Le devoir, 17 mars 1995, Cahier A
?FONDE EN 19 10*- LE DEVOIR Vol.L X X X VI - N o (i 5 M O N T 11 K A I.I.E V E X I) Il E I) I M A 11 S I !) !) f> (1 5 c + T I’ S + T V l) / T o r o n I o 8 5 c P a u I ¦Cauchon PERSPECTIVES Le règne de la subjectivité Dans une faculté universitaire en sciences de l’éducation, deux spécialistes discutent de la qualité du français chez les jeunes.Le premier tranche: les jeunes ne font pas assez de grammaire.Pas du tout, répond l’autre: les jeunes font trop de grammaire, ils n’écrivent pas assez, c’est pourquoi ils font trop de fautes.Lt| anecdote est réelle, et les opinions des / spécialistes s’apparentent ici à celles de ces psychiatres qui s’affrontent devant les .tribunaux pour se contredire sur l’état r mental de l’accusé.Nous sommes dans le règne de la subjectivité.Plusieurs enseignants décident donc de balancer par-dessus bord les conseils des spécialistes et des concepteurs des programmes de français pour adapter leurs approches pédagogiques au comportement réel de leurs élèves.Un peu plus de dictées ici, des conseils de lecture par là, des exercices grammaticaux ailleurs.Et de plus en plus d’enseignants s’élèvent contre les pédagogies farfelues que le ministère produit à l’occasion — par exemple, ce professeur du cégep de Saint-Jérôme qui écrivait l’année dernière au Devoir pour se plaindre des sessions de perfectionnement qui lui étaient imposées, lors desquelles des spécialistes tentaient de le convaincre que l’élève est devenu un «apprenant» et le professeur, un «facilitateur qui dispense des ensembles».Alors que se termine aujourd’hui la Semaine du français en éducation, la qualité du français chez les jeunes demeure un sujet toujours vendeur.Droit de parole se penche d’ailleurs sur la question ce soir à Radio-Québec.Mais on commence à peine à cerner avec exactitude ce dont on parle.«La question est sensible, mais les données demeurent empiriques.Tous les commentaires entendus sur la question demeurent très subjectifs», explique Gilles Gagné, de la faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal.«Par exemple, on ne sait pas avec exactitude si la dictée revient réellement, ou même si elle a vraiment été abandonnée.» Gilles Gagné est associé à une grande recherche internationale qui permettra de comparer sur des bases «objectives», on l’espère, les performances écrites des jeunes du Québec, du Nouveau-Brunswick, de la France et de la Belgique.Mais en attendant les conclusions de cette recherche, des études scientifiques récentes viennent jeter quelques pavés dans la mare.Les jeunes ne lisent plus?Un sondage du ministère de l’Education diffusé en novembre dernier révélait que les jeunes lisent plus qu’on ne le croit.et plus que les adultes.Mais au grand désespoir des amateurs de Proust, ils lisent d’abord Stephen King, Mary Higgins Clark et Agatha Christie.Question: mais qui lisait Proust il y a trente ans, à l’exception d’une infime minorité privilégiée des collèges classiques?De plus, le sondage démontre qu’ils lisent beaucoup Robert Sou-lières, Denis Côté et Raymond Plante, des auteurs qui s’illustrent dans un genre totalement inexistant il y a trente ans, celui de la littérature «pour jeunes».Il y a deux ans, deux chercheurs démontraient, dans Québec français, que les écoliers de 1992 écrivaient aussi bien que leurs parents et leurs grands-pa-repts.Une étude qui a dérangé bien du monde.Evidemment, d’autres données appuient très bien la thèse de la mauvaise qualité du français écrit Tous les professeurs peuvent brandir des centaines de copies incohérentes, truffées de fautes, prouvant la piètre maîtrise de notre langue.Mais si le dernier examen ministériel de français, imposé en secondaire 5, révélait que la moyenne générale des finissants du secondaire au Québec s’élevait à 63 % en français écrit (avec un taux de réussite d’à peine 60 %), les épreuves de lecture, elles, s’étaient conclues par une moyenne de 70 % et un taux de réussite de 83 %.Il y aurait sûrement lieu de distinguer entre les améliorations souhaitables en écriture et les performances en lecture.Il y aurait également lieu de s’interroger sur la condamnation en bloc d’une génération.«Les exigences sont beaucoup plus élevées aujourd’hui, ajoute Gilles Gagné.Les besoins sociaux par rapport à la maîtrise de l’écriture ont décuplé dans tous les secteurs d’activité.Le traitement de l’information, par exemple, développe de nouvelles nécessités.On croyait que l’informatique allait tuer l’écriture; on se rend maintenant compte que c’est un puissant moyen pour emmagasiner et traiter l'information écrite.» Convenons donc d’une chose: oui, les règles de grammaire représentent la base de l’expression écrite, et si l’on ne sait pas manier les outils de base, on pourra difficilement construire un édifice qui tiendra debout.Mais cela étant dit, les jeunes écrivent-ils vraiment moins bien que leurs grands-parents?Bien sûr quand leurs grands-parents écrivaient, ils ne faisaient jamais de fautes, mais ils n’écrivaient que deux cartes de Noël par année.La boutade (attribuée à Jean-Claude Germain, je la livre ici sous toutes réserves) illustre bien le danger de toute comparaison avec un supposé âge d’or du français dans les écoles.MÉTÉO Montréal Nuageux avec 60% de possibilité d'averses de pluie.Max: 7 Québec Nuageux avec 60% de possibilité d'averses de neige ou de pluie.Max: 1 Détails en A 8 Les jeunes écrivent-ils vraiment moins bien que leurs grands-parents?I N 1) E X Agenda ,.B8 Avis publics.B4 .48 1 Culture .BIO Économie .A6 Éditorial AlO Le monde .—49 n Mots croisés.A8 1 jes sports .B7 L'ÉCONOMIE Sidbec-Dosco affiche un profit record CULTURE PAGE A 6 SRC: Dupuy refuse de parler de mises à pied (NSI PAGE B 11 L'ÉCONOMIE Un surplus de 125 mill ions $ à la CSST PAGE A 6 PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Le gouvernement Parizeau devra inclure un projet de société à son avant-projet de loi référendaire, concluent à l’unanimité les membres de la Commission de Montréal sur l’avenir du Québec.«Il passerait certainement mieux», estime Marcel Masse.«Les gens veulent savoir en quoi et comment cet outil nouveau de la souveraineté va changer leur vie.La population veut savoir, en 1995, la souveraineté pour quoi faire et non plus la souveraineté pourquoi, comme en 1980.La souveraineté est un outil pour changer la société», a expliqué hier M.Masse, en rendant public le rapport de la Commission qu’il préside.Parmi les signataires de ce document d’une centaine de pages figure le représentant de l’Action démocratique du Québec, Réal Ménard.Ce qui n’était pas acquis au départ, considérant les réserves exprimées ces derniers jours par le chef de son parti, Mario Dumont.L’on sait que le premier des 18 rapports, celui de la région Chau-dière-Appalaches, ne portait pas la signature du commissaire de l’ADQ.Celui de l’Abitibi, Roger St-Pierre, a finalement endossé le rapport de sa commission (voir page «La souveraineté, pour quoi faire?» La Commission de Montréal presse le gouvernement d’inclure un projet de société à son avant-projet de loi sur la souveraineté A 4), une volte-face que le conseiller du chef, André Néron, a attribuée à des pressions du bureau du premier ministre.Une accusation que M.Masse trouve ridicule.D’entrée de jeu, la Commission de Montréal recommande que le référendum porte explicitement sur la souveraineté, mais elle ne se commet pas sur la formulation de la question.Elle se limite à une longue énumération des questions suggérées par les intervenants.«C’est au gouvernement de décider.Ce n’est pas sur la forme de la question mais sur le fond du projet que la population dé- VOIR PAGE A 12: MASSE Les tambours africains interdits à la Fête nationale?Les contraintes du comité organisateur de la Saint-Jean offusquent S.O.S.Racisme KONRAD YAKABUSKI LE DEVOIR Peut-on pavoiser pour la Fête nationale en arborant autre chose que la fleur de lys?Il semble que non si l’on se fie au refus catégorique contre lequel les représentants de S.O.S.Racisme ont buté lorsqu’ils ont demandé que l’on revête des symboles d’autres cultures lors des célébrations de la Saint-Jean cette année.En effet, les critères de participation, tant au défilé de la Saint-Jean qu’aux célébrations de ., , quartier, exigent la fidélité au thème Les cnteres de de l’événement ainsi que «l’homma- ,.ge au drapeau du Québec» et un participation «discours patriotique», selon les or- pvîdpnt ganisateurs de la Fête nationale.exigent Offusqué par ces contraintes, le i„ fiAAijfA président de S.O.S.Racisme a affirmé son mécontentement lors d’une aux thèmes rencontre, hier, avec le vice-premier ministre Bernard Landry.de la Fête «C’est la Fête nationale des Québécois, et moi je suis Québécois, a tonné Gaby Luonga Kombé à l’issue de cette rencontre.Mais si je veux, en tant que Québécois d’origine africaine, amener un tambour africain ou m’habiller en Africain.Là on me dit que l’on ne veut pas que d’autres cultures s’expriment dans la société québécoise.» Pour le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, François Lemieux, il s’agit plutôt de critères rassem- VOIR PAGE A 12: FÊTE Agnès Grossmann quitte l’OM .Et peut-être même le Québec SOPHIE GIRONNAY LE DEVOIR Agnès Grossmann a décidé de ne pas renouveler son contrat à titre de directrice artistique de l’Orchestre Métropolitain et quittera son poste en septembre 1995», annonçait hier un communiqué, écrit de la main même de celle qui dirige les destinées de l’OM depuis 1986.On y apprenait également que Mme Grossmann se démettra de toutes les autres fonctions professionnelles qu’elle occupe au Québec: directrice artistique du chœur de l’Orchestre Métropolitain, cela va de soi, mais aussi directrice artistique du Centre d’arts d’Orford.Et c’est tout.Nulle autre explication.Pourquoi part-elle?Où s’en va-t-elle?Mystère.Le communiqué est tombé discrètement, tel une feuille d’automne prématurée, sur les bureaux, au moment où Mme Grossmann, incommunicado, volait quelque part au-dessus de l’océan, en route vers le Japon, dont elle reviendra à la fin de la semaine prochaine.Quant à la directrice générale de l’OM, Marie DuPont-Rémillard, elle se refusait hier à tout commentaire autre que les formules d’usage ’ * i ?H.N' .¦ " ' ' * PHOTO JACQUES NADEAU «À quoi bon modifier le statut politique du Québec si rien ne doit changer?», lit-on dans le rapport de la Commission de Montréal, rendu public hier par Marcel Masse.Islamisme à la nigériane Décapitation, lynchage, menaces contre les chrétiens, le «géant africain» s'alarme de la montée en puissance de l'intolérance religieuse NICOLE MARINGUES LE MONDE K PHOTO ARCHIVES «L’intolérance religieuse, si on ne fait rien pour l'arrêter, peut se propager à la vitesse d’un incendie de forêt.» ano — Des centaines de cavaliers caracolant dans la poussière, des turbans de mousseline carmin ou safran, des lances, des pompons, des brocarts splendides, des acrobates, des gardes au costume colorié comme des cartes à jouer, une foule ondulante que la police montée dompte à coups de fouet: comme chaque année, à l’occasion des fêtes du sallah, la fin du ramadan, l’aristocratie foulante s’est donné le grandiose spectacle du durbar (un mot d’origine persane) avec ses nobles et ses vassaux, ses esclaves du palais et ses tribus soumises qui se prosternent devant les conquérants peuls.Rien n’a changé depuis que tes Britanniques ont remis en vigueur ces cérémonies équestres, sinon que dans la tribune de l’émir est assis l’administrateur militaire, là où trônait autrefois un gouverneur blanc en casque colonial.De Katsina à Za-ria, de Sokoto à Kano ou Maiduguri, dans tout le Nord du Nigéria, les émirs protègent leurs sujets et incarnent la permanence de l’ordre social.Et pourtant: fin décembre, des mi- VOIR PAGE A 12: ISLAM VOIR AUSSI EN PAGE A 9 •leuf Algériennes abattues en six jours V - ' VOIR PAGE A 12: GROSSMANN I.E I) E V 0 | R .I E V E N I) R E D I 17 M A R S I !) !) .r> A 2 LES ACTUALITES Début ardu du dialogue avec l’Europe Ottawa évoque une interruption totale de la pêche au turbot JEAN DION DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Les événements des derniers jours laissent croire que la situation des pêcheries au large de Terre-Neuve est à ce point critique que l’imposition d’un moratoire total et d’une durée indéterminée sur les captures de turbot n’est pas à écarter, indique le gouvernement du Canada.Pendant que le Canada et l’Union européenne amorçaient à Bruxelles de difficiles négociations sur la distribution des quotas de pêche sur le nez et la queue du Grand Banc de Terre-Neuve, le ministre dés Pêches et Océans Brian Tobin a fait savoir hier qu’Ottawa procédera à des recherches scientifiques afin de déterminer «si ces quotas devraient être réduits, ou même s’il n’y aurait pas lieu de cesser carrément de pêcher le turbot» dans la région.«Nous savions que les stocks étaient dans un piètre état, mais c’est peut-être encore pire que ce que nous croyions», a dit M.Tobin lors d’un point de presse.À l’appui de ses dires, le ministre a invoqué le double filet aux mailles trop étroites du chalutier espagnol Estai, qui a été rapporté hier à St.John’s pour analyse: «Si un navire doit utiliser des équi-pements illégaux pour que la pêche soit rentable, ceja en dit long sur l’état des stocks», a-t-il noté, ajoutant que deux navires canadiens s’étaient rendus dans la zone litigieuse la semaine dernière.Or, ayant recours à des filets réguliers, le tonnage de leurs prises est resté bien en deçà du seuil de rentabilité pour un bateau commercial.Ottawa a donc envoyé hier le Teleost, un navire, scientifique, examiner la situation dans le secteur qui se trouve au cœur de la «guerre du turbot».Les recherches devraient durer une dizaine de jours et, à partir de leurs conclusions, le Canada fera des recommandations à l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest (OPANO).Les quotas de turbot, ou flétan noir, s’élevaient à 60 000 tonnes en 1994 mais, devant la précarité des stocks, ils ont été réduits à 27 000 tonnes cette année sur avis du conseil scientifique de l’Organisation de l’OPANO.L’UE ne conteste pas ce plafond, mais veut voir sa part augmenter de 12,5 à 69 %.Dans le but de relancer les négociations, le Canada a offert — il l’avait déjà fait en février — de transférer une partie de ses propres quotas, qui s’élèvent à 60 %, aux Européens.Il restera maintenant à voir l’effet sur les pourparlers qu’aura cette évocation de la nécessité éventuelle de les réviser tout du long.En tout cas, selon M.Tobin, qui affirme que la conservation des stocks «à l’intérieur et à l’extérieur des eaux territoriales canadiennes» demeure l’objecüf prioritaire, «s’il s’avère que le quota global de 27 000 tonnes est trop élevé, le Canada acceptera le jugement de l’OPANO».Cela même si la fermeture de la pêche au turbot affecterait «au moins 1000 Canadiens».Par ailleurs, les discussions au sommet entre le Canada et l’UE ont connu un début difficile hier à Bruxelles, n’enregistrant aucun progrès alors que les deux parties maintenaient leur position.L’UE réclame notamment l’arrêt des poursuites intentées contre le capitaine de XEstai, certains dédommagements et une modification de la loi canadienne qui lui «permette» d’arraisonner des navires en eaux internationales.SEM mm æSSË w •fcSjtSüÇ • sW-" “rT v" ¦ CP À St.John’s, hier, les inspecteurs de Pêches Canada scrutent le filet jeté par-dessus bord par l’équipage espagnol de VEstai.L’UE a également demandé la tenue d’une réunion spéciale de l’OPANO la semaine prochaine, à laquelle Ottawa a promis de participer bien qu’il croie que la résolution du conflit appelle un processus bilatéral.Quant à l’argumentation de l’UE, qui considère toutes les accusations canadiennes à propos de YEstai comme non avenues parce que le navire a été saisi illégalement, M.Tobin y a répliqué avec sa couleur coutumière.«Ça ressemble à la défense d’O.J.Simpson», a-t-il lancé.Hh "-y; %.a moi, IL Y A DU NOUVEAU SUR LE MARCHÉ DES AFFAIRES DANS mon monde AIR CANADA INAUGURE SES NOUVEAUX VOLS POUR TEL-AVIV À compter du 20 juin 1995, Air Canada offrira deux vols par semaine, le dimanche et le mardi, entre Tel-Aviv et Toronto, avec des correspondances pratiques de Montréal.Du 20 juin au 31 juillet 1995, vous obtiendrez le double de millage AéroplanMI> pour le vol entre Toronto et Tel-Aviv.Profitez de cette offre spéciale pour effectuer un voyage aller-retour en classe Super Affaires et vous accumulerez assez de milles Aéroplan pour un billet gratuit en service HospitalitéMD en Amérique du Nord.Envolez-vous vers Israël en classe Super Affaires, un monde privilégié digne de la première classe, au prix de la classe Affaires.Air Canada et les voyageurs d’affaires, un marché conclu.Vente d'autobus usagés à Cuba Un présumé associé de Bouliane le livre PIERRE APRIL PRESSE CANADIENNE Québec — Réputé pour ses dénonciations du transport écolier au Québec, le coroner Marc-André Bouliane a bel et bien servi d’intermédiaire dans la vente d’autobus scolaires usagés à Cuba.Le coroner Bouliane a notamment établi le contact entre des acheteurs cubains et la firme Les Autobus Girar-din, de Drummondville, a confirmé hier au réseau NTR un des dirigeants de la compagnie, Sylvain Girardin.Le ministre de la Sécurité publique Serge Ménard a de son côté indiqué hier à l’Assemblée nationale qu’il avait été informé des agissements du coroner Bouliane le 9 février dernier.Il a demandé le lendemain au juge en chef du Québec, Albert Gobeil, d’appliquer la loi sur les coroners et de faire enquête sur la conduite de M.Bouliane.A la suite de cette demande du ministre, aucune nouvelle enquête n’a été confiée à M.Bouliane jusqu’à la conclusion de l’enquête du juge Gobeil.«Je dois vous dire que le coroner en chef a pris la décision administrative de ne plus confier d’autres enquêtes au coroner Bouliane pendant la durée de cette enquête.Il lui a aussi demandé de suspendre les audiences à l’égard de certaines autres enquêtes et même de se désister», a précisé le ministre Ménard hier.Le ministre Ménard a expliqué que M.Bouliane a accepté de retarder la poursuite de ses audiences jusqu’à ce que l’enquête soit terminée.«Depuis le 9 février 1995, a précisé M.Ménard, le coroner en chef n’a confié aucune enquête au coroner Bouliane.Il l’a aussi invité à se désister et il a reçu une lettre d’un procureur lui disant qu’il n’avait pas lés pouvoirs d’exiger cela.» Mercredi, le député libéral et ancien ministre de la Justice Roger Lefebvre avait demandé au ministre s’il connaissait l’existence de la compagnie Lagorta dont la liste des administrateurs mentionne le nom du coroner Bouliane.Lagorta a été fondée: en août 1994.Hier, un des administrateurs de la compagnie Les Autobus Girardin dé Drummondville, Sylvain Girardin, a précisé au réseau NTR que le coroner Bouliane avait agi personnellement, l’automne dernier, à titre d’intermédiaire entre lui et un groupe d’acheteurs cubains.M.Girardin a expliqué que c’est An-' dré Gilbert, de la compagnie Lagarto' de Longueuil, qui a amorcé les démarches devant finalement mener à la vente d’une quarantaine d’autobus.«Marc-André est venu ici (à Drummondville) avec des Cubains et André Gilbert de Lagorta», a affirmé M.Girardin.M.Bouliane aurait agi de la sorte une seule fois.«Il a établi le contact une fois, a-t-il dit, et après cela on s’est entendu1 avec les Cubains.» M.Girardin a aussi soutenu qu’il' n’avait pas rémunéré MM.Gilbert et Bouliane pour leurs services.«On n’a jamais donné un sou à qui que ce soit, a-t-il déclaré, aucune commission ni à l’un ni à l’autre, ni à Lagorta Canada.» Chasse à l'orignal dans la réserve des Laurentides Québec choisit la paix sociale LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Le ministre de l’Environnement et de la Faune, Jacques Brassard, justifie l’adoption de la loi 59 qui l’autorise désormais à signer des protocoles de chasse particuliers avec les bandes autochtones, par nécessité «d’apaiser les tensions sociales» sans compromettre la gestion de la faune ou les droits des non-autochtones et sans faire de concessions territoriales.Dans une entrevue accordée au Devoir hier, le ministre Brassard a déclaré qu’il valait mieux signer des ententes «applicables» avec les bandes pour gérer leurs activités de chasse au gros gibier, comme l’orignal, que de «laisser le dossier aller» comme on l’a vu au cours des dernières années alors que les «Hurons chassaient plus ou moins illégalement dans les réserves fauniques» et que l’attitude du gouvernement changeait selon les nécessités du moment.Les agents de conservation, a précisé le ministre, vont être présents dans la réserve des Laurentides l’automne prochain pour faire appliquer avec rigueur les dispositions de l’entente intervenue avec les Hurons-Wendat sous l’autorité de la loi 59, adoptée il y a deux jours par un vote unanime de l’Assemblée nationale.Le ministre a d’autre part tenu à dissiper le flou créé par le communiqué de son ministère, qui résumait l’entente intervenue en disant qu’elle «permettra aux Hurons et à leurs familles de chasser l’orignal, entre le 6 et le 13 octobre, dans un territoire constitué de 48 zones de chasse contingentée dans la réserve des Laurentides, à l’exception des sec- teurs Croche-McCormick, Lac Brillé et Portes de l’Enfer».En réalité, les Hurons ne vont pas monopoliser 48 zones sur 51 maid seulement 48 sur 548! La réservé faunique, précise l’attachée de presse du ministre, Josée Tremblay; compte 92 zones de chasse qui sè-: ront louées six fois de suite pour dés périodes de cinq jours.Les autochtones, dit-elle, vont obtenir 48 des 92 secteurs disponibles durant la dfeU nière des six semaines de chasse.Comment expliquer alors que Québec réserve environ 10 % des disponibilités à un groupe qui constitue une fraction infime de la popula-; tion, ce que dénoncent les associa^ fions de chasseurs?La Cour suprême du Canada, réplique le ministre Brassard, a reconnu aux Hurons-Wendat le droit de pratiquer des «activités traditionnelles» dans les forêts laurentiennes sans toutefois les définir ou les localiser.Québec, ajoute le ministre, n’a fait aucune concession territoriale dans ce dossier, et pour cause: les Hurons vi: vaient dans le sud de l’Ontario.Un petit groupe a cependant été amené par les Français dans la région de Québec! Au moment de la Conquête, le gouverneur James Murray leur a concédé le droit aux «activités traditionnelles», un texte dont la valeur a été jugée identique à celle d’un traité.«Ce n’est pas en adoptant des attitudes radicales, dit-il, qu’on va apai: ser les tensions entre les deux communautés, conclut M.Brassard.On est dans le domaine du raisonnable avec cette entente et les préjudices faits aux non-autochtones sont mineurs».Quant à la faune, ajoute-t-il, tout au plus les autochtones vont-ils récolter entre 15 et 20 orignaux dans une réserve qui en compte 1700.Rock refuse d’inclure l’excision dans le Code criminel Ottawa (PC) — Le ministre fédéral de la Justice, Allan Rock, juge inutile d’amender le Code criminel afin d’interdire explicitement l’excision et d’autres mutilations génitales, estimant qu’une telle mesure ne ferait qu’augmenter les pratiques clandestines.«Une modification du Code criminel pourrait avoir comme effet d’encourager encore plus la clandestinité.Nous favorisons plutôt les efforts de sensibilisation auprès des communautés qui ont une tradition d’excision et de mutilation», a déclaré le ministre de la Justice, hier.M.Rock a toutefois affirmé que quiconque se livrera à de telles pratiques sera poursuivi devant les tribunaux.Aux yeux du ministre, les articles actuels du Code criminel qui traitent des voies de fait (265, 267, 268 et 268) sont suffisants pour condamner une personne fautive.M.Rock a ajouté qu'un conseil consultatif, mis sur pied par le gouvernement ontarien et formé de 25 femmes issue's de communautés cul- turelles chez qui l’excision du clitoris est une pratique courante, est actuellement à préparer un rapport sur sur cette question.A l’heure actuelle, la majorité d’entre elles disent partager l’avis du ministre.La députée bloquisr te Pierrette Venne, qui a interrogé le ministre Rock à ce sujet, hier, à la Chambre des communes, a fait valoir que les dispositions du Code criminel ne suffisaient pas pour contrer «cette barbarie».«Pourquoi le ministre refuse-t-il de prévoir, explicitement, l’excision et les autres mutilations génitales dans le Code criminel canadien, comme le demandent le ministre de la Justice du Québec, la Commission québécoise des droits de la personne et l’ensemble des intervenants du rtii-lieu?», a-t-elle demandé.Mme Venne a rappelé qu’un gyné-' cologue de Montréal, Claude Fortin, a dû pratiquer neuf interventions ehinir gicales sur des femmes pour traiter des mutilations génitales et qu’aucune poursuite n’avait été intentée contre ceux qui les avaient pratiquées.« è I.E I) E VOIR.I, E V E X I) H E I) I 17 M A R S I !) !l A ft MONTREAL EN BREF ?SOMMET SOCIOÉCONOMIQUE (Le Devoir) — C’est clans Parc Extension, quartier qui se situe au sommet de la pauvreté avec le record canadien du taux de chômage (23,9 %), que la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Centre-Nord a annoncé hier la tenue du premier sommet socioéconomique pour la relance de ce secteur de Montréal et, plus largement, de l’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc Extension.Si l’événement, qui se déroulera les 7 et 8 avril prochains, se veut le catalyseur de la relance économique en freinant entre autres le déplacement des emplois vers les banlieues nord et sud de Montréal, il devrait également constituer l’occasion pour développer un nouveau partenariat entre les gens d’affaires et les organismes communautaires.«Il faut mettre ensemble les conditions pour que l’arrondissement devienne un pôle dynamique et intéressant pour les investisseurs éventuels.On veut créer un sentiment d’appartenance.Le mouvement est déjà amorcé mais il faut se donner le temps», a indiqué le porte-parole de la CDEC Centre-Nord, Bernard Normand.Ce dernier a précisé que l’initiative se basait financièrement sur «les forces du milieu», n’espérant rien de Québec.«Quémander, c’est dépassé!», a lancé M.Normand.-?- L’OMHM SE RADOUCIT (Le Devoir) — L’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) vient d’assouplir sa position quant à la modification de vocation de 15 tours d’habitation pour personnes âgées.Seulement le tiers de ces immeubles accueilleront dorénavant des familles.C’est d’ailleurs sur la portée du terme famille qu’une controverse a éclaté chez les locataires concernés par ces changements et insécurisés devant l’éventuelle arrivée de jeunes enfants turbulents.Selon la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec, «ce projet ne manquera pas d’avoir des conséquences négatives sur la tranquillité et le sentiment de sécurité des personnes âgées, qui ont plus de 75 ans».L’OMHM assure pour sa part que le terme famille détermine ici des personnes seules trop jeunes pour être incluses dans la catégorie personnes âgées.Le directeur général de l’organisme, Normand Daoust, ajoute: «Ce sont nos clients, on n’est pas là pour les bousculer.Mais on savait que cela allait créer des réticences et des remous.» -?- POUR CONTRER LE SUICIDE CHEZ LES JEUNES (Le Devoir) — La Table de concertation Jeunesse Villeray-La Petite Patrie organise pour la dixième année consécutive une semaine de prévention du suicide chez les jeunes.L’événement, qui est organisé en collaboration avec la Commission des écoles catholiques de Montréal, vise à démystifier la problématique du suicide ainsi qu’à promouvoir la santé mentale des jeunes.Près de 6000 élèves de la CECM prendront part aux activités de tout genre (présentation de vidéos, improvisation, pièce de théâtre, etc.), qui seront tenues dans les écoles et organismes jeunesse des quartiers Villeray et La Petite Patrie du 20 au 24 mars 1995.La Table de concertation rappelle que le suicide est actuellement la deuxième cause de mortalité chez les jeunes.-?- RIEN NE VA PLUS AU RESTO-CASINO Les employé (CSN) de Resto-Casi-nolnc.de Montréal se sont prononcés dans une proportion de 95 % en faveur du déclenchement de moyens de pression au moment jugé opportun, à l’exclusion de toute journée de grève, selon un communiqué émis hier.Les syndiqués sont insatisfaits de l’employeur qui tarde à donner des réponses satisfaisantes dans le cadre de la négociation de cette première convention collective.-?- MOINS DE MONDE À LA PDA QUEBEC (PC) — Pour la première fois depuis 1976-77, la Place des Arts a connu, en 1993-94, une chute importante de sa clientèle qui est passée de 968 692 à 767 246, une diminution de 20%.Parmi les raisons de cette réduction, il y a celle d’une diminution du nombre de représentations de 1010 à 759.Mais la PDA a terminé l’année financière avec un surplus de 1,1 million $.Fin d’une saga de quinze ans Québec et Ottawa accordent 11 millions $ au TNM Le théâtre sera refait à neuf et rouvrivra en janvier 1997 ROBERT LÉVESQUE LE DEVOIR Si le sénateur Jean-Louis Roux choisit l’exil à l’issue du référendum québécois en cas de victoire du OUI, comme il le clame le plus sérieusement du monde, eh! bien il ne pourra pas, le pauvre, voir le «nouveau TNM» car depuis hier c’est — enfin! — officiel: les gouvernements québécois et fédéral accordent une enveloppe de 11 millions $ pour la restauration et l’agrandissement du théâtre de la rue Sainte-Catherine.La fameuse et interminable saga de la restauration du Théâtre du Nouveau Monde (une histoire de 15 ans) prenait fin hier, à quelques heures de la première de La Mégère apprivoisée de Shakespeare, qui sera le dernier spectacle joué dans la salle dans son état actuel.La, directrice artistique et générale de la compagnie, Lorraine Pintal, s’adressait à la presse pour dire sa joie et signifier que le cheminement pénible de ce dossier fait désormais par- tie de l’histoire du TNM.C’est Jean-Louis Roux, alors directeur artistique de la compagnie qu’il avait fondée avec Jean Gascon en 1951, qui avait le premier décidé d’accorder la priorité des efforts à cette restauration de l’un des derniers beaux théâtres de Montréal.En 1980, Jean-Louis Roux parlait de la revitalisation nécessaire de ce théâtre, mais sans réussir à éveiller l’attention du gouvernement Puis ce fut Olivier Reichenbach, en 1989, qui parla d’«urgence» mais qui n’arriva pas non plus à faire progresser les choses à Québec.«Prioritaire il y a 15 ans, urgent il y a six ans, c’était le temps, en 1995, que quelque chose se passe», affirmait Lorraine Pintal sans toutefois vouloir blâmer l’attitude de Québec car «l’important est que ça se fasse, maintenant».Ce qui se fera, c’est la transformation complète des feux et lieux du TNM qui loge depuis 23 ans dans l’ex-Comédie canadienne, à l’angle des rues Saint-Urbain et Sainte-Catherine.On conservera la salle de théâtre telle quelle, qui sera rénovée de fond en comble mais dans le respect de son architecture et de sa décoration, la scène sera agrandie et équipée de tous les moyens techniques modernes, mais l’on définira cette «verrue» qui sert de hall depuis l’époque de Gratien Gélinas.L’architecte Dan Hanganu dessinera un nouvel édifice qui fera le coin de la rue, s’intégrera à l’édifice de brique du théâtre et comprendra un hall, un bar, les bureaux de la compagnie (logés depuis des années au fin fond de Saint-Henri), des salles de répétitions, etc.On imagine que ce coin si stratégique, au cœur de la ville, de biais avec la Place des Arts, aura une nouvelle gueule en janvier 1997 lors-qu’ouvrira ce nouveau TNM.Les plans et devis ne sont pas encore établis, mais Lorraine Pintal fait entière confiance à l’architecte d'origine roumaine qui a déjà signé le musée de Pointe-à-Callière et l’église abbatiale de Saint-Benoît-du-Lac.Le gouvernement québécois — après un retard record, il a su être assez vite pour «scoo- per» le TNM en faisant connaître son apport fj-nancier 24 heures avant la conférence de presse du TNM — investit 6 millions $ (deux proviennent du ministère de la Culture et quatre ' autres de celui des Affaires municipales daps' le cadre du programme d’infrastructures), alors que le gouvernement canadien injecté S millions $ par l’entremise du ministère du Patrimoine.Le TNM s’engage à réunir une somme de 1 million $ par une campagne de sous-.cription, pour que le budget total de l'opération atteigne les 12 millions $.Aucun ministre ni aucun représentânt des1 gouvernements n’ont participé à l’annonce offi-, cielle, hier dans le vieux hall du théâtre, où' ’ Lorraine Pintal était seule.Sans qu’elle veuille ' charger l’attitude du ministère de la Culture, ; on sentait toutefois dans l’air qu’il y a une.; amertume de fond et que cette fois-ci les politiciens ont eu le tact de «passer un tour» et dô ’ ne pas se livrer aux habituelles séances de soil- ’ rires et de remises de chèque devant les caméras.Embouteillage à la cour PHOTO JACQUES GRENIER LA FILE d’attente s’allongeait mercredi à la Cour municipale de Montréal.Pourtant, le maire Pierre Bourque assure qu’en 1995, 100 000 avis ou contraventions de moins seront émises, question d’être plus tolérant.Toutefois, la Ville a prévu des revenus provenant des poches des automobilistes à la hausse en 1995.Mais, indique-t-on à l’hôtel de ville, cette augmentation s’explique par la majoration du prix des contraventions et non par l’augmentation leur nombre.Interdiction du foulard islamique Landry n’interviendra pas KONRAD YAKABUSKI LE DEVOIR Le vice-premier ministre Bernard Landry n’entend pas intervenir pour faire reculer l’école secondaire Louis-Riel quant à sa décision de persister à interdire le port du foulard islamique dans ses couloirs.Réunis mercredi soir, des parents et des enseignants de Louis-Riel ont réaffirmé leur appui au code vestimentaire de l’école, malgré le dépôt récent d’un rapport de la Commission des droits de la personne du Québec (CDPQ) selon lequel une telle interdiction constituerait une atteinte à la liberté de religion des élèves.Dans un avis juridique rendu public le 14 février, la CDPQ a affirmé que le désir d’éviter «la marginalisation» des élèves en leur imposant un code vestimentaire ne peut pas avoir pour effet de les priver de leurs droits fondamentaux, telle la liberté de religion.Or, c’est justement sur ce principe que Louis-Riel a, en septembre dernier, renvoyé chez elle une jeune fille qui portait le foulard islamique, ou hidjab.Peu après, M.Landry, qui est également ministre des Affaires internationales, de l’Immigration et des Communautés culturelles, a dit souhaiter qu’un débat de société ait lieu sur la question globale des symboles religieux à l’école pour en arriver à une solution acceptable pour tout le monde.Hier, le vice-premier ministre a laissé entendre que nous n’y sommes pas encore arrivés.«Que le débat continue, a-t-il lancé à l’issue d’une rencontre avec les représentants de S.O.S.Racisme à Montréal.Le rapport (de la CDPQ) est une pièce importante de ce débat, mais ce n’est pas la fin du débat parce que la Commission ne s’est prononcée que sur un élément du débat» L’avis de la CDPQ a semé la pagaille dans le milieu scolaire, où l’on souhaite que Québec établisse une politique dans ce domaine au lieu de laisser aux commissions scolaires et aux écoles le choix d’interdire ou non le port du hidjab.Mais M.Landry a balayé du revers de la main cette suggestion, hier, invitant ceux qui se sentent brimés par de tels règlements à s’adresser aux tribunaux.«Nous sommes dans une société de droit et il y a des tribunaux et des organismes chargés de cela.Ce ne sont pas des interventions intempestives des gouvernants qui font avancer ce genre de débat» Le Musée Juste pour rire joue risqué STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Le Musée Juste pour rire veut régler ses problèmes de financement en créant une société de capital de risque qui sera chargée de produire et de diffuser à l’échelle internationale des expositions sur l’humour d’abord présentées dans l’établisse^ ment du boulevard Saint-Laurent, à Montréal.Jacques Parizeau a recommandé aux représentants du Musée de s’adresser à la Société de développement des entreprises culturelles, la SODEC, s’ils veulent que des fonds publics soient investis dans cette société à but lucratif.La société de capital de risque de vrait être mise sur pied «d’ici quelques semaines», selon André Picard, vice président international des Films Re zon, qui a été mandaté pour la créer.Elle serait dotée d’une enveloppe de départ de 3 millions $, dont 1 million $ seront fournis par les Films Rozon, une entreprise du Groupe Rozon.Ces informations ont été révélées hier midi, au Musée Juste pour rire, de vant quelques dizaines de personnes, dont de nombreux artistes membre de la Coalition des humoristes.Ce regroupement a pris en charge l’établissement après la fermeture du défunt Musée, pour rire, en février 1991.Par contre, hier, au Musée, on n’a pas dit mot de la rencontre de mardi dernier entre le premier ministre et Gilbert Rozon, Jean-Guy Moreau, Daniel Lemire et quelques autres membres de la Coalition.Cette délégation a alors retiré sa demande de subvention et a plutôt demandé au gouvernement d’investir des fonds publics dans la société de capital de risque.Le premier ministre a recommandé aux représentants du Musée de s’adresser à la SODEC, un organisme gouvernemental qui doit être «opérationnel» à compter du 1er avril prochain.«M.Parizeau leur a expliqué qu’il ne voulait pas jouer au banquier, qu’il a toujours critiqué cette façon de faire (.) et qu’ils devaient s’adresser aux gens compétents en la matière, c’est-à-dire la SODEC», dit Marie-Josée Gagnon, attachée de presse du premier ministre.Elle ajoute que M.Parizeau a expliqué aux humoristes qu'il était prêt à «donner tous les coups de main dont ils avaient besoin pour préparer leur dossier».Entre-temps, une équipe prépare les deux prochaines expositions du Musée, qui ouvriront les 13 juin et 3 juillet.Une autre est planifiée pour l’an prochain.Ce sont ces expositions qui seraient mises en marché à l'échelle internationale par la société de capital de risque.La Régie envisage la fermeture de plusieurs hôpitaux MARC THIBODEAU LE DEVOIR La Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre envisage de fermer «cinq, six, voire même sept hôpitaux» dans le cadre de la restructuration du réseau de santé métropolitain.C’est ce qu’a révélé hier le directeur général de la Régie, Marcel Villeneuve, à la suite de la présentation en conseil d’administration du document de consultation dont Le Devoir faisait état dans sa précédente édition.Le document en question contient un plan de restructuration en cinq volets, qui vise à réduire le budget global du réseau montréalais de quelque 200 millions au cours des trois prochaines années.Parmi les mesures envisagées, la Régie compte notamment fermer 1250 lits de courte durée et 550 lits de convalescence et de réadaptation.Des mesures qui, a répété M.Ville-neuve, «passent nécessairement par la fermeture d’hôpitaux».Les orientations préconisées par l’organisation dans son plan de restructuration devront toutefois être passées au peigne fin des audiences publiques avant de pouvoir finalement s’appliquer au réseau.Ce n’est donc que plus tard dans le processus que les noms éventuels des établissements qui pourraient être ciblés seront définis.Le document de consultation de la Régie a finalement été adopté en fin de soirée à l’unanimité par le conseil ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIETE INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD AVOCATS 55, ST-JACQUES.MONTRÉAL.QUÉBEC H2Y 3X2 Fax: (514)845-7874 Tél.: (514) 98 R»0«B*l»C Xa maïtïLic la Intangilla RÉ S U L TAXI loto-québec Tirage du 95-03-15 1 8 22 34 38 43 Numéro complémentaire:- GAGNANTS LOTS 6/6 1 2 339 972,20 $ 5/6+ 9 77 999,00 $ 5/6 273 2 057,10 $ 4/6 15 014 71,70 $ 3/6 277 679 10,00 $ Vente totales : 16 570 521,00 $ Prochain gros lot (approx.): 2 600 000,00 $ Prochain tirage: 95-03-18 Egtra.95ao9Ld5u NUMÉROS LOTS 349107 100 000$ 49107 1 000$ 9107 250$ 107 50$ 07 10 $ TVA le réseau des tirages Les modalités d encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billet*.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle, cette dernière a priorité.d’administration, après avoir subi quelques modifications mineures.L’un des membres du conseil, Damien Dallaire, qui est directeur général du centre hospitalier Jacques-Viger, a bien résumé l’esprit général en soulignant qu’il était évident que le niveau de compressions imposé au réseau rendait incontournable le remaniement des services.«On n’a pas le choix, a-t-il indiqué devant une salle comble.Ce serait tout simplement catastrophique si nous nous contentions de répartir les contraintes budgétaires à l’ensemble des établissements.» 2900 personnes en surplus Le directeur général M.Villeneuve a également déclaré que les transformations proposées entraîneront un surplus de personnel de l’ordre de 2900 personnes lorsque l’ensemble du processus sera complété.Des 12 103 personnes touchées par la première étape des compressions, 4587 pourront être replacées afin de combler de nouveaux postes créés par le projet de réorganisation.De telle façon que 7516 personnes seraient en trop après cette étape initiale.De ce dernier nombre, 5403 seulement seraient des personnes occupant des emplois à temps complet ou à temps partiel réguliers.En supposant un gel des embauches dans le réseau montréalais dès le début de la démarche et en tenant compte d’un taux d’attrition de 25 % la Régie estime pouvoir replacer 2516 personnes.Ce seront donc finalement 2886 détenteurs de postes qui se retrouveront en surplus.Afin de réaliser 1,ensemble de ses objectifs, la Régie souhaite augmenter les services qui évitent ou réduisent l’hospitalisation et mettre en oeuvre ses priorités régionales.Elle prévoit également développer plus encore les services alternatifs en santé mentale, mettre en place un fonds d’équilibre régional et améliorer l’efficacité du réseau.Le plan de l’organisation fera l’objet d’une consultation publique en deux étapes.La première partie se déroulera du 18 au 20 avril, alors que les groupes et organismes intéressés pourront se prononcer sur la faisabi-j lité des scénarios et avancer d’autres alternatives.NOURAIE A La plus grande sélection de tapis «V&w* persans Tapis de qualité supérieure Tapis neufs, semPantiques et antiques OGILVY CINQUIÈME ETAGE 1307 OUEST.RUE STE-CATHERINE.MONTRÉAL (514) 842-7711 POSTE 325 | D1C L E I) E V 0 I R .L E V E N I) R E I) I 17 M A R S I !) !) 5 A 4 -?le : *- POLITIQUE Avec le huard, le Québec est intouchable, selon Parizeau Le premier ministre s’en prend à la campagne de l’Institut C .D.Hoive MICHEL VENNE DE NOTRE.BUREAU DE QUEBEC Le premier ministre Jacques Parizeau a soutenu hier qu’en conservant le dollar canadien comme devise, le Québec devenu souverain se mettrait à l’abri des sautes d’humeur du Canada.«Aussi longtemps que nous appartenons à la zone qui utilise le dollar canadien, nous sommes intouchables», a-t-il dit hier à des journalistes qui l’interrogeaient sur le contenu d’un avis de l’Institut C.D.Howe, publié cette semaine, selon lequel une fuite de capitaux inciterait le Québec souverain à se doter d’une monnaie québécoise.M.Parizeau a expliqué qu’il trou- vait plus «prudent» de conserver le dollar canadien, entre autres pour faire face aux réactions de mauvaise humeur.«On s’est placés dans la situation où on ne peut pas nous faire souffrir», comme disait à Toronto, mercredi, un groupe d’universitaires réunis par l’Institut C.D.Howe.Le premier ministre a d’ailleurs protesté «contre le fait que des Québécois aillent à Toronto pour demander de faire souffrir les Québécois» si le OUI l’emportait.Lors d’un colloque de l’Institut C.D.Howe, un ex-conseiller de Brian Mul-roney, le Montréalais Stanley Hart, a déclaré que le jeu et le devoir de Jean Chrétien au lendemain d’un OUI «seraient de faire souffrir le Québec afin d’éviter que la sécession ne soit proclamée et ne devienne irréversible».Au même colloque, le politicologue de l’Université de Montréal, dont on a appris qu’il avait obtenu des contrats du Conseil privé pour conseiller Ottawa dans sa stratégie référendaire, Stéphane Dion, a renchéri: «Plus ça fera mal, plus l’appui à la souveraineté baissera», a-t-il dit.L’ancien banquier et président du comité référendaire du Parti libéral du Québec, Michel Bélanger, était sur place.Selon La Presse canadienne, il aurait approuvé l’idée selon laquelle le gouvernement fédéral ne reconnaîtrait pas le nouveau pays immédiatement après un vote positif.Le chef libéral Daniel Johnson a refusé de se dissocier de ces propos.Il était visiblement mal à l’aise de voir des fédéralistes commenter l’hy- pothèse d’une victoire des souverainistes au référendum.Il a refusé de commenter des propos dont il n’avait pas vérifié la teneur, affirme-t-il.«C’est quand même quelque chose dans une démocratie, s’est scandalisé M.Parizeau, de dire que des gens vont voter, que c’est légitime qu’ils votent, et maintenant de chercher à trouver des moyens de les punir pour leur vote.Parizeau «scandalisé» «C’est odieux, dit-il.C’est honteux.Les Québécois ne vont pas apprécier beaucoup que des gens qui viennent de chez eux aillent à l’extérieur faire des opérations comme ça.» Il y voit une autre situation où des techniciens de ces questions-là déclarent, en tant que techniciens, comme l’a fait M.Bélanger en 1991, qu’il n’y aurait ni coût de transition, ni baisse du niveau de vie des Québécois, et disent le contraire dès qu’ils se mettent à faire de la politique.«Il faudrait rappeler les gens à une élémentaire pudeur», dit le premier ministre.En Chambre, M.Johnson a demandé à M.Parizeau d’expliquer en quoi le Québec serait indépendant s’il ne contrôlait pas sa monnaie.M.Parizeau a rétorqué que l’indépendance, c’était le fait de contrôler tous ses impôts, toutes ses lois et tous ses traités avec le reste du monde.Quant au contrôle exercé par le Québec sur la politique monétaire, M.Parizeau note que le Québec n’en a jamais eu.PHOTO ARCHIVES Jacques Parizeau Ne détruisez pas Radio-Canada ni Radio-Québec Monsieur Jacques Parizeau, Premier ministre du Québec et ministre de la Culture Monsieur Michel Dupuy, Ministre du Patrimoine Messieurs, Les Québécois tiennent à leur système public de radiodiffusion encore davantage que les autres Canadiens.Deux Québécois sur trois désapprouvent vos dernières décisions de couper encore les vivres de leurs réseaux publics d'information, de divertissement, d'éducation et de développement culturel: Radio-Canada et Radio-Québec.Coupures après coupures, les conséquences de vos décisions remettent en cause la mission et même l'existence des deux réseaux.Vous ne pouvez continuer sans cesse dans cette voie sans écouter ce que les Québécois vous disent! Nous vous demandons instamment de nommer aux postes de présidence des deux réseaux des personnes qui croient en la radiodiffusion publique et de leur donner les moyens de réaliser leur mission.Gilles Provost, Président du Syndicat des journalistes de Radio-Canada Chantale Larouche, Présidente de la Fédération nationale des Communications Johanne Isabelle, Présidente du Syndicat général des employé-es de Radio-Québec Gérald Larose, Président de la Confédération des syndicats nationaux L’ADQ et les rapports des commissions régionales Dumont a donné ses directives MICHEL VENNE pour différents partis.«J’aime beau- DE NOTRE BUREAU DE coup le programme de rADQ, qui QUEBEC prévoit le vote libre des deputes, I ab- sence de ligne de parti, dit-il.J’étais C) est le bureau du chef du Parti de l’Action démocratique, Mario Dumont, qui avait insisté pour que le commissaire qui représente l’ADQ à la Commission de l’Abitibi sur l’avenir du Québec n’en signe pas le rapport, a affirmé le commissaire concerné dans un entretien avec Le Devoir.Le commissaire Roger Saint-Pierre a raconté au Devoir qu’il était lui-même disposé à signer le rapport de la Commission dès samedi dernier.Il s’est abstenu de le faire quand le conseiller de M.Dumont, André Néron, le lui a demandé.M.Néron a demandé à M.St-Pierre de lui transmettre une copie du projet de rapport.«Il devait me donner le O.K.dimanche pour signer», relate M.St-Pierre, qui n’a pas eu de nouvelles de M.Néron avant lundi.Lundi, «il m’a dit qu’il fallait un addendum; il m’avait trouvé des bibittes dans le rapport», raconte M.St-Pierre.«On aurait dit que c’était lui qui avait participé à la Commission», dit-il.«M.Néron m’a dicté un texte au téléphone, que j’ai tapé sur mon ordinateur et je le lui ai télécopié», dit M.St-Pierre, qui était alors tiraillé.«Les autres commissaires étaient tous débobinés de savoir que j’avais les mains liées.» M.St-Pierre est ensuite allé rencontrer le président de la Commission, Jules Arseneault.«Il m’a dit: “Si toi tu penses qu’il faut un addendum, tu le signes, on le met dans le rapport et ça finit là, on respecte ça.” J’ai aimé cette attitude-là», dit M.St-Pierre, qui, le lendemain, déchirait Y addendum, décidait «de me tenir debout une fois pour toutes» et de signer le rapport.«Ça m’a soulagé, dit-il.Il (M.Néron) voulait me faire dire dans l’addendum qu’il n’y avait pas eu de fédéralistes, pas eu d’anglophones qui sont venus à la Commission.C’est pas vrai; il y en a eu», dit M.St-Pierre en citant des noms.«Je suis déçu du peu de confiance qu’on a eu à mon égard.Je n’ai pas eu de liberté», dit-il, sans blâmer Mario Dumont, qu’il qualifie de «gars très correct».«C’est un gars que j’admire beaucoup», ajoute M.St-Pierre, qui fait de la politique depuis les années 1970 désabusé de la politique et je suis revenu à cause de l’ADQ.Mais avec tous les tiraillements des derniers jours, ça m’a un peu échaudé.» Au bureau de Mario Dumont, on affirme qu’aucune directive n’a été donnée.«On conseillait aux gens de ne pas signer les versions préliminaires», affirme M.Néron.M.St-Pierre a téléphoné à M.Néron mercredi pour lui offrir de démissionner de l’ADQ s’il jugeait que ce geste constituait un accroc impardonnable.Mais M.St-Pierre est toujours membre du parti.Cet homme fait de la, politique depuis les années 1970.A l’âge de 14 ans, il distribuait des dépliants pour le RIN.Puis il s’est rallié au Mouvement souveraineté-association (MSA) de René Lévesque, a adhéré au Parti québécois, a travaillé pour le député conservateur Guy St-Julien ainsi que pour le ministre libéral provincial Raymond Savoie.Il a fait de la politique municipale à Senneterre (il a été membre du conseil municipal quand Senneterre a appuyé l’installation dans la région d’un incinérateur de BPC, au grand dam des écologistes).Il a laissé la politique en 1989 parce qu’il en était désabusé.Il reconnaît que son parcours n’est pas linéaire.«J’ai évolué, dit-il en riant.Avec l’âge, on ramollit.» Il croit préférable d’essayer de discuter avec le reste du Canada au lieu de décréter brutalement la souveraineté.Il voit dans Preston Manning un interlocuteur valable.D’autres commissaires de l’ADQ vont imiter M.St-Pierre.A l’heure actuelle, quatre ont signé le rapport de leur région et d’autres s’apprêtent à le faire.Le commissaire de l’ADQ à la Commission de Québec, André Fournier (qui est également vice-président du parti), a déclaré hier au Devoir que des améliorations substantielles à la version préliminaire du rapport ont été faites et le satisfont.En outre, il pourra inscrire son point de vue à même le rapport, ce qui le dispenserait d’un addendum.M.Fournier croit que le fait que les discussions autour du contenu des rapports aient été révélées au public a aidé sa cause.Le Conseil supérieur de l’éducation veut plus d’heures de cours au primaire Sherbrooke (PC) — Il est nécessaire de faire passer le nombre d’heures de présence en classe au primaire de 23 heures et demie à 25 heures par semaine; d’enrichir l’éducation sociale en histoire, en géographie et en civisme; de mettre fin à la discontinuité dans les cours de sciences et de sciences humaines au cours des trois premières années du secondaire; et, enfin, d’apporter davantage de diversité aux types de cours offerts afin d’accroître les chances de réussite du plus grand nombre d’élèves du deuxième cycle du secondaire.Voilà les principales suggestions que le Conseil supérieur de l’éducation avance dans son plus récept avis au ministre québécois de l’Education.De passage hier à Sherbrooke, où il tenait une séance de travail, le Conseil supérieur de leducation a rendu public cet avis, intitulé Rénover le curriculum du primaire et du secondaire.D- document, souhaite le Conseil, sera sa contribution à la ré- flexion sur l’avenir de leducation qui; culminera lors des débats des prochains états généraux.L’organisme présidé par Robert Bisaillon rappelle que le curriculum actuel du primaire et du secondaire remonte à 1979 et qu’il est grand; temps de le réactualiser et d’en corriger les faiblesses.Pour le primaire, le Conseil se demande si on doit s’en tenir à l’indis-ixmsable savoir lire, écrire et compter ou s’il faut viser des habiletés mentales supérieures et miser sur une initiation culturelle riche et stimulante.Il suggère d’accroître d’une heure et 30 minutes le temps passé en classe chaque semaine, le temps gagné étant consacré aux arts, aux sciences de la nature et à la formation personnelle et sociale.Toujours pour le primaire, le Conseil suggère de repenser les aménagements entre les titulaires et les spécialistes de art aines matières pour « favoriser la coopération plutôt que la comptabilisation stricte du temps imparti aux uns et aux autres».D1C I.K I) K V 0 I H .L K V K N D II K I) I 1 M A R S 1 I) i) 5 -POLITIQUE - Les jeunes péquistes veulent que les écoles soient branchées sur Pautoroute électronique KONRAD YAKABUSKI LE DEVOIR Les jeunes péquistes invitent le gouvernement péquiste à aider les générations montantes à relever les défis de la «révolution du savoir» en branchant les écoles sur l’autoroute électronique.C’est l’une des propositions qui ressortent d’un document de réflexion rendu public hier par le Comité national des jeunes du Parti québécois en vue de son congrès national les 24, 25 et 26 mars prochains.Le président des jeunes péquistes, Eric Bédard, explique que le thème de ce congrès — «On est sept millions.il faut se brancher» — s’applique autant sur le plan «existentiel» qu’à l’autoroute électronique.Les propositions dévoilées hier, et sur lesquelles les 700 délégués se prononceront lors du congrès, sont regroupées sous quatre volets: le rôle de l’État, l’identité collective des Québécois, des institutions politiques et le volet éducation, technologie et partage du travail.Sous cette dernière rubrique, le Comité national des jeunes péquistes préconise l’instauration, au niveau secondaire, de cours s’articulant autour de la vie démocratique.Il prône également une reformulation du curriculum en mettant l’accent sur l’enseignement des matières de base, telles le français écrit, les mathématiques et l’informatique.Pour les jeunes péquistes, il est urgent que les écoles québécoises soient branchées sur l’autoroute électronique.«La prolifération des babillards électroniques favoriserait à la fois l’apprentissage du français écrit et celui d’autres langues.Cela permettrait aux jeunes Québécois d’avoir accès, dès l’enfance, à d’autres cultures et à d’autres réalités» et de les préparer pour participer à la révolution du savoir.Soucieux du débat sur l’intégration des immigrants à la culture québécoise, les jeunes péquistes souhaitent voir l’élaboration d’un «nouveau pacte social» basé sur le concept de «communauté de citoyens».Les jeunes péquistes croient qu’il y ^ toujours un rôle important pour l’État dans la «redistribution de la richesse», bien que l’on ne puisse pas «se fermer les yeux devant Je gaspillage», selon M.Bédard.A cette fin, le Comité national recommande qu’un mandat accru soit accordé au vérificateur général.Le congrès national des jeunes péquistes, qui rassemblera à Saint-Hyacinthe 700 des 23 000 membres du Parti québécois qui ont entre 16 et 30 ans, constituera la plus importante assemblée dans l’histoire de l’aile jeunesse du PQ.M.Bédard y sera acclamé pour un deuxième mandat comme président, aucun autre aspirant ne se présentant à la présidence.Le congrès, qui aura selon M.Bédard une «forte saveur référendaire», sera clôturé par le premier ministre Jacques Parizeau.> -) :f 11 i n i ¦âÉm • ; ptïiiitrS .¦.' PWRJH ALPHA HÉ® mno K r^mw.u fAW- Même » les week-ends, les appels locaux sont gratuits pendant 4 mois.CHRONIQUE « LES ENQUÊTES MOBILES » % A Sherbrooke, un drame familial évité pour Chantal Francoeur, prise dans la circulation, a évité un drame en appelant à la maison pour prévenir de son retard.Le bébé criait bobo à tue-tête ! Heureusement, avec son LibertiMD de Bell Mobilité, Chantal a pu expliquer à la gardienne paniquée que Bobo était Fours en peluche préféré de sa fille.C'est une maman sereine qui nous confie: «Liberti est le portatif le moins cher sur le marché: 1995$ par mois et il vous appartient.Pas de frais annuels d'accès au réseau ou de mise en service.» Elle ajoute que « Bell Mobilité offre 30 appels locaux gratuits à la maison chaque mois pendant quatre mois.C'est bien pratique quand on est mère.» Les autres appels locaux ne coûtent que 95e la minute.Chez les Francoeur, on est ravis que cette histoire de Bobo se soit terminée sans douleur! •*** /' Bell Mobilité U SÉCURITÉ* Pour plus d'information, composez le 1 800 43-Liberti.Forfait Liberti seulement.Contrat de 18 mois.Abonnement avant le 14 mai 1995.Sous réserve de l'approbation de crédit.Taxes, frais d'interurbain, frais d'abonnés itinérants et options additionnelles en sus.L'appareil peut différer du modèle illustré.Ne peut être jumelée à aucune autre offre.Disponible chez les agents participants.AGENTS AUTORISÉS Arthabaska Communication 1" choix Tel.: (819) 357-7777 Chomedey Boutique Cellulaire TH.: (514) 686-6959 Metro Com Canada Tel.: (514) 687-4000 CENTRE HI-FI Dollard-des-Ormeaux C.T.M.Banlieue Ouest Té!.: (514) 626-8888 Joliette Boutique du Téléphone enr.Tel.: (514) 752-5030 Lafontaine Le Centre St-Jérôme inc.Tel.: (514)431-5122 J7umau/in Laval Audiocom Laval inc.Tél.: (514) 681-8340 Centre du Téléphone Mobile-Auteuil Tél.: (514) 628-9366 Longueuil Triacomm Tél.: (514) 928-2244 Cellcom Rive-Sud Tél.: (514) 463-7777 Montréal ABCO Télécom Tél.: (514) 389-8900 Autocell inc.Tél.: (514)257-9292 C.B.C.I.Télécom Tél.: (514)748-5224 Communication Idéale Montréal-Est Tél.: (514) 64S-4455 Locatel ltée Tél.: (514) 593-5555 Télécentre Québec Tél.: (514) 485-5222 Rosemère Centre du Téléphone Mobile Tél.: (514) 979-3838 Shawinigan Reynolds Radio inc.Tél.: (819)539-1992 Sherbrooke Audiotec Tél.: (819) 562-9262 Gobeil et Filles inc.Tél.: (819) 563-0406 Ste-Agathe-des-Monts Autoradios C.V.L.inc.Tél.: (819) 326-2006 St-Eustache Communications J.D.Tél.: (514) 974-7444 St-Hyacinthe Info-Comm Tél.: (514) 778-1911 St-Jean Télévision Hébert et Gouin Tél.: (514) 348-5210 U'it'ifcKiKl «NMtHn Radie/haek SEARS’ -WC.C' Terrebonne Cellcom Tél.: (514) 964-7777 Tracy Radio Michel inc.Tél.: (514) 746-7777 Verdun Citécell Tél.: (514) 762-2000 Ville Mercier Distribution Réjean Mailloux inc.Tél.: (514)225-0466 Ville St-Laurent J.G.Communication Tél.: (514) 951-2111 Lazer Auto Tél.: (514) 334-4785 AUOIO*VtDIO Vidéotron 1, E I) E V 0 I « .L E V E N I) R EDI 17 M A R S ID!) 5 A (5 ?LE DEVOIR E CONOMI E XXM TSE-300 DOW JONES S CAN ,fe.WÊÊÊ ¦HT ' jv*’ wt +5,35 +6,78 +30,78 -0,06 2094,30 4225,62 4069,15 70,77 Après quatre déficits consécutifs Un surplus budgétaire I de 125 millions $ pour la CSST FREDERIC TREMBLAY Presse canadienne Après quatre ans de déficits consécutifs, la CSST a enregistré l’an dernier un surplus budgétaire de.125,6 millions $.En 1993, l’organisme avait dégagé un surplus d’exploitation mais essuyé un déficit de 122,8 millions $.Ce résultat positif est le fruit d’importants efforts de redressement mis de l’avant au cours des dernières années à la CSST, et qui ont notamment permis de réduire la période moyenne d’indemnisation en favorisant une réadaptation rapide des ac-cidentés.De 1990 à 1993, la CSST a accusé des déficits totalisant 1,8 milliard $, soit une moyenne annuelle de 458,2 millions $.La dette actuarielle de la CSST était, à la fin de 1993, de 3,5 milliards $.Au 31 décembre 1994, cette dette actuarielle a pu être abaissée à 3,3 milliards $.Cette diminution a été rendue possible en partie grâce à l’utilisation du surplus d’opérations enregistré en 1994.La CSST a également procédé à une réduction de son passif actuariel pour un montant de 70,9 millions $, compte tenu d’une révision à la baisse de ses engagements futurs prévus.Joint, hier, par La Presse Canadienne, le président de la CSST, Pierre Shedleur, a expliqué que le succès des programmes de réadaptation était à l’origine de la diminution des engagements futurs de l’organisme.En réadaptant un plus grand nombre de travailleurs accidentés, la CSST abaisse d’autant le versement de ses indemnisations futures.En 1992, il fallait 600 jours avant qu’un travailleur accidenté n’amorce sa réadaptation, comparativement à 90 jours aujourd’hui.En réduisant sa dette actuarielle, le niveau de capitalisation de la CSST s’est accru de 55,5 % (1993) à 58,3;% (1994).Les résultats positifs de l’année 1994 s’explique également par une hausse des revenus de la CSST, qui ont augmenté de 110 millions $, pour atteindre 1,6 milliard $.Les prestations versées par la CSST l’an dernier ont atteint 1,2 milliard $, soit sensiblement le même niveau qu’en 1993.M.Shedleur a précisé qu’il était trop tôt pour dire si la CSST, compte tenu des bons résultats enregistrés en 1994, pourra abaisser son taux de cotisation moyen l’an prochain.Cette décision est prise chaque année au mois de mai.L’an passé, le taux de cotisation moyen avait déjà été abaissé de 2,75 $ du 100 $ de masse salariale, à 2,60 $, soit une diminution de 5,5 %.M.Shedleur espère, d’autre part, que le gouvernement du Québec donnera suite ce printemps, ou au plus tard cet automne, au projet de «déjudiciarisation» du processus de règlement des litiges.Alors qu’il faut parfois cinq ans, présentement, pour en arriver à une décision finale dans le cas d’un litige, la CSST voudrait ramener ce délai à un maximun d’un an.Réagissant à la publication des résultats financiers de la CSST, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a dit accueillir, pour sa part, «avec beaucoup de satisfaction» la performance de l’organisme.«Après les déficits des dernières années, a fait valoir le président du CPQ, Ghis-lain Dufour, la machine semble maintenant sous contrôle, et il faut s’en réjouir.» Le CPQ souhaite néanmoins que des changements soient apportés à la loi actuelle sur la santé et la sécurité, dont la diminution de 90 à 80 % du salaire net le taux d’indemnisation des travailleurs accidentés.L’organisme patronal réclame également que les travailleurs saisonniers soient indemnisés en fonction des heures réellement travaillées, plutôt que sur la base actuelle de 2400 heures.245 millions $ de bénéfice pour le CN LE DEVOIR i /'''XT a enregistré un bénéfice net \_*T > de 245 million $ en 1994, réalisant ainsi sa meilleure performance depuis 1988.En 1993, le CN avait essuyé une perte de 79 millions $ et il avait tout juste franchi le seuil de la rentabilité en 1990, le seul autre exercice au cours des cinq dernières années qui n’a pas été déficitaire.Les résultats financiers de 1994 sont re- devables à une reprise générale de l’économie nord-américaine et aux efforts du CN pour réduire ses coûts d’exploitation.Dans le secteur ferroviaire, CN Amérique du Nord a enregistré un bénéfice d’exploitation de 419 millions $ en 1994, comparativement à 122 millions en 1993.Son ratio d’exploitation s’est aussi considérablement amélioré, passant de 96,9 % en 1993 à 90,1 % en 1994.Un revers pour la SGF Ualuminerie Alouette ne sera pas agrandie ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR e projet d’agrandissement de l’aluçninerie Alouette de Sept-îles est abandonné.A l’issue ’un vote à trois contre deux, les cinq membres du consortium viennent de décider de ne pas aller e l’avant avec cet investissement de plus de 1 milliard $.Avec sa part de 20 % du consortium, la Société générale de financement du Québec (SGF) a énergiquement appuyé l’agrandissement de cette aluminerie qui bénéficie de tarifs d’électricité préférentiels et secrets.La société d’Etat a même déniché un nouveau partenaire qui serait venu s’ajouter à la liste afin que le projet se matérialise, a indiqué Julie Arcand, attachée de presse du ministre de l’Industrie, du Commerce, des Sciences et de la Technologie, Daniel Paillé.Mais une majorité de membres du consortium s’y est opposé.Mme Arcand n’a pas voulu, hier, dévoiler le nom du nouveau venu.Reliquat économique du gouvernement précédent, raluminerie Alouette bénéficie, quant à son approvisionnement en électricité, d’un contrat à partage de risques, accords tant critiqués par le Parti québécois alors qu’il était dans l’opposition.Mais une fois au pouvoir, le gouvernement pé-quiste a prolongé de trois mois en décembre dernier, jusqu’au 31 mars, une option assurant à la phase 2 de l’aluminerie un contrat d’approvisionnement en électricité tout aussi alléchant.Au ministère de l’Industrie, on explique l’abandon du projet d’agrandissement par la faiblesse du marché mondial de l’aluminium et la situation financière «corsée» de l’un des partenaires.Outre la SGF, on retrouve dans le consortium Alouette la firme hollandaise Hoogovens, l’allemande VAW, l’autrichienne Austria Metall et le tandem japonais Kobe Steel-Marubeni.La société mère d’Austria est actuellement en faillite technique tandis que VAW avait clairement indiqué, plus tôt cette année, qu’elle n’avait aucune intention de participer au financement de la phase 2 d’Alouette.Les surplus d’Hydro-Québec Doublant grâce à cet agrandissement sa capacité de production qui s’établit à 215 000 tonnes, Alouette aurait consommé 360 MWh d’électricité de plus par année, soit l’équivalent de l’accroissement de la demande totale au Québec en 1995.Or, Hydro-Québec tenait compte de cette consommation additionnelle dans ses prévisions de la demande.Hydro-Québec faisait face à des surplus de plus de 4200 KWh auquel il faut désormais ajouter ces 360 MWh, ou 8 %.«11 faut que ce surplus ainsi dégagé soit utilisé ailleurs pour attirer d’autres entreprises ou développer des entreprises similaires (c’est-à-dire d’autres grandes alumineries)», a indiqué, hier au Devoir, le ministre des Ressourcés naturelles, François Gendron.Plus tôt cette semaine, la direction d’Hydro-Québec s’est entretenue avec le ministre pour «discuter de ce sujet dans la perspective qu’on ne donne pas suite au projet d’Alouette», a souligné le ministre.«Hydro-Québec m’a dit qu’elle était en surplus et que plus elle libère des surplus, plus ça fait des revenus additionnels.» En autant que ces surplus soient écoulés.Tandis que le nord-est de l’Amérique du Nord bénéficie à l’heure actuelle de surplus d’électricité appréciables, Hydro-Québec doit porter les siens à la hausse, qui sont passés d’une prévision de 2700 MWh à 4600 MWh maintenant, sensiblement plus que les 3000 MWh générés par le projet Grande-Baleine, remis au calendes grecques.«En fait, à ¦ chaque année, Hydro-Québec a dû réviser à la baisse ses prévisions de hausse de la demande», a signalé François Tanguay, de Greenpeace, qui participe à la Table de concertation sur l’énergie mise sur pied par le ministre Gendron dans le cadre du débat public sur l’énergie.Ces surplus d’électricité s’amoncelant, Hydro-Québec a de moins en moins intérêt à voir sa clientèle, consommer moins d’énergie.Ainsi, la société d’Etat a révisé à la baisse ses engagements en matière d’économies d’énergie d’ici l’an 2000, qui sont passés de 9289 GWh à 6000 ou 7000 GWh, un tiers de moins que promis.Quatre mois après sa privatisation Sidbec-Dosco affiche un profit record GERARD BERUBE LE DEVOIR Fraîchement privatisée, et sans qu’aucune modification n’ait été apportée à son exploitation, Sidbec-Dosco a annoncé hier un bénéfice net de 60,5 millions $, le plus élevé de son histoire.Cette nouvelle marque a été établie quatre mois seulement après que le gouvernement libéral eut complété la vente du producteur d’acier à une filiale mexicaine d’Ispat, au prix de 45 millions $.Elle permettra aux employés de recevoir un boni moyen de 1300$.C’est le 17 août 1994, soit dans les temps forts de la campagne électorale, que la multinationale indonésienne Ispat se portait acquéreur de Sidbec-Dosco, des mains du gouvernement libéral, aux termes d’une transaction de 355 millions $ impliquant la reprise d’une dette de 280 millions $, le versement de 45 millions $ et une injection de 30 millions $ dans l’entreprise.Sidbec-Dosco venait d’essuyer trois exercice déficitaires de 1991 à 1993, une période au cours de laquelle l’entreprise sidérurgique a accumulé des pertes de 148 millions $ (200 millions $ après radiations).Lors de la phase expansionniste précédente, soit de 1986 à 1990, Sidbec avait comptabilisé un bénéfice cumulé de 100 millions $ sur c inq ans.Cette transaction avait soulevé un tollé de protestations de la part du Parti québécois, notamment Bernard Landry qui estimait à l’époque que le gouvernement obtenait peu (45 millions $).L’actuel vice-premier ministre se disait également peu impressionné par le fait que l’acheteur assumait la dette, «largement garantie par l’inventaire», avait-il souligné, et par la promesse d’investir- m 53 PHOTO ARCHIVES L’usine de Sidbec-Dosco à Contrecœur.sements de 100 millions $ sur cinq ans, ce qui «n’est même pas l’équivalent de la dépréciation des équipements pour cette période».Les résultats de l’exercice financier 1994 poussent dans cette direction.Au cours de la période de 12 mois terminée le 31 décembre dernier, Sidbec-Dosco a dégagé un bénéfice net record de 60,5 millions $, effectuant ainsi un revirement de 180 degrés par rapport à la perte de 16,1 millions $ subie un an plus tôt.Les ventes de l’entreprise se sont chiffrées à 690 millions $, en hausse de 16 % par rapport aux 593 millions $ de 1993.Dans son communiqué, la direction de l’entreprise a qualifié d’excellentes les perspectives pour 1995 et a fait ressortir un carnet de commandes bien garni, combiné à des prix demeurant fermes, La direction craint toutefois l’impact que pourrait avoir sur la consommation la hausse rapide des taux d’intérêt Ces résultats convaincants permettront à Sid- bec de verser à chacun des 2300 employés de l’usine de Contrecoeur un boni moyen de 1300 $.Cette prime, établie selon un pourcentage de là' masse salariale et proportionnellement au salaire de chaque employé, répond aux modalités du régime de participation aux bénéfices de l’entreprise.Ils ont également facilité la remise en service d’un centre de production au complexe de Contrecœur.Ce redémarrage, prévu pour avril prochain, comporte un coût de 15 millions $ et ajoutera 600 000 tonnes l’an à la capacité de production, qui passera de 1,3 à 1,8 million de tonnes.Remplissant sa promesse électorale de revoir les privatisations complétées à la hâte par un gouvernement (précédent) évoluant en fin de régime, le Parti québécois a, dès son arrivée au pouvoir, commandé une série d’études afin d’obtenir un éclairage nouveau.Si les conclusions de ce groupe d’experts n’ont pas été particulièrement tendres à l’endroit des modalités entourant la vente du Mont-Sainte-Anne, ces experts n’ont eu, en revanche, rien à redire dans le cas de Sidbec-Dosco.«Les experts ont déterminé que la vente de Sidbec-Dosco avait été juste et raisonnable, que la conjoncture était intéressante pour une vente de cette nature, a déclaré au Devoir un haut; fonctionnaire.N’oublions pas qu’au versement de 45 millions $ s’ajoute un passif de 280 millions $: assumé par l’acheteur, libérant ainsi le gouverne-: ment de sa responsabilité sur cette dette.Ce n'est pas à dédaigner.» «A ma connaissance, la vente a été réalisée sur la base d’un bénéfice anticipé de 30 millions $ pour l’exercice 1994.Mais ne perdons pas de vue que Sidbec évolue dans une industrie hautement cyclique, meublée de hauts et de bas nombreux.Cette transaction a été réalisée en début de cycle haussier.Les experts ont conclu que la conjoncture était excellente, a-t-il renchéri.Le gouvernement a accepté les conclusions du groupe d’experts.» Assurance vie j Desjardins-Laurentienne t i Avis dassemblées générales • ANNUELLE ET SPÉCIALE Avis est par les présentes donné que l'assemblée générale annuelle de l'actionnaire et; des porteurs de polices avec participation dé Assurance vie Desjardins-Laurentienne (la "Compagnie*) se tiendra au Palais des Congrès de Montréal, le samedi 1er avril 1 j)95.à 14 h 15.Le but de cette assemblée générale annuelle est ; - [d'approuver les procès-verbaux des derrières assemblées générales annuelles et jspéciales de l'Assurance-vie Desjardins line, et de La Laurentienne Vie inc.: • - !de recevoir les états financiers pour l'exercice terminé le 31 décembre 1994.ainsi .que le rapport des vérificateurs; - tde ratifier le règlement modifiant l'article J12 du Réglement général numéro 1 de la [Compagnie et ayant pour effet de ¦tnixiiiier la date de l'assemblée générale jannuelie: îdîadopter les règlements 1995-1 •(nouveau Règlement général) et 1995 2 (nouveau Réglement d emprunt): - ,d élire les administrateurs: - ;de nommer les vérificateurs: et - de discuter toutes autres questions qui pourront être soumises à l'assemblée.Avis est également donné qu une assemblée générale spéciale de la Compagnie se tien dra au Palais des Congrès de Montréal, le samedi 1er avnl 1995.immédiatement a Afrique du Sud (rand) 0,4012 Allemagne (mark) 1,0115 Australie (dollar) 1,0946 Barbade (dollar) 0,7291 Belgique (franc) 0,047503 Bermudes (dollar) 1,4469 Brésil (real) 1,7131 Caraïbes (dollar) 0,5395 Chine (renminbi) 0,1771 Espagne (peseta) 0,01156 États-Unis (dollar) 1,4130 Europe (ECU) 1,8857 France (franc) 0,2842 Grèce (drachme) 0,00653 Hong Kong (dollar) 0,1875 Indonésie (rupiah) 0,000669 Italie (lire) 0,000873 Jamaïque (dollar) 0,0479 Japon (yen) 0,01565 Mexique (peso) 0,2215 Pays-Bas (florin) 0,9407 Portugal (escudo) 0,00981 Royaume-Uni (livre) 2,2446 Russie (rouble) 0,000312 Singapour (dollar) 1,0161 Suisse (franc) 1,2718 Taïwan (dollar) 0,0562 Venezuela (bolivar) 0,00859 SOURCE BANQUE DE MONTRÉAL Canadien Pacifique Limitée AVIS DE DIVIDENDE A une réunion du conseil d'administration tenue aujourd’hui, un dividende trimestriel de huit cents (8c) CAN par action sur les actions ordinaires en circulation a été déclaré.Il est payable le 28 avril 1995 aux détenteurs inscrits à la fermeture des registres le 27 mars 1995 Par ordre du conseil Le Vice-président et secrétaire.D.J.Deegan Calgary, le 13 mars 1995 TAUX D'INTÉRÊT - TABLEAU HEBDOMADAIRE Voici les taux d’intérêt en vigueur le 16 mars 1995 dans les principales institutions financières au Canada.Ces taux sont fournis par les institutions financières et compilés par La Presse Canadienne.Banques Dépôt certif.certif.certif.Prêts Prêts Prêts Prêts à terme placem.placem.placem.hypoth.hypoth.hypoth.pers.30-59 jous 1 ans 3 ans 5 ans 1 ans 3 ans 5 ans taux min.Desjardins* — 7,125 7,500 7,875 9,250 9,625 9,875 10,250 CIBC 6,250 7,125 7,500 7,875 9,250 09,625 09,875 — Comm.Hal.C.6,000 7,550 7,850 8,200 9,250 09,625 09,875 11,750 Laurentienne 6,000 7,125 7,500 7,875 9,250 09,625 09,875 9,750 de Montréal 6,000 7,125 7,500 7,750 9,250 09,625 09,875 10,500 Banque Nationale 6,000 7,125 7,500 7,875 9,250 09,625 09,875 9,750 Banque Scotia 5,500 7,125 7,500 7,875 9,250 9,625 9,875 12,250 Banque Royale 6,000 7,125 7,500 7,875 9,250 09,625 09,875 10,750 Toronto-Dominion 5.750 7,125 7,500 7,875 9,250 09,625 09,875 11,500 Hongkong 5,750 7,125 7,500 7,875 9,250 09,625 09,875 — BNP 6,400 7,250 7,500 7,875 9,250 9,625 9,875 — Taux suggéré par la Fédération de Montréal Fiducies Dépôt certif.certif.certif.Prêts Prêts Prêts Prêts à terme placem.placem.placem.hypoth.hypoth.hypoth.pers.30-59 jous 1 ans 3 ans 5 ans 1 ans 3 ans 5 ans taux min.Bonaventure 5.000 7,250 7.625 8,000 9,250 09,625 09.875 — Canada Trust 6,000 7,125 7,500 7.875 9,250 09,625 09,875 11,750 F.Can.liai.6.000 7,125 7,900 8,250 9,250 09,630 09,880 10,500 Sun Life 6,550 7,375 7.750 8,000 9,250 9,625 09,875 — Fid.Desjardins 6.125 7,125 7,500 7,875 9,250 09,625 09,875 — Tr.Général 6.000 7,125 7.500 7,875 9,250 09.625 09.875 9,750 Tr.Laurentienne 6.250 7,125 7,500 7,875 9.250 09.625 09,875 — Montréal Trust 6.250 7,125 7,500 7,875 9.250 09.625 09,875 — Trust National 6.250 7.125 7.500 7,875 9.250 09.625 09.875 9.750 T.PrêtRe.6.250 7.250 7,500 8.000 9,250 09.625 09.875 — Trust Royal 6.250 7,125 7.500 7.875 9.250 09.625 09.875 10,750 Groupe Investors 7.125 7,500 7.875 9.000 9,375 09.625 — T.LaCapitale 7.100 7,875 8.350 8.500 — — Gr.Mutuelle 5.500 7.250 7.500 7.600 9.250 9.625 09.875 — Sherbrooke Tr 6 000 7,125 7.500 7,875 9,250 9.625 09.875 9.750 E N BREF ?L’ECONOMIE PROGRESSE MALGRÉ TOUT Ottawa (PC) — L’économie canadienne a continué à progresser tant bien que mal, en janvier et février, la faiblesse du dollar permettant d’accroître les exportations et d’éliminer quelque peu les effets néfastes des taux d’intérêt élevés.Statistique Canada a révélé que l’indice composite — la plus importante donnée permettant de prévoir l’évolution économique — a grimpé modérément de 0,5 % en février, malgré une hausse sensible des taux d’intérêt signalée avant le dépôt du budget fédéral, le 27 février.«La hausse des taux d’intérêt a eu un impact sur les trois données de l’indice pertinentes aux marchés financier et immobilier qui ont toutes fléchi, explique l’agence fédérale.Malgré tout, ce fléchissement ne s’est pas encore transmis aux autres secteurs économiques.» MONTEREY SE PROTÈGE CONTRE SES CRÉANCIERS (PC) — Textiles Monterey s’est placée hier sous la protection de la loi contre ses créanciers, cette mesure s’avérant nécessaire suite à un déficit de fonds de roulement entraîné par une accumulation de pertes d’exploitation au cours des dernières années.Monterey a reçu l’appui de ses banquiers et principaux fournisseurs dans cette démarche.Le nombre de commandes à livrer étant encore important, l’entreprise prévoit poursuivre ses opérations de façon habituelle.Monterey opère dans l’industrie du textile depuis 1985 et compte environ 400 employés à ses usines de Drummond-ville et Saint-Jean-sur-Richelieu.ENTENTE CHEX EXPRO VaUeyfield (PC) — Les activités de production ont repris normalement hier après-midi à l’usine Expro, de Saint-Timothée, près de VaUeyfield, à la suite d’un second vote sur le plan d’affaires 1995 tenu hier matin par les employés syndiqués.Cette foirei.245 syndiqués ont voté et ont endosse- dans une pro|x>rtion de 75 % les propositions contenues dans le plan d’affaires qui prévoit, entre autres, une diminution de 5% de la masse- salariale.Dimanche dernier, les syndiqué-s avaient rejeté par une seule voix ce plan d’affaires, ce qui avail amené- la direction à suspendre progressivement les activités de l’entreprise.WALL STREET: DEUXIÈME RECORD EN UNE SEMAINE New York (AFP) — Wall Stret a battu hier son deuxième record absolu en une semaine, grâce à une nette détente des taux d’intérêt sur le marché obligataire après la publication d’une enquête de la banque de Réserve fédérale de Philadelphie.L’indice Dow Jones des valeurs vedettes a grimpé 30,78 IMiints (+0,8 %) à 4069,15.Ixi Réserve fédérale de Philadelphie a publié un rapport faisant ressortir une stagnation de l’activité dans le secteur manufacturier en mars dans la région.Ix* marché a également réagi à l’annonce d’une hausse de 0,3 % des prix à la consommation en février, conforme aux attentes. E 1) E V 0 I R , I- E V E NDREDI 17 M A 11 S 1 !) !) .r> A 7 COUP D'ŒIL BOURSIER Des acheteurs plus nombreux MICHEL CARIGNAN COLLABORATION SPÉCIALE Le mouvement haussier des marchés persiste.À New York, les industriels et les transports se maintiennent en hausse mais les services publics restent timides.Encore une fois, l’indice de la moyenne de tous les titres (NYA) a donné un meilleur coup à la hausse, démontrant qu’une bonne quantité de titres non' calculés dans les indices sont encore plus forts que les indices eux-mêmes.A Toronto, le TSE 300 maintient lui aussi son mouvement haussier et la majorité des secteurs ont participé, bien que certains d’entre eux ont pris une plus grosse bouchée.Par exemple, l’indice industriel y est allé d’une deuxième forte hausse consécutive, terminant au plus haut de la journée.Notez que presque tous les titres mentionnés hier ont nettement continué leur mouvement haussier, en particulier Northern Telecom.La consommation, les services financiers, le détail, les communications, la gestion, les mines et les services publics ont continué leur mouvement haussier décrit dans la chronique d’hier.Je vous avoue que ça me manquait de décrire des revirements haussiers, d’autant plus lorsque bon nombre de secteurs semblent vouloir se maintenir dans le droit chemin.Pendant que le marché se maintenait à la baisse, il y avait toujours des occasions spéciales où certains titres allaient à l’opposé de la direction des marchés.Présentement, c’est l’augmentation du nombre de ces titres en revirement qui fait virer le marché de bord.11 suffit d’être équipé pour les trouver.Présentement, ce n’est pas le choix qui manque.Il y en a dans plusieurs secteurs et à tous les prix.Nous en sommes toutefois à plusieurs jours en hausse d’affilée.Une correction passagère est à prévoir dans les prochains jours, provoquée par des prises de profit à court terme sur les titres qui tenteront les investisseurs à très court terme.INDICE COMPOSE NYSE : : 200 joiirs .ozn nn ï|> CmUiW ïaMv 267.92 DOW JONES INDUSTRIELS 200 jours;.! i ! ; «..»•• Jur Jul AoO Sep Déc Jan Fév M ^doo.oo -3900.00 -3800.00 -3700.00 16 Mar 4068.16 BOURSE DE TORONTO TSE 300 200 jours ^250.00 16 Mar 4226.62 INDUSTRIELS TOR -2750.00 , : 200 jours :.hbd -2500.00 16 Mar 2786.31 CONSOMMATIONS TOR .200.jours.4 .I ¦£750.00 -6500.00 •6250.00 16 Mar 8816.31 SERVICES FINANCIERS TOR 2I K) jo ürs 1 I .! ! i)!i A i ¦ri!¦¦¦ A •i#'"!' 1 y\ ïj ù T 11 éèl TSE DISTRIBUTION Ai 200 jours Jur Jui Aoû Sep Oct Nov Déc Jan Fév M 1700.00 6600.00 6500.00 6400.00 18 Mar 3641.52 COMMUNICATIONS TOR 200 jours -9000.00 6500.00 >.00 16» 8133.06 GESTIONS TOR 200 joutjs .6250.00 j.4.i.6000.00 00 47£0.16 Mar .51 MINES & METAUX TOR 200jours ¦4250.00 4000.00 J750.00 16 Mar 3951.56 SERVICES PUBLICS TOR F î À il ï ri Tj H 200 jours i •I.>. A II IDEES Des paléo-Québécois aux post-Québécois «Je ne suis pas un enfant que ce pays aurait adopté, mais plutôt l’inverse» QUSSAI SAMAK S Çonseiller en matière de santé et sécurité de | travail et de protection de l’environnement à [ : la CSN, l’auteur enseigne les sciences de l’environnement et de l’évaluation des j| impacts technologiques à la faculté d’études supérieures de l’Université de Montréal et au département du génie chimique à l’Université McGill.’auteur de ces lignes est un homme qui a appris depuis quelques années l’art de changer de trottoir lorsqu’un «identito-mane» se trouve sur son chemin, l’«identitoma-nie» étant ceci (ne cherchez pas votre Petit Robert): un état de névrose compulsive à caractère identitaire dont les mani-j testations graves renvoient excessivement à la h race, au sang, au mysticisme culturel ou reli-; gieux, au génie inégalé d’une langue donnée, : aux activités endocriniennes du corps, ou à ses 'j particularités physiques.' Bref, un état d’adolescence socio-affective et : mentale qui empêche aux affligés de la chose ; \ dé voir, au delà des quelques arbres de leur lo-à pin de terre, l’étendue, la richesse, les limites, u la; grandeur et la misère que la forêt humaine ; se partage en commun.: Cela ne m’interdit pas de vivre à l’heure.Au il contraire, je nage dans les délices des identités multiples tant célébrés par les scribes postmo-dernes de la fin des grands récits, mais avec I ceci de différent: diffractées ou réunies, mes $ identités sont toutes tributaires de ce que je fais IJ et de ce que je pense les yeux ouverts, et non 1; pas de ce que je suis par ascendance ethnique, 1 fondation linguistique originaire, ou par activi-7 tés gonadiques.Dans ma vie de citoyen de ce ; pays, deux questions me guident dans l’action ' et dans la pensée: «Est-ce bon pour les enfants?Est-ce bon pour la majorité sociale du pays?» .Rien de plus, rien de moins.Voilà pourquoi les déclarations de M.Paré du Bloc québécois me sont répréhensibles.Et | cé qu’il y a de désagréable dans les propos de } cé vaillant «défenseur des intérêts des Québécois de l’outre-Outaouais» est d’autant plus pro-: fond qu’il m’oblige à parler pour la première i fois depuis des années de quelque chose qui î ne relève ni de ce que je fais, ni de ce que je pense.Sachez, M.Paré, que je ne suis pas un ; enfant que ce pays aurait adopté comme vous ;, le dites si joliment, mais plutôt l’inverse.Tout II en reconnaissant que ce pays m’a reçu les bras ouverts pour des intérêts qui lui sont propres, ), je.maintiens que c’est moi qui l’ai adopté.1 Sachez aussi que je suis arrivé «chez vous» déjà formé grâce au surplus produit par les simples paysans et jes travailleurs pauvres de la vallée du Nil en Egypte.Ce ne sont pas vos taxes qui m’ont donné les moyens d’être ce j qué jè suis aujourd’hui.Pas grand-chose peut- être, mais tout de même, comment dirais-je, socialement utile pour le Québec et le Canada comme disent les militants de l’engagement social et politique.Lorsqu’un pays reçoit un adulte, pour prendre mon cas personnel, déjà gagné à la moralité politique de Jean Jaurès et de Mgr Charbonneau, qui connaît déjà la différence entre la théorie cinétique des gaz et la dynamique des fluides, et qui est profondément attaché aux principes de la solidarité sociale et au maintien des devoirs de la citoyenneté, le tout acquis aux frais d’un autre pays, je dirais qu’il s’agit là d’un marché plutôt rentable pur le pays adopté, non?Sachez également que je mets à contribution tout ce que la générosité des paysans de la vallée du Nil m’a permis d’être et de devenir pour le bien des enfants, et dans l’intérêt de la majorité du Québec.Qu’il me soit permis aussi d’ajouter que si mes enfants écoutent entre autres les beaux vers de Violetta Parra et de Paco Ibanez, s’ils chantent les mélodies de Paolo Conte et de Vladimir Vissotski, s’ils baragouinent le patois chanté des gitans ibériques, et s’ils soignent progressivement leur accent lorsqu’ils parlent l’anglais, ils rêvent exclusivement en français aux intonations de la vallée du Saint-Laurent.Il s’agit d’un choix que j’ai fait, soyez sûr M.Paré, par courtoisie à l’égard de la communauté d’accueil que j’ai adoptée, et non sous la pression d’une quelconque contrainte légale, réglementaire ou administrative.Ce sont des enfants qui parlent votre accent et qui sont aussi enracinés dans le sol de ce pays que vous.Et le moment venu, ils voteront — comptez sur nous, que leurs votes vous plaisent ou non — avec la même discipline qui les ferait contribuer à votre pension de retraité lorsqu’il en sera question.Sachez également que je me suis soustrait volontairement à quelques reprises de la démarche référendaire concernant l’avenir constitutionnel de ce pays.Ce fut aussi par courtoisie à l’égard de la majorité fondatrice du Québec: les descendants des enfants abandonnés de Versailles, de Samuel de Champlain et de Jacques Cartier.Après tout, ce sont des membres de cette majorité qui éprouvent des angoisses existentielles souvent légitimes, pas moi.Maintenant que vous m’invitez vous-même à me soustraire de la même démarche pour pouvoir gagner votre bataille, à 50% plus un s’il le faut, ma réponse est non.Je vais voter.Sachez que j’ai milité pour le camp du OUI en 1980 tout en me gardant de voter, laissant — toujours par courtoisie — à la majorité fondatrice le privilège de jouer le rôle de premier plan dans la décision.Je me suis également prononcé contre les accords du lac Meech et de Charlottetown tout en m’écartant de la démarche référendaire pour la même raison.Pas cette fois-ci, promis.Vous avez eu le mérite, reconnaissons-le, de dire tout haut ce que beaucoup pensent sans doute tout bas.Vous avez eu le mérite de nous rappeler encore une fois quelques désagréables faits de la vie.Vous êtes là tout comme vos semblables, mais il n’y a pas que vous.Il y a aussi ceux qui rêvent de transformer Montréal en une autre Alger ou une autre Isla-mabad-sur-Saint-Laurent, ceux qui voudraient bien y vivre à l’heure de Méa-Sha’arim à Jérusalem, ou qui élèvent leurs enfants dans le racisme minoritaire dirigé contre la majorité d’accueil.Entre votre mépris des droits de la citoyenneté et leur dédain à l’égard de ses devoirs, force est de constater qu’il nous reste beaucoup à faire.Aux Québécois de toutes les couleurs: votez en grand nombre les yeux ouverts en fonction de votre meilleur jugement quant à l’intérêt de la majorité sociale du pays.Aux néo-Québé-cois: votez aussi en grand nombre dans la dignité et la discipline qui doivent toujours guider votre démarche en tant que membres à part entière, et non pas entièrement à part, de cette société.Aux paléo-Québécois, professionnels de la différence et mercenaires de l’altérité irréductible y compris: si le courant souverainiste l’emporte, et si cela vous était à la fois rassurant et rentable, tant mieux pour vous.Sinon, rappelez-vous ceci: les descendants des enfants abandonnés de Versailles représentent 80% des habitants de ce pays.La raison impose donc que vous régliez le compte de votre défaite référendaire — si défaite il y a — «entre vous autres» d’abord avant de passer «aux autres», pour recourir aux termes qui vous sont aussi chers que coutumiers.Entre-temps, travaillez plus fort pour obtenir la faveur de la majorité politique et pour la conserver; c’est tout à fait indiqué! Utilisez cette majorité comme bon vous semble, et tâchez toujours d’avoir le courage de vos convictions.Si vous estimez que les «importés» de ce pays .ne devraient pas voter sur certains sujets, promulguez donc les lois appropriées pour les soustraire au processus électoral et référendaire.Si vous jugez qu’il y a trop de ces gens-là ici, fermez les frontières! Si vous préférez avoir des francophones de la variété malavoyenne plutôt que des variantes à la Port-au-Prince, ou à la couleur ocre du sol d’Afrique, enchâssez vos préférences dans des textes de loi.Mais surtout évitez les insinuations outrageantes et les complaintes puériles; et rappelez-vous, ce faisant, qu’il est des choses dans la vie qui «ne se commandent pas», comme disait le regretté M.Brassens.Et finalement, aux post-Qüébécois comme moi: armez vos enfants contre tout discours exaltatoire qui ne retient de l’identité que ce qui échappe à la volonté et à la raison des hommes et des femmes.Qu’on garde le pays que nous avons, qu’on s’en donne un autre, ou qu’on ne veuille ni l’un ni l’autre, apprenez-leur à se méfier de toute fusion aveuglante entre le politique et le poétique, et montrez-leur comment reconnaître un démagogue quand ils en entendent un parler.Et on se verra aux urnes! PHOTO ARCHIVES Philippe Paré, député du Bloc québécois dans Louis-Hébert.«Aux Québécois de toutes les couleurs: votez en grand nombre les yeux ouverts en fonction de votre meilleur jugement quant à l’intérêt de la majorité du pays.» Pas de taxe au travail La meilleure façon de s’assurer qu’il y ait de la formation dans les entreprises, c’est de voir à ce qu’elles ne meurent pas étouffées par les taxes PIERRE CLÉROUX Vice-président, Fédération canadienne de l’entreprise indépendante ¦“|| ans son éditorial du 10 mars dernier, Lise DBissonnette annonçait son accord avec l’ajout d’une nouvelle taxe de 1% sur la masse salariale des entreprises du Québec.Une taxe qui se veut une incitation ¦ -tJI pour les entreprises québécoises à investir davantage dans la formation de leurs employés.Erreur, le salut de notre économie ankylosée ne passe sûrement pas par l’ajout d’une nouvelle taxe, peu importe la noblesse toute relative de la cause qu’elle financera.Les entreprises du Québec, plus particulièrement les petites et moyennes, sont celles qui subissent le pire fardeau fiscal sur les salaires.Ces taxes sur le salaire s’ajoutant les unes aux autres, il en coûte tellement cher d’embaucher un nouvel employé au Québec que l’actuelle progression économique n’a guère d’écho sur le tableau de la création d’emplois.Par comparaison, en 1989, une entreprise du secteur de la fabrication du verre et d’articles de verre qui embauchait un travailleur au salaire annuel de 30 000$ avait à débourser des taxes sur son salaire de 3826$.En 1995, l’embauche de ce même travailleur coûtera 4794$ en taxes sur la masse salariale, soit une augmentation de 25%.Au Nouveau-Brunswick, ces taxes ne sont que de 2598$, tout près de la moitié.Iœs taxes sur la masse salariale ne doivent pas être prises à la légère car elles influent directement sur la compétitivité de nos entreprises.Les PME sont au cœur de la création d’emplois.Elles ont créé 85% des nouveaux emplois au Québec au cours des 10 dernières années.Pourtant, ce sont elles qui sont les plus durement frappées par les taxes sur les salaires car elles utilisent proportionnellement plus de travailleurs que d’équipement.Il y a en effet plus de bonnes raisons d’abaisser les taxes sur la masse salariale que d'en ajouter une nouvelle.Comment, en vérité, peut-on souhaiter la création d’emplois au Québec en imposant une entrave fiscale additionnelle à l’embauche de travailleurs?On peut se demander, en passant, combien coûtera aux contribuables la lourde structure servant à la gestion et à la répartition de cette nouvelle taxe et combien d’argent restera-t-il à vouer à la formation une fois payée l’administration?En ce qui a trait à la formation des travailleurs, il faut tout de suite préciser que les PME participent activement à la fonnation professionnelle.Comment autrement pourraient-elles compter sur des employés aptesà contribuer à affronter les nouveaux marchés et concurrents qui se présentent à elles?Par contre, la formation faite dans les PME est informelle et non structurée.On ne peut pas créer des programmes de formation dans une entreprise qui compte cinq à dix employés.Obliger les PME à faire de la formation selon les mêmes règles et critères que les grandes entreprises va à l’encontre de la nature même des PME et ne ferait que les pénaliser indûment.Les entreprises connaissent mieux que quiconque leurs besoins en formation et elles prouvent tous les jours la justesse de leurs activités puisqu’elles sont le moteur de la création d’emplois.Nous reconnaissons que les entreprises ont une responsabilité envers la formation des travailleurs, mais nous nous opposons à toute mesure coercitive qui réaffecterait l’argent de la formation à une nouvelle bureaucratie.De plus, nous croyons fermement que la formation n’est pas uniquement la responsabilité des entreprises.Le Québec accuse un des taux les plus élevés de décrochage scolaire en Amérique du Nord et produit des finissants de moins en moins qualifiés pour répondre aux besoins du marché du travail.Le gouvernement devrait prêcher par l’exemple et faire un grand ménage dans son système de formation avant de refiler toutes les responsabilités aux entreprises.Les deux plus importantes entraves au développement des PME sont le fardeau fiscal et la gestion de la paperasserie gouvernementale.Le projet de la ministre Harel augmente les deux et il est tout à fait normal que les PME s’y opposent.Les PME ne sont certes pas opposées à la promotion de la formation, mais elles refusent de se faire encarcaner dans un système complexe et coûteux.La meilleure façon de s’assurer qu’il y ait de la formation dans les entreprises, c'est de voir à ce quelles ne meurent pas étouffées par les Obliger les PME à faire de la formation selon les mêmes critères que les grandes entreprises les pénaliserait indûment.Commission des jeunes sur l’avenir du Québec Désillusion, quand tu nous tiens Les jeunes soi-disant Québécois pure laine n’avaient en bouche qu’assimilation, négation des différences culturelles et monolithisme linguistique DIEP TRUONG Québécoise de première génération aïve, va! Je pensais qu’un projet de société sortirait les jeunes de mon âge de leur désœuvrement et de leur solitude.Exaltés, ils auraient ravivé une flamme d’espoir et de solidarité.Le cœur joyeux, l’esprit en fête, chantonnant le lyrisme du grand Félix, je gambadais vers le forum où tous se tiendraient par la main: la Commission des jeunes sur l’avenir du Québec.Entourée de Québécois de souche, j’étais fière de pouvoir dire mon mot et proclamer haut et fort que j’étais ouvertement souverainiste, que je faisais miennes les visées du peuple québécois, que j’étais une véritable fleur poussée dans le limon francophone d’une société libre.Désillusion, quand tu nous tiens.Propos subtilement xénophobes, ricanements face aux craintes, intolérance et ethnocentrisme, les jeunes soi-disant Québécois pure laine qui n’avaient en bouche qu’assimilation, négation des différences culturelles et monolithisme linguistique.J’eus envie de fuir cette foule ornée d’œillères.Je me mis alors à imaginer un peuple qui serait exclusivement composé de ces jeunes dont l’étroitesse d’esprit et la ferveur partisane étaient navrantes.Ce peuple se regarderait le nombril d’un sourire satisfait il aurait fondé un village où tout inconnu serait considéré suspect.Un bourg où leur langue de bois obtiendrait un statut officiel.Fiers de leur médiocrité et de leur inculture.Jaloux dès que l’un des leurs réussirait à l’étranger.Propageant vilenies à ceux qui oseraient quitter un pays où la culture serait confinée à l'arrière-plan et où Jean-Luc Mongrain et Eric Lapointe seraient ambassadeurs de choix.Dire que tous les journaux ont qualifié l'exercice de démocratique.Les Commissions des jeunes sur l’ave-I nir du Québec, démocratiques?Ces forums où la majorité des intervenants étaient encore et toujours des hommes, où les minorités ethniques étaient sous-représentées (pour ne pas dire pratiquement invisibles à 20 000 lieux à la ronde), où les 99% de souverainistes enragés s’attaquaient au 1% de fédéralistes.Si la démocratie au Québec s’apparente encore à l’épopée grecque où femmes et esclaves étaient exclus, où l’élite mâle discourait de préoccupations futiles, le chemin à parcourir risque d’être parsemé de chardons.Quelle ironie du sort, tout de même.Alors que je devais ressortir du Forum national (bilan des commissaires) convaincue des bénéfices et de la nécessité de fonder un pays et propageant les idées péquistes à tout vent, me voici en train de douter de mes idéaux, courant après le cerf-volant de mes pensées.Déprimée.La perte d’un rêve qui ne saura se réaliser.Pendant longtemps, je croyais fermement que deux options seulement se présentaient à la belle province: décider de supprimer sa différence et faire partie intégrante d’un Canada centralisé et fort, ou se séparer et bâtir une société unique et ouverte.Malheureusement, les grands rêves ne sont que difficilement réalisables par le commun des mortels car ils demandent une abnégation, un idéalisme et une dévotion absolus.L’utopie de Thomas Moore, de Rabelais, des philosophes grecs, un monde parfait qui ne concorde pas avec la nature humaine qui n’agit que pour son propre halo.J’ai rêvé d’une société juste.Plusieurs continuent d’y rêver.On ne peut les en empêcher mais s’engoncer dans un projet de société, c'est risquer de vivre de profondes désillusions.Flaubert, le pessimiste, disait «J’ai rarement éprouvé des désillusions, ayant eu peu d'illusions.» On dira qu’à mon âge, il est beaucoup trop tôt pour perdre ses idéaux.Ne vous inquiétez pas.mon baluchon en est rempli.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes: à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Mont-petit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Louis Lapierre (adjoint au directeur de l’information), Konrad Yakabuski; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme) ', Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette (livres), Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Benoît Munger, Odile Trent-blay; à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutri-sac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte: à l’information internationale: Jocelyn Coulon (responsable),.François Brousseau (éditorialiste), Anton ne Char, Sylviane Tramier, Clément Tru-del; à l’information politique: Pierre O'Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec); Serge Chapleau (caricaturiste); à l’information sportive: Yves d'Avignon; Denise Babin, Marie-Claude Petit (commis), Marie-Hélène Ala-rie (secrétaire à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie ¦ Pinsonneault (directrice).Yves Williams (superviseur, Avis publics et annonces classées), Jacqueline Avril, Daniel Barbeau.Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Sylvie Hanna.Christiane Legault.Suzanne Miscevic, Jacques A.Nadeau.Micheline Ruelland, Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte.Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon; Michèle Bouchard (secrétaire).L’ADMINISTRATION Henry Riedl.c.m.a.(contrôleur).Nicole Carmel (responsable des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Theriault (adjointe à l'administration).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice).Johanne Brien (secrétaire).Manon Blanchette.Monique L'Heureux.Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc-Venne.LA PROMOTION ET LES RELATIONS PUBLIQUES Guy-Renaud Ki-rouac (directeur).Chrystian Guy (superviseur à la promotion des abonnements).LA PRODUCTION Marie-France Turgeon (directrice de la production).Jean Lemay (directeur adjoint, production et informatique).Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard DesCormiers, Caroline des Rosiers.Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hu-don.Sylvain Lesage.Michèle Malenfant, Christiane Vaillant.Christian Vien, Olivier Zuida.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Marcel Couture (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président et directeur général).— I 4 A 12 I.E I) E V 0 I H V E N 1) E E I) I 17 MA II S I !) !) 5 LE DEVOIR * HALITES MASSE Un projet de société fondé sur les valeurs fondamentales SUITE DE LA PAGE 1 sire se prononcer», a fait valoir M.Masse, qui estime que le projet de loi aura de meilleures chances de faire gagner le camp du OUI s’il est enrichi des amendements proposés par la Commission.Après avoir écouté les intervenants et réfléchi sur leurs témoignages, après avoir réévalué l’avant-projet de loi, les commissaires de la région de Montréal en sont venus à la conclusion préalable selon laquelle la souveraineté a été clairement identifiée comme enjeu du débat.Mais ils ont aussi noté l’insistance des intervenants à vouloir dépasser ces considérations pour parler du projet de société d’un Québec souverain.Au cours de ces audiences, lit-on dans le rapport, aucune des dimensions de l’organisation institutionnelle ou des orientations politiques, économiques et sociales d’un Québec souverain n’ont été passées sous silence.Des préoccupations que les çommissaires illustrent par une question imagée: «A quoi bon modifier le statut politique du Québec si rien ne doit changer?» Ce projet de société, écrivent-ils, devra être fondé sur les valeurs fondamentales: la participation de tous les citoyens à la vie démocratique; l’égalité de toutes les personnes devant la loi; la lutte contre toutes les discriminations; l’accès au travail, aux services de santé, aux services sociaux, à l’éducation et à la culture; la promotion de la solidarité, de l’entraide et de la justice sociale par l’équité fiscale et la lutte à la pauvreté.En conclusion de ce rapport, les commissaires formulent par ailleurs une série de recommandations spécifiques et générales: ¦ que dans la formule introductive de l’avant-projet de loi soit inscrite la mention du peuple du Québec; ¦ que la langue française figure au nombre des caractéristiques du Québec comme pays souverain; H que l’on utilise la notion d’union économique, plus large que celle d’association économique; ¦ que la nouvelle constitution soit élaborée par une assemblée constituante et ratifiée par un référendum; elle doit comporter une charte des droits et libertés conforme aux valeurs et droits énoncés au préambule; elle doit reconnaître aux nations autochtones le droit de se gouverner et aussi prévoir la protection de l’identité de la communauté anglophone et la garantie de ses droits historiques; ¦ que l’article sur la citoyenneté soit modifié pour utiliser plutôt le concept de nationalité; la Commission juge ce terme préférable à celui de citoyenneté, qui découle de la situation historique du Canada au sein de l’empire britannique; ¦ que tout citoyen canadien se voie conférer un droit d!option qui lui permettrait, à l’intérieur d’un délai de deux ans, de renoncer à la nationalité québécoise; ¦ qu’un nouvel alinéa prévoie que l’admission des étrangers en territoire québécois réponde aux exigences de la loi québécoise en matière d’immigration; ¦ que l’avant-projet de loi laisse la porte ouverte à l’adoption par l’Assemblée nationale d’une autre monnaie que le dollar canadien; H que l’on inscrive le principe du maintien de la participation du Québec aux accords et alliances internationaux du Canada; H que l’on stipule que les allocations payables en vertu d’une législation fédérale continueront d’être payées par le gouvernement du Québec souverain; ¦ que le gouvernement étudie l’hypothèse de tenir le référendum avant l’adoption du projet de loi et celle de le tenir après l’adoption: ¦ que le gouvernement favorise l’épanouissement de la langue française et de la culture québécoise et restaure l’enseignement de l’histoire nationale aux niveaux primaire et secondaire; ¦ que les modalités de décentralisation au Québec soient prévues par une loi; ¦ que des moyens spécifiques soient consentis à la région de Montréal, conséquents à son statut et à la responsabilité de métropole du Québec.Créée le 11 janvier, la Commission de Montréal sur l’avenir du Québec a débuté ses travaux le 15 février pour les terminer le 5 mars.Les commissaires ont siégé plus d’une centaine d’heures et, au cours des 17 jours d’audiences, ont entendu 260 intervenants, dont 135 représentaient des groupes.Le secrétariat mis sur pied par le gouvernement colligera les conclusions des 18 commissions et en tirera un rapport-synthèse qui sera étudié par la Commission nationale, dont les délibérations débuteront mercredi prochain à Québec.Présidée par Marcel Masse, la Commission de Montréal était composée des personnes suivantes: Claude Chagnon, David Levine, Aida Kamar, Gisèle Ampleman, Chan Chau-Tran, Jacques Bellemare, Guy Cousineau, Jean-Guy Chaput, Yvon Cyrenne, André Ménard, Réal Ménard, Louise Harel, Jean-François Nadeau, Andrée Lajoie, Hélène Pelletier-Baillargeon, Camille Laurin, Arthur Sandborn, Lise Lebrun, Renzo Viero, Martine Epoque, Konstantinos Georgoulis et Bryant McDonough.SUITE DE LA PAGE 1 bleurs auxquels peuvent s’identifier tous les Québécois, quelle que soit leur,origine.«Evidemment, il y a un minimum de critères à fixer pour s’assurer que ce soit la Fête nationale des Québécois plutôt qu’une fête d’origine culturelle différente», a souligné M.Lemieux, membre du Comité de la Fête nationale, lors d’un entretien téléphonique hier.«On s’assure de la participation des différents groupes ethniques pour respecter la configuration de la population québécoise (.) Mais ce n’est pas un défilé multiculturel.» La présidente du Mouvement national des Québécois, Louise Laurin, soutient que M.Kombé fait erreur en y voyant un geste d’exclusion, rappelant que le thème des célébrations de 1994 était «Quand sept millions de gens.».«Ce n’était pas “cinq millions et demi”», a-t-elle souligné pour illustrer que l’on n’invite pas exclusivement les Québécois francophones à y partici-*per.«On fait toujours attention qu’il y ait des gens de toutes appartenances.» Scrupuleusement, semble-t-il.Selon les statistiques fournies par le Comité de la Fête nationale, les personnes issues des communautés culturelles ont compté pour 19 % de tous les figurants qui ont participé au défilé montréalais de 1994, alors qu’elles ne représentent que 17 % de la population montréalaise.Bien qu’il ait dit ne rien voir de «répréhensible» dans ces critères de participation, M.Landry a promis à M.Kombé de se pencher sur la question.«J’espère qu’on met le chapeau que l’on veut au Québec.» Au cours de son tête-à-tête avec les représentants de S.O.S.Racisme — rencontre que ces derniers avaient demandée pour soulever leurs craintes par rapport à l’abandon par un Québec souverain de la politique fédérale du multiculturalisme —, M.Landry les a assurés que cela ne voudrait pas forcément dire que son gouvernement diminuera ses subventions aux communautés culturelles.«On va prendre l’argent que le Québec consacre déjà à l’accueil et à l’intégration des immigrants et au combat contre le racisme et on va ajouter ce qui va venir d’Ottawa dans l’héritage», a confirmé M.Landry, également ministre des Affaires internationales, de l’Immigration et des Communautés culturelles.En d’autres termes, Québec continuera à aider les minorités ethniques, non pas «pour cultiver la différence, mais pour combattre les effets pervers de ceux qui ne comprennent pas la différence».Mais quant aux subventions aux activités culturelles, telles que les fêtes des communautés, il n’en sera question.Or, une part des 25 millions $ qu’Ottawa dépense chaque année sous la rubrique du multiculturalisme consiste en de telles subventions.«La société d’accueil n’a pas pour mandat de cultiver la différence, a martelé le vice-premier ministre.C’est dangereux pour l’immigrant et l’immigrante.Ça conduit à une société atomisée, fragmentée.Le Canada a choisi cela, et je crois qu’il le regrette dans une large partie de son opinion publique.» Cette dénonciation du multiculturalisme s’apparente à celle que M.Landry a livrée le mois dernier et qui a provoqué une réplique aussi cinglante de la ministre fédérale responsable de cette politique, Sheila Finestone.Faisant remarquer que les objectifs de la politique fédérale du multiculturalisme sont aussi «de favoriser l’intégration, de promouvoir des changements institutionnels et de lutter contre le racisme», Mme Finestone a dit regretter que «les séparatistes ne tirent pas la même fierté de notre diversité et de notre respect des droits des minorités, à l’instar des leaders du monde entier».Rappelons que le président américain Bill Clinton avait qualifié le Canada de modèle d’harmonie interculturelle lors de sa visite à Ottawa au mois de février.Hier, M.Landry a plutôt réitéré que, tout comme son prédécesseur, le gouvernement actuel véhicule une «culture publique commune», bien qu’elle soit «enrichie d’apports (culturels) venant de tous les coins de la Terre».Quant à la demande des représentants de S.O.S.Racisme de voir inscrite dans l’article 3 de l’avant-projet de loi sur la souveraineté une reconnaissance des droits particuliers des communautés culturelles, comme c’est le cas pour les anglophones et les autochtones, M.Landry l’a catégoriquement rejetée.«S’il y a une chose qui fait consensus au Québec, c’est que les anglophones et les autochtones ont des droits historiques particuliers, spéciaux, qui ne s’appliqueraient jamais à aucun autre groupe, même pas à ceux que l’on appelle, faute de mieux, les Québécois de souche.Tous les autres, nous avons les mêmes droits.» ! wTi l }«, X3 i 31 il m ffjp PHOTO JACQUES GRENIER Le recteur de l’UQAM, Claude Corbo, a fait la démonstration hier d’un CD-ROM interactif, conçu par cinq élèves de l’UQAM, à Charles Sirois, président de la campagne de financement, et à Jocelyn Proteau, président de la Fondation de l’UQAM.20 millions $ pour l’UQAM LE DEVOIR La Fondation de l’Université du Québec à Montréal espère recueillir 20 millions$ pour financer cinq projets d’ici 1999.C’est ce que la Fondation a fait savoir hier au moment de lancer la plus importante campagne de financement de son histoire.Les corporations étaient les premières visées par cette levée de fonds, suivies des employés de l’UQAM.Ces deux groupes ont déjà amassé ensemble quelque 10,216,310$ pour la Fondation.Suivront les diplômés qui seront sollicités pour participer à cette campagne de financement au cours des prochains mois.Les cinq projets prévus par la fondation se répartissent comme suit: 4,5 millions$ sur les fonds de bourse et de fonds de soutien aux études à l’étranger, 4,5 millions$ en soutien à la recherche et à la création, 3 millions$ en programme d’accès aux technologies de l’information, incluant l’accès à l’autoroute électronique, 2 millions$ en accès aux ressources documentaires, incluant le développement d’une bibliothèque virtuelle, et 5,5 millions$ pour l’érection d’un pavillon des sciences biologiques, qui fera partie du complexe scientifique, situé au nord de la Place des Arts, dans le quadrilatère formé par des rues Sherbrooke, Président-Kennedy, Jeanne-Mance, et Saint-Urbain.A l’occasion du lancement de la campagne de financement, la Fondation a présenté un CD ROM interactif traçant la passé de l’UQAM, son présent et son avenir, et confectionné par cinq étudiants de l’UQAM.Pour sa part, Charles Sirois, président de la campagne de financement de l’UQAM et chef de la direction Téléglobe Inc., a déclaré hier qu’il avait accepté de présider cette campagne de financement précisément parce qu’elle favorisait le développement de nouvelles technologies.GROSSMANN Il y a trois semaines, Mme Grossmann parlait de Vavenir de «son» orchestre avec enthousiasme SUITE DE LA PAGE 1 sur le travail «remarquable accompli par Mme Grossmann au cours des huit dernières années auprès des musiciens, leur permettant d’atteindre un haut niveau de qualité».C’est également l’avis de l’époux de Mme Grossmann, le chef Raffi Armenian, rejoint chez lui hier soir, et qui remarquait que «l’Orchestre joue comme jamais, il a fait un progrès immense, comme tout ce dont s’occupe Agnès d’ailleurs».La démission de Mme Grossmann est pour le moins surprenante, alors même que l’Orchestre Métropolitain atteint une popularité des plus honorables et qu’il vient de signer, par exemple, un intéressant contrat de trois ans avec le Concours international de musique de Montréal.Les observateurs de la scène musicale pourraient invoquer les tiraillements qui ont existé entre Pierre Péladeau, président du conseil d’administration (et principal soutien financier de l’OM) et sa direction artistique, l’un aimant d’une passion sans partage la musique romantique, l’autre souhaitant donner à l’OM une programmation plus ouverte et plus contemporaine.Pourtant, il y a trois semaines encore, lors d’une rencontre informelle avec Le Devoir, Mme Grossmann parlait des projets et de l’avenir de «son» orchestre avec la fougue et l’enthousiasme qui l’ont toujours caractérisée.Alors?Tout semble indiquer, à vrai dire, que Mme Grossmann quittera carrément le pays pour voler vers d’autres défis internationaux.Au Japon, par exemple, où elle est allée à plusieurs reprises cette année.Pour l’Orchestre Métropolitain comme pour la scène musicale montréalaise, le départ de Mme Grossmann laissera en tout cas un énorme vide, fort difficile à combler.D’autant plus qu’elle risque d’entraîner son cher époux dans son sillage.Interrogé sur tous ces mystères, Raffi Armenian, en mari tout ce qu’il y a de plus «féministe», est resté sur sa réserve, c’est le moins que l’on puisse dire: «Moi, je n’ai rien à faire dans tout ça, c’est sa décision, sa carrière.» Mme Gross- mann a-t-elle eu d’autres proposi-tions?«Je ne peux rien dire», ré-pond-il, tout en se montrant rassurant sur la saison estivale de l’OM et la Tournée dans Pile, qui se dérouleront sans perturbations.«Ce n’est pas la première fois au monde qu’un chef quitte un orchestre, et ça n’a jamais causé de si grands remous», remarque-t-il avec philosophie.Ce n’est pas non plus la première fois qu’Agnès Grossmann fait des choix de carrière brusques et déterminants.Née à Vienne en 1944, fille de Ferdinand Grossmann, lui-même musicien célèbre, Agnès Grossmann a commencé par briller dans toute l’Europe comme pianiste soliste, carrière qui, hélas, a été brisée par une paralysie à la main droite.Aussitôt, au seuil de la trentaine, Mme Grossmann s’est lancée dans des études de direction d’orchestre (de 1974 à 1978).En 1979, elle est devenue chef de la Chorale jeunesse de Vienne et professeure à l’Académie de musique.Et c’était reparti! Cette fois-ci dans un domaine réservé aux hommes, mais qu’à cela ne tienne.De 1983 à 1986, elle a été directrice du chœur de l’Académie de chant de Vienne, puis des Chamber Players de Toronto, de 1984 à 1990.Autre décision téméraire, sur un coup de foudre: la direction musicale de l’Orchestre Métropolitain, qu’elle a acceptée en 1986, s’installant pour de bon à Montréal.Agnès Grossmann a aussi été la première femme à diriger le Salzburg Mozarteum Orchestra.L’Orchestre de chambre de Vienne et l’Orchestre philharmonique de Cal-gary, comme d’autres, ont aussi goûté à son coup de baguette, mi-charmeur, mi-volontaire.On lui doit aussi la création du chœur de l’Orchestre Métropolitain, l’une de ses premières initiatives en arrivant ici.Dans une entrevue au Devoir, en 1991, elle déclarait: «J’ai décidé de consacrer ma vie à la musique et j’ai trouvé ici, au Québec, la chance de réaliser mon rêve.Je ne saurais dire à quel point cela me comble d’aise.» Comme quoi la grande roue des rêves, ainsi que celle de la musique, ne s’arrête jamais de tourner.ISLAM Kano, «ville morte» SUITE DE LA PAGE 1 litants islamistes venus apporter au palais de l’émir de Kano un horrible trophée — la tête d’un chrétien qu’ils accusaient de blasphème et avaient décapité dans sa prison avec la complicité des gardiens — y ont laissé des tracts défiant l’establishment musulman.Un dignitaire du palais, Abbas Sanusi, qui les avait chassés en leur reprochant cet «acte de barbarie», était «condamné» par eux à subir le fouet, tout comme un professeur en science islamique de l’Université de Kano, qui avait osé les critiquer.Quatre semaines après la mort tragique de Gideon Akaluka (alors qu’un autre chrétien ibo venait d’être à moitié lynché sur un marché de Sokoto pour avoir «insulté» le prophète), le chef suprême des musulmans au Nigéria, le sultan de Sokoto, Ibrahim Dasuki, a désavoué publiquement les groupes qui recourent à la violence.Les autorités militaires, elles, se sont tues.Ni l’administrateur de l’Etat de Kano, le colonel Abdullahi VVase, ni le gouvernement du général Sani Abacha — tous deux sont musulmans — n’ont cru bon de s’exprimer sur l’affaire Akaluka.Aucune arrestation n’a été annoncée.Le régime militaire a-t-il peur à ce point de réprimander des groupes islamistes minoritaires mais qui, dans un contexte de crise économique, pourraient attirer la sympathie du grand nombre?Ce silence de l’État trouble la communauté chrétienne.En janvier, la «zone nord» de l’Association des chrétiens du Nigéria (CAN), qui représente des millions de membres de minorités christianisées vivant dans un environnement musulman, déclarait que «la nonchalance manifestée par le gouvernement sur les questions affectant les chrétiens dans les États du Nord devient insupportable».Quelques mois plus tôt, elle avait déjà adressé au pouvoir une mise en dejneure au sujet des émeutes de Potiskum, une ville de l’État de Yobe où, en août 1994, églises et temples ont été brûlés et deux pasteurs protestants tués.Le silence persistant, le CAN organisait, début février, à Kano, deux journées «ville morte» dans les quartiers chrétiens, notamment sur le grand marché de Sabon Gari qui reste fermé.On ne relevait aucun incident mais la tension est vive, les quinze dernières années ayant été marquées par des émeutes religieuses parfois très violentes.La même opération, tout aussi spectaculaire, a été répétée à Kaduna, l’autre centre industriel du nord.Ici et là, les commerçants ibos ont participé à l’action de la CAN, sans en être pourtant l’élément moteur.L’influente communauté ibo a certes protesté lors d’une réunion de ses notables à Enugu, dans le sud-est, contre la «marginalisation» dont elle est victime sous le régime Abacha et contre le meurtre impuni de Kano.Elle peut d’autant moins enterrer l’affaire que la tête du malheureux Akaluka n’a toujours pas été retrouvée, ce qui, dans leur tradition, empêche les rites funèbres.Le respect de la loi Mais aux avant-postes de la CAN, on trouve surtout les minorités chrétiennes du nord, celles qui ont tout à perdre si le Nigéria devait, un jour, s’engager dans une logique de «purification ethnique et religieuse».Les Ibos pourraient, quant à eux, comme ils l’ont déjà fait plusieurs fois en cas de pogroms, chercher refuge dans leur région d’origine.«La question que nous posons est fondamentale: est-ce que Kano fait toujours partie du Nigéria?», s’interroge le père Joseph Bagobiri, l’un des principaux organisateurs de la journée ville-morte.«la décapitation d’Akalu-ka, alors qu’il n'a jamais commis le “blasphème” dont on l'accusait et que ce genre d’offense n’est pas passible de la peine de mort devant un tribunal nigérian, a seulement mis en lumière la discrimination dont les chrétiens sont victimes dans le nord.Nous sommes traités en citoyens de seconde zone.Akaluka a été tué en prison, là où il était placé sous la protection du gouvernement.Qu’en est-ij du respect de la loi, des garanties offertes à tous par l’État?Si cela continue ainsi, c’est l’unité même du pays qui est enjeu.» Depuis ce meurtre, d’autres incidents à connotation religieuse ont eu lieu dans le Nord.Ainsi, une femme a été attaquée par la foule à Kano parce que son pagne portait des inscriptions en arabe.A Ibadan, grande métropole du sud, on a vu apparaître, pendant le ramadan, de mystérieux tracts rédigés en yorouba appelant à la «guerre sainte», et trois personnes y ont été arrêtées après une agression contre des fidèles dans une église.Traditionnellement plus modérés que la CAN, les évêques catholiques du Nigéria traduisaient l’inquiétude générale lorsqu’ils soulignaient, le vendredi 10 mars, à l’issue de leur dernière conférence, que «l’intolérance religieuse, si on ne fait rien pour l’arrêter, peut se propager à la vitesse d’un incendie de forêt».LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À I6H30 2050, RUE DE BIEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985 3333 PUBLICITÉ 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