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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-04-22, Collections de BAnQ.

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une onzième fois Cinéma Page C3 Théâtre Page C6 Télévision Page C7 Danse Page C8 Disques classiques Page C9 Vitrine du disque Page CIO Jazz et blues Page CIO Grille Télé du week-end Page Cil Agenda culturel Page C12 LE DEVOIR La voix qui pleure la mort Cesaria Evora est à Montréal avec son tout dernier disque PASCALE PONTOREAU Il était une fois une femme née sur une poussière d’archipel coincée entre racailles et vent du large.Une femme qui semblait née pour la misère, ballotée au gré des embûches.Des Portugais installés depuis des lustres à la gloire d’un commerce bien triangulaire.Des Anglais bon chic teint pâle qui transforment les ports en dépôts de charbon avant d’aller batifoler sur de désertiques terrains de golf et dè cricket.Des hommes qui prennent la poudre d’escampette vers les deux embrumés des capitales européennes dès que le ventre de la dame s’arrondit de leurs ébats nocturnes.Des enfants qui grandissent ballonnés de repas macrobiotiques.Des gouvernements socialistes qui empoisonnent les âmes sans tenir leurs promesses d’équité.Et des bars accueillants où le cognac coule à flot, ultimes refuges des paumés.Mais cette femme avait un secret.Jour et nuit, elle chantait.Une cigarette collée aux lèvres, un verre d’alcool à proximité, les pieds nus et traînants, elle chantait de sa cuisine aux bouges glauques des villages perdus dans la misère.Cesaria Evora n’avait pas encore franchi les portes de Mindelo, son havre à Sao Vincente, Pile natale au cœur du Cap-Vert, à quelques brassées du Sé-.négal, qu’elle entonnait des momas.Elle ne savait pas que ses chants traditionnels étaient, selon certains, l’empreinte du message pathétique des esclaves traversant l’Atlantique, pour d’autres, la traduction de to mourn, pleurer la mort.Mais, elle savait déjà transformer ces mélodies langoureuses au doux phrasé créole portugais en véritables incantations magiques.• Consécration Alors que sa vie se déroulait invariablement au rythme de l’absence de saisons, Cesaria Evora sortit de l’ombre grâce à l’oreille attentive d’un Portugais en vadrouille.Un premier enregistrement confirme le talent que tous les marins en escale au Cap-Vert avaient déjà plébiscité, mais — malheur oblige — une escroquerie ramène la marna dans son antre à ses multiples tracas quotidiens.Puis, un second disque, dix ans plus tard, est enregistré, cette fois, sous l’égide d’un Français d’origine cap-verdienne élevé à Dakar qui depuis veille à la carrière de la chanteuse lui préservant, où qu’elle aille, l’atmosphère de l’archipel.La réelle consécration de l’artiste arrive avec la sortie de Miss Perfuma-do dont les titres émouvants nous se rons, ici à Montréal, serinés à satiété sur les ondes de Radio-Canada.Et voici que la diva aux pieds nus, la reine de la morna, Cize pour les intimes, nous revient avec Cesaria un nouvel album débordant d’authenticité, émouvant de simplicité, épuré d’arrangements sirupeux au profit de subtils échos d’accordéon — Raoul Barboza tient le piano à bretelles — et de cavaquinho (petite guitare brésilienne).Après les textes des précédents disques, engagés et historiques, qui rappelaient les affres de l’archipel, ceux du plus récent s'attachent aux émotions, amoureuses et tout simplement humaines.Certains tels Tudo Dia E Dia (Chaque jour est un jour nouveau) ou Nha Cancera Ka Tem Medida (Ma fatigue est sans limite) semblent avoir été écrits par la chanteuse elle-même, tant ils évoquent la douleur.Une activité à laquelle Cesaria n’entend pourtant pas s’atteler de sitôt: «il y a tellement de chànsons déjà écrites!» Car.dans la communauté cap-verdienne disséminée un peu partout au monde — celle de Boston compte plus d’habitants que celle de l'archipel —, la musique est une habitude de vie.Chacun y épanche ses plaisirs et ses malheurs.Et la compétition s'installe, tout apprenti auteur-compositeur tentant de rivaliser avec la plume et les douze cordes de son voisin, voire avec VOIR PAGE C 2: EVORA Le Rwanda est en ruines, l'Algérie en flammes, l'Afrique du Sud apprivoise de nouveaux modus vivendi.Quel regard permet de porter un festival de cinéma sur ces drames et ces renaissances du continent noir?ODILE TREMBLAY LE DEVOIR LW an dernier, le festival Vues d’Afrique • essayait en vain de mettre la main sur le premier long métrage de la jeune romancière algérienne Hafsa Zinaï Kou-I dil.Coiffé du prix du public à Amiens, porté par une excellente rumeur, il croupissait sous embargo: l’État algérien refusait de laisser sortir les pellicules du pays.De Démon au féminin ne fut jamais projeté en sa patrie, où il subit des tracasseries et des censures de toutes sortes.Condamnée à mort.Hafsa Zinaï Koudil dut s’exiler en Tunisie, où elle tourne son prochain film.11 faut dire que cette téméraire a pris un tabou par les cornes: adapté d’un fait divers.Le Démon au féminin aborde la question névralgique du hidjab, met en scène une femme refusant de porter le voile, quand son mari la croit possédée d’un démon et vouée à l’exorcisme.Un an plus tard, dans le cadre des onzièmes journées du cinéma africain et créole qui roulent à Montréal du 27 avril au 7 mai, Vues d’Afrique pourra enfin présenter ce document-choc et recevoir sa réalisatrice.Le Rwanda est en ruines, l’Algérie en flammes, l’Afrique du Sud apprivoise de nouveaux modus vivendi.Quel regard permet de porter un festival de cinéma sur ces drames et ces renaissances du continent noir?Un regard plus intime, disons.«À Montréal, les gens se disent: l’Algérie c’est loin, le Rwanda, c’est loin, soupire le journaliste algérien Mustapha Chelfi.Mais un festival rapproche des gens qui ne se connaissaient pas.» Rose Ndayahozé, Tutsie du Rwanda, veuve d’un politicien hutu du Burundi, asr sassiné en 1971, plaide la cause de l’image qui parle aux gens et fait bouger les esprits.Vues d’Afrique présentera au public les bouleversantes vidéos Rwanda: Autopsy of a Genocide et Rwanda: Au-delà du deuil.Suivra le 4 mai un groupe de discussion sur le rôle des médias au Rwanda et au Burundi.Rose Ndayahozé espère que ces rencontres de Vues d’Afrique exerceront une pression sur le ministère des Affaires extérieures, voire sur l’ONU.Le Rwanda n’a pas de cinéma national.Le pays est une désolation.Mais les vidéos témoignent de l’horreur.«Les images sont des ambassadrices», estime ma vis-à-vis.Certes, pour évoquer un génocide de ’ampleur de celui du Rwanda, les images valent vraiment mille mots.Un film, c’est plus qu’un film, c’est aussi le miroir politique d’une société, déclarent en substance et en chœur Mustapha Chelfi et Rose Ndayahozé.Il fut un temps où les guerres se déroulaient loin des caméras.Il est désormais une époque où elles se perdent et se gagnent au téléjoumal, quand l’opinion publique internationale blasée peut encore s’enflammer pour des images-chocs qui se déroulent dans le fameux village global VOIR PAGE C 2: VI ES D'AFRIQUE Bankulè, Guinée Bissau, d’après l’œuvre de Lilison - Januario Tomas Sousa Cordeiro I.E I) E V 0 I H.I.E S S A M E I) I 2 2 E T I) I M A N C II E 2 A A V H II, I !) !) 5 «%>*'• Slrciai THÉÂTRE DU RIDEAU VERT LA C0MEDIE DES ANIMAUX LA FORET (jilqnde reprise d’un des plus beaux spefctàeles de (Tilles Maheu, Im Fà/êt.Mais cette fois-ci la forêt s’est déplacée de l’étroit Espace libre au npiiveau et magnifique lieu de Car-bfc&te 14, l’Usine C rue Lalonde, entre Visitation et Panet.Il s’agit (Fune version retouchée, surtout agrandie, de ce spectacle sombre et beau sur le fantasme e,t l’angoisse le sbiÉ au fond des bois.A l’Usine C.sard reprend une pièce qu’avaient défendue chez Duceppe en 1974 les comédiens Denise Filiatrault et Jacques Godin.Ce coup-ci, Francine Ruel et Gilles Renaud prennent les rôles dans cette histoire d’amour sur fond de port de mer.Mais le charme ne fonctionne pas, les comédiens n’arrivent pas à convaincre, et tout reste sec dans cette histoire qui se déroule une nuit de pluie.A la Compagnie Jean-Duceppe.;li LE TRIOMPHE DE L'AMOUR Clatide Poissant signe une mise en sfcêhe superbe et inoubliable de l’une des pièces de Marivaux assez méconnue, comme Le Prince travesti qu’il a si bien mené au TNM il y a quelques ahriées.Julie McClemens éclaire le spectacle au centre d’une distribution parfaite.Di musique de scène est de Pierre Flynn, qui signe pour la première fois une partition pour le théâtre.Il s’agit là d’un des deux plus beaux spectaçles de la saison.A voir absolument.A l’Espace Go.I « t :Ü CERCLE DE CRAIE CAUCASIEN Sërige Denoncourt signe une mise éîi scène vive et ludique d’une des grjmdes pièces optimistes de Bertolt Brecht.S’il y manque la maturité et ' ITùimanisme d’un grand metteur en sjcene pour corser politiquement la dhose, il demeure que Denoncourt a tout fait pour stimuler une troupe nerveuse qui joue cette parabole sur là justice sociale avec des allures de guignol et de fable.C’est beau, bien tOUriné, très emporté, mais c’est du Brecht allégé de son poids d'huma-rjijç.Au Trident.$ « f * « iAi« < LE SEA HORSE Deuxième mise en scène d’André Brassard cette saison après une bien piptre Mouette au Rideau Vert.Bras- CTÀ TON TOUR LAURA CADIEUX La comédienne Manon Gauthier, qui a créé cette adaptation d’une nouvelle de Michel Tremblay il y a dix ans, rejoue tous les lundis soirs ce monologue de la grosse femme qui parle des autres dans la salle d’attente d’un médecin.Les lundis soirs, au cabaret Le Lion d’Or.POOR SUPER MAN Di nouvelle pièce à odeur de scandale de Brad Fraser, l’auteur de Des restes humains non identifiés et de L’Homme laid, mise en scène par Fernand Rainville et joué, entre autres, par le metteur en scène Claude Poissant et un comédien magnifique de justesse, Emmanuel Bilodeau.Mais l’odeur de scandale de Fraser se dissout vite dans un burlesque un peu simpliste où les homos et les hétéros sont les bons et les méchants.Au Quat’Sous.LA SOCIÉTÉ DE CHASSE On joue peu Thomas Bemhard à Montréal, où il n’y a eu depuis 15 ans que des productions timides de Le Président, Minetti et Avant la retraite.Voici maintenant La Société de chasse, où l’on verra le comédien Gilles Pelletier, en attendant l’adaptation de Maîtres anciens;par Denis Marteau au prochain FTA A Espace libre.Robert Lévesque Mise en scène: GUILLERMO DE ANDREA Michel DUMONT • Janine SUTTO • Elisabeth CHOUVAUDZÉ Roger LARUE • Jean-Pierre CHARTRAND • Maude GUÉRIN Léo MUNGER * Guy JODOIN • Harry STANDJOFSKI Paul CAGELET «Véronique WATTERS Concepteurs: Anick LA BISSONNIÈRE • François BARBEAU Michel BEAULIEU • Michel SMITH DU 18 AVRIL AU 13 MAI 1995 SS Réservations : 844-1793 Boa 105,7 fm LES JEUDIS 1/2 PRIX INFORMATIONS : 844-1793 QUANTITÉ LIMITÉE LE THÉÂTRE HARPAGON PRÉSENTE L e petiT CiRque de BaRbariE Texte et mise e»» scène de Claude Paiement avec Normand (.arriére, l.ysanc (*vndron.Pierre .Mailloux, Sylvain Martel, (diaries Préfon lai ne et i.ut Roy Espace La Veillée, 1371, rue Ontario Est, Montréal ¦ -Jt Réservation: 520-0582 Réseau admission: 790-1205 PRATT & WHITNEY CANADA ?T H É Â T R E Les enfants d’abord! De crise en crise et de redéfinition en redéfinition, le Théâtre de Quartier a déjà 20 ans PHOTO JACQUES NADEAU Louis-Dominique Lavigne, Jean-Guy Leduc et Lise GioneC partagent la direction du Théâtre de Quartier.GILBERT DAVID Ils sont dans la quarantaine avancée, les trois codirecteurs actuels du Théâtre de Quartier qui vient de célébrer son vingtième anniversaire.Lise Gionet, Louis-Dominique Lavigne et Jean-Guy Leduc me reçoivent dans les bureaux de la compagnie au Centre Strathearn, une heure à peine avant les célébrations prévues pour souligner la trajectoire de cette compagnie montréalaise née en 1975, dans la ferveur des collectifs qui se reconnaissaient des objectifs sociopolitiques.La réalité sociale et théâtrale a bien changé au Québec depuis que des finissants du Conservatoire d’art dramatique de Montréal se sont lancés dans l’aventure du Théâtre de Quartier, à la suite du Grand Cirque Ordinaire, du Théâtre Euh! et du Théâtre Parminou — pour ne nommer que les chefs de file du «Jeune théâtre» des années 70.C’était avant la crise des idéologies — et non pas leur fin, comme on l’entend dire souvent —, avant la vague individualiste qui a déferlé sur l’Occident, avant le référendum du Parti québécois de 1980.Du temps où le Québec identifiait des problèmes de société, et cultivait des projets à l’avenant.Presque avant le déluge, quoi! Jean-Guy Leduc, le seul de mes trois interlocuteurs à avoir vécu toute l’histoire du Quartier depuis sa fondation, se rappelle les débuts de ce collectif, sous les auspices d’un projet P.I.L.Ce fut toute une époque que celle où les jeunes adultes, dont les comédiens frais émoulus des écoles, pouvaient compter sur de tels programmes pour se créer un emploi, en espérant ensuite le transformer en une carrière durable.Pendant ses dix premières années d’existence, le TLiéâtre de Quarter a donc vécu à fond les hauts et les bas d’un collectif de création, en alignant des spectacles qui traitaient de différentes problématiques sociales et qui étaient tournés résolument vers les publics dits populaires ou vers les jeunes spectateurs dans les écoles.Une crise salutaire Toutefois, dès 1981, Louis-Dominique Lavigne signe pour la compagnie le texte d’un spectacle qui sera joué près de 200 fois: Un vrai conte de fées.C’était un pas dans une autre direction.Le collectif garda encore la main haute sur les destinées de la compagnie, mais il chercha en même temps une voie praticable entre l’utopie collectiviste et les objectifs artistiques qui passent nécessairement par des personnalités fortes en écriture et en mise en scène.L’exemple du Grips Theater de Berlin (-ouest), un groupe allemand de théâtre jeunesse très porté sur une dramaturgie dialectique, fit le reste, en amenant bientôt le 'ITiéâtre de Quartier à monter Max et Milli, de Volker Ludwig, en 1984.En 1986, cependant, les tenants de l’animation sociopolitique tous azimuts s’opposèrent aux créateurs qui voulaient concilier art et réflexion sociale, théâtre et questionnement.La bataille interne fil rage durant plus d’un an, et elle mena à la survie de la compagnie.Finalement, la crise s’avéra salutaire.«11 était clair, commente Louis-Dominique Lavigne, que la conjoncture sociale au Québec avait changé.Nous avons tous été confrontés au plafonnement du projet de société.La partie très militante de la compagnie s’était malheureusement engluée dans une approche qui s’est mise à entraver les forces vives de la création.Pour certains, le théâtre ne pouvait pas être porteur dans ses formes mêmes de nouveaux contenus.Or le théâtre-outil et les spectacles à sketchs ont leurs limites.Un théâtre qui se veut en prise sur les réalités contemporaines, ne peut ignorer les exigences d’une dramaturgie qui propose des histoires solides, dotées d’une structure forte.» Il y a donc eu une période de brasse-camarades qui a débouché sur l’établissement d’une direction artistique à trois, de manière à relancer les activités de la compagnie selon un plan d’attaque qui recentrait la création sur les jeunes publics.«La démarche d’ateliers de la Marmaille, note Lise Gionet, a été déterminante pour notre compagnie.L’interaction constante entre les créateurs et les enfants est une nécessité absolue.11 faut prendre le temps d’écrire et de concevoir des spectacles qui touchent les jeunes publics en ne perdant jamais de vue les rapports de force qui existent entre les grands et les petits.Tout notre travail théâtral est fait maintenant en fonction de l’espoir que nous mettons dans les enfants».Coup sur coup, une fois la poussière retombée sur le départ des animateurs sociaux, le Théâtre de Quartier a fait la démonstration que ses choix avaient été les bons.Avec la création en 1989 de La Nuit blanche de Barbe-Bleue, l’excellente pièce en solo de Joël da Silva, et celle des Petits Orteils, de Louis-Dominique Lavigne, en 1991, qui valut le prix du Gouverneur Général à son auteur, la compagnie se repositionna fermement dans les circuits de diffusion, à Montréal, au Québec et hors-frontières.Choisir le risque Même s’il est subventionné par les trois paliers de gouvernement, le Théâtre de Quartier ne roule pas pour autant sur l’or.La situation budgétaire des écoles reste préoccupante pour les compagnies de théâtre jeunesse et il existe aujourd’hui plusieurs groupes, plus ou moins professionnels, qui n’hésitent pas à couper le prix de vente d’un spectacle pour trouver plus facilement preneur auprès des décideurs scolaires,.Les prochains étals généraux de l’Education seront certainement une occasion pour les gens de théâtre d’aller brasser la cage des administrateurs scolaires et des enseignants qui ne semblent pas toujours faire la différence entre la pitrerie divertissante et la créativité théâtrale.Cela dit, le Théâtre de Quartier a pleinement confiance en son destin, maintenant que ses plus récentes créations, dont Le Pain de la bouche, de Joël da Silva, en 1992, se taillent un succès enviable un peu partout, en français comme en anglais.Ainsi, Je Théâtre Populaire d’Acadie vient d’achever une tournée de 25 représentations avec la reprise de Im Nuit blanche de Barbe-Bleue qu’une comédienne de là-bas a jouée dans la mise en scène et la scénographie originales du Quartier.Le spectacle destiné aux bouts de chou, Les Petits Orteils, est actuellement à l’affiche pour un mois au 'ITiéâtre de la Seizième à Vancouver.En novembre prochain, ce sera au tour des deux productions dues à la plume de Joël da Silva de faire les honneurs du Festival de Nanterre, en banlieue de Paris.Et les projets ne manquent pas non plus.Deux nouvelles créations sont déjà en chantier, l’une qui s’intéressera à la paternité, dans une coproduction avec le Théâtre de Gala-fronie de Belgique, l’autre qui portera sur les plaisirs de la lecture qu’écrira Louis-Dominique Lavigne, en collaboration avec Joël da Silva qui composera une partition pour chanteuse lyrique.Deux futurs rendez-vous qu’il ne faudra pas rater.Quand on a vingt ans, on n’est plus un enliJit, mais ce n’est pas une raison pour cesser de rêver.Car c’est en continuant de rêver que le Théâtre de Quartier a raffermi sa vocation: celle d’une créativité qui donne aux enfants de tous âges le goût d’explorer l’un dans l’autre leur imaginaire et leur environnement social et culturel.Longue vie, donc, à ce théâtre qui a choisi les risques de l’art.Pour le plaisir des spectateurs, petits et grands.DE ABLA FARHOUD MISE EN SCÈNE DANIEL SIMARD.AVEC CATHERINE LACHANCE HÉLÈNE MERCIER ET CHRISTIANE PROULX DÉCOR, COS TUMES ET ACCESSOIRES MARC-ANTOINE CHOQUETTE, ÉCLAIRAGES ET RÉGIE BENOÎT FAUTEUX.MUSIQUE PIERRE MOREAU.BANDE SONORE HÉLÈNE GAGNON.AU THÉÂTRE LA LICORNE, 4559, AVE PAPINEAU, MONTRÉAL, DU 20 AVRIL AU 13 MAI, MARDI AU SAMEDI À 20H, DIMANCHE 15H.RÉSERVATIONS : 523-2246.Q Le meilleur de r (Impériale (|* HI III UuiHouit?I BANQUE I NATIONALE A ThÀôJAjl ddi Quuxntùi/v Du 19 au 29 avril 1995 Les jeudi et samedis 22, 27 et 29 avril, à 20 h Texte : Pierre-Yves Bernard Mise en scène : Luce Pelletier Avec : Sarto Gendron, France Parent, Martin Héroux, Chantal Valade Réservations : 288-721 1 LA MAISON THÉÂTRE 255, rue Ontario Est, Montréal Métro : Berri-UQAM Le Devoir Présente LES MERCENAIRES Une production du Théâtre Bluff Dès 13 ans 1 CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON OU TEXTE MAL IMPRIMÉ I K I) K V 0 I |< .I.!•: S S A M K |)| 3 2 K I I) I M A \ < Il K 2 A A V KM.I !• i) '> (’ 7 télévision Quand on parle aux perdrix.Le Canal D propose demain le dernier documentaire de Gisèle Benoît, peintre naturaliste et cinéaste P A U L E DES RIVIÈRES ?Gisèle Benoit, peintre naturaliste et cinéaste, avait frappé l’imagination des téléspectateurs en 93, dans son documentaire sur les orignaux, en se fabriquant un faux panache pour mieux communiquer avec les cervidés.Elle nous revient avec un documentaire peut-être moins spectaculaire mais qui n’en est pas moins à voir, sur les perdrix.En cette ère où l’humour à toutes les sauces et à tout prix règne sur le petit écran, le Canal D propose en effet, demain soir, le second documentaire de l’artiste.Il est rafraîchissant, inspirant et, surtout, rempli d’amour envers les perdrix.«J’ai appris que l’amour était indissociable de la liberté, plus fort lorsqu’on ne cherche pas à retenir».*¥ P* at M H VNi****: SOURCE CANAL D Après s’être intéressée aux orignaux, voilà que Gisèle Benoît revient avec un second documentaire, sur les perdrix cette fois.HÉgflP grands ARTISTIQUE «Nacho Duato touche au sublime.» — Le Devoir Association culturelle T.X.Renaud Place des Arts - Salle Wilfrid-Pelletier Avec l’Orchestre des Grands Ballets Canadiens sous la direction de Jacques Lacombe [.„is'i Billets à partir de 15S taxes et redevance incluses Place des Arts 842-2112 Réseau Admission 790-1245 ou 1 800 361-4595 Info-Arts Bell 790-ARTS BASSE P*ART accès Gisèle Benoît et ses parents — son père est cinéaste et sa mère, peintre — forment une équipe de travail tricoté serré, qui passe sa vie en plein-air, à observer les animaux du parc de la Gaspésie.Au Canal D, ce n’est pas tous les jours que des producteurs invités à venir parler de leur film mettent fin aux discussions sur leur salaire en disant «on n’est pas pour charger notre temps, on aime trop cela».Le Canal D présente demain soir, 20h, non seulement le nouveau documentaire sur les perdrix mais également cçlui sur les orignaux diffusé initialement sur TV5.Andréane Bournival, qui était à TV5 mais s’apprêtait à passer au Canal D lorsque le second documentaire était en préparation, s’était assurée que la nouvelle chaîne aurait les premiers droits sur les perdrix.La situation fut bien différente la première fois, alors que toutes les télévisions françaises levèrent le nez sur les orignaux.Heureusement, David Suzuki, à CBC, se rendit compte qu’il était en présence d’un document exceptionnel.Les Français et les Japonais ont également adoré les orignaux.Gisèle Benoît amadoue cette fois la gélinotte huppée et le tétras des savanes, deux oiseaux du sous-bois du parc gaspésien.Après cinq années de patience, cinq années de tournage, Gisèle Benoît a réussi à .capter des scènes étonnantes.Elle s’est tout d’abord intéressée aux ébats amoureux des coqs.Or, la gélinotte comme le tétras — ce dernier est encore plus flamboyant avec ses • petites peaux rouges sur le dessus des yeux — ne ménagent aucun ef-, fort pour séduire la belle.Il faut voir et entendre le tambôurinement des coqs cherchant à se faire remarquer! La parade nuptiale est un ravissement, lorsque les bruits et les mouvements du coq sont d’une synchro- nisation parfaite.Gisèle Benoît a suivi la poule dans son nid, a assisté à l’éclosion des poussins et constaté que ces derniers sont rapidement autonomes et s’éloignent même de leur mère, parce qu’elle leur a appris, pendant qu’ils étaient encore dans la coquille, a reconnaître son gloussement.De sorte qu’ils connaissent «la voix» de leur mère et n’ont qu’à répondre à son appel.Des oiseaux pas comme les autres regorge de détails sur les habitudes des oiseaux, que Gisèle Benoît et sa famille proposent de regarder avec un nouvel œil.Contrairement au premier documentaire, Gisèle Benoît assure toute la narration.Elle seule, fut-il décidé, pouvait parler de ses observations avec une grande justesse, avec les termes qui lui étaient propres.Certains trouveront que ce choix donne un ton plus amateur au film.En fait, cela ne fait qu’accentuer le fait que le documentaire porte non seulement sur les oiseaux mais aussi sur Gisèle Benoît, qui, à 34 ans, semble posséder une sérénité peu commune.Et c’est le but! Nous serons en bikini, sur le balcon ou au bord de la piscine, et il y aura encore du hockey.Eh oui, vu le conflit qui a retardé le début de la saison, les séries éliminatoires pourraient s’étendre jusqu’en juillet.Une consolation pour les inconditionnels des actualités, du moins ceux qui ont le câble: ils pourront suivre le Téléjournal sur RDI, à heure fixe, soit à 2lh, et, suivre Le Point qui suivra le téléjournal.Quant aux actualités sur la chaîne principale de la SRC, elles seront ponctuées de si.Le Téléjournal et Le Point seront présentés après le hockey si le match débute à 19h 30 ou 20h, le Téléjournal sera présenté avant le hockey mais Le Point après si le match débute à 20h 30 et les deux émissions seront diffusées avant le match s’il débute à 21h.Compris?Les présidentielles, deux fois plutôt qu’une La bonne nouvelle c’est que «J’ai appris que l’amour était indissociable de la liberté, plus fort lorsqu’on ne cherche pas à retenir».ceux qui veulent suivre le premier tour de l’élection présidentielle française, demain, auront le choix de deux réseaux, TV5 et RDI.La mauvaise nouvelle c’est que les deux chaînes diffuseront la même émission, soit, en direct, la spéciale que France 2 consacrera demain soir (13h chez nous) aux résultats du scrutin.De 13h à 16h, nous verrons exactement la même chose sur les deux réseaux: les animateurs Daniel Bila-lian et Bruno Masure prédiront puis compienteront les résultats du scrutin.A 16h, TV5 donnera la parole au directeur de l’information à TV5 Europe.Pour RDI, la question ne se posait pas, puisque le Réseau a des ententes avec la chaîne France 2.Pour TV5, le choix de la chaîne européenne s’est également imposé d’emblée, puisque l’émission présentée ici est la même que celle diffusée à travers TV5 Europe.Or, depuis que TF1 a sa chaîne d’informations continues, elle ne veut plus vendre ses émissions à d’autres, les réservant à son réseau d’informations.CONFÉRENCES MERCREDI, 19 AVRIL, 20H «Manet et la naissance de l'art moderne.» par: Michel Grenier MERCREDI, 26 AVRIL, 20H «L’opéra wagnérien et le leitmotiv.» par: Michel Brunette MERCREDI, 3 MAI, 20H «Devins, oracles grecs ou l’art de connaître l’avenir en Grèce antique.» par: Pierre Bonnechère Auditorium St-Albert-Le-Grand 2715 Chemin de la Côte Ste-Catherine Entrée à droite par l'Institut de la Pastorale Métro : Université de Montréal ou autobus 129 Stationemenmt gratuit Renseignement* : 332-4126 — Billets — public : 7 $ abonnés : 4 $ étudiants : 3 $ VS Du 4 au 6 mai 1995 à 20 h Matinée le 6 mai à 14 h There, below Chorégraphie: James Kudelka Musique: Ralph Vaughan Williams Quatuor à cordes Chorégraphié: Mark (îoddcn Musique: Maurice Ravel Jardî Tancat Chorégraphie: Nacho Duato Musique: Maria del Mar Bonet Duende Chorégraphie: Nacho Duato Musique: Claude Debussy LE DEVOIR » — V BANQUE NATIONALE sSCakoh Bhahgik le Devoir *
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