Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Le devoir, 1996-11-23, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
19 10 F O N 1) E V - *v V (t I.I.-\ X XVI N " 271 M O N T 15 É A l .I.K S S A M K I) I 2 A K T I) I M A N C II K 2 I X O V K M 15 15 K I !» !» (i I C A II I K 15 S ¦ I .» 7 $ + T I- s + t v y LES ARTS Patrice Leconte se paie un «film à costumes», page B 1 FORMES Les prix (Vexcellence en architecture, pageD12 MONTRÉAL ÉCONOMIE L'industrie du bas prix L'économie particulière fait florès, * des arts de la scène, page A 4 page C 1 PERSPECTIVES Combien d’emplois vaut un principe ?Autres temps, autres mœurs.Il y a dix ans, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec s’était opposée à l’acquisition de Télé-Métropole par Power Corp., propriétaire de La Presse.Question de principe: la propriété mixte est une menace à l’indépendance et à la diversité des médias.Aujourd’hui, la FPJQ approuve la fusion de T.-M.et de TQS, une concentration sans précédent.Que sont les grands principes devenus?En principe, nous devrions dire non à cette transaction.[.] Par contre, il y a aussi la réalité.» C’est ce qu’écrit la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) dans son mémoire déposé devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) en prévision de l’audience publique du 2 décembre traitant, entre autres, de l’absorption de Télévision Quatre Saisons par son concurrent, Télé-Métropole.Foutue réalité qui, aujourd’hui plus qu’hier, fait prendre le bord aux principes.* Il y a dix ans, la FPJQ avait tenu un congrès spécial sur la transaction projetée par Power Corporation qui convoitait Télé-Métropole.Les journalistes du télédiffuseur s’étaient rangés derrière le propriétaire de La Presse dans l’espoir de sortir la salle des nouvelles de T-M.du sous-développement dans lequel la pingrerie de l’administration d’alors la maintenait.Le président de la Fédération, Jean Pelletier, avait exhorté les journalistes «à s’élever au-dessus des contraintes matérielles» pour «défendre l’intégrité du métier».L’éditeur adjoint de La Presse, Michel Roy, en service commandé, avait pour sa part défendu l’idée d’exiger de Power des garanties fermes touchant l’indépendance des deux salles de rédaction.La transaction n’était pas «un caprice, pas un luxe, mais une nécessité», avait-il dit.La majorité des journalistes présents — 83 % d’entre eux— avaient voté pour l’intégrité de la profession en dépit, semble-t-il, de la nécessité.On ne peut guère se surprendre aujourd’hui de voir les syndicats des salles des nouvelles de TVA et de TQS appuyer la transaction.Ni de savoir que la Fédération v nationale des communications de la CSN va dans le même sens.La concentration est la façon la plus directe d’assurer le gagne-pain personnel des journalistes de TQS.Après tout, vaut mieux travailler pour le seul groupe privé de télévision francophone au Québec que pour une chaîne menacée.C’est une question de pain et de beurre.Et les syndicats sont là pour y voir.La Fédération des journalistes, quant à elle, «a été fondée, en 1969, en grande partie pour lutter contre la concentration de la propriété des entreprises de presse qui commençait à l’époque», écrit-elle dans son mémoire.C’est bien de le rappeler.Aujourd’hui, elle se plie pourtant à la nécessité d’une concentration accrue de la propriété des médias.La FPJQ a embrassé la même préoccupation que les organisations syndicales: les emplois.Pour la FPJQ, le marché local peut difficilement vivre avec autant de médias, le réseau TQS est en péril, un nouvel acquéreur doit se pointer et c’est Vidéotron.Le malheur avec cette «réalité» à laquelle la FPJQ soumet ses principes, c’est qu’elle reprend l’essentiel de l’argumentation de Vidéotron devant le CRTC.Or celle-ci est discutable.D’autres groupes que Vidéotron s’intéressent à TQS.Advenant que le CRTC décide de forcer Vidéotron à vendre ce réseau, quelques groupes dont on peut douter de la solidité financière seraient sur les rangs pour l’acquérir.Cogeco a déjà affirmé qu’elle présenterait une offre.Des télédiffuseurs du Canada anglais devraient également se montrer intéressés.Quant à la petitesse du marché québécois, force est de constater qu’au Canada anglais, autant de chaînes sinon davantage se disputent des marchés de taille semblable.A cet égard, le CRTC devra sans doute déterminer si les problèmes réels de TQS sont d’ordre conjoncturel et stratégique, comme le soutiennent Cogeco et les producteurs indépendants, ou structurel, comme l’affirme Vidéotron.Et si le problème est strictement structurel, ce dont on peut douter, ne vaut-il pas mieux fermer TQS que permettre à une seule entreprise de contrôler les deux tiers de l’offre publicitaire télévisuelle en français, ce qui risque d’entraîner la marginalisation économique de Radio-Canada?La FPJQ veut préserver l’indépendance des salles de rédaction et montre ses biceps en dictant des «conditions sine qua non» à la fusion T.-M.et TQS.Un peu comme Power Coip.le proposait à l’époque.Comme la FNC et les syndiqués de Télé-Métropole et de TQS.On peut se demander à quoi peut bien servir une fédération professionnelle de journalisme, devenue — signe des temps — «réaliste», qui ne défend plus le principe de la diversité et de l’indépendance des médias, qui se soumet frileusement à la nécessité dont on dit quelle est l’argument des tyrans et le credo des esclaves.Robert Dut risa c M É Montréal Nuageux samedi, ciel variable dimanche.Max: -5 Min: 0 T É 0 Québec Ciel variable les deux jours.Max:-7 Min:-1 Détails, page C 15 I N Agenda.B 11 Annonces.C 14 Ixs Arts.B 1 Avis publics C 13 Bourse.C 12 Economie.C 1 Éditorial.A 14 D E X Idées.A 15 Livres.D 1 Le monde.A 3 Ixs sports.C 16 Montréal.A 3 Mots croisés C 15 Politique.Ail v Æ FlET® amr «Es?Pacte fiscal 33 petits millions pour Montréal Deuxième coup dur pour Bourque cette semaine KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Les demandes répétées du maire Pierre Bourque pour sortir Montréal de son bourbier financier n’ont pas été entendues par Québec qui n’accordera qu’un montant forfaitaire de 33 millions pour l’année 1997 plutôt que les 60 millions espérés.En moins de deux jours, il s’agit d’un deuxième coup dur pour le maire Bourque qui se trouve au centre d’une tourmente politique remettant en cause son intégrité et sa moralité politique.Le Directeur général des élections a déclenché une enquête sur des allégations de financement illégal du parti du maire Bourque, Vision Montréal.La décision du gouvernement du Québec est tombée hier matin, accentuant à l’hôtel de ville montréalais l’état de choc.Joint en début de soirée hier, le vice-président du comité exécutif et responsable des finances publiques, Sammy Forcillo, a indiqué que l’aide de Québec causait un problème budgétaire.Il a toutefois refusé de faire plus de commentaires, les réservant pour la présentation du budget mardi prochain.VOIR PAGE A 16: MONTRÉAL Lire aussi en page A 3 ¦ Vision Montréal paralysé "t" LE MONDE Baril juge nécessaire une intervention Au cours d’une réunion des représentants de quelque 20 pays désireux de participer à une mission humanitaire au Zaire, le lieutenant général Maurice Baril a insisté hier sur «la nécessité» d’une intervention militaire, indiquant qu’il tenterait de définir au cours du week-end des options pour les gouvernements des pays participants.Cependant, aucune décision politique ne sera prise sur cette intervention avant au moins le début de la semaine prochaine, a indiqué hier le ministre de la Défense, Doug Young.¦ Lire notre reportage, page CIO Négociations LaCSN propose huit mesures fiscales Il faut d’abord réduire les dépenses, répond le gouvernement MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC \ A quelques heures du début du congrès du Parti québécois hier, la CSN, qui représente 135 000 employés du secteur public, a fait une contre-offre au gouvernement Bouchard comportant une série de huit mesures fiscales.Dans le but d’ouyrir le débat sur la colonne des revenus de l’Etat, la CSN propose notamment une surtaxe sur les fonds de retraite privés et une autre sur les profits des institutions financières, en plus d’une progressivité de l’impôt sur le revenu à partir de gains de 60 000 $.«Nous proposons une approche globale, a déclaré le président Gérald Larose en conférence de presse (qui veut prolonger les engagements de mars et d’octobre en construisant un pont), le temps qu’on se refasse une santé financière et qu'on puisse, par une reprise de l’emploi, asseoir sur une base durable les revenus dont l’État a besoin.Il s’agit de mesures réalistes, réalisables, équitables et solidaires.» VOIR PAGE A 16: CSN Treizième congrès du Parti québécois Bouchard à ses troupes : souveraineté et tolérance MICHEL VENNE MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le 13e congrès du Parti québécois s’est ouvert hier soir à Québec, des assises au cours desquelles la politique du gouvernement sera sérieusement mise en cause, en particulier sur la question linguistique.Au moment de mettre sous presse, le premier ministre Lucien Bouchard s’apprêtait à prendre la parole.Selon diverses sources, on s’attendait à ce qu’il appelle les militants de son parti à se serrer les coudes autour de l’objectif de la souveraineté.A ce titre, il devait les inviter à adopter une attitude plus rassembleuse et plus tolérante afin de favoriser le recrutement auprès des Québécois qpi ne sont pas encore gagnés à la cause.A cet égard, il devait signaler que le défi le plus ardu est celui de la politique linguistique.Il était censé suggérer aux partisans pé-quistes d’appuyer l’action gouvernementale en faveur de l’assainissement des finances québécoises et de la relance de l’économie.M.Bouchard devait faire grand état des réalisations de nature social-démocrate (politique familiale, équité salariale, etc.) de son gouvernement.Enfin, le premier ministre devait proposer à son parti de s’engager dès maintenant dans une démarche active d’animation politique auprès de la population sur la souveraineté et l’offre de partenariat.Convoqué sur le thème «la volonté de réussir», le congrès rassemble quelque 2000 délégués.VOIR PAGE A 16: BOUCHARD En file pour la survie JOHN PARKIN REUTERS DES REFUGIES HUTUS viennent s’inscrire pour une distribution de nourriture à Knarna, un village au sud de Gi-senyi, au Rwanda.Dans l’est du Zaïre, des rebelles ont empêché les convois de l’ONU d’atteindre des milliers de réfugiés dont on est sans nouvelles.> Malraux le Québécois Dès 1963, l’auteur de L’Espoir voyait dans les Canadiens français «une minorité qui veut cesser de l’être» ARCHIVES LE DEVOIR André Malraux en compagnie de Georges-Émile Lapalme, ministre des .Affaires culturelles du Québec en 1963.CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR A PARIS André Malraux, dont les cendres entrent aujourd’hui au Panthéon, a-t-il flirté avec l’idée de l’indépendance du Québec?On sait maintenant que l’auteur de L’Espoir, qui n’hésitait pas à voler au secours du Bangladesh opprimé, n’était pas indifférent à la cause des Québécois.S’il faut en croire Alain Peyrefitte, ancien ministre français de l’Information, son analyse aurait même ouvert la voie au célèbre «Vive le Québec libre» prononcé par le général de Gaulle en 1967.Peyrefitte révélait cette semaine, lors d’une causerie de l'Institut français des relations internationales, des extraits du rapport que rédigea André Malraux au retour d’un voyage à Montréal en 1963.Ce texte fut un «point de cristallisation», dit-il, dans l’évolution des positions du général qui était par ailleurs, dès cette époque, sympathique à l’idée de l’indépendance.En octobre 1963.André Malraux visite Montréal où il inaugure une exposition industrielle au Palais du commerce.Il n'est VOIR PAGE A 16: MALRAUX Lire aussi ¦ Dans le cahier «Livres»: Les vi sages d’André Malraux 1 778313000696 «Quand la loi 101 a été promulguée au Parlement du Québec, nous avons tous compris qu ’elle constituait le symbole même de notre affirmation nationale.Il est honteux qu ’on ait laissé les tribunaux fédéraux écharogner cette loi, comme il est honteux que le gouvernement du Québec lui-même ait amenuisé presque jusqu ’au ridicule la portée de la loi 101.Depuis le référendum de l’automne dernier, pas une journée ne se passe sans que ce qui reste malgré tout de la loi 101 ne soit menacé.La faute en incombe en premier lieu au gouvernement du Québec qui semble avoir décidé que la réduction du déficit national doit banaliser toute son entreprise, quitte à laisser s’installer chez nous un bilinguisme défait qui, bientôt, pourrait devenir un bilinguisme de droit.De petits signes se multiplient, qui devraient raviver nos craintes là-dessus.On établit un bilinguisme de fait quand on permet à de grandes sociétés comme Bell Canada de nous demander au téléphone si on veut être servi en français ou en anglais.On établit un bilinguisme de fait quand, par exemple, l’Université du Québec à Rimouski emboîte le pas aux grandes sociétés comme Bell Canada et nous propose aussi d’être servis ou bien en français ou bien en anglais.Il faut s’élever contre cette pratique qui, provenant de Montréal, est en train d’essaimer partout au Québec, même dans des communautés entièrement francophones.On établit aussi un bilinguisme de fait quand la Société Radio-Canada se permet de ne plus traduire, dans ses bulletins de nouvelles, les interventions des anglophones, se contentant, par la voix de ses reporters, de nous en faire les résumés.Ce qui nous vaut aux grands journaux télévisés du Réseau de l’Information de la Société Radio-Canada des émissions où la part véritable du français est celle d’un peuple redevenu minoritaire et indigne qu ’on lui parle dans sa langue.Il y aurait bien d’autres exemples à donner de ce bilinguisme défait qui, mine de rien, s’installe au Québec sans que personne n ’en dénonce le grand V danger qu’il représente pour l’avenir.A force d’habituer nos oreilles à ce bilinguisme de fait, il en deviendra, sans que nous nous en rendions compte, un bilinguisme de droit.Aussi, il m’apparaît urgent de demander au gouvernement du Québec de prendre au sérieux ce bilinguisme défait et de voir à ce qu’il disparaisse de notre société.Comme Québécois indépendantistes, il importe que nous restions vigilants même par-devers de tous petits signes qui, à force de s’ajouter les uns aux autres, risquent de rendre dérisoire l’idée même d’un Québec véritablement souverain et français.» Victor-Lévy Beaulieu Trois-Pistoles 16 novembre 1996 •-V.V, * ,3 C'est maintenant qu'il faut agir! Chaque jour sous l'emprise de la loi 86 nous conduit insidieusement et inexorablement à l'anglicisation.Tel que promis, il faut abolir Ja loi 86 et faire du français la seule langue officielle du Québec.SS JB La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal Vouée à la promotion des intérêts du peuple québécois Maison Ludger Duvernay, 82 rue Sherbrooke Ouest, Montréal H2X 1X3 Téléphone : 843-8851 Télécopieur : 844-6369 'T' ' '-s-A «¦‘n-r-' ni m, , , ’ «É WtSSK: ID DUtiWS, Ssmunw I z e rme teiJhnnietimor ne clè responsabilité ¦f - îfif iMür ii Un campufiawueillant ^ • ifianiiii'iir 11 • i des amis des quatre coins d dans un décor enchanteurs le défis UNIVERSITE DE SHERBROOKE Ménard s’engage à réaliser «l’expansion nécessaire» du Palais des congrès Trois scénarios sont envisagés pour permettre à la ville de demeurer compétitive SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR Le ministre d’Etat à la métropole, Serge Ménard, s’est engagé hier à permettre «l’expansion nécessaire du Palais des congrès» pour que Montréal reste compétitive sur le marché nord-américain des grands congrès.Avant de fixer le montant de l’aide gouvernementale, le ministre Ménard attendra d’avoir en main les conclusions d’une étude menée par le Palais des congrès sur trois scénarios envisagés: B l’agrandissement du Palais des congrès; B la transformation du Palais actuel en centre d’exposition; B la création d’un tout nouveau Palais des congrès.L’étude de ces trois scénarios devrait être complétée dans trois mois, après quoi le ministre fera connaître «rapidement» sa décision.M.Ménard refuse cependant de préciser l’importance du montant que Québec se dit prêt à investir.En conférence de presse, le président-directeur général du Palais des congrès, François Lebrun, s’est évidemment réjoui «des intentions du ministre», soulignant que l’agrandissement du Palais (ou la création d’un plus grand centre des congrès) «permettra à Montréal de mieux percer le marché américain, notre priorité pour l’avenir».Le groupe conseil KPMG a d’ailleurs réalisé une étude sur la question, étude démontrant que «Montréal doit être dotée d’un centre des congrès plus grand que l’actuel Palais et d’une infrastructure hôtelière adéquate».Selon les auteurs, le Palais doit être agrandi (si telle est l’option retenue) d’au moins 100 000 pieds carrés s’il veut attirer davantage de congressistes américains.Ils soulignent également que pour conquérir cette clientèle, «toute une série d’ajouts et de changements seront nécessaires», par exemple s’assurer de la présence d’un grand hôtel à proximité, «les Américains, pour des raisons de sécurité semble-t-il, ayant une sainte horreur de marcher trop longtemps».L’étude précise que l’efficacité du transport en commun, le coût de la Gravures Anciennes-Curiosités 95 $ 60, rue Notre-Dame O., Montréal (Québec) H2Y 1S6 845-3194 - ¦ ¦ÉHj ¦MM» ; ¦ j wMt UPSfe % % % 3 h.UNIVERSITE DE SHERBROOKE Trong vient de découvrir passion d’innover.Un milieu stimulant, des centres de recherche d'avant-garde des petits groupes bien encadrés par un corps professoral disponible et dynamique dépasser se l-8(Ht-»(>T-lmS http://www.uslicrb.ca Programmes de maîtrise et de doctorat Maîtrises Adaptation scolaire et sociale Administration Administration des affaires Administration scolaire Biochimie Biologie Biologie cellulaire Chimie Droit de la santé Économique Enseignement Environnement Études françaises Fiscalité Génie aérospatial Génie chimique Génie civil Génie électrique Génie logiciel Génie mécanique Géographie Gérontologie Gestion et développement des coopératives Histoire Ingénierie kinanthropologie Littérature canadienne comparée Mathématiques Microbiologie Orientation Pharmacologie Philosophie Physiologie Physique Psychoéducation Psychologie des relations humaines Radiobiologie Sciences cliniques Sciences de l éducation Sciences humaines des religions Service social Théologie Doctorats Biochimie Biologie Biologie cellulaire Chimie Éducation Études françaises Génie chimique Génie civil Génie électrique Génie mécanique Littérature canadienne comparée Mathématiques Médecine Pharmacologie Physiologie Radinhiologn Sciences cliniques Télédétection Théologie A 12 I.K I) K V 0 I II .I.K S S A M K I) I 2 A K T I) I M A N ( Il K M NO V V.M 15 H E I II !) li ?Un formulaire de fixation pour la pension alimentaire uébec (PC) — À compter de mai prochain, les parents W séparés incapables de s’entendre auront un formulaire denxation pour la pension alimentaire.Le projet de formulaire et les règlements qui y sont reliés viennent d’être rendus publics par la ministre de la Condition féminine, Louise Harel, la semaine même où était votée par l’Assemblée nationale la ü)i sur l’équité salariale.Dans le cas où les parents séparés seront incapables de s’entendre sur le montant de la pension alimentaire qui doit être versée pour les enfants, le régime québécois prévoira un système pour fixer cette pension.Les parents seront obligés de remplir un formulaire et fournir les documents pertinents de façon à établir le revenu disponible de chacun, de même que la valeur des actifs et des passifs de l’un et l’autre.Toutefois, pour chaque parent, la première tranche de revenus de 9000 $ ne sera pas comptabilisée.C’est à partir de ces données que le tableau de fixation de la pension permet les calculs.Si jamais une entente à l’amiable ou une décision du tribunal s’écartait des montants prévus par la méthode de calcul du régime de fixation, cet écart devrait être motivé ou justifié par les parents signataires de l’entente à l’amiable ou par le juge du tribunal de la famille.Le règlement prévoit que la garde d’un enfant est jugée «exclusive» si un des parents assume plus que 70 % du temps de garde de cet enfant S’il y a garde partagée, la méthode de calcul tient compte du temps réellement passé par l’enfant avec chaque parent.Le nouveau système s’applique pour la pension alimentaire d’enfants mineurs.Mais il devra être utilisé dps les cas de pension alimentaire payée pour un enfant majeur handicapé ou pour un enfant encore aux études.Les règles de fixation ne tiennent pas compte du fait qu’un des parents séparés puisse avoir un nouveau conjoint de fait.Ce nouveau conjoint n’a pas de lien juridique avec l’enfant faisant l’objet de la pension, ont pensé les rédacteurs de la loi.lllltii Chile)» Gunlhie: sàvan L’ÉTONNANT LÉZARDOff j&Wî.Ùwojîcnl.ENTRER'' er 38,50 th.29,95 ci Illustration tirée de Le Père Noël est sans rancune ! Éd.du Seuil COLLECTION AUDIOROM FÊTE MÉDIÉVALE • UN SOIR DE RÉVEILLON • UNE NOCE EN NOUVELLE-FRANCE Analekta C°IL ROMAN JEUNESSE 42 «très disponible le petit LAROUSSE1 .rs %55#*w s ÎS5ÛssTi997GRÂNDFORWAT èd.laiouw) woaorti* visutui “s *u*wn 1200 limitations et P™'05 id.Québoc/Amèriqu» J9«à 14,95 « t’bottevt • LA TOUR AUX 100 MENACES • LA VALLÉE AUX 100 PRODIGES éd.Grand Ü.AaVOiw'M 22,»5 16,95 D.C CESARIA EVORA A L'OLYMPIA Musicor W 20,95 fhanipigny !Partenaires 1996-97 L'ÉTAT OU MONDE 19 La Wcouvwte/Hoféot tylC'dh'JJrtlll£C fck' tncdiévafe 'llr.i' rttV>’ ïln fvir de tiaïSi COUItUtiS ‘00,0^ DU MONDE LA GALÈRE D'OBÉLIX, GOSCINNY-UDERZO, éd.Albert René ANNABELLE, MARIE LABERGE, éd.Boréal GABRIELLE ROY UNE VIE, éd.brochée, FRANÇOIS RICARD, éd.Boréal L'AMOUR EN GUERRE, GUY CORNEAU, éd.de l'Homme LE PRINCIPE DU GEYSER, STÉPHANE BOURGUIGNON, éd.Québec/Amérique (Tiampignv 4380 St-Denis, Mtl (514) 844-2587 8»” ord.13,95 C'EST POUR MIEUX T'AIMER, MON ENFANT, (HRYSTINE BROUILLET, éd.la courte échelle 9,95 ord.14," 19,’S ord.27,95 LA VIE ENTIÈRE, Pierre Morency, éd.Boréal 22,95 ord.29," 24,95 ord.34," ANNA BRAILLÉ ÈNE SHOT, GEORGES DOR, Lanctôt Éditeur 12,95 ord.16,95 17,95 ord.21,95 LE TROISIÈME ORCHESTRE, Sylvain Lelièvre, éd.Québec/Amérique 16,95 ord.21," 16,95 ord.21," JOYEUX NOËL MERRY CHRISTMAS, MARY HIGGINS CLARK, éd.Albin Michel 17,95 ord.21," Prix en vigueur du 23 novembre nu 6 décembre 1996 Ouvert 7 jours de 9fa à 22h ^ Station Mt-Royal (p) Gratuit, entrée rue Drolet / \ \ 1 ) 3 • » i i T l * ! • i \ cl 1 1 4 Su • « « «M I 371 Laurier Ouest Mail Champlain (514) 277-9912 (514) 465-2242 Carrefour Angrignon Centre Laval (514) 365-4432 (514) 688-5422 9 I K !» G V 0 I K .I.K S S A M G DI 2 3 K T I) I M A X ( X 0 \ K M 15 lî K I il il li Québec accusé de «nettoyage académique» La presse du Canada se préoccupe du triste sort réservé désormais au représentant de la reine à Québec GILLES LESAGE " DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC En plus du congrès en cours du Parti québécois et de la bataille linguistique, deux sujets principaux ont retenu l’attention de la presse du «reste du Canada» cette semaine.Le ROC se préoccupe d’une part de ce qu’on qualifie de «nettoyage académique» et, d’autre part, du triste sort réservé désormais au représentant de la reine à Québec.C’est le columnist de Southam News, Andrew Coyne, qui (aussi bien dans The Gazette que dans The Toronto Star et The Ottawa Citizen, notamment) parle de «nettoyage académique» à propos de la décision de Québec de hausser les frais de scolarité pour les étudiants venant des autres provinces.La politique de frais crée encore plus de division, titre le quotidien montréalais; faites du pouce, dit-on aux non-Québécois, argue le toron-tois; Québec s’essaie au nettoyage académique avec des frais à deux vitesses, opine-t-on à Ottawa, l’un pour les étrangers, l’autre pour les étudiants de souche.Ce n’est pas seulement les droits des étudiants des autres provinces que le Québec attaque avec cette manœuvre sans précédent, écrit Coyne urbi et orbi.Ce n’est pas un hasard si l’impact de cette décision se fera lourdement sentir, surtout dans les trois universités anglophones (McGill, Concordia, Bishop).«Il ne s’agit pas de prétendre que les frais de scolarité ne devraient pas être haussés.Il aurait été polisson que le PQ capitule aux exigences des étudiants et impose un gel des frais à tout le monde.» Mais hausser les frais pour un groupe, tout en épargnant un autre, viole une autre norme d’équité.Pire encore, le gouvernement québécois fait de la discrimination envers d’autres Canadiens avec l’argent canadien.Les fonds publics qui gardent les frais de scolarité des étudiants québécois si bas — en gros, la moitié de la moyenne nationale — proviennent en partie du gouvernement fédéral.«Ainsi, ajoute Coyne, le gouvernement du Québec peut continuer sa politique de nettoyage académique [academie cleansing], si hostile à la diversité intellectuelle, si méprisante de l’équité, si corrosive de l’unité nationale.» The Toronto Star, le plus important quotidien du Canada, revient sur le sujet en éditorial, avec un titre explicite: «Québec érige des murs».C’est un mauvais précédent.Ça ne mettra pas en péril le système universitaire.Mais ça invite les autres provinces à mendier aussi leurs voisines.Et cela nous ghettoïsera et nous appauvrira tous.«Québec devrait, s’il y est obligé, hausser les frais de tous les étudiants.Cela serait préférable à une politique qui, à terme, empêchera les étudiants québécois d’étudier ailleurs.Dans un monde câblé, il est idiot d’enlever ainsi la prise de courant.» 'The Gazette a commenté le sujet litigieux à plusieurs reprises.En premier éditorial, on y écrit que les étu- LA FAILLITE DE L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE (AU QUÉBEC) Collection Essais critiques 80 pages, 8,95 $ Marc-Aimé Guérin Ce petit livre de 80 pages est une critique acerbe du Rapport Lacoursière-Langlois (Marius) : Se souvenir et devenir.L’auteur cherche à montrer -dans la foulée de Kierkegaard -que la bêtise humaine s’appelle parfois «liberté»; que la notion de temps est éminemment complexe; que l’histoire est omniprésente dans les actions humaines; que l’école de l’avenir est une formule creuse et que l’idée de progrès fatal est une sottise.«Que le lecteur du Rapport Lacoursière ne s’imagine pas que ce Rapport est un résumé des idées exprimées par les personnes ou les organismes qui ont présenté un mémoire au Groupe de travail.» (page 3) GUÉRIN, éditeur Itée 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514)842-3481 Télécopieur: (514) 842-4923 Adr.Internet: www.vigie.qc.ca/LIDEC diants ont remporté une fausse victoire et que le gouvernement fait une erreur coûteuse et lâche.Il opine ensuite que le gel affectera grandement les universités qui périclitent et manquent de fonds pour aller de l’avant.(«Our declining universities», tel est le titre du deuxième éditorial.Et un troisième presse Québec de ne pas hausser les taxes.) Et le columnist Peter Ha-dekel ajoute que la société ne peut indéfiniment subventionner les étudiants universitaires.Cette offensive tous azimuts n’empêche pas The Ottawa Sun (et probablement les trois ou quatre autres Sun du même acabit) de prétendre que The Gazette faillit à sa tâche de protection de la minorité anglophone du Québec.Au lieu de réclamer des hausses de frais pour tous en vue d’alléger les problèmes des universités, The Gazette devrait attaquer «le gouvernement séparatiste [qui] cible systématiquement le maudit Anglais, le Québécois anglophone et quiconque n’est pas né et n’a pas grandi en Québécois pure laine».Le lieutenant-gouverneur Le même quotidien qui ensoleille (?) l’autre capitale prend en pitié le prochain lieutenant-gouverneur, qui en sera réduit à servir du Kraft Dinner à ses nombreux invités.«Benedict» Bouchard voudrait bien se débarrasser de ce gênant symbole, mais la saprée Constitution l’en empêche.«En mettant le domaine vice-royal en vente, il fait savoir à Jean Chrétien que, quel que soit son choix, le prochain lieutenant-gouverneur sera aussi bienvenu au Québec que la journaliste Diane Francis.Aussi le premier ministre doit faire un choix qui fera sauter Bouchard au plafond.Morde-cai Richler serait un bon choix», conclut, moqueur, The Ottawa Sun.Sur le même sujet, mais plus sérieusement, The Gazette insiste pour que le Québec ait encore son propre représentant de la reine.Le journal fait valoir que l’importance de ce poste symbolique est sous-estimée.Ce n’est pas le temps d’y toucher.«Le choix devra en être fait avec le plus grand soin.Si le poste DE LA PRESSE a été critiqué et perçu comme une récompense à d’anciens politiciens, il y a quand même un risque à nommer quelqu’un qui ne comprend rien à la vie politique ou qui n’est pas familier avec la diplomatie qu’elle implique.Il est certes difficile de trouver un fédéraliste agréable à M.Bouchard et à son cabinet, mais pas si ardu de nommer quelqu’un qui a de longs états de service public et qui connaît bien le Québec dans toute son ahurissante richesse.» Un peu partout dans les médias, la politique linguistique est prise à partie.Il faudra y revenir après le congrès péquiste de cette fin de semaine.En voici un avant-goût, tiré du Cal-gary Herald.«Il serait facile pour nous de jeter les hauts cris, de faire référence [à ce prétendu bilinguisme rampant] comme une autre humiliation ou provocation.» «Mais nous la qualifierons comme elle doit l’être: mauvaises manières.Fonctionnaires publics ou privés, que ce soit à Calgary ou à Chicoutimi, devraient tout mettre en œuvre pour aider quiconque se débat avec la langue des affaires, quelle qu’elle soit.Ça n’a rien à voir avec la politique: ç’a tout à voir avec la simple décence humaine.» rCJ-?•*: KM*1 • - lpt1 Sfcffüïr.' : : -.•>*, " -«v- ;a» .i.'., ‘jg-ggi ARCHIVES LE DEVOIR L’université McGill, dont on voit ici un pavillon, reçoit son lot d’étudiants de l’extérieur du Québec qui seront touchés par la politique de Pauline Marois.m sg 'ïfivÇB La revision de lu liste électorale l'ai en Vous êtes inscrit sur la liste électorale?Vous avez reçu la liste électorale de votre section de vote?Vérifiez si votre nom y est inscrit et bien inscrit.Vous n’êtes pas inscrit?Il y a une erreur?Une personne y est inscrite sans y avoir droit?Vous pouvez faire auprès de votre commission de révision une demande d'inscription, de correction ou de radiation de votre nom ou de celui de la personne qui n'a pas le droit d'y être inscrite.Toute demande, quelle qu'elle soit, présentée devant la commission de révision, doit être faite sous serment.La commission pourra exiger toute preuve qu'elle juge nécessaire à sa prise de décision.Commissions de révision L'adresse de votre commission de révision apparaît sur la liste électorale qui est distribuée dans chaque foyer ou encore consultez la liste ci-après.Les commissions de révision siègent du 18 au 26 novembre 1996 de 10 h à 21 h.Pour de plus amples renseignements, n'hésitez pas à communiquer avec le personnel du Directeur général des élections du Québec sept jours par semaine, en composant: 1 800 461-0422 LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC Pierre-F.Côté, cr Parce qu'un vote, ça compte POINTE-AUX-TREMBLES Montréal-Est, v 1 à 11 Bureau principal du directeur du scrutin Montréal, v (partie) 76 à 93 111 à 129 750,16e Avenue (angle Victoria), porte 2 Montréal, v (partie) 12 à39 59 à 66 Habitoeil 2800, rue Duchesneau (angle Sainte-Claire) Montréal, v (partie) 40 à 58 67 à 75 2319, rue Des Ormeaux Montréal, v (partie) 94 à 110 130 à 159 Aréna Rodrigue-Gilbert 1515, boul.au Tricentenaire ATS Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent composer sans frais: 1 800 537-0644 0Tous les locaux où siègent les commissions de révision sont accessibles aux personnes handicapées.i ^1^0525260 A 14 I.E I) !•: V 0 I H .I.E S, S A M E I) I 2 3 E T I) I M A N C II E 2 I N 0 V E M U II E I !• Il (I EDIT 0 R I A L La confiance s’effrite J e a n-Rob e r t S a n s fa ç o n Les derniers jours ont été fort pénibles pour le maire de Montréal qui a même décidé de reporter sine die le congrès de son parti prévu pour ce week-end.Tant que le Directeur général des élections n’aura pas fait la lumière sur les allégations d’irrégularité qui pèsent sur la crédibilité de Pierre Bourque, ce dernier doit continuer d’assumer ses responsabilités.Une tâche difficile quand on sent la confiance populaire vous échapper.E le moins délicate dans laquelle se trouve plongé le maire de Montréal, le ministre de la Métropole, Serge Ménard, n’a pu se retenir de souligner que, vraies ou fausses, les allégations lancées contre M.Bourque ne remettaient pas en cause l'intégrité de cet homme qui ne «collecte» -•meme pas son salaire de maire.Cette précision du ministre Ménard, nouveau père protecteur des élus de la métropole, est tout à son honneur.Mais elle ne .change rien au climat de doute qui enveloppe le parti de M.Bourque, Vision Montréal.Chaque année depuis sa création par l’ancien fonctionnaire municipal et une poignée de partisans — qui ont presque tous quitté le bateau —, Vision Montréal a été accusé de dizaines d’infractions plus .ou moins graves à la Loi sur le financement des par- - tis politiques.En 1994, le Directeur général des élections a émis 75 constats d’infraction, de la collecte de fonds par des individus .non autorisés à la contribution de citoyens habitant hors du territoire.Quelque 10 % des fonds recueillis par le parti cette année-là l’ont été illégalement.L’an dernier, première année complète à l’hôtel de ville, les organisateurs de - Vision Montréal ont récidivé, s’attirant "encore les foudres du Directeur général ' des élections qui a émis 128 constats t-,d’infraction pour des amendes et des frais possibles de quelque 23 000 $.Cette fois, c’est !.’le tiers du financement du parti, ou 49 000 $, qui est en cause, et les faits rapportés impliquent autant des membres du parti que d’importantes entreprises ac-.cusées d’avoir contribué directement à la caisse de Vision Montréal, ce qui est interdit.On a appris depuis que certaines des sociétés ont profité de plantureux contrats avec la Ville et si rien ne permet d’établir un lien immédiat entre les gestes reprochés et ‘ les contrats, des soupçons subsistent qu’il ne sera jamais possible de prouver ni de repousser.Voilà où nous a menés la légèreté avec laquelle le maire dirige son parti.Cette semaine pourtant, les choses ont pris un tournant qui pourrait se révéler plus grave pour la mairie.En effet, jusqu’aux récentes allégations proférées par l’ancien chauffeur du candidat Bourque selon qui le maire lui aurait remis 2000 $ pour les verser à la caisse du parti par l’entremise de trois voisines, aucune des accusations du Directeur général des élections n’impliquait la personne de Pierre Bourque.D’où la désinvolture choquante avec laquelle le maire se permettait de commenter les événements.Depuis jeudi, le maire a abandonné cette attitude, conscient que si rien ne l’obligerait à démissionner s’il était reconnu coupable (puisqu’il ne s’agit pas de fraude électorale), il va de soi que ni un ministre, ni le maire d’une grande ville ne serait en mesure de poursuivre son mandat dans de telles circonstances.n commentant la situation pour f Maintenant qu’une enquête est en cours, il devient inutile et dangereux de jouer les as policiers.Il faut attendre les résultats, ne serait-ce que pour ne pas rendre encore plus pénible la tâche de gouverner qui incombe au maire.Ce qui ne nous empêche pas de déplorer le climat de suspicion qui règne à l’hôtel de ville et qui n’est pas dû, tant s’en faut, à la presse, comme l’a soutenu de façon fort malhabile l’avocat du maire lors de sa conférence de presse, jeudi, mais aux élus, dont le maire lui-même.Ce ne sont pas les journalistes qui ont inventé plus de 200 accusations d’irrégularité portées à ce jour contre l’équipe de Vision Montréal; ce ne sont pas, non plus, les journalistes qui ont lancé l’idée de «changer la loi» comme moyen d’éviter les infractions; et ce n’est toujours pas aux médias que l’on doit la multiplication des allégations d’infractions qui pleuvent depuis quelques jours sur la tête du parti de M.Bourque.M.Bourque n’a de cesse de répéter qu’il a l’appui des Montréalais et qu’il fait tout en son possible pour gérer cette ville de la façon la plus efficace et la plus honnête.Soit, puisqu’il le dit.mais c’est à ses commettants qu’il reviendra d’en juger à partir des faits qui leur seront rapportés.Si tant de ses anciens collaborateurs lui en veulent et profitent de la moindre occasion offerte pour révéler des faits troublants sur les pratiques politiques de Vision Montréal, n’est-ce pas à cause du type de gestion individualiste et autocratique de M.Bourque?Le maire doit apprendre que ce qui est bon pour lui ne l’est pas nécessairement pour les Montréalais.et encore moins pour ses anciens organisateurs.En décidant, à quelques mois des élections, de créer de toutes pièces sa propre formation politique sans prendre le temps de recruter un à un ses militants autour d’un programme politique longuement mûri, le candidat Pierre Bourque aurait dû deviner qu’il lui serait quasi impossible de recueillir les dizaines de milliers de dollars nécessaires à une élection sans enfreindre l’un ou l’autre des articles de la loi.Non pas parce que la loi est si complexe, mais parce qu’elle est conçue précisément pour garantir un financement démocratique des partis en les plaçant, dans la mesure du possible, à l’abri de l’influence pernicieuse de l’argent.Certains, comme le ministre Serge Ménard, estiment peut-être que le maire de Montréal est un homme intègre puisqu’il ne recherche pas la richesse personnelle, mais l’ex-brillant procureur devenu politicien mal payé doit aussi savoir que le pouvoir, ne fût-il que politique, est un appât aussi efficace et grisant que l’argent.Au cours des prochaines semaines, M.Bourque devra répondre aux questions des enquêteurs et prouver son innocence.Il devra aussi faire la preuve que pour lui et pour sa formation politique, les lois et les institutions démocratiques du Québec ne sont pas que des bibelots encombrants dans une salle de jeu.Voilà où nous mène la légèreté avec laquelle le maire dirige son parti.Qualité dans l’aménagement Bravo au journal Le Devoir pour son cahier spécial sur l’environnement bâti au Québec (26 et 27 octobre 1996).Il s’agit d’une démonstration éloquente et enthousiaste en faveur d’une recherche de la qualité dans l’aménagement sous toutes ses formes.Espérons que ces réflexions sauront inspirer les grandes sociétés publiques et privées qui y ont inséré de la publicité lorsqu’elles auront à intervenir au niveau de leurs propriétés, que ce soit pour l’architecture, la rénovation, la préservation du patrimoine, l’aménagement intérieur et paysager, l’affichage, etc.Guillaume Fortier Richard Lafontaine Richard Langford Montréal, 6 novembre 1996 Quel beau souvenir! Depuis la venue à Montréal de Martha Argerich les 8 et 9 octobre 1996, je pense au génie pianistique créateur, «fulgurant», de cette femme.Professeure de psychologie et musicienne, dans un de mes cours, les étudiants lisent Paroles pour adolescents de Françoise Dolto.Un passage résume ma réflexion: -Bien trop souvent, la société piège les adolescents en leur faisant croire qu’ils sont un fardeau dont on ne sait que faire, un groupe d’irresponsables dont on n’a pas besoin.Elle ne leur dit jamais à quel point elle a besoin de leur générosité et de leur créativité.» (Paroles pour adolescents, p.83, Livre de poche, 4331.) Il s’est sûrement trouvé quelqu’un, sur les chemins de Martha Argerich, «qui a su reconnaître- et lui transmettre le message.Comment ne pas penser, sans LETTRES -?- l’ombre d’un doute, à Mozart ou Haydn en pareille circonstance?Quel beau souvenir que ces 8 et 9 octobre 1996! Jacqueline Boux Sainte-Thérèse, 11 novembre 1996 Un film basé sur l’émotion Odile Tremblay faisait récemment une critique assez dure (mais respectueuse) de mon film Le Pays rêvé, critique intitulée «Le piège de l’étalage (le culte du «je»)».Elle y traduisait fort bien les réactions d’une fraction des spectateurs, qui ressentent un malaise à l’égard de mon film et lui reprochent même une certaine indécence.Mais elle n’a pas vu (donc elle n’a pas pu décrire) les réactions d’une autre importante fraction de l’auditoire: des gens qui, au contraire, ont été touchés par mon histoire.touchés avec une extrême intensité! Pourquoi une dichotomie aussi extrême autour de mon film?¦ D’abord, c’est un film basé sur l’émotion.Pour moi, l’émotion est le moteur de la vie.Les modèles intellectuels qu’à une époque j’ai tant appréciés, ne sont que les outils d’aménagement à l’environnement social.Le moteur de notre transformation personnelle, c’est l’émotion vraie, directe, sans tricherie.Croyez-moi, il m’a fallu bien plus de courage pour laisser certaines séquences que pour les couper.C’est l’émotion brute que j’ai privilégiée dans ce film! Certaines personnes s’y retrouvent et d’autres pas.Je le comprends.¦ J’ai basé aussi mon film sur l’approche des histoires de vie.Qu’est-ce?C’est une technique que des équipes universitaires, un peu partout dans le monde occidental, ont développée pour pallier la froideur technologique de notre monde moderne et son désarroi moral.On demande à une personne de retrouver le fil de sa vie et de raconter la suite des événements cruciaux qui la jalonnent.Devant ce récit de vie, certaines personnes ne s’y retrouvent pas et demeurent «interdites».Mais d’autres au contraire se mettent à fouiller leur propre itinéraire et cet appel au «connais-toi toi-même» les extirpe de leur isolement et leur permet souvent d’éclairer leur vie présente.Soudain, leur vie retrouve un sens! Avec ce film, je retrouve la même dichotomie que dans les expériences d’histoires de vies.J’en ai pris le risque! Michel Moreau Montréal, 3 novembre 1996 Le boomerang Les défenseurs de Jean-Louis Roux ont crié leur indignation devant l’attitude odieuse de ceux qui ont profité d’une erreur de jeunesse pour discréditer et abattre un homme.Un moment d’égarement peut-il effacer toute une vie où cet homme a fait la preuve de ses convictions démocratiques?Certainement non.Mais si la réaction a été aussi immédiate et brutale dans son cas, c’est qu’il avait lui-même maintes fois associé, tout comme les médias anglophones prennent plaisir à le faire de façon révoltante, le nationalisme québécois au nazisme hitlérien, sans se rendre compte apparemment de l’insulte et de l’énorme charge d’indignation qui s’accumulait contre lui.On sait que la condamnation par association est un procédé frauduleux des plus efficaces.M.Roux l’utilisait dangereusement.Peut-être aura-t-il appris à ses dépens ce qu’il peut en coûter.André Fortier l/ingueuil, Il novembre 196 cC3 ( REPRISE Guy Coulombe: mission possible L a nomination de Guy Coulombe à titre de directeur général de la Sûreté du Québec a de quoi surprendre, à première vue.Mais elle est fort compréhensible et, dans les circonstances, très bienvenue.C’est la meilleure chose qui soit arrivée à la «police nationale» depuis belle lurette.Il est vrai que le successeur — intérimaire, assure-t-on — de Serge Barbeau n’est pas un policier de profession.Certains lui en font d’ailleurs le grief.Il est même très éloigné de ce métier périlleux.Sociologue et économiste de formation, il a fait carrière dans la haute fonction publique québécoise (avec un court stage à Ottawa) pendant plus de 20 ans, avant d’œuvrer dans le secteur para-public et privé depuis près de dix ans.Sa feuille de route est impressionnante.Que ce soit au Conseil du trésor ou comme secrétaire général du ?gouvernement — après Julien Chouinard et avant I/)uis Bernard —, à titre de président de la SGF (Société générale de financement) ou de p.-d.g.d’Hydro-Québec, M.Coulombe a une longue expérience d’administrateur et de gestionnaire.Il est rompu à l’étude de dossiers complexes, à la direction des équipes et à la prise de décisions.Ce n’est pas un spécialiste mais un généraliste.Il y a encore des gens qui pensent que, pour être un bon ministre de la Santé, par exemple, il faut être médecin.On a pourtant appris depuis une trentaine d’années, du tandem Kie-rans-Lévesque à Marc-Yvan Côté, qu’il n’est pas requis de manier le bistouri pour gérer les affaires dites sociales, n’en déplaise à Jean Rochon.Il n’est pas essentiel d’être rompu au maniement des armes pour savoir l’importance de cet exercice pour un patrouilleur.F Gilles Lesage M.Coulombe ne s’est pas imposé comme financier ou investisseur; il n’en a pas moins relevé la SGF dans une période difficile.Il n’a jamais dressé de pylônes à la baie James, ce qui ne l’a pas empêché de diriger notre plus importante société étatique (qu’on accuse de s,e comporter comme un Etat dans l’Etat) à une époque cruciale.Et ce n’est pas un béni-oui-oui.Mandarin par goût, il pratique la discrétion qui sied à ces hauts lieux réservés.Il ne cherche pas la vedette mais fait peser son influence là où ça compte.A Hydro-Québec, par exemple, il avait exprimé des réserves avec des orientations gouvernementales.Il sait utiliser la marge de manœuvre qui est la sienne, sans parti-sanerie.Le fait de ne pas être un spécialiste constitue un atout A Hydro-Québec, par exemple, un ingénieur féru de barrages comme un castor peut être enclin à promouvoir des mégaprojets.?Un technocrate moins nostalgique fera valoir d’autres impératifs, telle la nécessité d’avoir des contrats fermes et à long terme avant de se lancer dans une autre baie James.Quand les problèmes se multiplient dans une organisation hautement hiérarchisée — la police ou l’armée, par exemple —, que les crises succèdent aux crises et qu’on ne voit pas poindre un peu de lumière au bout du tunnel, il est approprié de faire appel à des ressources externes.Celles-ci, ne faisant pas partie de coteries ou de clans, jettent donc un regard neuf et sans préjugés sur les pommes de discorde et les conflits carabinés.Ce qui semblait insurmontable se résorbe parfois facilement, tandis que des abcès qui pourrissaient crèvent au grand jour.Est-ce ce qui arrivera à la SQ?On n’en sait absolument rien, évidemment.Ce qui importe pour l’heure, c’est de rétablir la confiance du corps policier en sa direction, et de redresser la crédibilité de «l’organisation», pour reprendre l’expression de M.Coulombe.Sur les deux plans, le choix est excellent.Ce n’est pas un enquêteur de métier, mais il peut compter sur des spécialistes pour le mettre au parfum, lui permettant ainsi de tirer la ligne là où elle doit l’être, en matière d’éthique et d’efficacité, de respect de la loi et des personnes.Il n’a jamais porté la casquette et l’uniforme réglementaires, mais il sera vite au fait de l’hostilité larvée entre les «verts» (de la SQ) et les «bleus» (les policiers municipaux).Le partage des tâches et la répartition des effectifs sont de plus en plus ardus, à l’ère des compressions budgétaires et du transfert des responsabilités de Québec vers les municipalités.Familier des arguties gouvernementales et de la culture technocratique, M.Coulombe saura vite faire la part des choses et proposer des compromis acceptables.Faire appel à un civil au plus haut échelon, opine-t-on, est un camouflet pour l’état-major ou la preuve que la police est irréformable.Non pas.C’est plutôt l’indice qu’il est bien difficile de se dépêtrer d’un nœud gordien dont on fait partie intégrante.Et si un mandarin de l’envergure de M.Coulombe, en semi-retraite dorée, accepte de servir au pied levé, c’est un signe éloquent de confiance et de respect.Comme le manifeste aussi le juge Lawrence Poi-tras en présidant une enquête publique sur les pratiques policières.Le nez collé à la vitre, le paysage se dessine mal.Adossé à un arbre, la forêt s’estompe.Pour y voir clair, il faut du recul, de la perspective, du détachement et de l’impartialité.M.Coulombe, sans être un thaumaturge ou un messie — en un an, les miracles seront rares —, apporte upe expertise solide, un sens élevé de l’État et la passion de relçver un lourd défi.Mission possible.A 60 ans, sa vaste expérience d’omnipraticien et de.pompier sera d’un grand secours.A P R.0 P 0 S -?- .de la R-D au Canada À la fin de 1996, les dépenses totales de l’industrie canadienne en R-D atteindront 7,8 milliards, soit une augmentation de 4,8 % par rapport à 1995.La croissance en 1995 et 1994 tut respectivement de 5,6 % et de 7,2 %.Toutefois, malgré ces augmentations, les dépenses intérieures brutes au titre de la R-D du secteur des entreprises (DIRDE) ne représentent encore qu’une faible proportion du produit intérieur brut (PIB).En 1994, le ratio DIRDE/PIB s’élevait à 0,9 %, résultat comparable à celui de pays comme la Norvège, les Pays-Bas et le Danemark.C’est peu, surtout si l’on considère lps ratios obtenus par la Suède (2,3 %), le Japon (1,9 %), les Etats-Unis (1,5 %), l’Allemagne (1,5 %), la France (1,5 %) et le Royaume-Uni (1,4 %).Par ailleurs, on constate, et ce depuis de nombreuses années, que la plus grande partie de la R-D industrielle au Canada est exécutée par un petit nombre d’entreprises.Ainsi, à la fin de 1996,33 % de la R-D aura été exécutée par dix sociétés et 66 % par 100 sociétés! En 1994, seulement 24 firmes ont dépensé plus de 50 millions en R-D.Ces dépenses sont donc concentrées dans certaines branches d’activités, en particulier dans le secteur manufacturier.Par exemple, 25 % sont imputables à l’industrie des équipements électroniques et électriques, 10 % à celle du matériel de transport et 4 % à celle des produits pharmaceutiques et médicaments.De plus, on constate également une concentration géographique de la R-D industrielle, puisque 56 % de celle-ci est effectuée en Ontario (dont 26 % à Toronto), contre 27 % au Québec (23 % à Montréal).Sophie Malavoy, in Interface, revue de l’ACFAS, décembre 1996.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI B 0 II R A S S A LE 10 JANVIER I t » I 0 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en cher BERNARD DESCÔTE AUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TROPIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER.NORMAND TnÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, rue de Bleury.9' étage.Montréal (Québec) USA 3M9.TéL: (514) 985-3333 FAIS CF.QUE D O I S I.E I) E VOIR.LE S S A M E I) I 2 » E T I) I M A N (' Il E 2 I NO V E M H II E I !» 9 (I A 15 IDÉES Une charge de plus contre les pédagogues La grande noirceur de Jean Larose La formation spécialisée ne peut offrir la culture générale indispensable au rôle d’enseignant Finances publiques Ras le bol ! Les fonctionnaires en ont assez d'être les boucs émissaires du gouvernement SUZANNE LAURIN Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal a moutarde me monte au nez quand je lis des textes comme celui de Jean Larose, paru dans l’édition du Devoir du 29 oc-tobre dernier.Décidément, on ne pardonne pas à l’école d’être une institution traversée par les mêmes contradictions, paradoxes et tendances que la société dans laquelle elle évolue.De l’ensemble du propos servi par larose dans un style pamphlétaire d’une grande noirceur, il y aurait long à dire.Je discuterai seule-; ment deux affirmations qu’il n’est d’ailleurs pas seul à défendre.Selon lui, «l’éducation est une chose trop grave pour être laissée aux pédagogues», et «le vrai courage serait d’exiger que tour professeur ait à réussir des examens difficiles dans sa matière».De qui parlons-nous au juste?Qu’est-ce que cette catégorie monolithique de «pédagogues» que tant d’intellectuels chargent comme des taureaux la muleta?J’imagine que l’auteur associe le terme de pédagogues aux professeurs en sciences de l’éducation, s’en prenant surtout à une tendance qui fait de l’éducation une sorte de technoscience.Mais il s’exprime comme s’il n’y avait pas, chez les pédagogues d’hier et d’aujourd’hui, des penseurs capables d’inspirer la conduite de l’école actuelle.Les débats d’idées existent chez les pédagogues comme chez les penseurs d’autres domaines! Dans un contexte où le désarroi en assaille plus d’un, le détour par la confrontation à la pensée des pédagogues qui nous ont précédés et ceux qui œuvrent aujourd’hui me semble plutôt s’imposer chaque jour davantage.Larose tire-t-il aussi sur les Steiner, Cou-sinet, Pestalozzi, Freinet, Neill, Dewey, Reboul, Meirieu et Develay, pour ;ne nommer que ceux-là, qui ont le courage, à partir de points de vue différents, de penser l’éducation et l’école de leur époque et de s’y engager concrètement?Ce sont les idées et les pratiques qu’il faut discuter et non d’existence même des pédagogues, accusant quelques siècles d’apport à l’éducation.V J IP V vD üïr~m Imî*-' JfcV ¦ ».¦.v Mm^ WE.Pour enseigner aujourd’hui, il faut plus qu’une formation d’historien, de géographe ou de mathématicien.De quelle «matière» parlons-nous?On objectera que ces braves pédagogues ont d’abord reçu une formation disciplinaire.Bien.On se retrouve encore devant cette absurde dichotomie opposant pédagogie et contenu disciplinaire.Alors concédons, pour les fins de la discussion, la disparition des pédagogues et des facultés de sciences de l’éducation.Selon cette logique, qui s’occupera de l’école et des futurs enseignants?Les disciplines, puisqu’elles sont considérées comme la seule formation valable pour devenir enseignant.Plus l’enseignant est formé dans sa discipline, meilleur il sera, dit-on.Per-mettez-moi de faire remarquer que la plupart des enseignants actuellement en poste ont été formés dans ces départements.Alors, la remise en question de la qualité et de la pertinence de la culture transmise à l’école ne concernerait-elle pas aussi les contenus disciplinaires universitaires?Les départements disciplinaires doivent accepter, comme les autres, de remettre en question les savoirs qu’ils transmettent à des fins d’enseignement dans l’école obligatoire.Le savoir universitaire est défini en fonction des finalités scientifiques, académiques et professionnelles plutôt qu’en fonction des finalités éducatives de l’école pour tous.Cessons de faire comme si la formation fondamentale tant exigée était encore la mission première et surtout la réalité des universités.La formation spécialisée et pointue qui est le lot de bien des baccalauréats ne peut offrir la culture générale indispensable au rôle d’enseignant.Même du strict point de vue des savoirs en cause, il est impossible de concevoir aujourd’hui la formation d’un historien, d’un géographe ou d’un mathématicien comme identique à celle d’un enseignant de ces disciplines.Affirmer cela n’a rien de réducteur ni de méprisant, bien au contraire.Cela exige plutôt de hausser le niveau de nos petites polémiques et de comprendre que l’école de l’an 2000 ne peut reposer sur du réchauffé.Bon nombre d’universitaires sont incapables d’envisager la notion de discipline d’enseignement autrement que comme une réduction ou une vulgarisation des savoirs qu’ils contribuent à produire.La transmission de la culture dans l’école démocratique actuelle, encore organisée principalement en disciplines d’enseignement, exige pourtant une réflexion théorique et pratique quant aux critères de sélection et au mode de construction et de découpage des savoirs scolaires.Une définition actualisée et enrichie des notions de discipline scolaire et de contenu les réintroduirait autrement que d’un strict point de vue utilitaire.On ne peut pas non plus se rabattre uniquement sur les savoirs traditionnels et classiques pour résoudre la somme des problèmes qu’entraîne la diversification croissante des situations éducatives.Des intellectuels comme Larose doivent avoir le courage de revendiquer autre chose que le passé pour le temps présent.Dans ce sens, le défi consisterait plutôt à devenir de meilleurs pédagogues, capables d’une pensée éduca- JACQUES GRENIER, I.E DEVOIR five à partir d’un domaine d’étude, de proposer en classe une réflexion organisée et cohérente sur une thématique disciplinaire, d’énoncer un argument d’ensemble construit pour que les élèves apprennent.Peut-être n’apprend-on pas cela dans les programmes de sciences de l’éducation.Mais je sais pertinemment qu’on ne l’apprend pas non plus dans la plupart des programmes disciplinaires.Ce lieu reste à inventer.Les pédagogues sont loin d’être les seuls responsables du fait que l’idée même de contenu ait été évacuée pour ainsi dire de l’école.L’analyse de cette situation est passionnante et fort éloquente quant aux tendances culturelles des sociétés occidentales.Retourner à l’ancienne conception des contenus est impossible dans une perspective de développement de l’école démocratique.Mais il est possible et urgent d’en réactualiser l’idée pour que les futurs enseignants et leurs élèves apprennent à penser sur un terrain plus riche et plus fécond.L’éteignoir des ambitions Pour qui veut devenir professeur au secondaire, les sciences de l’éducation sont en train de déloger tous les autres champs de connaissance JEAN LAROSE Professeur de littérature à l’Université de Montréal e mal s’étend.Depuis septembre 1995, le ministère de l’Éducation interdit aux nouveaux diplômés universitaires d’enseigner au niveau secondaire.Jusqu’à cette date, on n’exigeait du détenteur d’un bac spécialisé, d’une maîtrise ou d’un doctorat, qu’un cer-lificat en pédagogie, qui pouvait être obtenu en un an auprès d’une faculté des sciences de l’éducation.Intellectuellement, c’était déjà une année perdue, mais depuis l’an dernier, il y a pire: un finissant du cégep qui songerait à devenir professeur au secondaire après des études universitaires dans un domaine qui l’intéresse doit d’emblée renoncer à ces études, s’inscrire à l’université non en géographie, en histoire ou en littérature, mais obligatoirement aux sciences de l’éducation, où l’attend un nouveau programme de baccalauréat en enseignement.Celui-ci dure quatre ans et sur ces quatre années, l’étudiant qui se prépare à enseigner le français, par exemple, ne consacrera qu’une année et demie à cette matière; en revanche, deux années entières seront consacrées à la pédagogie, la didactique, et autres «modèles de gestion de classe».Avant cette réforme, un enseignant au secondaire avait fait au minimum deux années d’études, et souvent trois, dans sa matière.Formera-t-on bientôt des maîtres sans matière?Imagine-t-on des ingénieurs ou des médecins auxquels on ferait perdre la moitié de leur formation en cours de «psychologie du chantier», ou de «gestion du stress en salle d’urgence»?La plus faible des sciences, la plus incertaine des disciplines universitaires, se voit donc confier, et après tant d’échecs retentissants, encore plus de responsabilités.On croit rêver! Comment le ministère peut-il être à ce point infaillible dans l’erreur?Une seule explication: il est dominé par les sciences de l’éducation comme par une véritable idéologie.Les récents États généraux sur l’éducation ont «oublié» ce qui aurait dû être une part essentielle de leur travail: interroger cette idéologie qui domine notre système d’éducation depuis que celui-ci, à la fin des années 1960, et avec les meilleures intentions, a rompu avec l’humanisme.Par cette rupture (si profonde que, pour prendre un exemple frappant — mais qui n’a frappé quasiment personne, tant ce bouleversement apparaît désormais Imagine-t-on des ingénieurs ou des médecins auxquels on ferait perdre la moitié de leur formation en cours de «psychologie du chantier» ou de «gestion du stress en salle d’urgence»?naturel — il n’y avait pas un seul écrivain, philosophe ou intellectuel parmi les commissaires des États généraux), les responsables politiques de l’éducation québécoise ont échangé leurs références littéraires et philosophiques pour un «savoir» nouveau, facile, toujours à la dernière mode.C’est ainsi que, depuis quelques années, les sciences de l’éducation empruntent à la mentalité gestionnaire et techniciste des gérants d’entreprise une conception utilitaire de l’éducation; désormais tout «apprentissage» est censé «satisfaire un besoin» ou «atteindre un objectif», ce dont la réforme de la formation des maîtres au secondaire est un exemple affligeant.Le ministère diminue de beaucoup la formation du professeur dans sa matière et il la double en pédagogie; les écoliers du secondaire y perdront, les départements universitaires compétents y perdront.Mais le plus triste est que le ministère interdit par le fait même les études supérieures aux collégiens qui, avant d’enseigner au secondaire, voudraient apprendre la géographie, l’histoire, la littérature, peut-être jusqu’à la maîtrise ou au doctorat, sous la direction de tel ou tel de nos meilleurs professeurs d’université.La matière enseignée par ces professeurs a été phagocitée par les sciences de l’éducation, cet immense et monstrueux corps mou dont l’appétit ne cesse de croître.Il faut y insister: ce programme est uq véritable éteignoir de l’ambition.A l’étudiant qui rêvait d’approfondir le roman québécois, l’histoire des révolutions ou la géopolitique, on dit: si tu poursuis dans cette voie «d’excellence», si tu ne renonces pas à ton désir de beaucoup apprendre, l’enseignement secondaire te sera fermé.Démissionnez ! Je veux répondre, pour finir, à mes distingués collègues, Mme Julien et M.Beausoleil, qui ont eux-même répliqué (le 6 novembre) dans les pages de ce journal à mon premier article (du 29 octobre).Je leur demande de réfléchir: avez-vous vu comme votre texte était faible?Aucune réplique à mes arguments, aucune structure dans votre raisonnement, des fautes élémentaires de logique, des maladresses d’expression.Èt vous vous êtes mis à deux pour le faire! Et, M.Beausoleil, vous êtes vice-doyen à l’UQAM! Sincèrement, pensez-y, en votre âme et conscience, votre place est-elle à l’université?Avez-vous ce qu’il faut pour former non seulement la jeunesse, mais la partie de la jeunesse qui formera elle-même les nouvelles générations?N’avez-vous pas honte de servir si maigre pitance aux affamés que vous retenez prisonniers en vos murs?A ce jeune homme qui a la fièvre d’apprendre, à cette jeune femme qui se passionne pour une matière, vos savoirs indigents, empruntés et falots?Je vous en supplie, pour le bien de la jeunesse québécoise, soyez sérieux, démissionnez.J’entendais l’autre soir, à la télévision, le premier ministre annoncer un prochain dégraissage du ministère de l’Éducation.M.le premier ministre, si vous cherchez qui couper, vous qui savez le français, vous qui avez lu de vrais livres, sauf votre respect: il n’y a qu’à suivre la trace d’un certain français.A ce signe, vous les reconnaîtrez.A leur impuissance travestie en «science pluridisciplinaire, triplement multiréférentielle et foncièrement indexicalisée».A leur surestimation de l’informatique, aussi, vous les reconnaîtrez.Si la tristesse vous prend, M.le premier ministre, devant tant de pouvoir confisqué au fil des ans par tant d’incompétence, ne vous laissez pas abattre, remontez plus haut dans le temps la piste pédagogique; elle est sanglante, elle est faite des esprits sacrifiés de milliers de jeunes Québécois.Nous sommes nombreux à espérer que çela sera enfin compris à la tête de l’État, et inspire au premier des Québécois une action décisive.L’ÉQUIPE DU DEVOIR L\ RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Louis lapierre (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard.Paul Cauclion.Jean Chartier.Jean Dion.LouisGïïles Francœur.Kathleen Lévesque.Caroline Montpetit.Brian Myles.Isabelle Para.Clément Trudel Serge Truffaut: Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duclos et Christine Ihimazet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes): à l’information culturelle: Michel Bêlait (responsable) Stéphane Baillaigeon.Pierre Cayouette.l’aille des Rivières.Louise Leduc, Jean-Pierre LegaulL Benoit Munger.Odile Tremblay, à l’information économique: Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Robert Dutrisac.Claude Lévesque, Jean Pichette.Claude Turcotte; à l’information internationale: Syhiane Tramier (adjointe au directeur de l’information).François Brousseau (éditorialiste).Jocelyn Coulon: à l’information politique: lierre O’Neill.Manon Comellier (correspondante parlementaire à Ottaùa).Mario Cloutier et Gilles Irsage (correspondants parlementaires à Québec).Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec): à l’information sportive: Yves d’Avignon: Mari^Helène Alarie (secrétaire à la rédaction): Isa-Mie Hartley.Marie Claude Petit (commis), la documentation: Gilles Pané (directeur): Brigitte Arsenault.Manon Denome, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa 1.LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice).Daniel Barbeau (directeur adjoint) Jacqueline Avril.Jean de Billy.Brigitte Cloutier.Gyslaine Côté.Marlène Côté.Christiane LegauH, Jacques A Nadeau.Guylaine Ouellet.Micheline Ruelland (publicitaires): Sylvie Laporte.Nathalie Lemieux.Pierrette Rousseau.Micheline Tur-geon; Franc inc t luellet (secrétaire) IA l’RODl ICTION Jocelyn Arsenault (directeur des apprmisionnements.distribution et production).Mari^France Turgeon (responsable de la production).Claudine Bedard.Johanne Brunet.Danielle Can tara.Richard Des Cormiers.Marie-Josée Htidon.Sylvain lrsage.Christian Vien.Olivier Zuiila.SERVICE À LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable).Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Manon Blanchette-Turcotte.Monique L’Heureux Lise Lachapelle.Rachellc leclera Vernie l’ADMINISTRATION Yves Bouthiettr (contrôleur).Dany Dépatie (adjointe à l'administration et responsable des ressources humaines).Nicole Carmel (responsable des semées comptables).J canned'Arc Houde (secrétaire à la direction): Celine Kutuy.Ghislaine I afleur.Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L Duhaime (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (riceprésident exécutif et directeur général).JOHANNE JUTRAS L’auteure de cette lettre adressée au premier ministre Lucien Bouchard est membre du Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec est avec beaucoup d’intérêt que j’ai suivi les travaux du Sommet sur l’économie et l’ejnploi tenu récemment.A l’instar de mes collègues de la fonction publique québécoise, les résultats de votre nuit magique ne me sont pas apparus des plus réjouissants.Nous sommes inquiets.En effet, le consensus obtenu ne semble reposer que sur l’alliance de votre gouvernement avec le patronat et la haute finance montréalaise.Le Québec rural et le Québec des régions n’y étaient pas présents, sans compter la sortie des jeunes, de la Fédération des femmes et du mouvement Solidarité-Québec.Lors du Sommet, à la une du Devoir, on rapportait qu’un représentant du patronat avait interviewé une trentaine de chefs d’entreprise.Ces derniers avaient identifié deux facteurs principaux à la crise économique actuelle: les impôts trop élevés, accompagnés d’une trop grande réglementation, ainsi, que la langue de travail, le français.A la lecture de ces propos, j’ai eu mal au plus profond de mon âme.C’est scandaleux! Dans quel Québec vivent-ils, ces chefs d’entreprise?Certainement pas dans celui que j’habite.Il est maintenant clair que lorsqu’il mondialise son éconopiie, le patronat n’a plus besoin d’un État national et, par extension, de sa fonction publique.C’est devenu encombrant.D’autre part, il n’a plus besoin de la spécificité culturelle.C’est juste bon pour le folklore ou pour l’exotisme à promouvoir auprès des touristes du monde.Dorénavant, la seule langue qui devrait avoir préséance, c’est la langue du marché, pardon, du «market».Le 2 mars 1997 marquera mon dixième anniversaire d’entrée dans la fonction publique, au ministère de la Culture et des Communications, où j’y fais une carrière stimulante avec des collègues compétents.Y serai-je encore?Je suis une descendante de l’immigré Dominique Jutras dit Desrosiers et de Marie Niquette, arrivé aux Trois-Rivières vers 1656 en provenance de la paroisse Saint-Séverin de Paris, sur la rive gauche de la Seine.Si j’admets comme le cinéaste Pierre Fa-lardeau que j’appartiens à un peuple conquis, je n’en suis pas pour autant une femme soumise.Je ne suis pas dupe de votre vision et je ne partage pas les ambitions et les moyens de votre projet d’assainissement des finances publiques.Je considère appartenir à une fonction publique des plus intègres au monde, des plus dévouées à la réalisation de ses missions et des plus soucieuses des services publics qu’elle rend aux citoyens.J’en suis fière.Mais tout comme mes collègues, j’en ai ras le bol du discours patronal voulant que l’on me paie trop cher pour ce que je produis.J’en ai ras le bol d’être le bouc émissaire attitré des gouvernements du Parti québécois alors que la majorité des membres de mon syndicat ont manifestement accordé leur appui à la souveraineté du Québec.J’estime exercer une fonction noble au sein de l’État puisque je participe à la création, la production et la redistribution de la richesse collective.Voilà la substantifique moelle de mon identité.C’est par respect pour ce que nous sommes que j’ai appuyé la proposition du président Robert Caron et du troisième vice-président Renald Desharnais de rejeter les propositions faites par le ministre Jacques Léonard lors de l’Assemblée des déléguées et des délégués syndicaux tenu samedi le 16 novembre dernier.Le courrier de nos lecteurs Le Devoir est heureux d’accueillir dans cettte page les analyses et les cpmmentaires de ses lecteurs.Étant donné la réponse enthousiaste de ces derniers, nous nous réservons la possibilité de réduire la longueur des textes retenus.Nos correspondants sont invités à joindre à leur envoi une disquette pour faciliter et accélérer la saisie de leurs propos.Sauf lors de situations d’urgence, la transmission par télécopie n’accélère pas la publication, au contraire.La longueur des textes ne devrait pas dépasser 1000 mots, ou 7000 caractères.Vous pouvez aussi utiliser le courrier électronique: devoir® cam.org A 16 L E I) E V 0 I R., I- E S S A M E I) I 2 3 E T D I M A N C II E 2 I N 0 V E M H R E I !) !) (i -* LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES EW Tout CAS, , iE M'Ai JAMAIS exfORjfc tVE MACHETTES • la macheTte C'esT COmTRA»R€ à ma CULTURE ! LE MONDE À LIRE LUNDI Une juriste chez les généticiens Bartha Maria Knop-pers Un comité de l’UNESCO met la dernière main à une Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de la personne.Une Canadienne figure parmi les rédacteurs.Elle se nomme Bartha Maria Knoppers et elle enseigne le droit à l’Université de Montréal.Ce qui l’intrigue, la propulse et la fascine, ce sont les domaines sans réponses juridiques claires.Là où les problèmes prennent des dimensions sociales, éthiques et même économiques.A lire lundi dans «L’Entrevue».EN BREF Ruffo traque les pédophiles Paris (PC) — Le Tribunal international des Droits des enfants, créé et présidé par la juge Andrée Ruffo, a choisi sa première cause.Dès le printemps, cinq juges iront enquêter à travers le monde sur l’exploitation sexuelle des enfants.Déjà, Andrée Ruffo promet de désigner les exploiteurs et leurs complices.Le conseil d’administration du tri-, bunal, qui regroupe maintenant des juristes et des experts ' d’une vingtaine de pays, a pris la décision de s’attaquer aux réseaux pédophiles hier à Paris.Avant de faire ce choix, il a consulté plus de 3000 ONG (organisations non gouvernementales) sur les dossiers les plus urgents.Celui-là, au milieu des cas de trafic d’organes, d’esclavages, de mauvais traitements divers, est rapidement apparu prioritaire, comme l’a montré depuis l’affaire Dutroux en Belgique.En avril et en juin prochain, un ban itinérant de juges-enquêteurs tentera donc de remonter les filières internationales de la pédophilie.La Russie perd un satellite New York (AP) — Le programme spatial russe est privé de satellite d’observation depuis que son dernier engin de ce type s’est consumé en rentrant dans l’atmosphère le 28 septembre, selon le New York Times, d’hier.Depuis presque deux mois, les militaires russes ne peuvent donc plus disposer de nouvelle images des points chauds du globe, comme l’Afghanistan ou la frontière russochinoise, souligne le quotidien, citant des experts occidentaux et russes.«Cette situation est la conséquence d’un sous-financement continu du programme spatial, particulièrement dans le secteur militaire», a déclaré au journal Maxim Tarasenko, un analyste spatial de l’institut de physique et de technologie de Moscou.L’armée et les services secrets russes ne sont toutefois pas complètement démunis: il leur reste en effet d’autres types de satellites de surveillance capables de détecter des attaques de missiles balistiques ou des signaux électroniques émis par des bâtiments militaires.BOUCHARD Tenants de l’unilinguisme SUITE DE LA PAGE 1 Le moment crucial des assises aura lieu aujourd’hui lors de la discussion, en ateliers, des propositions concernant la question linguistique.Les militants de Montréal proposent de maintenir dans le programme du parti l’engagement d’abroger la loi 86, qui permet le bilinguisme dans l’affichage pourvu que le français soit nettement prédominant.Il semble que si les tenants de l’unilinguisme perdent la bataille de la langue, ils reporteront leur mécontentement sur leur chef.Lucien Bouchard doit subir l’épreuve d’un vote de confiance imposé par les statuts du parti.A défaut d’infléchir la position de M.Bouchard sur la langue, ils voteraient contre lui lors du vote de confiance.Un sondage publié hier indique toutefois que Lucien Bouchard tire son parti dans la faveur populaire.Le dernier coup de sonde de la firme Léger et Léger, publié par Le Journal de Montréal, donne 59 % d’appui à Lucien Bouchard, tandis que si des élections avaient lieu aujourd’hui, le Parti québécois recueillerait 47 % des voix (contre 40 % aux libéraux).L’option souverainiste, qui perd du terrain depuis quelques mois, obtient la faveur de 47 % des répondants.Ces résultats pourraient inciter un grand nombre de délégués à se ranger derrière leur chef, plus populaire que leur parti, plutôt que de se liguer contre lui.Hier soir, les délégués de Montréal et du Comité national des jeunes distribuaient un journal, intitulé Question d’urgence.Le journal réitère leur position sur la langue.«Il ne faudrait pas que le Parti québécois rejette son histoire en devenant un parti qui fait la promotion du bilinguisme institutionnel», écrivent-ils.Le journal met en lumière que les jeunes allophones font en majorité le choix du cégep anglophone au Québec.Il affirme l’appui de ces militants à la notion de partenariat mais rejette «un nouvel engagement politique avec le Canada».Les régions de Montréal-Centre et Montréal-Ville-Marie vont proposer aujourd'hui que l’offre de partenariat au Canada ne soit faite et négociée qu’après la déclaration de la souveraineté du Québec, au lendemain d’un référendum.Le journal demande enfin: «Est-il possible d’être social-démocrate en 1996?» et invite les délégués à adopter des propositions d’amendement au programme qui enverraient «un signal clair que le PQ est à contre-courant des Klein et Harris».Aujourd’hui, plusieurs milliers de manifestants, syndiqués du secteur public et représentants des plus démunis, vont accueillir les délégués avec des slogans hostiles à la politique budgétaire du gouvernement.Des contingents des six principales organisations syndicales du secteur public convergeront vers 13h30 au Centre des congrès de Québec sous le slogan: «Proposition Bouchard, c’est non!» A l’arrivée des congressistes, hier soir, le Syndicat de la fonction publique (SCFP) distribuait un dépliant dans lequel il rappelait l’appui de ce syndicat au PQ en 1994.Le document indique que les syndiqués ont déjà fait leur part et que pour régler ses problèmes financiers, l’État québécois doit, au lieu de s’en prendre à la masse salariale du secteur public, augmenter ses revenus.Pour leur part, des centaines de mal-lo-gés, des assistés sociaux et des chômeurs se rassembleront vers 12h30 aux portes de l’immeuble, armés de cloches, de chaudrons et de casseroles pour faire valoir que «les plus démunis en ont assez de faire les frais de l’objectif déficit zéro».MONTREAL Aucune garantie SUITE DE LA PAGE 1 Il a toutefois donné l’assurance que les Montréalais ne feraient pas les frais de cette décision gouvernementale.«Les intentions de l’administration sont toujours de réduire le fardeau fiscal des Montréalais», a dit M.For-cillo.Au cabinet du ministre des Affaires municipales, Rémy Trudel, on indique que la somme accordée pourrait être éventuellement bonifiée, sans plus de garantie.«C’est tout ce qu’on pouvait faire pour le moment», a affirmé la porte-parole du ministre Trudel, Renée-Claude Boivin.Cette somme de 33 millions correspond à l’engagement pris il y a un an par le précé- dent ministre des Affaires municipales Guy Chevrette.Ce dernier avait alors promis que cette enveloppe, dans laquelle on compte 16 millions provenant de la taxe sur le gaz et l’électricité (TGE), serait récurrente à compter de 1997.«L’entente, disait alors le ministre Chevrette, respecte le cadre financier des moyens nécessairement limités du gouvernement dans le contexte de l’assainissement des finances publiques.» Il y a deux semaines, le maire Pierre Bourque a fait du pacte fiscal une exigence de base pour assurer la participation de la Ville de Montréal à la Commission de développement de la métropole que veut mettre en place le ministre d’État à la métropole.Cette demande a d’ailleurs reçu l’appui des villes de banlieue de la grande région montréalaise qui craignent de se voir transférer la facture découlant des problèmes financiers de la métropole.Pour l’année en cours, Montréal n’a réussi à arracher qu’une enveloppe de 43 millions.Malgré la promesse électorale du gouvernement péquiste de donner à Montréal un pacte fiscal récurrent, les espoirs de l’administration Bourque fondent depuis deux ans.Les négociations entre Montréal et Québec n’ont jamais donné les résultats espérés par la métropole.Pourtant, Sammy Forcillo s’évertue à démontrer depuis 1994 les iniquités fiscales subies par les contribuables montréalais.M.Forcillo les évalue à 200 millions.Audiences sur les messages de Zundel PRESSE CANADIENNE Ottawa (PC) — Dans un geste sans précédent, la Commission canadienne des droits de la personne a décidé de donner suite aux plaintes déposées contre Ernst Zundel, un militant qui nie l’existence de l’Holocauste, et de tenir des audiences sur les propos haineux et antisémites qu’il profère sur son site Internet.Le président de la commission, Max Yalden, est d’avis que l’organisme a les pouvoirs légaux de forcer la fermeture du site Web, même s’il est diffusé par un serveur de la Californie.«Le signal est reçu ici, et son lieu d’origine ne fait aucune différence», a déclaré M.Yalden en entrevue, hier.Le site Web de M.Zundel contient des arguments qui mettent en doute l’Holocauste.Il fait aussi état des nombreuses batailles judiciaires livrées par M.Zundel.Celui-ci a pour sa part déclaré, depuis Toronto, que son site Web est interactif et qu’il est même lié à deux sites d’organisations juives ainsi qu’à celui du Centre Simon Wiesenthal, permettant ainsi les échanges d’opinions sur la question.«Aux Etats-Unis, ce que je fais est légal, et je crois que c’est aussi le cas au Canada», a-t-il dit.Des gouvernements de plusieurs pays du monde ont jusqu’ici connu peu de succès dans leurs tentatives pour réglementer le réseau Internet.De l’avis de certains experts canadiens, la Commission canadienne des droits de la personne se lance dans une bataille perdue d’avance.«Ultimement, on pourrait débattre devant les tribunaux de la responsabilité des entreprises qui offrent l’accès à l’Internet [.] mais ils [la commission] devraient aller au delà de la juridiction canadienne», a déclaré Margo Langford, vice-présidente de Istar Internet et membre du conseil de direction de l’Association canadienne des serveurs de l’Internet CSN «On peut écouter les gens» SUITE DE LA PAGE 1 L’approche de la CSN prévoit le dégagement de revenus de 2,6 milliards supplémentaires pour l’État québécois, exactement la somme dont a besoin le gouvernement Bouchard pour boucler son prochain budget.Reprenant dix des 72 recommandations de la Commission sur la fiscalité, la centrale prévoit générer près de 700 millions en resserrant les crédits d’impôt à la recherche et au développement, en imposant un droit d’immatriculation plus élevé pour les voitures de luxe et des frais de service de 15 % dans la restauration.«Notre proposition met à l’abri le pouvoir d’achat des contribuables et la contribution des entreprises tout en sauvegardant leur compétitivité, a ajouté Gérald Larose.Elle prend donc en compte la capacité de payer de chacun.» Ainsi, la CSN propose une progressivité de l’impôt sur le revenu avec des taux d’imposition à 25 % pour les revenus de 60 à 100 000 $, de 26 % pour les revenus de 100 à 200 000 et de 27 % au delà de 200 000 $.Plutôt que de toucher aux régimes de retraite des syndiqués du secteur public, on suggère aussi d’imposer une surtaxe de 0,5 % sur les actifs totaux des régimes de retraite privés, une mesure qui pourrait rapporter 700 millions au gouvernement.Quant aux institutions financières, la CSN pense que leurs profits «plantureux» pourraient supporter une surtaxe qui représenterait des revenus pouvant aller jusqu’à 200 millions.Le syndicat prévoit également que les mesures de lutte au travail au noir et à l’évasion fiscale déjà annoncées rapporteront 350 millions de plus au gouvernement l’an prochain.Il propose des tarifications diverses dans les secteurs des loisirs et des transports, sans toucher à l’éducation ou à la santé.Enfin, on estime que la baisse cjes taux d’intérêt rapportera 225 millions à l’État québécois et que les dépenses de fonctionnement de l’appareil gouvernemental pourraient faire économiser 250 millions de plus.La CSN demeure consciente qu’il s’agit là de mesures qui risquent de paraître impopulaires, mais elle croit qu’en toute équité, elles élargissent le débat en tenant compte dçs vrais problèmes, soit les revenus de l’État, plutôt que de s’en prendre uniquement au secteur public.Selon M.Larose, «le gouvernement ne sort pas des ornières de gestion dans lesquelles il s’est enlisé depuis 15 ans.On a connu ça en 1982, 1991,1992,1993 et en 1996.On pense qu’une cinquième fois, ça devient proprement intolérable.» De son côté, le président du Conseil du trésor, Jacques Léonard, se dit prêt à écouter la CSN.Comme son homologue des Finances, Bernard Landry, il est contre l’idée d’augmenter les impôts, mais il trouve intéressante l’idée d’examiner les revenus du gouvernement à la lumière des 72 recommandations de la Commission sur la fiscalité, mais après avoir réglé la question des dépenses, c’est-à-dire en réduisant les coûts de main-d’œuvre ou la masse salariale des employés de l’État.«Rien n’empêche le gouvernement d’écouter, d’entendre, de consulter.S’il y a des propositions sur les revenus, ce n’est pas une chose qui se négocie contre les dépenses, mais on peut écouter les gens.» A la sortie d’une interpellation du critique libéral Jacques Chagnon, M.Léonard a réitéré que la proposition gouvernemen- tale allait dans le sens du maintien de l’emploi.Il soutient que les prévisions des actuaires du gouvernement demeurent conservatrices quand elles parlent d’un surplus éventuel de plus d’un milliard du régime de retraite des employés du gouvernement.«Il se dégagera des surplus additionnels aux 8, 2 milliards des régimes de retraite, prévus pour le vieillissement de la population et les fluctuations économiques.De façon prudente, on parle d’un surplus de 37 % de la réserve, alors qu’en général on se satisfait de 25 %.Il y a donc là une bonne sécurité.» Comme l’indiquait le quotidien U Soleil hier, il s’agit toutefois de mesures permanentes de réduction des coûts de main-d’œuvre que recherche le gouvernement.Donc, la semaine de travail réduite de trois hçures et applicable à tous les employés de l’État se poursuivrait au delà de la fin des présentes conventions collectives, soit le 30 juin 1998.«Jusque-là, nous avons le temps d’y penser et nous aurons l’occasion d’en reparler lors des prochaines négociations, mais présentement, avec notre proposition, le revenu net des employés du secteur public demeure le même.» S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9.ED Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333.Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Sur Internet devoir@cam.org La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siege social est situé au 2050.rue de Bleury.étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9 II est imprimé par Imprimerie Québécor IaSalle.7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal L'agence Presse Canadienne est autorisée a employer et a diffuser les informations publiées dans Ijê Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries I>ynamiques.division du Groupe Québécor toc.900.boulevard Saint Martin Ouest.Laval Envoi de publication — Enregistrement 0D 0858.Dépôt légat Bibliothèque nationale du Québec MALRAUX Une relation privilégiée SUITE DE LA PAGE 1 déjà pas anodin que de Gaulle envoie son ministre le plus flamboyant, celui-là même qui, quelques mois plus tôt, a accompagné La Joconde à Washington.Un ministre de la Culture pour inaugurer une exposition industrielle! Depuis quelque temps, Malraux a la tâche de s’intéresser au Québec.Le 23 octobre 1963, il rend compte au conseil des ministres de ce qu’il a vu.«L'immense enthousiasme qui entoure cette exposition et qui m'a accueilli n’est pas tout à fait naturel, écrit Malraux.Il y a au Canada un seul problème: l’autonomie des Québécois.La réalité de l’autonomisme empoigne toute la vie politique.L’État d’esprit des Canadiens français est celui d’une minorité qui veut cesser de l'être.La colère est si grande qu’ils ont maintenant la volonté d’être autre chose que des hommes en colère.» Selon Peyrefitte, alors jeune ministre, «Malraux a développé ce thème avec une telle fougue, une telle force et tellement de détails caractéristiques que de Gaulle en a été profondément impressionné.Et la conclusion qu’il a tirée de ce débat annonçait déjà l’attitude qu’il prendra quatre ans plus tard».De Gaulle conclut l’exposé de Malraux de la façon suivante: «Quand Malraux parle d’autonomie, il faut comprendre indépendance.Je ne sais pas si ce sera dans dix, vingt ou trente ans, mais il faudra bien que le Canada français devienne indépendant et par conséquent secoue, violemment ou pas, l'état de dépendance dans lequel il se trouve.» Faut-il laisser le général interpréter à sa façon les propos de son plus proche et fidè-I le compagnon?Selon André Patry, ancien conseiller diplomatique de Jean Lesage et Daniel Johnson (voir son texte en page D 1), Malraux entretenait une relation privilégiée avec le rpinistre de la Culture d’alors, Georges-Émile Lapalme, qu’il avait rencontré à Paris dès 1961.Père souvent ignoré de la Révolution tranquille, Lapalme nourrissait lui aussi de grandes ambitions culturelles.C’est à travers ses yeux et ses commentaires que Malraux aurait découvert le Québec et sympathisé, dit Patry, avec l’idée du statut particulier que revendiquait alors avec force le parti de Jean Lesage.«Il trouvait que le général allait trop loin», dit Patry.Mais selon d’autres observateurs, il n’est pas sûr que Malraux soit entré dans ces considérations.«A l’époque, on ne discutait pas de ces questions en détail», dit Pierre-Louis Malien, qui, à titre de représentant au Québec de la télévision française, a suivi Malraux pendant sa visite et lui a même fait découvrir l’art inuit.«Je doute que Malraux se soit embarqué dans un débat pour savoir si l'autonomie valait mieux que l’indépendance.Malraux a, par contre, certainement contribué à conforter de Gaulle dans son opinion sur le Québec.Une opinion qu'il s’était faite, on l’oublie trop souvent, lors de son premier voyage, en 1960.» Pour Bernard Dorin, ancien ambassadeur de France à Ottawa, «Malraux avait certainement senti le phénomène national.Je crois qu’on ne peut pas aller beaucoup plus loin.Mais il est possible que dans ses conversations il ait préparé de Gaulle.En tout cas, il était tout à fait pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes [.].C'était dans sa philosophie».Mais Bernard Dorin ne suit pas Alain Peyrefitte lorsqu'il déclare au Devoir que le «Vive le Québec libre», en 1967, ne pourra surprendre aucun de ceux qui étaient autour de la table en octobre 1963.«On a fait croire que c’était stupéfiant [le «Vive le Québec libre»], que jamais personne ne s’attendait à ça, dit Peyrefitte.C’est faux.Nous nous y attendions tous.Du moins, tous ceux qui étaient suffisamment proches du général, qui avaient suivi avec suffisamment d’attention l'évolution de sa pensée à propos du Canada depuis 1960.Tous ceux-là savaient qu’il prendrait un jour ou l'autre une position de cet ordre.» Selon Dorin, la surprise, et même la désapprobation, fut au contraire énorme lorsque de Gaulle retrouva la France en catastrophe.Sauf dans un cercle très restreint qui avait préparé directement le voyage.Quelle position a alors prise Malraux?On n’en sait rien.Chose certaine, personne, et encore moins Malraux, n’aurait contredit le général publiquement Occupé à la rédaction des Antimémoires, Malraux ne semble avoir joué aucun rôle précis en 1967 dans la préparation du voyage de Charles de Gaulle.Le prochain tome de C’était de Gaulle qui sera publié l’an prochain (de Fallois/Fayard) — et qu’Alain Peyrefitte dévoile à doses homéopathiques — nous en dira peut-être plus.En attendant les extraits qu’il rend publics laissent transparaître chez Malraux une analyse fine de la situation canadienne.L’auteur de La Condition humaine ne résiste pas à la tentation de reprendre certains thèmes de son œuvre: «Le Québec, c'est la concentration du prolétariat [.].Ce sont les neveux des évêques et les fils des ministres qui posent des bombes [.].» II examine l’antiaméricanisme qu’il a rencontré au Canada.Il y voit «le masque d’un rapprochement avec la Grande-Bretagne.Les autonomistes purs ne sont pas antiaméricains.La population non plus.Ce dont ils rêvent, c'est que chez eux, les gratte-ciels américains soient sous la direction d’un État canadien-français».Notant que Jean Lesage a prononcé un discours plutôt antiaméricain, il ajoute: «L’antiaméricanisme peut devenir un ciment des Canadiens.» Lorsque vient le temps de conclure, il propose de «faire venir le plus grand nombre possible d’étudiants en France, pour que, dans sept ou huit ans, ils prennent la direction du pays».Et il conclut: «La France ne doit plus être seulement le passé du Canada, mais son avenir.» Rien dans ces révélations ne surprend le biographe de Malraux, Jean Lacouture.«C’est tout à fait conforme à la ligne de Malraux.Il y avait là le peuple québécois qui n’était pas traité d’une façon juste.En plus, un peuple francophone envers lequel la France a des responsabilités historiques assez lourdes.Il était normal que Malraux plaide pour que justice soit faite.Cela me paraît tout à fait conforme au personnage.Une fois, c’étaient les Québécois, une autre fois, de façon plus tragique, le Bangladesh, ou les Espagnols menacés par le fascisme.C’était un homme pour qui les frontières ne comptaient pas beaucoup.» Quelques mois après son passage à Montréal, l’incorrigible globe-trotter accompagnait la Vénus de Milo à Tokyo avant de s’embarquer pour le Cambodge et la Chine, où il rencontra Mao Jsé-toung.Qu’avait-il retenu du Québec?À un journaliste qui lui demandait quelle pourrait être la contribution du Québec à la culture universelle, il a fait cette réponse lapidaire: *L'immensité!»
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.