Le devoir, 29 janvier 1994, Cahier D
[" ?LE ?Le Feuilleton Page D3 Essais québécois Page D4 Littérature québécoise D5 Visas 1)12 ?I.K I) K V 0 I li .I.K S S A M K I) I 2 !» E T l> I M A X (' Il K » (I .1 A X V I E II I !» !l I Jean O\u2019Neil L\u2019émerveillement méthodique PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR On l\u2019a comparé à Daudet, pour ses talents de conteur, la finesse de ses récits et son habileté à mélanger la fantaisie et la réalité.On a aussi diagnostiqué une certaine parenté avec Jacques Fer-ron, pour la passion du pays et la curiosité insatiable.Qu\u2019il me soit permis d\u2019ajouter ma modeste contribution, même si, dois-je l\u2019avouer, je n\u2019ai jamais compris pourquoi faut-il absolument comparer les écrivains à leurs pairs.11 y a, chez Jean O\u2019Neil, une filiation évidente avec Tourgueniev, Maupassant et Daudet, bien sûr, des conteurs à qui il n\u2019a rien à envier.Mais, avant tout, c\u2019est à Henry David Thoreau qu\u2019il ressemble le plus.Henry David Thoreau est un drôle de zigoto que j\u2019ai justement connu en savourant Bonjour Charles!, le plus récent ouvrage de Jean O\u2019Neil paru ces jours-ci chez Libre Expression.Né à Concord, au Massachusetts, en 1817, Thoreau fut Lun des plus grands philosophes et l\u2019un des plus grands naturalistes américains.Saint patron des pacifistes et des objecteurs de conscience, notre héros a beaucoup voyagé.Il s\u2019est même offert un périple de dix jours au Canada, qu\u2019il résuma en un long texte dont on fit un petit livre après sa mort sous le titre A Yankee in Canada.Thoreau, raconte Jean O\u2019Neil, a marché jusqu\u2019à Saint-Ferréol uniquement pour voir l\u2019eau tomber du bouclier précambrien dans l\u2019extrémité de la plaine du Saint-Laurent.«Combien d\u2019entre nous ont eu cette saine et simple curiosité pour cet aspect de notre pays?L\u2019émerveillement de Thoreau est constant mais ce n\u2019est pas un émerveillement qui se promène les baguettes en l\u2019air.Non, c\u2019est plutôt un émerveillement sobre et scientifique dans les moindres détails, comme un émerveillement d\u2019amoureux méthodique et puritain», écrit O\u2019Neil, rouge d\u2019admiration pour ce Thoreau qui déboulonnait les religions et les nationalismes d\u2019un verbe sûr et direct.Combien d\u2019entre nous ont cette saine et simple curiosité?Très peu, en effet.Jean O\u2019Neil, assurément, est de ceux-là.Et quand il décrit Thoreau, il fait un peu beaucoup, sans le savoir, son autoportrait.Depuis 1967, Jean O\u2019Neil poursuit inlassablement sa route et nous entraîne avec lui dans ce pays qu\u2019il aime tant Le voilà maintenant grand-père et il n\u2019a surtout pas l\u2019intention de s\u2019arrêter.C\u2019est d\u2019ailleurs à Charles, son petit-fils à naître, qu\u2019il a dédié ses dernières explorations estivales.C\u2019est pour lui qu\u2019il a bourlingué du parc de la Gatineau jusqu\u2019aux routes de Moes River.Il le portait dans sa tête, dans son coeur et sur son dos, le petit Charles, quand il a pique-niqué à l\u2019île aux Noix et quand il a retraversé le fleuve de Saint-Si-méon à Rivière-du-Loup.«Je suis toujours habité par la passion du pays et par la passion de le raconter.Je ne peux pas voir les choses sans en connaître le nom ou les explications.C\u2019est la curiosité qui me tient en vie», confesse-t-il.Passionné de sciences naturelles depuis sa plus tendre enfance, il enrichit ses portraits pointillistes de rigoureuses données géographiques, historiques et géologiques.Toutes les données sont appuyées, vérifiées avec minutie.Unanimement salué et propulsé au rang des grands écrivains d\u2019ici en VOIR PAGE D 2 : O\u2019NEIL mm RENTRÉE PAS PETITS UNE a rentrée littéraire hivernale ne se compare en rien à celle d\u2019automne.Elle est beaucoup moins tapageuse.La rentrée d\u2019hiver se fait à petits pas.On cherche un second souffle après l\u2019avalanche automnale.La rentrée de janvier se fait discrète et modeste, un peu à l\u2019image de Gilles Archambault, tiens, un des écrivains qui marqueront la saison à venir.L\u2019Hexagone ouvre le bal en publiant cette semaine un recueil de proses, Stupeurs, qui n\u2019avait jamais fait auparavant l\u2019objet d\u2019une édition commerciale.Ce recueil minimaliste, enrichi de huit monotypes de Jacques Brault, avait souffert d\u2019un tirage de luxe mais quasi confidentiel en 1979, au profit des rares abonnés des défuntes éditions du Sentier.Puis, à la mi-avril, l\u2019offensive se poursuivra avec la parution simultanée, chez Boréal, de cinq ouvrages de Gilles Archambault, dont deux inédits.Il s\u2019agira d\u2019un recueil de nouvelles \u2014 certaines ont déjà été publiées en revues \u2014 et d\u2019un recueil de chroniques lues à l\u2019émission CBF-Bonjour.Du même souffle, paraîtront chez Boréal Compact Le tendre matin (publié au Cercle du livre de France en 1969), Les plaisirs de la mélancolie et le bouleversant Un après-midi de septembre.Les éditions du Boréal annoncent par ailleurs la parution d\u2019un roman de Daniel Poliquin, L\u2019écureuil noir.L\u2019écrivain franco-ontarien avait obtenu un succès considérable avec Vision dejude (Québec/Amérique, 1990) et sa nouvelle livraison sera à surveiller.Nicole Lavigne, lauréate du prix Georges-Bernanos pour Le Grand rêve de madame Wagner (Quinze, 1985), publiera pour sa part Un train pour Vancouver, un roman de coupe classique, précise l\u2019éditeur.Claude R.Blouin, spécialiste du Japon, complétera la four- PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR née hivernale de Boréal avec un recueil de nouvelles intitulé Petites géométries du cœur.Boréal Compact ajoutera quatre valeurs sûres à sa populaire collection: Le Réformiste tranquille (Jacques Godbout) et La Génération lyrique (François Ricard) ainsi que deux romans de Ga-brielle Roy, La montagne secrète et Un jardin au bout du monde.Les sympathiques et prolifiques éditions L\u2019instant même amorcent la saison littéraire avec un recueil de nouvelles de Roland Bourneuf, Chronique des veilleurs.Suivront des rééditions du prometteur Jean-Pierre Girard (Silences) et de Normand de Bellefeuille (Ce que disait Alice) ainsi que plusieurs oeuvres inédites, dont celles de Danielle Dussault (L\u2019alcool froid) et Hugues Corriveau (Courants dangereux ).L\u2019Hexagone promet pour sa part un hiver faste.Surtout en poésie, secteur de prédilection de Jean Royer, l\u2019âme de l\u2019Hexagone.La maison quadragénaire a publié en janvier un recueil de Jean Char-lebois (Coeurps) de même qu\u2019une édition de luxe de L\u2019homme rapaillé de Gaston Miron.Suivront en février des œuvres de Pierre Desruisseaux( Lisières), Louise Cotnoir (Des nuits qui créent le déluge) et Wilfrid Lemoine (Passage à l\u2019aube).On publiera également dans les semaines à venir la suite des Ecrits et parlés de Gé-rald Godin, les Actes de la mémorable Rencontre québécoise internationale des écrivains, des textes de Paul Chamberland ainsi que des chroniques de Nairn Kattan.Le jeune et talentueux Sylvain Trudel fera par ailleurs paraître chez Quinze son premier recueil de nouvelles, Les prophètes.Place au pamphlet Vlb éditeur se démarquera au cours des prochains mois par des essais et pamphlets qui s\u2019annoncent explosifs.Après Pour en finir avec.de Boréal, Vlb lance en effet la nouvelle collection Parti pris actuels, le prolongement des perspectives ouvertes par la revue Parti pris dans les années 60.Qui d\u2019autre que Pierre Vallières pouvait VOIR PAGE D 2 : RENTRÉE mieux incarner la continuité.Le tenace pamphlétaire publiera en février Le devoir de résistance, une charge, dit-on, contre les tenants du statu quo et du libéralisme économique.Dans la même collection, Jacques Pelletier publiera Les habits neufs de la droite culturelle.On annonce un texte incendiaire.Pelletier démontrera \"qu\u2019un courant de droite et très conservateur, malgré son apparent modernisme, s\u2019est installé dans certains milieux universitaires, littéraires et médiatiques québécois.Pour que tout fonctionne, il faut être connu et reconnu du «réseau» de soutien qui va de L\u2019actualité à Radio-Canada, en passant par LE DEVOIR, Voir et Liberté, soutient l\u2019auteur.(Voilà M.Pelletier.Déjà un paragraphe dans le DEVOIR.Déjà un pied dans la droite!) Nous attendrons aussi impatiemment un essai sur l\u2019acte de la lecture, A l\u2019écoute de la lecture, que nous livrera Bertrand Ger-vais, de même qu\u2019un ouvrage sur la question nationale québécoise, Identités collectives et civilisations, d\u2019un jeune auteur du nom de Martin Masse, On espère un regard frais sur la question.Lourd défi! Deux grands auteurs de la maison ajouteront à leur œuvre: Madeleine Gagnon publiera Les cathédrales sauvages (un récit) et Robert Melançon signera L\u2019avant-printemps à Montréal (poésie).Chez Boréal, Bruno Roy fera paraître Mémoire d\u2019asile, un dossier-choc sur les Enfants de Duplessis.Il en donnera un témoignage de l\u2019intérieur.Parmi les ouvrages attendus de la saison figure une biographie du célèbre vulgarisateur Fernand Seguin que publiera Jean-Marc Carpentier, un de ses disciples, chez Libre Expression.Cette même maison d\u2019édition proposera dans les semaines à venir, conjointement avec Art Global, un Atlas historique de Montréal, sous la plume de Jean-Claude Robert.Libre Expression a déjà magnifiquement entamé la saison avec Bonjour, Charles!, de Jean O\u2019Neil.XYZ éditeur publiera cet hiver de nouveaux textes d\u2019Yves Boisvert, de même qu\u2019un singulier Après l\u2019avalanche automnale, la rentrée de janvier se fait discrète.V.- ' -, «KJ?\u2022 * * f PHOTO JACQUES GRENIER Yves Navarre La vie dans l'âme Itinéraires culturels, parcours d'un libre-penseur, cris du coeur pour dénoncer toutes les injustices ou pour défendre le droit à toutes les libertés, ces carnets du regretté Yves Navarre, d'abord parus dans Le Devoir, nous en disent long sur la passion et les capacités d'acclimatation à la culture québécoise, de cet amoureux fou, des chats, des jardins fleuris, et des belles-lettres.264 pages \u2014 18,95 $ SEUL L'IMAGINAIRE FAIT VIVRE!» « D1A I.K |) K V OIK.L K S S A M K D I 2 I» K T I) I M A X (' Il K A II .1 A N V I K H M> IM I) 2 es** \\ Sk1 r.w mwa 4 tfmm ACTUALITÉS LITTÉRAIRES Coups de cœur XYZ éditeur publie sous le titre Coup de foudre les dix nouvelles parues l\u2019été dentier dans le DEVOIR dans le cadre de la quatrième série littéraire.Chrystine Brouillet, Esther Croft, Claire Dé, René-Daniel Dubois, David Homel, Robert Lalonde, Micheline Lanctôt, Stanley Péan, Monique Proulx et Jean-Robert Sansfaçon ont répondu à l\u2019appel d\u2019Odile Tremblay et ont accepté de partager leurs coups de foudre.En résulte un charmant opuscule.Les droits d\u2019auteur seront versés à l\u2019organisme Jeunesse au soleil.Tous pour Agatha Deux événements viendront au cours des prochaines semaines raviver le souvenir d\u2019Agatha Christie.Un ouvrage inédit de la romancière \u2014 traduit en français \u2014 apparaît cette semaine en librairie.Ecrit en 1930 sous le pseudonyme de Mary Westmacott, Musique barbare (éditions Stock/Le Masque) se démarque nettement, dit-on, des ouvrages policiers d\u2019Agatha Christie.La romancière nous entraîne plutôt dans le milieu de la musique et de l\u2019opéra.En février toujours sortira le 7e tome d\u2019Agatha Christie dans la série «Les intégrales du Masques».On y retrouvera les Vacances d'Hercule Poirot, N ou M?, Un cadavre dans la bibliothèque, Cinq petits cochons, la Plume empoisonnée et VHeure zéro.Par ailleurs, l\u2019œuvre d\u2019Agatha Christie sera à l\u2019honneur à l\u2019émission Tous pour un les 3,10 et 17 février prochains, à 21h.La Suède revisitée Littératures actuelles consacre cette semaine une édition spéciale à la Suède.Gilles Archambault s\u2019entretient avec Goran Tunstrôm et avec Marc de Gouvenain, traducteur et directeur de la collection Lettres Scandinaves aux éditions Actes sud.Diane-Monique Daviau et Suzanne Robert nous présentent deux auteurs traduits pour la première fois en français: Kjell Johansson et Bjom Rane-lid.Jacques Brault propose sa lecture de l'œuvre de Stig Dagerman.L\u2019animateur et réalisateur de l\u2019émission, Stéphane Lépine, commente la plus récente biographie d\u2019August Strindberg, celle de Michael Meyer.Dimanche, de 14h30 à 16h30, sur les ondes du réseau FM de Radio-Canada.Marco Micone honoré L\u2019écrivain Marco Micone a reçu la semaine dernière le prix des Arcades de Bologne 1993 pour son récit Le Figuier enchanté, paru aux éditions du Boréal.Le prix des Arcades de Bologne est accordé avec le soutien financier de l\u2019Ambassade du Canada en Italie, sous le patronage de l\u2019Université de Bologne et du Centro di Studi Qubec-chesi (Centre d\u2019études québécoises) de Bologne.Devos et son double Michèle Nevert, professeur titulaire au département d\u2019Etudes littéraires de l\u2019Université du Québec à Montréal vient de publier aux Presses universitaires de France \u2014 rien de moins \u2014 un ouvrage consacré à Raymond Devos.Intitulé Devos, à double titre, l\u2019ouvrage sera lancé jeudi 3 février prochain à l\u2019UQAM.Le comédien Jean La-pointe, parfait imitateur du grand Devos, sera présent au lancement.Louise Anne Bouchard honorée Louise Anne Bouchard, romancière québécoise vivant à Lucerne (Suisse) vient de recevoir le prix Contrepoint de littérature française 1994 pour son roman La Fureur.Créé en 1971, le prix Contrepoint est décerné annuellement à Paris, au début de l\u2019année, pour récompenser et promouvoir le talent d\u2019un jeune romancier ou d\u2019une jeune romancière d\u2019expression française.Deuxième roman de Louise Anne Bouchard, La Fureur a été publié en octobre 1993 par les éditions L'Age d\u2019Homme à Lausanne.Pierre Cayouette Mordre la poussière ILLUSTRATION GUY B1LLOUT, DÉTOUR.1982.(EN COUVERTURE) Le 18 octobre 1987, le krach, l\u2019effondrement du Dow Jones: les golden boys se jettent du haut des immeubles, à Wall Street.TRENTE ANS El DES POUSSIÈRES Jay Mclnemey, traduit de l\u2019américain par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso.Editions de l\u2019Olivier Paris, 1993,554 pages L\u2019auteur américain raconte les années quatre-vingt avec une justesse presque cruelle.PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR En 1970, les jeunes voulaient changer le monde.En 1980, ils voulaient le posséder.Peut-être est-ce ainsi que les historiens résumeront cette décennie à nos enfants, tandis que sur les disquettes et CD-ROM \u2014 les encyclopédies seront brûlées! \u2014 défileront des images de Wall Street et de ses jeunes loups à chemises rayées, des discours de Ronald Reagan ou de Gary Hart, des vidéoclips de Madonna ou de The Clash et des parades de BMW-avec-téléphone-cellulaire.L\u2019euphorie transcendait les frontières.Au Québec, ce furent les «années Réa».Les Québécois découvraient l\u2019existence de la bourse.Les publications d\u2019affaires foisonnaient.Et «Québec Inc.» s\u2019engraissait.Le 18 octobre 1987, tout s\u2019écroula.Ici comme ailleurs.Ce fut le krach, l\u2019effondrement spectaculaire du Dow Jones.Les golden boys de Wall Street se jetaient littéralement du haut des immeubles.C\u2019est cette décennie, à la fois si proche et si lointaine, que raconte avec une justesse presque cruelle l\u2019auteur américain \u2014 disciple avoué de Raymond Carver \u2014 Jay Mclner-ney dans Trente ans et des poussières.Ces années d\u2019or et d\u2019argent, nous les traversons en compagnie de Cor-rine et Russell Calloway, mariés depuis cinq ans.Ce sont «des extraterrestres, immunisés contre les meurtrissures du libre-échangisme amoureux», ironise Mclnemey.Le couple complémentaire par excellence; la preuve, pour tous leurs amis artistes instables et névrosés, que le bonheur matrimonial est toujours possible.Il œuvre dans une maison d\u2019édition.Elle est courtière en bourse.Ce qui ne l\u2019empêche pas d\u2019aimer les Clash et de faire du bénévolat à la soupe populaire, bien sûr.Sur la disquette CD-Rom, j\u2019oubliais, il faudra aussi quelques images de sans-abri.L'envers du décor, quoi.Jeunes, beaux, intelligents, ambitieux et presque riches, Russell et Corrine semblent suivre un parcours sans faute.Avec de l'argent emprunté, tout est possible.Y compris «acheter la compagnie», ce que parviendra à faire Russell.Mais dans la foulée du krach, l\u2019univers plus-que-parfait de Russell et Corrine basculera.Ils déchanteront inexorablement.Une tierce viendra ébranler ce couple que l\u2019on croyait inattaquable.Des amis mourront.Sur la disquette CD-Rom des années 80, il faudra ajouter des images de jeunes qui s\u2019emplissent les narines de coke et qui meurent de «pneumonies» suspectes.Narcissiques, déboussolés, naïfs, arrogants, individualistes, adolescents attardés, les personnages de Mclnemey incarnent précisément ce que furent les années 80.Et si, de prime abord, les personnages de Mclnemey paraissent superficiels, c\u2019est qu\u2019ils sont plus vrais que nature.Aucun reportage, aucun traité d'histoire ne pourra mieux traduire l\u2019esprit de cette époque que Trente ans et des poussières.Plus qu\u2019un roman, c\u2019est un miroir.Au fait, que reste-t-il des années 80?Une récession qui s\u2019éternise?Des enfants à clés?Il faudra demander aux historiens.Mclnemey, lui, nous laisse sur l'intimité profonde d\u2019un couple réunifié.Un miroir, vous dis-je.Les Belles Rencontres de la librairie HERMES Samedi 19 février de 16h à 19h RÉGINE ROBIN Une langue en trop, la langue en moins Ed.P.U.de Vincennes 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal ici.: 27-4-Ô669 \u2022 tclcc.: 274-ÔMO I » Québec/Amérique fait place à la science-fiction, à l\u2019horreur et au polar PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Arriverons-nous un jour à produire un Stephen King québécois?C'est pas demain la veille.Car nous ne publions que très peu de littérature dite populaire au Québec.Rien pour permettre l\u2019éclosion d\u2019une vedette locale.La maison d\u2019édition Québec/Amérique et son directeur littéraire Jean Pettigrew ont décidé de s\u2019attaquer à ce problème en lançant ce mois-ci une toute nouvelle collection consacrée à la science-fiction, à l\u2019horreur, au fantastique, au polar et à l\u2019espionnage.Dans une présentation visuelle moderne et attrayante \u2014 une franche réussite \u2014 la collection Sextant offrira, dans un format de poche, des œuvres majoritairement inédites.Le directeur de la collection, Jean Pettigrew, a admis au mensuel Livre d\u2019ici qu\u2019il était conscient du défi à relever.«On en est un peu comme aux débuts du cinéma québécois, alors que tout ce qui sortait de nos studios était suspect», explique-t-il.Trois titres inaugurent en grande la nouvelle collection.Chef de file de la science-fiction au Québec et auteur des célèbres Chroniques du pays des mères, Elisabeth Vonaburg y publie Les Voyageurs malgré eux.Alain Cayenne y fait paraître un polar intitulé, l\u2019Art discret de la filature, tandis que Joël Champetier lance la Mémoire du lac, une histoire d'horreur.Nous reviendrons sur ces trois titres.LLS VQYA< ;KI Its MALCJRfvKl X f.liscih'tlf 1onarburg t sciencmm O\u2019NEIL La passion du pays et celle de le raconter SUITE DE LA PAGE D 1 1989 avec Promenades et Tombeaux (Libre Expression), le grand-papa de Charles n\u2019a cependant pas toujours eu la vie facile.Jean O\u2019Neil se tenait loin du régiment et il en a payé le prix.Après huit ans de journalisme, il délaisse le métier en 1967.«J\u2019avais touché à tout, Ne me restait plus qu\u2019à aller aux Etats-Unis, ce qui était impossible».Il décide alors de se consacrer à la littérature.«J\u2019étais évidemment à l\u2019écart de tous les cercles littéraires.J\u2019ai écrit mon premier livre en réaction contre le jouai, contre le FLQ et tous ces gens qui brandissaient des épouvantails.Je me demande encore aujourd\u2019hui: il reste quoi de ce qu\u2019ils ont fait?Je suis toujours renversé de voir que tous ces gens qui rêvent d\u2019un pays n\u2019ont aucune sensibilité envers ce qu\u2019il y a autour d\u2019eux.Ils ne connaissent pas leur pays», s\u2019emporte-t-il.C\u2019est dans cet esprit qu\u2019il publie, en 1967, Je voulais te parler de Jërémiah, d\u2019Ozelina et de tous les autres (HMH), un récit biographique qui ressemble, découvrira-t-il plus tard, aux premiers livres de Steinbeck et d\u2019Hemingway.Le critique du DEVOIR l\u2019assassine.Une pleine page, à quelques jours de Noël.«Je ne me suis pas empressé d\u2019en écrire un .autre», sourit-il.A bout de sous, il entre dans la fonction publiqué.Il faut bien gagner sa vie et celle de ses enfants.Il y demeurera en tout 18 ans, avec entrées et sorties.«Je ne voulais jamais faire rien d\u2019autre que de la rédaction.Mais partout où je mettais le pied, au bout de deux semaines on m\u2019offrait de diriger les services», se rappellefr-il.L\u2019aventure technocratique a pris fin en 1986, après quatre ans au service de l\u2019information de l\u2019Office de la langue française.«Pénible souvenir! Tous les matins, nous avions une claque en première page de la Gazette.Et trois fois sur quatre, c\u2019était faux», se souvient-il.En 1980, alors qu'il œuvrait au ministère de l\u2019Education, un collègue lui demande pourquoi il ne revient' jamais à Cap-aux-Qies, ce coin de> pays sis entre le Eboulements et Saint-Irénée où il avait vécu trois: ans.En rentrant à la maison, il se, met à sa table d\u2019écriture.Quatre.se-: maines plus tard, il achève le manus-, crit de Cap-aux-Oies.Cette fois, la critique le suivra et tombera sous le' charme du singulier écrivain.Pauvre sans l\u2019avoir vraiment choisi mais fier de l\u2019être parce qu\u2019il a horreur des choses qu'il faut faire pour être riche, notre Daudet national poursuit depuis son œuvre \u2014 au j rythme d\u2019un ouvrage par année depuis 1989 \u2014 sans pour autant renoncer aux indispensables travaux alimentaires.Il s\u2019affaire en ce moment à rédiger le rapport annuel d\u2019une uni-, versité québécoise.Récemment, il a failli laisser sa peau sous les 20 kilogrammes de documents amassés pour écrire l\u2019historique d\u2019une société.Mais il a survécu.Et l\u2019été prochain, il pourra entreprendre une' nouvelle virée.\t.Cette fois, il pourra emporter le ' petit Charles dans ses bagages.Son petit-fils tant espéré est né le 29 octobre dernier.Il a trois mois au-jourd\u2019hui.Joyeux anniversaire,, Charles! Tu as de la chance d\u2019avoir un pareil grand-père! photo Jacques grenier, 4ms^| Jean O\u2019Neil RENTRÉE Une offensive moins tapageuse SUITE DE LA PAGE I) 1 ouvrage de Sergio Kokis, Le pavillon aux miroirs, le récit d\u2019un destin extraordinaire.Louis-Martin Tard fera paraître, toujours chez XYZ, les premiers rejetons d\u2019une nouvelle collection consacrée aux grandes figures de l\u2019histoire qu\u2019il dirige avec enthousiasme.Les Herbes Rouges publieront une dizaine de nouveaux titres, dont un recueil de nouvelles de Danielle Roger (Petites fi>is du monde et autres plaisirs de la vie), un roman de France Ducasse (Le Rubis) et des œuvres de Martin-Pierre Tremblay, François Tourigny, René Lapierre, Guy Vervil-le, Dominique Robert et Roy MacS-kimming.Les Editions Stanké entreprennent la nouvelle saison avec deux titres assurément voués au succès: L'Everest m\u2019a conquis, d\u2019Yves I .afore st, celui qui fut le premier Québécois à atteindre les plus hauts sommets, et les Chroniques montréalaises de l'ineffable Jean-Claude Germain.Ix*s Editions Pierre Tysseyre publient de leur côté des romans de Diane Giguère (L\u2019abandon).la suite des Chroniques d\u2019Acadie de Jacques Gauthier, de même qu\u2019une réédition de Im Bagarre, un classique de Gérard Bessette.Les éditions Balzac lanceront d\u2019ici, quelques jours Le Livre de la connaissance de Gérald Robitaille, ce.Montréalais décédé l\u2019an dernier qui fut pendant 20 ans le secrétaire' d\u2019Henry Miller.Au printemps parai-: tra enfin un recueil de nouvelles;^ Fulvio Caccia, bien connu des lecteurs du DEVOIR Ben Jelloun, Maspero et cie , Les Editions du Seuil proposent: un repas copieux aux amants de lu littérature.Au menu: François Maspero (Is Temps des Italiens), Tahar Ben Jelloun (L'Homme rompu), Patrick Grainville (Iss Anges et les faucons) et Paul Foumel (Un homme regarde une femme).Les Editions de l\u2019Olivier présentent un hommage exceptionnel à l\u2019écrivain américain Raymond Carver qui suscite un intérêt renouvelé depuis la sortie au cinéma de Short Cuts.Notre collègue Serge Truffant en rendra compte en ces liages samedi prochain.La parution dans la Pléiade du Tome IV de Céline constituera par ailleurs un autre moment fort «le la saison littéraire à venir.i » I K II K V III it , I.K S S \\ M K I) I 2 !l K T I» I M A N I II V.H l» .1 A X V I K H I » IM GILLES A K C H A M H A U L T ?I\u2019 E T I T S B 0 N II E l! Il S Fréquentations transatlantiques UN ÉPISODE INTERNATIONAL Henry Jantes, traduit pat-Sylvie Rozenker.Rivages poche Bibliothèque étrangère, 128 pages.Dans Henry James, une vie, Leon Edel reproduit l\u2019extrait d\u2019une lettre envoyée par son modèle à une critique littéraire anglaise qui l\u2019accusait d\u2019avoir caricaturé la noblesse britannique: «On peut créer des personnages et des personnages, sans avoir l\u2019intention de généraliser \u2014 les généralisations me font horreur.En cette matière, quel ennui d\u2019être Américain! Trollope, Thackeray, Dickens, avec toute l\u2019impétuosité de leur talent, étaient libres de brosser \u2014 par milliers \u2014 toutes sortes de peintures peu flatteuses de l\u2019Angleterre.Mais si j\u2019en brosse une seule, je me trouve aussitôt soupçonné d\u2019intentions malveillantes.» Cet Episode international est un divertissement.Court roman, James récrivit en 1978, l\u2019une des années les plus productives de sa vie.Il faut savoir que quelques mois auparavant, il avait publié Daisy Miller, qui tournait un peu en dérision les attitudes d'une jeune Américaine en contact avec la société anglaise.C\u2019était pour lui, un juste retour des choses.Des deux côtés de l\u2019Atlantique, on ne l\u2019entendit pas ainsi.James souffrit d\u2019être un Américain en exil.Un exil qui ne comportait pas qùè des désagréments.Loin de là.Ce passionné de l\u2019Italie, vivant en Angleterre, se mêla aussi à la vie parisienne.Il eut des amitiés profondes avec Edith Wharton, sa compatriote, mais aussi avec Flaubert, Stevenson et Conrad.Si j\u2019avance qu\u2019il souffrait, c\u2019est qu\u2019il y avait dans le raffinement de sa nature une exigence que la société américaine d\u2019alors ne pouvait satisfaire.Il ne faut pas se hâter de conclure que James était un Américain honteux.' Un épisode international raconte l\u2019arrivée à New York de Lord Lambeth et de son compagnon, Percy 'Beaumont.La ville les désarçonne.Ils n\u2019auront de cesse qu'ils ne se retrouvent dans la station balnéaire de Newport.Ils sont reçus à bras ouverts par une famille bourgeoise yan-kfee.Le mari travaille sans arrêt.Sa femme est jolie et oisive.Elle a une jeune soeur qui n\u2019est pas indifférente aux attentions de Lord Lambeth.Ce dernier rentre à Londres.Il y sera rejoint quelques mois plus tard par son hôtesse américaine.Bien sûr, cette Mrs Westgate s\u2019est fait accompagner par Bessie, sa jeune soeur.Alors qu\u2019à New York, Lord Lambeth était de la plus grande urbanité, à Londres il devient distant.Voire poltron.Il n\u2019en finira pas moins par offrir à Bessie un mariage, que celle-ci refusera.Comme on peut le deviner, il ne s\u2019agit pas d'un roman majeur dans l\u2019oeuvre du grand Américain.Les personnages sont rapidement esquissés, réduits souvent à des stéréotypes.L\u2019intérêt qu\u2019il peut présenter à nos yeux a à voir avec la différence très marquée des cultures.Le monde très fermé de l\u2019aristocratie britannique met mieux en relief l\u2019aspect bon enfant de la société américaine d\u2019alors.Comme dit Mrs Westgate: «Je suppose qu\u2019en Angleterre, l\u2019avancement \u2014 et tout ce qui s\u2019y rapporte \u2014 est affreusement lent.Chez nous, vous le savez, il est beaucoup trop rapide».Elle estime que Paris est bien préférable à Londres: «Je dois dire que je suis vraiment folle de Paris; nous autres Américains, nous le sommes tous: c\u2019est là-bas que nous allons mourir».Ce franc -parler, ces exagérations du personnage font merveille.A côté de Mrs Westgate, la personnalité de Lord Limbeth paraît bien falote.Relisant cet Episode international, je m\u2019étonnais de ce que notre cousinage avec la France ne nous ait pas fourni des récits aussi légers que vifs et intelligents.Il faut croire que notre francophobie n\u2019est pas porteuse d'humour.Henry lames Un épi sotie international t>v - L I Y R E S -\u2014 L E F K l) I L L IC T O N Les fifties de Bernard Frank MON SIÈCLE Chroniques 1952-1960 Bernard Frank Quai Voltaire, 396 pages Yves Navarre \u2014 à la mémoire de qui j\u2019envoie ce feuilleton comme une bouteille à la mort \u2014 n\u2019aimait pas Bernard Frank.Il l\u2019avait croisé chez Françoise Sagan \u2014 Frank et Sagan c\u2019est deux doigts de la main \u2014 et s\u2019était fait traiter par lui de «petit merdeux» \u2014 on ne se gêne pas dans le grand monde littéraire parisien \u2014 parce qu\u2019il avait conseillé à Sagan de ranger à la cave la caisse des Bordeaux très grand cru que Gallimard venait de lui faire parvenir, en pleine surboum, pour un anniversaire.Yves Navarre aimait assassiner, comme tout esprit vif armé de culture, mais il n\u2019aimait pas l\u2019être par plus tueur que lui.Et Bernard Frank, grand buveur de millésimes, gentleman zigouilleur, fut \u2014 mais non, il l\u2019est encore \u2014 l\u2019une des grandes lames du journalisme littéraire; c\u2019est un duelliste exquis qui vient tout juste d\u2019aller sur le pré avec Bernard-Henri Lévy (voir la chronique de Frank dans le Nouvel Obs du 17 décembre et le bloc-notes du Point de BHL le 24, frappes d\u2019estoc échangées avant les Fêtes) et d\u2019en revenir sans une goutte sur son costard, ce qui n\u2019est pas le cas de BHL qui a perdu un peu de sang.Le relevant sur Stendhal qui, selon BHL, «était convaincu qu\u2019il survivrait non par «la Chartreuse» mais par son Théâtre», le saint Bernard a jappé: «BHL commet une inexactitude à presque chaque ligne.Et d\u2019une façon péremptoire.C\u2019est ce qui le rend précieux».De retour de Los Angeles, où il était allé penser aux grands problèmes du monde dans des chambres d\u2019hôtel en hauteur, BHL, dans sa page du Point, n\u2019avait pu que bredouiller au sujet de Frank qu\u2019il était.«un Léautaud sans chat».Il n\u2019est pas certain \u2014 autre inexactitude de BHL?\u2014 que Bernard Frank, comme Yves Navarre les aimait tellement, n\u2019aime pas aussi follement les chats, et en ait eu quelques-unes de ces familles muettes et poilues aux nez parfois mouillés qui sont à l\u2019écrivain le public le plus intime.Un Léautaud, peut-être, mais sans l\u2019enfance malheureuse et sans les petits mouchoirs sales noués dans le cou, parce que Bernard Frank fût un jeune homme chic et heureux dans les meubles et la bibliothèque de son père, avenue de Wagram, où il vécut garçon jusqu\u2019à l\u2019âge de trente ans; Léautaud pour le sarcasme, oui, l'ironie de la fronde, le goût de parler de tout, et la plume-épée.Il n\u2019y a pas que le duel de décembre dernier, entre l\u2019homme au foulard sur veston et l\u2019homme à la chemise blanche entrouverte, qui a ramené Bernard Frank dans la grande actualité des happy few.Il y a cette brique turquoise, au Quai Voltaire \u2014 Frank aime les grands vins et les petits éditeurs \u2014, où le chroniqueur vient de faire publier ses «papiers», certains fameux, de l\u2019Observateur, des Temps modernes, des Cahiers des saisons, de France-Observateur, d\u2019Arts, ses rédactions des années cinquante.57 chroniques, du printemps 52 à l\u2019hiver de 60.En gr.os, cette tranche va de la mort d\u2019Eluard à la mort de Camus (celui-là Frank l\u2019avait assassiné avant son accident de voiture), de Casque d\u2019or à Jules et Jim, de la guerre de Corée à la guerre d\u2019Algérie, et du premier tournage en cinémascope au premier vol en orbite.Les fifties de Bernard Frank, ce sont ses années folles de plumitif (il a 22 ans lorsqu'il publie sa première chronique et revendique une fascination littéraire envers Drieu La Rochelle, l\u2019épuration à peine calmée), ses premières batailles de cimetière autour des cercueuils chéris de Benjamin Constant, Diderot, Vigny, Jules Renard, qu\u2019il ouvre allègrement poùr y puiser des os à frotter, à faire reluire, et avec eux asséner des coups secs sur les têtes de ses contemporains, et puis, surtout, ce qui fit sa renommée et sa sale réputation à la fois, ce sont ses agressions sur les statues vivantes qu\u2019étaient dans ces années 50 Albert Camus, François Mauriac (il pouvait écrire «dites-moi Mauriac» sans aucune gêne), Louis Pauwels, Henri Guillemin, Maurice Druon, puis ses tètes de turc Marcel Aymé, Jacques Laurent, d\u2019autres, les jeunes Jean d'Ormesson, Jean Cau, Philippe Sol-lers, et puis la belle Annabel au milieu du champ de tir, elle qui est pourtant du groupe de Sagan à Saint-Tropez dont Bernard Frank est l'un des videurs.Tirer sur les vivants piliers, déterrer les illustres cadavres, il y avait de l\u2019assassin et de l\u2019employé des pompes funèbres chez le jeune Bernard des années be-bop.Relire aujourd'hui ces chroniques d\u2019hier \u2014 dont la vigueur précieuse a résisté au sépia des ans\u2014c\u2019est revisiter dix ans de guérilla des lettres dans Paris libéré.Avec comme guide un dandy de la chronique d\u2019humeur, un résistant embusqué dans les redactions.A son actif, il y a eu.très net.K O H E R T L É V E S Q U E ?l\u2019encerclement de ces romanciers qui, tout juste avant le nouveau roman, étaient les nouveaux romanciers, jeunes loups de la droite que Bernard Frank a eu l\u2019honneur de baptiser.C\u2019est lui qui eut l\u2019idée de les appeler «hussards» ces écrivains de la génération de 1950, les Roger Nimier, Jacques Laurent, Antoine Blondin.Il les a toujours tenu à l\u2019oeil.Seul Blondin, avec son magnifique Singe en hiver, aura droit au salut de l\u2019admirateur que pouvait parfois être Frank en de rarissimes bontés envers ses contemporains.Il écrit avec franchise en 1959: «Je suis myope à mes contemporains, à leur talent, il me faut des années pour découvrir leurs noms».Il y a toujours chez lui cette passion d\u2019écrire, la mise en jeu d\u2019un talent réel dans la prose journalistique, d\u2019un talent éclos, qui maîtrisait déjà en commençant l\u2019art si périlleux de la digression, art qu\u2019il possède toujours aujourd\u2019hui en en faisant hebdomadairement des excès de preuves dans le Nouvel Obs.Mais il y a surtout, et je trouve là la qualité de ce solitaire de la chronique, il y a la grande habileté, la souplesse et la vivacité avec lesquelles Bernard Frank se promène dans les coulisses de la littérature, journaux intimes, correspondances, mémoires, où là il est comme un poisson dans l\u2019eau, sautant les pages comme un jeune saumon, remontant le cours d\u2019une liaison épistolaire, faisant des arrêts inattendus sur une phrase qu\u2019il éclaire soudain.On pourrait lui reprocher plein de tics, plein de choses, à Bernard Frank, son recyclage de vieux textes qui est chez lui une industrie, et ses ennemis parlent d\u2019un ministre de l\u2019Intérieur des lettres, peaufineur de perfidie; relisant le jeune Frank, maintenant, j\u2019y trouve plutôt la jeunesse d\u2019un matamore unique, ni de gauche ni de droite, un critique méchant et franc, snob, que Françoise Sagan, la romancière épargnée, l\u2019amie rare avec qui il a failli se tuer le 14 avril 1957 dans une Aston Martin décapotable, a défini mieux que d\u2019autres et à qui, dans ce retour de feuilleton, je laisse le dernier mot: «Bernard Franck est le seul écrivain que je connaisse qui a toujours systématiquement éreinté \u2014 drôlement et férocement d\u2019ailleurs \u2014 dans tous ses livres, les quelques personnages qui pouvaient lui assurer le succès de ce même livre.C\u2019est donc un oiseau rare.par rapport à ses juges éventuels, et rarissime par rapport à ses confrères».Tirer sur les vivants piliers, déterrer les illustres cadavres, il y avait de l\u2019assassin et de l\u2019employé des pompes funèbres chez le jeune Bernard des années be-bop.PHOTO FRANCE SOIR Bernard Frank aime les grands vins et les petits éditeurs.Yves Boisvert Aimez-moi poésie, ~2 p.9,95 S Claire DO Sourdes amours ¦ * l\u2019i'iirquol dis».VuVst-cc qiK-ja|?À t'iimtrt edi tour 1781.me Saint-Hubert Montréal (Québec) H2L 3Z1 Cûlip foiià/v Collectif, Coup de foudre nouvelles.90 p.1-1,95 Distribution en librairie : SOCADIS Claire Dé Sourdes amours roman.102 p.15.95 $ \u2022111?BEN IELLOUN PATRICK GRAINVILLE Les Anges et les Faucons PATRICK (.RAINVIU I Les Anges t les Faucons ROMAN CDU IONS DU SEl\u2019ll roman « Le roman gothique et fou de Patrick Grainville nous dit que la decouverte du monde réel ne se satisfait pas de la réalité des apparences.Vivre c\u2019est accepter la révélation fl '\tde la fiction.» Hugo Marsan, Le Monde 288 pages \u2022 29,95 S Xi: fAHAR BEN JELI.OUN L\u2019Homme rompu ROM \\N itü* ÉDITIONS DU SEUIL L\u2019Homme rompu roman Est-il possible de rester intègre dans un monde corrompu ?LHomme rompu est un roman implacable sur l\u2019insidieux voyage vers la corruption.228 pages \u2022 24,95 S FRANÇOIS MASPERO M Fiction 6- Oc Francois Maspero Le Temps des Italiens Le Temps des Italiens c?SEUI Dans la douce lumière du Sud de la France à l\u2019automne 1942, Lise, onze ans, orpheline, apprend que le monde doit être fait de mémoire.Jamais elle ne pouira oublier les couleurs, les voix, et les visages de ce temps-là.144 pages \u2022 19,95 $ ÉDITIONS DU SEUIL t 1 1 4 456657 I !l !> I .1 \\ N V I !\u2022: It I) I M A \\ l II K l !l K T I) K V II I It S A M K H I I.K S L I V R î S f Du fpnctionnement de l\u2019Etat à l\u2019État en fonctionnement / Gérard Bergeron condense son inclassable théorie de VEtat indispensable Spécialiste de l\u2019État, Gérard Bergeron a aussi beaucoup enseigné et écrit sur les relations entre États, notablement sur la guerre froide.L'ÉTAT EN IONCTIONNEMENT Gérard Bergeron ; \u2018Coédition Iss Presses de l'Université ImvüI et l'Harmattan (Paris) 1993,174 pages, 24$ GILLES LESAGE LE DEVOIR L\u2019État est le plus gigantesque dis-positif de contrôle social que iïhomme ait jamais inventé, écrit td\u2019entrée de jeu Gérard Bergéron, Idàns l\u2019introduction de son dernier îétivrage de théorie politique.Synthèse ou condensé, héritage \u2022ou testament, c\u2019est un peu de tout \u2022cela dont il s\u2019agit dans ce petit livre, \u2022ijruit ultime de quarante années de ; recherche sur l\u2019Etat et son caractère Indispensable.11 n\u2019y a plus que des I Etats sur la Terre qui en est entière-lïnent couverte.De quelle autre institution peut-on dire quelque chose d\u2019aussi énorme, d\u2019unique?Le professeur Bergeron en a fait l\u2019objet de sa thèse de doctorat, publiée en 1965 à Québec et Paris, préfacée par Raymond Aron.C\u2019était en quelque sorte l\u2019inventaire d\u2019un jeune turc faisant le procès de la science politique et déplorant l\u2019absence d\u2019une théorie générale.Dix ans après Fonctionnement de l\u2019Etat, il éprouvait sa méthode dans La gouverne politique, puis il l\u2019appliquait dans Pratique de l\u2019Etat au Québec, en 1984.Le Petit traité de l\u2019Etat suivit en 1990.La boucle est bouclée avec ce cinquième livre de théorie, le plus Jpetit et le plus dense, à la fois mise point et révision, à des fins didactiques et pour donner ees clés à ses lecteurs.C\u2019est la trame essentielle, le îlân d\u2019ensemble qui se dégage, le résumé de toute une vie de réflexion.t.Ce dernier état synthétique de sa pensée théorique sur l\u2019État», l\u2019auteur îç raffine au point qu\u2019il le résume, à la fin, en 85 propositions principales, en guise d\u2019aide-mémoire pour l'argumentation.Difficile pour les profanes, la théorie de M.Bergeron n\u2019en reste pas moins à la fois unique dans le monde francophone et hybride, en ce sens quelle est en quelque sorte un prototype de notre biculture américaine.Insécure, avec le privilège du retard historique, le Québec a mis les bouchées doubles depuis 30 ans pour combler ses lacunes et trouver des réponses à ses questions sur tous les {dans.Y compris en matière de recherche et d\u2019enseignement.«Fonctionnement de l\u2019État (1965) \u2022de Gérard Bergeron fut une tentative remarquablement fructueuse d\u2019intégrer, dans une plus ancienne tradition de réflexion philosophique portant sur la nature de la politique, la nouvelle vague des essais interdisciplinaires d\u2019inspiration ; comportementale, qui sont apparus ; dans les années 1950», écrit son : préfacier James D.Driscoll, col-: lègue de Trent University.Au Qué-1 bec, Bergeron est maintenant deve-; nu un aîné de sa profession, un pro-j fesseur de prestige, et une voix influente du monde universitaire ; dans les débats que soulèvent les I événements contemporains.Com-\u2022 me l\u2019a déjà écrit l\u2019éminent profes-: seur émérite de l\u2019Université du Québec, «il faut être d\u2019une politie pour mener une vie sociale et humaine normale».Ce qui manque pour définir une «tradition politique canadienne», ajoute M.Driscoll, c\u2019est précisément cet effort d\u2019intégration de la spéculation théorique et de l\u2019analyse de la politique contemporaine, qui confère leur spécificité à la carrière de Bergeron et à sa conception du politique.Son oeuvre est une contribution à la pensée politique classique, une réflexion sur la nature de la politique, qui puise autant dans une connaissance encyclopédique indiscutable des événements contemporains que dans son engagement envers la science et la culture classique.Cette synthèse de la conception bergeronienne, l\u2019État en fonctionnement, se présente donc comme un guide des corridors du pouvoir et des arènes de (\u2019action politique dans l\u2019État moderne, un guide façonné par l\u2019élaboration théorique.Raymond Aron avait préfacé «cette thèse qu\u2019il (l\u2019auteur) avait conçue et pensée seul».Trente ans plus tard, Driscoll note à quel point l\u2019oeuvre de Bergeron ne dépend d\u2019aucune école particulière de pensée politique, ce qui la rend difficile à classer, d\u2019autant que son style peut être à la fois déroutant et exaspérant.Une grande partie de la valeur de ce livre réside dans l\u2019habileté de Bergeron de mettre ensemble des observations courantes sur certains traits de la vie politique (comme la collégialité et la confidentialité des discussions du Cabinet ministériel) et de les relier à une conception, plus rigoureuse analytiquement, de la nature de la politique.Bergeron nous demande de rompre avec notre attachement pour les catégories conventionnelles de la science politique (comme la séparation des trois pouvoirs) et pour les significations conventionnelles des tenues d\u2019usage en politique, note encore Driscoll, et d\u2019imaginer l\u2019émergence d\u2019un complexe d\u2019activités, qui convergent ensemble et s\u2019entrelacent à travers les quatre fonctions politiques distinctes (gouverner et légiférer, administrer et juger) qui animent l\u2019État.Pour lui, ep effet, la centrale dynamique de l\u2019État est constituée de quatre fonctions et non de trois pouvoirs.division organique et triple qu\u2019on traîne avec maladresse depuis Montesquieu, dit-il.Ceux qui ont lu sqs quatre autres livres sur l\u2019État sont familiers avec le fonctionalisme et les néologismes bergeroniens.Ils le sont moins, toutefois, avec le dernier çha-pitre qui traite de l\u2019État multiple ou fédéral à la multiplicité des États.Pour lui, l\u2019État fédéral est un ensemble complexe, constitué d\u2019autant d\u2019états qu\u2019il y a d\u2019États membres ou fédérés plus un, qui est l\u2019État central.M.Bergeron soutient donc qu\u2019il n\u2019y a pas deux, mais trois terrpes nécessaires: les États fédérés, l\u2019État central et l\u2019État fédéral (ou la Fédération) qui, en sa globalité, comprend celui-ci et ceux-là.Le rapport fondamental n\u2019est donc pas dualiste ni binaire, mais ternaire et même dialeqtique.Aussi, l\u2019État fédéral n\u2019absorbe pas, en lui pi par lui, la réalité même de «l\u2019État fédéral», même si l\u2019usage courant le dénomme tel en une confusion ou télescopage de termes qui, d\u2019ailleurs, le sert plutôt bien.Il n\u2019as.sume donc pas, à lui seul, tout l\u2019État fédéral malgré sa position hautement privilégiée de primauté superfonctionnelle pour la légitimation et de quasi-exclusivité pour la sécuration.La plupart des Fédérations naissent d\u2019ailleurs comme des communautés de sécurité, porteuses de la chance historique de se transformer en communauté de destin.La difficulté propre au système fédératif est sa dualité légitimante.M.IJergeron note en conclusion que l\u2019État, l\u2019Institution des institutions, a fait depuis une décennie une rentrée sensationnelle en science politique ou politologie.Si tant d\u2019institutions humâmes meurent, ce n\u2019est certes pas l\u2019État, en pleine prolifération universelle! écrit-il.Il reste quelque peu étonnant qu\u2019il ait fallu redécouvrir,que le système politique était bien l\u2019État et que, si l\u2019on devait en abstraire le «système», c\u2019était toujours celui de l\u2019État historique! L\u2019État est seul capable de produire la vérité historique du moment, selon le mot de Lucien Sfez; il dure et durera aussi longtemps qu\u2019on ne verra pas poindre une institution candidate au remplacement.Si théoricien de haut vol soit-il, M.Bergeron prend son travail au sérieux \u2014 le temps le presse et lui manque pour mener à terme ses nombreux chantiers \u2014 mais non au tragique.A preuve, ces deux courtes phrases en exerguç de sa synthèse.Le théoricien de l\u2019État est donc nécessairement un dilettante, selon Thomas Fleiner-Gester.Et celle-ci d\u2019Alain: Toutes les idées générales sont fausses, et ceci est une idée générale.Spécialiste de l\u2019État, M.Bergeron a aussi beaucoup enseigné \u2014 30 ans à Laval, 10 ans à l\u2019ENAP \u2014 et écrit sur les relations entre États, notablement sur la guerre froide, objet de trois livres.Il a aussi publié un grand nombre d\u2019ouvrages dits de conjoncture sur le Canada et le Québec, dans la foulée du célèbre Isocrate qui collaborait avec son ami André Laurendeau dans LE DEVOIR des années cinquante.Tant et si bien que s\u2019il a publié sa première oeuvre à 40 ans, il n\u2019a pas lâché prise depuis, commettant presque un livre par année sur l\u2019un ou l\u2019autre de ses trois modes de prédilection.Justement, à peine L\u2019État en fonctionnement açhevé, il s\u2019est lancé sur les traces d\u2019Étienne Parent, rédacteur du Canadien il y a quelque 150 ans, conférencier, mêlé à tous les mouvements politiques et sociaux de son époque mouvementée.Ce qui le motive, explique l\u2019infatigable M.Bergeron, comme pour André Siegfried et De Tocqueville il y a trois ans, c\u2019est de faire connaître Parent, d\u2019inciter à le lire.Ce manuscrit étant rendu chez l\u2019éditeur, pour publication probable par les PUQ lors du Salon du livre de Québec, un autre «héros» du XIX1 siècle québécois est en chantier.Cet «universitaire domestique», comme il se définit lui-même, sera donc, encore et toujours, penché sur la table de table de son sous-sol encombré pour «fêter» son 72e anniversaire dans deux jours, lundi.La théorie de M.Bergeron est unique et hybride; elle est un prototype de notre biculture américaine.ESSAIS I M A X (' Il K 3 l> .1 A X V I f! H I il il I Actualités Outremont, capitale II des ; écrivains ii > i ) ' JACQUES THERRIEN C> est bien connu, dans la petite ville d\u2019Outremont de 22 935 habitants, les écrivains forment légion.Probablement le taux d\u2019écrivains le plu*x élevé du Québec au mètre carré.A la mairie on s\u2019en enorgueillit suffisamment pour ouvrir les portes dé la salle du Conseil de ville afin de rendre hommage aux auteurs outre-montois qui ont publié un ouvrage en 1993.L\u2019événement, rendu possible grâ-èé à la collaboration de la Bibliothèque d\u2019Outremont et à l\u2019Association des amies et amis de la Bibliothèque, avait lieu jeudi dernier.Le protocole d\u2019usage était au programme: allocution du maire Jean Pom-' ininville, suivie d\u2019une réception.Pour une deuxième année consécutive, les organisateurs ont réussi à retracer plus d\u2019une trentaine d\u2019au-'teurs résidents ayant publié en 1993.Dans le nombre se loge un petit groupe sélect d\u2019écrivains et d\u2019écrivaines dont la réputation n\u2019est plus à faire.\u2019 ! 'Parmi les connus, on retrouve, notamment, Jacques Godbout avec Le Temps des Galarneau et Denise Bombardier et son ouvrage polémique sur 1m Déroute des sexes.11 y a \u2018aiissi Andrée Yanacopoulo, Hans Se-\u2019lyé, cathédrale du stress, paru aux Editions du jour et mis en nomination pour le Prix du Gouverneur gé-'riçfai.Viennent s\u2019ajouter Pierre Go-;béil qui a reçu le Grand prix du livre \u2018de Montréal pour Dessins et cartes du \u2018territoire, publié à l\u2019Hexagone, et Pierre Vadeboncoeur qui a reçu le 'Signet d\u2019or de Radio-Québec pour Le bonheur excessif.; Sans oublier l\u2019auteur de roman \u2018jeunesse Ginette Anfousse avec Le 'chien d\u2019Arthur et Le Père Noël, Gilles Potvin, Encyclopédie de la musique 'aù'Canada et le cinéaste Jean-Clau-\u2019dë\u2019Labrecque pour son recueil de photos.\u2022: 'Élisabeth Marchaudon, la vénérable libraire de la Librairie Hermes, située rue laurier à Outre-mont, tenait à apporter sa contribu-'tioh à l\u2019événement.«Je pense que -c\u2019est le rôle d\u2019une librairie d\u2019être présente à ce genre de manifesta-Jtipîj.De toute façon, quand il y a \u2018lirtegang d\u2019écrivains qui se ramasse ;dàns la ville où ma librairie se trou-Ve, j\u2019y suis», lance celle qui avait Wéparé, sur place, une exposition-vènte des auteurs honorés.r: Elle connaît la plupart des écrivains résidents puisque bon nombre Yl\u2019éntre eux fréquentent sa librairie \u2022èt' participent aux rencontres et lan-¦cèments.Elle admet, sans pouvoir \u2018expliquer le phénomène, le caractère particulier de la ville d\u2019Outremont \u2022ëri ce qui a trait à la quantité d\u2019écri-\u2018yhins qui y habitent.«Il ne nous îhanque qu\u2019un Prix Nobel de la littérature.Je ne sais pas, peut-être que lès1 écrivains ont plus besoin de la nature.Peut-être qu\u2019ils n\u2019aiment pas le béton.», ajoute-t-elle avec sa bonho-=miç légendaire.A l\u2019Association des amies et amis de la Bibliothèque on espère, avec cet honneur annuel, créer une tradition.D\u2019ailleurs, jeudi dernier, l\u2019Association avait pris soin d\u2019inviter officiellement une soixantaine de convives qui gravitent autour du monde de l\u2019édition.Le grand public pouvait aussi assister à la cérémonie.L\u2019Association, un organisme de bénévoles, effectue un travail de sensibilisation auprès de la population locale.Mary Soderstrom, présidente par intérim, considère cette démarche comme indispensable : «Nous devons sensibiliser les gens sur l\u2019aspect municipal d\u2019une bibliothèque.Nous avons organisé, entre autres, des conférences sur le patrimoine architectural et l\u2019illustration, une kermesse et nous avons conçu \u2022un jeu-questionnaire», t Le dossier chaud de l\u2019Association J demeure l\u2019acquisition d\u2019une nouvelle bibliothèque.Un dossier qui traî-ine depuis plusieurs années.«La col-1 lection de livres est excellente, mais jnous manquons de places pour les Igens qui veulent lire ou travailler.(Proportionnellement, nous avons jun taux de fréquentation plus élevé îqu\u2019à Montréal», conclut Madame Soderstrom.Est-ce que Monsieur le maire compte laisser une ville où le talent d\u2019écriture foisonne avec une bibliothèque trop petite pour la demande?r~ Pour améliorer la \"^1 condition ries personnes atteintes d'un cancer et leurs proches.Fondation québécoise du cancer 2075.rue de Champlain Montréal (Québec) H212T1 Tél : (514)527-2194 -«- L I V R E S - L I T T É R.A T H R E Q ü É lî É C 0 I S E Folles ou perdues, toujours brûlées ~r JACQUES ALLARD ?ÉPHÉMÈRES Monique Bosco nouvelles, Montréal, Hurtubise HMH, L\u2019Arbre, 120 pages Elle a une voix bien à elle, cette œuvre, dont on entend le chant plaintif et ironique depuis Un amour maladroit (1961), un premier roman primé aux Etats-Unis.On aura pu lire ensuite une quinzaine d\u2019autres ouvrages, prose et poésie emmêlées dont la Femme de Loth (HMH, 1970; prix du Gouverneur général), Shabbat (Quinze, 1978) et le Portrait de Zeus peint par Minerve (HMH, 1982).Sans compter tant de contributions journalistiques dont une chronique de télévision au Devoir (en 1962), et la critique littéraire du MacLean (1963-1969).Oeuvre consistante à laquelle Voix et images a consacré un fort dossier en 1984.A son interviewer, André Brochu, Monique Bosco disait alors le rapport de l\u2019amoureux et du religieux: «L\u2019amour, un certain amour, ne peut se vivre que dans une sorte d\u2019intransigeance, d\u2019exigence, un désir d\u2019absolu, d\u2019éternité.C\u2019est ce qui rend la passion si éprouvante, invivable justement.Les lois de l\u2019amour sont aussi inflexibles que les dix coinman- Monique Bosco dements.Elles sont sans doute aussi difficiles à respecter.Mais malheur à qui ne les respecte pas.» C\u2019est bien-cette voix de la passion que l\u2019on retrouve chez les Ephémères de ce recueil: femmes qui passent et parlent, souvent folles ou perdues, tpujours brûlées au feu de la lucidité.Écoutez, par exemple, la première, Bretonne installée au Québec, quittée par son mari, devenue alcoolique, qui s\u2019apostrophe et se tance: «Avance.Marche.Tiens-toi droite.Tu le fais exprès.Tu es moche, d\u2019accord, mais moche et voûtée, c\u2019est inutile.Lève-toi.11 est tard.Lave-toi, Brosse-toi les dents.11 faut rester propre et soignée si on ne veut par finir en tôle.Ou au sana.Allons, fais semblant.Prends-toi en main.Prends un balai, un chiffon.Passe l\u2019aspirateur.Tu n\u2019en mourras pas.Fais-toi à manger.» Que faire d\u2019autre après la mort du nouveau-né, si l\u2019on a préféré son désir amoureux aux soins du bébé?qu\u2019on en est devenue folle et que l\u2019on se retrouve seule après l\u2019internement?Il ne reste qu\u2019à se parler, se raconter l\u2019histoire, juste pour voir si elle ne pourrait pas tourner autrement.Quitte à boire quand on se rend compte qu\u2019elle finit toujours mal.Après cette remarquable amorce du recueil, viennent huit autres histoires où la tragédie nous attend souvent au détour de l\u2019ironie ou d\u2019une apparente légèreté.Prenez celle du Jardin où l\u2019on voit une autre mère qui, cette fois, se trouve un nouveau mari, «outrageusement riche».Détail: le nouveau contrat comprend PHOTO JACQUES GRENIER Elizabeth, la lilkvlont madame a obtenu la garde.Mais la pure Babette refusera le rôle de I-olita et, pensant à Sainte Blandine, ira tranquillement se noyer dans la mer pour échapper à la bête simili-paternelle.Elle rêvait en secret d\u2019entrer au cloître.Il en va d\u2019ailleurs de même pour une autre femme (d\u2019origine juive), militante maintenant âgée, qui se trouve, dans le froid de janvier 1991, confinée à sa télé.Si elle applaudit à la Guerre du Golfe, elle préfère «le seul combat qui mérite qu\u2019on s\u2019y attarde: homme contre femme, comme celui où s\u2019affrontent le juge Clarence Thomas et ça Némésis: Anita Hill.Harcèlement, puritanisme, tricherie?Le féminisme n\u2019est évidemment pas , comme l\u2019a dit Sollers à Caractères, le fléau qui succède au communisme, mais pour elle le sexe féminin «n\u2019est pas bon».Et tout compte fait, devant la «boîte de Pandore» (titre de cette nouvelle), l\u2019«écran diabolique où se reflètent les malheurs du monde», elle ne peut que rêver au silence du monastère.Préférer sonner les cloches à crier comme une Cassandre.En voilà assez pour signaler l\u2019intérêt des dernières nouvelles de Monique Bosco.Si vçus voulez mon avis, attrapez ces Ephémères! Pour des histoires que seule la maturité d\u2019un écrivain apporte, des récits qui vous retiennent par leur assurance ou leur verve, des mini-romans qui font mouche.Avec cette voix si attachante qui transcende les personnages et les rôles sociaux.Elle ne prétend à rien mais montrer l\u2019humaine condition d\u2019aujourd\u2019hui à travers celle de la femme, c\u2019est beaucoup.DES ROMANS, DE LA POÉSIE, DU THEATRE, y A CATCOW OE T'HEYAPHNIF DES ESSAIS POLÉMIQUES CHEZ VLB ÉDITEUR amaun UE L nCArtUUl) E Comme au ciel DIANE JEAN ET GAÉTAN NADEAU COMME AU CIEL DAUNAIS CONCERTO POUR VIOLON D\u2019INGRES Concerto MADELEINE GAGNON ÇES CATHEDRALES SAUVAGES Les cathédrales sauvages MONIQUE JUTEAU L\u2019EMPQRTE- CLE L\u2019nvmit-priiitemp* ROBERT MELANÇON L\u2019AVANT-PRINTEMPS A MONTREAL PIERRE VALLIÈRES LE DEVOIR DE RÉSISTANCE coll.«Partis pris actuels» SONIA PASCALE PLAN DE NÈGRE récit SUSY TURCOTTE L\u2019IMPRÉVUE poésie JACQUES PELLETIER PHILIPPE MARTIN MASSE HAECK identités LE SECRET COLLECTIVES DU MILIEU ET notes CIVILISATION LES HABITS NEUFS DE LA DROITE CULTURELLE coll.«Partis pris actuels» Identités collectives et civilisation CLAUDE LÉVESQUE LE PROCHE ET LE LOINTAIN I .ittér.ihirc et société LITTERATURE ET SOCIÉTÉ anthologie/essai sous la direction de JACQUES PELLETIER JEAN-FRANÇOIS CHASSAY LUCIE ROBERT luisant! il MICHEL GARNEAU HÉLIOTROPES MARIE-LOUISE GAY QUI A PEUR DE LOULOU?CHANTAL C ADIEUX URGENT BESOIN D\u2019INTIMITÉ CORRESPONDANCE 1949-1950 CLAUDE GAUVREAU - JEAN-CLAUDE DUSSAULT Correspondance 1949-1950 464 pages 24,95 $ Des «lettres à un jeune poète» et celles de ce dernier, qui composent une véritable initiation à l\u2019art et à la poésie.Un document inédit sur l'époque des Automatistes, qui relate un moment privilégié de notre histoire culturelle.Une présentation de Jean-Claude Dussault, qui a provoqué cette correspondance en 1949.GASTON MIRON L'Homme rapaillé Poèmes et proses.Édition nouvelle annotée par l\u2019auteur.Poèmes inédits calligraphiés.240 pages 29,95 $ La nouvelle édition d\u2019un best-seller de la poésie.Des notes de Miron sur la genèse de certains de ses textes, ainsi que des poèmes inédits écrits à la main font de cette édition spéciale un document unique.Cette édition souligne le quarantième anniversaire des Éditions de l\u2019Hexagone.Bientôt en librairie.I.IIOMMI KU\u2019Vllll, ESEEtEB Wilfrid Lemoine Pierre DesRuisseaux Marie-Claire Corbeil Louise Cotnoir Passage à l\u2019aube Lisières Tara dépouillée Des nuits qui créent le déluge JEAN CHARLEBOIS COEURPS Collection Poésie -176 pages 16,95 $ L\u2019Amour contre la mort, le langage et ses jeux pour parer à toute éventualité: voici des poèmes de la vie entière.Une écriture de l\u2019existence par le parolier de l'album Immensément, qui est aussi un poète sensible chez qui l\u2019érotisme ne fait pas oublier un engagement social.GILLES ARCHAMBAULT Stupeurs Proses avec huit monotypes de Jacques Brault Collection Fictions - 80 pages 10,95 $ Le livre de méditation d'un romancier qui est fasciné par le temps qui passe et la tendresse inévitable.Des proses brèves et incisives qui s attachent à 1 essentiel.Des textes publiés en édition confidentielle en 1979 et maintenant disponibles en librairie.Gille* Archambault Stupeurs // FICTION Jean-Jules Richard Ook Chung Claude Gauvreau Paul Chamberland La femme du portage Nouvelles orientales et désorientées Les oranges sont vertes (théâtre) L\u2019assaut contre les vivants Gérald Godin Naim Kattan Robert Vigneault Robert Lanaise vlb éditeur DE LA GRANDE LITTÉRATURE ESSAIS Traces pour une autobiographie Écrits et parlés II Portraits d\u2019un pays L\u2019écriture de l'essai La fin d'un Québec traditionnel 1914-1939 Uni dKHncüt de I Je ne décroche pas, c\u2019est LOGIQUES U décrodiaRc, cc fléau mal connu,.Le déowhafc iponlanc.Les Éditions LOGIQUES LE DÉCROCHAGE Serge Michalska et Louise Paradis LX-144 - ISBN 2-89381-151-5 226 pages - 16,95 $ Enfin un guide pratique pour les parents et les intervenants du monde scolaire qui veulent lutter contre le fléau de l\u2019heure: le décrochage à l\u2019école.Joctluif l'orjprl LA RELATION D\u2019AIDE AIDER LES ADOLESCENTS ET LES ADOLESCENTES EN DIFFICULTE LA RELATION D\u2019AIDE Jocelyne Forget LX-46 - ISBN 2-89381-037-3 172 pages - 18,95 $ Cet ouvrage est un.guide de référence \u2018 précieux pour les adultes qui côtoient des adolescents ou des adolescentes en difficulté, qui veulent les comprendre et leur venir en aide.^AVipLENCE A L\u2019ECOLE GUIDE DE PRÉVENTION ET TECHNIQUES D\u2019INTERVENTION LLLLI LLL' \" LLL.! LLLCLLL LLLLLLL LA VIOLENCE A L\u2019ECOLE Jacques Hébert LX-09 - ISBN 2-89381-064-0 138 pages - 16,95 $ Comment expliquêr la montée de violence dans les écoles?Comment peut-on régler ce problème?LA GESTION DISCIPLINAIRE DE LA CLASSE LA GESTION DISCIPLINAIRE DE LA CLASSE Jean-Pierre Legault LX-108 - ISBN 2-89381-118-3 126 pages - 24,95 $ La façon dont l\u2019enseignant gère sa classe détermine en grande partie le succès de ses élèves.LOGIQUES Dist.excl.: LOGIDISQUE Tel.: (514) 933-2225 FAX: (514) 933-2182 Donnez l'espoir qui fait vivre.La Fondation canadienne du REIN -*-\u2014- I) I, K I) K V 0 I It .I, K S S A M !¦: HI 'l !l K I I» I M A X < II K A 0 .1 A X V I K It I i> I* I V R E S - t Du fpnctionnement de l\u2019Etat à l\u2019État en fonctionnement / Gérard Bergeron condense son inclassable théorie de l\u2019Etat indispensable L ÉIAT EN FONCTIONNEMENT Gérard Bergeron ; Coédition Les Fresses de l'Université Uival et l'Harmattan (Faris) 1993,174 pages, 24$ GILLES LE S AGILE DEVOIR L\u2019Élat est le plus gigantesque dispositif de contrôle social que ifhomme ait jamais inventé, écrit tdlentrée de jeu Gérard Bergeron, Iditiis l\u2019introduction de son dernier [ouvrage de théorie politique.Synthèse ou condensé, héritage \u2022ou testament, c\u2019est un peu de tout jêela dont il s\u2019agit dans ce petit livre, \u2022fruit ultime de quarante années de [recherche sur l\u2019État et son caractère [indispensable.Il n\u2019y a plus que des [États sur la Terre qui en est entière-! {tient couverte.De quelle autre institution peut-on dire quelque chose (j\u2019aussi énorme, d\u2019unique?Le professeur Bergeron en a fait l'objet de sa thèse de doctorat, pu-, bliée en 1965 à Québec et Paris, préfacée par Raymond Aron.C\u2019était en quelque sorte l\u2019inventaire d\u2019un jeune turc faisant le procès de la science politique et déplorant l\u2019absence «Tune théorie générale.Dix ans après Fonctionnement de l\u2019État, il éprouvait sa méthode dans La gouverne politique, ppis il l\u2019appliquait clans Fratique de l'Etat au Québec, en 1984.Le Fetit traité de l\u2019État suivit en 1990.La boucle est bouclée avec ce cinquième livre de théorie, le plus petit et le plus dense, à la fois mise , pjt point et révision, à des fins didactiques et pour donner ees clés à ses lecteurs.C\u2019est la trame essentielle, le jüàn d\u2019ensemble qui se dégage, le résumé de toute une vie de réflexion.*Ce dernier état synthétique de sa pensée théorique sur l\u2019Etat», l\u2019auteur le raffine au point qu\u2019il le résume, à là fin, en 85 propositions principales, en guise d'aide-mémoire pour l\u2019argumentation.Difficile pour les profanes, la théorie de M.Bergeron n\u2019en reste pas moins à la fois unique dans le monde francophone et hybride, en ce sens qu\u2019elle est en quelque sorte un prototype de notre Inculture américaine.Insécure, avec le privilège du retard historique, le Québec a mis les bouchées doubles depuis 30 ans pour combler ses lacunes et trouver des réponses à ses questions sur tous les plans.Y compris en matière de recherche et d\u2019enseignement.«Fonctionnement de l\u2019État (1965) \u2022 de Gérard Bergeron fut une tentative remarquablement fructueuse d\u2019intégrer, dans une plus ancienne tradition de réflexion philosophique portant sur la nature de la politique, la nouvelle vague des essais interdisciplinaires d\u2019inspiration comportementale, qui sont apparus dans les années 1950», écrit son préfacier James D.Driscoll, collègue de Trent University.Au Québec, Bergeron est maintenant deve-; nu un aîné de sa profession, un pro-; fesseur de prestige, et une voix in-: lluente du monde universitaire [ dans les débats que soulèvent les : événements contemporains.Com-[ me l\u2019a déjà écrit l\u2019éminent profes-\u2022 seur émérite de l\u2019Université du Spécialiste de l\u2019État, Gprard Bergeron a aussi beaucoup enseigné et écrit sur les relations entre États, notablement sur la guerre froide.Québec, «il faut être d\u2019une politie pour mener une vie sociale et humaine normale».Ce qui manque pour définir une «tradition politique canadienne», ajoute M.Driscoll, c'est précisément cet effort d\u2019intégration de la spéculation théorique et de l\u2019analyse de la politique contemporaine, qui confère leur spécificité à la carrière de Bergeron et à sa conception du politique.Son oeuvre est une contribution à la pensée politique classique, une réflexion sur la nature de la politique, qui puise autant dans une connaissance encyclopédique indiscutable des événements contemporains que dans son engagement envers la science et la culture classique.Cette synthèse de la CQnception bergeronienne, l\u2019État en fonctionnement, se présente donc comme un guide des corridors du pouvoir et des arènes de 1,\u2019ac-tion politique dans l\u2019État moderne, un guide façonné par l\u2019élaboration théorique.Raymond Aron avait préfacé «cette thèse qu\u2019il (l\u2019auteur) avait conçue et pensée seul».Trente ans plus tard, Driscoll note à quel point l\u2019oeuvre de Bergeron ne dépend d\u2019aucune école particulière de pensée politique, ce qui la rend difficile à classer, d\u2019autant que son style peut être à la fois déroutant et exaspérant.Une grande partie de la valeur de ce livre réside dans l\u2019habileté de Bergeron de mettre ensemble des observations courantes sur certains traits de la vie politique (comme la collégialité et la confidentialité des discussions du Cabinet ministériel) et de les relier à une conception, plus rigoureuse analytiquement, de la nature de la politique.Bergeron nous demande de La théorie de M.Bergeron est unique et hybride; elle est un prototype de notre biculture américaine.rompre avec notre attachement pour les catégories conventionnelles de la science politique (comme la séparation des trois pouvoirs) et pour les significations conventionnelles des termes d\u2019usage en politique, note encore Driscoll, et d\u2019imaginer l\u2019émergence d\u2019un complexe d\u2019activités, qui convergent ensemble et s\u2019entrelacent à travers les quatre fonctions politiques distinctes (gouverner et légiférer, administrer et juger) qui animent l\u2019État.Pour lui, ep effet, la centrale dynamique de l\u2019État est constituée de quatre fonctions et non de trois pouvoirs, division organique et triple qu\u2019on traîne avec maladresse depuis Montesquieu, dit-il.Ceux qui ont lu ses quatre autres livres sur l\u2019État sont familiers avec le fonctionalisme et les néologismes bergeroniens.Ils le sont moins, toutefois, avec le dernier chapitre qui traite de l\u2019État multiple ou fédéral à la multiplicité des États.Pour lui, l\u2019État fédéral est un ensemble complexe, constitué d\u2019autant d'états qu\u2019il y a d\u2019États membres ou fédérés plus un, qui est l\u2019État central.M.Bergeron soutient donc qu\u2019il n\u2019y a pas deux, mais trois termes nécessaires: Jes États fédérés, l\u2019État central et l\u2019État fédéral (ou la Fédération) qui, en sa globalité, comprend celui-ci et ceux-là.Le rapport fondamental n\u2019est donc pas dualiste ni binaire, mais ternaire et même dialectique.Aussi, l\u2019État fédéral n\u2019absorbe pas, en lui pi par lui, la réalité même de «l\u2019État fédéral», même si l\u2019usage courant le dénomme tel en une confusion ou télescopage de termes qui, d\u2019ailleurs, le sert plutôt bien.Il n\u2019as,sume donc pas, à lui seul, tout l\u2019État fédéral malgré sa position hautement privilégiée de primauté superfonctionnelle pour la légitimation et de quasi-exclusivité pour la sécuration.La plupart des Fédérations naissent d\u2019ailleurs comme des communautés de sécurité, porteuses de la chance historique de se transformer en communauté de destin.La difficulté propre au système fédératif est sa dualité légitimante.M.Bergeron note en conclusion que l\u2019État, l\u2019Institution des institutions, a fait depuis une décennie une rentrée sensationnelle en science politique ou politologie.Si tant d\u2019institutions humaines meurent, ce n\u2019est certes pas l\u2019État, en pleine prolifération universelle! écrit-il.Il reste quelque peu étonnant qu\u2019il ait fallu redécouvrir,que le système politique était bien l\u2019État et que, si l\u2019on devait en abstraire le «système», c\u2019était toujours celui de l\u2019État historique! L'État est seul capable de produire la vérité historique du moment, selon le mot de Lucien Sfez; il dure et durera aussi longtemps qu\u2019on ne verra pas poindre une institution candidate au remplacement.Si théoricien de haut vol soit-il, M.Bergeron prend son travail au sérieux \u2014 le temps le presse et lui manque pour mener à terme ses nombreux chantiers \u2014 mais non au tragique.A preuve, ces deux courtes phrases en exergue de sa synthèse.Le théoricien de l\u2019État est donc nécessairement un dilettante, selon Thomas Fleiner-Gester.Et celle-ci d\u2019Alain: Toutes les idées générales sont fausses, et ceci est une idée générale.Spécialiste de l\u2019État, M.Bergeron a aussi beaucoup enseigné \u2014 30 ans à Laval, 10 ans à l\u2019ENAF \u2014 et écrit sur les relations entre États, notablement sur la guerre froide, objet de trois livres.Il a aussi publié un grand nombre d\u2019ouvrages dits de conjoncture sur le Canada et le Québec, dans la foulée du célèbre Isocrate qui collaborait avec son ami André Laurendeau dans LE DEVOIR des années cinquante.Tant et si bien que s\u2019il a publié sa première oeuvre à 40 ans, il n\u2019a pas lâché prise depuis, commettant presque un livre par année sur l\u2019un ou l\u2019autre de ses trois modes de prédilection.Justement, à peine L\u2019État en fonctionnement açhevé, il s\u2019est lancé sur les traces d\u2019Étienne Parent, rédacteur du Canadien il y a quelque 150 ans, conférencier, mêlé à tous les mouvements politiques et sociaux de son époque mouvementée.Ce qui le motive, explique l\u2019infatigable M.Bergeron, comme pour André Siegfried et De Tocqueville il y a trois ans, c\u2019est de faire connaître Parent, d\u2019inciter à le lire.Ce manuscrit étant rendu chez l\u2019éditeur, pour publication probable par les PUQ lors du Salon du livre de Québec, un autre «héros» du XIX' siècle québécois est en chantier.Cet «universitaire domestique», comme il se définit lui-même, sera donc, encore et toujours, penché sur la table de table de son sous-sol encombré pour «fêter» son 72\u2018 anniversaire dans deux jours, lundi.EST-SELLERS ; RL 1 B R .1 IM ETT ¦gsf Renaud-brai ROMANS QUEBECOIS 1.HOMME INVISIBLE À LA FENETRE, de Monique Proulx - éd.Boréal 2.\tLA RENARDE, de Chrystine Brouillet - éd.Denoël 3.MARIE LAFLAMME, de Chrystine Brouillet - éd.Lacombe Denoël 4.LA TOURNÉE D'AUIOMNE, de Jacques Poulin - éd.Leméac «r ESSAIS QUÉBÉCOIS 1.\tMÉMOIRES POLITIQUES, de Pierre E.Irudeau \u2022 éd.du Jour 2.RENÉ LÉVESQUE, PORTRAIT D'UN HOMME SEUL, de Claude Fournier - éd, de l'Homme 3.GENESE DE LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE, de Fernand Dumont - éd.Boréal 4.QUINZE LIEUX COMMUNS, de Bernard Arcand et Serge Bouchard - éd.Boréal W' ROMANS ÉTRANGERS I.LE ROCHER DE IANI0S, d\u2019Amin Maalouf - éd.Grasset 2.\tL\u2019AFFAIRE PÉLICAN, de John Grisham - éd.Robert Laffont 3.\tSA FEMME, d\u2019Emmanuèle Bernheim - éd.Gallimard 4.L\u2019OEIL DU SILENCE, de Marc Lambron - éd.Flammarion W ESSAIS ÉTRANGERS 1.LES BATARDS DE VOLTAIRE, de John Saul - éd.Payot 2.\tLE JOURNAL DE ZLATA, de Zlata Filipovié - éd.Robert Laffont 3.\tLES TESTAMENTS TRAHIS, de Milan Kundera - éd.Gallimard 4.LE NOUVEAU MOYEN-AGE.d\u2019Alain Mine - éd.Gallimard «r LIVRE JEUNESSE I.LA ROUTE DE CHLIFA, de Michele Marineau \u2022 éd.Québec Amérique 4T LIVRES PRATIQUES 1.\tL\u2019ÉTAT DU MONDE 1994 - éditions La Découverte éd.du Boréal 2.\tJE MANGE DONC JE MAIGRIS, de Michel Montignac - éd.Artulen.«r COUPS DE COEUR 1 NEUF HISTOIRES ET UN POEME, de Raymond Carver - éd.de l\u2019Olivier 2 TIERRA DEL FUEG0.de Francisco Coloane éd.Phébus 52/9.tk.de la Oïte-da-iïeiges 342-1515 KGENCE DU LIVRE spécialisée en Sciences Humaines 1710, rue Saint-Denis 844-6896 Montréal (Québec) H2X 3K6 Télécopieur: 514 / 844-7721 LIBRAIRIE AGREEE Mois du théâtre De ARISTOPHANE à TREMBLAY Remise de 20 % sur tous les essais, les monographies, les pièces de théâtre ¦\taux Éditions Leméac, VLB, et autres éditeurs ¦\tsur les Classiques Larousses ¦\tsur le Format poche ¦ Garnier Flammarion ¦ Folio Valide jusqu'au 28 février 94, sur les volumes en magasin E S S A I S Q U É H É COIS L\u2019État sous influence K O H lî K T S A I.E T T I ?IA DÉMOCRATIE CUL-DE-SAC ENQUÊTE SUR LES CARENCES El LES INCOHÉRENCES DE IA DÉMOCRATIE OCCIDENTALE Yves Ixclerc, L\u2019Étincelle, «Pluralisme», 191 pages L\u2019Etat est sans doute le plus gigantesque dispositif de contrôle social que l\u2019homme ail jamais inventé.Lourde de conséquences et riche en implications, cette affirmation, dont la science politique a fait ses choux gras, est de plus en plus rejnise en question.Les variantes de l\u2019État sont nombreuses, mais peu de gens contestent aujourd\u2019hui la qualité de modèle de la démocratie dite libérale.Un livre qui vient de paraître le fait.Il s'agit de la Démocratie cul-de-sac dYves Leclerc, un ouvrage qui prend le contre-pied de l\u2019État libéral tel qu\u2019il s\u2019est développé depuis trois ou quatre siècles en Occident et tel qu\u2019il cherche encore à s\u2019imposer un peu partout à travers le monde.En critiquant les démocraties libérales qui nous gouvernent, M.Leclerc s\u2019inscrit dans un nouveau, courant de contestation du rôle de l\u2019État dont l'actualité, à un autre niveau, nous donne chaque jour des exemples.lu contrebande de cigarettes, le travail au noir et les injustices fiscales sont autant de cas qui apportent de l\u2019eau au moulin des cyniques qui se demandent çe qu\u2019on a fait pour mériter d\u2019avoir un État.Du relativisme de la démocratie M.Leclerc a été grand reporter politique à La Presse et il a écrit plusieurs ouvrages de vulgarisation sur l\u2019informatique.Dans son introduction, il insiste sur le fait que son point de vue est celui d\u2019un simple citoyen «ayant beaucoup observé, raisonnablement lu et quelque peu réfléchi».C\u2019est avec le regard de l\u2019honnête homme, comme on disait au XVIIIe siècle, plutôt que du spécialiste qu\u2019il pointe du doigt les carences et les incohérences du système démocratique, sans souci de faire valoir ses aspects positifs.Pour lui, la réalité démocratique actuelle est, tout compte fait, une formule élitiste qui exploite le pouvoir du peuple au lieu de le respecter.Cela dit, la Démocratie cul-de-sac n\u2019est pas un pamphlet.La démarche de l\u2019auteur en est une de confrontation d\u2019idées, et non de faits spectaculaires, et le ton est relativement posé.Le résultat n\u2019en est pas moins assez tranchant.C\u2019est avec un sens évident de la vulgarisation que M.Leclerc critique le modèle démocratique libéral anglo-franco-américain et réussit à surnager dans la mer des théoriciens de la science politique, d\u2019Aristote à Marx et de Locke à Stuart Mill, auxquels il fait pourtant référence, le plus souvent pour les opposer entre eux ou pour s\u2019en démarquer.La critique du système est double, elle vise le fonctionnement interne de nos démocraties, avec leur inéluctable bipartisme électoral, leur droit de vote faussement universel, leur incapacité à produire des chefs de valeur, mais elle dénonce également l\u2019échec de nos politiques extérieures, et l\u2019on pense ici au néo-colonialisme, aux règles comptables du FMI et, de manière générale, à tout le contentieux des rapports Nord-Sud.La démocratie serait peu exportable, comme en témoigne le fait, selon M.Leclerc, qu\u2019aucun pays pauvre n\u2019a accédé récemment au rang de pays riche par l\u2019idéal démocratique.Par contre, les exemples d\u2019oligarchies ou de «républiques» tyranniques qui ont réussi à élever | substantiellement leur niveau de vie, comme Singapour, la Chine ou la Hongrie, ne manquent pas.Critique de la critique Dans l\u2019ensemble, cette critique du modèle démocratique risque de toucher plusieurs des cordes sensibles du citoyen incrédule, désabusé et surtaxé d\u2019aujourd\u2019hui.Ne serait-ce que par la mise en cause du mot «démocratie», dont la valeur et le sens vont trop souvent de soi, dans le discours politicien lui-même aussi bien que dans ia vie de tous les jours, la lecture de la Démocratie cul-de-sac se révéle vivifiante.Il n\u2019en reste pps moins que l\u2019argumentation de cet essai souffre de quelques raccourcis et contradictions.J\u2019en souligne deux.Quand M.Leclerc, pour souligner les difficultés de la démocratie à s\u2019adapter aux réalités du Tiers monde, déclare que le modèle électoral est peu propice à la prise des décisions impopulaires souvent nécessaires à une croissance économique rapide (p.131), n\u2019est-ce pas là une façon de donner une finalité essentiellement économique à la démocratie libérale, alors qu\u2019on s\u2019entend par ailleurs pour ne pas confondre démocratie et capitalisme?Autre exemple, alors qu\u2019il dénonce ce qu\u2019il appelle la fiction de l\u2019universalité, qu\u2019il questionne la représentativité du «un citoyen, un vote» (dans son introduction, il Raconte qu\u2019un vieux chef africain lui a dit un jour: «Quel homme sensé peut accepter que l\u2019opinion d\u2019un gamin, de vingt ans qui ne songe qu\u2019à courir les filles ait le même poids que celle d\u2019un aîné chargé de l\u2019expérience de toute une vie?»), M.Leclerc estime d\u2019autre part que tout le monde s\u2019entendra sur le fait qu\u2019avec l\u2019omniprésence des médias, bien des enfants de huit ans en savent aujourd\u2019hui plus sur l\u2019état du monde et la gouverne de leur propre pays qu\u2019un adulte moyen, il y a une ou deux générations (p.86).C\u2019est faire beaucoup fi de la sagesse des anciens, et beaucoup de professeurs sursauteront à la lecture de ces lignes.C\u2019est aussi donner beaucoup d\u2019importance à l\u2019explosion informatique.S\u2019il est vrai que nous sommes en train de passer d\u2019une société de production de biens matériels à une société dominée par la circulation de l\u2019information (l\u2019avènement d\u2019une nouvelle ère médiatique changé les règles du jeu démocratique), on regrettera que ce passage, cette transition, ne trouve pas plus de place dans la réflexion d\u2019un auteur qui est aussi informaticien.Cela aurait probablement permis d\u2019aplanir les ambiguïtés sans lesquelles l\u2019ouvrage aurait davantage convaincu que la démocratie n\u2019est pas la panacée que l\u2019on croit.Erratum L\u2019auteur de l\u2019ouvrage Le Devenir de la nation québécoise selon Maurice Séguin, Guy Frégault et Michel Brunet 1944-1969 que nous commentions en ces pages le 8 janvier dernier est bien M.Jean Lamarre et non M.Michel Lamarre comme nous l\u2019écrivions malencontreusement.Nos excuses à M.lean Lamarre.ni .Iran l.iimorir DEVENIR LÀ NATION I BLCOIKK Le Rang d\u2019habitat Le réel et Vimaginaire Louis-Edmond ILamelin LE RANG D\u2019HABITAT Lr rrd et Vint uxihtt Collection Cahiers du Québec Géographie n*j 107 332 pages ¦ 29,95 $ En vente chez votre libraire Louis-Edmond Hamelin Le Rang d'habitat est plus qu\u2019une simple image, c\u2019est un élément culturel majeur qui a marqué le paysage, les langues et la vie socio-économique du Québec.Le Rang d\u2019habitat permet de comprendre l'origine du rang, comment vivaient les habitants qui y résidaient, les origines du mot et comment il a résisté à l\u2019anglophonie.Le Rang d\u2019habitat, une oeuvre majeure sur le Québec profond.HURTUBISEIIMH Téléphones : (514) 304 0323 1800 361 1004 Télécopieur : (514) 364-7435 tHW CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIME 755171 i.K i) i: v it i it K S S .\\ M K |> I \u2022> !l K T I» I M A X ( Il K 3 U .1 A X V IKK I I» !» I Im à V R E S est bien connu; dans la petite ville d\u2019Outremont de 22 935 habitants, les écrivains forment légion.Probablement le taux d\u2019écrivains le plus; élevé du Québec au mètre carré.A la mairie on s\u2019en enorgueillit suffisamment pour ouvrir les portes de la salle du Conseil de ville afin de rendre hommage aux auteurs outre-montois qui ont publié un ouvrage en 1993.L\u2019événement, rendu possible grâ-éé à la collaboration de la Bibliothèque d\u2019Outremont et à l\u2019Association des amies et amis de la Bibliothèque, avait lieu jeudi dernier.Le protocole d\u2019usage était au programme: allocution du maire Jean Pom-mipville, suivie d\u2019une réception.Pour une deuxième année consécutive, les organisateurs ont réussi à retracer plus d\u2019une trentaine d\u2019auteurs résidents ayant publié en 1993.Dans le nombre se loge un petit groupe sélect d\u2019écrivains et d\u2019écrivaines dont la réputation n\u2019est plus à faire.'Parmi les connus, on retrouve, notamment, Jacques Godbout avec Le Temps des Galarneau et Denise Bombardier et son ouvrage polémique sur La Déroute des sexes.Il y a aiissi Andrée Yanacopoulo, Hans Se-lyé, cathédrale du stress, paru aux Editions du jour et mis en nomination pour le Prix du Gouverneur général.Viennent s\u2019ajouter Pierre Go-tiéH qui a reçu le Grand prix du livre 'de Montréal pour Dessins et cartes du \u2018territoire, publié à l\u2019Hexagone, et Pierre Vadeboncoeur qui a reçu le 'Signet d\u2019or de Radio-Québec pour Le bonheur excessif.'¦ '¦ Sans oublier l\u2019auteur de roman ¦jeunesse Ginette Anfousse avec Le \u2018chien d\u2019Arthur et Le Père Noël, Gilles Potvin, Encyclopédie de la musique 'aù'Canada et le cinéaste Jean-Clau-'dë'Labrecque pour son recueil de phqtos.:: 'Elisabeth Marchaudon, la vénérable libraire de la Librairie Hernies, située rue Laurier à Outre-mont, tenait à apporter sa contribu-\u2018 tïoh à l\u2019événement.«Je pense que Jc\u2019est le rôle d\u2019une librairie d\u2019être présente à ce genre de manifestation*.I)e toute façon, quand il y a 'line gang d\u2019écrivains qui se ramasse ;dàns la ville où ma librairie se trouve, j\u2019y suis», lance celle qui avait préparé, sur place, une exposition-Vénte des auteurs honorés.y: Elle connaît la plupart des écri-'Vains résidents puisque bon nombre 'd\u2019entre eux fréquentent sa librairie \u2018ét1 participent aux rencontres et lan-¦cèments.Elle admet, sans pouvoir \u2018expliquer le phénomène, le caractère' particulier de la ville d\u2019Outremont 'en ce qui a trait à la quantité d\u2019écri-VÂins qui y habitent.«Il ne nous manque qu\u2019un Prix Nobel de la littérature.Je ne sais pas, peut-être que 'les1 écrivains ont plus besoin de la nature.Peut-être qu\u2019ils n\u2019aiment pas le béton.», ajoute-t-elle avec sa bonhomie légendaire.A l\u2019Association des amies et amis de la Bibliothèque on espère, avec cet honneur annuel, créer une tradition.D\u2019ailleurs, jeudi dernier, l\u2019Association avait pris soin d\u2019inviter officiellement une soixantaine de convives qui gravitent autour du monde de l\u2019édition.Le grand public pouvait aussi assister à la cérémonie.L\u2019Association, un organisme de bénévoles, effectue un travail de sensibilisation auprès de la population locale.Mary Soderslrom, présidente par intérim, considère cette démarche comme indispensable : «Nous devons sensibiliser les gens sur l\u2019aspect municipal d\u2019une bibliothèque.Nous avons organisé, entre autres, des conférences sur le patrimoine architectural et l\u2019illustration, une kermesse et nous avons conçu ; un jeu-questionnaire».; Le dossier chaud de l\u2019Association îdemeure l\u2019acquisition d\u2019une nouvel-!le bibliothèque.Un dossier qui traî-îne depuis plusieurs années.«La col-I lection de livres est excellente, mais [nous manquons de places pour les 'gens qui veulent lire ou travailler, jProportionnellement, nous avons un taux de fréquentation plus élevé qu\u2019à Montréal», conclut Madame Soderslrom.Est-ce que Monsieur le maire compte laisser une ville où le talent d\u2019écriture foisonne avec une bibliothèque trop petite pour la demande?i r~ Pour améliorer la condition des personnes atteintes d'un cancer et leurs proches.! i [f Fondation québécoise du cancer 2075.me fie Champlain Montréal (Québec) H2L 2T1 ïél.: (514)527-2194 rii rit n S E A T l! Il E Q U E 11 E C 0 Folles ou perdues, toujours brûlées j a c ii \u2022^faar^iir \u2019mW: fiâM La magie des contes anciens opère toujours DOMINIQUE DEMERS Les productions Disney font fortune avec La petite sirène d\u2019Andersen et La Belle et la Bête de Mme Le-prince de Beaumont; Toys R Us vend plus de poupées Alâdin que de Ken (le petit copain de Barbie.) et McDonald emprunte les héros des contes de Perrault pour annoncer sa poutine pt ses hamburgers sur panneaux publicitaires géants.A l\u2019aube de l\u2019an 2000, les contes traditionnels ont rarement été aussi populaires.Malheureusement, la plupart des enfants \u2014 en Amérique du Nord du moins \u2014 ne connaissent de ces contes graves et lumineux que les versions amusantes et gentilles de Disney.Or, la magie des contes anciens opère toujours et il existe encore \u2014 heureusement \u2014 qpelques éditeurs pour nous proposer des versions plus fidèles de ces contes polis par le temps.Au cours des années 80, les meilleurs illustrateurs européens ont d\u2019ailleurs mis en images non seulement les contes de Perrault, Grimm et Andersen mais d\u2019autres récits d\u2019an-tan venus de l\u2019Arabie, de l\u2019Inde ou de l\u2019Afrique.Parmi les beaux livres perdus dans l\u2019avalanche de décembre, Le navire volant, un très vieux conte russe, allie le charme traditionnels à la richesse des albums modernes.Publié chez Kaléidoscope, une maison d\u2019édition parisienne spécialisée dans Lalbum pour enfants, ce conte a été adapté et illustré par Béatrice Leclercq, une jeune artiste issue de l\u2019École nationale des arts décoratifs d\u2019Aubusson, cette petite ville de France qui a fourni les plus belles tapisseries à la royauté.Installée au Québec depuis 10 ans, Béatrice Leclercq avait déjà retenu l\u2019attention des critiques comme des enfants avec des albums comme De l\u2019ange au zèbre aux éditions Pierre Tisseyre ou Câlinette aux éditions du Raton Laveur ainsi que des illustrations de romans chez Hurtubise HMH.L\u2019ex-tapissière est tombée par hasard sur ce conte russe dans un recueil de récits folkloriques.Des images et des personnages ont immédiatement surgi.Elle a fouillé les bibliothèques en quête d\u2019autres versions plus anciennes avant de créer une trentaine d\u2019images au crayon et à l\u2019encre de Chine dans une mise en pages extrêmement souple et efficace.La séquence d\u2019illustrations est rythmée et quelques cadrages surprenants livrent magnifiquement les émotions alors qu\u2019ailleurs la fantaisie et l\u2019humour dominent.«Ce conte m\u2019a touchée, explique Béatrice Leclercq.Je n\u2019ai pas voulu le moderniser mais plutôt lui restituer sa force initiale.J\u2019aime le côté bizarre du récit, la dimension fan- tastique de ces personnages en apparence simples et pourtant immenses».Le navire volant raconte la quête initiatique d\u2019un fils cadet surnommé Nikolai' le sot bien décidé à se présenter devant le roi dans un navire volant pour lui réclamer la main de la princesse.Comme tant de contes traditionnels, Le navire volant raconte la quête initiatique d\u2019un fils cadet surnommé Nikolai le sot bien décidé à se présenter devant le roi dans un navire volant pour lui réclamer la main de la princesse.Comme tant de contes traditionnels, Le navire volant dit aux enfants qu\u2019avec un peu de courage, de chance et de persévérance, les plus petits peuvent vaincre les plus grands; que la vie est semée d\u2019embûches immenses malgré tout surmontables et que les rêves les plus fous méritent de ne pas être abandonnés.L\u2019inutile est-il encore nécessaire?LE SOUFFLE DU POÈME Anthologie de poètes du Noroît \u2022 Collection Conquêtes Éditions Pierre Tisseyre/Éditions du : : Noroît, 1993,172 pages.[ GISÈLE DESROCHES J a poésie ne se défend pas.^ .L/Contre un siècle pressé de passer au suivant, contre des valeurs de production et de consommation, contre l\u2019uniformisation, l\u2019informatisation et la quantification, la poésie ne se défend pas.Le poème est pareil à un coeur qui battrait la mesure de la vie ralentie.Au milieu du désastre et de la splendeur, le poème murmure quelques mots à notre oreille, \u2014 mots devenus pres-qu\u2019imprononçables; grâce, beauté, abandon, vérité.Se consacrer à la poésie, c\u2019est d\u2019affirmer que l\u2019inutile est nécessaire».C\u2019est par ces mots et d\u2019autres tout aussi justes, qu'Hélène Dorion a choisi de nous présenter l'anthologie des poètes du Noroît, dans une édition jeunesse intitulée Le souffle du poème.Trop peu de poésie publiée pour les jeunes.Je m\u2019en voulais de passer sous silence cette heureuse initiative.C\u2019est à l\u2019adolescence que l\u2019on découvre, souvent avec passion, la poésie.Si on apprend à l\u2019école quelques incontournables classiques (Emile Nelligan a la cote en ce moment), l\u2019on ne sait pas trop commeht naviguer dans la mer des poètes actuels.On se raccroche bien sûr à quelques balises.Mais au-delà, souvent l\u2019élan se perd, faute d\u2019avoir Hélène Dorion Collection Conauètes Édition* Pierre Ti**«>yr« F.ditirm* du Notait LE SOUFFLE DU POÈME Anthologie de poètes du Noroît rjiFff ï mm Il faudrait laisser traîner ce recueil.Partout où passent des jeunes, où il est susceptible d\u2019attirer l\u2019attention trouvé une direction.Lisez-vous encore de la poésie?Pourtant nombreux sont ceux et celles qui en ont lu et même commis quelques poèmes dans leur jeunesse.Où est passée cette ferveur?Qu\u2019est-elle devenue?Que deviendra celle des jeunes, si nous ne nourrissons pas cet intérêt poétique?Douze poètes sont présentés dans cette anthologie.Douze poètes québécois qui ont en commun d\u2019avoir publié de nombreux recueils; Geneviève Amyot, Jacques Brault, Rachel Leclerc, Joël Pour-baix, feue Marie Uguay.Plusieurs ont reçu des prix.La forme de la poésie a bien changé depuis Baudelaire.La ponctuation est aléatoire, on ne compte plus les pieds ni les vers.Les rythmes sont brisés.I.es titres sont placés à la fin des strophes.Ce peut être déroutant.Les poèmes choisis ici ne sont pas hermétiques.Pas conçus pour des enfants non plus.Simplement accessibles à la sensibilité des jeunes.Puis-je vous suggérer de laisser trainer ce recueil?Partout où passent des jeunes.Partout où il est susceptible d\u2019attirer l\u2019attention.En classe, sur le coin de votre pupitre ou celui de la directrice, dans votre salon, sur le comptoir de prêt.(Je vous dirais de le laisser dans votre salle de toilette, pour faire concurrence aux habituelles bandes dessinées, si je ne craignais d\u2019être par trop prosaïque!) Lisez-en à voix haute à vos élèves.Bref, encouragez la contagion.«Il n\u2019y a pas de clé pour entrer dans le poème.On y entre.La parole poétique est en elle-même une porte ouverte sur l\u2019intérieur».(Hélène Dorion).HOMMAGE Denise Des autels Le saut de l\u2019ange \u2022\tPrix du Gouverneur Général 1993 \u2022\tPrix du Signet d\u2019or (Radio-Quéteo 1993 \u2022\tPrix Terrasses Saint-Sulpice de la Revue Estuaire 1993 A PARAITRE PRINTEMPS \u201994 Geneviève Amyot, Rabah Belamri, Huguei Corriveau, Antoine Emaz.Catherine Fortin.Roberto Juarroz, Jacques Ouellet, Pierre Ouellet, Michel Pleau, Jean-Noël Pontbriand, Marie Uguay.Miriam Waddington Deux anthologies : poésie algérienne, poésie Québec-Irlande.EVENEMENTS : En 1994, Le Noroît sera présent dans tous le; salons du livre du Québec ainsi qu'à ceux de Paris Bruxelles et fienève II organisera une N O R O lecture sic québéc T d\u2019action poétique de Paris.NOUVEAUTES Michel Beaulieu Indicatif présent et autres poèmes Paul Bélanger L\u2019oubli du monde de Bellefeuille / Laframboise Notte oscura Célyne Fortin Les intrusions de l\u2019œil Danielle Fournier Personne d\u2019autre que l\u2019amour France Lachainc Nos doigts écrivent leur cendre Michel Letourneau Les demeures dispersées Saint-Denys («anneau Poèmes choisis (livre et cassette-audio) Collection INITIALE France Boisvert Comme un vol de gerfauts Fdgard C iousse Mémoires du vent Isabelle Miron Incidences POÉSIE Mensonges en trompe-l\u2019œil NOTTE OSCURA Normand de Bellefeuille, Alain 1m-framboise (Postface Alain Gunthert), Montréal, Editions du Noroît, 1993.LUCIE BOURASSA Lé somptueux Notte oscura pourrait tout aussi bien faire l\u2019objet d\u2019une critique d\u2019art que d\u2019une critique littéraire, tant les photographies d\u2019Alain Laframboise et les textes de Normand de Bellefeuille .sont ingénieusement entretissés, et nécessaires les uns aux autres, sans pourtant que les premières n\u2019illustrent les seconds, ni que ceux-ci n\u2019expliquent celles-là.,Ce cinquième titre de la collection «Écritures/ratures», dont les grandes pages se partagent à peu près également l\u2019image et le texte, présente un savant dispositif fondé sur le détail, le masque et le miroir (déformant), sur le simulacre au second ou au tiers degré.En trame de fond, une série de photographies \u2014 détails d\u2019architecture, de paysage composite, d\u2019œuvre d\u2019art \u2014 dont le réfèrent n\u2019est pas identifié.Des indices laissent deviner qu\u2019il s\u2019agit de clichés saisis en Italie.Le grain et la lumière donnent à ces impressions beaucoup plus de volupté, alors que les compositions et cadrages font juste assez de place à la reconnaissance d\u2019objets pour ne pas créer des abstractions, mais pas assez pour en faire des cartes postales.En retrait, la postface d\u2019Alain Gunthert, «Ut figure absente», donne une belle lecture de ces images, qui en oriente beaucoup le sens.Le texte de Normand de Bellefeuille, fil de chaîne du livre, lui fait cependant contrepoids, si bien que l\u2019ensemble demeure ouvert, pluriel.La prose de l\u2019écrivain se situe entre le récit et la poésie.En partie narrative, elle développe l\u2019argument Normand de Bellefeuille suivant: une femme, ayant appris qu\u2019elle devait mourir, se réfugie en Italie pour écrire des lettres à deux amants.Chacune des relations avec ces hommes semble marquée par une impasse: le premier, photographe, croit à la vérité des formes, et il est obsédé par l\u2019ordre, alors que la femme est habitée par le désordre de la mort; le second, traducteur, prépare une version des Métamorphoses d\u2019Ovide: il aime la nature, déteste la photo, elle ne supporte que les villes, la nature étant aussi pour elle la mort.Mais l\u2019histoire est fuyante, truffée de faux-semblants, de mises en abîme, de ruptures: la femme écrit, d\u2019abord de Rome, ensuite de Florence, enfin de Milan, des lettres dont tous les entêtes indiquent: «Venise» , avec pour seule date un chiffre, et sans mention de destinataire.Elles sont séparées par les propos d\u2019un narrateur qui regarde écrire la femme, commente ce qu\u2019elle fait et sent, voit avec elle les villes.Cette «machination» présente les qualités habituelles du travail de Normand de Bellefeuille: goût des constructions ingénieuses et serrées, art des leitmotiv qui rythment et déplacent le sens.Ije lecteur aura beau chercher ce qui se passe vraiment, il ne le saura pas, car rien n\u2019est sûr: le texte tourne autour d\u2019une sorte de récit vide, dans lequel ne sont retenus que certains détails descriptifs, scènes figées, volontés de dire, explications lacunaires.Le mensonge se met en scène dans toute l\u2019écriture, qui multiplie les précautions, les formules hypothétiques et les démentis, raconte en interrogeant, ou encore au futur ou au conditionnel (la multiplication de ce procédé évoque parfois d\u2019ailleurs un peu trop Duras).Le travestissement ne voile aucune vérité retenue, mais signe une impossibilité: «S\u2019il y a quelque ravissement à la vue d\u2019un instrument masqué à son tour dans une pièce que l\u2019on croirait désertée depuis des siècles, il tient bien moins (.) à la sonate infiniment imaginée qu\u2019à l\u2019impossibilité même de toute musique, qu\u2019à l\u2019impossibilité même de toute révélation (.)».Ix\u201c mensonge ne\u2019répa-re rien, il est inévitable: «Elle (.) comprend enfin que son malheur n\u2019a pas de nom, que de consentir à le nommer c\u2019est déjà mentir».La douleur serait-elle ce mensonge même, son seul remède, encore le mensonge?Et un mensonge qui s\u2019avoue le demeure-t-il?On croit comprendre le drame lorsque, dans un des plus beaux passages du livre, le monde est comparé à un immense trompe-l\u2019œil dans lequel le corps n\u2019a pas sa place.Ui référence à l\u2019Italie, ainsi que les deux personnages d\u2019hommes absents, emblématisent une même ambiguïté, un même cul-de-sac aussi: la permanence (de formes: art, architecture, photos) qui est sans vie, et la précarité (du corps et de ses métamorphoses) qui conduit à la mort.Non exempt de certains tics de l\u2019écriture québécoise actuelle (pré cautions oratoires, références au «monde» à recommencer, à ce qui est urgent, exact, etc.), le texte de Normand de Bellefeuille les intègre pourtant et les dépasse, parce qu\u2019animé d\u2019un réel projet, soutenu et intrigant.Il ne vise pas le lyrisme, ou alors c\u2019est un lyrisme faussaire, détourné, qui montre ses ficelles.C\u2019est peut-être que la recherche de l\u2019auteur va, selon une expression de Catégoriques un deux et trois (1), vers la «perte de l\u2019émotion», là où la douleur ou la jouissance l\u2019excèdent.Mais dans Catégoriques, l\u2019abstraction de l\u2019écriture si1 faisait chamelle, alors qu\u2019ici, il me semble que c\u2019est la chair qui devient abstraite, arrachée.Je veux dire que de Bellefeuille nous a donné des textes à la phrase plus fouillée, cinglante, nerveuse, et par là plus troublante.La Notte oscura reste un peu blafarde, il manque un je-ne-sais-quoi qui ferait prendre le tout.Mais elle propose un travail intéressant.surtout dans les nombreux contrepoints entre texte et photographies, que je n\u2019ai pu tous évoquer, et que le lecteur aura plaisir a découvrir.1 \u2014TnxsJOvKres, Ecrits des Fages, ItW*».LIBRAIRIE François < Côté livres & gravures anciens & modernes \u2014achat & vente\u2014 -occasion- al\\1 OASIS DE PAPIERS 1100 Ontario est.[coin Amherst) Mtl.Qc H2L 1R1 (514) 523 0109 horaires: lundi au dimanche - 12 à 17 h m !\u2022 K l> K V U I It .I.K S S A M K D I 2 It K I |i I M A X ( Il K 3 II .1 A \\ V I K II I II IM I) 7 L I V R E S ma msa m VVM.ÜÜi Quatre Dominicaines sans accent aigu COMMENT LES FILLES GARCIA ONT PERDU LEUR ACCENT i >\tJulia Alvarez Flammarion, 1993 ' '\tGUY TAILLEFER LE DEVOIR : r p omment perd-on son accent, si tant est qu\u2019on le per-V,/ de jamais?Perd-on jamais le souvenir de son enfan- ¦\ti1 ce?L\u2019écrivaine Julia Alvarez, Américaine d\u2019origine domi-'1 nicaine, nous trace la carte de sa dilution culturelle dans :\tun roman anecdotique que Flammarion vient de publier ' :\ten traduction sous le titre Comment les filles Garcia ont I.i perdu leur accent.Dilution dont Mme Alvarez se fait par-; i ¦ \u2022 tout complice dans ce roman à quatre têtes \u2014 les filles en question sont quatre soeurs \u2014 qui tient un peu de John Irving, un d\u2019isabel Allende et un peu des Toilettes pour femmes de Marylin French.L\u2019auteur ne sait pas toujours à quelle culture se vouer \u2014 ni d\u2019ailleurs au début à quel genre littéraire \u2014, ce qui s\u2019explique.Avant d\u2019être romancière, Julia Alvarez, qui a quitté la république Dominicaine à l\u2019âge de dix ans, est poète; elle a enseigné la poésie pendant plus de dix ans un peu partout aux Etats-Unis pour finalement s\u2019installer au Vermont où elle habite maintenant.Ça se voit tout de suite.' 1 ¦ On la soupçonne par ailleurs d\u2019avoir comme il se doit ra-, conter au préalable sa vie à un analyste, son roman étant r 11 ponctué ici et là de parenthèses à saveur psychanalytique (surtout au début et heureusement assez brèves); Passé cet agaçant cliché de la littérature contemporaine, ; - Julia Alvarez raconte dans une langue coulante comme ,M un coucher de soleil sur Santo Domingo par quel lent processus les quatre filles Garcia se sont américanisées.,.i Encore que cette américanisation ne soit pas si facile à ' i\tcerner.Et c\u2019est en cela sans doute que tient tout l\u2019intérêt -\ti\tde ce roman très autobiographique.Car il s\u2019agit bien -1\td\u2019un roman, qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas: et ce roman a la qualité de ne pas se transformer en cours de route en ;.thèse soçio-historique sur l\u2019irrépressible attrait qu\u2019exer-i cent les Etats-Unis sur les Latino-Américains.> \u2022.Vers 1960, les Garcia quittent précipitamment la république Dominicaine.Non pas pour Miami, mais pour ¦\t11\tNew York.C\u2019est tout dire: ils sont de la haute bourgeoi- ¦\tsie dominicaine.Çes parents, les oncles et les cousins vont souvent aux Etats-Unis dont ils reviennent les bras chargés de cadeaux pour les enfants.La voisine de Fapi-to, grand-père Garcia, est la fille du dictateur Rafael Trujillo, qui a détenu le pouvoir pendant 30 ans avant de mourir assassiné en 1961.Les relations des Garcia avec l\u2019autorité ne sont pas particulièrement bonnes.Au contraire.Carlos Garcia, le papa des quatre filles, participe contre Trujillo à un complot fomenté par la CIA.Mais la CIA se dégonfle et les comploteurs dominicains sont pris en chasse par les services secrets du pays.De justesse, le,s Garcia leur échappent avec l\u2019aide du département d\u2019Etat américain.A New York, leur adaptation est difficile.Du moins la narratrice tente-t-elle de nous le faire avaler.Elevées dans la ouate, les soeurs Garcia ont la vie facile même dans les moments qui ne le sont pas.A lecole, on se moque de leur accent.Ce qui est anodin.On comprend assez rapidement quelles étaient Américaines avant même de quitter la république Dominicaine.Il leur arrive pendant le récit d\u2019avoir la nostalgie de leur pays natal \u2014 comme, justement, on a la nostalgie de son enfance.Mais plus le temps passe et plus la république Dominicaine se fait lointaine.Jeunes, elles passaient leurs étés dans file; elles ont fini pas convaincre leur mère de renoncer à les y envoyer.Adulte, Yolanda, l\u2019aînée de la famille, retourne dans File dans le même esprit (tue les touristes québécois qui vont se faire bronzer : \u2022 sur les plages de Sosua.:.; Le roman est ainsi construit qu\u2019il remonte dans le temps.La narratrice, qui prête tantôt sa voix à l\u2019une des , soeurs, tantôt à une autre, refait un chemin au bout duquel il n\u2019y a guère plus qu\u2019une île fantomatique quelle ne semble avoir jamais véritablement habitée, même si une i \u2022 bonne partie de l\u2019action romanesque s\u2019y déroule.En bout de ligne, il ne semble plus lui rester de sa vie antérieure que le souvenir des goyaves et des cadeaux que lui rapportait son père des Etats-Unis.Ce qui est un peu court.La vie américaine a arraché ses racines.Pour toute mémoire, il lui reste ce récit qui.par tout ce qu\u2019il ne -\t\u2022 raconte pas, démontre par A + B qu\u2019il n\u2019y a pas plus nor- mal, pour une enfant gâtée que la dictature a chassé de -\t> son pays, que perdre tout à fait son accent.Le rêve était couleur d\u2019or \u2022 LA COULEUR DU RÊVE, Francis Bossus, Éditions Fierre Tisseyre, ISO pages.ISABELLE RICHER Entre l\u2019art naïf et le tableau naturaliste se trouve le portrait, esquissé par Francis Bossus, d\u2019un village camerounais, Talayo, écrasé sous la chaleur et habité par une population mixte.Il y a l\u2019Allemand qui vient mourir dès la douzième page dans l\u2019hôtel du Français qui carbure au pastis.Ce dernier a épousé une Américaine qui se languit de retourner à New York et qui y arrivera, aidée par le Grec.Mail?cette mosaïque internationale n\u2019a pas tant d\u2019importance; la véritable distinction se fait entre ies Blancs et les Noirs que tout sépare.Le régime colonialiste a installé des Occidentaux qui travaillent en Afrique et des boys pour les servir.Cependant, au-delà des classes et des couleurs, qu\u2019est-ce qui abolit les différences et aplanit les inégalités?Le rêve.C\u2019est à partir de ce postulat, incontestable, que Bossus élabore 150 pages d\u2019un magnifique récit plus proche du conte philosophique que du roman.Le rêve abandonné Ils sont une dizaine d\u2019hommes, de femmes, à suffoquer dans la moiteur de Talayo mais surtout dans l\u2019immobilisme de leur vie, dans ce ratage complet qui les cloue à leur destin.Survient un vieil Allemand avec une carte géographique et une Winchester.Foudroyé par un arrêt cardiaque, il meurt sans avoir révélé son secret, le but de son voyage, la signification des traits rouges sur la carte.Le mystère suscite l\u2019intérêt.Les rumeurs grondent et rappellent l\u2019existence d\u2019un trésor enfoui dans la forêt par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale.Des caisses d\u2019or cachées au pied du mont Orounou.\u2019On y croit ou on y croit pas.Le rêve, comme les trésors, est une question de foi.Au contact de ce rêve plus grand que nature, toutes les ambitions oubliées se réveillent.Louvier, l\u2019ingénieur, rêve de construire un hydravion; Brisset rêve d\u2019amour; Ran-vieux rêve d\u2019avoir un enfant; June rêve de son Amérique natale.Et puis comme si ce n\u2019était pas assez, chacun s\u2019empare d\u2019une parcelle du rêve de l\u2019Allemand.«Franche! se servait un autre pastis quand il se mit à penser à Franz Grauber et à se demander si le mont Orounou était vrai- ' ment inaccessible.»Il n\u2019y aura que Louvier qui passera de la parole aux actes.Ceux qui osent Après l\u2019expression des rêves in-aboutis en première partie, la seconde fait figure de voyage initiatique.Louvier s\u2019enfoncera dans la jungle, à la recherche de cet or dont le nom résonne comme une formule magique.Il souffrira, luttera, et alors que ses forces le quittent, il fera la rencontre d\u2019un indigène, Odongo, lui aussi à la recherche de ce trésor.Le sort voudra que Louvier sauve celui qui l\u2019a sauvé.Il retraversera la jungle, cette fois harnaché à un brancard qui transporte Odongo.La peau entaillée et la raison vacillante, 1 .olivier parviendra, au terme de ce chemin de croix expiatoire, à renouer avec lui-même, sa femme et leurs espoirs.«Le rêve est l\u2019oxygène de l'esprit», se dit-il pour justifier sa folie.L\u2019absence de Louvier force les autres à réfléchir sur leurs propres rêves.Ranvieux qualifie son geste de pure démence mais doit reconnaître que certains agissent sur leur destin: «Il y a ceux qui osent, c\u2019est-à-dire ceux qui lancent leur vie comme un dé sur uo tapis vert, et ceux qui n\u2019osent pas.» Moralité Que serait une fable sans morale.Bossus se permet donc une troisième partie très brève en guise d\u2019épilogue.S\u2019y étale le propos transparent de l\u2019auteur: ceux qui vont au bout de leurs rêves y gagnent, ceux qui y renoncent y perdent.Malgré ie ton à la limite du naïf, la conclusion ne gâéhe en rien l\u2019inten-'tion.L\u2019auteur de La couleur du rêve nous mène là où il veut nous conduire grâce à de tout petits chapitres qui vont d\u2019un tableau à l\u2019autre sans jamais nous égarer ni nous lasser.Bossus a récriture précisé de ceux qui cisèlent leurs textes.La formule est brève et surprend: «Il avait hurlé parce que la peur, comme un serpent, l\u2019avait mordu.» Les aphorismes, sans prétention, soulignent le parti pris de l\u2019auteur: «L\u2019homme.est l\u2019étrange créature d\u2019une non moins étrange création.Mais il est surtout un être que se disputent la peur etTespérance.» Francis Bossus, bien qu\u2019il ait publié huit romans (et pas huits, comme on l\u2019écrit en quatrième de couverture), demeure mystérieusement peu connu.La couleur du rêve est l\u2019occasion.rêvée de découvrir l\u2019auteur habile d\u2019un texte plus subtil qu\u2019il n\u2019y paraît.Francis Bossus La couleur dii rêve \u2014 À ROMAN Mpli r * ¦ güi ÿ & %.a/waeue mm B! oa 22^mj/6er au 13jféuner 7394 20% mmtf,70% ara: f dur teas 2&f tti/res et aztatmued en/tfrattte/ \u201c c7s>/wte de ^/tered à 40% et so %.LIBRAIRIE DU MUSEE PAVILLON JEAN-NOËL DESMARAIS Ce roman a la qualité de ne pas se transformer en cours de route en thèse socio-historique sur l\u2019irrépressible attrait ! qu\u2019exercent les Etats-Unis sur les Ixitino-Américains.; ylt'V Julia Alvarez Comment les filles (»3rcia ont perdu leur accent 1368, rue Sherbrooke ouest \u201cET (514) 285-1600.poste 350 Heures d'ouverture de la Librairie: tous les jours, de 1.1 h à 18 h: le mercredi, jusqu'à 21 h: les jeudi et vendredi, jusqu'à 19 h.Entrée gratuite, t Ces réductions s'appliquent uniquement aux livres en stock à la Librairie; elles ne sont valables ni pour les commandes spéciale?ni pour les livres ou les catalogues à prix déjà réduit.\t* \u2022 MUSÉE DES BEAUX-ARTS _____DE MONTRÉAL Gilles Donon I) 8 I, K I) K V 0 I II .I.K S S A M K I» I 2 !\u2022 V.T I» I M A X I II K A II ,1 A X V I K II MM» I 0 L I V R E S - Stephen Hawking À la recherche du temps TROUS NOIRS ET BÉBÉS UNIVERS Stephen Hawking traduit de l'anglais par René Lambert, Editions Odile Jacob sciences, 1993,208 pages.QUI ÊTES-VOUS HISTER HAWKING! Stephen Hawking, en coli, traduit (le l'anglais par Marianne Robert, Éditions Odile Jacob sciences, 1993, 215 pages.RAYMOND LEMIEUX La formule de l\u2019Univers existe et, pour le physicien britannique Stephen Hawking, elle serait à notre portée.«L\u2019Univers est régi par un ordre que nous ne percevons aujourd'hui qu\u2019en partie, mais que nous pourrions comprendre entièrement dans un avenir point trop éloigné.» L\u2019Univers expliqué?Advenant qu\u2019on puisse y arriver, il faudra dire que Hawking y aura été pour beaucoup.Véritable jongleur quantique, Stephen Hawking est souvent considéré comme un successeur d\u2019Einstein.Cloué à un fauteuil roulant par une maladie incurable, il s\u2019est fait connaître du grand public, en 1988, par son essai intitulé Une brève histoire du temps.Un succès: le livre est resté plus d\u2019un an sur la liste des best-sellers du New York Times.Traduit en 33 langues, cet essai introduit \u2014 et il ne s\u2019agit là qu\u2019un exemple d\u2019inventions hawkin-giennes \u2014 la notion de «temps imaginaire».«Il semblerait que le temps lui-même ait connu un commencement, il y a environ 15 milliards d\u2019années, et qu\u2019il pourrait prendre fin en un point de l\u2019avenir, explique-t-il.Pourtant, dans un autre sorte de temps, l\u2019Univers n\u2019a pas de frontière.Il n\u2019est ni créé ni détruit.D est, simplement.» Aux Editions Odile Jacob, deux ouvrages portant sur Stephen Hawking et ses réflexions viennent d\u2019être publiés: Trous noirs et bébés univers et Qui êtes-vous mister Hawking?Si le premier bouquin est un recueil d\u2019essais et de textes de conférences que Stephen Hawking a rédigés de 1976 à 1992, le deuxième offre un collage de témoignages et d\u2019avis scientifiques autour de ses travaux.Bien qu\u2019il soit regrettable et décevant que plusieurs informations se recoupent presque textuellement d\u2019un livre à l\u2019autre, le deuxième ouvrage devrait néammoins satisfaire le lecteur à plusieurs égards.Passons sur les quelques pages qui n\u2019intéresseraient que les fans de Hawking, ces pages où l\u2019on vous parle de la maison d\u2019enfance de Hawking, du patio de la maison de Hawking, de la bicyclette de Hawking, des punaises de la caravane des parents de Hawking, de la boîte de gâteaux de Hawking à douze ans, etc.Mais la suite, ces commentaires croisés de collègues chercheurs sur les thèmes chers à Hawking, est un régal et constitue un bon moment de littérature scientifique.Le secret de l\u2019Univers est mathématique Au début du siècle, trois théories sont venues bouleverser le monde de la physique: la relativité restreinte, la relativité générale et la mécanique quantique.«Jadis, on tenait pour évident que le temps s\u2019écoulait éternellement, indépendamment de ce qui arrivait; mais la théorie de la relativité a combiné le temps et l\u2019espace; elle a affirmé que tous deux peuvent être gauchis ou distordus par la matière et l\u2019énergie présents dans l\u2019Univers, rappelle le physicien.Notre perception de la nature du temps a donc changé: d\u2019un temps indépendant de l\u2019Univers, nous sommes passés à un temps formé par celui-ci, commen-te-il.Au surplus, la mécanique quantique a permis de présenter une vision différente de la réalité.D\u2019après cette vision, un objet ne possède pas une histoire unique mais toutes les histoires possibles.» Ce changement dans la façon d\u2019appréhender l\u2019espa-ce-temps de l\u2019Univers a rendu possible, selon lui, des réponses scientifiques à des questions séculaires sur la nature du temps, sur la réalité de l\u2019univers et sur.Dieu.«Je ne suis pas d\u2019accord avec l\u2019idée que l\u2019Univers est un mystère, écrit-il.Je trouve que cela ne rend pas justice à la révolution scientifique inaugurée il y a près de quatre siècles par Galilée et poursuivie par Newton.» En tout cas, les physiciens ont aujourd\u2019hui, de l\u2019avis de Hawking, éclipsé les philosophes des sciences qu\u2019il qualifie ni plus ni moins de «physiciens ratés».«Ils en sont toujours à débattre des théories scientifiques du début du siècle, comme la relativité et la mécanique quantique, et ils ont perdu tout contact avec les développements actuels de la physique».Les philosophes le lui rendent bien: il est accusé d\u2019instrumentalisme, de nominalisme, de réalisme, de positivisme, etc.«Peut-être ne sommes-nous pas condamnés pour l\u2019éternité à tâtonner dans l\u2019obscurité, admet Hawking, peut-être arriverons-nous à une théorie complète de l\u2019Univers.Dans ce cas, nous deviendrons effectivement Maîtres de l\u2019Univers», écrit-il.Mais il s\u2019agit là d\u2019un pari, bien sûr.Un pari de l\u2019intelligence humaine car comme le fait remarquer Fred Boyle, un des collègues de Hawking: «Il n\u2019existe aucune garantie que l\u2019univers soit construit de manière explicite pour répondre à nos critères d\u2019intelligence.» Véritable jongleur quantique, Stephen Hawking est souvent considéré comme un successeur d\u2019Einstein NOUVEAUTES RELIGIEUSES PAROLES DE PASSAGE Gwy Upoiote ______ PAROLES DE PASSAGE Guy Lapointe * 160 pages * 15,95 $ La Parole de Dieu est un chemin.Elle nous offre un passage qui permet une ouverture vers un ailleurs.C'est le sens du titre donné à ce recueil d\u2019homélies: Paroles de passage.Chaque événement célébré nous invite à ouvrir les impasses que la vie a pu créer.À L\u2019HEURE DE DIEU René Pageau * 376 pages * 19,95 $ Un recueil de prières, de réflexions, de méditations, d'oblations, de pensées, de rêves, de citations, de poésies; un «microcosme\" d\u2019éléments spirituels pour nourrir la réflexion quotidienne.A L\u2019HEURE DE DIEU PENSÉE SOCIALE CHRÉTIENNE ET DROITS DES ABORIGÈNES PT If r PENSÉE SOCIALE CHRETIENNE ET DROITS DES ABORIGÈNES Michael Stogre * 328 pages * 29,95 $ Enfin, une étude historique relatant l'évolution de la pensée sociale des papes sur les droits des aborigènes, depuis les sept derniers siècles.On y analyse les rapports entre la mission évangélisatrice de l'Église et les droits de la personne humaine.Un précieux document pour ceux que la doctrine sociale catholique intéresse, et ceux qui oeuvrent en pastorale auprès des peuples autochtones des Amériques ou d'ailleurs.LES POUVOIRS DANS L\u2019ÉGLISE Étude du gouvernement d'une Église locale: l\u2019Église de Québec Gilles Routhier * 528 pages * 29,95 $ Le pouvoir dans l'Église, un sujet très complexe et mal connu.Fruit d'un laborieux travail de recherche, cet ouvrage nous présente les résultats d'une enquête menée sur le fonctionnement du gouvernement d'un diocèse.On y découvre comment s'opèrent les processus décisionnels au sein de nos Églises locales actuelles.Un livre-réalité qui appelle i la réflexion.LES POUVOIRS DANS L'ÉGLISE Gai ta ncnwi -*- \u20acP EDITIONS PAULINES En vente chez votre libraire L\u2019Eco système DE SUPERMAN AU SURHOMME Umberto Eco, Grasset, 249 p.ALAIN CHARBONNEAU Qu\u2019est-ce qui fait donc courir Umberto Eco?Sémioticien armé jusqu\u2019aux dents, médiéviste féru de philosophie thomiste, chroniqueur amusé de nos mythologies modernes, pasticheur et «posticheur», inventeur du thriller biblio-historique, cet homme est un feuilleton vivant.Il y a du Fantômas dans sa façon de troquer la cape du créateur contre la toge du critique, du Monte-Cristo dans sa manière de faire front de tous les côtés à la fois, du Rocambole dans le regard chaplinesque qu\u2019il porte sur le monde.Sur la scène intellectuelle, ses livres constituent autant de coups théâtre qui apportent la promesse d\u2019un prochain épisode.Dernier rebondissement en date de ce passionnant sequal : De Superman au Surhomme, un recueil d\u2019articles consacrés à la littérature populaire sous ses formes les plus variées, du roman-feuilleton français à la BD américaine, en passant par le roman d\u2019espionnage anglais et les détectives de second degré que concoctaient à deux mains Borges et Bioy Casares.L\u2019aventure commence enl962, alors qu\u2019Eco, jeune universitaire fraîchement moulu, participe à un colloque tout ce qu\u2019il y a de plus sérieux sur «Démythification et image».Sujet de sa communication : Superman.Citations de Kant et de Sartre a l\u2019appui, le conférencier en herbe dissèque la temporalité et le schéma itératif dans les aventures de Clark Kent.Pour appuyer ses thèses, il a étalé sur une table la collection complète de ses comic books face à un parterre de philosophes éberlués et de sévères pères dominicains.N\u2019empêche : à l\u2019issue de la rencontre, on lui aura chipé plusieurs de ses albums.Le triomphe du sémioticien qui impose son objet d\u2019étude mettra du baume aux souffrances du collectionneur.A Superman vont venir s\u2019ajouter au fil des ans Rodolphe de Gerolstein, Monte-Cristo, Rocambole, A^athek, Tarzan, James Bond et d\u2019autres encore, tous héros de notre mythologie moderne et post-moderne qu\u2019Eco passe à la moulinette de la sémiologie et de la sociologie.C\u2019est cependant à un compatriote, Antonio Gramsci, que l\u2019auteur doit l\u2019idée-maitresse de son livre.Le philosophe marxiste, emprisonné sous Mussolini, avait en effet avancé que le surhomme avait peut-être «comme origine et mo- dèle doctrinal non pas Zarathoustra mais le Comte de Monte-Cristo d\u2019Alexandre Dumas».Origine paradoxale puisque le premier, de souche nationaliste et fasciste, prenait racine dans une littérature qui se voulait populaire et démocratique.L\u2019hypothèse a séduit Eco, qui s\u2019est alors employé à débusquer les enjeux idéologiques sous les récits en apparence les plus naïfs.Pour lui comme pour Marx et Engels, ce sont en fait toujours les mêmes questions qui se répètent : la littérature populaire ne nourrit-elle pas en sous cape la société qu\u2019elle vitupère en surface?Ne perpétue-t-elle par les injustices qu\u2019elle dépeint, en huilant la mécanique petite-bourgeoise qui les produit \u2014 ne serait-ce que par son succès?La morale réformiste qu\u2019elle défend \u2014 il faut que ça change mais dans un monde lui-même immuable et immobile \u2014 ne s\u2019accomplit-elle pas dans l\u2019«orgie» de redondance, de répétition et d\u2019itération qui caractérise sa structure narrative?Les réponses qu\u2019apporte Eco à ces questions sont toujours nuancées.Elles remettent parfois les pendules à l\u2019heure \u2014 sur Eugène Sue en particulier \u2014 mais surtout, elles ne mésestiment jamais leur objet.La littérature populaire est ici étreinte avec passion, sans aucune condescendance.Eco n\u2019est pas de ceux qui hurlent de rire en regardant Love Story : il préfère pleurer durant la séance pour mieux comprendre ensuite comment les larmes lui sont venues.En bon critique, il montre les limites de la littérature de masse \u2014 elles sont nombreuses \u2014 sans pour autant en négliger le génie \u2014 il est réel, il en décrit les structures essoufflées tout en exaltant le mélange de plaisir et de repos que l\u2019on peut tirer de leur «consommation».Bref, sous le savant austère s\u2019agite à chaque ligne l\u2019amoureux fervent,.«A l\u2019heure où j\u2019écris ces lignes, Superman est mort», constate Eco au terme de son parcours.La formule évoque ironiquement le constat clinique de la «mort de Dieu».Marx disait que les événements les plus tragiques de l\u2019histoire se répètent toujours sur le mode de la bouffonnerie.Peut-être la mort de Superman n\u2019est-elle en somme que cela : la mort de Dieu, jouée à nouveau au Grand-Guignol.Avec Umberto dans le rôle du croque-mort ironique, qui s\u2019amuse à clouer le cercueil des idoles dont nous ne cessons depuis un siècle d\u2019annoncer le crépuscule.Le triomphe du sémioticien qui impose son objet d\u2019étude mettra du baume aux souffrances du collectionneur.La rencontre de deux âmes SUR LA ROUIE DE MADISON Robert James Waller, Albin Michel 1993, paru aux États-Unis en 1992 CAROLE COSTO Sur la route de Madison est le premier roman de Robert J.-Waller, 54 ans, photographe et professeur a l\u2019Université du Nord Jowa.Il avait auparavant publié deux essais.Paru aux Etats-Unis en 1992, Sur la route de Madison s\u2019est maintenu en tète des best-sellers américains tout au long de la dernière année et fut retenu par le New York Times comme le meilleur roman paru en 1993.Il se lit d\u2019un trait, nous subjugue par la force des personnages et vainc rapidement notre première réticence éprouvée a lire un «roman d\u2019amour».Ije décès de leur mère Francesca amène Carolyne et Michael à se réunir pour une dernière fois à la maison familiale dans l\u2019Iowa.Tristement, ils parcourent les carnets dans lesquels elle avait soigneusement relaté une partie de sa vie jusque-la gardée secrète; plus de 24 Lins de silence sur un événement qui l\u2019a transformée.Bouleversés par ce qu\u2019ils découvrent et touchés par le soin immense qu\u2019a pris leur mère à les protéger malgré l\u2019appel de l\u2019autre homme qu\u2019elle a tant aimé, Carolyne et Michael désirent lui rendre un dernier hommage.A leur demande, un (\u2022cri-vain reprendra l\u2019histoire de Francesca Johnson et Robert Rincard pour en faire Sur la mute de Madison.C\u2019est le hasard qui amène Robert Rincard, photographe, à frapper à la porte des Johnson un matin d été 1969, dans le comté de Madison.Francesca était seule à la ferme pour quelques jours.Connaissant bien le pont Roseinan que cherche cet étranger, elle accepte de l\u2019y conduire.Rien ne les destinait vraiment à cette rencontre, chacun évoluant dans des mondes si différents.Mais dès qu\u2019ils échangent les premières paroles, Robert et Francesca savent que le cours de leur vie va changer.Que leurs repères habituels se modifieront.Ils basculent vers l\u2019irrémédiable et en sont conscients.Très rapidement, ils communiqueront avec cette profondeur de leur être qui guide les respirations, les gestes, la voie.Se transcende alors leur unité pour se conjuguer en nous.La légèreté s\u2019efface de leur vie.Jamais plus ils ne seront désinvoltes.Ils se virent donc intensément et pleinement jusqu\u2019à l\u2019aube du quatrième jour, repoussant leurs propres frontières.Puis, douloureusement, ils renonceront à poursuivre leur relation par respect.Avec retenue et décence \u2014 valeurs rares dans la littérature contemporaine, ils reprendront leur route.Ils s\u2019aimeront toujours et, nonobstant cette séparation, ils demeureront unis par la pensée et le coeur sans jamais s\u2019étreindre de nouveau.S\u2019isolant graduellement du monde pour raviver leurs souvenirs, leurs gestes chercheront à ramener l\u2019autre dans sa vie quotidienne, à trahir l\u2019absence de l\u2019aiméfe).Ils mourront a quelques années d\u2019intervalle, épuisés de ne pas avoir été ensemble, mais toujours aussi convaincus qu\u2019ils s'appartiennent.leurs âmes se retrouveront finalement, au |x>nt Roscman.dansant au son d\u2019un sax coulant.Sur la mute de Madison est écrit d\u2019une façon résonnante.et quelque peu à contre-courant.Il est à la fois moderne et ancien, intime et universel.Clémence, première manière CLÉMENCE DESROCHERS Tout Clémence, Tome 1:1957-1974 VU1 éditeur MARIE-HÉLÈNE A LA R1 E LE DEVOIR Le monde aime mieux Mireille Mathieu?Oui, enfin, peut-être, bref tous les goûts sont dans la nature.H y en a, par contre qui préfèrent Clémence Desrochers.Pour ceux-là \u2014 et ils sont nombreux \u2014 VLB vient de publier un recueil des premiers textes de Clémence Desrochers, soit ceux écrits de 1957 à 1974.\t\u2019 Bien connue du public grâce à ses monologues à résonnances sociales, Clémence Desrochers est une des premières humoristes au Québeé.Sa carrière a même commencé bieh avant celle dYvon Deschamps car il y a plus de trente ans qu\u2019elle fait rire.Ce recueil publié dans la collection «\u2018Chansons et monologues» contient aussi quelques nouvelles, des lettres, des comédies musicales et des poèmes.On y retrouve bien sûr les premiers monologues de Clémence et toutes les chansons de cét-te époque.Une tendresse à couper le souffle s\u2019en dégage.Dans «Le monde soiit drôles», les premières nouvelles de Clémence, on retrouve «La ville depuis.lettres à T.».Cette correspondance nous laisse découvrir un'immense chagrin: la perte d\u2019un amant et la maladie mortelle d\u2019une mère.Clémence dira: «Je n\u2019ai pas su garder un amour vivant et je dois vivre avec la mort de quelqu\u2019un (jtiè j\u2019aime».Ces lettres écrites à la jfrè-mière personne n\u2019étaient pas dèàfi-nées à celui que Clémence appelle T., elles constituaient finalement un besoin de fuir la mort et un «semblant de suite» à une histoire d\u2019amour bel et bien terminée.Toütés les phrases quelles contiennent Sont étonnantes par leur simplicité.Aucun artifice ne vient voiler la douleur éperdue d\u2019une femme et d\u2019une fille.1 Marcel Dubé signe une fort belle préface au recueil de poèmes\", êt chansons Sur un radeau d'enftiM.Dans un long hommage il dépelât très bien Clémence: «11 y a des êtres malheureux qui font rire, tu eus l\u2019instinct de le comprendre, mais mçrne si tu nous fis nous esclaffer, tu réùfe-sis du même coup à nous toucher vraiment.» Des thèmes puisés ddris le quotidien de Clémence formerit la structure de Sur un radeau d\u2019enfant, des poèmes dédiés à sa mère', son père, à ses neveux et nièces, des vers qui nous parlent de la vie, de l\u2019amour et de la mort, mais aussi de la beauté et de sa sérénité de la nature ou Clémence tente d\u2019apaiser sa souffrance.Des chansons comme La .vie dfactrie et 1m ville depuis parviennent à nous bouleverser tandis qqe L\u2019enfant de Marie et Im danseuse espagnole nous dérident.Aujourd\u2019hui il est pratiquement impossible de retrouver un enregistrement de Les girls ou encore de La belle amanchure.Heureusement les écrits restent.Souvenez-vous Les girls regroupait Diane Dufresne, Paule Bayard, Louise La traverse, Chantal Renaud et bien entendu Clémence.Quelques uns auront eu la chance de voir cette revue où les problèmes de la femme subissaient le traitement bien particulier de Clémence.A la lecture des textes et avec de l\u2019imagination, on peut deviner toute l\u2019énergie dégagée par ces cinq filles.Après Les girls, Clémence écrit La belle amanchure.Cette comédie sur le couple, présentée dans les boîtes à chanson, mettait en Vedette, tenez-vous bien: René Angélil et Pierre Labelle! Par la suite Clémence laisse de côté la formule «revue» pour produire à nouveau des nouvelles: J\u2019ai des p\u2019tites nouvelles pour vous autres.Dix nouvelles possédant chacune leur dose de drôlerie et de tristesse, cet heureux mélange dont Clémence connaît le secret.Ixi rire et Clémence vont de pair, c\u2019est pourquoi ses textes humoristiques ont du mal à vivre sans él)é, c\u2019est à dire qu\u2019à les lire on a envie q\u2019pp-tendre la voix de Clémence dans tOOtc son exubérance.Les autres texjtêh, ceux qui nous font pleurer et qiltin connaît moins, nous donnent envié ije lui dire au creux de l\u2019oreille qii I M A N t Il K 11 O .1 A X V IKK I I» !l I I TOURISME CASINOS La route du jeu.tranquille Entre les temples du jeu de Las Vegas et d'Atlantic City et les casinos à l\u2019européenne, de petites villes américaines ont adopté une formule bien originale Le somptueux Président, un casino flottant construit en 1933 et classé monument historique.iMiïïf tiilifiiirffllïillii MI ¦ Il SI II i ,\t: , AIM An *¦ tttcL inirPTrcC JACQUES COULON Dans la rue principale de Deadwood, le Saloon No 10 est ouvert jour, et nuit.Le plus ancien de tout l\u2019ouest de l\u2019État, il n\u2019est qu\u2019un des quelque 40 établissements où il est possible de jouer dans cette petite ville de 2000 habitants.Sa façade aveugle, faite de planches inal polies, n\u2019a pourtant rien de bien attrayant.La raison de sa popularité est ailleurs: ici fut assassiné, le 2 août 1876, Wild Bill Hiçkok, l\u2019un des personnages les plus controversés de l\u2019ouest légendaire.Guide, espion pour les fédéraux durant la guerre de .Sécession, cow-boy et conducteur de diligences, il participa aux guerres indiennes, devint l\u2019ami du général Custer et de Buffalo Bill.Marshal de plusieurs «cow towns», il débarrassa de ses hors-la-loi la plus dépravée de toutes, Abilene, au Kansas.Bref, Wild Bill qui avait connu tous lesi périls se fit descendre comme un novice.Bêtement, pai; inadvertance.A Deadwood, le souvenir d\u2019Hickok est partout présent, et pas seulement en photos.Il y a le Hickok\u2019s (poker, blackjack, machines à sous), le Wild Bill\u2019s Bar, le Best Wes-, tern Hickok House.Un salon de coiffure et un terrain de camping portent son nom.Au cimetière du mont Moriah, sa tombe et celle de Calamity Jane attirent les curieux.Deadwood est fréquemment citée en exemple pour avoir réalisé un spectaculaire redressement en un peu plus de trois ans, depuis que le Dakota du Sud autorisa la .tenue de jeux en novembre 1989.«Il y a 10 ans, nous confiait un propriétaire de restaurant, on aurait pu tirer des coups de fusil dans la rue principale sans craindre de (pocher personne! Maintenant, on a du monde même en .hiver».L\u2019ensemble des activités touristiques a rapporté .plus d\u2019un milliard de dollars, ce qui a permis de consacrer 60 millions à de nouveaux aménagements (dont un .parc public, le parc Hickok.) et à la rénovation d\u2019anciens édifices supervisée par la Deadwood\u2019s Historic Preservation Commission.Pendant longtemps, le jeu clandestin plus ou moins toléré fut l\u2019une des principales activités de cette communauté minière sur le déclin.Jusqu\u2019à ce que le gouvernement de l\u2019État prenne les grands moyens et fasse bou-eler les tripots (en 1947).Deadwood, où trois mines d\u2019or ; restent en exploitation, dont la population était passée de plus de 4000 habitants en 1960 à environ 1700 en 1988, en compte maintenant plus de 2000.Ic cause de ce miracle soudain?Gaming, sir, gamingl ou, comme on dit souvent, soft, clean gambling., Sensiblement la même clientèle que celle qui fréquente les bateaux de croisière dans l\u2019Iowa, l\u2019Illinois et le Missouri.Pas de crime organisé ni de gros parieurs.C\u2019est du moins ce qu\u2019affirme Sandy Snyder, secrétaire de la , Chambre de commerce.Derrière la «renaissance» de Deadwood, il y a un homme, plus exactement un groupe , d\u2019hommes d\u2019affaires locaux présidé par l\u2019hôtelier William Walsh.Ex-animateur de télévision, ex-candidat au poste de lieutenant-gouverneur du Dakota du Sud, Walsh, un optimiste de nature comme il se définit lui-même, est propriétaire du Franklin Hotel construit en 1892 et restauré à grands frais.Au Dakota du Nord À l\u2019exception des bingos classiques et du casino de la réserve indienne de Belcourt, le jeu est peu développé dans l\u2019État voisin du Dakota du Nord.De Fargo à Medora (près de la frontière du Montana), on trouve un casino dans plusieurs hôtels.Dans la plupart des cas, il s\u2019agit d\u2019une salle toute simple où l\u2019on peut jouer aux cartes et aux machines à sous.Plus à l\u2019ouest, Medora, petite localité qu\u2019un développement touristique intelligent a transformée en centre estival actif, ne compte que trois «saloons» possédant des machines à sous.Fondée en 1883 par Antoine de Vallom-brosa, marquis de Morès, Medora marque l\u2019entrée sud du Parc national Theodore Roosevelt.Laughlin, au Nevada, est un autre exemple de réussite, mais personne ne sait pour combien de temps.Dans cette toute jeune localité, bâtie à la hâte en bordure du fleuve Colorado à partir de 1966, le Riverside Casino Hotel et le Flamingo Hilton refusent du monde.On y joue 24 heures par jour, en principe du moins.«C\u2019est comme Las Vegas il y a 30 ans», nous confiait une dame âgée originaire du Missouri.Comme à Deadwood et dans plu- sieurs petites localités du Colorado, la bière à la pression, les boissons gazeuses et le café sont gratuits pour les joueurs.Malgré ces largesses, les promoteurs savent bien qu\u2019ils feront quand même des profits! Black Hawk, Central City, Cripple Creek, vieilles villes minières du Colorado dont la population avait fondu comme neige au soleil, misèrent à fond sur le jeu pour remplir les coffres municipaux pratiquement à sec, créer de l\u2019emploi, permettre la réalisation de travaux publics pressants et préserver les «bâtiments historiques».Plus d\u2019un an après la légalisation des jeux, Central City compte 24 casinos et 400 machines à sous.En une seule journée de juillet dernier, on y a accueilli près de 4000 visiteurs venus de tous les coins du Colorado et des États limitrophes.L\u2019industrie du jeu aurait créé quelques 4000 emplois dans ces trois villes et, pour les huit premiers mois de 1992, généré des revenus frisant le milliard.Avec 227 habitants en 1989, Black Hawk était sinon moribonde.Aujourd\u2019hui, grâce à ses 22 casinos, ses hôtels et motels, la vie reprend.Vingt-huit pour cent des taxes prélevées par l\u2019Etat du Colorado alimentent un fonds spécial pour la préservation et la rénovation de lieux et bâtiments historiques.Pour les municipalités, qui reçoivent aussi une partie des taxes, la vraie mine d\u2019or, c\u2019est ce que rapportent les permis délivrés pour les tables de jeux et les machines à sous.Plus de 4 millions $ par année, à Central City, soit environ 75% du budget courant.Rien détonnant à ce qu\u2019une douzaine d\u2019autres localités viv:uit de plus en plus difficilement songent au jeu comme unique moyen de se refaire une santé, La multiplication des établissements de jeu n\u2019a-t-ellp donc qu\u2019un effet bénéfique?Pas pour tout le monde.A Deadwood comme à Central City ou Imighlin, il y a les éternels râleurs, ceux qui auparavant se plaignaient d\u2019une situation sans issue.«Maintenant, toute l\u2019économie locale est basé e sur le jeu avec tous ses inconvénients».Ces inconvénients sont les mêmes partout: augmentation des taxes et de la valeur des propriétés, disparition des petits commerçants, baisse du «tourisme familial», multiplication des terrains de stationnement et, l\u2019été surtout, la horde des visiteurs.Créer de l\u2019atmosphère Mais les petites villes minières de l\u2019ouest n\u2019ont pas été les seules à voir dans l\u2019ouverture de casinos un moyen de restaurer l\u2019économie défaillante.On ne refait pas le coup de Las Vegas, disent les nouveaux promoteurs.On ne construit plus des casinos-hôtels en plein désert en espérant qu\u2019une ville se développera autour.Implanté dans une localité sans intérêt, un casino ne la rend pas automatiquement irrésistible.Ce qu\u2019il faut faire, c\u2019est créer une atmosphère, présenter des spectacles bon marché, des attractions qui plaisent, en somme trouver une façon originale de promouvoir les jeux.C\u2019est ce que l\u2019on fait avec un certain succès, depuis plus de deux ans, sur une partie du Mississippi ou une douzaine de bateaux ont pris du service et font escale \u2014 l\u2019été surtout dans des villes portuaires Les tarifs des croisières à bord du somptueux President (construit en 1933 et classé monument historique) ou des Diamond Lady et Emerald iMdy, basés à Bettendorf, varient de 16,95 à 40 $ environ selon le bateau choisi et comprennent de copieux déjeuners ou dîners.Le Casino Belle, lancé le 2 avril 1991 dans le port de Dubuque, peut accueillir 2500 personnes.On y trouve 500 machines à sous et 26 tables de jeu.Jadis, on jouait beaucoup sur le plus grand fleuve américain.Les premiers steamboats apparurent en 1811-1812, et vers le milieu du siècle dernier, ils étaient environ 3000 sur le Mississippi et ses affluents.Non seulement transportaient-ils les marchandises et les gens, mais ils apportaient aussi le courrier, les journaux, des nouvelles des communautés riveraines.Depuis quelques mois toutefois, les affaires ont fléchi pour plusieurs casinos flottants.La clientèle des retraités fait plus attention à ce qu\u2019elle dépense.Et puis, la récession a rejoint \u2014 depuis un certain temps déjà \u2014 bien des petites localités du Middle West qui vivent principalement des communautés rurales environnantes et d\u2019une ou deux industries principales.Quelques bateaux ont été relocalisés plus au sud, près d\u2019agglomérations plus importantes et, croît-on, plus prospères.En attendant que la reprise tant annoncée relance l\u2019industrie du tourisme et des loisirs.mmmmmma LES COULEURS DU GUATEMALA Circuit de sept jours accompagné en français, plus séjour au Costa Rica de sept jours.Visite des sites enchanteurs tels que: ?TIKAL, ANTIGUA, CHICHICASTENANGO, LAC ATITLAN.GUATEMALA CITY A SAN JOSE, ELTUCANO, PUNTA LEONA Où la légende du passé salue le présent m 1 A Assistance de nos guides locaux.; A Départ le 13 mars 1994 l A Le prix: 2399,00 $ taxes incluses (sièges limités) Présentation le 2 février 1994 Demander Lucie ou Pierre au 948-4828 Tour Tico Inc.* Oj^pjjJL Les spécialistes de l\u2019Amérique du sud 4340, rue Saint-Denis Montréal (Québec) H2J 2K8 600, Jean-Talon est Montréal (Québec) H2R 3A8 L\tTél: 849-1419\tTél: 948-4828\tPermis du Québec p \t\t\t J aaWdeNeiae 0EWlntei1iide] Tout prêt! \u2022\tStudios, suites d\u2019une et de deux chambres à coucher \u2022\tCuisines entièrement équipées \u2022\tPiscine intérieure et centre de conditionnement physique \u2022\tStationnement souterrain \u2022\tEnfants de 18 ans ou moins denfeurent gratuitement dans la suite de leurs parents \u2022\tService aux chambres et restaurants Tout près! \u2022\tPatinage sur le canal Rideau \u2022\tMusées des Civilisations et des Beaux Arts \u2022\tSki alpin et ski de fond dans le parc de la Gatineau L'escapade de fin de semaine à Ottawa! À compter de 93?par nuitée* ^Occupation simple ou double.Vend./Sani./Dim.Sujet à la disponibilité.PLACE mal Réservations: 1-800-267-3377 (613) 782-2350 À deux pas de la colline parlementaire t > 433 ouest avenue Laurier.Ottawa.(Ontario; KIR 7Y1 (613) 232-2200 I I to PORTUGAL MTS QUE U HER MW 04 7 \\°U,S 7 66 ï :!!> Montréal \u2022 Auto 7 jours \u2022 Aparthotel fl nuits).1 1\t°ntactez votre agent de voyages Montréal* Autour V nuits), Lisbonne (1 nuit).U \\ovits AA9b S à 1877 $ * \u2022 Montréal > Porto x Faro > Montréal \u2022 Auto 13 jours UcLqernenï.13 nuits dons des chateaux et des auberges! \u2022 Petit déjeuner\t., .J.***?* tev®\"\tpïonéto\"on4e luto comprend kilométrage illimité, qssuton^^.\u2019Prix par pers.ott double, jusqu\u2019* 16 moi 94, selon dole de départ.Joules taxes induses.Perm's du Québec Girassol AIR PORTUGAL i) m I.K I) K V OIK.I.K S S A M K I) I 2 !l K T |> I M A X < Il K II II .1 A X V I K It I II II I Cent ans de recul pour dix jours de fête Le Carnaval-Souvenir de Chicoutimi K X C U R S I O N À pleine musique à Vienne Le Carnaval-Souvenir de Chicoutimi débuta en 1961.De fois en fois, sa mémoire remonte cent ans en arrière: cent ans de recul pour dix jours de fête.Selon son ton-dateur, Robert Quenneville, il est «un rappel des scènes d\u2019antan, une dentelle de réminiscences chères à notre coeur; c\u2019est le témoignage d\u2019un peuple qui a gardé l\u2019amour de ses aïeux».Pour sa 34e édition, du 10 au 20 février, le Carnaval a retenu comme thème le téléphone.En 1894, les frères Pierre-Alexis et Joseph-Dominique Quay ont implanté le premier système de téléphone public a Chicoutimi.Ce fut toutefois en 1879, trois ans après son invention, que cette technique qui révolutiona le monde tut expérimentée au Séminaire de Chicoutimi.Un retraité de Bell et résident de la région.Roger Ixtler-rière, incarnera cette année P.A.Guay, le personnage historique du C arnaval, et une exposition d\u2019anciens appareils et de photos du siècle dernier se tiendra au centre commercial Place du Royaume.Pour le reste, les encans, le chantier du père Alex, les repas et danses d\u2019autrefois, le village d\u2019antan, l\u2019opérette et le Cancan, les procès à l\u2019ancienne, les soirées de monsieur Marcellin, la course des portageurs, le thé des grosses madames, l\u2019arrivée des bûcheux, les gens de la ville et des environs habillés à l\u2019ancienne feront encore partie du décor.Mais les aïeux si chers à Robert Quenneville auront quelque peu mal aux os.Découverte de l\u2019histoire ou téléscopage du temps?Le Carnaval accueillera, le 13 fé- Les fêtes et repas d\u2019autrefois sont au menu de ce carnaval.PHOTO REAL TREMBLAY Le Carnaval de Chicoutimi est un rappel des scènes d\u2019antan.vrier, rien de moins qu\u2019un Défi-Motoneige, une course d\u2019accélération de motoneige dûment sanctionnée par le Circuit d\u2019accélération de motoneiges du Québec (CAMQ), où des amateurs, semi-professionnels et professionnels se partageront plus de 10 000$ en bourses.Progrès quand tu nous tiens! Déjà que le Carnaval frétait plus ces récentes années ce qu\u2019il a déjà été.Tours Chicoutimi offre un forfait de trois jours incluant, pour 128$ par personne (taxes incluses, en occupation double), deux nuits dans un hôtel de Chicoutimi, deux petits déjeuners des Placoteux, un dîner au chantier du père Alex, un spectacle de Cancan et une soirée chez Marcellin.Renseignements: Corporation touristique de Chicoutimi, 1-800463-6565.Et à Jonquière tout à côté Plus de 120 sculptures distribuées par toute la ville, quelque 300 participants regroupés dans six concours, une Cité des sculptures et cette année, pour une première fois, un Symposium de sculpture sur neige: du 18 au 27 février, cette voisine de Chicoutimi tiendra Jonquière en neige qui fêtera alors son dixième anniversaire.L\u2019événement a attiré \u2014 il faut le faire! \u2014 225 000 en 1993.Pour ses organisateurs, le Symposium 94 sera l\u2019occasion de réunir des «intervenants en art contemporain (professeurs d\u2019art, étudiants, critiques d\u2019art) afin que la sculpture sur neige puisse être reconnue comme un apport à l\u2019art contemporain et plus particulièrement à l\u2019art éphémère».Renseignements: Jonquière en neige, (819) 695-1769.De la pêche blanche et un colloque À La Baie, il est un musée dit du Fjord qui s\u2019intéresse, bien sûr, au Saguenay et aux 54 variétés de poissons qui y vivent, dont le sébaste, l\u2019éperlan, la morue, le flétan du Groenland et même le requin du Groenland.Un Safari pêche blanche propose sur la glace de la grande entaille des forfaits de pêche à partir de 40$ par cabane pour quatre personnes.La ville sera l\u2019hôte, les 22 et 23 février, d\u2019un colloque sur le tourisme hivernal (le deuxième du genre) ayant pour thème Organisation et pratique du produit touristique hivernal: conférences, panels et ateliers sur les festivals d\u2019hiver, la pêche blanche, la motoneige, le tourisme d\u2019aventures douces, etc.Renseignements: ¦\tVille de La Baie, a/s Ixtngis Bouchard, (418) 544-6851.¦\tAssociation touristique du Saguenay/Lac-Saint-Jean, (418) 543-9778.NORMAND CAZELAIS Dans la grasse plaine du Danube, au milieu de ses collines nourries de vignobles, au confluent de cultures venues des quatre points cardinaux, longtemps protégée par les puissants de ce monde, Vienne est devenue lieu et terre de musique.L\u2019empire austro-hongrois n\u2019est plus qu\u2019un souvenir, François 1er et tous les Habsbourg ne durent que figés dans leurs statues de pierre, mais la musique vit toujours.C\u2019est un sang, une passion.Y écouter de la musique en plein air ou en des murs vénérables qui ont entendu Mozart, Strauss, Schubert et combien d\u2019autres jouer eux-mêmes leurs oeuvres donne, je dirais, un supplément d\u2019âme.La programmation musicale, cette année, poursuit cette continuité.Les Concerts viennois façon Mozart Le Wiener Mozart Orchester donne des concerts comme au temps du beau Wolfang, avec une trentaine de musiciens et des solistes de calibre international en costumes d\u2019époque.Symphonies, arias et duos tirés de La Flûte enchantée, des Noces de Figaro et de Don Giovanni, seront présentés à la Grande Salle du Konzerthaus, à la Salle dorée du Musikverein et dans la Salle d\u2019apparat de la Hofburg qui fut résidence impériale.Les 2 et 3 avril et du 4 mai au 29 octobre, à 20hl5.Location sur place ou par correspondance: Wiener Mozart Orchester, A-1030 Vienne, Lothringerstrasse 20, Autriche, (43-1) 713-99-510/713-99-53 (télécopieur)/ 713-99-510 (avec carte de crédit).Concerts de valse et d\u2019opérette Tous les mardi et samedi, l\u2019Orchestre de la Hofburg interprète, sous la direction de Gert Hofbauer, les airs célèbres de la Veuve joyeuse, de la Chauve-souris, du Baron tsigane, alors que tous les mercredi et jeudi leur succèdent des extraits d\u2019opéras de Mozart et des valses de Johann Strauss.Dans les salles du palais de la Hofburg et au Konzerthaus, du 2 avril à la fin octobre, à 20h30.Location sur place ou par correspondance: Agence musicale Hofbauer & Pflamitzer, A-1040 Vienne, Margaretenstrasse 3, (43-1) 587-25-52/58743-97 (télécopieur).Festival du printemps de Vienne Consacré aux oeuvres des grands compositeurs tchèques (Dvorak, Smetana, Janâcek, Martinu, Ullmann), ce festival fera entendre l\u2019Orchestre Philarmonique de Vienne, l\u2019Orchestre Symphonique de Vienne et la Philanno-nie Tchèque ainsi Philip Langridge dans un récital de chant et le pianiste Anatol llgorski.Au Konzerthaus, du 6 au 27 avril, à 19h30.lo- cation sur place ou par correspondance: Wiener Konzerthaus, A-1030 Vienne, Lothringerstrassq 20.(43-1) 712-12-11/712-12-114 (télécoj pieur)/712-12-l 1 (avec carte de crédit).La Fête de la musique au festival de Vienne L\u2019Orchestre Philarmonique et l\u2019Orchestre Symphonique de Vienne, l\u2019Academy of St.Martin in the Fields, le Chicago Symphony Orchestra, ht Philarmonie de Berlin avec, au pupitre, Claudio Abbado, Riccardo Muti, Daniel Barenboim et Seiji Ozawa interpréteront, entre autres, Le Requiem de Verdi, Les quatre saisons de Vivaldi, le IXe Symphonie de Malher, la Symphonie Héroïque de Beethoven, la Grande Messe de Jean-Sébastien Bach.A la Salle Dorée du Musikverein, du 8 mai au 12 juin.Location sur place ou par correspondance: Wiener Musikverein, A-1010 Vienne, Bôsen-dorferstrasse 12, (43-1) 50381-90/505-94-09 (té» lécopieur)/505-81-90 (avec carte de crédit).Klangbogen Wien De juin à septembre, le cycle musical du Klangbogen transforme Vienne en une salle de spectacles: ¦\tConcerts de Marie-Thérèse dans la Grande * Galerie du château de Schonbrunn: quatuors à cordes de Schubert et d\u2019Emst Krenek; ¦\tClassiques de Mozart et Haydn dans l\u2019Arka-denhof (ou cour à arcades) de l\u2019hôtel de ville (en alternance avec les concerts de Schrammel- ¦ musik à l\u2019heure du Heuriger \u2014 accompagnés de dégustations de vin): ¦\tConcerts aux chandelles et valses sur la terr-sasse à l'hôtel du château de Wilhelminenberg, ¦ devant le panorama nocturne de la ville; ¦\tConcerts d'oeuvres de Schubert dans sa maison natale et à l'église de Lichtental où furent exécutées pour la première fois la plupart de ses messes; ¦\tFête baroque dans le parc du château de Schôbrunn, avec toute la pompe des années 1750 et festin servant les spécialités culinaires préférées de Marie-Thérèse (date à déterminer).Du 18 juin au 9 septembre.location sur place ou par correspondance: Klanbogen Wien (Mû-sik-Sonner), A-1080 Vienne, Laudongasse 29.(43-1)\t4000-84-10/4000-72-12 (téléco- pieur)/4000454-10 (avec carte de crédit).1 - \u2019 *¦ \\ * ( Fête du jazz à Vienne Musique à tous les diapasons, ce festival propose du jazz à l\u2019Opéra National de Vienne! Au moins 50 concerts différents sont au program- ¦ me: Brubeck, Stéphane Grapelli, B.B.King, Niana Simone et compagnie.Du 1er au 15 juillet, débuts des concerts entre 18 et 21 h.Location sur place ou par cor-' respondance: Kkmgbogen Wien A-1080 Vienhe, Laudongasse 29.(43-1) 4000-84-10/4000-72-\u2022 17/(43-1) 4000-84-10 (avec c;ule de crédit).HÉBERGEMENT en région REIAIS& annwessalre RELAIS & CHATFAUX La fine fleur des maîtres hôteliers.40 ans d\u2019excellence CHARLEVOIX / CAP À L\u2019AIGLE LA PINSONNIÈRE: Lauréat de la gastronomie - Grands prix du tourisme 93, Sous un même toit, un somptueux relais de campagne, un grand restaurant et une cave exceptionnelle.27 chambres dont plusieurs avec foyer et baignoire à remous double.Piscine intérieure, sauna et massothérapie.A proximité du Mont Grands Fonds.Nombreux forfaits, les 24,25 et 26 février : la cuisine de Provence.Chef invité : M.Hervé Quesnel, une étoile Michelin, de la Résidence de la Pinède de St-Tropez en Fiance.(418) 665-4431,télécopie: (418) 665-7156 LAURENTIDES HÔTEL-RESTAURANT LEAU-À-LA-BOUCHE La Table d'Or des Laurentides et la Table de Bronze au Grand Prix National de la Gastronomie 1993.Vue sur pistes de ski éclairées.Foyers, tourbillons disponibles.Les plus belles chambres de la région.Du 22 au 26 février, la cuisine de Richard Ccutenceou de La Rochelle, Forfait ski, anniversaire et affaires.Spécial sur semaine du dimanche au jeudi à partir de 4760 $ par personne, par nuit, occ.double, chambre salon, petit déjeuner complet et service inclus.\tTél.sans frais de Mtl 514-227-1416.514-229-2991.MONTÉRÉGIE / SAINT-MARC-SUR RICHELIEU HÔTELLERIE LES TROIS TILLEULS À St Marc sur Richelieu.Une hôstellerie paisible et confortable, dans une demeure d'un autre âge, sur le bord de la rivière Richelieu et où le personnel n'a qu\u2019un seul désir : satisfaire.Lauréat national «Mérite de la Restauration».Nous avons différents forfaits à vous proposer.584-2231 ESTRIE / NORTH HATLEY AUBERGE HATLEY: Premier Grand Prix National de la Gastronomie 1993.«La Table d'Or» du Québec, \\ cave à vin remarquable.25 chambres dont plusieurs avec foyer et/ou bain tourb.Vue panoramique sur le lac Découvrez les plaisirs de l'hiver.50km de pistes de ski de randonnée à partir de l'auberge.À proximité: ski alpin, patinoire, etc.Forfaits 1 week-ends à partir de 87.50 Sp.p en occ.dble/1 jour.Informez-vous de nos 1 spéciaux en semaine 24, 25, 26 février '94: les brillantes spécialités Troisgros: Michel Troisgros et son équipe seront à l'Auberge Hatley.Tél.: (819) 842-2451 MONT SAINTE-ANNE (^Auberge La Lamarine ) ~ nuits, un soupef gorr-ev ce.,x montagre.à partr de 149 00 S ipe \u2019(.r rond < Hôtellerie Champêtre Auberges et Hôtels du Québec Vous faire plaisir, c\u2019est dans notre nature! LAURENT! Dfit S HÔTEL LA SAPINIÈRE \u2014 (Laurentides au nord de Montréal) \u2014 Lac \u2014 1 heure de Mtl \u2014 70 chambres - cuisine raffinée \u2014 prestigieuse cave à vin - sports de saison \u2014 FORFAITS SUR SEMAINE ET FIN DE SEMAINE - TÉL: 800-567-6635 ou 819-322-2020 - FAX: 819-322-6510 -1244 chemin La Sapinière, Val David (Québec) JOT 2N0 HÔTEL L\u2019ESTÉREL - «Nos chiens Huskys Sibériens sont attelés aux traîneaux et s'impatientent.85 km de pistes de ski de fond fraîchement entretenues parsèment lacs et montagnes notre guide de motoneige vérifie en détail le parcours de la journée.le chasse-neige déblaie notre patinoire olympique et notre piste de 6 km.les moniteurs de ski alpin s'informent des conditions de neige.des mongolfières colorent l'immensité blanche duLac Dupuis.à l'intérieur, une clientèle enthousiaste se prépare pour l'aventure blanche: voilà un matin typique d'une journée plus qu'organisée à l'Hôtel L'Estérel».Cet hiver, venez vivre l'ultime aventure blanche! (514) 228-2571.Sans trais de Montréal: 866-8224.Téléc.: 228-4977.LANAUDIÈRE AUBERGE DE LA MONTAGNE COUPÉE\t* * * * Pour les amants de la nature, du calme et de la gastronomie.Auberge de grand confort avec vue panoramique sur les Laurentides et la Vallée du St-Laurent (4 belvédères), accès à plus de 86 km de ski de fond entretenus, la célèbre école de ski de fond, 6 km de sentiers de marche, patinoire éclairée, piscine int., saunas, salle de jeux et billard 50 chambres luxueuses dont 12 avec ban tcurb\u2019i'on double et foyer.Excursion en traîneau à chiens (massothérapie disponible).Forfait PAM à partir de 72$/pers./jr/occ double 6 St-Jean-de-Matha (1 hre de Mtl).1-800-363-8614 C H A R L E V O I X # 1 Offrez vous la féerie de Charlevoix l'hiver, dans une Auberge réputée pour sa haute gastronomie, la vue spectaculaire sur le fleuve, et le confort douillet de ses chambres (la majorité avec bain tourbillon, salon, foyer, balcon).P.A.M.à compter de $87.50 p.pers., occ.double FORFAIT SKI ALPIN OU DE FOND Massif et Grands-Fonds.Aussi FORFAIT MOTONEIGE\t^ ^ 8-665-3731 Un nouveau réseau hôtelier unique ¦ Hôtellerie et prestigieux des meilleurs auberges Champêtre et hôtels de villégiature au Québec.Aulinpi ft Hôte U du Qutkrt\tXU CHARLEVOIX aubcrqc la maison UJlis FORFAITS prxr uceotonnei en serrxxne et fin de semome à dot*- de 65 S p p (PAM) par jour.occ.dbi 30 chambres toutes catégories Salle à manger éaTée.4 fleurs de lys et A fourchettes Psone ¦nté'eure.sauras, ban tourtjüon BcPe o chonson C°ntre de sont®-beouté Boutique d ort.Au coeur du Boe St-Paul trs'ove 23.rue Sor* écr-3af s:e.Bae Sort-Pou* MU) *35-2255 MONIQUE VFRREAULT 985-3314 OFFREZ-VOUS UN SEJOUR CHEZ LA FAMILLE DUFOUR BEAUPRE / MONT SAINTE-ANNE HOTEL VAL-DES-NEIGES Centre de villégiature de congrès situé ou pied du Mont Sainte; Anne.110 chambres de luxe, cuisine réputée, piscine intérieure panoramique, souna, bain tourbillon, salle d'exercices, salles de réunion (12).Demandez nos avantageux forfaits : «Évasion à la montagne», «Coeur à coeur», «Douces Vacances», «Réunion d'affaires», «Cadeau», etc.tarifs et forfaits spéciaux pour groupes.Tél.: (418) 827-5711.FAX (418) 827-5997, sans frais 1 -800-463-5250.HÔTE: 1-800-361-6162 BAIE SAIN T-PAUL AUBERGE LA PIGNORONDE Auberge à flanc de montagne avec vue magnifique sur le Saint-Laurent.27 chambres tout confort, fine cuisine, salle de réunions et de jeux, piscine intérieure panoramique, bar-détente, ambiance chaleureuse, etc.Demandez nos forfaits.«i,.on veis l'Art», «Coeur à Coeur».«Douces Vacances», «Réunion d'affaires», «Cadeou», etc.Tarifs et forfaits spéciaux pour groupes Tél : (418) 435-5505.FAX (418) 435-2779, sans frais 1-800-463-5250.HÔTE : 1-800-361-6162 VIEUX-QUÉBEC HOTEL CLARENDON Construit en 1870, situé au centre des fortifications du Vieux-Québec, entièrement rénové, climatisé, avec en ses murs le restaurant Charles Baillairgé, le plus ancien restaurant au Canada.93 chambres tout confort, cuisine raffinée.Bar L'Emprise où le jazz est à l'honneur, directement relié à un stationnement intérieur.Demandez nos avantageux forfaits dont le forfait «cadeau».Tél.: (418) 692-2480.FAX : (418)692-4652- 1-800-463-5250.HÔTE 1-800-361-6162 QUÉBEC MANOIR DU LAC DELAGE À 5 minutes du centre de ski Stoneham.Ski de randonnée (30 km), patinoire, glissade, piscine intérieure.Le NOUVEAU SPA du Manoir vous propose massages! bains aux huiles ou aux algues, enveloppements aux algues, pressothérapie.FORFAIT SKI incluant: chambre pour 2 nuits, 2 repas du soir, 2 petits déjeuners, transport et billet de remontée (2 jours) au centre de ski Stoneham.A COMPTER de 172$ (p.pers.occ.d).FORFAITS SPA incluant: chambre pour une nuit.3 repas et 5 traitements.205$ (p.pers.occ.d.jusqu'au 31 janvier 1994).RÉSERVATIONS (418) 846-2551 ou 1-800-463-2841 Manoir Victoria HOTEL VIEUX QUÉBEC MANOIR VICTORIA Situé au cœur du Vieux-Québec, cet hôtel au cachet européen urique o récemment été rénové et agrandi au coût de 12$ mion.145 chambres et suites - 7 salles de réunions et banquets - restaurant fine cuisine (20% de rabais le so»)- resto-bistro Le Saint-James - piscine intérieure - club de santé -sauna - stationnement intérieur avec service de valet À partir de 65$ par nuit en occ.double Renseignez-vous sur nos forfaits 1-800-463-6283 LA MAISON ACADIKNNK rsT 1-800-547-3939(41») 827-5703 LA MAISON ACADIENNE Rendez vous avec l'histoire \u2022\tChambre rénovées à part* de 39 S.déieurer ndus \u2022\tforfaits tWoire.c :Ufure.gastronome 64 $ \u2022 Sia (Mont Ste-Anre ou Stonetxm) de 79 5 o 89 S' \u2022\t(ft< par personne, pa ju*.occ double, m u>e base de 2 ys.taxes et services ind.) (418)694-0280\t1-800-463-0280 I, K I) K V III II .I.K S S A M K II I Il K i H I M A X I II K A II .1 A .X V I K II I II II I TSYl'Si oraires Améliorés Air Alliance vous présente ses H.A.(Horaires Améliorés!) pour vous permettre d\u2019être plus vite en affaires.Quelle bonne surprise! Montréal - Bagotville\tBasotville - Montréal 8h 15\t6h45 13h40\t9h45 16h30\t15h00 18h30\t17h50 Pour l'horaire, consultez votre agent de voyage ou Air Canada au 1-800-361-8620 airAlliance ® Dans Orfeu Negro, le carnaval de Rio était un lieu de plaisir, de désir et de drame.Prototype de la grande fête populaire transformée événement mondial, il est devenu, par les vols et les meurtres qui s'y commettent, source de doute et de peur pour les touristes.Si celui de Rio est le plus connu, le carnaval constitue la fête la plus populaire de tout le Brésil.Dans les villes et villages, il atteint son paroxysme lors des jours et des nuits précédant le mercredi des Cendres.Samba, alcool, une certaine fièvre pour pousser plus loin la vie: on dit là-bas que l\u2019ambiance du carnaval est celle que le diable veut et que Dieu aime!.Au 18e siècle, quand le Brésil était encore colonie portugaise, le dimanche annonçant le carême était aussi le début de l\u2019entrudo.Dans son Voyage pittoresque et historique au Brésil, J.B.Debret rappelle que les gens se promenaient alors dans les rues en s\u2019aspergeant les uns les autres d\u2019eau parfumée et de limoès-de-cheiro (citrons).Par les fenêtres et les balcons, les résidents et leurs invités arrosaient copieusement d\u2019eau et de farine ceux et celles qui se risquaient dans les rues.Après quelques heures de ce genre de jeu, les gens allaient se baigner puis se restaurer d\u2019un co-piçux repas.Avec le temps, l\u2019entrudo a beaucoup changé.Les jets de vermelhào (qui servait à cirer les chaussures) et d\u2019autres liquides tout aussi désagréables remplacèrent les liquides inoffensifs, les «échanges» devinrent moins amicaux et les bagarres apparurent.De moins en moins de personnes sortaient de chez elles pour participer à l\u2019entrudo.Aussi, vers 1880, la police commença-t-elle à l\u2019interdire et à encourager le développement du carnaval.Avec l\u2019interdiction de l\u2019entrudo, les familles quittèrent peu à peu la quiétude des foyers pour s\u2019aventurer vers des lieux publics, des salles de théâtre ou de danse, pour s\u2019aventurer dans la rue.Les commerçants, banquiers, grands propriétaires et autres membres de la bourgeoisie portaient toutefois des masques et même des déguisements pour préserver leur anonymat.Le faste des masques et costumes exprimait toutefois sans faillir la prospérité de ces familles qui importaient tissus et matériel des meilleures maisons françaises et anglaises.La participation de la bourgeoisie a,-entre autres, entraîné l\u2019apparition des corsos ou chars allégoriques et leur défilé dans les rues.Des chroniques de l\u2019époque, écrit M.G.de Almeida, mentionnent à Salvador, en 1884, la splendeur d\u2019un corso au décor entièrement importé d\u2019Euro-pé:êt la richesse des costunes des garçons et des filles.Les fils de bourgeois étaient particulièrement enthousiastes et la marche triomphale d\u2019Aida de Verdi marquait toujours le début de leurs présentations carnavalesques.Peu à peu sept apparus d\u2019autres groupes de Le Carnaval de Rio, la plus grande fête populaire transformée en événement Normand Cazelais danses: les cordos, blocos, ranchos, escolas de samba.Longtemps, ce carnaval fut une fête de blancs, même à Bahia et dans le Nordeste si africain de racines.En 1895, les noirs nâgos organisèrent le premier afoxé, l\u2019Em-baixada Africana, en portant des vêtements et bijoux venus d\u2019Afrique.En fait, la première école de samba, si associée de nos jours à l\u2019idée du carnaval brésilien, ne naquit qu\u2019en 1928 dans le quartier d\u2019Estacio à Rio; d\u2019autres, à Penha, Mangueira, Salgueiro et Leblon, suivirent bientôt.A l\u2019origine, une école de samba était constituée de * * résidents de chaque quartier ou de chaque colline entourant la ville.Leur succès fut tel qu\u2019elles se répandirent très rapidement dans tout le pays.Le défilé des écoles de samba est maintenant devenu le point culminant de tout carnaval brésilien et du carnaval de Rio \u2019en particulier.Tous les ans, les écoles élisent leurs chorégraphes et décident du thème de leurs prestations, basé sur un épisode de l\u2019histoire du Brésil ou de son folklore.Ainsi, chaque école présente pendant le carnaval des chars allégoriques, des orchestres entiers armés de batteries et d\u2019instruments de percussion et des centaines si-, non des milliers de participants vêtus, pour beaucoup, de costumes très élaborés qu\u2019en toute logique ils ne devraient se payer avec leurs maigres salaires.Ces coûts montent en spirale à cause de la concurrence effrenée que se livrent les diverses écoles pour récolter les prix octroyés par la municipalité.Si certaines écoles renommées peuvent profiter du support financier de commanditaires, la plupart acceptent dans leurs rangs \u2014 contre rémunération \u2014 des outsiders, des résidents de quartiers plus riches et plus huppés.Beaucoup de personnes s\u2019endettent lourdement de la sorte en prévision du carnaval et connaissent un réveil douleureux au matin du mercredi des Cendres.Cette concurrence fit longtemps l\u2019affaire de la municipalité en raison de l\u2019afflux de touristes qui venaient, par avions entiers et grâce aux dévaluations successives de la monnaie brésilienne, connaître les grandes joies de la fiesta.Le gouvernement de Rio a lui-même financé et fait construire un gigantesque Sambadrome de 90 000 places (des- PHOTO ARCHIVES siné par Oscar Niemeyer, l\u2019architecte de Brasilia).Mais la réalité a rejoint l\u2019histoire.La pauvreté, la misère, le cul-de-sac social, un rêve économique qui ne se réalise pas, le sida, la violence ont ajouté des ingrédients sulfureux au carnaval de Rio.La fête quitte ses oripeaux anodins pour laisser à vif une peau marquée par la souffrance sinon le désespoir.Le carnaval a repris toutes ses fonctions d\u2019exutoire et quitté ses airs légués par la bourgeoisie pour retrouver les spasmes de l\u2019entrudo, pour redevenir carnaval.Aux dépens, de toute évidence, du tourisme.\\ A diverses reprises, Montréal aussi connut son Carnaval.Selon les archives de la Ville, le premier eut lieu en février 1750 et le dentier en 1961.Il y eut entre-temps beaucoup d\u2019interruptions, üi période la plus fastueuse s\u2019étendit de 1883 à 1889: palais de glace de dimensions colossales (nécessitant l\u2019assemblage de 12 000 blocs en 1885) au square Dominion, défilés de voitures, bal masqué sur patins et grand bal à l'hôtel Windsor, courses de chevaux au Montreal Driving Park, glissoires «géantes» place Jacques-Cartier, rue Saint-Denis ou au pied de la Montagne, courses de raquette, matchs de crosse en plein air et même, une année, un volcan à l\u2019île Sainte-Hélène avec pièces pyrotechniques à l\u2019appui.la chronique dit que les touristes venaient par milliers et souvent de fort loin.Souvenirs, souvenirs.Aujourd'hui, le Festival des neiges nourrit des ambitions beaucoup plus modestes et propose des activités d\u2019envergure plus limitées.Un autre centenaire à Québec Le carnaval de Québec est né en 1894, pour répondre «aux rigueurs de l'hiver».Il eut une vie sporadique jusqu\u2019en 1954 et prit vraiment son envol l\u2019année suivante, devenant «le plus grand carnaval d\u2019hiver au monde et le troisième en importance après ceux de Rio et de la Nouvelle-Orléans».Qu\u2019on en juge: plus d\u2019un million de personnes, dontl70 000 provenant de l\u2019extérieur de la région, ont pris part à ses activités en 1991 et entraîné des retombées directes évaluées à 28 millionsS.Sous le thème Prenez l\u2019air de fête, il y aura du 3 au 13 février des danses populaires à la Place du Palais, des compétitions de vélo de montagne sur neige à l\u2019entrée des Plaines d\u2019Abraham près du site du concours de sculpture sur glace, des glissades sur le Pain de Sucre au pied de la chute Montmorency, des airs de violon et d\u2019accordéon et des verres de caribou aux voûtes du Palais, le Bal de la Reine, la course en canot sur les glaces et les eaux du fleuve, un symposium de peinture, le défilé des enfants, les défilés de nuit, etc.Et le Bonhomme.\t; I,e Carnaval ne fait pas l\u2019unanimité.L'an dernier, en ce journal, une,; correspondante du Devoir évoquait son «image de fêtarderie kitsch», le i «burlesque» de son bonhomme, la , «naïveté et le mauvais goût» des dé- y filés, le comportement éthylique des ados en goguette.Piquée au vif, une résidente de la Vieille-Capitale,, répliqua dans une lettre en pourfendant les rires gras du festival jusse-pour-rire (sic) et les tartes à far-louche des fêtes de la bouffe: «Le burlesque de votre grimaçant petit bonhomme vert vaut bien, écrivait,-, elle, celui de notre monsieur Papat-te-en-l\u2019air.»\t¦ To each his own, disaient les Romains.Le 1er février, le Musée de la civi-, lisation inaugurera, quant à lui, une ; exposition internationale, Masques et mascarades.Des masques, bien,i sûr, et des costumes, des déguisements, plus de 200 objets venus de cinq continents, des fêtes suisses., des Roitschàggâta et des Silvesterk-, lausen à la Danse du poisson des^ Guerrero au Mexique, de la Diabla-*i da du carnaval des mineurs boliyiensJJ d\u2019Oruro au carnaval de Trinité des* Caraïbes, des codes, des valeurs, desii modes de wie, des croyances.Et\u2019! toujours ce besoin constant de chan- ; ger les apparences, de troquer les» identités.Jusqu\u2019au 16 octobre; frais\u201d d\u2019entrée.Renseignements: ¦\tCarnaval de Québec, (418) 529-3631.¦\tMusée de la civilisation, 85, rue Dalhousie, Québec, (418) 643-2158.CE N\u2019EST PAS UN RÊVE MAIS BIEN UNE RÉALITÉ\tM 499$ (toutes taxes comprises) \u2018Valide les jeudis seulement jusqu'au 30 avril 1994 Sujet à approbation gouvernementale\tA R M royal air maroc\tOffice national marocain (514)285-1435\tdu tourisme 1-800-361-7508\t(514)842-8111\tO i L\u2019éblouissement des Sens\t \t |\tCONSTELLATION\tJ \u2022\t P Art, culture et détente\t Groupe exclusif accompagné par un HISTORIEN DE I.\u2019ART\t GRAND TOUR DE LA SICILE P\t ainsi que Tivoli, Sorrento, Pompéi.Amalfi et Positano en ITALIE 3599 Ionics tuxes et frais de service inclus.Départ 29 mai - 16 jours - hôtels 4 étoiles demi-pension - 25 personnes seulement RENS.ET RÉSERVATIONS : Marjorie 397-0467 ou 987-9798.rcvtfiôurs À Rio de Yentrudo au carnaval Montréal aussi a eu son carnaval v I) 12 I, K I) K V OIK, I.K S S A M K I) I 2 II K T I) I M A N (' Il K II (I .1 A N V IKK I !» I» I 11/ hi;\\Tm i> Carnaval, Mardi gras, Carnaval Carnaval contre Carême NORMAND CAZELAIS Came-levare, ôter la viande.Voilà le dernier sacrifice avant le jeûne.Carnaval contre Carême, le gras opposé au maigre, l\u2019ivresse à la sobriété.Les excès qui défient la stricte observance.Un espace entre Noël \u2014 les jours ont recommencé à allonger depuis le solstice d\u2019hiver \u2014 et Pâques \u2014 qui est toujours le premier dimanche suivant la pleine lune de l\u2019équinoxe du printemps.Période de transition et de renouvellement, d\u2019espoir pour la vie qui va renaître et de rejet de la mort qui rôde.Temps de passage: en Europe, on attend la sortie de l\u2019ours de sa tanière, comme ici on attend la marmotte, pour savoir quand viendront les beaux jours.Rentrera-t-il ou non?L\u2019animal décidera ainsi de la prolongation de l\u2019hiver.Les croyances valent bien la science.Temps de passage et de renouvellement de l\u2019année.Carnaval, fête mobile qui se glisse dans le calendrier lors de la dernière lune d\u2019hiver, quarante jours avant Pâques.Carnaval, fête païenne d\u2019origine romaine et même indo-européenne, récupérée et assagie par l\u2019Église, aujourd\u2019hui falsifiée par le mercantilisme et les bonnes manières.Deux mondes s\u2019affrontent: Sa Majesté Carnaval, entouré de sa troupe, signe vivant de l\u2019abondance, qui mourra, comme à chaque année, brûlé ou noyé, pour faire place à la Veille de Carême.Le paroxysme et l\u2019orgueil du Mardi gras avant la soumission et l\u2019humilité du mercredi des Cendres.L\u2019esprit initial du carnaval: les viandes, les gras, les gâteaux et les crêpes mais aussi et surtout les aliments flatulents qui gonflent le ventre et font lâcher vents et pets.Attouchements plus ou moins agressifs, jets de boue, de farine ou de matières salissantes: le carnaval n\u2019était certes pas le temps ni le lieu des bonnes manières mais des gestes magiques, au sens dorénavant perdus, pour retrouver fertilité et fécondité, pour assurer \u2014 ultimement \u2014 la victoire de la vie sur la mort.Une magie faite de pieds de nez, d\u2019irrespect, de transgressions des tabous et de l\u2019ordre moral.Carnaval, règne du dérisoire, du grotesque et du faux-semblant.Dans l\u2019héritage des lointaines fêtes babyloniennes, les Saturnales romaines inversaient les rôles et les esclaves prenaient la place des maîtres aux tables et s\u2019en moquaient allègrement.Carnaval, fête du chaos et de l\u2019anarchie, de l\u2019irrespect et de l\u2019oubli des interdits, au bord du royaume des ombres, à l\u2019indécise frontière du vrai et du faux.Carnaval, fête des costumes qui transforment, des masques qui dissimulent.Fête, comme dit Georges Rivière, où l\u2019on peut changer de peau au lieu de vieillir et croire que le temps s\u2019arrête avant que tout ne devienne cendres.Avant une promise résurrection.Les carnavals, en Europe, dans les Amériques, ne sont plus ce qu\u2019ils étaient.Leur sens s\u2019est évanoui.Au point qu\u2019on s\u2019offusque, s\u2019indigne et s\u2019inquiète lorsque les fêtards dépassent la mesure en buvant «trop» ou faisant «trop de bruit».Nos sociétés violentes mais bien élevées veulent des fêtes polies et policées, rentables, aseptisées et sans problèmes.Mais, ici comme ailleurs, Carnaval n\u2019a pas dit son dernier mot.L\u2019esprit initial des carnavals et festivals s\u2019est perdu, sauf dans quelques endroits privilégiés comme Venise où fatalisme, cynisme et désinvolture cèdent la place, tous les hivers, à la distraction et la fête.X T ;v PHOTOS AI.F.SSANDRO SAVFU.A Ah! Venise.Depuis sa naissance, Venise, extraordinaire, orgueilleuse et unique, est une ville en sursis.A chaque jour, à chaque heure, elle s\u2019enfonce davantage dans la lagune qui l\u2019engloutira, avec ses palais, ses trésors et ses gondoles, malgré les millions qu\u2019y injectent régulièrement le gouvernement italien et le fonds mondial de l\u2019Unesco.Ijes premiers avertis sont les Vénitiens eux-mêmes.Dans un mélange de fatalisme, de cynisme et de désinvolture, ils célèbrent chaque hiver \u2014 depuis longtemps, mais avec bien des interruptions eux aussi \u2014 un carnaval qui les amuse et les distrait peut-être mais qui assurément fascine le reste du monde occidental.Regardez ces images: amples robes roses de la Renaissance, voiles de tulle blanc, ailes vertes et démesurées de papillons géants, masques blancs et rigides de plâtre, capes de velours sombres, chevelures de paillettes d\u2019or, justaucorps de brocart, lèvres lourdes de rouge, grenat et écarlate, escarpins brodés, chapeaux à plumes, voilettes bleues ou violettes.Regardez ces images: elles sortent de l\u2019imaginaire et de la fantaisie de milliers de Fellini.Elles se réfléchissent sur les eaux froides des canaux et les murs usés de la Sérénissime, déformées, amplifiées par le ballet des Pierrot, Pantalon, Arlequin, Brighella, Punicella, Capital) Spavento, de tous ces personnages de la Commedia dell\u2019arte et d\u2019autres univers oniriques.Ah! Venezia.Renseignements: Office national italien du tourisme, 1, Place Ville-Marie, Suite 1914, Montréal H3B 3M9, (514) 866-7667/392-1429 (télécopieur).Même en Suisse Selon les années, ils sont entre 10 et 20 000 à descendre, costumés, dans les rues.Étrangement, la fête commence en plein carême, soit le lundi après le mercredi des Cendres, a quatre heures du matin.C\u2019est le Morgestraich: au son de fifres et des tambours, parmi les masques H les lanternes (dont certaines atteignent trois mètres de haut), chacun porte sur sa tète une petite lumière \u2014 comme un lane pion \u2014 dans la ville encore plongée dans l\u2019obscurité.Faites de bois et de toile, les lanternes campent des scènes qui se moquent des principaux événements de l\u2019année écoulée; la musique, elle, peut dater de plusieurs siècles ou être résolument contemporaine.Et tout cela se passe au Carnaval de Bâle, dans la très digne Suisse, qui aura lieu cette année du 21 au 23 février.Renseignements: ( Iffice national suis-se du tourisme, 154, University Avenue, Bureau 610, Toronto, Ontario M5H 3Y9, (416) 971-9734/6425 (télécopieur).Kn musique Camille Saint-Saëns, pianiste, compositeur et homme aux multiples talents et intérêts, a composé un célèbre Carnaval des animaux repris par tous les orchestres.Plus tôt.en 1834.Robert Schumann a écrit un Carnaval, oeuvre pour piano sur un tout autre mode.En 1910, Michel Fokine s\u2019est inspire de cette suite d\u2019évocations gracieuses ou mélancoliques d\u2019une fête masquée pour composer l\u2019une de ses premières chorégraphies pour les Ballets Russes de Serge Diaghilev a l\u2019t )péra de Paris."]
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