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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-05-22, Collections de BAnQ.

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Poésie Pizge Z)3 Vitrine jeunesse Page D4 Le bloc-notes Page D5 Essais québécois Page D6 A - LE DEVOIR ?-4 VRES L E I) E V O I K , I.E S S A M E I) I 2 2 E T I) I M A N C II E 2 A M Al lî) J) A i i A V»' ii ! ' * V.’V NOUVELLES Mots et pastels On aurait pu craindre un recueil d’inspiration triste.ILLUSTRATION MARIE LAKRANCE s’en va sans mot dire, montant vers le Nord, avec Tes routiers, une métaphore pour le «bout du Le départ de l’un, l’attente des autres: Cartes et dessins du territoire est un récit d’atmosphère.PETITS ET GRANDS NOCTURNES Collectif de nouvelles de Hugues Corriveau, Hennénégilde Chiasson, Diane-Monique Daviau, Gilles Raymond, Marie José Thériault, pastels de Danyelle Morin, XYZ éditeur, Montréal, 1993, 92 pages.PIERRE SALDUCCI Il existe depuis plusieurs années chez XYZ une collection de recueils de nouvelles qui poursuit son chemin tranquillement, quoique peu connue.Il s’agit de la collection Pic-tographe qui présente la particularité de toujours associer un artiste peintre à un groupe de nouvellistes.Le principe est simple: chaque auteur doit écrire une nouvelle en s’inspirant d’un tableau.Le tout est ensuite reproduit dans un petit livre élégant, à tirage réduit.Petits et grands nocturnes, le quatrième titre de la collection, propose cette fois-ci des nouvelles de Hugues Corriveau, Herménégilde Chiasson, Diane-Monique Daviau, Gilles Raymond et Marie José Thériault, conçues à partir de pastels de Danyelle Morin.Comme on s’en rend compte en ouvrant Petits et grands nocturnes, ainsi d’ailleurs que les trois précédents recueils de la collection, le rapport qui s’établit entre les textes et les oeuvres n’est pas toujours évident.Parfois ce lien est très clair, comme dans la nouvelle de Herménégilde Chiasson qui traite presque entièrement de peinture ou encore dans celle de Diane-Monique Daviau qui intègre assez explicitement la description du tableau associé à son texte, mais parfois aussi le rapport écrit/image est plus complexe, comme c’est le cas pour les trois autres textes.A voir les teintes sombres et profondes des pastels de Danyelle Mo- Le principe est simple: chaque auteur doit écrire une nouvelle en s’inspirant d’un tableau.rin, on aurait pu craindre un recueil d’inspiration triste, dominé par la, nuit, la mort, la désolation.Heureu-, sement, il n’en est rien et Petits et grands nocturnes se révèle très bien équilibré sur ce point, présentant toute une gamme de textes, du plus grave au plus loufoque.D’emblée deux des cinq nouvelles se rejoignent par le ton quelles adoptent et par la sérénité qui s’en dégage.11 s’agit de Gris-bleu de Herménégilde Chiasson et de L’Aiguille au fond de la mer de Diane-Monique Daviau.La première met en scène un jeune peintre qui, de retour de Toronto où il organisait une exposition, découvre que le petit boisé près de chez lui, qui l’inspirait depuis toujours, a été rasé en son absence; L’Aiguille au fond de la mer évoque de son côté la fascination d’une Occidentale pour le Taï ji et la pensée orientale, ce qui la conduira à aider un hom-, me à mourir.Ces deux textes, un peu lents et do-, minés par un univers intér rieur très fort, s’organisent autour d’une belle réflexion sur l’art ou sur la pensée qui pousse à s’interroger sur le sens de la vie et de la création.Dans un registre tout à fait différent, Histoire de Nour-e-Ansou de Marie José Thériault renoue avec le genre du conte oriental dans lequel elle excelle, genre dans lequel elle abondait dans Portraits d’Eisa et autres histoires son dernier recueil paru au Quinze.Un vrai bijou tout en magie et en poésie.Enfin, Le Rat et l’hibiscus de Gilles Raymond s’insurge (en s’éloignant un peu du genre de la nouvelle) contre le dépeuplement des régions éloignées et la dégradation, des forêts québécoises, tandis qu’À la tombée du rideau de Hugues Corriveau s’avère une farce bouffonne, excessive et souvent déconcertante sur le théâtre.Travail et soins aux proches dépendants Nancy Guberman, Pierre Maheu, Chantal Maillé Un tour de force ! 195 pages 17,95 $ Dérive Nicole Balvay-Haillot Une mère, une fille, un dernier rendez-vous.113 pages 14,95 $ LIBRAIRIE HERMÈS T9ÎF5Sn 362 jours par an ne 1 120, ave.laurier ouest ont remont, mon Créai lél.: 274-3669 téléc.: 27-1-3660 NOUVEAUTE Une oeuvre unique Michèle Causse VOYAGES DE LA GRANDE NAINE EN ANDROSSIE Fable 270 pages — 26.95 $ Une oeuvre importante EDITIONS TROIS mW'»»' sexv®*' \ Le harcèlement sexuel Johanne de Bellefeuille Non c’est non ! 109 pages 14,95 S Les dessous des Folles alliées Lucie Godbout Un livre affriolant ! 320 pages 24,95 $ En Afrique, la sécheresse gagne du terrain.Des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants n'ont plus de quoi se nourrir.Faites parvenir votre contribution a: 5633, Sherbrooke est Montréal (Qc) H1N 1 A3 Tél.: (514) 257-8711 (Mentionner qu'il s'agit d’une contribution versée aux victimes de la famine en Afrique Un reçu d'impôt vous sera envoyé sur demande).les éditions du remue-ménage La plupart des gens croient qu'il n'y a qu'une façon d'aider le monde en développement.Nous en avons 26.CODE L'autonomie grâce à l'alphabétisation dans le monde en développement.J'aimerais plus de renseignements sur les programmes de CODE.Nom.Adresse.Téléphone.Adresse de retour: CODE, 321, rue Chapel Ottawa (Ontario) KIN 7Z2 LE DEVOIR.L E S SAMEDI 2 2 E T I) I M A N C II E 2 3 M Al 1 9 9 3 I) 4 LIVRES Bruno Hélxrt ÉLOGE DE L'ÉDUCATION Singulier Les Éditions du Singulier 30.place Giroux Laval, Qué, H7N 3J2 .-a-.-.: £fS3 Guv Laflèche POLÉMIQUES 320 p.- 24 $ (chèque, Visa, M/C) • • «Boulets rouges» L'ACTUALITÉ • «Iconoclastic» Robert Saletti LE DEVOIR «Métier: polémiste» Michel Gaulin LETTRES QUÉBÉCOISES «Un petit bijou» Réginal Martel LA PRESSE • «Du sang» Robert Major VOIX ET IMAGES INSTITUT QUÉBÉCOIS DE RECHERCHE SUR LA CULTURE 14, rue Haldimand, Québec G1R 4N4 Téléphone: (418) 643-4695 Télécopieur: (418) 646-3317 Scudder, arrête de boire! T R U F F O MISTO ?UN TICKET POUR LA MORGUE No 2289 de la Série noire et UNE DANSE AUX ABATTOIRS No 2310 de la Série noire par Lawrence Block TOUT ABUS SERA PUNI No 2132 de Le Masque par Philippe Le Marrec Au jour d’aujourd’hui, il est certain que Matt Scudder aura envie de picoler.De boire plus d’une lampée de Early Times, son bourbon favori, qu’il se procure dans une gargote située juste en face du Northwestern Hotel, 57' rue, Nueva York, comme disent les Portoricains.Il est probable, voire certain, qu’il va regarder la bou-j teille.Qu’il va l’ouvrir pour en humer les parfums.Que; ces parfums vont éveiller les souvenirs liés à des brosses.monumentales.Et qu’il va mettre ses souvenirs entre pa-| renthèses en vidant le liquide dans le lavabo.Avant de saupoudrer la tuyauterie de Drano, histoire de désinfecter ses souvenirs.Car, contrairement à Paul Valéry, Matt Scudder ne pense pas que «le bonheur, c’est des souvenirs heureux.» Une fois qu’il aura mis un terme à cette manie, il prendra la direction du YM CA ayant pignon sur rue à plusieurs enjambées de son hôtel afin de participer à une énième réunion des AA.Ouais! Les Alcooliques Anonymes.Car Matt, détective privé travaillant désormais à son compte, fait toujours ce qu’on vous a dit qu’il faisait lorsqu’il ne faisait pas enquête sur les tours de salauds que les héritiers spirituels de Dracula comme du Docteur Petiot aiment faire.Création de l’immense Lawrence Block, Matt Scudder vient de signer deux coups d’éclats, presque coup sur coup, que la Série noire s’est empressée de nous refiler.Le premier s’intitule Un ticket pour la morgue, il porte le numéro 2289.Le second a été baptisé Une danse aux abattoirs, il est le 2310 ' carton de la collection.Un ticket pour la morgue, c’est grosso modo l’histoire du type complètement givré, le type cinglé pas à peu près, qui décide de se venger de Matt Scudder parce que Matt, alors qu’il était encore employé de la maison Poula-ga de New York, avait constaté que James Cotley, c’est son nom, était une tête de noeud.En conséquence de quoi, Matt lui avait servi la totale en mijotant un coup fourré qui devait envoyer Cotley douze ans dans les frigos administrés par la justice.Motley sort.Il zigouille Connie, la meilleure copine de Elaine, qui elle-même est la copine de Matt, parce que Elaine avait témoigné contre Motley.Et comme Motley est un vicieux, en fait il est la définition de la «viciosité», il a l’intention de trucider Matt après avoir trucidé tous les proches de Matt Vous suivez?Bon.Ça fait que Matt se met en piste.Il veut stopper ce psychopathe.Dans cette entreprise il s’investit d’autant plus que la belle Elaine est la seule qui sache mettre les questions existentielles de Matt sur la glace.Alors notre Matt, gonflé à bloc, va fureter dans tous les coins salaces de New York.Et nous, on réalise, on constate, que New York est la capitale du souterrain.La cité des éclopés, des tordus, des mal-foutus.Une danse aux abattoirs, le dernier de Lawrence Block, met en scène un zigue encore plus vicelard que Motley.Il s’appelle Bergen Stettner.Lui et sa femme Olga traduisent dans les faits les impressions que la lecture de Nietzsche ont produit sur eux.Le genre surhomme et «superwoman» du culus, comme disaient les copains et copines de Caligula.Il y a les Stettner et il y a Richard Thurman.Celui-ci travaille pour la chaîne télé FBCS qui fait son beurre avec les sports.Sa femme a été assassinée.Le frère de celle-ci ayant comme qui dirait un soupçon sur son beau-frère, fait appel à Matt.Notre Scudder part illico en chasse, parce qu’il sait fort bien que lorsqu’il chasse le crime il ne transforme pas les bouteilles de Early Times en cadavres.Matt Scudder va remonter le fil du temps comme il va dénouer les fils des apparences pour.Pas question qu’on vende la mèche! Lisez-le.Lisez Block le chroniqueur de la jungle urbaine.Le créateur de Matt Scudder qui est rien de moins que l’antithèse de l’affreux Lemmy Caution.Fallait le faire.Tout abus sera puni est un roman écrit par Philippe Le Marrec pour la collection Le Masque.Récemment, cette histoire ayant la mémoire (sic) pour sujet a remporté le Prix du roman du festival policier de Cognac.C’est mérité; c’est justifié.Il s’agit d’un roman sur la province.L’alsacienne pour être précis.Dans cette partie de la France d’aujourd’hui qui fut une partie de l’Allemagne d’hier, le commissaire Noblet enquête afin de déterminer pourquoi on a amputé les mains de Emile Schreiner avant de tuer Frédéric Bass, deux quidams ayant participé à la Deuxième Guerre mondiale.Ça sent évidemment la rancune.Ça respire l’hypocrisie de la France dite profonde.Ça ferait un bon scénario pour Claude Chabrol qui en aurait bien besoin, d’un bon scénario.toiü.a; Heureux divertissements LES TERRASSES DE L’ilE D’ELBE Jean Giono Paris, Gallimard, 1976 GILLES ARCHAMBAULT Giono a souvent collaboré avec la presse.Parfois suscitées par l’actualité, ses chroniques valent par leur écriture.Il s’y montre d’une sagesse impertinente et joue à paraître le plus possible à l’écart des modes.Les textes que renferment Les terrasse de Vile d’Elbe sont de 1962 et 1963.Pour un écrivain comme Giono attaché à sa province et à ses valeurs, c’était une époque particulièrement risible.On parlait alors sans rire de la marche du progrès.Il n’était jamais question de l’environnement.Seuls s’en préoccupaient des rêveurs ou des grincheux, à la manière de l’auteur du Hussard sur le toit.La position de Giono est prévisible.Essentiellement nostalgie, il voit dans le passé la source du bonheur.Le culte de l’argent, il le vitupère.Les divertissements de masse lui paraissent blâmables.Il ne voit pas pourquoi des dizaines de milliers de spectateurs s’entassent dans un stade pour voir des hommes à la poursuite d’un ballon.Et surtout pourquoi l’État tolère l’existence d’hôpitaux vétustes et dépense sans compter pour édifier des temples dédiés au sport.Notre stade olympique l’eût comblé à ce chapitre.Je dois avouer que je préfère le Giono amusé, malicieux avec coquetterie à celui des indignations.A se mettre constamment du côté du passé contre le présent, il se donnait le beau rôle.Si on accepte malgré tout une position à ce point contestable, c’est que l’écrivain sait évoquer dans ces petites chroniques un monde bien à lui.Que nous importe au fond qu’il soit parfois réactionnaire à outrance?Puisqu’il sait écrire, puisqu’il ne craint pas d’être à contre-courant.Bien au contraire, il trouve son plaisir dans des attitudes qui paraîtraient autrement plus détestables chez un polémiste mal doué.«Ce n’est pas à l’aide d’une machine que l’homme finira par aller dans la lune, c’est à l’aide de l’homme que la machine finira par aller dans la lune.Nous ne sommes plus les premiers en grade, une race d’êtres, la plupart métalliques, composés de boulons, de bielles, de courroies, de roues dentées, de cylindres et d’un tas de trucs nous a supplantés au sommet de la création».Giono force le trait.Un peu plus loin, il rappelle que l’auto «n’est plus un moyen de transport; c’est une machine qui aime se balader et se sert de l’homme à cette fin».11 ne comprend pas que le briquet ait remplacé les allumettes ni que l’homme ne trouve pas un plus grand plaisir à planter des arbres.Se glisse aussi au milieu de ces propos de citoyen bourru un merveilleux conte intitulé Une histoire.On est émerveillé par un récit tout simple qui nous raconte une splendide aventure amoureuse, de celles qui durent toute une vie.Si on avait douté sérieusement de l’enchantement que peut engendrer la prose de Giono, à cause de ses prises de position parfois excessives, plus aucune réserve ne tient.On se met alors à lire et à relire les chroniques sans esprit de sérieux exagéré, en imaginant que leur auteur devait avoir en les inventant un sourire au coin des lèvres.Sans ce sourire, y a-t-il littérature qui tienne?S’arracher de l’attraction de la masse hriROT MKIUI’D LES PSAUMES Adaptation française de l'oeuvre en trois volumes de Gianfranco Ravasi Robert Michaud 960 pages * 39,95 $ L'auteur rend accessible au public francophone l'oeuvre monumentale de G.Ravasi, dont il offre une synthèse claire en un seul volume.L'exégète canadien parvient à garder la vaste perspective humaniste, la précision de l'analyse structurale des textes, la profondeur du commentaire actuel et existentiel que l'exégète italien a magistralement réalisés.ÉLOGE DE L'ÉDUCATION Bruno Hébert 200 pages * 16,95 $ Bruno Hébert, professeur de carrière, réfléchit sur différents aspects de son métier d'éducateur.Aux yeux de l'auteur, l'avenir de l'éducation au Québec réside dans une formation des maîtres ajustée à l'importance du rôle 3ui leur est dévolu: offrir aux jeunes une éducation épassant la seule préparation au marché du travail.NOUVEAUTÉS ÉDITIONS M^PAULINE~ GISÈLE DESROCHES Trois nouveaux Paulines viennent d’atterrir dans la mare aux canards des publications jeunesse.Trois romans qui se distinguent par leur refus de céder à la facilité, au courant populiste, au nivellement par le bas.Trois romans qui abordent des genres quelque peu négligés par la masse des jeunes lecteurs: la science-fiction et le fantastique.Vous n’y trouverez pas d’expressions à la mode, des «twits» ou de «cool man».Le langage y est soigné.Et la collection Jeunesse-pop ne s’adresse pas à des crétins.Les lecteurs ont intérêt à bien boucler leurs ceintures, ils seront arrachés à l’attraction de la masse.Le Jour-de-trop, de Joël Champetier s’attaque à un sujet jusque là soumis à des plus vieux: l’anti-conformisme, le refus des règles sociales, la marginalité.Là-bas, l’année comporte 401 jours.Vingt mois de vingt jours forment l’année carrée.Le 401' jour, tout bascule: la loi perd ses dents, c’est le jour des règlements de comptes, des marchands d’armes, des contrats au noir.Le cirque sans filet C’est ce jour-là que débarque en ville pour la première fois le héros venu de ses lointains marais.Pas innocent comme sujet.Les lecteurs découvrent en même temps que lui l’envers du décor.Et ce genre de décor laisse des traces dans l’oeil des lecteurs.Il fermente.Et cela constitue une loupe formidable pour la conscience.Des vitamines pour le cerveau.L’imaginaire ouvre ici des pans entiers à la réflexion, déchire des voiles et révèle des itinéraires nouveaux.Un voyage fascinant.(Pour jeunes de 12 ans et plus) La Bizarre aventure, de Francine Pelletier, nous ramène la jeune héroïne de Monsieur Bizarre et Des vacances bizarres: Rafaèle, cette fois, fait son entrée au secondaire.La jeune fille, capable par télépathie de «sonder» les esprits, devient amoureuse d’un jeune Noir et est précipitée dans une série d’événements où passé et futur se superposent.Le rythme est soutenu et les rebondissements nombreux.Malheureusement, on perd complètement de vue la relation amoureuse.(Pour jeunes de 10 ans et plus) Les Mots du silence, de Johanne Massé, nous transporte aux confins du système solaire, où un objet non identifié a été repéré.Parmi les quatre membres d’équipage en mission de reconnaissance, Lany, l’exobiologiste, maîtrise le langage gestuel, ce qui s’avérera précieux lorsqu’ils feront la rencontre de cet enfant extraterrestre qui ne s’exprime que par gestes.Malheureusement, l’écriture froide et noyée d’indications techniques détruit le plaisir de cette randonnée spatiale.(Pour 12 ans et plus) L’année comporte 401 jours.Vingt mois de vingt jours forment l’année carrée.Le 40 T jour, tout bascule: c’est le jour des règlements de comptes.les librairies de la capitale ROMANS QUÉBÉCOIS 1 QUATRIEME ROI MAGE, de Jacques Désautels - Quinze 2 UNIVERS GULLIVER TOME 3; BANGKOK, de Lili Gulliver - VLB 3 PAS D'ADMISSION SANS HISTOIRES, de Plume Latraverse - VLB 4 UN HOMME EST UNE VALSE, de Pauline Harvey - Les Herbes Rouges ESSAIS QUÉBÉCOIS 1 QUÉBEC 1945-2000 TOME 2, de Léon Dion - P.U.L.2 LA CONSTELLATION DU BOUC ÉMISSAIRE, de Jacques Renaud - Balzac 3 LE TRAITRE ET LE JUIF, de Esther Delisle - L'Étincelle W ROMANS ÉTRANGERS t DOUZE CONTES VAGABONDS, de Gabriel Garcia Marquez - Grasset 2 LE MONDE DU BOUT DU MONDE, de Luis Sépulveda - Métaillié 3 LE CHANT DES INSENSÉS, de Henri Troyat - Flammarion 4 LE PETIT SAUVAGE, de Alexandre Jardin - Gallimard 4T ESSAIS ÉTRANGERS 1 LES FONCTIONNAIRES DE DIEU, de Eugen Drewermann - Albin Michel 2 HISTOIRE GÉNÉRALE DU DIABLE, de Gérald Méssadié - Laffont 3 LA FIN DE LA DÉMOCRATIE, de Jean-Marie Ghéhonno - Flammarion «r LIVRE JEUNESSE I LES GRANDS SAPINS NE MEURENT PAS, de Dominique Demers - Québec Amérique LIVRES PRATIQUES GUIDE DU JARDINAGE ET DE L'AMÉNAGEMENT PAYSAGER AU QUÉBEC, de Benoit Prieur - Éditions de l'Homme 2 CHAMBRES ET TABLES D'HOTES 1993 - Gîtes de France «r COUPS DE COEUR 1 POUR VOIX SEULE, de Susanna Tamaro - P.0.L, 171, rue Rideau Ottawa, Ontario, KIN 9P1 (613) 236-7287 Suce., Centre Commercial St-lMurent Ottawa, Ontario, KIN 3B9 (613) 741-3085 MERES ET TRAVAILLEUSES Sous la direction de Renée B.-Dandurand et Francine Descarries Des spécialistes de diverses disciplines cherchent à comprendre comment les femmes d'aujourd'hui concilient les exigences de leur double vie: familiale et professionnelle.(Zout en soulignant le poids des conditions socio-économiques et des modèles culturels, elles amorcent une réflexion sur les perspectives d'avenir qui s'offrent aux mères et travailleuses.214 pages *24$ Disponible en librairie et chez l'éditeur i L E I) E V 0 1 R , LES S A M EDI 2 2 E T I) I M A (’ Il E 2 3 M Al I !» !l 3 Notules du temps présent et souvenirs du passé récent SORTIES DE NUIT Yves Simon Paris, 1993, Grasset 79 pages.LES CHAGRINS ET LA BEAUTÉ Jean-Michel Baer Paris, 1993, Belfond 240 pages.LISETTE MORIN ?Dans la eonlinuité de Jours ordinaires (1988), Yves Simon nous offre ce qu’on pourrail appeler son carnet des saisons ordinaires.De courtes notations, des réflexions souvent percutantes, des flashs sans doute, pour des lecteurs peu attentifs, mais pour ceux et celles qui suivent, de livre en livre, et même de chanson en chanson, l’auteur de Im Dérive des sentiments.Il y a là un journal condensé en brèves formules mais sans rien du minimalisme à la mode dans certaines coteries littéraires.••A l’instant où un mot se prononce, écrit par exemple Simon, c’est le pari de déchirer un voile d’ombre pour le jeter au feu de la lumière, à son jeu, au risque qu’il se laisse enrober pour disparaître dans une excessive clameur».Encore, toujours à propos des mots: «Écouter le glissement d’une l>lume sur une feuille de papier, le claquement à peine perceptible d’un clavier d’ordinateur et penser à la luxuriance des mots, à cet agencement mystérieux qui provisoirement réordonne le désordre pour aussitôt en ajouter un peu plus».Bien de son temps ce voyageur, qui n’est pas immobile contrairement à certains romanciers sédentaires; l’auteur de Sorties de nuit, qui n’est pas journaliste; pratique la devise d’Albert Camus, qui lui se voyait comme «l’historiographe du moment».Il est un jour à Montréal et «d’une rue transversale et venteuse (.) l’oreille collée à un portable», il joint Rome par téléphone.«Arpenteur d’une nuit glacée», il raconte le gel et ses morsures à une femme qui interprète une reine du désert dans un studio de Ci-nécittà.«Beauté fulgurante dé deux éloignements réunis, voix dans le ciel qui traversent le monde et s’abandonnent».Quelques dates jalonnent cependant le mince, mais très dense récueil d’Yves Simon.Le 20 juillet 1992, il «voit» Vaclav Havel dans les rues de Prague.Depuis hier, il n’est plus président.«Un homme ordinaire marche dans les décombres d’un monde calciné».Un 25 septembre, il a lu que Rioji Takashami apprenait à voler aux grues blanches clu Japon.Ce qui ne l’empêche pas de regarder la télé, de considérer que «Slobodan Milosevic est replet.Un VRP comme on en croise le soir au gril des hôtels d’autoroute.Bien mis, l’oeil vif, propre sur lui, il reste aussi banal qu’énigmatique» Sous le titre de «La buée sur un miroir», il a lu une biographie de Mahler, où il apprend que la femme d’Einstein serait coauteur de la relativité.«La communauté scientifique perplexe.Une femme, relativité générale et restreinte.» Difficile de ne pas tout noter.de ces notules incisives et souvent imprévisibles.Ainsi de cette inconnue, prénommée Célia, et qui lui écrit: «J’aurais voulu être métisse pour que chaque coin de ma peau soit à la mémoire d’un peuple».Aux amoureux qui s’éprennent et se déprennent, ce mémorialiste nostalgique apprend qu’une femme «dit souvent au revoir, pour que des traînées de rêves les tourmentent lorsqu’ils sont séparés et qu’enfin ils s’imaginent et se légendent».Bonne lecture, et moins brève qu’il n’y paraît, à soupeser la mince brochure.?Un lien bien tenu semble rapprocher Sorties de nuit du livre de Jean-Michel Baer.Sauf peut-être, en exergue, une assez longue citation tirée de Jours ordinaires , où Yves Simon écrivait: «J’ai gardé de mon enfance les cruautés simples et les imaginations désordonnées.J’ai erré à la recherche des sorcières, des déesses, de Christ buvant des demis pression aux comptoirs des gares terminales et je n’ai trouvé que moi, avec cette cicatrice étrange dans le regard et ces mains qui tremblent quand il faut se quitter».Autre rapprochement, presque inévitable, en rapport cette fois avec le titre «Les Chagrins et la Beauté du monde», quand Yves Simon déclare: «Nous écrivons et ça nous sert de chagrin».Le trio que met en scène le livre de Jean-Michel Baer est composé d’Andréas, un jeune grec qui a moisi dans les prisons des colonels, et qui en est sorti pour rencontrer à Paris Lawrence, qui est journaliste à Libération, et Mélanie qui est militante de gauche et activiste.Tout cela aux années d’avant mai 1968, et après.Le livre s’ouvre sur une «représentation» d’une tragédie grecque, «une fête royale où serait célébrée la descente des jeunes Athéniens et de Thésée dans le labyrinthe pour être livrés au Minotaure».On saura bientôt qu’il s’agit d’un scénario, pour la télé ou pour le cinéma, et que cette entrée en fanfare, riche en couleurs et en rappels mythologiques est le fil d’Ariane qui permet à l’auteur de retrouver les années ardentes de ses combats.Ensemble, avec ses amis, et singulièrement avec la belle Mélanie, «ils ont redessiné le monde», car «c’est ainsi que l’on s’élimait lorsqu’on avait vingt ans: dans l’effervescence des idées, et dans leur déchirement».Sans doute plein de réminiscences pour les contemporains de l’auteur, le roman est de moindre intérêt pour les lecteurs et les lectrices qui n’ont connu ni cet engagement social ni cette façon de s’aimer en occultant le quotidien.L’auteur de Sorties de nuit pratique la devise de Camus.1 LIVRES RECENTS ANCIENS-RARES ET D’AUBAINES na RISQUEZ TROUVER ACHETONS LIVRES ENCORE UTILES TÉL.: 845-7307 J.I COLLECTION LE VIF DU SUJET Clause dérogatoire, loi 101, loi 178, ségrégation linguistique, boucs émissaires: les thèmes qui composent les trois essais de La Constellation du bouc émissaire, de Jacques Renaud, font partie de notre vie quotidienne.LES EDITIONS BALZAC 22, av.Balzac • Candlac, Qc • J5R 2A7 • Tél.: (514) 444-8650 • Fax: (514) 659-9710 ¦ .r——-¦.des idées et des livres, passionnément Jacques Renaud [ La Constellation du j bouc émissaire Clause dérogatoire i loi 101 et proto-totalitarisme Gu»*** ,rS Gutt’»vet .FAITES DÉJÀ LE PLEIN DE BONNES LECTURES POUR L'ÉTÉ vlb éditeur LA PETITE MAISON , DE LA GRANDE LITTERATURE • l’Hexagone LIEU DISTINCTIF DE LA LITTERATURE QUÉBÉCOISE Quinze- EDITEUR Sylvain Trudel Zara, ou la mer Noire Le récit flamboyant et lyrique d'une quête effrénée à travers le monde et le chaos.«Un livre admirable.Un texte dont certains passages ressemblent en aussi beau aux Illuminations de Rimbaud, je vous le recommande.» Daniel Pinard, VSD Bonjour, Radio-Canada.7 28 pages 14,95 $ Plume Latraverse Pas d'admission sans histoire enquête qui n'a rien de bien ordinaire dans un manoir louche, lieu de toutes les équivoques, où se côtoient des personnages colorés, inspecteurs, manchot, nymphes et nains, tous bavards et grands buveurs.306 pages 19,95 $ Jacques Desautels Le quatrième Roi mage Une enquête à Venise à propos d'un mystérieux anneau au doigt de la Vierge Marie, peinte par le Titien, qui nous transporte de Venise à Chypre et qui risque de bouleverser nos croyances religieuses.288 pages 19,95 $ Lili Gulliver L'Univers Gulliver III.Bangkok, chaud et humide Après Paris et la Grèce, voici la troisième étape d'un tour du monde insolite par l'infatigable «sexploratrice» qui s'est donné comme mission de découvrir l'amant idéal.Cette fois-ci, c'est la Thaïlande, la terre de Siam, où Lili enquête, parmi les bonzes et les Rambos de l'onde Sam.7 72 pages 14,95 $ Pierre Gobeil Dessins et cartes du territoire La critique est unanime.«Une oeuvre très forte.» Réginald Martel, La Presse «Ses livres s'insinuent en nous lentement.étranges, obsédants et beaux.» Marie-Claude Fortin, Voir «On ne peut plus passer à côté de Pierre Gobeil.» Christiane Charette, Radio-Canada Coll.Fictions, 144 pages 16,95 $ OruUi ('««lin ÉCRITS ET l'ARUtS I L Clêtiiir mut vnwn |UI AwV» OmM» Gerald Godin Écrits et parlés 1 Ctrakl Culm ÉCRIT .S ET PARUS I 2 ifctavinr Vol.1.Culture 448 pages - Vol.2.Politique 336 pages Une histoire du Québec moderne, écrite à chaud, mise à la portée de tous, jeunes et moins jeunes.Les écrits et les entretiens de Gérald Godin — l'intellectuel, le journaliste et le militant — composent un véritable portrait du Québec culturel et politique des années 60 à nos jours.Une somme incomparable en deux volumes.Une édition préparée par André Gervais.Coll.Itinéraires, 24,95 $ chacun L E B L O C - N O T E S Aimez-vous Thomas Bernhard?K () H E R T L É V E S Q l! E ?I’HOTO K.MOLZEN Dans la haine de la patrie qu’a développé Thomas Bemhard en une pure littérature d’imprécation, les «bernhardiens» trouvent une honnêteté profonde, une vérité tragique, la générosité des grands insurgés.THOMAS BERNHARD El LES SIENS Gemma Salem La Table Ronde, 1993,221 pages.Il y a des Lourdes dans les cimetières.Le plus célèbre est celui de Jim Morrison au Père-Lachaise, dévasté par la jeunesse du monde, terre battue, graffiti au couteau sur les tombes voisines, pipes à eau cassées, atmosphère de lendemain.Ce doit être infernal d’être le cadavre voisin de Morrison.Au Montparnasse sur la pierre couchée de Gainsbourg on trouve entassés les plus beaux ex-vo-tos du monde profane, RI P griffonnés sur des paquets de Disques bleus, oursons élimés, kleenex froissés, tickets de métro, choux, bouteilles, mégots.Au cimetière de Grinzing, en Autriche, l’écrivain Thomas Bemhard, lui, n’a pas de pierre tombale.En février 1989 on l’a mis en terre entre deux tombeaux, comme lorsqu’on ajoute un lit pliant dans une chambre d’hôtel.Aucune inscription ne signale sa présence, et pourtant tous les jours des fleurs fraîches y sont déposées, des bougies y brûlent, il y a des Danke schon tracés au charbon sur des cailloux.On aime bien nos morts, parfois.Il y a de la vestale en chacun de nous.Tous ceux qui n’osèrent jamais téléphoner à Gainsbourg, à Thomas Bemhard, ni leur écrire, ni même les aborder dans la rue, et tout cela c’est tant mieux, évidemment, parce que c’est comme ça, tous ceux-là se précipitent au cimetière, pour faire leurs visites émues; on est alors tout à fait curieux et tout à fait grave comme lorsqu’on va au théâtre la première fois.Gemma Salem est la vegtale turque de Thomas Bemhard.A elle seule elle construit une partie de Lourdes autour de lui.Elle lui écrit déjà, du temps de son vivant, et une lettre pouvait faire 170 pages.Il ne répondait pas.Comme d’autres, elle descend du train à Gmunden, un jour, à la recherche de l’écrivain vénéré.L’apercevant sur le quai de la gare elle panique, elle se sauve, va chez le docteur Peter Fabjan, le demi-frère de Thomas Bernhard; elle repousse une offre d’entrevue, et finalement, au café Rathaus, Thomas Bemhard s’est assis près d’elle, «et tout de suite j’ai été calme et à l’aise», écrit-elle, ai-je lu dans cet ouvrage dévoué qu’elle consacre à l’écrivain sans stèle du cimetière de Grinzing.J’ai dit mon admiration pour Thomas Bernhard, et établissons qu’il est sans doute, ai-je souvent pensé, le plus grand des écrivains de l’après-guerre, c’est-à-dire des écrivains qui font la 39-45 en culottes courtes, avec des peurs d’enfant au fond des caves humides d’Europe.Il a huit ans, Thomas Bernhard, lors de l’Anschluss.Treize ans lors-qu’Hitler se suicide.Il n’a pas connu son père, une fripouille qui a fui la fille Hertha Bernhard après l’avoir engrossée entre deux ménages, Hertha Bemhard qui va se venger sur ce fils de catastrophe, qu’elle bat, quelle punit, quelle met en pension.Ce fils qui va découvrir un seul être aimé, un grand-père maternel, écrivain sexagénaire non publié qui vit aux crochets de sa femme.Qui interdit au petit Thomas Bernhard le moindre mot pendant les promenades en forêt.Silence aussi des sanatoriums, pneumonie attrapée dans des matins glaciaux en déchargeant des camions de pommes de terre.Jeunesse, vie de malade.Pas de sexe.La mort comme compagne.et aussi une femme de 35 ans son aînée qu’il appellera «la tante» et qui sera la complice.Il meurt à 58 ans, en février 1989, interdisant à l’Autriche de produire ses oeuvres, laissant une magistrale série de romans où la notion de l’autobiographie est à la fois démolie et sublimée dans une série d’incantations littéraires unique dans l’histoire des lettres, spirales de phrases lancinantes d’un soliloque répétitif, jamais cessant, incisif, aux milliers de nuances d’une observa- tion maniaque et au souffle sûr qui font de Thomas Bernhard un Jean-Sébastien Bach de l’écrit.Gemma Salem, comme ceux qui ont lu Im cave, Perturbation, Maîtres anciens, Im naufragé, Extinction, a attrapé «le virus Bernhard», fascination de lecteur qui entend chez un auteur une voix qui lui parle, un rythme qui le retient, une force qu’il sent parente à la sienne dans les arcanes de la révolte d’un être qui perce à jour l’essence humaine la plus enfouie et vous force à admettre, si vous êtes honnête, que, oui, on est tous comme ça, dit Gemma Salem, des menteurs trop lâches pour regarder la vérité en face, et sortir du cloaque où on ne fait que mentir, se mentir, pour mieux s’abrutir.Les admirateurs de Bernhard,î* ceux qui poussent l’admiration à sa!;* limite, comme Gemma Salem, corn-'* me ceux dont elle parle sans son ou-’ vrage et qui sont allés vivre à Gmunden pour être proche de.l’écrivain, comme celle, dite la Sulta-.ne, qui s’est suicidée, comme ceux qui voulaient savoir s’il préférait les .oeufs au plat aux oeufs brouillés,, ont un rapport passionnel avec les livres de l’Autrichien.Dans la haine de la patrie qu’a développé Bern- .hard en une pure littérature d’im« précation, les «bernhardiens» trou-T* vent une honnêteté profonde, une-* vérité tragique, la générosité des; * grands insurgés.Dans ce bouquin d’une «groupie»,’ ’ on trouvera de tout, les propos des voisins à Gmunden, l’aubergiste, le garagiste, l’agent immobilier, tous devenus personnages dans les romans de Bernhard et dont Gemma Salem fait le tour microphone en mains; aussi son metteur en scène Claus Peymann, son traducteur Claude Porcell, et même un type de Chicoutimi, Jean-Alain Tremblay,, écrivain(?).On apercevra à travers , anecdotes et confidences le profit • d’un solitaire qui repassait ses chemises et mettait des glaçons dans.; son vin blanc.Et s’enfermait incom- • municado pour écrire des chefs-d’oeuvre.«Un être, a-t-il écrit dans Oui, qui.perçoit tout et qui voit tout et qui observe tout, et cela sans interruption, n’est pas aimé, il est plutôt craint, et les gens se tiennent d’emblée sur leurs gardes en sa présence, car un » tel être est dangereux et les êtres dangereux sont non seulement • craints mais détestés et, en ce sens; je peux me définir comme un être 1 détesté».Plusieurs lecteurs dans le monde aiment Thomas Bemhard.Vous?I w D 6 L E I) E V 0 I R , L E S S A M EDI 2 2 E T I) I M A N C II E 2 3 M A Il !» 3 LIVRES P A R C 0 II R S D ’ U N ÉCRIVAIN Carnet 37 MARIE-CLAIRE BLAIS 'est une sculpture de bronze dans un jardin, en France.C’est le portrait de Paul, notre ami Paul Sablon, dans un jardin près de Chartres, c’est une sculpture qui a une histoire, lorsque celui qui la sculpte maintenant, l’aura terminée, polie, elle réfléchira la lumière du ciel d’été, ses angles dénudés, quand tombera la nuit sur elle, recevront les pluies et les premiers assauts du froid.C’est ainsi que Paul vivra parmi nous, désormais.Celui qui exprime dans un français impeccable son amour des années soixante-dix, «quelle libération sexuelle, alors, avons-nous jamais connu une telle liberté de vivre sur cette terre, et c’est nous-mêmes, les gens de ma génération qui en avions décidé ainsi.» me dit-il les yeux brillants, ce Paul excentrique et lumineux venu des pays Scandi- naves, déguste avec moi la bière du midi avant de retourner à ses travaux de construction, car il bâtit lui-même sa maison — laquelle laissera s’infiltrer toutes les pluies des jours de déluge sur l’île — ce ravissement des années soixante-dix, leur liberté, leur imagination, il est encore tout imprégné, pendant ces brèves conversations, sur une terrasse en fleurs, dans un parc négligé où caquettent les poules dans l’herbe brûlée par le soleil, voici Paul pendant ces moments de détente, de récréation, presque nu dans son short écourté, un anneau à l’oreille droite, un second anneau, celui-ci, fin comme une bague, sur la pointe du sein gauche, ses cheveux blonds comme de la paille coupés ras, il étincèle d’ardeur, d’intelligence, et c’est un passionné de culture, il lit Jean Genêt, les philosophes allemands qu’il décortique en langue allemande, «il faut tout lire» dit-il dans son exubérance fantaisiste «et même tout étudier.travailler à un doctorat en Histoire de l’Art même s’il est un peu tard.» Tous ces livres, il les lira, il sera diplômé en Histoire de l’art, sa curiosité est inépuisable, il lui faut sans ces- se bouger, partir, son vagabondage /Us est styfisé et savant, des musées de France aux musées de la Hollande, séjournant en été dans les forêts de la Norvège, ses parents ancêtres sont, me dit-il, des pasteurs, des philosophes religieux qui ont écrit des Uvres théologiques, sa nostalgie de prince s’envole encore parfois vers ces pures régions de l’Europe du Nord où il espère un jour s'établir avec sa femme Paméla.Mais c’est en France, dans ce pays paisible près de Chartres qu’il aime le plus vivre en y cultivant ses fleurs.Paméla, Paul.Séduisants à l’extrême, d’une romantique androgynie qu’ils perfectionnent de leur art fantasque de s’habiller, de vivre; ils sont d’ailleurs d’une singulière Europe dont la décadence n’est pas l’usure mais le charme de la nouveauté, de la provo- cation subtile.Ils aiment fêter à la vodka, au saumon fumé, les Pâques Scandinaves, ils reçoivent dans leur maison de Key West aux murs effondrés avant d’être construits, d’où coulent sur leurs vêtements dispendieux des pluies torrentielles, des comtes, des marquises sur leurs balcons d’où pendent parmi les chats, leurs maillots de bain effilochés, ils reçoivent qui veut venir apporter de lointaines nouvelles, ce sera le prostitué de Milan ou le millionnaire ruiné qui se promène pieds nus dans leur salon, tout ce qui n’est pas le culte de l’imagination les ennuie.Ils suivent ensemble leur route de feu et d’étincelles filantes, ils sont deux, l’un et l’autre homme et femme, fille et garçon, ce sont peut-être deux séraphins égarés sur la terre, semant sur leurs scintillants parcours les rayons de leurs têtes blondes jumelées.Dans son jardin broussailleux de Key West, Art Kara soude les membres de bronze les uns aux autres, la première esquisse de la sculpture en dessine déjà la forme finale, pense Art, n’y reconnaît-on pas ce mouvement du corps de Paul, la souplesse de sa démarche, le long du grillage de Griffin Lane, si la tête est penchée sur le côté, c’est parce que Paul pouvait se raidir soudain en cette attitude réfléchie, se refermer soudain en ce profil sévère, celui de l’un de ses ancêtres qui avaient étudié les profondeurs de l’âme.Car Paul c’était tout cela à la fois le désordre et la rigueur.Et Art nettoie l’esquisse, il la replace sur son socle, «Vous vous souvenez, nous demande-t-il, à David et à moi, de cette façon qu’il avait de plier les genoux en marchant.» «Un reste de l’enfant toujours en lui» dit David.«Mon Dieu que j’aimais sa folie, nous n’allons plus jamais connaître quelqu’un comme lui.» La sculpture réelle, celle que j’irai sculpter pour Paméla, devant sa maison en France aura la même taille que Paul, dit Art.il était fait comme l’une de ces longues sculptures de Giacommetti.sa tête était souvent inclinée dans une position sérieuse.C’était la position de sa tête qui m’a donné le plus de travail.On eût dit que depuis des années il savait rendu là.tout en nous charmant et nous amusant.Il nous envoûtait d’une euphorie d’une ivresse de tous les plaisirs et pourtant quel garçon sérieux et profond.» C’est une sculpture de bronze dans un jardin en France.C’est la maison abandonnée de Key West que je quitte en mars 1992, Paul y est venu seul en mon absence planter des fleurs nouvelles pour le printemps, U a couvert son lit, lui qui est joyeux, de tapisseries funéraires mexicaines, puis il est parti vers New York recueillir son diplôme de l’Université.Lorsque je le reverrai dans ce jardin en France, la lumière sera intense sur son visage, nul pli ne l’aura creusé, d’humiliantes douleurs ne l’auront pas avili dans cet hôpital près de Chartres, lorsque viendra l’hiver et ses froids, la résistante matière du bronze les repoussera, un peu de neige se posera sur le cou brisé de Paul, sur ia tête inclinée qui ne se relèvera plus.ESSAIS QUÉBÉCOIS La route de l’Orient Lheure de la grande réconciliation entre l’Occident et l’Islam a-t-elle sonné?LA RÉCONCILIATION (À LA RENCONTRE DE L’AUTRE) Nairn Kattan, Hurtubise HMH, «Constantes», 116 pages GIBRAN LE PROPHÈTE, NIETZSCHE LE VISIONNAIRE (DU PROPHÈTE ET D’AINSI PARLAIT ZARATHOUSTRA) Souad Kharrat, Triptyque, 252 pages croire en la croyance, c’est-à-dire d’avoir foi en l’humanité, on lira La Réconciliation comme un éloge de la différence.Pour le commun des Occidentaux, l’is-1 lam peut facilement se résumer au couscous, à quelques images (télévisées) de fanatisme religieux, à Sadaam Hussein, à des noms aux sonorités nasales et lancinantes.Les plus cultivés penseront à Cassius Clay, l’ex-champion des poids lourds devenu Mohammed Ali quand il adopta la religion musulmane, phénomène assez fréquent chez les Noirs américains.Il faut bien le dire, à quelques exceptions près, tout ce qui est «arabisant» souffre chez nous d’un préjugé défavorable.On peut affirmer sans trop craindre se tromper que la carrière littéraire de Naïm Kattan a souffert de ce racisme.La réputation de ce romancier, nouvelliste et critique de longue date ne dépasse guère le cercle restreint des lettres québécoises et les milieux institutionnels.Irakien d’origine, M.Kattan a fait carrière au Conseil des Arts du Canada et, à ce titre, est peut-être l’un de ceux qui, dans l’ombre, ont contribué le plus efficacement à l’essor de notre littérature.La Réconciliation est une autre pierre à l’édifice discret, sans bavure, ni lustre spécifique, que constitue son œuvre.Aux portes de la nuit «Dans cet ouvrage, j’ai essayé d’explorer les diverses façons d’échapper à la fascina-olu qui mène au néant»; ainsi tion d’un absol débute l’essai de M.Kattan.La fascination en cause ici c’est la tentation de l’unique.C’est d’abord la tentation individualiste dont l’Occident est l’incarnation, un Occident qui rime avec progrès, technologies, mais aussi avec totalitarisme.Pour échapper à la fascination de l’identique qui soutient les régimes totalitaires, donc, s’impose la nécessité de se réconcilier avec l’autre.L’autre, c’est l’autre qui nous ressemble mais qui n’est pas nous, l’autre que l’on côtoie et vers qui la vie nous pousse malgré nous, malgré nos peurs, l’autre qui se révèle dans l’amour, quête étemelle et mutuelle de l’homme et de la femme, mais aussi, voire surtout, dans la fraternité.L’autre c’est aussi la société des frères qui se partagent un coin d’univers.L’écriture de La Réconciliation est portée par le sentiment de la faillite de l’Occident, à bout de souffle, et du recul des religions organisées, mais plus encore par l’exigence fondamentale du partage (et notons au passage les liens de la pensée de M.Kattan avec celle de Jacques T.Godbout dans son ouvrage récent, L’Esprit du don): «Toute naissance est un métissage.Toute naissance est liberté, et au-delà de l’être et de l’amour, une fraternité.» Le constat est brutal et la réalité apocalyptique, même si le ton, lui, reste posé: la société est un échec et doit être redéfinie autour de la langue et de la religion, deux vecteurs cruciaux du rapport à l’autre.Nous sommes aux portes de la nuit, seules une certaine forme de foi et la parole peuvent nous empêcher de sombrer.Le temps est venu, nous dit M.Kattan, de reconnaître la personne dans l’individu, de voir ses traits distincts, d’écouter sa langue distincte et d’apprécier sa culture propre.Le partage naît de l’écoute et l’écoute, d’une distincte reconnaissance de l’autre.A condition de Associer le poète libanais, chantre de l’amour divin, au philosophe allemand, nihiliste tragique, exigeait quelques précautions.L’étemel retour des prophètes Une des explications que donne M.Kattan au dialogue de sourds qui prévaut entre le christianisme, d’une part, et le judaïsme et l’islam, d’autre part, c’est que le premier a établi son règne sur ia séparation de l’acte et de la parole, alors que les seconds rejettent d’emblée toute représentation, toute image, toute médiation entre acte et parole.C’est dire à quel point la réconciliation ne sera pas facile.Une autre réconciliation difficile consiste à comparer les pensées de Khalil Gibran et de Nietzsche.Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’associer le poète libanais, chantre de l’amour divin, au philosophe allemand, nihiliste tragique, exigeait quelques précautions.Vérification faite, elles ont été prises.La thèse de Souad Kharrat, une Libanaise d’origine vivant à Paris, est que Gibran, qui a vécu au début du siècle, a été beaucoup influencé par l’auteur du Gai Savoir et que, nonobstant l’abîme qui sépare les deux penseurs dans leur conception de l’humain, de la société et de Dieu (dixit Kharrat), Le Prophète et Ainsi parlait Zarathoustra, probablement leur œuvre maîtresse respective, présentent une structure similaire et adoptent la posture énonciative du prophète dont la mission est d’enseigner aux hommes le grand «oui» à la vie, à une vie pleine et entière.Comme le disait Nietzsche, ton destin, mon frère, n’est pas de servir de tue-mouches.De conception originale, cet essai de Mme Kharrat reste assez scolaire dans sa réalisation, le commentaire se référant souvent à la vie des auteurs et se réfugiant derrière une lecture méthodique qui colle aux textes originaux.Iœ projet demeure néanmoins inspirant dans son ensemble et on peut comprendre pourquoi les Editions Triptyque ont tenu à publier ce qui équivaut, à mon avis, à une bonne thèse de maîtrise (mais à une thèse de doctorat quelconque).Pourquoi cette thèse plutôt qu’une autre?Aucun mot d’explication à ce sujet.Il faut croire que le nom des auteurs concernés suffit à défendre la publication.Comme le disait Nietzsche, ton destin, mon frère, n’est pas de servir de tue-mouches.NOUVELLE PARUTION TRIPTYQUE 524-5900 / 525-5957 DONNEZ- t-ioi DES AILES Société Pour Les Enfants Handicapés Du Québec 2300 ouest, boulevard René-Lévesque, Montréal (Québec) H3H 2R5 Tél.: (514)937-6171 Les Editions du Noroît et la Galerie d'Art Mme Alonzo ont le plaisir de vous inviter au lancement Une saine alimentation fait aussi partie?de la prévention Fondation qu4bécolM du canc«r injj j\ I WH)- If»3-OOfi i des livres de Anne-Marie Alonzo Margie Gillis La danse des marches Denise Desautels Le saut de l'ange autour de quelques objets de Martha Townsend Louise Dupré Noir Déjà avec quatre tableaux de Nycol Beaulieu qui aura lieu le mardi, 25 mai 1993 de 17 hres à 19 hres à La Cour St-Louis au 223 rue Prince-Arthur est à Montréal nsauv mtjy Michel t.oivlin ipoqvr Michel Gosselin Le scénario télévisuel ESSAI ET FICTION 181 p„ 17,95$ Les scénaristes écrivent des dramatiques et des téléromans que les téléphages dévorent chaque semaine L'auteur de cet essai s'est penché sur cette écriture de contraintes, sous-jacente à l'image, nageant entre celle du théâtre et celle du cinéma, mais avant tout réaliste puisque l'écriture téléromanesque se veut un retlel de la société Il termine son ouvraoe en nous présentant un exemple de fiction télévisuelle, La tendresse des pierres.Jean Wagner Guide du jazz INITIATION À L'HISTOIRE ET À L'ESTHETIQUE DU JAZZ 4e édition remise à jour Coédition triptyque/Syros 248 p., 19,95$ Passion et érudition, vaste savoir et grande modestie: le Guide du jazz de Jean Wagner est l'ouvrage idéal d'initiation et de référence Vulgarisation amoureuse tout entière placée sous le signe de la vraie compétence sans frime ni effets de manche Rien que l'essentiel.L'Événement du Jeudi L'Office de la langue française de 1961 à 1974 Regard et témoignage GASTON CHOLETTE Cet ouvrage relate pour la première fois l'histoire de l'Office de la langue française de 1961 à 1974.Son auteur, Gaston Cholette, situe les grandes orientations de l'Office, rappelle les événements, les prises de position, les actions qui ont fait du français, la langue de travail au Québec.Ce précieux témoignage jette un éclairage inédit sur le rôle joué par l'Office dans la définition de la politique de francisation au Québec.487 pages • 35 $ Disponible en librairie et chez I'édileur Disponible chez votre libraire INSTITUT QUÉBÉCOIS DE RECHERCHE SUR LA CULTURE 14, rue Haldimand, Québec G1R 4N4 Téléphone: (418) 643-4695 Télécopieur: (418) 646-3317 L’enquête se poursuit Sous la direct ion do Jacques (irand’Maison H do Solange Iefebvre jw(K»nn»r,bW0" Une génération bouc émissaire Emiuctc sur les baby-boomers „ ilVtml* s lM Le procès des 35-50 ans ne fait que commencer.Après Le drame spirituel des adolescents et Vers un nouveau conflit de générations, cette nouvelle enquête explore les causes de ce procès et montre en quoi la génération des baby-boomers révèle les courants souterrains qui secouent dans ses fondements la société québécoise d’aujourd’hui.Volume de 440 pages — 25,95$ slides En librairie
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