servi la messe et bu les burettes de vin.A dix ans.je vendais le journal L'Echo Abitibien qui demeure l'un de mes plus mystérieux et l'un de mes plus chauds souvenirs.Lorsque j'arrivai au Petit Séminaire d'Amos.pour faire un prêtre commandité par la Société Saint-Jean-Baptiste.j'écrivais dans le journal Horizon.Mon supérieur me dit un jour que j'étais un hérétique théologique, quand je chantais Les Croix de Gilbert Bécaud.Après un certain article sur la liberté d'expression, on me cousut le bec.on me corriga tant à chaque ligne, qu'il n'en restait plus que les points et les virgules.Je vous parle de ma géographie intérieure.la seule où voyager en vérité.Bien sûr.j'en rajoute un peu dans les détails, mais l'histoire ne ment pas; en tout cas.pas celle des os.Nous étions tous maigres chez nous.Personne n'est mort, sauf mon père.Fernand travaillait dans une shop de bois, à corder et ficeler et empaqueter des lattes.Il devait travailler aussi vite qu'une machine et aussi longtemps que sa main pour apporter quelques sous à la maison.Jeannette chantait de l'opérette au Nouveau-Brunswick.Laurette et Rita étaient vendeuses dans les 5-10-15 et dans les marchés.Raymond faisait beaucoup d'argent à la mine.Lucien montait dans les poteaux de téléphone et Angéline répondait à un téléphoniste.Rodolphe était dans les chantiers, assistant-cook.Et moi j'étudiais.Rien n'a changé pour moi.Au collège, on comptait mes os.Je souffrais beaucoup d'être maigre Et j'avais des boutons en plus.Mais j'ai toujours été assez beau quand même.C'est la beauté de ma mère dans ma peau.Je suis aussi nerveux que mon père.Complainte (Voix d'enfant foui ion wouin ja wuin iéuin iéon iéo wouin ié wuin ièiun iéaé iua wouin iu aié wuin iéaini Moé j'viens d T Abitibi Moé j'viens dla Bitt à Tibi Moé j’viens d'un pays qui a ventre d'or Moé j'viens d'un pays qui vit dans le nord (tyrolien improvisé ou rigodon i Quand j'étions ptit j allions jouer aux bois Avec les épinettes et les bouleaux J aimions gazouiller avec les zouézos Quand j'étions ptit je suivions le ruisseau Je jouais de Tharmonica Près dla rivière Harricana Je r'gardions passer les gros chars Sur ma ptite cenne qui vnait en or Dans un banc d'neige j'creusà maison Dans la glac(e) j'écrivais ton nom Et L'hiver à Tarèna On patina touttt en tas L'été près du Lac Blouin On faisions semblant de rien On ramassait des beulwas Qu'on vendait pour presque rien En mil neuf cent kek En Abitibi Dans mon pays Colonisé 3-ia géographie du mineur En Abitibi, c'est dans les mines que beaucoup d'hommes perdent leur souffle.Les maladies des bronches sont fréquentes chez les mineurs.Mais perdre sa santé pour conserver celle de ses enfants est l'un des rares secours de l'ouvrier et du manoeuvre Les mineurs ont toujours été assez bien payés pour mourir lentement Je n'ai pas connu cela.Mon oncle si.Mon oncle Edmond, qui est parent avec ma mère Lauza et par ricochet avec mon père Armand et toute la famille, n'est pas mon oncle.En réalité, c'est mon cousin Mais moi je dis que c'est mon "mon onde".Un jour, revenant de la mine, il me fit une proposition "Raoul, n es-tu pas surpris d'être privé de chocolat aujourd'hui?(Tous les vendredis.après la classe, j'allais voir mon mon oncle et ma ma tante Ida pour souper et manger du chocolat et des bonbons, i Tu es grand maintenant et je veux que tu choisisses: voici deux barres de chocolat, l'une est pleine de vrai chocolat et l'autre est pleine d'or, laquelle veux-tu’" J'ai pris la barre de chocolat et lui répondit: l'or, ça ne se mange pas pour dessert.Mon mon oncle répliqua: Mais avec une barre en or.tu peux acheter des montagnes de barres de chocolat." Au magasin, demandai-je?"Non.il faut d'abord échanger la barre en or contre de l'argent et ce sont les compagnies qui possèdent les clefs du coffre-fort où sont gardées toutes les barres en or de TAbitibi et tous ceux qui les ont fabriquées." Est-ce que Targent, ça se mange?"Non.répondit mon mon oncle, mais avec de l'argent tu peux acheter des montagnes de barres de chocolat.Mais l'argent est fait avec des arbres que les bûcherons bûchent dans le bois.Comprend-tu maintenant à quoi sert l'argent?" A manger des barres de chocolat, dis-je.Et mon mon oncle s'arracha presque tous ses cheveux.Il y a longtemps déjà, j'allais cueillir des framboises et des bleuets près de la Mine Sigma.Et parfois je trouvais des pépites de pyrite de fer que je prenais pour le rayonnement de l'or.Un jour, l'un de mes amis et moi tentèrent notre chance à la mine.Nous voulions aller travailler près de Chibougamau avec les géologues, n etre que porteurs d'eau.Mon ami.qui passa le premier au bureau-chef, sortit en pleurant à mon oreille: "Souviens-toi: to work in the bush, ça veut dire travailler dans le bois, c'est parce que je ne Tai dis à la pre- mière question: “Have you ever work in the bush m'engagea.out in the bush, young man0” Oui, Et il J'ai failli laisser ma peau à un ours près du campement.Je travaillais avec des Américains en études d’été.Un soir, sortant pour pisser dans la lune, j'arrivai face à face avec un ours ou presque.J'ai été tellement effrayé que je suis rentré dans la tente et que j'ai pissé sur tous les Américains qui dormaient.Lorsqu'ils se réveillèrent ils n’en crurent pas leurs yeux.Lt l K F ¦TWM Complainte (Voix d homme normal) ion wouin ia ié wuin iéuin iéon iéo wouin ié iu wuin ièiun iéaé iua wouin iu aié wuin iéa iéèin Moé j’viens d'L'Abitibi Moé j’viens dla Bittt à Tibi Moé j'viens d'un pays qui a ventre d'or Moé j’viens d'un pays qui vit dans le nord.(Tyrolien improvisé ou classique) Dans mon pays qu'on dit hors de la carte Mon oncle Edmond travaillait sous la terre Mais il creusait dans l’or dans propre bière Mon oncle Edmond nous a mis sur la carte Dans mon pays qui a grandi Il parait qu'aux tout premiers temps On y trouvait beaucoup d'argent Y’a dTor en barre qui dort ici Y'a même des poignées d’porte en or En cuivre en fer qui vont dlôt bord J aimions jouer dans la fanfare Pour épater tous les pétards Quand j’allions au Château-Inn Boire et rire avec mes piastres Je r'venions comptant les astres Au ptit matin près de la mine Siscoe Amos Sigma Sillivan Senneterre Makamic Malartic Chibougamau Chapais Taschereau Mattagami Dupuy Senneville Palmarolle LaReine Cadillac Duparquet Clerval Normétal Barraute Cléricy Rouyn-Noranda LaSarre Landrienne Ville-Marie Bourlamaque Val d'or Val d'Or En mil neuf cent touttt En Abitibi Dans mon pays Colonisé A libérer ¦ Finale Je viens dT Abitibi C'est mon premier pays Je suis né à Val d'Or Je me souviens encor Je suis de St-Armand Comté Mississikoi Ne suis ni bleu ni blanc Ni rouge mais KEBEKOIS Je m'en vais à KEBEK Planter mon beau sapin Sur les plaines d'Abraham Je fleurirai demain Je viens avec ma blonde Fêter la SAINT-TOULMONDE Ce n est pas la Saint-Jean Ce n'est pas comme avant Finale Je viens de tout partout Je n'ai pas de pays Je suis toultemps ici Et je m'endors debout Je meurs à chaque instant Je suis comme la vie Un jour j'aurai le temps D'éterniser ma vie Et je suis le KEBEK Et c'est là ma devise Je suis un KEBEKOIS Que rien ne me divise Je m'en vais vers TOULMONDE Vivre la SAINT-TOULMONDE Je suis comme un enfant Je grandirai toultemps K-E-B-E-K KEBEK KEBEK KE K-E-B-E-K KEBEK KEBEK KE K-E-B-E-K KEBEK KEBEK KE K-E-B-E-K KEBEK KEBEK KE K-E-B-E-K KEBEK KEBEK KE K-E-B-E-K KEBEK KEBEK KE K-E-B-E-K KEBEK KEBEK KE K-E-B-E-K KEBEK KEBEK KE K-E-B-E-K KEBEK KEBEK KE C Finale Je viens de l'Aménk Et de la Terre entière Je suis dans!'Univers Un atome galaxik Je viens de la Lumière Et du fond de la Nuit Je m en vais vers mes Pour bâtir mon pays reres Et tous les KEBEKOIS Ne font qu'UN KEBEKOIS Nous ne formons qu un homme C’est celui que nous sommes Je suis avec TOULMONDE Chantant la SAINT-TOULMONDE Chantant la SAINT-KEBEK Et touttt é ben korek i IV ?Le Devoir, samedi 28 octobre 1972 petite géographie littéraire RIGAUD: Dieu.iciet là par JEAN-PIERRE LEFEBVRE Toute personne qui chercherait à décrire Rigaud et sa région" serait aussi injuste qu'un infirme non miraculé lorsqu'il revient d'un pèlerinage au Sanctuaire de Lourdes ou qu'un collégien qui.après huit ans passés sous la protection des Clercs de St-Viateur à 1 ex-collège Bourget, s'en retourne dans son patelin natal sans avoir senti l'appel de la vocation" Je n appartiens pas à Rigaud.Mais est-ce qu'on appartient à Rigaud?.La chanson dit: “C'est en revenant de Rigaud " Et c’est vrai.On en revient toujours.On n'y reste pas.Même l'Hôtel Canada (c'est pas une blague ce norm, où plusieurs adolescents "catholiques" ont connu leurs premières “débauches'.a disparu il y a quelques années.ravagé par le feu dé l'enfer Je ne suis pas retourné à Rigaud depuis une dizaine d'années, je crois.Et pourtant je frôle la ville “sainte", le sanctuaire de Lourdes, l'ex-collège Bourget, le collège des filles, le Jardin de l'enfance, le noviciat des C.S.V.le "garage" (pour les vieux! des mêmes C.S.V.le couvent des Franciscaines (ou quelque chose du genre» de même que la croix lumineuse du Mont-Oscar, croix qui.laissant croire à un prodige divin, s'illumine automatiquement au moindre signe de noirceur., et pourtant je frôle tout cela et combien d'autres institutions religieuses dont je ne me rappelle pas le nom chaque fois que je vais à Ottawa ou Hull via la transcanadienne.Mais j’ai peur de m'approcher.J'ai peur d'être transformé en statue de sel ou.simplement, en pierre comme ce fut le cas pour ce pauvre laboureur et son champ de patates, près du Sanctuaire.alors qu'il travaillait un dimanche malgré l'interdiction du Seigneur (les athées, bien entendu, nous diront qu'il s'agit de dépôts rocheux de la Mer Champlain.mais ne les écoutez surtout pas.la foi c'est la foi).Donc Rigaud existe.Ce n est pourtant pas une ville frontière, bien qu'on se sente à la frontière de quelque chose.Du bien et du mal.Du laid et du beau.De la ville et de la campagne.Elle fait partie théoriquement, du diocèse de Valleyfield.Mais Valleyfield c’est loin de Rigaud.il y a une rivière entre les deux.Un certain évêque était allé jusqu'à interdire toute forme de danse, même folklorique, dans le diocèse.Mais nous on trouvait quand même le moyen de danser.On allait jusqu'à organiser des party-rock à St-Polycarpe.patrie natale du Cardinal Léger.Nous avions, il faut le due.le sens du sacrilège ou.si vous préférez, ce- lui de l’observation.Car toute la ville vivait et vit encore de Dieu, de ses oeuvres et de ses pompes.Chaque matin.en effet, c'est à Dieu que le boulanger vendait et vend quelques milliers de pains, c'est à Dieu que le laitier vendait et vend quelques milliers de bouteilles de lait.Ne croyez pas que je me moque: un chrétien ça doit manger, et plus il a la foi plus il mange, et plus il veut obtenir la faveur divine plus il achète des médailles Le Christ a beau être marxiste.il faut bien que l'eau bénite se paie.Et l'eau bénite se vend plus cher que le pepsi.Je suis injuste (c'est-à-dire non mi-raculéi.Mais comment.voulez-vous qu'enfermé pendant huit ans dans mes dortoirs, mes salles d'étude et ma cour de récréation j'aie pu vraiment connaître et aimer le village?Pour moi s'y côtoyaient purement et simplement les horreurs du ciel et de l'enfer de la même façon que les filles du couvent et les gars du collège, c'est-à-dire jamais en réalité et toujours en rêve.A part ça, à part ces obsessions, n'existaient que “la bonne air” de la montagne (l'argu-ment-santé dont nos parents abusaient pour nous éloigner du grand Montréal vicieux), la “rivière à la graisse" où nous allions pêcher en cachette, le restaurant “Chez Francis" (il a changé de nom depuis) où nos parents, tous les quinze jours, nous amenaient manger un T-bone dans le but de dissiper notre pâleur.et je ne sais quoi, et je ne sais qui.Un paysage, n'est-ce pas.n'est rien d'autre que l'effet de la projection du soleil et celle du coeur! Et quand le temps est à la pluie.Et quand on vivait au temps de l’index de Rome Au temps des “séances" de collège sans filles.Au temps de la messe tous les matins et du chapelet communautaire tous les jours du mois de mai en se rendant au Sanctuaire.Au temps des derniers beaux jours de Duplessis Au temps des trois sorties par année, à la Toussaint, à Noël et à Pâques.Au temps du grec et du latin.Du rye et du ptit blanc.Quand on vivait au temps de l'inconscience sociale et politique, on se surprend, douze ans plus tard d'en rire sans en pleurer - ou d'en pleurer sans rire.Excusez la confusion: jamais on ne disait “Je fais mon cours au collège Bourget”, mais bien "Je fais mon cours à Rigaud" Si donc je ne suis pas objectif c'est parce que je suis catholique et catholicisé.Mais dans le fond je suis plein d'amitié et de tendresse pour Ri- gaud.mes professeurs - et même Dieu.Je suis plein de tendresse pour mes parents, mes ancêtres et moi-même.Ou alors, si je vivais en ennemi avec tout cela et tous ceux-là je serais un simple espion dans mon pays.On m'a parachuté à Rigaud.Je m en excuse pour ceux qui l'ont fait.Et puis- que je me dois d'être moraliste, ayant vécu huit ans à Rigaud.qu'on me permette de mentionner qu'on n est jamais venu à bout de concasser les pierres du fameux champ de patates".V aurait-il donc quelqu élément sur terre qui résisterait au capitalisme et au catholicisme?S* FT:': T * V-v >; F*/*4-'" «J mû nm * - V "• Didier 1442, avenue McGill College, Montréal 110, Québec, Tél.: 288-7191, Télex: 01-20781 NOUVEAUTÉS en français technique Cette nouvelle série d'ouvrages techniques répond aux désirs des professeurs et des étudiants qui, tout en approfondissant leur étude du français, veulent acquérir la connaissance pratique d'une langue adaptée à des besoins particuliers.Elle permettra de: — comprendre le français parlé dans des conversations sur l'économie ou le commerce, à la radio, au téléphone, etc.— s'exprimer en français en mettant en oeuvre les éléments acquis dans ces cours mais aussi les connaissances antérieures.Ces cours s'adressent aux étudiants, aux hommes d'affaires non francophones qui ont déjà une connaissance du français soit par les méthodes audio-visuelles soit par des cours traditionnels et à tous les non francophones qui peuvent lire le français économique ou commercial mais ne peuvent s'exprimer en français ou comprendre le français parlé.INTRODUCTION AU FRANÇAIS ÉCONOMIQUE — Un livre 144 pages illustré .$2.25 — Une série de 12 bandes magnétiques 5", vitesse 3% ips.NET $1 32.00 INTRODUCTION AU FRANÇAIS COMMERCIAL — Un livre 146 pages illustré .$3.25 — Une série de 12 bandes magnétiques 5", vitesse 3% ips.NET $ 1 32.00 À L'ATTENTION DES PROFESSEURS ET DES BIBLIOTHÉCAIRES! GRATUIT sur demande écrite: Catalogue de 142 pages, Éditions KLINCKSIECK, distribuées au Canada par MARCEL DIDIER (CANADA) LIMITÉE; Catalogue Érudition-Didier de 110 pages; Brochure Trésor de la Langue Française. Le Devoir, samedi 28 octobre 1972 • V petite géographie lit(éraire MONfMORElMCY: si c'était un pays par FERNAND DUMONT Cher Robert Seully.Je n ai pas pu écrire ce morceau que vous me demandiez sur mon village.Je termine avec peine, avec une obstination dont la passion s est peu à peu dissipée, un livre théorique Je ne me plains pas On finit un livre dans 1 impatience de commencer le suivant.Et puis la théorie est une longue promenade dans les nuages à laquelle je ne renoncerais pour rien au monde.La théorie, vous ne me croirez pas facilement, est comme l'enfance: un ailleurs dont ne me consolerait ni le roman ni le poème.Heureux ceux qui comme Miron.Perron.Tremblay.Lévy-Beaulieu vivent toujours du pays.Moi je passe le plus clair de mon temps en exil, dans les contrées de l'abstraction C'est bien ma faute.Cela tient d'ailleurs à mon village Je vous l'expliquerai longuement un de ces jours.A la condition que vous veniez voir passer avec moi.par un après-midi d'automne, les voiliers d'outardes en face de Montmorency.Sans quoi vous ne comprendrez jamais rien à la théorie ni aux nuages.Décidément, cette lettre d'excuse menace d'être trop longue.Elle pourrait, dans le fond, être un avant-propos.Car j'aimerais bien, je n'aimerais que cela, écrire un livre sur Montmorency.Je vous le confesse tout dé suite: ce nest pas un beau village.Je crois que je n'aime pas les beaux pays.En tout cas.je m'y sens mal à l'aise comme devant un don auquel les gens de ma place n ont pas droit.Pas encore.Les Montréalais ne feront jamais de pèlerinages à Montmorency comme ils en font à Percé ou à ifle-aux-Coudres.A supposer qu'il ressuscite de parmi tous ses morts qui l'encombraient déjà de son vivant.M.Barrés n'y trouverait pas à s'émouvoir le moindrement.Les survivants et les défunts n'y ont rien de particulier à dire.Vous confesserai-je même que les planchers sont couverts de prélarts et qu'on y boit parfois un peu trop de bière?Comment, je vous le demande, faire de la littéra-, ture avec de pareils matériaux?M.Ethier-Blais.qui fait de la littérature chaque semaine dans Le Devoir, le notait fort bien l'autre samedi.J'ai failli rater, imaginez, ces propos judicieux de votre savant collègue.Ce dimanche-ci.le ciel est gris, même à Québec.Bon temps pour entasser et faire brûler les feuilles que le vent m'apporte des arbres des voisins.Il y faut des gazettes.Mon fils, encore respectueux du journal de la veille, s est assuré que nous utilisions bien un vieux nu- méro du DEVOIR.Sans cette précaution.je livrais M.Ethier-Bfais au bûcher C'aurait été une grave injustice.une méprisé sur la personne: on ne saurait, en quelque domaine que ce soit, faire de M.Ethier-Blais un hérétique.Cette lecture providentielle m'a été une raison de surplus de ne point vous causer de Montmorency.Car.en ce numéro du 14 octobre que j'ai finalement sacrifié à mes feuilles d'automne décidément trop humides.M.Ethier-Blais parlait de Montmorency et autres lieux.Il m a coupé la parole - littéraire, j'ep-tends.Je me suis senti la littérature tirée de dessous les pieds.Je vous cite cet article au cas où il vous aurait échappé: "Quel milieu: c'est la pauvreté abjecte et vaniteuse, la bière, les prélarts.la chaise berçante, les repas dans la cuisine, la certitude d'être dans le vrai parce qu'on est ignorant, la haine de l'autre, la présence abjecte de l'homme qui n'a aucune réalité politique ' Je ne pourrais rien vous offrir de mieux sur mon village.Si je mets à part les rêves de mon enfance, que puis-je ajouter à ce que votre éminent collaborateur a déjà résumé et aboli?M Ethier-Blais n'est pas seulement un écrivain.Il est aussi un grand politique.Il passe par dessus ces vaines confessions que vous me pressiez de faire.Il propose de mettre tout ce monde-là dans un camp de rééducation, d'obliger ces gens à apprendre à lire, de les sevrer une fois pour toutes de leur bière écoeurante, de leur enseigner le français.'' Vous ne trouvez pas que des camps de concentration de la culture, télécommandés du Département de fran- çais de McGill que dirige M.Ethier-Blais.remplaceraient avantageusement ce numéro folklorique du DEVOIR pour lequel vous demandez la complaisance des écrivains québécois?Pourtant, mon cher Seully.je m'obstine à vous le dire je voudrais faire un gros livre sur Montmorency Macs je l'écrirais au passe.Voyez-vous, dans mon petit pays, il ne manque plus que les mesures culturelles de M.Ethier-Blais D autreterts sont déjà venus.Seul le chômage y a crû aussi vite que le progrès.La côte où nous glissions en traîneaux au temps de nos lointaines enfances a été bloquée.On a aussi comblé le ravin où.avec des patates et du sam-doux graphies chez nos parents, nous faisions des frites.Sans connaître Perspective-Jeunesse, je vous le souligne Par souci de modernisme, nous avions même prélevé élégamment le tuyau d'un des seuls garages de l'endroit; il ne reste plus rien de ces débuts prometteurs d'un renouveau industriel.La belle dalle de bois qui.depuis les Laurentides, charriait des billots jusqu'au fleuve est disparue elle aussi: à sa place, on construit une autoroute qui domine le cimetière où M.Barrés serait constamment dérangé.Mais le Pont de l'He est toujours là.Si Montmorency n est pas grand chose (le nom est magnifique pourtant, ne trouvez-vous pas?) ITle d'Orléans est un pays qui mérite éloge et poésie Je n en saurais parler decemment que d’en-face.Le samedi, les habitants de ITle passaient par les portes de par chez-nous pour vendre leurs légumes Le plus beau moment de l'année, c'était quand M.Goulet venait prendre les commandes de l'automne.Car ma mère, fille de la campagne égarée très jeune dans le monde des usines, tenait à ce qu'on fasse en septembre provision de patates, de carottes, de navets, de choux pour tout l'hiver Comment il a fallu ensuite élever des poules près de cette maison de quarante familles, qui appartenait au surplus à la Dominion-Textile, cela est bien compliqué et réclamera un long chapitre dans le livre que je ferai si Dieu me prête vieillesse J aurai ainsi vécu entre la campagne et la ville.Les samedis d'hiver aussi, •les paysans de ITle venaient à Montmorency dans leurs traîneaux à bâtons.M Goulet me permettait de monter derrière lui et de traverser le pont de nie Le fleuve glacé, vu de si haut et au pas du cheval, c'était et ce reste une grande image de mon enfance.Une fois rendu au sommet de la côte de nie.je revenais à pied pour recapituler la distance et la glace Comme Montmorency était splendide vu de loin, de ITle et de mes reves Du pont et de ITle.j'ai de plus beaux souvenirs encore Ils sont de l éte ou de l'automne, alors que je faisais péniblement du latin et que ma soeur travaillait à l usine comme nos parents ce ue nous nous disions, en nos promena-es du soir, cela fera le plus beau chapi tre.L'usine était le centre de notre vie Mère y avait travaillé avant de se marier Mon père, mes oncles ne parlaient pas d'autre chose, même à Noél et au Jour de l'An Revenant de l'école, à midi, il fallait courir à l’autre bout de la paroisse pour porter à dîner aux travaillants.L'hiver, nous entourions la chaudière de poches vides de patates pour la garder chaude L'été, près du petit ruisseau, avant de revenir à ta maison, je dévorais la portion que papa m'avait laissée par une entente tacite dont nous n'avons jamais éclairci les termes Parfois, dans les bonnes semaines, je trouvais une tablette de chocolat dissimulée sous les légumes déjà froids Je crois bien ue je suis devenu un intellectuel près e ce ruisseau Du moins, je le prétendrai dans un autre chapitre En haut de la chute Montmorency (dont parlent tous les guides touristiques à l'usage des américains et des queoecois cultives), il y avait un bois magnifique Juste assez à l'écart de l'hôtel fashionable du Kent House et de la chapelle protestante où les boss de l'usine faisaient leurs dévotions Les garçons d'en bas de la falaise y amenaient les filles C'était les Plaines d Abraham du pauvre qu Yvon Deschamp, en son dernier disque, ignorant qu'il est de ce qui se passe en bas de Montréal, situe en des endroits trop officiels Ce chapitre-là sera le plus facile à écrire L école était le portique de l'usine En septième annee.on ne parlait sérieusement que de l'entrée dans le seul mon de des adultes que nous connaissions A quatorze ans.on pouvait enfin travailler De là pourtant, par une complicité avec mes camarades qui sera longue à analyser je suis monte sur mon nuage Par derrière le collège de Montmorency, qui existe encore, on voit la voie terré»’ qui oblique vers la droite Vers Quebec j'aurai beaucoup rêve de cette ville qui.a six milles de mon village, était alors aussi loin que la lune On va vers la lune que I on a entrevue Mais ce lointain n est pas tout a fait une illusion parvenu jus qu à Quebec, je serai probablement incapable d'aller jusqu'à Montreal Vous le voyez bien, mon cher Seully je n'ai de pays que de mémoire .le vis dans une ville où je ne me suis reconnu encore aucune racine Etre arrive en ville, n etait-ee point pourtant un b*’l effort?Je n'ai plus ou je n'ai pas encore do rays.Il y a bien le Quebec Mais pour e concevoir, il faut rassembler tant de paysages et de problèmes.De Quebec a Chicoutimi, on traverse des neiges ou parfois se dresse un chevreuil De Québec à Montreal, par la rive sud.l'autobus nous fait parcourir un immense desert Je ne parle pas du Nord-Ouest québécois, ou il m a fallu longuement peregrmer pour aller chercher ma femme Surtout pas de l'Ungava.avec ses lichens et ses bleuets recroquillés.humbles comme les gens du sud que nous sommes, et ou m entraînait Pierre Per reault il y a peu la’ Québec, c'est encore un mot Une ambition De Montmorency, je n ai donc que des souvenirs.Mais ne serait-ce pas cela, a la fin.un pays .’ J ai ma petite idee la dessus Je vous en ferai don pour finir.la?pays survient après coup II prend forme quand il ne vous tient plus prisonnier dans l'ordinaire des jours, ("est comme l'amour d'une femme et d un homme, a la condition qu'il dure assez longtemps.Apres les premiers dialogues et les premieux leux, on dirait que l'amour se détache un peu de ceux qui le vivent, qu'il se met a exister pour lui-me me II ne remplace pas.pour autant l'appel et le désir sans cesse recommen ces II en est le Iruit visible et que parfois.elle et moi.nous pouvons contempler ou cueillir II juge de notre quoti dienne vie amoureuse, de nos ruptures et de nos rapprochements Le souvenir, vous comprenez, n est ias le passé du pays l’as plus qu il n est e passé de l'amour Mais pour dire tout a fait ce que c'est.Montmorency ou la femme, j'attends encore, mon cher Seully: il faut garder pour lu fin les plus beaux devoirs de l’écriture.Les chutes, dans le temps .rîâ\%> VIENT DE PARAITRE AUX EDITIONS DU JOUR VHEIIYBEIUIUEII ESSAI-POULET La premiere grande étude sur le "pape des beatnicks".Cet important écrivain américain était un authentique Canadien français.Un livre pas comme les autres, souvent hallucinant.En vente partout au prix de $3.95.• Distribué par les Messageries du Jour, 8255 rue Durocher, Montréal 303.Tél -274-2551 S 4 VI • Le Devoir, samedi 28 octobre 1972 J i VOUS PROPOSE QUELQUES-UNES DE SES PLUS RÉCENTES NOUVEAUTÉS LE LIVRE! LA BATAILLE DU LIVRE AU QUÉBEC Plorro 09 «oltofoutfto et cottatXHatours s.i LE DOSSIER QUI CONCERNE TOUS LES QUÉBÉCOIS par Pierre de Bellefeuille et collaborateurs L'ARCHÉOLOGIE LA SEIGNEURIE DES ILES ET DES ILETS DE Ml N GAN ¦ ' L;i Seigneurie lit'?- Iles H H¦-, ' - 'p LA POURSUITE D'UNE OEUVRE REMARQUABLE ET UNIQUE par Robert LionelSéguin LES CHEMINS DE LA PAROLE VOIX ET SONORITÉS fH ^ < É ' * ¦& ¦ / i $4.95 RÉVÉLATIONS EXTRAORDINAIRES CONCERNANT LA CULTURE INDIENNE par Bernard Assiniwi LA POÉSIE LA CHANSON POÈMES ET CHANSONS GAMBES DPR s | - .- $2.00 LE BONHEUR.CHANSON POUR MARGOT.BOUCLIER ET TANT D’AUTRES par Georges Dor ET LE THÉÂTRE $6.95 UN MANUEL SCOLAIRE POUR RÉPONDRE AU NOUVEAU PROGRAMME par Jean Neuvel LA SCIENCE NOUVELLE TOUT SUR LES SOUCOUPES VOLANTES L'ÉCHÉANCE DU VENDREDI Q L’ÉCHÉANCE DU VENDREDI et LE PROCÈS DE JEAN BAPTISTE M $4.95 RÉPONSES À TOUTES LES QUESTIONS par Jean Ferguson DICTIONNAIRE CRITIQUE DU THÉÂTRE QUÉBÉCOIS PARADIS PERDU IIMlAC St.75 L E ME AC LE DERNIER et LE DERNIER Mar VIII • Le Devoir, samedi 28 octobre 1972 petite géographie littéraire .^'y + •«» i.* fc- MM&sia., ¦TmMfyïjg' ¦'¦ .'i>cs liée.pour un examen gratuit, à retourner aux Editions Rencontre, 850 de la Reine, Québec 2 C.P.1617 Classiques, le volume 2.6S (-t frais d’envoi 0.30) Avant de souscrire aux ouvrages marqués d'une croix dans la liste ci-dessus, je désire recevoir sans engagement et sans frais le premier volume de mon choix.Je demeure entièrement libre de vous le retourner sans rien vous devoir, dans les huit jours après réception Dans ce cas, mon choix préalable ne saurait être interprété comme une commande et vous détruirez ma liste.Si je conserve le volume envoyé à l’examen, je m'engage alors à recevoir,dans l'ordre de parution prévu, tous les autres ouvrages que j'ai cochés dans la liste ci-dessus, et l'accepterai les conditions de souscription que vous aurez jointes à l'envoi du volume à l'examen Cochez les cases des livres désirés, (au minimum 15).Ce n'est pas encore une commande.Choisissez au moins un volume dans chacun de ces trois premiers mois q B B 8 § 3861 Andersen Contes 3808 Bront* Charlotte Jane Eyre 3807 Deudel: Conles du Lundi 4334 Flaubert: Salammbô 3805 La Fayette M~ de La Princesse de Cieve» 380b Montesquieu Lettre» persanes 4301 Pouchkine La Dame de Pique La Fille du Capitaine 3835 Stendhal.Le Rouge et le Noir G 4327 Bailee Eugenie Grandet ; 3812 Le Fontaine: tables ; 3830 Nerval: Les Filisa du Feu [j 3803 Pascal Provinciale» • Pensees B 383?Prévott Manon Lescaut 4335 Banan: Souvenir» d Enfance et de Jeunesse M 3815 Bend George t a Mare au Diable U 3856 Bcott: Ivanho» U Berbey d Aurevilly: Le» Diabolique» l ! 3811 Baudelaire Let Fleur» du Met U M®' Bernardin de Seinl-Plerre Paul ai Virginie U 385/ Gogol: Let Ame» morte» ; 388?Hugo: Noire Dame de Peu» l j 3854 Mialral M,i*vi.C 3829 Poe Histoire» extraordinaire» U *30 Zola: L Assommoir Pour les douze mois suivants, votre choix est totalement libre Livraison dans le cours du mois indique 3800 Balzac Le Pare Goriot 3804 Bonnard André.Chet*-d Œuvre de le Tragédie grecque Agamemnon Antigone Iphigénie A Auh» 3813.3821 Cernante»: Don Quichotte (2 vol ) 3843 Chateaubriand Atala René 3801.3809 Ootloievaki Crime et ChAtimenl (2 vol) 3823 Hugo.QuatrevmgMreize 38?La Fontaine: Contes et Nouvelles 4315 Zola: La Terre 3836 Balzac La Cousine Belle 3860 Brome E.: Wuthenng Height» H 3828 Constant: Adolphe U 380?3810 Duma» t e» Trois Mou»queiaire» (2 vol ) ?382/ Rousseau Les Révene» du Promeneur soMaire Q 430?Tchékhov La Steppe ! v 3817 3825 Tolstoï: Anna Karemne (2 vol ) U 4309 Zola La Curée H 3814 Balzac La Cousin Pons 4336 Bdnnard André Cmel» d Œuvra de la Tragedit grar.que Promethée enchaîne Œdipe Roi - Alceste ?3872 3881 3890 3899 Chateaubriand Mémoire» d Outre-Tombe (4 vol I fj 3869 Fromentin Dominique VJ 4322, 4323 Hugo La Légende de» Siècle» (2 vol ) j 3824 Lecto» Le» Liaison* dangereuses ; 3816 Stendhal i a Chartreuse de Parme G 4303 Tourguenev Premier Amou' H 3833 Aubégné Agrippa d’ Le» Tragique» ?*333 Balzac Splendeurs et M,seres de: Couriisenea Q 3638 Baudelaire: Le Spleen de Pans ?3841 3849 Dumas: Vingt Ans après s (2 vol ) h 4354 Murger Scène* de la Vie de Bohème ?4337 Stendhal De 1 Amour 43?6 Balzac Le Colonel Chabert 3865 Brantôme les Dames galantes 4348 Flaubert Trois Comes 3839 3847.3855.3863 Hugo Le* Misérables (4 vol ) 3834 384?Lesage Grl Bias (2 vol ) 434 ?Mérimée Chronique du Régne de Charles IX 3850 Musset La Confession d un Enfant du Siècle 3867 Ronsard: Les Amours L) *339 Da Coster l.a légende dUtonspiegein j 3870 Gautier Le Roman de la Momie 4318 Hugo Han d Islande % U 4356 4357 Manzonl Les Fiancé» (2 vol > H 3826 Marivaux la Vie de Marianne , 3818 Mérimée Carmen fj 4340.4341 Stendhel Lucien leuwen (2 vol ?3844 Vigny: Cinq-Mar» g *331 4332 Balzac: illusion» perdues (2 vol ?3864 Daudet Lellres de mon Moulin j 3874 Eliot George l.e Moulin sur le Float 3868 3877 Rabeleia Gargantua (2 vol) 3859 Sévlgné M- dé: Lettre» .3878 Bwttt (es Voyage* de Gulirvor ! j 4355 Tristan et vseuil G 3848 Zola: Germinal l 3811 De Foe Robinson Cruaoé 3840 Flaubert Madame Bovary 3866 La Bruyère les Caraclères • j 434?Maupassant Une Vie 3894 Perrault Contes ' 1 4345 4 346 Racine.Théâtre compte! (?vol ) I j *343 4344 Rousseau la Nouvelle Héloïse ) (2 vol ) ( I 3878 Voltaire: Cornes et Roman» Pj *350 4351 Dickens Mr Pickwick (?vol) ( j 386?Diderot Jacques te faialisie I ! 3880 Gotha Les Affinité» électives lj 435?Nodier La Fee aux Mieites G 3879 3888 Rousseau i.»» Conles* ''*2, W S>
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