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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-07-18, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR Vol.L X X X V I I - No 106 Mi ch el Ve une PERSPECTIVES Numéro 1 dans un monde mal foutu Le Canada se classe en 1996, pour la quatrième fois en sept ans, au premier rang du palmarès des pays du monde, établi selon un indicateur du développement humain par un organisme des Nations unies.Le rapport publié hier montre toutefois que ce premier rang est aléatoire.Il indique que le Canada, tout en restant en tête, est l’un des trois seuls pays industrialisés à s’être appauvri depuis 10 ans.Surtout il signale que le Canada est le premier pays d’un monde mal foutu où l’écart entre riches et pauvres augmente.e Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) publie depuis 1990 un rapport annuel sur le développement b y dans le monde.Dans ce rapport, l’indicateur L-»# composite du développement humain classe les pays sur une échelle de mesure qui combine trois éléments: l’espérance de vie à la naissance (qui donne la mesure de l’état général de santé de la population), le niveau d’éducation et le pouvoir d’achat.En 1992 et en 1995, lors des deux plus récentes batailles référendaires, les premiers ministres canadiens Brian Mulro-ney et Jean Chrétien ont utilisé la première position du Canada dans cette liste de 174 pays pour favoriser l’unité nationale en affirmant que le Canada est «le meilleur pays au monde», celui où la qualité de vie serait la meilleure.Or, à la lecture du rapport 1996 comme des précédents, on constate que cette première place doit être relativisée.1) D’abord, l’indicateur a été conçu surtout pour mesurer les progrès dans les pays en voie de développement, fi est de peu d’utilité pour comparer les pays industrialisés entre eux.L’écart entre le premier rang et le 20e, .occupé par l’Italie, n’est que de 37 points çur mille.A peine 11 points séparent le Canada des Etats-Unis qui sont au 2e rang.En fait, l’indicateur ne montre qu’une chose, soit que le Canada fait partie du peloton de tête des pays les plus développés.Est-il premier ou sixième?Ce palmarès n’est pas assez éclairant pour le déterminer.En outre, cet écart entre le Canada et les Etats-Unis vient du fait que l’on attribue au Canada 100 points sur 100 pour l’une des variables utilisées pour calculer l’indicateur, soit le taux de scolarisation.Les Américains récoltent 96 points.De même, le Canada comme 25 autres pays se voit attribuer la note de 99 points sur cent au cha-Le Canada pitre de l’alphabétisation.Le rapport nous apprend pourtant que 24 % des est premier adultes au Canada, contre 17 % aux ,, j Etats-Unis, n’ont pas terminé leurs a un monde études secondaires.En outre, une étude réalisée en 1989 par Statistique Canada montre que 16 % des Canadiens adultes sont des analphabètes fonctionnels.D’autre part, le Canada bien que premier, n’est que septième au inégalités ne monde en termes de pouvoir d’achat de ses habitants.II est sixième pour la participation des femmes à l’activité économique et politique.II est huitième pour ce qui est de la répartition des revenus entre les classes sociales.Les 20 % de Canadiens les plus riches détiennent sept fois plus de revenus que les, 20 % les plus pauvres.Ce rapport est de neuf aux Etats-Unis, de quatre au Japon.Le Canada se range par ailleurs au troisième rang mondial pour ce qui est du nombre de crimes par 100 000 habitants reliés au trafic de la drogue.II détient le septième plus haut taux de chômage parmi les vingt premiers pays au monde.2) Deuxièmement, si le Canada se classe premier, il figure parmi les trois seuls pays industrialisés dans le monde, avec la Finlande et l’Islande, côtoyant le Burundi et le Bénin, dont la situation économique «se dégrade depuis dix ans ou plus».En clair, les Canadiens sont plus pauvres qu’ils ne l’étaient durant la décennie quatre-vingt.3) Enfin, si le Canada est premier de classe, ce qui reste en soit incertain, il est premier d’un monde où, selon le rapport du PNUD, les inégalités ne font que s’accroître.«Si les tendances actuelles se poursuivent, écrit le PNUD, les disparités économiques entre les pays industrialisés et les pays en développement ne seront plus seulement inéquitables mais deviendront inhumaines.» Voici quelques chiffres: le quart de l’humanité est plus pauvre aujourd’hui qu’il y a 15 ans; il y a dans le monde 358 milliardaires dont la fortune dépasse à elle seule celle de 2,3 milliards de personnes qui composent 45 % de la population mondiale; 80 % du monde se partage 15 % de la richesse.Plus d’un milliard d’habitants n’ont pas accès aux services de santé et d’éducation, ni à l’eau portable ou à l’alimentation dont ils auraient besoin.II est vrai que 15 pays ont une croissance économique exponentielle, surtout en Asie.Mais cette croissance, selon le rapport, est dans bien des cas sans création d’emplois, sans égard aux plus pauvres, sans démocratie, sans racines culturelles ou sans avenir.où, selon le rapport du PNUD, les font que s’accroître INDEX METEO Agenda Avis publics.Classées Culture 3 Montréal Ensoleillé avec passages nuageux.Venteux.Max: 28 Économie .B2 Éditorial Afi — Québec Le monde .AS IjjF Ensoleillé.Venteux.Max: 27 Mots croisés.-B6 Détails en B 4 Les sports .B5 M 0 N T R É A L , ÉCONOMIE Coca-Cola absorbe Naya pour 161 millions PAGE A 5 18 J U 1 L L E T 1 9 9 MONTRÉAL Le Dr Saint-Laurent acquitté ^ par Vun, radié par Vautre PAGE A 3 + T V Q / T o r o n to IS LES RÉGIONS Pas de montgolfières dans ma cour! PAGE B 1 Le général Baril dénonce le «manque grave» de leadership militaire Donnant en partie raison au caporal Purnelle, il ouvre deux enquêtes et annonce qu’il punira 34 officiers et soldats JOCELYN COULON LE DEVOIR / Ebranlé par les récentes révélations sur les bavures de soldats en Bosnie, le chef de l’armée de terre canadienne, le lieutenant général Maurice Baril, a mis en doute hier «la qualité du leadership» militaire et annoncé des mesures pour rétablir la crédibilité de l’institution.Le général a choisi de frapper fort pour éviter que cette affaire en Bosnie ne prenne les dimensions du scanda- le somalien.Il a annoncé deux mesures: la tenue au sein de l’armée de terre d’une enquête en profondeur sur le comportement «inacceptable» de certains soldats envoyés comme Casques bleus en Bosnie en 1993 et 1994; et la création d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur la source de ce comportement, «le manque grave et généralisé de leadership» au sein de l’institution militaire.Il existe une «preuve claire» que des soldats canadiens ont commis au cours de leur mission en Bosnie des actes répréhensibles, allant de la violence à l’endroit de patients hospitalisés à l’hôpital de Bakovici à des cas d’«inconduite sexuelle» avec des infirmières de l’établissement, a déclaré le lieutenant général Baril au cours d’une conférence de presse.En janvier dernier, le commandement de la base militaire de Valcartier avait démenti les accusations portées par le personnel de cet hôpital pour handicapés mentaux VOIR PAGE A 8: BARIL f f PHOTO JACQUES NADEAU LE LIEUTENANT GENERAL Maurice Baril a fait son entrée hier dans une salle de la base de Saint-Hubert sous les regards des membres de son état-major.Il existe, a-t-il dit, une «preuve claire» que des soldats canadiens ont commis au cours de leur mission en Bosnie des actes répréhensibles.V & J* >' ' ••• •"! Renaud-Bray est sauvé Le Fonds de solidarité met la main sur 49 % des actions; Champigny se sent floué JEAN CHARTIER LE DEVOIR Le Fonds de solidarité de la FTQ a réussi un coup de maître en acquérant 49 % des actions des librairies Re-naud-Bray pour un investissement de 1,7 million.Cette transaction survient après que 160 créanciers sur 170 eurent approuvé lors d’une deuxième assemblée mouvementée le paiement de 30 cents pour chaque dollar de dette.L’affaire Renaud-Bray trouve ainsi son dénouement Depuis quatre semaines, les négociations autour de Renaud-Bray ont connu de multiples rebondissements, mais les trois derniers jours en ont laissé plusieurs pantois, dont les frères Talbot, propriétaires des librairies Champigny.Ceux-ci se sont sentis floués par la nouvelle entente et ils n’ont pas manqué de le montrer à plusieurs occasions hier matin lors de l’assemblée des créanciers.En fait le vent a tourné vendredi dernier, selon les informations obtenues par Le Devoir.Le Fonds de solidarité s’est rendu compte qu’il serait très difficile d’en arriver à un investissement dans la fusion bien ficelée des librairies Renaud-Bray et Champigny le 17 juillet, date de l’assemblée des créanciers de Renaud-Bray.Dès lundi, une proposition a été faite en bonne et due forme à Pierre Renaud pour un investissement du Fonds VOIR PAGE A 8: RENAUD-BRAY CULTURE Festival d’Avignon: aux sources de rOccident PAGE B 8 Le pays de mon père Mais pourquoi arrives-tu si tard, Mathilde?Nous publions le quatrième chapitre du voyage au pays de Trois-Pistoles auquel Victor-Lévy Beaulieu convie les lecteurs du Devoir tous les jours jusqu’au 27 juillet -4- VICTOR-LÉVY BEAULIEU Au milieu de la nuit, la tempête se déchaîne.Je rêve mollement, ma tête appuyée contre celle de Samm.Mon esprit fatigué ne s’arrête sur rien, faisant ces sauts de puces tout au fond de ma mémoire: dans la rue Notre-Dame des Trois-Pistoles, une flèche est lancée et frappe dans l’œil gauche celui qu’on appelle Ti-Gus parce qu’il est idiot et mange la morve qui lui coule du nez; derrière la maison, les cochons de Job Horton grognent, la tête passée entre les planches de l’enclos; sur le vieux pont de fer de Tobune, le train roule, ébranlant la nuit de son vacarme.De simples fragments, sans liens entre eux, comme toutes ces photos qui recouvrent les murs de l’appartement du vieux Ter-rebonne.C’est fugace et peut-être sans aucune signification.Puis il y a ce cri, si soudain et si terrifié que je bondis de ma chaise, traverse la cuisine et ouvre la porte de la chambre de mon père.Il est assis par terre à côté du lit et crie: — Mathilde! Il faut que tu viennes, Mathil- de! Je ne serai jamais capable de m’endormir si tu ne viens pas! Je voudrais dire à mon père que Mam ne peut pas l’entendre parce qu’elle est morte, il y a dix ans déjà, dans les douleurs infinies de ce cancer qui lui a dévoré le ventre.Mais les mots ne sortent pas de ma bouche.Je m’accroupis devant mon père, mets les mains sur ses épaules, et c’est aussi froid que la mort Je dis: — Pa, je suis là Tu n’as donc plus besoin de crier.— Je savais que je pouvais compter sur toi, Mathilde.Mais pourquoi arrives-tu si tard, Mam?Ce n’est pas à moi que mon père s’adresse, mais à sa propre mère.Par quelle aberration de son esprit mon père les confond-il toutes les deux, seulement parce qu’elles ont porté le même prénom de Mathilde et qu’il les a aimées autant l’une que l'autre?Je dis: — Mam n’est pas ici.Et grand-mère Mathilde non plus.Je suis Abel et je vais t’aider à remettre ton pyjama.VOIR PAGE A 8: MATHILDE Plus cher, plus gros, plus chaud Pour les Jeux, la petite Atlanta a qoulu se faire colossale.A n’importe quel prix.Il y a six ans, Atlanta et son directeur du Comité olympique Billy Payne réussissaient à force de sourires, de poignées de mains et des dollars de la réussite commerciale à secouer le mouvement olympique: devancer Athènes pour la présentation des Jeux du centenaire n’était Atlanta Q99 pourtant pas une mince tâche.ItwD Depuis, la métropole géorgienne sans grande histoire crie à qui veut l’entendre que les XXVIe Jeux olympiques de l’histoire moderne seront les plus grands.YVES D’AVIGNON LE DEVOIR Coca-Cola achète les Jeux du Centenaire.» En matière d’aphorismes, on ne pouvait trouver mieux.En 1990, Melina Mercouri, actrice-ancienne députée-membre de la délégation grecque, avait tout simplement dit tout haut ce que plusieurs ne cessaient d’évoquer.Depuis ce jour, Atlanta a littéralement embouteillé le mouvement olympique pour faire de la rencontre sportive quadriennale un événement ultraspectaculaire, une VOIR PAGE A 8: ATLANTA I, E I) E V 0 I R .L E .1 E 1! I) I 18 .1 U ! I.I.E T I t) !) (i A 2 MONTREAL ?Exposition I Traces de vie I insolites au Biodôme CAROLINE MONTPETIT j": LE DEVOIR L5 homme a ramassé, pour illustrer i son propos, des vieux jeans, une valise, des tubes de peinture à l’huile, un téléphone ou un sac.Il les a agencés sous forme de tableaux.L’exposition qui en résulte s’intitule Traces de vie .C’est l’œuvre du Français Richard Rak, qui est présentée depuis - le 11 juillet au Biodôme de Montréal.Le tout présente une collection qui mélange les corps d’animaux, les objets usuels et la création artistique, de laquelle se dégagent des réflexions sur la vie moderne.Un tableau intitulé Bruit qui court montre un tuyau de robinet parcouru de pattes.Parlez-moi d’amour, ou les autoroutes de la communication, montre un téléphone affublé d’une bouche grimaçante et d’une oreille attentive.Cher Théo, manifestement un hommage à Van Gogh, réunit une oreille et des tubes de peinture.Le Massacre de la Saint-Valentin , une , sorte de pierre tombale à l’attention des amours défuntes, est sans doute une allégorie représentant l’instabili-l té amoureuse moderne.Variation sur le même thème et en référence ; à Marivaux, La Seconde Surprise de ; l’amour, est illustrée par un piège à ; souris.Une série de tableaux, nommés respectivement masquiri jaune, et masquiris 1 et 2, présentent des insectes nouvelle vague, dont les corps sont composés à la fois de peaux de cuirs bariolées et d’instru-! ments usuels divers.Les œuvres ! sont regroupées en plusieurs ensembles: vanités, nostalgies, et jeux d’anges.Une autre partie de l’exposition, intitulée Ultramarine, un ensemble de peintures et d’objets-peintures, dont chaque œuvre est titrée d’un vers du poème Le Bateau ivre, d’Arthur Rimbaud.La collection s’adresse aux voyageurs «immobiles ou au long : cours».Les œuvres sont fabriquées ¦ d’objets qui ont déjà une certaine histoire maritime: du bois, ou des morceaux d’épaves rejetés par la mer.Diplômé de l’école des Beaux-Arts de Reims, M.Rak s’est creusé une habitation dans une falaise de calcaire, nommée Manoir de Caillère, à Coutures en France, dans laquelle sont installés son atelier et sa galerie d’art.Traces de vie est au Biodôme j jusqu’au 24 novembre 1996.Secteur Villa-Maria Les sœurs rompent le silence Deux couvents seront transformés en centres pour personnes âgées, le troisième gardera sa vocation d’enseignement FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR Les trois congrégations religieuses du secteur Villa-Maria — les religieuses adoratrices du Précieux Sang, les sœurs de la congrégation de Notre-Dame et les sœurs de la Providence — ont finalement rompu le silence à propos du projet immobilier prévoyant la construction de 172 logements dans le parc de l’ancien monastère, dans Notre-dame-de-Grâce.En conférence de presse hier, les religieuses adoratrices du Précieux Sang ont voulu rassurer la population à la suite de l’acceptation de l’offre d’achat de promoteurs sérieux en juillet 1994.On se rappellera que ce projet avait suscité de nombreuses inquiétudes chez les habitants du secteur Villa-Maria.La porte-parole de la congrégation, sœur Thérèse Plante, a expliqué que les religieuses avaient gardé le silence, tout au long des consultations sur l’avenir du monastère, car elles croyaient «que ce n’était pas le bon endroit pour en discuter».Sœur Plante a par ailleurs précisé que le monastère ne serait pas détruit et que les unités pour les personnes âgées seraient aménagées à l’intérieur même du bâtiment.Le nombre de jeunes filles qui choisissent la vocation religieuse ayant diminué radicalement au cours des dernières années, les sœurs adoratrices du Précieux Sang ont dû fermer plusieurs monastères au Canada depuis quelques années.Celui de Notre-Dame de grâce l’a été en 1990.«Ce processus de regroupement et de recomposition de nos effectifs doit se poursuivre, nous ne pouvons y échapper» a-t-elle déclaré, s’estimant heureuse que le monastère ne soit pas détruit, mais qu’il soit seulement réaménagé pour l’implantation des résidences pour personnes âgées.Sœurs de la Providence Les sœurs de la Providence ont quant à elles annoncé qu’elles ont décidé de conserver leur résidence du secteur nord de Villa-Maria, située au 5240, chemin de la Côte saint-Luc, et de la convertir en résidence pour personnes âgées autonomes ou en légère perte d’autonomie et ce, sans qu’aucune modification ne soit apportée au terrain.La porte-parole, sœur Thérèse Plante, a déclaré que la résidence comptera environ 110 unités — chambres et petits studios — qui seront en location dès l’an prochain.De mai 1995 à mai 1996, les sœurs de la Providence avaient mis en vente le terrain et le bâtiment de la congrégation, situés au 5240, chemin de la Côte Saint-Luc.Elles ont finalement décidé de trouver une autre vocation au bâtiment puisque les offres présentées à la communauté en ce qui a trait aux modifications qui auraient été apportées au bâtiment et au terrain ne correspondaient pas aux objectifs de la congrégation.Congrégation de Notre-Dame Enfin, la congrégation de Notre-Dame, propriétaire de Villa-Maria — sise au 4245, boulevard Décarie à Notre-Dame-de-Grâce et voisine de la propriété des sœurs adoratrices du Précieux Sang — a pour sa part déclaré qu’elle n’a aucunement l’intention de disposer de portions de terrains situées à cet endroit, à court terme.La porte-parole de la congrégation, sœur Raymonde Plouffe, s’est dite consciente «des difficultés de la vente de la propriété voisine des sœurs adoratrices du Précieux Sang».Elle précise toutefois que la vente de cette propriété n’aura aucune incidence sur la leur.«Nous n’avons donc pas d’objection aux projets de développement préparés par l’architecte Aurèle Cardinal.» Elle ajoute cependant, que compte tenu de la fonction d’enseignement de Villa-Maria, la congrégation de Notre-Dame estime nécessaire que les deux propriétés continuent d’être clairement délimitées comme elles le sont présentement par le mur d’enceinte du monastère du Précieux Sang.Randonnée nostalgique Des Montréalais retournent au Stade à la recherche de la magie de 1976 MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Quelques Montréalais ont pris un coup de vieux hier alors qu’ils déambulaient au cœur des installations olympiques de 1976.Histoire de célébrer le vingtième anniversaire de la tenue des Jeux olympiques à Montréal, c’était portes ouvertes toute la journée à la tour du stade olympique et plusieurs ont sauté sur l’occasion pour se replonger dans leurs vieux souvenirs.«Le fait d’assister aux Jeux, de faire partie de cette aventure extraordinaire, juste ça c’était un sentiment que je n’oublierai jamais.» Jacynthe Corriveau avait 17 ans lorsque quelque 6000 athlètes de plus de 90 pays ont envahi la Métropole pour épater la galerie et tenter l’impossible afin de revenir médaille au cou.Hier avant-midi, Mme Corriveau, son époux et leur marmaille avaient décidé de commencer l’aventure des Jeux — ceux d’Atlanta débutent vendredi avec la cérémonie d’ouverture — en allant faire un saut au parc olympique.«Nous voulions montrer ça aux enfants, leur donner un aperçu de ce que nous avons vécu en 1976 et aussi leur donner le goût de suivre les Jeux d’Atlanta», explique Mme Corriveau.Ils étaient deux jeunes étudiants peu fortunés, absorbés par un emploi d’été qui leur laissait peu de temps pour les loisirs mais dès qu’ils en ont eu l’occasion, piqués par la,curiosité, ils ont filé vers l’est de la ville pour «aller voir».«A la toute dernière minute on a réussi à se procurer des billets pour un match de soccer, raconte Mme Corriveau.C’était le Canada contre la Yougoslavie.Le Canada a perdu mais ça importait peu parce que l’ambiance dans le stade était géniale.» Enveloppés par la magie des Jeux, les Corriveau se précipitent sur le téléphone et convainquent leurs familles respectives de venir faire un tour à Montréal.«On leur a dit, vous ne pouvez pas manquer ça!» Quatre heures durant, ils font la queue pour mettre la main sur des billets pour tout le monde.Vingt ans plus tard, la folie des Jeux brille dans les yeux de Claire-Marie Corriveau, 12 ans, qui espère bien que ses genoux fragiles ne l’empêcheront pas de poursuivre sa lancée en plongeon.Sait-on jamais, ses heures d’entraînement acharné au centre Claude-Robillard la mèneront peut-être au faîte olympique, là où ses idoles, Annie Pelletier et Philippe Comtois, espèrent bien grimper cet été.Parmi la foule de touristes ravis d’apprendre que la montée en funiculaire, le long de la tour, ne coûtait pas un sou — Really?Because of the twentieth anniversary of the Montreal Games?Great! — René Desmarais, qui n’aurait pas manqué cette date anniversaire pour tout l’or du monde.Le 17 juillet 1976, l’homme de 57 ans aujourd’hui entreprenait une série de quinze jours de.travail.Vêtu du veston jaune que portaient les officiels, il jugea pendant presque toute la durée des Jeux trois épreuves d’athlétisme: le lancer du disque, du javelot et du marteau.«Alors que pour la majorité c’était une partie de plaisir et une aventure à ne pas manquer, pour moi c’était l’ouvrage qui commençait!» De 7h à 23h — «et pour 20 $ par jour» —, René Desmarais note sur un bout de papier les perfor- mances des athlètes.Au sommet de la tour, on trouve un espace où une exposition du Musée de la civilisation replonge les visiteurs dans l’ambiance des Jeux de 1976.Devant un téléviseur qui passe en revue les meilleurs moments de cet été, M.Desmarais regarde attentivement chacun des passages où on pourrait le voir parmi la masse de petits hommes jaunes.«Après les Jeux, tout ce dont on a parlé c’était les coûts, la dette, le stade, raconte-t-il, amer.On a oublié les performances des athlètes et le travaille tous ces gens qui ont besogné dur.On ne parle que d’argent» Alors que les visiteurs — l’effet portes ouvertes a attiré deux fois plus de gens qu’à l’habitude — s’émerveillaient devant les quatre-vingts kilomètres de vision panoramique du sommet de la tour, Louis-Philipp,e Lamy, 36 ans, fouille lui aussi dans sa boîte à souvenirs.A Boisbriand, où le jeune homme de 16 ans vivait la Ville avait distribué à gauche et à droite moult congés afin de permettre aux citoyens d’aller encourager une des leurs, Lucille Lemay, experte au tir à l’arc.«Je n’ai pas pu y aller mais je me souviens de la fierté des gens du village, explique-t-il.J’ai assisté à des épreuves de gymnastique et j’ai été étonné par le calme qui régnait dans le lieu.» Et que disent-ils de la facture salée qui accompagna la fierté d’avoir les Jeux?«On a payé pendant longtemps mais je crois que tous ces souvenirs et le bonheur d’avoir eu les Jeux prennent le dessus sur les problèmes d’argent», conclut M.Lamy.En attendant que revivent les Jeux par chez-nous — «Québec les aura peut-être ses Jeux, il ne faut pas désespérer» —, le téléviseur fonctionnera sans arrêt au cours des prochains jours alors que la magie olympique laissera ses traces non plus à Montréal, mais à Atlanta.MACADAM estivale ¥5 Venez profiter de nos «Prix fraîcheur» et obtenez une réduction allant jusqu'à 40% sur tous nos meubles et accessoires en inventaire.M i S m D / ht/iimoi Centre Décor 440, 3932 Autoroute Laval Ouest, Laval, Québec H7T 2P7 (514) 687-6867 La conseillère responsable de la police a dû rebourser 15 000 $ à l’aide sociale BRIAN MYLES LE DEVOIR La conseillère du district de Ma-rie-Victorin, et présidente de la Commission de la Sécurité publique de la CUM, Kettly Beauregard, a déjà touché dans le passé des prestations d’aide sociale alors qu’elle n’y avait pas droit.Elle a donc été contrainte de rembourser 15 172 $ au ministère de la Sécurité du revenu une fois élue conseillère sous la bannière de Vision Montréal.Mme Beauregard a fait l’objet d’une poursuite civile du ministè- re en septembre 1995, moins d’un an après avoir été élue dans l’équipe de Pierre Bourque.Elle a dû rembourser une somme de 7161 $ et des frais d’intérêts de 8011 $ au gouvernement, en vertu d’un jugement de la Cour du Québec.Mme Beauregard estime néanmoins que ses démêlés avec l’aide sociale — aujourd’hui chose du passé — n’affectent en rien sa crédibilité à titre de présidente de la Commission de la Sécurité publique.«Je suis une personne qui est très très fière de moi-même et je n’ai rien à me reprocher.Et c’est tout.» Mme Beauregard avait touché des prestations d’aide sociale en 1979 et en 1980 alors qu’elle étudiait en Sciences politiques à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).À cette époque, l’étudiante Kettly Beauregard bénéficiait de prêts et bourses gouvernementaux et elle avait omis de le déclarer au ministère, selon un document provenant de la Commission des Affaires sociales.La loi ne permet pas aux étudiants de recevoir à la fois des prêts et bourse et de l’aide sociale.S’estimant victime d’une «erreur administrative», Mme Beau-regard a contesté un avis de remboursement du ministère des Affaires sociales émis en 1981 devant la Commission des affaires sociales.dix ans après l’expiration du délai prévu pour la contestation.«Pour moi, ce n’était pas normal de me demander de rembourser cet argent», a expliqué hier Mme Beauregard, qui se trouvait sans emploi en 1981.«Je pensais que c’était juste une erreur administrative qui pouvait être clarifiée», a ajouté Mme Beauregard pour justifier le long délai entre la réception de l’avis de réclamation, en 1981, et sa demande de révision, en 1991.Après que le gouvernement eut obtenu la permission de saisir son salaire de conseillère à la source, en septembre 1995, Mme Beauregard a remboursé la totalité de sa dette.Aucune accusation criminelle ne pourra être portée contre elle.Grand solde d’été au ^^lulo 402-hommc* 50% et plus Costumes 100% laine ou 100% lin rég.895 $ Solde 395 $ Vestes en lin ou peire laine rég.495 $ Solde 250 $ Pantalons d’été rég.250 $ Solde 95 $ Vêtements importés d'Italie et griffés.À votre service depuis 15 ans 1118, rue Sainte-Catherine O., Suite 200, Montréal (Québec) H3B 1H5 té/.: 061-3636 Du lundi au vendredi de 9h30 à 18h Samedi de 10h à 16h 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(i A 3 -* LE «- —- MONTREAL ROGER ROY Horloger bijoutier 935, La Gauchetlère Ouest Montréal H3B 2M9 Siège social du CN «si4.sai.44ev ?Zodiac IWlI I • ISIS La montra sport par oxcotlonco Un psychiatre accusé d’agressions sexuelles est acquitté par la Cour mais radié du Collège des médecins L’une des deux plaignantes compte intenter une poursuite civile contre le Dr Saint-Laurent MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Au terme d’un procès qui aura duré trois ans, la Cour du Québec et le Collège des médecins ont rendu hier des décisions contradictoires en ce qui a trait aux deux accusations d’agressions sexuelles qui pesaient sur le psychiatre Claude Saint-Laurent, la première instance acquittant le médecin et la seconde le radiant pour une période de cinq ans.Sans statuer sur le fait qu’il y ait eu agression sexuelle ou non, le juge Gilles Cadieux acquitte le médecin des accusations qui pesaient contre lui en invoquant le fait que les deux ex-patientes impliquées dans cette affaire «ont conservé leur liberté de choix» au moment où les événements se sont déroulés.Le psychiatre de 67 ans était accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec deux patientes entre 1981 et 1991.Depuis 1991, le Dr Saint-Laurent faisait face à des accusations d’agressions sexuelles à la cour crimi- nelle alors que le comité de discipline du Collège des médecins le jugeait pour les mêmes motifs.Le procès a tellement traîné que le Collège a eu amplement le temps d’entendre toute l’affaire, de sorte que la décision rendue en avril 1995 n’a été divulguée qu’hier.Un ordre formel de non-publication — en raison de la tenue prarallèle du procès au criminel — en empêchait la divulgation.Le Dr Saint-Laurent a continué de pratiquer pendant toute la durée des différentes procédures juridiques.Complètement «détruite» par la décision du juge Cadieux, l’une des deux plaignantes, Véronique, affirmait hier avoir l’impression d’être «agressée à nouveau, par la société cette fois».«J’ai l’impression que je crie, que je hurle mais que personne ne m’entend.Quand les femmes auront-elles le droit d’être vulnérables sans avoir peur d’être abusée dans la rue ou même dans un bureau de médecin?» Véronique compte intenter des poursuites civiles contre le Dr Saint-Laurent avec l’aide de son avocate, M1'Josée Grandchamp.«J’aimerais que les gens se mobilisent, femmes et hommes, que tout le monde soit conscient de la violence subie par les femmes.Tout ça prend des proportions gigantesques et ça me fait peur!» Toujours suivie par un thérapeute, Véronique lance un appel à la population et souhaite que sa voix soit entendue «pour que des histoires semblables connaissent un meilleur dénouement que celui que nous avons connu».La seconde ex-patiente, Josée Maire, estime qu’une «histoire de gros sous» vient expliquer la victoire de l’un et la défaite des autres.«Il avait tout l’argent qu’il voulait pour se payer les meilleurs avocats, pas nous.» Elle affirme que le Collège des médecins a failli à son rôle de protecteur du public dans toute cette histoire et compte demander qu’une enquête publique soit tenue.Soulagé de la décision du juge Cadieux, le Dr Saint-Laurent, qui n’a pas cessé de pratiquer depuis le début du procès, entend porter en appel la décision du Collège des médecins de le radier de la profession.J’irai revoir mon Arménie Un groupe de jeunes d’origine arménienne partent panser les plaies de leur mère-patrie PHOTO JACQUES NADEAU À la cathédrale arménienne St-Grégoire-lTlluminateur, 21 jeunes Canadiens se préparaient à partir en mission humanitaire dans leur pays d’origine.m W SdfaîV ris» Ï*'Ï**$S*\ ***.:*> Ht ¦5- .SÉfifesSl! "msÆ ANDRÉE BOISSELLE LE DEVOIR Chargés de plusieurs dizaines de valises remplies d’habits de neige, un groupe de 21 jeunes Canadiens d’origine arménienne prenait hier le chemin de sa terre ancestrale.Rassemblés par le Diocèse canadien de l’Eglise arménienne apostolique, ils forment la Mission de la jeunesse canadienne en Arménie (CYMA).Depuis 1992,140 jeunes Canadiens de première ou deuxième génération ont travaillé à soulager les maux de leur mère patrie, durement touchée par le tremblement de terre de 1988 et soumise à un blocus énergétique de la part de l’Azerbaïdjan à cause d’un conflit territorial au Haut-Karabakh.Dans le hall de la cathédrale arménienne d’Outremont, on se bousculait en riant à quelques heures du grand départ.Fébriles, les jeunes bénévoles entassaient leurs bagages, en nombre bien plus grand que ce qui est permis d’ordinaire par les compagnies aériennes.Mais les autocollants sur chaque valise, affichant «Aide pour l'Arménie», contribuent à faire tomber les règlements trop restrictifs.La diaspora arménienne, provoquée par les massacres turcs de 1915 à 1918, a fait en sorte que seule la moitié du peuple de six millions de gens vit aujourd’hui en Arménie.Pour Vania Artinian, jeune torontoi-se de 23 ans, la mission sera l’occasion de voir pour la première fois le pays de ses aïeux.«l\Jême si mes parents sont nés en Egypte, c’est l’Arménie qu’on appelle notre patrie», dit-elle.Vania attend avec joie la rencontre des sept Egyptiens d’origine arménienne qui se joindront à la CYMA à Erevan, capitale du pays.Quant au père Shenork Souin, c’est la deuxième fois qu’il accompagne la petite troupe.En décrivant le long voyage qui doit le conduire, lui et ses missionnaires en herbe, de Paiis à Erevan et d’Erevan à Dilijan, il écarquille soudain les yeux et crie: «Qui a gardé sa lampe de poche sous la main?» Quelques «moi!» répondent, à son grand soulagement.Il vient de se rappeler qu’à l’aéroport d’Erevan, comme partout ailleurs au pays, on circule à tâtons dès la nuit tombée.L’Arménie doit importer 95 % de ses besoins énergétiques, et depuis le début de l’embargo azéri sur ces ressources, les habitants ne jouissent plus que de trois heures d’électricité par jour.Les chauds manteaux de notre Boréalie seront bien accueillis en prévision de l’hiver, lorsque la température à l’intérieur des maisons chutera à 2-3 ° Celsius.On emporte aussi des ballons et des jeux, sommaire équipement du camp de jour qu’on mettra sur pied sitôt arrivés.On veut occuper les enfants qui demeurent désœuvrés et sans surveillance quand leurs parents partent travailler aux récoltes.«Le but du camp de jour, confie père Souin, c’est de donner aux enfants défavorisés un bref répit des tensions qui caractérisent leur environnement.On veut leur apporter un vent de fraîcheur, d’espoir, et partager avec eux les valeurs chrétiennes d’amour et de solidarité.» Les autres volets de la mission sont l’aide humanitaire et la reconstruction de certaines infrastructures.«Chaque jour, explique Jean-Philippe Tachdjian, coordonnateur de la mission, le père Souin partira avec deux d’entre nous rendre visite aux gens, apporter une aide directe aux familles en difficulté.» Un budget est prévu pour les donations en argent liquide.«En Arménie, évalue Jean-Philippe, 10 $ représentent le salaire de plus d’un mois de travail.» Sur place, on engagera des ouvriers pour procéder à la rénovation d’une vieille église orthodoxe, abandonnée depuis plus de cent ans.L’Arménie est le premier pays à avoir reconnu Le christianisme comme religion d’Etat, douze ans avant les édits de l’empereur Constantin.«En tant que Canadiens d’origine arménienne, nous avons été élevés dans la foi de nos pères, dit Shenork Souin.C’est notre tour à présent de ramener cette foi, brisée par 80 ans de communisme, chez nos frères et sœurs.» Toute pétrie de ces idéaux, la petite troupe a pris le chemin des collines caucasiennes.Elle demeure réaliste: «On le sait bien que c’est juste une goutte d’eau dans l’océan», dit Jean-Philippe.Mais le père Souin exprime autrement le travail accompli: «Cette mission d’un mois, c’est une semence.Les Arméniens eux-mêmes prennent la relève.» robert ackermann,g,g, JOAILLIER GOLDSMITH 1310-540 avenue greene westmount/qué.h3z2b2 taéphone:(514) 939-5651 ROUNDABOUT Bagues (pour elle et lui) et pendentifs, disponibles en divers combinaisons de métaux nobles et de pierres précieuses.I y a des boucles d'oreille et des épingles, TOUS NOS BIJOUX SONT CONÇUS ET EXECUTES DANS NOS ATELIERS SUR RENDEZ-VOUS MEMBRE DU COMITE ST.-LAURENT Une réalisation couronnée de succès.|wj8jijjjj|gglg3j|jjjj3 Và( *=—J+t (f lie représentent près d'un siècle de la créativité et innovation de Rolex.Le boîtier est entièrement taillé dans un bloc de platine ou d'or 18 carats et leur création requiert toute une année de travail.Les chronomètres Day-Date et Lady Datejust sont les plus prestigieux modèles de la collection Ovster.W ROLEX OVSTER PERPETUAL 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I) I! I I.I.E T I 9 9 (i L E S S EN BREF ?FLORIDE: LA MENACE DE BOYCOTTAGE DEMEURE (Lç Devoir) — Un boycottage touristique de la Floride est toujours possible en dépit de la décision du président Clinton de reporter de six mois l’application de l’article 3 de la loi Helms-Burton, a annoncé hier dans un communiqué un regroupement d’organisations de développement, d’églises, de syndicats et d’activistes mis sur pied par OXFAM-Canada.Mais la coalition étudiera les implications de la décision américaine avant de demander aux touristes canadiens de boycotter la Floride.Selon la présidente d’OXFAM-Canada, Marion Dewar, le recul du président Clinton constitue déjà «une victoire pour les Canadiens qui ont joint leurs efforts pour influencer les membres du gouvernement de la Floride».La coalition, qui se dit extrêmement inquiète quant à l’intention du Président Clinton de demander au Canada de refuser toute assistance à Cuba, compte annoncer d’ici quelques semaines si le boycottage du tourisme en Floride est lancé.La coalition considère qu’en voulant empêcher les entreprises canadiennes d’oeuvrer en terre cubaine, la loi Helms-Burton représente une lourde entrave au travail humanitaire à Cuba.MEURTRE A LIVERPOOL: L’ACCUSÉ A 13 ANS Liverpool (AP) — Un adolescent de 13 ans a été accusé hier du meurtre d’une fillette de neuf ans, dont le corps sans vie a été découvert sur une voie ferrée le 8 juillet.Le jeune garçon, dont l’identité n’a pas été révélée, a brièvement comparu devant un tribunal et été maintenu en détention.Il s’est seulement exprimé pour confirmer son nom.Mais son avocat a déclaré après l’audition qu’il avait démenti toute culpabilité dans le meurtre de Jade Matthews.Selon la police, la petite fille a été frappée jusqu’à ce que mort s’ensuive.Elle serait décédée trois jours avant la découverte du corps.L’enfant vivait avec sa mère et son beau-père à Bootle, une banlieue de Liverpool.Bootle était également l’endroit où habitait James Bulger, le petit garçon de deux ans qui a été enlevé et tué par deux enfants d’une dizaine d’années en février 1993.LE MARI ETAIT EN RÉALITÉ UNE FEMME Londres (Reuter) — Ce n’est qu’au bout de plusieurs années qu’une Britannique a découvert que son mari était en réalité une femme qui utilisait «un pénis artificiel».La Cour d’appel a prononcé la dissolution de cette union qui a toutefois duré 17 ans et produit des enfants, conçus par insémination artificielle.Pour sa défense, le «mari» a invoqué «sa conviction inébranlable qu’il était un homme véritable, prisonnier dans un corps de femme».Le juge de la Cour d’appel, Alain Hylton Ward, a estimé que le «mari» méritait compassion et compréhension et ne devait pas être moralement condamné.Loi Helms-Burton Axworthy exhorte Washington à changer de politique vis-à-vis de Cuba II souhaite que les Etats-Unis utilisent «la carotte plutôt que le bâton» PRESSE CANADIENNE ET REUTER Bangkok — Le ministre des Affaires étrangères Lloyd Axworthy a exhorté les Etats-Unis à joindre leurs efforts à ceux du Canada pour inciter Cuba à réformer son régime communiste, plutôt que de recourir aux menaces à l’égard de la Havane.Le ministre canadien, en voyage à Bangkok, s’est dit satisfait de la décision du président américain Bill Clinton de suspendre pour une période de six mois l’application de l’article le plus controversé de la loi Helms-Burton, soit celui qui aurait permis aux compagnies américaines d’intenter des actions en justice contre certaines entreprises étrangères qui font des affaires à Cuba.«Dans les circonstances, compte tenu des pressions internes [sur le président Clinton], il s’agit probablement du meilleur dénouement que nous pouvions espérer, a dit le ministre Axworthy.Mais nous maintenons toujours que la loi Helms-Burton est mauvaise et qu’elle devra un jour ou l’autre être reformulée ou retirée.» La Maison-Rlanche a lancé un appel aux alliés des Etats-Unis, hier, pour qu’ils suivent son exemple et accentuent la pression sur le régime communiste cubain.«Nous avons besoin que nos alliés européens, le Canada et le Mexique s’impliquent davantage pour la promotion de la démocratie et du respect des droits de la personne à Cuba», a déçlaré le porte-parole du Département d’Etat, Nicholas Bums.Le ministre Axworthy a pour sa part déclaré que le Canada avait déjà entrepris des démarches en ce sens.Ainsi une délégation canadienne s’est récemment rendue à Cuba pour discuter de mesures que pourrait prendre le gouvernement de Fidel Castro afin de libéraliser l’économie.11 a aussi été question de réformes des systèmes politique et judiciaire.«Nous affirmons depuis le début qu’il ne faut pas isoler Cuba, a dit le ministre.Le moment est maintenant propice pour déployer le maximum d’efforts afin de travailler de concert avec Cuba à la libéralisation de son système.«Nous invitons donc les Américains à travailler avec nous en ce sens.Et ça signifie qu’il ne suffit pas de brandir le bâton; il faut aussi se servir de la carotte.» Le ministre Axworthy a dit espérer que Washington ne se servira pas de ce délai de six mois comme d’un moyen de pression sur les autres pays.«Si le président dit que le moment est venu de considérer de nouvelles avenues pour travailler de concert avec le gouvernement cubain.pour créer des conditions propices, alors ce sera formidable.Mais si le délai ne sert aux Américains qu’à imposer leurs vues aux autres pays, alors nous ne sommes pas d’accord.Nous nous y opposons.» Le Canada est l’un des plus importants partenaires économiques de Cuba, alors que de 30 à 40 entreprises canadiennes ont des investissements dans ce pays.Les échanges bilatéraux entre les deux pays ont totalisé 600 millions CAN en 1995.mm PHOTO ARCHIVES Lloyd Axworthy Procédure d’adoption d’enfants chinois Du sable dans l’engrenage ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE Une quinzaine de parents québécois se trouvant actuellement en Chine pour y effectuer les procédures d’adoption d’un enfant chinois éprouvent des difficultés les forçant à prolonger leur séjour là-bas.Selon Pierre Valois du Secrétariat à l’adoption internationale du Québec, le délai supplémentaire encouru est d’environ trois jours.«Tous les parents qui partent maintenant savent qu’ils doivent s’attendre à trois jours supplémentaires.Ils ont le choix.Ils peuvent attendre quelques semaines pour se rendre en Chine avànt que la procédure d’adoption ne se régularise ou encore aller là-bas en sachant qu’ils y passeront une di- zaine de jours», a expliqué M.Valois.Chez Parents sans frontières, un des trois organismes québécois servant d’intermédiaire pour l’adoption d’enfants en Chine, la porte-parole Annie Boudin a indiqué hier que six parents québécois (12 personnes) partis le 3 juillet ont mis deux jours à obtenir les actes notariés si bien qu’ils entreront au Québec avec du retard sur l’horaire initial prévu, soit aujourd’hui en soirée.Par contre, un autre groupe de parents partis le 5 juillet n’ont connu aucun retard, a-t-elle mentionné.Selon les explications de M.Valois, le sable dans l’engrenage provient d’une modification faite par le gouvernement chinois il y a une dizaine de jours selon laquelle les adoptions internationales relèvent doréna- vant uniquement du ministère des Affaires civiles.Nouvelle réglementation Auparavant, les notaires du ministère de la Justice examinaient également les documents d’adoption et appliquaient leur sceau.La nouvelle réglementation ne requiert plus ce second sceau.Mais dans certaines régions, les notaires exécutent toujours cette tâche, d’où le retard encouru.«Ça ne bloque pas le processus mais ça le retarde», a déclaré M.Valois.L’ambassade canadienne en Chine a indiqué au Secrétariat à l’adoption internationale du Québec que l’ajustement devrait être effectué au cours des prochaines semaines.L’an dernier, sur 1000 adoptions interna- tionales réalisées par des parents québécois, 600 ont été faites en Chine où les parents doivent obligatoirement se rendre pour effectuer la procédure d'adoption.Par contre, les parents adoptifs ne doivent attendre que de trois à six mois avant de voir leur demande agréée.Il en coûte quelque 15 000 $, y compris les frais de voyage.Par contre, 12 mois sont nécessaires pour adopter un enfant de Thaïlande.Les parents n’ont pas besoin de se rendre sur place.En tout et pour tout, l’adoption d’un enfant thaïlandais coûte 6000 $ et l’ènfant adopté a nécessairement plus d’un an.L’adoption d’un enfant haïtien ne requiert que quelques mois et coûte moins de 6000 $ alors que l’adoption d’un enfant mexicain nécessite une attente de deux ans.ailiers spéciaux Cahier dpéciai 17 août 1996 Tombée publicitaire: le vendredi 9 août 1996 scalaire Cahier dpéciai 24 août 1996 Tombée publicitaire: le vendredi 16 août 1996 Rentrée culturelle Cahier dpéciai i 7 septembre 1996 Tombée publicitaire: le vendredi 30 août 1996 littéraire ï LE DEVOIR 903524 I, K I) K V 0 I It , I.K J K U I) I IX .1 II I I, I, K T I !) !) (i i E M 0 N D Ë EN BREF ?Un protégé du général Lebed nommé ministre de la Défense en Russie PREMIÈRE ACTION ARMÉE DE LA GUÉRILLA DE GUERRERO Mexico (AFP) — Une embuscade tendue par les membres de l’Armée populaire révolutionnaire (EPR), la nouvelle guérilla de l’Etat mexicain de Guerrero, contre un véhicule militaire a fait un mort et deux blessés, selon des informations concordantes mais non confirmées officiellement.La création de l’EPR avait été annoncée le 28 juin dernier par une soixantaine d’hommes masqués et fortement armés à Aguas Blancas, lors d’une cérémonie commémorant le massacre par la police un an auparavant de 17 syndicalistes paysans dans cette localité du Guerrero, sur la côte pacifique du Mexique.Cet incident, qui remonte à mardi après-midi, constituerait sa première action armée.-?- HAÏTI: ARRESTATION D’UN ANCIEN GÉNÉRAL Port-au-Prince (AFP) — L’ex-général Claude Raymond, ancien chef de l’armée haïtienne puis ministre de l’Intérieur et de la Défense nationale sous la présidence de Jean-Claude Duvalier (1971-1986), a été arrêté mardi et se trouvait toujours en garde à vue hier à Port-au-Prince, a-t-on appris de source policière.Claude Raymond, considéré comme un des principaux responsables politiques néo-duvaliéristes haïtiens, a plusieurs fois tenté en vain de se présenter à l’élection présidentielle, notamment en novembre 1987 et en janvier 1988, mais avait été écarté par le Conseil électoral.Il est l’un des responsables présumés de l’interruption sanglante des élections du 29 novembre 1987 (24 morts et 74 blessés) effectuée avec la complicité des chefs militaires de l’époque, participation qu’il avait démentie.-?- ULSTER: CONSULTATIONS POUR SAUVER LA PAIX Igor Rodionov, l’homme des nationalistes En Tchétchénie, les accords de paix sont au bord de la rupture i Le président Boris Eltsine a nommé hier un protégé du général Alexandre Lebed à la tête du ministère de la Défense, accordant ainsi au nouveau secrétaire du conseil de sécurité un pouvoir considérable au Kremlin.Après un mois d’hésitations, le président russe s’est finalement décidé à accéder à la demande du général Lebed de nommer le général Igor Rodionov au poste de ministre de la Défense en remplacement de Pavel Gratchev, sacrifié au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle.Moscou (AFP) — La nomination du général Igor Rodionov, âgé de 59 ans, à la tête du ministère de la Défense hier a été accueillie avec satisfaction par les nationalistes, et avec prudence par les réformateurs qui saluent toutefois les capacités professionnelles de cet ancien d’Afghanistan.Le général Rodionov «est très conservateur», même si ses qualités militaires et professionnelles sont bien supérieures à celles de son prédécesseur Pavel Gratchev, a déclaré le réformateur modéré Alexei Arbatov, vice-président de la commission parlementaire pour la Défense.Autre réformateur et membre de la commission de la Défense de la Douma, Sergueï Iouchenkov relève que le général Rodionov aura toujours derrière lui l’ombre de la répression de Tbilissi, lorsque les troupes soviétiques qu’il dirigeait avaient réprimé dans le sang une manifestation nationaliste pacifique de plusieurs milliers de personnes, dont beaucoup de femmes et d’adolescents.«Si Rodionov échoue quelque part, s’il fait une erreur, la presse lui rappellera immédiatement Tbilissi», note M.Iouchenkov.L’armée obéissait alors aux ordres politiques du Kremlin.Mais la répression, menée avec des unités d’élite, des parachutistes et des troupes motorisées, a marqué les premières années de la perestroika.«Personne ne doute des qualités professionnelles d’Igor Rodionov», ni de ses capacités à réformer l’armée, ajoute toutefois M.Iouchenkov.Mais le pouvoir a perdu une occasion «de nommer une personnalité civile [à la tête de la Défense], ce qui repousse dans le futur la création d’un contrôle civil sur les activités des forces armées», regrette-t-il.Les nationalistes ont de leur côté salué l'arrivée de cet homme «d’ordre» et de ce «patriote» à la tête de l’armée russe.«C’est un vrai officier de combat», a déclaré le leader ultra-nationaliste Vladimir Jirinovski, en référence notamment au commandement des troupes russes en Afghanistan sous les ordres du général Rodionov au milieu des années 80.Le général Albert Makachov, un extrémiste qui mena la population à l’assaut de la tour de télévision Ostankino en octobre 1993, s’est lui aussi réjoui de la décision de Boris Eltsine.« C’est la première fois en cinq ans que le président Eltsine a pris une bonne décision en matière de nomination», a-t-il commenté.«Je pense que son arrivée au ministère de la Défense coïncidera avec une remise en ordre, ne serait-ce qu’élémentaire» au sein de la hiérarchie militaire, a-t-il ajouté.Igor Rodionov Le ministère de la Défense est accusé d’être large- ! ment corrompu, et des scandales l’ont régulièrement éclaboussé ces dernières années.Par ailleurs, les avions russes ont lâché plusieurs , bombes à fragmentation dans la nuit de mardi à mercredi sur le sud de la Tchétchénie, alors qu’à Moscou le premier ministre Viktor Tchemomyrdine entérinait la repri- ' se des hostilités avec les indépendantistes.Même si ces bombardements n’ont apparemment pas fait de morts, ils sont venus confirmer que les pourparlers, de paix, qui avaient permis l’instauration d’un cessez le feu globalement respecté six semaines durant, n’étaient plus qu’un très vague souvenir.Cercle vicieux «C'est avec un grand regret que je constate que les efforts de paix sont tombés dans un cercle vicieux», a déclaré hier M.Tchemomyrdine, cité par l’agence Interfax, lors d’une réunion de la commission gouvernementale russe sur le règlement du conflit tchétchène.Les accords de paix sont «au bord de la rupture», a-t-il reconnu, en rejetant la responsabilité de leur ; échec sur «les formations illégales armées» — c’est à, dire les combattants indépendantistes, selon la termino-, j logie du Kremlin.Les indépendantistes — qui estiment au contraire que ce sont les Russes qui ont violé le cessez le feu en attaquant lundi dernier les indépendantistes dans le village de Gekhi puis en lançant massivement ' l’aviation — semblent eux aussi de plus en plus favorables à un abandon pur et simple du processus de paix, entamé en mai-juin au moment où s’achevait la campagne électorale russe.Navette diplomatique en ex-Yougoslavie Richard Holbrooke peine mais poursuit sa mission La mise à l'écart de Radovan Karadzic et de Ratko Mladic s'avère ardue i IC Mil, t-ilô J i ‘ : i ÙlZ!) Londres (Reuter) —John Major a rencontré hier pendant plus d’une heure les dirigeants du principal parti catholique d’Irlande du Nord pour tenter de relancer le processus de paix bloqué par les graves violences de la semaine dernière.Les parlementaires du Parti social-démocrate et travailliste (SDLP) et le gouvernement irlandais estiment que les dirigeants britanniques auraient dû intervenir auprès du chef de la police Hugh Annesley afin d’éviter qu’il n’autorise finalement les protestants à défiler dans un quartier catholique de Portadown.Le premier ministre irlandais a pour sa part rencontré une délégation de catholiques de Portadown et d’autres localités nord-irlandaises qui lui ont demandé d’assurer à l’avenir la présence d’observateurs de l’Union européenne lors des manifestations.-?- ÉTATS-UNIS: APRÈS CUBA, L’IRAN ET LA LIBYE Washington (AFP) — Le Sénat américain a approuvé à l’unanimité un projet de loi qui prévoit le renforcement des sanctions américaines contre les entreprises étrangères investissant dans l’industrie pétrolière et gazière en Iran et en Libye.Selon le texte, des sanctions seront imposées contre toute entreprise ou compagnie pétrolière qui investirait sur une seule année plus de 40 millions de dollars dans les secteurs pétrolier ou gazier en Iran.Il vise à renforcer l’embargo économique imposé en juin 1995 par le président Clinton contre l’Iran, soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme international.Les sénateurs ont également adopté un amendement prévoyant des sanctions contre les compagnies étrangères qui commercent avec la Libye, en dépit des mesures imposées par l’ONU contre Tripoli.-?- FRANCE: L’ARMÉE EN CURE D’AMAIGRISSEMENT Paris (AFP) — Le ministre français de la Défense, Charles Millon, a confirmé hier la dissolution d’ici 1999 de 38 régiments français dont 11 situés en Allemagne.Selon des sources officielles allemandes, les effectifs français en Allemagne seraient ramenés de 20 000 à 3000 hommes en trois ans.M.Millon a indiqué que trois bases aériennes seront fermées dans l’est de la France et une quarantaine d’organismes divers (états-majors, organismes de formation, établissements des trois armes, centres hospitaliers) dissous ou transférés durant la même période.Cette réforme, la plus radicale affectant l’armée depuis un siècle, se traduira par l’abandon de la conscription et la réduction d’un quart des effectifs totaux qui seront ramenés de 430 000 à 305 000 hommes.-?- TUNISIE: CONDAMNATION D’UN DÉPUTÉ Tunis (AFP) — Le député tunisien d’opposition, Khé-maïs Chammari, a été condamné hier soir par le tribunal criminel de Tunis à cinq ans de prison ferme pour «divulgation du secret de l’instruction» dans une affaire touchant à la sûreté extérieure de l’État en rapport avec la Libye.Le verdict a été annoncé par le président du tribunal criminel au terme d’une journée de débat au palais de justice de Tunis et après quatre heures de délibérations des cinq magistrats composant cette juridiction.M.Chammari, 53 ans, membre du bureau politique du mouvement des Démocrates Socialistes (MDS, principal parti d’opposition légale), avait été arrêté le 18 mai dernier.-?- NIGER: LIBÉRATION D’OPPOSANTS DÉTENUS ARBITRAIREMENT Niamey (Reuter) — Une cinquantaine d’opposants nigériens détenus arbitrairement après l’élection présidentielle controversée des 7 et 8 juillet ont été libérés hier et avant hier, a-t-on appris de sources proches du gouvernement.La plupart appartiennent à la Convention démocratique et sociale, parti du président destitué Mahamane Ousmane, arrivé deuxième du scrutin remporté par le chef de la junte militaire au pouvoir, le général Ibrahim Baré Mainassara.Les résultats provisoires de ce scrutin avaient été proclamés par une Commission nationale des élections qui avait remplacé la Commission électorale nationale indépendante dissoute par les autorités à quelques heures de la clôture des opérations de vote.Belgrade (AFP) — Le médiateur américain Richard Holbrooke a décidé qu’il reviendrait aujourd’hui à Belgrade après une entrevue infructueuse hier avec le président serbe Slobodan Milosevic, considéré par Washington comme le garant du succès de l’accord de paix de Dayton sur la Bosnie.Après ses discussions à Belgrade, M.Holbrooke s’est rendu à Zagreb, où il devait rencontrer le président croate Franjo Tudjman en fin d’après-midi.«Des négociations confidentielles demandent la discrétion», a-t-il dit pour expliquer son refus d’en dire davantage sur le déroulement de son entrevue de quatre heures avec l’homme fort de Belgrade, avec qui il a su établir dans le passé une relation privilégiée.M.Holbrooke, qui avait quitté la diplomatie en février tout en restant disponible pour des missions ponctuelles, a été envoyé dans la région par Washington pour relancer, l’application de l’accord de Dayton.A Sarajevo, où il avait débuté mardi sa mission par des entretiens avec les dirigeants bosniaques, M.Holbrooke avait déclaré que les leaders serbes de Bosnie étaient les principaux obstacles à l’application complète de l’accord.A son arrivée à Belgrade, il avait de nouveau montré du doigt les Serbes de Bosnie et rappelé que M.Milose- Washington (AFP) — Le Washington Post affirme hier avoir levé le voile sur le mystérieux auteur anonyme d’une virulente satire sur les Clinton intitulée Primary Colors, qui semble être un chroniqueur du magazine Newsweek.Selon le quotidien, Joe Klein, qui travaille également pour la chaîne de télévision CBS, a pu être identifié grâce à l’analyse graphologique de corrections manuscrites qu’il avait apportées à un exemplaire de son best-seller, déniché par le quotidien chez un bouquiniste.Ces expertises graphologiques ont été menées par un éminent spécialiste, insiste le quotidien.Primary Colors dépeint avec un humour ravageur la campagne présidentielle du candidat Bill Clinton en 1992.Le livre, publié en 1995, s’est déjà vendu à plus d’un million d’exemplaires aux États-Unis.Il doit sortir en France à l’automne.Joint par le quotidien, Joe Klein, qui par le passé avait démenti être l’insaisissable «Anonyme» apparaissant sur la jaquette du livre, s’est refusé à tout commentaire.Son nom avait déjà été évoqué après une étude d’un professeur de l’université de Vas- vic avait signé l’accord de Dayton en leur nom et au nom de la Yougoslavie (Serbie-Monténégro).Belgrade devait constituer aux yeux de Washington la principale étape de la mission de M.Holbrooke, le gouvernement américain tenant toujours M.Milosevic pour l’homme qui peut influer sur le processus de paix en Bosnie.Principal artisan de l’accord de Dayton, signé en décembre dernier et qui a mis fin à la guerre en Bosnie, M.Holbrooke a pour principal objectif d’écarter de la scène les chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et le général Ratko Mladic, et de les livrer au Tribunal pénal international (TPI), qui siège à La Haye.Des informations non confirmées avaient prêté à M.Holbrooke l’intention de contraindre M.Milosevic à coopérer, sous peine de «graves conséquences» ou d’une réimposition des sanctions internationales à son pays et aux Serbes de Bosnie.Le TPI a mis en cause la responsabilité de M.Milosevic dans la conduite de la guerre en Bosnie et a suggéré l’ouverture d’une enquête.Le pari de M.Holbrooke d’obtenir la mise à l’écart de M.Karadzic et du général Mladic s’avère difficile à tenir sar qui, à l’aide d’un ordinateur, avait remarqué que le roman contenait un nombre important d’adjectifs se terminant en «y», une caractéristique du style de Klein.Plusieurs autres noms ont également été avancés depuis la publication de ce «roman politique», parmi lesquels George Stephano-poulos, stratège de la campagne de Bill Clinton en 1992, et aujourd’hui l’un de ses plus proches conseillers.Primary Colors, salué à sa sortie comme l’un des meilleurs livres politiques de l’après-guerre, raconte l’histoire de Jack Stanton (Bjll Clinton) , un gouverneur d’un État du sud des Etats-Unis en campagne électorale, attiré par les femmes, la politique et le pouvoir.Son épouse Susan (Hillary Clinton) y est dépeinte comme une femme à poigne prompte à juguler les pulsions de «coureur de jupons» du postulant à la Maison-Blanche.Le tout-Washington de la politique et des médias peut se retrouver dans ce roman à clés, dont la précision des faits et gestes relatés du candidat Clinton ne peuvent être que l’œuvre d’un observateur avisé du chef de l’exécutif.après l’étape infructueuse d’hier à Belgrade et alors que lles ex-belligérants manifestent des positions de plus en plus intransigeantes à l’approche des premières élec:' tions générales de l’après-guerre, convoquées pour le 14 septembre.' Le président bosniaque Alija Izetbegovic a brandi la menace d’un boycottage des élections par les partis musulmans si M.Karadzic restait à la tête du Parti démocratique serbe (SDS), qui domine la vie politique en Republika Srpska (RS, l’entité serbe de Bosnie).M.Karadzic et le général Mladic, inculpés par le TPI pour génocide, crimes contre J’humanité et crimes de guerre, sont considérés par les États-unis comme le principal obstacle à la tenue des élections.En réponse aux pressions, les Serbes de Bosnie ont haussé le ton.Ils se disent déterminés à boycotter le scrutin si MM.Karadzic et Mladic étaient arrêtés et si le SDS était exclu de la course électorale, comme l’en menace l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), chargée d’organiser les élections.Le chef de la mission de l’OSCE en Bosnie, Robert Frowick, a donné jusqu’à demain à M.Karadzic pour abandonner la présidence du SDS, faute de quoi ce parti serait exclu de la consultation.Paul Touvier est mort Paris (AFP) — Le seul condamné français pour crime contre l’humanité, un ancien chef de la Milice pro-na-zie, Paul Touvier, est mort hier, à 81 ans, des suites d’un cancer à l’hôpital des prisons de Fresnes.D avait été condamné le 20 avril 1994 à la réclusion criminelle à perpétuité pour divers crimes contre l’humanité, dont l’assassinat d’otages juifs, par la Cour d’assises de Versailles, près de Paris, au terme d’un procès très médiatisé.La Milice était un corps formé pour soutenir les forces allemandes d’occupation contre la résistance française.Paul Touvier avait été deux fois condamné à mort par contumace après la fin de l’occupation allemande, en 1944, mais il s’était réfugié dans la clandestinité avec sa femme et leurs deux enfants.11 avait réussi à échapper à la justice pendant près de 50 ans, notamment grâce à la protection de membres de la hiérarchie catholique française, avant d’être arrêté en mai 1989 dans un prieuré de Nice.La Cour d’assises de Versailles l’avait reconnu coupable de complicité dans l’assassinat de sept otages juifs exécutés à Rillieux-la-Pape, près de Lyon, le 29 juin 1944, en représailles à l’assassinat du chef de la propagande du régime collaborationniste de Vichy, Philippe Henriot Elle avait surtout répondu «oui» à la question de savoir si ces assassinats entraient, dans le cadre «d’un plan concerté pour le compte d’un Etat pratiquant une politique d'hégémonie idéologique, en l’occurrence l’Allemagne nazie, à l'encontre de personnes choisies en raison de leur appartenance à une collectivité raciale ou religieuse».Les principaux crimes contre l’humanité reprochés à Touvier étaient l’attentat contre une synagogue lyonnaise en 1943, complicité d’assassinats de juifs, notamment de Victor Basch, président de la Ligue française des droits de l’homme, et de son épouse, et complicité d’assassinat des sept otages juifs à Rillieux-la-Pape.Deux fois condamné à mort par contumace pour trahison et intelligence avec l’ennemi, en 1946 et 1947 (condamnations prescrites en 1967), il était accusé en 1973 de «crimes contre l’humanité» par des associations réfractaires à la grâce que lui avait accordée en 1971 le président gaulliste Georges Pompidou.Au terme d’une longue bataille juridique, ces plaintes débouchaient, en novembre 1981, sur le lancement d’un mandat d’arrêt.En 1989, une dénonciation conduisait les enquêteurs jusqu’à un prieuré de Nice, tenu par des catholiques intégristes, où l’ancien milicien avait trouvé refuge sous un feux nom.Plan de la France pour la Corse Fermeté et zone franche Ajaccio (Reuter) — Alain Juppé, a confirmé hier sa décision de donner «un nouveau souffle économique» à la Corse par la création d’une zone franche et sa volonté de restaurer l’ordre républicain face à une violence endémique.«Pour rattraper le retard accumulé depuis 20 ans, le gouvernement a décidé de manifester la solidarité de la Nation en érigeant la Corse en zone franche», a dit le premier ministre à Ajaccio devant l'Assemblée de Corse.De source proche du chef du gouvernement, on précise que la Commission européenne a donné mardi un «accord de principe écrit» aux propositions présentées officieusement par Paris.Le gouvernement va donc dépo- ser son dossier de zone franche prochainement à Bruxelles et espère «obtenir un aval officiel fin juillet ou début septembre, a-t-on ajouté.La visite d’Alain Juppé en Corse intervient un peu plus de deux semaines après l’attentat à la voiture piégée de Bastia qui a accentué le désarroi d’une population confrontée à la violence et au marasme économique.De nombreux responsables économiques, syndicaux ou politiques ont exprimé leur scepticisme sur la portée d’une visite classique d’un premier ministre dans l'ile et de son projet de zone franche.Alain Juppé a tenu un langage de fermeté devant l’Assemblée de Corse, ou il a promis que l’ile ne serait plus «une zone de non-droit ou de droit assoupi».Salué par des applaudissements, il s’est également engagé à entreprendre un désarmement de l’ile.En réponse à l’inq,uiétude des élus demandant à l’État d’éradiquer la violence, le premier ministre a assuré que le gouvernement «n’accepte pas que l’autorité de l’Etat puisse être ouvertement défiée en Corse».Sur le plan économique, le premier ministre a précisé que le projet de zone franche prévoyait une exonération de l’impôt sur les sociétés ou sur les revenus pendant cinq ans pour les activités industrielles, commerciales ou agricoles des entreprises.Anonyme démasqué Un auteur identifié grâce à la graphologie Condamné pour crimes contre l’humanité Un des meilleurs livres politiques de l’après-guerre Paul Touvier I, E I) IC V 0 I It , I, E .1 I! II I) I 18 J IJ I I, I, E T I !) 9 (I A G EDITORIAL Commerce et droits humains Jean-Robert Sansfaçon Dans sa campagne pour combattre la loi américaine Helms-Burton, le Canada s’est rapproché de ses lointains alliés européens.Le recul tactique temporaire de la Maison-Blanche n’est pas suffisant et les pressions exercées par les menaces européennes et canadiennes de rétorsion doivent être maintenues.Cela dit, n’est-il pas curieux de constater que, contrairement à leur attitude à l’égard de la Chine, tant de défenseurs des droits humains se soient mobilisés pour défendre la politique commerciale canadienne avec Cuba?a décision du président Bill Clin-T dites humanitaires tiennent-elles un discours différent ton de reporter de six mois l’exécution de l’article 3 de la loi Helms-Burton ne fait que retarder le jour où les entreprises et les citoyens américains dont les biens ont été expropriés par le régime Castro pourront intenter des procédures légales contre les entreprises étrangères qui investissent à Cuba.Entre-temps, la loi entrera en vigueur comme prévu, le 1er août, et les autres articles de cette loi, dont l’article 4 qui interdit aux dirigeants des mêmes sociétés étrangères et à leurs familles l’accès aux États-Unis, s’appliqueront dans toute leur rigueur.Ce qui est inadmissible et qui justifie de la part de tous les pays i: concernés le recours à tous les moyens diplomatiques et légaux disponibles pour 'faire entendre raison aux Américains.Cette affaire aura eu le mérite de placer les Canadiens devant une réalité qu’ils ont tendance à négliger: l’Europe est en passe de devenir une entité politique autonome très puissante, la seule qui puisse tenir tête aux ambitions d’hégémonie américaine.Et si les États-Unis sont notre plus Important partenaire commercial, il ne faudrait pas pour autant négliger nos vieilles amitiés d’outre-Atlantique.On s’attendait à ce que la Maison-Blanche agisse comme elle l’a fait.Le président et ses conseillers n’ont jamais été de chauds partisans d’une loi contraire aux principes démocrates.C’est d’ailleurs aux plus conservateurs des républicains que l’on doit cette loi anti-Castro et les réactions les plus antipathiques au recul du président.N’eût été de l’élection prochaine, Bill Clinton n’aurait jamais accepté de signer la loi Helms-Burton dont l’objectif est d’isoler totalement le régime castriste.Or, que ce soit à l’égard de Cuba, du Vietnam ou de la Chine, le gouvernement dirigé par le démocrate Bill Clinton préfère la voie du rapprochement commercial à celle du boycott ou de l’embargo.C’est là une politique semblable à celle du gouvernement canadien pour qui la poursuite et même l’intensification des relations commerciales et diplomatiques avec certains pays peu démocratiques est le meilleur moyen de les amener à un plus grand respect des droits humains.Ce qui nous amène à nous interroger à propos de la position défendue ces derniers jours par un regroupement de plusieurs organismes religieux, syndicaux et humanitaires, dont OXFAM, CUSO et le syndicat des travailleurs des postes, qui ont appelé au boycott de la Floride comme moyen de pression sur le gouvernement américain.Selon ces groupes, la situation sur file de Fidel Castro est désespérée à cause du «manque flagrant de moyens et de produits indispensables engendré par l’embargo des États-Unis», et la loi Helms-Burton «aggrave la situation puisqu’elle punit les entreprises étrangères qui investissent à Cuba» Soit.Et voilà qui donne raison aux gouvernements qui, comme celui du Canada, soutiennent justement Pourquoi faire une différence entre le respect des droits en Chine et à Cuba?que le commerce vaut mieux que le boycott.Mais alors, pourquoi la plupart des organisations i de commercer pour vivre et se développer.dans le cas de la Chine?Quand elles affirment, comme elles le faisaient hier, qu’il est préférable de consacrer des «énergies à aider les pauvres plutôt que d’organiser des boycotts» (M.Bill Jay de l’Église Unie), ces organisations oublient-elles que la Chine est aussi un pays sous-développé à qui il faudrait 50 ans de croissance au rythme actuel, selon l’ONU, avant de rejoindre le niveau de vie des pays occidentaux?A l’inverse, oublient-elles aussi que le castrisme, malgré toute la sympathie qu’a pu recueillir le tandem Fidel-El Che auprès des intellectuels des pays développés aux belles années du gauchisme, n’a jamais été le royaume de la «libération du peuple» qu’il annonçait, mais un pays tout aussi totalitaire que la Chine communiste?Un pays où la misère n’est pas seulement causée par l’embargo américain, mais par l’absurdité d’un régime qui n’a pu survivre que grâce à l’aide aussi massive que militairement intéressée de l’URSS?En fait, plus banalement, cette générosité du verbe entendue de la bouche des représentants d’organismes de défense des droits humains ne serait-elle pas la conséquence d’une plus grande ouverture à l’«aide humanitaire» de la part d’un gouvernement cubain en manque désespéré de devises, une ouverture qu’on observe beaucoup moins en Chine où le paternalisme à l’occidental, humanitaire ou religieux, n’a toujours pas sa place?Et ce projet de boycott de la Floride, quelle idée saugrenue ! Qui visite la Floride l’hiver ?Répondre à la question suffit à faire la preuve de l’inutilité d’une telle proposition.Qu’on nous comprenne bien: ces remarques ne visent pas à remettre en cause l’engagement sincère de ces groupes auprès d’un peuple cubain qui en a vraiment besoin, pas plus que la position politique du gouvernement canadien.Élles visent uniquement à marquer la nette différence dans l’approche selon qu’il s’agisse d’un gouvernement «révolutionnaire» qui continue de résister à l’envahisseur impérialiste, ou des renégats chinois qui ont renié l’héritage de la pure révolution culturelle pour lui substituer la dictature d’une direction réformiste peu fréquentable par de nobles esprits trahis.Vaut-il la peine de rappeler que cette politique qui veut lier commerce et droits humains a été largement développée par les républicains Reagan et Bush qui s’en sont servi pour faire pression sur le monde communiste d’avant la chute du mur de Berlin?Ceux-là même par qui l’Amérique a cru retrouver son «âme» et la certitude que la démocratie libérale à l’américaine méritait encore d’être imposée à tous les peuples de la terre?N’est-ce pas justement la même obsession que poursuivent aujourd’hui les Jesse Helms et Dan Burton avec leur loi et leurs critiques à l’endroit des alliés «ingrats» qui refusent d’appuyer les efforts américains pour ramener la démocratie à Cuba?La loi Helms-Burton est inique parce qu’elle impose la vision américaine des relations internationales aux pays étrangers, mais aussi parce qu’elle rise à affamer le peuple cubain en le privant d’un des droits aussi fondamentaux que le droit de vote: celui de produire et Le harcèlement policier et les punks C’est avec grand intérêt que j’ai lu le reportage de François Normand au sujet du harcèlement policier des jeunes marginaux.Au cours de mes recherches doctorales au sujet du phénomène punk, et aussi pendant ma participation à la scène punk de Montréal de 1983 à 1992, j’ai aussi eu l’occasion de remarquer que les jeunes marginaux subissent énormément d’abus non seulement aux mains de la police, mais aussi du public.De plus, j’ai découvert au fil de mes recherches que ce phénomène n’est pas unique aux Montréalais, mais que les punks et les autres jeunes qui habitent les rues de grandes villes nord-américaines, comme Atlanta, la Nouvelle-Orléans, et San Francisco, servent aussi de cibles aux forces policières de plus en plus répressives.Souvent, ces enfants se trouvent sans abri, ayant échappé à une rie de famille rendue intolérable par la négligence ou l’abus.Une fois dans la rue, Us se voient encore abusés par les éléments criminels et ensuite par la police qui devrait pourtant les protéger.Offrons donc à ces jeunes non notre censure, mais plutôt notre sympathie et notre compréhension.Ils ont peut-être l’air bizarres à vos yeux, mais cela ne veut pas dire qu’ils sont délinquants, drogués, ou dangereux.Ce sont plutôt des êtres humains sociables, intelligents, et souvent très intéressants.Au lieu de les arrêter, de les conseiller de se trouver des emplois, et de les traiter LETTRES -?- de fainéants, parlez-leur, et surtout écoutez-les.Vous serez surpris d’apprendre ce qu’ils ont à vous enseigner.Ces jeunes, c’est votre avenir.Lauraine Leblanc, M.A.Professeure de Women’s Studies et de sociologie, Emory University Atlanta, 15 juillet 1996 Bravo à Radio-Canada La série de quatre émissions à la radio FM qui s’est terminée ce matin pour signaler le centenaire de naissance de Wilfrid Pelletier ne mérite que des félicitations.Nous l’avons écoutée, mon épouse et moi, avec un intérêt constant.La conception de ces six heures d’antenne, les recherches, les entrevues avec les artistes, le montage et la présentation rivante par votre incomparable animatrice Françoise Davoine sont une éloquente illustration de l’efficacité de vos équipes de production.Ayant eu le privilège de connaître le maestro et d’apprécier ses qualités j’ai été impressionné par la rigueur avec laquelle vous lui avez rendu hommage.Voilà encore une preuve que la Société Radio-Canada joue les rôles de moteur et de miroir inégalables de notre vie culturelle.Que l’on continue! Wilfrid Sauvé Sainte-Julie, 20 juin 1996 Un musée oublié J’ai lu avec grand plaisir l’article L’été de tous les musées de Stéphane Baillargeon dans l’édition du Devoir, le samedi 22 juin 1996.Il s’agit d’un article très intéressant, d’autant plus qu’il importe que les médias rendent compte des richesses que recèlent les musées et incitent les Québécois et les Québécoises à s’y rendre et à en bénéficier.Même si l’article ne prétend pas dresser le portrait exhaustif des choix muséaux offerts au Québec, il passe malheureusement sous silence îe musée le plus fréquenté au pays, soit le Musée canadien des civilisations (MCC) à Hull.Un musée qui offre cette année un choix d’expositions et d’activités sans précédent.On y retrouve des expositions telles Transformation, qui célèbre le 20e anniversaire du Prix Saidye Bronfman; Edward Poitras, qui présente les œuvres réalisées par cet artiste pour la Biennale de Venise en 1995 ainsi que ses plus récentes créations; Fils, sans fils et fin doigté, qui rend hommage à l’importante collection de marionnettes de l’Ontario Puppetry Association, offerte au MCC en 1994; et Les Hommes de fer d'Autriche impériale, une éblouissante exposition qui témoigne d’une époque tumultueuse de l’histoire autrichienne.Sans parler de l’avant-première de la salle des Premiers Peuples, du populaire Musée des enfants, et de la salle du Canada qui loge maintenant l’église St Onuphrius, un bâtiment historique de Smoky lake (Alberta) gracieusement offert au Musée par la paroisse.La région de l’Outaouais est la troisième en importance au Québec et il est dommage quelle soit souvent la grande oubliée des journalistes dans des articles qui couvrent les quatre coins de la province.Pierre Pontbriand Vice-président aux Affaires publiques Hull, 27 juin 1996 Pas P'iAiTeüPiCTioM, Mit.
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