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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-10-26, Collections de BAnQ.

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Le roman québécois Page D 3 ?Stéphanie Béliveau Page D 8 Grille télé du week-end Page D 10 Agenda culturel Page DU Formes Page D 12 ?LE DEVOIR ?L E I) E V O I R , I.E S S A M E I) I 2 (i E I) 1 M A N G II E 2 7 OC T O B R E I !» Il (» FESTIVAL Toronto, I capitale littéraire À chaque automne depuis 18 ans, le Harbourfront Centre de Toronto accueille un événement littéraire sans pareil, l’International Festival of Authors.Une centaine d’écrivains de tous les continents viennent à la rencontre du public et participent à des soirées de lecture.L’instigateur de l’événement, Greg Ga-tenby, se voit comme un missionnaire de la littérature désireux de réparer les «dommages» causés par l’enseignement de la littérature.PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Comment expliquer ce mystère?Vous avez devant vous un enfant de cinq ans.Vous ouvrez un liyre et vous lui racontez une histoire.A la rigueur, vous lui Usez un poème.Spontanément, naturellement, l’enfant s’abandonne à l’imaginaire, écoute avidement l’histoire, vibre à la musicalité des mots.Très souvent, il en redemande.Sans le savoir, il découvre la magie et le plaisir.de la littérature.Vous retrouvez le même enfant, I douze ans plus tard, à sa sortie de l’école secondaire.Neuf fois sur dix, la Uttérature l’indiffère.Il préfère tolérer les pires insanités à la télé plutôt que d’ouvrir un roman.Et la poésie?Aussi bien ne pas poser la question.Que s’est-il passé entre la petite enfance et le monde adulte?«L’école a tout gâché.Elle a tué son attrait naturel pour la littérature», répond Greg Ga-tenby, directeur artistique de l’International Festival of Authors de Toronto.Pour lui, le lecteur naît pur.L’école le corrompt.«Je crois que l'école ne parvient pas à donner le goût de la littérature.Pourtant, quand ils entrent dans le système scolaire, les enfants aiment les livres.Très tôt, l’approche académique de la littérature les éloigne.Ils se sentent vite exclus de ce monde.Adultes, ils se souviennent du jour où, humiliés, ils n’ont pas su donner au professeur la “clef’ du poème.Comme s’il y avait une seule façon de lire un .poème!», poursuit-il.Unique au monde ¦ C’est pour réparer les «dommages» du système scolaire que Greg Gaten-' by a créé, il y a 18 ans, l’International \ Festival of Authors de Toronto, un !; événement unique au monde qui ré-> unit bon an mal an une centaine I d’écrivains venus de tous les conti-j ;rients.Animé par le souci d’éduquer, s Gatenby veut démystifier la littérature \ en provoquant des rencontres entre le j «vrai monde» et les auteurs.Son but?; Donner l’envie de lire.Inaugurée mercredi dernier, l’édi-i tion 1996 se poursuit jusqu’au 2 no-^ vembre au Harbourfront Centre de j Toronto et propose au public des ren-! contres avec, notamment, Ed Mc-; Bain, Ruth Rendell, Nancy Huston, i Marie-Claire Blais, Lawrence Block, ! Matt Cohen, Timothy Findley, François Gravel, Michel Tremblay, Alber-; to Manguel, Michel Butor, Antonia ! Fraser, William Gass, James Buchan et Yuko Tsushima.A la liste des 2500 écrivains qui ont participé au festival au cours des ans, on trouve les noms de Robertson Da i VOIR PAGE D 2: TORONTO Don Quichotte et Tintin sont en un sens deux grands personnages fictifs de notre époque, deux grands mythes de l'Occident littéraire, respectivement fondateurs d'un art majeur, le roman,s art majeur, le roman, et d'un art mineur, la bande dessinée.Détail, Hergé, Tintin au Tibet Détail, Danielle Chaput, Mirage, 1992 ROBERT SALETTI Aussi différents que soient leur date de naissance et le matériau artistique dont ils sont faits, Don Quichotte et Tintin définissent — à plus de trois cents ans d’intervalle — un projet commun de lecture du monde, pétri de patience et de volonté d’errance.Ce sont deux caractères, au sens qu’Orson Welles donne à ce terme.C’est du moins la thèse que suggère la comparaison de deux essais très proches de ton et de point de vue et qui paraissent simultanément.Deux histoires d’amour du livre Don Quichotte, de Marc Chabot, et Tintin au pays de la ferveur, d’Alain Bernard Marchand, constituent tous les deux le prolongement d’un acte de lecture décisif.Ils sont le récit d’une histoire d’amour entre un lecteur et un auteur.Pour Marc Chabot, le Don Quichotte de Cervantes est la première fiction, soit rien d’autre qu’un terrible mensonge.C’est l’histoire d’un homme qui a tellement lu de livres qu’il décide de devenir un livre.Et de changer le monde.C’est l’histoire d’un chevalier qui a tellement lu de livres de chevalerie qu’il décide de faire autre chose.Comme de parcourir le monde.A partir de Don Quichotte, la vérité ne sera plus la propriété des philosophes et des théologiens.Cervantes a fait faire la preuve que la vérité se cache partout, surtout dans la fiction.Le personnage de Don Quichotte est notre plus vrai mensonge, conclut Marc Chabot.Et mentir vrai, c’est l’enfance de fart Tout un pan de l’esthétique moderne en témoigne, de Diderot (Jacques le fataliste et son maître n’est-il pas une sorte d’hommage à Cervantes) à Welles (je pense à toute l’œuvre de ce maître cinéaste de l’illusion, mais plus spécifiquement à F for Fake, un documentaire sur le mensonge en art qui est truffé de.fictions).L’enfance de l’art, c’est le sous-titre du livre de Marc Chabot qui est, je le rappelle, un philosophe.Tintin au pays de la ferveur est le livre d’un passionné de la lecture.Alain Bernard Marchand est aussi un jeune écrivain qui n’a pas encore quarante ans et qui a déjà fait paraître un récit (C'était un homme aux cheveux et aux yeux foncés) et un roman (L’homme qui pleure) que je n’ai pas lus.Il s’agit ici de son premier essai qu’il présente non comme une étude sur Hergé ou sur la bande dessinée mais comme «l’expression du désir d'une œuvre».Ce désir d’une œuvre se rapporte, dans un premier temps, à l’expérience intime de lecture qu’il fit, jeune, de la série des Tintin.Pour l’auteur, le désir est comble quand, «s’excluant du monde restrictif de l’immédiat» par le biais circonstanciel des aventures de Tintin, l’enfant, de son lit minus- cule, gagne le large et entreprend d’habiter son imaginaire.Voilà qui n’est pas sans faire penser à ce que disait Daniel Pennac dans Comme un roman à propos de l’enfant lecteur qui «glisse dans les pyjamas du rêve avant de fondre sous les draps de la nuit».D’ailleurs, chez Alain Bernard Marchand comme chez Marc Chabot, il s’agit surtout de préserver ce que l’auteur de Im Fée Carabine appelle la solitude fabuleusement peuplée du lecteur.De préserver, si l’on me permet le jeu de mots, l’art de l’enfance.Or, que faire pour préserver cette solitude initiatique du lecteur?D’abord n’élever aucun rempart de connaissances préliminaires autour du livre que l’on lit.L’expérience intime de la lecture commande ici d’exclure les références savantes ou moins savantes aux commentaires sur les œuvres consacrées que sont Don Quichotte et les Tintin.Et M.Chabot et M.Marchand s’approchent de leur objet de manière très personnelle.La lecture comme acte de foi et comme dérive Assez remarquablement, ces deux essais s’entendent pour faire de la lecture quelque chose comme un acte de foi.Un acte de foi constitué hors de toute décence analytique, comme le dit l’auteur de Tintin au pays de la ferveur.Tout part de la croyance, explique pour sa part Marc Chabot.Les personnages que nous découvrons sont de petits dieux qu’on ne voit pas mais qu’on imagine en train de vivre.Le pouvoir de la littérature, conclut-il, repose sur l’acte de foi que fait le lecteur dans son infinie tolérance aux vrais mensonges.Dans son infinie ferveur, ajouterait Alain Bernard Bouchard.Cet acte de foi, s’il n’exclut pas d’office toute connotation religieuse, découle surtout de l’expérience intime du désir telle que l’a définie Roland Barthes, exceptionnellement cité par nos deux essayistes.Le plaisir de lire prend donc la forme d’une dérive multiple débouchant sur l’écriture.Le désir de l’œuvre dont parle Alain Bernard Marchand, c’est aussi ce besoin physique d’écrire.Un besoin aussi physique que marcher, aimer et voyager.On trouve, dans Tintin au pays de la ferveur comme dans Don Quichotte, l’enfance de l’art, de très belles pages sur l’incitation au voyage qu’est la lecture.Pour Marc Chabot, notre modernité s'inscrit, n’a jamais cessé de s’inscrire, dans le donquichottisme.Qui n’est autre que ce flottement perpétuel entre les choses qui finissent et les choses qui commencent.Dit autrement, l’errance fait le voyage.Mais cette errance, comme pour Don Quichotte sur sa Rossinante, n’entraîne pas que le voyage n’ait pas de but, elle implique simplement que les indications pour atteindre ce but ne sont pas claires, n’ont jamais été claires, ne seront peut-être jamais claires.VOIR PAGE D 2TINTIN L'amour du Québec, la passion de sa littérature E?Cet automne, le groupe Ville-Marie Littérature vous propose vingt nouveautés en édition courante et six rééditions en format dè poche.l’HEXAGONE vlb éditeur (ITYPO e* | ; *¦; DON QUICHOTTE OU L'ENFANCE DE L'ART MARC CHABOT L I BER DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES.BD Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 523-6389 MJl.il U mm OUVERT 7 JOURS lOh à 22h VS4SS.•msm SMÜttillB La co Écrits ' polémiques French Town tome 3 10* « -, • tMJtra O Pierre Bourgault, cet observateur impénitent, ratisse très large.C’est la raison pour laquelle iCest incontournable.THÉÂTRE ROBKI MARINIER , L'INSOMNIE PRISE DE PAROLE Kolbe -La Femme d’Urie Rhéal Cenerini Deux drames Ijouleversartts.Kollic.le prêtre polonais prisonnier d’Auschwitz, (pii s'oF-Ire en échange zi un autre désigné pour mourir.Ilethsaliée.éjTOiisl- «Crie.qui s oil re au roi David en échange de ki vielle sein mari.Editions du Blé Un huis-dos lamL liai, sur lond de luttes sociales et’de 1-bnflits d’idéaux.La confirmation d’un nouvel auteur dramatique.-Prix du gouverneur général Edition* Lc.Nordir Gilles Boudin ne dort plus depuis des mois.Son cerveau lui en fait voir de toutes les couleurs.Vit-il ce qui lui arrive?Rêve-t-il?Un iWMMlimi1 étourdissant par un auteur doué d’un humour singulier.Prise de parole JÊ^ Regroupement des éditeurs canadiens-français ‘V • TORONTO Offrir au public la magie des festivals SUITE DE LA PAGE DI vies, Oriana Fallaci, Alain Robbe-Grillet, Yves Navarre, Umberto Eco, tîamus Heaney (Prix Nobel), Russell anks, Raymond Carver, Paul Auster, John Irving, Joyce Carol Oates, Julian Bernes et William Boyd.L’événement attire désormais des écrivains du monde entier.On se bouscule aux portes.Chaque année, plus de 2000 auteurs sollicitent Gatenby afin d’y participer.A peine 100 d’entre eux seront retenus.«Depuis que nous sommes solidement établis, l’axe New York-Londres a été brisé.Toronto fait dorénavant partie des capitales de la littérature», dit Gatenby.L’homme à l’origine de ce festival a donc pour nom Greg Gatenby.Quel personnage! C’est un homme de caractère, un boulimique du travail, évidemment, qui s’active de tous bords tous côtés, au point d’en avoir le souffle court et de sauter des repas.C’est avant tout un visionnaire, une sorte de missionnaire de la littérature.«Je souffre d’un complexe messianique», ironise-t-il.Le festival des auteurs est l’œuvre de sa vie.Diplômé en littérature de l’université York en 1.975, il a œuvré quelques mois dans une maison d’édition — une expérience qui peut toujours servir.! — avant de créer son fameux festival.La principale activité de l’International Festival of Authors, ce qui en fait l’originalité, ce sont les soirées de lecture.Devant des centaines de personnes, les auteurs lisent eux-mêmes des extraits de leurs œuvres ou font appel à des comédiens.La session dure 30 minutes.«Pas une seconde de plus, précise Gatenby.Même si nous avons un Prix Nobel sur scène! Après 30 minutes, c’est terminé», dit-il.S’ensuit une séance de signatures et d’échanges avec le public.«J’invite les gens à discuter avec les écrivains même s’ils n’ont pas lu leurs œuvres», dit Gatenby.Entrevues sur scène Le festival organise aussi des entrevues sur scène avec les auteurs.Gatenby s’amuse à coupler des personnalités diverses.Cette année, par exemple, Mordecai Richler mènera un entretien avec Mavis Gallant.Il n’y a pas d’autre événement semblable de par le monde.C’est que d’ordinaire, les écrivains, par nature solitaires, fuient les foules.Sauf pour quelques vedettes, il est plutôt rare que les auteurs aient à s’adresser à SOURCE IFA Greg Gatenby 600 personnes.Il est rare, aussi, qu’ils aient à parler de littérature devant les plus grands écrivains du jour, qui sont, souvent, éparpillés dans la salle.«Je me souviendrai longtemps du passage de Julian Barnes au festival.Sur scène, il parlait tout bas, ce qui avait pour effet de rendre les gens encore plus attentifs.Je croyais que c’était un truc de comédien pour attirer l’attention.Quand je l’ai félicité pour sa prestation, il m’a dit que s’il avait cette voix éteinte, c’est parce qu’il était littéralement terrorisé à l’idée de parier de littérature devant 600 personnes, dont une bonne vingtaine de ses pairs.» Gatenby tient vraiment à offrir au public la magie des festivals.«Je veux que ça soit comme pour le cinéma.Quand on présente un film albanais en salle, à peu près personne ne s’y rend.Mais si vous inscrivez le même film à la programmation d’un festival de cinéma, plein de gens s’y rendent.Parce qu’ils sont fiers de participer à un “happening”.Vous les croisez dans un party et ils vous disent: “Vous avez vu le dernier film albanais?” Je veux créer le même phénomène avec la littérature.» Cela dit, le festival, malgré sa volonté de joindre un grand public, demeure, selon Gatenby, «shamelessly, una-pologetically literary».Pas question donc d’inviter Danielle Steel ou John Grisham .«Ces gens-là n’ont de toute faççn pas besoin de nous.» A écouter parler ce joyeux fou de Gatenby, on se dit que, si Fortune a consacré Toronto comme la ville où il fait le mieux vivre, peut-être qu’un jour Le Magazine littéraire fera de la Ville reine une des grandes capitales littéraires.INTERNATIONAL FESTIVAL OF AUTHORS Harbourfront Centre, Toronto Renseignements: (416) 9734760 Salon du livre de Toronto Une entreprise héroïque PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Toronto — Un Salon du livre francophone à Toronto?Non mais ça va pas! Il y avait quelque chose d’héroïque, pour le moins, dans cette entreprise.Quand ils ont rencontré les élus municipaux pour les sensibiliser à leur projet, il y a quatre ans, Christine Dumitriu van Saanen et François Bergeron ont vite réalisé l’ampleur du défi.Ils avaient beau brandir leur étude de faisabilité, disserter sur leur public cible, démontrer les bienfaits de leur idée: rien n’y faisait.Ils avaient devant eux des interlocuteurs polis, certes, mais dont le regard mi-in-quiet mi-moqueur trahissait mal le scepticisme.«Aux yeux des autorités municipales, les francophones ne sont ni plus ni moins qu’une minorité ethnique, au même titre que les Torontois originaires du Panjab», explique François Bergeron, président du Salon du livre de Toronto et vice-président et directeur général du journal hebdomadaire L’Express.Les francophones ne sont en effet pas légion dans la Ville reine.En clair, ils représentent 1,8 % de la population, soit 40 500 battants éparpillés dans une mer de 2,3 millions d’habitants.En tenant compte des 30 municipalités de la grande agglomération de Toronto, leur nombre oscille entre 90 000 et 100 000.Qu’à cela ne tienne, le Salon de Toronto a vu le jour en 1993, contre vents et marées.Avec l’aide des gouvernements fédéral, provincial et municipal, tout ce qui grouille et grenouille dans le «Toronto francophone» a mis la main à la pâte.Parmi les parrains de l’événement, on trouve la Librairie Champlain — seule librairie francophone depuis la mésaventure de Renaud-Bray —, quelques universitaires, des associations d’auteurs, Radio-Canada Ontario-Outaouais et le journal L’Express.La quatrième édition du Salon du livre de Toronto a eu lieu le week-end dernier, du 17 au 20 octobre, au Palais des congrès.Dire qu’on s’y bousculait serait mentir effrontément.En matinée, quand les élèves des écoles francophones environnantes envahissaient le parquet, on se croyait au Salon du livre de Montréal tant l’affluence était grande.Mais en après-midi et en soirée, plus rien ne masquait la réalité démographique.Les allées devenaient plus larges, les visiteurs plus épars.La Salon accueille bon an mal an 10 000 visiteurs, ce qui, dans le contexte, relève de l’exploit.Rolf Puise, l’éditeur de Gallimard à Montréal, ne rate jamais le rendez-vous de Toronto.«Nous tenons à être présents.On sent que les gens sont en manque, qu'ils ont soif de littérature française.Il n’y a pas des dizaines de milliers de visiteurs.Mais en revanche, ceux qui viennent achètent plusieurs livres, ce qui n’est pas forcément le cas dans les plus gros salons.» Daniel Johnson, directeur des Editions françaises, partage son opinion.«Les jeunes, en particulier, les élèves des institutions françaises cossues, repartent rarement les mains vides.» Depuis la fermeture de Renaud-Bray, Toronto ne compte qu’une seule librairie francophone, la Librairie Champlain.Pour plusieurs visiteurs, le Salon fournit donc une occasion de plus d’acheter des livres français.Une vitrine de choix Bien sûr, le Salon de Toronto accueille quelques auteurs québécois.Cette année, Arlette Cousture et Raymond Plante, entre autres, y sont venus.On reçoit aussi quelques rares auteurs européens.Le Suisse Nicolas Bouvier était de la cuvée 1996.Mais avant tout, ce salon demeure celui des auteurs franco-ontariens.«En fait, le Salon du livre de Toronto devient de plus en plus le salon de tout l’Ontario francophone», constate la directrice générale Christine Dumitriu van Saanen.Même si on a parfois l’impression que le Québec littéraire conspire pour la garder dans l’anonymat — lire à ce propos le remarquable dossier de Nuit blanche, n° 62, hiver 1995-96 —, les littératures franco-ontarienne et acadienne ont connu au cours des dernières années un essor considérable.Que ce soit dans le secteur de la poésie, du roman ou du théâtre, de plus en plus de voix s’imposent.Daniel Poliquin (L’Ecureuil noir), Paul Savoie {Amourflou), Marguerite Andersen {La Soupe), Pierre Léon {Sur la piste des Jolicœur), Maurice Henrie {La Savoyane), Patrice Desbiens, Gabrielle Poulin {Le Livre de déraison), Andrée Lacelle {La Voyageuse), Robbert Fortin {La force de la terre reconnaît l’homme à sa démarche), Pierre Samson {Le Messie de Belém), François Paré, Herméné-gilde Chiasson {Climats, finaliste au prix du Gouverneur général 1996) et Cécile Cloutier {Ancres d’encre), entre autres, poursuivent des œuvres remarquées.Des maisons comme Prise de parole (Sudbury), GREF et Vermillon occupent une place de plus en plus importante.«C’est extraordinaire de voir proliférer tant d’auteurs.La littérature franco-ontarienne est toute jeune.Son véritable boom remonte à peine à il y a 25 ans», constate la poète Andrée Lacelle, lauréate du prix Trillium en 1995 e>t finaliste aux prix du Gouverneur général du Canada, auteur de Tant de vie s’égare (Vermillon) et La Voyageuse (Prise de parole).«Notre lectorat déj meure très limité.La diffusion est difficile.Notre salut passe par l’école.Nous devons valoriser notre production littéraire dans nos écoles», poursuit-elle., Et la consécration au Québec?Invitée au récent Festival international dé poésie de Trois-Rivières, Andrée Lacelle n’est plus inconnue au Québec.Très souvent, ses pairs ne peuvent en dirç autant.«Pour nous, la reconnaissance au Québec n’est pas vitale.Mais elle.est souhaitable, bien sûr.C’est un peu l’équî- -valent de la reconnaissance en France pour un auteur québécois», dit-elle.’ Chose certaine, des efforts sont: faits, du moins dans le reste du Canada, pour jeter des ponts avec le Québec.Le Regroupement des éditeurs canadiens-français a récemment lancé une campagne de promotion sous lç thème Un pays s’écrie(t).Des messages publicitaires télédiffusés et unç vaste tournée d’auteurs en sont les principaux éléments.Ainsi, jeudi den nier, six auteurs canadiens-français -4 Nadège Devaux, Robbert Fortifi, Maurice Henrie, Lorraine Létourf neau, Gabrielle Poulin et Gaston Tremblay — participaient à une séari-i ce de signature à la librairie Gall^i mard, boulevard Saint-Laurent, a Montréal.Un prix, deux lauréats Deux auteurs se partagent cette année le grand prix du Salon du livre de Toronto et la bourse de 3000 $ qui s’y rattache.Il s’agit du poète Robber,t Fortin, pour son recueil Peut-il rêvé?celui qui s’endort dans la gueule des chiens, paru aux éditions Prise de pâ: role de Sudbury, et Marguerite Andersen pour son roman La Soupe paru chez le même éditeur.Le jury à par ailleurs accordé deux mentions spéciales.La première au bédéiste Paul Roux pour ses albums Le Rêvé du Capitaine et Chut!; la seconde à .Pierre Samson pour son remarquable | premier roman paru aux Herbes Rouges, Le Messie de Belém.Daniel Poliquin (1993), Gabrielle.Poulin (1994) et Maurice Henriç (1995) ont été les précédents lauréats du grand prix du Salon du livre de Toronto.TINTIN Itmnninr Mnlenfaiil TRAVAIL ET GROSSESSE French Town Michel Ouellette L'Insomnie Robert Marinier Deux caractères, deux livres de SUITE DE LA PAGE DI Alain Bernard Marchand, lui, a trouvé dans Tint in au Tibet son inspiration première à l’errance du voyage.Cet album était le préféré d’Her-gé, celui dans lequel il avoua avoir mis le plus de lui-même, dévoré qu’il était à l’époque par des cauchemars associés à un démon blanc.C’est le seul aussi d’où la méchanceté semble totalement absente.Tintin s’y met à la recherche de son ami chinois présumé mort dans un accident d’avion.Sans aucun autre prétexte que l’amitié et en marge de toute rationalité, il conquerra l’Everest de la fraternité.Tintin au Tibet fonctionne à la façon d’un rêve (il contient d’ailleurs plusieurs séquences oniriques qui donnent la juste mesure des personnages de Tintin et Haddock).Et les rêves sont comme les départs.Un rien provoque l’illumination dont ils se nourrissent.Alain Bernard Marchand le dit bien et sobrement, dans une prose simple à l’abri de tout préciosité: le voyage n’est que la conséquence du départ, comme la vie n’est que le résultat du rêve.Encore une fois en marge de toute rationalité.Cela me rappelle cette phrase ALAIN BERNARD MARCHAND TINTIN AU PAYS DE LA FERVEUR LES HERBES ROUGES / ESSAI caractère du Procès de Kafka que j’aime à répé; ter: «La logique a beau être inébranlable, elle ne résiste pas à un homme qui veut vivre.» Ai-je besoin d’ajouter que j’ai aimé ces deux livres, si éloignés par leur objet apparent — Don Quichotte,et.Tintin — mais si proches par leur qb: jectif réel — le voyage intérieur^ Deux caractères, deux livres de carâcj tère.A mi-chemin de ma lecturé, j’avais déjà coulé à pic.DON QUICHOTTE OU L’ENFANCE DE L’ART Marc Chabot, Nuit blanche éditeur 1996,176 pages Romaine Malen fan! TRAVAIL ET GROSSESSE Peut-on laisser la maternité à la porte de l’entreprise ?TINTIN AU PAYS DE LA FERVEUR Alain Bernard Marchand Les Herbes rouges, 1996,126 pages : I .Mil II ¦ »¦¦¦¦ ¦ ¦ ' ' .-'"’’TMY- :•;— ^- ¦.L E I) E V 0 I R., I.E S S A M E I) I 2 (i E T I) I M A N (’ Il E 2 7 II (' T 0 II II E I !» !) li Ï/ * •-*$^[13 li ¦1:- “ /YWÉS LA VIE LITTÉRAIRE Les carnets réincarnés d’Yves Navarre PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Il y a quelques semaines, Actes Sud et Leméac publiaient conjointe-fnent La Ville atlantique d’Yves Navarre.En quatrième de couverture, les éditeurs précisent qu’il s’agit d’une «autofiction posthume retrouvée deux ans après la disparition de l'auteur».Or de fidèles lecteurs de l’auteur du Jardin d’acclimatation (Prix Concourt 1980) ont vite remarqué que trois des cinq récits constituant La Ville atlantique ont déjà été publiés non seulement dans Le Devoir, où Yves Navarre tenait carnet au début dès années 90 sous la direction de Robert Lévesque, mais aussi dans un ouvrage paru en 1992 chez VLB et Le ,j'dür éditeur, intitulé La Vie dans l’âme.Ce livre regroupait les carnets a Yves Navarre.; Les carnets 17, 18 et 19 publiés dans La Vie dans l’âme se retrouvent dans leur quasi intégralité dans les récits Rue Marie-Anne Est (page 53),.Rue Rachel Ouest (page 63) et Rue Prince-Arthur Ouest (page 69) de La Ville atlantique.joint par Le Devoir, le directeur littéraire de Leméac, Pierre Filion, a d’abord tenu à préciser qu’il n’y avait dans cette affaire aucune mauvaise foi, aucune intention coupable, aucune velléité d’imposture, ni de sa part, rii de la part des héritiers de Navarre, les détenteurs des droits.En somme, dit-il, il n’y a pas de quoi faire un plat.Tant l’éditeur que les héritiers ignoraient que les trois récits en cause avaient déjà, «dans une proportion de 80 à 85 %», été publiés.Une chose apparaît toutefois clairement «Le manuscrit de La Ville atlantique a été terminé en juin 1990, donc Avant la parution dans Le Devoir en Ï991.Navarre aurait puisé dans son Manuscrit pour rédiger son carnet.Cet-ië histoire nous en dit long sur les habitudes d’écriture de Navarre», a ajouté Pierre Filion.Cela dit, Leméac et Actes Sud ont conclu une entente à ce propos avec VLB éditeur et Le jour.Ils refusent d’en dévoiler la teneur.Chose certaine, Leméac devra, si jamais il y a réimpression de La Ville atlantique, informer les lecteurs que trois des cinq récits se retrouvent aussi dans La Vie dans l’âme.Sylvie Desrosiers a le vent dans les voiles - La romancière Sylvie Desrosiers recevra sous peu le prix 12/17 Brive-Montréal du livre pour l’adolescence pour son roman Le Long Silence paru aux éditions La courte échelle.Assorti d’une bourse de 5000 $, le prix lui sera re-mis le 9 novembre prochain dans le cadre de la sympathique Foire du livre de Brive.Créé en 1991 dans la foulée du jùmelage des salons du livre de Montreal et de Brive, le prix 12/17 avait été octroyé l’année dernière à Jean Le-mieùx, auteur du Trésor de Brion, paru chez Québec/Amérique.Le roman Le Long Silence de Sylvie Desrosiers aborde le thème de la mort tout en se voulant, aux dires de l’éditeur, «un liymne à la vie à la fois tendre et bouleversant».Cette opinion semble partagée puisque ce même roman vaut à Sylvie Desrosiers d’être finaliste en vue de l’obtention du prix du Gouverneur général, catégorie «littérature de jeunesse».Sur la trace de Robert-Lionel Séguin ' : Dans la foulée de ses expositions Nommage à Robert-Lionel Séguin et (fesjf à dire, sur la trace des mots, le i(Ç>uveau Musée des arts et traditions populaires du Québec, situé à Trois-Rivières, accueillera au cours des prochaines semaines des écrivains dont le sujet d’intérêt est la culture québécoise, sous toutes ses formes.Marcel Brouillard, au- L I V R E S - LE ROMAN QUÉBÉCOIS Mère charnelle neur de l’entente.En février dernier, l’UNEQ avait déposé une requête devant les tribunaux contre Sogides.La plupart des contrats d’édition prévoient que l’éditeur doit prévenir les auteurs avant de détruire les stocks invendus.En général, la maison d’édition doit offrir à l’auteur de racheter ses livres ou, à tout le moins, solliciter son autorisation avant de procéder au pilonnage.Sogides ne l’avait manifestement pas fait à l’époque.Des exportations de livres à la hausse Un relevé de Statistique Canada publié cette semaine révèle que les exportations de livres ont grimpé de 151 % entre 1990 et 1995 pour atteindre 246 millions de dollars.Le même rapport démontre que les exportations de disques, de livres et de films ont atteint un sommet au cours des cinq dernières années.Le taux de croissance a été trois fois plus élevé que celui des importations.A titre comparatif, les exportations de disques ont augmenté de 324 % pour atteindre 111 millions.Surtout, explique-t-on, en raison du,succès phénoménal de Céline Dion.A quand notre «Céline Dion» de la littérature?ALICE COMME UNE RUMEUR Dominique Blondeau Les Editions de la Pleine Lune Montréal, 1996,225 pages CB est une touchante fresque * sur l’amour que peint Dominique Blondeau dans son treizième ouvrage, Alice comme une rumeur.Fragile comme l’amour.Incomplète comme lui.Et assez indéfinissable pour que le lecteur soit habité encore longtemps par certaines questions après avoir refermé le livre.Que s’y est-il passé?L’amour est-il toujours aussi inexplicable et déçu que le montre ce roman?Devait-on même en conclure quelque chose?Ou surtout en apprécier la poésie, se laisser apprivoiser par les taches de couleur qu’applique l’auteur?Voilà Paris, le temps de trois étés, dans des teintes de rouge et de gris, entre des rues, où défilent des ombres de chat, et des appartements où se coltinent des personnages-artistes que n’aurait pas reniés Françoise Sagan.En vedette: la beauté d’Ysa, jeune mannequin de vingt-cinq ans aux «lèvres cyclamen rose», aux cheveux rouges et aux «yeux bleu cobalt».Ysa qui cache son regard envoûtant derrière des lunettes noires «pour ne pas être en tête-à-tête», ex-plique-t-elle avec «le sentiment monstrueux qu’elle [a] fait naître» chez son père et chez son frère.Sensible néanmoins (ou nécessairement?) aux hommes plus âgés, Ysa s’est éprise de Livio Ram-baldi, 51 ans, célèbre artiste-peintre devant lequel s’écrasent tous les parasites de la culture, et qui collectionne les femmes comme un enfant les images.Entre les deux amants, il n’y a vraisemblablement que des murs.Ceux de l’âge et de l’Œdipe recyclé semblent compter pour peu en regard des murs qu’élèvent, d’une part, la peinture et la photographie, en contribuant à cloisonner Ysa dans son image de beauté sans âme.Puis ceux qu’élèvent, d’autre part, les empêcheurs d’aimer en paix: les femmes de la vie de Livio — et particulièrement Jeanne, celle qui se tient depuis toujours à ses côtés, colonne nécessaire, mère pathétique qu’on n’arrive pas à laisser —; et le frère d’Ysa, dramatique dramaturge, qui serait bien prêt à rem- Touchante fresque que celle que peint Dominique Blondeau placer Livio dans la chair de sa soeur, si seulement cela se faisait.Quand se pointe Valère Bussy (croisement de Valéry et Debussy qui va plutôt bien à ce personnage de compositeur), espèce de figure du frère avec lequel Ysa aura une aventure après avoir rompu avec Livio, tous les fantasmes incestueux seront désormais consommés.Ysa frôlera alors la mort, symboliquement enfermée dans un dernier tableau dont elle, et un certain espoir, ressurgiront enfin.L’amour à la dérive À mille lieues, visiblement, des romans d’action, Alice comme une rumeur raconte des événements, mais ils sont ceux, complexes, de l’amour à la dérive: sentiments vagues (vagues de sentiments?), impressions d’avoir raté le coche ou d’y être grimpé trop tôt, satanée certitude qu’il est hors de portée, l’amour absolu, avec la condamnation, dès lors, d’en rêver la vie durant.Le tout est enveloppé dans un magma de couleurs et de mouvements qui tantôt montre les personnages déambulant, comme dans une série de photographies, ou tantôt les laisse prendre forme peu à peu, comme au fur du travail du peintre.«L’eau a-t-elle vraiment ruisselé autour dYsa?(.) La douleur dYsa a trouvé, au pire des violets presque noirs, une issue, celle qu’offre l’eau quand elle se jette quelque part ou qu’elle retourne à sa source.Ysa aussi se fraie un chemin lumineux vers l’ocre orangé de la terre.» L’écriture de Mme Blondeau, Française installée (après un détour parle Maroc) au Québec depuis la fin des années soixante, n’a pas ici la préciosité qui lui a été reprochée dans de précédents textes.Mais, on le voit, Alice comme une rumeur a toute la poésie nécessaire pour ravir le lecteur, et souvent l’égarer à travers un tissage onirique dont sa compréhension pourrait malheureusement rester prisonnière.Le roman, deuxième version Quand au titre, par ailleurs très beau, il trouve sa justification dans la seconde partie du texte, dans une espèce de chapitre-réalité de 25 pages («La jeune femme de l’an 2000») aussi éclairant qu’il est dérangeant Voyant l’écrivain qui se prépare à réviser les deux cents pages relatant l’histoire d’«Fsa sans printemps», que l’on vient de lire, sa fille adoptive, Alice, «jeune femme métissée de l’an 2000», la prend à partie.La jeune fille, qui rêve en outre elle-même de devenir mannequin, n’en peut plus d’être confinée dans l’ombre du roman de sa «mère» et de son personnage central.«Tu ne me fais jamais plaisir! Tu ne commets aucune folie! Ysa passe avant moi, tu ne m’aimes pas!», se plaint Alice avant de s’enfermer dans la chambre de l’appartement montréalais, où ses débordements colériques sont enterrés par la musique de Glenn Gould jouant Mozart.Si cette portion de roman que nous laisse Dominique Blondeau avant de clore est à certains égards éclairante — surtout parce qu’elle dévoile une part de l’inspiration de l’auteur —, elle jette également une lumière crue sur un thème qui restait diffus dans le roman.Revenant comme une rengaine un peu lancinante, comme un crime sur lequel le lecteur n’a jamais l’heure juste, la suggestion de l’inceste, commis ou rêvé, qui traverse l’histoire dYsa prend subitement la couleur de la réalité.Lorsque Alice s’habille, se déshabille, cherche les caresses et le re- gard de sa «mère», les lecteurs chez ment être.qui les rumeurs de désir incestueux, tout romanisé soit-il, ne font rien vibrer de poétique seront surpris, à tout le moins, devant les mots de celle qui la regarde: «Elle n’est pas mon amante», dit-elle tout de go, alarmante.Puis: «Son chandail de laine rouge n’en finit plus d’aller et de venir sur sa chair, il moule tellement ses seins que j’en suis gênée.» «Les mailles tricotées i e contiennent une odeur boulê- e h t versante de chair en émoi.?Mes narines palpitent, mon cœur aussi.» «Comment fait-on pour réchauffer une fille de dix-sept ans aussi belle qu Alice?On la laisse se coller contre soi, on évite les embrassades qui n’en finissent plus.» Les lecteurs qui connaissent et aiment Dominique Blondeau ne seront pas surpris de retrouver ce débordement d’élans charnels, tel qu’il existe apparemment dans plusieurs autres romans de l’auteur, pour un parent ou une figure parentale, indifféremment de son sexe.Les autres pourraient en sortir en regrettant, comme les personnages sans doute, la disparition de la mère, de cet amour absolu qui devrait telle- D0M1NIQUE BLONDEAU Sylvie Desrosiers ! Marcel î Brouillard tèur de L’Homme aux trésors, Robert-Ûionel Séguin (Québec/Amérique), aura le privilège d’amorcer la saison littéraire du musée.Accompagné cfHuguette Servant-Séguin, Marcel Brouillard racontera la vie de Robert-Iiionel Séguin, dont il fut l’ami et le confident.M.Brouillard a l’habitude 4e ce genre de rencontre puisque, depuis deux ans, il sillonne la province afin de présenter un spectacle-confé-rfence en l’honneur de Félix Leclerc, lia rencontre aura lieu aujourd’hui, 26 octobre, à 14h.Renseignements: $19) 372-0406.L’UNEQ et Sogides s’entendent : L’Union des écrivaines et écrivains c(u Québec (UNEQ) et Sogides ont cpnvenu d’une entente à l’amiable au sjijet du pilonnage sans autorisation t^s auteurs de quelque 270 000 livres fïau moins 326 titres.Les deux parties oht convenu de ne pas dévoiler la te- Venez rencontrer Sylvain Lelièvre à l’occasion de la parution de son premier roman Le Troisième Orchestre Éditions Québec/Amérique le vendredi, l'r nov.de 19h à 21 h au Centre Laval le samedi 2 nov.de I4h à I6h au 4380 St-Denis Oampigny 4380 St-Denis, Montréal 844-2587 Ouvert 7 jrs de 9h à 22h ord.2l,’s‘ Prix en vigueur jusqu’au 15 nov.1996 Centre Laval, Laval 1600 Le Corbusier 688-5422 LTTIT DD MONDE 97 le seul annuaire économique et géopolitique mondial • Un bilan de l'année des 225 pays du monde, complété d'une chronologie générale • Des analyses thématiques sur les tendances L’ETAT DU MONDE planétaires actuelles 704 pages • 27,95 $ LE DEVOIR Boréal Qui m'aime me lise.remue-ménage d’automne chez votre libraire • remue-ménage d’automne chez votre libraire • remue-ménage d’automne irrrE BOUCHARD NÂTASMABOüCMAPD îLAUDE ST AMANT JACQUES rONCBEAl MODÈLES DE 4 SEXE et RAPPORTS î À L'ÉCOLE GIRDS D'INTERVENTION auprès des Elèves de TROISIÈME SECONDAIRE • PfcftflETTE BOUCHARD JEAN-CUB» ST AMANT t ^ POUR Y UNE GRAMMAIRE NON SEXISTE CÉLINE LABROSSE Des activités et dos ressources pour contrer le décrochage scolaire.128 p.16.95 S Résultats d une caste enquête auprès des jeunes du secondaire.300 p.26.95 S Des propositions qui respectent la rigueur et la clarté du français.106 p.14,95 S I,Agenda des femmes 20' édition Les femmes el l’emploi.12.95 S les éditions du remue-ménage 4428.boul- St-Laurent.bur.404.Montréal (Québec) H2W 1Z5 Tél.: (514) 982-0730 I.K I) E V 0 I It , I.E S S A M E I) I 2 (i E T I) I M A N ( Il E 2 7 0 C T 0 It It E I !» I) (i L I V R E $ O C I A U X Servir ou dénoncer L’économie sociale, c’est le commerce de la misère LE CITOYEN RESPONSABLE i L’éthique et l’engagement social Henri Lamoureux VLB, Montréal, 1996 200 pages MICHEL VENNE LE DEVOIR Le sommet sur l’emploi, réuni la semaine prochaine à Montréal, consacrera l’économie sociale comme l’üne des voies pour résorber les problèmes du chômage et de la crise des finances publiques par la création d'emplois de services dits de proximité, comme la garde d’enfants ou le maintien à domicile des personnes malades.; L’éthicien et spécialiste en action communautaire, Henri Lamoureux, voit cependant dans l’économie sociale un grave danger de perversion de l’engagement social.Il y décèle une dérive vers la commercialisation des problèmes sociaux et le développement d’une industrie de la misère.Dans l’essai qu’il fait paraître dans la collection «Partis pris actuels», chez VLB, Lamoureux observe dans les milieux communautaires l’émergence d’une idéologie de services qui entraîne une «tendance à rendre secondaire le potentiel subversif des pratiques au profit de leur aspect utilitaire».Une logique de marché Du coup, il apparaît un «marché de la misère humaine».Des organismes populaires se spécialisent, développent des créneaux, constituent une clientèle.L’activité de service prend de plus en plus de place dans la pratique communautaire, entre autres parce que les programmes de financement sont,orientés vers ce type d’activités.L’Etat pousse alors les organismes à s’inscrire dans une logique de marché qui favorise les plus performants ou à s’adonner à des activités de sous-traitance du CLSC local.Les organismes communautaires créent alors des emplois relativement intéressants dans le contexte d’un chômage élevé.Ces organismes s’institutionnalisent et multiplient les ressources alternatives.Or, souligne Lamoureux, l’éthique de l’engagement social se fonde sur une utopie: faire reculer les causes de la pauvreté et de la misère.Le succès du milieu communautaire devrait se mesurer à la diminution du nombre d’organismes et de professionnels en- gagés pour pallier les problèmes sociaux.L’engagement social aurait plutôt pour objectif de faire en sorte que ces activités ne soient plus nécessaires.Au lieu de collaborer à l’économie sociale, les organismes communautaires devraient redécouvrir ce qui fonde leur action et rester fidèles à ce qui leur a donné naissance.L’engagement social, écrit Lamoureux, est un acte gratuit.Il est régi par une éthique de la responsabilité et de la solidarité fondée sur la conscience que notre propre humanité est réductible à celle de l’autre.Il ne peut, ajoute-t-il, se concevoir à l’intérieur d’une logique de création artificielle d’emplois.Une tradition de services L’auteur ne se borne pas à cette critique de ce qu’il appelle l’industrie de la misère humaine.Il décrit et critique les principaux courants qui ont traversé l’engagement social au Québec, de l’éthique chrétienne à l’éthique féministe, et trace le portrait des principaux lieux de participation des citoyens, du syndicat à la coopérative, de la Saint-Vincent-de-Paul au Le citoyen rei|K>n»abJe parti politique.Cet inventaire a le grand mérite, dans une langue claire, de faire découvrir l’importance de l’engagement social dans la construction de la société civile et dans la normalisation des valeurs collectives.Lamoureux dédie son livre à ceux et celles qui lui ont appris «l’importance de la révolte».Aussi, il est très critique de l’action des organismes qui mettent l’accent sur le service aux pauvres plutôt que sur la dénonciation des causes de la pauvreté.Car le citoyen responsable, évoqué dans le titre de l’ouvrage, n’est pas celui qui, comme le décrivent les organisations de la moral majority américaine, doit «se prendre en main» et assurer sa réussite personnelle.Dans l’esprit de Lamoureux, ce citoyen responsable est plutôt celui qui, en recherchant une cohérence entre ses valeurs personnelles et celles de la société, est un artisan de la transformation de son milieu.Sa définition de la responsabilité laisse songeur.Un citoyen responsable, avant de chercher à changer le monde, ne doit-il pas en effet commencer par être responsable de son propre sort?RECIT La mort devant soi Une réflexion sur la dépression et les solutions chimiques PROZAC NATION : Avoir 20 ans dans la dépression Elizabeth Wurtzel récit traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Paul Mourlon Austral, Paris, 1996,342 pages MARIE-CLAIRE GIRARD est le problème avec la dépri-'' me.Un être humain peut survivre à peu près à tout, tant qu’il voit la sortie du tunnel.Mais la dépression est si insidieuse, et s’aggrave tellement chaque jour, qu’il est impossible d’en voir la fin.Le brouillard est comme une cage sans clé.» Notre réaction face à un déprimé chronique relève généralement de l’intolérance: il (ou elle) n’a qu’à se prendre en main, ce qu’il lui faudrait c’est un bon coup de pied au derrière, il faut apprendre à voir le bon côté de la vie, etc.Mais après la lecture du récit d’Elizabeth Wurtzel, on ne voit plus les choses de la même façon.On comprend enfin que les comportements aberrants, les crises de larmes à répétition, les menaces ou tentatives de suicide sont dus à un déséquilibre chimique du cerveau Ce déséquilibre est souvent lié à des tendances héréditaires et à des carences affectives vécues dans la petite enfance, ces éléments contribuant peut-être à déclencher le désordre des neurones menant à la dépression grave, celle contre laquelle on ne peut rien mais qu’à l’heure actuelle le Prozac peut contrôler.La longueur de la mort Elizabeth Wurtzel parle d’une vague noire lorsqu’elle décrit ce qu’elle a commencé à ressentir vers l’âge de onze ans.«La brièveté de la vie est telle que plus rien n’a de sens quand je songe à la longueur de la mort», écrit-elle.Elle est issue d’une famille de la classe moyenne juive new-yorkaise.Ses parents divorcent alors qu’elle est très jeune, elle ne voit son père que fiés rarement et lorsqu'il la prend pour un week-end, il dort constamment.Lui aussi manifeste des symptômes de dépression.Sa mère travaille afin de subvenir aux besoins de sa fille (qui ne manquera jamais de rien d’ailleurs), et n’assure pas de présence rassurante non plus, mais elle répond au stéréotype de la mère juive hystérique et possessive.Elizabeth est une enfant abandonnée à elle-même, une petite fille précoce, avec des habilitées verbales et une intelligence très au-dessus de la moyenne, «beaucoup trop intense pour ce monde», constatera un de ses professeurs, et qui, dès son plus jeune âge, démontre une capacité d’analyse terrifiante pour des parents qui ne désirent qu’une fille «normale», «ordinaire».Contre cette vague noire qui va, elle en est sûre, la submerger, on ne propqse à Elizabeth que des thérapies.A partir de l’adolescence elle va se promener de psychiatre en psychologue, cherchant une signification à cette existence qui, pour elle, n’est qu’un long désir inassouvi.Elle admet qu’on finit par s’habituer à cet état de dépression permanente.Entre deux crises plus graves que les autres, elle a toujours su faire face: étudiante à Harvard en littérature comparée, à travers la drogue, l’alcool, les médicaments, elle réussit brillamment ses examens, elle parvient à cacher ses blessures, elle vit la version abrégée de l’effondrement complet: pendant les congés, lors des semaines de lecture, elle accomplit le peu qui est nécessaire et qui lui permet d’avancer, de façon si minime que ce soit.Des étés passés à Dallas où elle travaille comme journaliste dans un quotidien lui entrouvrent la porte de l’écriture, d’un métier qu’elle pourrait aimer.Mais la vague noire revient toujours, implacable.Un chagrin d’amour la détruit presque, un séjour en Angleterre la rend à moitié folle, et l’absence de son père, qui refuse de la voir, contribue à la conduire vers une tentative de suicide.Une psychiatre lui sauvera la vie en lui prescrivant, en 1986, un tout nouveau médicament, le Prozac, grâce auquel elle retrouvera le goût de se lever le matin.Un auteur perspicace Ce livre aurait pu être la-chronique-d’une-dépression-et-comment-je-m’en-suis-sortie, autre pavé dans la mare des récits du même acabit.Mais Elizabeth Wurtzel va bien au-delà: la perspicacité et la maturité frondeuses dont elle fait preuve forcent le lecteur à réfléchir et à se pencher sur ce phénomène de la dépression et aux solu- Une collaboration de A GAGNER 2 billets d’avion pour Paris offerts par Jet tours et 6 nuits dans un hôtel 3 étoiles 'r ’telecité /et lours LE DEVOIR SRC de Chrystine, (Brouittet un guide de la Ville lumière publié * aux Editions du Boréal Écoutez Indicatif présent du lundi au vendredi de 9 h 08 à 11 h et procurez-vous dès maintenant votre exemplaire chez votre libraire.Afin de se qualifier pour le tirage, les participants doivent répondre correctement à une des dix questions inspirées du livre Le Paris de Chrystine Brouillet, publiées quotidiennement dans LE DEVOIR du 18 octobre au 1" novembre 1996.Ecoutez Marie-France Baz.zo pour connaître l’indice du jour.Tirage : le vendredi 8 novembre 1996 sur les ondes de Indicatif présent Les fac-similés sont acceptés, pas les photocopies.Les participants doivent avoir 18 ans et plus.Les règlements du concours sont disponibles à Radio-Canada.Toutes les réponses doivent être rendues à Radio-Canada avant 17 h, le 7 novembre 1996.Remplissez ce coupon et faites-le parvenir sans tarder avec votre réponse à : Concours Le Paris de Chrystine Brouillet, Radio-Canada, Indicatif Présent.13' étage, 1400, René-Lévesque Est, Montréal, H21.2M2 Question : Le titre du livre que Louis-Bernard Robitaille a consacré aux Français Réponse Adresse Code postal Téléphone (Bur.) fions chimiques ou thérapeutiques qu’on lui propose.Six millions d’Américains (en 1994) avaient pris ou prenaient du Prozac.La petite gélule jaune et verte est devenue un sujet de plaisanterie, on la prescrit à des chiens éprouvant des problèmes de comportement, elle a fait la page couverture de la plupart des grands magazines et le livre de Peter Kramer, Listening to Prozac, est resté six mois sur la liste des best-sellers du New-York Times.Ce qu’Elizabeth Wurtzel remet en question c’est le phénomène de la dépression maintenant devenu une mode, la maladie mentale de l’époque, et qu’il est presque de bon ton d’en souffrir.Elle souligne aussi que les dépressifs sont en majorité des gens jeunes et brillants qui ont tout à attendre et à espérer de l’existence, il ne s’agit plus de la ménagère accro aux valiums, de junkies en manque, ou d’êtres bousillés errant dans les bas-fonds des villes.La culture de la dépression semble s’être installée en Amérique.Et des groupes grunge comme Nirvana ou Pearl Jam, idoles de la jeunesse, ne sont qu’un des nombreux exemples que l’on pourrait citer à l’appui de cette mise en exergue du culte de la mort et du «no future» qui hante toute une génération à qui peut-être on devrait prescrire du Prozac pour qu’enfin elle voit la vie en rose.Prozac Nation pose toutes ces questions avec beaucoup d’acuité.Après la lecture on ne voit plus la dépression de la même façon tout comme on risque de se demander s’il est bon qu’existent des pilules pouvant nous rendre plus heureux.Si la dépression, la mauvaise humeur, l’impatience, peuvent être contrôlés chimiquement, qu’advient-il de la souffrance, de la douleur, du questionnement existentiel qui, souvent, sont des déclencheurs pour la création?Des artistes sereins seraient-ils en mesure de créer des œuvres aussi fortes que celles mises au monde à cause d’un insupportable mal de vivre?Peut-être nous dirigeons-nous vers la civilisation décrite par Aldous Huxley dans Le Meilleur des mondes, où tout le monde ingurgite son petit calmant et où plus personne n’exige plus rien de la vie.ESSAI I T I Q U Anarchie organisée et banalisation La petite histoire d'un Québec qui n'a plus les moyens de ses ambitions internationales DE PARIS A WASHINGTON La politique internationale du Québec Luc Bernier Presses de l’Université du Québec Québec, 1996,174 pages GILLES LESAGE DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Les rendez-vous manqués avec l’histoire ont été nombreux.On peut se demander en cette fin de siècle si le gouvernement du Québec a encore les moyens de ses prétentions internationales.On assiste actuellement à une banalisation des re-latipns internationales du Québec.À la fois cinglant et déprimant, le constat est, hélas, on ne peut plus juste.L’actualité l’illustre sans cesse.Encore la semaine dernière, le président du Conseil du trésor citait, comme premier exemple des nouveaux partenariats que le gouvernement pratique, la fermeture de délégations aux Etats-Unis et la location d’agents commerciaux en poste à Boston, Los Angeles, Chicago et Atlanta, «dans des espaces mis à leur disposition par la Banque Nationale».Luc Bernier a raison.Retraçant à grands traits l’évolution mouvementée de la politique internationale du Québec depuis 35 ans, il la présente comme un mariage unique entre la raison d’Etat et la raison d’argent — la raison fortement teintée de réactions et d’improvisations — avec pour résultat un mouvement itératif d’un point au suivant.Répétitions, réitérations, certes, mais aussi, est-on tenté d’ajouter, bégaiements et approximations successives.On a manqué de rigueur et de vision stratégique.La politique fut trop éparpillée et illustre à quel point les gouvernements peuvent fonctionner comme des anarchies organisées.Cette politique fut toujoiirs et demeure fragile, très fragile.À preuve, les assauts répétés — compressions budgétaires et traitement cavalier du ministère — qu’elle subit depuis quelques années.Lorsqu’ils étaient dans l’opposition, les ténors du Parti québécois dénonçaient la dépolitisation des relations internationales du Québec, et maintenant qu’ils sont au pouvoir, ils viennent de contribuer à leur banalisation.Trente ans pour en arriver à des résultats aussi pitoyables, quelle misère! Une ouverture cruciale Pourtant, de manière aussi vitale qu’en 1960, sinon davantage, l’ouverture sur le monde de l’État québécois demeure cruciale, comme le relate le professeur de l’ENAE Ce qui est extraordinaire dans la politique internationale du Québec, c’est que ça ait fonctionné, en dépit du peu qui était contrôlable.Cette politique a des origines humbles et un développement chaotique.Mais avec de la chance et beaucoup d’à-pro-pos, le Québec s’est doté des moyens de réussir et le bilan est intéressant malgré tout, le Québec acquérant une certaine légitimité internationale.Le Québec a d’abord tiré profit de la fenêtre ouverte à la mort de Duplessis.Sans cette dimension internationale, selon le politologue Paul Pain-chaud, la Révolution tranquille serait demeurée «une entreprise de progressisme municipal».Le gouvernement a réagi ensuite à la politique d’ouverture manifeste du général de Gaulle, au point que, opine l’auteur, «il est douteux que le Québec, occupé ailleurs, eût autant œuvré dans ce domaine sans les pressions françaises».Le Québec a par ailleurs profité du flou de la Constitution canadienne.; «Donc une deuxième réaction et une ; autre source d’improvisation, mais,, aussi le développement d’un modèle ité-•< < rçttif» Réaction également envers les/' États-Unis — l’autre grand axe de la;.politique extérieure du Québec — et.le dossier moins «noble» des*1 échanges économiques.Quant à l’or- ' ganisme responsable, ballotté et trituré, ce «fut une anarchie organisée, non par incompétence mais parce que ses fi-' nalités ne pouvaient guère être articù- \ lées et furent changeantes».En somme, comme le raconte Claude Morin dans ses livres, la dé-=1 marche des années soixante pourv l’obtention du statut international fut assez échevelée.La volonté devait aussi fluctuer avec les changements de premier ministre.En outre, le be-b soin de réagir aux événements et de: : réajuster le tir pour tenir compte des ; : actions d’Ottawa, de Washington ou:, de Paris ne conduit pas à une dé-i marche cohérente.Malgré tout, l’élan :> avait été donné et la politique ne fut pas reniée depuis par les gouverner; ; ments successifs qui, cependant, ne;, lui ont pas toujours accordé lesg.moyens nécessaires.Éléments d’une politique La Révolution tranquille, l’asymé-.< trie de la fédération canadienne çt les g relations commerciales avec les États-Unis étaient des préalables nécessaires à l’éclosion d’une politique,, étrangère québécoise.Mais de Gaul- .le, on ne le dira jamais assez, en fut > l’élément essentiel.«Il était le premier; • ; et demeure le seul, chef d’Etat à vouloir < établir des relations directes et permanentes avec le Québec.Sans lui, le Qué-,, bec n’aurait pas développé la capacité; ; internationale qui est la sienne.» Quant au flou juridique Québec-Ottawa, il a permis des initiatives et suscité des précédents.Mais les guerres fé- , dérales-provinciales ont souvent entra;,, vé le développement des actions inter- > ( nationales du Québec.Ce qui n’exrU plique pas tous les déboires du Qué-c\ bec.«Ce n’esjpas Ottawa qui a nommé le comédien Emile Genest délégué à Los -Angeles, pour prendre un exemple au hasard parmi des nominations politiques,, qui n’ont pas toujours été de bon aloi.Les, récompenses aux amis du régime ont- * trop souvent discrédité les délégations.» L’ancien premier ministre canauo dien, Mackenzie King, disait que leu Canada n’avait pas assez d’histoirei, mais trop de géographie.Au contrai-,., re, commente le professeur Bernier, ¦ la politique internationale du Québec a trop d’histoire et pas assez de géo- .• graphie.On a tendance à oublier la-proximité du voisin américain.On am de plus négligé l’organisation qui doit • i mettre en œuvre cette politique en lui accordant peu de ressources et en ; changeant fréquemment sa vocation; Malgré tout, le hasard et le style > > des personnalités en cause ont souvent bien servi la cause québécoise) avec ses essais et ses erreurs.«Avec un détachement exemplaire etc.\ un sens de l’humour subtil, comme ;; l’écrit le confrère Graham Fraserr.dans sa préface, M.Bernier regarde feu trajet des interventions québécoises à ' ; l’étranger avec réalisme et lucidité.M.-\\ Bernier a exposé l’évolution et l’érosion es récentes d’une paradiplomatie québé- \ coise qui s’est faite malgré l’absence de : \ politique ou d’objectifs clairs.Mais fi j aussi longtemps que l’ambiguïté conti-sK nue de planer sur la politique et l’objec-A tifdu Québec, comme société, cette in- vi certitude risque de continuer.» • i On ne saurait mieux dire.De Paris à1 ! Washington, en fait, le Québec n’a plus, fi?s’il les a déjà eus, les moyens de ses : ' ambitions, en dépit des rodomontades -et de l’enflure verbale des péquistes.; ; » L 1 % i Hià .v .oC A, .Vf'-''.Montréa Cet ouvrage constitue la première synthèse d'importance de l'histoire et de l'expérience des maisons de la culture de Montréal.L'auteur postule que ces établissements décentralisés de diffusion artistique ont contribué à accroître la participation à la culture de citoyens de différentes couches sociales.! m ' V),i fl flirt MÉDITIONS HURTUBISE HMH 7)U>.boulevard Newman LaSalle.(Quebec) HBN IXZ UUU Tel (514) 364 03?3 • 1 800 361 1664 runn Télecopmur: (SH) 364 7435 THeeopieur: (514) 3S4 7435 I e Paris Chrystine i “'Broil il lei* ei/'P t'' * .I KHN.SM) Ol.MOVI — Fmr,!> MUMW» Citaiysts V.#xrv> IU>m rv fu>h ScvigncA^Intcmct mitlm*t T-TT'! ES S AI S SCIENCES H U MA INES RELIGION Jcin-OMyOubMC ENFANTS NOUS UES EMBRASSONS ADOLESCENTS NOUS LES EMBARRASSONS LE FRERE ANDRÉ Fions COLLECTION grandes conférences Le Paris de Chrystine Brouillet 200 pages * 18,50 $ LE DEVOIR 'Sr Radio-Canada TELECITE Boréal Qui m'aime me lise.- LIVRES - LE FEUILLETON \ A propos d’un raz-de-marée LE CHEMIN DE L'ÉGALITÉ Lise Payette 32paçps «•* 3,95 $ En vente chez votre libraire ARCHIVES LE DEVOIR Nous trouvons depuis toujours représenté dans la littérature cet anthropomorphisme qui consiste à utiliser les animaux pour faire parler et penser les hommes.Franz Kafka, auteur de La Métamorphose, en est un bel exemple.Cela est vrai, et cela fait du bien.Mais cela nous rappelle aussi que l’époque est tout entière soumise au rêve, voire à l’impératif de la «jeunesse», au «vitalisme».Parce que nous sommes fatigués d’un monde qui n’arrête pas de mourir et de tuer nos élans; que nous sommes obnubilés, bien malgré nous, par la performance, la justification rationnelle de nos actes, l’ordre, l’hygiène, le safe-sex, nous voudrions avoir enfin le droit de nous replonger dans la fange, de nous ressourcer dans le désir animal, de vivre cette «sotie répugnante» comme une réjouissance primitive qui nous libère de nos chaînes.Plus, même! Nous voudrions vivre ce retour aux sources non seulement dans la joie mais en l’absence de tout horizon de culpabilité.Sur ce plan, ce roman comble parfaitement nos attentes.La sexualité qui s’y exprime (postféministe, cela va de soi) est assumée dans la plus grande liberté, sans honte, sans fausse pudeur, en se jouant des frontières entre humanité et animalité, à tel point que le passage entre ces deux mondes nous paraît tout naturel.Le poids de la faute?Le reflux qui suit toute transgression majeure?Nenni.Nous sommes au delà de la métaphysique.La question qui se pose alors est celle-ci: que reste-il de la valeur et de la force de la transgression si elle n’est accompagnée d’angoisse, si elle ne réinscrit pas la loi contre laquelle elle se pose et sans laquelle elle n’est pas possible?Patrick Kéchinian, dans Le Monde du 6 septembre dernier, rappelait la fonction de cet anthropomorphisme que nous trouvons depuis toujours représenté dans la littérature et qui consiste à utiliser les animaux pour faire parler et penser les hommes.Les exemples sont nombreux, d’Ovide à Kafka en, passant par le fabuliste La Fontaine.A chaque fois, ce qui se pose de manière plus ou moins évidente, c’est la question de l’animalité qui nous habite et nous divise.Danger permanent pour notre «humanité» parce qu’elle fait partie de nous et se moque de nos interdits, cette animalité a toujours trouvé dans la littérature sa symbolisation — symbolisation qui nous permet d’en jouer, de faire comme si, mais sans jamais y sombrer.L’inquiétante étrangeté dont pariait Freud n’est cependant jamais loin, car on n’endosse pas le costume sans éprouver le corps qui l’habite.Alors surgit l’angoisse, le trouble, parfois même le sentiment panique.Or, ce qui est curieux dans le roman de Darrieussecq, c’est que ce passage d’un règne à l’autre se fait en douceur fies frontières sont floues), que le caractère de la métamorphose qui fait passer l’héroïne de l’état de femme à celui de truie est «pour ainsi dire naturel» (Kéchinian).C’est là encore une fois une singularité de ce roman qui nous remet en question et en fait un objet exemplaire.Si on compare cette métamorphose à celle de Kafka, on doit bien admettre que l’effet-choc s’est entretemps dissipé.On dévore d’une traite ce petit roman avec le sentiment de participer à une grande partouze universelle, dont le bonheur tient autant à la liberté qui nous est octroyée de franchir les frontières de nos interdits et de nos limites (sans culpabilité) qu’à nous gausser d’une société à laquelle nous croyons de moins en moins et où nous lisons de plus en plus les signes d’une sauvagerie bien camouflée.En somme, l’inquiétante étrangeté dont parlait Freud et qui résonne encore si puissamment dans les récits de Kafka n’est pas opératoire ici.Et cela est singulier, je dirais même symptomatique.Serions-nous en passe de céder à «une contagion irrépressible de l’animalité» (Kéchinian)?Je ne puis m’empêcher de penser — à l’exemple de ce que le cinéma américain nous propose depuis quelque temps — que nous sommes à un moment de notre civilisation où les frontières enfre animalité et humanité, entre corps-machine et corps humain, entre pensée artificielle et esprit humain, entre réalité virtuelle et réalité tout court, sont de plus en plus perméables, de plus en plus floues.Nous en sommes peut-être aujourd’hui à l’ère de la transformation perpétuelle et., réversible.Reste à savoir maintenant où tout cela nous conduit.TRUISMES Marie Darrieussecq éditions EO.L, Paris, 1996, 158 pages Vivre cette «sotie répugnante» comme une réjouissance primitive qui nous libère de nos chaînes NOUVEAUX POUVOIRS, NOUVEAUX MAÎTRES DU MONDE Ignacio Ramonet 32pags «•’ 3,96 $ SEVIGNE @ INTERNET Remarques sur le courrier électronique et la lettre Benoît Melançon 64 paçps t* 5,95 $ L'ARPENTEUR ET LE NAVIGATEUR Monique LaRue 32 pegs •* 3,95 $ 61 paçps S 5,95 $ Pensez un peu! Soixante-dix mille exemplaires vendus en trois semaines, ça ne s’était pas vu, paraît-il, depuis Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, paru il y a une quarantaine d’années (une autre femme, soit dit en passant).Neuf pays ont déjà acheté les droits du livre qui se retrouve par ailleurs en lice pour les prix Goncourt et Femina.Tout ça pour un premier roman! «Le phénomène de la rentrée!», entend-on partout.Pour une fois que nous en tenons un, on ne va pas le laisser passer sans traitement spécial.Car il y a ceci d’intéressant dans le «phénomène», c’est que, pour être analysable en soi, au regard de ses qualités intrinsèques, tout phénomène renvoie aussi à quelque Jean-Pierre chose qui lui est Denis extérieur.On ?pourrait dire que, à la manière du symptôme qui nous éclaire sur le conflit psychique dont il est le signe manifeste, le phénomène met au jour quelque chose dont il est la manifestation chiffrée.Reste à savoir maintenant de quoi il est le «chiffre».Aussi, au lieu de vous résumer ce roman dont vous trouverez des comptes rendus un peu partout dans la presse (dont Le Devoir du 19 octobre dernier), j’essayerai plutôt de comprendre ce qui fait de ce roman un véritable «phénomène», et donc un livre qui «nous» concerne.Après tout, les discours que l’on tient sur les divers objets culturels que l’on nous propose, s’ils ne peuvent s’y substituer et encore moins s’y mesurer, nous éclairent au moins sur le sens que nous leur attribuons.En d’autres mots, ils parlent de nous, récepteurs.Voyons donc ce que nous en disons.Jérôme Garcin, dans son article du 12 septembre dernier dans Le Nouvel Observateur, raconte que quatre éditeurs se l’étaient «ardemment disputé», et surtout qu’une poignée de critiques qui l’avaient lu sur épreuve pendant l’été «l’avaient jugé supérieur à tout ce qui, pour chaque rentrée littéraire, s’imprime sans illusions, se publie par routine et est envoyé aux libraires par fatalisme».Remarquez au passage ce jugement plutôt sévère sur l’ensemble de ce qui se publie.Cela mérite certainement d’être encouragé chez un critique qui devra, la semaine prochaine, se mettre sous la dent un de ces indigestes.Un seul roman vient à paraître, et le monde entier s’en trouve dépeuplé! Il est vrai que la petite Marie Darrieussecq (27 ans) a beaucoup de talent, et surtout qu’elle a du chien — pour ne pas dire du cochon et du loup-garou — à revendre! On se demande tout de même pourquoi la critique demeure généralement si indulgente pour une industrie (celle du livre) qui ose mettre en vente des produits aussi peu exigeants, aussi routiniers, aussi fatalement inutiles ou superfétatoires.Je vous laisse le soin de conclure vous-mêmes.Dans un monde lyophilisé Qu’est-ce qui peut donc produire un tel effet sur un critique?L’amener par exemple à écrire que «dans ce monde lyophilisé, puritain et coercitif qu’elle déteste [.] mais se dit incapable de théoriser, cette jeune romancière oppose un conte licencieux, une fable cochonne, bref une sotie répugnante et réjouissante autrement plus actuelle que le pamphlet ronchon de M.Dutourd [Feld-Maréchal von Bonaparte] ou la romance vieillote de M.Déon [La Cour des grands]»?C’est qu’il y a ici de la rie dans ce roman, de la jeunesse, de l’arrogance, de l’audace, du sexe à l’état brut-naïf, une vivacité toute printanière, mêlée d’humus et d’humeurs.Un art de vivre à Paris ?Des hôtels douillets ?Des restaurants hors des sentiers battus ?Des boutiques sympathiques Si les autres guides sont « pratiques », celui-ci est irremplaçable ! l.isc André Burelle Boréal Payette I.e chemin de l'égalité Ignacio Ramonet Nouveaux pouvoirs, nouveaux maîtres du monde — Benoit Melançon André Burelle LE DROIT À LA DIFFÉRENCE À L'HEURE DE LA G LOBALISATION Le cas du Québec et du Canada Aftdr* Beaucfcwv ™—.JE SERAI L'AMOUR Trajets avec Thérèse de Lisieux Fernand Ouellette Poète, essayiste et romancier, Fernand Ouellette s'est plongée dans les écrits de Thérèse pour mieux saisir cet univers intérieur si particulier.Il propose une rencontre avec Thérèse à la lumière de sa quête mystique.Fife,440 pa^s P 29,95 $ THÉRAPIES TRANSPER- SONNELLES Pierre Pelletier Pierre Pelletier dégage des points de convergence, des convictions communes qui doivent au mouvement du Potentiel Humain son unité et inscrivent la psychologie transpersonnelle dans un nouveau paradigme scientifique.LE FRÈRE ANDRÉ Jean-Guy Dubuc La vie d'un homme à qui un courage exceptionnel et une foi indéfectible ont permis de surmonter tous îes obstacles.Homme d'accueil et de compassion, le frère André alliait la modestie à une audace extraordinaire.Ekte, 240 pa^s 16,55 $ L’arpcntcur et le navigateur l.c droit à b différence ;i l'Itcvrc Je b ck«haüvtti°fi GÉRER LE RISGUE, VAINCRE LA PEUR GÉRER LE RISQUE VAINCRE LA PEUR André Beauchamp Un aperçu des problèmes éthiques soulevés par la gestion du risque, problèmes complexes et toujours à la limite de la science.L'auteur éclaire l'action et suggère des pistes de décision.Bdlarmin, 1SB paps ^ 29,56 $ LES CONTES DE MON PÈRE Gilberto Flores Patino Voici des contes.des contes déguisés, d’une couverture naïve mais avec beaucoup de profondeur.Dans un style vivant et coloré, typique des auteurs latino-américains, Gilberto Flores Patino nous fait découvrir les contes de son enfance.Ekfc,H>pa^s,illEtiÉ 17,95$ QU'EST-CE QUE L'ÉTHIQUE CLINIQUE Gilles Voyer Une conception renouvelée de l'éthique clinique, élaborée à partir de l'expérience de la clinique.Eicfes, 184 paç^s 24,95 $ 1 Eicfes, 480 paps p 34,95 $ Une foi partagée N.\t,\\ KAFTAN Idoles et images IDOLES ET IMAGES Nairn Kattan À partir de l’observation de la société actuelle, Naïm Kattan remonte à la source de la Bible pour chercher la base de la remise en question fondamentale des idoles même si elles ont changé de forme au cours des siècles.BsHannin, 116 paps, CtiLl.L'eæætieL JAC088 * u i Cahier rpécial 9 novembre 1996 „ LE DEVOIR Tombée publicitaire: le lundi 4 novembre 1996 "I • l oalon du lllvroeE Montréal - p\ Lw m •IWII ¦ 5?p5: \ ¦¦¦ ¦ * MIEUX GÉRER SES FINANCES PESSONNEUES.It CUIQË CIS WNWaJS GW fASSIHT CHITIfl ftOBIDE m m entre lafretturnr imprrfxtptt d( rrtle
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