Le devoir, 19 mai 1994, Cahier A
[" LE DEVOIR Vol.L X X X V No II (I M O N T H K A I.I.K .1 K UDI I 9 M Al 19 9 1 I! 5 v T I* S T v y T o r o ii i o s r» t> PERSPECTIVES Les gros mots Jean Dion Depuis sa naissance, le Bloc québécois rappelle que sa mission consiste à expliquer calmement au Canada anglais que l\u2019indépendance du Québec est inévitable et que le divorce pourra se faire d\u2019une manière civilisée.Croyait-il vraiment que cela fonctionnerait?Accusé de chercher à «endormir» le pays, voici que Lucien Bouchard subit la vindicte de tout un chacun.Avant-hier, c\u2019étaient Mike Harcourt, Roy Romanow, Ron Invin, Preston Manning et Alliance Québec.Hier, c\u2019était Daniel Johnson.Qui sera-ce demain?De Paris, d\u2019où des dépêches aussi contradictoires que la situation est volatile arrivent, M.Bouchard a livré sa réplique.«Les masques tombent», a-t-il commenté, faisant référence à ces soi-disant «amis du Québec» qui lui «refusent toute concession» et s\u2019indignent ensuite qu\u2019il veuille démocratiquement prendre ses distances.«Ils vont essayer n\u2019importe quoi pour faire peur aux Québécois», a-t-il ajouté.Le chef du Bloc ne croit pas si bien dire: c\u2019est reparti comme en 1980.Seule différence, c\u2019est pire.Et cela ne fait que commencer.Depuis quelque temps, il ne se passe plus guère une journée sans que quelque chroniqueur, éditorialiste ou politicien attache le grelot.Vu d\u2019outre-Ou-taouais, l\u2019affrontement à venir prend des allures de tragédie, et tous les arguments sont bons.Pour un Jean Chrétien qui prétend ne rien craindre et pour un éditorial de la Gazette qui considère les «avertissements alarmistes» comme «mal avisés», on ne compte plus les menaces à peine voilées, quand ce ne sont pas carrément les scénarios d\u2019apocalypse.Simple et saine «sortie de vapeur» qui permettra de tenir un débat éclairé, comme le prétend M.Bouchard?On aurait plutôt tendance à parler d\u2019un fourbissage d\u2019armes en règle.Mais voyons plutôt.Le principal point de convergence de ceux qui appellent à emprunter la ligne dure réside dans la remise en cause de la légitimité du processus qu\u2019entendent respecter les souverainistes.Même un référendum où prévaudrait une majorité de OUI, soutient-on, n\u2019aurait aucune valeur.La séparation du Québec, déjà irrecevable sur le plan constitutionnel, poserait en outre la question de sa propre partition, notamment mais non exclusivement en ce qui a trait au Nord et aux autres territoires revendiqués par les autochtones.Sans parler du partage de p, ,\t^ la dette, de la détermination de la U est reparti devise monétaire, et tutti quanti.Dans cette veine, on n\u2019entend pas tomme en ^ rjre pe^er ç Newman, chroni- 1980 Seule clueur à Maclean\u2019s: «Au diable le bon c sens, la décence et le compromis.» différence Mike Harcourt, premier ministre de \u2019 la Colombie-Britannique: «Ils pen-c\u2019est pire, sent que les choses se feront de manière logique et civilisée.Oubliez Et cela ça.» William Johnson, de la Gazette: «La probabilité de négociations pai-ne fait que sibles avec le reste du Canada (.) est une dangereuse illusion.» Le To-commencer.ront0 Star, en éditorial: «La séparation ne pourra être présentée comme un fait accompli, ni atteinte par une déclaration unilatérale d\u2019indépendance.Les Canadiens devront consentir à toute entente portant sur la partition, sans quoi le Québec sera traité comme une république malhonnête (rogue) par les milieux diplomatiques et financiers.» De mémoire, le référendum de 1980 n\u2019avait pas donné lieu à un tel emportement.Le spectre du refus de négocier toute association économique avait certes été brandi mais, comme le soulignait récemment Rafe Mair, un commentateur politique de Vancouver, le gouvernement fédéral s\u2019était trouvé à légitimer l\u2019affaire en menant la lutte et en mettant sa propre mise: la promesse d\u2019un renouvellement de la fédération.Cette fois-ci, tout porte à croire que ce sera no way d\u2019avance.Et comme si on craignait de ne pouvoir régler les choses «à l\u2019interne», certains vont même jusqu\u2019à implorer les pays étrangers de souscrire à l\u2019unité canadienne.Preston Manning et Alliance Québec l\u2019ont fait à leur façon; Robert Sheppard, du Globe and Mail, a été plus virulent.Faisant allusion à la visite de M.Bouchard et à l\u2019appui tacite que pourrait donner la France à un Québec souverain, M.Sheppard écrivait hier qu\u2019«il y a là suffisamment de symbolisme pour que les Canadiens envisagent d\u2019envahir de nouveau les plages de Normandie en cet été anniversaire, et cette fois avec plus que leur carte American Express.(Peut-être même ne devraient-ils pas y aller du tout.)» L\u2019éditeur du Maclean\u2019s, Robert Lewis, n\u2019avait peut-être pas tort de parler de «théâtre de l\u2019absurde» en analysant la démarche de Lucien Bouchard.Force est toutefois de penser qu\u2019on pourrait aussi inclure dans cette expression les adversaires du chef du Bloc, ceux-là mêmes qui, on se demande bien comment, voient dans la cause séparatiste non seulement une menace au pays, mais aussi à la démocratie.L\u2019émotivité a cette propriété fascinante d\u2019entraîner les débats au troisième sous-sol.Le coup de la Brink\u2019s, le déménagement des Expos, la piasse à 50 cents, l\u2019exode en cas de NON à Charlottetown, le Liban de Joe Clark sont là pour nous le rappeler.Il ne sert à rien d\u2019occulter la réalité, et personne ne doute que le Canada ne se laissera pas amputer en disant merci.Reste à savoir si les Québécois seront dupes de ces gros mots qu\u2019on leur sert, à chaque fois, comme un ultimatum de se soumettre ou de se démettre, à leurs risques et périls.LE MONDE \t1 N\t1) E X\t Les actualités\t.A2\tIdées\t\t.Al Agenda culturel .B6\t\tLe monde\t\t.A5 Avis publics.\t\u201e.B4\tMontréal\t\t.A3 Classées\t\t.AI\tMots croisés.\t.B4 Culture\t\t\u201e.B8\tPolitique\t\t.A4 Économie\t\t\u201e.B2\tRégions\t\t.Bl Éditorial\t\t\t,.A6\tLes sports\t\t.B5 Météo Ensoleillé Max.18 Berlusconi reçoit la bénédiction du Sénat PAGE A 5 LES ACTUALITÉS Fermez l'École du barreau, réclament les étudiants PAGE A 2 LES ACTUALITÉS Fr alla a l'appui de la Saskatchewan PAGE A 4 Travail au noir au siège d\u2019Hydro Le ministre Cherry est au courant depuis l\u2019automne dernier SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR Les travaux de rénovation du siège social d\u2019Hydro-Québec à Montréal \u2014 où sont situés, entre autres, les bureaux du premier ministre Daniel Johnson \u2014 ont été partiellement réalisés au «noir», c\u2019est-à-dire en violation du décret régissant l\u2019industrie de la construction.Plusieurs membres du gouvernement, dont la vice-première ministre de l\u2019époque, Mme Lise Bacon, et le ministre du Travail, Normand Cherry \u2014 qui a refusé toute entrevue au DEVOIR \u2014 étaient au courant de la situation dès l\u2019automne 1993.Malgré tout, aucune enquête en pro- fondeur sur l\u2019étendue du problème n\u2019a été commandée.«Oui, il y a eu du travail au noir, mais non, il est impossible d\u2019en chiffrer l\u2019ampleur», confirme au DEVOIR la directrice des communications de la Commission de la construction du Québec (CCQ), Mme Jocelyne Roy.L\u2019envergure des travaux réalisés illégalement est inconnue parce que la CCQ n\u2019a, semble-t-il, jamais compilé de statistiques à ce sujet avant que le DEVOIR lui demande de procéder à cette vérification il y a dix jours.«De toute façon, même quand on vous donnera les chiffres, vous n\u2019obtiendrez pas le portrait global de la situation, affirme un enquêteur de la CCQ qui a demandé l\u2019anonymat.L\u2019enquête menée au chantier d\u2019Hydro en était une de routine.Nous n'avons rien fait de plus que ce que nous faisons habituellement, c\u2019est-à-dire pas grand-chose compte tenu des ressources limitées dont nous disijosons.» Les travaux effectués au siège social d\u2019Hydro ont duré trois ans (de 1991 à mars 1994), ont coûté 50 millions de dollars et consistaient à «remettre à neuf» les 22 étages de l\u2019édifice \u2014 électricité, plomberie, ventilation, etc.«Le chantier a même été complété plusieurs mois avant la date prévue», claironne Philippe Biron, vice-président 1, approvisionnements et services d'Hydro.VOIR PAGE A 8: AU NOIR Saisie monstre de haschisch uL m.tewSill _______ PHOTO JACQUES GRENIER LE HASCHISCH était caché dans des sachets d\u2019épices et des boîtes de biscuits en provenance du Mozambique: 26 tonnes de haschisch, d\u2019une valeur de 360 millions$.L\u2019une des plus importantes saisies jamais faite en Amérique du Nord.La drogue est montrée ici par une agent des douanes et un policier de la SQ (à gauche), sous la surveillance, en arrière-plan, d\u2019un membre de l\u2019escouade contre les drogues.Les trafiquants courent toujours.Entrevue au DEVOIR Kieslowski, porte ouverte sur l\u2019espoir Son film Rouge, dernier volet de la trilogie, est porté à Cannes par des rumeurs de palme d\u2019or ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Krzysztof Kieslowski Cannes - J\u2019ai rencontré Krzysztof Kieslowski sur un yacht amarré au quai d\u2019honneur de la marina de Cannes.A cette ultime étape de son parcours, obtenir une entrevue avec le cinéaste polonais constitue pour un journaliste un événement capital.L\u2019auteur du Décalogue $ b lire sa révérence, a déclaré partout qu\u2019il venait de signer son dernier film.Jamais plus, sans doute, il ne participera à ce rituel harassant, répétitif et parfois si révélateur de l\u2019entrevue.Il y a parfois de grands moments dans le métier de journaliste.Celui-ci, par exemple.Le cinéaste accompagne sur la Croisette Rouge, dernier volet de la trilogie française, film qui constitue jusqu\u2019à maintenant l\u2019œuvre la plus achevée de la compétition, portée par des rumeurs de palme d\u2019or.Palme ou pas, ce film cristallin sera largement primé.Aucun doute.Il ne sourit jamais, Kieslowski.Mais livre un visage tragique aux p !\tyeux bleus si las derrière ses lunettes.C/ Il se décrit comme un pessimiste qui a croit en l\u2019homme, dit survivre à ses contradictions et en faire la matière __\t^ de ses films.L\u2019entrevue se déroule v en polonais, français, anglais, alle-N niand avec renfort d\u2019interprète.Mais il vous fixe gravement pendant que les sons des langues se superposent.Pourquoi s\u2019en aller sur une note si pure?VOIR PAGE A 8: KIESLOWSKI Le voyage de Bouchard fait des vagues Le Canada lave son linge sale à Paris CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS Lucien Bouchard a beau avoir quitté le Canada depuis plus de 72 heures et tenté d\u2019oublier les chicanes parlementaires, le Canada lui colle aux basques! Les fantômes canadiens ont poursuivi le chef du Bloc québécois du matin au soir de sa troisième journée de visite officielle à Paris.La fumée que suscite son voyage, en particulier au Canada anglais, s\u2019est même infiltrée hier jusque dans les bureaux du ministère des Affaires étrangères français, où il rencontrait le ministre Alain Juppé en compagnie de l\u2019ambassadeur canadien Benoît Bouchard.Le chef du Bloc a fait état directement devant Alain Juppé des déclarations de son homologue canadien, André Ouellet, publiées hier dans le Toronto Star selon lesquelles le premier ministre Balladur et le président Mitterrand auraient soutenu un «Canada uni» devant le pre- VOIR PAGE A 8: LINGE SALE Les remous que provoque au Canada le voyage de M.Bouchard ont infiltré les bureaux du ministre Alain Juppé, qu\u2019a rencontré hier le chef du Bloc à Paris.PHOTO AFP ÉCONOMIE L\u2019inflation, connaît pas Une hausse infime de 0,2 % en avril PAGE B 2 Droits autochtones: Irwin rabroué Johnson défend l\u2019intégrité du territoire québécois Coon Corne veut avoir son mot à dire si le Québec se sépare MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le premier ministre Daniel Johnson s\u2019est porté à la défense de l\u2019intégrité du territoire québécois, hier, dans la foulée des déclarations du ministre fédéral des Affaires indiennes, M.Ron Irwin, sur le droit des autochtones du Québec à demeurer au sein du Canada advenant la sécession.«La position du chef du gouvernement, dit M.Johnson, c\u2019est celle de faire valoir partout et toujours l\u2019intégrité du territoire québécois».Selon lui, la défense de l\u2019intégrité territoriale du Québec est «un engagement que contractent» tous les députés de l\u2019Assemblée nationale.M.Johnson ajoute, au bénéfice de Daniel Johnson M.Irwin «et de tous ceux qui pensent comme lui ou qui commentent des situations hypothétiques», que «les échéances qui nous attendent sont des échéances entre Québécois; ce VOIR PAGE A 8: JOHNSON 4 A 2 EN VENTE DU 24 MAI AU 1er JUIN 1994 Québec Gouvernement du Québec Ministère des Finances LES OBLIGATIONS D'EPARGNE DU QUEBEC INFORMATIONS : 1 800 463-5229 ou (418) 528-1200 EN BREF ?AARON ABANDONNE Ottawa (PC) \u2014 L\u2019homme d\u2019affaires torontois, Raymond Aaron, a lai?se tomber la poursuite de 500 mil-liardsS qu\u2019il avait intentée contre le Bloc québécois un mois après les élections de l\u2018**c ; |i anse devait être entendue devant la t uni divisionnaire de l\u2019Ontario, à Toronto, le 13 juin prochain.L\u2019avocat de Aaron, Me Eric Polton a déposé une requête en désistement mardi stoppjint ainsi toutes les procédures.«Je n\u2019ai \u2019 pas eu l\u2019appui d un nombre suffisant de personnes, a-t-il expliqué hier, si les Canadiens ne sont pas inquiétés par ce qui risque de se passer avec le Québec tant pis.» Aaron estime avoir perdu 25000$ dans cette aventure.Aaron poursuivait les 54 députés du Bloc pour 500 milliards$ assumant que l\u2019élection de ceux-ci avait provoqué une baisse de la valeur des Biens ue l\u2019ensemble des Canadiens.\u2022 I )ans sa poursuite, Aaron soutenait également que la souveraineté du Québec ne pourrait se faire que dans la violence.Une thèse qui inquiétait lechefbloquiste.CANADIENNES BATTUES Ryad (AP-PC) \u2014 I^es autorités d\u2019Arabie Saoudite ont ouvert une enquête sur une attaque menée par la police religieuse contre un groupe d\u2019Occi-dentaux, y compris six infirmières canadiennes.Les Canadiennes ont été battues et détenues en prison durant deux nuits par les policiers religieux connus sous le nom de mouta-was.Un porte-parole de l\u2019ambassade canadienne a révélé qu\u2019une protestation officielle a été transmise au ministère saoudien des Affaires étrangères et que la question a été abordée avec le gouverneur de Ryad, le prince Salman, un frère du roi Fahd.Les six infirmières appartenaient à un groupe de 19 ou 20 personnes, en grande majorité des Occidentaux, dont les voitures ont été attaquées par des moutawas lorsqu\u2019elles quittèrent un dîner offert par un libanais expatrié, au début du mois.Les six infirmières canadiennes ont passé deux nuits dans la prison des femmes de Ryad avant que le consulat n\u2019obtienne leur libération.PARTI DES SYNDICATS Toronto (PC) \u2014 Le mouvement syndical a besoin d\u2019un parti politique pour faire avancer sa cause.C\u2019est pourquoi il ne doit pas rompre avec le NPD, même s\u2019il s\u2019est récemment senti trahi par certains gouvernements néo-démocrates provinciaux.Voilà le message qu\u2019a livré hier le leader du NPD fédéral, Mme Audrey Mclaughlin, dans son discours d\u2019adieu au Congrès du travail du Canada (CTC) .«Récemment, certains ont suggéré le divorce.Ils se trompent Je crois en notre partenariat Le NPD a besoin du mouvement ouvrier pour se définir et le mouvement ouvrier a besoin d\u2019un parti politique pour faire progresser ses idées (.) Pour moi, il n\u2019y a pas de mouvement sans le mouvement ouvrier», a déclaré hier Mme McLaughlin aux 2000 délégués du CTC, réunis en assemblée bisannuelle à Toronto.Le CTC, une organisation qui réunit la grande majorité des centrales syndicales au Canada et qui représente 2,3 millions de syndiqués, est en pleine réflexion quant à ses liens avec le NPD, le parti politique auquel il est identifié depuis toujours.Certains syndicats souhaitent la rupture d\u2019avec le NPD; d\u2019autres veulent qu\u2019on intensifie les liens avec le parti.ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIETE INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD AVOCATS 55, ST-JACQUES, MONTRÉAL, QUÉBEC H2Y 3X2 Fax: (514)845-7874 Tél.: (514) 98 R-O-B-K maïhiit dti.intangiùln Fermez l\u2019École du barreau, réclament les étudiants L'enseignement n'offrirait «aucune garantie quant à la compétence des futurs avocats» LAURENT SOUMIS LE DEVOIR L\u2019Association des étudiants montréalais de l'Ecole du barreau reclame la fermeture de cette institution qui assure la quatrième année tir lixllll.il lull |il iilr-iMulilielle (les futurs ju-ristes.«L\u2019enseignement de l'Ecole du barreau coi isi 1111< \u2022 1111e 111ei îace pour la protection du public et n\u2019offre aucune garantie quant à la compétence des futurs avocats», a soutenu hier le président de l\u2019Association, M.Marc Giard.Dans un mémoire présenté la semaine dernière au president de l'( )flice des professions du Québec, les étudiants demandent le transfert pur et simple des programmes de formation aux institutions universitaires: une proposition qui a été accueillie avec beaucoup de réserve hier par les doyens de faculté rejoints par LE DEVOIR «C'est de la foutaise et ça ne tient pas debout», a d'abord rétorqué Me Inouïs Rochette, président du comité de la formation professionnelle du barreau qui chapeaute l\u2019institution.Outré d\u2019avoir été pris par surprise par la publication de ce document, Me Rochette soulignait hier que les étudiants s\u2019étaient pourtant engages a participer à un comité sur la réforme de \" gnement du droit.1 ensei- Selon lui, cette sortie publique survient au lendemain de la publication des résultats aux examens qui révèlent de forts taux d\u2019échec: de 6% a 35% selon les matières étudiées.Dans leur mémoire de 61 pages, les étudiants lui renvoient l'argument en mettant en doute la qualité de l\u2019ensei-gnemqnt.«L\u2019Ecole est incapable d\u2019assurer quelque activité d\u2019enseignement que ce soit», accuse M.Robert Tremblay, coordonnateur du mémoire.Les auteurs ont ainsi recensé plusieurs exemples de ce qu\u2019ils estiment être des «erreurs flagrantes dans l'enseignement du droit substantif».L\u2019enseignement des habiletés est aussi mis en cause tellement les mises en situation friseraient le ridicule.On nous enseigne la nage papillon sur une table et la plongée Mins-marine dans une baignoin d\u2019affirmer M.Giard.L\u2019ass>ociation accuse en outre l'Ecole de dédaigner des secteurs fondamentaux du droit (les chartes des droits et libertés, l'immigration, le criminel, le social) et d\u2019encourager une pratique axée vers les mieux nantis au détriment des plus démunis de la société.En matière d\u2019évaluation, les étudiants mettent en doute le respect du protocole en vigueur et soulignent la notation variable selon les correcteurs.L\u2019association, qui affirme que les problèmes vécus par les 600 étudiants à Montréal sont les mêmes que ceux des 500 autres à Québec, Sherbrooke et Ottawa, s\u2019oppose enfin aux propositions du barreau de prolonger les périodes de formation et les stages.Les doyens des facultés de droit ont accueilli hier avec prudence l\u2019idée de rapatrier la forma- Les facultés de droit accueillent avec prudence l\u2019idée de rapatrier la formation professionnelle dans les universités.tion professionnelle dans les universités.«Ça ne se fera pas d\u2019un trait de plume et nous ne sommes pas en demande là-dessus-, a déclaré le doyen André Côté, de l'Université Laval.\t, \u201e.,\t., «Le programme de 1 Ecole est a la croisée des chemins et a besoin de révision», concède toutefois le président du Conseil des doyens des facultés de droit qui se réunira demain.A l\u2019Université de Sherbrooke, le doyen Normand Ratti se fait plus tranchant: «Dans le contexte actuel, il n\u2019est nas question d\u2019accepter de nouvelles responsabilités sans ressources correspondantes».De même, le doyen de la faculté de droit civil de l\u2019Université d\u2019Ottawa, Me André Braën.ne pense pas qu\u2019une telle réforme puisse être envisageable à court terme.Iaîs doyens des facultés des universités McGill et de Montréal ainsi que la directrice du département de sciences juridiques de l\u2019UQAM n\u2019étaient pas disponibles hier pour une entrevue.D\u2019ici quelques jours, l\u2019Ecole du barreau entend réfuter point par point les allégations de ses étudiants.Taux de réussite au cégep Un investissement social PAULCAUCHON LE DEVOIR Les représentants des professeurs de cégep sont bien d\u2019accord pour améliorer le taux de réussite au cégep, mais c\u2019est un objectif qui demandera un véritable investissement social.«On ne peut pas clamer cet objectif et réduire en même temps les investissements en éducation», déclare Michel Duffy, président de la Fédération autonome du collégial (FAC).«Nous sommes à contre-courant de la société de facilité, de plaisir et de consommation, puisque nous prônons le travail et l\u2019effort, mais notre travail de professeur est dénigré depuis plusieurs années par le gouvernement», ajoute Denis Choinière, président de la Fédération nationale des enseignants du Québec (CSN).Les deux syndicats réagissaient à la grande étude menée par la Fédération des cégeps auprès de 50 000 nouveaux inscrits au collégial, étude qui démontre, entre autres, que les jeunes n\u2019étudient qu\u2019une heure par jour, qu\u2019ils sont très démotivés, et qu\u2019il existe une forte relation entre le travail à l\u2019extérieur et le décrochage.«Cette étude est un outil important qui nous permet de faire le point sur le profil étudiant», déclare Michel Duffy.«C\u2019est un outil beaucoup plus intéressant que la publication d\u2019un palmarès d\u2019institutions», ajoute Denis Choinière.M.Duffy s\u2019est montré étonné des données sur le temps consacré à l\u2019étude.«Ça Élit 25 ans que j\u2019enseigne, et ça me dépasse: il est inconcevable qu\u2019on puisse réussir le cégep en étudiant si peu, dit-il.Mais cette donnée a été recueillie auprès de nouveaux étudiants, qui se rendront vite compte qu\u2019ils n\u2019y arriveront jamais s\u2019ils n\u2019étudient pas plus.» Le président de la FAC remarque que les données sur le travail à l\u2019extérieur confirment des «soupçons que nous avions» sur l\u2019abandon des études et le travail rémunéré.Mais il invite tout le monde à la prudence.«On passe un peu vite sous silence certains facteurs économiques.Le travail rémunéré nuit aux études, mais plusieurs étudiants n\u2019ont pas le choix de travailler.» Michel Duffy remarque également que les choix faits par les jeunes reproduisent les clivages socioéconomiques des parents.«Vingt-cinq ans après la réforme de l\u2019éducation au Québec, il y a toujours un lien entre le désir de poursuivre ses études plus loin et le statut socioéconomique des parents.» Malgré son ampleur, l\u2019étude de la Fédération des cégeps laisse certaines questions majeures ouvertes.«Il aurait été intéressant d\u2019interroger les étudiants du secondaire qui ne s\u2019inscrivent pas au cégep, pour en connaître les raisons», explique Michel Duffy, qui se demande également pourquoi un étudiant ne se sent pas motivé à étudier.Denis Choinière risque un début de réponse.«La démotivation est liée au fait que plusieurs jeunes n'ont aucune idée de ce qu\u2019ils veulent faire dans la vie», dit-il.Mais il trouve difficile de constater que la démotivation est présente même chez les bons étudiants.«Cela nous questionne beaucoup.Mais cela remet aussi en cause l\u2019encadrement pédagogique.Quand un professeur veut rencontrer ses 130 étudiants une demi-heure chacun, comme beaucoup le font, cela prend 80 heures de son temps et il n\u2019a pas pu nécessairement détecter les problèmes de motivation.Nous avons un problème de ressources, et les maux du système d\u2019éducation ne semblent jamais vraiment pris au sérieux par le gouvernement» Autant pour Michel Duffy que pour Denis Choinière, rien ne prouve que l\u2019actuelle réforme du collégial ne réglera ces problèmes.Tout le monde est d\u2019accord pour hausser les exigences, disent-ils, mais les nouvelles mesures mises en place n\u2019ont pas fait leurs preuves, et certaines, comme la nouvelle approche par compétences dans le programme général, demeurent très contestées.Pas de RU-486 au Canada?Ottawa (PC) \u2014 Il semble que la pilule abortive française, le RU-486, ne sera pas mise en vente au Canada, du moins pas dans un avenir rapproché.Le fabricant de cette pilule controversée, la société française Roussel Uclaf, ne demandera pas l\u2019autorisation de vendre le médicament sur le marché canadien à moins que le gouvernement fédéral ne l\u2019y invite.«Le gouvernement canadien (.) doit d\u2019abord faire une demande officielle à Roussel Uclaf, en disant qu\u2019il veut que le produit soit accessible à la profession médicale», a déclaré, de Paris, la porte-parole Catherine Euvrard, en entrevue.Mais à Ottawa, il n\u2019est pas question d\u2019une telle invitation.Lorsqu\u2019une compagnie souhaite mettre un nouveau médicament en marché, le processus normal prévoit que la compagnie demande une autorisation, que le gouvernement étudie ensuite le médicament pour en évaluer l\u2019utilité et le caractère inoffensif, puis statue sur la demande.Mme Euvrard a dit que la compagnie ne suivait pas la procédure normale, parce le RU-486 n\u2019est pas un produit normal.62e congrès de l\u2019ACFAS La tribu de l\u2019art contemporain serre les rangs STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR L\u2019art contemporain a fait l\u2019objet de critiques acides, bêtes ou ironiques, dans les médias, depuis quelques années, des textes de J.-C.Leblond publiés dans La Presse à l\u2019article de Luc Chartrand «L\u2019art est-il malade?», para dans L\u2019actualité.Hier plusieurs spécialistes de cet art contemporain («les membres de la tribu», comme le disait ironiquement la professeure Lise Lamarche, de l\u2019UdeM), voulaient profiter d\u2019un colloque intitulé «La réception de l\u2019art contemporain» pour faire le point sur ces controverses.Le colloque, auquel assistaient une soixantaine de personnes, était présenté dans le cadre du 62e congrès de l\u2019Association canadienne française pour l\u2019avancement des sciences, (ACFAS), qui a lieu toute la semaine à Montréal.Le colloque prétendait en fait amorcer «une discussion plus large sur les fondements d\u2019ordre éthique, moral, voire économique, qui servent présentement à nourrir une critique de l\u2019art actuel».La professeure Anne Cauquelin, venue de l\u2019Université de Picardie, en France, et la philosophe Josée Brunet, de l\u2019UQAM, ont élevé le débat d\u2019entrée de jeu.«Plus de public, plus d\u2019objet» La première, auteur du «Que-sais-je?» sur l\u2019art contemporain, a avancé que le thème même du colloque était mal posé (la réception de l\u2019art contemporain), tout simplement parce qu\u2019«il n\u2019y a plus de public et plus d\u2019objet», à l\u2019époque actuelle.Pour elle, l\u2019art contemporain s\u2019inscrit Journaliste de La Presse devenu ministre haïtien des Affaires étrangères Les avoirs financiers de Charles David difficiles à geler SYLVIANE TRAMIER LE DEVOIR La décision d\u2019Ottawa, annoncée hier, de geler les avoirs financiers du journaliste de La Presse Charles David, pourrait bien ne pas être applicable.Selon le ministère des Affaires étrangères, les mesures de sanction financière contre les auteurs du coup d\u2019Etat en Haïti «visent les personnes qui n\u2019ont pas de résidence permanente au Canada.» Or M.David résidait au Canada depuis 1967.M.David a été nommé ministre dans un gouvernement haïtien établi pap les militaires, auteurs du coup d\u2019Etat contre le président Jean-Bertrand Aristide en septembre 1991.Non reconnu par la communauté internationale, ce gouvernement tombe sous le coup des sanctions adoptées par l\u2019ONU.Et notamment sous le chapitre qui invite «tous les Etats à geler les fonds et ressources financières» de toutes les personnes «membres de l\u2019armée haïtienne, leur famille immédiate, les gouvernements illégaux en place depuis le coup d\u2019Etat, les personnes employées par l\u2019armée haïtienne ou qui agissent pour son compte».«Preuve de son statut» En vertu de cette résolution qui impose également un embargo commercial contre Haïti et qui vise à forcer les militaires haïtiens à abandonner le pouvoir, le Canada a établi une liste d\u2019une trentaine de sociétés et d\u2019une centaine d\u2019individus contre lesquels s\u2019appliquent les sanctions financières.Ces sociétés sont établies en Haïti, et les individus résident en Haïti.Le cas de M.Charles David est différent.Le ministère des Affaires étrangères disait hier qu\u2019il «allait mettre» M.David sur cette liste.«Il lui reviendra de faire la preuve de son statut», ajoutait-t-on.maintenant dans un vaste processus dynamique, celui du «système de l\u2019art», du «réseau qui relie tous ceux qui font l\u2019art aujourd\u2019hui».De son côté, Josée Brunet a montré comment la réception de l\u2019œuvre d\u2019art est déterminée par des critères d\u2019évaluation dits «méta-esthétiques», des présupposés sur la nature de l\u2019art ou des théories de la connaissance, et que ce sont différents critères et présupposés qui opposent maintenant, par exemple, «le milieu» et «le pül bfic».La professeure Francine Couture a ensuite retraéê l\u2019évolution des «choix modernistes» au Québec, des années trente à nos jours.Elle a surtout rappelé la période de définition d\u2019une «politique de socialisation du risquç» (Raymonde Moulin) dans les années soixante (développement des programmes d\u2019aide à la création, professionnalisation du secteur, etc.).Cette évolution reposait sur une conception de la diffusion de l\u2019art comme moyen d\u2019émancipation des individus.Elle a finalement conclu que la crise de l\u2019art contemporain s\u2019inscrit sur fond de crise de ce modèle «progrès1 siste et démocratique».En après-midi, la professeure d\u2019histoire de l\u2019art Lisè Lamarche proposait une «revue de choses et d\u2019autrès des derniers mois».\t\u20221 Passant du coq à l\u2019âne, elle a notamment dressé le portrait des divisions de sa «tribu» (les «scientifiques» et les autres, les académiciens et les technobureaucrate'S)', pour finalement avertir: «Quand on est attaqué par des Luc Chartrand, là, on fait une trêve sacrée et les membres de la tribu sont d\u2019accord pour faire front commun».\t1 En outre, des juristes consultés par LE DEVOIR ne croient pas qïïé le droit canadien autorise de quelque façon que ce soit des sanctions à caractère politique: «Je serais surpris qu\u2019il existât une disposition dans la législation canadienne qui permette une saisie des actifs de citoyens ou de résidants canadiens pour des motifs politiques», nous a dit Mê Georges Lebel.Il semble en fait qu\u2019hier soir, à Ottawa, on était encore en train d\u2019essayer d\u2019y voir plus clair dans cette affaire et de jauger la portée juridique d\u2019une telle décision ainsi que les dispositions à prendre.Un porte-parole de la Gendarmerie royale du Canada, chargée de l\u2019application de ce type de décision, n\u2019a pas été en mesure de nous fournir plus ample information sur la question: il attendait encore un appel du ministère des Affaires étrangères pour tirer au clair une situation pour le moins confuse. I.K l» K V O I H .I K J K 1' I) I Ml MAI I » H I LE DEVOIR MONTREAL Deuxième grande saisie en un an Haschisch à la tonne JEAN CHARTIER LE DEVOIR Les conteneurs sur le Thor 1 transportaient 26 tonnes de haschisch depuis le port de Durban en Afrique du Sud jusqu\u2019au port de Montréal-Est.La GRC.la SQ et le service des douanes de Revenu Canada, qui ont annoncé hier la saisie de la drogue, ont surveillé pendant deux semaines les trois conteneurs contenant la drogue illicite d\u2019une va-leur.de 360 millions de dollars mais ils n\u2019ont pu procéder à aucune arrestation.La compagnie Christensen Canadian African Lines a assuré la liaison maritime depuis le Mozambique d\u2019où provient la marchandise, l\u2019Afrique du Sud où elle a son port d\u2019attache, et elle a livré la marchandise à Montréal à destination d\u2019une compagnie à numéros, par l'intermédiaire de March Shipping, une compagnie du Vieux-Montréal.La GRC n\u2019implique aucune de ces deux compagnies maritimes dans le trafic de drogue et le porte-conteneur a quitté Montréal depuis belle lurette.On estime que la marchandise était destinée à approvisionner non seulement le Québec et l\u2019Ontario, mais aussi les Maritimes et la Nouvelle-Angleterre.La SQ avait des suspects mais elle n\u2019a pu vérifier son hypothèse.Quant à la GRC, elle n\u2019exclut pas que la mafia soit impliquée mais on pense généralement que ce sont les bandes de motards qui écoulent ce genre de marchandise.Lors d\u2019une conférence de presse à l\u2019édifice des douanes, place d\u2019Youville, le porte-parole de Revenu Canada n\u2019a pu expliquer pourquoi aucun criminel n\u2019est jamais arrêté dans le port de Montréal à la suite de saisies de marchandises.Pourtant, toutes les forces policières sont impliquées dans un groupe multipartite de lutte contre la drogue.La police de la CUM et la police de Ports Canada sont aussi impliquées dans ce groupe.Ce sont des papiers irrégulièrement remplis qui ont mis les agents des douanes sur la piste mais ils n\u2019ont pas été assez futés pour prendre la couronne de bandits au point de distribution de la drogue.Il s\u2019agit de la deuxième plus importante saisie de drogue depuis un an.On avait intercepté 97 tonnes de drogue dans un bateau au port de Sorel en 1993, a rappelé le porte-parole de la Sûreté du Québec, Michel Brunet, mais on n\u2019avait arrêté personne à Sorel non plus.En fait, la marchandise interceptée était censée contenir des sachets de thé et d\u2019épices, des biscuits, des blouses et des chemisiers en provenance du Mozambique.Dans l\u2019un des trois conteneurs, il n\u2019y avait pas moins de 196 boîtes de biscuits et des marchandises diverses dans lesquelles était caché le haschisch.Les policiers ont surveillé les conteneurs du 4 au 17 mai pour intercepter les contrebandiers mais ceux-ci ont été prévenus par quelqu\u2019un, soit un membre de l\u2019équipage du bateau, soit un employé de la compagnie maritime, du port de Montréal ou d\u2019une force de surveillance sur les quais.Moratoire demandé pour une hormone PRESSE CANADIENNE La Fédération nationale des associations de consommateurs du Québec (FNACQ) veut alerter l\u2019opinion publique sur les risques que pourrait comporter l\u2019utilisation d\u2019une hormone développée par modification du code génétique et destinée à stimuler la production du lait chez les vaches.L\u2019utilisation de l\u2019hormone en question, la somatotrophine bovine recombinante (STBR) est autorisée aux Etats-Unis depuis le 4 février dernier.La Federal Drug Administration a cependant obligé la compagnie Monsanto, qui commercialise le produit, à vérifier au cours des deux prochaines années la présence de résidus dans le lait.Au Canada, le comité permanent de l\u2019Agriculture a recommandé le 24 aVril dernier un moratoire d\u2019un an à Santé et Bien-Etre Canada Ce dernier dispose de 150 jours pour décider s\u2019il entérine cette recommandation, refuse d\u2019autoriser ce produit ou encore lui donne le feu vert Au nom de la Fédération nationale des associations de consommateurs du Québec, Mme Lise Pilon a demandé, hier en conférence de presse, un moratoire de deux ans parce qu\u2019elle croit que ce produit vétérinaire rendrait les vaches vulnérables à une infection du pis.Si cela arrivait, le vétérinaire devrait injecter des antibiotiques qui risqueraient de se retrouver dans le lait de consommation, a soutenu hier Mme Pilon, ce qui pourrait accroître les risques de cancer du sein chez les femmes adultes et les enfants de sexe féminin, a-t-elle dit Mort du caporal Lemay L\u2019enquête du coroner Gilbert va finir en queue de poisson J E A N CHARTIER LE DEVOIR L'enquête du coroner sur la mort du caporal Lemay est en train de finir en queue de poisson.Un seul témoin a été entendu ces deux dernières semaines et on n'a assigné personne à comparaître la semaine prochaine.On entendra encore quelques témoins de manière ponctuelle mais l\u2019enquête ajournera sous peu, sine die.Le coroner Guy Gilbert a été convoqué par le coroner en chef mardi et on lui a demandé de libérer les bureaux de la grande Cour d\u2019audience du Palais de justice de Montréal.Le procureur de la couronne, Me Richard Masson, est aussi appelé à déménager ses pénates de même que le rechercniste, Me Lesage.Le personnel d\u2019appui sera dorénavant convoqué si nécessaire.Plusieurs témoins mohawks ont refusé de comparaître.Il en est ainsi de Mad Jap, de Lazore, d\u2019un dénommé Ia-france, deux d\u2019entre eux étant des témoins susceptibles d\u2019avoir tué le caporal Lemay.Ils sont disparus, tout simplement.On pense qu\u2019il sont à Akwesasne du côté américain mais ce territoire outrepasse la juridiction du coroner Gilbert Deux témoins de Kanesatake ont aussi refusé de comparaître.Au Palais de justice, cette enquête est désertée, les journalistes estimant qu\u2019elle a trop duré, les procureurs de la SQ qu\u2019elle est trop laxiste avec les témoins mohawks et tous demandent ce qu\u2019elle donnera.Hier, les procureurs de la SQ étaient encore absents.Le coroner Gilbert revient de vacances tout bronzé et il a entrepris la rédaction de son rapport mais on ne sait pas quand celui- ci sera terminé.On doute que ce soit avant l'automne.Hier matin, Philip Deering a poursuivi son témoignage sur la continuité de la lutte des Amérindiens en Amérique du Nord depuis Wounded Knee.Pendant qu\u2019il faisait son exposé fort décousu, son ami Francis Boots, qui fut le chef warrior dans la pinède d\u2019Oka en juillet 1990, lisait la manchette du journal The Gazette intitulée «Aboriginals entitled to split».Il hochait la tête, approuvant.Les propos du ministre Ron Irwin lui plaisaient manifestement, à lui qui a dirigé l'occupation armée à Oka contre la SQ et l\u2019armée.Me Richard Corriveau, avocat des Warriors, lui a aussi montré le titre du Globe and Mail «Irwin reassures Quebec natives; Can remain part of Canada if separation occurs, minister promises».Francis Boots n\u2019a relevé la tête de son journal que lorsque le coroner a posé à Philip Deering des questions spécifiques sur les meetings qui ont été tenus a Kahnawake le 11 juillet après la mort du caporal Lemay et lors du premier jour d\u2019occupation du pont Mercier.Me Corriveau est payé par les conseils de bande de Kanesatake et de Kahnawake, autrement dit avec l\u2019argent provenant d\u2019Ottawa, des fonds administrés par Jerry Peltier et Joe Norton.Me Corriveau a reçu deux versements de 50 000 dollars des conseils de bande il y a un an.L\u2019automne dernier, il a reçu une deuxième tranche de chacun des conseils de bande.On présume qu\u2019il a donc reçu 200 000 dollars en honoraires pour défendre les Warriors, montant entièrement versé par les conseils de bande fédéraux.Les Warriors n\u2019ont pas versé un sou.Me Corriveau n\u2019a pas été payé depuis le mois de mars.Malgré les anomalies de gestion Doré défend son administration KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR 1\\Jalgré les anomalies de gestion lVldes fonds publics relevées par le vérificateur de la Ville de Montréal, le maire Jean Doré a défendu hier son administration.«Dans certains cas, on se rend compte que le vérificateur avait un point de vue partiel.Eclairées par d\u2019autres points de vue, il y a certaines choses qui se remettent en perspective», a déclaré M.Doré.Pour l\u2019opposition officielle, le rapport annuel du vérificateur, rendu public mardi, démontre «la perte de contrôle des dépenses par le RCM».«H y a un manque de rigueur administrative autant qu\u2019il y a de lourdeurs.C\u2019est un vrai panier percé», a commenté le chef de l\u2019opposition officielle, Sammy Forcillo.Le rapport du vérificateur illustre plusieurs failles administratives.L\u2019une d\u2019entre elles concerne les coûts reliés à l\u2019entretien et aux réparations de véhi- cules.Ainsi, pour le même appareil (provenant du garage Madison), deux démarreurs ont été achetés à deux mois d\u2019intervalle, deux courroies de servodirection l\u2019ont été la même journée, deux pompes à eau en quinze jours et deux transmissions et deux carburateurs en trois mois.Pour ce véhicule fort bien équipé, aucune explication n\u2019a pu être fournie au vérificateur.Les contribuables doivent débourser également pour la création d\u2019un programme de prestations supplémentaires pour les cadres supérieurs de la Ville.Pour l\u2019année 1992, cette dépense totalise 400 000$.Qui plus est, ce programme contrevient à la Charte de la municipalité.«Quand on regarde en rétrospective les rapports du vérificateur, toutes les recommandations pertinentes en matière d\u2019amélioration de la gestion, du contrôle financier, ont été mises en œuvre.Il faut voir que le suivi est rapide», a soutenu le maire Doré.Dès le 2 juin, la Commission de l\u2019administration et de la qualité des ser- vices étudiera en séances publiques le rapport du vérificateur.Entre-temps, au chapitre des indemnités de départ (90 000$) consenties l\u2019an dernier au personnel politique de Jean Doré, ce dernier considère que le vérificateur outrepasse ses compétences.«En toute déférence pour le vérificateur, j\u2019estime que lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019interpréter des textes juridiques et la Charte, il peut avoir une opinion, mais il y a des personnes dont c\u2019est le mandat», a-t-il affirmé.Quant à la manipulation de chiffres dans le cahier d\u2019information économique accompagnant le budget qui fait en sorte que les hausses de taxes foncières devant s\u2019établir à 1,9% s\u2019élèvent plutôt à 10,1%, M.Doré réplique; «Pour que les exemples soient pertinents d\u2019une année à l\u2019autre, il faudrait les garder à perpétuité.C\u2019est son opinion; personnellement, j\u2019en ai une autre.Je pense qu\u2019on a toujours essayé de fournir le plus honnêtement possible, des renseignements qui vont bien au-delà de ce que la loi exige».PHOTO JACQUES GRENIER UNE CENTAINE d\u2019employés de la CECM manifestaient hier midi devant l\u2019immeuble principal de la Commission des écoles catholiques de Montréal.Cinq syndicats d'employés, dont l\u2019Alliance des professeurs et le Syndicat des professionnels, se sont associés pour protester contre les cotri-pressions imposées par la CECM l\u2019année prochaine, qui doit réduire de 5% le budget de ses différents services.Sont ainsi retirés ou mis en disponibilité quelques dizaines de postes de techniciens en aide sociale et en éducation spécialisée, de psychologues, de bibliothécaires, d\u2019employés d\u2019entretien, etc.Les syndicats font valoir que la CECM pourrait puiser dans son surplus accumulé pour mieux développer ses ressources humaines, et ils font remarquer que la commission scolaire devra de toute façon faire appel à des ressources extérieures pour combler ses besoins., Le suicide assisté serait synonyme de «violence douce» Ottawa (PC) \u2014 Le suicide assisté constitue un acte de «violence douce» et sa légalisation mettrait en péril les valeurs sur lesquelles repose notre société, a indiqué hier une spécialiste montréalaise en bioéthique devant les membres du comité sénatorial qui étudie la question.Ceux qui prétendent que les grands malades devraient pouvoir compter sur l\u2019aide de leur médecin pour mourir font preuve de bonnes intentions, mais d\u2019autres questions sont en jeu, a indiqué la professeure Margaret Somerville, de la faculté de médecine de l\u2019Université McGill.«Le danger ne vient pas seulement des risques d\u2019abus, a-t-elle dit Le plus grand danger, c\u2019est celui-ci: quelle sorte de société allons-nous céder aux générations futures et quelles seront les valeurs et le symbolisme de cette société?» MICHEL DAVID Fiches d'activités Secondaire 1 cahier et 1 corrigé pour chaque niveau Ces ouvrages offrent des fiches sur l'orthographe grammaticalé, les confusions homonymiques et l'orthographe d'usage ainsi que tous les corriges.Ils permettent de couvrir toutes les notions pour produire des textes d'une grande qualité orthographique.guermrr:1 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Canada Tél.: (514) 842-3481 Téléc.: (514) 842-4923 pointures : homme : 7 @ 13 femme: 5]4@10 28 M* Le fameux modèle « Classic » de K-Swiss a enfin mis les pieds chez nous.LA PASSION DU TRAVAIL BIEN FAIT.La célèbre chaussure sportive «Classic», de K-Swiss, est enfin disponible au Québec dans tous les magasins J.B.Lefebvre.Depuis plus de 25 ans, des adeptes à travers le monde apprécient sa souplesse, son support et la qualité de sa confection.Elle vous attend de pied ferme, pour toutes vos activités.Elle vous suivra au pas de course, à la marche et même à la ville.Sautez vite sur l\u2019occasion, dans les magasins J.B.Lefebvre suivants : Promenades de Drummondville \u2022 Galeries de St-Hyacinthe \u2022 Promenades de Sorel \u2022 Promenades de Deux-Montagnes \u2022 Galeries St-Antoine \u2022 Place Rosemère \u2022 Galeries Terrebonne \u2022 Place St-Eustache \u2022 Galeries Joliette \u2022 Galeries Rive-Nord \u2022 Faubourg de l\u2019He, Pincourt \u2022 Carrefour Angrignon \u2022 Promenades St-Bruno \u2022 Place Desormeaux \u2022 Place Longueull \u2022 Mall Champlain \u2022 Centre Eaton \u2022 Galeries d'Anjou \u2022 7046 St-Hubert JbLefebvre I.K I) K V 0 I H .I Y J K IM) I I H MAI I » Il 4 A 1 LE DEVOIR POLITIQUE L\u2019arrêt Thibaudeau en appel Ottawa veut faire le ménage dans le régime des pensions alimentaires JEAN DION DE NOTRE BUREAU D\u2019OTTAWA En portant l\u2019arrêt Thibaudeau devant la Cour suprême, le gouvernement fédéral ne cherche pas à maintenir le statu quo dans le régime des pensions alimentaires, mais bien à en accélérer le changement et à \u201cclarifier» le fouillis qui pourrait résulter d\u2019une application du récent jugement de la Cour d\u2019appel fédérale.C\u2019est ce qu\u2019a soutenu hier le ministre de la Justice, Allan Rock, au moment d\u2019annoncer officiellement qu\u2019Ottawa interjettera appel dès la semaine prochaine de ce jugement statuant que les pensions alimentaires pour enfants versées à un ex-conjoint ne sont pas imposables.Parallèlement, Ottawa demandera au tribunal de suspendre l\u2019application de l\u2019arrêt et d\u2019agir avec célérité afin que la cause soit entendue à l\u2019automne.«Le jugement n\u2019est pas clair.Il n\u2019offre qu\u2019une réponse partielle.Il est de la responsabilité du gouvernement de demander à la Cour suprême un sursis pour revenir à la certitude et pour permettre au gouvernement d\u2019examiner les alternatives sur le plan fiscal», a déclaré M.Rock, qui a promis que «ce qu\u2019a accompli Mme Thibaudeau ne sera pas amoindri».Le jugement «n\u2019a rien résolu, dans un certain sens», a ajouté la secrétaire d\u2019Etat à la Condition féminine, Sheila Finestone, qui y voit cependant l\u2019avantage d\u2019avoir mis jes choses en lumière: «Nous avons gagné, et cette victoire nous permet de mettre le problème à l\u2019avant-scène.» , Il y a deux semaines, la Cour d\u2019appel fédérale donnait raison à Suzanne Thibaudeau et stipulait que le fait d\u2019exiger qu\u2019un parent séparé inclue dans son revenu imposable la pension alimentaire reçue pour ses enfants était discriminatoire aux termes de la Charte canadienne des droits et libertés.Pour le gouvernement l\u2019arrêt ouvre une boîte de Pandore fiscale et juridique.Il veut donc se donner le temps de revoir l\u2019ensemble de la question, de concert avec le comité fédéral-provincial sur le droit de la famille, dont le rapport est attendu cet été, et après consultation avec tous les intéressés.Un groupe de travail présidé par Mme Finestone se chargera de cette dernière tâche au cours du prochain mois.Pour justifier sa décision, M.Rock a invoqué plusieurs motifs: ¦\tL\u2019inéquité.L\u2019arrêt Thibaudeau, a souligné le ministre, reste muet sur les exemptions fiscales auxquelles ont droit les payeurs de pensions alimentaires.«Le résultat en est une situation injuste où les parents séparés ne paient aucun impôt sur les sommes qu'ils dépensent pour leurs enfants, alors que les couples qui vivent ensemble sont imposés.» ¦\tLa confusion et l\u2019incertitude.«Les conséquences d\u2019un changement soudain du régime nous préoccupent», a dit M.Rock: engorgement des tribunaux, demandes d'abaissement du taux de paiement des pensions, cas non encore réglés se retrouvant dans une impasse, etc.Or «les parties doivent savoir à quoi s\u2019en tenir».¦\tLa portée du jugement.Le gouvernement s\u2019interroge sur l\u2019interprétation de la Charte que fait le tribunal en établissant une discrimination fondée sur le statut familial.La Mi de l\u2019impôt sur le revenu, mais aussi d\u2019autres lois et énoncés de principe à caractère social sont dès lors «remis en question»; cela pourrait «limiter la marge de manœuvre» d\u2019Ottawa, selon M.Rock.¦\tLa prééminence du Parlement.«L\u2019objectif du gouvernement est d\u2019en arriver à une transition ordonnée par le biais de politiques, non par le recours aux tribunaux», a dit le ministre.Hier, M.Rock s\u2019est dit conscient de ce que la décision d\u2019aller en appel puisse être accueillie avec «scepticisme» par plusieurs.«Oui, je suis préoccupé par le fait que ceux qui voient ce jugement comme une victoire pour les femmes pourraient dire que le gouvernement essaie de revenir en arrière.Mais l\u2019un des effets du jugement pourrait être de rendre la situation encore plus difficile pour les personnes qu\u2019il est censé aider», a-t-il fait valoir.«Je suis déçue, mais je connaissais les règles du jeu.» ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Mme Susan Thibaudeau, cette femme à qui la Cour d'appel fédérale a donné raison en déclarant i iscriminatoire la loi obligeant à payer de l'impôt sur une pension alimentaire, estime qu\u2019Ottawa se refuse à régler le fond du problème en faisant appel de cette décision.«Je suis déçue, mais je connaissais les règles du jeu et je les assume», a-t-elle déclaré hier.Mme Thibaudeau, qui criait victoire le 3 mai dernier, croit qu\u2019en faisant appel, le gouvernement fédéral se défile de ses vraies responsabilités.Ottawa devrait faire l'économie d\u2019un procès et s\u2019attaquer à revoir la loi de l\u2019impôt pour aider les familles, croit-t-elle.«On fait cela pour sauver du temps.Mais, entre-temps, des femmes et des enfants continuent à vivre des situations dramatiques.L\u2019argent continue d\u2019aller au gouvernement plutôt qu\u2019aux enfants», a-t-elle déploré.A son avis, le fédéral pourrait régler tout de suite le problème de l\u2019imposition des pensions alimentaires et procéder plus tard à des aménagements pour les ex-conjoints versant h TEL.: 9 8 5 - 3 3 4 4 ANNONCES CLASSEES FAX: 985-3340 100 * 199 IMMOBILIER RÉSIDENTIEL 100-150 Achat-vente-échange 160*199 Location 200 \u2022 299 IMMOBILIER COMMERCIAL 200 \u2022 250 Achat-vente-échange 251 \u2022 299 Location 300 \u2022 399\tMARCHANDISES 400 \u2022 499\tOFFRES D\u2019EMPLOI 500 \u2022 599\tPROPOSITIONS D\u2019AFFAIRES ET DE SERVICES 600 * 699\tVÉHICULES Conditions de paiement : cartes de crédit LES ANNONCES CLASSEES Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l\u2019édition du lendemain.Téléphone: Télécopieur DU LUNDI AU VENDREDI : 985-3340 985-3344 REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES PROPRIETES A VENDRE C.D.N.: Grand 3 1/2, calme.A saisir: cause départ, négociable, sans agent.7354192.VIEUX-MONTRÉAL: 12,000 pi.ca., coin St-Pierre et St-Paul.Aubaine pour tous commerces.Idéal proprio occupant.932-.1630 CONDOMINIUMS CO-PROPRIÉTÉS C.D.N.: Spacieux 31/2, près U de M, hôpitaux, impeccable, terrasse, 82 000$.J.Pilon 739-1598, Trans-Action Mont-Royal.CENTRE-VILLE 1,150 pi.ca., ensoleillé, aire ouverte, 2 c.c., foyer, espace stat., extras.117,000$.989-1178.CANTONS DE L\u2019EST DOMAINE 15 ACRES 30 min.de Sherbrooke, 2 chalets dont Allltiabitable à l'année.Plusieurs extra.nn i dim \"immialr\u201d en demandant a la CCQ de s'occuper du dossier.Ce qui a donné 1rs résultats habituels: ou a mis la main au collet de quelques individus seulement, faute de ressources suffisantes pour passer au peigne fin les activités des quatre entrepreneurs généraux et des 85 sous-contractants œuvrant sur le chantier.» Ce que confirme, d\u2019une certaine façon, la CCQ: «Plusieurs plaintes se sont avérées fondées, avoue Jocelyne Roy.Mais pour remonter la filière, pour tracer le portrait global de tout le travail au noir qui a été effectué entre 1991 et 1994, il faudrait des mois d\u2019enquête puisque nous ne disposons que de 198 enquêteurs pour couvrir l\u2019ensemble du territoire québécois.On a fait ce que nous pouvions fai-iv livre les moyens du bord\".Obstiné, Jacques Thibault a poursuivi sa campagne d\u2019information.Voyant qu\u2019il «n\u2019allait nulle part avec Normand Cherry», il a écrit., à son sous-ministre, M.Jacques Henri, qui lui conseilla de s\u2019adresser à la Commission de la construction du Québec.s\u2019il avait des preuves de ce qu\u2019il avance.C\u2019était le 24 janvier 1994.Piqué au vif, M.Thibault \u2014 qui avait déjà largement fait état de la situation à M.Henri le 12 novembre 1993 \u2014 reprend contact avec le sous-ministre qui, le 10 février 1994, expédie une lettre au président de la CCQ, M.Alcide Fournier, pour lui demander de «procéder dans les meilleurs délais à l\u2019étude du dossier afin d'y apporter les suites appropriées».A la CCQ, on admet qu'aucune enquête «particulière ou élargie» n\u2019a été demandée par «qui que ce soit» relativement au dossier Hy-dro-Québec.\u2014 Autrement dit, personne ne vous a demandé de faire autre chose que ce que vous faites habituellement?\u2014 «Exactement», répond Jocelyne Roy.Or, qu\u2019est-ce que fait habituellement la CCQ lors d\u2019une enquête?Simple: «les enquêteurs cessent la visite des chantiers à 15h30, ne font aucune inspection les fins de semaine, et sont absents lorsque s\u2019effectue le \u201cgros\" du travail au noir».En outre, toujours selon les propos du président de l\u2019organisme, M.Alcide Fournier, lors de la commission parlementaire du 1er décembre dernier sur le projet de loi 142, les enquêteurs à son service n\u2019ont aucun pouvoir de fermer un chantier illégal ou de procéder à des vérifications auprès du ministère du Revenu.La CCQ réduira prochainement son personnel de 118 personnes.LINGE SALE «Ça serait très malsain d\u2019avoir un Canada anglais silencieux» SUITE DE LA PAGE 1 mier ministre Jean Chrétien lors de son voyage dans la capitale française en janvier dernier.«A la fin ae l\u2019entrevue, je lui ai rapporté que des dépêches attribuaient à M.Ouellet une déclaration voulant que M.Chrétien ait obtenu des affirmations d\u2019appui au fédéralisme canadien de la part de M.Mitterrand et Balladur.Ce à quoi Alain Juppé a répondu que la politique de la France, de non-ingérence et de non-indifférence, n\u2019avait pas changé et qu\u2019il n\u2019était pas question d\u2019en changer.» Le ministre français, par ailleurs avare de commentaires, s\u2019est contenté de répéter cette définition de la politique française devant la presse.«Il ne faut pas connaître beaucoup M.Balladur, M.Mitterrand et la classe politique française, a poursuivi Lucien Bouchard, pour s\u2019imaginer qu\u2019ils puissent commettre un tel impair et déroger de façon aussi flagrante à une politique qu\u2019ils ont mis des années à définir.» Dans la même veine, l\u2019ancien ambassadeur en a profité pour donner à Jean Chrétien et André Ouellet une leçon de diplomatie.«Un chef de gouvernement ne doit jamais répéter ce qui lui est dit dans la confidence du cabinet et surtout ne pas inventer des choses qu\u2019on ne lui a pas dites.C\u2019est pire que mal élevé.Un ministre des Affaires étrangères ne doit pas violer à ce point les règles de la déontologie et du respect des opinions des autres.Si MM.Balladur et Mitterrand veulent s\u2019exprimer sur la question, ils le feront eux-mêmes.Je ne sache pas qu\u2019ils aient chargé M.Chrétien d\u2019exprimer leur point de vue!» Lucien Bouchard, qui était particulièrement en verve, a par ailleurs passé l\u2019essentiel de son temps hier à tenter de répondre aux foudres qu\u2019a déclenchées, au Canada, sa visite dans la capitale française.Dans la cour du Quai d\u2019Orsay, il a répondu aux déclarations de Roy Romanow, premier ministre de Saskatchewan, selon lequel l\u2019intégrité territoriale du Québec ne serait pas garantie en cas d\u2019indépendance.Puis à celles de Michael Harcourt, premier ministre de Colombie-Britannique, qui annonçait que les discussions sur la séparation seraient acrimonieuses.«Je ne suis pas surpris (de ces réactions, N.D.L.R.).Je crois que c\u2019est normal et sain.Il est temps que les gens commencent à y penser.Ça serait très malsain d\u2019avoir un Canada anglais silencieux alors que le Québec se dirige vers la souveraineté.Il est bon que la vapeur sorte.» Au sujet de Roy Romanow, le chef du Bloc a tenu à rappeler qu\u2019il avait été très actif lors de la «nuit des longs couteaux» de 1982 durant laquelle René Lévesque s\u2019était retrouvé isolé face aux neuf provinces anglophones sur le rapatriement de la constitution canadienne.Contrairement à ce qu\u2019a affirmé le premier ministre de Colombie-Britannique, Lucien Bouchard soutien qu\u2019il n\u2019y a rien «d\u2019illogique» à ce qu\u2019un chef de l\u2019opposition «se rende à l\u2019étranger pour parler de la rupture du pays».«J\u2019ai été élu sur une plate-forme souverainiste et Rengagement d\u2019expliquer au reste du Canada et à nos amis à l\u2019étranger qu\u2019il y a un mouvement souverainiste au Québec et qu\u2019il y aura un référendum où les Québécois décideront.Ne me dites pas que les voies diplomatiques canadiennes ne véhiculent pas un message fédéraliste! Vous pouvez être certains que toutes les ambassades canadiennes du monde ont pour mission de véhiculer le message fédéraliste.J\u2019accepte cela et c\u2019est légitime.Mais le contraire est vrai aussi.Les souverainistes ont un droit absolu de faire la même chose et d\u2019expliquer au monde pourquoi le Québec doit se retirer de la fédération.» Plus tôt dans la matinée, Lucien Bouchard avait rencontré les représentants de l\u2019Associatiqn France-Québec ainsi que le conseiller diplomatique d\u2019Edouard Balladur, Bernard de Montferrand.En plus de conseiller le premier ministre français, celui-ci est l\u2019auteur d\u2019un ouvrage dont le titre est déjà un programme: La vertu des nations.Vers 18 heures, Lucien Bouchard a prononcé une conférence dans des locaux de Rassemblée nationale devant près de 200 personnes, dont au moins une vingtaine de parlementaire français.Tirant les conclusions d\u2019un voyage qui a soulevé plus de débats au Canada qu\u2019en France et qui s\u2019achève aujourd\u2019hui, il a dit: J\u2019ai senti un important mouvement de sympathie qui va se traduire en actes.J'ai la conviction que n\u2019importe quel gouvernement français et que n\u2019importe quel homme ou femme d\u2019Etat en France devra reconnaître un Québec souverain, comme tous les autres pays du monde d\u2019ailleurs.C\u2019est la France qui nous a plantés là-bas il y a 350 ans (.).Il y a des responsabilités historiques que l\u2019on doit assumer et la France doit en assumer une vis-à-vis de nous.Je donne une sorte d\u2019avis de motion à la France.» Pour ceux que cela passionne, le feuilleton des voyages de Lucien Bouchard n\u2019est pas terminé, puisqu\u2019il a évoqué la possibilité de se rendre en Grande-Bretagne, au Mexique «et même dans d\u2019autres provinces canadiennes!».KIESLOWSKI Faire des films, quelle futilité! SUITE DE LA PAGE 1 «Faut-il comme Cari Lewis faire une course de trop?», demande-t-il.Laisser une carrière à son sommet: il trouve le procédé élégant.Mais aurait-il tout dit?Vidé, ce Kieslowski capable de rendre palpable l\u2019âme des acteurs sur leur visage?«Non, non, assure-t-il.Les sujets ne me manquent pas, et j\u2019écrirai peut-être encore des scénarios.» Fatigue, envie de passer à autre chose, de cultiver son jardin, comme le Candide de Voltaire.Kieslowski est un cinéaste philosophe qui se défend bien de l\u2019être.Il déclare ne pas connaître vraiment ses personnages, leur conserve une part d\u2019ombre, et ne les juge jamais.Il m\u2019affirme que la morale n\u2019est pas son truc, que Dieu habite peut-être dans une tasse de thé, ou ailleurs, mais que lui n\u2019en sait rien.Que l\u2019être humain est plein de mystères, révélés par des signes, des objets qui parlent plus que les mots.C\u2019est pourquoi ses films en sont remplis.Dans son triptyque de la devise française: Bleu pour liberté, Blanc pour égalité, Rouge pour fraternité, ce dernier volet de la fraternité lui semble le plus réalisable: «On ne peut être ni libres, ni égaux, mais fraternels, parfois», estime-t-il.Le rôle du vieux juge incarné par Jean-Louis Trinti-gnant dans Rouge, cet homme qui espionne ses voisins, qui a perdu espoir dans la vie, mais s\u2019ouvre à travers la rencontre de la candide Valentine (Irène Jacob), il se reconnaît en lui, en partie.Rouge est le film le plus personnel de Kieslowski.Et il ouvre une porte sur l\u2019espoir.«L\u2019important dans la vie, c\u2019est la communication, c\u2019est d\u2019établir une relation de confiance dans un monde où l\u2019émotion fout le camp, dit-il.Ce juge-là, sans Valentine, serait demeuré bien petit.À travers Le Décalogue, à travers les volets de la devise française, j\u2019ai voulu rappeler l\u2019existence des valeurs essentielles de l'humanité.Parce qu\u2019il est grand temps de se pencher de nouveau sur elles aujourd\u2019hui.» Krzysztof Kieslowski dit n\u2019avoir que faire des nationalismes, des différences entre les peuples, mais chercher plutôt les points qui unissent les êtres.«Tout le monde a mal aux dents de la même manière.Et peut-être la sagesse consiste-t-elle à savoir accepter les épreuves et les passages de la vie, comme le personnage de Binoche dans Bleu.Le réalisateur déclare à tout venant que le cinéma n\u2019est pas un métier sérieux, à Rencontre de celui de médecin, par exemple.Faire des films, quelle futilité! Et si vous lui objectez qu\u2019il est peut-être un thérapeute à sa manière, avec ses films lumineux où il prend la main du spectateur pour l\u2019aider à mieux regarder en lui-même, il hoche la tête négativement, vous jette une dernière fois son sourire triste, avant de prendre congé.C\u2019est donc ce Rouge de Kieslowski qui s\u2019inscrit au peloton de tête de la compétition jusqu\u2019ici, mais nous ne sommes qu\u2019à mi-parcours, et il est bien tôt pour prédire.VOIR AUSSI Dérision et jeux de regards.B 8 JOHNSON «L\u2019avenir du Québec va se régler entre Québécois» SUITE DE LA PAGE 1 sont des échéances qui poseront aux Québécois un choix entre le maintien de l\u2019union économique et politique avec le reste du Canada ou le choix de faire autrement».La question, dit-il, aiguillonné par le PQ, se pose «entre Québécois».«Si quelque Canadien se mêle, a-t-il ajouté, de prétendre qu\u2019il connaît le droit constitutionnel, la coutume internationale, la coutume constitutionnelle canadienne mieux que les gens de l\u2019Assemblée nationale, c\u2019est un risque qu\u2019il court».Hier, le chef des Cris, M.Mattew Coon Corne, a toutefois fait savoir que les autochtones du Québec ne se laisseront pas imposer quoi que ce soit, advenant la sécession du Québec.«Le PQ pense que le Québec pourrait se séparer et s\u2019emparer de toutes les terres.Ds auront de grosses surprises.Nous allons décider nous-mêmes de notre propre avenir, dit-il.Nous sommes une nation et nous déciderons ce qui est le mieux pour nous.Nous irons aux Nations unies s\u2019il le faut.Nous avons des droits et nous allons les faire valoir.» «Nous n\u2019acceptons pas d\u2019être considérés comme une simple minorité, ajoute-t-il, ni comme une responsabilité fédérale transférée d\u2019Ottawa à Québec.Nous voulons jouer un rôle.» Mardi, le chef du Parti québécois, M.Jacques Parizeau, a produit un avis signé par cinq experts internationaux, dont trois provenant des comités des Nations unies auxquels M.Coon Corne voudrait éventuellement porter sa cause.Cet avis stipule que les frontières d\u2019un Québec souve rain seraient les frontières actuelles, en vertu du droit international comme du droit constitutionnel canadien.Cette garantie prévaut, selon les experts, sur toutes les revendications territoriales, y compris celles des autochtones.Cela ne signifie pas que des droits ne pourront pas être reconnus aux autochtones sur certains territoires du Québec devenu un pays souverain.Un porte-parole du Parti québécois sur ces questions, M.David Cliche, a d\u2019ailleurs soutenu que «les droits existants devront au minimum être respectés».Un dialogue devra être entamé entre le gouvernement du Québec souverain et les nations amérindiennes.Il n\u2019empêche que M.Coon Corne n\u2019est pas rassuré.Il souhaite que le gouvernement fédéral, qui détient des responsabilités fiduciaires à l\u2019égard des autochtones, prenne conscience de la possibilité d\u2019un mouvement grandissant en faveur de la sécession du Québec.Jusqu\u2019à présent, ce sujet est tabou à Ottawa, croit-il.D a soutenu que lui-même ne serait pas à l\u2019origine d\u2019une demande en faveur d\u2019une intervention militaire pour protéger les territoires autochtones.Mardi, M.Irwin avait déclaré que les autochtones du Québec «font partie du Canada et s\u2019ils veulent demeurer au Canada, ce sera leur choix», en marge d\u2019une réunion des ministres responsables des affaires autochtones fédéral, provinciaux et territoriaux ainsi que des dirigeants des associations autochtones nationales.Cette réunion s\u2019est terminée hier prématurément, sans avoir fait avancer grandement la mise en œuvre de l\u2019autonomie gouvernementale des nations autochtones.Le communiqué final de la conférence signale que «ministres et dirigeants autochtones se sont engagés à poursuivre la mise en œuvre concrète de l\u2019autonomie gouvernementale par la négociation aux paliers régional, provincial et local».Les ministres et les dirigeants des regroupements des Inuit, des Métis, des autochtones vivant hors réserve et des femmes autochtones sont convenus de «poursuivre les discussions sur l\u2019élaboration d\u2019un énoncé de principes nationaux et ont formé un comité directeur constitué de ministres et un groupe de travail de fonctionnaires».L\u2019Assemblée des Premières Nations, représentée par le chef Ovide Mercredi, ne sera pas partie prenante à la démarche.M.Mercredi estime que les discussions doivent se limiter à des discussions bilatérales entre les autochtones et Ottawa dans un premier temps.Il pose également comme un préalable à des négociations sur la mise en œuvre de l\u2019autonomie gouvernementale la reconnaissance constitutionnelle du droit inhérent des autochtones.Les ministres Irwin et Sirros déplorent cette position de M.Mercredi, d\u2019autant plus que pendant que le chef national se braque, des discussions bilatérales entre les provinces et les chefs de bande vont bon train.«L\u2019APN parle au nom de qui?demande M.Sirros.Ça tend à isoler l\u2019APN.D y a des élections.On verra.» (Des élections à la présidence de l\u2019APN auront lieu à son congrès du 8 juillet) M.Irwin rejette des négociations excluant les provinces.Selon lui, la responsabilité des affaires autochtones est une responsabilité partagée entre le gouvernement fédéral et les provinces.Il souligne que s\u2019il négociait d\u2019un côté avec les autochtones, il faudrait le lendemain qu\u2019il se tourne vers les provinces pour négocier avec elles.Il suggère d\u2019asseoir tout le monde autour de la même table.A surveille!' samedi : COMMUNICATIONS Les agences de publicité La révolution technologique C'est un rendez-vous dans LE DEVOIR \t\t LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS:\tPUBLICITÉ _\t_\tDU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30\tAVIS PUBLICS\t(514) 985-3344 1 F llFVniR\tANNONCES CLASSÉES\t(514) 985-3344 LL UriVUIn RENSEIGNEMENTS\t(514)985-3333\tPUBLICITÉ\t(514) 985-3399 ADMINISTRATION\t(514)985-3333\tNUMÉRO SANS FRAIS\t1-800-363-0305\t\tDU LUNDI AU VENDREDI\tSERVICE DES ABONNEMENTS DE 8H00 À 16H30\tles numéros de téléphone suivants sont valables pour 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE,\tle service de livraison par camelol et pour les abonnemenls postaux.MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9\tMontréal\t(514) 985-3355 LE DEVOIR es! publié par LE DEVOIR Inc.donl le siege social es! situ* au numéro 2050 de Bleury, 9e étage.Montréal, (Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par les Imprimerie Québécor laSalle.7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.012 ouest rue Saint Jacques, Montréal.L'Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser le* informations publiées dans IE DEVOIR LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Croupe Québécor Inc., 775 boul.Iebeau.St-Iaurent.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépét légal: Bibliothèque nationale du Québec.Télé-phone général: (514) 985-3333; service à la clientèle: (514) 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