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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier D
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-12-28, Collections de BAnQ.

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JIJlA Reload Images rorvird http ://www.frc.utoronto.ca/mcluh W Location: HUMAN ii.•.PSYCHIC ,?.V M/?PHYSICAL 1 Document: Done! M c t U HAN mm CXUH3 ANTOINE ROHITAI El.I , -î LE DEVOIR «- Netscape: Marshall McLuhan McLuhan Studies v‘*s • ' La retour du père de la formule «le médium est le message» semble foudroyant.On le réédite, on le cite, on reprend ses thèses pour éclairer notre époque confuse.En fait, si retour il y a, il nous révèle peut-être une anxiété commune aux années 60 et aux années 90: le défi d’apprivoiser un nouveau mode de communication.On peut aussi y voir un retour aux sources du postmodernisme.Histoire de la mort et de la résurrection d’un gourou.ARCHIVES LE DEVOIR I y a un an, la revue Wired, publication clinquante el rutilante (donc américaine) consacrée à la cybercul-türe, ressuscitait Marshall McLuhan d’entre les morts pour une interview-choc par courrier électronique.Un curieux internaute prétendant être Md.u-han el qui en avait tous les tics intellectuels passa de façon déconcertante le test niéeé préparé daction.L’article entretenait sciemment le mystère (était-ce vraiment Marshall?) et appelait de ses vœux une résurrection de l’esprit du McLuhan, saint-patron (de Wired) et des causes médiatiques.Depuis plus de deux ans, bien des indices suggèrent un regain d’intérêt pour Marshall McLuhan.L’article de Wired en serait sans doute une manifestation extrême, voire caricaturale.Cet engouement contraste en fait fortement avec la réputation du penseur, au moment de sa mort en 1980.À cette époque, l’étoile de «l’oracle de l’ère de l’électricité» (comme l’avait baptisé Life) avait beaucoup pâli.Dans Le Devoir, en janvier 1981, deux auteurs faisant son éloge le reconnaissaient «Pour le public, il ne produisait plus de ces phrases-chocs qui en avaient fait naguère un chouchou des médias.Dans les universités, il ne semblait plus être en vogue.La triste façon dont l’université de Toronto démantelait l’an dernier son Center for Culture and Technology pouvait ironiquement laisser croire que le prophète pop des années 60 avait fait son temps.» La fin des années 70 et le début de la décennie 80 sera pour le meluhanisme un «véritable purgatoire», ce que confirme Eric McLuhan, le fils de l’auteur, joint à Toronto.Les critiques dénonçant son manque de scientificité se faisaient de plus en plus nombreuses.Accusé d’avoir vendu son âme au pape — il en avait été le conseiller en matière de communications — et aux requins américains de la publicité, pour qui U avait été consultant, il était presque mis au ban de la communauté universitaire.Le penseur américain Neil Postman, dans les années 80, disait qu'il était même devenu obligatoire, dans les cercles intellectuels américains, de nier toute association de pensée avec le penseur canadien.Même si les critiques demeurent, plusieurs estiment que cette période sombre du meluhanisme s’est terminée à l’aube de la présente décennie.En 1989, pour le 25e anniversaire de la publication de Understanding Media (Pour comprendre les médias), un des livres les plus populaires de McLuhan, le Canadian Journal of Communication lui a consacré un numéro spécial.La même année, une importante biographie est publiée (The Medium and the Messenger, par Philip Marchand, Random House).VOIR PAGE D 2: MC LUHAN Gaston Miron Les réticences de l’auteur NAÏM KATTAN J’ai demandé en 1965 à Gaston Miron l’autorisation d’inclure dans le numéro spécial de la revue Les Lettres nouvelles que je préparais, son poème La Marche à Vamour.Il accepta à une condition: disposer du temps pour le corriger.Le texte était déjà publié dans Liberté.Cependant, pour Miron, le poème n’était pas encore terminé.J’ai attendu, et les corrections tardaient à venir.Il finit par consentir à faire paraître le poème «inachevé».Plus tard, quand le jury d’Etudes françaises (dont je faisais partie) choisit Miron comme lauréat pour son prix, l’un de ses buts était de réunir en recueil les textes dispersés du poète.Il fallut des mois de travail et de négociations menés par Georges-André Vachon pour qu’enfin paraisse aux Presses de l’Université de Montréal L’Homme ra-paillé.J’ai mis longtemps à comprendre la réticence de Miron à se faire publier.Angoisse ou refus?Non qu’il ne crût pas à l’écrit, à l’imprimé.Il a été l’éditeur et le promoteur de toute une génération de poètes.Il parlait plus volontiers de la poésie des autres que de la sienne.C’est que Miron était avant tout un homme de la parole.Parole en mouvement, parole de vie.L’écrit est l’arrêt, le lieu fixe, nécessaire certes mais qui implique une décision.Et s’il ne parvenait que difficilement à s’y résoudre, c’est que, pour lui, l’inscription de la parole avait un caractère définitif.Face à l’absolu de la parole, Miron avait un premier mouvement de recul.L’heure ne lui semblait jamais propice.11 fallait attendre.Plus tard! Mais, entre-temps, la parole éclatait dans l’ampleur de la voix et du chant, se transformait en cantilation.Il vivait sa poésie mais, d’abord, il vivait la poésie.Il n’y a presque pas de poète, quel que fût son pays qu’il n’incorporait pas dans son anthologie vivante qu’il transportait partout où il allait Il m’arrivait souvent de lui dire qu’il était surtout et avant tout le poète de l’amour.Tous ses vers, quel qu’en fût le thème, sont des messages d’amour.Il s’agissait du fondement de son rapport avec le réel.L’autre existait mais ne vivait qu’en tant que sujet d’amour.D’où ses colères, ses constantes indignations contre tous ceux qui trahissaient leur nature et qui le blessaient par leur refus de l’autre.Je ne l’ai jamais entendu exprimer la moindre haine, le plus minime mépris envers des personnes, lui fussent-elles hostiles.Il ne comprenait pas et il poursuivait son chant S’il était tant attaché à sa langue, c’est qu’elle était son moyen d’exprimer son amour.Pour que la parole fût apte à dire l’amour, il importait qu’elle fut souveraine.Son souci de la langue ne se réduisait point à une idolâtrie des mots qui, pour lui, n’étaient qu’un outil de la parole.Souvent, alors que je croisais Miron dans une réception, un lancement il me saluait et passait son chemin comme s’il ne m’avait pas vu.Je le savais, cependant, attentif aux autres et imperméable aux querelles et au ressentiment.Je ne suis pas le seul à avoir ressenti cette absence de chaleur ou, du moins, de spontanéité.Je l'avais d’abord mis sur le compte de la distraction.Il suffisait néanmoins que je m’arrête, que je lui parle pour, tel un déclic, le rapport s’établisse.Je me suis rendu compte, après l’avoir longtemps observé, qu’il ne s’agissait pas de distraction.Au delà du visage, Miron cherchait la personne.Il ne s’arrêtait pas à l’apparence, au masque, à la politesse mécanique.Il cherchait l’autre, non pas dans la transparence ou l’opacité mais dans j une présence qui laisse émerger la VOIR PAGE D 2: MIRON Il vivait sa poésie mais, d’abord, il vivait la poésie.Le Roman québécois Page D 3 Le feuilleton Page D 4 Art africain Page D 7 Formes Page D 8 Vf H I.K I) K V dll!, I, E S S A M E I) I 28 V.T I» I M A N C II E 2 !» I> K (' K M li II K I » I» 0 I) 2 MIRON MIRON SUITE DE LA PAGE D 1 substance.D’où son recours forcené, quasi désespéré à la parole.Un jour, tard dans la nuit, alors que la conversation se prolongeait, que les autres étaient partis ou étaient allés se coucher, nous sommes restés seuls.Je l’écoutai à nouveau faire le récit de son enfance, de son adolescence.Je lui ai alors suggéré d’inscrire ce récit et il semblait acquiescer.S’il ne l’a pas fait c’est que, pour lui, le récit se déroulait et se disait dans un continuel présent.Miron ne s’arrêtait jamais de vivre l’instant dans le mouvement.Revivre le récit sans jamais le répéter, était sa manière de vaincre le temps.Dans sa perpétuelle marche à l’amour, le passé et l’avenir se confondaient dans une présence qui était l’instant mais aussi l’éternité.?s'- archives LE DEVOIR Gaston Miron - L I V II E S - MCLUHAN Les inforoutes donnent un nouveau sens au concept de village global archives le devoir Marshall McLuhan.MCLUHAN SUITE DE LA PAGE D 1 Puis les événements vinrent donner un coup de pouce à la postérité de McLuhan.La lin de la guerre froide et le souffle unificateur, de l’esprit de 1990 redonnèrent une nouvelle force à cette formule poétique, évoquant une utopie: le «village global».Par la suite, il y a moins de cinq ans, émerge un nouveau média qui grandit en mode «fast forward»: les inforoutes.L’internet «qui-changera-tout» donnait soudainement une actualité sans précédent à l'autre formule célèbre de McLuhan, «le médium est le message».Bref, le devin médiatique, même mort, n’avait d’autre choix que de reprendre du service.Les indices Nulle surprise, donc, de lire Lewis Lapham, qui signe la nouvelle édition de 1994 de Understanding Media, à MIT Press: «Une bonne partie de ce que McLuhan a dit est davantage pertinent aujourd’hui qu’en 1964.» Un an plus tôt, en 1993, aux éditions HMH Hurtubise, on avait pressenti les commémorations.Pour comprendre les médias, dans la traduction de Jean Paré 0e rédacteur en chef à L’actualité), était intronisé dans le format poche de la Bibliothèque québécoise, avec une préface de Florian Sauvageau.Autre preuve: Eric McLuhan attire notre attention sur le véritable cyber-culte dont son père fait l’objet sur le W3, où des milliers de sites le célèbrent.Depuis plus deux ans, lui-même dit être sollicité comme jamais pour donner entrevues, conférences, etc.(Il est coauteur d’un ouvrage posthume de McLuhan, The Imws of Media).Il ajoute: «Des rééditions des œuvres de Marshall sortent à un rythme incroyable; il y a multiplication des livres portant sur son œuvre.» L’an dernier, on a édité un important recueil, comprenant des conférences inédites, des chapitres de livres, The Essential McLuhan (Stoddart, 1995).William Hanna, représentant des éditions Stoddart, affirme que les demandes internationales sont croissantes pour ce livj*e.A Hiiver, on pourra le trouver aux Etats-Unis.Et il est déjà paru en cinq langues, dont le chinois.Hanna annonce aussi qu’une nouvelle biographie de McLuhan sera publiée sous peu.À L’université Marshall McLuhan a toujours entretenu des rapports difficiles avec le monde universitaire.Or une modeste incursion, «qualitativement importante», s’y effectuerait, selon Jean Mercier.Ce directeur du département de science politique de l’Université Laval a étudié — et rencontré — le «maître».Signataire d’un texte du recueil Who Was Marshall McLuhan?, ouvrage dont la famille McLuhan était responsable, il observe que l’on «cite McLuhan de plus en plus chez les intellectuels qui se penchent sur notre époque, notamment les postmodernistes, comme David Harvey et Barry Smart.Il est aussi cité plus souvent qu’il y a sept ou huit ans.Dans ce sens-là, il y a un retour».McLuhan, précurseur du postmodernisme?Selon Mercier, c’est clairement le cas.Le professeur de Laval voit notamment du mcluhanisme qui s’ignore chez un penseur français en vogue comme Michel Maffesoü.En fait, on pourrait constituer une véritable liste d’héritiers avec les Debray, Edgar Morin, Attali, de Rosnay.«Les Français ont beaucoup puisé chez mon père», affirme Eric McLuhan.Et que dire, du côté américain, des Rush-kof/, Negroponte et Paglia?Evidemment, au sanctuaire même du mcluhanisme, à l’université de Toronto, Derrick de Kerckhove, professeur de français et directeur du McLuhan Program on Culture and Technology, est bien heureux.Lui qui a gardé le fort (et la foi) durant les années difficiles connaît depuis un an un grand succès avec son livre The Skin of Culture (Sopierville House), bientôt lancé aux Etats-Unis par une importante maison d’édition.«McLuhan nous permet de voir que les médias numériques sont des extensions physiques du système nerveux humain.Une telle extension transforme notre façon de penser.» Selon le professeur, plutôt optimiste, la télé nous avait redonné contact avec notre corps, et l’interconnexion des ordinateurs créera des intelligences collectives qui contrebalanceront les effets massificateurs du médium télévisuel.Le Québec résiste jusqu’à maintenant à la nouvelle vague McLuhan.Chez HMH Hurtubise, on confirme que les ventes de Pour comprendre les médias se maintiennent, depuis 1993, à un niveau meilleur que dans les années 80 mais qu’elles demeurent modestes annuellement (moins de 1000 exemplaires).A l’université, les étudiants ne semblent pas très attirés par McLuhan, selon Patrick Roy, étudiant en communications à Laval, qui prépare une thèse sur McLuhan et se dil plutôt isolé.Pour ces raisons, Jean Paré refuse l’hypothèse d’un retour: «Selon moi, il n'y a même jamais eu de chute d’intérêt.» Toujours à l’affût de ce qui se dit sur McLuhan, il n’a rien noté récemment qui lui suggère une telle chose.Selon lui, il faut demeurer très prudent face aux affirmations de ceux qu’il nomme les «fonctionnaires de McLuhan».Il y a un an, pour enchanter le cyberespace, Wired a cédé à la tentation de l’exhumation.Ce geste répondait sans doute à une urgence de penser notre entrée dans un nopveau monde.Notre écrivain-prophète-poète, qui avait sondé inlassablement le monde tourmenté des années 60, le permettait.Voilà qui révèle sans doute une anxiété commune aux années 60 et aux années 90, reliée au défi d’apprivoiser un nouveau mode de communication.Au reste, l’engouement actuel vient confirmer une chose que peu osent nier aujourd’hui: McLuhan résistera à l’épreuve du temps et est par conséquent un «classique».CINÉMA LIVRES PRATIQUES L’homme des premières images LÉO-ERNEST OUIMET L’HOMME AUX GRANDES VUES Mathieu-Robert Sauvé XYZ, Montréal, 1996,213 pages ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Chaque pays a ses pionniers du cinéma, des pionniers qui ont connu souvent une fin obscure et qu’on redécouvre après coup, une fois qu’ils ont disparu, en leur tirant un trop tardif coup de chapeau.Léo-Ernest Ouimet est de ceux-là, lui qui est mort à 94 ans à Montréal en 1972, anonyme, oublié d’à peu près tout le monde, sauf de rares historiens de cinéma, d’autant plus oublié qu’un seul des films qu’il a tournés, un home movie sur ses enfants, a survécu.Maigre legs pour nourrir la postérité.Mais Léo-Ernest Ouimet fut plus qu’un cinéaste: un véritable pionnier du septième art sur toute la ligne, lui qui fit ses débuts dans les «petites vues» comme technicien, électricien sur-doué, projectionniste, fasciné par les OUIMET I,‘HOMME AUX GRANDES VUE SS y-> possibilités que ces images mouvantes offraient au public.Nous est longtemps resté de lui son Ouimetoscope, le premier cinéma au pays, qui surnagea dans l’est de Montréal avant d’être englouti il y a quelques années dans le gouffre où sont tombées tant de salles de répertoire.Il fut aussi un homme d’affaires prospère, roulant carrosse avec ses maîtresses.Au début du siècle, il fonda la Ouimet Film Exchange, distributeur exclusif des films d’Edison pour l’est du pays, producteur et diffuseur de premier plan, père des courts métrages d’actualité, adversaire du clergé qui n’aimait point que le cinéma vienne distraire ses ouailles le jour du Seigneur, ce qui les opposa en un retentissant procès.Récipiendaire en 1951 du Canadian Film Award, accueilli des mains de Mary Pickford.O les beaux jours! La cinéma fit sa gloire et sa déchéance, car les procès, les poursuites, les pertes financières l’acculèrent à la ruine, à cette pitoyable fin de carrière derrière un comptoir de la Commission des liqueurs, minable emploi lui évitant la totale clochardisation.Un livre populiste Mathieu-Robert Sauvé lui consacre un livre, parcours de vie qui remonte à la source de son ascension comme de sa déchéance.On peut reprocher au livre un style trop populiste, facile, volontairement accrocheur, destiné sans doute à une clientèle adolescente, mais sur le plan littéraire sans grand intérêt.En terme de dialogue, le biographe a dû imaginer des conversations, ce qui ajoute un parfum de fiction à l’affaire.Mais l’auteur s’est documenté.Et il n’a pas voulu laisser de côté les coins d’ombres moins honorables de la vie de son modèle.Ni très bon mari, ni très bon père, on saura tout de ses écarts de conduite avec la comédienne française Eugénie Verteuil, ses absences à la naissance ou à la mort de ses enfants.En fond de décor, l’époque revit, avec les premiers pas du cinéma dans les parcs d’attraction au milieu des numéros forains, les débuts ambulants des projectionnistes — tel ce vicomte de Hauterive qui se promenait avec ses films et sa maman pour montrer les petites vues nouvelles.Et l’ascension fulgurante de l’électricien de talent qu’est Ouimet, petit gars de l’Est qui développe son propre projecteur, puis sent que le septième art a de l’avenir, prend des risques, doté d’un vrai talent d’entrepreneur, flairant les besoins du public montréalais, lui offrant une vraie salle spécialisée avant tout le monde dès 1906, mettant des sous-titres français aux films anglais, ajoutant la réalisation aux cordes de son arc: des scènes montréalaises croquées sur le vif d’abord, puis le Congrès eucharistique de 1910, enfin le long métrage.Seul Canadien à être invité à la table des Fox, Warner, Méfiés et compagnie à Chicago lors de la réunion mondiale des producteurs de films, assistant plus tard à la naissance d’Hollywood, où il emménagera un temps et tourna Why Get Married.Après la gloire, le déclin, le feu mis à l’œuvre cinématographique entière de Léo-Ernest Ouimet, avec sa permission.Les films du début étaient souvent non perçus comme des œuvres à part entière, même par leurs auteurs.Ainsi passe la gloire du monde.E S T - S E L L E R S U Librairie ©arntau W ROMANS QUEBECOIS I.ANNABELLE, Marie Laberge - éd.Boréal 2.FLAME, Lise Blouin Dallosto - éd.Québécor 3.LE CERCLE DE MORT, Guy Fournier - éd.de l'Homme 4.LE PRINCIPE DU GEYSER, Stéphane Bourguignon - éd.Québec Amérique 5.LE CHEMIN SAINT-JACQUES, Antonine Maillet - éd.Leméac «r ESSAIS QUÉBÉCOIS 1.GABRIELLE ROY, UNE VIE, François Ricard - éd.Boréal 2.BOUM BOUM GE0FFRI0N, Slan Fischler - éd.de l'Homme 3.QUAND JE SERAI GRANDE, JE SERAI SAGE, Andrée Boucher - éd.Libre Expression ROMANS ÉTRANGERS 1.JOYEUX NOËL, MERRY CHRISTMAS, Mary Higgins Clark - éd.Albin Michel 2.MALVEILLANCE, Danielle Steel - éd.Presses de la Cité 3.DES CHRÉTIENS ET DES MAURES, Daniel Pennac - éd.Gallimard 4.LE MONDE PERDU, Michael Crichton - éd.Robert Laffont 4!" ESSAIS ÉTRANGERS I.DIEU UNE BIOGRAPHIE, Jack Miles - éd.Robert Laffont 2.LE SOURIRE DE L'ANGE, Jeanne Bourin - éd.Desdée de Brouwer Julliard 3.LES HOMMES VIENNENT DE MARS, LES FEMMES VIENNENT DE VÉNUS.John Gray - éd.Logiques «r LIVRE JEUNESSE I.LA GALÈRE D'OBÉLIX, Albert Uderzo - éd.Albert René LIVRES PRATIQUES 1.LE GUIDE DU VIN 97, Michel Phaneuf - éd.de l'Homme 2.VILLAGES PITTORESQUES DU QUÉBEC, Yves laframboise - éd.de l'Homme w, LE COUP DE COEUR 1.VILLENEUVE, MA PREMIÈRE SAISON EN FORMULE I, Jacques Villeneuve - éd.de l'Homme 1691, rue Fleury Est, Montréal (Québec) H2C1T1 Tel.: (514) 384-9920 Téléc.: (514) 384-9546 Mieux vivre RENÉE ROWAN moire non entraînée», affirme l’auteur de cet ouvrage tra- duit en 18 langues, publié à huit millions d’exemplaires.Connu comme l’homme à la mémoire la plus phénoména-, , , le, Harry Lorayne peut mémoriser en vingt minutes les ÉCHOS DE DEUX GENERATIONS noms et visages de 400 personnes avant une représentà- Sophie Giroux et Benoît Lacroix Lion.Sa méthode vaut sûrement un essai! Le Jour éditeur, Montréal, 1996,192 pages Échos do deux, générations Un livre écrit à quatre mains par une mère de famille de 30 ans et un père dominicain qui a derrière lui 55 ans de sacerdoce et dont la réputation n’est plus à faire.Un livre qui prend la forme d’une conversation sur des sujets tantôt légers, tantôt graves, et qui nous concernent tous comme l’amour, l’amitié, la solitude, la musique, la spiritualité ou la mort.L’idée est originale, le propos intéressant, mais il aurait gagné à être épuré de certaines réflexions à caractère spontané qui ont parfois un petit côté mièvre.LIBERTÉ DANS LA RELATION AFFECTIVE Colette Portelance Les Éditions du Cram inc., Montréal 1996,283 pages COMMENT PUBLIER VOTRE LIVRE Daniel Bertrand Les Presses du Parc-Lafontaine, Montréal, 1996,130 pages La publication à compte d’auteur a ses secrets et doit obéir à certaines règles si l’on souhaite voir son livre en librairie.Ce guide simple et pratique vous enseignera, entre autres, comment ouvrir votre propre maison d’édition; comment enregistrer vos droits d’auteur et où vous procurer votre numéro ISBN; comment préparer vos épreuves; comment choisir l’imprimeur et le distributeur.L’auteur note que si on n’a publié que 500 exemplaires environ, on n’a qu’à en vendre de 100 à 200 pour récupérer sa mise de fonds.Cet ouvrage sur la liberté dans la relation affective est le résultat d’expériences personnelles et professionnelles vécues par l’auteure dont les deux livres précédents, Relation d’aide et amour de soi ainsi que La Communication authentique ont connu le succès.Ce livre s’adresse à ceux et celles qui vivent des relations affectives non satisfaisantes avec leurs enfants, leurs parents, leur conjoint ou leurs amis.Pour permettre une démarche personnelle, la psychothérapeute a intercalé au texte des exercices de réflexion et de mise en pratique.LES 22 LOIS INCONTOURNABLES DU BIEN-ÊTRE Greg Anderson Traduit de l’américain par Manuela Dumay Éditions Vivez Soleil, Genève, 1996,238 pages VISUELS ET AUDITIFS Dr Raymond Lafontaine Éditions du Trécarré, Saint-Lambert, 1996,197 pages Ce qui apparaît important à l’auteur de cet ouvrage, ce n’est pas tant de voir que l’on est un visuel (toute personne influencée d’abord par ce qu’elle voit) ou un auditif (toute personne influencée d’abord par ce quelle entend), mais de se rendre compte que l’autre est différent de soi.Un livre utile à toutes les personnes qui souhaitent mieux sp connaître et apprendre à composer avec l’autre en tenant compte à la fois de sa personnalité et de la conjoncture.En annexe, on trouve le questionnaire développé et utilisé par l’auteur pour identifier le profil auditif ou visuel.L’ÉLÉGANCE MISE À NU «Le bien-être est un choix, c'est décider de tendre vers une vie optimale et une vie vécue à fond», affirme d’entrée de jeu l’auteur qui a déjà publié Le Vainqueur du cancer, rite devenu un best-seller.Il nous revient cette fois avec les 22 lois fondamentales qui, selon lui, gouvernent le succès et l’échec dans la poursuite du bien-être absolu.Des règles de rie destinées à ceux et à celles qui veulent prendre leur rie en main.LES TEMOINS DE JEHOVAH René Roy Novalis, Ottawa, 1996,143 pages Entrée facile, sortie difficile, tel est le sous-titre de cet ouvrage qui a pour but de répondre aux interrogations les plus fréquentes que chacun de nous se pose à un moment ou l’autre, surtout lorsque quelqu’un de notre entourage est devenu Témoin de Jéhovah.L’auteur, qui a collaboré à la mise sur pied du Centre Info-Ressources des ex-Témoins de Jéhovah, suggère des attitudes à adopter avec le nouvel adepte, devant les tensions engendrées par son comportement.Il présente aussi des moyens de l’aider à s’en sortir lorsqu’il n’en peut plus.Finalement, ce prêtre du diocèse de Québec qui, pour réaliser son mémoire de maîtrise en théologie, a du fouiller la question, s’adresse aussi aux ex-Témoins de Jéhovah, les exhortant au respect, à l’amitié et à l’amour.DÉVELOPPEZ UNE MÉMOIRE EXCEPTIONNELLE Harry Lorayne Traduit et adapté de l’américain par Olivier Clerc Editions Jakin, Étoile^sur-Rhône, 1996,218 pages •Il n’y a pas de mauvaise mémoire, seulement une mé- , Hélène Paquet Les Éditions Logiques, Montréal, 1996, 336 pages Quoi, comment et où acheter?Comment agencer au mieux ses vêtements?L’auteure passe en revue tous les élér ments de la garde-robe féminine, donnant au fil de cet exercice des informations utiles pour mieux acheter, essayer et assortir.L’élégance, soutient-elle, c’est une affaire d’imagination, d’ingéniosité et d’état d’esprit plus que de fringues et d’accessoires.Un guide sans prétention, écrit avec humour et utile pour qui s’intéresse à la chose.L’ADOPTION: LES ACTEURS ET LES ENJEUX AUTOUR DE L’ENFANT Françoise-Romaine Ouellette Les Presses de l’Université laval, Québec, 1996,119 pages Un livre d’actualité qui sort des sentiers battus et apporte un éclairage nouveau et percutant sur l’évolution des pratiques récentes en adoption, notamment d’adoption internationale.L’auteure, qui est anthropologue et profes-seure à l’INRS-Culture, montre comment s’organise cette forme de circulation d’enfants, en fonction de quelles valeurs et de quels intérêts.Elle met en évidence l’impact radical de l’adoption sur l’identité de l’enfant adopté, tout en tenant compte de la protection de l’enfance et de la réalisation d’un projet parental.Elle souhaite qu’on s’intéresse davantage au point de vue des enfants eux-mênies (quand les nombreux adoptés des dernières années arriveront à l’adolescence) et au point de vue des familles d’origine.te I I.!•: I) V.VOIR.I.E S S A M K I) I 2 8 K T I) I M A N (' Il E 2 il I) E (' E M R R E I !» !» « I) 3 ESSAIS POLITIQUES Le lendemain de la veille L’ambivalence pour qualifier la société québécoise LE GOUT DU QUEBEC -L’APRÈS-RÉFÉRENDUM 1995 Collectif sous la direction de Marc Brière Hurtubise HMH, Montréal, 1996,260 pages LANGUES, CULTURES ET VALEURS AU CANADA À L’AUBE DU XXIe SIÈCLE Collectif (francais-anglais) sous la direction de André Lapierre, Patricia Smart, Pierre Savard Conseil international d’études canadiennes et Carleton University Press, Ottawa, 1996,360 pages GILLES LESAGE DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC Des lendemains qui grincent.ou qui chantent?Ce sous-titre interrogatif au collectif imaginé et mené à terme par le juge Marc Brière est on ne peut plus explicite.Car «le lendemain de la veille», pour reprendre la belle formule de Claude Corbo, l’un des 18 auteurs, est plutôt grinçant que chantant.Comme dans tout recueil du genre, il y en a à peu près pour tout le monde dans ces textes, de longueur et d’importance inégales, aptes à alimenter la réflexion post-référendaire des Québécois.L’exercice, quoique non concluant, en valait la peine, ne serait-ce que pour évaluer l’ampleur du fossé et de la tâche à accomplir pour le combler.La bonne volonté est évidente, manifeste; mais les solutions, à peine esquissées, ne s’écartent pas, ou si peu, de ce que la plupart des auteurs proposent déjà dans d’autres forums.Ce qui est intéressant, c’est que plusieurs d’entre eux aient accepté d’en discuter ensemble.La peur règne maintenant dans les deux camps, peur de l’autre, de soi, de l’avenir, signale le sociologue Guy Rocher dans sa préface.C’est cette peur qui est aujourd’hui le plus à craindre.«Cet ouvrage se veut à la fois une réponse à la peur et un geste d’appel au dialogue.Il se présente comme un effort d’ouverture à l’autre, en réunissant des contributions venant de différents horizons, exprimant la diversité (ou la divergence) des options.Atteindra-t-il cet objectif?En lisant ces textes, chacun en jugera.» M.Rocher signale, ainsi que les textes le font ressortir, qu’entre les souverainistes et les fédéralistes, «les interprétations données aux mêmes faits, événements, symboles sont devenues de plus en plus divergentes.Les arguments opposés se croisent, presque sans se heurter».Une des causes profondes de cet écart grandissant réside dans le malentendu identitaire engendré par la définition multiculturelle du Canada, estime le préfacier.«Le.Québec n’est pas moins pluraliste d’esprit et de cœur que le reste du Canada, mais veut l’être autrement.» (L’historien Claude Couture, dont Iœ Devoir a recensé l’essai sur Trudeau, samedi dernier, dit exactement la même chose.) Minorité et communautés La plupart des souverainistes, dont il fait partie, adhèrent à l’idée d’un Québec qui, majoritairement francophone, sera respectueux des droits acquis de sa minorité anglophone et de la vitalité des différentes communautés ethniques, écrit M.Rocher.Mais cette évolution du nationalisme, d’abord ethnique, s’appuyant désormais sur le territoire, n’est ni connue ni reconnue par un trop grand nombre de nos compatriotes de langue anglaise.Les malentendus, profonds, sont mis en exergue par le professeur Michael Oliver qui, incapable d’une préface classique, s’est laissé convaincre de faire une antipréface.Il y exprime son désaccord, même «un mouvement de recul», à la lecture du parti-pris indépendantiste du recueil, de La peur règne maintenant dans les deux camps, peur de l’autre, de soi, de l’avenir LIVRES ET MEDIAS Radio.À l’émission Le Temps perdu.dimanche à 15h, à la chaîne culturelle FM de Radio-Canada, Stéphane Lépine se penche sur Montaigne en compagnie de Madeleine Lazard, auteur d’une biographie du célèbre essayiste parue chez Fayard, de Robert Melançon et du comédien James Hyndman.Télévision.A Sous la couverture.m V R E 8 - dimanche à 16h à la télévision de Radio-Canada, Mario Roy commente Anna Braillé une shot de Georges Dor et Dialogue en ruine de Iaurent-Michel Vacher et Pascale Navarro critique Baise-moi et Les Chiennes savantes de Virginie Despentes.Aussi: Un pont entre les deux rives d’Alain Leblanc et Rouge décanté de Jeroen Brouwers.LE ROMAN QUÉBÉCOIS l’omission flagrante de 40 % des fran-co-Québécois qui ont voté NON, et de la «simplification outrancière» des tenants du OUI.Très critique, donc, M.Oliver n’en évoque pas moins, lui aussi, la «transition» en cours au Québec, ce «processus laborieux qui consiste à faire d’une minorité francophone pleine de griefs une majorité québécoise ouverte, réceptive et équitable, et à transformer des anglo-Québécois préalablement dominateurs en citoyens québécois pleinement participants.Que la séparation ait lieu ou non, ces transitions-là sont d’une importance cruciale pour la démocratie au Québec».Le juge Brière ne le signale pas, mais il a eu peine à trouver un préfacier — fut-il contre — et, pas de veine, le nom de M.Oliver a été francisé (Olivier), tandis que les notes biographiques le concernant ont été oubliées à l’impression.En revanche, il y a des notes relatives à trois Charles Taylor, Panayotis Merlopoulos), qui ont probablement fait faux bond en cours de route.Ils ont par contre signé la déclaration conjointe du printemps dernier, de même que Claude Forget et Françoise David, qui ne signent pas non plus de texte personnel.Ces aléas habituels font d’une publication collective une aventure périlleuse dont le principal mérite revient à l’instigateur.Ici, M.Brière, l’un des premiers supporters de René Lévesque et du MSA dont les affinités avec Jean du Pays sont évidentes, n’en q que plus de mérite.Echanger, discuter, déblayer le terrain, mesurer les écarts qui nous séparent, n’est-ce pas, en toute matière, un exercice salutaire?Décortiquer les termes dont on abuse n’est pas non plus inutile.Et quand ils ne sont pas satisfaisants, pourquoi pas de bons néologismes.M.Brière — ou Jean du Pays?— en concocte de bon cru, dont l’un pour le nationalisme québè cois, qualifié par lui de «patrialisme».Et en conclusion, plutôt que de reprendre le cliché des «deux solitudes» québécoises, il parle de «multisolitude» des diverses communautés qui forment la société québécoise.Une compréhension réciproque Entre la patrie nouvelle de la majorité, la solitude désespérante des autres, que faire?De l’humour, comme Myra Créé, ou même comme l’auteur de Pur coton, récent lauréat du prix Léon-Gérin 1996, Henry Mintzberg, qui finit par une question essentielle.Serons-nous capables de mettre de côté les théories politiques assez longtemps pour apprécier la compréhension réciproque que nous avons construite ici?Sommes-nous vraiment prêts à tout laisser tomber?«Comprendre la situation, être conscient du bagage historique que nous portons tous est déjà un pas vers le respect mutuel», ainsi que l’écrit Julien Bauer.Respect des autres, c’est notrç chance de trouver une réponse.A quoi Claude Corbo ajoute son grain de sel, lui aussi avec une formule-choc.Le Canada, dit-il, a le choix entre la surconquête, vers laquelle il se laisse doucement dériver, et la reconnaissance du Québec réel.Sinon, ce sera la résistance et la rupture.L’ambivalence est un terme qui revient souvent pour qualifier la société québécoise, de même que la nécessité de définir d’abord un projet de société avant de s’attaquer aux structures et, par-dessus tout, la légitimité des deux options et, donc, l’interdiction de l’intégrisme.11 y a donc urgence.Amorcé par un juge de bonne volonté, le dialogue doit, certes, se poursuivre et s’amplifier.Que souhaiter de mieux en cette période des Fêtes?Autre élément de réflexion pour les «canadianistes», l’autre recueil sur les langues, cultures et valeurs fait écho à un colloque tenu en juin 1995, à Ottawa.Il fait largement état de ce que le chercheur Pierre Anctil appelle «le choc de la pluralité» québécoise, et des fascinantes tensions linguistiques.Entre l’éclatement et la dispersion, la recherche de l’identité nationale est-elle, en cette fin de siècle, une utopie?Un sens aigu du romanesque RAYMOND GIRARD Largo,Paris, Éditions Denoël, 1996,366 pages é au Québec en 1936, Raymond Girard a intégré le monde de la marine marchande britannique à l’aube de ses vingt ans pour un périple qui ne devait plus le ramener chez nous.Après avoir parcouru le monde, il s’établirait plutôt en France, au début des années 60, œuvrant à titre de correspondant de guerre pour la télévision française.Avec son premier roman, Largo, premier volet d’une tétralogie promise par son éditeur, M.Girard nous livre vraisemblablement une version romancée de quelques-unes de ses premières expériences les plus marquantes.En cette journée que l’on espère de tout repos au cœur des grandes célébrations des Fêtes, si la perspective vous sourit de plonger dans les aventures d’un héros digne d’avoir inspiré James Bond à Ian Flemming, alors ne bqudez pas votre plaisir.A moins d’éprouver une allergie sérieuse aux héros plus grands que nature, aux scènes de bagarres de mecs et d’enfournage de Julie prostitués, tous les lec- Sergent teurs trouveront sans dou- ?te ici quelque occasion de se régaler.Le roman s’ouvre en 1952, alors que le narrateur s’embarque dans le port de Montréal sur son premier navire, le 5.S.Sun Dancer, après avoir fait ses classes avec succès à l’école de la marine marchande.Se liant instantanément d’amitié aventuriers de Biaise Un héros digne des de Jack London, Cendrars, de Saint-Ex., dont les livres constituent le bagage le plus précieux % "m de la ville.Le S.S.Sun Dancer n’a qu’à bien se tenir.Sparky vient d’arriver, et il n’est pas une embûche à venir qui lui semble plus insurmontable que celles qu’il a subies déjà dans sa courte vie.Ni celles que lui promet le commandant du navire, Marley, haut-gradé mâtiné d’Indien et d’Ecossais dont la cruauté et l’ivrognerie sont sans limites.Ni celle que lui tend bientôt le chef mécano, encouragé par le commandant, et qui se clôt sur un combat dramatique laissant Sparky à moitié aveugle (l’œil désormais couvert d’un bandeau de pirate) et son adversaire dans le coma.Ni les dangereux soubresauts de la mer.Ni les corps à corps tantôt brutaux tantôt quasi mystiques qui le lient à l’une ou l’autre prostituée retrouvée à chaque escale.Sparky est un héros plus grand que nature.Un croisement des John Wayne, Errol Flynn, Humphrey Bogart qui dressent leur monument dans son imaginaire, comme autant d’exemples de force, de séduction, de braves solitudes.Un héros digne des aventuriers de Jack London, de Biaise Cendrars, de Saint-Ex., dont les livres et ceux de quelques autres (on cherchera en vain Henry Miller, qui n’aurait pourtant pas désapprouvé certaines scènes.) constituent le bagage de Sparky le plus précieux à bord.Un être «épris de beauté et de raffinement, mais prêt à tout instant à fondre avec ses cavaliers sur la ville assoupie, à passer par le fil de l’épée tous ses habitants avant de disparaître à nouveau dans la steppe.» Comment ne pas l’aimer?Lorsque le Sun Dancer fait naufrage au large des côtes du Venezuela (il faut voir Sparky plonger le dernier hors du navire avant que ne s’enfonce l’épave), Sparky et Largo sont recueillis par l’homme le plus riche de l’Amérique latine, qui s’empresse à leur offrir les commandes de son nouveau yacht.On devine la suite.Derrière sa façade de navire-école colombien, le Dona Inès est une bombe à retardement.Affrété' d’abord au transport d’armes vers les maquis castristes — une bonne action à laquelle participe même la ; C.I.A., à cette lointaine époque, qui désire alors plus que tout se débarrasser de Batista pour voir Castro prendre le pouvoir — le navire colombien remplit bientôt le véritable rôle pour lequel il a été conçu par son propriétaire, le sénateur Bénitez, le baron colombien de la drogue.Quand Sparky s’aperçoit que la seule aventure qui l’intéresse désormais, le seul élément véritablement essentiel de sa vie, est de solidifier son union avec la femme qui vient de rentrer dans sa vie comme un bulldozer, c’est trop tard.Voilà qu’il est aspiré dans un tourbillon de drames dont personne ne peut plus sortir gagnant.Sauf lui, sans doute.On est un héros ou on ne l’est pas.Sans blague.M.Girard a 60 ans maintenant, et si l’on ne doute pas un instant qu’il a vécu une foule d’aventures profondément marquantes, on ne doute pas non plus qu’il a un sens aigu du romanesque, qu’appuie une plume tout aussi habile à se tremper dans les méandres de la misère, que dans les emportements du corps, les rêves et les mauvais coups des hommes.«Je me rendis compte que toute ma vie j'avais été engagé dans un marathon d’angoisses sans cesse renouvelées, une peur ancienne passant le témoin à une inquiétude nouvelle, et que l’âge d’homme n’en marquait nullement la ligne d’arrivée», écrit le narrateur.On sera ravi de suivre le reste de sa course.Le narrateur s’embarque sur son premier navire, le S.S.Sun Dancer, après avoir fait ses classes avec succès à l’école de la marine marchande avec le seul autre francophone de l’équipage, un gaillard balafré de trente ans qu’il surnomme Largo, notre jeune héros, lui-même affublé du surnom de Sparky (à l’instar de tous les officiers radio de la marine britannique qu’on appelait ainsi à cause des étincelles — sparks — qui fusent sur l’antenne lors de la transmission d’un message), n’entreprend pas son voyage à la légère.Il est clairement animé d’un double désir: d’une part celui de connaître un destin digne des grands aventuriers croisés dans ses incursions cinématographiques et littéraires; de l’autre, la nécessité de rompre définitivement les attaches avec son pays.«C’en était fini de cette vie-là.Quelque chose d’autre s’ouvrait devant moi.Je regardai défiler le long des berges gelées du Saint-Laurent cet amas confus de souvenirs comme des icebergs à la dérive, ce qu’on appelle le passé.Non, je ne reviendrais plus jamais.Quand le navire ralentit pour laisser descendre les pilotes au large de Là-Bas, je n’eus même pas un pincement au cœur, ça viendrait beaucoup plus tard.» La petite ville de garnison qui l’a vu vivoter à travers l’enfance et l’adolescence n’est pas autrement désignée que par ces deux mots, étonnants et tragiques, Là-Bas, qu’on devine en partie choisis pour épargner les lecteurs français ignorants de notre géographie (C’est quoi ça Ba-gotville?), mais surtout pour marquer l’énormité du drame qui pouss.e le narrateur à s’exiler du Québec.A ce propos, le jeune homme est avare d’explications, ne livrant que trois ou quatre indices (mais de taille) sur son lourd passé: l’épisodique présence d’une mère détestée, l’absence d’un père idolâtré, le spectre d’un oncle violent et sans scrupules (mort assassiné), puis quelques années de tendresse entre les bras des deux seules amies, Conchita et Tina, déesses de XAuberge du lac, le bordel J*o, cYvoj* emballages-cadeaux LIBRAIRIE HERMÈS ] 1120, ave.laurier ouest j oui remont, mont real I tel.: 27-1-0669 téléc.: 27-1-0660 | Colette Portdana?Toujours premier ! r ° escompte au* 60 ans et + tous les mardis sur /es produits a Prix ord.sauf /es revues.•%lotion ijfecth'C 2495$ ïNAl’LT 1895$ .ord.229A .ord.wme- I .- ¦; •— -¦ LA LIBERTÉ DANS LA relation affective Colette Portelance Éd.du Cram | Un rabais del0s 1795$ .ord.22'»', m Fran C DVALiTÉ oc/ec( ,.VILLENEUVE Ma Première saison en Formule 1 éd- de l’Homme >95$ en; .17,5Sc pir-, Prix littérature jeunesse ?Desjardins |50$ ch.^rd.COLLECTION CARROUSEL (20 titres disp.) éd.Héritage J 795$ ^ord.22a^ C.D.FRED FORTIN Sélect POULE 1'22"23 ) ou (#27-28-29) éd.Héritage V i.e dimanche 8 décembre, finest kind.Trois voia, belles à rendre jaloun les an
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