Le devoir, 9 octobre 1996, Cahier A
-?FONDE EN 1910 LE DEVOIR V 0 l.X X XVII N " 2 3 (» MONTREAL, LE MERCREDI !) 0 (’T 0 B R !l !) (i 8 is la capacité de savoir comment sa naissance fonctionne.[.] Elle réside dans la capacité inénarrable de VIBRER à chacune de ses fluctuations, à chacune de ses épaisseurs et minceurs, à chacun de ses contrastes, à chacune de ses explosions internes ou externes.» (Correspondance, p.317).Enfin, je poserai une dernière question.A-t-on le droit sous le couvert de la critique journalistique de jeter le vitriol à la face d’un compositeur prétendant ruiner sa réputation de créateur et le réduire au silence?NON! cent fois NON! C’est le degré zéro de la critique, à quoi j’oppose une fin de non-recevoir catégorique et définitive.Une erreur de transcription a eu pour effet de modifier le sens d’une phrase du texte de (économiste de la CEQ, Pierre Beaulne, publié lundi dans cette page.Au lieu de: «En somme, (année prochaine les entreprises du Québec auront cessé de payer la taxe de vente provinciale de 8 %», il aurait fallu lire: «En somme, (année prochaine les entreprises du Québec auront cessé de payer la taxe de vente provinciale sur leurs achats.En comp-saraison, celles de l’Ontario doivent payer une taxe provinciale de 8 %.» Toutes nos excuses.LE COURRIER DE NOS LECTEURS Le Devoir est heureux d’accueillir dans cette page les analyses et le?commentaires de ses lecteurs.Etant donné la réponse enthousiaste de ces derniers, nous nous réservons la possibilité de réduire la longueur des textes retenus.Nos correspondants sont invités à joindre à leur envoi une disquette pour faciliter et accélérer la saisie de leurs propos.Sauf lors de situations d’urgence, la transmission par télécopie n’accélère pas la publication, au contraire.La longueur des textes ne devrait pas dépasser 1000 mots, ou 7000 caractères.Vous pouvez aussi utiliser le courrier électronique: devoir@cam.org L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine: Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard.Paul Cauchon.Jean Chartier, Jean Dion, LouisGiües Francœur, Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit.Brian Myles.Isabelle Pare.Clément Trudel, Serge Truffaut: Diane Précourt {pages éditoriales, responsable des pages thématiques) '.Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau {photographes): à l'information culturelle: Michel Belair {responsable).Stéphane Baiüaigeon.Pierre Cayouette, Paule des Rivieres.Louise Leduc, Jean-Pierre Le-gault Benoit Mungcr.Odile Tremblay, à l'information économique: Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Robert Du tri sac, Claude Lévesque, Jean Pichette.Claude Turcotte: à l'information internationale: Sytviane Tramier (adjointe au directeur de l'information).François Brousseau (éditorialiste).Jocelyn Coukm: è l'information politique: Pierre O'Neill.Manon Comellier (correspondante parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Gilles Lesage {correspondants parlementaires à Québec).Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec): à l’information sportive: Yves d'Avignon: Marie-Hélène Àlarie (secretaire à la rédaction): Isabelle Hachey.Marie-Claude Petit (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur): Brigitte Arsenauh.Manon Derome.Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA Pl’BLICllt ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice).Daniel Barbeau (directeur adjoint) Jacoueline Avril Jean de BiHy.Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté.Marlène Côté.Christiane LegaulL Jacques A Nadeau.Guylaine OueDet.Micheline Ruelland (publicitaires); Sylvie Laporte.Nathalie Lemieux.Pierrette Rousseau.Micheline Tuigeon; Francine OueDet (secrétaire).LA PRODl CTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production).Marie-France Tuigeon (responsable de la production).Claudine Bedard.Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Marie-Josée Hudon.Sylvain Lesage.Christian Men.Olivier Zuida.SERVICE A LA CLIENTELE Johanne Brien (responsable) Evelyne Iabonté (responsable à la promotion des abonnements).Manon Blanchette-Turcotte.Monique L’Heureux, lise Lachapelle.RacheDe Lederc-Venne.L'ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur).Dairy Depatie (adjointe à l'administration et responsable des ressources humaines).Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanned'Arc Houde (secrétaire à la direction): Céline Furoy.Ghislaine Lafleur.Nathalie Pèrrier, Danielle Ponton.Danielle Ross.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L Duhaime {president).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (ricefrré-sident exécutif et directeur général). L E I) K V 0 I R., L E M E R C R E I) I I) 0 C T 0 1$ It E I !) I) fl A cS 11-* LE DEVOIR ?— ACTUALITES Parlementeries HSIEH CHIA CHANG, AP UN MING-YI, un législateur du Parti national, a mis K.-O.son confrère de l’opposition Su Huang-chih, hier au Parlement de Taipei, sur Pile de Taiwan.C’était la troisième fois que Lin Ming-yi, membre du parti au pouvoir, attaquait Su Huang-chih.Ce dernier accuse le parlementaire pugiliste d’être un bandit.EN BREF Larmes de verre: une imposture Beyrouth (AFP) — La petite Libanaise qui pleurait des larmes de verre n’avait rien de miraculeux et n’a fait que duper le monde pendant quelques semaines, ont affirmé hier des médecins qui ont découvert l’imposture.Selon les résultats d’examens effectués par une équipe saoudo-libanaise d’ophtalmologues, Hasna Muslmani, 12 ans, introduisait elle-même dans sa cavité oculaire gauche les morceaux de verre de la taille d’une lentille qui en ressortaient ensuite de façon «miraculeuse» devant les caméras des télévisions.Depuis l’apparition du phénomène, il y a six mois, la petite Hasna était devenue une star des médias locaux et un objet de curiosité, de nombreuses personnes criant au miracle.Sa maison familiale, dans le village de Fakiha, dans l’est du Liban, ne désemplissait pas de curieux, mais aussi de médecins, d’hommes de religion et de journalistes.La petite Hasna avait déjà subi des examens médicaux qui n’avaient pas réussi à déterminer s’il s’agissait d’une supercherie ou un phénomène physiologique réel, voire une manifestation paranormale.L’ambassadeur saoudien au Liban, Ahmed al-Kuhaimi, a révélé hier à Beyrouth que la petite Hasna souffrait en réalité d’une «maladie nerveuse» et al-I lait être soignée par des psychologues.Selon le rapport ' médical, rédigé après de nouveaux tests, Hasna Muslmani «se mettait machinalement et inconsciemment les morceaux de verre dans l’œil».Vive la RDA! Berlin (AFP) — Une centaine de personnes, selon la police, ont manifesté lundi soir sur Alexanderplatz, à l’est de Berlin, aux cris de «Vive la RDA! Vive le 47e anniversaire de notre république», à l’appel du Comité pour la RDA libre.Les organisateurs nostalgiques avaient installé une scène rouge d’où ils ont appelé une fois encore, comme chaque année à la même date depuis la réunification, à la «résistance» contre Y «annexion» par la RFA et les «occupants de la République fédérale».Près de la scène,_ quelques anciens «camarades» portant des vestes en simili-cuir typiques de l’industrie vestimentaire de l’ancienne République démocratique allemande, et arborant fièrement sur la poitrine le drapeau de la RDA, ont écouté des chants militaires socialistes.Conformément aux directives officielles en vigueur à l’est avant la réunification, le public n’a pas entonné l’hymne de la RDA, qui contient une phrase déjà considérée comme tabou par l’ancien régime communiste: «Deutschland, einig Vater-land» (Allemagne, patrie unie).La République démocratique allemande avait été fondée le 7 octobre 1949 dans la partie de l’Allemagne occupée par l’armée soviétique.La réunification a eu lieu le 3 octobre 1990.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9.E! Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333.Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Sur Internet devoir@cam.org La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siege social est situé au 2050, rue de Bleury, 9- étage.Montréal, (Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle.7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor toc.612, rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor inc.900, boulevard Saint-Martin Ouest laval.Envoi de publication — Enregistrement no 0658.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.GAZ SNC-Lavalin n’est pas loin derrière SUITE DE LA PAGE 1 ment qu’aucun compromis sur la qualité des services ne soit fait.Un autre point du plan de Gaz Métro concerne la propriété des conduites d’eau.Il serait proposé que les infrastructures souterraines demeurent sous le contrôle des autorités municipales.Ce lien permet d’ailleurs au promoteur de parler de partenariat plutôt que de privatisation, le terme honni qui soulève tous les doutes sur les intentions du secteur privé dans ce dossier.La liberté d’action de l’entreprise ou du consortium qui aurait la gestion de l’eau entre ses mains constitue la troisième condition préalable à la mise en place d’un tel transfert de responsabilité.Le modèle des sociétés d’économie mixte proposé par le gouvernement ne semble pas satisfaire les gens d’affaires puisque les autorités municipales auraient leur mot à dire dans l’administration quotidienne des réseaux d’aqueduc.Gaz Métropolitain a remis un rapport au Groupe de travail sur l’entreprise et l’emploi (le comité dirigé par Jean Coutu) en vue du Sommet de la décision.Le projet est si ambitieux qu’il pourrait ne pas aboutir à la fin octobre, laisse-t-on entendre.Gaz Métropolitain a refusé hier de commenter le projet, se bornant à signifier qu’il avait indiqué son intérêt à Québec et qu’il espérait des indications claires sous peu.Chose certaine, le plan de Gaz Métro cadre avec les intentions gouvernementales exprimées hier par le premier ministre Lucien Bouchard, qui désire que les gens d’affaires fassent leur part dans ia création d’emplois, en contrepartie de quoi il s’est engagé à leur donner plus de flexibilité.Mais Gaz Métro n’est pas seul sur les rangs de la privatisation de l’eau.SNC-Lavalin n’est pas loin derrière.Trois géants français, Lyonnaise des eaux, Société générale des eaux et Bouygues, lorgnent également le robinet des Québécois.L’association entre les compagnies françaises et québécoises pourrait d’ailleurs se réaliser selon ies occasions offertes.Depuis déjà plusieurs mois, la privatisation ou le partenariat apparaissent comme la solution aux problèmes budgétaires des villes restreintes à se financer principalement à partir du champ foncier.Le programme serait toutefois volontaire.En échange d’investissements des entreprises privées dans la réhabilitation des aqueducs (500 millions dans un scénario minimal et un milliard si le programme connaît une grande popularité), les municipalités intéressées leur céderaient la gestion de l’eau.A Montréal, on estime que 22 % des conduites secondaires sont presque centenaires; à Québec, 20 % du réseau est désuet La Ville de Montréal vient de commander une étude de un million de dollars pour évaluer le niveau de désuétude de ses réseaux d’aqueduc et d’égout Et le ministère des Affaires municipales s’apprête à faire la même chose pour l’ensemble du Québec.Montréal reste toutefois l’éventuelle plaque tournante d’une privatisation.C’est la porte ouverte sur le Québec.Avec son remaniement de la semaine dernière au comité exécutif, le maire Pierre Bourque a remis l’important dossier à Pierre-Yves Melançon.Reste que l’idée de la privatisation et du partenariat fait grincer des dents.Les syndicats sont les premiers à s’inquiéter d’un éventuel transfert de gestion.Mais il y a plus: les estimations d’économies à réaliser vaiient selon qu’elles sont d’ordre politique ou technique.Pierre Bourque s’est engagé à ne pas prendre la voie de la privatisation si elle ne permet pas des économies de 15 % à 20 % par rapport à ce que coûte l’exploitation actuelle des services municipaux.Dans l’entreprise privée, on prône davantage la compétition comme générateur d’économies.En France, la facture de consommation d’eau a grimpé de 10 % au cours des dernières années.En Grande-Bretagne, elle a fait un bond astronomique de 67 % depuis 1989.Rien pour rassurer les consommateurs québécois! La possible intervention des géants français crée également des vagues.De supposées affaires de corruption concernant la Lyonnaise, la Générale et la Bouygues se sont multipliées en France, écorchant la crédibilité de ces entreprises ici.Par la réglementation revendiquée par Gaz Métro, cette dernière veut justement éviter la flambée des prix et assurer la transparence du processus de privatisation.Une chose est sûre: depuis que le mot «privatisation» a été lancé dans le monde municipal, les informations filtrent au compte-gouttes, laissant pour l’instant les citoyens nager en eaux troubles.SOL Comment ne pas faire du «sous-Sol» ?SUITE DE LA PAGE 1 gieux Festival d’Avignon.C’est là qu’il a «rodé» son nouveau spectacle, Je persifle et singe.Sol joue tellement souvent en France, en Suisse et en Belgique que Marc Fa-vreau laisse, en permanence, un de ses costumes dans son appartement de Paris.L’aventure dure depuis 38 ans.Sol est né à la fin des années 50, en compagnie de Bim (Louis de Santis), dans le cadre de l’émission La Boîte à surprises.Marc Favreau ne veut surtout pas y mettre fin.«Pourquoi?Sol, c’est la moitié de moi-même.C’est un personnage formidable pour un acteur, un véhicule exceptionnel.» On a souvent rappelé, au cours des vingt dernières,années, à quel point Sol et Marc Favreau ne faisaient qu’un.La même fébrilité, la même angoisse, la même façon dlia-leter à coups espacés, la même gestuelle, les mêmes yeux.Forcément.Mais l’osmose a ses limites et Favreau insiste: avec Sol, nous sommes au théâtre.«C’est d’abord et avant tout un personnage interprété par un comédien.» Marc Favreau tient à le répéter, lui qui a côtoyé Jean Gascon, Jean Dalmain, Jean-Louis Roux et Guy Hoffman, lui qui a joué Molière et Racine.Il se voit d’abord comme un homme de théâtre, non pas comme un humoriste.En cette période où, pour le meilleur et — plus souvent —¦ pour le pire, les humoristes foisonnent, la nuance est de mise.Après toutes ces années, qu’est-ce qui l’inspire?Comment se renouveler?Comment ne pas faire du «sous-Sol» à l’heure où le jeu de mots fait carrément partie de notre vie et qu’on l’utilise systématiquement — souvent avec mauvais goût — dans la publicité et dans les titres des journaux?«C’est un travail d’écriture extrêmement rigoureux, répond Marc Favreau.Je m’inspire de l’actualité, pas de l’ac- tualité immédiate mais de l’actualité au sens large du terme.Je flaire les tendances, cherche les contradictions.Je me mets à l’écoute.Et puis il y a la langue.C’est un instrument inépuisable, sans limites», dit-il, ajoutant au passage qu’en somme, il n’a rien inventé, lui qui a lu Queneau, Prévert et Vian, d’autres génies de la langue.Je persifle et singe, le spectacle qu’il présente à compter de ce soir, propose donc de nouveaux délires verbaux, de nouveaux jeux de mots, de nouveaux télescopages.De nouvelles réflexions, aussi, comme toujours.Sol traitera de sport — le «Tour de Transe» et le «Grand Pris» —, des «compresses budgétaires» dans les hôpitaux et de la peur dans les grandes villes — il suivra un facteur à la lettre pour découvrir un «brocoli suspect».Sol rêvera aussi qu’il est un arbre et se mettra à délirer à partir de ce thème.Bref, tout pour que le spectateur ne dorme pas comme une bûche.«Au fond, Sol, c’est un enfant.Je fais appel à ma vision d'enfant, à la candeur, à la naïveté des enfants, pour me mettre dans sa peau.Récemment, un de mes petits-enfants m’a demandé: “Où elle est, l’école bleue?”Il venait d’entendre le lecteur de nouvelles parler des négociations avec “les cols bleus”.Sol aurait eu la même réaction», dit Marc Favreau, lui qui, justement, a su garder, malgré ses 67 ans, cette spontanéité propre à l’enfance.D’une intégrité exemplaire, Sol n’a jamais vendu son âme.«J’ai eu des dizaines d’offres de compagnies et de partis politiques pour faire de la publicité.J’ai toujours refusé.Sol est un être sans attaches, et doit le rester.» Pour les bonnes causes, c’est une autre histoire.L’un des spectacles du Gesù sera en fait une soirée-bénéfice au profit de la Maison du Père.Que le plus célèbre des sans-abri aide un peu les siens, cela va de soi.BOUCHARD «Le choix de la social-démocratie, c’est le bon» SUITE DE LA PAGE 1 Si M.Bouchard s’autorise à lancer un tel appel à la solidarité aux gens d’affaires, c’est que, estime-t-il, le gouvernement, et par extension le contribuable moyen, est déjà en train de faire sa part avec ses réformes actuelles ou à venir de la santé, de l’éducation et de la sécurité du revenu.Et que la pression populaire en faveur d’une augmentation de la contribution des plus fortunés se fait toujours plus forte; mais comme les impôts sont déjà très élevés, il faut se tourner vers la création d’emplois.Quant aux changements annoncés, le premier ministre a rappelé à plusieurs reprises qu’ils devaient être caractérisés par 1 ’«équité».Des demandes faites aux patrons, certes, mais aussi aux travailleurs, car «il faut voir les possibilités et les limites de ce qu’on peut faire de chaque côté».Mais de compromis sur la protection du plus grand nombre, il n’est pas question, a-t-il averti.«Le choix de la social-démocratie, c’est le bon.Aujourd’hui, la social-démocratie québécoise souffre du poids de la dette, de l’exclusion et du chômage.[.] Notre tâche est de guérir la social-démocratie québécoise, et c’est ce que nous faisons aujourd’hui.Nous la voulons en santé, pour de bon.[.] S’il y en a qui espèrent que mon gouvernement va importer, au Québec, les dogmes du néolibéralisme, ils se trompent.» M.Bouchard n’a toutefois fait aucune allusion au projet souverainiste, si ce n’est pour dire que les efforts requis seraient, à terme, un gage de «liberté retrouvée», «une plus grande liberté québécoise qui pourra faire des choix politiques importants, se sachant en terrain sûr».A l’issue de l’allocution, l’heure était à la prudence chez les gens d’affaires présents.L’idée d’une déréglementation est évidemment populaire, mais on attend de voir jusqu’où elle ira.Par ailleurs, on connaît les réticences des patrons à l’égard du projet d’équité salariale, de même que le problème du déséquilibre fiscal entre le Québec et ses voisins.Dans l’ensemble, M.Bouchard «a dit qu’on n’a plus les moyens d’entretenir l’État-providence qu’on s’est créé et qu’il faut le repenser.C’est ce qu’on est prêt à faire» au Sommet, a dit le président de la Chambre du commerce du Québec, Michel Audet.«On est prêt, notamment, à regarder l’aménagement et la réduction du temps de travail.Mais ce n’est pas seulement une obligation de l’employeur; il faut que les syndicats soient aussi à la table et qu’ils aient des obligations à satisfaire.Le premier ministre n’en a pas parlé», a-t-il ajouté.Pour sa part, le député libéral de Laporte, André Bour beau, est d’avis que le gouvernement péquiste ne s’attaque pas au vrai problème.«Le grand absent du discours, c’est l’option du Parti québécois.Tout le monde sait que tant que le gouvernement va avoir comme objectif premier de séparer le Québec, les gens d’affaires vont continuer à rester sur la touche, les consommateurs vont hésiter et la croissance économique va rester pratiquement nulle.» «Tire-lui dessus» JOHN WARD PRESSE CANADIENNE Ottawa — Des coups de feu ont éclaté, quelqu’un a crié: «Tire-lui dessus» ou «Tire-lui dessus encore une fois» et, ensuite, on a entendu un dernier coup de feu la nuit où les parachutistes ont abattu un homme à l'extérieur de la base du Régiment canadien aéroporté en Somalie, en mars 1993.La Commission d’enquête sur la Somalie a entendu hier de la bouche de Gary Marsh, un adjudant à la retraite qui se trouvait dans le camp à ce moment-là, un compte rendu dramatique de la nuit fatidique.M.Marsh, un ingénieur, a raconté comment des membres du peloton de reconnaissance de l’Aéroporté sont arrivés à la base l’après-midi du 4 mars pour effectuer une patrouille spéciale antivol cette nuit-là.Le corps du génie avait été depuis quelque temps la cible préférée des voleurs qui s’introduisaient dans le camp.M.Marsh a décrit la façon dont le capitaine Michael Rainville, le commandant du peloton, avait disposé des boites de nourriture et des bidons d’eau bien en évidence derrière les fils barbelés du camp du génie.Les avocats de la commission avaient comparé la nourriture et l’eau à un «appât» utilisé pour attirer les Soma-liens dans un guet-apens.M.Marsh a dit que les boîtes et les bidons auraient sûrement attiré l’attention.«Tout article n’étant pas vraiment cloué au sol ou clairement surveillé par quelqu'un était attrayant pour les Soma-liens.»Il a avoué, toutefois, qu’il avait une certaine appréhension au sujet du plan.«J'estimais que le fait de placer des articles comme de la nourriture et de l’eau dépassait un peu les bornes», a-t-il laissé tomber.Mais lorsqu’il a fait part de ses inquiétudes à ses supérieurs, on lui a répondu: «Ils ne nous disent pas comment bâtir nos ponts, nous ne [leur] disons pas comment faire leur travail.» Le peloton de reconnaissance était équipé de lunettes de vision nocturne et s’en est servi quand deux Somaliens sont apparus près des fils barbelés à la tombée de la nuit.M.Marsh a raconté avoir entendu des coups de fusil, puis deux à cinq coups tirés par des carabines C-7 dont sont dotés les militaires.«J’ai entendu quelque chose dans le genre: “TireAui dessus” ou “TireAui dessus encore une fois” et, ensuite, fai entendu un autre coup de feu.» BOYLE Le général «a même clairement dit qu'il ne souhaitait pas recevoir une nomination» SUITE DE LA PAGE 1 militaires».Il s’est attristé de cette fin de carrière «pénible».Selon l’opposition, le général n’avait pas d’autre choix.Le chef bloquiste Michel Gauthier et son homologue réformiste Preston Manning n’ont d’ailleurs pas cru à une démission volontaire du général.A leur avis, le gouvernement lui a forcé la main.L’avenir de Jean Boyle demeure nébuleux.Ce dernier prend officiellement sa retraite, après 29 ans de service militaire, sans se faire offrir un autre poste.Interrogé à ce sujet, M.Chrétien a dit que le général n’avait demandé aucune faveur.«Il a même clairement dit qu’il ne souhaitait pas recevoir une nomination», a-t-il ajouté.Le départ du général était prévisible à la suite de la démission, vendredi, du ministre de la Défense David Collenette pour avoir enfreint les règles de conduite ministérielles, il y a sept mois, en intercédant auprès de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié en faveur d’une commettante malade de son comté.Les difficultés du général et, par ricochet, de M.Collenette ont commencé quand il fut révélé que des documents portant sur la mission soma-lienne et demandés en vertu de la Loi d’accès à l’information avaient été altérés par les hauts gradés des relations publiques de la Défense.Ces événements sont survenus en 1993, au moment même où le général était le grand patron des communications des forces armées.La pression s’est accrue cet été, lorsque la commission d’enquête sur la Somalie a consacré une partie de ses audiences à l’analyse de cette affaire.Au cours de ses neuf jours à la barre, le général Boyle a blâmé ses subordonnés, les accusant de l’avoir tenu dans l’ignorance.Pour cette raison, disait-il, on ne pouvait le tenir responsable d’avoir signé certains des documents en question.Ces déclarations ont provoqué une vague de protestations de la part d’anciens généraux et dans les médias, ce qui a miné l’autorité de M.Boyle auprès de ses troupes.Le ministre Young miniipisait ces incidents hier, parlant de «gaffe administrative».A son avis, le départ du général va permettre de tourner la page sur les problèmes de communications de l’armée et de se pencher sur ce qui s’est produit en Somalie.Reste maintenant à remplacer M.Boyle.Le vice-chef d’état-major, le vice-amiral Larry Murray, a été nommé de façon intérimaire en attendant de trouver le candidat idéal.«Je ne me contenterai pas d’exiger que cette personne n’ait aucun lien avec l’affaire somalienne.Je pense que l’attention dont le prochain chef d'état-major sera l’objet exigera que cette personne puisse remplir ses responsabilités sans avoir à surveiller ses arrières», a indiqué Doug Young.La tradition veut que l’on alterne entre les trois forces et entre francophones et anglophones.Le ministre a rejeté ce principe d’alternance.«Il y aura un critère: la meilleure personne que je puisse identifier», a-t-il catégoriquement répondu.M.Boyle était membre de l’armée de l’air et son prédécesseur, John de Chastelain, de l’armée de terre.Bien que ce soit le tour de la marine, personne n’y croit.Si les forces terrestres sont la source des problèmes de la Défense, elles en demeurent pas moins le cœur, surtout lorsqu’il est question de maintien de la paix.Les analystes pensent donc que M.Young voudra un membre des forces terrestres pour faire le ménage.Quelques noms circulent déjà, en particulier ceux du commandant de la force terrestre, le lieutenant-général Maurice Baril, et du sous-ministre adjoint de la Défense (personnel), le major général Roméo Dallaire.M.Boyle s’est enrôlé comme élève-officier en 1967.Diplômé du Collège militaire royal de Kingston, en 1971, il a alors entrepris une ascension rapide des échelons militaires.Pilote, instructeur puis officier supérieur, il a pris le commandement d’un escadron en 1982 avant de devenir chef de cabinet du sous-chef d’état-major en 1984.L’année suivante, il était promu colonel et analyste au quartier général.En 1988, il est parti pour l’Allemagne occuper divers postes de commandement.De retour au Canada en 1991, il a pris la direction de son aima mater, le collège de Kingston, tout en continuant à monter en grade.En 1993, il a été promu major-général et sous-ministre adjoint associé (politiques et communications), le poste qui allait l’obliger à témoigner devant la commission d’enquête.C’est en décembre 1995, après quelques mois comme sous-ministre adjoint, que M.Boyle a obtenu le grade de général et accédé au poste de chef d’état-major.Doug Young
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