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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-03-26, Collections de BAnQ.

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-?FONDÉ EN 1910 ?— le Devoir PERSPECTIVES Et la classe moyenne ?D’après le ministre des Finances, «la classe moyenne est favorisée» par la réforme fiscale contenue dans le deuxième budget Landry.Pourtant, l’opposition prétend le contraire.Qui dit vrai?Tentative d’y voir clair.Sans prétention de pouvoir trancher aujourd’hui.Selon M.Landry, donc, la classe moyenne est gagnante.Pour nous en convaincre, il distribue des tableaux qui indiquent qu’un couple avec deux enfants, disposant de deux revenus totalisant 30 000 $ fera un gain de 1296 $ par année une fois en vigueur, le 1er janvier 1998, la baisse d’impôt annoncée hier.Le même tableau indique que le même couple gagnant 25 000 $ par année ferait un gain de 1354 $.Quelle aubaine! Par contre, trouvez une famille dont les deux parents ont réussi à ramener à la maison 35 000 $ et le gain n’est plus que de 431 $ par année.Si le couple gagne 40 000 $, ce qui n’est pas rare au Québec, son gain chute à 161$ par an.Au départ donc, il s’agit de savoir ce que l’on entend par classe moyenne.Une famille de quatre, avec 30 000 $ par an, fait-elle partie de la classe moyenne?D’autre part, ces chiffres sont trompeurs.Parce qu’ils ne tiennent pas compte de l’impact de la hausse d’un point de la taxe de vente à compter du 1er janvier prochain.M.Landry fournit un second tableau qui tient compte de cette hausse de la TVQ, un tableau incomplet qui ne contient les données que pour les couples ayant deux enfants mais ne disposant que d’un seul revenu (ce qui correspond à la minorité des couples québécois).Il reste que, d’après ces chiffres, le couple moyen gagne.Il faut le re-M i ch el connaître.Sauf que la vie n’est pas si Venne simple, comme le rappellent d’autres observateurs.* * * Le chef de l’Action démocratique, Mario Dumont, rappelle avec pertinence que ces gains ne tiennent pas compte de la hausse des droits d’immatriculation.Ils ne prennent pas en considération l’augmentation des tarifs d’Hydro-Qué-bec, dont les profits viennent gonfler les revenus du gouvernement Le ministre ne calcule pas l’effet de l’augmentation de 102 millions des taxes scolaires annoncée la semaine dernière et dont l’effet sera concentré à Montréal.Ni la hausse appréhendée des taxes municipales à la suite du transfert aux villes de responsabilités d’une valeur de 500 millions.Les calculs n’incluent pas la contribution de solidarité de 83 millions par année annoncée au sommet économique et ne tiennent pas compte de la disparition d’une flopée de crédits d’impôt et de la hausse de diverses taxes depuis deux ans, y compris le nouveau régime d’assurance-médicaments.Les documents budgétaires ne sont d’aucun secours pour voir l’effet réel sur la classe moyenne des mesures prévues à la politique familiale.Le conseil de la famille estirpe que la classe moyenne recevra moins d’argent de l’Etat qu’il n’en reçoit présentement, la nouvelle politique étant surtout destinée à lutter contre la pauvreté et inciter les familles à faibles revenus à rester sur le marché du travail.La classe moyenne, une fois tout considéré, va-t-elle sortir gagnante?Tout cela est sans compter que bien qu’il réduise l’impôt, Québec hausse la taxe de vente.Ce transfert de taxation sur le revenu gagné au revenu dépensé favorise évidemment ceux qui ont les moyens de mettre de l’argent de côté.Or, les contribuables de la classe moyenne sont certes ceux qui ont le moins les moyens d’épargner car ils dépensent tout près de la totalité — quand ce n’est pas la totalité — de leurs revenus pour subvenir à leurs besoins.Comme le souligne Pierre Paquette, de la CSN, l’une des grandes difficultés avec les taxes à la consommation, c’est qu’il est pratiquement impossible, à la fin de l’année, de déterminer qui, de quel échelon de revenus, a payé quelle part de la taxe perçue par le gouvernement De même, la plupart des gens sont incapables de calculer combien ils ont payé de taxes sur les produits et services dans une année alors qu’ils sont en mesure de lire sur leur déclaration de revenus annuelle et sur leur talon de chèque de paie combien ils paient d’impôt Cette forme de taxation est donc moins transparente.Le ministre des Finances dit lui-même que pour les deux premières années d’application l’effet de sa réforme fiscale est neutre.Dans l’ensemble, les contribuables ne verseront pas moins d’argent au gouvernement.Mais la manœuvre est habile.Les salariés verront l’effet de la baisse de l’impôt sur leur paie dès janvier 1998.La hausse de la TVQ, ils la ressentiront avec moins d’acuité, puisqu’elle se répartit sur des milliers d’achats chaque année, quelques cents par ci, quelques dollars par là.Donc, la classe moyenne sort-elle gagnante?Ce sera bien sûr comme d’habitude aux contribuables d’en juger.Leur jugement viendra aux élections.Et ce jugement sera établi certes sur quelques calculs.Mais surtout, comme d’habitude, sur le sentiment d’être plus ou moins heureux aujourd’hui qu’hier.Ce sont toujours des critères subjectifs qui l’emportent il Àv 'Jl M É Montréal Pluie le matin, ciel variable en après-midi.Max: 3 Min: -3 T É 0 Québec Ciel variable.Max: 2 Min:-7 Détails, page A 4 » en INDEX .RI Idées , A 7 Annonces., .B 6 Le monde A 5 Avis publics .A4 Les sports A4 Bourse .B 6 Montréal A3 Culture .B 8 Mots croisés.B 6 Économie .B 4 Télévision B 7 Éditorial .A 6 CULTURE Le MF de Radio-Canada relance Vère du direct, page B 8 «•» MONTRÉAL Un Québécois invente un moteur d’auto révolutionnaire, page A 3 LE MONDE La Chine récompense Washington, page A 5 Landry donne d’une main et prend de l’autre MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le ministre d’Etat de l’Economie et des Finances, Bernard Landry, avait réservé une surprise aux contribuables pour son deuxième budget: une baisse d’impôt à compter de janvier 1998.Cependant cette bonne nouvelle est compensée par une mauvaise: il ordonne, à la même date, une augmentation d’un point du taux de la taxe de vente (TVQ) qui passera de 6,5 à 7,5 %.Dans la même veine, le ministre des Finances annonce une gamme de mesures visant à favoriser les investisse- ments et la création d’emplois qui lui coûteront quelque 300 millions de dollars.Par contre il rompt une promesse préréférendaire en privant les grandes entreprises du remboursement de la TVQ promis en 1995, ce qui représente une économie de 517 millions.Le gouvernement prévoit atteindre à la fin de 1997-98 son objectif de réduction du déficit qui baissera d’un milliard par rapport à cette année pour s’établir à 2,2 milliards tel que prévu à la loi anti-déficit A ce rythme, le déficit devrait être complètement éliminé en l’an 2000.Ce qui retient le plus l’attention de ce budget c’est la réforme fiscale qu’il contient et qui annonce déjà de quoi sera faite, au Québec, l’ère post-déficit: elle sera faite d’abord d’une baisse des impôts.En effet, en l’an 2000, une fois la réforme pleinement en vigueur, les contribuables du Québec paieront 280 millions de moins en impôt par année.Toutefois, cette diminution d’impôt n’affectera pas tout le monde de la même façon.Ainsi, les ménages gagnant 50 000 $ ou moins par année verront leurs impôts diminuer de 15 %.Les trois-quarts des ménages au Québec sont dans cette catégorie.Par contre, ceux dont les reve- VOIR PAGE A 8: LANDRY Réforme de la fiscalité Baisses d’impôt de 15 et 3 % Une déclaration simplifiée pour la majorité des contribuables MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC \ A partir du T'janvier 1998, les contribuables québécois paieront moins d’impôt, 15 % de moins pour les ménages gagnant moins de 50 000 $ et 3 % de moins pour les ménages gagnant plus de 50 000 $.En outre, la déclaration d’impôt comprendra une table d’imposition à trois paliers plutôt que cinq, pourra servir aux deux conjoints, tiendra dorénavant sur une page recto verso et comprendra un crédit d’impôt forfaitaire de 2350 $ pour ceux et celles qui le désirent Cette déclaration simplifiée visera près de 80 % des contribuables québécois.Les effets de l’importante, et surprenante, réforme de la fiscalité annoncée hier par le ministre des Finances Bernard Landry commenceront à se faire sentir, par la baisse de l’impôt retenu à la source, dès le T'r janvier prochain, soit avant la tenue des prochaines élections.Un an plus tard, les contribuables en tireront d’autres profits lors de la période de déclaration des revenus, soit avant le prochain référendum.Cette année, ni le gouvernement ni les citoyens ne feront d’argent avec la réforme.Financée en grande partie par l’augmentation de 1 % de la taxe de vente, les mesures annoncées hier réduiront de 841 millions le fardeau fiscal des particuliers d’ici la fin du siècle.Le ministre Landry décrivait hier sa réforme en termes de «liberté» fiscale.«C’est une manière de laisser les gens disposer de leur argent comme ils l’entendent», a-t-il dé- VOIR PAGE A 8: IMPÔTS LE DEUXIEME BUDGET DE BERNARD LANDRY ¦ Hausse de la TVQ La taxe de vente du Québec (TVQ) passera de 6,5 à 7,5 %, ce qui procurera des revenus additionnels de 675 millions par année à l’État.Les ménages à faibles revenus seront protégés de cette hausse par une bonification des crédits d’impôt pour taxe de vente.¦ Réforme de la fiscalité Une réforme de la fiscalité entraînera des baisses d’impôt de l’ordre de 15 % pour les ménages gagnant 50 000 $ ou moins par an.La réduction sera de 3 % pour les ménages gagnant plus de 50 000 $.Quelque 200 000 contribuables de plus n’auront aucun impôt à payer.Voici le niveau de revenu à partir duquel les contribuables paient de l’impôt 27317$ 30189$ Couple ayant deux enfants, un seul travail 20113$ 21155) Parent seul ayant un enfant 9964$ 10 695$ Célibataire vivant seul, moins de 65 ans ¦ Création d’emplois Les entreprises obtiendront un remboursement de 1200 $ de leurs taxes sur la masse salariale pour chaque emploi créé.Les nouvelles PME auront un congé de taxes et d’impôt de cinq ans.¦ Vers le déficit zéro Le déficit de l’exercice 1997-98 sera de 2,2 milliards grâce à une réduction des dépenses de 2,3 milliards.En 1997-98, le gouvernement dépensera 40,3 milliards, incluant 5,9 milliards pour financer sa dette; il récoltera 38 milliards, dont 32,3 milliards de façon autonome et 5,8 milliards provenant des transferts du gouvernement fédéral.Ce qui retient le plus l’attention de ce Discours sur le budget prononcé hier à l’Assemblée nationale par le ministre d’État de l’Économie et des Finances, Bernard Landry, c’est la réforme fiscale qui annonce déjà de quoi sera faite, au Québec, l’ère post-déficit: d’une baisse des impôts.Pour iout savoir sur le budget présenté hier y dm ¦ Les points saillants, page B1 ¦ Québec déleste 625 millions dans la cour des municipalités, page B1 ¦ Un plan d'investissement de 5,3 milliards pour la création d’emploi, page B 2 ¦ Les réactions au budget, page B 2 ¦ Les travailleurs à pourboire sont mis à contribution, page B 3 ¦ L’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon: Un vrai budget, page A 6 Les mesures annoncées par Landry réduiront de 841 millions le fardeau fiscal des particuliers d’ici la fin du siècle Un reliquat industriel: la fourrure Le cœur économique, le pouvoir financier du Québec habite la rue Sainte-Catherine et ses environs.Réputation oblige, entre Peel et Bleury, les grandes chaînes commerciales ont leurs vitrines.Seul le quartier de la fourrure témoigne du passé industriel des lieux.Pour le reste, c’est cahin-caha.Deuxième d’une série de quatre textes SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Peel, Mc Gill College, Bleury.C’est par là, la dernière nommée, qu’il faut commencer.Parce que c’est par cette artère que la bourgeoisie anglophone a quitté le Vieux-Montréal.Parce qu’elle est un point de chute.Parce qu’elle ceinture la dernière activité industrielle du centre-ville: la fourrure.L’espace qu’occupe le quartier de la fourrure est petit, mince.C’est quatre à six édifices de huit à dix étages.Aujourd’hui, selon les chiffres fournis par Bernard Vallée du collectif L’autre Montréal, la production de manteaux et capes en fourrure totalisent environ 70 % de ce quelle était il y a encore une vingtaine d’années.A quoi est donc attribuable ce recul de l’industrie?«Aux campagnes européennes de boycottage visant la fourrure naturelle.Elles ont fait mal», a constaté M.Vallée.Auparavant et pendant longtemps, certains des travailleurs, des ouvriers de cette industrie, habitaient dans le coin.Il en reste des traces.De maigres, très maigres traces.Où?Rue Bleury.entre Sherbrooke et Ontario.Lorsqu’il n’était pas à l’emploi des entreprises faisant dans la fourrure, ce petit monde était à l’emploi des ateliers de confection, imprimeurs et autres manufactures du coin.Tout cela a pratiquement disparu.Comment?Pourquoi?Le lent déclin économique de Montréal.«Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, de poursuivre M.Vallée, les politiques fédérales en matière de développement régional ont favorisé le déplacement de l’activité industrielle vers le centre du pays, principalement Toronto.» Ensuite, dans les années 60 et 70, mais surtout dans les années 60, «le déplacement à l’échelle mondiale des activités manufacturières a accéléré ce déclin.» Depuis peu, ces immeubles vidés de leurs activités industrielles se transforment lentement en des lieux où voisinent des services.Future Shop en est l’exemple le plus récent Future Shop et St-Régis Commissaire industriel à la Ville de Montréal, Pierre St-Marie a qualifié d’intéressante VOIR PAGE A 8: FOURRURE LA CATH K RIN E D'UN BOUT A L'AUTRE Cent mesures pour relancer les Forces armées JOCELYN COULON LE DEVOIR Reconnaissant que les Forces armées canadiennes traversent une grave crise, le ministre de la Défense nationale, Doug Young, a proposé hier cent mesures visant à redresser le moral des troupes, à réformer le système de justice militaire et à sensibiliser les soldats et les officiers aux questions de valeurs et d’éthique.D’ici la fin de l’année, les militaires obtiendront une augmentation de salaire et pourront faire part à un ombudsman de leurs récriminations envers leurs supérieurs.Les services d’enquête de la police militaire fonctionneront de façon indépendante de la chaîne de commandement alors que les procédures régissant les procès sommaires et en cours martiales se rapprocheront de celles utilisées devant des cours civiles.Enfin, les Forces armées vont mettre un accent particulier sur le développement des valeurs, de l’éthique et des qualités de chefs et sur la formation et l’éducation à tous les niveaux.Au cours d’une conférence de presse à Ottawa, le ministre a rendu publique une lettre, adressée au premier ministre Jean Chrétien, où il indique que les réformes qu’U propose découlent du constat que «les problèmes [des Forces armées) touchent des questions fondamentales comme les valeurs, le leadership, la justice militaire et la discipline».Il a affirmé qu’il se donnait deux ans pour mettre en VOIR PAGE A 8: FORCES Doug Young i 778313000665 I, E I) E V 0 I It , I.E M E It C It E I) I 2 (i M A It S II) I) 7 'A 2 ?LES ACTUALITES* Commissions scolaires linguistiques Les évêques se montrent souples L’Eglise approuve la création de nouvelles structures mais souhaite que des services confessionnels soient offerts dans les écoles Les évêques québécois ne sont pas contre la création de commissions scolaires linguistiques.Et la façon d’y arriver leur importe guère.Ils souhaitent cependant que des services confessionnels soient maintenus au niveau des écoles, de manière à respecter les EN BREF Français: amendes plus sévères Québec (PC) — Le gouvernement du Québec renforce les amendes pour les contrevenants à la Charte de la langue française.La ministre responsable du dossier linguistique, Mme Ixiuise Beaudoin, a rendu public un amendement en ce sens mardi, lorsque la commission parlementaire de la Culture a entrepris l’étude détaillée d’une loi pour renforcer la loi 101.Dans le cas d’un particulier qui enfreindrait la loi, l’amende minimale sera portée de 50 $ à 250 $.Pour une entreprise contrevenante, l’amende grimpe de 50 $ à 500 $.La loi 40, actuellement à l’étude devant l’Assemblée nationale, renforce la Charte de la langue française, notamment en resserrant le chapitre sur la francisation des entreprises et en rendant disponibles les logiciels en français.Immigration: pour un fonds régional (Le Devoir) Québec — Le président du Conseil des relations interculturelles (CRI), Arlindo Vieira, recommande au Québec de créer un Fonds d’appui à l'immigration en région.Dans un avis adressé hier au ministre Andre Boisclair (Relations avec les citoyens et immigration) et rendu public en conférence de presse, le CRI émet 18 recommandations au nombre desquelles la mise sur pied, dans chaque région, d’instances régionales de concertation sur cette décentralisation de l’immigration.Déjà, en 1988, le Conseil des communautés culturelles et de l’immigration, prédécesseur du CRI, avait déposé un avis sur la régionalisation souhaitable de l’immigration.Neuf ans plus tard, le CRI insiste sur «une expérience à revoir et à enrichir>, car certains des projets pour attirer des immigrants en région n’ont pas donné les résultats escomptés.Quelles que soient les initiatives à venir, il faudra que les autorités cherchent à impliquer les collectivités locales dans cette politique de régionalisation de l’immigration, signale M.Vieira.Si les divers ministères interpellés par cet avis donnaient suite aux recommandations, il y aurait bientôt à l’étranger un plan de promotion des régions et l’on doterait celles-ci d’enveloppes budgétaires.Population et immigration Ottawa (PC) — La croissance de la population au Canada demeure une des plus élevées du monde industrialisé, grâce en bonne partie à l'immigration, indique Statistique Canada.La population du pays s’est accrue de 1,3 pour cent en 1995, ce qui est quatre fois plus que la croissance enregistrée dans les pays appartenant à la Communauté européenne, a fait savoir l’agence fédérale mardi, dans un rapport sur la population et les tendances démographiques canadiennes.Cette croissance est également supérieure à la croissance des populations de l’Australie et des Etats-Unis.droits et libertés.PAUL CAUCHON LE DEVOIR L) Assemblée des évêques du Qué-' bec approuve la création de commissions scolaires linguistiques, mais ces futures commissions devraient être dotées de services confessionnels complets respectant les garanties prévues dans la loi 107 des années 80.Le président de l’Assemblée des évêques, MKr André Gaumond, de l’Archevêché de Sherbrooke, a apporté ces précisions hier, dans la foulée du projet gouvernemental de déposer une résolution constitutionnelle afin de «déconfessionnaliser» le système scolaire.L’Assemblée des évêques se montre assez souple sur le sujet.«Nous avons commencé à être favorables à l’établissement de commissions scolaires linguistiques en 1982, et aujourd’hui encore plus, a confié MKr Gaumond au Devoir.Il s’agit là d’une façon de faire évoluer le système correspondan DU DEVOIR A PARIS Ly émoi n’est toujours pas retombé ' en France après le drame survenu à Saint-Casimir, près de Québec, où cinq personnes, dont trois Français, sont mortes dans ce qui apparaît comme un suicide collectif.La police a immédiatement renforcé la surveillance d’une soixantaine de personnes soupçonnées d’être toujours membres de l’Ordre du temple solaire.Et l’on prête, dit-on, une attention particulière à ceux qui ont des enfants.Un enquêteur a confié au quotidien Le Parisien que les policiers n’hésitaient pas à contacter directement «des voisins ou même des employés de maison» afin qu’ils signalent «tout mouvement inhabituel».Hier, le ministre de la Justice, Jacques Toubon, a précisé devant le parlement que «l’instruction conduite au tribunal de Grenoble à la suite du drame du Vercors [un drame semblable survenu en décembre 1995] se poursuit dam le respect des droits de chacun.» L’Assemblée des évêques ne fera donc pas de batailles pour maintenir des commissions scolaires confessionnelles, quoique si des parents veulent se doter de telles commissions, «nous ne sommes évidemment pas contre si c’est simple à organiser et à mettre en place», ajoute-t-il.Même souplesse en ce qui concerne les moyens adoptés pour créer les commissions scolaires linguistiques: «Nous ne nous prononçons pas sur le choix des moyens», dit-il.Mais une fois ces nouvelles commissions scolaires créées pour remplacer les actuelles structures confessionnelles, les évêques québécois entendent sauvegarder l’enseignement confessionnel au niveau des écoles.Les évêques veulent voir maintenir un statut confessionnel pour les écoles, et veulent voir appliquer les garanties prévues par la loi 107, à l’époque où l’on ne parlait pas d’abolir l’application de l’article 93 de la Constitution.activement [.] avec la collaboration pleine et entière des autorités françaises, suisses et canadiennes».Selon certaines sources, on estime à 180 le nombre de fidèles en France qui n’auraient toujours pas rompu avec la secte.Au moment du massacre du Ver-cors, où 16 personnes ont trouvé la mort, on avait dénombré 576 personnes qui en avaient été membres.La plupart des spécialistes n’ont pas été étonnés par le drame de Saint-Casimir.«Il n’y a aucune raison que ça ne se reproduise pas», dit Maurice Bigot, président de l’Association de défense des familles et des individus contre les sectes (ADFI).Pour Jean-Marie Abgrall, psychiatre expert auprès de la cour de cassation de Grenoble, «il était facile de prévoir qu’un événement pouvait se produire à cette date».A cause du solstice du printemps, bien sûr, de la Ces garanties, ce sont, par exemple, la possibilité de choisir entre l’enseignement religieux et l’enseignement moral, un nombre d’heures garanti en enseignement religieux, le maintien dans les écoles de l’animation pastorale, la possibilité pour le parent de choisir le statut de l’école, etc.JJannée dernière, la ministre de l’Éducation, Pauline Marois, avait proposé de créer des commissions scolaires linguistiques dotées de comités confessionnels, un projet qu’elle a finalement retiré devant le tollé qu'il suscitait.Les évêques ne tiennent pas absolument à maintenir des comités confessionnels dans les commissions scolaires linguistiques.«De petits comités pourraient encadrer les services confessionnels, de dire M“r Gaumond, mais ce pourrait être aussi une personne dans chaque commission scolaire, qui coordonne les services, un conseiller d’éducation chrétienne.Autrement dit, les modalités d’encadrement sont multiples.» Évidemment, si la négociation constitutionnelle avec Ottawa se termine dans le sens souhaité par Québec, le gouvernement Bouchard n’aurait plus à se sentir obligé de maintenir dés services confessionnels.M" Gaumond croit qu’il s’agit là naissance (selon les adeptes) d’un «enfant cosmique le 22 mars et de l’anniversaire de l’exécution sur le bûcher du grand maître des templiers, Jacques de Molay, le 18 mars 1314».Abgrall rappelle que l’an dernier, à la même époque, les policiers français avaient renforcé leur surveillance.Des perquisitions avaient été réalisées chez plusieurs membres présumés de l’Ordre.L’expert, qui a accès au dossier de l’enquête, croit qu’on a ainsi empêché un «transit vers Sirius», autrement dit, un autre carnage.«Si on ne l’avait pas fait, le transit de cette année, au Canada, aurait pu avoir lieu l’an dernier, en France, dit-il.On l’a probablement reporté d’un an.» Mais la plupart des spécialistes restent pessimistes quant à la possibilité d’empêcher totalement de tels drames.«Cela arrivera encore, car il n’y a pas de raisom de croire que la secte ne recrute d’une question encore «ouverte» mais le cas échéant, il affirme que si tout service confessionnel est aboli dans les écoles «[les évêques auraient] à regarder si cela a une incidence en regard des chartes [des droits]».Le débat s’amorce Par ailleurs, le débat sur l’implantation des commissions scolaires linguistiques commencera aujourd’hui à l’Assemblée nationale sans la tenue d’une commission parlementaire, a indiqué hier le ministre Jacques Brassard.Le débat sur cette question sera par la suite suspendu «pour laisser le temps au gouvernement fédéral de donner des assurances que le processus constitutionnel [requis] sera complété de façon rapide et bilatérale», a indiqué M.Brassard.De plus, le gouvernement ne rendra pas publiques les études juridiques sur lesquelles il s'appuie pour justifier la voie qu’il a choisie afin d’implanter des commissions scolaires linguistiques.«C’est un ancien usage justifié par les circonstances que les gouvernements ne déposent pas publiquement les avis juridiques sur lesquels ils s’appuient», a affirmé le premier ministre Lucien Bouchard.pas de nouveaux adeptes», dit Abgrall.Les médias français ont largement fait état du drame.TF1, la première chaîne de télévision, allant jusqu’à y consacrer hier soir un débat d’heure et demie.La sœur d’une des victimes, Didier Quèze, a par ailleurs déclaré que la dernière fois que son frère est venu en France, c’était pour recruter des associés.Il était alors brouillé avec Bruno Klaus, l’autre homme retrouvé mort à Saint-Casimir.Didier Quèze — instituteur du Havre devenu boulanger en Savoie avant de s’occuper d’une ferme au Québec — aurait alors confié qu’en ce qui concernait les massacres précédents, il aurait fallu épargner les enfants.«C’est terrible de vivre ça», se contente de dire son père, Jean Quèze, qui a été interrogé cinq heures par les policiers.Il attend d’ailleurs impatiemment ses petits-enfants, Fanny (14 ans), Torn (13 ans) et Julien (16 ans), miraculeusement épargnés.Dès leur arrivée, ils seront interrogés par les enquêteurs français.OTS La surveillance est renforcée en France Le drame de Saint-Casimir pourrait se reproduire, disent les spécialistes CHRISTIAN RIOUX On estime à 180 le nombre de fidèles en France qui n’auraient toujours pas rompu avec la secte NOUVEAUTÉ PARTIES INTIMES 2‘ édition Yosh Taguchi, M.D.Merrily Welsbord 352 pages, 19,95 S Un ouvrage franc et direct, agréable à lire et à consulter, qui s’adresse tant aux hommes qu’aux femmes qui les aiment.La plupart des hommes en savent plus sur leur voiture que sur le fonctionnement de leur propre corps.Et quand il est question de la santé de leurs parties intimes, même les hommes cultivés et intelligents deviennent gênés et irrationnels, préférant ignorer un problème en espérant qu’il va se régler tout seul et en ne consultant leur médecin qu’en dernier recours.Cet ouvrage, qui veut mettre fin aux superstitions et aux idées courantes souvent fausses et exagérées, soulève enfin la feuille de vigne du nu masculin.Le D' Yosh Taguchi, éminent urologue de Montréal, ne craint pas de dire la vérité toute nue, sans complications inutiles, sur la structure, le fonctionnement et les maladies de l’appareil génito-urinaire de l’homme, l’importance de consulter un urologue et de bien comprendre les traitements qu’il peut prescrire.Cette édition revue et augmentée présente les plus récents développements dans le traitement du cancer de la prostate et inclut trois nouveaux chapitres sur l’incontinence, les infections urinaires et les affections du rein.GUÉRIN, éditeur Itée 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur: (514) 842-4923 Adresse Internet: http://www.Iidec.qc.ca warns______________________________ FONDATION T QUÉBÉCOISE DU CANCER \Un\hmlH-itu mieux-être des personnes umm(« j un uncr Montic*.»l (5 14) 527-219-4 Extérieur 1 800 363-0063 Blacks INTERNATIONAL DEPUIS 1863 Nous avons reçu la gamme de vêtements printemps - été 1997 de DEUX MAGASINS 1101, av.Laurier ouest, Outremonl, Tél.: (514) 271-1314/2126 3525, di.Queen Mary, Montréal, Tél.: (514) 739-4451/2141 Bouchard entend rétablir la réputation du Québec à l’étranger NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — Le Québec va lancer une campagne de publicité à l’étranger pour contrer les «sornettes» qu’on y colporte à son sujet, a annoncé hier le premier ministre Lucien Bouchard.«J’ai consacré du temps dans ma journée à la préparation de la campagne qui va nous permettre de redresser ces sornettes à l’étranger», a dit M.Bouchard à l’Assemblée nationale.C’est la députée de Lapinière, Fatima Houda-Pépin, qui a soulevé un article publié dans le journal américain Boston Globe, où on traitait Montréal de «ville éclatée» parce que «les séparatistes font fuir les anglophones et chuter l’économie».Le premier ministre Bouchard a qualifié ces propos de «hargneux, arriérés, injustes et fielleux», reprochant à l’opposition libérale d’y faire écho.Déjà, certains contribuent à rétablir à l’étranger la réputation de la Métropole et du Québec, a noté le premier ministre.Il a cité à cet égard le groupe de gens d’affaires dirigés par Brian Levitt, l’analyste financier new-yorkais du Wall Street Journal Jack Dempsey «qui conclut que Montréal refait surface avec ses grands avantages», ou encore la récente décision de la papetière Abitibi-Consol d’installer son siège social à Montréal.Quant au ministre responsable de la Métropole, Serge Ménard, il estime que des articles du genre de celui du Boston Globe «sont calomnieux.Ce sont des tissus de mensonge».Le ministre a cité un extrait de l’article où un psychologue prétend que la moitié de la population ne dort pas la nuit à cause de son inquiétude.Selon M.Ménard, ce serait plus facile de préserver la réputation du Québec si on cessait d’utiliser des expressions comme «police de la langue» pour désigner la Commission de protection de la langue française que le gouvernement veut réinstaurer.«Le mot police exprime l’idée d’arrestation, d’incarcération.Les inspecteurs [dans le dossier linguistique] utilisent leur jugement et aident les gens à se corriger pour se soumettre à la loi.Cessons d’utiliser des termes qui nuisent à Montréal», a dit le ministre Ménard.La députée Houda-Pépin a soulevé l’importance de «corriger cette image dévastatrice» du Québec, compte tenu du fait que les échanges économiques entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre s’élèvent à 9,2 milliards par année.Quant au chef de l’opposition, Daniel Johnson, il a a rappelé qu’il avait lui-même mis en place la Société Innovatech de Montréal pour le développement économique de la région, au point qu’un journal titrait récemment que «la Métropole s’ennuie de Daniel Johnson».(NSEMBLE POUR TOUJOURS Jonc anniversaire u à diamant sur OR 14 CARATS Total 25 Pts Vente 288 $ 5o po Vente 488 $ ikt Vente 888 $ d&LE PARCHEMIN DEPUIS ISt( Nos diamants et pierres précieuses sont sélectionnés par le laboratoire Gemmologique du Canada Mezzanine, MÉTRO Bern UQAM, 1500, nie Bern Montréal 845-5243 sans frais 1-800-667-6878 Joignez NOTRE force ouvrière.Vous cherchez un emploi?Vous désirez apprendre un métier?Vous envisagez une carrière?Vous trouverez tout ça dans les Forces armées canadiennes.Que vous soyez un homme ou une femme, joignez-vous à notre équipe dès MAINTENANT et participez à cette grande tradition canadienne de fierté.Pour plus de renseignements, passez à un centre de recrutement ou composez 1 300 856-8488 www.recrutement.dnd.ca Ce pourrait être la meilleure décision de votre vie.m Défense National Régabinetskréstm nationale Defence Canal 13 REVUE DE PRESSE De Chrétien à Charest, un air d’élection La presse du Canada GILLES LESAGE DE NOTRE .BUREAU DE QUEBEC e vous y trompez pas: il y a des élections dans l’air .à Ottawa.On s’en doutait bien un peu depuis un bon moment, mais là ça doit être vrai, puisque c’est Jeffrey Simpson lui-même qui le proclame, en titre de sa chronique pour The Globe and Mail.Il n’y a aucune espèce de raison valable pour laquelle il doit y avoir une élection anticipée au Canada, probablement le 2 ou le 9 juin.«Les libéraux pourraient gouverner jusqu’à l’automne 1998, mais le momentum derrière les coulisses à'Ottawa incline de façon irrésistible pour juin.» Simpson, qui observe la scène politique depuis une vingtaine d’années, note que le premier ministre devrait donner un signal très clair s’il ne veut pas d’élection anticipée.Car la machine est en marche et, s’il tente de la stopper fin avril ou début mai, on dira qu’il a peur.Si M.Chrétien va en élection rapidement, c’est tout simplement parce qu’il pense la gagner facilement.«Pourquoi attendre?demande Simpson.Personne ne proteste, même si on le devrait.Les conservateurs et le Reform, en dévoilant leur programme, acceptent implicitement une campagne anticipée, lxs sondages sont bons.Le gouvernement n’a plus aucun projet à présenter au parlement.Aussi, faisons campagne, finissons-en et le PM pourra jouer au golf durant l’été.» Et lui, Jeff, à quoi jouera-t-il alors?Quant au programme électoral rendu public récemment par Jean Charest, il continue de soulever de multiples commentaires au Canada anglais.On ne comprend surtout pas pourquoi il veut faire la promotion du concept dé société distincte pour le Québec.Ainsi Catherine Ford, columnist pour The Calgary Herald, opine que le chef tory se peinture dans le coin dans l’Ouest avec cette proposition.«Vendre un statut de société distincte en Alberta pourrait avoir quelque chance — tel une balle de neige en enfer—mais une seule personne pourrait l’essayer, et son nom est Ralph, pas Jean.» «La question du Québec est loin d’être résolue, écrit-elle, et la colère envers les aspirations des francophones continue dé faire rage.» La seule chance qu’a Charest de faire des gains, c’est que le Reform n’a pas réussi, en quatre ans, à se donner une stature nationale.C’est aussi l’avis de William Thori sell, rédacteur en chef pour The Globë and Mail.Il y a un temps pour chaque chose, et celui du Reform Party est pasv sé: tel est le titre explicite de sa chrtF nique hebdomadaire.«En fin de compote, conclut-il, le Reform est un eunuque en politique canadienne, capable de faire un tort considérable mais incapable dé formuler un projet d’avenir pour le pays, uni.Le Reform a servi d’autres objectif importants, temporaires, pour lesquels on lui doit respect.Mais le Canada n’est pas un objectif temporaire, et d’autres doivent prendre le relais.» The Gazette a consacré plusieurs autres commentaires au programmé électoral de Jean Charest.«Ce qui dis» tingue surtout les Tories des Réformistes,1 conclut l’éditorial, c’est une perspective nationale qui inclut la reconnaissance de' la société distincte et le désir d’accommoder les aspirations légitimes des Québécois.Cela peut être aussi leur talon d’Achille.Les partisans du Reform — les électeurs que M.Charest courtise — oM été moins charitables envers les Québécois que bien d’autres Canadiens.Le défi de M.Charest consiste à les convaincre que leurs attentes peuvent être mieux comblées par un parti national qui est ouvert aux besoins de tous les Canadiens.» Deux chroniques dans The Gazette portent un titre semblable, le même jour d’ailleurs.«Les chiffres des Tories ne s’additionnent pas», note Cilles Gherson, de Southam News.«Les maths tories: ce qui semble bon pour les électeurs pourrait bien ne pas s’additionner», écrit Peter Hadekel, qui conclut: «Le gouvernement fédéral est déjà très mince.Charest le rendrait anorexique.» Les deux columnists font ressortir la difficulté énorme de concilier la situation actuelle des finances publiques avec les promesses mirobolantes de Charest, un étrange mélange à la Klein, à la Harris et à la Manning, comme a écrit The Gazette par ailleurs.Dans le Maclean’s Magazine, Peter C.Newman se demande — en l’espérant, évidemment—si Daniel Johnson pourra surmonter Bouchard.Ce serait folie que de mettre de côté le chef libéral qui a failli battre Parizeau et qui a gagné le référendum de 1995, écrit le gourou torontois.Il rappelle que son père, du même prénom, avait le même problème, il y a 30 ans, face au charismatique Jean Lesage.«Quand on vous a déclaré mort si souvent, disait le père au jeune correspondant du Time Magazine en 1966, c'est une résurrection remarquable.Puisse l'histoire se répéter», espère le columnist du Canada’s Werifiy News Magazine.t » L E I) E V 0 I It , L E M E It C It EDI 2 (i M A It S I !) I) 7 A 3 -» Le devoir «-3- MONTREAL Richard Therrien devant le Conseil de la magistrature «Si le ministre a été piégé, je l’ai été aussi.» Pour l’avocat Therrien, il était évident que le ministre de la Justice connaissait ses démêlés avec la justice Le juge Richard Therrien a expliqué hier devant le Conseil de la magistrature pourquoi il n’avait pas parlé de ses antécédents judiciaires les deux dernières fois qu’il a comparu devant un comité de sélection.À ses yeux, il était impensable que le ministre de la Justice n’ait pas tout appris, d’une façon ou d’une autre.ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE Après avoir vu un poste de juge lui passer sous le nez à deux occasions, Mc Richard Therrien a décidé de taire ses antécédents judiciaires devant les comités de sélection et de laisser le ministre de la Justice décider du sort que l’on réserverait à sa candidature.Voilà l’explication fournie hier par le juge Richard Therrien devant le comité du Conseil de la magistrature du Québec chargé d’étudier la plainte déposée par le ministre de la Justice, Paul Bégin, selon laquelle le juge Therrien n’a pas la dignité requise pour exercer sa fonction.«f avais la certitude que le ministre de la Justice serait informé de mes antécédents judiciaires», a expliqué M.Therrien, qui croyait également que le ministre donnerait «plein effet au pardon obtenu».«Aurais-je pu prévoir ce qui est arrivé?a-t-il demandé.Si le ministre a été piégé, je l’ai été moi aussi d’une certaine façon.» «j’ai laissé suffisamment de traces dans ma vie: aux libérations conditionnelles, dans les journaux, à la prison de Parthenais, à Bordeaux.Il y a eu deux commissions d’enquête, mon nom a été cité à l’enquête Keable, dans des livres sur les événements d’octobre, dans les procédures pour obtenir un pardon et dans divers documents officiels.J’ai signalé mes antécédents judiciaires à deux comités de sélection pour le poste de juge.[.] J’ai été secrétaire de comté pour un député péquiste dans Abitibi-Est [à la fin des années 70], j’ai rencontré la députée Pauline Marois à son bureau de comté [autour de 1993-94], Comment aurais-je pu prévoir ce qui est arrivé?» a lait valoir le juge Therrien.La vérification sur l’existence des démêlés avec la justice du candidat Therrien menée par la Sûreté du Québec n’a pas permis au ministre d’apprendre que Richard Therrien avait été condamné en 1971 à un an de prison pour avoir aidé trois felquistes à se cacher dans l’appartement qu’il partageait avec sa sœur à l’automne 1970, au moment où il venait d’entreprendre ses études en droit à l’Université de Montréal.Le préposé à cette tâche n’a pas vu l’information sur son écran.Quand Richard Therrien a appris au téléphone le 18 septembre 1996, de la bouche même du ministre Bégin, que le gouvernement l’avait nommé juge de la Cour du Québec à Longueuil quelques heures auparavant, il était bien «étonné», a-t-il dit «Ça dû paraître dans ma voix parce qu’il a noté que je semblais surpris mais m’a dit que des gens a vaient jugé que j’avais la capacité d’être juge», a-t-il précisé.«J’ai pris pour acquis qu’il savait ce qu’il faisait, qu’il connaissait mes antécédents judiciaires et qu'il me nommait en toute connaissance de cause.\.\Je croyais qu’il savait et qu’il voyait comment je m’étais réhabilité.Je me suis sécurisé avec ça», a soutenu le juge Therrien.11 a été assermenté le 18 octobre 1996 et n’a été sur le banc que du 21 octobre au 13 novembre, date à laquelle l’existence de ses antécédents judiciaires a été révélée à l’Assemblée nationale.Dans la première partie de son témoignage, le juge Therrien a raconté l’impact qu’il a créé quand, en 1991 et 1993, il a parlé de ses démêlés avec la justice devant deux comités de sélection pour le poste déjugé.«La première fois, les gens ont été surpris.La dame qui représentait le public m’a regardé et m’a demandé si j’avais été felquiste.Ça s’est arrêté là», a-t-il exposé.Au deuxième concours, quand il a fourni une brève explication, les membres du comité ont semblé embarrassés.«U n’y a pas eu de discussion.Ils se regardaient en se demandant ce qu’ils allaient bien faire avec ça.Ça barrait tout», a-t-il dit Au troisième comité, la question ne lui a pas été posée.«Si elle l’avait été, ma décision était prise: je ne l’aurais pas dit.» Richard Therrien a avoué avoir eu un certain malaise à affirmer qu’il n’avait pas eu de démêlés avec la justice lors de son passage devant le quatrième et dernier comité de sélection, en 1996.«J’avais un certain malaise mais je n’avais pas de doute que je pouvais dire non», a-t-il dit Les audiences du comité du Conseil de la magistrature se poursuivent aujourd’hui.SBm Swlilr iSS-S" Arertdw: H&c&wsxntm, sctoltummm .____ COMPRESSION ÉCHAPPEMENT :x r WHfl Wmÿm ABOLITION DE 15 OOO POSTES DANS LA FONCTION PUBLIQUE vin?.fleurs ?.INNOVEZ ! ¦ Plein de couleurs et de santé ¦ Mini, moyen, gros ou énorme ‘ On l’apporté oit vous voulez un coup de fil suffit : 866-2686 Panier de fruits artistique et exquis Les enseignantes et les enseignants des syndicats membres FÉDÉRATION AUTONOME DU COLLÉGIAL (FAC) 1259, rue Berri • Bureau 400 • Montréal (Québec) H2L 4C7 • Tél.: (514) 848-9977 • Télécopieur : (514) 848-0166 • Internet : fac@lafac.qc.ca ADMISSION EXPANSION RETOUR Un ingénieur d’Hydro invente un moteur d’auto révolutionnaire Fonctionnant à cinq temps, il consomme moins de trois litres d’essence aux 100 km Invitation SpéciaCe CATHÉDRALE MARIE-REINE-DU-MONDE m K • MERCREDI SAINT, le 26 mars à 20 h, la Messe Chrismale sera concélébrée par plus de 300 prêtres sous la présidence de M.le cardinal Jean-Claude Turcotte.• JEUDI SAINT, le 27 mars à 20 h, la messe de la Cène du Seigneur sera présidée par Mgr Pierre Saint-Cyr, curé de la Cathédrale.?VENDREDI SAINT, le 28 mars à 15 h, la méditation du Chemin de la Croix sera présidée par Mgr Pierre Saint-Cyr en présence de M.le Cardinal Turcotte; à 17 h, Mgr Jude Saint-Antoine, évêque auxiliaire, présidera l’Office de la Passion en présence de M.le Cardinal Turcotte.?SAMEDI SAINT, le 29 mars à 20 h, M.le Cardinal JeanClaude Turcotte présidera la Veillée pascale.?DIMANCHE DE PÂQUES, le 30 mars à 11 h, la messe de la Résurrection sera présidée par le curé de la Cathédrale, Mgr Pierre Saint-Cyr.Information: 866-1661 SV La fête des jeux JACQUES GRENIER LE DEVOIR LES JEUX de Montréal ont vingt ans! La championne olympique de plongeon Annie Pelletier accompagnait la présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal et responsable des sports et loisirs, Noushig Eloyan, pour souligner l’anniversaire de l’événement qui a vu défiler 300 000jeunes.Du 2 au 6 avril prochain, le Centre Claude-Robillard accueillera les 5000jeunes participants des 20' Jeux.Bonne fête les Jeux! LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Moins de trois litres aux 100 km avec un moteur à combustion de deux litres?L’impensable serait désormais possible avec un moteur à essence révolutionnaire, un moteur à cinq temps, dévoilé en première mondiale hier au département de génie mécanique du cégep de Saint-Jérôme.Et tenez-vous bien: l’inventeur, Maxime Paquette, est un employé d’Hydro-Québec, un ingénieur spécialisé en formation, qui a réalisé depuis onze ans sept prototypes successifs avec les élèves de ce cégep et qui a finalement obtenu un brevet en bonne et due forme du Bureau des brevets des Etats-Unis en 1994.Comme beaucoup ^’inventeurs, il a cogné aux portes.A des dizaines de portes: de la direction d’Hydro-Québec, qui semble allergique aux inventeurs de moteurs, jusqu’à Bombardier, en passant par Polytechnique et des ministres québécois.Ce sont finalement des chercheurs de McGill qui pourraient bientôt prendre la relève si la petite entreprise, qui a déjà investi 200 000 $ dans l’aventure et 15 000 heures non payées.se trouve de nouveaux partenaires, financièrement musclés.Le dernier moteur à combustion vraiment nouveau remonte à 1947 alors qu’un certain Wankel inventait le moteur rotatif.Mazda l’a finalement mis au point 30 ans plus tard.L’intérêt de ce moteur à cinq temps réside fondamentalement dans son efficacité énergétique théorique qui pourrait se situer entre 50 et 60 % alors que les moteurs conventionnels, à quatre temps, dépassent rarement 30 %, ce qui signifie qu’ils rejettent à l’air libre 70 % au moins de l’énergie du carburant utilisé avec d’intenses émissions de gaz carbonique, précurseurs de l’effet de serre.Cet engin surprenant nécessite environ la moitié des pièces d’un moteur conventionnel du fait qu’il n’utilise aucun système d’alimentation traditionnel avec des valves, ni coudes pour les pistons.En somme, la tête du moteur disparaît, ce qui réduit sensiblement la friction, et les pistons ne sont pas montés sur l’arbre central mais en parallèle.Son principe est désarmant de simplicité.Il ressemble à un moteur à deux temps qui s’alimente et évacue ses gaz par des orifices dans la paroi.La différence fondamentale, c’est qu’il utilise deux pistons fonctionnant face à face.Au lieu de s’ouvrir avec des valves pour aspirer l’essence et l’air, le sommet de la chambre de combustion s’ouvre grâce au déplacement d’un piston du même diamètre que le piston générateur de puissance.Chaque chambre de combustion génère ainsi une explosion à chaque tour du moteur, contrairement à une explosion aux deux tours dans le moteur à quatre temps.Les deux pistons, qui fonctionnent aux deux bouts de la même chambre, sont synchronisés par deux grosses cames, situées aux deux extrémités du moteur, qui agissent simultanément comme volant d’inertie.Les pistons travaillent ainsi en droite ligne, n’étant plus reliés à l’arbre central par des coudes qui engendrent une usure de la chambre en forme d’ovale.Le temps de combustion peut ainsi être ajusté de façon optimale, ce qui permettrait, théoriquement, de réduire les émissions de C02 de 31 % et davantage pour les produits toxiques, tout en réduisant de moitié la consommation de pétrole et le poids du moteur.Mais pour l’instant, le prototype toussote, alimenté par des carburateurs sous-dimensionnés de moto en attendant des injecteurs calibrés.Mais le fameux moteur a néanmoins tourné, pour vrai, après des années d’essais, confirmant la théorie de ses inventeurs, qui rêvent maintenant de le faire ronronner comme un chaton.PRIORITÉS GOUVERNEMENTALES LE SYNDROME SM.\»C< RIO to MESURES GOUVERNEMENTALES 1, E I) E V 0 I R , L K M E R C R E I) I 2 6 M A R S I !) !) 7 LE DEVOIR I .rat M A R S 1!) !) 7 EDITORIAL Un vrai budget Jean-Robert Sansfaçon Dans le contexte économique et financier extrêmement difficile que traverse le Québec, le deuxième budget Landry présente l’immense intérêt de sortir des lieux communs pour s’attaquer, enfin, à la complexité de la fiscalité, la lourdeur des impôts des particuliers et des PME et la léthargie en matière d’investissements.Impossible de prévoir toutes les conséquences de l’épais catalogue de mesures annoncées, mais une analyse préliminaire fait croire au réalisme des mesures autant qu’à leur pertinence.e ministre d’État de l’Économie et des Finances, M.Bernard Landry, a surpris tout le monde en présentant un budget aussi touffu, aussi substantiel, qui maintient le cap sur la disparition du déficit tout en proposant une foule de mesures destinées à stimuler la création d’entreprises et d’emplois.Et comme si cela n’était pas assez, il annonce pour l’an prochain une réforme de la fiscalité qui profitera, à terme, à tous les contribuables, surtout aux moins fortunés.Au total, il n’y aura pas de baisse réelle d’impôts et de taxes, mais qui aurait pu s’attendre à quelque cadeau fiscal que ce soit alors que l’on vient de sortir d’une période mouvementée de négociations dont les 400 000 employés de l’État feront les frais.Ce que le gouvernement remettra dans la poche des contribuables par l’entremise de sa réforme de l’impôt sur le revenu des particuliers, à partir de janvier prochain, il le reprendra par la hausse de un point de la TVQ.De plus, parce qu’il entend transférer certaines de ses responsabilités vers le palier local, ce sont plusieurs centaines de millions de dollars supplémentaires qui s’ajouteront ainsi au fardeau des contribuables partout au Québec, à moins que les municipalités ne trouvent un moyen rapide et efficace pour réduire leurs dépenses.A ce propos, le ministre Landry livre un message très clair à l’intention des municipalités, il les pousse au pied du mur et les invite à sabrer dans leurs coûts de main-d’œuvre, qui sont de loin les plus élevés parmi tous les employeurs du Québec.Du même souffle, il les assure de sa collaboration pour conduite cette offensive, sans toutefois préciser la nature d’un tel soutien.Or, sans une réduction des coûts de main-d’œuvre, ce sont les propriétaires qui devront absorber seuls les hausses de taxes des municipalités et des commissions scolaires, le grand nombre de logements inhabités leur interdisant toute augmentation des loyers.Il n’y a donc pas de sortie magique de la crise des finances publiques, et ce budget Landry, par delà ses aspects les plus spectaculaires, force à s’en rappeler.Malgré tout, pour l’année en cours, seules quelques augmentations affecteront le revenu des contribuables: une hausse de quelques cents de la cartouche de cigarettes, une autre de 28 $ du certificat d’immatriculation destinée à l’amélioration du réseau routier et une dernière visant spécifiquement les acheteurs de voitures de luxe.Évidemment, ces quelques augmentations viennent s’ajouter aux hausses annoncées l’an dernier qui sont entrées en vigueur en janvier, de même qu’aux augmentations de la taxe scolaire décrétée la semaine dernière.C’est donc l’an prochain que nous verrons les effets de la réforme fiscale d’envergure qui constitue le cœur de ce budget Landry.Une réforme bienvenue, qui ne révolutionne pas la façon de percevoir les impôts, mais qui se situe au contraire dans la lignée des changements qui tendent à réduire l’impôt sur les revenus des individus pour lui substituer des taxes ou des tarifs.Ce qui a pour effet d’encourager le travail en laissant les individus libres de dépenser ou d’épargner à leur guise.Le projet répond aussi à une des exigences de tout régime fiscal, la simplicité, et en ce sens, il est susceptible d’améliorer un tant soit peu la confiance des contribuables à l’égard du fisc.Par exemple, en introduisant une nouvelle déduction fiscale uniforme susceptible de remplacer avantageusement la kyrielle de crédits actuels pour la vaste majorité des contribuables; par exemple, encore, l’introduction d’un formulaire d’à peine deux pages disponible pour la plupart des gens, ou la possibilité de remplir un seul formulaire par couple, toutes mesures qui permettront d’éviter un grand nombre d’erreurs.Par ailleurs, la réforme promet de réduire d’autant que 15 % l’impôt payé par les familles dont le revenu ne dépasse pas 50 000 $ et de 3 % celui des ménages à revenus plus élevés.Ces baisses, qui seront surtout profitables pour les salariés à revenus modestes, s’ajouteront aux crédits pour enfants plus généreux prévus dans la politique familiale de Mme Marois.Puisqu’il faut bien compenser un tel manque à gagner évalué à 800 millions, le gouvernement a Ce deuxième budget Landry met un terme à plusieurs années de médiocrité choisi de hausser la TVQ de un point de pourcentage.Ce qu’on aurait souhaité éviter, mais tenant compte du généreux crédit TVQ qui sera ajouté pour les familles à revenus modestes, le choix de troquer une baisse des impôts contre une hausse de la 'TVQ répond aux exigences d’une fiscalité moderne.Un impôt sur le revenu trop élevé décourage le travail et l’investissement et encourage le travail au noir, un problème d’autant plus grave que les hausses déjà prévues des cotisations au Régime des rentes du Québec viendront rapidement réduire le revenu disponible de travailleurs au cours des prochaines années.Quant à l’effet négatif d’une hausse de la TVQ sur les dépenses de consommation, soyons assurés que l’annonce précoce de ce changement incitera fortement les consommateurs à se procurer certains biens coûteux avant le premier janvier prochain, ce qui pourrait avoir un effet stimulant appréciable sur la croissance d’ici la fin de la présente année.Avec l’Ontario de Mike Harris qui a promis de réduire de 30 % l’impôt sur le revenu dans sa province, la situation du Québec devenait excessivement délicate.Comment, en effet, accorder la priorité à l’assainissement des finances sans augmenter le fardeau fiscal global et nuire ainsi à la compétitivité du Québec?A cette question, le budget Landry tente une réponse nuancée qui mérite d’être soulignée.Les familles québécoises à revenu moyen avec des enfants étant déjà moins lourdement taxées que leurs homologues ontariennes, la baisse d’impôt promise par la réforme Landry leur permettra d’améliorer leur sort d’une façon appréciable.Par contre, pauvres célibataires! L’Ontario restera pour vous une terre de prédilection incomparable.au plan fiscal, cela s’entend.Il faudra donc attendre l’an 2001 pour aller plus avant dans la réduction du fardeau de l’ensemble des Québécois.Autre élément de comparaison entre le Québec et l’Ontario: la fiscalité des entreprises.M.Landry annonce qu’il annule la mesure de remboursement de la TVQ sur certains intrants, mesure promise aux grandes entreprises par son prédécesseur, Jean Campeau.C’est là une affaire de 517 millions par année qui ne recevra certainement pas la bénédiction du grand patronat.Mais ici aussi, la comparaison avec l’Ontario autorise une telle décision, puisque les entreprises ontariennes n’ont accès à aucune déduction de leurs intrants, la taxe de vente de cette province n’étant pas harmonisée à la TPS comme c’est le cas chez nous, et que leurs impôts sur les profits sont plus élevés.Par contre, les taxes sur la masse salariale y sont moins fortes et, là, M.Landry se contente de promettre un remboursement de 1200 $ des taxes sur la masse salariale pour la création de nouveaux emplois.Bien, mais peu compte tenu de la rupture d’un engagement qui privera les grandes entreprises d’un demi-milliard par année.Ce qui nous amène à cette astuce Landry, digne de son ancien patron Jacques Parizeau, qui, en informant les grandes sociétés de la mauvaise nouvelle, ajoute du même souffle qu’il pourrait changer d’idée le jour ou Ottawa acceptera d’offrir au Québec une compensation équivalente à celle qu’il a versée aux Maritimes l’an dernier.Astucieux, certes, mais probablement insuffisant pour faire plier MM.Chrétien et Martin.La hausse de la TVQ à 7,5 % l’an prochain, ajoutée au refus de compenser les grandes entreprises, équivaut à une forme de remise en cause de l’harmonisation parfaite de la TVQ et de la TPS, ce qui n’est pas une bonne nouvelle, mais démontre par l’absurde qu’Ottawa n’a pas pris la bonne route pour parvenir à une uniformisation des taxes de vente à travers le pays.En plus des mesures fiscales proprement dites, le budget Landry annonce plusieurs autres programmes sur lesquels il faudra revenir.Mentionnons, au passage, des programmes d’incitation à l’investissement privé susceptible de générer quelques milliards de nouveaux projets, surtout dans les secteurs de haute technologie, une aide substantielle au développement de PME et des investissements publics dans les réseaux de l’éducation et de la santé conçus pour faciliter les réformes déjà en cours ou prévues pour bientôt.En somme, voilà un vrai budget.Il est trop tôt pour apprécier les effets, positifs ou négatifs, d’une telle somme de propositions.Mais enfin, avouons qu’il y a à boire et à manger pour tout le monde ! * A la défense de l’agriculture biologique Réponse à un article de Bernard Chartier, Les pelés et les galeux de l’agriculture, paru dans la page Idées, le 24 février 1997 Monsieur le fonctionnaire, j’ai lu votre plaidoyer en faveur de l’agriculture et de l’élevage industriel.Vous remettez à César ce qui lui revient en faisant honneur au travail de l’agriculteur, en faisant valoir les heures (nombreuses) et les sommes (nombreuses) qu’il a investies dans son entreprise.Bien.Vous attaquez cependant avec beaucoup de virulence l’agriculture biologique.LETTRES -?- Cette dernière, au contraire de ce que vous avancez, ne refuse pas la science.Elle la cite lorsqu’elle donne les résultats d’analyse des contenus nutritionnels des végétaux et céréales produits de façon commerciale et biologique.La science donne aussi à l’agriculture biologique des arguments de taille démontrant les causes à effet de ce que nous ingurgitons et les maladies dites de dégénérescence.Monsieur Chartier, c’est parce que nous sommes informés que nous ne pouvons plus avaler n’importe quoi.Je pense aussi que c’est vous qui êtes trop imprégné de fdms américains.L’explosion démographique n’est pas la seule cause des «méga fermes» ou des «méga cultures».C’est parce que les multinationales peuvent acheter plus et à moins cher qu’elles prennent entente avec des producteurs «commerciaux».C’est une question de «profits», Monsieur Chartier, uniquement une question de «profits».Vous ajoutez que l'agriculture biologique est une négation du bon sens.Mais de quel bon sens s’agit-il Monsieur Chartier?Certainement pas celui associé à la protection de notre hôtesse la Terre, à la qualité de ce que nous mangeons ou à la conservation d’un de nos biens les plus précieux: notre santé! Josée Barrette Montréal, 10 mars 1997 f ou (,£5 -£J ou SC tNïoir W Remit Aie c K MiltSm Tous ms un ftfcl«- A tt-WL I , 'ÆÈk .e Québec l’a échappé belle.LEt le PQ aussi.Du moins, pour le moment.La semaine dernière, il s’en est fallu de peu pour qu’on soit l!==W plongé dans un psychodrame semblable à celui des décrets imposés à la fonction publique en 1982.N’eût été d’une entente de dernière minute, c’est toute la société québécoise et le mouvement souverainiste qui auraient subi les dures secousses d’un affrontement 11 fallait donc éviter la confrontation.Ce qui fut fait.Le premier ministre, son caucus et les syndicats ont réussi à préserver une paix sociale qui demeure néanmoins précaire.Quant à l’option souverainiste, elle n’aura pas à souffrir d’un éclatement des troupes qui aurait résulté d’une reprise de 1982.Il reste toutefois à voir si la «belle journée de solidarité» de vendredi dernier ouvrira enfin la voie à un quelconque espoir sur le front névralgique de l’emploi.Et là-dessus, toutes les preuves restent à faire.Mais il faut également saluer les efforts dans ce sens et les mesures d’incitation et d’investissements du dernier budget du ministre des Finances, Bernard Landry.Croulant sous un taux de chômage de 12 %, surtout pour les plus jeunes, de plus en plus exclus du marché du travail, et une proportion trop élevée d’assistés sociaux, le Québec a, en effet, besoin d’emplois et d’espoir.D’où la difficulté qu’avait le ministre des Finances à réconcilier la nécessité de renforcer des finances publiques anémiques avant un possible troisième référendum et l’urgence d’agir pour l’emploi et contre l’appauvrissement d’un nombre croissant de Québécois.Car sans cette réconciliation, c’est dans une infernale spirale de pauvreté que le Québec s’enfermerait, laquelle rendrait inatteignable toute victoire référendaire.A ce chapitre, le budget Landry a la sagesse de proposer un fonds d’investissements privés et publics qui devrait aider à colmater minimalement le chômage.Voilà donc à quoi peut servir, du moins en partie, une augmentation minimale de 1 % de la taxe de vente — une mesure qui aurait dû être adoptée dès l’an dernier.Quant à la réduction de 15 % des impôts des ménages gagnant 50 000 $ ou moins, elle constitue un des gestes les plus significatifs d’un rapprochement lent — mais sûr, il est à espérer — entre le gouvernement Bouchard et le souci d’équité sociale qui marque la culture politique du Parti québécois.La réforme globale de l’impôt sur le revenu des particuliers et le soutien qu’elle pourrait apporter aux familles s’inscrivent aussi dans ce même rapprochement.Force est de constater qu’après de durs et longs débats à l’intérieur du PQ, du caucus et du conseil des ministres, leurs racines progressistes redonnent enfin signe de vie.Après une année difficile, une telle approche devrait avoir l’effet d’un baume au sein du camp souverainiste en rétablissant la confiance de nombreux militants.tout au moins sur les questions économiques.Mais tout cela suffira-t-il à réduire un taux de chômage qui demeure, encore et toujours, beaucoup trop élevé?De fait, le Québec aura beau se protéger des tentacules des agences de cotation en réduisant son déficit, il ne pourra s’en sortir indemne si les mesures annoncées par le ministre des Finances ne réussissent pas à réduire notre taux de chômage ou si la détérioration des services publics devait se poursuivre trop longtemps.Ce qui nous amène à une question beaucoup plus large: le Québec pourra-t-il s’en sortir indemne dans un monde où le culte néolibéral est omniprésent et où, en tant que province canadienne, il ne contrôle pas la totalité de ses outils économiques et demeure soumis aux compressions fédérales qui influent sur ses impératifs budgétaires?En entrevue, le ministre des Finances, Bernard Landry, explique que «sans les compressions imposées par Paul Martin, le déficit du Québec serait de 2,4 milliards en 1996-97 et non de 3,2 milliards».Et le vice-premier mi- J o s é e Legault .de revenu familial En 1994, le revenu moyen des familles québécoises se situait à 50 000 $ par année, mais 57 % des familles gagnaient moins que ce revenu et 23 % avaient un revenu inférieur à 25 000 S par année, ce qui les plaçait en situation de précarité, sinon de pauvreté.Plus de 100 000 familles monoparentales québécoises doivent aujourd’hui compter sur l’aide sociale; c’est notamment le cas pour trois quarts des familles monoparentales qui ont des enfants d’âge préscolaire.De fait, 70 % des enfants de moins de 6 ans inscrits à l’aide sociale vivent dans des familles monoparentales.La situation des familles monoparentales est d’autant plus préoccupante que ces fa- milles risquent plus que les autres, de demeurer longtemps dans la pauvreté.Or les études les plus récentes démontrent clairement que plus la pauvreté persiste, plus sont importants les dommages au développement des enfants.On sait en outre que les retards de développement sont plus marquants chez les enfants qui ont connu la pauvreté avant l’âge de 5 ans.Si la monoparentalité est un facteur clairement associé à la pauvreté, il ne faut cependant pas oublier que les familles biparentales constituent toujours 80 % de l’ensemble des familles québécoises; c’est chez elles que l’on retrouve la très grande majorité des enfants pauvres.Politique familiale, Gouv.du Québec, Janvier 1997 LE DEVOIR FO S DÉ PAR HENRI B0DRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TH0UIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER, NORMAND TIIÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, rue de Blenry, 9'étage, Montréal (Québec) H3A 3M9.Té 1.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS HH«dTt£ tunnel ?nistre d’ajouter: «S’il n’y avait pas eu de compressions fédérales depuis 1980, notre déficit serait presque à zéro cette année-même et nous aurions un surplus de 1,8 milliard en 1997-1998».On mesure ici toute la difficulté qu’un Québec déjà fragile aura à se sortir de la polarisation économique qui grandit entre les plus riches et les plus pauvres.Sur cette question, M.Landry rappelle en entrevue que, contrairement à îa propagande voulant que la difficile situation de l’emploi soit attribuable au mouvement souverainiste «l’écart entre les taux de chômage du Québec et du Canada est demeuré à peu près constant depuis Duplessis jusqu’à Bouchard».Cet écart est, selon lui, «structurel» et serait dû en partie à des dépenses fédérales insuffisantes dans des domaines d’activité cruciaux pour l’emploi, dont la recherche et le développement.La proportion des dépenses faites au Québec par Ottawa — en moyenne de 15 % — serait demeurée nettement en deçà des 24 % de la population canadienne que représente le.Québec.Bref, le Québec n’aurait pas eu droit à sa juste part du gâteau des-dépenses fédérales créatrices d’emplois et de richesse.Si le Québec ne peut, de toute évi-.dence, résister seul à la tornade néolibérale qui souffle un peu partout en Occident et s’il ne peut faire plus qu’une province, il n’en demeure pas moins que le gouvernement Bouchard — parce qu’il propose le projet d’un nouveau pays — a la responsabilité de ne pas arriver à la souveraineté avec une population en partie appauvrie, découragée et épuisée.Et si le budget Landry démontre une volonté certaine de commencer à bouger tout en luttant contre le déficit, l’heure de vérité arrivera l’an prochain à la lecture d’un taux de chômage qui se devra d’avoir baissé et d’un taux de pauvreté qui se devra d’avoir régressé.Le moins qu’on puisse dire est que les Québécois s’attendent à voir bientôt la lumière au bout du tunnel.Sinon, l’euphorie consensuelle des deux sommets socioéconomiques et la paix sociale issue du règlement de la semaine dernière pourraient n’avoir été qu’un bref sursis.Et de cela, ni le Québec ni le mouvement souverainiste ne s’en remettraient avant très longtemps.La lumière au bout du tmm i *** Voir rouge et écrire blanc Le Conseil des arts traite le français comme une langue étrangère PIERRE SAMSON Auteur du livre Le messie de Belém, Éd.Les Herbes rouges es récents démêlés avec le Conseil des arts de Toronto ont réveillé, une fois encore, cette petite voix qui, venue du fond de ma mémoire, scande cette sentence: Ce pays ne veut pas de toi.- Ce réveil, plutôt abrupt merci, a été provoqué par un règlement définissant les critères d’admissibilité au programme d’aide aux auteurs: Toute œuvre écrite dans une langue autre que l’anglais sera acceptée si elle est accompagnée de sa version anglaise.A la suite d’une conversation (en anglais) que j’ai eue avec la responsable du programme, les précisions suivantes peuvent être apportées: • ce règlement s’applique aux œuvres écrites en français; • l’exclusion des textes présentés uniquement en français s’explique par l’application de compressions budgétaires et la difficulté qu’éprouve le Conseil à trouver des jurés capables de comprendre cette langue.dérer comme la crème de la crème du Toronto artistique est incapable de reconnaître l’apport de la culture française aux sociétés torontoise, ontarienne et canadienne.Cette élite, bien sûr, s’appuie sur la démographie et ses chiffres pour excuser cette cécité.Il lui est aisé, par exemple, d’avancer que le poids de la population francophone de Toronto est loin d’égaler celui de, disons, sa population d’origine asiatique ou même de sa communauté lusophone.de minorités est une insulte aux francophones de la province.Comprenez-moi bien: je n’ai rien contre l’ourdou, le mandarin et l’allemand.Mais, au Canada, le fait de traiter le français en langue étrangère tient de l’hérésie historique.-e français, langue étrangère: Histoire nnadienne et bouffonnerie moderne.Il y a lieu de s’attrister quand ce que l’on devrait consi- Quelle est l’importance de l’histoire?L’histoire est la seule source qui permet à une société de se définir.Le présent est le résultat de l’histoire.Une ville qui ne respecte pas son patrimoine ne peut se dire d’envergure nationale, encore moins internationale.Si Toronto veut être reconnu comme ville canadienne par excellence, il devra reconnaître la valeur des deux peuples fondateurs.J’exclus sciemment les Amérindiens, puisqu’ils n’ont pas été sérieusement consultés avant la création de ce pays.La naissance de ce pays, sa constitution, ses traditions sociales et politiques, sa structure économique, l’existence même de ses Conseils des arts, tant qu’à y être, ont leur source dans l’union de ces cultures, la française et l’anglaise.Qu’un Conseil des arts nie l’importance de l’une reste inexcusable.Qu'elle l'humilié, voilà qui est dégoûtant La tentative du Conseil de noyer l’une des cultures fondatrices du pays dans ce qu’elle considère un maelstrom Le présent est le résultat de l’histoire.Un argument tacite: «Ben quoi, Montreal fait la même chose» (notez le e non accentué) Peut-être, je l’ignore.Et le Conseil ne devrait pas s’en soucier.On ne prend pas ses décisions en fonction de son voisin.On ne vise pas le minimum.Je vis à Toronto, je parle et j’écris en français, langue officielle du pays.Je paie toutes les taxes qu’on me demande de payer.Et puis, même si Montréal et le Québec avaient des lois discriminatoires, quel serait leur argument pour les défendre?La nécessité de protéger une culture plongée dans une mer de 270 millions de lecteurs, téléphages et cinéphiles anglophones.Quel est celui du Conseil des arts: L’anglais est roi.Mais ce qui est encore plus honteux est l’attitude complaisante du Conseil face à cette situation.De surcroît, sa position est indéfendable dans le domaine littéraire si l’on considère combien de mots anglais ont des racines françaises.Le Conseil n’entend rien à la littérature parce qu’il s’attend à ce qu’un artiste s’exprime à travers un médium qui lui est étranger.Ma langue est, entre autres choses, mon outil, ma Muse.C’est comme si le Conseil avançait la di- rective suivante dans le cadre de son programme en arts visuels: toutes les oeuvres devront être présentées sous forme d’aquarelles.Un sculpteur s’amuserait ferme.De plus, en consultant ces traductions, les jurés évaluerons des textes à partir d’ersatz.Ridicule.Le Conseil encourage bel et bien l’assimilation de la' communauté francophone de Toronto, groupe on ne peuL plus fragile.Ainsi, si, à l’avenir, je veux bénéficier de l’aide : du Conseil, peut-être serais-je avisé d’écrire en anglais.Voilà le message! Le Conseil suggère gentiment que le ' français, ici, n’a pas sa place.La discrimination avec un sourire Mais, ce qui m’enrage le plus dans cette histoire, c’est ; l’hypocrisie avec laquelle les dirigeants du Conseil des arts de Toronto mènent cette galère.Ils sont coupables de discrimination, mais de la discrimination qui sourit tristement.Pierrot avec un fouet Ces grands pontes ont le mérite de refléter la réalité torontoise.Donnons-leur cela.Le pire, c’est que ces grosses légumes de la culture sont convaincues d’être justes et généreuses.Mais, ce que je vois, c’est une brigade de puritains (et purificateurs) culturels planifiant leurs exactions derrière le sempiternel écran politically correct.: Avancer que les données démographiques les poussent à bafouer ma langue leur permet tout bonnement de era-.cher sur leur patrimoine, de ridiculiser la littérature et l’art’; en général et de déshonorer l’institution qui les paie si( grassement LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard, Paul Cauchon.Jean Chartier.Jean Dion, LouisOilles Francœur, Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Brian Myles, Isabelle Paré.Clément Trudel, Serge Truffaut Diane Précourt {pages éditoriales, responsable des pages thématiques); Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon.Pierre Cayouette.Paule des Rivières, Louise Leduc, Jean-Pierre Le-Rault, Benoit Munger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Robert Dutrisac, Jean Pichette.Claude Turcotte: i l’information internationale: Jocelyn Coulon (adfoint au directeur de l'information), François Brousseau (éditorialiste).Claude Lévesque; i l'information politique: Pierre O'Neill, Manon Comellier (correspondante parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec).Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec); à l'information sportive: Yves d'Avignon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction); Isabelle Hachey.Marie-Claude Petit (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur); Brigitte Arsenault.Manon Derome.Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).IA PrBUCITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice).Daniel Barbeau (directeur adfoint), Jacqueline Avril.Jean de Billy.Brigitte Cloutier.Gyslaine Côté, Marlène Côté.Christiane Legault, Jacques A Nadeau.Guy laine OuelleL Micheline Ruelland ipublicitaires); Sylvie Laporte.Nathalie Lemieux.Claire Paquet Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon: Francine Ouellet (secrétaire).LA PRODl’CTION Jocelyn Arse-teur des approvisionnements, distribution et production).Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bedard.Johanne Brunet Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Marie-Josée Hudon.Sylvain Lesage.Christian Men.Olivier Zuida.SERVICE À LA CLIENTÈLE Johanne Brien (res- nault (directeur des approvisionnements,- ._____ _ - ponsable), Evelyne Labontc (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blanchette-Turcotte, Monique L’Heureux, Lise Lachapelle.RacheUe Leclerc-Venne.L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur).Dany Dépatie (adjointe à l'administration et responsable des ressources humaines), Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d’Arc Houde (secrétaire à la direction): Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).Lionel Groulx s’adressant à un groupe d’étudiants: des aspects de son œuvre suscitent aujourd’hui un profond malaise.ARCHIVES LE DEVOIR Le Québec et la diversité 1.Des réaménagements symboliques GÉRARD BOUCHARD Professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi et directeur de l’IREP (Extraits d’une conférence prononcée en novembre dernier à Montréal dans le cadre d’un colloque de la Société des Musées québécois.Le texte révisé de la conférence paraîtra dans le numéro d’avril de la revue Action nationale).a transition de l’ancien nationalisme canadien-français au nouveau nationalisme québécois au cours du dernier demi-siècle a substantiellement modifié le rapport à l’autre (en l’occurrence: l’Anglo-Québécois, le non-francophone, l’immigrant).Durant cette période, la nation s’est en effet dépouillée de la plupart de ses attributs ethniques.Pour résumer en une phrase une évolution complexe, qui n’est d’ailleurs pas achevée: la nation est passée d’un rapport d’exclusion à un rapport d’inclusion.Ou, selon les termes du néolibéralisme: d’une conception ethnique à une conception civique.Pour mener à terme cette transition, nous pensons que d’autres réaménagements collectifs s’imposent, en particulier au plan symbolique.Rajeunir la mémoire La nouvelle conception de la nation invite, notamment, à remodeler les mailles de la mémoire collective, tout en la reproduisant comme composante (indispensable) de l’identité nationale.Dans cette direction, deux voies sont à éviter.La première consiste dans la promotion d’une mémoire acrimonieuse des traumatismes, dans le rappel courroucé et agressif des anciennes blessures collectives, sans perspective dynamique, sans horizon positif pour l’actuel.Il est pratiquement assuré qu’à la longue, les francophones n’y trouveraient aucun intérêt; il serait encore plus illusoire de croire que les non-francophones et les néo-Québécois pourraient se glisser aisément dans une telle mémoire.La deuxième voie à éviter est celle de l’amnésie, ou celle d’une mémoire aseptisée qui finirait par ne plus indisposer personne parce qu’elle aurait perdu toute signification pour tout le monde.La voie que nous préconisons consiste à ouvrir la mémoire collective pour insérer les luttes nationales canadiennes-françaises dans des trames universelles, dans une histoire collective comparée qui livrerait des horizons créateurs pour le présent et pour l’avenir.Car on peut tirer de ces luttes et du matériau histo- riographique qu’elles offrent bien autre chose qu’une obsessive récrimination anti-anglaise ou une lamentation obsessive de l’ethnie; on peut y trouver des résonances très riches qui sont celles de tous les passés coloniaux (anciens et récents) du Nouveau Monde et de tous les peuples minoritaires qui ont lutté pour assurer leur survie culturelle et pour s’établir comme collectivité.Il y a là assurément de quoi nourrir objectivement tous les esprits, indépendamment des appartenances ethniques — on pourrait même dire: à travers les appartenances ethniques.En effet, de nombreux immigrants proviennent de pays qui ont vécu des expériences collectives analogues à celles des Canadiens français; plusieurs autres sont natifs de pays qui ont également expérimenté le lien colonial, mais du point de vue métropolitain.Tout cela s’inscrit dans l’idée (raisonnable et généralement admise) que le passé est un patrimoine à perpétuer, mais à condition de le reprogrammer sans cesse pour que la nation s’y reconnaisse d’une manière ou d’une autre et y trouve matière à réflexion.Il s’agit donc ici, non pas de banaliser ou de renoncer à quoi que ce soit, mais de maintenir une mémoire vivante qui puisse nourrir véritablement la nouvelle identité québécoise et non pas seulement l’identité canadienne-fran-çaige.A un autre plan, les conceptions mises de l’avant par le nouveau nationalisme mènent logiquement à une déconfessionnalisation du système scolaire public.On le sait, l’école confessionnelle publique installe une contradiction au coeur de la nation québécoise et contredit sa volonté d’inclusion.Il faut prévoir aussi qu’une nouvelle génération de Québécois voudra éventuellement jeter un nouveau regard sur la devise du Québec.Le projet national actuel n’invite-t-il pas à oser, à inventer, à surmonter les vieilles peurs et les vieilles inhibitions collectives, à déborder les replis défensifs, les visées renfrognées, à passer de la survivance à l’émergence?En conséquence, le «Je me souviens», tout en maintenant ses amarres originelles, devra sans doute rafraîchir certaines de ses résonances.Dans le même esprit, il faudrait voir bien vite à remplacer la fête de Dollard, qui a perdu à peu près toute signification aux yeux même des francophones.Il presse également de soustraire le défilé du 24 juin aux fâcheuses controverses qu’il suscite annuellement, en l’ouvrant à toutes les expressions, à toutes les particularités culturelles de la nation — s’il est bien vrai que cet événement doit revêtir un caractère national.N’est-il pas possible de concevoir une formule qui, autour d’une thématique commune, donnerait à voir et à entendre toutes les tonalités, toutes les couleurs et les manières d’une cultu- re québécoise qui se dit ouverte et diverse, sur fond d’intégration collective?À propos du chanoine Groulx Ces exemples n’épuisent pas l’éventail des réaménagements ou de réorientations symboliques auxquels il serait utile de procéder.Ainsi, il conviendrait de considérer d’une façon plus positive les réticences (exprimées surtout, jusqu’ici, par les milieux juifs) au sujet du marquage symbolique qui célèbre présentement la mémoire du chanoine Lionel Groulx.On parle ici d’un intellectuel qui a mené de longues luttes pour la défense des droits des francophones dans les provinces canadiennes-anglaises, qui a eu le grand mérite de réactiver la conscience historique québécoise, de réveiller et de soutenir la fierté collective à une époque où elle en avait bien besoin, qui s’y est employé avec une ardeur et une ténacité remarquables et dont l’itinéraire, de ce point de vue, peut être donné comme exemplaire.En toute justice, ces mérites doivent lui être reconnus et ils justifient que sa mémoire soit perpétuée.Mais en même temps, d’autres aspects de son œuvre suscitent un profond malaise et le disqualifient comme figure emblématique du nationalisme actuel.On parle en effet d’un homme qui a proposé de la nation une définition quasi ethniciste, qui est l’auteur d’énoncés antisémites, qui a manifesté des sympathies fascisantes, qui démontrait très peu d’enthousiasme pour la démocratie et qui, par souci de la pureté nationale, est venu bien près de donner à ses idées des racines carrément biologiques.Pourquoi s’employer aujourd’hui à passer ces faits sous silence ou à les nier, ou encore à les légitimer?Groulx est en outre, cet ardent nationaliste qui, dans les années 1960, au moment où la cause qu’il avait toujours défendue trouvait enfin des vents favorables et s’incarnait dans un parti politique, a choisi de s’en distancer en récusant des contenus essentiels du nouveau nationalisme.De même, il a tourné le dos à la Révolution tranquille, dont il aimait l’affirmation nationale mais non les contenus sociaux, économiques et culturels (toute la laïcisation, en fait).On a peine à imaginer qu’une telle figure puisse coiffer la réalité présente, servir de guide pour les décennies qui viennent, donner le goût de la nation aux jeunes Québécois et fournir des lumières, des clés pour mieux franchir les obstacles auxquels le Québec doit maintenant faire face.Il est aisé de comprendre que la présence symbolique considérable accordée à cet intellectuel sur la place publique puisse susciter un malaise au sein des nationalistes et heurter des sensibilités écorchées par des traumatismes qui ont à voir précisément avec certaines idées qu’il lui est arrivé d’exprimer.Il faut certes déplorer que le dé- bat sur ce sujet ait été bien mal engagé.Le livre publié par Esther Delisle est une mauvaise thèse, dépourvue de nuances, qui visait plus à régler des comptes qu’à faire comprendre un personnage complexe dont la pensée révèle des ambiguïtés.Avec raison aussi, on a pu reprocher à cette auteure de s’être montrée sélective dans le traitement des textes et d’avoir commenté des extraits hors; contexte.Il n’en reste pas moins que plusieurs écrits de Groulx véhiculent aujourd’hui de très fâcheuses évocations.Certains font aussi valoir que l’homme était de son temps, que toute l’époque était plus ou moins contaminée par l’antisémitisme et le fascisme, que Groulx ne le fut pag plus que la majorité de ses contemporains.Il n’empêche.A cause de la gravité des enjeux et de la nature des valeurs, mises en cause, c’est précisément de cette époque et toutes ses contaminations qu’il faut prendre nettement congé?D’autres plaident que la pensée de l’essayiste a marqué bien des hésitations, des allers et retours, que ses énoncés antisémites sont relativement peu nombreux (il a beau-; coup écrit), que certains extraits doivent être tenus pour, secqndaires, ne reflètent pas vraiment sa pensée, et le reste.A tout prendre, ces circonstances atténuantes ne modifient pas beaucoup les données du problèmes évoqué ici: lét profil reste — dans le meilleur des cas — embrouillé.ï J Marquer la rupture L’un des principaux problèmes de notre temps consiste dans la conciliation collective, dans la lutte contre la discri-’ mination et le racisme.On ne doit pas se surprendre de ce' que plusieurs éprouvent de la gêne à ce que soit sans ces-i se réaffirmée au Québec la place d’un intellectuel dont le> profil est douteux à cet égard précisément.A compter de, maintenant, ne serait-il pas opportun de mettre fortement, en valeur les nouvelles figures emblématiques de la nation' québécoise?Des figures exemptes d’ambiguïtés, repré-' sentatives des nouvelles valeurs que le nationalisme actuel' s’emploie à promouvoir.Il existe un besoin de marquer une rupture, de signifier clairement tout ce qui sépare le nationalisme d’aujourd’hui de celui que pratiquaient des' intellectuels comme Lionel Groulx.Enfin, dans une direction un peu différente, mais qu’on' aurait bien tort de négliger, l’ambiguïté qui règne présentement comporte un autre coût.Lorsque des nationalistes; prennent la défense de Groulx (sur le terrain de l’ethnicité, et du rapport à l’autre), ils compromettent l’ensemble du' nationalisme québécois et ils fournissent du carburant à' une machine à stéréotypes (dont les voies et les moyens sont bien connus) qui est en train de valoir au Québec une : réputation de xénophobie et de racisme au sein de la corn-' munauté internationale. L E I) E V 0 I II .I- E M Ë R C It E I) I 2 (» M A It S I !)!) 7 4-;a 8 ?LE Devoir ?'JALiïSS IMPÔTS LANDRY FORCES SUITE DE LA PAGE 1 daré à la presse.Ainsi, les contribuables pourront choisir entre un régime d’imposition général et un autre simplifié.Avec ce dernier, ils pourront se prévaloir d’un montant forfaitaire de 2350 $, qui remplacera plusieurs crédits d’impôt et déductions offerts dans le régime général.Selon le ministère des Finances, ce formulaire d’impôt devrait satisfaire près de quatre contribuables sur cinq.Les autres, notamment ceux qui comptent sur des exemptions de gains en capital ou des crédits d'impôt pour dividendes ou relatif à un Fonds de travailleurs, auront plutôt intérêt à continuer d’utiliser le régime général Parmi les caractéristiques prindpales de la ré-fprme, notons que le taux des crédite d’impôt sera bonifié à 23 %.Egalement, on assistera à l’abolition des surtaxes de 5 et de 10 %, ainsi qu’à celle de la réduction d'impôt de 2 %.Le ministre des Finances soutient que sa réforme améliorera passablement la situation des familles et des travailleurs à faibles revenus.La nouvelle table d’imposition entraînera, à compter de 1998, une hausse importante des revenus à partir desquels les Québécois paient de l’impôt.Plus de 200 000 contribuables, parmi les plus démunis, ne devront d’ailleurs plus rien au fisc.Pour une famille avec deux revenus de travail et un enfant, le seuil d’imposition atteindra 28 665 $, avec deux entente, 30 788 $.Les seuils d’imposition grimpent également :chez les familles monoparentales (21155 $), les couples de moins de 65 ans sans enfants (18 975 $), les couples de 65 ans à la retraite (25 185 $), les célibataires de moins de 65 ans (10 695 $) et les célibataires (14 375 $).Pour ce qui est de l’impact de la réforme sur le revenu disponible des contribuables, les gains nets varieront de 100 $ à 2000 $ selon la situation de chacun.D’abord, l’ensemble des familles moins bien nanties bénéficiera d’une hausse de 265 millions en vertu du crédit d’impôt remboursable pour taxe de vente, d’une hausse de 35 millions du remboursement d’impôts fonciers et d’une autre de 23 millions du crédit d’impôt remboursable pour frais de garde.: Par exemple, un couple ayant deux entente et un revenu total de 30 000 $ bénéficiera d’une baisse d’impôt de 178 $ et d’une hausse de l’aide fiscale aux ménages à faibles revenus de 1118 $, soit un gain total de 1296 $.Une famille monoparentale, quant à elle, profitera d’un gain de 2009 $ si son revenu est de 25 000 $.Le ministère des Finances prévoit également des gains nets pour les contribuables, selon des revenus de 25 000 $ et la situation familiale suivante: 716 $ pour une personne seule de moins de 65 ans, 1286 $ pour un couple du même âge, 964 $ pour une personne âgée de plus de 65 ans, 1176 $ pour un couple du même âge.Les familles qui gagnent 20 000 $ et qui ont deux enfants verront leurs gains s’élever à 458 $.Mais c’est pour une famille de deux entente de sept ans et plus, dont le salaire total est de 25 000 $, que le gain est le plus élevé, soit 1354 $.Et une famille dont le revenu de travail est de 30 000 $ profitera d’une baisse d’impôt de 100 %, pour un gain de 1296 $.Les mieux nantis verront également leur impôt diminuer de 3 %, ce qui pourra signifier des gains allant jusqu’à 1012 $ pour un couple gagnant 80 000 $ et 363 $ pour une personne qui gagne ce salaire à elle seule.Sans suivre la lettre des recommandations de la Commission sur la fiscalité (40 % des suggestions retenues), la +¦ réforme Landry en conserve l’esprit en cherchant à abaisser le fardeau fiscal le plus élevé au Canada.Le ministre des Finances croit qu’ainsi sa réforme rendra la fiscalité québécoise plus compétitive vis-à-vis de celle de ses voisins et partenaires commerciaux.Pour les contribuables, elle sera plus équitable et plus simple, jusqu’à n’occuper qu’une simple feuille recto verso pour un couple qui le souhaiterait.PRÉCISION Beaudoin et la culture Le Devoir annonçait hier la signature d’une entente de 3,4 millions sur le développement des arts, de la culture et des communications de l’île de Montréal.L’entente a été signée par le gouvernement du Québec et le Conseil régional de développement de l’île de Montréal (CRDIM).Contrairement à ce que suggérait le dernier paragraphe du texte, la ministre de la Culture et des Communications Louise Beaudoin ne fera pas connaître, à la mi-mai, la liste des projets qui profiteront de l’entente.Elle fera plutôt connaître les modalités à suivre pour les entreprises culturelles désireuses de s’inscrire aux divers programmes prévus dans le cadre de l’entente.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.SUITE DE LA PAGE 1 nus annuels dépassent 50 000 $ verront leurs impôts diminuer d’à peine 3 %.La réforme comporte également des mesures de simplification.Le rapport d’impôt tiendra désormais sur deux pages.Et on dit que 200 000 contribuables de plus à faibles revenus ne paieront plus d’impôt du tout.Pourquoi cette réforme?Certes, elle est motivée, en partie, par les baisses d’impôt de 15 % décrétées par le gouvernement Harris en Ontario l’an passé auxquelles s’ajoutera sans doute cette année une autre réduction de 15 %.Mais M.Landry se garde bien de se comparer à M.Harris.Il dit que sa réforme vise plutôt à «donner de l’espoir, chasser la perception de fatalité», dit-il.En laissant plus d’argent dans les poches des contribuables, on espère les inciter à consommer davantage et à remettre en marche la roue de l’économie.C’est ici que le ministre Landry attend le contribuable au détour.Car s’il baisse ses impôts, il augmente la taxe de vente d’un point, à 7,5 %.Cette hausse lui rapportera 169 millions cette année, 675 millions par an à compter de l’an prochain.Cependant, pour protéger les plus démunis contre la hausse de la taxe, le ministère des Finances remboursera aux ménages à faible revenu la totalité de la taxe qu’ils auront payée, ce qui coûtera au gouvernement près d’un demi-milliard l’an prochain.Rappelons que lorsqu’il est devenu premier ministre, le chef du Parti québécois, Lucien Bouchard, s’était opposé à toute hausse de taxes et d’impôt.M.Landry ne croit pas que la hausse de la TVQ va ralenti;- l’économie en freinant la consommation, au contraire.Etant donné que la hausse n’entrera en vigueur que dans neuf mois, il croit que des consommateurs prévoyants vont anticiper leurs gros achats, ce qui aurait un effet accélérant sur l’économie.En outre, la hausse est compensée par une baisse de l’impôt sur le revenu qui commencera à paraître sur le chèque de paie dès le début de janvier 1998.Mais Québec a d’autres trucs dans son sac pour renflouer ses goussets.Il augmente de 28 $ les droits d’immatriculation pour chaque véhicule moteur, ce qui, mine de rien, lui rapportera 105 millions de plus par année.La taxe sur le tabac augmentera de 28 cents la cartouche de 200 cigarettes, pour des revenus additionnels de l’ordre de 19 millions par année.Les employés au pourboire dans l’industrie de l’hôtellerie et de la restauration devront verser collectivement un montant additionnel de 25 millions en impôt car la procédure de perception de l’impôt sur les pourboires sera resserrée.Ces employés devront verser leurs pourboires en entier à leur employeur qui prélèvera l’impôt sur cette somme au nom des deux gouvernements.Dans sa lutte au travail au noir, Québec compte récupérer un montant global additionnel de 326 millions (incluant ceux des serveurs) en resserrant les contrôles dans le secteur de la construction, en améliorant la perception des impôts impayés et en augmentant les peines pour les tenanciers qui s’adonnent à la contrebande d’alcool.La contribution des entreprises prendra la forme d’une promesse non remplie par le gouvernement En 1995, le ministre Jean Campeau avait augmenté les taxes des entreprises de l’ordre de 500 millions en promettant qu’elles récupéreraient cette somme l’année suivante par le remboursement entier de la taxe de vente qu’elles paient elles-mêmes.Or, le ministre Landry juge qu’il «n’a pas les moyens» de Calgary (PC) — Le chef du Parti conservateur, Jean Charest, pourrait faire profiter davantage le Canada de ses aptitudes politiques s’il quittait la scène fédérale afin de lutter contre le projet séparatiste du Parti québécois, estime l’écrivain Mordecai Richler.M.Richler, qui a maintes fois critiqué ouvertement le projet québécois de souveraineté, a indiqué lundi à Calgary que M.Charest était le seul individu capable d’unifier les forces fédéralistes du Québec, de la même façon que le PQ est parvenu à rapprocher plusieurs groupes disparates dans le giron de la souveraineté.«Le francophone fédéraliste le plus populaire au Québec est Jean Charest», a déclaré M.Richler, de passage à l’Université de Calgary.«Il ne sera certainement pas notre prochain premier ministre, alors pourquoi ne serre-t-il pas les dents et ne retourne-t-il pas au Québec afin de diriger une grande tenir promesse.Il en impute d’ailleurs la faute à Ottawa.M.Landry rappelle que le Québec a demandé au fédéral une compensation financière de l’ordre de deux milliards pour les pertes encourues avec l’harmonisation de la TVQ avec la TPS en 1992, comme celle à laquelle ont eu droit trois provinces maritimes.«Si Ottawa décidait de nous verser notre juste compensation, dit-il, je reviendrais immédiatement sur cette décision.» Mais pour l’instant, il économise 517 millions.Pour atteindre ses objectifs financiers, Québec compte sur une compression de dépenses, annoncée la semaine dernière, de l’ordre de 2,3 milliards de dollars.Il compte aussi sur une hausse de ses revenus découlant de la croissance de l’économie.Ainsi, malgré une baisse des impôts à compter du 1er janvier 1998, les revenus provenant de l’impôt des particuliers augmenteront de quelque 391 millions cette année par rapport à l’année dernière simplement à cause de la croissance de 3,1 % du produit intérieur brut.Québec va d’ailleurs donner un petit coup de pouce à la croissance économique en injectant quelque 300 millions (119 millions en crédits d’impôt et 196 millions en dépenses budgétaires) dans le but de favoriser la création d’emplois et les investissements privés.En additionnant diverses mesures, M.Landry annonce un
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