Le devoir, 19 janvier 1994, Cahier A
[" LE DEVOIR P E RSPECTIVES L\u2019enfer est blanc et froid Odile T re m b l a y Avant on gelait l\u2019hiver, stoïque et résigné.Aujourd\u2019hui, on congèle et on ne le prend plus.I^es choses ont «rempironné», comme dirait Sol.Quand le thermomètre a sauté des Farenheit aux Celcius, le mercure a perdu la boule.Et maintenant que le facteur éolien est entré dans la course, la chute des degrés s\u2019est accentuée.L\u2019humidité multiplie le froid par 14 et le vent par dix, nous dit-on.Désormais, il ne fait plus 28 sous zéro, mais moins 62 à Montréal.Voici toute le province grimpée à la latitude de Povungnituk.L\u2019inflation du langage a ceci de bon qu\u2019on gèle plus dur, chiffres à l\u2019appui, qu\u2019autrefois.Et que nos gémissements sont plus justifiés.Quand vous vous réfugiez dans le Sud durant votre maigrelette semaine de vacances, expliquant aux bruns autochtones sous leurs cocotiers qu\u2019il fait moins 48 à Montréal au coin de du Parc et Mont-Royal, because le facteur éolien, ils sont dubitatifs: «On ne vit pas à ces températures-là», s\u2019indignent-ils.- Mais si, on vit.mais dans quel état.je vous laisse à deviner.Et d\u2019évoquer pour leur grande horreur ces passants québécois, toute coquetterie abdiquée, foulard et tuque réunis sur une joue blanchie, tels des cagou-lards méconnaissables se préparant à braquer la banque du coin, avec des passe-montagnes ne laissant filtrer que deux globes aux cils givrés, sur une bouche cousue de glaçons.En tout Québécois sommeille un météorologue, à qui la vieille habitude des variations climatiques confère une manière d\u2019expertise.Nous sommes sept millions d\u2019experts à disserter à perte de vue sur la question.Y allant de prédictions et de malédictions.Combattant le verdict de l\u2019autre en des joutes perpétuelles, jamais gagnées, toujours reprises.La température vous donne amplement matière à causer avec le caissier, le dépanneur, la vendeuse de la boutique où vous vous réfugiez, rue St-Denis, un beau samedi après-midi de janvier, après avoir calculé être incapable d\u2019avancer plus de cent pieds sans trouver refuge quelque part: «Non madame, ce n\u2019est pas pour acheter, c\u2019est à cause du froid.» Et la machine repart.«Oui madame, l\u2019enfer est blanc et froid.Ça prenait des gens du Moyen-Orient, submergés dans le sable et le simoun, pour l\u2019avoir décrit comme une rôtissoire.Tout Québécois vous dira que la Géhenne est trente degrés sous le point de congélation, avec la toundra pour décor infini.Et que les damnés y gémissent à l\u2019unisson: «Toujours geler, jamais sortir»», La vendeuse d\u2019opiner du bonnet.«Comme vous pariez bien».Vous repartez requinquée.Avant de vous arrêter à nouveau cent pieds plus loin dans une autre boutique de vêtements.«Non madame, ce n\u2019est pas pour acheter».Hélas, celle-ci vous lance un sale regard.A quand la solidarité des sinistrés?On n\u2019a pas de tremblement de terre (c\u2019est rare), mais on a la neige et les souffleuses enfin extirpées de leurs garages, et les compteurs de l\u2019Hydro qui prennent le mors aux dents, et les autoroutes qui ferment boutique, et le budget de la ville qui risque de «péter au frette» si l\u2019hiver continue de donner dans l\u2019éprouvant, et de demander le renfort de toute la quincaillerie pour combattre ses effets pervers: slotche, et bancs de neige gardant les voitures en otages jusqu\u2019à ce qu\u2019une machine secourable ne les tire de là.Du moins, le froid fait rouler l\u2019économie.Surtout avec la grève des automobiles qui refusent de démarrer pour cause de mauvaises conditions de travail.Et avec le CAA qui fait poireauter le client pendant sept heures: «En rang.Ne poussez pas».Rien pour améliorer l\u2019humeur sinistre des chauffeurs.Vous rencontrez quelques-uns de ces automobilistes, le soir venu, gelés et misérables, qui font faire le tour du bloc non pas à Fido (qui, réflexion faite, après avoir humé l\u2019air, refuse de mettre le nez dehors) mais à la bagnole, histoire de lui garder la main et le moral dans ces climats de Sibérie.Un hiver comme celui-là donne des munitions aux amis des bêtes inquiets de voir le pauvre pitou laissé à la porte de l\u2019épicerie se souffler sur les pattes en vous lâchant un de ces regards désespérés qui chavirent le badaud; et les pigeons figés sur leurs corniches crier grâce, en un roucoulement rauque.Les humains ont du moins le plaisir d\u2019avoir enrichi leur vocabulaire d\u2019un nouveau mot: phlydènes.Tenue qui recouvre ces menaçantes petites bulles apparaissant sur un épiderme exposé aux grands froids, et qu\u2019auparavant, en béotiens heureux, les Québécois nommaient cloches d\u2019eau.Des spécialistes nous ont appris depuis à pourfendre ces redoutables phlydènes par la consommation de lipides, ou par un mouvement perpétuel des mains fini se frappent l\u2019une sur l\u2019autre à l\u2019unisson des pieds qui sautillent sur place.«Et gare, ajoutent les médecins-météorologues, au rythme cicar-dien affolé à l\u2019heure du grand frisson.La peau gèle en trois minutes par moins 60».Or, en ces jours de froidure, facteurs éolien et humidité confondus, le Montréal des années 90 ne nage-t-il pas dans les moins 60?L\u2019inflation du langage doublée de l'alarmisme de l\u2019heure nous emmène à ce tragique constat: reste à ceux qui mettent le nez dehors aujourd'hui environ trois minutes à vivre avant l\u2019hypothermie complète.Alerte! Un hiver comme celui-là donne des munitions aux amis des bêtes I N I) Y X U's Actualités .A2 Agenda cultunï .Ht) Avis publics.B5 Culture.B8 Découvertes.Il I Économie.B2 Éditorial.-Afi Idées.A7 lx- Monde.A5 Montréal.A3 Mots cniisés.RI Politique.A4 Ijts Sports.B5 Météo Ensoleillé Max.-23 Détails en B4 L'ÉCONOMIE\tI\tCULTURE\t\tMONTRÉAL Claude Béland\t\t*\tNon, le blues n'est pas #\t\tLes Mohawks réélu pour 3 ans\t\tmort à Montréal\t\tà la barre PAGE B 2\tMÊÊÊMl\tPAGE B 8\t\tPAGE A 3 Une session sur l\u2019économie et l\u2019emploi Les libéraux reprennent l'essentiel de leur livre rouge JEAN DION DE NOTRE BUREAU D\u2019OTTAWA Trois heures après que la dette fédérale eut franchi le cap des 500 milliards$, le gouvernement du Canada a annoncé hier après-midi, à Ottawa, qu\u2019il entendait appliquer une politique vigoureuse de création d\u2019emplois tout en procédant à une réforme en profondeur des programmes sociaux afin de remettre le pays sur ses rails.Au nom du gouvernement, le gouverneur général Ray Hnatyshyn a livré un Discours du trône sans véritable surprise, copie presque conforme du livre rouge du Parti libéral, qui a consisté à promettre en termes assez vagues que les engagements électoraux de l\u2019équipe au pouvoir seront tenus.En substance, c\u2019est autour des notions d\u2019intégrité, d\u2019amélioration du climat économique et d\u2019une collaboration accrue avec les provinces qu\u2019Ottawa veut orienter son action au cours des mois à venir, lœ tout en tenant compte des «réalités des années 1990» et de ce que des gestes fondamentaux s\u2019imposeront.Ce discours tenant lieu de coup de pistolet de départ de la 35e législature du Parlement fédéral a été accueilli diversement par les partis d\u2019opposition.Si tous s\u2019entendaient pour critiquer le caractère encore vague des intentions annoncées, on s\u2019inquiétait à gauche pour l\u2019avenir du filet de sécurité sociale dont bénéficient les Canadiens et on s\u2019interrogeait à droite sur la volonté de juguler le déficit public.Ainsi Lucien Bouchard croit-il que «du côté des mesures sociales, il est évident que le gouvernement reprend le même jargon bureaucratique qui cache des intentions de couper: réformer, restructurer.Je crois qu'on est en face d\u2019un gouvernement qui va se lancer dans un assaut contre les démunis».Preston Manning, de son côté, a comparé la situation à «un voyage à L>s Angeles sans tenir compte du tremblement de terre».Pour le chef du Reform Party, «il s'agit d'un discours du trône typique, qui ne parle que d'actions.Or un gouvernement aussi mal pris financièrement devrait inclure une section décrivant les choses qu\u2019il entend cesser de faire.On n\u2019a pas cela ici.» Et il y avait jusqu'à Jean Charest, chef intérimaire du Parti conservateur, pour dire qu\u2019il «ne pouvait pas être en désaccord» avec un discours qui reprend pour une bonne part des mesures déjà annoncées par le gouvernement précédent.VOIR PAGE A 8: SESSION VOIR AUSSI ¦ Autres informations sur le Discours du trône .A4 ?.* V % % % % k V Vive le coeur de cochon! PHOTO JACQUES GRENIER Le professeur Christiaan Barnard, premier chirurgien à avoir réalisé une greffe cardiaque.Pour Christiaan Barnard, les coeurs d\u2019animaux vaudront mieux que le coeur artificiel Moins de taxes sur le tabac?Ottawa dit NON Le plan de Québec semble loin d'être accepté BERNARD PLANTE LE DEVOIR Ottawa et Toronto entrent en collision frontale avec Québec sur les stratégies qu\u2019ils entendent développer pour lutter contre la contrebande de cigarettes.Alors qu\u2019en entrevue au DEVOIR le ministre québécois du Revenu, André Vallerand, qui fait écho au ministre des Finances André Bourbeau, répétait hier que la fin de la contrebande des produits du tabac «passe, c\u2019est évident, par une diminution des taxes sur le tabac et les cigarettes», des porte-parole du gouvernement ontarien et fédéral fermaient pratiquement la porte à cette avenue.A Ottawa d\u2019abord, un porte-parole du ministère des Finances, Pierre Cossais, répondait à des journalistes exactement le contraire: «A ma connaissance, nous n\u2019examinons pas cette possibilité (réduire les taxes), ça ne figure pas dans nos plans.» M.Cossais dément ainsi carrément que le fédéral soit sur le point de s\u2019engager dans un plan de réduction des taxes sur le tabac comme le soutenait, la semaine dernière à Québec, le ministre du Revenu, André Vallerand.Pierre Cossais déclare plutôt qu\u2019Ottawa cherche actuellement à voir comment il pourrait appliquer les lois actuelles, ce qui suppose l\u2019utilisation de la coercition, comme des augmentations des amendes pour les contrebandiers et pour ceux qui contreviennent aux lois, plutôt qu\u2019une réduction des taxes.VOIR PAGE A 8: TABAC Des célébrités comme Christiaan Barnard, la médecine en compte quelques-uns par siècle: Pasteur au XIXe, Sir Fleming et Albert Schweitzer avant la Deuxième Guerre mondiale, Monod, Gallo et Montagnier plus près de nous.Le professeur Barnard, lui, a fait son entrée au cœur de l\u2019histoire contemporaine le 3 décembre 1967, au Cap, dans son Afrique du Sud natale, en réalisant la première greffe cardiaque chez un humain.LE DEVOIR l\u2019a rencontré.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR «J: I e n\u2019ai finalement eu que le mé-| rite de me trouver au bon endroit au bon moment», confiait humblement, hier, le célébré chirurgien, durant son passage à Montréal dans le cadre des célébrations du quarantième anniversaire de l\u2019Institut de cardiologie de Montréal (ICM).Le docteur Barnard a abandonné la pratique chirurgicale en 1983.«Quand j\u2019ai réalisé que les défis manquaient, je me suis retiré.» D\u2019ailleurs, pour lui, il n\u2019y a pas eu de percées majeures dans son domaine depuis une vingtaine d\u2019années: «On a raffiné les techniques, on travaille maintenant avec des lasers et des médicaments plus efficaces, mais, à la base, le travail demeure le même».L\u2019idée de développer un cœur artificiel ne le séduit pas.De 1985 à 1991, 1993, les chirurgiens ont expérimenté une vingtaine de modèles (dont le fameux Jarvik 7 développé aux États-Unis), sur environ 200 patients.«Les problèmes me semblent insurmontables, ne serait-ce parce qu'il semble impossible de prévenir les infections en introduisant en permanence dans l\u2019organisme un tel mécanisme.» Pour lui, l\u2019avenir est plutôt du côté de l\u2019utilisation de cœurs d\u2019animaux.A Loma Linda, en Californie, il y a dix ans, un poupon à survécu vingt jours avec une cœur de babouin.Barnard a lui-même tenté de greffer l\u2019organe vital d'un chimpanzé sur un homme en 1978.Une expérience troublante.pour le singe, puisque le docteur rappelle que le compagnon du «donateur» s\u2019est finalement laissé mourir de chagrin VOIR PAGE A 8: BARNARD l\u2019HOTO ARCHIVES À 44 ans.le professeur Barnard réalisait la première greffe de coeur humain.On le voit ici.le 5 décembre 1967.deux jours après la célèbre intervention, devant une radiographie de son patient.Irangate Reagan et Bush savaient, selon un rapport LE DEVOIR AVEC AP, AFP ET REUTER AXTashington\u2014 Reagan savait, VV Bush aussi.Le scandale de l\u2019aide aux «contras» du Nicaragua financée par les ventes d\u2019armes à l\u2019Iran remontait jusqu\u2019au Bureau ovale de la Maison-Blanche.L\u2019accusation formelle est tombée hier de la plume du procureur Lawrence Walsh, qui a rendu public un rapport accablant pour les deux ex-présidents des États-Unis.Selon M.Walsh, le président Reagan a contribué lui-même à l'organisation des ventes d\u2019armes à l\u2019Iran et aux rebelles nicaraguayens.Il était au courant des manœuvres mises en place pour tenter de dissimuler ce -qui fut le plus grand scandale de sa présidence.Le procureur accuse formellement l\u2019administration Reagan d\u2019avoir «délibérément trompé le Congrès et l\u2019opinion publique», notamment en faisant disparaître des documents | importants.Au terme de sept ans d\u2019enquête, ce rapport de 566 pages conclut que le président Reagan a donné le feu vert à ses conseillers pour vendre des armes à la Contra, malgré l\u2019embargo imposé à l'époque.Le président Reagan a egalement autorise la vente d\u2019armes à l\u2019Iran, dans l\u2019espoir d\u2019obtenir la libération des otages américains.* ; alors qu\u2019il savait parfaitement que cette transaction était illegale.L\u2019ex-président Reagan L\u2019ex-président Bush VOIR PAGE A 8: IRANGATE i J* 1' fflè m » MM: jÊÉmm ^Sm mâM k\u2018 En attendant «The Big One» Soleil noir en Californie du Sud Pasadena (AI1) \u2014 Le tremblement de terre qui a touché la Californie lundi n était pas «The Big One» \u2014LE grand séisme que tout le monde attend et redoute là-bas.Et c\u2019est bien le problème.Si un séisme de magnitude 6,6 sur l\u2019échelle de Richter peut faire autant de dégâts matériels et de victimes, qu\u2019en sera-t-il du grand, de 8,0 degrés (ou plus), que les scientifiques prévoient dans un délai d\u2019une trentaine d\u2019années?( Le tremblement de terre n\u2019a rien fait pour soulager la pression qui pèse sur la terrible Faille de San Andreas: c\u2019est là que le «Big One» va frapper, causant un véritable cataclysme avec des dégâts phénoménaux et des victimes un peu partout.Le séisme de lundi, com-nje d\u2019autres avant lui, n\u2019a fait que rendre plus hautes et plus rapprochées lés deux montagnes qui entourent la vallée de San Fernando.Cette vallée, qui s\u2019étend sur 80 kilomètres au nord de, Los Angeles, est peuplée de trois millions d\u2019habitants.[ «Globalement, cela a rétréci la vallée dé San Fernando», explique Jim Mori, sismologue du Bureau géologique américain.Il faudra quelques jours aux spécialistes pour mesurer de combien les deux montagnes \u2014celle de Santa Monica et celle de San Gabriel\u2014 se sont rapprochées et se sont élevées.Des tremblements de terre de magnitude 5,5 ou plus frappent la Californie en moyenne tous les cinq ans.L\u2019échelle de Richter est une échelle géométrique: un séisme de 7,5 est dix fois plus fort qu\u2019un séisme de 6,5, lui-même dix fois plus grand qu\u2019un séisme de 5,5.Alors, imaginez ce que pourra provoquer le «Big One» de magnitude 8[0.Mais plus que la magnitude, c\u2019est souvent l\u2019endroit (régions très peuplées ou non) et le moment de la journée (en pleine nuit ou pendant les heures de pointe) qui font la gravité des bilans des victimes.Seule consolation pour les Californiens: s\u2019il n\u2019a pas soulagé la pression sur San Andreas, le tremblement de terre de lundi n\u2019a pas non plus accentué la tension sur cette fameuse faille, située à une trentaine de kilomètres de l\u2019épicentre de lundi, Northridge, dans la banlieue de Los Angeles.«Cela n\u2019aura pas l\u2019effet d\u2019une pression sur la détente»: le »Big One» de San Andreas n\u2019est pas encore pour tout de suite, affirme Lucy Jones, sismologue de l\u2019Institut de technologie de Californie, à Pasadena.Le séisme de lundi a été provoqué par le mouvement continu qui rapproche la Californie du Sud de San Francisco (au nord), causant une pression énorme sur le bassin de Los Angeles: dans environ 50 millions d\u2019années, prévoient les spécialistes, Los Angèles et San Francisco se toucheront, si elles existent encore.L os Angeles (AI1) \u2014 Pour des géné- ___rations d\u2019Américains, la Californie du Sud représentait l\u2019Eldorado.Aujourd\u2019hui, elle semble être devenue une terre quasi maudite, frappée par Ipc cÂScmPC Ipc innrul.'ltiniW IfS 1IHVI1- PHOTO AP Eunis Larios, son bambin de trois ans, Ever, et sa fille de cinq ans, Evelyn, à droite, ont trouvé refuge dans un camping de North Hollywood, en banlieue de Los Angeles, après que leur maison eut été endommagée par le violent séisme de lundi matin.Los Angeles sous le choc Les résidants affolés par des centaines de répliques sismiques Los Angeles (AP) \u2014 Immeubles effondrés, autoroutes affaissées et ponts détruits, déviations et embouteillages, eau coupée, maisons calcinées: les habitants de Los Angeles et de sa région tentent de se remettre du choc de lundi, du tremblement de terre de magnitude 6,6 qui a fait au moins 34 morts.Plus d\u2019ur.millier de personnes ont en outre été blessées et admises à l\u2019hôpital.Le président Clinton a proclamé l\u2019état de catastrophe naturelle et les 300 équipes de secours envoyées sur place ont continué hier la tâche entamée la veille dans la riche vallée de San Fernando, à une trentaine de kilomètres au nord du centre de Los Angeles: réparer les dégâts, retrouver des corps de victimes sous les décombres et, si possible, des survivants.Parmi les 34 morts recensés, 16 ont péri dans l\u2019effondrement d\u2019un immeuble à Northridge, épicentre du séisme, et cinq ont succombé à des crises cardiaques.Le bilan humain est important, mais les dégâts matériels sont eux aussi considérables.Des failles et effondrements de routes et d\u2019autoroutes, en de nombreux endroits, signifient que pendant des mois désormais les embouteillages vont être le lot quotidien des Californiens, qui plus que personne au monde dépendent de leurs voitures pour vivre et travailler.Les écoles sont restées fermées hier et les autorités ont demandé aux entreprises d\u2019en faire autant, dans la mesure du possible, pour éviter la pagaille dès le lendemain du séisme survenu lundi à 4h30 du matin.Mais de nombreux automobilistes ont essayé de se rendre à Los Angeles, faisant de la bretelle de San Fernando de l\u2019autoroute une longue ligne de véhicules pare-choc contre parechoc.Comme c\u2019est le cas dans tous les tremblements de terre, des centaines de répliques ont eu lieu après le séisme, dont la plus forte a été mesurée à 5,3 sur l\u2019échelle de Richter à 15h33 lundi.Hier, ces répliques ont baissé d\u2019intensité, la plus importante survenant à lh40 du matin avec une magnitude de 3,6.A cause de ces répliques, de nombreux habitants ont pas- sé la nuit dehors, campant en plein air ou dans des véhicules, notamment à Northridge.«Nous aurions pu dormir dans l\u2019appartement cette nuit Mais nous n\u2019avons pas voulu courir de risque», expliquait Juan Magallanes, qui a dormi dans sa camionnette sur le terrain de baseball de Reseda Park.Au total, environ 15 000 personnes ont été jetés à la rue par le séisme.Les équipes de secours ont continué de fouiller les décombres de l\u2019immeuble de Northridge où 16 corps ont été retrouvés.Les deux étages supérieurs du bâtiment de deux étages, en bois et en préfabriqué, se sont effondrés sur le rez-de-chaussée.«Tous les corps retrouvés l\u2019ont été dans les lits.Les gens n\u2019ont pas eu le temps de se réveiller», a expliqué un pompier.Après la proclamation de jetât d\u2019urgence par le maire de la ville et le gouverneur de l\u2019Etat, un couvre-feu nocturne restait en vigueur et la police et la Garde nationale demeuraient en alerte pour empêcher les pillages de maisons ou magasins endommagés.Dans les 24 heures qui ont suivi le séisme, 75 personnes ont été arrêtées pour des délits directement liés aux conséquences du tremblement de terre.Alors que l\u2019électricité était progressivement rétablie dans la journée d\u2019hier, 500 000 foyers en restaient encore privés et 200 000 étaient sans eau courante.Dans certaines régions, on a conseillé aux habitants de faire bouillir l\u2019eau avant de la consommer.Le téléphone a été rétabli mais les lignes étaient souvent interrompues et ne fonctionnaient pas normalement Des locaux ont été ouverts pour reloger provisoirement les sans-abri dont la maison a été détruite ou endommagée (plus de 40 maisons détruites par le feu dans la vallée de San Fernando, notamment).Les dégâts - privés et publics- s\u2019évaluent à plusieurs centaines de millions de dollars.Bill Iwan, président de la Commission californienne de sécurité pour les tremblements de terre, a fait remarquer que les dégâts étaient étonnamment similaires à ceux du séisme de 1971, qui fit 65 morts et dont l\u2019épicentre se situait à 15 kilomètres de celui de lundi.les séismes, les inondations, les incendies, la sécheresse, la récession et les émeutes.«Je considère Los Angeles comme mon chez-moi.J\u2019ai toujours aimé L.A.Mais l\u2019Idaho semble de mieux en mieux», avoue Debbie Boyd, une habitante de Culver City qui a passé deux heures lundi à nettoyer sa cuisine de fond en comble après le séisme meurtrier qui a secoué la région.A Sherman Oaks, Wendy Chalson a pris sa décision.«Je vais aller dans le Tennessee.J\u2019ai une cloison vissée dans le mur en cas de tremblement de terre.Eh bien, elle m\u2019est tombée dessus et c\u2019était la seule nuit où je n\u2019avais rien sur moi pour dormir».Il y a moins de trois mois, les habitants de Malibu, de I-aguna Beach et d\u2019autres zones avaient été victimes d\u2019incendies.Ciel et écrans de télé avaient viré au noir en raison de la fumée tandis que les feux faisaient rage du comté de Ventura à la frontière mexicaine.Bilan: quatre morts, 1200 bâtiments et 80 000 hectares de végétation réduits en poussière.Coût financier: environ un milliard$.Coût émotionnel: insécurité et peur.Coût en relations publiques: incalculable.L\u2019année 1992 avait elle aussi connu son lot de calamités.Si l\u2019hiver avait vu la fin de six ans de sécheresse grâce à l\u2019arrivée de fortes pluies, ces précipitations avaient été à l\u2019origine d\u2019inondations qui provoquèrent d\u2019importants affaissements de terrain.Le printemps et l\u2019été qui suivirent ne furent guère mieux.Le 29 avril, l\u2019acquittement de quatre policiers blancs dans le procès sur le passage à tabac du motocycliste noir Rodney King déclencha trois jours d\u2019émeutes à Los Angeles et dans ses environs qui se soldèrent par la mort de 54 personnes et un milliards de dégâts matériels.Deux mois plus tard, le 28 juin, un séisme de magnitude 7,6 sur l\u2019échelle de Richter et une réplique de 6,7 degrés quelques heures plus tard en Californie du Sud faisaient un mort, plus de 400 blessés et près de 100 millionsS de dégâts.A ces calamités se sont ajoutés l\u2019un des taux de chômage les plus élevés des Etats-Unis et l\u2019affaiblissement de l\u2019industrie de défense.Malgré ces épreuves, certains affirment que l\u2019image de la région et le moral des habitants n\u2019ont pas été entamés.Selon le gouverneur Pete Wilson, «il semble que les habitants fassent preuve d\u2019une énergie remarquable et que ces tragédies les aient amenés à donner le meilleur d\u2019eux-mêmes».Polémique sur la réglementation antisismique CLAUDINE MULARD LE MONDE T Tne secousse de magnitude 6,6 U sur l\u2019échelle de Richter (ou pire), tous les Californiens s\u2019y attendent.En revanche, que des échangeurs sur trois des principaux axes routiers s\u2019effondrent relance la polémique dans un Etat qui se veut particulièrement bien préparé aux tremblements de terre.Après l\u2019écroulement de deux voies superposées à Oakland en 1989, les pôuvoirs publics avaient rassuré les Californiens en annonçant une inspection complète de l\u2019infrastructure routière et son renforcement si nécessaire.C\u2019était il y a quatre ans.La lenteur bureaucratique et les difficultés budgétaires de la Californie expliquent-elles seules que la mise en conformité au Code,antisismique de l\u2019autoroute inter-Etats 10, dont la construction remonte à 1964, ne soit prévue.que pour le mois prochain?La fermeture de cet axe routier stratégique qui relie Los Angeles d\u2019est en ouest (Down Town-Santa Monica) va paralyser gravement la circulation d\u2019une ville de trois millions d\u2019habitants vouée à l\u2019automobile.Le problème est encore plus grave dans le cas de la jonction du Golden State Freeway, l\u2019artère nord-sud qui dessert toute la Californie.Ironiquement, cette autoroute s\u2019était déjà effondrée lors du tremblement de Sylmar en 1971 (6,5 sur l\u2019échelle de Richter et un bilan de soixante-cinq morts).Reconstruit et, croyait-on, renforcé, le même échangeur s\u2019est à nouveau écroulé dès la secousse initiale de lundi.«Voilà qui pose de très sé- rieuses questions sur les codes de construction», a déclaré le sénateur Diane Feinstein.Imposée en 1933, la première réglementation antisismique (Earthquake Code Regulation) a été renforcée en 1971, après la secousse de Sylmar.A Los Angeles, une ordonnance municipale datant de 1981 imposait aux propriétaires de libérer ou de démolir avant la fin de 1992 tous les locaux qui n\u2019étaient plus conformes aux standards antisismiques.Ce programme de mise en conformité fut même accéléré après le séisme de Mexico en 1985.Parmi les bâtiments qui n\u2019ont pas résisté à la secousse de Northridge, certains avaient été - insuffisamment semble-t-il - renforcés.Au nombre des entraves à la mise en place de structures véritablement résistantes: la difficulté de consolider efficacement des bâtiments vétustes et les obstacles technologiques à l\u2019édification - particulièrement dans le cas des freeways - de voies et d\u2019échangeurs capables d\u2019endurer de très fortes secousses.1 VA ÊTRE CONTENTE! En voyant les installations uRra-modernes du YMCA Guy-Favreau, votre corps, déia ça lui monte a la tète Ûanr-\u201c-1\u2014- - - Propriété intellectuelle Les étudiants réclament la protection de la loi contre les abus des professeurs PRESSE CANADIENNE Les étudiants des cycles supérieurs au Québec souhaitent que les lois protègent leur propriété intellectuelle contre les abus de professeurs ou de directeurs de recherche.Le Regroupement des associations des cycles supérieurs du Québec (RACSQ, environ 18 000 étudiants) demande que la loi fédérale du droit d\u2019auteur \u2014 ou autre loi \u2014 couvre spécifiquement des droits fondamentaux des étudiants chercheurs dans l\u2019exercice de leurs fonctions».Eric Laferrière, président du RACSQ, a cité hier en conférence de presse des «cas hypothétiques»: omission du nom de l\u2019étudiant dans la Jans une ambiance relaxe ou travailler le physique remet le moral en (orme, notre personnel spécialisé vous offre les conseils spécifiques a vos besoms Piscine, gym.logging, salle d exercice, cours variés a horaires flexibles avec l abonnement, tout est inclus Vow même un laissez-passer pour venir en faire un premier essai Au YMCA, la surpnse.Z \u2022 P A S S E\t\u2019\t\u2019 1 courut aux Tl c est que le corps s'amuse \u20141 a être bien dans sa tète* ROBIC Bran l imon r18S4.liMIStlIMi Vatafcfe jusqu'au 31 | Ur imier-pMMr p* | \u2022 Na domo drort qu\u2019à un* Mub mitt «a 07H3N i ma , \u2022 Uni Huit panama na paut udaar laa as 1er-palter qu'in aaule fail.làlTMl BREVETS ET MARQUES TS 0E PROPRIETE INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD isiiiie-nn m maiNMH-K I^TMCA Guy Fareau, 200.bout Renfrlévesoue ouest MS-*2 ZZJ publication de ses résultats de recherche, directeur de recherche qui s\u2019impose comme inventeur ou découvreur à la place d\u2019une équipe d\u2019étudiants, vol de résultats entre étudiants, exploitation d\u2019un assistant de recherche.Le RACSQ a reçu des «témoignages confidentiels» et «informels» illustrant ces situations, explique M.Ixtferrière, les étudiants se disant lésés gardent l\u2019anonymat parce qu\u2019ils ont souci «pour leur carrière».L\u2019organisme étudiant a fait établir un rapport général sur la situation par une avocate, Julie Hélène Tremblay.Tous les étudiants lésés ne se tiennent pas cois, ainsi à l\u2019Université Laval, rappelle-t-elle, un auxiliaire d\u2019enseignement a déjà eu gain de cause pour utilisation abusive de ses écrits.Dans un jugement de 1985, la Cour supérieure a donné raison à François Marchand contre deux professeurs de la faculté de droit qui ne l\u2019avaient nommé que dans les remerciements pour son travail ayant servi dans un manuel de théorie sur le droit privé; grâce au jugement, le plaignant Marchand a obtenu un peu d\u2019argent et d\u2019être reconnu comme auteur de l\u2019ouvrage.En cour, explique Mme Tremblay, la défense avait plaidé que M.Marchand était payé par l\u2019université.Mais il a été statué que les deux professeurs n'avaient pas pour autant le droit de sa|>pm|>rior son travail.f LE BARREAU SE PENCHE SUR LE CAS VERREAULT Ix Barreau du Québec étudie la péri tinence de porter plainte au Conseil \u2022 de la magistrature contre la juge ; ; Raymonde Verreault qui doit deve-.nir aujourd\u2019hui juge en chef de la ¦ ' Cour municipale de Montréal.Selon Radio-Canada qui a diffusé hier la nouvelle à son bulletin de son rée, les autorités du Barreau examineraient actuellement la récente dé-' cision de la juge qui a accordé une peine réduite de 23 mois de prison à un père musulman qui sodomisait sa belle-fille de dix ans depuis 30 mois.: La juge avait considéré comme «circonstance atténuante» le fait que l\u2019abuseur ait ainsi «préservé la virginité» de la jeune fille.Selon les informations, l'assermentation prévue aujourd\u2019hui de la nouvelle juge en chef aurait été reportée.; D\u2019un commun accord avec Jean-Pierre Bonin, juge en chef adjoint de la; ; Cour du Québec et responsable de; ; la chambre criminelle, le magistrats renoncé à rendre jugement cette sé-f maine sur trois autres causes d\u2019agressions sexuelles qu\u2019elle avait, entendues.En vertu des pratiques, ces procès devront être vraisemblablement repris sous la présidence d\u2019un autre jfige.Agée de 55 ans, Mme Raymonde ,.Verreault a été nommée pour la première fois à la Cour municipale en 1986 avant d\u2019accéder l\u2019an dernier à la Cour du Québec.COMMUNAUTES CULTURELLES: NOUVEAU REGROUPEMENT (PC) \u2014 Un nouveau regroupement de communautés culturelles est né, qui démontre son attachement au \u2022 ; français, mais qui veut rester apoli- ; » tique.Le Regroupement québécois , des communautés culturelles vient tout juste d\u2019être baptisé et quelques- , uns de ses membres fondateurs rencontraient la presse, hier, pour expliquer les objectifs du groupe.Ix 25 janvier, le Regroupement qué-' bécois des communautés culturelles rencontrera des gens du nouveau .parti politique de Jean Allaire, le Parti \u2018 Action démocratique Québec.Ses re: ( présentants souhaitent aussi rencon-'.trer des gens des auù'es principaux1 partis politiques pour écouter ce qu\u2019ils ont à dire sur le Québec multiculturel.\t., \u2019 Le Regroupement ne rassemble pas , des associations mais des individus, qui sont intéressés au rapprochement, entre toutes les communautés qui ' composent le Québec.«Nous sommes tous des communautés culturelles qui s\u2019influencent mu- , j tuellement», affirmait hier l\u2019un des membres fondateurs, M.Daniel , \u2019 Guertin.L\u2019organisme réunit des gens «qui veulent utiliser le français, qui ! veulent travailler en français et vivre \u2019 en français», précisait M.Guertin.( IA STRSM AU PILORI Transport 2000 Québec décerne une mention défavorable pour l\u2019année 1993 à M.Hugues Aubertin, prési- ».dent de la Société de transport de là î Rive-Sud de Montréal (STRSM), responsable «d\u2019une réduction spectaculaire de services et des hausses vertigineuses des tarifs».M.Aubertin a répliqué hier en faisant valoir que la hausse de tarifs pour l\u2019année 1993 a été en moyenne à peu près l\u2019équivalent de l\u2019indice des prix à la consommation pour la région de Montréal et \u2022 qu\u2019en 1994, les tarifs de la STRSM ; n\u2019ont iras été augmentés.La STRSM signale que depuis l\u2019instauration de .son nouveau plan de transport le 6 avril 1992, elle a consacré près de 2 millions$ en ajout de service.TABAC: IA COLOMBIE-BRITANNIQUE SÉVIT Vancouver (FC) \u2014 La Colombie-Britannique a décidé d\u2019imposer des restrictions à la vente des cigarettes, afin d\u2019empêcher le tabac de faire dé nouveaux adeptes chez les jeunes.Le premier ministre de la province, Mike Harcourt, lui-même un ex-fumeur depuis l\u2019âge de 22 ans, a dit espérer hier que l\u2019interdiction de la .vente de cigarettes à toute personne»; âgée de moins de 19 ans contribue-rait à abaisser les coûts énormes du traitement des maladies associées au tabac.Ix\u201c gouvernement part de la prémisse que huit fumeurs sur dix acquièrent leur mauvaise habitude pendant leur jeune âge.Avant la Colombie-Britannique, l\u2019Ontario, )e Nouveau-Brunswick, la Non-velle-Ecosse et Terre-Neuve avaient { relevé l\u2019âge minimum légal pour la.consommation de tabac et limité les ; ventes de tabac.IX\u201cs rtouveaux règlements relevant , de la Ijoi d\u2019amendement des produits du tabac, qui entrent en vigueur le 1er juillet, feront passer l\u2019âge mini-, * muni requis |Miur l\u2019usage de tabac de 16 à 19 ans.Ixs commerces (pii , continueront à vendre des cigarettes, aux mineurs courront le risque de -\u2019 _ \u2022 jx-rdre leur |>ermis de vente de ta- i \u2019 j bac.Ixs magasins devront afficher , des avis sur les dangers du tabac ain-( si que l\u2019âge minimum requis|xiur l\u2019achat de tabac. I.K l> K V 0 I It , I.K M K K (' I» Kill I II .1 A X V I K It I II II I MONTREAL A PHOTO JACQUES NADEAU Eba Beauvais, à droite, a donné le coup d\u2019envoi hier aux premiers témoignages mohawks devant le coroner Guy Gilbert.Enquête du coroner sur la mort du caporal Lemay Les Mohawks à la barre Le chef warrior Francis Boots doit comparaître aujourd'hui JEAN CHARTIER LE DEVOIR Une femme mohawk est venue témoigner devant le coroner Guy Gilbert, hier après-midi, de ce qui s\u2019est passé à l\u2019aube du 11 juillet 1990 dans la pinède d\u2019Oka.Elle a raconté sa version du déroulement des événements, du lever du jour aux minutes précédant la mort du caporal Marcel Lemay.Elisabeth Norton Beauvais s\u2019est avancée avant toute autre en reconnaissance du nouveau cordon établi par les policiers, tôt ce matin-là; elle a fait l\u2019allée et retour pendant près d\u2019une heure entre les Mohawks et les policiers, entendant distinctement les trois sommations des policiers et, à un moment, elle s\u2019est trouvée quasi entourée de policiers.C\u2019est un membre de la communauté mohawk qui l\u2019a rappelée à distance.Puis, elle a circonscrit avec des cendres éteintes un territoire pour que les Mohawkg soient protégés par les esprits.A un policier qui s\u2019était approché très près d\u2019elle, elle a alors lancé ces cendres au visage.Celui-ci est devenu tout pâle et lui a lancé en anglais: «Retournez en arrière parmi les vôtres».Elle lui a répondu d\u2019aller se faire foutre.Ensuite, elle est allée en direction des siens, et les balles se sont mises à siffler d\u2019un côté et de l\u2019autre de sa tête.Elle a entendu, venant d\u2019en arrière, quelqu\u2019un lui crier de s\u2019enlever de la ligne de feu.Comme elle ne le faisait pas, une femme s\u2019est jetée sur elle et l\u2019a couchée par terre.Le témoignage de cette femme que les Mohawks ont d\u2019abord choisi de faire comparaître à l\u2019enquête du coroner fut monosyllabique durant les trente premières minutes et rempli de trous au lieu des noms de l\u2019un ou de l\u2019autre.Mais Eba Beauvais est devenue fort éloquente quand elle a raconté ses faits et gestes à partir de quatre heures du matin.Cette femme mohawk de 53 ans était déjà présente dans la pinède depuis trois semaines.«Il y avait eu un début de dispute et j\u2019ai été appelée», a-t-elle dit au début de son témoignage, sans préciser la nature de la dispute, les personnes en cause, les discussions.Elle ne se rappelle pas.Elle a ensuite affirmé ne pas être intervenue dans les discussions.Une des cinq filles de Mme Beauvais a été l\u2019épouse de Dennis Nicholas qui se disait chef des Warriors à Kanesata-ke gn 1990.A une question, Eba Beauvais a précisé qu\u2019elle a auparavant manifesté sur les barricades de Restigouche et à Kahnawake en 1973 quand les policiers sont intervenus dans la réserve.A plusieurs questions lui demandant si elle se rappelait des discussions survenues entre Mohawks sur l\u2019utilisation des armes à feu, Mme Beauvais a répondu non, mais après un silence, une hésitation ensuite, puis une réponse d\u2019une voix inaudible.«Les policiers avaient leurs armes à hauteur de la tête et nous visaient, a-t-elle déclaré avec fermeté.C\u2019était effrayant».Plus tard, elle a mentionné qu\u2019avec les policiers, il n\u2019y eut pas d\u2019échanges de propos: « Je me souviens d,es yeux et des fusils», a-t-elle lancé.A la sommation des policiers: «Sortez ou nous irons vous chercher», Eba Beauvais n\u2019a rien rétorqué.Pour elle, il n\u2019était même pas question de discuter de cela.Eba Beauvais fut assermentée selon les règles mohawks par Francis Boots, chef des Warriors d\u2019Akwesas-ne, au moment des affrontements violents de mai 1990, affrontements qui se sont soldés par deux morts.Francis Boots est censé comparaître aujourd\u2019hui à la suite de Mme Beauvais.Hier, il se cachait le visage devant les caméras.Une douzaine de Mohawks, principalement des femmes, accompagnaient Eba Beauvais qui doit poursuivre son témoignage ce matin.La pauvreté à Montréal pourrait exiger des «mesures plus adaptées,», reconnaît le nouveau ministre de l\u2019Education PAUL CAUCHON LE DEVOIR Le nouveau ministre de l\u2019Éducation, Jacques Chagnon, reconnaît que la situation scolaire à Montréal présente «une plus grand acuité» en ce qui concerne les secteurs défavorisés, et qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une situation qui pourrait «nécessiter des mesures plus adaptées».C\u2019est ce qu\u2019a indiqué au DEVOIR l\u2019attachée de presse du ministre, Mme Sophie Gagnon, en ajoutant toutefois que le ministre n\u2019avait pas encore reçu hier le tout dernier rapport du Conseil scolaire de l\u2019île de Montréal.\\je Conseil scolaire rendait publique lundi sa nouvelle «carte de la défavorisation» à Montréal, une carte qui indique que depuis quatre ans les poches de pauvreté à Mqntréal se sont étendues à plusieurs nouveaux quartiers.A l\u2019occasion de la publication de la carte, le président du Conseil, Jacques Mongeau, s\u2019en est pris vertement à l\u2019attitude du gouvernement québécois qui, selon lui, est inca- pable de réaliser que Montréal a le plus grand bassin de pauvreté au Canada.Il faut permettre à Montréal d\u2019obtenir des ressources supplémentaires pour faire face à cette situation, ajoute-t-il.M.Mongeau évoquait particulièrement la possibilité de réduire le nombre d\u2019élèves par classe dans les secteurs défavorisés, et d\u2019engager du personnel supplémentaire (orthophonistes, agents de liaison avec les familles, etc.).Au cabinet du ministre, on indique que M.Chagnon doit rencontrer M.Mongeau dans les prochains jours pour discuter de ce rapport et des demandes du Conseil scolaire.On rappelle par ailleurs que depuis trois ans, la région montréalaise a obtenu pour environ 10 millions de dollars de mesures spécifiques afin de lutter contre le pauvreté à l\u2019école, dont environ 4 millions$ pour la mise sur pied de maternelles, environ 4 millions$ pour les mesures alimentaires (issues du Plan Pagé) et environ 1,5 million pour des mesures de supervision des jeunes au niveau primaire.À un mois de son congrès Le RCM soumet à ses membres un programme qui pèche par manque d\u2019originalité KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) réaffirme sa vision politique axée sur la participation des citoyens dans sa proposition de programme rendue publique hier.A un mois de son congrès, le RCM convie donc ses membres à une réflexion sur Montréal sans emprunter un véritable virage.De fait, le document d'une centaine de pages a davantage l\u2019allure d\u2019un bilan des sept dernières années de l'administration du RCM et d\u2019intentions vagues, que d\u2019un véritable remue-ménage des idées véhiculées au sein de cette formation |x»litique.Pour l\u2019instant, il s\u2019agit d'orienta- tions générales.Pour ce qui est des engagements électoraux, il faudra attendre au congrès spécial de septembre.Chose certaine, le RCM renoue avec la décentralisation, croyant qu\u2019il serait peut-être plus économique et plus efficace d\u2019agir dans les quartiers à partir des quartiers.«C\u2019est pas original.C\u2019est dans la foulée de ce qu\u2019est le RCM depuis 20 ans», a expliqué le responsable du programme au sein du conseil exécutif central.Jacques Desmarais.Ce dernier se dit «généralement satisfait» de la gestion de l'équipe au |XHivoir.«Maisc'est clair qu\u2019il faut aller |)his loin.Il y a beaucoup de choses là-dedans (dans le programme) qui se sont pas faites», constatc+fl.Ainsi, le RCM réitère pour la éniè-me fois sa volonté d\u2019«instaurer un mode de représentation proportionnelle partielle pour compenser les distorsions du système électoral.» La proposition qui sera étudiée ajoute toutefois que ce mode de représentation pourrait s\u2019étendre à l\u2019échelle des neuf arrondissements.Quant au type de participation populaire.sur le plan pratique, le RCM se montre moins vertueux.Depuis quelques mois déjà, tel que l\u2019a confirmé au DEVOIR la semaine dernière la présidente du RCM Ijouise Lavio* lette.de nombreux militants du RCM ont investi les reunions des comités-conseils d'arrondissement.Un des objectifs du RCM demeure tout de même de «créer des solidarités».| L\u2019avocat himbert aurait agi à la demande de son associé spéculateur -^- Laval: Liberatore s\u2019explique sur ses transactions immobilières LAURENT SOUMIS LE DEVOIR Contrairement à ce que laissait entendre un communiqué diffusé hier sur le réseau Telbec à sa demande, l\u2019homme d\u2019affaires Luigi Liberatore a déjà eu des discussions concernant son implication éventuelle dans l\u2019industrie des courses de chevaux.fl a même songé un temps à acheter l\u2019actif immobilier de l\u2019Hippodrome Blue Bonnets, mais toutes ces discussions ne se sont jamais concrétisées.Quant à lui, l\u2019avocat lavallois Pierre L.Lambert, principal procureur externe de Ville de laval, a bel et bien agi au nom de la société maintenant détenue à 100% par M.Liberatore pour l\u2019acquisition, le 3 novembre 1988, d'un terrain dans cette municipalité.L\u2019avocat Lambert est en outre administrateur de la Corporation de développement économique de Laval (CODEL) qui agit comme commissariat industriel et examine l\u2019utilisation potentielle du terrain en cause à des fins équestres.Lancé hier, le démenti laconique préparé par le Cabinet de relations publiques National dénonçait les reportages diffusés la semaine dernière par Radio-Canada et LE DEVOIR associant le nom de M.Liberatore au milieu des courses de chevaux.«Je trouve fâcheux et tout à fait regrettable que deux reportages aient associé mon nom à des manœuvres de spéculation reliées au monde des courses, à d\u2019autant plus forte raison que je n\u2019ai aucun intérêt pour ce domaine», faisait valoir l\u2019homme d\u2019affaires.Or, des sources sûres réaffirmaient hier que M.Liberatore a déjà effectué des démarches auprès des pou- voirs publics pour manifester son intérêt à participer à un organisme sans but lucratif chargé de la gestion des courses de chevaux.Mais M.Liberatore soutient que c\u2019est la Ville de Montréal qui l'a approché.11 affirme n\u2019avoir aucun intérêt à l'heure actuelle pour l\u2019exploitation d\u2019une piste de courses bien qu'il en ait eu pour Blue Bonnets.Dans son communiqué, l\u2019ex-président du conseil de la Chambre de commerce de Montréal soutient en outré que l\u2019avocat Pierre L.Lambert n\u2019a jamais été son «mandataire» dans des transactions immobilières à Ixival.Or, LE DEVOIR, qui n'a jamais avancé cette affirmation, dispose néanmoins d'une copie du contrat d\u2019acquisition du terrain au bénéfice de 155247 Canada Iné, la société de M.Liberatore, qui porte la signature de Me Lambert agissant comme secrétaire de cette compagnie et dûment mandaté par son conseil d\u2019administration.Passé devant le notaire Gérald Lavoie, le contrat est inscrit à ses minutes sous la cote 13754 et peut être consulté au bureau d\u2019enregistrement de Laval sous le numéro 693113.Le document a en outre été filmé et diffusé sur les ondes de Radio-Canada.M.Liberatore a finalement expliqué hier qu\u2019il avait acquis 50% des actions de cette compagnie avant la transaction immobilière, selon son propre souvenir.Ce n\u2019est que récemment qu\u2019il a acquis les 50% restants aux mains du spéculateur Bernard Denaud pour qui travaillait déjà l\u2019avocat Lambert.Selon M.Liberatore, c\u2019est à ce moment qu\u2019il a fait connaissance avec l\u2019homme de loi au cœur de nombreuses transactions en territoire lavalllois.Poursuite contre Québécor Édouard Desrosiers débouté La cour n'adhère pas à la thèse «orwellienne» de Vex-député KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR L\u2019ex-député conservateqr d\u2019Ho-chelaga-Maisonneuve, Edouard Desrosiers, vient d\u2019être débouté en Cour supérieure dans la poursuite qu\u2019il a intenté contre Québécor et le journaliste Denis Marinakis.Qui plus est, M.Desrosiers qui réclamait 1 million$ en dommages-intérêts pour s\u2019être vu obligé de mettre fin à sa carrière politique en 1988 après la parution d\u2019un article rappelant son passé criminel, devra payer les frais judiciaires encourus durant les quatre jours de procès.Dans sa décision rendue publique hier, la juge Jeannine Rousseau n\u2019a retenu aucune des prétentions de M.Desrosiers qui soutenait que le défunt quotidien Montreal Daily News de Québécor et le journaliste Marinakis avaient agi intentionnellement et avec malice.En outre, il prétendait que la Loi sur le casier judiciaire interdit la divulgation d\u2019une condamnation pour laquelle une réhabilitation (pardon) a été obtenue.«L\u2019interprétation que propose M.Desrosiers s\u2019inspire d\u2019une vision orwellienne de la société, dans laquelle l\u2019histoire est réécrite, le passé altéré, les dossiers disparaissant et PHOTO JACQUKS NADPAU L\u2019ex-député conservateur Édouard Desrosiers.de nouveaux prenant leur place», écrit la juge, indiquant par là que même si Édouard Desrosiers a reçu une réhabilitation et que par conséquent son dossier n\u2019est plus public, on ne peut empêcher la population de se souvenir et les journaux d\u2019avoir des archives.En effet, le journaliste Denis Marinakis s\u2019est appuyé d\u2019abord sur la mémoire de l\u2019ex-ministre libéral Serge Joyal, supplanté au* élections fédérales de 1984 par Édouard Desrosiers, puis les journaux de 1958, pour écrire son article.Du coup, la juge Rousseau accré-.dite la thèse de l\u2019intérêt public défendue par les procureurs de Québécor.Lorsque le Montreal Daily News a révélé en 1988 qu\u2019Édouard Desrosiers avait braqué une banque en 1958, la Gardarmerie royale du Canada menait une enquête sur M.Desrosiers pour fraude, abus de confiance et fabrication et usage de faux.Il a plaidé coupable à deux des chefs d\u2019accusation en 1990.Avec la parution de cet article, le Parti progressiste-conservateur a exigé la démission de M.Desrosiers à titre de candidat du parti aux élections de 1988.Édouard Desrosiers n\u2019a pu poursuivre sa carrière politique et a perdu une éventuelle pension de député.«Le pardon n\u2019a pas autant de poids que l\u2019on pourrait croire.On aurait eu plus de chance avec le nouveau Code civil qui restreint la liberté de presse», affirme Me Daniel Vaillan-court, l\u2019avocat de M.Desrosiers, qui envisage d\u2019en appeler du jugement.Grands-parents.Plus qu\u2019une mémoire.Première Grande conférence sur la famille Entrée libre Lundi (^JANVIER À 19H30, SALLE ALFRED-LAUBERTÉ, J-M400 UNIVERSITÉ DU QUÉBEC A MONTRÉAL (^ BERRt-UQAM tmto mntfiMik» la famille Les grands-parents ont une vie active.Plus ou moins âgés, plus nombreux, davantage autonomes et souvent impliqués dans leur communauté ou encore au travail, les grands-parents vivent leur famille dans un contexte de relations modifiées.Cette Grande conférence explorera le sens et les transformations de la filiation grand-parentale dans un contexte de familles et de valeurs familiales en mouvance.Conférencières et conférenciers invités : Monsieur Willy Apollon, psychanalyste, Groupe interdisciplinaire freudien d\u2019intervention clinique et culturelle Madame Renée Joyal, juriste, Université du Québec à Montréal Monsieur Georges Létoumeau, anthropologue, Association québécoise de gérontologie Madame Danielle Métras, Fédération de l\u2019Âge d\u2019or et Maison ¦ des grands-parents de Villeray Animation : Madame Françoise G.Stanton Informations : Madame Solange Roy (514) 987-4876 ' Université du Québec à Montréal LE DEVOIR ÎXt northern telecom I, K It K V U I II .I.K M K II ( Il K I) I I II .1 A X V I K II I !\u2022 !\u2022 I A 1 POLITIQUE Réunion aujourd\u2019hui du conseil des ministres Le cabinet Johnson met la main à la pâte PIERRE APRIL PRESSE CANADIENNE Québec \u2014 Aujourd\u2019hui, la réunion du conseil des ministres durera exceptionnellement toute la journée au cours de laquelle le pre-.:nhier ministre Daniel Johnson s'attend à recevoir des propositions concrètes pour créer des emplois de \u2022iila part de chacun de ses 20 collègues.>! \u2022?Mercredi dernier, au lendemain de leur assermentation, les ministres hunt assisté à une première réunion ;üu conseil et reçu des directives et \u2022ides mandats clairs de leur nouveau -chef.M.Johnson a tracé les grandes !'lignes de ses priorités et pris la peine ud\u2019identifier à l\u2019intention de chacun des ministres certains secteurs où il \u2022[«s\u2019attend à des résultats dans les plus /brefs délais.k y Selon le premier ministre, au /moins 80 sujets ont été identifiés et ;M.Johnson a recommandé à ses collègues de gratter les fonds de tiroir Ue-t couper au besoin dans les dépenses et les programmes moins .productifs pour favoriser au moins la .-création des 35 000 emplois promis dans la Plan de relance du ministre de i\u2019Industrie, du Commerce et de la ¦/Technologie Gérald Tremblay, si «Mes collègues ont jusqu\u2019à mer- credi prochain (aujourd\u2019hui) pour présenter des projets spécifiques qui devront se concrétiser dans les prochaines semaines ou dans les prochains mois», a indiqué M.Johnson à l'issue de la première réunion du conseil des ministres.«Je veux voir des projets, a-t-il dit, je suis davantage préoccupé par la créations d\u2019emplois, ce que la réduction des dépenses ne peut pas apporter, même si elle permet au gouvernement de satisfaire certains besoins dans des secteurs prioritaires.» Dans son allocution devant les membres du conseil général du Parti libéral du Québec samedi, M.Johnson a insisté sur la nécessité pour son gouvernement de mieux utiliser l\u2019argent des contribuables et c\u2019est à des projets qui respecteront cet objectif que sont conviés ses ministres.Hier, le porte-parole du premier ministre Martin Geoffroy a expliqué qu\u2019il ne faut pas s\u2019attendre à ce que des projets soient annoncés immédiatement après la réunion du conseil des ministres.Tout au plus, les suggestions des ministres pourront se retrouver sur une liste des priorités dont la teneur sera divulguée «à court terme» soit au cours des prochaines semaines.«Mais il faut retenir que la priorité, c\u2019est l\u2019emploi», a rappelé le porte-parole du premier ministre.Discours du trône Chrétien promet un fédéralisme efficace Le premier ministre Jean Chrétien discute avec le gouverneur général lecture du Discours du trône au Sénat.PHOTO Ray Hnatyshyn qui vient de terminer la Johnson et les investisseurs étrangers «Ça annonce le statu quo», dit Lucien Bouchard Ciaccia rabroue Libman » » \u2022 Québec (PC) \u2014 Ceux qui dénoncent le colloque au cours de le-.quel le premier ministre Daniel John-jçOn dévoilera ses politiques devant des investisseurs étrangers «nuisent au i Québec»\u2019, estime le ministre québécois des Affaires internationales, John Ciac-cia.ins M.Ciaccia a tenu à réagir hier aux i.propos tenus la veille par le député indépendant de D\u2019Arcy-McGee, Robert , Übman.Ce dernier avait révélé que : des investisseurs étrangers pourront .apprendre de la bouche même du pre-mier ministre Daniel Johnson quelles sont les politiques de son gouveme-\u2022 ment lors d\u2019un séminaire tenu à la fin de février et où les frais d\u2019inscription ; s\u2019élèveront à 1500$ US par personne.), M.Libman y voyait une insulte pour /tous les Québécois désireux de ^connaître ces politiques mais incapables de payer des frais d\u2019inscription -si élevés.'i \u2022 Le séminaire en question est organisé par le prestigieux magazine britannique The Economist, a été planifié depuis février dernier et vise à attirer au Québec des investisseurs étrangers, a noté M.Ciaccia hier, lors d\u2019un entretien téléphonique.«On veut par de tels moyens développer des perspectives intéressantes -pour les investisseurs étrangers et eéux qui s\u2019en prennent à de telles initiatives nuisent aux intérêts du Québec», a déclaré le ministre québécois.M.Ciaccia a rappelé que de tels séminaires sont régulièrement organisés par le magazine britannique depuis 1980.Les pays choisis pour cet événement ont toujours récolté des investissements majeurs par le biais de ce type d\u2019événements.De plus, M.Ciaccia a souligné que ce séminaire ne sera pas la seule voie par laquelle le premier ministre fera connaître ses politiques.Par ailleurs, même si les frais d\u2019inscription au colloque paraissent élevés, l\u2019événement sera ouvert aux journalistes qui pourront ensuite informer la population.«Ce ne sera pas une conférence à huis clos, un dîner-bénéfice ou un party d\u2019huîtres où le premier ministre va livrer des secrets.Il ne faut pas faire de la politique avec cette conférence», a dit M.Ciaccia.Selon le programme préliminaire de l\u2019événement, plusieurs personnalités québécoises s\u2019adresseront aux investisseurs étrangers au cours de ce colloque qui se tiendra du 28 février au 2 mars à l\u2019hôtel Quatre Saisons de Montréal.Les auditeurs pourront s\u2019entretenir de l\u2019économie du Québec avec, outre M.Johnson, des ministres du gouvernement, avec le chef de l\u2019opposition Jacques Parizeau, avec des dirigeants patronaux, avec des présidents de sociétés comme Hydro-Québec et même avec des leaders syndicaux.\u2022- i -\t1 1 ttllPI\u2014 LAUBERGE DU NOUVEAU CHEMIN >\tPILULES >\tALCOOL Nous pouvons vous aider, 3 semaines dans une bonne ambiance pour redécouvrir et apprendre à vivre sans ces dépendances destructives.1-819-322-5066 P ou/i jpnun&i Aeule+n&ïU L'Auberge du nouveau chemin C.P.1389, Val-David, Qc JOT 2N0 Maison de réhabilitation pour femmes dépendantes de l'alcool et des médicaments Bola*Ufe Jla/weiJ, fondatrice MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE Ottawa - Le gouvernement libéral de Jean Chrétien veut sauvegarder et renforcer l\u2019unité canadienne en offrant un fédéralisme efficace, collé sur les besoins des provinces et des Canadiens en général.«En unissant leurs efforts pour instaurer un meilleur climat économique, rationaliser les finances publiques, restaurer l\u2019intégrité parlementaire et poursuivre un plan d\u2019action constructif et novateur pour notre société, mes ministres sont convaincus de réussir à protéger et à renforcer l\u2019unité canadienne», a déclaré le gouverneur général Ray Hnatyshyn qui, comme le veut le protocole, pariait hier au Sénat au nom du premier ministre.«Le gouvernement, a-t-il poursuivi, travaillera énergiquement pour que le fédéralisme réponde aux besoins des Canadiens, conscient toutefois que le bon fonctionnement du Canada est la responsabilité de chacun.«Il s\u2019efforcera de clarifier le rôle du gouvernement fédéral par rapport aux autres ordres de gouvernement, d\u2019éliminer le double emploi et les chevauchements et de rechercher les moyens de fournir à la population des services qui répondent à ses besoins réels et de tirer le meilleur profit possible de l\u2019argent des contribuables», a ajouté M.Hnatyshyn.Les ministres du cabinet de Jean Chrétien croient ainsi «avoir un rôle historique à jouer pour préparer le Canada à l\u2019arrivée du siècle prochain».Le gouvernement fédéral s\u2019est engagé hier à faire la promotion de «l\u2019identité culturelle du Canada» en insistant sur le fait que «notre patrimoine culturel et nos deux langues officielles constituent l\u2019essence même de notre identité nationale et contribuent à notre enrichissement social et économique».Le leader de l\u2019opposition, Lucien Bouchard, s\u2019est dit peu impressionné par ces propos.«Ça ressemble à un communiqué de presse», a-t-il commenté sèchement en soulignant l\u2019absence de grands projets générateurs d\u2019emplois et le silence du gouvernement sur les transferts aux provinces.«Ça annonce le statu quo par rapport au régime constitutionnel, par rapport aux aspirations du Québec et par rapport aux incohérences décisionnelles politiques qui ne fonctionnent pas», a ajouté le chef du Bloc québécois.«Nous sommes au bord de l\u2019abîme», a déclaré de son côté le porte-parole du NPD, Nelson Riis, en référence à l\u2019avenir du Canada.Le chef du Parti conservateur, Jean Charest, estime aussi que le gouvernement devra un jour ou l\u2019autre parler Constitution.«De toute évidence, a-t-il dit, on est en période d\u2019attente dans le dossier de l\u2019unité canadienne, les élections au Québec vont déterminer l\u2019agenda du pays en ce sens- là».«Ça ne sert à rien de faire semblent que ce sera autre chose que ça», a-t-il ajouté.Le ministre des Affaires intergouvemementales, Marcel Massé, a indiqué que le Discours du trône n\u2019ouvre nullement la porte à d\u2019éventuelles pourparlers constitutionnels.«Le Discours du trône, a-t-il affirmé, n\u2019a pas comme but de faire renaître quelque espoir que ce soit qu\u2019on touche à la question constitutionnelle.» Mais le sénateur conservateur Pierre-Claude Nolin est d\u2019avis que le premier ministre Chrétien ne pourra garder fermé le dossier constitutionnel.«Impossible», a-t-il dit en pariant qu\u2019aujourd\u2019hui aux Communes, le leader de l\u2019opposition Lucien Bouchard tentera d\u2019amener le chef du gouvernement à parler constitution.Plus préoccupé par la dette que par le dossier constitutionnel, le chef du Reform Party, Preston Manning, a apprécié que le Discours du trône annonce une réforme des programmes sociaux mais a reproché hier au gouvernement de rester imprécis sur ce qu\u2019il compte vraiment faire.Réagissant quelques minutes plus tard à ces critiques, le premier ministre Jean Chrétien a lancé dans une boutade: «Quand on fait un Discours du trône de treize minutes, on ne peut pas tout mettre la».Chiapas Le Canada devrait se retirer de PALENA si le Mexique ne respecte pas davantage les droits de la personne Ottawa (PC) \u2014 Une délégation tout juste de retour du Mexique affirme que le Canada devrait se retirer de l\u2019Accord nord-américain de libre-échange si le Mexique n\u2019améliore pas son dossier en matière de droits de la personne.C\u2019est Tune des huit recommandations faites par les représentants d\u2019Eglises canadiennes et d\u2019organisations de défense des droits de la personne rentrés d\u2019une mission d\u2019investigation dans l\u2019Etat du Chiapas.Le groupe a fait enquête sur des cas de disparitions, d\u2019assassinats et d\u2019intimidation de la part des soldats à la suite du soulèvement des paysans indigènes déclenché le 1er janvier.11 a aussi vu une fosse commune où avaient été enfouis 13 cadavres de civils, et pu constater des cas de traitements inhumains infligés à des patients hospitalisés qui ont été jetés à la rue, ainsi que d\u2019autres atteintes aux droits de la personne.Mme Suzanne Rumsey, directrice associée du Comité inter-Eglises pour les droits de la personne en Amérique latine, a déclaré que dans six mois, les Etats-Unis reverront leur engagement en ce qui concerne l\u2019accord commercial trilatéral.«Nous demandons au gouvernement canadien d\u2019agir de même et de baser sa décision à ce sujet sur la situation des droits de la personne», a-t-elle dit en conférence de presse.Mme Rumsey a poursuivi en disant que le Mexique est un pays où les droits de la personne sont depuis longtemps violés, ce que les groupes religieux et de défense des droits de la personne souhaiteraient entendre Ottawa dénoncer.«Nous avons été frappés, pendant la crise, par le silence flagrant du gouvernement canadien sur cette question», a-t-elle déploré.Mme Rumsey a affirmé que le ministre du Commerce Roy Maclaren a refusé de rencontrer la délégation alors qu\u2019il s\u2019entretenait avec ses homologues américain et mexicain à Mexico, la semaine dernière.«On nous a dit que M.MacLaren n\u2019était pas le ministre des droits de la personne et que le commerce et les droits humains n\u2019avaient absolument rien à voir ensemble», a ajouté Mme Rumsey.Mais Richard LeCoq, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré que ces propos n\u2019avaient pas été tenus au nom de M.MacLaren.«L\u2019ALENA est une façon pour le Canada d\u2019influencer.les droits de la personne au Mexique et nous utilisons cette influence de manière positive», a-t-il dit.Un porte-parole de l\u2019ambassade mexicaine à Ottawa a indiqué que le gouvernement mexicain s\u2019efforçait de protéger les droits des citoyens du Chiapas.M.Antonio Ocaranza a dit que le président mexicain Carlos Salinas de Gortari avait ordonné à la Commission nationale pour les droits humains au Chiapas de lui faire un rapport sur la situation, et qu\u2019il avait précisément ordonné à l\u2019armée de protéger la population.Mme Rumsey a par ailleurs affirmé que la délégation avait constaté que TALENA menace l\u2019avenir des peuples indigènes du Mexique.«Nous avons entendu des témoignages selon lesquels les grandes compagnies de produits agricoles se mettent à acheter des terres qui, traditionnellement, appartenaient aux communautés indigènes.Cela accroît le dépeuplement des régions rurales et détruit les cultures et les communautés autochtones.» Parmi les autres membres de la délégation si* trouvaient M.Gerald McKenzie, président de la I.igue des droits et libertés.Marthe Lapierre, coordonnatrice pour l\u2019Organisation catholique canadienne pour Je développement et la paix, des représentants de l\u2019Eglise unie et de la Conférence canadienne des évêques catholiques.K N H R E F ?POST-MORTEM CONSERVATEUR Ottawa (PC) \u2014 Le Parti progressiste conservateur fera un postmortem de sa débâcle électorale au cours d\u2019une réunion de l\u2019exécutif national du parti le 25 février à Ottawa.C\u2019est ce qu\u2019a indiqué hier le chef intérimaire Jean Charest à Tissue d\u2019une réunion de son mini-caucus de deux députés.Selon lui, sans remâcher les catastrophes de la campagne, il est important «d\u2019en tirer des leçons», a-t-il souligné.L\u2019exécutif national fera le point sur des propositions pour rebâtir le parti.Tout n\u2019est pas perdu, a précisé M.Charest.Plusieurs associations provinciales sont encore en bonne santé, a-t-il ajouté, et le parti peut compter sur des milliers de bénévoles fidèles au parti.«Il nous faut s\u2019appuyer sur les bénévoles plus que jamais», a-t-il insisté vu îa situation précaire dans laquelle se trouve le parti.-»- ARISTIDE AU CANADA LE 24 JANVIER Ottawa (PC) \u2014 Le président élu d\u2019Haïti, Jean-Bertrand Aristide, se rendra à Ottawa le 24 janvier afin d\u2019y rencontrer le premier ministre Jean Chrétien et son ministre des Affaires extérieures, André Ouel-let.Un porte-parole des Affaires extérieures, Bob Peck, a révélé hier que le Canada veut profiter de cette occasion pour réitérer son ap-, pui à l\u2019accord de Governor\u2019s Is- ¦\u2019 iand.En vertu de cette entente signée en juillet dernier, le général Raoul Cédras, chef des forces armées haïtiennes, devait céder le pouvoir à M.Aristide.Le chef militaire a toutefois renié l\u2019accord et ses hommes ont empêché des spécialistes américains\u2014 médecins, ingénieurs, fonctionnaires \u2014 ainsi que 51 policiers canadiens de débarquer à Haïti, en octobre dernier, pour y préparer le retour de M.Aristide.Ce dernier ayait été évincé lors d\u2019un coup d\u2019Etat, en septembre 1991, après avoir été démocratiquement élu.Depuis lors, ce pays fait face à de dures sanctions économiques imposées par les Nations unies.-?- PQ: COURSE À L\u2019INVESTITURE DANS LE COMTÉ DE PRÉVOST Le président du Parti québécois, Jacques Parizeau, tiendra aujourd\u2019hui à Saint-Jérôme une conférence de presse au cours de laquelle l\u2019actuel vice-président principal de Québécor et premier vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec (1989-92), M.Daniel Paillé, annoncera sa candidature à l\u2019investiture péquiste du comté de Prévost.Ovide Mercredi appuie les Indiens du Chiapas LE DEVOIR Afin de manifester son soutien aux revendications des indigènes du Mexique, le chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations vient de visiter la région du Chiapas, où ont eu lieu au début du mois les affrontements entre les guérilleros zapatistes et l\u2019armée mexicaine.Arrivé vendredi dernier dans la région de San Cristobal de las Casas, M.Ovide Mercredi devait visiter les villes de Altamirano, Ocosingo et Dis Mar-garitas, prises par les rebelles le premier janvier.«Ma visite a pour objectif de rencontrer des leaders indigènes et des gens qui travaillent dans ies communautés indigènes du Chiapas, afin d\u2019évaluer la situation concernant le respect des droits huniiiins.Ma présence a aussi pour but d\u2019apporter un appui moral aux revendications indigènes», a-t-il dit au DEVOIR qui Ta rejoint au téléphone à San Cristobal de la Casas.M.Mercredi a dit ne pas avoir rencontré de dirigeants rebelles, mais s\u2019être entretenu avec des représentants d\u2019une coalition de 140 organisa lions indigenes du Chia|xis qui souhaite être reconnue comme une nouvelle force politique et établir les bases d\u2019une nouvelle relation avec l\u2019Etat mexicain.«D*s indigènes |>arlent un langatfe que nous comprenons.D urs reven dilations pour des terres, |M>ur plus d\u2019autonomie et d autosuflisance.sont proches des nôtres», a dit M.Mw-credi.\tf I.K I» K V 0 I H .I.K M K II < Il K I» I I il .1 A X V IKK I il il I LE DEVOIR «- LE MONDE PERSPECTIVES «Zapatistes» contre «caciques» Les rebelles de l\u2019Année zapatiste de libération nationale (EZLN) ont répondu aux offres de dialogue du gouvernement mexicain en exigeant que leur soit reconnu le statut de «belligérants».Dans leur premier message officiel depuis l\u2019annonce d\u2019un cessez-le-feu par Mexico, ils réclament la présence de Mgr Samuel Ruiz, évêque de San Cristobal de las Casas, comme intermédiaire dans la médiation.Cette dernière exigence a déjà été acceptée par le gouvernement SYLVIANETRAMIER LE DEVOIR Au détour des chemins du Chiapas, on tombe sur les images d\u2019un autre temps évoquées par l\u2019insurrection paysanne et indigène qui a secoué cet Etat du Mexique.Des hommes, des femmes et des enfants qui charrient sur leur dos à longueur de journée les gros fagots de bois qu\u2019ils utilisent pour cuisiner.Des masures sans eau courante, sans électricité.Et à Ocosingo, ce témoignage d\u2019un homme, un peon, qui explique qu'il travaille chez un gros éleveur de bétail de trois heures du matin à 8 heures du soir, pour environ trois dollars par jour.«Le Chiapas est toujours resté en arrière.Aucune transformation sociale n\u2019y a eu lieu.Ni la révolution, ni la réforme agraire n\u2019ont eu d\u2019effets ici», dit un curé de la paroisse de Ocosingo.Le retour au calme dans le Chiapas après deux semaines de troubles laisse entier le problème de fond qu\u2019un Indien, Efrain Gutierrez Gomez, résume en un mot: «Caciquismol».«Le cacique, poursuit M.Gutierrez Gomez, c\u2019est celui qui occupe beaucoup de terres illégalement, parfois quinze ou 20 000 hectares, et qui donne des salaires de misère à ses paysans.» Pour Efraim Gutierrez Gomez, membre fondateur du Comité de défense de la liberté indigène dans la petite ville de Palenque, le nœud du problème indigène se trouve dans la question agraire et dans la question électorale.Appropriation des terres par la force et la fraude électorale étant les deux piliers sur lesquels repose le pouvoir du cacique qui tient les paysans indiens sous sa coupe, il n\u2019est pas étonnant que parmi les principales revendications des organisations de défense des droits indigènes figurent au premier rang la terre et des élections propres.La révolution mexicaine et la -Constitution de 1917 avaient rétabli le système des terres communales (ejidos) exploitées par les paysans indigènes.Mais la Constitution nationale était une chose et la réalité locale en était une autre: les organisations de paysans ont dû se battre constamment pour avoir accès à ces terres communales, et ensuite pour empêcher qu\u2019elles ne soient accaparées par les grands propriétaires-éleveurs.L\u2019élite politique locale, qui se confond avec la classe des propriétaires, est toute acquise au Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) qui gouverne le Mexique depuis 65 ans, et elle lui livre à chaque élection des majorités extravagantes.¦ Il n\u2019y a pas d\u2019indigènes au Parlement du Chiapas, et les tentatives de présenter des candidatures indigènes dans les municipalités ont été des échecs.Alors que propriétaires et paysans pauvres sont en perpétuel conflit et en concurrence pour la propriété de la terre arable, la réforme constitutionnelle, en 1992, du système des ejidos, qui permet désonnais aux exploitants de terres communales de vendre leur lopin, a provoqué une mobilisation des paysans.Des manifestations ont eu lieu pour protester contre ce qui, à leurs yeux, équivaut à une privatisation des terres communales qui formaient à la fois le mode de subsistance et le mode de vie des paysans indigènes.«Cela signifie que ces terres vont désormais pouvoir être acquises pour réviser des projets industriels ou touristiques par des grandes entreprises mexicaines ou étrangères», dit une jeune travailleuse sociale des communauté indigènes.Deux demandes fondamentales: de la terre et des élections propres L'ALENA, une nouvelle menace \u2022 Dans ce contexte, les paysans du Chiapas voient dans l\u2019accord de libre-échange nord-américain (ALENA) une nouvelle menace pour leur survie.Ils pensent que l\u2019AI .ENA mettra leur territoire à la portée des grandes entreprises mexicaines, américaines et canadiennes, et que leur petite production de mais sera ruinée par l\u2019ouverture du marché.En déclenchant leur insurrection le jour de l\u2019entrée en vigueur de l\u2019ALENA, les zapatistes ont voulu marquer leur opposition au traité.Réserves de pétrole importantes, hydro-électricité, ruines mayas, beautés naturelles, forêts et montagnes, le Chiapap est pourtant loin d\u2019être dépourvu d\u2019atouts.Mais c\u2019est l\u2019Etat le plus pauvre du Mexique.Avec 3,2 millions d\u2019habitants, dont un peu moins d\u2019un million d\u2019indiens, le Chiapas détient le record national d\u2019analphabétisme (30%).Deux foyers sur cinq n\u2019ont pas l\u2019eau courante, trois sur oinq n\u2019ont pas d\u2019égout, et un sur trois pas l\u2019électricité.Dans \u2022les localités de Ocosingo et de Altamirano, près de 80% des logis sont sur terre battue, sans aucun recouvrement de sol.La population du Chiapas souffre d\u2019un manque de services essentiels et de médecins (un pour 1500 habitants).Selon le Centre des droits humains «Fray Bartolomé de las Casas» que dirige l\u2019évêque de San Cristobal Samuel Ruiz, Jes causes de décès chez les indigènes du Chiapas sont les mêmes qu'il y a 40 ans: infections intestinales, infections respiratoires et dénutrition.Hugo Cameras Flores, médecin dans le district de Ocosingo, confirme: «Les enfants meurent de diarrhée, de tuberculose, de dénutrition.Ils meurent de pauvreté, en somme.» Dans le Chiapas pauvre et déshérité, l\u2019Eglise catholique joue un rôle de premier plan.Elle se range généralement au côté des paysans indiens dans les innombrables conflits qui les opposent aux caciques.Accusé d\u2019être de connivence avec les zapatistes, Mgr Ruiz, évêque de San Cristobal de las Qisas, s\u2019en défend bien.Mais la plupart des membres de l'Eglise, s\u2019ils réprouvent l\u2019attaque menée par les zapatistes, ne font pas mystère de leurs sympathies.Un membre d\u2019une congrégation religieuse dit que depuis des siècles le «péché social» est commis contre les Indiens du Chiapas.Ije Chiapas a vu naître, au début des années 70, des mouvements de guérilla liés notamment au Parti révolutionnaire ouvrier clandestin Union du peuple (PROCUP).lorsque, au début des années 80, le Chiapas a accueilli des dizaines de milliers de réfugiés indiens guatémaltèques qui fuyaient la repression du regime militaire, le Guatemala accusait le Mexique de servir de base de repli à l\u2019Unité révolutionnaire nationale guatémaltèque (UNRG) regroupant les diverses factions de guérilleros en guerre contre le gouvernement.Que ce soit sous l\u2019influence rie l'Eglise ou des groupes armés voisins, h-s regroupements paysans et indiens du Chiapas se sont multipliés, consolidés et organisés depuis 20 ans.pour finalement ameiHT l'explosion du 1»t janvier.Les réformateurs quittent le navire Après Gaïdar, Fiodorov laisse la voie libre aux conservateurs russes Deux jours après la démission du vice-premier ministre Egor Gaïdar, le ministre des Finances Victor Fiodorov, autre très jeune loup ultralibéral et symbole des réformes économiques en Russie, se trouvait a son tour sur le pas de la porte, au moment où Boris Eltsine et son premier ministre Victor Tchernomyrdine tentent toujours de former un gouvernement.La saignée des réformateurs libéraux paraît ainsi s'accentuer, un mois après les élections législatives de la mi-décembre.L'inévitable ralentissement des réformes Eltsine et Tchernomyrdine cherchent toujours D'APRÈS AFP Moscou \u2014 Les réformateurs radicaux, partisans d\u2019une politique économique de rigueur, quittent un à un le navire gouvernemental, et laissent le champs libre aux centristes, plus perméables aux pressions des grandes entreprises.Le président Boris Eltsine et le premier ministre Viktor Tchernomyrdine ont tenté hier de former le nouveau gouvernement promis après les élections législatives de décembre, mais n\u2019ont apparemment pu se mettre d\u2019accord après un entretien de plus de six heures.Le jeune ministre des Finances, Boris Fiodorov (35 ans), dont les organisations financières internationales avaient fait un de leurs interlocuteurs privilégiése, a porté l\u2019estocade à la marche en avant vers l\u2019économie de marché, en annonçant son intention de ne pas participer au prochain cabinet ministériel.Avec la démission dimanche du premier vice-premier ministre Egor Gaïdar, artisan des réformes, et le départ concomitant de la seule femme du gouvernement, le ministre des Affaires sociales Ella Pamfilova, l\u2019aile réformatrice a fondu comme neige au soleil.M.Fiodorov, intransigeant quant à la nécessité de poursuivre une politique monétaire stricte, avait souligné qu\u2019il n\u2019accepterait le portefeuille des Finances proposé par le premier ministre qu\u2019à la condition que le président de la Banque centrale, Viktor Gueracht-chenko (conservateur), et le vice-premier ministre Alexandre Zave-rioukha (représentant du lobby agricole) soient démis de leurs fonctions, ce qui lui a vraisemblablement été refusé.Le président Eltsine entend conserver au sein du gouvernement «le potentiel réformateur».Le chef du gouvernement, arrivé au pouvoir sous la pression du complexe militaro-industriel, souhaite lui «une co- photo ap imk.Le super-réformateur économique Egor Gaïdar, démissionnaire.opération avec le Parti agraire (proche des communistes) et les patrons des grandes entreprises», indiquait hier l\u2019agence officielle ITAR-TASS.Le premier vice-premier ministre Oleg Soskovets, conservateur et assuré de rester au gouvernement, a rencontré le «patron des patrons», Arkady Volski, renforçant les craintes exprimées par Egor Gaïdar de voir la politique des réformes infléchie «sous la pression des grandes entreprises qui ne veulent Kiev (Reuter ) \u2014 Iouri Mechkov, le nationaliste russe donné favori du second tour de l\u2019élection présidentielle en Crimée, s\u2019est engagé hier à organiser un référendum sur l\u2019avenir de la péninsule, qui fait partie de l\u2019Ukraine.Le président Leonid Kravtchouk a proposé de son coté d\u2019amender la Constitution afin de donner au chef d\u2019Etat ukrainien le pouvoir de renverser les décisions prises par les autorités locales de Crimée.Iouri Mechkov, qui a obtenu au premier tour 38% des suffrages, loin devant ses adversaires, a réaffirmé qu\u2019il ne cherchait pas à séparer la Crimée de l\u2019Ukraine.PHOTO AP Le premier ministre Tchernomyrdine: l'homme du virage conservateur?pas perdre leurs subventions».«J\u2019attend avec inquiétude une coalition informelle entre Viktor Tchernomyrdine et Ivan Rybkine», le président d\u2019obédience communiste de la Douma, a déclaré l\u2019académicien Pavel Bounitch, membre du conseil économique présidentiel.Pour la première fois, l\u2019ensemble des portefeuilles économiques risque ainsi de tomber aux mains des «modérés» ou des conservateurs, et personne ne tirera plus vers la rigueur budgétaire.Mais il a rappelé sa promesse électorale d\u2019organiser un référendum le 27 mars, parallèlement aux élections parlementaires en Ukraine.«Les gens ont choisi la voie de la Crimée.Nous devons donner une forme légale à la volonté de la population de Crimée», a dit Mechkov lors d\u2019une conférence de presse à Simferopol.«Nous voulons des relations normales avec l\u2019Ukraine et les autres Etats.Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019alourdir notre budget avec un ministère des Affaires étrangères de Crimée et avec d\u2019autres institutions», a-t-il ajouté, cité par des journalistes locaux.Six heures de rencontre, et aucun gouvernement n'est encore formé Vers un référendum en Crimée?t >i Moscou (Reuter) \u2014 Quelle que soit la composition du nouveau gouvernement, la politique économique de la Russie sera vraisemblablement infléchie.Les grandes lignes de la réforme \u2014 privatisation et libération des prix \u2014 devraient être maintenues, mêmelsi le rythme de leur mise est place sera plus lent que ne le souhaitent les réformateurs.«Il y a de bonnes chances que les réformes soient maintenues, tout simplement parce que la nouvelle constitution renforce les pouvoirs du président et parce que l\u2019économie est en bien meilleure santé maintenant qu\u2019il y a un an», explique un économiste occidental.«Mais sans les réformateurs, tout pourrait aller à valu-l\u2019eau», ajoute-t-il.Certains d\u2019entre eux ont justement commencé à se désolidariser du président Eltsine.>b Affaibli par la démission du super-réformiste Egor Gaïdar et les incertitudes sur l\u2019attitude du ministre des Finances Boris Fiodorov, le rouble est tombé hier à 1504 pour un dollar, son plus bas cours historique, contre 1402 la veille.Depuis le début de l\u2019année,Te rouble a déjà perdu 21% de sa valeur.«Le rouble ne peut que baisser.L\u2019économie est déjà complètement déréglée, avec ou sans Gaïdar», explique un cambiste.La crainte que le ministre des Finances Boris Fiodorov, monétariste convaincu, ne démissionne à son tour condamne en outre la monnaie russe à accentuer son repli, ajoute-t-il.Le ministre des Finances avait expliqué lundi qu\u2019il quitterait le gouvernement si deux conservateurs, le vice-premier ministre Alexandre Zaverioukha et le président de la Banque centrale Victor Gerachtchenko, restaient à leurs postes.De l'argent pour Gaïdar, pas pour Tchernomyrdine «L\u2019Occident a donné de l\u2019argent à Gaïdar, pas à Tchernomyrdine.Maintenant les crédits vont se tarir», prédit Alexei Jiltsov, cambiste à la banque Delovaïa Rossiia.«Le rouble continuera de baisser jusqu\u2019à ce que la composition du gouvernement ne soit clarifiée», ajoute-t-il.: ' Les analystes estiment que les privatisations, l\u2019un des aspects les plus réussis de la réforme, ne devraient guère être affectées par les changements au sein du gouvernement1 Le principal point de friction devrait concerner la politique industrielle à propos de laquelle réformateurs et conservateurs se sont déjà affrontés.Les réformateurs estiment que les entreprises non-compétitives devraient fermer leurs portes, mais les conservateurs craignent des troubles sociaux et un vaste démantèlement.Pour les économistes, une hausse des subventions ou une annulation des dettes des entreprises aurait pour effet de relancer l\u2019inflation.En décembre, la hausse des prix a atteint son plus bas niveau depuis 15 mois à 12% mensuels et la production a montré quelques signes de reprise.-Dans ce contexte, les investisseurs étrangers se montrent de plus en plus réticents.Selon une récente enquête, les hommes d\u2019affaires britanniques considèrent la Russie comme l\u2019une des places les plus risquées pour les investissements.La semaine dernière, un responsable de Marathon Oil a annoncé que sa société ne poursuivrait pas son projet d\u2019exploitation pétrolière et gazière au large de File Sakhaline, sans avoir au préalable obtenu des garanties du parlement concernant la fiscalité.La reprise des «négociations de paix» sur la Bosnie-Herzégovine Inutiles palabres à Genève Genève (Reuter) \u2014 Réunis hier pour une nouvelle session de négociations à Genève, les belligérants bosniaques n'ont fait aucun progrès vers la paix, tandis que Sarajevo était à nouveau bombardée, malgré un calme relatif autres fronts de Bosnie.Les médiateurs internationaux, David Owen et Thorvald Stoltenberg, ont eu des entretiens séparés avec les dirigeants des Serbes, des Musulmans et des Croates de Bosnie, mais apparemment sans succès, Serbes et Musulmans s\u2019accusant mutuellement de rejeter les dernières propositions de l\u2019Union européenne.Le porte-parole des Serbes, Jovan Zametica, a accusé les Musulmans de balayer les propositions faites à la fin de l\u2019année dernière par l'UE eur accordant 33% du territoire de la Bosnie dans le cadre d'une partition en trois républiques, serbe, croate et musulmane.Mais l\u2019ambassadeur de Bosnie auprès de \u2019ONU, Mohamed Sacirbey, a répondu que les Serbes faisaient de la «désinformation» et a soutenu que la délégation musulmane adhérait au plan de l\u2019UE.Il a accusé les Serbes de rejeter le plan européen en réaffirmant toutefois que l\u2019étendue de territoire allouée aux Musulmans n\u2019était pas viable.Le président bosniaque Alija Izetbegovic s\u2019est gardé de souligner l\u2019absence de progrès et a annoncé que sa délégation rencontrerait celle des Serbes dans la soirée de mardi.Selon John Mills, la session de négociation devrait s\u2019achever aujourd\u2019hui.À l\u2019ouverture de la session, des responsables de l\u2019ONU ont déclaré que le secrétaire général de l\u2019ONU, Boutros Boutros-Ghali, avait demandé à son représentant en ex-Yougoslavie, Yasushi Akashi, de préparer une action militaire incluant des frappes aériennes contre les Serbes.Radovan Karadzic, dirigeant des Serbes de Bosnie, a informé les Nations unies que les casques bleus canadiens bloqués depuis deux mois dans Srebrenica assiégée par ses forces pourraient quitter l\u2019enclave musulmane pour être relevés par un contingent néerlandais en février.Sur le terrain, les observateurs militaires de l'ONU sont parvenus à rejoindre la région de l\u2019Olovo, au nord-est de Sarajevo, où les Serbes ont tiré près de 950 obus dimanche et lundi.Les observateurs ont pu constater que les combats avaient été féroces et les victimes nombreuses.Olovo se trouve sur la route principale reliant la Bosnie centrale et Sarajevo à Tuzla dans le nord et les Serbes veulent la couper.Le colonel Bill Aikman, porte-parole de la FORPRONU, a indiqué que les combats entre Croates et Musulmans dans la vallée de la Las-va, en Bosnie centrale, où 100 000 Croates sont virtuellement assiégés par l\u2019année bosniaque, avaient marqué le pas.Au secrétariat à la Défense des États-Unis L'homme de Clinton refuse New York (Reuter) \u2014 Pressenti par Bill Clinton pour succéder au secrétaire à la Défense Les Aspin, l\u2019amiral en retraite Bobby Ray Inman a assuré hier lors d\u2019une conférence de presse que sa division de retirer sa candidature n\u2019était due à aucun désaccord avec le président américain.L'amiral Inman a annoncé dans une lettre rendue publique hier qu\u2019il retirait sa candidature parce qu\u2019il ne peut accepter les attaques contre sa personne et sa réputation.La Maison-Blanche a aussi publie une courte lettre du président Clinton acceptant «avec regret» le retrait de la candidature de l'amiral Inman.L\u2019amiral semble s'offusquer que des questions aient été posées sur sa capacité de s\u2019opposer à de nouvelles réductions du budget de la défense, pronées par le président Clinton, dit-on dans l'entourage du sénateur Robert Dole.Inman a aussi été accusé d'avoir verst* avec-retard les cotisations sociales de domestiques à son service.¦ Bobby Inman a fait l'objet de vives critiques de plusieurs commentateurs et notamment de William Satire, le très influent commentateur du New York Tintes, qui écrivait le mois dernier «Nous avons là quelqu'un dont je sais par experience personnelle qu'il peut être* manipulé.» E N ?SYRIE-ISRAËL: TIÉDEUR RÉCIPROQUE Amman (Reuter) \u2014 Le ministre syrien des Affaires étrangères, Farouk Al-Chara, a dénoncé hier le peu d\u2019enthousiasme affiché par Israël après le sommçt américano-syrien et il a dit que l\u2019État hébreu n\u2019avait pas le droit d\u2019organiser un référendum sur l\u2019avenir du plateau occupé du Golan.«Si les Israéliens tentent de torpiller ou de sous-estimer l\u2019importance de ce que le président Assad a dit à Genève, c\u2019est parce qu\u2019ils veulent éviter de travailler sérieusement à une paix complète et juste dans la région», a dit le ministre syrien à l\u2019issue d\u2019une courte visite à Amman.Yitzhak Rabin a déclaré hier qu\u2019Israël acceptait sans enthousiasme la «paix des braves» proposée le week-end dernier par le président Hafez Al-Assad comme base de reprise de ses négociations avec la Syrie.-?- JIVKOV IRA EN PRISON Sofia (Reuter) \u2014 L\u2019ancien dirigeant communiste bulgare Todor Jivkov, condamné à sept ans de prison pour corruption, devra effectuer sa peine, la Cour suprême ayant rejeté hier son appel, rapporte l\u2019agence BTA.«Mon avocat n\u2019a pas encore pris contact avec moi et je ne connais pas les procédures légales, mais si je dois aller en prison, j\u2019irai», a déclaré Jivkov à Reuter.-«- WASHINGTON DUR, DUR Washington (Reuter) \u2014 Les États-Unis souhaitent un durcissement des sanctions économiques contre Haiti, ses dirigeants militaires n\u2019ayant pas respecté l\u2019ultimatum des Nations unies.La communauté internationale avait donné aux militaires jusqu'au 15 janvier pour prendre des mesures susceptibles de rétablir le président Jean-Bertrand Aristide dans ses pouvoirs.«Nous allons maintenant faire le necessaire pour un durcissement des sanctions», a i déclaré hier le porte-parole du dépar-! tentent d\u2019Etat Michael McCurry.BREF ?LA DC EST MORTE Rome (AFP) \u2014 La Démocratie chrétienne italienne est morte, à l\u2019issue de près de 50 ans de pouvoir ininterrompu en Italie, et s\u2019est transformée en Parti populaire italien (PPI), reprenant le nom initial du premier mouvement démocrate-chrétien italien fondé en 1919 auquel elle avait succédé en 194-3.La présidente de la Démocratie chrétienne, Rosa Russo Jervolino, et son secrétaire Mino Martinazzoli, ont prononcé hier l\u2019acte solennel de refondation de la DC en Parti populaire, lors d\u2019une cérémonie organisée à l\u2019Institut Luigi Stürzo, du nom du prêtre sicilien qui avait fondé en 1919 le premier parti politique s\u2019inspirant de la doctrine sociale de : : l\u2019Eglise.L\u2019assemblée constituante ' se tiendra samedi à Rome.-?- LES LIBYENS SERONT JUGÉS À LA HAYE Tunis (Reuter) \u2014 L\u2019avocat des deux libyens accusés d\u2019avoir participé à l'attentat de Lockerbie, a affirmé hier que ses clients accepteront probablement d\u2019être jugés à la Haye.Le gouvernement libyen n\u2019y ferait pas objection, a-t-il ajouté.«Mes clients ont toujours été lavorables à un procès en pays neutre, de même que le gouvernement libyen», a déclaré, par téléphone depuis Tripoli.Ibrahim Legwell.-?- RAPT EN COLOMBIE Vïllavicensio (AFP) \u2014 Deux pasteurs américains, Stephen Welch, 40 ans.et Timothy Van Dyke, 41 ans.ont été enlevés par la guérilla des Forces années révolutionnaires de Colombie, dans les environs de Yillavicencio (est de la Colombie), a révéle hier la police locale.Les deux Américains originaires de ; New York, en mission d'evangélisa-tion en Colombie, ont été kidnappés par une trentaine de rebelles et emmenés dans deux voitures, et les autorités n'ont aucune idée de leur destination. I.K I) K V (I I II .I.K M K II < Il K I) I I II .1 ,\\ X V I K II I II II I A I I il .1 A X V I K II I il il I I) E E S \\ la guerre comme à la guerre Les milliers de jeunes enrôlés dans l\u2019armée croient peu probable de se retrouver au champ de bataille, mais ils pourraient avoir la surprise de leur vie NORMAND BEAUDET Coordonnateur d'activités Centre de ressources sur la non-violence Auteur du livre Ix* mythe de la défense canadienne ous avez probablement remarqué les récentes campagnes publicitaires des services de recrutement de l\u2019Armée canadienne: encore une fois, on fait miroiter voyages, formation, études collégiales et universitaires gratuites.Attrayant, n\u2019est-ce pas?Surtout pour des jeunes laissés pour compte.Dans la situation économique actuelle, connaissez-vous d\u2019autres endroits où un jeune, sans expérience ni formation avancée, peut trouver un emploi à temps partiel bien rémunéré?L\u2019Armée canadienne, qui s\u2019accapare de près de 50% du budget d\u2019opération du gouvernement, a beau jeu.Des milliers de jeunes sont actuellement sollicités et enrôlés.Ils croient peu probable, comme la majorité de leurs prédécesseurs, qu\u2019un jour ils se retrouveront sur un champ de bataille.Mais, une fois dans la réserve, ils pourront avoir la surprise de leur vie.Si vous vous rendez à un Centre de recrutement des Forces canadiennes, on vous dira que les forces régulières de l\u2019Armée canadienne n,e recrutent plus de nouveaux soldats.A la mi-novembre 1993, le seul poste permanent disponible au sein de l\u2019Armée canadienne était un poste d\u2019aumônier.Les missions des Nations unies Les personnes qui se présentent au Centre de recrutement sur la rue Bishop sont référées à une unité locale de la réserve.Dans ces unités locales réparties sur tout le territoire canadien, seuls des postes de combat sont disponibles.En ce moment, la réserve des Forces canadiennes n\u2019a besoin que de très peu de techniciens spécialisés.Elle recrute surtout des fantassins, des opérateurs de véhicules blindés et des artilleurs.Des gens capables de faire la guerre.Comment justifier cette restructuration de l\u2019armée vers les forces terrestres et la réserve?On sait qu\u2019il a toujours été difficile pour les Forces canadiennes de justifier le maintien de forces militaires terrestres.Il est délicat de parler des rôles possibles en cas d\u2019instabilité sociale et politique dans le pays (autochtones, nationalistes ou autres).En ce qui concerne la protection du territoire canadien, ces forces terrestres n\u2019ont jamais eu de rôle précis.On sait également que la participation du Canada aux forces de l\u2019OTAN en Allemagne, ainsi qu\u2019à toutes les missions de maintien de la paix des Nations unies, a constitué les deux principales activités PHOTOS ARCHIVES En ce moment, la réserve des Forces canadiennes a besoin de très peu de techniciens spécialisés.Elle recrute surtout des fantassins, des opérateurs de véhicules blindés et des artilleurs.des gens capables de faire la guerre.des forces terrestres de l\u2019Armée canadienne.Depuis que les Forces canadiennes ont été retirées de l\u2019OTAN, il ne reste qu\u2019une seule justification possible: l\u2019intention du gouvernement canadien d\u2019accroître sa participation aux missions des Nations unies.Il est facile de voir que les nouveaux impératifs de recrutement sont en harmonie avec le recours accru à la force militaire qui caractérise les récentes interventions des Nations unies (guerre du Golfe, mission militaire limitée en Yougoslavie et répression militaire en Somalie).Il serait donc surprenant que le Canada cesse sa participation aux missions des Nations unies.C\u2019est le ministre de la Défense, Marcel Masse, qui en septembre 1991 a annoncé une importante restructuration des Forces armées canadiennes.Cette restructuration réduit les forces régulières de près de 10 000 soldats, tout en augmentant le nombre de réservistes de plus de 25 000.L\u2019augmentation la plus importante dans les effectifs de l\u2019Armée canadienne se fera au sein du personnel des forces de réserve terrestres, plus de 12 000 soldats supplémentaires.Une telle restructuration laisse songeur, surtout quand on sait que le Canada n\u2019a pas encore élaboré de nouvelle politique de défense et qu\u2019il n\u2019a jamais envisagé la possibilité d\u2019une politique autonome de défense.Au cours des dernières années, les Nations unies ont travaillé à mettre sur pied des forces militaires qui pourraient être déployées un peu partout sur la planète dans les 48 heures.Ce défi militaire nécessitera une importante organisation et un nombre considérable d\u2019effectifs.La mission de rendre ces forces opérationnelles d\u2019un bout à l\u2019autre de la planète est entre les mains d\u2019un Canadien, le général Maurice Baril.A son avis, nous ne sommes plus à l\u2019ère du «maintien de la paix» oil (intervention se caractérisait jiar le consentement des parties, l\u2019utilisation minimale de la force et la diplomatie pour régler les différends.Mais à l\u2019ère de l\u2019action militaire internationale où les Nations unies accroîtront considérablement leur rôle d'intimidation militaire, disposeront d\u2019une autorisation préalable pour l\u2019utilisation de la force militaire mise à leur disposition, guideront le déploiement des troupes fournies par les pays membres et décideront de l\u2019utilisation de la force pour faire respecter les résolutions du Conseil de sécurité.Nous sommes entrés tête première dans (ère des actions de «contrôle des guerres».Les soldats n'iront plus maintenir la paix, mais tenter de contrôler les guerres ou d\u2019imposer la cessation des hostilités.Dorénavant, les soldats canadiens pourront aller à la guerre sans que le Canada n\u2019ait déclaré la guerre à qui que ce soit.L\u2019industrie de guerre Même l\u2019industrie de guerre a compris le message: elle est en période active d\u2019ajustement.Avant même que le Parti libéral du Canada n\u2019annonce sa politique de reconversion de la défense vers «les technologies de pointe pour le maintien de la paix», les industriels avaient compris le jeu.Leur foire d\u2019armes, «Armx», qui avait subi les foudres populaires en 1989, a été «reconvertie» en «Peacekeeping 93».Malheureusement, seul le nom avait été reconverti, la technologie exposée et les compagnies représentées étaient les mêmes que durant la Guerre froide.Au lieu de vanter l\u2019efficacité de la technologie pour contrer la menace soviétique, on y vantait les avantages pour maintenir la paix.Ce que le Parti libéral ne dit surtout pas dans sa nouvelle politique de reconversion, c\u2019est que la «technologie de pointe pour le maintien de la paix», ce sera la technologie de pointe pour le combat terrestre.Le gouvernement canadien est de toute évidence en période active de recrutement afin de répondre aux besoins croissants en effectifs militaires prévus par les Nations unies.Avec les libéraux au pouvoir, et ce, malgré les récents propos du premier ministre Jean Chrétien, l\u2019Armée canadienne maintiendra sa longue tradition de participation aux missions des Nations unies.Si la tendance actuelle se maintient, le Canada se trouvera inévitablement impliqué dans des guerres.Les jeunes réservistes actuellement recrutés par les Forces canadiennes ont toutes les chances de se retrouver impliqués dans des missions de guerre outre-mer.Ces personnes devraient en être informées dès maintenant.SS La science derrière la Scientologie / L\u2019art d\u2019alimenter une campagne de salissage contre notre Eglise MARC D\u2019ARAGON Président Église de Scientologie de Montréal e 21 décembre 1993, l\u2019Église de Scientologie a obtenu le statut de corporation religieuse de la part de l\u2019Inspecteur général des institutions financières.L\u2019Église a alors annoncé que cette incorporation religieuse était une très grande victoire après 20 ans de débats Contre, les campagnes de salissage menées envers l\u2019Église.En réplique à l\u2019article de Stéphane Baillargeon, (LE DEVOIR, 11 janvier 11)94, Marc D\u2019Aragon, ministre de l\u2019Église de Scientologie, affirme: «Voici le meilleur exemple d\u2019un journaliste qui essaie de faire durer la campagne de salissage contre notre Église.Le titre «La science du mal» démontre sans équivoque l\u2019attitude grossièrement partiale, voire haineuse, et le manque flagrant d\u2019objectivité de Stéphane Baillargeon.J\u2019imagine facilement les immenses clameurs s\u2019il avait eu l\u2019effronterie de donner un titre tel «La croyance du mal» pour décrire le catholicisme ou le judaïsme.ments religieux a débuté vers 1977 après qu'il eut été impliqué dans le kidnapping et la «déprogrammation»,d\u2019un ami, d\u2019âge majeur, qui venait d\u2019adhérer à l\u2019Eglise de (Unification.Depuis ce temps, M.Kropveld est lié étroitement à un réseau américain appelé Cult Awareness Network dont plusieurs membres ont été condamnés pour des activités similaires de kidnapping sur des adhérents à des mouvements religieux.Ée 24 septembre dernier, un certain Galen Kelly, directeur de la sécurité du Cult Awareness Network, recevait une sentence de sept ans d\u2019emprisonnement pour avoir kidnappé Debra Dobkowski en mai 1993.M.Kropveld continue de s\u2019associer au Cult Awareness Network depuis plus de 10 ans alors que continuent ces actes haineux et criminels contre des personnes qui exercent leur liberté de religion.Quant aux dossiers judiciaires de (Eglise de Scientologie, M.Baillargeon aurait dû vérifier ses sources.Les procès intentés contre (Eglise pour «escroquerie» (en France et en Italie) ont tous été annulés et ont tous résulté en des reconnaissances judiciaires de la scientologie comme religion.Quant au procès de (Office de la pro- Se faire berner par une secte officiellement reconnue, c\u2019est toujours se faire berner ST É P II A N E B AI LLA R G E O N LE DEVOIR L\u2019Église comme religion M.Baillargeon tente de nier l'évi-déitce, à savoir que (octroi de (incorporation religieuse est une reconnaissance officielle du gouvernement du Québec au sujet du caractère religieux de la scientologie.Lors de (émission Midi-15 (CBF-AM, Radio-Canada) du 11 janvier 1994.(inspecteur général lui-même, M.Jean-Marie Bouchard, a admis qu\u2019il s\u2019agissait,bel et bien d\u2019une reconnaissance de (Eglf se comme religion et d\u2019un tremplin lui permettant d\u2019obtenir par la suite les autorisations pour célébrer des mariages ayant une valeur legale.Il est surprenant que M.Baillargeon présente les propos de Mike Kropveld.d'Info-Secte, comme s'il s\u2019agissait d\u2019un ex|)er1 partial et indépendant.Ce dernier a avoué publiquement que son intérêt |xmr k*s mouve- ¦\tC\u2019est un fait incontestable: (Eglise de Scientologie est maintenant reconnue comme corporation religieuse par (Inspecteur général des institutions financières.Mais cette reconnaissance, d\u2019ailleurs courante (on en a compté plus de 140 (an dernier, dans divers secteurs), n\u2019est qu\u2019une procédure administrative, ne dit rien des fondements théoriques de ce mouvement et ne constitue en aucun cas un gage d\u2019honnêteté.¦\tJe n\u2019ai rien dit de précis des procès intentés pour es- croquerie en France et en Italie, le 11 janvier dernier, mais je peux en glisser un mot maintenant.Le 14 juin 1978, le tribunal de Paris a infligé une peine de quatre ans de prison (par contumace) au fondateur de votre Eglise, Ron L Hubbard, pour manœuvres frauduleuses.Le juge a établi que votre organisation ne poursuivait qu\u2019un seul objectif: (argent.U* 5 juillet 1978.le tribunal administratif de Munich a rayé la scientologie du registre des associations et lui a interdit de pratiquer tout acte thérapeutique.le 20 juin 1984.la Haute Cour de justice de Grande-Bretagne a accusé l\u2019Église de «corruption» et «immoralité».Le 20 novembre 1988, en Espagne.69 responsables de la scientologie ont été arrêtés pour falsification de documents, escroqueries et enlèvement.\t.Je note aussi que la réponse de (Eglise pass»' sous silence qu\u2019en septembre dernier, un tribunal de Toronto a condamné votre Église sœur de (Ontario à 250 000$ d\u2019amende pour avoir placé des micros dans les locaux de la police municipale de la Ville Reine.¦\tJe rappelle aussi que (Église n\u2019est pas tendre eqvers ceux qui osent la montrer sous son vrai jour.Aux Etats-Unis, des critiques de la scientologie, des confrères journalistes, mais aussi des médecins, des juges et des avocats.ceux que Hubbard déclarait «suppresses», ont été suivis par des détectives privés, harcelés, battus ou même menacés de mort.¦\tQuant au «succès incroyable du livre» du fondateur du mouvement, le Tinte du 6 mai 1991 écrivait que «des armées de fidèles de l'Église sont envoyées dans les grandes chaînes de librairies pour entretenir (illusion d\u2019un best-seller».¦\tFinalement, il est rapporté dans la biographie de Rus-sel Miller (Ron L Hubbard, le gourou démasqué, éd.Plon) et dans le livre de Xavier Pqsquini (Les sectes .éd.Grancher) que le fondateur de (Église a répété devant un congrès d'auteurs de science-fiction que «si un homme veut vraiment faire fortune, le mieux pour lui est de créer sa propre religion».Bref, je n'alimente pas une prétendue campagne de salissage contre (Eglise en particulier: connue d'autres, je pointe la boue qui entache sa réputation depuis des décennies.L'idée est claire et je la defends de nouveau: se faire berner par une secte officiellement reconnue, c\u2019est encore et toujours se faire berner.tection du consommateur, M.Baillargeon a tort de prétendre qu\u2019il débute à Montréal le mois prochain.En effet, il s\u2019agit d\u2019un procès à Québec, qui a débuté en juillet 1992.En octobre 1993, la cour a émis un jugement interlocutoire reconnaissant la valeur des témoignages de quatre experts religieux, dont un évêque méthodiste et des théologiens catholiques, qui ont affirmé le caractère religieux de la scientologie, et ont éclairé la cour sur les conséquences graves et néfastes, contre (exercice de la religion, qui résulteraient de (application de la Loi sur la protection du consommateur.Le mois prochain, la cour entendra les plaidoiries sur (applicabilité de la Loi sur la protection du consommateur, eu égard au droit de liberté de religion garanti par les chartes des droits et libertés.M.Baillargeon se réfère également à un livre qui est basé sur des témoignages provenant d\u2019une poignée d\u2019individus, liés au Cult Awareness Network, alors que plus de 8 millions de personnes reconnaissent les bienfaits que la religion de scientologie, fondée par L.Ron Hubbard, a apportés dans leur rie.Ne pas informer les lecteurs M.Baillargeon a choisi de ne pas informer vos lecteurs sur les nombreuses reconnaissances d'individus et de groupes indépendants de (Église qui ont eux aussi reconnu la valeur humanitaire de (oeuvre de L.Ron Hubbard.Aucune mention du succès incroyable du livre Ixi Dianétique: la puissance de la pensée sur le corps écrit par M.Hubbard en 1950: le livre est toujours sur la liste des best-sellers.43 ans plus tard.Quant au commentaire attribué faussement à M.Hubbard.M.Baillargeon se trompe encore.C\u2019est Georges Orwell qui a tenu des propos sur les avantages financiers de créer une nouvelle religion.Finalement, notons que Stéphane Baillargeon a fait preuve d\u2019une très mauvaise compréhension de La scientologie.EQUIPE DEVOIR D U LA REDACTION Journalistes: à l\u2019information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier.Louis-Gilles Francoeur (environnement), Louis-Guy L\u2019Heureux, Jean-Pierre Ixgault, Caroline Montpetit, Bernard Morrier.Isabelle Paré, Diane Précourt, Laurent Soumis, Guy Taillefer; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes): à l\u2019information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon.Roland-Yves Carignan, Pierre Cayouette (livres), Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay: à l\u2019information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutri-sac, Claude Lévesque.Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l\u2019information internationale: François Brousseau (éditorialiste et responsable) , Antoine Char, Jocelyn Coulon, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l\u2019information politique: Pierre O'Neill.Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec); Serge Chapleau (caricaturiste): à l'information sportive: Yves d'Avignon; Denise Babin, Rachel Dudos (commis).Marie-Helène Ala-rie (secrétaire à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Serge Liplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA DIRECTION .ARTISTIQUE Lucie Lacava.LA PUBLICITÉ Lucie Pin-sonneault (directrice).Jacqueline Avril.Lise Bourgault, Brigitte Cloutier.Gyslaine Côté, i Johanne Guibeau.Jean-Yves Guilbert, Christiane Legault, Monique Verreault (publicitaires): Micheline Turgeon (commis): Michèle Bouchard (secrétaire).L'ADMINISTRATION Henry Riedl (contrôleur).Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables): Florine Cormier.Céline Furoy, Jean-Guy Lacas.Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Theriault (adjointe à l\u2019administration).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice).Guv-Renaud Kirouae (directeurpromotions et relations publiques).Johanne Brien (secrétaire).Manon Blanchette.Monique L'Heureux.Lise Lachapelle, Olivier Zuida, Rachelle Lcclerc-Venne.Jean-Marc Ste-Ma-rie (superviseur aux promotions des abonnements).LA PRODUCTION Robert McDougall (directeur des systèmes informatiques et de la production).Johanne Brunet.Danielle Cantara.Sylvain Darcy.Richard DesCor-niiers.Caroline Des Rosiers.Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hudon, Michael Schneider, Marie-France Turgeon (coordonnatrice).Christiane Vaillant.Les annonces classées et axis publics: Yves Williams (superviseur), Dominique Charbonnier.Marlène Côte.Sylvie Laporte.Pierrette Rousseau.Micheline Ruelland.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Pierre Bourgie (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture(/>trétdr>i/).Roger Boisvert tricepré-sident et directeur général).Raymonde Guay (responsable du financement prive).il I.K I) K V O | It .I.K M K It < It KOI I !»\t>1 A X V I K It I II il I A « Le ACTUALITES Vallerand promet des changements dans l\u2019attitude du fisc BERNARD PLANTE LE DEVOIR Le ministre du Revenu, André Vallerand, promet d\u2019apporter des changements dans son ministère de façon à permettre aux contribuables québécois de se défendre plus facilement contre les impératifs de ses fonctionnaires.En entrevue au DEVOIR, M.Vallerand a notamment évoqué la possibilité de créer un poste de commissaire aux plaintes des citoyens, un genre d\u2019ombudsman, comme cela existe actuellement chez Hydro-Québec.C\u2019est la réponse que sert le ministre aux critiques faites par les contribuables contre l\u2019arbitraire des fonctionnaires du ministère du Revenu, par la voie des médias.Le ministre admet que les relations entre citoyens et ses fonctionnaires font problème: «Il y a des problèmes manifestement, dit-il, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable.» M.Vallerand croit en outre que son ministère doit calquer certaines de ses politiques de perception sur le ministère fédéral des Fi-naijces.A titre d\u2019exemple, il souligne que les commerçants qui omettent de verser certaines taxes au fisc doivent composer avec des pénalités de 15%, alors que le taux est de 10% lorsque le même contribuable est pris en défaut, de la même façon, par le ministère fédé- ral du Revenu.En cas de récidive, l\u2019amende est de 50% à Québec contre 20*% à Ottawa! Le ministre dit aussi que son ministère va examiner la possibilité de modifier les règlements qui forcent les citoyens à payer immédiatement une facture réclamée par Revenu Québec, même si le contribuable conteste la dite facturation.A Ottawa, souligne M.Vallerand, le citoyen qui conteste une réclamation du fisc n\u2019est tenu de régler la facture qu\u2019au terme du processus de contestation, et ce, bien sûr, s\u2019il perd sa cause.Il admet en outre que le processus de contestation est beaucoup trop lourd à Qué- bec: «Au fédéral vous faites parvenir juste une lettre en disant: je m\u2019oppose.Au provincial, il faut remplir un questionnaire, l'expédier par courrier recommandé avec 20$.il y a moyen d\u2019harmoniser cela en adoptant ce qui se fait du côté du gouvernement fédéral.» André Vallerand admet en outre qu\u2019il est difficile pour un contribuable de contacter ses fonctionnaires.Entre le 4 et le 14 janvier, LE DEVOIR a tenté de rejoindre l\u2019un d\u2019eux .à 207 reprises.Chaque fois la ligne était occupée.Le ministre dit encore qu\u2019il a l\u2019intention de faire le tour de ses employés pour voir ce qu\u2019il y a à faire et pour les encourager.Il faut comprendre, dit-il, qu\u2019ils travaillent actuelle- ment dans un contexte difficile alimenté par la contrebande et le travail au noir: «Je ne cherche pas des excuses, mais à replacer les choses dans leur contexte.» Il faut aussi, ajoute-t-il, rétablir la confiance du contribuable dans le régime fiscal en luttant contre la contrebande et le travail au noir.» A cet égard, il est impératif, selon lui, de baisser les taxes sur les cigarettes.M.Vallerand souligne que son gouvernement a fait un pas dans la bonne direction en imposant la loi 142 pour contrer le travail au noir dans l\u2019industrie de la construction.Cette mesure est encore contestée par les grandes centrales syndicales.SESSION Discipline budgétaire Quoi qu\u2019il en soit, les secteurs d\u2019activité auxquels a dit vouloir s\u2019attaquer le gouvernement sont nombreux.En voici les principaux.¦\tL\u2019économie et l\u2019emploi.Priorité des priorités, le gouvernement rappelle à ce titre la mise en œuvre du programme à financement tripartite de rénovation des infrastructures.Il annonce le rétablissement du programme d\u2019aide à la rénovation résidentielle et la création d\u2019un Service jeunesse.Côté déficit, une simple note au passage évoquant l\u2019intention de faire preuve de la «discipline budgétaire nécessaire à une croissance économique soutenue».C\u2019est au budget, en février, qu\u2019on connaîtra en détail les mesures prônées à cet égard.De manière plus générale, les libéraux rappellent leur volonté d\u2019orienter leur action économique autour des PME.Ils entendent à cet égard faciliter l\u2019accès de celles-ci aux capitaux et créer un fonds d\u2019investissement à l\u2019intention des industries de pointe.¦\tLe commerce.Parallèlement à ce qui précède, Ottawa se dit d\u2019avis que création d\u2019emplois et croissance économique sont synonymes d\u2019accroissement des exportations, et se félicite donc de la conclusion des accords du GATT et de libre-échange nord-américain (ALENA).11 réitère son intention de mener une politique commerciale «dynamique» à l\u2019égard des marchés du Pacifique et de l\u2019Amérique latine.Au plan interne, le fédéral entend s\u2019assurer que l\u2019entente conclue par les provinces sur l\u2019abolition des barrières au commerce interprovincial se traduira par des résultats concrets.¦\tLes programmes sociaux.Le gouvernement se donne deux ans pour procéder à une «réforme en profondeur» susceptible de «moderniser et restructurer» le système de sécurité sociale canadien.Aucune mention expresse n\u2019est cependant faite de l\u2019assurance-chômage ou des paiements de transfert aux provinces.Seuls les soins de santé sont abordés de front, Ottawa se disant «profondément attaché» à leur gratuité et «hos- tile à toute niesure susceptible de les miner».On promet la constitution, en collaboration avec les provinces, d\u2019un Forum national sur «le renouveau du régime de soins de santé au Canada».¦\tL'intégrité politique et parlementaire.Sus aux lobbies, aux entraves à l\u2019éthique, au cumul de pension et de traitement, le gouvernement entend aussi s\u2019attaquer à une réforme du régime du retraite des députés.Ces actions se dérouleront parallèlement à la proposition de modifications aux règlements des Communes pour accroître le rôle des députés dans l\u2019élaboration des lois et des politiques gouvernementales.¦\tLa fiscalité.Comme promis durant la campagne électorale, les libéraux veulent remplacer, après consultation avec les intéressés \u2014 dont les provinces \u2014, la TPS.Aucune mention n\u2019est faite de la question de la contrebande.¦\tLes autochtones.Héraut d\u2019«un nouveau partenariat» avec les peuples autochtones, Ottawa entend se pencher sur la mise en œuvre de leur droit à l\u2019autonomie gouvernementale.On annonce aussi l\u2019octroi de fonds en matière d\u2019aide scolaire pour les Premières Nations.¦\tLa participation du Canada sur la scène internationale.Au moment où la grogne monte quant à l\u2019implication des Casques bleus canadiens dans l\u2019ex-Yougoslavie, Ottawa promet, comme l\u2019avait déjà fait le ministre André Ouellet, qu\u2019il confiera aux comités des Communes le soin «de se pencher sur les orientations et les priorités du Canada en matière de politique étrangère et de défense».¦\tLa Constitution.Sans mentionner expressément le mot, Ottawa précise en toute fin de discours qu\u2019il «travaillera énergiquement pour que le fédéralisme réponde aux besoins des Canadiens», ajoutant \u2014 à l\u2019intention du Bloc québécois?\u2014 que «le bon fonctionnement du Canada est la responsabilité de chacun».En matière de partage des pouvoirs, on ne note qu\u2019une intention assez vague de «clarifier le rôle du gouvernement fédéral par rapport aux autres ordres de gouvernement» et d\u2019«éliminer le double emploi et les chevauchements».Bouchard entend bien ramener la Constitution sur le tapis BARNARD D\u2019abord la prévention SUITE DE LA PAGE 1 par la suite.Le professeur place beaucoup d\u2019espoir dans l\u2019utilisation de cœurs de cochons, notamment comme organe palliatif, lorsque manquent les cœurs d\u2019humain.«Les chercheurs américains travaillent en ce sens.C\u2019est très pratique: les primates sont en danger d\u2019extinction, pas les porcs.En plus, on peut sélectionner des organes de la taille voulue.» De toute manière, pour le pionnier, ce genre d\u2019interventions doit demeurer une solution extrême et rien ne pourra remplacer la prévention.«Il faut multiplier les campagnes contre le tabagisme et l\u2019alimentation déficiente.» C\u2019est d\u2019ailleurs ce travail d\u2019éducation qui justifie sa présence à Montréal «J\u2019ai 71 ans, et les voyages me fatiguent, explique-t-il.Mais je tenais à appuyer le magnifique travail de l\u2019Institut, qui demeure l\u2019un des plus importants centres de recherches et de pratiques dans le monde.Et puis, vous savez, je suis un peu comme Madonna, ajoute-t-il à la blague.On m\u2019invite parce que je réussis encore à attirer l\u2019attention des médias et du public, même si je ne suis plus aussi populaire qu\u2019il y a 25 ans.» Avant de réussir l\u2019exploit qui allait décider de la suite de sa vie, le soudé du bistouri avait déjà réalisé plusieurs «premières» dans les salles d\u2019opération de l\u2019hôpital Groo-te Schuur, au Cap, par exemple en inventant de nouvelles valves coronariennes et en réalisant plusieurs transplantations cardiaques sur des chiens.«Professionnellement, j\u2019ai été actif à une période exceptionnelle de la chirurgie, résume-t-il.Tout était à faire dans le domaine cardiaque.» Tout cela l\u2019avait scientifiquement préparé à la fameuse journée de décembre 1967, alors qu\u2019à la tête d\u2019une équipe d\u2019une vingtaine de chirurgiens, il remplaçait l\u2019organe vital de Louis Washkansky, un épicier incurable d\u2019Afrique du Sud, par le cœur d\u2019une victime d\u2019un accident d\u2019auto.L\u2019opération elle-même a parfaitement réussi, même si le patient est décédé 18 jours plus tard des suites d\u2019une pneumonie.«On se pratiquait sur des animaux depuis quelque temps et la faisabilité sur des humains était largement théorisée, explique Barnard.Nous n\u2019avons innové que sur de petits détails.Et pourtant, du jour au lendemain, je suis passé de mon état de petit chirurgien d\u2019Afrique du Sud à celui de célébrité mondiale.On me réclamait partout et ni moi, ni mon hôpital n\u2019étaient préparés à ça.» Quoi qu\u2019il en soit, en 1968, six mois après l\u2019exploit du docteur Barnard, les docteurs Pierre Grondin et Gilles Lepage, de l\u2019ICM, réalisaient aussi une première greffe canadienne, la dix-huitième transplantation cardiaque à travers le monde.Depuis sa fondation, l\u2019ICM a accumulé plus de 600 000 consultations externes, environ 11 500 angioplasties coronariennes et près de 75 000 cathétérismes cardiaques.Entre 1967 et 1992, les émules du professeur Barnard ont réalisé plus de 21 000 transplantations cardiaques.Au début de la décennie, le taux de survie à huit ans oscillait autour de 72%, notamment grâce à la découverte de nouvelles molécules neutralisant le phénomène du rejet.Barnard s\u2019est aussi récemment intéressé aux questions éthiques que pose de plus en plus le développement de ces techniques de pointe en médecine.En 1980, il a publié Une bonne vie, une bonne mort, dans lequel il défendait l\u2019idée que «le suicide est un droit fondamental de l\u2019être humain et doit être une des possibilités qui s\u2019ouvre à tout individu.» «La médecine n\u2019existe que pour améliorer la qualité de vie des patients, dit-il maintenant.Mais elle doit aussi permettre une mort décente.L\u2019euthanasie passive est déjà largement acceptée, pour prévenir l\u2019acharnement thérapeutique.Personnellement, je suis aussi en faveur de l\u2019euthanasie active, quand la vie de qualité n\u2019est plus possible.» Le docteur Barnard dit ne jamais avoir pratiqué le «suicide assisté».«J\u2019ai toujours travaillé dans le cadre défini par la loi, mais j\u2019espère que la loi va aussi se pencher sur îes demandes justifiées de patients qui ne souhaitent plus vivre dans des souffrances atroces.» Ijji-méme a été lourdement affecté par le suicide de son premier fils, qui avait aussi choisi de devenir médecin.«Je pense qu\u2019il a subi d\u2019énormes pressions: les gens voulaient tellement qu\u2019il suive les traces de son trop célèbre père.» JEAN DION DE NOTRE BUREAU D\u2019OTTAWA Pour Lucien Bouchard, «la période de grâce» dont jouissait le gouvernement Chrétien depuis son arrivée au pouvoir est bel et bien terminée, et il se chargera lui-même de le lui rappeler dès aujourd\u2019hui, lors de sa réplique au Discours du trône.«Il est clair qu\u2019il faudra travailler très fort pour convaincre ce gouvernement de regarder la vraie réalité» qui est celle d\u2019un système fédéral qui ne fonctionne plus, a commenté hier le chef du Bloc québécois à l\u2019issue de l\u2019allocution prononcée au Sénat par le gouverneur général Ray Hnatyshyn.«Il n\u2019y a rien (dans le discours) qui concerne ce que le gouvernement entend faire par rapport à la situation constitutionnelle, qui a un lien de causalité avec les problèmes économiques que nous avons.Ia» structure décisionnelle va rester la même, avec les mêmes incohérences.Il y a uniquement des vœux pieux par rapport à la disparition des chevauchements.Il n\u2019y a rien sur le dossier de la main-d\u2019œuvre au Québec, qui est un dossier fondamental.Il n\u2019y a rien sur les inéquités du fédéralisme», a reproché M.Bouchard, qui entend prononcer cet après-midi une réplique résolument souverainiste.Une première, il va de soi, pour un chef de l\u2019opposition, officielle ou non, aux Communes.Cela dit, le leader souverainiste ne s\u2019étonne guère du contenu du message livré par Ottawa.Aux élections, «M.Chrétien a vu son message reçu par l\u2019Ontario et par le reste du Canada, principalement.Je ne suis pas surpris qu\u2019il n\u2019écoute pas ce que le Québec pense et veut.» M.Bouchard a également blâmé le gouvernement pour un discours équivalant tout au plus à «un communiqué de presse», muet sur la réforme fiscale et exempt de «mesures concrètes et précises pour créer des emplois et réduire les dépenses du gouvernement», toutes choses qu\u2019il qualifie de «très inquiétantes».Le chef du Reform Party Preston Manning a émis une opinion plus nuancée, applaudissant d\u2019abord la recon- naissance par Ottawa de ce que les programmes sociaux doivent faire l\u2019objet d\u2019une réforme.«C\u2019est un pas dans la bonne direction», a-t-il dit, de même que les engagements à augmenter la crédibilité du Parlement et à élaborer une politique commerciale cohérente sont susceptibles de rapporter des dividendes.Mais M.Manning ne se fait pas d\u2019illusions pour autant: «Le temps dira si le gouvernement tiendra ses promesses.Les gens sont sceptiques et ils ne se satisferont pas de promesses.Il devra y avoir des actions concrètes.» D\u2019autant plus, devait-il ajouter, que le Discours du trône présenté hier n\u2019aborde pas la question du gouffre financier dans lequel se retrouve le gouvernement fédéral.«Il manque d\u2019éléments spécifiques, de vision, il y a une absence de reconnaissance de la situation financière sérieuse du gouvernement.Voici un gouvernement qui a une dette d\u2019un demi-billion de dollars et qui ne propose pas de mesures pour affronter le problème», a critiqué le chef du Reform.Les partis non reconnus aux Communes ont aussi fait connaître leurs réactions.Chez les néo-démocrates, on s\u2019est dit extrêmement déçu.«Plus ça change, plus c\u2019est la même chose, a commenté le député Svend Robinson.Les mêmes thèmes sont abordés que dans les Discours du trône conservateurs.» M.Robinson s\u2019en est pris à «ce qui n\u2019est pas dans le discours: pas de suggestions concrètes pour la création d\u2019emplois, pour combattre la pauvreté des enfants, pour protéger l\u2019environnement».\t» ¦ Quant au chef intérimaire conservateur, Jean Charest, j ç il s\u2019est dit heureux de l\u2019éventualité d\u2019une réforme parlementaire qui pourrait donner plus de poids à sa formation réduite à deux députés aux Communes.Dans l\u2019ensemble, «je ne peux pas être en désaccord avec un discours dont deux tiers des initiatives sont des choses qpe nous avions déjà annoncées», a confié M.Charest.Elément négatif, cependant: «Au niveau de l\u2019emploi, ils ont besoin de mettre de la viande après l\u2019os.» TABAC Résistance SUITE DE LA PAGE 1 Il ajoute: «Le gouvernement fédéral a besoin de revenus pour financer les programmes sociaux et les soins de santé.La taxe sur les cigarettes et les moyens de l\u2019appliquer sont des options.» Le ministre québécois des Finances, André Bourbeau, qui souhaite que la question de la contrebande soit abordée à la réunion des ministres des Finances, demain et vendredi à Montréal, devra aussi faire face à la résistance de l\u2019Ontario.A deux jours de la rencontre, le ministre des Finances de l\u2019Ontario, Floyd Laughren, a lui aussi laissé l\u2019un des ses conseillers préparer le terrain: Toby Sanger a rappelé que l\u2019Ontario n\u2019était pas favorable à une réduction des taxes sur les cigarettes parce que cela se traduirait par une importante perte de revenus pour le Trésor ontarien.Pourtant, Québec fait de la question de la réduction de la taxe sur les cigarettes une question de principe.Pour le ministre du Revenu André Vallerand, la mesure devrait aider à «rétablir la confiance des contribuables envers le régime fiscal.» Ce problème, dit-il, doit se régler «rapidement.» Le ministre des Finances, André Bourbeau, a lui-même et à plusieurs reprises exprimé publiquement le souhait de voir le gouvernement fédéral et l\u2019Ontario se ranger derrière Québec sur cette question.La position d\u2019Ottawa et de Toronto va placer, à quelques mois des élections provinciales, le nouveau gouvernement libéral de Daniel Johnson dans une position difficile.Devant le ras-le-bol des électeurs sur cette question, le caucus des députés libéraux exerce déjà depuis plu- sieurs mois des pressions très fortes sur son propre gouvernement pour qu\u2019il s\u2019engage à réduire les taxes sur les produits du tabac.Rappelons qu\u2019il y a pratiquement un an, la vice-première ministre de l\u2019époque, Lise Bacon, qui remplaçait Robert Bourassa alors hospitalisé, avait placé cet objectif en tête de liste des priorités gouvernementales, tout en soutenant que Québec n\u2019agirait pas seul et qu\u2019Ottawa devrait aussi s\u2019engager à réduire ses propres taxes.Cet objectif a été maintes fois répété.Depuis, les libéraux ont remplacé les conservateurs à la tête du gouvernement fédéral, mais rien n\u2019a bougé, rien qui va dans le sens des souhaits exprimés par le gouvernement québécois.Si cette mésentente entre Ottawa, Queen\u2019s Park et Québec devait se concrétiser, elle risquerait alors d\u2019alimenter les discours du Bloc québécois et du Parti québécois qui en feront leurs choux gras.D\u2019autant plus que les proportions alarmantes du phénomène de la contrebande au Québec créent de vifs mécontentements parmi la population.Pour encaisser le coup, le gouvernement libéral pourrait choisir de suivre la recommandation de certains groupes de pression et de baisser unilatéralement ses taxes sur les produits du tabac.C'est beau la vie IRANGATE «Complices» SUITE DE LA PAGE 1 La liste des «complices» en haut lieu est longue: «Le président Ronald Reagan, le vice-président George Bush, le secrétaire d\u2019Etat George Shultz, le secrétaire à la Défense Caspar Weinberger, le directeur de la CIA William Casey, ainsi que les conseillers a la Sécurité nationale Robert McFarlane et John Poindexter, faisaient partie des personnes au courant des opérations qui ont été effectuées avec l\u2019Iran», écrit le magistrat.Lorsque le scandale a éclaté en 1986, M.Reagan a «participé en toute connaissance de cause, ou a au moins approuvé les efforts» faits par ses conseillers pour dissimuler l\u2019affaire.Cependant, M.Walsh estime qu\u2019«aucunc* preuve crédible que le président Reagan a enfreint la réglementa- tion pénale» n\u2019a été dégagée.«Néanmoins, il a créé les conditions nécessaires à des activités illégales ou autres en encourageant et d\u2019une maniéré générale en ordonnant le soutien à la Contra», alors que le Congrès avait décidé un embargo sur l\u2019aide aux rebelles du Nicaragua.Selon M.Walsh, le mépris affiché par Ronald Reagan a l\u2019égard de ces différentes interdictions a créé un climat dans lequel certains de ses collaborateurs se sont sentis autorisés à circonvenir à ces mêmes interdictions, alors que le rôle était de les faire appliquer.Ije procureur tire également les conclusions suivantes: U Un grand nombre de documents «importants» ont été «systématiquement et volontairement soustraits aux enquêteurs par plusieurs membres de l\u2019administration Reagan».¦\tIl n\u2019y a aucune preuve que le vice-président Bush ait violé la loi, mais «contrairement à ses affirmations publiques», M.Bush était «pleinement conscient des ventes d\u2019armes à l\u2019Iran».George Bush n\u2019a jamais fourni à la justice ses carnets de notes datant de l\u2019affaire, malgré des demandes répétées.Il a également travaillé, alors qu\u2019il était vice-président, à réunir des fonds en provenance de pays tiers pour aider la Contra.Les avocats de M.Bush ont toujours maintenu que leur client n\u2019avait jamais menti sur son rôle dans cette affaire.¦\tRonald Reagan a autorisé des ventes d\u2019armes à l\u2019Iran afin d\u2019obtenir la libération de plusieurs otages américains en dépit d\u2019avertissements selon lesquels une telle transaction pourrait être illégale.M.Reagan, son ancien Attorney General (ministre de la Justice) Edwin Meese, ainsi que le colonel Oliver Nor- th, principal artisan du détournement vers les «contras» des bénéfices tirés des ventes d\u2019armes à l\u2019Iran, avaient tenté le mois dernier de faire interdire la publication de ce rapport, mais avaient été déboutés.Theodore Oison, qui conduit la défense de Ronald Reagan dans cette affaire, maintient que la conduite du président était «irréprochable».Ia\u2018s avocats de George Bush ont estimé que les conclusions du rapport d\u2019enquête était «scandaleuses».M.Meese a déclaré, quant à lui, qu\u2019il allait «confronter M.Walsh à ses fausses affirmations».LE DEVOIR\tLES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS: DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30\t\tAVIS PUBLICS ANNONCES CLASSEES\t(514)985 3344 (514)985 3344\t\tDU LUNDI AU VENDREDI À DE 7H30 À 16H30\tSERVI Ici ¦¦¦éio;\tCE DES ABONNEMENTS 4c lélépboae iciteels son! xlcblei poir \tRENSEIGNEMENTS\t(514)985 3333\tPUBLICITÉ\t(514) 985 3399\t\t2050.RUE DE BLEURY.9E ÉIAGE.\tle icrvfec 4c lr\t \tADMINISTRATION\t(514)985 3333\tNUMERO SANS FRAIS\t1 800 363 0305\t\tM0NIRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9\tMontréal\t(514) 985 3355 I, A1C "]
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