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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1993-05-17, Collections de BAnQ.

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V O I .L X X X I V N o I I 1 T V y / T o r o il I S f> c LE DEVOIR PERSPECTIVES Qui est l’assassin de Nationair?Gérard Bèrubé Avant de remettre les clés de Nationair, Robert Obadia a eu un dernier mot pour ses détracteurs, ses ennemis tant de l’interne que de l’externe, cet establishment financier qu’il a accusé d’avoir ni plus ni moins «assassiné un succès».Le regard fixe, pénétrant, d’un homme aigri, animé par la seule rage au coeur, il ne laissait deviner aucun nom, aucune cible, aucun indice.La jalouse conspiration décriée invitait les journalistes à revoir leurs notes des derniers mois."Tflà ais il y a deux séries de notes.Les pre- J 9 mières, composées de faits qui se sont | ^ / H tous vérifiés malgré les nombreux dé-V « mentis officiels.Et les secondes, celles * ¦^¦auxquelles le président déchu se réfère probablement, constituées d’éléments fictifs, venus déformer la réalité, véhiculées par le président en deuil.Dans ces notes de la deuxième série, les trois vice-présidents démissionnaires, qui ont refusé de cautionner les mensonges répétés de Robert Obadia, arrivent en tête dans la liste des coupables.Auteurs présumés d’un putsch raté, ces trois bras droits, devenus ex, ont attendu le refus d’aide financière du gouvernement avant de tirer leur révérence et de s’éloigner de l’hécatombe à venir, aussi prévisible qu’inévitable.Dans un geste dit spontané, mais planifié depuis une dizaine de jours, les démissionnaires ont coupé leurs liens avec le «tyran», pour ensuite dresser les plans d’un nouveau transporteur aérien, toujours en gestation.Ils avaient tout intérêt à voir sombrer Nationair et à contribuer à l’assassinat, par vengeance d’abord, par intérêt ensuite.Arrive au deuxième rang des coupables Air Transat, le principal concurrent de Nationair.En confrontation directe sur le marché des vols nolisés, la «compagnie aérienne du Fonds de solidarité FTQ» a effectué une sortie publique opportuniste, peu après une rencontre privée, toute aussi secrète que mystérieuse, avec le ministre des Transports, peu avant que Jean Corbeil ne sonne le glas de Nationair par un NON retentissant.Air Transat s’était proposée en relève à Nationair, un discours qui permettait au ministre de ne pas porter l’odieux des quelque 13(X) pertes d’emploi directes, 3000 directes et indirectes, qu’allait entraîner son refus.Que dire de Canadien International ou d’Air Canada, disposant d’une puissante équipe de lobbyistes auprès du gouvernement fédéral?Rhys T.Eyton, président de Canadien, n’est-il pas un grand ami de Brian Mulroney?Air Canada, encore inféodée, n’est-elle pas une orpheline d’un gouvernement fédéral repentant?L'offensive de Nationair sur le corridor Montréal-Toronto retranchait 12 millions$ par mois aux fonds autogérés déjà manquants des deux transporteurs nationaux, eux qui cumulaient au même moment les pertes à un rythme de 2 millionsS par jour.Que dire également de Via Rail, cette société d’Etat qui a admis dernièrement avoir perdu 22% de sa clientèle sous l’offensive-prix de Nationair?Au coeur de toute cette conspiration donc, Jean Corbeil, ministre des Transports, dont l’estime pour Robert Obadia est, dit-on, aussi légendaire que l’amour porté par Henri VIII à ses sept femmes.Le piège était tendu: un règlement rapide du conflit de travail vieux de 15 mois et un retrait du corridor Montréal-Toronto, en retour d’une aide financière.qui n’est jamais venue.Le scénario est trop beau, trop vrai, trop facile.Mais il manque pourtant un chapitre que l’on peut reconstituer à partir des notes de la première série.Dans les accusations de Robert Obadia, il manque le chapitre portant sur l’homme qui a transformé une belle entreprise en une machine à sous.Il manque le passage où l’homme décapitalisait à coups de dividendes excessifs, de prêts sans intérêt réinjectés dans l’entreprise à fort loyer, de contrats de gestion et de salaires élevés une entreprise qui souffrait déjà d’un manque chronique de capitaux.Il y a également la section portant sur celui qui commençait à ne plus verser au fisc les prélèvements à la source sur les chèques de paie des employés et ce, au plus fort de sa popularité, au moment où il entreprenait son incursion fortement médiatisée sur le corridor Montréal-Toronto.Et il y a l’extrait omis de celui qui se plaisait à rendre ses fournisseurs à ce point dépendants de Nationair que si l’un d’eux osait «tirer la plogue», il ne pouvait éviter de sombrer dans la faillite.Il y a, enfin, l’oubli des erreurs commises en cours de route, la construction d'un hangar d’entretien devenu un éléphant blanc, ou l'étirement d'un conflit de travail aussi stérile que coûteux.Et le financement par le roulement d’un compte fournisseur à un autre, par la multiplication des chèques sans fonds ou signés à l’envers, un petit jeu commencé 24 mois avant le recours à la protection des tribunaux, devenu un sauve-qui-peut huit mois avant la mise à mort.Qui est l’assassin de Nationair?Jean Corbeil et sa cour ou Obadia lui-même, celui qui a emporté dans sa chute un des plus importants grossistes en voyages au Québec et quelque 300 petits partenaires financiers fidèles; celui qui a abandonné plus de 1000 employés et laissé tomber ses passagers par dizaine de milliers?I N I) 1x8 Actualités .A2 Agenda culturel ,.H7 Annonces classées .B2 Avis publics.B4 L Hissonnette ,.A6 Culture.B8 Économie.A5 E X Éditorial.A6 L’Entrevue.B1 Idées.A7 Ix Monde.B3 Mots croisés.B4 Religions.B2 Ixs Sports.B6 Météo Ciel variable Max: 13 Détails en B4 LES SPORTS LES ACTUALITÉS Intraitable, ce ?Les «itinérants» font étire Canadien Nunez dans Bourassa PAGE B-6 MME PAGE A-3 L’ENTREVUE Pierre Sané, ombudsman sans frontières PAGE B-1 En 1992, les libéraux préparaient secrètement la souveraineté du Québec Le plan détaillé reprenait la plupart des arguments du PQ PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Dans l’éventualité d’un échec de la conférence constitutionnelle qui a conduit à l’accord de Charlottetown, en août 1992, la direction du Parti libéral du Québec avait secrètement élaboré un plan détaillé des modalités d’accession du Québec à la souveraineté.Préparé à l’intention des militants libéraux, le document dont LE DEVOIR a obtenu copie conclut «que le Parti libéral du Québec et le gouvernement qu'il forme entendent proposer aux Québécois d’exercer leur droit à la souveraineté, en proposant aux Canadiens des autres régions de créer un nouvel espace économique et politique canadien, et de tout mettre en oeuvre avec ses partenaires de l’Union pour assurer la viabilité, la solidité et la modernité de cet espace économique afin qu’il se situe à l'avant-garde des pays industrialisés de la planète».Formé dans la foulée du congrès de mars 1991, qui a adopté le rapport Allaire, le comité a siégé secrètement jusqu’à la rédaction de son rapport final, daté du 16 juin 1992.Ce comité était composé de: Pierre Anctil, directeur général du parti; Jean Allaire, président de la commission juridique et président du comité constitutionnel; Pierre Saulnier, alors président de la commission politique; Thierry Vandal, actuel président de la commission politique; Jacques Gauthier, alors membre de la commis VOIR PAGE A-8: SOUVERAINTÉ La fête de la santé PHOTO ROBERT SKINNER m* * '«OC1 pif**.UWBSS yrm&o .^ • « : * 71 ¦ >• QUELQUE 10 000 CYCLISTES et coureurs de toutes sortes ont pris part hier à la troisième édition du Festival de la Santé, dans les rues de Montréal.La fête s’est terminée au parc Jeanne-Mance en début d'après-midi, par une grande chasse au trésor où 11 000$ de prix, dont un lingot d’or, avaient été dissimulés pour les participants.Karadzic veut un nouveau plan de paix LE DEVOIR AVEC AFP ET REUTER Le plan Vance-Owen est «mort», et la communauté internationale doit proposer «un nouveau plan de paix» qui reconnaisse «l’existence d’une république serbe» de Bosnie, a déclaré hier Radovan Karadzic, le leader des Serbes de Bosnie, à l’issue d’un référendum de deux jours sur le plan Vance-Owen.Les 900 000 électeurs serbes de Bosnie se sont prononcés samedi et dimanche sur le plan Vance-Owen, et le taux de participation aurait été aussi élevé que 90% pour les civils et 95% dans les casernes.Les résultats du référendum ne devraient toutefois être connus que demain ou mercredi.Mais on anticipe partout en Bosnie un NON massif au seul plan de paix actuellement sur la T table, accepté par les Musulmans et les Croates.U communauté internationale n’a cessé de répéter pendant les deux dernières semaines quelle ne tiendrait VOIR PAGE A-8: BOSNIE Le cinéma italien n'est pas mort ODILE TREMBLAY LE DEVOIR En 1968, une jeunesse en délire cherchait la plage non seulement sous les pavés de Paris, mais aussi —ce qui est beaucoup plus drôle— sur la vraie plage de Cannes.U génération rebelle se plaignait des cailloux en for-me de films que chérissait le si bour- £ £êZOX\ » geois (sic) festival de cinéma.C’était £ l’année où le cinéaste Louis Malle a contribué à faire fermer le festival, la c 4 ^ France menaçait de s’écrouler de toutes les façons.Mais on ne tue pas Cannes comme ça, du moins pas longtemps.Vingt-cinq ans plus tard, pour la 46è édition du plus grand rendez-vous cinématographique du monde, Louis VOIR PAGE A-8: CANNES Lutte à finir entre frères ennemis Les élections du 7 novembre à la mairie de Laval prennent l'allure d'un règlement de compte fratricide Au commencement, Québec créa Laval.Aux 14 communautés de l’île, Québec dit: que la ville soit Et la ville fut Québec y installa un maire à son image qui engendra toute une descendance de magistrats locaux.De génération en génération, ceux-ci se transmirent le pouvoir la plupart du temps par filiation.C’était avant Cain et Abel qui ne voulurent pas partager l’Éden.Dès lors, les guerres fratricides déchirèrent les grandes familles lavalloises.Et cette année, plus que jamais entre libéraux.En 1973, la famille de Jean Rizzuto (ci-haut) tenait les cordons de la bourse électorale du futur maire Lucien Paiement.LAURENT SOUMIS LE DEVOIR A 177 jours des élections municipales dans la deuxième plus grande ville du Québec, la campagne électorale prend déjà l’allure d’une grande épopée biblique, celle d’un règlement de compte entre Caïn et Abel qui laissera sûrement des séquelles dans la famille libérale.A défaut d’une vision complète des programmes qui restent à dévoiler, l’opposition entre le maire sortant Gilles Vaillancourt et l’aspirant Giovanni (Jean) Rizzuto tient pour l’heure bien davantage à une «game de gars», une «bataille de Dalton» ou une «chicane de familles», selon les mots mêmes de leurs propres militants, qu’à une véritable croisade idéologique.S’il faut en croire les organisateurs rencontrés récemment par LE DEVOIR, les Uvallois auront à choisir tout au plus entre «deux styles de gestion».L’enjeu n’en est pas pour le moins mineur.Il s’agit de voir qui aura la gouverne d’un budget annuel de plus de 400 millions$.De plus, si l’on excepte 40% du territoire zoné vert, Laval demeure une ville à demi urbanisée dont la moitié du territoire reste à aménager.C’est tout dire de l’intérêt qu’y portent \esfaiseurs d’élections.Derrière chacun des prétendants à la mairie se profile une formation.Le Parti du ralliement officiel des Lavallois (PRO) détient 22 des 24 sièges de l’hôtel de ville et appuie le maire sortant; le Parti Option Uval (POL), né en début d’année, se range derrière l’aspirant au fauteuil de premier magistrat.Le POL n’est pas représenté à l’hôtel de ville ou siègent deux conseillers indépendants.Le parti rassemble d’anciens militants des opposants de 1989 au sein d’une une coalition «arc-en-ciel» regroupant tout ce qui est anti-PRO et anti-Vaillancourt.Hormis lors de la nomination de Jean-Noël Lavoie, premier maire nommé par Québec après la fusion de 1965, et l’élection subséquente du conservateur Jacques Tétrault, les sept ou huit grandes familles de Uval, la VOIR PAGE A-8: LAVAL En 1973, Gilles Vaillancourt (ci-haut), appuyé par ses frères, figurait dans la liste des conseillers du maire Lucien Paiement. ft • » • ?%' væ Nor s tar -5^ M7310 ¦r -' Ï r, ¦.i de rabais Jusqu’au 30 juin.Bell vous offre d’importants rabais sur les systèmes téléphoniques Norstar Compact et Modulaire! 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X I) I 17 MAI I » !» » LES ACTUALITES La ministre a déjà en tête son cabinet de transition ROBERT RUSSO PRESSE CANADIENNE Vancouver - - Kim Campbell a laissé entendre hier qu’elle déclenchera des élections en octobre si elle devient chef du Parti conservateur, en plus de confier qu’elle a déjà en tête la liste des gens qui feront partie de son cabinet de transition.Elle aurait un style différent.Mme Campbell a déclaré qu’elle n’emménagera pas au 24 Sussex Drive, la résidence officielle du premier ministre, avant d’avoir été élue à ce poste.Les Mulroney y demeureront jusqu’aux élections.Kim Campbell a souligné par ailleurs qu’elle aimerait voyager sur les ailes de compagnies aériennes privées.«Je comprends que cela peut faire problème pour des raisons de sécurité et que je doive en discuter avec la GRC.» L’équipe de transition, qui comprend des collègues de l'adtuel cabinet tels Perrin Beatty, lui prodigue maints conseils, allant de la date des élections au choix du personnel affecté au Bureau du premier ministre.«J’ai réuni mes collègues et leur ai demandé de m’aider à développer une stratégie», a indiqué la ministre de la Défense.«Je n’aurai pas beaucoup de temps à consacrer à la réflexion après le 13 juin (date du congrès à la direction).En ce moment, je dois consacrer toutes mes énergies à la campagne et essayer de gagner des appuis.Mais j’ai déjà plusieurs idées à propos de ce que nous devrions faire et j’aimerai qu’elles soient développées et mûrement réfléchies.» Kim Campbell a récemment déclaré que son instinct la pousserait à déclencher des élections immédiatement après le congrès du PC, mais il semble maintenant qu’elle se soit ravisée.«Je veux aussi m’assurer de disposer de suffisamment de temps pour démontrer mes compétences à la tête du gouvernement de façon à ce que la population soit bien consciente des choix qui lui sont offerts.» Elle s’oppose à la tenue d’élections en été, soulignant que ce serait malhonnête de mener une campagne électorale alors que plusieurs Canadiens sont en vacances.«Nous voulons mener un campagne dans un cadre qui permette à la population d’avoir accès à un maximum d'informations, de sorte que les électeurs ne reviennent pas au pays le jour de la fête du Travail pour apprendre qu’il y a des élections.» Par ailleurs, elle ne tient pas à attendre trop longtemps.Mme Campbell a mentionné qu’elle ne voyait aucun intérêt à étirer le mandat du gouvernement jusqu’à son terme et de «faire campagne pendant un mois de novembre pluvieux à Vancouver et de se geler les orteils en attendant l’autobus.» Ses commentaires laissent croire qu’en septembre, elle déclenchera des élections pour le mois d’octobre.Selon un recensement informel des délégués effectué par la Presse Canadienne, Mme Campbell détient une confortable avance sur son plus proche rival, le ministre de l’Environnement Jean Charest.Les plus récents tableaux démontrent quelle bénéficie de l’appui de 1212 délégués alors que Jean Charest en récolte 626.Quelque 805 délégués sont encore indécis.Mme Campbell a commis un faux pas lorsqu’elle a déclaré la semaine dernière que les gens qui ne se souciaient pas de la dette et du déficit étaient des «ennemis des Canadiens.» Elle a dit que l’incident n’aurait aucun impact sur sa campagne et ne compromettrait pas ses chances de l’emporter.Interrogée sur les motifs qui la poussent à vouloir devenir premier ministre, elle a donné sa réponse habituelle: «Je veux changer la façon dont nous faisons de la politique en ce pays.» Vers la fin de l’entrevue, elle a semblé fatiguée.«Je me sens un peu seule, a-t-elle confié.Je subis les attaques de l’opposition et les pressions de la campagne.Je n’ai pas encore perdu mon sang-froid», a-t-elle lancé, ajoutant que plusieurs n’attendent que cela.Deuxième ronde du débat linguistique Les travaux de la commission prendront fin le 2 juin NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — Le débat linguistique entre dans sa deuxième phase à compter de demain: différents organismes défileront à tour de rôle devant une commission parlementaire pour commenter le projet de loi 86.La position des deux camps est assez bien connue et celle des adversaires a été articulée vendredi par le chef de l’Opposition à l’Assemblée nationale, M.Jacques Parizeau.Le parrain de la mesure, le ministre Claude Ryan, maintient son intention de modifier la Charte de la langue française en permettant notamment le bilinguisme dans l’affichage commercial.Les préparatifs des travaux de la commission se sont faits dans une certaine incertitude.Encore jeudi, des groupes d’étudiants universitaires réclamaient de se présenter aux audiences de la Commission de la culture.Par contre, ce ne sont pas tous les invités qui ont accepté d’emblée l’invitation de témoigner.Des milieux d’affaires qui, les premiers, devaient commenter la nouvelle politique linguistique du gouvernement Bouras-sa, se sont excusés.Le premier témoin convoqué, la Chambre de com- merce du Montréal métropolitain, a demandé plus de temps pour préparer son mémoire, a indiqué un porte-parole de l’organisme.Quant à la Chambre de commerce de la province de Québec, qui devait comparaître en deuxième lieu, elle fera tout simplement faux bond.«Pour établir notre point de vue, il aurait fallu consulter nos 200 chambres de la fédération qui regroupent 5000 membres corporatifs.Le délai ne nous permet pas de tenir cette consultation», a déclaré M.Yvon Marcoux, président de la Chambre.Il insiste cependant pour dire que le refus de comparaître de son organisme n'était nullement attribuable à l’impossibilité de faire l’unanimité sur le dossier linguistique au sein des Chambres de commerce participantes.Le débat pourrait néanmoins être plus animé demain soir si les témoins prévus, le Mouvement Québec français (MQF) et Alliance Québec défilent au micro de la commission.Le MQF est un partisan du maintien du français comme langue d’affichage tandis qu’Alliance Québec, porte-voix de la communauté anglo-québécoise, se réjouit du retour au bilinguisme que permet le projet de loi.Alliance Québec aurait cependant souhaité qu’on élargisse l’accès à l’école anglaise pour les immigrants s’installant au Québec.Les audiences de la commission parlementaire se dérouleront jusqu’au mercredi 2 juin.A compter de cette date, les députés de l’Assemblée nationale seront invités à adopter le principe du controversé texte législatif.Le gouvernement, qui a déterminé seul la liste de la quarantaine de témoins, n’a pris aucune chance.La majorité d’entre eux, plus d’une vingtaine selon une évaluation préliminaire, appuieront la démarche du ministre Claude Ryan.Ces groupes proviennent des milieux d’affaires, du tourisme ou des cercles non francophones.A peine une dizaine d’organismes adversaires du projet de loi ont été invités: ce sont principalement des centrales syndicales et des groupes nationalistes.On ignore pour l'instant dans quel sens iront une demi-douzaine de témoins issus des milieux scolaires ou municipaux.Le gouvernement a agi unilatéralement pour dresser la liste des témoins, brisant une tradition qui veut que l’opposition parlementaire soit consultée avant de publier les invitations.Le ministre Claude Ryan a également rejeté une autre demande de l’opposition péquiste, soit celle de faire connaître les règlements rattachés à la loi lors de l’étude du texte législatif par la Chambre.Les députés du Parti québécois soutenaient que seuls les textes des règlements «permettraient de mesurer toute l’étendue» des intentions gouvernementales tandis que M.Ryan rétorquait qu’on pouvait débattre de la loi 86 sans pour autant en connaître les règlements.Entre temps, le ton du débat linguistique s’est détérioré, notamment sur le parquet de l’Assemblée nationale où les insultes ont fusé de part et d’autre à plusieurs reprises depuis deux semaines.Même le ministre Claude Ryan a levé le ton pour traiter ses adversaires de «menteurs», un propos antiparlementaire qu’il a dû d’ailleurs retirer.Le caractère passionné de ce débat n’est pas une surprise: la langue et les lois linguistiques ont toujours été des dossiers extrêmement émotifs au Québec.C’est d’ailleurs la cinquième fois au cours des 25 dernières années (1969, 1974, 1977, 1988 et 1993) que l’Assemblée nationale est saisie d’un important projet de loi en ce domaine.Les libéraux miseront sur la mauvaise situation économique et sociale Ottawa (PC) — En vue des prochaines élections générales, les libéraux fédéraux du Québec considèrent qu’ils ont un atout dans leur manche: la mauvaise situation économique et sociale.L’économiste et consultant Kimon Valaskakis, originaire d’Egypte, est candidat libéral dans le comté de Châteauguay, sur la rive-sud de Montréal.«Il y a plus de mendiants à Montréal et Toronto qu’au Caire», affirme-t-il.C’est peut-être exagéré, mais nul doute que l’économie du Québec a souffert.Le taux de chômage y était de 13,4% en avril, bien au-dessus de la moyenne nationale.Ainsi le taux de sans-emploi est plus élevé à Chicoutimi qu’à Saint-Jean, Terre-Neu- ve.Le Bloc québécois constitue leur principal adversaire au Québec, estiment les libéraux.«La grosse commande, ce sera de battre le Bloc, pas les conservateurs.Ils sont finis», affirme Guy Chartrand qui sera candidat libéral dans la circonscription de Longueuil, déjà représentée aux Communes par Nie Leblanc, du Bloc québécois.En certains lieux au Québec, le chef libéral Jean Chrétien est traité de vendu pour s’être opposé à l’entente du lac Meech, en 1990, et avoir nui aux intérêts du Québec en étant jadis ministre sous Trudeau.Le sentiment semble répandu, à savoir que le chef ne comprend pas le Québec, analyse M.Valaskakis, lotoquebec Tirage du 93-0 5-15 3 6 22 31 35 43 Numéro complémentaire: 7 SÉLECT Tirage du 00-00-00 6 !° 22 31 39 42 Numéro complémentaire.Resultats loto-québec GAGNANTS LOTS 6/6 2 1 240 000,90 $ 5/6+ 11 bl 636,40 $ 5/6 350 1 700,50 $ 4/6 18 942 60,20 $ 3/6 351544 10,00 $ Vente i totales 18 834 319,00 $ Prochain gros lot (approx.): 2 200 000, Prochain tirage: 93 -05-19 GAGNANTS LOTS 6/6 0 0 000 000,00 $ 5/6+ 1 27 123,60 $ 5/6 45 401,80 $ 4/6 1658 50,90 $ 3/6 25452 5,00 $ MISE-TÔT 5 9 11 35 GAGNANTS LOT 112 446,40 S Ventes totales : 997 1 54 ,00 $ Gros lot à chaque tirage: 1 000 000,00 $ NUMÉROS LOTS * 908511 100 000$ 08511 I 000 $ Tirage du 851 1 250 $ 00-00-00 511 50 $ ii io s 1 2 $ TVA, le réseau des tirages de Loto-Québec Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle, cette dernière a priorité.«mais cette perception malheureuse, non méritée et négative de M.Chrétien commence à changer».Les libéraux se maintiennent bien dans les sondages mais il ne faut pas oublier que ces extrapolations doivent se traduire en nombre de sièges.Candidate libérale dans Saint-Hubert et opposée au BQ, Angéline Fournier estime que ce parti est limité puisqu’il ne peut pas former un gouvernement et proposer des solutions valables pour l’économie du Québec.Le Bloc a bien joué sur les frustrations constitutionnelles du Québec mais l’atténuation de ce dossier l’a laissé sans raison d’être électorale, explique Mme Fournier, une avocate et militante des droits sociaux.Pour ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD AVOCATS 55 ST-JACOUES MONTRÉAL QUÉBEC H2Y 3X2 Fa» (5141 845-7874 T»I.:(514)98R*0»B*I 1- v o 1 H .LE LUNDI 17 M Al 1 !) 9 9 A 8 -—-* LE DEVOIR ?— ACTUALITES / SOUVERAINETE Seul Robert Bourassa était régulièrement informé SUITE DE LA PAGE 1 sion juridique, du défunt comité constitutionnel et du comité exécutif, ainsi que de Michel Bissonnette, ancien président des Jeunes libéraux.Au cours d’une entrevue au DEVOIR, Me Allaire a expliqué que de très rares personnes étaient au courant de l’existence de ce comité, dont les délibérations avaient un caractère confidentiel peu commun.Seul le premier ministre Robert Bourassa était régulièrement informé de l’évolution des travaux.La direction du parti considérait l’hypothèse qu’aucune entente n’émane des pourparlers constitutionnels.Le cas échéant, c’est le rapport de ce comité secret sur la souveraineté qui aurait fait l’objet d’une résolution à l’intention du congrès du 29 août 1992, qui a finalement endossé l’accord de Charlottetown.La seule copie qui a survécu au défunt comité, celle de la cinquième version, a alors été soigneusement remisée dans le coffre-fort du secrétariat central.Les précautions prises par la direction du PLQ s’expli- 3uent à la seule lecture de ce rapport impétueux, porteur ’une sévère condamnation du fédéralisme canadien et d’un vibrant plaidoyer en faveur de la souveraineté du Québec.On y retrouve la plupart des arguments qui alimentent le discours du Parti québécois.Ainsi, on peut y lire que «les deux visions opposées du Canada se neutralisent dans un jeu de somme nulle qui contribue à rendre le pays de moins en moins gouvernable tout en paralysant tout effort sérieux de réforme.Elles resteront irréconciliables tant et aussi longtemps que la discussion reposera sur des principes tels que la reconnaissance pour le Québec d’un statut de société distincte et la nécessité peu réaliste d’octroyer les mêmes pouvoirs à chacune des dix provinces qui forment le Canada d’aujourd’hui.» Un peu plus loin, les auteurs établissent leur diagnostic de l’impasse constitutionnelle.«La faute en incombe aux deux visions discordantes du pays que professent le reste du Canada et le Québec ainsi qu’à la structure très lourde du fédéralisme et à l’impossibilité dans des négociations à 11 ou 12, voire à 17 parties de prendre les décisions de nature à satisfaire à tout le moins les peuples fondateurs de la Confédération de 1867.» Dans l’optique de l’accession à la souveraineté, le comité secret a alors articulé une démarche qui démontre bien que même en juin 1992, le rapport Allaire était encore bien vivant dans l’esprit des dirigeants libéraux: • «La démarche poursuivie par le gouvernement du Québec passe par un référendum tenu sur l’ensemble du territoire québécois.Un tel référendum sur une proposition claire et précise découle directement de la position adoptée par le PLQ, lors de son dernier congrès des membres en mars 1991.» •«Le référendum que nous tiendrons conformément à la loi 150 proposera aux Québécois d’exercer leur droit à la souveraineté tout en posant les jalons d’une nouvelle Union économique canadienne aux pouvoirs renforcés.» •«Le référendum visant à établir clairement la volonté du peuple québécois aura lieu le.1992, dans l’en- semble du Québec.Le gouvernement du Québec travaillera à susciter l’adhésion massive des Québécois à la formule innovatrice et raisonnable qu’il propose pour l’avenir.» •«L’appui d’une majorité de Québécois à la proposition référendaire du gouvernement du Québec amènera le Québec à proclamer immédiatement sa souveraineté.Par la suite, un délai d’un an est prévu pour la mise en place des structures politiques que commande la nouvelle Union économique canadienne.» Au plan juridique, le rapport prévoit l’adoption par l’Assemblée nationale, dans les meilleurs délais, d’une constitution québécoise de façon à exprimer dans un texte fondamental l’attachement des Québécois à des valeurs communes «qui devront se refléter dans toutes les institutions de ce nouvel Etat».Constitution devant inclure notamment les éléments suivants: — la déclaration de la souveraineté du Québec; — l’enchâssement de la Charte québécoise des droits et libertés, outil essentiel de la protection des individus adopté en 1977; — l’Assemblée nationale devient l’unique organe législatif au Québec et ses pouvoirs ne peuvent être dévolus à d’autres sans son consentement exprès; — la reconnaissance des droits des anglophones à gérer, et à développer leurs propres institutions.A l’instar du rapport Allaire et du Bloc québécois, le comité secret proposait par ailleurs le maintien d’un lien politique, la création d’un parlement de l’Union composé de représentants élus au suffrage universel au prorata de la population des sociétés formant cette Union.Conscients qu’il ne serait pas mince tâche de vendre le projet souverainiste aux militants libéraux, dont le congrès était prévu pour la fin août, les membres du comité secret ont repris la plupart des arguments servis par le PQ au fil des années, et concernant surtout les coûts de la transition: «Globalement, nous estimons que les coûts de transition directs et indirects inhérents à la proposition du gouvernement du Québec peuvent s’élever à environ 1,5% du PIB durant une période de transition que nous entendons réduire au strict minimum.Ces coûts seront compensés progressivement par l’élimination du dédoublement de certaines fonctions gouvernementales ainsi que par les gains nés d’une reprise en mains de certains leviers politiques et économiques par le Québec.» Le rapport conclut: «La démarche référendaire, proposant la souveraineté du Québec et un partenariat de sociétés ou d’Etats égaux en vue de leur mieux-être commun, est amorcée dans la perspective d’une entente harmonieuse et d’une acceptation de la part du Québec de toutes ses responsabilités fondamentales à l’endroit de ses citoyens, des citoyens du reste du Canada et des autres pays du monde.» PHOTO AP Les frères Taviani étaient de passage sur la Croisette, hier, à Cannes.CANNES Le retour de Malle Mouvances libérales, machine péquiste LAVAL SUITE DE LA PAGE 1 plupart d’allégeance libérale, se sont généralement entendues pendant 15 ans sur le choix d’un maire.Ainsi en 1973, la famille Rizzuto tenait les cordons de la bourse électorale du futur maire Lucien Paiement, tandis que Gilles Vaillancourt, appuyé par ses frères, figurait dans sa liste de conseillers.Les premiers y gagnèrent un permis pour exploiter la carrière qui devait leur assurer fortune; ie second y trouva une plate-forme pour sa future carrière hors du magasin de meubles qu’exploite encore sa famille.Les choses se sont vraiment gâtées en 1981 avec l’élection surprise de Me Claude U.Lefebvre, fondateur du PRO.Devant la mutinerie au sein de ses propres troupes en 1983, une révolution d’ailleurs bénie par les Rizzuto, le maire Lefebvre eut l'idée géniale de confier la présidence du comité exécutif de la Ville au chef de l’opposition, le transfuge Gilles Vaillancourt, qui lui assura sa réélection en 1985.En 1989, lesfaiseurs d’élections virent dans le départ du maire Lefebvre l’occasion d'installer leur candidat, Claude Asselin, aujourd’hui directeur général de la Ville.Mais c’était sans compter les ambitions personnelles de Gilles Vaillancourt qui se passa de la traditionnelle bénédiction et fit cavalier seul sous la bannière du PRO.Allié hier, Jean Rizzuto devait alors s’avérer l’ennemi du jour.Le grand argentier de la ministre Use Bacon déploya ainsi énergies et ressources pour faire élire Jean-Paul Théorêt, mais sans succès.Depuis, l’inimitié est grande entre Vaillancourt et Rizzuto qui admet n’avoir jamais digéré de voir son frère, le sénateur Pietro, ridiculisé par le maire de Laval devant SUITE DE LA PAGE 1 pas compte des résultats du référendum.A Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères Andrei Kozyrev a estimé que le plan de paix Vance-Owen devait être appliqué quel que soit le résultat du référendum.«Il ne faut pas attendre jusqu'à ce que le dernier combattant serbe ait accepté le plan.On peut éteindre le feu de l’ex-Yougoslavie peu à peu.Tous les membres de la communauté internationale sont d’accord sur ce point», a-t-il dit à l’issue d’une entrevue avec les médiateurs internationaux David Owen et Thorvald Stoltenberg.Quant au président Clinton, il avait rappelé pour la énième fois au cours d’une conférence de presse qu'il était opposé à l’envoi de troupes américaines en Bosnie-Herzégovine.Son administration défend un plan consistant à lever l’embargo sur les armes à destination de la Bosnie, assorti d’éventuelles frappes aériennes contre des positions militaires serbes.Le magazine américain Time affirme dans son édition à paraître aujourd’hui que des militaires américains se trouvent actuellement en Bosnie, «bien que le Pentagone le nie officiellement».«Des sources disent que ces troupes avancées effectuent pour le moment des opérations de reconnaissance, tenant Washington incroyablement bien informé, et fournissant des renseignements aux enclaves musulmanes», précise le magazine.Time ajoute que ces forces «sont également équipées pour assister toute action militaire que 0e président Bill) Clinton pourrait ordonner».Un premier résultat partiel de la ville de Banja Luka montre une majorité de 98,13% contre le plan et une majorité de 98,69% en faveur de l’indépendance des territoires bosniaques sous contrôle serbe.Dans le cas de résultats globaux semblables, l’application du plan par l'ONU se révélera très difficile.Sur le terrain, le plan serpble d’ailleurs dépassé par la réalité.A Pale, le bastion des serbes bosniaques près de Sarajevo, M.Karadzic affirme que l’existence de la république serbe est «une réalité».Il a annoncé que les re- un parterre de ministres et de députés.L’animosité se nourrit aussi de conflits d’ordre privé entre les deux familles qu’ont exacerbée les courses au leadership des libéraux fédéraux et provinciaux.Les Rizzuto n’ont jamais caché leur préférence pour Claude Ryan et Jean Chrétien; les Vaillancourt, leur affection pour Raymond Gameau et Paul Martin.Lors du référendum sur l’accord de Charlottetown, le maire Vaillancourt a commis l’impair de laisser le directeur du contentieux de la Ville, Me Jean Allaire, prendre la tète du rassemblement des libéraux pour le non, et de prêter son conseiller personnel en communication, Michel Fréchette, à ceux qui défirent l’option de Robert Bourassa.Ajoutez à ça quelques déclarations plus ou moins diplomatiques, comme l’annonce récente par Vaillancourt du prolongement imminent du métro à Laval, et tous les ingrédients sont là pour une chicane entre libéraux provinciaux alimentés par la grogne et la frustration des cinq députés lavallois.Officiellement, aucun d’eux n’entend s’afficher.Dans Fabre et Mille-Îles, Jean-A Joly et Jean-Pierre Bélisle respectent toutes les apparences de la neutralité.Dans üi-val-des-Rapides, Guy Bélanger se retire de la vie politique, mais laisse son attachée politique Micheline Hamel briguer les suffrages sous la bannière du PRO.Dans Chomedey, toutefois, on voit mal comment l’ex-leveur de fonds de la ministre Bacon ne profiterait pas, et de ses connaissances, et de l’aversion connue de la ministre pour le maire.D’autant que le clan Rizzuto a recruté parmi ses coordonnateurs de campagne l’avocat Richard Phaneuf, ex-organisateur de la ministre.Dans Vimont, l’ex-président local Gérard Jalbert, l’or- présentants serbes «ne négocieront plus en tant que Serbes de Bosnie mais en tant qu’Etat» dont la reconnaissance «va intervenir».De toute façon, a-t-il souligné, «la Bosnie est reconnue mais n'existe pas, tandis que la république serbe existe mais n’est pas reconnue».Les Serbes de Bosnie, qui avaient créé des institutions parallèles d’Etat pendant les mois précédant l’éclatement de la guerre, avaient organisé en novembre 1991 une consultation au cours de laquelle ils avaient réclamé le maintien de la Bosnie en Yougoslavie.Vers un plan Gorbatchev-Kissinger?M.Karadzic a déclaré qu’il n’était pas opposé à ce que lord Owen, l'un des deux co-présidents de la conférence sur l’ex-Yougoslavie, continue à présider aux négociations «s’il écoute les Serbes», mais il a suggéré que l’ancien président soviétique Mikhail Gorbatchev et l'ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger, qui selon lui «comprennent mieux la situation», fassent de «nouvelles propositions»., «M.Kissinger a eu raison de dire qu’il faut créer trois Etats» sur le sol bosniaque, car «nous perdons notre temps à rétablir la Bosnie, qui n’a jamais existé en tant qu’Etat», a ajouté le leader serbe bosniaque.M.Karadzic a par ailleurs proposé de négocier «face à face» avec les Musulmans et les Croates des «échanges de territoires», sans préciser de quelles zones il pourrait s’agir.Pendant ce temps, les combats se sont poursuivis dans le nord et le sud de la Bosnie.Serbes et Musulmans se sont affrontés à Brcko samedi soir et hier matin.L’unité d’élite serbe des «Panthères» accuse les Musulmans d’avoir tiré parti du référendum organisé ce week-end pour lancer une offensive sur Brcko, une ville du nord située sur un axe stratégique pour les Serbes.Les médias musulmans et les Nations unies ont fait état d'une offensive serbe contre des positions croates et musulmanes.A Mostar, dans le sud-ouest de la Bosnie, Musulmans et Croates ont échangé des coups de ganisateur Philippe Garceau et l’attachée de presse Nancy Lemay sont tous passés sur la scène municipale: le premier comme président du POL, le second comme organisateur, la troisième comme candidate.Incontournables sur le terrain du porte-à porte, les pé-quistes ne sont toutefois pas en reste.Au POL, on retrouve l’ex-trésorier national André J.Bélanger et le grand maître d’oeuvre de la campagne Jean Fournier, qui a fait ses preuves derrière Lise Payette et Pierre Marc Johnson.Au PRO, on signale l'agent officiel Jean Bertrand et le comptable Alain Contant.L’histoire se répète.Tout comme en 1989, les candidats à la mairie de Laval viennent de la mouvance libérale mais s’appuient sur des artisans de la machine péquiste.üi présence des fédéraux se veut beaucoup discrète, préoccupés qu’ils sont, les uns de leur course à la chefferie, les autres de leur campagne de financement et de membership.Tous démentent la rumeur sur une possible alliance entre le sénateur Pietro Rizzuto et le conservateur Vincent Della Noce en faveur du candidat du POL.Car derrière l’échéance électorale municipale se dessinent aussi les rendez-vous provincial et fédéral.Et on a tout à craindre de lendemains amers et de plaies qu’on n’aura pas le temps de panser.Au POL, on signale toutefois la présence remarquée de l’ex-directeur général adjoint du PLC Raymond Lussier venu prêter main-forte au frère du sénateur organisateur en chef de Jean Chrétien.Comme on le voit, la lutte s’annonce épique car peu importe la famille gagnante, il s’en trouvera une autre pour caresser une revanche en 1997.Ainsi va désormais la vie à Laval.feu hier matin, a dit le commandant Barry Frewer de la FORPRONU.La radio croate accuse les Musulmans d’en être à l'origine.Le commandant de l’ONU a ajouté que des casques bleus espagnols se trouvaient toujours sous le feu des troupes du Conseil de défense croate (HVO) qui contrôle les voies d’accès et de sortie de Mostar.Barry Frewer a ajouté que la tension montait à Trav-nik, Vitez et Kiseljak, des localités de Bosnie centrale.«On sait que des renforts y ont été mobilisés et nous avons observé de nouvelles batteries d’artillerie du HVO autour de Vitez.Nous nous préparons à l’éventualité de nouveaux combats dans cette région», a-t-il dit.Une équipe d’observateurs des Nations unies a été prise à partie samedi près de Kiseljak et l’un d’eux a été blessé au pied.«Nous ne savons pas qui a tiré mais nous soupçonnons le HVO», a précisé le porte-parole de la FORPRONU.Ce dernier a également fait état de tirs sporadiques au fusil-mitrailleur et au mortier autour de Srebrenica, en Bosnie orientale.De fait les Nations unies craignent que la création de «zones protégées» dans cette partie de la Bosnie ne permette aux Serbes de libérer des unités pour attaquer ailleurs.«En démilitarisant la Bosnie orientale et en désarmant les Musulmans, nous faisons d’une certaine manière le travail des Serbes», a dit à Sarajevo un responsable de l’ONU, sous le couvert de l’anonymat.«Les Serbes sont relativement pauvres en infanterie c’est pourquoi ils cherchent par tous les moyens à l’employer le plus efficacement possible.Les zones protégées peuvent le leur permettre», a ajouté ce responsable.«Nous savons qu’ils ont transféré une partie de leurs troupes de Srebrenica à Zepa, qui a failli tomber aux mains des agresseurs la semaine dernière, et à Brcko où l’on se bat actuellement», a précisé le colonel Jovan , coipmandant adjoint de l’armée bosniaque.A Pale, interrogé sur les risques d’intervention militaire occidentale, le leader serbe bosniaque a déclaré qu’il ne voyait «aucune justification à une intervention militaire quand nous approchons de la paix».SUITE DE LA PAGE 1 Malle se retrouve président du jury, et la plage est toujours peuplée de belles bronzées aux tenues minimalistes.Rien n’a vraiment changé.Mais une institution, née à l’heure des contestations «soixante-huitardes», n’a pas renié ses idéaux du temps.Il s’agit de la Quinzaine des réalisateurs qui fait partie du festival tout en demeurant un peu en retrait, avec son propre programme, et ses salles de projections à l’autre bout du monde.Pour bien des journalistes, le festival de Cannes se résume surtout aux films en compétition, ce sont ces «pal-misables» qui font la manchette du monde entier.Mais pour plusieurs cinéphiles —et pour les critiques qui réussissent à s’échapper de la compétition— la Quinzaine est la vraie manne de petits films d’auteurs.Elle a été créée en 69 pour contester les choix officiels, trop politiques, trop commerciaux.Elle est restée fidèle à elle-même.Vendredi soir, pour donner le coup d’envoi des célébrations de son quart de siècle, la Quinzaine présentait The Snapper, du Britannique Stephen Frears, une comédie grinçante sur les déboires d'une petite jeune fille enceinte dans la très catholique Irlande.Et Frears a remporté le pari d’être drôle, sur un sujet impossible.Vive la Quinzaine! C’est donc souvent loin des feux de la compétition que ça se passe vraiment: à la Quinzaine, à la Semaine de la Critique, dans la catégorie Un certain regard.On va voir au détour un superbe film espagnol de Pilar Miro (les réalisatrices sont nombreuses à Cannes cette année).Kl Pajaro de la Felicidad, sur une musique de Jordi Savall, racontant une femme vieillissante qui redécouvre le sens du don et de la vie dans une campagne andalouse dont la beauté vous coupe le souffle.Rien à faire: le Québec brille surtout par son absence à Cannes cette année.Seul Robert Morin avec son Requiem pour un beau sans coeur nous représentait à la Semaine de la Critique.«C'est un film sur l’élasticité de la morale, expliquait le cinéaste aux spectateurs.J’espère que vous allez vous en tirer vivant.«Ils ont gardé tous leurs morceaux.Je suis allé revoir le film hier, dûment sous-titré en «vrai français», histoire de tâter la réaction du public - tiède, il faut le dire.Les cinéphiles de Cannes ne riaient pas ni ne tremblaient aux dernières heures de ce psychopathe assassin.Et que se passe-t-il, me demanderez-vous, du côté de la compétition?La projection en fin de semaine de Body Snatchers de l’Américain Abel Ferrara, film de la catégo-neAlien rempli d’effets spéciaux sur fond de décomposition des corps a laissé une impression de désolation sur son passage.Sa présence en compétition officielle vient confirmer ce que tous savaient depuis le début: la grande faiblesse de la production américaine du cru cannois 93, et ses chances nulles de remporter la palme.Où sont les cinéastes indépendants qui faisaient la force de l’autre cinéma américain?les frères Cohen?les David Lynch?Pas ici.Jusqu’à maintenant c’est sans contredit l’ultra-contem-porain Naked du Britannique Mike Leigh qui domine la compétition.Son film pourrait ressembler à une sorte de Midnight cowboy londonnien mis en scène 25 ans plus tard, à l’heure d’une fin de siècle sans espoir.Je ne serai pas du tout étonnée que son interprète David Thewlis remporte le prix d’interprétation masculine pour sa noire et puissante prestation.L’Amérique latine connaît une absence remarquée au programme de Cannes.Seul l'Homme sur les Quais de l'Haïtien Raoul Peck était retenu.En compétition, tout de même, où il ne fait pas d’étincelles.Même si l’action se situe au moment du duvaliérisme, avec tout ce que l’époque suppose de sang, de pleurs et d’horreur, le film a raté le passage de l’émotion et laisse étrangement sec.Je ne vous entretiendrai pas longtemps de Louis, enfant roi, de Roger Planchon, fresque historique française, indigeste, interminable, et du plus haut pompier.Mais hier, cette compétition dont on attend encore ies canons tonnants, nous réservait quand même une belle surprise, une très belle.Fiorile, la dernière oeuvre des frères Taviani venait nous prouver que le cinéma italien n'est pas mort.Et que parfois, l’espace d’un film qui suit sur plusieurs générations une famille italienne, il envoûte comme à ses plus beaux jours.Pourtant si Méditerranéens, des fois les Taviani font penser à Bergman, dans la façon de filmer ces peurs d’enfants, dans la luminosité des images aussi, dans leur mélancolie souterraine.Vittorio et PaulTaviani étaient là, hier en conférence de presse, vieux habitués de Cannes à qui les journalistes s’entêtent à poser la même question: Le cinéma italien est-il vraiment à l’agonie?Et eux, d’une même voix, en entrevue comme dans leurs films, de répondre avec la même patience: «Oui, nous attendons le nouveau Messie.Comme on l’attendait jadis.A notre arrivée à Rome, il y a quarante ans, un mendiant était assis dans la rue avec un écriteau arborant: Je faisais du cinéma.Je suis ruiné.Donnez-moi la charité.» «Des pessimistes, d’ajouter les Taviani, il y en aura toujours.» C'est beau la vie La Société canadienne de la Croix-Rouge Division du Québec BOSNIE «La Bosnie est reconnue mais n’existe pas»
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