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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-10-25, Collections de BAnQ.

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FORT.TÉREZ MONTCALM, MCA ______________16,'" 5.DÉMÉNAGE.DARAN.WARNER _____________________________ 17,''" Pop Anglophone I THE BOOK OESECRETS, I.OREENA MCKENN1T, WARNER ________ 16/'" 2.PORTISHEAD, PORTES! IKAD.HGS________________________ 17/'" 3.CANDLE IN THE WIND.ELTON JOHN, PGS _________________ G/1' 4.TIME OUT OF MIND, BOB DYLAN, SONY ___________________ 18/'" 3.SEVEN YEARS IN TIBET.TRAME SONORE, SONY_____________ 17,*" SUGGESTIONS LA llORONA Lhasa tic Scia SELECT DANS IA MEMOIRE LONGTEMPS IVIIx Leclerc MUSICOR/GAM LE SECRET Quillco/Lefèvre KOCH MARTIN BILODEAU Du meilleur et du pire en cette semaine qui voit arriver sur les tablettes tout autant Batman que Sidney Lumet, des comédiens remarquables que d’autres innommables.NIGHT FALLS ON MANHATTAN ***1/2 Dans ce qui se révèle être une brillante variation sur le thème de Serpico, Sidney Lumet explore les dilemmes moraux que rencontre un jeune procureur new-yorkais (Andy Garcia) qu’un procès retentissant et des circonstances favorables ont élevé brusquement au titre de procureur général de Manhattan.Sa première mission, à la demande d’un avocat (Richard Dreyfuss), l’amène à démanteler un réseau de policiers acoquinés avec les caïds de la drogue.L’enquête le conduit bientôt chez son propre père (Ian Holm, excellent), policier retraité.«Un acte pur est-il possible aujourd’hui?Où se dessine la frontière entre le compromis honnête et le bris fracassant des idéaux?», questionne Lumet dans ce film où un homme honnête est pris dans un engrenage politique où ce qui est bien et ce qui est mal n’a plus la même signification.De forme conventionnelle mais mis en scène avec brio, porté par un Andy Garcia qui relève ici son premier véritable pari d’acteur, monté avec énergie et subtilement mis en musique par Mark Isham, Night Falls on Manhattan est un excellent mélodrame judiciaire, produit d’un cinéaste à l’écoute des scandales récents qui ont bouleversé l’opinion publique américaine et qui sait, à travers un divertissement hollywoodien, articuler une réflexion intelligente sur la société contemporaine, comme plusieurs — dont lui-même — le faisaient dans les années 70.THE VAN ?Après The Commitments et The Snapper, The Van vient compléter la trilogie de Barrytown, ville ouvrière d’Irlande imaginée par l’écrivain Roddy Doyle.Réalisé par Stephen Frears, qui avait déjà réalisé le (plus) puissant The Snapper, The Van raconte l’histoire de deux pères de famille chômeurs qui prennent leur avenir en main en restaurant une camionnette à patates frites.Les affaires vont bien, mais l’amitié s’effrite.Les notions de dignité, d’amitié, de responsabilité et d’amour conjugal se mêlent, se conjuguent et s’annulent au gré du récit dont l’intensité dramatique est constamment défaite par l’indéfectible optimisme de l’auteur.Les excellents Colm Mea-ney et Donal O’Kelly forment par ailleurs un duo de potes irrésistible.ArtffGucu toMDDtfrtVf liNAÛU) TOMBE .•«¦Manhattan r* noir NOIR COMME LE SOUVENIR k k Jean-Pierre Mocky est sans contredit le plus iconoclaste des cinéastes français.Ce fier pourfendeur de la petite bourgeoisie hypocrite {Les Saisons du plaisir), qui,s’adonne à un cinéma de genre (À mort l'arbitre, Agent trouble) avec l’autodérision qu’on lui connaît, est passé à côté de son sujet avec Noir comme le souvenir, un polar émietté d’horreur dans lequel le souvenir de la petite Garance, enlevée puis brutalement assassinée 17 ans plus tôt, revient hanter Caroline Chine Birkin), sa mère remariée depuis.S’ajoutent à ces mystérieux signaux d’outre-tombe une série d’assassinats, apparemment reliés à l’affaire, qui forcent le détective (Jean-François Stevenin), amant de la meilleure amie de Caroline (Sabine Aze-ma, vraiment irritante), à rouvrir l’enquête sur la mort de Garance.Mocky n’a pas su soutenir le climat ambigu et abrasif qui marque certaines séquences, avec pour effet de déstabiliser l’intrigue et de ridiculiser ses personnages typés, enrubannés dans leurs contradictions.A vouloir frapper à droite et à gauche, en tournant en bourrique les riches châtelains, les détectives véreux et les pimbêches millionnaires, Mocky ne rend pas plus sympathiques ses héros, ni plus tangible leur drame, ni plausible le dénouement dont le choc fait plouf.BATMAN & ROBIN k k Ce quatrième épisode de Batman s’avère plus virtuel que jamais, seules les figures humaines émergeant de cette symphonie baroque d’images de synthèse qui renouent avqc l’esthétique de la bédé.A partir d’un scénario faiblard, aux répliques vulgaires et aux personnages sous-exploités, Joel Schumacher a réalisé une parodie qui balaie les fondements mêmes du personnage de Batman pour en faire un délicieux jet-setter.Seule la performance d’Uma Thurman (en Poison Ivy) rehausse ce film ennuyant, qui oscille entre le pire (Arnold Schwarzenneger) et le moins bon (George Clooney).NOWHERE k Cette démonstration lourde et prétentieuse sur la jeunesse en déroute raconte une journée dans la vie d’un jeune paumé de Iras Angeles (James Duval).Gregg Araki {'Ihe Living End) a réalisé un clip nocturne vide de sens, où la gravité du propos est sans cesse ridiculisée par le spectacle sordide et complaisant d’une réalité glauque servie à doses massives.Nowhere, qui se prétend un «Beverly Hills 90210 sur l’acide», n’est en fait qu’une critique fainéante et rac-coleuse d’un univers qu’Araki ne comprend pas.k\I BIRMS .S,\Pi\f A7EMA - ^ NOIR - ÇOvlMfi LE wSOJVEMIR 3 U •AN-PI HUit MOCKY M «OANttKSrtVltfS imk.iM TlilMHAIIfH le livre est meilleur le film Pour une fois vous ne pourrez pas Le répertoire is back! De Bambi à Zorba, l’ABC du cinéma: 12 000 titres, tous les films disponibles en format vidéo, 2 000 filmographies, 8 000 synopsis, des cotes d’appréciation, des commentaires critiques et les coups de cœur de David Lahaye, Gilles Carie, Michel Poulette, Dany Laferrière, Germain Houde, Yves Pelletier.l’espace manque pour tous les nommer.Le Guide vidéo 1998, pour faire bonne impression (lorsque posé suç votre table de salon ou de chevet, selon) et meubler vos conversations.IA BOITE NOIRE 380, rue Laurier ouest, 277-6979 (anciennement Arthi Vidéo) http://www.boitenoire.com 4450,.rue St-Denis, 287-1249 I.E I» E V OIK.I.E S S A M E I) I 2 5 K T I) I M A X ( Il E 2 (i O < T II I?Il E I !» !) 7 T H É A T R E n >TS li 7 S U K SCÈNE L’envers du decor « a yv-/, JEANCLAUDE IJVBKECQUE Claude Lemelin (son), Yves Desgagnés, Martin Ferland (décor) et Anne Duceppe (costumes).Yves Desgagnés écrit et met en scène une mécanique complexe et humoristique sur les coulisses du théâtre, mais aussi une métaphore sur la tragédie de l’abandon de la création québécoise.STÉPHANE BA1LLARGEON LE DEVOIR La scène de l’anecdote vécue se passe dans les coulisses du Monument-National, à Montréal, en 1978.Dans quelques minutes, les finissants de l’École nationale de théâtre du Canada (ÉNTC) vont jouer la dernière représentation de Im Nuit des rois, du grand Will.Soudain, le jeune Yves Desgagnés, mort de trac, comme tous ses collègues apprentis-comédiens, se retourne et voit sa maman, descendue de Québec pour lui faire une «belle surprise».La petite dame a deux cadeaux pour son fils: un cruchon de ragoût de pattes de cochon dans une main et les vieilles bottes d’hiver de son mari dans l’autre.Elle cherche un frigo, pose des questions à tout le monde, déclare que «tout a l’air ben plus l’fun de ce bord-citte» et qu’elle veut donc y rester, pendant que son fils, honteux comme jamais, tente de lui expliquer qu’on vient en coulisses après et pas avant la représentation.Deux décennies plus tard, cette vraie de vraie histoire truculente vient d’jnspirer une pièce au diplômé de l’ÉNTC Yves Desgagnés, qui prend l’affiche cette semaine chez Duceppe.Cette fois, toute la scène sera en arrière-scène, celle du Théâtre public, le soir de la dernière de l’œuvre Im Tragédie de l’enfant perdu, un «conte tragique», un four total.Sauf erreur, Im Nombril du monde a le mérite d’être la première pièce québécoise entièrement organisée autour de la simple et brillante idée de lever le rideau sur les coins et recoins du «plus beau métier du monde».«J’ai toujours trouvé que ça tenait de l’opérette ce qui passait en coulisses, même quand on joue un épouvantable drame, explique l’auteur qui mettra lui-même en scène son texte.C’est ridicule de voir un acteur en costume d’époque manger un Big Mac.C’est délirant de voir les tics que donne le trac.» Desgagnés a déjà cosigné Je tie t’aime pas et Les Nouilles, avec Louise Roy.«Je ne suis pas un vrai auteur, dit-il.Moi, j’aime faire des shows.D’une certaine manière, j’ai écrit un show au metteur en scène que je suis.» Justement, est-ce compliqué de «s’auto-diriger»?«J’ai surtout monté des classiques avec une énorme documentation de référence, sur les mises en scène passées ou des études savantes sur le texte.Cette fois, je suis dans la création pure, et franchement, c’est de loin l’affaire la plus excitante que j’ai fait dans ma vie.» Regarder Le Nombril.üi pièce est divisée en deux parties.Elle commence une heure avant le spectacle.C’est le temps de§ préparatifs et des crises d’angoisse.A l’entracte, le vrai pour les spectateurs de chez Duceppe, la pièce dans la pièce devrait débuter.Dans la seconde partie, on voit la dernière demi-heure de Im Tragédie de l’enfant perdu, puis le party de fin de production où sont tout de même servis des petits fours pour le grand.La scénographie étagée et réaliste de Martin Ferland va respecter cette division, avec au sous-sol des loges et au-dessus les coulisses du décor de la pièce dans la pièce.Plutôt structuré le Desgagnés, non?«Ça roule comme un Feydeau avec un million de péripéties, commente-t-il.Mais les références vont aussi de Im Bonne et du Théâtre des Variétés jusqu’aux productions intellectuelles et flyées.C’est très baroque.C’est une grosse pizza sur le théâtre.» Pas moins de quatorze acteurs sont en scène, dont Henri Chassé, Michel Forget, Maude Guérin, Pierre Le-beau, Patricia Nolin, Hélène Loiselle et Guy Provost.Ils incarnent les artistes et les artisans du spectacle, de l’habilleuse à l’ouvreuse, du jeune premier à la comédienne chevronnée, de la directrice artistique à l’auteur, même le critique perché dans un coin.Bref, tout «le nombril du monde» est là pour départager les responsabilités dans l’insuccès retentissant.Il ne manque donc que le public.Il y est, représenté par Madame Boily, jouée par Rita Lafontaine.«C’est en fait le pivot de la pièce et c’est un personnage vaguement inspiré par ma mère, explique Desgagnés.Ce n’est pas elle, mais le niveau culturel et l’allure de Mme Boily s’inspire de ma mère pour créer une sorte de madame Tout-le-monde qui parle aux gens de théâtre pour leur dire tout ce qu’elle pense et se fasse répondre avec la même franchise», ajoute le petit dernier d’une famille de onze enfants de la région de Charlevoix.Cette mécanique comique sert donc à parler du théâtre, celui que l’on fait, celui que l’on voit, mais aussi celui que l’on néglige et déteste.«Le portrait des coulisses sert de toile de fond à une confrontation entre le public, la critique et le milieu, explique l’auteur.Im moteur de toute la pièce, la question centrale, tourne autour des relations parfois infructueuses entre la création et la perception.J’ai toujours trouvé ça triste que des spectateurs s’endorment, sortent à l’entracte et jurent qu’on ne les y reprendra plus.Moi, j’adore le théâtre», ajoute celui qui a aussi beaucoup joué à la télé (L’Héritage, Montréal BQ., etc).«C’est un des derniers dinosaures artistiques, un des derniers lieux de communion réel et vivant de notre monde multimédias, informatisé, virtuel.» La tragédie de la création abandonnée L’homme de théâtre a aussi voulu parler de l’abandon, celui des êtres et celui des créations.Im Tragédie de l’enfant perdu, l’échec du 'Hiéâtre public, s’inspire d’un autre fait réel, celui d’un petit Québécois de quatre ans abandonné en Inde, dans un ashram, dans les tristes «tripeuses» années soixante-dix.«Son père lui a dit: “Reste avec la madame, je vais nous chercher à manger et je vais revenir avant le coucher du soleil”, explique Desgagnés.Il n’est jamais revenu et le petit gars a attendu pendant dix-sept ans, tous les soirs.» Lejeune est finalement revenu seul au Canada.Il s’est inscrit au programme d’écriture dramatique de l’ENTC — de l’anecdote comique à la tragique, on y revient.C’est là qu’Yves Desgagnés, devenu directeur de cette section de son aima mater, l’a croisé il y a quelques années.«Je lui est demandé de faire l’exercice d’écrire cette histoire autobiographique “à la maniè- re de Shakespeare”.Il l’a fait.Ensuite il s’est suicidé.» L’horrible récit sert de métaphore à «l’abandon du théâtre québécois, de la création québécoise».Ce qui ne manque pas d’audace puisque la création est intégrée à une saison entièrement nationale de Duceppe, soulignant son 25' anniversaire de fondation, avec un Tremblay, un ütberge, un Dubé, mais aussi un nouveau Michel Marc Bouchard, Im Chemin des Basses-Dangereuses.«C’est formidable de monter cinq auteurs d’ici, de me permettre de monter une pièce à quatorze personnages, sur un immense plateau, mais on ne va pas se gargariser: le problème est plus large, dit alors Yves Desgagnés, qui se déchaîne sur ce sujet en varlopant au passage les structures, le milieu et lui-même.«On est en train de se suicider et personne ne crie.On n’en a que pour le répertoire étranger, les classiques.Ims théâtres les plus subventionnés ne produisent que peu ou pas de textes québécois.Aucun auteur en bas de quarante ans n ’est joué actuellement à Montréal.C’est assez, le colonialisme!» Il relie aussi cette crise de création aux «trips personnels» des metteurs en scène, dont il fait partie, puisqu’il a déjà monté Tchekov, Miller et Williams chez Duceppe.«Mea culpa, avoue-t-il.On trouvait la situation du théâtre québécois déplorable dans les années soixante-dix; vingt ans plus tard la situation est bien pire.Je comprends que René-Daniel Dubois ou Michèle iMlonde n’écrivent plus: on les méprise.Dans ce cas, on tue l’enfant avant même qu’il naisse.» La mère d’Yves Desgagnés est morte il y a cinq ans.Elle ne verra donc pas ce qu’elle a un peu inspiré, malgré elle, à son comédien, metteur en scène et auteur de fils, qui sera à nouveau en coulisses, vendredi soir prochain, le trac au ventre.Icaro À la fin du spectacle, on regrette de ne pas avoir été le spectateur ou la spectatrice que Daniele Finzi Pasca choisit chaque soir comme partenaire de scène!.Magicien, auteur, concepteur, acteur, clown, acrobate, musicien, improvisateur, diablotin et fin psychologue, cet artiste accomplit sous nos yeux rien de moins qu’un miracle; avec des filets troués, des chaussures de clown, des bricoles, et la légèreté d’un sylphe.Ije miracle du théâtre, le miracle de plusieurs métamorphoses, dont celle des spectateurs à leur insu.Si vous avez eu la chance de voir Im Tragédie comique, le spectacle solo d’Yves Hunstad présenté ici il y a quelques années et si vous faites l’impossible pour voir Icaro, vous constaterez probablement que les deux spectacles puisent aux mêmes sources: celles de la ix>ésie.Hélas, seulement jusqu’à samedi à l’Usine C.Ensuite, en tournée à travers le Québec.Informations: 521-4493.Solange Lévesque La Maison Amérique Ce drame inqualifiable du Gallois Edward Thomas se révèle certes l’une des belles surprises de l’automne.Dans une mise en scène en forme de mise à sac d’une famille modeste, Martin Faucher insuffle à ce texte une vivacité et une démesure qui font plaisir à voir.Même la parfois trop sage Louise Turcot nous prouve de quel bois elle se chauffe dans ce spectacle à des kilomètres de l’esthétisme de bon aloi.D’ailleurs, tous les comédiens se surpassent dans cette petite production où une tribu apprend à ses dépens ce qu’il en coûte de ne pas assumer fie manière responsable son identité.A La Licorne jusqu’au 8 novembre.Hervé Guay La LNI La LNI met en présence l’imprévu, la vivacité d’esprit, l’humour, avec un peu de chance beaucoup d’invention et donne parfois lieu à de belles constructions dramatiques sur la glace imaginaire d’une patinoire où douze joueurs évoluent, seuls ou à plusieurs.Le match de samedi dernier a donné lieu à de grands moments, en particulier avec Sylvie Legault, Gaston Lepage, Marie Michaud, Claude la Roche et Denis Bouchard: celui de lundi a permis à Gilles Vigneault de faire preuve d’un grand savoir-faire en improvisation chantée.Ces affrontements joyeux ont lieu au Medley, dans le cadre du 29 anniversaire de la LNI.Des matchs très prometteurs sont encore à venir, dont l’un avec les joueurs européens samedi.S.L.La Raccourcie Un fils part à la recherche de son père qui s’est réfugié en forêt et y vit depuis cinq ans.Pour le retrouver, il remonte le cours d’une rivière appelée la Raccourcie.Leurs retrouvailles donneront lieu à des dialogues corsés, et les deux arriveront enfin à pouvoir se parler et s’écouter.Cette pièce créée au Théâtre les Gens d’en bas au Bic est l’œuvre de Jean-Rock Gaudreau, un jeune auteur de 25 ans qui fait déjà preuve d’une grande-puissance dans l'élaboration de ses dialogues et qui possède un sens instinctif de la structure dramatique.La mise en scène de Marie-Louise L-blanc permet à l’univers de Gau-dreault d’occuper son espace vital.Au Théâtre les Gens d’en bas, le Bic, jusqu'au 8 novembre.S.L.Décadence L'heure est au théâtre britannique et le QuafSous n’y échappe pas, qui présenté Décadence de Steven Berkoff.Un auteur qui mise sur un langage or-durier et des métaphores osées |x>ur dénoncer la vulgarité de la haute bourgeoisie britannique et de ceux qui l’imitent.En fait, il n’est question que de fric et de sexe dans Décadence, qui donne la vedette àjean-loiuis Millette et, surtout, à Monique Miller dont c’est sans contredit l’un des grands rôles au théâtre.A la mise en scène, on ne sent pas Serge Denoncourt aussi à l’aise que d’habitude.11 propose du reste une finale mièvre à cette pièce coup de ]x>ing.Bref, une production qui demeure un |x-u trop d;uis les limites de la bienséance si l’on excepte Monique Miller dont la prestation vaut à elle seule le déplacement.Au QuafSous jusqu’au 22 novembre.H.G.La Peau des yeux Carole Nadeau du Pont Bridge propose surtout, avec Im Beau des yeux, un dispositif scénique ingénieux.Constitué de deux plateaux et de nombreux miroirs, elle crée ce faisant de belles images.Mais le conte fantastique et la quête identitaire auxquels elle nous convie repose, à mon avis, sur un symbolisme ambigu qui ne pèche pas par excès de modernité.Heureusement, deux interprètes consciencieux, Dominique Quesnel et George Krump, ramènent un peu sur terre cet exercice vaguement ésotérique.A l’Espace libre jusqu’au 1" novembre.II.G.Quai Ouest Koltès a été bien mal servi à l’Espace Go par Alice Ronfard.Sa mise en scène est truffée d’obscurités et d’à-peu-près.Au chapitre du langage notamment, elle n’a pas su trancher entre un argot littéraire et des accents plus métaphysiques.Surtout, Stéphane Demers n’avait pas l’étoffe pour interpréter le personnage principal du drame, Charles.En revanche, la prestation de Françoise Faucher (Cécile) est renversante et Claude Goyette signe là une belle scénographie, magnifiée par l’«obscure clarté» qui émane des lumières de Guy Simard.Quai Ouest tient l’affiche jusqu’au 1" novembre.H.G.à 8 ans Petit Monstre de Jasmine Dubé lu Maison Théâtre présente une production du Théâtre Bouches Décousues du 10 octobre au 2 novembre 1997 Billets en vente Maison Théâtre 245, rue Ontario Est Montréal (514) 288-7211 A 'ai e ALCAN BANQUE NATIONALE S3- LE DEVOIR Wm Les samedis et dimanches 25 octobre 13 h els'll 26 octobre 11 h 13 h 1 " novembre 13 h cLS-'fi 2 novembre 13 h cl
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