Le devoir, 16 septembre 1971, jeudi 16 septembre 1971
dans ce numéro ¦ Un éditorial de Laurent Laplante sur le conflit scolaire de Sturgeon Falls.(page 4) Il Un bloc-notes de Claude Ryan: les clairs-obscurs de la diplomatie secréte.(page 4) ¦ Le Québec manque de "managers", déclare M.Bou- rassa dans une entrevue au Devoir.(page 9) la météo Ensoleillé avec quelques périodes nuageuses.Maximum 70.S.Corneille et S.Cyprien DEVOIR Fais ce que dois VOL- LX 11 7 NO 213 Montréal, jeudi 1 6 septembre 1 97 1 GENTS .J \ A r Les partis d'opposition appuient l'action menée à Sturgeon Faits de notre envoyé spécial, Gér&ld LeBlanc STURGEON FALLS - Alors que les étudiants poursuivent l'occupation de l’école, le conflit de Sturgeon Falls, avec le ralliement de la communauté entière de (500,000 Franco-ontariens, est en train de s'insérer dans la campagne électorale.Les leaders des deux partis d’opposition à Toronto, MM.Robert Nixon, (libéral) et Stephen Lewis (néo-démocrate), ont en effet déclaré hier qu’ils appuyaient l’action menée en faveur d’une école distincte pour les francophones de la région de Sturgeon Falls.Us ont de plus affirmé que leur parti favorisait une modification de la loi 141 (loi sur l’établissement d’écoles secondaires françaises en Ontario) de façon, non seulement à permettre, mais à obliger les commissions scolaires à établir des écoles françaises quand la “clientèle” est suffisante.Par ailleurs, la délégation de Sturgeon Falls, qui a passé l'après-midi drhier avec le ministre ontarien de l’éducation, M.David Welsch, ne révélera que ce matin le contenu de ce long entretien.Pendant ce temps à Surgeon Falls, l’impasse demeure entière: les francophones sont décidés à aller jusqu’au bout pour obtenir “leur école” et la commission scolaire régionale de Ni- Voir page 2: Sturgeon Falle m x.vv gÊm Si S QUEBEC (par Gilles Lesage) - Québec et Ottawa ne s'entendent pas encore sur le statut du Québec au sein de l'Agence de coopération culturelle et technique des pays francophones Le Québec, on le sait, veut obtenir le statut de gouvernement participant, ainsi que le permet d'ailleurs le texte de l’accord intervenu à Niamey lors de la fondation de l’Agence, il y a un an et demi.Depuis cette date, il y a eu des discussions sporadiques avec Ottawa, discussions qui revêtent une certaine acuité à l'approche de la prochaine réunion plénière de l'Agence, qui aura lieu à Ottawa et à Québec, à la mi-octobre.Attica : Rockefeller tente de se justifier ATTICA, New York (AP-AFP) - Le gouverneur de l'Etat de New York, M.Nelson Rockefeller, a déclaré hier qu'il croyait toujours que la décision qu'il a prise d’envoyer la troupe mettre fin à la révolte a la prison d'Attica était la bonne.Prenant la parole pour la première fois depuis que le rapport d'autopsie a révélé que les neuf otages tués ont été abattus par des balles et n'ont pas eu la gorge tranchée comme l’avait affirmé M.Russell Oswald, commissaire aux prisons de l’Etat de New York, le gouverneur Rockefeller a commenté: ‘‘Je ne vois pas comment j’aurais pu agir autrement.La position des mutins s é-tait endurcie et non adoucie.Je ne pense pas qu'une rencontre avec les prisonniers ou le comité des observateurs aurait servi à quelque chose.” La révolte des prisonniers d’Attica est la pire que les Etats-Unis aient connue depuis au moins une génération; elle a duré quatre jours et s^est soldée par 42 morts: 32 prisonniers, 9 otages et un garde qui a succombé aux blessures qu'il avait subies au moment du déclenchement de l'émeute.Par ailleurs, la Maison Blanche a réaffirmé hier l’appui du président Nixon aux mesures prises lundi par le En bref, le Québec veut qu'Ottawa lui reconnaisse le statut particulier que constitue le fait qu’il regroupe sur son territoire 80 pour cent de la population francophone du pays.Ainsi, à la conférence de l’Agence, la délégation canadienne pourrait se composer de cinq personnes, dont trois mandatées par le gouvernement québécois, un représentant des francophones d'outre-frontières et un observateur fédéral Le gouvernement fédéral aurait repousse ces propositions S’il est disposé a faire une place à part au Québec au sein de sa délégation, il veut que toutes les provinces puissent participer au même titre aux travaux de l'Agence.gouverneur Rockefel?er pour maîtriser Fa mutinerie.Le secrétaire de presse de M.Nixon a ajouté que M.Rockefeller “avait fait face à un problème extrêmement difficile.Il lallait que quelqu'un prenne une décision difficile et ce fut le gouverneur de l’Etai de New York.” Pour sa part, M.Russell Oswald, commissaire aux prisons de l’Etat de New York, qui est revenu, à la suite du rapport d’autopsie, sur ses premières af-Volr paga 2 : Attlca Nelson Rockefeller Un attentat à Saigon: 12 victimes SAIGON (d’après l AFP) - Pour la première fois depuis six mois, un attentat terroriste a été commis dans une boite de nuit de Saigon, faisant douze morts et de très nombreux blessés.Il y aurait trois Américains parmi les victimes.Laitentat a eu lieu au bar Tu Do, et la charge de plastic, exceptionnellement puissante, a projeté plusieurs corps de l'autre côté de la rue, très passante à cette heure-ci de la nuit.“Nous écoutions la chanson de "Love Story” quand l'explosion s'est produite, a déclaré une jeune vietnamienne, Mlle Linh Khieu.On n'a pas compris ce qui se passait.Tout à coup, tout a sauté et le club est devenu un brasier.Voir pogo 2 : Saigon Il y a bien d'autres points en discussion.mais aucun accord général n'est encore intervenu, en dépit des prévisions optimistes du ministre d'Etat aux affaires intergouvemementales.M.Oswald Parent.Ce dernier disait il y a quelques semaines déjà qu’il ne restait que des questions subsidiaires à résoudre.et que l’entente était satisfaisante pour le Québec.Ce n'est pas le cas.Selon nos sources.les ministres Guv Saint-Pierre et Jean-Paul L'Allier, qui font partie du comité interministériel avec MM.François Goutier et Parent, ne sont nullement satisfaits du projet d'entente Ils Voir page 2: Francophonie Le bill 65 Les médecins réclament des pouvoirs de contrôle par Pierre Richard Dans un mémoire qui remet en question plusieurs dispositions du projet de loi 65 sur l’organisation des services de santé et des services sociaux, le Collé ge des médecins et chirurgiens pose le dilemme suivant au gouvernement: ou l'Etat considère qu'une structure comme le Collège nuit au système et le fait disparaître, ou il lui reconnaît les pouvoirs nécessaires pour veiller sur la qualité de 1 exercice de la médecine au Québec.Le Collège des médecins et chirurgiens présente aujourd'hui à la Commission permanente des affaires sociales un mémoire de plus de 80 pages sur le bill 65.L’organisme fait une critique très sévère de ce projet de loi qui propose une réorganisation complète des services médicaux et sociaux au Québec; il soutient que le projet de loi, présenté par le ministre Claude Castonguay, trahit les objectifs majeurs avancés par -la commission Castonguay-Nepveu.Le Collège affirme que le projet de loi constitue une étatisation du régime de' santé et de bien-être social.Selon le Collège, le bill 65 “étatise, dans les faits, le système de distribution des soins et.Sermettra de mettre sous contrôle éta-que tous et chacun des professionnels de la santé.” Pour éviter cette étatisation, le Collé ge demande que le projet de loi soit “révisé de façon à limiter les pouvoirs de réglementation et d'enquêtes tant du lieu- Volr page 2 : le» méxlecl'’* L'IA TA donne le feu vert La Lufthansa lance la guerre des tarifs Sauter par-dessus.la grève ! Pour passer à travers les rangs des grévistes de l'école secondaire de Sturgeon Falls.M.Edward Monkman, directeur de l'éducation pour le district de Nipissing, exécute cette curieuse figure de ballet • (Téléphoto CP) Francophonie: rien ne va plus GENEVE (AFP) - L’Association internationale des transports aériens (LATA) a annoncé hier à Genève que les tarifs sur l’Atlantique nord seraient laissés, à partir du 1er février 1972, à la discrétion des compagnies aériennes.Dès cette déclaration, la compagnie allemande Lufthansa a fait savoir qu’elle avait révisé ses tarifs sur les lignes de l’Atlantique nord.Ces nouveaux tarifs, a déclaré le porte-parole de la compagnie, M.Suessenguth.seraient les plus intéressants jamais proposés dans l’histoire du tanf aérien desservant les lignes de l’Atlantique nord.Cette guerre des tarifs avait été pré vue par le directeur-général de ITATA, M.Knut Hammarskjoeld, qui déclarait hier matin à Genève que les compa- Kiies aériennes profiteraient de la li-erté que leur laissera T IA TA pour établir des prix plus concurrentiels.L’accord qui lie actuellement les compagnies aériennes à l’IATA au sujet des tarifs aériens expire le 31 janvier 1972 et il faudra attendre une conférence fixée à l’automne prochain pour savoir si les compagnies se rallieront à un nouveau projet d’accord que l’IATA espère voir en vigueur du 1er avril 1973 au 31 mars 1975.Cet été, la compagnie Lufthansa avait été la seule à ne pas ratifier les structures tarifaires projetées pour l’Atlantique nord durant une réunion régulière de l’IATA qui s’était déroulée à Montréal.Lufthansa ayant fait connaître sa décision d'abaisser ses tarifs, les autres compagnies aériennes desservant l'Atlantique nord n'ont pas tardé à assurer leurs clients qu’elles offriraient elles aussi des tarifs concurrentiels.Cést ainsi qu Air Canada a fait savoir hier qu elle abaisserait ses tarifs transatlantiques et quelle simplifierait son echel’.e tarifaire extrêmement compliquée à laquelle elle était astreinte dans le passé.Le ministre canadien des transports, M.Don Jamieson, a déploré en Chambre hier le refus de Lufthansa d'adhérer à l'accord négocié à Montréal au cours de l’été.A court terme, a-t-il fait remarquer, les passagers des lignes aériennes profiteront de la situation.mais à long terme, il serait préférable que les compagnies en viennent à une entente sur les tarifs.Les nouveaux tarifs de la Lufthansa en direction des Etats-Unis ont été radicalement coupés.Ainsi, un aller-retour en économique sera de $429 au lieu de $529.Pendant les trois mois de haute saison, le tarif sera de $553 au lieu de $651.La compagnie allemande a également institué un tarif excursion dont le prix a été fixé à $276 en haute saison et à $215 pendant les autres mois.Lufthansa, par ces modifications, a réduit à huit le nombre des applicables au-dessus de l'Atlantique, au lieu des 52 qui s'appliquaient précédemment.A Vancouver, la compagnie CP .Air a annoncé qu’elle aussi appliquerait des tarifs concurrentiels sur ( Atlantique nord suite à la décision de Lufthansa.“A cause de la confusion présente et dû au fait que tout nouveau tarif requerra l'approbation des gouvernements, a déclaré un porte-parole de la compagnie, il est impossible pour quiconque de dire dès maintenant ce que seront ces nouveaux tarifs”.Aux Etats-Unis, les deux plus grands transporteurs aériens internationaux.Pan American World .Airways et Trans World Airways ont clairement fait savoir hier qu'ils étaient prêts à abaisser leurs tarifs sur l'Atlantique nord pour faire face à la situation créée par la décision de Lufthansa de ne pas se rallier aux tarifs convenus il y a quelques semaines lors de la conférence de Montréal.Dans des communiqués publiés à New York, les deux compagnies ont déploré la décision du transporteur allemand mais ont clairement affirmé leur volonté de demeurer concurrentielles.Le communiqué de TWA va plus loin encore.Que veut le Québec?TWA garantit qu'aucune ligne régulière ne pourra conduire des passagers dans une ville desservie car elle aux Etats-Unis ou à l'étranger pour moins cher que ne le demandera TWA.La compagnie s'engage en outre à lembourser ses passagers dans le cas où une baisse de tarifs aurait lieu entre le moment où ils achètent leur billet et celui de leur départ.Ces réactions des diverses compagnies seront profitables, dans un premier temps, aux passagers qui pourront voyager à des tarifs inférieurs à tous ceux en vigueur à présent.Cela intéiesse un important public dans le monde pmsqu'en 1970.sept millions deux cent mille personnes ont traversé l'Atlantique à bord d avions de lignes régulières On estime qu'en 1972 le chiffre de dix millions de passagers sera dépassé.M.Trudeau attendra d'en savoir plus long par Jean-Pierre Bonhomme OTTAWA-Le premier ministre Trudeau a répété hier à la Chambre des communes qu’il attend de connaître les intentions du gouvernement québécois sur l’ensemble des sujets litigieux en matière de sécurité sociale avant d'accéder à la récente requête du premier ministre Bourassa et de permettre ensuite la léou-verture des pourparlers constitutionnels.M.Trudeau a fait part de cette reaction après avoir déposé la lettre que le Fa ^_«ÿ Pierre Elliott Trudeau premier ministre québécois lui à fait parvenir le 2 septembre dernier et dans aquelle il réclame du gouvernement fédéral qu'il adapte sa nouvelle loi concernant les allocations familiales aux normes québécoises.“J'ai posé la question à M.Bourassa et.je le répète à la Chambre, nous voulons savoir si le fédéral doit payer, d'accommodement en accommodement, sans jamais savoir qu'est-ce que la province de Québec a en tête lorsqu'elle parle de clarifier le domaine de juridiction dans le domaine de la sécurité sociale.Et nous voulons savoir, à travers cet accommodement.où le Québec veut en venir dans les amendements constitutionnels”.a dit M.Trudeau.Le premier ministre semblait ainsi vouloir faire échec à la stratégie du premier ministre Bourassa.Le premier ministre québécois avait en effet déclaré hier au Devoir qu'il chercherait dorénavant à régler les questions une à une et d'une manière pratique, plutôt que proposer la modification d’articles constitutionnels d une manière abstraite.Le leader fédéral chercherait donc vraisemblablement à obtenir une déclaration d'intention de son homologue québécois qui reconnaîtrait les droits acquis d'Ottawa en matière d'assistance sociale.M.Trudeau a fait ses déclarations en réponse à deux questions du député indépendant de Joliette.M.Roch La-Salle.Le premier ministre a d'abord souligné que l'affaire n’était pas simple.Qu'il suffise de citer au texte la question du Voir page 2- M.Tnjdeau Robert Bourassa: Ottawa ne peut dire non à moins de ne plus croire au fédéralisme par Gilles Lesage QUEBEC - Le premier ministre, M.Robert Bourassa.est confiant que sa proposition relative aux allocations familiales sera acceptée par le gouvernement fédéral et par les autres provinces, même si.à son avis, elle aurait pour effet de “débouter" la loi fédérale au bénéfice de la loi provinciale A son avis, elle accorderait la priorité législative au Québec, serait une illustration concrète du “fédérabsme décentralisé’’^ et même si elle ne fait qu’ajourner le débat constitutionnel, elle aurait valeur d'heureux précédent.Le chef du gouvernement a fait ces commentaires au moment où il rendait publique, hier, la lettre ou'il a écrite au début du mois à M.Trudeau Le Devoir a largement fait écho depuis trois jours k la demande du Québec pour que la nouvelle loi fédérale prévoit que les allocations familiales distribuées par Ottawa se conforment “aux normes et modalités prescrites" par une province, le cas échéant.Que cette formule soit acceptée, a dit M.Bourassa, “je considère que c'est véritablement concrétiser un fédéralisme décentralisé”.11 ne voit pas comment elle ne pourrait pas être acceptée."A moins que l'on ne croit pas au fédéralisme".V» Etant donné que les deux gouvernements veulent légiférer sur la question, note-t-il, il faut tenter de s'entendre.même en l'absence de toute modification constitutionnelle qui serait une garantie pour l'avenir Le Québec, dit-il.continue d’insister pour une révision constitutionnelle, mais comme on ne peut pas s'entendre au mois de septembre sur la révision constitutionnelle, je pense que la seule solution qui demeure acceptable aux deux parties, c est qu'on s'entende sur le plan législatif." Comment?Pour le Québec, en respec- Voir paga 2 : Ottawa -I .v M 1 ! 2 ?Le Devoir, jeudi 1 6 septembre 1971 suites de la ^première page STURGEON FALLS pissing se refuse même à reconsidérer cette demande à laquelle elle a déjà signifié son refus.R appelons que l’école secondaire de Sturgeon Falls regroupe environ 1.600 étudiants: 1.200 francophones.200 anglophones et 200 francophones inscrits dans le secteur anglais (on les appelle ici “bilingues", c’est-à-dire assimilés ou en voie de l’être).L'école est officiellement bilingue mais en pratique l’anglais y est la langue des communications et souvent même la langue d’enseignement dans les classes regroupant les élèves francophones, en totalité ou en très grande majorité.Pour remédier à cette situation scolaire qui aggrave la tendance à l'assimilation des francophones, ces derniers demandent une école secondaire distincte.Or.la commission scolaire régionale de Nipissing qui est responsable de toutes les écoles de ce comté qui compte 56ri d’anglophones, est composée seulement de trois commissaires francophones sur les dix-sept.On peut donc comprendre pourquoi elle a jusqu'ici refusé d’accéder aux demandes répétées (depuis deux ans) des francophones de la région de Sturgeon Falls, la partie ouest de ce comté.CHICAGO B747 PAR AIR FRANCE.SEULEMENT PAR AIR FRANCE! 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de plus, ceci signifie que “toute réglementation du lieutenant-gouverneur en conseil touchant l’exercice de la médecine et son contrôle doit être faite sur recommandation conjointe du ministre et du Col-lège.” Pour ce qui est du contrôle interne dans les Centres hospitaliers et dans les Centres de service social, le Col- lège soutient que les professionnels i do comme groupe doivent avoir le contrôle de leurs activités professionnelles et en répondre directement au conseil d’administration; il affirme, de plus, que l’élaboration des règlements qui régiront ces contrôles professionnels doit être confiée aux professionnels eux-mêmes et leur ratification confiée au conseil d’administration.Quant aux Centres locaux de services communautaires, le Collège demande que l’on prenne les précautions pour qu'ils ne deviennent pas des Centres hospitaliers “sans le nom, ni les ressources”; il recommande, qu’un conseil des professionnels soit prévu dans la loi pour cette catégorie d institution, ùf qui OTTAWA tant certaines normes minimales qui ne constituent nullement une contrainte.Pour Ottawa, en respectant les priorités et [identité québécoise, le plan du Québec ayant priorité sur celui du fédéral L accord n’est pas encore conclu.M.Bourassa attend une réponse d'Ottawa.L'on sait d'autre part que dès la semaine dernière, le ministre des affaires sociales, M.Claude Castonguay, était prêt à rendre public son propre program- me.mais il ne l a pas encore fait, pour des raisons inconnues."Dans le domaine des allocations familiales.dit M.Bourassa, la formule que le Québec propose me paraît, disons, constituer une formule originale et en même temps qui respecte la nécessité pour le Quebec d’avoir ses propres priorités acceptées et de vivre dans un régime fédéral." Le Québec a-t-il abandonné l’approche globale qui était la sienne depuis quelques années pour se contenter de discuter des problèmes pièce par pièce?A cette question, le premier ministre répond: "L’approche globaliste n'a jamais donné de résultats mirobolants.C'est facile pour le chef du gouvernement du Québec de partir une grande querelle avec Ottawa.Il nous faut la juridiction totale.Puis respectons le Québec! Et ci et ça! Mais ça donne quoi?” M.Bourassa estime qu’il est préférable de s’entendre sur une question précise comme celle des allocations familiales, dont la solution facilitera même, selon lui, le règlement du problème constitutionnel.“Là, dit-il, on aura des précédents concrets et réels.une pratique qui nous permettra d'avoir un texte constitutionnel qui pourrait être plus facile à écrire." Selon’.V; Bourassa, il s’agit d’éviter “une duplication coûteuse” dans les régimes fédéral et québécois d’allocations familiales.“Ce qui est important, je pense, c’est la conception du plan, ce sont les destinataires, ce sont les montants, ce sont les bénéficiaires, c’est l’échelle de réduction.C'est cela, qui fait la valeur intrinsèque d'un plan.Et cela, c’est le Québec qui va le déterminer ” Le premier ministre estime que la demande québécoise ne contredit en rien la proposition qu'il avait faite à Victoria, en juin dernier.Si cette demande est acceptée, selon lui.cela signifie que “la loi provinciale prend la place dé la loi fédérale", “la loi provinciale déboute la loi fédérale”.“Nous demandons, dit-il, la priorité législative, qui a toujours été dans la po-, litique du gouvernement que je dirige.” Quant à 1 aministration du régime ou l'émission des chèques, le Québec n’a aucune objection à ce qu elles soient faites par Ottawa, si ses priorités sont respectées "Evi videmment.le problème constitutionnel n’est pas réglé ou ne peut pas être reporté indéfiniment, mais il est évident que si nous arrivons à des ententes qui respectent les priorités du Québec, sur le plan administratif et sur le plan législatif, c’est quand même une garantie, pour le temps que les lois demeurent.que les priorités du Québec seront respectées ”.Quant à M.Castonguay, mis à part l'aspect constitutionnel, il estime que dans l'ensemble, le projet de loi Munro constitue un grand pas" dans la bonne direction et indique un net rapprochement des thèses fédérale et québécoise.FRANCOPHONIE sont au contraire décidés à tenir leur bout et.au besoin, à exercer des pressions diverses pour que le statut du Québec soit reconnu dans les faits.H y a un moijs.à Rivière-du-Loup, le premier ministre.M.Bourassa.avait lui-même fait état de la situation particulière du Québec en sa qualité de principal foyer de la francophonie, et avait jugé inadmissible le fait que l’on veuille placer, à cet égard, toutes les provinces sur le meme pied.Interrogé hier.M.Bourassa a dit qu’il attendait un rapport du comité interministériel, rappelant l’entente de Niamey, il a ajouté: “D reste à voir si le gouvernement fédéral va respecter l’entente de principe qu'il avait conclue.” La motion de gouvernement participant avait à l'époque été mise au joint spécifiquement pour permettre au Québec de participer à part entière aux travaux de l’Agence, u semble maintenant qu’Ottawa veuille appliquer la même notion à d’autres provinces qui ont de fortes minorités francophones, nommément l'Ontario, le Manitoba et le .Nouveau-Brunswick.ATTICA firmations quant à la cause de la mort des otages et quant aux mutilations que certains auraient subies, a été pris à partie par M.Mollis Chase, président de la section locale du syndicat auquel appartiennent les gardiens du péniten- cier.M.Chase défie le commissaire Oswald et le médecin légiste de “montrer les photos des gardiens gisant la gorge tranchée”.H soutient que les corps des otages ont été retrouvés par leurs ca- marades pieds et poings liés, M.Chase naé à la a demandé à la presse d’examiner des rescapés qui porteraient des traces de coupures a la tête et a réclamé la publication des photos des cadavres retrouvés dans la cour avec la gorge tranchée.M.TRUDEAU conseil qui répondrait de la qualité des activités professionnelles du centre.Enfin, le Collège des médecins et chirurgiens déclare que le bill 65, “loin d’assurer la décentralisation des pouvoirs de décision, confirme la centralisation de ces pouvoirs”.A ce sujet, le Collège recommande qu'à l’intérieur d'un plan quinquennal établi par le ministre.les Offices régionaux des affaires sociales aient l’autorité suffisante pour répondre de leurs responsabilités sans devoir toujours remonter au palier supérieur; par ailleurs, il insiste poui que les ORAS ne détiennent aucun pouvoir dans le domaine du contrôle de 1 exercice professionnel.député LaSalle pour démontrer qu’en effet la confusion règne parfois.“J’aimerais demander au très honorable premier ministre respectant cette norme établie par le fédéral, c’est le respect du fédéralisme et compte tenu que les crédits aux allocations tamiliales ne re- présenteraient pas le montant total sur cette norme minimale, j'en arrive à de-able mander au très honorable premier ministre si ce budget excédentaire, serait- il possible aux provinces de la légiférer, ‘îlei té, M.Trudeau a rappelé que la uues- : fédé- tion de savoir si le gouvernement fédéral a juridiction en matière d’allocations familiales, est constamment rece-nue sur le tapis depuis 1944.Le premier ministre a dit qu’évidemment la position du gouvernement fédéral actuel est qu'Ottawa a effectivement juridiction.Il a toutefois précisé que cela n’avait rien à voir avec la lettre de M.Bourassa qui propose un arrange- ment administratif
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