Le devoir, 31 décembre 1994, Page(s) complémentaire(s)
[" 19 10 F 0 N I) E : a Vol.LXXXV - No 304 ?MO NT U K A I., LES SAMEDI 3 1 DÉC E M 15 R E 19 91 ET DIMANCHE I111 .1 A N V I E K I 9 9 !ï 3 CA III EK S 1.3 O S + Tl* S T VQ LES ARTS Stéphane Laporte promet un Bye Bye endiablé PAGE A-5 ZjËJs L\u2019ÉDITORIAL Une morale de l'immédiat, par Lise Bissonnette PAGE A 6 L'ÉCONOMIE L'an un de l\u2019ALENA PAGE B 1 ?LES ACTUALITÉS L'année qui s'achève en photos PAGE A 4 PERSPECTIVES Bâille, bâille 94 Qu\u2019on ne s\u2019y méprenne pas: le titre de cette chronique est délibérément racoleur.L\u2019année qui s\u2019achève aura été tout sauf soporifique au Parlement du Canada, malgré sa réputation d\u2019enceinte qui accouche de pas grand-chose.Mais dans le meilleur pays du monde, qu\u2019y a-t-il d\u2019autre à faire que de chercher la bibitte?C-e fut, à plus d\u2019un égard, le monde à l\u2019envers.Qui eût cru que des séparatistes certifiés feraient de la sauvegarde d\u2019un collège militaire le plus rocambolesque et interminable débat de l\u2019année?Que le chef du Parti conservateur, accusé de lèse-dictionnaire pour son «astucieux» médiévisme sémantique, exalterait les vertus de la souveraineté partagée (avec trait d\u2019union)?Que Preston Manning, le leader en rupture de banquette avec les us de l\u2019élite, finirait par s\u2019asseoir dans la première rangée?Personne n\u2019aurait cru ça.Tout comme personne n\u2019aurait cru qu\u2019on allait entrer de plain-pied, au moment même où on peut se remettre à écrire «anticonstitution-nellement» sans le faire exprès, dans l\u2019ère du fédéralisme flexible avec la signature de 54 ententes fé-dérales-provinciales, ce qui représente 23 affaires de plus que les 31 gains de Charlottetown de douce mémoire, et si ce n\u2019est pas encore la substance de Meech Plus, on pourra toujours se consoler à la pensée que le statu quo évolue.Et auriez-vous soupçonné que 1994 aux Communes serait aussi l\u2019occasion d\u2019explorer les formes les plus avancées de l\u2019activité discursive?Que l\u2019on aurait droit à ces envolées?L\u2019apostrophe: «Payez maintenant!» de Lucien Bouchard brandissant la preuve que Brian Mulroney s\u2019était engagé verbalement à rembourser le Québec pour le référendum de 1992.La philosophie de la relativité: «Le passé est plus long que le présent» de Lucien Bouchard encore, qui voulait savoir si on avait déjà espionné le mouvement 1 Jean IJion ?souverainiste.L\u2019aveu candide: «Tout le monde fait des erreurs mineures; moi-même, j\u2019en fais à tout bout de champ» de Jean Chrétien, dans la foulée de l\u2019affaire Dupuy.La récupération rhétorique: «Je me sens de plus en plus confortable» de Michel Dupuy, assailli par les journalistes après que l\u2019opposition eut réclamé 112 fois sa démission.La haute culture: le ministre John Manley qui parvient à traiter Michel Gauthier d\u2019«idiot» en citant Shakespeare dans le texte.Mais dans cette grande capitale aux 295 membres où on n\u2019a pas besoin de timbre pour adresser une issue, fût-elle académique, la langue de che\u2019 nous est parfois malmenée.N\u2019est-ce pas Doug Young que le président \u2014 pardon, l\u2019orateur \u2014 Gilbert Parent a désigné comme «l\u2019honorable ministre de la Transportation»?N\u2019est-ce pas la ministre Diane Marleau qui a commencé une réponse par: «En tant que nouvelles techniques de reproduction, nous croyons que.»?Et n\u2019est-ce pas le premier ministre lui-même qui a servi ce bijou: «Monsieur le président, je me suis informé auprès de l\u2019ambassade des Etats-Unis, du Canada aux Etats-Unis, et M.King-Kong avait (rires) \u2014 de toute façon vous savez de qui je veux parler \u2014 M.Coon-Come a fait un discours devant un auditoire et puis c\u2019était un débat où il y avait des représentants du Québec, ou du Canada ailleurs, qui ont débattu ces propos, l\u2019autre côté de la médaille a été donné publiquement à ce moment-là et comme il s\u2019agissait d\u2019un débat, ben les faits ont été rectifiés par les citoyens qui étaient là, invités par un groupe d\u2019universitaires, alors l\u2019ambassade a pas cru qu\u2019il devait intervenir.Dans, qu\u2019est-ce vous voulez, où des opinions sont émises partout au Canada, comme je disais hier, j\u2019ai été souvent été la victime de la part de gens que je connais très bien, que je vois même dans mon comté, d\u2019abus de mots que je n\u2019aimais pas beaucoup mais dans, mais dans une démocratie il faut vivre ça et j\u2019ai vu que le premier ministre Parizeau qui aurait été accusé s\u2019est défendu et plus loin le chef indien a dit qu\u2019il ne voulait pas attribuer ces propos à monsieur Parizeau, il a fait une rectification suivant les informations».?Mais puisqu\u2019il est toujours injuste de transcrire in extern) des propos tenus de vive voix, passons sur ces entorses et rendons quelques hommages en terminant.Persévérance: Yvan Loubier, porte-parole du Bloc en matière de Finances, qui a demandé au moins 100 fois à Paul Martin de promettre de ne pas hausser les taxes et impôts.Stoïcisme: Paul Martin, qui a répondu au moins 100 fois à Yvan Loubier d\u2019attendre le budget.Curiosité: la quinzaine de journalistes qui se sont agglutinés autour d\u2019un homme, dans le foyer des Communes, et l\u2019ont questionné pendant deux minutes sans savoir qui c\u2019était.Voilà.Bonne année, du succès dans vos consultations et le paradis fiscal à la fin de vos jours! INDEX Agenda.C6 Arts publies.B5 Classées.Bâ Culture.CI Économie.B1 Éditorial.A6 Le monde.B6 Mots croisés.BS Ijcs sports.B8 M É TÉO Montréal Ennuagcnicnt puis neige légère.Dimanche: neige.Max: - 5 Québec Ciel variable.Max:-6 Détails en B 8 r ¦ * ¦ ¦ KOI wutmËi Sophie et Félix se joignent à l\u2019équipe du Devoir pour souhaiter une bonne année à tous ses lecteurs.PHOTO JACQUES NADEAU * - * f M La reprise s\u2019est fait sentir dans le commerce en 1994 L\u2019année qui commence paraît moins prometteuse Le vent est porteur d\u2019emplois L\u2019énergie éolienne 4\" aurait un bon potentiel économique au Québec JEAN CHARTIER LE DEVOIR Le commerce de Noël a donné une ultime poussée à une année par ailleurs satisfaisante.Il s\u2019est amplifié de 5 à 7 % durant les deux semaines précédant Noël et le phénomène s\u2019est poursuivi les deux jours après Noël.Au total, l\u2019année 1994 affiche aussi une progression de l\u2019ordre de 5 à 7 % par rapport à 1993.Telle est du moins l\u2019évaluation préliminaire faite hier par le président du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), Me Gaston Lafleur.Toutefois \u2014 c\u2019est la mauvaise nouvelle \u2014 l\u2019année 1995 connaîtra une faible progression du commerce, car le budget fédéral aura un impact négatif sur les revenus disponibles des ménages, prévoit Me Lafleur.Jumelé à la hausse des taux d\u2019intérêt, le budget bloquera toute reprise du commerce au-delà d\u2019une avancée de 3,5 % ou 4 %.L\u2019activité récente confirme qu\u2019on vit une reprise économique mais elle n\u2019est pas aussi vive qu\u2019au sortir des récessions précédentes, en 1982 et en 1974.lu reprise est là, présente, mais la TPS demeure un élément de freinage.Le seuil de résistance à la TPS et à la TVQ n\u2019est plus aussi aigu qu\u2019en 1990 lors de l\u2019introduction de ces mesures fiscales mais celles-ci restent en suspens.On se demande au Conseil québécois du commerce quelle position le gouvernement prendra dans les prochains mois.Avant son élection en octobre 1993, Jean Chrétien avait promis d\u2019abolir la TPS et après son élection il avait précisé qu\u2019il le ferait avant deux ans.Il lui reste donc neuf mois pour honorer sa promesse.On voit encore des commerçants afficher la mise enü'e parenthèses de la TPS comme stratégie de marketing, souligne VOIR PAGE A 8: REPRISE LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR L> Association canadienne de l\u2019énergie r éolienne (ACEE) estime que ses membres pourraient répondre de façon concurrentielle à la moitié des besoins prévisibles en électricité au Québec au cours de la prochaine décennie, en y produisant environ 200 MW par an.C\u2019est ce qu\u2019affirme un document produit par cette association, intitulé Perspectives sur la technologie éolienne, récemment rendu public.Pour l\u2019ACÉE, si le Québec devait s\u2019engager dans la filière éolienne avec des projets suffisamment intéressants, de grands manufacturiers internationaux, qu\u2019elle ne nomme pas, pourraient rapidement créer ici des usines et des emplois car une production de 200 MW par an justifierait la construction d\u2019usines.Produire 200 MW par an au Québec y créerait un marché oscillant entre 100 et 150 millions $ par an.Une partie importante des bénéfices iraient aux régions éloignées, qui hériteraient des parcs d\u2019appareils.Le deuxième effet de cette stratégie, indique le rapport de l\u2019ACEE, c\u2019est que la présence d\u2019une ou deux usines au Québec ferait fléchir les prix et le coût de revient des projets, ce qui rendrait encore plus concurrentielle cette forme d\u2019énergie.Un des motifs principaux des grandes sociétés internationales, qui lorgnent vers le Québec, c\u2019est son énorme potentiel éolien, évalué à 25 000 MW.Ce potentiel correspond à plus de la moitié de celui du Canada entier.Les côtes québécoises, comme celles des baies de James et d\u2019Hudson, ainsi que les côtes de la Gaspé-sie et de la Côte-Nord, subissent des vents d\u2019une rare constance et d\u2019une exceptionnelle puissance, soit pour la plupart au-dessus de 25 km/h.Le marché mondial de l\u2019éolien est évalué par cette association à 10 000 CAVh (gi-gawatts/heure).Celui de l\u2019Amérique s\u2019élève à 2400 et celui de l\u2019Europe à 2300 GWh.Le Canada a un potentiel de 100 GWh.La Californie et le Danemark, les deux endroits dans le monde où se concentrent l\u2019essentiel des éoliennes, ne sont pas des endroits particulièrement venteux.En réalité, note le rapport de l\u2019ACEE, les progrès technologiques dans le domaine éolien permettent maintenant d\u2019exploiter de façon concurrentielle des plages de vent jusqu\u2019ici peu intéressantes VOIR PAGE A 8: VENT Le Devoir ne sera pas publié le lundi 2 janvier 1995 Le cinéma français se fait cher Les distributeurs québécois se livrent une concurrence où les enchères montent en flèche ODILE TREMBLAY LE DEVOIR CJI est Cyrano de Jean-Paul Rappeneau qui a ouvert le bal.Au cours des années 80, dans ses pires cauchemars, aucun distributeur québécois n\u2019aurait pensé débourser plus de 100 000 $ pour les droits de distribution d\u2019un film français.Mais allez renoncer à Gérard Depardieu en train de décliner la tirade du nez, tous alexandrins au vent! Pas besoin d\u2019avoir le pif du sieur de Bergerac pour flairer le succès de salle dans l\u2019adaptation de la pièce de Rostand.Chez les gros distributeurs québécois, les enchères ont monté en flèche.CFP a remporté la cagnotte pour 150 (XX) $.Un record en 1990.Mais un record payant.Cyrano fut un immense triomphe: 2.3 millions $ au box-office.Du ja- mais vu, ni avant, ni depuis.Sauf que l\u2019escalade des prix ne faisait que commencer.Si les distributeurs avaient pu lire dans une boule de cristal, ils auraient agrippé leurs gros sous.Car Le Hussard sur le toit, le nouveau Rappeneau, adapté du célèbre roman de Jean Giono et donnant la vedette à Juliette Binoche, fut payé pas moins de 300 000 $ par Alliance Viva Film, le grand concurrent de CFP, après un dur combat entre rivaux.Sa sortie est prévue en juin prochain.Chez Alliance, on espère des profits.Ils s\u2019appellent Alliance Viva Film.CFP.Malo-film aussi.VOIR PAGE A A 8: CINÉMA Renaud et Depardieu dans Germinal: une perte sèche pour le distributeur au Québec Va % I.K I) E V OIK.I.K S S A M K DI Al I) É (' E M It It E I II il I E T I) I M A N C II E I K 11\t.1 A N V I E II I !) il f> A S LE DE VOMI VENT Trois projets en marche REPRISE Encore la TPS SUITE I)E LA PAGE 1 du fait que les appareils n\u2019arrivaient pas à fonctionner à d\u2019aussi basses vitesses.Or, indique le rapport, la performance de production des machines a augmenté d\u2019environ 40 % depuis cinq ans, faisant passer de 800 à 1100 kilowatts/heure par mètre carré capté (base annuelle).Le poids des pales a été réduit de 25 % depuis 1989, ce qui a permis de hausser les nacelles à des hauteurs où le vent est plus puissant et de les disperser davantage, réduisant ainsi leur impact visuel.La fiabilité accrue des appareils de dernière génération leur permet aussi d\u2019être disponibles de 95 et 99 % du temps, ce qui augmente leur rentabilité.Grâce à ces perfectionnements, les Américains pensent aujourd\u2019hui pouvoir produire de l\u2019électricité en 2003 pour quatre cents US, soit un prix voisin de celui qu\u2019Hydro-Qué-bec envisageait pour un projet comme Grande-Baleine.Ces rendements économiques sont calculés pour des vents aussi faibles que sept mètres-seconde, ce qu\u2019on trouve, par exemple, à la hauteur de l\u2019aéroport de Mont-Joli.L\u2019ACEE estime que l\u2019implantation d\u2019usines dans une région donnée influe fortement sur les coûts de revient, ce dont le Québec pourrait tirer avantage en pensant, du même coup, au marché des exportations.Ainsi, l\u2019ACEE a calculé qu\u2019il est d\u2019ores et déjà possible d\u2019envisager des économies d\u2019échelle supplémentaires de 30 % si la production atteignait 750 MW par année.Le Québec a trois projets éoliens en marche, mis sur pied dans le cadre du programme de production privée d\u2019Hydro-Québec.Kennetech, le géant américain, prévoit mettre en service un miniparc de cinq MW aux îles de la Madeleine pour réduire le coût de fonctionnement des diesels en place.Le projet initial devait principalement miser sur des éoliennes, qui auraient été assistées par les anciens diesels, une fois rénovés.Mais à la dernière minute, Hydro-Québec a opté pour des diesels neufs, dont elle veut maintenant réduire le coût d\u2019exploitation avec des «moulins à vent».Kennetech a aussi un projet pour une centrale éolienne de 100 MW de puissance, qui doit entrer en service un an plus tard que le projet madeli-not, soit en 1996.Le troisième projet impliquait le géant éolien danois Vestas.Mais ce projet, qui devait voir le jour à côté de l\u2019éolienne géante de Cap-Chat, est pour l\u2019instant bloqué depuis le gel des nouveaux projets du programme de production privé d\u2019Hydro-Québec.Les comparaisons de coûts effectuées au Canada et au Québec ne donnent pas le vrai visage de cette filière énergétique, selon LACEE, car les coûts sociaux et environnementaux n\u2019entrent pas en ligne de compte dans le choix des projets.Hydro-Québec estime que l\u2019hydroélectricité est aussi, sinon plus avantageuse au plan environnemental que l\u2019éolien.Mais de grandes administrations paragouvernemenlales, comme la Bonneville Power Administration (société fédérale américaine), estiment les coûts sociaux de l\u2019hydroélectricité à 0,8 cent du KWh, comparativement à 0,0 ou 0,1 cent pour l\u2019éolien.Ces valeurs, ajoutées aux coûts économiques, servent à établir sur la côte Ouest américaine l\u2019ordre de priorité de la réalisation des projets.f CINEMA Le troisième marché Philippe Noiret et Sophie Marceau dans La Fille de d\u2019Artagnan.2* 7T i4': \u2022 ff v.; '/ SUITE DE LA PAGE 1 De peur de se faire couper l\u2019herbe sous le pied par la concurrence si elles attendent les sorties en Europe, les grosses maisons de distribution canadiennes achètent les mégafilms français sur scénario, avant de savoir ce que vaut vraiment le produit fini.Elles se laissent guider par le nom du cinéaste \u2014 une signature qui monte et descend comme les cotes de la bourse en fonction de sa dernière performance \u2014, le potentiel de l\u2019histoire, les têtes d\u2019affiche qu\u2019on compte y voir figurer.Pas toujours avec bonheur.L\u2019an dernier, Germinal avait tout pour plaire: un gros réalisateur: Claude Berri, une solide distribution: Renaud, Depardieu, Miou Miou, etc., l\u2019ombre de Zola et de ses mineurs en arrière-décor.Christian La-rouche de CFP avait sorti sa grosse caisse: 200 000 $ pour les droits de distribution canadiens (salles, télé, vidéocassettes incluses).Il espérait frôler le million au box-office.Il en a récolté la moitié.Une perte sèche.-r\" En chiffres absolus, le Québec constitue le troisième marché, pour le cinéma français après les Etats-Unis et le Japon.Sauf qu\u2019il est devenu bien cher, le film français.D\u2019autant plus cher à l\u2019heure où le public des cinémas se tourne massivement vers les productions américaines, où les chaînes de télévisions achètent de moins en moins de films européens aux distributeurs, qui restent plus souvent qu\u2019autrement avec leurs bobines sous le bras.Précisons que les distributeurs touchent environ 40 % du box-office sur un film.Une production payée ici 200 000 $ doit aller chercher un minimum de 600 000 $ en salles pour récupérer sa mise.Or, aujourd\u2019hui, les films français gagnants se comptent sur les doigts de la main.En 1994, seuls La Reine Margot de Patrice Chéreau et La Fille de d\u2019Artagnan de Bertrand Tavernier ont dépassé 300 000 $ de recettes.Les années précédentes, ils étaient quatre ou cinq à se partager la faveur du public québécois.Les sociétés canadiennes n\u2019ont pas aidé leur cause.Alors qu\u2019en Europe les distributeurs des pays francophones s\u2019entendent sur un certain plafond à ne pas dépasser, ici c\u2019est l\u2019arène aux fauves.Christian La-rouche, de CFP, se rappelle les joutes féroces ayant entouré en 1990 la distribution canadienne de Delicatessen de Jeunet et Caro.«Le film valait 70 000 $.Il a été vendu le double (.) Les distributeurs ont créé un monstre en faisant trop monter les prix.» Aujourd\u2019hui, CFP fait son mea-culpa, avoue qu\u2019il a contribué à gonfler les mises.Pierre Brousseau, d\u2019Alliance Viva Film, renchérit: «Nous sommes une aberration.Les Français m\u2019ont dit qu\u2019ils profitaient de la situation.» Aux yeux de Louis Dussaut, de K Films, les subventions accordées jusqu\u2019à l\u2019an dernier par Téléfilm Canada pour l\u2019acquisition de films européens ont contribué à aiguiser cette surenchère, en la nourrissant de fonds publics.Ensuite, la machine se serait emballée.Du moins les mégaproductions, achetées à prix d\u2019or par les grosses sociétés, ont-elles des chances de lever.Les films de qualité, pas trop médiatisés, les œuvres d\u2019auteur, dont la plupart se sont écrasées au box-office québécois cette année, sont les grands perdants de l\u2019affaire.Toutes proportions gardées, leur prix a augmenté aussi, mettant sur la paille bien des petits distributeurs forcés de quitter la course.«Compte tenu du box-office, 90 % des films français sont devenus inabordables», estime Luc Dery, d\u2019Aska Film.Il a essayé cette année d\u2019acheter les droits du touchant Petits arrangements avec les morts de la Française Pascale Ferran, mais a dû reculer devant le prix.Résultat: personne n\u2019a acheté le film.Pour Christian Larouche, les œuvres à moyen budget, plus fragiles, sont aussi plus menacées.Le Sourire de Claude Miller a piqué du nez l\u2019été dernier.Le Colonel Chabert s\u2019est maintenu la tête hors de l\u2019eau de peine et de misère.Le film d\u2019auteur français s\u2019exportera sans doute de moins en moins.Selon Pierre Brousseau, les distributeurs sont ici trop nombreux, situation qui mène aux surenchères.Louis Dussault, de K Films, déplore pour sa part que le marché soit désormais à deux vitesses: «D\u2019un côté, les distributeurs qui brassent de grosses affaires avec les mégaproduits; de l\u2019autre, les petits qui s\u2019occupent de la chose culturelle.» Il se dit révolté du fait que le nombre excessif de distributeurs se fasse montrer du doigt, craint qu\u2019en laissant trois joueurs choisir ce que le peuple veut voir, le marché s\u2019appauvrisse d\u2019autant, ne laissant place qu\u2019aux mégaproductions européennes venues seules concurrencer les mégapro-duçtions américaines.A ses yeux, c\u2019est toute la stratégie de distribution du film français qu\u2019il faut revoir, en arrêtant de sortir un Téchiné comme on sort un Spielberg.L\u2019ensemble des distributeurs admet qu\u2019il est devenu suicidaire de lancer en chœur les films européens au mois de septembre en s\u2019assassinant mutuellement.Un nouveau vent de concertation semble vouloir souffler dans leurs rangs divisés.Ainsi qu\u2019une brise de prudence- Christian Larouche compte à l\u2019avenir y penser deux fois avant de passer la barre des 100 000 $ pour un film français.En 1994, malgré la performance de La Reine Margot, CFP a vu ses profits d\u2019ensemble diminuer.«Avant, sur dix films français, neuf marchaient.Ce nombre est passé à sept, six ou cinq, tout au plus.» Il n\u2019a rien acheté depuis deux mois, se montre circonspect, se dit échaudé.Même refrain chez Alliance Viva Film.La société entend baisser ses prix pour les productions de moyenne envergure.La bonne vieille loi de l\u2019offre et de la demande fonctionne toujours.Or, la demande décroît du côté québécois.En France, ce n\u2019est pas encore la panique et les sociétés ne prévoient pas couper leurs prix.Mais Daniel Toscan Duplantier, directeur général d\u2019Unifrance Film, déclare qu\u2019à long terme, la surenchère de nos distributeurs ne fait pas toujours l\u2019affaire des producteurs français.«On n\u2019est pas là pour massacrer les distributeurs.On a trop besoin d\u2019eux», dit-il.Sauf qu\u2019en attendant que la Francophonie s\u2019entende, Hollywood est mort de rire.L\u2019ex-caporal Lortie en semi-liberté PRESSE CANADIENNE HULL \u2014 L\u2019ex-caporal Denis Lortie est sorti du pénitencier le 21 décembre dernier pour aller passer les Fêtes en Outaouais avant d\u2019aller vivre en semi-liberté dans une maison de transition de Hull.Le quotidien Le Droit rapporte avoir appris que Lortie a obtenu une semi-liberté conditionnelle après avoir purgé 10 ans de pénitencier, soit le minimum de sa sentence d\u2019emprisonnement à perpétuité imposée à la suite de la fusillade qui a fait trois morts et neuf blessés, le 8 mai 1984, à l\u2019Assemblée nationale.Dès sa sortie du pénitencier, le 21 décembre, l\u2019ex-caporal maintenant âgé de 35 ans, a passé trois jours d\u2019évaluation au Centre résidentiel communautaire de Hull.Il a par la suite obtenu un droit de sortie de quelques jours pour passer Noël en compagnie de son amie, une résidante de Gatineau.Lortie est ensuite retourné au pénitencier fédéral de Sainte-Anne-des-Plaines avant de retourner chez son amie, à Gatineau, où il se trouve actuellement en attendant dintégrer la maison de transition hulloise, le 4 janvier, pour une période de six mois.Selon les conditions établies par la Commission nationale des libérations conditionnelles, Denis Lortie aura le droit de circuler librement à l\u2019intérieur d\u2019un périmètre de 25 milles autour du centre résidentiel communautaire, sur la rue Berri, qu\u2019on appelle également l\u2019Agence sociale spécialisée de Hull.L\u2019ex-caporal n\u2019aura pas le droit de se rendre à Ottawa sans avoir obtenu, au préalable, l\u2019autorisation de l\u2019agent des Services correctionnels du Canada (SCC) qui supervise son dossier.Le bureau des SCC d\u2019Ottawa devra également approuver la venue de Denis Lortie sur le territoire d\u2019Ottawa.«M.Lortie sera soumis à un couvre-feu, de 23h à 7h, et il devra signaler tous ses déplacements à son agent de libération conditionnelle.Les corps policiers de Hull et de Gatineau ont été informés de la présence de Lortie dans la région», a indiqué au Droit, la responsable du bureau de Hull des Services correctionnels du Canada, Ghyslaine Charle-bois en précisant qu\u2019un détenu en maison de transition ne peut circuler librement en dehors de la région où il purge sa libération conditionnelle.Même le Procureur général du Canada, Herb Gray, a été mis au courant de la libération du responsable de la tuerie de l\u2019Assemblée nationale.Denis Lortie a obtenu sa semi-liberté après s\u2019être vu refuser une libération conditionnelle complète par la Commission nationale des libérations conditionnelles.Après évaluation du dossier, la commission a accepté de lui permettre une semi-liberté pour une période de six mois après quoi, son cas sera réévalué.Selon Mme Charlebois, Lortie pourrait soit être remis en liberté complète ou voir sa période de semi-liberté prolongée de quelques mois.L\u2019ex-caporal, qui était en poste à Carp, près d\u2019Ottawa, au moment de commettre son crime, en 1984, avait été trouvé coupable de trois meurtres avec préméditation lors d\u2019un premier procès, en février 1985.Le juge Ivan Migneault l\u2019avait condamné à une peine de 25 ans ferme d\u2019emprisonnement, ce qui lui re- tirait toute chance de pouvoir bénéficier d\u2019une libération conditionnelle.Mais ce premier jugement a été porté en appel et, en 1986, la tenue d\u2019un deuxième procès a été ordonnée parce que l\u2019adresse du juge du premier procès avait été «préjudiciable à l\u2019accusé et à la défense», selon la Cour d\u2019appel.Lors du deuxième procès, la défense a tenté, en vain, de faire acquitter son client sous prétexte qu\u2019il souffrait d\u2019aliénation mentale, ce qui fut rejeté par le tribunal.Denis Lortie a été trouvé coupable, une deuxième fois, en mai 1987, et condamné à 25 ans de prison avec possibilité de libération conditionnelle après 10 ans de détention.Des peines de 15 ans d\u2019emprisonnement lui avait également été imposées pour chacun des neuf chefs d\u2019accusations de tentatives de meurtres portés contre lui.Mais ces peines ne se sont pas additionnées à sa sentence de 25 ans.Comme il avait déjà purgé trois ans de pénitencier, il lui restait donc sept ans à pasr ser derrière les barreaux du pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines, jusqu\u2019en décembre 1994.SUITE DE LA PAGE 1 Me Lalleur: «Ça marche car c\u2019est un élément dans la composante des prix.» Au restaurant, évidemment, la TPS et la TVQ font mal.Le CQCI), qui regroupe 4500 établissements au Québec, s'attend tout au plus à une harmonisation de la taxe sur la valeur ajoutée des autres provinces avec la TPS fédérale.«Ça n\u2019évoluera pas en 1995.Ce n\u2019est pas un dossier prioritaire pour le gouvernement», selon Me Lafleur.En survol, l\u2019année 1994 aura donné une performance en dents de scie aux commerçants.Les dix jours avant Noël ont été fort actifs et ça s\u2019est continué avec le Boxing Day.D\u2019ailleurs, d\u2019une année à l\u2019autre, la semaine qui suit Noël devient plus active pour la plupart des commerces de détail.Les échanges se font nombreux et beaucoup de jeunes reçoivent des cadeaux en argent à Noël.De plus, le nombre d\u2019entreprises qui ferment leurs portes après Noël augmente et ceci laisse du temps pour les courses entre Noël et le jour de l\u2019An.Le directeur général, section Québec, de l\u2019Association des marchands détaillants du Canada, Gilles Rivest, n\u2019est pas aussi optimiste.Le Salon des métiers d\u2019art a enregistré une baisse des ventes de 20 %, dit-il, et les petits commerçants n\u2019ont pas fait des affaires en or, a Noël, loin de là.Selon lui, les magasins à rayons ont enregistré des hausses de 6 ou 7 % de leur chiffre d\u2019affaires tandis que les petits commerçants n\u2019ont que 2,5 % d\u2019augmentation en moyenne.Les heures d\u2019ouverture sont prolongées dans les magasins mais, à son avis, les frais d\u2019exploitation s\u2019en ressentent.Le commerce familial requiert 100 heures de travail par semaine et au bout du compte la progression horaire n\u2019en vaut pas la peine.M.Rivest tient à faire la différence entre les commerces familiaux d\u2019une part et ce qu\u2019il appelle les distributeurs massifs d\u2019autre part, à savoir Wal-Mart, les magasins Reitman\u2019s ou Wise (qui ont fait faillite), et les grandes surfaces comme les clubs Price, Zeller\u2019s et Eaton.«Allez vous promener rue Sainte-Catherine, du Forum à l\u2019est de Montréal, propose-t-il.Tout est à louer.C\u2019est démoralisant.Il y a des faillites à tous les coins de rue.Les gouvernements devraient reconnaître que les détaillants individuels ont la plus belle épargne qui soit.C\u2019est un investissement individuel, pas celui des multinationales.La libéralisation des heures de commerce les tue.» Le phénomène du franchisage le met hors de lui.«On a vécu la même expérience avec la multiplication des stations-service, dit-il, et vous avez vu le résultat désastreux.Non, le commerce de détail n\u2019est pas bon.» Louis Riel ne sera pas réhabilité OTTAWA (PC) \u2014 Le ministre fédéral de la Justice, Allan Rock, n\u2019a pas l\u2019intention de donner suite à la demande de réhabilitation de Louis Riel.Un groupe de pression, sous la direction de l\u2019historien Maurice Prince, a demandé au Parlement canadien de réhabiliter Louis Riel en 1995, à l\u2019occasion du 125e anniversaire de l'entrée du Manitoba dans la Confédération.Louis Riel a été pendu en 1885 en raison de son rôle dans l\u2019insurrection du Nord-Ouest.Dans une entrevue au Winnipeg Sun, le ministre Rock a écarté jeudi la demande du groupe de pression.«Je connais Riel grâce à mes cours d\u2019histoire, mais maintenant je n\u2019ai rien à dire à ce sujet en ma qualité de ministre.» Pour sa part, M.Prince estime que «Riel devrait être considéré non seulement comme un fondateur du Manitoba, mais comme un fondateur du Canada tout entier».Les chansons ADAME CLEDC Madame Bolduc qui nous a laissé un riche répertoire dé chansons, prend son inspiration à diverses sources.Outre quelques chansons folkloriques, ses principaux thèmes évoquent son quotidien, les gens qu'elle fréquente et l'actualité, le tout avec un humour inébranlable.Un fait très intéressant est l'origine des mélodies de ses chanëons.En effet, nous avons pu retracer ces mélodies généralement d'origine folklorique, québécoise et irlandaise.Riche d'une connaissance de ces répertoires depuis son jeune âge, elle y puise le dynamisme et l'originalité faisant ainsi de ses chansons des succès assurés.Madame Bolduc est vite devenue une idole puis, avec le temps, une grande légende de notre histoire musicale québécoise.ISBN 2-7601-2483-5 (246 p.) yim»* LIBRAIRIE GUÉRIN UNIVERSITAIRE-UQAM 335, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) Tél.: (514) 284-2210 Télécopieur: (514) 284-1849 LIBRAIRIE GUÉRIN UNIVERSITAIRE ET COLLÉGIAL 168-170, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Québec)\"H2X 1K9 Tél.: (514) 861;5647 Télécopieur: (514) 861-5307 LIBRAIRIE GUÉRIN (primaire et secondaire) 4560, rue Saint-Denis Montréal (Québec) H2J 2L3\t^ Tél.: (514) 849T1112 Télécopieur: (514) 849-6360 LIBRAIRIE GUÉRIN (manuels d'occasion) 4440, rue Saint-Denis Montréal (Québec) H2J 2L1 Tél.: (514)843:6241 LIBRAIRIE GUÉRIN (manuels et littérature) t Station Métro-Longueuil Longueuil (Québec) J4K 2T4 Tél.: (514) 677-6525 guermsr 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Canada Tél.: (514) 842-3481 Téléc.: (514) 842-4923 LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS H ADMINISTRATION : (514) 985 3333 ?PUBLICITÉ AVIS PUBLICS\t(514)985 1344 ANNONCES CLASSÉES\t(514) 985 3344 PUBLICITÉ (514) 9(53399 / lélétop.eur (514) 9153390 NUMÉRO SANS FRAIS\t1 800 363 0305 SERVICE let métat 4e télépbeee siumIs ?sont niable! peer le serrke 4e lif raisea par caaelet el peer let abweentet! pettaai DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal (S14) 985 3355 / télécopieur (514) 985 3390 Extérieur (sans Irait) 1 800 463-7559 "]
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