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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-10-11, Collections de BAnQ.

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?LE DEVOIR ?Le roman québécois Page D 3 Le feuilleton Page D 5 Pierre Granche Page D 11 Formes Page D 12 I, E I) E V II I II., I.K S S A M EDI II E T I) I M A N C II E I 2 O (' T « B li E I !) !) 7 Guy Cloutier La poésie de l’essentiel L’homme est multiple: il est poète, écrivain, critique et aussi animateur, avec grand succès, des soirées de poésie présentés dans la chapelle ancienne du Musée de l’Amérique française.Son appartenance à Québec est souligné dans son dernier recueil, Affûts, ancré dans le quartier Limoilou.RÉMY CHAREST Dire que la poésie représente l’essentiel de l’œuvre littéraire de Guy Cloutier, de cet écrivain de Québec qui a aussi livré des récits, des nouvelles, un essai, un roman et du théâtre, en plus d’être depuis sept ans critique au Magazine littéraire, n’est pas un simple constat quantitatif.Certes, sept des quatorze ouvrages qu’il a publiés seul ou en collaboration avec d’autres auteurs sont dédiés à la poésie.Mais la notion d’essentiel tient aussi à des capacités de concentration du verbe poétique, et surtout à l’idée que la poésie permet à l’écrivain de creuser plus loin.Dans le cas présent, il s’agit surtout de creuser en soi le tout dernier,re-cueil de Cloutier, Affûts, paru aux Editions du Noroît, se penchant en effet sur des paysages d’enfance troubles et des rapports entre enfant et mère qui sont largement ceux de l’auteur, transformés et approfondis par l’alchimie mystérieuse du poème.«Le poème est beaucoup plus intelligent que moi.Il en sait plus que moi sur mon rapport à ma mère que je n’en ai jamais su», confie l’auteur en précisant qu’il a aussi voulu, dans son dernier recueil, esthétiser le territoire où il a grandi, Limoilou, «un quartier en sursis» perpétuel.Il s’agit en effet de faire jaillir une certaine vérité des sources intérieures qu’on ne touche consciemment qu’en surface: «Le plus profondément que tu creuses en toi n’est jamais plus profond que l’endroit où le poème commence à agir.C'est comme le sourcier qui creuse le sol: il n’arrive qu’à la surface de la nappe phréatique.» Ainsi, le poète demande à son poème de l’éclairer, de délivrer un savoir intime qui échappe a priori à son auteur.Dans Affûts, des représentations du corps, de la chair, du monde des odeurs, des couleurs et des sensations émergent ainsi de profondeurs d’où on n’aura pu les tirer qu’à la suite d’un travail exigeant une confiance envers la capacité du poème de toucher le fond des choses.Pour valider ce travail, l’écrivain doit aussi appeler au territoire propre de la poésie.«Je me base sur ce que seule la poésie peut dire, ce qui exige des questionnements fondamentaux.Si les questions ne sont pas fondamentales, on n 'est pas dans le poème, on n’est pas dans la poésie.La poésie est un travail sur le langage, mais elle n'est pas formaliste pour autant.Elle appelle une autre interpellation du réel.» Même quand la poésie se veut ludique, ajoute l’auteur, «ça se travaille aussi avec rigueur et sérieux».Que la poésie soit une écriture essentielle, Guy Cloutier n’en cherche pas la trace dans ses seuls puits intérieurs.Il note aussi que la poésie intervient chez le profane ou dans la collectivité quand il s’agit de répondre à des coups durs, de vivre un deuil ou d’autres ruptures.«Desgens qui n’ont jamais écrit, quand ils vivent une crise, se tourneront souvent vers la poésie s’ils VOIR PAGE I) 2 : CLOUTIER Trouver ‘•MOT «La réalité gagne en énigme.À mesure qu ’on grandit, elle se complexifie, gagne en mystère.» a> Comme au cinéma, EMPORTÉ PAR LE RYTHME DE L'HISTOIRE, ENVOÛTÉ PAR LE MYSTÈRE QUI S'EN dégage.Mais le nez DANS UN LIVRE PLUTÔT QUE LES PUPILLES RIVÉES sur l'écran géant.Avec la beauté de sa LITTÉRATURE ET PAR CE DEUXIÈME ROMAN, L'Acquittement, Gaétan SOUCY EST PRESTEMENT PARDONNÉ D'AVOIR TOUT ENVELOPPÉ D'UN PARFUM ÉNIGMATIQUE.MARIE-ANDRÉE CHOUINARI) LE DEVOIR Un suspense au cinéma ou encore un savoureux polar démarre avec l’embrouillamini d’une bonne énigme et termine avec une solution qui soulage, ou réjouit parce qu’on l’avait décelée avant que l’auteur ne la dévoile.Avec L’Acquittement, voilà que Gaétan Soucy procède à l’inverse, laissant le lecteur pantois devant l’énigme, désireux de relire, encore et encore, pour trouver dans le calme tranquille des premières jxiges la clé du mystère.Après vingt ans d’absence, un homme obsédé par une seule volonté — celle de demander pardon pour une faute jadis commise — revient dans un petit patelin froid et blanchi par une tempête de neige.Sur sa route, semée de personnages dont il se souvient, d’autres que sa mémoire a effacés, d’autres encore que l’on ne sait réels ou imaginés, il trouble et étonne, s’étonne lui-même, et étonne encore davantage le lecteur.Venu autrefois enseigner la musique dans ce petit village de Saint-Aldor, reparti rapidement, incompris et quasi conspué par ses élèves, il revient cette fois demander pardon à l’une des jumelles von Croft à qui il a enseigné les portées et les gammes.Entrés dans sa mémoire, les lecteurs chercheront avec Louis Bapaume, éternel angoissé, la ligne à tirer entre le rêve et la réalité.Ce nouveau roman, qui atterrit trois ans après L’Immaculée conception, Gaétan Soucy l’a écrit en toute urgence.Comme s’il y jouait un peu sa propre vie.Le thème du pardon, déjà présent dans son premier récit, et aussi cette touche énigmatique, discrète au départ mais de plus en plus omniprésente au fil des pages et des intrigues, coulent dans son encre.«Il me restait un certain nombre de choses à imaginer autour du thème du pardon, déjà abordé dans mon premier roman, explique l’auteur, la fin de la trentaine.Et je ne crois pas que je vais un jour me sortir de ce thème.J’ai d’ailleurs toujours l’impression que plus on avance, plus on descend profondément dans nos obsessions.On enlève des couches successives à nos obsessions en se rapprochant toujours davantage de l’essentiel.Dans ce contexte, L’Acquittement marque un pas décisif pour moi.» IAii-même confronté à l’expérience «difficile, éprouvante, mystérieuse» du pardon, l’auteur y trouve un côté des plus énigmatiques, qui renvoie au mystère de la vie.Dans ce roman, court mais rempli d’éléments qui s’entremêlent et que l’on voudrait pouvoir disposer devant soi comme l’on fait un casse-tête, Gaétan Soucy présente un personnage hanté par le besoin de demander pardon.«C’est tout à fait mystérieux le pardon: Louis Bapaume demande pardon pour une faute que la personne à qui il Ta commise ne reconnaît pas comme une faute.La personne devant laquelle il se retrouve n’est peut-être même pas celle à qui il devrait demander pardon.Et en plus, on ne sait vraiment jamais trop à quoi sert le pardon: si Ton sait que c’est très difficile de pardonner, de demander pardon, et aussi que l’acte de pardonner n’efface en rien le passé, Ton ne sait pas en quoi le pardon change la réalité.» Après avoir attendu vingt ans ce seul moment, Louis Bapaume, une fois l’épisode du pardon derrière lui, se demande en quoi cela l’a changé.«Qu’est-ce qui a avait été accompli?Il ne pouvait pas même se dire soulagé, pas même parler d’événement.Il avait fait ce qu’il avait à faire, certes.[.] C’était néanmoins comme si rien n’avait eu lieu», explique le narrateur.L’Acquittement est un roman, certes, mais il souffle dedans un vent de cinéma.«C’est une impression que le lecteur aura peut-être, que mon roman est très cinématographique, mais c’est aussi la façon avec laquelle je fonctionne, bien malgré moi, quand j’écris.Très franchement, lorsque j’écris je vois des images, presque des plans.Et c’est ce qui fait que les corrections que j’apporte à mes premiers jets consistent à biffer des détails beaucoup trop visuels et qui risquent d’égarer l’attention du lecteur.Mais j’ai ce souci de réalisme impressionniste, de donner à voir, qui est très présent.» Gaétan Soucy mijote ses écrits.L’idée trotte, fait son bout de chemin, et puis un sentiment d’urgence lui ordonne de la coucher sur papier.Vite, très vite.Parfois insatisfait du résultat, il y reviendra des années plus tard, ce qui fait que ses romans — sa table de travail comporte plusieurs projets en gestation au même moment — s’enchevêtrent, inévitablement Parvenu au bout des cent pages, le lecteur sentira peut-être le besoin de reprendre le volume au tout début, mû par ce sentiment de vérifier quels éléments passés trop vite à la première lecture pourraient expliquer un dénouement déconcertant.«Je n’ai pas voulu déconcerter pour déconcerter, explique l’auteur, qui trouve l’interprétation de ses romans et le discours sur son écriture toujours très déficitaires par rapport au roman lui-même.J’ai construit une énigme, et la fin, pour déconcertante qu’elle soit n’est pas pour autant incohérente.Elle permet une relecture du personnage et donne une tout autre dimension à ce qui a précédé», poursuit-il, évoquant une pensée de Gide disant «Je n’écris pas pour être lu, j’écris pour être relu».Au collège, où il enseigne la philosophie à des jeunes tout juste majeurs, Gaétan Soucy se revoit au même âge, convaincu d’avoir tout compris de la vie, l’amour, la politique.«Et puis un jour, des gens qu’on croyait très bien connaître commettent des actes qui nous étonnent.Les choses dont on était le plus certain tout à coup se dérobent sous nos pieds.Plus on avance en âge, plus on se rend compte de cela.Im réalité gagne en énigme si je puis dire.À mesure qu’on grandit, elle se complexifie, gagne en mystère.Si par mes livres je peux provoquer et renvoyer à cette dimension toujours cachée et fuyante de la réalité, je trouverais que mon entreprise a quelque dimension.» VOIR PAGE D 2 : SOUCY jfacyues jBrauÙ JKarcelle -Perron Sise 7farou TPrançois PfiSeri JITarie- P!n J nie Samontaane jfean Sarose Dennis See Mini ri Wa/or Potiert TJICarieau Uernand Ouelfelle Ifacoues TRancourt Suzanne Rofn’r/ Pridinc jfacoues temple Pierre Uadedancoeur V a ommacje TÂaston ./Vliron 1928-1996 LIBERTE 233 octobre 1997 182 pages 6$ En vente partout où on aime les livres I.K I) K V OIK, L K S S A M K |)l II K T I) I M A N < Il K I 2 0 < I 0 11 II E 199 7 M I C 11 K L M O R I X L’Usurpation de la souveraineté autochtone l e CM* des peuple de U Nouvclk-Fnincc el de» enhmiev anglais*» «te FAmirJii'ie du Xofd \W*J * — ^ J* » 'ifcttsM K33SS ' V , ' . Daniel Canty liâtes dire % ariifiath.lai automates Jam la littérature améritaine l.mu rit» tarit» i Trembla* MAIRES ET MAIRESSES 11» pages, 1K dollars Daniel Canty ÊTRES ARTIFICIELS Les automates clans la littérature américaine I5H pages, 11 dollars LETTRES QUÉBÉCOISES Des merveilles et des petits riens Une plume raconte librement les histoires qui plaisaient à l’écrivain REGARDS ET DERIVES Réal Ouellet L’instant même, Québec, 1997,148 pages ROBERT CHARTRAND Il y a des livres qui se proposent modestement, sans faire d’épate, agréables rencontres de hasard pur qui veut bien en prendre connaissance.C’est l’impression qu’on peut avoir à la lecture du recueil de nouvelles de Réal Ouellet.De cette trentaine de textes, quelques-uns, qui font à peine une page, ne sont pas des nouvelles, mais plutôt des bribes de récits qui tiennent en un instant, sans début ni chute, plus intrigants parfois par leur brièveté que par leur contenu.Les cinq sous-titres regroupent les textes selon une époque — Enfances —v un lieu — Plages —, ou un milieu — celui de l’édition, pour Ecritures —; classement fort libre, donc, qui indique à sa façon le peu de cas que fait Ouellet de l’esprit de système.Départ décevant: les récits de la première partie, Enfances, sont malheureusement les moins intéressants.Ce sont le plus souvent des histoires gentillettes: regard de bravade d’un jeune garçon qui grâce à son grand frère va affronter un voisin qui s’amuse à l’effrayer, regard concupiscent de cet autre, qui gardera un souvenir impérissable des corsages opulents de ses tantes; regard glacial d’un troisième qui se rappelle, mais si peu, de ce père soumis, effacé qu’il n’a pas su vraiment voir.Fly away, heureusement, est plus prenant: la fabulation et la lecture vont transformer un collégien, indifférent jusque-là aux émois de la chair malgré l’insistance de son confesseur et d’une psychologue.Plus loin, des récits de couples, où des hommes rompent sèchement avec des compagnes revêches ou indifférentes, où des amoureux voient leur flamme réciproque se ranimer, le temps du passage d’une mignonne petite chatte.Idéales et évanescentes D’autres récits, moins au ras du quotidien, esquissent des portraits de femmes idéales, évanescentes, comme la femme-fougère dans La Voix de Flore Campêche ou femme-seringat dans Une Belle Fille comme moi.Ailleurs encore, les récits de Réal Ouellet ont des allures de fables.Dans Le Blasphémateur, le regard bête d’une foule dérive de l’adulation vers la haine: un homme que tous vénèrent est subitement tué sur la simple dénonciation d’une voix anonyme: et il y a le regard sentencieux de cet amant qui explique à son amoureuse ébahie devant la beauté des choses, pauvre sotte, que Dieu a créé le monde à Son image par pur masochisme.Dans les récits regroupés sous Plages — décor oblige —, il y a davantage de rêverie, voire du merveilleux.Ici, il suffît de souffler sur une dune pour en tirer un homme de son sommeil millénaire.Là, une noce qui s’était embarquée sur une goélette fait naufrage; séquelles légendaires la mariée deviendra méduse et sa robe, voilure.Le Sculpteur de glace est un joli conte lui aussi, celui d’un homme furieux contre l’hiver qui n’en finit plus: il saute sur un bloc de glace, qu’il sculptera en forme de femme; l’esquif fond inexorablement aux approches des îles de la Madeleine, mais «prenant pitié de sa peine, la mer le déposa sur la grève du Havre-Aubert et roula vers lui une longue dune de sable sur laquelle, depuis ce temps, les amants du monde viennent s'étendre les nuits chaudes de pleine lune».Manies et impostures La dernière partie du recueil de Ouellet, sous-titrée Écritures jette un regard narquois — celui de l’auteur — sur les manies et les impostures des écrivains et la rouerie des éditeurs.Les noms de certains des personnages: Albéric de Longuépée, Ubald Aquin (!) annoncent à eux seuls le ton de ces récits.Tel auteur a besoin de plusieurs égéries pour que soient convenablement soignées les multiples facettes de son talent; tel autre, Albéric justement, se fera écrire par sa femme, tout discrètement, un chef-d’œuvre dont il s’attribuera tout le mérite.Il est par ailleurs possible, selon Le Romancier, de devenir un auteur estimé et prospère, pourvu qu’on puisse s’inventer un «geste créateur» que la télé veuille diffuser, et qu’on se fabrique de faux vrais brouillons et manuscrits à «céder» à fort prix au gouvernement! Tout est, dans ce cas, dans le regard des gogos qui se laissent berner.Réal Ouellet, qui est un intellectuel fort sérieux — il a notamment établi les éditions critiques des écrits du baron de La-hontan et du père Sagard —, a ici donné congé à sa rigueur coutumière pour laisser sa plume raconter librement les histoires qui lui plaisaient Cela donne un recueil agréable, inégal certes, mais doucement attachant, comme ces Petites Violences de l'aube qu’un éditeur amer est en train de lire dims la nouvelle intitulée Iœ Manuscrit-, ce petit livre au style nerveux, dont l’auteur semble écrire pour les autres, mais sans leur cracher le morceau qu’ils attendent, l’éditeur va s’y laisser prendre, mais refusera de le publier; «Il ne pouvait accepter un roman qu'il aurait pu écrire lui-même, mais que jamais il n’écrirait.Us livres, comme les amours, ne sont jamais si beaux que quand ils n’ont pas été menés à terme.» Le recueil de nouvelles de Réal Ouellet est prenant lui aussi, à sa manière toute simple.Daniel Mativat et Louis Vachon DICTIONNAIRE DE PENSÉES POLITIQUEMENT TORDUES r Daniel Mativat et Louis Vaelion Dictionnaire de PENSÉES POLITIQUEMENT TORDUES 315 p., 20 $ ¦¦H mm l dictionnaire s adresse à ceux i/ui en ont marre, ceux qui ont encore le sens de la rigolade ou de l’ironie, ceux liai ont la nostalgie du lion vieux temps où lu grivoiserie.I impertinence et les polissonneries mettaient encore un peu de sel dans la rie publique.Ils y trouveront un caste choix de pensées tout à fuit inconvenantes empruntées aux plus grands ailleurs comme aux plus illustres inconnus.Ils y découvriront tout ce qu il faut pour choquer leur entourage ou goûter les plaisirs 1 ’ ' ' , ~ fruit défendu.Trrrr !>! "@ ! I.E I) E V II I II .I.K S S A M K I) I II E T I) I M A N < Il E I 2 0 < T () 1$ Il E I !> !l 7 LIVRES- ESSAIS Affirmation et dénonciation L’ISLAM DES JEUNES Farhad Khosrokhavar Flammarion, Paris, 1997,324 pages KARIM MON FRÈRE EX-INTÉGRISTE ET TERRORISTE Samia Iübidi Flammarion, Paris, 1997,328 pages CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR L* islam radical est «exacerbation ' de la violence et sa légitimation par le religieux».Il demeure fort marginal chez les jeunes musulmans de France, précise un essai de Farhad Khosrokhavar, qui nous convie plutôt à découvrir un islam néocommunautaire et plusieurs formes d’affirmation que trouvent des jeunes rejetés, certains basculant dans une forme radicale de protestation ou choisissant de se murer devant l’univers non-musulman.Il s’agirait, pour que s’amenuise le danger d’explosions dans les banlieues que la société française se décrispe face à certaines facettes de sa laïcité — le foulard n’est pas toujours, selon lui, synonyme d’intégrisme, car il permet à des jeunes de suppléer à une autorité traditionnelle «en lambeaux».Khosrokhavar suggère un islam tolérant acceptant qu’aucune femme ne soit obligée de porter le foulard (en pays musulmans) ou de ne pas le porter (dans une école laïque).Il a amplement scruté les milieux qui tentent et, souvent réussissent à mener la jeune génération à l’autonomie.Ainsi peut être désamorcée en partie l’influence d’imams «charismatiques» qui poussent dans les banlieues et «dont le radicalisme se nourrit de l'exclusion et du racisme».On se renseigne ici sur une association (Tabligh) qui semble avoir du succès là où les recettes préconisées pour les beurs (deuxième génération de Maghrébins vivant en France) n’ont pas toujours trouvé preneurs.Mais gare au «mythe» du salut total par la foi.Un complot Par contraste, le témoignage que Samia Labidi tire des confidences de son frère Karim, jeune Tunisien ayant servi deux ans dans le réseau terroriste iranien Fl Rissali, contient une dénonciation du complot de musulmans chiites pour asservir le monde, «une stratégie à très long terne, préparée en apparence depuis des siècles, comme peu de personnes peuvent le concevoir».Mme Labidi laisse entendre que des rissalistes étaient à Annaba (Algérie) lorsque fut assassiné le président Boudiaf.Quant aux chiites (10 % des musulmans), ils sont 100 millions dans le monde, dont 40 millions en Iran.Karim est décrit comme un rêveur qui succombe deux fois au «sérum de la seringue intégriste».Après avoir rompu avec l’école «religieuse» de Téhéran, il tente de renouer contact avec les rissalistes en Syrie.Karim est au surplus un croyant qui se laisse guider par l’apparition sporadique d’un saint à son chevet; ambivalent et volatil, il acquiesce aux préparatifs d’un coup d’Etat (infructueux) contre Bourguiba .tout en ne considérant pas ce chef d’Etat comme un mécréant.Le réseau comptait sur l’aide de Salah Karker (beau-frère de l’auteure); ce dernier fuira en France au moment le plus critique.L’actuel président de la Tunisie, Ben Ali, a déposé Bourguiba le 7 novembre 1987.Ce récit de Samia I^abidi (j’hésite à lui accoler l’étiquette de «document», comme le fait l’éditeur) nous éclaire beaucoup sur le milieu familial de Karim, sur l’exceptionnelle force de caractère de sa mère (Ouassila) et sur son père fruste (Amor).Les «révélations» sur El Rissali pourraient tout aussi bien émaner de services secrets occidentaux ou tunisiens.Si Karim avait des preuves percutantes, pourquoi avoir tant attendu dix ans?Ija déconvenue de son rêve islamiste force Karim à temporiser et il reviendra à sa soeur de dénoncer un réseau truffé de «jeunes illuminés» fascinés par «la guerre, le sang et l'odeur des explosijs».LE FEUILLETON Le rire du temps HAMMERKLAVIER Yasmina Reza Albin Michel, Paris, 1997,132 pages Que penser de cette comédienne et auteure de théâtre dont les succès ne cessent de s’accumuler depuis quelques années, s'attirant aussi bien critiques que louanges dans les journaux français?Conversations après un enterrement lui a valu le Molière du meilleur auteur 1987, Ijj Traversée de Ihiver, le Molière du meilleur spectacle décentralisé 1990, et enfin Art, sa dernière pièce, le Molière du meilleur auteur 1995 et du meilleur spectacle privé (cette pièce, en ce moment en tournée mondiale, est repassée par Montréal en septembre).Quant à la critique, on lui reproche d’avoir fait dire à l’un de ses personnages, dans ?L'Homme du hasard, qu’au «boulevard, on rit normalement, [et pas] de ce rire infernal qu’on entend maintenant dans les salles de spectacles, genre culturelles.Rire qui rit de savoir si intelligemment pourquoi il rit».Dans le milieu de la critique parisienne sérieuse, il n’en fallait pas plus pour la condamner au purgatoire, surtout qu’elle ajoutait un peu plus loin: «Tous ces imbéciles qui parlent de leurs intentions, tous ces imbéciles qui ont produit du setis à la pelle (.) qui contemplent leur addition au monde avec leurs sourcils froncés, les grands fournisseurs de sens qui vont parier dans les émissions littéraires.».Boulevard contre pièces d’avant-gar-de ou discours savants?Rire franc contre rire au troisième degré?On flaire le scandale et, surtout, la concession à la mode qui veut qu’aujourd’hui on redonne aux petites gens la part de sens et de vérité qui leur revient, même s’il y a faute de goût au regard de l’éternel.N’ayant pas eu l’occasion de voir ses pièces, je ne commenterai pas.En revanche, s’il faut juger sur Hammerk-lavier qui se donne pour un récit autobiographique fragmenté et toujours bref en ses tableaux, je dois admettre le Jean-Pierre Den is Oampigny vous invite au lancement du Guide de Roussan Peintres du Québec Marché de l’art 1998 GUIDE ' m POUSSÉ événements OUOUÉ0EC au 4380 St-Denis le jeudi 16 octobre de 17h à 19h Oampigny 4380 St-Denis, Mtl 844-2587 | Stationnement gratuit à l’arrière ——^- ivien La SCICTICC peut-elle nous aider à comprendre les mutations du r mon eContemporain ?À roccasion de la parution de Trésor Dictionnaire des Sciences et de Nouvelles du monde aux éditions Flammarion nous vous invitons à une rencontre avec Michel Serres .Le vendredi 17 octobre à 18 heures à la librairie Olivieri 5200 ave.Gatineau, métro Côte-des-Neiges Réservation obligatoire • 514-739-3639 Entrée *$5.00 plaisir que j’ai éprouvé à sa lecture.Plaisir redoublé du fait que les leçons (c’est moi qui en parle, non l’au-teure) qu’on tire de ces courts fragments de vie sont d’une grande délicatesse, évitant le piège de la confession narcissique ou du déballage tonitruant.Le récit s’avance avec une grande pudeur, suggérant plus que décrivant, se rapprochant davantage de l’aquarelle que de l’huile, peut-être pour mieux éviter le piège du «livre» qui voudrait être le monde et le remplacer.«Le monde est “incomptable”, rempli de choses, de livres, de livres qui parlent des choses, le monde amasse et les livres amassent ce que le monde amasse et voir sur sa table des livres et des livres et des livres de photos, des livres d'art et des livres qui parient d’autres livres et soi s'apprêter à son tour à contenir le monde sur une * ?page, à contenir cette somme exécrable de profération pour ajouter encore à la pile son propre écho.» On a beau dire que le livre défie le temps, ce grand ennemi de l’homme, l’éternité est toujours ce qui échappe au vivant, plus encore aujourd’hui où il est écrasé sous l’innombrable et le règne de la visibilité criarde.La discrétion s’impose donc.Et Yasmina Reza réussit fort bien dans ces pages à faire entendre sa voix sans jamais avoir besoin d’en rajouter ou de hausser le ton.Avec ses petites scènes de la vie quotidienne («l habituel est supérieur à l’exceptionnel»), où les grandes questions trouvent presque toujours leur écho — la vie, la mort, l’amour, le temps qui fuit —, l’auteure nous propose une série de moments intimes où la justesse domine.Justesse, mais aussi justice rendue à soi-même et aux autres, ceux que nous aimons.Mort sur fond de rire Dans un des premiers tableaux de ce récit, on voit son père, mourant, tenter désespérément d’interpréter au piano l’adagio de la Sonate opus 106 de Beethoven parce sa fille lui a dit que c’était un chef-d’œuvre.Cette pièce, il va la massacrer, provoquant chez sa fille un fou rire irrépressible qu’elle réussit à peine à contenir et qui persiste encore aujourd'hui lorsqu’elle y repense.La mort sur fond de rire.Dans le tableau suivant on la retrouve en compagnie de son père qui se regarde, nu, dans le miroir et qui lui dit «Ici, Auschwitz.Im, une femme enceinte de sept mois.Ijes jambes, Conchita.Quant au visage.tout simplement le masque de la mort.» C’est vrai que tu n'es pas terrible en ce moment, lui répond-elle.Il rit.Tous les deux rient.On ne peut voir la mort en face, elle est toujours passagère.Plus loin, on les retrouve tous deux rue de Rennes, un après-midi où ils croisent Raymond Barre.Son père, qui ne le connaît pas, l’arrête parce qu’il sait ce dernier mélomane.Et voilà son père qui réussit à lui faire fredonner un quintette de Mozart en pleine rue, sous l’œil ébahi de sa fille et sans doute des badauds.«Trois minutes avant ils ne se connaissaient pas, à la fin de leur duo ils se serreront la main et ne se reverront jamais.» Jamais d'explications superflues chez cette auteure pour qui le temps est la grande question.Le temps et ce qu'il détruit.Aussi faut-il aller au plus pressé, au plus vif du sens.Au souvenir de la mort de son agent littéraire, morte un an et demi après son j)ère, elle ne peut s’empêcher de penser à la méchanceté du temps.Elle regarde son fils de deux ans, en train de jouer, «avec ses petits cheveux noirs bouclés, [et pense] au vieux monsieur qu’il sera avec ses cheveux, petits fils serrés gris, courts mais encore un peu ondulés, très doux» — un vieux monsieur qu’elle ne verra jamais.Voilà la méchanceté du temps, ce qu’est le temps pour Yasmina Reza.On pourrait la croire nostalgique, toujours en train de compter maladivement les choses et les êtres qui disparaissent ou risquent de disparaître.Pourtant, le portrait quelle trace d’elle-même (ou que ses amis lui renvoient) est celui d’une femme étonnamment énergique, pleine de vitalité, avec des jambes faites pour avancer, ixmr marcher au devant des embûches.Toujours impatiente.«Voilà ce qu’il y a au bout de la patience, cet arrangement élevé en vertu, il y a la chambre, la liseuse rose et la misère du corps.Au terme de la patience, le monde n’est plus qu’une seule demeure.Je veux encore aller, je veux encore me perdre.Je ne puis attendre ce que je désire si fort.» Aussi faut-il faire la guerre.A un moment elle médite la petite phrase de Roland Barthes qu’on trouve dans Fragments d’un discours amoureux, celle où il est dit qu’on n’écrit pas pour l’autre, que l’écriture arrive précisément là où tu n’es pas.Mais si «l’écriture est là où tu n 'es pas — se révolte-t-elle —, où est-elle [.] d'où part-elle?Si du deuil de loi elle puise sa sève, de quelle sève se nourrit-elle?Qu’on me dise vite quel est ce commencement vide de toi [car] si tu n’es ni le commencement ni la fin, à quoi bon laisser les mots traîner dehors?[.] D’où vient cette utopie d’une écriture sans objet, sans destinataire?Sans appel au secours?», Tout cela ixmr conclure: «Si tu étais là, je n 'écrirais pas.» Pas sûr.Elle l’a bien fait |x>ur sa fille, pour son fils, jxjur sa mère, ixiur ses amis aussi qui sont pourtant là! Et on sait bien que le destinataire, en littérature, est un être inventé, composite, qui n’a rien à voir avec le réel vrai, les êtres en chair et en os.Cela fait partie de sa révolte contre le temps, contre l’oubli, contre ce qui s’achemine insensiblement, à chaque jour, vers la tombe; voire, contre le caractère abstrait de notre époque, où l’on oublie si facilement les réalités les plus sensibles, les plus simples.Yasmina Reza ne renouvèle peut-être pas le genre de la confidence ou de l’autobiographie, mais elle le fait avec art et une grande justesse dans l’expression des sentiments.rien isjp@m link.net EUGENDREWERMANN Conférences publiques St Freiheit î-t-V, s ; v; US MmËmÈ liberté Conférence en allemand au Goethe-Institut Montréal Salle Norman-McLaren 418, rue Sherbrooke est, Montréal Tél.: (514) 499-0159 Entrée libre ORGANISATEURS: Goethe-Institut Montréal Faculté de Théologie de l'Université de Montréal Albin Michel Fides Table ronde avec traduction Participants: Jean-Claude Petit, Université de Montréal Gregory Baum, université mcgm Animateur: Hans-Jürgen Greif, Université Laval '*J.V V Un choix qui a du sens Au coeur du grand Montréal métropolitain, la Faculté de Théologie de l’Université de Montréal est un lieu de questionnement et de recherche.Elle ouvre l'être humain à un dialogue avec la tradition chrétienne et les grands courants spirituels, tout en l’inscrivant dans la société et l'actualité.la Faculté de Théologie de l’Université de Montréal Des programmes multiples et flexibles : • éthique • exégèse biblique • grandes traditions religieuses La Faculté de Théologie se joint aux Éditions Fides en accueillant, pour la première fois au Québec, le théologien Eugen Drewermann.Université de Montréal Faculté de théologie I ondée le 8 janvier 1878, la Faculté s’est établie sur le campus de l’Université de Montréal en 1967.• sciences de la religion • théologie fondamentale et systématique • théologie pratique WÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊIÊÊÊÊÊIÊtÊÊM C.P 6128, Suce.Centre-ville Montréal, Québec H3C 3J7 tél.: (514) 343-7080 - fax: (514) 343-5738 I.E I) E V 01 It .I.E S S A M E I) I II E T I) I M A \ 0 II E I 1 0 0 T 0 B It E I II II 7 I) (> Ws LIVRES ^VA LIVRE DE POCHE H I S T O I K E Au paradis de la préhistoire MARCEL JEAN Il n'y a pas, en Occident, un enfant né après 1990 qui n’ait eu l'intention de devenir archéologue ou paléontologue.MM.Crichton et Spielberg ont en effet réussi, avec leurs di-vertissements jurassiques, à convaincre toute une génération des vertus de la préhistoire.Voulant sans doute profiter de cette manne, le monde de l’édition a su réagir, offrant au lectorat quantité d’informations touchant, de près ou de loin, les dinosaures et leurs successeurs, les hommes préhistoriques.Pour les parents et les éducateurs, cette mode est un moindre mal; on serait fou de snober les dinosaures au profit des tortues mutantes, des Power Rangers ou des Backstreet Boys, trois illustrations des dangers des radiations.LA FOIRE AUX DINOSAURES Stephen Jay Gould Traduction de l’américain par Marcel Blanc Seuil, Points, 1997,670 pages Stephen Jay Gould est une sorte de super héros de la science, un redresseur de torts qui n’a de cesse d’intervenir quand les théories scientifiques sont dévoyées.Professeur de biologie à Harvard, Gould signe depuis plusieurs années une chronique de vulgarisation scientifique absolument passionnante, dont les lecteurs francophones ont pu prendre connaissance à travers divers recueils.Trente-quatre de ses textes sont réunis dans La Foire aux dinosaures, dont un formidable plaidoyer en faveur du nom de brontosaure, que les tortueuses règles de la taxinomie ont écarté à la faveur d’apatau-sore.Plein d’humour, brillant, Gould se sert ici de la «dinomania» actuelle pour nous entraîner dans les replis de la science et pour nous faire succomber aux charmes de la biologie de l’évolution (il faut lire à ce propos son texte sur le baseball, Les Mythes créationnistes de Cooperstown).POURQUOI J’AI MANGÉ MON PÈRE Roy Lewis Traduction de l’anglais par Vercors et Rita Barisse Babel, 1996,172 pages Publié en Angleterre en 1960, ce court roman au titre français accrocheur Oe titre original est The Evolution Man),raconte les aventures burlesques d’Édouard, un hominien occupé notamment à domestiquer le feu et qui s’oppose à son frère, Vania, écologiste avant l’heure.La dimension comique de ce livre réside en grande partie dans la façon dont Roy Lewis manie les tics de la langue moderne, qu’il a|> plique soigneusement à cette époque lointaine, üi traduction, signée Ver-cors (fauteur d’un autre classique du genre.Les Animaux dénaturés) et Rita Barisse, conserve à l’ensemble sa saveur d’origine.DAÂH, LE PREMIER HOMME Edmond Haraucourt Arléa, 1996,310 pages En 1914, soit cinq ans après La Guerre du feu de Rosny, Edmond Haraucourt publie Daâh, le premier homme.Dans cet ouvrage, Haraucourt, selon ses propres mots, n’invente rien: il essaie de se rappeler.Daâh est donc un voyage à travers des souvenirs imprescriptibles, une odyssée au fond de la mémoire de ce que fut l’homme avant de l’être vraiment.Récit de la vie quotidienne il y a des millions d’années, Daâh explore «la naissance à la conscience d’homme de nos lointains an- cêtres».Spécialiste de la préhistoire, Geneviève Guichard signe une préface qui situe fort bien la place occupée p;ir l’ouvrage d’Haraucourt dans la littérature à sujet préhistorique.LE RÊVE DE LUCY Pierre Pelot et Yves Coppens Seuil, Points, 1997,186 liages Ce livre est le fruit d’une collaboration entre Yves Coppens, professeur au Collège de France et directeur du laboratoire d’anthropologie du Musée de l’homme, et Pierre Pelot, prolifique romancier populaire.A eux s’est ajouté Tanino Liberatore, auteur de la b;m-de dessinée Ranxerox.Ensemble, le scientifique, l’écrivain et le dessinateur ont tenté d’imaginer ce qu’avaient été l’existence de Lucy, ses rêves, ses projets.Cela donne un livre inclassable, une sorte de fantaisie nouveau genre qui fait se rencontrer la science et la fiction.Les adolescents autant que les adultes sauront goûter ce livre étrange.L’ARCHÉOLOGIE André Ptirrot Petite Bibliothèque Payot 1996,180 pages L’auteur de ce court traité sur l’archéologie orientale a été, en Syrie, le grand redécouvreur de la cité mésopo-tamienne de Mari avant d’être conservateur en chef au musée du Louvre.Son petit ouvrage a d’abord été publié chez Seghers, en 1976.La majeure partie du livre est consacrée aux découvertes faites entre 1946 et 1968.11 s’agit, en fait d’un inventiiire commenté.Dans la deuxième moitié du livre, Parrot explique brièvement la mission de l’archéologie et décrit les méthodes de recherche.Il s’agit là d’une initiation fort valable à cette discipline.Projections privé lés ruelles de Caresse ' Mi:*u i'\?l iidragon jmMMRLESAiïlK dans les pattes 60 auto 60 autocollant' \ ufc* réduction.LA PLUS GRANDE MAISON DE MUSIQUE ET LIVRES AU LIVRES (étiquettes blanches seulement) 2, SEULEMENT SAMEDI 11 OCTOBRE DIMANCHE 12 OCTOBRE sur tous nos H- LF PF fl F > ROBERT :ÜJ a 0 Projections privées Raymond Plante Les ruelles de Caresso Jacques Savoie Maigrir Pierre Pallardy Le Petit Robert Dictionnaire de la langue française Ces titres sont en promotion jusqu’au 15 octobre Une vie en éclate • Une vie en éclats Maryse Pelletier Série Roman + > Une fille pas comme les autres Anne Legault Séné Roman Jeunesse 1 • Un dragon dans les pattes Marie-Francine Hébert Série Premier Roman > Mon livre de la jungle avec 60 autocollants 1 Mon livre des chatons avec 60 autocollants 500, rue Ste-Catherine Est «‘Place des Arts • Galeries Laval Francophones joualisants et juifs yiddishisants GILLES LESAGE LE DEVOIR Eu dépit de leur proximité, les communautés francophone et yiddish montréalaises se connaissent peu ou, pire, mal.Hors quelques envolées tonitruantes et éructations, les études qui permettent de lever le mur de l’ignorance mutuelle ne sont pas légion.LE MONTRÉAL JUIF D’AUTREFOIS Israel Medresh Septentrion Québec, 1997,272 pages Depuis des années, d’abord à titre d’historien dans sa ville de Trois-Rivières, puis d’éditeur dans la capitale, l’infatigable Denis Vaugeois s’emploie justement à combler cette grave lacune.Coup sur coup, il publie les chroniques d’un journaliste sur le Montréal juif du début de ce siècle, puis l’histoire de l’enseignement [jour les écoliers juifs.üt traduction du yiddish et la présentation qui en est faite par le professeur Pierre Anctil, de l’Université McGill, contribuent puissamment à bien situer et à mieux comprendre le contexte qui était celui de Medresh.Toute simple et directe, sa prose fait état de l’actualité de ses compatriotes, de leurs petits et grands problèmes d’intégration à ce nouveau monde.Après avoir lu le feuilleton de Medresh, note l’éditeur, certains écrivains et commentateurs devront ajuster leurs déclarations sur les préjugés de la société québécoise face à la communauté juive.Ou vice versa.L’efllorescence yiddish montréalaise est le fruit d’une vague migratoire sans précédent dans l’histoire de la ville, rappelle l’introduction: entre 1900 et 1925, près de 30 000 personnes d’origine juive est-européenne s'y sont installées en l’espace d’une génération.Lettré autodidacte venu de Lituanie, artisan de la presse yiddish, c’est dans cette langue que Medresh publie en livre ses chroniques intimistes en 1947.Sa force, explique M.Anctil, se situe dans la construction du récit, dans son humour malicieux et le plaisir qu’il donne à lire l’actualité, à 80 ou 90 tins de distance.Car il se situe à un moment historique crucial de l'histoire juive montréalaise.Son ton, à la fois empreint de vérité et d’idéal, reste sans doute la contribution la plus précieuse de Medresh à notre compréhension de sa communauté, à la gloire des «architectes de la judéité au Canada».Medresh trace le portrait d’une société relativement sereine face à l’afflux des juifs venus d’Europe de l’Est.Faut-il le croire?«Retenons au moins de son ouvrage, estime le traducteur-présentateur, que si certains esprits avaient frissonné à l'idée de devoir partager leur société avec des juifs, les francophones, pour la plupart, avaient accueilli cette nouvelle migration comme un phénomène parmi d’autres, dans un univers aux )routières culturelles de plus en plus mouvantes.» «Une certaine parenté s’est sans doute tracée sur le plan du souffle de la langue, dans le corridor du boulevard Saint-Laurent, entre les francophones joualisants et les juifs yiddishisants, qui ne laissèrent pas les principaux intéressés indifférents.Il y a tout à parier que l’un et l’autre groupe, récemment arrachés à une tradition de confinement religieux et culturel, trouvèrent chez leur vis-à-vis un écho de leur propre expérience, même au-delà des signes évidents d’une forte altérité adturelle.» Photos, glossaire et index complètent ce témoignage simple, chaleureux, émouvant.MONTRÉAL, LES JUIFS ET L’ÉCOLE Arlette Corcos Septentrion Québec, 1997,308 pages Perspective différente que celle de cette étude, savante et fort documentée, sur une question on ne peut plus névralgique pour toute communauté.Le pluralisme actuel en matière scolaire, si déroutant, s’explique par la diversité des origines, l’impact de la démographie et les difficultés d'intégration propres aux nouveaux immigrants, note l’auteure.Les choix en matière d’éducation à Montréal relèvent des orientations de chaque groupe avant son émigration.Ainsi, le premier demi-siècle qui suit l’immigration massive des juifs d’Europe entraîne l'établissement successif de deux systèmes scolaires privés juifs parfaitement différenciés: le premier consacré à l’enseignement traditionnel, le second à l’enseignement progressiste.De façon exhaustive, Mme Corcos fait bien ressortir la complexité du problème au (il des décennies, les intérêts divergents et les passions en jeu, les compromis boiteux battus en brèche par d’autres accommodements, une évolution en dents de scie.Elle relate, elle explique, elle ne prend pas parti et ne cède pas au prosélytisme, si fréquent quand les protagonistes sont à la fois acteurs, spectateurs et arbitres.Controverses interminables et étincelles inévitables.Sa conclusion?Docteure en sciences de l’éducation de l’Université de Montréal et enseignante de carrière, Mme Corcos n’en a pas, à vrai dire.Sinon celle-ci, implicite: quand il s’agit de l’éducation de leurs enfants, les juifs, comme tout autre groujje linguistique, sont disposés à ferrailler et né-goder, longuement et rudemenL L’actualité nous en fournit encore la preuve, presque chaque jour.Notes, lexique, chronologie et bibliographie complètent cet ouvrage de grande valeur historique.A lire en parallèle avec les portraits de Medresh, ne serait-ce que j)our mettre dans une ])lus juste perspective quelques préjugés et idées reçues sur l’obscurantiS-me québécois.XYZ éditeur • Collection Les grandes figures L HISTOIRE comme un ROMAN Les ROMANS de I HISTOIRE Nul doute que si j'enseignais l'histoire au secondaire ou même au niveau collégial, je n'oserais priver mes élèves de ces perles qui viennent enrichir le patrimoine québécois.Simon Dupuis, Lurelu LEDUC DANIEL GAGNON Ozias Leduc MICHELLE LABRÈCHE-LAROUCHE Emma Albani La diva, la vedette mondiale Biographie romancée _J/ 200 p„ 15,95$ XYZ XYZ ALBANI S &• : S ’3vmv LA DIVA, t A VEDETTE L'ange de Correlieu Biographie romancée 174 p., 15,95$ .2 t ï t-j 'a v O LANGE DE CORRELIEU àm ¦ êa éditeur 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone: 525.21.70 • Télécopieur : 525.75.37 Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Le jeudi 16 octobre à 18 h Signature - Lecture André Martin Chronique,t Je l’Expredd Natures mortes ÉJitioiid Troht e % à 22h 362 jours parannej 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tel.: 27*4-3669 • téléc.: 27-1-3660 Branchés sur la modernité et l’état d’urgence, les écrivaines et les écrivains du Canada français habitent le coeur de l’Amérique, sa musique, ses rythmes et ses énergies.Ce sont des rebelles, des résistants, des insoumis.Énergiques, obstinées, déchirées ou révoltées, leurs voix sont neuves.Lisez-les.Écoutez-les.Ressentez-les.http://www.francoculture.ca/unpays e l’identité et la forme où elle s’exprime, la littérature cunadienne-ie pratique d’écriture avant tout espace physique, cl que les limites tn territoire.Ces voix sont neuves; certaines nous proviennent avec rire çlyonysiaque, d’autres encore s’affirment avec la tranquille les.Ecoutez ce langage qui témoigne d’une réalité qui n’est ni la multiplicité du langage qui traduit une vigueur culturelle peu ajliute une activité artistique multimédia).S’il est vrai que nul n’est ¦cdfvrir la voix multiple de cette « autre solitude » qui parle notre langue.Résolument branchée française vient nous n de leur « pays » ne sai les accents de la déc assurance d’un habits folklorique ni très éle commune (pour pltisic prophète en son pays, p lA"ÇOI La voir dr Laum Diefenbaker H If Cmii kMciH RogP' levac Gracia Couturier L’Antichambre éditions d’Acadie J.R.Léveillé Une si simple passion editions du Blé Annette Saint-Pierre Faut placer le père editions des Plaines Regroupement des éditeurs canadiens-francais mNNMMH ¦ ra» WWk\ AYÀ Lola Lemire Tostevin Kaki (traduction de Robert Dickson) editions Prise de Parole Roger Levac Petite Crapaude ! editions Prise de Parole Pierre Raphaël Pelletier La voie de Laum editions dit Vermillon Marcel Gingras Diefenbaker et le Canada français editions L'Interligne Jean-François Somain Le Jour de la lune éditions dit Vermillon e intetfoge ! Identité et la forme où elle s’exprime, la littérature canadienne-française vient nous rappeler que les écrivains ce physique, et que les limites de leur ur interroger la modernité et ce qu’on pourrait appeler son déficit républicain.La modernité est laïque C’est que de nos jours, l’État-nation est de moins en moins conçu comme le moteur de la modernité et le rempart de l’individu contre les excès du libéralisme (les débats récents sur les assauts de la technologie sur nos vies privées en témoignent).Et de plus en plus inapte à définir les citoyens autrement que par le plus petit commun dénominateur: la consommation.D’où les réactions de repli sur l’individuel, le communautaire, l’ethnique, auxquelles nous assistons un peu partouL D’où le fait que la république — terme désignant au dé- part le bien public, la propriété d’Etat et la sphère politique en général — fasse problème ici comme ailleurs.Malgré le suffrage universel, nous dit Fulvio Caccia, les manières d’exercer la représentation populaire qui est le fondement de toute république et de toute démocratie demeurent l’enjeu majeur de la vie politique occidentale.Pourquoi?Parce que la médiatisation de la vie quotidienne et politique a créé l’illusion d’une communauté à la fois planétaire et locale qui nous laisse sans voix, au sens propre et au sens figuré.C’est-à-dire sans représentation (par où l’on voit que l’auteur ne fait plus du tout confiance aux nouvelles technologies).Pour empêcher que les sociétés occidentales ne deviennent le terreau idéal de toutes les démagogies, il devient nécessaire de préserver un État agissant comme un cadre neutre d’interaction, de confrontation et de fécondation mutuelle des valeurs.Ce cadre neutre, il ne peut être mieux défini que par la laïcité.On sait que le Québec a fait ses choux gras de la laïcité depuis la Révolution tranquille mais cette prétention ne résiste pas à une analyse en profondeur de la réalité québécoise.Rappelant l’analyse de type psychanalytique faite par Heinz Weinmann dans Du Canada au Québec, Caccia conclut qu’à cause de l’héritage colonial, le nationalisme québécois s’est développé sans jamais remettre en question les fondements monarchiste et clérical de sa culture politique.C’est ce qui expliquerait qu’on en soit encore, en 1997, à tenter de refondre l’archaïque réseau québécois de commissions scolaires confessionnelles.«Laïc» veut dire en grec «issu du peuple».L’auteur rappelle aussi combien Lévesque et Trudeau étaient allergiques à la notion de république.La solution métisse Après trois chapitres consacrés aux contradictions d’une société écartelée plus que jamais entre forces centrifuges et forces centripètes, la quatrième et dernière partie de La République Métis dégage en quelques pages la solution qui, à ce stade de la lecture, ne surprend plus personne.Cette solution porte le nom de métissage (mot qui vient du latin mixtus, mélange, et non de Métis) et de transculture (qui est simplement le métissage interprété d’un point de vue théorique).Or, dans le contexte nord-américain, on doit attacher une importance particulière aux deux figures emblématiques du métissage que sont l’Indien et le coureur des bois.A la page 140, Caccia dit d’ailleurs ceci: «En ordonnant à un jeune adolescent du nom d'Étienne Brûlé de passer Oliver chez les Hurons, Samuel de Champlain ne se doutait pas qu'il contribuait de la sorte à créer un mutant — le coureur des bois—et un nouveau peuple.» Le métissage n’est pas un phénomène nouveau ou récent et l’auteur de La Robert S a l e 11 i CONFERENCES PUBLIQUES Québec : Montréal Conférence animée par Jacques Désautels L'Aventure des mots français Le mercredi 15 octobre à 20 heures Salle Multimédia - Pavillon Alphonse-Desjardins Université Laval, Québec Billets: Réseau Billetech (418) 643-8131 Conférence animée par Jean Fugère L’Aventure des mots français Le jeudi 16 octobre à 20 heures Bibliothèque Nationale, 1700 rue St-Denis (MéiroBerrn Billets: Réseau Admission (514) 790-1245 ROBERT LAFFONT HENQimTE WALTER L’auteur de «lAventure des langues en Occident» et de «Le français dans tous les sens» sera à Québec et à Montréal pour parler de son dernier livre.Henriette Walter L’AV F N TU 11 E DES MOTS.FRANÇAIS** venus d’ailleurs L’AVENTURE DES MOTS FRANÇAIS VENUS D’AILLEURS République Métis déplore que la «tendance mosaïque» de l’identité ait fini par supplanter la «tendance métisse» qui l’a pourtant précédée.A cet égard, la quête d’une identité multiculturelle à la canadienne ou nationaliste à la québécoise exprime, pour lui, un même échec devant le défi de la véritable souveraineté dont serait porteur le métissage.Ix futur se Louve aux marges de Y«empire», comme en témoignent l’attribution du prix Concourt à l’écrivain d’origine russe Andreï Makine et l’élection d’Hector Bianciotti à l’Académie française.Ou, plus près de nous, la place occupée dans les lettres québécoises par «ces écrivains venus d'ailleurs» auxquels nous avons récemment fait allusion dans cette chronique.Dans une postface soudainement très personnelle, Fulvio Caccia — qui vit maintenant à Paris — se remémore Y «immigrant distrait» que fut son |x*re, sa mort survenue en 1978, au moment même où le métier de typographe qu’il avait exercé disparaissait des principaux journaux de Montréal.Pour Fulvio Caccia, l’assemblée des lecteurs, à laquelle il prend la peine de s’adresser directement, anticipe la république, voire la contient entièrement.Peut-être est-ce pour cela que le ton est plus per-sonnel, presque lyrique, au début et à la fin de Im République Métis.Comme si sa foi dans le livre et la pensée était d’une certaine manière menacée par la crise actuelle et qu’il voulait se rassurer sur les liens que la citoyenneté et la lecture entretiennent.rosaKfïvideotron.ca Louise La memoria XYZ éditeur XYZ éditeur 1781, rue Saint Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone : 525.21.70 • Télécopieur : 525.75.37 Louise Dupré prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec 1997 pour La memoria écliteu r DANIELLE ROGER LE MANTEAU DE LA FEMME DE L EST les HERBES ROUGES / ROMAN DANIELLE ROGER Le Manteau de la femme de l’Est 102 p., 14,95$ Le portrait courageux d’une femme dont la souffrance s’avère à la mesure de sa lucidité et de son désir de garder la tête haute.LES HERBES ROUGES / ROMAN \ I, E I) E V OMI.I, E S S A M E I) I II E T 1) I M A N 0 II E 12 III! T (I B II E 10 0 7 I) 8 Ws l LOVES LIVRES BANDES DESSINÉES L’autre Diana et le statut de la liberté MIKE DIANA Centre de recherche en histoire de P AMÉRIQUE FRANÇAISE (Centre Lionel-Groulx) • Lieu de mémoire, de recherche et de prospective • Lieu d’information et de consultation (60 fonds d'archives, 32 000 ouvrages) • Instrument de promotion de l’histoire nationale Le Centre a un pressant besoin de ressources nouvelles pour survivre C’est une institution unique en son genre qu’il faut sauver Souscrivez aujourd’hui même à l’opération «SURVIE» du Centre de recherche en histoire de l’Amérique Française «Us gardent l’avenir ceux qui gardent l’histoire» (Lionel Groulx) Souscription à l’opération «SURVIE» Nom: Adresse:.Téléphone: .Profession:.Contribution de:.(chèque joint) Etablir les chèques à l’ordre de: La Fondation Lionel-Groulx (Opération "SURVIE») 261, avenue Bloomfield Outremont (Québec) H2V 3R6 Tel.: (514) 271-4759 N.B.: Les dons de dix dollars (10$) et plus font l’objet d’un reçu officiel.DENIS LORD Avec son livre Seduction of the Innocent, le psychiatre Fredric Wer-tham attira l’attention des autorités américaines sur l’hypothétique influence de la bande dessinée sur la délinquance juvénile.En 1954, le neuvième art se retrouva ainsi dans la mire de la commission Kefauver sur le crime organisé et naquit le Comics Code Authority, un organisme de censure dirigé par les éditeurs.Selon Marc Jet-té, auteur du livre Censure et bande dessinée américaine, plus de 50 % des titres soumis en 1955 durent être modifiés.Près d’un demi-siècle plus tard, la pudibonderie est toujours de mise et la liberté d’expression, théoriquement garantie par le premier amendement de la Constitution américaine, tient d’avantage de l’utopie que du fait accompli.Le cas du bédéiste Mike Diana illustre de manière saisissante, sinon cauchemardesque, les limites de cette liberté.En 1991, la police trouva des analogies entre sa bande dessinée intitulée Boiled Angel et une série de meurtres qui eurent lieu à Gainesville en Floride.Une analyse de sang innocenta Diana.Sa publication demeura dans les filières de la police jusqu’à ce que, deux ans plus tard, l’État décide de l’inculper de trois charges d’obscénité.Reconnu coupable en mars 1994, Diana est condamné à trois ans de probation, une amende de 3000 $ et 1248 heures de travaux communautaires.Il doit également, à ses frais, prendre des cours d’éthique journalistique et consulter un psychiatre.11 lui est interdit d’approcher un mineur et de dessiner d’autres œuvres obscènes, et son logement fait l’objet de fouilles sans préavis par les policiers.Ses tentatives d’en appeler de la décision opt été successivement rejetées par l’État de la Floride et, le 27 juin ejernier, par la Cour suprême des États-Unis.Ms rand concours de JOURNALISME LE DEVOIR C'EST POUR VOUS QUE LE JOURNALISME INTERESSE ET QUI ETES INSCRIT À TEMPS COMPLET DANS UN CÉGEP OU UN COLLÈGE DU QUÉBEC.Pour saisir cette chance de mesurer vos aptitudes et - qui sait?- de faire vos débuts dans un grand journal, il s'agit de rédiger un article critique d'au moins 800 mots, sur une manifestation sociale ou culturelle d'ici: rassemblement populaire, événement sportif, film, livre, pièce de théâtre, ou autres.« A retenir: • Votre participation à ce concours peut s'insérer dans le cadre de vos cours.• La date limite des envois de textes au journal Le Devoir est le 20 mars 1998.• La remise des prix aura lieu en mai 1998.% A gagner: L'un ou l'autre de plusieurs prix: • La publication de votre article dans Le Devoir Une bourse d'étude Un ordinateur Un dictionnaire Votre professeur de français vous en dira davantage sur les modalités de participation.L\ l’-Q> / iti/ Le musée de Degas La collection personnelle d’un impressionniste au Metropolitan Museum New York — En 1918, pendant que les feux de la Première Guerre mondiale s’abattent sur la banlieue parisienne, les représentants des plus grands musées du monde se disputent les 8000 œuvres collectionnées par le peintre Edgar Degas (1834-1917).En huit ventes aux enchères, l’impressionnant trésor de Degas est dispersé dans les métropoles d’Europe et d’Amérique.Degas collectionnait des œuvres qu’il aimait; ni homme d’affaires ni spéculateur, il achetait les tableaux des maîtres qui l’ont précédé et ceux de ses contemporains, qu’il acquérait parfois en échange d’une de ses propres œuvres.Ardent défenseur de ses collègues impressionnistes et des symbolistes, Degas avait songé à établir son propre musée, mais il s’est finalement contenté de remplir son studio des huiles et des dessins qu’il chérissait, gardant jalousement l’entrée de ce sanctuaire artistique.Avant l’an dernier, lors d’une petite exposition à la National Gallery de Londres, aucun effort n’avait été fait pour reconstituer l’avoir de Degas.Cette année, jusqu’au 11 janvier, le Metropolitan Museum de New York réunit 250 œuvres ayant appartenu à l’artiste, dont un bon nombre prêtées par des collectionneurs particuliers n’ont jamais été vues en public.Huiles, dessins, gravures, pastels, aquarelles et multiples de toutes sortes composaient le «musée» de Degas.Ses relations amicales avec les marchands d’art Durand-Ruel et Ambroise Vollard lui assuraient l’accès aux meilleurs tableaux de son époque.Le quatuor de conservateurs responsables de cette exposition, Gary Tinterow, Susan A.Stein, Colta Ives et Ann Dumas, ont eu le souci d’illustrer non seulement la richesse de la collection Degas mais aussi sa variété en choisissant des œuvres de différents médiums.Ingres et Delacroix La présentation du Met s’ouvre avec un très bel autoportrait de Degas pour ensuite faire place à une série d’œuvres d’Ingres auquel Degas vouait une grande admiration.Degas avait acquis une importante partie des études d’Ingres pour sa fameuse Apothéose d’Homère.Degas avait fait ses premières études en art sous un élève d’Ingres et connaissait à merveille l’œuvre religieuse et mythologique du célèbre portraitiste.En guise d’exercice, Degas copiait Ingres pour la puissance du dessin et l’habileté de la ligne.Cette révérence pour Ingres n’avait d’égale que celle cultivée pour Delacroix.Bien qu’à des lieues de l’inspiration romantique de Delacroix, Degas avait THE METROPOLITAN MUSEUM OF ART.NEW YORK La Boudeuse, 1891, une huile de Paul Gauguin.acquis plus de 200 dessins et lithographies et 12 tableaux de son aîné.Plusieurs petites huiles, pastels et aquarelles de Delacroix montrent combien sa manière a marqué les impressionnistes.Parmi les moments les plus forts de la collection Degas: Manet.Degas avait saisi la puissance et l’importance de Manet; il s’est donc muni de plusieurs huiles, certaines inachevées, du génie de la peinture.Berthe Morisot en deuil (1874), malgré sa petite taille (61 x 50 cm), est une œuvre secouante.Le visage cerné de lignes blanches apparaît sous une haute coiffe noire et un voile de tulle; dans tout ce mouvement noir, un bras pale nous conduit au visage décomposé de Morisot en deuil de son père.Le tableau appartient à un collectionneur particulier et est presque inconnu du grand public.Le Met nous donne ici la chance de découvrir ce chef-d’œuvre de Manet.Ni homme d’affaires spéculateur, Degas collectionnait des œuvres qu’il aimait De nombreuses lithographies et gravures de Manet nous montrent l’évolution de Lola De Valence et du Chanteur espagnol.Bohémienne à la cigarette (1862), Femme au chat (1880) et Composition vénitienne (1853-56), une encre et aquarelle magnifique, sont les autres clous des 37 œuvres de Manet retenues par les conservateurs.THE METROPOLITAN MUSEUM OF ART, NEW YORK Deux tournesols, 1887, un tableau de Vincent Van Gogh.exposition bénéfice de la photographie dom bouf doue joha galla gear lacas lamt ernard niche! encan silencieux 13 septembre - 11 octobre événement de clôture .samedi le 11 octobre les mises seront acceptées jusqu'é 18h Galerie B-312 372 Ste Catherine ouest, espace 312, Montréal (514) 874 9423 GALERIE DE BELLEFEUILLE NICOLA HICKS / 'exposition sc poursuit jiisf/u 'iiu !6 octobre 1.167, AVENU! (.HI I NI, Wl S I MOUN I 111.: (SI 0 V.VI-i «66 lundi tin fiime/ii lOliOO- ISfiOO dinniiulic l2h.U) - CHAGALL DUFY MATISSE AQUARELLES.DESSINS.HUILES'.BRONZES DU 15 OCT.AU 15 NOV.WADDINGTON & GORCE 1446, rue Sherbrooke Oue.it Montrent H3G IK4 , Til.:H47-1112 Fax : H47-1113 \ Du mercredi au samedi de 10 h à 17 h Les amis du peintre Une salle est entièrement réservée aux impressionnistes, amis de Degas: un dessin de Toulouse-Lautrec, un Whistler, un Suzanne Valadon et une entière collection de Mary Cassatt, des Pissaro, etc.Plusieurs des œuvres sont accompagnées de la page d’inventaire qui les décrit de la main de Degas.La salle suivante offre des gravures sur bois et des dessins japonais d’une grande beauté avant de nous présenter les grands chefs-d’œuvre de l’exposition: 16 Gauguin, dont six huiles d’importance.On l’a vu reproduit, on l’a admiré dans bien des histoires de l’art, on le connaît par cœur, mais Mahana No Atua {Le Jour de Dieu) (1894) demeure une surprise.Ces figures de femmes et d’enfants autour d’un dieu totémique, devant des eaux multicolores, prouvent le génie fauve de Gauguin.La Lune et la Terre, une huile de 1893, devient une espèce de dialogue érotique entre une femme nue de dos et un visage d’homme, apparition céleste.Femme à la mangue (Vahiné No Te Vi) (1893) et La Boudeuse {Te Faaturuma) (1891), deux autres huiles, En Bretagne (1889), une aquarelle et gouache, et de superbes gravures sur bois complètent la collection en fait de Gauguin, le protégé de Degas.Degas admirait aussi Van Gogh, et le Met emprunte du Musée d’art de Berne une hallucinante toile intitulée Deux tournesols (1887) et à l’Art Institute de Chicago une Nature morte avec fruits (1887).De très beaux Cézanne nous mènent vers les salles finales où sont accrochés plus de 50 Degas de médiums variés parmi lesquels des œuvres considérables comme La Famille Bellelli (1858-1867), Mademoiselle Fiocre dans le ballet «La Source» (1867-68), et de très surprenantes et somptueuses scènes de bordel intitulées Im Cheminée (1876-77), monotypes sombres et atmosphériques que les héritiers de Degas songeaient à détruire après la mort du maître à cause de leur sujet scabreux.Il est impossible de tout énumérer ce que contient la richissime collection.Un Fragonard, des dizaines de Daumier, une toute petite huile de Corot, une étude au crayon de David, deux saisissants Iœ Greco, une aquarelle de Berthe Morisot, une huile de Millet, un Sisley, un Tissot et tellement d’autres œuvres de grand intérêt.SOURCE CATALOGUE DE L’EXPOSITION THE DEAD Leiden, Pays-Bas, début du XX’ siècle, 1992, de Annet van der Voort.Le normal et le pathologique Des photographes ont enregistré la mort sous toutes ses formes.Cœurs sensibles s'abstenir.THE DEAD Galerie du Centre Saidye Bronfman 5170, chemin de la Côte-Sainte-Catherine Jusqu’au 26 octobre BERNARD LAMARCHE Ly histoire de la peinture est remplie i de représentations de la mort.Des scènes de déposition, le corps du Christ descendu inanimé de la croix, aux études de dissections à la Rembrandt ou encore des études de corps démembrés telles que Géricault en a produites en préparation au charnier du Radeau de la Méduse (1819) aux visions de la mort drapée de noir, faux à la main, qu’affectionnaient les symbolistes, l’histoire de l’art est aussi l’histoire du morbide.Narrative ou dévotionnelle, l’image de la mort aura été enchâssée au sein de pratiques de l’image dont le point de fuite — le contexte chrétien — en aura fait plus souvent qu’autrement oublier la sanglante cruauté.D’autres, pour ne rester que dans les images archi-connues, par exemple le Christ mort de Mantegna (vers 1480-90), auront eu comme visées premières, outre de témoigner de la maîtrise d’un art, celui de la perspective et du raccourci dans ce cas-ci, de mettre à contribution de puissants registres affectifs et émotifs.Images de morts Les images de la mort que présente le Centre Saidye Bronfman, dans le cadre de l’exposition The Dead, sont à placer sous cette modalité, cet axe favorisant les affects que peuvent générer les images.David Liss, directeur de la galerie du Centre, a réussi le coup de maître de faire venir à Montréal cette exposition, organisée par le conservateur Val Williams et inaugurée au National Museum of Photography, Film & Television (du 5 octobre 1995 au 7 janvier 1996) à Bradford, en Grande-Bretagne.Ce n’est évidemment pas de peinture ni de chrétienté que l’on traite ici.Les échafaudages de la religion s’étant affaissés, le souffle froid de la mort n’est plus généralement perçu que comme spectacle.Sa seule médiatisation est celle de l’écran de télévision, quand son visage ne se retrouve pas à la une des journaux.Les artistes choisis (une vingtaine) s’occupent plutôt de montrer, non pas la mort, mais les morts, les cadavres, des corps dont on a, parfois violemment, sapé la vie.Les anciens disaient de la photographie qu’elle pouvait voler l’âme des gens.On a comparé souvent la photographie à la mort, métaphoriquement s’entend, par la manière qu’elle avait de subtiliser l’essence des choses, ou par sa manière de ne figurer que comme reste et trace de ce qui n’est déjà plus là.Dans cet esprit, les images mortuaires ont été popularisées dès les débuts de la photographie.Or, dans les cas qui nous occupent aujourd’hui, ce rapport à l’image photographique comme petite mort — ce statut qu’elle doit à sa qualité d’indice sur lequel on a toujours beaucoup insisté — est court-circuité par les motifs photographiés qui, déjà, n’avaient plus rien à se faire prendre.Ce renversement, cette collision, affiche le déjà-là Peintures et dessins sur Jusqu'au 22 Conférence le samedi à papier 1953-1989 novembre 1 h.Entrée gratuite SOURCE CATALOGUE DE L'EXPOSITION THE DEAD Les Oiseaux pendus entre ciel et cri (détail), 1994, de Thomas Wrede.GALERIE SIMON BLAIS 4521.rue Cliirk Monlréal 1121 211 514 H4 pé régulièrement, en plus de créer de nombreuses sculptures intégrées, parmi les plus récentes celles du Musée McCord, du Centre hospitalier de Saint-Eustache et le Monument commémoratif de la participation canadienne ata deux dernières guerres mondiales (1993-94), à Ixmdres (il aura été également finaliste au concours du square Berri, en 1990).Des œuvres toujours entre-deux, jamais totalement saisissables.C’est Henri Lehmann, le critique d’art, qui soulignait que l’œuvre du McCord, placée dans une niche reliant l’ancienne à la nouvelle partie du musée, «exprime l’idée de continuité».De l’œuvre du MACM, enfoncée dans un inconfortable puits de lumière, entre la Place des Aids et l'entrée du musée, on a déploré le caractère trop énigmatique.Commentaire sans doute à propos — on a tous plus ou moins un rapport ambigu envers cette œuvre — mais que les années auront permis de dépasser.Une œuvre à problèmes, aux multiples remaniements, qu’on se sera finalement appropriée, à moins que ce ne soit elle qui nous ait eus.Au sujet de celle-ci, Granche écrivait simplement: «Un tout petit instant d’imagination vient de glisser, d’un grand espace vers un espace d’équivalence, d’un niveau à un autre, de l’extérieur vers l’intérieur.IjC spectacle urbain se matérialise dans le lieu et peut-être peut-il être rêvé par la sculpture.» C’est peut-être là que se situe la «créativité bricoleuse» dont il parlait ailleurs.Les œuvres de Granche se seront attiré un qualificatif difficilement contournable de la part de l’historien de l'art René Payant Pour lui, ces œuvres possèdent une dimension «caméléo-nesque», mimant les espaces quelles habitent.Mais l'ambiguité de ce terme venant d’un historien de l’art par ailleurs si vigilant entraîne à penser à ce qu’on entend trop souvent, que l'art n’est qu’un reflet (de la société, vous vous souvenez?).Au contraire, Payant croit que l’art participe de plusieurs manières à façonner le visage d’une société, ou d’une cité (quand il s’agit d’art public).Ce en quoi nous le suivrons totalement.L’art de Granche n’aura été celui du caméléon que |x>ur mieux redonner à son milieu.Reprenons une fois de plus ce commentaire livré par Granche à Serge Fisette, en 1992, dans la revue Espace.«Je vois le rôle de l’artiste au même titre que celui de l’urbaniste, de l’architecte et de l’architecte de paysage, c’est-à-dire quelqu’un de responsable, qui peut apporter une lecture différente de la ville.» Et si cette relation du sol au sous-sol, et ensuite à l’élévation, n’était pas si saugrenue?Et si cet enracinement dans la trame urbaine était fort à ce point?Comme une vague de fond.Serait-ce si simple?Il faudra retourner voir les Granche encore une fois, à la station de métro Namur par exemple, ailleurs encore, ix>ur voir comment ses œuvres délimitent de nouvelles «zones».SOURCE GALERIE CHRISTIANE CIIASSAY Au centre, en haut, Comme si le temps.de la rite (1985-1992), au Musée d’art contemporain de Montréal.Plus bas, Totem urbain.Histoire en dentelle, devant le Musée McCord rue Victoria (1991-1992).Ci haut, Monument commémoratif de la participation canadienne aux deux dernières Guerres mondiales (1993-1994), sise dans le parc Green, de Londres.& iiÉÉSiiiii Cl ICI V I MC.MUSEE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL LK DKVOIII Hommage à Pierre Granche Pierre Granche devant la sculpture Totem urbain / une histoire en dentelles - Vf réalisée en 1992 pour marquer la réouverture du Musée McCord.Merci d’avoir donné une âme à la petite rue Victoria.MUSÉE McCORD 690, rue Sherbrooke Ouest, Montreal (Québec).Tel.: (514) 398-7100 \ •s y ) D 12 I.K I) K V OIK, I, K S S A M E 1)1 II E T I) I M A N C II E I 2 O 0 T O K li E I II !) 7 LE DEVOIR wvm % ’MM S ,.RDIN ^MEMOIRE Il est rare que les grandes capitales européennes, où l'espace est compté, inaugurent de grands jardins urbains.Importés de Grande-Bretagne, ils ont surtout été l'œuvre du siècle dernier.La disparition d'anciennes friches industrielles, l'élimination de vieilles voies ferrées offrent pourtant aujourd'hui l'occasion de rendre à la verdure les quelques trop rares espaces urbains non bâtis.CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR A PARIS Le grenier à vin C’est sur d’anciens terrains industriels que la ville de Paris vient d’inaugurer le tout nouveau parc de Bercy.Construit sur 14 ha, il s’agit du deuxième grand parc créé à Paris depuis les travaux du baron Haussmann qui remodela entièrement la ville au 19e siècle.Situé au bord de la Seine, en face de la toute nouvelle Bibliothèque nationale de France, le site abritait jusque vers la fin des années 1970 les entrepôts de Bercy.Au 18’' siècle, la majeure partie des vins destinés à Paris étaient achemi- nés par voie d’eau.Les bateaux passaient devant Bercy et accostaient au quai de la Râpée.La commune, autrefois indépendante, fut au 19e siècle le plus grand marché d’Europe des vins et eaux-de-vie.S’y regroupaient les industries connexes comme la tonnellerie et le transport Dès cette époque, les Parisiens prirent l’habitude d’aller se promener à Bercy pour découvrir les grands crus comme les piquettes régionales.Aujourd’hui, ce parc de l’Est parisien est au cœur d’un nouveau quartier comportant des habitations et un centre d’affaires orienté vers l’agrci-alimentaire et le vin.Et les Parisiens ont à nouveau la chance de venir s’y promener.Un jardin de mémoire Lorsque les architectes et les paysagistes se sont attelés à la tâche de transformer ce site industriel en parc, ils ont découvert les restes d’un véritable décor de cinéma.Ils ont ensuite constaté que tous les éléments d’un jardin pittoresque étaient présents: végétation luxuriante désordonnée, voies pavées à l’abandon, petits pavillons de campagne, etc.Et puis, il y avait ces centaines d’arbres centenaires qu’il aurait été criminel d’abattre.Tous ont donc été préservés, sauf quelques-uns au bord de la voie rapide qui longe la Seine.On y a érigé une longue promenade surélevée qui permet de contempler le fleuve et la Bibliothèque nationale de France.«Il s’agit clairement d’un jardin de mémoire, explique le paysagiste Philippe Raguin.Nous avons choisi de conserver le maximum de traces des anciennes activités.Cela inclut les voies pavées desservant les anciens quais, une partie des rails et tout le mobilier urbain.Il était même question de conserver certaines plaques émaillées reproduisant d'anciennes publicités ou le nom des rues.Malheureusement, elles ont été volées.» C’est presque d’un parti-pris archéologique qu’il faudrait parler.Les architectes ont mis en place un véritable quadrillage, comme sur les chantiers archéologiques, constitué d’allées de pierres et de briques tous les 40 m.Dans le cours de la démolition, on a découvert les restes d’un pavillon de la fin du 18e siècle qui faisait partie d’un de ces petits châteaux classiques, comme en possédait à l’époque la bourgeoisie parisienne.Des amélanchiers du Canada Le choix des végétaux s’est inspiré de la même orientation qui vise à mettre en valeur le 19*' siècle.«On y trouve beaucoup d’essences venues d’Amérique et d'Asie et qui ont été amenées ou popularisées dans la seconde moitié du 19e siècle», dit Philippe Raguin.Parmi les végétaux d’Amériqpe du Nord, citons des rhododendrons des Etats-Unis, des magnolias de Virginie, des orangers mexicains, des hortensias américains et des amélanchiers du Canada.Ils sont répartis le long de neuf jardins thématiques consacrés au potager, au verger, à la roseraie, aux plantes aromatiques et à chacune des saisons.Contrairement aux Britanniques, les Français ont toujours eu ce parti-pris d’organiser rigoureusement les espaces verts.Un parti-pris que l’on retrouve aussi sur le quai de Javel où a été construit le seul autre grand jardin inauguré récemment à Paris.Malgré son caractère très construit, ce parc n’est pourtant pas exactement ce qu’on peut appeler un parc «à la française».«C’est plutôt un jardin néo-classique, dit Philippe Raguin.Ij> vrai jardin "à la française” se caractérise parses perspectives et sa recherche de l’infini.Ce n ’est pas le cas de ce jardin à l’espace restreint où il n’y a pas de relation entre le ciel et la terre.» Un regret ne pourra manquer de gagner le promeneur.Impossible de voir la Seine du jardin puisqu’une voie rapide construite dans les années 60 sépare le parc du fleuve.A défaut de refaire l’histoire, les architectes ont choisi d’aménager une grande terrasse de 192 tilleuls qui isole le jardin du bruit.Il faut l’escalader pour contempler l’eau et la rive gauche (qui à cette hauteur est en pleine construction).Seule consolation, on imagine déjà la passerelle qui enjambera la Seine et reliera un jour la Bibliothèque nationale de France au parc de Bercy.I rv Le Centre Georges Pompidou se refait une toilette bit es habitués ne recon- ! : ; naissent plus leur ' Centre (,eorg
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