Le devoir, 27 décembre 1997, Cahier A
DEVOIR V () L .I.X X X V I I I N " 2 !) r> M O N T H Ê A L , I.K S SA M K I) I 2 7 K T I) I M A N C 11 K 2 S l> K ( K M 15 1?K I !l il 7 1 ( A II I K 11 S I , 9 7 $ + T l’ s + T v y FORMES Les maquillages de Jean-Pierre Viau, page D 8 LES ARTS La» \ trauma annee ÉCONOMIE La difficile gestation d'un accord, page C 1 LIVRES René Goscinny, un rigolo sur orbite, page D 1 PERSPECTIVES La télé à la chaîne Vous êtes en vacances pendant les Fêtes?Pour vous occuper, votre câblodistributeur vous offre 40 chaînes de télé, y compris un tableau boursier, un canal d’achats de bidules en tous genres et des communiqués de la municipalité.Et ce, sans compter la télé payante.En voulez-vous d’autres?Il y a quatre mois, quatre nouvelles chaînes spécialisées entraient en ondes au Québec.Cet automne, le CRTC recevait des demandes pour créer une vingtaine de chaînes supplémentaires en français.Tout juste avant Noël, le CRTC décidait de reculer et d’attendre un an avant de tenir une nouvelle audience publique qui aurait, permis d’accepter ces nouveaux canaux.Emoi chez les télédiffuseurs.Radio-Canada, TVA, Astral et Radiomutuel avaient présenté la grande majorité des projets francophones qui devaient être étudiés cet hiver, et ils veulent convaincre le CRTC de revoir la décision d’attendre un an.Le CRTC soutient que les câblodis-tributeurs n’ont pas la capacité technique d’absorber de nouveaux canaux pour le moment puisqu’ils n’ont pas encore changé leur infrastructure qui permettrait de diffuser à l’aide de la fibre optique, ce qui augmenterait considérablement le nombre de canaux envoyés.Au Canada anglais, il est vrai que des canaux spécialisés actuellement approuvés par le CRIC ne peuvent même pas entrer en ondes.Les câblodistributeurs n’ont plus de place pour les loger.Mais au Québec, Vidéotron soutient que 50 % de son réseau sera transformé dès l’automne prochain, et 100 % en 1999.Le CRTC se trouve à défier les câblodistributeurs, qui nous abreuvent de promesses technologiques mirifiques depuis des années sans toujours pouvoir livrer la marchandise.Si vous êtes aussi bons que vous le dites, prou-vez-nous d’abord que vous êtes capables de refaire votre réseau, semble dire l’organisme, et ensuite, nous ferons notre travail pour approuver de nouveaux canaux.L’argument se tient, mais il attise aussi la grogne de Radio-Canada, qui voit de petites chaînes occuper tout le terrain alors que ses propres projets attendent.Surtout que l’entrée des quatre nouveaux canaux cet automne ne fait pas vraiment l’unanimité.Soyons franc: qu’est-ce que le canal de manchettes de TVA apporte de plus en information au Québec?EtTélétoon, qui nous promettait une programmation axée sur le dessin d’animation mondial, ne fait-il pas que rediffuser de vieux dessins animés américains?Quant à MusiMax, dont on attendait la diffusion de grands spectacles, un intérêt très fort pour les musiques différentes, pour le jazz, les musiques du monde, on y recycle trop souvent les vieux vidéos de Phil Collins qui ne passaient plus à Musique Plus-Reste le cas de Canal Vie, avec sa programmation remplie de bonnes intentions sur les légumes, les maladies et les conseils sexuels du vendredi soir, que nous laisserons au jugement des lecteurs et lectrices.Par-dessus le marché, la présence de canaux spécialisés menace des chaînes spécialisées qui commençaient à devenir des institutions: TV5, par exemple, cherche son identité alors que ses documentaires, ses retransmissions de spectacles et même ses informations sont vues ailleurs.A Radio-Canada, on enrage, La société d’Etat avait présenté cet automne quatre projets de canaux spécialisés, dont un en collaboration avec TVA pour exploiter le fonds de commerce des vieilles émissions.Mais Radio-Canada est surtout en colère à cause du report d’un an de son projet de Réseau des arts, une chaîne culturelle en collaboration avec Arte en Europe, avec grands documentaires, spectacles, émissions expérimentales, bulletins d’information culturelle.Après avoir rentabilisé ses compétences en information en créant RDI, Radio-Canada voulait ouvrir un deuxième front en exploitant ses compétences en matière culturelle (à la direction de Radio-Canada, on avoue d'ailleurs avoir manqué le bateau en matière de chaîne pour enfants, Canal Famille ayant occui)é le terrain en premier).Cette histoire s’apparente à une course contre la montre: pour les réseaux traditionnels, il faut occuper le terrain avant qu’une autre compagnie ne fasse sa niche.Ce qui suscite une question qui n’est jamais posée: le CRTC accorde-t-il la priorité aux projets les plus rapides?Existe-il une réflexion derrière l'attribution des chaînes, qui permettrait par exemple d’établir qu’une chaîne culturelle aurait priorité sur une troisième chaîne de dessins animés?Ajoutons un autre élément: plusieurs télédiffuseurs francophones font remarquer que Vidéotron, qui bénéfi-• cie d’un marché captif, aurait toute la place possible pour loger de nouvelles chaînes francophones s’il cessait de diffuser des chaînes anglophones comme le Learning Channel ou TSN.Reste enfin la question la plus délicate: toute cette agitation pour quarante canaux, alors que certains soirs, il est impossible de trouver quelque chose d’intéressant à la télé! P a u l C a u c h o il M E Montréal Nuageux.Averses de neige.Max: 0 Min: -4 T E 0 Québec Faible neige en début de journée.Max: -2 Min: -5 Détails, page C 3 I N 1) E X Agenda .B 5 Livres .D 1 Annonces.C 9 Le monde .A 6 Ix>s Arts .B 1 Les sports.C 10 Avis publics .C 6 Montréal .A3 Économie.Cl Mots croisés .C 9 Éditorial .A 8 Politique .A 5 www.ledevoir.com Pierre Péladeau, 1925-1997 PHOTO JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’immobilier a connu une forte croissance en 1997 Le nombre de mises en chantier dans le secteur résidentiel s'est accru de 40% SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Tous marchés confondus, soit le marché de la revente et la construction résidentielle, 1997 aura été pour la grande région de Montréal une bonne année.Dans le cas de la construction résidentielle, il faudrait même parler d’une excellente année.Ainsi qu’en témoignent les statistiques compilées par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le nombre de mises en chantier effectuées entre janvier et novembre dernier a atteint les 9660 unités, soit un bond très marqué de 40 % sur la période correspondante.«La construction garde une vitesse de croisière qui devrait lui permettre de dépasser le plateau des 10 000 unités cette année.Une nette amélioration si l’on compare aux 7556 mises en chantier de 1996, souligne Mireille Vallée, analyste de marché au sein de la SCHL.Les piètres résultats des deux dernières années ne semblent maintenant que de mauvais souvenirs.» Ce regain d’activité de la construction résidentielle est largement attribuable aux bas taux d'intérêt qui ont prévalu tout au long de l’année.Ainsi que l’a rappelé Mme Vallée à cet égard, «le taux hypothécaire pour une échéance de cinq ans était de 6,7 % en novembre dernier, un plancher jamais atteint depuis 1953».Outre le profil adopté par les taux hypothécaires, l’analyste de la SCHL a indiqué que le marché du travail avait également favorisé l’embellie observée sur tous les fronts immobiliers.«Après avoir chuté tout au long de 1996, le nombre de postes à temps plein s’est graduellement relevé depuis le début de l’année.Au delà de 18 000 emplois à temps plein ont été créés au sein des entreprises.» De tous les secteurs, on est toujours dans le neuf, c’est celui du condominium qui affiche le plus de vitalité.Sur VOIR PAGE A 10: IMMOBILIER + Pierre Péladeau, notre prochain Lise Bisson nette P ierre Péladeau est le plus grand séducteur que je connaisse.» Non, ce n’était pas une femme du célèbre univers amoureux de M.Péladeau qui me faisait cette réflexion, il y a quelques mois, mais un ancien cadre de l’empire Québécor, un parmi tant d’autres qui échangeaient sans cesse leurs impressions d’un inépuisable personnage et qui, ayant goûté en sa compa- _____________________gnie l’aventure que devenaient les plus simples journées, traversent aujourd’hui un deuil.La séduction, chez Pierre Péladeau, n’était ni subtile, ni ratoureuse, ni artificielle.Elle était brute, d’autant plus apte à susciter la fascination que les mondes où il évoluait sont plutôt faits de détours, de prudences, de discours calculés, de politesses convenues, de rituels aussi éculés qu’obligatoires.11 irradiait le plaisir de prendre ces mondes à revers, le plaisir de les narguer en gagnant la plupart du temps, le plaisir de les scandaliser souvent, et le plaisir de vous prendre à témoin de son plaisir.Même ses adversaires, dans ces conditions, ne se sont jamais lassés de l’observer et d’attendre de lui la dose d’imprévisible sans laquelle la vie en société ne serait au pire qu’hypocrisie et au mieux que grisaille.D’autres diront le grand entrepreneur qu’il était, du Journal de Rosemont à l’empire Québécor qui touche aujourd’hui quelques continents.Les acquisitions.Les milliards.Rappelons simplement, pour l'avoir souvent croisé en période de grandes manœuvres, que son style contredisait tous les manuels de gestion et toutes les théories de l’entre-preneurship, qu’on ne pourra jamais en faire un «cas» en études commerciales.Son «cas» est celui des intuitifs inclassables qui ont cette caractéristique supplémentaire de ne pas douter très longtemps.Ce devrait être une recette pour l’erreur, à l’époque des plans d'affaires longuement mûris, des études stratégiques, de la consultation jusqu’à plus soif.11 en a sûrement commis quelques-unes, mais il a eu raison le plus souvent.Ce sont des manières qu’on ne codifie pas.Il en allait de même avec sa façon de faire du mécénat, alliant les émotions personnelles et la volonté de résultats au lieu de le faire pour l’image, comme tant d’autres.Pierre Péladeau, derrière son talent pour l’iconoclastie, avait certes du goût pour les honneurs et la reconnaissance.Il rageait aisément contre la grande finance toron-toise qui cherchait tous les prétextes pour le dénigrer et ne pardonnait pas aux Québécois qui reluquaient son ar- Son style contredisait tous les manuels de gestion et toutes les théories de l’entrepreneurship Il a eu raison le plus souvent.gent mais hésitaient à prononcer son nom et encore plus à l’honorer, pour cause d’incorrection politique ou sociale, parfois carrément pour sa façon de parler.Quoi qu’i ait laissé entendre, il n’était pas de ceux qui jouissent d’être détestés, comme si c’était un signe de puissance Alors il allait se faire aimer ailleurs, sans perdre de vue l’idée de faire avancer les choses.Il aimait, follement bruyamment, la «grande» musique (et seulement elle, hélas).Il fallait donc que l’Orchestre métropolitain devienne un rival de «l'autre», que le Pavillon Sainte-Adèle fasse salle comble les week-ends.Il craignait la maladie.Il fallait que la Fondation de l’Hôtel-Dieu réclame son dû à tout ce qui bougeait autour de lui, vaste et rentable pro gramme.Il avait renoncé à l’alcool après d’intenses diffi cultés.C’était sur ce front qu’il servait le mieux, de sa personne autant que de son argent, sans rien attendre en retour.Nous sommes nombreux à lui avoir demandé d’intervenir auprès de parfaits inconnus en détresse, ;t l’avoir vu répondre à l’instant et demeurer attentif aussi longtemps qu’il le fallait.Le cœur de Pierre Péladeau, celui qui l’a emporté, était un endroit complexe, n'insistons pas.Il aimait, et beaucoup.Mais il avait sa façon d’aimer et, comme de tout le reste, il n’en était jamais satisfait.Le Devoir faisait partie de son univers.Une affection solide, authentique, qui dépassait de loin le soutien économique qu’il lui a consenti dans les moments difficiles.Sans son concours, au début des années 90 et notamment lors de la restructuration de l’entreprise en 1992, lorsqu’il a accepté de radier la dette d’imprimerie contre un actif de valeur bien moindre, le journal ne serait pas entre vos mains aujourd'hui.Sans sa patience et même son enthousiasme, nous n'aurions pas traversé la crise financière de 1993.Maintenant que nous avons retrouvé la rentabilité, nous ne sommes en affaires que des clients de Québécor, fournisseur dûment payé.Mais cela n’a rien changé à la qualité quasiment paternelle de l’amitié qu’il nous portait.Que de conseils journalistiques j’ai refusés! Il ne me les offrait que pour rigoler, pour parler publications — la part de son empire qu’il préférait entre toutes —, pour passer un bon moment à casser du sucre sur le dos de concurrents et pour trouver, a contrario, l’occasion de finir par faire des compliments.la séduction, toujours.Oui, nous nous sentons un peu moins en sécurité sans sa présence mais il a tant contribué à nous rendre notre nécessaire autonomie que là n’est pas la tristesse.Elle est dans le regret d’avoir perdu un être que je n’ose dire proche, par égard pour sa famille et ses amis que nous saluons, mais certainement prochain, complice irremplaçable de notre quotidien.Une fin discrète Il n’y aura pas de funérailles publiques, ainsi que l’avait souhaité Pierre Péladeau CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Pierre Péladeau aura été une personnalité paradoxale jusqu’à son départ pour l’au-delà.Autant il prenait plaisir à faire des déclarations fracassantes dans la vie, autant il aura souhaité la discrétion au moment du passage de vie à trépas.Pour rester fidèles sans doute à ses dernières volontés, sa famille et la haute direction de Québécor se sont abstenues de tout commentaire depuis l'annonce de son décès survenu mercredi soir à quelques heures de Noël.Le plus loquace aura été encore Monsieur Pierre, comme l'appelaient ses vieux amis, qui, dans une entrevue télévisée donnée plusieurs mois avant sa disparition, racontait avec moult détails comment se déroulera la cérémonie finale.On a pu savoir cependant par personne interposée que la dépouille de M.Péladeau a été incinérée jeudi et qu’il y a eu, hier, dans une église d’Outremont, un service funèbre complètement privé pour ses enfants.Il n’y aura pas de funérailles officielles et il y aura une cérémonie privée lundi pour la famille et les amis intimes, au maximum 200 personnes, au Pavillon des arts de Sainte-Adèle, situé juste en face de sa résidence.Celle-ci demeure d'ailleurs tout illuminée dans la nuit enneigée des Laurentides, comme si son propriétaire l’occupait toujours.Comme il se doit, Le Journal de Montréal et celui de Québec publient aujourd’hui un cahier spécial sur la vie de leur fondateur et les drapeaux sont en berne sur leurs terrains.Conformément aux volontés du disparu, une partie des cendres sera dispersée sur la propriété de Sainte-Adèle, une autre sera déposée à côté des restes de son père dans le cimetière familial.L’Orchestre métropolitain, dont il était le mécène, jouera la Cinquième Symphonie de Beethoven, dite Empereur.Et tout devrait se terminer dans la fête au son des mariachis, du moins si l’on respecte toutes les dernières volontés de M.Péladeau, fidèle à son personnage jusque dans l’outre-tombe.Pendant que ses amis les plus proches, par exemple Charles-Albert Poissant, se sont abstenus de tout commentaire à la suite de son décès par respect pour ses volontés, il allait de soi que d’autres fassent état de certaines réactions.Le premier communiqué officiel est venu mercredi soir VOIR PAGE A 10: PÉLADEAU ¦ Un être de contrastes, page A 3 778313000696 Tout bien compté t ! À compter du 1er janvier, la TVQ augmentera de 1 % et vos impôts baisseront.Ainsi, vous aurez plus d'argent.• baisse de 3% de l'impôt des particuliers gagnant plus de 50 000 $ ; Avec la nouvelle année, le revenu disponible des Québécoises et Québécois augmentera.TOIT UMOW • augmentation du crédit d'impôt pour taxe de vente pour les ménages les plus démunis.Voici comment : baisse de 15% de l'impôt des particuliers gagnant 50 000 $ et moins ; des Les personnes à moyens et faibles revenus bénéficieront particulièrement du nouveau régime fiscal mis de l'avant par le gouvernement du Québec.Et ça va encore plus loin puisque 200 000 Québécois à faibles revenus ne paieront plus un sou d'impôt dès 1998.« Pour nous, la différence va nous permettre de gâter les enfants.» La famille Beaulieu-Gagnon r m i «Avec le plus que ça me donne, c'est sûr qu'on va en profiter.» Julie, mère monoparentale 1378$ Couple ayant deux enfants Famille monoparentale ayant un enfant Revenu de travail Hausse de la TVQ- Hausse du crédit pour TVQ Baisse d'impôt Gain total 50 000$ ¦ 187$ - 889$ 702$ Revenu de travail Hausse de la TVQ- Hausse du crédit pour TVQ Baisse d'impôt Gain total 30000$ -132$ 137$ 1 373$ 1378$ « À mon âge, ça me permet d'être moins préoccupée.» Madame Gauthier, veuve, 68 ans 1053$ iLT «Moi, je n'ai pas hésité une seconde avant de l'acheter.» Laurent, célibataire 373$ Personne seule de 65 ans ou plus Célibataire de moins de 65 ans Revenu de travail Hausse de la TVQ' Hausse du crédit pour TVQ Baisse d'impôt Gain total 30000$ ¦91$ 137$ 1 007$ 1053$ Revenu de travail Hausse de la TVQ* Hausse du crédit pour TVQ Baisse d'impôt Gain total 30000$ -92$ 137$ 328$ 373$ ¦&i.¦*sr Québec 'Montant estimé selon le profil de consommation des ménages.MnnnnnaaHA I.H 1) K V (t I K , I.K S S A M V.I) I K T I) I M A N' < Il V.2 S I) K (' K M |i I! K I !l !» A :> ?LE DEVOIR * MONTREAL La contradiction Péladeau Le patron de Québécor savait se montrer humain ou intraitable, pingre ou généreux AV^;-*V > DI ST UISINE N CTI V ül/lt 'moût' tai chi COLLECTION SCIENCES HUMAINES ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Pierre Péladeau était un personnage.Un personnage complexe.Contradictoire et controversé.Humain et intraitable.Généreux et pingre.Un précurseur imbu de conservatisme.Sa vie a été parsemée d’anecdotes savoureuses, à la mesure de son caractère excessif, de son franc-parler qui n’épargnait ni les personnalités politiques, ni les MBA prétentieux, ni les élites pompeuses.Souverainiste, il a appuyé l’Accord du lac Meech.11 a toujours évité de dire qu’il votait OUI aux référendums.Tout au plus, à la veille du référendum de 1995, avait-il affirmé dans un article de son Journal de Montréal qu’il ne fallait pas avoir peur, avec l’air de ne pas y toucher.On sait qu’il a vécu son enfance dans un milieu bourgeois, à Outremont.Son père, un entrepreneur en matériaux de construction, a fait faillite dans les années 30, ne s’en est jamais remis et est décédé alors que son fils Pierre n’avait que dix ans.Pierre Péladeau est allé au collège Saint-Jean-de-Brébeuf, tout comme la progéniture mâle de la haute bourgeoisie du temps, puis à l’Université de Montréal en philosophie et en droit.En regard de ses confrères de classe, il était le pauvre parmi les riches et travaillait pour payer ses études.Sa mère, autoritaire, lui a sans doute inculqué toute l’importance de l'argent.Dès l’adolescence, Pierre Péladeau était en affaires, tenant un casse-croûte, vendant des sapins de Noël, organisant des conférences.Il a sans doute connu la «gêne», comme on disait à l’époque, la comparaison constante, du moins, avec l’opulence ambiante de «ces gens-là» qui avaient la classe et le fric en partage, une situation qui l'humiliait, avait-il confié.C’est dans ce creuset qu’il a développé sa formidable agressivité en affaires et sa détermination.L’argent, Pierre Péladeau en parlait souvent.Archi-millionnaire, il s’étonnait du prix des choses dans les magasins, toujours trop chères à ses yeux.Il avait l’habitude d’aller au marché d’alimentation de Sainte-Adèle pour faire ses courses, mais surtout pour négocier les prix.11 lui est arrivé de revenir chez lui avec une quantité astronomique de poulets ou autres denrées périssables, achetées à rabais, dont on ne savait que faire.Les entreprises aussi, il les trouvait chères.Quand elles ne l’étaient pas, il les achetait.A mille lieues de la logique des financiers et de leur argent facile, Pierre Péladeau, un pur entrepreneur, a bâti un empire de 6,3 milliards de dollars en faisant du micromanagement.Il avait l’habitude de s’intéresser aux menus détails mais à certains d’entre eux seulement, dédaignant les théories et les modes, fidèle à ses principes d’un management serré, sans fioriture, qui ont fait de Québécor l’une des entreprises les mieux gérées au monde dans des industries conventionnelles que d’autres voyaient comme stagnantes: imprimerie, édition et papier.Il martelait son leitmotiv KISS: «Keep it simple, stupid!» En cette ère de downsizing et de réingénierie, Pierre Péladeau a bâti son conglomérat, qui emploie aujourd’hui 34 000 personnes, sans avoir jamais fait de licenciements massifs.Les bénéfices, il les a amassés sans jeter les gens à la rue, ne relâchant toutefois jamais sa pression sur les coûts, quitte à passer pour pingre.Ses acquisitions ne se comptent plus.Dans la plupart des cas, il a amélioré la rentabilité des entreprises qu’il a achetées; c’était son plan de match.Donohue est un beau cas d'espèce, la papetière étant devenue la plus efficace au pays.Pourtant, les grands investisseurs ont toujours boudé Pierre Péladeau, le jugeant imprévisible, trop intuitif.Péladeau n’était pas un technocrate.Le fondateur de Québécor a aussi connu des échecs cuisants: le Philadelphia Journal, le Montreal Daily News, le Super-Hebdo.Dans tous les cas, des journaux.Pourtant, Pierre B Le holding de la famille, Les Placements Péladeau inc., détient 26,53 % d’actions de classe A du groupe Québécor et 55,77 % de droits de vote.¦ 33 700 employés à la fin de 1996 ¦ Des actifs de 7,39 milliards ¦ Des revenus de 6,25 milliards B Des revenus nets de 146,84 millions Les principaux holdings H Imprimeries Québécor inc.Le plus important imprimeur au Canada et le deuxième en Amérique du Nord.Québécor a une participation de 81,3 % dans cette filiale, dont les revenus sont de 4,2 milliards et le bénéfice net de 126 millions.B Communications Québécor inc.La compagnie possède quatre quotidiens (Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec, The Sherbrooke Record et le Péladeau était avant tout un éditeur de journaux; c’est ce qui le passion nait.Chaque jour que Dieu amenait, Pierre Péladeau passait â travers sa liasse de journaux — The Globe and Mail, Vie Gazette, U; Devoir, La Presse à son corps défendant, et bien sûr Le Journal de Montréal.Il faisait de Winnipeg Sun), 42 hebdomadaires, revues et magazines, Elle distribue aussi des magazines et journaux, en plus des huit magasins de musique Archambault Cette filiale génère des revenus de 439 millions et un bénéfice net de 41 millions.B Multimédia Québécor inc.Spécialisé dans des produits d’information électronique.B Donohue inc.Québécor détient 61,27 % du grand producteur de pâte et papier.Dernières acquisitions En septembre dernier.Québécor avait mis la main sur Télévision Quatre Saisons.Au printemps dernier, il faisait une incursion du côté de la presse alternative montréalaise avec l’hebdomadaire anglophone Vie Mirror.son journal une lecture critique et inondait de mémos son éditeur.La formule du Journal de Montréal, il l’avait copiée des tabloïds anglo-saxons.Les quatre S: sexe, sang, sport et spectacles.La formule a considérablement évolué depuis 1965 et le quotidien s’est étoffé.En fait, Le Journal de Montréal est un cas unique parmi les tabloïds: il est le seul à dominer le marché d’une grande ville.Récemment, Pierre Péladeau s’était trouvé un autre dada, la télévision, et s’était engagé activerqent dans le redressement de TQS.A 72 ans, il s’était mis à l’informatique, un monde sur lequel il avait toujoui-s craché, et apprenait à surfer.Bien de ses employés, parmi les plus humbles, ont toujours souligné le caractère humain de Monsieur Pierre, comme il se faisait appeler.L’homme parlait à tout le monde, quel que soit son rang.Jamais condescendant.Il savait pourtant se montrer intraitable.Certains de ses cadres l’ont appris à leurs dépens et sont partis.D’autres sont partis pour revenir.Autant il était habile à flatter la vanité de ses interlocuteurs, autant il pouvait les engueuler comme du poisson pourri, un trait de caractère qui s’était amenuisé ces dernières années.Québécor en chiffres J AC QUI: S NADKAU l.K DEVOIR Quelque» images récentes de Pierre Péladeau: â gauche, à sa résidence de Sainte-Adèle, un tête-à-tête avec la ministre de la Culture et des Communications, Ixjuise Beaudoin, lors d’une réception donnée pour l’Orchestre métropolitain l’été dernier .Ci-contre, avec Agnès Grossman, ex-chef de l’Orchestre métropolitain.Ci-dessus, avec l’ancien premier ministre Jacques Parizeau et le ministre des Finances, Bernard Landry, l’été dernier à Sainte-Adèle.Il y a près de 25 ans, Pierre Péladeau avait surmonté son alcoolisme.Il a souffert dans les années 70 de maniaco-dépression, un état qu’il a soigné en prenant du lithium.Dans les dernières décennies de sa vie, sa vision du monde avait changé.L’hebdomadaire d’affaires américain Forbes l'avait d’ailleurs souligné dans un article qui lui était consacré: «Nietzsche’s out, God's in», avait-il titré.En 1990, Pierre Péladeau avait déclenché une controverse avec ses propos sur les juifs «qui prennent trop de place» dans le magazine L'actualité.Ce sont les Québécois francophones qui n’en prennent pas assez, avait-il précisé, en affaires surtout.Il y avait chez lui un vieux fonds de nationalisme, type chanoine Groulx, et il estimait que l'indépendance du Québec ne serait souhaitable que dans la mesure où les Québécois prendraient leur économie en main.Il était né dans un monde où les francophones étaient dans un état d’infériorité économique sur leur propre sol.On connaît son amour pour la grande musique, qu’il écoutait à plein volume dans son bureau de la rue Saint-Jacques.Pierre Péladeau, en matière de musique, n’avait que Beethoven à la bouche.En littérature, il ne parlait que de ses lectures de Balzac et, en philosophie, de Platon.C’était aussi un mécène qui aimait s’occuper directement des causes charitables qu’il soutenait.C’est le cas de l’Orchestre métropolitain, qu’il a sauvé de la dérive financière, et du Pavillon des arts de Sainte-Adèle.Il s’était fait construire une salle de concert à son nom, le Centre Pierre-Péladeau.D’autres œuvres qu’il a encouragées tenaient à son passé d’alcoolique, comme le Pavillon lvry-sur-le-Lac, et il s’est chargé de la campagne de financement pour l’Hôtel-Dieu, où il poussera son dernier souffle.La pire chose qui aurait pu arriver à Pierre Péladeau, c’est qu’il survive, impotent ou sénile, à la charge de ses proches.C’est ce qu’il avait fiât savoir.Il a été exaucé.L’homme d’affaires le plus connu du Québec fera la une du Journal de Montréal.C’est comme cela qu’il entrera définitivement dans l’histoire.RESTAURANT • PAVILLON JARDIN CHEF TRAITEUR 48, rue Sainte-Ursule, Vieux-Quedec 418 694.0667 Solde Hivernal a J * 1 • jusqu'à 60% de rabais sur toute notre marchandise automne-hiver.Procurez-vous des vêtements de qualité à des prix plus qu'abordables! 277, av.Laurier O.270-6154 Centre de Commerce Mondial 844-9125 • 281-7999 5107, av.du Parc 277-7558 La son te parle tu p ran que reguliere au lui clii taoïste procure un exercice complet du corps et un apaisement de l’esprit.Pratiquer cet art accessible, sous supervision competente, au sein dim entourage sum pathiquc.en vous joignant a la plus grande eeole 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fait appel à leur vécu environnemental.Elle vise l’intégration des matières par le biais de leurs connaissances, leurs habiletés: ainsi que leurs capacités à résoudre des problèmes.Elle favorise l’autonomie et elle a un caractère ludique, élément essentiel pour acquérir un apprentissage de façon permanente surtout en bas âge.Cette collection offre une gamme très variée d’activités pédagogiques pour chacune des unités d’apprentissage.Elle vise l’instauration d’un sentiment de sécurité, ainsi qu’un accroissement de la confiance en soi face aux sciences.Siège social : GUÉRIN, éditeur Itée 4501.rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone : (514) 842-3481 Télécopieur: (514) 842-4923 Adresse Internet : http://www.guerin-editeur.qc.ca I.K I) K V 0 I R , I.K S S A M K I) I I) I M A X (' Il K S I) E C E M B It E I !) !l L E S A C T U A U T E S Des chiffres de l’Institut canadien d’information sur la santé Les médecins sont de plus en plus nombreux à s’expatrier Ce sont surtout les spécialistes, en particulier au Québec, qui s'en vont pratiquer sous d’autres deux ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Le nombre de médecins qui quittent le Canada est de plus en plus élevé et les pertes les plus lourdes s’observent chez les spécialistes, où le nombre de départs est en hausse de 15 % par rapport à 1995.Le Québec n’échappe pas à ce phénomène puisque le nombre total de médecins qui ont choisi d’aller travailler ailleurs est passé de 87 à 108 entre 1995 et 1996, selon des chiffres publiés par l’Institut canadien d’information sur la santé.Et le gros de ces départs est survenu chez les médecins spécialistes, dont 83 ont quitté le Québec l’an dernier, comparativement à 52 en 1995.Ce sont les rangs des spécialités chirurgicales qui ont subi les plus lourdes pertes au Québec avec au moins 39 départs.Du nombre, neuf pratiquaient l’obstétrique, six l’urologie, sept la chirurgie générale et deux la chirurgie cardiovasculaire et thoracique.Dans les spécialités cliniques, 17 spécialistes de la médecine interne sont partis, de même que cinq pédiatres, cinq radiologistes, quatre neurologues et deux anesthésistes.De façon générale, le nombre de médecins qui quittent le Canada a augmenté, passant de 674 en 1995 à 731 en 1996, en hausse de 8,5 %.Le nombre de médecins revenant de l’étranger est quant à lui à son plus bas depuis 16 ans.Il a plafonné à 218 en 1996, alors qu’il était de 256 en 1995.Dans les autres provinces, bien que le mouvement soit moins marqué qu’au Québec, ce sont aussi les spécialistes qui partent en plus grand nombre.Le nombre de ces derniers qui ont fait leurs valises a augmenté de 15 % en moyenne au pays, grimpant de 312 en 1995 à 359 en 1996.Il n’y a qu’en Ontario que les pertes ont connu un petit répit, avec 22(>départs de médecins en 1996, par rapport à 251 en 1995 et 345 en 1994.A l’exception de quelques provinces, le nombre de départs survenus dans les rangs des médecins de famille est à peu près stable depuis plusieurs années au Canada.Il y a aussi de plus en plus de médecins çanadiens qui obtiennent la résidence permanente aux Etats-Unis.Ce nombre s’est accru de 50 % depuis 1995, passant de 348 à 522.Cela correspond à un mouvement observé dans plusieurs autres professions libérales, chez les infir- • mières et dans plusieurs techniques liées au domaine de la santé.Malgré tous ces départs, le nombre global de médecins continue de s’accroître au Canada, en raison de la formation de nouvelles recrues dans les spécialités.On compte , 548 habitants par médecin au pays, un taux qui se compa- > re à celui des Etats-Unis (395 habitants par médecin) et du Royaume-Uni (554 habitants par médecin).Des racines québécoises sur Pile de Guernesey ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Qui croirait que les racines de plusieurs Québécois se trouvent à Guernesey, un petit îlot rocheux perdu dans La Manche, à 50 kilomètres des côtes normandes, qui abrite un petit territoire indépendant où l’on parle anglais mais qui a son propre gouvernement, possède sa propre devise et imprime ses propres timbres?Les habitants de Guernesey, qui ne sont plus que 59 000, cherchent d’ailleurs aujourd’hui à susciter de l’intérêt pour leur petit coin de pays chez leurs descendants d’Amérique, notamment en leur proposant, par l’entremise d’Internet, de retrouver leurs ancêtres oubliés.Des vagues successives d’immigration ont entraîné de forts contingents de marins à prendre la mer pour la Nouvelle-France au XVII'' siècle, puis à quitter leur île au XIX' siècle pour le Canada, l’Amérique, la Nouvelle-Zélande ou l’Australie.Selon John Richards, Guernesiais et consultant pour l’office de tourisme local, même si plusieurs l’ignorent, on retrouve au Québec plusieurs patronymes typiques de Guernesey, dont les Marquis, Lepage et Girard.Les premiers arrivants auraient accosté en Gaspésie, là où résident toujours plusieurs descendants d’immigrants des îles de Guernesey et de Jersey, un autre îlot indépendant situé au large de la Normandie.«Nous ne savons pas combien de gens ont émigré ou sont allés en Nouvelle-France.Pour cela, il aurait fallu qu’il y ait des registres précis des bateaux qui ont pris la mer pour la Nouvelle-France ou qui y ont échoué», souligne M.Richards.Une foule d’autres noms de famille comme Anquetil, Beaudoin, Beau-grand, DeLisle, Langlois, Lebrun, Le Breton, Le Clerc et Lelièvre ont aussi des origines Guernesiaises.Au XIX' siècle, une loi ne permettant qu’aux seuls aînés d’hériter des terres et de la richesse familiale provoqua un deuxième exode vers le Nouveau Monde.Les représentimts de File de Guernesey ont d’ailleurs fait un saut à Toronto le printemps dernier pour faire la promotion de leurs recherches généalogiques et ont reçu des centaines de demandes du Canada anglais.Jusqu’ici, seulement une dizaine de recherches d’origines sont parvenues du Québec.Du temps de Guillaume le Conquérant Si l’île de Guernesey abrite aujourd’hui une population entièrement anglophone, elle fut longtemps française.Notamment au XI' siècle, quand les troupes de Guillaume le Conquérant, alors septième duc de Normandie, envahirent l’Angleterre.«Ma grand-mère parlait parfaitement le français, et plusieurs personnes âgées parient encore les deux langues», confie John Richards.Les îles furent une base de choix lors des nombreuses guerres entre la France et l’Angleterre qui, pendant des siècles, s’en disputèrent la propriété.Elles accueillirent aussi au XVI' siècle tout un flot de huguenots, persécutés en France jusque sous le règne de Louis XIV.C’est aussi à Guernesey que Victor Hugo, exilé de sa France natale, y coucha sur papier Les Misérables.Témoin de ce passé guerrier, le Fort Castle Cornet, construit par le roi John pour repousser les invasions normandes, domine toujours la baie de St.Peter Port, la capitale, d’où est tiré chaque jour un coup de canon à midi.Aujourd’hui, les Guernesiais ne se considèrent pas du tout britanniques.Leur territoire leur est cédé par baillage par l’Angleterre et ils peuvent élire leur gouvernement et voter leurs lois.Des lois qui en font d’ailleurs un paradis Fiscal pour les institutions bancaires et financières.Les habitants de Guernesey reconnaissent la suzeraineté de la reine d’Angleterre, à qui ils jurent loyauté, mais ne se disent pas citoyens britanniques.Un genre de souveraineté-association, quoi.Serait-ce une invention héritée de nos lointains ancêtres issus des côtes normandes?A V avis de demandes relatives à un permis ou à une licence Régie des alcools, des courses et des jeux Toute personne, société ou association au sens du Code civil peut, dans les trente jours de la publication du présent avis, s’opposer à une demande relative au permis ou à la licence ci-après mentionné, en transmettant à la Régie des alcools, des courses et des jeux un écrit assermenté qui fait état de ses motifs ou intervenir en faveur de la demande, s’il y a eu opposition, dans les quarante-cinq jours de la publication du présent avis.Anjou (Québec) H1J2T2 Dossier: 908-624 2959-9396 Diminution de Quebec inc.capacité et CLUB BILLARD addition KRISS KROSS d’autorisation 6180 rue de spectacles Saint-Jacques avec nudité Montréal (Québec) dans Bar H4B 1T6 avec danse Dossier: 996-421 existant Permis additionnel 1 Bar avec danse et spectacles avec nudité Cette opposition ou intervention doit être accompagnée d’une preuve attestant de son envoi au demandeur ou à son procureur, par courrier recommandé ou certifié ou par signification à personne, et être adressée à la Régie des alcools, des courses et des jeux, 1, rue Notre-Dame Est, Bureau 9.01, Montréal (Québec) H2Y 1B6 9052-3531 1 Restaurant Québec inc pour vendre AMAZONA MONKLAND 6151,avenue Monkland Montréal (Québec) H4B 1G3 Dossier: 1477-173 6180 rue Saint- Jacques Montréal (Québec) H4B 1T6 6151, avenue Monkland Montréal (Québec) H4B 1G3 Nom et adresse du requérant Nature de la demande Endroit d'exploitation 9026-7493 Addition 3580, Québec inc.d'autorisation rue Saint- THE NIGHT BOX de spectacles Dominique 3580, rue Saint- avec nudité Montréal Dominique dans Bar (Québec) Montréal (Québec) avec danse H2X 2X4 H2X 2X4 existant Dossier: 269-720 9066-2795 1 Bar avec 115 & 117 Québec inc danse et boul.BAR DE L’ILE spectacle Archambault FANTASTIQUE sans nudité Terrebonne (1993) ENR (suite à (Québec) 115 & 117 boul.cession) J6W 4K3 Archambault Terrebonne (Québec) J6W 4K3 Dossier: 338-103 126218 Permis 3177, rue Canada inc.additionnels Masson CASA CORFU 2 Restaurants Montréal 3177, rue Masson pour vendre (Québec) Montréal (Québec) H1Y 1Y2 H1Y 1Y2 Dossier 338-434 CORNEJO.Luis 1 Bar avec 1320, boul POOLER'S PUB danse et de 1320, boul.de spectacles Maisonneu- Maisonneuve O sans nudité ve O Montréal (Québec) Montréal H3G 2P4 (Québec) Dossier: 895-920 H3G 2P4 Cianfarano.1 Bar 1835, rue Francesco Jean-Talon VEROLI Est 1835, rue Montréal Jean-Talon Est (Québec) Montréal (Québec) H2E 1T4 Dossier: 1481-274 H2E 1T4 Les chevaliers de 1 Club 3861, rue colomb du conseil Wellington de Verdun Verdun no 1751 (Québec) CHEVALIERS DE COLOMB DU CONSEIL DE VERDUN NO 1751 3861, rue Wellington Verdun (Québec) H4G 1V1 Dossier: 1481-548 H4G 1V1 Eric Kerouac 1 Bar 1302, rue Geneviève Guertin Mont-Royal SO CAFÉ Est 1302, rue Montréal Mont-Royal Est (Québec) Montréal (Québec) H2J 1Y5 Dossier: 1482-033 H2J1Y5 Société d'aide aux 1 Club 2924, rue malentendants Fleury Est SOCIÉTÉ D'AIDE Montréal AUX MALENTEN- (Québec) DANTS 2924, rue Fleury Est Montréal (Québec) H2B 1M4 Dossier: 1482-074 H2B 1M4 153995 Canada inc QUALITA RESTORANTE 8100,avenue Neuville 1 Restaurant pour vendre, avec danse 1 Bar 8100, avenue Neuville Anjou (Québec) H1J2T2 Le président et directeur général Ghislain K.-Laflamme, avocat Québec A», f* W mlm JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une bousculade typique du lendemain de Noël.Celle-ci est survenue au Future Shop mz»' acaei W ist '"'4' ¦ ' 'kËI Mm Soldes du 26 décembre La folie était encore au rendez-vous JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Le Boxing Day est une tradition du temps des Fêtes qui se répète, d’année en année, et qui a fini par devenir un véritable événement.Pour certains mordus, la journée est un incontournable de la fin d’année, alors que d’autres préféreraient renoncer à tous leurs cadeaux de Noël avant d’y participer.Ceux qui haïssent viscéralement le magasinage n’ont qu’une seule question: pourquoi?Pourquoi faire le pied de grue devant Sam The Record Man à 7h le matin?«Parce que c'est l’fun, on rencontre du monde, répond Antoine Beaupré.C’est une tradition, c’est la troisième année que je fais ça!» Son copain Luc Boiteau acquiesce timidement en sautant sur place pour se réchauffer.«En tout cas, moi, c’est la première et la dernière fois que je fais ça.» Antoine Beaupré et Luc Boiteau auront attendu six heures avant d’entrer dans le magasin.Sur le coup de 13h, les clients, dont la file de quelque 3(X) personnes faisait le tour du bâtiment de la rue Sainte-Catherine, se sont joyeusement engouffrés dans le magasin.Les rabais en valaient-ils la peine?Tout dépend des goûts du mélomane et de la quantité achetée.Mais à voir les paniers des clients, certains ont dû en profiter pour faire provision des grands crus de l’année.Les ventes du disquaire en cette journée spéciale peuvent représenter le double ou le triple des ventes d’un samedi normal! «Mais ce n’est plus comme avant, observe Robert, le portier du disquaire.La récession et la concurrence ont changé les choses.» L’homme parle en connaissance de cause: il compte maintenant dix-huit Boxing Days à la porte de Sam- Mais quand on lui demande s’il chasserait les aubaines s’il ne travaillait pas le 26 décembre, il éclate d’un grand rire.«Non! Je pense que je laisserais ça à ma femme!» Les «anü-Boxing Day» ne comprennent surtout pas le plaisir d’épargner quelques dollars le jour où toute la vil- Consultez deux fuseaux horaires en un coup d oeil.PC/fin de répondre aux besoins des gens qui voyagent ou travaillent dans des conditions extrêmes, Rolex a créé la GMT-Master et Explorer II, toutes deux comprenant une aiguille supplémentaire afin de consulter deux fuseaux horaires simultanément.En outre, le modèle GMT-Master a été conçu avec une lunette tournante facilitant la lecture des deux fuseaux horaires.ROLEX oysii k w.Ki’i-rruAi
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