Le devoir, 14 novembre 1994, Cahier A
[" LE DEVOIR Vol.I.X XXV - No 2 O 4 MO N T RÉ AL , LE LUNDI I I N O V EMB R E I 99 I h r> c T i* s T V Q / T o r o nto 8 5c Christian Rioux PERSPECTIVES L\u2019art de la non-candidature Aux présidentielles françaises, rien ne sert de courir.Les comédiens savent qu\u2019au cinéma il ne faut jamais forcer le ton.Ils ont appris que celui qui hausse la voix sur les planches pour être entendu doit, devant la caméra, chuchoter, jouer du clin d\u2019œil, éviter les gestes brusques, manier la demi-teinte.C\u2019est le b.a.-ba du métier de saltimbanque.À quelques mois des élections présidentielles françaises et dans le climat de corruption qui vient de faire tomber un troisième ministre en cinq mois, rien n\u2019est plus précieux que le silence.Les candidats, déclarés ou pas, sont en train de l\u2019apprendre à leurs dépens.Le gagnant de la course de fond qui couronnera, en mai, un président-roi pour sept ans risque d\u2019être celui qui saura le mieux manier l\u2019esquive, économiser ses forces et longer les murs.En fait, la recette pour être en tête des sondages ces jours-ci, c\u2019est carrément de ne pas être candidat! Les champions toutes catégories de la non-candidature, le président de la Commission européenne Jacques Delors et le premier ministre Édouard Balladur, se disputent la première place.Selon les sondages, le RPR Balladur l\u2019emporterait au second tour sur le socialiste Delors, qui lui même battrait l\u2019autre candidat RPR Jacques Chirac.Or, les deux premiers font des pieds et des mains et multiplient les feintes pour retarder la date de leur entrée officielle dans la course.Jacques Delors a un prétexte en or puisqu\u2019il ne quittera la présidence de la Commission européenne que le 1er janvier.Il tisse sa toile, crée des «clubs de discussion» dans tout le pays, publie un livre, à la veille du congrès socialiste de Liévin, collectionne les ralliements (dont celui de Michel Rocard).Mais, il n\u2019est pas au terme de sa réflexion et n\u2019est toujours pas candidat! Édouard Balladur, plus exposé, invoque la nécessité de ne pas nuire à l\u2019action du gouvernement.Il recrute ses ministres les uns après les autres, réclame des primaires à droite afin de désigner le candidat le plus populaire dans les sondages (c\u2019est-à-dire lui-même!) et commande à l\u2019intellectuel Alain Mine une étude sur la France de l\u2019an 2000 qui ferait un programme en or.Mais, lui non plus n\u2019est pas candidat! Les deux hommes ont le même mot d\u2019ordre: motus et bouche cousue jusqu\u2019en janvier.Les caricaturistes les peignent un sparadrap sur la bouche et en camisole de force.Tout le jeu politique de leurs adversaires consiste depuis quelques semaines à les obliger à se déclarer.Mais si leur absence du débat n\u2019abuse personne, les «candidats officiels» ont appris à leurs dépens ce qu\u2019il en coûte de se faire voir sur toutes les tribunes.Michel Rocard, intronisé «candidat naturel» de la gauche l\u2019an dernier, ex-secrétaire général du Parti socialiste et tête de liste aux élections européennes, est aujourd\u2019hui forcé de reconnaître son échec et de se rallier à Jacques Delors.C\u2019est le prix que ce verbomoteur aux idées parfois lumineuses et aux phrases souvent obscures a payé pour avoir oublié que le président doit se situer au-dessus des partis.Jacques Chirac, seul candidat d\u2019importance déclaré à droite, risque de trouver le temps bien long jusqu\u2019au mois de janvier.Lors de son entrée en campagne, la semaine dernière, les sondages ont à peine frémi.C\u2019est devant un congrès du RPR boycotté par les partisans d\u2019Édouard Balladur, son «ami de 30 ans», et même son allié Philippe Séguin, président de l\u2019Assemblée nationale, qu\u2019il vient de quitter la direction du parti pour se consacrer à la présidentielle.Il est donc plus probable que jamais que la droite se présente au premier tour à nouveau divisée.Une division qui a aidé François Mitterrand en 1981 et 1988.Mais les jeux ne sont pas faits.La droite divisée avait remporté les présidentielles en 1965 et 1974.Tout peut aussi arriver au gouvernement d\u2019Édouard Balladur.Plusieurs ministres pourraient être l\u2019objet de procédures judiciaires, dont ceux de la Défense, François Léotard, et de la Jeunesse et des Sports, Michèle Al-liot-Marie.Édouard Balladur a beau avoir demandé trois mois de calme à ses ministres, rien n\u2019échappe plus en France à l\u2019élection présidentielle.Ni les rivalités entre le balladurien Charles Pasqua (ministre de l\u2019Intérieur) et le chiraquien Alain Juppé (ministre des Affaires étrangères).Ni les «affaires», où l\u2019on s\u2019accuse de part et d\u2019autre de vouloir torpiller le concurrent Pour échapper pendant un temps à la tourmente, les présidentiables ont décidé de rentrer la tête et de cultiver l\u2019absence.Leur silence est devenu une arme dans la cacophonie médiatique et face à une élection qui se jouera sur le thème de l\u2019honnêteté.Comme si les électeurs savaient que se taire, c\u2019est aussi une façon de ne pas mentir.Seul candidat d\u2019importance déclaré, Chirac risque de trouver le temps bien long INDEX Agenda.B6 Avis publies.B5 Classées.B4 Culture.B8 Économie.B2 Éditorial.A6 Le monde.-A5 Mots croisés.B5 Les sports.B5 MÉTÉO Montréal Nuageux avec éclaircies.40% de possibilité d\u2019averses en soirée.Max: 7 Québec Nuageux avec éclaircies.40% de possibilité d\u2019averses en soirée.Max: 5 Détails en A8 L'ENTREVUE\t\tLE MONDE\tLES ACTUALITÉS Michèle Fortin, patronne de\t\tLe Canada menace de retirer ?\t^\tChrétien dans la la télé française de la SRC\tfe.M\tses Casques bleus de Bosnie\ttourmente du Timor PAGE B 1\t\tPAGE A 5\tPAGE A 4 Le camp du NON suscite déjà la méfiance des troupes de Jean Charest On ne veut pas «véhiculer le même message que Jean Chrétien» PHOTO JACQUES GRENIER \" : Jean Charest a connu un net succès ce week-end en réussissant à attirer plus de 500 délégués aux assises provinciales du Parti progressiste-conservateur.Les délégués ont proposé que le futur chef soit élu au suffrage universel des membres.Le congrès national d\u2019avril 1995 devra trancher la question.Peut-on faire la souveraineté sans s\u2019en rendre compte?Un pamphlet de Jean Larose dénonce l'évacuation de la véritable discussion politique JEAN DION LE DEVOIR Au Québec, l\u2019idée de souveraineté claudique.Mieux (ou pire), dit Jean Larose, elle rampe.On l\u2019a édulcorée, réduite à un simple calcul, mise tout entière dans la balance de la rentabilité.«Malgré eux», ses propres défenseurs en ont fait un pastiche d\u2019elle-même et accrédité la notion voulant que la meilleure façon d\u2019y arriver, c\u2019est en ne s\u2019en rendant pas compte.Loin de la souveraineté «souveraine», «noble», le «ressentiment» meut les esprits et les cœurs.Plus question de la faire pour, mais contre, avec en tête l\u2019obsession de la revanche.Le discours, la discussion politiques ont été évacués, noyés dans les palabres constitutionnels et l\u2019argutie pseudo-économique, de sorte qu\u2019«on ne se rappelle même plus de quoi l\u2019on parle».Dans un essai décapant publié demain chez Boréal, La Souveraineté rampante, Jean Larose, professeur de littérature à l\u2019Université de Montréal, part à l\u2019assaut de la défection intellectuelle.Vitriolique, son plaidoyer rembarre les apôtres autoproclamés d\u2019une «gauche» dite culturel- le, mouche un système d\u2019éducation dont l\u2019étroitesse de vue ne le cède qu\u2019au laxisme, ramène au rang de vessie une vision de la «modernité» qui voudrait bien se faire passer pour lanterne dissipant la «Petite Noirceur» dans laquelle le Québec est plongé.Et surtout, surtout, à l\u2019aube de «la période difficile où nous allons entrer et au cours de laquelle il est possible que notre peuple donne pour la seconde fois au monde étonné le spectacle d\u2019une nation refusant elle-même par les urnes son indépendance», soulève la question tabou du droit, voirjs du devoir de dissidence dans une société se gavant de consensus.Ce n\u2019est pas la première fois que Jean Larose se fait pamphlétaire.Cette fois, il retient pour cibles Jacques Pelletier, autre prof de littérature et auteur des récents Nou- VOIR PAGE A 8: LAROSE PIERRE O\u2019NEILL LE DEVOIR LJ unité d\u2019action et de pensée du camp du NON n\u2019est t pas acquise, en vue de la campagne référendaire.Les conservateurs ne feront pas bon ménage avec les libéraux.La coalition prend naissance dans la méfiance.Au congrès de l\u2019aile québécoise du Parti conservateur, en fin de semaine à Montréal, les délégués de plusieurs associations de comtés ont fait savoir qu\u2019ils n\u2019ont pas l\u2019intention de faire campagne aux côtés des libéraux fédéraux.Pas question pour eux d\u2019œuvrer sous le même parapluie que leurs adversaires des dernières élections générales.Ils ont prévenu leur chef, Jean Charest, qu\u2019ils ne veulent pas le voir sur la même tribune que Jean Chrétien.«J\u2019espère, Jean, qu\u2019on ne te verra pas sur la même tribune que Jean Chrétien, à lui faire l\u2019accolade et à lui donner la main avec un grand sourire», a lancé une déléguée de la région de Québec.«Il faut faire attention de ne pas véhiculer le même message que Jean Chrétien», a renchéri un autre.D\u2019autres délégués se sont vidé le cœur sur les libéraux provinciaux, jusqu\u2019à ce que des pacificateurs les ramènent à la raison.«Il faut faire un petit mariage temporaire.Il faut tout faire pour sauver le pays.Il faut faire front commun avec les libéraux provinciaux.Il faut les pardonner».S\u2019inscrivant dans le cadre d\u2019un débat sur la campagne référendaire, cette petite séance de défoulement a semblé ébranler quelque peu le chef du parti.En conférence de presse, il a dit comprendre l\u2019expression d\u2019amertume de ces militants, qui ont gardé un mauvais souvenir des dernières discussions constitutionnelles.Compte tenu du fait que le référendum est encore lointain, il est confiant dans le fait que le temps arrangera les choses.Il compte bien offrir la collaboration de son parti à Daniel Johnson, mais n\u2019exclut pas que les conservateurs VOIR PAGE A 8: CHAREST\t~\\~ Les Suédois disent oui à l\u2019Europe LE DEVOIR AVEC REUTER ET AFP Les Suédois se sont prononcés hier à 52,2 % pour l\u2019adhésion à l\u2019Union européenne.Après l\u2019Autriche qui a dit «Oui» à l\u2019Europe en juin dernier, et la Finlande qui a fait de même en octobre, la Suède est le troisième des quatre candidats à se joindre l\u2019Europe communautaire cette année.La Norvège sera la dernière à se prononcer par référendum, dans quinze jours.L\u2019arrivée de la Finlande et de la Suède \u2014 et celle plus hypothétique de la Norvège \u2014 dans l\u2019Union européenne, va renforcer la présence Scandinave, jusqu\u2019ici limitée au seul Danemark, déjà membre de la Communauté européenne depuis 1972.Les sondages d\u2019opinion qui ont précédé le scrutin d\u2019hier laissaient prévoir une bataille serrée.Moins de 1% des électeurs ont voté blanc.Le premier ministre Ingvar Carlsson a exprimé sa satisfaction, affirmant que le résultat du scrutin était «bon pour la Suède et bon pour l\u2019Europe».«Je suis extrêmement satisfait», a-t-il dit.«C\u2019est un grand jour pour la Suède», a renchéri l\u2019ancien premier ministre Cari Bildt, un pro-européen convaincu.Après dépouillement de tous les bulletins, il apparaît que 46,9 % des Suédois ont voté contre.VOIR PAGE A 8: SUÈDE Jean Larose Moscou a soif Les queues aux stations d'essence rappellent les pénuries de l'ancien régime PAULE ROBITAILLE LE DEVOIR Moscou \u2014 Ils attendent de quatre à cinq heures, parfois ils passent la nuit à faire le pied de grue devant les stations-services de la capitale russe.Moscou a soif! Et la pénurie d\u2019essence dure déjà depuis 10 jours dans la première ville de ce pays, supposé-ment le plus riche en pétrole au monde! Les queues sont dignes des jours les plus affreux de la grande débâcle de l\u2019Union soviétique.Malgré le froid et l\u2019absurdité soudaine de la crise, les Moscovites ne protestent pas, ils gueulent un peu, mais ils acceptent leur sort, résignés.«On n\u2019a pas le temps de manifester, il faut travailler», confie l\u2019un d\u2019entre eux qui grelotte depuis une heure.À chaque station, la même scène.Une fois son tour venu, le propriétaire de la voiture remplira son réservoir mais aussi plusieurs bidons d\u2019essence qu\u2019il placera, ensuite, avec soin sur son balcon ou dans le coffre de son véhicule.Ceux qui suivront rempliront tout ce qu\u2019ils auront du précieux liquide noir jusqu\u2019à ce que la station soit à sec et ne ferme ses portes.Les riches, eux, s\u2019en sortent mieux.Sur le long des grandes artères, les propriétaires de camions-citernes vendent l\u2019essence directement au consommateur pour quatre fois le prix d\u2019État La qualité de l\u2019essence chez ces vendeurs itinérants laisse parfois à désirer.Malgré le prix, le chauffeur pourrait bien VOIR PAGE A 8: MOSCOU \u2022 ciriti MHllîPnHCnOPTl A 2 I, K I) K V OIK.I, E LUNDI I I N O V E M B B E I !» !» ! iS A.C T U A LIT E S EN BREF ?TRAVAIL ÉGAL SOUCIS Toronto (PC) \u2014 Au Canada, les soucis liés au travail sont la cause essentielle du stress, de l\u2019absentéisme et des maladies des employés de bureau.Tels sont les résultats d\u2019un sondage commandé par ARISE, un groupe mondial de scientifiques et d\u2019universitaires qui préconise le recours aux récompenses ou aux petits plaisirs pour soulager le stress.L\u2019étude affirme que le stress affaiblit les mécanismes de défense du corps si bien que les gens sont plus sujets à de nombreuses maladies, même aux rhumes.Des études cliniques indiquent d\u2019autre part que le plaisir consommé en modération peut soulager le stress, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une tasse de café ou de thé, un verre de vin ou une bière, une cigarette, une barre de chocolat ou autres grignotines.D\u2019autre part, les Canadiennes seraient plus affectées par le stress que les hommes.Pour un peu plus de huit Canadiens sur dix, la télévision constitue, comme pour les Anglais et les Danois, la principale source de détente, suivie par le bavardage avec un ami, la lecture et la musique.Les Canadiens ont tendance à consommer plus de thé, de café, d\u2019alcool et de tabac que leurs homologues américains pour apaiser leur stress.-?-\u2022\u2014 ATLANTIS DE RETOUR Cap Canaveral (AP) \u2014 Les six astronautes à bord de la navette spatiale américaine Atlantis achevaient hier de collecter les dernières données scientifiques, avant de revenir aujourd\u2019hui sur Terre.En raison de risques d\u2019orages ce matin au-dessus de Cap Canaveral en Floride, la NASA n\u2019excluait pas de faire se poser la navette sur la base aérienne Edwards, en Californie.Une solution de rechange coûteuse: le rapatriement d\u2019une navette par Boeing 747 spécial de la Californie à la Floride coûte un million de dollars à l\u2019agence spatiale américaine.Sur le plan scientifique, cette mission de 11 jours semble avoir été très fructueuse.L\u2019un des détecteurs d\u2019ozone a ainsi recueilli assez de données pour pouvoir remplir 120 000 disques durs.-?- AVIONS SANS ESSENCE New York (AP) \u2014 La compagnie USAir a laissé voler à plusieurs reprises des avions manquant de carburant ou insuffisamment entretenus, rapportait hier le New York Times.En dépit des assurances données par la sixième compagnie aérienne américaine, une enquête de deux mois fait apparaître de nombreux manquements aux règles de sécurité, explique le quotidien.Par exemple, les pilotes d\u2019un vol Washington-Boston n\u2019ont pas vérifié leurs réserves en carburant Contraints de se poser à l\u2019aéroport de New York-La Guardia, ils ont menti à la tour de contrôle, déclarant avoir un problème de moteur.Le commandant de bord a finalement reconnu avoir menti.Dans huit autres cas, des avions dXJSAir se sont envolés sans emporter la quantité de kérosène requise par les autorités fédérales de l\u2019aviation civile.Par ailleurs, un appareil de la compagnie a volé pendant 13 jours malgré la présence d\u2019une fissure dangereuse sur un volet d\u2019aile.L\u2019enquête du New York Times, réalisée notamment à partir d\u2019entretiens avec des employés de la compagnie et de documents obtenus auprès des tribunaux, fait suite à un accident survenu le 8 septembre à un Boeing-737 dTJSAir près de Pittsburgh.-?- MORT D\u2019UN VÉTÉRAN Kingston (PC) \u2014 Un des derniers vétérans canadiens à avoir combattu lors de la Première guerre mondiale est décédé à Kingston, en Ontario.Hany Adams, qui avait 101 ans, avait également participé à la Deuxième guerre mondiale comme employé civil.M.Adams est mort vendredi, 77 ans jour pour jour après la fin du premier conflit mondial.ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIETE INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD AVOCATS B.ST-JAC0UES.MONTRÉAL QUÉBEC H2Y3X Fax: (514)845-7874 Tél.: |514| 98 R«0*8»H Jla maltziie del inlanqibtei Congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec La confrérie journalistique en quête d\u2019un code qui ait du crédit LE DEVOIR La Fédération professionnelle des journalistes du Québec a tenu ce week-end un congrès qui a réuni plus de 400 participants à Sherbrooke.Le président de la Fédération, Alain Saulnier, a présenté un projet de code de déontologie pour discussion, code dont les journalistes ont débattu chacun des articles.Il explique que le projet sera remanié sous peu à la lumière de ces discussions pour être soumis à l\u2019assemblée générale du mois d\u2019avril, assemblée qui sera chargée d\u2019élire le nouvel exécutif de la FPJQ en même temps qu\u2019adopter le nouveau code de déontologie.«L\u2019objectif est de rédiger un code qui fasse consensus auprès des membres et qui ait un rayonnement susceptible de convaincre tous les journalistes de lui donner crédit et appui.» La FPJQ espère que ce code aura un effet sur les pratiques journalistiques et influencera le Conseil de presse du Québec.Quelque 16 ateliers ont débattu de questions journalistiques dont l\u2019un sur le reportage dans «les pays en conflit», atelier au- quel participaient Jocelyn Coulon, Raymond Saint-Pierre, Richard Latendresse et Michèle Ouimet comme conférenciers invités.L\u2019une des questions posées avait trait à la position des journalistes par rapport à l\u2019armée et aux différentes factions en présence.Jocelyn Coulon estime qu\u2019il faut juger du théâtre de la guerre avant de porter un jugement sur l\u2019encadrement et les factions.Bien sûr, quand on couvre toujours la même partie, on est en situation de surinformation d\u2019un côté, d\u2019une information déséquilibrée, mais on n\u2019est pas nécessairement en présence d\u2019une information partiale.Raymond Saint-Pierre de Radio-Canada a fait des reportages en provenance d\u2019Algérie, du Rwanda, de l\u2019Afghanistan et de Kaboul au cours de la dernière année, toutes destinations particulièrement dangereuses.Il n\u2019était pas avec l\u2019armée en Algérie ou à Kaboul.Ses reportages n\u2019ont pas véhiculé des points de vue officiels mais ont suivi la filière du terrorisme en Algérie et à Kaboul, puis du génocide dans le cas du Rwanda.Les participants à la table ronde ont dé- ploré que les journaux canadiens n\u2019envoient que rarement des journalistes dans les zones de guerre.Les journaux se tiennent le plus souvent à l\u2019écart.Un autre atelier a porté sur le journalisme d\u2019humeur avec deux représentants de ce type de journalisme, à savoir Pierre Fo-glia et Nathalie Petrowski.Un autre atelier s\u2019interrogeait sur la qualité du français des journalistes.Selon le président de la FPJQ, il y a eu des ateliers de réflexion et des ateliers de formation.Alain Saulnier se réjouit de la participation renouvelée de la Fédération des journalistes en région, avec cinq sections régionales bien organisées et plus de 20 % des participants au cours de ce week-end en provenance de l\u2019Estrie.En dépit des compressions budgétaires enregistrées dans la plupart des médias, la FPJQ a un nombre record de membres, quelque 1200 journalistes actifs, par rapport au sommet précédent de 1140 au plus fort de la FPJQ.Ce sont La Presse, Radio-Canada et Télé Métropole qui ont les plus forts contingents de journalistes membres de la FPJQ.Entreposage et transport des armes à feu Allan Rock obtiendrait le feu vert québécois ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE Il y a fort à parier que le ministre fédéral de la Justice Allan Rock obtiendra l\u2019appui souhaité de la part du coroner Anne-Marie David quant à la nécessité de parfaire la réglementation sur l\u2019entreposage et le transport des armes à feu, compte tenu des critiques virulentes entendues la semaine dernière au cours de l\u2019enquête publique.Sauf le représentant de la Fédération québécoise du tir, la vingtaine d\u2019autres témoins ont réclamé que des modifications soient apportées au règlement en vigueur depuis le 1er janvier 1993.Celui-ci a pour objectif une meilleure sécurité publique par la réduction du nombre des suicides, des accidents et des homicides causés par les armes à feu.Le Québec enregistre annuellement 300 suicides par arme à feu.Dans la grande majorité des cas, une arme longue (de chasse) est utilisée, qui appartient dans 78 % des cas à un membre de la famille, le plus souvent le père.Les critiques qui sont revenues le plus souvent au cours de la semaine dernière ont trait aux différences qui existent entre la version anglaise et française du règlement de même qu\u2019au manque de cohérence et de clarté de certains passages.Ce qui a fait dire à l\u2019instructeur George Banks de la Fédération québécoise du tir et au lieutenant Guy Asselin de la Sûreté du Québec que «le règlement laisse place à l\u2019interprétation».«Le règlement n\u2019est pas nécessairement clair.Ça n\u2019aide pas les gens qui doivent le faire appliquer fies policiers) et ceux qui veulent s\u2019y conformer (les propriétaires d\u2019armes)», a soutenu le policier.«Des choses auraient intérêt à être précisées soit par les tribunaux, soit par le législateur à la demande du coroner», a ajouté le policier Asselin.Le porte-parole de l\u2019Association des directeurs de police et de pompiers du Québec, Richard Côté, a reconnu d\u2019emblée que «les policiers ne savent pas comment interpréter la loi.Il faut quasiment être spécialiste», a-t-il dit M.Côté a également fait remarquer au coroner que la réglementation sur l\u2019entreposage, l\u2019exposition, le maniement et le transport sécuritaire des armes à feu n\u2019était enseignée que dans deux des six cégeps offrant la formation en techniques policières.Le coroner David a cherché à savoir si les policiers en exercice avaient reçu de la formation sur ce règlement et s\u2019ils le maîtrisaient suffisamment pour s\u2019assurer de son application.M.James Hayes, du ministère fédéral de la Justice, a bien dit au coroner que 400 policiers canadiens avaient reçu trois jours de formation relativement au règlement mais il a été incapable de préciser si un certain nombre d\u2019entre eux étaient du Québec.En outre, la publicité faite par le fédéral pour faire connaître son règlement n\u2019a manifestement pas atteint son but De très rares témoins avaient vu l\u2019encart inséré dans les journaux ou le message publicitaire à la télévision.Cet échec n\u2019a pas eu l\u2019heur d\u2019étonner le porte-parole du ministère québécois de l\u2019Environnement et de la Faune, Raymond Desjardins, pour qui «les campagnes \u201cgrand pubtic\u201d, qui s\u2019adressent à tout le monde mais où personne ne se sent concerné tellement le message est général, ne sont que très peu efficaces malgré les coûts souvent élevés reliés à l\u2019utilisation des médias électroniques».«Notre expérience en matière d\u2019éducation et d\u2019information nous apprend que pour obtenir un maximum d\u2019efficacité, il est nécessaire de développer des moyens simples, conçus pour s\u2019adresser à des clientèles spécifiques», a-t-il lait remarquer.Par ailleurs, la très grande majorité des témoins a réclamé l\u2019enregistrement obligatoire des armes à feu de façon à tenir le propriétaire de l\u2019aime responsable des accidents, homicides ou suicides se produisant à l\u2019aide de cette arme.«A l\u2019heure actuelle, il n\u2019y a pas d\u2019incitatif pour les propriétaires d\u2019armes à feu à les entreposer de façon sécuritaire», a soutenu Antoine Chapdelaine, médecin en santé publique.Lors de son passage à Montréal vendredi, le ministre Allan Rock a indiqué que son projet de loi sur un contrôle plus serré des armes à feu, qui sera déposé prochainement, contient une clause rendant obligatoire l\u2019enregistrement des armes à feu.Il a précisé que cet enregistrement sera étalé sur quelques années mais qu\u2019il sera obligatoire pour toute personne désireuse de se procurer des munitions.De tous les témoins entendus la semaine dernière par le coroner David, seule la Fé dération québécoise de tir s\u2019est opposée à l\u2019enregistrement des armes.Elle y voit des coûts additionnels pour les propriétaires d\u2019armes, en plus de craindre que le législateur n\u2019en profite pour interdire, par exemple, les armes de chasse semi-automatiques.PHOTO JACQUES GRENIER Odile Tremblay remporte le Prix Jules-Fournier et Sylvain Blanchard obtient une mention au Prix Judith-Jasmin.Jennifer Alleyn a récolté une mention au Prix Mireille-Lanctôt.MT - ¦ mm Des prix à trois journalistes du Devoir LE DEVOIR Trois journalistes du Devoir ont obtenu des prix au Congrès de la FPJQ.Odile Tremblay remporte le Prix Jules-Fournier décerné par le Conseil de la langue française pour la qualité de l\u2019écriture d\u2019un journaliste.Ce prix réputé est assorti d\u2019une bourse de 5000 $ qui enrichira la critique de cinéma du Devoir.Le Prix Judith-Jasmin 1994 a été décerné à la journaliste Johanne McDuff de Radio-Canada conjointement par la FPJQ et la Fondation du Cercle des femmes journalistes pour un reportage sur le sang contaminé, reportage qui fut diffusé à l\u2019émission Dimanche magazine à la radio de Radio-Canada.Sylvain Blanchard du Devoir a eu pour sa part une mention au Prix Judith-Jasmin et reçu des applaudissements nourris pour une série qu\u2019il a écrite à propos des pratiques du ministère du Revenu du Québec.Jennifer Alleyn du Devoir a remporté une mention de la Fondation Mireille-Lanctôt pour la série qu\u2019elle a écrite à Moscou sur les questions sociales.Ce prix est accordé aux journalistes âgés de moins de 30 ans pour l\u2019excellence et l\u2019originalité de leurs reportages.Danièle Lacourse a remporté une mention dans la catégorie télévision pour son reportage sur le massacre d\u2019un escadron de la mort au Salvador, un reportage produit par Alter-Ciné et diffusé à TVA, CBC et TV5.Monique Belzil de Radio-Canada a aussi obtenu une mention pour son reportage à la radio sur la vie quotidienne à Cuba.r Les Etats-Unis semblent avoir des atomes crochus avec le réacteur nucléaire Candu MARIE TISON PRESSE CANADIENNE TTFashington \u2014 Il n\u2019y a pas que les VV lointains marchés asiatiques comme la Corée et la Chine qui intéressent les fabricants du réacteur nucjéaire canadien CANDU.Il y a aussi les Etats-Unis.Le marché de l\u2019électricité y est encore au ralenti, mais cette situation devrait çhanger au début des années 2000.Et Energie Atomique du Canada veut être prête.Pour cette raison, la filiale d\u2019Energie Atomique du Canada aux Etats-Unis a entrepris cet automne le long processus qui devrait lui permettre d\u2019obtenir, d\u2019ici trois à cinq ans, une licence pour vendre le réacteur CANDU aux Etats-Unis.Le président de cette filiale, AECL Technologies, M.Doug Hink, a déclaré à la Presse Canadienne que le CAJNDU n\u2019avait jamais été introduit aux Etats-Unis.Certaines entreprises de services publics s\u2019étaient montrées intéressées, il y a une quinzaine d\u2019années, mais il n\u2019y a pas eu de suites.Le système s\u2019est modifié depuis.Pour vendre un réacteur nucléaire aux Etats-Unis, il faut maintenant obtenir une li- cence d\u2019une agence gouvernementale, la Nuclear Regulatory Commission.La commission doit d\u2019abord étudier sommairement la requête, pour voir si tous les éléments nécessaires y sont.Cette seule étape peut prendre de deux à trois mois.«C\u2019est un document très compliqué, a expliqué M.Hink.Il compte 19 chapitres, répartis en plusieurs volumes, remplis de détails techniques et d\u2019information.» Puis, si tout y est, la commission examine la requête à fond, un processus pouvant s\u2019étaler sur trois à cinq ans.Licences expirées M.Hink a dit s\u2019attendre à ce que le marché de l\u2019électricité soit plus intéressant à ce moment-là.Il a expliqué que la demande en électricité augmentera au cours des prochaines années) ce qui devrait obliger les entreprises de services publics à signer des contrats avec des fabricants de réacteurs au début des années 2000.Il a ajouté qu\u2019entre les années 2007 et 2012, les licences de nombreux réacteurs en existence expireront, parce qu\u2019elles ne sont valides que pour 40 ans.11 faudra remplacer ces centrales.M.Hink s\u2019est montré confiant quant aux chances de l\u2019énergie nucléaire dans ce contexte, surtout face aux autres types d\u2019énergie.11 a expliqué que pour l\u2019instant, l\u2019électricité produite à l\u2019aide de gaz naturel était compétitive parce qu\u2019il y avait un surplus de gaz naturel.Il a cependant affirmé que ce surplus diminuait peu à peu.Il a ajouté que l\u2019énergie solaire et l\u2019énergie éolienne auront leur place, mais surtout en tant que sources supplémentaires d\u2019électricité.«Tous ces types d\u2019énergie sont plus coûteux qu\u2019un réacteur nucléaire géré efficacement, surtout lorsqu\u2019on parle de grandes quantités», a-t-il affirmé.M.Hink a indiqué que le marché du nord-est des États-Ujiis pourrait être intéressant aux yeux d\u2019Energie atomique Canada, en dépit de l\u2019exportation d\u2019hydroélectricité québécoise.«Il y a un bon nombre de réacteurs nucléaires dans cette région qui devront être remplacés, a-t-il déclaré.Il sera économiquement compétitif de les remplacer par, d\u2019autres réacteurs nucléaires.» Energie Atomique du Canada a ouvert sa filiale à Rockville, au Maryland, tout près du siège de la Nuclear Regulatory Commission, il y a cinq ans.M.Hink, un Canadien, y supervise une vingtaine d\u2019employés, Américains pour la plupart.Il a affirmé que AECL Technologies offrait déjà plusieurs produits et services aux Américains dans le domaine de l\u2019énergie nucléaire, développés en marge du CANDU.M.Hink a déclaré que Énergie Atomique Canada avait notamment une grande expertise pour l\u2019entreposage de combustible usé, l\u2019entreposage de déchets nucléaires et même de dispositifs d\u2019étanchéité.Il a expliqué que comme le CANDU utilisait de l\u2019eau lourde, plus coûteuse que l\u2019eau ordinaire, les Canadiens avaient dû développer une technologie pour être bien certains qu\u2019aucune goutte ne se perdait dans le système.«Comme plusieurs réacteurs américains commencent à se faire vieux, ils ont besoins de nouveaux dispositifs d\u2019étanchéité, a-t-il affirmé.Plusieurs entreprises sont venues nous voir et nous avons offert de leur vendre notre système.» Il a affirmé qu\u2019en ce qui concernait le CANDU lui-même, il était confiant d\u2019obtenir sans trop de problèmes une licence de la Nuclear Regulatory Commission.«C\u2019est un intérêt à long terme que nous portons aux États-Unis», a-t-il déclaré.: DÉ- O* G CU^5l vflESSt C°^Ss corals A^b'RoVjes^b (k\\y.«M**- i I.K I) E V 0 1 R .LE LUNDI 14 N 0 V E M B R E 1 !> !» I A 3 ACTUALITES L.E CENTRE À MONTRÉAL ras TO STRflSSe 5905 AUTOROUTE TRANS-CANADENNE, ST-LAURENT 74B-6961 L\u2019hispanophonie, mangeuse de mots Les Espagnols ne sont pas embarrassés par les mots étrangers.Ils les traduisent, les transposent, les phagocytent, les hispanisent sans vergogne.Le castillan a toujours parfaitement résisté.D\u2019abord à huit siècles d\u2019occupation arabe.MICHEL BOLE-RICHARD LE MONDE Madrid \u2014 Cette fin de semana (week-end), je préférerais assister à une partie defutbol ou balompié plutôt qu\u2019au mitin (meeting) du Parti socialiste.De toute façon, je ne suis pas libre, estoy de canguro (je fais du baby-sitting).Cela ne nous empêche pas d\u2019aller faire une partie de bolera (bowling).Et puis arrête de mâcher du chicle (chewing-gum) quand je te parle.Va plutôt chercher des cruasantes (croissants) et ensuite nous pourrons écouter cet elepé (LP: long play, 33-tours) avant d\u2019aller faire du shopping (ir de tiendas: faire les magasins).Le moins que l\u2019on puisse dire est que les Espagnols ne sont pas embarrassés par les mots étrangers.Ils les traduisent, les transposent, les phagocytent, les hispanisent sans vergogne.Et cela ne date pas de l\u2019invasion relativement récente des termes anglo-saxons véhiculés par le cinéma, la publicité ou le sport.Le castillan a toujours parfaitement résisté.D\u2019abord à huit siècles d\u2019occupation arabe dont il a gardé plus de 4000 mots aujourd\u2019hui parfaitement intégrés dans la langue espagnole comme azul (bleu), alcalde (maire), et beaucoup d\u2019autres commençant par la lettre a, mais aussi rehén (otage), jinete (cavalier) et bien sûr alcohol (alcool).Il en fut de même pour le français au cours de siècles d\u2019échanges tumultueux (de l\u2019installation d\u2019un bourbon à Madrid à l\u2019occupation napoléonienne) .Il en reste une multitude de traces comme débâcle, jardin, chalê pour chalet et chofer pour chauffeur.Comme le dit Miguel Garcoa-Posada, directeur de l\u2019Institut Beatriz Galindo et critique littéraire au quotidien El Pais, «quand il s\u2019agit de réalités nouvelles, on les incorpore parce que c\u2019est un enrichissement, quitte à les hispaniser».Alors faut-il malgré tout instaurer des garde-fous légaux pour éviter les dérapages?Faut-il codifier les apports étrangers pour qu\u2019ils ne déforment pas le castillan?Fernando Lazaro Carreter, président de l\u2019Académie royale, vient d\u2019envoyer une lettre au président du gouvernement Felipe Gonzalez, rendue publique mercredi 9 novembre, dans laquelle ce gardien de la langue espagnole s\u2019inquiète «des pro- blèmes de convivialité entre les langues existant actuellement dans les régions où il existe des langues vernaculaires [une allusion au bilinguisme en Catalogne et au Pays basque] ainsi que du laxisme croissant qui se manifeste dans les utilisations publiques de la langue espagnole tant orales qu\u2019écrites».Pourtant, le débat linguistique n\u2019a rien à voir, en Espagne, avec celui que nous avons connu en France, avec les polémiques engendrées par la «loi Toubon» destinée à éviter l\u2019invasion des termes anglais.Vivacité et spontanéité Tout d\u2019abord, les Espagnols n\u2019ont jamais pu prononcer les terminaisons en ing: ils les ont donc transformées tout naturellement Ensuite, la vivacité ibérique, la spontanéité, le goût prononcé pour la discussion ont poussé les castellanohablantes à digérer sans aigreurs d\u2019estomac les influences étrangères.La seule question qui se pose véritablement n\u2019est pas la défense du castillan, qui n\u2019en a pas besoin, mais la régulation de son usage afin d\u2019éviter les incorrections.Même les puristes comme Fernando Lazaro Carreter, sont d\u2019accord: «Je ne crois pas à une loi prohibitive sur l\u2019utilisation du castillan, à la rigueur à une loi positive afin d\u2019éviter les erreurs.» Et la plus haute autorité chargée de veiller au respect de la langue parlée par près de 350 millions de personnes avoue d\u2019ailleurs, de façon réaliste: «On ne peut installer des portes au milieu de la campagne.» Alors il se borne à essayer d\u2019imposer certaines normes.Et encore, sans beaucoup de conviction.Les académiciens prônent l\u2019imposition de règles alors que la plupart des écrivains et des critiques doutent du bien-fondé d\u2019un décret régissant les usages.Dernièrement, l\u2019Académie royale a accepté, après une petite polémique de pure forme, de supprimer dans les dictionnaires l\u2019existence séparée des deux consonnes ch et II, et donc de les réintégrer dans l\u2019ordre normal.En revanche le n surmonté d\u2019un tilde que la Communauté européenne voulait retirer des claviers a résisté pendant quatre ans aux assauts des technocrates de Bruxelles avant d\u2019être finalement sauvé par un décret.Preuve que, quand il le faut, on est prêt, en Espagne, à se battre pour préserver ce qui est considéré comme essentiel.Pour le reste, la perméabilité est admise comme un phénomène naturel.C\u2019est ainsi qu\u2019en Argentine le ministre de la culture Jorge Asis, auteur d\u2019un projet de défense de la langue espagnole face aux anglicismes, a dû présenter sa démission après avoir essuyé une avalanche de critiques.«Les langues se défendent toutes seules, explique Antonio Dominguez-Rey, professeur de linguistique, elles ressemblent à un organisme qui assimile les apports extérieurs.C\u2019est particulièrement vrai pour l\u2019espagnol dont les sons sont peu nombreux, ce qui favorise l'incorporation, à la différence du français, plus rigide, plus technique, plus puriste et dont la structure est plus dépendante d\u2019une construction inflexible.» Pour ce bon connaisseur de notre langue, il y a a la fois «du snobisme et de la paresse» de la part des Français à vouloir utiliser des ternies étrangers, notamment anglais, alors que les Espagnols sont beaucoup moins «conformistes».Une adaptation sans scrupule «L\u2019adaptation sociologique se fait immédiatement», sans aucun scrupule.C\u2019est ainsi que beefsteak devient bistec, buffet, bufe; boulevard, bulevar, popcorn, palomitas de mail, hot-dog, perrito calien-te\\ que OK a toujours été vale, que shampooing s\u2019est transformé en champu; que vaudeville donne vode-vil et que balonmano désigne le handball et balon-cesto le basket-ball.Tout s\u2019hispanise, y compris les noms propres, villes et organisations internationales.C\u2019est ainsi que les Khmers rouges deviennent jemeres rojos, N\u2019Djamena s\u2019écrit Yamena, Bordeaux, Burdeos et USA, EE UU pour Estados Unidos.A la différence de la France, les principaux journaux nationaux ont publié des livres de style qui fournissent aux journalistes les références dont ils ont besoin afin de donner une unité dans l\u2019utilisation de la langue.Une véritable mine sur la manière dont le castillan intègre tout ce qui lui est étranger.Ce qui n\u2019empêche ni les fautes de style ni la mauvaise utilisation des prépositions contre lesquelles tempête Antonio Dominguez-Rey, qui déplore par ailleurs «les mauvais usages et les dérapages constatés dans certains domaines comme le sport, la publicité et l\u2019économie».Et pourtant il faut voir de quelle manière la terminologie économique est digérée pour transformer catering en avituallamiento, marketing en mercado-tecnia, planning en planification, play-back en pre- grabado, leadership par liderato ou liderazgo.Si certains mots restent pratiquement intacts, comme leasing ou joint-venture, la norme est de chercher l\u2019équivalent, de traduire, de transposer.D\u2019ailleurs, Miguel Garcoa-Posada n\u2019hésite pas à dire en plaisantant que c\u2019est plutôt l\u2019anglais qui doit craindre l\u2019espagnol et non le contraire.Ce critique parle de «reconquista» en évoquapt le nombre croissant d\u2019hispanohablantes aux Etats-Unis \u2014 d\u2019après lui, au moins 35 millions.Une reconquête linguistique qui fait dire à l\u2019Italien Uipberto Eco, dans l\u2019hebdomadaire Cambio 16 :«les Etats-Unis se convertissent en un pays bilingue.Dans peu de temps, la domination hispano-américaine sera telle ment importante que l\u2019espagnol sera considéré comme la seconde langue internationale.» Une telle langue doit-elle être défendue par des lois, même si elle souffre certaines altérations?L\u2019écrivain Francisco Ayala ne le croit pas: «La langue espagnole est plutôt unie et homogène en dépit des endroits très différents où elle est pratiquée», remarque-t-il.Un point de vue entièrement partagé par un autre écrivain, l\u2019Argentin Emesto Sa-bato pour qui «les uniques langues stables sont les langues mortes parce que les vivantes sont dans un processus permanent de transformation où toutes les normes finissent par être violées, à commencer par celles de la logique.Il n\u2019est pas possible de parler de logique et de raison quand l\u2019homme est un conglomérat irrationnel de sentiments, de rêves, de fantaisies.» Ces deux écrivains et quelques autres, tous lauréats du prix Cervantes, étaient réunis en congrès, à la fin du mois d\u2019octobre, à Valladolid , pour réfléchir sur un thème: «L\u2019heure de l\u2019espagnol».Tous sont tombés d\u2019accord pour reconnaître que les normes linguistiques autoritaires décrétées par des instances supérieures se révèlent être «un désastre», selon le terme utilisé par Emesto Sabato.Ce qui ne signifie pas qu\u2019il ne faille pas «prendre soin de ce grand trésor partagé par une vingtaine de nations» comme le demande une motion finale, sorte de charte pour la promotion et la défense du castillan, intitulée modestement: «Document de Valladolid».Ses signataires, parmi lesquels Octavio Paz, ont déploré l\u2019absence de représentant du ministère de la Culture pour soutenir cette initiative.Ce manque d\u2019intérêt démontre que la promulgation d\u2019un décret de défense de la langue n\u2019est pas un souci majeur pour autorités espagnoles.\u2019 \u2022 * > \u2019 .¦ \u2019 .\u2022 .-, Proclamation d1 élection 6 novembre 1994 Ville de Montréal Le Président d\u2019élection de la Ville de Montréal proclame élues, suite au scrutin tenu le 6 novembre 1994, les personnes dont les noms suivent, au poste correspondant à leur nom : Pierre Bourque 5945, 43e Avenue Maire de la Ville de Montréal Pierre Gagnier 11850, rue de Meuiles Conseiller du district électoral numéro 01, de Cartierville Noushig Eloyan 12094, rue Letellier Conseillère du district électoral numéro 02, de l\u2019Acadie Hasmig Belleli 934, boulevard Gouin Ouest Conseillère du district électoral numéro 03, d\u2019Ahuntsic Maurice Beauchamp 1093, avenue Berthe-Louard #201 Conseiller du district électoral numéro 04, de Saint-Sulpice Colette St-Martin 9758, avenue du Sacré-Coeur Conseillère du district électoral numéro 05, de Fleury Serge-Éric Bélanger 2280, boulevard Gouin Est Conseiller du district électoral numéro 06, de Sault-au-Récollet Paolo Tamburello 9174, rue d'Iberville Conseiller du district électoral numéro 07, de Saint-Michel Daniel Boucher 5806, avenue de Lorimier Conseiller du district électoral numéro 08, de Jean-Rivard Vittorio Capparelli 7430, rue Chabot Conseiller du district électoral numéro 09, de François-Perrault Sylvain Lachance 7172, rue de Normanville Conseiller du district électoral numéro 10, de Villeray Anie Samson 8658, avenue Henri-Julien Conseillère du district électoral numéro 11, d\u2019Octave-Crémazie Achille Polcaro 7863, avenue de Gaspé Conseiller du district électoral numéro 12, de Jarry Konstantinos Georgoulis 2975, avenue Brighton Conseiller du district électoral numéro 13.de Parc-Extension Pierre Goyer 6856, rue des Écores Conseiller du district électoral numéro 14, de Saint-Édouard Robert Laramée 3300, avenue Ridgewood #22 Conseiller du district électoral numéro 15, de Père-Marquette Hubert Deraspe 6557, rue Molson Conseiller du district électoral numéro 16, de Louis-Hébert Michelle Daines 6669, 25e Avenue Conseillère du district électoral numéro 17, d\u2019Étienne-Desmarteau Kettly Beauregard 4150, avenue Plamondon #8 Conseillère du district électoral numéro 18, de Marie-Victorin André Lavallée 5941, rue de Normanville Conseiller du district électoral numéro 19, de Bourbonnière Robert Côté 6228, 2e Avenue Conseiller du district électoral numéro 20, de Rosemont Richard Théorêt 4671, rue de Bordeaux Conseiller du district électoral numéro 21, de Lorimier Jean Doré 61, rue Saint-Norbert Conseiller du district électoral numéro 22, du Plateau-Mont-Royal Louise Roy 5105, avenue des Érables #5 Conseillère du district électoral numéro 23, de Laurier Michel Prescott 4017, avenue Laval Conseiller du district électoral numéro 25, de Jeanne-Mance Georgine Coutu 3450, rue Drummond #1608 Conseillère du district électoral numéro 26, de Peter-McGill Pierre-Yves Melançon 5334, avenue Decelles Conseiller du district électoral numéro 27, de Côte-des-Neiges Jack Chadirdjian 6919, avenue Wilderton Conseiller du district électoral numéro 28, de Darlington Marvin Rotrand 4355, avenue Rosedale Conseiller du district électoral numéro 30, de Snowdon Jeremy Searle 3840, avenue Prud'homme Conseiller du district électoral numéro 32, de Loyola Sam Boskey 2249, avenue Old Orchard Conseiller du district électoral numéro 33, de Décarie Robert Gagnon 728, avenue Laporte Conseiller du district électoral numéro 34, d\u2019Émard Philippe Bissonnette 6273, rue Hurteau Conseiller du district électoral numéro 35, de Saint-Paul Germain Prégent 734, rue Agnès Conseiller du district électoral numéro 36, de Saint-Henri Marcel Sévigny 507, rue Fortune #31 Conseiller du district électoral numéro 37, de Pointe-Saint-Charles Sammy Forcillo 2154, rue de la Visitation Conseiller du district électoral numéro 38, de Saint-Jacques Martin Lemay 2135, rue Florian Conseiller du district électoral numéro 39, de Sainte-Marie Luc Larivée 5105, boul.de l'Assomption #601 Conseiller du district électoral numéro 40, d\u2019Hochelaga Nathalie Malépart 2269, rue Hogan Conseillère du district électoral numéro 41, de Maisonneuve Benoît Parent 2649, rue Dickson Conseiller du district électoral numéro 42, de Pierre-de-Coubertin Jacques Charbonneau 6390, avenue Alexis-Contant Conseiller du district électoral numéro 43, de Louis-Riel Claire St-Arnaud 7765, rue de Lavaltrie #31 Conseillère du district électoral numéro 44, de Longue-Pointe Ivon Le Duc 8600, rue de Marseille Conseiller du district électoral numéro 45, d\u2019Honoré-Beaugrand Jean-Guy Deschamps 9265, rue de Marseille Conseiller du district électoral numéro 46, de Tétreaultville Giovanni De Michele 11876, avenue Nicolas-Appert Conseiller du district électoral numéro 47, de Marc-Aurèle-Fortin Aimé Charron 9085, boulevard Gouin Est Conseiller du district électoral numéro 48, de Rivière-des-Prairies Marie Lebeau 734, 15e Avenue Conseillère du district électoral numéro 49, de Pointe-aux-Trembles Colette Paul 12802, rue Notre-Dame Est Conseillère du district électoral numéro 50, de La Rousselière Johanne Lorrain 15174, rue Notre-Dame Est Conseillère du district électoral numéro 51, du Bout-de-l\u2019île Montréal, le 14 novembre 1994 Léon Laberge Président d'élection D1C 1, II N I) 1 NOV E M 15 R E C\u2019est écrit dans la bulle.PHOTO JACQUES GRENIER UN OURSON automate qui fait des bulles de savon devant un magasin de jouets et un enfant qui s\u2019émerveille: c\u2019est déjà l\u2019esprit des fêtes qui s\u2019installe au centre-ville.Fin du détournement au moulin à café Les pirates de l\u2019air se réclamaient d\u2019un mystérieux «Comité des pacifistes algériens» P aima de Majorque (Reuter) \u2014 Les trois hommes qui ont détourné un avion algérien sur l\u2019aéroport de Palma de Majorque, aux Baléares, armés d\u2019un couteau et d\u2019un moulin à café se sont rendus dimanche soir, huit heures après l\u2019atterrissage de l\u2019appareil.Les pirates de l\u2019air, qui se réclamaient d\u2019un mystérieux «Comité de pacifistes algériens», sont tous trois de nationalité algérienne et sont âgés d\u2019une vingtaine d\u2019années.Ils sont actuellement interrogés par la sécurité espagnole.Les 38 passagers sont en bonne santé et passeront la nuit dans un hôtel de Palma avant d\u2019être rapatriés sur Alger.Le Fokker 27 d\u2019Air Algérie transportait 38 passagers et quatre membres d\u2019équipage sur la ligne Alger-Ouargla, dans le Sud algérien, lorsqu\u2019il a été détourné dimanche matin.Les trois pirates de l\u2019air ont dans un premier temps réclamé la libération de tous les prisonniers politiques et la reprise du processus électoral en Algérie ainsi que le plein de carburant pour gagner Marseille.Les autorités espagnoles ont refusé et ils ont alors demandé l\u2019asile politique à l\u2019Espagne et la garantie qu\u2019ils ne seraient pas renvoyés dans leur pays.Le représentant du gouvernement de Madrid à Palma, Gérard Garcia, a déclaré que les autorités n\u2019avaient accédé à aucune de leurs exigences, pas même leur demande d\u2019eau et de médicaments.Il a affirmé que la question de leur rapatriement serait tranchée par un juge d\u2019instruction.En tant que signataire de l\u2019accord de Montréal sur la piraterie aérienne, l\u2019Espagne n\u2019est pas censée leur accorder l\u2019asile politique.Les trois Algériens qui ont détourné un avion sur Alicante en février attendent leur procès en prison.Garcia a précisé, au cours d\u2019une conférence, que les trois pirates n\u2019étaient armés que d\u2019un couteau et que la boîte à chaussures dans laquelle ils affirmaient avoir placé une bombe contenait en fait.un moulin à café.Pedro Meauria, directeur de l\u2019aéroport de Palma, a expliqué que les pirates avaient fait irruption dans la cabine de pilotage du Fokker peu après le décollage d\u2019Alger.Deux d\u2019entre eux sont restés près du pilote, le troisième s\u2019est installé à l\u2019arrière de l\u2019appareil.Ils disaient avoir une valise bourrée d\u2019explosifs.A Madrid, une cellule de crise avait été mise en place à l\u2019ambassade d\u2019Algérie et l\u2019ambassadeur s\u2019est rendu à Palma sans toutefois participer aux négociations.A Alger, une autre cellule de crise, présidée par Abdelkader Teffar, secrétaire général du ministère algérien des Affaires étrangères, avait été créée.C\u2019est le deuxième appareil algérien détourné cette année vers l\u2019Espagne lors d\u2019un vol intérieur.Le 28 février, un Boeing d\u2019Air Algérie transportant 127 passagers d\u2019Alger à Oran avait été dérouté sur Alicante par trois policiers armés réclamant l\u2019asile politique à l\u2019Espagne.Une soixantaine de nouveaux cas au Québec La coqueluche fait toujours des siennes Québec (PC) \u2014 La coqueluche continue encore à faire des siennes cet automne au Québec, alors que de 50 à 60 nouveaux cas sont déclarés chaque semaine à la direction de la Santé publique.Les autorités médicales ne parlent pas d\u2019épidémie puisque la situation est stable depuis 1992.Les statistiques font état d\u2019environ 3000 cas par année mais le nombre réel de personnes qui contractent la maladie serait beaucoup plus élevé.Ce sont les enfants qui sont les plus vulnérables à la bactérie responsable de la coqueluche.La maladie n\u2019est pas fatale mais elle peut provoquer des troubles respiratoires si elle n\u2019est pas traitée.Les chercheurs nous promettent un nouveau vaccin, plus efficace, d\u2019ici quelques années.Au musée d\u2019Art contemporain Un colloque passionnant sur Pimage de la mort MARIE-MICHÈLE CRON Il y avait foule hier au colloque L\u2019image de la mort.Aux limites de la fiction: l\u2019exposition du cadavre, qui se tenait au musée d\u2019Art contemporain de Montréal dans le cadre de l\u2019exposition Andrés Serrano: la morgue (jusqu\u2019au 8 janvier 1995).Un colloque qui réunissait autour de la médiatrice Christine Bernier une phalange d\u2019historiens et de théoriciens passionnés et passionnants que l\u2019on aurait volontiers écoutés quelques heures de plus alors qu\u2019un seul après-midi consacré à ce thème se révélait insuffisant \u2014 mais Michel Vovelle qui était absent, reviendra le 30 novembre à 18h pour poursuivre cette réflexion sur l\u2019image de la mort \u2014.Un mini-événement en fait, qui démarra dans l\u2019émotion alors que Marcel Brisebois nous rappela la perte de William Readings disparu il y a deux semaines dans un tragique accident d\u2019avion, nous demanda une minute de silence en mémoire de cet éminent professeur agrégé du département de littérature de l\u2019Université de Montréal qui avait aidé le musée dans ses préparatifs en mars dernier sur le colloque du New Art History.«Cette disparition est pour nous une épreuve, et nous avons pensé que ce colloque lui était dédié» dit-il.C\u2019était aussi l\u2019occasion de réfléchir sur une exposition qui a suscité quelques controverses dans les médias électroniques (avec l\u2019objecteur de conscience Jean-Luc Mon-grain qui illumina les foules au cours d\u2019une de ses émissions hebdomadaires) comme de recontextualiser le musée en tant que lieu de débats.«Nous assumons nos choix et ce colloque en est la preuve» renchérit M.Brise-bois.Le musée est censé acquérir d\u2019ailleurs deux des pièces d'Andrès Serrano.Celui par qui le diable ou la polémique arrive est à mettre en parallèle avec Marcel Dû-champ, autre grand provocateur devant l\u2019éternel et les conventions de la tradition.D\u2019après Réal Lussier, conservateur au MACM et responsable de cette exposition, l\u2019art ne doit-il pas ainsi se prêter aux jeux de la subversion?Le brillant Bruno Bertherat, un historien qui a déposé à l\u2019Université de Paris I en 1990 un mémoire de maîtrise portant sur La morgue et la visite de la morgue à Paris au XIXe siècle: 1804-1907, nous expliqua et nous raconta, comment la perception de la mort avait évolué, de l\u2019exposition publique de cadavres dans deux morgues parisiennes au XIXe siècle jusqu\u2019à la disparition de ces authentiques attractions populaires.Le discours de Bruno Bertherat était un véritable objet de curiosité comme le sujet sur lequel il s\u2019appuyait pour démontrer comment la morgue participait ainsi «à un travail de régulation de la société».Meilleur endroit et moyen pour reconnaître les cadavres par un public qui en devenait métaphoriquement le gardien social, la morgue attirait des foules considérables: en 1892, on comptait autour d\u2019un million de visiteurs par an d\u2019après certaines statistiques.Espace collectif, lieu de réunion, la morgue se donne alors en spectacle au même titre que la Tour Eiffel, les catacombes ou Yvette Guilbert pour devenir au tournant du siècle, l'objet de critiques virulentes qui en dénonçaient les effets pervers sur le public.Mais jusqu\u2019à sa fermeture en 1907, elle restera encore un catalyseur de l\u2019inconscient collectif ou s\u2019aiguiseront les .effets de la fascination et de la répulsion.A l\u2019image des photographies d\u2019Andrès Serrano qui sont d\u2019après Susan Douglas \u2014 qui enseigne entre autres au Département d\u2019arts visuels de l\u2019Université d\u2019Ottawa \u2014 à rattacher à la grande tradition picturale.De Judith décapitant Holopherme d\u2019Artemisia Gentileschi qui s\u2019inspire du Caravage, à l\u2019angoissant Christ de Grünewald que réinterpréteront avec force Bacon et Picasso, en passant par les vanités du XVIIe siècle (auxquelles le cadavre carbonisé dans une des œuvres de Serrano se réfère par exemple), l\u2019image de la mort a hanté l\u2019Europe symboliste comme elle continue de le faire aujourd\u2019hui.Andrés Serrano qui était peintre avant d\u2019être photographe, connaît bien ses classiques et l'histoire, toujours récurrente, de notre monde impitoyable.Mitchell, à la tête des libéraux albertains Calgary (PC) \u2014 Grant Mitchell a vu son rêve devenir réalité en fin de semaine quand il a été élu à la tête des libéraux albertains, mais le système qui lui a permis de l\u2019emporter s\u2019est transformé en cauchemar pour ce parti qui forme l\u2019opposition provinciale.Sa victoire, aux dépens de ses adversaires Torn Sindlinger et Gary Dickson, a été entachée d\u2019une série d\u2019accrocs et d\u2019allégations ayant trait au processus de scrutin par téléphone.On a affirmé que des votes avaient été achetés, que des milliers de votes par procuration n\u2019avaient pas été transmis, que des lignes téléphoniques étaient bloquées par une surcharge d\u2019appels et que le tout avait baigné dans la confusion.Le président du parti Brendan Dun-phy et plusieurs des 31 députés à l\u2019Assemblée législative ont admis que le processus avait été un désastre.M.Mitchell, un vétéran de la politique âgé de 43 ans, n\u2019en fait pas trop de cas.Il y a toujours des gens qui vont tenter d\u2019en blâmer d\u2019autres lorsqu\u2019il y a une campagne électorale intense, a-t-il dit «La rumeur est la monnaie de la politique, et s\u2019il y a un endroit où cette monnaie circule, c\u2019est bien dans un congrès au leadership», a-t-il laissé tomber après sa victoire, remportée à l\u2019issue d\u2019un deuxième tour de scrutin.Selon un observateur de la scène politique, le professeur David Taras, de l\u2019Université de Calgary, les libéraux ont abandonné le système des délégués, avec ses lacunes, comme les assemblées de partisans gagnés d\u2019avance, pour quelque chose de pire encore.Mais d\u2019autres observateurs estiment que le parti sort de ce congrès en bien meilleure posture pour s\u2019attaquer au populaire gouvernement conservateur de Ralph Klein qu\u2019il ne l\u2019était sous son précédent leader, Laurence Décoré.M.Mitchell est favorable à l\u2019entreprise privée et opposé aux taxes, mais il soutient qu\u2019il n\u2019est pas nécessaire de sacrifier les pauvres pour équilibrer un budget Il promet de vendre le Heritage Trust Fund et d\u2019en appliquer le produit de la vente à la dette, d\u2019ajouter l\u2019orientation sexuelle à la liste des droits protégés par la loi des droits de la personne, d\u2019écarter les réactionnaires du caucus et d\u2019éliminer les compressions imposées par les conservateurs au financement des maternelles.Le premier ministre Jean Chrétien et le premier ministre de Singapour Goh Chok Tong se sont rencontrés hier à Djakarta, en Indonésie, avant d\u2019assister au sommet du Forum de coopération Asie-Pacifique (APEC).Le premier ministre est arrivé hier à Djakarta Chrétien dans la tourmente du Timor Djakarta (PC) \u2014 Le premier ministre Jean Chrétien est arrivé hier à Djakarta pour une rencontre où l\u2019ordre du jour, axé sur le commerce, pourrait bien être détourné par la question des droits de la personne.C\u2019est dans une capitale aseptisée et étrangement paisible que M.Chrétien s\u2019apprête à participer au Forum de la coopération économique Asie-Pacifique \u2014 une rencontre des leaders de 18 pays incluant autant dçs géants économiques comme les Etats-Unis que de petits pays comme la Malaisie.Les réunions, qui se dérouleront ce soir et mardi, porteront sur la libéralisation des échanges commerciaux dans la région Asie-Pacifique et on s\u2019efforcera de fixer un échéancier pour la mise en place du libre-échange entre les pays membres.Pour les pays développés, comme le Canada, cela pourrait signifier l\u2019an 2002, pour les pays en voie de développement, cela pourrait vouloir dire aussi tard qu\u2019en 2020.Mais les pourparlers risquent fort de se ressentir des récentes manifestations contre le gouvernement indonésien.Hier, des milliers de jeunes se sont livrés à des actes de violence et de saccage dans les rues et ont affronté les policiers à Dili, ville du Timor oriental.On ignore s\u2019il y a eu des blessés ou des morts.Une douzaine de protestataires du Timor oriental se sont également infiltrés dans l\u2019enceinte de l\u2019ambassade américaine à Djakarta, samedi, et refusent d\u2019en sortir.Ils réclament du président américain Bill Clinton, arrivé hier soir pour le sommet, qu\u2019il intervienne pour favoriser la libération d\u2019un dissident emprisonné du Timor oriental, territoire envahi par l\u2019Indonésie en 1975.Les militants du Timor oriental, situé à 2000 kilomètres de Djakarta, accusent le gouvernement indonésien de bafouer depuis plusieurs années les droits de la personne.M.Chrétien est censé soulever la question des droits de la personne auprès du président indonésien Suharto, aujourd\u2019hui.On s\u2019attend à ce qu\u2019il reprenne l\u2019approche adoptée plus tôt en Chine, où il s\u2019était abstenu de mentionner des cas précis d\u2019atteintes aux droits et n\u2019avait pas non plus menacé de lier l\u2019aide canadienne aux progrès réalisés dans la protection des droits de la personne.Le président Suharto, pour qui le Sommet Asie-Pacifique est le point marquant de ses 27 années de pouvoir, entend maintenir les discussions sur la question du commerce.L\u2019Eurotunnel enfin ouvert à tout le monde Paris (AP) \u2014 À partir d\u2019aujourd\u2019hui, le grand public pourra enfin emprunter l\u2019Eurotunnel et traverser la Manche à 160 km/h par 40 mètres sous le fond de la mer, en voiture à bord des navettes du Shuttle ou en train à bord de l\u2019Eurostar.Les trains à grande vitesse Eurostar relient désormais Paris à Londres en trois heures, Londres à Bruxelles en trois heures et quart, et Lille à Londres, en deux heures, de centre-ville à centre-vil- .le.Une gamme de prix «Découverte» a été spécialement élaborée pour permettre aux clients de découvrir le service Eurostar.Les premiers passagers pourront effectuer l\u2019aller-retour Paris-Londres pour 1620 FF (environ 405 $) en première classe, 1290 FF (environ 322 $) en seconde classe, et 790 FF (environ 197 $) avec le billet «Joker Découverte» en seconde classe, réservé au moins 14 jours à l\u2019avance.Les enfants de moins de quatre ans voyageront gratuitement et ceux de moins de douze ans à prix réduits.Cabines téléphoniques Accueillis par les hôtesses et stewarts en uniforme jaune et bleu signé Balmain, les voyageurs disposeront de quatre cabines téléphoniques, de deux espaces «nur-serie», ainsi que d\u2019un service de restauration légère et de boissons chaudes et froides.Pour son début de service, baptisé Avant-Première, Eurostar ne proposera tout d\u2019abord qu\u2019un service réduit.En effet, le certificat d\u2019exploitation pour le démarrage du service à grande vitesse d\u2019Eurotunnel, accordé le 12 octobre dernier par la Commission intergouvemementale de sécurité, comporte des limitations.Ainsi, le nombre de trajets par heure et par sens a été fixé à un maximum de huit.Cependant la commission a finalement autorisé fin octobre la circulation des TGV le week-end.Les sociétés qui exploitent Eurostar, la SNCF, la SNCB et EPS (European Passenger Services) ont souhaité proposer un service qui permette à leurs clients de découvrir dès que possible les avantages d\u2019Eurostar.Eurostar desservira donc les trois capitales à raison de deux aller-retour par jour.Le nombre d\u2019aller-retour aug- , mentera progressivement jusqu\u2019au plein service commercial, qui offri-,.ra un départ toutes les heures en moyenne à partir du second semestre 1995.\tl'./i Formés à Nicolet Treize constables spéciaux autochtones Nicolet (PC) \u2014 Treize.constables spéciaux autoch- ' tones ont terminé, hier, leur formation de sept semaines à l\u2019Institut de police du Québec, à Nicolet.Depuis la mise en place de ce programme, en 1979, 140 autochtones ont profité de cette formation.Le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, et le chef de l\u2019Assemblée des premières nations pour les régions du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, assistaient à la remise des diplômes.La formation de base d\u2019une durée de sept semaines fait suite à une formation préliminaire reçue dans les communautés autochtones et donnée par des agents de liaison de la Sûreté du Québec.Les constables spéciaux autochtones proviennent notamment de Oujé-Bougamou (Chibougamau), JJshat Mak Mini-Utenam (Sept-Iles), Village-des-Hurons (Québec) et Betsiamites (Baie- Comeau).Des Romains au roman m I.K I) K V 0 I H .I.K I.I! X 1) I II X U V K M B H K I II !) I A 5 ¦* LE DEVOIR ?- LE MONDE EN BREF ?RAID ISRAÉLIEN AU LIBAN Jérusalem (AFP) \u2014 L\u2019aviation israélienne a effectué hier soir des raids contre des bases du Hezbollah pro-iranien, au sud-Liban, a annoncé le porte-parole de l\u2019armée.Les cibles visées, qui servaient de bases au Hezbollah, dans la région de Jabel Raff, à l\u2019est de Saida, chef-lieu du sud-Liban, ont été détruites.Tous les appareils qui ont parti-; cipé aux raids ont regagné leurs bases sans encombre, a \u2019 ajouté le porte-parole.Une patrouille israélienne a été attaquée à l\u2019arme automatique et à la roquette antichar hier dans la «zone de sécurité», une bande territoriale contrôlée par l\u2019armée israélienne dans le sud du Liban.L\u2019attaque, qui n\u2019a pas fait de victime, n\u2019a pas été revendiquée.L\u2019armée israélienne a ensuite bombardé à l\u2019artillerie de campagne et au canon de char les environs de villages face au secteur de l\u2019opération, a indiqué la police libanaise, sans faire état de victime.Le Hezbollah est responsable de la plupart des opérations anti-israéliennes dans la «zone de sécurité».-?- UN NOUVEAU CHEF DE LA POLICE À PORT-AU-PRINCE Port-au-Prince (AFP) \u2014 Le haut commandement militaire a nommé au cours du week-end un nouveau chef de la police de Port-au-Prince, le capitaine Pierre Estanislas Neptune, élevé pour l\u2019occasion au grade de major et de lieutenant-colonel ad honores.Le lieutenant-colonel Neptune, qui a suivi les cours d\u2019officiers de la gendarmerie française à l\u2019école spécialisée de Melun (France), succède à ce poste au lieutenant-colonel Jean Lucien Ca-zeau, nommé chef du service de l\u2019armement de l\u2019année haïtienne.Le lieutenant-colonel Neptune occupait avant sa nomination les fonctions de commandant de la garnison de police de Cafétéria, en plein centre de Port-au-Prince.Cette nomination intervient alors que des problèmes sérieux d\u2019insécurité caractérisés par une recrudescences d\u2019actes criminels et de cambriolages dans les quartiers commerciaux sont signalés depuis plusieurs semaines en l\u2019absence sur le terrain des policiers haïtiens et les troupes américaines se refusant à assumer des taches de police.-?- LE BANGLADESH PARALYSÉ Dacca (AFP) \u2014 Le Bangladesh a été paralysé, samedi et hier, par une grève générale organisée par l\u2019opposition ; dans le cadre d\u2019une campagne de protestation contre le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP au pouvoir) du premier ministre Khaleda Zia.Les moyens de transports ont notamment été affectés par le mouvement, tandis que les écoles et les entreprises sont restées fermées, ont indiqué des responsables.La police et des forces paramilitaires ont été déployées autour de Dacca, une cité de huit millions d\u2019habitants.Sheikh Hasina Wajed, présidente de la Ligue Awami, l\u2019un des principaux partis de l\u2019opposition, a annoncé que la campagne de l\u2019opposition se poursuivrait, avec notamment des manifestations à partir du 29 novembre, des blocus routiers et ferroviaires le 29 novembre ainsi qu\u2019une nouvelle grève générale de 48 heures les 7 et 8 décembre.-?- BUSH DÉCORÉ PAR L'ALBANIE Tirana (AFP) \u2014 L\u2019ancien président américain George Bush a reçu l\u2019Ordre d\u2019or de Skanderbeg, haute distinction albanaise, des mains du président Sali Berisha, lors d\u2019une visite privée de quelques heures samedi à Tirana, ont rapporté hier les médias albanais.M.Berisha a rendu hommage à «la contribution particulière» apportée par M.Bush à «la libération des peuples de l\u2019Europe de l\u2019Est» du joug communiste, «l\u2019un des systèmes les plus tragiques qu\u2019ait connus l\u2019histoire de l\u2019humanité».11 a remercié M.Bush pour la fermeté avec laquelle l\u2019ancien président américain avait traité le problème du Kosovo, attitude qui, selon M.Berisha, a eu pour effet de «décourager l\u2019agresseur», allusion aux autorités serbes.Le Kosovo est une province du sud de la Serbie, dont 90 % des deux millions d\u2019habitants sont des Albanais de souche qui y ont proclamé clandestinement une «république».L\u2019activité de ses dirigeants, qui aspirent au rattachement du Kosovo à l\u2019Albanie, est sévèrement réprimée par la justice serbe.-?- TRÊVE AU SRI LANKA Colombo (AFP) \u2014 Les Tigres de libération de l\u2019État tamoul (LITE, séparatistes du nord-est de l\u2019île) ont décrété hier un cessez-le-feu unilatéral d\u2019une semaine à l\u2019occasion de l\u2019investiture de la présidente Chandrika Kumara-tnnga, a-t-on annoncé de source militaire à Colombo.Les rebelles tamouls ont fait connaître cette décision samedi soir sur les ondes de leur radio clandestine.Mme Kuma-ratunga, alors premier ministre et candidate à l\u2019élection présidentielle, avait suspendu les discussions de pane avec le LTTE à la suite de l\u2019implication présumée de séparatistes tamouls dans l\u2019assassinat le mois dernier du chef de l\u2019opposition, Gamini Dissanayake.La marine a capté une émission des rebelles indiquant qu\u2019ils n\u2019attaqueraient pas les forces de l\u2019ordre, mais se réservaient le droit d\u2019effectuer des opérations défensives, a-t-on précisé de source militaire.Le ministère de la Défense n\u2019a pas commenté cette annonce.La nouvelle présidente, dans son premier discours en tant que chef de l\u2019État, a déclaré samedi : «Mon gouvernement et moi poursuivrons notre quête de la paix, tout en reconnaissant que c\u2019est une voie difficile».Mme Kumaratunga, qui est âgée de 49 ans, a remporté une large victoire à l\u2019élection présidentielle du 9 novembre après avoir fait campagne en promettant de faire la paix avec les rebelles.-?- BOSNIE-HERZÉGOVINE Le Canada, la France et l'Espagne menacent de retirer leurs Casques bleus Les Serbes reprennent du territoire dans le nord D\u2019APRES AFP La mission des forces des Nations unies en Bosnie est remise en question après la décision de Washington de ne plus appliquer l\u2019embargo sur les armes à destination de la Bosnie.Après l\u2019Espagne, la France et le Canada menacent de retirer leurs Casques bleus de Bosnie en cas de levée de l\u2019eqibargo sur les armes.A la suite d\u2019une décision du président Bill Clinton, prise sous la pression du Congrès, les États-Unis ont cessé, depuis la nuit de samedi à hier, de participer aux opérations aéro-navales de surveillance de l\u2019embargo, menées par l\u2019OTAN et l\u2019UEO (Union de l\u2019Europe occidentale).Hier, la Turquie \u2014 qui participe aussi à cette opération de surveillance dans l\u2019Adriatique \u2014 a annoncé qu\u2019elle allait suivre la décision américaine.Celle-ci a été unanimement critiquée par les capitales européennes, en particulier les pays qui ont déployé des troupes au sein de la Force de protection des Nations Unjes (FORPRONU) en ex-Yougoslavie.A Ottawa, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que le Canada allait retirer immédiatement ses troupes en Bosnie si l\u2019embargo sur les aimes était levée.Le gouvernement espagnol, a ainsi donné l\u2019ordre à son contingent de se préparer à «un éventuel retrait ces jours prochains», selon un porte-parole de la présidence qui a expliqué que la tension avait monté d\u2019un cran dans les zones où se trouvent les soldats espagnols.Les Britanniques, très hostiles à une levée de l\u2019embar- go, se sont montrés toutefois plus réservés, le secrétaire au Foreign Office, Douglas Hurd, ayant affirmé samedi que la décision américaine ne constituait pas pour les 3500 soldats britanniques «une menace supplémentaire immédiate».Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a dénoncé la decision «unilatérale» de Bill Clinton, et affirmé que «si on cesse de contrôler (l'embargo), il y aura encore davantage d\u2019armes et la sécurité de nos Casques bleus sera moins assurée».Il est vrai que cette menace de retrait, agitée périodiquement par les Européens, est l\u2019une de leurs principales cartes face à l\u2019administration américaine qui projette de lever au printemps l\u2019embargo sur les aimes, comme le réclament les autorités de Sarajevo., Les Européens savent en effet que les États-Unis ne sont en aucun cas prêts à prendre leur relève sur le terrain et qu\u2019un départ des Casques bleus serait le feu vert donné à un embrasement généralisé du conflit.Mais, au-delà de cette partie diplomatique entre alliés, les Européens sont de plus en plus inquiets de voir qu\u2019une «logique de guerre» l\u2019emporte sur leurs laborieux efforts pour imposer, avec les Américains et les Russes, un règlement négocié à ce conflit de deux ans et demi.Pour les quelque 24 000 Casques bleus présents depuis deux ans en Bosnie la situation sur le terrain devient de plus en plus difficile.Les relations entre le gouvernement bosniaque et la FORPRONU sont au plus bas et les Casques bleus éprouvent de plus en plus de difficultés à accomplir leur mission humanitaire et d\u2019interposition.Les Casques bleus français ont ouvert le feu contre les forces serbes bosniaques hier à Sarajevo, en riposte à des tirs d\u2019artillerie contre l\u2019hôtel Holiday Inn de la ville, alors que les combats s\u2019intensifiaient dans l\u2019enclave musulmane de Bihac.Dans l\u2019après-midi, l\u2019Holiday Inn de Sarajevo, où résident notamment des membres d'organisations internationales et des journalistes, avait été la cible de tirs d\u2019artillerie qui ont provoqué un incendie dans les étages inférieurs du bâtiment.Cinq à six roquettes ont touché le premier étage de l\u2019hôtel, qui abrite notamment les locaux temporaires de l\u2019ambassade américaine et une centaine de clients, notamment des membres d\u2019organisations internationales et des journalistes.Ce regain de tension à Sarajevo internent alors que, selon des sources militaires internationales, les forces gouvernementales bosniaques, à majorité musulmane, étaient en mauvaise posture dans la poche de Bihac, face à la contre-offensive des Serbes bosniaques et de leurs alliés.Après avoir récupéré environ 250 km2 à l\u2019ouest de la poche ces dernières semaines, les forces bosniaques \u2014 environ 12 000 hommes \u2014 sont confrontées à une «très sérieuse» contre-offensive développée sur trois fronts.Cette contre-offensive est menée à partir du nord par les forces de l\u2019ancien leader autonomiste musulman Fi-kret Abdic \u2014 4000 à 6000 hommes \u2014, à l\u2019est par les forces serbes de Bosnie \u2014 12 000 hommes \u2014, et au sud-ouest, à partir de la Krajina croate, par les sécession^ nistes serbes de Croatie qui contrôlent cette région.FRANCE Nouvelle rafle contre les islamistes Paris (AFP) \u2014 Opération sans précédent dans la nuit de samedi à hier pour la justice, la police, la gendarmerie et l\u2019administration pénitentiaire françaises avec la mise en examen (inculpation) à Paris de 78 extrémistes islamistes, puis le transfert de 77 d\u2019entre eux dans cinq prisons.Parmi les extrémistes écroués figurent Mohamed Chalabi, un Algérien de 39 ans, animateur présumé de l\u2019un des réseaux proches du GIA, Ahmed Djella, Français de 25 ans, arrêté au siège de l\u2019Association éducative des musulmans de France (AEMF), et un Algérien de 24 ans, Mourad Adou, présumé «homme très important» du GIA en Éurope.C\u2019est dans un palais de justice sous haute surveillance que le juge Jean-Louis Bruguière, spécialisé dans la lutte antiterroriste, a tiré les conséquences judiciaires du démantèlement, mardi dernier, du plus important réseau de soutien au Groupe islamique algérien (GIA) jamais découvert en France.Trois magistrats-instructeurs ont dû venir en renfort pour faire face aux 78 présentations, un chiffre inhabituel dans les annales judiciaires françaises.Cette procédure a duré près de 14 heures, compte tenu du nombre de personnes concernées et des différentes nationalités représentées (française, algérienne, marocaine, russe.).Un seul des 78 extrémistes a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire.Les 77 autres ont été écroués dans quatre prisons de la région parisienne et à la Santé à Pa-ris.Plusieurs des personnes écrouées l\u2019ont été sur la base d\u2019un mandat de dépôt à durée déterminée (5 jours) jusqu\u2019à l\u2019organisation, vraisemblablement mercredi, d\u2019un débat contradictoire, en présence de leurs avocats et d\u2019un magistrat du Parquet, à l\u2019issue duquel certaines d\u2019entre elles pourraient être remises en liberté sous contrôle judiciaire.Levée de l'embargo économique Bagdad espère Bagdad (Reuter) \u2014 L\u2019Irak espère que sa reconnaissance officielle du Koweït lui apportera de nouveaux soutiens au sein du Conseil de sécurité des Nations unies mais ne se fait guère d'illusion sur une levée rapide des sanctions internationales.La reconnaissance du Koweït a donné à l\u2019Irak «un nouvel élan et un nouveau poids au sein du Conseil de sécurité et de la communauté internationale», s\u2019est félicité Tarek Aziz, cité par l\u2019agence irakienne Ina.«Ce pas important aura pour effet positif de rapprocher la date de levée de l\u2019embargo», a ajouté le vice-premier ministre irakien, qui a quitté Amman pour New York où il assistera aujourd\u2019hui à la réunion hebdomadaire du Conseil de sécurité, précise Ina.«La levée du blocus ne sera cependant pas décidée (.) lors de la session (du Conseil de sécurité) de demain», a-t-il tenu à préciser.% è Ht m PHOTO AP Des Timorais ont incendié une motocyclette hier dans les rues de Dili, au Timor, après une manifestation contre l'occupation indonésienne.La question des droits de l'homme en Indonésie refait surface Émeute au Timor à la veille d'une visite de Clinton Dili (AFP) \u2014 Le calme semblait être revenu hier soir à Dili, la capitale du Timor oriental, où un millier de jeunes s\u2019étaient heurtés dans la matinée à des policiers et des soldats indonésiens, a constaté un journaliste de l\u2019AFP sur place.A Djakarta, en revanche, le sit in entamé samedi par une vingtaine de jeunes indépendantistes est-timorais dans l\u2019enceinte de l\u2019ambassade des États-Unis, se poursuivait hier alors que le président Bill Clinton était attendu dans la soirée dans la capitale indonésienne.Les occupants n\u2019ont pas accepté d\u2019être transportés à l\u2019ambassade du Vatican comme on le leur proposait, a déclaré leur porte-parole, Domin-gus Sarmento Alves, à travers les grilles, aux nombreux journalistes à l\u2019extérieur.M.Clinton doit participer demain au sommet du Forum de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), qui réunit 18 pays, avant d\u2019avoir mercredi des entretiens bilatéraux avec le président Suharto.La question du Timor oriental sera abordée à cette occasion, a-t-on indiqué de source américaine.Ces heurts et les scènes de pillage consécutives se sont soldés par 72 arrestations et inculpations pour participation à des faits délictueux, a dit à l\u2019AFP le chef de la police régionale, le colonel Sugianto Andreas.Les troubles dans la capitale de l\u2019ex-colonie portugaise du Timor oriental ont éclaté samedi soir après le meurtre d\u2019un commerçant est-ti-morais par un autre originaire des Célèbes (nord de l\u2019Indonésie).La victime, un commerçant de 30 ans, nommé Marie Vicente, a été tuée samedi après-midi lors d\u2019une dispute «qui n'a rien à voir avec l\u2019anniversaire» du massacre de novembre 1991 à Dili, a affirmé à l\u2019AFP le colonel Sugianto.L\u2019assassin, Muhamad Fakir, a été arrêté et inculpé, a ajouté le policier.Il n\u2019y a pas eu d\u2019autre mort, a-il ajouté, démentant des témoignages faisant état de trois morts parmi la population non timoraise.Selon le correspondant de l\u2019AFP sur place, au moins 30 échoppes ont été pillées et deux restaurants brûlés, de même que quelques voitures et motos.Dans l\u2019ambiance de rivalité entre Est Timorais de souche et Indonésiens venus d\u2019autres îles comme les Célèbes, soupçonnés d\u2019avoir les meilleurs emplois et de dominer le commerce à leur profit, le meurtre du commerçant timorais a mis le feu aux poudres.D\u2019autant qu\u2019il coïncidait avec le troisième anniversaire, jour pour jour, du massacre commis par des soldats indonésiens lorsqu\u2019ils ont tiré sur des manifestants indépendantistes, faisant de 50 à plus de 270 morts, selon les sources.De la culture à l\u2019horticulture I, E I) E V 0 I R , I, E LUNDI I 'I N 0 V E M B R E I 9 9 4 A 6 EDITORIAL Les chiffres ne disent pas tout Jean-Robert Sansfaçon La publication des études par le ministre de la Restructuration, M.Richard Le Hir, marque le début d'une offensive qui s\u2019annonce aussi pénible et improductive qu\u2019une bataille de ruelle.aniel Johnson niait que des études portant sur le coût des dédoublements existaient, et il n\u2019avait pas tout à fait tort.Les fameuses études publiées jeudi dernier sont tout au plus des évaluations sur le mode de qui fait quoi, qui dépense quoi dans cette province.Pour chacun des dossiers où Québec manifestait quelque prétention à l\u2019autonomie à la suite de l\u2019échec des accords du Lac Meech, les fonctionnaires ont tenté de brosser un portrait de la situation et suggéré différents scénarios pour l\u2019avenir.Jamais il n\u2019était question d\u2019indépendance, rarement du coût des dédoublements, même si dans plusieurs cas, l\u2019hypothèse d\u2019un retrait du fédéral était évoquée.La conjoncture ayant profondément changé avec l\u2019élection du Parti québécois, la publication de ces études n\u2019aura aucune conséquence fâcheuse.Mais on comprend facilement le refus du gouvernement précédent de publier des documents internes lui suggérant des scénarios possibles de négociation avec Ottawa.Aucun gouvernement, pas plus celui de Jacques Parizeau que celui de Daniel Johnson, ne publie ce genre de documents à utilisation restreinte.Quant au contenu même des études, le ministre Le Hir a eu tort de conclure que le Québec sortait perdant de son lien fédéral.C\u2019est de la pure parti-sanerie, un sport très dangereux quand l\u2019objectif est de convaincre un électorat sceptique.Les études des fonctionnaires n\u2019ont voulu calculer de façon systématique ni le coût des dédoublements, ni la somme globale des recettes et des dépenses du fédéral au Québec.Elles se contentent de raconter l\u2019histoire de certains programmes et de présenter les montants qui leur sont alloués pour illustrer le partage des interventions entre Québec et Ottawa.Or, pour calculer le coût du fédéralisme, il ne suffit pas de vérifier si le pourcentage des dépenses de chaque programme fédéral correspond à la place du Québec dans le Canada.D\u2019abord parce qu\u2019il est normal que tous les programmes fédéraux ne conviennent pas d\u2019une façon égale à toutes les provinces (on pense aux pêches et à la culture du blé); ensuite parce que, selon la logique même de M.Le Hir, à ce petit jeu du «qui perd gagne», les provinces riches (Ontario, Alberta et Colombie-Britannique) qui paient le plus d\u2019impôts et retirent le moins de services du fédéral seraient celles qui trouveraient le plus d\u2019intérêt à devenir indépendantes.Selon Statistique Canada, Ottawa a dépensé 956 $ de plus par habitant au Québec en 1992 qu\u2019il n\u2019a perçu en taxes et impôts de cette province.La même année, à cause de la récession, Ottawa a dépensé 215 $ de plus qu\u2019il a reçu de chaque Ontarien et.5 833 $ de plus par citoyen à l\u2019ïle-du-Prince-Edouard.Cette même année, seules l\u2019Alberta et la Colombie-Britannique ont versé plus qu\u2019elles n\u2019ont reçu.Depuis le début des années 70, le Québec et six autres provinces pauvres ont profité tous les ans de cette formule de redistribution des fonds entre les régions.Par contre, l\u2019Alberta a toujours connu un bilan déficitaire important.Une autre étude récente de la firme torontoise Informetrica pousse plus loin les calculs de Statistique Canada et en arrive à la conclusion que chaque Ontarien a contribué au budget fédéral pour une valeur de 1400 $ de plus qu\u2019il n\u2019a reçu en 1992, alors qu\u2019inversement, chaque habitant de rîle-du-Prince-Edouard a reçu 5 629 $ de plus qu\u2019il n\u2019a payé en impôts à Ottawa.Quant au Québec, il s\u2019en serait tiré avec un léger gain de 250 $ par habitant.En essayant de démontrer que nous payons plus que ce que nous recevons en retour, certains nationalistes québécois se trompent de logique.Si nous avions réellement payé plus d\u2019impôts à Ottawa que ce que ce dernier nous avait rendu en paiements de transferts ou de péréquation, c\u2019est que nous serions plus riches et en mesure de nous en réjouir.Dans cette hypothèse, il serait normal que nous participions à notre tour au soutien des régions défavorisées du pays.Mais alors, il serait mesquin de profiter de la situation pour vendre l\u2019idée de l\u2019indépendance avec l\u2019argument de M.Le Hir qui voudrait que le Québec ne reçoive pas sa juste part des dépenses fédérales.Non seulement l\u2019Alberta est-elle depuis toujours dans cette «fâcheuse» situation, mais elle doit aussi accepter que les taxes du fédéral sur son pétrole servent à faire vivre des habitants des autres provinces.Voilà donc un bien mauvais coup d\u2019envoi dans ce débat pourtant nécessaire à propos des coûts de l\u2019une ou l\u2019autre option référendaire.La vraie bataille, ce n\u2019est pas à ce niveau qu\u2019elle doit avoir lieu.La question n\u2019est pas de savoir si nous payons plus de taxes à Ottawa que nous recevons en services, mais quels intérêts politiques, financiers et culturels nous aurions à gérer seuls nos programmes et nos impôts, à tisser seuls les liens qui nous uniraient au monde entier, y compris au reste du Canada.D\u2019ailleurs, soit dit en passant, pourquoi une nouvelle association avec le Canada n\u2019inclurait-elle pas une forme de redistribution de la richesse au profit des régions les plus pauvres de la zone, comme cela se fait déjà à l\u2019intérieur des pays membres de l\u2019Union européenne?Affirmer qu\u2019un Québec indépendant, que l\u2019on voudrait plus riche que présentement, conserverait pour lui seul ses richesses, voilà une vision bien narcissique de la nation.Après des années de calculs aussi savants que contradictoires, nous savons que l\u2019option de l\u2019indépendance est réalisable, mais qu\u2019elle comporte des coûts qui peuvent aller jusqu\u2019à la baisse au moins temporaire de notre niveau de vie.Le défi qui attend le gouvernement est donc à la fois plus simple et plus difficile que de calculer ces coûts.Il lui faut convaincre les électeurs que grâce à l\u2019indépendance politique, le Québec pourra rapidement retrouver son équilibre et développer la capacité de faire plus et mieux que sous un régime fédéral.Une tâche colossale, plus importante que toutes les guerres de chiffres.Quoi de plus normal qu\u2019une province riche paie plus d\u2019impôt qu\u2019elle ne retire du fédéral?Améliorer les soins mais.Quelle belle intention que d\u2019émettre ces suggestions pour l\u2019amélioration : du système de la santé.M.Bour-gault amène, dans sa chronique du mardi 8 novembre, trois suggestions «sans frais» dans ce but Bravo pour les suggestions.Elles ' sont bien bonnes, mais elles ne sont pas si gratuites et faciles qu\u2019elles en ont l\u2019air.Pour le personnel hospitalier, offrir un accueil chaleureux et fournir des informations plus détaillées sur le traitement et les délais relèvent d\u2019une autre charge de travail.L\u2019heure est aux coupures budgétaires, à la réduction du nombre de postes.Le personnel infirmier doit faire plus avec moins en plus d\u2019assumer une grande part d\u2019insécurité.Comme il n\u2019y a plus d\u2019argent dans les coffres, le système pourra encore une fois se tourner vers les bénévoles.Ces derniers, en plus de visiter les patients dans leur chambre pourraient se tenir à l\u2019accueil pour recevoir les nouveaux venus.Une mise en garde: les bénévoles : ne doivent pas enlever du travail aux employés, mais seulement rendre le .lieu hôpital plus chaleureux.Andrée Pelletier Montréal, 9 novembre 1994 La vraie liberté religieuse La liberté religieuse implique qu\u2019aucune religion n\u2019a le droit de s\u2019imposer a une autre et aussi que la religion ne doit être imposée à person-.ne.Mais cela ne signifie pas qu\u2019au nom de la religion on puisse faire n\u2019importe quoi.C\u2019est la raison pour laquelle l\u2019Etat doit voir à ce que les manifestations religieuses ne nui- LETTRES -?- sent à personne ou n\u2019engendrent la discorde.En ce sens, l\u2019Etat doit gérer la religion comme il gère la force, l\u2019écono-mje ou la culture.A plus forte raison l\u2019État a-t-il le devoir d\u2019empêcher qu\u2019au nom de la religion on ne commette des crimes ou des délits de droit commun.Autrement, la liberté religieuse devient la négation de la valeur des religions particulières et aboutit à plus ou moins long terme au mépris de toute religion.Paul E.Nolin Québec, 7 novembre 1994 Titre cocasse pour un ministre Le ministre Lloyd Axworthy détient le ministère du «Développement des ressources humaines».Ce titre me paraît cocasse, devant la réforme qu\u2019il propose.Y aurait-il des gens assez humoristes \u2014 et il en faudrait dans les deux langues! \u2014 pour montrer le ridicule des contenus de la réforme eu égard au titre de son ministère.Il me semble que l\u2019on devrait parler de la réforme pour déclarer qu\u2019elle est vraiment «Axe - worthy».Én français, elle est «digne du couperet».Je ne suis pas un spécialiste capable de préciser ou d\u2019amplifier les critiques énoncées par les neuf professeurs de ITj'QAM, ni de souligner les critiques de l\u2019écrivain et membre de l\u2019UNEQ, mais je reste sidéré par le culot nécessaire à un groupe de politiciens pour amener l\u2019ensemble des citoyens d\u2019un pays à avaler une telle couleuvre, vraiment «axe - worthy».Bernard Trottier ex-professeur.Université de Sherbrooke, Saint-Uenis-de-Brompton, 21 octobre 1994 Message clair aux politiciens La cuisante défaite de Jean Doré et du RCM, au pouvoir depuis huit ans, aura servi d\u2019avertissement à nos politiciens.Les effets d\u2019une administration boiteuse, irresponsable et extravagante ne sauraient être effacés par des promesses, des vœux pieux et des actes de contrition (parfaite ou non) lors d\u2019une campagne électorale.L\u2019adrpinistration Doré a multiplié, principalement depuis sa réélection en 1990, les bourdes administratives, engagé des dépenses extravagantes tout en négligeant les besoins de la population par son arrogance et son indifférence.Elle aura donc connu le sort qui est réservé à ces élus qui considèrent qu\u2019une fois la victoire remportée, le «royaume» est devenu leur propriété.Et pourtant, tous les espoirs étaient permis en 1986 lors de i\u2019arrivée au pouvoir de cette formation politique qui avait effectué sa «traversée du désert» en végétant dans l\u2019opposition pendant douze ans.la déception en aura été d\u2019autant plus grande.Quand les politiciens apprendront-ils que les besoins d\u2019une population et la défense de ses intérêts nécessitent une préoccupation quotidienne et entière de leur part et ce, pendant toute la durée de leur mandat?L\u2019histoire politique du Québec ainsi que celle de toutes nos démocraties révèle un désenchantement presque général face à nos politiciens qui, à quelques rares exceptions près, par intérêt personnel ou par la plus perfide indifférence à l\u2019égard de la population, se moquent éperdument de la volonté de ceiled, de ses besoins et de ses aspirations en faisant fi de cette confiance.Pou-vons-nous encore esperer?Armand J.Doré Anjou, 9 novembre 1994 C'eST LA R\u20acfRiSE?., ûftiSSE DE LA CRiMlWAuTt !.fAiX AU PROCH£-Ofi\u20ac.rOÎ ! c'esT /ouchê! a & LE MONDE L\u2019autoroute, voie de gauche |j==j| ans la page Idées, ci- D contre, un professeur et usager de l\u2019Internet me reproche mes quelques réserves à l\u2019égard du ré-!' ¦\tseau d\u2019échanges qui révo- lutionne aujourd\u2019hui les communications interuniversitaires.Il vous donnera le goût d\u2019avoir comme lui le monde au bout des doigts.Mais je persiste et signe, pour la survie de l\u2019esprit critique, toujours menacé par les dernières modes et merveilles.Newsweek affirmait par exemple, la semaine dernière, qu\u2019il s\u2019est piraté pour deux milliards $ de logiciels par le «Net» depuis un an, du vol pur et simple qui n\u2019est pas moins choquant parce qu\u2019il est commis par des universitaires armés d\u2019une souris plutôt que par des petits «bums» qui se font un dépanneur armés d\u2019un couteau.Il y a des questions à poser à l\u2019orée de l\u2019autoroute électronique, et certaines sont morales.Ainsi en est-il de «l\u2019égalité» que mon correspondant trouve résolue puisqu\u2019un étudiant universitaire a accès, autant que ses professeurs, au réseau de l\u2019Internet.S\u2019il est un principe que j\u2019ai retenu de mes cours en fondements de l\u2019éducation, c\u2019est la différence entre accès et démocratisation.L\u2019accès est une question technique: vous construisez des établissements publics d\u2019enseignement, par exemple, et en théorie toute la population peut les fréquenter.Comment se fait-il qu\u2019à l\u2019échelon supérieur du système, à l\u2019université, on y trouve plus d\u2019enfants de riches que d\u2019enfants de pauvres, que la pyramide sociale se soit inversée?Faillite de la démocratisation.Les nantis se meuvent mieux que les autres à l\u2019intérieur des réseaux sociaux.Et l\u2019autoroute électronique n\u2019échappe surtout pas à la règle de la reproduction des inégalités.L\u2019un des nouveaux «maîtres de l\u2019univers», John C.Malone, président de Telecommunications Inc, TCI qui contrôlp 20 % de la câblodistribution aux États-Unis, affirmait l\u2019an dernier que toute personne pourrait bientôt «obtenir n\u2019importe îaquelle information, n\u2019importe où au monde, n\u2019importe quand, quand on le voudra».Confusion classique entre accès et démocratisation.Ceux LISE BISSONNETTE ?qui auront ainsi la planète à portée d\u2019écran devront d\u2019abord avoir les soqs, l\u2019équipement, et l\u2019information.A Orlando, s\u2019il fallait faire payer aux usagers le fameux bouquet de 500 canaux interactifs que Time-Wamer s\u2019apprête à leur offrir gratuitement pour l\u2019expérimenter, la note serait annuellement de 2000 $ ou 3000 $ par foyer, estime-t-on.Et on oublie que pour se brancher à l\u2019Internet, place théoriquement publique, il faut avoir un ordinateur; or du tiers ou du quart des Canadiens qui en ont un, au moins 60 % ont un revenu qui se situe au delà de 60 000 $, révélait récemment un sondage Angus Reid.Qu\u2019à cela ne tienne, affirmait en réaction M.Robert Crow, vice-président de la Information Technology Association of Canada, les autres passeront par les écoles et les bibliothèques publiques.Les transports en commun, quoi.Il suffit de penser au budget de nos écoles et de nos bibliothèques publiques pour voir la grossièreté de la proposition.Qui va payer les abonnements, les appareils de plus en plus complexes, l\u2019encadrement des usagers, l\u2019enseignement des techniques de recherche, la supervision et l\u2019entretien des équipements?Sur les quelques tronçons d\u2019autoroute déjà en construction, d\u2019autres inégalités roulent bien.Ainsi celle du «cargo intellectuel», comme on commence à appeler l\u2019immense corpus de renseignements et de références auquel nous aurons accès, à condition évidemment que ce corpus se présente sous forme numérisée, digestible par nos ordinateurs.Pas de problème pour la Bibliothèque du Congrès, à Washington, formidable banque qui vous offre déjà près de 30 millions de fiches sur ses trésors.Mais il est loin d\u2019être sûr que vous aurez le même accès aux trésors de notre propre Bibliothèque nationale, ou à ceux de pays plus modestes, de l\u2019Afrique à l\u2019Oural, qui pourraient intéresser l\u2019humanité autant que la civilisation américaine.Les pays riches, c\u2019est évident, vont numériser plus vite que les pauvres, paver l\u2019autoroute, en baliser les directions.Comme les utilisateurs riches vont en tirer le plus de profit.Quand Ross Perot, le candidat à la présidence américaine, a inauguré sa campagne interactive par téléphone et télévision, les futurologues nous ont inondés de scénarios sur la «démocratie électronique».On sait désormais que cette démocratie est cooptée par les groupes qui savent «pi-tonner».Les réseaux de lobbying par télécopieur le cèdent aux réseaux de lobbying par fax-modem, nourris par un accès plus facile aux renseignements de la machine gouvernementale, elle-même de plus en plus électronique.Les groupes d\u2019intérêt vont tendre à s\u2019accaparer les segments d\u2019autoroute qui aboutissent aux parlements.Pareil écart entre ces groupes et les citoyens ordinaires n\u2019est pas nouveau, mais il s\u2019accentue à vue d\u2019œil.La voie de gauche, celle où devraient circuler les interrogations sur les nouvelles classes sociales de l\u2019information, est aujourd\u2019hui la moins fréquentée de toutes.Amoureux de l\u2019anarchie de l\u2019Internet, les universitaires tendent à l\u2019ignorer.Au cœur de leurs batailles pour le contrôle des instruments et des canaux de distribution, les chevaliers de la nouvelle industrie ne veulent surtout pas entendre parler de réglementation ou de redistribution d\u2019une part de leurs profits pour assurer les transports en commun.L\u2019idée de définir une sorte de «droit à l\u2019information» n\u2019apparaît pas encore sur les tables à dessin.Je sais gré, pour ma part, à l\u2019Association pour l\u2019avancement des sciences et techniques de la documentation (AS-TED), qui m\u2019a invitée à la fin d\u2019octobre à son congrès, de m\u2019avoir initiée à ces dilemmes.Ils ne freinent pas l\u2019enthousiasme, ils l\u2019informent mieux.Tel est bien le but, après tout, de la révolution.A PROPOS -?- .du risque d\u2019être hospitalisé Il existe une importante documentation sur les risques d\u2019infections et les effets secondaires de l\u2019hospitalisation.On a rapporté des complications telles que infections respiratoires, chutes et réactions aux médicaments chez un pourcentage élevé des personnes âgées admises à l\u2019hôpital: ce pourcentage pouvait atteindre jusqu\u2019à 70 %.Particulièrement chez les personnes âgées, on assiste à une perte d\u2019autonomie provoquée par certains aspects des soins hospitaliers, telle l\u2019alitement, les interventions et les appareils qui provoquent l\u2019immobilité (par ex., les perfusions, les sondes, l\u2019oxygène), l\u2019utilisation de contentions et le manque d\u2019encouragement à prendre soin d\u2019eux-mèmes.Le changement de milieu peut entraîner la confusion mentale et accroître la perte d\u2019autonomie.On s\u2019interroge également sérieusement au sujet du nombre grandissant d\u2019interventions pratiquées sur des personnes âgées fragiles, chez qui les bienfaits attendus peuvent être trop incertains pour les justifier.Conférence des sous-ministres de la Santé, juin 1994 LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI B0DRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directenr délégué à l\u2019administration FRANÇOIS THOUIN Directenr de l'information BENOIT AUBIN Directeori adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, ROCH CÔTÉ Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON 2050.me de Bleory, 9e étage.Montréal (Québec) H 3 A 3M9.Té 1(514) 985 3333 FAIS CE QUE DOIS 1, K I) E V DIB, I- K I.U X 1) I 11 X 0 V K M H K K !!)!)!__________________________________A 7 I I) H E S Casques bleus en peril Les Grands doivent cesser de manipuler les forces de maintien de la paix de l\u2019ONU -r>1 - \u2022ir ».1 -iü h -1 a y -j( - ¦M \u2022 i A -4.I /VI J A ( rb 4} g*) -*î j'ii *t \u2022\u2019 il \u2022 lit -l j > \u2019 JOCELYN COULON L\u2019auteur est responsable de l'information internationale au Devoir.Il vient de publier aux Editions Fides Les Casques bleus, dont nous livrons ici un extrait remanié.epuis quelques semaines, deux grandes missions de maintien de la paix de l\u2019ONU \u2014 celles de Bosnie et du Rwanda \u2014 sont victimes du cynisme ou de l\u2019indifférence des grandes puissances.Cette irresponsabilité met en danger la vie des Casques bleus ainsi que la crédibilité des interventions onusiennes dans le monde.En Bosnie, les Casques bleus qui y sont déployés depuis l\u2019automne 1992, servent d\u2019otages à la politique confuse et cynique des grandes puissances.D\u2019un côté, la France a envoyé des milliers de ses soldats sous le drapeau de l\u2019ONU pour éviter une intervention militaire directe en faveur du gouvernement bosniaque.La présence de tant de Français permet aussi à Paris d\u2019imposer sa politique en Bosnie.Cette participation française a non seulement figé le statu quo au profit des Serbes mais n\u2019empêche pas le nettoyage ethnique qui se déroule sous le regard impuissant des Casques bleus.De l\u2019autre côté, les Américains, qui n\u2019ont aucune force sur le terrain, sont décidés à lever l\u2019embargo sur les armes à destination des forces bosniaques, mettant ainsi la vie des Casques bleus en danger.Il est évident qu\u2019une levée de l\u2019embargo servirait de prétexte aux forces serbes pour attaquer, non seulement leurs ennemis musulmans, mais aussi les forces de l\u2019ONU qui pourraient alors servir de monnaie d\u2019échange dans une éventuelle négociation.Les Casques bleus sont piégés en Bosnie.Au Rwanda, l\u2019ONU a été incapable de stopper le génocide de la population tut-sie par des milices hutues.C\u2019était sans doute une tâche impossible.Mais ce qui l\u2019est moins, c\u2019est d\u2019éviter que cela ne se reproduise.Depuis des mois, le gouvernement rwandais et la plupart des observateurs réclament que l\u2019ONU \u2014 donc les grandes puissances \u2014 dépêche des Casques bleus pour, ou bien désarmer les milices hutues réitigiées au Zaire, ou bien contrôler la frontière entre le Rwanda et le Zaïre pour empêcher ces milices d\u2019attaquer le nouveau régime.Depuis des mois, les membres du Conseil de sécurité discutent et tergiversent.Depuis des mois, les excuses habituelles servent de politiques: pas d\u2019argent et pas de soldats disponibles.Pourtant, les grandes puissances ont trouvé 40 000 Casques bleus pour patrouiller la Croatie et la Bosnie, là, il est vrai, où ils ont des intérêts plus importants.On peut se poser plusieurs questions sur l\u2019influence qu\u2019ont les Grands dans les missions de maintien de la paix et sur la pertinence de leur participation.Dans ses Mémoires, Brian Urquhart, qui dirigea longtemps les opérations de maintien de la paix pour l\u2019ONU, évoque l\u2019exemple de la création d\u2019une mission de paix dans le Sud-Liban en 1978 pour montrer comment les grandes puissances se débarrassent d\u2019un problème qu\u2019elles ne peuvent régler en le refilant à l\u2019ONU.Lorsque Israël envahit le Sud-Liban en mars 1978 pour répliquer aux incursions palestiniennes en territoire hébreu, les Etats-Unis sont embarrassés.Depuis plusieurs mois, jls favorisent les négociations de paix entre Israël et l\u2019Egypte.Le président Jimmy Carter est inquiet de l\u2019impact possible de cette invasion sur l\u2019opinion publique arabe et internationale.Il fait en sorte que soit créée une mission de l\u2019ONU dans le sud du Liban pour séparer les parties et rétablir la paix sans Un savant dosage de contingents de différentes provenances permettrait à l\u2019ONU d\u2019éviter les luttes d\u2019influence au sein des missions et les problèmes de commandement et de contrôle.pour autant s\u2019attaquer aux problèmes de fond.Urquhart, alors au service de l\u2019ONU, s\u2019en inquiète.«Je m\u2019inquiétais de ce qu\u2019une fois que le Conseil de sécurité, pressé par les Américains, aurait décidé d\u2019envoyer des forces dans le sud du Iiban, les Etats-Unis et d\u2019autres pays perdraient rapidement leur intérêt, feraient fi des problèmes auxquels nos soldats devraient inévitablement faire face, et nous laisseraient, ainsi que les pays fournissant les troupes, sans le soutien politique qui aurait permis de mener la tâche à bien.La suite des événements a amplement justifié cette évaluation pessimiste», écrit-il.Sans contredit, on pourrait porter le même jugement sur les missions comme celles qui sont déployées actuellement au Sahara occidental, en Angola, en Somalie et en ex-Yougoslavie.Dans tous ces endroits, le déploiement des Casques bleus a figé le statu quo et les négociations politiques entre factions avancent à pas de tortue.Les Casques bleus sont les victimes quotidiennes de la frustration des belligérants et même de la population locale.Ce qui n\u2019empêche pas, à New York, les Grands de décrier l\u2019inefficacité supposée de l\u2019ONU.Pourtant, les grandes puissances portent une lourde responsabilité dans cet état des choses: ce sont elles qui rédigent les mandats ambigus, qui rognent les budgets et qui tentent d\u2019influencer les activités des Casques bleus sur le terrain.En fait, on peut raisonnablement dire que la participation massive des Grands, mais surtout celle des Etats-Unis et de la France, n\u2019ont en rien permis à l\u2019ONU de régler certains problèmes pour le moins tragiques tels qu\u2019en vivaient la Somalie, la Bosnie et le Rwanda.Le même constat peut être dressé en ce qui concerne l\u2019action de la Russie dans les anciennes républiques soviétiques.C\u2019est que l\u2019intervention des Grands dans les missions de maintien de la paix a deux effets pervers.D\u2019abord, leur participation massive n\u2019est jamais gratuite: on peut deviner derrière chaque effort des arrière-pensées politiques et militaires comme on a pu le voir en Somalie, en Bosnie, au Rwanda et dans certaines anciennes républiques soviétiques.Deuxième effet: sur place, les factions opposées tentent toujours d\u2019attirer les grandes puissances de leur côté.En Somalie, les chefs de deux grands clans ont tout fait pour s\u2019attirer les faveurs des Américains.Finalement, ceux-ci ont choisi de lutter contre le général Aidid, avec les conséquences que l\u2019on sait: après avoir perdu quelques dizaines de soldats, les Américains se sont retirés et le pays est de nouveau plongé dans le chaos.En Bosnie, les Musulmans n\u2019hésitent pas à provoquer des incidents graves et même à tuer des Casques bleus occidentaux pour attirer une Intervention militaire internationale.Ils estiment qu\u2019elle leur serait favorable.Les Serbes font la même chose, mais dans le but d\u2019exaspérer les nations occidentales et de les forcer à se retirer.Dans les anciennes républiques soviétiques, l\u2019intervention des forces de paix russes satisfait ceux qui souhaitent le retour de la Russie dans son ex-empire ou du moins sa protection.Pour éviter ces effets pervers, les grandes puissances devraient revoir leur participation aux opérations de maintien de la paLx pour le plus grand bien de celles-ci.Ainsi, au lieu de fournir de nombreux contingents de soldats \u2014 dont la simple présence sur le terrain excite les factions et déséquilibre le pouvoir au sein des missions \u2014, les grandes puissances devraient en réduire l\u2019importance.Il n\u2019est pas normal que 75% des Casques bleus envoyés en Somalie lors de la mission UNITAF soient venus des Etats-Unis ou que le tiers de la force des Nations -r 9.\u2019 Internet, une place publique r u: Jf\u2018 ¦ .T' ; «vT « iî)* 3Î Non, je n'ai pas consulté aujourd'hui «ait.sex.stories», non plus que «ait.food», ni imaginé pourquoi j'écrirais à «president.whitekouse.gov.», sachant que Clinton n'a pas le temps de me lire, réseau ou non MICHEL BARCELO Professeur titulaire Institut d\u2019urbanisme Université de Montréal me Use Bissonnette, ce matin, en attendant chez moi le livreur du Devoir, j\u2019avais eu le temps de lire, grâce à l\u2019Internet, deux quotidiens électroniques d\u2019intérêt général de plusieurs pages, l\u2019un en provenance de Moscou, l\u2019autre en provenance d\u2019Allemagne; un correspondant chinois en séjour à l\u2019Académie royale de Suède m\u2019avait envoyé un article d\u2019un collègue californien sur la gestion des déchets au Viêt-' nam; le serveur de l\u2019OTAN m\u2019annonçait la disponibilité 'prochaine, sur le réseau, du dernier numéro de N AI O Review, en m\u2019en transmettant à l\u2019avance la table des matières, et j\u2019y ai pris note d\u2019un article qui m\u2019intéressait sur \u2022'Berlin, pour consultation ultérieure; un collègue allemand en sabbatique à l\u2019Université de Sussex m\u2019annonçait son retour prochain en RFA; enfin, j\u2019avais eu le temps, avant de vous lire, de vérifier une citation de Karl Marx dans un serveur américain.Ce n\u2019est qu\u2019un exemple de ce que j\u2019obtiens quotidien-1! nement grâce à Internet, sans être plus «initié» qu\u2019il ne J faut.Contrairement à ce que voudraient certains articles « de vulgarisation (comme récemment «10 heures de conduite effrénée sur la fameuse autoroute électronique» \"dans L\u2019actualité), je n\u2019ai pas consulté aujourd\u2019hui « alt.sex.stories, non plus que alt.food pour préparer le menu de ce soir.Je n\u2019ai pas non plus imaginé pourquoi Il j\u2019écrirais à presidenLwhitehouse.gov., sachant que le pré-|| sident Clinton, de toute façon, n\u2019a pas le temps de me > lire, Internet ou pas.ü Votre propre chronique de ce matin, «L\u2019autoroute, Ü voie du centre», qualifie l\u2019Internet de réseau «fermé, anarchique».Vous affirmez qu\u2019une infime partie de Im-' formation qui y circule finit par émerger sur la place pu- blique.Or l\u2019Internet, à sa façon, est une «place publique»; c\u2019est probablement le lieu où, pour l\u2019instant, l\u2019information circule le plus librement et le plus gratuitement sur terre.Le coût, quand il en est, est souvent bien inférieur à celui du câble ou du téléphone, par exemple.Et, sauf pour certaines invasions commerciales récentes, il s\u2019agit bel et bien d\u2019un instrument égalitaire, puisqu\u2019il permet à un étudiant de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières d\u2019avoir le même accès à certaines informations que son collègue de Harvard, et aux mêmes conditions; ou encore, à ce même étudiant d\u2019espérer une réponse d\u2019un professeur à l\u2019autre bout du monde, sur une question très pointue.J\u2019ai moi-même, au printemps, pu continuer à diriger un étudiant d\u2019ici à partir de l\u2019Université de Dresde, en Est-Allemagne, où j\u2019étais en sabbatique.D\u2019autres ont pu suivre la Conférence des Nations unies sur la population, au Caire, récemment, en disposant à l\u2019avance des textes des interventions des délégués, et de l\u2019intégralité des autres travaux préparatoires, dont les journaux d\u2019ici ont fait état de façon assez sibylline.Mme Bissonnette, vous vous inquiétez, dans votre chronique, de ce que le nombre de journalistes puisse diminuer au profit des «emballeurs d\u2019information».Si les journalistes continuent à traiter de l\u2019Internet d\u2019une façon superficielle, il ne sera pas étonnant que ses utilisateurs se convainquent qu\u2019ils ont de meilleures sources d'information.Je ne m\u2019en prends pas nécessairement à votre article, mais au genre d\u2019analyses véhiculées un peu partout, sur lesquelles il semble s'appuyer.Ces analyses ont un effet pervers: celui d\u2019éloigner ceux et celles qui en auraient besoin, ou encore les responsables qui pourraient les y autoriser, d\u2019un instrument de travail contemporain unique, en laissant croire qu\u2019on y perdra 10 heures par jour et plus à n\u2019y chercher que les choses les plus triviales et les plus insipides, dans une anarchie totale.Votre chroniqueur de l'informatique, qui fait déjà un excellent travail, pourrait faire œuvre utile de vulgarisation en ajoutant ce domaine à son champ de compétence.PHOTO ROBERT CÔTÉ L,r*\u2019f4V ¦y'vm mmm ¦*.: : - V\" mï i' L\u2019auteur en compagnie de Casques bleus jordaniens à Novska, en Croatie: «Les grandes puissances doivent se rendre compte que les missions de maintien de la paix sont avant tout des opérations multinationales qui reflètent la volonté de la communauté internationale d\u2019intervenir dans un conflit en toute neutralité et en toute impartialité.Ces deux qualités sont essentielles au succès des missions.Il serait dommage que cet instrument diplomatique aux mains de la communauté internationale soit perverti par le jeu des grandes puissances.» S35 mm _ -j U V -K*,.?j unies en Bosnie soit composée de soldats français.Un savant dosage de contingents de différentes provenances au sein des missions permettrait à l\u2019ONU d\u2019éviter les luttes d\u2019influence dans les missions ainsi que les problèmes de commandement et de contrôle.Les Nations unies pourraient par exemple choisir les commandants des missions selon leur seule compétence et non selon leur nationalité.Un rôle de premier plan Enfin, les grandes puissances pourraient jouer un rôle de premier plan dans la fourniture de troupes spécialisées, dans le travail de renseignement et de logistique ainsi que dans l\u2019entraînement et l\u2019équipement des soldats d\u2019autres pays.Imposer une limite dans le nombre de soldats des grandes puissances pour une mission particulière ne va pas à l\u2019encontre des besoins croissants de l\u2019ONU.Les contributions en personnel des grandes puissances pourraient être mieux réparties entre toutes les missions de maintien de la paix, bien sûr là où les parties le désireraient.Plusieurs missions déployées dans des pays du tiers monde manquent cruellement de troupes spécialisées et bien entraînées que seuls les pays occidentaux peuvent fournir.La participation des pays occidentaux à l\u2019entraînement et à l\u2019équipement de soldats des pays pauvres pourrait d\u2019une part renforcer les moyens de ceux qui participent aux missions et d\u2019autre part élargir le nombre d\u2019Etats pourvoyeqrs de soldats, qui plafonne actuellement à 70 sur 184 Etats membres de l\u2019ONU.Les grandes puissances doivent se rendre compte que les missions de maintien de la paix sont avant tout des opérations multinationales qui reflètent la volonté de la communauté internationale d\u2019intervenir dans un conflit en toute neutralité et en toute impartialité.Ces deux qualités sont essentielles au succès des missions.Il serait dommage que cet instrument diplomatique aux mains de la communauté internationale soit perverti par le jeu des grandes puissances.Jocelyn Coulon LES CASQUES BLEUS Laïcisation des structures scolaires et des écoles IRÈNE BELLEAU Retraitée de l\u2019enseignement n===^=j] e gouvernement du Qué- Lbec, par la loi 107 adoptée en 1988, prévoit mettre en place un système scolaire basé sur la langue plutôt ü===JI que sur la religion.Toute une structure linguistique sera implantée petit à petit qui amènera un bouleversement indescriptible.Quand on sait que plus du tiers des élèves de l\u2019île de Montréal ne sont ni catholiques, ni protestants, on est obligé de conclure que l\u2019ancien système basé sur la religion a été trop longtemps discriminatoire.La possibilité de création de commissions scolaires dissidentes est inacceptable car elles prolongeraient la structure de base actuelle: la religion, puisque les dissidences s\u2019exprimeront sur le M que l\u2019enseignement religieux dit confessionnel sera disparu de la grille-horaire dans des commissions scolaires linguistiques.Quelles pourraient être ces écoles ou ces commissions scolaires dissidentes?Le Québec compte actuellement plus de 800 sectes, groupes ou mouvements religieux.Il se pourrait que naissent comme des champignons à la faveur de ce droit à la dissidence des écoles ou des petites commissions scolaires, dans divers milieux, des institutions autres que les écoles linguistiques (française ou anglaise).Le Comité Kenniff a recommandé la mise sur pied de comités confessionnels internes pour préserver le droit à I la dissidence dans les écoles linguis-| tiques françaises et anglaises.Cela ne réglera en rien le problème actuel.Il faut penser d\u2019autres solutions.La religion, les croyances et pratiques, ne relèvent pas de l\u2019école.Voilà le principe sur lequel la société québécoise doit d\u2019abord faire consensus avant de changer le système scolaire.La liberté de religion est fondamentale.La liberté de conscience tout autant Au delà de la nécessité de s\u2019ouvrir à un monde spirituel, pour tout être humain, il y a le choix personnel que chaque être doit frire.Sans sujétion, librement L\u2019espace spirituel intérieur qui imprègne l\u2019agir personnel et social doit donner un sens à la vie, à sa vie, à notre vie.Chaque personne doit créer son credo et laisser chacun expérimenter l\u2019ascétisme de son choix.La nouvelle structure des écoles ne devrait pas laisser la porte ouverte à ce qui relève de l\u2019endoctrinement ni de la pratique qui s\u2019y rattache.Le rôle de l\u2019école est plutôt d\u2019ouvrir aux mondes spirituels, quels qu\u2019ils soient comme des manifestations à travers le temps et les civilisations d\u2019une foi qui ne se ment pas à elle-même.De là à susciter des adeptes, l\u2019école devrait, à mon sens, s\u2019en abstenir.L\u2019école n\u2019a pas à frire des disciples; elle a à éduquer, à développer intégralement l\u2019être humain: corps, âme.esprit.C\u2019est à chaque personne de considérer, en temps et lieu, l\u2019investissement affectif quelle assumera dans une foi.Il y va de sa propre identité.Des mesures doivent être prises pour que les écoles, enseignants, parents et jeunes aient droit au chapitre.Toujours dans le but de créer ce qui conviendra le mieux à un Québec moderne.libre, démocratique et laïque.L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes: à l\u2019information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, LouisGilles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l\u2019information)', Jean-Pierre Le-gault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales)', Martin Duclos et Christine Dumazet (.relecteurs)', Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l\u2019information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Roland-Yves Carignan.Pierre Cayouette (livres), Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay; à l\u2019information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut Claude Turcotte; à l\u2019information internationale: Jocelyn Coulon (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Antoine Char, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l\u2019information politique: Pierre O\u2019Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec): Serge Chapleau (caricaturiste); à l\u2019information sportive: Yves d\u2019Avignon; Denise Babin, Marie-Claude Petit (commis), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITÉ Lucie Pin-sonneault (directrice), Yves Williams (superviseur.Avis publics et annonces classées), Jacqueline Avril, Daniel Barbeau, Jean de Billy.Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Sylvie Hanna, Christiane Legault André Mélan-çon, Suzanne Miscevic, Micheline Ruelland, Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte.Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon, Olivier Zuida (commis); Michéle Bouchard (secrétaire).L\u2019ADMINISTRATION Henry Riedl.c.m.a.(contrôleur), Nicole Carmel (coondmatn-ce des services comptables) ; Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy- Lacas.Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thériault (adjointe à l'administration).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTELE Christianne Benjamin (directrice), Johanne Brien (secrétaire), Manon Blanchette.Monique L\u2019Heureux.Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.LA PROMOTION ET LES RELATIONS PUBLIQUES Guy-Renaud Kirouac (directeur).Chrystian Guy (superviseur à la promotion des abonnements).LA PRODUCTION Marie-France Turgeon (directrice de la production).Jean Le may (directeur adjoint, production et informatique).Johanne Brunet DanieDe Cantara.Richard DesCormiers.Caroline Des Rosiers, Lvnda Di Cesate.Marie-Josée Hudon.Sylvain Lesage.Michael Schneider.Christiane Vaillant.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Marcel Couture (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Masse (président).Roger Bots\\ert (riceprésulent et di- L E I) E V 0 I R , I, E I.U N I) I I I N D V E M li It E I 9 9 I A 8 LE ACTUALITÉS SUEDE Et maintenant la Norvège SUITE DE LA PAGE 1 Le président sortant de la Commission européenne, Jacques Delors, a salué le «vote de confiance» des électeurs suédois dans l\u2019Europe et a dit regretter que son mandat ne s\u2019achève avant l\u2019entrée de la Suède dans l\u2019UE.«Je suis très content du succès du «Oui» (.) pour deux raisons.Tout d\u2019abord parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un vote de confiance .et ensuite parce que nous sommes très heureux d\u2019enrichir l\u2019Union européenne avec la contribution des politiques sociales et écologiques suédoises», a-t-il dit.Hans von den Broek, commissaire européen aux affaires politiques extérieures, s\u2019est dit «très encouragé par ce résultat.Nous allons être confrontés ensemble à un certain nombre de problèmes qui, j\u2019en suis convaincu, peuvent être résolus sur une base nationale.» Il a émis l\u2019espoir que les Norvégiens, qui doivent se prononcer sur leur adhésion à l\u2019UE le 28 novembre, suivent le même chemin.Le chef de la diplomatie danoise, Niels Helveg Petersen a qualifié la victoire du «Oui» suédois à l\u2019UE «d\u2019événement politique de première importance» pour le Danemark, membre de l\u2019UE, la région nordique et l\u2019Europe., «La Suède sera un bon membre de l\u2019UE et le Danemark espère travailler étroitement avec elle au sein de l'Europe.Il est très important politiquement que la Finlande, et maintenant la Suède, aient choisi de rejoindre l\u2019Union», a-t-il dit.Le gouvernement néerlandais, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Hans van Mierlo, a également exprimé sa satisfaction et a dit espérer que ce résultat «ait un effet positif sur le référendum en Norvège».Le président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Klaus Haensch, s\u2019est félicité, dimanche soir, du vote favorable des Suédois à l\u2019adhésion à l\u2019Union européenne en soulignant que Stockholm sera ainsi associé à la réforme des institutions européennes en 1996.«Le peuple suédois a saisi l\u2019occasion de participer pleinement à toutes les décisions concernant les changements au Traité de Maastricht en 1996 et aux efforts pour renforcer et démocratiser l\u2019Union européenne», a estimé M.Haensch dans un communiqué.«Je pense que l\u2019Europe a besoin de la Suède et que les qualités démocratiques incarnées par la Suède apporteront une contribution positive au développement de l\u2019Union européenne», a ajouté le président du Parlement européen.La ministre norvégien du Commerce extérieur, chargée des questions européennes, Mme Grete Knudsen, s\u2019est félicitée dimanche soir du «Oui» suédois à l\u2019Union européenne, estimant qu\u2019«il va stimuler le camp du «Oui» en Norvège et lui donner un nouvel élan».«Le choix suédois est le bon choix pour la Suède et pour la Norvège», a estimé Mme Knudsen, ajoutant qu\u2019elle espérait aussi une nette victoire du «Oui» lors du référendum prévu le 28 novembre en Norvège.«Les Suédois ont choisi d\u2019être membres de l\u2019UE pour pouvoir décider de l\u2019avenir de l\u2019Europe», a estimé de son côté le président du Parti conservateur norvégien, Jan Petersen.«Je crois désormais à une victoire du «Oui» aussi en Norvège, qui ne peut pas rester isolée», a-t-il ajouté.Selon un sondage diffusé hier la plupart des Norvégiens pensent que l\u2019adhésion de leur pays à l\u2019Union européenne est une bonne chose, mais ils entendent néanmoins voter «Non» le 28 novembre.Les Norvégiens redoutent avant tout de perdre le contrôle de leur production pétrolière et de la pêche au profit d\u2019une lointaine bureaucratie bruxelloise et de perdre leur souveraineté et leur identité culturelle.Les derniers sondages en Norvège accordent une nette avance au camp du «Non», crédité de quelque 48 % des intentions de vote contre seulement 29 % au camp du «Oui», le reste des électeurs étant indécis.Lors d\u2019un premier référendum en 1972, les Norvégiens avaient rejeté toute idée d\u2019appartenance à l\u2019Europe communautaire (53,5 % de «Non», 46,5 % de «Oui»).CHAREST au statu quo SUITE DE LA PAGE 1 veuillent travailler sous un comité séparé, tout en respectant les dispositions de la loi sur les consultations populaires, qui prévoit que les forces en présence doivent être regroupées sous les parapluies du Non et du Oui.«Comment ça va s\u2019arranger sur le terrain, ça ne m\u2019inquiète pas».Des propos de Jean Charest et des interventions des délégués, il ressort également que l\u2019élaboration du discours référendaire risque de susciter des tensions entre conservateurs et libéraux.Alors que Jean Chrétien et Daniel Johnson ont clamé à l\u2019unisson qu\u2019il ne leur revient pas de définir une position constitutionnelle alternative en vue du référendum, le chef du PC est plus nuancé.Devant les congressistes, il est revenu à la charge avec son concept de souveraineté partagée, auquel souscrit même le sénateur constitutionnaliste Gérald Beaudoin.Tout en faisant observer que le fardeau de la preuve appartient au gouvernement du Parti québécois, M.Charest affirme qu\u2019il n\u2019est pas question pour lui de prendre la défense du statu quo.Est-ce à dire que le PC fera la promotion de la souveraineté partagée pendant la campagne référendaire et que cela constituera sa réplique à l\u2019option souverainiste du PQ?«Ça m\u2019apparaît comme un bon point de départ» Lancé il y a trois semaines à Laval, le concept de souveraineté partagée ne fait pas l\u2019unanimité.Plusieurs congressistes ont conseillé à leur chef d\u2019être prudent avec ce genre de LAROSE La littérature est souveraine SUITE DE LA PAGE 1 veaux Habits de la droite culturelle, Pierre Foglia, chroniqueur à La Presse, et les pédagogues, cette masse plus ou moins compacte d\u2019«idéa-teurs» qui ont «abâtardi» le système jusqu\u2019à en faire une machine à véhiculer «ce que (.) telle nationaliste idéologie délire que nous sommes».Quel lien y a-t-il entre la souverai-\u2019 neté et l\u2019éducation?Pour l\u2019illustrer, Larose emprunte le détour de la littérature, car «les affaires littéraires sont souvent les plus riches en signes politiques».Au banc des accusés: le «national-pédagauchisme», ce «repoussant hybride» de pédagogie, de soi-disant gauchisme et de nationalisme.En faisant correspondre l\u2019apprentissage au «vécu» et aux besoins d\u2019un certain nationalisme, on a tout dénaturé, au nom d\u2019une adhésion à la réalité qui n\u2019est que rapetissement.Or, dit le prof dans une entrevue au Devoir, la littérature est souveraine, comme la souveraineté.Toutes deux doivent être «indépendantes de la nécessité de se justifier pour elles-mêmes».De la même manière que l\u2019œuvre n\u2019a pas à défendre sa valeur autre que littéraire ou sa «nécessité de servir à quelque chose», la souveraineté n\u2019a pas à «se faire demander d\u2019abord combien elle coûte.On la fait, et on s\u2019arrange pour pouvoir la payer.» La relativisation de ces deux Jean Larose ram concepts, leur ancrage dans un cadre stérile qui ne mène qu\u2019à la confusion, a des effets pervers.Paradoxalement, le Québec tolère mal «la souveraineté intérieure», la liberté dans un continent qui en a pourtant fait son assise.On n\u2019a pas le droit, ici, de «parler souverainement».Le conformisme ambiant évacue sans autre forme de procès «toute personne qui va parler en ayant l\u2019audace de se mettre à part».Jean Larose déplore qu\u2019au Québec, tout ce qui est souverain, ou dissident, soit dépeint comme relevant «de la domination, du mépris et de l\u2019arrogance».Vous encouragez la lecture de Balzac?On vous accuse d\u2019être «rétrograde».Vous parlez d\u2019aller vous établir ailleurs?Vous commettez «le péché absolu», car «on n\u2019a pas le droit de se dire étouffé, de dire qu\u2019on respecte ceux qui ne veulent pas être souverains mais qu\u2019on veut rompre avec eux».Parlez-en à Hélène Jutras, celle que «le Québec tue» et dont l\u2019intervention publique a déchaîné les passions.En fait, note en substance le prof Larose, on a remplacé les curés par d\u2019autres curés, qui à défaut de se draper dans la chasuble se sont érigés en gardiens d\u2019un nouveau dogme.En soumettant l\u2019éducation à la grille nationaliste assaisonnée de «la foire du vécu», ils ont commodément rangé dans la «droite culturelle», avec ce que la chose évoque d\u2019obscurantisme, toute référence à une «tradition humaniste» vieille de 2500 ans et qui n\u2019est ni de gauche ni de droite».C\u2019est le cas, dit Larose, de Jacques Pelletier et de ces autres pédagogues dont «on verrait, s\u2019ils n\u2019avaient pas rompu avec tout ce qui s\u2019est passé avant le XX1' siècle, à quel point ils sont niaiseux».De Foglia, l\u2019essayiste dénonce parallèlement l\u2019adhésion à la «contre-culture de consommation», ce nouveau conformisme qui est «le signe assommant d\u2019une modernité en panne».L\u2019offensive contre la lettre, le règne du rock, du rap, du clip et du «modernisme technique» que, selon Larose, Foglia défend avec sa «foi dans la mode», illustre son «jeunisme», cela étant le fait «de ne pas pouvoir supporter qu\u2019il y a une jeunesse après soi».«Born again du \u201clà que ça se passe\u201d», Foglia, même s\u2019il se qualifie lui-même de «vieux con lettré», exploite une «mécanique à baratin (qui) fonctionne encore au même carburant qu\u2019au bon temps où sa jeunesse s\u2019érigeait toute vivante contre l\u2019autorité fossile de la loi des adultes.Comme si cet ordre nouveau qu\u2019il annonce n\u2019était pas déjà en place, pas devenu maintenant le nouveau conformisme et la nouvelle censure», écrit Jean Larose.Par ce détour, retour à la souveraineté.Les suspects susnommés ayant «tous en commun l\u2019usage systématique du ressentiment» pour imposer leur «tyrannie de la médiocrité», ils illustrent à merveille la résistance générale à la différence libératrice.L\u2019obsession d\u2019être proche de la vie a éloigné la référence à l\u2019universel, tout comme la souveraineté a cessé d\u2019être un projet en soi, pour soi, pour devenir un phénomène de réaction en vase clos qui mesure sa valeur à l\u2019aune de la perception de l\u2019autre et de la comptabilité.En entrevue, Jean Larose, qu\u2019avaient éreinté Pelletier et Foglia, se défend de se livrer à un «règlement de comptes facile».Son discours, assure-t-il, relève de la «haute polémique».De toute façon, «ce sont eux qui ont commencé» et, comme l\u2019indique une citation reproduite en exergue, «dans le triste cas de la légitime défense, il faut (.) idéaliser autant que possible les individus pour en faire les représentants de la sottise objective et de l\u2019absurdité objective».MOSCOU Manque de devises SUITE DE LA PAGE 1 découvrir que de l\u2019eau a été mélangée à l\u2019essence.Ainsi, le drôle de liquide gèlera au froid ou l\u2019empêchera d\u2019accélérer.L\u2019explication des autorités de Moscou à cette pénurie pleine de frustrations: un accident est survenu à la seule raffinerie de la capitale.Il faut donc la réparer.Ainsi, la production a chuté à 4500 tonnes de pétrole par jour au lieu de 7000 tonnes en temps normal.Le grand réservoir qui contenait 220 000 tonnes de pétrole est complètement vide.Moscou négocie maintenant avec la raffinerie de la ville de Riazan pour la convaincre de venir à sa rescousse.Riazan est à quatre heures de route de la capitale.Malgré la situation, la mairie de Moscou promet que tout rentrera dans l\u2019ordre dès les prochains jours.Les Moscovites, eux, sont sceptiques.«Qui croire?A quelle loi se fier»?s\u2019interroge le chauffeur de taxi Sergei Meduse.Sergei comprend mal; si la raffinerie est en réparation, alors pourquoi les camions-citernes trouvent-ils si facilement de l\u2019essence?«Lujkov mafia! Lujkov mafia»! conclut-t-il avec un geste de la main.Youri Lujkov c\u2019est le maire de Moscou.Depuis quelques temps, il demeure discret.M.Lujkov règne sur sa ville en tsar.Il contrôle l\u2019essence.La ville de Moscou a le monopole de la vente d\u2019essence sur son territoire.Ici, il y a 250 stations-services seulement pour 10 millions d\u2019habitants.Une trentaine d\u2019entre elles ont déjà fermé boutique, faute de pétrole.Dans les files d\u2019attente des stations-services, les mauvaises langues soutiennent que la pénurie est artificielle comme à la fin de 1991 lorsque les comptoirs des magasins étaient vides.A cette époque, les gens pouvaient tout trouver au marché noir à des prix beaucoup plus élevés.Ceux qui contrôlaient ce commerce illégal faisaient d\u2019énormes profits.«Les vendeurs privés trouvent l\u2019essence, l\u2019État n\u2019en a pas, alors c\u2019est encore une fois la mafia qui empoche! Maudite mafia!» lance Sacha Kovalev, un chauffeur d\u2019une soixantaine d\u2019années, dégoûté par la situation.Le pétçole est encore subventionné par l\u2019État.Un litre d\u2019essence (si on en trouve) coûte 500 roubles environ 20 cents canadiens, trois fois moins que chez nous.Les propriétaires de camions-citernes vendent leur essence à 2000 roubles, 80 cents canadiens.Les gouvernements régionaux et municipaux et l\u2019État en général n\u2019ont plus les moyens de se payer le luxe de subventionner l\u2019essence de leurs contribuables.Les sociétés pétrolières russes veulent être payées en devises fortes.Ce qui pousse lç ministre russe de l\u2019Essence et de l\u2019Énergie, Yuri Bha-franik, à dire que l\u2019explication véritable à la pénurie d\u2019essence à Mos- cou est d\u2019abord un manque d\u2019argent.La capitale n\u2019est plus capable de payer ses dettes.Elle doit plus de 60 milliards de roubles (25 millions $) à ses fournisseurs de pétrole.La Ville devrait recevoir bientôt des crédits pour soulager sa dette mais, selon plusieurs experts, cela n\u2019est qu\u2019une mesure superficielle.Le comité antimonopole en Russie estime que la ville doit vendre sa raffinerie à des compagnies pétrolières indépendantes.Les prix seront donc libérés.Si rien ne change, le comité est d\u2019avis que Moscou vivra encore plusieurs autres pénuries du genre.Le maire Lujkov, peu enclin à laisser aller son contrôle sur cet or noir, demande plutôt l\u2019aide du gouvernement russe pour régler l\u2019épineux problème, un vieux réflexe de l\u2019ère soviétique.Unicef Fonds des Nations Unies pour l\u2019enfance LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE.MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS H ADMINISTRATION : (514)985-3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS vocabulaire «qui prête à confusion».D\u2019ailleurs, s\u2019il y a un consensus qui se dégage de ces délibérations, c\u2019est que le parti ne devrait pas redéfinir pour l\u2019instant sa position constitutionnelle et plutôt s\u2019en tenir à préconiser l\u2019évolution du fédéralisme par l\u2019intermédiaire d\u2019ententes administratives.Autre point de divergence avec le chef du PLC, Jean Charest refuse d\u2019agacer les péquistes avec le sens et la portée d\u2019une éventuelle victoire référendaire.Il lui paraît évident que si le camp du Oui recueille 50 % des suffrages plus un, le gouvernement Parizeau pourra réaliser la souveraineté.Et si c\u2019est le Non qui l\u2019emporte?Il promet que jamais il ne l\u2019interprétera comme la volonté de s\u2019en tenir au statu quo.Et il ajoute: «Nous n\u2019accepterons jamais que le référendum serve de prétexte pour affaiblir le Québec».Le congrès de l\u2019aile québécoise du PC a été un succès de participation.Les organisateurs attendaient tout au plus 400 délégués, ils ont accueilli 550 congressistes, dont le profil révèle une moyenne d\u2019âge relativement jeunes.En fait, les mêmes jeunes conservateurs responsables de la performance de Jean Charest, au congrès de leadership, contrôlaient l\u2019organisation du congrès de la fin de semaine.Les modalités entourant le choix du chef du parti et l\u2019assainissement des modes de perception des fonds sont les deux questions qui ont suscité le plus d\u2019intérêt.L\u2019aile québécoise proposera au congrès national d\u2019avril 1995 de modifier les statuts du parti, pour faire en sorte que le choix du prochain chef soit déterminé sur la base du suffrage universel des membres.Les conservateurs du Québec ont par ailleurs adopté une série de résolutions qui visent à donner plus de transparence aux opérations de perception d\u2019argent.Dans cette optique, l\u2019organisme qui est chargé de recueillir les fonds, le Fonds PC-Cana-da, ne sera plus sous la férule du chef du parti.Il sera imputable uniquement à l\u2019exécutif national, qui en nommera le président.Le Fonds PC devra soumettre ses états financiers à la direction du parti.11 est arrivé dans le passé que des collecteurs de fonds du PC mettent de l\u2019argent dans leurs poches.Les mesures de sécurité mises de l\u2019avant par le PC-Québec sont contraignantes et devraient suffire à prévenir ce genre de dérapage.donnez san risqi sang lue Pour savoir où et quand donner du sang, appelez Info-Collecte au 527-1501 La Société canadienne de la Croix-Rouge Services transfusionnels LA MÉTÉO Prévision à long terme pour Montréal Aujourd'hui Ce Soir Mardi -Mercredi Jeudi max 12 53 min 7\tmax & V/t VENTEUX BROUILLARD PLUIE AVERSE ORAGE NEIGE VERGLAS / ¦ vnr.r7c\tJ Températures : MAX / MIN\t\t Centrai do prooolon ® ® Hauto Baooo\t\t Whitehorse 13/-18 CAgary/ ¦ 3/* o/o Saskatoon ¦ 4A Regina Montreal 12/7 n'î'll Chic ^3alt Lake City Situation générale: Une vigoureuse dépression en provenance du manitoba grimpera vers la baie d\u2019Hudson lundi et le nord du Québec mardi.Il y aura de la pluie sur les régions au nord de la vallée du St-Laurent lundi soir.La circulation du sud imposée par la dépression permettra aux températures de grimper bien au-dessus des normales de saison et ce sur l'ensemble du territoire.On peu s'attendre à voir le mercure dépasser la barre des dix degrés sur le sud et l'ouest québécois.Régions: Abltibi-Témlscamlngue: Pluvieux et brumeux le matin.Pluie ou bruine intermittente en après-midi.Max.: près de 10.Vents de 20 à 40 km/h le matin devenant du sud de 30 à 50 km/h en après-midi.Demain: Nuageux.40 % de probabilité d'averses de neige.Température stable près de 2.Réservoirs Cabonga et Gouin: Pluie.Brumeux par endroits, Max,: près de 7.Vents de 15 à 30 km/h augmentant à 20 à 40 en après-midi.Demain: Nuageux.40 % de probabilité d'averses de neige.Température stable près de 2.Pontiac, Gatineau et La Lièvre: Nuageux et brumeux tOt le matin.Pluie intermittente par la suite.Max.: de 11 à 13.Vents de 20 à 40 km/h.Demain: Nuageux avec éclaircies.Température stable près de 6.Laurentides: Nuageux.Brumeux par endroits tût le matin.Un peu de pluie tard en après-midi.Max.: près de 10.Vents de 15 à 30 km/h.Demain: Nuageux avec éclaircies.Température stable près de 6.Oitawa-Hull.Nuageux.Brumeux par endroits tôt le matin.60 % de probabilité d'averses tard en après-midi ou en soirée.Max.: près de 13.Vents de 20 à 40 km/h.Demain: Nuageux avec éclaircies.Température stable près de 6.Cornwall et Montréal: Brumeux par endroits tôt le matin.Nuageux avec éclaircies.40 % de probabilité d'averses tard en après-midi ou en soirée.Max.: près de 12.Vents de 15 à 30 km/h augmentant à 20 à 40 en après-midi.Demain: Des averses tôt le matin.Des éclaircies par ta suite.Température stable près de 7.Trots-Rivières, Orummondville et Québec: Brumeux par endroits tôt le matin.Nuageux avec éclaircies.40 % de probabilité d'averses tard en après-midi ou en soirée.Max.: de 6 à 9.Vents de 15 à 30 km/h en après-midi.Demain: Des averses tôt le matin.Des éclaircies jiar la suite.Température stable près de Estrle et Beauce: Brumeux par endroits tôt le matin.Nuageux avec éclaircies.Max.: de 7 à 10.Vents de 15 à 30 km/h en après-midi.Demain: Des averses te matin.Nuageux par la suite.Min.: près de 8.Température stable ou légèrement à la baisse par la suite.Lac Saint-Jean, La Tuque, réserve launlque des Laurentides: Brumeux par endroits tôt le matin.Nuageux par la suite.Pluie intermittente débutant au cours de Environnement Canada l'après-midi.Max,: de 6 à 9.Vents de 15 à 30 km/h en après-midi.Demain: Nuageux avec éclaircies.30 % de probabilité d'averses de pluie ou de neige.Température stable près de 5.Saguenay: Brumeux par endroits tôt le matin.Nuageux par la suite.Pluie Intermittente débutant au cours de l'après-midi.Max.: de 6 à 9.Vents do 15 à 30 km/h en après-midi.Demain: Nuageux avec éclaircies.30 % de probabilité d'averses de pluie ou de neige.Température stable près de 5.Charlevoix et Rivière-du-loup.Nuageux avec éclaircies.40 popur cent de probabilité d'averses en soirée.Max.: près de 6.Vents de 15 à 30 km/h en après-midi.Demain: Des averses tôt le matin.Des éclaircies par la suite.Température stable près de 6.Rimouski et Matapédia: Nuageux avec éclaircies.40 % de probabilité d'averses en soirée.Max.: près de 6.Vents de 15 à 30 km/h en après-midi.Demain: Des averses tôt le matin.Des éclaircies par la suite.Température stable près de 6.Salnte-Anne-des-Monls, Parc de tas Gaspésie, Gaspé et Parc Forillon: Ennuagement graduel.40 % de probabilité d'averses en soirée.Max.: près de 7.Vents de 15 à 30 km/h en soirée.Demain: Des averses le matin.Des éclaircies en après-midi.Min.: près de 4.Max.: près de 8.Lever.6h51 Coucher.16h25 Prévision à long terme pour Québec Aujourd'hui Ce Soir Mardi Mercredi Jeudi ma> 8 ¦¦ mln 4 ira» 6 Prévision à long terme pour OTTAWA Aujourd'hui Ce Soir Mardi Mercredi Jeudi max 13\tmin 5\t__ max 6 (514)985 3344 (514) 985 3344 (514)985 3399 1 800 363 0305 In méroi de léldpkeee nhrints teat velibln peer le terrke de Ihrcitei per ceeielel et post In efceeeeaeett pettier SERVICE DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal\t(514) 985-3355 Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 f A1C "]
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