Le devoir, 5 mai 1997, Page(s) complémentaire(s)
DEVOIR I ,, t, ; V H !.I.X X X V I I I N • H K ?MONTRÉAL.LE LUNDI 8 MAI I !» î» 7 SS i' + T |> S + T V y / T » It O N T O I $ PERSPECTIVES l’ans bouté hors d’Afrique ?Le premier face-à-face entre Mobutu Sese Seko et Laurent-Désiré Kabila s’est achevé hier sur un désaccord sur les conditions de retrait du président zaïrois.Le chef rebelle a donné huit jours à Mobutu pour examiner sa demande de démission.Lire nos informations, page A 5.Le génocide au Rwanda, la chute imminente du régime mobutiste au Zaire, les soubresauts politiques en Centrafrique et au Congo, les expulsions d’immigrés africains, seraient, semble-t-il, le signe que la France a perdu tout contact avec la réalité africaine et est dépassée par les changements géopolitiques sur le continent.Le déclin de la présence française en Afrique serait irrémédiable et certains estiment même que la France sera bientôt boutée hors d’Afrique.Est-ce si certain?Dans une entrevue qu'il accordait au quotidien Le Monde, la semaine dernière, le directeur d’un prestigieux centre d’études français, Jean-François Bayart, déclarait qu’on assiste actuellement «à un déclin, mais aussi à un rejet de la France» en Afrique.H en veut pour cause première la politique de visas, «dont la mise en œuvre est très mal ressentie et se traduit par une réorientation des flux de voyageurs à notre détriment».Bayart estime que les étudiants et les intellectuels africains choisissent maintenant le Canada et les Etats-Unis.«A terme, c’est notre influence, non seulement culturelle, mais encore économique et technologique qui se trouve condamnée», affirme-t-il.Pour le chercheur, «la France n’a plus grand-chose à dire aux Africains d’aujourd’hui.Ne restent que les contrôles policiers et les expulsions».Dans la même veine, l’hebdomadaire Courrier international, consacrait récemment un dossier spécial à la politique africaine de la France.Sous le titrechoc, mais combien sensationnaliste, de Comment la France a perdu l’Afrique, le magazine reprend les analyses de la presse internationale, y compris africaine.Ainsi, peut-on lire, un article du Cafard libéré de Dakar demandant au gouvernement sénégalais de «reconsidérer nos relations avec la France, qui se sert de notre pays pour la défense de sa langue qui, grâce à l’apport de l’Afrique francophone, est reconnue comme langue de l’ONU».Les analyses de Bayart et de Courrier international apparaissent quelque peu superficielles.En admettant que la France n’a, pour l’instant, plus rien à dire aux Africains ou que ceux-ci devraient changer de politique, il faudrait qu’il y ait un autre interlocuteur ou un autre choix.Or, pour remplacer la France, rien ne se profile à l’horizon.Car si la France recule en Afrique, c’est au profit de qui au juste?Certainement pas de l’Allemagne et du Japon, qui n’y ont que peu d’intérêts et aucune influence.Encore moins de la Russie, qui ne peut compter; exporter quoi que ce soit vers des Etats maintenant immunisés contre tout ce qui peut venir d’un pays où rien ne semble fonctionner.Pas non plus de la Grande-Bretagne, une puissance qui ne pèse plus depuis longtemps dans les affaires africaines.Il ne reste que les États-Unis.Selon les rumeurs qui circulent, surtout à Paris, les Américains veulent prendre pied en Afrique.Comme s’ils n’avaient jamais été présents sur le continent, comme si ce n’était pas eux qui «avaient installé au pouvoir un certain Joseph Désiré Mobutu», en 1965, écrit avec justesse, Fraternité-Matin, un quotidien d’Abidjan.Si les États-Unis semblent soudainement actifs sur le continent africain, c’est qu’ils accompagnent plus qu’ils ne provoquent le changement.Ils ont su, au cours des dernières années, être du bon côté, tant en Afrique du Sud, qu’en Ouganda, au Rwanda, en Angola, en Éthiopie et maintenant au Zaire.Ils en retirent maintenant les bénéfices.Toutefois, il n’est pas évident qu’à long terme Washington exercera une influence prépondérante dans cette région du globe.En Afrique, plus qu’ailleurs sans doute, l’influence s’acquiert par la présence militaire.Or, les Américains, pour des raisons linguistiques mais aussi politiques, n’ont aucune volonté de mettre en place des missions de conseillers militaires.Dans ce domaine, la Érance a une longueur d’avance.Avec plus de 8000 soldats déployés principalement dans six pays et des accords de défense ou de coopération militaire signés avec une vingtaine d’autres, la France aligne un dispositif sans égal sur ce continent En plus de sa présence militaire, la France, grâce au contrôle qu’elle exerce sur le franc CFA qui a cours çlans 14 pays, à son statut de fournisseur privilégié de 25 États et à son aide au développement pèse de tout son poids dans les affaires économiques de l’Afrique.Énfin, sur le plan diplomatique, la Francophonie lui permet d’exercer une influence qui déborde maintenant sur des États anglophones, lusophones et arabophones du continent Certes, la France doit se débarrasser des vieilles méthodes paternalistes qui ont façonné ses relations avec les Africains.Elle doit aussi s’accommoder de la concurrence, tpute relative, d’autres puissances et du désir de certains États africains de jouer un plus grand rôle régional.Mais elle reste, pour longtemps encore, numéro un en Afrique.Pour remplacer la France, rien ne se profile à l’horizon t tWs, Jocelyn Coui on ?MÉTÉO Montréal Québec Ennuagement.Ciel variable Pluie en fin Max: 12 Min: 3 de soirée.Max: 16 Min: 8 Détails, page A 5 Agenda I N .B 6 Annonces.B 6 Avis publics .B 5 Culture .B 8 Économie.B 2 Éditorial .A 6 E X Idées.A 7 Le monde.A 5 Les sports.B 5 Mots croisés.B 6 Planète.B 4 Télévision.B 7 L’ENTREVUE James Kudelka: chorégraphe entre la tradition et la modernité, page B 1 LE MONDE Les candidats à la succession de Major se bousculent, page A 5 LES ACTUALITÉS Maladies du cœur: on confond souvent aspirine et analgésiques, page A 2 Le PQ prend le contrôle de la machine électorale bloquiste \ Gilles Duceppe écarte son directeur de campagne Michel Daviault KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Saint-Guy — Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, tente de donner un second souffle à sa campagne, en écartant son organisateur en chef, Michel Daviault, et en confiant les commandes au directeur général du Parti québécois Bob Dufour.Officiellement, M.Daviault, député sortant de la circonscription montréalaise d’Ahuntsic, a remis sa démission mais il semble plutôt qu’il ait été sacrifié pour mar- quer un changement consistant au sein de l’organisation bloquiste.Jusqu’à présent, seuls trois membres de l’organisation occupant des postes relativement mineurs avaient écopé pour les nombreux dérapages de la première semaine de campagne.«Les conditions n’étaient pas faciles pour tout le monde et on s’est aperçu que M.Dufour pouvait mieux remplir ce travail.[.] ü y avait des ajustements importants à faire.On l’a fait pour les besoins de la cause», a déclaré hier soir M.Du- VOIR PAGE A 8: PQ Lire aussi en page A 3 fl La campagne publicitaire du PLC au Québec est presque muette sur la question de l’unité nationale H Le scrutin ne sera pas reporté au Manitoba, a annoncé le directeur général des élections Fusions massives parmi les caisses populaires La Fédération de Montréal et de rOuest-du-Québec éliminera 2600 postes d’ici l’an 2000 CI AUDE TURCOTTE LE DEVOIR Trente-neuf caisses populaires membres de la Fédération de Montréal et de l’Ouest-du-Québec (FMO) ont déjà décidé en assemblée générale extraordinaire de fusionner entre elles.Ainsi, elles deviendront 18 caisses qui + conserveront cependant leurs lieux de service actuels.Dans la plupart des cas, il s’agit de projets de fusion à deux, mais il s’en trouve aussi quelques-uns qui impliquent une fusion de trois caisses.Cette évolution qui s’inscrit dans une démarche pour retrouver un niveau de productivité et de rentabilité accrue n’est pas terminée.Selon les objectifs de planification stratégique pour les années de 1997 à 2000 envisagés par les dirigeants de la FMO, le nombre de caisses populaires devrait être ramené de 320 à 270.Il y avait 324 caisses en 1995, il en restait 320 en 1996.Les 18 projets de fusion approuvés ramèneront le nombre des caisses à 281.Il resterait donc une dizaine de caisses qui devraient envisager la fusion, selon la stratégie conçue par les experts et les dirigeants de la FMO.Cet effort est accompagné d’une importante réingénierie qui entraînera d’ici 2000 une réduction progressive (75 % par attrition) de 2600 postes au sein du réseau de la FMO.D’ailleurs, cette compression est déjà très engagée, puisqu’entre septembre 1996 et mars 1997, il y a eu élimination de 508 postes.Cela ne paraît pas encore clairement dans les résultats, entre autres parce qu’il y a eu des allocations de départs à payer.A la fin de 1996, la FMO elle-même comptait 532 employés et ses caisses affiliées en avaient 9571; enfin, il y avait 169 postes en sous-traitance compensation.On sait que pour l’ensemble du Mouvement Desjardins, la réingénierie signifie la disparition de plus ou moins 5000 postes.Ce virage est non seulement souhaitable, mais inévi-» table, a fait valoir Jocelyn Proteau, président de la FMO, samedi à l’occasion de l’assemblée annuelle de cette fédération, qui est la plus importante du Mouvement Desjardins, mais celle aussi dont la rentabilité est présentement la plus basse.M.Proteau a d’ailleurs reconnu que les ob- VOIR PAGE A 8: FUSIONS Essoufflante, cette corvée JACQUES NADEAU LE DEVOIR 1) ' mm ddmSÊP1 .4 tgfgl m SPSS [ig I ’ ; : ÉÉÉÉli èjmm ¦14 ISSi mm ütc virais •X ¦ .¦¦ CE BENEVOLE a ramassé une pleine boîte de verre brisé à l’occasion hier midi de la Corvée du mont Royal, qui en était à sa huitième année.Les 500 acres du parc du mont Royal ont été nettoyés par 350 amis de la montagne durant une journée maussade.Cet écologiste a pour sa part remis au goût du printemps le belvédère du chemin Camillien-Houde, lieu d’observation sur l’est de la métropole.c^i Les élections fédérales dans l’Ouest canadien Manning joue sur Pimpopularité de la société distincte Les libéraux planent, les conservateurs ne lèvent pas, le NPD s’accroche Hydro-Québec fait des cachotteries Pour des raisons commerciales, la société d’État gardera dorénavant secret l’état de ses réserves d’eau MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Ouest canadien, avec ses allures de territoire politique à géométrie variable et son sentiment d’aliénation qui s’accroît à l’approche du Pacifique, pourrait être la bougie d’allumage d’un débat sur la société distincte.Ce n’est pas ce que souhaitent les libéraux, les conservateurs ét les néo-démocrates qui ont pris position en faveur de la reconnaissance du caractère distinct du Québec dans la Constitution, mais c’est un argument dont ne se priveront pas les réformistes.Les politicologues Norman Ruff, de l’Université de Victoria, et Peter McCormick, de l'Université de Lethbridge, constatent que les réformistes peuvent faire mal aux autres partis dans cette région qui est farouchement opposée à tout ce quelle perçoit comme un statut particulier pour le Québec.Bien qu’ils en fassent état sur le terrain, les VOIR PAGE A 8: MANNING flUilii i I- PRESSE CANADIENNE Le chef réformiste Preston Manning de passage hier à Brandon, au Manitoba: Brian Mulroney n’est plus là.LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Hydro-Québec a décidé de garder secret l’état de ses réserves d’eau, une information auparavant divulguée au moins deux fois par année afin de permettre au public de juger la gestion des barrages et des réserves d’énergie.Le refus d’Hydro-Québec de communiquer dorénavant l’état de ses réserves d’eau, par réservoir et par région, a été signifié au Devoir le 23 avril par la responsable de la Loi d’accès à l’information, Francine Beaudry, qui est aussi chef des Affaires corporatives d’Hydro-Québec.Mme Beaudry précise dans sa lettre quWw raison du nouveau contexte d’affaires de l’entreprise, ces renseignements sont maintenant considérés comme étant strictement confidentiels».Les réserves d’eau de la société d’État constituent une donnée fondamentale pour suivre l’état de santé financière d’HydroQuébec et sa gestion des réserves d’énergie.Au cours de la dernière décennie, Hydro-Québec a vu ses réserves d’eau baisser substantiellement en raison de pluies moins abondantes que prévu.Ce facteur a été invoqué pour justifier certains projets hydroélectriques, qui ont fi- VOIR PAGE A 8: CACHOTTERIES I « 778313000641 ACTUALITES EN BREF / OH! ,\ ' TOHU\ TU PlU* tA'ittt*.U TflftUÛVJ AU MUS, C», Ht Mt i otAANCt; \ m> l EBIS fKï'JV.Charest promet de serrer la vis aux criminels Prince Albert, Sask.(PC) — Un gouvernement conservateur éliminerait la clause de faux espoir autorisant les meurtriers à demander une libération conditionnelle anticipée, a déclaré hier le chef conservateur Jean Charest.M.Charest, qui prononçait une allocution à Prince Albert, où se trouve l’une des plus anciennes prisons du Canada, a décrit les graSides lignes d’un programme d’ordre public qui rappelle beaucoup celui du Parti réformiste.Il a eu droit aux applaudissements enthousiastes d’une cinquantaine de partisans lorsqu’il a déclaré qu’un gouvernement conservateur abrogerait l’article 745 du code criminel.Cette clause prévoit que les prisonniers condamnés pour meurtre prémédité peuvent demander une réduction de peine avant de faire une demande de libération conditionnelle.Bre-X: pas de gisement Toronto (PC) — Le gisement d’or que la minière Bre-X avait présenté comme le plus important mis au jour au XXe siècle n’est pas viable économiquement, et cette «découverte» aurait plutôt donné lieu à une fraude «sans précédent dans l’histoire de l’industrie minière, où que ce soit dans le monde», indique le rapport intérimaire d’une firme mandatée par la minière de Calgary pour faire la lumière sur cette controverse ayant ruiné des milliers de petits actionnaires.«Nous regrettons beaucoup d’avoir à exprimer la ferme opinion qu fl n ’existe pas de gisement d’or à Busang», écrit Graham Farquharson, de la Strathcona Minerai Services Limited, qui a mené une expertise sur la concession de Bre-X en Indonésie.Selon Bre-X le gisement de Busang recelait au moins 71 millions d’onces d’or, ce qui en aurait fait l’un des plus importants dans le monde.«L’importance de la falsification des échantillons qui à notre avis s’est produite et la "hfausse évaluation de la valeur du gisement de Busang qui s’en est ensuivie s’est pratiquée à une échelle et sur une période de temps et avec une précision qui, à notre connaissance, est sans précédent dans l’histoire de l’industrie minière, où que ce soit dans le monde», affirme le rapport Nouveau-Brunswick: la contestation s’étend Saint-Simon (PC) — Inspirés par leurs voisins de Saint-Sauveur, les opposants à la fermeture de leur école à Saint-Si-:mon ont manifesté violemment hier soir sur la route principale traversant la localité, nécessitant une nouvelle fois l’intervention de l’escouade anti-émeute de la GRC.Les policiers semblaient avoir repris le contrôle de la situation en fin de soirée.Pas avant cependant que des pierres eurent été lancées en direction des policiers, qui ont encore une fois répliqué avec des gaz lacrymogènes.Les incidents violents ont débuté vers 20h30 après que les manifestants eurent mis le feu à deux barricades bloquant l’accès à la municipalité en direction de Bas-CaraqueL Aucun blessé n’était signalé mais au moins une quinzaine de personnes auraient été arrêtées.La présidente du comité de parents et principale porte-parole du groupe depuis le début du mouvement de contestation, Mireille Manuel, semblait atterrée par la ¦ tournure des événements.PQ «Deux vases communicants qui communiquent bien» SUITE DE LA PAGE 1 ceppe après avoir participé à un souper communautaire dans un tout petit village du Bas-Saint-Iiiurent, Saint-Guy.Le Parti québécois ne prend ni plus ni moins la campagne bloquiste en charge.En plus de Bob Dufour, qui conserve sa responsabilité du comité technique, on retrouve Pierre Boileau, Eric Meunier et Bruno Tousignant du cabinet du premier ministre Lucien Bouchard, respectivement à titre de directeur du comité restreint (contenu), de conseiller spécial auprès de M.Dufour et chef de mission (tournée).Au plan des communications, d’autres changements ont été effectués.L’attachée de presse du chef bloquiste a été remplacée par France Amyot, plus expérimentée, du cabinet du ministre David Cliche.De même, Sylvain Dubé, attaché politique du ministre Guy Chevrette coordonne les communications dans la caravane des journalistes.Invité vendredi dernier à commenter notamment la participation active du Parti québécois à la campagne du Bloc, Michel Daviault avait alors dit: «Nous sommes deux vases communicants qui communiquent bien.» La décision fait suite à des rencontres d’urgence effectuées samedi et dimanche réunissant les têtes dirigeantes du Bloc québécois et d,ont Lucien Bouchard a été informé.«Ils ont regardé l'ensemble de la situation et on m’a appelé cet après-midi pour me faire cette proposition.Et, finalement, c’était à moi de prendre la décision», a indiqué M.Duceppe.En 1993, Bob Dufour avait assumé la direction générale des opérations pour la campagne électorale du Bloc.Il a également été l’adjoint de M.Duceppe dans sa circonscription de Laurier— Sainte-Marie de 1990 à 1992.D a, par la suite, été directeur général du Bloc, puis chef de cabinet de Gilles Duceppe de qui il est un ami depuis trente ans.Ce début de la deuxième semaine électorale constitue un changement de ton dans la campagne du Bloc qui a surtout été occupé à aplanir les difficul- tés.Outre le grand balayage d’hier, M.Duceppe avait plus de mordant que d’habitude dans ses allocutions publiques.Ainsi, il a accusé Jean Chrétien d’avoir menti à la population en appliquant une réforme de l’assurancechô-mage qu’il dénonçait avant de devenir premier ministre.Dans un même élan, M.Duceppe a invité les Québécois à prendre leur revanche en appuyant le Bloc québécois, le vote souverainiste aux élections fédérales ayant une valeur de contestation.En conférence de presse hier matin, M.Duceppe a fait référence à une lettre datée de mars 1993, dans laquelle M.Chrétien, alors chef de l’opposition officielle, se disait consterné des mesures mises en place par les conservateurs, qui réduisaient les prestations et pénalisaient davantage les travailleurs qui quittent volontairement leur emploi.«Ces promesses-là ont été encore plus injustes et encore plus sévères que ce qu’avaient fait les conservateurs.Je pense qu’il n'a pas respecté ses engagements.C'est carrément un mensonge», a lancé le chef bloquiste.«Dire oui au Parti libéral ou au Parti conservateur, c'est approuver de telles décisions», a ajouté Gilles Duceppe.Participant hier après-midi à l’assemblée d’investiture du candidat bloquiste dans Kamouraska-Rivière-du-Loup-Témiscouata-Les Basques, Paul Crête, Gilles Duceppe a montré une énergie qu’on ne lui avait pas encore vue en campagne, n’hésitant pas à sonner la charge pour les Jean Chrétien, Paul Martin, Sheila Copps et autres Jean Charest.D’entrée de jeu, le chef bloquiste a dénoncé la réforme de l’as-surance-chômage, applée maintenant assurance-emploi, qui s’attaque davantage, selon lui, aux chômeurs qu’au chômage.«Parlez-en à Bill Clenett.Lui, il l'a vu de près le premier ministre et ça ne lui a pas coûté 1000piastres.[.] Il a eu comme une accolade serrée», a lancé M.Duceppe, en faisant référence au chômeur québécois qui s’est fait rudoyer par Jean Chrétien lors d’une manifestation.Chaudement applaudi à plusieurs reprises, M.Duceppe a soutenu que Jean Chrétien a fait preuve de mépris» lorsqu’il a affirmé que les chômeurs sont des «paresseux» puis des «buveurs de bière».M.Duceppe s’en est d’autant plus scandalisé que, pu auparavant, il avait rencontré à Rivière-du-Loup la Coalition contre la réforme de l’assurancechômage.Les représentants des groupes communautaires et les quelques travailleurs ou chômeurs présents ont eu des mots très durs pour les libéraux.«Ils sont prêts à nous faire payer nmis pas à nous aider», a affirmé Roger Plante.Dans le Bas-Saint-Laurent, la réforme a eu des effets dévastateurs, est venue dire la Coalition au chef du Bloc québécois.Selon Statistique Canada, il y avait en 1996, moins d’une personne sur deux en âge de travailler qui avait un emploi.D est vrai que dans cette région de l’est du Québec, on retrouve beaucoup de travailleurs saisonniers notamment dans les domaines de la forêt, de la tourbe et de la pêche.Christian Vézina a soutenu que la réforme incite les gens à faire du travail au noir.«Ce n'est pas une solution», a répondu M.Duceppe qui a convenu que les modifications ont engendré de la pauvreté.«Je n’ai jamais vu autant de misère humaine», a confirmé Alain Lagacé de l’organisme Action-chômage Kamou-raska.«C’est pas de la pauvreté, c’est de la faim.Quand je vois Paul Martin, la main sur le cœur, s’attendrir sur les enfants pauvres.Laissez-nous le petit peu qu’on a puis on va s’en occuper de nos enfants.Et on n’en aura pas besoin de Paul Martin», a clamé Robert Roy, à mi-chemin entre la colère et l’émotion.Paul Martin a d’ailleurs servi de bouc émissaire à Gilles Duceppe qui réclame que le gouvernement mette un terme aux échappatoires fiscales, dont bénéficie entre autres M.Martin.«Voilà un ministre des Finances qui dit:
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