Le devoir, 4 mars 1995, Cahier A
Ci ?FONDÉ EN 1910 ?LE DEVOIR Vol.L X X XVI - N » 5 3 MONTRÉAL Des centaines de Québécois se convertissent à l'islam PAGE A 3 ?M O N T II E A I., L E S S A M E 1) I 4 E T L'ÉCONOMIE Québec n'annulera pas la vente du Mont-Sainte-Anne PAGE B 1 MRC DU/MONT- S4INTE- AHHE DI MANGIN' 5 MARS I 9 tt.S G A II I E RS - 1.3 0 S ?T P S •+ T VQ ?- LES ARTS Un FIFA bien ficelé PAGEC 1 LIVRES ^ Gabriel Garcia Marquez et le «réalisme merveilleux» PAGE D 1 P ER SPECTIVES La fin du Canada?Au lendemain du budget Martin qui annonce des compressions dans les paiements de transfert aux provinces, Bob Rae a évoqué rien de moins que «la fin du Canada tel qu’on l’a connu», Mike Harcourt a prédit qu’il y aurait «du sang sur le plancher» et Jean Campeau a parlé du «gars qui fait des petits et sacre son camp».C’est de bonne guerre.En politique, tous les coups, et surtout toutes les déclarations à l’emporte-pièce, sont permis.On a toutefois peine à imaginer c,e que ce sera dans trois ou quatre ans.A quelles images d’apocalypse aura-t-on recours quand la guillotine froide et acérée s’abattra sur un simple signe du bourreau d’Ottawa?Chan-tera-t-on alors les vertus du séparatisme coast to coast?N’y aura-t-il plus que les pauvres Maritimes pour croire aux bienfaits des incontournables «normes nationales» en matière d’aide sociale, de santé et d’éducation?On exagère un peu.Les hauts cris entendus ces derniers jours ne sont pas dépourvus de fondement.Ottawa a déclenché une guerre de tranchées, probablement inévitable, mais qui comme toutes les opérations du genre sera longue et pénible et pourrait ne faire que des perdants.Le championnat de la victime qu’on se dispute a quelque chose de théâtral.Paul Martin s’est d’ailleurs commodément sera des scénarios de catastrophe élaborés en 24 heures par le Québec et l’Ontario pour souligner que le total des pertes appréhendées par les provinces équivalait à.217 % des compressions réelles.On n’entrera pas dans les querelles d’arithmétique, dont le bien-fondé ne pourra de toute façon être établi que dans quelques années.Mais s’il reste une leçon à tirer de la crise financière qui secoue le pays, c’est que le Canada — est-ce bien neuf?— a mal à ses provinces.Beaucoup plus, en tout cas, qu’à ses citoyens, qui semblent approuver massivement (75 %) l’avenue empruntée par M.Martin, bien qu’on puisse observer qu’un tel appui, donné à chaud, résulte de ce qu’ils n’ont pas encore vu la vraie couleur des compressions.C’est là toute l’habileté de ce budget.Par delà les restrictions immédiates et directes, l’envoi de la facture qui fait mal, celle des programmes sociaux, est différé dans le temps et éparpillé dans l’espace à travers des canaux qui laissent peu de traces.Après l’entrée avec les gros sabots, la sortie côté cour arrière, par la petite porte qui grince mais qui n’est pas surveillée la nuit Car les paiements de transfert ne sont pas le genre de cause pour laquelle on descend spontanément dans la rue.Ils seraient plutôt à reléguer au rang des arcanes éthérés du jeu bureaucratique, dont l’enflure proverbiale siège justement dans le box des accusés.Ottawa a aussi d’autres atouts dans sa manche.Qui, demandera-t-il, s’est insurgé avec le plus de vigueur contre ses décisions?Le Québec, cet étemel mécontent, où régnent au surplus les séparatistes coincés par l’échéance référendaire.L’Ontario, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique, comme par hasard toutes gouvernées par des néo-démocrates en fin de mandat: Rae est dans sa cinquième année, Romanow et Harcourt entreront en 1995 dans leur quatrième.Et qui a donné son aval?Ralph Klein, le responsable Monsieur Déficit Zéro de l’Alberta au budget équilibré, qui a candidement admis qu’il serait «hypocrite» de dénoncer des mesures qu’il a personnellement mises en application, et avec autrement plus de vigyeur.A court terme, les provinces porteront l’odieux du réaménagement du Canada social.Dans le jargon fédéral, on appelle ça «les forcer à faire des choix».De plus, en amalgamant les programmes dans une seule enveloppe à compter de 1996-97, Ottawa gagne du temps et, en matière de santé notamment, conserve la latitude nécessaire pour continuer à imposer ses normes nationales.Mais à plus long terme, le gouvernement fédéral s’expose à trébucher sur les fleurs du tapis qu’il a lui-même déroulé au fil des dernières décennies.Car si la «flexibilité» conférée aux provinces ne signifie pas que tout soit permis, il faut voir que, d’ici une quinzaine d’années, les transferts en espèces auront fondu comme neige au soleil et que le pouvoir fédéral de dépenser, compte tenu de paiements d’intérêts exorbitants sur la dette, ne sera plus que l’ombre de lui-même.Quel poids restera-t-il alors à Ottawa pour influer sur les décisions et éviter d’importants déséquilibres d’une région à l’autre?Les provinces, qui paieront pour l’essentiel, auront beau jeu d’envoyer promener le grand frère aux coffres à sec.C’est peut-être à ce moment, en 2000 et quelque, qu’on verra qu’avec ce budget le ciment de la grande mosaïque a commencé de s’effriter.Que les provinces, contraintes de gérer la décroissance, auront pris le gros bout du bâton après l’avoir reçu en pleine figure.Et que c’est par un jour de février 1995 qu’a débuté la fin du Canada tel qu’on l’avait connu.INDEX Agenda.C12 Avis publics.B8 Classées.BS) Culture.Cl Économie.B1 Éditorial.48 If monde.A6 Mots croisés.B8 Les sports.BIO M É T É O Montréal Ensoleillé avec passages nuageux.Demain: neige.Max: 0 Québec Ciel variable.Demain: nuageux avec-neige .Max: -3 Détails en B 9 Jean Dion ?« ?warn «Les Québécois ne sont pas prêts à voter» Marcel Masse estime que l'avant-projet de loi devrait inclure la définition d'un projet de société PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Impressionné par la qualité des témoignages rendus devant la Commission régionale de Montréal sur l’avenir du Québec, Marcel Masse conclut néanmoins de cet exercice achevé que les Québécois ne sont pas encore en mesure de se prononcer sur la souveraineté.Le président de la plus importante des quinze commissions régionales a exprimé l’avis hier qu’il faudrait au préalable élargir le débat et inclure à l’avant-projet de loi gouvernemental la définition d’un projet de société.«Je crois qu’ils ne sont pas prêts à voter, parce que ceux qui sont les plus enclins à voter en faveur de l’avant-projet de loi, ce sont ceux qui militent le plus en faveur d’un projet de société.Ils ne retrouvent pas dans ce projet les instruments d’application de leur projet de société», a-t-il expliqué dans une entrevue exclusive au Devoir.Tout en soulignant qu’il s’agissait là d’une opinion bien personnelle, M.Masse s’est dit assuré que la commission traduira cette suggestion en recommandation dans le rapport qu’elle soumettra au gouvernement.«C’est évi- dent que ça va être l’une des conclusions.Il va falloir que le gouvernement ajuste son discours à cette préoccupation».A mesure que progressaient les travaux de la commission, le président a vu se profiler le concept de projet de VOIR PAGE A 10: MASSE VOIR AUSSI EN PAGE A 2 ¦ Michel Venne dresse le bilan des commissions régionales PHOTO JACQUES GRENIER «Le pays est devenu un instrument et non plus une fin.La fin, c'est maintenant le projet de société.Le pourquoi faire est devenu une force», déclare Marcel Masse.Sondage CROP-L'actualité 63% des Québécois souhaitent une réforme constitutionnelle KONRAD YAKABUSKI LE DEVOIR Près des deux tiers des Québécois souhaiteraient donner une dernière chance à la réfonne constitutionnelle avant de contempler le saut souverainiste, révèle un nouveau sondage qui alimentera sans doute le débat sur le libellé d’une question référendaire.T* Le sondage CROP, effectué pour le compte de L’actualité, démontre que 63 % des Québécois croient qu’il devrait y avoir de nouvelles propositions de la part des fédéralistes avant le référendum.Ce résultat apporterait de l’eau au moulin de ceux qui proposent une question référendaire à deux volets, selon laquelle les Québécois seraient invités à se prononcer sur une nouvelle union, mais adve-nant l’échec des négociations à cette fin, l’accession à la souveraineté après un certain délai.Cela dit, 49 % des répondants auraient néanmoins été prêts à opter tout de suite pour la souveraineté si un scrutin sur le statut politique du Québec avait eu lieu entre les 5 et 9 janvier, période pendant laquelle le sondage a été fait.Mais, conclut L’actualité, «comme le NON ne recueille que 51 % des votes, on peut déduire que nombre de ceux qui favorisent le OUI pour l’instant n’attendent qu’un signe pour changer de camp».En effet, CROP a essayé de jauger le niveau d’ambivalence politique chez les Québécois en leur demandant de se situer sur une échelle allant de 1 (fédéraliste totalement convaincu) à 10 (souverainiste totalement convaincu).Bien que chacun des deux pôles jouisse d’un noyau solide d’appui — de 18 % et 14 %, respectivement — 40 % des Québécois gravitent autour du milieu, soit entre 4 et 7.Les fameux «nationalistes mous» qu’avait repérés il y a quelques semaines une étude interne du Parti québécois.49 % des Québécois optent pour le OUI, contre 51% pour le NON VOIR PAGE A 10: SONDAGE La cruauté banalisée Jacques Godin se révolte contre les mauvais traitements infligés aux animaux SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR La police de la Communauté urbaine de Montréal ne s’occupe pas de la cruauté envers les animaux.«C’est la job de la SPCA», dit l’agent Vidal.La Ville de Montréal ne s’occupe pas de ça non plus.Elle a des règlements pour empêcher les chiens d’aboyer, d’autres pour les empêcher de déféquer partout, mais aucun pour empêcher leurs propriétaires de les frapper à coups de pied.«C’est la SPCA qui s’occupe de ça.» Mais la SPCA, la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux, n’existe plus.Elle respire, oui, mais sous la tente à oxygène.Faute d’argent, les employés ont été congédiés il y a dix jours, remplacés par des bénévoles qui font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils savent.Les inspections, les avertissements, les enquêtes?Terminé.Ceux qui sont là nettoient les cages et donnent à manger aux animaux.Une campagne de financement est en cours, mais «Je n'ai pas le droit de me cacher.Certains individus sont déments.Il faut que je les affronte.» selon plusieurs, à moins d’un miracle, «c’est la fin».Pierre Bamotti, porte-parole de la SPCA, est donc à genoux pour recevoir les dons.Le Dr Marcel Bouvier est le directeur général et le secrétaire du comité de discipline de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec, S’il y en a un que la santé des animaux doit intéresser, c’est lui.On l’a donc appelé trois fois mardi s pour savoir s’il s’inquié tait de la disparition de la SPCA.n n’a pas encore jugé utile de nous rappeler.Jacques Godin, lui, est comédien.A quelques heures de la première de Jacques Godin VOIR PAGE A 10: GODIN Le bilan des présidents des commissions régionales POLITIQUE mm %i.\ ¦ ' • : t '.Les commissions régionales sur l’avenir du Québec ont donné l’occasion aux citoyens de décrire la société dans laquelle ils veulent vivre: une société plus juste, plus humaine, qui donne du travail à son monde, qui soutient ses familles, où le gouvernement se rapproche des citoyens et fait confiance aux régions.Il reste aux souverainistes à démontrer qu’il faut l’indépendance du Québec pour réaliser ces vœux.Le Devoir a demandé à neuf présidents et présidentes de ces commissions, dont les travaux prennent fin ce week-end, de faire un premier bilan.L’une de leurs conclusions est que «ça n’a peut-être pas créé une grande dynamique, dit le président de la Commission de l’Outaouais, Antoine Grégoire, mais les gens sont plus sensibles, plus aux aguets, en état d’alerte.Ils sont plus en attente qu’en situation de décision».«Ce n’est pas un débat sur la souveraineté que nous avons eu — parce que la plupart des gens semblaient tenir pour acquis qu’elle se ferait un jour —, mais bien plus un débat sur un projet de société», dit la présidente de la Commission des Laurentides, Lucie Papineau.«Les gens sont venus nous dire qu’ils sont prêts à faire la souveraineté, mais si c’est pour qu’on vive dans une société meilleure», résume la présidente de la Commission de Chaudière-Ap-palaches, Danielle-Maude Gosselin.«Le message était clair: faites surtout pas comme le fédéral», relate le président du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Réjean Simard.Le président de la Commission de l’Outaouais, Antoine Grégoire, résume ainsi ce qu’il a entendu: «Si on peut nous faire la démonstration que dans un Québec souverain on aurait un encadrement davantage rassurant quant aux valeurs auxquelles on croit, ce serait peut-être plus simple.Mais nous ne sommes peut-être pas prêts à faire ce pas-là si la souveraineté (ne sert qu’à) faire passer le pouvoir des mains de députés qui se trouvent à Ottawa aux mains de députés qui se trouvent à Québec.» Et à ses yeux, la démonstration n’est pas faite, la vice-présidente de la Commission de la Montéré- COMMISSIONS RÉGIONALES Les citoyens ont décrit la société dans laquelle ils veulent vivre Aux souverainistes de démontrer la nécessité de l’indépendance des aînés, Monique Vézina.Quand les gens se donnent la peine de faire leur devoir, ils s’attendent à se qu’on en tienne compte.» «Les attentes sont énormes, dit Mme Viau.C’est le danger de l’exercice», dit-elle en mentionnant des suggestions faites sur la langue et la culture, les relations avec les autochtones et les anglophones, la monnaie (un citoyen a suggéré une devise québécois, le «parizo»).Jusqu’à hier, 50 164 personnes avaient participe a 1 une, ou l’autre séance des commissions.Le secrétariat national a reçu 4591 mémoires, dont 2548 avaient été entendus par l’une ou l’autre des 18 commissions depuis le 6 février.Aucun des présidents consultés par Le Devoir n a identifié un courant majoritaire en faveur d’une nouvelle question ou du report du référendum.Sauf en Mon-térégie où, selon Mme Viau, une bonne proportion de gens ont suggéré qu’on change la question pour éviter que les Québécois se disent NON une deuxième fois en -15 ans et qu’on reporte le référendum le temps qu’il faut pour bâtir un consensus.Les aînés veulent une question claire, précise Mme Vézina: «Parlez-nous dans des mots qu’on comprend», disent-ils.Tous les présidents sont élogieux quant à la qualité de la participation du public.«C’est une démarche à recommencer», dit le président de Mauricie-Bois-Francs, Gilles Boulet.Le gouvernement aurait intérêt à consulter la population sur les grandes questions comme la réforme de l’éducation.Le public veut aussi être consulté pour la rédaction de la constitution du Québec., «Ça m’a redonné confiance dans la capacité d’analyse du monde», dit Mme Gosselin.Cet intérêt s’est manifesté aussi chez les aînés, dit Mme Vézina, dont la commission a reçu plus de 2000 personnes.«L’avenir du Québec n’a pas d’âge, dit-elle.Les aînés ont soulevé les mêmes questions que dans les autres commissions.» La plupart des commissions ont terminé leurs travaux durant la dernière semaine.Six sont cependant toujours en marche ce week-end: Montréal, Québec, Laurentides, aînés, jeunes et Nord du Québec.L’exercice se termine lundi par une dernière séance de la Commission des aînés aux îles de la Madeleine.Une rencontre des femmes commissaires aura lieu le 10 mars.Chaque commission livrera son rapport vers le 20 mars et les présidents des 18 commissions seront réunis en commission nationale vers la fin du mois pour identifier les consensus nationaux et faire rapport final au gouvernement.MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC PHOTO ARCHIVES Les Québécois se sont présentés aux commissions régionales pour réclamer une société plus juste et plus humaine.gie, Diane Viau, ancienne vice-présidente du Parti libéral du Québec, se dit tout aussi libérale et fédéraliste aujourd’hui qu’au début des audiences.Plusieurs des changements demandés par les citoyens, dit-elle, peuvent se réaiiser sans changer le statut du Québec.Des conversations avec les présidents de commission, on peut retenir que trois défis attendent maintenant le gouvernement dans la prochaine phase du débat référendaire: • 'démontrer, donc, que la souveraineté aiderait le Québec à construire une société à son image; • donner aux Québécois les réponses aux questions qu’ils se posent encore sur les impacts économiques de la souveraineté et sur des choses comme la monnaie, la dette, la citoyenneté ou les alliances internationales.«Les gens se disent pas assez informés, dit la présidente de la Commission du Bas-Saint-Laurent, Rita Giguère.Ils manquent de données sur les chevauchements, le coût du fédéralisme, ils veulent des études.» «Les gens ne veulent pas des promesses de politiciens, dit Mme Gosselin, ils veulent la vérité, les avantages et les inconvénients.» Le gouvernement doit publier le mois prochain de nombreuses études sur ces sujets; ° refléter ce que les participants ont suggéré de changer à l’avant-projet de loi sur la souveraineté.«C’est un défi qui est énorme, dit la présidente de la Commission ¦ Les commissions terminées, les forces du NON se mettent à table ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Alors que le rideau tombe sur les commissions sur l’avenir du Québec, le chef libéral Daniel Johnson a réuni hier à Montréal autour d’une même table les membres du comité élargi des forces du NON qui verra à battre en brèche l’option souverainiste.Lors de cette rencontre à huis clos, Daniel Johnson a rappelé aux 32 membres de sa coalition qu’ils devaient «tous travailler ensemble parce que la cause du fédéralisme est la plus importante».Pour ouvrir les discussions, le chef des forces du NON a déploré que dans les tergiversations entourant la question, on perde de vue l’option de base du gouvernement Parizeau.«Je rappelle au gouvernement que la question et l’option sont indissociables.Ce! sur quoi les Québécois auront à se prononcer c’est l’option, ce n’est pas une question.L’enjeu demeure, quelle que soit la façon dont il est abordé», a insisté M.; Johnson.D’ailleurs, ce dernier croit que son comité aura polir premier rôle de rappeler au gouvernement Parizeau l’importance d’amener le plus rapidement possible les Québécois à se prononcer.De la même façon, le président du comité référendaire pour le NON, Michel Bélanger, a renchéri en rappelant que même le plus attrayant des libellés ne devait pas faire oublier que la question était posée par un gouvernement souverainiste.«Si la question n’est paç claire, l’option, elle, l’est», a tranché M.Bélanger.A l’occasion de cette première grande rencontre des forces fédéralistes, Liza Frulla, députée de Mar-guerite-Bourgeoys, et la nouvelle ministre fédérale du Travail et députée de Saint-Henri-Wesmount, Lucienne Robillard, ont toutes deux été officiellement désignées vice-présidentes du comité d’organisation référendaire.tant l’une que l’autre ont insisté sur l’importance de ramener le débat autour de l’option.«Il faut absolument une question claire, nette et précise quand on demande aux Québécois de décider de leur avenir», a souligné Mme Robillard.D’ailleurs, la ministre Robillard a défendu la stratégie choisie par le PLQ de bouder les commissions sur l’avenir du Québec, puisqu’il s’agissait «d’un grand happening des tenants de la séparation».Pour sa part, la députée Liza Frulla croit que le travail de ce comité, composé de députés provinciaux et fédéraux, et même d’un représentant du Parti progressiste conservateur du Canada, sera de coordonner les diverses actions pour que chacun des membres ait des actions plus complémentaires.Par ailleurs, l’ex-ministre de la Culture croit aussi que M.Parizeau devra soumettre son option dans l'apnée aux Québécois, d’une façon claire et non ambiguë.-Je rejoins même les tenants du PQ qui disent “ott veut une question claire".L’idée n’est pas d’avoir une question rassembleuse pour avoir le plus de OUI possible, a-t-elle dit.On ne force pas un pays dans la gorge.» Transferts fédéraux Massé cherche la bonne formule MANON CORNELLIER PRESSE CANADIENNE Ottawa — Québec soutient qu’il perdra plus d’argent que toute autre province au chapitre des transferts fédéraux en 1997-98, mais la réalité est que personne ne sait encore comment l’argent pour les programmes sociaux sera alors réparti.Et contrairement à ce que craignait le ministre québécois des Finances, Jean Campeau, Ottawa ne prévoit pas distribuer ces fonds en se basant uniquement sur le poids démographique de chaque province, a indiqué en entrevue hier îe ministre des Affaires intergouvemementales, Marcel Massé.«Ce serait la situation la plus défavorable possible qui puisse arriver au Québec, tellement défavorable qu’à mon avis, cela n’a pas de sens que ce soit la solution», a confié le ministre.Dans le budget présenté lundi dernier, le gouvernement fédéral a annoncé qu’à partir de 1996-97, les transferts aux provinces pour ia santé, l’éducation postsecondaire et l’aide sociale seraient regroupés sous le nom de Transfert social canadien.Ottawa profite de l’occasion pour ramener les budgets combinés des trois programmes de 29,7 milliards $ à 26,9 milliards $ la première année, et à 25,1 milliards $ l’année suivante.Les provinces ne sont pas heureuses de cette décision qui vient brouiller leurs prévisions financières.De plus, si elles savent comment Ottawa répartira les fonds en 1996-97, elles ignorent tout pour 1997-98.Les provinces ne peuvent savoir ce qu’elles recevront car la formule de calcul, qui arrive bientôt à échéance, n’a pas encore été renégociée par les deux paliers de gouvernementCette semaine, le ministre Campeau a donc crié au loup, soutenant qu’Ottawa voulait s’en tenir à un partage basé sur la population.Selon lui, cela signifierait que le Québec absorberait 42 % de la réduction des transferts.Le ministre Massé a reconnu qu’Ottawa voulait tenir compte de la distribution de la population canadienne.Il a même indiqué que les transferts aux provinces avaient été regroupés, en partie, pour cette raison.Mais il n’est pas question de se limiter à ce critère, a-t-il insisté.«Vous ponrriez avoir, à l’extrême, la même formule qu’en 1996-97 mais les Ontariens disent que c’est inéquitable.Vous pourriez en avoir une qui est totalement “par habitant” mais à ce moment-là, vous avez un déplacement d’argent du Québec vers l’Ontario», a ex- pliqué Marcel Massé.À son avis, ni l’une ni l’autre ne serait acceptable.Restent les solutions mitoyennes, «y compris une qui améliorerait la formule de péréquation pour empêcher que la période de transition soit un report massif d’argent du Québec vers l’Ontario», a ajouté le ministre.Personnellement, il préfère suivre cette piste.Li négociation fédérale-provinciale pourrait prendre du temps; le ministre Massé parle de deux ans.Entre-temps, dit-il, tout n’est que spéculation.Par ailleurs, il a tenu à répondre à ceux qui accusent le fédéral de se désengager du secteur social.Selon lui, Ottawa a démontré que les programmes sociaux étaient une de ses priorités en ne leur imposant pas des coupes aussi ses vères que celles subies par d’autres secteurs.Selon lui, aucune province ne peut exiger que les transferts soient protégés alors que tout le reste des activités gouvernementales est touché.«Nous avons jugé que les programmes sociaux avaient priorité sur d’autres dépenses mais pas au point d’avoir préséance sur d’autres obligà-fions du gouvernement fédéral, comme la sécurité aérienne», a indiqué le ministre.M.Massé a toutefois reconnu que la réduction des transferts aux provinces imposée par le gouvernement libéral était plus sévère que toutes celles infligées par les conservateurs.La réduction des paiements de transfert Le régime canadien d’assurance-maladie survivra, croit Frank McKenna JOËL BELLAVANCE PRESSE CANADIENNE Ottawa — la réduction des paiements de transfert aux provinces ne sonnera pas le glas du régime canadien d’assurance-maladie, estime le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna.«Nous allons devoir nous habituer à recevoir moins d’argent d’Ottawa, mais je ne crois pas que cela provoquera la fin de notre régime universel de soins de santé», a déclaré M.McKenna.De passage à Ottawa, hier, dans le cadre du congrès annuel de l’Association médicale canadienne (AMC), M.McKenna a soutenu que les services de soins de santé ne peuvent échapper aux restrictions budgétaires compte tenu de l’état des finances publiques d’Ottawa.Les provinces n'auront donc d’autres choix que de contrôler la hausse des coûts, voire de les réduire comme son gouvernement l’a fait au Nouveau-Brunswick au cours des dernières années.«Nous avons réorganisé les services de soins de santé dans notre province de façon à en réduire les coûts.Nous pouvons offrir ces services à un moindre coût», a-t-il indiqué, citant en exemple la réduction du nombre de conseils d’administration des hôpitaux dans sa province.M.McKenna a affirmé que le désir d’Ottawa de maintenir des normes nationales en matière de santé assurera la pérennité de l’universalité du régime canadien d’assurance-maladie.Le premier ministre libéral s’est ainsi trouvé à contredire les dirigeants de l’AMC.qui ont affirmé, au lendemain du budget fédéral, que la réduction des paiements de transfert met en péril l’avenir du régime canadien d’assurance-maladie.Ix directeur-général de l’AMC, le docteur Léo-Paul landry, a réitéré cette mise en garde, hier, malgré les assurances du premier ministre McKenna.«Le système canadien d’assurance-maladie, tel que nous l’avons connu, tire à sa fin.Il y aura moins d'argent et cela entraînera des problèmes d’accessibilité.Déjà, les provinces ont de la difficulté à offrir la même qualité de services à l'échelle du pays», a-t-il affirmé.Au début des années 1980, Ottawa jiayait en moyenne la moitié des coûts des soins de santé, les provinces assumant le reste de la facture.Aujourd’hui, le gouvernement fédéral ne finance que 35 % des coûts, selon M.Landry.-Il y a des changements profonds qui s’en viennent parce que nous n’avons plus les moyens financiers de ; ; soutenir le système que nous avons actuellement», aTi) ; ; ajouté.Dans son budget déposé cette semaine, le ministre ! I des Finances, Paul Martin, a indiqué que les paiements ! 1 de transfert, qui servent à payer l'éducation, la santé et ' ' l’aide sociale, seront réduits de 2,5 milliards $ en 1996-97 ! ! I et de 4,5 milliards $ en 1997-98.Au cours du prochain exercice financier, les provinces < ; recevront en tout 29,7 milliards $.Ottawa veut également regrouper en une seule enve» ; ; loppe tous les paiements de transferts destinés aux pro; ; ; vinces.Des négociations auront lieu afin de préciser les: I modalités de versement de cette nouvelle enveloppe, qui ! : s’appellera le transfert social canadien.Aux Communes, jeudi, le premier ministre Jean Chief j • I tien avait clairement laissé entendre qu’il continuerait: : I d'imposer des normes nationales en matière de santé même s’il compte verser moins d'argent aux provinces à a* chapitre.«les cinq conditions énoncées dans la Ijo'i canadienne; ; sur la santé vont demeurer là.Il pourrait y avoir des ch'-: î constances où l'on (xturrait faire des modifications mais ' I sur les principes, nous ne dévierons pas», a-t-il affirmé.* à L E 1) E V OUI, I.E S S A M EDI I E T D I M A X (' Il V.5 M A li S I !) !» 5 A 3 -» LE DEVOIR —^- MONTHEAL Blue Bonnets a été acquis dans l’opacité la plus totale KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR L’acquisition en 1991 du site de l’hippodrome Blue Bonnets par la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) démontre un manque de transparence évident à l’égard du conseil municipal, duquel relève cette société paramunicipale.«Même s’il est difficile d’affirmer avec certitude que le conseil ne fut pas suffisamment informé des faits et gestes posés, tout porte à croire que ce fut effectivement le cas», affirme Maurice Boutet, du ministère des Affaires municipales, dans un rapport à l’ancien ministre libéral Claude Ryan et dont Le Devoir a obtenu une copie élaguée en vertu de la loi d’accès à l’information.Ce document, qui remonte à l’automne 1993, analyse cette transaction à la suite d’une plainte déposée en juillet de la même année par le conseiller municipal de l’opposition, Sam Boskey.Ce dernier s’inquiétait alors de la légalité de l’achat par Montréal des terrains et installations de l’hippodrome du boulevard Décarie.De plus, M.Boskey s’insurgeait contre le peu d’information donnée par l’administration municipale de Jean Doré dans ce dossier.«Les conseillers municipaux sont donc laissés dans la plus totale obscurité.(.) L’heure est maintenant venue de vous confier ce dossier, dans l’espoir que vous saurez trouver une formule pour permettre au conseil municipal de Montréal d’être saisi de l’usage que l’on fait du trésor public», écrivait M.Boskey au ministre Ryan.Le rapport, qui n’a jamais été communiqué au plaignant, donne raison à M.Boskey quant à l’absence d’un véritable contrôle des élus sur les activités de la SHDM et, plus largement, sur l’ensemble des sociétés paramu-nicipales.«Les administrateurs des sociétés paramuni- cipales peuvent engager considérablement les crédits de la Ville et ce, à l’insu des membres du conseil de la Ville», indique André Phillips dans la première partie du rapport du ministère.Dans leur analyse, les deux fonctionnaires ont débordé leur mandat premier et ont formulé des recommandations au ministre, qui évalue actuellement (depuis 18 mois pendant lesquels il y a eu changement de gouvernement) la possibilité d’intervenir.C’est d’ailleurs sur cet aspect du rapport que s’est basé le ministère pour en refuser l’accès à la représentante du Devoir, dans une bataille qui dure depuis huit mois.Or, la Commission d’accès à l'information du Québec vient de rendre un jugement obligeant maintenant le ministère des Affaires municipales à transmettre, du moins en partie, les éléments retranchés du rapport et qui concernent entre autres «le contrôle des opérations de la SHDM par la Ville de Montréal».Le ministère pourrait toutefois décider de retenir l’information en in-terjetant appel de la décision devant la Cour du Québec.Le travail en catimini décrit par les analystes fait sursauter Danielle Rondeau de la direction des grands projets à la SHDM.«De telles affirmations gratuites sont pour le moins choquantes.La Ville a approuvé, pour l’acquisition de Blue Bonnets, un prêt de 10 millions $!», soutient-elle.Chose certaine, ces informations viennent accréditer les intentions du maire Pierre Bourque de faire le grand ménage au sein des trois sociétés paramunici-pales œuvrant dans le secteur de l’immobilier et qui représentent, selon lui, un gouffre financier important pour les contribuables montréalais.M.Bourque vient d’ailleurs de forcer le regroupement des conseils d’administration des trois sociétés pour entreprendre une éventuelle fusion.Les Montréalais auront le budget de la Ville à l'œil KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR < Les contribuables montréalais pourront dorénavant apporter des modifications au budget municipal qui sera décentralisé dans chacun des services pour l’année prochaine.«C’est plus que du bonbon.Dès le moment où l’on s’engage dans un processus de consultation réelle, je pense que oui, il y a une capacité de modifier les budgets.Les propositions budgétaires des services décentralisés, discutées localement à l’automne, pourraient permettre effectivement des amendements», a confirmé hier Pierre Goyer, responsable politique de la consultation publique au sein du comité exécutif.M.Goyer rendait public hier le document de révision des procédures de participation et de consultation publiques tel que promis par son administration.«[Les budgets], c’est à notre avis, les objets sur lesquels les gens ont le plus intérêt et le goût de se prononcer et de participer.Ça et la programmation des services municipaux.On entend cent fois plus souvent les gens réclamer d’être consultés sur la programmation des loisirs clans leur quartier, que sur les objets qui leur étaient normalement soumis», affirme M.Goyer.Lors de la campagne électorale municipale de l’automne dernier, Pierre Bourque s’était engagé à mettre la hache dans les forums de consultations mis en place par son prédécesseur.Freiné par Québec en décembre dernier, M.Bourque revient aujourd’hui à la charge en préparant toutefois le terrain; il demandera à nouveau des changements à la charte de la Ville en mai prochain au gouvernement provincial, mais cette fois, avec une solution de rechange en main.«Les caractères formels des consultations ne sont que des étampes à un processus final.Je pense qu’il faut inverser le processus.Il faut maintenant faire la concertation, l’information et la consultation en amont du processus, de façon à en arriver à un projet consensuel à la fin», fait valoir Pierre Goyer.Une commission spéciale du conseil, à laquelle siègent quatre membres de l’opposition, examinera à compter de la semaine prochaine (séance d’information le 8 mars) les divers mécanismes qui pourraient remplacer les actuels comités-conseils d’arrondissement ainsi que les commissions permanentes du conseil.Des audiences publiques sont prévues au début du mois d’avril.M.Goyer s’engage à ce que les grands projets soient soumis à la réflexion populaire, contrairement à l’attitude de la précédente administration dans les dossiers controversés de la construction des HEC au détriment d’un bois ou de l’implantation du Casino en plein cœur d’un parc.«L’expérience des six dernières années nous donne les moyens d’évaluer ce qui était pertinent ou pas pour aller en consultation publique», a-t-il conclu.PHOTO JACQUES GRENIER 1S ' .il.#!?.-:: / ¦ \ % ¦ ; ; 'v ¦ .£*!«, Quelque 3000 musulmans, très majoritairement des hommes, se sont déchaussés hier pour prier à l’occasion de la fête de l’Aïd el-Fithr, marquant la fin du ramadan musulman, à la mosquée Al-Oumah Al-lslamiyah, rue Clark, à Montréal.Plusieurs ex-catholiques romains convertis à l’islam se sont aussi joints aux célébrations.«L'islam, c'est la vérité» Des centaines de Québécois se seraient convertis récemment MACADAM CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Derrière le rideau pâle et opaque qui sépare les femmes des hommes dans la salle de prière de la mosquée Al-Ouamah Al-lslamiyah, rue Clark, à Montréal, Fatiha, alias Nathalie Provost, se prosternait hier en récitant sa prière.«Dieu est grand», dit-elle.«Allah Ouakbar.» Comme quelque trois milliers de musulmans réunis dans ce lieu de prière, 150 000 au Québec, 360 000 au Canada et plus d’un milliard à travers le monde, elle célébrait hier l’Aid el-Fithr, fête marquant la fin du ramadan, mois annuel de semi-jeûne mu-sulpian.A 25 ans, cette Québécoise jadis baptiz'd V, TMj fl sée catholique romaine porte désormais ImbL M A R S I I) !) .r> LES ACTl!A Radio-Québec est asphyxiée, croit Iiza Frulla PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Les Québécois n’ont pas les moyens de se payer une télé moribonde, même si elle ne coûte plus que 60 millions $.C’est ce que croit la député libérale et critique de la culture, Liza Frulla, en s’interrogeant sur cette «asphyxie» imposée au télédiffuseur, mais qui ne porte pas son nom.«Radio-Québec n’a pas la masse critique (de téléspectateurs) pour supporter la compression», croit Mme Frulla qui s’exprime au lendemain d’une très mauvaise nouvelle pour Radio-Québec, à savoir une compression, pour l’année qui vient, de 10 millions $, qui s’ajoute à 1,8 million $.La direction de Radio-Québec parle d’un manque à gagner de 15 millions $ (elle ajoute aux compressions une perte de revenus publicitaires de 3 millions $), ou 20 % de son budget actuel de 88,4 millions $.Mme Frulla, qui, dit-elle, avait déjà commencé à réfléchir sur les problèmes de Radio-Québec du temps où elle était ministre de la Culture, a sa petite idée.«Ayons le courage de réexaminer la mission globale de Radio-Québec, de tout mettre sur la table, de revoir sa loi, son administration, le contrat social avec les employés, tout» Mme Frulla croit qu’il y aurait moyen de trouver des partenaires privés à Radio-Québec et de revoir son mandat.Pour sa part, elle privilégie une télévision qui ferait place à la relève artistique, aux jeunes cinéastes, par exemple, qui n’ont pas d’écran pour projeter leurs films.«Au lieu de dire simplement: on coupe 20 millions $, je crois qu’il faudrait prendre le taureau par les cornes et voir où l’on s’en va», croit Mme Frulla qui, en novembre dernier, s’était fait offrir la présidence de Radio-Québec.Offre qu’elle avait refusée.Près de la moitié du budget de Radio-Québec va en salaires, soit, cefte année, environ 42 millions $, répartis entre 708 employés, dont 580 avec un statut permanent.Les émissions (acquisitions, coproductions et productions) accaparent 55 millions $ du budget et la distribution (mise en onde, réseau d’antennes), 18 millions $.La moitié de ces deux derniers montants va en salaires et est incluse dans les 42 millions $.Les frais administratifs nécessitent des déboursés de 9,5 millions $; la dette et les autres services financiers coûtent 2,5 millions $.Rappelons que Radio-Québec est sans président permanent depuis le 27 janvier, date à laquelle Raymond Brasseur, nommé une semaine plus tôt, démissionnait en invoquant l’attaque médiatique subie au cours des jours précédents.En fait, il a été révélé que son nom avait été mentionné lors d’un procès sur les sociétés en commandite à Télé-Métropole; le gouvernement n’a pas aimé cela.Avant lui, Françoise Bertrand avait remis sa démission le 20 janvier.Enfin, la Fédération nationale des communications (CSN) s’interroge sur la volonté politique des deux paliers de gouvernement de continuer à assumer leurs responsabilités envers le public.«Les gouvernements font preuve d’une confusion déroutante quant à leur rôle», estime l’organisme.PHOTO ARCHIVES Liza Frulla: tout sur la table.Des Québécois à la rescousse du système judiciaire rwandais?CLEMENT TRUDEL LE DEVOIR Le ministère de la Justice du Rwanda a prié l’ancien représentant de l’UNICEF dans ce pays, Nigel Fisher, d’établir des contacts avec des juristes du Québec pour aider à «colliger les données, conseiller et former ceux qui restent dans un système judiciaire décimé», ainsi que pour contribuer à régler des cas particuliers.Se pose, ; par exemple, à Kigali, la question de .l’avenir de «centaines de mineurs» incarcérés pour leur rôle dans le génocide survenu en 1994.La loi rwandaise empêche de reconnaître coupables un jeune de moins de 14 ans.Que faire?M.Fisher, qui jusqu’en février administrait les programmes d’urgence (50 millions $) de l’UNlCEF au Rwanda, a notamment pressenti la juge Andrée Ruffo et il espère que le savoir-faire du Québec dans son traitement des jeunes aux prises avec la justice pourra bénéficier au Rwanda.M.Fisher reconnaît que «sans justice, on ne saurait parler de réconciliation».Malheureusement, ajoute-t-il, l’impunité dont ont joui les auteurs de violations des droits au Rwanda rend ar-: due une solution.Il y a des milliers de jeunes Rwandais traumatisés par le génocide auquel ils ont survécu; ils peuvent trouver une catharsis momentanée dans les écoles où les enfants sont encouragés à parler de La prison pour une pizza Torrance (AFP) — Un homme de 27 ans, poursuivi pour avoir volé une part de pizza pepperoni à un groupe d’adolescents, a été condamné à une peine de prison de 25 ans minimum et pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité, en vertu d’une loi californienne réprimant les délinquants multi-récidivistes.Jerry Williams a écouté en silence la sentence annoncée jeudi par le juge d’un tribunal de Torrance (Californie), Donald Pilts.Le tribunal l’avait reconnu coupable en janvier dernier d’avoir volé une tranche de pizza à un groupe de jeunes, âgés de 4 à 14 ans, en juillet 1993 dans un restaurant à Redondo Beach.Le magistrat a rejeté la requête de l’avocat de Williams qui arguait qu’une peine de 25 ans d’emprisonnement pour le vol d’une part de pizza était cruelle et inhabituelle.Déjà condamné à cinq reprises pour vols, tentative de vol, possession de drogue et utilisation d’un véhicule sans autorisation, l’accusé relevait de la loi dite «des trois coups» (Three Strikes).Ce texte, entré en vigueur l’an dernier en Californie, prévoit des peines particulièrement sévères (25 ans de prison minimum) contre tout malfaiteur récidiviste, comptant déjà deux condamnations pour des délits graves à son actif.«Notre société devient folle en imposant des sanctions de cette nature.(.) M.Williams subira la même peine que s’il avait violé une femme ou molesté un enfant», s’est indigné son défenseur, Arnold Lester.L’avocat a annoncé son intention de faire appel.ROBIC AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD AVOCATS 55.ST-JACQUES.MONTRÉAL.QUÉBEC H2Y3X2 Fa» (514) 845-7874 Tél.:(5H)98R«0*B,t*C leurs cauchemars.L’UNICEF veut éviter que ces jeunes soient plus tard la proie de ceux qui fomentent la haine et la violence.L’été prochain, l’UNICEF entend organiser au Rwanda une conférence sur «les médias et le génocide», une idée qui agrée au secrétaire général de Médecins sans frontières, Alain Destexhe qui verrait bien la multiplication de radios libres pour contrer toute propagande de haine.MM.Fisher et Destexhe étaient au nombre d’une trentaine de spécialistes réunis depuis le 28 février à Sainte-Adèle pour discuter des interventions humanitaires ,de l’ONU et de la souveraineté des États.Organisée par le Centre international des droits de la personne et du développement démocratique, présidé par Ed Broadbent, cette rencontre a permis de dégager quelques consensus.Comme le précisait hier en conférence de presse M.Broadbent, «le monde ne peut plus se permettre d’être à la remorque des grandes puissances qui ont tendance, que ce soit en Haïti ou au Rwanda, à n’agir qu’en fonction de leurs propres intérêts».Parmi les suggestions faites à Sainte-Adèle (les minutes de la réunion à huis clos feront l’objet dans un mois d’un rapport plus détaillé), on retient l’encouragement au Canada, puissance moyenne, à participer au renouvellement de l’ONU ainsi qu’à faire mous- ser l’instauration de rapports déposés chaque mois au bureau du secrétaire général de l’ONU sur les «pays où les conditions des droits de la personne se détériorent».Il faudrait aussi une force rapide d’intervention prête à être déployée afin d’empêcher un génocide, comme celui qui a eu lieu au Rwanda, ou tout dérapage ou tuerie de civils.C’est d’ailleurs à propos du Burundi, pays voisin du Rwanda, que s’inquiètent les spécialistes, car les conditions pour une «explosion» y sont présentes.Les constats d’échec s’accumulent quant à certaines missions assumées par l’ONU (on pense à la Somalie) mais il semble à M.Broadbent et à la présidente du conseil de ce centre, Gisèle Côté-Harper, qu’il y a lieu d’être un petit peu plus optimiste.Le Centre mentionne la «difficile et controversée neutralité» des organismes humanitaires.M.Destexhe précise que «rester neutre dans un cas de génocide équivaudrait à mettre sur un même plan bourreaux et victimes» et il se méfie d’un concept ambigu.Quant à la nécessité de poursuivre les auteurs de crimes contre l’humanité, Alain Destexhe suggère que la justice de pays comme la France, la Belgique ou le Canada (pour Léon Mugesera, Rwandais qui aurait incité les Hutus au génocide) agisse et juge de tels prévenus sans attendre la mise en branle d’un tribunal international.LIBRAIRIE LE BOUQUIN Heures d'ouverture: lundi, mardi, mercredi: 9h à 20h, jeudi, vendredi: 9h à 21 h, samedi: 9h30 à 17h 395,Boul.Cartier, Laval Tél.: (514) 688-6036 Fax: (514) 688-8844 Nous vendons les publications du gouvernement du Québec: - lois, règlements - livres administratifs, techniques - livres d’art, etc.Commandes téléphoniques acceptées.CONCESSIONNAIRE DES PUBLICATIONS DU QUEBEC Vente ^|||^ j * NOUS FERMONS DÉFINITIVEMENT NOTRE SALLE D’EXPOSITION DE LA RUE SHERBROOKE OUEST.Cette fermeture vous permettra de faire de grosses économies et de profiter de RABAIS INCROYABLES.Vaste choix de tapis de Perse et tapis de passage authentiques, noués à la main, choisis par ABAN*.Des milliers de magnifiques tapis sont entreposés et exposés sur plus de 6000 pieds2 tous à prix de liquidation.Faites une offre.Tous les tapis doivent être vendus.obonm TAPIS PERSAN 1600, Sherbrooke Ouest Tél.933-3231 Dimanche - lundi 11h-l8h Mar.- mer.- sam.10h-l8h Jeudi - vendredi 10h-20h * Notre nom derrière chaque 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négociations entreprises sur l’équité salariale.De fait, devant l’absence d’engagement de la part du gouvernement à s’acquitter des coûts reliés aux ajustements découlant de l’équité salariale, la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ) vient de décider de suspendre toute discussion à ce sujet avec les syndiqués de la FTQ.Après deux ans et demi de négociations, les représentants de la FTQ se sont révoltés hier contre cet arrêt subit des discussions qui risque de reporter aux calendes grecques l'ajustement des salaires de leurs membres.«Nous n’avons pas négocié pendant plus de quatre ans (.) pour nous faire dire par la CREPUQ, dans le dernier droit, qu’il y avait arrêt des activités de la table sectorielle sur l’équité salariale et suspension des travaux aux tables locales en raison d’une hypothétique coupure du financement gouvernementale» a soutenu hier Gilles Charland, directeur du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et vice-président de la FTQ.La majorité des membres de la FTQ dans le secteur universitaire sont des femmes attitrées à des tâches de secrétariat et de bureau.Selon Lorraine Saumure, présidente du Conseil provincial du secteur universitaire, les recteurs se défilent derrière leur mésentente avec Québec pour arrêter des discussions qui étaient sur le point de mener à des conclusions.Et cela, alors que les négociations sur l’équité salariale sorjt terminées dans tous les autres secteurs.A la CREPUQ, on se défendait hier d’avoir stoppé ces discussions à des fins de négociation.«Les finances, c’est le nerf de la guerre.Et avec les nouvelles de non-financement qui viennent de Québec, il nous sera très difficile de pouvoir remplir ces engagements», a soutenu Louis Savard, directeur-adjoint à la CREPUQ.Selon ce dernier, les ententes sur l’équité salariale représentent une rétroactivité de l’ordre de 53 millions $ depuis 1989 et des sommes récurrentes de 13 millions par année.En sus des compressions exigées du gouvernement cette année, il sera impossible pour le réseau universitaire d’encaisser ces montants à même sa propre enveloppe, de dire M.Savard.«Ça devient intolérable, ce n’est pas possible d’absorber de tels coûts, a-t-il dit.Les négociations sont suspendues jusqu’à ce que nous ayons des nouvelles plus encourageantes de Québec.» Après deux ans et demi de négociations, les syndiqués se sont révoltés contre l'arrêt subit des discussions JEAN BARDE L’A LU: « Grâce à John Gray, mes amis ont vécu des moments de complicité rieuse comme ils n’en avaient pas connus r .r depuis longtemps.» ïrL L L JOHANNE YERGEAU L’A LU: « Un ouvrage à lire si l’on veut comprendre comment surviennent les conflits entre les hommes COUP et les femmes.» PqUCE LUCY ET SNOOPY L’ONT LU: «LES HOMMES VIENNENT DE MARS.LES / CEST UN BON TITRE.\ LES CHIENS VIENNENT / TU DEVRAIS ÉCRIRE ) DE JUPITER.LES CHATS UN LIVRE ) COMME CA.ï DE LA LUNE ^ £t ?i Æ.i «t 3 IIÊÊMÊMà i —* ' 1 \ § O 20000 COUPLES L’ONT LU.v y _____****** IB «MB , I wennenideiwb ÿe&fènune#' oie/uient a& Vénus .Comment aniÉhoTei ta cemmuntcation et oiteii It m®»* ée sa relation te couple * ’ * Les Éditions LOGIQUES Tél.: (514) 933-2225 Fax: (514) 933-2182 336 pages I 24.95 S ET VOUS, L’AVEZ-VOUS LU?Beloeil: Librairie Citation, 600 Laurier — Brossard: Librairie Champigny, Mail Champlain • Librairie Citation Brassard, Place Portobello — Chambly: Librairie Larico, 13 Place Chambly — Donnacona: Librairie Donnacona, Place Doneuil — Granby: Papeterie Laliberté, 209 Principale — Hull: Librairie Garneau,Galeries de Hull — Laval: Librairie Garneau,Centre commercial Duvernay — Longueuil: Librairie Alire, Place Longueuil • Librairie St-Pierre Apôtre.1089 Chemin Chambly — Montréal: Champigny, 371 Laurier Ouest • 4380, St-Denis • Coop HEC, 5255 Decelles • Coop UQAM, 1200 Berri, Local JM-205 • librairie Bertrand, Centre Eaton • Librairie du Nouvel Âge, 1707 St-Oenis • Librairie Garneau: Les Galeries d’Anjou - Place Versailles - 1691, rue Fleury Est • Librairie le Parchemin, 505 Ste-Catherine Est • Librairie MoneL Galeries Normandie • Librairie Renaud-Bray: 5219 Côte-des-Neiges — Rosemère: Librairie Carcajou, 401 Labelle — Pointe-aux-Trembles: librairie Monic.Carrefour La Pointe — Ste-Foy: Librairie Garneau, Place Laurier, 2e étage — St-Hyacinthe: Librairie EBM Solis, 1312 des Cascades — St-Jean-sur-Richelieu: Librairie Moderne, Carrefour Richelieu — St-Jérôme: Librairie Gameau, Carrefour du Nord — St-Lambert: Librairie Le Fureteur, 615 Victoria — Toronto (Ontario): Librairie Champlain (APM Books), 468 Queen St E.— Valleyfield: Librairie Boyer.10 Nicholson — Vanier: Centre Franco-Ontarien de ressources pédagogiques, 290 Dupuis (Ontario) —Verdun: librairie Sons et Lettres,4150Wellington EN VENTE DANS TOUTES CES BONNES LIBRAIRIES I, E I) E V 0 1 R , L E S S A M EDI 4 E T I) I M A 'N C II E 5 M A R S 199 5 -LE MONDE - La Grande-Bretagne et la sécurité de l'Europe Londres se rapproche de ses alliés européens Les Britanniques veulent approfondir leurs relations militaires avec les membres de l'Union européenne 11 y a deux décennies, la Grande-Bretagne pouvait encore vivre dans son splendide isolement sans trop se soucier des questions militaires européennes.Même 'intégration à l'Union européenne en 1973 ne semblait pas avoir changé la superbe britannique.Mais l'effondrement du bloc soviétique et le déclenchement de la guerre en ex-Yougoslavie au début des années 90 a tout changé.JOCELYN COULON ENVOYÉ DU DEVOIR Londres — Mercredi dernier, le premier ministre britannique John Major a remporté sur les euros-pectiques de son parti une victoire à l’arraché lors d’un motion sur l’Union européenne.Il aurait pu transformer ce vote en triomphe si le débat avait porté exclusivement sur la défense et la sécurité européennes.S’il y a une question qui unit les conservateurs c’est bien celle portant sur la défense du continent.L’unanimité est totale au sein des troupes de John Major.Les députés et le gouvernement, largement soutenu par la population, sont pro-américains et partisans d’une Alliance atlantique forte, sous la houlette de Washington.Les affaires militaires du continent sont encore vues avec suspicion sinon avec indifférence par les élites et une partie de la population.Pourtant, sur cette question, comme sur celles touchant la monnaie commune, l’immigration ou les pouvoirs des bureaucrates de Bruxelles, les Britanniques devront bien composer avec leurs alliés européens car l’Europe se construit aussi autour d’une défense commune.Et puis l’Amérique, le grand frère, l’allié inconditionné}, n’est plus aussi fidèle qu’avant.A tel point que Londres et Washington ne partagent plus tout à fait les mêmes positions sur la défense européenne et la crise bosniaque.Un atlantisme qui s’effrite Depuis une semaine, John Major et son secrétaire au Foreign Office, Douglas Hurd, réaffirment l’attachement indéfectible de la Grande-Bretagne à l’OTAN comme seul garant de la défense et de la sécurité européennes.Le gouvernement britannique est bien disposé à élargir le rôle de l’Union de l’Europe occidentale — le bras armé de l’Union européenne — et à favoriser une plus grande concertation des politiques militaires des Etats européens.Mais certainement pas au détriment de l’OTAN.M.Hurd a été très direct sur cette question mardi lors d’un discours qu’il prononçait à Berlin.«Il est insensé de vouloir reproduire ce que nous avons dans l’OTAN», a-t-il dit en parlant de la mise sur pied d’une armée européenne.Pour le ministre britannique, l’OTAN est au coeur de la sécurité européenne tout simplement parce que les Etats-Unis en sont membres ce qui entraîne automatiquement un engagement américain pour la défense du continent.Ce lien, les Britanniques y tiennent mordicus.Si la position britannique n’a rien pour plaire aux Français et aux Allemands, qui tentent de forger un embryon de défense européenne depuis plusieurs années, elle évolue.Ainsi, le renforcement de la coopération franco-allemande — mise sur pied de l’Euro-corps, tenue régulière de manoeuvres communes et collaboration grandissante des industries militaires— est tellement fructueuse que les Britanniques font maintenant des avances aux Français.Lors d’un sommet en novembre dernier, John Major et François Mitterrand ont annoncé un renforcement de la coopération militaire entre les deux pays: création d’une commission mixte sur la défense nucléaire et d’une cellule de planification des activités aériennes et jumelage entre les deux forces d’action rapide.«La Grande-Bretagne est très atta-çhée à ses relations spéciales avec les États-Unis», dit Trevor Taylor, professeur de relations internationales au Royal Institute of International Affairs.«Mais cet atlantisme s’effrite lentement dans le sens où les questions de sécurité européennes sont devenues si importantes que Londres ne peut plus les ignorer.» La crise bosniaque L’effondrement du bloc soviétique et la guerre en ex-Yougoslavie ont provoqué de sérieux,réalignements au Foreign Office.Les États-Unis sont moins obsédés par une menace militaire venant de Moscou et poussent dorénavant les Européens à s’occuper de leurs affaires.De plus, le programme des républicains, qui dominent le Congrès américain, est très isolationniste.Les Britanniques n’ont d’autre choix que de se tourner vers leurs alliés européens pour planifier la défense commune du continent Cela est d’autant plus nécessaire que Londres et Washington ne partagent pas la même opinion sur le règlement de la crise bosniaque.Les Américains prônent la manière forte envers les Serbes, et le premier mai prochain le Congrès pourrait bien lever l’embargo sur les armes à destination de la Bosnie.Cette menace effraie la Grande-Bretagne qui dispose de quelque 3500 Casques bleus en Bosnie.«L’objectif des Britanniques en Bosnie — comme celui des Français d’ailleurs — est de contenir le conflit à l’intérieur des frontières bosniaques en attendant un règlement politique», dit un haut fonctionnaire du Foreign Office.«La levée de l’embargo obligerait l’ONU à quitter la Bosnie et cela entraînerait un conflit généralisé qui pourrait toucher d’autres pays des Balkans.L’administration américaine est consciente du danger.Pour ce qui est du Congrès, cela reste à voir.» Selon la directrice adjointe de l’International Institute for Strategie Studies, à Londres, Rose Gottemoel-ler, la guerre en Bosnie et les conflits nés de l’effondrement de l’Union soviétique ont forcé la Grande-Bretagne à se rapprocher de ses partenaires de l’Union européenne.«La Grande-Bretagne n,’a plus tellement le choix, dit-elle.A l’époque de la guerre froide, le continent était un îlot de paix.Londres pouvait affirmer sa différence.Aujourd’hui, il y a des guerres en ex-Yougoslavie et dans plusieurs républiques de l’ex-URSS.Les Britanniques savent maintenant que le feu peut se répandre dans toute l’Europe.» Malgré les profonds changements stratégiques qui ont affecté l’Europe depuis cinq ans, le discours public des politiciens britanniques restent sensiblement le même.Douglas Hurd rejette la mise sur pied d’une armée commune et son collègue à la Défense, Malcolm Rifkind déclarait jeudi au Financiel Times qu'il était hors de question de confier la défense de la Grande-Bretagne à une autorité supranationale.Pourtant, dans les couloirs du majestueux édifice du Foreign Office, de hauts fonctionnaires font observer, discrètement, que le renforcement des liens militaires au sein de l'Union européenne passe par l'abandon d'une certaine parcelle de souveraineté.Londres devra y consentir.C O N C O U S* prix m DICTIONNAIRES LE ROBERT Toute la richesse de la langue LE DEVOIR Gouvernement du Québec Mjnistère de l'Éducation g B CONSEIL PC DA GOGfOUE r' ^ INTERDISCIPIINAIRC DU out BEC Québec Jean-Philippe Bergeron Secondaire : 3e École Antoine-Bernard Commission scolaire Miguasha Un combat entre l'exil et la mer Depuis quelques années déjà, la Gasjrésie souffre d’un grand mal : l’exode rural.A l’image de plusieurs jeunes, l’an prochain je partirai en milieu urbain pour fréquenter le cégep.En fait, je pense que la préférence du milieu urbain ou rural dépend de chacun.En ce qui me concerne, j’ai l’intention de quitter la région surtout pour des raisons scolaires, mais aussi par goût et curiosité.Par contre, je prends aussi en considération l’importance de participer activement au développement régional.En premier lieu, examinons attentivement l’aspect de la scolarisation.En Gaspésie, il existe peu d’établissements d’enseignement supérieur.Bien sûr, les cégeps gaspésiens offrent une rigoureuse qualité d’enseignement; on n’a qu’à penser au cégep de Carleton.Toutefois, l’étudiant désirant poursuivre des études universitaires devra presque inévitablement se diriger vers les centres urbains.Le problème réside dans le fait que la Gaspésie compte sur sa jeunesse pour assurer sa survivance.En acceptant ce mode de pensée, il est alarmant de constater que près de 50 p.100 des jeunes s’exilant pour leurs études ne reviennent jamais en Gaspésie.Toutefois, il ne faut pas faire reposer le fardeau de la faute sur les épaules du jeune qui se lance dans la jungle urbaine afin d’y poursuivre ses études.Dans mon cas, par exemple, les avantages scolaires que m’offre le cégep Rosemont sont considérables.Voulant me diriger en lettres, Rosemont est attrayant pour moi, car plusieurs auteurs y enseignent.De plus, les spécialisations faisant souvent défaut en Gaspésie, certains sont carrément obligés d’entrer dans la statistique «exode rural».En deuxième lieu, j’en ai glissé un mot un peu plus haut, J’aimerais parler des avantages généraux qu’apporte la ville.A titre d’exemple, pour moi qui m’intéresse au monde culturel, il est normal que je veuille demeurer en centre urbain.Malgré que la Gaspésie offre une multitude de paysages propices à la création, c’est Montréal qui permet une certaine visibilité et c’est aussi Montréal qui est le tremplin nécessaire à l’artiste.La ville permet aussi, pas dans tous les cas j’en conviens, d’éveiller et de conscientiser les jeunes grâce à nombre d’événements d’une variété exceptionnelle : le Salon du livre, des expositions de peinture, des pièces de théâtre et plusieurs autres encore.Autrement dit, en ville ça bouge! De plus, vient aussi un temps pour l’enfant tant chéri de s’éloigner du berceau familial.Il faut savoir prendre sa part de responsabilités sans toujours être guidé par papa et maman! Le jeune habitant Montréal ou Québec, par exemple, acquerra une certaine autonomie plus rapidement que celui qui, à l’opposé, demeurera en Gaspésie.Par contre, je n’affirme pas cela sans être conscient que certains jeunes pour des raisons économiques ou pour toute autre raison valable, manifestent leur désir de rester en région.D’autre part, je me sens, en tant que Gaspésien, responsable en ce qui a trait à la survie de notre région.J’entends exprimer dans les prochaines lignes la grande importance qu’a pour moi, et pour beaucoup de gens, la Gaspésie.Je pense que le fait d’étudier à l’extérieur n’est pas mal en soi, même au contraire.Toutefois, le danger est que les jeunes qui poursuivent leurs études en centres urbains ne reviennent jamais.Car cette population possédant une scolarisation supérieure est celle qui peut redresser l’état indéniablement piètre de notre région (point de vue économie).Il me semble donc essentiel que ces personnes scolarisées s’établissent à nouveau en Gaspésie afin d’instaurer une activité socio-économique dynamique.L’exemple de la Bcauce est très éloquent.En effet, cette région autrefois au bord du gouffre a su développer une économie prospère grâce à l’implantation de nombreuses PME.Cette relance économique ne se fait pas sans effort.Des personnes compétentes se doivent d’exploiter les aptitudes de la collectivité et ainsi de créer des entreprises rentables et vivantes.Des programmes efficaces et dynamiques doivent être mis en place.Il faut absolument que notre Gaspésie acquière une visibilité plus grande aux yeux du gouvernement.Si cette étape est franchie, les subventions surgiront et les jeunes diplômés en tous domaines viendront mettre en oeuvre leurs talents, ici, en Gaspésie.Enfin, je crois qu’il dépend du désir de chacun de rester en région ou de s’exiler vers les grands centres.En ce qui me concerne, face à mes études supérieures, je ne jure que par Montréal.Montréal m’attire.Montréal culturel, Montréal de bronze, Montréal underground, Montréal et sa plèbe, Montréal pollué, Montréal vivant, Montréal électrifiant! Toutefois, n’ayez crainte, l’attachement à ma Gaspésie continuera de me faire agir par et pour clic.a a a a Diep Truong Collégial : 3e Collège Marianapolis Génération passe-partout: Les confessions d'un enfant du prochain siècle Passe-Partout n’a pas osé nous confier que certains peuples se terrent, craignent et fuient; que les bombardements, les assauts et l’exode persistent.Nous n’étions guère prêts à faire face à un monde chaotique et pourtant, nous voilà, la génération-rejeton des baby boomers, sur le point de découvrir ce que le vingt-et-unième siècle nous réserve.Malgré tout ce que les médias en ont dit, nous sommes capables de réussir dans le monde du prochain millénaire.L’héritage de nos parents est consistant, le monde de demain se révèle stimulant et la société égalitaire cesse peu à peu d’être une utopie.Le portrait dressé de notre génération est sombre.On la dit prompte au décrochage, au suicide, illettrée et téléphage.Nos parents nous ont pourtant légué un héritage riche et dynamique.Un legs dont plusieurs jeunes voudraient confortablement bénéficier, sans avoir à l’enrichir et le perpétuer.Us font alors l’erreur de se complaire dans un passé dont ils ne cessent de vanter les vertus.Ils encensent les modes vétustes et tentent de revivre une époque qui n’est pas la leur.Notre génération est pourtant pourvue de talents et de connaissances manifestes.Ainsi, nous ne souffrons pas de paralysie chronique face aux appareils dont nous sommes inondés.Nous sommes relativement à l’aise face à l’informatique et autres produits de la technologie.De plus, atout non négligeable, nous tentons de perfectionner une deuxième langue.Bien sûr, tout notre savoir linguistique ne nous provient pas seulement des cours reçus à l’école.Nous tâchons de nous perfectionner quotidiennement en nous gavant de musiques rap, dance, heavy et en suivant les périples et intrigues des personnages des soap américains et autres émissions du même acabit.À l’ère du zapping et des images qui se bousculent, nous avons apprivoisé la télévision et sa publicité.Nous avons donc acquis une culture télévisuelle, une culture où tout est rapide, bref et direct.Par conséquent, nous nous exprimons de manière compacte, synthétisée et conceptualisée.Ainsi armée de nouveaux talents, la génération Passe-Partout peut innover.Puisque nous croyons en un monde meilleur, pourquoi ne pourrions-nous pas ériger cette société dont nous rêvons?En effet, nous pouvons nous allier pour faire en sorte que notre société soit à la mesure de nos rêves, qu’elle puisse ressembler à l’abbaye de Thélême, telle qu’elle a été imaginée par Rabelais.Ainsi, l’an 2000 risque de nous réserver un univers tout simplement stimulant.Les communications partout à travers le globe seront aisées et abordables.Les transports et la chute du protectionnisme feront en sorte que le village mondial dans lequel nous vivons se globalisera encore davantage.Cette globalisation implique cependant que les pays industrialisées devront fournir une main-d’oeuvre spécialisée.Or, avec un niveau de décrochage élevé, le Québec doit s’assurer que tous ces décrochcurs réintègrent le milieu scolaire et suivent des cours de perfectionnement.Toutefois, il est possible que plusieurs décrochcurs expérimentent ce que la version moderne de société de loisirs signifie : le chômage.Dans un tel cas, il sera nécessaire, afin que nous ne nous sentions pas aliénés dans un monde aussi interrelié, que des réseaux communautaires prennent naissance.Afin qu'une société égalitaire puisse être construite, certaines privations seront demandées.Le bénévolat et le partage du travail pourront permettre de réduire les disparités salariales qui risquent de s’accroître.En effet, dans un monde où la main-d’ocuvrc spécialisée sera en demande de manière accrue, les décrochcurs d’aujourd’hui auront des difficultés à sc faire une place au soleil.Donc, il faudra permettre à tous de travailler en équilibrant les heures de travail de tous et de chacun.Bâtir sur les fondations jetées par nos parents et ériger une société encore plus ouverte, tolérante et libre.La société québécoise a énormément évolué depuis la révolution tranquille qui lui a permis de s’échapper de son carcan idéologique.Cependant, il est possible d'amener le Québec encore plus haut et plus loin.Il serait toutefois important que les jeunes aient confiance en leurs talents de novateurs.Ils doivent éviter de sombrer dans l'état de pessimisme auquel les médias les convient, en diffusant toutes ces statistiques navrantes sur la condition de la gente adolescente.Malgré que Passe-Partout n’ait pas osé nous révéler que nous aurions à affronter un monde en plein bouleversement, nous devons croire en nos possibilités.En effet, l’héritage culturel, politique et idéologique dont nous disposons est extrêmement riche.De plus, le monde de demain nous permettra d’être de véritables citoyens du monde alors que tous les pays seront incroyablement reliés.Finalement, grâce aux nombreux contacts qui existeront entre les nations, le racisme et l’cth-nneentrisme pourront s’effondrer et laisser place à un monde plus juste et plus tolérant.Annick P oit ras Université : 3e UQAM Esprit de clocher Zoom Les toilettes publiques.Tout le monde y va.Pour vider le trop plein, pour se refaire une beauté.Un lieu si public mais si privé à la fois.Fermeture éclair baissée, porte du cabinet barricadée, l’intimité s’installe le temps de faire notre besogne.C’est entre deux graffitis que nos yeux zooment complètement sur un bon coup de pub.Zoom, c’est l’entreprise qui se spécialise dans l’affichage publieitaire dans les toilettes.Après avoir envahi centres sportifs et bars, voilà qu’elle installe ses porte-affiches argentés à l’UQAM.Pourtant, à l’occasion d’une première approche de Zoom l’an passé, les bonzes de l’Université l’avaient envoyée promener.Zoom est donc partie en croisade, l’hiver dernier, à l’Université de Montréal, à l’Université McGill, à l’Université du Québec à Trois-Rivières, à l’Université Laval, puis à l’Université Concordia.Cet été, malgré ses réticences, l’UQAM a changé son fusil d’épaule.Selon Cari Grenier, vice-président directeur général de Zoom, «une seule université de 50 000 étudiants, ça ne vaut rien sur le plan monétaire.Pour former un réseau uniforme et provincial, il nous faut toutes les universités.Là, ça devient une mine d’or pour nous.» Pour forcer les portes de l’UQAM, Zoom a misé sur ce qui manque le plus ces temps-ci à l’université : l’argent.'La pub consommée par les étudiants au moment du pipi rapportera 60 000 $ par année à la Fondation de l’UQAM, soit 90 p.100 des revenus touchés par l’Université pour son entente avec Zoom.Des dizaines de bourses de plus dans les poches des étudiants.Une aubaine difficile à refuser.?Aucun représentant de la population étudiante n’a été consulté sur l’intrusion de Zoom à l’UQAM.Les vice-rcctctirs se sont contentés du huis clos.Pourtant, à l’Université Laval, où Zoom est implantée depuis février dernier, la presse étudiante panique.Le journal Impact Campus voit ses contrats de publicité lui glisser entre les doigts.Les publicitaires voient en Zoom un investissement sûr : il y a plus de monde qui pisse que de monde qui lit les journaux étudiants.Ici, Guy Berthiaume de la Fondation de l’UQAM, est clair.«Non.On n’a pas pensé du tout aux conséquences que Zoom pourrait avoir sur la presse étudiante de l’UQAM.» Pourtant, au nombre de publications étudiantes qui s’entassent dans les présentoirs de l’Université, il faut être passé maître dans l’art de faire l’autruche pour les oublier.Ou pire encore s’en foutre éperdument.?Pour la presse étudiante, le risque de se faire manger la pub sur le dos est grand.Avec les Voir, Mirror et Hour autour des campus et Zoom sur chaque pouce carré des toilettes, il n’est plus question de paranoïa.Ça devient de l’instinct de survie.Quant Cari Grenier de Zoom dit qu’il ne veut de mal à personne, il est convaincant.Quand il affirme qu’il veut aider les journaux étudiants, là il pousse un peu.«Au départ, ça risque de nuire à la presse étudiante.Mais on veut donner un coup de main à tous les journaux de l’UQAM pour qu’ils dénichent des gros contrats de publicité nationale.» Ce qui est dramatique, ce n’est pas que Zoom profite allègrement de nos envies de pisser.Ce n’est pas non plus les 60 000 $ pour la Fondation.Ça, en fait, c’est plutôt génial.Ce qui est moche, c’est que l’UQAM n’a rien fait pour protéger sa presse étudiante.Et pour un établissement qui tente depuis 25 ans de trouver une âme à son campus, c’est une étrange façon d’encourager scs étudiants à un quelconque sentiment d’appartenance. L E DEVOIR, LES S A M EDI 4 ET D 1 M A N C 11 E 5 M A R S 1995 A 7 LE DEVOIR LE MONDE Après le meurtre du journaliste Vladislav Listiev Les Russes en état de choc Des milliers de personnes défilent dans le centre de Moscou Moscou (Reuter) — Des milliers de Russes ont rendu hier un dernier hommage au journaliste Vladislav Listiev, assassiné dans la soirée de mercredi en plein centre de Moscou.Jeunes et vieux ont attendu jusque tard dans la soirée pour faire un dernier adieu à celui qui à leurs yeux symbolisait la Russie nouvelle et libérale et dont le meurtre a plongé le pays dans un véritable état de choc.Le défilé, le plus important de ce type depuis au moins une décennie, a été brièvement interrompu par une fausse alerte à la bombe.Journaliste et présentateur-vedette de la première chaîne de télévision russe, Vladislav Listiev, 38 ans, a été assassiné sur le palier de son domicile par un ou plusieurs inconnus.La police a saisi hier des documents dans les bureaux de l’une des sociétés qui détient une participation dans la chaîne de télévision dont le journaliste devait prendre la tête, a rapporté la chaîne de télévision NTV.Deux policiers se sont rendus dans les locaux de la société Logo-vaz, l’un des plus importants concessionnaires automobiles du pays, et des documents relatifs au financement de la télévision publique russe leur ont été remis volontairement, a précisé NTV qui citait la radio russe Svoboda.Le directeur de cette société, Boris Berezovski, a été entendu mais il n’a pa$ formellement été interrogé, a précisé NTV.Logovatz est l’un des fondateur de cefte nouvelle chaîne de télévision, en partie privatisée, dont Vladislav Liëstiev venait d’etre nommé directeur exécutif et dont Berezovsky était le premier président adjoint du Conseil de direction.Boris Berezovski a survécu en juin dernier à un attentat à la voiture piégée, mais son chauffeur a été tué.PHOTO AP Des milliers de Russes ont rendu hommage hier au journaliste Listiev.Hier matin, la presse russe était quasi unanime à estimer qu’une nouvelle limite avait été franchie dans l’horreur et que le pays pourrait bientôt connaître des changements majeurs.«Tout est possible aujourd’hui en Russie,» titrait le quotidien indépendant Nezavissimaia Gazeta.«Les conséquences (de ce meurtre) sont imprévisibles», répondaient en écho les Izvestia.Les éditorialistes ont fustigé à l’unisson l’impuissance du pouvoir face à la vague de criminalité qui secoue le pays depuis plusieurs piois.Même la Krasnaia Zvezda (L’Etoile Rouge), l’organe de l’armée, a dénon- Salinas annonce un jeûne puis le suspend L'ancien président veut défendre son honneur Monterrey (AFP) — L’ex-président Carlos Salinas a annoncé hier après-midi à Monterrey qu’il suspendait son jeûne «pour quelques heures» parce qu’ «on» le lui avait demandé, sans cependant préciser qui le lui avait demandé.M.Satinas, dont la décision semble laisser entendre que des négociations seraient en cours avec les autorités, a fait cette déclaration dans le quartier populaire de San Barpabé à Monterrey, troisième ville du pays et capitale de l’Etat du Nuevo Leon, un fief salutiste ou l’ancien président possède une hacienda, dans le village d’Agua Léguas.Les autorités n’ont de leur côte fait aucun commentaire immédiatement après la déclaration de M.Satinas, qui n’a pas non plus précisé ce qu’il entendait par «quelques heures».«On ne me fera pas vivre à genoux avec des calomnies», a dit M.Satinas devant quelques 70 journalistes, mais à peine une trentaine d’habitants du quartier de San Barnabé, qui arboraient quelques pancartes en sa faveur.M.Salinas a souligné qu’il exigeait «toujours» que les services du ministère de la Justice «reconnaissent l’appui que j’ai apporté à l’enquête sur l’assassinat de Colosio» et que le gouvernement «reconnaisse l’erreur commise en décembre, qui a transformé un problème en une crise grave dans laquelle mon gouvernement n’a aucune responsabilité».Satinas avait annoncé jeudi soir qu’il entamerait une grève de la faim afin de «défendre son honneur», mais son geste a été interprété plutôt comme une attaque contre le président Ernesto Zedillo, au pouvoir depuis le 1er décembre dernier.11 intervenait en effet au lendemain de l'arrestation de son frère Raid, accusé officiellement d’avoir organisé et financé l’assassinat, le 28 septembre dernier, de José Fran- cisco Ruiz Massieu, ex-secrétaire général du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, au pouvoir depuis 65 ans).L’ancien président qui a refusé de répondre aux questions des journalistes mais a complaisamment laisser entrer les nombreux photographes présents, s’exprimait depuis le patio d’une maison particulière humble, de deux pièces et une cuisine appartenant à une femme haute en couleur qui a dit s’appeler «Rosy».Cette dernière a affirmé qu’«on» lui avait demandé de refuser d’abriter l’ancien président, qui s’est installé chez elle à une heure du matin hier pour entreprendre sa grève de la faim.«Mais, a-t-elle dit, J’ai décidé de passer outre, car je suis encore la patronne chez moi».M.Satinas a par ailleurs affirmé que plusieurs de ses collaborateurs avaient été «suivis par des véhicules du type de ceux utilisés par la police» et que la secrétaire de son frère Raid avait «subi des pressions pour faire des déclarations dans un certain sens».L’ancien président, pressé de questions, n’a répondu à aucune, justifiant son silence par l’expectative dans laquelle il se trouvait après qu’on lui eut demandé de suspendre «quelques heures» son jeûne.Il a enfin déclaré que son combat était «une bataille pour la dignité» et qu’il était victime d’une «campagne» qui l’avait «particulièrement affecté», en particulier les «accusations» concernant son rôle éventuel dans l’enquête sur l’assassinat de Luis Donaldo Colosio, ex-candidat présidentiel du PRI.Quelques heures avant la décision de Satinas de suspendre son jeûne, le président Zedillo avait lancé un appel «à la sérénité et à l’unité des Mexicains», lors d’un discours devant des hommes d’affaires.«L’administration de la justice n’est pas un pouvoir discrétionnaire du président», avait-il rappelé, dans une allusion apparente au cas des frères Satinas.Les élections présidentielles en France Chirac devance Balladur Paris (AFP) — La publication de deux sondages donnant le maire de Paris, Jacques Chirac, en tête de la course à l’élection présidentielle en France, a relancé la campagne à droite, tandis qu’a gauche le candidat socialisr te, Lionel Jospin, se prépare à rentrer dans la mêlée la semaine prochaine.Pour la première fois depuis sa déclaration de candidature en novembre, le maire de Paris a pris le meilleur sur le premier ministre Edouard Balladur, issu lui aussi du parti gaulliste.Ia*s deux sondages publiés hier vont dans le même sens, M.Balladur n arrivant que troisième au premier tour, le 23 avril, est élimine de la «finale» du second tour, le 7 mai, que M.Chirac remporterait contre M.Jos-pin., Ix's écarts enregistrés avec les sondages precedents sont considérables: M.Chirac gagne ainsi 6 points par rapport à la dernière vague de sondages il y a quinze jours, M.Jospin 3 tandis que M.Balladur en perd 8.M.Balladur, qui est ainsi passé en quelques semaines de la ixtsilion de grandissime favori â celle de challenger,.a tenté de fain* contre mauvais** fortune bon coeur.«Je suis confiant sur le résultat, mais je n’ai jamais cru que les écarts mirobolants que l’on décrivait se vérifieraient», a-t-il déclaré jeudi soir., .Mme Simone Veil, un de ses plus importants ministres et son directeur de campagne, a toutefois reconnu que cette baisse constituait «un ap|x*l à une forte mobilisation».M.Balladur fait depuis le début février l’expérience de la difficulté à être à la fois candidat et chef du gouvernement sa candidature a grandement pâti de ses actes en tant que premier ministre quand il a retiré sous la pression de la rue, un texte de réforme universitaire, ou quand il a paru couvrir son ministre de l’intérieur Charles Pasqua, empêtré dans une sombre affaires d’écoutes téléphoniques illicites.Son entrée en campagne a profondément déçu: la présentation de son programme, le 18 janvier, a été brocardée comme ennuyeuse, peu susceptible d’emporter l’adhésion des Français et pour tout dire indigne d’un candidat à la présidence de la république.En outre, selon les politologues des instituts de sondages, ses partisans ont commis l’erreur de pilonner à longueur d’intervention radiotélévisées le programme présenté par M.Chirac, le chiffrant à des niveaux tellement astronomiques qu’ils en perdaient toute crédibilité, mais surtout lui donnant une publicité inespérée.Selon Philippe Méchet.directeur de l’institut louis Harris.«les attaques des balladuriens sur le programme de M.Chirac nuisent à leurs auteurs car on parle plus du programme du maire de Paris que de celui du premier ministre».Dans le camp de M.Chirac on estime que l’heure est à la prudence.Le ministre des Affaires étrangères.Alain Juppé, un des principaux lieutenants de M.Chirac a mis en garde vendredi contre «un triomphalisme prématuré».cé en termes à peine voilés le laxisme des autorités.Plus virulent, le rédacteur en chef et éditorialiste de la Nezavissimaia Gazeta, Vitali Tretiakov, a dénoncé l’emprise du monde du crime sur le pouvoir actuel.L’hypothèse la plus couramment retenue par la presse est celle d’un crime crapuleux lié au monde des finances et de la publicité.En décidant de geler provisoirement la vente des espaces publicitaires de la chaîne dont il devait bientôt prendre la tête, Vladislav Listiev menaçait directement un marché pour le moins lucratif.Les quotidiens les plus libéraux vont plus loin encore en n’excluant pas l’hypothèse d’une provocation organisée par le pouvoir lui-même, pour prendre des mesures extrêmes sous couvert de lutte contre le crime organisé.«Le pouvoir a aujourd’hui toute latitude pour vérifier de fond en comble, «dans l’intérêt de l’enquête«, les comptes de la chaîne d’Ostankino — ce qui était auparavant pratiquement impossible — et placer ainsi la première chaîne sous son contrôle», affirmaient les Izvestia.«Ce scénario pourrait également connaître de nouveaux développements, avec la publication d’un décret autorisant les autorités à prendre toutes sortes de mesures pour renforcer la lutte contre le crime organisé.Cela pourrait aller jusqu’à l’imposition de l’état d’urgence, le rétablissement de la censure et, finalement, l’ajournement du calendrier électoral», poursuivait le quotidien.A l’appui de cette hypothèse, certains éditorialistes ont souligné l’apologie de la «main de fer» faite jeudi par le président Boris Eltsine dans son discours impromptu devant les employés d’Ostankino.E N ?LES EXCLUS DU BRESIL Brasilia (AFP) — Dans une brochure illustrée de 31 pages publiée cette semaine, la Conférence brésilienne des évêques catholiques (CNBB) rappelle que les exclus sont légion dans ce pays: «Celui qui est sans argent ne compte pas pour le marché et n’a pas l’opportunité» de s'en sortir, disent les évêques qui avancent le chiffre de 64,5 millions de Brésiliens (14,4 millions de familles) vivant dans la pauvreté absolue, de 23 millions de ciutoyens privés de tous soins médicaux et d'environ 500 000 jeunes dans les réseaux de prostitution.Le documemt évoque les 130 000 détenus dans des prisons conçues pour en accueillir la moitié.me d’affaires devait ou non non être placé en liquidation judiciaire et, par ce biais, inéligible.«Quel est le ca- ' deau que je demande?D’être jugé • sur la réalité des chiffres.Pouvoir payer mes dettes dans les délais qu’on accorde à tout le monde», a ex-'' horté Bernard Tapie.Et de se tourner vers les avocats du Crédit Lyonnais et de leur imputer «une même volonté de me rendre surtout, avant tout et essentiellement inéligible».MEURTRE D'UN DÉPUTÉ HAÏTIEN Port-au-Prince (Reuter) — U* corps d’un député haïtien tué par balles a été retrouvé hier dans une rue de la capitale Port-au-Prince, a déclaré le porte-paj-ole de la municipalité.Le meurtre d’Eric Lamothe remonte à jeudi soir.Ce dernier, âgé de 50 ans, était membre du Front national pour le changement et la démocratie, mouvement politique qui avait porté au pouvoir le président Jean-Bertrand Aristide en 1990.Propriétaire d’une station radio q Fort liberté dans le nord du pays, Eric Lamothe comptait se présenter aux élections sénatoriales du 4 juin.Son corps a été retrouvé dans son véhicule, garé dans une rue près de terrains d’entraînement utilisés par la nouvelle force de police haïtienne.UE: ACCORD AVEC LA TURQUIE Paris (Reuter) — U France, prési- ' dente en exercice de l’Union européenne, a annoncé hier qu’un accord avait été trouvé entre la Grèce et ses partenaires européens afin de permettre dès 1996 la création d’une union douanière avec la Turquie.«Cet accord permettra la tenue du conseil d’association avec la Turquie lundi 6 mars en fin de journée», a déclaré un porte-parole français à Paris.«La présidence française de l’Union européenne a déployé tous ses efforts pour parvenir à ce résultat qui a fait l’objet de négociations difficiles et qui doit être entériné lors du conseil affaires générales, lundi», a-t-on ajouté de même source.«LAISSEZ-MOI UNE CHANCE», DIT TAPIE Paris (Reuter) — Les avocats de Bernard Tapie, du Crédit Lyonnais, de l’administration fiscale et des mandataires judiciaires ont ferraillé pendant plus de quatre heures devant la Chambre commerciale de la Cour d’appel de Paris pour savoir si l’hom- LA BELGIQUE INTERDIT LES MINES Bruxelles (AFP) — Les députés belges ont voté, jeudi, à l’unanimité un projet de loi interdisant la fabrication, l’acquisition et la vente de mines antiperspnnelles.La Belgique est le premier Etat à adopter une législation aussi sévère en la matière.Chaque mois, plus de 800 personnes meurent dans le monde et des milliers d’autres sont mutilées suite à l’explosion de ces mines.Depuis 1991, la Belgique ne fabrique plus de mines antipersonnelles mais dispose d’un important stock de 340 000 en- , gins gardé par l’armée belge, a-t-on appris auprès du sénat belge.¦.¦.Du nouveau à Montréal : une ligne aérienne qui vous oiire les fartls les plus bas qui soient.Et dès le 15 mars, cette ligne aérienne vous propose deux vols quotidiens sans escale pour Washington, D.C.Aussi, des correspondances pratiques aux mêmes tarifs avantageux pour Atlanta et Miami.Il y a maintenant à Montréal une ligne aérienne super économique.En effet, le 15 mars 1995, Valujet inaugure un service quotidien sans escale par jet DC-9 à destination de l’aéroport international de Dulles à Washington, D.C.Et tous les sièges de tous les vols vous sont offerts à seulement 79 S pour tous les vols effectués d’ici le 31 mars 1995.Après cette date, vous pourrez encore profiter des mêmes bas tarifs, à condition d’acheter vos billets à l’avance.Vous trouverez aussi des correspondances pratiques pour Atlanta et Miami à partir de Washington.D.C.Et contrairement à d’autres compagnies, Valujet n’exige jamais un aller-retour, ni nuitée du samedi.Vous pouvez réserver dès le 5 mars 1995.Pour renseignements et réservations, composez le 1800 VALUJET (1800 825-8538).fs v çflNS ESCALE & Vâlujel LIGNES AÉRIENNES ATLANTA/ CHICAGO/COLLMBLS DALLAS-FT WORTH DETROIT/FORT L\l IDERDALE/FORT M)ERS HARTFORD-SPRINGFIEID/INDIANAPOLIS fACKSONVELE/LOLUSV1LLE MEMPHIS/MIAMI MONTRÉAL/NASHVILLE/NEW ORLEANS/ORLANDO PHILADELPHIE/ RALEIGH-DL RHAM SAVANNAH TAMPA WASHINGTON.D.C./WEST PALM BEACH.WASHINGTON.DC.(DULLES) 70$ A” Pour ions les sièges et sur tous les mis jusqu'au 31 niais 1995.ATLANTA 139* 164s 189’ 21 jouis ~puis Au à l’avance à l'avance comptoir MIAMI 149* «4* 199* 21 purs 7purs Au à l’avance à l'avance comptoir L E I) E V 0 I II , L E S S A M E I) I 4 E T I) I M A N C II E 5 M A R S I 9 !) 5 A 8 EDITORIAL Les pensions en question * Jean-Robert Sansfaçon Un chapitre du budget Martin est presque passé inaperçu malgré ses implications considérables, c’est celui qui parle des pensions de vieillesse.Contre toute attente, l’actuel gouvernement libéral s’apprête à mettre la hache dans le régime.uiconque sait lire aura compris qu’Ottawa annonce la fin prochaine du régime de sécurité pour la vieillesse que nous connaissons depuis des décennies.Le motif, c’est la dette, cette huitième plaie d’Égypte dont certains continuent de nier qu’elle fasse planer une grave menace sur le pays.Il existe une grande confusion dans l’opinion publique concernant les régimes de sécurité de la vieillesse.De quoi est-il question?Le régime canadien, et québécois, est fait de pièces qui s’ajoutent les unes aux autres et s'influencent parfois pour donner, en bout de ligne, un revenu de retraite très variable.Jusqu’à ce que les conservateurs écorchent le principe dé l’universalité des pensions en reprenant une petite partie des prestations versées aux contribuables plus fortunés, tout individu marié ou célibataire, riche ou pauvre, avait droit à un montant de base du Régime de sécurité de là vieillesse (fédéral).Ce montant est aujourd’hui de 4647$ pour toute personne qui gagne moins de 53 000$ par année, un peu moins par la suite.C’est ce qu’on appelle communément «la pension de vieillesse».Comme il s’agit d’une somme très modeste, nettement insuffisante, Ottawa y ajoute un Supplément de revenu garanti, dont les prestations peuvent atteindre 5560$ par année pour une personne seule et 7200$ pour un couple sans revenus.Âu total, une personne seule et sans autres revenus recevra 10 167$, un couple 16500$.•Cette année, Ottawa prévoit verser 20 milliards$ en pensions de vieillesse, un montant qui doit augmenter de 60% d’ici 15 ans.Cet argent n’est pas tiré d’un fonds accumulé au fil des ans, il provient bêtement des impôts de l’année en cours, comme n’importe quelle autre dépense.' En plus de la pension de vieillesse, les retraités ayant participé pendant leur vie active au Régime des rentes du.Québec (RRQ), ou son jumeau canadien le RPC, recevront une rente annuelle pouvant atteindre un maximum de 8328$ par participant, selon le nombre d’années travaillées et le salaire gagné.Une femme à la maison n’y a "donc pas droit, pas plus qu’un travailleur au noir, par exemple.-i-Même s’il s’agit d’un régime public, il ne coûte rien au gouvernement.Employés et employeurs y versent cha-curiTéquivalent de 2,7% du salaire brut (5,4% au total), jusqu’au maximun annuel de 850$ atteint à 31 500$ de salaire brut •À’cause du vieillissement de la population, des contri-btitibns réduites pendant la récession et de l’explosion inappliquée du nombre de retraités prématurément pour cause d'invalidité, on prévoit devoir bientôt doubler, puis tripler les cotisations.Prestation de sécurité de la vieillesse, supplément de revenu garanti et rente de la RRQ réunis procurent un revenu maximum de 14 300$ à une personne sans REER nifrégime de retraite privé.Pour un couple dont un seul cdhjoint a travaillé au cours de sa vie active, le montant 9bra de 20 670$, et pour un couple dont les deux cqnjoints ont travaillé, le total passera à 26 000$.|Puis, il y a les régimes d’entreprise, dont ceux offerts dans la fonction publique qui garantissent jusqu’à 80% du salaire de fin de carrière, incluant la rente du RRQ.Finalement, pour remplacer ou compléter les régimes d’entreprise, il y a les REER dans lesquels il faut avoir versé 18% de son salaire chaque année pendant 35 ans pour obtenir une rente équivalente à 70% de son salaire.D’un minimum de 10 000$ accordé par le Régime fédéral de sécurité de la vieillesse, une personne seule peut donc voir ses revenus de retraite atteindre l’équivalent de son plein salaire pour le reste de son existence si elle a contribué à tous ces régimes.Ce portrait tracé, voyons ce que nous prépare Ottawa.Dans son budget, M.Martin annonce trois décisions: la première, c’est l’examen prochain du problème de l’épuisement du fonds accumulé par les travailleurs dans le RRQ-RPC.Pas question de toucher à cet argent qui ne lui appartint pas, mais plutôt hausser sensiblement les cotisations, peut-être même repousser l’âge de la retraite et réduire les prestations pourtant très basses (maximum de 8300$ par année).Va pour une telle révision avant qu’il ne soit trop tard.Mais il faudrait y ajouter une analyse détaillée de la hausse aussi soudaine que coûteuse du nombre de demandeurs de prestations prématurées pour invalidité.Assisterions-nous à l’apparition d’un syndrome de l'invalidité comme réponse au chômage?Le RRQ n’est ni une caisse d’assurance-chômage, ni la CSST.La seconde décision fédérale est plus importante parce qu’elle annonce une réforme en profondeur des fameuses pensions de vieillesse.Nous n’en connaissons pour l’instant que les principes, mais ils disent beaucoup: dès 1997, c’en sera fini des prestations de base pour tous, quel que soit son revenu.Le montant ne sera plus le même pour tous, mais calculé selon le revenu total des conjoints, les plus pauvres recevant davantage que maintenant, les plus riches rien.Que signifie le mot riche?La réponse dépendra du prochain plan de compressions budgétaires.Plutôt que d’être à la base de la pyramide des revenus de retraite comme par le passé, la pension de vieillesse deviendrait une sorte d’aide sociale.Plus qu’une réforme, c’est presque une révolution pour ce pays.Toute logique qu’elle paraisse à première vue, une telle orientation ne peut être prise à la légère.Qu’on pense seulement aux ménagères qui n’ont aucune source de revenu de retraite, pas même le RRQ.Qu’on pense encore aux travailleurs au noir qui auraient droit à une rente généreuse pour le reste de leurs jours, ou à tous ceux qui auraient choisi de ne pas contribuer à un REER en sachant qu’une pension les attend de toute façon.Pas simple, tout cela.La troisième décision d’Ottawa vient boucler la boucle.En annonçant un gel suivi d’une hausse progressive du plafond de contributions aux REER le gouvernement semble avoir fait son choix: la retraite sera une affaire exclusivement privée, l’État n’étant là que pour aider les moins fortunés.Conservateurs ou libéraux, même combat! Si c’est là la politique de M.Chrétien, pourquoi l’avoir si longtemps cachée?Et qu’entend-on faire pour harmoniser les différents régimes et permettre aux travailleurs de transporter leurs bénéfices de retraite d’un employeur à l’autre, sans être pénalisés?Les décisions qu’on semble prendre en catimini sont graves.Elles touchent tous les Canadiens.Ottawa doit réfléchir à leurs conséquences avant d’agir.Plus qu’une réforme, c’est presque une révolution pour ce pays.I Le dernier tabou du Québec A(i Québec, on peut parler de cul, d’inceste, de sida, de légalisation des cfrogues, d’homosexualité, d’avortement, de suicide et quoi encore: d’analphabétisme chronique de nos cégépiens qui ne font pas la différen-ce eritre Réjean Ducharme et Michel Tournier ou entre Victor-Lévy Beau-lieu et Bernard-Henri Lévy?'Que reste-t-il donc?La confession-nalité des structures de l’école.¦Qui alimente le débat?Le ministre Garon.Attention, on le traitera de démagogue.;Çette question est le dernier tabou du Québec et refuser d’en parler, c’est refuser d’étendre le débat démocratique.;Ah oui! c’est vrai, l’Église catholique n’est pas démocratique; c’est le pape lui-même quj le dit ït les autres Églises?Et les citoyens ordinaires qui ne vont pas voter?Ont-ils d’ailleurs droit au chapitre?Robert Bisaillon du Conseil supérieur de l’éducation a-t-il pensé greffer à son Conseil un comité laie?•Est-ce que la définition de ce que doit être l’école publique québécoise relève uniquement des comités catholiques et protestants?Cette définition n’est-elle pas la responsabilité dç l’ensemble des usagers de l’école eCdes citoyens de ce pays?Et ces usagers ont-ils un interlocuteur valable?Certainement pas les commissaires.Ils sont élus pour la plupart par des initiés, pour ne pas dire des intégristes.T’Etat.par l’intermédiaire de son mjnistre?Mais l’État est-il neutre sur cette.question?ri TÉtat n’est pas neutre, il n’est surtout pas laie.On s’en rend compte LETTRES -?- tout de suite quand on voit le crucifix au-dessus du siège du président de l’Assemblée nationale à Québec, il y a encore un long chemin à faire.Le dernier tabou du .Québec: laïciser les structures de l’État, les inscrire dans le préambule de la future Constitution et surtout, arrêter d’en parler en vase clos.Réal Gingras Outremont, 14 février 1995 Le mépris du conquérant Joseph J.Dudzak (Le Devoir, 8 février 1995) tente d’analyser «les motifs qui incitent si peu de Canadiens anglais à épouser la cause souverainiste»: ils aiment le Canada; ils sont de culture et d’éducation différentes; il leur est très difficile de comprendre la souveraineté; ils perçoivent mal la société québécoise et encore moins bien son nationalisme; ils ne comprennent pas la légitimité du désir d’une communauté d’affirmer distinctement sa personnalité.En effet, ce n’est pas pour rien que Hugh MacLennan a choisi Two Solitudes pour le titre de son célèbre roman.Mais, à lire le reste de l’exposé de M.Dudzak, je doute qu’il ait lu Us Canadiens français de 1760 à nos jours de Mason Wade — le plus grand des historiens du Canada français — parce qu’il ne va pas a la cause profonde du -mur» qui sépare les deux solitudes.En lisant Mason Wade, on comprend que ce mur est fait du mépris du conquérant pour le conquis; du protestant pour îe priest-ridden French Canadian, de l’exploitant pour la main-d’œuvre a bon marché, et pour ceux des Canadiens français qui s’of-frent pour la diriger.Une autre cause importante de l’incompréhension des Anglo-Québécois au sujet de la souveraineté, consiste en la situation de privilège qu’ils ont réalisée, par la conquête et ses suites.Grâce à leur domination, ils ont pu se fabriquer une niche (par exemple Westmount, et les salaires les plus élevés du Canada; un système d’éducation et d’universités) qui fait l’envie des gens de Saint-Henri, et de bien d’autres.On ne peut leur demander de vouloir abandonner tout cela, mais on peut leur demander de s’exprimer franchement.Jean-R.Beaudry Terrebonne, 8 février 1995 Le vote des immigrants Après les propos que j’ai tenus au sujet des immigrants, devant la Commission des aînés, j’ai reçu quelques remarques favorables, d’autres défavorables.Quoi qu’il en soit, je maintiens que le vote des immigrants risque d’être injuste à notre égard.Quand depuis plus de 200 ans nous rêvons de nous bâtir un pays, je refuse que des gens qui ne connaissent rien à notre histoire puissent bafouer notre espoir de devenir souverains.On me parle de démocratie.Justement.Ce que je trouverais antidémocratique, c’est qu’un petit groupe puisse s’opposer à la volonté d’un plus grand nombre.Et ce ne sont pas du tout des propos racistes.Au contraire.Tous ces gens sont bienvenus et la plupart nous apportent beaucoup par leur travail et leurs investissements.Mais dans ce cas précis, je trouve qu’ils n’ont pas Unir place.Raymond Lévesque 1/mguruil, 22 février 1995 A'y U DES JôüEÜ^S 4x\ VrtEJAT "DEMETS \JEULEkJT QUYtTEJR REQUIRE \Z% NJEULEVJT -RESTER DMAS CèGXhPE.Vrt/CAs M /sAtAEVJT VAvS DEFïER.6 ÔOOEURb SU H A- V/EOVJEKJT ÊTRE TmRÎG-ÉS PAP.DEVERS \)EULEkJr ¦PEWERS QUITTE- UÉQUÎPE.TÆ LES T>TrÂ6€.R SôVJT DES StflVJEUX.t(L~5 * fè ÿÉL faites vos choix Trois scénarios, quatre variantes: i—î) u cours des deux pro- A chaînes semaines, le gouvernement Parizeau va devoir négocier le plus important virage de sa u==^=!l jeune histoire.Peu importe la décision qu’il prendra, son avenir dépend en bonne partie de la finesse et de l’ouverture qu’il saura manifester à cette occasion.Un premier choix s’offre à lui, celui d’accepter ou non le scénario qu’on a laissé se construire et qui est devenu avec les semaines le scénario de référence.C’est le scénario de la «pédale au plancher», selon l’expression de Guy Laforest.Cela veut dire un référendum en juin comportant sensiblement la même question que le laisse entendre l’avant-projet de loi.Ce scénario n’a plus beaucoup d’adeptes, mais il ne faudra pas le rejeter pour la simple raison que tout le monde trouve à redire sur l’une ou l’autre de ses composantes.Il ne faudra pas non plus l’accepter sous prétexte de s’en tenir à son plan de match initial et qu’il est temps de réveiller les Québécois.Une variante de ce scénario consiste à conserver la même question, mais à reporter le référendum en septembre ou même plus tard à l’automne.Cette option n’est valable que si le gouvernement possède un plan détaillé de ce qu’il compte faire au cours des prochains mois.Mais à bien y penser, ce scénario ne tient pas.Effectivement, si le gouvernement a besoin de trois mois de plus, c’est parce qu’il aura décidé de modifier considérablement son approche.Dans un tel cas, l’idée d’attendre à l’automne pour ramener exactement la même question et la même démarche que celles prévues en décembre dernier n’a aucun sens.Oublions ce scénario: si la question demeure la même, le référendum devrait avoir lieu en juin.Selon les différentes interprétations possibles, trois autres scénarios demeurent, dont celui de remettre la consultation à l’année prochaine ou même ultérieurement.Ce scénario-là est tout aussi improbable que le précédent, à moins que le gouvernement ne signale d’ores et déjà son intention de modifier son DANIEL LATOUCHE ?projet sur le fond.Oublions cela.Rien ne justifierait en effet qu’il le fasse.Il reste, après ce décompte, deux scénarios qui tous incluent des modifications à la question prévue en décembre dernier.D’abord, M.Parizeau peut décider de conserver sensiblement la même question, c’est-à-dire une référence explicite à l’avant-projet de loi et à la souveraineté, mais d’apporter des modifications aux autres articles du projet de loi.C’est le scénario de la page blanche enfin complétée.Certaines de ces modifications pourraient être substantielles.Par exemple, cela fait toute la différence que d’inclure ou non une référence à la langue française dans la Loi sur la souveraineté.Mais aucune de ces différences ne pourra changer l’économie générale du texte et toutes les modifications de cette nature seront jugées secondaires.Ce serait une perte de temps pour M.Parizeau, et surtout une perte de crédibilité, que de tenter de faire croire que certaines choses ont changé alors que sur l’essentiel tout est demeuré pareil.A mon avis, c’est le scénario-catastrophe par excellence.Le gouvernement entreprendrait alors la campagne référendaire avec, en plus, la tâche d’expliquer qu’il a tenu compte de l’opinion populaire, mais sans vraiment en tenir compte.Advenant des modifications plus substantielles au projet de loi, celles-ci devront non seulement être faites sur le fond, mais aussi en donner toute l’apparence.Le changement devra être visible à l’œil nu et être de la même ampleur que celui auquel on assista en 1979 alors que le gouvernement passa finalement d’une question portant sur la souveraineté-association à une autre portant sur le mandat de négocier.Cette question n’était probablement pas la bonne puisqu’elle n’a pas permis au Québec d’avancer.Mais on ne me fera jamais croire que cette formulation était semblable à toutes les autres.A l’époque, tous les analystes et tous les participants, M.Parizeau le premier, étaient convaincus que le gouvernement avait modifié son approche.Seule une modification de cette envergure serait acceptable et constitue le dernier scénario envisageable.Les possibilités sont cependant nombreuses et le gouvernement a l’embarras du choix.Encore ici, trois grandes avenues sont possibles.Il peut modifier l’esprit même du référendum et choisir îa voie que lui propose Mario Dumont.Les nombreuses variantes de cette aventure se ressemblent en ce sens qu’elles font du référendum un outil pour établir les préférences des Québécois.Une deuxième avenue consiste à lier l’option de la souveraineté à une négociation avec le reste du Canada.Si on veut éviter d’en revenir au mandat de négocier de 1980, il faudra avoir obtenu au préalable des instructions quant à l’orientation de ces négociations, ce qui nous ramène à la solution précédente.Une troisième et dernière avenue consiste à adopter carrément sinon la lettre, du moins l’esprit de la position de l’Action démocratique, c’est-à-dire faire ratifier par la population une loi d’orientation constitutionnelle où la souveraineté cesse d’être un objectif final pour devenir le point de départ d’une nouvelle relation avec le Canada.Certains pourront appeler cette nouvelle relation une nouvelle constitution, d’autres une relation d’égal à égal, un nouveau partenariat ou même une nouvelle union fédérale.Ce serait précisément la beauté de l’affaire.En effet, pourquoi faudrait-il qu’un référendum portant sur la souveraineté ne porte que sur celle-ci?Il y a tant de choses sur lesquelles on est en droit de se prononcer, entre autres la nature de nos relations futures avec le Canada.Si on ne le fait pas, ce sont les Canadiens qui vont ie faire à notre place.Trois grands scénarios, quatre variantes possibles.Faites vos choix.À PROPOS .de langue Un peu plus du tiers (37%) des francophones du Québec résident en 1991 dans la région métropolitaine de Montréal, les trois quarts (76%) des anglophones, 2% des autochtones et 93% des allophones.Parmi les autres régions métropolitaines de recensement, c’est la région de Hull qui regroupe, après Montréal, le plus d’allophones (9640), suivie de celle de Québec (8445), de celle de Sherbrooke (3065), de celle de Trois-Rivières (930) et, enfin, de celle de Chi- et de villes coutimi-Jonquière (640).Les allophones constituent 17% de la population de la région métropolitaine de Montréal (514 145 personnes).Dans les autres régions métropolitaines, ce poids varie d’un peu plus de 4% (Hull) à 0,4% (Chicoutimi-Jonquière).Statistiques et indicateurs, n" 7, Gouvernement du Québec.LE DEVOIR FONDÉ FAR HENRI B0DRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSON,NETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur délégué à F administration FRANÇOIS TII0 11 IN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEEER Rédacteur en chef adjoint JEAN ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, rue de Blcnry, 9e étage, Montréal (Québec) USA 3MO.Tel.: (51 4) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS L K I) E V 0 I \\ .I.E S S A M E I) 1 I E T I) I M A N (' Il E 5 M A R S I !) I» 5 IDÉES Mexique Du lyrisme facile Un texte sur la «faiblesse du pouvoir» tient davantage du pamphlet que de l’analyse d’un gouvernement en place depuis à peine 100 jours SANDRA FUENTES Ambassadeur du Mexique a dissertation de Roger Magi-ni, dans Le Devoir du 22 février dernier, confirme les talents littéraires de l’auteur.Cet intéressant exercice de style tient cependant davantage du pamphlet que de l’analyse.La démarche qui est la sienne pour faire le bilan d’un gouvernement — en place depuis à peine 100 jours — à coups de calembours et d’hispanismes, nous paraît fallacieuse.Face à un chef d’Etat qui prône le franc-parler et le consensus, on se serait attendu à un exercice plus responsable.Alors que le gouvernement mexicain abandonne les archétypes, faut-il que la critique se cantonne dans les clichés?Roger Magini réussit un tour de force paradoxal: grâce à lui, la langue de bois change de camp et s’installe chez les penseurs.La description qu’il fait du président et des institutions est un amalgame d’élucubrations gratuites.Le pouvoir absolu qu’il attribue au président Zedillo n’existe que dans son imagination, de même que la loi de la jungle n’existe que dans l’esprit des penseurs ethnocentristes qui, comme M.Magini, cherchent avidement des peuples opprimés pour leur imposer la «mission civilisatrice» napoléonienne.Une lecture plus fidèle et, surtout, moins stéréotypée de la situation aurait certes permis de mentionner les «ficelles» du PRI, mais pour en évoquer la rupture et souligner la formation d’un nouveau tissu politique.Si l’on parlait de cordon, il fallait parler de sevrage.Car on n’avait jamais vu, au Mexique, le président s’entretenir avec le représentant du parti d’opposition PRD (Parti de la révolution institutionnelle), PAN (Parti d’action nationale) et PRD poser ensemble les jalons d’une nouvelle donnée démocratique, grâce à un accord signé le 18 janvier.Il ne faudrait pas sous-estimer ces accomplissements, réalisés en moins de trois mois, et cela, clans une conjoncture on nç pourrait plus difficile.La victoire du PAN dans l’État de Jalisco, le 13 février dernier, n’a nullement été contestée.On a beau chercher une critique constructive de la part de M.Magini, on ne trouve que la thèse désuète de l’éternel complot des hauts lieux de la politique et de la finance, unis dans le dessein machiavélique de soumettre les peuples, autochtones en particulier.Du côté des bons: la révolte indienne.On se permettra de sourire face à une telle simplification.Les instigateurs de la rébellion zapatiste n’appartiennent d’ailleurs pas aux «ethnies» mentionnées par l’auteur, comme en témoignent l’identité et le curriculum de Rafael Sebastian Gillen, alias Marcos.Et si les caches d’armes présentent un intérêt, c’est moins par leur envergure que par leur emplacement géographique: situées à environ 1000 kilo- Alors que le gouvernement mexicain abandonne les archétypes, faut-il que la critique se cantonne dans les clichés?mètres de la forêt lacandonne, elles permettent de mesurer la véritable portée de l’organisation dont les intérêts se situent au delà des frontières du Chiapas.L’AZLN n’est pas l’émanation des communautés indiennes.Pas plus qu’elle n’est le porte-parole de la société civile qui souhaite, dans son énorme majorité, une évolution pacifique (vers la démocratie).Enfin, puisque l’auteur soulève le problème de la bonne foi des parties, ces caches d’armes ne viennent-elles pas contredire ce qu’il présente comme une constante disposition à la négociation de l’AZLN?A cet égard, il serait bon de rappeler que, le 19 décembre dernier, les rebelles avaient rompu le cessez-le-feu.Il est par ailleurs inexact de présenter la situation actuelle comme un déclenchement des hostilités de la part du gouvernement et de faire croire au lecteur que des colonnes de chars s’acheminent vers le Chiapas pour mettre à feu et à sang les teiri-toires en conflit.Il conviendrait de ramener les faits à leur juste mesure.D’abord, il ne s’agit pas d’un cessez-le-feu unilatéral ou d’une offensive militaire, mais de deux mesures précises: l’émission d’un mandat d’arrêt contre les dirigeants zapatistes et le rétablissement pacifique de l’Etat de droit, qu’il revient à n’importe quel président d’assurer.L’armée mexicaine se limite strictement à l’obtention de ces deux objectifs précis.La population chiapanèque, interrogée par la presse internationale, a elle-même démenti les rumeurs de violence et de bombardements.L’armée assure plutôt des fonctions de convoi médical: elle est moins préoccupée de belligérance que de vivres et de santé.Nous ferons également remarquer à M.Magini que le gouvernement — qu’il accuse de ne pas entendre les «oubliés» du Chiapas — n’a de cesse de rappeler qu’il reconnaît les causes sociales et légitimes du conflit et entend s’y attaquer résolument.La meilleure preuve de la bonne volonté du gouvernement a été donnée par la démission du gouverneur de Chiapas, Eduardo Robledo, le 14 février dernier.Mais tant qu’il existe une situation de belligérance, n’importe quel effort sera vain.M.Magini se trompe en se représentant le président Zedillo — qui ne fume pas et ne boit pas non plus — pensant à son avenir.On ne perd pas le sommeil à cause d’un article mal fondé et tendancieux, mais plutôt devant la responsabilité de satisfaire les demandes de plus de 90 millions de Mexicains que l’auteur semble ignorer délibérément.Signalons que le Mexique est ouvert aux critiques lorsqu’elles sont étayées d’une argumentation solide et objective.Personne, dans notre pays, ne prétend que «tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes».Cette position serait absurde.Nous avons besoin, plus que jamais, de porter un regard lucide sur nous-mêmes.Nous le faisons.Mais, lorsque le lyrisme facile l’emporte sur l’analyse et balaie de quelques phrases les efforts, non pas seulement d’un gouvernement, mais de millions de citoyens, les représentants du Mexique ne peuvent que s’en indigner.m Le président mexicain Ernesto Zedillo.La médecine de Beauchemin Considérant la vision étroite du pays que propose l’écrivain, le problème serait de choisir entre la souffrance sans issue et l’euthanasie A GILLES MCMILLAN Étudiant au doctorat, Université McGill Auteur d’une étude sur Les enfantômes de Réjean Duchame, publiée ces jours-ci à l’Hexagone.la lecture du texte d’Yves Beauchemin publié dans Le Devoir du 23 février dernier, on peut constater que la perspicacité et la générosité historiques dont le romancier cherche à faire preuve sont douteuses, de même que les conséquences politiques qu’il en tire.Comme tous les individus coulés dans l’être national, visionnaires et généreux, Yves Beauchemin est investi d’un savoir tranquille et univoque sur l’histoire du Québec, d’un savoir qui fait jaillir de Port-Royal toute la lumière nécessaire pour jeter un éclairage cru sur notre existence misérable: c’est la faute aux Anglais! Depuis la Conquête, dont les conséquences sociohistoriques sont désastreuses, écrit-il sereinement, c’est la faute aux Anglais! A ce coupable, Beauchemin découvre un complice de taille cependant: la vaste majorité des Québécois ignorante de son histoire, hésitante à adhérer à la stratégie référendaire menée par le PQ.Aussi, comme tous les êtres généreux investis d un savoir, Yves Beauchemin voudrait-il «changer un peu les Québécois», leur enseigner sa version de l'histoire pour qu’ils pensent et agissent enfin comme lui.Pour être mobilisateur, le schéma de Beauchemin est manichéen à outrance.Il tombe dans la propagande la plus bête au mépris de l’histoire que l'écrivain dit pratiquer, et de Yhomo quebecencis lui-même, celui-là qu’on dit de souche et dans l’intérêt duquel Yves Beauchemin prétend œuvrer.C’est un trait caractéristique du nationalisme autoritaire d’avoir toujours considéré l’ambivalence identitaire et politique des Québécois comme une tare, une faiblesse, un manque de courage politique.Oh paradoxe! C’est ce discours réducteur qui fait probablement le plus grand tort à tout projet de maturité politique dans cette région de l’Amérique du Nord où s’affrontent différentes versions de l’histoire et de la société, et qui prétendent toutes à la légitimité.Devant cette problématique, deux attitudes s'offrent: la confrontation, auquel cas toute réponse catégorique entraine le rejet immédiat non seulement par 1 autre, mais par le même, ou une recherche patiente et ouverte qui passe (Kir un travail réel sur la mémoire, sur l’histoire et sur les enjeux socio-économiques d aujourd hui: travail qui risque de susciter des solidarités plus larges et moins crispées sur soi.la lecture que fait Yves Beauchemin de 1 histoire emprunte davantage au mythe des origines construit par l'idéo- logie ultramontaine (Dumont, Fernand, 1994) qu’à une conception dialectique de l’histoire posant, et de façon problématique comme il était possible de le faire à Parti pris, la question de la souveraineté dans un contexte sociopolitique sensiblement plus large.Il n’est pas vain de rappeler que l’idéologie ultramontaine — dominante jusqu’au milieu des années 30 —, en méprisant l’exercice du commerce et du politique a contribué à maintenir les Canadiens français en position de faiblesse dans un champ d’activités vitales pour la société — vitales, soit dit en passant, pour le développement de la langue et de la culture —, tout en renforçant la bonne conscience de l’élite catholique dans son ressentiment contre l’Anglais, acteur démonisé, représentant de la modernité, et contre le matérialisme sous toutes ses formes, surtout contre la pensée dialectique (Bélanger, André-J., 1978) — qui eût été fatale à la conception figée, réifiée de l’histoire.La thèse même de Beauchemin, voulant que la Conquête soit la cause principale d’une supposée catastrophe historique, thèse issue de l’histoire de François-Xavier Gameau, ne va pas de soi.Le «drame» pourrait moins se situer du côté de la Conquête que du repli orchestré par cette fameu- PHOTO JACQUES GRENIER Yves Beauchemin se idéologie ultramontaine à la suite de la défaite de la Rébellion de 1837 (Weinmann, Heinz, 1987), dans un univers d’idylliques traditions et de messianisme vertueux.Ces nombreuses objections à la thèse de Beauchemin ne dénient pas l’importance historique de la Conquête, mais la relativisent en la confrontant à d’autres facteurs.Fait capital, elles montrent que toute entrave au plein exercice du politique n’est pas la faute de l'autre, comme le voudrait l’argument le plus pernicieux du nationalisme québécois.Enfin, ces recherches suggèrent qu’il ne faut pas confondre propagande et histoire.En s’appuyant sur des arguments passéistes et identitaires, le discours nationaliste, assumé ici par Beauchemin, constitue une régression par rapport à une vision dynamique de l’histoire qui tarde, allez savoir pourquoi, à se foire entendre dans ce débat référendaire.Un ouvrage aperçu cependant, mais paru au Canada anglais, situe les échecs du fédéralisme canadien dans la crise des social-démpcraties.Selon ce point de vue, des petits États souverains, comme le proposent le PQ et le Bloc québécois, pourraient constituer des alternatives valables (Antony Westell, 1995).Par rapport à cette hypothèse, le discours nationaliste aurait besoin d’un sérieux changement d'aiguillage, d’une critique radicale de toute son argumentation pour faire en sorte que l’autre ne soit plus le coupable, mais le partenaire irréductible, même s’il est en rapport problématique avec la quête d’une cohésion culturelle ouverte.C’est un processus sensiblement plus long et plus complexe que de reformuler une question, plus réaliste et moins méprisant que de vouloir changer les Québécois, peu efficace sur le plan de la stratégie à court terme, mais qui seul peut fonder une saisie du politique en ce pays (différent du pragmatisme technocratique et économiste).Ce processus permettrait d’acquérir simultanément un savoir précieux sur la contingence et l'inachèvement.Porté vers une analogie organiciste.Beauchemin écrit: «Entre la peur de l’opération et la peur de la mort, tous les patients savent choisir.Encore faut-il leur présenter le diagnostic.» Considérant la médecine de Beauchemin et la vision étroite du pays qu’il propose, le problème serait, quant à moi.de choisir entre la souffrance sans issue et l’euthanasie.Le choix porte essentiellement sur une question de croyance qui prétend néanmoins joindre la science à l'action.Le discours nationaliste constitue une régression par rapport à une vision dynamique de l’histoire.PHOTO ARCHIVES A 9 Non à Pindécence Les compressions frappent des aînés pour la plupart incapables de se défendre ¦ « « « HUBERT DE RAVINEL Écrivain, retraité actif auprès • des groupes du troisième âge : " (i——jl écemment, la Régie régio- Rnale de Montréal, une extension du ministère de la Santé et des Services so-) ciaux du Québec, se pro- n_.i posait d’amputer de 11,5,.millions$ les budgets de centres de soins prolongés pour personnes âgées dont la moyenne d’âge se situe autour de 85 ans.Une compression parmi tant d’autres actuelles et à venir?Non, un coup de couteau, jusqu’à l’os.Une mesure qui se veut administrativement efficace mais qui frappe avant tout des êtres humains, pour la plupart incapables de se défendre, incapables de manifester à Québec ou ailleurs.Nos parents ou grands-parents, qui ont lutté avec l’énergie du désespoir pour pouvoir finir leurs jours chez eux.Aujourd’hui, ils doivent être hébergées dans ces grands établissements, lieux à la fois de frustration et de tendresse.Frustration, parce que la vie quotidienne y est collective, planifiée, souvent ennuyante.Tendresse, paire que les intervenants s’efforcent en général de s’acquitter avec compétence et cœur de tâches très dévalorisées: laver les personnes, changer les couches, soigner, donner à manger, sourire, consoler des êtres qui passent souvent des années à deux ou même à quatre par chambre.Ces résidents âgés subissent depuis longtemps la meurtrissure humiliante des compressions.Le personnel n’est pas épargné, car sa tâche augmente régulièrement.Tous sont agressés par des cadences excessives qui ne respectent la dignité ni des travailleurs, ni des résidents.Aujourd’hui, on coupe encore.Parce qu’ils coûtent trop cher, ces gens dont le quotidien est tissé de souffrances et d’attentes: attentes des visiteurs trop rares, des familles parfois extraordinairement présentes, le plus souvent inexplicablement absentes.Les responsables de ces mesures administrent des budgets, mais ont-ils déjà serré dans leurs bras ces êtres qui ne demandent qu’une seule chose: un lieu de confort, un peu de plaisir, un peu de dignité et beaucoup de tendresse?Cela demande de l’argent, cet argent qu’on veut diminuer par souci de rationaliser et d’économiser.On n’étrangle pas, avec les meilleures excuses au monde, ceux et celles qui pourraient être nos parents et nos grands-parents.On ne fait pas injustement payer ceux et celles qui, comme nous, rêvent de mobilité et d’activités mais se trouvent confinés dans leur chambre jusqu’à la mort.Non, tout cela est indécent, il faut refuser l’inacceptable, il faut dire non à l’indécence.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes: à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, I ouis La-pierre (adjoint au directeur de l'information), Konrad Yakabuski; Jean-Pierre Legault (res-ponsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme); Martin Dudos et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette (livres), Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Benoit Munger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, | Claude Turcotte; à l’information interna- | 1 tionale: Jocelyn Coulon (responsable), | ; François Brousseau (éditorialiste), Antoine D Char, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à | l’information politique: Pierre O’Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa).Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel | Venne (correspondant parlementaire à Québec); Serge Chapleau (caricaturiste); à l’information sportive: Yves d’Avignon; Déni- | se Babin.Marie-Claude Petit (commis), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Serge Laplante (Québec) .Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice), Yves Williams (superviseur.Avis publics et annonces classées).Jacqueline Avril, Daniel Barbeau, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslai-ne Côté, Marlène Côté.Sylvie Hanna, Christiane Legault, Suzanne Miscevic, Jacques A Nadeau, Micheline Ruelland, Monique Ver-reault (publicitaires); Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon; Michèle Bouchard (secrétaire).L’ADMINISTRATION Henry Riedl, c.m.a.(contrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy.Jean-Guy Lacas.Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross, Linda Thériault (adjointe à l'administration).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice).Johanne Brien (secrétaire).Manon Blanchette, Monique L'Heureux, Use Lachapelle.Rachelle Leclerc-Ven-ne.LA PROMOTION ET LES RELATIONS PUBLIQUES Guv-Renaud Kirouac (directeur).Chrystian Guy (supeniseur à la promotion des abonnements).LA PRODUCTION Marie-France Turgeon (directrice de la production), Jean Lemay (directeur adjoint.production et informatique).Johanne Brunet.Danielle Can tara.Richard DesCor-miers.Caroline des Rosiers.Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hudon.Sylvain Lesage, Michèle Malenfant.Christiane Vaillant Christian Vien.Olivier Zuida.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Marcel Couture (président).IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président et directeur général). A 10 I.E I) E V 0 I It , I.E S S A M E I) I I E T I) I M A N C II E 5 M A It S I !) I) 5 -» Llï «-—- ACTUALITES MASSE Une expérience fascinante et enrichissante SUITE DE LA PAGE 1 société, en ce que de plus en plus d’intervenants sont venus y réclamer que l’avant-projet de loi comprenne la Constitution du pays et la Charte des droits.Pour lui, c’est là que se situe la principale différence avec le débat référendaire de 1980.A l’époque la discussion portait sur l’opportunité de se donner un pays.Cette fois-ci, les gens se sont interrogés sur le «pourquoi faire» du pays.«Le pays est devenu un instrument et non plus une fin.La fin, c’est maintenant le projet de société.Le pourquoi faire est devenu une force.» Cette expérience a été pour Marcel Masse fascinante et enrichissante.Un exercice qu'il a observé d’un œil nationaliste, il en convient.D’ailleurs, son cheminement des trente dernières années témoigne de son penchant pour la québécitude.Très tôt, il s’est identifié au courant nationaliste québécois.Dès le début des années 60, il a œuvré au sein de l’association du R1N de Joliette, dont il est originaire.Il a été le plus jeune président de la Société Saint-Jean-Baptiste de ce diocèse.Elu pour la première fois à l’Assemblée nationale sous la bannière de l’Union nationale que dirigeait à l’époque Daniel Johnson père, il a été réélu en 1970.Au sein du gouvernement unioniste, il a été minjstre de la Fonction publique, puis ministre délégué à l’Éducation.En 1969, il a voté en faveur de la controversée loi 63, qui conférait un nouveau statut au français dans l’enseignement.Acquis à la thèse des deux nations mise de l’avant par le chef conservateur Robert Stanfield, il a rejoint les bleus et a été candidat défait en 1974 et en 1979 dans Labelle.De retour au pays d’un séjour en Afrique, il a répondu à l’appel de Brian Mulroney et s’est fait élire député de Frontenac en 1984.Au sein de ce gouvernement, il a dirigé, tour à tour les ministères des Communications, de l’Énergie et de la Défense.Il y a fait des vagues en exigeant des plus hauts fonctionnaires qu’ils communiquent avec lui en français.Chaud partisan de l’accord du lac Meech, il a adhéré à contrecœur à l’accord de Charlottetown.«J’ai fait une campagne très molo.» Aujourd’hui, âgé de 58 ans, Marcel Masse est de retour dans le secteur privé, à titre de vice-président du Centre de formation et de consultation en gestion des ressources humaines (CFC).Est-il plus ou moins souverainiste qu’avant?«Je suis beaucoup plus lucide», répond-il.Et quand viendra le référendum, se branchera-t-il en faveur de la souveraineté?«S’il n’y a que le statu quo sur la table, je voterai OUI».Et il ne voit pas par quel revirement les fédéralistes pourraient se décider à offrir unç alternative au statu quo.A l’écouter discourir sur l’avenir du pays, on se rend bien compte que son lit est fait en faveur de la souveraineté.Il trouve bien naïfs ces nationalistes mous qui croient encore qu’il vaudrait la peine de tenter un nouvel effort de réconciliation avec le Canada anglais, en offrant de rebâtir le pays sur le concept des deux nations.Il lui paraît évident que le gouvernement fédéral n’en voudra jamais et qu’il est là uniquement pour servir les intérêts du Canada anglais.D’abord réticent à livrer son état d’âme, sa prudence a finalement cédé à l’insistance des questions.«Voter NON, c’est voter en faveur du statu quo.Et il y a des conséquences au statu quo.Il faut que les gens sachent ce que ça représente pour leur projet de société et leur avenir.Le Canada anglais va dire: votre projet de société, il est bien sympathique, mais on a le nôtre.Choisir le statu quo, c’est choisir la minorisation.» De ces audiences, Marcel Masse a retenu d’autres leçons.Ainsi, il a constaté que les nationalistes francophones sont plus ouverts, plus accueillants, qu’ils souhaitent que leur vision de l’avenir politique du Québec soit davantage partagée par les communautés culturelles.D’autre part, il a identifié une volonté de réciprocité.Si les groupes institutionnels comme le Congrès juif continuent d’avoir recours à la langue de bois, il est soulagé d’avoir entendu des propos plus «rafraîchissants» de la part des «spontanés», comme ces jeunes anglophones qui ont suggéré d’abolir l’école anglaise afin de se sentir Québécois à part entière.Il en retient également qu’il faudrait absolument faire un débat public sur les qualités de la Charte des droits, qui a été imposée de haut, sans consultations et sans référendum.«En démocratie, il faut savoir où se situe la Charte par rapport au Parlement.Si on continue, on va atomiser le citoyen en individu défendu par des groupes d’intérêts.On nie l’influence du sens collectif sur le sens individuel.» La Commission régionale de Montréal mettra un terme demain à ses travaux par la tenue d’un «super-forum», qui fournira à tous les simples citoyens l’occasion de se défouler au micro.Elle a reçu à ce jour 678 mémoires et entendu 259 présentations.Elle dévoilera ses conclusions la semaine prochaine et soumettra quelques jours plus tard son rapport au secrétariat national des commissions.GODIN SUITE DE LA PAGE I la pièce Le Visiteur au Rideau Vert, il est enfermé chez lui, occupé à lire et relire son texte.Trop occupé pour nous parler?Allons donc.Trois minutes après avoir laissé un message sur son répondeur.«Bonjour, c’est Jacques Godin, vous m’avez appelé?» «Avez-vous regardé TVA dimanche soir?» «Non.» «60 chiots gravement malades et déshydratés sont en train de mourir dans de minuscules cages d’acier d’un pet shop de Laval.Ceux qui sont morts sont enveloppés dans des sacs de ppubelle et jetés aux ordures.» «Écoute, j’ai une générale ce soir.Mais la semaine prochaine, donne-moi un coup de fil, je vais appeler deux ou trois gars et on va essayer de faire quelque chose.» Normalement, Jacques Godin aurait dû raccrocher le téléphone à ce moment-là, recommencer à mémoriser ses répliques, puis filer au théâtre.Ce n’est pas ce qu’il a fait «Récemment, un ami m’a parlé ! d’un reportage qu’il a vu à la télé sur 'un petit chien.Son maître était parti faire des courses et l’avait laissé dehors, la laisse enroulée autour d’un poteau.As-tu entendu parler de ça?» «Non, pourquoi?» «Quand le gars est revenu, il a retrouvé son chien la peau arrachée.» Il a passé une heure à nous raconter des histoires du genre.Une heure à donner des titres d’ouvrages, à refiler des adresses et des numéros de téléphone d’individus «encore plus au courant que moi de ce qui se fait de plus écœurant».Une heure à rager.Et la pièce qui commence dans.Bien sûr qu’il déplore le danger de disparition de la SPCA «Mais qu’est-ce que je peux faire de plus?Les gens n’ont rien à foutre du sort des animaux maltraités.» Godin est devenu végétarien.Parce qu’il était dégoûté par tant de cruauté.Il n’est pas masochiste, mais lit tout sur le sujet Sans jamais chercher à comprendre.«Parce qu’il n’y a absolument rien à comprendre.» Il veut juste savoir.Savoir jusqu’où l’insensibilité peut aller.«Tourner certaines pages, voir ces images, ça me fait mal.Physiquement ça me heurte.Mais je n’ai pas le droit de me cacher, de faire semblant que ça n’existe pas.Même pour me protéger.Certains individus sont déments.Il faut que je les affronte.» Certains aiment tellement leurs petits animaux qu’ils leur confection- nent des petits lainages l’hiver.D’autres, par contre, les frappent à coups de pelle ou partent trois semaines en vacances sans les nourrir.H y a trois ans, un cinéaste français avait présenté aux téléspectateurs le petit Rico.Rico était un lapin dont les yeux avaient été arrosés d’acide durant 12 heures afin de permettre à deux chercheurs d’une compagnie de cosmétiques de savoir à quel moment précis les orbites du lapin commenceraient à fondre.Ils l’ont su.En Corée, explique Jacques Godin, dans certains marchés publics, les chiens sont pendus vivants sous les yeux de la clientèle.L’idée est de montrer que la chaire est tendre.Beaucoup plus raffinés, d’autres commerçants de la région enfoncent une boîte de conserve sur la gueule du chien — pour l’empêcher de japper — avant de le balancer sur une table, les pattes d’en avant solidement ficelées dans le dos.La bête peut demeurer dans cette position pendant des heures.Elle est délivrée de son sort quand le portefeuille de l’amateur s’ouvre sur le comptoir.On lui tranche alors la gorge.C’est Jacques Godin qui rparle.Il y a quelques années, M.Godin est allé chercher un collie dans un laboratoire d’une compagnie pharmaceutique.Le laboratoire en question allait bientôt fermer et plutôt que d’envoyer les animaux à la chambre à gaz (des chiots, des chats), quelqu’un a demandé à Jacques Godin s’il désirait en adopter.Il a ramené un collie.«Il a passé six mois derrière une porte de ma maison.C’était une bête magnifique, mais complètement perdue.Malgré les soins, l’affection et la présence d’autres animaux, elle demeurait terrorisée.J’ai dû la faire tuer.» Il y avait aussi un labrador dans le lot «Avec une cicatrice d’un pied de long sur le crâne.» Il y avait aussi une petite chienne.«Tellement hystérique, se rappelle Godin, qu’elle déféquait partout lorsqu’on l’a sortie de sa cage.» Traumatisés à jamais, tous ses animaux ont dû être gazés.Plus près de nous, hier, sur la rue Sainte-Catherine, le propriétaire d’un salon de tatouage en mal de publicité exhibait dans sa vitrine deux pythons: deux pythons en train d’avaler lentement un lapin vivant dans une cage de verre.«Rien d’illégal là-dedans», dit un policier, quelques rues plus loin.«Vrai, ajoute un inspecteur de la SPCA: la cage est assez grande pour que le python se déplace sans problème.» PHOTO JACQUES NADEAU Azriel, à droite, est propriétaire d’un salon de tatouage sis au 1002, rue Sainte-Catherine Est à Montréal.Pour attirer la clientèle, il donne des lapins à ses pythons qui, normalement, les dévorent en public dans une cage installée dans sa vitrine.' 'Cl ’ La bactérie fait d'autres ravages Montréal (PC) — La bactérie «mangeuse de chair» aurait fait deux victimes au sein d’une même famille de Saint-Hubert, au sud de Montréal, au cours des derniers jours.Une femme d’une trentaine d’années est morte d’une infection pulmonaire causée par le streptocoque du groupe A le 23 février, deux jours après son hospitalisation à l’hôpital Charles-Lemoyne, tandis que sa mère, une sexagénaire, est décédée le 2 mars, 24 heures après son admission à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal.Les deux femmes vivaient dans le même immeuble, mais dans des appartements séparés.Des observations préliminaires laissent croire à la Direction de la santé publique de la Montérégie que les deux femmes ont été atteintes par la même bactérie.SONDAGE Charest et Duceppe réagissent SUITE DE LA PAGE 1 Les résultats du sondage CROP-L’actualité reposent j sur 624 entretiens téléphoniques réalisés au début de ;i janvier, soit un mois avant le début des audiences des Commissions régionales sur l’avenir du Québec.La marge d’erreur du sondage est de plus ou moins 3,9 %, 19 ¦ fois sur 20.Selon L’actualité, «une bonne partie de la population semble devenue imperméable aux scénarios catastrophiques» advenant la souveraineté.61 % des répondants croient que la souveraineté entraînerait ou un gain personnel pour eux ou aurait un impact neutre sur leurs vies personnelles.Plus de Québécois pensent qu’à long terme la souveraineté aurait un impact positif (45 %) sur l’économie québécoise que le contraire (35 %).Ils estiment en général que les effets positifs l’emporteraient sur les effets négatifs de la souveraineté en ce qui g trait aux échanges économiques avec le Canada et les États-Unis, et au niveau de vie des Québécois.Les craintes se manifestent seulement en ce qui concerne les relations avec le reste du Canada et le niveau d’endettement d’un Québec souverain.«Les appréhensions chez les anglophones sont très \ fortes», a fait remarquer hier le professeur Pierre Drouilly, un expert dans l’analyse du vote non francophone.«Ce qui veut dire que le taux d’inquiétude serait encore plus faible chez les francophones.» Presque le quart des répondants estiment qu’il est ; «très» ou «assez» possible qu’ils quittent le Québec adve- ; nant la souveraineté, ce qui entraînerait un exode beaucoup plus important que celui qui a suivi la première victoire du Parti québécois en 1976.Mais, ajoute M.Drouilly, «entre une déclaration comme ça et la réalité, il y a toute une marge».Décidément, de toutes les données du sondage, il semble que ce soit celle sur un nouvel exode possible qui ait suscité le plus de scepticisme hier.«Il faut prendre tout cela avec une certaine réserve» a affirmé le whip du Bloc québécois, Gilles Duceppe.Même le chef conservateur, Jean Charest, s’est interrogé sur l’utilité d’une telle question.«Il y a un élément artificiel à ces questions-là.On pose des hypothèses et les gens pensent à des scénarios qui ne sont pas des scénarios de tous les jours» a-t-il dit dans une entrevue accordé à la Presse canadienne.La vaste majorité des Québécois, souverainistes et fédéralistes confondus, manifestent un attachement pour ! le Canada.78 % préféreraient garder leur citoyenneté canadienne advenant la souveraineté, alors que 73 % ; croient qu’une association économique serait essentielle au succès d’un Québec souverain.Cette dernière donnée confirme l’importance que les Québécois accordent au maintien d’un marché commun avec le Canada comme l’a reconnu cette semaine le vice-premier ministre Bernard Landry en laissant entendre que la question référendaire pourrait être modifiée à cet effet.Enfin, plus de la moitié des Québécois croient que le Canada accepterait de négocier avec le Québec les modalités de la séparation, quoiqu’ils reconnaissent que de telles discussions risqueraient d’être longues et douloureuses.%mm yy/y/.'.y.y/.f avec t n Bureau dimanche TELEVISIONS PUBLIQUES : AJUSTEZ VOS APPAREILS ! L'avenir s'annonce difficile pour les télévisions publiques.Radio-Canada et Radio-Québec ont fait les frais des compressions budgétaires de nos gouvernements cette semaine.C'en était trop pour le président de Radio-Canada, Anthony Manera, qui préférait se faire hara-kiri plutôt que de gérer la décroissance de la télévision d'état.Obligée de suivre une diète sévère, la télévision publique se voit dans l'obligation de revoir son plan d'affaires, de faire une autre télévision.Des représentants du milieu de la télé nous parleront des défis qui guettent plus particulièrement Radio-Québec et Radio-Canada dans ce contexte de crise budgétaire.COMPRESSIONS À RETARDEMENT Plusieurs se sont écriés «OUF !» au lendemain du budget d'austérité présenté cette semaine par le ministre des Finances Paul Martin.Mais pourra-t-on de nouveau soupirer d'aise au lendemain du budget du ministre des finances du Québec, Jean Campeau ?Avec un manque à gagner de 765 millions de dollars en paiements de transferts destinés au Québec pour l'année 1996-1997 uniquement, il est permis de craindre que les Québécois pourraient se faire refiler une note plus que salée.Le pire est-il à venir ?Paul Martin sera à L'ÉVÉNEMENT pour défendre ses choix tandis que Jean Campeau fera part de ses inquiétudes et des conséquences du budget Martin sur les finances publiques du Québec.en collaboration avec LE DEVOIR PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514) 985 3344 ANNONCES CLASSÉES (514)985 3344 PUBLICITÉ (514) 985-3399 / télécopieur (514)985 3 390 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800 363 0305 SERVI DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 Extérieur (sens frais) 1 800 463-7559 LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 A 16H30 2050.RUE DE BLEURY.9E ÉTAGE.MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985 3333 les oiaéros de téléphone siinats sont niables pair le serrice de lirraisoa per caaelol el pour les abmeaeets postais D1C
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