Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 1994-01-05, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" -?FONDÉ EN 1910\t?L E DEVOIR Vol.I.X X X V - N u :$ O I M O N T II K A I.M E II (' II K I) I ô .1 A X V I K II I !» !M (i .» j \u2022 Belfast (AFP) \u2014 Le Sinn Fein, branche politique de l\u2019IRA, souffle le chaud et le froid sur la proposition > anglo-irlandaise de paix en Ulster avec des propos contradictoires de ses deux dirigeants, visiblement desti-'\u2022» nés à obtenir des concessions de Londres.Lors d\u2019un meeting à Belfast lundi soir, Gerry Adams, - président du Sinn Fein, a pour la première fois adopté ¦ une attitude positive à l\u2019égard de la déclaration anglo-irlandaise, la qualifiant de «développement potentiellement important» dans la recherche d\u2019une solution négociée du conflit.M.Adams a admis que Londres avait fait un pas sans précédent, en «reconnaissant le droit à l\u2019autodédermina-.tion de l\u2019ensemble du peuple irlandais».«L\u2019impasse n\u2019est .pas résolue, mais au moins le problème-clef d\u2019autodéter-i mination est identifié», a-t-il dit.rr La veille, le numéro deux du Sinn Fein Martin Mc-Guinness avait en revanche tenu des propos très critiques à l\u2019égard de la déclaration.- Dans une interview à un journal irlandais, il avait affirmé que toute proposition de paix ne contenant pas la promesse d\u2019une retrait britannique d\u2019Irlande du Nord était «inacceptable».Plus tard, il avait réitéré la demande d\u2019üne «clarification» de Londres et Dublin sur la déclaration, regrettant que son parti ait été le seul en Ulster à ne pas y avoir eu droit.Ce double langage du Sinn Fein n\u2019est pas nouveau.Le jour de l\u2019adoption de la déclaration par les premiers ministres britannique et irlandais John Major et Albert Reynolds, le 15 décembre à Londres, il avait d\u2019abord fait part de la «déception» du mouvement républicain avant d'affirmer qu\u2019il prenait «au sérieux» le document, puis de demander des «clarifications».«La publication quotidienne de communiqués contradictoires par le Sinn Fein est délibérée et destinée à désorienter les gens», a affirmé mardi à la BBC Seamus Malion, l\u2019un des dirigeants du parti nationaliste modéré SDLP de John Hume, l\u2019homme qui a élaboré secrètement avec Gerry Adams des propositions de paix pour l\u2019Ulster donnant la première impulsion au processus de paix.I «J\u2019espère que Gerry Adams est sincère», a dit M.Mal-M-lon en souhaitant que le contemu des propositions Hume-Adams soient rendues publiques.Downing Street va étudier «attentivement» les propos de M.Adams et a réaffirmé que John Major, comme les , habitants d\u2019Ulster, attendent toujours l\u2019arrêt de la violence.i ; Dans une tribune publiée hier dans un journal de Bel-f i fast, écrite avant la prise de position de Gerry Adams, M.Major accuse le Sinn Fein de «chercher désespérément : à éviter de répondre au choix clair auquel il est confron- :i.;té».1 Les propos de M.Adams ont conforté le leader des ¦ i «durs» du camp unioniste, le révérend Ian Paisley, qui voit dans la déclaration anglo-irlandaise une «trahison».¦ ( Il a accusé M.Major de s\u2019être fait «dicter» les termes du document par le Sinn Fein.Les unionistes avaient déjà très mal accueilli lundi la ;i I demande d\u2019une «démilitarisation» de l\u2019Ulster faite par Al-n \"bert Reynolds, y voyant la volonté de Dublin de faire glis-f: : ser la déclaration vers «les positions de l\u2019IRA».; La déclaration anglo-irlandaise n\u2019exclut pas la perspective d\u2019une Irlande unie si les Irlandais du Nord comme i du sud le veulent, réaffirme que tout changement de statut devra recevoir l\u2019aval de la majorité protestante d\u2019Ul-> > ster et offre au mouvement républicain la possibilité de ' participer à des pourparlers de paix après un cessez-le-i ! feu de trois mois.La réponse définitive du Sinn Fein ne devrait pas inter-, - venir avant la fin du mois de janvier.* r \u2022i :\u2014,.\t¦¦ ¦\t.1 -i- ¦ ¦ EN BREF ?LIBERTÉ POUR VLAD Bucarest (AFP) \u2014 Le chef de l\u2019ex-Securitate (police politique roumaine), Iulian Vlad, a été mis en liberté conditionnelle par un tribunal de Bucarest, après avoir purgé un tiers de sa peine, a-t-on appris hier auprès du parquet militaire.L\u2019ex-général a été libéré la semaine dernière, a-t-on précisé de même source.Iulian Vlad, arrêté le 31 décembre 1989, avait été condamné à 12 ans de prison en avril 1992 pour «complicité de meurtre extrêmement grave» par la Cour suprême.La justice roumaine lui reprochait d\u2019«avoir approuvé la répression» des manifestations anti-Ceausescu de Timisoara et Bucarest qui ont abouti à la chute du dictateur fin 1989.-?- CÉDRAS PRÔNE UN DIALOGUE Port-au-Prince (AI'P) \u2014 Le chef de l\u2019année haïtienne, le général Raoul Cédras, a prôné un «large dialogue» pour sortir de la crise dans un discours prononcé dans la ville des Gonaives (152 km au nord-ouest de la capitale) à l\u2019occasion du 190e anniversaire de l\u2019indépendance d\u2019Haiti.«Seule une entente sincère sur l\u2019essentiel, premier pas vers l\u2019union indispensable, pourra sauver ce pays», a déclaré l\u2019officier, estimant «obligatoire que cette entente passe par un large dialogue».«Mais surtout il importe que ce débat soit national, qu\u2019il soit l\u2019occasion pour la nation de s\u2019interroger sur elle-même, sur son avenir et de chercher des solutions aux problèmes structurels qui handicapent l\u2019évolution de la société et le jeu des institutions républicaines», a déclaré le responsable militaire.-?- 12 000 SUICIDES AU BANGLADESH Dacca (AFP) \u2014 Quelque 12 (XX) personnes se sont suicidées l\u2019an dernier au Bangladesh, dont une majorité de femmes victimes du système de mariage traditionnel où la nouvelle épouse doit apporter une dot gigantesque à sa belle-famille, a rapporté dimanche le Morning Sun citant la police.Selon le journal, 55% des suicidés sont des femmes.La tradition veut qu\u2019avant un mariage la famille de la future épouse promette une dot importante constituée, par exemple, d\u2019une somme d\u2019argent pour aider un membre de la belle-famille «à trouve un emploi au Moyen-Orient, de motos, de montres de valeur, de postes de télévision ou de terres cultivables.Si la promesse n est pas tenue, il est fréquent que les jeunes femmes soient battues, brûlées par des cigarettes, rejetées de leur nouveau foyer et, dans des cas extrêmes, tuées.De nombreuses victimes finissent pas se suicider à cause de ce système.Les rebelles se replient dans les montagnes L'armée mexicaine n'arrive pas à rétablir le calme \u2018 , % J** Des passagers d'un atobus se cachent après avoir entendu des coups de feu hier sur la route entre Nachig et San Cristobal, dans la province du Chiapas.Altamirano (AFP) \u2014 Les rebelles «zapatistes» ont commencé hier matin à se replier dans les montagnes du sud du Mexique, sans que l\u2019armée fédérale mexicaine n\u2019ait pénétré dans les localités abandonnées par les insurgés, a constaté l\u2019AFP sur place.Des journalistes qui ont franchi les barrages érigés à 18 km d\u2019Ocosingo, ont indiqué que les combats se poursuivaient dans cette ville de 30 000 habitants, encerclée par l\u2019armée.Les membres de l\u2019«Armée zapatiste de libération nationale» (EZLN) se sont retranchés dans des habitations, ont-ils précisé.Des cadavres et des personnes blessées à la recherche d\u2019un refuge ont été aperçus dans les rues.Du lieu dit Rancho Nuevo, à 15 km à l\u2019est de San Cristobal de las Casas, seconde ville de l\u2019Etat de Chiapas, jusqu\u2019à Altamirano, près d\u2019Ocosingo, les rebelles ont commencé à se retirer, en évacuant leurs blessés, a-t-on précisé de mê,me source.A Oxchuc et Altamirano, la population inquiète craignait hier un retour éventuel des insurgés, en l\u2019absence de troupes de l\u2019armée régulière.Plusieurs habitants ont affirmé à la presse que l\u2019EZLN comptait dans ses rangs des Salvadoriens et des Guatémaltèques: «Nous le voyons à leur physique et à leur façon de parler, ont-ils dit.Ici, il n\u2019y, a pas de gens comme ça».A Oxchuc, à 60 km de San Cristobal, des habitants ont capturé six rebelles, qu\u2019ils ont ligotés et frappés, dans l\u2019attente de les remettre à l\u2019armée mexicaine.Les prisonniers, blessés, ont affirmé à la presse qu\u2019ils appartenaient à l\u2019EZLN et étaient venus à Oxchuc pour récupérer plusieurs de leurs compagnons.Le visage ensanglanté, Jose Perez Mendez, un paysan de 24 ans, a déclaré qu\u2019il était membre depuis trois ans de l\u2019«Armée zapatiste», parce que «le gouvernement ne s\u2019occupe pas de nous» (les Indiens).Il a démenti que l\u2019EZLN compte des étrangers dans ses rangs.Selon des témoins, les habitants d\u2019Ox-chuc criaient qu\u2019ils ne voulaient pas des guérilleros, furieux que ces derniers se soient emparés de leurs véhicules, qu'ils aient incendié des locaux municipaux et séquestré plusieurs personnes.Altamirano, que l\u2019EZLN avait déclarée lundi «première ville libérée», détruisant partiellement le palais municipal, a'été abandonnée dans la nuit de lundi à mardi par les insurgés, qui se sont retirés dans les montagnes avoisinantes.Dans la nuit de lundi, une dizaine d\u2019in-surgés ont évacué sur un camion six des leurs qui avaient été blessés, dont l'un était dans un état grave.Selon une responsable de l'hôpital local dirigé par des religieuses de l\u2019ordre des Filles de la charité, ils les ont ensuite emmenés vers une destination inconnue.Les insurgés n\u2019ont emporté aucun médicament de l\u2019hôpital pour soigner leurs blessés, a-t-elle précisé.Sur la route qui relie Altamirano à San Cristobal, des dizaines de paysans indiens quittaient leurs villages, mais\u2019on n\u2019aperçevait plus aucun rebelle, ni aucun soldat fédéral.Près d\u2019Elzay, un groupe de 300 indiens assuraient que les insurgés étaient retranchés à Tolgeja, à environ 8 km d\u2019Oxchuc.«Les insurgés nous considèrent comme leur ennemis parce que nous ne sommes pas avec eux», affirmait un paysan, Sebastian Lopez, «ici, il n\u2019y a aucune autorité et les militaires ne sont pas venus remettre de l'ordre après le départ de l\u2019EZLN», déclarait pour sa part un habitant d\u2019Oxchuc.I T A L I E Briquemont tire sa révérence Le conflit en Bosnie exaspère les Casques bleus New York (AFP) \u2014 Le siège de l\u2019ONU à New York a confirmé hier le départ du général belge Francis Briquemont, commandant de la Force de protection des Nations unies (FORPRONU) en Bosnie-Herzégovine, qui quitte ses fonctions bien avant l\u2019expiration de son mandat, alors que la communauté internationale piétine toujours dans l\u2019ex-Yougoslavie.L\u2019officier belge, qui avait remplacé il y a à peine six mois le général français Philippe Morillon, avait à plusieurs reprises exprimé sa frustration, engendrée par les difficultés de sa mission et le peu de moyens mis à sa disposition.Son franc-parler, notamment lors de la polémique l\u2019année dernière autour d\u2019éventuels raids aériens, avait agacé les responsables américains.Ce départ anticipé reflète le malaise croissant perceptible parmi les pays participant directement à la FORPRONU, notamment la France et la Belgique.Le général français Jean Cot, qui commande l\u2019ensemble des forces de l\u2019ONU depuis Zagreb, a répété ces derniers jours qu\u2019il ne tolérerait plus l\u2019humiliation.«Briquemont a demandé il y a environ deux semaines à être relevé de ses fonctions pour raisons personnelles, et le secrétaire général (de l\u2019ONU) examine en ce moment des candidatures» pour le remplacer, a déclaré M.Ahmad Fawzi, porte-parole de M.Boutros Boutros-Ghali, lors d\u2019un point de presse quotidien à New York.Interrogé sur les critiques répétées du militaire belge à l\u2019encontre de l\u2019ONU, le porte-parole a répondu: «cela doit être frustrant pour les commandants sur le terrain de ne pas avoir les ressources pour remplir leur mandat».Francis Briquemont s\u2019était indigné du fait que les résolutions du Conseil de sécurité n\u2019étaient pas mises en ap-plication, en particulier celle prévoyant l\u2019envoi de ren- Mutinerie au Venezuela 103 personnes périssent Maracaibo (AIT) \u2014 Au moins 103 personnes sont mortes dans la mutinerie et l\u2019incendie de la prison de Sabaneta à Maracaibo (500 kilomètres à l\u2019ouest,de Caracas), a indiqué hier matin le gouverneur de l\u2019Etat de Zulia où est situé le pénitencier, Mme Lolita Aniyar.Quelques heures plus tôt, un porte-parole du détachement sur place de la garde nationale avait fait état d\u2019un bilan provisoire de 102 morts et de 50 blessés, établi, avait-il précisé, après la fouille de «40% des décombres».Une source officieuse ne souhaitant pas être identifiée a indiqué que c\u2019étaient des détenus indiens guajiros qui avaient mis le feu au pénitencier.Les autorités locales ont refusé hier de confirmer cette information.La source officieuse n\u2019a pas précisé le nombre de prisonniers indiens impliqués.Les Guajiros appartiennent à une tribu vivant à cheval sur la frontière entre le Vénézuela et la Colombie dans la péninsule de la Guarija.La mutinerie a éclaté dimanche à l\u2019heure des visites dans le pénitencier surpeuplé, dont la population carcérale était de 3600 détenus pour une capacité de 800 prisonniers.Des bandes rivales se sont affrontées à l\u2019arme à feu et avec des armes blanches rudimentaires.Alors que les affrontements entre mutins n\u2019étaient pas encore été maîtrisés par les autorités et avaient déjà fait trois morts parmi les détenus, un groupe de guajiros a mis le feu lundi à deux quartiers du pénitencier, selon des sources concordantes.Le feu s\u2019était étendu à un troisième quartier du pénitencier ainsi qu'à l'infirmerie et a fait rage pendant plusieurs heures.Il n\u2019a pu être maitrisé que lundi soir.Selon des sources informées, les flammes se sont propagées très rapidement, provoquant une panique parmi les prisonniers qui ont fui de toutes parts tandis que les affrontements armés entre mutins se poursuivaient.Mme Aniyar a eu hier matin une réunion avec la police et les autorités jx'nitentiaires pour étudier les moyens d\u2019alléger la surpopulation des prisons.Elle a dores et déjà onlonné le transfert des détenus survivants de Sabaneta dans d\u2019autres pénitenciers de la region.forts de Casques bleus pour protéger les régions à majorité musulmane, déclarées «zones de sécurité» en mai 1993 par les Nations unies.«Nous espérons que les Etats fourniront les ressources adéquates pour les forces de maintien de la paix quel que soit l\u2019endroit où elles doivent remplir leur mandat», a déclaré mardi le porte-parole de M.Boutros-Ghali.M.Fawzi a ainsi une nouvelle fois rejeté la responsabilité des retards et du manque de moyens dans l\u2019ex-Yougoslavie sur les pays contributeurs de troupes.Comme on lui demandait ce que M.Boutros-Ghali pensait des récentes déclarations du général Cot, il a répondu: «l\u2019ONU ne tolérera pas l'humiliation de ses forces dans des opérations de maintien de la paix».Cependant, a-t-il ajouté, «le mandat de la FORPRONU reste ce qu\u2019il est.Rien n\u2019a changé».Par ailleurs, le ministre français de la Défense, François Léotard, a affirmé hier que la France allait, lors du sommet de l\u2019OTAN de lundi, et mardi prochains à Bruxelles, «demander que les Etats-Unis interviennent, nous aident» afin de «faire en sorte que le foyer de guerre» dans l\u2019ex-Yougoslavie «ne s\u2019étende pas sur l\u2019ensemble du sud de l\u2019Europe et des Balkans».«C\u2019est notre responsabilité, c\u2019est de là qu\u2019était partie la première gueire mondiale» et nous devons être «très attentifs», a ajouté M.Léotard, qui s\u2019exprimait sur la chaîne publique de télévision France 2.Le ministre n\u2019a pas précisé quelle forme pourrait prendre cette intervention américaine dans l'ex-Yougo-slavie.Les partis discrédités exigent un report des élections Rome (Reuter) \u2014 Après avoir exposé au président du Conseil, Carlo Azeglio Ciampi, les conditions auxquelles ils soutiendraient son gouvernement, les partis discrédités au pouvoir en Italie ont réclamé hier un report de trois mois \u2014 jusqu\u2019au 12 juin \u2014 des prochaines élections législatives.Carlo Ciampi consulte hier et aujourd'hui les dirigeants d\u2019une douzaine de partis pour évaluer ses chances lors d\u2019un débat de censure prévu le 12 janvier par suite d\u2019une querelle politique centrée sur le calendrier électoral.I>es leaders des partis les plus affectés par les affaires de corruption italiennes \u2014 Démocratie chrétienne (DC) et Parti socialiste (PSI) \u2014 ont assuré Carlo Ciampi de leur soutien au débat du 12 janvier, mais en demandant avec insistance que les élections soient différées.«Rien ne justifie que l\u2019on se précipite ruineusement vers les élections», a dit le dirigeant démocrate chrétien Mino Martinazzoli aux journalistes après l\u2019entrevue.On s\u2019attendait à ce que le président Oscar Luigi fixe des élections anticipées au 20 mars.Mais pour éviter une défaite écrasante, les partis traditionnels ont besoin d\u2019un délai aussi long que possible pour faire face au Parti démocratique de la gauche (PDS, ex-communiste) et à la Ligue du Nord fédéraliste.Les Turcs retapent et les Italiens meublent le Parlement russe Moscou (AFP) \u2014 Le drapeau de la Fédération de Russie flotte à nouveau au dessus de la «Maison blanche» de Moscou: trois mois après l\u2019assaut de l\u2019ancien parlement rebelle, le bâtiment, reconstruit par les Turcs et meublé par les Italiens, accueille le gouvernement russe.Hier, le premier ministre Viktor Tchernomyrdine a été le premier à s\u2019installer dans les nouveaux locaux, que M.Boris Eltsine lui a attribués par décret.Le chef du gouvernement occupe le bureau de l\u2019ancien président du parlement Rouslan Khasboulatov, emprisonné depuis trois mois sous l\u2019accusation «d\u2019organisation des désordres de masse».Ce bureau fut en son temps occupé par M.Eltsine lui-même, lorsqu\u2019il était président du parlement russe (de 1990 à 1991).Hier matin, le grand bâtiment blanc sur les rives de la Moskova a été béni au cours d\u2019une cérémonie par de hauts dignitaires de l\u2019Eglise orthodoxe.Pendant ce temps, les camions chargés de meubles italiens et finlandais faisaient la navette entre le nouveau siège du gouvernement msse et l\u2019aéroport.La seule table de réunion destinée au bureau du premier ministre a coûté 68 000 dollars, selon des ouvriers qui l\u2019ont installée.«Nous sommes très contentes, tout est très beau, nous n'avons jamais travaillé dans des conditions pareilles», s'extasie l'une des employées du département gouvernemental.Des locaux sont egalement prévus pour le président Boris Eltsine \u2014 dont le bureau principal reste au Kremlin \u2014 au troisième étage du bà- »B *r 1 S* II, PHOTO AP Le Parlement russe était sous haute surveillance hier à Moscou.tintent, «pour que le président puisse travailler plus étroitement avec le gouvernement», selon le chef du secrétariat du gouvernement M.Vladimir Kvassov.De construction récente \u2014 il fut achevé en 1981\u2014.l'immeuble de 19 étages, qui ressemble à un paquebot, était dévolu au gouvernement de la République socialiste fédérative soviétique de Russie à l\u2019époque de l'URSS, puis au Soviet suprême (parlement) russe, élu en 1990.Après le putch avorté d'août 1991.qui le vit devenir le siège de la resistance aux conservateurs et le refuge des «démocrates» conduits par Boris Eltsine, le bâtiment surnommé «la Maison blanche» était d'abord sacré «symbole» de la démocratie avant de se transformer quelques mois plus tard en bastion de la protestation contre les réformes, conduite de main de maître par Rouslan Khasboulatov et l\u2019ancien vice-président Alexandre Routskoï.À l\u2019automne 1993, cette protestatior se transformait en rébellion armée lors de la dissolution forcée du parlement par M.Elstine.L\u2019immense incendie provoqué par les tirs des chars en octobre 1993 avait noirci le marbre, et on entendait des Moscovites parler dé la «Maison noire», jusqu'à l\u2019arrivée dès octobre de plusieurs centaines d\u2019ouvriers turcs \u2014 de 2 à 5000 selon les chiffres \u2014 qui se mettaient à travailler d\u2019arrache-pied, jour et nuit.«I^es travaux ont commencé juste après l\u2019assaut, raconte Serguei Mikhailov, officier de la garde du bâtiment.Deux entreprises turques: se sont mises au travail avant même de signer le contrat.Ils ont fait parvenir par avion tous les matériaux, et ont même évalué à la calculette le nombre de pas des ouvriers pour gagner du temps.Mais des travailleurs russes auraient pu faire le travail s'ils étaient aussi bien payés», a-t-il ajouté.Aujourd'hui, recouverte de voiles blancs, la «Maison blanche» est toujours en travaux, notamment sa partie centrale du 7e au 19e étage, gravement endommagée en octobre.Parallèlement au ballet incessant des camions et des Volga noires, plusieurs personnes se présentent au Bureau des cadres: des employés de l'ancien parlement russe tentent de se faire embaucher, avec peu de chances puisque les effectifs seront réduits «d'environ 20%».\tâ \t \t1 ' ¦ \u2022\t \ti \t\t\t Briquemont A1C j A 6 * .I.K I) K V 0 I It .I.K M E It (' It K l> I .1\t.1 A .V V I K It I I» » I EDITORIAL Les dilemmes de la vertu Lise B i s so n ne 11 e Les collisions initiales entre le principe de réalité et les toutes neuves résolutions du gouvernement canadien en matière de politique étrangère sont imminentes.Les tests viennent avec les bruits de rébellion au Mexique, partenaire commercial désormais privilégié, et avec le Sommet de l\u2019OTAN où M.Chrétien, lors d\u2019une première incursion en Europe à titre de chef de gouvernement, débattra officiellement des conflits de l\u2019après-guerre froide.défaut de propositions réfléchies, le programme du Parti libéral du Canada était rempli des plus séduisants mots de code au chapitre de la politique étrangère.Pour courtiser la clientèle néo-démocrate en déprime et rassurer sa clientèle traditionnelle, le PLC tablait à fond sur le réflexe anti-américain qui sert aisément de béquille à l\u2019ego canadien.Fini le «suivisme» à l\u2019égard des puissants États-Unis, le futur gouvernement canadien serait plus «volontariste, indépendant et internationaliste», la scène «multilatérale» l\u2019inspirerait plus que la bilatérale.Peu après l\u2019élection, le sommet de Seattle, où le Canada a signé sur la ligne pointillée la déclaration américaine de «défi à l\u2019Europe», puis la proclamation sans amendement de l\u2019Accord de libre-échange nord-amé-rièàin (ALENA) ont illustré les limites de la rhétorique électorale, et la préséance absolue de la relation avec les Etats-Unis.La précipitation avec laquelle le nouveau premier ministre a rappelé le débutant ambassadeur canadien à Washington et l\u2019a remplacé par M.Raymond Chrétien, qui n\u2019est pas seulement son neveu mais l\u2019un des diplomates les plus respectés à Ottawa, en dit plus que toutes les déclarations d\u2019indépendance du «livre rouge».Washington restera, et à juste titre, l\u2019obsession première d\u2019Ottawa en politique étrangère.Et la marge canadienne de manoeuvre restera réduite.La rébellion limitée mais troublante qui agite aujourd\u2019hui l\u2019État de Chiapas, à la pointe sud du Mexique, le rappelle bien.Lé ministre canadien du Commerce international, M.Roy MacLaren se trouve à Mexico en première visite officielle, au lendemain même de la proclamation de I\u2019AlÈNA dont les rebelles ont pris prétexte pour atti-rer^\u2019attention internationale.Son hôte, le gouvernement Salinas, peut bien arguer que l\u2019ALENA n\u2019a pas d'effet sur une région éloignée, peu ou pas industrialisée, où les inégalités tiennent à la persistance d\u2019une économie quasi féodale.Il reste que la protestation est issue d\u2019une population paysanne et autochtone exploitée, de plus en plus appauvrie, et victime d\u2019une discrimination qui aurait dû ameuter les chevaliers des «droits de la personne» que sont le Canada et les États-Unis.Mai.dans les négociations qui ont mené à l\u2019ALENA, ni le gouvernement Bush ni son successeur le gouvernement Clinton, ni le gouvernement Mulro-ney ni son successeur le gouvernement Chrétien, ne se sont inquiétés de cette zone d\u2019ombre dans leur nouvelle alliance avec le Mexique.Le silence reste de mise aujourd\u2019hui encore, malgré les événements.Lourde convergence entre le Canada et les États-Unis, qui ont le même intérêt à soutenir désormais le gouvernement Salinas, malgré une répression musclée.Au Sommet de l\u2019OTAN où il se rend bientôt, M.Chrétien se retrouvera à nouveau sur la longueur d\u2019onde de ses proches voisins.Les États-Unis et l\u2019Eu- La nouvelle politique étrangère canadienne absorbe le choc du réel.rope sont paralysés par la même impuissance, et la même hésitation à intervenir dans les conflits de l\u2019après-guerre froide, dont le pire bourbier est celui de la Bosnie.À qui le Canada donnera-t-il des leçons, désormais, quand son premier ministre évoquait hier la possibilité de retirer les casques bleus canadiens et d\u2019abandonner le terrain au terme de la présente mission, en avril, sous prétexte que nos militaires ont été «bousculés» et que le public canadien n\u2019aime pas ces incidents?Ix1 raisonnement est le même que celui de Bill Clinton, qui répugne aujourd\u2019hui à tout engagement dans les Balkans en dépit de ses discours électoraux, parce que les sondages lui disent de ne pas mettre de «boys» en péril.Et parce que les dépenses militaires de tous ordres ne sont plus populaires, un autre îacteur avec lequel le Canada entend aussi mesurer désormais son effort pour la paix.Le gendarme américain de la planète recule, et le moraliste canadien de la planète fait de même.Les convergences de fond et la nature si semblable des deux pays ne changeront pas.Elles ont amené le Canada à s\u2019engager dans la guerre du Golfe (et le Parti libéral alors dans l\u2019opposition à se rallier), et continuent à gouverner leur alliance devant toutes les grandes questions de politique internationale.S\u2019il y a distinction, elle porte sur la nuance, la méthode, le discours.Le ministre des Affaires étrangères du Canada, M.André Ouellet, dans une entrevue parue dans notre édition d\u2019hier, en donne un bon exemple dans le cas d\u2019Haïti.L\u2019analyse d\u2019Ottawa et ses positions ne diffèrent aucunement de celles de Washington, le ministre soutient officiellement la légitimité du président Aristide et souhaite un resserrement de l\u2019embargo contre les militaires putschistes.Tout au plus promet-il de «bousculer les Américains» et de «les amener à passer aux gestes» parce qu\u2019il les trouve confus.La différence canadienne, la plupart du temps, est dans l\u2019admonestation.Mais l\u2019admonestation sélective.Haiti est un cas plus facile que le Mexique, et moins coûteux que la Bosnie.En pratique, chaque pas sur le terrain le prouve, il n\u2019y a pas de politique étrangère canadienne telle celle dont rêvait le livre rouge, absolument vertueuse, absolument indépendante, guidée par la seule logique de «l\u2019internationalisme».La «realpolitik» est moins simple, plus modeste sûrement, moins anti-américaine pour la galerie, et surtout plus douloureuse à formuler.C\u2019est pourquoi MM.Chrétien et Ouellet la renvoient aux Communes, pour un débat qui a en effet trop tardé, et en mars à un «forum à la canadienne» qui devra aider le gouvernement à réévaluer sa politique étrangère et militai Si ces débats ne sont pas un expédient, une façon de gagner du temps et une contenance devant des affaires embarrassantes, le gouvernement devra toutefois mettre des propositions sur la table, passer du livre rouge électoral au livre blanc des intentions.Il n\u2019a pas été élu pour ruminer ses dilemmes en compagnie des citoyens, mais pour prendre les guides afin d\u2019en sortir.Voyage hivernal en Gaspésie Je lis avec intérêt la chronique touristique de Normand Cazelais, pour le contenu des articles et la qualité de la langue écrite qui lui sont propr-se.Sa chronique du 4 décembre 1993 sur les visites hivernales du Québec, tout particulièrement l\u2019entrefilet sur la Gaspésie, m\u2019a rappelé up merveilleux voyage dans la péninsule.Nous y fîmes notre voyage de noces \u2014 il y a plus de 20 ans \u2014 en plein coeur d\u2019un dur hiver, où nous dûmes affronter, dans notre petite traction avant, une des pires tempêtes qu\u2019il fut donné de vivre, traversant les bancs de neige accumulés au travers de la route par les vents violents, aveuglés par la poudrerie, bloqués pendant des jours à Percé.Durant ce voyage, je me suis abreuvé de paysages féeriques, de couleurs, du mouvement des glaces qui.se déplacent dans un remuement continu de flux et de reflux; j\u2019ai vu la mqr en furie marteler les crans, le bord de la route sinueuse provoquer des avalanches qui nous isolaient; j\u2019ai vu ce rocher surgir lentement, majestueusement de la brume, comme un gigantesque vaisseau fantôme, dans un silence meublé par le léger ressac des vagues ou par le cri d une mouette qui semblait égarée.Nous avions l\u2019impression, par moments, detre au début des temps.Suite marine hivernale, rencontre de gens du pays délestés du touriste estival; rencontre de ces commis voyageurs qui se >' cent d\u2019hôtel en hôtel, comme ,yant de sanctuaire en sanctuaire, dont les conversations évoquent la joie de vivre beaucoup plus que la mort, sans oublier les activités amoureuses qui sont le propre de tout voyage de noces.Nous connaissions plusieurs defc hôtels visités et même si LETTRES -?- quelques-uns, à vocation saisonnière, étaient fermés, nous n\u2019en fîmes pas moins plusieurs arrêts gastronomiques, où filets et langues de morues et tartes au sucre étaient à l\u2019honneur, où s\u2019ajoutaient l\u2019accueil de l\u2019hôtelier et la quiétude des lieux.Plus qu\u2019un voyage de noces, une aventure qui demeure présente en mémoire.Il y a plus d\u2019un demi-million de Québécois qui, chaque année, quittent noire pays pour des régions aux hivers chauds \u2014 donnée imprécise, je ne suis pas statisticien.Ce phénomène est symptomatique d\u2019un déséquilibre de notre société, sur lequel je ne m\u2019étendrai pas; non seulement ces gens privent le Québec d\u2019une entrée considérable de revenus \u2014 sans mentionner la création d\u2019emplois \u2014, mais ils perdent le privilège d\u2019etre témoins du cycle des quatre saisons, ainsi que l\u2019occasion de voir, de vivre des paysages féeriques, de rencontrer leurs compatriotes dans un tout autre contexte que les traditionnelles vacances estivales.Yves Charron iMchine, 6 décembre 1993 Mireille Lanctôt: 10 ans plus tard Décédée le 3 janvier 1984 a la suite d\u2019un accident de voiture, Mireille Lanctôt reste inoubliable.Déjà la publication de Pomme de pin en 1985, l\u2019attribution du prix de journalisme qui porte son nom.la découverte de nouveaux manuscrits, de nouveaux dessins, tout la rend de plus en plus contemporaine.Pourtant, elle n\u2019avait que 31 ans quand elle nous a quittés.Tout de suite, pensons à de Saint-I)e-nys Gameau mort lui aussi a 31 ans, en 1943.D\u2019autres noms encore, des poètes et des musiciens par exemple, dont l\u2019oeuvre majeure date de leurs 20 ans.la vieille Chine dit bien: -la récolte de l\u2019année dépend du printemps où se font les se- mailles.» De soi, la jeunesse est prophétique.Ce qui nous.étonne le plus est de constater la richesse du petit peuple que nous formons.Des talents, nous en avons tant et plus.Chez les jeunes peintres, chansonniers et comédiens en particulier.la télévision nous en révèle quelques-uns, mais il y en a beaucoup d\u2019autres ici et là perdus dans la grande foule, oubliés, mal évalués.Ce qui fait aujourd\u2019hui la fortune de Mireille Lanctôt, c\u2019est qu\u2019elle les représente tous autant qu\u2019elle les honore: un goût immédiat pour les arts, l\u2019amour de la langue, une recherche spirituelle, des intuitions fondamentales sur la vie, l\u2019amitié, la femme, le corps, la solidarité, l\u2019autonomie, le silence, la sagesse.Tels sont en tout cas les principaux thèmes qui se retrouvent dans les inédits de la grande Mireille dont on souhaite de plus en plus une biographie sentie et large comme son coeur.Benoît Lacroix Montréal, 29 décembre 1993 Un effet secondaire?Je voudrais appuyer le Dr Stephen Morgan («Le bal des chacals», LE DEVOIR, 27 novembre 1993) qui dénonçait le projet d\u2019entente entre le ministre Côté et le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Robert Marier, «par lequel les spécialistes auront une ristourne sur les économies réalisées sur le dos des malades».Si le Dr Marier est prêt à considérer la perte de crédibilité que ce projet provoquera comme un simple effet secondaire sans importance, je crois plutôt que ce sera son effet principal et c\u2019est pourquoi je me dissocie ouvertement de sa position qui n\u2019est pas défendable.André Lapierre Cardiologue Hôpital Maisonneuve Rosemont Montréal, décembre 1993 uROOEAU FbulLLMOrr^ES TOÉMÔteES PoUmQOES i ; REPRISE Pourquoi les Québécois s\u2019amusent plus.N ORTH HATLEY \u2014 Un échevin de ce coin des Cantons de l\u2019Est affirme que les condoms se vendent au Canada en paquets de six, huit ou douze.Les paquets de six sont pour les juifs: «lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi \u2014 jamais le samedi \u2014 et dimanche».Les paquets de huit sont achetés par les francophones: «lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi \u2014 deux fois le samedi \u2014 puis dimanche».Les paquets de douze?C\u2019est pour les anglophones: «janvier, février, mars, avril.».C\u2019est une blague qui correspond à l\u2019image que les francophones du Québec se font d\u2019eux-mêmes \u2014 et peut-être non sans raison.La plus récente édition de la revue Maclean\u2019s traite les résultats de son sondage annuel auprès des Canadiens sous le sous-titre: «Pourquoi les Québécois s\u2019amusent plus.» («Why Quebecers have more fun.»).Les sondeurs ont trouvé, par exemple, que les gens de notre belle province devancent tous les autres Canadiens pour leur préférence pour des revues et des films érotiques; pour leurs opinions sur l\u2019acceptabilité de la masturbation, des liaisons extraconjugales et de la prostitution légalisée; et même pour la longueur de chacune de leurs rencontres sexuelles (45 minutes au Québec!).La seule catégorie dans laquelle ils se trouvent devancés, c\u2019est pour le nombre de fois qu\u2019ils font l\u2019amour chaque mois.C\u2019est huit fois au Québec \u2014 tandis que les lascifs Terre-Neuviens le font dix fois par mois.(Clyde Wells?Pas possible.) Le sondage révèle un pays inquiet, surtout à cause de l\u2019économie.Seulement 19 % des Canadiens pensent que leur pays est plus vivable qu\u2019il y a une décennie, tandis que 39 pensent le contraire et 42 % ne discernent pas de changement.(Avec les pourcentages respectifs de 16,40 et 43 %, les Québécois partagent presque exactement la perception nationale.) Mais il y a quelques autres découvertes intéressantes pour ceux qui cherchent des signes d\u2019optimisme.En voici trois.NORMAN WEBSTER ?La première: seulement 3 %des Canadiens pensent que la constitution/unité nationale est le plus important problème auquel le Canada fait face.Les politiciens devraient en tenir compte.Deuxièmement, les sondeurs de Maclean\u2019s ont trouvé que 49 % des gens du Québec se perçoivent comme Québécois d\u2019abord, mais en même temps, qu\u2019un pourcentage presque aussi fort, 45 %, s\u2019identifient d\u2019abord comme Canadiens.Ce n\u2019est pas une bonne nouvelle pour les séparatistes qui visent à rompre Je pays prochainement.Une troisième question intéressante touche les deux visions fondamentales du Canada: soit un pacte entre deux peuples fondateurs, soit une fédération de 10 provinces égales entre elles.Il y a un an, immédiatement après le référendum sur l\u2019accord de Charlottetown, seulement 30 % des Canadiens acceptaient la notion de deux peuples fondateurs, contre 68 % en faveur d\u2019une nation de 10 provinces égales (avec 2 % de sans-opinion).Aujourd\u2019hui, après une période de trêve dans les guerres constitutionnelles, les chiffres sont à 49 et 46 %respectivement (avec 5 % de sans-opinion), ce qui indique un virage important vers la modération.C\u2019est vrai: le temps guérit les blessures, même celles que les Canadiens s\u2019infligent à eux-mêmes.Et, parlant des signes d\u2019optimisme, nous voici bien lancés dans la nouvelle année.Deux semaines complètes après les changements à la loi sur l\u2019affichage, et le Québec reste toujours calme.11 n\u2019y a pas eu de manifestations dans les rues.On ne remarque pas de nouvelle vague d\u2019anglicismes qui menace lame française de la société.On ne voit pas de complot des anciens «dominateurs»1 pour récupérer leurs positions.Bref, le ciel n\u2019est pas tombé à la suite de quelques modifications à une loi odieuse qui empoisonnait les relations entre communautés, qui avait ébranlé le pays et saboté les réformes constitutionnelles («un pieu à travers le coeur de Meech Lake», selon David Peterson) et qui avait éclaboussé le bon nom du Québec et la \" \u2018 majorité de ses citoyens.Pour leur part, les anglophones acceptent la nouvelle loi 86 avec un certain soulagement, mais ne se réjouissent pas excessivement.En dé-1 pit des propos du Père Noël Ryan, ce1 n\u2019est pas un grand cadeau que le gouvernement leur fait.Ce n\u2019est qu\u2019une simple reconnais- ! sance de leur droit humain d\u2019afficher dans leur langue maternelle (avec, \u2019 soulignons-le toujours, le français en '1 position prioritaire).Cela n\u2019apporte1 ' pas de solutions aux problèmes ma-1 jeurs, tels la baisse de la population, les écoles, les emplois, l\u2019exode des\u2019 \u2018 jeunes.C\u2019est quand même un geste en- ! courageant.Parce que l\u2019infâme loi ' ' 178 sur l\u2019affichage livrait un message : à une communauté fondatrice de la1 province.C\u2019était le message des Camille Laurin, et c\u2019était clair et brutal: \u2019.' l\u2019anglais, et donc les anglophones, '3 n\u2019avaient plus de place au Québec.! Leur langue, et donc eux-mêmes,'1 n\u2019étaient pas légitimes ici.Même quelques mots d\u2019anglais en public représentaient un affront à la majorité.Toute une génération de jeunes Québécois francophones étaient en train d\u2019être élevés avec la conviction ; qu\u2019ils avaient un droit fondamental if de ne jamais voir ou entendre l\u2019anglais en public.Ridicule.Honteux.Heureusement, le gouvernement Bourassa, qui n\u2019avait pas accepté jes il jugements sages et équilibrés des cours québécoises et canadiennes, a été en fin de compte tellement embarrassé par le Comité des droits hu- ; mains de l\u2019ONU qu\u2019il n\u2019a pas osé re- ! nouveler la loi en s\u2019appuyant sur la clause «nonobstant».Au fond, M.Ryan avait raison.; C\u2019est un cadeau à tout le monde.Le Québec tout entier était humilié £ar cette loi; tous les Québécois bénéficieront de sa mort.A PROPOS -?- .des devoirs de Padministration Lorsque certaines administrations publiques mettent de côté leurs devoirs sociaux pour mieux fonctionner sans accroc apparent ou pour sabrer dans les dépenses, elles se permettent d\u2019ignorer que tout ce qui est légal n\u2019est pas permis.Entre ce que la loi autorise et ce qui est souhaitable pour la population, il y a le monde des valeurs éthiques.Elles peuvent être fluctuantes selon les époques et les administrations.Mais, en temps de compression ou autrement, ces va- leurs, lorsqu\u2019elles sont ignorées, font que l\u2019organisatjon administrative passe avant le public.Ce dernier, paradoxalement, devient le serviteur de l\u2019administration alors que la raison d\u2019être des ministères et organismes est précisément le service aux citoyens.Même si ce phénomène ne semble pas encore généralisé, des indices me laissent croire qu\u2019il progresse.Il faut espérer que l\u2019opération «réalignement de l\u2019État» va modifier le cours des choses.Rapport annuel 1993 du Protecteur du citoyen.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER IDIQ Directrice LISE BISS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTE AUX Directeur délégné i l'administration ANDRÉ LECLERC Directeur de l'information BENOIT AUBIN Directenrs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, ROCH CÔTÉ Rédacteur en chef adjoint JEAN ROBERT SANSFAÇON 2050, roe De Bleory,9e étage, Montréal (Qnébec) Il3A 3M9.Tél(5 I l( 985-3333 FAIS CE QUE DOIS < I.K I) K V (MH.I.K M E H ( H K I) I ,r>\t,1 A X V IKK I » !\u2022 I A 7 IDEES Reprise de La Locandiera Le «mariage forcé» TNM-Rozon LORRAINE PINTAL Directrice artistique 'théâtre du Nouveau Monde e ne peux cacher ma déception lorsque j\u2019ai pris connaissance de l\u2019article signé par M.Robert Lévesque dans LE DEVOIR du 22 décembre 1993 au sujet de ce «mariage forcé» qui unit le théâtre du Nouveau Monde et le groupe Rozon autour de la reprise de La Locandiera à compter du 14 juin 1994.Sans nier le principe de la liberté d\u2019expression qui donne le droit à tout journaliste d\u2019exprimer son opinion sur les événements majeurs qui font l\u2019actualité, je déplore encore une fois que la lunette avec laquelle M.Lévesque observe les activités du milieu artistique ne fournisse qu\u2019un angle bien tordu où il est défendu de voir dans le projet de reprise d\u2019un succès comme La Locandiera un élément positif qui permet la longévité de nos spectacles.Un esprit plus ouvert aurait encouragé l\u2019initiative et évité le ton condescendant que l\u2019on retrouve trop souvent chez ceux et celles qui ne pratiquent pas le métier.Lorsque M.Lévesque affirme que «le théâtre du Nouveau Monde malgré la mesquinerie avec laquelle Québec l\u2019a toujours traité demeure, grâce au dévouement sous-payé de ses artistes, la grande compagnie de théâtre au Québec», il faut lui rappeler que le ministère de la Culture du Québec joue depuis nombre d\u2019années le rôle ingrat de devoir assumer les coupures imposées par le gouvernement fédéral au Conseil des Arts du Canada et qui, plus que jamais, mettent en péril la viabilité de notre culture.Il est évident que les compagnies de théâtre aimeraient voir leurs subventions augmenter afin d\u2019améliorer les conditions relatives à leur pratique, mais nous savons pertinemment bien que le contexte économique actuel ne se prête pas à de telles revendications.Il faut donc faire preuve d\u2019imagination et d\u2019initiative.La reprise de La Locandiera, avec ou sans le groupe Rozon, est la preuve que le TNM ose se sortir de ce «système stupide», toujours selon M.Lévesque, qui veut qu\u2019un succès et un échec connaissent le même sort au TNM.D serait, selon lui, quasiment révolutionnaire de vouloir changer l\u2019ordre des choses.Il est justement question de révolution et c\u2019est la raison pour laquelle nous avons pris tous les moyens pour prolonger la vie de Im Locandiera.Il est évident que si le TNM ne traînait pas depuis quelques années ce lourd déficit de 1300 000 $, il aurait pu assumer lui-même la reprise de ce spectacle.Mais, à quoi bon porter des oeillères! Si la situation change, le changement s\u2019opérera lentement et ce n\u2019est pas en dénigrant toute nouvelle initiative que nous réussirons à améliorer la diffusion de nos productions.L\u2019ÉQUIPE DU D E V O I R LA RÉDACTION Journalistes: à l\u2019information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur, Louis-Guy L'Heureux, Jean-Pierre Legault, Caroline Montpc-tit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Diane Précourt, Laurent Soumis, Guy Taillefer; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (plwto-gradlies); à l\u2019information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillar-geoh, Roland-Yves Carignan, Pierre Caypuette (.Livres), Paule des Rivières.Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay; à l\u2019information économique: Gérard Bérubé (responsable).Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l\u2019information internationale: François Brousscau (éditorialiste et responsable), Antoine Char, Jocelyn Coulon, Sylviane Tra-mier, Clément Trudcl; à l\u2019information poli-tiqjie: Pierre O\u2019Neill, Jean Dion (correspondant, parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venue (correspondant parlementaire à Québec) ; Serge Chaple.au (caricaturiste): b l\u2019information sportive: Yves d\u2019Avignon; Denise Babin, Rachel Du-clos (commis), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction), Isabelle Baril (secrétaire à la direction).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Serge Implante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA DIRECTION ARTISTIQUE Lucie Lacava.IA PUBLICITE Lucie Pinsonneault (directrice), Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier, GysJaine Côté, Francine Gingras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix.Christiane Legault, (publicitaires): Micheline Turgeon (commis): Michèle Bouchard (secrétaire): Ghislaine La-fleur (réceptionniste).L\u2019ADMINISTRATION Henry Riedl (contrôleur), Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables): Flotjne Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas,'Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thériault (adjointe à l'administration).I.E MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice), Johanne Brien (secrétaire), Manon Blanchette, Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Olivier Zuida, Rachclle Leclerc-Vcnnc.Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements).LA PRODUCTION Robert McDougall (directeur des systèmes informatiques et de la production), johanne Brunet.Danielle Cantara.Sylvain Darcy.Richard DesCormiers, Caroline Des Rosiers.Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hudon.Michael Schneider, Marie-France Turgeon (coordonnatrice).Christiane Vaillant.Ixs annonces classées et avis publics: Yves Williams (superviseur).Dominique Charbonnier.Marlène Côté.Sylvie Importe.Pierrette Rousseau.Micheline Ruelland.LE CONSEIL l)U DEVOIR INC.lierre Bourgie (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture(prési jeunes ne l\u2019appuie pas dans cette entreprise dif- , ficile.Bien d\u2019autres idées reçues seraient à dénon- ' cer.Je m\u2019en suis tenu aux préjugés les plus ré- ¦¦¦ pandus.\tA Tant qu\u2019on n\u2019aura pas dépassé au Québec ce niveau irrationnel de discussion, le dossier de l\u2019enseignement du français ne pourra pas vraiment avancer, car, pour comprendre et ré-soudre un problème, il faut bien le poser en se \u2019 délestant au départ des images réductrices et : illusoires qui entravent la pensée.Les jeunes ne savent plus écrire parce qu\u2019on a donné la priorité à l\u2019oral.Rien n\u2019est plus faux.Durant les années 70, on a fait étudier la langue orale à cause son rôle majeur dans i Vive le GATT?En matière de commerce international, le discours protectionniste serait mieux fondé théoriquement que le credo libre-échangiste des économistes, selon Herman Daly de la Banque Mondiale MARC HARVEY Architecte n matière de commerce international, le discours protectionniste serait mieux fondé théoriquement que le credo libre-échangiste de la plupart des économistes.C\u2019est du moins ce que soutient l\u2019économiste de la Banque Mondiale.M.Herman E.Daly, dans un article fort inspirant sur lequel je voudrais attirer l\u2019attention des lecteurs du DEVOIR: «The perils of free trade», Scientific American, novembre 1993).E Les conséquences désastreuses du libre-échange Si M.Daly a raison, on aurait tort de minimiser les preuves empiriques des conséquences désastreuses du libre-échange, qui s\u2019accumulent de jour en jour, et de les considérer comme les effets temporaires d'un effort de réorganisation économique nécessaire et souhaitable, dont tous les partenaires sortiraient, à terme, plus prospères.C\u2019est la «théorie des avantages comparés» qui est derrière la conviction inébranlable des économistes à l\u2019égard des bienfaits du libre-échange.Or, cette théorie permet justement de prévoir le contraire de ce que les enthousiastes du libreéchange nous annoncent! Le premier énoncé du principe de la «division internationale du travail en fonction des avantages comparés» par David Ricardo remonte au début du MXe siècle.Par sa simplicité et son élégance, cet énoncé, maintes fois raffiné depuis, aurait semble-t-il réussi, au cours des générations.à s\u2019imposer comme un véritable dogme.Mais pendant que se consolidait le dogme, la réalité aurait évolué, imperceptiblement, dérobant presque toute validité au raisonnement d\u2019origine.M.Daly s'en explique plus en détail dans son livre For the common good.Redirecting the economy toward community, the environment, and a sustainable fiiture (Beacon Press 1989.-Free trade versus community»).Avant M.Ricardo.Adam Smith a sans doute été le premier à insister sur les avantages de la division des tâches et de la spécialisation.De- puis, personne ne conteste que l\u2019abolition des frontières commerciales permet d\u2019accroître la taille des marchés accessibles aux producteurs, que cette expansion permet à son tour une spécialisation accrue, elle-même génératrice de gains d\u2019efficacité et d\u2019économies d\u2019échelle appréciables.Personne ne conteste non plus l\u2019avantage qu\u2019il y a pour deux économies à échanger des produits et services qu\u2019elles sont pratiquement incapables de produire respectivement.Ainsi, le Québec a-t-il intérêt à concentrer ses efforts sur la récolte du sirop d\u2019érable et à importer ses bananes d\u2019Amérique centrale plutôt que de s\u2019épuiser à essayer de produire le tout lui-même.Cela va de soi.La question plus subtile à l\u2019origine de la théorie des avantages comparés est celle de savoir si deux économies peuvent avoir intérêt à se spécialiser et à se partager la production de biens, quand elles sont toutes deux en mesure de les produire.Prenons le textile et les puces électroniques par exemple, entre le Québec et le Mexique.La réponse proposée par M.Ricardo est positive, et ce, même si tous les avantages (absolus) sont du côté d\u2019une seule des deux économies.M.Ricardo montra en effet que même si le Mexique possédait tous les «atouts», faibles coûts de main-d'œuvre, matières premières abondantes ou normes environnementales inexistantes par exemple («avantages» absolus), les deux économies avaient quand même intérêt à se spécialiser et à se partager le travail en fonction de leurs avantages relatifs.Ainsi, pour le Québec de notre exemple, s'il en coûtait relativement moins cher de produire des puces plutôt que du textile, ce dernier avait intérêt à se cantonner dans la production de puces, de profiter au maximum des bénifices de la spécialisation et d'échanger ces puces (électroniques bien sûr!) pour se procurer les textiles dont il pouvait av oir besoin.Chaque unité de tra- vail dans le textile, ainsi recyclée dans la fabrication de puces, permettait d\u2019obtenir plus de textiles à l\u2019échange, qu\u2019il n\u2019en aurait obtenu en continuant à les produire lui-même.La réciproque était aussi viable pour le Mexique, qui gagnait à se concentrer sur la production de textiles, où il était comparativement plus efficace que dans l\u2019électronique.On aura remarqué dans l'exemple précédent conjugué à l'imparfait, qu'il n\u2019a pas été question pour les producteurs du Québec d\u2019abandonner la production de textile pour aller produire des puces ou des textiles au Mexique.C\u2019est que cet exemple illustre un raisonnement qui date d\u2019une autre époque, celle de M.Ricardo, où les facteurs de production (capital et travail) étaient à toutes fins pratiques immobiles.Les producteurs investissaient alors leurs capitaux essentiellement sur le territoire national ou ses excroissances coloniales, et s\u2019aventuraient rarement au delà des frontières de leur communauté.Ainsi, par un effet automatique et inconscient dont s\u2019émerveillait à juste titre Adam Smith, les capitaux libérés à l\u2019occasion de la réorganisation d'un secteur en déclin, étaient recyclés, sur le territoire national, dans les secteurs en croissance, créant de nouveaux emplois au profit de l\u2019ensemble de la communauté.C\u2019est donc dans ce décor plutôt figé par rapport au monde d\u2019aujoudTiui.que pouvaient jouer les avantages comparés des différentes nations, sans égard aux avantages absolus des unes et des autres.Dans le contexte actuel d'extrême mobilité internationale des capitaux, on parle même de volatilité, le ioisonnement.de M.Ricardo serait probablement tout autre.A partir du moment où les producteurs se sentent assez en sécurité pour aller investir à peu près n\u2019importe où.c\u2019est beaucoup plus souvent la pression des avantages absolus qui trace la voie aux investissements.Et pour reprendre notre exemple, la production des puces et des textiles a beaucoup plus de chances Le Québec a intérêt à concentrer ses efforts sur la récolte du sirop d\u2019érable et à importer ses bananes d\u2019Amérique centrale plutôt que de s\u2019épuiser à essayer de tout produire lui-même.d\u2019aboutir au Mexique, sans partage pour le Qué-bec.\t.!¦' M.Ricardo avait compris que la division du » travail à l\u2019intérieur d\u2019une même économie nationale ne s\u2019effectuait pas en fonction des avantages : relatifs, mais plutôt et surtout en fonction de \u2022 leurs avantages absolus, et ce, en raison de la .mobilité intérieure des facteurs.Et c\u2019était bien la quasi-immobilité de ces facteurs à l\u2019échelle inter- -nationale qui permettait le jeu des avantages comparés, protégeant les nations les unes des ,, autres tout en rendant leurs échanges construe- ; tifs.Une même grande foire\t« Force est de reconnaître que les choses ont » bien changé depuis, surtout en ce qui concerne i, les capitaux.A l\u2019heure de la globalisation des .marchés, l\u2019économie mondiale devient progressi- * vement une même grande foire, où la rémunération des facteurs de production tend irrésistible* .ment à l\u2019uniformité, au grand bonheur des capita* listes, étant donné la rareté relative des capitaux > à l\u2019échelle mondiale, mais au grand malheur des j salariés, étant domié l\u2019immense réserve de candi- » dats potentiels au salariat.\t\"y .Ainsi, le dogme des bienfaits de la division in- ô temationale du travail en fonction des avantages \u2022\u2022 comparés se serait diffusé pendant que disparais-saient les conditions même de sa validité.Malgré des effets positifs remarquables qui semblent ac- !; créditer le pari libre-échangiste, le commerce in- * temational tous azimuts pourrait aussi bien être une cause, et non la moindre, prévisible et du- \\ rable, de l\u2019accroissement du chômage et des in- -égalités sociales, du surendettement des pressions à la baisse de toutes sortes sur les institu- , tions communautaires locales (santé publique, sécurité au travail, sécurité du revenu, contrôle de la pollution, etc.).Et si tel est bien le cas.par une dynamique d'ailleurs exactement inverse de celle qu'envisageait avec optimisme Adam Smith, la concurrence internationale sans entrave pourrait bien devenir la plus belle mécanique de nivellement par le bas et de désintégration des sociétés développées.et ce, sur fond de croissance économique planétaire débridée. I I I I.K I) K V OIK.I.K M K It (' K K l> I .1 A X V IKK I !» !» I A 8 ?LE DEVOIR ?ACTUALITES TOURNEE Nervosité SUITE DE LA PAGE 1 Faisant allusion au simulacre d\u2019exécution de décembre dernier, il a déclaré dans une entrevue à Reuter ue «ces incidents ont suscité l'inquiétude des Cana-iens».«Cela n\u2019a pas été du tout de notre goût.Les Canadiens n'aiment pas qu\u2019on leur marche sur les pieds».Le Canada maintiendra ses 2000 soldats engagés dans l\u2019ex-Yougoslavie jusqu'à l\u2019achèvement de leur mandat en avril, mais la future présence canadienne en Bosnie sera débattue au Parlement d\u2019Ottawa après la reprise de la session le 17 janvier.«Il ne s\u2019agit plus de maintien de la paix.C\u2019est une situation très embarrassante et nous ne savons pas exactement quel est le rôle de nos soldats là-bas», a dit le premier ministre, qui s\u2019exprimait pour la première fois sur cet incident.Rappelant combien le Canada reste attaché aux opérations de maintien de la paix, il a critiqué l\u2019attitude des Etats qui «parlent beaucoup de la Bosnie mais ne font rien» et a déploré l\u2019immobilisme de l\u2019OTAN dans le conflit bosniaque.M.Chrétien et son épouse Aline profiteront de leur passage en Grande-Bretage pour déjeuner en privé avec îa reine Elizabeth II.Une rencontre qui ne serait que protocolaire, selon un porte-parole des Affaires étrangères.Le lendemain à Paris, le premier ministre Chrétien doit s\u2019entretenir avec le président de la France, François Mitterrand, de la «stabilité et de la sécurité» des pays de l\u2019Europe de l\u2019Est.Il discutera de la vente du jet régional de Bombardier sur les marchés européens et de la surpêche dans les grands bancs de Terre-Neuve avec le premier ministre français Edouard Baladur.Plusieurs pays qui faisaient partie du Pacte de Varsovie jusqu\u2019au démembrement de l\u2019Union soviétique souhaitent ardemment joindre les rangs des forces de l\u2019OTAN.La Pologne, la Hongrie et la République tchèque sont en tête de liste des futurs adhérants à l\u2019organisation militaire basée à Bruxelles.Le Canada est favorable à l\u2019ajout de nouveaux membres mais ne veut pas énerver la Russie et l\u2019Ukraine, deux pays lourdement armés.La tension a grimpé de plusieurs crans en Europe en décembre alors que le leader ultranationaliste russe Vladimir Zhirinovsky a déclaré que la Russie pourrait étendre ses frontières aux dépends des pays de l\u2019ex-URSS.Le leader russe a même menacé d\u2019envahir l'Aile-mange.«Plusieurs chefs de gouvernement sont nerveux»!^ a affirmé un haut fonctionnaire des Affaires étrangères, hier.Le premier ministre Chrétien participera au Sommet de l\u2019OTAN, à Bruxelles, les 11 et 12 janvier prochain.Il devrait profiter de cette tribune pour faire savoir aux dirigeants de l\u2019OTAN, au chancellier allemand, Helmut Khol et au président du Parlement européen, Jacques Delors, que le Canada soutiendra les efforts diplomatiques destinés à maintenir la paix dans cette partie de l\u2019Europe secouée par de nombreux conflits ethniques.Le premier ministre Chrétien doit rentrer à Ottawa mercredi prochain, soit cinq jours avant le rappel des Communes prévu pour le lundi 17 janvier.LITUANIE Des garanties SUITE DE LA PAGE 1 L\u2019initiative lituanienne risque d\u2019embarrasser l'OTAN, qui doit déjà faire face aux délicates conséquences diplomatiques des demandes d\u2019adhésion de pays comme la Pologne ou la Hongrie.La Russie a déclaré qu\u2019elle jugeait inacceptable toute extension de l\u2019OTAN en direction des pays de l\u2019ancien Pacte de Varsovie.Après la victoire des nationalistes russes aux élections du 12 décembre, les pays d\u2019Europe de l\u2019Est, et plus encore les pays baltes, indépendants depuis 1991, redoutent d\u2019etre les premières victimes d\u2019un nouvel expansionnisme russe.L\u2019Alliance atlantique, qui ne souhaite pas s\u2019aliéner la Russie, a d\u2019ores et déjà exclu l\u2019éventualité d\u2019une intégration rapide des pays d\u2019Europe de l\u2019Est.La demande formelle présentée hier par la Lituanie d\u2019adhésion à l\u2019OTAN constitue la première démarche officielle de ce type d\u2019une ex-république soviétique.Pour sa part, la Lettonie a signé lundi avec le Danemark un traité bilatéral de coopération militaire, le premier conclu entre la république balte et un pays membre ~\u2019\"de l\u2019OTAN, a indiqué hier l\u2019agence Baltic News Service.Le traité a été signé par les ministres letton et danois de la Défense, Valdis Pavlovskis et Hans Haekkerup.Ce dernier a apporté à cette occasion son soutien à la Lettonie dans ses discussions en cours avec la Russie sur le retrait des quelque 17 000 soldats russes stationnés sur son territoire.De leur côté, plusieurs pays de l\u2019Europe de l\u2019Est, an- ciens alliés de l\u2019ex-URSS au sein du Pacte de Varsovie \u2014 notamment la Pologne, la République Tchèque et la Hongrie \u2014 ont formulé expréssement le souhait d\u2019adhérer à l\u2019OTAN.Parallèlement, plusieurs anciennes républiques soviétiques ont demandé à l\u2019Occident des garanties pour une plus grande sécurité contre une menace éventuelle contre un nouvel expansionnisme russe.Toutefois, l\u2019OTAN et les gouvernements occidentaux n\u2019ont pris aucunes mesures concrètes dans ce sens.La demande lituanienne intervient à quelque jours du prochain sommet de l\u2019OTAN à Bruxelles qui doit s\u2019ouvrir le 10 janvier pour deux jours et à l\u2019issue des gains importants des ultra-nationalistes en Russie lors des élections législatives de décembre dernier et de leur volonté déclarée de reconstruire l\u2019ancien empire soviétique, note-t-on.Les chefs d\u2019Etats des pays membres de l\u2019OTAN devraient adopter à cette occasion un plan pour une coopération militaire plus étroite entre l\u2019alliance et les anciens pays membres du pacte de Varsovie, sans leur donner un statut de membre à part entière.La Russie a indiqué qu\u2019elle s\u2019opposera à l\u2019entrée dans l\u2019OTAN des ses anciens pays satellites d\u2019Europe de l\u2019Est ou de l\u2019ex-Union Soviétique.Lors de la signature du traité entre la Lettonie et le Danemark, le ministre danois a affirmé que ce document allait rapprocher la Lettonie des pays membres de l\u2019OTAN, en attendant que l\u2019Alliance atlantique définisse précisément ses relations avec les trois républiques baltes lors de son Sommet.Le Reform évitera l\u2019affrontement avec le Bloc québécois OTTAWA (PC) - Les députés du Reform Party ont décidé d\u2019opter pour le rapprochement plutôt que l\u2019affrontement dans leurs rapports avec le Bloc québécois.Ils ont en effet invité les députés du Bloc à partager avec eux un petit déjeuner aux crêpes, dans le plus pur style western, le 12 janvier prochain, soit cinq jours avant le début de la nouvelle session parlementaire.Ce sera une occasion de faire connaissance, affirme la présidente du caucus du Reform Party, Deborah Grey.«Bien sûr, il y a aura toujours des différences importantes entre les membres du Reform et ceux du Bloc sur certaines questions clés, mais cela ne veut pas dire que nous ne devons pas chercher à nous connaître et à nous respecter en tant que personnes et en tant que parlementaires», a déclaré mardi Mme Grey.Le déjeuner débutera à 7h30 du matin et quelques musiciens seront de la partie.Les réponses positives de la part des gens du Bloc ont déjà commencé à s\u2019empiler.Inapte à subir son procès MONCTON, N.-B.(PC) \u2014 Un homme accusé d\u2019avoir proféré des menaces à l\u2019endroit de l\u2019ancien premier ministre Brian Mulroney a été jugé inapte à subir son procès.Jorge Torrealba, 63 ans, avait été accusé en mai dernier d\u2019avoir menacé M.Mulroney de blessures lors de déclarations faites à la Gendarmerie royale du Canada.L\u2019homme a fait l\u2019objet d\u2019une évaluation psychiatrique en novembre et il a finalement été relâché sous caution hier.Il reviendra plus tard devant le tribunal qui statuera alors sur l\u2019opportunité de lui faire suivre un traitement psychiatrique.La date de cette comparution n\u2019a toutefois pas encore été fixée.Au moment de la mise en accusation, les policiers avaient indiqué que M.Torrealba avait envoyé plusieurs lettres à la GRC et à divers responsables gouvernementaux pour se plaindre du gouvernement.M.Torrealba avait rétorqué que l\u2019accusation était mensongère et relevait de harcèlement policier.Selon la police, Jorge Torrealba a quitté le Chili pour le Canada en 1953.Il s\u2019est rendu en Afrique dans les années 80 pour revenir à Moncton en 1988.PHOTO JACQUES GRENIER Montréal n\u2019a pas reçu de quantité record de neige mais le vent a rendu la tempête très difficile pour les piétons.TEMPETE Maintenant le froid SUITE DE LA PAGE 1 accidentés.Au même moment, dans la région de Chicoutimi sur la route 172, deux personnes âgées ont perdu la vie et quatre autres ont été blessées dans une collision frontale.Plusieurs autres carambolages se sont aussi produits dans la région de Montréal, dont un impliquant une cinquantaine de véhicules qui a entraîné la fermeture de l\u2019autoroute 40, en direction Est à la hauteur du pont Chgrles-de Gaulle.A Montréal, il devenait très difficile hier en pleine heure de pointe de retourner chez soi: tout était à peu près paralysé vers 16 h, alors que de nombreuses entreprises avaient libéré leurs employés avant l\u2019heure de fermeture des bureaux.On comptait des attentes d\u2019une à deux heures pour traverser le fleuve, et le pont-tunnel Ixiuis-Hippolyte-Lafontaine avait été fermé dans les deux directions vers 16 h.Des portions des autoroutes 15 et 20 avaient également été fermées quelques heures, et tous les principaux axes routiers autour de Montréal étaient déclarés de visibilité passable à nulle.On pouvait recommencer à mieux circuler en début de soirée, mais Transport Québec indiquait à l\u2019heure du souper que des routes demeuraient fermées autour de Québec, et dans le Parc des Laurentides.Sur la Rive-Sud de Montréal, la Sûreté du Québec oeu- vrait même en motoneige en plein coeur de la tempête.A Dorval, les départs étaient annulés jusqu\u2019à 18 h tandis qu\u2019à Mirabel, les vols vers la côte Est étaient annulés.Les autobus de la Société de transport de la Rive-Sud avaient également cessé de traverser vers Montréal en après-midi, et certains autobus de la STCUM rencontraient beaucoup de difficulté à rouler.De nombreux circuits d\u2019autobus Voyageur et Orléans étaient annulés.A Dorval à 16 h, 17 centimètres de neige étaient tombés, et on en attendait de 20 à 25 jusque vers 20 h.Mais c\u2019étaient surtout les vents qui aggravaient le problème, des vents qui pouvaient atteindre 80 kilomètres à l\u2019heure et qui rendaient la visibilité nulle.En plein centre-ville de Montréal, on ne pouvait voir qu\u2019à quelques mètres de distance.Après la paralysie, il faudra maintenant nettoyer tout ça.Le Service des travaux publics de la Ville de Montréal faisait savoir hier que 1200 personnes avaient commencé à déblayer la neige en après-midi, et à compter de 7 h ce matin 3000 personnes au total s\u2019affaireront à compléter le chargement de la neige, une opération qui pourrait prendre plusieurs jours.Les automobilistes devront évidemment respecter scrupuleusement les restrictions au stationnement.Pour aujourd\u2019hui, on pourra se réjouir de ce que le soleil brillera, mais il ne fâudra pas en conclure qu\u2019il fera chaud, car la tempête d\u2019hier sera suivie d\u2019une vague d\u2019air froid.Ainsi, on prévoit un maximum de -20 degrés aujourd\u2019hui.SLOVAQUIE Instabilité chronique SUITE DE LA PAGE 1 l\u2019insurrection antifasciste en 1944?«Un peu de clémence!» semble dire Viliam Homacek, président de l\u2019association Slovakia Plus, un regroupement informel d\u2019intellectuels.Dans son pittoresque atelier de peinture, il exhibe volontiers «le tabouret sur lequel fut rédigée la déclaration de souveraineté», adoptée par le Parlement de Bratislava en juillet 1992.«Pendant des dizaines d\u2019années, dit-il, on nous a raconté que nous n\u2019étions qu\u2019une nation de paysans incultes et que l\u2019indépendance était la pire des choses.» Pourtant, elle n\u2019a été acceptée qu\u2019à reculons car lors des dernières élections législatives tchécoslovaques de juin 1992, seul le Parti national slovaque (SNS) prônait ouvertement l\u2019indépendance, tandis que la plupart des formations politiques, y compris le Mouvement pour une Slovaquie démocratique (HZDS) de Vladimir Meciar, défendaient alors l\u2019idée d\u2019une union plus «souple» et «égalitaire», avec Prague.L\u2019histoire a forcé le destin et, le 1er janvier 1993, Bratislava est devenue la capitale d\u2019un pays qui, contrairement a la République tchèque (héritière de la plupart des structures fédérales), partait de zéro: gouvernement, armée, diplomatie, tous les attributs d\u2019un Etat étaient a construire.Et ce, avec un double handicap: «L\u2019Europe, traumatisée par la guerre yougoslave, ne voulait pas d\u2019une nouvelle partition, se rappelle Michal Zenko, conseiller du président de la République.Dès le début, la Slovaquie a été perçue comme un facteur négatif de déstabilisation et jugée sévèrement.» Autre obstacle: après la disparition du COMECON qui absorbait environ 70% des exportations slovaques et la récession occidentale qui a renforcé le protectionnisme des Douze, la division de la Tchécoslovaquie a provoqué un troisième choc économique avec une diminution de près de 40% des échanges avec la République tchèque, le principal partenaire commercial du pays après 74 années d\u2019histoire commune.«Dans ces conditions, l\u2019indépendance était un grand défi.Et le résultat, un an après, peut être qualifié de remarquable.» Ce n\u2019est pas un représentant du pouvoir qui parle ainsi, mais le jeune et talentueux chef de file de l\u2019opposition, Peter Weiss, président du Parti de la gauche démocratique (SDL, ex-communiste) qui a le vent en poupe dans les sondages, à tel point que son discours modéré et consensuel ressemble, déjà, à celui d\u2019un futur premier ministre! Mais l\u2019euphorie des premiers jours de l\u2019indépendance est rapidement retombée.L\u2019agrjculture et l\u2019industrie lourde, les deux piliers de l\u2019économie slovaque, sont en crise, et le chômage frappe 14% de la population active.Le climat social est indiscutablement morose et les formations politiques qui se sont essentiellement définies en fonction du clivage tchécoslovaque sont, elles aussi, en phase de restructurations.C\u2019est particulièrement vrai pour le Parti national slo- vaque (SNS) qui, depuis l\u2019indépendance, a perdu sa raison d\u2019être.Quant au mouvement de Vladimir Meciar, le HZDS, il abrite lui aussi plusieurs courants rivaux dont celui de gauche est animé par son propre ministre des Affaires étrangères, Jozef Moravcik, dont l\u2019opposition au premier ministre est à peine voilée.Résultat: l\u2019année 1993 a été marquée par une instabilité chronique et une improvisation généralisée dans la conduite des affaires du pays.De mars à octobre, M.Meciar a dirigé un gouvernement minoritaire après le départ, puis le retour, du SNS dç la coalition au pouvoir; le portefeuille du ministère de l\u2019Education est resté vide pendant six mois et celui des Privatisations n\u2019a toujours pas été attribué, faute de consensus entre le premier ministre et le président de la République, qui est pourtant issu du HZDS.Essoufflé, le gouvernement qui disposait d\u2019une assise confortable au début de l\u2019année, a vu sa majorité réduite à deux voix lors de l\u2019adoption laborieuse de son budget à la fin décembre.«La polémique autour du budget est révélatrice de l\u2019absence totale de coopération de M.Meciar qui poursuit une politique de confrontation permanente», estime Milan Knazko, ancien fidèle lieutenant et ministre qui a démissionné du gouvernement au printemps pour fonder son propre parti de centre-droit, l\u2019Alliance des démocrates.«Nous devons préparer une alternative fondée sur une politique plus ouverte et des règles du jeu claires pour remplacer le clientélisme de rigueur aujourd\u2019hui.» Et d\u2019affirmer «Le temps de M.Meciar est révolu.» Rien n\u2019est pourtant moins sûr.Si la popularité de Vladimir Meciar est certes entamée, il bénéficie toujours de l\u2019aura de «l\u2019homme de l\u2019indépendance» et son talent de tacticien lui a déjà permis de diviser une opposition qui, pour l\u2019instant, n\u2019a guère d\u2019alternative crédible à proposer, hormis son «anti-méciarisme».A l\u2019exception du Parti de la gauche démocratique, personne d\u2019ailleurs ne réclame des élections trop anticipées, préférant récolter les fmits de l\u2019usure de l\u2019équipe au pouvoir.Il est clair, toutefois, que l\u2019après-Meciar est en préparation, y compris au sein de son propre parti, même si aucun rival sérieux n\u2019est encore à l\u2019horizon.Après une année d\u2019indépendance, la marge de manœuvre du chef du gouvernement s\u2019est nettement réduite.Il s\u2019est isolé d\u2019une grande partie des intellectuels qui l\u2019ont initialement soutenu, comme en témoignent les désaffections successives de Milan Knazko, du ministre des Privatisations, Lubomir Dolgos, et de l\u2019ancien ambassadeur à Vienne, l\u2019économiste Rudolf Filkus.Le style abrupt et parfois volontairement provocateur de Vladimir Meciar, notamment dans ses rapports avec l\u2019importante minorité hongroise (600 000 personnes, au sud du pays), nuit considérablement à l\u2019image de la Slovaquie et ne pourra, en tout état de cause, satisfaire longtemps la population qui manifeste une lassitude grandissante envers la classe politique.Les récents sondages montrent avec insistance qu\u2019en cas d\u2019élections, le parti qui arriverait en tête serait celui des indécis et des abstentionnistes.LE LES BUREAUX OU DEVOIR SONT OUVERTS: DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 RENSEIGNEMENTS\t(514)98$ 3333 ADMINISTRATION\t\tMontréal.(Québrc).H3A 3M9 II ni imprimé par le» Ixnprimrhr Québécor laSallr.7743 de Rourdrau.division de Imprimer*?Quebec** Inc.612 ouest nie Saint Jacques.Montreal.L'Agence IVessr Canadienne est autorisée a employer et à diffusrr le* informations publiée?dans LE DEVOIR.LE DEVOIR e?t distribué par Messagerie?Dynamique?, dhrrûon du Oraupe Québécor Inc., 775boul Isbeau.St Laurent.Envoi de publication \u2014 Enregistrement noORSR ItépAt légal' Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général: (514) W>IK1.service a h cbmtele (314) 9R>3355.publicité (514) WSIW 06 "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.