Le devoir, 2 juillet 1993, Cahier B
À Voir Page B8 Agenda Page B5 Le Monde Page B3 Sports Page B4 Québec Page B6,B7 PLAISIRS •l î j\ H FLÂNERIES BANLIEUSARDES Dorion-by-day, à défaut de Rigaud-by-night Train à Venvers pour touriste de banlieue Journaliste indépendante, Sophie Gironnay a imaginé un circuit touristique ferroviaire des banlieues de Montréal.Elle nous fera part au cours des prochaines semaines du résultat de ses pérégrinations.Une alternative intéressante à la pratique estivale du balcon ville.SOPHIE GIRONNAY CA était pourtant une bonne idée.Puisque les / trains de banlieue roulent dans les deux sens, pourquoi ne pas s’en servir aussi à l’envers?Un beau matin de soleil qu’on en a marre du centre-ville, hop! on saute dans un wagon, et pour une poignée de dollars, on s’offre une balade.Pendant quelques quarts d’heure, on joue à l’Oc-cident-Express (direction ouest), puis on débarque en pleine banlieue, en pleine brousse.Frissons et dépaysement garantis, avec retour le soir même dans son petit triplex.Chers centre-villageois avides de sensations fortes, j’allais débroussailler pour vous des itinéraires inédits, tranchant d’une machette impitoyable dans la forêt de préjugés qui nous empêchent d’apercevoir, depuis les tours de la grande cité, les lointaines beautés banlieusardes.A raison d’un jour par destination, sans vaccins, sans valises, et sans décalage horaire, la série de reportages était toute trouvée! Et puis, avec Hudson et Rigaud comme première étape, j’étais tranquille: je connaissais déjà les délices aristocratiques de Hudson, ce bonbon anglais, ainsi qu’une coquine ritournelle que je me promettais de chantonner «en revenant de Rigaud», celle qu’on était certain de ne pas entendre aux Choralies internationales de Rigaud, l’événement local de l’été (informations au (514) 451-4205).-?- C’était compter sans quelques incongruités de l’administration des trains de banlieue, assurée par la STCUM.Les horaires, d’abord.Le premier départ pour Hudson et Rigaud est à 18 h, et pour revenir en ville, il faut attendre le lendemain matin.Autrement dit, prévoir deux nuits d’hôtel pour un jour à Rigaud, ou bien se limiter à Ri-gaud-by-niglitl L’aller-retour ne fonctionne vraiment que jusqu’à Dorion, et à partir de midi seulement les samedis et dimanches.Quant à l’unique autre ligne, celle de Deux-Montagnes, elle est sur le point de fermer pour rénovations (ministère des Transports dixit).Enfin, il y a les prix: 18$ pour un aller-retour Dorion-Montréal, ce n’est pas ce qu’on peut appeler une petite excursion pas chère.Et n’essayez pas de jouer au plus fin avec la STCUM en prenant l’autobus (1,75 $) jusqu’à Sainte-Anne-de-Bellevue, à trois stations et huit minutes du bout de la ligne.De Sainte-Anne à Dorion, il en coûte quand même 9$! Pas folle, la STCUM.Si «prendre le train, c’est intelligent», à malin, malin et demi.De Montréal-Ouest à Dorion, restent quatorze stations à partir desquelles explorer, en vélo aussi bien qu’à pied, ce qui multiplie d’autant les possibilités.C’est décidé, j’embarque quand même! Et puisque Dorion, tête de pont, ne me dit absolument rien, qu’à cela ne tienne, je commencerai par là! Le voyage débute à la gare Windsor.Baigné de lumière blanche, le hall nous transporte.déjà.Dire que, comme nous l’apprend une vitrine documentaire, voisine du pittoresque barbier de la gare, cette réussite architecturale a failli se faire engloutir dans de grandioses projets d’agrandissement, dont celui nommé «Cité des anges».En fait d’ange, il n’y en a plus qu’un: celui en bronze au fond de la salle, qui tente d’emporter au ciel un héros des deux guerres sans y parvenir.1rs monuments aux morts sont toujours tellement lourds.-?- Surprise: le train est charmant, avec son deuxième étage façon bus anglais, où l’on grimpe le cœur bondissant, comme enfant dans le lit du haut, au camp de vacances! Pour le paysage, il faut s’asseoir du côté droit dans le sens de la marche.Après Sainte-Anne, on admire la vue sur la baie de Vaudreuil et ses îles, dés d’émeraude jetés au hasard sur un tapis de satin gris plissé.Après l’île Perrot, atterrissage à Dorion.Surprise bis: l’endroit est joli dès la descente du train.À cause des terrains larges, des arbres vieux, des maisons relativement modestes mais souvent anciennes, à cause des bords de l’eau omniprésents auxquels on aboutit à tout bout de cul-de-sac.Paix verte, zigzags d’enfants en bicyclette au milieu de la rue.et tondeuses à gazon en pleine sieste: c’est tout dire! Mais que vois-je?La rue Adèle?Serait-ce un signe du destin?Qui se souvient de la bonne Adèle, la Marilyn des années 60, qui faisait le ménage des sentiments au royaume de Papa a raison?Cette banlieue-ci a plus de style que la sienne, c’est visible.L’évocation d’Adèle, sainte patronne des banlieues, est tout de même de bon augure.Voilà la ligure tutélaire qui saura veiller maternellement sur nos flâneries banlieusardes.Ça commence bien! I.K I) K Y U I li .I K Y K X I) li K 1) I 2 .1 I' I 1.I.K T I 0 !» 3 «fit» *Y-v Wf*.R E N I) E Z - V O U S Show devant! Beau et chaud, de tout sauf du réchauffé JOSÉE BLANCHETTE On y a entendu Danielle Ouimet nous expliquer dans quelle tenue elle a auditionné pour obtenir le rôle de Valérie dans le film du même nom, Denise Bombardier y causer déroute des sexes, Angèle Dubeau accompagner René Simard avec son violon et Patsy Gallant chanter du gospel.Chaque soir sur les ondes de Radio-Québec, la colonie de vacances Beau et chaud nous livre un spectacle de professionnels sous des dehors d’amateurs de Kool-Aid en gougounes de plastique.Normand Bratli-waite et LesTêteux, son célèbre band, donnent le ton à une émission qui semble avoir enfanté la télé couleur et la pub en noir et Black.Ce «son et lumière» quotidien doublé d’un décor fantasmagorique est tout autant talk-show, freak-show que chaud tout court.Il est également le tremplin de jeunes-talents-inconnus-mais-promet-teurs et le quai où viennent accoster les has-been du métier en essuyant une larme sur un vieux succès.On n’échappe pas aux inévitables «Ail Québec, plogues associées au genre, mais l’animateur ne feint ni ladle Style et la miration coite ni la flagornerie collante.Comptez sur lui pour coupe de balancer une platitude ou une , indiscrétion qui désamorce le cneveux sérieux d’une entrevue de trois excusent trop
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