Le devoir, 15 novembre 1997, Cahier A
Un cahier spécial de 28 pages Le Salon du livre de Montréal a' T S -+ FONDE EN 1910 DEVOIR V o i.I.X XXVIII N " 201 M \T T II K A I.I.K S S A M K I) I I 5 K T I) I M A X C II K I O X O V K M li II K I !) !» 7 C A II I K I?S I , 1) 7 $ + r i> s *S + T V Q LES ARTS Des réalisateurs passent du grand au petit écran, page B 1 PERSPECTIVES Ch r ist ia n R ion x Les derniers dinosaures Alors que Steven Spielberg tente au moins de renouveler le genre, la gauche française semble empêtrée dans un débat préhistorique.Même Lionel Jospin est monté aux barricades pour défendre le Parti communiste.La sortie française du dernier épisode de Jurassic Park, où d’affreuses bibites renaissent de leurs cendres pour tenter de grignoter quelques parcelles d’humanité, a plusieurs points communs avec le débat qui a fait irruption en France cette semaine.Alors que l’affaire semblait réglée et classée depuis près de 20 ans, voilà que la classe politique française se déchire sur le bilan du communisme.La controverse a surgi à l’émission littéraire Bouillon de culture avant de se répandre comme une traînée de poudre dans les médias.Elle s’est même emparée de l’Assemblée nationale, où le premier ministre socialiste, Lionel Jospin, est monté au créneau pour défendre le Parti communiste français.Celui-ci serait simplement coupable, dit-il, de ne pas avoir «pris ses distances assez tôt avec les phénomènes du stalinisme».Question de timing, quoi! L’occasion de cette polémique a été fournie par la sortie du Livre noir du communisme (Laffont), un ouvrage faisant la somme des crimes communistes à l’occasion du 80' anniver-* * * saire de la Révolution d’octobre.Il n’y a probablement qu’en France que la sortie d’un livre (pas vraiment le genre biographie de Céline Dion!) peut provoquer de si violentes réparties à tous les échelons politiques.Imagine-t-on Sheila Copps et Michel Gauthier se crêpant le chignon au sujet d’un ouvrage écrit par d’obscurs universitaires?Depuis l'effondrement de l’URSS, la France est peut-être le seul pays à n’avoir pas rebaptisé son boulevard Lénine, sa station de métro Stalingrad et son avenue Maurice-Thorez.Et elle ne semble pas près de le faire.Le pays reste aussi l’un des rares endroits où l’on pousse des cris d’épouvante dès que quelqu’un ose un parallèle entre l’ampleur des crimes communistes et nazis.Longtemps plus orthodoxe que le pape, le Parti communiste français a été l’un des derniers à s’interroger sur la chose.80 millions de morts plus tard, dans le bunker de la place du colonel Fabien (siège du parti), on se gargarise toujours de distinctions sibyllines entre Lénine et Staline, osant à peine critiquer.ce qu’on qualifie pudiquement de «séquelles du stalinisme».Dinosaure communiste, le PCF apparaît comme l’un des derniers représentants d'une certaine orthodoxie depuis longtemps disparue en Europe.Comme si les bonzes du parti hésitaient toujours à achever une révision — les communistes français préfèrent parler de «mutation» — pourtant amorcée dès 1968 chez les «camarades-* italiens.On continue donc à chanter allègrement L’Internationale dans les assemblées du parti, comme si de rien n’était.L’Humanité, de son côté, arbore toujours fièrement la faucille et le marteau.On songerait même en haut lieu à ce que le quotidien ne soit plus 1 '«organe officiel» du parti.Question de survie économique! L’embarras du premier secrétaire du PCF, Robert Hue, ressemble un peu à celui de Boris Eltsine devant la dépouille embaumée de Lénine sur la place Rouge.On sait bien qu’il faudra un jour se débarrasser du cadavre.Mais quand et comment?En France, on ne se défait jamais facilement d’un vieux monument Robert Hue a donc accueilli les bons mots de Lionel Jospin comme un baume.Il n’est pas sûr en effet que le chef du PCF aurait osé, lui, déclarer que son parti n’avait «jamais lui-même porté la main sur les libertés».\je soutien passé du PCF au pacte germano-soviétique, à l’extermination de la paysannerie russe, aux goulags, à l’hécatombe cambodgienne, au délire de Ceausescu, sans oublier l’exclusion et la répression de ses propres dissidents, l’aurait peut-être fait hésiter.«Ni Michel Rocard ni même François Mitterrand n'auraient parlé de la sorte», s’est réjoui le président du groupe communiste de l’Assemblée nationale, Alain Bocquet.Les propos du premier ministre ont au moins le mérite de montrer que le Parti socialiste est résolument attaché à l’union avec les communistes, sans laquelle aucun gouvernement de gauche ne serait possible.Certains socialistes souhaitent probablement ainsi accélérer le rythme des «mutations» au sein du PCE Dès 1974, François Mitterrand n’avait-il pas confié les relations avec le PCF’ à un jeune cadre en pleine ascension: Lionel Jospin.N’empêche qu’à l’heure où même l’Eglise de France se repent de son attitude face aux lois antisémites de Vichy, l’orthodoxie des communistes français apparaît comme une grosse tache dans le paysage de cette fin de siècle.Comme si, tout à coup, les dinosaures étaient de retour.M E T E 0 Montréal Faible neige s'intensifiant en après-midi.Max:-1 Min:-5 Québec Averses de neige.Max:-1 Min:-7 Détails, page C 2 Agenda.B 13 Annonces C 12 Les Arts.B 1 Avis publics.C 11 Economie.C 1 Éditorial.A 12 N D E X Livres.I) 1 Le monde.A 10 Les sports.C 14 Montréal.A 3 Mots croisés C 10 Politique.A 8 ÉDITORIAL Droits de l'homme: les faux innocents, page A 12 ÉCONOMIE L'effet de serre et les milieux d’affaires, page C 1 LvSwîw LE MONDE Clinton envoie un deuxième porte-avions dans le Golfe, page A 10 www.ledevoir.com A la bonne école m Z g&: ib » r 1 •'¦stlra* «aya è.L ¦ *vL: X.X .* LT Le RCM en crise Le mode de scrutin du candidat à la mairie sème la déchirure KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) cherche à modifier le mode de scrutin du candidat à la mairie qui serait choisi par suffrage universel.Du coup, une guerre ouverte dirigée contre le président du RCM s’est enclenchée chez les deux candidats à la mairie déclarés pour l’instant, Thérèse Daviau et Michel Prescott, qui y voient «un détournement de démocratie».Jeudi soir, le comité exécutif du RCM a adopté à la majorité (3 contre 2) un plan de mobilisation politique qui a pour effet de déplacer le congrès au programme et à l’investiture prévu pour les 20, 21 et 22 février prochains à la mi-avril.Dans la même foulée «d’ouverture aux Montréalais», tous les membres en règle trente jours avant le début du congrès auront le droit de voter pour le candidat à la mairie.Mais il ne s’agit actuellement que d’intentions puisque la proposition doit être soumise pour adoption au congrès aux statuts, qui aura lieu le dimanche 7 décembre.Auparavant, le comité exécutif du parti exposera le dimanche 23 novembre sa position lors d’un brunch où sont conviés les VOIR PAGE A 14: RCM 19 ‘ JACQUES NADEAU.LE DEVOIR Marie-Pierre (à gauche), Alexandre, Fundi et Axel prennent l’air à l’extérieur de leur école.L’école St-Émile est située dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, qui reste, au fil des ans un des plus défavorisé de la ville.Elle bénéficie des mesures spéciales de soutien pour la maternelle et la pré-maternelle.La maternelle plein temps n’est pas une panacée Un chercheur constate que les mesures de soutien donnent peu de résultats en milieu défavorisé PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Les mesures d’éducation préscolaire dans les écoles de milieux défavorisés — les maternelles demi-temps à quatre ans et les maternelles temps plein à cinq ans — n’ont pas donné, jusqu’à présent, les résultats escomptés.En d’autres termes, elles n’ont pas amélioré sensiblement la performance des enfants en français et en mathématiques et le taux d’absentéisme ainsi que les troubles de comportement en milieu défavorisé n’ont pas diminué pour la peine.«Nous ne pouvons pas dire que plus les enfants passent de temps au préscolaire, plus cela améliore les choses», résumait cette semaine le professeur Richard Tremblay, attaché au département de psychologie de l’Université de Montréal M.Tremblay a rendu publics hier les résultats d’une re- cherche qu’il pilote, visant à mesurer l’impact de l’aide préscolaire auprès des enfants montréalais de milieux défavorisés.Ses résultats sont préliminaires.Il en ressort que ce n’est pas le temps passé à l’école qui importe mais la qualité de l’intervention effectuée auprès des enfants.Des maternelles demi-temps pourraient être aussi efficaces pourvu que le contenu de l’apprentissage dispensé soit accru.La recherche a été effectuée par le Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant, regroupant des chercheurs des universités de Montréal, McGill et Laval.Les auteurs de l’étude sont, outre M.Tremblay, Bernard Boulerice, Alain Girard et Pierre La-pointe.L’étude, intitulée Impact du préscolaire en milieux VOIR PAGE A 14: MATERNELLE Une médecine pour les riches Les listes d'attente font faire des affaires d'or à des courtiers en services médicaux aux Etats-Unis ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Des listes d’attente qui s’étirent, des patients qui rongent leurs freins en attendant un diagnostic, il n’en fallait pas plus pour que des entrepreneurs flairent la bonne affaire.On vend maintenant au Canada deç services médicaux à rabais, accessibles sans délais aux Etats-Unis.Une façon rapide, mais coûteuse, d’acheter du temps pour des patients inquiets.Douglas Philley s’est fait vilipender quand son entreprise a placé ses premières annonces dans les journaux de Toronto.«Courtier» en services médicaux, le président de Medical Referrals International (MRI) s’est même attiré les foudres de l’ex-ministre de la Santé néo-démocrate, Ruth Grier, qui l’accusait de favoriser l’émergence d’un système de santé à deux vitesses en Ontario.Deux ans plus tard, le businessman réfère à des hôpitaux américains pas moins d’une soixantaine de patients ontariens par mois.Des patients inquiets, en attente d’un diagnostic de cancer, de sclérose en plaques ou d’une chirurgie orthopédique, exaspérés d’égrener le temps dans les listes d’attente toujours plus longues des hôpitaux canadiens.Si bien que certains décident de mettre le prix pour que VOIR PAGE A 14: MÉDECINE Le règne de la biographie Dis-moi qui tu es, j’écrirai un livre et l’éditeur se renflouera.L’histoire est devenue si rocambolesque — sans doute plus que la vie de Céline Dion — qu’elle méritera peut-être qu’on en fasse un livre bientôt.Signe des temps difficiles de l’édition, la guerre que se livrent les éditeurs de la chanteuse aurait-elle autant retenu l’attention en un autre temps, moins favorable à la montée des biographies?MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Un saut en librairie, ou encore dans les grandes chaînes, puisqu’elles font désormais dans le ljvre, suffit pour juger de l’ampleur du phénomène.A quelques jours de l’inauguration du Salon du livre de Montréal et à quelques semaines désormais de l’amoncellement de cadeaux qui accompagne Noël, les titres de biographies et d’autobiographies abondent, bien ordonnés selon le genre.Il y aura donc eu les Lise Payette, Lucien Bouchard (souvenons-nous de Lawrence Martin et du profil psychologique à la Dr Rakoff), et puis la multitude de Che Guevara.Il y aura eu aussi les Yvon Deschamps, Gilles Latulippe, Paul Buissonneau et Mario Tremblay, les nombreuses lady Diana et mère Teresa dont les disparitions récentes ont multiplié les biographies, et puis encore les Gabrielle Roy, Robert LaPalme, Fernand Dumont, Lucille Teasdale et Piero Corti.Et tout cela, non pas au cours des deux ou trois dernières années, mais depuis quelques mois à peine.Tous titres confondus, et quelle que soit leur origine, il semblerait, selon certains libraires, que depuis septembre plus de 100 parcours de vie différents aient atterri dans leurs étalages.Juchée dans une case bien particulière, non pas pour la qualité des livres mais simplement à cause Wvi.fr./-J, de la controverse démesurée qui a entouré la parution des livres, la vie de la chanteuse Céline Dion.«Je crois que toute cette histoire est en train de prendre des proportions que je n’aurais même jamais imaginées, la machine s’est beaucoup trop emballée, expliquait le président de la maison d’édition Québec/Amérique, Jacques Fortin, quelques VOIR PAGE A 14: BIOGRAPHIE » 778313000696 MOI JIMMY, TOI JANE.v’ ’ *»*v jimmv Gènes liés à la surdité Vers une meilleure compréhension de l’ouïe ASSOCIATED PRESS Washington — En isolant un gène lié à une surdité héréditaire qui frappe une famille costaricaine depuis au moins huit générations, des chercheurs ont annoncé avoir fait un pas dans la compréhension de l’ouïe.' Des scientifiques de l’Université de l’État de Washington à Seattle et de l’Université du Costa Rica rapportent .dans un article paru hier dans la revue Science qu’une jforme anormale d’un gène baptisé HDIA1 est à l’origine ;de la surdité héréditaire qui frappe cette famille.! La famille, dont l’identité n’a pas été révélée, situe l’origine de cette surdité à un aïeul né au Costa Rica en &713.Au moins 78 de ses descendants sont sourds.Pour d’autres, des problèmes d’audition ont surgi vers l’âge Jde 6 ans, avant que la surdité ne soit totale vers l’âge de 30 ans.; Le gène HDIA1 est lié au développement d’une protéine, l’actine.Cette dernière aide à durcir les cils dans l’oreille interne.Ces cils jouent un rôle déterminant dans l’audition car elles transforment l’onde sonores en énergie nerveuse qui se transmet au cerveau.«Nous savons que l’actine est déterminante pour l'audition, mais nous ne savons pas comment elle se forme et pomment elle dure.Ce nouveau gène pourra nous aider à ie savoir», a commenté le dr Eric Lynch de l’Université de Washington, coauteur de l’étude.£ Trois autres gènes entraînant uniquement la surdité héréditaire ont été identifies cette année.Au moins 30 autres gènes de la surdité ont été localisés en divers endroits de l’ADN, mais pas encore isolés.Par ailleurs, plus de 20 gènes identifiés sont liés au groupe des surdités héréditaires se transmettant avec d’autres affections.Mais une majorité (70 %) des surdités héréditaires se transmet seule.Nos cordes sensibles, vingt-cinq ans plus tard Les Québécois ont-ils changé ?et de l’instruction; le complexe d’infériorité, enseveli sous le sentiment de former une majorité; la mentalité du bas de laine, qui a fait place à un endettement galopant; l’étroitesse d’esprit, transformée en permissivité et en tolérance; le commérage, disparu au profit de l’individualisme — et des nouvelles technologies?—; le goût bizarre, ou le kitsch désormais canalisé par La Petite Vie; l’anti-mercantilisme, passé de mode à l’ère de la mondialisation et du capitalisme triomphant; le mysticisme, mis au rancart par un sain scepticisme et la «privatisation» de la religion; l’esprit moutonnier (voir individualisme); et le manque de sens pratique.A l’inverse, le gros bon sens, la joie de vivre, le fatalisme, la sensualité, le vantardisme, l’ins-tinctivité, le matriarcat, la finasserie, parmi d’autres, resteraient bien vivants.Ce qui permettrait de déduire que les racines minoritaire et catholique ont le plus écopé de l’ère post-Ré-volution tranquille, pendant que la racine terrienne, elle, s’en est pas trop mal tirée.contre toute attente.«On s’éloigne d'une société agricole et on se “banlieusarde.»En 1997, 67 % préfèrent la campagne, alors que 33 % aiment mieux la ville», notait Jean-Marc Léger.Que valent ces assertions?M.Samson précise que, dans la majorité des cas, elles sont fondées sur des données obtenues lors de sondages; dans les autres, elles relèvent plutôt d’une observation générale de la société et de «l’opinion d’un sondeur» aguerri.Elles ne sont pas, du moins pas toutes, vraiment scientifiques, a-t-il reconnu hier.L’une, en tout cas, ne fait pas l’unanimité: la xénopho- bie (racine catholique) serait ainsi toujours présente.Les Québécois sont moins de 10 % à dire qu’ils sont racistes mais, dans un sondage, différents comportements racistes ont été testés et le taux est passé à 60 %.Une allusion qui a fait bondir le ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, André Boisclair.«Les deux bras m’en sont tombés», confiait-il hier, lui qui participait à la rencontre.«Tous nos sondages donnent des résultats contraires.» Le ministre n’a d’ailleurs pas tardé à ; faire part d’une enquête qui indique que les Québécois jugent majoritairement (56 %) que les im-migrants favorisent le développement écono- i mique, qu’ils contribuent au développement démographique (68 %) et que l'immigration représente une richesse culturelle (72 %).De son côté, le président du Congrès juif du Canada (section Québec), Jack Jedwab, souligne qu’une telle analyse «ne reflète pas la pluralité du Québec».«Nostalgique» et surtout pas scientifique, l’exercice «ne concerne que la majorité franco-catholique.Ce sont les 26 cordes sensibles des pseudo-Québécois», cri-tiqye-t-il.A ces arguments, M.Samson réplique qu’il ne s’agissait pas de présenter ce que les Québécois veulent être dans l’avenir, mais ce qu’ils sont maintenant.«Nous ne sommes pas des saints», dit-il.D’autre part, les francophones dits de souche constituent bien encore 80 % de la population de la province.Mais les choses changent, et elles changent de plus en plus vite, a-t-il conclu.Le même exercice risque d’ailleurs de donner des résultats radicalement différents dans cinq ou dix ans à peine.Nous serions toujours xénophobes, fatalistes, sensuels, vantards, mais non plus victimes du complexe d’infériorité Au cours du dernier quart de siècle, les Québécois ont changé.Mais ont-ils changé tant que ça?Difficile de savoir.D’abord parce que le terme même de «Québécois» ne désigne plus les mêmes personnes; la société a connu une évolution démographique importante.Ensuite parce que tous les phénomènes qui permettraient de caractériser ce changement ne sont pas quantifiables.Ahïciïaaahïcii&’&’h' / Avec son moteur V6 de 190 chevaux, son système Insta-Trac qui permet de passer de 2 à 4 roues motrices à la volée et ses équipements intérieurs luxueux, Le nouveau Jimmy SLT 1998 est incontestablement Le roi de La jungle urbaine.Pour plus d'information, composez sans frais le ! SDH 463-74H.1 ou visitez www.nmcanada.comf" LE DEVOIR Ces vingt-cinq années, ce sont celles qui se sont écoulées depuis la publication par le fondateur de la firme publicitaire BCP, Jacques Bouchard, d’un essai sur Les 36 cordes sensibles des Québécois.Il y était question de situer, à partir des six racines desquelles la majorité québécoise tirait sa spécificité — terrienne, minoritaire, nord-américaine, catholique, latine et française —, les attributs qui déterminent «le» Québécois.Plus tôt cette année, le sondeur Jean-Marc Léger a tenté de voir ce qu’il était advenu de ces cordes sensibles: il en est arrivé à la conclusion que 26 d’entre elles tenaient toujours la rampe.Hier, lors d’une allocution prononcée au dernier jour de la Semaine québécoise de la citoyenneté, Jean-Yves Samson, vice-président à la recherche et au marketing chez Léger et Léger, a repris l’essentiel de ces observations.Il en a fait sourciller quelques-uns.Ainsi, sur une période de vingt-cinq ans, les Québécois auraient perdu une dizaine de leurs attributs fondamentaux: la simplicité, notamment en raison de l’urbanisation t K I) !•: V tropolitaim (y £ f 436, rue Victoria, St-Lambert 1269, Van Horne, Outremont tél.: 465-8647 tél.: 277-5772 prop.: M.Basilières prop.: M.Basilières et Jérôme Dallaire ompagnons gie/troductiom, zneitô/cs c/’c/tocjjuc (cou/ams eavefitiofisie/fesj Æm {/)(’(-(>f/o/'c: /tofre //OffOp//' ('()//('('//()// < 7/fYA/’- (./)Û/rV> „ '(ceesso/res r/fora/rp Ouvert 7 jours/sem.Le ministère de la Justice du Canada avec la collaboration du Barreau du Québec et de la Chambre des notaires du Québec présente un COLLOQUE sur L’harmonisation de la législation fédérale avec le droit civil québécois et le bijuridisnie canadien Respect de la coexistence de deux traditions juridiques canadiennes L ’honorable Anne McLellan, ministre de la Justice du Canada, et l'honorable Stéphane Dion, ministre des Affaires intergouvemementales y prononceront des allocutions le lundi 24 novembre 1997 Hôtel Radisson Gouverneur, 777, rue Université à Montréal Pour vous inscrire, veuillez communiquer avec le Service de la formation permanente du Barreau du Québec au 1-800-361-8495, poste 350, a\>ant le 19 novembre 1997.Les frais d’inscription sont de 95$.¦ •Éal Ministère de la Justice Department of Justice ¦ Canada Canada V_/dIlcLGci H ART CHAOS L’AGORA DE LA DANSE 525-1500 //l^nrTTTTTl BANQDi IAUKIMUNM 840, RUE CHERRIER METRO SHERBROOKE .Le Sûct*e du puiuteirvps et yWoyss les 26 et 27 novembre 1997 à 20 h Chorégraphe : Sakiko Oshima Interprètes : Motoko Hirayama.Mayuml Ikeda, Aki Katai.Yasuko Katsukura, Kumiko Kikuchi, Natsuko Kinoshita, Yayoi Nishida, Noriko Seki, Naoko Shirakawa Saluée par la critique comme l'une des compagnies dominantes de la scène artistique japonaise, H Art Chaos, est composée uniquement de femmes et explore l'identité japonaise dans la société actuelle.La chorégraphe, qui ne craint pas les émotions fortes, a développé un langage physique audacieux qui puise à la fois dans le vocabulaire classique et moderne.« Extraordinairement marquant.» vt Nihon Keizai Shinbun, Tokyo JOURNEE DES PATRIOTES Le 23 novembre 1997 Saint-Denis-sur-Richelieu À l’occasion du 160e anniversaire des événements de 1837-1838, un grand rassemblement aura lieu en présence de messieurs Bernard Landry, Stéphane Bergeron, Guy Bouthillier, Yves Michaud et de nombreuses autres personnalités.14 h Hommage aux Patriotes Rassemblement au son de la cloche Marguerite-Michel Allocution du Patriote de l’année et des invités spéciaux Dépôt de fleurs Témoignages à la mémoire de René Lévesque 16 h Dégustation de produits du terroir québécois Salle Lussier Visites animées à la Maison nationale des Patriotes de10hà17h30 (entrée gratuite) Direction : sortie 113 de l’autoroute 20 Renseignements : Maison nationale des Patriotes, tél.(514) 787-3623 A 10 l K I) E V O I R , I.E S S A M EDI I 5 E T I) I M A N C II E I (i N (I V E M B K E I il 9 7 -?LE DEVOIR ?- LE MONDE REVUE DE PRESSE » Les crimes du communisme et ceux de Kabila Alors que le président russe Boris Eltsine affirme que la Révolution d’octobre fut «une erreur histo-, rique fatale» parce qu’elle voulut «placer une idée ' utopique au-dessus de la vie des gens», la France est secouée par une vive polémique sur les crimes du communisme.En Afrique, on s’inquiète toujours des crimes commis par le nouveau président de l’ex-Zaïre, Laurent Kabila, pour arriver au pouvoir.Jocelyn C o ulo n : Le Devoir La presse Les Français adorent les controverses intellectuelles.Cette année, le public est choyé plutôt deux fois qu'une.Après la polémique provoquée par la publication d’un ouvrage accusant d'«imposture, d’arrogance et d’érudition superficielle» certaines grandes figures de l’intelligentsia française, voici qu'un autre livre ouvre le procès , du communisme et suscite de vives échanges même entre .les auteurs du bouquin.Le Livre noir du communisme; crimes, terreur et répression, un énorme pavé de 850 pages écrit par une demi-douzaine d’historiens, sonne la charge cçntre cette idéologie que plusieurs n’hésitent plus à comparer au nazisme.Tant les magazines d’actualité que les grands quotidiens consacrent plusieurs pages, sinon des dossiers, à cet ouvrage qui sera disponible au Québec d’ici la fin du mois.Le Livre noir est une somme sur l’étendue des crimes du communisme partout où il s’est installé au pouvoir en ex-URSS, en Chine, à Cuba, en Europe de l’Est, en Afrique.Bilan humain: près de 85 millions de morts.Jusque-là, l’ouvrage ne suscite guère de vagues.En fait, c’est l’introduction du livre qui soulève les passions.Elle a été rédigée par Stéphane Courtois, qui entend en découdre avec l’idée même du communisme comme «avenir radieux».L’historien affirme que les régimes communistes ont «érigé le crime de masse en véritable système de gouvernement».Dès octobre 1917, «Lénine et ses camarades se sont situés dans le cadre d'une guerre de classes sans merci, où l’adversaire politique, idéologique ou, même, la popula-tion récalcitrante étaient considérés — et 'Wf traités — en ennemis et devaient être ex- terminés.[.] Ici, le génocide de classe re-t f 4 joint le génocide de race», écrit-il.Plus T loin, Courtois enfonce le clou et affirme du monde que «les faits [.] montrent que les régimes communistes ont commis des crimes concernant environ cent millions de personnes, contre environ vingt-cinq millions de personnes au nazisme.» Dès Jors, souligne l’auteur, «ce simple constat doit au moins inciter faune similitude entre le régime qui fut comidéré à partir de 1945 comme le régime le plus criminel du siècle et un système communiste qui a conservé, jusqu’en 1991, toute sa légitimité 3" 'temationale».Si ces propos provoquent la fureur de plu-;urs observateurs, ils sont aussi contestés par certains des CPauteurs du livre.Les historiens Jean-Louis Margolin et Ni-côlas Werth estiment que le crime de masse «n'était qu’une dimension, parmi d’autres, des stratégies répressives» et ils rejettent vigoureusement la comparaison avec le nazisme.?Pour le quotidien communiste L'Humanité, l’amalgame fehtre communisme et nazisme «est humainement insupportable pour les communistes qui ont pris les armes contre tes occupants nazis».Le rédacteur en chef reprend la phrase de l’écrivain italien Primo Levi: «On ne peid pas penser un nazis-Me sans les chambres à gaz, on peut penser un communisme sans les camps».Il écrit toutefois que «la révolution russe a enfanté d'un monstre qui, au fil du temps, a englouti des million d'hommes [.] Le Parti communiste français, pour sa part, a côllé à la force propulsive de l’événement dès sa naissance; il a çté hélas aveugle à son prolongement tragique.» : Pour sa part, Le Monde ne juge pas.Il constate simple-Ment que «la polémique provoquée [.] montre cependant e, dans un pays où le communisme a rassemblé jusqu’à 30 des électeurs et dont le gouvernement compte aujourd'hui trois membres du PCF, la question de la nature du système communiste et du sens de l’engagement communiste est une braise sur laquelle il est toujours possible de souffler.» Le quotidien de gauche Libération est plus sévère.Selon l’éditorialiste, «ce qui frappe [dans cette polémique], encore et toujours, c’est l’invraisemblable refus de savoir.Le choc du Livre noir ne s'explique pas autrement.Car ce qui est là synthétisé, démontré, établi par les méthodes irréfutables de l’Histoire, avait été, bribe par bribe, chapitre par chapitre, révélé au fur et à mesure que l’a venir radieux se matérialisait».; ; Un autre commentateur du quotidien écrit que «le tra-vüil des historiens du livre noir donne le droit de se poser la question de savoir si la désignation officielle de catégories en-fifaes de populations à exterminer n’inscrit pas Lénine, Staline bien sûr et leurs épigones dans la catégorie des grands criminels du siècle».' • Il souligne aussi que «la France est l’un des derniers pays ou le nom de l’architecte russe de la tragédie communiste orne encore tant de rues, de places ou de stades, sans compter les lieux toujours dédiés au fidèle complice français [Maurice Thorez) de tous les crimes staliniens».?1 ; Dans Le Nouvel Observateur, Jean Daniel estime que «fç fait pour le communisme et le nazisme d’avoir des origines, dès références, une inspiration et enfin des objectifs différents (én réalité, radicalement), comme le fait que le lénino-stalinis-rrie ne puisse être tenu pour une fatale et inéluctable dérive du marxisme théorique, ces deux faits ne sauraient servir d’alibis aux léninistes et aux staliniens pour éviter de s’expliquer, de se justifier, de s'excuser».Ije directeur de l’hebdomadaire pense donc que, «s’ils n’ont pas été staliniens, les communistes peu-ve)it légitimement s’indigner d’être comparés aux nazis.Mais il$ devraient en revanche s’inspirer de l’exemple de l’Eglise, qui a su, elle, se repentir de son passé».?Depuis quelques semaines, la mission d’enquête de l’ONU sur les accusations de massacres dans l’ex-Zaïre, tente désespérément de faire la lumière sur ces exactions qui auraient été commises pendant la guerre qui a opposé le régime Mobutu aux rebelles de l'actuel président Laurent Kabila.Ije régime empêche les inspecteurs de se rendre sur les lieux du drame.Dans son édition d’hier, le New York Times consacre toute une page, à une vaste enquête sur le terrain de deux de ses journalistes.Si le quotidien américain n’arrive pas à prouver que M.Kabila a mis en place une politique d’extermination lorsqu’il est entré au Zaïre à la fin de l’an dernier, il présente de nombreux témoignages sur les dizaines de massacres de grande envergure qui ont été perpétrés.'gjggisg ifemr’ -y-’)*''1 -asm.ÉS£t$I Le bras de fer entre l’Irak et l’ONU Clinton envoie un deuxième porte-avions Bagdad se prépare à une frappe américaine mais la diplomatie s'active toujours Dans une autre déclaration, le président américain a souligné que la crise «ne peut que se dénouer quand [Saddam Hussein] ne menacera plus la communauté internationale avec des armes de destruction massive».L’Irak a affirmé hier s’attendre à une frappe iunéricaine «à tout moment» alors que le président américain Bill Clinton a, pour la première fois, lié la levée des sanctions au départ de Saddam Hussein.«Nous ne cherchons pas la confrontation, mais les Américains et leurs valets, les Britanniques, peuvent lancer une agression militaire à tout moment», a déclaré à la presse à Bagdad le chef de la diplomatie irakienne Mohammad Said al-Sahhaf.«L'Irak s’opposera à toute agression et en sortira fort et stable», a ajouté le ministre, affirmant que son pays avait «fait face en 1991 à une troisième guerre mondiale», en référence à la guerre du Golfe.M.Sahhaf s’exprimait à la suite de l’annonce par Washington et Londres de l’envoi de renforts dans la région.D a accusé le chef de la Commission spéciale de l’ONU chargé de désarmer l’Irak (UNSCOM) Richard Butler d’avoir ordonné un vol dimanche de l’avion espion américain U-2 pour «préparer une éventuelle agression américaine».M.Sahhaf a estimé que «le seul moyen pour l’Irak et les États-Unis de résoudre leurs différends» était un dialogue «sans conditions préalables».Mais le président américain Bill Clinton a pour la première fois fait savoir que les sanctions internationales contre Bagdad resteraient en rigueur tant que Saddam Hussein serait au pouvoir.«R [Saddam Hussein] dit que son objectif est de soulager le peuple irakien, et sans doute le gouvernement, du fardeau des sanctions», a dit M.Clinton.Mais «ce qu’il vient de faire» en expulsant d’Irak, jeudi, les Américains membres de l’UNSCOM, «c’est d’assurer que les sanctions resteront en place jusqu’à la fin des temps» ou en tout cas «tant qu’»ilsera là«, a-t-il déclaré.La Grande-Bretagne a pour sa part décidé d’envoyer des Caraïbes en Méditerranée son porte-avions «HMS Invincible», avec des Harrier à décollage vertical.Un escadron de Harrier supplémentaire a été mis en alerte.Le secrétaire d’Etat américain Madleine Albright, en visite à Londres, a averti Saddam Hussein qu’il se retrouvait d’ores et déjà seul «contre le monde» après la mise en garde du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a condamné jeudi la décision de l’Irak d’expulser six experts américains.L’UNSCOM a évacué sur Bahrein 68 de ses experts d’Irak après l’expulsion de leurs collègues américains.Arrivés à Amman par la route, les six experts américains se sont envolés hier soir pour Bahrein, base arrière de l’UNSCOM.Cette évacuation conduit à l’interruption des opérations de surveillance du désarmement l’Irak en cours depuis 1991 et dont dépend la levée de l’embargo pétrolier en rigueur depuis 1990.A New York, le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a affirmé que les «prochaines mesures» pour contraindre l’Irak à se plier à ses obligations seraient décidées dans les 48 heures.Le président Clinton a pour la première fois, hier, laissé entendre que les sanctions contre l’Irak demeureraient en vigueur tant que Saddam Hussein sera à la tête du pays.À New York, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a affirmé que les «prochaines mesures» pour contraindre l’Irak à se plier à ses obligations seraient décidées «dans les 48 heures».ASSOCIATED PRESS ET L'AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Devant «la crise provoquée par Saddam Hussein», Bill Clinton a ordonné hier au porte-avions USS Washington de faire route vers le Golfe arabo-persique pour renforcer le dispositif militaire américain face à l’Irak et parer «à toute éventualité».«J’ai pensé que c’était approprié, vu,les circonstances», a notamment déclaré le président des Etats-Unis.Un porte-avions américain croise déjà au large de l’Irak, l’USS Nimitz.Avec les avions embarqués sur l’USS Washington, la marine américaine disposera de 100 avions de combat et de 50 appareils de soutien dans le golfe Persique.Des responsables du Pentagone,ont également déclaré sous couvert d’anonymat que les Etats-Unis n'excluaient pas non plus d’envoyer des chasseurs F117, spécialisés dans les bombardements de précision, et d’autres appareils.Bill Clinton a estimé que l’ONU avait pris une bonne décision en rapatriant les inspecteurs chargés de contrôler le désarmement irakien.«La vraie question est d’empêcher Saddam Hussein de reconstituer sçs armes de destruction massive», a expliqué le président des Etats-Unis.«R ne s'agit pas d’une nouvelle guerre du Golfe.R s'agit de la sécurité pour le XXI' siècle et nous armer de courage pour faire prévaloir la volonté de la communauté internationale», a-t-il ajouté en observant que Saddam Hussein avait déjà utilisé ses armes chimiques, à la fois contre ses ennemis et contre son peuple.JEAN-PAUL PELISSIER REUTERS Jogging sur le pont de VU.S.S.George Washington, qui mouillait hier au large de Marseilles.Madeleine Albright rencontre un Nétanyahou inflexible L’autorité palestinienne ne participera pas à la conférence de Doha AGENCE FRANCE-PRESSE ET REUTER Le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright a tenté hier à Londres de renouer les fils du processus de paix au Proche-Orient lors d’une rencontre avec Benjamin Nétanyahou, mais le premier ministre israélien a exclu d’emblée toute concession sur la colonisation.Madeleine Albright a adopté un profil aussi peu polémique que possible lors d’une conférence de presse conjointe avec M.Nétanyahou à l’issue de leurs entretiens, affirmant «réserver son jugement sur ce qui a été accompli».On témoignait hier dans son entourage de «l’inquiétude» américaine sur le blocage dans les négociations israélo-palestiniennes, tout en soulignant qu’il s’agissait avant tout pour le moment de prévenir «tout dérapage», sans espoir de progrès concret dans l’immédiat Des responsables américains ont souligné que le secrétaire d’Etat attendait en tout état de cause d’avoir vu le leader palestinien Yasser Arafat samedi à Berne.Mme Albright a insisté sur le fait qu’elle lui tiendrait «le même langage» qu’au chef du gouvernement israélien: «II est essentiel de rapprocher les points de vue, et aussi que chacun honore ses engagements et ne prenne aucune mesure de nature à compliquer le processus de paix.Nous perdons du temps et il est temps de progresser».Aucun signal de compromis n’est venu de M.Nétanyahou sur les «complications» venues de son côté, en l’occurence la poursuite des implantations juives dans les territoires occupés.A l’issue de l’entretien avec Mme Albright qu’il a qualifié de «sérieux et complet», le chef du gouvernement israélien a toutefois dit son espoir de «trouver une voie de progression, en disant »comprendre» qu’il y faudrait des «efforts conjoints» de la part d’Israël et des Palestiniens.Benjamin Nétqnyahou doit quitter la Grande-Bretagne demain pour les Etats-Unis où, fait sans précédent pour un chef de gouvernement israélien, il ne devrait pas être reçu par le président américain Bill Clinton.Cette «gifle politique», selon l’expression d’un haut responsable israélien, serait un signe de l’isolement grandissant de l’État juif depuis l'arrivée au pouvoir du chef de la droite nationaliste, l’an dernier.Annan irrité par le manquement des USA à leurs engagements L’autorité palestinienne a décidé hier de ne pas participer au quatrième sommet économique sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord qui s’ouvre demain à Doha, au Qatar, afin de protester contre le refus d’Israël d’honorer ses engagements au Proche-Orient L’Assemblée générale de l’ONU a condamné à une large majorité jeudi la politique de colonisation israélienne en Cisjordanie, et en particulier à Jérusalem-Est 139 pays ont voté en faveur d’une résolution qui «condamne Israël, puissance occupante» pour «la poursuite de sa politique de colonisation» en Cisjordanie, «en particulier» à Jérusalem-Est Seuls les États-Unis, Israël et la Micronésie ont voté contre et 13 pays se sont abstenus.Plusieurs pays, comme l'Allemagne et la Russie qui s’étaient absenus lors de votes précédents sur la même question, ont cette foi&ci approuvé la résolution présentée par le groupe arabe.Les résolutions de l’Assemblée générale, à la différence de celles du Conseil de sécurité, n’ont aucun caractère contraignant.EN BREF World Trade Center: la peine de mort pour Kasi Washington (AFP) — Le Pakistanais Mir Aimai Kasi a été condamné à la peine de mort hier à Fairfax (Virginie) pour le meurtre de deux agents de la CIA en janvier 1993, a-t-on appris de source judiciaire.Les douze jurés, qui ont délibéré près de 7 heures, avaient à se prononcer entre la prison à vie et la peine de mort, ayant déjà reconnu Kasi, 33 ans, coupable lundi dernier.Dans sa plaidoirie finale, le procureur Robert Horan avait réaffirmé que le double meurtre avait un motif politique, Kasi voulant ainsi protester contre l’attitude américaine à l’encontre des pays musulmans.Il avait demandé la peine de mort La défense avait elle demandé la prison à vie, rappelant le témoignage d’experts selon lesquels Kasi souffrait d’une anomalie congénitale au cerveau, l’empêchant d’anticiper sur la conséquence de ses actes.Les jurés, six hommes et six femmes, avaient été isolés du monde sur décision du juge mercredi soir, quelques heures après un attentat où quatre Américains et leur chauffeur avaient été tués au Pakistan.Démission d’un haut responsable du Mossad Jérusalem (AFP) — Le chef des opérations du Mossad, le service de renseignement israélien, a démissionné en raison de son rôle dans l’attentat manqué en septembre contre un responsable du Hamas à Amman, a rapporté hier la télévision publique.Selon la télévision, le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a accepté la démission du responsable du Mossad, dont le nom n’a pas été divulgué.Cette démission intervient alors qu’une commission d’enquête non officielle a entamé la rédaction de son rapport sur l’échec de l’attentat perpétré le 25 septembre par deux agents du Mossad contre le chef du bureau politique du Mouvement de la Résistance islamique (Hamas) à Amman, Khaled Mechaal.Cette opération avait provoqué une tension dans les relations entre Israël et la Jordanie, liés par un traité de paix depuis octobre 1994.Le chef du Mossad Danny Yatom, qui avait été interrogé par la commission d’enquête, avait indiqué que M.Nétanyahou avait personelle-ment donné son feu vert à l’opération.M.Yatom avait expliqué que le premier ministre avait décidé, sans son accord, d’envoyer les agents du Mossad à Amman pour assassiner le responsable du Hamas.Toutefois, la commission n’a pas autorité pour inculper M.Nétanyahou.Annan est irrité par le manquement des USA à leurs engagements Nations unies (Reuter) — Ix> secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a jugé hier que le rejet par le Congrès américain du paiement de la dette de Washington à l’égard de l’ONU était «à la fois déraisonnable et regrettable».Il a déploré que «cette législation soit l'otage d’une question politique interne liée à l'avortement».Les dirigeants républicains au Congrès ont supprimé jeudi les articles concernant le versement des 926 millions de dollars réclamés par l'administration Clinton pour honorer sa dette avant de voter une loi sur l’aide étrangère.Cette suppression a été réclamée par les opposants à l’avortement en guise de compensation pour le retrait d’une mesure visant à interdire le financement de certains mouvements de planning familial à l’étranger.Une convention américano-mexicaine contre le trafic illicite des armes AGENCE FRANCE-PRESSE ET LE DEVOIR Washington — Le Mexique et les États-Unis ont signé,hier, au siège de l’Organisation des États américains (OEA) à Washington, la Convention interaméricaine contre le trafic illicite des armes, en présence des présidents Bill Clinton et Ernesto Zedillo.Il s’agit d’une initiative du Mexique que le secrétaire général de l’OEA César Gavfria (ex-président de la Colombie) a louangée car elle touche une région où, globalement, la moyenne de morts violentes est six fois plus élevée qu’ailleurs dans le monde.120 000 personnes sont assassinées chaque année dans les Antilles et dans les Amériques.Le peu de temps qu’il a fallu au Mexique pour obtenir cet instrument de lutte contre la contrebande d’armes, de munitions et d’explosifs est considéré comme un succès.Il n’est pas étonnant que l’OEA ait confié la présidence de cette séance spéciale au ministre des Affaires étrangères du Mexique, José Angel Gurria.Le président Zedillo, qui effectue une visite non officielle aux États-Unis, n’a reçu que des éloges de la part du président Clinton pour sa gestion, tant en matières économiques que pour le «changement dramatique» intervenu par le biais de la réforme électorale au Mexique.S’adressant jeudi à Washington à un parterre d'hommes d’affaires, de diplomates et d’universitiaires convoqués, par la Chambre de commerce des États-Unis, le président mexicain a rejeté clairement toute possibilité de baisse d’impôts pour les Mexicains en 1998, la seule solution de rechange à la discipline fiscale étant, selon lui, un «désastre» économique.Le projet de budget préparé par la présidence mexicaine est actuellement sous étude à la Chambre des députés de Mexico.M.Zedillo estime y avoir posé des objectifs ambitieux mais prudents (croissance prévue de l’ordre de 5 %).Éaisant allusion à ceux qui s’attendaient à ce que, pour des considérations politiques, il annonce des réductions d’impôt, le président a dit avoir agi pour ne pas compromettre «notre récupération en 1998».Si la responsabilité fiscale est acceptée, tant mieux, a glissé le président, mais «si elle ne prévaut pas, on se prépare à un désastre».L’Assemblée générale de l’ONU a condamné jeudi la politique de colonisation I.K I) K V (MU.L K S S A M EDI I ü E T I) I M A X (' Il E I (i X 0 V E M B H K I (Ml 7 A I I L E M 0 N I) E ?ARGENTIN E Des policiers auraient favorisé un attentat meurtrier JEAN VIREBAYRE AGENCE FRANCE-PRESSE Buenos Aires — L’attentat du 18 juillet 1994 contre le siège des Mutuelles de la communauté juive (AMIA) à Buenos Aires, qui a fait 86 morts et 200 blessés, serait un «contrat» assuré par un secteur de la police de la province de Buenos Aires contre une somme de l’ordre de 2,!) millions $.La commission parlementaire a d’ores et déjà «fait plus de travail en quarante jours que la police en trois ans d'enquête», souligne-t-on de sources judiciaires.Selon les derniers éléments réunis par la commission, l’ancien commissaire Juan José Ribelli, détenu depuis 1996 comme présumé «contact local», aurait joué un rôle clé dans l’ensemble des opérations assurant en fait «un attentat clé en main».L’enquête avait déjà permis d’établir que le 10 juillet 1994, des policiers de la brigade de Ribelli avaient reçu la camionnette piégée des mains de Juan Carlos Teilleklin, un |x-tit voleur de voiture, informateur avoué de la police et longtemps seule personne mise en cause dims cette affaire.Le même jour, selon les nouveaux éléments, il est prouvé que le commissaire Ribelli se trouvait à l’hôtel International d’Iguazu, près de Ciudad del Este, à la frontière avec le Brésil, l’Argentine et le Paraguay.Cette zone est considérée par les milieux anti-terroristes comme un lieu de passage «d’éléments troubles» en tous genres, notamment de plusieurs grou|x*s intégristes arabes, et comme un sanctuaire |xiur les Indies en tous genres, de la drogue aux ; innés.Dès le lendemain, le 11 juillet.Ribelli est de retour à Buenos Aires, où son père, un cheminot de 91 ans aux modestes revenus, fait une donation de 500 OCX) $ à chacun de ses cinq fils, selon l’acte notarié 280 de l’étude de M1 Juana Maria Vaquer Garmendia.Mais il a été établi que la totalité de l’argent a fini sur le compte de Ribelli.Ix-s enquêteurs s’efforcent de déterminer l’origine d’une telle somme en possession du modeste retraité.Peu après l’arrestation de Ribelli et de onze de ses collaborateurs, en juillet 1996, sur la base de l’instruction du juge Juan José Galeano et des déclarations de Teilleklin, l’enquête avait permis d’établir que la fortune personnelle du commissaire était de l’ordre de 15 millions de dollars.Le commissaire Ribelli, alias «le loup», était également l’homme de confiance du chef de la police de Buenos Aires, Pedro Klodczyk.Depuis ce coup de filet, M.Klodczyk a été obligé de faire valoir ses droits à la retraite, ainsi que plusieurs autres responsables, et le gouverneur dé la province, Eduardo Duhalde, favori aux prochaines présidentielles de 1999, a également limogé plusieurs centaines de policiers ripoux.Le commissaire Ribelli, après avoir touché son héritage miraculeux, reste à Buenos Aires jusqu’au 14 juillet, date à laquelle il part en vacances à Buzios, au Brésil, où il se trouve le 18 juillet à 9h45 au moment où la voiture piégée explose devant TAMIA Mais, toujours selon les travaux de la commission, on retrouve encore la trace du commissaire dès le 20 juillet à Buenos Aires où il est logé dans la chambre d’hôtel voisine de celle des policiers israéliens qu’il est soupçonné d’avoir espionné avec plusieurs de ses hommes.L’attentat avait été revendiqué depuis Beyrouhth par le Jihad islamique.Mais, malgré la mise en cause matérielle des policiers de Buenos Aires, l’enquête n’avait plus évolué depuis juillet 96, ni permis de détecter la trace d’un commando islamiste en Argentine.tx-s dirigeants de la communauté juive en Argentine quant à eux ont toujours mis en cause l’Iran comme «auteur intellectuel de cet attentat».A la suite de leur pression, les relations diplomatiques entre l’Argentine et l’Iran sont toujours limitées au chargé d’affaires.CURIOSJ Gravures Anciennestes c4A 1224, avenue Bernard Ouest, £ Outrcmont (Québec) Tél.: (514) 277-8645 Des Zapatistes aux travailleurs chinois Un colloque à l’UQAMs'attaque aux effets du néolibéralisme à l’approche du sommet Asie-Pacifique de Vancouver C L É MENT TR It I) E L LE DEVOIR Des méfaits du néolibéralisme, il est amplement question depuis hier soir à l’UQAM (Université du Québec à Montréal) où l’on esquisse jusqu’à ce soir les traits du «nouveau visage de la mondialisation».Noam Chomsky y est mis à contribution — il a envoyé un message sur vidéocassette.Nombre d’autres militants moins connus rendent témoignage, lors de ce forum organisé par Alternatives qui appuie l’idée d’une charte des peuples à proposer aux pays qui, depuis sept ans, forment l’APEC (Coopération de l’Asie Pacifique).Cet organisme tient sa prochaine réunion à Vancouver, les 24 et 25 novembre.Les organisateurs de cette rencontre signalent que l’APEC tient ses assises alors que l’on constate l’abandon de trois objectifs qui tiennent à cœur aux peuples qui entrent en résistance aux conséquences du néolibéralisme: participation démocratique, lutte à l’exclusion sociale et programmes menant à un développement environnemental durable.De la Chine, Cai Chungguo traite sous l’angle de droits bafoués des travailleurs.Tenzin Jimpa se chargera d’exposer la question du Tibet.On peut aussi entendre des témoignages sur le Timor oriental, sur la Malaisie, sur le Brésil (droit à la terre et à la sécurité alimentaire), sur le Mexique, sur les peuples autochtones du Canada, sur le commerce dit équitable et sur le sort réservé aux immigrantes, particulièrement lorsqu’il s’agit de domestiques suexploitées.Du Mexique, une jeune étudiante de Morelia (Michoa-can), Ofelia Herrera Chavez, traite sous l’angle de ces nombreux comités civils autonomes qui ont joint le tout récent Front zapatiste de libération nationale (FZLN) qui a vu le jour à l’invitation du sous-commandant Marcos, de l’Armée zapatiste de libération nationale à la source du soulèvement au Chiapas le 1" janvier 1994), jour d’entrée en vigueur du traité de libre-échange entre le Canada, le Mexique et les Etats-Unis (ALENA).En entrevue avant l’ouverture du forum sur T APEC, Mme Herrera a rappelé que le tout premier objectif de sa visite ici est de présenter «une face de la situation mexicaine.bien éloignée des points de vue officielles».Ix- FZLN insiste pour que soient respectés les accords de San Andres et accuse le pouvoir central de ruser quant à sa soit-disant «ouverture».la victoire, le 6 juillet, dans le District fédéral, de l’équipe de Cuauhtémoc Cardenas serait l’exemple d’un gage d’ouverture?En réalité le pouvoir «permet la création et les agissements de groupes paramilitaires au Chiapas.nous sommes sur le point de déboucher sur une guerre civile», dit Ofelia Herrera.Cette étudiante croit que toute différence d’ordre politique ou religieux est exploitée par les tenants du statu quo pour «consolider la guerre de basse intensité» au Chiapas, région où des assassins ont ciblé ces jours-ci deux pasteurs évangéliques chamulas.Affirmant ne pas avoir le mandat de s’exprimer officiellement au nom du FZLN, Mme Herrera fait état d’un vaste consensus pour condamner l’attentat dirigé, le 4 novembre, contre l’évêque de San Cristobal, M" Samuel Ruiz, et son coadjuteur Raid Vera.Ix* Front zapatiste de libération nationale est le bras politique de l’armée zapatiste (EZLN); ses liens avec les insurgés sont plutôt lâches.Ix- 6 novembre, par exemple, à l’Université ouvrière de la ville de Mexico, quelque 300 délégués du Front ont choisi d’organiser, le 20 novembre, en collaboration avec d’autres organisations nationales et internationales, une caravane qui gagnera le Chiapas, signe tangible de solidarité avec les zapatistes au profit desquels on a organisé un vaste bazar.Initialement, Mme Herrera avait tendance à croire que seuls des Mexicains s’organisaient ixiur contester le néloli-béralisme «mais selon les discussions que nous avons ici, je vois qu ’il en est de même ici, le libre-échange ayant été synonyme de déboires pour tous, sauf peut-être pour les millionnaires».Le CICR proteste contre la violence policière au Timor oriental A G E N C E F RANG E - P R ESSE Jakarta — Le Comité International de la Croix Rouge (CICR) a protesté officiellement hier auprès des autorités indonésiennes contre les agissements des forces de l’ordre après un incident qui a eu lieu dans la matinée à Dili, la capitale du Timor oriental M.Joerg Stoeeklin, porte-parole pour la zone Asie du CICR, a déclaré au téléphone depuis Genève à l’AFP, que les forces de police indonésiennes avaient emmené un jeune homme, apparemment grièvement blessé, qui se trouvait dans un véhicule du CICR l’emmenant à l’hôpital, en écartant pour cela de force le délégué suisse qui l’accompagnait.«Nous n’en sommes même pas au point où il est nécessaire d’invoquer les conventions de Genève, a déclaré le responsable du CICR, cet acte est contraire aux règles humanitaires les plus élémentaires».Cet incident entre CICR et policiers indonésiens a fait suite à une fusillade dans l’université de Dili où les forces de l’ordre (civils, policiers et soldats) ont ouvert le feu contre les étudiants, blessant entre 4 et 6 personnes, certaines informations non confirmées faisant également état d’un mort.M.Stoeeklin, citant les compterendus des délégués du CICR sur place, a déclaré que «le jeune homme, atteint au cou et couvert de sang, a été extrait du véhicule du CICR clairement identifié par les insignes de la Croix Rouge et traîné par les policiers qui l’ont empor- faqesi de fecotee &uuAaiClecci4, U tnmaifieuue de mrttrmt vue.Le Foyer de jeunes travailleurs, partenaire de l'entreprise privée Tél (514) 522-3198 \j& Société psychanalytique de Montréal Conférence publique Pratique de mémoire, pratiques de répétition.Musique, religion et psychanalyse IACOUES MAUGER Le jeudi, 20 novembre 1997 à 20h Université de Montréal Pavillon principal Salle E-310 Société Psychanalytique de Montréal Téléphone: 738-6105 Frais d'entrée: $15.00 té dans un autobus».«Le fait que notre délégué se trouvait avec un responsable militaire n’a rien empêché», a encore dit M.Stoeeklin.Le CICR a protesté par écrit hier auprès du ministre des Affaires étrangères indonésien, M.Ali Alatas, ainsi qu’auprés des autorités militaires indonésiennes au Timor oriental, a indiqué M.Stoeeklin.«Dans un premier temps, nous exigeons de pouvoir examiner le blessé qui nous a été arraché», a-t-il souligné en faisant remarquer que l’accès aux hôpitaux avait été interdit aux re-présentants du CICR présents à Dili.Université de Montréal Faculté de droit Pr e m i p r e c o n 1 é r e n c e m* ri M a y ran A Date Le jeudi 27 novembre 1997 Heure 17h00 Lieu Amphithéâtre Louis-Philippe Taschereau (Salle B-2215) Faculté de droit, Université de Montréal 3101 Chemin de la Tour, , .ou 3200 Jean Bril'ant Programme 17h05 17h15 Bienvenue Le doyen Claude Fabien 17h1517h25 Présentation L'honorable Michel Proulx jea Président de la Promotion 1962 17h25 18h15 Conférence de l'honorable Claire L'Heureux-Dubé jcsc: «Albert Mayrand: l’homme et l’oeuvre» 18h1518h30 Remerciement Présentation du livre Incompatibilités de fondions et confins d’intérêts en droit parlementaire québécois de M.Albert Mayrand Le professeur André Tremblay 18h30 20h00 Vin d'honneur L’entrée est gratuite RSVP à Mme Lise Cummings: par téléphone: (514) 343-6124 par télécopieur: (514) 343-2030 par courrier e.mail: ccummingl ©droit.umontreal.ca> Cette annonce en page DI8 d'aujourd'hui aurait dû se lire comme suit.MICHEL MONTIGNAC L'auteur du succès Je mange donc ie maigris nous présente son nouveau cru.Venez le rencontrer le dimanche 16 novembre de 12 h à 13h à la librairie Champigny 4380, rue St-Denis, Montréal le dimanche 16 novembre de 13h30 à 14h30 à la librairie Renaud-Bray 5252, chemin de la Côte-des-Neiges, Montréal le vendredi 21 novembre de 17 h à 19 h à la librairie Archambault 1545, boul.Le Corbusier, Laval et au Salon du livre de Montréal aux stands Flammarion le samedi 22 novembre de 14 h à 16 h le dimanche 23 novembre de 14 h à 16 h Michel Montignac lève le voile sur un sujet encore tabou et dit toute la vérité sur les effets bénéfiques du vin sur la santé.Des élections décisives au Maroc 3319 candidats se disputent 325 sièges de députés dans le premier scrutin législatif au suffrage universel direct JOCELYN NOVECK ASSOCIATED PRESS Rabat — Journée historique au Maroc.Les 13 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes hier pour doter lu monarchie chérifienne d’une Chambre des représentants élue pour la première fois au suffrage universel direct.Ce scrutin, destiné à fournir ses lettres de noblesse démocratiques au régime, pourrait sonner l’heure de l’alternance politique.Les bureaux de vote devaient fermer leurs portes à 20h GMT.Les résultats sont attendus aujourd’hui.Ix-s électeurs devaient désigner 325 députés pour un mandat de cinq ans parmi 3.319 candidats.«Vous verrez, la démocratie est à son plus haut niveau aujourd'hui au Maroc», promettait jeudi soir le ministre de l’Intérieur, Driss Basri, affirmant que son gouvernement a tout mis en oeuvre pour assurer «consensus» et «transparence».Driss Basri et les 16 partis politiques autorisés ont signé un «gentleman’s agreement»', le régime a promis des élections libres et justes et, en contrepartie, les partis se sont engagés à ne pas en contester les résultats.Mais, dès hier, l’opposition soulignait des irrégularités lors de la préparation du scrutin: selon Halid Bou-taleb, membre de l’Union socialiste des forces populaires (USFP, un des deux principaux jiartis de l’opposition), sur les listes électorales figurent 800 000 électeurs décédés ou n’ayant jamais existé.«Les moyens de falsification sont devenus de plus en plus sophistiqués», affirme-t-il.L’USFT a constitué avec d’autres partis d’opposition, dont les nationalistes de l’Istiqlal, un «bloc démocratique» qui pourrait arriver en tête du scrutin avec une courte avance.Face à eux, l’alliance conservatrice, l’Entente, celles des partis «gouvernementaux».Et aussi, pour la première fois, un parti islamique modéré, le Mouvement populaire constitutionnel et démocratique (MPCD).Dans un pays où le roi porte également le titre de «commandeur îles croyants», on a réussi à contenir la contagion islamiste qui a gagné tan nombre des pays voisins.Mais qn craint son réveil qui pourrait se manifester lors de ce scrutin.Et l’islam pur et dur, interdit comme parti, a ses jiartisans au sein ((u mouvement Justice et Spiritualité, qui recrute chez lés étudiants et les classes les plus défavorisées mais n’était pas autorisé à présenter cle candidats.C’est en vertu de- la réforme constitutionnelle fle 1996, instaurant le bicaméralisme, que les dépufés sont élus au suffrage universel direct pour la première fois.C’est là la def-nière étape du processifs de réformes mis en oeuvre par Hassan II, afin de dessiner les contours du nrirt-veau visage politique dù royaume chérifien.Reste que la chambre haute (ht parlement, la Chambre dêls Conseillers, élue au suffrage indirect par les groupes professionnels et les élus régionaux et municipaux, peqt casser les choix de la chambri bassç.Ses 270 conseillers seront élusTe 5 décembre.Dans ce pays de 26 millions d’halji-tants où le chômage est officiellement à 18 % mais serait plus près de 30%, ces élections ne semblaient pas avôrr réveillé une certaine apathie politique.«Nous avons déjà entendu ces discours sur le changement.Mais il ne se passe jamais rien», déplore Aziza, une jeune-femme faisant son marché dans U-s rues de Rabat.Le royaume chérifien a réussi à contenir la contagion islamiste (lui a gagné plusieurs pays voisins La Galerie Art Sélect déménage la galaria L.LIQUIDATION meubles d’exposition chaises fauteuils canapés lampes accessoires matelas literie carpettes livres d’art tableaux de peintres québécois .du jamais vu! jusqu’au 7 décembre LA GALERIE ART SELECT INC.681(1, St-Denis, Montréal (Québec) H2S 2S2 Tél.: (514) 273-7088 OUVERT LE DIMANCHE DE 12h à 17h FERMÉ LES LUNDIS ET MARDIS 40 % de rabais ///a marie allaire PRÎ l-A-POR I / R Jean-Claude Poitras Grazia Hauber Eugène Klein Lucia Basler Gerry Weber Frank Usher Dino Valiano Maintenant disponible à la boutique, les f( n ira in ‘s trie :otéc’s de l’aala l lishmun Tailles a -is ans Ouuert dimanche la noiwilne de I2hù 171) 1588, rue Fleury Est, Montréal (514) 384-4808 A 12 L E I) E V OIK, L E S S A M EDI I 5 E T I) I M A \ C II E I (i X O V E M B II E I !l !) 7 ÉDITORIAL Les faux innocents Lise Bisson nette Ceux qui croupissent dans les prisons chinoises et vietnamiennes ignoreront, heureusement, l’opérette québécoise et canadienne qui se joue sur leur dos et dont l’histoire finira bien, un jour, par faire le compte avec dégoût.T out juste débarqué à Hanoï où se tient le septième Sommet de la francophonie, le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, a retrouvé son emphase pour appeler ses collègues, chefs d’Etats et de gouvernements, à user de l’influence de la rencontre «pour sanctionner les pays qui auront fait subir un recul à la démocratie et aux droits de la personne sur leur territoire».Ne nous pinçons pas, nous avons bien lu.Monsieur le premier ministre vient de passer plus d'une semaine en Chine, enthousiaste comme autre fois nos «innocents» célèbres qui découvraient l’Empire du milieu, bras dessus bras dessous avec des dirigeants politiques et des élites économiques qui se soucient des droits de la personne comme d’une guigne; il vient de multiplier les sourires à un régime qui emprisonne et parfois exécute, qui fait des sous ayec l’exportation de biens fabriqués dans des camps de prisonniers, qui réprime dans le sang ses jeunes dissidents et ses «séparatistes» et qui, évidemment, tient la démocratie pour une imbécile dérive occidentale.Mais voilà que le mépris des «droits» le trouble tellement qu’il veut ouvrir un front international contre les oppresseurs.C’est trop beau, il ne faut pas en rester la.Puisque M.Bouchard a retrouvé sa conscience entre Pékin et Hanoï — tous les chemins peuvent sans doute mener à Damas —, và-t-il maintenant déchirer la pile de contrats et ententes québéco-chinois dont il se glorifiait la semaine dernière et refuser de casser la croûte avec les hôtes du Sommet, qui figurent eux aussi en bonne place au palmarès des pays qui imposent «un recul à la démocratie et aux droits de la personne»?Vaste blague, mais corrosive, que cette déclaration liminaire au Sommet.Elle ne peut procéder que d’un motif, de ces minables guerres de tapis que se livrent Québec et Ottawa depuis les débuts de la Francophonie.Pour montrer à la face du monde que le Québec peut dire son mot en «politique étrangère», donc tenir rang aussi important que le Canada autour de la table, on dit quelque chose, n’importe quoi, qui relève des relations internationales.Le pré-décesseur de M.Bouchard, Robert Bourassa, avait joué le même jeu en 1986, au premier Sommet cpnvoqué à Versailles; il avait proposé un «plan Marshall» pour les pays francophones africains, un discours qui avait semé l’émoi dans les cercles fédé- L’histoire finira par demander compte de ces hypocrisies.raux fâchés de cette façon de passer ce qu’ils estiment être les bornes constitutionnelles.Satisfait de la commotion, M.Bourassa n’a plus jamais évoqué son plan Marshall tout comme M.Bouchard oubliera, dès le vol du retour, ses angoisses à propos des libertés.Di seule différence est le cran de cynisme de plus: M.Bourassa utilisait les affamés pour marquer ses points, M.Bouchard utilise les opprimés.Tout cela se résoudra, d’ailleurs, à la façon canadienne.On trouvera bien, quelque part, un petit pays avec lequel personne ne commerce ou si peu, et on lui imposera des sanctions.Ou on roulera du tambour en évoquant publiquement la possibilité d’en imposer.Voyez M.Chrétien, qui a lancé la mode des embrassades de dictateurs en Chine et en Asie, avec son Equipe Canada; il s’est néanmoins fait une jolie réputation de défenseur des libertés au récent Sommet du Commonwealth, en braquant la rencontre contre le Nigeria, avec lequel nous commerçons quelques brindilles.Il doit bien y avoir, parmi les minuscules pays qui frappent à la porte de la Francophonie, un régime de parti unique auquel on pourrait se glorifier de refuser l’entrée, pour pas cher, tout en remerciant le Vietnam de son hospitalité et de son ouverture économique.Et on pourrait l’annoncer en toute harmonie, par un communiqué conjoint Ottawa-Québec, jumeaux de la langue fourchue.Vaut-il la peine de se doter d’une «politique étrangère» québécoise si c’est pour copier l’indécence et l’hypocrisie de la politique canadienne?Quand on troque ses principes pour du commerce, comme tous les pays riches le font aujourd’hui pour s’enrichir encore plus en profitant des marchés qu’offrent tant de dictatures, ne devrait-on pas avoir au moins la dignité de se taire, de ne pas ajouter au désespoir en posant faussement à ceux qui veulent le soulager?Dans une ou deux ou trois générations, ces régimes seront peut-être démocratiques, non à cause de nos «marchés» et marchandages, mais par les propres moyens de ceux qui se révolteront, par les enfants et petits-enfants des dissidents d’aujourd’hui, que nos dirigeants évitent comme la peste.Ces justes demanderont au monde occidental, comme leurs semblables le font aujourd’hui dans la France de M.Papon, s’il savait.La réponse étant cette fois indiscutable, limpide, affirmative — car nous savons tout ou presque —, ils demanderont à ce monde occidental pourquoi il n’a, au mieux, rien fait.Et pourquoi, au pis, il a pactisé avec les oppresseurs.Déficit de sympathie L Je.a.n-.R.o b e r.a menace d’une grève des postiers (à ne pas confondre avec les facteurs) pèse toujours en dépit du report quotidien d’un déclenchement depuis mercredi.D’un point de vue strictement légal, le droit de grève né peut être exercé avant mardi prochain: un détail qui n’aurait pas constitué un réel obstacle du temps où Postes Canada détenait le monopole incontournable sur les communications écrites.Mais voilà, bien des choses ont changé depuis les années hé-rôïques où un Jean-Claude Parrot, alors président du Syndicat des postiers, faisait trembler l’économie du pays du seul fait de tenir une conférence de presse pour menacer le gouvernement d’un arrêt de travail de ses membres.En quelques années, les moyens dë communication se sont multipliés, de la télécopie aux services privés de livraison du courrier, en passant par les guichets automatiques, le dépôt direct et le.courrier électronique.A cause de cette explosion des moyens, le service postal de Sa Majesté n’est plus seul, et s’il est une conséquence prévisible d’une grève des postiers, c’est bien la perte de nombreux clients qui ne ferait qu’accélérer le déclin de la vénérable société.'En portant leur cause devant l’opinion publique, lés postiers tablent sur le succès retentissant obtenu par leurs homologues américains employés de la société privée UPS.Malheureusement, la réputation des nôtres ne s’est guère améliorée depuis cette époque où les postiers canadiens profitaient du rapport de force que le statut de monopole leur cédait sûr un plateau d’argent.Compte tenu des conditions de travail très avantageuses arrachées à un gouvernement fédéral surtout soucieux d’acheter la paix, t S a n s fa ç o n les postiers sont devenus un symbole de guerriers sans peur au sein du mouvement syndical, mais de fonctionnaires inefficaces et surprotégés aux yeux du public.Qui ne se rappelle pas leur lutte d’opposition à l’introduction du code postal, ou encore à l’ouverture de comptoirs de quartiers?Avec le recul, certains diront qu’ils avaient raison de protéger leurs emplois contre la privatisation des services.Au contraire, c’est à l’inefficacité de ce service public dans les années 70 et 80 qu’il faut attribuer la prolifération de sociétés concurrentes et ce, malgré des prix élevés.Il aura fallu attendre la création d’une société de la couronne plus autonome pour mettre fin à l’hémorragie financière tout en améliorant la qualité et la fiabilité d’un système devenu plus diversifié.Et il aura aussi fallu l’entrée en opération d’une multitude d’entreprises de livraison rapide pour forcer la société publique à se transformer.jusqu’à devenir elle-même l’actionnaire de contrôle du numéro un canadien parmi les services privés, Purolator.Loin d’étre devenue inutile, Postes Canada est toujours un service essentiel.Elle livre 54 millions de pièces de courrier par jour comparativement à moins d’un demi-million pour Purolator.Mais pour consolider sa position sur un marché morcelé en transformation rapide, il lui faut s’adapter au même rythme que le reste de la société.Dans ces conditions, on ne voit pas comment Postes Canada pourrait, ou devrait se plier à la revendication syndicale de créer encore plus de postes permanents qu’à l’heure actuelle, alors que la sécurité d’emploi à vie et la rigidité des conventions de travail héritées du passé constituent toujours un des principaux obstacles à l’innovation.Pauvres banques ! Un reportage nous apprend que les banques canadiennes dépenseront plusieurs millions de dollars pour essayer de redorer leur blason auprès de la population.Un représentant du ntilieu bancaire nous dit avec émotion que, malgré des profits importants, les banques sont le secteur le pljus imposé.«Un peu de psychologie et de sens du calcul vous suffirait pourtant, cljers gestionnaires de banque.Si vous cherchez à vous justifier des pro fits que vous faites, croyez-vous que LETT RES -?- les clients en seront plus heureux?Le problème est que vous utilisez notre argent et que vous nous faites payer pour cela.Il nous faut votre permission pour vous donner notre argent, et vous n’acceptez de nous le rendre que contre rançon.Les clients ont l’impression, difficile à contredire selon les apparences, qu’ils se font flouer.Ils vous prêtent à 0,5 % (comptes d’épargne) et vous leur prêtez à 7 % et plus.Il n’est plus possible de faire quelque transaction que ce soit, même a votre avantage, sans devoir débourser.Si quelqu’un des grands banquiers avait la brillante idée d'utiliser les millions destinés à cette campagne de promotion pour réduire plutôt les frais bancaires, la nouvelle se répandrait comme une traînée de poudre et les clients en seraient bien davantage satisfaits.Pourquoi gaspiller des fortunes pour modifier les perceptions quand on pourrait améliorer la réalité?Sommes-nous sophistiqués au point d’avoir oublié que la meilleure publicité reste encore le service?Francis Lagacé Montréal, 6 novembre 1997 Au Îo/WAAET t)E i-A FRCNCH CA 79 m & Fernand Dumont, de l’angoisse à l’espérance J uste avant son décès, le 1er mai dernier, Fernand Dumont avait eu le temps de réviser les épreuves de ses mémoires.Il n’en était pas tout à fait satisfait, confie son fils François, tout en souhaitant leur publication.Ce qui, fort heureusement, vient d’être fait par Boréal, soqs le titre de Récit d'une émigration.A vrai dire, plus que de mémoires formels, c’est d’un cheminement exceptionnel, d’un itinéraire exemplaire dont il s’agit ici.Les premiers qualificatifs qui viennent à l’esprit, à la lecture de ces 272 pages fort émouvantes, ce sont ceux de ferveur et d’ardeur, de simplicité et de sincérité.Ceux aussi de pudeur, de retenue et de discrétion dans l’expression de ses sentiments profonds, même au plus creux d’une * maladie mortelle et au soir d’une longue et fructueuse vie consacrée à la réflexion et à la recherche, à la parole et à l’écriture.Et au doute, composante de la foi, critique et fidèle.Cette autobiographie intellectuelle et spirituelle est comme un point d’orgue à une œuvre dense et nécessaire.Ces réminiscences finement ciselées, tel un bijou de grand prix, éclairent les immenses chantiers que M.Dumont a ouverts pendant 45 ans.Elles font ressortir les lignes de tension qui, de la culture populaire à la culture savante, de l'angoisse à l’espérance, témoignent d’un enracinement profond et d’un engagement marqué par l’urgence.Sans bravade ni forfanterie.Mais dans une langue chatoyante et un style superbe.Celui d’un poète qui, jusqu’à la fin, en dépit de terribles traitements, fignole, nuance, s’inquiète, questionne.Comme il arrive souvent, la maladie a attrapé l’éminent sociologue au détour de sa retraite universitaire, il y a cinq ans.Les uns après les autres, il a dû laisser de côté des projets trop lourds ou des œuvres trop denses.Sur le conseil de son épouse, Cécile Lafontaine, il a résolu d’écrire ces souvenirs, dont les huit chapitres s’offrent comme des points de repère es- 4 G i 11 e s L e s a f> e sentiels.Du pays natal de Montmorency au sursis et aux tâches inachevées de la soixantaine, en passant par «l’exil» dans une culture menacée, le professeur se livre à des confidences, presque furtivement, évoque des «unifiés chaleureuses, résume quelques combats, balise quelques déceptions.Dans le plus grand respect des autres, à commencer par ses proches.Le dernier chapitre est particulièrement bouleversant.M.Dumont brosse à larges traits ce qu’il ferait si.et si.En filigrane de ce long conditionnel, la progression du mal se fait pressante; il ne peut l’oublier, certes, mais il poursuit sa route, tête haute, parlant presque avec détachement de l’intrus, du gêneur, qui faillit à troubler la sérénité que donne l’espérance.Ni v calmant commode ni police d’assurance, mais viatique pour la route nocturne.L’armure n’est pas sans faille, on s’en doute bien.«Je me rends compte, écrit-il au cours de ce dernier hiver terrible, que les interrogations qui soutiennent une aventure intellectuelle sont, en définitive, sans réponse arrêtée.Même si on a beaucoup écrit, on ne laisse que les débris d’un édifice imaginaire.» Cet aveu d’échec témoigne surtout d’une exigence très haute, presque implacable, envers soi-même, alors même que les pairs célèbrent vos mérites et que la collectivité vous témoigne sa reconnaissance.«J’admirais chez lui, dit-il de l'un de ses maîtres à la Sorbonne, la rare combinaison de l’érudition, de l’originalité, de l’indépendance d’esprit et de la modestie.» Qui se ressemble se rassemble, n’est-ce pas?Délibérément discret sur sa vie privée, il n’en confie pas moins que le meilleur de sa vie, il le doit à sa compagne et aux cinq enfants qui ont peuplé leur maison.«Moi qui avais été un enfant triste et un adolescent désespéré, leur présence m'aura apaisé, de même que la tendresse de mon épouse m’aura sauvé de l'angoisse stérile.» S’il est un secret que l’on apprend de ces propos et confidences, c’est que, à coté ou en marge des savantes études philosophiques, culturelles et religieuses de M.Dumont, la poésie aura été pour lui, de la jeune vingtaine à la mûre soixantaine, havre, baume et phare.De L’Ange du matin à Im Part de l’ombre, il a publié quatre recueils dont il confie ceci: «On peut tout dire à l’abri du poème.Quand j'ai relu ces recueils, j’ai été frappé par la continuité d’une thématique où se redit une angoisse inguérissable omis ausi une espérance obstinée.«Il me semble qu’à mesure qu’on avance dans la lecture, on pressent une décantation, un dépouillement qui ne sont pas que du langage.Il y a certainement un décalage entre les poèmes des vingt ans, où la tristesse est trop appuyée et un peu complaisante, et une certaine paix des années de maturité où l'amour a empêché ta déréliction de tarir les sources.» Que dire encore qui incite le lecteur à lire ce palpitant Récit d’une émigration?Qu’il éclaire et explique la démarche du penseur de haut vol, resté fidèle à ses origines et au devoir de mémoire vive.Nostalgie peut-être, mais aussi patiente recherche de l’équilibre précaire entre la culture des campagnes d’autrefois et factuelle culture de consommation.«Cela m’aura servi à cultiver l’utopie d’une authentique culture populaire que n ’aboliraient pas la culture des spécialistes ou les industries culturelles.Il se cachait là quelque sentiment de culpabilité.Car il m’a toujours paru que c'est aux dépens d’une culture, pour avoir profité de sa destruction, que j’ai pu devenir intellectuel.» Il écrit aussi: «Emigrant de la culture populaire à la cité savante, je ne suis pas parvenu à un pays moins problématique que celui que j’avais quitté.Depuis toujours, on ne mène pas une vie intellectuelle au Québec en poursuivant seulement des objectifs semblables à ceux qui retiennent dans les grandes cultures; il faut aussi s’interroger sur les fragiles assises de son travail, sur une appartenance incertaine.» Cet enracinement lucide dans un «pays périphérique», Fernand Dumont l’aura questionné, vivifié, enrichi de multiples manières.Son œuvre, immense, est un précieux héritage.H devrait être perpétué par un institut, chaire ou fondation portant le nom de ce noble fils de Montmorency.A P R 0 P 0 S -4- .de revenus et de technologie Les personnes de ménages ayant des revenus plus élevés sont plus susceptibles d’utiliser la technologie courante.Près de la moitié de celles faisant partie de ménages dont le revenu était inférieur à 20 OCX) $ avaient utilisé un guichet automatique au cours de l’année précédente, mais les taux d’utilisation grimpaient à 81 % [jour celles faisant partie de ménages dont le revenu était supérieur à 50 000 $.La proportion qui avaient utilisé un magnétoscope l’année précédente v;iri;üt de 59 % (lorsque le revenu du ménage était inférieur à 20 000 $) à 94 % (lorsque le revenu du ménage était supérieur à 50 000 $).Seulement 47 % des personnes faisant partie de ménages dont le revenu était inférieur à 20 (XX) $ avaient utilisé un répondeur l’année précédente, comparati- vement à 81 % de celles faisant partie de ménages dont le revenu était supérieur à 50 000 $.Selon les données de l’ESG de 1994,81 % des personnes en régions urbaines avaient utilisé un guichet automatique l’année précédente, coinparati-vement à 56 % des résidants des régions rurales.Évidemment, dans ces régions, les guichets sont moins répandus que dans les centres urbains.Environ 70 % des personnes qui vivaient «en ville» avaient utilisé un répondeur au cours des 12 mois précédents, comparativement à environ 60 % de ceux qui vivaient «à la campagne».L’utilisation du magnétoscope était à peu près égale [jour les deux groupes.Linda Howatson-Leo, Alice Peters, Tendances sociales canadiennes, Statistique Canada, aut.97.LE DEVOIR FONDÉ PAR II K N R I B 0 IJ R A S S A LE 10 JANVIER I 9 | (| Directrice LISE BISSONNETTK Rédacteur en o h c f B EIIN A RI) DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS T II 0IIIN Directeur de l'information CLAUD E B E A IJ R E (i A RI) Directeurs adjoints de l'information PIE R RE B E A IJ LIE IJ, PI E R RE C A Y0IIETTE, N 0 RM AND TIIÉ RI A U LT Rédacteurs e n chef ad Jo in ts .1E A N-RO BE RT SANSFAÇ0N, ROI, A ND - Y V ES CA RIO N A N Directrice, ventes et marketing MARTINE D U B É 2050, rne de Bleury, D'étage, Montréal (Québec) H3A 3M9.T61.: (5 14) 085-3333 FAIS CE QUE DOIS L E I) E V Olli.I.E S S A M EDI I 5 E T I) I M A X < Il E I (i X O V K M K I! E Ml II 7 A 13 IDÉES Le projet de Grande Bibliothèque du Québec Une question de démocratisation culturelle La meilleure façon de rendre le livre plus accessible à tous est de donner à une telle institution des espaces conviviaux et de lui trouver un environnement attrayant, dans le centre-ville, au carrefour des diverses cultures MARCEL FOURNIER Professeur titulaire, département de sociologie, Université de Montréal n a rêvé d’une Très Grande Bibliothèque «a la française».Un rêve de grandeur! Il en va de la culture comme des transports.N’a pas un TGV qui veut! Il faut tenir compte de la clientèle, des besoins, des coûts.De toute évidence, on n’avait pas besoin à Montréal d’une TGB qui, comme celle de Paris, est en grande partie dédiée à la recherche: nos collections ne sont pas aussi riches, nous avons de bonnes bibliothèques universitaires, etc.U' comité Richard s’est montré plus modeste et plus réaliste: la Très Grande Bibliothèque est devenue une Grande Bibliothèque.S’inspirant des recommandations du comité, le gouvernement du Québec aurait pu créer immédiatement, par une loi de l’Assemblée nationale, la Grande Bibliothèque du Québec.La ministre de la Culture a préféré poursuivre la réflexion et élargir la discussion.Bravo! La consultation ttienée par le comité Richard avait été limitée: des ministres et des sous-ministres, des administrateurs de bibliothèques, des présidents de quelques associations professionnelles.le projet est trop important un investissement de 75 millions, un budget de 25 millions.Il faut élargir la consultation et examiner le projet sous tous ses angles.Il est d’ailleurs étonnant que peu de chercheurs aient été consultés, tout se passant comme si la réalisation d’un tel projet n’exigeait ni études ni recherches.Mais une fois que la TGB s’est faite plus petite, à quoi peut-elle bien servir?(.) Le principal problème culturel du Québec est, dit-on, un problème de «retard».S’il y a une chose difficile à mesurer, c’est bien le «retard».On dispose heureusement de quelques indicateurs: nombre de livres, de nouvelles acquisitions ou de prêts par habitant Sur ce plan, le Québec serait «en déficit» en comparaison de l’Ontario: 2,05 livres/habitant au Québec en comparaison de 2,87 en Ontario.Iu-s données comparatives pour les bibliothèques scolaires indiquent aussi un «retard» — 7 à 10 livreç/élève au Québec en comparaison de 20,3 aux États-Unis —, mais ces données datent de près de 10 ans.Par ailleurs, la pratique de la lecture comme loisir semble limitée: 43 % des Québécois affirment ne jamais ou rarement lire de livres.Mais qu’en est-il aux États-Unis ou en Europe?Enfin, que dire de l’analphabétisme et des difficultés de lecture auxquelles est confrontée une partie importante de la population?Toute comparaison est difficile parce qu’il faut tenir compte, pour chaque pays ou région, de la structure des occupations, de la structure d’âge, du degré de scolarité, de la composition ethnique, etc.Ne dramatisons pas.Mais la situation est suffisamment sérieuse pour qu’on s’en inquiète.La démocratisation culturelle, tout comme la démocratisation scolaire, est une priorité: il faut élever le «niveau culturel» de l’ensemble de la population; il faut aussi réduire les inégalités culturelles entre les différents milieux sociaux.L’accès à la culture est largement fonction de la scolarité et aussi, mais dans une moindre mesure, des revenus.On le voit très bien avec les musées: une exposition «populaire» ne rejoint pas nécessairement des gens de tous les milieux, mais plus de gens des mêmes milieux.Un grand défi! Tout passe d’abord par l’éducation: au foyer, à l’école, dans le quartier.Chaque foyer (ou ménage) québécois a-t-il son dictionnaire?Le livre doit être présent, à proximité, facilement accessible.La Grande Bibliothèque est un outil parmi d’autres, mais dont la valeur symbolique est forte, peut-être trop forte Un symbole ou un outil ?Il n’y a pis de miracle.D ne taut pis croire que la Grande Bibliothèque viendra régler tous les problèmes.Plusieurs questions 9e posent Pour assurer une véritable démocratisation culturelle, doit-on miser sur une grêrnde institution ou sur un réseau de bibliothèques de quartier?Centralisation ou décentralisation?La Ville de Montréal, avec ses Maisons de la culture et ses bibliothèques de quartier, a privilégié la décentralisation.Peut-on, en matières culturelles, avoir deux politiques aussi différentes?Quel sera l’impact d’une Grande Bibliothèque sur le réseau des bibliothèques actuelles en matière de budget et de fréquentation?Il faut prévoir tous les scénarios, y compris le pire: des petites bibliothèques de quartier poivres et désaffectées et une Grande Bibliothèque à moitié vide qui deviendrait un autre «éléphant blanc».La Grande Bibliothèque est un outil parmi d’autres, mais dont la valeur symbolique est forte, peut-être trop forte.Une GB, c’est bien pour la culture — les écrivains applaudissent —, c’est bien aussi pour l’identité ou la fierté nationale: on voudrait faire de la GB une «vitrine» et un miroir.Il faut éviter de «politiser» la future institution.C’est d’abord un outil culturel, dont il faut à ce moment évaluer la pertinence et les modalités de sa réalisation (concept, coûts, localisation).Quelques idées Il faut d’abord sérier les problèmes.On ne peut à n’importe quel prix chercher à régler en même temps les problèmes de la Bibliothèque centrale de Montréal et ceux de la Bibliothèque nationale du Québec.Si, comme le constate le comité Richard, il n’existe pas à Montréal de grande bibliothèque municipale, c’est à la Ville de Montréal de s’occuper de ses affaires et de prendre des initiatives.Celle-ci aurait pu devenir le maître-d’œuvre d’un projet de GB, avec le concours financier du gouverné ment du Québec.Malheureusement, on ne peut pas trop attendre de la présente administration.Faut-il se résignée à une quasi-tutelle?S < La collection de la Bibliothèque nationale du Québec doté être mieux entreposée et plus accessible, mais il ne s’agît pas, dans son ensemble, d’une collection jx>ur le grand public: c’est un patrimoine et, |x>ur les chercheurs, une importante source de documentation.Tout en se voulant une bibliothèque d’abord tournée vers le grand public, la GB tient à conserver des fonctions plus spécialisées et liées à la recherche.Comment répondre aux besoins des entreprises, des groupes spécialisés et de ceux qu’on appelle les «travailleurs du savoir»?Comment y intégrer, en partie ou en totalité, les collections de l’UQAM?L’UQAM a besoin, corn-» me les autres universités, d’une vraie bibliothèque univers*, taire (et évidemment en réseau avec les autres).Le projet d’une GB est séduisant.On a déjà rejeté l’idée de copier la TGB «à la française».Faut-il maintenant s'inspirer de l’expérience plus ancienne et fort réussie du Centre Beaubourg-Pompidou?Qu'il s’agisse d’une grande ou, comme ce sera probablement le cas, d’une moins grande bibliothèque (MG-B), l’institution doit être tournée vers les nouvelles techniques d’information (Internet, site virtuel, etc.) et le multimédia, se préoccuper d’animation culturelle et être ouverte gratuitement, avec collections de livres et journaux et magazines du monde entier à l’appui, à la très grande diversité de groupes linguistiques qui en seront les usagers.La meilleure façon de rendre le livre plus accessible à tous est de donner à une telle institution des espaces conviviaux et de lui trouver un environnement attrayant, dans le centre-ville, à proximité d’autres institutions culturelles (musées, théâtres) et au carrefour des diverses cultures.La cul-, ture est, comme le disait Fernand Dumont, mémoire et h.rizon, mais ce n’est jamais un repli sur soi: c’est une ouver-' ture sur l’universel.=P D’un coureur à l’autre  propos du mythe Villeneuve Le mythe du coureur des bois permet de réunir au sein d’un même récit les figures du père et du fils Villeneuve Jacques Villeneuve au centre Molson, protégé de ses fans par la GRC.JACQUES NADEAU LE'DEVOIR NICOLAS VAN SCHENDEL Contractuel de recherche en sciences humaines «Demeurer m'est douloureux, sinon dans une chose en mouvement.[.] Je suis ce qui fuit.[.] O tombeau ouvert, ¦ fuite vivante, Fangio, c’est toi mon père.Tu m’as engendré dans une courbe à Sebring par un après-midi torride.» (Hubert Aquin, Confession d’un héros in Blocs erratiques, Éditions Quinze, 1982, p.227-228) • «Quoi que je fasse, mon père sera toujours parmi les plus grands.[Mais] ce que je fais, je le fais pour moi, et non pour perpétuer une tradition ou terminer ce qui n 'a pas été fini.» Orques Villeneuve, Album souvenir, Editions Du Boisé inc., 1996, p.3) n illeneuve.Le nom en lui- Vmême appelle le mythe.Par exemple celui d’une cité en devenir, cosmopolite, dont on aimerait croire i1— qu’elle rassemble des indi- vidus soucieux d’établir entre eux de nouveaux rapports.Le récit d’une utopie, en somme, qui raconte une société libérée des entraves de la tradition ou de la mémoire trop douloureuse de la souche, pour ne plus «demeurer», «sinon dans une chose en mouvement».Libre.1-e bolide (la chose).II suffit d’une voiture de course pour que s’instaure symboliquement le mouvement: vitesse des déplacements, libre circulation des individus et des biens.Non! Le libéralisme à outrance fait des petits que l’utopie ne saurait supporter.Reprenons plutôt l’histoire, car il manque à la chose une personne et des mots pour bien la nommer: il lui faut en effet un pilote, un chevalier au cœur noble, à la parole facile mais rebelle pour mieux contenir ses débordements, une parole par ailleurs porteuse d’un code de l’honneur et de la dignité des hommes.Droit et loyal.Le coureur (le fils).Sa mémoire est riche d’une tradition, mais il refuse de lui être soumise: «je suis d'ici», affirme-t-il, jamais il ne l'oubliera.Mais ailleurs le fait encore accourir pour devenir «ce qui fuit», déraciné, à la limite de sa propre vie.D’autres l'attendent sur les circuits d’Europe, d’Amérique latine, d’Australie et du Japon pour donner le spectacle d’une course à «tombeau ouvert».Jacques Villeneuve faisant corps avec sa machine de fuite dans son combat pour rester lui-même, insaisissable; maîtrisant cet instrument du déplacement vers d’autres lieux comme l’on maîtrise celui de la rencontre avec d’autres gens: la langue, les langues.Le français: normal, car c’est la langue de l’origine canadienne-fran-çaise, mais aussi langue d’une certaine Europe.L’anglais: presque banal dans un contexte de mondialisation où doit nécessairement s’imposer une lingua franca.L'italien et aussi, dit-on, un peu de japonais: surprenant, car finalement assez peu courant dans un monde où s’ouvrir à l’Autre — uniformisation oblige — est loin de signifier le désir de (re)connaissance de sa langue ou de sa culture.Jacques Villeneuve, par respect de l’Autre voudrait-on croire, s’est approprié, en tout ou en partie, les langues des lieux où il a le plus couru.Fraternel.L’autre coureur (le père).«Il piccolo Canadese», comme l’appelaient affectueusement les Tiffosi, celui qu’Erizo Ferrari lui-même considérait comme un fils.Le «p’tit Québécois» patenteux, modifiant et poussant toujours ses engins à la limite.Gilles Villeneuve, ce coureur dont l’illustre Fangio a déjà dit qu’«// faisait partie de la famille des plus grands pilotes de l'histoire de la course automobile», homme de spectacle et de grande générosité envers son public, un battant et un vrai chevalier, m’avait dit de lui il y a dix ans un journaliste sportif français.Gilles Villeneuve, premier sportif et homme de tous les milieux à emprunter le chemin de l’Europe pour aller s’instruire à l’école d’une culture séculaire, celle en l’occurrence de l’artisan italien dont Ferrari constitue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale le symbole exemplaire.Cette rencontre du patenteux nord-américain et de l’artisan européen fut sans doute marquante dans l’imaginaire québécois.Elle eut lieu, en tous les cas, dans un contexte socio-historique particulier au Québec (le premier référendum) où commençait à s’articuler un certain discours de l’ouverture sur le monde.En s’inscrivant dans l’axe européen, Gilles Villeneure incarnait désormais cette ouverture et la possibilité d’une reconnaissance internationale.Homme du monde.L’autre figure du coureur Le coureur des bois.Il constitue l’un des mythes fondateurs de la culture canadienne et québécoise.Réhabilité dans le discours social au Québec dans la foulée de la Révolution tranquille, il a été plus ou moins récupéré par l’idéologie du nouvel entre- preneurship québécois (le Québec inc.), en particulier depuis le milieu des années 1980.Cette figure n’en demeure pas moins relativement marginale dans la définition de l’identité québécoise, du moins en son sens d’illustration d’un projet de société fondé sur la rencontre et la reconnais- sance des cultures autres.De ce point de vue, la figure du coureur des bois projette l'image d’aventuriers rebelles dont les contacts répétés avec les autochtones, lors de déplacements incessants sur les chemins de traite du continent nord-américain, ont donné naissance à un peuple métis (en mar- ge du Canada central), nomade plus que sédentaire, francophone (et an-' glophone) autant qu’autochtone.Dév.passement de soi-même.En un sens, le mythe du coureur des bois permet de réunir au sein d’un même récit les figures du père et du fils Villeneuve.Ainsi, la figure du fils se présente-t-elle comme le produit métissé d’un parcours, à la fois issu d’une tradition et totalement indépendant de celle-ci.Jacques Ville-neuve est un être «de culture américano-européenne», affirmait le journal l’équipe au lendemain de l’obtention | de son titre mondial, un personnage • «atypique», «qui a tout de l'électron libre, du perturbateur».Ce rebelle, ; pour paraphraser Hubert Aquin, aura été «engendré dans [les] courbes» et les lignes droites des multiples circuits nord-américains de motoneige et dé Formule atlantique où courait son père.D’ailleurs, le fils, après ses débuts en Europe, aura lui-même couru en Amérique comme si, avant de poursuivre en son nom «et non pour perpétuer une tradition», il lui avait fallu passer par ce lieu mythique des origines, tant de fois traversé par les coureur^» des bois et voyageurs canadiens.On the road (disait l’autre «Jack»), Parce qu’il est un champion origi-‘ naire du Québec, Jacques Villeneuve' suscite ici une grande fierté.Comme si, grâce à lui, était assumé une fois: pour toute que ce lieu pouvait engendrer des personnes et des «choses», susceptibles de produire des dépasse-' ments.Mais il y a sans doute plus quë' cela.Au centre Molson, l’autre jour, à l’oçcasion du grand rassemblement pour rendre hommage au pilote, un petit événement s’est produit qui me semble significatif.A peine Villeneuvè avait-il prononcé en italien les premiers mots de sa réponse à une ques-' tion posée dans la même langue, que -les gens se sont mis à applaudir et à, manifester leur approbation.Il est peu probable que la majorité d’entre eui ' ait compris le sens de ces mots.Je: crois plutôt, mais ce pourrait être le' fruit de mon imagination, que la foule a réagi parce que, tout simplement, le coureur parlait la langue de l’Autre,.Soudainement, il devenait lui-même un étranger dont on aimait qu’il sache s’exprimer autrement.Peut-être était-ce le Métis de leur propre histoire que les gens reconnaissaient ainsi en Ville-neuve, avec bonheur et aussi avec espoir.Nouveaux départs.• L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Louis Lnpierre (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard, Jean Chartier (régions).Paule des Rivières (éducation).Jean Dion, Louis-Gilles Francteur (environnement).Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales), Caroline Montnetit.Brian Mvles (politique municipale), Isabelle Paré (santé), Jean Pichette (justice).Clément Trudel (relations de travail), Serge Truffaut (questions urbaines) ; Michel Carneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ;à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (arts visuels et théâtre), Paul Cauchon (médias), Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles).Louise Leduc (musique), Jean-Pierre Legault, Odile Tremblay (qj-néma) ; à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Robert Dutrisac, Benoît Munger, François Normand.Claude Turcotte ; à l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de /information).Guy Taillefer (éditorialiste), Claude Lévesque ; à l’information politique : Pierre O'Neill, Manon Cornellier (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles la-sage (correspondants parlementaires à Québec).Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) ; à l’information sportive : Yves d'Avignon ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Judith Lachapelle, Marie-Claude Petit (commis).Lu documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault Manon Derome, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Carole Dallaire (avis publics et appels d'offres), Jacqueline Avril.Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté.Marlène Côté, Christiane Legault.Jacques A Nadeau, Guylaine Ouellet, Micheline Ruelland (publicitaires) ; Sylvie Laporte, Claire Paquet.Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon ; Francine Ouellet (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production).Claudine Bédard, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers.Marie-Josée Hudon, Sylvain Lesage, Christian Vien, Olivier Zuida.SERVICE À LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable), Evelyne Iabouté (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blanchette-Turcotte, Monique L'Heureux.Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.L'ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Dany Dépatie (adjointe à l'administration et responsable des ressources humaines).Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire d la direction) ; Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). A 11 L K I» E V OIK.I.K S S A M K D I I 5 K T I) I M A X (' Il K I II X (I V K M K R K | j) 9 7 -* LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES EN BREF N’ajustez pas votre appareil Surprise! De la couleur à la Une du Devoir.il y aura désormais tous les samedis.C’est promis.En fait, c’est un petit cadeau que nous offrons à nos lecteurs pour leur rendre la lecture du journal encore plus agréable.Mieux que d’autres, grâce à la qualité supérieure d’impression de notre journal, nous pouvons reproduire fidèlement la photo couleur.Nous espérons que vous apprécierez.Un Renoir adjugé 20,9 millions à New York New York — La Baigneuse, le plus admirable tableau de Renoir proposé sur le marché de l’art depuis plusieurs années, a été vendu jeudi soir aux enchères pour 20,9 millions de dollars, soit plus de deux fois le prix escompté par Sotheby’s.Les enchères sur cette huile peinte en 1888 par l’artiste français ont été l’événement marquant de cette vente, qui comportait pourtant 65 autres tableaux impressionnistes et d’art moderne.La Baigneuse montre une jeune femme nue assise devant des arbres en train de se laver avec un linge.Selon Alexander Apsis, le directeur des ventes d’art impressionniste et moderne chez Sotheby’s New York, le tableau a été acquis par la compagnie pour seulement 1,2 million de dollars à l’occasion d’une vente aux enchères à Londres en 1980, et revendu en 1986 à New York pour 3,5 millions de dollars.La vente de ces tableaux provenant de plusieurs collections privées a rapporté au total 92,7 millions de dollars à Sotheby’s.Un autre tableau de Renoir, «Coiffant les cheveux» a atteint le prix de 8,8 millions de dollars.Ont également été vendus une oeuvre de Monet, «Les nénuphars», ainsi que 10 tableaux de Cézanne provenant de la collection d’Auguste Pellerin, un industriel français mort en 1929.Tragédie à Saint-Zacharie Saint-Zacharie (PC) — Un accident de la route a coûté la vie à un homme de 29 ans hier matin à Saint-Zacharie, à environ une vingtaine de kilomètres de Saint-Georges de Beauce.Yves Gagné, de Saint-Zacharie, est décédé vers 4h30 lorsqu’il a perdu le contrôle de sa voiture qui est entrée en collision avec le garde-fou qui aurait transpercé son véhicule.Enceinte de son élève Kent, Etat de Washington (AP) — Une enseignante qui a eu une liaison avec un de ses élèves âgé de 13 ans, avant de donner naissance en mai dernier à une fille, a été condamnée vendredi à sût; mois de prison et à trois ans de consultation externe.Agée de 35 ans, Mary Kay LeTourneau a déjà passé 100 jours en détention préventive et devrait donc être libérée dans deux mois et demi.Mariée et mère de quatre enfants, Mme LeTourneau était enseignante dans un établissement scolaire de ^Seattle quand elle a commencé à avoir une liaison avec l’élève âgé à l’époque de 13 ans pendant l’été 1996.Le jeune adolescent a toujours dit qu’il était pleinement consentant à l’époque, que le couple avait même échangé des bagues et qu’ils avaient envisagé tous deux cette maternité comme un moyen de consolider leur union.Mme LeTourneau a déclaré qu’elle aimait toujours l’adolescent et a confié l’espoir qu’ils puissent se revoir un jour.La liaison avait été découverte un jour par son époux, après qu’il eut découvert des lettres d’amour de l’adolescent.Il a déménagé dans l’Alaska avec les enfants et réclame le divorce.L’Entrevue du lundi Mathématique, éthique de la discussion et démocratie sont au cœur des travaux et réflexions de ce chercheur de renommée internationale.Lundi, Le Devoir publira une entrevue avec André Joyal, professeur à l’UQAM.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et les appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupements Au téléphone (514)985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h a 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publié du lundi au samedi par Ir Devoir Inr.dont le sié«e social est situé au 2050, rue de Bleury, îf éta«e, Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor I-aSalle, 7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 012.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée a employer et a diffuser les informations publiées dans Le Devoir U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Croupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Iüval.hnvoi de publication — Enregistrement O” 0858.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec.MÉDECINE Entre 20 000 et 60 000$ pour un pontage coronarien MATERNELLE SUITE DE LA PAGE 1 SUITE DE LA PAGE 1 cesse leur traversée du désert.Pontages cardiaques, remplacement de la hanche, chirurgie de la colonne et imagerie • par résonance magnétique: autant de services accessibles en criant lapin, à condition d’allonger certaines sommes.«Nos clients viennent de toutes les provinces, de l'Alberta en passant par Terre-Neuve.Im majorité vient d'Ontario, mais nous avons aussi référé des gens de Montréal et de Trois-Rivières», soutient M.Philley, un ex-Montréalais qui a complété son MBA à McGill.Selon la complexité de l’opération, un pontage cardiaque peut coûter de 20 000 à 60 (XX) $.L’opération se fait dans la semaine suivant la demande, à Houston au Texas, un des centres de cardiologie américain les plus cotés après la Clinique Mayo.Mais le service qui fait les beaux jours de MRI est l’imagerie par résonance magnétique.Et cela, parce que les délais d’attente pour obtenir ce test à la fine pointe de la technologie peuvent aller de quelques semaines à un an, tant au Québec qu’au Canada.Un diagnostic en 24 heures pour 495 $ Pour 495 $, sans compter le transport, des compagnies comme MRI — qui est i’acronyme anglais pour imagerie par résonance magnétique — obtiennent, un rendez-vous dans les 24 heures dans un hôpital d’un Etat américain limitrophe pour leurs clients.Un test dont les résultats et le rapport radiologique parviennent la journée suivante au médecin traitant au Canada.Au Erie County Medical Center de Buffalo, dans l’État de New York, à moins de 100 km de Toronto, on reçoit de 20 à 30 patients canadiens par mois, et jusqu’à 50 au Henry Ford Health System à Detroit, seulement pour des tests de IRM.On ne parle pas d’exode, bien sûr.Mais d’un bassin en croissance, suffisant pour que trois compagnies canadiennes de référence en services médicaux voient le jour en l’espace de deux ou trois ans.Un bassin que reluque aussi les hôpitaux américains, dont les prix chutent sans cesse pour attirer cette clientèle qui aide à payer leurs coûteux appareils.«Nos clients du Québec ont préféré aller à Buffalo, après être passés par Toronto où ils avaient déjà à se rendre pour affaires, dit Doug Philley.Au début, il n’y avait que des gens d’affaires et des gens assez fortunés.Mais nous avons une clientèle qui se diversifie.C’est de plus en plus monsieur ToutAe-monde qui en a assez d’attendre.» L’imagerie par résonance magnétique (IRM), c’est la Mercedes de la radiologie.Un outil hautement sophistiqué qui permet de «voir» dans le cerveau des patients, de scruter leur colonne vertébrale, de distinguer des maladies ou des tumeurs cancéreuses parfois invisibles au «scan» traditionnel.SUITE DE LA PAGE 1 coordonnateurs ainsi que les comités exécutif de chacun des districts.«C’est une transformation importante tout comme le processus d’élaboration du programme est aussi une nouvelle façon dé faire.[.] Cela vient d'une distanciation du RCM que les militants ont constatée.Dans l'après-défaite, on a tendance à se replier sur soi-même.C’est un réflexe normal mais il faut se relever.[.] Nous voulons que le RCM soit connecté avec les Montréalais pour qu'il soit porteur de leur volonté et de leur parole», réplique de son côté le président du RCM et initiateur du projet, Michel Lemay., Mais l’enthousiasme de ce dernier n’est pas partagé, d’aucuns considérant qu’il s'agit surtout d’une ouverture à l’éventuelle candidature de Jean Doré ou de la députée libérale Liza Frulla, tous deux en réflexion.«Tout report des échéances cache une stratégie qui a pour but de permettre à des candidats —Jean Doré ou autres — de prendre ou reprendre contact avec une base qu’ils ne connaissent pas ou qu’ils ont délaissée», ont accusé Mme Daviau et M.Prescott dans un communiqué conjoint.Ce présumé objectif cache fait bondir Michel Lemay.«C’est de la folie furieuse qui n’a rien à voir avec la réalité», affirme-t-il.Récemment, M.Lemay commandait pourtant à la firme de sondage Léger et Iœger des groupes-discussion (focus groups) pour évaluer l’intérêt suscité par l'éventuelle candidature de Jean Doré.Chose certaine, une bataille sur le terrain est en préparation puisque la proposition doit obtenir l’aval des deux tiers des délégués au congrès aux statuts.Une quinzaine d’assemblées restent encore à venir.Celles de Mme Daviau et de son organisatrice, la conseillère municipale Louise Roy, sont prévues pour demain matin.Sans le dire directement, les organisateurs politiques de Vlme Daviau voient dans le suffrage universel une possible perte de contrôle des associations locales.Force est de «Im résonance magnétique nous permet de voir parfaitement et d’éliminer tout doute pour le patient, ce que le scan ne permet pas toujours.On ne peut plus s’en passer avant une chirurgie à la colonne ou au cerveau.Mais il n'y a pas assez d'appareils pour répondre à la demande», explique le Dr Pierre Bourgoin, radiologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).i Si les appareils de IRM se comptent sur les deux doigts d’unç main au Québec et au Canada, ce n’est pas le cas aux Etats-Unis.On dispose d’une dizaine d’appareils de IRM dans tout le Québec, dont trois sont réservés à des fins de recherche.Dans la seule région métropolitaine de Buffalo, il y a 28 de ces appareils qui coûtent de 1,5 à 2,5 millions pièce.et aucune liste d’attente.Au Québec, les délais sont de quatre à douze mois au CHUM, de six semaines à six mois au CHUQ (Québec), de quatre à cinq mois au CUSE (Sherbrooke), de cinq mois à l’Institut neurologique de Montréal et jusqu’à quatre mois a l’Hôpital général de Montréal.Les patients classés non urgents, atteints de hernies discales, de problèmes musculo-squelettiques et de douleurs au dos, sont relégués à coup sûr au bas de la liste d’attente.Des délais qui s’étirent Doug Philley réfute l’accusation que certains portent contre lui de créer un système de santé à deux vitesses au Canada et dit que ce sont plutôt les délais indus qui ouvrent cette brèche.«Ce système existe déjà.Le gouvernement ontarien paie lui-même 27 millions par année pour obtenir certains services aux États-Unis quand ils sont inaccessibles en Ontario», rétorque-t-il.«Il n'est pas rare d’attendre neuf mois ou un an pour une image par résonance magnétique.Souvent, le délai dépend des contacts du médecin dans un hôpital et de sa capacité à faire inscrire ses patients.Pendant ce temps, les patients souffrent et leur situation se dégrade.Tout ce que nous faisons, c'est offrir une solution de rechange aux gens», dit-il.Prophète de malheur ou vendeur sans vergogne?Chose certaine, la conjoncture actuelle est on ne peut plus propice à l'apparition de ce genre de services.Selon le rapport annuel publié par l’Institut Fraser sur les listes d’attente au pays, le nombre de Canadiens qui figurent dans des listes d’attente a gonflé de plus de 10 % en 1996, atteignant 176 766, dont 46 315 Québécois.Seule consolation, le Québec fait un peu meilleure figure avec une hausse moyenne de 9 %.Le délai moyen d’attente a diminué de 37 % en neurochirurgie (3,7 semaines) et de 14 % pour les chirurgies cardiaques électives ( 7,4 semaines) entre 1995 et 1996.Mais pendant ce temps, les délais ont grimpé de 22 % en chirurgie orthopédique (10,6 semaines) et d’environ 20 % en radio-oncologie (4,6 semaines) et en gynécologie (6 semaines).constater qu’il est nettement plus difficile de s’assurer du soutien de milliers de membres que de convaincre quelques dizaines de militants actifs dans les associations de district Ainsi donc, la proposition des dirigeants du RCM vient mettre des bâtons dans les roues de l’équipe de Mme Daviau, la première à s’être lancée à l’assaut des militants.Il risque toutefois d’être délicat pour les équipes de Mme Daviau et de M.Prescott de s’opposer à des changements majeurs au sein du RCM alors que tous, y compris Mme Daviau et M.Prescott, s’y sont engagés pour reconquérir l’électorat montréalais.La tension était palpable hier, alors que de nombreux coups de téléphone et de réunions d’urgence ont eu lieu.En fin d’après-midi, le président du RCM émettait un communiqué de presse pour expliquer que le nouveau mode de scrutin du candidat à la mairie s’inscrit plus largement dans une vaste opération de remue-méninges auprès des Montréalais.Il est proposé que pendant janvier et février, les associations locales prendront contact avec les Montréalais et non seulement les militants du RCM.Ce travail s’effectuera par la voie d’assemblée de cuisine, de porte-à-porte et de réunions dans les institutions scolaires, par exemple.Un questionnaire serait soumis aux citoyens, établi à partir des grandes orientations sur lesquelles se penchent actuellement les membres de la commission au programme.L’objectif de cet ambitieux projet est «d’associer la population à la confection du programme du RCM en l'invitant à exprimer les préoccupations et les priorités des Montréalais».Ainsi, le RCM souhaite rejoindre 25 000 Montréalais et hausser le membership à 10 000 personnes.A la suite de cet exercice, les associations locales tiendront des assemblées à compter de la mi-février pour élire les délégués au congrès à l’investiture.L’exécutif du RCM suggère même que ces réunions partisanes ouvrent leurs portes aux citoyens qui n’auraient toutefois pas le droit de vote.défavorisés sur l’ile de Montréal, a été rendue publique hier au cours d'un colloque sur la pauvreté et la réussite scolaire auquel assistaient plus de 400 personnes.«D'en avoir mis plus n’a pas amélioré les choses, souligne Richard Tremblay.Nous ne pouvons pas dire que plus les enfants passent du temps à l’école au préscolaire, plus ça améliore les choses.Même que parfois nous avons observé une tendance inverse».L’étude, qui se poursuivra encore pendant plusieurs années, débute avec les enfants qui étaient en maternelle en 1995.Elle a mesuré les performances des enfants de première année en français et en mathématiques, vérifié le degré d’assiduité à l’école, le niveau d’aide spéciale dont l’enfant a eu besoin et ses troubles de comportement.«Il n'y a pas vraiment d’effet d'amélioration», constate M.Tremblay.Ce dernier ajoute cependant, au cours d’une entretien cette semaine, que tout n’est pas aussi sombre qu’il y paraît puisque plusieurs écoles situées en milieux défavorisés réussissent à améliorer sensiblement la performance de leurs élèves, en tenant compte des caractéristiques des milieux défavorisés et aussi en ne mesurant pas le niveau de connaissances mais le niveau d’amélioration.Le Conseil scolaire de l’ile de Montréal, qui fut un pionnier dans l'implantation de l’aide de niveau préscolaire, n’a pas fini d’analyser dans tous les sens les résultats de l’étude.Le gourou de l’aide aux écoles pauvres au CSIM, Marcel St-Jacques, souhaite que les carences de l’aide dénotées dans la recherche servent à mobiliser les gens et réajuster le tir plutôt qu’à accentuer les réductions de budgets.Il a déjà prévu de réunir les directeurs des 94 écoles (un tiers des écoles primaires) en milieu défavorisé en présence du chercheur afin de dégager avec eux «les meilleurs conditions de réalisation».Il projette également de visiter toutes les écoles qui réussissent à «faire une différence».L’étude, qui n’est pas terminée, vise à mesurer l’impact du plan d’action sur la réussite éducative, communément appelé Plan Pagé (du nom du ministre qui le mit en place en place, Michel Pagé).En 1991, ce ministre multiplia les maternelles demi-temps à quatre ans et les maternelles temps plein à cinq ans pour les enfants de milieux défavorisés de Montréal.Une grille d’analyse permit d’identifier environ un tiers des écoles de la ville.Le but des mesures, inspirées d’expériences similaires (mais pas identiques comme nous le verrons plus loin) aux États-Unis, était de combler le retard quasiment insurmontable que ces enfants ont déjà pris lorsqu’ils commencent l’école.«Si nous voulons donner une chance égale à tous les enfants, il faut en donner plus», résume aujourd’hui M.Tremblay.En d’autres termes, intensifier la qualité des interventions.Car les chercheurs déduisent de leurs travaux -mêmes préliminaires - que ce qui importe ce n’est pas le nombre d’heures passées à l’école mais plutôt la qualité du temps qu’on y passe.C’est d’ailleurs ce qu’a démontré hier, lors du colloque, Steve Barnett (lire page A 4), de l’Université Rutgers qui a présenté un nouveau bilan du projet américain High/Sco-pe Perry Preschool, un des premiers du genre dans les années soixante, qui servit d’inspiration à beaucoup d’expériences ultérieures.Le bilan présenté hier dans une salle du Pavillon Jean-Brillant de l’Université de Montréal démontre que les interventions préscolaires avaient réduit de façon significative le taux de décrochage scolaire et de délinquance.Les programmes d’éducation préscolaire débutaient à l’âge de trois ou quatre ans, étaient à temps partiel et les enfants, souvent, n’étaient que six (plutôt que 18 ici) pour un adulte.Ici, M.Tremblay et son équipe étudient depuis plusieurs années les clientèles scolaires, sous une foule d’aspects permettant d’identifier diverses yariables.Leurs travaux démontrent également que les enfants les plus jeunes - ceux dont la date de naissance est le plus près de la date d’entrée à l’école - éprouvent plus de difficultés académiques et plus de problèmes de comportement, tous milieux socio-économiques confondus.«Certains enfants sont défavorisés par les hasards de la date de naissance, constate M.Tremblay.Le système scolaire ne réussit pas à s’ajuster pour aider les plus jeunes».De même, les enfants vivant dans les familles monoparentales éprouvent eux aussi plus de problèmes au niveau du français et des mathématiques ainsi que du comportement Enfin, et cela vaut encore pour tous les milieux, les garçons ont davantage tendance à décrocher que les filles.Cette différence entre les sexes n’est pas nouvelle.Dans une étude précédente qui avait permis de suivre les enfants étant en première année en 1984, le Groupe de recherche a démontré que pour l’ensemble des écoles de la province, 46 % des garçons avaient terminé leur cours secondaire à l’âge prévu, sans doubler, pendant que 61% des filles avaient réalisé le même exploit Le pourcentage pour es garçons chutait à 31% pour les enfants d’écoles situées en milieu défavorisées, pourcentage confirmant que des mesures s’imposaient pour les milieux moins bien nantis.En fait, plus le temps passait et plus les garçons disparaissaient des classes régulières.RCM Jean Doré a la voie libre, soutient Daviau BIOGRAPHIE Un genre apprécié par les lecteurs SUITE DE LA PAGE 1 jours après la sortie de Céline, une femme au destin exceptionnel, écrit par le journaliste Jean Beaunoyer à qui l’on doit aussi l’histoire de la vie d’Alys Robi.Mais il est évident que, par ricochet, nous profitons de la publicité et de l'ampleur médiatique accordées au phénomène.» A preuve, à peine trois jours après avoir propulsé officiellement le livre — la troisième biographie lancée cet automne après les histoires de Mario Tremblay et de Yvon Deschamps —, le président décidait d’aller en seconde impression pour être en mesure de distribuer 20 (XK) exemplaires du livre, s’ajoutant aux premiers 35 000 déjà bien répandus dans les foyers québécois.Son rival dans cette histoire, la maison d’édition Libre Expression, présentait hier son nouveau-né, dont l’avenir s’annonce prometteur et la santé — financière du moins — plutôt bonne.Celine (la pointe du C majuscule sert ici d’accent aigu, le public anglophone n’y voyant là pas l’âme d’un petit trait oblique), seule biographie autorisée dans un lot de cinq biographies publiées au cours des derniers mois, est écrite ici par le journaliste Georges-Hébert Germain, connu pour le même genre de travail avec le hockeyeur Guy Lafleur.Commandant d’abord a l’imprimeur 100 000 exemplaires, un tirage initial inégalé semble-t-il dans le milieu de l’édition québécoise, Libre Expression attendra la semaine prochaine les premiers rapports préliminaires de vente pour décider si elle fera chauffer de nouveau les presses.L’heure est donc à la biographie.L’heure est à Cé — ou Ce — line, aussi.Sur la couverture du magazine L'actualité, qui compte Georges-Hébert Germain parmi ses collaborateurs, "Ix.livre!» est annoncé.«Georges-Hébert Germain a vécu un an auprès de la superstar.Il revient avec lu pure, la simple, la seule vérité.» Partout, donc, on n’en a que pour ce livre, multiplié par cinq puisqu’il en existe trois en français et deux autres en anglais.Alors que les prix littéraires foisonnent, quelques jours après l’attribution du Goncourt et peu avant le dévoilement des prix du Gouverneur général, ce sont les livres de Céline qui volent la vedette.«Il faut dire que les difficultés que vit le milieu de l’édition, au Québec, font que nous sentons le besoin de publier de plus en plus ce genre de livres, explique Jacques Fortin, qui compte deux projets de biographies pour la prochaine saison.On en publie parce que les gens aiment ça et pour se donner les moyens d’en publier d’autres qui connaîtront un succès moins considérable.» Chez Québec/Amérique, dont 80 % de l’activité se situe hors des frontières du Canada, la pénétration de Céline, une femme au destin exceptionnel dans une dizaine de pays (les contrats ont été conclus à la récente Foire de Francfort) assurera en plus à la maison d’édition des rentrées financières beaucoup plus importantes que celles reliées au seul marché québécois.Chez Libre Expression, qui nous apporte une Celine après avoir déjà proposé les univers de Lise Payette et de I vieille I easdale, 1 éditrice Carole Levert ne croit pas que 1 on nage ici dans un phénomène hors du commun.D’ailleurs, explique-t-elle, ce n’est pas d’hier que la maison s’intéresse aux écrits des biographes.«Je dirais qu'avec le roman, c’est l’un des genres les plus stables qui soit.Nous assistons peut-être à des courants populaires un peu plus forts que d’autres, qui font que les biographies se retrouvent soudainement en plus grand nombre dans les librairies, mais je suis sûre que c’est surtout attribuable à la personnalité elle-même et à son importance», explique-t-elle, précisant que la biographie a toujours été un genre favorisé par les lecteurs.La maison en publie d’ailleurs une ou deux par année.Preuve que le lectorat se gave de ces épanchements de l’âme, l’an dernier, au Salon du livre de Montréal, six des dix livres en nomination en vue de l’obtention du Grand Prix du public relevaient soit de la biographie, soit de l’autobiographie: ici un Riopelle, là le parcours extraordinaire de la patriote Julie Papineau, ici encore Pays sans chapeau, de I )any Laferrière, et puis Pleurires de Jean Lapointe, Le Tour de ma vie en 80 ans, de Marguerite Iœscop et enfin La Nuit des princes charmants, de l’auteur Michel Tremblay.Dans les librairies, le boom, des biographies provoque des changements de décors.A la librairie Pantoute, sise dans le Vieux-Québec, on a dû récemment réaménager le secteur des biographies tant elles étaient nombreuses.Chez Champigny, rue Saint-Denis, à Montréal, la décision de créer une section «biographies» il y a six ou sept ans s’est imposée également à cause du nombre et de la popularité auprès de la clientèle.«Ims gens nous le demandent, c'est un fait, explique Da: niel Dompierre, libraire chez Pantoute.Ils sont à la recherche de ces biographies qui vous permettent de faire le tour d’une époque tout en apprenant sur un personnage.» «Je remarque une amélioration de la qualité dans les biographies que nous recevons, explique René Vaillancourt, libraire chez Champigny.Alors qu’il n’y a pas si longtemps on rédigeait ces livres très rapidement, on sent aujourd'hui un souci de qualité.» Avant que ne dégringole l’avalanche des biographies de Jacques Villeneuve, il y a fort à parier que l’industrie du livre, tous acteurs confondus, y trouvera son compte pendant la période des Fêtes, où la biographie, quelle qu’elle soit, se glissera très bien sous l’arbre de Noël.Dans les coulisses, certains distributeurs nous disent avoir la conviction profonde que les gens ont attendu la venue de «certaines» biographies avant de mettre la main au portefeuille.Allez savoir lesquelles!
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