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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-05-10, Collections de BAnQ.

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Vol.I X X X I V iV O I 0 8 T V Q / T o r o win 8 ,1 c LE DEVOIR P E R S P E C T I V E S Y en aura pas de faciles Avec les tulipes et les crocus, la saison des finales du hockey voir refleurir le style perspicace des savants analystes qui nous rappellent, fort à propos, que «le but de la game, c’est de la gagner».Jean Dion Cy était en septembre 1987, pendant la finale du tournoi de la Coupe Canada.L’un des matches les plus palpitants de l’histoire du hockey allait se porter en deuxième période de prolongation.URSS 5, Canada 5, un tourbillon indescriptible de vitesse, d’élégance, de talent brut.Indescriptible, comme dans «pas besoin de mots».On ouvre les yeux et on admire.Mais c’était sans compter deux vaillants «analystes» chargés de remplir les 15 longues minutes avant la reprise du jeu.Et l’un d’eux de laisser tomber à la question de l’autre: «On peut faire n’importe quelle prédiction possible!» Il est vrai qu’à pile ou face, on risque toujours de voir la pièce retomber sur sa tranche.Remarquez, on aurait aussi pu avoir droit aux propos songés de l’un des protagonistes de l’affrontement, duquel on eut certes appris la nécessité de continuer de travailler fort, de donner son 110 et de jouer pour le club, le tout dans le respect de l’adversaire qui les prend une par une, sachant qu’il n’y en a hélas! pas de faciles.Dans l’univers du sport professionnel, on construit et on déconstruit les faits au rythme même où la rondelle voyage.Avec le résultat que les clichés et formules toutes faites tiennent lieu de dogmes, et que les vérités d’évangile d’hier sont remaniées au gré de la réalité d’aujourd’hui.Et cela, toujours en laissant supposer qu’«il fallait s’y attendre».Qu’un valeureux athlète en sueur débite des banalités de vestiaire lorsqu’on lui brandit dix micros sous le nez au terme d’un effort surhumain, on ne peut pas vraiment se surprendre.Mais la question se pose: pourquoi diable y a-t-il ces dix micros?Réponse: parce que les gens en veulent.Jos Public en redemande.Tout savoir sur ses gladiateurs sur patins, c’est son pain et son beurre.Alors, on va lui en donner.On va même lui offrir l’occasion, pendant des dizaines d’heures chaque semaine, de participer à cette «histoire dont vous êtes le héros».Le temps d'un appel, il va entrer dans la peau du grand manitou pour dire à un million d’auditeurs que, «dans son livre à lui», Machin devrait être échangé demain matin.Et pour garder la discussion dans les bornes de la scientificité, on va lui fournir chaque jour 20 pages de données et d’avis pertinents, et l’encadrer d’experts qui, eux, savent de quoi ils parlent.Pendant la récente série Canadien-Nordiques, et après, le paroxysme a été atteint.N’ayant plus sous la main les bonnes vieilles insultes d’antan, comme les deux camps avaient sagement résolu d’éviter toute déclaration susceptible de motiver — ah! quel concept important — l’adversaire, il fallait bien se rabattre sur le jeu lui-même pour alimenter le feu sacré.Et la valse à mille temps a commencé.De tribunes téléphoniques en commentaires d’entracte, il n’y avait qu’à tendre l’oreille.N’importe qui aurait dès lors pu dégager au moins 38 points tournants dans «la bataille du Québec».Apprendre que «le travail a raison du talent», sauf évidemment dans le cas des Penguins qui devront être éliminés par les Islanders ou perdre Mario Lemieux si la Flanelle veut revivre le miracle de 1986.Prendre conscience que «marquer un but est le meilleur moyen de revenir dans le match».Découvrir que «les matches impairs — on les avait oubliés, ceux-là — sont cruciaux dans une série».Saisir que «l’objectif de la «game», c’est de la gagner».Et après avoir assisté à des centaines de passes, de tirs, de hors-jeu, de reprises vidéo, de mises en échec, constater finalement que «les séries, c’est une nouvelle saison» et que, il fallait y penser, «tout est dans la tête».Peut-être manque-t-on de discernement à l’égard de ces subtilités si on n’a jamais joué, dirigé une équipe ou été journaliste au plus haut niveau.Mais l’expérience est-elle nécessairement gage d’analyse éclairée?Un ex-entraîneur n’écrivait-il pas en toutes lettres, il y a trois semaines, que «le Canadien n’est pas de taille pour les Nordiques»?.Peut-être prend-on tout cela trop au sérieux.On peut rétorquer après tout que le sport de salon est l’ultime refuge de la démocratie, où chacun est libre d’élucubrer à sa guise sans que cela porte à conséquence.On a bien le droit de rêver et de dire n’importe quoi.N’empêche.Prenons le match de vendredi dernier entre Vancouver et Los Angeles.Gretzky entre en zone adverse.Il dirige une passe vers l’embouchure du filet, où se trouve son coéquipier Warren Rychel.C’qst le but.A la télé, un analyste, par ailleurs excellent, s’extasie devant l’extraordinaire intuition du 99, devant sa formidable capacité à rejoindre ses pairs pour des buts à l’emporte-pièce.De cela, on n’a jamais douté.Sauf qu’à la reprise, on voit clairement que la «passe» de Gretzky dévie sur TROIS joueurs des Canucks avant de se retrouver dans le filet sans que Rychel ait même touché au disque.L’analyste en question n’a jamais tempéré ses propos.Marquer un but est sans doute la meilleure façon «de revenir dans le match».INDEX Les Actualités.A3 Agenda culturel .B7 Annonces rinsHécs .B2 Avis publics.B4 L Bissonnette .A6 Culture.B8 Économie.A5 Éditorial.A6 L'Entrevue.B1 Idées.A7 Le Monde.B3 Mots croisés.B4 Religions.B2 les Sports.B6 mmL Météo Passages nuageux Max.27 Détails en B4 M O N T II E A L , L E i.I N DI 1 () M ,\ | mi I v OIK.1.!•: I.r X I) I Ml M .\ I I !l !) W le devoir ECONOMIE A 5 CETTE SEMAINE A IA BOURSE ASSEMBLEES GÉNÉRALES NOM DE LA COMPAGNIE DATE HEURE LIEU Western Quebec Inc.(Mines) 10-05-93 10h00 Montréal Morrison Petroleums 10-05-93 16h00 Toronto Traders Group Limited 10-05-93 16h30 Toronto Sumner Sports Inc.10-05-93 18h30 Sainte-Foy Campbell Inc.(Les Ressources) 11-05-93 10h00 Toronto Canadian Occ.Petroleum Ltd.11-05-93 10h30 Calgary SNC Inc, (Groupe) 11-05-93 11 hOO Montréal BC Rail Ltd.11-05-93 11 hOO Vancouver Uni-Select inc.11-05-93 11 hOO Montréal Cascades Paperboard Int.11-05-93 15h00 Montréal Onex Corporation 11-05-93 15h00 Toronto CFS Group Inc.12-05-93 10h00 Montréal Val Royal Inc.(Groupe) 12-05-93 10hOO Brossard Charter Liée (Les Industries) 12-05-93 10h30 Outremont Ciment St-Laurent Inc.12-05-93 10h30 Montréal Brascan Limited 12-05-93 11 hOO Toronto Tolgeco Inc.(Groupe) 12-05-93 11 h30 Montréal Home Oil Company 12-05-93 11 h30 Calgary MICC Investments Limited 12-05-93 11 h30 Toronto Sceptre Resources Limited 12-05-93 14h00 Calgary Teleglobe Inc.12-05-93 14h00 Montréal Fairfax Financial Holdings 12-05-93 161)30 Toronto Sodarcan Inc.12-05-93 17h00 Montréal MSV Inc.13-05-93 10h00 Montréal Ranger OU Limited 13-05-93 10h00 Calgary Audrey Inc.(Ressources) 13-05-93 11 hOO Montréal C-Mac Inc.(Les Industries) 13-05-93 11 hOO Sherbrooke Celanese Canada Inc.13-05-93 11 hOO Montréal Spar Aerospace Limited 13-05-93 11 hOO Toronto Nora Inc.(Exploration) 14-05-93 10hOO Montréal Transalta Corporation 14-05-93 10h00 Calgary Transalta Utilities Corporation 14-05-93 10h00 Calgary Du Pont Canada Inc.14-05-93 12h00 Toronto Kimex 14-05-93 141)30 Montréal DIVIDENDE SUPPLEMENTAIRE Wharf Resources ltd.(WRF) Valeurs: actions ordinaires Modalités: la société ci-dessus mentionnée versera un dividende supplémentaire de 5 cents US par action ordinaire le 14 mai prochain aux détenteurs inscrits à la date de clôture des registres le 10 mai 1993.OMISSION DE DIVIDENDE Cominco ltd.(CLT) Valeurs: actions ordinaires.Modalités: la société ci-dessus mentionnée, sauf avis contraire, ne versera plus de didividende sur ce titre à compter de la date normale de versement du dividende en juin.PRIVILÈGE DE CONVERSION ET RACHAT Bow Valley Industries ltd.Valeurs: actions privilégiées, catégorie D/, série 3(BVI.PR.B) Modalités: il y a un privilège de conversion et de rachat visant le titre mentionné ci-dessus selon les options suivantes: A) conversion (actions).1,98 action ordinaire de Bow Valley Industries Ltd.pour chaque action privilégiée, catégorie.D/, série 3, de Bow Valley Industries Ltd.convertie.Date d’échéance :le 21 mai 1993 B) Rachat (espèces) (option implicite).26$ plus 31,71 cents de dividendes accumulés et non versés pour chaque action privilégiée, catégorie D/, série 3, de Bow Valley Industries Ltd.rachetée, soit un montant total de 26,3171 $.Date de paiement : le 27 mai 1993 PROJET D’ENTENTE Ocelot Energy inc.Valeurs: actions ordinaires, catégorie A/(OCE.A).Actions, catégorie B/, avec droit de vote subordonné(OCE.B) Modalités: dans le cadre d’un projet de réorganisation, la société ci-dessus mentionnée prévoit distribuer certains de ses intérêts dans sa filiale Lynx Energy Services aux détenteurs d’actions ordinaires de catégorie A/ et d’actions de catégorie B/ avec droit de vote subordonné d’Ocelot Energy Inc.Date de l’assemblée: le 21 juin 1993 FUSION DE SOCIÉTÉS ET RACHAT Dalfen’s ltd.(DLF) Valeurs: actions ordinaires Modalités: le détenteur du titre ci-dessus mentionné recevra une action ordinaire spéciale de New Dalten Ltée pour chaque action ordinaire de Dalten's Limited détenue.Il est à noter que les actions ordinaires spéciales ne seront pas émises et que les actions ordinaires seront soumises pour fin de rachat à un taux de 2,20$ par action.Date de rachat: le 30 avril 1993 RESTRUCTION DE SOCIÉTÉ BC Telephone Company Valeurs : toutes les catégories d’actions Modalités :Pour chaque action ordinaire ou privilégiée de BC Telephone Company détenue, l’actionnaire recevra une nouvelle action de même catégorie de BC Telecom Inc.Date de subtitution : le 7 mai 1993 PROJET DE DIVISION D’ACTIONS Hartco Entreprises inc.(HTC) Valeurs: actions ordinaires Modalités: dans le cadre d’un projet de réorganisation, la société ci-dessus mentionnée prévoit diviser une (1 ) ancienne action pour deux (2) nouvelles actions.Date d'entrée en vigueur prévue: le 28 juin 1993 Date de l’assemblée: le 17 juin 1993 REMBOURSEMENT PARTIEL Toronto Eaton Centre (F.A.) Valeurs: 12 % — Série E/ — 1er juin 2000 Date de remboursement: le 1 er juin 1993 PROPOSITION D’OFFRE EN ACTIONS American Eagle Petroleum ltd.(AEO) Valeurs: actions ordinaires Modalités: Maxx Petroleum Ltd.a présenté une offre en actions visant à se porter acquéreur de la totalité des actions ordinaires en circulation de American Eagle Petroleum Ltd.Le transporteur leur fait une proposition Les créanciers de Nationair se prononceront mercredi A SURVEILLER IDI GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR Mercredi, les créanciers de Nationair auront à voter sur une proposition visant à permettre à Nationair d’obtenir jusqu’au 21 juillet pour recueillir le plus d’argent possible.Le portrait financier qui sera présenté est toutefois peu reluisant.Pour obtenir ce sursis, Nationair a besoin de l’assentiment de la moitié des ses créanciers et des deux tiers de la valeur des créances représentées.Selon un bilan succint préparé par Nolisair en date du 21 avril, l’entreprise en difficulté, détentrice de la marque de commerce Nationair, disposerait d’un actif de 39,4 millions$ et d’un passif de 83,6 millions$, pour un déficit de 44,2 millions$.Au 22 mars, cette dette était plutôt évaluée à 75 millions$.Or, de ce passif,, 24,4 millionsS ai> partiennent aux créanciers garantis et 2 millions$ aux employés, créanciers privilégiés.Les créanciers ordinaires, qui réclament 48,4 millionsS, pourraient ne rien recevoir.Ce constat est d’autant plus froid que l’actif de Nolisair est comptabilisé, pour la plupart, à sa valeur aux livres.Ainsi, quelque 8,7 millionsS sont reliés aux investissements dans des compagnies liées, un poste qui inclut la valeur aux livres estimée à environ 5 millionsS de la participation de 66,67% de Nolisair dans le grossiste Mirabelle Tours.Ce voyagiste n’est plus en activité.L’actif comprend également une valeur de 6,9 millionsS accolée aux deux vieux DC-8 de l’entreprise saisis par les Aéroports de Montréal, et un (L'Ilôt de sécurité sur aéronefs de 8,8 millionsS.Cet actif s’inscrit couvre la créance de 8,8 millionsS de la compagnie californienne ILFC, propriétaire des appareils.Une liquidation, à leur valeur aux livres, des éléments d’actif restants permettrait tout au plus au séquestre de récupérer, dans le meilleur des scénarios, un peu moins de 20 millionsS.Ce processus de liquidation, déjà engagé par le syndic Richter & Associés, ne permettra pas de couvrir les réclamations des créanciers, privilégiés et garantis.Sans compter l’accumulation éventuelle d’une dette au lendemain du recours, par Nolisair, à la protection des tribunaux, le 22 mars dernier, auquel cas, ces «nouveaux créanciers» disposeraient d’un droit prioritaire.Robert Obadia, président de Nationair, ne pourra donc se défaire de sa volonté de soustraire sa fortune personnelle des visées du fisc.Parmi les 24,8 millionsS redevables aux créanciers garantis, de 5,7 millionsS représentent des déductions à la source prélevées mais déviées de leur destination originale.Robert Obadia tentera également de concentrer ses efforts sur le redressement deTechnair.L’entreprise du holding Placements Robert Obadia qui abrite la base d’entretien, dispose encore de 27 jours pour se réactiver et se refinancer.Au 22 mars dernier, la dette de Technair se chiffrait à 12,5 millionsS, comprenant une créance de 2,5 millionsS appartenant au fisc.La partie sera dure pour Robert Obadia qui a perdu la semaine dernière son plus bel espoir de revenir dans l’industrie du vol nolisé.Iâi rumeur voulant qu’il effectue ce retour incessamment, dans quatre ou cinq mois, se faisait persistante dans l’industrie du voyage.Pour ce faire, Obadia misait sur l’appui de Mirabelle Tours, un des plus importants grossistes au Québec, qui est tombé depuis.TOURISME D’AFFAIRES La tâche délicate d’offrir des présents aux touristes d’affaires U teurs.NORMAND CAZELAIS COLLABORATION SPÉCIALE n des aspects les plus méconnus du tourisme d’affaires est sa relation avec les produits culturels.Celle-ci s’exprime tant dans l’accueil lui-même que dans les présents offerts aux visi- Les voyageurs d’affaires, et plus particulièrement quand il s’agit de participants à des colloques ou congrès d’envergure internationale, sont largement assimilés par leurs hôtes à des ambassadeurs, à de futurs agents de représentation de ces lieux où ils viennent de passer quelques jours.D’où l’intérêt et l’importance de leur laisser une bonne impression qui les incitera à revenir ultérieurement, pour y faire des affaires à nouveau ou y passer des vacances, seul, avec la famille ou des amis.Qui les incitera également à y envoyer des collègues ou des connaissances, tant pour y travailler que s’y détendre.L’hospitalité étant l’art de recevoir, les communautés humaines ont depuis longtemps appris à donner des pré sents à leurs visiteurs, surtout s’ils viennent avec des intentions de commerce.Les relations personnelles s’en trouvent facilitées et le souvenir, lié aux lieux d’accueil, aux événements et aux gens rencontrés, en ressort bonifié.Ainsi, il est courant qu’un visiteur d’affaires soit invité par un de ses vis-à-vis locaux à faire, après le travail, une découverte des alentours.Ce dernier se transforme alors, l’espace de quelques heures, d’un après-midi ou même parfois d’une journée, en cicérone faisant apprécier à son interlocuteur un endroit à la mode ou des spécialités culinaires, un musée ou un coin de campagne.Plus souvent encore, cette initiation à la destination d’affaires se traduira par des gratuités pour assister à des événements fort courus.Qu’on se rappelle à cet effet les billets de saison du Canadien au Forum qu’achètent chaque année nombre d’entreprises pour les refiler en grande partie à leurs partenaires d’affaires venus de l’extérieur.Rappelons aussi le très grand succès de marketing que remportent les Blue Jays de Toronto en ce domaine.Ces gratuités ne concernent pas d’ailleurs que le champ des activités sportives: elles touchent des repré- sentations de théâtre, d’opéra, des concerts, des spectacles de variétés et autres manifestations de la vie culturelle.Autant de moyens pour démontrer et illustrer que ce lieu où l’on peut brasser de bonnes affaires est tout autant sinon plus un lieu intéressant où il faudra retourner un jour.Je me souviens, entre autres, d’un colloque de portée environnementale tenu à Orléans, dans la vallée de la Loire, dont les participants avaient été invités au château de Chambord à un spectacle de sons et lumières mettant en scène François 1er qui montrait à Charles Quint les grandeurs de son royaume.Il y a enfin les présents proprement dits.Les personnes travaillant en des firmes spécialisées dans l’organisation de colloques et congrès le disent: l’un des aspects les plus délicats de leur tâche est de choisir les cadeaux les plus appropriés - ou d’aider les promoteurs en ce sens.Trouver ce qui peut à la fois représenter le lieu d’accueil (pouvant tout autant être une ville, une région ou un pays), rappeler l’événement lui-même et plaire aux destinataires, est une opération complexe qui exige un jugement sûr, beaucoup de recherche et une bonne connaissance des produits culturels à offrir.Ces présents sont, dans la grande majorité des cas, des oeuvres d’artistes, peintres, sculpteurs, écrivains, qui illustrent, par leur qualité même la capacité de création et d’action d’une collectivité.Ce sont là des souvenirs tangibles, qui étirent la mémoire et font durer la bonne impression.Dernière difficulté à contourner, ces présents ne doivent en aucuns cas être, au retour, des sources de tracas pour ceux ou celles les ont reçus.Il ne faut surtout pas qu’une bonne intention soit gâchée par une maladresse, par des conséquences fâcheuses.Inutile donc de donner des objets de grandes dimensions qui risquent d’être encombrants à transporter ou des objets fragiles, faits de cristal ou de verre par exemple, qui peuvent être abîmés ou détruits en cours de route.Ainsi, les Européens ont appris, depuis bon nombre d’années, à ne pas offrir à leurs visiteurs d’affaires américains des pâtés, fromages et autres produits de leur culture très quotidienne que les services de la douane confisquent le plus souvent pour satisfaire des normes d’hygiène ou des règles de santé édictées par le ministère fédéral de l’Agriculture.>erge Saucier devant le Cercle Faire de Montréal une ville où nos enfants voudront vivre, tel est le thème développé par Serge Saucier, président et chef de la direction de Raymond, Chabot, Martin, Paré devant les membres du Cercle canadien de Montréal.¦ Le défi de la productivité dans le secteur public Daniel Johnson, président du Conseil du Trésor, est le conférencier-invité du petit déjeuner-causerie de l’Association des professionnels en ressources humaines du Québec.Son intervention porte sur le défi de la productivité dans le secteur public.MARDI ¦ L’industrie financière a l’aube de l’an 2000 Le Palais des Congrès de Montréal accueille les participants au premier symposium sur l’industrie financière canadienne, organisé par l’Institut des banquiers canadiens.Sous le thème L’industrie financière canadienne à l'aube de l’an 2000, ce symposium s’articule autour du décloisonnement, de la réglementation, des besoins de la clientèle, du profil du gestionnaire de demain et de la formation.MERCREDI ¦ L’éthique de l’entreprise La faculté de théologie de l’Université de Sherbrooke organise à Montréal son deuxième colloque sur l’éthique des affaires.Ïl Evolution u commerce mondial Pierre-Paul Proulx, professeur titulaire du département des sciences éco- ¦ nomiques de l’Université de Montréal est invité par le Club Montréal du Centre de commerce mondial à parler de révolution du commerce mondial.¦ La formation et le travailleur autonome Groupe Entreprendre présente une soirée thématique sur la formation adaptée au travailleur autonome.JEUDI p Jacques Parizeau a Longueuil La Chambre de commerce de la Rive-Sud reçoit Jacques Parizeau en tant ! que conférencier au midi-contact.M.j Parizeau fera le point sur la situation ; économique et politique du Québec.; ¦ Les besoins énergétiques de l’an 2000 Colloque de deux jours consacré aux .questions d’ordre éthique et environnemental que soulèvent les choix en matière d’énergie.Ce colloque international est présenté par la Chaire de recherche en environnement Hydro-Québec/MpGill.¦ Conference annuelle des fiducies L’Association des compagnies de fiducie du Canada tient à Ottawa sa sixième conférence annuelle sous le thèmeè Nouvelle configuration des services financiers dans les années 1990 et au-delà.¦ Les nouveaux mécanismes d’appel de la CSST Le Conseil du patronat du Québec aborde les nouveaux mécanismes d’appel de la CSST.Les événements diffusés dans cette chronique ont été recensés en collaboration avec L'Informateur des gens d'affaires, le média des événements d'affaires.Tél: (514) 355-0474.Les événements contenus aux présentes proviennent de sources que nous croyons dignes de foi mais nous ne pouvons en garantir l'exactitude.Guerre des tarifs aériens aux É.-U.New York (AFP) — Une nouvelle guerre des tarifs aériens est en passe d’éclater aux Etats-Unis avec i’offensive lancée par Northwest Airlines qui offre des ristournes allant jus-qu’à 33% sur ses tarifs d’été.Ses concurrentes.United et Delta, respectivement au deuxième et troisième rang, ont indiqué quelles offriraient les mêmes réductions sur les destinations où elles sont en concurrence.American Airlines.L’offre est d’une (1) action ordinaire de IVIaxx Petroleum Ltd.pour chaque groupe de six (6) actions de American Eagle.Date d’expiration: le 21 mai 1993 Note: cette offre se réalisera à la condition que 50,1% des actions ordinaires soient déposées conformément à l’offre.Les renseignements contenus aux présentes proviennent de sources que nous croyons dignes de loi mais nous ne pouvons pas en garantir l’exactitude.Ce document, étant un bulletin d'information, pourrait s'avérer incomplet.ÉQUILIBRER LES FINANCES?EQUILIBRER LA SOCIETE?AuM ia la crise ids finances fiiblitjuesjuine société en imitation ^ssüii v APC ?v!\ ?ADÉNAP TASSE Tassé & Associés, Limitée Parmi les conférenciers : David Levine, Hôpital Notre-Dame Léa Cousineau, Ville de Motif réal Gisèle Desrochers, Conseil exécutif Pierre Paquette, CSN Nancy Neamtan, RESO Jacques Fortin, STCUM Pierre Decelles, ENAP ^ \rfc Bmploi im,ng Colloque annuel Hôtel Méridien, Montréal **4Ï2g**«f Le jeudi 13 mai 1993- — Pour inscription : 522-3641 Relais d’affaires REIAIS& CHATFAUX LA FINE FLEUR DES MAITRES HOTELIERS ESTRIE / NORTH HATLEY AUBERGE HATLEY Plein air et gastronomie dans un décor d'autrefois.Un relais pour les gourmets-gourmands, classé 4 fourchettes.Le charme d’une vieille demeure bourgeoise perchée sur une colline dominant le lac Massawippi.25 chambres dont certaines avec foyer.Forfait conférence incluant 3 repas, 2 pauses-cafc, frais de service 140$ p.p.occ.simple/par jour ou 110$ p.p.occ.dblc/par jour.Pour renseignements: Tel.: (81V) 842-2451 Fax: (810) 842-2907 LAURENTI DES / SAINTE-ADÈLE HÔTEL L’EAU À LA BOUCHE Ste-Adèle, un bouquet pour fleurir vos vacances.Confort, calme, détente et tout le service auquel vous vous attendez.26 chambres luxueuses.Salons aménagés pour réunions.Le restaurant vous servira une fine cuisine du marché.Classé 4 fourcheites ci 5 fleurs de lys.Demande: nos forfaits.Tel.sans frais de Mil: 514-227-1416 ou 229-2991.l ax: 229-7573 MONTÉRÉGIE / 5 AINT-MARC-SU R-LE-R1C HE LI EU HÔTELLLERIE LES TROIS TILLEULS A St-Marc-sur-le-Richelicu.Une hôstellerie paisible et confortable, dans une demeure d’un autre Age, sur le bord de la rivière Richelieu, où le personnel n’a qu’un seul désir: satisfaire.Lauréat national «Mérite de la Restauration» 5 salles de réunions disponibles.Nous avons différents forfaits à vous proposer.584-2231 L E I) E V OIK., L E LUNDI I O M Al I !) !) 3 EDITORIAL Uignorance a mauvais goût Jean- Robert San sfaçott Y a-t-il lieu de s’inquiéter de la contamination de nombreux emplacements de la Montérégie remblayés avec des tonnes de scories radioactives ?À court terme, le danger semble nul.Mais à plus long terme, en est-on si sûr ?’affaire ne date pas d’hier.Entre L 1953 et 1978, plus de 3,5 millions de tonnes de scories radioactives provenant de l’usine d’extraction de phosphate AWA de Varennes ont été vendues pour remblayer des terrains de la Rive-Sud.À cette époque, ne connaissant pas les risques d’une dispersion de ces déchets égèrement radioactifs dans l’environnement, on fi’a pas tenu de registre exhaustif de leur destination finale.; C’est en 1979 que des militaires canadiens auraient détecté une source de radioactivité anormalement élevée dans la région de Varennes.Informé de la situation, Québec limita à certains usages (construction d’autoroutes ou de stationnements industriels) l’utilisation de ces scories contaminées.j En 1986, un rapport d’analyse du ministère de {’Environnement du Québec précisait que ces dé-çhets industriels dépassaient de cinq |ois la norme du Règlement sur le tontrôle de l’énergie atomique au Canada.Il ajoutait «que les scories dégagent du radon.un gaz qui pourrait affecter les gens s’il s’avérait que des bâtiments soient construits sur ces scories ou avec des matériaux contenant ces résidus».L’année suivante, à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, la direction générale de la protection de la santé, à Ottawa, affirmait que «le niveau maximum de la dose émise mesuré en rayons gamma est de 20 fois supérieur au bruit de fonds» rencontré normalement dans l’environnement.Mais il faudra attendre janvier 1989 avant que le ministère de l’Environnement émette une ordonnance pour mettre fin à la vente de scories.Dans cette ordonnance, le ministère alléguait que les scories émettaient «des rayonnements susceptibles de porter atteinte à la vie, à la santé, à la sécurité, au bien-être ou au confort de l’être humain».Etait-ce simple formule de style ?Quelques mois plus tard, le sous-ministre de l’Environnement déclarait qu’il n’avait pas l’intention de suivre une recommandation du ministère de la Santé et de procéder à l’identification des lieux de la région abritant des scories contaminées.On comprend pourquoi à la lecture d’un autre document du ministère qui avançait déjà la possibilité de « plaintes, de demandes au gouvernement de compensations monétaires et à la correction, c’est-à-dire à l’enlèvement du matériel radioactif et son élimination dans un site approprié, mais inexistant au Québec.» Ce que Le Devoir nous apprenait la semaine dernière, c’est que deux années plus tard, en juin 1991, le docteur Louis Jacques du DSC de l’Hôpital Charles-Lemoyne, produisait un nouvel état de la situation dans lequel il évaluait à 88 sur une période de 70 ans le nombre probable de décès sup- Le ministère de l’Environnement se traîne les pieds dans le dossier des scories.plémentaires dûs à l’exposition aux radiations des scories pour les 75 000 habitants de la région.Par contre, le Dr Jacques ajoutait qu’au cours de la même période, on pouvait évaluer à un nombre trois fois plus élevé les décès reliés à la seule radioactivité naturelle du sol.En somme, considérée dans son ensemble, la population de la Montérégie courrait peu de risques majeurs, même à très long terme.C’est ce qu’a voulu souligner, la semaine dernière, le directeur de la Santé publique de la Régie régionale de la Santé et patron du docteur Jacques, le docteur Luc Boileau, dans un communiqué largement diffusé par les médias.Pour prouver ses dires, le directeur affirme que «pour être exposée à la dose équivalente à la norme permise par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR), il faudrait qu’une personne passe neuf heures par jour sur des routes remblayées de scories radioactives».Le docteur Boileau a.raison.Mais il oublie d’ajouter que l’analyse d’où il tire cette conclusion parle aussi du cas d’une personne «qui passerait 14 heures par jour dans le sous-sol d’une maison dont le sola-ge est remblayé de silicates», une situation beaucoup moins rare qu’il n’y paraît quand on pense aux enfants et aux familles qui occupent une chambre ou un logement au sous-sol des immeubles.Aussi peu nombreux soient ces cas d’espèce, pour eux, l’exposition à la radioactivité atteindrait ou dépasserait le niveau maximum acceptable.Combien de citoyens sont ainsi exposés sans raison, et sans le savoir ?Dans le rapport où le directeur Boileau a puisé les renseignements qui lui ont permis de rassurer la population, il est pourtant clairement écrit qu’il faut s’abstenir d’affirmer qu’il n’y a pas de problèmes, que «d’autres évaluations sont nécessaires avant de prendre position».Non seulement le docteur Boileau n’en a dit mot aux médias, mais, curieusement, il semble que cette conclusion du rapport n’apparaissait même plus sur la copie qui a circulé la semaine dernière au ministère de l’Environnement.Dans un dossier comme celui-là, il est bien inutile de s’alarmer et de crier à la catastrophe écologique.Mais ce n’est pas en camouflant la vérité, en maquillant les faits ou en retardant les recherches qu’on rassurera les gens.Année après année depuis quinze ans, le dossier refait surface et chaque fois, la population s’inquiète.A ce jour, il n’a été possible de retracer que 24% des 3,5 millions de tonnes de scories dispersées dans l’environnement.Un projet d’identification et d’évaluation des lieux contaminés existe déjà au ministère, qu’est-ce qu’on attend pour l'appliquer ?Serait-ce qu’on soupçonne l’ampleur des résultats ou qu’on se dise qu’il n’y a pas d’urgence, la demi-vie des rayons gamma étant de 1596 années plus longue que celle d’un gouvernement ?Mise au poing Le texte de Mme Lise Bissonnette, «Le cinéma de mort et d’essai», paru en page éditoriale du DEVOIR (19/04/93), relève du procès d’intention sinon de la malhonnèté intellectuelle.Accuser 24 images de «farouche défense de la violence comme esthétique» et «comme ingrédient essentiel de l’art, de l’écran et par conséquent de la vie», c’est avoir lu rapidement, ou à contre-sens, les articles réunis dans notre dossier et en gauchir la lettre et l’esprit aux fins de sa démonstration.Ces articles ne font en aucun cas l’apologie de cette violence: ils la constatent et tentent d’en analyser les tenants et les aboutissants.En essayant d’éviter, autant que possible, l’amalgame qui consiste à mettre dans le même panier ou la même poubelle des films qui en font une exploitation racoleuse et d'autres qui, au contraire, en interrogent sans complaisance les modes de représentation à l’écran.Car montrer une réalité ne signifie pas qu’on y souscrive: tout dépend de la façon dont on la montre.Or, cette question capitale du point de vue est restée jusqu’à présent absente du débat.C’est pourquoi nous contestons le lien mécanique de cause à effet entre images identifiées comme violentes et la violence de nos sociétés.Accuser enfin 24 images d’être les défenseurs du dernier bastion des machos, alors que sa rédactrice en chef est une femme qui a coordonné ce dossier et en a signé l’introduction, relève de la même lecture a œillères.La rédaction de 24 images Marie-Claude Loiselle (filles Marsolais Georges Privet Claude Racine André Roy Montréal, 20 avril 1993 LETTRES -?- Venons-en aux coûts À lire le reportage de M.Paul Cauchon suite à un entretien avec le juge Dussault, co-président de la Commission royale sur les peuples autochtones, on croirait entendre parler un évêque et non le président d’une commission royale d’enquête qui va coûter à peine 40 millions$ aux contribuables.Les homélies du cardinal Léger ne nous coûtaient pas autant.Et on avait le choix de contribuer ou non.Ce qui n’est pas le cas de la Commission.Il me semble qu’à ce prix une commission royale devrait au moins établir les faits.Une des premières tâches de la Commission devrait être d’établir les dépenses publiques directes et indirectes qui sont consacrées aux Amérindiens.Il me semble que, quand une population est exemptée d’impôts et de taxes, il importe d’établir les dépenses per capita en faveur d’une telle population et de comparer avec les dépenses gouvernementales par citoyen qui a le bonheur, lui, de payer taxes et impôts.A titre de simple citoyen, j’aimerais bien me faire éclairer une fois pour toutes sur la notion de droits ancestraux.Qu’est-ce qui fonde en droit les revendications des Amérindiens du Canada?Quels sont leurs droits incontestables?Les Acadiens, chassés de leurs terres manu militari en 1775, ont-ils des droits ancestraux?Et pourquoi pas aussi les peuples conquis par les anglo-saxons en Angleterre?Une commission royale d’enquête devrait pouvoir faire le point sur toute cette question.Vue de l’extérieur, toute négociation avec des Amérindiens semble vouer à s’éterniser, à donner lieu à des ententes qui sont dénoncées par la suite.La Com- mission pourrait examiner les mécanismes et conditions qui prévalent lors de telles négociations.Il est beaucoup question aussi d’autonomie gouvernementale ou de nation souveraine.La Commission rendrait service à tout le monde en concrétisant ces notions.Veut-on l’autonomie en matière de dépenses, mais la dépendance au plan des revenus?Veut-on les biens des Blancs, mais sans leurs contraintes?Lq discours sur l’autonomie cache-t-il un désir de parasitisme de luxe?On ne peut à la fois vouloir conserver ses traditions et son mode de vie ancestrale et profiter de tous les biens de la société industrielle contemporaine aux dépens du peuple payeur de taxes et d’impôts.Antoni Gervais, Montréal, le 2 mai 1993 Corrections Dans votre édition du 21 avril, ce gros titre en première page: «65% des étudiants ont échoué au test de français».C’est curieux tout de même que la seule explication de ce résultat désastreux (le taux d’échecs était de 55% à l’automne) soit que les étudiants qui s’inscrivent l’hiver sont plus faibles que ceux qui s’inscrivent l’automne.Il est évident qu’on pourrait mettre en cause le ministère responsable.Faisons-lui confiance quant à la nature du test: mais peut-être devrions-nous analyser les corrections.Comment traiter un nombre aussi effarant de co-pifes «n si peu de temps?Quelles sont les qualifications fies correcteurs et comment s’assure-t-on du respect des normes?Jusqu’à quel point, en somme, sacrifie-t-on la qualité de la correction à la quantité?Paul-André Campeau Tewkesbury, 21 avril 1993 LE MONDE HCUKttlStM&Sr au ILS sont Lit fO UK TERMINER LE Travail' *\ AN Kv Colonisés ou postmoralistes Vi u au coeur du Plateau Mont-Royal, le jour même du dépôt du projet de loi 86, l’image du temps nouveau.L’été se pointe ü===!J d’avance, les fruits et légumes ont des couleurs de juin, et des commerçants ont enlevé la pelure qui recouvrait Brothers, dans une enseigne qui les disait Frères jusque là.Ils seront bientôt dans la légalité, le français des raisons sociales n’aura pas à être prédominant.D’autres annoncent déjà tomates canadiennes et pamplemousses californiens en deux langues égales, ce qui sera interdit.Voudrez-vous expédier les nouveaux «vérificateurs» de l’Office de la langue pour sommer chacun de se conformer aux arcanes complexes de la loi?Ce serait du vi-gilantisme odieux.D’ici quelque temps, Montréal sera bilingue dans l’anarchie, amen.Le lendemain, le père de la Charte de la langue française tient conférence de presse.Une vingtaine d’années plus tard, le docteur Camille Laurin tient à son modèle de divan.Si les Québécois acceptent l’affichage bilingue, comme en attestent les sondages, c’est qu’ils ont toujours des réflexes de colonisés, explique-t-il, toute psychanalyse en poupe.Culpabilité, peur de s’affirmer, intériorisation des valeurs du dominant, on connaît.Le chef du Parti Québécois, M.Parizeau, puisait aux mêmes sources depuis quelques semaines.A l’Assemblée nationale, le chef du Parti libéral et premier ministre, M.Bourassa, donne pour sa part dans le Nouvel Age.Ce que disent les sondages, c’est que les Québécois sont tolérants, affirme-t-il tout heureux.Fratemité-frères-brothers.Fin somme nous assistons plutôt au prélude d’une grande réconciliation entre l’un et «l'autre».M.Bourassa me semble un peu plus près de la vérité.Les sondages disent un haussement d’épaules, une résignation indifférente, une «tolérance» en effet.Qui n’a toutefois rien de la vertu conviviale qu’on lui prête à Québec.«L’éthique indolore des nouveaux temps démocratiques», celle qu’étudie magistralement Gilles Lipovets-ky dans son dernier essai (Le crépus- L I S E BISSONNETTE ?cule du devoir, Gallimard, 1992) est à l’oeuvre.Le sens du «devoir», comme un en soi, est presque disparu de nos sociétés.La morale qui dictait à chacun de se dépasser, parfois même de se sacrifier pour un bien collectif, est passée aux pertes.Nous l’avons remplacée par une éthique, disposition plus passive, qui se résume le plus souvent à éviter de faire du mal.Telle est la société du moi, celle du «postmoralisme», suggère Lipovetsky qui la reçoit avec quelque sympathie.En son centre, se trouve une «tolérance».Mais elle a la colonne faible.«Dans des sociétés où la priorité est au moi, chacun peut penser et agir à sa guise dès lors qu’il ne nuit pas aux autres, notre tolérance est postmoraliste, elle traduit moins un commandement de la raison qu’une indifférence à l’autre, moins un idéal dirigé vers autrui qu’un mouvement d’autoabsorption individualiste, moins un devoir catégorique qu’un droit subjectif.» La thèse de Lipovetsky convainc mieux que celle du bon docteur, empruntée à une expérience que les jeunes Québécois n’ont pas connue, celle de l’humiliation quotidienne.Ce qu’ils connaissent bien, ces jeunes, c’est la tolérance tous azimuts.Celle qui ne stigmatise plus les moeurs du voisin, tant mieux, mais aussi celle qui ne s’énerve pas devant le retour du discours raciste.Tout est égal, tant que nul ne vous agresse vraiment.Une indifférence tranquille remplace les anathèmes d’hier, elle ne rapproche ni les individus ni les groupes.En approuvant l’affichage bilingue, les sondés ne s’embarquent pas pour autant dans le grand voyage trans- culturel, toutes valeurs transformées.Ils se replient sur eux-mêmes, ils laissent la paix aux autres en vue de garantir la leur.La nouvelle est mauvaise pour le dessein péquiste.Car elle sonne aussi la fin des «projets de société», de l’engagement envers des grandes causes.L’individu s’investit plutôt dans le bénévolat, la charité réconfortante, l’altruisme du coup de coeur.Mais il ne veut plus se sacrifier pour la patrie, notion abstraite et lointaine.Ni pour la paix mondiale, notion encore plus désincarnée.Les sondages le disent aux dirigeants européens: nul ne veut mourir pour pacifier Sarajevo.La nouvelle est tout aussi mauvaise pour les mordus des grands ensembles, des fédéralismes idéaux.Le citoyen qui soutenait le traité de Maastricht, rappelle Lipovestsky, le faisait pour son bien personnel, pour être plus libre de ses allées et venues, de sa consommation, de ses relations.Mais l’idée de l’Europe étant assiégée, le même citoyen est resté coi.L’Europe n’est pas une cause, un idéal, elle est un arrangement parmi d’autres.Le NON du 26 octobre dernier a révélé les mêmes dispositions d’esprit chez les Canadiens.Aux yeux de l’essayiste, le postmoralisme n’est pas nécessairement une décadence.Il annonce l’avènement de sociétés où le droit prime sur le devoir.Les grands projets politiques ne séduisent plus guère — d’où la désaffection générale envers les politiciens — mais les juges auront la cote, puisqu’ils devront arbitrer entre les biens auxquels aspire chacun.La démocratie s’affaiblit mais les chartes s’installent au pouvoir.lipovetsky aurait pu écrire son essai à partir du Québec, les analogies sont saisissantes.Il y a plus de dix ans que LE DEVOIR a déménagé sa maxime «Fais ce que dois» de la première page à la page éditoriale, mais plusieurs croient que nous l’avons fait en janvier dernier, avec le changement de maquette (un collaborateur l’a même affirmé en critiquant l’ouvrage de Lipovetsky!).Comme M.Jourdain le prosateur, nos lecteurs inattentifs étaient postmoralistes sans le savoir.À P R, 0 P 0 S -?- .des libéraux et de la TPS Quand, il y a trois semaines, le chef de mon parti a dit que la TPS allait être éliminée, soyez certains quelle le sera si les Canadiens nous accordent leur confiance et nous permettent de diriger le gouvernement du Canada.Quand on parle d’éliminer la TPS, la question la plus courante à laquelle nous avons droit de la part des députés de l'un ou l’autre côté de la Chambre, de l’homme de la rue, voire des journalistes, c’est comment comptons-nous remplacer les 15 milliards de dollars de recettes qu’engendre cette taxe.En d’autres termes, que va faire le Parti libéral du Ca- nada pour produire ces 15 milliards?En mettant en place un régime fiscal équitable, en redonnant du travail aux 4(H) (HH) ou 5(H) (HH) chômeurs, on pourrait très facilement se trouver dans quatre ou cinq mois avec 15 milliards de dollars, sans compter que nous permettrions aux gens de retrouver leur dignité.Il faut bien comprendre que près de deux millions de personnes au Canada sont sans travail.Déclaration du député libéral Dennis Mills, à la Chambre des communes, 12 mars 1993.LE DEVOIR FONDE PAR HENRI B 0 II R A S S A LE 10 JANVIER I I) I 0 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur délégué à l'administration ANDRÉ LECLERC Directeur de l'information BENOÎT AIIBIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, R0CII CÔTÉ Rédacteur en chef adjoint JEAN- RO B E RT S A NSE A CO N Directeur des publications spéciales GIIY DES 11 AI ES FAIS CE 0 II E DOIS L E 1) E V 0 I R , L E l U X |> | | o m a 1 1 !) 9 3 « »"7 A 7 IDEES Inflation et emprunts à l’étranger WILLIAM HENRY POPE économiste onsieur Sansfaçon, vous aviez bien raison d’écrire dans votre éditorial du 20 avril que la Banque du Canada jugerait inflationniste de créer plus d’argent pour le prêter au gouvernement Mais John Crow, gouverneur de la Banque, n’a pas nécessairement raison! Si la Banque du Canada achète, disons, un million de dollars d’obligations gouvernementales, cela fait un million de dollars nouvellement créés.Une fois ce million dépensé et déposé dans des banques commerciales, ces banques ne tarderont pas à prêter 960 (XX) $, gardant 40 000 $ en réserve, soit 4 % puisque le coefficient de réserves est actuellement (à peu près) 4 %.Une fois ces 960 000 $ dépensés et déposés dans les banques, celles-ci prêteront 921 000 $, gardant les 4 % en réserve, soit 38 400 $.A la limite, les banques çommenciales prêteront 24 000 000 $ et ainsi créeront 24 000 000 $ d’argent nouveau — tout cela sur la base du seul million de dollars créé par la Banque du Canada.Le monde de la haute finance Or, si le gouvernement voulait augmenter le coefficient de réserves des banques à 100 %, au lieu d’acheter seulement un million de dollars d’obligations gouvernementales, la Banque du Canada pourrait acheter 25 000 000 $ d’obligations et cela ne serait aucunement plu^ inflationniste que la situation actuelle.Évidemment, cela ne ferait aucunement l’affaire de nos banques commerciales qui font leurs profits en créant des dépôts (c’est-à-dire de l’argent) quand elles font des prêts.Voilà pourquoi le gouvernement fédéral est çn train de diminuer le coefficient de réserves des banques: ce qui importe c’est le bien-être du monde de la haute finance, non pas le bien-être du pays.Vous demandez: «Que l’argent emprunté provienne des États-Unis ou de la Banque du Canada, les risques d’inflation ne sont-ils pas les mêmes?» Aucunement: emprunter à l’étranger est déflationniste.L’argent étranger ne sert qu’à importer de l’étranger.L’entrée d’argent étranger augmente la de-mande pour le dollar canadien, haussant son prix et en proportion baissant le prix pour nous de l’argent étranger, ce, qui nous induit d'augmenter nos importations.Et cela quand nous avons un million et demi de chômeurs qui ne demandent pas mieux que de produire ce que nous importons! Rien n’est plus idiot que d’emprunter à l’étranger quand le chômage existe chez nous.Pacte ou compromis linguistique 1- Peut-on parler de primauté de l’ordre juridique québécois?JOSÉE LEGAULT JULIUS H.GREY Les auteurs sont respectivement politologue à l’Université du Québec à Montréal et membre de la faculté de droit de l'Université McGill ans le cadre de la réouverture du débat linguistique, nous tenons à saluer l’importante contribution de nos collègues universitaires dans LE DEVOIR du 24 avril.Sous le titre «Le pacte de la langue», ces auteurs viennent enrichir un débat duquel nos intellec-' tuels ont trop souvent tendan- ce à vouloir s’éloigner.Tel qu’en témoignent les observations que nous offrons aujourd’hui, le texte de nos collègues a réussi à susciter l’échange et le choc des idées.Deux composantes d’une même entité Le pacte de nos auteurs repose sur trois principes, dont celui de la primauté de l’ordre juridique québécois.Prenant en compte le fait que toute réflexion sur la langue doit s’inscrire dans un cadre constitutionnel précis, ce principe vient éclairer la problématique à la lumière d’un rejet du rapatriement de 1982.Quant à notre proposition de compromis, publiée dans LE DEVOIR du 26 janvier («La guerre, yes sir!»), elle se situait dans le cadre constitutionnel actuel.Que l’on approuve personnellement ou non ce rapatriement, nous avons opté d’avancer des prémisses ou principes aptes à être reçus et étudiés dans le cadre du statu quo.Par contre, si nos prémisses et propositions n’avaient été applicables maintenant, nous aurions précisé dans quel cadre ellçs s’inscrivent (indépendance, confédéralisme, États associés, etc.), un peu corqme l’a fait le PQ avec le Rapport Blackburn.Étant donné qu’aucun réaménagement constitutionnel ou prise de position indépendantiste ne fut présenté dans le pacte de nos collègues, nous avons pris pour acquis qu’ils tiennent leurs principes comme applicables dans le contexte actuel.Examinons donc la faisabilité de cette déclaration solennelle de la primauté de l’ordre juridique québécois.Avant de parler de primauté, il faut comprendre la nature particulière de cet ordre.Il existe un régime juridique québécois, qui découle de la Constitution du Canada, laquelle repose sur un régime fédéral composé de deux entités souveraines, fédérale et provinciale, habilitées à légiférer dans certaines sphères de compétence dont l’étanchéité est plus qu’imparfaite.Ën fait, à l’intérieur de la fédération canadienne, on ne peut séparer l’ordre juridique québécois de l’ordre canadien tout simplement parce qu’ils forment deux composantes d’une même entité.Il est donc problématique de parler de primauté puisque, sous le régime actuel, on ne peut les scinder, l’un faisant partie de l’autre.Encore faut-il définir le concept même de primauté, lequel, pour devenir réalité, ne saurait se contenter d’une simple déclaration, aussi solennelle fut-elle.En fait, il faudrait extirper le droit 7 fi PHOTO PC Peinture de J.D.Kelly montrant une délégation canadienne discutant, à Londres en 1866, de la future constitution du pays.Avant 1867, les compétences législatives du Québec étaient tributaires de ses divers statuts coloniaux.canadien du droit québécois, et obtenir du reste du Canada un renversement complet de la hiérarchie constitutionnelle.Le résultat serait la création d’un ordre juridique québécois véritablement distinct incarnant l’autorité suprême à l’intérieur de notre territoire.Nul besoin de préciser qu’un tel renversement est incompatible avec notre régime de type fédéral où toutes les législations sont assujetties à la Constitution du Canada, loi suprême du pays.La logique inhérente au principe de la primauté.de nos auteurs, se rapproche plutôt du statut d’État associé, tandis que dans le cadre d’une indépendance complète, le problème de la primauté se réglerait de lui-même.Mais jusqu’à nouvel ordre, la Constitution du Canada, incluant les amendements de 1982 et la Charte fédérale, est indissociable de l’ordre juridique québécois.Pour toutes ces raisons, la primauté souhaitée ne saurait constituer une condition préalable à un pacte sur la langue applicable dans le contexte actuel.Notons aussi qu’il n’existe pas au Canada de compétence exclusive en matière linguistique, pas plus que le Québec n’en aurait déjà eue.Et s’il est vrai qu’à ce chapitre, tel que l’affirment nos auteurs, rien ne fut abdiqué par ce dernier, c’est qu’il n’avait rien à abdiquer.Avant 1867, les compétences législatives du Québec, y compris en matière linguistique, étaient tributaires de ses différents statuts coloniaux.Quant à la Constitution de 1867, «la langue» ne se retrouve pas dans la division des pouvoirs, mais il fut établi depuis que chaque palier de gouvernement est habilité à légiférer en cette matière à l’intérieur de ses propres champs de compétence.C’est pourquoi, dans les faits, le gouvernement du Canada, tout comme ceux des provinces, ont tous compétence en matière de langue.L’indépendance comme alternative Afin d’obtenir une compétence véritablement exclusive, il n’existe d’autre alternative que l’indépendance, puisqu’aucun gouvernement fédéral n’acceptera de se priver du pouvoir de contrôler les questions afférentes à la langue dans ses sphères de juridiction, ses institutions et sa fonction publique.Quant à la proposition voulant que dans le cas de l’affichage commercial, on utilise la clause dérogatoire fédérale dans le but de signifier un refus de l’ordre constitutionnel de 1982, il nous semble qu’un tel geste, comme en 1988, tendrait plutôt à le confirmer.D'ailleurs, com- ment peut-on se prévaloir d’une clause d’un contrat, sans du même coup se soumettre à ce même contrat?De toute façon, un recours à la clause fédérale n’aura aucun effet à moins d’être accompagné d’une dérogation à la Charte québécoise (ce que les auteurs ne peuvent sûrement pas promouvoir, à moins qu'ils ne considèrent celle-ci comme ayant été imposée «de l’extérieur»).S’ils n’ont pas recours à la clause québécoise, c’est qu’ils acceptent les décisions déjà rendues à ce sujet par nos Cours supérieure et d’appel.Quoi qu’il en soit, le Québec ne peut fonctionner «hors la loi».Hormis l’indépendance ou un réaménagement majeur de l’ordre constitutionnel, il n’a d’autre choix que de respecter le statu quo.Dans un tel contexte, discuter de la justesse d’un recours à la clause dérogatoire fédérale à des fins symboliques en même temps que l’on respecte les jugements rendus par les cours, devient un jeu de l’esprit qui ne remet aucunement en cause un ordre constitutionnel dont cette clause fait justement partie.Par contre, si nos auteurs entendent refuser le statu quo sans pour autant opter pour l’indépendance, il serait intéressant qu’ils détaillent le type de réaménagement qu’ils considèrent nécessaire.Uimmigration francophone demeure une priorité La politique québécoise s’inscrit toutefois dans une démarche d’ouverture sur le monde D DIANE P E L L E TI E R - M E Y L A N I) Directrice des communications Ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration es affirmations erronées concernant l’immigration francophone circulent de façon épisodique.C’est pourquoi le ministère des Communautés culturelles et de l’Immigration juge important de rappeler ses orientations ainsi que les actions qu’il a menées dans ce domaine au cours des dernières années.En décembre 1990, à l’occasion du dépôt de l’Énoncé de politique en matière d’immigration et d’intégration, le gouvernement du Québec a felt connaître sa vision et sa stratégie par rapport à l’ensemble des questions que pose le phénomène de l’immigration.L’immigration a peut-être été considérée jadis comme un défi par des aventuriers ou comme une source de main-d’œuvre économique pour les pays d’accueil.Mais aujourd’hui, elle obéit à ses propres lois; ce sont désormais l'évolution économique mondiale et les transformations géopolitiques qui déclenchent et orientent les mouvements d’immigration.Au lieu de subir passivement ce phénomène, le Québec a décidé d’être actif et d’associer l'immigration aux quatre grands défis auxquels son avenir est lié: le redressement démographique, la prospérité économique, la pérennité du fait français et l'ouverture sur le monde.Fort du pouvoir exclusif de sélection des indépendants qu’il a rapatrié dans le cadre de l'Accord Gagnon-Tremblay/McDougall, signé en février 1991, le gouvernement s’est donné les moyens de la politique qu’il venait d’adopter.Recrutement en France et en Belgique Dans le cadre de la politique, la pérennité du fait français constitue un objectif majeur.Cet objectif est à l’origine des efforts du gouvernement pour favoriser la venue au Québec d’immigrants francophones.Rappelons que le Québec vise à atteindre une immigration francophone à 40 % d'ici 1995.Sur l’ensemble des Services d’immigration que le Québec dirige à l’étranger, quatre postes desservent des bassins constitués d’une clientèle majoritairement francophone.Au cours de Tannée 1992, 11 673 certificats de sélection ont été émis en faveur de candidats francophones dans les quatre principaux postes desservant cette clientèle : Paris - 5391; Bruxelles - 1202; Damas - 3788 et Rabat -1292.Ces résultats concrets découlent des objectifs que le gouvernement s’est fixés.En effet, dès le dépôt de l’énoncé de politique, le ministère a élaboré une stratégie en vue de maximiser ses efforts de recrutement de candidats immigrants francophones.C’est ainsi qu’une stratégie visant particulièrement la France et la Belgique a d’abord été élaborée parce que ces pays représentent plus de 50 % de la population francophone mondiale et offrent ainsi les plus importants bassins de candidats potentiels.Cette stratégie a été mise en place dès 1991.Le ministère a augmenté les effectifs qui travaillent au Service d’immigration de Paris.11 a également relogé les bureaux de ce service d’immigration pour les rendre plus accessibles et accueillants.Ces actions ont tôt fait de donner des résultats: en peu de temps les délais d’attente sont passés de six à deux mois et moins.Par ailleurs et contrairement à ce que certains affirment, le taux de refus se situe actuellement entre 5 et 10 %.Mais l’octroi de ressources supplémentaires et le déménagement des bureaux n'auraient pas suffi seuls à produire l’effet escompté.Des Les candidats francophones recherchés ne sont pas uniquement européens.PHOTO ARCHIVES efforts spéciaux ont été consentis pour tenir meilleur compte de l’adaptabilité d’immigrants francophones.Une stratégie de promotion fut aussi élaborée qui repose sur la concertation et la collaboration avec des organismes travaillant déjà sur le territoire français.En avril 1992, la ministre Gagnon-Tremblay s’est elle-même rendue en France pour rencontrer les milieux d’affaires, les chambres de commerce et des représentants des régions de Lyon et de Toulouse.Elle leur a présenté la politique gouvernementale et a pu leur exprimer tout l’intérêt du Québec en matière d’immigration et d’intégration tout en brossant un tableau réaliste de la situation économique du Québec.Parallèlement à l’effort déployé en France, le Service d’immigration de Bruxelles a élaboré sa propre campagne de promotion et de recrutement.\À comme à Paris, le nombre de certificats de sélection émis a connu un bond impressionnant, passant de 437 en 1991 à 1044 pour la seule année 1992.Comme en France, des séances d’information ont été mises sur pied.Par ailleurs, comme on a pu le constater à la lecture des chiffres présentés au début de cet article, la source de provenance de l’immigration francophone n’est pas exclusivement française ni européenne.Un nombre important de certificats de sélection ont également été émis à Damas et à Rabat.Démographie, développement et ouverture Comme l’a souvent souligné la ministre des Communautés culturelles et de l'Immigration, le Québec ne favorise pas seulement la venue sur son territoire de ressortissants étrangers pour assurer la pérennité du fait français mais bien pour poursuivre les trois autres objectifs d’accroissement démographique, de développement économique et d’ouverture qui expriment le caractère du développement qu’il poursuit.L’immigration francophone recherchée n’est donc pas exclusivement européenne; il ne s’agit pas d’un programme de recrutement ethnique qui irait à l’encontre de la Charte des droits et libertés alors que cette charte exprime justement les valeurs de la société québécoise et sa préoccupation d’ouverture sur le monde.Dans le climat de fragile reprise économique que nous connaissons, il apparaîtrait irresponsable de favoriser à tout prix la venue de francophones, d’où qu’ils viennent, sans considérer les autres objectifs de développement auxquels le gouvernement tient à associer l’immigration.11 n’est donc pas question pour le Québec de recruter des francophones coûte que coûte.L’idée du contrat moral mise de l’avant par le gouvernement du Québec repose justement sur la reconnaissance que l’immigration doit être bénéfique à la fois au ressortissant étranger qui désire venir s’établir et à la société dans laquelle il vient s’insérer, chacun devant contribuer pour sa part à répondre aux attentes de l’autre.Le prix que le gouvernement attache présentement aux qualités d’adaptabilité et d’intégration des candidats immigrants reflète la conscience qu’il a de la fragilité de l’équilibre économique que connaît présentement le Québec.C’est pourquoi, tout en manifestant son intérêt à l’étranger pour les candidats potentiels les plus aptes à répondre à ses exigences et tout en favorisant le plus possible la venue d’immigrants francophones, le gouvernement du Québec vise à bien informer les candidats potentiels non seulement des beautés et intérêts du Québec, mais des problèmes qui font aussi partie de son paysage social et économique.Toutes les actions évoquées ici démontrent bien la préoccupation véritable du Québec pour l’immigration francophone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes : à l'information générale et métropolitaine : Claude Beauregard, Sylvain Blanchard, l’ail! Cauchon, Pierre Cayouet-te, Jean Chartier.Jean Dion, Louis-Gilles Fran-coeur, Louis-Guy L'Heureux, Caroline Montpelit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Diane Précourt, Laurent Soumis, Guy Taillefer, Danny Vear; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes)', à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Roland-Yves Carignan, Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay (Livres)', à l'information économique : Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Catherine Leconte, Jean-Pierre Legault.Serge Truflaut, Claude Turcotte: à l'information internationale: François Brousseau (éditorialiste et responsable), Antoine Char.Jocelyn Coulon, Claude Lévesque, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l’information politique : Josée Boileau, Pierre O'Neill, Gilles Lesage (comspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (comspondant parlementaire à Québec), Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa)', Serge Chapleau (caricaturiste); A l’information sportive : Yves d'Avignon; Suzanne Marchand (adjointe à la direction), Denise Babin, Rachel Duclos (commis), Danielle Cantara, Marie-Claude Coupai, Christiane Vaillant (clavistes), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction), Isabelle Baril (secrétaire à la direction).LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur) -, Manon Scott, Sylvie Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice), Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier, Francine Gingras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix, Christiane Legault, LiseMajor (publicitaires)', Marie-France Tutgeon, Micheline Türgeon (maquettistes): Michèle Bouchard (secrétaire),' Ghislaine La/leur (réceptionniste).L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordinalrice des services comptables): Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Marie-France Légaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Theriault (adjointe à l’administration), Raymonde Guay (responsable du financement privé).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice), Monique Corbeil (adjointe), Nathalie Thabet (responsable du marché institutionnel), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Olivier Zuida, Rachelle Le-derc-Venne, Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements), Louise Paquette.LA PRODUCTION Robert McDougall (directeur des systèmes informatiques et de la production), Johanne Brunet, Richard DesCormiers, Caroline Des Rosiers, Lynda Di Cesare, Marie-Josée Hudon, Michael Schneider, Louis Simoneau.LES ANNONCES CLASSÉES ET LES AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Manon Blanchette, Serge César, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Pierre Cotton, Josée Lapointe, Sylvie Laporte, Francine Morvan, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland, Désirée Szucsany, Marc Vigneault 1 I- K I) K V » I H .I.E I.U N I) I I () M Al I !» !» 3 Le devoir ACTUALITES DELEGUES 30% d’indécis SUITE DE LA PAGE 1 À cause de l’importance de leur nombre, il est actuellement impossible d’établir avec certitude si l’avance dont jouit toujours indéniablement Kim Campbell lui suffira pour l’emporter en un seul tour de scrutin.Par contre, si une victoire rapide de la favorite de la course semble devenue moins probable au fil du dernier mois de campagne, le scénario qui verrait Jean Charest lui enlever la victoire demeure plus improbable encore.Pour y arriver, le ministre de l’Environnement devrait non seulement rallier à peu près tous les soi-disant indécis, mais également renverser la tendance qui favorise actuellement sa principale adversaire au sein du millier de délégués qui constituent l’establishment du Parti conservateur fédéral et qui vont automatiquement au congrès.Car, en ce qui a trait aux appuis déclarés, Kim Campbell a fini en avance partout, exception faite du Québec.Dans sa propre province, Jean Charest arrive finalement en bout de piste avec une mince longueur d’avance sur sa collègue.Mais, à l’inverse, la Colombie-Britannique est acquise à 90% à sa propre candidate.(Incidemment, contrairement à ce qui s’est passé dans quelques circonscriptions au Québec, le choix des militants s’est déroulé à peu près sans histoires et sans incidents dans le reste du Canada.) Dans presque toutes les autres provinces canadiennes, le groupe des délégués qui n’affichent pas encore de préférence est second en importance derrière le bloc de ceux qui se sont déclarés pour Kim Campbell.En Ontario, en particulier, plus d’un tiers des délégués refusent encore d’exprimer un choix.Aucun des trois candidats ontariens dans la course, les députés Patrick Boyer et Garth Turner et l’homme LA COURTE CONSERVATEUR d’affaires John Long, n’y ont récolté d’appuis importants.En Alberta, la province s’est surtout divisée entre Kim Campbell et le candidat local Jim Edwards.Mais même si ce dernier est définitivement promis à la troisième place de la course, il semble destiné à suivre de loin le peloton des deux meneurs.Au Manitoba, en Saskatchewan et dans les Maritimes, le camp Campbell a fait le plein d’appuis declares.Son principal adversaire Jean Charest se présentera néanmoins au congrès avec des appuis dans toutes les régions du pays.Aidé par sa position sur la défense des minorités linguistiques, il a notamment raflé bon nombre des circonscriptions où le vote francophone fait la différence, entre autres dans le nord de l’Ontario et dans la région de la capitale nationale où le camp Charest finit loin en avance devant Kim Campbell.Selon des relevés effectués par La Presse Canadienne dans 250 des 295 circonscriptions fédérales, Mme Campbell disposerait de l’appui de 43% des délégués élus, contre 22% pour M.Charest et 4% pour M.Edwards.Au Québec, où les deux camps revendiquent une majorité de délégués, M.Charest l’emporterait par 52% contre 38% pour la ministre de la Défense.Le nombre des indécis s’élèverait à 30% à travers le pays, et à quelque 10% au Québec.En plus des 2655 délégués élus par les associations de comté, on compte environ 150 délégués élus ar les clubs universitaires et les érations de femmes.Les autres sont des délégués d’office, c’est-à-dire les sénateurs et les députés fédéraux et provinciaux conservateurs, les membres conservateurs du Conseil privé, les membres des exécutifs national et provinciaux, les anciens chefs et des représentants de différents comités du parti.FRONT Un signal SUITE DE LA PAGE 1 cri d’alarme: le réseau scolaire anglophone s’effrite, le nombre d’élèves inscrits à l’école anglaise ayant chuté de 57% en 15 ans.Selon Mme Chambers, la communauté anglophone attendait, avec le projet de loi 86, un signal que l’on comprend l’importance du problème, que les anglophones ont une place, qu’ils ne sont pas «des restants de race».Mais voilà que Claude Ryan, tout en reconnaissant l’ampleur du problème, juge qu’il n’est pas opportun de permettre aux immigrants de fréquenter l’école anglaise.La population n’y est pas favorable.Les Québécois continuent de penser que la fréquentation scolaire, bien plus que l’affichage, est un facteur essentiel d’intégration des immigrants à la sobriété francophone.Une étude réalisée pour le Conseil de la langue française par le sociologue de McGill UTi Locher le confirme.Tandis que les allophones qui fréquentent l’école française optent pour le français pour au moins une partie de ieurs loisirs culturels, en particulier la lecture, ceux qui fréquentent l’école anglaise «sont en voie d’être assimilés par cet univers anglais.Leurs choix culturels ne semblent pas se distinguer de ceux des anglophones», écrit-il.La communauté anglophone en convient Mais la voilà qui craint non seulement pour son avenir mais pour la qualité de son réseau scolaire.Depuis 1970,174 écoles anglaises ont fermé leurs portes au Québec, soit 34%.Il ne reste que 353 écoles anglaises au Québec, pour une communauté de 800 000 personnes, contre 402 écoles françaises en Ontario, pour une communauté de 500 000 âmes, argue le président du groupe Alliance-Québec, Robert Keaton.Vrai.Mais le Conseil de la langue française note que «la législation linguistique n’explique guère que la moitié, environ, de la diminution de l’effectif scolaire anglophone et que d’autres facteurs ont aussi joué un rôle important, notamment la dénatalité et, surtout, l’émigration».Une étude du ministère de l’Éducation citée par le conseil montre que la moitié de la baisse de la clientèle est due aux facteurs démographiques.Or le nombre de naissances a progressé de 11% de 1987 (7063) à 1991 (7845).Le CLF fait valoir également que le rapport Chambers lui-même prévoit une hausse de 9% d’ici 1995 de l’inscription dans les écoles primaires de langue anglaise.L’inscription à l’école secondaire devant recommencer à croître en 1998.Mme Chambers rétorque que si la natalité augmente, ce n’est pas assez pour assurer le renouvellement des générations.Elle ajoute que les prévisions à la hausse des inscriptions ne semblent pas se matérialiser.Pour l’année scolaire en cours, sur l’île de Montréal, le nombre d’inscriptions d’élèves francophones a augmenté de 1519 par rapport à l’an- Montréal Québec Eslrie (514)527-2194 (418)681-9989 (819)822-2125 Une saine alimentation fait aussi partie de la \r\A prévention Fondation québécoise du cancer BOSNIE Expulsions née précédente.Tandis que l’école anglaise; a subi un recul de 650 individus.A la grandeur du Québec, entre 1988-89 et 1992-93, la clientèle des écoles françaises a augmenté de 1,2%, celle des écoles anglaises a diminué de 3,4%.M.Ryan a préféré consolider, faciliter l’administration des régimes d’exceptions que prévoit déjà la loi 101 pour les enfants d’immigrants en séjour temporaire, en difficulté d’apprentissage ou pour des raisons humanitaires.Le père de la loi 101, Camille Laurin, se plaignait hier à Montréal que le projet de loi 86 «élargisse la portée de ces mécanismes de détournement».Il parle «d’exceptions qui sont difficilement acceptables».Elles existaient pourtant sous le gouvernement Lévesque.M.Laurin référait au fait que certains immigrants se sont servis au fil des ans des mécanismes d’exception pour faire confirmer leur admissibilité à l’école anglaise à vie, pour eux-mêmes, leurs frères et soeurs et leurs descendants.Depuis l’adoption de la loi 101 en 1977, 3975 élèves ont profité de ce stratagème, dont 570 en 1992 et 650 en 1991.On parle de 1% à peine des 450 000 élèves inscrits à l’école anglaise depuis 1977, selon des chiffres obtenus grâce à la loi d’accè$ à l’information au ministère de l’Éducation par LE DEVOIR depuis quatre ans.De ce nombre, la majeure partie sont enfants d’immigrants qui, à leur arrivée, se disaient en séjour temporaire, mais qui se sont finalement établis au Québec.Un immigrant en séjour temporaire, pour travail ou études, a le droit de faire inscrire son enfant à l’école anglaise pour cinq ans.Après trois ans, il demande la citoyenneté canadienne et invoque la clause Canada.L’ex-ministre de l’Éducation, Michel Pagé, a resserré la procédure de reconnaissance des séjours temporaires en 1991 de sorte que le nombre d’enfants inscrits à l’école anglaise en vertu de cette exception a chuté du quart entre 1991 et 1992 (de 890 à 687).Mais ces exceptions ne sauveront pas le réseau anglophone.M.Keaton affirme que d’admettre les enfants d’immigrants ayant reçu leur éducation en anglais dans leur pays ferait bondir de 10% la clientèle anglophone, mais n’affecterait à la baisse celle des écoles françaises d’à peine 1%, chiffre contesté au ministère de l’Immigration.La ministre Monique Gagnon-Tremblay s’oppose d’ailleurs à ce genre d’ouverture: ce serait créer deux classes d’immigrants et enverrait à l’étranger un message confus quant au désir des Québécois d’intégrer les immigrants en français.La chancelière de McGill croit qu’il faut envoyer un autre message à l’étranger, entre autres auprès des personnes «dont nous avons besoin», ces chercheurs de pointe, ces investisseurs anglophones «et qui demeureront anglophones même s’ils immigrent au Québec», que leurs enfants pourront fréquenter l’école dans leur langue maternelle.Mme Chambers trouve au moins une raison de se réjouir dans le projet de loi 86: l’assouplissement du régime pédagogique qui permettra à des élèves francophones de faire en anglais l’apprentissage de diverses matières, dans des classes d’immersion, par exemple.Ces classes d’immersion pourront être données dans des écoles anglaises sous-utilisées.Elle estime que cette mesure changera la perception qu’ont les francophones de l’école anglaise.Il la verront non plus «comme un privilège aux anglophones ou une menace, mais comme une ressource qui leur est utile».S’agit-il d’un premier pas vers l'ouverture ?SUITE DE LA PAGE 1 «une grande attaque croate».Les affrontements entre Croates et Musulmans dans le centre et le sud-ouest de la Bosnie n’ont pas cessé en dépit d'un cessez-le-feu conclu voici deux semaines.«Nous avons observé que des femmes et des enfants étaient amenés en rangs au stade de football par le HVO.Les hommes ont été séparés des femmes et des enfants et emmenés en autobus: ils sont détenus dans un complexe à l’extérieur de la ville», a déclaré à Sarajevo Barry Fre-wer, porte-parole de la FORPRONU.Un porte-parole du Haut Commissariat pour ies réfugiés (HCR) a dit que des habitants musulmans de Mostar, joints par téléphone, avaient confirmé ces déplacements de population.La radio bosniaque a rapporté à Sarajevo que les Croates expulsaient aussi des familles musulmanes de villages aux alentours de Mostar.«Les arrestations et l’expulsion de familles de leurs foyers séculaires témoignent d’une nouvelle décision de génocide prise par la Communauté croate d'Her-ceg-Bosna», a-t-elle expliqué.Elle a ajouté que des unités croates bombardaient des communautés musulmanes dans la vallée de la Ne-retva, au nord-est de Mostar.L’alliance théorique entre Croates et Musulmans s’est fissurée dès l’année dernière quand les Croates ont proclamé, sans demander leur avis aux Musulmans, une république d’Herceg-Bosna dans les enclaves du centre et du sud-ouest de la Bos- nie qu’ils contrôlent.Deux pelotons de casques bleus espagnols ont dû se retirer de Mostar et se sont postés en observation dans les collines entourant la ville.Sefer Halilovic, commandant en chef de l’armée bosniaque, a pris le chemin de Mostar pour rencontrer le chef des forces croates de Bosnie, Milivoj Petkovic.A Zvornik, le «parlement» serbo-bosniaque a décidé que le référendum des 15 et 16 mai sur le plan de pane Vance-Owen comporterait également une question sur la «Grande Serbie».Il sera demandé aux électeurs si leur république auto-procla-mée a le droit de s’unir à la Serbie proprement dite et aux enclaves serbes de Croatie.A Belgrade, Radovan Karadzic, chef des Serbes de Bosnie, a souhaité ,une rencontre entre des chefs d’État, Bill Clinton notamment, et une délégation serbo-bosniaque où celle-ci expliquerait pourquoi le «parlement» serbo-bosniaque a rejeté le plap de pane.A Sarajevo, le président bosniaque Alija Izetbegovic, a estimé que ce plan était la seule solution réaliste pour mettre fin à la guerre mais qu’il faudrait peut-être employer la force, en l’occurrence des raids aériens, pour faire signer les Serbes.«Si nous devions choisir entre l’intervention militaire et les casques bleus, nous prendrions l’intervention militaire», a-t-il dit.A Londres, le médiateur européen David Owen a jugé que des interventions aériennes ne suffiraient pas à mettre fin à la guerre si le cessez-le-feu conclu samedi ne tenait pas.Danger à la tonne Ottawa (PC) — Un rapport fédéral indique que chaque année des millions de tonnes de déchets dangereux sont déversées dans l’environnement, sans aucun traitement, entraînant d’importantes perturbations écologiques.On a dénombré environ un millier de sites contaminés par des déchets dangereux à travers le pays, et d’autres sont encore inconnus, selon l’étude menée pour le compte de la Bibliothèque du parlement, à Ottawa.Le Canada produit chaque année pas moins de huit millions de tonnes de déchets dangereux, révè- le l’auteur de l’étude, Stéphanie Meakin, une experte-conseil scientifique.«Nous produisons plus de déchets dangereux que ce que nous sommes en mesure d’éliminer, ex-plique-t-elle, avec pour conséquence que les déchets non traités s’accumulent dans des entrepôts en quantités croissantes.«Ce qui constitue notre principal problème, poursuit-elle, c’est le manque d’équipement apte à traiter et éliminer ces déchets.La société en général et l’industrie ont été trop lentes à reconnaître les besoins en ce domaine.» PHOTO ROBERT SKINNER Il faisait vraiment trop beau pour travailler hier.Notre photographe a tout de même fait son devoir pour aller croquer au flanc du mont Royal cette scène de farniente, de lumière et de plaisir.Enfin l’été est revenu.DEJEAN Un cas symbolique SUITE DE LA PAGE 1 Cela explique pourquoi le Vatican est le seul à avoir reconnu le régime issu du coup d’État en Haïtj, et pourquoi, selon M.Dejean, les États-Unis n’ont pas désarmé après l’élection d’Aristide.«Le dossier Haïti éclate de toutes parts.On voit très bien aujourd’hui l’implication de l’administration américaine précédente dans le coup d’État.(.) On voit bien qu’il y a eu 12 ans de politique de la CIA en Haiti.» De Duvalier père à Duvalier fils, des éphémères régime^ militaires qui ont suivi, du coup d’État manqué à la veille de l'assermentation du président Aristide en février 1991, «c’est toute l’histoire de la politique américaine en Haiti», affirme Paul Dejean.Pourquoi un tel acharnement contre Haïti?«Parce que le cas d’Haïti est symbolique.D’abord parce que depuis son indépendance, Haïti a constitué le mauvais exemple, l’inacceptable: qu’un peuple d’esclaves puisse mettre l’armée napoléonienne en déroute et tenir tête au pouvoir colonial.» Ensuite, Haïti a toujours résisté au modèle culturel et politique américain.«C’est cette impossibilité de gérer la déviance congénitale du peuple haïtien par rapport à la politique conçue et mise en oeuvre par les États-Unis qui nous a valu ce coup d’État.» L’enlisement des négociations visant à restaurer la démocratie en Haïti, même après le,changement de gouvernement aux États-Unis et les promesses de Bill Clinton de favori- Paul Dejean Haïti : alerte, on tue ! ser le retour du président Aristide, montre, selon M.Dejean, que le président américain n’a pas encore réussi à se débarrasser complètement de la «politicaillerie» et la ligne politique qui prévalait vis-à-vis d’Haïti sous ses prédécesseurs républicains.Un autre facteur important de paralysie est affaire de gros sous.«L’argent qui se fait en ce moment en Haïti, par ia contrebande et le trafic de la drogue est fayorable à la perpétuation, du coup d’État.C’est pourquoi les Etats-Unis ne détestent pas avoir un territoire où on peut se permettre ce trafic de la drogue, dont les retombées les déchargent en grande partie du fardeau d’avoir à payer les militaires et leurs comparses.» RECTEURS Oui aux sessions d'accueil SUITE DE LA PAGE 1 Laval, M.Michel Gervais, souligne avec satisfaction les mesures qui favoriseront la réussite, comme le rehaussement des seuils d’admissibilité au cégep.Comme la plupart des organismes intéressés, la CREPUQ applaudit à l’instauration de sessions d’accueil et d’intégration, qui faciliteront la transition pour les jeunes du secondaire qui en ont besoin.Les recteurs d’universités se réjouissent aussi du volet de la réforme portant sur l’évaluation.D’abord, chaque collège devra adopter une politique d’évaluation des apprentissages et des programmes d’études.Ainsi, «l’obstacle majeur à la réalisation d’une formation collégiale de qualité, soit l’absence de mécanismes rigoureux d’évaluation, sera enfin levé», relève avec contentement la Conférence des recteurs.Ensuite, une Commission d’évaluation de l’enseignement collégial verra à évaluer ces politiques de chaque collège, ainsi que leur appli- cation.I-a réforme de l’enseignement collégial a été contestée par les étudiants de cégep, les professeurs de philosophie et d’éducation physique, entre autres, et pour divers motifs.Les étudiants s’en prennent particulièrement à l'instauration’de «frais accélérateurs» visant ceux qui cumulent un trop grand nombre d’échecs dans leurs cours.Les étudiants qui ont plus de cinq échecs au secteur général et sept au secteur professionnel devront débourser des frais d’environ 50$.En présentant sa réforme, la ministre Lucienne Robillard avait justifié l’implantation de ces frais par le fait qu'ils devaient servir à «favoriser la responsabilisation des étudiants face à leurs études».Les frais devaient également accroître «l’efficience du système d’enseignement collégial», avait-elle dit.Les enseignants, eux, ont dénoncé la diminution du nombre de cours obligatoires en philosophie et en éducation physique, qui entraînera des mises à pied et des mises en disponibilité.Par ailleurs, l’Association des collèges privés, qui comparaîtra mardi en commission parlementaire, s’est dite insatisfaite à l’égard du soi-disant «renouveau» de l’enseignement collégial proposée par Mme Robillard.Le président de l’Association, Benoît Lauzière, s’interroge sur la «pièce maîtresse» de la réforme, qui, soutient-il, n’équivaudrait qu’à un déplacement de quelques «unités» d’un bloc à l’autre, «des unités qui sont des coquilles vides à l’heure actuelle: deux de moins en philosophie, une de moins en éducation physique, deux de moins dans le bloc des cours complémentaires, quatre de plus en langue seconde et une unité et un tiers de plus en langue d’enseignement et en littérature.» M.Diuzière a ajouté que, si la réforme devient réalité, «pour plus de la moitié des cours de formation générale, laquelle constitue le coeur de la mission propre de ce niveau et de chacun des collèges, le ministre déterminera non seulement les objectifs et les standards, mais même chacune des activités d’apprentissage.De plus, il y aura moins de cours complémentaires et plus de contraintes dans ce qui restera de possible.» Pourtant, note-t-il, Mme Robillard avait bien précisé que le rôle du ministère allait être renforcé en termes d’objectifs et de standards, mais que l’autonomie de chacun des collèges dans le choix des moyens serait accrue.«Le discours flatteur sur le caractère préuniversitaire de l’enseignement collégial se termine ainsi par la secondarisation évidente de ce niveau d’enseignement», a dit M.Lauzière.DROGUES., PAS BESOIN! Santé et Services sociaux Québec
de

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