Le devoir, 2 août 1997, Cahier B
I, K i) !•; v o | |t .I, K S S A M EDI 2 E T I) I M A N ( Il E A 0 I T I !) il 7 LE DEVOIR Disques classiques Page B 2 Cinéma Page B 3 Vitrine du disque Page B 5 Jazz et blues Page B 5 Grille télé du week-end Page B 6 Agenda culturel Page B 7 À Québec Page B 8 M U S I Q U E CLASSIQUE L’âme d’un génie mise à nu L’excentricité est-elle une manifestation du génie ou en est-elle le prix?Violoniste et psychiatre, l’Américain Peter Ostwald a, par une inclinaison toute naturelle, creusé la question en fouillant les voix intérieures de géants tourmentés par la folie.Dans une ultime «psycho biographie», le médecin s’est penché sur le cas de son ami Glenn Gould.The Ecstasy and Tragedy of Genius paraîtra sous peu en version française.LOUISE LEDUC LE DEVOIR Par son essence même, par son propos, ce livre était destiné à évoquer la douleur, celle d’un pianiste surdoué mais hypocondriaque au possible, celle d’un être dépourvu de toute affectivité.L’ouvrage en tant que tel est lui-même devenu souffrance, parce que rédigé par un homme en phase terminale, nourri par intraveineuse, porté par un seul espoir: que sa fin soit précédée d’un point.Pendant les douze dernières années de sa vie, Peter Ostwald se savait atteint d’un cancer.Quand il entreprit sa psycho-biographie de Glenn Gould, ses visites chez l’oncologue commençaient invariablement par une même question: aurai-je le temps de finir mon livre?Seulement ensuite pouvait commencer l’examen médical.A chaque fois, le médecin répondait par l’affirmative.Puis, un jour, il a pris les devants: avez-vous terminé votre livre?«J’ai su alors que la fin approchait», raconte sa veuve, la Québécoise Lise Deschamps Ostwald.«Les gens normaux n'intéressaient pas mon mari», continue-t-elle en guise d’explication à l’attraction qu’exerçaient chez lui les fous, les demi-fous ou, à tout le moins, .ces êtres délicieusement excentriques.Glenn Gould — et elle-même, ajou-te-t-elle en riant — appartenait à cette dernière catégorie.Avant d’aller plus loin, Lise Deschamps Ostwald précise que jamais Glenn Gould n’a été traité par son conjoint «parce que cela l'aurait obligé à rompre leur amitié».Peter F.Ostwald n’en analysait pas moins son ami, comme en témoigne aujourd’hui son apport à l’édifice biographique constitué après la mort, à cinquante ans, du pianiste canadien.Le psychiatre en Peter Ostwald s’est attardé à l’enfant prodige, à la relation mère-fils, à la psyché.L’ami, l’admirateur de Glenn Gould s’est imposé comme règle de base le respect du pianiste, sans jamais jxirter de jugement.Certes, Glenn Gould n’était pas un personnage simple.Son attitude trahissait son profond tourment.«Jamais il ne sortait sans sa carapace.Même par la chaleur la plus accablante, il portait toujours un manteau et se couvrait à l'excès», se souvient Mme Deschamps Ostwald.En plus de ses dons musicaux, cet enfant unique et surprotégé avait hérité de sa mère une peur maladive des microbes et des blessures, ce qui devait nuire à l’éclosion de sa carrière, le mener à se gaver de médicaments et à annuler des concerts.«Il traînait toujours sur lui des pilules de toutes les couleurs, très gênantes au moment de franchir les douanes!», raconte Mme Ostwald Deschamps.«Ses pilules, Glenn les tramportait dans ses poches, satis leurs bouteilles, mais il savait très bien laquelle prendre, à quelle heure et il connaissait la fonction de chacune.» De toute sa vie, sa mère fut la seule à pouvoir entrer dans l’intimité de son fils qui lui téléphonait sans cesse pour lui lire les critiques de ses concerts.Quand elle succomba à un accident cérébro-vasculaire, Glenn Gould ne s’en remit jamais vraiment.«Il se mit à prendre sa tension artérielle à toute heure du jour et de la nuit, avec trois appareils différents: un japonais, un allemand et un américain.» ( •*&*&*& \ >' ; mm.M $ Ki Pii JACQUES GRENIER LE DEVOIR PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Les FrancoFolies, c’est l’occasion de présenter des spectacles qui, autrement, ne verraient jamais le jour.En somme, il s'agit d’offrir quelque chose de plus, un petit supplément d’âme.C’est d’ailleurs la raison d’être de ce festival.Louise Forestier et Daniel Lavoie l’ont très bien compris.C’est pourquoi ils nous convient à un spectacle inédit, créé spécialement pour les FrancoFolies.Cette rencontre inédite aura lieu les 5 et 6 août, à 21h, à la cinquième salle de la Place des Arts.Chacun d’entre eux chantera une dizaine de chansons de son répertoire.«En somme, ce sera une soirée intime.Je dirais même une soirée familjale», résume Daniel Lavoie.Familial, c’est le mot A preuve?Alexis Dufresne, le fils de Louise Forestier, sera sur scène et jouera de la guitare, tout comme Mathieu Lavoie, le fils de Daniel et Benoît Groulx, le frère de Jean-François, compositeur et pianiste accompagnateur de Ironise Forestier.La complicité entre Daniel Lavoie et Louise Forestier remonte bien avant les FrancoFolies.On en connaît déjà les fruits.Lavoie a réalisé le plus récent album de son amie, Forestier chante Louise, en plus de collaborer aux arrangements.S’il y a parfois des mariages professionnels de raison, celui-ci est une affaire de cœur, assure Louise Forestier.À quelques jours de sa prestation aux FrancoFolies et à quelques semaines de sa rentrée montréalaise, Louise Forestier entrevoit l’avenir avec espoir, bien quelle jette un regard très dur sur l’industrie de la chanson.«On a perdu 50 % de notre public.Nous, les compressions, on les a subies au début des années 90! La chanson n’est plus une industrie florissante», dit-elle.Même pour une chanteuse établie comme Louise Forestier?, se demande-t-on.Que oui! Après 30 ans de carrière, la chanteuse doit se battre.Rien n’est jamais acquis dans ce métier.VOIR PAGE B 2: FORESTIER I Louise Forestier unelcte çt, Daniel Lavoie ouf préparé îUlllUcÜGpotir les FrancoFolies VOIR PAGE B 2: GOULD A 0 U T I !) !) 7 B 2 I.K |) K V (till.I.K S S A M E D I 2 E T I) I M A N C II K 3 Documentaires intéressants, amusants et éloquents • Via T HI MASQUE Of 01 WON MUSICIANS Of t Ht 610*1 phiui» ncxcn PHILIPS quarto!} oi> uv t* fn(n/Mt hw*c0j, w/v» vs ' ¦ j Budapest ' string quai Grande Fugue up.133.Ce document-là, on l’attend.FRANÇOIS TOUSIGNANT SHAKESPEARE’S MUSIK Chansons, danses et musiques de scène pour les pièces de William Shakespeare à l’époque du Théâtre du Globe.The Musician ofThe Globe, dir Philip Pickett.Durée: 68 min.24.Phiüps 446 687-2 THE MASQUE OF OBERON Musique d’Alfonso Ferrabosco II, Robert Johnson et plusieurs autres utilisées en une reconstruction du Masque d’Obéron, sur un texte de Ben Jonhnson.The Musician of The Globe, dir.Philip Pickett.Durée: 49 min.46.Philips 446 217-2 Deux disques, deux premiers disques d’une série produite par Philips, qui met en vedette un groupe londonien, The Globe Musicians, qui tente de reconstituer l’atmosphère musicale à l'époque d’Henry VIII et Elizabeth I, l’époque bénie où le théâtre du Globe était une sorte de centre culturel théâtral de Londres, ou Shakespeare, Ben Johnson, Francis Bacon et combien d’autres unissaient leur génie et se sont retrouvés honorés par James I pour traduire la Bible.La musique était courante dans les pièces de Shakespeare.La Tempête, Othello, Hamlet, regorgent de chansons qu’on chantait lors des représentations, de fanfares, de musique de danse (pensez au Songe d’une nuit d’été) ou d’accompagnement (Le Bal des Capulet).C’est aussi l’époque où le masque est en vogue.Il s’agit, pour mémoire, d’une sorte de divertissement de cour dans lequel les monarques et dignitaires, accompagnés d’artistes professionnels, se produisaient en représentation allégorique, un genre d’occupation qui fera les beaux jours du Versailles du Roi Soleil et de Marie-Antoinette.Si on dispose de nombreux documents d’époque, manuscrits ou premières éditions, qui contiennent les textes parlés (ou dans le cas des Masques, le scénario), on semble actuellement savoir peu de choses sur la musique choisie.C’est ici que la tentative de reconstruction de Philip Pickett devient intéressante.Il fait partie de ce genre de maniaques qui s’attache à retrouver la tradition élisabéthaine, à la faire revivre dans son entièreté.La connaissance du style musical est donc «state of the art»', cela lui permet, avec des recherches poussées dans les bibliothèques, de retrouver quel genre de musique était en vogue à quel moment précis et de faire un choix qu’il juge judicieux pour «remplir les trous» dans les pièces de Shakespeare.Le résultat est assez joli.On peut alors reprendre ses textes, les relire et se faire jouer les passages au moment convenu, s’offrant le plaisir d’une représentation historique imaginaire et imaginée.On profite alors d’un daguerréotype attachant, qui ne doit pas nous faire oublier que Shakespeare peut aussi s’assaisonner à d’autres sauces, bien qu’en cette ère où le médiévisme est à la mode, il est de bon ton d’y céder un peu avec ce qui n’en est pas vraiment mais qui irrésistiblement l’évoque.Le Masque d’Obéron est une autre affaire.Il s’agit d’un de ces jeux de cour faits à l’occasion de la Saint-Sylvestre pour l’apanage du jeune prince Henry, qui sans régner dans cette période trouble, portait le rôle de mo- narque de facto.La féerie est assez mignonne et le répertoire choisi très varié selon les goûts de l’époque.On regrette seulement cette tendance (économique ou parti pris artistique?) à faire jouer les pièces instrumentales avec si peu d’instruments alors que les documents nous apprennent le nombre impressionnant d’instrumentistes requis pour de telles célébrations.En ce baroque-là, la masse et son effet sonore importaient au public — rappelons-nous les effectifs exigés par Handel pour ses Royal Fireworks ou sa Water Music.L’authenticité reste néanmoins se-condaire quand c’est si joli.Oui, c’est vraiment joli comme une beau bibelot en Royal Doughlton, très britisli et de bon goût.Cependant, cela reste uniquement du divertissement, et il ne faut pas croire à la grande musique ou au chef-d’œuvre: sinon, comment traitera-t-on notre musique utilitaire dans trois cents ans?BEETHOVEN: LES DERNIERS QUATUORS Ludwig van Beethoven: quatuors à cordes en mi bémol majeur, op.127, en do dièse mineur, op.131, en la mineur, op.132, en fa majeur, op.135.Quatuor de Budapest (Josef Rois-man et Alexander Schneider, violon; Boris Kroyt, alto; Misha Schneider, violoncelle.Durée: CD 1:75 min.14, CD 2:64 min.05.Sony Classical, collection Masterwork Heritage MH2K 62873 Dans le monde des nouveautés, des nouvelles formations, des découvertes perpétuelles, le disque a comme avantage de pouvoir aussi nous remémorer des témoignages du passé, de nous renvoyer des échos d’une autre façon de faire, de témoigner de la grandeur d’une époque passée.En dépit de la qualité aujourd’hui parfois accablante des moyens d’enregistrement de ces temps lointains, technologiquement parlant, des voix arrivent à traverser ces filtres et à nous parler de manière encore actuelle.La série Masterworks Heritage nous permet de retrouver plusieurs documents d’archives.Certains s’adressent à des nostalgiques, d’autres à l’amateur de versions comparées, à des musicologues ou historiens de l’art de l’interprétation au XX' siècle, ou encore aux fanatiques d’une ancienne étoile dont le souvenir s’étiole; certains sont aussi des moments d’histoire qui, consciemment ou non, ont marqué la vie musicale aujourd’hui.C’est dans cette catégorie qu’on pourrait ranger ces enregistrements de quatre des derniers quatuors à cordes de Beethoven par le Quatuor Budapest.La modernité de l'interprétation est frappante et seuls quelques légers portandos nous rappellent le répertoire des affects en vogue à ce moment et que le Budapest a tant contribué à modifier, et surtout toutes les vocations qu’il a suscitées lors de son émigration en Amérique.Le quatuor en la mineur et celui en do dièse mineur font entendre le Budapest dans sa juvénile vigueur virtuose, sa technique sans faille, le tout mis au service d’une expression intense autant qu’intime.On en profite encore mieux que le nettoyage des bandes est assez bon: après deux minutes et quelques réglages de l’amplificateur, on oublie les anachronismes technologiques, pris par la musique et une prise de son en monophonie remarquable qui pourrait donner des leçons à bien des preneurs ou ingénieurs d’aujourd’hui.Si j’ai à exprimer un regret (pas une réserve), c’est qu’on ait omis la SHAKESPEARE'S MUSICK SO VG S -S OANCtS fltOM SMArfS«A«5 S nA*S MUSICIANS OF THE GLOBE * PHILIP PICKETT PHILIPS GOULD SUITE DE LA PAGE B 1 C’est bien là une des rares faiblesses dans la constitution de Glenn Gould qui se révéla.La mère et le fils, dans une communion d’outre-tombe, moururent du même mal.L’autopsie de Glenn Gould ne montra par ailleurs aucun des problèmes rénaux, musculaires, dorsaux, digestifs, ou autres dont il se plaignait sans cesse.Pendant les cinquante années de sa vie, Glenn Gould ne souffrit en fait que d’un seul épisode véritablement psychotique.C’était en 1959.Le pianiste confia alors à son ami Ostwald son sentiment d’être espionné, depuis un toit voisin, par des malfaiteurs lui envoyant des messages codés et l’aveuglant de signaux lumineux.«Devrais-je les confronter, les rejoindre sur le toit, les inviter chez moi, leur écrire ou appeler la police?», avait-il demandé au Dr Ostwald.Quand Glenn Gould se mit à déplacer des meubles parce qu’il ne pouvait plus souffrir d’être espionné, quand il se mit à entendre des voix et à souffrir d’hallucinations, Peter Ostwald se contenta d’un seul conseil: «N’appelle pas la police, téléphone plutôt à ton médecin.» Par téléphone, il consulta pendant dix-sept ans, le Dr Joseph Stephens, à qui Peter Ostwald l’avait envoyé.«C’était son moyen de communication préféré.Il téléphonait chez nous à toute heure du jour et de la nuit», se souvient Lise Deschamps Ostwald, elle-même pianiste de formation.Peter Ostwald connut Glenn Gould grâce à son habitude de se faufiler dans les coulisses de la salle de concert de San Francisco.Un soir de 1957, le psychiatre mélomane put ainsi aller féliciter dans sa loge le.virtuo-se de passage dans cette ville.A peine s’étaient-ils serré la main que Glenn Gould y alla de l’un de ses monologues caractéristiques, sans laisser son interlocuteur placer deux mots.Les deux hommes restèrent liés jusqu’à la mort de Glenn Gould en 1982.Leur relation ne devait pas être étrangère à cette mission dont s’est ensuite senti investi Peter Ostwald.«Mon conjoint a alors réalisé à quel point les musiciens, les peintres, les danseurs étaient incompris par les médecins sans aucune sensibilité artistique.» Il rassembla donc autour de lui un réseau de médecins conscients du problème et désireux de le résoudre.«Des musiciens l’appelaient de partout dans le monde.Mon conjoint leur posait personnellement les premières questions d’usage, puis il dirigeait chacun d'eux au bon endroit.Il recommandait tel dentiste aux joueurs d’instruments à vents, tel chirurgien à cet autre aux prises avec des problèmes dorsaux.» En parallèle, Peter Ostwald tenta de former ses étudiants en médecine aux vertus de la psycho-biographie.(Ne l’oubliez pas, cela se passe dans la très avant-gardiste San Francisco).Lui et son épouse se mirent aussi à la même époque à tenir des récitals-causeries consacrés à Schumann, Beethoven, Chopin, Liszt, Brahms, etc.Madame jouait du piano, puis son conjoint discutait des problèmes psychiques et physiques de chacun.Dans cette foulée, pour Glenn Gould, The Ecstasy and Tragedy of Genius, Peter Ostwald a fouillé très loin dans l’intimité du pianiste, avec un souci maniaque du détail que seul un psychiatre jugerait bon de rechercher.L’auteur a par exemple demandé au père de Glenn Gould si son fils avait été allaité, s’est ensuite arrêté sur le fait que, longtemps, il coucha dans la même chambre que sa mère.Les amis d’enfance ont été questionnés, la sexualité ou l’asexua-lité apparente de Glenn Gould abordée, sa correspondance étudiée.Traqués depuis les Romantiques, le génie, la folie et leur frontière ténue ne se laissent pas facilement approcher.Conscient de l’impossibilité de les expliquer, Peter Ostwald s’est à tout le moins employé à photographier un tourment et son influence sur un géant.Voyeurisme ou voyage intime au cœur de l’art?GLENN GOULI): THE ECSTASY AND TRAGEDY OF GENIUS Peter Ostwald W.W.Norton & Company, New York, London, 368 pages.JACQUES GRENIER I.K DEVOIR Lise Deschamps FORESTIER Pousser Vaventure de récriture jusqu’à la poésie SUITE DE LA PAGE B 1 Son plus récent disque, par exemple, ne tourne pas dans plusieurs stations de radio.«J’ai voulu savoir pourquoi.J'ai appris qu’un directeur musical d'une radio FM a justifié sa décision en disant: «quand les gars écoutent ses tonnes dans leur char, y bandent pas parce qu 'elle est trop vieille».Vous voyez.Même après 30 ans de carrière, tout est toujours à refaire.» Fidélité et authenticité S’il fallait résumer Louise Forestier en un seul mot, ce serait le mot «authenticité».Or, justement, elle en a été victime de son authenticité, la Louise.Elle en convient.«J'ai réalisé, récemment, que je n'avais jamais eu droit, depuis mes débuts jusqu a aujourd’hui, à des entrevues de fond à la télévision alors que d’autres artistes de ma génération en ont eu des dizaines.Je n'ai jamais joué à la vedette, je n’ai jamais créé cette distance nécessaire, je ne me suis jamais fabriqué d’image de terrible diva ou autre.J'en paye le prix», dit-elle sans aucune amertume.En échange, Louise Forestier s’est acquis avec les années une chose précieuse que toutes les minettes qui tournent à satiété sur les radios ne pourront jamais lui ravir: un public.Un fidèle public.Elle le réalise.Il y a les plus jeunes, ceux qui ont écouté Lindberg sur la chaise haute, entre deux biberons.Et il y a les autres, ceux qui la suivent sinon depuis L’Osstidshow du moins depuis les années 70, alors quelle nous faisait danser dans les allées de l’Outremont, et qui ont vu ses spectacles Je suis au rendez-vous (1983), La Passion selon Louise (1986) et Vingt personnages en quête d’une chanteuse (1992).Ce public, Louise Forestier ne se lasse jamais de le rencontrer.Seule avec son pianiste, elle a fait une longue tournée en province, récemment, poussant l’aventure jusqu’au Yukon.Sa vie est un grand livre ouvert, comme dit le cliché.Ceux qui ont assisté à ses spectacles ou écouté ses ; nombreux enregistrements savent tout de ses amours.Sur des mu-1 siques douces, parfois proches de la ' samba, son plus récent disque, Forestier chante Louise, traite de rupture.\jà simple évocation des titres en témoigne: Chaque amour a son heure, Motel Desert Inn, Ma vie ne te regarde plus, La peur d'aimer.Tu me manques, Ruptures.Encouragée par Daniel Lavoie, elle s’est mise à l’écriture, au terme d’une rupture.Un autre cas de ré-4 demption par la création.«Une rup-i hire, avant, c’était nécessairement un ¦ échec.J’ai compris maintenant que c'était un palier dans un escalier, une occasion de renaître.Evidemment, ces chansons s'inspirent de mon expérience.Toutes les œuvres, intellectuelles ou pas, viennent de ce que l’on a senti et de ce que l’on sait.Moi, toute ma vie, c’est l’amour qui m'a inspirée» Il y a déjà longtemps que Louise Forestier écrit des textes de chansons.Elle pousse désormais l’aventure de l’écriture jusqu'à la poésie et n’écarte pas l’idée de publier un recueil.«Ma vie, c’est écrire et chanter.Même si j’étais indépendante de fortune — ce qui est loin d'être le cas —, je continuerais d’écrire et de chanter.» Elle se tourne aussi, confie-t-elle, vers une certaine spiritualité.Non pas une spiritualité de pacotille inspirée d’une mode passagère, précise-t-elle.«J’ai simplement, depuis plusieurs années, la conscience d’être un atome minuscule qui fait partie de l’univers, une petite poussière d’étoile.J’essaie d’aimer comme du monde.Toute ma vie, je la passe à me comprendre dans la «marche à l’amour», comme disait Gaston Miron, bit je me prépare en vue de mon dernier show — ma mort —.Je n’ai pas l'intention de le rater, celui-là.» «Je n’ai jamais joué à la vedette, je ne me suis jamais fabriqué d’image de terrible diva ou autre» vendredi b I i c i t a i r e août Ne manquez .pas notre cahier spécial 1 “f LE DEVOIR publié le 23 août prochain! K I) K V il | Il .I.K S S A M K I) I 2 K T D I M A X ( Il K A A II II T I 0 » 7 b ;s CINÉMA Un acte qui sacrifie la vraisemblance PASSAGE À L’ACTE Réalisation et scénario: Francis Girod et Gérard Miller, d’après le roman de Jean-Pierre Gattegno Neutralité malveillante.Avec Daniel Auteuil, Patrick Timsit, Anne Parillaud, Michèle Laroque, Marianne Denicourt.Image: Charlie Van Damme.Musique: Alexandre DesplaL Au Complexe Desjardins.ODILE TKEMHI.AY LE DEVOIR L* idée est bonne et le climat bien campé, la ' musique inquiétante à souhait dans le registre subtil et la caméra habile, avec plusieurs vues de nuit et une image juste assez sombre pour laisser l’imagination galoper.Alors que manque-t-il à ce Passage à l'acte pour convaincre?La vraisemblance, une denrée indispensable dans le champ du thriller.D’elle provient l’huile qui fait rouler la mécanique et permet au spectateur de se laisser glisser dans l’épouvante.Je n’ai pas lu le roman de Jean-Pierre Gattegon dont le scénario est tiré.L’écrivain sacrifiait-il le plausible au profit de la démonstration à faire?Peut-être, mais les méandres littéraires évitent aux polars des pièges dans lesquels le cinéma trop explicite tombe parfois.On ne croira pas à ce Passage à l’acte qui demeurera de bout en bout un exercice artificiel.Dommage! Car le film de Francis Girod (le cinéaste de Lacenaire, de La Banquière), vieil habitué du polar, a plusieurs atouts dans son jeu, dont au départ une imposante distribution réunissant Daniel Auteuil, Patrick Timsit, Anne Parillaud, Michèle Laroque, etc.Au centre de l’histoire: le divan d’un psychanalyste (Auteuil, crédible comme toujours à l’heure de brosser un profil psychologique).11 s’appelle Jacques Rivière, nage en plein succès, ses livres se vendent, ses clients sont riches, son divorce s’est bien déroulé, ses maî- tresses sont mignonnes.Comment le personnage inquiétant campé par un Patrick Timsit en contre-emploi, psychopathe avouant le meurtre de sa femme sur le divan, saura piéger le médecin, le scénario alambiqué le révélera peu à peu.Difficile de croire à l’intrigue devant l’impossibilité qu’un psychanalyste laisse un malade pervers, manifestement assassin, menacer son ex-épouse et son enfant, mettre la vie de tout le monde en danger, et prétendre se faire justice lui-même.Les coins de l’histoire sont tournés ronds.Par ailleurs, un rôle de composition comme celui de Patrick Timsit en caractériel sanguinaire et manipulateur est tellement découpé à gros traits qu’il en perd toute vraisemblance.Quant à Michèle Larocque, on ne peut que déplorer, rôle après rôle, le fait qu’elle incarne toujours le même type d’épouse bourgeoise en maîtrise d’elle-même, généralement divorcée, parlant un octave trop haut et que les cinéastes ne songent plus guère à étendre son registre.Anne Parillaud, caricaturale elle aussi en névrosée en perpétuelle analyse, a du moins un côté voluptueux qui sied bien à la victime sexy appelée à périr sur l’autel des machiavéliques machinations des messieurs qui l’entourent.Daniel Auteuil est le seul acteur à émerger du registre monolithique.Grâce à lui, la satire en sous ligne de l’univers psychanalytique et du triturage de méninges et d’émotions qui l’accompagne frappe parfois juste et fait rire.Pourtant, la musique d’Alexandre Desplat a bien de la finesse et appuie les péripéties sans les enterrer.Rien à redire non plus sur le plan technique, alors que les clairs-obscurs de l’image répondent aux clairs-obscurs de l’action.Mais un polar est avant tout un scénario qui tient ou non la route.Le genre commande une tension constante, une direction soutenue.Malgré une construction habile, Passage à l’acte subit bien des passages à vide, un manque de liant, une faiblesse d’intrigue, des invraisemblances par-dessus tout qui empêchent que le public ne soit tenu en haleine.ELISE LOCKWOOD Une scène de Love Serenade.Jhmti S SOURCE ALLIANCE VIVAFILM Passage à l’acte Poésie et insolite LOVE SERENADE Réalisation et scénario: Shirley Barrett.Avec Miranda Otto, Rebecca Frith, George Shevtsov.Image: Man-dy Walker.Musique: Christine Woodruff.Au cinéma du Parc, 101 min.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Love Serenade est un de ces films avares d’effets, qui suivent une ligne mélodique simple, conservent leur couleur, leur tension, brossent efficacement de petits profils acidulés, et sans éclats, sans excès, campent un univers parfaitement crédible, à mini échelle.La Caméra d’or au Festival de Cannes 1996 est venue couronner le très intéressant premier long métrage de Shirley Barrett, une cinéaste australienne.Ici, c’est l’ennui, l’«au jour le jour» d’un village des antipodes qui se trouve dépeint à travers les profils de deux sœurs en panne de romance, voyant arriver dans leur voisinage sinon le prince charmant, du moins un homme assez étrange et inquiétant pour les émoustiller ferme.Il répond au nom de Ken Sherry.Cet animateur radio connu vient s’enterrer à Ro-binvale en investissant les ondes d’une petite radio locale pour finir des jours paisibles après avoir connu toutes les tempêtes.Le film sera le récit de la liaison avec la plus jeune des sœurs Vicky-Ann (Rebecca Frith), vierge et curieuse, puis avec l’autre, la romanesque Dimitty (Miranda Otto), et brosse le portrait fort réussi d’un séduisant salaud qui manipulera ses dames jusqu’à ce que la révolte des opprimées n’éclate.Il n’y a rien comme une cinématographie simple pour révéler des visages nouveaux, porteurs à l’écran et non surexposés.George Stevsov est cet acteur au profil en lame de couteau, capable d’incarner un personnage hautement antipathique en lui conservant un charme, voire une certaine délicatesse dans la goujaterie.Le comédien est un des éléments les plus intéressants du film, pivot de l’histoire qui fait paraître bien falotes les jeunes filles s’agitant dans son lit dont il se débarrasse après usage avec une glaciale désinvolture non dépourvue d’élégance.Des symboles, tel l’énorme espadon qui surplombe l’appartement du séducteur, viennent apporter une profondeur onirique à l’action.Ken Sherry est cet homme poisson qui menace la vertu et les rêves des jeunes filles que le maître queue chinois mit en garde en vain.Elles sont destinées à tomber dans les rets du misérable.Shirley Barrett a évité le parti-pris de réalisme.Et la scène où Dimitty bafouée par son amant, en robe de mariée à longue traîne entreprend de gravir les échafaudages pour aller au devant de la mort est pourvue d’une, poésie et d’un insolite qui font frissonner l’intrigue.Les rails de chemin de fer, les promenades entre restaurant chinois et maison à l’heure où le village croupit dans son immobilisme ! avaient donné dès le départ la couleur ! du lieu, en opposant l’atonie du décor au profil acidulé de l’inquiétant personnage atterrissant comme un sur- ’ venant dans cette Australie profonde., Ils traduisent l’habileté de la cinéaste qui dans cet univers en demi-ton, avec un humour et un absurde de sourdine parvient à donner vie à ce triangle insolite et délicatement pervers où les protagonistes s’agitent de façon déri- ' soire comme dans un aquarium.PRIX JEAN VIGO 1996 encore «Rire intelligement» Hugette Roberge, LA PRESSE CINEPLEX ODEON COMPLEXE DESJARDINS æ LE CLAP QUÉBEC 650-2527 Un film do Avec Jackl* B«rroy«r Valeria Brvnl-Tedeschl Natacha Régnier Laurence Côte Hélène Filières «Une écriture raffinée» LE DEVOIR À L’AFFICHE! K.FIIHS AMERIQUE ArtVisoej LE CAFÉ ÉLECTRONIQUE I Self R ESTAURANT! IfflrïrjiïnJtC Pour les JEUNES de 7 à 77 ans ! «Découvrez le CYBERMONDE : les musées virtuels, les autoroutes de l'information, les jeux en réseau, le nouveau cinéma d'animation, et quelques artistes.délirants ! » Information : 849-161-2 VIEUX-MONTRÉAL 85, rue Saint-Paul Ouest (angle Saint-Sulpice).Place d’Armes Bosco Louise Laprade U*iUJl / txsARm.TumcrtftU OU QUEBU Festival de TROIS Au coeur des mots Saison 1997 Maison des Arts de Laval Lundi 4 août Esther, Esther de Monique Bosco (Prix Athanase-David 1996) avec Julie Vincent et les voix de Roland Laroche et Béatrice Picard Mise en lecture de Roland Laroche Lundi 18 août Reflets et Pamphlets avec France Castel, Michel Dumont, Albert Miliaire et François Tassé Mise en lecture de Béatrice Picard Montage de textes de grands pamphlétaires tels Arthur Buies, Olivar Asselin.Lundi 25 août La Cantate à trois voix de Paul Claudel avec Violette Chauveau, Françoise Faucher et Sophie Faucher Mise en lecture de Françoise Faucher Mardi 2 septembre On ne part pas, on ne revient pas d’Hélène Cixous avec Benoît Brière, Andrée Lachapelle et Michèle Magny Mise en lecture de Lise Vaillancourt et Anne-Marie Alonzo LE FESTIVAL DE TROIS.LE FESTIVAL DE LITTERATURE! MAISON DES ARTS DE LAVAL, 1395, boul.de la Concorde Ouest, à 20h00.SALLES Dl! GESÙ, 1200, nie de Bleury, Montréal, à 20h00.PRIX (tx incluses) : 17 $ réguliers, 14 S etudiants et aînés Série abonnement : 25$, de réduction (exceptée la soirée Oll-Festival) Billets en vente à la Maison des Arts (514) 662-4442, aux Salles du Gesù (514) 861-4036 et sur le réseau ADMISSION 790-1245 Lundi 11 août La ville aux Gueux de Pauline Harvey avec Sophie Faucher, Michel Laperrière, Louise Laprade et Geneviève Lavigne Mise en lecture de Louise Laprade Montage de textes de Pauline Harvey Off-Festival - Salles du Gesù LE DEVOIR Monique Julie Vincent Béatrice Picard Roland Laroche Geneviève Lavigne Michel Laperrière Pauline Haney Sophie Faucher t i 4tm édition c i n q u i e U septembre GrtgOsbf 8 octobre Store Turn Quortit Unowmbr» Steve Locy Wo IQdétwnbre Antonio Hurt Quartet Il février Kartn Young it ChorltsPopasoff II men Lorraine Dermorah I Women In jdzz Térez Montcalm 4,5 et 6 m«i Mario SrfineWer/ atelier d’orchtstn et répétitions devant publie brrai Mario SdineWer ond Ordiettra Profitez de l’offre exceptionnelle I 10% de réduction sur tout achat de quatre billets et plut, Renseignements ; (JM) MMM7 Saison .J a z z/M o n t r é a l i'NATIONALE Silence on jazz à Fr< 15 concerts à la Maison de la Culture Frontenac du 17 au 15 octobre 1997 L’élite des musiciens de jazz d'ici! SAISON Exclusif au Passeport-fan : 15 concerts pour 5 $ en rente o la sa Ile du Geiù (1200 rue de Bleury) et à la Marion de la culture Frontenac À compter du 18 août MONTREAL ~ — TS — i a ?H H W—— Quand la romance écrase le message PICTURE PERFECT Réalisation: Glenn Gordon Caron.Scénario: Arleen Sorkin & Paul îlansky.Avec Jennifer Aniston, Jay flohr, Kevin Bacon, Olympia Dukakis, Dleana Douglas, Kevin Dunn.mage: Paul Saros^y.Musique: Carter Burwell.A l’Egyptien.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR a place (étroite) des femmes dans le monde du travail apparaît com-ie l’un des thèmes de l’heure au ci-r êma américain, telle une seconde \ ïgue de féminisme venant frapper 1 )ncle Sam.En témoigne le prochain f m de Ridley Scott Glfane (qui sorti-t i la semaine prochaine) lequel lance-r i une femme (Demi Moore) parmi i le bande de G.I.machistes et vio-1 nts.Picture Perfect de Glenn Gor-c m Caron y va plus modestement, r lais le sexisme s’y présente aussi c jmme le monstre à pourfendre.I ans cette comédie bon enfant, on ne c ’eusera pas le sujet très profondé-r ient.Picture Perfect effleure, n’ose \ -aiment dénoncer, et tout finira, on s en doute, par un baiser.Kate (Jennifer Aniston) fait ses pre-r tiers pas dans le milieu de la publici-t \ et doit présenter, sinon un certificat ae bonne conduite, du moins les fpbes de sa fonction et surtout, surtout, un fiancé digne de ce nom à exhiber devant les patrons et leurs épouses.Sinon, pas de promotion pour titine.Alors une amie bien inten-Jjonnée invente un futur à la belle et le mensonge s’installe dans sa vie.Il faut flé qu’il faut, pour gravir l’échelle sociale.Une femme seule attire décidément trop la suspicion, les patrons craignant qu’elle ne quitte la boîte inopinément pour suivre le premier venu.Faux fiancé donc, recueilli au hasard d’une photo de Kate et d’un quasi inconnu dans un quelconque mariage.Il s’appelle Nick et il servira de prête-nom, voire de prête-visage.Au départ, l’idée du film n’est pas mauvaise, puisqu’il prétend explorer l’étalage des préjugés frappant une femme au travail si elle n’entre pas dans le moule.Pas mauvaise non plus, la jeune actrice principale Jennifer Aniston, si débordante d’énergie, jolie sans défoncer tous les canons, avec un sens du comique et du punch.Son collègue de travail Sam (incarné avec une certaine fougue par Kevin Bacon), l’amant qui se sent tout excité de coucher avec une jeune fille «engagée» ailleurs, possède également une couleur.Mais Picture Perfect verse très rapidement dans le cliché et la facilité et transforme en bleuette ce qui prétendait égratigner un certain establishment professionnel pur mâle.Bien évidemment, la dame devra trouver un fiancé et rencontrer l’amour pour correspondre au profil de l’employée idéale.Elle devra aussi s’extirper du mensonge qui l’étouffait et révéler la supercherie au grand jour avant de choisir le candidat au mariage susceptible de la rendre vraiment heureuse.L’héroïne rentre dans le rang et tout le monde pousse un soupir de soulagement! Finalement, rien dans cette comédie qui affichait pourtant un thème assez audacieux, ne tranche sur les autres productions légères de l’heure.Et Picture Perfect n’est ni plus fin, ni plus engagé que My Best Friend Wedding, côté lutte des femmes pour imposer leur style et leur personnalité.La romance finit par prendre le pas sur le message et l’héroïne par rentrer dans le rang à l’heure du happy end.La vraie révolution féministe n’est pas pour demain.Jennifer Aniston Entre plusieurs genres SKIN DEEP Réalisation: Midi Onodera.Scénario: Midi Onodera, Barbara O’Kelly.Avec Natsuko Ohama, Keram Malic-ki-Sanchez, Dana Brooks, Melanie Nicholls-King, David Crean.Image: 9lLüJ R R I È R E Vendredi 1er août Leken Dvorak Dimanche 3 août Schubert Brahma Mercredi 6 août Schulhoff Huybrecht Beethoven Romuil Sperger Vendredi 8 août Bach Dimanche 10 août Stravinsky Du 1er au 10 août 1997 Tous les concerts ont lieu à 20h00 à l’église de Laterrière Résez-vations et renseignements: 418-678-2216 PROGRESSIF nu MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL PRÉSENTENT Dès le 20 aoüf au Musée d art contemporain de Montréal, salle Beveileij Webster Rolph.185 Sle-Catherine ouest à 201)30.Réservations: Réseau Admission 790-I24S uuuuj.dianedufresne.com son* BARRY WETCHER Robert MacDonald.Musique: Kathryn Moses.Au cinéma du Parc.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Certains premiers films sont des promesses confuses, des voies multiples explorées sans véritable concentration, des clichés underground qui parviennent mal à trouver leur différence.Tel est ce Skin Deep de la Canadienne Midi Onodera, un film qui oscille entre plusieurs genres et thèmes: le tournage du film dans le film, le pouvoir de la fiction sur le réel, la quête du moi dans l’ambivalence sexuelle avec imagerie sado maso sur fond d’androgynie.La cinéaste a voulu mettre toutes les contradictions de son univers sans les tenir en laisse dans un récit cohérent Skin Deep met en scène une cinéaste homosexuelle tournant un film sur le tatouage et le fantasme sexuel.Et voilà qu’un nouvel assistant de production, mi-mâle mi-femelle (Keram Malicki-Sanchez) développe une fixation sur elle et la poursuit de ses avances en devenant de plus en plus inquiétant et violent.Midi Onodera eût dû se concentrer sur la relation entre l’assistant (e) et la cinéaste.Toute la partie du tournage est du déjà-vu avec son imagerie de cuir et de tatouages collée à une vision cliché homosexuelle.Natsuko Ohama qui incarne la cinéaste ne parvient pas à justifier par son charisme la passion folle qu’elle vient inspirer.C’est Keram Malicki-Sanchez qui par son androgynie fascinante et la subtilité de son personnage habite l’écran.Seule sa présence s’impose dans ce film de bric et de broc.Encore que son personnage n’apparaisse pas suffisamment développé et que ses répliques s’avère bien trop faibles.Film expérimental qui marche dans les ornières d’autres films expérimentaux sans vraiment renouveler le genre.Skin Deep se montre du moins capable de brosser un climat d’angoisse et d’ambivalence.Hélas! la réalisatrice n’a pas appris à y pousser une intrigue.Bourré des défauts de plusieurs premières oeuvres, sans véritable voix personnelle, le film constitue une ébauche.Et il faudra attendre le film suivant pour découvrir si cette cinéaste canadienne a quelque chose de personnel à dire où si elle se contentera encore dans la confusion de suivre des pistes sans les mener à bon port.?: chef-d’œuvre ?: remarquable ?: très bon correct sans plus ?: très faible : pur cauchemar THE GRADUATE ?Trente ans après sa sortie, The Graduate possède encore un immense pouvoir de séduction.Cette histoire de jeune universitaire bourgeois séduit par l’épouse de l’associé de son père a marqué d’une pierre blanche la cinématographie américaine, plus encore celle de Mike Nichols (Carnal Knowledge, Working Girt), dont la carrière à l’époque débutait.Un inconnu du nom de Dustin Hoffman y faisait ses premiers pas; une vedette du nom d’Anne Bancroft se transformait en Mrs.Robinson, femme indigne dont elle a su tirer le meilleur.The Graduate raconte, en cinq étapes, l’affranchissement progressif d’un jeune homme de l’emprise morale et économique qu’exerce sur lui de la génération précédente, parallèlement aux valeurs libérales du mouvement hippie en pleine éclosion.Au Cinéma du Parc.Martin Bilodeau.THE GARDEN OF THE FINZI-CONTINIS ?Montréal célèbre avec un an de retard le 25 anniversaire du Jardin des Finzi-Continis, chef-d’œuvre de Vittorio De Sica, adapté du roman de Giorgio Bassani.Cette œuvre admirable, toute en demi-teintes, raconte la montée du fascisme dans l’Italie, telle que vécue derrière les murailles qui ceinturent le domaine des Finzi-Contini, famille juive qui, outre les visites occasionnelles des amis de leurs enfants Micol (Dominique Sanda) et Alberto (Helmut Berger), vit coupée du monde.Vingt-septième film de De Sica, ce film si magnifiquement photographié par Ennio Guarnieri a reçu l’Oscar du meilleur film étranger en 1971.Le Cinéma du Parc projette, pour une semaine encore, une copie restaurée (négatif nettoyé, son Dolby stéréo), en version originale, avec sous-titres anglais.M.B.ULEE’S GOLD ?1/2 Cet excellent drame rédempteur remet en selle un Peter Fonda dont on avait oublié le talent et la présence, dans le rôle d’un apiculteur taciturne, qui élève seul ses deux petites-filles pendant que leur père croupit en prison et que leur mère court le «junkie-land» d’Orlando.Une série d’événements, marqués par le retour de la bru, chamboulent le quotidien de cet homme tourmenté, obligé de rouvrir la porte aux démons du passé.Ulee’s Gold est un film sobre, émouvant, intelligent, porté par la force tranquille de son personnage central et la cohérence de son récit, qui passe sans effort du drame intérieur au thriller.Au Centre Ville.M.B.THE PILLOW BOOK ?1/2 Iœ dernier film de Peter Greenaway constitue un heureux mariage entre le style quasi pictural du cinéaste britannique et l’esthétisme oriental.Le film aborde l’univers fascinant de la calligraphie japonaise sur corps humain à travers une intrigue soutenue (à l’encontre des derniers Greenaway trop échevelés).Des images magnifiques sur un climat mystérieux et raffiné.Au Centre-ville (v.o.), Parallèle (v.o., s.-t.a.) Odile Tremblay AIR FORCE ONE ?1/2 Après up discours incendiaire disant que les Etats-Unis ne négocieront jamais avec des terroristes, le président (Harrison Ford) et l’équipage de son avion en vol de retour sont pris en otage.Wolfgang Petersen (Das Boot) revient ici à un huis clos oppressant, qu’il monte en parallèle avec celui qui se déroule à la Maison-Blanche, dans lequel Glenn Close, en vice-présidente du pays, tente de sauver les meubles.Le montage serré sacrifie ses respirations pour renforcer l’emprise sur les spectateurs.Une dose d’auto-dérision desserre momentanément la vis de ce divertissement captivant, mais somme toute assez moralisateur et sans nuance.Au Berri, Boucherville (v.f.), Faubourg, Lasalle (v.o.).M.B.ENCORE ?1/2 Ce premier film du scénariste Pascal Bonitzer (Ma saison préférée, La Belle Noiseuse) raconte les déboires d’un quinquagénaire, essayiste et prof d’université, qui perd peu à peu ses repères avec les femmes et la vie en général.D’une mise en scène sobre et inventive, d’une écriture raffinée, dont la qualité est parfois assombrie par des prétentions de débutant.Encore se rend à bon port grâce à ia performance de Jackie Berroyer.Au Complexe Desjardins.M.B.SHALL WE DANCE?1/2 Comédie sympathique et révélatrice du Japon contemporain, Shall We Dance?raconte l’histoire d’un quadragénaire qui trouve dans la danse sociale la fantaisie qui manquait à sa vie de père de famille.Masayuki Suo a réalisé un film intelligent, souvent drôle, qui aurait gagné en intensité s’il avait été raccourci d’une demi-heure.Entre le drame, le mélodrame, la comédie et le musical, habité de personnages souvent colorés, Shall We Dance?danse néanmoins d’un pas assuré vers le succès.Au Faubourg.M.B.AIR BUD (TOBBY - LE JOUEUR ÉTOILE) ?Il en aura fait des émules, Rin Tin Tin.En fait, chaque époque ramène au cinéma son chien phénomène qui fait le bonheur des enfants.Après Beethoven et compagnie, voici un chien américain au carré puisqu’il excelle au basketball en plus de sauver un jeune garçon de la dépression nerveuse par zoothérapie.Signé Charles Martin Smith, Air Bud raconte comment ce bon chien rescapé d’un cirque par un garçon solitaire deviendra l’idole d’un village.Iœ film est à la gloire du basketball et de l'American Way of life, bourré de recettes, mais avec un animal sympathique et des bons sentiments.Les très jeunes apprécieront.O.T.SPAWN ?Tiré de la bande dessinée du même nom créée par Todd McFarlane, ce film d’aventures et de super-héros ambigu, égaré entre le bien et le mal, séduit par sa facture ambitieuse (attribuable aux créateurs de 77te Mask), ses trucages exceptionnels et la souplesse de sa réalisation.Par contre, ies thèmes abordés font déjà-vu pour quiconque s’est nourri de Robocop et de Batman\ le scénario ne se dissocie jamais du traitement unidimeptionnel de la bédé.Au Aiexis-Nihon, Egyptien (v.o.), Berri, Langelier (v.f.).M.B.LA COMTESSE DE BATON ROUGE ?André Border dans ce film autobiographique (au sens symbolique du terme) met en scène un cinéaste qui remonte le cours de sa vie.Dans cet univers surréaliste, un cyclope constitue une métaphore du cinéma et une femme à barbe envoûte tous les hommes.Robin Aubert incarne le cinéaste avec les tics, les mimiques d’André Forcier mais un jeu souvent boiteux.Une distribution inégale (dominée par la prestation de Prance Castel), un rythme très inégal qui casse et reprend sans cesse, de bons «flashes» mais une réalisation qui manque de liant.Au Complexe Desjardins, Boucherville, Caire-four Ixival.O.T. LA VITRINE fC/V'C ABDULLAH IBRAHIMCAPE TOW FLOWERS UVE IN KOLN Jaet ANALF.KTA ARNO EN CONCERT Amo FMI Un Flamand, un Québécois et une famille ontarienne SYLVAIN CORMIER ARNO EN CONCERT (À LA FRANÇAISE) Arno Delabel/Virgin (EMI) Il y a quand même des certitudes dans la vie.A commencer par celle-là: quiconque était l’an dernier au Spectrum pour le spectacle d’Arno Hintjens voudra y retourner samedi 9 août, dès 19h.Arno, en effet, est une drogue dure.Suffit d’une fois et hop, on est accro.Vous pensez bien qu’une dose par an n’est pas de trop.Durant l’été 1996, je me l’étais injecté trois fois, de FrancoFolies en FrancoFo-lies, à La Rochelle, à Spa (dans la fabuleuse ambiance d’un casino centenaire, avec plafond en lambeaux), et à Montréal.L’Arno de ces soirs-là, qui aurait pu crever à chacun des spectacles tellement il oubliait de se ménager, magnifique et terrifiant à la fois, c’est l’Arno que fixe ce disque, témoin de la tournée A la française (privilégiant le matériel francophone du Flamand polyglotte).Rares sont les albums live qui, joués fort ou pas, s’approchent autant de l’expérience vécue en salle.Question d’intensité, évidemment: Arno troue le compact comme il nous assassinait sur place, avec ses cris et chuchotements et son rock baroque aussi tranchant qu’un couteau de boucher.Je me complais peut-être un peu dans l’image sanglante, mais la vérité est de cet ordre-là: Arno ne sait rendre ses chansons qu’en s’arrachant le cœur.Ecoutez plutôt le disque: c’est flagrant dans ses quelques versions d’autrui, dans Le Bon Dieu de Jacques Brel, vociféré à s’en faire péter les veines du cou; dans Comme à Ostende de Ferré/Caussimon, trop doux dans les couplets, trop dur dans les refrains; et surtout dans Ias Filles du bord de mer, détourné d’Adamo en une java superbe et dérisoire.Ses chansons à lui, forcément, il les fouille jusqu’aux entrailles: c’est fou ce qu’il trouve dans Les Yeux de ma mère ( «Dans les yeux de ma mère /Il y a toujours une lumière / Quelque chose d'une allumeuse / Quelque chose d'une emmerdeuse»)', dans Marie tu m'as, sa rumba d’amour, dans Laisse-moi danser, son plus sonore cri d’appartenance.Seule ombre au tableau noir: le livret est moche, composé de bêtes et froids clichés de coulisses qui prennent la place des textes de chansons.Dommage, considérant la force du propos, l’accent très prononcé du flamand et sa propension à triturer les phonèmes.Faudra prêter l’oreille.Ou se la couper.LEAHY Leahy Virgin (EMI) Comme chacun sait, les Irlandais débarquèrent en nos contrées il y a 150 ans pour y bâtir maison et fonder quelques milliers de concessions de «Rois de la patate».Du nombre, la famille Leahy s’établit dans le village de Dike field, en Ontario, c’est-à-dire le plus loin possible de la 401, autoroute tracée en terrain morne et plat, on l’a déjà dit, de façon à décourager les Québécois d’aller vers l’Ouest.Les Leahy, au contraire, aimaient bien le Québec, ses gigues et ses violoneux, surtout Ti-Jean Carignan, en qui ils reconnaissaient quelque chose de leurs racines à quatre feuilles.Plus portée sur le reel que sur la frite sauce, la famille s’est muée en grou|x?de folk celtique.En cette année anniversaire de l’exode irlandais, les fils et filles Leahy sont évidemment très en demande: rien que chez nous, on les a vus au Spectrum à la Saint-Patrick et au Festival d’été de Québec.Ils feront aussi partie du «monde branché», l'une des six zones thématiques des FrancoFolies extérieures, se brassant le canadien rue Jeanne-Mance mercredi 6 août, à 21h et 23h.Belle occasion de découvrir leur disque de folk instrumental, remarquablement fichu.Le violon y est particulièrement ensorcelant, suffisamment varié dans les envolées pour amoindrir le caractère foncièrement répétitif des reels et autres brandys d’équivalent folklorique de la danse en ligne).Lesquels finissent quand même par lasser, surtout quand on est assis: les très jolies ballades Colm Quigley et The Coulin, en cela, arrivent à point nommé.Dehors, ce sera quand même plus indiqué.% FONDATION f QUÉBÉCOISE DU CANCER Abnthmbedu mieux être des personnes aiMi«ndwi «nur Moiitio.il (514) 527-2194 Extoiifiii I 800 363-0063 PIERRE CALVE Pierre Calvé Collection Les Refrains d’abord Fonovox (Fusion III) Pierre Calvé, c’est l’oublié des boîtes à chansons.Déterré l’an dernier lors de fouilles dans le sous-sol de l’ancienne Butte-à-Mathieu, on l’a dépoussiéré à temps pour une sympathique participation à la série télévisée du Canal D Im Mémoire des boites à chansons.Où il chanta aussi gentiment faux qu’à l’époque, soufflant quelques bougies plantées dans les bouteilles de Chianti.Ce qui n’enlevait rien à son charme buriné par les embruns du large.J’ai l’air de me payer sa tête, comme ça, mais il se trouve qu’il me plaît bien, Calvé, ce dernier des Mohicans, ultime chansonnier à rouler les r comme des billots.Qu’un disque de lui — même la simple réédition d’un album de 1974, arrangé par François Dompier-re — soit disponible en format compact est amplement justifié par ses deux immortelles, l’inspirante Vivre en ce pays (que popularisa Charle-bois) et l’infiniment belle Quand les bateaux s’en vont (sur un texte de Vi-gneault).Et si la moitié du disque de cet authentique marin pâtit d’un goût un peu trop prononcé pour les rythmes latins (Vera Cruz, Un pas en Eldorado, On ne se parle plus, Au temps de la moto), on a certainement plaisir à se laisser flotter au gré des tendres mélodies de Toi le printemps et Im Faute à Nathalie.Son escale aux FrancoFolies pourrait bien le remettre à flot dans quelques mémoires.Rempli d’horizons divers SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Abdullah Ibrahim né Adolphe Johannes Brand dit Dollar Brand est peut-être bien le plus grave, mais pas nécessairement le plus sombre, de tous les pianistes actuels.Chose certaine, il est toujours réjouissant de l’entendre.Il en est ainsi parce qu’il y a une manière, un ton Ibrahim, un style Dollar Brand.Il en est encore ainsi parce que ce diable d’homme entretient une forte affection musicale pour les deux pianistes aux personnalités les plus appuyées de l’histoire: Duke Ellington et Thelonious Monk.Il est réjouissant enfin parce qu’il joue ce qu’il compose.Trop souvent aujourd’hui les albums mettant en présence un pianiste, un contrebassiste et un batteur proposent la même formule: soit trois quarts de standards, un quart d’originaux.Le tout fondu dans un style, on pense à celui du pianistq, trop académique.Trop scolaire.A cet égard, le dernier enregistrement de Kevin Hays sur étiquette Blue Note est une assez bonne illustration du manque d’originalité des producteurs.Ce n’est évidemment pas le cas avec Abdullah Ibrahim.Intitulé Cape Town Flowers, son dernier album est riche d’horizons très divers.C’est un album très géographique.C’est également un album très spirituel.Notre homme, il faut le savoir, est très religieux.C’est enfin, on s’en doute, un album politique.Dollar Brand n’a pas été un opposant à l’apartheid pour rien.Accompagné de Marcus McLauri-ne à la contrebasse et de George Gray à la batterie, Abdullah Ibrahim se pose comme un musicien très avide d’authenticité.Rien dans cet enregistrement ne sent la redite, le réchauffé.Cet album confirme d’ailleurs quelque chose d’admirable: toute séance d’enregistrement ne doit jamais être considérée ou traitée comme un.contrat.Ce Cape Town Flowers est beau et grave, sensuel et géographique.Bref, c’est une invitation au voyage.?Il y a d’abord la photo de couverture.C’est un choc.Parce qu’on y voit le trompettiste Jack Sheldon sur un trottoir new-yorkais en train.de jouer pour la pièce du passant.Évidemment, cette photo de l’album intitulé Jack Sheldon - Playing For Change sur étiquette Uptown est une mise en scène.Reste que.Reste que pendant des années, celui qui fut un des meilleurs trompettistes de ce qu’on appelle le jazz West Coast, le jazz cool, ne fit pas parler de lui.Pendant une vingtaine d’années, au moins, il fallait écouter les vieux enregistrements.Ceux réalisés en compagnie de Art Pepper, Leroy Vinnegar, Howard Rumsey, Dexter Gordon, et surtout de Curtis Counce.Bref, on ne savait plus ce qu’il faisait.Ce qu’il était devenu.Et voilà donc cet album produit par le docteur montréalais Robert E.Sunenblick, ce dernier est le fondateur de Uptown.Enregistré il y a une dizaine d’années, Playing For Change met en scène les talents immenses de Ben Riley à la batterie, Rufus Reid à la contrebasse, Jerry Dodgion au saxophone alto, et.Barry Harris.Musicalement, cette production a ceci d’exemplaire: si elle ne révolutionne rien, son écoute permet de passer agréablement le temps.Entendre à nouveau la sonorité fluide et brillante de Jack Sheldon c’est le pied.?Gatemouth Brown propose depuis peu un nouvel album sur étiquette Gitanes Jazz Productions que distribue la compagnie Verve.A la différence des albums précédents, celui-ci met en relief la facette swing de ce guitariste, violoniste et chanteur aussi vieux que le monde est vieux.Autrement dit, c’est le Gatemouth Brown vieux routier du jazz Kansas-City qui nous est présenté.Soutenu évidemment par toute une formation de «brass», notre homme a pris un plaisir évident à revoir des pièces aussi connues que Since I Fell For You, Flying Home, Take The A Train, One O’clock Jump, Honey Dew et autres morceaux de résistance du jazz des années 30 et 40.Bien produit, bien encadré, Gatemouth Brown signe là un album plus enlevant que ses albums antérieurs.Le titre de l’album?Gate Swings.PAVILLON DES ARTS DE STE-ADÈLE présente en collaboration avec OGILVY RENAULT AVOCATS François Carrier , ténor accompagné par Janine Lachance ANIMATEUR Daniel Lavoie ES5EE3333 Séjour-Santé pour 2 personnes 3 jours / 3 nuits Samedi 16 août à 20 h Les réglements du concourt sont disponibles ou Journol de Montréal |BilIet:25$ (incluant vin &.fromage après le concert)| RESERVATION: (514) 229-2586 1364, chemin Ste-Marguerite (sortie 69 de l’autoroute des Laurentides) A LA CHAÎNE CULTURELLE FM DE RADJO-CANADA www.radio-canada.com ?Au début de la semaine, on a fait état du dernier référendum organisé par la revue Down Beat.On avait oublié de mentionner que c’est le batteur Tony Williams, décédé cette année, qui a été intronisé au Hall of Fame du jazz.?Rappelons qu’aujourd’hui, le petit festival blues de Mont-propose de voir et d’entendre grand John Mayall.Figure matique de ce qu’on appelle le sh Blues, le vieux Mayall vient de gner un des meilleurs albums de longue carrière, soit Blues For iMsts Days.Outre Mayall, Joe LouiK Walker et Johnny Johnsons serot^ de la partie.h Oampigny Classique 1.CES ENFANTS D'AILLEURS, RICHARD GRÉGOIRE, ANA1.EKTA__ 2.THE ENGLISH PATIENT, TRAME SONORE, GABRIEL YARED, PGS 3.TRÉSORS DARCH1V (5 DO.ARTISTES DIVERS, PGS__________ 4.CARMINA BURANA, OREE.Dl TOIT, PGS____________________ 5.AGNUS DEL.CHOIR OE NEW COLLEGE OXFORD, WARNER.Jazz Blues International 1.BLUE NOTE FESTIVAL E2 a«a Clnqultmt uUe de U P.D.A.21h00 À mlr absolument Arthur H.FRANCE Claire Pelle DC vendus laUCQ Dufault ET SES INVITES RICHARD SlGUIN ET MICHEL RIVARD ras n i*vms-su»wry Ma première Place des Arts O Pour la première fols sur scène Thierry Sôchan FRANCE 4 et 5 août Sons souffle et rythmes Jean-Louis Daulne Ml ClOUt 7 et 8 août ln loèjrtcti 1997 SoH* cettiqxM Martyn Bennett (COSSE at «3» H Alan Stive11 U todm à la mt M Uj BtÇt à la tou cftaudt Maurane LM m** osa tmniotoon après ton triomçht à» 1993 La star frenchy-Jaziy Sacha Distel Claude Dubois Michel Jonasz ACCOMPAGNÉ PAR UN ORCHESTRE DE 10 MUSICIENS ET SON ORCHESTRE DE 20 MUSICIENS, as COUtGIENS fhéât/t Maisonntuvt loti* Wilfrid-Pt II» thr ThéàUt Maiionntjvt Salit Wilfrid-Ptllttitr Thidtrt Manonnturt des FrancoFolies 1996 Amo De l'humour ù l'émotion Sylvie Legault O SIM ( I \< Il DI ( I ( > I ( Kl Énigmatique et théûtrol Bon La fête ü Paul Plchê AVEC RMH riCMl ENTOURE M: (tic iarointe, o(o< fortin DES COCOO, LAURENCE JAlBIRf, CRECOfT (MARIES, Cl AI RI PIUETIER, SnviE IEUJIT O UMTtWJIPRIM Salit Wilfrid-Ptllttitr Une rencontre Inédite Daniel Lavoie at Louise Forestier Acclamé ù Paris Maxime Leforestier chante Brassens FRANCE 7, 8 et 9 août nuit du Fuiîjç}
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