Le devoir, 22 juillet 1997, Cahier A
V o l .L X XXVIII - N " I (i 2 LE DEVOIR M O N T R É A L , L E M A R D I 2 2 ,1 II I I.I.K T I 0 !) 7 8 8 c + T l’ s + T v y / T o il o x T o I $ PERSPECTIVES Pessimisme sous fond de couleurs LE MONDE Secousses dans le gouvernement Arafat, page A 5 ÉCONOMIE L’IRIR maintient ses conclusions sur les salaires municipaux, page B 2 CULTURE L'envie d'aimer avec Clémence Massart, page B 8 Si l’on en croit les journaux et hebdomadaires américains, les relations entre Blancs et Noirs n’ont jamais été aussi empreintes de méfiance que présentement.Entre les deux communautés, c’est l’impasse.Totale?Presque.En tout cas suffisamment pour que le président Clinton ait commandé la mise sur pied d’un comité de travail sur la question.Il y a peu, la célèbre firme de sondage Gallup a dévoilé les résultats d’une étude qui a provoqué bien des étonnements.Un rapport qui plus exactement a traduit le profond pessimisme des Noirs comme des Blancs sur l’état de leurs relations.Les chiffres compilés récemment par Gallup indiquent que plus de la moitié des Noirs (58 %) et des Blancs (54 %) jugent que les relations entre les uns et les autres iront en s’aggravant.Or, il faut le savoir, ces chiffres sont plus élevés que ceux que Gallup avait enregistrés en 1963.Avant la Great Society du président Johnson et de ses lois coulées dans Xaffirmative action, 26 % des Noirs et 44 % des Blancs avaient affiché leur pessimisme à propos des relations interraciales.Restons dans les statistiques.Sous la plume de Elijah E.Cummings, dont l’hebdomadaire Courrier international reprend un article, on apprend que plus de la moitié des enfants afro-américains ou africains-américains, comme on dit désormais, naissent dans la pauvreté; le tiers des hommes âgés de 16 à 25 ans ne terminent pas leurs études secondaires; deux hommes sur cinq ont eu maille à partir avec l'appareil judiciaire.On apprend également ceci; les Africains-Américains gagnent 75 % de ce que ga-gnçnt les Blancs.A cause de cela, cette dernière donnée, la majorité pour ne pas dire la grande majorité des représentants ou leaders de la communauté noire a reçu l’initiative du président Clinton avec une certaine ironie.Car, c’est à noter, le patron de la Maison-Blanche a indiqué que le mandat donné à son groupe de travail ne se solderait pas par.un chèque! Il n’y aura pas d’argent CQFD: ce qu’ont compris les représentants de la communauté noire de Robert Wilkins à Jesse Jackson c’est en substance, ceci: on s’excuse.Point Plus précisément, et pour reprendre les mots de M.Wilkins, responsable des droits civiques sous l’administration Johnson, «l’ennui avec Clinton, c’est qu'il est du genre à dire: “Je vous dois de l'argent et je veux sincèrement vous le rembourser, mais en venant chez vous j’ai dû m’arrêter au casino”.» L’argent., l’argent.S’il en est tant question depuis l’annonce de Clinton c’est qu’il en fut question, rapporte l’historien Eric Foner dans le New York Times, au lendemain de l’abolition de l’esclavage.«À la fin de la guerre de Sécession, les esclaves ne voulaient pas d’excuses: ce qu’ils voulaient, c'étaient des changements significatifs de leur condition: Donnez-nous des terres, et vous pouvez garder vos excuses!» Partant de ce souhait, celui rappelé par notre historien, le chroniqueur Jack E.White soulignait récemment dans le New York Times qu’au lendemain de la guerre de Sécession, le gouvernement de l’époque s’était engagé à donner à chacun 40 acres de terre et un mulet Or comme rien de cela n’a été fait, M.White a fait des calculs calqués sur deux précédents.Celui concernant les réparations faites aux Américains d’origine japonaise ainsi que celles faites aux Juifs par les Allemands.Avant il faut souligner avec M.White que le système judiciaire américain «considère que les regrets non accompagnés d’indemnisation ne servent qu’à donner bonne conscience à celui qui demande pardon, sans apporter quoi que ce soit à la victime».Alors, ces calculs?Entre l’arrivée des premiers esclaves et leur émancipation, 244 années se sont écoulées.244 années de travail non, rémunéré effectué par environ 10 millions d’esclaves.A raison de 25 cents par jour cela fait 222 milliards.Ajoutez, calcule M.White, une somme équivalente pour les souffrances endurées et on atteint les 444 milliards.En imposant un intérêt de 3 % pour les 134 années écoulées depuis l’abolition, et on obtient un total de 24 000 milliards de dollars.De dollars américains, bien entendu.Evidemment, le président Clinton ne veut rien savoir de cela.En promettant de formuler des excuses assorties, pour l’instant semble-t-il, de saupoudrage ici et là, en distribuant des dragées, le patron de la Maison-Blanche confirmera l’échec monumental des politiques suivies en la matière depuis plus de trente ans.C’est en tou,t cas ce que pense Serge Bouchard, anthropologue.A son avis, ce qui vient de s’amorcer aux Etats-Unis n’est au fond que le prolongement dq ce qui a été fait depuis la lutte pour les droits civiques.A savoir, gommer le racisme institutionnel que symbolisait la séparation des toilettes.«Ce qui est désolant, c'est qu’on pense encore éliminer le racisme en s’appuyant sur des raisonnements coulés dans la logique.» Ce qui est encore plus désolant, «c’est notre paresse intellectuelle.On travaille encore en fonction de l’hypothèse suivante: on croit que l’humanité progressant la société change pour le mieux.C’est faux», de conclure M.Bouchard.sormais, les adolescents demeurent au Une dette accumulée de 24 000 milliards ! S e rge Tr u ffa u t ?MÉTÉO Montréal Québec Ensoleillé avec Ciel variable passages nuageux Max: 23 Min: 9 en après-midi.Max: 26 Min: 11 Détails, page B 6 -Q Agenda.Annonces Avis publics.B 4 Culture.Économie.Éditorial.Ije monde.A 5 Les sports B 5 Montréal.A3 Mots croisés.B 6 INDEX B 6 B 6 B 8 B 2 Images.B 1 A 6 Télévision.B 7 www.ledevoir.com Sii pan mm fl-A»?, ¦V: •.V îsif mm ii iiXN 'ëïâÆ Pourquoi passer si vite.ÉRIC GAILLARD REUTERS LE TOUR DE FRANCE, c’est du beau sport mais aussi des paysages souvent merveilleux comme ce passage hier dans les Alpes, entre Courchevel et Morzine.Il s’agissait de la quinzième étape du tour, d’une longueur de 208,5 km et c’est l’Italien Marco Pantani qui Ta remportée.Plus d’informations, page B 5.Il y a 30 ans, le voyage du général au Québec De Gaulle n’a pas improvisé Selon Alain Peyrefitte, l’engagement pour un Québec libre était dans la continuité du parcours du général JEAN CHARTIER LE DEVOIR Contrairement à une opinion répandue, la déclaration historique du général de Gaulle, le 24 juillet 1967, n’avait rien d’improvisé; elle résultait à la fois d’un contact «physique» avec la foule sur le chemin du Roy et à Montréal, où un million de personnes se réunirent à son passage, et d’une attention soutenue à tout ce qui touchait la question du Québec depuis le début de la Révolution tranquille.Alain Peyrefitte, le ministre de l’Information du général de Gaulle, celui qui avait la confiance pleine et entière du général, celui qui le rencontrait après le conseil des ministres et avant le point de presse, vient de révéler, à la veille du trentième anniversaire de la visite historique, l’évolution des positions du général et de ses ministres sur la question du Québec de 1960 à 1969.L’engagement pour un Québec libre ressort du parcours du général dès le début de cette décennie.Tandis que Pierre Messmer, André Malraux et Alain Peyrefitte contribuèrent à enrichir et à conforter la démarche du général sur le Québec, Edgar Faure et Georges Pompidou montrèrent leurs réserves à son retour le 27 juillet 1967.L’académicien et ancien ministre rappelle dans les Cahiers d’histoire du Québec au XX' siècle qu’après un deuxième voyage décevant à Québec en 1960 (il était venu en juillet 1944, sue semaines avant la libération de Paris), le général de Gaulle reçut à l’Elysée avec,les honneurs réservés aux chefs d’Etat le premier ministre du Québec, Jean Lesage, lors de son voyage en octobre 1961.VOIR PAGE A 8: DE GAULLE Alain Peyrefitte, auteur et ancien ministre du général de Gaulle.Montréal fait le plein de touristes Im situation se compare à l’été des Olympiques de 1976 BRIAN MYLES LE DEVOIR La saison estivale s’avère excellente pour l’industrie canadienne du tourisme jusqu’à ce jour.Ce qui est vrai pour le pays l’est aussi pour Montréal: fa métropole reçoit en effet plus que sa part de visiteurs.A un point tel qu’il faut remonter.aux Jeux olympiques de 1976 pour trouver un point de comparaison approprié.Selon les données préliminaires de l’Office des congrès et du tourisme du Grand Montréal, il est passé environ 950 000 «étrangers» sur l’Ile pour le seul mois de juin.Au cours de ce mois transitoire entre le printemps et l’été, qui n’est pas le meilleur par définition, le taux d’occupation dans les hôtels d.e la métropole se situait à 83,9 %.À titre de comparaison, ce taux était de 79,5 % pour juin 1996 et de 67,9 % pour juin 1993, au creux de 1a vague «récessionniste».«On n’a jamais vu ça en juin depuis les Olympiques, lance Pierre Bellerose, de 1a direction recherche et développement de l’Office.On a des augmentation cumulatives [de touristes] depuis quatre ans, et ça devrait continuer.» La situation est similaire dans tout le pays, les taux d’occupation des hôtels étant nettement à 1a hausse.Jusqu’à 1a fin d’avril, ce taux a grimpé de 2,8 %, tandis que le coût moyen d’une chambre d’hôtel était de 4,4 % plus élevé que l’an dernier.Résultat?«Les hôtels gagnent de l'argent», lance derechef Kip Beckman, économiste à l’Institut canadien La campagne de publicité sur Montréal porte ses fruits VOIR PAGE A 8: TOURISTES Pierre Bourque tente de recoller les pots cassés Ébranlé par les récentes démissions de quatre conseillers de son parti et les menaces d’autres départs possibles, le maire de Montréal a entrepris de refaire l’unité de ses troupes.Il a commencé à rencontrer hier chaque conseiller de Vision Montréal pour défendre sa transaction tant controversée du terrain de l’hippodrome de Montréal.¦ Lire notre reportage, page A 3.Thérapie sous la tente De jeunes délinquants, atikameks et français, font ensemble une expérience de réadaptation au milieu des bois MARC CASSIVI LE DEVOIR Neuf jeunes Français âgés de 14 à 17 ans.Huit jeunes Amérindiens âgés de 12 à 16 ans.Les premiers de Caen, en Normandie, les seconds de 1a réserve de Man^ouane, au nord de Saint-Michel-des-Saints.A première vue, outre leur âge, on ne leur trouve guère de similitudes.Un océan les sépare, vaste étendue tant physique que culturelle et idéologique.Pourtant, ces adolescents se ressemblent plus qu’il n’y paraît.Parfois marginalisés, aux prises avec divers troubles d’adaptation psychosociale, pour les uns d’ordres familiaux et affectifs, pour les autres d’abus de substances intoxicantes, leur combat de tous les jours est le même.De leur rencontre quasi impromptue, d’abord empreinte de préjugés et de méfiance, il y a un peu plus d’une semaine, restent des liens, solides, comme ces nouvelles amitiés rapidement tissées.Mise sur pied par un intervenant en milieu social du campus Saint-Donat des Centres jeunesse de Lanaudière, Benoît Lambert, et son confrère atikamek Léonard Flamand, cette rencontre inusitée avait lieu en pleine forêt, il y a dix jours, dans un camp temporaire établi à proximité du lac Kempt, à quelques heures en bateau de 1a réserve de Manaouane.C’est là que la communauté atikamek expérimente depuis deux ans un nouveau projet de réadaptation psychosociale, fondée sur la transmission de coutumes ancestrales.«Ce sont des jeunes à risque qui nous sont envoyés par l'école ou par les parents», explique I^éonard Flamand.Certains de ces jeunes, ceux qui présentent des problèmes de comportement importants, étaient auparavant confiés à des Centres jeunesse du réseau traditionnel.Dé- VOIR PAGE A 8: THÉRAPIE S._ y'yat.” » / -.1 A ¦ v®*- •___________________________________; Un indien atikamek de la Manouane «boucane» une peau d’orignal en compagnie de jeunes pour qui le séjour dans la nature est une expérience de réadaptation sociale.Les jeunes autochtones y réapprennent les coutumes de leur peuple.778313000658 L E I) E V 0 1 R , L E M A R |) I 2 2 .1 U I 1- I* K T I !» !» 7 V -LES ACTUALITES- La guerre du saumon Les pêcheurs font fi de l’injonction accordée à l’Alaska Le traversier Malaspina est demeuré bloqué hier tandis quAnderson tentait de dénouer la crise IAN SMITH VANCOUVER SUN/REUTERS Cette photo aérienne montre les dizaines de bateaux de pêche entourant le traversier américain Malaspina, dans le port de Prince Ruppert, en Colombie-Britannique, l’empêchant de livrer sa cargaison de saumons à une usine de transformation du poisson.PRESSE CANADIENNE Prince Rupert, C.-B.(PC) — Faisant fi d’une injonction obtenue par l’Alaska, des pêcheurs canadiens bloquent toujours un traversier américain, poursuivant leur mouvement de protestation contre la pêche au saumon pratiquée par les Américains dans les eaux canadiennes.Pendant ce temps, le ministre fédéral des Pêches, David Anderson, a tenté hier de calmer les esprits et de résoudre le conflit.Les pêcheurs avaient dit la veille qu’ils maintiendraient le blocus tant qu’ils n’auraient pas rencontré le ministre Anderson.Ce dernier devait rencontrer les pêcheurs en soirée.Les pêcheurs canadiens, qui bloquaient hier le traversier Malaspina pour une troisième journée, dénoncent le fait que des pêcheurs d’Alaska pêchent le saumon soc-keye avant qu’il n’ait atteint les eaux territoriales canadiennes.Ils exigent du gouvernement fédéral .qu’il adopte la ligne dure envers le gouvernement des États-Unis dans ce dossier.Cependant, M.Anderson a jeté une douche froide sur leurs revendications en affirmant que le blocus ne faisait qu’envenimer les chpses, et compliquer les négociations entreprises avec les États-Unis.Mais il a quand même lui aussi condamné la pêche pratiquée par les Américains, la qualifiant &'«irresponsable».«Il est clair que les poissons qui sont pêchés sont des saumons sockeye canadiens, et qu’ils font l’objet de la convoitise des pêcheurs de l’Alaska», a dit le ministre Anderson, depuis Vancouver.Par la suite, M.Anderson s’est rendu par avion à Prince Rupert et a fait un tour d’hélicoptère pour survoler les lieux qui sont l’objet du conflit canado-américain.Durant son voyage en Colombie-Britannique, il s’est également entretenu avec le premier ministre Glen Clark, le ministre de la Défense Art Eggleton et des responsables des pêches à Vancouver.Un des organisateurs du blocus, Ken Olsen, a déclaré JEFF VINNICK REUTERS W**' I LV» -ï Le ministre fédéral des Pêches, David Anderson, et le ministre de la Défense, Art Eggleton, ont rencontré la presse hier après s’être entretenus avec le premier ministre de la Colombie-Britannique, Glen Clark, hier.qu’il recommanderait aux autres pêcheurs de laisser partir le bateau américain au moment de l’arrivée de M.Anderson, mais qu’il ne pouvait pas dire si sa requête serait entendue.Les pêcheurs tiennent à une chose: que les pêcheurs dont le nom figure dans l’injonction ne soient pas tenus responsables d’éventuels dommages entraînés par le blocus.Le blocus est ep train d’envenimer les relations eqtre le Canada et les États-Unis.Hier, le département d’Etat américain a exigé qu’un terme soit mis immédiatement au blocus.«Nous dénonçons également le refus du gouvernement fédéral canadien de mettre un terme au blocus ou de faire exécuter l'injonction qui a été émise», a déclaré un porte-parole du département d’État, Nicholas Burns.Les Américains envisagent déjà diverses mesures de représailles pour exprimer leur désapprobation relativement à l’attitude du gouvernement canadien dans ce dossier.Le gouvernement de l’Alaska a obtenu une injonction contre le blocus en s’adressant à un juge de la Cour fédérale à Montréal.Le blocus a débuté samedi quand des pêcheurs canadiens à bord de leur embarcation ont empêché le Malaspina de livrer sa cargaison de saumons à une usine de transformation de poisson de Prince Rupert.Le navire a également à son bord 328 passagers.La tragédie du funiculaire, à Québec Le coroner Turmel a été choqué par tant de négligence La Loi sur la sécurité dans les édifices publics devrait être modifiée, croit-il, afin d'y inclure une disposition spécifique aux funiculaires EN BREF Mort d’un soldat Coralici, Bosnie (PC) — Un militaire canadien est mort d’une balle à la tête dans sa caserne en Bosnie, tôt hier matin.Bombardier Daniel Vialette, âgé de 33 ans, était arrivé en Bosnie mercredi pour son premier séjour dans ce pays dans le cadre de la mission internationale SFOR (Forces de stabilisation, en Bosnie-Herzégovine), où 1200 militaires canadiens sont à l’œuvre.Des collègues l’ont trouvé seul dans la caserne où dorment les militaires, après avoir entendu un fort bruit, selon un communiqué des Forces armées.La police militaire a ouvert une enquête et une autopsie sera menée à Zagreb au cours des prochains jours.Selon un communiqué, les Forces armées considèrent qu’il s’agit d’un incident isolé qui n’est pas relié à la situation tendue qui prévaut en Bosnie.Avertissement des postiers Ottawa (PC) — Le président du Syndicat canadien des postiers a demandé à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante de ne pas se mêler des négociations en cours avec la Société canadiennes des postes, sous peine de provoquer une grève.Darrell Tingley a lancé son invitation après avoir rencontré les représentants de la FCEI.Celle-ci exige que la Société des postes soit proclamée service essentiel, ce qui empêcherait toute grève qui risquerait de nuire à ses quelque 64 000 membres dépendant des services postaux.M.Tingley a invité la fédération à se taire en affirmant que les négociations étaient dans une phase critique — les hausses de salaires et la sécurité d’emploi sont actuellement sur la table.Communication rétablie Los Angeles (AP) — La communication entre la sonde Path-fitider et la Terre a été rétablie hier matin après deux jours d’interruption empêchant la transmission des données scientifiques recueillies sur Mars.Le dernier signal envoyé par la sonde remontait à dimanche, peu après 4h du matin.Il était plus faible que prévu, sans transmission de données scientifiques.L’équipe du Jet Propulsion Laboratory de Pasadena espérait récupérer les images, analyses de roche et bulletin météorologique perdus samedi à cause d’un mauvais réglage d’antenne sur terre.Le dernier problème en date pourrait être dû au mauvais réglage, samedi, de l’antenne radio de Madrid.ou à quelque chose de plus compliqué sur Mars, selon l’un des responsables du projet de la NASA PIERRE APRIL PRESSE CANADIENNE Québec — Un câble non conforme, un entretien déficient et une conception inadéquate ont occasionné l’accident du funiculaire de Québec, le 12 octobre 1996, entraînant dans la mort Helen-Chrystine Toombs, de Londres, et Maurice Therrien, de Granby, et causant des blessures graves à 14 autres personnes.L’enquête du coroner montre clairement par ailleurs que le système de freinage n’a pas fonctionné de façon adéquate, que l’état des rails de guidage et leur conception ou leur installation était incompatible avec le type de freins d’urgence.«La rupture des câbles était prévisible», a noté, hier, le coroner Yvan Turmel en déposant son rapport.«Le critère de réduction du diamètre [due à l’usure] des câbles, a-t-il indiqué, était à lui seul suffisant pour commander leur changement ou la mise hors service de l’équipement.» De plus, les câbles de suspension étaient inappropriés puisque non galvanisés et présentaient un coefficient de sécurité inférieur au minimum requis dans de telles installations.«Ces câbles, a précisé le coroner, auraient dû être changés depuis de nombreux mois comme en fait foi l’expertise effectuée.» Sans accuser qui que ce soit de négligence criminelle, puisque la Loi ne le permet plus depuis 1985, le coroner a tout de même recommandé à Otis-Canada inc.et à ses dirigeants de même qu’à la compagnie québécoise Alpin-Otis Ltée qui assure l’entretien du funiculaire du Vieux Québec depuis 1964 «de bien vouloir faire diligence auprès de son personnel [inspecteurs, superviseurs, mécaniciens d’entretien] afin que soit mis en fonction de façon obligatoire et convaincante leur code de procédures qui devrait être considéré maintenant par l'ensemble de la compagnie comme étant un code d’honneur et d'éthique».La deuxième recommandation utile s’adresse au ministère du Travail, responsable de la Régie du bâtiment et de l’inspection de ce type d’installations.Le coroner lui demande de modifier la Loi sur la sécurité dans les édifices publics afin d’y inclure une disposition spécifique aux funiculaires de la province de Québec et une réglementation précise concernant leur inspection.«Si les directives de la compagnie concernant l’entretien avaient été suivies, a expliqué M.Turmel, il n’y aurait jamais eu de problèmes.» Le coroner a aussi été bouleversé de constater toutes ces négligences qui ont mené à la catastrophe.«Ça m’a choqué, a-t-il dit.En lisant le rapport on se rend compte que ça n’allait pas bien, que ça fonctionnait mal.» Le coroner estime qu’on aurait dû se rendre compte que le câble utilisé depuis 1991 n’était pas adéquat même s’il ne peut pas affirmer que le choix de l’équipement ait été fait pour des raisons financières.«Il y a là une zone noire, a-t-il dit, on ne pourra jamais le confirmer, parce qu’il n’est pas facile de déterminer cela pendant l'enquête.Ce n'est sûrement pas une question pécuniaire, puisque le prix d’un câble [galvanisé] vaut celui de l’autre [qui ne l’est pas].» Il appartient maintenant aux victimes ou à leurs parents de décider si des poursuites doivent être intentées contre d’éventuels responsables de la tragédie.Le ministère du Travail de son côté analysera les conclusions du coroner afin de modifier la Loi et assurer la sécurité des citoyens.Finalement, le coroner Turmel estime que «le funiculaire de Québec fait partiesur la sécurité de notre patrimoine et que sa disparition ne serait que néfaste».Assurance-médicaments Le régime s’étend aux fonctionnaires fédéraux demeurant au Québec PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les fonctionnaires fédéraux demeurant au Québec sont maintenant couverts par le régime d’assurance-médicaments du Québec.Les gouvernements fédéral et provincial en sont venus à une entente à propos de l’application de ce programme aux fonctionnaires fédéraux demeurant en sol québécois.L’entente est entrée en vigueur le 1" juillet dernier mais elle est rétroactive au 1er janvier 1997.Elle s'applique aux fonctionnaires de moins de 65 ans mais n’en-traine pas de changement pour ceux qui ont dépassé cet âge.Elle s’applique toutefois à un bon nombre de retraités fédéraux puisque certains d’entre eux sont partis avant d’avoir atteint 65 ans.Selon le directeur régional pour le Québec de l’Association nationale des retraités fédéraux, Gérard Turbide, le gouvernement fédéral a finalement cédé aux demandes du Québec et il a adapté son régime de soins de santé au programme d’assurance-médicaments.«Le gouvernement fédéral ne voulait pas changer et disait que son programme était meilleur que celui du Québec.Il avait raison parce que le régime fédéral couvre tous les médicaments prescrits par le médecin alors que celui du Québec comporte un catalogue des médicaments remboursés.Heureusement, ça s'est réglé et le régime fédéral est maintenant conforme.Ce sont surtout les grands utilisateurs de médicaments qui auraient été pénalisés s’il n’y avait pas eu d’entente», d’expliquer M.Turbide.Par ailleurs, les fonctionnaires fédéraux n’auront pas à traiter avec la Régie de l’assurance-maladie du Québec pour être remboursés.La compagnie Sun Life administrera le programme et s’occupera des transactions avec Québec.Cette compagnie gère déjà le régime fédéral d’assurances.Recevez Le DEVOIR, à votre porte et profitez d’une économie de plus de 31 % sur le prix en kiosque.Du lundi au samedi 2170 $/mois taxes incluses Finis les soucis: le paiement est prélevé chaque mois directement de votre compte-chèques ou de votre carte de crédit./,/; f>i;voiu et p- — ; % v : v) SUITE DE LA PAGE 1 sormais, les adolescents demeurent au sein de la communauté.Une fierté pour les gens de Manaouane.Le projet est tellement populaire, en fait, que ses organisateurs sélectionnent désormais les participants.Depuis sa création en 1995, le projet Wa-siaw, qui veut dire «nouvel espoir» et «nouveau jour» en langue atikamek, vise à favoriser le sentiment d’appartenance des jeunes Amérindiens à leur communauté et à ses valeurs traditionnelles, tout en les sensibilisant particulièrement aux conséquences néfastes de l’abus d’alcool, de drogues et de solvants.Quatre garçons et quatre filles de la réserve de Manaouane y participent de juin à septembre, encadrés par quatre adultes, un couple s’occupant particulièrement d’artisanat et l’autre de cuisine.Les jeunes dorment sous des tentes et sont initiés, entre autres, aux techniques ancestrales de pêche, de chasse, de cuisine et d’artisanat.Au cours de l’été, les adolescents fabriqueront également un canot et des tentes, en écorce de bouleau.Différents intervenants du milieu de la santé, des policiers, des psychoéducateurs et des agents de prévention en toxicomanie viendront par ailleurs ponctuellement entretenir les jeunes de prévention.Dès son arrivée à la réserve, le jeudi soir, le groupe de jeunes garçons français, accompagné par quatre intervenants, a immédiatement effectué la traversée du lac Kempt vers le camp Wasiaw, enfoncé en forêt et inaccessible par automobile.«Nous avons tous trouvé l'expérience extraordinaire, explique Juliette Breton, responsable du groupe français, dont ce premier séjour au Québec s’est terminé hier.Ce fut, pour les éducateurs, un moment très fort et très appréciable.Nous en revenons tous un peu changés.» Le groupe avait obtenu une autorisation spéciale pour se rendre au camp, qui accueille très exceptionnellement les visiteurs non autochtones.Au cours de leur visite de trois jours, les jeunes P'rançais ont entre autres pu assister au «boucanage» d’une peau d’orignal, chasser l’ours, se familiariser avec des plantes médicinales et manger du poisson tout frais pêché du lac.Des activités traditionnelles qui n’ont pu que nourrir l’imaginaire de ces jeunes, dont la conception des Amérindiens se limitait jusque-là à des images diffusées à la télévision française.«On s’est approché tout doucement les uns des autres.C’était complètement différent de ce que je m’étais imaginé, pas du tout comme à la télé», confirme Hervé Vogt, un jeune Normand de 15 ans, qui a trouvé le premier contact difficile avec les Atikameks.«Notre réaction a d’abord été la méfiance mutuelle, avoue Mme Breton.Mais le contact s'est établi très rapidement.Ils nous ont beaucoup parlé de leur vécu, mais ont peu posé de questions sur notre mode de vie européen, ce qui m’a étonnée.» «Au début, plusieurs gens de la communauté se demandaient ce qui allait se passer, explique Léonard Flamand.Certains se demandaient pourquoi ces jeunes-là venaient nous rendre visite.Mais au bout de deux jours, il était clair qu’une grande complicité s’était créée entre les jeunes.» Frédéric Bayart, 17 ans, a discuté longuement, le samedi soir près du feu, avec le coordonnateur du camp, Paul Kittish, qui lui a entre autres remis un «capteur de rêves» et l’a invité à revenir lui rendre visite.Tous deux se sont liés d’amitié.«Je ne croyais pas qu'il y aurait tant de dialogue, dit Frédéric.U s’est installé une complicité à laquelle je ne m’attendais pas.À la télévision, ce sont les Indiens qui attaquent les Blancs.Paul m’a plutôt appris que ce sont les Blancs qui ont colonisé les Amérindiens.» Lejeune homme, s’il avait eu le choix, serait resté plus longtemps au Québec et certainement davantage à Manaouane.«Iœ départ a été difficile.Quand nous sommes partis, j’avais l’impression qu’on m'arrachait un peu à mes racines, que j'ai trouvées dans ce camp.Cette expérience restera gravée en moi.Elle m’a permis d’évacuer mes problèmes, ce qui m’a fait beaucoup de bien.» Selon Juliette Breton, cette expérience s’est révélée bénéfique pour l’ensemble du groupe.«Les jeunes ont souffert pendant 24 h de ne rien avoir, alors qu’ils ont habituellement tout, dit-elle.Mais ils en parlent maintenant avec fierté.Ils ont découvert que l’on peut vivre avec peu et être à la fois très riches.» Dès l’automne, le projet Wasiaw, tenu jusqu’à maintenant exclusivement l’été, comportera deux phases.A la session juin-septembre, s’ajoutera une session septembre-décembre.Éventuellement, le camp deviendra annuel, mais demeurera nomade, pour respecter cette coutume atikamek et aussi parce que le site actuel n’est pas accessible l’hiver par le lac.D’autres visites ont par ailleurs été prévues, avec des jeunes de différentes communautés autochtones.«Avant, on parlait d’échanges intercommunautaires, maintenant, il faudra parler d’échanges internationaux», lance en riant Léonard Flamand.Gilbert Cardinal, directeur des ressources en hébergement des Centres de jeunesse de Lanaudière, accompagnait également le groupe français au camp Wasiaw.Il en est revenu convaincu de la pertinence de ce projet innovateur, «impressionnant et prometteur d’avenir».«Ils suivent le rythme de la nature, dit-il.Iœur conception du temps est très différente de la nôtre, ce qui est rafraîchissant.» «Et puis, de conclure Juliette Breton, il y a de jolies petites Indiennes qui ont intéressé nos garçons».«Ouais, les filles sont vraiment belles!», de confirmer Hervé.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.