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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 1993-06-25, Collections de BAnQ.

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Vol.1.X X X I Y X o I 1 5 ti r> c T I* s T V Q / T o r o n t o 8 5 c -?FONDÉ EN 19 10 4- M O N T H K A I.I.E V E N 1) R EDI 2 .1 .1 U I N I !l !) A PERSPECTIVES Tout dépend de sa décision.L’été casse-tête Démissions, retraites, maladies, à Québec l’heure d’une nouvelle donne ministérielle approche.Michel Venue Voici venir l’été casse-tête à Québec.Un été politique fait d’angoisses et d’attentes dans les rangs ministériels, de consulta tions privées, de réflexions sur son avenir de retraites, de maladies, de nominations de démissions.Cet été-là se terminera, probablement, sur un remaniement du conseil des ministres, le premier depuis l’automne 1990, qui avait suivi la crise d’Oka.L’heure d’une nouvelle donne ministérielle a sonné.En fond de scène de ce jeu de chaises musicales, préparé minutieusement par les bons offices du chef de cabinet du premier ministre, M.John Parisella, il y a l’avenir du chef du Parti libéral lui-même, M.Robert Bourassa, guéri d’un cancer de la peau, qui continue cependant de le hanter.Ce dernier, loin des feux de l’actualité, pourra y penser en paix, durant la belle saison, entouré des siens.Tandis que les projecteurs seront braqués sur Madame la première ministre Kim Campbell, à Ottawa.Puis, vers la fin d’août, sur le congrès du Parti québécois, le dernier avant les élections.De sa décision dépend en partie le reste.D’une part parce que des ministres lient leur avenir au sien.D’autre part parce qu’en répartis-sant les tâches au sein du cabinet, il peut donner à l’un ou l’autre de ses éventuels successeurs, sciemment ou non, soit la corde pour se pendre, soit la scène pour se faire valoir.Quoi qu’il en soit, le premier ministre n’aura probablement pas le choix de répartir autrement les rôles.Il lui faut insuffler à son gouvernement une nouvelle dynamique s’il ne veut pas le voir sombrer dans les sondages.Mais en plus, des ministres partiront, ou annonceront qu’ils ne seront pas de la course aux prochaines élections.D’autres seront démis parce que le gouvernement a annoncé, lors du dernier budget, qu’il se mettait au régime.Le ministère des Communications disparaîtra, comme celui du Tourisme.On s’attend à ce qu’une demi-douzaine de ministres délégués perdent leur limousine.Parmi les ministres qui partent, faut-il encore nommer Marc-Yvan Côté, le ministre de la Santé, organisateur en chef pour l’Est du Québec.Il serait parti au printemps si M.Bourassa n’avait pas été malade.Il considérait encore récemment une dizaine d’offres d’emplois dans le privé.Il quittera probablement en août.La rumeur envoie par ailleurs le ministre responsable de la Francophonie, M.Guy Rivard, remplacer le délégué général du Québec à Paris, qui rentre au bercail ces jours-ci.La maladie a été cruelle envers d’autres membres du cabinet qui sont moins enthousiastes à l’idée d’une autre campagne électorale.Le ministre des Finances, M.Gérard D.Levesque, hospitalisé il y a trois ans pour un début de cancer du côlon, puis de nouveau au printemps pour un épanchement pleural (de l’eau au poumon), ne va pas très bien.Des collègues ministres racontent que le doyen de l’Assemblée nationale, âgé de 69 ans, est très pessimiste quant à sa santé.Il est lugubre.La semaine dernière, après une rencontre privée avec lui, le président du Conseil du patronat, M.Ghislain Dufour, s’est publiquement inquiété de son état de santé.M.Levesque lui aurait confié n’avoir été que le «messager» du gouvernement lors du dernier budget.D’autres aussi vacillent, qui sont de la partie depuis dix, quinze ou vingt ans.Les Ciaccia, Bacon, Robic, El-kas (plus nouveau mais déçu, dit-on).Yvon Picotte restera, si le chef reste aussi.Mais M.Bourassa ne divulguera ses intentions que plus tard à l’automne, probablement après les élections fédérales.S’il choisit de quitter la politique, il faut quatre mois pour organiser un congrès au leadership qui pourrait avoir lieu en février.Ce qui laisse à son successeur le choix entre tenir des élections au printemps, après un budget hâtif, ou l’automne suivant.Plusieurs membres influents du PLQ lui demandent de rester, ne voient que lui pour endiguer la vague souverainiste et conserver le pouvoir.En Daniel Johnson, qui apparaît comme l’aspirant le mieux préparé à prendre le relais, ils n’ont aucune confiance.Si de son côté il a des alliés sûrs qui font discrètement la promotion de leur poulain auprès des députés, il y a des ministres qui se préparent déjà à contrer sa candidature, à le «bloquer à tout prix», confie-t-on.Lise Bacon, victime récemment d’une embolie pulmonaire, aurait renoncé.Gérald Tremblay trébuche à la première occasion.Ses alliés ministres lui reprochent de manquer de sens politique, liza Frulla ne dit pas non: «On verra», dit-elle, quand la question lui est posée.Mais ces conjectures n’ont de sens que si M.Bourassa s’en va.Cela, personne ne le sait.Vendredi dernier, après une conférence de presse, des journalistes chevronnés lui ont trouvé l’air de «quelqu’un qui n’est pas pressé de partir».Je ne leur ai pas dit, mais je n’étais pas d’accord.Je l’ai trouvé absent, las.Triste.Des impressions qui ne veulent rien dire, évidemment.La maladie remet en cause plusieurs plans de carrière I-es Actualités.A2 Agenda culturel .B6 Annonces et usées .IÎ2 Avis publics.A4 ÀVoir.ni Culture.B7 Économie.A5 INDEX Éditorial.Ati Idées.A7 Ix* Monde.B3 Montréal.A3 Mots croisés.B2 I’olili(|uc.A4 Les Sports.B5 Météo Ensoleillé Max.: 30 Détails en B2 PLAISIRS Tout, tout, tout sur le chapeau PAGE B-1 L'ÉCONOMIE Ottawa approuve Taltiance entre AMR et P WA PAGE A-5 ?bt,.TT À VOIR Le Festival de Lanaudière en sons et en images PAGE B-8 Le Québec jouera un rôle central, promet Kim Campbell Un conseil des ministres réduit prend la relève aujourd’hui CHANTAL HÉBERT LE DEVOIR Valleyfield — A la veille de son assermentation comme première ministre du Canada et du dévoilement d’un conseil des ministres considérablement réduit, Kim Campbell s’est engagée hier à assurer au Québec une place de choix dans son administration.«Aussi longtemps que je serai premier ministre, les Québécois joueront au sein du gouvernement fédéral le même rôle central et indispensable qu’ils ont joué depuis 1984», a-t-elle promis au cours d’une brève allocution prononcée devant quelques centaines de membres de la Société Saint-Jean-Baptiste de Valleyfield de même que des dignitaires de la ville.Pour son premier contact avec le grand public depuis son élection à la tête du Parti conservateur fédéral et pour sa première sortie en sol québécois, Kim Campbell a cependant eu droit à un avant-goût de la pente qu’elle pourrait avoir à remonter au Québec d’ici la prochaine élection.Du rarement vu lorsqu’un chef fédéral, que ce soit Jean Chrétien ou Brian Mulroney, prend la parole au Québec, les quelques paroles en anglais prononcées par Mme Campbell ont été accueillies par d’embarrassants murmures d’exaspération qui se sont prolongés jusqu’à ce qu'elle reprenne le fil de son discours en français.«Elle ne va pas nous parler en anglais le jour de la Saint-Jean», s’est même exclamée une spectactrice.En majorité, la salle était composée de personnes âgées.Depuis 1980, le Canada a toujours été dirigé par un premier ministre issu du Québec.VOIR PAGE A-8 : CAMPBELL Une vraie fête BONNE* ET»QU^C0/SF« ORIGINS Qa.Æé-TOU™5.YS tAm ÇF S/ Bonne humeur et sobriété PIERRE CAYOUETTE ET PAUL CAUCHON LE DEVOIR Sous un ciel bleu tout à fait de circonstance, des dizaines de milliers de Montréalais se sont massés sur les trottoirs de la rue Sherbrooke, hier, pour assister au défilé de la Saint-Jean dans la bonne humeur, la joie et la sobriété.La fête n’a pas déclenché de grandes effusions ou de grandes clameurs, comme en 1990, au lendemain de la mort de l’accord du lac Meech.La fête fut plutôt familiale, paisible, sans histoire.«Cette journée n’est pas politique en soi.Il s’agit d’une fête de rassemblement, de solidarité.Nous sommes ensemble et nous sommes un vrai peuple», a dit le chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard.La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal avait convié la population à un défilé en chansons.Tout au long du parcours, des rues Saint-Urbain à Pie IX, des chanteurs et musiciens juchés sur des plates-formes interprétaient à répétition des classiques de la chanson d’ici: Mon pays (Gilles Vigneault), Ça va v’nir, ça va v’nir, découragez-vous pas (La Bolduc), La complainte du phoque en Alaska (Michel Rivard), Le Blues du businessman (Plamon-don-Berger), Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours (Richard Desjardins) et Toujours vivant (Gerry Boulet).Des oiseaux géants — du harfang des neiges au martin-pêcheur —, conçus par la directrice artistique Paule Marquis, tiraient les scènes ambulantes.Des jeunes camelots distribuaient des VOIR PAGE A-8 : FÊTE VOIR AUSSI Une fête multiculturelle.A-3 La modeste réception du premier ministre.A-3 Les vrais casseurs Les responsables de la grande casse de la coupe Stanley sont-ils vraiment ceux qu’on a dit?Le lendemain de la grande casse de la coupe Stanley, tous les yeux étaient braqués sur eux.Les jeunes.Les grands responsables de ce saccage masochiste.Pour expliquer ce dérapage honteux, le ministre de la Sécurité publique, M.Claude Ryan, a parlé de «voyous méprisables» et la CUM a rejeté la faute sur quelques «rats d’égouts».L’émotion passée, la poussière retombée, les rapports officiels disent parfois autre chose.Les voyous ce soir-là, c’était tout le monde.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Au poste 25 de la police de la CUM, on a rapatrié depuis l’émeute les constats d’infraction des 115 arrestations faites dans la soirée du 9 et la matinée du 10 juin.L’oeuvre de jeunes malfrats, de bandes de jeunes Noirs enragés par la misère?disait-on au lendemain de l’émeute.Pas si sûr.«11 y avait des fils à papa.Des gens venus de Hampstead et de Pierrefonds, des professionnels qui passaient au poste en pleine nuit pour chercher leurs jeunes.» «Certains adolescents étaient mieux habillés que ce qu’ils avaient pris dans les magasins», explique aujourd'hui le lieutenant-détective Michel Fréchette, chargé d’enquêter sur ces événements.Les rapports reçus depuis ce soir-là révèlent que les personnes épinglées par la police venaient de partout: Outremont, Hampstead, La-salle, Juliette, Saint-Jean-sur-leRicheüeu, Pointeaux-Trembles et d'aussi loin que Saint-Jérôme.Pour la révolte des jeunes des quartiers VOIR PAGE A-8 : CASSEURS New York l’a échappé belle Le FBI a déjoué un vaste complot terroriste New York (Reuter et AP) — Le FBI a déjoué un vaste complot d'attentats et d’assassinats mis sur pied par un réseau d’intégristes musulmans à New York.Dans la nuit de mercredi à jeudi, huit personnes ont été arrêtées, toutes soupçonnées de préparer l’assassinat du secrétaire général de l’ONU Boutros Boutros-Ghali, du président égyptien Hosni Moubarak et du sénateur de l'Etat de New York Alphonse d’Amato.Cinq des huit prévenus ont été pris sur le fait, en train de manipuler des produits chimiques pour la fabrication d'explosifs.Cinq caisses d’explosifs de fabrication artisanale ont été découvertes sur les lieux.Les arrestations ont eu lieu dans la ville de New York et dans la banlieue de Yonkers.Un haut fonctionnaire de l’immigration a précisé que cinq des huit hommes arrêtés sont des Soudanais fixés aux Etats-Unis.Il a ajouté que le statut exact des trois autres personnes n’avait pas encore été établi.VOIR PAGE A-8 :COMPLOT » I / A 8 L E I) E V 0 I R , LE V E N 1) R E I) I 2 5 .JUIN I !) !) R LE DEVOIR ACTUALITES Le folklore se réapproprie le show de la Saint-Jean SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR Treize ans après le Référendum, ça y est.Le folklore est enfin sorti du purgatoire.Avec un grand coup de Bottine Souriante dans l’arrière-train, il a repris la place qui lui revenait de droit: le centre de la scène au show majeur de la St-Jean.Hier soir, le parc Maisonneuve et, via la télé et la radio, la province enüère se trémoussaient au rythme irrésistible de ses plus fidèles ambassadeurs.La Bottine, qui a joué sur tous les tréteaux dans tous les hameaux à toutes les St-Jean depuis la création du monde, accédait au grand spectacle pour la première fois.Et s’ils n’étaient pas seuls dans ce show intelligemment animé par Jean-Pierre Ferland qui rameutait également Dan Bigras et Francine Raymond, ils en étaient le ciment, le moteur, la pierre angulaire.D’emblée, aux premières mesures de la première chanson, chacun savait que ce show-là s’engageait sur les bons rails.On est partis une gang, une composition du conteur-folkloriste Michel Faubert, était un choix qui déterminait une attitude: on allait s’amuser sans autocensure, et l’on ne jouerait pas les politically correct à outrance.Oser un reel peu connu qui raconte une veillée ou coule le whisky et où il y a du «jamaïcain pour tous les .paroissiens» ne signifiait pas autre chose.Le Swingner vot’ compagnie de Ferland, qui suivait, semblait littéralement porté par l’accordéon, le tapochage de pieds et les cuivres jazzés de La Bottine.La soirée, décidément, souriait Il y avait longtemps que l’on avait été fouetté par un tel vent de liberté.On revenait de loin.Depuis les grands rassemblements des années 70, si marquants et démesurés que tous les spectacles qui ont suivi en étaient complexés, le show de la St-Jean était progressivement devenu l’affaire de chanteurs, de chanteuses et de groupes pop-rock, qui s’échangeaient les classiques du répertoire québécois et intercalaient quelques-uns de leurs propres succès, promotion oblige.De plus en plus, on assistait à la célébration comme à tout autre spectacle.D’une St-Jean à l’autre, selon l’intérêt de l’affiche, la ferveur augmentait ou diminuait.En 1990, Michel Rivard, Paul Piché, Gilles Vigneault et la p’tite nouvelle d’alors, Laurence Jalbert, alors qu’on se noyait au lac Meech, avaient fait vibrer les bonnes cordes.Mais on a eu droit le plus souvent à des collusions nettement moins heureuses, et à des shows-concepts généralement lourdauds, donnant lieu à des soirées que l’on oubliait le lendemain.Hier soir, solidement soutenu par les lacets de La Bottine, tout le spectacle s’est enchaîné avec naturel et joie de vivre.Les arrangements de François Cousineau étaient consistants et souples, et l’on avait l’impression que rien n’était superflu, que chacun des invités chantait ce qui lui allait le mieux, souvent contre toute attente.A Francine Raymond, stupéfiante interprète, tout sembait facile: blueser Le train du Nord de Félix, planer sur le Lindbergh de Charlebois, rocker la Journée d'Amérique de Séguin.Bigras s’était donné des géants qui le grandissaient: le Tu m’aimes-tu de Desjardins et La voix que j’ai d’Offenbach.Ferland, qui fêtait ses 59 ans en famille, a poussé l’audace jusqu’à se taper la Provocante de Maijo.Jusqu’aux hommages à Raymond Lévesque, Félix et Vigneault (qui est monté sur scène le temps d’une lecture de poème) qui, pour être prévisibles, n’était pas ampoulés pour autant.Et rien n’a résisté aux gars de La Bottine, y compris la Dolorès de Charlebois, livrée avec l’entrain d’un rigodon.Si nous n’avez pas tapé du pied, c’est que vous étiez cul-de-jatte.Scusez-là\ FETE 190 OOO personnes SUITE DE LA PAGE 1 journaux contenant les paroles des chansons.«Des bonnes tounes du Québec, ’stie», a lancé un camelot en tendant sa feuille.Invitée à reprendre les chansons à l’unisson, la foule a toutefois très peu chanté.Quelques personnalités, installées dans des décapotables, faisaient partie du défilé.Louise Deschâtelets, présidente d’honneur, le président de la SSJB-M, Jean Dorion, Raymond Lévesque, Gilles Pelletier, Pierre Bertrand n’ont pas manqué distribuer les «Bonne fête!».Luc Plamondon, flanqué de la radieuse comédienne antillaise France Zobda, était du nombre.Assis dans une mythique Cadillac blanche, tout juste derrière le grand orchestre qui faisait résonner haut et fort son célèbre Blues du businessman, Plamondon savourait pleinement ce moment de grâce.«Un défilé musical, c’est vraiment un bel hommage aux auteurs et compositeurs d’ici.Cette chanson, en particulier, je ne l’avais pas écrite pour des raisons nationalistes.Mais c’est une chanson qui exprime le désir d’être autre chose.C’est un cri du coeur pour le public, pour les Québécois qui cherchent à s’exprimer», a-t-il dit Comme le veut la jeune tradition, une marche clôturait le défilé.Les figures désormais habituelles l’ouvraient.Le chef du Parti québécois, Jacques Parizeau, le chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard, le président de la FTQ, Fernand Daoust, le président de la CSN, Gérald Larose, et le vice-président du PQ, Bernard Landry, précédaient les quelques milliers de marcheurs ensevelis sous une mer de fleurdelisés.«Les Québécois sont dans la rue, contents, heureux.Ce qu’on voit essentiellement c’est ce qu’on voit depuis deux, trois ans.Des gens qui regardent l’avenir avec confiance.Mais aujourd’hui, c’est la trêve.Nous voulons tous fêter ensemble», a commenté Jacques Parizeau.Tout au long du parcours, la foule s’est montrée calme, malgré les appels incessants des vendeurs de billets de loteries, de gaminets, de bretelles fleurdelisées, de drapeaux ou de barbe-à-papa.A travers une foule nettement blanche et francophone se profilaient quelques représentants des minorités ethniques.Ainsi, un groupe de jeunes Noirs arborait fièrement une bannière du Parti québécois.«Je ne suis pas une minorité culturelle.Je suis un Québécois, a clamé l’un d’eux.C’est au Canada que je suis minoritaire».Des fêtes ethniques ont d’ailleurs eu lieu dans plusieurs quartiers de Montréal (voir page A-3).Interrogés sur l’ardeur de leur fibre nationale, plusieurs spectateurs ont plutôt répondu «qu’il fait beau et que les filles sont belles».Angle Fullum et Montréal, une vieille dame goûtait le spectacle.«C’est magnifique et ça coûte rien.C’est tellement rare aujourd’hui».La marche populaire qui clôturait le défilé a pris fin vers 17h, au parc Maisonneuve, où des milliers de personnes étaient déjà réunies.Un souper champêtre attendait les marcheurs.Même si quelques affiches annonçaient des fraises du Québec et du homard des Iles-de-la-Madeleine, on y voyait surtout des gens s’empiffrer de pizzas, de hamburgers et de bière.Une fois rassasiés, les participants à ces agapes annuelles se sont regroupés devant la grande scène du parc Maisonneuve pour le spectacle «Un peuple aussi fort que ses rêves», mettant en vedette Jean-Pierre Ferland, La Bottine souriante, Francine Raymond et Dan Bigras (Voir l’article de Sylvain Cormier ci-dessus) Le spectacle fut une authentique fête populaire.Quatre grandes allées de comptoirs de nourriture partaient de la scène pour continuer à offrir leurs produits jusqu’à 23h.Pendant le spectacle, le va-et-vient était perpétuel entre les comptoirs.Des couples s’embrassaient sous les grands arbres, de nombreux enfants étaient juchés sur les épaules de leurs parents alors que circulaient des odeurs d’herbe grillée et de bière.Signe de détente, des policiers se dandinaient au son de la musique.La sécurité demeurait tout de même une préoccupation constante puisque les sacs des spectateurs qui entraient dans le parc étaient systématiquement fouillés.Vers le fond du parc, des terrasses installées à même le sol permettaient à un public nombreux de suivre le spectacle sur écran géant.Un public bon vivant, familial, qui agitait des fleurdelisés et était là pour fêter dans la joie.La firme Sodem, chargée d’évaluer les foules pour le quotidien La Presse, estime que 165 000 personnes ont assisté au défilé dans l’après-midi et qu'environ 25 000 d’entre elles ont pris part à la marche qui suivait.Le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM) ne déplorait, au moment de mettre sous presse, aucun incident.Hantés par le souvenir encore frais des émeutes de la coupe Stanley, les dirigeants du SPCUM n’ont pas lésiné sur les effectifs.COMPLOT Des intégristes SUITE DE LA PAGE 1 _ Le siège du FBI, celui de l’ONU ainsi que les deux tunnels autoroutiers Lincoln et Holland, reliant Manhattan au New Jersey, étaient aussi visés.Les intégristes y auraient utilisé le procédé de la voiture piégée, selon le rapport d’enquête.Le rapport du FBI donne le nom de sept des huit prévenus et présente Siddig Ibrahim Sidding Ali, de Jersey City, comme le cerveau du groupe.Il aurait affirmé à un informateur qu’il était possible de placer une bombe dans une voiture, de mener la voiture dans un bâtiment du complexe de l’ONU et de faire exploser l’engin.Il aurait dit également avoir été impliqué avec d’autres dans l’attentat du World Trade Center.Le FBI a lancé son coup de filet après avoir été prévenu par un informateur confidentiel.M.James Fox, directeur new-yorkais du FBI, a précisé que l’opération avait été déclenchée parce que des éléments laissaient penser que certains des suspects étaient sur le point de quitter le pays et que le groupe venait d’acquérir du matériel pour fabriquer des bombes.M.Fox a estimé que cette opération était «l’une des plus importantes que nous ayons conduites, en raison de ce qu’elle représente pour 1r sécurité publique globale des Etats-Unis».Selon des diplomates et des sources proches des Nations unies, le secrétaire général des Nations unies a reçu plusieurs menaces de mort ces derniers mois.M.Boutros-Ghali est copte, c’est-à-dire membre de, la communauté chrétienne d’Egypte, qui est l’une des cibles des attaques des opposants au président Hosni Moubarak.La sécurité a été sensiblement renforcée sur le site de l’ONU depuis l’attentat à la bombe du World Trade Center du 26 février au cours duquel six personnes ont trouvé la mort et un millier d’autres ont été blessées.Les hommes arrêtés la nuit dernière seraient des fidèles du cheikh Omar Abdel Rahman, le chef religieux musulman exilé à Jersey City (New Jersey) qui prêche le renversement du gouvernement égyptien.Un nom que l’on retrouve également dans l’attentat du World Trade Center.William Sessions, qui dirige le FBI, a déclaré que l’on ne pouvait cependant pas reiier les deux affaires, même si les prévenus étaient dans les deux cas porteurs de «bombes du type nitrate».Dov Hifrind, membre de l’Assemblée de l’État de New York, semble-t-il également visé par les intégristes, a déclaré que leur but était de perpétrer un attentat «à coté duquel celui du World Trade Center aurait paru un incident mineur».A Washington, le président Bill Clinton a félicité les enquêteurs de la sûreté fédérale (FBI) et la police de New York pour avoir démantelé le réseau de terroristes.«Je tiens à féliciter et à remercier le département de la Justice et le FBI, le procureur et les services de police de la ville de New York pour avoir arrêté et mis fin à un réseau terroriste à New York», a déclaré le président Clinton, lors d’une rencontre à la Maison-Blanche avec l’Association nationale des organisations de police.Selon le porte-parole de la Maison-Blanche Dee Dee Myers, M.Clinton avait été informé de cette affaire mercredi et a continué hier à en suivre les développements.CAMPBELL 2 nouveaux venus.SUITE DE LA PAGE 1 De façon plus générale, les Canadiens auront une meilleure idée de la place réservée par Kim Campbell au Québec lors du dévoilement de son conseil des ministres plus tard ce matin.Selon les renseignements qui sont déjà disponibles, le cabinet aura une allure bien différente de celui qu’a légué Brian Mulroney à Mme Campbell: ¦ Il sera considérablement réduit.De 35, le conseil des ministres passera à moins de 30 membres.Pendant sa campagne au leadership, Kim Campbell avait situé à 25 ministres sa cible pour son premier cabinet.Cette semaine, un groupe a saisi la première ministre d’un rapport lui recommandant de réduire au minimum, 20 ou moins, son état-major ministériel.Pour arriver à une réduction significative, la dizaine de ministères sans portefeuille ou d’État disparaîtra.¦ Le ministre Jean Charest, qui a fait une chaude lutte à Mme Campbell pour la direction du parti, jouera un rôle de premier plan dans son cabinet.Il a réclamé le poste de ministre au Commerce extérieur.Le poste de vice-premier ministre lui a également été offert.Le poste de lieutenant du Québec que se disputaient Jean Charest et son collègue Pierre Blais pourrait être aboli au moins jusqu’à la prochaine élection.¦ Gilles Loiselle et Perrin Beatty, les deux ministres qui ont servi de bras droit à Kim Campbell pendant sa course au leadership, se retrouveront aux premières loges de son cabinet, l’un aux Relations extérieures et l’autre aux Finances.— Deux nouveaux venus, l’Albertain Jim Edwards et le Terre-Neuvien Ross Reid, sont également promis à des postes clés, en principe le Conseil du Trésor et la Santé.Le premier a assuré une victoire rapide à Kim Campbell en se ralliant à sa cause lors du congrès au leadership.Le second a dirigé sa campagne.Plus tôt cette semaine, le ministre John Crosbie a rendu disponible la chaise de Terre-Neuve au cabinet fédéral en annonçant qu’il quittait la vie politique.¦ A l’instar de Terre-Neuve, plusieurs autres provinces n’auront plus qu’un représentant dans ce cabinet réduit.Il y aura également moins de ministres du Québec.Ils sont neuf actuellement.Au moins deux d’entre eux, et peut-être davantage si Kim Campbell veut injecter du sang neuf dans son cabinet, devraient normalement s’éclipser.Toute la semaine dernière, le nom de Pierre Cadieux, ministre à la Jeunesse et au Sport amateur et un des deux seuls ministres québécois à avoir appuyé Jean Charest en vue du leadership, a figuré en haut de la liste des départs anticipés.¦ Première femme à occuper le poste de première ministre, Kim Campbell a signifié son intention de faire une place importante aux femmes dans son entourage ministériel.La secrétaire d’État Monique Landry est promise à une promotion.De l’Alberta, la députée Bobbie Sparrow, qui affrontera le chef réformiste Preston Manning lors de la prochaine élection, figurerait sur la liste du nouveau cabinet.Immédiatement après l’assermentation, le nouveau cabinet se réunira pour étudier d’autres mesures que Kim Campbell voudrait mettre en place rapidement pour se démarquer de son prédécesseur.Hier, elle n’a pas voulu donner d’opinion sur le sujet chaud du jour, l’augmentation de 6000$ de leurs allocations de dépenses que se sont votée in extremis les sénateurs canadiens mercredi.Mais davantage de libéraux que de conservateurs ont appuyé la mesure lors du vote à la Chambre haute, soit 16 par rapport à 10.24 autres sénateurs, surtout des conservateurs, ont voté contre.Si elle entendait annuler cette augmentation impopulaire auprès du public, Kim Campbell aurait les coudées relativement franches.La nouvelle première ministre aurait également l’intention de mettre immédiatement en chantier un projet de réforme des pensions des députés et sénateurs.Enfin, les Canadiens ne manqueront pas d’occasion de voir Kim Campbell au cours des prochains jours.En fin de semaine, elle rentrera pour la première fois dans sa province de la Colombie-Britannique depuis sa victoire au leadership.Jeudi, à l’occasion des festivités de la Fête du Canada, Kim Campbell aurait l’intention de parcourir le Canada à saute-mouton, faisant des étapes de Terre-Neuve à la Colombie.Finalement, elle a convié les premiers ministres provinciaux à un déjeuner de travail à Vancouver le 4 juillet, juste avant son départ pour le Sommet des pays industrialisés à Tokyo.Plusieurs premiers ministres, dont Bob Rae, de l’Ontario, ont cependant manifesté peu d’intérêt à l’égard de cette invitation, enjoignant plutôt Mme Campbell à envoyer le Canada aux urnes avant de convoquer les provinces.CASSEURS Des naïfs SUITE DE LA PAGE 1 pauvres de Montréal, il faudra repasser.Bien sûr, il y avait dans ce lot des adolescents, connus de la police.Des enfants ping-pong, des délinquants de la rue qui y flânaient comme à l’ordinaire.Les jours qui ont suivi l’événement, on n’a cessé de parler des «jeunes».Ils étaient nombreux, trop nombreux, selon la police.De fait, environ cinquante des 115 personnes arrêtées étaient des mineurs, âgés de 12 à 17 ans.«On doit se poser des questions.Qu’est-ce qu’un enfant de 12 ans fait dans la rue, en plein coeur d’une émeute, à deux heures du matin?» demande le lieutenant Fréchette.Une soixantaine d’autres personnes, arrêtées pour voies de fait, méfaits, menaces faites à un policier ou participation à une émeute, avait de 18 à quarante ans et plus.Si on a écroué tant d’adolescents cette nuit-là, croit le lieutenant Fréchette, c’est que ces «criminels spontanés», peu habitués et très naïfs, sont restés là, souvent saouls, avec l’idée de continuer la fête.Les vrais pillards, eux, avaient décampé depuis belle lurette.11 s’en trouve d’autres pour donner une version différente de cette soirée éclatée qui, le temps de quelques heures, a mis à nu un côté peu reluisant de notre société.Marc, un ex-délinquant devenu travailleur de rue à TMJSO, un organisme d’aide aux jeunes du sud-ouest, était mêlé à la foule ce fameux soir du 9 juin.«On parle des jeunes, mais ce que j’ai vu ce soir-là, c’étaient plutôt des adultes.Des masses de gens de 25 à 30 ans qui n'avaient pas le profil du voyou.C’est même cela qui frappait», dit-il aujourd’hui.Les médias et les autorités publiques ont mis dans le même lot des gens de 15,25 ou 30 et 35 ans, sans se demander que ce les “vrais jeunes” pouvaient en penser.Dans les Maisons de jeunes, les adolescents de 14 à 17 ans ont perçu l’événement de façon bien différente.«Plusieurs jeunes ont dit ne pas comprendre comment des “adultes” pouvaient faire ça», explique Nathalie Guérin, animatrice à la Maison des jeunes d’Outremont.Preuve que les jeunes ne sont pas les mêmes pour tous.Réaction aussi intense à la Maison des jeunes La Cambuse, de Pointe Saint-Charles, où les adolescents de 14 à 17 ans ont même décidé de boycotter la parade du Canadien le vendredi suivant, refusant de se mêler à pareille jungle! «Leurs commentaires étaient très négatifs.Ils réagissent très fortement à la violence», explique Stéphane, un des animateurs à cette maison.Bien sùr, plusieurs adolescents ont participé- à cette mutinerie en plein air.«Mais ce qui frappait, c’était l’esprit de solidarité qu’il y avait dans la rue.Pour une fois, des gens du même âge pouvaient dire que la rue leur appartenait C’est bien plus pour cette raison que pour voler un tee-shirt qu’ils y restaient.Ils obligeaient les gens à les écouter.Ce n’est pas pour rien qu’ils ont pris d’assaut les médias», constate Marc, après sa nuit passée à arpenter la rue Sainte-Catherine.Sociologues et philosophes ont parlé de la sourde violence qui ronge les jeunes d’aujourd’hui.«Il faut quand même se poser des questions sur le fait qu’on ait entassé des milliers de jeunes dans le Forum, trois soirs de suite, dans un flot de bière et une montée de tension tout organisée», ajoute Mme Guérin.«Ce soir-là, c’est comme si par la force du nombre tout devenait permis, rappelle Marc.Les jeunes sont souvent isolés.Mais cette fois, ils ne l’étaient pas et il y avait la |X)ssibilité de confronter la police, sans trop risquer d’être arrêtés.» D’ailleurs, ajoute-t-il, les fuckyou scandés par endroit à la tête des policiers dans un tempo bien orchestré par la foule révèlent bien le ras-le-bol généralisé que cachait cette pseudo- liesse.Les responsables des Bureau de consultation jeunesse (BCJ), répartis un peu partout à travers la ville, gardent un arrière-goût amer des diagnostics posés à pleines pages au lendemain de ce «bingo».«On n’a entendu parler que des “jeunes”.On n’a pas parlé de ceux de 30 ans qui démolissaient les vitrines.La violence est toujours associée aux mineurs et ils ont encore eu l’impression qu’on leur mettait la responsabilité de ce gâchis sur le dos», explique M.Ronald Ménard, porte-parole du BCJ où plusieurs discussions avec des jeunes ont eu lieu dans les jours suivant l’émeute.Selon le porte-parole du BCJ, il n’est pas étonnant qu’autant de jeunes adultes se soient identifiés aussi fortement à l’équipe de hockey.«Ce n’est pas un hasard, ça remplit un vide évident.Quand la famille n’est pas là, ni l’école, on parle de décrochage généralisé», croit-il.Lui aussi croit que jeunes et, plus encore, les jeunes adultes — qui n’ont cette fois pas de port d’attache ni à l’école ni au travail —, se sentent démunis de tout pouvoir dans la vie.«Ils cherchent des lieux où socialiser.On les retrouve aux tam-tam du dimanche au Mont-Royal, aux parades».Pour crier leur colère, ils s’en sont pris aux policiers, aux médias, et à certains commerces qui représentent à leurs yeux des gens qui se soucient peu d’eux et de leurs problèmes, ajoute ce dernier.«C’est à l’establishment qu’en avaient les fêtards.» Certains exemples parlent d’eux-mêmes.Les vitrines du magasin Archambault ont été saccagées, dépouillées de tous leurs disques.Chez Sam The Record Man, lieu culte fréquenté par les jeunes et moins jeunes, presque rien n’a été touché.Montréal sourit aux touristes.Dites-leur Bonjour! Gouvornemont du Québec Ministère du Tourisme LE DEVOIR RENSEIGNEMENTS ADMINISTRATION AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (514) 985-3333 (514) 985 3333 (514) 985-3344 (514) 985 3344 (514)985-3399 1 800 363 0305 LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 SERVICE DES ABONNEMENTS Les numéros de téléphone suivants sont valables pour le service de livraison par camelot cl pour les abonnements postaux.Montréal (514) 985-3355 • Extérieur (sans Irais) 1-800-463-7559 DU LUNDI AU VENDREDI DE 7H30 A 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE.MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 LE DEVOIR est publié par IJi DEVOIR Inc dont le siège social est situé au numéro 20.71 de Bleury.9e étage.Montréal, (Québec), H3A 3M9 II offr» de bwvicsb de cfatritxtijrb dbid» de «jzpfr>c-e 4 rwudticfï en \'je de leur «ocrMMSon Cette bœrCdfeBcn eet regüb* peur ptccCdet 4 h biq-ùtije 4vec h FWgie de l^bbuerK».rri4l4de du üdét-K, dur «cccrd reldtir 4 |4 dztrihücn d» «id» de bLpptébnce 4 fbodLcn en vertu de te Id jli I‘4b*r4rce-m4hde.L» dccuroertb deppîl dcrYre* de berdo» bdent dbp-icid» 4 compter du 2B Wn ift» et l4 receçticn d» crTre* be rem le f£ juilket 4 H hetreb 4 l'4debbe merficmie cJ-debb'Xtb Mtïbtvre de l4 S4nM d d» Sîtviû» bod«LK D'redicnd>l4 GeÆcndelIrrYxmbBcn S
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