Le devoir, 16 juillet 1997, Cahier A
?FONDÉ EN 1910 ?LE DEVOIR V o l .L X X X V I I I N " I 5 7 M 0 N T R É A I, , L K M K R C R K I) I I (> -I U I I, L E T 10 0 7 8 8 T I’ S + T v g / T 0 H U N T II I $ PERSPECTIVES Réformer le mode de scrutin Pierre-F.Côté a 70 ans aujourd’hui.C’est la date qu’il a choisie pour quitter, après 19 ans, le poste de directeur général des élections du Québec.Heureux, à bon droit, de son bilan, il ne se contente pourtant pas d’une rétrospective nostalgique.Il ouvre plutôt des perspectives exigeantes.Adoptée il y a 20 ans par l’Assemblée nationale, la réforme électorale a contribué énormément à l’assainissement des mœurs politiques grâce, surtout, au financement populaire des partis, au contrôle des dépenses et à la révision de la carte électorale par un organisme indépendant des élus.Toutefois, envisagée comme un processus permanent, la réforme devait être suivie d’autres initiatives.La plus spectaculaire portait sur la transformation du mode de scrutin majoritaire — uninominal à un tour — en un système mixte, assorti de représentation proportionnelle, d’ailleurs inscrit au programme dq Parti québécois.En dépit des velléités du ministre d’Etat Robert Burns et de ses successeurs, malgré l’ascendant énorme de René Lévesque sur ses troupes, le fondateur du PQ n’a jamais réussi à faire adopter cet élément essentiel de son manifeste originel.Même mâtinée de représentation régionale modérée, en vue d’atténuer les écarts les plus flagrants, la réforme est restée sur la planche à dessin.Elle est encore dans les limbes.Mais voilà que, coup sur coup, à la faveur des récentes élections fédérales et à l’occasion du «testament» médiatique de M.Côté, le mode de scrutin fait à nouveau l’objet d’un examen.Encore sommaire, certes, mais qui devrait amorcer un vif débat, aussi bien à Ottawa qu’à Québec.Ça saute aux yeux.Que les libéraux aient réussi, avec à peine 38 % des suffrages, à faire élire une majorité de députés aux Communes heurte la sensibilité démocratique de plusieurs au Canada anglais.Même le chef du PC, Jean Charest, dont le nombre d’élus ne correspond pas du tout à son appui populaire, entend réclamer des modifications pour que la représentation parlementaire soit plus équitable, sans être morcelée ou fracturée à l’extrême.Comment arriver à ce nouvel équilibre?Ce n’est pas évident Car le système actuel, fondé sur la pluralité des voix et la prime au vainqueur, n’est pas dénué d’avantages, dont la stabilité et d’habitude, des gouvernements majoritaires.Pour ces raisons, outre le Canada, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont gardé ce mode de scrutin connu, prévisible et qui a fait ses preuves.Aussi, comme le croit Jeffrey Simpson, dans The Globe and Mail, il y a peu de chance que la réforme aboutisse, à cause du manque d’intérêt du public, de la force d’inertie, de l’intérêt même des grands partis et des complications des solutions de rechange.Car la représentation proportionnelle rend les Parlements plus représentatifs, mais au prix habituel de gouvernements minoritaires, avec les marchandages et les coalitions subséquentes.Pire, prévoit Simpson, un changement aussi substantiel du , mode de scrutin aggraverait le régionalisme canadien.À l’inverse, le système actuel oblige les partis à tenir compte de la diversité canadienne, à faire les arbitrages nécessaires et les compromis pour garder ou obtenir la faveur populaire.Malgré tout, d’autres commentateurs, notamment l’équipe éditoriale du Globe and Mail, celle du Financial Post et le columnist de Southam News, Andrew Coyne, font valoir que l’ampleur des distorsions exige des correctifs, de sorte que tous les votes comptent vraiment.Bien des formules sont possibles, et un comité des Communes devrait en faire un examen minutieux.C’est aussi l’avis, pour le Québec, de M.Côté.Le mode actuel de scrutin favorise le maintien de deux seuls partis politiques.Dans une société de plus en plus diversifiée, cette hégémonie soulève des questions fondamentales.Comment faire place aux courants de pensée différents, aux tiers partis, aux marginaux?S’appuyant sur ses propres travaux — son rapport exhaustif est tabletté depuis 1984 — et son expérience de deux décennies, le «jeune» retraité de l’État est plus que jamais convaincu qu’une formule mixte — uninominale pour une large part, proportionnelle pour une moindre partie — serait la plus acceptable au Québec.Pour y arriver, il faut l’accord des partis politiques et, surtout, celui de la population.Un beau sujet de consultation populaire, propose M.Côté.Il suggère même qu’un essai soit fait, le cas échéant, à Montréal.Toutefois, affligés comme ils le sont avec des problèmes autrement plus triviaux, les Montréalais ne sont probablement pas intéressés à servir encore de cobayes.D’autant que les aînés se souviennent des avatars des conseillers de classe A, B et C d’avant le règne Drapeau.La réforme Lévesque a donné des fruits abondants et constitue, dans l’ensemble, un fleuron pour le Québec.Avec vigueur, rigueur et enthousiasme, M.Côté a participé à cette rénovation, y associant de près les médias et, par ricochet, la population.Quelques incidents de parcours, associés au dernier référendum, ne sauraient ternir sa contribution remarquable.Et au moment de tirer sa révérence, qu’il suggère de nouveaux chantiers, au lieu de se complaire dans un passé fructueux, en dit long sur la jeunesse de cœur de cet éminent serviteur du Québec.La nécessaire réforme du mode de scrutin Gilles Lesage ?MÉTÉO Montréal Dégagement le matin.Max: 28 Min: 18 Québec Dégagement partiel.Max: 27 Min: 17 Détails, page B 5 INDEX Agenda.B 6 Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Économie.B 2 Éditorial.A 6 Le monde.A 5 Les sports.B 5 Montréal.A3 Mots croisés.B 6 Télévision.B 7 www.ledevoir.com LE MONDE Alger libère le chef historique du FIS, page A 5 MONTRÉAL Les hauts et les bas du livre d'occasion, page A 3 P Ra il '.PHRFiQ35 ÉCONOMIE Le CP envisage de liquider ses actifs à Montréal, page B 1 Une manœuvre de dernière heure permet à Bourque de désamorcer la crise Québec accepte de devancer le versement d’une somme de 10 millions KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Alerté par le mouvement de mécontentement au sein même de son parti, le maire Pierre Bourque a renégocié lundi avec Québec certaines modalités de paiement de la transaction du site de l’Hippodrome de Montréal.Du coup, M.Bourque a désamorcé, du moins pour l’instant, la crise politique qui pointait à Vision Montréal.De retour d’une mission économique en Amérique du Sud, le maire de Montréal a communiqué avec le ministre des Finances Bernard Landry.Ce dernier a accepté de modifier la façon dont sera versée une partie de l’argent offert pour l’achat d’une partie des terrains ainsi que des édifices de l’hippodrome du boulevard Décarie.Le maire Bourque a soumis hier l'entente aux membres de son cau- cus lors d’une réunion d’urgence.Moins de trois heures plus tard, aucune démission d’élus de Vision Montréal n’était en vue, les explications ayant calmé la tempête.Ainsi, la somme de dix millions devant être versée à la Ville de Montréal pour doter le secteur d’infrastructures permettant son désenclavement sera plutôt donnée à la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) — la société paramunicipale propriétaire du site au nom de la Ville — au moment de la signature du contrat.En contrepartie de ce changement, le maire Bourque s’est engagé à ce que la Ville investisse dix millions dans les infrastructures.L’avantage pour Montréal d’une telle modification semble être de trois ordres.D’abord, le versement immé- VOIR PAGE A 8: BOURQUE n*ïssr isw JACQUES NADEAU LE DEVOIR Devant la répétition de scènes de désolation comme celle du haut, des résidents de Chambly sont allés exprimer leur colère hier au maire de la ville, Pierre Bourbonnais (à droite), qui les a écoutés et a tenté de calmer les esprits.mm L’eau et la colère débordent à Chambly MARC CASSIV1 LE DEVOIR Victimes, dans certains cas, d’une troisième inondation en 18 mois, plusieurs résidents de Chambly réclament la démission du maire Pierre Bourbonnais, qu’ils accusent de négligence dans la gestion de + l’évacuation des eaux pluviales de la Ville.Une centaines de citoyens ont manifesté, hier, devant le centre administratif et communautaire de Chambly, où le maire Bourbonnais, posté au balcon, se proposait de répondre à leurs questions.M.Bourbonnais a entre autres tenté de calmer les esprits, invoquant l’imprévisibilité des pluies diluviennes de lundi et s’engageant, le plus tôt possible, à trouver de concert avec la MRC une solution aux inondations à répétition qui frappent Chambly depuis près de deux ans.«Nos infrastructures urbaines sont suffisantes et ont été reconnues par le ministère VOIR PAGE A 8: CHAMBLY Un souffle nouveau à Juste pour rire Un nouvel esprit anime le Festival Juste pour rire.Gilbert Rozon s’est fixé pour objectif d’élargir le contenu artistique et de donner à cet événement une profondeur nouvelle.«Je ne ferai plus jamais de compromis», jure Rozon.Lire le reportage de Pierre Cayouet-te, page B 8.Astérix chez les Muses Uderzo inaugure une exposition consacrée à son personnage au MBAM MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Son fiston le plus célèbre, Astérix le Gaulois, s’apprête à fêter ses quarante ans.Lui en affiche 70, a i oulé sa bosse — ou la bille de son crayon — pendant quelques décennies créatrices.Est-ce la potion magique ou quelqu’autre recette mystérieuse?Il possède en lui cette parcelle d’irréductible qui lui permet de planifier la naissance de nouvelles péripéties pour le héros gaulois.Albert Uderzo, scénariste et dessinateur de la célèbre bande dessinée As-térix, s’est permis une bonne rasade de la recette de Panoramix pour voler jusqu’en Amérique.Cette deuxième traversée jusqu’en sol montréalais (il était venu pour Èxpo 67) le mène cette fois au musée où, bien malgré lui, il se retrouve grâce à la folie audacieuse de deux directeurs de musée, l’un parisien, l’autre montréalais.Astérix, ce guerrier astucieux aux longues moustaches couleur blé, a quitté le nid familial, le confort douillet des pages d’album, la pane et la sérénité de son petit village, pour atterrir il y a quelques mois au Musée national des arts et traditions populaires de Paris (MNATP) et maintenant au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).«Je n'aurais jamais cru qu Astérix servirait de prétexte à la réalisation d’une exposition dans un musée.Il arrive un moment où un personnage vous échappe, VOIR PAGE A 8: ASTÉRIX Albert Uderzo devant un élément de l’exposition consacrée à Astérix au Musée des beaux-arts de Montréal.JACQUES NADEAU LE DEVOIR >• •«, I I.K I) K V 0 I It .I.K M E K C K EDI I (i ,1 l! Il, L E T I !) il 7 A 2 •LES ACTUALITÉS- P(tS besoin d’avoir un nom qui commence fl | |D par VLUD ou au par VLUD ou qui fi- par MART pour offrir les plus bas prix en ville -£ g , C'EST NOTRE 30e SOLDE ANNUEL! W* ECOULfMfNI MUR-A-MUR ! i r Le plus grand choix ' à Montréal, aux PRIX ^ GARANTIS LES PLUS BAS! ^hmsutta Springmaid Dan River CANNON MARI EX klUlienCC SHEFTEX £!*/*cnsf CANNON g Ensemble de literie fl l ensemble comprend la douil a le’»e I ensemble de d'aps le tolani e* Iv(s) couvre oreiller I*) Simple 49” Grand 69” Double 59” Très gr.79” Ensemble de draps en percale 180 fils ou pouce carré 4 1 * X Le plus grand choix au Québec.Perles ties men •N n- T « du sud et Perles Noires de Tahiti également disponibles.| n.« x .x .Mi -r: à partir de UumKJ LE PARCHEMIN DEPUIS 19 6 6 Nos diamants et pierres précieuses sont sélectionnés par le laboratoire Gemmologique du Canada.Mezzanine, MÉTRO Berri UQAM, 1500, rue Berri Montréal 845-5243 sans frais 1-800-667-6878 Pendant ce temps, le personnel du parc était toujours à la recherche de l’animal, que l’on compte abattre à vue.Environ 15 sites de camping dans une petite portion au nord du parc, près du lac Opeongo, ont été fermés et les campeurs avisés qu’un ours rôdait dans les parages.Il y a environ 2000 ours noirs dans le parc Algonquin, estime-t-on au ministère ontarien des Ressources naturelles.Les attaques d’ours noirs sont cependant extrêmement rares.Le parc Algonquin est un parc provincial très populaire en Ontario, fréquenté depuis des décennies par les campeurs.SOLDE 20% vêtements d'été à partir du 15 juillet Blacks INTERNATIONAL patagonia px„i?p.Fjç:,p Royal Kcbbins z9 75 DEUX MAGASINS: 1101, av„ Laurier, Outremont Tél.: (514) 271-1314/2126 >25, ch.Queen Mary, Montréal, la boutique de plomberie DÉCORATION 25 25e avenue et 640 ouest St-Eustache, tél.: 473-8492 Internet: www.decor25.com Faut voir.les magnifiques produits Acrylicn l’ûntii le 30 salles le bains en démonstration. L E 1) E V 0 I R.L E M E R C R EDI I (j ,| U I L L E T I I) !) 7 A 4 •LES ACTUALITES* Mir accumule les pépins La réparation du module Spektr est compromise en raison des problèmes de santé du commandant ALEXANDER ZEMLIANICHENKO ASSOCIATED PRESS .Y,.* « .V-.WM.Le cosmonaute Pavel Vinogradov s'est entraîné hier dans un bassin de la «Cité des étoiles», près de Moscou.En compagnie d’un ingénieur, il répétait les gestes à accomplir afin de réparer le module Spektr.Membre du prochain équipage de Mir, il lui reviendra peut-être d’effectuer les réparations réelles dans l’espace.«Mise en veilleuse» de la mine BC, à Black Lake La Lab Chrysotile écoute les demandes des mineurs CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR Les 275 mineurs de la Lab Chrysotile, à Black I^ake — la moyenne d’âge y est de 52 ans —, ne se résignent pas à la possibilité de fermeture de leur mine; leurs représentants ont rencontré hier le directeur des ressources humaines de la société, Dany Prévost, qui a pris bonne note d’un «cahier de demandes» dont une bonne part a trait à l’amélioration de régimes de retraite et à une voie facilitant les préretraites.«Nous allons étudier ces demandes», a déclaré au téléphone, à la fin de la rencontre, M.Prévost, qui a convenu d’un nouveau rendez-vous avec le syndicat dans les derniers jours d’août pour «fournir des réponses à ces demandes».La convention liant la Lab Chrysotile au Syndicat des travailleurs horaires de l’amiante (CSN) doit normalement venir à échéance en novembre 2001.Elle «ne contient pas de régime de transition» au cas où la mine fermerait, précise le représentant patronal.Côté syndical, la conseillère Hélène Poulin, de la Fédération de la métallurgie (CSN), estime que «l’écoute fut très attentive» de la part du représentant patronal auquel il lui fallait communiquer la «situation d’urgence» où les syndiqués se trouvent depuis qu’ils ont pris connaissance, le 27 juin, d’un communiqué du président de la société, Jean Dupéré.Ce dernier y mentionnait la «mise en veilleuse» d’une des trois unités de production dès le 1" novembre; les deux autres unités sont les mines Bell et Lac d’Amian-te, qui ont à leur emploi un peu moins de 1000 mineurs affiliés aux Métallos (FTQ).Le syndicat CSN, dit Mme Poulin, a officiellement demandé l’amélioration du régime de retraite des deux autres unités, en plus de vouloir qu’on n’établisse pas de critères d’embauche particuliers aux mines Bell et Lac d’Amiante si des licenciements intervenaient à la mine British Canadian (BC, de Black Lake).Le syndicat CSN pense aussi à la fusion des trois unités de négociation et doit rencontrer cette semaine les Métallos de la mine Bell pour en discuter.La fusion, si elle doit se produire, devrait recevoir l’aval du patron et des deux syndicats.Parallèlement à la démarche proprement syndicale qui vise à contrer les pires effets prévisibles s’il y avait fermeture de la mine BC, un comité de relance de cette mine a été mis sur pied; il est formé d’élus de la région, de représentants des secteurs socioéconomiques et du syndicat intéressé.Le comité de relance a officiellement demandé vendredi dernier une rencontre avec le président Dupéré, qui rentre de vacances lundi prochain.Ce comité de relance se donne pour tâche de vérifier ce que la société entend au juste lorsqu’elle évoque la «mise en veilleuse» d’une unité de production.Selon Mme Poulin, les dirigeants du comité de relance voudront entendre la Lab Chrysotile sur la recherche de fonds auprès des gouvernements pour effectuer des études.«Nous voulotis tout explorer pour être bien sûrs que la fermeture, éventuellement, n’aurait pas d’alternative», a dit la conseillère, qui doit aussi se renseigner sur le sort que l’on pourra réserver aux employés de bureau ou des services techniques ainsi qu’aux gardiens de sécurité de la mine Bell.Le directeur des ressources humaines, Dany Prévost, a refusé de commenter hier les enjeux qui seraient abordés avec le comité de relance «dont je ne fais pas partie».Quant à la conjoncture sur le marché de l’amiante, M.Prévost a ce commentaire: «Je doute [que ça s’améliore], d’autant qu’on parle de la possibilité que l’Angleterre en vienne à un bannissement de l’amiante, de la même façon que la France l’a fait l’an dernier de façon surprenante.» prépare une politique les médicaments BARRY RENFREW ASSOCIATED PRESS Moscou — Les réparations cruciales prévues samedi sur la station orbitale russe Mir sont reportées de huit à dix jours en raison des problèmes de santé du commandant Vasily Tsibliyev.) Le chef du contrôle de la mission au sol, Vladimir Solovyev, a fait savoir hier que les autorités spatiales russes ¦songent même à demander à la NASA la participation de l’astronaute américain Michael Foale.Ce troisiè-ime membre de l’équipage Mir pourrait intervenir dans l’opération de réparation jugée délicate si le commandant Tsibliyev ne va pas mieux.¦ «Nous envisageons en effet cette op-¦ tion et devons en discuter avec les Américains», a déclaré Vladimir Solovyev.«Michael Foale a suivi les entraînements en combinaison spatiale, mais il n’était pas prévu qu'il effectue de sortie dans l’espace au cours de ce vol», a t-il ajouté, espérant qu’après une bonne semaine de repos, les deux cosmonautes russes seront d’attaque.Vasily Tsibliyev et son collègue Alexandre Lazoutkine sont chargés de réparer le module Spektr, un des sût modules qui forment la station orbitale, et de rétablir le courant sur Mir.Le module Spektr, vieux de 11 ans, • avait été perforé par le vaisseau Pro- ?«ess lors d’une collision survenue le 5 juin.Il s’agit de raccorder les câbles reliant les batteries de Spektr au système d’énergie principal de la station Mir.Les médecins russes se sont réunis hier pour décider du traitement à donner au commandant de Mir, qui s’était plaint lundi de problèmes cardiaques.Les médecins ont diagnostiqué des irrégularités cardiaques mineures.Chargé de la santé des spationautes, Igor Gontcharov a déclaré que «le stress, le sens des responsabilités et les émotions ressenties durant un si long vol augmentent naturellement la pression».Il croit qu’une semaine de repos suffira à l’équipage pour se remettre au travail.En fait, les réparations pourraient être déléguées à un nouvel équipage censé décoller le 5 août Cet équipage «de rechange» a répété hier les gestes de l’opération de réparation dans un gigantesque réservoir d’eau près de Moscou.Les responsables de la mission ont affirmé que ces répétitions serviraient soit à conseiller l’équipage actuel de Mir, soit à le remplacer le cas échéant Au départ, les deux cosmonautes russes auraient dû revêtir leur combinaison de vol hier pour s’entraîner à réparer le module.Vasily Tsibliyev est cosmonaute depuis 1987.Il a effectué sa seconde mission sur Mir, une mission qui a duré sept mois, de juillet 1993 à janvier 1994.Rochon sur PRESSE CANADIENNE Québec — Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Jean Kochon, fera adopter dès cet automne une politique du médicament afin de favoriser une meilleure utilisation, assurer une information adéquate aux usagers et professionnels et développer des stratégies de gestion des coûts.Pour le conseiller et élaborer les stratégies et les moyens d’action de cette politique, M.Rochon a aussi mis en place un groupe de concerta- tion, tel que le prévoit la Loi sur l’as-surance-médicaments, et qui sera présidé par Denis Gagnon.Les objectifs de la politique devront permettre une accessibilité «raisonnable et équitable aux médicaments», le développement de la recherche et assurer le suivi et «l’évaluation des stratégies d’action».M.Rochon a rappelé qu’il peut déjà compter sur le Conseil consultatif de pharmacologie pour l’informer sur «la valeur thérapeutique et la justesse du prix des médicaments» et mettre à jour la liste des médicaments assu- rés.Un comité de révision de l’utilisation des médicaments a aussi été créé le 23 avril.Il est composé de personnes désignées par des regroupements de professionnels dont le Collège des médecins et l’Ordre des pharmaciens.«La formation du groupe de concertation, a précisé le ministre, mettra à contribution des connaissances essentielles et complémentaires à celles des experts scientifiques, celles des utilisateurs de médicaments et des intervenants directement concernés par la question du médicament.» présente ses incontournables Cahiers de la rentrée Ne manquez pas notre cahier spécial tombée publicitaire : le vendredi R août LU DEVOIR- i v J r \r) rentrée ni y y/y y publié le 16 août prochain! VombNé Ne manquez pas notre cahier spéci \ t ee e r e d i 15 août LU DEVOIR v v i/y j ^ y y publié le 23 août prochain! Ne manquez.pas notre cahierspécial tombée publici e vendredi 29 août lu Devoir j j i i entree y y V r \rJ r \rl y publié le 6 septembre prochain! t L E I) E V OIK, L E M E R C R EDI Ml J U I L I.E T I » 9 7 A ;> -* Le devoir ?- LE MONDE Colonisation Vainqueur du premier tour des législatives de 1991 Israéliens et Palestiniens s’affrontent à l’ONU AGENCE FRANCE-PRESSE New York — Délégués israéliens et palestiniens se sont affrontés hier devant l’assemblée générale des Nations unies à New York lors de la discussion d’un texte prévoyant l’instauration de sanctions économiques pour contraindre Israël à stopper la colonisation.Ijors d’une session spéciale extraordinaire, les deux parties se sont accusées mutuellement avant le vote de mettre en danger le processus de paix au Proche-Orient.L’orateur palestinien Nasser Al-Kidwa a demandé à l’Assemblée générale de «faire un pas de plus» pour condamner Israël en raison (je son refus de se plier aux appels onusiens enjoignant l’État hébreu de cesser toute colonisation dans les territoires occupés.Il a accusé le gouvernement du premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou d’avoir atteint «un nouveau degré d'arrogance» en raison de son refus de coopérer avec un émissaire du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, venu en Israël pour examiner si les autorités respectaient une précédente résolution de l’Assemblée générale réclamant l’arrêt des constructions de nouvelles colonies.Le texte débattu hier par l’Assemblée générale est l’un des plus sévères projets de résolution jamais déposés contre Israël.Proposé par le groupe des pays arabes, il demande l’instauration de sanctions économiques pour essayer de contraindre Israël à stopper ses activités de colonisation, qui ont bloqué le processus de pane.Ix* texte s'est heurté à l’opposition américaine et à de vives réticences européennes.Sous la pression des pays européens, les pays arabes ont déjà accepté d’enlever une clause qui exclurait temporairement Israël des délibérations de l’Assemblée générale.M.Al-Kidwa a encore accusé Israël de «violer la législation internationale, attiser la tension et mettre en danger le processus de paix et les droit des palestiniens dans les territoires occupés.».Ix* nouvel ambassadeur d’Israël à l’ONU, Dore Gold, a vivement réagi, accusant à son tour les Palestiniens de ne pas avoir respecté leurs engagements dans le processus de paix.«Se concentrer sur des accusations de violations par Israël tout en ignorant les violations fondamentales de la partie Palestinienne [.] ne peut qu’affaiblir les chances de paix», a-t-il dit.Des diplomates européens et arabes continuaient hier soir à travailler sur le texte.EN BREF D’une présidence à l’autre Belgrade (Reuter ) — En passant de la présidence de la Serbie à la présidence de la République fédérale de Yougoslavie (RFY, formée de la Serbie et du Monténégro), Slobodan Milosevic a retrouvé hier une nouvelle autorité politique.Les soutiens du Parti socialiste serbe, actuellement au pouvoir et de son allié le Parti démocratique socialist^ monténégrin ont assuré très largement l’élection du chef d’État serbe, faisant taire les oppositions isolées au sein des deux chambres du Parlement.Les observateurs politiques s’attendent à ce que Slobodan Milosevic, 55 ans, ex-communiste sur le devant de la scène politique yougoslave depuis une dizaine d’années, tente de remodeler la fonction présidentielle telle qu’elle est définie dans la constitution yougoslave.Ségrégation interdite dans les jardins d’enfants Jérusalem (AFP) — La Cour suprême d’Israël a interdit la ségrégation entre les enfants, en obligeant hier la municipalité de Tel-Aviv à accepter des Arabes dans les jardins d’enfants exclusivement réservés à des Juifs, a-t-on appris de sources judiciaires.«L'inscription dans un jardin d’enfants ne doit pas être conditionnée par l’appartenance à un groupe national», ont établi les juges de la Cour suprême.Après l’arrêt de la Cour, la municipalité a fait savoir que les habitants de la ville pourront désormais choisir leur jardin d’enfants public, qu’il soit arabe ou juif.Le recours avait été présenté par une association israélienne des droits du citoyen, au nom d’un enfant de quatre ans.Un rapport de cette association, publié au début du mois, a désigné les Arabes israéliens, qui sont plus de 800 000, comme les principales victimes de la discrimination en Israël.Pouvoirs accrus pour Cardenas Mexico (Reuter) — Ix* président mexicain Ernesto Zedillo a octroyé lundi des pouvoirs élargis au nouveau maire de Mexico, élu le 6 juillet, Cuauhtemoc Cardenas.Lors de son premier face-à-face avec Cardenas, il a annoncé que ce dernier serait habilité à nommer le chef de la police de la capitale ainsi que son procureur général—prérogatives qui incombaient jusqu’à présent au chef de l’État «Le président a dit au maire-élu qu’il approuverait son choix, quel qu’il soit, pour le poste de procureur général», a précisé le porte-parole de la présidence, Carlos Almada, lors d’une conférence de presse.«En ce qui concerne le chef de la sécurité publique, le président est également convenu de nommer le candidat du maire, qui traitera directement avec lui», a-t-il ajouté.Violences kmères Phnom Penh (AFP) — Dix jours après la prise de contrôle de Phnom Penh par les troupes du second premier mi-, .nistre Hun Sen, des combats se poursuivaient mardi au : Cambodge où des prisonniers royalistes auraient été éxé-cutés et torturés, selon des sources bien informées.Au moins 35 prisonniers royalistes, selon ces sources citant des témoins, auraient été exécutés par les troupes du second premier ministre Hun Sen, qui les avait placés en garde à vue.Se référant à des enquêtes de terrain recueillies par des témoins fiables, ces sources ont précisé que certaines victimes ont été torturées avant d’être tuées, ajoutant qu’au moins quatre hommes — des gardes du corps du chef des troupes royalistes — ont été énu-cléés tandis que certains prisonniers auraient été abattus avec les mains ligotées dans le dos.les troupes du premier co-premier ministre Norodom Ranaridhh, en exil à l’étranger, chassées dimanche de la province de Siem Reap (nord) par celles de Hun Sen, continuaient hier d’être repoussées toujours plus au nord, vers la frontière avec la Thaïlande, selon des sources militaires.Alger libère le chef historique du FIS La question du poids politique d’Abassi Madani est posée La décision de libérer le chef historique du FIS, Abassi Madani, a pris de vitesse la classe politique algérienne.Si elle apparaît comme un geste de clémence du président Zéroual, rien ne permet de croire qu’elle modifiera la tactique de la branche armée du FIS.BOUBKER BELKADI AGENCE FRANCE-PRESSE Alger—Le chef historique du Front islamique du salut (FIS-dissous), Abassi Madani, a été remis en liberté conditionnelle, a annoncé hier la justice militaire, après six années de détention, en un nouveau geste de clémence du pouvoir algérien.La libération surprise de M.Madani, président du FIS, par le procureur du tribunal militaire de Blida (sud) a été annoncée hier peu avant 6h30 locales par un bref communiqué du parquet militaire.Cette décision a été prise lundi, a seulement indiqué le texte.Elle intervient une semaine seulement après la libération du numéro trois du FIS, Abdelkader Hachani, libéré après avoir été condamné à cinq ans de prison par le tribunal d’Alger, peine couverte par sa détention préventive.L’instance exécutive du FIS en Allemagne a immédiatement indiqué dans un communiqué que la libération de M.Madani constituait «une contribution certaine et ef- fective à la résolution de la crise et au retour à la paix».Mais elle a de nouveau réclamé la libération du numéro deux du mouvement, Ali Belhadj, et de tous les «détenus politiques».Ali Belhadj, un «radical», proche des groupes armés, reste le dernier dirigeant d’envergure du FIS incarcéré.Il est détenu dans un lieu secret.M.Madani, 66 ans, avait été condamné il y a cinq ans jour pour jour à 12 ans de réclusion criminelle, comme M.Belhadj, par le tribunal militaire ,de Blida pour atteinte à la sûreté de l’État.A Alger, M.Madani n’était pas hiermatin à sa maison, ni chez ses parents, selon l’AFR et de nombreux habitants n’étaient pas au courant Cette décision a manifestement pris de vitesse la classe politique.Elle aparaissait comme un geste de «clémence» du président üamine Zéroual, sûr de lui après avoir largement remporté les présidentielles de novembre 1995 et disposant d’une majorité conservatrice à l’Assemblée.Aucune indication ne permettait de savoir si cette libération a fait l’objet de négocia- tions, ou si M.Madani a pris des engagements auprès des autorités, notamment concernant la question de l’arrêt des violences.Ixs autorités ont répété à de nombreuses reprises que le dossier du FIS était «clos» et que ce mouvement, dissous le 4 mars 1992, «n’a plus de place en Algérie».La structure militante du FIS, qui faisait sa force, a été démantelée, et la question du poids politique de M.Madani est désormais posée, même si l’instance exécutive du FIS a souligné mardi le «respect et la crédibilité» dont jouit son «cheikh» (chef) auprès des militants.En ne libérant que Madani, le pouvoir joue aussi habilement sur l’existence de deux courants au sein du FIS, l’un représenté par M.Madani, et l’autre plus «dur», proche des groupes armés, hostile à tout compromis, autour de la figure presque mythique d’Ali Belhadj.Il semble peu probable que la branche armée du FIS, l’Armée islamique du Salut (AIS), forte de plusieurs centaines d’hommes, modifie sa tactique.La libéra- :c A »lC lit tion de M.Madani ne devrait avoir en tout cas aucune répercussion sur le Groupe islamique armé (GIA) et ses phalanges dissidentes, en conflit avec le ÉIS, et hostiles-à toute trêve ou négociation.' libéré, M.Madani va retrouver un paysage politique bien différent de celui de 1991, quand le FIS drainait des foules immenses à ses meetings, et semblait se diriger, sans coup férir, vers l'instauration d’un premier Etat islamique au Maghreb.Il avait remporté la majorité des communes en 1990, et gagné le premier tour des législatives de décembre 1991, dont l’annulation a déclenché des violences qui ont fait plus de 60 000 morts, selon dés sources occidentales.: ; Sous l’impulsion du président Zéroual, l’échiquier politique a été recomposé.Le nouveau parlement, élu le 5 juin, est domirté par les conservateurs.Deux partis islamistes légaux y siègent: le Mouvement de la société de la pane (MSP-ex Hamas), représenté au gouvernement, et Ennahda, à la ligne plus dure.ARCHIVES AI* Abassi Madani Madrid promet d’isoler le bras politique de PETA Herri Batasuna refuse de condamner l'assassinat de Miguel Angel Blanco ASSOCIATED PRESS Madrid — Au lendemain des funérailles quasi-nationales de Miguel Angel Blanco, le ministre espagnol de l’Intérieur a estimé hier que les manifestations de masse anti-ETA constituaient un tournant dans la bataille contre le groupe séparatiste basque.Madrid a également promis A’«isoler» le bras politique de l’ETA, Herri Batasuna.Lundi soir, près de trois millions d’Espagnols ont manifesté dans les grandes villes du pays pour protester contre l’assassinat de Miguel Angel Blanco, un conseiller municipal de 29 ans.Rien qu’à Madrid, quelque 1,5 million de personnes, avec à leur tête le chef du gouvernement José Maria Aznar et son prédécesseur Felipe Gonzalez, ont défilé dans les rues.Ces manifestations sont les plus grosses jamais organisées contre l’ETA en Espagne.Le ministre de l’Intérieur, Jaime Mayor Oreja, a estimé hier que la réaction massive du pays a ouvert un nouveau chapitre dans la lutte contre l’ETA et sa branche politique, Herri Batasuna (HB).S’exprimant à la télévision nationale, M.Oreja a invité les Espagnols a une «unité absolue pour isoler Herri Batasuna».Il leur a également demandé de «répudier et rejeter de la société les chefs et les membres de Herri Batasuna, par la démocratie et la loi et sans recours à la violence».M.Oreja a ajouté que le gouvernement espagnol ferait tout ce qui est en son pouvoir pour isoler Herri Batasuna.Ces déclarations surviennent alors que le Parti populaire (conservateur), la formation de José Maria Aznar à laquelle appartenait Miguel Angel Blanco, a confirmé qu’un autre de ses membres, conseiller municipal de la ville basque de Renteria, avait reçu une menace de mort.«Tu es le prochain», l’aurait averti un message.Par ailleurs, l’ETA n’aurait pas renoncé à atteindre M.Aznar, selon José Ortega Lara, un fonctionnaire de prison libéré le 1er juillet après avoir été séquestré un an et demi par le groupe terroriste.En 1995 déjà, M.Aznar avait échappé de peu à un attentat à la voiture piégée.Herri Batasuna a refusé de condamner l’assassinat de Miguel Angel Blanco.Dans un communiqué, HB exprime ses regrets mais estime que la mort du conseiller municipal aurait pu être évitée si le gouvernement avait cédé aux revendications de TETA.L’organisation séparatiste demandait le regroupement au Pays basque de tous ses membres détenus dans le reste du pays.Coalition pro-indépendantiste de gauche, HB compte des représentants élus dans les parlements national et régional basque.Elle contrôle environ 10 % des municipalités du Pays Basque.La formation, aile politique de l’ETA, a largement pâti du mouvement de colère de l’opinion espagnole, et pas seulement en terme d’image.A la suite des manifestations anti-ETA de lundi, des locaux de HB et des bars fréquentés par ses partisans ont ainsi été endommagés par la foule en colère.En outre, les habitants d’Ermua, la ville de Miguel Angel Blanco, ont boycotté les bars et les commerces favorables aux indépendantistes.Herri Batasuna a accusé les autorités de chercher à dresser la population contre ses membres et a appelé à une manifestation samedi prochain à Saint-Sébastien pour demander le regroupement des prisonniers de l’ETA.Miguel Angel Blanco avait été enlevé jeudi par l’ETA.Moins d’une heure après l’expiration de l’ultimatum des terroristes, le prisonnier était retrouvé samedi près de Lasarte, deux balles dans la tête, les mains ligotées dans le dos.Il devait décéder dimanche à l'hôpital de Saint-Sébastien.Ingérence rwandaise Kabila dément les propos de Kagamé REUTER Kinshasa — Le président de la République démocratique du Congo, Laurent-Désiré Kabila, a démenti hier que la rébellion qui l’a porté au pouvoir à Kinshasa ait été préparée et conduite par le régime rwandais.Le 9 juillet dernier, le Washington Post publiait un entretien avec le ministre rwandais de la Défense, Paul Kagamé, dans lequel l’homme fort de Kigali reconnaissait que l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL) avait été formée, entraînée et armée par le Rwanda.«Le récit de Kagamé laisse à penser que la guerre, qui a débuté dans l’est du Congo à proximité des frontières du Rwanda et de l’Ouganda, a été planifiée au Rwanda et que, de meme, le plan de destitution de Mobutu a été préparé à Kigali», écrivait le Washington Post.Mais Kabila a affirmé hier au service de télévision Reuter’s Africa Journal: «La nuit dernière, M.Kagamé m’a téléphoné et m’a dit que ce qui avait été publié par le Washington Post ne correspondait pas à ce qu’il avait dit.» «Mais le Washington Post est connu pour déformer parfois les propos de ses interlocuteurs et évoquer par exemple une ville d’Ouganda qu'ils placent au Congo ou localiser des camps de réfugiés là où il n’y en pas», a poursuivi le président de la RDC dans sa première interview accordée à un média étranger depuis son investiture.Le président de la RDC a ajouté qu’il avait demandé à Paul Kagamé de venir à Kinshasa pour lui dire ce qa'il avait effectivement déclaré aux journalistes du Post.«Oui, nous avions des conseillers rwandais pour nous&i-trainer et nous fournir un soutien technique.Mais c'eut t tout», a-t-il dit.«Dans le meme temps, a poursuivi /faftj/p, des Français, des Serbes et d'autres forces étrangères étaient activement recrutés par l’autre camp.Pourquoi n ’en parle-t-on pas?Pourquoi ne parle-t-on que de nous?» Des citoyens boycottent des bars et commerces favorables aux indépendantistes L’opposition kenyane accentue sa pression sur Daniel Moi Le «syndrome Kabila» joue dans une certaine mesure Le président Daniel arap Moi a accepté hier le principe d’une révision de la Constitution de son pays lors d’une réunion avec des chefs religieux.La crise politique a débouché ces dernières semaines sur les plus graves violences qu’ait connues le Kenya depuis le mouvement pour le multipartisme de 1990.À Nairobi, des étudiants de l’École polytechnique sont encore redescendus hier dans les rues de la capitale, aux cris de «Moi doit partir».« P JEAN HÉLÈNE LE MONDE as de réforme,, pas d’élections!»: c’est en brandissant ce slogan d’un genre nouveau en Afrique que l’opposition kenyane, depuis une dizaine de jours, accentue sa ____ pression sur le pouvoir au fur et à mesure que s’approchent les élections générales.Au pouvoir depuis dix-neuf ans, Daniel arap Moi, âgé de soixante-treize ans et qui se présente pour un dernier mandat, devrait annoncer d’un jour à l’autre la date du scrutin prévu, en principe, avant décembre 1997.Atomisée en une multitude de partis, eux-mêmes divisés en factions, l’opposition retrouve aujourd’hui ses forces en se rassemblant sur le thème des réformes constitutionnelles derrière la Coalition des citoyens pour le changement constitutionnel (ou «4 C»), un mouvement issu de la société civile qui a organisé, ces derniers mois, plusieurs journées d’actions pacifiques à travers tout le pays.Et les trois jours d’agitation, du 7 au 9 juillet — les derniers en date d’une vague contestataire lancée en mai 1997—, ont peut-être marqué un tournant car la répression des forces de l’ordre, qui a fait une dizainç de morts et plusieurs centaines de blessés, a conduit les Églises ainsi que les ambassades occidentales à dénoncer, non seulement les violences policières, mais aussi X«incapacité du pouvoir à promouvoir un climat politique équitable».Le régime a dû subir les critiques des chefs traditionnels de la puissante tribu des Kikuyus qui étaient au pouvoir du temps de la présidence de Jomo Kenyatta (1963-1978), illustre prédécesseur de Daniel Moi de l’ethnie (majoritaire) kalenjin.U* gouvernement a fermé, le 9 juillet, l’université de Nairobi et l’évacuation du campus a contri- bué à apaiser, du moins en apparence, les tensions dans la capitale, paralysée à la moindre menace de confrontation.L’État, c’est Moi Après lui avoir arraché, en 1991, la restauration du multipartisme, les adversaires de M.Moi exigent aujourd’hui des amendements à la Constitution, trop fidèle, à leurs yeux, au système du parti unique.Outre la mise en place d’une commission électorale indépendante, ils demandent l’abrogation de certaines lois antidémocratiques qui datent de l’époque coloniale, comme le Public Order Act dont le régime a usé et abusé depuis six ans pour empêcher la tenue de la plupart des réunions publiques de l’opposition.M.Moi s’obstine à ne pas répondre et trahit ainsi sa crainte de perdre des élections «à la régulière», même face à des adversaires très divisés qui lui avaient déjà «permis» de l’emporter en décembre 1992 (par un scrutin à un tour) avec moins de 35% des voix.Aujourd’hui, les opposants refusent non seulement d’aller aux urnes dans de telles conditions, en tant que «caution démocratique de M.Moi», mais ils veulent dépasser le simple boycottage qui — l'expérience l’a montré — dessert en général ceux qui l’ont décrété.«Si Moi persiste, nous envisageons de perturber les élections», déclare au Monde le docteur Richard Ixakey, un «Kenyan blanc» de la troisième génération, ancien chef des services kenyans de la protection de la faune, aujourd'hui chef de file respecté de l’opposition.«Ceux qui rejettent les changements pacifiques rendent la violence inévitable», ajoute James Orengo, numéro deux du parti Ford-Kenya.Face à un président «qui ne cède qu’aux pressions», il y a dans ces propos une allusion à peine voilée au «syndrome Kabila».Le chef rebelle zaïrois.«Si Moi persiste, nous envisageons de perturber les élections» devenu président du Congo en renversant l’un des derniers dictateurs africains de la vieille génération, dont Daniel Moi fait partie, est un homme très admiré dans l’opposition kenyane.Il serait toutefois exagéré de voir dans la contestation actuelle au Kenya la main de M.Kabila (qui a pourtant dit que «Moi serait le prochain!») ou encore celle de ses parrains rwandais et ougandais, en froid aved e président kenyan.Mais nul doute que la fin du régime l| o-butu a ragaillardi une opposition qui semble à nouvjiu croire que la victoire est à sa portée.Alors qu’en 1991 la pression des donateurs et le gel ( e leur assistance au Kenya avaient été essentiels pour im : > ser le multipartisme, l’opposition déplore que ces mêr i :s pays ménagent aujourd’hui le chef de l’État, allant jusc l’à accuser en privé les opposants d’être eux-mêmes des : i u-teurs de troubles.Mais les récents troubles ont obligé I *s milieux diplomatiques à critiquer ouvertement Darfid Moi, même s’ils lui reconnaissent le méra :e d'avoir su maintenir la stabilité de son pays df is une région agitée par l’anarchie en Somalie, qAe guerre civile au Soudan, des rébellions dan^ lia région des Grands lacs.Le président Moi a vivement réagi au cqiji-muniqué des Occidentaux en dénonçant leurs «critères démocratiques à géométrie variable pour chaque pays».Il est vrai qu’il est montréfdu doigt alors qu'il a restauré le multipartisme tandis que l’Ouganda, où les activités des partis politiques restent interdites, ou même l’Éthiopie, dont la presse est davantage bridée qu’au Kenya, sont choyés par les donateurs.Mais, aux yeux des bailleurs de fonds, le principal problème de M.Moi par rapport à ses voisins réside davantage dans la corruption, A’«un niveau macro-économique», que dans la démocratisation inachevée de son régime.Le chef de l’État peut cependant encore profiter des divisions de l’opposition.Aux rivalités de personnes s’ajoutent des divergences d’objectifs entre ceux qui veulent, au-delà des réformes minimales avant les élections, une refonte de la Constitution, et les caciques de l'opposition qui, selon l’avocat Willy Mutunga, un des responsables de «4 C», rêvent d’arriver au pouvoir pour gérer le pays à la façon de M.Moi. L E |) E V OIR.L E M E II C R EDI I (I .1 II I I.|, E T I I) I) 7 A G EDITORIAL Un ami solitaire Michel Venue Soit Y amicus curiae désigné par la Cour suprême est tombé dans un guet-apens et il cautionnera par sa présence la démarche fédérale.Soit, au contraire, il aidera la Cour à remettre Ottawa à sa place.Quoi qu’il en soit, deux choses: M1' André Joli-Cœur ne parle pas au nom du Québec et la question nationale se réglera par la voie politique.1 est possible d’évoquer deux hypothèses concernant le rôle de Y amicus curiae désigné, lundi, par la Cour suprême, pour répondre aux arguments fédéraux dans le cadre du renvoi sur la légalité d’une sécession unilatérale du Québec.Soit que Me André Joli-Cœur est tombé dans un piège et qu’il devient malgré lui le complice du plan B fomenté par Ottawa afin de retirer toute légitimité à la démarche souverainiste.Soit, aü contraire, sa contribution permettra au tribunal d’élargir le débat pour éviter de donner entièrement raison à Ottawa.La thèse la plus répandue chez les souverainistes, c’est que les dés sont pipés.Les Questions adressées à la Cour pour déterminer si le Québec peut, en vertu de la Constitution du Canada ou en vertu du droit international, procéder à une sécession unilatérale, seraient formulées de telle sorte que les réponses sont connues d’avance.La Çour n’aurait aucune marge de manœuvre.Elle ne pourra que dire ce que tout le monde sait, soit que les lois constitutionnelles canadiennes ne contiennent aucune disposition autorisant une province à proclamer unilatéralement son indépendance.De même, à moins qu’elle ne décide que la question déborde sa compétence, la Cour tirerait la même conclusion en droit international.Dans ce contexte, la participation d’un souverainiste avoué, proche de Jacques Parizeau, au renvoi, n’aurait qu’une seule conséquence: donner du crédit au jugement prévisible que la Cour suprême prononcera l’an prochain.On peut dire en effet que plus la Cour est exposée au point de vue souverainiste, plus il deviendrait hasardeux de contester son jugement qui aurait alors été éclairé de tous les angles.D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que les fédéraux se baladent répétant à quel point Me Joli-Cœur sera un représentant éloquent du point de vue du gouvernement du Québec, et ce même s’ils savent très bien, et que la Cour l’a précisé par communiqué, que l’ami de la cour ne représente aucu-nè partie.Il est essentiel de revenir sur cet aspect de la question.Contrairement à ce que plusieurs journaux ont indiqué hier, Joli-Cœur n’est désigné ni pour défendre le Québec, ni pour représenter le Québec, encore moins le gouvernement de Lucien Bouchard contre son gré.D’aucune manière on ne peut prétendre que les points de vue défendus par Me Joli-Cœur devant la Cour sont précisément ceux du gouvernement, ni que ses arguments épuisent ceux qu’aurait évoqués le Québec dont les institutions démocratiques demeurent libres de réagir à leur guise aux conclusions du tribunal.Me Joli-Cœur est au service de la Cour uniquement.C’est un joueur solitaire qui accepte ce mandat d’abord comme un défi professionnel.Les tenants de la thèse du guet-apens soutiennent qu’il y a peu de chances que les représentations de J’ami de la cour puissent infléchir le jugement final, sinon sur des nuances si ténues que les citoyens en général n’y verront que du feu et ne retiendront qu’une chose: la sécession unilatérale est illégale et la Cour en est arrivée à cette conclusion malgré les plaidoyers d’un avocat souverainiste de talent.Il va Vamicus curiae ne parle pas au nom du Québec mais peut jouer un rôle utile.de soi que c’est exactement ce que souhaite Ottawa dont la démarche, plutôt qu’une quête d’éclairage, n’est rien d’autre qu’une tentative de conditionnement.À l’opposé, d’autres croient que la Cour pourrait, dans une cause aussi exceptionnelle, faire preuve de créativité et, tout en répondant précisément aux questions adressées par le gouvernement fédéral, ne pas lui donner entièrement raison.Ottawa soutient que la seule façon d’autoriser la sécession du Québec, ce serait d’appliquer la procédure d’amendement de la Constitution.Cela signifie que le Québec ne pourrait proclamer son indépendance qu’avec l’accord du Parlement fédéral et d’au moins sept provinces, sinon les dix.Or, plusieurs experts en droit constitutionnel affirment que le Québec pourrait s’appuyer sur des fondements juridiques différents pour faire sécession, en droit constitutionnel canadien comme en droit international.Le Québec pourrait s’appuyer par exemple sur la doctrine de l’effectivité, qui consiste, pour les tribunaux, à reconnaître une valeur juridique à des faits tenaces même contraires à la Constitution.Dans le cas qui nous occupe, il s’agirait pour la Cour, advenant une sécession du Québec, de constater qu’elle a eu lieu et de lui donner une valeur légale même si la Constitution n’a pas été modifiée en conséquence.Québec pourrait aussi évoquer diverses conventions constitutionnelles, des précédents comme les référendums de 1980 et de 1995, pour faire valoir ici comme devant les tribunaux internationaux, son droit à l’autodétermination.Même si les chances sont minces, il est possible de croire que la Cour suprême veuille tenir compte de ces prétentions dans la décision qu’elle rendra.Mais comment pourrait-elle évoquer ces thèses si personne ne vient les lui présenter de manière formelle?C’est ici que le rôle de Yamicus curiae peut devenir intéressant.S’il fait son travail sérieusement et de façon convaincante, il peut fournir au tribunal les instruments dont il a besoin pour nuancer ses réponses assez pour que le public comprenne qu’Ottawa n’a pas raison sur toute la ligne et qu’il existe d’autres manières légales de faire sécession.S’ils sont convaincants, les arguments de l’ami de la cour auront un écho dans le public qui pourra en juger la pertinence par lui-même, voire y adhérer.Le débat n’en serait, au plan juridique, que mieux éclairé.D’ailleurs, quel que soit le rôle de Yamicus curiae, quelle que soit la conclusion du tribunal, le fond de la question ne changera pas substantiellement.Le statut constitutionnel du Québec sera déterminé par la voie politique dans le plus strict respect de la primauté du droit, sachant que le droit tire sa source de la volonté populaire et qu’une nouvelle légalité peut se substituer à l’ancienne si telle est la volonté du peuple.Et si la Cour donnait raison à Ottawa et restreignait, dans le cadre du droit canadien, la capacité du Québec de s’autodéterminer, la position du Québec en droit international n’en serait que raffermie.Déjà, de toute façon, Ottawa a reconnu la légitimité du processus référendaire, a reconnu qu’il ne pourrait retenir le Québec contre son gré et il est disposé à négocier les modalités de la sécession, au lendemain d’un référendum.Vivement la fin de cet épisode qu’on revienne au fond des choses.L E T T R E -4- U Le langage de l’affrontement , s restrictions budgétaires et les qhangements dans l’éducation, la santé et les services sociaux ont fait resurgir le langage de l’affrontement ides années sombres, fin juin, chez les {Syndiqués de la Centrale de l’ensei-jgnement du Québec.Plus d’objectif ide déficit zéro en l’an 2000.Si la CEQ réussit à ralentir ou à bloquer le processus actuel, le Québec sera encore une fois en retard et il devra en payer un lourd prix.L'économie québécoise et l’emploi se développeront à un rythme inférieur à celui des autres provinces car celles-ci, leur déficit zéro atteint, aboliront ou abaisseront les taxes des entreprises pour favoriser leur implantation chez elles plutôt qu’au Québec.La pauvreté que veut combattre la CEQ continuera de s’accroître.On ne peut pas «faire plus avec moins»: alors, ne faut-il pas regarder du côté du «faire différemment»?Tous savent que les pratiques éducatives et médicales peuvent être modifiées, revues et corrigées, dans up • objectif de qualité à moindre coût.A jla CEQ, on vit des frustrations car les ; changements dérangent.Plutôt que de reconnaître sa part ; de responsabilité dans la situation, et j de l’assumer, la CEQ préfère affirmer ! qu’elle a été «trompée».La régression jne témoigne-t-elle pas d’une difficile I adaptation à la réalité?iJean-Paul Paquette Ville-Marie, 3 juillet 1997 Québec et société distincte Puisque le premier ministre Jean Chrétien affirme que la reconnaissance du fait français au Canada est une question de dignité et de respect, pourquoi ne pas revendiquer une modification constitutionnelle accordant le statut de «société distincte», non pas à la province de Québec mais plutôt à tous les sept millions de francophones du Canada?Une telle formule pourrait se lire comme suit: «Les Canadiens dont la langue maternelle est le français forment, en raison de leur histoire et de leur culture, une société distincte au Canada.» Disjoindre «société distincte» d’un Québec qui recherche perpétuellement à augmenter ses pouvoirs pourrait dissiper plusieurs inquiétudes.En particulier, cela rassurerait ceux qui craignent que le statut de «société distincte» n’opprime davantage les minorités ethnolinguistiques de la province, ne renverse l’égalité des provinces et ne soit un pas menant à la reconnaissance du Québec comme pays séparé au sein du Canada.Reconnaître que les Canadiens français sont membres d’une «société» aurait un effet d’inclusion pour approximativement un million de francophones vivant à l’extérieur du Québec.En même temps, une telle reconnaissance ne s’opposerait pas aux 1,3 million de Québécois non francophones dont le nombre dépasse la population de Terre-Neuve, de l’Ile-du- Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, du Manitoba et de la Saskatchewan respectivement Yildirim K.Demirtash Ottawa, 9 juillet 1997 Complexe d’infériorité Quand le complexe d’infériorité at teint son bas-fond (texte d’Isabelle Géünas, Le Devoir, 28 juin 1997), il ne reste plus qu’à sublimer le sacre.Hier, on fustigeait les maudits An glais pour leurs anglicismes, aujourd’hui, ce sont les maudits Français dont on coupe la langue.A quand les Italiens, les Allemands et les autres?Il est vrai que les Français utilisent le mot merde, mais ça s’arrête là.Les Québécois, par ailleurs, nous en font manger à plein char (mot dérivé de charrette, sans doute, puisque l’expression populaire dit parler ou sa crer comme un charretier).Qu’elle ne s’étonne pas de réaliser que les francos des autres pays ne la comprennent pas car pour eux, le lan gage jouai est le hennissement.Si elle en a contre le mot con, que dit-elle de l’expression québécoise la pelotte (plotte) ?Et que pense-t-elle de l’expression gosses, à connotation sexuelle au Québec qui désigne les enfants en France?Heureusement nombreux sont les Québécois qui se respectent et respectent les autres sans confondre le vocabulaire sacré ou sexuel aux ordures langagières.Jean-Guy Ménard Montréal, 8 juillet 1997 M A y 02 \M k « $ ï REPRISE Les «joujoux» du maire jardinier Montréal, on ne sait plus si A’ l’on doit rire ou pleurer de la bouillabaisse politique dans laquelle l’Hôtel de Ville s’enfonce de plus en plus.En cette ville affligée d’un maire jardinier préférant s’épivarder à l’étranger alors que le «tissu» urbain s’effiloche à vue d’œil, nombreux sont ceux qui, avec impatience et délectation, attendent les prochaines élections municipales.Depuis quelque temps, on ne compte plus les décisions marquées au sceau de l’incompétence, de l’incurie, voire parfois de l’irresponsabilité.Trop souvent, les «joujoux» du maire semblent avoir préséance sur la préservation des infrastructures municipales et sur l’amélioration de la qualité de vie des Montréalais.Dernière extravagance en liste: le maire Bourque entend dépenser près de six millions pour apporter des améliorations esthétiques absolument non essentielles au Vieux-Montréal.Pendant ce temps, on nous annonce que la même administration suspend l’inspection des égouts pour économiser de l’argent (!); les maisons de la culture et les bibliothèques ouvriront moins longtemps; le déneigement est cauchemardesque et met en danger la sécurité physique des citoyens; on mettra moins d’argent dans la sécurité des parcs pour enfants; pour reprendre le titre de La Presse du 3 juillet, «seulement 19 % des rues délabrées seront réparées»-, le budget de la Ville pour la réfection des rues et des trottoirs sera réduit de plus de 50 %, etc.?Mais n’ayons crainte, le maire jardinier verra à ce que le Vieux-Montréal devienne si beau qu’il nous en fera oublier des infrastructures s’annonçant de plus en plus délabrées.Eh oui, dans un contexte de compressions budgétaires qu’on nous dit pourtant incontournables, près de quatre millions de dollars iraient à un nouvel aménagement de la place Jacques-Cartier qui, par hasard, fait face à l’hôtel de ville.Parmi les luxes prévus, on y installe- a ni t ?rait de nouveaux pavages en granit particulièrement onéreux, de nouveaux lampadaires, des arbres, un nouveau kiosque à fleurs au pied de la colonne Nelson, etc.Le kiosque à lui seul coûterait 80 000 $ alors quç les pots à plantes et les trépieds nous vaudraient une facture de 160 000 $.Pour l’éclairage, ce sera 360 000 $.Pour la maçonnerie — les fameuses dalles de granit —, on dépassera les deux millions.On ajouterait un million pour l’installation de systèmes d’éclairage sur les rues de la Commune, Saint-Pierre et Saint-Paul.Ça nous aidera peut-être à mieux voir la glace sur les trottoirs avant d’y glisser! Dans son sommaire décisionnel, la Ville de Montréal avance que la rue de la Commune, de par ce nouvel éclairage, deviendra «la nouvelle carte postale internationale de la métropole».On imagine ça d’ici: des hordes de touristes se précipitant pour voir les nouveaux lampadaires du maire Bourque, la deuxième attraction touristique la plus courue en ville après les nids-de-poule! Et ce n’est pas tout.A l’aide d’un autre beau million de nos dollars, on reconstruirait les trottoirs sur ces mêmes rues en «béton avec granulats exposés» et on relocaliserait le monument à John Young, fondateur du jxirt de Montréal.(Tant qu’à dépenser pour des monuments, pourquoi ne pas nous débarrasser enfin de la colonne Nelson pour la remplacer par le magnifique monument aux Patriotes d’Alfred Laliberté?) ?Bref, cette dernière toquade du maire jardinier n'a aucune rationalité économique.D’autant plus que la place Jacques-Cartier est déjà en fort bon état alors que ce sont les quartiers résidentiels qu’on néglige.En d’autres termes, ce sont les Montréalais qui ont besoin de leur maire et non les touristes! En entrevue, Marvin Rotrand, conseiller municipal de Snowdon pour la Coalition démocratique, se demande si cette dépense pour le Vieux-Montréal est «rationnelle», c’est-à-dire qu’elle contribuerait «à créer des emplois, à améliorer la qualité de vie des Montréalais, à renforcer ses infrastructures de base, à attirer de nouveaux citoyens et à conserver ceux qui songent à quitter, à créer un environnement où de jeunes familles pourraient s’installer», etc.La ré|xinse, évidemment, est non.Ce qui nous amène à la question fondamentale suivante: le maire jardinier comprend-il ce que doivent être les priorités d’une grande ville en mal de soins?Encore une fois, la réponse est non.Autre question: le maire comprend-il qu’il faut aussi prendre les moyens pour freiner un étalement urbain qui défavorise de plus en plus le cœur de la ville?La réponse est nom De conclure le conseiller de Snowdon: «Je ne vois pas de planification rationnelle et intelligente.» C’est peu dire.La priorisation de la place Jacques-Cartier et de la rue de la Commune par opposé au développement d’infrastructures et d’un milieu de vie qui se dégradent est un exemple parmi d’autres de cette absence de rationalité qt d’intelligence des choses.Évidemment, quelques sirènes nous disent que de telles critiques ne sont pas gentilles, quelles propagent la «morosité».Bref, qu’il faut être optimiste, voir la vie en rose, ignorer la dégradation d’une ville qui mérite cent fois mieux.Ce qui revient à culpabiliser la victime — h population — pour de mauvaises décisions prises par certains de ses gouvernants.Comme solution, il suffit de tenir quelques sommets ou séances de pensée positive, d’installer de nouveaux lampadaires dims le Vieux-Montréal, et tout sera réglé! Comme si les Montréalais étaient du]x.‘s du spectacle d’un maire de plus en plus isolé s’amusant avec des joujoux de plus en plus coûteux alors que leurs quartiers ont besoin de soutien.?Heureusement, au bout du compte, c’est aux citoyens qu’il revient d’analyser et déjuger de la compétence ou de l’incompétence d’un chef politique, quel qu’il soit.Dans le cas du maire jardinier, ce jugement final se posera inexorablement lors des prochaines élections de novembre 1998.Tiens, tiens, juste à l’époque où l’on ferme les jardins pour l’hiver.A PRO P 0 S -4- .des religions non chrétiennes En dépit du stimulus créé par l’arrivée d’immigrants de pays où prédominent les autres grands mouvements religieux du monde, les confessions non chrétiennes ne progressent guère au Canada.Dans l’ensemble, les personnes qui déclarent être affiliées à une religion orientale non chrétienne comme l’islam, le bouddhisme, l’hindouisme et le sikhisme représentaient moins de 3 % de la population en 1991.Dans l’ensemble, les membres des confesr sions qui regroupent moins de 1 % de la population consta- tent souvent que leurs enfants se lient avec des gens d’autres cultures et groupes religieux, les fréquentent et les épousent.La majorité des fidèles des religions orientales non chrétiennes (67 % en 1991) sont des immigrants, principalement du Moyen-Orient et d’Asie.Les catholiques et les protestants, par contre, comptent relativement peu d’immigrants (13 % dans les deux cas en 1991).Reginald W.Bibby, Tendances sociales canadiennes, Statistique Canada, printemps 1997.LE DEVOIR RI B 0 U R A S S A E 10 J A N V I K R 19 10 BONDE PAR II E Directrice LISE BISS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEA0X Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TII D i r e c t e n r de l'information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY TAIL L E F E R, N Rédacteurs en chef adjoints JEAN-ROBERT SANSFAÇON, R0LAND-YV Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ 2050, rne de Bleury, ()' étage, Montréal (Québec) Il SA 3M9.TéI.: (5 1 4) 085-3333 FAIS CE QUE DOIS loin n 10RM A NI) T 'ES CARIGN Il E RI A U LT AN I.K I) K V 0 I U .I.K M K It < H K 1) I I (i .) II I I.L E T I !» » ' A 7 IDEES Le blues du tabarnaco Entre Elvis Gratton et Jean Larose, entre les colonisés de l’Amérique et de la France WM' -, SSI vv- Québec, Slovénie, même combat?Ici comme là-bas, le maintien de liens économiques est essentiel après l’indépendance ARCHIVES LE DEVOIR Au «ni américain, ni français» de l’époque de la colonisation culturelle, le parvenu qui a peur de s’enfoncer dans la médiocrité, donc de retrouver ses origines, préfère le «et américain, et français».Notre photo: Elvis Gratton, personnage (et film) de Pierre Falardeau, incarné par Julien Poulin.so modo», on se demande bien comment un homme qui chante les vertus de l’enseignement de l’histoire peut en arriver à écrire une telle ânerie, à moins de pousser l’outrecuidance jusqu’à penser que la littérature québécoise, c’est lui.Peut-être a-t-il trop lu Flaubert! Mais, que voulez-vous, la francophilie a des raisons que la raison ne connaît pas, même pour celui qui croit que «la haine de la proximité n’est pas moins néfaste que la crainte de la distance» {La Souveraineté rampante).On pourrait allonger la liste.On pourrait citer Gilles Marcotte, par exemple, qui, bien qu’ayant consacré presque toute sa vie à l’étude de la littérature québécoise, persiste à se demander si on ne lui fait pas trop de place dans l’enseignement (voir Pierre Popovic, Entretiens avec Gilles Marcotte, liber).On pourrait, sur l’autre versant, celui de l’internationalisme de pacotille, s’étendre sur le cas de tous ces branchés de l’urbanité pour qui ce qu’ils appellent dédaigneusement «le Québec profond», parce qu’il est trop homogène, disent-ils, constitue presque l’incarnation même du passéisme et de l’arriération mentale.On pourrait, mais on s’arrête ici parce que le message est assez clair: la culture québécoise, lorsqu’elle l’est vraiment, c’est-à-dire lorsqu’elle travaille à actualiser une sym- bolique qui nous est propre, ce n’est jamais assez (ouvert, riche, métissé, étrange, souverain) et toujours trop (fermé, intolérant, provincial, inexportable, ethnique, etc.).Entre Elvis Gratton et Jean Larose, la culture québécoise: passe un mauvais quart d’heure.Ni américain, ni français,: disions-nous, à une certaine époque, pour désigner l’univers culturel québécois.C’était un temps où l’on croyait aux vertus de la décolonisation.Il y avait de la révolution culturelle dans l’air.Or, on ne sait trop pourquoi ni à quél moment au juste (après la défaite référendaire de 1980?) lë mouvement a tourné court.Faisant comme si le processus d’autonomisation de notre culture précédemment enclenché avait atteint son objectif, les révolutionnaires se sont transformés en parvenus avec, pour résultat, que c’est la nécessité même du processus qui a été remise en cause.Il ne s’agirait donc plus, aujourd’hui, de travailler à assumer et à consolider notre identité particulière afin d’inscrire notre humanité spécifique dans l’universel (selon le mouvement révolutionnaire et humaniste qui anime l’entreprise de décolonisation), mais bien plutôt de combattre le nationalisme culturel sous toutes ses formes et de se lancer tête baissée dans une quête de Tailleurs qui seule serait apte à nous faire participer de plain-pied à la (post) modernité du monde.De toute façon, comme tout le monde devrait le savoir, l’internationalisme et l’ouverture culturels passent par l’anglais; la littérature québécoise (et le cinéma, et la chanson, et le théâtre, et mettez-en) fait figure de parent pauvre devant la grande littérature «française» (demandez à Jean Larose) et, quant à la langue qu’on parle ici, inutile de dire que ce n’est pas en s'appuyant sur un tel langage abâtardi que l’on pourrait revendiquer le droit à une quelconque forme d’autonomie culturelle.Feu Fernand Dumont soulevait le problème: «Nous avons à répondre de la légitimité de notre culture, et plus ouvertement que nos devanciers.La plupart d’entre eux n’avaient d’autres ressources que de suivre la voie de la fatalité; beaucoup d’entre nous, plus instruits, davantage pourvus de moyens financiers, disposent des moyens de quitter ce modeste enclos sans bruit ou fracas, exilés de l’intérieur ou de l’extérieur.Oui, les privilégiés ont le loisir de se réfugier dans l’ironie ou la fuite.» {Raisons communes.Boréal).Et le parvenu répond: l’ironie et la fuite.L’ironie, parce que la culture québécoise le désespère {«Notre langue, écrit Jean Larose: un baby talk pas encore américain, livré à la tyrannie de la mimique et du sens, une clownerie plus volontiers grossière qu’agressive.» La Petite Noirceur, Boréal) ou le fait bien rire.Pour lui, c’est La Ftite Vie: c’est drôle, mais surtout folklorique et bas de gamme.La fuite, parce que, logiquement, une fois ce qui précède étant admis, pour la vraie culture, pour les choses sérieuses, il faut aller voir ailleurs.Au «ni américain, ni français» de l'époque de la décolonisation culturelle, le parvenu qui a peur de s’enfoncer dans la médiocrité (de retrouver ses origines) préfère le «et américain, et français».Cependant, afin de conserver sa distinction, il veille bien à ce que la consommation de cette dualité chez lui ne ressemble pas à celle qu’en fait le vulgaire.Alors qu’américain et français, dans la culture populaire, signifient Stallone, culture rock et Charles Aznavour, pour lui, cela signifie plutôt Woody Allen, Coppola, Oliver Stone et grands classiques français.Enfin, parade supplémentaire et ultime, le parvenu ne dit pas «américain et français», il dit cosmopolitisme, postmodernisme, métissage culturel et littérature universelle.Mais, comme le dirait Pierre Falardeau, «c’t’un ostie de colonisé pareil!» L’idéologie tabarnaco est un refus de ce potlach culturel.Agrippée à l’histoire par souci de lucidité, mais bien de son temps parce que consciente qu’une culture ne saurait survivre en refusant l’épreuve du réel actuel, de l’ici et maintenant, l’idéologie tabarnaco ne regarde pas notre passé de survivance avec des yeux moqueurs et hautains.Elle en tire leçon, l’assume et l’actualise en refusant de s’aveugler sur la pérennité de ce qu’elle défend, c’est-à-dire la culture québécoise, et en tentant d’écarter les diverses figures intérieures et extérieures que prend la résurrection de Lord Durham, celui-là qui se voulait l’honorable fossoyeur d’une culture qui ne méritait pas de survivre.LOUIS CORNELLIER Professeur au cégep de Joliette.L'auteur vient défaire paraître aux éditions Balzac Plaidoyer pour l’idéologie tabarnaco dont cet article est extrait.«Il faut une volonté de s'appartenir.Avoir envie de soi.» - Pierre Perreault aites attention car, comme l’aurait osé Valdombre, je vais dire une énormité: les Québécois souffrent d’aliénation culturelle aiguë.En d’autres termes, nous sommes une belle gang de colonisés.Et le pire, c’est que cela ne se dit même pas.Ce que le Québécois cultivé d’aujourd’hui appelle aliénation, c’est le nationalisme de la survivance qui a squatté son histoire pendant plus de cent ans et auquel, quoi qu’U en dise, il doit son existence.Pour lui, elle est bien révolue l’époque où l’on tentait de définir la culture québécoise par ses particularismes {«notre foi, notre langue, nos coutumes», écrivait Valdombre) afin de combattre ce désastre appréhendé qui avait jxiur nom assimilation.Il est moderne, alors qu’on ne vienne plus lui chanter les vertus de la persistance culturelle en des termes qui évoquent un passé de misère, de petitesse et de fermeture.Tel le parvenu social qui refoule les réminiscences de son point de départ honni, le Québécois moderne est un parvenu de la culture.Il ap|)elle «ouverture», «maturité», «souveraineté» même sa propension à rejeter sa propre culture aux poubelles de l’histoire (à moins qu’elle ne se présente métissée) et, comble de l’acculturation, il présente sa position suicidaire comme étant la seule tenable.Lisons, par exemple, Monique La-Rue: «Il est vrai que nous avons donné à la littérature québécoise, me disais-je, la mission de nous servir de patrie et de fondement identitaire, et qu’elle arrive maintenant à un carrefour, tout comme notre société.Son label, son appellation contrôlée, son identité sont appelés à évoluer, sinon à se dissoudre.» (L’Arpenteur et le Navigateur, Fides, 1996, page 10) Remarquons l’usage du verbe «évoluer»: on est moderne ou bien on ne Test pas! Lisons Richard Martineau: «Ils sont chanceux, les intégristes de la langue.Ils vivent dans un monde solide où tout est certitudes.Vous leur dites “Québécois", et il vous donnent tout de suite une définition: francophone, de souche européenne, et patati et patata.Le hic, c'est que le monde n’est plus comme ça.Le monde est flou.De plus en plus.Et le rôle de la culture est justement d’explorer ce flou, ces doutes, ces incertitudes.» {Voir, 2-8 mai 1996).C’est clair: nationaliste pro-loi 101 = irréaliste, pour ne lias dire intégriste.Lisons enfin, dans un autre registre mais pour aboutir sensiblement au même résultat, Jean Larose en deux temps: «Quand je dis que la littérature française est notre littérature, je ne dis pas que la québécoise est négligeable; il y a pourtant des peureux que cela choque, comme si toute cette richesse, cet immense texte français représentait une menace pour la souveraineté de la littérature québécoise.Et comme si l'on ne pouvait pas tout simplement l’ajouter à la québécoise.» {,Im Souveraineté rampante, Boréal).Dans les faits cependant, et c’est le deuxième temps, la position de Larose est sans équivoque: «Personnellement, je ne crois pas que la littérature québécoise soit marginalisée dans nos cégeps; je crois qu’elle a trouvé sa juste place.Un taux de 25 %, ça me semble suffisant pour l’instant.Il ne faut pas oublier que notre littérature est jeune, cinquante ans, grosso modo.C’est rien à côté de la littérature française, qui est vieille de plusieurs siècles!» {Voir, 12-18 septembre).Vous voyez: ajouter la littérature française à la québécoise, cela veut dire, pour Larose, lui octroyer 75 % de l’espace.Et nous sommes au Québec! Quant au «cinquante ans, gros- Consolider notre identité pour s’inscrire dans l’universel VLADIMIR URBANC Juge de paix et responsable du Centre d’information de la République de Slovénie IT' indépendance est le point com- L% mun entre la Slovénie et le Qué-' bec.La Slovénie, située au nord-ouest de l’ex-Yougoslavie, partage ses frontières avec l’Au-iL- triche, l’Italie, la Hongrie et la Croatie.Suite à des siècles de domination sous l’Empire austro-hongrois, la Slovénie est devenue une province yougoslave en [ 1920.C’est à la suite d’un référendum que, I le 25 juin 1991, la Slovénie s’est retirée de I la Yougoslavie afin de former un Etat indé-I pendant.Jacques Parizeau a récemment déclaré H que le Parti québécois aurait l’intention B d’appliquer le modèle d’indépendance slo-I vène pour le Québec.Certes, la situation i de la Slovénie et celle du Québec se rap-I pi ochent sur certains points.La différence I fondamentale, cependant, est que le peuple ¦ slovène est nettement plus homogène que I celui du Québec.Si en Slovénie plus de I 90 % des habitants ont voté en faveur de I leur indépendance, ce ne sera pas le cas B lors du prochain référendum au Québec, I vu le taux élevé d’anglophones et de B groupes ethniques qui habitent la province.Examinons les conséquences du réfé- rendum en Slovénie.Avec la «dé-nationali-sqtion» et la privatisation des propriétés de l’État, le pays a vu naître une nouvelle élite politique et économique.Par conséquent, les ouvriers, les personnes âgées, les retraités, les gens malades et pauvres se sont retrouvés en marge de la société.L’arrivée du capitalisme et des nouvelles technologies a été accompagnée par le chômage et la perte de l’assistance sociale.Sur le plan économique, la Slovénie doit se battre pour exporter ses produits à l’Europe de l’Ouest.Clairement, le pays ne pourrait survivre sans ses échanges économiques avec les provinces de l’ex-Yougoslavie (la Croatie étant, après l’Italie et l’Autriche, son plus grand partenaire économique).Aujourd’hui, la Slovénie doit se demander si sa situation était meilleure lorsqu’elle triomphait parmi les pays des Balkans ou maintenant qu’elle traîne derrière les pays de l'Union européenne.Quant à l’indépendance du Québec, il faudrait sérieusement mettre en question les idées de ceux qui voudraient couper no : liens diplomatiques et économiques avec le reste du Canada.L’économie globale domine incontestablement notre société contemporaine.Prenons l’exemple de certains Etats récemment formés, tels l’Ukraine et la Biélorussie.Ceux-ci ne pourraient survivre sans l'énergie fournie par l’ex-Union soviétique, pays dont ils se sont sé- parés.N'oublions pas le cas des Français et des Allemands, ennemis pendant les deux guerres et aujourd’hui fortement unis économiquement et militairement en tant que membres de l’Union européenne.Pourquoi la relation entre le nouvel État du Québec et le reste du Canada devrait-elle être différente?Est-ce que le Canada devrait construire un mur de Berlin autour du Québec?La situation géographique du Québec exige forcément une forte association économique avec le reste du Canada.Personnellement, je suis en faveur d’une nouvelle et puissante fédération canadienne qui prenne en considération les aspirations et les préoccupations des Québécois.Non seulement devrait-on considérer que le Québec est une société distincte mais que tout le Canada est une société distincte, parlant le"français et l’anglais à travers le pays.Je respecterai la décision prise par la majorité des Québécois au cours du prochain référendum.S’ils décident de former un État indépendant, je serai un fier citoyen de cet État, comme je suis aujourd’hui un fier citoyen du Canada.Ni la Constitution canadienne, ni les décisions prises par les Cours supérieures du Canada ne devraient intervenir avec la volonté des Québécois.Car, comme le disait Abraham Lincoln, «tout pouvoir dérive du peuple».ARCHIVES LE DEVOIR REPUBLIKA slovënija Des miliciens Slovènes installent un panneau indiquant le début du territoire de la République de Slovénie à un poste-frontière après le départ pacifique des forces armées yougoslaves, le 29 juin 1991.L’ÉQUIPE DU DEVOIR |y\ RÉDACTION Journalistes A l'information générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l’information).Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier.Jean Dion.Louis-Gilles Francœur, Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Brian Myles, Isabelle Paré, Clément Trudel, Serge Truffaut ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos et Christine Duniazet (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette, Paule des Rivières, Louise Leduc, Jean-Pierre Legault, Benoit Munger, Odile Tremblay ; A l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Robert Dutrisac, Jean Plchette, Claude Turcotte ; A l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l’information), François Brousseau (éditorialiste), Claude Lévesque ; A l'information imlitique : Pierre O'Neill.Manon Cornelller (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) : A l'information sportive : Yves d'Avignon ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Isabelle Hachey, Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté.Christiane Legault, Jacques A Nadeau.Guylaine Ouellet, Micheline Ruelland (publicitaires) ; Sylvie Laporte, Nathalie Lemieux, Claire Paquet, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon ; Francine Ouellet (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Sylvain Lesage, Christian Vien, Olivier Zuida.SERVICE À LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable), Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Manon Blanchette-Turcotte, Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Dany Dépatie (adjointe à l’administration et responsable des ressources humaines), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanned'Are Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). I, E I) E V 0 I It .I.E M E It C It EDI I ti .1 l! | |, |, E T I!) !l 7 A 8 - LE DEVOIR ACTUALITES Une bibliothèque enfouie?K*» GIUSEPPE AVALLONE NEW YORK TIMES PHOTO LES FOUILLES dégagent petit à petit les restes de la Villa dei papiri (Villa des papyrus) à Hercula-num, près de Potnpéi en Italie.Cette villa, que l’on croit avoir été construite par le beau-père de Jules César, a déjà livré près de 2000 manuscrits sur papyrus, carbonisés par l’éruption du Vésuve qui a englouti la ville en 79 av.J.-C.Cette villa n’était accessible jusqu'à maintenant que par des tunnels dont les premiers avaient été creusés au XVIII' siècle.Les archéologues italiens croient que l’on n’a pas encore mis au jour la véritable bibliothèque de la villa.On ne s’entend pas chez les oncologues TT" ingston, Ontario (PC) — L'opposition entre tenants ' XV de la médecine traditionnelle et adeptes de thérapies dites «alternatives» s’est manifestée hier, à la deuxième journée de la conférence mondiale sur le cancer du sein.Ainsi, un médecin mexicain qui participe à la conférence, à Kingston, en Ontario, a été accusé d’offrir aux femmes de faux espoirs, à prix fort et sans fondement scientifique.Le docteur Francisco Contreras, oncologue, soutenait que les modes traditionnels de traitement comme la mammographie et les thérapies médicamenteuses nuisent plus qu’elles n’aident les femmes.Sa clinique de Tijuana, au Mexique, exige 18 000 $ US la première année, et 5000 $ chaque année suivante, pour traiter le cancer à l’aide de méthodes naturelles comme la vitamine C, les cartilages de requin et le Laetrile, une substance anticancéreuse controversée, dérivée de noyaux d’abricots.Interviewé peu après la présentation du Dr Contreras, présentation qui avait été chaudement applaudie par les centaines de délégués présents à la conférence, le délégué torontois Eric Holowaty, directeur du Ontario Cancer Registry et oncologue, a avancé que certains adeptes des méthodes «alternatives» de traitement exploitent les femmes.Plus tôt, au cours d’une séance de questions et réponses, le Dr Holowaty avait été hué après avoir demandé au Dr Contreras si son protocole de traitement avait été publié dans des journaux médicaux Non, lui a répondu le Dr Contreras, qui a ajouté que 39 % des 300 patientes en phase terminale participant à son programme Oasis étaient toujours en vie.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 03 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier électronique devoir@cam.org Pour l’agenda culturel (514) 985-3551 La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Chrétien devra bientôt combler quatre postes au Sénat JIM BROWN PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le premier ministre Jean Chrétien aura l’occasion de récompenser de vieux amis du Parti libéral — tout en s’enlevant une épine du pied — en comblant quatre postes vacants au Sénat A la suite du décès de l’un des sénateurs et du départ à la retraite de trois d’entre eux, les libéraux détiennent un léger avantage face aux conservateurs à la Chambre haute, les premiers y comptant 49 sièges, un de mieux que les seconds.Trois des 104 fauteuils sont occupés par des indépendants.Ce partage sera modifié une fois que M.Chrétien aura annoncé la nomination de quatre nouveaux sénateurs d’ici la reprise des activités parlementaires en septembre.«Us seront libéraux et nous n’allons pas nous en excuser», a déclaré un stratège du gouvernement.«Parlepassé, les conservateurs ont montré un certain empressement à utiliser leur supériorité numérique au Sénat [.] C'est une instance politique et nous y procédons à des nominations politiques», a-t-il ajouté.Lors de son premier mandat, M.Chrétien s’est retrouvé dans l’embarras lorsque les conservateurs, profitant alors d’une majorité héritée de Brian Mulroney, ont bloqué au Sénat plusieurs projets de loi ayant auparavant été adoptés par la Chambre des communes, sous domination libérale.Les nouvelles nominations sénatoriales réduiront — mais n’élimineront pas — les chances que se répètent de telles frustrations lors du deuxième mandat des libéraux à Ottawa.Les spéculations les plus vives entourent le siège de Nouvelle-Écosse, libre depuis le décès à l’âge de 91 ans du conservateur John Macdonald, ultime sénateur nommé à vie sans être contraint à la retraite à 75 ans.On estime en général que David Dingwall, l’ancien ministre de la Santé qui a perdu son siège aux Communes lors des élections du 2 juin, fera son entrée au Sénat s'il le souhaite.M.Dingwall n’a rien laissé deviner de ses intentions, mais certains libéraux estiment toutefois qu’à l’âge de 45 ans, il nourrit l’espoir d’une nouvelle victoire électorale ou pourrait être attiré par un poste plus payant qu’un siège au Sénat, accompagné d’un salaire annuel de 46 000 $, en plus des frais.Parmi les autres candidats dont les noms reviennent le plus souvent figurent Fernand Robichaud et Serge Joyal.BOURQUE «Un malheureux déraillage» SUITE DE LA PAGE 1 diat des dix millions plutôt que sur présentation de factures au fil des ans donne une plus-value — plutôt marginale — à la somme à cause des intérêts qu’elle peut générer et aussi en raison de l’érosion du pouvoir d’achat Puis, les investissements de la Ville sont admissibles au Programme d’infrastructures Canada-Québec.Pour les seuls projets entourant l’Hippodrome, M.Bourque prévoit d’ailleurs recevoir au moins 15 millions des paliers supérieurs de gouvernement.Les dossiers ont déjà été soumis et doivent recevoir l’aval notamment du ministre des Affaires municipales Rémy Trudel.Pour l’administration montréalaise, la confirmation de ces projets est une «condition sine qua non» pour que Montréal vende les terrains et immeubles tel que convenu.Finalement, la SHDM pourra baisser de dix millions la perte comptable que représente pour elle cette transaction.C’est du moins ce que l’on affirme au bureau du ministre Landry.Pour le reste, rien ne change.La Société de promotion de l’industrie des courses de chevaux (SPICC) paiera ce qui était convenu à la SFIDM, soit 15,1 millions.Et le gouvernement du Québec prévoit toujours verser dix millions à la SHDM à titre de compensation pour la rupture du bail devant se terminer en 2003.Toute cette manœuvre de dernière heure a permis à Pierre Bourque d’affirmer à la sortie du caucus de Vision Montréal qu’il avait réussi à apaiser son équipe.«Il y a encore certaines appréhensions mais c’est sûr que ç’a éclairé beaucoup de monde.Ça détendu l’atmosphère», a indiqué M.Bourque en conférence de presse.De fait, le conseiller Pierre Gagnier, qui a été le premier à oser dénoncer publiquement le bien-fondé de la transaction, demeure dans les rangs de Vision Montréal.Il maintient toutefois son analyse, estimant que cette transaction constitue une perte financière pour les contribuables montréalais.Il privilégie que l’actuel bail soit pro- longé à long terme.«Je n’ai pas l’intention de démissionner Je veux combattre pour que mon point de vue soit retenu», a dit M.Gagnier.Ce dernier entend convaincre ses collègues d’ici la prochaine réunion du caucus de Vision Montréal, à laquelle le maire veut présenter l’offre qui aura été finalisée.C'est une question de quelques semaines, a indiqué M.Bourque.C’est seul et visiblement ébranlé que Pierre Gagnier est sorti, quelques heures plus tôt, de la réunion du caucus à laquelle seulement 17 conseillers ont assisté.Ses collègues, qui officiellement ou en coulisses prenaient sa défense au cours des derniers jours, se sont montrés discrets, se disant satisfaits des explications reçues, La seule exception peut-être fut Sergé-Éric Bélanger, qui semblait vouloir s’accorder du temps avant de prendre position.De son côté, la chef de l’opposition officielle, la conseillère du RCM 'Diérèse Da-viau, a dit aussi souhaiter que l’administration signe un bail à long terme plutôt que de vendre.«On n'a pas eu toutes les assu- rances que les Montréalais ont besoin d’avoir pour accepter l’entente telle qu ’elle est actuellement», a-t-elle commenté.Résumant la situation, M.Bourque a lancé: «Pour moi, c’est un malheureux déraillage [sic].[.] Il y a eu tellement de chiffres cités tout croche.» Pourtant, M.Bourque a lui-même accentué la confusion hier, n’ayant jamais précisé qu’il avait renégocié à toute vapeur un aspect de l’entente.Chose certaine, selon lui, ce que les ministres Bernard Landry, Serge Ménard et Rémy Trudel sont venus annoncer le 26 juin dernier, ce que d’ailleurs M.Bourque avait qualifié d’intéressant, n’était pas une entente mais «une orientation».C’est cet argument que M.Bourque a servi pour expliquer qu’il avait entrepris seul les démarches auprès du gouvernement dans ce dossier, ignorant totalement le pouvoir décisionnel du comité exécutif.Par ailleurs, la SHDM a prévu réunir les membres de son conseil d’administration demain matin, à moins qu’elle n’ait pas reçu d’ici là une offre formelle d’achat CHAMBLY Rien n’a été fait SUITE DE LA PAGE 1 de l’Environnement, a déclaré M.Bourbonnais aux manifestants, qui ont vivement réagi dans un chahut désapprobateur.H n’y a pas un réseau urbain qui aurait pu faire face avec succès à ce genre de pluies.» Selon la Sécurité civile du Québec, il est tombé 130 mm de pluie à Chambly dans la nuit de lundi à hier.Plus de 530 résidences y ont été inondées, dans une centaine de rues, en raison notamment des refoulements d’égouts.De nombreuses résidences avaient été inondées une première fois, en janvier 1996, puis de nouveau, en novembre dernier.Pour plusieurs résidents, en fait, l’inondation de lundi est la goutte qui fait déborder.le puisard.Stéphane et Carole Moreau ont trouvé leur sous-sol inondé de cinq pieds d’eau, tard lundi soir, et ont tenté en vain, pendant la nuit, de sauver plusieurs objets appartenant à leurs trois enfants.«C’est la troisième fois qu’on est inondés.On se remettait à peine die la dernière inondation», racontait hier Mme Moreau, ébranlée et furieuse.Plusieurs résidents sont d’avis que les nombreux développements immobiliers des dernières années, ainsi qu’un réseau d’égouts dés.uet, sont les causes de ces inondations.A la suite des inondations de novembre, Chambly a commandé une étude hydraulique à la firme d’ingénieurs-conseils Dessau.L’étude révèle que les dommages causés par les pluies diluviennes ont peut-être été aggravées par l’écoulement des eaux provenant du réseau rural.Selon la Ville de Chambly, il existe une solution à l’occurrence répétitive d’inondations sur son territoire.Il est devenu nécessaire, affirme Michel Merleau, directeur général de la Ville de Chambly, de détourner le ruisseau Lamarre vers le ruisseau Beauregard afin d’intercepter les eaux des terres agricoles et ainsi éviter une contamination et un débordement du réseau d’eaux pluviales urbaines.Or, précise son directeur général, Chambly ne s’entend pas avec une municipalité voisine, Carignan, sur les méthodes à utiliser afin de prévenir de futures inondations, ni sur le partage des coûts d’une telle intervention.«Rien n'a donc été fait, techniquement, depuis les dernières inondations», avoue M.Merleau.«Chambly a surestimé la capacité de son réseau pluvial, estime quant à lui Jean La- croix, greffier de la municipalité de Carignan.Selon le ministère de l'Environnement, le détournement des eaux du ruisseau Beauregard pourrait engendrer des inondations majeures.Nous attendons de recevoir des données techniques afin de s’assurer que cela ne se produira pas sur notre territoire.» Une trentaine de résidences de Carignan ont été endommagées par les pluies diluviennes de lundi.Plus de 74 pompiers et employés des travaux publics ont porté secours aux citoyens de Chambly au cours de la nuit de lundi à hier.«Nous avons traité en priorité les situations les plus risquées, notamment celles qui impliquait la possibilité d’incendies», explique M.Merleau.«Il est tombé 85,7 mm à Chambly entre 20h45 et minuit cinquante, ajoute-t-il.Il s'agit, selon les experts, d’une récurrence supérieure à une fois par cent ans.» L’eau s’est résorbée vers 8h hier matin.L’inondation de lundi a par ailleurs touché plus de 1200 résidences dans neuf municipalités du Québec.A Saint-Hubert, où sont tombés 92 mm de pluie, plus de 750 résidences ont été inondées, estime Pierre Trudeau, directeur de la police et du service de prévention des incendies.«Le plus grand problème est de rejoindre les gens qui sont présentement en vacances», dit-il.A Cowansville, c’est une centaine de maisons qui ont été endommagées par le débordement de la rivière Yamaska.Quelques résidents ont été volontairement évacués et plusieurs rues ont été fermées.Une cinquantaine de résidents de Sutton, quinze à Lac-Brome et quelques-uns à Abercorn, au sud de Sutton, où un pont s’ést effondré et une route,est fermée, ont aussi eu des problèmes.A Richelieu, 25 maisons ont été envahies par les eaux, et à Labelle, dans les Hautes-Laurentides, une yingtaine de résidences ont été inondées.A Val-d’Or, en Abitibi, six personnes ont été évacuées.Le Bureau d’assurance du Canada recommande aux assurés sinistrés de communiquer rapidement avec leur assureur afin de vérifier la couverture de leurs contrats d’assurance.Les contrats d’assurance habitation ne couvrent habituellement pas les dommages causés par l’eau, notamment ceux résultant des inondations et de l’infiltration de^’eau.Mais dans certains cas, il y a protection — totale ou partielle — à la suite d’un refoulement d’égout.Avec la presse canadienne __r __ ASTERIX Fasciné par les «miquets» Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siege social est situé au 2050, rue de Bleury.O' étage.Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, I^val.Envoi de publication — Enregistrement n‘ 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 où vos enfants vous quittent et volent de leurs propres ailes», expliquait hier le dessinateur, de passage à Montréal pour l’inauguration de l’exposition au MBAM.Après avoir fait le bonheur des Parisiens, Astérix débarque au MBAM (l’exposition débute demain et se termine le 16 novembre prochain), ce qui étonne encore le dessinateur tout en lui procurant un plaisir certain.«Astérix m'échappe, mais je tenterai de le rattraper avant qu’il n’ait la grosse tête.Il faudra que je le replace dans son contexte après cette expérience.» Rassurons les inconditionnels: le règne d'Astérix version Uderzo n’est pas terminé.Une idée en vue?Non.Un projet en tête?Non plus.La certitude qu’un numéro 31 viendra épaissir la pile des collectionneurs?Oui, bien sûr.«Il suffit qu’une bonne idée me frappe, mais vous savez, après près de quarante ans, trente aventures, que peut-il leur arriver de plus?Je me le demande.» Lorsque Pierre Théberge, le directeur du Musée des beaux-arts de Montréal, a eu vent de la programmation de son homologue parisien, le mot Astérix lui a arraché un sourire malin.Après avoir déroulé le tapis rouge de son musée à Tintin (1981) et puis à Snoopy (1992), M.Théberge ne fut Pfis long à voir en Astérix un potentiel muséal intéressant A peine quelques mois plus tard, Astérix, l’exposition dévoile un univers historique, archéologique, où Astérix et ses comparses servent de prétexte à la présentation de quelque 300 items.«Je rêvais de devenir le Walt Disney de la rue Montreuil, à Paris», apprend-on en cours de visite.Fasciné par les «miquets», il crayonne le sien à la fin des années 50, le fruit d’un travail d’équipe avec René Goscinny.Astérix apparaît la toute première fois en 1959 dans la revue Pilote, devient le héros d’un premier album à peine deux ans plus tard.Uderzo déambule maintenant à travers les salles du musée.Il emprunte à ses personnages — à moins que ce ne soit l’inverse — humour aiguisé, bonhomie légendaire et vivacité d’esprit.L’expérience muséale, qui l’a d’abord renversé, l’a séduit par la suite.Le concept devant lequel il se trouve, qui «joint l’histoire de notre héros gaulois avec un petit 'V à celle avec un grand “H" de notre patrimoine culturel», est une «réussite», affirme-t-il.Sa table à dessin s’y retrouve.Plusieurs des planches originales de la trentaine d’albums trônent sur les murs.Aussi, des objets témoins du quotidien «gaulois», que l’on aurait pu trouver dans la demeure perchée du barde Assurancetourix ou encore dans celle du chef Abraracourcix.Si l’entrée d'Astérix au musée lui arrache un soupir de grande satisfaction, Albert Uderzo reste encore ébahi par cette réalité.Comme l’immense succès de la bande dessinée n’avait pas été prévu par ses auteurs — «Les gens étaient convaincus que nous avions fait faire de vastes études de marché avant d’entreprendre la création d’Astérix.Mais s’ils savaient! Certaines idées d’album sont nées en une quinzaine de minutes et l’on retrouve par la suite des pages et des pages d’analyses et de commentaires.Ça m'étonne toujours» —, l’intérêt d’une institution muséale pour le héros porteur du casque ailé confirme le phénomène social.«Quand j’ai entendu par le plus pur des hasards, sur la rue, une dame appeler son chien Astérix, ça m'a renversé, raconte le dessinateur qui a conçu le tout premier profil d’Astérix en 1959.C’est là que j’ai compris l’ampleur du phénomène.» Albert Uderzo, qui porte le chapeau de scénariste en plus de celui de dessinateur depuis le décès de son compère René Goscinny, en 1977, s’étonne aussi de dénombrer tous ces «astérixologues» du monde entier.Trente bandes dessinées plus tard, des centaines de millions d’exemplaires vendus en 77 idiomes différents, le dessinateur au crayon ailé est surpris d’entendre ces passionnés fous, admirateurs de l’idée, du jeu de mots, de l’allusion historique ou de la pointe d’humour bien envoyée, réciter le contenu de bulles complètes de tel album ou de tel autre.Pas besoin d’aller bien loin d’ailleurs pour mettre la main sur un ou deux de ces sympathix bougres qui, lorsqu’ils s’y mettent à plus d’un, peuvent s’envoyer la réplique en jargon gaulois, à coups de sangliers et de Toutatis de longues minutes durant.Uderzo reste béat devant ces aptitudes.Il n’en ferait pas de même.«Il m’arrive même, lorsque je suis en train de créer un nouvel album, de retourner fouiller dans les aventures précédentes pour être bien certain que je n'ai pas fait usage de telle ou telle astuce, explique l’auteur d’origine italienne.En entrevue à la télévision française il y a plus de vingt ans, Goscinny racontait d’ailleurs son admiration pour cette concurrente de l’émission québécoise Tous pour un (version années 60) qui avait trouvé le mot juste à toutes les questions de l’animateur lors d’un épisode sur Astérix et sa bande.«Cette jeune fille a répondu correctement aux 100 questions qu’on lui a posées, expliquait alors Goscinny.Invité à faire la même chose, je n’ai répondu correctement qu’à deux d’entre elles.» Depuis que son ami l’a quitté, Uderzo a poursuivi l’œuvre.Six albums — un p’tit dernier l’an passé, La Galère d'Obélix — pour lesquels il signe texte et dessins.Il y en aura d’autres, mais les idées ne se commandent pas et la naissance d’une aventure ne se fait pas en claquant des doigts.«Us traits de caractère de chacun des personnages sont parfois contraignants.Si Obélix [son préféré] est plus malléable, Astérix, lui, ne peut pas se permettre toutes les folies.On est parfois pris en cage par sa personnalité; c'est une cage dorée, j'en conviens, mais cela complique la création et brime parfois certains élans.» Uderzo se rappelle une audace d’Hergé, père de Tintin, qui décida un jour de troquer les knickerbockers (culottes de golf) du reporter pour la paire de jeans.«Les gens sont descendus dans la rue pour manifester.“Rendez sa tenue à Tintin!”, criaient-ils.Je n’en suis pas revenu.Je vous le dis, on ne peut pas faire ce que l’on veut avec nos personnages», explique l’auteur qui, sans l’amour inconditionnel du public pour le minuscule Idéfix, aurait peut-être songé à le faire disparaître de ses pages.La bande dessinée, sous son étiquett » rigolote et ses apparences de légèreté, contient elle aussi son lot de limites et une part d’encadrement rigide.Un brin cadenassé par le succès, soucieux de ne pas choquer la fougue des lecteurs, l’auteur d’Astérix dessinera donc encore longtemps les braies rayées et le casque ailé.
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