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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-08-17, Collections de BAnQ.

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I.E I) E V 0 I R .I.E S S A M EDI 17 E T 1) I M A N C II E 18 AO 0 T I !) 9 (i ¦ ' ¦ Bj&vfyj i: «Je suis un tou^iMrfilms, j’invite les 5ï femmes à I , r/'7 i se dépasser.Féministe, mais jamais dans la petite case d’un mouvement., '/¦: : Mi ?'' Les groupes, les mouvements : ¦ 1 V'i ' ' \ ' L, ' ' v'- c est la mort» mm - i M ÉM- ewhhokssb LE DEVOIR © Le Festival .des films du monde Page B 3 Cinéma Page B 4 Disques classiques Page B 6 Jazz et blues Page B 7 Vitrine du disque Page B 7 Agenda culturel Page B 8 Céline chez les Russes PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR 'Qes valises sont prêtes, au cas où 0 Eltsine se trouverait mal.Mais s’il n’y a pas de cataclysme du côté de l’Est, Céline Galipeau, correspondante pour la Société Radio-Canada, s’envolera pour Moscou dans neuf jours, pour une troisième année.Elle sait ce qui l’attend.Du boulot, du boulot et encore du boulot, dans des conditions difficiles.Mais sa fascination pour le peuple russe qui, souligne-t-elle en passant, «méprise les Occidentaux» est la plus forte.«J’aime assez cela à vrai dire.Je ne fais jamais de choses inintéressantes.» ! Elle se rappelle encore son baptême brutal, il y a deux ans, lorsqu’elle avait dû se rendre en Ukraine afin d’y couvrir une élection et qui avait hien peu à voir avec la Russie des grandes ballerines qui la faisait rêver ¦20 ans plus tôt «Il y avait une tempête à l’aéroport et j’y ai passé 12 heures.C’était sale et déprimant.Puis, à la campagne, il n’y Wait ni eau chaude ni électricité; nous étions au siècle dernier.Après ce choc, lorsque je suis revenue à Moscou, j’avais l’impression de rentrer chez moi.» 1 Ses patrons à la Société Radio-Canada l’avaient prévenue qu’elle pas-ë'érait une année plutôt calme, puisque tous les bouleversements du monde avaient déjà secoué la Russie et ses républiques.N’avait-on pas aboli le régime communiste?Instauré la perestroïka?Tiré sur le Parlement?Mais comme les téléspecta-tëürs de la SRC le savent, l’actualité en provenance de Moscou est demeurée abondante et ininterrompue.- : «Don Murray, qui m'a précédée à Moscou, me racontait qu’il s’évanouissait systématiquement 24 heures après être revenu au pays, et qu’il dormait pendant trois jours.Je me disais, c’est un saint.Mais je fais comme lui car ça n’arrête pas.» L’intervieweur interviewée Pour l’instant, nous sommes attablés à la cafétéria de Radio-Canada, devant un café.La journaliste, avec ses petits yeux rieurs et son regard curieux, se demande bien pourquoi elle se retrouve soudainement au banc des interviewées.Non pas qü’elle ignore ce que son travail a d’unique, voire de fragile.Car les côfrespondants à l’étranger sont, par lés temps difficiles qui courent, une espèce rare et menacée.Céline Galipeau fait donc partie d’un petit noyau de correspondants canadiens qui voient le monde à travers des yeux d’ici, pour mieux nous l’expliquer.Le poste de Moscou est bilingue, é!est-à-dire que Céline Galipeau transmet des reportages à la fois pour le service français et le service anglais.Chaque service a sa vision, ses désirs.CBC, par exemple, n’a pàè voulu de reportages sur la Tchétchénie tant que la rébellion ne représentait pas une menace politique pour Eltsine.En revanche, la direction de Montréal s’est passionnée dès le début du conflit pour la révolte de ces guerriers particuliers.«Nous servons deux maîtres.Ou plutôt quatre», précise-t-elle, puisque le Réseau de l’information et News-world ont aussi leurs exigences et leujrs heures de tombée.: A tous ceux qui pensent que le travail de correspondant est glamour, Céline Galipeau prévient qu’il n’en est rien, du moins pas à Moscou où la vie est devenue très très chère et où l’organisation d’une interview nécessite trente appels téléphoniques.VOIR PAGE B 2: GALIPEAU PHOTO JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le cinéaste Le nouveau film de Gilles Caries, Pudding chômeur, sera de la prochaine fournée du Festival des films du monde.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Il a ses étemels yeux bleus de capitaine au long cours, un discours toujours brillant, un brin intello, s’étonne comme au premier jour de voir défiler dans son rétroviseur une carrière de cinéaste plutôt que d’homme de science.«Mais la vie décide pour vous.» Et comme on ne se refait pas, il persiste à louvoyer à contre-courant, populiste parmi les bourgeois, amoureux de l’est de la ville, arrimé au Square Saint-Louis quand les autres cinéastes de renom finissent douillettement installés à Outremont Gilles Carie affiche sa non-rectitude politique qui tourne .pour rester vivant avec une belle vigueur, déclare que les modes l’embêtent comme la gentillesse de commande et tout ce qu’il est bienséant de dire, de faire, de montrer; ingrédients depuis toujours absents de sa tasse de thé.Est-il besoin de préciser que son dernier film Pudding Chômeur, où des statues de la Vierge se transforment en vibromasseurs et où le jouai pousse comme du plantain ne les met pas au menu non plus?Le septième art québécois n’épate guère celui qui en fut le pionnier.«Notre cinéma est si timoré.Il se contente de faire du cinéma avec le cinéma.» Y en a marre du clip! dit Gilles Carie.Il grommelle un peu: «Les jeunes sont tellement influencés par la publicité.Aujourd’hui, on préfère l'effet discothèque à l’effet réel.» Lui, il aime mieux la beauté nature, à l’anglaise en somme.«Je tourne juste pour rester vivant.» C’est dit Vingt-huit longs métrages plus loin, Pudding Chômeur est, de tous ses films, celui qui lui semble le plus difficile à commenter.«Je ne sais pas ce que j’ai fait», résume-t-il.Ce qui ne l’empê chera pas, Dieu merci, d’en parler abondamment On s’offre hélas une entrevue en aveugle.Le film se retrouve en compétition au FFM et les journalistes ne l’ont pas vu.Alors, chacun avance en VOIR PAGE B 2: CARLE ' ’•> ¦ "¦* ¦si bile jd-1 iîâ UK* ICC ) ai ¦.ira ) fsù.il »*• Î1U l 'N -! I DLS MÇTU.RS D ART DU OULBLC Les créateurs en métiers d’art vous intéressent?Procurez-vous les publications du Conseil des métiers d’art du Québec dès maintenant ! LE MAGAZINE DU CONSEIL DES MÉTIERS D’ART DU QUÉBEC raconte tous les mois, la vie des métiers dort.Pour tous les amateurs d'art, seulement 28,50$ pour un an (10 numéros).LE RÉPERTOIRE DES ARTISANS ET ARTISANES PROFESSIONNELS EN MÉTIERS D'ART DU QUÉBEC : le seul outil qui permet de retrouver un article fait par un professionnel en métiers d'art.Disponible en formol poche (8,25$) ou sur CD-ROM (14$).INFORMATIONS : 287-7555 OU ENCORE RETOURNER LE COUPON D'ABONNEMENT Cl-JOINT.'Zinc Invitation, du, Conseil (Les métiers d’art du, Québec 378.st-paui ouest.Montréal.(Québec) hzy 2A6 TéLpu) 287-7555 Prénom Profession.Adresse Code postal___________________ Item désiré :_________________ Montant du chèque ou du mandat postal ci-joint :.S.V.P.RETOURNER AU 378, SM>oul Ouest, Montréol (Québec), H2Y 2A6 ¦ttttHUMHtfMa TnvnMniùi «|nnxvn XKXXS WK http: .wwW.:haos com .ww www.Rene-Despres.com renseignements: (514) 386-9030 PAVILLON DES ARTS DE STE-ADÈLE présente en collaboration avec LISE WATER Pierre Jasmin, piano Au programme : Soirée Bach Samedi 24 août à 20 h A OAONER 2 ABONNEMENTS DE SAISON ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN ANIMATEUR Jacques Parizeau Les règlements du concours sont disponibles ou Journal de Montréal POUR RESERVATION: (514) 229-2586 ’« journal * montreal 1364, chemin Ste-Marguerite (sortie 69 de l’autoroute des Laurentides) 4— «_.PAVILLON DES ARTS _ DESTE-ADÈLE Souper au restaurant «Aux Tourterelles» et COIlCert au Pavillon des Arts de Ste-Adèle 40$ par personne (incluant taxes et service) Réservations: (514) 229-2586 CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ GALIPEAU \ A Moscou, derrière deux portes blindées.SUITE DE LA PAGE B 1 \ * «Nous travaillons de longues heures dans un petit bureau.» Le «nous», c’est, outre la journaliste, une traductrice; et une monteuse russes, un caméraman turc et un réalisateur canadien'.La journée commence à 9h et preqd fin vers lh du matin, décalage horaire oblige, t 9 Vie de famille «C’est dur pour la famille», dit-elle, en soulignant que le taux de divorce parmi les correspondants est très élevé.Son conjoint, le journaliste Jacques Bissonnet, en congé sans solde de la SRC, fait donc preuve d’une grande compréhension.Il est aussi celui qui s’occupe, sur une basej quotidienne, de Philippe, sept ans.Jqui fréquente une école nord-américaine et joue au hockey avec l’équipe de l’Armée rouge.Il a également produit, pour le Réseau de l’information, une série de reportages fort bien faits sur la vie à Moscou.D’ici au départ pour Moscou, Céline Galipeau, qui a 39 ans, occupe ses temps libres à magasiner.Elle a entre autres acheté des patins pour Philippe, tout en prenant soin de choisir une paire d’occasion, question de rester dans le ton de l’équipement des petits Moscovites.Elle s’est déjà fait prendre une fois avec des patins neufs et ne tient plus à imposer à nouveau à son fils cette trop flagrante différence entre son équipement et celui de ses coéquipiers qui portent de très vieux patins.Elle fait aussi ses provisions de sacs à poubelle, de sacs à sandwich, de rouleaux de papier de toilette, de mélanges à gâteaux, etc.Certains produits sont très chers à Moscou et d’autres sont temporairement introuvable.^ «JViioU/ours vu ma mère se dé-broiuuiC Lorsqu’elle se retrouvait dans une situation difficile, elle créait un environnement pour nous, et nous faisons la même chose.Nous avons notre petit appartement.Avec nos deu% fortes blindées et nos 23 serrures»*, ajoute-t-elle.Nourrie à la BBC Céline Galipeau a été nourrie à la BBC.Elle se rappelle clairement qu’au petit-déjeuner, personne n’avait le droit de parler parce que l’écoute du bulletin de nouvelles était jjau menu.Son père, un journaliste "Hqui fut également chargé par les Nation^ unies de mettre sur pied des CARLE «Avec Pouding Chômeur, on entre dans la tragi-comédie» Céline Galipeau journaux indépendants dans plusieurs pays d’Afrique, bougeait beaucoup, avec une prédilection pour l’Afrique et le Moyen-Orient.La famille suivait.A son retour à Montréal, Céline Galipeau s’inscrit à l’Université du Québec à Montréal pour se rendre compte que l’ambiance ne lui convient pas.Elle opte donc pour McGill où elle s’inscrit en sciences politiques et en sociologie.A l’été 1985, elle obtient un poste comme lectrice de bulletins à la SRC.«Quelle erreur», dit-elle.C’était PHOTO JACQUES NADEAU l’époque où il fallait embaucher de préférence des jeunes femmes.Mais Mme Galipeau a rapidement constaté qu’elle manquait d’expérience et qu’il était impérieux de «faire du terrain».Elle effectue un court séjour à Toronto, puis revient à Montréal, puis repart pour Toronto, puis pour Londres, puis pour Moscou.Et dans quelques semaines, elle s’empressera de nous donner des nouvelles de la santé de Eltsine.Et de Yebed, un homme qu’elle juge inquiétant, et rempli d’un nationalisme brutal.SUITE DE LA PAGE B 1 tâtonnant.Moi, en ignorant de quoi je parle, lui, en répondant au flou de mes question^.Pudding Chômeur a été refusé à Cannes.A tort?A raison?Bon?Pas bon?On en aura le cœur net à la première.Une chose est certaine: le cinéaste de La Mort d'un bûcheron ne peut pas renier son dernier-né.Il a eu carte blanche pour le faire.Si le pudding lève, il pourra en reconnaître l’entière paternité, s’il se dégonfle, il ne s’en prendra qu’à lui-même.Carie se dit prêt.Après avoir survécu à de cuisantes piqûres de guêpes, il a appris à composer avec la critique (tout en s’inquiétant pour l’équipe) et même, rare coquetterie, se surprend à se pencher davantage sur le style des articles que sur leur contenu.Pour ceux qui veulent situer Pudding Chômeur dans la trajectoire Carie, son auteur le décrit à califourchon entre La Vraie Nature de Bernadette, pour la générosité qui ne demande rien en retour du personnage de Yoyo (incarné par Chloé Sainte-Marie), et la dernière partie de La Mort d’un bûcheron (le périple en Abitibi) pour la sensation de voyage.Pudding Chômeur est l’enfant du premier flash de la vie de Carie, qui fait normalement dans le processus à long terme.En plein stationnement du métro Papineau, rue Sainte-Catherine, il a saisi d’un coup le climat de l’affaire, son cadre, sa façon de le tourner.Il a vu l’ombre de la récession y flotter comme sur les films néoréalistes.Les Nuits de Cabiria, Rome ville ouverte défilèrent devant ses yeux.Il imagina un film où la récession serait omniprésente, telle la tempête dans La Vie heureuse de Léopold Z.Le film a pour cadre le Centre-Sud, entre le pont Jacques-Cartier et un entrepôt aux cinq décors du Vieux-Port, avec un bar, un «secto-shop», des faux miracles, une vendeuse qui chante en serbo-croate, de la couleur partout, force perruques multicolores pour Chloé, un type qui veut se suicider, l’inévitable père démissionnaire sans lequel le cinéma québécois ne serait pas le cinéma québécois.Burlesque, grivoiserie et humour au menu.Un monde de l’éphémère Dans le Centre-Sud, selon Gilles Carie, tout est éphémère.Le commerce du coin peut se transformer n’importe quand en capoterie ou en boulangerie.«De l’éphémère, oui, mais pas misérabiliste», précise-t-il.Film moral aussi, dans son appel à la tolérance.Les gais ne sont jamais perçus comme des gens à problèmes et les femmes se libèrent.«Je suis un féministe, précise-t-il.Dans tous mes films, j’invite les femmes à se dépasser.Féministe, mais jamais dans la petite case d’un mouvement.Les groupes, les mouvements, c’est la mort».Pudding Chômeur s’affiche d’ailleurs résolument anti-sectes.«Dans ces groupes-là, ils vident les gens de leur sub- stance personnelle.» Moralisateur, Gilles Carie?En tous cas, son prochain film sera bel et bien un conte moral du XX' siècle, prenant à bras-le-corps le petit message olympique prétendant qu il faut vaincre et gagner à tout prix.«Je suis 1 ànti-Ce-lineDion.» En attendant, il a eu l’impression avec Pudding Chômeur de s’être avancé dans une voie nouvelle qui marquera tous ses prochains films.«La Postière fut un film intermédiaire, gentil, réflectif, amusant.Dans Pudding Chômeur, on entre dans la tragi-comédie.Chacun est engagé dans un mouvement planétaire, les pauvres, les homosexuels.On trouve un personnage d’homme d’affaires gai qui baise pour de l’argent avec une femme, fait partie d’une secte, donne dans le culturisme.Une combinaison impossible à imaginer quelques années auparavant.Ici, il y a quelque chose de changé, mais les gens ignorent qu’ils vivent un changement.C’est ce que Pudding Chômeur essaie de transmettre.» A npuvelle combinaison, nouvelle distribution.A part l’inévitable Chloé, peu de têtes connues sont dirigées ici.Robert Gravel (dont le décès en début de semaine vient assombrir le lancement du film) incarne un policier psychologue qui essaie d’empêcher un suicide.Mais plusieurs nouveaux venus sont de la partie.Gilles Carie l’a voulu ainsi, histoire de renouveler sa galerie de portraits «dans un Québec nouveau».«J’ai fait un film libre, estime-t-il, avec des scènes crues et une prostituée philosophe qui parle intelligemment de politique et qui lance un cri du cœur: «Soyons multiethniques au boutte.» Il a vécu le bouillon des cultures dans son Abitibi natale.A Maniwaki, ses voisins étaient juifs, Italiens.Il allait pour 25 sous allumer le poêle à côté, le jour du sabbat.Amenez-en à Carie, des gens de partout.La pure laine ne l’intéresse pas.Trop salé, trop sucré, le Pudding Chômeur?Reste à voir.Mais Carie est content de sa démarche.«Les téléromans banalisent la vie, parce que chacun s’y reconnaît.Moi, je la débanalise.Je ne dis pas que c’est mieux, mais ça vp en sens inverse.Et il n’y a pas de clichés.A vous déjuger pour le reste.» PHOTO JACQUES GRENIER Gilles Carie HHÜ i ' _ 'W-* ., MéMÊi ' vàà i\-’ f-i Montreal Moisson MARTIN BILODEAU Le Festival des Films du Monde, qui s’ouvre jeudi soir, c’est plus de 300 films répartis dans huit catégories différentes.Sans compter les hommages rendus ad nauseam.Cette année, c’est à Nicolas Cage et Anthony Quinn que reviennent l’honneur de se montrer la binette à Montréal et de serrer la pince à Serge Ix»sique, directeur du FFM, pour les fins de l’album-photos.Les choses sérieuses Un volet compétitif, composé de 21 longs métrages et 14 courts métrages, chapeaute une prestigieuse section hors concours qui déverse son trop-plein dans celles consacrées au Cinéma d’aujourd’hui et au Cinéma de demain.Hormis la poignée de téléfilms rassemblée en délégation contaminante, le reste de la programmation est affaire de drapeau: il y a d’abord Les Cinémas de l’Amérique Latine, un volet reconduit chaque année par des organisateurs qui y croient, avec raison; aussi, Panorama Canada présente chaque année le cru canadien dont la qualité moyenne inquiète les cinéphiles sans alarmer les institutions; enfin, le FFM rend chaque année hommage à une cinématographie particulière.Cette année, c’est la Russie qui est à l’honneur.Dès vendredi matin, date à laquelle débutent les projections publiques du 20' Festival des Films du Monde, les distributeurs auront les yeux braqués sur vous, spectateurs de tout acabit qui aborderez cette moisson de 300 films avec l’enthousiasme des cinéphages et la circonspection des cinéphiles.Les distributeurs recherchent en effet la perle rare, mais ils cherchent surtout l’étincelle; celle causée par la rencontre entre le public et une œuvre qui ne laissait rien présager du feu qu’elle a allumé.Combien de Dieux sont tombés sur la tête, de Volere Volare ou de Latcho Drom ont été portés de la sorte par un public instantanément fidèle?Car il faut comprendre que le FFM, c’est d’abord une gestation; les naissances suivront.Comme les naissances les moins probables logent habituellement à l’enseigne de la compétition officielle, majoritairement composée de films de «has-been» (Moshe Mizrahi avec Femmes; Gilles Carie avec Pudding Chômeur, Lina Wertmuller avec La Nymphe) ou d’illustres inconnus (l’Iranien Abolfazl Jalili avec Une histoire vraie', l’Indien Vijay Singh avec Jaya Ganga), les cinéphiles se tourneront d’abord vers les films transportés par la rumeur.Rumeur cannoise, s’entend Le Danois Lars Von Trier fera donc déferler sur nous son remarquable Breaking the Waves (Grand Prix du Jury à Cannes), œuvre puissante et spirituelle dans laquelle convergent Lady Chatterley, Pink Floyd The Wall et La Source de Bergman.Un des films les plus attendus du festival, d’autant plus que Secrets and Lies (Palme d’or à Cannes), de l’Anglais Mike Leigh, manque cruellement à l’appel lancé par Serge Lo-sique, tout comme les derniers-nés de Patrice Leconte (Ridicule), Stephen Frears (The Van), Chen Kaige (Temptress Moon), Michael Cimino (Sunchaser) et André Téchiné (Les Voleurs, avec Auteuil et Deneuve).Qu’à cela ne tienne: la compétition cannoise — exceptionnellement riche cette année — est rappelée à notre bon souvenir avec, entre autres, Les Affinités électives, de Paolo et Vittorio Taviani, avec Jean-Hugues Anglade et Isabelle Huppert.Cette adaptation du roman de Goethe, prévue pour la clôture du festival le 2 septembre, a reçu un accueil tiède à Cannes; chose qui risque peu d’arriver ici, les fameux frères italiens ayant depuis longtemps la cote d’amour auprès du public montréalais.Aussi très attendu: Un héros très discret, de Jacques Audiard (Regarde les hommes tomber) avec Mathieu Kassovitz, raconte la vie d’un imposteur qui, au lendemain de la Deuxième Guerre, se fait passer pour un résistant;Trais Vies et une seule mort, de Raoul Ruiz, dans lequel le géant Mastroianni incarne un commis voyageur qui, sans prévenir, part s’installer en face de chez lui, pour y rester pendant vingt ans; Im Seconda Volta, de Domenico Calopresti (avec Nanni Moret-ti), relate la rencontre entre un professeur et une exterroriste qui, douze ans plus tôt, a tenté de le tuer.Aussi, le fameux Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle), deuxième long métrage du Français Arnaud Despleschin (La Sentinelle) et Trop tard, le nouveau Lucian Pintille, marqueront d’une pierre blanche cette vingtaine édition.La France en force Toutes sections confondues, la France propose cette année une cuvée remarquablement abondante et variée: du classique Beau marchais l’insolent (d’Edouard Moli-naro avec Fabrice Luchini dans le rôle-titre et un délicieux Michel Serreau en Louis XVI) à l’iconoclaste Chacun cherche son chat (comédie de Cédric Klapish, qui présente également Un air de famille dans la compétition officielle), en passant par les films des ex-habitués du Festival du nouveau cinéma (Olivier Assayas avec Irma Vep; Philippe Garrel avec Le Cœur fantôme) et ceux de comédiens (Bernard Girau-deau avec Les Caprices d’un fleuve-, Tonie Marshall avec Enfants de salauds), la cuvée française fait saliver.D’autant plus qu’Eric Rohmer (avec l’excellent Conte d’été, qui nous fait retrouver Amanda Langlet — alias Pauline — sur les plages bretonnes), Pascale Ferran (L’Age des possibles) et Alain Cavalier (La Rencontre) sont également de la fête, tout comme la Belge Chantal Ackerman qui a réalisé Un divan à New York (avec William Hurt et Juliette Binoche) sous la bannière du tricolore.Dans la langue de Shakespeare Bien que le Festival de Toronto arrache souvent à son homologue l’exclusivité de nombreuses productions anglo-saxonnes, le FFM présente néanmoins plusieurs films qu’il faudra surveiller de très près.A commencer par She’s the One — qui ouvre le festival jeudi soir —, deuxième long métrage d’Edward Bums (7lie Brothers McMullen) qui raconte les déboires sentimentaux de deux frères unis par la vie et désunis par l’amour.Nick Cassavetes, fils du défunt John, nous décrochera-t-il la lune avec son Unhook the Stars mettant en vedette (iena Rowlands?Pa- rions que oui.La compétition officielle propose aussi Citizen Ruth, d’Alexander Payne, avec Laura Dern (couronnée au FFM en 1992 pour Rambling Rose) dans le rôle d’une toxicomane à qui les autorités veulent retirer la garde de ses enfants et protéger celui qu’elle attend — un récit qui rappelle de façon troublante un fait divers qui alimente la chronique depuis quelques semaines dans l’Ouest canadien.De l’Australie nous vient Brilliant Lies, de Richard Franklin, sur le harcèlement sexuel en milieu professionnel; aussi, Paul Cox (Cactus, A Woman's Tale) nous promet Lust and Revenge, dans lequel un mécène cherche à réduire artificiellement les profits de son entreprise pharmaceutique en commandant la création d’une immense statue de bronze.Plus prometteur que Crimetime, co-production Grande-Bretagne/Allemagne réalisée par George Sluizer (L’homme qui voulait savoir) qui aborde, de façon assez malsaine et maladroite, l’exploitation de la violence à la télévision.Avec Stephen Baldwin, Geraldine Chaplin et Marianne Faithful.La visite habituelle Plusieurs cinéastes européens ont pris l’habitude de passer par le FFM pour lancer la carrière de leurs films en sol nord-américain.Or, dans trop de cas, ceux-ci repartent bredouille, non sans avoir laissé de bons souvenirs à quelques spectateurs privilégiés.L’octogénaire prolifique qu’est le portugais Manoel de Oliveira n’a pas eu de chance avec ses derniers films (Le Couvent, La Divine Comédie).Ce qui ne l’empêche pas de donner cette année un Party dont les hôtes sont Irène Papas et Michel Piccoli qui jouent au chat et à la souris au cours d’une réception donnée dans une somptueuse résidence des Açores.Alain Tanner (Dans la Ville blanche), vieux routier du FFM — et, pour plusieurs, radoteur de premier ordre — dépose devant nous son Fourbi.Le film raconte l’histoire d’une jeune femme qui a vendu à la télévision suisse les droits de son récit de viol et se voit contrainte de le revivre.Avec Travelling Companion, l’italien Peter Del Monte (Invitation au voyage) nous parle d’un vieux professeur (Michel Piccoli) atteint d’Alzheimer et de la jeune fille chargée de surveiller ses allées et venues à Rome et sur les routes de la mémoire.Après Land and Freedom et Fiesta, c’est au tour de l’Espagnol Vincente Aranda (Le Temps du silence, Amants) de nous donner son point de vue sur la Guerre d’Espagne; IJ-bertarias parle du rôle des femmes dans les conflits armés, avec au premier rang une anarchiste incarnée par la délicieuse Victoria Abril.La hongroise Martha Meszaros (Journal intime) nous parle aussi de guerre à travers La Septième Chambre, récit d’une philosophe juive convertie au catholicisme qui, pendant la Deuxième Guerre, a cherché refuge au Carmel.L’Holocauste est également le sujet de Voyage dans la vie, un documentaire allemand qui rassemble les images captées par un caméraman de l’armée américaine lorsque celle-ci a ouvert les portes des camps.Enfin, on attend aussi La Semaine sainte, du très inégal Andrzej Wajda.La délégation canadienne Manque à la délégation de films canadiens le controversé Crash, de David Cronenberg, qui a remporté le Prix du Jury à Cannes le printemps dernier.On jettera toutefois notre dévolu sur Lilies, de John Greyson (Zero Patience), adaptation cinématographique de la pièce Les Feluettes, du dramaturge Michel-Marc Bouchard qui signe aussi le scénario, ou sur La Nuit du déluge, de Bernard Hébert (Le Petit Musée de Vélasquez), une œuvre chorégraphique empreinte de poésie, un film hors du temps, de l’espace et des genres.D’après Déluge, une pièce de Ginette Laurin présentée l’année dernière chez OVertigo.Le Silence des fusils, œuvre de fiction d’Arthur Lamothe, auquel le FFM rend hommage au détour de ce film qui nous promet une intrigue judiciaire sur fond de détresse autochtone, avec un guide en la personne du comédien français Jacques Perrin, qui incarne un biologiste mêlé à l’affaire.Enfin, Le Sort de l’Amérique nous fera revivre la bataille des Plaines d’Abraham; ce documentaire signé Jacques Godbout (Alias Will James) s’est fait avec le concours de l’enflammé dramaturge René-Daniel Dubois.A l’aveuglette Reste que le plaisir du FFM, c’est aussi celui d’avancer à tâtons dans une programmation dont la qualité inégale est certes souvent décriée, mais qui fait néanmoins s’entrechoquer, sur une période de temps limitée, des univers différents.Certains feront le pèlerinage linguistique ou politique, d’autres n’envisageront la vie de festival qu’avec des premiers films.Les amateurs de cinéma Scandinave courront voir The Hunters, un drame policier rural signé Kjell Sundvall (Suède), Bad Seed, une comédie tarantinesque danoise de Carsten Fromberg, ou le très intriguant Hamsun (compétition officielle), du suédois Jan Troell, sur la vie de l’auteur de La Faim, avec Max Von Sydow dans le rôle-titre.Les entomologistes en herbe iront voir Microcosmos, des biologistes Claude Nuridsany et Marie Peren-nou.Les amateurs de tango jetteront leur dévolu sur Al Corazon, un documentaire-hommage réalisé par l’argentin Mario Sabato.Qui plus est, les hispanophones sont servis avec Extasis, de l’espagnol Mariano Barroso, qui parle de solidarité et d’amitiés viriles, et Salon Mexico, sur un concours de danse qui s’est terminé par un double meurtre dans le Mexique des années 30.Les Allemands donnent cette année encore dans la comédie grivoise avec Regular Guys, de Rolf Silber, dans lequel un homme remet en question son orientation sexuelle au contact d’un séduisant colocataire; l’Allemagne propose aussi Ludwig & Richard, un documentaire satirique.à base d’illustrations originales.qui relate les rapports entre Louis II de Bavière et le compositeur Richard Wagner; Jean Seberg-American Actress est le second documentaire consacré la star d’À bout de souffle — l’Allemagne en revendique la paternité.Enfin, parmi les perles d’Orient, mentionnons Village of Dreams, long métrage japonais de Higashi Yoichi qui a reçu l’Ours d’or à Berlin; du pays du soleil levant aussi nous provient Okaeri, premier film de Makoto Shinokazi.un critique de Tokyo cinéma converti à la pratique du T Art Bon courage! Où?, Combien?Le FFM se tiendra du 22 août au 2 septembre à la Place des Arts, ainsi qu’aux cinémas Loews, Impérial et Complexe Desjardins.Les billetteries du Loews et de la PdA sont ouvertes depuis ce matin; on peut se procurer billets (au coût de 7 $), carnets de dix billets (50 $) et laissez-passer de 9h à 5h (200 $) à l’un ou l’autre de ces établissements, indépendamment des salles où les films sont programmés puisque le FFM est désormais affilié au réseau Admission.Les billetteries sont ouvertes entre 9h et 17 h tous les jours d’ici l’ouverture du festival, puis toute la journée pendant la tenue de l’événement.Le programme (20 $) et l'horaire détaillé sont également disponibles depuis ce matin.On peut se les procurer au Loews et à la PdA M.B.De haut en bas: She’s the Oqe, le film d’ouverture d’Edward Bums, avec Mike McGlone et Jennifer Aniston ; Beaumarchais l’insolent, d’Edouard Molinaro, avec Fabrice Lpchini; La Nuit du déluge, de Bernard Hébert, avec Geneviève Rochette et Julie McClemens; Conte d’été, d’Eric Rohmer, avec Melvil Poupaud et Amanda Langlet; et Les Affinités électives, des frères Paolo et Vittorio Taviani, avec Grazia Volpi et Jean Claude Cecile.'•RTS F FAI RE S La Ville de Montréal, en collaboration avec la Chambre de ! Commerce du Montréal métropolitain et Le Devoir, est heureuse de présenter l’édition 1996 du Prix Arts-Affaires de Montréal.Ce prix souligne l’implication tant personnelle que corporative du milieu des affaires à l’égard du développement des arts et de la culture.Les entreprises culturelles montréalaises sont donc invitées à soumettre les candidatures des entreprises qui se sont distinguées auprès d’organismes culturels dans les trois catégories suivantes: Grande entreprise, PME et personnalité Arts-Affaires.La remise du Prix Arts-Affaires de Montréal se déroulera le 15 octobre prochain au Musée d Art Contemporain de Montréal.Pour tout renseignement et pour vous procurer le formulaire de mise en candidature, téléphonez au 872-1160.De plus, les propositions de mise en candidature devront parvenir avant le 1er septembre 1996, à l’attention de: Normand Biron Prix Arts-Affaires de Montréal Service de la culture 5650, rue d’Iberville, 4e étage Montréal, Québec H2G 3E4 Télécopieur: 872-1153 MONTREAL c'est toi nia ville! W Chambre de commerce du Montreal métropolitain Board of Trade of Metropolitan Montreal LE DEVOIR MUSEE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL '-A t *jj ~f ft I- E I) E V 0 I R., LES S A M E I) I 17 E T I) I M A N C.JI E 18 A 0 Û T I !) !) (i B 4 M A » • ,?••• M « • • COMPLEXE 2W-3141 OWMOm* Im*H » 9 CANNES 1996 wixnivnmmnoN DAMU AITUU PAMAI WQIIWT usine: © L'ODIN TEATRET du Danemark sous la direction d'Eugenio Barba présente en première nord-américaine KAOSMOS Le Rituel de la Porte les 3, 4, 6, 7 et 8 septembre 1996 à 20 h 30 Billets en vente à l'USINE C 521-4493 et au réseau Admission 790-1245 ou 1-800-365-4595 Nombre de places limité Jennifer Jason Leigh dans Kansas City.(Miranda Richardson) par Blondie, une jeune télégraphiste (Jennifer Jason Leigh) dont l’amoureux est entre les mains de la mafia noire pour s’être malencontreusement mêlé d’un vol qui a mal tourné, après s’être enduit de cirage pour camoufler sa race.Désespérée, la jeune fille qui joue les dures part en balade avec son otage abonnée au laudanum, qu’elle cachera un peu partout tant bien que mal.Et la kidnappée répond d’ailleurs avec une docilité qui finit par rappeler le fameux syndrome de Stockholm où la PHOTO ALLIANCE victime finit par épouser les vues de ceux qui la maintiennent captive.Mais ne vous y fiez pas.Kansas City trouve donc son axe dans cette relation entre les deux femmes.Malheureusement elle n’est pas assez forte pour porter le film.Otage et kidnappeuse patinent de concert sans jamais établir de rapports vraiment significatifs.Jennifer Jason Leigh semble pasticher le rôle qu’elle avait dans Georgia, frondeuse à moitié hystérique, dont on connaît désormais les tics, et la fragilité nerveuse.Alors que dans de Niro est loin de MAlU/ra HARRTBE1AF0HTE « Wml : L'UH DES POINTS FORTS DU FESTIVAL DE CARMES.AITAAAM EST UH AAAÏTRi ! Le rkofo DE ROBERT AITAAAH ( VERSION FRANÇAISE ) Fine Line Featuiej /düjr&œ THAME SONORE MAINTENANT DKPONIBIE SLR VERSION FRANÇAISE PARISIEN 866-3856 480 Ste-Catherine O.* (S.CENTRE LAVAL 688-7776 1600 Le Corbusier ?A VERSION ORIGINALE ANGLAISE EGYPTIEN 849-FILM 1455 rue Peel ?© 2 6» CAVENDISH (Mail) 485-7111 Cavendish coin Kildare ?& Z ALLIANCE www.alliance.ca seulement Robert de Niro le fanatique.pidité du montage et son visage si expressif n’a parfois que quelques secondes pour laisser passer la palette de ses émotions.The Fan est un film d’acteur qui néglige l’acteur, qui ne se met pas à son service, mais le traite comme un rouage de la machine, en PHOTO LINDA R.CHEN jouant mal sa carte atout Que de Niro réussisse avec ses petits yeux torturés, son sourire tombant et les mille nuances de son jeu à émouvoir et à inquiéter quand même relève du tour de force.Hollywood et ses recettes éculées ne le méritent vraiment pas.?: chef-d’œuvre ?: très bon ?: bon quelconque ?: très faible i : pur cauchemar LONE STAR ?De John Sayles.Le réalisateur de City of Hope a réalisé un film d’une grande richesse, conçu comme une mosaïque de genres (western, policier, drame social) et de préoccupations (rapports humains, révision historique, tensions raciales, etc.).Lone Star prend appui sur une intrigue — qui a tué le shérif tyrannique dont on vient de retrouver les ossements, quelques décennies plus tard— pour dépeindre dans son quotidien une petite ville texane sur la frontière mexicaine.Un film complexe et percutant comme une lame de fond, immobile et serein en surface.Avec d’excellents comédiens dont Chris Cooper, dans le rôle du shérif troublé par la mémoire de son père.Au Centre Eaton (v.o.a.), Parisien (v.o.s.-L-f.) Martin Bilodeau EN AVOIR (OU PAS) ?1/2 Un film très fin, émouvant et subtil porte la signature de Laetitia Masson, une jeune cinéaste française qui réalise avec lui son premier long métrage.En avoir ou pas est une histoire toute simple, celle d’une jeune ouvrière de Boulogne-sur-mer qui perd son emploi et part tenter sa chance dans la ville de Lyon où elle rencontre un garçon blessé et solitaire.Mais sur cette trame du chômage, de la solitude, de la peur et la quête de l’autre, elle tisse un film lucide et drôle, tendre et triste, toujours crédible, jamais appuyé, merveilleusement interprété par une Sandrine Kiberlain (César du meilleur jeune espoir féminin) qui crève l’écran.Au Parallèle.Odile Tremblay LES HABITANTS ?1/2 (De Noorderlingen).Le cinéaste Alex Van Warmerdam nous sert une chronique de village à la hollandaise.Mélange d’absurde, de fantastique, de surréalisme et de succulente galeries de portraits excentriques.Au milieu de nulle part, en un affreux bouquet de HLM, un facteur indiscret, un boucher libidineux, une mystique en pleine grève de la faim, un garde-chasse à moitié fou, un petit garçon déguisé en chef congolais essaient de s’endurer les uns, les autres et n’y parviennent guère.Le comique noir se joue sur fond d’incommunicabilité, et malgré un certain essoufflement en fin de parcours, le film envoûte par son surréalisme et son climat tatiesque.Au Dauphin.0.T.MATILDA ?Une production pour toute la famille signée Danny de Vito.Conte moderne qui emprunte beaucoup à l’atmosphère et à la symbolique du conte de fées traditionnel, Matilda raconte l’enfance esseulée d’une petite fille surdouée (Mara Wilson) au sein d’une famille bébête (Danny de Vito y incarne le papa matérialiste et ma-gouillard).Une directrice d’école très très méchante, une enseignante très très gentille, les bons triompheront-ils des méchants?Eh oui, on s’en doutait.Un film sympa, cruel et tendre, avec une morale appuyée mais charmante.O.T.EMMA ?Jane Austen n’en finit plus d’être portée à l’écran et l’Angleterre victorienne de province de la grande romancière d’hier y trouve une seconde vie inattendue.Sense and Sensibility d’Ang Lee fut sans doute le meilleur d’une série de quatre.Emma, malgré une rigueur de réalisation montre un certain essoufflement du genre.Premier long métrage de Douglas McGrath, il donne la vedette à Gwyneth Paltrow qui incarne avec finesse et détermination une jeune célibataire gaffeuse qui se mêle du mariage des autres.Mais les figures secondaires manquent de dynamisme et ce film honnête donne une impression de déjà-vu.0.T.SEMINAIRE ET DEMONSTRATIONS DE TRAVAIL avec les acteurs de l'ODIN et Eugenio Barba du 2 au 8 septembre 1996 Infos et inscriptions auprès de Yves Sheriff 521-4198 Nashville Georgia, elle poussait ce personnage dans ses derniers retranchements avec une rare maîtrise, ici, elle n’y ajoute rien de nouveau et livre une composition de surface.Quant à Miranda Richardson, son rôle de femme faible, ballottée par la vie et abrutie de laudanum ne lève pas et baigne dans le brouillard.Le pivot de Kansas City constitue donc sa partie faible, ce qui handicape l’ensemble.Les incursions dans les boîtes de nuit, les magouilles des mafieux avec leur chef Seldom Seen incarné par Harry Bellafonte qui joue un contre-emploi de gangster en demi-teintes, cruellement raffiné, recèlent un meilleur potentiel dramatique, mais on s’y attarde peu.On apprécie surtout les spectacles de jazz au chic Hey Hey Club, hélas trop courts, avec des pièces tirées du répertoire de Duke Ellington, de Count Basie, etc.Le cinéaste ne s’y attarde pas assez et n’arrive pas à faire renaître la magie d’un milieu musical, comme elle s’instaurait dans Nashville.De même le climat de racisme, sensible pourtant dans l’apartheid des sièges et des lieux réservés aux Blancs et les démêlés des personnages secondaires, est joué en sourdine, sans se voir développer assez pour nourrir l’intrigue dramatique.Bref, le film déçoit, comme Prêt-à-porter, l’avant-dernier Altman qui était apparu comme un portrait confus de l’univers de la mode, ici le réalisateur a voulu trop embrasser, mais sans donner assez de tonus aux intrigues enchevêtrées et sans que le duo d’actrices principales ne nous ait convaincus.« A grands coups de répliques cinglantes.Le film Fiesta frappe fort et dur.» - Martin Bilodeau, Le Devoir Pour THE FAN Réalisation: Tony Scott.Scénario: PhoeffSutton d’après un roman de Peter Abrahams.Avec Robert de Niro, Wesley Snipes, Ellen Barkin, John Leguizamo, Benicio del Toro.Image: Dariusz Wolski.Musique: Hans Zimmer.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Robert de Niro est un grand acteur qui depuis plusieurs années choisit mal ses films.Le phénomène est connu et toujours attristant, d’autant plus que sa qualité de jeu n’apparaît jamais vraiment en cause, mais le comédien a rarement l’appui de scénarios puissants pour le mettre en lumière.The Fan procède un peu de cette série noire.Il s’agit d’un thriller assez quelconque sur un thème éculé que le comédien parvient toutefois par sa seule force à hisser deux crans au-dessus.De Niro se révèle bien supérieur au film dans lequel il joue et on peut imaginer les sommets auxquels il aurait pu pousser le même personnage dans un contexte plus favorable.The Fan mêle les genres, à cheval entre le film de baseball qui fait fureur auprès des sportifs de salon, le thriller et le drame familial contemporain.De Niro offre le portrait de Gil Renard, un homme floué, violent, malheureux, raté, quitté par sa femme, condamné à de rares visites à son fils et à un petit emploi de vendeur de commerce en couteaux en tous genres.Grande passion de sa vie: le baseball, dont il connaît tous les arcanes et dont il suit les matchs à l’auditorium local, en hurlant de bruyants encouragements à ses idoles.Mais tout va mal.Pendant une partie, il abandonne son petit garçon au forum pour courir à un rendez-vous urgent, perd ses droits de visite, son emploi par dessus le marché et sombre tranquillement dans une folie meurtrière en se croyant justicier pour le compte d’un de ses héros du sport.Jusqu’à ce qu’il s’approche du dieu, kidnappe son enfant avec tous les drames à la Fatal Attraction que son obsession comporte.Cette dérive d’un psychotique se joue donc sur un air connu avec montée dramatique sur fond de désespoir impuissant de la victime et de terreur d’usage.Ici la couleur locale se retrouve dans la nature du persécuté, roi du sport qui doit se surpasser sous menace d’exécution de sa progéniture.Violence du forcené contre grandeur de l’athlète menacé, le combat du bien contre le mal se joue une batte de baseball à la main, symbole de l’Amérique triomphante.Mouvements de caméras rapides, montage serré, cascades, gros plans sur les muscles des sportifs qui s’agitent sur le terrain, décors réussis d’une Amérique de kitsch, Tony Scott avec The Fan signe un film qui ne se démarquerait en rien des productions grand public du même type, n’eût été la performance de de Niro.Le comédien confère une vraie envergure à son personnage de fanatique sombrant dans la démence.Il l’habite, le nourrit, fait chavirer un homme frustré sous nos yeux et écrase de sa force le reste de la distribution, y compris un Wesley Snipes complètement falot dans la peau de l’idole sportive.Mais de Niro qui aurait dû être suivi pieusement par une caméra attentive à capter toute l’évolution du personnage en de longs plans séquence, est desservi par les plans courts, la ra- City Kansas KANSAS CITY Réalisation: Robert Altman.Scénario: Robert Altman et Frank Barhyot.Avec Jennifer Jason Leigh, Miranda Richardson, Harry Belafonte, Michael Murphy, Dermot Mulroney, Steve Buscemi, Brooke Smith.Image: Olivier Stapleton.2h.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR On attendait beaucoup de Kansas City, espérant que Robert Altman nous servirait un peu le pendant jazz de Nashville, une incursion intime et puissante dans un univers musical, à travers une ligne dramatique, solide.Mais Kansas City laissera les admirateurs de Altman sur leur faim, faute d’une intrigue bien ficelée, faute aussi de longues incursions jazz pour nous nourrir.Les destins s’entrecroisent comme dans toutes les fresques d’Altman, mais chaque figure paraît ici un peu faiblotte, sans chair autour de l’os.Le cinéaste de Short Cuts et du Player semble avoir manqué de souffle.Altman est pourtant originaire de Kansas City, et le lieu avait tout pour l’inspirer.Il a mis dans son film des personnages tirés de figures réelles de cette petite ville qui en 1934 fut un des rares endroits à échapper à la crise, établie à l’ombre des gangsters qui y faisaient régner la loi du sang, ville de jeu, de jazz, de violence en sous-trame.Altman entend donc offrir un nouveau volet à sa tragi-comédie américaine, sans livrer son plus abouti.Au centre du film: l’enlèvement de l’épouse d’un homme politique « Pierre Boutron signe un film rigoureux, lucide et captivant.On ne peut qu’être impressionné par le film.Solide.» - Georges Privet, Voir * Un film de Pierre Boutron d’après un roman de Jose-Luis De Villalonga avec Jean-Louis Trintignant Marc Lavoine Grégoire Colin Aurcgg, Um Cm** h.Daniel Autcuil Pascal Duqucnnc TIEME f COMPUTE UM1ÏTI [ÜUUi |Phct) WWM 1 HUM—I IWi’ » 91 |»ia—«Min»» » V ?r ¦ — ST-AOÉLE 229-7655 GATINEAU 5U-W70 NWOmif ir> 1K > ¦ ., v/ WzW' 'émÊà du 4 au 29 mars 1997 Compagnie invitée Groupement forestier du théâtre Matroni et moi de Alexis Martin du 3 au 21 septembre 1996 Compagnie en résidence Théâtre PàP2 Motel Hélène BANQUE LAURENTIENNE ESPACE GO Théâtre ESPACE GO 4890, boul.Saint-Laurent Montréal (Québec) Réservations : 845-4890 René Richard Cyr Les Combustibles de Amélie Nothomb avec Jean Besré Céline Bonnier Jean-François Casabonne du 15 octobre au 16 novembre 1996 l mi ïifa .I| Vf! * t»*0 biid o up t:s; c >%.sb ’ fie ‘A ¦’Sie iM M * Martine Beaulne Jacques et son Maître de Milan Kundera Albertine, en cinq temps de Michel Tremblay avec Sophie Clément Nathalie Gascon Élise Guilbault Andrée Lachapelle Monique Mercure Guylaine Tremblay Avec la collaboration d'Air Transat a U - ¦ «j uoe I :sn LKlî v ‘> r ; hv J.i\oz, i ni), riqp’ ii;M a Hifil « II Jfî" ~ j 3[! % f'ISl q:.U .u>)j f lin ¦ >0 du 4 au 15 mars 1997 à l'Usine C Alice Ronfard La Seconde surprise de l'amour de Marivaux avec Stéphane Demers René Gagnon Sophie Prégent André Robitaille Marie-Hélène Thibault et un autre comédien du 22 avril au 24 mai 1997 René-Daniel Dubois Les Guerriers de Michel Garneau avec trois comédiens du 21 janvier au 22 février 1997 Ml"û %*•>- avec Normand Canac-Marquis Roch Castonguay Paul Doucet Rosalie Hudon-Fecteau Louise Laprade Anick Léger Aubert Pallascio Denis Roy du 19 novembre au 14 décembre 1996 Une création de |les gens d’en bas| O National Centre national Arts Centre des Arts 15 I) 15 V 0 I It .1, 15 S S A M 15 I) I 17 15 T I) I M A N C II 15 IK AO fl Ï I I) !)( DISQUES CLASSIQUES Résultat douteux et pure merveille FRANÇOIS TOUSIGNANT SCHUMANN - CONCERTO Robert Schumann: Concerto pour piano et orchestre en ; mineur, op.54; Symphonie n0 2 en do majeur, op.61.Andreas Staier, pianoforte; Orchestre des Champs Elysées, dir.Philippe Herreweghe.Hamonia Mundi France HMC 901555 I à tendance semble bien se maintenir.Les «baro-v queux» ayant fait le tour de leur cour et la trouvant i n peu étroite pour leur évolution s’attaquent de plus en lus;, à d’autres répertoires.Cela est parfois digne de îention, voire complètement réussi; d’autres fois, le ré-ultatest plus que douteux.Ainsi Philippe Herreweghe est-il sorti du XVHI'' siècle our s’attaquer aux symphonies de Beethoven et main-¦nant s’en prendre, avec son Orchestre des Champs lysées, à Schumann.Cela nous vaut une des pires dixième Symphonie qui se puisse penser.Tout d’abord dans le son aigre des cordes: elles ont eau jouer juste, elles ne font pas le poids face aux demandes du compositeur en ce qui concerne les autres ; istruments.Les bois ont de beaux moments.Les gros t'oblèmes viennent des cuivres.Le motif rythmique arpégé de cette symphonie, qui evient dans tous les mouvements, déguisé ou non, ne asse pas inaperçu.Philippe Herreweghe nous montre bien, sans subtilité aucune, qu’il l’a bien enten-u et le fait sonner fortissimo sur l’ensemble.Ainsi, ce tii devrait être un aboutissement de développement, ne résolution de tension ou une tournure psycholo-ique souvent triomphante, se transforme en déchiru-; e du tissu orchestral.L’«idée fixe» de Schumann erase tout sans raison, réduisant la musique en lambeaux.De plus, chaque fois que les cors ou les trompettes ont un accompagnement un peu rythmique à réaliser, on ¦'entend plus qu’eux, ce qui fait passer au très second plan le vrai discours.L’effet de notes répétées en écho est bien joli, mais doit rester à sa place, c’est-à-dire en ac-ompagnement.La qüestion des instruments et des pratiques d’époque ne saurait être appelée à la rescousse.Le présupposé est que lés compositeurs écrivaient ce que les interprètes ou les instruments pouvaient faire.Beethoven a orgueilleu-ement changé cette façon de penser; beaucoup de com-positeürs vous le diront: le contexte de création n’est jamais le contexte idéal, imaginé et rêvé, et les pianistes vous diront que, même pianiste, Schumann est souvent ¦ anti pianistique».Ils font appel à du neuf, à un dépassement des choses; c’est un trait assez caractéristique des romantiques.Même sur un piano d’époque, j’en parle un peu plus loin, aucun pianiste ne penserait jouer les accords d’accompagnement de la main gauche plus fort que le thème de la main droite.Imaginez un peu les premier ou troisième mouvements de la Fantaisie avec la mélodie, où qu’elle soit, enterrée sous son accompagnement nourri.On appellerait cela une aberration.C’est ce qu’on entend dans cette symphonie.Pour commencer le disque, le chef s’adjoint les services d’Andréas Staier.J’ai déjà dit souvent tout le bien que je pense de cet instrumentiste et de sa vision du pianoforte, chez Mozart et Schubert notamment, où il arrive à convaincre par sa vision musicale et artistique plus que par la «curiosité» de la chose.Dans le Concerto op.54 de Schumann, on trouve l’exception qui confirme la règle.Le pianoforte n’a pas le souffle pour tenir ces grandes mélodies.C’est probablement pourquoi Schumann a mis tant de petites imitations dans sa partition, qu’un pianiste comme Louis Lortie fait si intelligemment ressortir, et qui ici, encore plus essentielles qu’elles devraient être, sont escamotées complètement.On entend un fantôme de concerto où les artistes abusent de leurs idées sur l’interprétation plutôt que se pencher amoureusement sur un texte.Le souffle est court, le panache timide et le lyrisme coincé.Ce n’est plus du décapage, c’est une véritable hécatombe, la mise à mort d’une page magistrale.On n’aura de plaisir que pour la bizarrerie acoustique de cet enregistrement.SCHUMANN Concerto pour piano Symphoniô n42 ANDREAS STAIER Odieilro.dos Chomps Elyv*ts PHUIPPÉ HERREWFGHF SHULAMIT RAN - MIRAGE Shulamit Ran: Mirage (1990); Hatzvi Israel Eulogy (1969); East Wind (1987); Concerto da Camera (1985); Sonatine pour deux flûtes (1961); 0 The Chimneys (1969).Mary Stolper, flûte (avec Mary Hickey dans la Sonatine); ensembles instrumentaux divers (Judy Kulb, hautbois et cor anglais; John Bruce Yeh, clarinettes; Bruce Grainger, basson et contrebasson; William Klingelhoffer, cor; Elizabeth Cifani, harpe; Christopher Oldfather, piano; Liba Shacht-Sharp et Peter LaBella, violon; Daniel Strba, alto; John Sharp, violoncelle; Douglas Waddell, percussion; Lucy Shelton, soprano) sous la direction de Cliff Colton.Erato 0630-12787-2 Il est toujours intéressant de se pencher sur un compositeur inconnu: on ne sait jamais ce qu’on va découvrir.Shulamit Ran est une jeune femme née en Israël en 1949.Dès l’âge de sept ans, elle se iyiet à composer des pièces pour piano, son instrument.A douze ans, elle se lance un défi: écrire pour d’autres instruments que le sien.C’est la Sonatine pour deux flûtes présentée ici.Une piécette attachante sans plus, mais qui montre un talent certain.Les études de piano se poursuivent, celles de composition aussi.Elle se met à fairç des tournées comme concertiste et s’établit aux Etats-Unis au début des années 70.Elle va même enseigner quelques temps à Halifax.Son arrivée en Amérique, et l’ouverture que lui apportent les tournées vont dramatiquement modifier son langage.La modernité la frappe et c’est à une évolution radicale qu’on assiste.Le vocabulaire devient expressionniste.Deux témoins: le panégyrique Hatzvi Israël et O The Chimneys; le premier, sériel à la Schoenberg des meilleures œuvres, le second avec l’inclusion de la bande.On écoute, étonné de tant de puissance expressive.Les gestes d’une époque savent bien se transposer à une autre quand on a plus que du talent.Ces deux pièces sont à entendre pour bien saisir la continuité du développement.C’est d’ailleurs un des grands intérêts du disque: un portrait chronologique d’une créatrice.SHULAMIT RAN Mirage Ctamlxr Mijî/c for finie MARY STOLPER flûte •; CLHT COLMOT conductor Établie à Chicago, c’est l’avalanche de prix et de reconnaissances.Et aussi le travail acharné.Je ne sais si l’échantillon présenté ici de son impressionnant catalogue est fidèlement représentatif, mais cette composi-teure est une personnalité remarquable, une lumière originale non pas tant par son langage que par la manière propre dont elle l’utilise, ce qu’on pourrait appeler style.En écoutant une pièce comme 0 The Chimneys, on se croirait à un concert de la SMCQ du début des années 80, l’ennui en moins.Le seul défaut des deux pièces vocales présentées ici est la soprano Lucy Shelton, assez quelconque dans sa couleur, une Pauline Vaillancourt ratée car à court d’imagination, de ressources et d’intelligence artistique.Oui, cela s’entend fort bien quand on ne fait que du bon solfège plutôt que de risquer la musique.C’est d’autant plus notable que des liens d’amitié profonde semblent unir les instrumentistes entre eux et à la compositeure.Cela aussi s’entend et augmente le plaisir d’écoute et l’envie de découverte.Le vieil adage s’avère encore juste: «Ma musique n’est pas moderne, elle est seulement mal jouée!» (Schœnberg).Plus ardu à l’écoute est le Concerto da Camera pour quintette à vent.Cela vient non pas de l’œuvre, mais d’une certaine allergie de ma part à cette formation.Je vous laisse donc partir à sa découverte seuls.Quant à la pièce pour flûte seule, East Wind, elle contient les effets orientalisants à la mode et montre ses affinités avec Chant de Linos et Densité 21.5.Entouré de tels monstres sacrés, il est difficile de soutenir le genre.Les cinq minutes ne sont pourtant pas perdues: comme toujours chez Shulamit Ran, il y a une grande souplesse dans le passage d’un état à un autre.Sensibilité féminine?J’aime à le penser.Un dernier mot sur Mirage, la pièce la plus récente (1991) qui donne son norq au disque.Une pure merveille.A elles seules, ces dix minutes valent l’achat.Je pourrais en parler comme je parle de tout ce que j’aime, allant de ravissement en ravissement.On a comme un aboutissement de la postmodernité: achèvement du mélange des styles sans hybridation, plein épanouissement d’une personnalité.La voix de l’artiste est reine et nous sommes les sujets comblés par sa musique.A découvrir.Semaine du 17 au 23 août 1996 écoutez LA DIFFERENCE À LA CHAÎNE CULTURELLE FM DE RADIO-CANADA Radio-Canada ’35* Radio Réseau FM Stéréo SAMEDI 11 AOÛT 6 h 04 U GRANDE FUGUE Musique, calendrier des émissions et des événements musicaux du week-end.Une émission de Lise Daoust.10 h RAYON MUSIQUE Magazine sur l’univers du disque.Anim.Johanne Laurendeau.Réal.Michèle Vaudry.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 DES MUSIQUES EN MEMOIRE - 10 ANS A l'occasion du 10' anniversaire de l’émission, l’animatrice présente une sélection d’émissions choisies parmi les concerts, documents et rencontres qui ont jalonné cette série.Le chant des enfants du monde.En 1990, un éducateur-aventurier partait faire le tour du monde à la recherche de chants d’enfants, pour les partager ensuite avec les auditeurs de notre émission.Six ans plus tard, après une collecte de plus de 1200 chansons, après la publication de huit disques, sans parler de ses conférences et expositions, Francis Corpataux poursuit sa quête.Nous vous proposons db réentendre la première entrevue qu’il nous a accordée.Réal.Lorraine Chalifoux.13 h 30 L'OPÉRA DU SAMEDI Ly Comte Ory de Rossini.Alessandro Corbelli (Raimbaud), Valérie Lecoq (Alice), Jeffrey Francis (Le Comte Ory), Nadine Chery (Ragonde), Choeur de l’Opéra et Orchestre de chambre de Lausanne, dir.Evelino Pido.Inv.Jean-Jacques Nattiez, professeur de musicologie à l’Université de Montréal.En complément de programme : récital d’Andras Sçhmidt, bar., et de Rudolf Jansen, p.Anim.Cyrille-Gauvin Francoeur.Réal.Maureen Frawley.17 h 30 LES GARDIENS DE LA MÉMOIRE Rencontre avec le père Germain Lemieux, qui s’est penché sur le folklore franco-ontarien et, plus particulièrement, sur celui de la région de Sudbury, dès 1948.Aujourd'hui : les études collégiales au Séminaire de Gaspé; le choix de la vie religieuse et la formation d’un jésuite.Int.Jean-Pierre Pichette, ethnologue.Anim.Elizabeth Gagnon.Réal.Roch Ducharme et Lorraine Chalifoux.18 h RADIOJOURNAL 18 h 10 LE PETIT CHEMIN Musique classique, chansons, jazz, folklore, poésie et extraies de pièces de théâtre.Une émission dejean Deschamps.20 h LE BIG BAND DU SAMEDI SOIR Vibrez au rythme des grands orchestres de Count Basic, de Duke Ellington, de Glenn Miller et de Tdmmy Dorsey.Une émission de Monique Giroux.22 h JAZZ SUR LE VIF En rappel : Groovus Maximus et Bill Mc Birnie (concert enregistré à Ottawa).Anim.Francine Moreau.Réal.-coord.Daniel Vachon.23 b LE NAVIRE « NIGHT » Dès lieux, des sons, des musiques, des mots, des gens.Explorations, créations, diffusions, mais surtout, une volonté d'être â l'écoute, de naviguer, nuit après nuit, dans des espaces inouïs.Anim.Mario Paquet.Réal.Hélène Prévost et Mario Gauthier.O H 04 LE CLUB DE MINUIT Phflippe Noireaut vous comie à partager ses émo-hofls et ses états d'âme par ses commentaires et les musiques de films qu'il joue pour vous fdem de 2).Réal.Claire Bourque Uï pmgrammatum de nuit est com/xtiée d émissions originales [traduites par ta Radio AM et d émissions du FM présentées en reprise DIMANCHE IB AOUT M 6 h 04 LA GRANDE FUGUE 10 h RENCONTRES EN MUSIQUE De* personnalités parlent de leur parcours et partagent avec les auditeurs des pages de musique qulls affectionnent tout particulièrement Une occasion sans pareille de faire des découvertes.humaines et musicales.Inv.Dominique Tessier, médecin.Anim.Gilles Dupuis.Réal.Michèle Mercure.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 ET LE 7* JOUR.Louis Malle : cinéaste (2' de 4).Pierre Billard, critique et historien du cinéma, raconte la vie et l’oeuvre de Louis Malle, de Vie privée à Calcutta.Ses propos sont illustrés par les témoignages des cinéastes Volker Schlôndorff et Jean-Paul Rappeneau, de la comédienne Alexandra Stewart, du scénaristeJean-Claude Carrière et du producteur Vincent Malle.Rech.à Paris : Janine Lepère.Une émission de Francine Laurendeau.S 13 h 30 FESTIVALS D'ÉTÉ Sfl Concert enregistré le 15 août 1996 à l’église I1* de Sainte-Pétronille dans le cadre du Festival de musique de chambre de Sainte-Pétronille.Dagmar Becker, fl., Wolfgang Meyer, clar., Marie Fabi.p.: Sonate pour clarinette et piano de Poulenc; Sonatepourjlûtteetpiano de Prokofiev; Duo pourflûte et clarinette de Jolivet; Sonatine pour clarinette et piano de Martinu; Tarentelle pour flûte, clarinette et piano de Saint-Saëns.Anim.Renée Hudon.Réal.Chantal Bélisle.15 h LE TEMPS PERDU.William Faulkner el Carson McCutlers.Puisque nous baignons dans la Lumière d'août, puisqu’une biographie de William Faulkner et scs scénarios de films étaient publiés récemment, et que la Bibliothèque de la Pléiade faisait paraître le deuxième tome de ses Oeuvres romanesques, puisque Josyane Savigneau publiait l’automne dernier une biographie de Carson McCullers sous le titre Un coeur de jeune fille et que scs Romans et Nouvelles étaient réunis récemment dans la collection La Pochothèque, l’émission d’aujourd’hui est consacrée à ces deux grands écrivains du sud des États-Unis.Inv.Jacques Brault, Jean-François Chassay, Marcel Labine et Monique Larue.Lect.Louise Bombardier et Vincent Davy.Une émission de Stéphane Lépine.S 16 h 30 L'HISTOIRE AUJOURD'HUI Sfl La fin des empires coloniaux après la Seconde 1^® Guerre mondiale.Liastauration de l’assurance-chômagc au Canada Le Saguenay quelques arpents d’Amérique.Une toile d’araignée appelée Internet.La petite histoire des Arméniens du Québec.Inv.Gérard Bouchard et Aida Boujikanian.Collab.Georges Langlois, Marcel Martel et René Mailhot.Anim.Mario Proulx.Réal.Pierre Lambert.17 h 30 TRIBUNE DE L'ORGUE Récital de Marc-André Doran à l’orgue Wolff de l’église de la Visitation, à Montréal.Oeuvre de Rheinberger.Anim.Normand Séguin.Réal.Jacques Boucher.S 18 h 30 AUJOURD'HUI LA MORT Sfl Le suicide.La mort par le suicide est mal 1^® perçue socialement.Les proches d’un suicidé se nourrissent de culpabilité.Pourquoi se suicide-t-on?Inv.Éric Volant, éthicicn.Une émission de Serge Bureau.19 h LES JEUNES ARTISTES Trio de cuivres : Valérie Tremblay, cor, Sylvain Doré, tp., Stéphane Villeneuve, tb.: Sonatine en trio de Bardin; Sonate de Poulenc; Voyage de Muczynski; Trio (1967) de Frackenpohl; extr.Trio de Keyes; extr.Trio de Cowell; Tricorne d’L’ber, Sedalia de Frackenpohl.Anim.Line Boily Réal.Jean-Marc Gagnon.Réal.-coord.Michèle Patry.20 h RADIOJOURNAL 20 h 04 ÉLOGE DE L'INDIGNATION L indignation et ses effeLs sur les personnes, connues ou inconnues, qui l’éprouvent et la pratiquent.Une émission d’Hélène Pedneault 21 h RADIOS D'EUROPE Le [>arter français dans le monde Rappeurs et raggamufnns Enquête sociologique dans les banlieues auprès de groupes de rappeurs et de rammuffinv professionnels < kj non.comme le Missma Miuna Msiem, qui n tteiange provençal.catalan, arabe et français.Jean-Louis Calvet évoque un argot qui n’existe pas, une
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