Le devoir, 26 février 1996, Cahier A
F ONDE 19 10 LE DEVOIR Vol.I.X X XVII N o M 0 N T H K A I.I.K I.II N I) I 2 (J Y E V R I K II 1 !) !> (I .> c T I* S t v g T o r o ii I o I S PERSPECTIVES Le regel L'indulgence fédérale envers le Québec n'aura été que bien éphémère Que faut-il conclure du regel soudain des relations Québec-Ottawa dans le dossier de la main-d’œuvre?Bien que la rencontre infructueuse de vendredi dernier entre Louise Harel et Doug Young puisse relever d’un simple malentendu entre les deux capitales, parions plutôt qu’il s’agit d’un indice de plus que l’indulgence fédérale envers le Québec dans la foulée du 30 octobre n’aura été que bien éphémère.Remarquez-vous que depuis la réunion du cabinet Chrétien à Vancouver en début du mois — où fut discuté le fameux rapport du comité Massé sur la stratégie fédérale poslréférendaire — on parle bien peu à Ottawa de société distincte, de droit de veto et de retrait de la formation professionnelle?Lorsque les ténors fédéralistes ne sont pas en train de se ranger dans le camp des pantitionistes, lorsque Pierre Trudeau n’est pas en train d’envoyer des missives aux journaux, l’équipe de Jean Chrétien s’applique la plupart du temps à vanter obséquieusement le rôle charnière du fédéral dans la vie des Québécois.Mettre en valeur la contribution fédérale dans toutes ses facettes.Voilà, semble-t-il, l’un des volets principaux de la «nouvelle» stratégie fédérale pour faire fondre l’ardeur souverainiste.Ainsi en est-il que trois semaines après sa nomination à la tête du ministère du Développement des ressources humaines (DRH), Doug Young a écrit à son vis-à-vis québécois disant vouloir discuter avec elle des «paramètres d’une entente possible, [de] la question de l’imputabilité de même que le rôle du gouvernement du Canada dans le domaine de la main-d’œuvre».Mot clé s’il en est, qu’entendait au juste M.Young par le mot «imputabilité»?Le fait même de l’évoquer ne signifie-t-il pas qu’Ottawa n’entend pas en fin de compte «se retirer» de quoi que ce soit?Après tout on ne peut pas «imputer» à quelqu’un la responsabilité d’un domaine qu’il aurait évacué.Quant aux véritables intentions de M.Young, Mme Harel et ses négociateurs — les sous-ministres Hubert Thibault des Affaires intergouvemementales canadiennes et Pierre Laflamme du secrétariat à la Concertation — n’en savent rien.«Vous savez, dit-elle, le discours fédéral est assez difficile à décoder.» La seule explication qui vient spontanément à l’esprit: «Depuis trois semaines, on parle beaucoup de “visibilité” à Ottawa.» La rencontre de vendredi avec M.Young a laissé l’équipe québécoise manifestement pantoise.Après les progrès non négligeables accomplis entre sous-mi-nistres depuis une rencontre en décembre entre la ministre québécoise et Lloyd Axwor-thy, on comptait être en mesure d’entreprendre de véritables négociations, à partir d’une entente-cadre, à la suite de ce dernier tête-à-tête ministériel.L’optimisme était au plus haut degré.Hélas, ce qui devait être un pas de plus vers «le retrait du gouvernement fédéral de la formation de la main-d’œuvre» promis par M.Chrétien le 27 novembre dernier — en même temps qu’il a déposé sa motion sur la société distincte et son projet de loi sur le droit de veto régional — a rapidement signalé une reprise du dialogue de sourd.Les deux parties ne s’entendent même plus sur une définition de la «formation».Pour le Québec, tout ce qui touche aux mesures «actives» du développement de la main-d’œuvre — qu’il s’agisse de cours, de subventions salariales, d’aide à la recherche d’un emploi — se retrouve sous la rubrique de la formation.Quant à la définition de la formation qu’emploie M.Young, Mme Harel hausse les épaules: «C’est une question que j’ai posée et je n’ai pas eu de réponse», a-t-elle soutenu vendredi.Une chose est pourtant certaine.La «formation», c’est un dédale de 110 programmes fédéraux et québécois.Québec veut y faire le ménage.D’abord, par l’entremise d’un «décloisonnement» des programmes pour les rendre accessibles à l’ensemble des sans-emploi; ensuite, le gouvernement entend associer les intervenants socioéconomiques à la gestion des programmes et décentraliser des budgets, permettant aux régions de diriger l’argent vers les besoins qu’elles estiment prioritaires.Libéraux, péquistes, syndicats et patronat sont tous d’accord.Le succès de la stratégie d’emploi québécoise passe nécessairement par le rapatriement des sommes fédérales consacrées au développement de la main-d’œuvre pour la bonne et simple raison qu’Ottawa compte pour la moitié des 1,5 milliards de dollars dépensés chaque année au Québec dans ce domaine.Mais alors que Mme Harel s’était attendu à ce que son vis-à-vis réponde à une proposition qu’elle avait remise à M.Axworthy le 18 janvier — comme il avait été explicitement prévu dans l’échange de lettres entre M.Harel et M.Young qui a précédé la rencontre de vendredi — le ministre fédéral a quitté en catastrophe la réunion en livrant la vague promesse qu’une «contre-proposition» était en voie de préparation.La délégation fédérale a également informé les négociateurs québécois — pour la première fois en trois mois de discussions — qu’Ottawa se donne maintenant trois ans pour évacuer le champ de la formation.Trois ans, c’est une élection fédérale certaine, une élection québécoise probable et un référendum possible d’ici là.«Depuis trois semaines, on parle beaucoup de “visibilité” à Ottawa» Konrad Yakabuski ?INDEX MÉTÉO Agenda.B7 Avis publics.B6 Classées.B5 Culture.B8 Économie.B2 Éditorial.AO Le monde.A5 Mots croisés.B5 Les sports.B5 Montréal Ensoleillé avec passages nuageux.Max: 1 Québec Nuageux avec éclaircies.40 % de possibilité d’averses de neige.Max: -1 Détails en A 5 LES ACTUALITÉS Pas de cadeau pour Montréal dans le budget Martin PAGE A 2 LE MONDE 100 000 marcheurs pour la paix en Ulster PAGE A 5 L’ENTREVUE Raoul Hilberg: la mémoire des faits PAGE B 1 Couper pour assurer la survie de l’Etat Bouchard est convaincu que les Québécois seront solidaires des choix du gouvernement si l’effort est partagé équitablement KONRAD YAKABUSKI DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Prévoyant des manifestations comme celles qui ont secoué l’Ontario en fin de semaine, le premier ministre Lucien Bouchard a exhorté hier les militants péquistes à rester solidaires des compressions qu’effectuera son gouvernement en gardant en tête que l’objectif ultime de cet exercicç budgétaire n’est rien de moins que la sauvegarde de l’Etat québécois.Ce dernier — «le seul instrument collectif que nous ayons» — ne saura assumer ses missions fondamentales que constituent l’éducation, la culture, l’emploi et la relance de l’économie qu’en retrouvant sa pleine liberté d’intervention, a affirmé M.Bouchard dans un discours passionné livré devant les 450 membres du conseil national du Parti québécois qui s’étaient réunis en fin de semaine pour la première fois sous l’égide de leur nouveau chef., L’Etat étant également le seul instrument dont disposent les Québécois pour les «défendre contre tout ce qu’on sait de dangers, de menaces» en Amérique du Nord, le premier ministre a voulu rassurer les militants sur le fait que l’assainissement des finances publiques auquel il s’applique n’est pas qu’un «exercice comptable» à la néolibéralisme.«11 n’est pas question de remettre en cause le rôle prioritaire, essentiel de l’Etat dans le sens de sa capacité de faire des choix d’interyenir [.] Nous sommes dans une situation de sauver l’État québécois», a tonné M.Bouchard, qui n’a pas hésité à coller à maintes reprises l’étiquette sociale-démocrate au parti qu'il préside.Cependant, s’adressant aux militants qui souhaiteraient que l’assainissement des finances publiques passe surtout VOIR PAGE A 8: BOUCHARD I I Pat Buchanan ou le populisme triomphant SYLVIANE TRAMIER LE DEVOIR La riposte PHOTO REUTER LES ETATS-UNIS envisagent de prendre des mesures de rétorsion contre Cuba, après la destruction samedi par les forces aériennes cubaines de deux appareils civils américains appartenant à une organisation anti-cas-triste.Nos informations en page A 8.Québec reprend le chemin des commissions scolaires linguistiques Marois n'exclut pas un amendement constitutionnel MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le gouvernement du Québec va remettre en branle le processus de création de commissions scolaires lin-guistiques a,u Québec a indiqué en fin de semaine la ministre de l’Éducation, Pauline Marois, à l’occasion du conseil national du Parti québécois.Le remplacement, en particulier à Montréal, des commissions catholiques et protestantes par des commissions scolaires francophones et anglophones, est vu, au PQ, comme un moyen de favoriser l’intégration des enfants d’immigrants à la communauté d’expression française.«En ce moment, dit le premier ministre Lucien Bouchard, des milliers de jeunes allophones apprennent le français dans la commission scolaire anglophone [protestante].Il faudrait changer ça.» La relance du processus menant à des commissions linguistiques a contribué à apaiser le débat qui a eu lieu ce week-end sur l’avenir de la Loi 101.Mme Marois aurait toutefois préféré attendre avant d’aborder cette question publiquement.Il lui reste, dit-elle, des consultations à faire.Mme Marois prévoit amorcer prochainement des discussions avec les principaux responsables scolaires de l’île de Montréal.Présentement, le président de la Commission des écoles catholiques de Montréal, Michel Pal-lascio, s’oppose à ce que la CECM perde son statut confessionnel.Il s’agit pour l’heure du principal obstacle Pauline Marois crates épouvantés n’aient le temps de «remonter le pont-levis», pour En pleine campagne pour les primaires du New Hampshire, Patrick Buchanan y est allé de la plus belle vantardise de l’année, prétendant avoir l’appui des «quatre présidents du Mont Rushmore».Voilà tout un ralliement au candidat républicain de la part des géants de pierre, George Washington, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln et Théodore Roosevelt, sculptés dans la roche granitique au Dakota du sud.La légère fanfaronnade et l'outrance verbale font le style Buchanan, celui du commentateur politique et po-| lémiste aux émissions Crossfire et f The McLaughlin Group au début des années 80, celui du rédacteur de discours pour les présidents f^ixon et Reagan, et celui de l’aspirant président qu’il est devenu.Patrick Buchanan ne dédaigne pas les coups de gueules et il ne s’embarrasse guère de circonlocutions.; Il aboie et mord: ses détrac-Y teurs l’appellent le pitbull du f Parti républicain.Il faut l’entendre évoquer de sa voix rauque une foule «de paysans , armés de fourches» se précipi-' tant à l'assaut de la capitale fédérale avant que les bureau- comprendre pourquoi ce pourfendeur du grand capital, de Wall Street et de la mondialisation des marchés, dérange plus le part républicain qu’il n’inquiète les démocrates.La réaction des caciques républicains après sa victoire au New Hampshire ne laisse aucun doute sur l’état de confusion idéologique dans lequel il a plongé le part.Le général Powell a fait clairement savoir qu’il ne voterait pas pour lui; Jack Kemp, un des penseurs du parti, a lui aussi fait part de ses réserves à son égard.Tout se passe comme si, chez les républicains, on ne se posait qu’une question: Patrick Buchanan ou comment s’en débarrasser?D’un famille catholique américano-irlandaise VOIR PAGE A 8: BUCHANAN VOIR PAGE A 8: MAROIS Mise au point concernant un texte de M.Claude Corbo Nous avons publié dans notre édition de samedi, dans la page Idées, un texte sous le titre «Ouverture» et signé par M.Claude Corbo, ex-recteur de l’UQAM.Il s’agissait d’un .extrait d’un livre qui paraît cette semaine chez Lanctôt Éditeur sous le titre de Lettre fraternelle, raisonnée et urgente à mes concitoyens immigrants.Ce texte, tel que publié, n’était pas conforme au texte original et comportait un ajout qui en a dénaturé le sens et la portée tout en pouvant porter atteinte à la réputation de l’auteur et de son éditeur.Dans ce texte, M.Corbo écrit: «Seule me guide une appartenance profonde et passionnée à cette réalité humaine, politique et culturelle qui s’appelle le Québec, appartenance que je souhaite vivement partager avec vous.» A notre insu et malgré notre vigilance, il lut ajouté après le mot «Québec» les qualificatifs «blanc et français», donnant aux propos de l’auteur une coloration raciste qu’ils n’avaient pas.Jamais la conduite et les écrits de M.Corbo, tout comme ceux de son éditeur, n'ont pu laisser croire qu’il puisse en être ainsi.Le Devoir présente ses excuses à M.Corbo et à son éditeur et prie ses lecteurs de prendre note de cette correction.Au cours des derniers jours, un collaborateur régulier du journal, M.Daniel Pinard, a aussi été victime de modifications à son texte.Dans la section Plaisirs de notre édition de vendredi dernier, le texte de M.Pinard intitulé «Au doux pays du cassoulet», une phrase a été modifiée pour la transformer en une vulgarité qui a choqué plusieurs lecteurs.Nos excuses à M.Pinard.Le Devoir assume la responsabilité de cette situation qui est le résultat d’actes de sabotage et non d’une négligence professionnelle de la part des collègues responsables de la mise en page des textes.Nous assurons nos lecteurs que toutes les mesures sont prises pour éviter que ne se répètent de tels gestes.La direction H- ACTUALITES EN HR E F ?ALERTE À LA BOMBE (PC) — Un appel à la bombe a perturbé à partir (le 18h30, hier, les activités au terminus Voyageur-Orléans, à Montréal.L’appel annonçait l’explosion d’une bombe dans un casier de consigne.ht section technique du Service de police de la communauté urbaine de Montréal était sur place pour vérifier l'information.Un périmètre de sécurité a été érigé, paralysant la circulation dans les rues avoisinantes.-*- POUR UNE LOI ANTI-DÉFICIT (PC) — À la veille des consultations pré-budgétaires du ministre d’Etat des Finances et de l’Économie, Bernard Landry, l’Association des manufacturiers du Québec s’apprête à recommander au gouvernement d’adopter une loi anti-déficit.Pour l’AMQ, cette loi devrait garantir l’atteinte des objectifs de réduction et d’élimination du déficit des opérations pour 1997-1998.Elle devrait aussi prévoir que pour les années subséquentes aucun déficit ne soit permis.La désolidarisation menace Laide sociale KONRAD Y A K A B U S KI DE NOTRE.BUREAU DE QUÉBEC Le co-président du comité chargé de revoir le régime de la sécurité du revenu, le psychologue Camil Bouchard prévient qu’une «désolidarisation» des contribuables envers leurs concitoyens de l’aide sociale constitue — plus que les contraintes budgétaires — la principale menace au programme dont dépendent plus de 800 000 Québécois.Dans un exposé fort apprécié, livré hier devant les 450 membres du conseil national du Parti québécois, M.Bouchard a fait remarquer que les plus fervents avocats au Québec de la «méthode Harris» adoptée en Ontario sont des citoyens ayant entre sept et douze ans de scolarité.Selon les sondages, il s’agit des petits salariés qui semblent se reconnaître de moins en m,oins dans le rôle protecteur de l’Etat.«Nous sommes en train de voir un phénomène de désolidarisa- tion», a-t-il affirmé en rappelant qu’un sondage SOM effectué l’automne dernier démontrait que 57 % des Québécois souhaitent que leur gouvernement emboîte le pas à celui de Mike Harris en Ontario, qui a réduit de 21 % d’un seul coup les prestations de l’aide sociale en octobre dernier.Faisant remarquer que les prestations de base au Québec demeurent en deçà des niveaux ontariens, M.Bouchard a constaté que les bénéficiaires québécois de l'aide sociale touchent aujourd’hui le même montant, en termes réels, qu’ils touchaient en 1975.Ce n’est pas vrai, donc, que les barèmes attirent les personnes à l’aide sociale.Bien que le ralentissement économique et les resserrements du régime de l’assurance-chômage soient responsables pour une partie importante de l’augmentation de la clientèle de l’aide sociale depuis cinq ans, ils ne sont pas à eux seuls les principales raisons du fait que plus d’un Québécois sur neuf vit aux crochets de l’Etat.Déversoir de nos échecs «Le régime de l’aide sociale est le déversoir de nos échecs collectifs», a opiné M.Bouchard, dans une prestation qui s’est inscrite en faux contre celles livrées hier sur la même tribune par le ministre de l’Économie et des Finances Bernard Landry et le fiscaliste Yvon Cyrenne.Premier échec, alors que le pourcentage des chefs de familles monoparentales qui vivent en-dessous du seuil de la pauvreté au Québec s’élève à 54 %, les taux comparables en France et au Pays-Bas sont de 16 % et 8 %, respectivement.«Quelque part, nos modes de transfert (.) n’ont pas été à lq hauteur.» Évoquant la mesure qui exempte les assistées sociales ayant des enfants de moins de six ans de l’obligation de s’inscrire aux pro- grammes d’employabilité du ministère, M.Bouchard s’est demandé si on n’est pas en train de les condamner à jamais à la dépendance.Une fois passé ce délai de six ans, il leur devient de plus en plus difficile de sortir du régime.86 000 enfants de moins de six ans vivent dans les familles vivant de l’aide sociale, a noté le psychologue, 70 % d’entre eux dans les familles monoparentales.On retrouve ces mêmes statistiques plus tard dans les taux de décrochage et de criminalité, a-t-il laissé tomber.Les programmes d’employabilité sont un échec aussi, selon le chercheur.Le taux d’insertion en emploi des participants à ces programmes ne s’élève qu’à.8 %.Et 75 % de ces participants n’ont plus d’emploi 19 mois plus tard.Les agents de l’aide sociale sont débordés.Chacun d’entre eux s’occupe en moyenne de 400 dossiers, ce qui fait en sorte que s’ils veillent aux besoins financiers des prestataires ils n’ont guère le temps de veiller à leurs besoins sociaux et psychologiques.Camil Bouchard Camry 1996 MÊÈÈM ï-MfcSg-.VOTRE CONCESSIONNAIRE BOUCHERVILLE chAteauguat LACHUTE MONT-LAURIER MONTRÉAL REPENT1GNY Toyota Duval Châteauguay Toyota Ladiute Toyota Claude Auto Lexus Toyota Gabriel Repentigny Toyota 655-2350 692-1200 562-6662 623-3511 746-7777 581-3540 BROSSARD Ile perrôt LAVAL MONTRÉAL MONTRÉAL ST-EUSTACHE Brossard Toyota tie Parti Toyota Chomedey Toyota Alix Toyota Toyota Centre-Vile Toyota St-Eustache 445-0577 453-2510 687-2634 376-9191 935-6354 473-1872 CAN 01 AC J0UETTE LAVAL MONTRÉAL MONTRÉAL ST-HYACINTHE Candtac Toyota Joliette Toyota Vnront Lexus Toyota Coassé Toyota Toyota Pie IX Angers Toyota 6594511 759-3449 668-2710 527-3411 329-0909 774-9191 CHAMBIY LACHINE LONGUEUR MONTRÉAL POINTE-CLAIRE 8T-JEAN ChamWy Toyota Sonei Lexus Toyota Longueuil Toyota Houle Toyota Falrviï» Toyota Oéry Toyota 658-4334 634-7171 674-7474 351-5010 694-1510 359-9000 ST-JÉRÔME SHAWINIGAH TROIS-RIVIÈRES Toyota St-J4r6me Maurice Toyota Tros-Rwéres Toyota 438-1255 539-8393 374-5323 ST-LÉ0NARD S0REL VALLEYFIEL0 St-Léonard Toyota Automobile G Couillard A /«UNTIE t AMP 252-1373 Pierre Lefebvre Automobiles I KM ILLIMITÉ STE-AGATHE 7424596 373-0850 SOLUTION 1 Toyota A Ste-Agatlw 326-1044 TERREBONNE Automobiles VEROUN Woodland Toyota TOYOTA ITE-THÉRÈJE LG LéveiM 761-3444 Blairmlle Toyota 435-3685 4714117 CAMRY •Radio AM/FM stéréo haut de gamme à 4 haut-parleurs •Direction à crémaillère avec assistance variable •Volant inclinable •Essuie-glace à balayage intermittent •Système de retenue supplémentaire à coussin gonflable côtés conducteur et passager •Ancrage pour siège de bébé •Verrous de protection pour enfant à l’arrière •Réglages du siège arrière, divisé 60/40 • Rétroviseurs extérieurs à télécommande assistée • Moteur 4 cylindres de 2,2 litres à 16 soupapes •Transmission automatique 4 rapports à surmultipliée ‘Programme de location à long terme Solution Toyota basé sur le modèle Camry DX BG12KP-AA, vendus au détail aux clients admissibles pour un bail de 48 mois avec option d’achat.Un comptant de 1100$ est exigé (taxes en sus).Coût total du bail 16355,04$ (frais de transport et de préparation exclus), immatriculation, assurance et taxes en sus.Premier versement de 299$+ 20,93$ (TPS) + 20,80$ (TVQ), soit 340,73$ et dépôt de sécurité de 350$ requis au moment de l'achat.Les montants de l'option d'achat et du bail sont fixés en fonction d'un maximum de 96000km.Des frais de 7t le kilomètre supplémentaire seront calculés.Sur approbation de crédit de Toyota Crédit Canada Inc.Offre valable jusqu’au 29 février 1996.Photo pour fin d’illustration seulement.Voyez votre concessionnaire Toyota pour tous les détails.Votre concessionnaire TOYOTA 299$,.f 9 Le budget | Martin ne fera } pas de cadeau à Montréal MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE Le prochain budget de Paul Mar- < tin ne comportera aucune mesu- j re de soutien pour Montréal, prédit aujourd’hui la revue Maclean’s qui H cite de hauts fonctionnaires du mi- j nistère fédéral des Finances.Malgré la détérioration alarmante ;] des infrastructures de la métropole, j le budget que Paul Martin présente- || ra en mars n’y accordera pas de ressources financières spéciales ou de nouveaux programmes de recons- | traction, indique la revue torontoise I dans son édition d’aujourd’hui.Il est clair qu’Ottawa n’a pas l’in- I tention de dépenser au Québec pour ?faciliter la tâche du gouvernement ; de Lucien Bouchard.«Il n’est pas question pour nous i de dépenser au Québec pendant que [le premier ministre Lucien] Bou- ; chard coupe au Québec», affirme un collaborateur du ministre Martin.«C’est son problème!» «Montréal, c’est son problème», ; ajoute un fonctionnaire cité par Ma- i clean's.Paul Martin ne tentera donc pas de charmer les Québécois à coups de subventions malgré les requêtes des fédéralistes québécois et le fait que l’option souverainiste reste solide quatre mois après le référendum.Un sondage Léger et Léger indi- ; quait la semaine dernière que 55 % des Québécois seraient disposés à voter OUI si on leur demandait de voter à nouveau.Quoi qu’il en soit, le programme fédéral d’infrastructures sera bientôt à sec.Lancé il y a deux ans, ce programme devait permettre l’exécution de travaux totalisant 6 milliards, financés au tiers par Ottawa.L’enveloppe destinée i à ce programme pancanadien contenait cette année 200 millions.Aucune autre somme n’y était prévue pour les années suivantes.Le gouvernement de Lucien Bouchard ne pourra donc pas compter sur un programme de ce g’ genre pour financer partiellement la réparation des rues et des grands axes routiers en piètre état presque partout au Québec et en particulier à Montréal.DI j j'/yip0AlS bx^ •' POUR CHANGER LE MONDE m OXFAM-QUÉBEC Tél.: (514) 937-1614 1 800 OXFAIVI 95 b Les meilleurs ?vêtements de voyage et d’aventure au monde Tilley Endurables.Ils sont conçus pour vous procurer le confort, la facilité d’entretien, la durabilité et la sécurité, mais surtout une allure formidable.Nos « durs qui durent » ont des poches secrètes et des poches sécuritaires munies de fermoirs en Velcro ainsi que des instructions d’entretien qui ne vous laisseront jamais tomber alors « Faites-leur la vie dure ! » 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partitionistes de son collègue des Affaires intergouvemementales, Stéphane Dion.«Je crois à l’esprit d’ouverture de Lucien Bouchard.Je crois sincèrement qu’il y a de grandes possibilités de collaboration avec le Québec, sous M.Bouchard», a-t-il confié hier au quotidien La Tribune.En fait, le discours de M.Cauchon semble aller beaucoup plus loin que celui de Pierre Pettigrew, le ministre de la Coopération internationale,et s’inscrit totalement à l’opposé de celui de Stéphane Dion, dont les déclarations répétées sur la partition d’un Québec souverain n’ont certes pas aidé à rapprocher les souverainistes et les fédéralistes.Le député d’Outremont a même été jusqu’à dire qu’il n’était pas d’accord avec les propos de M.Dion.«Toutefois, je ne le condamne pas, a-t-il précisé.Les gens peuvent réagir différemment à la suite du référendum.On est en train de s’ajuster aux événements.Je crois sincèrement que, finalement, la philosophie qui émergera sera celle que je viens d’exprimer et qui se résumera par une très grande ouverture.» M.Cauchon se veut plus conciliant que ses collègues et favorable au «plan A», plus qu’à un «plan B» qui définirait l’attaque à développer advenant l’accession du Québec à la souveraineté.«Je crois jusqu’au bout des ongles que je suis très Québécois et que le développement du Québec passe par le fédéralisme canadien.Je pense comme [Pierre] Pettigrew et je suis en faveur d’un discours de coopération, de collaboration.[Stéphane] Dion a une autre approche qui, vraisemblablement, n’est pas la mienne.» JEAN PICHETTE LE DEVOIR La deuxième moitié de la session d’hiver pourrait être perturbée, à l’Université de Montréal, à la suite de la décision des chargés de cours de déclencher une grève d’avertissement d’une durée maximale d’une semaine, au moment jugé opportun.Après quelque neuf mois de négociations pour le renouvellement de la convention collective qui les lie à l’Université de Montréal, l’impasse demeure donc complète, aux yeux des chargés des cours, qui ont accordé, dans une proportion de 93 %, un mandat de grève au comité exécutif de leur syndicat.Comme environ 750 membres du syndicat sont actuellement sous contrat avec l’Université, les activités pédagogiques risquent d’ici peu d’être sérieusement compromises.Avant même que leurs revendications n’aient été abordées à la table des négociations, deux positions de la partie patronale soulèvent particulièrement l’ire du Syndicat des chargés de cours de l’Université de Montréal, selon son président, François Cyr.«Le premier problème est celui de la reconnaissance des chargés des cours.On ne peut même pas s’entendre avec l’Université sur un profil des chargés de cours et sur le pourcentage d’enseignements qu’ils assurent sur l’ensemble des enseignements dispensés à l’Université.On s’est rendu compte qu’il y a un écart extrêmement important entre les chiffres des deux parties.» Alors que le syndicat, en s’appuyant sur le bureau de recherches institutionnelles de l’Université de Montréal, affirme qu’environ 50 % des prestations de premier cycle sont assurées par ses membres, qui reçoivent 4650 $ par cours, l'Université estime quant à elle cette contribution deux fois moins élevée.Dans un contexte budgétaire extrêmement difficile, alors que l’Université envisage des compressions de 15 millions l’an prochain, le syndicat a calculé que ses membres ne reçoivent ainsi qu’environ 5 % du budget total de l’Université.«Et malgré ce ratio coûts-bénéfices absolument extraordinaire, c’est nous qui sommes les plus victimes des coupures, toutes proportions gardées, note M.Cyr.L’Université coupe par exemple 25 % des offres dans les charges de cours pour les prochaines années.On ne comprend pas.Comment peut-on à la fois être si peu chers et les plus victimisés dans cette politique de coupures?Cela est d’autant plus difficile à comprendre qu’à l’Université de Montréal, il y a déjà un cadre et un professionnel pour chaque professeur ou chargé de cours.Il y a une telle enflure bureaucratique dans le fonctionnement de cette institution que certains choix budgétaires déjà faits devraient être débattus.» Demandes exorbitantes Certaines demandes déposées par la partie patronale sont dans ce contexte jugées exhorbitàntes par le syndicat.L’Université veut notamment réduire de six à deux le nombre d’enseignements qu’un chargé de cours pourrait donner chaque année.Elle veut de plus pouvoir modifier à sa guise, sans consultation, les exigences de qualification pour l’enseignement, tout en remettant en question la clause de double emploi, qui limite le nombre de cours accessibles à quelqu’un qui détient déjà un emploi.«Pourtant, partout dans les pays industrialisés, la tendance est à prendre acte du fait que le travail est de plus en plus rare.Sur cette question, l’Université est totalement à contre-courant», ajoute le président, selon qui ce sont les étudiants qui feront les frais de cette attitude patronale, à travers notamment l’augmentation de la taille des groupes-cours et la diminution du nombre de cours offerts.«Même si nous sommes estomaqués par cette attitude à la table des négociations, il n’est pas question pour l’instant de faire une grève générale illimitée, précise M.Cyr.On veut laisser le temps encore à la situation de se décanter.Mais l’Université devra prendre les choses au sérieux, et prendre acte qu’il y a une grande inquiétude parmi nos membres.» Médecins ontariens soupçonnés de fraude Toronto (PC) — La Presse Canadienne a appris que le Collège des médecins et chirurgiens de l’Ontario mène une vaste enquête sur une conspiration pour fraude en vertu de laquelle des médecins auraient touché des ristournes totalisant des millions de dollars en envoyant des patients à des cliniques privées qui leur appartiennent.Selon le Collège, l’organisme qui régit les médecins ontariens, une centaine de cas de fraude présumée sont examinés et les dossiers de plusieurs médecins ont été saisis.Le document obtenu indique que cette enquête pourrait prouver qu’il y a bel et bien eu conspiration.«Des médecins possédant des intérêts financiers dans certaines cliniques médicales y envoient des patients sans que cela soit pleinement justifié sur le plan médical», dit le document qui sera présenté aujourd’hui au conseil du Collège des médecins et chirurgiens.On y trouve également des allégations selon lesquelles certains médecins touchent illégalement des ristournes — bureaux, équipements, médicaments — en échange de leur loyauté envers certains fournisseurs ou pour fournir des renseignements confidentiels sur des patients.Le Collège est aussi préoccupé par la possibilité que des médecins escroquent les compagnies d’assurance automobile en traitant des patients plus longtemps que nécessaire pour stimuler les affaires dans leurs cliniques.Le document note que «des millions de dollars sont versés frauduleusement à des victimes alléguées d’accidents et à des cliniques qui traitent d’une façon excessive des patients qui ne sont pas blessés où dont les blessures sont exagérées».Virage ambulatoire Larose accuse Québec d’avoir trompé les citoyens Il évoque le spectre de la privatisation du système CAROLINE M O N TI* E TIT LE DEVOIR Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Gérald larose, s’est prononcé hier contre la nouvelle vague de compressions budgétaires que pourrait imposer le gouvernement du Québec dans le secteur de la santé et des services sociaux.M.larose a profité de l'occasion pour protester contre «l’improvisation» régnant dans 1,’application du virage ambulatoire.A cet égard, M.Larose a mentionné la lenteur mise par les hôpitaux à remettre leurs travaux de planification de la main-d’œuvre à leur régie régionale respective.En fait, moins de 50 % des établissements hospitaliers ont remis ce plan à leur régie régionale, a fait savoir Claudette Carbonneau, responsable des négociations pour le secteur public à la CSN.C’est qu’avant la création des régies régionales, les hôpitaux ont pris l’habitude de fonctionner de façon autonome, et même, en compétition les uns avec les autres, de dire M.Larose.Les directions d’hôpitaux ne sont «pas habituées à se parler» entre elles, dit M.Larose.Attitude qu’elles ont tendance à conserver aujourd’hui, dans la question du redéploiement de la main-d’œuvre, et d’où découlent les problèmes de relocalisation de personnel.Appui conditionnel Par ailleurs, le président de la CSN est allé jusqu’à dire que le gouvernement avait «trompé» la population en ne respectant pas les engagements qu’il avait pris dans l’exécution du virage ambulatoire.La CSN est en faveur d’une réforme globale du système de santé, moyennant le fait que certaines conditions soient remplies dans son application.Parmi ces conditions, la CSN mentionne certaines assurances faites aux employés du réseau concernant le redéploiement du personnel, la promesse d’une transition harmonieuse entre les deux systèmes et le financement de cette transition, la mise à l'écart des risques de privatisation du système, et certains changement dans le mode de rémunération des médecins ainsi que dans l’as-surance-médicaments.A cet égard, M.Larose a répété .hier que l’enveloppe allouée à la rémunération des médecins dans les budgets de la Régie de l’assurance-maladie du Québec allait connaître un dépassement de 95 millions, pour la présente année, tandis que celle allouée aux autres services avait connu des compressions de 66 millions de plus que prévu.Pour remédier au problème, la CSN propose que les médecins soient payés en mode salarial plutôt que pour chaque acte médical accompli.Pour illustrer les risques de privatisation d’une pailie du système, M.Larose a fait état du cas du Bas-Saint-Laurent, où une bonne partie des lits publics consacrés aux soins de santé de longue durée pour les personnes âgées, ont été remplacés par des lits privés.Tout en rappelant le fait que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Jean Rochon, s’est toujours prononcé contre la privatisation, M.Larose a dit qu’il fallait se rendre compte qu’il «laissait faire» dans ce dossier.Si le système de santé et de services sociaux doit encore être mis à contribution dans l’assainissement des finances publiques, il serait carrément menacé d’«implosion» au cours des prochaines années, dit M.Larose.PHOTO JACQUES NADEAU Gérald Larose Parizeau ne regrette rien MICHEL VENNE DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC Jacques Parizeau, cet homme, qui s’est si souvent dépeint lui-même comme un technocrate froid, a été célébré, samedi soir, lors d’une soirée d’adieux organisée par le Parti québécois, comme un homme chaleureux, aimant la vie, et sincèrement aimé par ceux qui ont travaillé avec lui.«Avec ce technocrate froid, j’ai eu davantage chaud que froid», disait son successeur à la tête du Parti québécois, Lucien Bouchard, en parlant des relations entre les deux hommes au cours des dernières années.Des relations, a rappelé M.Bouchard, qui ont connu «quelques rebondissements».Plusieurs témoins de l’action partisane de Jacques Parizeau depuis 1969, lorsqu’il prit sa carte de membre du parti, lui ont suggéré de ne pas abandonner totalement la vie publique, l’incitant, comme le poète Gilles Vigneault, ou l’ancien ministre Camille Laurin, à se garder en réserve de la République.M.Parizeau, qu’on a vu à plusieurs reprises ému, au bord des larmes, a assuré les militants pé-quistes qui remplissaient une salle d’un hôtel de Québec, que sa conviction et son militantisme envers la souveraineté n’avaient pas ramolli.Contre-courant Il a également soutenu qu’il ne regrette rien de ce qu’il a pu dire durant ses 25 ans de carrière politique et qui était, souvent «à rebrousse-poil de la political correctness» du moment.«Je ne m’en excuse pas», dit-il.M.Parizeau n’a toutefois pas fait lui-même allusion à sa déclaration du 30 octobre lorsqu’il imputait à «l’argent et aux votes ethniques» la défaite du camp du OUI.Hier, M.Bouchard a refusé de fai- re un lien entre le refus de M.Parizeau de s’excuser, samedi soir, et sa déclaration du 30 octobre.«Je n’ai pas fait de lien avec le 30 octobre, dit M.Bouchard, parce que M.Parizeau s’était excusé dès le lendemain, en disant qu’il regrettait d’avoir utilisé ces mots-là, et parce qu’il a envoyé une lettre officielle d’excuses, le 22 novembre à Claudel Toussaint (président du comité des relations interculturelles du Parti québécois).» «Je crois que c’était simplement une boutade sur l’ensemble de son action politique», dit-il.M.Parizeau a prévenu M.Bouchard que le Parti québécois, bien que ce soit «un parti extraordinaire» n’était «pas un parti facile».Il a reçu en cadeau une carte de membre à vie du PQ et, comme René Lévesque en 1985, un billet d’avion, pour lui et son épouse, pour la destination de son choix n’importe où dans le monde.C H R 0 N I Q U ne Densée libre BORÉAL 224 pages • 24.95 $ Boréal OtH, m.aune «v Use.«Aubin fait ce que tout chroniqueur devrait faire: il pense librement, attaquant autant les souverainistes que les fédéralistes, laissant les plaines d’Abraham au musée, et nos vieilles rancœurs au vestiaire.Il nous invite à nous tourner vers l’avenir, à ouvrir nos fenêtres, à nous confronter avec le monde.» Richard Martineau, Voir Benoit Aubin est directeur de l’information du Réseau TVA.B enojt Aubin FONMT/QA/ LE FONDS DE DÉVELOPPEMENT A POUR LA COOPÉRATION c£n ET L'EMPLOI Édilice Fondaction, 2100, de Maisonneuve Est, Montréal (angle de Lorimier) Un REÊR POUR L’EMPLOI 1-800-253-6665 I.!•: I) K V 0 I It I.K I.I' N I) I 2 fi F K V It I fi It I II II K A I L E S A C T II A I, IT E S Discours du Trône Le tutoiement en publicité PIERRE BEAUDRY Après sa prétendue popularité des années 70, le tutoiement avait fini par disparaître de la publicité québécoise.Mais voilà que depuis quelque temps, il nous est à nouveau servi avec autant d’audace que de grossièreté.Et pas par les premiers venus.La STCUM nous présente à l’arrière de ses autobus ce bel exemple de politesse, Prends le bus et de son côté la Société de l’assurance automobile du Québec nous lance Conduis avec ta tête et Cliques-tu?Ta ceinture! Qu’une entreprise américaine comme la chaîne de fast-food Harvey’s, par exemple, tutoie ses clients dans l’affichage de ses restaurants, voilà qui est déjà assez méprisant sans que nos organismes d’Etat viennent lui donner raison.Chaque fois que je vois les énormes panneaux qui transportent les messages de la SAAQ et de la STCUM, je suis fortement tenté d’écrire à leurs présidents ou de leur téléphoner en les tutoyant.Si jamais je succombe à ces tentations, je ne manquerai pas d’en publier tous les détails.Souhaitons tous cependant que les responsables aient le courage de mettre fin à cette pratique, sans se laisser dissuader par des agences de publicité ignorant tout des bonnes manières.Des projets de loi privés?Les médias nous ont récemment servi par deux fois un bel exemple d’anglicisation.Les journaux ont publié une dépêche de la Presse canadienne qui nous parlait d’un projet de loi dit privé tandis que la radio nous informait qu’un député de l’opposition avait présenté un projet de loi sur le suicide assisté.Peut-on espérer qu’on en vienne un jour à comprendre que ce que l’anglais appelle «a private bill» est en français une proposition de loi (seul le gouvernement peut présenter un projet de loi parce qu’il est le seul à pouvoir parler de ses projets et les initiatives des parlementaires ne peuvent être que des propositions).Un tel espoir n’est pas déraisonnable, si l’on se rappelle que nos bills si farouchement défendus par nos anciens gouvernements ont fini par devenir des projets de loi.Après à peine 100 ans.Chrétien reviendrait à la charge avec l’emploi et l’unité JEAN DION DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Mardi dernier, le ministre fédéral de la Justice, Allan Rock, a fait preuve d'une candeur surprenante pour un membre du cabinet.«J’avoue que la chose devient plus difficile à mesure que le temps passe, alors que le gouvernement entame la seconde moitié de son mandat et que, déjà, les gens parlent de l’imminence d’élections», a-t-il déclaré lorsque interrogé sur le dossier de la reconnaissance des droits des gais et lesbiennes.Lors de la dernière campagne électorale, les libéraux avaient fait de cette reconnaissance — l’interdiction d’exercer une discrimination fondée sur l’orientation sexuelle — une promesse.Mais Ottawa tergiverse depuis deux ans et demi devant l’opposition acharnée qui se manifeste dans plusieurs milieux, y compris au sein de sa propre équipe de députés.S’il est rare qu’un ministre le dise de but en blanc, ce n'est un secret pour personne que la prise de décisions est plus délicate dans les mois qui précèdent un appel aux urnes.La situation actuelle, avec un scrutin probable en 1997, ne fait pas exception.Et c’est avec un cabinet renouvelé et conscient de la fragilité du répit dont il pourra profiter sur le front de l’unité nationale que le gouvernement de Jean Chrétien mettra en branle mardi prochain, à l’occasion d’un discours du Trône, la «phase deux» de son mandat.Bilan mitigé Ce discours devrait notamment servir à mettre un peu de chair autour des deux grands axes de l’action d’Ottawa: l’économie et l’unité canadienne.Dans le premier cas, le bilan est mitigé: si les objectifs de réduction du déficit semblent devoir être atteints et même dépassés, la création d’emplois a en revanche connu de sérieux ratés l’an dernier.Le ministre des Ressources humaines Doug Young le reconnaissait lui-même il y a quelques jours, qui constatait que le fédéral devait «changer d'approche».On verra si M.Chrétien a saisi le message.Dans le second cas, tout le monde s’entend pour dire qu'Ottawa devra faire bien davantage que les changements symboliques — société distincte, veto régionaux — qu’il a effectués dans la foulée de la courte victoire du NON au référendum.11 faut donc s’attendre, selon le vœu formulé par Stéphane Dion lors de son accession au cabinet, à ce que le fédéral promette de se pencher sur un processus de décentralisation.Celui-ci aurait l’avantage de ne pas requérir de pourparlers constitutionnels.Les libéraux n’auront d’ailleurs pas à attendre longtemps avant d’avoir une idée de l’accueil fait par la population à leurs propositions, et surtout au troisième budget Martin qui les suivra de peu.11 est vrai que le gouvernement n’a à peu près rien à gagner lors des six élections complémentaires du 25 mars, mais une défaite aux mains du Bloc québécois dans Papineau-Saint-Michel ou du Parti réformiste dans Etobicoke-Nord, des comtés à forte tradition libérale, enverrait un puissant signal.Par la suite, il sera intéressant de voir quel traitement sera réservé à des dossiers de pointe, dont certains ont fait l’objet de promesses électorales à propos desquelles M.Chrétien avait dit que «seul un acte de Dieu» pourrait l’empêcher de les réaliser.Réformes à venir Ainsi, aux Finances, le ministre Paul Martin devra bouger un jour sur la question de la réforme de la TPS.Ottawa fait face à cet égard aux réticences de plusieurs provinces en matière d’harmonisation des taxes de vente.Il lui faut aussi trouver une formule qui soit à la fois moins rébarbative pour les consommateurs et les entreprises et neutre au plan des revenus.Le dialogue fédéral-provincial sera également crucial pour la réforme du régime de pensions de retraite, qui doit être réglé d’ici quelques mois.Ces deux dossiers sont cependant loin de déchaîner les passions autant qu'une troisième réforme, celle de 1 assurance-chômage, qui s'est aliénée tout l’est du Canada.Le ministre Young, qui a prévenu que l’essentiel du projet de loi C-lll serait maintenu, devra se montrer particulière-mejit persuasif.A la Justice, M.Rock aura de son côté à respecter son engagement formel d’apporter des modifications en profondeur au régime d'imposition des pensions alimentaires pour enfants.Il y a déjà neuf mois que la Cour suprême a débouté Susan Thi-baudeau, et il y a déjà neuf mois que le ministre a affirmé que «ce dossier fait maintenant partie des priorités nationales».Par ailleurs, la nouvelle ministre du Patrimoine canadien Sheila Copps devra donner suite au rapport Juneau sur l’avenir de Radio-Canada.L’hypothèse d’une nouvelle taxe pour financer la SRC a reçu un accueil plutôt froid dans la population.À 16 ans, ils réclament le droit de voter ANDRÉ BELLEMARE PRESSE CANADIENNE Québec — Deux jeunes gens prennent au mot une déclaration du premier ministre Bouchard sur leur implication dans le devenir du Québec et réclament ainsi du gouvernement de ramener l’âge minimum de voter à 16 ans au lieu de 18, comme c’est le cas depuis 1963.Véronique Simard, de Charlesbourg, et Félix Tur-geon, de Québec, doivent faire part de leur suggestion devant la commission parlementaire des Institutions qui doit commencer, mardi prochain, l’audition de mémoires du public sur le document de réflexion proposant des amendements à la loi électorale.Ce document a été déposé à l’Assemblée nationale le 14 décembre dernier par le ministre responsable de la Réforme électorale et parlementaire, Guy Chevrette.Il fait référence, par exemple, à la notion de domicile, au vote des électeurs hors du Québec, au financement et contrôle des dépenses et lance aussi le débat sur la carte d’électeur.Mais on ne fait pas allusion à l’âge minimum du droit de vote, ce que les deux jeunes se chargent de rappeler aux autorités gouvernementales.Anticipant déjà les moqueries de certains sur leur présumé manque de maturité et d’expérience, ils affirment de leur côté qu’il «est pour le moins incongru que nous ne puissions exercer ce droit [de vote] alors que dès l’âge de 16 ans, nous sommes soumis à un certain nombre d’obligations et disposons de privilèges habituellement consentis aux personnes de 18 ans et plus».A cet égard, Véronique et Félix mentionnent qu’un jeune de 16 ans peut, notamment, se marier et avoir des enfants, détenir un permis de conduire, payer taxes et impôts, recevoir des prestations d’aide sociale, être membre d’un parti politique et a le droit de se prononcer sur le choix d’un chef.Il se trouve des gens qui pourraient dire: oui, mais pourquoi ne pas alors accorder le droit de vote aux 14-15 ans?A cet argument, les deux jeunes répondent que les 15 ans et moins ne remplissent pas les mêmes obligations sociales que les 16-17 ans.Une promesse de Bouchard Véronique et Félix rappellent un passage du discours du premier ministre Bouchard qui, lors de son assermentation, appelait la jeunesse à participer activement au devenir de la société québécoise.«Convaincus que vous partagez d’emblée ce souhait, nous vous enjoignons donc d’amender la loi électorale afin de permettre aux jeunes de 16 et 17 ans d’avoir leur mot à dire dans l’élaboration des décisions avec lesquelles ils auront à vivre plus tard.«Car cet avenir dont on nous parle, c’est à nous qu’il appartient: il serait donc normal que nous puissions en indiquer l’orientation», lit-on encore dans le mémoire de trois pages.Le 7 févr îM un mé L’armée canadienne étouffe des faits compromettants.Pierre Nadeau en expose plusieurs ce soir dans une entrevue exclusive avec le principal acteur et témoin de bavures tant en Somalie i ;• qu’au Canada.Réalisation : Alain Saulnier Ce soir 21 h SRC Télévision C O U U O Q II E S THE CENTRE FOR APPLIED FAMILY STUDIES «Groups for Children who have Witnessed Conjugal Violence», Université Me Gill, 27février, Germain Dulac: (514) 398-5286 Le Centre d’études appliquées à la famille s’adonne à de nombreuses activités dont l’objet est de comprendre la vie familiale contemporaine et d’améliorer les politiques sociales qui touchent la famille.Cette conférence est donnée par Erica Penner, Ann Paquet-Deehy et Hoda Choueri.On y parlera de conception, de design, de développement et d’évaluation des groupes pour les enfants témoins de violence conjugale.L'INFORMATION POUR L'INNOVATION ET LA COMPÉTITIVITÉ Université de Montréal, 28 février, Véronique Dalfond: (514) 678-2001 Il s’agit d’un colloque sur la veille technologique et stratégique pour les entreprises.Y sont attendus des gestionnaires des grandes, moyennes et petites entreprises.Les conférenciers, dont Miche1 Cartier de l’UQAM, Ethel Ausier de l’Université de Toronto et Pier- rette Bergeron de l’Université de Montréal, tenteront d’aider les participants à bien saisir le concept de veille structurée, de mieux déceler les sources d’information potentielles et d’optimiser l’utilisation de données dans un objectif d’innovation et de compétitivité.CENTRE DE FORESTERIE DES LAURENTIDES« Méthodes sylvicoles de lutte contre des champignons pathogènes des arbres», CFL Sainte-Foy, 29 février, Suzanne Doré: (418) 648-3927 Le Dr Gaston Laflamme entretiendra les participants des méthodes sylvicoles de lutte contre des champignons pathogènes des arbres.C’est que ces champignons se développent à l’intérieur des tissus ligneux des arbres et que, par conséquent, ils peuvent difficilement être éliminés par un arrosage chimique.Trois cas seront examinés plus particulièrement: le chancre scléroderrien et la maladie du rond sur le pin rouge, la rouille vésiculeuse sur le pin blanc.Isabelle Quentin Pour joindre l’auteure: iquentin@sim.qc.ca EN BREF ?ASSUÇANCE^CHOMAGE: NON A LA REFORME (PC) — Les manifestations contre la réforme de l’assurance-chômage reprendront aujourd’hui dans plusieurs régions du Québec.Des coalition régionales, composées de groupes syndicaux et populaires, se feront entendre dans les régions du Nord-ouest, de Québec, du Bas-Saint-Laurent, de la Montérégie et de Montréal.Ce mouvement se poursuivra demain dans l’Outaouais et mercredi aux îles de la Madeleine.À PAS DE TORTUE Tucson (AP) — Une tortue de mer, lâchée dans les eaux californiennes loto-quêbec Tirage du 96-02-24 8 1 3 24 28 32 41 Numéro complémentaire: 18 Tirage du 96-02-24 8 9 12 32 36 42 Numéro complémentaire: 7 MISE-TOT 8 23 30 34 GAGNANTS LOTS 70 714,308 GAGNANTS LOTS 6/6 1 2 397 501,00$ 5/6+ 11 65 386,40 $ 5/6 414 1 389,80 $ 4/6 20 038 55,00 $ 3/6 342 269 10,00$ Ventes totales: 18 261 538$ Prochain gros lot (approx.): 2 100 000 $ GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00 S 5/6+ 0 14 102,90$ 5/6 31 758,20 $ 4/6 1260 34,80 $ 3/6 19150 5,00$ Ventes totales: 630 103, 00$ Gros lot à chaque tirage: 1 000 000$ Jtra NUMÉROS 319002 19002 9002 002 02 2 Tirage du 96-02-24 LOTS 100 000$ 1 000$ 250$ 50$ 10$ 2$ |tra * Super 7 Tirage du vendredi 96-02-23 NUMÉROS 513290 13290 3290 290 90 0 LOTS 100 000$ 1 000$ 250$ 50$ 10$ 2$ B8SH7I 1 20 30 33 35 43 45 Tirage du 96-02-23 Numéro complémentaire: 32 GAGNANTS LOTS 7/7 0 6 000 000,00 $ 6/7+ 0 113108,10$ 6/7 34 2 910,80$ 5/7 2145 164,80$ 4/7 45 831 10,00$ 3/7+ 42 785 10,00$ 3/7 390 442 participation gratuite Ventes totales: 5 892 022 ,00$ Prochain gros lot (approx.):7 000 000,00$ Prochain tirage: 96-03-01 en 1994, a été repêchée près d’un an plus tard au Japon, après avoir effectué un tiers du tour de la Terre.Les terriens avait perdu toute trace de Rosita depuis juillet 1994, date à laquelle, dûment tatouée, elle fut rendue par des scientifiques de l’Université de l’Arizona et des chercheurs mexicains à son milieu d’origine, lesquels avaient à l’idée que les plages californiennes suffiraient à lui assurer une longue et paisible retraite.«A ma connaissance, il s’agit là de la plus longue migration jamais réalisée par un animal marin», observe Brian Bowen, un généticien de l’Université de Floride.La tortue a été découverte près de la plage de Gamoda, dans le sud du Japon, une zone où ses congénères ont l’habitude de se nicher.Le modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle, cette dernière a priorité. I.K l> K V (U II .I.E I.IT N D I 2 li ¥ K V II I K II I II I» Il A r> -* LE DEVOIR ?- LE MONDE I» E R S P E C T I V E S La triste fin du général Kamel PATRICK RAHIR AGENCE FRANCE-PRESSE Dubai — Transfuge extraordinaire, le général Hussein Kamel a connu la mort d’un Irakien ordinaire, qui vit dans la terreur du régime.Gendre de Saddam Hussein, maître d’oeuvre des programmes d’armements irakiens, il est mort trois jours après être rentré de Jordanie en demandant pardon pour sa défection.Officiellement, la famille à laquelle il appartient a lavé son honneur, en tuant vendredi le «traître», ses deux frères Saddam et Hakim qui l’avaient suivi à Amman, leur père Kamel Hassan et trois passants.Deux des assaillants sont tombés dans la fusillade.Les funérailles nationales réservées à ces deux «héros», enterrés samedi en présence des fils de Saddam Hussein, Oudaï et Qoussai, prouvent assez que la vengeance avait l’aval du régime, s’il ne l’avait pas commanditée comme l’affirme l’opposition.En revanche, on ignore ce que sont devenues les dépouilles des transfuges et de leur père, rejetés dans l’anonymat.En annonçant mardi le retour à Bagdad du général, la télévision irakienne avait précisé qu’il serait traité comme un «citoyen ordinaire», une expression lourde de menaces.«Certes le président Saddam Hussein avait donné son accord au retour des traîtres en Irak», a expliqué l’ambassadeur d'Irak à Bahrein Ahmad Tayech, mais «il est naturel qu’en tant que citoyens ordinaires ils n’aient pas droit à une protection particulière».«Un fossé énorme sépare les dirigeants de la population», relevait récemment un diplomate européen à Bagdad.Hussein Kamel, gendre du président et pilier du régime depuis des années, l’avait peut être oublié.«C’est un homme habitué depuis qu’il avait 18 ou 19 ans à commander, à faire exécuter des gens», a expliqué Mechaan Joubouri, un opposant qui s’était rallié à lui avant de le lâcher.Dans un pays où les commerçants accusés de spéculation sont pendus, les déserteurs mutilés, «des familles entières jetées en prison» et «la torture est utilisée à un niveau extraordinaire», selon Hussein Kamel lui-même, le citoyen irakien vit dans la terreur quotidienne.«J’ai peur de parler dans ma propre maison», explique un fonctionnaire.«Il n’y a aucune solidarité.On a peur de s’exprimer.On se sait jamais à qui on s’adresse», déclare une femme à Bagdad.D’après un religieux étranger, «on demande aux enfants à l’école de répéter ce que disent leurs parents à la maison».Les services secrets «peuvent tuer n’importe qui», déclarait à CNN Hussein Kamel depuis son exil en Jordanie, quand il cherchait encore à se présenter comme une alternative à Saddam Hussein.A son arrivée à Amman en août dernier, le plus haut responsable irakien a avoir jamais fait défection avait appelé au renversement du régime.Il avait révélé des secrets des programmes d’armes que l’ONU cherche à démanteler, obligeant l’Irak à remettre aux inspecteurs de l’ONU des milliers de documents qu’il cachait encore.Après six mois, rejeté par la majorité de l’opposition par-çe qu’il avait du sang sur les mains, tenu à distance par les Etats-Unis et devenu un fardeau pour la Jordanie, le général Hussein Kamel préférait un retour suicidaire à l’exil.Informant son épouse Raghad et sa belle-soeur Rana, les deux filles de Saddam Hussein, de sa décision, il leur aurait déclaré: «n’ayez crainte, il ne vous arrivera rien.Quant à mon frère et moi, j’espère que tout ira bien».Vendredi, les deux femmes obtenaient le divorce en dénonçant la trahison de leurs maris.EN BREF ?HUIT VILLAGEOIS ABATTUS Assiout (AFP) — Des islamistes ont tué samedi soir huit civils ep attaquant un village de la province d’Assiout, en Haute-Egypte, où 24 personnes ont été tuées au total depuis dix jours, selon un nouveau bilan de la police hier.Trois islamistes fuyant la vaste chasse à l’homme lancée par la police dans la région d’Assiout ont fait irruption samedi soir dans le village d’Etmaniya, à environ 400 km au sud du Caire.Munis d’armes automatiques, ils ont arrosé de balles les habitants qui se trouvaient là, tuant sept d’entre eux et en blessant deux autres avant de s’enfuir dans les champs avoisinants.Hier, le corps d’une 8e victime, un paysan copte, a été retrouvé dans le village, selon la police.Dans un pays où les commerçants accusés de spéculation sont pendus, les déserteurs mutilés et des familles entières jetées en prison, le citoyen irakien vit dans la terreur quotidienne.-?- MANDELA NIE ÊTRE MALADE Johannesburg (AFP) — Le président sud-africain, Nelson Mandela, a démenti à nouveau hier les rumeurs sur son mauvais état de santé mais a mis en garde les médias qui le présentent comme un «super héros» gérant en solitaire la transition de son pays vers la démocratie.Des rumeurs indiquant que M.Mandela avait été victime d’une attaque cardiaque le 15 février, avaient provoqué une chute du rand et un repli des marchés financiers, posant la question de la confiance des investisseurs en l'Afrique du sud, après la fin du mandat de M.Mandela en 1999.-?- MAJOR MENACÉ PAR LTRAKGATE Londres (AFP) — le premier ministre britannique, John Major, risque une humiliante mise en minorité aujourd’hui à la Chambre des communes lors d’un débat sur les ventes d’armes illégales à l’Irak, après le rapport d’une commission d’enquête qui a mis en cause l’intégrité de membres du gouvernement.La survie du gouvernement conservateur n’est pas en jeu, celui-ci n’ayant pas engagé sa responsabilité sur le vote qui interviendra à l’issue du débatte vote portera sur l’ajournement après discussion, de la séance consacrée au rapport Scott, un pavé de 1800 pages publié il y a 12 jours après trois ans d’enquête indépendante (diligentée par le gouvernement) sur l'attitude du gouvernement dans la complexe affaire de ventes illégales d’armes à l'Irak à la fin des années 80.100 000 marcheurs pour la paix en Ulster Londres et le Sinn Fein renouent le dialogue Belfast (AFP) — Une centaine de milliers de personnes ont manifesté en silence, hier dans les villes d’Ulster et de république d’Irlande, pour réclamer le retour de la paix et du cessez-le-feu de l'IRA, rompu il y a 15 jours.Environ 40 000 personnes se sont rassemblées à Dublin, 25 000 à Cork, la deuxième ville de république d’Irlande, et environ 20 000 à Belfast, de l’autre côté de la frontière, afin de lancer un «cri silencieux» pour le retour à la paix.Simultanément, de nouveaux efforts pour sauvegarder le processus de paix étaient entrepris, avec l’annonce d’une rencontre aujourd’hui à Stormont près de Belfast, entre le Sinn Fein (aile politique de l’IRA) et des représentants du gouvernement britannique.C’est le premier contact de ce type depuis la rupture du cessez-le-feu de l’IRA.Martin McGuinness, numéro deux du Sinn Fein qui conduira la délégation du parti, a déclaré que la rencontre «examinera comment le processus de paix peut être reconstruit.C’est pour nous un rendez-vous très sérieux».«Tout nouveau processus devra comprendre des assurances solides et publiques sans aucune ambiguïté que les deux gouvernements (de Londres et Dublin) initieront des pourparlers multipartites à la première date possible», a ajouté M.McGuinness.Le leader nationaliste nord-irlandais John Hume a lui aussi laissé entrevoir un espoir, en affirmant qu’un ces- U aM PHOTO AP Ce jeune londonien a défilé avec des milliers d’autres hier dans les rues de la capitale britannique pour protester contre la violence.sez-le-feu de l’IRA «peut être restauré» si Londres fixe une «date ferme» pour l’ouverture de pourparlers multipartites sur l’avenir de l’Ulster.Londres, tout comme Dublin, a exclu depuis quinze jours toute participation de ministres à des rencontres avec le Sinn Fein tant que la violence de l’IRA n’aura pas cessé.Depuis la rupture, le 9 février, du cessez-le-feu qui durait depuis 17 mois, trois bombes ont fait trois morts et 110 blessés à Londres.• A Belfast, pour cette journée de manifestations, catholiques et protestants mêlés se sont massées dimanche autour de l’Hôtel de ville.Des milliers d’entre eux portaient des petits rubans blancs pour la paix, et des colombes blanches en carton.Les manifestants de Belfast ont lancé des slogans de paix, entonné quelques airs dont «Give peace a chance», avant de se disperser au bout d’une heure environ.Pas de plate-forme, pas de leaders politiques, pas de discours.La manifestation était organisée par un collectif d’associations pour la paix non-affiliées politiquement.Des manifestations semblables leur faisaient écho en république d’Irlande, rassemblant des foules encore plus importantes.Le premier ministre irlandais John Bruton a participé à une marche pour la paix dans son village natal de Dun-boyne.«Tout le peuple d’Irlande dit ’stop’ à l’IRA, cette organisation secrète, aux membres inconnus, qui ne rend des comptes à personne, et n’a aucun droit d’agir en notre nom», a-t-il déclaré.Le Hamas revendique deux attentats en Israël B O S N I E T érusalem (Reuter) — Le Hamas a I fait exploser hier matin deux bombes en Israël, tuant 25 personnes et en blessant près de 80 autre?à Jérusalem et Ashkelon.L’Etat hébreu a immédiatement suspendu les négociations avec l’Autorité palestinienne jusqu’à nouvel ordre.Mais Shimon Peres a juré de poursuivre le processus de paix au Proche-Orient.Le Mouvement de résistance islamique Hamas a fait savoir qu’il voulait ainsi venger la mort, le 5 janvier à Gaza, de son principal artificier, Ya-hya Ayach, alias «L’ingénieur», déchiqueté par l’explosion de son téléphone portable.Ces deux attentats sont un véritable cauchemar politique pour Shimon Peres, qui fait campagne pour les élections législatives anticipées du 29 mai sur une plateforme de paix avec les Arabes.Prié de commenter l’impact de ces attaques sur ses chances de succès aux élections, le premier ministre travailliste a répondu à un journaliste: «C’est la dernière question que vous devriez poser aujourd’hui».Selon la radio israélienne, les négociations devraient être gelées jusqu’aux obsèques des victimes.Shimon Peres a aussi déclaré qu’il ne céderait pas aux terroristes et qu’il poursuivrait le processus de paix.«Le terrorisme, aussi douloureux soit-il, ne déterminera pas notre avenir», a-t-il dit à la radio israélienne.Il a contacté le président palestinien Yasser Arafat pour lui demander de prendre des mesures sévères contre le Hamas et le Djihad islamique.Venger l’ingénieur Yasser Arafat a condamné les deux attentats.«Ce n’est pas une opération militaire.Il s’agit d’une opération terroriste», a-t-il déclaré depuis Gaza.«Je la condamne et j’en condamne les auteurs.(Ces attentats) visent non seulement des civils mais aussi le processus de paix tout entier», a-t-il souligné.«J’adresse mes condoléances aux familles des victimes et au au premier ministre».La première explosion s’est produite dans un autobus bondé près de la gare routière centrale de Jérusalem.Elle a fait 23 morts et une cinquantaine de blessés, selon la police.La charge explosive, de 10 kg, contenait des billes d’acier et des clous» Shimon Peres, qui s’est rendu sur place, a été hué à son arrivée par des centaines d’Israéliens qui scandaient: «Peres, dehors!» ou «Mort aux Arabes».Cinquante minutes après, une deuxième bombe tuait deux personnes près d’un arrêt d’autocar d’Ashkelon, dans le sud du pays.L’armée israélienne a bouclé à nouveau la bande de Gaza, la Cisjordanie et la périphérie de Jérusalem.Le chef de l’opposition de droite, Benjamin Netanayahu, a estimé qu’il s’agissait d’une catastrophe nationale.Mais il s’est refusé à exploiter politiquement les attentats.«Un jour comme aujourd’hui, il n’est pas question d’ouvrir un débat politique», a dit le chef de file du Likoud.En Jordanie, le roi Hussein s’est déclaré «amer et révolté».«C’est un effort visant à faire dérailler le processus de paix», a dit le souverain hachémite.A Washington, le président américain Bill Clinton a estimé que les attentats étaient une «offense à la conscience du monde».«Ils doivent être non seulement condamnés, mais aussi stoppés».«Les ennemis de la paix» qui sont derrière «n’ont pas réussi et ne réussiront pas».r Evacuation controversée des Serbes Sarajevo (AFP) — L’armée des Serbes de Bosnie et la force multinationale de paix (IFOR) se sont mises d’accord hier sur un plan controversé d’évacuation des Serbes de Sarajevo qui refusent de vivre sous le contrôle de la Fédération croato-musulmane.Selon le général Dragomir Milosevic, commandant du corps serbe de Sarajevo, cité par l’agence Tanjug, un convoi de camions militaires et civils déménagera^ aujourd’hui les biens des Serbes quittant la banlieue de Vogosca, les quartiers de Rajlovac et Centar.Ce dernier quartier n’est pas sous contrôle serbe mais des Serbes qui l’habitent désirent le quitter, selon l’agence SRNA.L’opération sera surveillée par l’IFOR qui convoiera également les personnes abandonnant leurs quartiers, à indiqué le général Milosevic.Cet accord entre l’IFOR ët; l’armée des Serbes de Bosnie est intervenu à Pale, le fiçf des Serbes de Bosnie à l’est de Sarajevo, selon l'agence Tanjug.Cette évacuation se fera sans l’appui du Haut commis-, sariat pour les réfugiés (HCR) de l’ONU qui y voit un soutien dangeureux à l’homogénéisation ethnique prônée par les autorités serbes de Bosnie.L’IFOR a justifié son soutien à ce plan en expliquant qu’elle essayait d’éviter un exode chaotique à des milliers de Serbes désireux de partir, comme ce fut le cas avant l’entrée vendredi de la police croato-musulmane dans la banlieue de Vogosca, au nord de la ville.Polémique gréco-turque en mer Egée Les Quinze veulent calmer les esprits Bruxelles (AFP, Le Devoir) — Les ministres des Affaires étrangères de l’Union veulent désamorcer aujourd’hui la querelle gréco-turque dans l’affaire de l’ilôt d’Imia qui menace la cohésion des Quinze, irrités par la décision d’Athènes de bloquer une aide financière à la Turquie.Pour faire pression, les partenaires européens de la Grèce ont averti Athènes que sa décision risquait de remettre en cause le début des négociations d’adhésion avec Chypre, prévues en 1998.L’aide financière d’un montant de 485 millions de dollars, bloquée par la Grèce, est destinée à compenser les pertes subies par le secteur industriel turc à la suite de l’entrée en vigueur le 1er janvier dernier de l’union douanière entre les Quinze et la Turquie.L’Union craint en effet d’être de nouveau rapidement prise en otage par la Grèce, qui avait bloqué pendant quatorze années l’entrée en vigueur de cette union douanière.Athènes n’avait donné son accord en mars 1995 qu’en échange de l’assurance fournie par ses quatorze partenaires de débuter les négociations d’adhésion avec Chypre au courant de 1998, c’est-à-dire six mois après la fin de la Conférence intergouvemementale sur la réforme des institutions européennes.Les partenaires d’Athènes veulent bien manifester leur solidarité avec la Grèce et recom- mander que l’affaire de l’ilôt d’Imia (Kardak pour les turcs), situé en mer Egée et revendiqué par les deux pays soit tranchée par une juridiction internationale.Mais ils ne souhaitent pas voir remise en question l’union douanière avec la Turquie.«Il faut faire pression sur le ministre grec des affaires étrangères Théodore Pangalos pour que ce dernier prenne l’engagement d’autoriser l’aide financière lors du prochain Conseil des ministres des affaires étrangères de l’Union fin mars», a souligné un diplomate européen.La Turquie, qui a rappellé son ambassadeur à Athènes, a fait savoir par la voix de son ministre des affaires étrangères Deniz Baykal que l’UE devait remplir ses engagements, c’est-à-dire débloquer l’aide financière spéciale à la Turquie.«Si l’UE ne peut pas satisfaire ses engagements, cela signifie qu’elle est en crise», a-t-il précisé.Au Canada, le ministre des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, a fait part de sa préoccupation face aux événements dans la mer Egée.Recevant, mercredi dernier, des dirigeants de la communauté grecque du Canada, M.Axworthy a réaffirmé que les disputes de ce genre devaient se régler par des moyens pacifiques et que les frontières internationalement reconnues devaient être respectées.Crise gouvernementale en Turquie Demirel devra trancher Ankara (AFP) — Après deux mois de recherche d’un gouvernement, la responsabilité de résoudre la vacance du pouvoir en Turquie est revenue au président Suleyman Demirel.Par trois fois, les chefs des partis arrivés en tête des législatives du 24 décembre — un islamiste et deux de droite — ont dû renoncer à composer une coalition, rendant l’initiative au président turc, qui dispose de l’ultime recours de convoquer de nouvelles élections.Aux portes du pouvoir, les islamistes du Parti de la prospérité (Refah), vainqueurs du scrutin de décembre, ont été repoussés en touche ce week-end par l’échec de deux semaines de né- gociations serrées avec le Parti de la mère patrie (ANAP, opposition de droite) de Mesut Yilmaz.Le chef de l’ANAP (133 députés sur 550) avait été chargé le 3 février de former un gouvernement, après le leader du Refah (158 élus) et le premier ministre sortant Tansu Ciller, chef du Parti de la juste voie (DYP, droite, 135 élus).L’écartement du Refah — dont le leader Necmettin Erbakan a caressé durant quelques jours la perspective de devenir le premier premier ministre islamiste de la Turquie moderne — a relancé les spéculations sur une possibilité de convergence des deux frères ennemis de droite.ANAP et DYP.m 'ENVIRONNEMENT CANADA Aujourd'hui Ce Soir HH HH HH mEm HH Mercredi ¦ • ***** * * w * / & ' VENTEUX BROUILLARD PLUIE AVERSE ORAGE NEIGE VERGLAS Temperatures : MAX / MIN VMn Goose Bay j^*5 Blanc Sablon * Kuujjuarapik 10/-20 ** ** 7/-18 La Grande IV /V'/'/l Sept-îl 4/-7 ***** 2/-2 Iles de la Madeleine Chibougamau -8/-17 * Rivière-du-Loup 0/-9 -3/-14 Chicoutimi Québec -1/-9 -5/-18 VaUÏOrH 1/-13 Trois-Rivières 1/ herbrooke * Montréal W Lever 6h39 Coucher 17h37 Aujourd'hui Ce Soir Mercredi Jeudi max -1 ^^2 min -9 Aujourd'hui Ce Soir min -12 Mercredi ' Jeudi ma* 3 Météo - neige 1*1 Environnement Canada La météo à la source 1 900 451-4199 * À *âtj£ 95c/minute I.K I) K V U I II .I.K I.I! \ I) I 2 li F K V It I K II I II H II A (» Des hausses qui se discutent Jean-Robert Sans façon La demande d’une hausse des débats en commission questions s’imposent avant de tarif de l’électricité deux fois et demi supérieure à l’inflation sera au centre parlementaire, cette semaine à Québec.Qu’on ne s’y h isse pas prendre, des ] d’accorder une si importante augmentation de la facture.ydro-Québec a choisi de donner un grand coup pour rétablir l’équilibre entre la rentabilité de son secteur résidentiel et celle des autres secteurs qu’elle dessert.Une autre entreprise de services publics, Bell Canada, a réussi l’exploit de convaincre un organisme de contrôle, le CRTC, de mettre un terme à ce qu’il est convenu d’appeler «l’interfinan-cement» des services.Un succès qui entraînera une hausse de l’abonnement résidentiel au téléphone de deux dollars par mois chaque année au cours des trois prochaines années, en échange de réductions du coût des appels interurbains.Pas de doute.Hydro tente de profiter du précédent.La concurrence est montrée du doigt comme étant la grande responsable de ces changements de stratégie financière.Contrairement au passé, l’électricité du Québec n’est plus l’atout qu’il a été pour attirer chez nous des investissements productifs.Partout en Amérique, les tarifs de l’énergie destinée aux entreprises ont baissé, mais demeurent pourtant rentables.Par contre, dans le secteur résidentiel, les tarifs d’électricité des Québécois sont parmi les plus bas au monde et Hydro prétend qu’ils ne couvrent même pas le coût de l’énergie consommée.N’ayant dégagé que 390 millions de profits nets l’an dernier (3,3 % de rendement sur l’avoir de l’actionnaire comparativement à 12 % chez Gaz Métropolitain), sans verser un cent de dividende au gouvernement, Hydro demande qu’on lui accorde des hausses de tarifs applicables surtout au secteur résidentiel.Parmi ces hausses, certaines auraient dû être introduites il y a longtemps.C’est le cas notamment des frais pour les nouveaux branchements (200 $), et même pour la gestion de dossiers lors d’un déménagement (20 $).Par contre, il faut y regarder de plus près avant d’accorder une hausse plus forte que l’inflation pour tous les ménages québécois.Admettons, pour les besoins de notre réflexion, qu’Hydro-Québec a raison lorsqu’elle affirme que les ventes d’électricité au secteur résidentiel sont déficitaires.Si tel est le cas (ce qui reste à prouver), cela signifie qu’à titre de contribuables, les Québécois acceptent que les consommateurs d’électricité ne paient pas un juste prix pour ce produit.En conséquence, ils acceptent du même coût de payer plus d’impôt pour compenser le manque à gagner dans les coffres du gouvernement.En soi, cette situation n’a pas de sens.Le hic, c’est que les 3 millions de consommateurs d’électricité sont dans une large mesure les mêmes qui paient des impôts et pour eux, le gouvernement et Hydro-Québec, c’est la même chose.Toute hausse des tarifs est donc aussitôt perçue comme une hausse d’impôt.Pas facile de trancher.Pourtant, l’équité la plus élémentaire voudrait que chacun paie pour l’énergie qu’il utilise.Tant mieux s’il en résulte des dividendes pour l’État dont la responsabilité n’est pas de redistribuer la richesse par l’entremise de la facture d’électricité, mais plutôt par le financement de la santé, de l’éducation et de l’aide sociale.Voilà pourquoi la création d’une régie de l’énergie, indépendante du pouvoir politique, pourrait être une bonne chose.Il y a plus.Même si Hydro pouvait prouver que les Québécois ne paient pas un juste de prix de marché pour leur électricité, Hydro et le gouvernement portent ensemble la responsabilité de ce que les ménages choisissent l’électricité comme source d’énergie pour chauffer leur maison.Encore aujourd’hui, Hydro continue de stimuler la demande en prétendant que l’électricité est le meilleur et le plus économique mode de chauffage.Or, s’il est vrai que le chauffage électrique coûte moins cher que les autres, cela dépend uniquement du coût initial des installations et n’a rien à voir avec le prix de l’électricité.Quant à l’énergie elle-même, les données du ministère de l’Énergie (1992) montrent que la chauffe de l’eau et de l’espace est de 7 % à 17 % moins chère avec le gaz et le mazout dans le cas des maisons unifamiliales et de quelque 35 % moins coûteuse dans le cas des maisons de 12 logements ou plus.C’est donc moins le prix plus bas de l’électricité que la situation de quasi monopole acquise au fil des ans par Hydro-Québec dans le secteur résidentiel qui lui permet aujourd’hui de demander une hausse de tarif plus élevée que l’inflation, sans risquer de perdre ses clients.Québec doit en tenir compte.Ce n’est pas tout.Il faut se demander pourquoi Hydro n’est pas plus rentable.Encore une fois, est-ce d’abord parce que nous ne payons pas un juste prix du marché pour notre électricité?Et les consommateurs de gaz et de pétrole, eux, paient-ils aussi un prix trop bas?Si oui, comment expliquer que Gaz Métro soit aussi rentable malgré des tarifs moins élevés que ceux de l’électricité?Ne serait-ce pas parce qu’Hydro a trop investi, en trop peu de temps, dans la construction de barrages, sans investir comme elle l’aurait dû dans les mesures d’économie d’énergie susceptibles de contribuer à réduire la demande des consommateurs?Les Québécois consomment deux fois plus d’électricité par habitant que les Ontariens: toute cette énergie est-elle utilisée de la façon la plus efficace possible?Si, au lieu de s’endetter autant en construisant de nouvelles installations qui exigent par la suite qu’on stimule la consommation, Hydro avait investi un peu plus dans des mesures d’économie, non seulement elle aurait pu créer autant d’emplois, à moindre coût, mais elle aurait même pu échanger ces baisses de consommation individuelle contre des augmentations de tarifs.Car l’important pour le consommateur, ce n’est pas le nombre de kilowatts qu’il avale, mais la facture à la fin du mois.Ce qu’Hydro demande aujourd’hui à ses clients, c’est de payer plus cher pour le même produit, tout en lui avouant qu’elle remet une fois de plus à plus tard l’implantation de techniques d’efficacité (comme les thermostats électroniques) qui permettraient d’absorber calmement des augmentations de tarif.De ses 7 milliards de ventes annuelles, Hydro en consacre plus de la moitié au remboursement de sa dette de 40 milliards et à l’amortissement de ses équipements.Malgré quelques gains de productivité, Hydro reste toujours une entreprise trop lourde, avec des frais de fonctionnement excessif1".Si hausse de tarif il doit y avoir, elle ne doit certainement pas dépasser l’inflation.Hydro-Québec doit prouver que nous ne payons pas un juste prix Une absolution incroyable À la suite du dernier incident impliquant M.Jean Chrétien et M.Bill Clënnett, on peut se poser de sérieuses questions quant au genre de société que l’on a et au genre de société que l’on désire pour nos enfants.Alors qu’un grand nombre de personnes condamnent la violence conjugale, la violence au hockey, la violence à la télévision, alors que certains réclament l’interdiction de vendre des armes à feu, il est incroyable qu’on soit en train d’absoudre notre premier ministre de ce geste violent, pour le moins indigne d’un homme d’État.Dans ces circonstances, comment convaincre un homme qui a «poussé» sa femme ou «bousculé» ses enfants que son geste est bel et bien un acte violent alors qu’on accepte sans broncher que M.Chrétien «pousse» M.Clennett parce qu’«il se sentait menacé».Désormais les hommes violents, pour se justifier, pourront dire qu’ils se sentaient eux aussi menacés, que leur femme les avaient insultés, qu’ils avaient réagi par mécanisme d’autodéfense, etc.Dans un même mouvement, laissons donc toutes les personnes victimes d’agressions, ou de tentatives d’agression, agresser à leur tour toute personne qui leur semble plus LETTRES -?- ou moins louche et qui se trouve trop près d’elles.Depuis quand a-t-on le droit de se faire justice soi-même?Le concept de légitime défense serait-il devenu soudainement si large?Laissons donc aussi les joueurs de hockey s’entretuer, s’auto-dé-fendre à-qui-mieux-mieux.Ça fera vendre plus de billets de hockey.Je crois que M.Chrétien devrait démissionner, ce serait un geste des plus dignes.France Lamontagne Montréal-Nord, le 23février 1996 Pénurie alimentaire qui menace.Pour la troisième année consécutive, la récolte céréalière planétaire est à la baisse et la consommation en expansion.Selon le World Watch Magazine nous sommes au bord d’une crise alimentaire sans précédent.¦ La production alimentaire stagne depuis 1990.¦ La réserve céréalière mondiale est au niveau le plus bas jamais atteint depuis que l’on tient ce genre de statistique soit à 49 jours de survie.¦ Aucun accroissement de la pro-dustion céréalière n’est en ce moment prévisible.¦ 36 % des récoltes servent à nourrir les animaux de boucherie, la vo- laille et les poissons en pisciculture.¦ La surface cultivable a été réduite à caude de la désertification.¦ La disponibilité d’eau douce pour l’irrigation diminue.¦ La population mondiale augmente sans cesse.Les solutions: a) techniques par la recherche et l’amélioration de l’agriculture; b) sociales par la limitation de l’augmentation de la population mondiale; c) personnelles par le changement de nos habitudes alimentaires.Les actions à prendre: ¦ Dès maintenant nous pouvons faire notre part en diminuant notre consommation de viande.¦ Freiner la croissance démographique passe obligatoirement par l’éducation primaire des filles et la réduction de la mortalité des enfants de moins de cinq ans.Nous devons donc insister auprès du gouvernement fédéral pour que la majorité du budget d’aide soit consacré à la survie des enfants et à l’éducation des filles.Le 17 novembre 1996, un Sommet mondial de l’alimentation aura lieu à Rome.Le thème en sera «Nourrir le monde».Vous voyez que le problème est sérieux.Une action immédiate de notre part peut prévenir le pire.André Désilets Montréal, le 17février 1996 WR ARRfVER.à l> FNX/ f C\\c SITUATION EN BOSNIE /OU S'EST ?AS BATTUS 7"" ( PEU DA NT AUTANT D'ANNEES LE MONDE Bleu, blanc, rouge —il leu, l’ordinateur B Deep Blue a finalement été vaincu par Gary Kasparov.Calculant cent fois plus vite que son prédé-11=11 cesseur de 1989, l’ordinateur a un niveau de jeu qui le placerait au vingtième rang mondial.Demain, peut-être, quelques microprocesseurs travaillant en parallèle battront Kasparov ou son successeur.Deep Blue est-il, à un quelconque degré, une simulation de l’intelligence?Question oiseuse ici, même si peu d’entreprises intellectuelles sont aussi passionnantes, aujourd’hui, que celle à laquelle travaillent philosophes, psychologues, physiologues, linguistes, etc.Sous le nom générique de «sciences cognitives», il s’agit de percer cette frontière qu’on peut nommer l’Esprit.Question oiseuse car la réponse est non; mais, surtout, parce qu’il s’agissait moins ici de rappeler que nous ne savons pas encore très bien ce que c’est que l’Esprit que d’assurer que nous ne songerons pas trop au fait que nous savons déjà très bien ce qu’est un ordinateur; et que ça sert aussi — et surtout — à ficher, contrôler, planifier.Et à assurer l’emprise d’une rationalisation froide, marchande et technicienne sur le monde.Pour le moment, Kasparov empoche un joli magot et s’en va, l’âme en paix, confiant d’avoir démontré la supériorité de l’intelligence humaine sur l’artificielle.IBM, pour sa part, vient de gagner dans l’aventure une fabuleuse publicité.Kasparov a gagné; IBM a gagné.Mais qui donc a perdu dans tout cela?Sans doute vous, moi et tous les futurs clients de toutes les IBM du monde.Dormez d’un sommeil bleu, comme l’avenir que les marchands nous préparent ?Blanche, la peur d’affronter certaines questions.C’est frappant, faisait remarquer Pierre Desproges.Quand un Noir dit d’un Blanc qu’il est con, le Blanc est un con; mais, souvent, quand un Blanc dit d’un Noir qu’il est un con, le Blanc est raciste.Sombrant dans la rectitude politique, l’antiracisme devient ainsi parfois aussi détestable que le racisme qu’il condamne.Cette leçon mérite d’être méditée NORMAND BAILLARGEON ?au moment où la France, où l’on compte cinq millions de musulmans, s’interroge sur l’intégration de cette communauté.Que de pincettes pour soulever cette question pourtant simple: comment l’Islam peut-il être soluble dans la République ou la démocratie?Question urgente aussi, face à laquelle les principes qui fondent la République permettent pourtant sinon de répondre entièrement et définitivement du moins d’affirmer quelques principes incontournables.Par exemple la laïcité de l’État.Mais on n’est pas près d’en parler sereinement, ce dont le parti français d’extrême droite de Jean-Marie Le Pen ne peut que se réjouir.Cette semaine, le passage de Salman Rushdie à la télévision a valu à la chaîne qui l’avait invité une étrange demande de la part du recteur de la Mosquée de Paris: retarder — pourquoi pas annuler — le passage à la télévision, en plein Ramadan, de ce personnage condamné à mort par décret religieux et offensant pour la communauté musulmane de France.Tous les champions de l’antiracisme se sont étrangement tus là-dessus.Pas un seul: «Ne charriez, pas, monsieur!» Au Québec, Dieu merci, on n’a pas à se poser de'telles questions.Grâce au multiculturalisme on fait des ghettos et on attend que ça pète.?Rouge, toujours, l’armée.H semble bien que ça y est la France va réformer le service militaire obligatoire, qui sera aboli après deux siècles de conscription.En attendant qu’on en soit arrivé à l’armée de métier, jeunes garçons et jeunes filles pourront choisir entre service militaire ou service civique.Après quoi, si ce projet aboutit, ce sera service civique pour les civiques et l’armée pour de bon, si je peux dire, pour les autres.On laissera donc l’armée aux seuls militaires.Et on peut déplorer qu’elle ne recevra plus de civils, de civils antimilitaristes parfois.L’armée?Voici ce qu’en disait Einstein: «Je méprise profondément celui qui peut, avec plaisir, marcher en rangs et formations: ce ne peut être que par erreur qu’il a reçu un cerveau.Une moelle épinière lui suffirait amplement.On devrait faire disparaître cette honte de la civilisation.L’héroïsme sur commande, les voies de fait stupides, le fâcheux esprit de nationalisme: combien je hais tout cela.[.] Et je suis convaincu que cela aurait déjà disparu si le bon sens des peuples n’avait pas été systématiquement corrompu au moyen de l’école et de la presse, par les intéressés du monde politique et du monde des affaires».Mais bon, on n’en est pas encore là.Et entre les guerres qu’il faut bien faire et la défense qu’il faut assurer, on a surtout un problème économique.C’est qu’il y a près de 140 000 conscrits par an, en France: le recours à une armée de métier accroîtra donc le chômage des jeunes.Avant on leur disait: «Devenez crétins pour ne pas chômer.» Le progrès c’est qu’on va leur dire, à présent: «Chômez, crétins.» Alors, bien sûr, on parle beaucoup de tout cela comme d’un pur débat de société, presque d’un débat d’idées.Car il est entendu que ça n’a rien à voir avec le retard de la France à se désarmer et avec le fait que la réduction de sa production d’armes, passée de 124,5 milliards de francs en 1990 à 96,9 milliards en 1995, n’a pas été suffisante — ça représente une diminution de 9,5 % tandis que celle des États-Unis, pour la même période, est de 38 %.Vous savez qu’il y a quelque chose qui cloche là-çledans quand vous devez faire des États-Unis un modèle à suivre.Tout se passe alors comme si la France disait: «S’cusez, mais on a trop investi dans l’aimée.Alors maintenant, on va se payer une armée professionnelle et on n’investira dorénavant que dans elle.» ?«Soyez contrariants.Disputez-vous avec la terre entière», a suggéré Rushdie à la télé.Noire, la résistance.Vert, l’espoir.On choisit ses couleurs.Les jeux sont faits, rien ne va plus.À PROPOS -?- .des relations de travail au Québec Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) considère qu’au chapitre des relations du travail, l’année 1995 a été une bonne année au Québec.Selon le CPQ en effet, les relations patronales-syndicales au Québec ont été généralement bonnes en 1995 et il faut s’en réjouir.En fait, 1995 aura été l’année durant laquelle il y a eu le moins de grèves depuis 15 ans, ce qui n’est pas peu dire.Ainsi, a constaté le CPQ, selon les données disponibles au début de décembre 1995, il n’y a eu que 88 grèves au Québec au cours de 1995, la meilleure performance des 15 dernières années.Quant aux jours-personnes perdus et au nombre de travailleurs touchés, on est cependant loin des résultats exceptionnels de l’an passé, avec 45 672 travailleurs touchés et 463 689 jours-personnes perdus, contre seulement 13 006 travailleurs touchés l’an passé pour 323 793 jours-personnes perdus.Bulletin, Conseil du patronat du Québec, Février 96 LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BODRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TROUIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER, NORMAND THÉRIAULT Rcdactenr en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050.me de Bleory, 9e étage, Montréal (Québec) USA 3M9.Té 1.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I.K I) F VOIR.I F L r N' l> I 2 (I F F V R IFR I II II R IDÉES A ( mwm Vç9 Les grands-parents et les pensions alimentaires Les modifications au Code civil visant à «responsabiliser» les aînés face à leur «descendance» et inversement, instaurent un rapport social inéquitable tiques est l’un des objectifs poursuivis par le gouvernement.Le principe directeur de la législation consiste à affirmer que «les époux de même que les parents en ligne directe se doivent des aliments».En vertu de ce principe, on considérera que les parents d’un conjoint ne s’acquittant pas de sa pension alimentaire, doivent prendre îe relais de ce dernier en faveur de leurs petits-enfants.C’est la responsabilité imputable à une logique, celle de la «descendance».Deux questions se posent alors: la logique de la «descendance» est-elle exclusive?Et dans son application, est-elle équitable socialement?A la première question, il appert que les solidarités familiales ne sont pas réductibles qu’à la seule logique de la descendance.Ainsi, par exemple, dans le domaine de la santé et des services sociaux, on fera intervenir différents acteurs de la famille pour porter assistance, même à long terme, à un membre de la famille en perte d’autonomie; les stratégies d’intervention ne sont pas cantonnées dans la logique de la descendance.Pour le Code civil, l’unique responsabilité logerait du côté des parents de celui ou de celle qui ne s’acquiffe pas de sa pension alimentaire, ies autres grands-parents n’étant pas engagés par une telle responsabilité.Ce partage des responsabilités, prescrit par le Code civil, est plutôt étranger aux dynamiques familiales contemporaines qui sont moins linéaires que par le passé.Sans comporter que son application risque d’avoir un effet négatif sur les solidarités familiales naturelles de par les conflits et les nou- velles ruptures qui seraient ainsi introduits au sein de la famille.Notre seconde question porte sur l’«équité sociale» d’une mesure calquée sur le principe de la «descendance».L’indignation populaire que suscite cette mesure puise à divers sources.Ainsi, on comprend mal qu’une personne âgée ayant réussi à accumuler quelques économies toujours menacées par la maladie ou d’autres facteurs, n’ayant exercé aucun contrôle sur les choix maritaux de ses propres enfants et désirant profiter d’une nouvelle liberté pour elle-même, reçoive 20,30,40 ans plus tard, après avoir élevé sa propre famille, une sommation de la part d’un huissier l’enjoignant à payer une pension alimentaire pour l’un ou l’autre de ses petits-enfants.On comprend mal et on a raison! Pourquoi elle et pas les autres grands-parents du côté de la bru par exemple?C’est aussi «leurs petits-enfants»! Et pour combien de petits-fils ou de petites-filles la situation pourra-t-elle se reproduire?Et si tel est le cas, comment prioriser?Qu’en sera-t-il des futurs rapports familiaux?Des solidarités naturelles qui s’accomplissent lorsqu’un des membres de la famille est en difficulté ou en perte d’autonomie?Autant de questions qui surgissent spontanément et qui nous font entrevoir des problèmes d’application majeurs.Parallèlement à ces questions, on doit tenir compte de l’évolution des politiques sociales, qui nous indique que bon nombre de bénéfices sociaux actuels chez les personnes âgées seront menacés dans l’avenir.Qu’il s’agisse des soins de santé — par exemple la remise en cause de la Québec devrait abolir l’article 585 du Code civil plutôt que de tenter de baliser sa portée pour en réduire les excès; le principal excès étant l’article même.gratuité des médicaments et la privatisation graduelle des ressources d’hébergement institutionnel et d’aide à domicile — ou du régime de pension de vieillesse, tous ces acquis sociaux connaîtront une érosion tangible dans l’avenir.C’est dans ce contexte général qu’il nous faut considérer l’utilisation de l’article 585 du Code civil en regard de la réalité des personnes âgées comme groupe social au sein de la société.Sans compter que les aînés ont déjà contribué substantiellement à tous les régimes de protection sociale — dont l’aide sociale ou l’aide juridique (qui, notamment, facilite le recours contre eux pour les fins de pension alimentaire).Ces régimes sociaux permettent de soutenir collectivement les ménages vivant des difficultés à la suite de ruptures d’union.Devraient-ils y contribuer deux fois, trois fois, sous des formes différentes?Un examen plus large, incorporant ces dimensions, apparaît né- cessaire pour apprécier le problème sous l’angle des contributions générationnelles dans la société.Deux autres dimensions méritent d’être soulevées en regard cette fois-ci de la pratique du droit.En premier lieu, une dimension psychologique: il nous faut considérer la violence psychologique que provoque le recours aux tribunaux pour les personnes âgées.Celles-ci peuvent légitimement percevoir ce recours comme une agression à leur endroit.D’autant plus pénible et humiliante comme situation que ce recours porte sur ce qu’elles ont d’intime, leur histoire, une histoire de famille qui tourne mal, selon la symbolique du recours aux tribunaux, et pour laquelle on les tient responsables au tard de leur vie.En second lieu, la clarification de l’article 585 du Code civil semble favoriser le développement d’une nouvelle pratique du droit axée sur un recours plus automatique et extensif auprès des grands-parents.Indépen- PHOTO ARCHIVES damment des enjeux sociaux en présence, les avocats sauront recourir à l’éventail des possibilités juridiques offertes par l’article 585 pour mettre à contribution les aînés; c’est leur métier du reste.Dans la foulée de ces ¦ nouvelles pratiques, peut-être assisterons-nous un jour à la mise en marché de nouvelles assurances pour personnes âgées, visant à couvrir le paiement éventuel d’une pension alimentaire pour l’un de leurs petits-enfants.Qui sait?L’orientation véhiculée par le Code • civil n’est pas sans influencer négati1 vement les solidarités familiales et générationnelles à l’échelle de la société; elle risque davantage d’altérer les conditions de solidarité que de les appuyer, de les renforcer.Dans cette perspective, le gouvernement québécois ne devrait pas hésiter à abolir ' l’article 585 du Code civil plutôt que • | de tenter d’en baliser la portée pour : : en réduire les excès.Le principal excès étant l’article lui-même.JACQUES ROY Sociologue au Centre de recherche sur les services communautaires de l’Université ImvüI et enseignant au Cégep de Sainte-Foy errière l’humiliation et la tristesse que provoque l’obligation de pension alimentaire chez les grands-parents en faveur de leurs petits-enfants, se profile un débat social plus arge: celui des types de solidarités dans la société.Les modifications apportées au Code civil (article 585), visant entre autres à «responsabiliser» les grands-parents face à leur «descendance» et inversement, instaurent de fait un nouveau rapport social, essentiellement inéquitable dans sa forme actuelle et qui risque de produire les effets inverses de ceux recherchés par le Code civil.Il importe de rappeler un élément de contexte qui teinte l’enjeu, à savoir que la question de l’obligation de pension alimentaire des grands-parents s’inscrit dans la perspective générale du désengagement de l’État.Les ruptures d’union sont en progression depuis 30 ans et une proportion certaine de conjoints — principalement des hommes — ne versent pas de pension alimentaire pour le bénéfice de leprs enfants.Conséquence pour l’État: des charges sociales additionnelles, se traduisant entre autres par de nouvelles clientèles (familles monoparentales) qui dérivent vers l’aide sociale.On ne peut donc occulter cefte question du désengagement de l’État dans le débat actuel sur les pensions alimentaires des grands-parents, car la réduction des charges sociales éta- On achève bien les solidarités Réforme de l’assurance-chômage Comment investir en désinvestissant Pour le gouvernement fédéral, l’essentiel est une question de gros sous HENRI MASSÉ Secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) .e 2 février 1996, le gouverne- Lment fédéral mettait fin à ses travaux et annonçait un Discours du trône pour la fin du mois.==U L’effet de tout cela: les projets de loi alors en discussion ne deviendront jamais lois.On pourrait s’en féliciter, particulièrement au chapitre de la réforme de l’assurance-chômage, mais ce n’est que partie remise.Les giboulées de mars seront certainement accompagnées de giboulées législatives.Le nouveau ministre du Développement des ressources humaines Canada, Doug Young, l’a annoncé: la réforme de l’assurance-chômage reviendra et au plus vite.Des modifications mineures seront sans nul doute apportées.Mais pour l’essentiel.L’essentiel pour le gouvernement fédéral, c’est une question de gros sous.Des sous qu’on économisera dans le Régime de l’assurance-chômage, en coupant encore dans l’admissibilité et dans les prestations des travailleurs.Des sous dont on pourra ensuite se servir pour diminuer le déficit.Inciter au travail Pour que la population trouve ces compressions plus acceptables, on mène une campagne de dénigrement des chômeurs qui seraient, paraît-il, responsables de leur sort.Un régime moins généreux les remettrait alors dans le droit chemin de la recherche d’emploi.Le gouvernement a longtemps évité de souligner l’évidence: on chôme parce qu’il n’y a pas d’emplois! Le nouveau ministre Young semble maintenant la reconnaître.Mais l’on sait encore peu de chose de ce qu’entend faire concrètement le gouvernement fédéral pour favoriser la création d’emplois.Ce que l’on sait, c’est que la réfor- me suivra grosso modo son cours et que l’accent sera donc mis sur des mesures actives du marché du travail (les nouvelles prestations d’emploi).Parce qu’il se peut qu’on chôme parce qu’on n’a pas les compétences requises pour les emplois disponibles, on offrira des cours de formation professionnelle.Parce que le marché du travail n’offre que des jobines, on offrira, temporairement, des subventions salariales pour que le revenu tiré du travail soit un peu plus adéquat.Et c’est malheureusement là que débute la fumisterie du gouvernement fédéral.Pour encore mieux faire passer la pilule des compressions à l’assurance-chômage, la (défunte et bientôt renaissante) réforme propose des investissements importants dans des mesures dites actives.Le gouvernement fédéral annonce que des 1,925 milliard de dollars tirés des économies de la réforme, il en réinvestira 800 millions pour ce type de mesures.Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il fera ce nouvel investissement en désinvestissant ailleurs.Brasser nos millions Selon les données mêmes du ministère, ce ne sont véritablement que 200 millions de dollars de plus qui iront aux mesures actives.Lorsque la réforme sera pleinement implantée, en 2001-2002, le Fonds consolidé canadien aura diminué sa participation aux mesures actives du marché du travail de 600 millions de dollars, le Compte de l’assu-rance-chômage aura augmenté la sienne de 800 millions.Le gouvernement fédéral pourra alors réduire son déficit de 1,725 milliard de dollars, encore une fois sur le dos des sans-emploi.En effet, ce n’est pas la première fois que cela se produit Depuis le début des années 90, le gouvernement s’est complètement retiré du financement de la Caisse de l'assurance-chômage et a modifié la loi pour lui permettre d’utiliser jusqu'à 15 % de la Caisse à des fins dites productives fies mesures dites actives).De 1990 à 1995, ce sont près de neuf milliards de dollars qui ont été utilisés alors que se succédaient les coupures de bénéfices imposées par les lois C-21, C-113 et C-17.Oui aux mesures actives La FTQ croit qu’il est important de développer une politique de l’emploi qui prenne en compte à la fois des mesures de soutien du revenu et des mesures actives de réinsertion dans le marché du travail.Il faut cependant prendre le temps d’évaluer l’efficacité de ces diverses mesures en matière de création d’emplois de qualité et en matière de véritable réinsertion au marché du travail.Toutes les mesures actives n’ont pas la même efficacité et certaines peuvent comporter des effets pervers, par exemple exercer des pressions à la baisse sur les salaires et les conditions de travail.Cela dit, des mesures actives, il doit y en avoir.Ces mesures doivent cependant être mises en œuvre par le niveau de gouvernement qui en a la compétence, soit le gouvernement du Québec.Il existe d’ailleurs un important consensus québécois à ce sujet.Or, loin de respecter ce consensus, le gouvernement fédéral entend imposer des normes aux provinces qui accepteraient de gérer ces programmes d’investissement dans les ressources humaines.Qui plus est, avant de donner la gestion des programmes aux provinces, le gouvernement fédéral s’assurerait que la contribution en provenance du Fonds consolidé soit de moins en moins importante.Le gouvernement fédéral se vanterait alors des mérites d’un nouveau fédéralisme décentralisé, alors même qu’il conserverait à Ottawa l’essentiel de nos impôts.N’est-il pas préférable, pour l’assu-rance-chômage comme dans bien d’autres dossiers, que Québec rapatrie l’ensemble des pouvoirs et de l’argent?Que font les étudiants en philo?Ils cultivent leur passion! MARYLÈNE HAINS Étudiante en philosophie à l’Université de Montréal .ni epuis août 1995, j’étudie en philosophie à l’Uni- Dversité de Montréal.J’aimerais répondre à l’interrogation lancée par Claude Bertrand, dans son texte paru dans Le Devoir des 20 et 21 janvier 1996.A la suite d’une remise en question ll==!l de la pertinence de la pratique de la philosophie actuelle, il concluait ainsi: «Mais alors, ces étudiants en philosophie, que font-ils là?» Que fais-je là?J’évite les discussions relatives aux perspectives d’emploi et je cultive ma passion-Je l’accorde à M.Bertrand, moult étudiants, à ma grande déception aussi, font de leurs études philosophiques une fierté, un snobisme intellectuels et individualistes.D’autres y perçoivent un moyen de réfléchir sur la vie et ses «mystères» qu’ils chérissent jalousement au creux de leurs «tripes».C’est si cool la philo! Mais quelque part subsistent encore des gens qui aiment profondément l’humanité et cherchent des façons de mieux la comprendre afin de mieux l’éduquer, la guider, l’aider dans sa quête de bonheur.Quç fais-je là?A me taper les textes ardus d’auteurs divers?A encaisser les commentaires désobligeants d’individus qui ne saisissent rien à mon choix?Parce qu’il faut être fou pour étudier la philo, pour s’offrir le temps de penser! Et puis, bien sûr, étudier la philo ne rapporte rien à notre société.(économiquement parlant, on s’entend).Que fais-je là?Je rêve d’enseigner la philosophie au collégial.Pourquoi?Parce que je crois que l’existence vaut davantage que ce qu’on prétend: études, chums, blondes, travail, partys, sexe, argent, auto, dodo, consommation, biens matériels, etc.; qu’au delà de cet univers restreint persiste un monde plus fondamentalement humain où se rencontre la conscience.Que faisje là?La société, le monde entier se porte mal.Chacun le sait Je demeure persuadée que le seul moyen d’y faire quelque chose consiste d’abord à éveiller la conscience des gens.Je veux déranger l’individu dans son confort gras, son habitude, son assurance dans son ignorance, ses certitudes fausses.Je désire l’obliger à réfléchir, à ouvrir son esprit, à scruter l’humanité et à voir à quel point notre société de consommation le manipule.Là seulement, il saura user de sa liberté et décider d’orienter sa vie, peut-être, dans le sens d’un monde meilleur.Il acquiert ainsi (je l’espère) une autonomie intellectuelle.Le voÛà doté d’un outil précieux afin d’agir.Que fais-je là?Je sais que la philosophie a un effet sur la réalité.Cet effet n’est pas calculable quantitativement II se ressent La philosophie devrait toujours, à mon avis, s’étudier dans une perspective de partage.Elle s’avère un mode de vie.Le «philosophe» se sent responsable de l’éveil de la conscience des gens qu’il rencontre.Les discussions qu’il engendre se limitent rarement à des sujets banaux.Il interroge, il confronte.Et quitte avec le sentiment que quelque chose a changé.C’est là qu’agit véritablement la philosophie: dans ce qui se vit entre deux êtres humains, ou plus.Elle aspire de toutes ses forces à élever les consciences humaines vers quelque chose de plus grand.La vérité?Et c’est à même ce partage, à mon sens, que se transforment, une conscience à la fois, nos êtres, nos vies et notre humanité.L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Mont-petit, Isabelle Paré, Louis Lapierre (adjoint au directeur de l’information), Konrad Ya-kabuski; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme)', Martin Duclos et Christine Du-mazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Paule des Rivières, Robert Lévesque, Benoît Munger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l’information internationale: Sylviane Tramier (responsable), François Brousseau (éditorialiste), }oce\yn Coulon, Clément Trudel; à l’information politique: Pierre O’Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec)', Serge Chapleau (caricaturiste); à l’information sportive: Yves d’Avignon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction)', Marie-Claude Petit, Julie Tremblay (commis).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Serge La-plante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Martine Dubé (idirectrice), Yves Williams (superviseur, Avis publics et annonces classées), Jacqueline Avril, Daniel Barbeau, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Sylvie Hanna, Christiane Legault, Suzanne Miscevic, Jacques A.Nadeau, Micheline Ruelland, Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon; Michèle Bouchard (secrétaire).L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Dany Dépa-tie (adjointe à l’administration et coordonnatrice aux ressources humaines), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction); Florine Cormier, Céline Fu-roy, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Johanne Brien (secrétaire), Manon Blanchette, Monique L’Heureux, Lise Lachapelle, Rachelle Le-clerc-Venne.LA PROMOTION ET LES RELATIONS PUBLIQUES Chrystian Guy (superviseur à la promotion des abonnements).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur de la technologie et des approvisionnements), Michael Schneider et Marie-France Turgeon (direction de la production), Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard DesCormiers, Marie-Josée Hudon.Sylvain Lesage.Michèle Malenfant.Christian Vien.Olivier Zuida.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L.Duhaime (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).f I.K I) K V OIK.I.E I.Il N I) I 2 (i F É V It IKK I II II K A 8 “ ACTUALITÉS .¦¦'¦¦¦¦ ¦!¦¦¦¦ —¦ .’ " " !¦! ¦ Il Il ¦¦ ¦ — ——' Mill .IK " ' 11 1 Washington envisage des mesures de rétorsion contre Cuba Selon un document présenté à la réunion des conseillers du président Clinton pour les affaires de sécurité, à laquelle M.Christopher a assisté, les chasseurs cubains MiG-29 qui ont abattu les deux avions civils n’ont apparemment pas tenté de contacter leurs pilotes ou de leur faire changer de route.Ce document affirme également que les avions civils de «Frères du secours» se trouvaient à cinq milles nautiques au nord de l’espace aérien cubain au moment de leur destruction.Le troisième appareil de la flotille, qui a pu regagner la Floride, a cependant pénétré de trois milles à l’intérieur de l’espace aérien cubain à 15h22 locales (20h22 GMT), soit deux minutes avant la destruction du premier appareil, et neuf minutes avant celle du second par des missiles tirés par un MiG-29, indique par ailleurs ce document.\\Tashington (AFP) — U's Etats-Unis envisagent de VV prendre des mesures de rétorsion contre Cuba, après la destruction samedi par les forces aériennes cubaines de deux appareils civils américains appartenant à une organisation anti-castriste, a indiqué hier le secrétaire d’Etat Warren Christopher.«Nous allons procéder rapidement avec nos partenaires internationaux pour faire bien comprendre aux Cubains que cette violation des règles internationales ne restera pas sans réponse», a déclaré M.Christopher au cours d’une conférence de presse à la Maison-Blanche.Le président Bill Clinton étudiait hier après-midi la nature des mesures à prendre, a ajouté le chef de la diplomatie américaine, Par ailleurs, les Etats-Unis ont demandé à leur ambassadeur à l’ONU, Madeleine Albright, de solliciter une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies pour «discuter d’une réponse internationale appropriée,» a ajouté M.Christopher.Cette réunion devait débuté hier soir, a indiqué un porte-parole des Nations unies à New York.L’attaque «totalement injustifiée» samedi contre deux petits avions civils en plein jour au large des côtes de Monde constitue «une violation flagrante des lois internationales et des normes d’un pays civilisé», a affirmé M.Christopher à l’issue d’une réunion de trois heures des conseillers du président Clinton pour la sécurité nationale.Les explications fournies par les autorités de La Havane «ne sont ni plausibles, ni acceptables,» a-t-il ajouté.La Havane a affirmé hier que les avions des «Frères du Secours», une organisation fondée il y a cinq ans par des exilés cubains pour repérer les boat-people cubains —¦ les balseros — et organiser leur sauvetage en mer, avaient pénétré l’espace aérien cubain malgré les avertissements de ses contrôleurs aériens.Hier matin, le ministre des Affaires étrangères cubain avait indiqué que les deux avions civils avaient été abattus alors qu’ils se trouvaient respectivement à 5 et 8 milles au large des côtes cubaines, c’est-à-dire dans son espace aérien.Un porte-parole de la section des intérêts cubains à Washington, José Ponce, a assuré à l’AFP que les autorités cubaines détenaient la preuve que ces deux appareils civils avaient été détruits au-dessus de l’espace aérien cubain.Ces preuves seront rendues publiques «en temps voulu», a-t-il indiqué.«Nous sommes convaincus que l’attaque a eu lieu au-dessus des eaux internationales,» a pour sa part affirmé au cours de sa conférence de presse M.Christopher, selon qui cette attaque a été ordonnée par les «les plus hautes autorités militaires» cubaines.BOUCHARD / Taxer davantage les riches et les entreprises ne rapporterait pas plus à l’Etat SUITE DE LA PAGE 1 par une plus grande mise à contribution des grandes entreprises et des citoyens les plus nantis, le ministre de l’Economie et des Finances, Bernard Landry, a cherché à démolir les «mythes» selon lesquels il s’agirait d’une solution valable.Il faut s’assurer qu’une «comparaison convenable» puisse se faire entre le cadre fiscal des entreprises québécoises et celles de nos voisins, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, a renchéri le premier ministre.Sinon, la force d’attraction du Québec, du point de vue des investisseurs, irait vite en diminuant.«Nous pourrons faire tous les débats que nous voudrons ici.Mais il y a une chose qui est certaine: il y a des choix qui nous appartiennent pas.» Message parfois dur à avaler pour des militants d’un parti qui se veut social-démocrate, a reconnu M.Bouchard.Mais «le cauchemar», dans lequel se trouvent les finances publiques met l’État devant «un devoir de nécessité»: il faut couper pour assurer sa survie.Il s’agit d’une responsabilité collective, a-t-il tranché, puisque «s’il est vrai que nous avons trop dépensé [dans le passé], il est vrai que nous l’avons fait ensemble».Le premier ministre s’est dit convaincu du fait que les Québécois resteront solidaires des décisions budgétaires à condition, bien sûr, que l’effort soit partagé équitablement.Mais ils le seront aussi s’ils ont l’assurance que l’objectif ultime leur permet a d’entretenir l’espoir d’un jour meilleur, jour où l’État pourra «peut- être» créer de nouveaux programmes sociaux, baisser les taxes et les impôts — et préparer la souveraineté.«Il faut persuader les citoyens que l’effort que leur est demandé est un passage vers la lumière [.] 11 faut les convaincre que ce qu’on leur demande aujourd’hui, c’est pour demain et après-demain.» Pour faire naître l’espoir, a déclaré le premier ministre, il faut démontrer d’abord que l’on est sérieux quant aux cibles budgétaires que le gouvernement s’est données.La première barre à franchir est l’élimination du déficit des opérations courantes de l’État (dépenses des programmes moins dépenses d’immobilisations) d’ici l’exercice fiscal 1997-98.Ce déficit se situe à 2,2 milliards cette année.«Il faut qu’on les atteigne, toutes ces barres.Sinon la population, les contribuables perdront espoir qu’on en sorte si on n’est jamais capable, malgré les sacrifices qu’on leur impose, d’arriver aux résultats qu’on a fixés», a lancé M.Bouchard, prévoyant que son gouvernement ne reculera pas devant l’opposition inévitable aux compressions qui émanera de certains secteurs de la société, sinon au sein même du PQ.Des manifestations, il faut s’y préparer, a averti le premier ministre.«Ça peut arriver qu’il y ait des gens qui trouvent cela un peu dur.» Mais il a demandé aux militants du parti de ne pas perdre de vue que lorsque les «manifestants viennent à Québec [.] on ne verra pas nos enfants, on ne verra pas les Québécois à venir.Leurs voix ne se feront pas entendre».Pourtant, c’est pour assurer leur avenir que ces compressions seront effectuées, a-t-il rappelé.Appelé à commenter en point de presse les manifestations de plusieurs milliers d’Ontariens dans les rues de Hamilton en fin de semaine, M.Bouchard a dit ne pas appréhender «un ressac [backlash] violent» au Québec.Mais il ne se préoccupe pas outre mesure des réactions négatives qu’accuseront ses politiques budgétaires.«Les manifestations sont un ingrédient de la vie quotidienne.Il s’agit d’une activité très démocratique.» Cela dit, il promet qu’il n’optera pas pour la méthode Harris.«Nous sommes déterminés à favoriser une approche différente.Il faut reconnaître que [M.Harris] a été très dur», a-t-il affirmé, sans offrir davantage de précision.Seule certitude, l’universalité des programmes sociaux est un concept dépassé dans les yeux du premier ministre.Faire payer aux citoyens les services sociaux en fonction de leurs revenus est «un critère très social-démocrate», a-t-il laissé tombé, au moment où on songe à enlever la gratuité des médicaments aux aînés les mieux nantis.Auparavant, dans des exposés qui ont laissé plus d’un militant sur leur faim, M.Landry et le fiscaliste Yvon Cyrenne ont cherché à démolir des concepts auxquels tiennent de nombreux péquistes.Taxer davantage l,es riches et les entreprises ne rapporterait pas plus à l’État et nuirait à la compétitivité de l’économie québécoise, a tranché M.Landry.Un impôt minimum sur les corporations, comme en revendiquent les tenants de la gauche, fait fi de la réalité selon laquelle les impôts sur les revenus des entre- prises ne comptent que pour 15 % des six milliards de dollars en prélèvements fiscaux perçus auprès des entreprises, a déclaré M.Landry.Les taxes sur le capital et sur la masse salariale comptent pour le reste.Taxe minimum s’il en est, a poursuivi M.Landry, «parce que les entreprises ne peuvent pas y échapper».Il en est de même pour une augmentation des impôts des contribuables les plus nantis.Ceux qui gagnent 100 000 dollars et plus par année ne comptent que pour 9 % des contribuables mais paient déjà plus de 12 % des impôts sur les particuliers.Même en leur imposant un taux d’imposition de 100 %, on ne réglerait pas le déficit, a lancé M.Landry.Ce dernier a tout de même dit que, en ce qui à trait aux abris fiscaux dont jouissent les plus riches, «il y a des choses à faire».Sur ce plan, M.Cyrenne a toutefois fait repiarquer que les plus grandes dépenses fiscales de l’État sont l’exemption personnelle dont jouissent tous les particuliers (27 milliards par année), la déduction pour enfants (4,5 milliards) et les REER (3 milliards).Les prestations de MM.Landry et Cyrenne ont suscité de vifs commentaires de la base militante.«Vous dites qu’on n’a pas assez de riches, a crié une militante à l’endroit du ministre de l’Économie et des Finances.Moi je dis qu’on a trop de pauvres.» Pour sa part, la ministre de l’Emploi et de la Solidarité, Louise Harel, s’est également inscrite en faux contre le discours des deux interlocuteurs en tranchant que «les paradis fiscaux que j’ai vus était l’enfer pour leurs citoyens».Mme Harel a lancé un appel pour «un nouveau pacte fiscal pour l’emploi».BUCHANAN MAROIS Fonction publique Première grève de Phistoire ontarienne SUZANNE DANSEREAU PRESSE CANADIENNE Toronto — A compter de ce matin, la moitié de l’Ontario devait être sous le coup de la première grève de soi) histoire dans la fonction publique.A la suite d’un week-end marqué, d’une part, par une gigantesque manifestation de plus de 100 000 opposants au gouvernement Harris, et d’autre part, par l’absence de pourparlers sérieux entre le gouvernement et le syndicat de la fonction publique, ce dernier a annoncé hier en fin d’après-midi que les premiers piquets de grève seraient dressés à minuit une, ce matin.Toutefois, à la lumière du succès de la manifestation de Hamilton, il a changé sa stratégie: plutôt que d’entamer une série d’arrêts de travail perlés, ce qu’il envisageait de faire la semaine dernière, il a opté pour une grève générale, qu’il prévoit de courte durée.Si bien que d'ici mercredi ou jeudi, toute la province devrait être affectée.«Pour être efficace, la grève devra être courte.Nous devrons avoir un maximum de syndiqués causant un maximum de perturbations sur l’employeur pour le forcer à retourner à la table de négociations», a déclaré la présidente du Syndicat des employés de la fonction publique (SEFPO), Leah Casselman.«Puisque le gouvernement nous y pousse, nous y allons à fond de train.On ne peut pas le laisser bafouer nos droits.» «Ça augure mal.Ils s’en vont en grève.Mais le déficit, lui, n’est pas en grève», a répliqué le ministre responsable, Dave Johnson, lors d’un point de presse à Queen’s Park.M.Johnson a nié un rapport de presse voulant qu’il soit prêt à embaucher près de 5000 briseurs de grève et qu’il se prépare à un long débrayage de trois ou quatre mois.«L’embauche de scabs demeure une option, mais ce n’est pas dans nos plans immédiats.Ni le lock-out, d’ailleurs, ni une loi de retour au travail», a-t-il précisé.Le gouvernement ne fera appel aux briseurs de grève que si les travailleurs devant livrer les services essentiels — ils sont 12 000 — ne se présentent pas au travail, a-t-on ajouté.Le syndicat, de son côté, s’attend à la présence de briseurs de grève.«Les scabs et les conservateurs vont tellement bien ensemble: ils ne pensent qu’à eux-mêmes.Ils détruisent au lieu de construire et ils jouent sur les peurs des gens plutôt que de tabler sur leurs forces», de dire Mme Casselman.La grève des 67 000 fonctionnaires privera les Ontariens de plusieurs services, bien qu’il y ait une liste de sendees essentiels.Les perturbations les plus visibles: l’obtention de permis de conduire, de cartes d’assurance-maladie, les service de déblaiement de la neige, l’inspection de la viande.De plus, les services dans les hôpitaux psychiatriques et les prisons provinciales seront au minimum.Les syndiqués de la fonction publique sont sans contrat depuis plus d’un an.SUITE DE LA PAGE 1 de neuf enfants, Patrick Buchanan a conservé de son enfance un catholicisme fervent, un esprit bagarreur et un attachement aux valeurs de la famille et de la patrie.Son père, William Buchanan, professait un anticommunisme sans faille ainsi qu’une une grande admiration pour le sénateur Joseph McCarthy et pour le général Franco.Ancien étudiant en anglais et en philosophie à l’université Georgetown de Washington, il est diplômé de l’école de journalisme de l’université Columbia.De 1966 à 1974, il travaille auprès de Richard Nixon, lorsque ce dernier est candidat à l’investiture républicaine et président.De 1985 à 1987, il est directeur des communications à la Maison-Blanche, auprès de Ronald Reagan.En 1992, il se porte candidat à l’investiture républicaine contre George Bush.Il échoue, mais il porte son message ultra-conservateur et religieux à la convention nationale de Houston et force le Parti républicain à en tenir compte.Issu du sérail Patrick Buchanan conjugue un strict conservatisme sur les questions morales (il est contre l’avortement et proclame avoir «un contrat moral avec les fœtus») et une violente rhétorique anti-État fédéral.Ses philippiques contre Washington ne manquent d’ailleurs pas de piquant chez un homme issu du sérail, qui est né dans la capitale nationale, y a poursuivi ses études, et a fait une belle carrière de parfait «initié» de la politique, sans avoir jamais été élu.Reprenant à son compte les thèses de la Coalition chrétienne, de plus en plus influente dans le Parti républicain, il veut «remettre à la bonne place le vrai Dieu de la bible», c’est à dire dans les écoles.Mais pour les républicains bon teint, Patrick Buchanan franchit la limite du supportable quand il se veut «la voix des sans voix, le lobby de ceux qui n’ont pas de lobby», et quand il se porte à la défense des «travailleurs dont les emplois sont sacrifiés sur l’autel d’accords commerciaux conclus pour les seuls bénéfices d’entreprises transnationales, sans loyauté à l’égard de ce pays».Farouchement protectionniste, il s’oppose à l’ALENA et au GATT et propose d’instaurer des barrières tarifaires pour limiter l’accès au marché américain.Il est en faveur d’un moratoire sur l’immigration — il veut aussi ériger une clôture aux frontières américaines — et d’une interruption de l’aide américaine à l’étranger.S’il était président, il retirerait les troupes américaines de Bosnie et laisserait «les Européens surveiller leurs frontières et s’occuper eux-mêmes de leurs guerres civiles, pour une fois».«L’Amérique d’abord» et la «Forteresse Amérique»: deux chevaux de bataille que Patrick Buchanan enfourche au détriment des causes plus strictement républicaines, telles que l’équilibre budgétaire et le démantèlement de l’État providence.Pour les apôtres de la «Révolution conservatrice» comme le président de la Chambre des représentants Newt Gingrich, Patrick Buchanan fait figure d’apostat.Le pape du conservatisme américain, Rush Limbaugh, animateur d’une tribune téléphonique à la radio qui fait autorité en matière d’orthodoxie conservatrice, n’en démord pas: «Patrick Buchanan n’est pas un conservateur.C’est un populiste.» En rupture avec l’idéologie républicaine Le politicologue conservateur David Frum estime que les positions de Patrick Buchanan en matière économique sont en rupture totale avec l’idéologie conservatrice républicaine.«Patrick Buchanan est plus à gauche PHOTO AP Imm Patrick Buchanan conjugue un strict conservatisme sur les questions morales (il est contre l’avortement et proclame avoir «un contrat pioral avec les fœtus») et une violente rhétorique anti-État fédéral.que Bill Clinton», dit-il.Courtisant tout à la fois les suffrages du milieu ouvrier, de la droite religieuse, et des mouvements libertaires anti-étatiques, le message de Patrick Buchanan est un nœud de contradictions.Accusé de flirter avec les mouvements racistes et les tenants de la suprématie blanche, il s’en défend, mais sa candidature récolte des appuis dans les milieux extrémistes.Au cours de sa carrière médiatique et politique, il a cultivé ses contacts dans les milieux ségrégationnistes et lors de sa campagne en Louisiane, il a reçu l’appui de David Duke, ancien chef du Ku Klux Klan.Il a dû se séparer de son directeur de campagne Larry Pratt, qui avait prononcé un discours lors d’une réunion d’un groupe apparenté aux mouvements ségrégationnistes.Son populisme mâtiné de xénophobie, aux relents antisémites, a valu à Patrick Buchanan les félicitations d’un connaisseur en la matière, l’ultranationaliste russe Vladimir Jirinovski.Le discours de Patrick Buchanan incite aussi au parallèle avec un autre leader outre-atlantique.Toute proportion gardée, il est aux États-Unis ce que Jean-Marie Le Pen est à la France: un facteur de division de la droite, et partant, un atout électoral de la gauche.Tout comme le chef du Front national chasse sur les terres de la gauche et recueille une forte adhésion dans les anciens bastions communistes français, Patrick Buchanan fait son miel des doléances de la classe moyenne et des salariés contre le capitalisme des grandes compagnies industrielles.Patrick Buchanan peut-il remporter l’investiture républicaine?Cela reste à voir.Mais d’ores et déjà, son succès dans les primaires du New Hamsphire lui a assuré une prise sur un Parti républicain qui, bon gré mal gré, ne peut plus le traiter comme quantité négligeable.SUITE DE LA PAGE 1 auquel fait face le gouvernement.Mme Marois a expliqué au Devoir, au cours d’un bref entretien, que si ses démarches échouent auprès de la CECM, elle pourrait envisager de négocier, avec Ottawa, un amendement à l’article 93 de la Constitution canadienne.Cet article garantit aux catholiques et aux protestants de Montréal et de Québec des structures confessionnelles sur leurs territoires respectifs, et ce même si le gouvernement du Québec créait des commissions linguistiques.Cette contrainte fait en sorte que pour respecter à la fois la volonté du gouvernement et les droits conférés aux catholiques et aux protestants, on pourrait se retrouver avec quatre commissions scolaires dont les territoires se chevaucheraient et six réseaux linguistiques à Montréal.Ce serait un fouillis inextricable, ne serait-ce que pour l’organisation des scrutins scolaires.Pour amender l’article 93 de la Loi constitutionnelle de 1867, seuls l’accord de Québec, par un vote à l’Assemblée nationale, et celui d’Ottawa, par un vote à la Chambre des communes et au Sénat, sont requis.L’assentiment des autres provinces n’est pas nécessaire car cet article ne s’applique qu’au Québec.Le processus pourrait aller vite.Cependant, Mme Marois n’en est pas encore là.«C’est une avenue à explorer, dit-elle, et je fais très attention de ne pas l’ouvrir maintenant.» Elle doit d’abord approfondir sa propre réflexion sur le sujet et prendre connaissance de toutes les dimensions juridiques du problème.De plus, elle n’a pas encore abordé la question avec le premier ministre Lucien Bouchard ni avec le conseil des ministres.«Je veux en discuter d’abord avec mes collègues, dit-elle.Est-ce qu’ils sont prêts?» La décision d’entreprendre une négociation avec Ottawa sur un amendement constitutionnel ne peut être prise indépendamment de la stratégie du gouvernement en vue d’un prochain référendum sur la souveraineté.La ministre n’accepterait de s’engager dans cette voie que si Ottawa manifeste une réelle ouverture à régler la question rapidement.Elle refuserait de «perdre son temps» dans des négociations interminables.Én outre, Mme Marois croit qu’avant de proposer au fédéral d’amender la constitution, il serait préférable d’atteindre, au Québec, un accord avec les milieux concernés.«Une fois qu’on a vécu le consensus, c’est plus facile d’obtenir un amendement constitutionnel», dit-elle.Cet amendement serait utile, même si un consensus est atteint, pour mettre le nouvel aménagement scolaire à l’abri des contestations judiciaires.En 1994, un comité présidé par l’ancien recteur de l’université Concordia, Patrick Kenniff, avait proposé une solution qui respecterait la constitution.Il s’agissait de créer des commissions scolaires linguistiques qui pourraient toutefois reconnaître un statut confessionnel à certaines écoles où seraient offerts les services (cours d’enseignement relF gieux, pastorale, etc.) désirés par les parents de foi catholique ou protestante.Mme Marois croit que c’est à partir de cette recommandation qu’il faut lancer la discussion.Elle rappelle qu’à l’époque, les commissions scolaires concernées s’étaient toutes montrées favorables à ce scénario.Mais depuis, le président de la CËCM qui appuyait cette suggestion, François Ouimet, est devenu député libéral.Des élections scolaires ont eu lieu et le nouveau président Michel Pallascio a été élu en promettant de préserver le statut catholique de la commission.Depuis septembre 1994, le gouvernement du Québec ayait laissé cette question en suspens.L’ancien ministre de l’Éducation Jean Garon préférait attendre le résultat du référendum.Si le Québec était devenu souverain, la contrainte constitutionnelle était levée.Le problème devenait plus facile à résoudre.Mais le NON l’ayant remporté le 30 octobre, tout est à reprendre.Le devoir LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985-3333 ?PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514)985-3344 ANNONCES CLASSÉES (514) 985 3344 PUBLICITÉ (514) 985-3399 / télécopieur (514) 985 3390 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800 363-0305 SERVICE lis numéros rte téléphone suivants ?sont valables pont le service de livraison per camelot et pou les abonnements postaux DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 LE DEVOIR m publié par LE DEVOIR Inc.dont le siege viciai est situé au numéro 2050 de Bteury, 9e étage, Montréal.(Québec).HTA 3M9.Il est imprimé par les Imprimerie Québécor laSalle.7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612 ouest nie Saint-Jacques.Montréal.L'Agence Presse Canadienne est autorisée é employer et à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR.IJ-; DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Croupe Québécor Inc.900 boul.St-Martin ouest, laval.Envoi de publication — Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du 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