Le devoir, 20 janvier 1995, Page(s) complémentaire(s)
?FONDE EN 1910 ?LE DEVOIR V'o 1 .IX X XVI - No I (» ?M O N T R, K A I, , I.E V E N 1) R E I) I 2 0 ,1 A N V I E R I !) !) 5 (i f> c T I' S T V Q / T o r o n I o 8 5c Christian R ioux PERSPECTIVES Une potion qu’il faut avaler Donné gagnant depuis des mois, Edouard Balladur a fini par s’imposer comme le candidat universel, une sorte de potion miracle dont personne ne raffole, mais qu’on est convaincu de devoir avaler.opime s’il avait déjà installé ses pénates à l’Elysée, c’est sous les lambris et les lustres du bureau de son ancien patron, le président Geoçges Pompidou, que le premier ministre Edouard Balladur a choisi d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle française.Complet sombre, mine confite, port de tête rigide, l’homme lisait son texte sans conviction.L’événement était tellement sans surprise que la chaîne de télévision France 2 avait choisi pour le commenter, non pas un politologue, mais un conseiller en communications et un.psychanalyste.Il faut dire que ce qui passioqne la France depuis un an n’est pas tant de savoir si Edouard Balladur sera candidat mais bien le récit de ses amours tumultueuses avec l’autre candidat de la droite, Jacques Chirac, chef du RPR et maire de Paris.Quand Edouard Balladur a-t-il rompu le pacte qui le liait à celui qui l’a ramené à la politique en 1980, en a fait son conseiller personnel et lui a ouvert les portes de Matignon?Voilà la question qui passionne les médias, qui ont consacré hier une partie de leurs pages à tenter de percer l’énigme de celui qui avait promis en 1990 de ne jamais être candidat.«L’amitié, cela n’existe pas en politique», avait dit le premier ministre dès septembre 1993.Pour le reste, l’élection présidentielle semble pour l’instant avoir été confisquée par les instituts de sondage qui auscultent le cœur et les , reins des Français.Donné gagnant depuis des mois, Edouard Balladur a fini par s’imposer comme le candidat universel, une sorte de potion miracle dont personne ne raffole, mais qu’on est convaincu de devoir avaler.Alors que 30 % des électeurs sont sûrs de voter pour lui, que 46 % souhaitaient la semaine dernière qu’il se lance dans la course présidentielle et que 59 % ont l’intention de voter contre un candidat socialiste fantôme, le premier ministre est donné gagnant par 70 % de la population.C’est l’effet boule de neige.Un sondage en amplifie un autre qui fait grossir le suivant.Jusqu’à ce que personne n’ose plus contester l’évidence matraquée à coups de pourcentages.Un peu comme si on déclarait le OUI gagnant au référendum québécois puisque les sondages montrent depuis longtemps qu’une majorité de Québécois est convaincue que l’in-ev sj dépendance se fera un jour.Edouard Balladur s’applique les jeux d’ailleurs à surfer sur l’opinion, reti-1 rant un projet de loi, modifiant une po-n’étaient sition chaque fois que celle-ci lui est défavorable.Sans oublier qu’il joue de-pas faits?puis des mois à ne pas être candidat, envoyant plutôt ses ministres les plus influents au combat.Tous ceux qui ont appliqué la recette inverse se sont retrouvés sur des voies d’évitement.Que ce soit l’ancien «candidat naturel de la gauche», Michel Rocard, mort au champ de bataille des élections européennes, ou Jacques Chirac, qui entame sa troisième présidentielle comme un coureur essoufflé avant même d’avoir posé les pieds sur les blocs de dé-parf.Edouard Balladur a sur tous les autres candidats plusieurs longueurs d’avance.Il apparaît surtout comme le seul candidat au-dessus des partis et de ce qu’il nomme dédaigneusement «la politique».Avec ses airs de marquis qui achète ses chaussettes à Rome et ses complets à Londres, il canalise les voies de la droite profonde et arrive premier chez les retraités, les artisans, les cadres supérieurs et les catholiques.Mais Edouard Balladur a beau être le seul premier ministre à avoir conservé si longtemps une majorité d’opinions favorables, les Français sont loin d’être emballés par ses réalisations, disent les mêmes sondages.Et si les jeux n’étaient pas faits?Avec au moins cinq candidats à droite et probablement plus à gauche, il serait téméraire d’annoncer les résultats à trois mois de l’élection.D’autant plus que la gquche, qui oscille entre Lionel Jospin (ex-ministre de l’Éducation), Jack Lang (ex-mi-nistre de la Culture) et Henri Emmanuelli (secrétaire du Parti socialiste), n’a pas encore choisi son candidat.Il n’a fallu que quelques semaines en décembre pour hisser le président de la Commission européenne Jacques Delors au premier rang des sondages.A droite, un duel Chirac-Balladur au second tour n’est pas exclu.Où se rangeraient alors les électeurs de Jean-Marie Le Pen et Philippe de Millier?Sans oublier qu’un candidat comme Raymond Barre, qui chasse sur les mêmes terres centristes que Balladur, pourrait venir troubler le jeu.Les sondages peuvent être trompeurs, expliquait récemment l’anthropologue Emmanuel Todd.«Les gens des classes moyennes ont à tout moment une opinion Sur tout.(.) Les sondages d’opinion, lancés sur tout et n’importe quoi (.), donnent donc l’opinion des classes moyennes.La campagne électorale fait entrer les milieux populaires dans le jeu politique (.) Son effet est de faire passer du suffrage censitaire au suffrage uni-vérsel.» Voilà pourquoi, quoi qu’on dise, les campagnes électorales servent encore à quelque chose.INDEX Agenda.B7 Avis publics.B9 Classées.A6 Culture.B9 Économie.A8 Éditorial.AlO Le monde.A7 Mots croisés.A6 Les sports.B6 Visas.B4 MÉTÉO Montréal Nuageux.Pluie ou verglas en soirée.Max: 3 Québec Nuageux.Vent du nord-est de 20 à 40 km/h.Max:-1 Détails en A 6 POLITIQUE Grey et Taylor disent non au PQ PAGE A 2 i LE MONDE rr "i 11' • a Mea-culpa P\ -y Jf des autorités japonaises Kü&, «S PAGE A 7 CULTURE Pas chiche, le Cabrel PAGEA 12 Le drapeau russe flotte sur Grozny Les Tchétchènes ne s'avouent pas vaincus même si Eltsine déclare les opérations militaires terminées D’APRES REUTER ET AFP Grozny — Après trois semaines de bombardements et de furieux combats dans la capitale tchétchène, l’armée russe s’est finalement emparée, hier, du palais présidentiel de Grozny.Mais les Tchétchènes ont fait savoir qu’ils ne s’avouaient pas vaincus, même si Boris Eltsine déclare la phase militaire des opérations russes en Tchétchénie «terminée».Les soldats russes ont hissé leur drapeau sur le palais que les combattants tchétchènes avaient, selon leurs propres dires, quitté dans la nuit de mercredi à jeudi.Les soldats russes ont immédiatement commencé à déminer le bâtiment, symbole de la résistance tchétchène depuis l’intervention russe dans leur pays, le 11 décembre.On ignore cependant ce que sont devenus les soldats russes qui y étaient retenus prisonniers.Le palais présidentiel est perdu pour les indépendantistes tchétchènes qui ont dû transférer leur état-major un kilomètre plus loin.Mais leur résistance n’est pas vaincue et l’artillerie russe continuait hier soir à arroser Grozny d’obus.Les tirs redoublaient d’ailleurs d’intensité hier vers 21h sur la capitale tchétchène.Les déflagrations déchi- raient la nuit et les éclairs zébraient le ciel, visibles à duc kilomètres du centre.«Les combats se poursuivent autour du dépôt près de la gare ferroviaire, à côté du marché.Là, nous n’avons pas cédé de terrain et nous avons même progressé par VOIR PAGE A 12: GROZNY VOIR AUSSI EN PAGES A 7 CTA 10 ¦ Eltsine dresse le bilan du conflit ¦ L’éditorial de François Brousseau r«
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