Le devoir, 31 juillet 1993, Cahier B
1.K I) K V (III!.L K S A M K DI Al .1 l' I I.I.K T E T D I M A X ( Il K | '» \ u y |- | } Desjardins I ’interurbain musique Bell ?SCOTT SPINELLI YAMAHA ¦ t U M C H S SunLife Festival-Express LmI Pour tous les concerts du vendredi V -V Soir et du samedi soir, le Festival-Express partira du Palais des Congrès, à 18h00.12$ (aller et retour) (rais do service inclus.Poisson salé, 1991, de Shelley Low, est fait de papier journal, de carton et d’élastiques.L'œuvre a remporté le Prix papier décerné par la Ville d'Alma à l'occasion de la Biennale.1 II S T E P O U R R I R K Le clown est triste } Léo Bassi réfléchit sur l'humour et le rire en notre fin de siècle STÉPHANE B A I L L A R G E O N LE DEVOIR Léo Bassi est le premier clown philosophe au monde.Et ce clown est triste.C’est cet agent provocateur italien qui a osé lancer une tarte à la crème à la figure du maire Jean Doré au Festival Juste Pour Rire l’année dernière.Cette semaine, le clown est revenu parmi nous pour d'autres spectacles, bien sûr, mais aussi pour donner une conférence on ne peut plus sérieuse sur l’humour et le rire en notre fin de siècle.Sans fard ni crème, il a livré ses réflexions mercredi après-midi, durant près d’une heure, devant un auditoire captivé de plusieurs dizaines de personnes, rassemblées dans l’agora du Musée international de l’humour, rue Saint-Laurent.t Le clown Bassi prend le rire au sérieux.Et pour lui, si l’humour peut parfois être léger, il ne doit pas être pris à la légère.«Le comique est essentiel à la vie parce qù’il offre une merveilleuse soupape aux pressions qui menacent le monde», a-t-il confié dans son français impeccable.Bassi a repris les conclusions des grands théoriciens du genre, Bergson bien sûr, mais aussi Michel Tournier qui a déjà écrit, à peu de choses près, que si «la société secrète naturellement une organisation, des structures, un ordre qui lui assurent une stabilité croissante, le rire est le remède à cette menace de sclérose.» Mais pour Bassi, en notre tin de siècle, ce pouvoir curatif est de plus en plus menacé par la montée de la droite et des fanatismes.Le clown est revenu à plusieurs reprises sur l’exemple des pays totalitaires du Tiers Monde, islamiques ou autres, où il est interdit de se moqûer du prince ou des principes.Et ce n’est pas d’hier.Le roman U Nom de la Rose, de son compatriote Umberto Eco, raconte l'histoire fictive mais plausible d’un moine fanatique du moyen âge qui tue ses confrères et brûle le dernier exemplaire de la seconde Poétique d’Aristote, traitant du comique, parce que «quand on rit de toute chose, on finit par rire de Dieu».Avant Rushdie, Rutebeuf, Villon et combien d’autres artistes ont payé pour avoir oser rire des puissants et du sacré, comme de nombreux scientifiques, dont ils sont les frères naturels.«Comme l’esprit scientifique, l’esprit comique est ouvert et il refuse l’étroitesse de la pensée figée et dogmatique», résumait Bassi.Le clown conférencier a également rappelé qu’en Occident le danger vient d’une situation inverse, d’une sorte de vide des valeurs et du sens.«Iœ comique est à l’aise dans une certaine situation de contrainte, disait le clown.Il ridiculise le pouvoir, comme le fou du roi, comme moi quand j’ai envoyé une tarte à la crème à Doré.Mais sans maire, je n’aurais pas eu de succès, Sans contrainte, la liberté est creuse, impossible.A Moscou, j’ai même rencontré des humoristes qui regrettaient la disparition du communisme.» Dans notre partie du monde, on est aussi en train de banaliser dangereusement l’humour par une surenchère de son utilisation, dont le modèle est fourni par la superficialité aseptisée du clown Ronald McDonald et tous ses émules publicitaires.I,e rire se vend maintenant comme le savon à barbe.Alors que faire?Pour Bassi, tout en refusant la censure et l’industrialisation du gag, il faut tout entreprendre pour en quelque sorte sacraliser le jeu, en faire un absolu de substitution.«Il faut reconnaître et respecter la mission essentielle des comiques, concluait Bassi.Le rire donne aussi sa part de sens à l'aventure humaine, à la vie toute entière, mais sans fanatisme, sans mener à la guerre, à l’épreuve de la mort et du sang.» Les participants ont chaudement applaudi les sérieuses propositions du clown triste, üi conférence a d’ailleurs été ' enregistrée et une transcription sera bientôt disponible au centre de documentation du Musée.pour réfléchir.Ce week-end, Léo Bassi revient à la pratique.Aujourd'hui même, à 22h30, il monte sur scène à l’intersection de Maisonneuve et Sanguinet.Dimanche il se produira à la salle Music-hall à 2()h3(>, en plein cœur du Quartier latin.Il va alors organiser un concours de lancers de 5000 tartes à la crème.Les puissants de ce monde vont écoper, qu’ils le veuillent ou non.RÉOUVERTURE LeQâf'QonC' Château Champlain «C 'est un super show.Très professionnel!» Muriel Millard «Une excellente revue dans l'ensemble» Jean-Paul Sylvain, Journal de Montréal •Two thumbs up» Montreal Gazette ETOILES mercredi, jeudi 21 h 00 vendredi et samedi 2 représentations ; en soirée 21 h 00 et 23 h ; NUITS BLANCHES de RUSSIE de YULI ZOROV Avec les «Russian Follies» dans une revue éblouissante par ses gymnastiques, ses acrobaties et ses danses dans la plus pure tradition russe.Interprétées par les jeunes étoiles les plus talentueuses de Russie.Kl ' • IrCliûlcmi Champlain 878-9000 Tlcketmaster 790-1111 Le spectacle le plus coloré en ville t 4 I.K I) K V U I li .I K S SA M K DI :i I .1 I I I.I.K T K T I) I M A \ ( i: i a or T I !l !( lî MTS CINÉ M A Technique soignée, images impeccables Ce polar étrange mêlant politique, violence, conflits culturels, sexe hard a l’efficacité de sa formule éprouvée.RISING SUN Réal: Philip Kaufman.Scénario: Philip Kaufman, Michael Crichton et Michael Backes, d'après le roman de Michael Crichton.Avec Sean Connery, Wesley Snipes, Harvey Keitel, Cary-Hiroyuki Taga-wa, Kevin Anderson.Image: Michael Chapman.Musique: Torn Takemitsu.États-Unis, 1993.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR D ising Sun de Philip Kaufman n’a pas fait l’una-ZV nimité de la critique.Certains ont trouvé ban-’ cal le tandem Sean Connery/Wesley Snipes.Ceux qui ont lu le roman de Michael Crichton dont le film a été tiré furent déçus de voir son propos atté-nué.Moi, dans l’ensemble, j’ai aimé.Question de climat bien rendu, de force de frappe, de coupures aux bons endroit.Et puis l’extrême soin technique qui a été apporté au film mérite considération.Tant dans les images de Chapman que dans l’obsédante musique de gong et de clochettes qui donne à Rising Sun son petit côté haletant et sa couleur japonaise.Ce polar étrange mêlant politique, violence, conflits culturels, sexe hard (il y a des séquences qui il y a dix ans auraient subi le couperet de la censure et taxées de pornographiques) a l’efficacité de sa formule éprouvée.Sa mise au monde fut assez houleuse.Dès le départ, le mariage.Philip Kaufman/Michael Crichton promettait quelques étincelles.Crichton, à qui on doit notamment le célébrissime Jurrassic Park, est une immense vedette qui se veut très présent dans la scénarisation des films tirés, de ses romans.Kaufman, cinéaste par ailleurs inégal, qui a réalisé entre autres L’insoutenable légèreté de l'être et Henry and June se veut plus personnel, en tout cas moins commercial que Crichton dans sa branche.Visions différentes, donc.Et puis l’histoire imaginée par Crichton fut passablement modifiée pour l’écran, entraînant la colère de l’auteur.11 y aurait beaucoup à dire sur le nettoyage des romans dans le but de les rendre «politically correct».Ici, les points litigieux résidaient dans les moeurs commerciales de la société japonaise, un monde pour qui profit et pouvoir constituent des valeurs absolues.Rising Sun racontait les dessous des rapports commerciaux est-ouest, mais les aspects trop «politiques» de l’histoire ont été sablés, et l’adjoint policier est passé de race blanche à race noire, histoire de mettre en présence les trois grands groupes ethniques, et d’équilibrer les masses.Pas étonnant que Crichton n’ait pas reconnu son univers dans celui de Kaufman.Dans cette intrigue assez alambiquée, située en ï Un meurtre a été commis dans une grosse compagnie japonaise de Dis Angeles.Il est question de rapports sado-maso entre le belle blonde, étendue sur la table, et ses partenaires japonais.un Dis Angeles d'un futur proche, un meurtre a été commis dans une grosse compagnie japonaise qui a ses quartiers préservés.11 est question de rapports sado-maso entre une belle blonde et ses partenaires japonais, jusqu’à ce qu'une strangulation fatale mette fin à ses plaisirs.Ici rien n’est conforme aux apparences, ni le vidéo du meurtre, ni les discours des Japonais, ni les relations amoureuses ou commerciales des gens.Le terrain est miné partout.Sean Connery dans la peau de John Connor, un vieil agent de liaison à la retraite, secondé par le noir Web Smith (joué par Wesley Snipes — l'intreprète de Mo Better Blues, de Jungle Fever) mène l’enquête alors que les Japonais leur mettent allègrement des bâtons dans les roues.Un play boy japonais est soupçonné du cri- me.A tort?À raison?L’atmosphère de mystère baigne tout, et les tensions ethniques sont tendues comme des cordes de violon.Le rythme est bon et les images de Chapman impeccables.Ce film est servi par une technique remarquable.J’ai été envoûté par cette musique japonaise, si peu mélodique, scandée comme un battement de coeur.\r duo Snipes/Connery constitue le point faible du film.D'rôle de Wesley Snipes est trop bébète, trop monolithique.Il joue presque le faire-valoir de Connery, qui lui, s’en tire avec son métier habituel.Mais la distribution générale est bonne, et malgré quelques facilités de propos et deux ou trois violons, Rising Sun constitue un de ces thrillers pas bête, bien fait, fort, qui vaut le détour.HIER.AUJOURD'HUI El DEMAIN De Vittorio de Sica, avec Marcello Mastroianni et Sophia Loren.(1963) Les Italiens, comme aucun autre peuple, se sont imposés comme les meilleurs représentants de la comédie au cinéma.Comencini, Risi, Scola, Fellini et bien sûr De Sica ont ennobli cet art que d’aucuns considéraient mineur.Hier, aujourd’hui et demain est un film à sketchs comme il s’en faisait beaucoup à cette époque.Cinémathèque québécoise, le mercre di 4 août à 20h35 RESERVOIR DOGS De Quentin Tarantino avec Harvey Keitel, Tim Roth et Steve Buscemi.(1992) Quand un hold-up tourne au vi naigre, les vilains cherchent un coupable.Retrouvailles dans un hangar, huis-clos, et les explications commencent.Tout cela finira bien sûr très mal.Pour son premier long métrage, Tarantino frappe fort, en bas de la ceinture (coeurs sensibles s’abstenir), mais aussi suffisamment haut pour faire la nique aux Sam Peckinpah, Martin Scorsese et les frères Coen, autres grands maîtres de la violence.Cinéma de Paris, le samedi 31 juillet à minuit, le dimanche 1er août a 21h30 et le jeudi 5 août à 1 Th.Consommation de cones CONEHEADS Réalisation: Steve Barron.Scénario: Torn Davis, Dan Aykroyd, Bonnie et Terry Turner.Image: Francis Kenny.Musique: David Newman.Avec Dan Aykroyd, Jane Curtin, Michelle Burke, Michael McKean, David Spade et Chris Farley.F.-U, 1993.Présenté aux cinémas Eaton, Versailles, Du Parc et Côte-des-Neiges.BERNARD BOULAI) Beldar et Prymaat Conehead: les amateurs de la première version de la fameuse série télévisée Saturday Night Live, les auront vite reconnu.D‘s autres auront le loisir de les découvrir dans Coneheads, le long métrage inspiré du sketch désopilant créé dans les années 76-77 par Dan Aykroyd el Tom Davis.L’originalité de ces personnages d’extraterrestres ne vient pas tant de leur tête en forme de cône que de leur facilité, malgré cet excroissance, à paraître tout à fait normal aux yeux de leur entourage.Contrairement à toutes les autres histoires de visiteurs de l’espace, Beldar (Dan Aykroyd) et Prymaat Uane Curtin) ont vite compris qu’il leur fallait, pour s’en sortir, se fondre dans la masse et adopter les habitudes des Terriens, en l’occurence des banlieusards américains dont le mari type tond le gazon et la femme type passe sesjournées au centre d’achats.En ce sens, Coneheads est une satire, pas assez mordante regrettablement, de 1’ «American Way of Life», de la société de consommation et de la paranoïa des autorités américaines vis-à-vis de l’immigration clandestine.Dans le scénario imaginé pour le film, Beldar, Prymaat et leur fille Connie (Michelle Burke), née sur Terre, sont en effet la cible d’un agent d’immigration zélé qui cherche désespérément à mettre la main sur eux.Aussi, en attendant le vaisseau qui viendra les chercher pour les ramener vers Remulak, leur planète d’origine, la famille Cohe-head n’a pas d’autre choix que de se comporter en citoyens exemplaires.Ce qu’ils font, suscitant l’admiration de leurs voisins, fascinés par leurs dons extraordinaires.Mais jamais personne ne s’étonnera de leur étrange allure.Ixmr voix nasillarde à souhait (ce qui rend les dialogues parfois incompréhensibles), les expressions qu’ils emploient (entre l’onomatopée et le jeu de mots) et leur formidable capacité d’ingurgitation, qui s’explique par leurs six rangées de dents, n’ont pourtant rien d’humain.Mais que voulez-vous, il suffit d’adopter certaines coutumes ou travers sociaux pour être accepté dans la grande famille américaine.Fable sur le conformisme, Coneheads n’est toutefois pas une comédie totalement aboutie.Les situations cocasses et les touches iro- niques ne manquent pourtant pas.Mais il y a un problème de rythme et une structure de scénario quelque peu déficiente qui dessert mal l’action, notamment dans la dernière partie.Les auteurs semblent avoir erré avec cette histoire en sous-exploitant les folles possibilités de l’idée amusante du départ.Ainsi, une fois l’intrigue installée, le film de Steve Barron (Electric Dreams, les Tortues Ninja et de nombreux clips pour Michael Jackson, Madonna et d’autres) fait souvent du surplace et ne se rattrape que dans les gags les plus loufoques.C’est dommage dans la mesure où l’émission Saturday Night Live des débuts, qui avait lancé les carrières de Aykroyd, Belushi et Bill Murray, ne se gênait pas, elle, pour tourner en dérision les bonnes vieilles valeurs traditionnelles américaines.Au cinéma, on a plutôt préféré, diluer la dose de décapant pour servir un film acceptable pour toute la famille.Beldar, en l’occurence Dan Akroyd, est ce fameux personnage tiré de la série télévisée américaine Saturday Night Live.ON IHE WATERFRONT De Elia Kazan avec Marlon Brando, Karl Malden, Eva Marie Saint, Lee J.Cobb et Rod Steiger.( 1954) Fans de Brando, précipitez-vous! Dans ce film qui raconte une sombre histoire de syndicats mafieux dans le New York des années 50, le démon blond y est pratiquement à son sommet.Bas étonnant qu’il ait obtenu pour le rôle de Terry Malloy, le pauvre docker manipulé, les deux plus prestigieuses récompenses du septième art, l’Oscar du meilleur acteur et le prix d’interprétation à Cannes.Sur le plan de la réalisation, On the Waterfront est une des oeuvres les plus réussies de Kazan.L’intensité dramatique du film, sa maîtrise formelle et la rigueur de sa mise en scène ont consacré son auteur comme un des plus grands cinéastes de l’histoire du cinéma.Et ce, malgré ses prises de position politiques ambigües.Conservatoire d’art cinématographique, le vendredi 6 août à 21h.Bernard Boidad FAMOUS PLAYERS Anton Kuerti se distingue comme étant l’un des pianistes marquants de notre époque.À New York, Tokyo ou Berlin, les critiques n’évoquent que des superlatifs à l’endroit de ses brillantes interprétations.Récital SCHUBLR T/SCHUMA N N Samedi, 7 août 1993 — 20h 20 $/12 $ Centre d’Arts Orford Salle Gilles Lefebvre ANTON KUERTI, piano Schubert 4 Impromtus, op.90, D.889 Schumann Arabesque, op.18 Sonate no 1 en fa dièse mineur, op.11 Réservez dès maintenant au 1-800-565-6155 (819) 843-3981 Sortie 118.Autoroute des Cantons-de-l'Est (10) Parc Mont-Orford, Route 141 Nord Orford (Québec) Tél (819) 843-3981 1-800-567-6155 •Iff SRC Radio Ré«««u FM Stéréo Prffifiom oftoBi «tu Festival Ortoffi LE DEVOIR Le Chat et la Souris les Plus Célèbres du Monde pour la Première Fois à l'écran.“UN DIVERTISSEMENT FAMILIAL DE PREMIER CHOIX! Drôle et charmant! Un enchantement pour tous!’ B m D-ehl ABC RADIO NETWORK I I H tHgl S4WWJ ; cjms^uso MIRAMAX SMÇfP CENTRE EATON»»™ 705 St*-C«lh*rln« O.rn GREENFIELD PARI ‘"¦‘i» 519 bout Tnchtifiu (S 12 3^2 304 3M 30 *2 302 154 005 40 12 102 00 4 005 40 *2 001503 40 5 30 ST-HYACINTHE 773M|! l« Pan» W TERREBONNE 1071 Chemin du Côleau W & version o.anglaise 12 10-2 00 4 00-5 *0 ï 30-3 30 5 30 130 3 30 5 30 7 30 9 25 _________ COUCHE TARD 00 3 005 00 > 00 wmmaidi 11 20 5.V.P.Consultez, le guide pour les horaires CINÉMA LIBRE PRÉSENTE PRIX GEORGES SADOUL (France 1992) Une première (en 25 ans!) pour un film canadien THE GROCER'S WIFE (LA FEMME DE L’ÉPICIER) version originale anglaise avec sous-titres français • UN FILM DE JOHN POZER m CENTRE-VILLE ms-film 2001 Université métro McGill * £> 3:00-7:00 LA CRISE, C'EST A SE TORDRE! PLUS DE 100,000 QUÉBÉCOIS m EN RIENT ENCORE! ¦V5^1 /r,> / "te CD& ' A VOIR ABSOLUMENT!" * FRANCINE CRIMALDI, CBF BONJOUR VINCENT LINDON PATRICK TIMSIT LA CRISI Sam., Dim.et Mar.: 1:50 - 4:00 - 7:00 - 9:15 Ven., Lun., Mer et Jeu.: 7:00 - 9:15 m in-nun 1:30-3:25-520 7:15-9:10 GRAND FILM D’OUVERTURE SÉLECTION OFFICIELLE-CANNES 1993 ^ “Un véritable régal! Quel plaisir de voir jouer la “crème” des acteurs français dans le même film.!” — Denise Martel.|OURNAL DE QUEBEC “Un film tout en frémissements!” — Marc-André Lussier.CIBL-FM “.ça vaut le détour!" — Francine Laurendeau, LE DEVOIR Catherine Deneuve Daniel Auteuil MA SAISON PRÉFÉRÉE Un film de André Téchiné Vftiiotp Ittf-Nfft fen* Ckuii üuboum* umti Ou** txhor *i4j t *1 w 3t «f* (j»« km r Udrt InMm r fntii lotfcti ^xrjfjcar.n'rsU-Vjf 1* Dt 'rt** i xxs0or9nVA«ûA*rçrwv x .< tmr Mc Wr jv GTZJrnP Si 1:30-4:15 -7:00-9:35 Alir CLICHE REPETE A ECLAIRAGE DIFFERENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIME I.K I) E V 0 I H .I.E S S A M E 1)1 Al .1 U I I.I.E T E T I) I M A N C II E I A 0 LJ T I !) !) A CINÉMA Robin des Bois, ce joyeux drille ROBIN HOOD: MEN IN LIGHTS Réalisation: Mel Brooks.Scénario: Mel Brooks, Evan Chandler et J.David Shapiro.Image: Michael D.OShea.Musique: Hummie Mann.Avec Cary Elwes, Richard Lewis, Roger Rees, Amy Yasbeck, Mark Blank-field et Dave Chapelle.E.-U., 1993.Présenté aux cinémas Alexis-Nihon, Côte-des-Neiges et Bern.BERNARD BOULAI) Increvable Mel Brooks.Malgré ses 67 ans, il n’a rien perdu de cette énergie irrévérencieuse et souvent de mauvais goût qui, dès ses débuts dans le showbusiness, allait le consacrer «roi de la parodie».Il s’en est pris entre autres au western avec le vulgaire mais néanmoins sympathique Blazing Saddles, puis au film d’épouvante avec Young Frankenstein, pour ensuite se payer la gueule de Hitchcock avec High Anxiety et celle de Lucas avec Spaceballs.Brooks est un des maîtres hollywoodiens de l’humour slapstick qui mêle le délire visuel et absurde aux jeux de mots les plus faciles pour pasticher avec un sens aigu de la dérision les conventions des grands succès populaires américains.Spécialiste du genre avec les frères Zucker (.Airplane, Hot Shots), Mel Brooks n’est donc pas l’humoriste le plus subtil qui soit.Au contraire, il fait dans le très gros, voire même grossier.Son Robin Hood: Men in Tights ne fait pas exception à la règle.Tout ce que l’on peut imaginer comme situations saugrenues, blagues salaces, clins d’oeil et autres bouffonneries inspirées de la célèbre légende du justicier de la forêt de Sherwood y est abondamment exploité.Comme dans l’histoire originale, Cary Elwes dans le rôle de Robin des Bois, version revue et corrigée par Mel Brooks.on retrouve Robin of Loxley (Cary Elwes) rescapé des croisades, quittant Jérusalem.à la nage pour se rendre en Angleterre.Arrivé chez lui, légèrement fourbu, il découvre avec stupéfaction que son château vient d’être confisqué par les huissiers du vilain Prince John (Richard Lewis) pour non-paiement de taxes.Révolté, il lève une petite armée de volontaires pour aller détrôner l’usurpateur et son acolyte, l'impayable Sheriff de Rottingham superbement joué par John Rees.Bien sûr, Robin connaîtra sa romance avec la belle Marian (Amy Yasbeck) même si à son grand désespoir, elle est vertueusement enfermée dans une inoxydable ceinture de chasteté Everlast.Ponctué de scènes de bagarres, de duels et d’actes héroïques comme dans les vrais films d’aventure, le Robin des Bois de Mel Brooks n’en reste pas moins une véritable parodie du genre avec la sorcière «Latri- ne», le groupe de rappeurs noirs de la forêt de Sherwood, ses combats de karaté, ses références à Malcolm X, au Parrain, à Clint Eastwood, à Arsenio Hall, sans oublier la guerre du Golfe avec ses Patriot Arrow et ses Stealth Catapult.Bref, c’est le délire le plus total et tous les prétextes sont bons pour réussir un bon gag visuel.On n’est à l’évidence pas loin de l’humour décapant des frères Zucker qui, encore cet été, avec Hot Shots 2, nous avaient servi la même recette hollywoodienne d’auto-déri-sion.Mais est-ce encore de la dérision?Quand on abuse d’un procédé pour rire d’un autre procédé, il me semble qu’il y a, d'une certaine manière, aveu d’échec.Façon d’admettre que le cinéma américain n’a plus rien à inventer.Ce discours n’est pas bien neuf.Mais c’est inévitablement vers cette constatation stérile que nous poussent ces films qui tentent, et dans ce cas-ci c’est frappant, de jouer dans le registre nettement plus subversif des Monty Python.A la différence fondamentale qu’eux au moins ne riaient pas du cinéma: ils en faisaient.Cette troupe avait du génie, de la vision et, surtout, un sens du comique qui n’était pas toujours futile.Mel Brooks, pour sa part, est un assez bon gagman mais un réalisateur moyen.Ceci dit, son Robin Hood n’est pas dépourvu de drôlerie.Comme il fallait s’y attendre, les pointes les plus acérées sont envoyées à Kevin Costner pour sa pitoyable incarnation du célèbre justicier.Brooks lui rappelle que l’accent anglais s’imite mal et que ses acteurs, contrairement à Kostner, n’ont pas eu peur du ridicule en acceptant de porter des collants.Mais ce n’est pas à chaque blague que ce Robin des Bois iconoclaste fait flèche de tout bois et qu’il justifie sa raison d’être.Un suspense travesti en farce ANOTHER STAKEOUT De John Badham, avec Richard Dreyfuss, Emilio Estevez, Rosie O'Donnell, Dennis Farina, Marcia Strassman, Cathy Moriarty, John Rubinstein, Miguel Ferrer, Sharon Maugham Scénario: Jim Koufi Images: Roy H.Wagner.Montage: Frank Morris.Musique: Arthur B.Rubinstein.USA, 1993.Aux cinémas Loews, Du Parc, Versailles, Dorval, Laval et Famous-Players-Pointe-Claire.FRANCINE LAURENDEAU \ A la veille d’un important procès criminel où Lu Delano doit témoigner contre un roi de la pègre, le motel où elle se cache avec ses amis explose, ne laissant que décombres et cadavres.Mais celle que visait l’attentat disparait sans laisser de traces.Visiblement terrorisée, elle s’est terrée quelque part et, craignant pour sa vie, n’a nullement l’intention de se pointer au procès.Or, pour que le roi de la pègre soit incriminé, le témoignage de Lu est essentiel.Deux collègues de la police sont désignés pour surveiller une maison dans un coin de campagne isolé où on a tout lieu de croire qu’elle pourrait être tentée de se réfugier.Pour ne pas éveiller les soupçons du voisinage, les deux policiers reçoivent l'ordre d’emprunter les apparences d’une petite famille en vacances.:;mat tt Richard Dreyfuss et Emilio Estevez.Chris, l’ainé des deux (Richard Dreyfuss), sera le père.Bill, son cadet (Emilio Estevez), sera le fils.On leur adjoint la détective Gina (Rosie O’Donnell) qui jouera le rôle de l’épouse de Chris.Or, nos deux collègues, qui forment depuis longtemps un indéfectible tandem (ils étaient les héros du Stakeout original de 1987), voient d’un mauvais oeil l’adjonction de cette tierce personne qui, en plus d’être complètement tarte, leur impose son chien, un antipathique molosse.Vous aurez compris que si la police est à la recherche de Lu pour la protéger et l’amener à témoigner, les forces de la pègre sont tout aussi ac- tivement à sa poursuite pour la supprimer définitivement.Mais quand vous êtes la victime pourchassée, ce n’est pas facile de distinguer entre des policiers qui se déguisent en citoyens ordinaires et des criminels qui se présentent comme d’honnêtes avocats.Les chassés-croisés et les quiproquos vont donc se succéder jusqu’au doublement happy end.Car non seulement Lu et nos amis échapperont de justesse aux méchants, mais Chris retrouvera la femme qu’il aime et qu’il a bien failli perdre.Ce dernier détail étant, je l’avoue, le moindre de nos soucis.Car après un démarrage fracassant qui nous fait haleter — la séquence du groupe traqué dans le motel sinistre qui volera bientôt en éclats —, le suspense oublie sa fonction première, tourne honteusement casaque et se dilue en une lourde farce dont les péripéties et les personnages esquissés à gros traits ne nous inquiètent plus mais ne m’ont pas pour autant amusée.C’est un peu comme si on avait travesti un scénario de Hitchcock en une comédie bouffe, comme si on avait trafiqué une tragédie pour la jouer dans un théâtre d’été.Je le sais, Badham n’est ni Hitchcock ni Shakespeare.Mais ce très efficace artisan du film d’action avait entre les mains tous les éléments d’un solide suspense.Sommes-nous fatalement, parce que c’est l’été, condamnés au rire?: chef-d’oeuvre ?: très bon ?: bon ?: quelconque ?: très faible l(ç*Sr5': pur cauchemar RISING SUN ?Après Jurassic Park, encore un film tiré d'un roman de Michael Crichton.Rising Sun de Philip Kaufman s'articule sur fond de rapports commercaux sans merci entre Japonais et Américain.Cette intrigue policière donnant la vedette au tandem Sean Connery/Wes-ley Snipes cumule des ingrédients explosifs: sexe, violence, mystère, conflits culturels.Le personnage de flic bébête incarné par Wesley Snipes manque de tonus mais la distribution générale est bonne.Et puis Rising Sun est bien monté, techniquement impeccable.Odile Tremblay CONEHEADS ?y2 De Steve Barron.Beldar et Prymaat Conehead, ressortissants de la planète Remulak, débarquent sur Terre.En attendant de pouvoir être secourus par les leurs, ils s'intégrent à la société américaine en adoptant les comportements typiques de tranquilles banlieusards new-yorkais.Tout droit sortis de Saturday Night Live version 76-77, les personnages imaginés par Dan Aykroyd ont quelque peu perdu de leur insolence au cinéma.Tout de même sympathique et drôle.Bernard Boulad JURASSIC PARK ?De Steven Spielberg.La super production de Tannée.Le film met en scène six espèces de dinosaures reconstitués avec un art consommé par une armada de techniciens et d’informaticiens.Simpliste dans son interprétation (malgré une distribution imposante) et son scénario, mais thriller catastrophe très efficace et souvent violent, Jurassic Park n’est pas à mettre entre les mains de jeunes enfants.Mais les animaux préhistoriques grandeur nature sont spectaculaires de vérité et valent à eux seuls le déplacement.Odile Tremblay IN THE LINE OF FIRE ?l/2 De Wolfgang Petersen.Un agent secret s’est juré de sauver le Président des Etats-Unis de l’assassinat qui le menace.Emouvant dans le rôle d'un homme vieillissant qui joue sa dernière chance, Clint Eastwood nous donne une des meilleures interprétations de sa carrière.Un très bon suspense.Francine Laurendeau.ROBIN HOOD: MEN IN TIGHTS ?y2 De Mel Brooks.Parodie délirante du \ Robin Hood de Kevin Costner et de tous ceux qui l’ont précédé, de DoUr glas Fairbanks à Errol Flynn.Drôle par moments, gratuit à d'autres, le cinéma de Mel Brooks, comme celui des frères Zucker auxquels il dispute le territoire des pastiches, commence à se faire vieux et se répète.A quand les pastiches de pastiches?Bernard Boulad ANOTHER STAKEOUT ?De John Badham.Pour retrouver et protéger une femme qui doit témoigner contre la pègre, deux policiers surveillent une maison isolée, «aidés» dans leur tâche par une collègue complètement tarte.Le suspense que Badham aurait réalisé avec son efficacité habituelle s'est transformé en une lourde comédie.Francine Laurendeau THE LOST WORLD, ;j; RETURN TO THE LOST WORLD De Thimothy Bond.Un programme double formé des deux plus mauvais films d’aventures de la décennie.Dans la tradition des «sériais» télévisés des années cinquante, ces sous sous-produits spielbergiens prétendent effrayer la foule avec de minables jouets censés représenter des monstres-préhistoriques.Vétuste et débile'.Bernard Boulad LE GRAND PARDON II ?y2 D’Alexandre Arcady.Ij: Grand Pùr-don, dix ans plus tard, cette fois à Miami où, sorti de prison, l’ancien parrain de la mafia pied-noir juive m France voit son fils, s’empêtrer dans de sombres histoires.À la fois pittoresque, simpliste, lourd et rafraîchissant.Francine Laurendeau FREE WILLY ?De Simon Wincer.Un jeune délinquant vit une impossible amitié avec un majestueux épaulard de trois tonnes enfermé contre son gré dans un parc aquatique.Dans le même registre que Im Grenouille et la baleine, avec plus de moyens et moins de dialogues débiles.Interdit aux plus de • onze ans.Bernard Boulad THE LONG DAY CLOSES ?De Terence Davies.Dans les années cinquante, à Liverpool, l’évocation en musique (populaire, classique, religieuse) d’une enfance heureuse malgré la misère ambiante.Tendre, nostalgique et profondément original.Francine Laurendeau.AU THÉÂTRE DU MANOIR RICHELIEU HOMME AU BORD DE LA CRISE D'HORMONES De Carole Tremblay.Avec Line Lamarche, José Mallette, Manon Vallée et Denis Roy.Mise en scène: Denys Paris.Scénographie: Joseph Saint-Gelais.Du 24 juin au 14 août à 21 h 15.Dans chaque homme il y a une femme, dit-on.Jules vient de découvrir sa Juliette.Problème d'hormones?Crise psychologique?Comment réagiront son épouse enceinte, son voisin homosexuel et sa fouineuse de mère?Une production F.M.C.Créé au théâtre « La Fenière » en mai 1993.Réservations: (418) 665-3704 • (418) 665-7455 AU THÉÂTRE DE MARJOLAINE LES NONNES II.LA SUITE Une comédie musicale de Dan Goggin.Traduction et adaptation de Danièle et Sophie Lorain.Eh oui! les nonnes sont de retour plus drôles et plus «stars» que jamais.Vous avez aimé Les Nonnes, alors venez voir.la suite: LES NONNES II avec Nathalie Gadouas, Michelle Labonté, Danièle Lorain, Hélène Major et Monique Richard.Du 22 juin au 22 août.Rés : Mtl: (514) 845-0917 jusqu'au 11 juin, Eastman: (514) 297-2860 et 297-2862.Eastman, autoroute 10, sortie 106.LES THEATRES ETE AU THÉÂTRE DU BOIS DE COULONGE ,e'Pi scÿîii 0 'eSOea° 4seVie P^ce de ED GRAZfK adaptée pat Robed Vé/.na JIMMY DEAN ou le fils de James Dean est vivant En 1955, l'acteur James Dean perd la vie à 200 à l'heure au volant de sa Porsche.Il a 24 ans.Il vient tout juste de compléter le tournage du film GIANT, avec Elizabeth Taylor et Rock Hudson.La jeune Mona a participé au long métrage à titre de figurante.Complètement bouleversée par la disparition subite de son héros, elle fonde le fan club LES DISCIPLES DE JAMES DEAN.Nous sommes en 1975.Six anciennes «disciples» se retouvent dans un magasin «5-10-15» de la petite municipalité de d'Abercorn, dans les Cantons de l'Est.Un retour aux sources qui leur permet de commémorer les vingt ans de leur club.Ces retrouvailles, qui mettent en scène d'ex-copines qui ont beaucoup changé, donneront lieu à de cocasses découvertes ainsi qu'à des révélations tragi-comiques sur chacune des membres de la presque secte vouée au culte de la vedette disparue.Et surtout, nous saurons enfin toute la vérité sur la «prétresse» Mona et sur «son fils», Jimmy Dean.Pour information et réservation: (418) 681 -0088 Centre culturel de drummondville PASSAGES NUAGEUX Un froid règne depuis deux ans entre deux soeurs.Le hasard les réunit sur le même terrain de camping.Le soleil saura-t-il réchauffer l'atmosphère?Une comédie vivante et rythmée où se dévoileront toutes les réponses sous autant de belles percées de soleil que d'inquiétants passages nuageux.Tarifs de groupe: sur semaine 16,80 S Tarifs individuels: sur semaine 18,80 $ samedi (tous) 20,80 $ Les tarifs incluent toutes les taxes.Billetterie: (819) 477-5412 Stationnement gratuit, Salle climatisée, Bar et terrasse extérieure.LOUIS-GEORGES GIRARD AU THÉÂTRE DE LA DAME DE COEUR IL VA PLEUVOIR \ L'ENVERS Texte de ROBERT LALONDE Logistique allégorique de RICHARD BLACKBURN n AVENTURE FANTASTIQUE ET SURDIMENSIONNÉE Spectacle extérieur pour adultes accessible aux enfants Le soleil brûle les étapes.Le piétinement d'une vieille fait gronder la terre.Des glaciers se noient dans leur chair fondue.Un enfant lit.Une poule rêve à des savants en smoking.Des pingouins avalent leur glacier Un jouet-robot fait sa crise de nerfs artificielle.Il va pleuvoir à l'envers DÈS LE 25 JUIN du mardi au dimanche TARIFS FAMILIAUX fff' S:1 yl UPTON, sortie 147 de Tautoroute 20 RÉS.: (514)549 5028 tl'r M H" b') ¦) vjl .i •li rjly !¦¦:!!( ?:nf ; i il : i •{» -«»*•> - t ; lîîJ :::: f ! lie Hoi Ms \|ns| ildltlÿ'lïMI O I, A N LA W O R OF THE IMMIGRA 4» i m mm.1 + ^ g I Vous êtes invités à la surboum de Paul Shaffer re), Will Lee (basse) et Anton Fig (batterie) , sont capables de jouer des versions instrumentales de n’importe quoi et ne s’en privent pas.Outre l’incontournable hommage à Booker T.& The MG’s, pionniers du rock’n’soul instrumental, ça puise dans toutes les directions, du Mysterious Ways de U2 au Burning Down The House des Talking Heads, du Don't Dream It’s Over de Crowded House au Dance To The Music de Sly & The Family Stone.Quelques convives, ici et là, vont jusqu’à pousser une petite tou-ne pour le plaisir: incroyable mais vrai, Leonard Cohen murmure au-dessus du 1999 de Prince, et Joan Jett se paie une version exténuante du Don’t Bring Me Down des Animals.Après deux heures, il ne vous restera plus rien dans le bol à punch.seur.Elle chante l’anglais comme une Anglaise et le français comme une Cajune.On l’appelle la Rouge Farouche, rapport à sa chevelure enflammée et à sa volonté de ne pas perdre de vue l’héritage francophone des Plamondon de Plamon-don.Elle était au dernier festival franco-ontarien, où je l’ai vue sur une toute petite scène et une très grande en plein coeur d’Ottawa, et j’ai été conquis d’emblée.Vu mon enthousiasme, on m’a refilé l’album, produit localement, presque à compte d’auteur (à une subvention du gouvernement albertain près).Une vraie pépite d’or.Quelque part entre Danielle Martineau, Edith Butler et Zachary Richard, avec le country de l’Ouest en plus, Crystal Plamondon est une vraie de vraie, fougueuse dans les zydecos et les two-steps cajuns, tendre et mélancolique dans les valses et les ballades, et absolument convaincante dans sa relecture délicate de la superbe Under a Stormy Sky de Daniel Lanois.Les Cajuns dans l’âme, éparpillés tout partout dans le monde, peuvent commander l’album en lui écrivant directement, au 8955, 81e avenue, Edmonton, Ab, T6C 0W7.De ma part.Sylvain Cormier manquent souvent de relief.De la très belle musique quand même.THE NEX1 DREAM Bachir Attar CMP Records Envie de dépaysement, d’exil temporaire, de vacances à peu de frais à l’autre bout du monde?Le premier disque du multi-instrumen-tiste marocain Bachir Attar, The Next Dream, est un ticket économique vers un lointain et mystérieux ailleurs.Grand moqaddam (chef) des musiciens de Jajouka, Attar joue de la flûte, de la ghaita, hautbois millénaire évoquant la cornemuse, et du gunbri, luth à trois cordes fait d’une peau de chèvre et d’une courge.Enregistré à Brooklyn sous la tutelle du bassiste et producteur Bill Laswell, l’album réunit, outre Attar, le percussionniste sénégalais Aiyd Dieng et un géant du rythm’n’blues, le saxophoniste Maceo Parker.Par ailleurs, pas de funk sur cette merveille qui nous offre mélodies intemporelles, gammes inconnues, jazz sans frontière, rythmes de transe et paysages sonores jamais entendus.Chef d’oeuvre.Gnylaine Maroist CARPE DIEM! Crystal Plamondon Avenir Disc (indépendant) Crystal Plamondon vient de Plamondon, un petit village francophone d’Alberta qui résiste de moins en moins bien à l’envahis- HEART OF IHE IMMIGRANT Al Di Meola — World Symphonia Justin Time Records Al Di Meola rencontre Astor Piazzola en 1985.Après s’être frotté au flamenco et à moult félicités latines, le guitariste craque alors pour la musique de l’exil argentin et se lie d’amitié avec le roi du tango moderne.Heart of The Immigrant rend hommage au compositeur mort l’an dernier.Entre deux albums de son électrique Al Di Meola Project, le prodige de la précision et de la vélocité a remisé sa Les Paul et s’abandonne à l’acoustique avec son World Symphonia, groupe réunissant le bandéoniste Dino Saluzzi, le guitariste Chris Carrington et le percussionniste à la voix d’or, Arto Tuncboyacian.Pour reproduire chaleur et authenticité, la plupart des pièces ont été enregistrées live en studio, ce qui n’a pas du tout gêné l’agile monsieur et ses copains.Aucune bavure.Ombre au tableau: les arrangements du guitariste cinq étoiles LIVE OUI ON THE ROAD The Flirtations Flirt Records (1992) Ils sont cinq, ils sont américains issus de diverses communautés, ils sont homosexuels et fiers de l’être, tellement qu’ils sont choisi la musique, et très exactement le chant a cappella, pour revendiquer leur droit à la différence.Mais dans cette famille musicale qu’ils ont formé contre vents et marées, Jon Arterton (le papa), Michael Callen (la maman), Jimmy Rutland (le fils ainé), Aurelio Font (le cadet) et Jimmy Rutland (le benjamin) ne sont pas du genre à cracher leur vitupérations le poing levé.Ils préfèrent l’humour qu’ils introduisent dans leur reprise de quelques classiques entre autres de James Taylor (Secret O’Life, Boy From New York City) dans lesquels ils glissent quelques versets tragi-comiques.Le groupe, The Fabulous Flirtations pour les intimes, qui s’est produit pour la première fois dans le Greenwich Village newyorkais en 1988, compte deux albums.Celui-ci enregistré en concert à Vancouver fait suite à un premier, éponyme, sorti en 1990.\m version «live» permet de se faire une bonne idée de l’énergie que projette le quintette qui préfère nettement offrir un message d’amour et de bon sens à la communauté gay, de soutien et d’humilité aux victimes du sida (Michael Callen est porteur du virus depuis plus de 10 ans), d’humanisme et de générosité à tous les autres.L’art parvien-dra-t-il un jour à transcender toutes les formes de bêtise humaine?FASO DENOU Farafina Real World/Virgin Pour tous ceux qui «trippent» sur la montagne le dimanche, Real World vous offre le moyen d’éviter les odeurs de graille, de bière et de «pot»-avec ce disque du groupe Burkinabé, Farafina.A l’origine, Farafina est un concept musical issu de la tradition des griots mandingues de Haute-Volta (ex.Burkina Faso).C’est aussi devenu, en 1978, l’école du joueur de balafon et membre du Ballet national de Haute-Volta, Ma-hama Konaté.Ecole dans laquelle les «vieux» musiciens apprennent aux jeunes tous les trucs du métier.La musique de Farafina est essentiellement polyrythinique et inspirée des rituels religieux.On y retrouve à la base le tama (petit tambour qui se tient sous l’aisselle et se frappe avec une baguette coudée).Les balafons (xylophone de bois aux sons amplifiés par des gourdes), le bara (calebasse recouverte de peau de chèvre) et le doumdou’ba (le tambour «basse») assurent la régularité du métronome.Une flûte et un sokou (petit violon africain) suivent la mélodie des voix.Le disque est empreint de toutes les traditions encore vivantes en Afrique de l’Ouest, à ce titre, il est peut-être moins accessible à ceux qui ne sont pas familiers avec ses mélodies.à moins qu’ils ne laissent aller leur corps à la rencontre du rythme.Pascale Poiüoreau 26 juin au 14 Août LES CONCESSIONNAIRES DE R mcircel Pagnoi DU GRAND MONTREAL PRESENTENT MISE EN SCENE d&nise LIATRAULT «Le spectade de l’année.Des acteurs superbes.Pagnol et Filiatrault une oeuvre majeure de rire et d'émotion.» L'honorable Marcel Masse «Macha Limonchik est vibrante,passionnée, sensible, jean Peb'tderc compose un Marius à (leur de peau.Les fortes natures d'Arlette Sanders et de Lénie Scoffié éclatent littéralement sur scène.Georges Carrère incame Escartefigue avec saveur.Légères et profondes, tendres et délicieuses, les deux comédies dramatiques de Pagnol se révèlent des oeuvres populaires dans le meilleur sens du terme.Un régal.» Marie Labrecque, Voir «L'oeuvre a triomphé.l'oeuvre immortelle.on rit, on pleure, on applaudit.on sort avec des mercis plein le coeur.» Paul Toulanl, Radio-Canada «Une leçon d'écriture.Faites-vous un devoir d'y aller, c'est vraiment un bijou.» Daniel Lemire «Le personnage de César relevé de manière éblouissante par Roger joubert Merci à Denise Filiatrault Elle a réussi à nous amuser et à nous émouvoir.Le monde de Pagnol c'est poétique, c'est charmant, c'est aussi profond et chaque réplique est tout à fait savoureuse.Elle a vraiment réussi.» Valérie Lelarle, Salut Bonjour, TVA «Sans aucun doute le succès de la saison.mon préféré Roger joubert, attendrissant et irrésistible.on rit on pleure.» Télévision Quatre Saisons «C'est beau! beau!.Limonchik est une excellente Fanny.Roger |oubert est tellement émouvant.le public s'est déchaîné pour accorder une ovation méritée.» Carmen Montessuil, tournai de Montréal «Roger joubert est formidable: il prend les applaudissements en pleine figure., Des pièces comme ça font du bien.Pagnol c'est du gâteau.» Doris Synnett, TVA rater- JEAN PETITCLERC MACHA LIMONCHIK ROGER JOUBERT IRANÇOIS CARTIER ARLETTE SANDERS MARCEL GIRARD GEORGES CARRÈRE YVAN BENOIT FRANCIS BERGONZAT décors ANDRÉ BARBE costumes FRANÇOIS BARBEAB éclairage, CLAUDE ACCOLAS musique FRANCOIS SASSEVILLE « Réservations: 790-1111 • Renseignements: 849-4211 ^ À L'AFFICHE JUSQU'AU 14 AOÛT XU THÉÂTRE ST-DENIS 2 ¦ 20H30 SELON LA DISPONIBILITÉ DES PLACES, BILLETS À MOITIÉ PRIX, 30 MINUTES AVANT LE LEVER DU RIDEAU, AUX GUICHETS DU THÉÂTRE ST-DENIS SEULEMENT.FESTIVAL Bell Juste pour p/pe MONTRÉAL J® Air Canada 1 nil>len aux bureaux «lu i )ev«»ir.LE c£33rnD ClNMIUtOOfON WARNtH BROS sont heureux d'inviter 200 personnes à la première du film i »•« ruauc'ii humn IIMMIM Cl»»W*C«"0*l un film de AGNIESZKA HOLLAND JARDIN ECRET version française de THE SECRET GARDEN le jeudi 12 août au cinéma Berri (1280, rue St-Denis) à 19h - Remplissez le coupon et retournez-le à l'adresse Indiquée avant le 4 août.- Le tirage aura lieu le 5 août à midi et 100 gagnants recevront une invitation valable pour 2 personnes par la poste.- la valeur des prix est de 1225$ - Fac-similés du coupon laits à la main acceptés.- Règlements du concours disponibles chez Cinéplex Odéon.CONCOURS LE JARDIN SECRET Cinéplex Odéon 2388 Beaubien est Montréal, Qc H2G 1N2 NOM____ ADRESSE TÉL.fiour) _____________(soir)________ irlère d'écrire lisiblement APP.ÂGE MARIE LAURIER LE DEVOIR C*est dans les églises, comme il avait commencé modestement il y a quinze ans que le Festival international de Lanaudière terminera sa saison estivale.Par des récitals de deux grands artistes, l’un connu pour être venu à plusieurs reprises, le violoniste soviétique naturalisé américain Shlomo Mintz, l’autre, le pianiste d’origine également soviétique, Anatol Ugosrki qui fait ses débuts ici et qui nous arrive précédé d’une grande renommée.Il jouera lundi à 20 h à l’église de Lavaltrie (autoroute 40, sortie 122) les célèbres Variations Diabelli de Beethoven, Le Traquet Stapazin de Messiaen et Wanderer-Fantaisie en do majeur de Schubert.Sholmo Mintz, accompagné au piano par Itamar Gohan, sera à l'église de Ville des Laurentides (jonction des routes 337 et 158) le mardi 3 août pour interpréter des oeuvres de Mozart et Beethoven ainsi que la 2e Sonate en ré mineur op.121 de Schumann.Trois Grands Prix du Disque Né à Moscou en 1957, Shlomo Mintz a commencé scs études en Israël avec Ilona Feh,er et en 1974 il venait s’établir aux Etats-Unis où l’année précédente il avait fait ses débuts au Carnegie Hall.Il fut encouragé par Isaac Stern et par ses professeurs du Julliard School de new York.En 1976, il commençait à faire la conquête des plus grandes scènes d’Europe et en 1980 on le retrouva au Festival de Salzbourg.Sa discographie est impressionnante et à trois reprises il remporta le Grand Prix du Disque.En 1992, il enregistrait les concertos pour violon de Vivaldi avec l’Orchestre de chambre d’Israël au double titre de chef de cet ensemble et de soliste.Déjà deux albums sont ORFORD (819) 843-3981 1-800-567-6155 ACTIVITÉ BÉNÉFICE CENTRE D’ARTS ORFORD Gagner un magnifique piano YAMAHA (6 pieds) valeur: 18 000.$ ' Tirage le 9 octobre 1993 i$\ Centre «lArts Orford Prix du billet: 5.$ — livret 12 billets: 50.$ J’aimerais recevoir.billets X 5.$=.livrets X 50.$=.Nom.Adresse.Ville.Code postal.Téléphone.?Carte de crédit.Exp.il Chèque ou mandat poste à l’ordre du Centre d’Arts Orford Signature.Retourner à: Centre d’Arts Orford/Tirage C.P.280, Magog (Québec) J1X 3W8 Permis noR L.C Q 19698-93 sur le marché (étiquette Music Masters Classics) et le troisièeme devrait l’être en septembre.Anatol Ugorski est né en URSS en 1942 dans une famille de modeste condition.A six ans, il est admis au Conservatoire de Leningrad d’où il sort en 1965.Dès 1962 cependant, il se produit en concert dans différentes villes soviétgiques.On le décrit comme un grand défenseur de la musique du XXe siècle, ayant initié le public de son pays aux oeuvres de Schonberg, Berg, Boulez et Messiaen, tout en ne négligeant pas la création des oeuvres de ses compatriotes.De 1982 è 1990, Anatol Ugorski enseigne au Conservatoire de Leningrad jusqu’au moment où des problèmes d’ordre politique l'obligent a s’exiler en Allemagne.(Carol Bergeron traite de la discographie de ce grand artiste dans l’article ci-contre).Ainsi les deux responsables de la programmation du Festival international de Lanaudière, le fondateur Fernand Lindsay et son adjointe Lmise Forand-Samson auront réussi encore cet été à innover en attirant à Juliette des artistes de grande réputation.On se souvient avec émotion des performances de l’ensemble italien L’Europa Galante qui a interprété de façon sublime les Saisons de Vivaldi par une soirée parfaite à l’amphithéâtre de Lanaudière.L’heure des bilans On ne peut aussi qu’applaudir le retour en force de l’Orchestre symphonique de Montréal el de son chef Charles Dutoit qui terminent ce soir la série des concerts dans l’amphi-téâtre, une cinquième présence de l'OSM dans un lieu destiné peut-être un de ces jours à devenir la résidence d’été de notre orchestre, comme c’est le cas à Tanglewood pour l’orchestre de Boston el Saratoga pour celui de Philadelphie.Les récitals dans les différentes églises de la région joliettaine ont également accueillis le gambiste Jor-di Saval, la violoniste Angèle Du-beau, l’étoile montante de la guitare, Rémi Boucher.Une série fort appréciée du public qui a commencé à la cathérale de Juliette avec la venue du Choeur Philharmonique de Prague.Il faut noter aussi parmi de-nouvelles habitudes de partenarijit la participation de l’Opéra de Montréal et de son directeur Bernard Uzan, ainsi que cette soirée époustouflante et quasi suréaliste des seize; pianistes qui ont interprété en simultané et en groupes de trois à huit des oeuvres écrites ou transcrites bour plusieurs inlruments.I-c lout sous la direction de David Owen Norris.Une expérience qui devrait être renouvelée assurément.Déjà la direction du festival prépare la programmation de l’été'pro-chain sans oublier toutefois deïaire le bilan de celui que nous venoijs de vivre, en comptant le nombrje de spectateurs.et les sous! 86 I.E H E V (MR.L E S S A M E I) I Al .1 U I L I- E T E T I) I M A X (' Il E I A (I T T I il il A C K ?LE DEVOIR ?-1 IS 7 LIVRE S ¦mmiftKBt ERICK, L’AMÉRIQUE Marc Degryse, Québec/Amérique, 1993 383 pages.LA REVANCHE DES HOMMES LA DEFAITE DES FEMMES V I T I! I N E .1 E 11 N E S S E Mémoires d’un deux roues UH FANTOME À BICYCLETTE Gilles Gagnon Illustré par Doris Burette Héritage, coll.Libellule, pour les 7/10 ans Une bicyclette qui file toute seule sur la route, sans conducteur, c’est inhabituel, inquiétant, et à coup sûr, source d’ennuis.C’est ce que nous apprendra la bicyclette qui raconte elle-même ses mésaventures.Les illustrations abondantes et soignées sauvent ce texte un peu puéril et cucul.Par contre, on a pris soin de rendre explicite le retour dans le temps et de marquer d’une calligraphie particulière le témoignage de la bicyclette (à la première personne), et le récit à la troisième personne, ce qui facilite grandement la lecture pour des débutants.?PIERRE SALI) U CCI Markus (diminutif Mk) quitte le Québec où il est installé depuis plusieurs années pour se rendre à New York où il a rendez-vous avec son ami Erick.Mais attention, Erick n’est pas n’importe qui.C’est l’Ami par excellence, avec un grand A, celui qu’on rencontre à 20 ans et qui vous marque pour la vie, celui qui sert à la fois de père, de frère, d’initiateur et avec lequel on partage les premiers émois culturels comme amoureux.Seulement voilà, s’il est un ami de toujours, Erick est aussi un ami fantôme qui, entré dans la vie de Markus dans les années soixante, a disparu aussitôt, ne donnant que quelques rares signes de vie au cours des ans, s’éclipsant chaque fois qu’on pense le tenir, pour finalement réapparaître tout à coup, vingt ans plus tard à New York.C’est là, dans ses grandes lignes, le cadre de Erick, l’Amérique , premier roman de Marc (Markus?) Degryse, professeur de français à Laval, auteur de toute sorte d’écrits non publiés et même vidéaste.Arrivé en avance à New York, Markus va reconstituer le trajet émotif et géographique de son amitié avec Erick.Erick , I'Amérique est donc un long parcours rétroactif, entrecoupé des commentaires que fait le narrateur vingt ans plus tard sur sa propre histoire et sur la ville de New York qui devient à la fois le lieu où surgissent les souvenirs et celui où la mémoire va se confronter à la réalité des retrouvailles.On assistera ainsi à la lente évolution de Markus qui finira par percevoir peu à peu le décalage qui s’est instauré entre Erick et lui, jusqu’à acquérir face à cette amitié une sorte de sérénité proche de l’indifférence.Erick, l'Amérique est divisé en deux longues parties égales correspondant aux deux pôles sur lesquels s’est bâti le parcours de Markus: l’Allemagne et le Mexique.La partie consacrée à l’Allemagne nous fait pénétrer dans un climat très particulier et très intrigant.C’est là qu’a lieu la rencontre Erick-Markus.Echoués dans un fin fond de forêt, entourés de gens étranges, tous deux partagent rêves et projets, sur fonds de conversations enflammées et de références à la culture allemande.Mais Erick, qui semble embarqué dans toutes sortes de trafics ou de complots, ne tiendra pas ses promesses de voyage avec Markus et disparaîtra à la veille du départ.Dès lors, la seconde partie du roman paraît beaucoup plus terne.En effet, lorsque des années plus tard, Markus sillonne le Mexique sur les traces d’Erick qui s’est brusquement manifesté, son ami n’est déjà plus qu’un vague prétexte qu’on poursuit presque pour le simple plaisir de la quête.Le roman souffre beaucoup de cette absence d’Erick.L’évocation de la conquête du Mexique par Cortes ne parvient jamais à remplacer le grouillement idéologique de la première partie.De plus, les nouveaux personnages rencontrés par Markus semblent tous sans intérêt, moins bien incarnés, moins vivants que ceux de la période allemande.Malgré la lassitude qu’on éprouve à courir ainsi après un fantôme, Erick l'Amérique reste un roman d’une grande envergure comme il s’en écrit peu, véritable périple intérieur et extérieur, mené d’une plume assurée, que l’auteur parsème de belles réflexions, sincères et réfléchies, ainsi que de références nombreuses.Malheureusement, bien que le personnage d’Erick présente la personnalité la plus complexe et la plus intrigante sur le plan romanesque, Erick, l'Amérique s’avère bien plus le livre de Markus que celui d’Erick, ce qui suscite une sorte de frustration.En fait.Marc Degryse aurait très certainement gagné à ne pas laisser le personnage d’Erick se diluer dans une prose parfois trop fournie, à rendre ses activités plus claires et à dénouer un peu plus le mystère qui l’entoure.Ne serait-ce que pour mieux faire comprendre la désillusion finale de Markus.JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR L'INCROYABLE DESTINÉE Marie Décary Im courte échelle, coll.Roman +.pour les 13 ans et plus BACKLASH LA GUERRE FROIDE CONTRE LES FEMMES Susan Faludi, Des femmes, 572 pages.Aux Etats-Unis, le livre Backlash a propulsé son auteure, la jeune journaliste Susan Faludi, aux rangs de nouvelle vedette du féminisme, aux côtés d’une valeur établie comme Gloria Steinem, en opposition à une autre star, de l’anti-féminisme cette fois, Camille Paglia.En démontrant en 500 pages bien remplies que les avancées des femmes venaient buter sur de multiples et bien insidieuses tentatives de les remettre à leur place, Susan Faludi tombait pile.Et depuis deux ans, Backlash fait des vagues et caracole en tête des best-sellers.C’est maintenant à notre tour de profiter du phénomène, puisque les Editions des Femmes, en France, en ont publié la traduction française au printemps.Et si l’intérêt d’un livre se mesure à l’envie d’en débattre et à la réflexion qu’il suscite, Backlash est une grande réussite et un livre qui, dans les annales du féminisme, mérite de faire sa marque.Les femmes se croyaient donc parties sur une belle lancée, faisant de grands pas, multipliant les premières, et entendant répéter sur tous les tons que vraiment, elles n’avaient pas à se plaindre puisqu’elles ont tout et quelles sont partout.Beau discours, rétorque Faludi.Mais ce n’est là que discours.Parce que dans la vraie vie, tout est mis en oeuvre pour convaincre les femmes qu’au fond, elles étaient bien mieux à la maison et qu’une dynamique-céli-bataire-à-l’intéressante-carrière n’est en fait qu’une pauvre femme «belle, intelligente mais seule» — pour reprendre le titre d’un autre best-seller.Ces propos d’arrière-garde forment aujourd’hui — de façon ouverte ou sournoise — le discours à la mode en Amérique du Nord, selon Susan Faludi.Les statistiques, la publicité, les personnages de films, les livres et les séries télévisées qui ont du succès, les reculs des femmes en politique, au travail, dans les médias, la popularité des discours de néo-conservateurs comme Allan Bloom, ou de féministes repenties, comme Betty Friedan., en sont la démonstration quotidienne et constante.Susan Faludi s’emploie, de façon convaincante, à dé- monter la mécanique de ce système d’exclusion.Elle remonte à l’origine de certaines données — celle notamment qui clame qu’une célibataire de 40 ans risque plus de rencontrer un terroriste qu’un futur mari — pour en prouver toute la fausseté.Elle retrace aussi les distorsions d’un film comme Fatal Attraction qui s'acharne contre le personnage de la célibataire, jouée par Glenn Close, alors qu’au départ c’était elle la victime d’un époux qui s’éclipsait après sa petite aventure.L’intérêt du livre redouble lorsque Susan Faludi fait valoir que l’actuel retour du balancier se compare tout à fait à celui qui, depuis cent ans, a suivi chaque avancée des femmes — l’obtention du droit de vote au début du siècle, la mode garçonne et la popularité du travail féminin dans les années 20, ou le travail en usine pendant la Deuxième Guerre mondiale.Elle cite à cet égard des conseils qui étaient adressés aux femmes dès l’ère victorienne et qui ont les mêmes accents de malheur que ceux des magazines féminins d’aujourd’hui: le féminisme éloigne les hommes et détruit vos vies, disait-on déjà à l’époque.Tous ces faits sont troublants, brillamment démontrés — particulièrement les portraits qui sont d’une exquise férocité.L’analyse qui s’en suit est impitoyable et provocante, assez dérangeante pour qu’on ait envie de lancer un sceptique: quand même, elle exagère! Après tout, nous disons-nous, Susan Faludi décrit une Amérique républicaine qui n’a plus cours, et les excès qu’elle dénonce, notamment le discours des intégristes de droite et la violence des campagnes anti-avortement, n’ont pas leur pendant ici.On se dit aussi qu’il est possible, aux Etats-Unis même, de trouver d’autres exemples favorables aux femmes.Comme le succès du film llielma et Louise ou de la série télévisée Murphy Brown, pour laquelle l’ex-vice-président américain Dan Quayle s’est ridiculisé.Et on se répète que les filles n’ont jamais été aussi instruites, autant en mesure de contrôler leurs maternités, si indépendantes financièrement Mais il suffit de gratter la surface des choses pour savoir qu’ici aussi, les critiques ne manquent pas envers ces femmes qui en veulent trop.Une célèbre journaliste québécoise ne vient-elle pas, précisément, de signer un essai sur le sujet?PHOTO JAMES D.WILSON Le best-sellér de Susan Faludi fait ravage au États-Unis.La très belle Destinée Larue, noire comme une panthère, est choisie comme mascotte pour représenter la D.I.E.U.Grâce à sa capacité de se transformer en chatte, elle cherche à échapper à l’absolue mainmise de la compagnie.David, subjugué par son regard, la cherche.Scénario fantaisiste au ton léger, farfelu.L’histoire semble à la remorque des mots et jeux de mots qui abondent.Ça traîne.Beaucoup d’éléments accessoires à l’histoire qui est, finalement très mince et ni très claire, ni très bien écrite.?LES GRIFFES DE LA PLEINE LUNE Bertrand Gauthier Im courte échelle, coll.Roman Jeunesse, pour les 9/12 ans Mélanie Lapierre reçoit une lettre de Fabien Tranchant, le mort-vivant grâce à qui elle avait pu s’échapper du cimetière (Panique au cimetière).Malgré ses conseils, elle décide d'affronter le comité des Griffes de la mort pour le sauver.Le scénario est dilué, l’écriture regorge de clichés.Du matériel de mauvais film d’horreur traité à la légère et soumis à une logique douteuse.Gisèle Desroches LIBRAIRIE HERMES i- annee 1 120, ave.laurier ouest outremont, montréal tel.: 274-3669 télec.: 27-1-3660 Tous LES LUNDIS A 20 HEURES Animateur: CASTON L'HEUREUX 2 AOÛT POÉSIE JEAN-PAUL DAOUST, JEAN PETITCLERC comwiwiUtée en partie par Le Flambant 5e anniversaire du festival de TROIS .3 Cale n d r i e r 9 AOÛT «L'EMPIRE DES FUTURES STARS» 1ère partie — LINDA LUMA Y, auteure-eompositeure-interprète 2eme partie — DP.NISE DESAUTELS, LOUISE DUPRE.ANNE-MARIE ALONZO Louise Poirier, guitariste — Satan Vau Wagner, violoniste commanditée en partie par «Le Noroit- 16 AOÛT CINÉMA Films de MIREILLE DANSEREAU.SUZANNE.GUY, ESTHER VAl IQUETTE, DOROTHY TODD HENAirr.Chansons de FRANCE.CASTEL et GERMAINE DUGAS Violaine Corradi, pianiste Conception et mise en place — Marie-tan Seille commanditée par les amie-s/mécènes da Festival 23 AOÛT HOMMAGE .4 Marguerite Duras FRANÇOISE FAUCHER.IF.AN MARCHAND commanditée par Les Productions A.MA.Tous les lundis de juillet et août à 20 heures: Réservations: (514) 662-4442 Prix d'entrée: 13,50$ taxes inc.Lieu: Maison des Arts de Laval 1395, boni, de la Concorde ouest, Laval Autobus Laval Henri-Bourassa #35, #40, #42 Renseignements: (514) 522-0946 Bell Mobilité Pagette iLA&ik srs. J II i I.I.E T M A N C II E LIVRES ESSAIS QUÉBÉCOIS La disparition Les «belles-lettres» sont-elles une espèce culturelle en voie de d’extinction?IA LITTÉRATURE AU CÉGEP, 1968-1978 (LE STATUT DE LA LITTÉRATURE DANS L'ENSEIGNEMENT COLLÉGIAL) Joseph Melançon, et ai, Nuit Blanche, 419 pages.LETTRES ET TECHNÉ (INFORMATIQUE, INSTRUMENTATIONS, MÉTHODES El THÉORIES DANS LE DOMAINE LITTÉRAIRE) Pierre Laurette, Balzac, coll.«L’univers des discours», 262pages.La plupart des gens de lettres connaissent La disparition au moins de réputation, ce roman de Georges Perec écrit sans utiliser la lettre «e» (de loin la plus fréquente dans l’alphabet français).Invisible pour le lecteur inattentif, cette absence est pourtant capitale dans le jeu de l’écriture.Pour le commun des mortels, la disparition de ce que la culture humaniste appelle traditionnellement les belles-lettres peut procéder d’un semblable trompe-l’œil.Car, malgré l’écrivain, le critique, le professeur qui en font leur raison d’être de même que leur gagne-pain, la littérature n’est plus ce qu’elle était, n’a plus de fin en soi, n’est plus le discours autonome et privilégié sur le monde qu’elle a de tout temps prétendu être?Faut-il s’en plaindre ou s’en réjouir?Peut-être ni l’un ni l’autre.Figurativement vôtre.La littérature au cégep est une étude du statut de la littérature durant la première décennie d’existence des collèges d’enseignement général et professionnel.Maillon singulier de la chaîne scolaire québécoise, fleuron pour les uns, brimborion pour les autres, le cégep se distingue par l’obligation faite aux étudiants de toutes les orientations de suivre des cours communs de français et de philosophie.Cette obligation distinctive est de plus en plus remise en question et les récentes décisions de la ministre Robillard ont constitué des pas de plus dans cette direction.En appelant cours de français ce qui était en principe un cours de littérature, la réforme de 1967 avait déjà institué une ambiguïté qui ne frit jamais véritablement levée.C’est ce que rappellent les auteurs de cet ouvrage paru chez Nuit blanche, qui sont associés au Centre de recherche en littérature québécoise (CRELIQ) de l’Université Laval.ROBERT Les profs d’aujourd’hui se plaignent de devoir enseigner la langue plutôt que la littérature.L’examen des plans de cours qui forment le corpus principal de cette étude (où sont aussi examinés des documents provenant d’instances gouvernementales et syndicales) montre que très tôt la notion même de littérature subissait quelques détournements de sens.La priorité donnée à la littérature québécoise et l'abandon des manuels d’histoire littéraire et de l’enseignement par siècles au profit de l’enseignement par genres sont deux des phénomènes qui indiquent un changement de statut de la littérature.D’objet esthétique doué d’une valeur intrinsèque, l’œuvre littéraire était devenue un signe d’identité culturelle ou nationale.La littérarité cédait la place à la figurativité.Au plan pédagogique, l'attention est alors passée de l’objet enseigné (la littérature) au sujet de l’enseignement (l'étudiant), et aux dissertations et explications de texte (activité privilégiée de l’époque des collèges classiques) se sont substituées des activités dites de production comme des rapports de lecture, des dossiers, des plans de composition.Bref, lisez et surtout écrivez, il en restera toujours quelque chose.Aux gens de l’intérieur, aux profs de français (dont je suis, variété «précaire»), cette étude essentiellement descriptive confirmera bon nombre d’impressions personnelles dont la moindre n’est pas que la littérature comme telle n’est plus ensei-gnable au cégep, si elle l’a déjà été.Les raisons sont évidemment multiples: la démocratisation de l’éducation, l’abaissement des exigences aux niveaux inférieurs, l’absence (ou la disparition.) d’un plan pédagogique d’ensemble cohérent et stimulant en sont quelques-unes.Aux gens de l’extérieur, elle donnera un bon aperçu des changements et des ambiguïtés qui ont accompagné le volet scolaire de la Révolution tranquille.Une discipline «indisciplinaire» Prise et comprise dans la chaîne des discours et des réalités qui nous éduquent, la littérature est sensible à l’évolution technologique et, plus spécialement, aux développements de l’informatique.11 serait utopique de croire que la recherche universitaire, par exemple, n’est pas refaçonnée en partie par l’ordinateur quand on sait que pratiquement tous les professeurs ont un ordinateur personnel, utilisent des programmes spécialisés, font partie d’un groupe de recherche ou d’un centre grâce auquel ils bénéficient d’un équipement informatique sophistiqué.La recherche de pointe, pilier désormais majeur de la carrière universitaire (parce qu’elle attire les subventions les plus généreuses), sera informatisée ou ne sera pas.Pour Pierre Laurette la recherche littéraire trouve donc son point d’ancrage contemporain entre Lettres et Technè.Même si cet ouvrage — assez technique par moment — n’est pas à proprement parler apologétique, l’«informatique littéraire» (la recherche littéraire assistée par ordinateur) y trouve un écho très favorable au point de devenir, selon l’auteur, la discipline de l’avenir, une discipline tellement pluridisciplinaire qu’elle en devient indisciplinaire.Ce n’est pas le lieu ici de discuter les tenants et les aboutissants de cette «sémiotronique».Je retiens toutefois le postulat de base de M.Laurette qui veut que nous sommes entrés dans une nouvelle ère littéraire où la matérialité même de l’écrit, pourtant fondamentale depuis Gutenberg, s’évanouit à coups de modems, de disques laser à grande mémoire, de vidéo-texte et de télé-texte.L’œuvre littéraire telle que nous l’avons connue sur les bancs d’école en compagnie de Lagarde et Mi-cliard et sous la férule de nos maîtres est disparue.C 0 U R R I E R Lili.putien Madame Gulliver, Votre sortie du 24 juillet dernier, contre-attaquant la critique de Francine Bordeleau à l’endroit du troisième volet de votre série «Répertoire de bi-sounes» (disons quéquettes, pour ne pas vexer les puristes froissés par le Robert québécois), a certes attiré mon attention, «par ces temps merdiques où trop peu d’auteur-e-s osent rétorquer aux dieux de la critique en pleins médias.Bravo: vous avez, com- Kf- ' L'Anse-Pleureuse Claudie Stanké Roman fragile et mélancolique, L'Anse-Pleureuse laisse couler entre ses Eages la pénétrante musique de i solitude.Collection L'Arbre 130 pages / 16,95 $ Silence, on coupe! Luc Lussier “crit d'une seule haleine, - dans un style aussi cru ¦ que ce qu'il a à dire, ce roman, qui révèle les dessous du milieu du cinéma québécois, saura en amuser ou en agacer plus d'un ! Collection L'Arbre 116 pages / 14,95 $ Farida Naïm Kattan Nairn Nattaii SILENCE.OH COUPE! Farida, femme, juive et chanteuse, lutte pour sa survie et pour sa liberté dans une société archaïque bouleversée, celle de l'Irak de 1936, sur laquelle plane l'ombre inquétante de la guerre.Collection L'Arbre 196 pages / 21,50 $ En vente chez votre libraire HUBlUtlSt me votre héros, de solides couilles.Que vous vous amusiez à dresser l'inventaire phallique mondial sous forme de «romans», grand bien fasse à vos lecteurs «de gare», et qu'ils se branlent humide et chaud en attendant leur train.Grand bien fasse également à votre éditeur, qui, ne le nions pas, a su flairer une bonne affaire en signant un coûtrat de cinq tomes avec vous.Voilà, de la part de la grande maison de la petite littérature, une contribution appréciable aux banques de sperme du monde francophone.Le succès commercial de vos romans n’en demeure pas moins représentatif d’un certain lectorat avide d’étourdissement en attendant que s’accomplisse par magie leur devenir national.Entre deux festivals juste pour rire, pourquoi pas un petit Gulliver juste pour jouir?C’est sans doute ce que sous-entendait la critique de madame Bordeleau, entre autres.On peut difficilement évoquer un succès de librairie sans porter un jugement sur le lectorat preneur.Remarquez bien que je ne me porte pas à la rescousse de votre tortionnaire: dieu sait que Francine Bordeleau n’a besoin de personne pour la défendre.Qui plus est, nous nous sommes, elle et moi, copieusement garroché des cailloux dans le numéro d’hiver de Lettres québécoises.C’est vous dire mon désintéressement dans cette affaire.Ce qui me dérange dans votre lettre, c’est son côté «greluche revancharde».Madame Bordeleau, si je me souviens bien, avait parlé dans sa critique de votre texte, et de votre texte uniquement.Que je sache, elle ne vous a pas traitée de nymphomane.Votre réponse à vous sent l’attaque personnelle un peu fort.Vous faites allusion à sa «masturbation (.) plutôt intellectuelle»; vous parlez des «critiques acerbes de certaines frustrées».Ce faisant, vous jouez le jeu de certains petits critiques méprisants qui parfois s’en prennent à l’auteur autant qu’à sa création.C’est vilain, ma jolie; c’est petit, pour ne pas dire lilliputien: un.coup en bas de la ceinture, si je puis qualifier la chose dans un lexique rattaché à une activité humaine qui semble fortement inspirer vos créations littéraires.Au fond, que savez-vous exactement de la vie sexuelle de madame Bordeleau?Cela dit, je vous salue, vous et votre éditeur, au niveau de votre centre d’intérêt, c’est à dire bien bas.Gabrielle Gourdeau DU SALPÊTRE DANS LE GRUAU Souvenirs d’escadrille 1939-1945 Gabriel Taschereau L’ETE EN HISTOIRE AU SEPTENTRION VOYAGE AU LEVANT De Lawrence d’Arabie à René Lévesque Michel Lemieux DU SMP^RE dans l£ 6RUW voEmyS 546 Pa&cs 27,50 S }84 pafccs 20 S m i\ •t'ih PaRc «S ECRITS SUR LE CANADA FRANÇAIS Mémoires, journal, lettres de Bougainville Roland Lamontagne JEAN GIRARD Musicien en Nouvelle-France 1696-1765 Elizabeth Gallat-Morin patT 27,50 5 l es éditions du Septentrion lîOO^iv^J^a^une^Jîiller^CQuébccICiJ^L^ P A R C 0 U R S D’UN É C R I V A I N Carnet 47 MARIE-CLAIRE ?BLAIS C’est le peintre de la chaise rouge devant l’océan; lorsqu’elle vient à Wellfleet en automne, c’est pour peindre ses aquarelles de la fenêtre de sa chambre du côté de la baie; ces échancrures d’eau et de lumière dégradée lui plaisent parmi les collines de sable; plusieurs de ces peintres ont déjà quitté nos rives, le peintre Léonid, Francese, Henry Poor, Diana poursuit sans bruit l’exécution de ces travaux que lui confie le destin et ceux qui sont partis avant elle, elle se lève chaque jour à six heures, gravit l’escalier étroit, dans sa maison du 19e siècle vers son studio, de ce refuge dans les sévères forêts du Vermont, de Brattleboro, à plus de quatre-vingts ans, elle dessine et peint de cette main ferme qui pourrait être la main de Fra Angelico peignant une fresque dans son couvent de Fiesole.Les figures qui s’animent sous le pinceau de Diana ne sont pas celles du Christ aux outrages ou la Vierge du Couronnement, mais comme le peintre italien, elle vit et exprime l’habileté de son art dans un dépouillement monacal, tolérant si peu la modernité et ses conspirations contre le silence qu’il ne lui arrive jamais d’être spectatrice des images émises par la télévision, même pour se distraire le soir.Le matin, à son réveil, ne l’attendent plus dans la large cuisine, près du poêle à bois, Juliette, l’épagneule de Francese, et Roxane, l’autre chien à longs poils qu’elle a adopté, il lui semble pourtant que ces bêtes jadis tant aimées vont bondir vers elle dans le mouvement flou de leurs pattes levées dans un saut de joie, et quelle leur ouvrira la porte pour les regarder courir dans la neige, mais lorsqu’elle se lève, elle ne voit que l’aube neigeuse et des forêts à perte de vue, c’est déjà l’heure de se mettre au travail, pense-t-elle en buvant son café, devant ce paysage têtu dont elle devra aviver la lumière, même si cette lumière est longtemps terne en cette saison sans couleur.Aucune voix, aucun jappement de chiens, dans la cuisine ancienne; Diana écoute les premières nouvelles du jour à la radio, elle aimerait être sourde aux échos sinistres qu’elle entend mais la rumeur du monde ne cessera jamais de gronder, pense-t-elle, rien n’a vraiment changé depuis ce temps de la Seconde Guerre mondiale, lorsque fuyant cette ère de persécutions, de malheurs, elle survivait avec Francese, dans un village de Vence, en faisant un élevage de lapins.Chacun n’est pas plus à l’abri dans le monde qu’elle ne l’était autrefois dans les Alpes maritimes craignant toujours quelque traîtrise, mais il y eut un jour à Vence une chapelle conçue et décorée par Matisse; qui eût cru en ce miracle après l’hitlérisme qui avait envahi l’Europe, et ce miracle de l’art n’a-t-il pas prouvé sur terre sa permanence, son éternité ?On regarde toujours avec le même émerveillement les tableaux de Fierro Della Francesca, l’un de ces maîtres, avec Fra Angelico, dont Diana s’inspire, cette austérité des peintres italiens est la sienne, tout trait superflu de la plume, du crayon noir serait faux, apporterait de la lourdeur; il faut vivre ainsi, pense-t- Le studio où elle peint a les murs blancs d’une cellule.elle, avec la même rigueur, le même renoncement à toute influence qui pourrait nous détourner de la voie choisie.Le studio où elle peint a les murs blancs d’une cellule, personne n’y pénètre, aucun son discordant, non plus, aucune musique.Ce soir, elle écoutera un concerto de Mozart, ce sera après l’heure du thé qui est 4 heures, avant qu’elle ne reprenne ses tâches domestiques, couper du bois, ranger des papiers, des livres, ceux-ci sont écrits en italien en allemand, en français ou en anglais.Diana applique à ses lectures les mêmes règles d’attention, de sévère disponibilité qu’à l’horaire de sa vie, elle lit ainsi plusieurs heures par jour, le front haut au-dessus des pages du livre, sans lunettes.Lorsqu’elle reçoit des amis, ils sont polis, distingués, parfois ce sont des peintres; Laetitia, qui vient de : Capri annuellement pour voir Diana; Laetitia dont la peinture est débordante et sensuelle et c’est cette magie de contraste qui attire Diana, c’est la même lumière italienne mais une lumière de feu, la lumière volcanique des îles de la Méditerranée que peint Laetitia et dont Diana, dans la contemplation privée de la toile sur son chevalet ne garde que les tons sobres.Ainsi ce paysage de Sicile qu’elle retrouve dans son atelier, le dessin d’une maison au toit bas complètement isolée, chétive, dans le creuset des plaines où poussent le blé et les vignes, cette maison qui ressemble à Diana, dans sa vaillance fiè-re, la ferveur presque religieuse de son désir de solitude.Je connais moi aussi, depuis l’automne 1963, cet automne où l’arbre au tronc noueux a été peint, dessiné, dans tous les détails de ses branches offertes aux froidures du climat, je connais cette sollicitude de Diana envers ses amis, ceux , qui comme Laetitia, Mary} John, Franny et moi sont de passage dans cette vie recluse, je sens cettç main de Fra Angelico, de Pierre Della Francesca qui se posent sur mon ‘ épaule et puis qui se retirent aussitôt, on ne sait pas non plus me dis-je, pendant ces visites dans ces régions.aussi secrètes d’un être, ces visites toujours brèves, révérencieuses, ce qui se passe sous les traits calmes dç la Vierge Couronnée ou du Christ outragé, une étemelle dignité y repose pourtant; dans ces régions du coeur les blessures ont été guéries, consolées, la paix règne.Diana écoute ces voix qui murmur rent à la radio, ces sons qui la heurf tent la brisent, comme chaque matin, a six heures, ce sont des mûri mures dans le noir, puis viennent ces lueurs réconfortantes du matini leur réverbération rose sur la neige, il faudrait sortir les chiens mais ilç ne sont plus là; ce serait l’heure dé servir le petit déjeuner à Laetitia dans sa chambre, mais elle a dû partir plus tôt pour rejoindre son fils à Rome.Comme chaque matin, à cette heure précise, Diana monte vers son studio; l’aquarelle de Sicile est là, suite chevalet, inachevée bién que parfaite et Diana pense qu’elle n’a pas un instant à perdre, pas même l’oisiveté d’un instant, pour dépouiller, dans sa méditative exécution, le tableau de toute surabondance; enfin elle est seule, pense-t-elle entre les murs blancs de sa cellule que nul ne peut troubler.¦ I.E I) E V (I I R I.E S S A M E I) I 3 ,1 11 1 I.I.E T E T I M A N (1 II E I A 0 II T it !i B 9 RESTAURANT M1 ijyu ij) jgBi ir TET ¦m%çjnmsk (I ¦ -— •N't*» ILLUSTRATION BRUCE ROBERTS Des casse-croute «gougounes friendly» JOSÉE BLANCHETTE ?Pour ceux qui ne connaissent pas encore les El Zazziummm, ces trois points de chute très «grunge» méritent le détour.La clientèle plutôt jeune a élu domicile dans ces restaurants hauts en couleur et «gougounes friendly».Le décor vachement psychédélique échappe à toute description possible.Des rouleaux de papier hygiénique tiennent lieu de serviettes de table et le punch Lili (rhum, limette, jus d’ananas) est apporté dans des seaux de plage en plastique avec la pelle en guise de louche.L’ambiance est très «playa mexicana» (sans les tabar- nacos) et le menu mexi-californien (sans les beach bums).La guacamole, délicieuse purée d’avocats mexicaine, est servie avec nachos maison.Les tacos au poulet sont un délice servis avec fèves noires, riz et salade.Les fajitas au boeuf ou poulet sont présentés directement dans la poêle avec salsa d’accompagnement et tortillas chaudes.Quant au burger monstre californien, il se partage généralement à deux, à moins que vous ne fassiez le pari d’avoir une indigestion.Dans ce cas vous aurez une remise de 20% sur le prix! EL ZAZIUMMM 51 rue Roy est 5091 rue de Lanaudière 4525 avenue du Parc Ouvert tous les soirs sauf le lundi.«Diner» californien Ly ancien Prego de la rue St-Lau-’ rent a changé de look et de vocation.Devenu «diner» californien, il s’attire une clientèle plus jeune avec gougounes ou Birken-stock aux pieds.L’ambiance baba-cool, les pompes à bière pression, le bar omniprésent où l’on sert des cocktails avec ou sans alcool, la musique rétro et la télévision encastrée donnent le ton très vacances à l’endroit.Au menu les salades sont nombreuses, celle au boeuf mariné et à l’orange mérite qu’on s’y attarde, et les hamburgers sont légion.Hamburger de récession (qua-treonces de boeuf), hamburger vé- gétarien au tofu grillé, hamburger thaïlandais au poulet et lait de coco ne sont que quelques-uns des spécimens.Les frites sont excellentes et croustillantes, assaisonnées à la sauge moulue.Le samedi et le dimanche on y sert le brunch en pyjama.Troquez vos gougounes pour des pantoufles.AVOCADO CAFE 5142 rue Saint-Laurent tél.271-3234 Ouvert tous les jours de 11 h30 à minuit.Brunch le samedi et dimanche de lOh à 15h.Sympathique Les petits déjeuners se suivent et se ressemblent trop souvent.Chez Claudette est un casse-croû- te ultra-sympa, gentrifié par la force des choses et la fréquentation assidue des étudiants de l’École nationale de théâtre qui viennent y commencer la journée à toute heure du jour et du soir.On a remplacé le café à volonté par une machine à espresso mais on a conservé les oeufs frais de la campagne, les toasts au pain canadien, les fèves au lard et les grosses crêpes au sirop d’érable.Pour bien démarrer la journée, goûtez au jus d’orange frais pressé additionné de fraises ou d’une banane.Meilleur que du Gatorade et aussi efficace! CHEZ CLAUDETTE 351 rue Laurier est tél.279-5173 Ouvert tous les jours de 6h30 à 22h.m inn ?= sous-titré / codé CBFT (R.C.) Montreal Le Télé- J journal On aura ?tout vu! Soirée Gary Carter Baseball: Floride vs Montréal Le Télé- Q journal Cinéma: D’amour et de sang—It.78 Avec S.Lauren et M.Mastroianni r?n WCAX (CBS) Burlington News News Q Star Search Dr.Quinn, Medicine ?Woman The All-New Circus of the Stars and Side J Show XVII (Anim.: Loni Anderson et Alan Thlcke) News The Ed Sullivan Show Q fcn WPTZ(NBC) Plattsburgh News News Q Jeopardy! Q Wheel of Fortune Q Super Blooper's & J Practical Joke's Empty J Nest Nurses Q Reasonable Doubts Q News Saturday Night Live >1 CBMT(CBC) Montréal In Wildness ?Land and Sea The Ocean World of.Football: Toronto vs Saskatchewan Q The Q National The Best City Beat Country Beat Cm CFTM (TVA) Uy Montréal Cinéma: Tout va trop bien—Am.85 Avec Tom Conti et Teri Garr Cinéma: Haut les flingues—Am.84 Avec Clint Eastwood et Burt Reynolds Miami Le TVA, éd.réseau Q TVA sports et loterie Ciné-Lune raj CFCF(CTV) Montréal News J Québec Country 93 Star Trek: Q The Next Generation Katts and Dog J Bordertown ?Counterstrike J The Commish Q News, Lottery Q Cinéma 12 CT« TV5 (Télé UH Francophones Autant savoir Dossiers justice Journal de F1 J Vision 5 Thalassa À communiquer Le cercle de minuit (22h15) Espace francophone Journal télé-suisse r-p7i civmir.-q.) ULlJ Montreal Passe- Partout Ramp-Arts National Geographic Le tiroir secret (5e/6) Cinéma: L'express du Colonel von Ryan J Am.65—Avec Frank Sinatra et Trevor Howard Cinéma: Les noces barbares Q Bel.87—Avec T.Frémont io> tKwÉfhpr*b*klyInn#c
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