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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 1996-02-21, Collections de BAnQ.

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V 0 I .I.X X XVII T V Q / T oronto IS LE DEVOIR - N o I :$ ?M il N I li É A L .L K M E R C U E I) I 2 1 F t V 11 I E II I 0 !» P E RSPECTIVES Un peuple en attente et sur ses gardes Si les victoires péquistes dans La Prairie et Jonquière, lundi, sont révélatrices de quoi que ce soit, c’est du sentiment d’un peuple qui est en attente de voir à l’œuvre le nouveau gouvernement Bouchard.Mais d’un peuple aussi qui est sur ses gardes et qui refuse, comme l’ont montré 45 % des électeurs de La Prairie, de mettre tous ses œufs dans le panier du Messie souverainiste descendu sur Québec.Malgré sa popularité immense, Bouchard pjs fait pas plus l’unanimité que ne le faisait le gouvernement Parizeau.L’autre révélation de ces élections partielles (celle de La Prairie, du moins), c’est la persistance de l’appui accordé à l’Action démocratique de Mario Dumont.Le candidat Jean Dion a récolté plus de 11 % des suffrages, ce qui représente un gain de presque quatre points de pourcentage par rapport aux élections générales de 1994.En chiffres absolus, on ne parle que d’une centaine de voix de plus qu’il y a 17 mois.Mais le fait est significatif.Plusieurs observateurs, dont j’étais, avaient prédit qu’avec l’arrivée de Lucien Bouchard, un modéré, le PQ pourrait récolter l’appui de l’électorat adéquiste.Or, il n’en est rien, au contraire.Ce succès relatif de l’ADQ éclaire cruellement l’impuissance du Parti libéral de Daniel Johnson à enregistrer quelque progrès dans l’électorat, et ce même après un an et demi dans l’opposition.La campagne de dénigrement savamment orchestrée contre la candidate parachutée du Parti québécois n’y a rien fait.L’appui aux libéraux dans La Prairie a même chuté d’un ou deux points de pourcentage.La victoire de Monique Simard était certainement assurée.Le député sortant Denis Lazure avait récolté 55 % d’appui en 1994 et le OUI a fait 60 % le 30 octobre.Mais les libéraux espéraient y faire des gains.La preuve que cela aurait été possible est que l’Action démocratique y est parvenue.Cela veut dire qu’une proportion d’électeurs préfère encore se tourner vers le parti de Mario Dumont que vers celui de Daniel Johnson pour exprimer son mécontentement ou son scepticisme à l’endroit du gouvernement.Le sens à donner au résultat du vote demeure cependant très incertain à cause du contexte.Les deux circonscriptions étaient acquises au PQ.M.Bouchard n’avait aucun opposant provenant de partis bien organisés et se présentait dans une région, le Royaume du Saguenay, on ne peut plus vendue à sa Cause.Le taux de participation au vote de 61 % dans Jonquière n’a rien d’exceptionnel.Quand Robert Bourassa a été élu dans une partielle (Saint-Laurent) sans adversaire pé-quiste en 1985 (il n’était pas parve-Le succès nu à se faire élire aux élections gé-nérales.), 69 % des électeurs relatif de 1ADQ avaient exercé leur droit de vote.En outre, nous vivons toujours en transition entre deux gouvernements.M.Bouchard n’a pris encore aucune décision majeure qui puisse soulever la controverse.L’électorat de ces deux circonscriptions n’était pas en mesure de le juger.Tout au plus, il pouvait donner la chance au coureur.C’est ce qu’il a fait.Le succès péquiste ne permet de ne préjuger de rien pour l’avenir.Comme l’a souligné le professeur Louis Massicotte, les élections complémentaires, au Québec, sont d’excellents thermomètres de l’opinion publique, mais d’assez mauvais baromètres.Si elles permettent de prendre la température, de mesurer l’humeur de l’électorat au moment où elles ont lieu, elles sont de faible secours pour prédire l’avenir ou identifier à coup sûr les tendances électorales.Il en tient pour preuve la réélection du PQ en 1981 après une série de 11 défaites aux complémentaires durant les cinq années de son premier mandat.Or, pour le moment, le thermomètre indique que l’humeur n’a guère évolué depuis septembre 1994.Le PQ a obtenu à peu près la même proportion de voix dans La Prairie lundi que lors des dernières élections générales, quelque 55 %, tout comme le PLQ avec 33 % des voix.L’ADQ fait un petit gain.C’est comme si l’on remettait le compteur à zéro.Au cours des prochaines semaines, M.Bouchard sera mis à l’épreuve du réel.Jusqu’à présent, il a tenu des discours et modifié l’organigramme du gouvernement.Sa présence à l’Assemblée nationale, à compter de la mi-mars, ou un peu plus tard, le forcera à répondre quotidiennement aux attaques d’une opposition qui s’est montré agressive au cours de la dernière année.Son «impatience» sera testée jour après jour.Par la suite, il terminera la préparation du budget et assumera les conséquences des décisions douloureuses qu’il annonce.Certes, lundi, et avec raison, il appelait les Québécois à définir un nouveau pacte social en faveur du redressement des finances publiques.Il va réunir les agents économiques à une conférence, fin mars, pour chercher à dégager des consensus.Mais il fera des mécontents, c’est inévitable.L’élection complémentaire qui doit avoir lieu dans la circonscription laissée vacante par M.Parizeau, L’Assomption, dans quelques mois, devrait être à cet égard plus révélatrice du jugement de l’électorat.éclaire cruellement l’impuissance du Parti libéral de Daniel Johnson à enregistrer quelque progrès dans l’électorat Michel V e n n e ?INDEX MÉTÉO Agenda .Bfi jrfltftSJcs Montréal Avis publics.B5 Pluie cessant Classées .B6 en après-midi.Culture .B7 Max: 5 * » • * Économie .Bl Éditorial Le monde.Max; 2 Mots croisés.B6 • .*• Détails en B 4 Les sports.B5 MONTRÉAL Bridgestone lance un ultimatum PAGE A3 ?LES ACTUALITÉS Les enseignants proposent des économies de 100 M $ PAGE A 4 ?• ÜQuobec * BAL 101 POLITIQUE Vers une privatisation partielle de l'immatriculation PAGE A 5 Dorval récupère les vols internationaux Retour imminent de Lufthansa à Montréal avec Air Canada GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR C) est fait.Le scénario ébruité par le maire de Montréal, Pierre Bourque, il y a deux semaines verra le jour, non pas sans avoir soulevé bien des passions.Dans le but de corriger une erreur vieille de 20 ans et de replacer Montréal face aux nouvelles réalités de l’aviation civile, les vols réguliers internationaux seront rapatriés à Dorval, permettant à ce centre aéroportuaire de rétablir un système de correspondances, l’aéroport de Mirabel étant ainsi invité à relever le défi de la survie avec sa nouvelle vocation axée autour des vols tout cargo et des vols nolisés.Le tout doit entrer en vigueur en avril 1997.L’élément déclencheur de cette volte-face des Aéroports de Montréal (ADM) — alors qu’il y a à peine deux ans on présentait encore le statu quo comme étant la seule solution viable pour Montréal — a été ce départ-surprise de Lufthansa, en octobre dernier, qui faisait écho à celui de Canadien International, d’Alitalia, et qui a été suivi par le déménagement, à Toronto, du siège social KLM et les rumeurs (non confirmées) de départ de British Airways.Air Canada étant appelé à piloter cette «renaissance» de Dorval en tant que centre aéroportuaire international, l’on s’attend dans l’industrie, à ce que le transporteur puisse contribuer à stopper l’hémorragie, voire à renverser la vapeur en rétablissant de nouvelles routes entre l’Europe et l’Amérique du Nord via Montréal.On pense à Montréal-Bruxelles et à la reprise d’une liaison entre Montréal et l’Italie, une liaison coupée par l’abandon de Canadien de ses activités à Mirabel.Mieux, l’on s’attend à ce qu’Air Canada favorise le retour de Lufthansa en vertu d’un nouveau partenariat à grand déploiement entre les deux transporteurs, une entente que l’on dit similaire à celle élaborée avec United Airlines, et susceptible d’être annoncée sous peu.Le président d’ADM, Jacques Auger, a fait ressortir VOIR PAGE A 10: DORVAL ?'***¦ ÏJem mm mmmmmL W, ISeinra ¦ Deux grands chefs?PHOTO JACQUES NADEAU LE GRAND CHEF par intérim du conseil de bande de Kanesatake, James Gabriel (à gauche), avec cinq autres chefs du conseil, dont Robert Gabriel (à droite), refuse de se soumettre à la demande de dissolution de l’ancien grand chef Jerry Peltier, qu’il remplacera jusqu’à nouvel ordre.Nos informations en page A 4.Dufour et Godbout contraints à la neutralité politique ?Syndicats et patronat s’unissent pour dénoncer le projet de loi sur l'éthique et la déontologie KONRAD YAKABUSKI DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC La promesse de Jacques Parizeau de rétablir le «lien de confiance» entre les citoyens et les administrateurs de l’Etat par voie d’une loi sur l’éthique et la déontologie priverait les débats publics de centaines de ses participants les plus engagés.j « • En effet, syndicats et patronat ye n dl s’unissent pour dénoncer le projet de UA loi, déposé peu avant le départ de l’ex- J premier ministre, qui imposerait un impartial devoir de «neutralité politique» à leurs représentants qui siègent aux de ma vie», conseils d'administration des divers organismes de l’État.En tout, ce sont dit Clément entre 1200 et 1600 membres «à temps partiel» des conseils de ces oçga- Godbout nismes, y compris les sociétés d’État, qui se verraient privés de leur droit de parole publique en vertu d’un article peu remarqué du projet de loi.En l’occurrence, le président de la Fédération des travailleurs du Québec, Clément Godbout, et le président du Conseil du Patronat du Québec, Ghislain Dufour, s’allient pour une rare fois dans le même combat.Ils s’offusquent de ce que le gouvernement leur demande de sur- VOIR PAGE A 10: ÉTHIQUE ondÜnionisfj in chine Le Walesa chinois La Chine est menacée par l’explosion sociale, prétend Han Dongfang Un peu partout en Chine, des mouvement ouvriers sont en gestation, qui pourraient un jour bouleverser la situation dans ce vaste pays-continent de 1,2 milliards d’habitants, au moment où le vieux leader Deng Xiaoping s’apprête à passer la main.Le Devoir a rencontré hier Han Dongfang, leader des syndicats indépendants en exil forcé, qui pose un diagnostic sceptique sur le «miracle économique chinois».FRANÇOIS BROUSSEAU LE DEVOIR Victime à la fois d’un capitalisme primitif digne du 19r siècle, et d’une impitoyable tyrannie politique, la Chine post-maoïste est une bombe à retardement, menacée par une explosion sociale que seul pourrait canaliser l’avènement de syndicats indépendants.Tel est le message de l’un des plus célèbres enfants terribles du Printemps de Pékin de 1989.Un syndicaliste qui, depuis son exil forcé à Hong-Kong, tente d’organiser ses compatriotes et d’informer le monde de la réalité quotidienne que vivent les quelque 150 millions d’ouvriers chinois.Après Wei Jingsheng l'intellectuel qui a pris, par deux fois ,15 ans de taule pour avoir brandi la Charte universelle des droits de l’homme et chanté «Liberté, Égalité.Fraternité», après Wang Dan l’étudiant, leader VOIR PAGE A 10: CHINE PHOTO JACQUES NADEAU Le «miracle économique chinois», dit Han, est largement un leurre.Un leurre qui cache une misère économique croissante et une exploitation économique qui n’est balisée par aucune loi autre que celles du marché et de l'arbitraire étatique.Évolution du français au Québec Québec juge le bilan alarmiste et incomplet Un comité interministériel modifie le premier rapport des experts PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Il y aura deux versions du bilan de l’évolution du français au Québec.Jugée trop alarmiste et incomplète, la première est en réécriture, a appris Le Devoir.C’est le 7 septembre dernier que la ministre responsable de l’application de la Charte de la langue française, Louise Beaudoin, annonçait la création d’un comité interministériel ayant pour mandat de décrire et d’analyser l’évolution de la situation de la langue française dans les différents domaines de l’aménagement linguistique, particulièrement comme langue de travail, du commerce et des affaires, de l’enseignement de l’intégration linguistique des immigrants, de l’information scienti-I fique et technique ou de l’expression culturelle.La présidence de comité a d’abord été confiée à Marcel Masse, alors président du Conseil | de la langue française, qui a été nommé plus tard délé-i gué général du Québec à Paris.C’est la présidente de ! l’Office de la langue française, Nicole René qui a pris la ! relève.Essentiellement ce comité est composé des sous-I ministres des ministères concernés ainsi que de VOIR PAGE A 10: BILAN «Pourquoi ne nous montre-t-on pas la première version?» Le MONTREAL Chani|iign.v Les mises en disponibilité dans le réseau de la santé Le coût du désœuvrement frisera les 110 millions l’an prochain Ultimatum de Bridgestone Les grévistes devront accepter les offres vendredi, sinon.Les hôpitaux préconisent des programmes de mise à la retraite et un assouplissement des règles d'affichages de postes ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Pris à la gorge par les compressions, les hôpitaux pressent Québec d’investir dans des programmes de départs à la retraite pour leurs employés, à défaut de quoi le redéploiement de la main-d’œuvre affectée par les fermetures d’hôpitaux sera une catastrophe.Selon l’Association des hôpitaux du Québec (AHQ), le coût des employés mis en disponibilité, payés à plein salaire, s’élève déjà à six millions cette année et pourrait friser les 110 millions l’an prochain.Hier, l’Association des hôpitaux du Québec (AHQ) a fait le point sur les multiples difficultés qui se dresseront sur son chemin pour replacer les employés touchés par la réorganisation du réseau.D’après un sondage réalisé par l’AHQ, près de 12 % des 1300 employés actuellement en disponibilité et payés à plein salaire dans le réseau des hôpitaux ne sont pas utilisés.«Pour avoir le portrait total, il faut ajouter les cadres.On peut évaluer que nous payons environ 10 millions de dollars cette année pour des gens qui ne travaillent pas», a exposé hier Jacques A Nadeau, vice-président de l’Association des hôpitaux du Québec.Conformément aux conventions collectives actuelles, tous les employés du réseau de la santé ayant plus de deux ans d’ancienneté à temps plein détiennent la sécurité d’emploi à vie en cas de mise à pied.Us ont droit de recevoir leur plein salaire, et ce, jusqu’à l’âge de la retraite, jusqu’à ce qu’un poste leur soit trouvé.Or, l’avenir proche risque de placer les hôpitaux dans une situation intenable, soutient l’AHQ.Dès l’an prochain, environ 5100 salariés du réseau des hôpitaux se retrouveront en disponibilité quand les hôpitaux fermeront leurs portes, seront PHOTO JACQUES NADEAU À l’instar des employés de l’hôpital Saint-Michel, plus de 5100 employés du réseau de la santé risquent de se retrouver en disponibilité l’an prochain et d’être payés à plein salaire sans avoir de travail en vue, estime l’AHQ.convertis ou que des fusions d’établissements seront réalisées.Si seulement 60 % de ce personnel est replacé, près de 82 millions pourraient être versés à des personnes qui ne travaillent pas, évalue M.Nadeau.Si l’on ajoute à cela quelque 900 cadres du réseau de la santé qui peineront à se trouver du travail, le coût de la «non-utilisation» de l’ensemble du personnel mis en disponibilité pourra grimper à quelque 112 mil- lions l’an prochain, ajoute-t-il.Et selon l’AHQ, ces chiffres sont basés sur la conjoncture actuelle, et non sur les compressions qui risquent de s’ajouter à la myriade de coupes déjà prévues par le gouvernement au cours des trois prochaines années.C’est pourquoi les hôpitaux pressent Québec d’investir dans des programmes de mise à la retraite pour favoriser le départ anticipé de ses employés.«A l’exemple d’Alcan, de Bell ou du gouvernement fédéral, il faut que le gouvernement fasse un effort plus grand pour mettre des gens à la retraite si on veut passer à travers cet exercice de redéploiement», soutient M.Nadeau.A Montréal, précise l’AHQ, il faudrait qu’un tel plan s’adresse aux employés de tous les hôpitaux, contrairement à celui proposé par la Régie régionale de la Santé de Montréal qui ne vise que les employés des hôpitaux appelés à fermer.Par ailleurs, l’AHQ réfute les accusations de la CSN selon lesquelles les employeurs retarderaient sciemment la confection de leurs plans de main-d’œuvre pour les prochaines années et invoque plutôt la complexité de l’opération.Déterminer à l’avance le nom de la personne titulaire d’un poste qui sera aboli dans trois ans, c’est toute une mission!», a soulevé M.Nadeau.Plusieurs règles des contrats de travail devront être assouplies si on souhaite réaliser le redéploiement de la main-d’œuvre, estiment les hôpitaux.L’AHQ croit notamment qu’il faut revoir la clause prévoyant qu’un employé doit être replacé dans un poste situé dans un rayon de moins de 50 km de sa résidence.«Sinon, cela veut dire qu’on ne pourra replacer aucun des employés en disponibilité en Abitibi.» Les hôpitaux espèrent discuter de cela, et de la complexité du système d’affichage des postes, lors de négociations qui doivent s’amorcer en mars avec les syndicats.«Il faut qu’on allège le processus d’affichage de poste, sinon ça peut prendre jusqu’à six mois pour combler un poste vacant», a fait valoir hier Pierre Joron, directeur des ressources humaines à l’AHQ.«Il faut s’asseoir, à la lumière de ce qu’on sait, pour revoir et simplifier ce processus.Il en va autant de l’intérêt des associations syndicales que du nôtre, si l’on veut replacer le maximum d’employés», a insisté M.Nadeau.CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR Les 734 grévistes de la compagnie Bridgestone-Firestone, à Joliette, se prononceront vendredi en assemblée sur les mêmes offres patronales qu’ils ont déjà rejetées à plus de 83 % le 6 février, après plus de cinq mois de grève.De retour de Nashville (Tennessee) où se trouve le siège de la société, le directeur de l’usine, Alain Déry, a transmis lundi soir ces offres inchangées.L’employeur estime que les 13 millions de dollars qui viendraient s’ajouter à la masse salariale constituent «l’offre la plus équitable et la plus généreuse que l’entreprise puisse faire dans les circonstances actuelles».Bridgestone ajoute cependant à son offre «finale» un protocole de retour au travail, offrant de rappeler les 734 grévistes même si la capacité de production de l’usine a diminué depuis l’été.Aucune mesure disciplinaire ne sera prise; toutes les plaintes pénales contre les salariés sont retirées, «à l’exception du syndicat et de ses dirigeants» — une épée de Damoclès de 243 500 $.L’employeur abandonne sa réclamation (au syndicat) de plusieurs millions de dollars en raison de la perte de sommes auxquelles il prétend avoir droit».Le protocole reconnaît l’ancienneté des salariés pour la période de l’arrêt de travail.Les conséquences d’un NON sont de taille.Si la réponse est négative aux offres et au protocole qui — c’est l’exigence de l’employeur — ne devraient subir aucune retouche, «le déménagement des équipements» vers d’autres usines commence le lundi 26 février, entraînant une diminution de la production de 25 %.Le président du syndicat, Jean-Marie Bourret, et son comité de négociation, évaluaient hier avec leurs conseillers syndicaux l’impact de cette offre.Le vice-président du syndicat affilié à la CSN, Michel Paradis, insiste sur l’importance du conseil syndical élargi qui se réunit dès aujourd’hui pour jauger (opportunité de présenter une proposition précise aux grévistes vendredi, ou pour laisser le vote intervenir après une période d’explications et un débat.Le 6 février, la consigne donnée aux grévistes fut de rejeter les offres.17 jours plus tard, la donne a fortement changé et les pressions des élus et des corps intermédiaires se multiplient.«Nous sommes sortis sur une question de respect, dit le vice-président Paradis; vous comprendrez que l’on veuille respecter toutes les idées qui nous seront transmises».Le ministre du Travail, Matthias Rioux, avait émis vendredi dernier un communiqué optimiste au sujet du conflit en cours; il disait prendre en compte la «reprise du dialogue» et jugeait de bon augure qu’aient repris des négociations susceptibles de «déboucher sur un règlement rapide du conflit de travail».La partie patronale a offert hier une visite guidée de l’usine aux reporters présents à Joliette et a fait parvenir aux salles de rédaction un dossier de presse étalant une quinzaine de «mythes et réalités» sur le conflit où, se défend-elle, elle n’a jamais rompu les contacts.Bridgestone déplore qu’on ait pu grossir ou déformer des incidents remontant parfois à 1992 et nie que les relations de travail à l’usine de Joliette soient pourries.Environ 900 personnes, dont 734 syndiqués, trouvent du travail dans cette usine de Joliette.Le salaire minimum annuel pour les syndiqués de la production y était, en septembre dernier, de 38 000 $ (sans les primes et sans les heures supplémentaires).Un employé rémunéré au rendement peut toucher 58 000 $ par an, sans compter les heures supplémentaires et les primes qui peuvent porter ses gains à 100 000 $, selon la compagnie.L’horaire de 12 heures est entrecoupé d’au moins trois pauses et il s’étale sur 155 jours par an.Les vacances vont de 2 à 6 semaines suivant l’ancienneté.La masse salariale des travailleurs syndiqués de la Bridgestone de Joliette injecte environ 40 millions dans l’économie de Lanaudière.L’hôpital Saint-Laurent vit ses derniers moments ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Ly hôpital de Saint-Laurent amorce-i ra sa fermeture dès la semaine prochaine.A compter du 29 février, l’urgence fermera ses portes dès 22 heures et toutes les chirurgies, les services médicaux et les services diagnostiques seront fermés à compter de la mi-mars.L’hôpital de Saint-Laurent, dont la fermeture a été annoncée en juin dernier par la Régie régionale de la Santé, en est donc à ses derniers moments.Hier, le président du conseil d’administration, François Marseille, a aussi souligné que les activités des cliniques externes seront progressivement réduites à compter du 1er mars.Quant aux interventions prévues après le 15 mars, elles seront transférées ailleurs avec l’accord du médecin et du patient traité.«Nous sommes ainsi assurés que les derniers patients admis à l’hôpital recevront leur congé avant la fermeture.Il sera alors possible d’éviter des transferts physiques de patients», a indiqué M.Marseille dont l’hôpital de 124 lits n’héberge plus que 57 patients.Après la fermeture complète, le 1" avril, les dossiers médicaux des patients seront transférés à la Régie régionale de la Santé qui déterminera au cours des prochaines semaines l’endroit et la façon d’y avoir accès.Une lettre sera adressée à toutes les personnes qui ont été admises à l’hôpital au cours de la dernière année pour les informer de la fermeture progressive des services et de la localisation de leur dossier médical.Hier, un porte-parole de la communauté à la Régie, Louis Côté, a indiqué que 60 000 dépliants seront distribués dans à Saint-Laurent pour indiquer aux gens les hôpitaux, les cliniques et les CLSC qui prendront la relève.En raison d’une erreur réalisée dans ce plan, qui localisait l’hôpital Général Juif à l’hôpital Sainte-Justine (!), la Régie devra retarder d’une semaine la distribution de ce document d’information.Dans le cas des visites à l’urgence, on prévoit que les patients seront redistribués notamment dans les hôpitaux Santa Cabrini, Maisonneuve-Rosemont, Jean-Talon, Bellechasse et Notre-Dame.Depuis la fermeture de l’hôpital Saint-Michel, en novembre, ces hôpi- taux ont reçu 32 321 visites à l’urgence, soit curieusement environ 2000 de moins que l’an dernier.Quant aux ambulances, la fermeture de Saint-Michel s’est traduite par une hausse de 625 transports ambulanciers dans ces cinq hôpitaux.Quant à l’urgence de l’hôpital Saint-Laurent, on estime que sa fermeture aura un impact négligeable sur les hôpitaux environnants.Dans son dépliant, la Régie indique les noms de dix cliniques où des consultations sans rendez-vous peuvent être obtenues.Or, la majori- té ferment leurs portes à 17 heures et très peu sont ouvertes la fin de semaine.Un problème que la Régie prévoit régler par des rencontres entre les CLSC et les cliniques médicales du secteur pour mieux coordonner leurs sendees.Quant aux 332 employés de l’hôpital Saint-Laurent, ceux qui détiennent la sécurité d’emploi seront mis en disponibilité au service de placement du ministère de la Santé.55 d’entre eux pourront se prévaloir, s’ils le désirent, d’une indemnité de départ anticipé équivalant à six à 18 mois de salaire.Vient de paraître Autochtones et Québécois La rencontre des nationalismes Actes du colloque tenu en avril 1995 Volume publié sous la direction de Pierre Trudel En vente dans les librairies Renaud-Bray Recherches amérindiennes au Québec 6742, rue Saint-Denis Montréal H2S 2S2 Déb at À quelles conditions les Autochtones s'associeraient-ils à un Québec souverain ?Les points de vue de Josée Legault et de Roméo Saganash Le mercredi 28 février 1996 à 18 h Librairie Renaud-Bray 1474, rue Peel Montréal mv wwwww Vêtements Prêt-à-porter Royal Robbins de rabais Vêtements isolés chlorophylle h.tech.de rabais KANUK SALOMON ROSS/GNOl Vêtements et équipements de ski de fond alpina LOUIS G4RNE4U de rabais Boutique Courir MONTRÉAL * LONGUEUIL LAVAL 4452, rue Saint-Denis 1745, ch.Chambly 2524, Daniel-Johnson (angle Mont-Royal) (angle Curé-Poirier) (face au Carrefour Laval) 499-9600 mont-royal 674-4436 978-9822 0 D1C ' A 10 I, K l> !•: V U I H , I.K M Y.H t H K I) I 2 1 F F V I» IKK I K I» H LE DEVOIR ACTUALITES Buchanan remporte le New Hampshire Manchester (AFP) — Iæ commentateur ultra-conservateur Patrick Buchanan a remporté hier les élections primaires républicaines du New Hampshire, battant le sénateur Robert Dole.Après le dépouillement de 89% des bureaux de vote, Pat Buchanan obtient 28% des voix, devant le sénateur Dole (26%), l’ex-gouverneur du Tennessee Lamar Alexander (23%) et le millionnaire Steve Forbes (12%).Auparavant, à la fermeture des bureaux de vote dans cet Fiat du nord-est des Etats-Unis, toutes les chaînes de télévision américaines avaient indi- qué que les premiers résultats étaient trop serrés pour qu’elles se hasardent à prédire le vainqueur final du scrutin.La participation à cette élection primaire, la première de la longue course à la Maison Blanche, a été particulièrement importante, de nombreux électeurs indépendants venant participer à la primaire républicaine.Selon les sondages sorties des urnes réalisés par les chaînes américaines, Pat Buchanan et Iamar Alexander ont tous deux profité du vote indépendant.Un des facteurs essentiels dans les choix des électeurs du New Hampshire a été, d’après ces sondages, la volonté de condamner le ton négatif des publicités télévisés des candidats.Pat Buchanan et Lamar Alexander, qui avaient critiqué les messages télévisés du sénateur Dole, ont également profité de cette attitude de l’électorat.Robert Dole était considéré comme le grand favori de la course à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle du 5 novembre et sa deuxième place dans le New Hampshire pourrait porter un coup sévère à ses ambitions de succéder à Bill Clinton à la Maison Blanche.BILAN Le MQF craint le pire SUITE DE LA PAGE 1 quelques hauts fonctionnaires.Simultanément, pour colliger les données et réaliser le bilan, la ministre mettait sur pied un «groupe technique», formé de fonctionnaires et d’experts, dont Michel Plourde, chargé de la rédaction du rapport.Il y a déjà plusieurs semaines que le groupe technique a transmis son bilan au comité interministériel.Insatisfait de la description de la situation, le comité interministériel 9 entrepris de le modifier et s’est mis à la réécriture.À l’époque, Marcel Masse avait fixé au début de janvier la publication du bilan.Le Devoir a appris que l’échéance a été repoussée à la fin mars.Du côté du gouvernement, l’on fait valoir que le bilan du groupe technique avançait des interprétations abusives et manquait de neutralité.«Il faut que le document soit le plus complet, le plus précis et le plus à jour possible», a expliqué au Devoir un haut fonctionnaire, soulignant notamment que certaines études n’avaient pas été intégrées au rapport du groupe technique.Le comité interministériel a d’ailleurs convoqué le rédacteur du document-synthèse, Michel Plourde, et lui a exposé ses griefs.Informés de l’opération de révision amorcée par les sous-ministres, les dirigeants du Mouvement-Québec-Français ont discuté le coup à leur dernière réunion.Ils poursuivront la discussion demain soir et jugeront des mesures à prendre pour sensibiliser l’opinion publique.Le président du MQF, Guy Bouthiller, croit savoir que le comité interministériel est en train de faire subir «un traitement spécial» au bilan du groupe technique, pour l’édulcorer, le rendre inodore et incolore.«Cela m’inquiète, parce que c’est un travail qui a été fait très sérieusement.Le problème linguistique est sérieux et ce n’est pas vrai qu’on peut voir uniquement la vie en rose.» De l’avis de M.Bouthiller, si les griefs du comité interministériel sont fondés, s’il a identifié des failles sérieuses, qu’il soumette le rapport à l’examen d’experts indépendants ou qu’il le publie.«Pourquoi ne nous montre-t-on pas la première version.» Quoi qu’il en soit, le MQF craint le pire et se prépare à sonner l’alarme.Les récentes interventions de leaders souverainistes lui font croire que le gouvernement prépare peut-être un virage pour satisfaire la minorité anglophone.«On est en train de laisser les esprits s’adapter à l’idée du séparatisme linguistique à Montréal», dit Guy Bouthiller, qui promet que le MQF fera tout pour mobiliser les Québécois pour contrer cette nouvelle offensive contre le fiançais.DORVAL SUITE DE LA PAGE 1 hier l’urgence de la situation.«Les conclusions de nos études et de nos analyses sont claires et démontrent que nous pouvons tirer profit de la nouvelle réalité du transport aérien mais, qu’à l’inverse, nous risquons beaucoup si nous ne pouvons nous adapter.» En d’autres mots, a-t-il ajouté, «le nouveau contexte du transport aérien confirme que le statu quo compromettrait l’avenir de nos aéroports et aurait un impact négatif sur le développement économique de la région.Le statu quo est donc inacceptable.» Hier grand défenseur du statu quo perpétuant la réputation de centre aéroportuaire cul-de-sac accolée à Montréal, M.Auger a reconnu hier, au cours d’une conférence de presse devancée de 24 heures, que cette dualité aéroportuaire constituait désormais «une menace à l’existence des vols intercontinentaux, Montréal risquant à moyen terme de perdre plus de la moitié de ceux-ci.[Cette dualité] nous empêche de profiter pleinement de l’entente “ciel ouvert” [entre le Canada et les Etats-Unis] et de la nouvelle politique sur les vols internationaux étant donné l’absence de correspondances rapides en raison de l’actuelle division des vols entre Dorval et Mirabel».Le statu quo menace également la survie de destinations transatlantiques qui ont particulièrement besoin d’un apport de passagers en correspondance venant du Canada et des Etats-Unis.«Enfin, le statu quo rend notre trafic intercontinental vulnérable aux assauts des “hubs” [plaques tournantes] américains.» En vue de corriger le tir, le conseil d’administration d’ADM a ainsi approuvé un plan prévoyant cette nouvelle vocation des deux aéroports montréalais devant entrer en vigueur en avril 1997.Vouloir faire de Dorval une importante porte d’entrée nord-américaine impliquera un investissement de 185 millions, d’ici 1999, dans la réalisation des aménagements nécessaires pour accueillir les vols internationaux.Ces plans prévoient la construction d’une jetée internationale pouvant accueillir huit gros porteurs, l’agrandissement de la salle des arrivées, l’ajout de 3100 nouvelles places de stationnement et l’emplacement, sous l’aérogare, d’une gare ferroviaire pour desservir par la suite les trains de banlieue et les trains «intercité».Cet investissement additionnel, qui s’ajoute aux dépenses d’investissement de 190 millions déjà prévues pour les deux aérogares (ces derniers investissements devant créer 855 emplois), sera financé par l’introduction, dès octobre prochain, de frais d’amélioration aéroportuaire ajoutés au prix du billet aux passagers en partance de Dorval.Ces frais additionnels varieront entre 5 $, 7,50 $ et 10 $, selon que la destination est canadienne, américaine ou internationale.Au chapitre des retombées, ADM chiffre à 840 le nombre d’emplois créés au cours des trois années dédiées aux travaux de construction.Quant aux retombées dites durables, ADM prévoit l’addition de 650 000 passagers, en sus de la croissance normale attendue d’ici l’an 2000, ce qui devrait créer 600 emplois permanents.Pour Mirabel, un aéroport qui n’attire à peine que 2,5 millions de passagers malgré sa capacité de 10 millions et dédié désormais aux vacanciers et au tout cargo, on insiste sur l’importance de le maintenir en activité.«Nous ferons en sorte que par la réduction des charges aéroportuaires et la qualité des aménagements, il devienne l’aéroport le plus avantageux pour les transporteurs et les passagers grand tourisme.» Les transporteurs utilisant Mirabel bénéficieront d’une réduction des frais d’atterrissage, d’une révision à la baisse de la politique tarifaire sur certains services et de l’installation de nouvelles passerelles d’embarquement.Dans le tout cargo, ADM procédera à l’agrandissement de l’aire de manœuvre et à l’implantation, en concertation avec le milieu, d’une zone franche «qui aura pour effet de stimuler l’activité import-export de la région».Si le maire de Mirabel, Hubert Meilleur, a réagi violemment à cette décision en brandissant le spectre de la perte de 5000 emplois directs on estime, chez ADM, que ce couperet pourrait toucher 10 % des employés de Mirabel.Aux représentants syndicaux rencontrés hier, on a parlé d’une ponction variant entre 10 et 15 % découlant de la rationalisation, devant être effective dans 14 mois.M.Meilleur a promis de poursuivre le combat et de tout mettre en œuvre pour renverser cette décision, par une intervention politique et ce, malgré l’appui évident du propriétaire des sites: Ottawa.ETHIQUE SUITE DE LA PAGE 1 seoir à leurs positions politiques tout simplement parce qu’ils servent d’administrateurs à temps partiel — et non rémunérés — a des organismes publics.«Je n’ai jamais été impartial de ma vie», a tonné dans une entrevue hier M.Godbout, qui siège aux conseils d’administration de, entre autres, la Caisse de dépôt et placement et de la Société de développement industriel du Québec.«Sérieusement, mon travail de représentant à la Fl’Q, c’est de défendre les intérêts des membres, de critiquer un certain nombre de choses.» Dans une lettre envoyée à la commission permanente des Institutions, qui a ouvert hier une consultation publique sur le projet de loi 131, la FTQ se dit «prête à admettre que les règles doivent s’appliquer aux personnes siégeant dans les organismes gouvernementaux, mais pas au point d’abdiquer sa liberté d’expression, de défense et de représentation de ses membres».Alors que M.Godbout exige le retrait pur et simple de ce projet de loi «tellement tordu», M.Dufour, qui lui aussi siège à de nombreux organismes de l’Etat — dont la CSST et la Société québécoise du développement de la main-d’œuvre — serait disposé à l’accepter à condition que le gouvernement y apporte des modifications importantes.Il est essentiel, par exemple, que le gouvernement exempte des dispositions de la loi des administrateurs à temps partiel, sinon il ne pourra plus «compter tous les administrateurs dont il se priverait».Ironie du sort, l’adoption du projet de loi 131 priverait également le gouvernement péquiste de l’appui public de quelques-uns de ses plus fervents alliés souverainistes, dont celui de M.Godbout et ses vis-à-vis aux autres centrales syndicales, ainsi que celui du président du conseil d’administration d’Hydro Québec, Yvon Martineau.Au grand dam du chef de l’opposition Daniel Johnson, M.Martineau a déclaré l’année dernière au Devoir qu’il était souverainiste et qu’«on [allait] le savoir».Or, l’article 6 du projet de règlement qui accompagne le projet de loi 131 concernant l’éthique et la déontologie stipule que «l’administrateur public est tenu de faire preuve de neutralité politique dans l’exercice de ses fonctions et de réserve dans la manifestation publique de ses opinions politiques».Selon Jacques Bourgault, professeur d’administration publique à l’UQAM, il s’agit quelque peu d’un «remède de cheval».«Pour que ce soit clair, il faudrait que la loi fasse la distinction entre les gens qui siègent à temps plein [comme M.Martineau] et ceux qui le font à temps partiel, parce que ces derniers ont ties responsabilités qui sont d’un tout autre ordre», soutien M.Bourgault, qui estime qu’entre 1200 et 1600 administrateurs publics à temps partiel seraient visés par cette loi.«On peut se, demander s’il est raisonnable dans une société libre et démocratique d’empêcher les gens de manifester un engagement politique alors qu’il siègent à temps partiel dans un organisme public où ils contribuent soit pour amener leur expertise soit parce que le groupe qu’ils représentent a un intérêt» (i;ms les dossiers traités par l’organisme.C’est le cas notamment de M.Dufour, qui en tant que membre des conseils d’administration de la CSST et de la SQDM, se dit obligé de représenter les positions de ces membres — la grande entreprise — sur les grandes questions de formation et de conditions de travail abordées dans ces deux instances.Le président du CPQ trouve également à redire aux articles du règlement qui le contraindraient à respecter la nature confidentielle des dossiers traités par les organismes qu’il administre et à «divulguer par écrit toutes les offres sérieuses d’emploi qui risquent de le placer en conflit d’intérêts» par rapport à l’organisme.En tant que porte-parole du patronat, M.Dufour dit devoir constamment consulter ses membres sur les dossiers abordés par la CSST et la SQDM.Il se demande si cette consultation serait interdite par le devoir de confidentialité que lui imposerait le projet de loi 131.Pour sa part, le protecteur du citoyen Daniel Jacoby a également critiqué hier l’article 6 sur la neutralité politique des administrateurs.Une telle obligation devrait être «balisée afin de tenir compte de la réalité de certains conseils».Sinon, a poursuivi Me Jacoby, certains membres de ces instances comme MM.Dufour et Godbout «ne pourront pas respecter cette norme sans manquer à leur mandat».MM Godbout et Dufour disent tous deux avoir de la difficulté à croire que le gouvernement aurait délibérément voulu les faire taire en les soumettant aux mêmes règles d’éthique que, les grands administrateurs de l’Etat.«J’espère que ça a été fait par un manque de rigueur et non pas par un manque de respect», a tranché le président de la FTQ.Un projet de loi «écrit un peu rapidement», renchérit le porte-parole du CPQ.CHINE «Les statistiques officielles disent une chose.La réalité est autre.» SUITE DE LA PAGE 1 du Printemps de Pékin converti au capitalisme, voici Han Dongfang l’ouvrier, le cheminot, le chantre des syndicats indépendants.Le «miracle économique chinois», dit Han, est large ment un leurre.Un leurre qui cache une misère économique croissante et une exploitation économique qui n’est balisée par aucune loi autre que celles du marché et de l’arbitraire étatique.Les taux de croissance phénoménaux (10,15, 20 %) dont on nous rebat les oreilles ne disent pas toute la réalité, loin s’en faut.Dans ces usines d’assemblage électronique ou de textile de Shenzen et de Canton, régnent, selon Han, des conditions de «capitalisme primitif pire que celui du 19e siècle en Occident».Sur les traces de Lech Walesa, Han rêve d’organiser un mouvement ouvrier indépendant en Chine.Mais ce cheminot qui a exercé son métier de 1984 à 1989, a du chemin à faire avant d’y arriver.Organisateur d’une très éphémère Fédération autonome des travailleurs de Pékin, détruite après deux semaines d’existence au printemps 1989, fugitif après le funeste 4 juin de la même année, il a été placé en tête de la «liste noire» des dissidents les plus recherchés, avant de se constituer volontairement prisonnier.Il dut ensuite subir, 22 mois durant, les mauvais traitements typiques des geôles chinoises — où il attrapa notamment la tuberculose —, avant d’être libéré et d’aller se faire soigner aux Etats-Unis.Depuis 1992, bloqué à la frontière, persona non grata dans son propre pays, il s’est installé à Hong-Kong, d’où il publie le China Worker’s Bulletin («Bulletin des ouvriers de Chine»), dans lequel il centralise les informations disponibles sur les mouvements syndicaux indépendants et îes répressions anti-ouvrières dans l’Empire du Milieu, Han a manifestement en tête l’exemple polonais.A la fin des années 70, avant même l’éclosion du mouvement Solidarité à l’été 1980, des syndicats indépendants s’étaient mis en place un peu partout en Pologne, embryon d’une contestation sociale et même politique qui fera trembler sur ses bases le pouvoir communiste d’alors.avant de renverser carrément le pouvoir huit ans plus tard.«Oui, c’est vrai, admet-il, le mouvement Solidarité m’a inspiré.Nous voulons protéger les intérêts des ouvriers au niveau de l’entreprise, c’est fondamental pour nous.» Han reconnaît qu’une telle action «a des aspects politiques», tout en insistant pour dire qu’il ne veut pas d’un mouvement qui lutterait pour le pouvoir politique.L’idée, typique de «Solidarité 1» (1980-81), d’un mou- vement syndical qui resterait scrupuleusement en-deçà de l’action directement politique, lui est très chère.«L’expérience polonaise me dit que lorsque le syndicat prend le pouvoir, il risque de se détacher des ouvriers.» On n’en est pas là en Chine, il s’en faut de beaucoup.En attendant, ce jeune homme dans la trentaine prend son bâton de pèlerin et parcourt le monde pour faire connaître sa cause.Le miracle économique chinois est une tromperie croit Han Dongfang, qui pense que les chiffres impressionnants qu’on lit sur l’économie chinoise, ne reflètent pas la réalité vécue par la grande majorité de la population.«Les statistiques officielles disent une chose.La réalité est autre», pense-t-il.Han, qui doit s’exprimer demain à Toronto lors d’un colloque (organisé par le Centre des libertés et des droits démocratiques d’Ed Broadbent) sur les rapports entre le commerce et les droits de la personne, rapporte quelques faits méconnus qui composent l’envers du «miracle économique chinois».¦ Quelque 10% des 150 millions d’ouvriers chinois doivent endurer des retards appréciables dans le paiement de leurs salaires.On sait qu’en Russie et en Ukraine par exemple, ce problème est devenu explosif dans les mines.Céline Simard, dir.consultante CLINIQUE CAPILLAIRE INTERNATIONALE INC.& membre associé Hairfax Intégrateur- VOLUMATEUR La Micro-Greffe • Une technique sûre et efficace • Une intervention chirurgicale mineure •Un RÉSULTAT PERMANENT 1832, Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H3H 1E4 (Métro Guy) Tel.: (514) 935-6616 DENTISTE DENTUROLOGISTE • Service de dentisterie esthétique • Service de chirurgie buccale ET IMPLANTS DENTAIRES (PAR SPÉCIALISTE) • Service de prothèse sur implant Dr Michel Lefort, D.M.D.Guylaine Brouillette, D.D.a 1832 Sherbrooke ouest, Montréal, Qc H3H 1E4 tél.: 939-2600 EU Metro Guy.sortie St-Mathieu ¦ Tous les jours, des milliers d’ouvriers chinois font grève sans que le monde n’en soit informé, très souvent pour cette raison du non-paiement de leurs salaires.Ces mouvements de protestation, pour la plupart spon-' tanés et sans lendemain, sont réprimés sans ménagement.¦ Par exemple, à Paicheng dans le Nord, quelque 20 000 ouvriers du textile ont cessé le travail en mai 1995.Les pouvoirs locaux ont dépêché 10 000 policiers et soldats pour forcer le retour immédiat au travail.¦ Entre 40 et 50% des entreprises publiques sont déficitaires et menacées de fermeture, ce qui propage l’angoisse du chômage.¦ Le travail forcé, notamment des prisonniers, fait par-, tie du quotidien des entreprises de la Chine du Sud.Cela est particulièrement vrai, dit Han, dans les joint-, ventures.Tout cela devrait faire réfléchir les hommes d’affaires' — y compris des Canadiens — qui affluent en Chine pour y faire de l'argent.«Je n’ai rien contre les hommes d’affaires qui veulent faire de l’argent.Mais je leur' conseille de réfléchir à l’éthique, à la morale des affaires.Peut-on fermer les yeux sur le travail forcé, sur le travail des enfants?Chez vous, vous avez des lois contre ça.Chez nous, rien.» ¦ •• Dr.Robert Prescott & Associés (Omnipraticiens) LipOSUCcion (Anesthésie locale) Greffes de cheveux au laser Traitement des rides au laser •Collagène *Yarices «Obésité 1852.Sherbrooke Ouest.Montreal (Québec) H3H 1E4 Tél.: (514) 935-6616 Fax: (£14) 933-2104 LE DEVOIR LES BUREAUX OU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9HOO À 16H30 2050, RUE DE BLEURï, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514) 985-3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514)985-3344 ANNONCES CLASSÉES (514)985 3344 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