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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier D
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1997-05-03, Collections de BAnQ.

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Æ «- Le roman québécois Page I) 3 U feuilleton Page D 5 Grille télé du week-end Page 1) 7 ?Geneviève Cadieux Page D 8 Formes Page D 10 h IjL I, K |) K V 0 I It , I.K S S A M K l> I A K T D I M A X (' Il K I M Al I il !l 7 B A N 1) E, S DESSINÉES Pas de caviar pour les loups-garous En 1954, sous prétexte d’enrayer la délinquance juvénile, la censure fait son apparition dans les images et les bulles américaines.Le Comics Code Authority est né.Ailleurs toutefois, et particulièrement en terre québécoise, la marge de manœuvre est plus grande.DENIS LORD Après la Deuxième Guerre mondiale, l’industrie de la bande dessinée américaine connut un passage à vide qui fut vite comblé par la prolifération d’un nouveau genre, l’horreur, qui faisait la part belle aux [ scènes de décapitations et d’éviscéra-| tions, aux zombies, loups-garous et autres zigotos de première bourre.Elle creusa ainsi sa propre tombe puisqu’un psychiatre dénommé Fre-dric Wertham, par ses écrits, attira l’attention du public sur l’influence qu’elle pouvait avoir sur la délinquance juvénile.Ainsi le neuvième art se retrouva dans la mire de la commission Kefau-ver sur le crime organisé et, en 1954, naquit le Comics Code Authority, un organisme de censure dirigé par les éditeurs eux-mêmes.Allait être modifié de façon durable le visage de la bédé, devenant proscrites la violence, les injures, la valorisation des méchants et les grosses poitrines.L’analyse du neuvième art Tout en observant l’influence de ! la censure sur la bande dessinée américaine de l’époque et sur celle d’aujourd’hui, Marc Jetté, un Québécois, propose un résumé de l’évolution de cet art en regard des événements socio-historiques.Il s’agit d’un premier livre pour cet auteur qui est aussi bédéiste.Mais son éditeur, qui inaugure avec Censure et bande dessinée américaine une collection grand public vouée à l’analyse du neuvième art, a fait preuve de laxisme à maints égards; l’orthographe, la syntaxe et le cadrage laissent souvent à désirer.L’essai se révèle toutefois fort instructif et Jetté montre une grande connaissance du sujet., Aux Etats-Unis, les grandes compagnies demeurent très souvent propriétaires des personnages créés par les auteurs.C’est une véritable industrie, plus soucieuse des profits que de la créativité.Jetté nous montre le modus operandi.Il nous fait part d’une nuance rarement faite sur le personnage qu’est Wertham: il joue un rôle de censeur quand, en privé, il est plus libéral.Cependant, il eût été primordial d’ausculter plus en profondeur ce déni et en général, de se concentrer sur le thème principal plutôt que de s’éparpiller parfois superficiellement dans la sociologie et l’histoire ^e la bédé américaine, subjectivement tronquée de la période d’avant 1929.Le,fait de l’existence d’une censure aux États-Unis, même si elle semble librement admise par les éditeurs, n’a toutefois pas empêché ailleurs le développement d’imaginaires plus audacieux, moins «politiquement correct».Pour preuve, un exemple québécois.VOIR PAGE D 2: BÉDÉ I jM : vraie .Éplfp mm , B IS S O O ND AT H N E I L V ¦ ''¦-'T,'-; : , sm : 7-U I ¦ : -, 18Ü MB us « ;> '¦' ; èÿ':- • ¦ -vm nous ROBERT CHARTRANI) Neil Bissoondath, né à Trinidad de parents indiens — il est le neveu de l’écrivain anglais V.S.Naipaul —, a émigré au Canada en 1973.«Je suis arrivé à Toronto, seul.J’avais 18 ans.La seule difficulté que j’ai eue, ç'a été de ne pas savoir comment j’allais me tirer d’affaire.Mais très vite, j’ai trouvé ce que je cherchais, et notamment une certaine paix qui m'a permis de comprendre ma propre vie et celle des gens que j’avais laissés là-bas.» Tout en apprenant le français — il le parle fort bien —, il se met à écrire.Ce fut le succès immédiat; Digging Up the Mountains (devenu en français Arracher les montagnes, qui vient tout juste de paraître) lui permit de se consacrer dès lors à l’écriture.Puis, en 1988, ce fut la consécration avec A Casual Brutality (Retour à Casaquemada, chez Phébus) qui a été un best-seller dans le monde anglophone.A-t-il songé à retourner dans son île natale comme le héros de ce roman?«Non, jamais.Trinidad, pour moi, c'est mon passé, mais un passé révolu.Au fil du temps, c'est devenu un pays comme les autres.Mon seul lien avec l'île, c'est une vieille tante, à qui je parle parfois au téléphone.Pour le reste, l’île ne me parle plus.Elle m'intéresse comme, par exemple, le Japon.Et encore, je crois que le Japon m’intéresse bien davantage.» Dans Retour à Casaquemada, il y avait un portrait fort dur d’une île des Antilles où régnaient la violence politique et l’appât du gain.«C’était un regard lucide sur une certaine réalité, même s’il ne s’agissait pas d'un roman autobiographique.Certains de mes proches ont même cru se reconnaître dans tel ou tel personnage.Ils n’y étaient pas, bien sûr, mais ils ont réussi à s’y trouver; et ils n'ont pas été contents de ce qu’ils croyaient être leur portrait.Or, je poursuis mon œuvre en essayant de résister à ce genre de pressions, qu’elles soient familiales ou sociales.» Et Arracher les montagnes, comment a-t-il été reçu lors de sa parution en version originale, à Toronto, en 1985?«Les critiques ont été excellentes, mais beaucoup de Trinidadiens, d’Antillais m’ont reproché d’avoir écrit des histoires sombres sur les îles.Ils me disaient: la vie est belle là-bas, il y a de jolies plages et tout, et puis il faut encourager les touristes à y venir.Mais je ne suis pas un agent de tourisme.Ce qui m’intéresse, c’est d’essayer de saisir la réalité; pas seulement le soleil, mais les nuages aussi.Et ces gens-là n’aimaient pas mes nuages.» Dans la nouvelle du même nom, un insulaire devenu VOIR PAGE D 2: BISSOONDATH ' JACQUES ORKNIKR l.li l)KV()IR «Le pays idéal, le paradis n'existe nulle part, pas plus dans son pays d'origine qu'ailleurs.Il faut se faire son propre paradis là où on a émigré, en s'efforçant d'y vivre dans les meilleures conditions possibles, voilà tout.» 17 mai 19 9 7 Été culturel Journée internationale des musées Tombée publicitaire: le vendredi 9 mai i 199 7 t LE DEVOIR A1C I) 2 I.K I) K V OIM.I.K S S A M K |) | 3 K T l> I M A X (' Il K I M Al I II II 7 BÉDÉ i V R E S BISSOONDATH Lacombe s’inspire du passé rural du Québec SUITE DE LA PAGE D 1 Omis son quatrième album, Jean üi-combe évoque lui aussi la lycanthro-pie.Le lecteur friand de scènes de carnage restera cependant sur sa faim, la griffe toute personnelle de l’auteur le portant davantage vers le pudique, l’énigmatique et même le lacunaire.Tellement pudique en fait que le marin Wellie ignore lui-même qu’il est un loup-garou.Il tuera son propre frère Junior sans même s’en rendre compte.Comme lui, les personnages de La-combe sont tous des solitaires: Marcus, sa sœur Uli, qui veut épouser Wellie, le docteur Mercure ou encore Tin-tin.En somme, ils sont comme l’archipel où ils vivent, des îlots cloîtrés par une mer qui repoussera Wellie sur le rivage dans son ultime tentative d’échapper au, destin.Depuis L'Etrange, Lacombe s’inspire du passé rural du Québec.C’est un sujet riche en possibilités, curieusement peu exploité par nos auteurs de bédé; Lacombe le fait de manière originale, sans tomber dans les lieux communs.En même temps.Un loup pour l'homme est à peu près dénué de repères historiques et géographiques ce qui, allié au caractère énigmatique de l’œuvre, lui confère une dimension particulière, étrange et intemporelle, une aura de mirage.L’utilisation du lacunaire, qui consti- tue l’aspect le plus singulier de la démarche narrative de Lacombe, est mieux maîtrisée que dans L'Etrange, d’où on ressortait avec un sentiment de frustration.Un certain agacement persiste toutefois puisque bien des questions demeurent sans réponses à la fin.Tout de hachures, tenant un peu du croquis, le dessin se peaufine, surtout quand on pense au dernier album où il tombait un peu «à plat, désincarné.Si Un loup pour l’Iwmme ne tient pas toutes ses promesses, il s’agit néanmoins d’un excellent travail dont il faut souligner l’élégance de la présentation.Pour dire les choses simplement, si on a cinq albums de ce calibre au Québec en 1997, on pourra égorger le veau gras.CENSURE ET BANDE DESSINÉE AMÉRICAINE MarcJjetté Roussan Editeur Collection Autour de la bande dessinée Montréal 1997,100 pages UN LOUP POUR L’HOMME Jean Lacombe Kami-Case Montréal, 1997,140 pages Librairie À l’occasion du passage à Montréal de Madame Rita Gombrowicz, La librairie Gallimard est heureuse de vous inviter à découvrir et à fêter Witold Gombrowicz le dimanche 4 mai à 14h30 Madame Eva Le Grand animera les festivités durant lesquelles, entre autres, lecteurs et admirateurs de Gombrowicz sont imités à venir lire en public un court extrait de leur choix.Librairie Gallimard 3700, bout Saint-Laurent Montréal, Québec H2X 2V4 TéL: 514-499-2012 Fax: 514-499-1535 Internet: www.gallimard-mtl.com ALAIN BERNARD MARCHAND TINTIN AU PAYS DE LA FERVEUR A ROUGES I ESSAI les herbes m.- v LES HERBES ROUGES / ESSAI Alain Bernard Marchand Tintin au pays de la ferveur LAUREAT DU PRIX TRILLIUM 1996 Une réflexion sur l’univers de Tintin, un retour sur l’enfance et sur soi, une fascination devant le voyage.Un livre bien écrit.À lire, si vous êtes sensible à la ferveur.Normand Cazelais, Le Devoir Son écriture, belle, savante et émouvante, fait de cet hommage à Hergé une œuvre en soi, qui inspirera sans doute à .son tour le désir.126 p-, 14,95 b Chantal Turcotte, Zone Le récit est tissé d’une écriture savante, sensible, créatrice d’images, si bien que l’enfance du narrateur devient, à son tour, une bande dessinée.Diane Noël, L’Hebdo du Saint-Maurice Alain Bernard Marchand le dit bien et sobrement, dans une prose simple à l’abri de toute préciosité : le voyage n’est que la conséquence du départ.comme la vie n’est que le résultat du rêve.Robert Saletti.Le Devoir À la fois essai et récit autobiographique, son livre s’avère extrêmement touchant puisque, justement.Marchand réussit à nous faire partager sa ferveur.Denis Lord, L’Actualité «Le lieu de naissance ou la nationalité n'ont pas d'importance: on peut se sentir perdu n'importe où, n'importe quand» SUITE DE LA PAGE I) 1 prospère est pris d’une telle fureur à la perspective de perdre tous ses biens à cause d’un changement brutal de régime politique qu’il a envie de tout détruire, et même, si possible, d’arracher les montagnes.Attitude paradoxale qui revient souvent chez les personnages d’insulaires du recueil: ils sont attachés viscéralement à leur pays que, tout à la fois, ils détestent et voudraient quitter.«Oui, parce qu’on ne peut pas se débarrasser des cauchemars.Comment y arriver, justement?En arrivant à comprendre ceci, qui est primordial pour tout immigrant: le pays idéal, le paradis n 'existe nulle part, pas plus dans son pays d'origine qu'ailleurs.Il faut se faire son propre paradis là où on a émigré, en s'efforçant d’y vivre dans les meilleures conditions possibles, voilà tout.» Mais Arracher les montagnes ne traite pas que des déchirements de personnages nés dans des pays du Tiers-Monde; Bissoondath y raconte aussi les destins de Canadiens et d’Européens qui éprouvent le déracinement et le sentiment d’être étrangers, parfois dans leur propre pays, comme dans ce Déjeuner de Noël, dont l’action se passe à Toronto, dans une famille de brutes où, parmi les invités, se trouve une pauvre femme, Ann, exilée de sa Terre-Neuve natale, qu’on traite avec mépris.«Ce personnage incarne ceux que j'appelle les immigrants de l'intérieur, qui ont dû quitter leur région pour tenter leur chance dans une autre.Là-dessus, le lieu de naissance ou la nationalité n’ont pas d'importance: on peut se sentir perdu n 'importe où, n ’importe quand.Je me suis fait critiquer pour cette nouvelle parce qu’à la fin, il n’y a pas de solution.Le narrateur, qui est un des invités, fiât cette maison sam que rien ne soit changé à la misère de ces gens.Or, je crois que c’est la seule chose à faire dans certaines situations intenables: il faut partir.» Le regard de l’errance En revanche, certains personnages, dans leur exil, Souvent parfois un point d’ancrage.Dans La Dérive des continents, on voit apparaître une étrange fraternité, en tous cas une ressemblance entre des exilés d’horizons fort différents qui, pour une raison ou une autre, ont changé de pays ou de continent: ils auraient un regard semblable, «qui est une variante récente, plus tragique, de la dérive des conti- nents», regard des Arabes en Angleterre, des Turcs en Allemagne ou de ces essaims de vagabonds dans les bars et les ruelles d’Amsterdam.Regard de l’errance à l’échelle planétaire.Or le narrateur, un jeune Canadien qui vagabonde en Europe depuis quelques mois, est déchiré entre l’envie de suivre ses nouveaux amis dans leurs pérégrinations et le goût de rentrer tranquillement au pays.«Pour lui, l’aventure est toujours une aventure, parce qu'il a quelque part un chez-soi; or, je pense qu'à fréquenter ces travailleurs migrants, il a découvert un chez-soi, un centre.Ils sont pauvres, mais ils ont un centre, un point d’ancrage dans la vie: c'est leur politesse, leur respect des autres, leur sens du partage.C’est cela, leur patrie; elle en vaut bien d’autres.» Peu de politique, si ce n’est en toile de fond, dans ces nouvelles.Ainsi, clans Au Royaume de la poussière d'or, une jeune fille qui participe de force au concours de la «reine des policiers» se rappelle, dans le brouhaha, la mort atroce de trois de ses copains, massacrés par ceux-là même qui s’apprêtent à l’élire; lorsqu’un bourreau souriant lui remet son trophée, elle se prend à rêver que l’objet fonde dans ses mains et se transforme en Ak-47.«C’est une jeune Latino-Américaine qui m’a donné l’idée de ce récit: elle avait vécu quelque chose d’assez semblable dans son pays d’origine.Vous savez, je crois que c’est souvent comme ça qu’on fabrique des guérilleros, en infligeant ata gens une violence aveugle, sauvage qui anéantit tous leurs idéaux.» Quant à la politique politicienne, Neil Bissoondath n’a nulle envie d’y toucher.On le sait, il a aussi écrit un essai fort critique sur la politique canadienne du multiculturalisme, Le Marché aux illusions, qui a provoqué une vague de débats au Canada anglais dès sa parution en 1994, au point que son auteur a passé plus de deux ans en tournée de promotion du livre.«Je me suis trouvé à mener une vie assez politique pendant tout ce temps, et ça ne m’a pas satisfait.Et puis, je ne veux pas que cet essai définisse ma vie.Il est primordial pour moi que quand on pense à Neil Bissoondath, on pense d’abord au créateur, au romancier.» ARRACHER LES MONTAGNES Neil Bissoondath Boréal, Montréal, 1997,299 pages Le monde du livre a rendez-vous à Rouyn-Noranda PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Le monde du livre se retrouvera le week-end prochain à Rouyn-Noranda où aura lieu, du 8 au 11 mai, le Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue.L’écrivain français Alexandre Jardin {Le Zèbre, Cyberma-man) de même que les écrivains québécois Yves Beauche-min {Le Second Violon) et Dany Laferrière {La Chair du Maître) figurent parmi les principaux invités de ce salon.Marguerite Lescop {Le Tour de ma vie en SO ans), Richard Garneau (À toi, Richard.prise deux!), Edith Butler {La Vraie Histoire de Ti-Loup), Georges Dor (Anna braillé ène shot) et André Montmorency (La Revanche du pâté chinois) seront aussi présents.La directrice du Devoir et romancière Lise Bissonnette, originaire de la région, est présidente d’honneur du Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue.Elle a lancé récemment un recueil de nouvelles intitulé Quittes et doubles.Parmi les autres auteurs nés ou vivant dans la région, on retrouvera Jocelyne Saucier (Ma vie comme une image), Andrée Boucher (Quand je serai grande, je serai sage), Jeanne-Mance Delisle (La Bête rouge), Pierre Yergeau, Joël Cham-petier, Suzanne Jacob, Jacques Lacoursière, Louise Desjardins, Anne-Michèle Lévesque, Jean-Marc Dupuy, Pierre Saucier, Daniel Saint-Germain et Cynthia Girard.De nombreux débats sont prévus tout au long du Salon.L’un d’eux, intitulé Couple sous observation, réunira Lise Bissonnette, Alexandre Jardin, Dany Laferrière, Daniel Bi-zier et Denis Monette.Hommage à Yves Thériault La chaîne culturelle FM de Radio-Canada et le Théâtre d’Aujourd’hui rendront hommage lundi à l’auteur Yves Thériault.Dans le cadre de Radiofiction en direct, on produira sur scène Le Marcheur, une œuvre dramatique d’Yves Thériault adaptée pour la radio par sa fille, Marie José Thériault.Les comédiens Michelle Rossignol, Pascale Montpetit, Henri Chassé, Fabien Dupuis et François Godin formeront la distribution, Au cours de la même soirée, on dévoilera les noms des deux premiers lauréats de la bourse Yves-Thériault.Les deux heureux recevront chacun 5000 $.La bourse a été créée pour encourager les auteurs attirés par l’écriture dramatique radiophonique.La soirée aura lieu le lundi 5 mai, à 19h30, au Théâtre d’Aujourd’hui.L’entrée est gratuite.Jean-Guy Pilon quitte la Rencontre des écrivains Après avoir rassemblé des écrivains de tous les horizons pendant plus de 25 ans, le président de la Rencontre québécoise internationale des écrivains, Jean-Guy Pilon, a annoncé cette semaine qu’il tirait sa révérence.La nouvelle a surpris même ses plus intimes collaborateurs qui, du reste, se sont empressés de remercier Jean-Guy Pilon pour sa contribution exceptionnelle à la vie littéraire.La 25e Rencontre québécoise internationale des écrivains a eu lieu à Mont-Rolland, du 25 au 29 avril, sous la présidence d’honneur de Anne Hébert.James Ellroy à Montréal James Ellroy, l’un des chefs de file du roman noir américain, sera à Montréal la semaine prochaine.Il viendra présenter son plus récent livre, un récit autobiographique intitulé Ma part d’ombre.Au moins deux activités à son agenda sont connues.Il rencontrera les lecteurs à la librairie Archambault de la Place Sainte-Foy, le 7 mai, de midi à 13h30.Il accordera aussi une entrevue à notre collègue Serge Truffaut, pour le plus grand plaisir des lecteurs du Devoir.La TGB de Paris cherche des lecteurs Lu cette semaine dans Libération: quatre mois après son inauguration, la Bibliothèque nationale de France attire trois fois moins de visiteurs que prévu.En clair, la bibliothèque Mitterrand tourne à vide.La direction espérait 5000 visiteurs par jour, sinon 7000.On en accueille plutôt entre 1200 et 2000.À l’heure où le gouvernement du Québec annonce qu’il débloquera 75 millions pour une Très Grande Bibliothèque, la nouvelle a de quoi donner des frissons.Prix unique ou pensée unique?Les participants au Forum sur l’industrie du livre organisé la semaine dernière par le Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) se sont entendus pour réclamer l’adoption d’un régime de «prix unique» pour le livre.Une surprenante unanimité semblait régner.Quelques jours plus tard, le consensus paraît moins clair.Des éditeurs ont contacté Le Devoir et, tout en exigeant l’anonymat, ont exprimé de vives inquiétudes à ce sujet.Le régime du prix unique, disent-ils, est contraire à toutes les lois du marché et nuirait principalement aux auteurs.Ces éditeurs promettent d’intervenir publiquement sous peu, c’est-à-dire quand ils auront fait la preuve des dangers d’un régime de prix unique.S 8 '< S "8 S B Jean-Claude Dussault L’effet nintendo • rHEXAGOTC l’HEXAGONE Jean-Claude Dassault L’effet nintendo 94 p.12.95 S Une enquête métaphysique sur la réalité virtuelle.Une réflexion pour aujourd’hui et pour demain.DEPUIS 1953 témoignage Le métier d’écrivain JACQUES LAMARCHE Il y aura bientôt 35 ans, mon voisin qui n’avait pas le droit de fumer chez lui franchissait la haie commune à nos deux résidences pour griller une cigarette empruntée.Iœ sénateur Cyrille Vaillancourt me remettait le texte de la préface du premier mais unique livre, publié à compte d’auteur et un chèque pour l’achat des 5000 exemplaires à paraître du Mouvement Desjardins.Un mois plus tard, à bord de Y Homeric, avec sa femme et ses deux enfants de 12 et 14 ans, l’auteur naviguait vers Paris, Bruxelles et Rome, en juillet 1962.Il aura ensuite fallu trois ans et quatre versions révisées avant que ne paraisse chez Jacques Hébert en stq> tembre 1965, Le Scandale des frais fit-néraires au grand désarroi des thanatologues furieux.Dpuze mille exemplaires plus laid, Les Editions du Jour récidivaient avec Us Requins de la finance.Droit d’auteur en poche, l’essayiste et pamphlétaire comblé filait en Provence, s’imaginant déjà écrivain célèbre.Pan sur le nez: Geneviève Gilliot, du prestigieux Cercle du livre de France retourne dare-dare au présomptueux auteur «l’imbuvable manuscrit» (précise-t-elle à juste fifre) d’un premier roman.Le romancier déconfit le refile aux «imbuvables» Editions du Bélier qui font faillite, un mois plus tard; il réussit à en dégoter un exemplaire à 25 C dans un bric-à-brac perdu,.comme ses téméraires illusions! Ayant judicieusement suivi le conseil de Claire Martin, en 1970: «Tu brûles tes ailes de papillon en courant de tous côtés, redeviens chenille laborieuse loin des étincelles», l’auteur découvre le pascalien «silence des espaces infinis» au bord d’un lac de la Petite-Nation.Commence le long et fascinant apprentissage du merveilleux métier d’écrivain de carrière.Oser dire que Montréal ne manque pas à sa solitude volontaire serait mentir effrontément: «la place d’un écrivain est en ville auprès de ses lecteurs» affirma jadis Jacques God-bout.Croiser Marie-Claire Blais au Port de Montréal ou Claire Martin aux caves de l’Abbaye; rencontrer Jacques Languirand et Hubert Aquin au Castel du Roy; Réginald Martel et An-dréanne Lafond au Chanteclerc; Jean-Guy Pilon et André Payette à Saint-Gabriel; Claude Jasmin et Yves Thériault à Sept Jours-, René Chicoine et Gaston Miron au Carré Saint-Louis; Michèle Tissey-re et Wilfrid Lemoyne à Radio-Canada; Gérard Chapdeleine et Fernand Séguin au Sel de la semaine-, Nicole Brassard à la Barre (et à l’orée) du Jour, Jean Pellerin à la recherche du Frère Untel à Cité Libre ou Normand Hudon, à la poursuite de son chien Rumilly; Jacques Ferron aux souliers dépareillés et Charlotte Savary aux chapeaux déboussolés au Club Renaissance; Alicja Poznanska (Alice Parizeau), Andrée Maillet et Germaine Guèvre-monl au PEN club «canadien-fran-çais»; Guy Frégault et Jean-Paul L’AI-Éer au Cercle Universitaire; Alain Stan-ké et J.-Z.-Léon Patenaude au Club Canadien (pas celui du Centre Molson!) est devenu.nostalgique souvenir.On côtoyait et tutoyait alors les futurs récipiendaires des Grands Prix littéraires.acceptés ou déclinés.Puis, d’un seul souffle, quelque 30 années plus tard, les éditeurs montréalais Guérin-Lidec, successeurs des Rolland Sasseville et Frère Charles de 1967, annoncent la parution de cinq nouvelles biographies dans leur collection Célébrités canadiennes, ce qui gonfle à 75 le nombre de livres publiés (et l’ego) d’un «sagittaire» comblé qui s’était découvert, au hasard d’une Sweet Caporal prêtée au sénateur Vaillancourt, une vocation d’écrivain, à l’aurore de ses.40 ans! Plus ne revivrai cette fabuleuse nuit en geôle au Palais de Justice, auprès de Gaston Miron, Marcel Chaput, Julien Harvey, Pauline Julien qui avaient bravé les édits du maire Drapeau.Plus ne savourerai les cocktails du mardi à L'Homme d’Alain Stanké; du mercredi, au Jour de Jacques Hébert; du jeudi chez Fides; du vendredi, chez Déom et pourquoi pas du lundi, aux Presses universitaires.Samedi: réunion d’associations jusqu’au dimanche «à la table, quand maman nous servait bien».Quand donc le pratiquait-on ce merveilleux métier d’écrivain?«Tu brûles tes ailes de papillon en courant de tous côtés, redeviens chenille laborieuse loin des étincelles» RE CTI F I C A T I F Dans ma recension, le 15 mars dernier, du livre de Marcos Ancelovici et Francis Dupuis-Déri intitulé L’Archipel identitaire, j’ai dit de l’écrivain Amin Maalouf qu’il était de religion juive.Il appert qu’il est plutôt catholique.Mer-d au lecteur consrienrieux qui m’a si- *„ gnalé cette erreur et mes excuses à " M.Maalouf.Robert Saletti » » « I.K I) K V IM II .K T I) I M A X < Il K I M Al I !M» 7 l) 3 Pierre ouEiitT LMantmême Bruno Hébert.Bruno / eiD.e r pas-moi, I IA 7 198 pages • 19,95 $ « Le premier roman de Bruno Hébert nous raconte cet amour d'enfants, pour rappeler que les premières amours sont aussi dévastatrices que les dernières.» Reginald Martel.La Presse Bruno Hébert, c’est toute une decouverte.• Anne-Marie’Voisard, le Soleil Boréal Oui m'aime me lise LE ROMAN QUÉBÉCOIS Comme une prière hurlée aux absents LEGENDE DORÉE Pierre Ouellet L’instant même Québec, 1997,212 pages Aimez-vous l’écriture?Pas juste le roman.L’écriture.Même lorsque chaque ijiot oblige votre regard à s’arrêter?Etes-vous un lecteur pressé?Suivez-vous le texte même à cloche-pied, même lorsque le courant est totalement imprévisible et menace de vous perdre, pire: de cruellement vous trouver?Aimez-vous suffisamment les mots pour accueillir parfois dans leur sillon des propos dont vous auriez préféré vous passer?Parce que trop de romans semblent s’écrire loin des mots — comme des putains de la «bonne histoire» qui n’ont que faire du vocabulaire tordu de l’âme —, l’avertissement est ici de rigueur.Attention donc: roman extrêmement écrit, à ne prendre qu’en nécessité de cas absolu (sic).Je vous parle du dernier titre de l’universitaire-écrivain Pierre Ouellet, un deuxième roman parmi une bibliographie comprenant des essais (dont Voir et Savoir: la perception des univers du discours, Prix d’excellence en recherche de l’Université du Québec 1994), des nouvelles et plusieurs recueils de poésie, de Légende dorée: des heures (des semaines, des mois) de navigation exaltante dans des eaux dont on peut ne pas toujours reconnaître la direction.Ou peut-être que oui; farceurs.Si vous savez déjà que le titre du roman de monsieur Ouellet est emprunté à une (célèbre!) hagiographie écrite au Moyen Age par le bienheureux Jacques de Voragine, un dominicain italien, vous avez une longueur d’avance.Si vous avez à l’esprit le Livre de Job — du moins la partie la plus dramatique du texte: Job complètement démuni, fou d’incompréhension et quasi putréfié, — vous êtes indéniablement sur la bonne voie.Mais si vous préférez ne pas vous embarrasser de ces références, n’ayez crainte, allez-y quand même: vous aurez mille occasions (d’enfer) de penser à ce que vous voulez.11 vous faudra surtout une belle patience pour le délire d’un persécuté.Mieux encore, une fascination pour la langue «qui sait chanter la crainte, l’effroi» et qui le fait en outre de diverses façons: jaillissant tantôt de la plume à rimes d’un poète, tantôt de la flèche d’un intellect en ébullition, et surtout des profondeurs de la douleur, éructée des méandres de l’inconscient.À la manière d’un journal Constitué à la manière d’un journal tenu au cours de quelques journées d’hiver puis d’été d’une année (vraisemblablement future), Légende dorée donne la parole à un homme, Pierre Ovide, qu’on a jeté au cachot, dans la prigon d’une banlieue de Montréal.A cet homme, écrivain, dont on ne semblait pas craindre qu’il se blesse davantage (ou c’est qu’on voulait le tuer une fois pour toutes) , on aura fourni micros, crayons, papier.Qu’il écrive sa vie, la chronique de sa chute, qu’il souffre puisque voilà ce qui le branche.«J’entends, chaque nuit, qui tombe et rebondit, l’éternel verdict, l’ignoble diagnostic: in-dé-si-rable.Coupable de délire prémédité.Au troisième degré.Je me sentirais, oui, persécuté — exprès.» Avec un trou pour demeure et la profonde conviction que tout-ce-que-rêtre-reçoit-l’être-le-perd, Ovide rédige alors son «Livre de Job» des temps modernes.Plus de deux cents pages où il implore à son tour Dieu de revenir s’expliquer et régler le sort de l’humanité; mais où, le plus souvent, il hurle la disparition de dieu, mot minuscule qui incarne toutes les absences.«Je tiens ce journal - à bout de bras, à bout de souffle - Julie Serge»I Aimez-vous suffisamment les mots pour accueillir dans leur sillon des propos dont vous auriez préféré vous passer?LE BOUQUINISTE PIERRE CHAPUS ivres anciens et d’occasion Gravures hilo - Littérature - Histoire Arts ~ Canadiana Les choix d'un libraire Achat et Vente 2065, SAINT-DI § MONTRÉAL 842-91 pour vous montrer que la vie quotidienne de dieu, ce feuilleton de l’être, triste et sans intrigue, est un tissu sans fin, et sans motif, d'allées et venues dans son propre néant: mouvement de la main dont on brasse le vide, devant, pour en chasser les images fantômes, qui vous bouchent la vue.Du vent: des mots.Je tiens la parole qui ne tient pas: je prends la parole qui ne se donne plus.Je tiens les livres d’un Homme ruiné.(.) Le ciel a fait sous soi et je suis là, souillé, tirant la chasse de mes pensées avec la force de la mémoire, forcie, forcée.» La création du Verbe Ce n’est pas une succession de scènes que rend ce journal-là, on le voit bien, ni même une succession d’états d’âmes.L’état est toujours sensiblement le même, fiévreux, insurmontable, et c’est plutôt la * création du Verbe que raconte l’écrivain: une plongée non assistée au fond de tout ce que le mot «dieu» lui dit d’absence affolante.«Dieu est grand, oui: c’est un désert avec un banc, un champ de mais à l’infini où l’homme s’égare parmi les épis.» Dieu est l’absence d’humanité, d’amour, d’â-me (Dieu est l’O vide).Mais aussi, on le sent de temps à autre de façon très aiguë: dieu est l’absence d’une femme.Parmi d’autres disparitions qui affligent Ovide, celle-là pourrait d’ailleurs être l’essentielle: l’ombre d’une femme avec beaucoup de corps mais moins d’âme, et une tendance assassine à tourner le dos plutôt qu’à s’ouvrir le coeur après î’amour.«Vous me suivez?Je suis un mauvais guide, je sais, il n’y a pas de parcours fléché dans les contrées où je vous emmène: toutes les frontières ont sauté, les.sentiers tout tracés enfouis sous les pierres et les gravats - les chiens et les chats, les chevaux et les ânes y déposent leur merde.[.] Je mets l’image d’une femme au bout de chaque phrase pour la finir, aller jusqu’au point, sans faiblir, jusqu’au dernier mot qui est son nom de femme sur mes lèvres: ses mains, ses seins, ses lèvres à elle enfin.» Comment tout cela finira, deux ans plus tard, après un exil forcé dans un pays aussi chaud que Cuba, mais qu’on appelle Cœurbas: ça ne finira pas.D’ailleurs comment le pourrait-il?«J’ai tout raté: j’ai tué mon père, j'ai tué mon fils avec mon âme comme deux grandes mains, deux mains de haine et de colère, j’ai tué ma mère avec les mêmes, deux mains de hargne, d'amour amer, et des centaines de femmes dans la seule femme que j’aime.J’ai tué tant de gens sans l’avoir fait, ne les touchant jamais, ni l'un de leurs cheveux, ni l’une de leurs dents.Je n’ai tué personne, et tous ces morts autour de moi! -.qui me dira pourquoi?» Voilà un écorchement dont la mesure se prend aussi profondément qu’elle ne se rend pas.A moins d’y aller froidement, comme ce gardien penché sur le journal de Pierre Ovide et qui constatera enfin : «Pas de gras dans ce qu 'il écrit: de l'os, du nerf» Mais aimez-vous les mots durs?Aimez-vous cette «violence verbale qui est une tendresse pour l’être: Une caresse brusque, qui touche à l'âme à bout de nerfs, au travers des veines et des artères».Le mot absence vous fait-il sentir davantage votre coeur en sursis?Allez.Brèves randonnées dans le pays incertain Ferron: le conteur et raconteur de ces régions aux frontières floues LE SALUT DE L’IRLANDE GASPÉ-MATTEMPA Jacques Ferron Lanctôt, Montréal 1997,148 et 66 pages ROBERT CHARTRAND Avec ces deux nouveaux titres, Urne tôt poursuit la réédition — voire l’exhumation, dans certains cas — des textes de Jacques Ferron, ce médecin polygraphe, mort en 1987, auteur d’une œuvre aussi lumineuse que déroutante.Gaspé-Mattempa, qui avait paru en 1980 aux éditions du Bien public de son bon ami Clément Marchand (le «contrat» entre l’auteur et l’éditeur tenait en trois lignes d’une lettre du second au premier), est un petit récit qui devait faire partie du Pas de Gamelin, cette épopée que Ferron n’a jamais menée à bien.Nous voici en Gaspésie, où s’installe Maski (cet alter ego qui a hanté Ferron tout au long de son œuvre), le narrateur-médecin, comme Ferron lui-même l’avait fait en 1946.C’est cette région aux frontières floues, ce coin de «pays incertain» qui est l’élément central du récit, avec ses paysages, sa toponymie et sa petite histoire.Ferron, fidèle à sa manière, nous les rend en y mêlant joyeusement la réalité et l’imagination, l’Histoire et la légende, et notamment celle de Mattempa — est-ce un géant, un bossu, Satan lui-même?—, ce «braillard de la Rivière-Madeleine» dont les hurlements ont hanté naguère la région: «On l’entend grâce à la peur subtile, diffuse, infuse, inquiétude, vigilance, état de grâce; en retour il donne son nom à cette peur tonique, un nom équivoque qui n’est peut-être qu'un alias du Dieu de l’empremier, Verbe devenu vent, soupir, mugissement, dès que le petit père Adam eut inventé les mots immortels, Créateur arnaqué far la chair, dès que la p’tite mère Eve eut conçu par ses œuvres dans le sein de la Vierge Marie.» Le narrateur parle aussi, bien entendu, de médecine, sous forme d’hom- Le nouveau roman de L’important est ailleurs, dans l’extrême inventivité de ce sacré conteur, dans son humour fantasque, dans sa façon d’enfoncer ses personnages dans des situations sans issue et puis de les en sortir dans la succession rapide des rebondissements.^ Réginald Martel, La Presse Vie sans suite de François Barcelo 214 pages vie sans suite est une rocambolesque aventure, pleine d’action et de rebondissements.^ Raymond Bertin, Voir Venez rencontrer FRANÇOIS BARCELO, le samedi 3 mai de 14 h à 16 h à la librairie CHAMPIGNY, 4380, rue Saint-Denis, à Montréal mage à un de ses maîtres, le professeur Berger, à qui il avait confié naguère que, ne pouvant si* métamorphoser en femme entretenue pour pouvoir écrire à sa guise, «ce sera le médecin qui entretiendra l’écrivain.Je serai mon propre mécène».Ft Maski Ferron quittera la Gaspésie comme sans doute son auteur, pauvre mais sans débiteur, s’éloignant à jamais de ce pays où le seuil du plaisir est tout bas, quasiment à terre, ce qui est la meilleure raison du monde de n’en jamais dire du mal.Avec Le Salut de l’Irlande, — le récit est précédé d’une préface fort éclairante de Pâdraig O Gormaile — nous voici sur la Rive-sud, à Saint-Lambert, en 1962, où un Irlandais, CDA Haffigan, ancien agent politique sous Duplessis, un peu trafiquant de bagosse, se désole dans son castle décrépit de ce que trois de ses fils soient devenus agents des services de renseignements canadiens et québécois.Or, le quatrième fils, qui se prénomme Connie comme son père — c’est aussi le narrateur du récit — va, lui, s’enquébecquoi,ser en étudiant chez les Frères des Ecoles chrétiennes à Longueuil.Il a une mission, ce garçon: c’est sur lui que compte le père pour sauver l’Irlande, qui est moins le pays de ses origines que, dit-il, ce qui nous reste d’honneur.Et le jeune Connie, après avoir glané un peu de sagesse auprès du Frère Thadéus et connu ses premiers émois sensuels avec l’ardente Doreen la troublante Linda, une «hand-guidoune» (!), deviendra en fin de compte effelquois, anthroponyme inventé par Ferron, où l’adhésion au FLQ est assimilé à la nationalité.ARCHIVES LE DEVOIR Jacques Ferron Les petites histoires de Longueuil et de Saint-Lambert sont évoquées çà et là — Ferron a longtemps pratiqué et demeuré dans ces deux villes — nostalgie de l’époque où c'étaient des villages aux frontières incertaines, avant leur stricte délimitation en banlieue.Quant à la parenté de destins entre l’Irlande et le Québec, elle est personnifiée notamment par le renard, anglais ou irlandais, qui erre dans le boisé du terrain de golf, ou s’incarne dans le père Hannigan ou encore dans un maître d’hôtel; emblème supposé de l’Irlande, réputé ici moins rusé que sincère, il donnera ultimement au jeune Haffigan, devenu effelquois, la force de se moquer des ses frères-flics venus l’arrêter.Quant au vieux Haffigan, il disparaîtra — notre père qui êtes aux cieux.—, emporté dans le canot de la chasse-galerie, en compagnie notamment de Louis-Joseph Papineau.Diable de Ferron.Éditions Libre Expression 2016.rue Saint-Hubert Montréal H2L 3Z5 I E I» K V 0 I It .I.E S S A M E |) | :$ E T I» I M A N ( Il E I M Al I il il 7 I) BLOC QUÉBÉCOIS V fl E S Sur le terrain du désenchantement MICROCITE Enquête sur l’amour, le travail et le sens de la vie dans une petite ville d'Amérique Marc Ix*sage, Fides Montréal, 1997,243 pages C onsidérant la ville des vents du début du siècle comme un gigantesque laboratoire social, fascinée par le comportement de l’être humain dans son milieu urbain, l’Ecole de Chicago a voulu jeter les bases d’une nouvelle approche sociologique, dite écologique, de la ville.Pour des sociologues comme Robert Ezra Park, Louis Wirth ou William Thomas, la ville industrielle générait un modèle particulier de rapports humains et possédait une personnalité propre dont les grands traits, grossièrement tirés, étaient: caractère anonyme et éphémère des relations sociales, multiplication des rôles et des appartenances, épanouissement de l’individu dont les singularités sont valorisées, mais aussi nivellement des opinions et des comportements.La méthodologie de ces chercheurs devait beaucoup au contact personnel avec le milieu décrit et aux histoires de vie.C’est ce qu’on appelle une sociologie de terrain.Portrait intime et social, de 1940 à aujourd’hui, d’une petite ville québécoise anonyme, Microcité s’inscrit dans cette tradition sociologique américaine où l’entrevue individuelle, le récit de vie et l’observation participante tiennent le haut du pavé méthodologique.Sous-titré «enquête sur l’amour, le travail et le sens de la vie dans une petite ville d’Amérique», Microcité a des allures de long reportage partagé entre le journalisme et la sociologie active.Ix's acteurs sociaux Il est clair que ce qui fascine Marc Lesage, son auteur, c’est l’écoute des acteurs sociaux.Outre l’Ecole de Chicago, son entreprise doit beaucoup à la sociologie de l’action d’Alain Touraine ou à celle d’un Jacques Grand’Maison.Le but en est de dégager les valeurs qui animent la vie quotidienne de monsieur et madame Tout-le-mon-de.C’est une sociologie — pardonnez le pléonasme — de mouvements sociaux, de ce qui transforme des individus et des groupes en acteurs — le mot revient continuellement sous la plume de Marc Lesage.C’est donc une sociologie qui s’intéresse aux questions comme l’amour, la religion et le travail (et le syndicalisme, M.Lesage ayant travaillé pendant plusieurs années à la CSN).Et très peu à l'art, à la culture ou au temps libre, ce qui ne manque pas de restreindre un peu, avouons-le, la portée du «sens de la vie» mentionné en sous-titre et objet d’enquête de M.Lesage.On me permettra un petit mot encore sur la structure de l’enquête.Malgré ce qui vient d’être dit, il y a peu de remarques de méthode dans Microcité.Ce n’est pas que la parole des acteurs sociaux prenne beaucoup de place — elle en prend même assez peu au total, beaucoup moins que dans les ouvrages de Michel Dorais par exemple —, ou que l’auteur évite de baliser cette parole par des commentaires plus généraux, des recherches déjà existantes, c’est simplement que le lien Robert Sa le tt i «Il n'y a pas si longtemps encore, on avait la prétention d'être parmi les plus riches du monde» entre ce que disent ces acteurs et l'interprétation qu’en donne le chercheur semble aller de soi.Au point où, parfois, la marche paraît haute entre, par exemple, le témoignage d'un travailleur activement engagé dans son syndicat et un jugement comme celui-ci: «Depuis toujours, les syndicalistes sont des mordus de la justice [.„].Ils empruntent la voie du combat tout autant pour les autres que pour eux-mêmes.Il n'y a pas de raison de mettre cela en doute».Ou, autre exemple, entre le récit des amours d’une jeune fille des années soixante et une conclusion comme celle-ci: «Les [nouveaux] récits amoureux annoncent une ère où l’expression du sentiment amoureux est plus que jamais l’affaire du désir et de la liberté».Sans doute Marc Ixsage a-t-il fait corps avec les acteurs sur le terrain, a-t-il su gagner leur confiance et nous rend-il leurs propos avec exactitude.Il n’en demeure pas moins que Microcité est porté de bout en bout par la présomption que des valeurs comme la liberté, l’engagement, le désir, ont un sens déterminé.qui ne sera pas discuté en cours de route.On a parfois la désagréable impression que les témoignages individuels qui sont cités n’ont qu’une valeur illustrative, qu’ils ne sont là que pour appuyer une analyse dont les paramètres étaient déjà connus au départ.Un peu comme avec les sondages, il faut dans Microcité faire confiance à l’enquêteur, croire qu’il n’a pas cherché à influencer les résultats de l’enquête et accepter le rapide passage du particulier au général qu’il nous impose régulièrement.Autant dire que lecteur soupçonneux — je ne dis pas professionnel — risque de rester sur la touche.Un portrait en raccourci Le lecteur plus guilleret trouvera, quant à lui, de l’intérêt à ce portrait Microcite L’Union des et écrivains ecri vaines québécois présente Le tl Festival * ^ de la Littérature UNE LITTERATURE DANS TOUS SES ÉTATS du 9 au 16 mai 1997 avec la PARTICIPATION de 140 ÉCRIVAINS, DANSEURS, PEINTRES, MUSICIENS, COMÉDIENS et CINÉASTES INFO-FESTIVAL : (514) 981 -8886 Dimanche 11 mai, à 16 h LIVRES ET TAMPONS D’ARTISTES Une présentation du Centre international d’art contemporain Littérature et arts visuels : lancements, expositions et lectures.Lundi 12 mai, à 17 h EN HAIKUS, POEMES TROMPE-L’ŒIL Vernissage d’une exposition présentée jusqu’au 18 mai.Conception : Jeanne Painchaud Lundi 12 mai, à 20 h L’EMPREINTE DES SIGNES Spectacle mettant en scène la pianiste Margaret Leng Tan et des écrivains canadiens d’origine asiatique.Mise en scène : Martine Beaulne 1*1 Les 9 -12 -13-14 -15 mai PARLEZ-MOI DES MOTS Une présentation des Terrasses Saint-Sulpice 5 à 7 littéraires animés par José Acquelin.Du vendredi 9 mai, à 18 h au samedi 10 mai, à 17 h PEIGNEZ-MOI DES MOTS En collaboration avec La vache enragée 24 heures de peinture et de littérature en direct ConcepPon : Sergio Kokis et Mitsiko Miller Vendredi 9 mai, à 21 h IXE- I 3 Une présentation de la Cinémathèque québécoise Film d’ouverture de la - Essai, ISBN : 2-89037-901-9, 400 p.24.95 $ Inspiré du «lovendrinc», le boire d’amour bu par Tristan et Iseult, ce premier roman de Brigitte Purkhardt raconte le périple d’une jeune réfugiée polonaise et de son destin amoureux.Un texte qui plaira aux amateurs d’érotisme sophistiqué, de contes diaboliques et de littérature contemporaine.Lovendrinc ÉDITIONS QUÉBEC/AMÉRIQUE I) (i i.K ii r v o i h .i.k s s a m i: i> i :» k r n i m a \ c 11 k i m ai ih » mrs L I V II E S AM m Il I S T O I K K LES PETITS BONHEURS I In pavé kissingérien Trois siècles de diplomatie internationale DIPLOMATIE Henry Kissinger Editions Fayard Paris, 1996,860 pages J OC KL Y N CO II LO N LE DEVOIR 9uelques jours avant de perdre son poste de secrétaire général 'ONU, Boutros Boutros-Ghali déclarait à un journal américain que les Etats-Unis, comme l'empire romain, n’ont pas de diplomatie.Bien sûr.cette affirmation, lancée par un homme persécuté par Washington, était stupide et ridicule.La politique étrangère américaine, qu'on dit contradictoire, erratique, sinon inexistante, est en fait d’une grande continuité.Depuis les pères fondateurs, les élites américaines ne se chicanent pas sur sa substance mais sur la méthode pour l’appliquer.Et cette politique est avant tout fondée sur la défense d’idéaux au détriment de l’intérêt national.C’est du moins le constat que dresse Henry Kissinger dans un splendide ouvrage sur trois siècles de diplomatie internationale.Un éblouissant pavé — très kissingérien — où on retrouve des portraits ciselés de Churchill, Staline, Roosevelt et des analyses brillantes des politiques des grandes nations.Depuis la fin du XVII'siècle, deux courants d’action façonnent la diplomatie internationale: la raison d’Etat et la nuirait', Le premier, qui a la faveur de l’auteur, est représenté par Richelieu, Metternich, Bismarck et les partisans de la tradition européenne de l’équilibre des forces, alors que le deuxième trouve son plus illustre protagoniste dans Woodrow Wilson, le partisan de la règle du droit et de la sécurité collective.Selon Kissinger, le cardinal de Richelieu fut le premier homme d’Etat à véritablement penser la politique étrangère en fonction de l’intérêt national.Il substitua les considérations religieuses et morales par la raison d’Etat, ce qui l’amena souvent à appuyer des princes protestants contre des catholiques.L’intérêt de la France primait sur tout.Cette politique a été celle de tous les dirigeants européens jusqu’à la Première Guerre mondiale.Elle a atteint son apogée lors du Congrès de Vienne en 1815, lorsque les vainqueurs de Napoléon ont établi un nouvel ordre mondial.Ce système, élaboré par Metternich et qui a préservé la paix pendant un siècle, était construit sur des valeurs auxquelles adhéraient L’Université T McGill Amis de la bibliothèque présente LA 9E CONFÉRENCE ANNUELLE F.R.SCOTT Titre: Poetry eu Liotope: The Hidden Life of Wordo Conférencier: M.Eric Ormsby Professeur, Institut d’études islamiques Lauréat du prix de la SQPLLA Mardi 6 mai 1997 à 17 h 50 Faculté de droit, tribunal-école 3644, rue Peel Renseignements: 398-4677 Entrée gratuite Bienvenue à tenu tous les participants.Des valeurs foncièrement conservatrices qui visaient à préserver le statu quo et les régimes.Si le système du Congrès de Vienne a éclate en 1914*18, c’est, écrit Kissin ger, parce qu’il manquait «à l'Europe toi système de valeurs acceptées, susceptible tfe lier les puissances» entre elles.Les Etats-Unis sont alors entrés en jeu et ont imposé les idées de Wilson, essentiellement fondées sur la prémisse que l'Amérique «défend un principe et non des intérêts, le droit et non la puissance».Jusqu’à la chute du mur de Berlin, cette conception du monde va dominer les affaires internationales en général et l’action des Etats-Unis en particulier.Mais les choses pourraient bien changer avec la fin de la guerre froide.Kissinger écrit que, «pour la première fois de son histoire, l’Amérique est le plus fort des pays qui composent le système international», ce qui pourtant ne lui permet pas «d'imposer sa volonté, car ni sa puissance ni son idéologie ne se prêtent à des ambitions impériales».En fait, devant l’incapacité — et le refus — de l’Amérique à dominer la planète, «les Etats-Unis se retrouvent donc de plus en plus confrontés à un monde proche de l’Europe du XIX' siècle», un monde multipolaire.C’est le retour de Metternich, de l’équilibre des forces et, surtout, de la politique étrangère fondée sur l’intérêt national.L’auteur se demande toutefois si l’Amérique saura «manœuvrer dans un système d’équilibre des forces, malgré son peu de sympathie pour cette façon de faire», si elle délaissera les croisades morales pour choisir en fonction de ses intérêts nationaux.Il l’espère vivement Sensible aux critiques, Kissinger distribue les admonestations dont certaines sont tout indiquées.Réfléchissant sur la vitesse à laquelle les événements se déroulent et sur les, réalités qui entourent les hommes d’Etat lorsqu’ils prennent des décisions, Kissinger écrit avec pertinence que «l’histoire se révèle plus complexe que ne le pensent souvent les journalistes».Ce livre n’est évidemment pas dénué de défauts.Le pire étant le narcissisme dont fait preuve l’auteur envers son propre travail de grand maître de la diplomatie américaine, et même mondiale, alors qu’il était aux affaires, entre 1969 et 1976.Ce péché véniel mis à part, l’ouvrage vaut le détour.Les exigences de Pamour LES PLÉIADES Arthur de Gobineau Edition présentée et annotée par Pierre-biuis Rey Gallimard collection «Folio classique» Paris, 1997,485 pages On évoque fréquemment Stendhal à propos de ce curieux roman que Gobineau mit trois ans à écrire, presque autant à trouver un éditeur, et dont la destinée fut posthume.Car, du vivant de Gobineau, Us Pléiades ne connurent même pas un succès d’estime.Il en fut tout autrement pour son Essai sur l'inégalité des races humaines qu’on s’empressa de traduire en Angleterre et en Allemagne.Le Troisième Reich, poussant à l’extrême les thèses racistes de l’essayiste, en fit l'usage que l’on sait.Gobineau publie aussi un Traité des écritures cunéiformes que les spécialistes ne prirent pas au sérieux.Quand il meurt à 66 ans en 1882, Gobineau a toutes les raisons d’être peu rassuré sur la viabilité de son roman.Zola et le réalisme triomphent.Or l’auteur de Nana représente tout ce qu’il abhorre.Sa connaissance de l’Orient — il y a passé trois ans à titre de ministre plénipotentiaire après y avoir séjourné quelques années auparavant comme membre d’une mission auprès du Shah à Téhéran — lui fait préférer les contes des Mille et une nuits aux lourdes reconstitutions so-ciajes de Zola.A vrai dire, Les Pléiades sont un faux roman.Même si Gobineau admire La Chartreuse de Parme, il est plutôt conteur que romancier.Un conteur visité par le goût du merveilleux, un conteur qui serait à la fois pétri de romantisme allemand.Les Pléiades ont été construites en plusieurs étapes.Gobineau a délaissé son manuscrit, l’a repris.La construction en souffre assurément.Alors qu’au début, on se croit lancé dans un roman du dix-huitième, admirablement écrit, volontiers empreint de primesaut, on glisse de façon imperceptible vers des pages qui constituent un hymne à l’amour.L’histoire littéraire nous apprend qu’en cours de Gilles Archambault ?rédaction l’auteur tomba amoureux de la Comtesse de La Tour.Son roman bascule donc naturellement dans un lyrisme à l’allemande.Gobineau parlait couramment l'allemand dès l’adolescence et devint même l’ami de Richard Wagner.On connaît l’argument du roman.Trois amis, un Français Louis de Laudon, un Allemand Conrad Lanze et un Anglais Wilfrid Nore, se rencontrent près du lac Majeur.Ils se proclament «fils de roi» ou calenders, se réclamant de personnages des Mille et une nuits.Pourquoi?Nore avance cette explication: «Je suis d’un tempérament hardi et généreux, étranger aux suggestions ordinaires des naturels communs.Mes goûts ne sont pas ceux de la mode; je sens par moi-même et n'aime ni ne hais d’après les indications du journal.L’indépendance de mon esprit, la liberté la plus absolue dans mes opinions sont des privilèges inébranlables de ma noble origine.» Pour suivre Vactualité au jour le jour,.Ab Le Devoir, le 7 décembre 1996 MA|NT£nAaJT -ggfr «M onnez-vous dès maintenant et recevez le Devoir à votre porte avant 7h du lundi au vendredi et 9h le samedi Le Devoir, le 22 février 1997 -r-, < vt ToTTeS Poug ou une R>u/?TouTer fr -, Çfi a \ r Tous/ Nu Le Devoir, le 25 février 1997 il CAR|aa€.985-3355 Extérieur de Montréal au 1 "800“463“7559 .il TflAKf SACHificES \ % fMMVC Téléphonez au a suivre.LE DEVOIR L’Union des écrivaines et écrivains québécois présente Le 3e Festival de la Littérature UNE LITTÉRATURE DANS TOUTES SES RÉGIONS du 9 au 16 mai 1997 Abitibi-Témiscamingue Vendredi 9 mai, à 22 h, au bar L'Absiracto ( 144.rue Perrault Est.Rouyn-Noranda) «La Muse gueule», soirée de poésie animée par Jean-Guy Côlé avec les écrivains, Carole David, Louise Desjardins, Guy Marchamps el Philippe Marquis ainsi que les écrivains invités au Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue : Jean-Paul Daousi, Cynihia Girard.Suzanne Jacob et Margot Lemire.Musicien : Stéphane Bergeron, guitariste.Renseignements : Louise Desjardins.Tél.: (819) 764-9930.Estrie Lundi 12 mai (heure el lieu à confirmer) Soirée de lectures animée par Anne Dansereau el spectacle «sons et musiques».Une réalisation de l'Association des auleures et des auteurs des Cantons de /'Est.Renseignements : Sylvie Bergeron.Tél.: (819) 821 -2221.Laval Mardi 13 mai.de 19 h à 22 h.à la Maison des Arls de Laval (1565, boulevard St-Martin Ouest.Laval) Soirée littéraire avec Andrée Dahan, Jocelyne Felx, Claude Hamelin el Bruno Roy.Une réalisation de la Société linéaire de Lavai.Renseignements : Marie Beaulieu.Tél.: (514) 667-2666.Montérégie Mardi 13 mai, à 19 h, à la Maison ITestier (85.chemin de la Commune.Vaudreuil-Dorion) Soirée littéraire intitulée «Aux racines de l'œuvre» animée par Louis Caron avec Noël Audet, Paule Doyon, Madeleine Ouellette-Michalska el Bernard Pozier.Une réalisation de l'Association des auteurs de la Montérégie.Renseignements : Narte Couzier.Tél.: (514) 455-6422.Réservations : (514) 455-6422: (514) 455-6290.Mauricie Mercredi 14 mai.de 17 h à 19 h.à l’Atelier Presse Papier (73.rue Saint-Antoine.Trois-Rivières) Lecture imagée, un événement littéraire, avec Monique Juleau.Renseignements : Suzanne Cloutier.Tél.: (819) 373-1980.Québec Mercredi 14 mai.de 19 h à 21 h.à l'Auditorium Joseph-Lavergne (350.rue Saint-Joseph Est.Québec) Soirée littéraire avec Madeleine Ferron.Marc Chabot.Pierre Yergeau el Jean Pierre Girartl.Une réalisation de la Librairie Pantoute et de L'Instant même.Renseignements et réservations : Dominique Caron.Tél.: (418) 694-9748.Mauricie jeudi I5mai.de I7hà 19h,auZénob(l7l.rueBonaventure,Trois-Rivières) Soirée littéraire avec Geneviève Amyot.Hélène Pedneault.Simone G.Murray et Serge Mongrain.Une réalisation de la Société des écrivains de la Mauricie.Renseignements : Éric Roberge.Tél.: (819) 691-3524.Sagamie Vendredi tr> mai.de 19 h à 22 h.à la Bibliothèque de Chicoutimi (Salle Marguerite-Tellier).Soirée littéraire intitulée «Le face-à-face intime de la lecture» avec Gilles Archambault.Dominique Blondeau.Nicole Houde.Gérard Pourcel ainsi que d'autres auteurs et artistes de la région.Une réalisation de l'Association professionnelle des écrivains de la Sagamie |APES|.Renseignements : Élisabeih Vonarbutg.Tél.: (418) 549-2559.D’autres activités sont organisées dans le Bas Saint-Laurent et l’Outaouais.Pour plus de réalignements.veuillez contacter les associations régionales d’auteurs.UNEQ Conseil des Arts du Canada Cet élitisme naturel n’a rien à voir avec la naissance.Avant tout, c’est une disposition de l’âme.Pour Nore ou pour Lanze — Laudon est plus discret — ceux qui ne font pas partie de ce cercle d’êtres supérieurs méritent à peine de vivre.«Quant aux imbéciles, je serai impitoyable.Ce sont les vaniteux et sanglants auteurs, les moteurs uniques et détestables de la décrépitude universelle.Non, une telle bande ne mérite pas de vivre; non, cette vermine coassante ne peut exister et laisser le monde vivre ordonné à côté d’elle.» Les fils de Roi se séparent et connaissent des aventures diverses, dont les attachements amoureux ne sont pas les moindres.Gobineau utilise beaucoup le procédé des récits à l’intérieur des récits.A ces trois personnages de base se greffent une myriade d’autres, la plupart du temps fort hors de l’ordinaire.A ce chapitre, la Comtesse Tonska est exemplaire.Elle écoule sa vie à allumer des passions, ne sait plus si elle aime ou si elle n’aime pas, toujours extrémiste dans ses sentiments.Par moments, on songe à la San Severina, mais brièvement, tellement le personnagé de La Chartreuse paraît attachant à côté de cette intrigante excentrique.Un esprit cosmopolite Esprit essentiellement cosmopolite, Gobineau qui avait beaucoup voyagé ne penche aucunement du côté de Laudon.Le français lui paraît plutôt fade, trop prudent.Imitant en cela Stendhal, il préfère les emportements à l’italienne, les passions sans retenue.Des passions, on en trouve de nombreuses dans Les Pléiades.On ne se méfie en rien des coups de foudre, on est prêt à tout abandonner, à rentrer au cloître ou à partir pour de lointains horizons à la suite d’une lueur perçue dans un regard.Tout pour ne pas vivre petitement.Le monde est-il pervers?Nore répond: «Il est surtout inconsistant.Il prend tout par les petits côtés, il n’a que de petits sentiments, une petite morale, me petite indignation, de petites règles, de petits principes.Si l’on veut vivre avec lui et pour lui, il faut se transformer à son image; si l’on ne veut pas, eh bien! qu’on passe à côté.» Dans un numéro spécial de la Nouvelle Revue française de février 1934 consacré à Gobineau, Jean Prévost rapproche Gobineau de Stendhal et Nerval.«C’est du fond du cynisme que Stendhal était parti vers la compréhension de l’amour; Gobineau y arrivait du fond de la fierté; c'était leur seule folie.Pour Nerval c'était une folie comme une autre.Stendhal est resté le plus vrai des trois.Les Pléiades ne sont pas moins fantastiques, dans leur beau style impérieux et définitif ou leur prétention de roman, que 7Aurélia de Gérard, «descente aux enfers» dont chaque phrase ne semble qu’un commencement.» Bel hommage à la littérature, à sa gratuité essentielle, que ce roman méconnu, dont l’auteur ne s’encombra même pas d’en réviser le bon à tirer, et qui ne connut une édition correcte qu’en 1946.Ambassadeur accumulant les demi-échecs, écrivain d’occasion, penseur et théoricien par conviction, Gobineau, qui était également sculpteur, est entré en littérature par la petite porte.Ce n’est pas toujours la plus mauvaise.Dommage qu’on ne le lise pas davantage.Ses Nouvelles asiatiques — du moins, quelques-unes d’entre elles, ses Pléiades lui assureraient une place plus grande encore si le public lecteur n’était pas si paresseux.Nul doute, il faut s’empresser d’oublier les idées détestables de l’homme, ses partis pris politiques — il était de «droite» cône-me on est blanc ou noir de peau — pour ne s’attacher qu’à la part de folie et de liberté de son esprit Bref, s’efforcer de faire partie des Pléiades, à son tour.L’espace d’un livre.Un conteur visité par le goût du merveilleux, pétri de romantisme allemand I.K |) K V (MU.I.K S S A M K l> I A K T I» I NI A X < Il K I M Al I IMt 7 À LA TÉLÉVISION NOS CHOIX GRIFFE 67 L’émission sort des boules à mites la mode de l'année de l’Expo.Pierre Cardin présente sa collection futuriste, Michel Robichaud dessine le fameux costume officiel de l’événement et Twiggy montre son allure anorexique à Montréal.RDI, 1 lh cl 23li30 RAISON PASSION Denise Bombardier reçoit le journaliste français Claude Imbert.Radio-Canada, I8U30 SAMEDI C I tocumentaire sur les préparatifs et les répétitions en vue du concert des ténors José Carreras, Placido Domingo et hiciano Pavarotti à Rome en 1990.Télé• Québec, 20U30 Runic des Rivières Ho: m™ rai«ü 7jo H a m A?) Ira L'Arche de Noé Branché o Impact Gros Plan / Juliette Binoche au ce ci Passion plein air Le Téléjournal Raison Passion / Claude Imbert Simplement la vie Cinéma / LE SAINT DE MANHATTAN (5) avec Danny Glover, Matt Dillon Le Téléjournal Les Nouvelles du Sport (22:25) Cinéma / HANNAH ET SES SOEURS (2) avec Woody Allen, Mia Farrow (22:45) SO 5 ) f 6 3oo?HIQ SD (13) ¦(401 Tournoi de quilles en équipés (16:00) Vins et Fromages Fleurs et Jardins Le TVA Cinéma / MA BLONDE, MA MÈRE ET MOI (4) avec John Candy, Maureen O'Hara Cinéma /LIAISON FATALE (5) avec Michael Douglas, Glenn Close Le TVA/ Sports/ Loteries (23:44) / Cinéma / LA DECHIRURE (3) avec Sam Waterston, Haing S.Ngor (23:57) Ban os (Mi sj(30)(46) Albert, le 5e mousquetaire Il était une fois.l'espace Skippy Opitciwan Québec plein écran Samedi C/Les Trois Ténors: le rêve impossible Cinéma/NIKITA (4) avec Anne Parillaud.Jean-Hugues Anglade (21:35) Lumière sur le monde (23:40) B(2H4J(S) SH ED (35) @9) Pub Le Café de l'humour Grand Journal (2) Hebdo Sports (17:40) Les Simpson Cinéma / CHÉRIE! J'AI RÉDUIT LES ENFANTS (4) avec Rick Moranis, Matt Frewer Cinéma / A LA POURSUITE D'OCTOBRE ROUGE (4) avec Sean Connery, Alec Baldwin Box Office (23:24) Le Grand Journal (23:54) |q° jjjlSD Cinéma/ THE avec Alec Guin .AVENDER HILL MOB (3) ness, Stanley Holloway (16:00) News Wayne & Shuster Then Again À communiquer Hockey / Flyers - Sabres Saturday Evening News Cinéma (23:15) Scsi fï3) The Kentucky Derby Newsline Regional.Entertainment Now Dr.Quinn Medicine Woman FX: The Series Street Justice CTV News News gra Puise Mti Sports Star Trek: Voyager Early Edition I Puise / Sports Rs Wide World of Sports News ABC News Wheel of.Jeopardy Cinéma /ANDRE (5) avec Keith Carradine, Tina Majorino Gun News Psi Factor Pub Hard Copy Mm ABC News Pub Star Trek: Deep Space Nine Baywatch Hc.3) LPGA Golf / Sprint Titleholders News CBS News Entertainment this Week Dr.Quinn, Medicine Early Edition Walker Texas Ranger News Hercules gsm Championship (16:00) Wheel of.Jeopardy VVUIIIdll Pub H® NBA Basketball / Séries éliminatoires NBC News Home Improv.The Pretender Cinéma / INTERVIEW WITH THE VAMPIRE (3) at/or Tnm Priiico RrnH Pitt Saturday Night Live fgjGür) (15:00) Inside Edition Siskel & Ebert UVVV 1 1 1 UIUI IvJU, UIUU 1 III KSffi Points North Antiques Roadshow The Lawrence Welk Show Austin City Limits Keeping Up.Manor Born America's Scenic Rails Journeys Cinéma / LOS OLVIDADOS (2) avec Estella Inda g(57) Waterw.(16:00) Washington.Wall Street.N .Y.Week Inside Albany The Editors McLaughlin Gr.Fools & Horses Keeping Up.The Blue Line Fawlty Towers Red Dwarf Austin City Limits Cinéma Sæ Xena.(16:00) Bugs and Twe ety Show News Election 97 The Outer Limits The Adventures of Sinbad Early Edition Red Green Ray Bradbury Global News Sat.Night Live gm Polka.(16:50) Sharon.Wildside Press Gang Nat.Geo./ .Lusitania Cinéma / THE GREATEST SHOW ON EARTH (4) avec Cornel Wilde.Betty Hutton | Conver.(22:40) TVO Mystery / Achilles Heel ¦ffSNj Golf / Classiqu le Memorial Hockey Week Sportsdesk .Gamenight Boxing / Oscar de La Hoya - Pernell Whitaker Boxing / Marco Antonio Barrera -Junior Jones Sportsdesk ¦rds Sport Gillette Sports 30 Mag Tout à fait.L'Homme le plus fort Boxe / Azumah Nelson - Genaro Hernandez Les Superstars WWF Sports 30 Mag Rollerblade HB(TV5) Vins et.Journal suisse Pyramide.Faut pas rêver Journal FR2 Faites la fête Télécinéma (Avoir 16 ans Journal belge Fest.fr.-ont.Courant d art H(cf) Joy.Naufragés Radio Enfer Chair de poule Les Sentinelles de l'air Le Studio plus Vox Pop Cimetière CD Fax Box-office Perfecto ConcertPlus / Brit Pop Now 1 Musique vidéo | Bouge de là Groove 3l VideoF.(14:30) Ir.s.v.p.Fax Spotlight StartMeUp 1 Big Ticket / R.E.M.'s Road Movie / VideoFlow (22:45) Fax Spotlight SjisD .les chats et le s chiens (16:00) Le Lac magique (17:40) Un Million pour Juan (19:25) | Mission impossible Sept (22:50) ¦(ŸTVJ Mr.Magoo I Reboot Beasties Shirley Holmes I Buffy the Vampire Slayer Goosebumps Are You Afraid of the Dark?Dracula Hidden City | Why TV?Maniac.IPJ Katie's Farm ¦(RDI) Bul.de santé Aujourd'hui Branché Jrnl du siècle Monde ce soir Cdn Moscou Expo 67 - déjà 30 ans | Le Journal RDI Entrée des.| Le Point final Décision 97 ¦ce Ciné.(16:33) Monde et Mystères Samedi de rire Animalier Le Goût du monde /Hong Kong Gilbert Bécaud à l'Olympia Patton, un génie militaire Ciné.(22:33) Navarro Classification des films: (1) Chef-d’œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre —(7) Minable À LA POURSUITE D’OCTOBRE ROUGE (4) Cilié Hunt for the Red October) É.-U.1990.Drame d’espionnage de J.McTiernan avec Sean Connery, Alec Baldwin et Scott Glenn.Le commandant d’un sous-marip soviétique qui met le cap vers les Etats-Unis pour passer à l’Ouest éveille ainsi l’inquiétude des Américains qui ne connaissent pas ses intentions.TQS 20U30 NIKITA (4) Fr.1990.Drame policier de L.Besson avec Anne Parillaud, Jean-Hugues Anglade etTchéky Karyo.Officiellement morte, une criminelle est soumise à un entraînement rigoureux en vue de devenir une tueuse à l’emploi des services secrets.TQ 2lh35 HANNAH ET SES SŒURS (2) (Hannah and Her Sisters) É.-U.1986.Comédie dramatique réalisée et interprétée par Woody Allen avec Mia Farrow et Barbara Hershey.Les tribulations de trois sœurs qui rencontrent divers problèmes dans leur carrière ou dans leur vie sentimentale.SRC 22h45 LA DÉCHIRURE (3) (The Killing Fields) É.-U.1984.Drame social de R.Joffé avec Sam Waterston, Haing S.Ngor et John Malkovich.Lorsqu’il est fait prisonnier par des Khmers rouges, un journaliste cambodgien est laissé à lui-même malgré les efforts d’un collègue américain pour l’aider.TVA minuit DIMANCH NOS CHOIX HORIZONS Discussion amicale entre quatre grands pontes de l’espionnage qui dirigeaient chacun un pays au moment de la guerre froide.Radio-Canada, 14h EN PLEINE NATURE Les panthères des neiges, les ours à pattes blanches, les moutons Marco Polo et d’autres bêtes des glaciers du système montagneux Tien -Shan.Télé-Québec, 19li BOUILLON DE CULTURE Thème: au cœur du pouvoir.Invités: Sophie Coignard, Marie-Thérèse Guichard, Nicolas Domenach, Maurice Szafran, Christina Fornse et Christine Okrent.TV5, 20U30 ANGLO BLUES Un documentaire qui vaut le détour sur les couples qui n’ont pas toujours voté du même bord au dernier référendum.Délicat! Radio-Canada, 21h Paule des Rivières in ai'jüiiiiÉ BMW RBI ¦ogesj HlilQDO ga 9 cd 12 ) Hoi Sous la couverture (16:00) Les Chariots du diable À communiquer Hockey - Oilers - Avalanche Le Téléjournal Le Point (22:22)/La Météo (22:56) Sport (22:57) Cinéma/LE C D'OR (2) avec Anna Ma Duncan Lamo ARROSSE gnani, nt (23:22) iocs ce load) gem di) on H@0) Cinéma / MEGATHON, LA COURSE DU SIÈCLE (6) avec Roger Moore, Simon Sheperd (16:00) Le TVA Fou à lier/Joe Bocan, Peter McLeod, Guy Richer Drôle de vidéo Cinéma / GENTLEMAN ET CAMBRIOLEUR (5) avec Bruce Willis, Andie MacDowell Le TVA TVA Sports (22:25) / Loteries (22:44) Complètement marteau (22:51) Finances (23:20) / Télé-achats (23:49) SaEQSdD Jjjl30: (46) Cinéma/DOT ET LA BALEINE (4) Dessins animés (16:00) Graines de champion Pignon sur rue Médecine apprivoisée En pleine nature Plaisir de lire Hors-circuit / Gugging, la maison des artistes Cinéma / UNE FAMILLE FORMIDABLE (4) avec Paolo Panelli, Pia Velsi (21:29) Cinéma/ NIKITA (23:22) 9(2) GD (DD ImIct) (35) (49) Pub Pas si bête que ça! Grand Journal 12) Zap (17:40) Artiste au menu/Joe Bocan Rumeurs Mea culpa 100 Limite (2/4) L'Heure JMP Cinéma /ENQUETES INTERNES (4) avec Richard Gere, Andy Garcia Le Grand Journal (23:28) Elle écrit au meutre (23:58) Baa Hockey/ Music Street Cents | World of Disney Undercurrents Hockey / Oilers - Avalanche Sunday Report Venture (22:56)/ Nation’s Business (23:23) Sunday Night gjj 4! Rangers -Devils (14:00) Works News Boo sn Ent.Now (16:00) Home Improv.Brotherly Love Newsline | Never-Endum Referendum Special / Amanda Marshall Cinéma / NIGHT OF THE TWISTERS (4) avpr Inhn firhnpirler Dpunn Sau/3 CTV National News Nightline go Wine & Cheese Inside Track Fashion TV Puise Travel, Travel New Adventures of Superman Pulse / Sports |CE El (13) Golf / Shell Houston Open (16:00) News ABC News America’s Funniest Home Cinéma/FORREST GUMP (3) avec Tom Hanks, Robin Wright News Pub viaeos E.T.This Week ¦(221 ABC News Pub PSI Factor Hgd Cinéma / EDWARD SCISSORHANDS (3) (16:00) CBS News Mad About You 60 Minutes Touched by an Angel Walker, Texas Ranger News/Seinfeld .Limits (23:45) g(8) Sports / Show Boxing (16:00) News CBS News News Pub fl(5) NBA Basketball / Séries éliminatoires - Programme triple.(12:00) 13rd Rock from the Sun Cinéma / ROBIN COOKS INVASION avec Luke Perry, Rebecca Gayheart (1/2) | Viper jjjSo) News Extra.(23:35) S3£E) Adam Smith On the Waterways British Rail Journeys Wild World Naturescene 1 Nature / Extraordinary Dogs Masterpiece Theatre / The Buccaneers: Conquest / Ambush (2/3) Mystery! / Cadfael g 57 Upstairs (1600) Healthweek Travels Europe .Across Am.Financial Future All Creatures Great and Small Live from Lincoln Centre Distant Echoes Cinéma /THE MOON IS BLUE (4) H® Ace Ventura Bugs and Tweety Show News Sportsline 60 Minutes 1 The Simpsons King of the Hill The X- Files PSI Factor News Sportsline Hæ Polka.(16:20) Sharon, Lois.Wildside Inquiring Minds Journeys Lonely Planet Archaeology Hamish Macbeth / Destiny View from Here / Under Wraps Allan Gregg Dialogue Imprint / Bob Rae Mtsn | Auto Racing / Save Mart 300 (16:00) .Gamenight Sportsdesk Baseball / Marlins - Astros Sportsdesk Hhds .gymnastique rock'n roll (1600) 1 Série Superbike AMA | Sports 30 Mag | Champ.Atlantique Kool/Toyota Sports 30 Mag Sport Gillette Mm Monde (15 30) Journal suisse Déjà le retour L'École des fans / Télétourisme Journal FR2 | Bons Baisers d'Amérique Bouillon de culture |7 sut 7 (21:35) | Journal belge Faits divers ¦hr Joy.Naufragés Ma sorcière.petite peste Les Intrépides I Les Sentinelles de l'air I Le Studio SfMP) Partridge.Flashback Les Incontournables du rock 4 Musique vidéo iNo Doubt Musique vidéo No Doubt Musique vidéo PiJmm Fax R.S.V.P.MuchMegaHits Combat des Clips | Rock & Roll TheMonkees j MuchMusic Countdown MuchEast gsE Quatre Suites (15 50) Congo | Le Dernier des guerriers (1920) Le Signe du serpent | Dolores Claibc ime (22:35) Hytv Cinéma (1400) All Dogs Go.Charlie Brown Beatrix Potter My Hometown Ripper Little House on the Prairie Rough Guide The Hit List Dunk Street Super Dave.Hhd.Jml du siècle Aujourdhui Jean Drapeau raconte Expo 67 I Monde ce soir I La Facture Expo 67 -déjà 30 ans Le Journal RDI ] Scully RDI Point de presse Second Regard Décision 97 ¦® Biogra (1600) Gilbert Bécaud à 1 Olympia Samedi de rire Animalier 20e Siècle Les Mystères de la Bible Biographies / Georges III Concerts Jazz: Larry Carlton Cinéma /IA QUARANTAINE (5) Classification des films: (1) Chef-d'mrre — (2) Excellent — (31 Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable CINEMA AU PETIT ÉCRAN ¦A'-.v-'-' ENQUÊTES INTERNES (4) (Internal Affairs) É.-U.1990.Drame policier de M.Figgis avec Richard Gere, Andy Garcia et Nancy Travis.Un nouvel enquêteur de la police découvre qu’un collègue est l'auteur de crimes graves.TQS 2 lh UNE FAMILLE FORMIDABLE (4) It.1992.Comédie de mœurs de M.Monicelli avec Paolo Panelli, Pia Velsi et Riccardo Scontrini.Les membres d’une famille se disputent après avoir appris que l’un d’entre eux devra se sacrifier pour héberger leurs vieux parents.TQ2HT30 NIGHT OF THE TWISTERS (4) É.-U.1995.Drame psychologique de T.Bond avec John Schneider, Devon Sawa et Amos Crawley.Alors qu’une tornade est annoncée dans la région, un homme vit une relation difficile avec son beau-fils.CTV21lt LE CARROSSE D’OR (2) Fr.1952.Comédie de J.Renoir avec Anna Magnani, Duncan Lamont et Paul Campbell.Au XVIII' siècle, une comédienne reçoit du vice-roi du Pérou un carrosse d’or.SRC23U10 6 ENCHÈRES 1) 8 I, R I) E V OIK.I.K S S ,\ M K I) I 3 K T I» I M A X l II K I M Al I !» I* fus ARTS VISUELS 8 mai 19 97 de 17 h à 19 h Vernis sage s GALERIE GRAFF 963, rue Rachel Est Montréal, Qc H2J 2J4 tel.: (514) 526-2616 MICHEL LAGACÉ Oeuvres récentes Lancement du livre Michel L agacé.Des signes en mémoire.8 mai - 7 juin 1997 THOMAS CORRIVEAU Oeuvres récentes 8 mai - 7 juin 1997 Remise du PRIX GRAFF 1997 3 § _______________________________ Une vente record Le legs Ganz comprend des Picasso, Johns, Rauschenberg et Stella CAROL VOGEL THE NEW YORK TIMES La maison Christie’s annonce pour le 10 novembre, à New York, la vente de ce qui pourrait être la collection la plus riche provenant d’une seule source.Ces chefs-d’œuvre du XX' siècle pourraient en effet s’envoler, moyennant une mise de 175 millions que devraient se partager pour l’essentiel les quatre héritiers: Tony Ganz, Victoria de Felice, Kate Ganz Dorment et Nancy Wright.î Le legs de Victor et Sally Ganz, de Manhattan, incorpore par exemple quelques-unes des œuvres les plus prestigieuses de Picasso, de Jasper Johns, de Robert Rauschenberg et de Frank Stella.Victor Ganz, mort en 1987, a été entre autres vice-président du Whitney Museum of American Art et il commença en 1941 ce qu’il appelle une «affaire» avec l’œuvre de Pablo Picasso, tant dans la production du temps de guerre que pour un lot de portraits fameux.Sa femme, Sally Ganz, morte en janvier dernier, fut une mécène en culture et en l’éducation.La nouvelle de cette vente d’une collection prestigieuse a été annoncée mardi dernier à la Bourse de Londres.Christie’s, société enregistrée en Grande-Bretagne, a l’obligation de faire savoir les transactions susceptibles d’influer sur sa cote en bourse.Dans le monde des arts, le nom de Ganz était fort connu: nombre de chefs-d’œuvre qu’ils collectionnaient ont servi à des expositions du Musée d’art moderne de New York (MOMA): Picasso et l’art du portrait et la rétrospective Jasper Johns.Durant plus de quarante ans, Victor et Sally Ganz ont constitué des fonds importants d’œuvres de Picasso, de Johns et de Rauschenberg, se portant acquéreurs de petits formats devenus par la suite célèbres.La collection inclut nombre de réalisations sur papier qui devraient ajouter à la diversité des acheteurs potentiels.On peut retenir quelques-unes des toiles les plus marquantes: Le rêve (1932), portrait que Picasso fit de sa maîtresse, Marie-Thérèse Walter, que l’on estime valoir 30 millions, et Femme dans un fauteuil (1913), datant de son époque cubiste et pour laquelle Christie’s pourrait réaliser 20 millions.Victor Ganz avait acheté la série Femmes d'Alger (d’après Delacroix) que Picasso avait peinte en 1955, mais seuls quelques-uns de ces dessins demeurent dans le legs Ganz.De Johns, la salle des ventes de Christie’s arborera Diver, dessin de 1963 qui fait environ 2m sur 2m et évoque les phases du plongeon d’un cygne, ainsi que White Numbers, Souvenir 2, collage de 1964 qui inclut une céramique où l’on reconnaît le [xirtrait de l’artiste, Decoy et Corpse and Mirror.Pour ce qui est de Rauschenberg, les Ganz avaient sélectionné Red Painting et 22 The Lily White.Des œuvres de Stella, d’Eva Hesse, de Mel Boch-ner et de Dorothea Rockburne.L’annonce de la vente, qui se tiendra le 10 novembre chez Christie’s, représente une victoire sur la société rivale, Sotheby’s qui, un an après la mort de Victor Ganz, avait mis en vente 12 des trésors des Ganz qui avaient rapporté 66 millions, enregistrant des cotations record pour Cage d’oiseau, de Picasso, vendue à 21,5 millions.L’homme d’affaires suédois Hans Thulin avait alors acquis Rebus, de Rauschenberg, pour 8,8 millions (il devait la revendre trois ans plus tard 9 millions).L’exploit de Christie’s à partir du legs Ganz est loin d’être un fait isolé si l’on tient compte du fait que le 12 mai, un autre lot d’œuvres hautement cotées (Impressionnisme et Post-Impressionnisme) sera mis aux enchères — il s’agit de chefs-d’œuvre ayant appartenu à John Langelot Loeb et à son épouse Frances Lehman Loeb.IA VENU DE COLLECTIONS PRIVEES Voici la liste des plus importantes ventes de collections privées d’œuvres d’art, lors de ventes publiques.Le montant total de la vente, en dollars canadiens, inclut les commissions de Christie’s et Sotheby's Année Maison Collection Total de la vente 1989 Sotheby’s John T.Dorrance Jr.189 435 000$ dont un Matisse (La Femme au parapluie rouge de profil] vendu à 17,3 M $ 1990 Sotheby’s Lydia Winston Malbin 121 966 000 $ dont un bronze de Brancusi (Négresse blonde): 10,3 M $ 1988 Christie’s W.et E.Mayer Goetz 119 035 000 $ dont un Picasso (Maternité) à 34,6 M $ et un Monet (La Plage de Trouville) 14,9 M $ 1989 Sotheby’s Jaime Ortiz-Patifio 94 971 000 $ huit œuvres, dont un Gaugin (Mata Mua) vendu 33,9 M $ 1989 Sotheby’s Edgar J.Kaufman 92 069 000 $ un Mondrian (Facade) et un Miré (Oiseau volant) rapportent chacun plus de 11,5 M $ Source: Sotheby's Gestes oublies La nouvelle production de Cadieux est dune terrible efficacité GENEVIEVE CADIEUX Galerie René Blouin 372, rue Sainte-Catherine Ouest Salle 501 Jusqu’au 31 mai BERNARD LAMARCHE En 1995, à la Tate Gallery de Londres, Geneviève Cadieux présentait Broken Memory, une installation.Si l’œuvre ne s’éloignait pas en esprit de ses travaux précédents, elle tranchait radicalement avec eux au niveau de la forme et des apparences.D’un tombeau de verre, une pyramide tronquée légèrement plus grande que l’échelle humaine, émanaient les pleurs désespérés d’une femme.Quatre haut-parleurs diffusaient cette voie brisée, sans corps, hors de l’enceinte de ce caisson.Métaphore du corps perdu et dépossédé (un réseau de fils serpentait à l’intérieur), cette œuvre activait un théâtre technologique nouveau dans la production de Cadieux.Elle rejoignait néanmoins, avec de tout autres moyens, ses préoccupations habituelles.Par une imagerie spectaculaire du corps renfermant tout à la fois les horreurs et les grâces de la douleur physique et psychologique, Cadieux articule le corps comme un lieu où se livrent les plus violentes tensions irrésolues.Sans crier gare, presque au lendemain de la rétrospective que lui consacrait le Musée d’art contemporain de Montréal, Cadieux se détachait momentanément du support auquel était jusqu’alors associé son nom — la photographie — en même temps qu’elle évinçait son esthétique d'affects aussi très reconnaissable.Seules restaient les effusions de tourment, générales dans sa production.Parmi les œuvres qu’elle présente aujourd’hui à la Galerie René Blouin, les rictus et mimiques chargés d’affliction — des affectations ambiguës faut-il le dire, qu’elle jouait par un habile contrôle à la limite des extases de la jouissance — ne se retrouvent pas aussi explicites qu’autre-fois.En comparaison avec les œuvres précédentes, les dernières paraissent presque anesthésiées tant les affects qu’elles évoquent semblent contenus.A s’y méprendre toutefois: la violence moins démonstrative, plus latente que cette imagerie affiche n’en reste pas moins inquiétante.Les gestes codés Les deux diptyques photographiques mettent en scène un couple séparé de toute la distance que peut produire entre deux images l’espace blanc de la galerie.Dans les deux cas, à chacun des membres de cette communication à jamais impossible correspond respectivement une seule photographie.Les dissentiments d’une discussion y sont mimés.La parole, absente, est reléguée aux gestes très fortement codés que les acteurs s’adressent l’un à l’autre.Sont repris ici les gestes traditionnellement associés à celui qui énonce, qui s’arroge la parole, ou qui la donne en offrande.Au re- RICHARD-MAX TREMBLAY Elle et Lui (avec main de femme), 1997, un diptyque de Geneviève Cadieux.vers, cette parole en acte trahit une incommunicabilité entre deux personnes, traduite par des regards non réciproques, des mains tendues non considérées.Un théâtre sur fond blanc, celui de la galerie, seul lieu où le spectateur semble admis.Tout se passe latéralement dans ces tractations, peu d’ouverture est prévue pour le spectateur.La théâtralité ne tient pas exclusivement dans le fait qu’on reconnaisse les protagonistes comme des acteurs fia sœur de l’artiste Anne-Marie Cadieux et James Hyndman), mais passe par ce juste équilibre entre la pose maniérée qu’ils prennent et le travail signifiant des gestes esquissés.Les modèles s’écartent de leur identité propre pour épouser celle que l’artiste aura voulu leur donner.Cet ouvrage de dépossession, doublé par ces mains tranchées du corps par les rebords du cadre et attachées au corps de la photographie, organise une réflexion sur l’identité, par l’entremise de ce qu’on valorise généralement comme notre espace vital (un jeu qu’on pourrait facilement étendre à l’espace de l’image).Agissant comme des greffes photographiques, les mains pénètrent par le rebord des cadres et envahissent l’espace des images.Poursuivant parfois des gestes entamés dans l’image adjacente, sinon participant d’une temporalité beaucoup plus distendue, ces ajouts qui tiennent du collage introduisent une narration dont les ramifications retardent la résolution du conflit Le subterfuge dramatise le détachement que tour à tour affichent les comédiens.En apparence plus éloignée encore Du 9 au 24 mai JEANNE RHÉAUME : peintures des années ‘50 LE PARIS DE JULES HERVÉ : peintures ! CINQ SIÈCLES D’ESTAMPES RECHERCHÉES GALERIE DOMINION 1438.rue Sherbrooke Ouest.Montréal 845-7471 E X P O S 1 T 1 O N F R E D R O S s DU 28 AVRIL AU 1 0 M A 1 GALERIE WALTER KLINKHOFF INC.| 1200, RUE SHERBROOKE OUEST, MONTRÉAL (514) 288-7306 de ce à quoi Cadieux nous avait habitués, trois bulles de verre, titrées simplement Souffle (1996), jonchent le sol de la galerie.L’absence du corps est aussi remarquable que pour l’œuvre de la Tate Gallery.Encore une fois, l’espace intérieur de ces sphères plus ou moins régulières devient le «site de la projection de la voix», symbolisée ici par le souffle.Les bulles travaillent comme le tombeau de Londres, dans la mesure où le verre se substitue à la peau.Elles suggèrent ainsi une frontière entre l’extérieur et l’intérieur.Le souffle indique la trace du passage du corps.Qui plus est, ces bulles semblent gonflées au maximum.La pression qu’opère vers l’extérieur ce souffle interne ne semble pas moins intenable que la tension rencontrée dans les pièces précédentes.On pourrait y voir le cri étouffé d’une expiration, ou la détente réprimée d’une pulsion.La fragilité relative de ces objets se traduit par la saisie d’un temps limite où l’équilibre risque de se rompre si la pression augmente d’un cran.Dans cette œuvre comme dans les précédentes, le stade du langage (même celui du cri) est refoulé.La voix s’éteint.La Mer et l’enfant Pour compléter ce parcours, on a accroché dans la petite salle une photographie grand format titrée La Mer et l’enfant (1997).Réalisée avec un appareil bon marché dont le mécanisme s’était enrayé, cette image est purement accidentelle, issue de la superposition inpontrôlée de plusieurs prises de vue.Etonnée du résultat Cadieux a fait souffler à de larges dimensions cette image ratée.Aux réflexions de la lumière dans un plan d’eau se fusionnent la vision d’une femme à la plage, le fantôme d’un enfant à peine perceptible et d’autres couches d’imagerie indicibles.On se rapproche ici des images brouillées que Cadieux nous a servies auparavant Sauf que cette fois, le résultat n’est pas le fruit d’une composition maintes fois étudiée.Au contraire, il s’agit d’un véritable acte manqué, rien n’ayant été apparemment prémédité.En comparaison à la syntaxe singulière de la langue, cette plaque se présente comme une image inarticulée, pourvue d’une organisation autre.On hésitera à parler d’un inconscient photographique à l’œuvre, mais cela s’en rapproche sûrement.Tout se passe comme si plusieurs images confuses perçaient l’écran photographique avant même que le langage ait pu les organiser.Cette «image spectrale», imprimée à l’insu de l’artiste, dépasse la simple métaphore de l'instantané photographique comme équivalent à une forme libérée d’inconscient.Par contraction temporelle, cela donne naissance à un instant rêvé.En ce sens, cette iconographie instable propose une réflexion sur l’existence et la genèse des images.En guise de conclusion, on pourrait étendre ce questionnement sur la genèse et la fabrication des images au groupe complet des œuvres que Cadieux présente actuellement chez Blouin.Ces pièces en disent long sur les méthodes de travail de l’artiste.Il y va d’une sorte de démystification du «génie» créateur.D’un côté, on a une image totalement accidentelle, de l’autre, des images beaucoup moins troubles que d'habitude (pas moins efficaces cependant) et savamment étudiées.Portant un regard passablement moins romantique sur l’acte créateur, on se rend compte que si l’art n’est évidemment pas affaire facile, les discours déifiants comme ceux qu’on lisait encore récemment autour de Cadieux méritent d’être sérieusement remis en question.Cadieux a prouvé maintes fois être une artiste majeure dans le paysage de l’art canadien et ailleurs.Mais avant de la porter aux nues par excès admiratif, regardons de plus près.Ses dernières œuvres sont complexes et ardemment séduisantes.Géniales?Pas certain.De toutes façons, le terme est tellement galvaudé qu’il en perd toute sa pertinence.Ira nouvelle production de Cadieux est d’une terrible efficacité.De celle des artistes sûrs de leurs moyens.En comparaison, plus percutante, l’œuvre de la Tate Gallery était terriblement plus risquée.N’empêche.Connaissant Cadieux et la manière avec laquelle ses œuvres font fréquemment retour sur les précédentes pour en déplacer la portée, on a (terriblement) hâte de voir la suite.CAROL BERNIER Œuvres cachées GALERIE SIMON BLAIS 4521.rue Clark Montréal H2T 2T3 514.849.1165 Ouvert du mardi au samedi de 10 h 00 à 17 h 30 VENEZ VOIR UNE EXPOSITION EN CHAIR ET EN OS Le Musée des beaux-arts de Montréal présente en exclusivité l’exposition Objectif corps: un regard posé sur le corps humain par les grands maîtres de la photographie entre 1840 et aujourd’hui.Ouvert du mardi au dimanche ainv que les lundis fériés, de 11 h i 18 h (jusqu’à 21 h le mercredi, sauf le 14 mai).Pavillon Jean-Nod Desmarais.1380, rue Sherbrooke Ouest.Information: (514) 285-2000 wurw.mbam.qc.ca Objectif corps 150 ans du corps humain en 200 photos MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTREAL I.K |) K V OIK.I.K S S A M K l> I :» K T I» I M A X < Il K I M Al I I» !l 7 osmon unique «Cï'Bo) LA SCULPTURE QUI SE FAIT AU CENTRE D’EXPOSITION DE B À ! E -S Al NT- PAU L du 26 avril au 16 juin 1997 EFFET D'UTILITAIRE RENCONTRE ESTOUEST Marie A.Côté Guy Blackburn Joseph Branco Rachel Echenberg Hikaru Hirose Natalie Lafortune Kenji Sugiyama J Yasufumi Takahashij Barbara Todd Conservateur: I Michel Saulnier I Rachel Echenberg, Dinner Gloves.1994, VERNISSAGE ET LANCEMENT DU LIVRE «FLEURS D'ARTISTES» le dimanche 4 mai à compter de 14 h jusqu'au 30 mai 1049, AV.DES ERABLES QUÉBEC (QUÉBEC) GIR 2N1 (418) 525-8393 \A GALERIE LINDkNERGE AncIré IMichEl La désacralisation du printemps CAROLINE HAYEUR Pharmacie, d’Emmanuel Galland, fait partie de l’exposition Zoom sur les miniatures au Musée de la civilisation.Comme le monde est petit Le Musée de la civilisation présente un assemblage vaste et éclectique de miniatures ZOOM SUR LES MINIATURES Musée de la civilisation 85, rue Dalhousie, Québec Jusqu’au 12 avril 1998 REMY CHAREST CORRESPONDANT DU DEVOIR A QUEBEC On a toujours besoin d’un plus petit que soi, dit-on parfois.L’humanité, en tout cas, semble toujours chercher quelque chose de plus petit à produire, que ce soit par souci pratique et technologique ou par passion du détail et de la minutie.Du modèle réduit au microscopique et au subatomique, on en produit assez, dans toutes sortes de catégories, pour constituer une.grande exposition au Musée de la civilisation.Zoom sur les miniatures se révèle ainsi un assemblage vaste et éclectique de tout ce qui se fait de petit, du portrait en médaillon au train électrique, en passant par la maquette de cinéma, le circuit intégré et la nanotechnologie.Les miniatures, nous annonce-t-on un peu pompeusement en début d’exposition, «nous forcent à réfléchir sur la place que nous occupons dans l’univers.Ce monde qui nous entoure avec ses références spatiales pourrait-il un jour basculer?».Sans aller aussi loin, il est vrai que l’on peut se sentir par moments, en parcourant l’exposition, comme Gulliver chez les Lilliputiens.Gulliver est d’ailleurs, en toute logique, l’une des vedettes d’un des segments de l’exposition qui sera certainement des plus courus: celui des maquettes de cinéma, petites responsables des grandes illusions de nos écrans.Les voyages dans l’espace intersidéral, au-delà de la vitesse de la lumière, dépendent beaucoup de petits modèles qui tiennent parfois dans la main et qui, par la qualité des éclairages, du jeu de caméra et des technologies de montage, prennent des proportions inattendues.Au-delà de ces effets spéciaux plus évidents, l’exposition montre aussi d’autres maquettes plus étonnantes et moins attendues, comme celles de Jésus de Montréal ou du Faust de Murnau, un des chefs-d’œuvre du cinéma allemand du début du siècle.La présence d’une maquette de bateau du film Mathusalem, qu’on peut voir sous différents angles de caméras, et la présentation du produit fini travaillé à partir des maquettes viennent mettre en contexte ces ‘•petits» grands travaux.Après l’entrée en matière historique (avec entre autres un superbe" bateau japonais en ivoire) et les diverses ressources de cet espace consacré au septième art — et dans une moindre mesure, aux maquettes des arts de la scène —.on retrouve une série de grandes boites dans lesquelles sont représentées les maquettes utilitaires de l'architecture, les miniaturisations dues à la technologie, la petite échelle des arts visuels et la passion des modèles réduits — un étalagé superbe de miniatures travaillées avec une patience d’ange par des maniaques du détail, d’où sont tout de même absents (serait-ce par rectitude politique?) les soldats de plomb qui ont meublé tant d’enfances.Si le segment artistique — dont plusieurs œuvres ont été réalisées spécifiquement pour cette exposition — est certainement le plus original avec ses petits livres, ses œuvres aux allures de maquettes et l’impressionnante Pharmacie d’Emmanuel Galland, le segment technologique est certainement celui qui rejoindra le plus l’ensemble des visiteurs.On y montre en effet l’évolution, de l’imposant au portatif, d’objets aussi courants que la télévision, le téléphone ou la radio, tout cela grâce au passage de la lampe au transistor et au circuit intégré, dont on peut voir les reliefs extraordinairement complexes sous un microscope.Un peu plus loin, on porte même un regard vers la nanotechnologie, cette approche nouvelle qui permet de travailler la matière à l’échelle de molécules individuelles.Et en complément, grâce à un petit film de quelques minutes, on opère aussi une descente vers ce qui ne peut être montré en vitrine, soit les échelles infiniment petites des structures génétiques et atomiques.En faisant ce zoom sur les miniatures, on ne peut pas aller plus loin que ça.FLEURS D’ARTISTE André Michel Galerie Linda Verge 1049, avenue des Erables Québec Du 4 au 30 mai Dqns ses agréables locaux de la rue des Erables, la galerie Linda Verge, l’une des plus intéressantes galeries commerciales de la capitale, inaugure demain une exposition d’œuvres récentes d’André Michel, peintre québécois dont les œuvres à caractère ethnographique sur les cultures amérindiennes ont voyagé d’un bout à l’autre de la planète.Hors de cette trame interculturelle, les huiles présentées se tournent plutôt vers des sujets floraux traités avec une finesse de trait et de couleur assez singulière, dans des compositions bien équilibrées et assez sobres.Ce petit interlude botanique fera l’objet d’un livre portant le titre de l’exposition, Fleurs d’artiste, qui sera lancé à l’occasion du vernissage de demain.Œuvrant depuis le début des années 70, André Michel possède un curriculum vitæ bien rempli.Fondateur du Musée des Sept-Iles puis, en 1985, du Musée régional de la Côte-Nord, il a reçu plusieurs prix en muséologie et a également occupé la présidence du Conseil de la peinture du Québec en 1988.Son travail a été exposé un peu partout au Canada, aux Etats-Unis, en Europe, en Amérique latine et en Asie.Le Musée de l’homme de Paris lui consacrait récemment une rétrospective sous le titre Les Indiens montagnais du Québec — Entre deux mondes.Un étalage superbe de miniatures travaillées avec une patience d’ange par des maniaques du détail LE DEVOIR L* événement est annuel.En 1992, ’ en octobre, il y avait eu une première montréalaise quand 65 artistes s’étaient entendus pour ouvrir leurs ateliers au public.Pour une fois, il était possible pour tous d’accéder à ces lieux jusque-là réservés aux initiés, aux proches, voire aux marchands et aux acquéreurs.Qui en fait l’expérience le sait: l’aventure est magique, quand on entre dans ces lieux où se font les œuvres, pour visualiser les murs, les tables, les planchers même portant la trace des réalisations passées, présentes où à venir.À Montréal, un organisme s’est donné la responsabilité d’assurer la pérennité de l’événement.Cobalt Art Actuel existe par la volonté de Richard Théroux et Hélène Poirier.Ils se sont entourés d’une dizaine de collaborateurs et si le travail consistait il n’y a pas longtemps encore à seulement convaincre les artistes de «s’ouvrir», ils en sont maintenant à produire une publication de qualité et des documents annexes.Le catalogue de la présente année compte près de 120 grandes pages et il est photographiquement bien documenté.Depuis 1993, des commissaires ont été invités chaque année pour effectuer le travail de sélection.Il y eut d’abord Thérèse Dion et Isabelle Iœ-large avant que Gilles Daigneault et Marie-Michèle Cron prennent la relève pour les deux années subséquentes.Cette année, une nouvelle formule est avancée.Ils sont cinq artistes-commissaires et, au total, ils seront 40 exposants.Raymonde April présente les œuvres de Ghislaine Charest, Patrick Coutu, Yan Giguère, Pascal Grand-maison, Emmanuelle Léonard, Marie-Christine Simard et le travail du collectif Sine Die; Michel Denée, Raymonde Jodoin, A.Kichou, André La-roche, Marie-Josée Perreault, H.Preure, Marc Tremblay et Anne Youl-don sont parrainés par Sylvie Bouchard; Joseph Branco et Marie A.Côté s’incluent dans leur propre sélection avec les Guy Bourassa, Ger-vais Deschênes, Laurent Pilon, Yves O’Reilly, Rémi Paquet et Hélène Sar-razin; Jean McEwen rend aussi son atelier accessible, avec ceux des Catherine Young Bates, John Fox, Valérie Kolakis, Eric Simon, Paul Wilson et de l’Atelier Graphia (où travaillent onze artistes); Gilles Mihalcean ouvre la porte des ateliers de Luc Bergeron, Mario Duchesneau, Mathieu Gaudet, Sophie Lanctôt, Nicole Lebel, Lisette Lemieux et Mireille Plamondon.Quant aux gens de Cobalt, pour ne pas être en reste, ils proposent une première: des artistes fabriquant du mobilier et c’est dans leurs meubles qu’on pourra rencontrer les Georges Audet, Louis Laprise, Michel Rouleau et André Saint-Cyr.Quatre fins de semaine Pour le visiteur éventuel, impossible il lui sera de prévoir organiser en une seule après-midi une suite de visites faites de rapides clins d’œil sur les différents lieux.Non seulement, chaque samedi et dimanche après-midi, à compter d’aujourd’hui et pour les quatre prochaines semaines, les ateliers sont ouverts seulement de midi à 17h, mais les visites sont organisées en deux circuits, divisant en deux parts les lieux accessibles.Un premier Une Élène Gamache Patricia Gauvin Marie Gélinas Raymonde Godin Betty Goodwin Suzanne Grisé Denise Guay Sylvie Guimont Mary Martha Guy Talleen Hacikyan Caroline Hart Louise Jalbert Claire Lamarre Huguette Larochelle Anne Marie Laurin Françoise Lavoie Claire Lemay Maryvonne Le Rumeur Rita Letendre Maria de los Angeles Vidal Martines Louise Masson Joanna Nash YW'îraïW*;.G»*et \e»«", roc''0" O»"*'® „a?-°s® \*ceS -, Yr»'"’ At»"0'5® ' W®" N'® «.W ve^ce*"’’ Le samedi 3 mai de midi à 20 h.Le dimanche 4 mai de 10 h à 17 h.Une expo-vente d’oeuvres de femmes-peintres au profit de maisons d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale.Pratt & Whitney Canada, 1000, boul.Marie-Victorin, Longueuil.Renseignements : (514) 647-3929.Service de navette gratuit à partir de ia station de métro Longueuil.Entrée libre.Pratt & Whitney Canada Un» soc*t« a» UrMd Conférence de Claude-Maurice Gagnon, critique d'art, le samedi 24 mai à 14 h.Thème : Représentation de la figure de l'ours dans la sculpture actuelle de Michel Saulnier : l’inévitable question du rapport nature/cuHure AUSSI À VOIR DU 26 AVRIL AU 16 JUIN 1997 PEINTURE À L'EAU UN COLLECTIF DE Bruce Emo John Fox Torn Hopkins Peter Krausz Rie hand Lanctôt Sophie Lanctôt Jean McEwen Guido Molinari Léopold Ptatek Violaine Poirier Suzanne Reid Susan G.Scott John Show Claude Tou signant Conservatrice: Sylvie Grenier 23, RUE AMBROISE-FAFARD.BAIE-SAINT-PAUL • TÉL.: (418) 435-3681 T* Omni Art Group» La Mutuelle bloc, nommé le Circuit 1, est ouvert les 3.4,10 et 11 mai et il faudra attendre aux 17,18,24 et 25 mai pour accéder au deuxième circuit.Tout est toutefois mis en œuvre pour rendre les lieux accessibles.Une brochure a été produite où, sur carte, la localisation des ateliers est donnée, incluant même les coordonnées pour le transport public: elle est disponible dans toutes les maisons montréalaises de la culture, chez Cobalt, au 1710, rue Amherst, et dans chaque atelier.Pourquoi vivre l’expérience?Laissons Charles Bergeron nous raconter la sienne, en prenant un extrait du texte qu’il signe dans le catalogue de Us Ateliers s'exposent.«J’ai trouvé là plus que ce que je cherchais; primo, un chef-d'œuvre frais peint et (secundo) son auteur, impatient de partager sa fébrilité.«Bien calés dans nos fauteuils, surplombés par cette toile qui n'en finissait plus de se donner, nous avons dis- cuté de nous, de ça, de tout.Far moments, mon regard déviait de celui de mon interlocuteur pour se poser sur les curiosités qui peuplaient l’atelier: des œuvres inachevées, des objets fétiches, des inventions inusitées sur des articles ménagers mal adaptés aux besoins, des feuilles volantes emplies de dessins, de notes et de poésie.U tout gisait sans ordre apparent, si ce n 'est la chronologie qui laissait visible seulement ce qui fut touché en dernier.» Premier circuit 3,4,10 et 11 mai Heures de visite: de 12h à 17h ¦ Georges Audet, mobilier d’artiste, 5425, Bordeaux, #315, ¦ Guy Bourassa, sculpture.6610, des Érables ¦ Joseph Branco, peinture, 6614, des Érables ¦ Marie A.Côté, sculpture, 6614, des Érables ¦ Gervais Deschênes, peinture et dessin, 16, Prince (Quartier éphémère) ¦ Yan Giguère, photographie, 6620, Drolet ¦ A.Kichou, installation, sculpture, fresque, 1453, Jean-Talon Est ¦ Nicole Lebel, dessin, 1604, boul.Saint-Laurent ¦ Emmanuelle Léonard, photographie, 5425, de Bordeaux, #319 ¦ Yves O’Reilly, installation et photographie, 1302 A., Bélanger ¦ Rémi Paquet, sculpture, 4634, de Bordeaux ¦ Mireille Plamondon, sculpture, 4662, de Lorimier ¦ H.Preure, peinture, sculpture, 1453, Jean-Talon Est ¦ Michel Rouleau, mobilier d’artiste, 5425, Bordeaux, #315 ¦ André Saint-Cyr, mobilier d’artiste, 5643, Clark ¦ Hélène Sarrazin, sculpture, 5505, boul.Saint-Laurent, #4206 ¦ Marie-Christine Simard, photographie, 2434, Holt ¦ Éric Simon, dessin et ordinateur, 5579, Christophe-Colomb LES CIRCUITS DE VISITE ¦ Anne Youldon, dessin, 4319, Parthenais ¦ Atelier Graphia (Ghitta Caiserman-Roth, Lillian Vineberg, Ann McCall, Lillianne Daigle, Christine Aebi, Daniel Erban, Alan Itakura, Mariam Mintz, Francine Poitras, Christine Royer et Sue Rusk), gravure, estampe, 6300, du Parc, #202 ¦ Collectif Sine Die (Lucia D’Alete, Marie-Josée Desrochers, Suzanne Grégoire, Alain Lefort, Anthony McLean), photographie,400, Dowd, 3' étage Deuxième circuit 17,18, 24 et 25 mai Heures de visite: de 12h à 17h fl Catherine Bates, peinture, 4710, Saint-Ambroise, #218 fl Luc Bergeron, sculpture, peinture, 1435, Saint-Alexandre, #525 ¦ Ghislaine Charest, photographie, 4530, Clark, #603 ¦ Patrick Coutu, photo et matériaux mixtes, 5505, d'Iberville, #235 ¦ Michel Denée, peinture, 2065, Parthenais, #414 ¦ Mario Duchesneau, sculpture, installation, 3450-A, Saint-Urbain (Studio Cormier) ¦ John Fox, peinture et dessin, 4710, Saint-Ambroise, #310 ¦ Mathieu Gaudet, sculpture, 617, Saint-Rémy, #201 ¦ Pascal Grandmaison, photo et vidéo, 5505, d'Iberville, #235 ¦ Raymonde Jodoin, peinture, 372, Sainte-Catherine Ouest, #427 ¦ Valérie Kolakis, peinture, installation, 1591, Clark, 3* étage ¦ Sophie Lanctôt, peinture, 1306, Mont-Royal Est, 3' étage ¦ Louis Laprise, mobilier d'artiste, 7250, Saint-Hubert, #202 ¦ André Laroche, peinture, 1834, Saint-André ¦ Lisette Lemieux, sculpture, 4809, Marquette ¦ Jean McEwen, peinture, 4710, Saint-Ambroise, #316 ¦ Marie-Josée Perreault, peinture, 2144, de Lorimier ¦ Laurent Pilon, sculpture, 1751, Richardson, #4518 ¦ Marc Tremblay, peinture, 400, Dowd, #402 ¦ Paul Wilson, sculpture, peinture et installation, 4710, Saint-Ambroise, #304 ¦ Atelier Graphia, gravure, estampe, 6300, du Parc, #202 ¦ Collectif Sine Die, photographie, 400, Dowd, 31 étage I) K) I.K I) K V 0 I It .I.K S S A M K I) I :t K T I» I M A X (' Il K I M Al I !l !» 7 s> xf- mmm % '• - y, J:- ¦ f œsçpil ia ; : ¦ , • i - R i ' T S jV^-îVV'V-X?' Sli ?* ¦ .• • • .¦ .• • • :•; ¦ .v *••.•' ;• %êM -r*: „ ¦ :¦;• ' • -.' .•’••• K’r-r^-; ¦*TV; wëéïÆ - '¦¦•Il L'église de la Sainte-Trinité à Genève est une boule de granit rose.Elle est posée sur l'eau du bassin qui baigne la base de la sphère.Les quatre clochetons de verre surmontés d'une croix affichent la vocation de culte à l'extérieur, alors qu'à l'intérieur, ce puits de jour vient inonder l'autel d'une colonne de lumière.ne église ronde.Comme la terre, voire l’univers.Et comme un symbole iconographique aussi, la boule surmontée d’une croix et posée dans la main de la Vierge.Une église toute ronde.Cela coule de source, se dit-on à peine franchi le seuil de ce lieu de prière, la Sainte-Trinité à Genève.La douceur de la courbe, la plénitude de la sphère, la quiétude des tons.Le blanc domine et la lumière naturelle abonde.Un puits de jour surplombe l’autel et distille une véritable colonne de lumière au coeur de ce lieu de culte.L’effet visuel est garanti à la nuit tombée, lorsque l’éclairage électrique dans le puits de jour vient prendre le relais du soleil: une reproduction assurée en somme de la visitation divine descendue du ciel.L’architecte Ugo Brunoni a d’ailleurs poussé le symbolisme jusqu’à intégrer une croix au centre de ce puits de jour, divisé en quatre par deux petites cloisons.Et grâce à la courbure du mur, cette croix est visible en biseau et domine ainsi l’espace.La salle de conférence de l'OMC Après la réalisation d’un lieu de culte religieux, Ugo Brunoni vient de signer la conception du temple de la grand-messe du supercapitalisme contemporain: la salle de conférence de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui prend la succession du GATT, et siège à Genève.L’hémicycle de 700 places et de 31 millions de Francs suisses (29 millions de dollars) sera éclairé par la lumière naturelle zénithale venue du plafond, «la cinquième façade», précise l’architecte.Ce plafond monumental repose sur une poutre centrale en acier de 27 ^ tonnes, baptisée «la baleine» et huit paires de soutiens transversaux.Comparée à un théâtre antique par certains observateurs, cette salle évoque plutôt une cage thoracique, explique Ugo Brunoni, vue de dessus.La partie plate de l’hémicycle serait les épaules, et les rangées de fenêtres rectangulaires dans le plafond, les côtes horizontales.Quelle que soit la métaphore, la forme de cette salle est commandée par une contrainte déterminante pour ce haut-lieu du commerce international: la sécurité.Le grand mur de la salle, côté rue, est en béton particulièrement épais.«Il peut résister à un coup de bazooka depuis la rue», souligne l’architecte.Sur l’autre face, la salle de conférence présente une façade en verre ondulant vers le lac Léman tout proche.Ce hall fermé, baptisé le «hall des pas perdus» abritera les services administratifs, d’interprétariat et d’accueil.Au centre, un arrondi enlace un cèdre centenaire qu’il fallait préserver.L’ouverture de la salle est prévue pour la fin de 1997.avec des débats particulièrement houleux en perspective.On rappellera ici, pour exemple, que c’est ce même OMC qui pourrait sonner le glas de l’industrie du magazine anglophone canadien: une récente décision ouvrait la porte aux magazines américains à tirage partagé, survolant les douanes du haut des satellites, siphonnant ainsi les revenus publicitaires des publications quant les coûts de production sont de plus déjà amortis.Autre temple, autre foi.Architecte et maçon métaphysique «Je suis un artisan de l’architecture», déclare Ugo Brunoni qui insiste sur son parcours professionnel.«J’ai commencé comme maçon, pendant trois ans.» Ensuite, deux années de dessin en architecture, puis trois ans de sculpture et enfin six ans d’architecture.«J’ai été formé dans la tradition des grands maîtres tessinois, rappelle-t-il, comme Solari ou Botta.» On retrouve aussi les origines italiennes du genevois d’adoption dans son dynamisme et sa pointe d’exubérance bien latine.Son enthousiasme prend d’ailleurs de l’ampleur quand il évoque l’inspiration spirituelle derrière la rondeur de cette église.Il produit même une carte postale représentant un minuscule vestige turc.La parenté des formes est saisissante, entre l’église et ses clochetons et ce petit objet remontant à 2000 ans avant l’ère chrétienne.«Je l'ai vu dans un musée à Ankara.C’était bien après avoir construit l’église», rappelle Ugo Brunoni avec émerveillement.Pour lui, cette inspiration commune n’est pas une coïncidence.Il est vrai que la ressemblance est pour le moins troublante.Sobriété et spiritualité Au sol, les bancs en bois de cèdre, teinté en noir, sont alignés en rangées réglementaires.Le plancher sombre en noyer africain complète cette touche solennelle plus classique.Tout autour, des colonnes carrées soutiennent une coursive supérieure et dissimulent un éclairage indirect.Leur béton est légèrement rosé, «frais de coffrage, teint dans la masse avec des agrégats de marbre clair», précise Ugo Brunoni.Poncé puis verni, le béton rivalise ainsi d’esthétique avec des matériaux dits plus nobles.Ugo Brunoni indique aussi la symbolique des douze petits hublots en verre coloré, disposés dans la partie supérieure comme une couronne autour du puits de jour «Ils correspondent aux douze apôtres.» Et il enchaîne sur l’aspect technique du bâtiment.La paroi de l’église compte quatre épaisseurs.A l’intérieur, de la résine pour l’acoustique, du béton pour la solidité.Une troisième couche d’inox, pour l’isolation.Et enfin à l’extérieur, du granit rose pour l’esthétique de la sphère de 20 mètres de diamètre.L’église de la Sainte-Trinité, c’est finalement une boule rose, qui est imbriquée au coin d’un long rectangle gris.Car l’église fait partie d’un complexe immobilier: commerces, bureaux, appartements, stationnements souterrains.Le terrain appartenait à la paroisse, mais le lieu de culte était enfoui au fin fond d’une ancienne.fabrique de cigarettes.Les espaces commerciaux et résidentiels ont permis de financer l’église, pour un coût total de 29 millions de Francs suisses (29 millions de dollars).Le sacré et le profane is^ On trouve ainsi rassemblés autour d’une cour intérieure en forme de U, 85 appartements, la majorité à loyer modique (HLM), un centre médical de 2500 mètres carrés, 300 m2 de bureau, une école de musique, des commerces donnant sur la rue, des entrepôts souterrains et «cent-nonante» (190) places de stationnements.«La sphère représente 10 % de la construction [pour un espace au sol de 2 500 m2]*, rappelle Ugo Brunoni, dont le projet a abouti en 1993 après six ans d’efforts.«La paroisse, c’était un défi, conclut l’architecte.Créer un lieu et faire une proposition provocante avec l’église pour en faire le symbole de la paroisse.» Mission accomplie semble-t-il.Le bâtiment s’impose déjà comme un lieu de pèlerinage touristique et la silhouette de la boule, surmontée de ses clochetons coiffés d’une croix, est même devenue le logo de la paroisse.Charles-Antoine Rouyer IDS La Galerie de l’Institut de Design Montréal vous ouvre ses portes Institut de Design Montréal Nouvelle adresse! 390, rue Saint-Paul Est, suite 300 Montréal (Québec H2Y1H2 Téléphone : (514 866-2436 Télécopieur:(514 866-0881 Courrier électronique: idm@idm.qc.ca Site Web: http://www.idm.qc.ca .Monsieur Bernard Lamarre, président du Conseil et Madame innovateur.De plus, la Gale Galerie offrira une sélection de Helen Stavridou.directeur exécutif, sont heureux d'annoncer magazines, de livres et de CD-ROM, ainsi que de l'information l'ouverture de la Galerie de l'Institut de Design Montréal.sur les produits en montre.Ouverte au grand public, la Galerie de ITD.M se veut une vitrine unique à MonLa Galerie de l'Institut de Design Montréal vous ouvre ses portestréal pour les produits de design.Plus qu'un lieu d'exposition, la Galerie est un point de vente d'objets de design qui offre des créations locales et internationales.sdectionnéts pour leur originalité et leur caractère Conçu par la firme Morin Tardif designers, l'aménagement de la Galerie met en scène divers types d'objets: accessoires personnels (porte-document, sac.coffret, montre.), articles pour le bureau et la maison (horloge, corbeille à papier, vase, support à CD-ROM.), luminaires et mobilier.La Galerie est située dans l'aire commerciale du Marché Bonsecours, accessible au niveau de la rue Saint-Paul.La Galerie de l'Institut de Design Montréal est ouverte tous les jours de: -lOhOOà I8h00.-Le dimanche à partir de midi.Galerie de l'Institut de Design Montréal 390.rue Saint-Paul Est, suite 200 Montréal (Québec) II2YIII2 Téléphéléphone : (514) 866-1255 Télécopieur : (514) 866-0881 Nous remercions nos commanditaires: Les Importations (aot Mapei Arborite Plus par Forbo Peintures Sico 0*de f °m#ue A1C
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