Le devoir, 27 mai 1997, Page(s) complémentaire(s)
?FONDÉ EN 1910 ?T o it o x t o I $ I, E M A R I) I 2 M A I I !M> S S v MO N T K E A I.N " I I (i I.X XXVIII PERSPECTIVES y Christian Ri ou x L’arroseur arrosé Le retrait du premier ministre Alain Juppé suffira-t-il à calmer la fronde électorale qui s’est emparée des Français?Voilà ce qu’il advient de ces élections que l’on dit sans intérêt, déclenchées pour des raisons tactiques et où le peuple s’ennuie.Les citoyens prennent leur revanche.Le spleen électoral français s’est transformé dimanche en véritable fronde qui a déjà fait tomber une tête, celle d’Alain Juppé (nos informations en page A 6).Poussé vers la sortie par la sanction populaire, le premier ministre annonçait hier qu’il ne serait pas candidat à ce poste advenant une réélection de la droite au second tour, dimanche prochain.Avec 36 % des voix (40 % pour la gauche), la droite sortante vient de se faire infliger une raclée.Misant sur un Parti socialiste pas encore tout à fait dégagé de l’héritage des années Mitterrand, le président Jacques Chirac est aujourd’hui à deux doigts de perdre le pari risqué qu’il s’est lui-même lancé en déclenchant ce scrutin un an avant terme.«Nouvel élan économique», «préparation des échéances de la monnaie européenne», «changement dans la continuité», l’électorat n’a tout simplement pas cru aux raisons de cette dissolution.Tout comme il n’a pas cru à la catastrophe nationale annoncée en cas de cohabitation avec un gouvernement de gauche.Sur l’Europe, la gauche et la droite tiennent depuis quelques semaines à peu près le même discours.Toutes deux réclament une interprétation souple des critères du traité de Maastricht.Lionel Jospin et Alain Juppé ont affirmé tous deux que la participation de l’Italie et de l’Espagne était une condition à la création de l’euro.Comment croire aussi aux craintes distillées par la droite sur l’élection d’un gouvernement de gauche et la nomination d’un ou deux ministres communistes?Les Français gardent un bon souvenir ?des deux années de cohabitation entre le président François Mitterrand et le premier ministre Édouard Balladur.Quant aux communistes, il y a longtemps qu’ils ne reçoivent plus leurs ordres de Moscou.Plus qu’un vote pour ou contre l’Europe, pluç qu’un rejet des réformes nécessaires de l’appareil d’État, ce geste de protestation sanctionne un clan politique qui croyait pouvoir verrouiller le jeu électoral jusqu’en 2002.Dans un pays aussi centralisé que la France, la cohabitation apparaît à une partie de l’électorat comme un mal nécessaire pour assurer l’équilibre des pouvoirs.L’autre leçon de ce scrutin, c’est que les Français n’entendent pas plus tolérer la corruption de la droite que celle des socialistes autrefois.S’il avait été maire de n’importe quelle ville nord-américaine, Jean Tibéri — le maire de Paris qui a logé ses enfants dans des appartements municipaux — aurait dû démissionner depuis longtemps.Jusqu’au premier ministre Alain Juppé qui a habité pendant des années l’un de ces appartements alors qu’il était responsable des finances de la ville.Si les électeurs veulent bien croire à l’impuissance des gouvernants à juguler le chômage, ils savent que la moralité de la vie publique est tout entière de leur ressort 11 faut ajouter à ces causes le cynisme d’un gouvernement qui s’est fait élire en 1995 sur la base d’un programme de lutte contre «la fracture sociale».Discours qu’il s’est dépêché d’enterrer depuis.On a dit que la campagne de Lionel Jospin manquait de brillant C’est peut-être ce qui a plu aux électeurs qui craignent surtout les promesses non tenues.Et puis cette forme d’intégrité morale nouvelle en France qui promet de rompre avec le passé.«Dire ce que l’on va faire et faire ce que l’on a dit», ne cesse de répéter le leader de la gauche.Plus qu’avec leur programme de création d’emploi et de réduction du temps de travail—d’ailleurs jugé irréaliste — , les socialistes ont marqué des points en promettant la tenue d’une grande conférence nationale entre partenaires sociaux.Ces grands sommets qu’affectionnent tant les Québécois pourraient finir par inspirer un jour la politique française qui n’a jamais beaucoup pratiqué la négociation.Avec 15 % des voix, 133 candidats qui se qualifient au second tour et l’espérance d’un ou deux députés, le Front national sort renforcé de ce scrutin.Jean-Marie Le Pen réédite l’exploit qu’il avait réalisé à la présidentielle alors que son leadership est pourtant en déclin.«Cela montre que le parti est bien implanté, qu’il peut à présent exister sans Le Pen», disait le secrétaire national aux élections, Jean-François Jalkh.Le sort du second tour est aujourd’hui entre les mains de ces électeurs insatisfaits tant par la droite que par la gauche.Il est aussi entre celles des abstentionnistes que le scrutin de dimanche pourrait avoir réveillés.Bien malin qui pourrait en prédire l’issue.Dimanche soir, en direct à la télévision, le ministre Éric Raoult disait à l’ancienne ministre socialiste Ségolè-ne Royal qu’elle était «bien charmante», mais qu’il n’avait pas envie «qu’elle redevienne ministre».Pour l’emporter, la droite devra se départir de ces attitudes hautaines et faire autre chose que de brandir des épouvantails.Quant à la gauche, elle devra, comme le disait Lionel Jospin, «créer le désir de nous».Ce qui pourrait passer par un programme plus crédible.En attendant dimanche prochain, et quel que soit le résultat, l’électorat aura prouvé qu’il saisissait mieux les subtilités de la vie politique que ses leaders.Il en coûte toujours cher de prendre les électeurs pour des cruches.METEO Montréal Ensoleillé.Max: 18 Min: 5 Québec Ensoleillé.Max: 17 Min: 3 Détails, page B 7 INDEX .Agenda .B 8 Idées .4 9 Annonces.B 8 Le monde , A 7 Avis publics .A 6 Les sports B 7 .B 6 Montréal A3 Culture B 10 Mots croisés.B 8 Économie.B 2 Politique.A 5 Éditorial .A 8 Télévision B 9 ÉCONOMIE Ro-Na s'allie j ^ j j.j f-J.j à un géant français, i i ifo'IT?uTOT page B 2 LES ACTUALITÉS 46% des adolescentes en détresse psychologique, page A 5 ?LES SPORTS Vigneault se sent prêt à relever tous les défis, page B 7 «Un véritable assaut contre le Québec» ¦ Les propos de Chrétien indignent Duceppe et Landry ¦ Un OUI est un OUI, dit Manning; Charest accepterait une majorité simple PAUL CAUCHON PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Même si le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, a affirmé à nouveau hier que les Canadiens «veulent parler des vrais problèmes de la nation» et non pas de l’unité nationale, ses déclarations concernant la reconnaissance d’un OUI lors d’un éventuel troisième référendum ont donné un nouveau souffle à la campagne électorale du Bloc québécois.«Un véritable assaut contre le Québec», a commenté avec la plus grande indignation Gilles Duceppe, qui s’est fait fort de véhiculer sa colère toute la journée en tournée électorale à Mata-ne et à Rimouski, qualifiant les déclarations de M.Chrétien de «tournant majeur» dans la campagne.Cette sortie de Jean Chrétien représente une véritable aubaine pour la campagne électorale du Bloc québécois, qui pourrait y trouver le souffle nécessaire pour franchir la toute dernière ligne droite menant au 2 juin.Les chefs des autres partis fédéraux n’ont pas manqué eux aussi de revenir sur les propos de M.Chrétien.Jean Charest a expliqué qu’il reconnaîtrait une victoire du OUI à majorité simple lors d’un prochain réfé- VOIR PAGE A 10: ASSAUT H L’éditorial de Michel Venne: La majorité, c’est simple, page A 9 Accusation de racisme contre la publicité de Manning, page A 4 ¦ Les réformistes gagnent du terrain, page A 4 Charest affronte les pêcheurs de Terre-Neuve, page A 4 Chrétien change de cible, page A 4 1997 Souvenir WIN MCNAMEE REUTERS r t UN VETERAN du Vietnam, Gerald Hoskins, touche le nom d’un compagnon décédé au cours d’une bataille, au Vietnam War Memorial de Washington.À l’instar de cet ancien combattant, la nation américaine s’est rappelé en fin de semaine ceux qui ont laissé leur vie sur le champ de bataille.Dernier lundi du mois de mai, c’était hier le Memorial Day aux États-Unis, le jour des soldats morts au champ d’honneur.14 kilomètres linéaires de savoir
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