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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-06-27, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR Vol.L X X X V 1 1 - No 14 !» M U N T 11 É A 1., l! 1) 1 2 7 .1 U 1 N 1 D !) (i S S c ?'1 PS + T V Q / T o r o il 1 o IS PERSPECTIVES LE MONDE r^ü MONTRÉAL ÉCONOMIE Chacun dans cnn nnin L’attentat de Khobar chamboule Vagenda du G7 PAGE A 5 m # Bourque veut déjà repartir PAGE A 3 ?Southam coupe tes ponts avec la Presse canadienne PAGE B 2 Brouille totale entre les services anglais et français de Radio-Canada Le conseil d’administration de la Société Radio-Canada s’est réuni cette semaine pour tenter de réduire ses coûts, encore et toujours.Mais c’est Le Festival de jazz crie famine Faute de nouvelles subventions gouvernementales, le FIJM pourrait aller jusqu’à déménager ses scènes extérieures Paule des Rivières dans un climat de tension sans précédent que s’est tenue la réunion, à un moment où les rapports entre la télévision française et la télévision anglaise de Radio-Canada sont dans un creux qui ressemble à une tranchée.La dernière goutte jetée dans un vase qui débordait déjà depuis un moment fut la tentative de faire payer par le secteur français une partie des coûts de la canadianisation de la télé anglaise, soit 17 millions de dollars en coûts directs plus 35 millions en revenus publicitaires manquants, à la suite justement de ce virage canadien dont personne ne s’attend à ce qu’il fasse augmenter d’un coup et en flèche le pitoyable 5 % d’auditoire de CBC à Toronto.La divulgation de ce projet dans quelques quotidiens a fait assez de vagues pour que le bureau du premier ministre annonce rapidement qu’un tel plan ne serait pas mis en application.Pendant ce temps, la direction du siège social, à Ottawa, enjoignait son personnel de déchiqueter tous les papiers de toutes les réunions en mille miettes, question d’éviter les fuites malheureuses.Mais la tension monte sur plusieurs fronts.Le dossier de l’heure, les Jeux olympiques, est épineux.On sait déjà que chacun travaillera dans son coin à Atlanta et que le partage des ressources, pourtant nombreuses, sera minimal.On sait moins que pour une rare fois dans l’histoire de la télévision et des Jeux, la télévision anglaise est responsable de tout le dossier publicitaire, pour son secteur mais également pour la télé française.Plusieurs à Montréal voient cela comme une mise en tutelle.D’ailleurs, peu de temps après avoir appris que tout serait orchestré à Toronto, le directeur des ventes de la SRC à Montréal, Robert Trempe, annonçait sa démission.Trop contente de pouvoir mettre la main sur M.Trempe, la direction de TVA ne tardait pas à faire à l’intéressé une offre qu'il ne pouvait refuser.Depuis, M.Trempe est allé chercher trois personnes du service des ventes à la SRC.La SRC prétend qu’elle a déjà trouvé tous les commanditaires nécessaires pour compenser les 20 millions $ US en droits de diffusion des Jeux olympiques.Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas complet.Le télédiffuseur n’est en effet pas nécessairement au bout de ses peines puisque plusieurs commanditaires, refusant d’injecter des dollars supplémentaires, ont tout simplement injecté dans les Olympiques des sommes prévues en cours d’année.Les commanditaires seront donc moins nombreux lorsque la fête olympique sera terminée.La situation à Radio-Canada fait penser à celle d’une famille où l’argent vient à manquer.Les uns accusent les autres de trop dépenser et tout le monde se surveille du coin de l’œil.Concrètement, la direction de la télévision française a la désagréable impression que la télévision anglaise tente aujourd’hui de lui faire payer une partie de ses extravagances passées.Et ça ne lui plaît pas du tout Mais il n’y a pas que l’argent qui compte.En octobre dernier, le référendum a accru la distance séparant Montréal et Toronto.Une étude indépendante, réalisée dans la Ville reine de surcroît, eut beau affirmer, au terme d’une comptabilisation savante, que la couverture de la SRC avait été honnête, la CBC est resté convaincue qu’il y avait eu un biais souverainiste dans la couverture montréalaise.Conviction alimentée par un premier ministre, Jean Chrétien, ne ratant pas une occasion de dénoncer les «séparatistes» de la SRC à Montréal.C’est donc dans une atmosphère passablement chargée que le conseil d’administration de la SRC s’est réuni cette semaine pour discuter des «options stratégiques» proposées par l’un ou l’autre secteur afin de trouver les 187 millions manquants (sur 414 millions en tout).Certaines décisions vont de soi, comme la fermeture quasi totale du siège social à Ottawa.D’autres choix sont moins faciles en raison de leurs répercussions.Tout le monde ne veut pas fermer les mêmes régions, par exemple.Il y a aussi la question, centrale entre toutes, des choix de programmation.Que faire avec le sport?Quel est le bon dosage d’émissions culturelles et d’émissions populaires?Les préférences idéologiques sont une chose, les impératifs économiques en sont une autre.La télévision anglaise a opté pour la canadianisation afin de rester distincte; la télévision française voudrait bien avoir le luxe de conserver sa distinction, avec des productions dramatiques maison et un certain volet culturel.Car le jour où elle abandonnera complètement ses émissions moins payantes, le jour où elle sera une copie conforme du secteur privé, eÜe aura perdu sa raison d’être.Et plus personne ne voudra débourser un sou pour la soutenir.La SRC a la désagréable impression que CBC tente de lui faire payer une partie de ses extravagances passées INDEX METEO .Agenda.B6 Avis publics.,.B4 Classées ,.B6 Culture ,.B8 Économie .B2 Éditorial ._A6 Le monde Mots croisés.B4 Les sports ,.B5 nuageux.Max: 24 Montréal Ensoleillé avec Québec Ensoleillé.Max: 23 Détails en B5 MARIO CLOUTIER LE DEVOIR Aux prises avec un déficit d’exploitation de 270 000 $, le Festival international de jazz de Montréal lance un nouveau cri d’alarme.S’il ne réussit pas à obtenir plus d’argent des gouvernements par le moyen de nouvelles sources de financement, le festival pourrait se voir obligé d’ap- porter des changements à sa formule actuelle, y compris le déménagement de son site extérieur.Le FIJM étudie la possibilité de présenter ses spectacles extérieurs ailleurs qu’au centre-ville depuis quelques années déjà.Des sites cpm-me le Vieux-Port ou ie parc des Iles seraient notamment envisagés par les organisateurs.Le président du FIJM, Alain Simard, explique qu’un éventuel déménagement n’aurait toutefois lieu qu’en raison de problèmes structurels de financement.«La seule raison qui pourrait nous amener à déménager serait notre incapacité de trouver le financement nécessaire pour poursuivre l’événement dans sa forme actuelle.On ne veut surtout pas tuer la poule aux œufs d’or qui rapporte à tout le monde, mais il faut trouver une solution à long terme afin de protéger le festival.C’est sérieux.» Dans le programme officiel de cette apnée, M.Simard y va de récriminations spécifiques au sujet des problèmes de financement du FIJM.Mentionnant le déficit d’exploitation de 270 000 $, il souligne que le festival souffre du «mythe des subventions» VOIR PAGE A 8: JAZZ FESTIVAL DE MONTREAL *)K ., a déclaré hier la ministre, ce qui veut dire qu'on devra doter les écoles de 20 000 nouveaux appareils par année, pour cinq ans.Pour ce faire, le ministère consacrera 41,5 millions par année, et les commissions scolaires 17,8 millions, dans un programme à frais partagés.Le ministère verra, en collaboration avec le secteur privé, à ce que les micro-ordinateurs soient dotés de systèmes d’exploitation et de logiciels adéquats.On poursuivra également un programme de recyclage de vieux appareils.L’intégration de ces nouvelles technologies se fera graduellement, en fonction des projets présentés par les écoles et par les commissions scolaires, projets qui peuvent varier grandement d’une école à l’autre, selon les besoins exprimés par l’équipe-école.Ix* ministère entend ainsi assurer un «coordination énergique mais res-])ectiieuse des divers milieux».Le plan prévoit aussi un accès à Internet pour toutes les écoles d’ici 1997, en collaboration avec le .Secrétariat de l'autoroute de l’information.Pour ce faire, le ministère compte beaucoup sur le secteur privé, et la ministre rappelait hier des engagements déjà pris par des entreprises du secteur.Ainsi, Vidéotron offre un programme de raccordement des écoles à Internet et elle s’est engagée à établir un fonds de trois millions pour l’élaboration de contenus.Bell entend injecter des sommes dans un fonds de soutien au développement de contenus éducatifs.Cogeco offre un certain nombre de biens gratuits pour les écoles.Et Québec-Téléphone ne facture pas de frais d’interurbains pour le branchement des écoles sur son territoire.Le ministère, lui, développera un serveur de l’éducation, un site qui se voudra une plaque tournante de toute l'information à caractère éducatif.Le plan dévoilé hier compte plusieurs autres volets et des fonds supplémentaires de 4,3 millions de la part du ministère: ¦ budget annuel de 400 000 $ pour le développement de matériel didactique informatisé; ¦ définition d’ici décembre des compétences attendues dans la formation initiale à l’enseignement en regard des TIC; ¦ stages de formation aux TIC pour les étudiants qui suivent actuellement des stages de formation à l’enseignement; ¦ budget de deux millions pour aider les facultés universitaires des sciences de l’éducation à se doter de nouveaux équipements; M crédits de 800 000 $ aux commissions scolaires pour les applications pédagogiques de l’ordinateur en formation continue, et budget de 200 000 $ pour répondre à des besoins de perfectionnement régionaux.Selon la Centrale de l’enseignement du Québec, les objectifs du plan, en ce qui a trait à l’équipement, sont «à la fois réalistes et raisonnables».Mais «les ressources prévues pour le développement de matériel didactique ainsi que pour la formation et le perfectionnement du personnel enseignant paraissent nettement insuffisantes».La CEQ éprouve aussi «une certaine inquiétude quant aux possibilités réelles qu’auront certaines commissions scolaires de verser la contribution qui leur est demandée», particulièrement dans les milieux défavorisés.Documents falsifiés sur la Somalie Boyle est de nouveau montré du doigt Un témoin affirme que Valorisation de «procéder» est venue de haut HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — Selon le commandant Doug Caie, c’est probablement le sous-ministre adjoint à la Défense Ken Calder ou le général Jean Boyle qui ont autorisé un plan pour transmettre des documents falsifiés sur la crise somalienne à un journaliste de CBC.Le commandant Caie a souligné hier que l’ex-directeur des Affaires publiques Roberto Gonzales lui avait indiqué «qu’il avait l’autorisation de procéder».«J’ai présumé que c’était le général Boyle ou le sous-ministre adjoint», a-t-il avancé lors de son témoignage devant la commission d’enquête sur la Somalie.Caie a toutefois précisé qu’il n’avait jamais discuté de cette question avec le général Boyle, qu’il rencontrait pourtant «presque tous les jours».Le commandant Caie croit également que le général Boyle a signé tout un ensemble de ces documents falsifiés en connaissance de cause car ce genre de choses passait normalement par la chaîne de commandement.D’autres témoins ont signalé que le général Boyle était une «victime» innocente dans cette affaire car il avait signé une soixantaine de documents sans savoir qu’ils avaient été modifiés afin de contourner la Loi sur l’accès à l’information.Le commandant Caie a soutenu par ailleurs qu’il n’y avait jamais eu de «complot» pour détruire les documents modifiés au bout de 72 heures.Et ce n’est pas lui qui a demandé à un commis, Nancy Fournier, de détruire des documents embarrassants relatifs à la crise somalienne, a-t-il ajouté.En décembre 1995, le général Boyle a indiqué aux enquêteurs de la po- lice militaire qu’il n’était pas au courant de tentatives pour modifier, omettre ou retenir des documents exigés par le journaliste Michael MçAuliffe.A la suite du témoignage de M.Gonzales, la police militaire avait toutefois cru bon de refaire son enquête.M.Gonzales a déclaré qu’il aurait été «très surpris» s’il n’avait pas parlé de la requête de McAulif-fe et des documents modifiés au général Boyle.«Soupçonné d’avoir fait une fausse déclaration», le général Boyle a refusé de répondre aux questions de la police militaire le 2 mai.Sus au fumier ! Le gouvernement se donne un an pour se doter d'un règlement sur les odeurs en milieu agricole NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — Le gouvernement se donne un an pour se doter d’un règlement qui régira les odeurs en milieu agricole.«On a un an pour régler la question.Ce projet de règlement va faire l’objet d’un vaste débat», a expliqué hier en entrevue le ministre de l’Agriculture, Guy Julien, une semaine après avoir fait adopter par l’Assemblée nationale une loi reconnaissant aux agriculteurs le droit de produire.Le gouvernement est déjà saisi d’une esquisse qui montre le type de règlement envisageable pour l’épandage des fumiers dans les productions agricoles.Par exemple, dans le cas d’un épandage de lisier de porc avec un épandeur conventionnel, la distance requise entre le lieu d’épandage et les habitations du voisinage pourrait atteindre jusqu’à 1000 mètres, indique le rapport gouvernemental.La distance pourrait être moindre si la méthode d’épandage utilisée est techniquement plus moderne.Les parties impliquées, soit le ministère de l’Environnement, les municipalités et l’Union des producteurs agricoles, seront invitées à débattre de la question avant l’entrée en vigueur de toute réglementation.La commission parlementaire de l’Agriculture s’est d’ailleurs donné le mandat d’analyser toutes ces questions dès septembre prochain, a indiqué hier le président de cette commission, Yvon Vallières, député de Richmond.Elle pourrait siéger conjointement avec la commission parlementaire de l’Aménagement, qui s’intéresse aux questions d’environnement.L’industrie de l’élevage du porc au Québec a déjà fait l’objet de certaines plaintes provenant de citadins, à cause des odeurs.Mais le ministre Julien a rappelé hier que cette industrie comprend 3300 fermes au Québec, produit cinq millions de porcs par année et exporte 700 millions annuellement en produits, principalement vers les marchés asiatiques.«Il faut trouver une façon de satisfaire les gens en faisant cohabiter les intérêts des producteurs agricoles et des résidants», a dit M.Julien.Lyrte L’Espérance ouvre une deuxième boutique pour mieux vous servir.Venez profiter des rabais de ^0°/° et plus tout l’été Lyne L’Espérance.L’autre boutique 6551 Beaubien (angle Langelier) l esyp£Bakc! 253'0731 Une enquête de PACEF Les cours de croissance personnelle servent plutôt à soulager la souffrance JOANNE DESCHÊNES PRESSE CANADIENNE Contrairement à ce qu’en disent les animateurs des cours de croissance personnelle, les personnes qui participent à ces séances le font moins pour «croître», se développer ou devenir plus créatives que pour soulager des souffrances personnelles parfois intenses.C’est ce que révèlent les résultats d’une recherche menée par deux universitaires de l’UQAM à la suite d’une demande de l’ACÈF-Centre de Montréal, dont les résultats ont été rendus publics hier.La «croissance personnelle» connaît depuis les années 80 un essor remarquable au Québec.Plus de 275 groupes ou organismes offrent de tels cours.Pas moins de 22 % des Québécois ont déjà suivi au moins un cours ou un atelier de croissance personnelle, révélait un sondage CROP réalisé en 1992 pour le compte de l’AÇEF-Centre.Etant donné leur popularité, on peut penser que les cours de croissance personnelles répondent à des besoins réels.Mais est-ce vraiment le cas?C’est ce que se sont demandé Louis Lepage, étudiant au doctorat, et Robert Letendre, professeur, tous deux au département de psychologie de l’UQAM.Alors que l’ACEF-Centre, qui s’intéresse depuis des années aux cours de croissance personnelle, s’est penchée davantage sur leurs pratiques commerciales, MM.Lepage et Letendre ont d’abord voulu comprendre les motifs des usagers des cours de croissance personnelle et ce qu’ils en retirent Trente-sept personnes ont fait l’objet d’un entretien téléphonique et dix d’entre elles ont été rencontrées en entrevue.Le seul critère de sélection était d’avoir participé à au moins cinq cours de croissance personnelle.Un tel échantillon ne permet pas de généraliser les résultats, indiquent les chercheurs, qui en tirent tout de même des éléments de réflexion.Ainsi, ils ont constaté que les gens s’inscrivent à un cours de croissance personnelle parce qu’ils sont souffrants et qu’ils ont besoin d’aide, et moins, comme l’affirment les écrits et les animateurs de cours, pour «grandir», «croître», bref pour de réels motifs de croissance personnelle.Plusieurs personnes s’inscrivent à ces cours à des moments de leur existence où elles sont déprimées, par exemple à la suite d’un divorce, d’un échec amoureux ou d’une maladie physique.Un autre motif invoqué est l’existence d’insatisfactions et d’échecs au niveau des relations avec leurs proches.Les médicaments génériques et les pharmaciens LE DEVOIR Quatre-vingt dix pour cent des pharmaciens sont d’avis que les médicaments génériques doivent être d’apparence similaire à leurs équivalents d’origine.C’est ce que révèle un sondage mené auprès de 300 pharmaciens détaillants.la publication de ces données coincide avec la rencontre des ministres responsables des personnes âgées à Fredericton.«Il ne fait aucun doute, a expliqué la présidente de l’ACFPP, Brenda Drinkwalter, que les pharmaciens sont des experts de première ligne.Si un médicament générique apparait soudain sous une forme ou une couleur différente de ce que le patient est habitué à prendre, fi est possible qu'il ne le prenne carrément pas ou, pire encore, qu’il le prenne incorrectement.Il y a nettement consensus, a-t-elle souligné, la sécurité du patient est en jeu!» La grande majorité des pharmaciens soutiennent que leurs clients préfèrent que les versions génériques des produits d’origine aient le même format, la même forme et la même couleur que leurs équivalents d’origine.Les médicaments génériques offrent la même qualité mais à un prix moindre que les produits d'origine.Traditionnellement ils ont été fabriqués de manière à ressembler en tous points — format, forme et couleur—aux produits d’origine sans toutefois porter le même nom.Mais les recours aux tribunaux intentés par diverses multinationales étrangères dont Eli Lilly pourraient changer cette pratique.l'HOTO JACQUKS NAOKAII Né aux États-Unis où il a grandi et s’est imposé, Internet est devenu aujourd’hui une affaire internationale.Sur cette photo, un congressiste haïtien donne des explications sur les religions de son pays à un confrère.La cyberguerre, déjà une réalité Les militants de gauche ont trouvé une nouvelle arme ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Les militants de gauche à l’échelle de la planète ont trouvé un «extraordinaire» outil pour se regrouper et renverser l’ordre établi: Internet.Tellement que le Pentagone se penche sur cette nouvelle menace et que des experts américains en sécurité nationale parlent désormais de «net war», de la cyberguerre.C’est ce qu’a soutenu le professeur Harry Cleaver, de l’Université du Texas, dans sa communication intitulée «Les zapatistes et la structure électronique de la lutte [struggle]» et livrée hier dans l’atelier traitant de la politique à la conférence INET 96.Ainsi, le mouvement zapatiste, en diffusant de l’information sur Internet dans la foulée de la révolte de janvier 1994, a non seulement réussi à contrer la propagande émanant du gouvernement mexicain et reprise par les grands médias américains mais aussi incité des organisations militantes de partout dans le monde à s’unir «pour présenter une alternative au capitalisme» et lancer «un défi unifié au néolibéralisme», a dit M.Cleaver, ajoutant qu’il n’avait rien vu de semblable depuis 15 ans.En donnant leur version des faits sur Internet, les zapatistes ont réussi à alerter l’opinion mondiale et à faire cesser la répression militaire, le moyen traditionnel employé par le gouvernement mexicain pour répondre aux revendications sociales et politiques, a souligné le chercheur.«C’est la création de ce mouvement prodémocratique qui a inspiré la population du Mexique dans ses demandes pour une réforme complète du système politique.» Évidemment, le pouvoir établi, et notamment le Pentagone et la CIA, contre-attaquent et entendent contrer cette nouvelle «menace à la sécurité nationale, cette appropriation du cyberespace», a signalé M.Cleaver.Mais le fait que «cette solidarité internationale» par l’entremise d’Internet ne soit plus centralisée mais «rhizomatique» (eh! oui, comme les plantes qui se multiplient par leurs racines de manière aléatoire) renforce les organisations militantes de gauche et les rapprochent CANADA du Grand Jour, a défendu en substance l’universitaire américain.Dans la présente édition d’INET 96, la conférence annuelle d’experts et d’usagers d’Internet innove en accordant beaucoup de place aux répercussions sociales, politiques et économiques du réseau mondial.Dans un autre atelier, intitulé «L’Idéologie et la critique»,;le professeur William Birdsall, de l’Université Dalhousie, a soutenu une tout autre thèse.Non seulement Internet ne modifie en rien la société mais l’idéologie qui sous-tend les technologies de l’information «est un ensemble de valeurs et de propositions qui représente un développement inhérent de la poussée capitaliste voulant transformer en produits toutes les sphères de la vie culturelle et politique».Nous ne sommes donc pas à un tournant de l’histoire mais assistons plutôt à «un exemple d’une caractéristique récurrente du capitalisme», l’innovation technologique que le capitalisme non seulement génère mais requiert nécessairement, croissance oblige.Chris Adams, des consultants Goldfard, fait observer qu’internet est avant tout «une révolution de l’intelligentsia», limitée à une petite proportion de la population.Une des conséquences de la commercialisation croissante d’Internet, c’est qu’au lieu de donner du poiu voir aux citoyens, les services en ligne «conduisent à un déclin de l’objectivité historique», l’information émanant davantage du secteur privé que de la sphère publique.«Placer notre confiance, en oubliant tout sens critique, dans la croissance de nouvelles formes de médias informationnels peut seulement renforcer la tendance à la passivité sans pensée qui marque l’essentiel de la vie nord-américaine», conclut M.Adams.En donnant leur version des faits sur Internet, les zapatistes ont réussi à alerter l’opinion mondiale D’ici quelques années Internet deviendra aussi vaste que le réseau téléphonique ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Vint Cerf, un des pères d’Internet maintenant à l’emploi du télécommunicateur américain MCI, prédit que d’ici six ans, neuf ans tout au plus, le réseau Internet sera aussi vaste que le réseau téléphonique actuel, qui compte 660 millions de lignes.«Depuis 1988, nous sommes en plein dans une ruée vers l’or Internet», a souligné M.Cerf au cours d’une rencontre de presse hier matin.Depuis huit ans.le nombre de serveurs sur Internet a doublé année après année.«Et il n’y a aucune indication que ce mouvement va ralentir au cours des prochaines années», a-t-il indiqué.Pendant la même période, le système téléphonique s’est accru de 6 % par année.A l’heure actuelle.Internet repose sur 100 000 réseaux alimentant dix millions d'ordinateurs-hôtes et 35 millions d’usagers.Au début du XXI' siècle, le nombre de serveurs sur Internet touchera les 160 millions, se- lon sa prédiction.Les usagers d’Internet utilisent le réseau fréquemment 41 % d’entre eux se servent du courrier électronique à tous les jours et 27 % au moins une fois la semaine, a signalé M.Cerf.Ils passent déjà six heures par semaine à naviguer sur Internet le même temps qu’ils passent à regarder des films vidéo.A l’heure actuelle, la demande en capacité, qui suit une courbe exponentielle; est énorme.MCI vient de porter la vitesse sur une partie de son réseau principal de 155 mégabits par seconde à 622 mégabits.Mais cette capacité additionnelle ne sera plus suffisante dès le printemps prochain, a révélé i’expert.La croissance du trafic est de 300 % par année, ce qui signifie que le trafic est multiplié par un facteur de presque dix après deux ans, et de 1000 après six ans.a précisé M.Cerf.Les internautes réclament maintenant des applications en temps réel sur Internet — téléphonie, vidéo, radio —.«ce qui nous oblige à ajouter encore davantage de capacité-, at-il mentionné.Les internautes passent déjà six heures par semaine à naviguer I.K I) K V 0 I H .I.K .1 K I' l> I 2 7 .1 l! I N I !» !» « EN B R k p ?BILL CLINTON CARACOLE EN TÊTE New York (AFP)- Le président Bill Clinton maintient une avance de 20 % des intentions de vote sur son rival républicain Bob Dole pour l’élection présidentielle de novembre, malgré la persistance d’affaires impliquant la Maison-Blanche, selon un nouveau sondage du quotidien New York Times.Selon ce sondage publié hier le président démocrate est crédité de 54 % des Intentions de vote contre 34 % au candidat républicain, Bob Dole.En outre, 13 % des personnes interrogées se disent favorables à une éventuelle candidature indépendante du milliardaire texan Ross Perot.Même scénario concernant le taux de popularité des deux hommes où le président Clinton obtient 53 % de satisfaits contre 36 % à M Dole.-?- REVIREMENT POLITIQUE Moscou (AFP) — L’écrivain et ancien dissident soviétique Alexandre Zinoviev a appelé à voter pour le communiste Guennadi Ziouganov à l’élection présidentielle, le seul selon lui capable de sortir la Russie de la pauvre-’ té.«Dans la Russie du président Boris Eltsine, une partie infime de la population vivra remarquablement.La masse de la population sera condamnée à une existence misérable», a affirmé l’écrivain et philosophe dans un entretien publié hier par le quotidien Fravda.Alexandre Zinoviev, auteur de L’Avenir radieux et Homo sovieticus, déchu de la nationalité soviétique en 1978 et vivant aujourd’hui à Munich, a également appelé à «une mobilisation totale de la nation, comme à l’époque des quinquennats staliniens».-?- LA SUCCESSION DE «VIGDIS» Reykjavik (AFP) — Les habitants de l’Islande éliront samedi un successeur à la présidente Vigdis Finnbogadot-tir, qui a renoncé à briguer un cinquième mandat à cette fonction aux pouvoirs restreints que certains voudraient renforcer.Première femme au monde élue chef d’État au suffrage universel, en 1980, et plébiscitée depuis, Mme Finnbogadottir, 66 ans, a souhaité passer le relais.Sa décision annoncée en octobre dernier a relancé l’intérêt d’un scrutin peu politisé, alors qu’une majorité des quelque 195 000 électeurs s’apprêtaient, d’après les son-dajges, à la reconduire pour quatre ans supplémentaires.L’élégante et blonde «Vigdis», comme l’appellent simplement les Islandais, a de l’avis général contribué à faire connaître dans le monde cette petite république, fondée ¦il y a 52 ans seulement, après plus de cinq siècles de domination danoise.-?- FICHIERS DU FBI: UNE DÉMISSION Washington (AFP) — Une tête est tombée, hier, dans l’affaire des dossiers confidentiels du FBI indûment obtenus par la Maison-Blanche avec l’annonce de la démission de Craig Livingstone, le chef du bureau chargé de la sécurité de la présidence.Mais l’affaire des fiches de police est loin d’être enterrée.Les républicains, qui disposent d’une majorité au Congrès, entendent poursuivre leurs enquêtes à la Chambre des représentants,et au Sénat pour faire toute la lumière sur cette affaire.A l’occasion d’une comparution, hier, devant la commission d’enquête de la Chambre des représentants, M.Livingstone, récemment placé en disponibilité par la Maison-Blanche, a reconnu être responsable pour ce qu’il a qualifié «d’erreur innocente» dans sa gestion des dossiers et a annoncé sa démission.-?- UNE JOURNALISTE ASSASSINÉE Dublin (AFP) —Une journaliste irlandaise, spécialisée dans les affaires criminelles, a été assassinée par balles hier dans le sud de Dublin, a indiqué la police qui privilégiait la piste du crime organisé.Veronica Guerin, 36 ans, mariée et mère d’un enfant, travaillait au Sunday Independent et recevait régulièrement des menaces de mort.Elle avait déjà été la cible de deux tentatives de meurtre après une série d’articles controversés sur le milieu irlandais, identifiant certains de ses barons.La journaliste avait reçu un temps une protection policière 24 heures sur 24 mais avait demandé sa levée, estimant qu’elle l’empêchait de travailler correctement.L’hommage de la Grèce à son chef Athènes (AFP) — La Grèce tout entière s’est arrêtée hier pour enterrer Andréas Papandréou au cours de funérailles grandioses, mêlant la pompe officielle à l’émotion d’un immense adieu du peuple de gauche.Des dizaines et des dizaines de milliers de militants et d’électeurs du PASOK, le parti socialiste au pouvoir, venus des quartiers ouvriers d’Athènes, des grandes villes de province, de Crète ou de Rhodes, ont accompagné le grand dirigeant grec, décédé dimanche à 77 ans, jusqu’au cimetière historique de la capitale, face à l’Acropole.Au passage du cerceuil recouvert d’un drapeau grec et monté sur un affût de canon, la foule éclatait en applaudissements et criait: «Andréas, tu vis et tu nous conduis.» Des hommes, des femmes, d’anciens résistants à la dictature (1967-74), des Grecs de la diaspora, des jeunes avaient bravé la chaleur de plomb, étouffante, pour cet adieu.Devant les dignitaires et ministres socialistes, les slogans politiques fusaient: «Tous ensemble pour un PASOK fort», «Le PASOK est ici, fort et uni».Le parti socialiste entame aujourd’hui un congrès de quatre jours pour désigner le successeur de son charismatique fondateur.Certains ne pouvaient retenir leurs larmes, d’autres rompaient le cordon policier pour rejoindre le cortège.L’ordonnance officielle cédait très vite la place à une immense marche mêlant ministres et simples partisans, officiels étrangers et membres de l’opposition.Des militants kurdes, dont certains en costumes traditionnels, avaient même réussi à se joindre au défilé.Derrière le cercueil, s’avançait la famille, d’abord son épouse Dimitra Liani, digne, au bras d’un proche, puis les quatre enfants, et Margaret Chadd, son ex-femme.L’ainé Georges, ministre de l’Éducation, avait rendu à son père un hommage très émouvant quelques minutes plus tôt lors de l’office religieux.: Arrivé devant la Vouli, le parlement grec, le cortège s’est figé pour une minute de silence tandis que retentissait une salve de 21 coups de canon tirée de la colline du Lycabette et que passait une formation de quatre chasseurs F-16.Ce cérémonial réservé aux chefs d’État avait été observé pour la dernière fois lors des funérailles du roi Paul en 1963.LE MOP Camion piégé contre la base américaine de Khobar L'attentat bouleverse l'agenda du G7 Les Etats-Unis comptent faire de la lutte antiterroriste une priorité A A T ashington (AFP) — Le président Bill Clinton en- V V tend faire de la lutte anti-terrorisme la priorité du sommet des sept pays les plus industrialisés (G7) qui s’ouvre hier soir à Lyon, après l’attentat qui a provoqué la mort d’au moins 19 Américains en Arabie Saoudite.L’attentat au camion piégé mardi, sur une base aérienne de Khobar, en Arabie Saoudite, vient éclipser de fait les autres grands sujets du G7, alors que Washington entendait se présenter au sommet de Lyon en position de force, en raison de la bonne tenue de l’économie américaine.«Alors que je pars à Lyon, j’ai l’intention de concentrer la force et l'énergie du G7 sur la poursuite de la lutte contre le terrorisme», a déclaré Bill Clinton depuis la Maison-Blanche, avant son départ pour la France.«Nous attendons de Lyon des résultats très concrets, dont une série de 40 recommandations spécifiques pour combattre le terrorisme», a ajouté le président américain.«Je dirais à mes partenaires ce que je vous dit aujourd’hui, il n’est pas possible d’assurer notre sécurité économique et une économie mondiale à moins de lutter contre ces forces de terrorisme.Les Etats-Unis montreront le chemin et nous attendons de nos alliés qu’ils nous suivent», a poursuivi M.Clinton.A Londres, une source gouvernementale britannique a affirmé hier que la question des efforts internationaux pour lutter contre le terrorisme «se place très haut sur l’agenda international».L’attentat a fait 19 morts américains et 386 blessés, dont 60 dans un état grave, selon un dernier bilan du Pentagone, lorsqu’un camion piégé a explosé dans la base aérienne du roi Abdul Aziz à Khobar, près de Dah-ran, à l’est de l’Arabie Saoudite, utilisée par des militaires américains.C’est l’attentat visant des Américains le plus meurtrier PHOTO AP ÜJI JT.V il» J L’immeuble dévasté des Forces armées américaines en Arabie Saoudite, filmé par la télévison saoudienne.dans la région, depuis l’attaque suicide à Beyrouth en 1983, qui avait tué 241 soldats américains.Il a été condamné par les principales capitales européennes, la Russie, et des pays arabes dont la Syrie.M.Clinton a également annoncé qu’il n’avait pas de «projet immédiat» d’aller en Arabie Saoudite, sans toutefois l’exclure, et a rappelé qu’il avait décidé d’envoyer sur place le secrétaire d’Etat Warren Christopher, arrivé hier soir à Dahran.M.Clinton a également rappelé qu’il avait demandé à une équipe de 40 membres du FBI de se rendre en Arabie Saoudite pour participer à l’enquête.Le président a dit «ne pas savoir qui a commis l’attentat», qui n’avait tpujours pas été revendiqué hier, mais a indiqué que les États-Unis «n’épargneraient aucun effort» pour retrouver les responsables.11 a souligné que ces attaques étaient souvent dues à des «personnes prises au piège de leur haine religieuse ou ethnique».Le président a indiqué qu’il avait eu une conversation mardi avec le roi Fahd d’Arabie Saoudite et a rappelé les liens qui unissent les deux pays.«Nous sommes en Arabie Saoudite à l'invitation du gouvernement saoudien et en partenariat avec lui», a déclaré le président.11 a indiqué ne pas savoir «si l’attentat visait principalement les Etats-Unis parce que nous sommes Américains ou simplement parce que nous sommes là [en Arabie] en partenariat avec le gouvernement saoudien», a-t-il dit, estimant que «ce serait une erreur de changer de mission» dans la région à cause de l’attentat Des menaces depuis le mois de mai Le porte-parole de la Maison-Blanche a refusé de spéculer sur les liens éventuels entre l’attentat de mardi et l’exécution, il y a trois semaines, de quatre Saoudiens accusés d’avoir organisé l’attentat anti-américain du 13 novembre 1995 à Ryad, qui avait fait sept morts.Pour sa part, le secrétaire à la Défense, William Perry, a affirmé hier que «des mesures de sécurité intensives» avaient été prises depuis l’attentat de novembre et que «d’autres mesures allaient être prises».Selon un responsable du Pentagone, hier, des installations américaines en Arabie Saoudite avaient reçu «plusieurs coups de téléphone menaçants» depuis l’exécution fin mai des responsables de l’attentat perpétré dans le royaume contre des intérêts américains.Les troubles d’un havre de sécurité Le régime saoudien fait face à une contestation de plus en plus violente MOUNA N Al M LE MONDE Ly Arabie Saoudite n’est décidément plus un havre de i sécurité pour l’armée américaine omniprésente dans le royaume wahabite.Elle encadre la garde nationale, surveille l’application par l’Irak des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, dispose de facilités aériennes tant dans le nord que dans le sud, l’est ou le centre du pays.Sur cette présence, les autorités locales sont d’une extrême discrétion.L’Arabie Saoudite, qui recèle entre 25 % et 30 % des réserves mondiales de pétrole, traverse une zone de turbulences — que la santé vacillante du roi Fahd ne fait qu’accentuer — dont on a du mal à distinguer si elles sont dirigées contre le pouvoir ou contre les États-Unis, tant l’alliance entre les deux est étroite.Les discours va-t-en-guerre américains contre le terrorisme, perçu quasi exclusivement comme d’origine islamiste, ne sont pas faits pour apaiser les esprits.L’attentat dirigé mardi contre la base aérienne du roi Abdel Aziz, à Khobar, près de Dhahran, sur la côte est du royaume, est le deuxième qui vise des Américains en l’espace de sept mois.Il n’avait pas encore été revendiqué, hier, en fin de matinée.En novembre 1995, il avait fallu quelques jours avant que trois organisations aux noms jusqu’alors inconnus, les Tigres du Golfe, le Mouvement islamique pour le changement et les Partisans de Dieu, réclament la paternité de l’attentat contre des bâtiments de la Garde nationale à Riyad, mais les quatre Saoudiens condamnés et exécutés en mai ne s’étaient réclamés d’aucune, se disant, dans des aveux télévisés — qui doivent donc forcément être considérés avec la plus grande prudence, dès lors qu’il s’agit d’un régime pour le moins autoritaire —, idéologiquement disciples de deux dissidents saoudiens: Oussama Ben Laden, déchu de sa nationalité pour activisme islamiste et réfugié au Yémen puis au Soudan, et Mohamad El Massaari, porte-parole du Comité pour la défense des droits légitimes, islamiste lui aussi, réfugié à Londres.Les inculpés avaient aussi cité le nom de Mohamad Issam El Makdissi, un islamiste jordanien d’origine palestinienne et évoquaient des liaisons avec des islamistes égyptiens et algériens.La véracité de leurs aveux — au cours desquels certains avaient aussi assuré avoir fait le coup de feu en Afghanistan contre les envahisseurs soviétiques ainsi qu’en Bosnie-Herzégo vine, et s’être procuré une partie de leurs armes au Yémen — importe peu au regard de la signification de leur acte: c’était la première expression terroriste, avec mort d’homme, d’une contestation fondamentaliste plus ou moins sourde, pour laquelle le régime, qui se réclame pourtant d’une des branches les plus rigoristes de l’islam, le wahabisme, était impie, corrompu et avait vendu son âme aux États-Unis.Haute surveillance Les autorités saoudiennes avaient exercé des pressions ouvertes sur la Grande-Bretagne pour qu’elle expulsât M.El Massaari, mais la justice britannique s’y était opposée.En revanche, Oussama Ben Laden aurait quitté récemment Khartoum pour une destination inconnue, les autorités soudanaises accusées de soutenir des terroristes de toute nationalité s’étant déjà vu infliger des sanctions par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui menace de les renforcer.Le 29 mars, quatre mois après ce premier attentat, les autorités saoudiennes interceptaient à la frontière avec la Jordanie, un véhicule conduit par un Saoudien et chargé d’explosifs en provenance du Liban.Le royaume se préparait à accueillir, dès le début avril, des millions de musulmans de toute nationalité, pour le pèlerinage annuel de La Mecque.L’ensemble de ces actes montre en tout cas une chose: les auteurs des attentats, quelle que soit leur appartenance, semblent disposer de relais importants dans un royaume en principe placé sous très haute surveillance.Même si jusqu’à maintenant, les Américains n’ont pas été directement visés, ils orff tout lieu de s’inquiéter aussi des troubles qui agitent l’État voisin — satellite — de Bahreïn, troublé depuis décembre 1994, par une contestation, passée, il y a quelques mois, au stade de la violence.Bahreïn abrite le commandement de la 5e flotte américaine poyr la région du Golfe.Comme à Riyad, l’ambassade des États-Unis à Manama a demandé à ses ressortissants une extrême vigilance.Bahreïn accuse l’Iran — qui s’en défend — d’être le commanditaire des troubles, mais la contestation avait été déclenchée sur la base de revendications démocratiques.L’opposition, chiites et sunnites confondus, réclamait le retour à la vie parlementaire suspendue en 1975 en même temps que la Constitution, des réformes démocratiques et du travail pour tous.Investiture du premier ministre en Afghanistan Les taliban gâchent la fête Des tirs de roquettes sur Kaboul font une soixantaine de morts ’ £aboul (AFP) — Les taliban, «étu-.\diants religieux» retranchés au sud de Kaboul, ont gâché hierla cérémonie d’investiture de Gulbuddin Hekmatyar dans ses fonctions de premier ministre, par des tirs de roquettes sur la capitale qui ont fait au moins 61 morts et une centaine de blessés.M.Hekmatyar, qui avait quitté son bastion de Sarobi, à 50 km à l’est de Kaboul, dans la matinée, est tout de même parvenu dans l’après-midi à Kaboul à la tête d’un convoi d’une centaine de véhicules.Portant le costume traditionnel afghan et un turban noir, M.Hekmatyar, souriant, a salué de la main les kaboulis, qui étaient prudemment sortis de leurs abris, tandis que ses hommes agitaient des drapeaux et des bannières.M.Hekmatyar devait être investi dans la soirée dans les fonctions de premier ministre par son vieil adversaire le prési- dent Burhanuddin Rabbani avec lequel il a fini par se réconcilier, au moins sur le papier, les deux hommes ayant trouvé un intérêt objectif à s’entendre pour résister à la pression militaire des taliban.Pour célébrer avec éclat son investiture, M.Hekmatyar avait fait inviter à Kaboul des diplomates, des chefs d’organisations islamiques, la presse et des responsables pakistanais.Mais les «étudiants», qui sont arrivés aux portes de Kaboul en octobre et qui se sont installés depuis dans les collines au sud de la ville, avaient décidé de gâcher la fête.Les salves de roquettes ont commencé à atterrir sur la ville dès le début de la matinée, arrosant indistinctement le palais présidentiel, le quartier diplomatique de Wazir Akbar Khan, l’est et l’ouest de la capitale, et, plus particulièrement, le quartier de Bagha Bala où devait avoir lieu une cérémonie de bienvenue pour M.Hekmatyar.La route de l’est, empruntée par M.Hekmatyar pour parvenir à Kaboul, a également été la cible des tirs ce qui n’ont pas empêché le chef du Hezb de passer.L’attaque d’hier contre Kaboul a été la plus meurtrière depuis plusieurs mois.Les taliban avaient averti les étrangers de ne pas se rendre dans la capitale ce jour-ci et recommandé aux Kaboulis de rester chez ses eux.Une cinquantaine de roquettes ont été tirées sur la ville.Plusieurs maisons et un hôtel ont été détruits.Une roquette BM-21 a frappé de plein fouet deux taxis faisant d’un coup 18 morts et des dizaines de blessés.Les passagers des taxis ont été carbonisés.Dans les hôpitaux, totalement débordés, les médecins et les infirmiers tentaient de parer au plus pressé.Les salles d’urgence étaient maculés par des mares de sang.C’est la première fois que M.Hekmatyar remet les pieds dans Kaboul depuis fe début de l’invasion soviétique en 1979.A la chute du régime communiste, en avril 1992, il avait installé son état-major à Charasyab, à 25 km au sud de la capitale.C’est de Charasyab et des collines avoisinantes que ses hommes ont lâché durant trois ans des milliers de roquettes et d’obus sur la capitale, avant d’être délogés par l’avancée des taliban en février 1995.En vertu de l’accord de paix signé entre MM.Rabbani et Hekmatyar le 24 mai, le Hezb disposera, outre du poste de premier ministre, de celui de ministre de la Défense et des Finances.Les taliban, qui ont conquis en deux ans la plus grande partie du sud de l’Afghanistan, veulent chasser tous les moudjahidines du pouvoir.Inculpé pour crimes de guerre, le leader serbe bosniaque pose ses conditions Radovan Karadzic cherche à se ménager une sortie Pale (AFP) — Le président de la Republika Srpska (RS, entité serbe en Bosnie), Radovan Karadzic, tentait désespérément hier d’arracher des concessions à la communauté internationale en échange de son retrait de la scène politique.M.Karadzic serait prêt à abandonner le pouvoir s’il obtenait des «garanties très fermes» que «les intérêts vitaux» de la RS seront sauvegardés, a indiqué à l’AFP une source proche du gouvernement serbe bosniaque.Ces «intérêts vitaux» impliquent la reconnaissance à la RS d’un degré de souveraineté s'apparentant à un «statut d’Etat».selon cette source qui a estimé que cette exigence était conforme aux accords de paix de Dayton.Ces derniers ne confèrent nullement à la RS les attributs d’un État indépendant contrairement à ce qu’affirme la direction serbe de Bosnie depuis la signature de ce document le 14 décembre 1995.Le leader serbe bosniaque, dont Belgrade a réclamé pour la première fois officiellement mardi le limogeage «immédiat», manifeste ostensiblement son hostilité à tout resserrement des liens entre la RS et la Fédération croato-musul-mane, les deux entités composant la Bosnie-Herzégovine.Les exigences de M.Karadzic faisaient l’objet de tractations avec Belgrade, dont un émissaire, le vice-premier ministre yougoslave Nikola Sainovic, était attendu dans la journée à Pale, où il s’était déjà rendu la veille.Le Parlement a passé outre à l’avertissement de Belgrade, qui a menacé mardi de «prendre toutes les mesures» à sa portée contre les institutions de la RS et les individus qui continueront de violer les accords de paix de Dayton.Les députés avaient siégé dans la nuit de mardi à mercredi, sans prendre de décision sur le sort de M.Karadzic, qui est interdit de fonction en raison de son incul- pation pour crimes de guerre par le Tribunal pénal international (TPI).M.Karadzic demande aussi que la ville de Brcko reste aux mains des Serbes et que l’arbitrage international — qui doit être rendu avant le 14 décembre en vertu des accords de paix — «ne porte que sur la zone de séparation entre les deux entités».a indiqué le bulletin indépendant MP.édité à Belgrade.Une lettre précisant les conditions posées par M.Karadzic, dont l’acceptation rendrait définitive sa démission, aurait été remise mardi au bureau du Haut représentant civil en Bosnie Cari Bildt.selon la même source. I.K I) K V (MK.I.K .1 E |! 1)1 2 7 .1 I! I N I M D II A (I ÉDITORIAL Nationalisme anglais François Brousseau Nationalistes, les Anglais?Et comment! Et pas toujours du plus beau nationalisme.Sur le terrain du commentaire sportif, les tabloïds britanniques — véritables monuments de culture populaire avec leurs tirages faramineux et leur titrage agressif — ont atteint cette semaine de nouveaux sommets de xénophobie antifrançaise et surtout antiallemande.Mais le nationalisme des Anglais, de ces Anglais à la réputation de flegmatiques, ne se résume pas à une flambée d’irrationalité hargneuse.lbion est aujourd’hui gonflée à blanc.La vache folle et ses retombées paranoïaques, le chauvinisme footballistique et ses excès de langage — que l’élimination d’hier au profit de l’Allemagne, dans le championnat Euro 96, n’arrangera certes pas —, la surenchère antieuropéenne de rigueur au Palais de Westminster: ce ne sont là que trois exemples qui poussent de plus en plus d’Européens à se demander si cette Angleterre nationaliste est encore des leurs.«L’Angleterre est une île», déclarait jadis Charles de Gaulle.Banal constat géographique, que le général transformait en analyse politique et en ligne diplomatique.Mais outre la géographie, d’où vient cette fuite en avant hyperpatriotique?¦ Il y a la vieille alliance anglo-américaine, qui apparaît toujours à plusieurs comme une alternative à l’option européenne.Cette alliance — dont Margaret Thatcher fut le grand héraut et John Major le continuateur — s’oppose dans les faits, sans le dire bien sûr, à une trop forte coopération britannique avec l’Europe.¦ Il y a la perception selon laquelle le libéralisme authentique qu’incarnerait l’Angleterre est menacé par la tyrannique «technocratie socialiste» de Bruxelles.Cette perception paraît aussi forte qu’erronée, car c’est vraisemblablement le contraire qui est en train de se produire: des Etats «sociaux» en train de vaciller sous les coups de boutoir d’une mondialisation ultralibérale dont l’Union européenne ne serait qu’une modalité.Il n’empêche: l’Angleterre prouve qu’on peut être tout à la fois très nationaliste.et résolument libéral.¦ Il y a aussi dans les refus anglais répétés une réaction de peur face au fédéralisme.Ce mot de onze lettres (dix en anglais) est devenu carrément pornographique en Angleterre.H signifie pour le commun des mortels la fin de la souveraineté nationale et le contrôle des «technocrates de Bruxelles» sur leurs vies.¦ Il y a enfin ce bon vieux sentiment de supériorité bien britannique.«Nous sommes déjà une puissance globale.Nous n’avons pas besoin de la médiation du Continent pour affirmer notre globalité et notre gran- Un mélange d’orgueil non ravalé et de rationalité indéniable deur.» Le Commonwealth, une flotte nationale toujours importante, la plus grosse place financière du monde, tout cela concourt à cette illusion de grandeur.Dans ce qu’on appelle «la construction européenne», chacun des grands pays poursuit paradoxalement — et avec beaucoup d’hypocrisie — des objectifs avant tout nationaux.Que ce soit à Paris, Rome, Bonn ou Londres, la clé de la compréhension du «débat européen».cela reste d’abord le débat politique national.Ainsi, la France cherche à mener une diplomatie mondiale à travers les institutions communautaires; elle veut aussi tenir en laisse une Allemagne qui lui fait toujours peur — sans doute à tort L’Allemagne veut se faire pardonner ses torts historiques et diluer son nationalisme potentiel dans une espèce de mégapatriotisme européen; elle veut aussi projeter sa puissance économique — toujours réelle malgré les ratés du «modèle allemand» et ses ajustements difficiles — à travers l’union continentale.Mais la Grande-Bretagne, elle, n’a pas de tel «double agenda».Elle se considère comme «mondiale» sans l’intermédiaire d’un machin comme l’Union européenne.Elle n’a pas le bagout diplomatique ni l’envie des flons-flons qui caractérisent les Français.Malgré l’histoire du colonialisme, elle ne considère pas qu’elle a un passé accablant comme l’Allemagne.Cette prétention à la «globalité» est sans doute surfaite, mais bien réelle.Repli chauvin et ambition mondiale sans intermédiaires sont les deux mamelles contradictoires de l’actuelle «vache folle» britannique.Il y a dans ce nationalisme des temps modernes, peut-être l’un des plus virulents du monde développé, un intéressant mélange de péché d’orgueil non ravalé.et de rationalité indéniable.«Vous sortez ou vous restez, mais cessez de faire les zouaves sur le pas de la porte.» Un peu partout en Europe, cette injonction — que certains Québécois reconnaîtront peut-être, dans un contexte différent — monte et se répète sur le mode de l’exaspération.Mais comme toujours — car telle est la politique — un moyen terme sera sans doute trouvé.Et non, l’Europe n’en aura pas fini avec les atermoiements de ce mauvais coucheur éternel qu’est la Grande-Bretagne.tunnel sous la Manche ou pas.L'Arabie Saoudite perd son calme L es attentats terroristes surprennent lorsqu’ils surviennent dans une zone que l’on croyait sous le contrôle total d’un régime policier.Les bombes explosent à Paris, Londres ou Oklahoma City bien plus qu’à Tripoli, Pékin, ou encore Moscou de l’époque soviétique.Pourtant, l’attentat à l’explosif qui a tué, avant-hier, plus de 20 personnes près d’un complexe américain en Arabie Saoudite, n’était pas le premier du genre.En novembre 1995, un attentat semblable avait fait sept victimes.Le mois dernier, quatre personnes avaient été exécutées pour leur responsabilité dans ce premier attentat, et l’explosion d’avant-hier ressemble bien à une réponse à cette exécution.Que se passe-t-il dans le royaume intégriste, dynastique, islamique mais pro-américain de l’Arabie Saoudite?Les sbires et les frères du roi Fahd — qui n’exerce plus lui-même le pouvoir au quotidien — seraient-ils en train de perdre leur contrôle absolu sur cet État qui s’apparente plutôt à une immense propriété privée assise sur une nappe pétrolière géante, doublée d’une grosse base militaire américaine?L’Arabie Saoudite, c’est ce territoire sous lequel reposent 30 % des réserves pétrolières du globe, et pour la défense duquel la moitié du monde se mobilisa en 1990-91, dans la foulée de l’invasion irakienne du Koweït.C’est un régime dur, un pays qui interdit l’alcool, où l’on coupe littéralement la main aux voleurs et où le bon peuple est friand de décapitations publiques.Un État policier mais étroit allié des États-Unis, illustration suprême de la préséance de la realpolitik sur la diplomatie des principes.On pense immédiatement à deux hypothèses pour expliquer cet acte violent, qui a immédiatement induit Bill Clinton à mettre la lutte au terrorisme en tête de l’agenda de la réunion du G7, qui est sur le point de s’ouvrir à Lyon.L’antiaméricanisme semble une motivation évidente d’un acte meurtrier qui aboutit à la mort de 20 personnes dont une majorité d’Américains.Mais cet antiaméricanisme est intimement relié à la lutte interne des intégristes de tendance «afghane» ou «iranienne» en Arabie Saoudite, dont certains représentants se seraient constitués en organisations actives au cours des derniers mois.Mais au delà des hypothèses diverses, l’événement témoigne en lui-même d’une perturbation étonnante dans le calme jadis plat — le calme des geôles et des cimetières — de la dynastie wahabite, l’une des branches les plus «dures» de l’Islam politique.Les auteurs des attentats peuvent-ils être de purs opposants qui agissent en toute liberté?Ou seraient-ils plutôt les mercenaires d’une faction du pouvoir contre une autre?Sans aller jusqu’à de telles hypothèses, on peut en tout cas rappeler que la succession du roi Fahd — en semi-retraite et que l’on dit très malade — est aujourd’hui ouverte.Et que montent de plus en plus, jusqu’à Ryad même, les sirènes d’un islamisme pur et dur qui ne pactiserait plus avec le Diable américain.F.B.Le nationalisme ambiant M.Angenot, dans un article publié le 13 juin dernier, écrit avec des mots hargneux et méprisants que les journalistes et les intellectuels québécois ne dénoncent pas comme iis le devraient le nationalisme ambiant Voilà que Le Devoir, qui est le journal des intellectuels d’ici, en le publiant prouve le contraire! Qui dénonce le fédéralisme ambiant dans The Gazette?Il semble qu’on puisse être un intellectuel fédéraliste militant tout en demeurant un honnête intellectuel mais qu’un intellectuel souverainiste perde son statut ipso facto.Nous y réfléchissons.Robert Charette Westmount, 20 juin 1996 Des conventions universitaires.Le Devoir écrivait le 11 juin dernier que l’entente intervenue entre le Syndicat des professeurs de IUQAM et cet établissement universitaire, qui a pour effet de réduire les salaires, est «tout à fait unique dans l’ensemble du réseau universitaire*.LETTRES -?- Cette affirmation n’est pas exacte.En effet, une nouvelle convention collective de travail a été signée en mai dernier entre le Syndicat de ses professeurs et l’Université Laval, après son approbation par l’assemblée des professeurs et le conseil d’administration de l’Université.Les points majeurs de cette entente concernent d’abord le plancher d’emploi.Alors que ce plancher prévoyait l’embauche de 30 professeurs additionnels en octobre prochain, portant ainsi leur nombre à 1440, la nouvelle convention fera en sorte que le nombre de professeurs se situera à 1290 en 1999.De plus, l’entente prévoit le maintien des effets de la loi 102 (réduction de 1 % du traitement) jusqu’en 1999 et l’absence d’augmentation des échelles salariales contrairement à la fonction publique (c’est-à-dire 0,5 % versé dans la fonction publique ie 1" avril 1996 et 1 % additionnel le 1" décembre 1996).Enfin, cette nouvelle convention prévoit un contrôle beaucoup plus séné des activités externes des professeurs, une clause portant sur l'éthique, la refonte plus claire et plus nette des éléments relatifs aux mesures disciplinaires et la protec- tion supplémentaire accordée aux professeurs en probation.Dans le contexte budgétaire très difficile que vivent les universités, il convient de mettre en valeur cette collaboration remarquable des professeurs de l’Université Laval aux efforts de réduction des dépenses de l’Université.L’ensemble des concessions syndicales représente en effet plus de 10 % de la masse salariale des syndiqués.L’entente entre l’UQAM et ses professeurs, heureusement, n’est pas unique au Québec.Alain Vïnet Vice-recteur aux ressources humaines Université Laval Sainte-Foy, 14 juin 1996 .des chemins similaires L’entente signée à l’UQAM prévoit, en plus du maintien des effets de la loi 102 et l’absence d'augmentation des échelles salariales, comme à Laval, une baisse de salaire additionnelle de 1 % pour les professeurs.Mais cela étant dit, vos précisions indiquent que les deux universités semblent emprunter des chemins similaires.Paul Cauchon m£ Com fat UN 0AU UNi .REPRISE Questions de territoire C omme je dois clore ici ma collaboration au Devoir, je veux souligner deux choses en quittant: d’abord, l’importance particulière de Montréal comme foyer artistique et culturel et ses liens vitaux avec les régions, puis le complexe mal refoulé d’Ottawa face aux artistes québécois.La concentration des artistes, créateurs et diffuseurs en arts et en culture est l’avantage unique d’une ville comme Montréal.Cette concentration favorise une diffusion artistique qui avantage les citoyens de la métropole et de ses environs.Elle n’a rien de monstrueux quoi qu’en disent des représentants chicaniers des intérêts régionaux.Elle est normale en autant qu’elle ne provoque pas autour d’elle le désert culturel.Une métropole culturelle digne de ce nom est un moteur dont le dynamisme rayonne sur les territoires environnants.S’il y a un espoir à entretenir et une réalité à promouvoir, c’est bien que Montréal soit une métropole reconnue comme telle, en proportion même de l’équilibre qu’elle arrive à maintenir avec les régions grâce à des échanges multiples.On le sait, cette question soulève facilement les susceptibilités, les perceptions des régions diffèrent souvent de celles de la métropole.Reprocher à Montréal de pomper à elle les créateurs et artistes des régions ne signifie pas qu’elle soit responsable du désert relatif dont des régions se plaignent.Ce reproche est une démarche inutile et montre l’ignorance des exigences et des besoins des artistes, au moins pendant une période de leur carrière où ils ont besoin de se retrouver entre eux, de se confronter à leurs pairs.C’est habituellement dans une métropole telle que Montréal qu’ils peuvent le mieux vivre cette dimension d’échange, trouver un emploi directement ou indirectement relié à leur spécialité, pratiquer leur art et le diffuser.Par ailleurs, aucune capitale culturelle ne peut exister sans être liée à l’ensemble de la société: Mont- #9i ROSE MAR ARBOUR ?I E réal ne peut se développer, dans quelque domaine que ce soit, en dehors de liens organiques avec l’ensemble du territoire québécois.En ce sens, la thèse partitionniste est pure démagogie et bête partisanerie.A croire que ceux qui la postulent pensent vraiment qu’une réalité géopolitique se zappe à volonté et que cette velléité-là, du seul fait qu’elle se déclare, est justifiée et réalisable.En fait, on ne peut davantage dissocier Montréal de l’ensemble du territoire québécois sur le plan politique et économique qu’on ne peut le faire sur le plan culturel et social.De la même façon, on ne peut nier la relation étroite qui existe entre l’intensité de la vie artistique et culturelle de Montréal et son dynamisme général, car c’est par sa vie culturelle qu’une ville se façonne une identité.Cette identité assure un contexte de vie riche et diversifié qui, à son tour, sécrète une énorme force d’attraction.La deuxième chose que je veux rappeler, c’est l’importance distinctive des artistes québécois par rapport au reste du Canada.Selon les statistiques du ministère de la Culture au Québec, en 1991, près de 100 000 personnes faisaient partie de la population active du secteur culturel (d’autres analystes qui ont d’autres critères multiplient par trois), ce qui représente 28,7 % de la population active du domaine culturel du Canada tout entier.On constate de plus que le Québec et l’Ontario sont terres d’élection pour les personnes œuvrant dans ce domaine où, préci-sons-le, il faut distinguer deux secteurs: celui qui concerne la création d’œuvres et de produits artistiques et celui qui concerne la diffusion des biens et des services culturels.Le taux récent de croissance du secteur artistique (22,3 %) a été beaucoup plus important que celui des autres secteurs culturels (12,4 %), si bien que les besoins et demandes des artistes exigent une attention particulière ne serait-ce que pour des raisons comptables que plusieurs affectionnent inconsidérément.Or ces jours-ci, le ministère des Affaires étrangères du Canada a réduit encore davantage les subventions à la diffusion artistique à l’étranger.Depuis novembre dernier, les budgets sont passés de 1,2 million à 500 000 $.Un tel saccage ne peut s’expliquer que par le fait que c’est le Québec qui en était le bénéficiaire le plus important.Ses artistes sont remarquables et les jurys au fédéral, qui ont à juger de leur aptitude à être diffusés à l’étranger, ont régulièrement décidé en leur faveur l’attribution majoritaire des fonds réservés à la diffusion.Les compressions du fédéral se font donc là très précisément.Ottawa sait bien que toute protestation de la part des artistes québécois ou de leurs représentants sera entachée de connotations et sous-entendus politiques qui camouflent régulièrement les décisions économiques injustes et injustifiées prises au détriment du Québec.N’oublions pas que le gouvernement fédéral considère les arts et la culture comme des outils de propagande pour sa politique nationale qui se résume à l’unité canadienne et que, en matière de politique canadienne à l’étranger, l’un des trois axes privilégiés est la culture.Il était donc pour lui devenu absurde d’afficher majoritairement des artistes québécois sur la scène internationale étant donné les volontés manifestes de souveraineté politique dans la belle province.Les politiciens au fédéral devront prendre des voies détournées pour réaliser leurs consignes mais ces voies sont dorénavant inaccessibles aux artistes québécois.A PROPOS -?- .du cancer mortel On estime que 129 200 nouveaux cas de cancer et 61800 décès dus à cette maladie seront enregistrés au Canada en 1996.En 1996, le cancer le plus fréquemment diagnostiqué demeurera le cancer du sein chez la femme et le cancer de la prostate chez l’homme.Plus de 50 % des nouveaux cas de cancer sont attribuables à trois types particuliers de la maladie.Il s’agit, chez la femme, des cancers du sein, du côlon et du rectum, et du poumon, et chez l’homme, des cancers de la prostate, du poumon, et du côlon et du rectum.Le cancer du poumon continuera d’être la principale cause de mortalité par cancer au Canada en 1996, tant chez la femme que chez l’homme.C’est maintenant le deuxième cancer le plus fréquent diagnostiqué chez l’homme et la femme.Le cancer du poumon cause un tiers des décès dus au cancer chez l’homme et un cinquième chez la femme.Les décès causés par le cancer du poumon surpassent maintenant les décès causés par le cancer du sein parmi les femmes de 50 à 59 ans, de même que parmi celles de 60 à 69 et de 70 à 79 ans.Le cancer du poumon demeure la cause première de décès dus au cancer pour tous les groupes d’âge chez l’homme adulte.Statistiques canadiennes sur le cancer, 1996, Institut national du cancer du Canada.m LE DEVOIR FONDE PAR E N R I B00RASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TROUIX Direetenr de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.GUT TAILLEFER.NORMAND THERIAULT Rédacteur en cher adjoint JEAN ROBERT SANSFAÇ0N Direetenr artistique ROLAND YVES CARIGXAX 2050.me de Blrnry.S'étage.Montréal (Qnébec) B3A 3M9.Tél.: (51 4) 985 3333 FAIS CE QUE DOIS I.K I) K V 0 I H .I.K ,| K U |) | .1 I’ I X I » !) (I A I) H h ! S Triste scénario Le documentaire est en voie d’extinction au Québec; c’est du moins ce qu’on veut nous faire croire La Convention américaine relative aux droits de l’homme mm ¦jm msm I maâ man who planted trees ill» *?}X.MS Wm A IIS l NTRtPRihLS IIAWMANAIM,C8C LNUKt’KlSS H «Démocratie à la québécoise» comptes à rendre.Le documentaire, c’est la part de liberté du public qui trouve dans nos films la réponse à un vibrant besoin d’échanger, d’apprendre, de discuter, sans pour cela être obligé de brouter le quotidien télévisuel prédigéré.Ce public existe, nous le rencontrons régulièrement quand nous accompagnons les présentations de nos films en salle.C’est pourtant les goûts de ce même public que les télédiffuseurs invoquent pour réprimer les idées, pour rejeter les projets et refuser la diffusion de nos films.Aujourd’hui, les documentalistes qui ne veulent pas crever font appel à vous, public, pour que vive le documentaire, pour le plus grand bien de tous! Parce que le cinéma documentaire est nécessaire à l’expression libre d’un pays comme l’oxygène naissant, il doit obtenir un véritable créneau de diffusion sur les chaînes pu- bliques.Est-il possible d’imaginer une heure libre des contrôles bureaucratiques et assez flexible pour permettre d’y incorporer les publicités tout en respectant le contenu des oeuvres?Une heure qui permettra au public de découvrir des films qui le charmeront sans doute, qui l’ennuieront peut-être, qui le provoqueront certainement.En somme, du vrai cinéma! Car une culture est faite de tous les cris de ses artistes.Et nos concitoyens, dans le bouleversement culturel actuel, ont un besoin urgent d’entendre ces cris.Cette opinion est aussi partagée par une douzaine d’autres cinéastes: Sylvie van Brabant, Philippe Baylaucq, Jeannine Gagné, Serge Gi-guère, Marie-Claude Harvey, Magnus Isacsson, Jean-Daniel Lafond, Lucie Lambert, Jean-Pierre Lefebvre, Michel Moreau et Erica Pomerance.J KAN - DAN I E I.LAFOND MICHEL MOREAU Cinéastes e cinéma documentaire qui a fait une bonne part de la réputation internationale du cinéma québécois se porte mal.C’était la conclusion, en avril dernier, d’un colloque qui a rassemblé à Montréal plus de 80 cinéastes documentalistes regroupés au sein de la coalition Urgence Documentaire.Réalisateurs, producteurs, directeurs d’images, preneurs de son, monteurs ont exigé que les représentants de leurs associations professionnelles acheminent rapidement leurs revendications auprès des télédiffuseurs et des divers organismes de financement.Même si quelquefois il flirte avec l’imaginaire, le documentaire d’auteur s’attaque essentiellement au réel.Nous ne savons plus si, sur nos divers écrans, les personnages sont vrais, joués ou dessinés par ordinateur, si les décors derrière ces personnages sont réels ou rapportés, si l’histoire est inventée ou authentiquement vécue.Ce n’est pas une catastrophe d’entrer dans cette nouvelle culture, sauf qu’elle présente un immense danger: celui de se couper de plus en plus du réel et de sombrer dans une maelstrom schizophrénique.Il faut donc au plus vite y trouver un antidotq, une sorte de contre-culture.A cette contre-culture, participent vigoureusement les courts reportages, les grands reportages et un troisième art: le documentaire d’auteur.Mais qui décide de ce que vous voyez à la télévision?Qui fait la part des choses entre la multitude des reportages et la rareté des documentaires d’auteur?Pour que les réseaux de télévision québécois soient intéressés par un film documentaire, il faut que celui-ci s’inscrive parfaitement dans les priorités que partagent désormais les télévisions publiques et privées: durée standard de 52 minutes, contenu interrompu mécaniquement par les publicités, traitement normalisé et sujet «com-manditairement correct».Or, en tant que documentalistes, nous recherchons une sorte de vérité.Non pas d’une façon neutre, incolore et inodore, avec la prétendue objectivité si chère à certaines émissions d’affaires publiques.Au contraire, nous le faisons avec passion, en prenant la responsabilité d’un point de vue et en prenant des risques tant matériels que créateurs.Il est inadmissible de voir notre cinéma documentaire utilisé trop souvent comme bouche-trou à la télévision, quand les «programmes» sont finis, tard le soir ou un dimanche après-midi ensoleillé.En saupoudrant ici et là son programme avec des œuvres uniques, sans publicité, sans informations régulières auprès du téléspectateur, les responsables des télévisions sèment la grande noirceur et renient rien de moins qu’une tradition cinématographique québécoise.Bien sûr, parfois, on nous élit à un Beaux Dimanches radio-canadien, on nous rend, si l’on peut dire «beaux-dimanchables» comme un député devient ministrable.Mais pourquoi, la plu- part du temps, faut-il se fier au hasard du zapping pour qu’un spectateur ail la bonne fortune de découvrir un documentaire?Depuis longtemps, nous attendons un véritable rendez-vous, soigné et préparé, avec le téléspectateur.On le dit, on le répète: le Canada et tout particulièrement le Québec, est célébré internationalement comme le berceau du documentaire.Cela risque de devenir un beau mythe quand on connaît aujourd’hui la triste réalité: les do-cumentaristes d’ici ont de moins en moins la possibilité de produire les films dont ils rêvent, dans une tradition où ils sont maîtres.Le documentaire est en voie d’extinction au Québec.C’est du moins ce qu’on veut nous faire croire.Tandis qu’on continue à financer (souvent à perte) des films de fiction avec des devis d’un million de dollars et plus, sans exiger l’engagement préalable d’un télédiffuseur, on refuse de financer des documentaires, pourtant beaucoup moins coûteux, dans les mêmes conditions de risque.Car un documentaire doit d’abord plaire à la télévision s’il veut être financé et voir le jour.Chez les documentaristes anglophones, la situation est un peu moins sombre que chez les francophones, tout au moins dans le rapport à la télévision.Grâce aux efforts du Canadian Indépendant Film Caucus (un groupe de 200 cinéastes indépendants), des cases horaires uniques ont été récemment créées à la télévision pour le documentaire.Au Québec, rien de semblable.Le sort de Radio-Québec, autrefois fidèle au documentaire d’auteur, est plus qu’incertain, et la crise actuelle de l’ONF met en péril, sinon en chute libre, ses programmes d’aide à la production artisanale, qui permettaient que des documentaires voient le jour sans la participation d’une télévision.Il faut souligner que ce sont souvent ces films «artisanaux» qui sortent gagnants dans de nombreux festivals, ici et à l’étranger.Les politiques actuelles de financement risquent de tuer définitivement la production documentaire.Une fois enterrée, on pourra la célébrer dans toute sa splendeur en créant des cinémathèques spéciales et des rétrospectives en son honneur! Les télédiffuseurs, on le constate, détiennent donc un énorme pouvoir sur la production documentaire puisque les institutions financières leur confèrent le droit de vie et de mort sur les films au stade même du projet, de l’idée en fait Cela va à l’encontre d’une politique réelle de création et de risque.Politique essentielle puisque la forme du documentaire s’est toujours réinventée au gré de l’effervescente vie qui l’inspire.Tant et aussi longtemps qu’il y aura des créateurs et des créatrices prêts à risquer l’aventure du documentaire, il y aura de nouvelles perspectives, de nouvelles formes, pour mieux laisser la trace des événements, des vies, des visages.La grande noirceur façon Québec postmo-deme, ce n’est pas la pénurie de lumière, c’est l’organisation électronique de l’aveuglement collectif.La mort du documentaire par étouffement sur l’autel télévisuel des cotes d’écoute et des espaces publicitaires en est un symptôme très probant.En respectant les cases, les grilles, les horaires, la télévision impose un ordre militaire contagieux à l’ensemble de la société.Or, le documentaire, c’est le refus de tenir l’ordre pour acquis, c’est le refus de considérer que le pouvoir démocratique n’a pas de La mort du documentaire par étouffement sur l’autel télévisuel des cotes d’écoute est un symptôme de la grande noirceur façon Québec postmoderne.De la légalité à la légitimité La croisade que semble vouloir entreprendre Marc Angenot ne risque-t-elle pas de l’amener à servir le pouvoir fédéral ?GILLES BOURQUE JULES DUCHASTEL Professeurs au département de sociologie Université du Québec à Montréal — a réécriture de La Nouvelle Trahison Ldes clercs de Pierre Elliott Trudeau à laquelle s’adonne, 30 ans plus tard, Marc Angenot («Démocratie à la québécoise».Le Devoir, 13 juin 1996) ne peut ==J certes laisser indifférent.Le ton agressif de sa diatribe qui dénonce «les vitupérations toujours grondeuses et indignées» de l’un, «la connerie de taille» et la «trahison» des autres, face à cet «avocat et vrai citoyen» qu'incarnerait Guy Bertrand, rend difficile une réponse pondérée.L’œuvre de Marc Angenot ne nous avait pas habitués à de tels débordements.La qualité de ses travaux nous incitera toutefois à recevoir son texte comme une ouverture au dialogue, si du moins, par amalgame, nous ne sommes pas déjà disqualifiés.L’ouverture d’un débat démocratique implique cependant la reconnaissance mutuelle de la dignité des partenaires.Aussi commencerons-nous par déplorer le choix de cette posture qui permet à Marc Angenot de se situer, on ne sait trop où, entre un ici empreint de «totalitarisme», même s’il est soft, et un «ailleurs dans le inonde» idyllique et pleinement démocratique.Il est.d’autre part, totalement inacceptable et irrecevable, si du moins l’on vise à construire un dialogue, d’écrire que «les intellectuels du Québec en bloc et en détail (.) sont des intellectuels ethniques au service du nous-autrisme dominant».Inacceptable parce que l’insulte contrevient à l’éthique de la discussion.Irrecevable parce que cet énoncé empreint d un antinationalisme primaire reproduit les avatars du nationalisme lui-même qui consistent pré- cisément à présenter les rapports sociaux comme des relations «en bloc et en détail» entre des groupes ethniques et nationaux.On nous permettra enfin de sourire devant l’étalement de cette naïveté qui consiste à dénoncer des «intellectuels ethniques» qui seraient unanimement, par complicité ou par lâcheté, au service du pouvoir tandis que l’on se pose soi-même comme un chantre de la vraie démocratie, superbement extérieur aux rapports de forces qui traversent l’histoire politique canadienne.Pour Angenot, l’intellectuel doit «s’inscrire contre les pouvoirs en place» et «se dresser contre les déma-I gogues».Encore faudrait-il ajouter qu’il a le devoir de demeurer fort circonspect devant sa j propension quasi naturelle à j se croire au-dessus de la mê-J lée.La cause de Guy Bertrand et son soutien actif aux partitionnistes seraient-elles des activités parfaitement ; neutres?La croisade que : semble vouloir entreprendre Marc Angenot ne risque-t-elle pas de l'amener à servir le pouvoir fédéral?Mais quittons le terrain glissant et futile de la complicité et de la lâcheté.Le texte d’Angenot soulève malgré tout des questions de fond sur lesquelles, faute d’espace, nous entendons revenir dans des contributions ultérieures.Les rapports entre la légalité et la légitimité, les relations entre le judiciaire et le législatif et la coexistence entre la majorité et la minorité sont, en effet, des questions complexes qui se prêtent mal à la polémique facile et aux accusations ad hominetn.Marc Angenot laisse à entendre, plus qu’il ne le démontre, que la séparation et l’équilibre des pouvoirs seraient menacés dans un Québec souverain.La démocratie du 50 % plus une voix et la contestation de la démarche juridique de Guy Bertrand témoigneraient d’une volonté de remettre en question la primauté du droit et prépareraient une éventuelle soumission du judiciaire au législatif.L’argument mérite d’être examiné.Mais on ne saurait le faire sans se référer à l’évolution actuelle des rapports entre le droit et la loi qui, dans tous les pays démocratiques, menace bien davantage le législatif que la primauté du droit.On assiste actuellement à un phénomène de judiciarisation des rapports sociaux qui, au Canada, est doublé d’une constitutionnalisation de ces rapports qui a mené au gouvernement par les juges.Par ailleurs, l’invocation des rapports entre la majorité et la minorité peut en particulier dans le contexte canadien, fonder des arguments infiniment réversibles selon la majorité que l’on retient et surtout si l’on oublie ou refuse d’aborder la question centrale.La coexistence entre la majorité et la minorité pose, en effet, le problème de la construction de la communauté politique au Canada dans le contexte de la pluralité des cultures politiques.L’insistance de Marc Angenot sur la légalité et le primat du droit de même d'ailleurs que celle des tenants du 50 % plus une vont, contribuent à l’évacuation de l’essentiel du débat.soit une discussion sérieuse sur la lé- gitimité du pouvoir politique.Depuis le rapatriement de la Constitution, les fédéralistes semblent avoir oublié que le pouvoir politique doit être aussi fondé sur la légitimité.De même, les souverainistes feignent de ne pas voir les importants problèmes de la légitimation qu’aurait à affronter un Québec pleinement souverain.En dehors d’un examen sérieux de la question de la légitimité, le débat risque de tourner en rond.On peut arguer qu’il est inconséquent de faire sécession sur la base d’un vote de 50 % plus une voix puisqu’il faut deux tiers des votes des membres pour dissoudre un club de golf ou pour entériner la désaffiliation d’un syndicat.Mais une telle assertion, si l’on s’en tient du moins à ses dimensions étroitement numérique et légale, trouvera toujours des contre-arguments.La Loi consti-! tutionnelle de 1982 n’a jamais elle-même été soumise à un référendum et, qui plus est, ne fixe aucune règle sur la tenue d’un référendum au Canada.La consultation sur les ententes de Charlottetown fut soumise à la règle des 50 % plus une voix.Terre-Neuve s’est joint au Canada sur la base d’une très courte majorité lors d'un second référendum tenu dans des délais très brefs.Le Traité de Maastricht qui impliquait une transformation profonde du rôle des Etats nationaux européens ne dépassa pas beaucoup la barre des 50 % dans la plupart des pays où il fut entériné.En somme, l’exercice de la démocratie n’implique donc pas uniquement le respect de règles minimales.Faute de réintroduire la dimension de la légitimité nécessaire à l'exercicc du pouvoir étatique (Weber), les protagonistes épuiseront rapidement la liste de leurs arguties légales et il ne restera sur le terrain que l’usage de la force, diplomatique ou militaire.On assiste à une judiciarisation des rapports sociaux doublée d’une constitutionnalisation de ces rapports qui a mené au gouvernement par les juges.?CAROL MILLING Avocate ans un article publié le 13 juin dernier et intitulé «Expulsion d'Algériens.Des poursuites intentées contre Immigration Canada», Le Devoir rapportait es propos d’un avocat selon lesquels e Canada aurait récemment signé la Convention américaine aux droits dé l’homme et qu’en conséquence, la Commission interaméricaine pour-i rait être saisie de plaintes concer-, liant le non-respect de la Convention; par le Canada.Je souhaite apporter’ les précisions suivantes.Le Canada n’avait pas encore si» gné la Convention le 18 juin, date à; laquelle j’ai tenté d’obtenir confirma-, tion de cette information auprès de la division des droits de la personnë du ministère des Affaires étrangère!;! De toute manière, la simple signa-' ture de la Convention ne suffira pas, pour donner compétence à la Corn-, mission interaméricaine pour entendre des plaintes concernant des; violations de la Convention.En effet,-cette Convention doit être ratifiée-par le Canada, ou encore, le Canada, doit y adhérer, ce qui à toutes fins( pratiques est la même chose, pour que la Convention crée des obliga-1 fions à sa charge.C’est seulement à.’ la suite de cette ratification ou a cilié-sion que des particuliers, des.groupes ou des organisations nop, gouvernementales pourront adresser des communications à la Com-; mission interaméricaine s’ils estiment que le Canada ne respecte pas ses obligations.Il existe également des conditions', supplémentaires à remplir poulri qu’un Etat puisse s’adresser à la' Commission pour se plaindre dut non-respect de la Convention par Je, Canada, mais ce mécanisme n’ayant encore jamais été utilisé, je n’entrerai pas dans les détails.Ceci dit, le recours à la Commission interaméricaine est d’ores eti déjà possible.En effet, depuis son çntrée au sein de l’Organisation des, Etats américains (OEA), le Canada est tenu de respecter les obligations: qui lui incombent en vertu de la Déclaration américaine des droits et devoirs de l’homme.Cet instrument juridique s’applique dans tous les Etats membres de l’OEA.Toute personne, tout groupe de personnes ou toute ONG s’estimant victime, ou encore ayant connaissance d’une violation d’un ou de plusieurs droits garantis dans la Déclaration, peut s’adresser.à la Commission interaméricaine à Washington.Bien que la Déclaration.soit moins détaillée que la Convention américaine, elle garantit tous les, droits fondamentaux.Point n’esi donc besoin d’attendre que la Convention s’applique au Canada pour' avoir recours à la Commission inter-: américaine.:i L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’informa- j tion générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, ! Louis-Gilles Francoeur (environnement), , Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Brian Myles, Isabelle Paré, Louis Lapierre -(iadjoint au directeur de l'information) : Jean- .Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, res- ‘ ponsable de la section Tourisme): Martin Du-clos et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photo- ' graphes)’, à (’information culturelle: Michel J Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette, Mario Cloutier, Paule des Rivières, Louise Leduc, Benoit Munger, Odi-.1 le Tremblay; à l’information économique: ,, Gérard Bérubé (responsable).Robert Dutri-sac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l’information internationale: Sylviane Tramier (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Jocelyn Coulon, Clément Trudel; à l’information politique: Pierre O’Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec); à l’information sportive: Yves d’Avignon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction); Marie-Claude Petit, Julie .: Tremblay (commis).La documentation: J Gilles Paré (directeur); Brigitte Arsenault, , Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).IA Pt lilJCITK M ET IJ-: MARKETING Martine Dube (direc- : trice).Daniel Barbeau (directeuradjoint).Jac- •• queline Avril, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, ; Gyslaine Côté, Marlène Côté, Sylvie Hanna.Christiane Legault Jacques A Nadeau.Guy-laine Ouellet Micheline Ruelland.Monique ; Verreault (publicitaires): Sylvie Laporte, Nathalie Lemieux.Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon; Francine Ouellet (secrétaire).' J, LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production).Marie-France Turgeon (respon- ,j sable de la production), Claudine Bédard.Jo- •' hanne Brunet.Danielle Cantara.Richard I " Des Cormiers, Marie-Josée Hudon.Sylvain -T Lesage.Christian Vien, Olivier Zuida.SERVICE A LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsaNe).Evelyne Labonté (responsable à I , la promotion des abonnements).Manon Blan- J chette-Turcotte, Monique L'Heureux.Lise JJ' Lachapelle.Rachetle Leclerc-Venne.L’AD- || MINISTRATION Yves Bouthiette (contre- I leur).Danv Depatie (adfomte à l’administra- | tion et responsable des ressources humaines).I Nicole Carmel (responsable des services comp- I tables).Jeannecl'Arc Houde (secrétaire à la I f direction); Céline Furoy.Ghislaine Lalleur., Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle \ Ross.LE CONSEIL Dl DEVOIR INC.I Yves L Duhaime (président).LA FONDA- .TION DU DEVOIR Marcel Couture (prési- p dent).Roger Boisvert (ricrprésidcnt arcutif et directeur générât).¦ A 8 (j(i /vi0 qww 0&& AJou.pcunqpcx?Améo^àp^ 4a^W)0^'v®uAr ce m£?m cfifeôtnrm ?1 £- i^i Jb»j.Jpwaflrdw a.Lrv il ?V H= LE DEVOIR .à suivre tout l’été Lieux de mémoire ¦ Tous les lundis, les journalistes du Devoir vous invitent sur les chemins de la mémoire.Avec eux, découvrez quelques-uns des lieux qui ont façonné l’histoire culturelle, sociale et économique du Québec.W Festivités estivales ¦ À Montréal, Québec, Orford, Drummondville, Jonquière, Joliette, Saint-Irénée, partout au l TQWii Québec, l’été se fait festival.Tous les jours, vivez avec les journalistes et les chroniqueurs du Devoir le plaisir d’un été culturel.¦ Victor-Lévy Beaulieu nous invite à le suivre à Trois-Pistoles.Dans un roman écrit spécialement pour les lecteurs du-Devoir, VLB ressuscite, à travers son père, l’histoire de sa région.Le Pays de mon père sera publié en feuilleton du 15 au 27 juillet Photos ¦ Témoin de l’histoire au quotidien, la photographie sera présente tous les mardis à la une du cahier B à compter du 9 juillet.À travers la lentille de nos photographes et celle de nos lecteurs invités à participer au concours Le Devoir-Kinsa, nous vous présenterons les meilleurs photos.Les Jeux d’Atlanta Q$P, ¦ Les Jeux olympiques d’été seront le grand point d’intérêt de l’été.Pendant toute la durée des Jeux, Le Devoir vous présentera les meilleurs moments des compétitions.Au sommaire: photos, chroniques, reportages et synthèses de la journée.ms Livres ¦ Le cahier Livres prend pour l’été un air de vacances.Entrevues, reportages, recensions vous inviteront à dès lectures estivales.Egalement, chaque samedi, vous lirez une nouvelle d’un auteur québécois.I.E I) K V O I II .I.E .1 E II |)| .2 ; .1 IM N I U 11 U LE DEVOIR ACTUALITES JAZZ «Nous sonnons l'alerte parce que nous n'avons plus de marge de manœuvre» SUITE DE LA PAGE 1 en précisant que seulement 10 % du financement provient d’investissements de l’Etat.Il réclame, de plus, des redevances sur les 140 millions de dollars en activité économique et touristique générés par les grands festivals montréalais, dont le F1JM.«Nous sonnons l’alerte parce que nous n’avons plus de marge de manœuvre et pour que les gens prennent conscience de notre situation difficile.Nous discutons déjà avec les gouvernements et les intervenants touristiques pour créer un programme de soutien aux grands festivals montréalais.» 11 y aurait toutefois d’autres raisons qui pourraient pousser le Festival de jazz hors du quadrilatère ayant en son centre la Place des Arts.Aux yeux du vice-président à la production de l’événement, Charles Joron, l’étude de nouveaux emplacements est également liée au développement du festival et à son voisinage.«Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons appris la création d’une nouvelle foire alimentaire au Complexe Desjardins.En même temps, on ne peut pas empêcher [les dirigeants du] Complexe de faire ce qu’ils veulent avec leur édifice.» De nombreux comptoirs de restauration rapide ont récemment été aménagés au sous-sol du Complexe Desjardins et de nouveaux établissements ont maintenant devanture sur la rue Sainte-Catherine, en plein «territoire» du Festival de jazz et des Francofolies, ce qui pourrait nuire aux revenus indirects.L’un de ces magasins est le disquaire Music World.«Il n’y a pas de problème, estime Pierre Roy, du bureau de Music World à Toronto.C’est sûr que le festival a dû faire des modifications à son aménagement, mais chacun a mis de l’eau dans son vin.Tout se négocie.» Quant au développement des activités extérieures du festival, Charles Joron croit que le FIJM est allé au bout des possibilités offertes par le site extérieur actuel, même si une nouvelle scène sera exploitée au coin de la rue de Bleury et du boulevard de Maisonneuve.«On répond à la demande.C’est difficile d’améliorer un site qui a atteint sa capacité maximale.Au début, on se demandait comment on allait occuper tout ce site-là; maintenant, on se demande comment gérer sa croissance.Une chose est certaine, les courbes des ventes sur le site ne suivent pas celles de l’augmentation du nombre de spectateurs.» Aménagé au coût de 96 000 $ par la Ville de Montréal, le «parc des Festivals», qui servira aux spectacles SECESSION La partition serait acceptable SUITE DE LA PAGE 1 professeur à l’école de droit Osgoode Hall, de Toronto, et Michael Bryant, associé au cabinet d’avocats McCarthy Tétrault, appuient notamment leurs thèses sur l’examen des textes constitutionnels et des pratiques en matière de sécession de 89 pays.Il se dégage de cette analyse intitulée Coming to terms with Plan B qu’à peine sept Etats, tous du Tiers-Monde, prévoient la possibilité de la séparation d’une de leurs régions.Mais dans tous les cas, la route est jonchée d’obstacles, le gouvernement central conservant le contrôle du libellé de la question soumise au référendum, de la majorité nécessaire pour qu’une victoire des séparatistes soit reconnue, voire de la compilation des résultats.En ce sens, le Canada aurait établi des précédents internationaux par la façon dont il a encadré, ou n’a pas encadré, les consultations de 1980 et 1995.Et les experts en déduisent que «l’assertion du Parti québécois selon laquelle les Canadiens de l’extérieur du Québec n’ont pas le droit de participer à l’établissement des règles présidant au prochain référendum ne trouvent aucun fondement dans les lois et pratiques d’autres pays qui ont eu à composer avec la sécession».D’où, par tradition internationale sinon en droit, la prérogative pour Ottawa de participer à la définition des modalités d’une troisième consultation.Néanmoins, argue l’étude, la séparation du Québec — ou de toute autre province — serait «possible» en vertu du droit canadien, bien qu’à certaines conditions.Il faudrait ainsi que le processus respecte la règle du droit, et donc que toute déclaration d’indépendance ne se fasse pas unilatéralement, mais bien à la suite d’un amendement constitutionnel dûment ratifié; que tout accord négocié de sécession soit soumis à la population de la province concernée lors d’un second référendum; et qu’un scrutin portant sur la souveraineté comporte une question «claire» et se déroule dans un cadre «transparent et juste».Si ces critères ont récemment, pour l’essentiel, été repris à leur compte par les fédéralistes d’Ottawa, les auteurs de l’étude appuient en revanche une prétention des souverainistes, à savoir qu’un verdict favorable de 50 % des voix plus une suffirait à enclencher le processus de négociations entre le Québec et le Canada.A l’appui, MM.Monahan et Bryant font valoir qu’il s’agit là d’une norme démocratique fondamentale, que le fédéral a implicitement reconnu la valeur de ce seuil lors des deux référendums précédents et que la fixation d’un plancher différent serait arbitraire et nécessairement rejetée dans une partie ou l’autre du pays.De plus, note-t-on, comme il est «absolument fonda- mental» que les deux camps reconnaissent qu’un amendement constitutionnel serait obligatoire, toute imposition d’un seuil supérieur à 50 % + 1 équivaudrait à braquer le Québec et à l’encourager à procéder de manière unilatérale.Enfin, à l’encontre de la thèse des souverainistes, l’étude affirme que l’intégrité du territoire qui fait sécession ne saurait être garantie et que le principe de la partition est acceptable.«Si le Canada est divisible, le Québec doit aussi l’être», lit-on.«Les groupes minoritaires qui veulent demeurer au Canada, écrivent les auteurs, ont en fait des arguments encore plus solides que les Québécois par rapport au reste du pays.[.] Le Québec doit démontrer que ceux qui votent en faveur de la sécession ont le droit non seulement de la faire mais aussi d’obliger d’autres groupes identifiables à se séparer contre leur gré.Or nous ne connaissons aucun principe justifiant ce résultat» D’après l’étude, seules les entités territoriales québécoises limitrophes du Canada et possédant une existence juridique — les municipalités, par exemple — pourraient se prévaloir de la possibilité de partition.Des régions du nord du Québec ou de l’île de Montréal y auraient cependant aussi droit vu leur accès direct au Canada via des voies navigables canadiennes ou internationales.CENSURE «Internet permet aux faibles de s’exprimer» SUITE DE LA PAGE 1 Center (EPIC) et le Human Rights Watch (HRW), auxquels s’est joint Privacy International, un organisme basé à Londres —, la coopération internationale en cette matière est non seulement souhaitable mais nécessaire à l’heure où les décisions d’un gouvernement ou d’un organisme multinational peuvent avoir des effets partout dans le monde.«On a besoin de normes internationales de protection de la liberté d’expression et de la vie privée», soutiennent ces groupes, qui ont donné à leur initiative le nom de Global Internet Liberty Campaign.Ces derniers mois, ces organisations, l’ACLU en tête, se sont employées à combattre le Communication Decency Act, une loi adoptée par le Congrès américain visant à interdire les contenus jugés indécents sur Internet.Avec succès, faut-il le préciser, puisque trois juges de la cour fédérale de Philadelphie ont, le 12 juin, invalidé la loi dans un jugement que Barry Steinhardt, membre de l’équipe juridique de l’ACLU, n’hésite pas à qualifier d’historique.«Ces trois juges fédéraux ont vraiment compris ce qu’est Internet: un média sans limites.Ce qu’il n’ont pas compris cependant, c’est l’impact qu’aurait une telle loi sur les autres pays.Le maintien de cette loi enverrait au reste du monde le message qu’il est possible de réglementer Internet.» Cette victoire risque toutefois d’être temporaire si la Cour suprême des Etats-Unis renverse le jugement de la cour fédérale.De toute manière, selon Karen Sorenson, de Human Rights Watch, le débat ne fait que commencer, et pas seulement au pays de l’oncle Sam: «Plusieurs pays essaient de limiter l’accès à Internet ou de censurer le contenu.On a noté de telles tentatives au Vietnam, au Moyen-Orjent, en Chine, en Australie, en France et dans plusieurs Etats d’Amérique.Nous sommes arrivés au moment crucial où il faut lutter pour avoir sur Internet les mêmes droits à la libre expression que dans les autres domaines», a-t-elle ajouté dans la communication qu’elle a livrée à l’atelier portant sur les libertés fondamentales.Membre de l’Association des utilisateurs de l’Internet, un regroupement français créé en février dernier, Stéphane Bortzmeyer, un informaticien de l’Institut Pasteur, partage tout à fait les préoccupations américaines en ce qui a trait à la censure et à la liberté d’expression sur Internet.D’autant plus que le gouvernement français tente actuellement d’imposer une loi sur les télécommunications qui contient plusieurs mesures de nature à limiter cette liberté d’expression.Rejetant toute «censure a priori», M.Bortzmeyer ne croit pas qu’il faille adopter des lois spécifiques au cyberespace: «Internet doit simplement être soumis aux mêmes lois qui interdisent par exemple les propos haineux, la pornographie infantile ou la diffamation.» Malheureusement, note-t-il, l’opposition que son groupe mène contre les tentatives du gouvernement français pour policer Internet reçoit peu d’échos: «Pourtant, si le gouvernement s’attaquait à la liberté de presse, on assisterait à un tollé», souligne-t-il.Au delà de leur opposition aux contrôles gouvernementaux, certains participants à l’atelier sur les libertés fondamentales n’ont pas manqué de souligner qu’il faut aussi avoir à l’œil les grandes corporations privées: «Est-ce que les particuliers auront la même liberté de parole que les grandes corporations?», a demandé l’un d’eux.«Bien sûr, on peut penser que ceux qui ont de l’argent auront une plus grande liberté d’expression, mais il ne faut pas oublier qu’Intemet permet aussi aux faibles de s’exprimer», a répondu Barry Steinhardt, de l’ACLU.r CINEMA «J'ai mis aussi l'accent sur les auteurs» SUITE DE LA PAGE 1 célèbre le centenaire de la première projection du Cinématographe en sol canadien, le 27 juin 1896, au théâtre Palace sur le boulevard Saint-Laurent.En prime: le lancement du film de Gladu et l’ouverture de l’exposition Porteurs de rêves — l’émergence du cinéma québécois.Le grand public pourra se mettre au parfum du centenaire puisque La Conquête du grand écran sera présenté à 21h sur les ondes de Radio-Québec, en plus de prendre l’affiche tous les mercredis au Musée Pointe-à-Callière.Pas question pour André Gladu de découper tel un pain sandwich le septième art québécois par tranches: animation, documentaire, fiction, etc.Dans son film, il a voulu aborder le cinéma québécois comme une aventure, une bataille, une véritable conquête avec ses pionniers et ses vedettes, sans le couper de l’histoire qui l’a porté, de ses soubresauts politiques, de ses rêves d’indépendance.«J’ai mis aussi l’accent sur les auteurs, précise André Gladu.Après tout, ce sont eux, et non les producteurs et les techniciens, qui fabriquent une cinématographie nationale.» Sa Conquête entremêle reconstitutions avec acteurs, entrevues de cinéastes comme d’artisans du septième art et force extraits de films.Après avoir consacré ses précédents documentaires à la musique, à la peinture, à l’ethnologie, André Gladu brûlait d’aborder son propre métier, le cinéma.L’idée d’une œuvre-fleuve remontant le cours du siècle lui vint à compulser des fonds d’archives pour le concept préliminaire du musée de la Cinémathèque et pour l’exposition Derrière l’écran, qui célébrait en 1989 les cinquante ans de l’ONF.Au début, Ouimet Toute la première période du muet est marquée aux yeux de Gladu par la personnalité de Léo-Ernest Ouimet, à qui le film rend d’abord tribut Ce pionnier aurait vu la photographie s’animer avant tout le monde, en mai 1896, dans le cabaret-terrasse près du théâtre Palace, où des projectionnistes testaient l’appareil des frères Lumière.Pour Gladu, le fait que le Québec soit arrivé aux vues animées par le Cinématographe d’origine française a marqué le rapport national au septième art: «Parce que cette machine souple, bien plus légère que l’invention d’Edison [conçue pour la mise en scène], apportera un côté aérien au cinéma, un lien avec le réel qui culminera à travers l’aventure québécoise du direct.» Léo-Ernest Ouimet, André Gladu le croisait au cours de son enfance.Il était le vieux monsieur de la maison voisine à l’île Jésus.Plus tard, en le retrouvant à travers les archives, il découvrit un homme universel doublé d’un visionnaire.Fils de cultivateur devenu électricien, Léo-Ernest Ouimet fut d’abord un projectionniste inventif qui, à force de perfectionner sa machine à vues au temps du muet, comprit qu’il y avait de l’avenir dans les images animées et ouvrit en 1906 son Ouimetoscope sur la rue Sainte-Catherine, premier grand cinéma du pays.Importateur de films, c’est aussi lui qui adapta la formule des journaux à l’écran en leur donnant une couleur nationale, lui encore qui devança tous ses compatriotes en tournant dès 1923 un long métrage de fiction à Hollywood.Décédé presque centenaire en 1972, si la quasi-totalité de ses films a disparu, il nous reste une entrevue de lui, accordée à la Cinémathèque et récupérée dans La Conquête du grand écran.L’aventure du cinéma québécois, c’est aussi celle du Bureau de censure que le clergé instaura en 1912 pour en)pêcher le septième art de sombrer dans la perdition.L’Eglise trouva tout de même dans cette invention diabolique matière à évangélisation.Plus tard, à travers les caméras des abbés Tessier et Proulx, elle célébrera la nature et les valeurs traditionnelles québécoises, soudain immortalisées sur grand écran, tant notre cinéma ne se peut concevoir hors du terreau catholique où il a d’abord germé.André Gladu se montre fasciné par cette école de la débrouillardise qui façonna le cinéma d’ici.C’est un enfant d’ouvrier de Saint-Henri, Alexandre de Sève, qui, à l’arrivée du parlant, comprit que l’écran pouvait s’exprimer en français et bâtit un réseau de distribution de films français qui s’alliera à Renaissance Film en 1944.Lui qui, à la faveur de la guerre, construisit des studios et relança la production nationale avec des films comme Tit-Coq et La Petite Aurore, l’enfant martyre qui fit tant pleurer Margot Caméra sur les premiers auteurs, dont la figure emblématique fut Claude Jutra, qui non seulement sigqa des œuvres aussi fortes que Mon oncle Antoine et A tout prendre mais également s’engagea corps et âme dans la défense de notre jeune cinéma.On le voit renaître ici dans son étemelle jeunesse, brandissant les étendards de la cause, au premier rang du front rugissant contre Toronto et Hollywood.Comme quoi, plus ça change.Mc Le secteur français de l’ONF poussa à Montréal comme une plante en liberté et de 1956 à 1966, connut son âge d’or, alors que les Brault, Perrault Carie, Labrecque et compagnie se collaient au direct découvraient, inventaient un langage, ferment qui donna sa couleur à la fiction québécoise et à toute notre cinématographie.Autre figure en relief dans le film, celle de Denys Ar-cand.N’est-ce pas l’auteur du Déclin de l’empire américain qui apporta la reconnaissance internationale à notre cinéma?Gladu lui donne une place prépondérante et précise que les gagnants n’ont pas la partie belle: «Au Québec, on se méfie des gens qui ont du succès.» Même si les années 90 ne sont pas nos plus glorieuses, il donne aussi le crachoir à toute une relève qui rue dans les brancards et veut tourner coûte que coûte, réclamant des budgets.«J’ai placé le cinéma dans son contexte politique, explique Gladu.Comment sortir l’individu du terreau de son imaginaire?» Cent ans, c’est long.Et le cinéma, c’est cher.Mais le combat continue.LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 À 17H00 2050, RUE DE BLEURY.9E ÉTAGE.MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514) 985 3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514)915 3344 » ANNONCES CLASSÉES (514)915 3344 + PUBLICITÉ (S14) WS-3J99 / (514) 9IS-J390 NUMÉRO SANS FRAIS 1 «00 363 0305 SERVICE DES ABONNEMENTS lnus«>ifetéifrk».OT»ft DU LUNDI AU VENDREDI DE 8HOO A 16H30 2^Montrai (514) 985-3355 ; télécopim (514) 985^390 tnt Extérieur (tant frais) 1 800 463-7559 du FIJM et à ceux des Francofolies, de même qu’aux projections extérieures du FFM, remplace un terrain vague que la Ville destinera éventuellement à des projets domiciliaires.Le projet du «parc» aurait été lancé par le maire Pierre Bourque à la suite d’une visite aux Francofolies l’an dernier et dans le sillage de l’ouverture de nouveaux établissements au Complexe Desjardins.D’un autre côté, il n’est pas certain que le déménagement du site extérieur ne poserait pas d’autres problèmes au FIJM.«La gratuité du festival est une philosophie, lance Alain Simard.C’est une fête dont l’esprit prend naissance en milieu urbain et c’est rentable pour tout le monde.Le Vieux-Port est trop petit pour nous accueillir, à moins qu’on ne change la formule.» Tout en ne niant pas cette possibilité, le président semble avantager la recherche de nouvelles sources de revenus avant de plier bagages.Il cite la récente étude sur le positionnement touristique des grands festivals montréalais pour réclamer des redevances.«Notre problème, c’est que nous n’avons pas de pouvoir de taxation.Le Festival de cinéma de Cannes, par exemple, reçoit des redevances.Pourquoi nous ne ferions pas la même chose ici pour venir en aide aux grands festivals?» 1 LE DEVOIR « r LE DEVOIR Int do« I s LE DEVOIR.LE DEVI I ¦ ni Qwlmo» lYklr 77flilf IV—îtr— itfriwira ifr hnirrimr idppuUnboa — Em|MmMlaoQGâ Di H kfat I
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