Le devoir, 20 juillet 1995, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVO Vol.I.X X XVI - N O I U 7 ?M O X T R E A I.I.K .1 K U I) I 2 () .1 U I 1.1.K T I II il 5 7 5c ?T I* S ?T V Q / T o r onto IS PERSPECTIVES La science exacte de l’orgueil et du fric Amère ironie que cet appel «historique» à la collaboration internationale qu’ont lancé cette semaine à Montréal les célèbres docteurs Luc Montagnier et Robert Gallo.Car les deux éminents chercheurs, qui se sont pendant longtemps disputé le titre de découvreur du virus du sida, n’étaient guère en mesure de donner l’exemple.Leur litige aurait clairement établi que, sans blâmer qui que ce soit, les orgueils et les questions de fric minent trop souvent la coopération entre chercheurs.À une époque où les scientifiques consultent leurs avocats et bailleurs de fonds bien avant leurs confrères médicaux, peut-on qualifier la déclaration des deux docteurs d’autre chose qu’un voeu pieux?; , appel livré par le docteur Gallo dans le Konrad Yakabuski L cadre du 19" Congrès international de chimiothérapie n’était pas le premier du genre qu’il ait prononcé.Comme le fit remarquer feu Randy Shilts dans son volume pionnier sur le sida, And The Band Played On, la versatile vedette du US National Cancer Institute avait livré le même plaidoyer en acceptant, pour ses recherches, un prix accordé par le gouvernement américain en 1987.Son intervention en fit sourciller plusieurs, avait noté Shilts, car «les querelles amères entre scientifiques français et américains qui avaient caractérisé les deux dernières années n’étaient guère un témoignage de la coopération internationale».D’où le scepticisme qu’aurait suscité cette semaine la dernière déclaration du docteur Gallo et de son ancien rival.Le livre de Shilts fait part des en-tourloupettes qu’aurait employées l’équipe du docteur Gallo pour empêcher la propagation des recherches de son rival français: tentative de faire retirer un collègue du docteur Montagnier de la liste dçs conférenciers invités à un colloque sur le sida aux Etats-Unis, refus du docteur Gallo de fournir des échantillons de «son» virus HTLV-III au US Center for Disease Control puisqu’une telle démarche aurait permis d’établir que le virus que le docteur Gallo prétendait avoir «découvert» était bel et bien le même que l’équipe de l’Institut Pasteur avait identifié un an plus tôt Le docteur Gallo, selon Shilts, l’avait acheminé seulement aux cinq compagnies pharmaceutiques chargées de fabriquer le lucratif «kit diagnostique», ou test de dépistage.Autant d’en-tourloupettes qui ont retardé l’identification définitive du virus, subséquemment renommé «Ôte VIH, permettant de passer à la pro- chaine phase dans la lutte contre le si-le secteur n>stre encore naissant, soit un traitement.Les chiffres que le livre de privé de la Shilts cite sur le nombre des morts répertoriés pendant ce délai en disent recherche long sur le coût humain du conten-, tieux.et t as nen» Bien que les actions attribuées au docteur Gallo auraient pu être motivées par l’orgueil — il avait lui-même admis qu’il lorgnait le prix Nobel —, il faut reconnaître le rôle primordial qu’a joué l’argent dans tout ce triste épisode dans l’histoire de la science.Quand les autorités françaises ont porté leur cause en Cour fédérale aux Etats-Unis, c’était moins pour se faire attribuer la paternité de la découverte du virus que pour arracher aux Américains une partie des redevances des ventes du test de dépistage qu’une telle reconnaissance leur garantirait.Peu après la première entente franco-américaine en 1987 — une deuxième est survenue en 1994 après que l’Institut Pasteur eut été dûment reconnu pour avoir découvert le virus —, Luc Montagnier s’est confié à Randy Shilts: «Tout cet épisode m’aura appris bien plus sur la politicaillerie que sur la science.Je n’aurais jamais imaginé qu’on devait être un bon vendeur pour être entendu.» Devant ce constat, saurait-on prétendre que l’environnement est devenu plus propice à la coopération qu’il y a dix ans?Bien sûr, il faut donner le bénéfice du doute aux docteurs Gallo et Montagnier, dont le passage à Montréal était bien trop court pour aboutir à un geste concret de collaboration entre eux.On ignore alors la forme que prendrait la coopération vertueuse qu’ils prônent.Mais entre la coopération sur des données dites «publiques» et celles faisant l’objet d’ententes commerciales, il y a tout un écart.Car en ce qui a trait à ces dernières, tout indique que les chercheurs, suivant le mot d’ordre des compagnies pharmaceutiques qui financent leurs recherches, continueront à les protéger jalousement.Du moins jusqu’à ce qu’elles soient «commercialisables».Voilà en quoi les propos des docteurs Montagnier et Gallo détonnent par rapport à la dure réalité du monde médical, comme nous l’a indiqué plus d’un des 8000 scientifiques participant à cet important congrès qui a lieu pour la première fois au Canada.«Les gens sont toujours conscients du potentiel économique d’une découverte», a tranché l’un d’entre eux.Si la «collaboration» fait en sorte que quelqu’un d’autre se fasse attribuer les résultats de leurs recherches, ils n’en veulent rien savoir.De toute façon, ils sont obligés de respecter la confidentialité qu’exigent les compagnies pharmaceutiques qui subventionnent leur travaux.Et, comme l’a martelé un autre délégué, «ôte le secteur privé de la recherche et t’as rien».INDEX MÉTÉO Agenda.B6 Avis publics.B4 Classées.B5 Culture.B7 Économie.B2 Éditorial.A6 Le monde.A5 Mots croisés.B5 Les sports.B5 Montréal Nuageux.70 % de possibilité d’averses ou d’orages.Max: 25 Québec Ennuagement le matin.Averses par la suite.Max: 21 Détails en B 4 ÉDITORIAL f J» LES RÉGNONS L'affaire Latimer: L, ***- \ >,;V* A ^ Le rêve du Klondike une sentence injuste en Be a uce! PAGE A 6 k.dl.J PAGE B I MONTRÉAL Rappel des produits sanguins: le Québec moins affecté PAGE A 3 L’humour se fait tirer l’oreille PHOTO JACQUES NADEAU ¦am f Bifcür * Iff?# ?'0^Ssc*—• Métamorphosée le temps d’un après-midi en bonhomme vert du Festival Juste pour rire, notre journaliste Andrée Boisselle est allée se faire tirer les oreilles dans le Vieux-Port de Montréal envahi par les humoristes.Zepaaux mains des Serbes L’Occident divisé sur la défense de Gorazde D’APRÈS AFP ET REUTER Une autre des six enclaves musulmanes de Bosnie-Herzégovine est finalement tombée hier: Zepa.Et ce n’est pas fini, car tous les efforts serbes vont maintenant se tourner vers Gorazde, que l’Occident aimerait bien défendre, mais sans savoir exactement comment.L’armée bosno-serbe (BSA) a annoncé hier soir la reddition de la ville de Zepa, l’une des six prétendues «zones de sécurité» de l’ONU en Bosnie, tandis qu’à Paris, le premier ministre français Alain Juppé exhortait ses partenaires à «aller à Gorazde» pour porter un coup d’arrêt VOIR PAGE A 8: SERBES ¦ Autres informations en page A 5 Québec déniche 60 millions $ pour MIL-Davie Quelques centaines de travailleurs auront du travail pour deux ou trois ans "h Juste pour nre ouvre son festival Dans la peau du comique ANDRÉE BOISSELLE ?Pour comprendre, qu’ils disaient, il faut se mettre dans la peau du personnage.En enfilant la combinaison moulante et le masque aux cornes rouges de la célèbre mascotte Juste pour rire, ce qu’on saisit, c’est, primo: qu’il fait chaud là-dedans; secundo: que l’on a choisi de vivre dangereusement parce que, tertio, on est devenu le miel des plus mignonnes petites abeilles du monde.et de leurs féroces grande frères de neuf ans.C’est instantané.A travers le filet noir de la bouche du bonhomme vert, et bien qu’il diminue sensiblement la vision périphérique, on s’aperçoit bien vite de l’effet qu’on fait aux enfants.Ils s’amassent bientôt en une jolie foule aux yeux ronds, aux sourcils en accents circonflexes, et bien que certains n’aient derrière eux que trois ans de vie, ils ont tous entendu à la télé le caverneux gémissement: «Mamaann! C’est fi-niiiii!» Le dragon vert est synonyme de rire, et le leur est tout prêt à fuser, après les questions: «Comment tu t’appelles?Raconte-moi une blague.» Pas le moment d’expliquer que les temps sont durs, que les journalistes doivent se faire clowns, que je ne suis pas dans mes propres souliers.Il faut jouer le jeu.Catastrophe.J’aurais pu me baptiser Vadrouille ou Fripouille, inventer quelque chose qui soit un peu digne de l’habit, quoi.Mais non: «Je m’appelle.Justepourrire.Ça te va?» Pour ce qui est de la blague, la déconfiture s’annonçait pire encore.«Il était une fois deux grenouilles qui traversaient la rue.Bah! Oublie ça.» Ne s’improvise pas humoriste qui veut, même quand on a réussi à acquérir le physique de l’emploi.Ce physique dont on n’a pas encore l’habitude se révèle aussi porteur d’ennuis que générateur de sourires.J’voudrais bien vous y voir si une bande de petits d’hommes s’attaquaient à votre nez, à votre bedaine — si rembourrée soit-elle — à vos oreilles enfin, sans que personne ne songe seulement à VOIR PAGE A 8: RIRE MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le gouvernement du Québec doit annoncer ce matin qu’il accorde au chantier naval MIL-Davie quelques contrats pour la remise en état ou la construction de navires appartenant à la Société des traversiez du Québec.Les sommes en cause dépassent les 60 millions $ et elles procureront du travail à quelques centaines d’ouvriers pendant deux ou trois ans, selon des informations obtenues hier par Le Devoir de sources fiables.Le conseil des ministres a donné son aval à ce plan hier.Il s’agit bien sûr d’une solution transitoire, valable jusqu’à ce que l’on trouve un partenaire qui parviendrait à relancer ce chantier vers de nouveaux marchés.Le ministre des Transports, Jacques Léonard, annoncerait l’octroi de contrats à MIL-Davie pour l’allongement et la rénovation de deux traversiers qui font la navette VOIR PAGE A.8: MIL POLITIQUE Mike Harris abolit le programme d’équité en emploi PAGE A 4 La business de la pauvreté Les banques alimentaires avaient été conçues comme services d’urgence; on est en train de les institutionnaliser La mode est aux compressions et aux «rationalisations».Dans le contexte de la cure d’amaigrissement de l’Etat providence, réputé favoriser le clientélisme, on ne s’étonnera pas d’entendre s’élever des voix sur les «effets pervers» de l’aide alimentaire distribuée gratuitement Une critique que n’ignorent pas du tout les organismes montréalais de lutte contre la faim.JEAN PICHETTE LE DEVOIR 3 La possibilité d’un effet de dépendan- pas l’exploration de nouvelles pistes suscep-¦ ce ou de création de la demande, gé- tibles de rendre obsolète l’aide alimentaire, nérés par les banques alimentaires, est recon- «Au départ, les banques alimentaires avaient nue par plusieurs personnes œuvrant dans le été conçues comme un service d’urgence, de milieu des groupes d’aide alimentaire.Pra- dépannage.Mais nous sommes en train tiquement impossible à quantifier, un tel de les institutionnaliser», déplore Guy impact semble toutefois demeurer mar- «w* Paiement, président de la Table de ginal eu égard à l’augmentation massive ; î Mnnfrpal concertation sur la faim du Montréal du nombre de gens tourmentés par la métropolitain, faim.Que ça plaise ou non, la société mont- Une perspective qui effraie les groupes réalaise semble devoir apprendre à composer eux-mêmes, dépourvus de ressources et à la avec les banques alimentaires et les abus merci de bénévoles qui s’épuisent.«On ne qu’elles peuvent entraîner.Ce qui n’empêche pourra pas continuer indéfiniment», reconnaît VOIR PAGE A 8: PAUVRETÉ PHOTO JAQUES NADEAU Jeunesse au soleil: service essentiel.à R I I L Y.I) K V 0 I K .I E JEUDI 2 0 JUILLET 1005 A 3 MONTREAL V Ma C’était pour rire ~ 4b- .il A1.».PHOTOS JACQUES NADEAU LE GROUPE ACHIPERRE, d’Espagne, s’est amusé au détriment d’une spectatrice, hier au Festival Juste pour rire.Il semble que la pauvre femme n’a pas apprécié de se faire tirer les cheveux et d’être projetée par terre.Les autres spectateurs ont pour leur part apprécié, comme en témoignent leurs larges sourires.E N ?COCKTAIL MOLOTOV À OKA (PC) — La Sûreté du Québec (SQ) a été appelée à intervenir à Oka vers lh30 dans la nuit de mardi à hier à la suite d’une plainte relative à l’explosion d’un cocktail Molotov à l’intersection des rues des Pins et Sainte-Thérèse.Les patrouilleurs de la SQ qui se sont rendus sur les lieux ont découvert des débris de bouteille mais n’ont pas vu de flammes.Cependant, quelques minutes plus tard, en patrouillant le secteur de la pinède, les policiers ont été la cible de bouteilles qui se sont fracassées tout près de leur véhicule.Selon l’agent Luc Ga-doury, des Affaires publiques de la SQ, personne n’a été blessé et une enquête est en cours afin d’identifier les auteurs de cet incident.-?- VOLEURS DE VOITURES APPRÉHENDÉS (Le Devoir) — Deux hommes ont été arrêtés et 19 véhicules volés ont été récupérés par les policiers de la Sûreté du Québec, hier, au port de Montréal.Pierre Duperron, 45 ans, et son complice El Youssef Merabhi Bassel, 28 ans, font face à des accusations de vol et de recel de voitures.Ils comparaîtront au Palais de justice de Montréal au cours des prochains jours.Les deux malfaiteurs avaient récemment expédié au Liban dix-neuf voitures volées d’une valeur totale de 825 000 $.Les véhicules, la plupart de marque Cherokee, ont été réexpédiées au Québec avec l’aide des autorités libanaises.La section des crimes contre la propriété de la SQ poursuit toujours son enquête, en collaboration avec les policiers de la Communauté urbaine de Montréal et le Service frontalier de Revenu Canada.La SQ croit que les deux hommes avaient fort probablement des complices.-?- REPRISE DE LA CONCILIATION AU CASINO (Le Devoir) — Dans le conflit de travail qui paralyse toujours le Casino de Montréal, le conciliateur devait avoir, hier après-midi, des rencontres séparées avec les dirigeants du Casino et ceux du syndicat des 1300 employés de la CSN en lock-out La rencontre visait à obtenir la réaction des deux parties aux six modèles de négociations proposés par le conciliateur jeudi dernier.Le porte-parole du Casino, Patrice Tardif, a indiqué au réseau NTR qu’au moins une des pistes avait été jugée acceptable par la direction, sans cependant fournir plus de précisions.La conciliation était interrompue depuis une semaine.Les employés affiliés à la CSN du Casino manifesteront au- B R E F ?jourd’hui au Marché Bonsecours, dans le Vieux-Port de Montréal, où se tient une exposition commanditée par la Société des casinos.A Québec, le vice-premier ministre Bernard Landry a par ailleurs maintenu que le gouvernement n’entend pas intervenir dans le conflit.-?- DEMANDE D’APPEL REPORTÉE (PC) — L’audition de la demande d’appel des policiers de la Communauté urbaine de Montréal condamnés dans l’affaire Bamabé a été reportée au 23 août.Les avocats des policiers veulent en appeler du verdict de culpabilité qu’a rendu le jury le 26 juin.Le jury a reconnu Pierre Bergeron, Louis Sam-son, André Lapointe et Michel Vade-boncœur coupables de voies de fait ayant causé des lésions au chauffeur de taxi Richard Bamabé lors de son arrestation le 14 décembre 1993.La défense veut notamment faire valoir que le juge Benjamin Greenberg a erré en droit sur la notion de voies de fait en adressant ses directives aux jurés.Les avocats s’en prennent également à leur consœur Sophie Bourque qui représentait la policière acquittée, Manon Cadotte.Ils prétendent que l’avocate a dévoilé des secrets professionnels au cours du procès.Le juge Greenberg a condamné les agents Bergeron, Samson et Lapointe à des peines d’emprisonnement allant de 60 à 90 jours, tandis que Michel Vadebon-cœur a obtenu une sentence de travaux communautaires.Les peines auraient dû commencer à être purgées en fin de semaine mais leur application a été suspendue pour la durée du processus d’appel.-?- COMPRESSIONS À L’HOPITAL LOUIS-H.-LAFONTAINE (PC) — L’hôpital de soins psychiatriques Louis-H.-Lafontaine, à Montréal, devra d’ici trois ans retourner 130 patients à la maison et fermer 60 lits de soins de courte durée dans le cadre de la restructuration des soins de santé.La Régie régionale assure toutefois que la clientèle aura accès à des ressources d’hébergement et à des services en CLSC afin d’éviter les erreurs des années 60 où des patients s’étaient retrouvés à la rue.La direction de l’hôpital se demande toutefois si les CLSC pourront assumer ces responsabilités.L’hôpital trouve par ailleurs illogique que la Régie lui demande de fermer des lits alors que les hôpitaux de la région demandent à l’établissement d’accepter de nouveaux patients.La réforme impose à l’hôpital Louis-H.-Lafontaine des compressions de près de 10 millions $ sur un budget d’une centaine de millions de dollars.Maladie de Creutzfeldt-Jakob Le sang utilisé dans les hôpitaux serait tout à fait sûr Seuls des produits comme l’albumine ont été retirés à Montréal et ailleurs au Québec MICHEL LALIBERTÉ LE DEVOIR Les centres hospitaliers du Québec ne sont pas confrontés à une opération de rappel aussi importante de produits sanguins que les hôpitaux de l’Ouest canadien.Seuls les produits sanguins fractionnés font l’objet d’un retrait au Québec de la part de la Société canadienne de la Croix-Rouge (SCCR).L’Association canadiennes de la Croix-Rouge, section Centre de Montréal, qui dessert près du 2/3 des hôpitaux du Québec, a rappelé uniquement les produits de fractionnement, soit ceux traités par l’industrie pharmaceutique.Les produits visés par le rappel sont l’albumine, l’immunoglobuline (par voies intraveineuse et intramusculaire) et le fameux facteur 8 utilisé par certains hémophiles.Les produits sanguins réguliers, non touchés par la vaste opération pan-canadienne, sont les pintes de sang, les plaquettes sanguines et les globules rouges (tous deux des coagulant) et le cryoprécipité (concentré de facteurs de coagulation).Les hôpitaux du Québec n’ont pas reçu la consigne de redonner leurs produits réguliers puisque le risque de contamination est nul, a assuré le Dr Louis Cossette, directeur médical adjoint à la section Centre de Montréal du Service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge.En substance, le Dr Cossette a expliqué que les produits sanguins réguliers utilisés au Québec proviennent de donneurs québécois.Aucun cas de donneur souffrant du syndrome de Creutzfeldt-Jakob n’a été signalé dans la province.Ce n’est toutefois pas le cas des produits fractionnés, a-t-il ajouté, puisque les compagnies pharmaceutiques s’approvisionnent à plusieurs endroits.Ceci explique que certains produits rappelés dans l’Ouest ne l’ont pas été au Québec.Le Dr Cossette a indiqué que le remplacement des produits sous le coup du rappel va bon train.Pour ce qui est des produits plus rares, la Croix-Rouge est confiante de pouvoir les obtenir d’ici demain et de les remettre aussitôt aux hôpitaux.Improvisation Par voie de communiqué en fin d’après-midi, la Société canadienne d’hémophilie (SCH) a salué la décision de la Croix-Rouge de retirer tous ses produits sanguins, possiblement contaminés par un donneur de Vancouver décédé de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, mais’ a dénoncé l’improvisation de son opération qui risque d’affecter les hémophiles qui utilisent certains produits de fractionnement.Notons que les hémophiles gardent des produits de fractionnement à leur domicile en raison de leur état de santé.Dans une kyrielle de critiques, la SCH s’interroge sur l’absence d’une planification structurée pour réagir dans des situation semblables.Selon la Société, l’opération de la Croix-Rouge démontre qu’aucun système pour «déceler les donneurs potentiellement affectés» et «pour retrouver les receveurs» n’existe.De plus, la SCH blâme sévèrement la Croix-Rouge qui fait faire son travail de rappel par les hôpitaux.«En tant que fabricant et distributeur, écrit la Société d’hémophilie, (.) la SCCR à la responsabilité de procéder au retrait Elle tente plutôt de refiler sa responsabilité légale aux hôpitaux qui sont incapables d’aviser tous les patients.» «Ils [Croix-Rouge] n’ont rien appris du passé», a commenté Claire Desrosiers, directrice générale de la SCH, section Québec, ajoutant avec ironie que ce sont les médias qui ont sonné l’alerte.«La Croix-Rouge n’a même pas été informée par ses sources.» Restauration i ?La CUM tente un rapprochement avec les communautés culturelles MICHEL LALIBERTÉ LE DEVOIR Le département de l’inspection des aliments du Service de l’environnement de la Communauté urbaine de Montréal a traduit en quatre langues son Guide du manipulateur des aliments.Cette initiative vise à aider les restaurateurs montréalais issus des communautés culturelles à «mieux comprendre» les normes en vigueur et à s’y conformer.Autrefois disponible uniquement en français et en anglais, le document l’est maintenant en espagnol, en arabe classique, en chinois et en vietnamien.Le directeur de l’inspection des aliments à la CUM a souligné en conférence de presse, hier, que la traduction du guide permettra à ses inspecteurs «d’amorcer une discussion franche» et de «désamorcer toutes situations conflictuelles» avec les exploitants des restaurants sur le territoire, plus particulièrement avec les restaurateurs provenant de communautés ethniques avec qui le département a eu sa part de démêlés.La CUM compte 6000 restaurants sur son territoire, dont 4800 sont la propriété de membres de communautés culturelles.Selon le Dr Jean Troalen, plusieurs immigrants ouvrent des restaurants lorsqu’ils arrivent dans le pays.Ces derniers, soutient-il, ne comprennent pas toujours le français ou l’anglais, d’où les difficultés rencontrées par ses inspecteurs à leur expliquer les normes de cette industrie.«Prenez certains restaurateurs chinois, par exemple.Ils font signe qu’ils comprennent lorsque nous leur parlons mais ce n’est pas toujours le cas», a-t-il dit, ajoutant que cette incompréhension est susceptible de mener à des problèmes.«Nous n’avons pas d’exigences particulières à Montréal.La rpême chose se fait en France, aux Etats-Unis», a insisté le Dr Troalen, qui encourage l’importation de mets et de techniques culinaires en autant que les normes soient respectées.Les restaurateurs étrangers ne sont pas habitués à être contrôlés par des inspecteurs, a expliqué Cécile Kandalaft, de la section montréalaise de l’Union libanaise mondiale.«Ils sont parfois choqués et se de- mandent en quoi ça regarde [les inspecteurs].» Mme Kandalaft croit que l’initiative du département de l’inspection des aliments portera fruits.Le département a également d’autres projets en tête pour son opération de rapprochement.Ainsi, les inspecteurs seront appelés à s’informer sur les recettes et les techniques de préparation de repas de diverses communautés.Une dizaine d’inspecteurs ont participé récemment à un colloque sur les* communautés arabophones.Le Guide du manipulateur d’aliments traite, entre autres choses, de la contamination bactérienne des aliments, offre des recommandations sur leur conservation et sur les températures de cuisson.L’hygiène personnelle y est également abordée.LIBRAIRIE LE BOUQUIN Heures d'ouverture: ^ lundi, mardi, mercredi: 9h à 20h, jeudi, vendredi: 9h à 21 h, samedi: 9h30 à 17h 395,Boul.Cartier, Laval Tel.: (514) 688-6036 Fax: (514) 688-8844 Nous vendons les publications du gouvernement du Québec: - lois, règlements - livres administratifs, techniques - livres d'art, etc.Commandes téléphoniques acceptées.CONCESSIONNAIRE DEJ PUBLICATIONS DU QUEBEC ¦e, •: GAMBARD Vente et service technique 630-A, rue Cathcart, Montréal, centre-ville 866-3876 Vous souffrez de constipation chronique?Voici le numéro à composer: 1 800 567-8890 Appelez dès aujourd'hui.Vous êtes peut-être admissible à une importante étude clinique portant sur un médicament oral destiné à traiter le syndrome du côlon irritable (aussi appelé constipation chronique ou colite spasmodique).Toute personne âgée de 18 à 65 ans et qui, au cours des trois derniers mois, a souffert de constipation, de douleurs ou de malaises abdominaux continus ou répétés, de ballonnements ou de crampes et de gaz peut être admissible à cette étude.Les participants n’auront pas à payer les examens requis ni les médicaments à l’étude.y» HWfri*v*ri \v V NOUVEAU UNE HISTOIRE MJ QUÉBEC VISION D W PROPHÈTE «Même s’il n’a pas occupé l’avant-scène des notables de l’histoire, Maurice Séguin a imprimé une direction nouvelle à l’historiographie québécoise et canadienne.C’est lui qui a lancé et inspiré l’école historique dite de Montréal et le “néo-nationalisme”.Son anonymat relatif ne l’a pas empêché d’influer considérablement sur la pensée nationale au Québec dans les années 1950-1980.» Jean-Pierre Wallot, «À la recherche de la nation: Maurice Séguin», dans Robert Comeau, éd., Maurice Séguin, historien du pays québécois, Montréal, VLB Editeur, 1987, pages 32,61.VISION D’ L'ouvrage paraît dans la Phi.' ‘ “ Bibliothèque d'histoire sous la direction du professeur André Lefebvre, professeur titulaire, Université de Montréal ISBN 2-7601-3946-8 (215 p.) 14,95 $ guerinffisr • 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Canada Tél.: (514) 842-3481 Téléc : (514) 842-4923 A1C I.f.I) K V 0 I K , I.K J K I' 0 I 0 .1 l' I I.I.K T I !• » "» A 8 LE DEVOIR J’ai fait de la peine à Voisine s* ela dure depuis trois jours.g ^ En général, quand il y a un pépin entre nous, ce n’est jamais bien long.Pourtant, ce midi, lorsque avec un bol (le soupe et un morceau du gâteau que Gina avait préparé pour l’anniversaire de Gervais j’ai tenté un rapprochement, j’ai dû me rendre compte u’il y a des fois où même un plateau ’argent dans l’herbe, ça ne marche 3' pas.Pierre Go be il Elle a dit: «Tu m’as blessée.» et tout à coup, debout entre les matériaux de construction, le jardin m'est apparu immense et puis toute l’île s’est mise à tourner.J’ai laissé la «zuppa di pesce» et le gâteau au chocolat sur une pile de planches et je m’en suis retourné par le petit sentier qui court dans l’herbe entre nos maisons.J’étais penaud, dépité, déçu de ne pas avoir été irrésistible, et inquiet, parce que ce n’est pas rassurant de se rendre compte que «soi-même» on puisse avoir été méchant.Pourtant chaque année c’est pareil.On se lance comme des assoiffés dans un tourbillon de visites et de contacts.On va renouer les anciennes amitiés et en créer des nouvelles.On est tellement content d'être là qu’on y va sans compter.C’est fou, mais ça m’impressionne encore de voir dix ou vingt personnes «arriver sans s’annoncer».Et je ne compte pas les soirs où je ne mange pas avant onze heures parce que la visite «est passée faire un tour après souper».L’été, c’est comme ça.Des fois, ça va jusqu’à la griserie.Pourtant, vient un temps où c’est trop et pour notre mal- Feuilleton heur à tous les deux, on dirait que c’est toujours sur Voisine que ça tombe.J’ai marché.Et si des fondations de l’ancienne conserverie au goulet on doit compter une heure, il faudra croire que j’ai marché tout l’après-midi puisqu’au retour je me suis rendu jusqu’à la Pointe-àCanotte à pied.Est-ce vrai qu’on a des aptitudes pour blesser ceux qu'on aime?Debout au milieu du jardin, en tenant la «zuppa di pesce» d'une main et le gâteau au chocolat de l’autre, j’ai bien vu que cette fois-ci ce serait plus long._______ Est-ce parce que Voisine, qui depuis deux mois construit sa maison, est plus fragile, bousculée _ comme on l’est toujours quand la bétonneuse est là et que l’équipe d’Hydro-Québec cogne à la porte?Ou bien estice moi qui ai changé, qui me suis endurci depuis l’été dernier 4 \ et qui .titrais peut-être appris à dire avec trop de fermeté: «Hey! C’est mon char.» Parce que c’est pour une histoire de commissions en ville, d'attente et de parking que ixnir la première fois, moi et Voisine, on a eu des mots.J’écris ces lignes pendant la nuit.U* vent s’est levé.A tel point que j’ai dû fermer les fenêtres de la salle à manger quand le bouquet d'iris et d’épervières s’est renversé.J'ai essuyé l’eau sur la table.Après, je suis sorti ixmr voir ce que ce ciel couvert allait donner.11 n’a pas plu depuis un mois.Et Voisine s’inquiète.Pourtant, sous ces longues herbes et ce ciel sombre, on voit bien que se dessine un sentier.Faire de la |x*ine à ceux qu’on aime, c’est bête.J’aurai tout le reste de l’été pour y penser.a ties ties MIL PHOTO AP DES CITOYENS EN DEUIL attendaient devant le Grand Palais de Thaïlande, hier à Bangkok, afin de rendre un dernier hommage à la princesse-mère Sangwal Mahidol, décédée mardi de complications rénales et autres maladies.La princesse était la mère du monarque constitutionnel actuel, le roi Bhumibol Adulyadej.RIRE Il faut être téméraire SUITE DE LA PAGE 1 vous venir en aide dans l'hilarité générale! Que ce soit désormais connu: la vie est dure aussi pour les dragons de M.Rozon.Et pourtant les vrais, ceux qui ont la vocation, ils sont prêts à tout pour récolter la gloire d’un sourire.Une fois délivrée de mon insigne accoutrement, j’en ai croisé quelques-uns de ceux-là, la «relève».Diplômés de la jeune Ecole de l’humour, ils disent y avoir cerné leqrs .forces'et leurs faiblesses.«A l’École, on te montre le cadre et on t’apprend à en sortir», explique Nicolas Pouliot.11 faut être téméraire et très sûr de soi pour se lancer sur scène avec la prétention de faire rire.Mais quoi de plus grisant?Car à entendre Nicolas et ses amis, on comprend qu’ils sont épris d’une même sensation: celle que procure le rire qu’on a fait naître.Ils sont dorénavant dépendants de leurs fréquentes montées d’adrénaline, du trac dont on triomphe dans le rire.Ils avouent sans honte avoir besoin de cette forme d’approbation générale, qui est un peu comme de l’amour.Selon le jeune humoriste François Gagné, «les gens viennent ici pour s’abandonner, pour cesser un instant de se prendre au sérieux.Quand on arrive à faire rire, on donne du bonheur et on en reçoit».Les copains s’accordent même pour parler de thérapie: dans une société où l'individu est si souvent seul, le rire tient lieu de rassembleur, il fait redécouvrir l’appartenance à la collectivité.Car quand on rit, c’est souvent qu’on se reconnaît parmi les autres, avec eux.Hier, un soleil magnifique baignait le Vieux-Port.L'atmosphère sur le site du Festival combinait musique et brise vacancière en une réjouissante kermesse.La fête du rire est commencée.Si vous ne trouvez pas ça drôle, regardez les autres rigoler.Dans ces moments-là tout le monde est beau, comme les petites abeilles qui s’assemblent dès que surgit un cornu bonhomme vert.SERBES Alain Juppé: «Il faut aller à Gorazde» SUITE DE LA PAGE 1 entre Baie-Sainte-Catherine et Tadous-sac ainsi que pour la construction d’un navire de réserve dont la Société des traversiers aurait besoin pour remplacer les bateaux retirés lorsqu’ils ont parfois besoin de réparations.Ces contrats sont en quelque sorte des prix de consolation pour l'entreprise et les salariés qui sont amèrement déçus depuis l’annonce, par MM.Paillé et Léonard, de l’abandon du plan concocté pour doter les îles de la Madeleine d’un nouveau traversier tout en assurant la survie temporaire du chantier de Lévis.Le gouvernement avait prévu remettre à neuf le Camille-Marcoux, qui assure actuellement la traverse entre Matane et Godbout, pour l’offrir aux Madelinots.Le Camille-Marcoux aurait pris le relais du Lucy-Maud-Montgome-ry, qui asgure présentement.la navette entre les Iles et Souris (I.-P.-É.).Mais le plan pour remplacer à son tour le Camille-Marcoux s’est avéré plus compliqué et plus coûteux que prévu.Depuis ce temps, les syndiqués du chantier naval exhortent le gouvernement Parizeau de tenir ses promesses électorales.En campagne, l’année dernière, Jacques Parizeau avait promis de trou-I ver le financement nécessaire à la ‘ construction d’un nouveau traversier pour les îles, et ce, même si Ottawa refrisait d'y contribuer.«Si tant est qu’on nous fait confiance, le 12 septembre, on va marcher tout seul», avait-il dit, à Cap-aux-Meules, le 10 août 1994.L’annonce faite aujourd’hui laisse entier le problème du traversier des Des de la Madeleine.Le ministre de l’Industrie, Daniel Paillé, devrait manifester aujourd’hui son ouverture à aider, le responsable de Ja navette entre les îles et la Nouvelle-Ecosse, Roméo Cyr, à trouver un navire de remplacement pour le Lucy-Maud.Entre autres, si M.Cyr trouvait un navire usagé qui a besoin d’être réparé ou adapté aux conditions de navigation canadiennes, le gouvernement pourrait lui donner un coup de main, a-t-on indiqué hier au Devoir.M.Paillé doit également faire le point sur le plan d'affaires du chantier naval et sur les démarches qui ont été entreprises pour trouver un acheteur pour le chantier, lequel serait en mesure d’en assurer la relance en lui ouvrant de nouveaux créneaux dans le marché mondial.En avril, un appel d’offres international avait été lancé et le gouvernement a reçu une demi-douzaine d’offres.Au moins deux des consortiums qui sont sur les rangs sont en partie québécois, dont l’un dirigé par le chantier maritime Verreault, aux Méchins, et dont ferait partie le fabricant d’acier Canam Manac.Selon les informations recueillies hier, tous les acheteurs potentiels auraient demandé au ministre Paillé un délai pour lui soumettre des propositions.SUITE DE LA PAGE 1 aux agressions serbes.Le gouvernement bosniaque a démenti la chute de Zepa, qui n’a d’ailleurs pas été confirmée de source indépendante.Si la chute se confirme, il s’agirait de la seconde «zone de sécurité» prise par les forces bosno-serbes en moins de deux semaines.Srebrenica est tombée le 11 juillet.La déclaration de la BSA précise qu’une trentaine de soldats gouvernementaux blessés seront évacués aujourd’hui sur Sarajevo à bord de véhicules de l’ONU.Les Serbo-Bosniaques ajoutent que les civils de Zepa «qui le souhaitent» seront évacués sous escorte de l’ONU sur Kladanj, en territoire sous contrôle gouvernemental.Quelque 30 000 Musulmans de Srebrenica avaient ainsi été transférés à Tuzla.On est sans nouvelles des 79 Casques bleus ukrainiens qui étaient stationnés à Zepa et avaient déjà abandonné huit de leur neuf postes d’observation.Le ministre ukrainien de la Défense, Valery Chmarov, avait déclaré un peu plus tôt avoir reçu du chef des Serbo-Bosniaques la garantie qu’il ne leur serait fait aucun mal.Les forces serbes de Bosnie ont par ailleurs lancé hier une offensive contre Bi-hac, autre zone soi-disant placée sous la protection de l’ONU en Bosnie occidentale.Un peu plus tôt, l’émissaire de l’ONU en ex-Yougoslavie, Yasushi Akashi, avait affirmé à Bruxelles, où il rencontrait des représentants des États membres de l’OTAN, que l’ONU ne disposait pas «des ressources nécessaires à la protection des zones de sécurité au sens militaire».Prenant l’exact contre-pied de cette affir- mation, le premier ministre français Alain Juppé a martelé hier soir qu’il fallait «aller à Gorazde» et qu’une opération militaire était «à la portée des grands pays occidentaux» pour peu qu’ils en prennent la responsabilité.Alain Juppé a déclaré que la France voulait envoyer une force de mille hommes à Gorazde, mais que ses alliés lui avaient demandé davantage de précisions sur ce plan.Il a laissé entendre que la France pourrait muscler également son action à Sarajevo, la capitale bosniaque.«Nous avons encore une occasion de marquer un coup d’arrêt face à la folie serbe et c’est à Gorazde.Il faut aller à Gorazde et y envoyer un millier d’hommes, avec des armes, non pas pour faire la guerre aux Serbes, mais pour défendre les populations et faire respecter la zone de sécurité», a-t-il déclaré.«On ne peut plus accepter que les Casques bleus assistent à la purification ethnique, au tri des femmes, des enfants et des vieifiards», a-t-il poursuivi.M.Juppé a vivement critiqué l’attitude des États-Unis qui, selon lui, auraient pu arrêter la guerre en Bosnie s’ils avaient soutenu dans le passé les plans de paix et risquent d’alimenter les combats s’ils décident de lever l’embargo sur les armes.Interrogé sur le débat devant le Congrès américain à propos de la levée unilatérale de l’embargo sur les armes en faveur de la Bosnie, M.Juppé a déclaré: «Cela consiste à dire, pour la communauté internationale et pour les Américains, on s’en va et on laisse les combattants se battre.C’est un peu facile pour certains parlementaires [américains] aujourd’hui de venir donner des leçons à tout le monde.Qu’ils envoient donc des hélicoptères puisqu’ils ne veulent pas envoyer des hommes», a ajouté le premier ministre français.«Tous les gouvernements veulent voir Gorazde défendue», a déclaré en écho, de l’autre côté de l’Atlantique, le porte-parole du département d’État américain, Nicholas Burns.Les États-Unis ont évoqué la possibilité de mener des raids aériens plus vigoureux en Bosnie et ont insisté sur la nécessité d’abandonner le système de la «double clef», prévoyant un système de décision commune entre l’OTAN et l’ONU avant tout bombardement par l’aviation de l’Alliance atlantique.Les Occidentaux causent toujours À deux jours d’une réunion du Groupe de contact, de l’OTAN et de l’ONU à Londres, des sources diplomatiques à Paris ont laissé entendre que les Occidentaux étaient sur le point de parvenir à un accord sur la défense de Gorazde et le désenclavement de Sarajevo.Ces sources évoquaient la possibilité de frappes aériennes pour protéger les deux enclaves.Le secrétaire britannique à la Défense, Michael Portillo, a également laissé entendre que les Occidentaux pourraient se mettre d’accord pour menacer les Bosno-Serbes de raids aériens à Gorazde.Mais le porte-parole du département d’Etat américain a démenti l’existence d’un consensus sur ce point, soulignant qu’aucune décision n’avait été prise.Washington est sur la corde raide, prise entre des partenaires qui sollicitent son appui aérien, un président désireux de «soutenir la relance du processus diplomatique par une très ferme position sur le terrain» et un Sénat qui menace de voter la levée de l’embargo sur les armes à destination du gouvernement bosniaque.L’administration Clinton, qui a obtenu que le vote n’ait lieu qu’aujourd’hui, sait qu’une levée de l’embargo réduirait à néant les efforts de paix et provoquerait le retrait des forces occidentales engagées dans la FOR-PRONU en Bosnie.Mais Washington craint par ailleurs d’entrer dans l’engrenage en Bosnie en engageant ses forces aériennes.D’autant que Radovan Karadzic, le chef des Serbes de Bosnie, a menacé d’entrer en guerre contre «quiconque prendrait militairement parti pour les Musulmans».Paris a aussitôt jugé ces menaces «inadmissibles et inacceptables».Mais à Sarajevo, le lieutenant-colonel Gary Coward, porte-parole de l’ONU, a jugé que ces propos-devaient être pris au sérieux.Le premier ministre suédois Ingvar Carls-son s’est pour sa part adressé à son homologue russe Victor Tchernomyrdine, lui demandant d’user de son influence pour tenter de convaincre les Serbo-Bosniaques de cesser leurs attaques contre les enclaves musulmanes (le Bosnie.Les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne cherchent à parvenir à une position commune avant la réunion, demain à Londres, des ministres des Affaires étrangères et de la Défense des cinq pays du Groupe de contact (Allemagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie).Enfin, selon un porte-parole de l’ONU à Split, plusieurs milliers de membres de la Force de réaction rapide (FRR) sont empêchés de pénétrer en Bosnie-Herzégovine, en raison du refus des autorités croates de Bosnie de les laisser entrer.r PAUVRETE Éviter Vécueil du clientélisme passif SUITE DE LA PAGE 1 Yvette Teofilovic, du Fonds de dépannage du nord-ouest métropolitain.Mais comment empêcher que des regroupements créés pour répondre à un besoin ponctuel ne se transforment en une business de la pauvreté, conformément à la logique de l’organisation qui devient à elle-même sa propre fin en ne recherchant que son autodéveloppement?«Plutôt que d’entretenir la passivité, il faut permettre aux gens d’être des citoyens actifs.Mais cela va demander des sacrifices à tout le monde.Certains vont devoir apprendre à partager, accepter de perdre», opine Jean-nelle Bouffard, du CAP Saint-Bamabé.Dans le milieu, plusieurs craignent le désengagement social croissant d’un Etat renvoyant de plus en plus les «sans-culottes» dans les officines des groupes populaires.Une forme de décentralisation de la gestion de la faim, où les organismes d’aide deviendraient en quelque sorte des «boubou-macoutes» nouvelle mouture.Pour éviter cet écueil, plusieurs groupes visent essentiellement à redonner aux gens un pouvoir sur leur vie.C’est le sens des réalisations communautaires, en train de prendre le pas sur les banques alimentaires.«On ne travaille pas pour les gens, en leur offrant par exemple des services, mais avec eux, afin de les aider à améliorer eux-mêmes leurs conditions de vie», explique Jocelyne Leduc Gauvin, auteure d’un guide d’action communautaire contre la faim.C’est d’ailleurs tout le sens de la démarche entreprise, il y a maintenant dix ans, par le Chic Resto Pop, qui prépare plus de 900 repas par jour, dont la moitié sont servis sur place, dans l’est de l’île, pour la modique somme de 2 $, les autres plats étant offerts dans les écoles au coût de 50 cents.«Le travail est au cœur de la motivation du Resto Pop», explique Pierre Prud’homme, directeur adjoint de l’organisme.Ën recourant au programme Extra, le Resto permet à 105 bénéficiaires de l’aide sociale d’acquérir une expérience de travail et de briser du même coup leur sentiment d’inutilité.Ici, on ne considère pas de haut ce genre de programme de développement de l’employabi-Uté.La critique se déplace à un niveau supérieur.«Ce ne sont pas ces programmes qui font problème mais ce qui leur fait suite.C'est bien beau d’avoir des programmes de formation à l’employabilité, mais si, au bout du compte, il n’y a pas d’emploi pour les gens qui en profitent, nous aurons simplement créé chez eux un sentiment d’avoir été trompés.» Face au fléau de la faim, pointe de l’iceberg de la pauvreté, îe partage du travail apparaît ainsi pour plusieurs comme la voie à suivre pour éviter l’écueil du clientélisme passif.Mais il ne s’ensuit pas pour autant qu’il faille faire porter tout le poids de la recherche d’emploi sur les épaules de ceux qui sont exclus du marché du travail, en pénalisant par exemple les gens situés tout en bas de l’échelle sociale qui tentent d’améliorer leur sort.«On dit des personnes assistées sociales qu’elles sont paresseuses parce qu’elles ne travaillent pas.Mais quand ces gens font des jobines, on dit alors que ce sont des fraudeurs.C’est une aberration que dans un pays comme le nôtre, où il y a l’abondance, des gens soient obligés d’aller dans des banques alimentaires pour manger à la fin du mois.Il faudra finir par reconnaître que notre organisation économique et sociale fabrique des pauvres à la pelletée.Ce qu’il faut ultimement, ce sont des revenus décents pour tout le monde», précise Mme Leduc Gauvin.En attendant, les organismes d’aide alimentaire essaient de faire avec les moyens du bord.«On est peut-être un plaster, concède Ghislaine Théoret, du Garde-Manger pour tous.Mais nous sommes là pour aider l’humain, pas pour l’utiliser comme un otage pour faire changer le système.D est certain que si les organismes comme le nôtre fermaient, le gouvernement aurait de sérieux problèmes.Il subirait une pression terrible.Mais ce serait humainement inacceptable pour ceux qui ont faim.» FIN LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985-3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514) 985-3344 ANNONCES CLASSÉES (514)985-3344 PUBLICITÉ (514) 985-3399/télécopieur (514) 985-3390 NUMÉRO SANS FRAIS 1-800-363-0305 SERVICE DES ABONNEMENTS les numérosde lélépkoa* Jtrt»l»ls DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 Mw”rfai 9853355 ' ,éiécopitu0ri5n,4j pour les abonaeiaeais postaux.Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 LE DEVOIR et publié par LE DEVOIR Inc.don.le siège social est situé au numéro 2050 de Bleury.9e étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il es.imprime par les Imprimerie Québécor USalle.7743 de Bourdeaudivision* taprtarries Québécor Inc.612ountJue Saint-Jacques »£»£««£££& L informations publiées dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900 boul.St-Martin ouest LavaL Envo.de pubbeation - Enregtstrement no 0858.Dépit légal: Bibhotheque nationale du Québec.Téléphone genéraL (514) 9853333.semee a U cbentèle.(514) 98533a5.pubbcité.(514) 980-3399. I.K I) t V » I II , I.K J F.U I) I 2 0 J U I I- I- K T I 0 0 r» LES SPORTS Expos 4, Cubs 3 Tour de France Challenger de tennis Par la peau des dents PRESSE CANADIENNE Les Expos ont failli rire jaune, hier.Après avoir affiché sur le babillard du vestiaire une earieatu re d'Aislin de quelques insultes à l’endroit de journalistes du quotidien anglophone de Montréal, ils l'ont emporté par la peau des denti.Devant 14 867 personnes qui ont vu Mel Rojas donner deux points à la neuvième, les Expos ont finalement battu les Cubs 4-3.En deux tiers de manche, Rojas a donné quatre coups sûrs et le point égalisateur était au troisième but quand Jeff Shaw a mis fin au match en disposant de Todd Zeile sur une flèche au champ centre.La fin de match a relégué au second plan la superbe performance de Pedro Martinez (8-5) qui n’a alloué que sept coups sûrs et un point en plus d’enregistrer huit retraits au bâton en sept manches.Shane Andrews a aussi brillé, accomplissant un superbe jeu défensif pour empêcher les Cubs de créer l’égalité quand Tim Scott a pris la relève de Martinez avec une avance de 3-1 à la huitième.Rockies 5, Phillies 3 A Denver, Dante Bichette et Walt Weiss ont produit chacun deux p’oints pour permettre au lanceur droitier Biyan Rekar de signer sa première victoire à ses débuts dans les ligues majeures, hier, quand les Rockies du Colorado ont défait les Phillies de Philadelphie par la marque de 5-3 devant 48087 personnes.Rekar, 23 ans, a lancé six manches et un tiers au cours desquelles il a accordé trois points et sept coups sûrs.Les Rockies jouaient devant une salle comble pour la 18e fois d’affilée.Bichette a notamment contribué son 15e circuit de la saion aux dépens de Tyler Green (8-6).Il a réussi tous ses circuits au Coors Field.Les Phillies ont subi 17 revers à leurs 21 derniers matches.Darren Holmes a terminé la rencontre au monticule pour les Rockies et il a récolté son neuvième sauvetage.B À SE B ALL LIGUE NATIONALE LIGUE AMERICAINE Mardi New York 12 Chicago 3 Floride 10 San F.12 St.Louis 2 Montréal 5 Pittsburgh 5 Atlanta 4 Philadelphie 7 Col.5 Hou.13 Los Angeles 4 Cincinnati 5 San Diego 1 Hier Floride 3.SF1.Houston 5 LA 6 Chicago 3.Montréal 4 Pittsburgh 2, Atlanta 3 New York à St.Louis Phll.3, .Colorado 5 Cincinnati à San Diego Aujourd'hui Philadelphie (Quantrill 7-5) au Col.(Swift 5-2) Los Angeles (Nomo 7-1) en Floride (Witt 1-7) Chicago (Navarro 7-3) à Montréal (Henry 4-7) Pittsburgh (Neagle 10-4) à Atl.(Glavine 9-4) San Francisco (Leiter 3-6) à Houston (Kile 3-9) New York (Mlicki 4-4) à St.Louis (Watson 2-3) Mardi Kansas City 1 Boston 4 Toronto 7 Minnesota 0 Detroit 6 Seattle 10 Californie 5 Cleveland 7 Chi.9-11 New York 4-4 Oakland 0 Milwaukee 4 Baltimore 4 Texas 2 Hier Kansas City 2, NY 5 Californie 10, Toronto 2 Baltimore au Minnesota Boston 5.Chicago 3 Seattle à Milwaukee Cleveland au Texas Detroit à Oakland Aujourd’hui Bal.(Erickson 6-6) au Min.(Rodriguez 0-3) Seattle (Johnson 10-1) à Milwaukee (Karl 1-0) Cle.(Hershiser 6-4) au Texas (Burrows 2-1) Detroit (Moore 5-8) à Oakland (Ontiveros 8-4) Californie (Finley 8-7) à Toronto (Hentgen 6-7) K.C.(Appier 11-6) à N.Y.(Kamieniecki 0-2) Boston (Hanson 7-3) à Chicago (Fernandez 4-6) Matchs d'hier non compris Section Est G P Moy.Diff Atlanta 46 28 .622 — Philadelphie 41 34 .547 51/2 Montréal 37 39 .487 10 New York 30 45 .400 161/2 Floride 28 44 .389 17 Section Centrale Cincinnati 47 27 .635 — Houston 42 32 .568 5 Chicago 38 38 .500 10 Pittsburgh 33 38 .465 121/2 St.Louis 33 44 .429 151/2 Section Ouest Colorado 41 34 .547 — Los Angeles 36 39 .480 5 San Diego 35 40 .467 6 San Francisco 35 40 .467 6 Matchs d’hier non compris Section Est G P Moy.Diff Boston 41 33 .554 — Baltimore 37 37 .500 4 Detroit 37 39 .487 5 New York 33 40 .452 71/2 Toronto 32 42 .432 9 Section Centrale Cleveland 51 22 .699 — Milwaukee 38 36 .514 131/2 Kansas City 36 36 .500 141/2 Chicago 31 42 .425 20 Minnesota 24 50 .324 271/2 Section Ouest Californie 44 31 .587 — Texas 42 33 .560 2 Seattle 37 38 .493 7 Oakland 37 41 .474 81/2 Le peloton en deuil Les coureurs rendent hommage à Fabio Casartelli en faisant de la 16e étape une procession PHOTO Al* Miguel Indurain, le meneur du Tour, Frankie Andreu et Lance Armstrong, coéquipiers de Fabio Casartelli dans l’équipe Motorola, respectant une minute de silence avant d’entreprendre la 16‘ étape, hier, à Tarbes.Pau (Reuter) — Le peloton du Tour de France cycliste a porté hier à sa façon, pendant 237 km entre Tarbes et Pau, le deuil de Fabio Casartelli.Sous le choc de la chute mortelle qui a coûté mardi la vie au champion olympique italien, les 119 rescapés de la 82' Grande boucle ont amené en procession son compagnon de chambrée, Andrea Peron, en tête de cette 16' étape.Déjà le matin, une émotion tangible avait présidé à la minute de silence donnée en l’honneur du coureur italien, mort dans le Portet d’As-pet.Ses coéquipiers de l’équipe Motorola se sont élancés en tête au départ de cette journée de deuil.Ils ont parcouru en tête, roue dans roue, les 15 derniers kilomètres du jour, franchissant la ligne côte à côte dans le sillage de Peron.Le peloton n’avait plus, depuis l’annonce du drame à l’arrivée de la grande étape pyrénéenne de Caute-rets, le cœur à se disputer une victoire d’étape.«Au départ, personne n’avait envie de faire la course.C’était la moindre des choses que de faire une randonnée à sa mémoire.Tout le monde était très ému», a expliqué Laurent Jalabert, le maillot vert, qui s’était tenu le matin au départ aux côtés des Motorola, du maillot jaune Miguel Indurain et du maillot à pois Richard Virenque pendant la minute de silence.La domination de Miguel Indurain avait assommé la course.La mort de Fabio Casartelli l’a tuée.Discrétion Le peloton, avec l’aval de la direction du Tour, avait décidé qu’il n’y aurait pas d’étape.Il n’y en a pas eu.Les deux sprints intermédiaires au programme de cette dernière chevauchée pyrénéenne, qui voyait la meute franchir quatre nouveaux cols, n’ont pas été disputés.Les ascensions se sont effectuées en groupe, à faible allure, avec parfois près de deux heures de retard sur l’horaire le plus pessimiste.Les descentes se sont faites la peur au ventre.Toutes les primes du jour, d’un montant de 225 000 francs français (environ 63 300 $), seront versées à la veuve de Casartelli, dont les obsèques auront lieu aujourd’hui dans son village d’Albese, près de Côme.C’est Anna-Lisa Casartelli qui avait convaincu la veille au soir les équipiers de son époux de continuer.«Elle nous a demandé de le faire pour lui.C’était son rêve de finir le Tour de France», a expliqué Jim Ochowicz, le directeur sportif de l’équipe endeuillée.La presse italienne avait déploré vivement mardi soir l’ambiance de fête qui avait présidé aux cérémonies de remise de maillot.Hier, la discrétion était de mise.Même le contrôle antidopage a été annulé.Ce long défilé de plus de huit heures n’était pas une première sur le Tour.En 1967, après la mort de Tony Simpson dans le Ventoux, les coureurs avaient laissé partir son meilleur ami, Barry Hoban, vers une victoire d’étape à Sete.Le sprinteur anglais avait par la suite remporté deux victoires d’étape à Bordeaux, où le peloton se rend aujpourd’hui pour la classique étape de 246 km généralement propice aux arrivées au sprint.La course reprendra peut être alors ses droits.Mais, au moment de l'explication finale, à trois jours de revoir Paris, les concurrents auront sans doute une pensée pour Casartelli.Ses obsèques auront lieu à 16h, en présence de Bernard Hinault, de Jean-Claude Killy, d’Eddy Merckx, de Jim Ochowicz et des deux coureurs de Motorola qui, ayant abandonné, n’étaient pas de l’hommage d’hier.L’Osservatore scandalisé Par ailleurs, Wsservatore Romano, journal du Vatican, a vivement critiqué hier l’attitude des organisateurs du Tour de France pour ne pas avoir modifié les cérémonies protocolaires à l’arrivée de la 15' étape endeuillée par la mort de Casartelli.«Tout s’est déroulé comme d’habitude, comme s’il n’y avait pas eu de sang versé sur le bitume», écrit le journal, jugeant scandaleux le spectacle joyeux de la remise des maillots.Le journal critique également les organisateurs pour avoir fait figurer le nom de Casartelli dans la liste des abandons lors de la publication des classements du Tour.La dépouille du champion olympique de cyclisme a été ramenée par avion à l’aéroport de Milan.Casartelli, marié et père d’un garçon de quatre mois, doit être inhumé aujourd’hui dans son village d’Albese près de Côme dans le nord de l’Italie.Sznajder au second tour Granby (PC) — LeTorontois Andrew Sznajder a une fois de plus puisé dans son bagage d’expérience et de hargne pour passer au second tour, hier, en défaisant en trois sets le Belge Xavier Daulresne au Challenger de tennis de Granby.Après avoir perdu le premier set 64, Sznajder a orchestré sa deuxième remontée en autant de jours.Il a enlevé le deuxième set 6-4 en brisant le service de Daufresne au dernier jeu.Devant un adversaire constamment en attaque au filet, le vieux renard du tennis canadien s’est ensuite imposé 6-3 dans la manche décisive, à coup de violentes frappes de la ligne de fond et de retentissants come on\.«C’a été un drôle de match, a confié Sznajder après la rencontre.Daufresne montait au filet sur chaque balle.Il n’attendait même pas les balles courtes.J’ai pu frapper des passing shots.» Le Torontois a tout de même dû sauver quelques balles qui aurait pu lui coûter le match, surtout au deuxième set.«J’ai toujours joué de cette façon.Je me bats jusqu’au dernier point.Je n’abandonne jamais sur le court», a-t-il commenté.Durant tout le match, Szjnader a mis en doute les décisions de l’arbitre, ce qui a semblé déconcentrer Daufresne.Le Canadien jouera en quarts-de-finale contre le surprenant Sargis Sargasian, un Arménien champion du circuit de la NCAA.Sargasian a battu le cinquième favori du tournoi, Steve Bryan en trois manches, 6-4, 6-7 et 6-4.Le deuxième favori de la compétition, Daniel Nestor, a lui aussi avancé en ronde quarts-de-finale, liquidant le Français Gilles Bastie en deux sets de 6-3 et 64.Beaucoup moins démonstratif que son compatriote Szjnader, Nestor (175' au classement ATP) a surtout dominé au service et au filet.Il a rendez-vous avec l’Américain Brian Dunn, 203' au monde.Dans un autre match du deuxième tour, le Mexicain Luis Herrera a confirmé son retour en forme en éliminant l’Albertain Albert Chang, 193' joueur mondial.Le vétéran issu des qualifications l’a emporté 6-2 et 6-3.Il affrontera en quarts-de-finale l’Américain Robbie Weiss, le quatrième favori.T E L 985-3344 ANNONCES CLASSEES F A X : 9 8 5 - 3 3 4 0 ! • N •D • E *X REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100 • 199 IMMOBILIER RÉSIDENTIEL 100*150 Achat-vente-échange 160*199 Location 200 • 299 IMMOBILIER COMMERCIAL 200 • 250 Achat-vente-échange 251 • 299 Location 300 • 399 MARCHANDISES 400 • 499 OFFRES D’EMPLOI 500 • 599 PROPOSITIONS D’AFFAIRES ET DE SERVICES 600 • 699 VÉHICULES VISITES LIBRES A MTL.condo neuf, 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Favori.8- Tuyau.—Issu.9- Usages.— Lagune maritime des Flandres.— Atoll.10- Cabaret.— Décamper.11- Aiguillon.— Tissu léger.12- Courroie fixée au mors.— Président américain.VERTICALEMENT 1- Boeuf à bosse.— Regarder.2- Avis.— Ronge.3- Facilement.— Pinard.4- Propre.— Guêpe.5- Coiffure orientale.— Métalloïde.6- Il habite au nord de la Méditerranée.7- Protéger.— Songe.8- Lui.— Plante des bois d'Europe.— Quelqu’un.9- Roua de coups.— Fer.— Mort.10- Enduit une surface de gomme.— Mille-pattes.11- Mangeur.— Chanson allemande.12- Saint-pierre (poisson).— Trôner.Solution d’hier ) 2 3 4 S 6 7 8 9 10 11 12 ;P» arms LE DEVOIR CULTURE ARTS VISUELS JENNIFER C O U Ë L L E ?Une relève rangée à la Galerie Graff Ce sont les œuvres d’une relève peu téméraire ciue présente actuellement la galerie de la rue Rachel.Peut-être est-ce une idée désuète, un brin romantique, que de rechercher l’audace et l’inhabituel dans la production des moins de trente ans.Ça serait dommage.Mais si les objets réunis pour l’exposition En quête d'histoires, montée par la jeune et dynamique commissaire Julie Turcotte, n’ont pas comme qualité première de nous surprendre, ils font en revanche preuve d'une bonne dose d’assurance et d’une cohérence plastique.Et, quoique platoniquement, ils, s’évertuent à retenir notre attention.L’installation d’Éric Ladouceur, à caractère objectivement autobiographique, et celle, plus sensible, sobre et contemplative, de Samuel Lambert, ainsi que les boîtes lumineuses d’Eric Drapeau, plutôt intrigantes, demandent toutes d’être manipulées ou scrutées de près.Des semblants d’histoires seront reconstitués, celui d'une enfance et d’un corps devenu adulte, d’une journée en plein air révolue à jamais et celui, fragmenté, d’images isolées, en peine de véritable récit.Cela dit, dans ces univers incolores, ou presque, réside une troublante impression d’absence de vie, un étrange esprit de modération, ni plus ni moins, un bémol émotif.Curieux mélange que ces œuvres qui, d’une part, nous interpellent et, de l’autre, sont si peu loquaces côté émotion.Un peu comme si les voix de ces trois artistes ne parvenaient pas à traverser l’habile organisation formelle de leurs œuvres.Comme si l’inspiration du départ avait été tuée dans l’œuf, laissant pour toute trace une coquille, vide.mais structurée.A suivre, donc.En quête d’histoires est présentée jusqu’au 29 juillet, 963, rue Rachel Est.SOURCE LES ATELIERS GRAF ®ÉÉfi asasa La Promenade, de Samuel Lambert.Une place de choix pour Paterson Ewen à Toronto Voilà qui est bien! La collection du Musée des beaux-arts de l’Ontario (MBAO) vient récemment de s’enrichir de deux dons majeurs d’œuvres de l’artiste canadien contemporain Paterson Ewen, connu pour ses représentations presque magiques de phénomènes naturels.Au total trente-neuf œuvres, dont onze données par l’artiste et vingt-huit offertes par un donateur anonyme, viennent s’ajouter au cinq peintures de Ewen que le MBAO possédait déjà.Qui plus est, l’ensemble de ces dons constitue à peu de chose près un portrait complet et à jour de la carrière de l’artiste, depuis ses débuts, à la fin des années 1940, jusqu’à aujourd’hui.On y retrouvera, entres autres, l’œuvre clé des années 1970 Traces Through Space et la surprenante et monumentale Thunderchain.Du coup, le MBAO entend devenir le principal centre d’étude de l’œuvre d’Ewen au Canada.L’établissement toron-tois planifie déjà une exposition de l’artiste pour 1996.Un rendez-vous à ne pas manquer, considérant l’importance et l’originalité de la production de ce Montréalais d’origine.Feu la Banque d’œuvres d’art entre les main d’un comité consultatif Le Conseil des arts du Canada (CAC) a récemment annoncé l’établissement du Comité consultatif de transition de la Banque d’œuvres d’art.Après 23 années d’activité, le CAC a décidé en mars dernier de se départir de sa réputée Banque d’œuvres d’art.Le Comité consultatif a pour mandat principal de conseiller le CAC sur «la façon de mettre fin progressivement à la participation du Conseil aux activités et à l’administration de la Banque, particulièrement en ce qui concerne l’avenir de ses œuvres d’art, ses ressources en information et ses autres biens».Parmi les dix-neuf membres de ce comité présidé par Arthur Kroeger, chancelier de l’Université Carleton à Ottawa, on retrouve Marcel Brise-bois, directeur du Musée d’art contemporain de Montréal, Michel Cheff, directeur de la Winnipeg Art Gallery, Jane Corkin, marchande d’œuvres d’art à Toronto, Alice Mansell, artiste et présidente du Nova Scotia College of Art and Design, les artistes Yves Gaucher, Marlene Creates, Lisa Steele et François Morelli, et Laurier Lacroix, professeur d’histoire de l’art et de muséologie àl’UQAM.À voir en passant.Les bars, cafés et commerces de la rue Saint-Denis sont nombreux à faire une place aux artistes en quête de cimaises cet été.On y voit de tout.Pas toujours du haut de gamme, mais l’initiative est tout de même appréciable.Parmi ces expos de quartier, celle d’André Brosseau chez l’opticien Georges Laoun mérite bien un petit saut.Cherchez surtout les icônes byzantines, ou tout comme, sur leurs supports de vieilles planches à repasser! Jusqu’au 26 août, 4012, rue Saint-Denis.Pierre Gendron à Toronto L’artiste Pierre Gendron, un des nombreux de sa génération à s’être baigné dans les eaux «chaudes» de l’Ecole des beaux-arts de Montréal durant les années 1950, présente actuellement ses toiles abstraites les plus récentes à la Galerie Céline Allard de Toronto.L’exposition est en place jusqu’au 29 juillet Les 1V Franco Folies de La Rochelle: le bilan PHOTOS ARCHIVES Le Sénégalais Youssou N’Dour a participé à un des grands moments des FrancoFolies 1995 en entonnant Quand les hommes vivront d’amour, avec Patrick Bruel, dimanche dernier.La Québécoise Lynda Lemay a reçu le prix Sentier des Halles.Le Français Bernard Lavillers n’a attiré que 6000 spectateurs avec son spectacle musclé.Quand les francofous vivent d’amour Lynda Lemay reçoit le prix Sentier des Halles SYLVAIN CORMIER ENVOYÉ DU DEVOIR À LA ROCHELLE Dans le TGV «Spécial FrancoFolies» du retour, mardi après-midi, quelque part entre La Rochelle et Paris, les fourmis ouvrières de Jean-Louis Foulquier se sont mises à chanter.Pour nous.Se relevant à peine de graves ennuis de santé, Danièle Molko, la fourmi reine, l’âme des FrancoFolies de La Rochelle, voulait saluer les Québécois, ne pouvant être du coup aux Francos montréalaises, du 4 au 12 août prochain.Alors, elle et son équipe de la salle de presse nous dédiaient, en versions a capella, Travailler, c’est trop dur, des extraits de Star-mania, puis, surtout, Quand les hommes vivront d’amour, et tout le wagon avait de nouveau en tête le plus beau moment de la semaine — véritable «symbole des FrancoFolies», comme l’écrivait un journaliste de Charente-Maritime —, ce sommet d’émotion du show de Patrick Bruel dans la nuit de dimanche sur l’esplanade Saint-Jean d’Acre, quand le Sénégalais Youssou N’Dour et l’Algérien Khaled l’ont rejoint pour entonner l’hymne de Raymond Lévesque.Après la grande famille planétaire qu’idéalisait le trio, c’était au tour de la petite famille des FrancoFolies de La Rochelle de faire au Québec la part belle Double velours.Idoine point d’orgue, aussi, à un festival rondement mené, passablement suivi (quelques 60 000 entrées payantes) et, pour une fois, raisonnablement déficitaire: «moins de 400 000 francs [112 000 $] sur 19 millions de budget, c’est-à-dire presque rien», glissait lundi midi en chemin vers la conférence de presse-bilan le baroudeur en chef Jean-Louis Foulquier, soulagé.Véritables FrancoFolies de la réunification, aussi, après les grincements de l’an der- nier, alors que Foulquier, vociférant «Du pognon, du pognon!», avait publiquement réclamé du maire et des représentants des différents paliers de gouvernement un appui plus conséquent, sous menace de ne pas reconduire l’événement.Le théâtral cri d’alarme de l’ineffable Jean-Louis a visiblement été entendu: non seulement les subventions sont-elles en hausse de 7 % cette année, mais un contrat en assure pour deux ans le renouvellement.Rap à la française Foulquier, entre sa litanie de chiffres et les quelques dévoilements de prix (le notable prix Sentier des Halles, assorti d’un engagement dans la salle parisienne du même nom, a été décerné à Lynda Lemay: le prix Révélation Coca-Cola, déterminé par les auditeurs de France-Inter, est revenu à Jean-Jacques Daclin), s’avouait tout particulièrement content de ses Hip Hop Folies, qui échantillonnaient, en marge des grands shows et des vedettes établies, les plus prometteurs éléments du rap à la française.«On aurait été satisfait de 3000 entrées, on a fait quasiment 7000», exultait l’homme à la toque.Suite logique, c’est la soirée MC Solaar qui a attiré le plus de spectateurs au parking Saint-Jean d’Acre: «10 847», a précisé Foulquier.Bernard Lavilliers, avec ses maigres 6000 clients, arrive en queue de parcours.Rien à voir, tout de même avec les 12 000 de Bruel en 1991, et toutes ces esplanades naguère remplies pour les Hallyday, Dutronc, Souchon et consorts.«Tous les spectacles se vendent moins en France», lâchait Foulquier en guise d’explication.Il faudrait peut-être chercher du côté de ces «fêtes à.», traditionnelles bringues francofolles rameutant des tas d’invités autour d’un ju-bilaire-vedette, lesquelles, à l’excep- tion de Bruel, n’en étaient pas vraiment cette année.Il y aura eu bien peu de duos et de rencontres inédites lors des fêtes prévues autour de Renaud, Lavilliers, Solaar, Jacques Higelin, Youssou N’Dour, Nino Ferrer: on se contentait plus souvent qu’autrement d’apparitions intercalées, le fêté s’éclipsant pour une chanson ou deux.Foulquier le concédait volontiers au Devoir en début de festival: l’initiative a été laissée aux artistes: «La plupart ont dit qu’ils allaient venir avec des amis.On n’a pas cette année de grande fête comme on a fait autour de Luc Plamondon ou Véronique Samson, où ce sont de véritables productions, quoi.Mais j’aimerais bien en monter une l’an prochain autour de Céline Dion, ou de Paul Personne avec des joueurs de blues.» «Nous sommes passés à travers les gouttes d’eau et l’organisateur n’a pas bu la goutte de trop», résumait Foulquier, évoquant à la fois le ciel qui, moins clément que d’habitude, n’a causé aucune annulation, et ses excès libatoires de l’an dernier.Reflet de FrancoFolies relativement sages, à peine troublées par l’intempestive présence de Madame Minou, à peine assombrie par l’ostraci-sation locale des itinérants par le maire Michel Crépeau.Des Francos relaxes, à l’image de mon cher Nino Ferrer, qui a livré le plus relâché, le plus approximatif, mais aussi le plus naturellement sympa des shows de la semaine.Ce n’est pas encore cette fois qu’il le retrouvera, ce satané Mirza, mais il faisait drôlement chaud dans Le Sud du signor Ferreri.Souhaitons que le micro-climat de Spa nous soit aussi propice.Les FrancoFolies belges, en effet, débutent aujourd’hui, dès 20h, au vénérable Casino de la ville d’eaux: Beau Dommage s’y produira en première partie de.Philippe Lafontaine.On vous en reparlera, entre deux bains carbo-gazeux.Rire sans frontière Gad Elmaleh casse la glace avec éclat MARIO CLOUTIER LE DEVOIR La série Rire sans frontière du Festival Juste pour rire a démarré sur les chapeaux de roue hier soir avec le jeune humoriste juif de 24 ans, Gad Elmaleh.Dans un cabaret plein à craquer d’amis, de cousins, d’oncles et de nouveaux admirateurs, dans une salle chaude à faire suer n’importe quel comique autant qu’André-Philippe Gagnon, Elmaleh sera revenu trois fois sur scène à la fin pour saluer un public debout.Son spectacle est composé de six sketches mettant en scène David Ben-soussan, un jeune Juif marocain qui quitte sa mère trop «collante» pour le Québec.Premier choc, la douane et, dès le départ, Elmaleh embarque la foule en adoptant soudainement et brillamment l’accent québécois d’un douanier trop zélé.Pour le jeune David impressionné, mais quand même roublard, la simple expression «checker les bagages» deviendra le refrain d’une chanson rai', improvisée sur place.Il faut comprendre qu’Elmaleh n’est surtout pas un «stand-up comic», c’est-à-dire un mec qui se tient là et raconte des blagues.Non.C’est un comédien qui fait dans l’humour hyperréaliste.Très physique et visuel, mais tout autant subtil dans son emploi des mots et sa capacité de tourner une situation apparemment anodine en bijou humoristique.Le jeune tient également un rythme d’enfer.Son spectacle bien construit nous présente nombre de personnages savoureux au possible, comme ce cousin québécois qui est un mélange de Gerry Boulet et de Marocain incertain, issu d’une union entre «une mère québécoise de Jonquière dans le grand nord et d’un père marocain de Marrakech dans le gros sud.» Animal multiculturel, Elmaleh se rit de toutes les facettes de sa triple personnalité métissée.La salle explose quand il raconte, avec son accent québécois, l’anecdote du paradis terrestre où le serpent est arabe: «Après la pomme, Adam et Eve s'aperçoivent qu’ils sont tous nus et c’est là que les Juifs se sont lancés dans le prêt-à-porter.» Changement de décor dans son quatrième morceau de haute voltige culturelle.Elmaleh, accroupi au centre de la scène, nous dépeint le choc du silence québécois.Il constate la solitude triomphante de tout un chacun en parlant du téléphone qu’on installe en une journée, mais qui ne sonne jamais.Subtil Elmaleh.Enfin, Elmaleh nous amène avec lui à Paris dans sa classe de théâtre dirigée par une emmerdeuse de prof qui carbure à la parfaite D.I.C.T.I.O.N.Là, Abderzak le pote, l’ami bougnoule fera la leçon à David, mais après nous avoir fait rire aux larmes avec sa version arabisante de l’histoire de la chèvre de monsieur Séguin.«Une chèvre et 15 loups, c’est pas cool», clame-t-il dans son français approximatif.La morale?«La vie ne fait pas le moine».Mais Elmaleh, lui, a l’air et la chanson.Intelligemment drôle, l’humour véritablement sans frontière de ce jeune homme est une révélation.Ne le manquez pas.Ce soir et dimanche, il se produira dans le Vieux-Port Dépaysement garanti! FESTIVAL JUSTE POOR RIRE Musique sans frontières La musique en rouge et blanc à Oka PASCALE PONTOREAU Depuis 1993, la ville d’Oka s’offre un rendez-vous estival qui, à I l’encontre du fâcheux anniversaire, s’attache à réconcilier les deux communautés de la cité.Musique sans frontières est, comme son nom l’indique, un festival qui par le biais de jumelage d’artistes réunis aujourd’hui, demain et samedi, au Parc Philippe Lavallée, entend maintenir un pont culturel entre les Mohawks de Kanesatake et les populations québécoises de la région.Au programme de la présente édition, une première soirée qui accueillera, dès 20h ce soir, Camenès suivi de Roddie Romero and The Rockin’ Cajuns.La chanteuse de Ca-menes a des origines algonquine et abenakise dont elle a profité pour présenter une musique très personnelle animée d’un visuel original.Ses précédentes prestations lui ont d’ailleurs permis de participer aux semi-finales du récent Empire des Futures Stars.Connu grâce à ses spectacles présentés au Festival international de jazz de Montréal en 1993 et 1994, Roddie Romero débarque tout droit de Louisiane avec son «swampland boogie» qui fait bouger dès les premières mesures.La seconde soirée de Musiques sans frontières sera réservée aux Ontariens Chuck Labelle qui, avec le regain des bottes et chapeau de cowboys, obtient un franc succès avec son country francophone non dénué d’humour et de simplicité: il précédera Murray Porter.Originaire des Six-Nations, ce bluesman autochtone dont le dernier album a été enregistré à Nashville a été défini comme suit : «Un homme Rouge qui chante le blues d’un homme Noir avec les mots d’un homme Blanc», une polychromie qui en dit long sur son message musical.Enfin, il reviendra au rocker Breen Lebœuf de baisser le rideau sur le festival.Avant lui, l’auteur-compositeur-interprète Shingoose de Winnipeg laissera un avant-goût de ses textes baignés dans la défense de la cause amérindienne et mariné dans un humour bien particulier.Télé par satellite La soucoupe sous la coupe PRESSE CANADIENNE Le premier service canadien de télévision par satellite, Expressvu, doit entrer en fonction en septembre, mais certains consommateurs pressés de s’y abonner pourraient bien devoir attendre leur soucoupe jusqu’en décembre.La demande pour l’antenne de réception grande comme une pizza et la boîte de contrôle —toutes deux indispensables pour capter les émissions— dépassera probablement l’offre, a déclaré hier le président d’Expressvu, Ted Boyle, qui a toutefois promis que chacun pourrait avoir l’équipement complet avant Noël.Il en coûtera 1000 $ au consommateur désireux de se procurer cet équipement.«Le prix de vente baissera à 300 $ dans les 18 mois», déclare Ted Boyle, se disant assuré que d’autres fabricants voudront saisir l’occasion.Le cabinet fédéral a récemment accordé à Expressvu, de Mississauga, le feu vert pour lancer dès le 1er septembre un système national de diffusion par satellite.Le gouvernement a également demandé au CRTC d’accélérer le traitement des demandes de permis.Jusqu’ici, une seule autre compagnie est en lice pour l’obtention d’un permis, Power DirecTv, mais d’autres ont annoncé qu’ils déposeraient une demande.Un jour, a ajouté Ted Boyle, les consommateurs devraient être capables d’acheter des appareils de télévision dotés de cartes spéciales qui rendront inutile l’achat de boîtes de contrôle.Les abonnés à Expressvu devront également payer un abonnement mensuel.Le président a donné l’assurance que le coût serait comparable à celui de l’abonnement au câble dans les grands centres urbains, mais n’a pas donné plus de détails.Expressvu espère avoir 100 000 abonnés à la fin d’août 1996.Un lancement officiel au Québec est envisagé, mais rien n’a encore été décidé.Expressvu devrait fournir plus de détails sur sa programmation, ses tarifs et son lancement d’ici deux semaines.I I » f
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