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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-10-21, Collections de BAnQ.

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ms— ~^ktdêà' rver la des soins W Le défi de l’Ordre des infirmières et infirmiers - du Québec |pc* ’ estlTh eurc ' (1|| CLAIRE HARVEY COLLABORATION SPÉCIALE es infirmières sont au centre de la transformation du réseau de la santé que négocie actuellement le gouvernement du Québec.Avec les fermetures d’hôpitaux, le maintien à domicile et les nouvelles responsabilités qu’auront les CLSC, les infirmières ont un rôle majeur à jouer.Elles devront préserver la qualité des soins de santé qu’on donne à la population.Aux prises avec des impératifs financiers urgents, le gouvernement du Québec tend de plus en plus à alléger le réseau des services de santé, un système bien lourd lorsqu’on le compare à celui de l’Ontario et des Etats-Unis.Selon les données de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), en 1991, les durées moyennes de séjour à l’hôpital étaient de 9,5 jours au Québec contre 6,4 jours au États-Unis.La chirurgie d’un jour représentait 24 % du nombre total des interventions chirurgicales au Québec et 51 % aux États-Unis.Enfin, la part du budget de la santé consacrée aux hôpitaux était de 42 % au Québec et de 36 % en Ontario.Bien qu’elle soit parfaitement d’accord avec les principes (pii permettent d’éviter l'hospitalisation, la présidente de l’OIIQ, Gyslaine Desrosiers, estime que le mode de financement du système de santé ne favorise pas les changements que l'on tente d’instaurer.«Les conditions pour que la réforme Rochon soit un succès ne sont pas encore en place, reinarque-t-elle.De nombreuses décisions politiques doivent être prises pour assurer la continuité des soins à la population.» Les budgets affectés en fonction du type d’établissement lui donnent raison.Par exemple, il n’est pas étonnant que les hôpitaux financés par nombre de lits ne soient pas disposés à question.Plus orienté vers une approche curative, qui par définition est très coûteuse, ce système devra privilégier des pratiques professionnelles et administratives différentes.Des pratiques qui tiennent compte de réalités concrètes telles que la pauvreté, le vieillissement, l’éclatement des familles, la santé des femmes et des jeunes, etc.«Dès les années vingt, rappelle Mme Desrosiers, les infirmières étaient en première ligne dans les cliniques néonatales et les unités sanitaires.Les liens étroits qu’elles développaient avec les familles leur donnaient un portrait global du véritable état de santé de la population.» En dépit des transformations que connaît la profession, Gyslaine Desrosiers affirme que l’essence demeure la même.«Notre mission consiste toujours à soutenir et à aider les personnes dans le respect de la dignité humaine.C’est le noyau dur de l’exercice de la profession, que l’on s’intéresse à la psychiatrie ou à la périnatalité.» La crise que traversent les finances publiques amène Gyslaine Desrosiers à se soucier d’une plus grande efficacité de la part de tous les intervenants.«Même si le ministre de la Santé et des Services sociaux, Jean Rochon, décidait de transférer une partie du budget des hôpitaux aux CLSC, le virage ambulatoire ne se fera pas comme par magie, insiste-t-elle.Le ministre devra faire confiance aux infirmières afin qu’elles puissent concrétiser les solutions qu’elles ont toujours mises de l’avant en matière de prévention et de promotion de la santé.» Dans ce cahier, nous ferons un survol des nombreux défis que les infirmières sont appelées à relever.Ils ne sont pas insurmontables.Gyslaine Desrosiers en est convaincue.Mettre à profit l’expertise des infirmières est un objectif qu’elle s’est donné pour faire en sorte que la réforme soit un succès pour la population.fermer des unités complètes.Par ailleurs, comme les hôpitaux et les CLSC fonctionnent de façon indépendante avec des intérêts financiers distincts, ils ne sont pas portés d’emblée à faire circuler l’information sur les bénéficiaires.«Les quelques infirmières qui effectuent la liaison entre ces deux administrations ne suffiront jamais à la tâche, prévoit la porte-parole.Il est impératif de corriger cette situation.» A la barre de l’OIIQ depuis 1992, Gyslaine Desrosiers s’inquiète du manque de coordination clinique qui caractérise notre système de santé.«L’heure n’est plus à la chaîne de production où le patient est transféré de la salle d’opération à un département, puis au CLSC.Pour réaliser des gains sur le plan de l’efficacité, qui constitue le seul moyen de faire des économies, il fauilra s’assurer de suivre la clientèle de façon intégrée.C’est là le véritable défi.Les infirmières sont en mesure d’assumer un leadership pour résoudre ce problème.Veiller à ce que les services que dispensent les hôpitaux et les CLSC se maillent davantage fait aussi partie de leurs responsabilités.» Pour l’OIIQ qui fête cette année son 75' anniversaire, c’est peut-être l’heure des bilans, mais c’est surtout un moment privilégié pour lancer un message à ses quelque 66 000 membres.«Les infirmières doivent non pas demeurer captives des structures qui présentent des lacunes, mais tenter de les adapter.Certaines d’entre elles le font déjà.Grâce aux infirmières, on a trouvé des façons de réduire le temps de séjour dans les hôpitaux tout en préservant la qualité des soins que reçoivent les convalescents à domicile.L’étape suivante consiste à planifier les soins d’une clientèle qui doit à la fois se rendre à l’hôpital et au CLSC», suggère la présidente qui œuvre dans le secteur de la santé depuis plus de vingt ans.Actuellement, c’est le système tout entier qui est remis en PHOTO PRINCIPALE YVES PROVENCIIER — AUTRES PHOTOS ROBERT SKINNER K 2 I.K I) K V O I II I.K S S A M K I» 2 I K T I) I M A X (’ Il Y '• 2 II (' T H K II K I II II Le congrès annuel de l’OIIQ, au centre des activités qui entourent le 75e anniversaire de l’ordre professionnel CLAIRE HARVEY COLLA HO RATIO N SPÉCIALE « * C* est sous le thème «l’engagement professionnel, l’art de soigner dans la complexité» qu’aura lieu le congres annuel des infirmières et des infir-îmiers du Québec, les 30 et 31 octobre prochain, au Palais des Congrès de Montréal.Au cœur des festivités qui entourent le 75' anniversaire de l’Ordre infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ), ce forum constitue le ipius grand rassemblement annuel en soins infirmiers.Cette réunion se veut un moment privilégié d’échanges pour permettre à I-éès professionnels de répondre aux exigences d’un système de santé en pro-'fonde mutation.Ainsi, quelque 1200 intervenants dans l’ensemble des ser-•vkes de santé publics et privés de toutes les régions du Québec se pencheront sur les moyens susceptibles de contribuer de façon dynamique au maintien de la qualité des soins qu'ils donnent aux Québécois.Au menu?Pendant une journée et demie, une quarantaine de conférenciers témoigneront de l'activité en matière de soins de santé dans la province et ailleurs.Alice Baumgaçt, profes-seure et doyenne de l’École des sciences infirmières de l’Université Queen’s de Kingston, en Ontario, parlera des nouvelles pratiques en nursing, tandis que Jean-François Malherbe, doyen de la faculté de théologie de l’Université de Sherbrooke, traitera de l’éthique et de la certitu-’ de en matière de santé.Parallèlement à ces communications d’envergure nationale, plus d'une ' vingtaine d’ateliers permettront d’explorer la thématique du congrès sous di-'vers angles.Ces ateliers porteront sur trois grands thèmes: le défi technologique et humain, les soins spécialisés en réponse aux besoins des clientèles et: les pratiques professionnelles adaptées aux nouvelles réalités.On y abor-' dera bon nombre de sujets très délicats comme le défi que comporte la réanimation en traumatologie pédiatrique ou les soins intensifs à prodiguer à une ‘•^clientèle qui présente des traumatismes crâniocérébraux.•”! Le congrès de l’OUQ fournira aussi aux membres l’occasion de mettre leurs connaissances à jour et de profiter de l’expérience de leurs collègues.Pour la première fois cette année, les congressistes pourront participer à des ateliers de formation continue à la fine pointe des activités cliniques en soins infirmiers.Ces ateliers contingentés sont offerts par des infirmières cliniciennes reconnues pour leur expertise dans leur domaine respectif.Sur le plan des festivités, l’OIIQ lance une invitation spéciale à toutes les infirmières du Québec.A l’occasion du 751' anniversaire, l’Ordre les convie à se rendre en grand nombre à la soirée hommage, un événement unique dans l’histoire de la profession.La soirée aura lieu le dimanche 29 octobre dans la nouvelle salle panoramique du Palais des Congrès.Animé par Guy Mongrain, cet événement permettra de revivre les moments qui ont marqué l’histoire de la profession.Lors de cette cérémonie honorifique, les infirmières auront l’occasion de découvrir les treize projets régionaux en nomination pour le grand prix Innovation clinique-Abbott, de rendre hommage aux Grandes infirmières, choisies pour leur leadership et leur grand engagement professionnel et de féliciter la lauréate de l’Insigne du mérite 1995.Pour de plus amples renseignements, on peut s’adresser au Service de gestion d’événements de l’OIIQ au (514) 935-2501 ou au (800) 363-6048.L’art de soigner dans la complexité La pratique professionnelle des infirmières comporte de nouveaux défis technologiques et humains L’engagement professionnel ¦ J134E1THÎ1 yr Ce cahier est publié par le quotidien Le Devoir, en collaboration avec l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.> ! CONCEPTION 1*4 ?: i}.Guylaine Chabot (OIIQ) •K- : COORDINATION TU Louise-Marie Houle lUf, M > COLLABORATEURS r>',l Marie-Andrée Amiot r.r.Linda Boutin j-.lil: Claire Harvey Louise Jacques Claude Lafleur { RÉVISION » Martin Duclos 1 t \ Christine Dumazet \ i DIRECTION ARTISTIQUE ! Roland-Yves Carignan i 1 MISE EN PAGES ! i | Yves d’Avignon CLAIRE HARVEY COLLABORATION SPÉCIALE Dans la foulée de la réorganisation des services de santé, des soins de plus en plus spécialisés devront être donnés pour répondre aux besoins des clients.11 s’agit pour les infirmières d’adapter leurs pratiques professionnelles à ces nouvelles réalités qui comportent de grands défis technologiques et humains.Selon la présidente de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), Gyslaine Desrosiers, l’exercice de la profession est devenu de plus en plus complexe depuis une dizaine d’années.«En témoigne le recours à une technologie de plus en plus pointue qui exige que les infirmières aient de solides connaissances de base.A cela s’ajoute l’expertise nécessaire pour montrer aux bénéficiaires comment utiliser cette technologie à domicile.Sur le plan humain, notre rôle consiste aussi à intervenir efficacement auprès de clients qui souffrent de maladies graves ou bénignes, à assurer un suivi lors de leur convalescence ou à les aider à vivre avec une perte d’intégrité physique.» En outre, ajoute Gyslaine Desrosiers, les infirmières font face aussi à de nouveaux impératifs provoqués par les transformations sociales que vit notre collectivité.«Nous ne pouvons plus soigner un adolescent de la même façon qu’il y a vingt ans, souligne-t-elle.Aujourd’hui, il faut tenir compte de sa sexualité et des problèmes qu’il rencontre parfois en milieu scolaire ou familial.Avec le vieillissement de la population, nous sommes confrontées à une autre problématique.Nous devons assurer le maintien à domicile de personnes âgées qui ont parfois des déficits cognitifs importants.Par conséquent, notre expertise doit à la fois nous permettre d’utiliser une technologie à la fine pointe et de ne pas être démunies devant des situations dramatiques sur le plan humain.» Des soins adaptés Pour répondre aux différents besoins de la société, des soins adaptés commencent à faire leur apparition.«Avec dynamisme, certaines infirmières jouent un rôle très actif dans la recherche de solutions, expose la porte-parole.A preuve, les approches qu’expérimente l’équipe Itinérance-outreach, du CLSC Centre-Ville de Montréal, pour intervenir auprès d’une clientèle défavorisée et difficile à joindre.Il y a aussi les relations étroites qu’entretiennent les infirmières du CLSC des Pays-d’en-Haut avec les organismes communautaires pour intervenir adéquatement auprès de la population.Ce ne sont pas les exemples qui manquent.» Cette approche clientèle que défend la profession est d’autant plus indispen- Pour répondre aux différents besoins de la société, des soins adaptés commencent à faire leur apparition PHOTO OIIQ Gyslaine Desrosiers, présidente de l’OIIQ: « Les infirmières et infirmiers du Québec vont jouer un rôle majeur dans le virage ambulatoire.» sable à cause du virage ambulatoire amorcé au Québec depuis déjà une dizaine d’années.A noter que cette opération consiste à réduire le temps d’hospitalisation des patients pour réaliser des économies dans les hôpitaux.On invite donc les gens à se déplacer (d’où le terme ambulatoire) pour recevoir des soins comme la chirurgie d’un jour.On les incite aussi à utiliser davantage les services des cliniques externes ou des centres de jour qui se font de plus en plus nombreux dans les hôpitaux.En contrepartie, les CLSC dispensent de plus en plus de services aux convalescents.Les infirmières mettent donc leur expertise et leurs compétences au service de ces clientèles à domicile et en milieu hospitalier.En dépit de ces responsabilités, les infirmières sont encore confinées à tort dans l’ombre des médecins.Selon Gyslaine Desrosiers, il s’agit d’un vieux débat dualiste qui passe à côté des véritables enjeux du système de santé.«Ce sont deux professions qui évoluent.La population aura toujours besoin de médecins et d’infirmières.Au chapitre des bouleversements qui modifient l’échiquier du système de santé, Gyslaine Desrosiers s’interroge sur la sorte de services de première ligne en santé publique que le Québec entend instaurer.«Désirons-nous avoir une première ligne de cabinets privés mur à mur et maintenir la compétition actuelle entre les cabinets privés de médecine et les CLSC?Ou plutôt consolider un réseau de santé communautaire où l’approche biopsychosociale permet de mettre à profit l’expertise d’une équipe multidisciplinaire?En fait, le véritable débat consiste à faire un choix entre un système qui abuse de la médication, qui préfère guérir que prévenir, et un réseau de services qui agit d’abord sur l’état de santé de la communauté.» Il s’agit d’un choix de société, insiste la présidente de l’Ordre, dont le changement de carrière s’est déroulé tant en milieu hospitalier, qu’en santé communautaire et en enseignement.En matière de système de santé, le Québec ne part pas de zéro, loin de là.Grâce aux CLSC, le Québec est la seule province du Canada à s’être dotée d’un réseau de santé communautaire particulièrement bien développé.«I! reste à déterminer ce qu’on a l’intention de faire avec cette infrastructure, qui fait d’ailleurs l’envie du reste du pays, conclut Gyslaine Desrosiers.En Colombie-Britannique, en Alberta et au Nouveau-Brunswick, on met actuellement sur pied des community nursing centers qui offriront des services de première ligne.» Pendant ce temps, ici on hésite encore à confier ces fonctions aux infirmières.Pour l’OIIQ, il persiste encore un bon nombre de zones grises dans la réforme qui est présentement en cours.Une carrière au bout des doigts & .! LA MASSOTHERAPIE PRATICIEN EN MASSAGE MASSOTHÉRAPEUTE Collège Inter-Dec est l’école de massothérapie la plus avant-gardiste et vise à devenir une complémentarité à notre système de santé actuel.939.4444 1-800-363-3541 Nouvelle adresse 2118, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal (Québec) H3H 1M7 ?COLLEGE INTERDEC Une filiale de Groupe Collège LaSalle SOCIETE DE L'ASSURANCE AUTOMOBILE DU QUÉBEC 'f Wry;; L’infirmière Suzanne Tremblay travaille auprès de patients qui suivent un traitement d’antibiothérapie à domicile.PHOTO ROBERT SKINNER Traitement antibiotique à domicile Les infirmières sont au cœur du succès de ce programme L’antibiothérapie à domicile peut remplacer un mois CLAUDE LAFLEUR COLLABORATION SPÉCIALE Savez-vous que si vous vous plantez un clou dans le pied, vous risquez de passer un bon mois à l’hôpital?Un vieux clou rouillé peut en effet provoquer une sévère ostéomyélite.Si l’infection n’est que superficielle, le traitement est simple, mais si elle pénètre jusqu’à l’os, vous aurez alors besoin d’une antibiothérapie.C’est-à-dire qu’on vous branchera à un tube duquel s’écoulera régulièrement un antibiotique.Vous ne serez pas gravement affecté, puisque vous pourrez théoriquement vous promener dans l’hôpital en étant cependant rattaché à un soluté.La même chose peut arriver si vous souffrez d’un certain nombre de maladies infectieuses, dont l’arthrite septique (qui infecte le sang) : vous serez «condamné» à plusieurs semaines d’hospitalisation, alors que vous pourriez être actif ailleurs.Heureusement, depuis janvier dernier, le personnel de l’hôpital Pier-re-Boucher propose un traitement à , .cjomicile.d hospitalisation Etant donné que tout ce dont un patient a besoin consiste à recevoir régulièrement une dose d’antibiotique, on peut l’équiper d’un sac d’où s’écoule l’antibiotique par l’entremise d’une pompe et d’un tube fixé au bras par une aiguille.«L’objectif du projet — qu’on appelle l’antibiothérapie intraveineuse à domicile — est de retourner le patient dans son milieu de vie le plus rapidement possible», explique Sharon Brissette, infirmière responsable de l’implantation de cette nouvelle approche.Ce sont les infirmières qui se trouvent au cœur du programme; elles l’ont implanté et coordonnent maintenant le travail des spécialistes (médecins, pharmaciens et fournisseurs d’antibiotiques).Elles sélectionnent et suivent de près les patients, tout en voyant à la bonne marche du système de pompe.«Lorsqu’on a diagnostiqué un patient susceptible de bénéficier du traitement, poursuit Mme Brissette, on lui demande si cela l’intéresse.Alors, une infirmière le rencontre, lui montre le fonctionnement de la pompe et fait l’évaluation car, évidemment, il y a des critères.Le patient doit être cliniquement stable et être très propre de sa personne puisque, après tout, on l’enverra chez lui avec une aiguille plantée dans une veine.» La pompe est programmable comme un petit ordinateur, explique Mme Brissette en précisant que les jeunes adorent particulièrement ce fait.L’infirmière la programme afin de régulariser le volume, le débit et le cycle: ainsi, par exemple, le patient recevra 250 mg d’antibiotique à toutes les six ou huit heures.La pompe et la dose sont contenues dans un petit sac que le patient peut porter à la taille ou en bandoulière.Elle fonctionne sans interruption et sans nuire aux activités normales du patient, que ce soit au travail, à la maison où lors des périodes de repos.Les subtilités du «virage ambulatoire» «Ainsi, constate Sharon Brissette, au lieu d’être hospitalisé durant six semaines environ et de se promener avec un soluté, le patient est libre de ses allées et venues.» Deux fois par semaine, il se présente à la clinique externe pour subir une évaluation médicale afin de s’assurer que sa santé demeure bonne.L’infirmière vérifie que tout fonctionne bien et qu’il n’y a pas d’infection.«Jusqu’à présent, tout va très bien, constate-t-elle, les patients adorent la formule.» Depuis janvier, une douzaine de patients ont été ainsi traités.Il ne s’agit néanmoins pas d’une économie monétaire puisque l’hôpital Pierre-Boucher n’a pas fermé l’équivalent d’un lit durant cette période.«On est plutôt devenus plus efficace, relate Mme Brissette, car le lit a été utilisé par d’autres patients.Donc un lit, au lieu d’avoir été occupé par un patient durant six semaines, a plutôt servi à, disons, cinq, six ou sept patients.» D’une certaine manière, l’hôpital aurait même dépensé davantage d’argent, puisque ce sont les premiers jours d’hospitalisation qui coûtent le plus.Il faut en effet administrer une batterie de tests afin d’établir le diagnostic, alors que l’antibio-thérapie coûte relativement peu.C’est par contre une excellente façon de désengorger l’urgence.Pour le patient, évidemment, la formule présente d’immenses avantages, particulièrement celui de permettre de mener une vie quasi normale.Par exemple, une mère de famille peut pourvoir à ses responsabilités, au lieu de payer des gardiennes et de s’inquiéter de ce qui se passe en son absence; un travaillepr pourra remplir ses fonctions.Evidem- ment, dans les deux cas, il faut y aller avec modération, bien que le port de la trousse d’antibiothérapie n’empêche pas les activités de tous les jours.Les secrets du succès Mme Brissette rapporte que l’anti-biothérapie intraveineuse à domicile appliquée aux patients souffrant d’ostéomyélite et d’arthrite septique donne de si bons résultats que l’on songe maintenant à l’étendre à ceux nécessitant une hospitalisation de moins de 14 jours.«Notre objectif est que, éventuellement, le patient arrive à l’urgence et qu’il ne soit pas obligé d’être déplacé sur un lit; dès le départ, on le brancherait à une pompe portative et, lorsqu’il serait prêt, on l’enverrait tout bonnement chez lui.Les médicaments seraient livrés à domicile et le suivi se ferait par le CLSC.» «H faudra cependant encore beaucoup de planification avant d’en arriver là, prévient-elle, car nous savons que plus un projet est planifié avec soin, meilleures sont ses chances de réussite.En conséquence, dans notre planification, nous sommes très étapistes.Nous aimerions éventuellement appliquer l’antibiothérapie à domicile à des patients souffrant de pyélonéphrite, d’endocardite, tout ce qui finit par itel» Mme Brisette souligne finalement que le succès actuel est en grande partie dû aux deux infirmières qui s’occupent du programme avec passion.«Elles sont de garde, à tour de rôle et sans être rémunérées, 24 heures sur 24 et sept jours par semaine, dit-elle.De la sorte, si un patient a un problème, disons, à trois heures du matin, il peut rejoindre une infirmière sans difficulté.Et ça, voyez-vous, ça compte pour beaucoup!» rHUTU KUBtKI &MNPIIVK Avant de permettre à l’opéré de quitter l’hôpital, l'infirmière doit compléter une grille d’évaluation de départ.Ci-dessus, l’infirmière Michèle Plante en consultation avec un patient à l'Hôpital Saint-lac.Le retour à la maison après une chirurgie d’un jour Les infirmières des CLSC prennent la relève lorsqu’un opéré retourne chez lui LOUISE JACQUES COLLABORATION SPÉCIALE Presque tout le monde connaît un jeune adulte qui, enfant, s’est fait enlever les amygdales tôt le matin et regagnait son domicile en fin d’après-midi.«Les chirurgies d’un jour existent depuis au moins vingt ans, confirme Lucie Labbé, chef d’unité dans ce secteur au centre hospitalier de Saint-Eustache.Et les gens séjournent à l’hôpital de moins en moins longtemps.» Autrement dit, si présentement 32 % des interventions chirurgicales pratiquées au Québec le sont sous un tel mode, il y a fort à parier que ce pourcentage ira croissant au fil des ans.Non seulement à cause du virage ambulatoire, mais parce qu’en engendrant des douleurs moindres et en limitant les risques de complication, les nouvelles technologies militent en faveur d’un retour rapide à la maison.«Autrefois, rappelle Lucie Labbé, pour faire l’ablation de la vésicule biliaire, le chimrgien devait couper la couche musculaire.Avec la laparoscopie, il n’a plus à le faire.Le patient souffre moins, récupère beaucoup plus vite et peut donc rentrer chez lui le jour même.» Par conséquent, les hôpitaux seront appelés à recevoir des cas de plus en plus complexes, lesquels nécessiteront alors des soins à domicile davantage spécialisés.Les infirmières des CLSC connaissent bien la situation, puisque déjà elles prennent la relève de leurs collègues des centres hospitaliers lorsqu’un, patient opéré retourne à la maison.A la suite de l’ordonnance médicale, voire à la demande du client, elles le visitent aussi souvent que nécessaire pour nettoyer la plaie, refaire le pansement, replacer correctement ou remplacer le soluté.En général, elles profitent de l’occasion pour conseiller, réconforter et dissiper les craintes.Perfectionnement Depuis quelque temps, les infirmières des CLSC Olivier-Chénier, Sainte-Thérèse et Sainte-Rose profitent d’une entente conclue entre l’hôpital de Saint-Eustache et ces établissements communautaires des Basses-Laurentides pour parfaire leurs connaissances.Elles viennent apprendre, par exemple, comment installer un cathéter intraveineux, etc.Elles enrichissent ainsi leur expertise: les infirmières à domicile se doi- om sommes heureux i ““la „ ces Grandes infirmières et ces Grands infirmiers pour leur .Sûr et msance développement soins de santé Québec taie vent de maîtriser les techniques effectuées par celles de l’hôpital.Ce partenariat centre hospitalier-CLSC s’inscrit dans la logique d’un projet-pilote que Lucie Labbé prépare depuis l’hiver dernier.Si le Conseil des médecins et des dentistes lui donne son aval, dès le 30 octobre, les infirmières visées expérimenteront une tout autre façon de travailler qui, outre le fait de maximiser les compétences et l’efficacité du personnel infirmier en hôpital, devrait ajouter à la qualité du suivi postopératoire.En vue d’enrayer les chronophages tout en accroissant le savoir des infirmières, Lucie Labbé a conçu, en collaboration avec l’équipe médicale, une série de formulaires à cocher, standardisés et ciblés par chirurgie.«Il s’agit en fait, dit-elle, d’outiller différemment les infirmières, de façon à permettre un suivi systématique, ou ce que j’appelle la gestion des épisodes de soins.» Les deux premiers formulaires les amèneront à mieux cerner le cheminement critique et les diverses complications associées à tel type d’intervention (un exemple: en cas d’ablation d’hémorroïde, le chirurgien considère que le patient ne fait de la fièvre qu’à partir de 38 degrés.) Toute anormalité observée aura pour effet de garder le patient à l’hôpital.Si tout va bien, il partira, mais seulement après que l’infirmière aura complété la grille d’évaluation de départ Une grille clé pour la sécurité du patient, puisqu’elle confirme que ce dernier est bel et bien en état de rentrer chez lui et, par surcroît, parce qu’il s’agit d’une étape qui prépare la transition entre l’hôpital et la maison.Des conseils sont prodigués sur la façon de se réalimenter, de soulager les petites douleurs, de réénergistT les jambes; la prise de rendez-vous postopératoires est vérifiée; les besoins en soins à domicile, évalués.SI le patient doit y avoir recours, l’infirmière de l’hôpital avisera sa consœur du CLSC, laquelle conviendra rapidement d’un rendez-vous avec son nuit veau client Toutefois, dans l’éventualité où lu condition d’un sujet ne requiert aucun soutien post- opératoire, dès novembre, une infirmière de son CLSC communiquera tout de même avec lui, et ce, dans les vingt-quatre heures suivant son congé, afin de s’assurer que tout va vraiment bien et de l’inciter à faire appel en cas de besoin.Finalement, Lucie Labbé a pensé qu’il conviendrait de partager la responsabilité du maintien de la qualité des services postopératoires avec le bénéficiaire.«Nous lui demanderons d^nous retourner, trente jours après l’opération, un formulaire sur lequel il aunt noté l’apparition de certains symptômes, et qu’il aura fait compléter par le médecin, advenant qu’il l’ait consulté au cours de cette période.Ce sera notre seule façon de dépister toutes les infections consécutives à la chirurgie et d’apporter alors les correctifs qui s’imposent» La laparoscopie évite de couper la couche musculaire: le patient souffre moins et récupère plus vite direct.Québec Message du premier ministre C’est avec plaisir que j’offre mes meilleurs voeux aux membres et aux dirigeants de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec qui célèbre cette année son 75e anniversaire.Le personnel infirmier joue un rôle crucial dans l’évolution du système de santé au Québec.Au fil des ans, il a fait preuve d’une étonnante capacité d’adaptation aux changements rapides et spectaculaires de notre société.Le dévouement et l’engagement professionnel de ces femmes et de ces hommes ont largement contribué à l’amélioration de la qualité des sôins dispensés sur l’ensemble du territoire québécois.f L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec peut être fier du chemin parcouru.Toutes mes félicitations! Jacques Parizeau Premier ministre du Québec I.!¦: I) K V OIK.I.K S S A M K DI 21 E T D I M A N 0 II E 2 2 O C T O K II K I ü 1 V V CANCER I9*EIN ¦ Soigner, c’est aussi vivre en communauté Des infirmières de CLSC «descendent dans la rue» pour rejoindre plus facilement la clientèle à risque Mieux vaut prévenir que guérir L’infirmière joue un rôle primordial dans le dépistage du cancer du sein LOUISE JACQUES ! COLLABORATION SPÉCIALE * * A Sainte-Adèle, une commerçante avoue à une infirmière de passade qu’elle craint pour une adolescente du voisinage, enceinte et esseulée.¦Pendant ce temps, à Saint-Adolphe, la caissière d’un café confie à l’infirmière qui vient d’entrer que la dame assise là-bas semble en avoir gros sur le coeur ces jours-ci.Au même "moment, dans une maison de Sainte-Marguerite, le voisin d’un monsieur 'un peu trop violent discute de la situation avec une infirmière rencon-' tree lors d’un dîner communautaire.Impensable, croyez-vous?Pas vraiment, puisque voilà maintenant trois ans que la quinzaine d’infirmières du CLSC des Pays-d’en-haut sillonne les villages de la région et y appliquent l’approche milieu.Une approche dynamique, originaire d’Angleterre, qui vise à rendre pos- Maximiser les forces de la communauté pour venir en aide aux gens dans le besoin sible une intervention non sollicitée, et ce, avant que le problème entraîne une pathologie.Actuellement, à peine une poignée de CLSC l’intègrent dans certains de leurs programmes.Mais seul celui du pays de Séraphin l’a étendue aux activités de toute la boîte.«La raison pour laquelle nous nous promenons dans les milieux plutôt que de rester dans nos bureaux, c’est que la clientèle à risque ne nous consulte pas», explique Robyn Kershaw-Bellemare, chef de l’administration des programmes au CLSC des PDH.Elle parle, ent autres, des jeunes mamans monoparentales, des gars et des filles qui surconsomment de la drogue, des personnes âgées victimes d’abus de la part de leurs enfants, des gens atteints de déficience mentale.PHOTO ROBERT SKINNER Marie Masson, infirmière, accompagnée du coordonnateur du café communautaire Entre-Gens de Sainte-Adèle, Jean-Guy Ouellette (à gauche).N’importe quel prétexte L’originalité de l’approche milieu est qu’elle s’oppose a la relation exclusive client-intervenant.«In cible d’intervention devient souvent le réseau du client: sa famille, ses voisins, ses connaissances, son milieu de travail, l’école, les commerçants, les policiers.» précise Danielle Vézina, infirmière à domicile basée à Morin Heights.«Supposons, poursuit Kobyn Kershaw-Bellemare, que lors d’une vaccination dans une école primaire, Danielle constate qu’un enfant a l’air mal soigné, fatigué.Elle trouvera un prétexte pour visiter l’enfant chez lui, pour lui apporter de la documentation par exemple.Là, elle verra la maison, la mère, les autres enfants.Et elle finira peut-être par apprendre que monsieur est alcoolique, que madame est battue régulièrement et qu’il n’y a guère d’argent dans ce milieu.» Alors, en compagnie d’un autre membre de l’équipe multidisciplinaire, voire avec un des cadres du CLSC, lesquels troquent également souvent le bureau contre la rue, Danielle Vézina procédera à l’évaluation biopsychosociale afin de mieux cerner la demande d’aide informelle, étudiera le réseau, élaborera, conjointement avec ce dernier, un plan d’intervention.«Dès le départ, nous précisons que nous ne sommes pas là pour faire les choses à leur place, rapporte Danielle Vézina.Nous tentons de faire comprendre que tout le monde doit s’impliquer, que le problème leur appartient.» Evidemment, il arrive que certains se fassent tirer l’oreille ou même qu’un conjoint, disons toxicomane, refuse carrément ce genre d’incursion dans sa vie privée.«Si monsieur n’est pas volontaire, nous ne pouvons pas le forcer, convient Danielle Vézina.Nous entourerons alors madame.Nous l’amènerons un peu partout pour la sortir de chez elle.Les mardis matins, nous l’inviterons à la cuisine collective où elle rencontrera des femmes vivant la même situation.Nous la jumellerons avec une autre qui a connu ce problème, qui s’est organisée et qui n’est plus victime d’abus.».L’instinct de la misère Aujourd’hui, Danielle Vézina et ses collègues exercent à 75 % dans la communauté, la rue et à domicile.«Mais nous assurons également tout ce qui relève des programmes traditionnels des CLSC, insiste Robyn Kershaw-Bellemare.La vaccination, le scolaire, le maintien à domicile, le soutien mères-enfants, etc.Et à cela, nous ajoutons la notion que, souvent, la personne ou son réseau sont les mieux placés pour résoudre leurs problèmes.» En fait, en se rapprochant de la communauté, ces infirmières ont fini par développer une forme d’instinct face à la misère qui entoure les gens qu’elles côtoient.Et peu importe qu’elles entrent en contact avec quelqu’un à la suite d’une rencontre spontanée, des commentaires d’un épicier ou d’une ordonnance médicale, elles n’en font jamais abstraction.«Derrière un bobo physique, il y a souvent autre chose qui se situe aux niveaux social ou psychologique», rappelle Danielle Vézina.Ainsi, quand pour donner suite à la demande d’un centre hospitalier elle visite cette vieille dame qui vient de subir une chirurgie, dans un premier temps, elle observe l’état de la plaie, change le pansement, voit à ce que toutes les mesures nécessaires soient prises pour que cette ancienne maîtresse d’école, en perte d’autonomie, puisse rester chez elle en toute sécurité.Mais en conversant, elle peut découvrir que, par crainte de tomber, la patiente ne sort presque jamais de chez elle, donc qu’elle ne fait pas très bien son épicerie et que, par conséquent, elle mange mal.Elle peut aussi apprendre que les enfants de la vieille dame ne viennent que très rarement saluer leur mère.«Pour briser son isolement, nous lui proposerons de venir au centre de jour et à la cuisine collective; également, nous relancerons les enfants, sous prétexte de leur donner de la rétroaction sur l’évolution physique de leur mère mais, en réalité, pour les inciter à renouer contact; si nous savons qu’une autre de nos clientes, disons une jeune fille enceinte, sans famille et aux prises avec des problèmes de drogue, veut suivre des cours de mathématiques, nous demanderons à toutes deux si elles aimeraient travailler les mathématiques ensemble.» Car le partage des responsabilités sociales entre les membres d’une collectivité est partie intégrante de l’approche milieu.«Une personne qui éprouve certains problèmes devient, dans un autre contexte, un aidant naturel», souligne Robyn Kershaw-Bellemare.Pour sa part, Danielle Vézina croit que cette façon de pratiquer améliore ses compétences professionnelles, puisque plutôt que de se cantonner dans un programme, elle doit composer avec une variété de problématiques.Du petit bébé affamé au jeune drogué désabusé, de la maman alcoolique au papa maniacodépressif, du garçonnet qui pleure la mort prochaine de sa mère à l’aïeul déprimé parce qu’il s’ennuie dans ses quatre murs.«Travailler dans les rues, dans les villages, c’est très intéressant, très énergisant, dit-elle.Et j’ai beaucoup appris en trois ans.» LINDA BOUTIN COLLABORATION SPÉCIALE Au Québec, un peu moins du quart des femmes entre 35 et 55 ans pratiquent régulièrement l’examen des seins chez elles.C’est peu, compte tenu du fait que le cancer du sein est la première cause de décès pour ce groupe d’âge.Ce faible engouement provient notamment du fait que les femmes ignorent l’a b c de cet exercice, pourtant fort simple, et qu’elles ne savent où aller puiser cette information.Pour inciter les femmes à prendre davantage charge de leur santé, un petit groupe d’infirmières enseignent les techniques de palpation aux Québécoises et à leurs propres consœurs infirmières.Elles donnent généralement la formation sur une base bénévole, en espérant qu’un jour les CLSC, centres de mammographie et d’oncologie prendront la relève.L’a b c de l’auto-examen Dollena W.Giguère fait figure de pionnière dans ce domaine.Coordonnatrice des soins infirmiers à temps partiel, au centre hospitalier Saint-Vincent-de-Paul, à Sherbrooke, elle s’est intéressée au dépistage du cancer du sein un peu par hasard.En 1988, le Centre des femmes de sa région désirait organiser une soirée sur les techniques de l’auto-examen.Après quelques recherches auprès des ressources spécialisées, Mme Giguère a glané quelques dépliants et un document vidéo en., anglais exclusivement.«A l’époque, il ne se faisait pas grand-chose sur le sujet et je trouvais inacceptable qu’il n’y ait rien de disponible en français.La Société canadienne du cancer m’a proposé de collaborer à la réalisation d’un document vidéo sur l’auto-examen des seins.Je me suis occupée de la partie technique», se rappelle Mme Giguère.Aujourd’hui, le documentaire La Mémoire a u bout des doigts fait partie de sa frousse d’information.Il côtoie notamment d’autres documents vidéo, des modèles de sein en silicone, des affiches sur la méthode de palpation et des fiches de santé.L’enseignemçnt de l’auto-examen des seins dure environ une heure.A partir d’un document visuel, la formatrice montre la technique «verticale» aux participantes, c’est-à-dire la façon de palper leurs seins en traçant des lignes verticales «comme si on tondait le gazon, de l’aisselle à la ligne du soutien-gorge».Mme Giguère utilise aussi des seins noduleux en silicone pour montrer aux femmes à détecter les masses suspectes durant la palpation.Les participantes sont ensuite appelées à pratiquer la technique sur elles-mêmes.L’auto-examen est simple comme bonjour, et efficace comme pas un.Les habituées l’exécutent en quelques minutes.L’auto-examen fait peur En général, c’est la femme qui se découvre elle-même une anomalie au sein plutôt que le médecin lors de l’examen médical ou d’une mammographie.Cette masse est souvent décelée à un stade de développement avancé.Pour l’éliminer, la patiente doit subir la plupart du temps chimiothérapie et chirurgie.Des traitements pas très joyeux! C’est pourquoi l’auto-examen se révèle si pertinent.Il permet de détecter un nodule de la taille d’un pois chiche au lieu de celle d’une balle de ping-pong — comme c’est souvent le cas — et de le traiter de façon efficace et rapide.Par exemple, deux collègues de Mme Giguère ont décelé des nodules malins après leur formation à l’auto-examen.Comme ces nodules ont été dépistés tôt, leur guérison n’a été que plus rapide.Malgré l’avantage indéniable d’une telle technique de dépistage, plusieurs femmes reportent continuellement leur auto-examen mensuel.«Elles ont peur de déceler une anomalie», affirme Mme Giguère.Une bosse au sein signifie pour plusieurs: cancer, chimiothérapie, voire mastectomie.L’horreur! Pourtant, selon les statistiques, 80 % des nodules sont bénins (kystes, dysplasies mammaires, etc.).De plus, 75 % des biopsies du sein s’avèrent non cancéreuses.Comme on le constate, il n’y a pas à se faire du mauvais sang avec les bosses louches.Mais il ne faut pas non plus prendre à la légère le cancer du sein.Une femme sur neuf en Amérique du Nord souffrira de cette maladie au cours de sa vie.Une récente étude américaine rappor- PHOTO LEOPOLD BRUNET L’enseignement de l’auto-examen des seins diminuerait de 30 à 40 % le taux de mortalité chez les femmes atteintes de cette maladie, te que l’auto-examen, combiné à l’examen clinique par un professionnel de la santé et à la mammographie, diminuerait de 30 à 40 % le taux de mortalité chez les femmes atteintes de cette maladie.Une priorité dans le réseau de la santé Même si on le juge essentiel, l’enseignement du dépistage du cancer du sein à la maison ne semble pas encore une priorité pour les, CLSC et les centres spécialisés.A l’heure des compressions budgétaires, ce programme est relégué aux oubliettes.En attendant, c’est aux membres des associations féminines (Cercles des fermières, AFEAS) ou des centres de femmes que les infirmières enseignent l’auto-examen.Comme leur présence est ponctuelle, elles ne peuvent évaluer la pratique mensuelle.Et, si l’infirmière ne relance pas les participantes, celles-ci auront tendance à remettre de mois en mois leur auto-examen.Pour maintenir la motivation chez les femmes, Mme Giguère souhaite une participation active, aussi légère soit-elle, de ses consœurs.«Lors d’une chirurgie d’un jour, par exemple, l’infirmière responsable de la patiente pourrait lui rappeler l’importance de faire son auto-examen des seins.» Mais de l’avis de Ginette Boucher, infirmière et membre du groupe de sensibilisation au cancer du sein, il revient plutôt aux infirmières des CLSC de jouer ce rôle, tout comme celui d’implanter un programme d’enseignement dans leur service.Mais dans le contexte économique actuel, soutenir un tel projet, c’est se battre contre des moulins à vent! Qu’est-ce qui pousse alors Dollena W.Giguère et quelques-unes de ses collègues à poursuivre la formation?«L’effet multiplicateur, explique Lorraine Couture, professeur en soins infirmiers au cégep de Saint-Hyacinthe.En formant les étudiantes, celles-ci vont enseigner la technique de palpation à leurs proches et à leur Suture clientèle.» Autre raison majeure: la place privilégiée qu’occupe l’infirmière auprès de la clientèle féminine.«La patiente se sent plus à l’aise avec nous qu’avec un médecin.De plus, nous possédons les connaissances pour enseigner adéquatement l’auto-examen», explique Mme Giguère.Un petit groupe d’infirmières enseignent bénévolement les techniques de palpation Pour le Centre hospitalier de Verdun, l’infirmière occupe une place prépondérante quant aux soins à prodiguer aux usagers.C’est pourquoi nous avons mis en place le système modulaire et la gestion de l’épisode de soins qui lui confirme un leadership au sein de l’équipe soignante et multidisciplinaire.4000, bout Lasalle Verdun, Québec H4G2A3 Centre hospitalier de Verdun Dans notre société, certains pensent qu'il existe une « pilule miracle » pour chaque maladie.Mais ce n'est pas toujours vrai.Les prescriptions non appropriées sont parfois peu avantageuses pour le patient et elles coûtent cher au système de santé.Même si les médicaments peuvent s'avérer nécessaires, dans certains cas, un changement à l'alimentation ou un programme d'exercice continu suffisent.Me vous attendez donc pas à recevoir une ordonnance chaque fois que vous voyez votre médecin.Les meilleurs remèdes ne sont pas toujours ceux auxquels on pense.Pour plus de renseignements sur le défi santé, commandez un exemplaire du v/c/éo « Virage santé : aujourd'hui.pour demainMC - Le consommateur s'interroge sur le système de santé ».1 800 788-4488 ASSOCIATION DSS INFIRMIÊRSS ST INFIRMISRS DU CANADA Oh La Voix réseau canadien des aîné(e)s Anoootton phormo
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