Le devoir, 8 juillet 1993, Page(s) complémentaire(s)
y FONDE 19 10 ?M 0 N T H É A I.I.K ,1 K [' l> I S .1 II I I.I.K T I !> !) 3 (i 5 c + T I’ S + T V Q / T o r o n I o 8 5 c PERSPECTIVES La justice en question Orienté sur le changement, le rapport sur les femmes et la justice remet tout en question Josée Boileau Chicanes constitutionnelles obligent, le Québec n’a pas participé au groupe de travail fé-déral-provincial sur les femmes et la justice, dont le rapport a été rendu public en début de semaine.Mais le Québec n’est pas exempt, loin s’en faut, de toutes critiques en la matière.Plusieurs des observations du rapport fédéral avaient déjà été soulevées au Sommet de la justice organisé par le gouvernement du Québec l’an dernier.La magistrature, le Barreau du Québec, la Chambre des notaires, des groupes féministes avaient alors unanimement pointé le doigt sur les préjugés sexistes qui existent encore dans le système judiciaire, regretté le petit nombre de femmes juges, la nécessité de la sensibilisation à la violence conjugale, etc.Le Sommet avait été l’occasion de délibérations sérieuses qui n’étaient plus confinées aux stricts cercles juridiques ou féministes.Il avait débouché sur deux engagements du ministre de la Justice Gil Rémillard: la création d’un comité de travail sur le sexisme et un autre sur l’accès des femmes à la magistrature.Un an et demi plus tard, où en est-on?Pas très loin, constatent les groupes de femmes en choeur, en notant que rien n’a bougé.Il semble plutôt qu’elles n’ont guère été informées du suivi des engagements.Car au bureau du ministre Rémillard hier, on expliquait que le comité sur les femmes et la magistrature, formé de représentants du ministère, de la magistrature et du Barreau, avait été mis sur pied et qu’il remettrait son rapport en août.Quant au comité de travail sur le sexisme, au point mort encore en juin, on est justement à le former, ajou-tait-on hier.Le recrutement des membres vient de débuter et son mandat reste à préciser.Tant mieux, a-t-on lancé dans les groupes de femmes en apprenant la nouvelle.Mais le fond de leur analyse demeure: on ne sent pas du tout que la condition féminine est une priorité au ministère.«M.Rémillard est très “vaseline”, très hésitant quand il s’agit de passer à des engagements concrets.La magistrature elle-même est plus ouverte que le ministre», notait ainsi Diane Lemieux, porte-parole des CALACS (Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère «Le vrai sexue»- Certes la société québécoise, et problème son ministre de la Jusdce, ne manque F .’ pas de sensibilité sur les orincipes, c'est la fait-on valoir.Sur la question de la violence conjugale par exemple, plus pratique» personne ne remet en cause qu’elle doive faire l’objet de poursuites devant les tribunaux.«Ce principe est acquis, note Fleurette Boucher, du Regroupement provincial des maisons d’hébergement.Mais le vrai problème, c’est la pratique.Quand on se butte à des valeurs profondes, à des gens qui vous disent qu’une chicane de ménage, ça se fait à deux.Là, ce n’est plus une affaire de loi mais d'éducation.» Car au-delà du regard sympathique aux femmes, la volonté d’arriver à des changements relève souvent de la ferme intention de tout remettre en question.C’est ce que le rapport fédéral a fait en adoptant une analyse résolument féministe et en débordant largement des voeux pieux — ce qui peut expliquer d’ailleurs la note qui, dans le document, souligne que les opinions qui y sont émises sont strictement celles de leurs auteurs et non des gouvernements qu’ils représentent.L> rapport fédéral n’a donc pas hésité à faire le lien, souvent rejeté, entre pornographie et violence; à rappeler que la violence envers les femmes a souvent cours clans le cadre d’une relation intime, et qu’à ce titre, elle est bien différente des agressions subies par les hommes.Le rapport note aussi que même en droit civil, l’évaluation des dommages-intérêts sera différente si on est un homme ou une femme, un phénomène qui n’avait jamais été dénoncé jusqu’à maintenant Cette nécessité de tout remettre en question était aussi au coeur des propos de Diane Lemieux hier.«Dire aux femmes, comme l’a fait M.Rémillard au Sommet de la Justice, que s’il manque de femmes juges, elles n’ont qu’à se présenter, c’est passer à côté de la question.Si c’était si simple, on l’aurait réglé le problème! Pour être pro-femmes, il faut accepter de revoir les règles établies.» Contester les règles établies ne signifie pas ébranler tout le système.Mais accepter que les solutions ne soient pas universelles.Par exemple, que le délai d’un an pour porter plainte et obtenir la protection de la Loi sur les victimes d’actes criminels n’a aucun sens en matière d'inceste.Celui-ci se produit quand la victime est un enfant ou une adolescente, et arriver à dénoncer son propre père ou un proche demande souvent des années.Même chose dans le dossier de la violence conjugale, où seuls les antécédents judiciaires comptent pour décider d’une peine d’emprisonnement.La gravité du geste n’est absolument pas considérée.On sait maintenant que le bon citoyen public n’est pas nécessairement un homme tendre en privé: il faudrait bien que la justice, sans sacrifier aux droits des accusés, sache s’y adapter.INDEX Les Actualités.42 Idées .A7 4j§|F Agenda culturel .B7 Le Monde Annonces dussées .B5 Montréal Avis publics.„B2 Mots croisés.114 Météo Culture ,.B8 Politique .A4 Ennuagement Économie ,.A5 Société Max.28 Éditorial .Afi Les Sports .116 Détails en B6 L'ÉCONOMIE Les sept s’entendent sur le GATT PAG K A-5 » • » » « SOMMET DE TOKYO 1993 MONTRÉAL Laval tient à son métro PAGE A-3 SOCIÉTÉ Montréal jazzy : les photos de Jacques Nadeau PAGE B-1 Desjardins se paie une banque Il absorbera l’actif du groupe La Laurentienne ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR La Laurentienne se cherchait un partenaire; le Mouvement Desjardins n’en fera qu’une bouchée en fusionnant la Corporation du Groupe Li Laurentienne avec la Société financière des Caisses Desjardins.Formée à l’automne au terme d’une vérification diligente des actifs respectifs, la nouvelle société, dénommée Société financière Desjardins Laurentienne et contrôlée par Desjardins, affichera un avoir de 1 milliards et des actifs propres de 23 milliards$, chapeautant assurance-vie, assurance de dommages, services fiduciaires et valeurs mobilières.La cerise sur le sundae: grâce à cette bouchée d’une de ses filiales, le mouvement coopératif possédera sa banque capitaliste en la Banque Laurentienne.«Pour Desjardins, il s’agit d’une autre importante étape de son développement qui lui permettra, cette fois-ci, d’atteindre une stature de calibre mondial», a estimé, hier, lors d’une conférence de presse le président du Mouvement Desjardins, Claude Béland.Avec cette transaction, le mouvement Desjardins hausse son actif total à 80 milliards, devenant ainsi le cinquième groupe financier canadien.Aux côtés de M.Béland, le président et chef de la direction de la Corporation du Groupe La Laurentienne, Jacques Drouin, a fait valoir que «ce n’est pas une acquisition, c’est une mise en commun d’actifs».Précisant que les discussions avec Desjardins avaient commencé en avril sous son impulsion, M.Drouin a tenu à préciser que l’entente ne visait pas à régler les problèmes de capi- talisation de son groupe et qu’elle se présentait comme un «partenariat».Il s’agit de la plus importante transaction affectant le secteur financier au Québec depuis la fusion de la Banque Canadienne Nationale avec la Banque Provinciale il y a 15 ans.Elle porte sur la totalité de la Corporation du Groupe Li Laurentienne à l'exception de la Laurentienne Générale, la compagnie d’assurance de dommages dont le Groupe Victoire déteint déjà 50%.Hier également, Patrick Wemer, le directeur général de cet assureur français, a annoncé l’intention de Groupe Victoire, la 7e compagnie d’assurance d'Europe, d'acquérir l'autre moitié de La laurentienne Générale pour une somme encore indéterminée.VOIR PAGE A-8 : DESJARDINS \ ' i mnjr&l côtière PHOTO JACQUES NADEAU À la marina de Longueuil, port d’attache de plus de 400 bateaux, six agents de la Garde côtière sont affectés à la patrouille d’un territoire qui s’étend des rapides de Lachine jusqu’à Contrecoeur.Es reçoivent une dizaine d’appels de «détresse» par semaine.L’anarchie sur les flots bleus Certains se croient tout permis sur les lacs et rivières JEAN DION LE DEVOIR En pleine semaine, malgré la chaleur torride, c’est le calme plat sur le Saint-Laurent.Au port de plaisance de Longueuil comme à la marina de Lachine, beaucoup de bateaux sont amarrés, mais le photographe du DEVOIR désireux de croquer une embarcation naviguant doit déployer des trésors d'imagination.Pourtant, l’image est trompeuse.«Vous devriez venir le dimanche.C’est une véritable autoroute ici», souligne un plaisancier s’apprêtant à mouiller son petit voilier à la hauteur de Lachine.De fait, les sports nautiques font fureur au Québec.Selon les plus récentes estimations de la Garde côtière canadienne, pas moins de 300 000 embarcations sont enregistrées dans la province, du pédalo et de la planche à voile au cruiser pouvant atteindre 65 pieds de longueur.Les weekends de beau temps peuvent alors transformer nos lacs et rivières en vastes pistes de navigation où l’anarchie règne pour une bonne part.Pas surprenant, dans ces circonstances, que le débat sur la sécurité nautique soit relancé presque à chaque fois qu’un incident majeur survient.Ç’a été le cas cette semaine après qu’une violente collision entre deux bateaux sur la rivière des Prairies ait fait un mort, un disparu et six blessés.Pour Gaëtan Jutras, le problème reste mal posé, d’autant plus qu’il est grossi artificiellement par les médias.Propriétaire d’un bateau depuis sept ans, M.Jutras arpente chaque été, avec sa famille, le Saint-Laurent de Sorel à Lachine, poussant de temps à autre une pointe sur le lac Champlain.Pendant toutes ses années de navigation, il affirme n’avoir été témoin que d’un seul cas de conduite dangereuse sur l’eau.VOIR PAGE A-8 : L’ANARCHIE Encore l’épreuve de la langue Des Québécois sont injustement éliminés d'un concours international CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Vincent Boucher et Dave Caron ne sauront jamais s’ils auraient pu participer aux Olympiades internationales de chimie qui se déroulent en Italie à compter de dimanche.Ces deux étudiants francophones, «bolles ès sciences» de Québec, ont dû subir plusieurs laboratoires et examens en anglais lors du camp de sélection des quatre représentants du Canada à cette épreuve d’envergure internationale.Cette semaine, le commissaire aux langues officielles du Canada, Victor Goldbloom, a dénoncé le sort qui leur avait été réservé à cette occasion.Dénonçant ce qu’il n’hésite pas appeler une «discrimination linguistique», le commissaire Goldbloom a recommandé fortement au responsable de la sélection des participants, le Centre de recheches en sciences naturelles et en génie (CNRSG), de leur faire reprendre l’épreuve de sélection.D’abord heureux de cette décision, Vincent Boucher et Dave Caron ont vite déchanté.Ils ne seront pas réévalués cette année, a fait savoir cette semaine Peter Morand, le président du CNRSG, organisme fédéral, qui commanditait la sélection des meilleurs étudiants de niveau collégial en chimie au Canada.Vincent Boucher, 19 ans, jusqu’à hier confiant de se classer finaliste s’il subissait toutes les épreuves de sélection dans sa langue maternelle, devra donc rester chez lui.La décision du CNRSG, rendue publique cette semaine, va directement à l’encontre des corrections à la sélection VOIR PAGE A-8 : ÉPREUVE Portrait de groupe avec petits drames Comment peut-on vivre en anglais et en Estrie aujourd’hui?STÉPHANE B A I L L A R G E O N LE DEVOIR Les French ne parlent pas français.Ou si peu.Quand il le faut absolument, par exemple au travail, à l’hôpital de Sherbrooke oil Brenda French est infirmière.Le reste du temps, chez les French, au fond de leur vallée, près d’Island Brook, à une cinquantaine de kilomètres de l'hôpital, c’est dans la langue de Preston Manning que ça se passe.«French, c’est un vieux nom d’Angleterre où les lointains ancêtres de- la famille, venus de France, sont allés s’installer il y a bien quatre siècles», explique Brenda.Les premiers de la lignée ont traversé la mare aux harengs dans les années 1840.En 1843, John, l’arrière-grand-père de Brenda, a acheté une centaine d’hectares à la British American Land Compagny, comme tant d’autres colons.Il s’est installé au bord de la rivière Eaton River Valley, dans la vallée qui était alors occupée par des Amérindiens Abè nakis.et des castors.Les deux espèces ont maintenant disparu du coin.Mais la maison et la grange des French sont encore installées sur l’ancien barrage des uns (pour se protéger des inondations), à un jet de pierre du cimetière des autres.Leur terre fait maintenant 364 hectares.Ils y élèvent des bœufs, produisent du lait, exploitent une érablière, et viennent tout juste d’ouvrir un Bed & Breakfast.«Tout a changé autour, dans les Cantons, dit Aubrey, le père de Ross.Quand j’étais jeune, on rencontrait rarement des francophones dans les environs.Maintenant, ils sont partout.Mais, ici, chez nous, presque VOIR PAGE A-8 : PORTRAIT H*-*’ PHOTO STÉPHANE BAILLARGEON La communauté anglophone de l’Estrie diminue en nombre mais les traditions ne meurent pas. y I.E I) H V OIM.I, K .1 Ë UDI 8 .1 [1 I I.I.K T I !) I) a -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES Le jazz à voix humaine ANARCHIE Petite minorité SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Bobby McFerrin à la Salle Wilfrid-Pelletier.Betty Carter au Théâtre Maisonneuve.Il y a eu beaucoup de chants.Il y avait beaucoup de voix hier au Festival de jazz si on songe qu’en plus de ces artistes, les voix corses qui accompagnent Petru Guelfucci ont amorcé une série de quatre spectacles.Dans la catégorie spectacle grand public, Bobby McFerrin et les trois vocalistes qui composent son groupe ont signé une prestation si convaincante qu’il ont conquis le public présent dès la première pièce.Très agile, très souple, McFerrin et ses complices ont alterné thèmes musicaux liés au classicisme d’un Bach à des morceaux empreints du folklore américain qui faisaient suite à des pièces populaires, le tout sous le principe de la «bebopisation.» Rythmant son propre chant, et celui des autres, à l’aide de ses mains et de ses pieds, McFerrin passait d’un registre à un autre avec un sens aigu du show, de «l’entertainment», qui a ravi tout un chacun.Dans le genre «performer», il fait preuve d’un grand professionnalisme.Il a chanté.Il a vaincu.Tout le monde était content.Que demander de plus! Chanteuse farouchement favorable à tout ce qui assure l’individualité musicale, Betty Carter s’est montrée, hier soir au Théâtre Maisonneuve, aussi alerte dans les changements rapides, et non brusques, des climats sonores qu’elle est versatile dans les improvisations.Plus attachée à la sculpture de la note qu’à la claire expression des mots, la souriante Betty Carter a signalé une fois encore qu’elle était plus musicienne que diseuse.Elle n’est pas la patronne d’une formation accompagnant un simple chanteuse, mais bien la patronne d’une formation accompagnant une instrumentiste.Née en 1930 à Flint, dans le Michigan, Betty Carter a servi une prestation caractérisée par des modifications de tempos qui permettaient de relancer constamment les jeux de l’improvisation.C’est en cela, en cette affection pour l’exploration la plus dynamique qui soit, qu’elle se distingue de ses aînées, Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan, comme des chanteuses de sa génération, que ce soit Abbey Lincoln ou Carmen McRae.\V A t D E j /V ^ O N Réputée être très exigeante à l’endroit des musiciens qu’elle engage, Betty Carter nous a permis de découvrir, une fois encore, des instrumentistes qui feront sans aucun doute leur marque au cours de la décennie.Après avoir favorisé l’éclosion musicale des pianistes John Hicks et Mulgrew Miller, sans oublier les batteurs Kenny Washington et Winard Harper, Betty Carter, pianiste de formation, est en train d’amener le pianiste Cyril Chesnut sur les chemins de l’épanouissement artistique.Se jouant du volume sonore avec bien de la facilité, ce musicien a signé des solos où la clarté est dominante.Si l’ensemble s’est montré moins avant-gardiste que celui dirigé plutôt cette semaine par Dee Dee Bridgwater, il s’est montré plus saisissant, plus impérial que le premier.Un critique étranger parmi nous Vieux «pro» des festivals comme des concerts de jazz depuis des lustres, Gérard Rouy, critique à Jazz Magazine, a confié que la convivialité propre au Festival de Montréal lui faisait penser à celui de Nice.«Comme à Nice, et contrairement à la majorité des festivals, on voit ici beaucoup de familles.» Mais là où la distinction entre Montréal et les festivals qui se tiennent sur le continent européen est la plus évidente «c’est dans la compréhension que les gens ont ici de l’anglais.Grâce à cette connaissance de l’anglais, les Montréalais participent davantage que les Français ou les Allemands.J’ai été frappé, par exemple, de la facilité avec laquelle les membres du Dirty Dozen Brass Band ont fait chanter le public.» Et que penser de la programmation?«Il me semble qu’il y a plus de concerts qui ne sont pas du jazz comme auparavant.Mais heureusement, cela n’a rien à voir avec ce qui se passe en Europe.Là-bas, ça devient une maladie.» DESJARDINS Plusieurs étapes SUITE DE LA PAGE 1 Le Mouvement Desjardins prendra le contrôle de cinq compagnies actives au Québec et dans le reste du Canada, ainsi qu’en Angleterre et’aux Etats-Unis.Le Mouvement met le grappin sur la Banque Laurentienne, la 7e banque en importance au Canada, présentes dans sue provinces, surtout au Québec et en Ontario, sur deux compagnies d’assurance-vie, Laurentienne-vie au Québec, et l’Impériale dans le reste du Canada, la Laurentian Financial Group au Royaume-Uni, et la Laurentian Capital Corporation aux Etats-Unis.Autre avantage non négligeable pour Desjardins, a reconnu M.Bé-^îand: la Corporation du Groupe La Laurentienne est une société ouverte cotée à la Bourse et la nouvelle entité Desjardins Laurentienne le sera automatiquement à la suite de la fusion.M.Béland se retrouve donc à réaliser du même coup son projet de faire de la Société financière Desjardins une société cotée à la Bourse.Le Mouvement Desjardins ajoutera 8000 employés à ses effectifs.Des mises à pied sont à prévoir, a admis M.Béland, mais rien de majeur, des ajustements à court terme.Selon les explications de MM.Béland et Drouin, les activités d’assurance-vie seront regroupées.Au Québec, Assurance-Vie Desjardins mène le bal dans son domaine tandis que l’Impériale fait d’évidence mieux que Desjardins en Ontario.Ni M.Béland ni M.Drouin ne pouvait mettre un chiffre sur la transaction annoncée.Elle est toutefois basée sur la valeur comptable des actifs respectifs que s’affairent à évaluer le courtier à propriété américaine Bums Frye, pour le compte de Desjardins, et le courtier torontois Nesbitt Thomson, pour celui de La Laurentienne, ainsi qu’une pléiade d’experts finan- ciers.La Société financière des caisses Desjardins est un holding plus petit que la Corporation du Groupe La Laurentienne, 5,9 milliards$ d’actifs propres contre 13,5 milliards$ et un avoir des actionnaires de 285 mil-lions$ contre 640 millions$.En revanche, le rendement sur l’avoir de ce holding de Desjardins est de 15% et il n’est que d’un modeste 5% dans le cas de La Laurentienne, rappelle M.Béland.«Ça aussi, ça s’évalue», a-t-il précisé.Une fois la «vérification diligente» effectuée, une tâche complexe compte tenu de l’ampleur de la transaction et des diverses activités qu’elle touche, on procédera à un échange d’actions de la nouvelle société Desjardins Laurentienne contre les titres des deux sociétés remplacées.Il est d’ores et déjà acquis que Desjardins versera en sus une somme d’argent aux actionnaires de la Corporation ainsi qu’aux mutualistes de La Laurentienne, a-t-on laissé entendre hier.M.Drouin n’a pu dire si la transaction se fera à prime, s’il est prévu que la valeur accordée aux actifs absorbés par Desjardins dépassera leur valeur comptable.Il semble que l’on se contentera d’un simple échange au pair dans le meilleur des cas.A tout événement, la transaction devra recevoir l’assentiment des mutualistes de la Mutuelle Laurentienne située en amont de la Corporation et d’une majorité aux deux tiers des actionnaires de ce dernier holding.En outre, la ministre déléguée aux Finances, Louise Robic, doit présenter un amendement au bill privé régissant la Corporation du Groupe La Laurentienne pour que la transaction ne se réalise.La ministre doit également approuver l’acquisition de la totalité de la Laurentienne Générale par des intérêts étrangers.Hier, son attachée de presse, Anik Michaud, laissait savoir que sa décision repose sur les rapports que lui soumettra l’inspecteur général des institutrions financières Jean-Marie Bouchard concernant cette mégatransaction.Au cours d’un entretien, M.Bouchard a souligné le caractère particulier de l’acquisition par le Mouvement Desjardins d’une banque.Il a aussi Du bon usage La Banque Laurentienne sera le fer de lance du développement du Mouvement Desjardins au Canada anglais.Hier M.Béland a présenté cette acquisition singulière de la Banque Laurentienne, une banque à charte fédérale, par le mouvement des caisses populaires comme une excellente affaire pour l’organisation coopérative.«La Banque Laurentienne, c’est la seule façon pour nous de faire notre développement dans tous ces marchés (hors Québec)», a-t-il livré, hier, au DEVOIR.Ainsi, le Mouvement Desjardins avait atteint la limite de son expansion hors Québec dans le domaine bancaire quand il a signé des ententes en Acadie et en Ontario avec des fédérations de caisses populaires émanant de milieux francophones de ces deux provinces.Et il semble difficile de faire avancer la formule coopérative chez les Canadians.Desjardins a donc l’intention de conserver intactes l’intégrité et l’indépendance de gestion de la Banque Laurentienne.«Ce serait un peu bête de payer pour quelque chose et de la fermer ensuite», a dit répété que «la prochaine décennie dans le secteur financier sera celle de la consolidation et de la concentration».Tout en voulant rester «neutre», il a indiqué qu’il se penchera sur la question de la concurrence eu égard à cette transaction.«La question de la concurrence, de la santé de l’industrie, c’est un élément important», a-t-il souligné.d’une banque M.Béland.Quant à la concurrence entre les caisses populaires au Québec et la Banque Laurentienne, elle ne dérange pas M.Béland, qui souligne que différentes entités du Mouvement se font déjà concurrence entre elles.«C’est comme une succursale de Fiducie Desjardins en face d’une caisse», a-t-il cité en exemple.Grâce à une suite d’acquisitions jugées judicieuses par certains analystes financiers, notamment celle à bon prix des succursales du Standard Trust, la Banque Laurentienne a connu une croissance impressionnante ces deux dernières années.Son actif total est passé de 6 mil-liardsS en 1990 à 8,3 milliardsS à la fin de l’année dernière.Pendant cette période, ses revenus passaient de 204 millionsS à 306 mil-lions$.Son réseau de succursales s’étendaient de 140 à 216.L’acquisition d’une banque «capitaliste» par Desjardins ne compromet en rien l’idéal coopératif du Mouvement, soutient M.Béland.«Le bloc coopératif est immuable et il s’est donné les moyens de prendre place dans ces marchés financiers», a-t-il fait valoir.— R.D.PORTRAIT «Tout a changé.» SUITE DE LA PAGE 1 tout est comme avant» La seule chose qui désole vraiment le patriarche, c’est l’omniprésence de l’État dans les affaires des fermiers, peu importe leur langue maternelle.«Il y a des permis et des règlements pour tout de la coupe des arbres aux quotas de lait C’est abrutissant!» Ross Thomas, son gendre, qui ne parle pas du tout français, se plaint au contraire de lacunes: les fonctionnaires ne parlent pas anglais, l’agronome du coin non plus et la région manque de spécialistes, de travailleurs sociaux ou d’orthophonistes par exemple.Pour le reste, c’est le classique: les lois linguistiques irritent même ici, la perspective de l’indépendance effraie.Mais moins qu’au début des années 1970, dans les derniers temps de la chienlit felquiste, quand Brenda et Thomas ont décidé de quitter le Québec, pour un temps.«On avait passé l’année scolaire à évacuer l’école à cause de dizaines d’appels a la bombe, se souvient l’infirmière.A l’été de 1972, on est partis pour l’Ontario.» Brenda a terminé ses études en sciences infirmières.Ross s’est occupé à mille et une «jobines».Ils sont rentrés en 1985.«Le climat politique a changé», explique le mari.Sa femme rajoute qu’ils sont revenus pour la ferme, la famille et le paysage.«La vallée nous manquait trop.» Entre 1981 et 1991, le tiers des étudiants des High Schools de la région a aussi quitté le Québec et les retours à la French-Thomas sont plutôt rares.De nos jours, il reste moins de 50 000 anglophones dans les Cantons de l’Est C’est moins de 9% de la population totale, alors qu’ils étaient largement majoritaires au siècle dernier.Une dizaine de milliers vivent à Sherbrooke, presque autant dans d’autres villes comme Weedon, Lennoxville ou Co- okshire.-C’est là qu’est installée la Standish Liée, une entreprise en contrôle de la végétation.«Quand une usine ferme, les employés anglophones vont souvent chercher du travail ailleurs qu’au Québec, explique Christopher Standish, le propriétaire, dans son français tout à fait correct qu’il utilise de plus en plus pour ses affaires.«Contrairement aux francophones, on peut se sentir chez nous partout en Amérique du Nord.» Les premiers Standish, originaires d’Irlande, sont arrivés à Rougemont en 1804, à Cookshire au début du siècle.La ville a bien changé depuis le jeune temps du quinquagénaire.«Quand je suis né, il y avait 50% d’anglophones ici.Maintenant, on doit être moins de 10%, et ça continue de baisser d’année en année.» Mais le monsieur est beaucoup moins défaitiste que la plupart des Anglos des Cantons.«Le futur ne me fait pas peur du tout.» Vivre en anglais?«C’est beaucoup plus facile que de vivre en français en Colombie-Britannique.Je suis servi dans ma langue partout, à l’hôpital, au restaurant, au bureau de poste, au dépanneur.» Les lois sur l’affichage?«Neuf clients sur dix parlent français.Ce serait ridicule d’afficher en anglais.» I>es églises qui ferment?«On prendra soin des plus belles.» On l’a compris, pas question pour lui de s’expatrier.«Même si on m’offre 200 000 $ pour aller à Toronto, je vais rester ici.On a tout ce qu’il faut.On peut acheter une ferme pour 40 000 $.La qualité de vie est fantastique quoi qu’en disent certains Red Necks de Bury.» Monsieur Standish ironise.Bury, c’est un des derniers fiefs de la communauté, à 12 kilomètres de Cookshire.Presque une légende.Chaque année, autour de la Fête du Canada, quelques milliers de personnes s’y rassemblent pour voir défiler des chars allégoriques décorés de feuilles d’érable, des souf- fleurs de cornemuses en kilt, des autos antiques.Le week-end dernier, les 3 et 4 juillet, on a même eu droit à deux ou trois lamas d’une ferme atypique des environs.Mais pas de «Red Necks» en vue (d’ailleurs, à quoi les reconnaît-on?).Que des gens des «deux peuples fondateurs du pays», venus là ix>ur s’amuser et surtout pas [xnir parler politique ou Constitution.Il y avait même des péquistes dans l’assistance, et ils applaudissaient plus fort que tous les autres au passage du défilé! Les relations entre Anglos et Francos des Cantons sont demeurées chaleureuses.Rien à voir avec ce qui se passe dans la métropole québécoise.«Quand je vais à Montréal, confie Mary Mitchell, secrétaire de la Townshippers’ Association, je suis étonnée d’entendre parler anglais un peu partout et de sentir un certain climat d’agressivité.» L’Association est née au lendemain de la première victoire péquiste, pour défendre les intérêts de la communauté.Le groupe de pression attaque sur tous les fronts: critique des lois linguistiques, proixx-sitions de réformes constitutionnelles, études sur l’état des membres, rap|x.'l constant des grandes et petites vérités historiques.«Je ne compte plus les fois où j’ai dû expliquer aux jeunes francophones éberlués que je suis née ici, que mes ancêtres sont arrivés dans la région au début du XIXe siècle, explique Mme Mitchell.Paulette Lauzier, présidente de l’Association des Townshippers renchérit.Elle rappelle que le gouvernement parle d’Estrie plutôt que de Cantons, qu’on veut rebaptiser l’autoroute «10» de ce nouveau nom comme Knowlton est devenu la ville du Lac-Brome.«On devrait apprendre ça aussi à l’école et arrêter de nier le rôle important que les gens de la communauté ont joué dans le développement du Québec.» SUITE DE LA PAGE 1 «Un seul accident de bateau, et c’est la manchette.Pourtant, il y a eu 11 morts sur les routes du Québec pendant la fin de semaine, et ça s’est retrouvé en petits caractères en bas de page.C’est plus spectaculaire, mais il ne faut pas partir en peur avec ça», note-t-il.M.Jutras considère d’ailleurs que, de manière générale, les conducteurs d’embarcations se comportent mieux et font preuve d’un plus grand «civisme» que les automobilistes.Il aurait plutôt tendance à blâmer les «bateaux-cigarettes» pour les incidents nautiques: ces hors-bord élancés qui semblent n’avoir été conçus que pour la vitesse.La vitesse, donc, et l’alcool.Les deux coupables les plus sévèrement montrés du doigt lorsqu’il çst question d’accidents de navigation.A tort?C’est en tout cas ce que laissent croire les statistiques, qui montrent par ailleurs une légère baisse des incidents au cours des cinq dernières années.Sur les 300 incidents, dont quatre fà-tals, ayant nécessité l’intervention de la Garde côtière depuis le début de 1993 — une trentaine de moins qu’à pareille date l’an dernier —, moins de 10% impliquaient en effet de manière probante un conducteur en état d’ébriété.Un pourcentage semblable de cas de conduite dangereuse fies deux étant souvent mêlés) était recensé.Ces chavirements, échouements et autres «embarcations désemparées», selon la terminologie du métier, seraient donc en majeure partie imputables à des conditions météo défavorables, ainsi qu’à la négligence des occupants.C’est en fait sur ce dernier élément que le bât blesse vraiment, dit Jean-François Hamel, sauveteur rattaché au groupe Recherche et sauvetage de la Garde côtière, à Longueuil.«Les gens ont trop souvent l'impression de savoir naviguer, note-t-il.D’ailleurs, il faut dire que la grande majorité des plaisanciers sont bien équipés, avec cartes de navigation, radios et tout, et une bonne connaissance des règlements.Mais il suffit de quelques individus, quelqu’un qui emprunte un bateau sans savoir parfaitement le maîtriser, par exemple.» Ce qui ramène l’étemelle question de la réglementation — et.de la surveillance — des activités nautiques.Pour piloter un bateau au Québec, aucun permis n’est requis.Suivre des cours n’est pas obligatoire.Même le port de la ceinture de sauvetage est facultatif: la seule présence d’une ceinture par passager à l’intérieur de l’embarcation suffit.Si Gaëtan Jutras est d’avis que le secteur n’est «peut-être pas assez réglementé», Jean-François Hamel, lui, croit plutôt que «ce sont les gens qui ne se renseignent pas suffisamment sur les mesures à prendre pour assurer leur sécurité».Malgré les campagnes intensives de prévention que la Garde côtière et différents corps policiers mettent sur pied chaque année, il reète en effet un noyau de «kamikazes» de hors-bord récalcitrants plus portés sur l’ivresse de la vitesse et des grands espaces que sur leur propre protection — et celle des autres plaisanciers.«C’est toujours le fait d’une petite minorité», opine Gaëtan Jutras.Quant à la surveillance, elle semble adéquate aux yeux de M.Jutras, qui dit «rencontrer à tout bout de champ» des représentants de la Garde côtière et de la police, qui multiplient les vérifications de routine.«On fait le maximum pour prévenir les problèmes», ajoute Jean-François Hamel.Mais la tâche n’est pas toujours facile: à la marina de Longueuil, port d’attache de plus de 400 bateaux, seulement six agents de la Garde côtière sont affectés à la patrouille d’un territoire qui s’étend des rapides de Lachine jusqu’à Contrecoeur.Ils reçoivent une dizaine d’appels de «détresse» par semaine.Ce fut d’ailleurs le cas il y a quelques jours lorsqu’un bateau ayant à son bord 17 personnes était littéralement en train de couler après avoir été submergé par une forte vague créée par le sillage d’un navire de marchandises.«Chaque coin des environs de Montréal a ses dangers potentiels, dit Jean-François Hamel.Sur le fleuve, ce sont le fort courant, le chenal et le passage des.gros navires.Sur la rivière des Prairies, il y a les rapides du Cheval blanc et Lalemant.Sur le lac Saint-Louis, ce sont les hauts-fonds.» Mais aucune situation, semble-t-il, n’est aussi préoccupante que celle qu’occasionne la présentation des feux d’artifice sur File Notre-Dame.Quantité de bateaux s’y donnent rendez-vous et repartent tous en même temps, le plus souvent dans une atmosphère de party, et les risques de collision sont très élevés.«Mais il n’y a pas de solution miracle, conclut Jean-François Hamel.Tout ce qu’on peut dire aux gens, c’est de faire attention et de s’équiper sécuritairemenL» EPREUVE Discrimination SUITE DE LA PAGE 1 recommandées par le commissaire aux langues officielles du Canada Après qu’une plainte eut été déposée au commissariat par le directeur du collège Mérici, M.Goldbloom avait conclu qu’il y avait eu discrimination envers les deux francophones parce qu’ils n’avaient pas pu subir toutes les épreuves dans leur langue.I);ins un communiqué émis mardi, M.Morand, du CNRSG, a déclaré que «malheureusement, l’Olympiade a lieu dans moins d’une semaine, et les quatre représentants du Canada sont déjà choisis, et ont commencé la préparation finale avant le départ.Reprendre le processus à ce stade-ci est non seulement très difficile, mais risque de provoquer de nouvelles injustices».Au terme ce camp final de sélection, Vincent Boucher, de Québec, qui se classait premier au Canada en pré-sélection, a terminé 12ème après avoir dû subir trois examens théoriques en anglais.«Pour ce qui est des laboratoires pratiques, il y avait également du matériel qui n’était lias disponible dans les deux langues, c’était le cas des «facilitants», par exemple», a ajouté M.Pierre Normand, le directeur des communications du CNRS.Hier, Vincent Boucher, qui est étudiant au Collège Mérici de Québec, s’est dit déçu de la décision du CNRSG, mais a annoncé son intention de demander à se soumettre lui-même, en septembre et dans son collège, à un équivalent des épreuves internationales.«Je voudrais subir l’épreuve quand même, dans les mêmes conditions de stress, et si je gagne une médaille, qu’on me la donne.Cela ne me dérangerait pas que ce soit le Canada qui me la donne, par exemple», a-t-il ajouté.Le 24 avril dernier, Vincent Boucher remportait le concours provincial de l’Ordre des chimistes du Québec en terminant avec une note parfaite (100%) en 29 minutes, une épreuve d’une durée maximale de trois heures.«Au cours des épreuves du camp de sélection, je prenais les informations que je comprenais dans une question donnée, et j’essayais de comprendre la question.Je crois quand même que je suis le meilleur, parce que lorsque les examens étaient traduits, en pré-sélection pour le camp, je suis arrivé premier.Depuis que c’est arrivé à Terre-Neuve, j’ai commencé à lire pas mal de livres en anglais pour m’améliorep>, a ajouté Vincent Boucher.Dans sa réponse au commissariat aux langues officielles, le CNRSG, commanditaire de l’événement, a signalé qu’il croyait sincèrement que le matériel serait disponible dans les deux langues au camp de sélection des finalistes, qui se déroulait à Terre-Neuve.Selon Hêtre Normand, directeur des communications jxinr l’organisme fédéral, le CRSNG aurait fait part de sa décision au commissariat aux langues officielles du Canada hier.Au sujet de son injention ou non de poursuivre le CRSNG en Cour fédérale |X)ur discrimination sur la langue, Vincent Boucher a dit hier qu’il voulait «rester ami» avec les organisateurs des Olympiades, étant donné notamment que ceux-ci lui avait offert de travailler à titre d’«entraîneur» pour les francophones, au même camp de sélection qui déroulera à Terre-Neuve, l’an prochain.En guise de compensation, le CRSNG a offert aux deux francophones une bourse de recherches «équivalente à celles remises aux gagnants de l’Expo-Sciences pan-canadienne».Montréal sourit aux touristes.Dites-leur Bonjour! Gouvernement du Québec Ministère du Tourisme LE DEVOIR est publié par LE DEVOIR Inc.dont le siege social est situé au numéro 2050 de Bleury, 9e étage, Montréal, (Québec), H3A 3M!r.Il est imprimé par les Imprimerie Québécor USalle, 7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 012 ouest rue Saint-Jacques, Montréal.L’Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR.LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 775 boul.Lebeau, St-Uurent.Envoi de publication — Enregistrement no 0858.Dépét légal: Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général: (514) 985-3333; service è la clientèle: (514) 985-3355; publicité: (514) 985-3399 L E I) E V II I II .L E .1 E U I) I K .1 l! I I.L E T I !) !) 3 y B (i LE DEVOIR LES SPORTS SOCCER EUROPÉEN L’affaire Valenciennes-OM La justice s’intéresse maintenant au président de l’équipe PIERRE GLACHANT AGENCE FRANCE PRESSE Paris — La justice s’intéresse maintenant au président de l’Olympique de Marseille (OM), Bernard Tapie, dans l’affaire de corruption présumée de joueurs de la formation de Valenciennes par le club marseillais.L’homme d’affaires et ancien ministre a en effet été entendu mardi à titre de témoin par le juge chargé de l’enquête.Le juge valenciennois Bernard Beffy s’est rendu mardi à Paris, au siège de la société «Bernard Tapie Finances», pour y entendre le président de l’OM, à la suite d’une plainte pour «subornation de témoin» déposée le 29 juin par l’ancien entraîneur de Valenciennes, Boro Pri-morac.Selon des sources'informées, Boro Primorac a affirmé avoir été approché dans un premier temps par un certain «M.Noël», se présentant comme un dirigeant du Sporting Club de Bastia, en Corse, et ami de Bernard Tapie.Grâce à l’entremise de «M.Noël», Boro Primorac assure avoir rencpntré ensuite Bernard Tapie à Paris qui lui aurait proposé de «porter le chapeau» dans l’affaire de corruption de joueurs valenciennois, moyennant finances et avantages de carrière.: Trois footballeurs valenciennois sè seraient vu proposer d’importantes sommes d’argent pour jouer en-deçà de leur valeur lors d’une ren- contre de championnat de France contre l’OM, le 20 mai.Bernard Tapie a formellement démenti devant le juge Beffy avoir rencontré Boro Primorac depuis le 20 mai.L’ancien entraîneur de Valenciennes assistait à l’audition du président de l’OM.Bernard Tapie a également assuré à l’AFP que son emploi du temps prouvait qu’il ne pouvait avoir rencontré l’ancien entraîneur de Valenciennes aux dates avancées par ce-lui-çi.L’audition de Bernard Tapie montre que l’enquête, menée tambour battant dans cette affaire, a pris une dimension supplémentaire.Le procureur de Valenciennes, en charge de l’affaire, Eric de Montgolfier, a fait part mercredi de sa détermination, déclarant que «les éléments du dossier montrent que Jean-Pierre Bernés n’a pas agi seul.Le dossier ne sera pas refermé avant que tout soit su».En tant que député, Bernard Tapie bénéficie de l'immunité parlementaire et il faudrait, pour qu’elle soit levée, un vote en ce sens de l’Assemblée nationale (Chambre des députés).La menace de voir l’OM écarté du prochain championnat de France de preirtière division est écartée.La Ligue nationale de football (LNF), réunie hier en conseil d’administration extraordinaire, a décidé que ce championnat démarrera bel et bien avec l’OM, le 24 juillet et que le club marseillais finirait la saison 93-94 en tout état de cause.Prévision à long terme pour Montréal Aujourd'hui Ce Soir Vendredi Samedi Dimanche ¦ Wrrr TW HH bH HH HH 'wr m aam sa, tfaam Températures : MAX / MIN Ve/rt* ! edmenton ni 8/1 or - — Fredenctqn" •'Halifax 27 *5/^' 22/15 toon 21/12 Refl'na Winnipeg Thyg%> g8y / S'tlonheai ( P) 30/19 ¦ / Seattle i ma* i 3 i 19 ew Yo Y 35/22 Chicago Salt Lake City 31 22 29/15 Situation générale: la niasse d'air chaud et humide qui persiste sur le Québec depuis quelques jours à donne encore des conditions de canicule sur le sud-ouest de la province.Aujourd'hui on prévoit une belle journée pour lé majeure partie du Québec.Toutefois les régions du sud-ouest auront des averses ou orages dispersés qui augmenteront quelque peu le niveau des piscines vidées par les entants enjoués.Une dépression s'approchant de l'ouest québécois donnera des averses au nord-ouest vendredi et quelques averses dispersées sur le restant de l'ouest de la province.Ailleurs une belle journée est au menu.Réglon(s): Abitibi: ensoleillé tôt le matin.Nuageux avec éclaircies et 60 % de probabilité d'averses par la suite.Max.de 24 à 27.Demain: nuageux avec averses.Min.14.Max.22.Réservoirs Cabonga et Gouln: ensoleillé le matin.Ciel variable par la suite.Max.de 24 à 26.Demain: ennuagement le matin.60 % de probabilité d'averses par la suite.Min.12.Max.24.Témiscamingue, Pontiac, Gatineau et Lièvre: ciel variable.40 % de probabilité d'averses.Max.•26.Demain: nuageux avec averses.Min.14.Max.26.Laurentides: ensoleillé le matin.Ciel variable avec 30 % de probabilité d'averses par la suite.Max.26.Demain: nuageux avec averses ou orages.Min.15.Max.28.Ottawa, Hull, Cornwall, Montréal: ennuagement le matin.40 % de probabilité d’averses ou orages par ta suite.Max.28.Demain: chaud et humide.60 % de probabilité d'averses ou orages.Min.18.Max.30/ Trois-Rivières, Drummondville: ensoleillé le matin.Ciel variable avec 40 % de probabilité d'averses par la suite.Max.de 27 à 30.Demain: ennuagement suivi de 60 % de probabilité d'averses.Min.17.Max.29.Québec, Beauce: ensoleillé tôt le matin.Ciel variable par la suite.Max.de 25 à 28.Demain: ennuagement suivi de 40 % de probabilité d'averses.Min.15.Max.de 24 à 26.Estrle: ennuagement le matin.40 % de probabilité d'averses ou orages en après-midi.Max.27.Environnement Canada Demain: chaud et humide.60 % de probabilité d'averses en après-midi.Min.16.Max.28.Lac-Saint-Jean, Saguenay, La Tuque, réserve faunique des Laurentides, Charlevoix, Rivière-du-Loup.: ensoleillé.Ciej variable en après-midi.Max.de 25 à 27.Demain: ennuagement suivi de 70 % de probabilité d'averses par la suite.Min.15.Max.24.Charlevoix, Rivière-du-Loup, Rimouskl, Matapédia: ensoleillé avec passages nuageux.Max.24.Demain: ensoleillé avec passages nuageux.Min.13.Max.24.Sainte-Anne des monts, parc de la Gaspésie: ensoleillé avec passages nuageux.Max.de 21 à 24.Demain: ensoleillé avec passages nuageux.Min.13.Max.24.Gaspé, parc Forlllon: nuageux et brumeux par endroits le matin.Dégagement par la suite.Max.24.Prévision à long terme pour Québec Aujourd'hui Ce Soir Vendredi Samedi Dimanche a HH H H H H Prévision à long terme pour OTTAWA Aujourd'hui Ce Soir Vendredi Samedi Dimanche ^___, WWr H H H H H “SESM- H 4e étape du Tour de France «Il magnifico» en jaune Le Canadien Steve Bauer profite de ce redoutable contre-la-montre pour grimper au 11e rang JEAN-LUC COURTHIAL ASSOCIATED PRESS Avranches — Les «GB-MG» ont déjoué les pronostics hier en remportant en une heure 34,10 minutes le redoutable contre-la-montre de 81 kilomètres entre Dinard et Avranches, pour offrir le maillot jaune à leur leader sprinter l’Italien Mario Cipollini, «Il magnifico».Relégués à cinq secondes, les ONCE grands favoris de ce premier «juge de paix» du Tour 93, ont oblitéré provisoirement les espoirs d’hégémonie d’Alex Zuelle, alors que les Novemail quatrième derrière les Motorola (1:34.36 et 1:34.41) n’ont pu protéger le maillot de leader du Belge Wilfried Nelissen, désormais deuxieme du classement général à six petites secondes de Mario Cipollini.Le Suisse Zuelle occupe une excellente troisième position d’attente, à 21 secondes du maillot jaune, devant son coéquipier français Laurent Jalabert (à 22 secondes).L’équipe Motorola, dont fait partie le Canadien Steve Bauer, de Fenwick en Ontario, a terminé troisième à 16 secondes.Bauer occupe le 1T rang au classement général, 1:07 derrière Cipollini.Ce véritable marathon contre la montre — le plus long depuis près de 10 ans dans le Tour — a permis à trois des grands favoris de limiter la casse: le grimpeur Claudio Chiap-pucci, cinquième avec ses Carrera (à 47 secondes des GB-MG), pointe à 1,15 minute au général; Miguel'Indu-rain double tenant du titre est à 1,26 (ses Banesto ont fini à 1,22 minute des vainqueurs); le champion du monde Gianni Bugno navigue à 1,47 minute après la performance moyenne desGatorade ( 1:35,44 heure).Reste une victime de taille: le Suisse Tony Rominger, deuxième mondial et vainqueur du Tour d’Espagne.Le leader des Clas — amoindris par les abandons d’Arseno Gonzalez et Abraham Olanov et victimes de nombreuses crevaisons hier —, a pris 3,28 minutes de retard, plus une minute de pénalisation pour «pous- I PHOTO AP Mario Cipollini, au centre, s'est revêtu de jaune après sa victoire d’équifîe au contre-la montre de 81 km, couru à la vitesse moyenne de 51 km/h.sette».Le podium s’annonce difficile pour Rominger.Sur le parcours extrêmement va-lonné de cette quatrième étape nécessitant puissants routeurs et bons grimpeurs, Cipollini a prouvé qu’il n’est pas seulement le play-boy aux yeux de velours célébré dimanche pour sa.première victoire d’étape dans le Tour aux Sables d’Olonne.S’appuyant sur ses solides coéquipiers, notamment les Belges Carlo Bomans et Johan Museeuws ou encore l’étonnant Polonais Zenon Jas-kula (cinquième au général à 29 secondes), le Toscan de 26 ans a prouvé qu’on peut souffrir et être beau à la fois.«Je voulais montrer que Cipollini n’est pas seulement un «garçon de plage», a déclaré rayonnant l’Italien, après avoir embrassé son premier maillot jaune.Sous son masque d’éphèbe, Cipollini cache un vrai dur.Il n’a pas été pour rien champion du monde junior du 100 km sur route, n’a pas remporté par hasard deux fois coup sur coup Grand-Wevelgem.«J’ai volon- 5ème étape 225,5 km jeudi 8 juillet AVRANCHES • E V K E U X m* S Okm 17 41 58,5 68 85,5 104,5 114,5 130 165,5 192 199,5 214 225.5 ¦ mi O Catégorie du col @ Sprint Q Ravitaillement tairement fait l’impasse sur le Giro cette année pour bien préparer le Tour de France», a rappelé l’Italien contraint à l’abandon l'an dernier à la septième étape pour sa première apparition.L’Italien va devoir désormais défendre ses six secondes de couleur jaune.Car Nelissen tentera sans doute dès aujourd’hui de retrouver son bien lors de la cinquième étape entre Avranches et Evreux (225,5 km).Sans parler des ONCE de Zuelle, avec cinq coureurs dans les 10 premiers.CLASSEMENT GENERAL Voici le classement à l’issue de la 4' étape 1.Mario Cipollini (Ita/GB-MG) en 16h57:51 2.Wilfried Nelissen (Bel)à 06s 3.Alex Zulle (Sui) à 21s 4.Laurent Jalabert (Fra) à 22s 5.Zenon Jaskula (Pol) à 29s 6.Johan Bruyneel (Bel) à 39s 7.Erik Breukink (P-BJ à 39s 8.Philippe Louviot (Fra) à 52s 9.dohan Museeuw (Bel) à 58s 10.Franco Ballerini (Ita) à 1:05 11.Steve Bauer (Can) à 1:07 12.Charly Mottet (Fra) à 1:09 13.Andy Hampsten (USA) à 1:10 14.Rolf Sorensen (Dan) à 1:13 15.L.Armstrong (USA) à 1:15 16.Claudio Chiappucci (Ita) à 1:15 17.Alvaro Mejia (Col) à 1:15 18.Eddy Bouwmans (P-B) à 1:17 19.Franco Vona (Ita) à 1:19 20.Stephen Roche (Irl) à 1:19 23.Miguel indurain (Esp) à 1:26 31.Gianni Bugno (Ita) à 1:47 AFP infographie ¦ Fred Garet ¦ Giants O, Expos 3 Rueter est un petit vite! RICHARD MIL O PRESSE CANADIENNE Les Expos ont-ils découvert un autrè.Woodie Fryman?Kirk Rueter (1-0) n’aura pas tardé à s’imposer dans les ligues majeures.Aussi vite que le «bon vieux Woodie» pour décocher ses tirs, le gaucher n’a donné que deux coups sûrs en huit manches et un tiers.Bien appuyé par la défensive, il a battu les Giants 3-0, eux qui possèdent pourtant la meilleure moyenne offensive’de la Ligue nationale (.284).Séduite, la foule de 13 593 personnes lui a réservé une chaleureuse ovation quand il est retourné à l’abri et il a dû en ressortir pour saluer son public de la casquette.Rueter, 22 ans, a retiré 18 frappeurs de suite après avoir donné un but sur balles et un simple aux deux premiers frappeurs à la première.Il a été parfait de la deuxième à la sixième manche avant d’accorder un but sur balles à Wil Clark au début de la septième.La défensive des Expos a alors pris la relève.Marquis Grissom a effectué un superbe catch à la clôture du champ centre contre Barry Bonds et Mike Lansing a amorcé un double-jeu sur un roulant de Willie McGee, l'idole de jeunesse de Rueter.Larry Walker et Moises Alou ont réussi des circuits en solo tandis que Sean Berry a inscrit l’autre point à la suite d'un ballon-sacrifice de Grissom.Berry a foncé sur le receveur Kirt Manwaring qui lui bloquait la route.Avec Rueter, il n’y avait rien, hier, pour arrêter les Expos, même pas les Giants.John Wetteland a enregistré son 19e sauvetage.Le match n’a duré que deux heures et six minutes.ATHLÉTISME Surin sixième Lausanne, Suisse (PC) — Le Montréalais Bruny Surin a terminé au sixième rang du 100 mètres de la compétition d’athlétisme de Lausanne, en Suisse.Surin a franchi la distance en dix secondes et 23 centièmes, 19 centièmes de plus que le vainqueur, l’Américain Andre Cason.Cason a devancé Carl Lewis de trois centièmes.FrankFredericks, de la Namibie, a terminé troisième devant Calvin Smith et Michael Green, de la Jamaïque.Par ailleurs, l’Américaine Gail Devers a amélioré de 14 centièmes sa propre meilleure performance mondiale de l’année sur 100 mètres.Elle a franchi la distance en 10 secondes et 82 centièmes.La championne olympique avait déjà réussi le meilleur chrono de l’année, 10.96, lors de la réunion de Lille vendredi dernier.BASEBALL Barry Bonds en tête pour le match des étoiles New York (PC, AP) — Barry Bonds, auteur d'une première moitié de saison en fanfare avec les meneurs de la division Ouest de la Ligue nationale, les Giants de San Francisco, a dominé le scrutin populaire en vue du match des étoiles de mardi prochain.11 a reçu plus de votes que n’importe quel joueur depuis 1980.Trois membres des Blue Jays de Toronto, vainqueurs de la Série mondiale, — le premier-but John Olerud, le deuxième-but Roberto Alomar et le voltigeur Joe Carter — ont été choisis au sein de l’équipe de la Ligue américaine.Aucun joueur des Expos n'a été retenu dans la formation partante.Bonds a reçu un total de 3 074 603 votes, soit le plus fort total depuis Davey Lopes des Dodgers de Los Angeles en 1980 (3852403).Bonds a été choisi dans la formation partante pour la première fois l’an dernier, alors qu’il portait l’uniforme des Pirates de Pittsburgh.«J’estime que je l’ai mérité, a prétendu Bonds.Ce n’est pas un cadeau qu’on me fait.J’ai travaillé fort pour y parvenir, surtout avec l’entènte que j’ai obtenue.Ça fait toute la différence.Si les choses n’avaient pas fonctionné, c'aurait été différent.• «Je ne peux vous promettre mer et monde, mais je vous assure que j’offre mon maximum à tous les jours.» Ken Griffey fils a dominé le scrutin dans la Ligue américaine à la suite de la publication du dernier relevé, hier.Griffey, le grand favori des amateurs dans la Ligue américaine en 1991, a obtenu 2 696 918 votes, et il en sera à sa quatrième participation de suite.Parmi ceux qui en seront à leur première participation partante dans la formation de la Ligue américaine, on note Olerud, dont la moyenne flirte les .400; Carter et le receveur Ivan Rodriguez des Rangers du Texas.BASEBALL HIER LIGUE NATIONALE San Diego 2, New York 0 Cincinnati 4, Chicago 3 San Francisco 0, Montréal 3 Los Angeles à Philadelphie Pittsburgh à Houston Atlanta à Saint Louis Floride au Colorado LIGUE AMÉRICAINE Detroit 8, Minnesota 4 Milwaukee 7, Texas 6 Oakland 3, Cleveland 0 Seattle 6, New York 5 Californie 7, Boston 6 Chicago 5, Toronto 2 Baltimore 8, Kansas City 3 LIGUE NATIONALE Mardi SF13 Montréal 5 LA 7 Philadelphie 5 New York 9 San Diego 7 Chicago 3 Cincinnati 2 Pittsburgh 10 Houston 3 St.Louis 5 Atlanta 4 Colorado 8 Floride 3 Aujourd'hui Cincinnati (Luebbers 1-0) à Chicago (Castillo 2-5) Los Angeles (Gross 6-7 et Nichols 0-0) à New York (Telgheder 3-0 et Hillman 0-0) Floride (Rapp 0-0) au Colorado (Leskanic 0-1) San Diego (Greg Harris 8-8) à Montréal (Martinez 9-5) San Francisco (Swift 10-5) à Philadelphie (Jackson 7-5) Pittsburgh (Z.Smith 0-2) à Houston (Kile 9-1) Atlanta (P.Smith 3-7) à St.Louis (Cormier 5-4) LIGUE AMÉRICAINE Mardi Toronto 5 Chicago 1 Detroit 4 Minnesota 1 Texas 11 Milwaukee 1 Baltimore 8 Kansas City 0 Seattle 12 New York 4 Cleveland 11 Oakland 8 Californie 3 Boston 2 Aujourd'hui Boston (Dopson 6-5) à Oakland (Van Poppel 0-0) Texas (Rogers 5-6) à Toronto (Morris 5-8) Chicago (Bere 3-3) à Baltimore (Sutcliffe 8-3) Minnesota (Tapani 3-10) à Milwaukee (Bones 5-5) Detroit (Moore 5-5) à Kansas City (Cone 6-8) New York (Perez 5-7) en Californie (Hathaway 1-1) LIGUE NATIONALE Partiel d'hier non comprîtes Section Est , G P Moy.OUI.Philadelphie 55 29 .655 — , Saint Louis 48 34 .585 6 Montréal 43 40 .518 111/2 Chicago 40 40 .500 13 Pittsburgh 39 44 .470 151/2 1 Floride 36 46 .439 18 New York 25 56 .309 281/2 Section Ouest San Francisco 56 28 .667 — i Atlanta 48 36 .571 8 Los Angeles 43 38 .531 111/2 1 Houston 42 39 .519 121/2 Cincinnati 42 43 .494 141/2 San Diego 32 52 .381 24 Colorado 29 53 .354 26 LIGUE AMÉRICAINE Section Est G P Moy.Dili.Toronto 49 36 .576 — New York 47 38 .553 2 Detroit 46 38 .548 21/2 Baltimore 45 39 .536 31/2 Boston 42 41 .506 6 Cleveland 40 45 .471 9 Milwaukee 34 48 .415 •131/2 Section Ouest Chicago 43 39 .524 — Kansas City 42 40 .512 1 Californie 40 42 .488 3 Texas 40 42 .488 3 Seattle 41 44 .482 31/2 Oakland 37 43 .463 5 Minnesota 35 46 .432 71/2 LES MENEURS LIGUE NATIONALE pi AB P CS Moy Galarraga Col 65 258 40 103 399 Merced Pit 77 246 47 88 358 Kruk Phi .80 275 62 96 .349 Bonds SF .82 279 64 97 .348 JetferiesStL 78 308 50 106 344 McGee SF .73 265 27 89 336 Grace Chi • .77 293 44 97 .331 Bagwell Hou 81 305 47 99 325 Gilkey SU 63 255 49 83 .325 RoThompson SF.72 277 50 90 325 GwynnSD 70 280 32 91 .325 Points produits — Williams.San Francisco.64; Galarraga.Colorado.63.Daulton.Philadelphie, 63: Bonds, San Francisco.62: Grace.Chicago, 56: Piazza.Los Angeles.54: Bagwell.Houston, 99: Dykstra, Philadelphie.98: Circuits — Bonds, San Francisco, 22: Williams.San Francisco.21: Gant, Atlanta, 19; Justice, Atlanta, 18; Bonilla, New York.18; McGrilt, San Diego, 18; Buts volés — Coleman, New York, 36; Lewis.San Francisco.29; Carr, Floride, 28; Jefferies.St.Louis, 24; Roberts, Cincinnati.24.DeShlelds, Montréal.23 Lancaurs (9 décillons) — Kile.Houston.9-1.900.1.99; Burkett.San Francisco, 13-2, .867, 3.14; Greene, Philadelphie, 10-2.833,3.48; Avery, Atlanta, 9-2, .818,3.04; Retraits — Rijo, Cincinnati, 114; Smoltz, Atlanta, 112; Benes, San Diego, 99; GMaddux, Atlanta, 97; Harnlsch, Houston, 96; Greene, Philadelphie, 92; Vlctblres protégées — LeSmith, St.Louis, 29; Myers, Chicago, 26: Beck, San Francisco, 24; Harvey, Floride.24; MtWilliams.Philadelphie, 23; Stanton, Atlanta, 22; LES MENEURS LIGUE AMÉRICAINE pi AB P CS Moy.!• Olerud Tor 82 287 56 115 401 Gonzalez Tex 70 266 54 87 .327 Lofton Cle 80 313 61 102 326 O'Neill NY 74 271 36 87 321 Hamilton Mil 63 250 39 80 320 Whitaker Det 65 210 45 67 .319 Griffey JrSea 82 311 56 98 .315 LES EXPOS AU BATON AB PC CS PP' CC BV Moy.18.Alou,Moises 283 36 74 43 9 13 .261 5.Berry,Sean .101 15 26 20 5 5 .257 28.Bolick,Frank 164 23 41 24 4 ¦0 .250 15.Colbrunn.Greg .146 14 37 23 4 3 .253 12.Cordero.Willredo.279 38 66 25 5 9 237 4.DeShlelds,Dellno.296 43 83 13 2 23 280 24.Fletcher.Darrln.161 9 41 24 3 0 .255 7.Frazier,Lou .104 19 34 8 1 13 327 9.Grissom,Marquis 310 48 88 49 10 16 284 19.Laker.Tim .84 3 16 7 0 2 .190 3.Lansing,Mike .262 36 70 26 3 10 267 35.McIntosh,Tim .21 2 2 2 0 0 095 2.Spehr.TIm .46 5 7 5 1 1 .152 25.Stairs,Matt 8 1 3 2 0 0 375 23.VanderWal.John .117 17 30 19 3 4 256 33 Walker,Larry .227 39 63 40 10 12 278 AU MONTICULE Q P VP ML PM B8 R MPM 22.Aldred, Scott .1 0 0 12.0 12 10 9 900 47.Barnes,Brian .2 4 3 701 37 34 36 474 46.Bottentleld.Kent .2 5 0 79.0 36 32 31 4.10 13.Fassero.Jetl .5 1 1 52.0 13 24 47 2.25 16 Gardiner,Mike .1 3 0 34 1 20 17 21 5 25 34 Heredia,Gil.1 2 0 181 14 3 11 6 88 44.Hill,Ken .6 2 0 992 29 40 45 2.62 38.Jones,Jimmy .4 1 0 392 28 9 21 6.36 32.Martinez,Oennls.9 5 0117.2 43 33 67 329 43.Nabholz,Chris.4 5 0 61.1 38 41 45 5 58 50 Risley.BIII .0 0 0 3.0 2 2 2 600 27, Rojas.Mel 4 6 6 48 2 20 20 23 3.70 42.Rueter,Kirk .1 0 0 8.1 0 3 5 0 00 4 -* LE DEVOIR ?- CULTURE Festival international de Lanaudière Un pianiste à réentendre.ailleurs RÉCITAL DU PIANISTE ANDREAS HAEFLIGER Gubaidulina, «Chacona» (1962); Schumann, «David-sbündlertànze» op.6; Mozart, «Sonate» K.332; Debussy, «Images» livre, II; Liszt, «Méphisto-Valse» no.l S.514.En bis: Chopin «Etude» op.10 no.4.Ce récital sera diffusé au réseau FM stéréo de Radio-Canada, le 16 juillet à 20 heures.Mardi 6 juillet, église Sainte-Marie-Salomé.CAROL BERGERON Sans doute est-il plus facile d’aller de Sainte-Marie-Salomé à Montréal que de s’échapper de la métropole pour aller écouter de la musique dans la petite église du village.Les téméraires qui s’y rendirent furent cependant payés de retour, car le récital du pianiste Andreas Haefli-ger fut l’occasion d’une agréable découverte: voilà un musicien de 31 ans qui démontre un talent tout à fait remarquable.un talent qui le hisse au-dessus de la majorité des collègues de sa génération qui aspirent à une carrière internationale.Mais parlons d’abord du temple de Sainte-Marie-Salo-mé.De l’édifice qu’en 1894 l’architecte Casimir Saint-Jean de Terrebonne érigea, il ne reste pratiquement que la structure: une restauration récente l’ayant abusivement dépouillé d’une grande partie de sa décoration intérieure d’origine.Ce dépouillement a pour effet de rendre Elus visible le déséquilibre des proportions; il n’est pro-ablement pas sans affecter la réverbération même du volume qu’il rend hélas excessive — le grand queue de concert y sonnait comme dans un gymnase.On imagine aisément l’inconfort du pianiste qui sait que le moindre passage «forte» semblera confus ou agressif à l’oreille de l’auditeur.Si cela se fit sentir abondamment dans les Davidsbündlertanze (Danses des compagnons de David) de Robert Schumann, le deuxième livre d'images de Claude Debussy et la première Valse-Méphisto de Franz Liszt n’en furent pas davantage épargnés.Contrastes et couleurs perdirent aussi une grande partie de leur acuité.Or au-delà des apparences, il était tout de même facile de deviner la présence d’un tempérament affirmé.Haefli-ger possède indubitablement ce sens de la construction qui l’autorise à intervenir sans timidité dans la reconstitution d’un texte — son approche imaginative de l’agencement des 18 pièces qu’englobent les deux livres des Davidsbündlertanze, en apporta l’éclatante démonstration.Chez ce jeune interprète, se croisent harmonieusement l’influence de l’école pianistique américaine qui pousse volontiers vers la virtuosité instrumentale — né en Suisse, il a vécu dans plusieurs villes d’Europe, avant de venir étudier à New York où il habite depuis 16 ans — et la tradition européenne plus soucieuse de style.Ce qui nous valu, par exemple, un Mozart à la fois brillant et raffiné.Chez Debussy, on remarque cette subtilité du toucher qui donne aux harmonies le souvenir des parfums des paysages qu’elles décrivent.La souplesse du jeu conduisit tout naturellement à une Valse-Méphisto très virtuose, follement audacieuse sans jamais être vulgaire.Maintenant qu’il est venu une première fois au Québec, et cela grâce au flair du Festival International de Lanaudière, il faudra qu’on le réinvite à Montréal, et dans une meilleure salle.En attendant, on écoutera ses disques parus chez l’éditeur Sony.Les mélomanes de la Vieille Capitale pourront cependant l’entendre demain soir, dans le même programme, au Festival d’Eté de Québec.Le Parc jurassique déjà relégué à la préhistoire Los Angeles (AP) — La firme, le film policier avec Tom Cruise sorti ce week-end aux Etats-Unis, a détrôné Jurassic Park de Steven Spielberg en tête du box-office pour le week-end.La firme a réalisé 32,5 millions$ de recettes pour son premier week-end (vendredi, samedi, dimanche), meilleur score du week-end devant Jurassic Park (25,3 millions) qui était en tête depuis sa sortie il y a trois semaines.En recettes cumulées, Jurassic Park reste bien sûr en tête des recettes.Le film aux dinosaures, en moins de quatre semaines, a déjà recueilli 212 millions.De manière générale la saison d’été a bien débuté et les recettes sont en hausse depuis le début de l’année.LA TELE fi-: soi k PASSEPORT Moustaki a beau dire que l’Egypte est un pays rieur, l’intégrisme s’y taille une place au soleil chassant les touristes inquiets.Radio-Canada, 21 h ENVOYÉ SPÉCIAL Quand la manipulation génétique se met au service de l’industrie agronomique.TV5, 21 h THE HOLLY COLE TRIO: MY FOOLISH HEART Pour tous ceux qui ne verront pas son spectacle pendant le Festival de jazz, un portrait éclat de rire de la chanteuse canadienne.CFCF, 22h RÉPERCUSSIONS La musique Mandingue, ses instruments, ses artisans, son public.PBS, 22h EQUUS Le grand Sydney Inmet aux commandes de ce drame psychologique mettant aux prises un psychiatre (Richard Burton) et un adolescent au comportement étrange.PBS, 23h 30 LE PRÊTE-NOM Woody Allen ne signe pas toujours les films dans lesquels il joue.Pour cette comédie satirique, il a pris les traits d’un homme qui a prêté son nom à un écrivain boycotté par la télévision.et qui a des ennuis! Radio-Canada, 23h45 Pascale Pontoreau Ginette Reno chantera enfin au festival Une soirée de blues et de jazz avec Oliver Jones GINETTE RENO ET OLIVER JONES Série des événements Du MaurierLtée du FIJM Salle Wilfrid-Pelletier (PdA), demain et samedi, 20h30.SYLVAIN CORMIER C’était couru.Un mois avant son spectacle de jazz et de blues du FIJM avec le pianiste montréalais Oliver Jones, ce show toutes tripes à nu que l’on espérait d’elle depuis tant d’années et dont on lui rabattait les oreilles à toutes les entrevues, ce show trop souffrant qui lui triturait l’intérieur rien qu’à y penser mais qu’elle n’excluait jamais pour autant, c’est le corps qui s’est rebuté: Ginette Reno a claqué une pharyngite.Sévère.Trois semaines de répétitions sans pouvoir vraiment chanter au bout de sa voix.Au bout du fil, entre deux répétitions, notre Ginette nationale souffle un peu.Le matin même, huit jours avant la première, comme elle dit, «la voix rentrait».Que la voix lui revienne, personne n’en a jamais douté.Sauf elle.Le psycho-somatique, ça la connait.«Je ne crois pas beaucoup à la maladie.» Elle n’en est pas à sa première tentative de sabotage.Quand l’enjeu devient trop grand, elle a des ressources: autrefois, elle accouchait d’un nouvel enfant, ou d’un nouvel amour.Aujourd’hui, c’est l’organe même par où son incroyable talent passe qui écope: les cordes vocales.«J’ai craquée.C’était trop en même temps.Trop de douleur et trop de plaisir.» Le pianiste montréalais Oliver Jones sera entouré de Michel Donato, Paul Brochu, Ron DiLauro et Jean-Pierre Zanella.PHOTO ARCHIVES Ginette Reno fera enfin le show trop souffrant qui lui triturait l’intérieur depuis si longtemps.Mais que s’est-il donc passé pour quelle accepte de répondre à l’ènième invitation du FIJM?Il n’y a pas si lon-temps, elle osait à peine écouter son album de jazz et de blues, demeuré sur les tablettes, qu’elle avait enregistré juste pour voir si elle en était capable.«C’est épuisant le blues, ça fait mal à l’âme», avait-elle confié au DEVOIR en 1991.Après s’être montrée sans maquillage dans Léo-lo, le film de Jean-Claude Lauzon, après s’être mise martel en tête de distribuer elle-même son dernier album, il faut croire qu’il n’y avait plus d’autres barrières à défoncer.«Cette année, j’ai risqué.Mon psy m’a dit: risque-donc, niaiseuse! Je me suis dit qu’à 47 ans, il était temps.C’est Ginette qui a dit à Reno, bon, c’est à mon tour, tasse-toi, je vais en chanter une couple pour moi.» Tout le bonheur et toute l’horreur d’un tel spectacle, c’est qu’une fois le processus enclenché, une fois les musiciens engagés (la crème de la crème, évidemment: outre Jones, on retrouvera autour d’elle Michel Donato à la contrebasse, l’ex-Uzeb Paul Brochu à la batterie, le trompettiste Ron DiLauro et le saxo Jean-Pierre Zanella), une fois les répétitions entamées, elle ne pouvait plus reculer.«Il n’y a pas d’issue.Je suis dans un cul-de-sac.Le jazz et le blues, it's only a question of feeling.De l’improvisation et du feeling.Le sax, quand il me fait.(elle imite à la perfection un passage de Zanella), je tombe à terre et je braille comme une vache.Je n’intellectualise plus rien.11 n’y a pas deux répétitions ou je chante de la même façon.» Mercredi soir, la rumeur que Ginette Reno et ses jazzmen allaient répéter devant un public d’invités au Club Soda a couru comme la proverbiale traînée de poudre.En nage et en larmes, elle y a chanté, parmi bien d'autres dont on m’a fait jurer de ne pas vous parler, les pièces annoncées pendant l’entrevue: «Je fais A Song For You de Leon Russell, The Lady Is A Tramp, 'Round Midnight, un medley de Judy Garland, Ne me quitte pas de Brel en jazz, Yesterday, When I Was Young d’Aznavour en blues.Oliver et les gars sont tellement généreux avec moi.Il y a des moments où c’est écoeurant comme c’est beau.».Chose certaine, plus rien ne sera pareil après samedi soir.«A la Place des Arts, je ne sais pas comment je vais accueillir tout ça.Le show me ramène à ce que je chantais quand j’étais toute jeune, dans les clubs.Il y a toutes sortes de choses qui remontent à la surface, des bonnes et des mauvaises.Certaines chansons viennent me chercher entièrement, dans tous les recoins de ma vie.Quand j’entre en transe et que je suis toute mouillée, c’est comme si tout mon être chantait.» Fusions en tous genres Toutes les rencontres musicales sont permises tV AL DE i > SYLVAIN CORMIER Après quinze années d’acrobaties aériennes avec Uzeb, le maître-bassiste Alain Caron avait certainement besoin que Le Band, son groupe de virtuoses à lui tout seul — le clavié-riste Gerry Etkins, le guitariste Jerry DeVil-liers Jr et le batteur Magella Cormier — soit en tous temps relié de près ou de loin à la terre ferme.De la fusion, soit, c’est sa vie, mais qui ne serait jamais déconnectée, qui demeurerait toujours fondée sur des riffs de basse coulés dans le soul, le rhythm’n’blues, le funk.Des envolées, certes, mais qui ne perdraient jamais le Nord ni l’horizon de vue.Au Spectrum, tôt hier soir, pour son baptême du feu, Caron a mené Le Band où bon lui semblait, là où la dextérité ne s’affichait pas au dépens des motifs mélodiques.Caron, cela se voyait hier à ses sourires, est un grand sensible qui s’ignore derrière ses lunettes rondes d’intellectuel.Accueilli plus que chaleureusement par un auditoire de fans qui applaudissait les pièces instrumentales à la seule mention des titres, il avait la pleine permission de démontrer que la fusion du jazz avec d’autres genres n’interdit pas l’émotion — une démonstration qui aurait été nettement plus convaincante si la sono n’avait pas été, par moments, si brouillonne, surtout dans les pièces à rythmes complexes, le très funky From T.O.P., par exemple, un clin d’oeil de Caron à l’un de ses groupes-fétiches, Tower Of Power.Je vous avouerai cependant que mon oreille de non-initié était passablement plus réceptive au matériel plus lent et atmosphérique, où Ca-ron-le-mélodiste caressait le manche de sa cinq-cordes avec une belle tendresse, et où l’excellent DeVilliers se révélait un complice idéal, distillant des notes plus durables que nombreuses qui rappelaient le meilleur d’un Jeff Beck.Je suis sorti du Spectrum avec le cerveau en fusion, ne sachant trop où aller.Au coin de la rue, les sons se fusionnaient encore.De fait, je me sentais comme l’ingénieur d’une gigantesque console de son.J’étais exactement à mi-chemin entre deux scènes où, simultanément, des musiques se propageaient dans l’air marécageux du centre-ville caniculaire.Alors que le jour amorçait sa dégringolade, pour autant que l’on se tienne debout à l’angle de Sainte-Catherine et Jeanne-Mance, oreilles tendues, les deux sources sonores se rejoignaient et se complétaient, les riffs rugueux et mississip-piens de John Mooney & Bluesiana, qui prenaient naissance sur la scène de l’intersection de Maisonneuve/Jeanne-Mance, s’ajoutant au piano de John Stetch, qui s’échinait avec son quartette à l’angle de Saint-Urbain et Sainte-Catherine.Si l’on se déplaçait dans une direction ou l’autre, fut-ce de quelques mètres, on modifiait le mixage.C’était fascinant.Les musiques se mariaient sans se connaître.Demain, me disais-je, il vaudra le coup de tenter une nouvelle fusion: les rythmes du monde du groupe québécois Zékhul, qui s’ébroueront à la scène 'î’ro-piques Ultramar de la me Maisonneuve à 21h, devraient en toute logique se mêler naturellement au gospel vocal des Holmes Brothers, qui résonneront à partir de la grande scène des Concerts Étoiles Du Maurier Ltée, angle Sainte-Catherine et Jeanne-Mance.Au FIJM, après tout, les rencontres musicales sont bien souvent le fruit du hasard.Le festival ne fait pas que des heureux \V AL DE i > Af ON f* GUYLAINE MA RO 1ST Alors que plusieurs salivent à la pensée que le Festival de jazz bat la mesure, d’autres ont des brûlures d’estomac lorsqu’ils songent au grand événement estival montréalais.On connaît la chanson de l’effet siphon du festival: deux semaines intenses de jazz, plus une note l’année durant.Mais ce n’est pas tout.Pour plusieurs jazzmen et jazzwomen d’ici, le festival est synonyme de cachets maigres, de confinement sous une tente et d’un certain manque de respect.Le Festival de jazz, qui engouffre une large somme de deniers publics (près d’un million de dollars), serait un peu trop international à leur goût.Cette année, les organisateurs de la fête ont décidé d’écorner les hauts cris et de mettre le jazz d’avant-garde local au programme et en salle, s’il-vous-plaît.Réel désir de prêter main forte à la scène locale ou façade pour se justifier auprès des subvention-neurs?Yannick Rieu choisit la deuxième option.Après qu’on eût annoncé sa présence au festival lors d’une conférence de presse, le saxophoniste s’est désisté.Il n’y aurait jamais eu d’entente formelle entre lui et le festival.«On m’offrait 1100 dollars pour huit musiciens.Pour des musiciens professionnels qui répètent 10 heures par jour cfepuis des années, c’est dérisoire.C’est une forme de mépris.Le Festival ne fait rien poulies musiciens d’ici.Les organisateurs n’ont aucune conscience sociale et culturelle.» Rieu emportera plutôt son octet au Festival de Jazz d’Ottawa, qui serait plus généreux.Il était aussi à File Noire pour six jours à partir du 1er juillet, date du coup d’envoi de la grande fiesta.Rieu jure qu’il n’en a pas fini avec l’organisation et plusieurs musiciens locaux appuieraient sa déclaration de guerre.Quant à André Ménard, architecte de la programmation au Festival, il en a un peu soupé des invectives de nos artisans de jazz.«Plus de 50% de la programmation du Festival est réservée aux musiciens locaux.C’est une proportion très forte.Comparez avec le Festival des Films du Monde ou le Festival de Théâtre des Amériques.Au North Sea Festival, le plus important festival de jazz européen, les musiciens jouent dans le portique du palais des Congrès.A Montréal, le traitement accordé aux musiciens locaux dépasse largement ce que j’ai vu dans tous les festivals de jazz du reste du monde.Mais on ne peut contenter tout le monde et sa mère tout le temps.» Le recours aux deniers publics n’engage-t-il pas l’organisation face aux artisans d’ici?«Le Festival de jazz, dont les fonds publics représentent 14% du budget, est le moins subventionné de tous les événements culturels majeurs.Le Grand Prix automobile reçoit au dessus d’un million du ministère du Tourisme et il n’y a pas un coureur local là-dedans.» AUJOURD'HUI ¦ Johnny Griffin, le compositeur de The Cat, choisi comme thème musical du présent Festival, sera ce soir à la salle Maisonneuve à 18h.Considéré par Frank Foster, le patron du Count Basie Big Band, comme le meilleur saxophoniste de l’heure, Griffin va nous jouer probablement tous les morceaux qu’il a écrits pour son dernier album Dance of Passion sur étiquette Antilles.¦ Plus tard, au Gesù à 22h 30, le pianiste Randy Weston se produira en trio rassemblant un saxophoniste et un percussionniste.Travaillant depuis des années et des années au métissage des rythmes africains et américains, Randy Weston est un musicien à ne pas manquer.Enfin, à minuit et demi au Spectrum, on pourra constater en quoi le blues issu de la Californie se distingue du blues de Chicago en écoutant le pianiste Mitch Woods.Auteur d’un excellent album, Solid Gold Cadillac, Mitch Woods est un musicien enthousiaste.Serge Truffant ¦ S’il reste des billets pour Arthur H.et son Bachibou-zouk Band, à 21h au Spectrum, ne faites pas de quartiers, tonnerre de brest, et sabrez-vous un chemin jusqu’aux divers guichets.Un séjour de rêve sur le Kara-boudjan vous attend, gracieuseté de l’iconoclaste fiston Higelin qui, lorqu’on y regarde de près, a un ressort au-dessus de la tête: c.est parce qu’il est fou.Sylvain Cormier Allons-y Alonzo! La 5e édition du Festival de Trois est commencée STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Le Festival de Trois est en cours pour la cinquième année consécutive.L’événement consacré à l’écriture sous toutes ses lormes se déroule depuis le 5 juillet et jusqu’au 23 août à la Maison des Arts de Laval.La formule est maintenant connue: tous les lundis de l’été, pendant une dizaine de soirées, des auteurs renommés, des comédiens, des musiciens et des chanteurs connus lisent, jouent et chantent tout en parlant de leur passion pour les choses de la plume et du clavier.L’idée d’une fête consacrée à la fusion des arts a pris forme en juillet 1989.«Je voulais faire quelque chose pour la littérature à Laval où il n’y avait rien de semblable», se rappelle Anne-Marie Alonzo, maman de l’événement, elle-même écrivaine.Pari tenu.Depuis, chaque été, des milliers de personnes viennenfassister aux spectacles, jusqu’à 350 en une seule soirée.On a rendu des hommages à Anne Hébert ou Marcel Dubé.On a reçu Geneviève Paris, Sylvie Tremblay et des dizaines d’autres artistes Les auteures sont favorisées: elles peuvent choisir leurs invités, suggérer des noms de comédiens ou de musiciens.Lundi dernier, le Festival a commencé avec une présentation de la pièce Tu faisais comme un appel d’air, de Marthe Mercure.Lundi prochain on aura droit à une soirée poésie-blues en compagnie de la poète Josée Yvon et de la comédienne-chanteuse France Castel.I>e 19 juillet ce sera au tour de Louky Bersianik (auteu-re), Judith Chevalier (comédienne) Nicolas Letarte et Martin Plante (musiciens).Le 26, la romancière Suzanne Jacob sera assistée de Christian Gauthier et le premier lundi d’août, Jean-Paul Daousl recevra le comédien Jean Peticlerc, le Marius de nos planches, cet été.Le 9 août, pour sa soirée anniversaire, le Festival présente L'Empire des futures stars.En vedette: l’auteu-re-compositeure-interprète, Linda Lemay, les musiciens Louise Poirier et Suzan Van Wagner et les poètes Denise Desautels, Louise Dupré et Anne-Marie Alonzo elle-même.I^e 16, on passe au grand écran avec une soirée de courts et moyens métrages.Et pour la dernière soirée du Festival, le 23 août, la comédienne Françoise Faucher et le comédien-pianiste Jean Marchand vont rendre hommage à l’auteure Marguerite Duras.Prix des places: 13,50$.On se renseigne au 662-4442.
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