Le devoir, 5 novembre 1997, Cahier A
V o L .I.X XXVIII N " 2 r> 2 T I’ s + T \' y I 0 I! (I x I II -+ FONDE EN 1910 DEVOIR M (I N T 15 K A I., I.K M K II C II E I) I 5 N 0 V K M 15 I! E I !» !» 7 N S e I $ Ch r is t ia n K i o il x PERSPECTIVES Autour du bivouac Comme à tous les ans, la France se remet à jouer à Mai 68 A en croire les écrans de télévision, la France est envahie depuis quelques jours par une bande de scouts qui font du camping dans tout le pays, lancent des cris de ralliement autour d’immenses feux de camp et chantent des chansons de corps de garde sous les étoiles.Entre ces scènes de liesse, les envahisseurs jouent à cache-cache avec la police sur les voies rapides.Ils paralysent l’entrée des villes, bloquent les autoroutes et organisent de vastes opérations escargot destinées à faire rendre l’âme au banlieusard qui se ronge les sangs en regardant sa montre.Tel est le portrait des 140 barrages routiers qui paralysaient hier toutes les grandes artères du pays.En fait, les routiers ne sont pas en grève.Ils en ont plutôt contre tout ce qui bouge.Alain Madelin, président de Démocratie libérale, n’hésite pas à parler d'«insurrection», l’essentiel consistant à paralyser les raffineries de pétrole tout en bloquant l’approvisionnement des grands centres.Préparée de longue date, l’opération a été particulièrement efficace.Douze des treize raffineries françaises et la plupart des zones industrielles sont assiégées.Dans de nombreuses régions, les deux tiers des stations-service sont déjà fermées, les ports et les frontières ont aussi été bloquées.Renault a dû interrompre le fonctionnement de ses chaînes de montage.Les grandes chaînes de distribution avaient prévu le coup en stockant des produits non périssables.Grâce à la panique qui gagne les consommateurs, les épiciers font des affaires d’or.Mais les denrées périssables devraient bientôt com-x.* * * mencer à manquer.Malgré les appels à la paix, ces vastes foires d’empoigne représentent une tradition dont la France ne parvient toujours pas à se débarrasser.Le fabricant de jouets Jean-Louis Berchet rappelait qu’il ne peut livrer normalement sa production à moins de deux mois de Noël pour la troisième année consécutive.L’événement a de quoi surprendre l’étranger de passage.Et pas seulement le Nord-Américain habitué à des rapports sociaux plus policés.Même les Espagnols et les Italiens, qui s’y connaissent pourtant en matière d’agitation sociale, n’en reviennent pas.Ils sont d’ailleurs parmi les principales victimes de cette guerre civile larvée.Le vocabulaire utilisé évoque d’ailleurs le conflit armé.Les routiers font des «blocus».Les consommateurs font des «réserves».Les grévistes se racontent leurs «faits d'arme» autour du «bivouac».Les postes d’essence pratiquent le «rationnement».Et les administrations «réquisitionnent» à qui mieux mieux.comme en 1939! Même l’Europe ne peut rien contre cet étrange rite autochtone.Le Conseil européen a rappelé que la libre circulation est le fondement de l’Union européenne.Tony Blair a demandé réparation.Les syndicats néerlandais ont muni leurs adhérents de formulaires bilingues pour se faire dédommager par la France.Cela n’a pas empêché le «camarade ministre» des Transports (communiste), selon les mots d’un représentant syndical, d’aller bivouaquer avec les grévistes.Pendant que la crème et les endives (c’est la saison!) pourrissent, les discussions ne vont pas mieux.Hier, la principale association patronale n’avait toujours pas montré son nez à la table de négociation.Dimanche, un accord semblait pourtant sur le point d'intervenir entre une association patronale minoritaire et la CFDT.Au programme: une augmentation de 5 % des salaires et un salaire minimum de 10 000 francs (2400 $) pour 200 heures de travail en l’an 2000.Mais à quoi bon, disent les grévistes, puisque les accords signés il y a un an n’ont pas été appliqués.Tel est en effet le paradoxe de ce conflit qui n'est que la répétition de celui de 1996.Une sorte de bégaiement de l’histoire, que la France regarde, impuissante.Tout le pays s’entend pour dire que les routiers subissent des conditions de travail pénibles.Des accords ont été signés, mais la base a perdu confiance.D‘ mouvement syndical fragmenté n’a pas la force de les faire appliquer.En France, où la formule Rand n’existe pas, seule une petite fraction des routiers est syndiquée.Ce qui explique leurs moyens d’action désespérés.Dans une profession où règne l’arbitraire, on n’en est pas à une infraction près.Ix's salariés redoutent de plus la libéralisation du transport des marchandises qui doit intervenir en Europe dès juillet 1998.Quant au patronat, il est à peu près aussi divisé que les grévistes.Le pari de Lionel Jospin consiste à tenter de faire s’asseoir tout ce monde à la même table en misant sur un règlement rapide.C’est un pari risqué dans un pays qui reste l’un des derniers analphabètes en matière de négociation, de respect des services essentiels et de médiation.Pour tenter de rassurer les grévistes, le premier ministre a annoncé que tout accord négocié serait étendu à l’ensemble du secteur, ce qui n’avait pas été fait l’an dernier.Son premier défi consiste à rompre avec la force de l’habitude.Il sait probablement que son prédécesseur, Alain Juppé, a perdu l’essentiel de sa crédibilité en ferraillant justement avec les routiers.Un écueil dont il n’est pas, lui non plus, à l’abri.M E T E 0 Montréal Ciel variable.Max: 11 Min: 2 Québec Ciel variable.Max: 8 Min: 0 Détails, page B 4 Agenda 1 N 1) K X .B (î Le inonde A 7 Annonces .B (i Les sports B 5 Avis publics.B 4 Montréal A 3 Culture .B H Mots croisés.B 4 Economie .B 1 Politique A 5 Editorial .A8 Télévision B 7 www.ledevoir.coin LES SPORTS Utgm MONTREAL De Jerez à Montréal, Six candidats au la fièvre se maintient, rectorat de l'Université page B 5 /.J de Montréal, page A 3 POLITIQUE Richard Le Hir à la recherche d'une troisième voie, page A 5 Québec impose son aide à Montréal Plutôt que le pacte fiscal promis, le gouvernement indique au maire comment combler son manque à gagner de 125 millions KATHLEEN LEVESQUE MARIO CLOUTIER LE DEVOIR Sans même sortir un sou de son portefeuille, le gouvernement du Québec vient à la rescousse de Montréal et orchestre la confection du budget de 1998, comblant du coup le manque à gagner de 125 millions auquel fait face la métropole.A un an des élections municipales, le maire Pierre Bourque parle d’un «geste extraordinaire» du gouverne- ment qui lui permet dans l’immédiat d’escompter des économies et de s’engager à éviter toute hausse du fardeau fiscal des contribuables montréalais.Or ces économies sont théoriques et en grande partie déjà connues.Il en va ainsi de la récupération de 6 % des coûts de la main-d’œuvre, que le gouvernement a fixée comme objectif à l’ensemble des municipalités dans le cadre du transfert d’une facture de 375 millions.Cette opération devrait permettre à Montréal une économie de 71 millions, somme à laquelle s’ajoutent 53 millions provenant de mises en commun à mettre en chantier.Outrée, la critique libérale pour Montréal, Liza Frulla, a qualifié les suggestions du gouvernement québécois de mise en tutelle de la métropole.«Je l’ai dit au mois de juin que la ville de Montréal était en tutelle.Aujourd’hui, c'est clair: c’est le gouvernement qui fait le budget de la Ville.Au lieu d’en arriver avec des solutions permanentes comme ils l’ont promis en 1994, c’est-à-dire un pacte fiscal pour que l’administration municipale ait les outils en main et se débrouille ensuite avec ses propres finances, ce qu'on fait, c'est VOIR PAGE A 10: AIDE Le guet Wm |M|ii iWHuxêtoi* " - .REUTERS LA CRISE entre l'Irak et l’ONU a connu un répit hier soir avec la décision de Bagdad de repousser son ultimatum et de ne pas expulser les experts américains du désarmement aussi longtemps que la mission de l’ONU sera à Bagdad.Les troupes américaines veillent, toutefois.On voit ici le lieutenant Michael Stone, de l'armée américaine, compléter les signaux d’instruction pour le lancement d’un chasseur F-14 au-dessus du golfe Persique.Nos informations en page A 7.Pourquoi les Français boudent-ils le cinéma québécois?CHRISTIAN RIOIJX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS Pouvait-on imaginer meilleur moment pour lancer un festival de cinéma québécois en France?L’événement, qui sera inauguré ce soir à grand renfort de ministres et de champagne dans un petit cinéma aux pieds de Montmartre, survient à un moment où le film québécois a rarement été en si mauvaise posture de ce côté-ci de l’Atlantique.L’événement, baptisé Cinéma du Québec, se veut la réplique hexagonale du festival du film français organisé par Unifrance le printemps dernier à Québec.Il caresse l’objectif de mettre fin à la période de disette que connaissent depuis plusieurs années les cinéastes québécois en France.Alors que la chanson conserve une place appréciable, que la littérature est estimée malgré sa faible diffusion, que le théâtre des Lepage, Chaurette et Marleau fut une révélation, le cinéma demeure le grand oublié de la culture québécoise en France.La preuve?Le dernier succès québécois sur celluloïd date pratiquement de huit ans.Il s’agit de Jésus de Montréal, de Denys Arcand, qui avait «Les Français se fichent du cinéma québécois, mais ils se fichent aussi des autres cinématographies» fait environ 300 (XK) entrées.Un résultat jugé décevant à l’époque, mais qui serait accueilli aujourd’hui comme une manne.Il faut dire que Le Déclin de l'empire américain avait dépassé tous les espoirs deux ans plus tôt, avec 1,3 million d’entrées! Depuis, la liste des films québécois sortis en France ressemble à une sorte de nécrologie aux titres baroques: de Léolo (J.-C.Lauzon) au Confessionnal (R.Lepage) en passant par Le Polygraphe (R.Lepage), sans oublier Eldorado (C.Bi-namé).Tous ces films n’ont guère dépassé quelques milliers (l’entrées.Ils n’ont souvent tenu l’affiche que deux ou trois semaines.Même la comédie de Michel Poulette, Louis 19, rebaptisée Reality Show et sortie simultanément dans 40 villes l’an dernier, fut un échec cuisant.Dans les clubs vidéo, on ne trouve pas une seule cassette de cinéma québécois.Le Déclin, qui passe régulièrement à la télévision, n’y est même pas disponible.La seule sortie québécoise qui s’approche de ce qu’on pourrait appeler un succès concerne un film plus que marginal: Chomsky, les médias VOIR PAGE A 10: CINÉMA 30 millions pour la relance de Mirabel Un plan trop optimiste, estiment les uns, trop frileux, répondent les autres FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR Aéroports de Montréal (ADM) se lance dans un ambitieux plan d’affaires pour développer l’aéroport de Mirabel.En plus d’offrir de nouveaux services à l’aéroport grâce à des partenariats avec le secteur privé, ADM investira dix millions de dollars supplémentaires pour stimuler le développement des secteurs touristique, tout-cargo et para-aéroportuaire.D'ici 2002, ce sont donc près de 30 millions de dollars — 20 millions déjà annoncés le 20 février 1996 et consacrés à diverses mesures incitatives pour les passagers et les transporteurs — qu'ADM aura investis dans la création de la nouvelle base d'affaires de l'aéroport de Mirabel.Finalement rendu public, hier, après des semaines de retard sur l’échéancier, le nouveau plan d’ADM ne laissera personne indifférent.Trop optimiste.Trop frileux.U‘s avis sont déjà partagés sur la question.Vingt-deux ans après l’inauguration de l’aéroport de Mirabel, auquel on avait promis mer et monde ainsi qu’un avenir paradisiaque, on est bien prêt à laisser la chance au coureur, mais le scepticisme reste de mise, mémoire oblige.Le plan d’ADM compte trois axes de développement.Dans un premier temps, ADM «vendra» Mirabel comme l’aéroport vacances par excellence à titre de porte d'entrée dans l’est de l'Amérique du Nord.La destination Québec, il va sans dire, sera privilégiée.Pour ce faire, ADM compte mener cet automne une campagne promotionnelle sur les marchés européen (allemand et britannique) et nord-américain.Pour asseoir sa stratégie, ADM a par ailleurs conclu une entente avec la firme Intrawest, propriétaire du mont Tremblant, afin que Mirabel soit l’aéroport vacances de Tremblant.Selon les termes de l’entente, Intrawest aura à VOIR PAGE A 10: MIRABEL Vers une guerre Québec-Ottawa sur l’eau potable LOUIS-GILLES I RANG Œ U R LE DEVOIR Le Bloc québécois a accusé hier le gouvernement fédéral de s’immiscer dans la gestion de l’eau potable au moment même où le gouvernement du Québec se lance dans l’élaboration d’une politique de l’eau en vue de mettre en valeur cette ressource naturelle par des exportations massives, un projet dont le réalisme est contesté, du moins à court terme.Le Bloc a centré son tir hier sur le nouveau projet de loi fédéral C-14, inscrit vendredi dernier au feuilleton des Communes.Ce projet de loi entend réglementer la «sûreté et l’efficacité des produits entrant en contact avec l’eau destinée à la consommation humaine ou utilisés pour la traiter».Le même projet de loi, s'il contrôle techniquement les seuls «produits liés à l’eau potable», prévoit cependant qu’Ottawa pourra édicter des «directives nationales sur l’eau potable», un domaine régi par plusieurs provinces.Ces directives nationales pourront définir les concentra-tions d’organismes et de substances présentes dans l’eau potable ainsi que les propriétés physiques et chimiques de cette eau à travers tout le Canada.Ottawa entend même indiquer aux provinces, qu’il aura préalablement consultées, ce que devraient être les qualités esthétiques de l’eau potable, les méthodes d’analyse ainsi que les règles régissant «le captage, le traitement, le stockage et la distribution de l’eau destinée à être soit bue par l’être humain, soit utilisée VOIR PAGE A 10: EAU Gilles Duceppe 778313000665 A ‘2 i.i: i» K v 0 i ü .i.!•: m k ii c h k h i r» x o v v.m it it k i CCEAE doit remplir trois objectifs: former une nouvelle génération d’experts des réalités allemandes et européennes; favoriser et entreprendre des recherches sur l’Allemagne et l’Europe sur lesquelles il est chargé de fournir à la société canadienne une «connaissance adéquate et approfondie».\ Cosmos et Karmina parmi les finalistes dans la course aux prix Génie LE DEVOIR Les films québécois Cosmos et Karmina se retrouveront aux côtés de The Sweet Hereafter, Kissed et The Hanging Garden comme finalistes dans la catégorie meilleur film pour les 18l prix Génie.La liste des lauréats sera dévoilée le 14 décembre au Westin Harbour Castle de Toronto où se déroulera la cérémonie couronnant les artisans du septième art canadien.Le jury était composé de 60 membres de l’Académie.The Sweet Hereafter d’Atom Egoyan (déjà primé à Cannes) se retrouve à la tête du peloton avec seize nominations, dont meilleur film, meilleure réalisation, meilleures images et meilleurs acteur et actrice pour Ian Holm, Sarah Folley et Ga-brielle Rose.Karmina, film.vampi-rique de Gabriel Pelletier, arrive au deuxième rang avec onze nominations: meilleur film, meilleure réalisation, meilleures images, meilleur montage, meilleur actrice pour Isabelle Cyr, etc.Onze nominations également pour The Hanging Garden de Thom Fitzgerald (qui créa l’événement au dernier festival de Toronto avec cette histoire d’homosexuel revenant au pays), dont meilleur film, meilleure réalisation et meilleur montage.Im Comtesse de Baton Rouge d’André Forcier en a récolté dix, dont meilleur acteur poijr Robin Aubert, meilleure réalisation et meilleur montage.iv Kissed de Lynne Stopkewich, étonnante production sur fond de nécrologie, récolte sept nominations, L'impressionnante Nuit du déluge de Bqr-nar Hébert en a reçu quatre (dotit meilleures images, meilleure direction artistique) et le collectif Cosmos deux, tout autant que Le Siège fie l'âme d’Olivier Asselin et L'Homme idéal de Georges Mihalka.La Plante humaine de Pierre Hébert, La Vengeance de la femme en noir de Roger Cantin et Im Conciergerie de Michel Poulette se contentaient d’une seule nomination.: r 1 ission 1997.à9h' 1 COURS SECONDAIRE Pour garçons de la 1" à la 4' secondaire, mixte en 5' secondaire.Résidence Pour garçons de la 1" à la 5' secondaire et pour filles en 5; secondaire.Programme sportif varié et performant 13 sports au choix et un programme de sports d'élite qui regroupe 230 élèves.Collège Jean-de-Brébeuf 3200, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal (514) 342-9342, poste 231 Télécopieur : (514) 342-2676 - *' , e .Le Collège Jean-de-Brébeuf offre aussi le cours collégial.LE DEVDIF n o publié le 14 novembre prochain! I.E I) E V OIK.L E M K It ( It E I) I X (I V E M B It E I !) I) 7 A .") ?LE DEVOIR ?POLITIQUE Souveraineté et fédéralisme : entre peste et choléra Le Hir propose une commission Bélanger-Campeau % pour chercher une troisième voie y.br MICHEL VENNE DE NOTRE.BUREAU 4‘>s DE QUEBEC -VA Le régime fédéral canadien aussi bien que la souveraineté ont perdu leur légitimité au Québec, écrit l’ancien :ministre péquiste Richard Le Hir dans un livre paru hier, au point où l’avenir i du Québec semble réduit à «un choix entre la peste et le choléra».Pour sortir -de la crise, il suggère de créer une nou- ' ivelle commission non partisane sur le modèle de la commission Bélanger-Campeau.il La légitimité du régime fédéral a depuis longtemps perdu sa légitimité au "Québec, affirme le député d’Iberville, rqui est devenu souverainiste, en 1994, justement pour cette raison, et qui ne voit «pas grand espoir» de voir la situation se corriger rapidement, à la lumière de l’inaction d’Ottawa.¦ H Mais à l’occasion du dernier référendum et depuis lors, l’option souverainiste a à son tour accumulé un «important déficit» de légitimité qui compromet les chances de reformer la coalition sans laquelle le projet est voué à l’échec.Dans l'essai publié chez Stanké (La Prochaine Étape: le défi de la légitimité), l’ancien président de l’Association des manufacturiers adresse plusieurs critiques à Jacques Parizeau, dont il raille «l’arrogance intellectuelle et la fatuité» avant de conclure qu’il a perdu toute légitimité.i > \a faute la plus grave commise par M.Parizeau, de l’avis de M.Le Hir, -sont les paroles prononcées le soir de la défaite sur «l’argent et les votes ethniques».L’auteur évoque un effet jusqu’ici ignoré de ce discours revanchard: «Quand M.Parizeau déclare que son option a été défaite par les “votes ethniques”, ne se trouve-t-il pas à admettre que les Québécois ne forment pas un seul peuple mais qu'il y a, en fait, plusieurs peuples sur le territoire du Québec?» -a Selon l’ex-ministre, M.Parizeau a ainsi sapé la légitimité de la notion de Ipeuple québécois pour en conférer une ¦à! l’idée que le Québec pourrait être composé de plus d’un peuple et qu’en conséquence chacun de ces peuples pourrait évoquer son droit à l’autodétermination sur une portion du territoire du Québec.Ce qui pourrait rendre fflus difficile l’obtention de la reconnaissance internationale.«Jacques Parizeau a ouvert une boite de Pandore et place sur la défensive le gouvernement d’un Québec qui accéderait à la souveraineté sans le soutien des minorités.» Pour sortir de cette crise de légitimité, M.Le Hir, qui fut responsable des études préréférendaires dans le gouvernement Parizeau en 1994 et 1395, propose au gouvernement Bouchard de créer une nouvelle commission non partisane, du genre de la com- mission Bélanger-Campeau, pour réexaminer les options et, le cas échéant, proposer une troisième voie.Selon lui, l’échec de son option au référendum de 1995 force le gouvernement à la neutralité.Les Québécois ont donné une autre chance — même si ce n’est pas une grosse chance — au Canada, affirme M.Le Hir.Il s’agit de remettre le processus sur ses rails à partir des résultats.Le faible écart entre le OUI et le NON en 1995 < justifierait pleinement le gouvernement de mettre sur pied une commission non partisane».Ce livre est une tentative de comprendre comment le camp du OUI a pu perdre le dernier référendum «quand on sait combien la situation du camp fédéraliste était précaire et quel déficit de légitimité il avait accumulé sur une période de plus de cinquante ans».En remontant l’histoire jusqu’aux années quarante avec la conscription et l'instauration de l’assuranee-chômage, l’auteur cherche à identifier quels sont les critèçps sur lesquels les Québécois se sont appuyés pour juger de la légitimité des deux options.Il en vient à la conclusion que le critère primordial est celui de savoir laquelle des options est la plus susceptible de permettre à la société québécoise de continuer à progresser.Le progrès du Québec est l’unité de mesure.A cet égard, M.Ije Hir se laisse inspirer par une phrase de Robert Bourassa prononcée au lendemain de l’échec de Meech: «Pour nous, disait le premier ministre, la valeur suprême, c’est le progrès du Québec.Ijes formules politiques doivent être subordonnées au progrès du Québec.» L’auteur cite deux fois ce texte dans le livre pour en souligner l’importance.Pour juger de la légitimité des projets, les Québécois se poseront d’autres questions: «Quels risques présentent-ils?Peuvent-ils être surmontés?Comment et à quel prix?Quelle confiance peut-on accorder aux promoteurs des options en présence?La démarche proposée répond-elle aux exigences de la démocratie?Offre-t-elle des garanties de transparence?La question est-elle claire?Le résultat peut-il faire l’objet d'un détournement par les tenants de l’une ou l’autre des deux options?» Or, lors du dernier référendum, le camp souverainiste a gaspillé le capital de légitimité qu’il avait accumulé, en particulier depuis l’échec de Meech, et que lui avait conféré le gouvernement de Robert Bourassa en créant la commission Bélanger-Campeau et en adoptant une loi fia loi 150) sur la tenue d’un référendum sur la souveraineté.M.Le Hir fait une longue liste des bévues du camp du OUI.Il soutient que la stratégie souverainiste était conçue «pour limiter les dégâts peut-être irrémédiables qu'aurait pu causer un rejet trop brutal de leur option».Par contre, cette stratégie «faisait l'impasse totale sur les problèmes qu’aurait occasionnés une courte victoire».C’est pourquoi M.Le Hir «se réjouit» que le NON l’ait emporté.L’ancien ministre, qui a songé à démissionner durant l’été précédant le référendum mais qui s’y est refusé par peur de devenir le bouc émissaire d’une défaite (une raison qui ne le satisfait plus aujourd’hui, dit-il), s’en prend notamment à la question «compliquée et discutable» posée aux électeurs et dont le libellé montre un «manque total de transparence», déplore-t-il.A cet égard, M.Le Hir soutient que «M.Parizeau était convaincu que le Canada n’embarquerait pas dans le jeu des négociations [.] parce que le désordre politique qui résulterait d'un vote des Québécois en faveur de la souveraineté rendrait toute discussion impossible pendant plusieurs mois».«Une grande partie de la population pouvait ne pas avoir compris la portée de son vote», écrit-il.Le député d’Iberville a encore sur le cœur les «astuces» et les «homards» de M.Parizeau, le texte «pompier» de la déclaration de souveraineté.Il admet que le processus des études sur la souveraineté n’a jamais pu établir sa crédibilité.11 regrette que le bureau du premier ministre ait rejeté à l’époque l’idée de l’ex-ministre de créer un comité de sages pour assurer l’objectivité des études.L’ancien ministre écrit qu'il n’a pas voulu se servir de son bouquin pour «régler ses comptes» avec ses ex-collègues.Iœ livre, que l’auteur qualifie de «la seide vraie étude Le Hir», compte 320 pages.Mais l’essai, de lecture facile, ne compte que 170 pages.Le reste, ce sont des annexes, un regrou|x?ment utile de plusieurs textes importants, du texte de l’Accord du lac Meech à celui de la Loi sur l’avenir du Québec de 1995.la boutique de plomberie DÉCORATION 25 25e avenue et 640 ouest St-Eustache, tél.: 473-8492 Internet: www.decor25.com Faut voir.les magnifiques produits Acrylica parmi le 30 salles ac bains en démonstration.Les lignes directrices sur les PENSIONS ALIMENTAIRES POOR ENFANTS Les enfants d’abord En vigueur depuis le ltr mai 1997, les lignes directrices sur les pensions alimentaires pour enfants : • déterminent le montant minimal que devrait payer le parent versant une pension alimentaire pour er/ants, et ce, en fonction de ses revenus, du nombre d’enfants concernés et des lois applicables dans la province ou le territoire où il réside ; • permettent de fixer des montants de pension alimentaire de façon juste, prévisible et uniforme, et ce, dans f intérêt des enfants.Pour connaître les modalités d’application des lignes directrices sur les pensions alimentaires pour enfants lorsque les deux parents résident au Québec, composez le : 1 800 363-1363 (Communication-Québec) (418) 643-5140 (Ministère de la Justice du Québec) Si l’un des deux parents réside à l'extérieur du Québec, les lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants sont alors applicables.Pour toute information, appelez sans frais au : 1888 373-2222 Visitez notre site Internet : http://canada.justice.gc.ca m m Ministère de la Justice Department of Justice ¦ T^11 Canada Canada Canada Accès élargi à l’école anglaise Dion résiste aux pressions Le comité mixte du Sénat et de la Chambre des communes chargé d'étudier la demande d'amendement constitutionnel devant faciliter la création de commissions scolaires linguistiques au Québec a terminé ses audiences hier.Le consensus en faveur du projet, les avantages qu'il représente pour la minorité anglophone et son adoption ne font plus de doute.Malgré cela, bon nombre de libéraux ont tenté d'arracher au ministre Stéphane Dion un engagement en faveur d'un accès élargi à l'école anglaise.MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Plusieurs membres libéraux du comité parlementaire chargé d’étudier le projet de modification constitutionnelle ont profité hier de la comparution de leur dernier témoin, le ministre des Affaires intergouvemementales Stéphane Dion, pour demander qu’Ottawa fasse pression en faveur d’un élargissement éventuel de l’accès à l’école anglaise.Leur démarche a été infructueuse.Le ministre, qui avait laissé entendre il y a deux semaines qu’il y serait favorable, a fait preuve de plus de prudence.Il a dit n’avoir aucun mandat du gouvernement jxmr se prononcer sur ce sujet.11 a répété qu’il s’agissait d'un tout autre débat et que l’amendement demandé n’altérait en rien les droits de la minorité anglophone prévus dans la Constitution de 1982.L’article 23 de la Charte g;u-antit l’éducation dans la langue de la minorité et la gestion des institutions scolaires là où le nombre de membres de la communauté minoritaire le justifie.Aucun de ces libéraux n’entend s’opposer à l’amendement.Mais pour Sheila Finestone, Nick Discepola et Jerry Grafstein, il fallait insister sur le fait qu’un volet de l’article 23 ne s’applique toujours pas au Québec, c’est-à-dire celui qui ouvrirait la porte des écoles anglophones aux immigrants de langue maternelle anglaise.Selon la Charte, seuls le gouvernement ou l’Assemblée nationale du Québec peuvent autoriser l’entrée en vigueur du paragraphe 23.1a.M.Dion a refusé de s’engager à faire pression sur le gouvernement québécois pour qu’il entérine ce paragraphe et a dit que le débat devait se faire au Québec.11 a toutefois précisé, à sa sortie, que «nous souhaitons que [le paragraphe] 23.la s’applique un jour».M.Dion a profité de son témoignage pour faire le bilan des audiences du comité et souligner le consensus dégagé autour de l’amendement en question.Ce dernier a reçu l’appui unanime de l’Assemblée nationale le printemps dernier.La modification permettra de soustraire Québec à l’obligation, prévue à l’article 93 de la Constitution de 1867, de maintenir des commissions scolaires catholiques et protestantes sur les territoires des villes de Québec et de Montréal et de permettre aux catholiques et aux protestants, là où ils sont minoritaires dans le reste de la province, d’exprimer leur dissidence au sein d’institutions séparées.Québec souhaite voir cette modification adoptée avant la fin de l’année afin de procéder à la mise en place de commissions scolaires linguistiques |x>ur le début de l’année scolaire 1998-99.M.Dion a souhaité respecter cette exigence.Iœ projet d’amendement semble assuré de passer.Seul le Reform s’y oppose.Les libéraux sont presque tous en faveur.Selon Nick Discepola, une quinzaine de libéraux pourraient voter contre, dont un ou deux députés du Québec.Le ministre Dion a reconnu qu’il «y a consensus mais pas unanimité» du côté gouvernemental.Le premier ministre Chrétien a d’ailleurs décidé de tenir un vote libre, comme dans le cas de Terre-Neuve l’an dernier.In première semaine d'audiences avait été dominée par des groupes opposés à l'amendement Le vent a tourné la semaine dernière avec la comparution de tous les intervenants majeurs du milieu de l'éducation et des ministres québécois Jacques Brassard et Pauline Marais.Le comité doit déposer son rapport vendredi mais on ignore quand la Chambre et le Sénat en seront saisis.KANUK J SOLDE D’ENTREPOT KANUK du mercredi 5 au lundi 10 novembre, 485, rue Rachel Est, Montréal Tout KANUK est en solde T Le Patrouilleur (-28°C) : rég.453 $ Le Grabuge junior : rég.460$ Le Castor junior: rég.287$ Le Carcajou Nous acceptons MasterCard, Visa, carte de débit et argent comptant Heures d'ouverture du Solde d'entrepôt KANUK Mercredi 5 nov.de 8h00 à 21h00 Jeudi 6 nov.de 8H00 à 21h00 Vendredi 7 nov.de 8h00 à 21h00 Samedi 8 nov.de 8h00 à 17h00 Dimanche 9 nov.de 8h00 à 17h00 Lundi 10 nov.de 8h00 à 18h00 VENTE DE GARAGE En plus 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de rehausser son attrait au-j ; près de la clientèle, a affirmé le direc-;: teur au développement de Mendes, Marc Du Sault, quelques minutes avant la cérémonie d’ouverture.* ; Il a expliqué que les quilles étaient : une activité de luxe en Chine.Une par-: : tie de quilles pendant une période de U pointe, en soirée, par exemple, peut coûter 45 yuans, soit environ six dollars canadiens.Le salaire annuel moyen est d’environ 2500 $ en Chine.Ce serait donc comme si un Canadien payait plus de 40 dollars pour une partie de quilles au Canada.La clientèle visée ne représente donc qu’une petite partie de la popula-., tion chinoise, mais comme cette population totale est de 1,2 milliard d’habi-* ¦ tants, une «petite partie» représente • beaucoup de monde, a déclaré M.Du , Sault.Il a affirmé que cette activité , connaissait un essor en Chine parce que c’était une nouveauté et qu’elle ; avait un aspect nord-américain fort attirant pour les Chinois.,, Des associations sont déjà en place, et leurs dirigeants rêvent d’en faire une discipline olympique.Les Chinois se voient déjà gagner des médailles d’or, a affirmé M.Du Sault.Il y a déjà environ 12 000 allées de quilles en Chine.Là-dessus, Mendes en compte environ 450, réparties dans 70 centres.L’entreprise, qui fait affaire en Chine depuis 1995, est sur le point d’ouvrir un bureau de représentation à Shanghai'.Mendes exporte 70 % de sa production, et 40 % de ces exportations sont destinées à la Chine.M.Du Sault a affirmé que deux grandes entreprises américaines étaient ses principaux concurrents en Chine.Il espère quand même se faire une niche grâce à son innovation technologique.Presse canadienne -110 LITIQ II E - Bouchard poursuit son travail de «commis-voyageur» Hydro-Québec et plusieurs entreprises signent des ententes en Chine MARIE TISON PRESSE CANADIENNE Pékin — Entre deux cérémonies de signature de contrats, le premier ministre du Québec Lucien Bouchard poursuit son démarchage à Pékin.«Je me sens comme un commis-voyageur qui met le paquet pour aller chercher le maximum, a-t-il déclaré aux journalistes hier, après une première cérémonie de signatures.Je discute avec les joueurs avec qui on peut prendre des décisions.» M.Bouchard a rencontré hier après-midi le vice-maire de Pékin pour discuter de façon générale du sens de la mission, mais aussi de dossiers particuliers.«On me passe des commandes», a-t-il déclaré.Ce matin, il doit rencontrer la mi- nistre du Commerce extérieur et de la Coopération économique, Wu Yi.Il doit également s’entretenir avec l’un des six premiers vice-ministres de Chine, Jiang Chunyun, et le ministre des Postes et des Télécommunications, Wu Jichuan.Il a expliqué que les autorités chinoises accordaient beaucoup d’importance à la caution morale apportée aux entreprises par les gouvernements occidentaux.Les Chinois aiment savoir que telle entreprise a la confiance de son gouvernement.«Ça nous surprend toujours.En général, le ¦ gouvernement n’est pas très aimé des entreprises dans nos systèmes occidentaux», a ironisé M.Bouchard.Le premier ministre a souligné que la compétition était féroce en Chine et qu’il n’était pas seul à jouer un rôle de commis-voyageur.«J'ai rencontré tout à l’heure par hasard le ministre-président de la Flandre, qui est ici avec une délégation de 90 gens d’affaires, avec des secteurs ciblés comme nous», a-t-il déclaré.Une importante cérémonie de signatures devrait avoir lieu cet après-midi.La valse des signatures a cependant débuté hier matin avec la conclusion de huit contrats et ententes.APG Solutions et Technologies a notamment signé un contrat de 4,5 millions au sujet de l’informatisation d’une aciérie.Ce projet devrait créer une centaine d’emplois au cours des trois prochaines années.Delta Management a signé deux contrats pour la construction de serres hydroponiques pour la production de laitue de Boston, d’une valeur totale de huit millions.ABL Canada a conclu un contrat de vente de systèmes de vidéoconférence pour 4,9 millions alors que le Groupe Paul Masson investira trois millions dans la construction d’usines d’embouteillage pour du vin importé et du jus de pomme du Québec.Système d'informations stratégiques a conclu une entente de deux millions pour la diffusion de l’information du marché chinois sur le marché mondial et le Groupe SM International a conclu un contrat sur une étude de faisabilité dans le domaine de la tarification de l’eau.Enfin, Hydro-Québec a signé une entente avec deux partenaires chinois afin de créer une coentreprise pour le développement d’une centrale hydroélectrique dans la province du Hunan.Le premier ministre Bouchard a affirmé que ce projet de 350 millions ne représentait que la pointe de l’iceberg.Il a expliqué qu’un des partenaires d’Hydro-Québec, la China International Water and Electricity Company, a été chargé de développer 300 000 mégawatts au cours des prochaines années.(Lire le texte ci-dessous) Par comparaison, tout le réseau québécois ne représente qu’une production de 40 000 mégawatts.«C’est astronomique, a-t-il déclaré.Hydro-Québec est très contente de l'entente, mais elle pense surtout au pied qu’elle a mis dans la porte pour les autres contrats énormes qui vont venir», a-t-il affirmé.La télévision nationale chinoise a diffusé des images de cette cérémonie pendant son principal bulletin hier soir, un bulletin cpii rejoint environ 100 millions d’auditeurs.Les missions commerciales permettent de forger des alliances nationales SYLVIANE TRAMIER Pékin — Percer le marché étranger, forger des alliances avec des compatriotes concurrents et établir des liens avec des clients nationaux potentiels, tel semble le triple objectif des missions commerciales à l’étranger, comme celle que le Québec conduit en ce moment en Chine.«Comment rencontrer autrement et dans de meilleures conditions le président-directeur général de la Société d’habitation du Québec?», demande le vice-président exécutif d’une société du bâtiment basée à Longueuil.Mais d’abord, il y a la concurrence étrangère à affronter.En Chine, elle est légion.Dans le hall de l’hôtel Kempinski, quartier général à Pékin du premier ministre du Québec et de la délégation qui l’accompagne, deux stands d'information se côtoient: à droite, celui de «mission Québec»-, à gauche, celui de «mission Flandre».L’une compte près de 200 chefs d’entreprise, l’autre, près d’une centaine.Ce sont les hasards du calendrier qui les ont fait se trouver en même temps et au même hôtel dans la capitale chinoise, mais comme le soulignait hier M.Bouchard, cela montre aussi combien «la concurrence est épouvantable» dans ce pays courtisé avec empressement et qui voit défiler chez lui les missions commerciales, grandes ou petites, venues d’Europe, d’Amérique, du Japon ou d’Australie.«Je me sens comme un commis-voyageur qui met le paquet» pour décrocher des contrats, a fait remarquer le premier ministre du Québec, qui venait de présider une cérémonie de signature d’accords et de protocoles d’accord entre entreprises chinoises et québécoises.Ces cérémonies de signatures, pièces de résistance des missions commerciales, sont attendues dans une fébrilité qu’un participant à «mission Québec» qualifiait «d'artificielle», tant il est vrai qu’elles ne constituent souvent qu’une étape protocolaire, certes indispensable, mais dans un processus long, débouchant éventuellement sur la réalisation d’un projet.Inversement, la non-signature d’un accord, ou d’un protocole d’accord, au moment où se déroule une mission commerciale appuyée par les gouvernements, ne veut pas nécessairement dire que le projet est tombé à l’eau.Un pied dans la porte Ainsi en va-t-il de deux des plus gros projets que le secteur québécois de l’énergie a en Chine.La société Hydro-Québec International a signé hier avec des partenaires chinois — China Water and Electricity Corporation et la société de développement hydroélec- trique de la province du Hunan — une lettre d’intention en vue de créer une entreprise conjointe pour mettre au point et réaliser une centrale hydroélectrique d’une capacité de 200 MW au Hunan.Le projet est évalué à 350 millions de dollars.Les négociations ont commencé en juin dernier et la venue du premier ministre québécois a permis d’en arriver rapidement à cette première étape.«Hydro-Québec a mis le pied dans la porte.Il reste des vérifications, des boulons à visser», a précisé le premier ministre.Des négociations à conduire, des obstacles — pas impossibles — à surmonter, il en faudra encore, d’autant que l’entreprise conjointe qu’Hydro-Qué-bec International a en vue est une sorte de première dans ce domaine avec la Chine.«L’objectif de la lettre d’intention est d’établir équitablement les retombées économiques pour chaque partenaire», expliquait hier André Caillé, p.-d.g.d’Hydro-Québec.Le projet prévoit qu’Hydro-Québec International détiendra un intérêt initial de 50 % dans l’entreprise conjointe.La Chine est en progrès, sur le plan des lois gérant les entreprises, sur la fiscalité des entreprises, mais il reste beaucoup à faire.Le statut d’entreprise en «joint ventu- re» est encore flou sur bien des points, en particulier pour les petites et moyennes entreprises.Four ce qui est des grandes sociétés comme Hydro-Québçc, le partenariat avec des sociétés d’Etat chinoises est encore pour la Chine une chose nouvelle qu’il convient de traiter avec la plus grande prudence et la plus grande patience.Dans le deuxième cas de projet majeur en Chine d’une société québécoise dans le secteur de l’énergie, aucun contrat, aucun accord, aucun protocole d’accord n’ont été signés à l’occasion de la visite du premier ministre du Québec.Ce qui ne veut pas dire que le projet ne soit pas avancé.Il s'agit du projet du consortium Trans-Asia Transmission, comprenant notamment Aseri Brown Boveri Inc.Canada, dont le siège est à Montréal, Manitoba Hydro, Power Technologies Inc.et Walsh Automation Inc., qui ont annoncé à Pékin la coopération d’une société chinoise et d’une société russe d’énergie pour un projet de liaison à courant continu électrique à haute tension entre la Sibérie et la région de Pékin.Le projet est évalué à plus de deux milliard de dollars.Il consiste en la construction de la plus longue ligne de transport d’électricité haute ten- sion en courant continu au monde, soit 2600 kilomètres.La société ABB, chef de file du consortium, fournirait les équipements pour transporter l’énergie de la Sibérie, en situation de surplus électrique, à la région de Pékin, en demande d’énergie.Le p.-d.g.d’Hydro-Québec International, Michel Clair, dont la société mère n’est pas membre de ce consortium, asr sistait néanmoins au point de presse donné à Pékin par Trans-Asia Transmission et se disait très intéressé à entrer dans ce consortium ixmr prendre p;irt à la construction et à l’exploitation de la ligne.«La pire chose qui pourrait nous arriver dans notre effort pour percer le marché chinois, ce serait la concurrence nationale», disait Witlo Hoville, vice-président de Trans-Asia Transmission.En d’autres termes, Hydro-Québec est le bienvenu ckuis le consortium, et les missions commerciales à l’étranger, curieusement, servent aussi à cela: à forger des liens entre les compagnies nationales concurrentes ou entre leurs clients potentiels.Réal Laporte, vice-président de Soprin AI )S, une compagnie de construction de bâtiments à efficacité énergétique basée à Longueuil, résumait en ces termes les objectifs des missions commerciales: «Une clé qui nous ouvre des portes à l’étranger et l’occasion d’établir des contacts à l’intérieur de la mission avec des partenaires ou des clients potmtiels.» «La concurrence est épouvantable», a souligné le premier ministre -1 it K® 'Mf&m Québec « Toute ma vie.j'ai lutté contre les préjugés.Pour moi.la Semaine québécoise de la citoqennetë est une occasion de plus pour apprendre à vivre ensemble avec nos différences.» Janette Bertrand Ruleure Coprésidents nationale PARTICIPEZ AUX ACTIVITÉS DE VOTRE MILIEU RENSEIGNEMENTS : Monïréal [S14] 873-2445 1 800 4GS-244S Laval-LaurenNdes-Lanaudiëre [S14] G81-2S93 1 800 37S-742G « Je vois dans la création de la Semaine québécoise de la citoqennetë une occasion d'affirmer que nous faisons tous partie de la société québécoise, et de reconnaître que nous avons tous contribué, que ce soit en tant que groupes, communautés, institutions ou individus, à modeler le Québec d'aujourd'hui.» Jach Jedinab Directeur général Congrès |uif canadien, région du Ouébec Coprésident national Monlérégie [S14] 928-7783 hrrp.//ujiuiu.mrci.gouv.qc.ca ou ou bureau de Communicafion-Ouébec de volfe région Gouvernement du Québec Ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration &) Desjardins \ I.E I» E V - Devoir fsl publié du lundi au samedi par I>• Devoir Inc.dont 1 • sièjfe social est situé au 2050.rue de Bleury, éta«e, Montréal, (Québec), H3A 3M9.il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.012, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et a diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Ij’ Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., VK).boulevard Saint-Martin Ouest, I^val.Envoi de publication — Enregistrement n*0858.Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec.AIDE «Un gros bout de pensée magique», dit le RCM SUITE I)E LA PAGE 1 qu ’on arrive avec des solutions à la pièce», juge Mme Frulla, une candidate pressentie à la mairie de Montréal.De son côté, le ministre des Affaires municipales préfère parler de collaboration soutenue avec la Ville de Montréal plutôt que d’imposition de solutions.«Le gouvernement du Québec a la responsabilité stricte d’accompagner la plus grande de ses villes et, surtout, le plus grand nombre de ses contribuables pour en arriver à un budget équilibré sans augmentation de taxes», a indiqué Rémy Trudel.La chef de l’opposition à l’hôtel de ville, la conseillère municipale du RCM Thérèse Daviau, voit dans l’annonce d’hier «un gros bout de pensée magique».«Quant à l’aide concrète, on n’a absolument aucune preuve de ça, ni dans les communications du maire, ni dans celles du ministre Trudel», a affirmé Mme Daviau.De fait, le ministre des Affaires municipales Rémy Trudel, qui présentait hier en commission parlementaire les crédits de son ministère, a annoncé qu’il permettait à Montréal d’inscrire à son budget de 1998 une économie de 71 millions dans les coûts de main-d’œuvre, soit 41 millions pour ses propres employés et 30 millions représentant sa quote-part à la Communauté urbaine de Montréal.Au même moment à Montréal, le maire Bourque faisait «un appel solennel» à ses employés pour qu'«ils comprennent le cul-de-sac dans lequel se trouve leur ville».La date-butoir pour en arriver à des résultats dans les négociations avec les syndicats a été établie au 25 novembre pour l’ensemble de la province.A Montréal, aucune discussion n’a été enclenchée.Pour ce qui est des 53 millions restants, le ministre Trudel a indiqué à Montréal la voie à emprunter: les mises en commun de services.La décision gouvernementale an- noncée la semaine dernière concernant la fusion des trois sociétés de transport de Montréal, Laval et de la rive sud va dans ce sens.En outre, Québec étudiera avec Montréal d’autres mises en commun possibles, comme les services de prévention des incendies sur l’île de Montréal.Mais les villes de banlieue ont déjà signifié une fin de non-recevoir sur ce dossier.De toute façon, s’il devait subsister une impasse financière pour boucler l’année budgétaire 1998, Québec «est disposé à examiner la possibilité d'une contribution pour couvrir ce solde».Chose certaine, Montréal risque d’être secoué par des bouleversements au cours des prochains mois, y compris les tiraillements avec les villes voisines.Le conseiller municipal indépendant Pierre Goyer estime qu’il s’agit surtout de vœux pieux qui sont loin d’etre réalisés.«Trouver de l’argent en faisant du ménage dans des services municipaux et ceux de l'île, ça va prendre une imagination folle ou un bouleversement des structures absolument fantastique», dit-il.Il reste néanmoins que le maire Bourque affichait hier une mine réjouie.D’abord devant l’ensemble des élus, puis devant les journalistes, M.Bourque a annoncé la teneur de cette «entente historique» avec le gouvernement après avoir démontré les problèmes structurels de Montréal, qui pèsent lourd sur sa santé financière.D’ailleurs, le ministre Trudel a annoncé la création d’un groupe de travail sur les déficits actuariels des régimes de retraite, qui étouffent Montréal à petit feu.En 2006, Montréal devra payer 185 millions à même son budget de fonctionnement.En 2016, la charge s’élèvera à 270 millions, et ainsi de suite jusqu’en 2045.Tout ça pour rembourser une dette contractée dans les années 1960 par le maire Jean Drapeau, qui fut exempté de contribuer aux régimes de retraite.«C’est un moment historique parce que c’est la première fois que le gouvernement du Québec comprend.Il corrige son erreur.[.] On a hypothéqué quatre générations jusqu’en 2045», a tranché le maire Bourque.Ce dernier a ajouté: «Si je réussis à régler ça, j’aurai été sûrement le meilleur maire qui n’a jamais passé ici.» Au plan comptable, le ministre Trudel permet également à la Ville de réduire à 1 % plutôt que 1,5 % la réserve pour imprévus.Parallèlement à ce geste, Rémy Trudel met sur pied un groupe d’analyse de la baisse anticipée de la valeur foncière que devrait refléter le rôle d’évaluation présenté en septembre 1998.Le ministre souhaite ainsi apporter des correctifs pour atténuer les effets de cette possible baisse.Par ailleurs, le ministre Trudel pense que la métropole doit se pencher sur la situation financière des sociétés paramunicipales qui œuvrent dans le secteur immobilier et qui ont généré un déficit de près de 600 millions.Il donne à la Ville jusqu’à la fin décembre pour trouver des moyens de réduire le volume financier autorisé pour ces sociétés.Tout cela fait dire à la députée Iiza Frulla que l’autonomie municipale est trahie par Québec.«Tous les Québécois se doivent de faire un effort pour la métropole.Notre maire n’est pas en position de négocier et Québec en profite et impose ses solutions», estime Mme Frulla.Le ministre Trudel réplique que son gouvernement veut aider Montréal, mais pas au détriment de l’ensemble des contribuables québécois.«Nous refusons d’arroser les problèmes financiers de la ville de Montréal avec de l’argent emprunté à tous les contribuables du Québec», a-t-il dit.MIRABEL SUITE I)E LA PAGE 1 la fois à Mirabel une vitrine commerciale et une nouvelle infrastructure d’accueil et de correspondance air-route pour les vacanciers à destination de Tremblant.Dans un deuxième temps, en ce qui concerne le transport cargo, ADM s’est associé à la firme espagnole Dxlesa pour mettre sur pied un centre de denrées périssables à l’aéroport de Mirabel.L’opération nécessitera un investissement de 2,2 millions de la part d’ADM.Doté d’un entrepôt frigorifique, le centre permettra de manutentionner le volume cargo à l’abri des intempéries.«Pour réaliser ce centre, nous réaménagerons certains équipements déjà existants et récemment acquis par une filiale d'ADM, Aéroports de Montréal Capital, à l’édifice A du complexe cargo», a expliqué hier le président d’ADM, Richard Cacchione.Selon lui, le secteur des denrées périssables est l’un des plus prometteurs dans l’industrie du fret aérien.«On entend exploiter ce créneau pour faire de Mirabel l'aéroport de référence dans ce domaine pour l’est de l’Amérique du Nord et le marché européen», a-t-il renchéri.Du côté des activités para-aéroportuaires, ADM s’est associé au transporteur aérien Air Transat pour exploiter à Mirabel une école de pilotage (simulateur fixe, salles de cours, etc.).Air Transat déménagera donc son centre de formation de Toronto à Montréal.Mais ce n’est qu’un début, a souligné M.Cacchione.C’est une première étape qui conduira, a-t-il dit, «à /’établissement à Mirabel d’un centre international de formation dans les domaines aéroportuaire et aérien».Toujours dans le secteur para-aéroportuaire, ADM a annoncé hier que la firme Tecksol, présente à Mirabel depuis 1986, s’est portée acquéreur d’un atelier de 7000 Ottawa (PC) — Le juge en chef de la Cour suprême, Antonio Lamer, s’est excusé auprès de la communauté chinoise pour avoir déclaré que les Chinois sont des «joueurs invétérés».Dans une lettre qu’il a fait parvenir au Conseil national chinois du Canada, le juge Lamer explique qu’il a simplement voulu donner un exemple de stéréotypes raciaux.Mais selon un porte-parole du conseil, Jonas Ma, le seul fait de donner des exemples hypothétiques de stéréotypes peut renforcer les vues racistes.«U posait une question hypothétique, mais même cette prémisse laissait beaucoup à désirer et était très offensante à notre avis», a déclaré M.Ma, qui est directeur exécutif du conseil.«Quand un juge parle, ses propos ont beaucoup plus de poids que s’ils étaient exprimés par quelqu’un de moindre mètres carrés qui lui permettra d’y produire des châssis ainsi que certaines composantes majeures des véhicules transbordeurs.Ces derniers seront ensuite vendus à des aéroports à travers le monde.Par ailleurs, bien qu’ils ne fassent pas partie du plan de développement de Mirabel, les projets de zone franche et d’hôpital international à Mirabel seraient toujours à l'étude.«Nous avons des discussions avec des partenaires potentiels, mais pour l'instant, ces deux projets sont à l'état embryonnaire», ont dit en substance M.Cacchione et la présidente du conseil d’administration d’ADM, Nycol Pageau-Goyette.Création d’emplois Selon ADM, les objectifs de son plan de développement ne sont pas trop optimistes «mais réalistes».Des chiffres?ADM compte faire passer le trafic de passagers annuel de 1,3 million à 1,7 million d’ici 2002, soit une augmentation de 400 000 personnes.Pour ce qui est du transport cargo, ADM anticipe également une forte croissance des activités.Avec une croissance annuelle de 5,6 %, on espère faire passer le volume de tonnes métriques de 72 000 à 126 777 d’ici 2002.Il va sans dire que cette augmentation des activités créera des emplois à l’aéroport: près de 2000 emplois directs et indirects, au chapitre du trafic de passagers, et de 350 à 500 emplois liés au transport cargo, selon les estimations d’ADM.Mais pour le maire de Mirabel, Hubert Meilleur, le plan de développement présenté hier par ADM est plutôt timide.«Ça va certes permettre à Mirabel de rester en vie, mais je pense que ce plan aurait pu être beaucoup plus agressif que ça.» Mais M.Meilleur n’est pas pessimiste pour autant.«C’est à ADM à faire maintenant ses preuves, a-t-il dit.On va laisser la chance au coureur.» statut.» Le conseil a déposé une plainte auprès du Conseil canadien de la magistrature à propos des commentaires du juge lamer, livrés alors qu’il entendait une cause appelée R.D.S.Pendant l’audience, le juge lamer a raconté qu’alors qu’il était avocat, il avait été partie dans des causes impliquant des Chinois et que ceux-ci étaient des «joueurs invétérés».Le juge lamer a fait parvenir une lettre au conseil pour expliquer que son commentaire avait pour but de faire comprendre, à l’aide d’un exemple, comment un juge pouvait causer préjudice à quelqu’un à cause de stéréotypes provenant de son expérience.«Je m’en servais pour expliquer qu ’il ne fallait pas tenir compte des stéréotypes lorsqu ’on jugeait de la crédibilité de quelqu’un, écrit le juge Lamer.Ce n’était certainement pas pour choquer qui que ce soit.» Grève des enseignants ontariens Les pourparlers entrent dans une phase décisive TOM BLACKWELL PRESSE CANADIENNE Toronto — Les pourparlers destinés à mettre fin à la grève des enseignants ontariens semblaient être entrés dans une phase plus sérieuse, hier.Pendant ce temps, le Conseil des relations de travail de l’Ontario était inondé d’appels de citoyens réclamant qu’on oblige les grévistes à rentrer au travail.Le juge James MacPherson de la Cour de l’Ontario a refusé lundi de donner suite à la demande d’injonction pré-sentée par le gouvernement de Mike Harris en vue d’obliger les 126 000 enseignants à mettre fin à leur grève illégale, tout en soulignant que n’importe quel conseil scolaire ou particulier pouvait demander au Conseil de mettre fin à la grève dans sa région.«Nous avons reçu énormément de demandes de formulaires de plaintes», a indiqué une porte-parole du conseil, üi Fédération des contribuables de l’Ontario encourage les gens à soumettre une requête en ce sens au Conseil des relations de travail et espère qu’au moins une de ces requêtes sera entendue cette semaine.Dans l’intervalle, les deux parties au conflit ont annulé les conférences de presse qui devaient avoir lieu hier, ce qui peut laisser croire à un déblocage des |x>urparlers, jusque-la peu fructueux.Aucune explication officielle n’a été fournie pour expliquer l’annulation des conférences de presse d’Ei-leen Lennon, la présidente de la fédération des enseignants de l’Ontario, et du ministre de l’Éducation, Dave Johnson.Mais de source bien informée, on indiquait que Mme Lennon et les dirigeants des cinq principaux syndicats d’enseignants se trouvaient autour de la table de négociation, peut-être pour la première fois depuis le début de la grève, il y a une semaine.Les discussions avaient repris dimanche, à la veille de la décision du juge MacPherson.Les enseignants en grève sont descendus dans la rue pour dénoncer le projet de réforme de l’éducation propose par le gouvernement Harris.I** projet de loi donnerait notamment au gouvernement plus de pouvoirs sur la gestion des écoles et de l’enseignement.Les syndicats d’enseignants craignent que la réforme vise en fait à annoncer de nouvelles coupes au budget du système d’éducation.Mais le gouvernement soutient que les changements qu’il met de l’avant sont nécessaires pour rehausser la qualité de l’éducation.Entre-temps, le puissant syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile a offert hier un prêt sans intérêt, à même son fonds de grève de 49 millions de dollars, pour aider les enseignants qui auraient de la difficulté à payer leur loyer ou leur hypothèque et leurs factures.Antonio Lamer s’excuse auprès de la communauté chinoise EAU «Nous avons agi tout en respectant le champ de compétence du Québec» SUITE DE LA PAGE I pour les soins du corps».la Loi québécoise de l’environnement prévoit depuis au moins 1978 l’approbation préalable par le ministère du même nom de tout équipement d’aqueduc et de traitement des eaux potables, ce qui englobe le devis des équipements.De plus, deux règlements définissent au Québec les normes régissant les réseaux d’aqueducs d’une part, ainsi que les eaux embouteillées d’autre part.Mais le Bureau de normalisation du Québec n’a pas voulu dans le passé certifier les matières ou les équipements sécuritaires pour l’eau potable, ce qui explique, par exemple, que des kilomètres de tuyaux enduits à l’intérieur de caoutchouc ou de goudron ont été utilisés même s’il est reconnu que certains de ces produits libèrent des substances peu recommandables pour la santé.Et tout récemment, le gouvernement Bouchard a annoncé dans le cadre de sa politique de déréglementation environnementale qu’il cessera d’autoriser préalablement les plans d’aqueduc et d’usine de traitement, laissant aux consultants et aux manufacturiers le soin de s’autocontrôler, ce qui laisse en réalité le champ libre au gouvernement fédéral.Sans compter que le gouvernement enlève progressivement ces responsabilités au MEF pour les donner à d’autres ministères à vocation économique, comme les eaux embouteillées qui ont filé au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPA), sous prétexte qu’il s’agirait d’un «aliment».Ixi projet de loi fédéral, a déclaré le leader du Bloc, Gilles Duceppe, est un bel exemple d’intrusion en douce dans un domaine de compétence clairement provincial, soit les richesses naturelles.«Ottawa, dit-il, a compétence pour intervenir sur les eaux souterraines des nappes situées sur les frontières.Mais avec son projet de loi, il étend son emprise a toutes les opérations relatives aux eaux qui n'ont rien à voir aver les frontières sous prétexte de sécurité et de santé publique.Ça arrive curieusement au moment où s’amorce au Québec un débat sur la politique de l’eau.Même si le texte de la loi s’en tient aux produits liés à l’eau potable, on entre en outre, et du même coup, dans la fabrication et le commerce de nombreux produits car on touche du même coup à toutes les eaux utilisées dans la fabrication des jus, des alcools, des produits alimentaires, etc.A partir d’un texte aussi explicite, il suffira qu’une société commerciale ou un individu plaide devant les tribunaux la priorité constitutionnelle des pouvoirs fédéraux dans ce domaine pour qu’on assiste à un nouvel empiétement, comme il y en a eu plusieurs depuis des années.» Pour sa part, le parrain du projet de loi fédéral, le ministre de la Santé Allan Rock, a répondu aux questions acides des députés bloquistes en disant que «nous avons agi tout en respectant le champ de compétence du Québec et de toutes les autres provinces.En fait, nous avons discuté avec mes homologues, avec les représentants provinciaux, des aspects de ce projet de loi, et c'est bien reconnu que nous avons agi pour faire face à une situation, un défi devant toutes les juridictions au Canada |sic]».Ix; ministre Rock devait rendre publique une lettre adressée en septembre 1995 à Santé Canada par Michèle Bélanger, de la Direction de la protection de la santé publique du ministère québécois de la Santé et des Services sociaux.Mme Bélanger, qui ne connaissait pas le projet de loi déposé aux Communes vendredi dernier, précise qu’il «m’est difficile de donner un avis pertinent» sur cette question parce que le dossier relevait alors du ministère de l’Environnement et de la Faune (MEF).Mais après discussion avec des collègues du MEF, elle précise qu’«i7 semble qu’il y ait un intérêt de la part de ce ministère» pour une législation fédérale sur les dispositifs de traitement de l’eau potable, les additifs de traitement et les éléments d’adduction.D’autant plus, précise-t-elle, que le Bureau des normes du Québec «ne certifierait que des dispositifs de traitement d’eau potable en plastique».Le projet de loi fédéral viserait tout appareil ou article destiné à modifier la composition de l’eau potable, lout élément d’un réseau d’alimentation et toute chose désignée comme un «produit lié à l’eau potable».Ixs produits en question devraient être certifiés conformes aux normes fédérales pour être vendus et le non-respect de cette disposition, ou l’ajout de produits aseptisants dont l’innocuité n’aurait pas été testée au Canada, entraînerait possiblement un interdit de vente ou d’importation.Le défaut de se conformer à ces normes ou l'usage de faux pour y prétendre pourraient entraîner une infraction au Code criminel.Iœ projet de loi prévoit des amendes pouvant atteindre 100 000 $ et entraîner un emprisonnement de six mois.C-14 donne au ministre fédéral de la Santé le pouvoir d’interdire la vente ou l’importation d’un «produit lié à l’eau potable» s’il a des motifs raisonnables de croire qu’il présente des risques pour la santé humaine.Le gouvernement se donne le pouvoir d’édicter des normes régissant ces «produits liés à l'eau potable», ce qui lui permettra notamment d’en régir la fabrication, l’entreposage, l’emballage, l’étiquetage, la publicité, la manipulation, le transport, l’importation et l’exportation ainsi que les registres de vente.Les directives nationales, quant à elles, couvriront un champ beaucoup plus large et toucheront à la qualité des eaux potables importées, exportées ou affinées ici même.C’est surtout à ce niveau que plusieurs provinces occupent déjà le terrain, comme au Québec.Trois provinces ont manifesté jusqu’ici un intérêt pour des exportations massives d’eau potable.Outre le Québec, qui se prépare à réglementer le captage de ses eaux souterraines en plus de se doter d’une nouvelle politique générale sur l’eau, la Colombie-Britannique a débattu à plusieurs reprises de projets d’exportation d'eau potable en vrac vers les États américains du Sud.L’Alberta a pour sa part jonglé avec un projet de détournement d’une de ses rivières vers des voisins américains assoiffés.< f D1C
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