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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-03-04, Collections de BAnQ.

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Vo 1 .LX X X I V.n o 5 2 s LE DEVOIR M O N T R É A L .L K .1 K U 1) I 1 M A R S 1 9 5» 3 (i 5 o + T P S + T V Q / T o r o n I u 8 ft c I N D E X Les Actualités.A2 Idées .A7 SrSHBïL, Agenda culturel.,.B7 Le Monde .B3 Annonces damées.B2 Montréal .A3 Avis publics.,.B4 Mots croisés.B2 Météo Culture ,.B8 Politique .A4 Ciel variable Économie .JV5 Sports .B6 Max.: 0 Éditorial .Ati Société Détail en B2 Hees-Edper, la nébuleuse, inquiète les banques Serge Truffaut Après la déconfiture de Olympia & York il y a moins d’un an, les banques canadiennes composent aujourd’hui avec un dossier qu’elles manipulent avec d’autant plus d’appréhension qu’il est aussi complexe qu’obscur.Il s’agit de Hess-Edper auquel les six principales banques du pays ont prêté environ 10 milüards$.ette appréhension, cette peur est d’autant moins feinte que cet empire de 600 compagnies totalisant 100 milliards$ d’actif propose un profil où l’interfinancement entre compagnies est si présent, qu’on craint aujourd’hui que la déchéance des affaires immobilières produise le redouté effet de dominos.Hees-Edper, qu’on se le dise, est une nébuleuse.Aux délices de l’interfinancement, les dirigeants de Hess-Edper sont devenus les maîtres au point que tous les experts, analystes ou docteurs en science financière appelés à la rescouse pour séparer le bon grain de l’ivraie ont confié ne pas être en mesure de répondre avec précision.Dans cette affaire, on dispose, il faut le souligner, d’approximations en quantité industrielle.Pour l’exactitude, faudra repasser.On en doute?M.Jean-Luc Landry est un expert.Il est président de la firme Bolton-Tremblay.Alors, Hees-Edper qu’en pensez-vous?«Honnêtement, pratiquement personne au Canada ne connaît le groupe.» M.Jacques Nolin, gestionnaire de portefeuille pour la firme Jarislowskî-Fraser, «un jour nous avons analysé l’organigramme du groupe.On a constaté qu’il était tellement complexe que nous avons décidé de nous abstenir d’y investir.» Pour l’heure, tout ce que l’on sait, c’est que les va-cillements constatés chez Bramalea, Royal Trustco et quelques autres entités du groupe ont mis les banques dans l’obligation de constituer encore une fois, et dès le premier trimestre, d’énormes provisions pour pertes sur prêts afin de pallier aux revers de fortune qui s’amoncellent à l’horizon.Si l’on en croit les chiffres communiqués par la Dominion Bond Rating Service, les prêts accordés aux trois holdings de cet empire aux ramifications s’étendant dans tous les recoins dç l’Amérique du Nord totaliseraient 9,3 milliards$.A titre comparatif, on se souviendra que dans «l’affaire Olympia & York», les prêts atteignaient 5 milliards$.Comme dans O & Y, la CIBC est la plus exposée des six grandes banques avec 2,3 milliardsS de prêts dont 1,2 milliards dans l’immobilier.La Banque Royale et la Banque Toronto-Dominion arrivent ensuite coude à coude avec comparativement à 5 milliardsl,9 milliards chacune.Dans le cas de la Royale, ses prêts dans l’immobilier égalent 875 millions$.Et la TD?700 millionsS.Au quatrième rang, on retrouve la Banque Scotia avec 1,6 milliards, dont 800 millionsS dans l’immobilier.La Banque de Montréal se situe au cinquième rang avec 1,3 milliards .dont 650 millionsS dans la pierre.Enfin, la Banque Nationale avec 375 millionsS, dont 175 millionsS dans l’immobilier.Vache à lait des investisseurs pendant trente années, à cause de l’effet de levier qui lui est inhérent en période inflationniste, l’immobilier, on l’aura compris, c’est le talon d’achille du groupe.Comme c’est le sujet des cauchemars de tous les banquiers du pays.En 1992, on s’en souviendra, la décomposition du conglomérat Olympia & York obligea les banques à confectionner de grosses, de très grosses provisions pour pertes sur prêts.Qu’on y songe, en moins de douze mois les sommes allouées par les banques Royale, Nationale et leurs consoeurs afin de digérer d’abord et avant tout les prêts délinquants de O & Y ont fait un bond vertigineux de 123% pour atteindre les six milliards de dollars.Une énormité financière qui, évidemment, a écorché profondément les revenus des banques.A la faveur de la communication toute récente des résultats propres au premier trimestre de l’exercice 1993, toutes les institutions, à l’exception de la CIBC qui doit dévoiler ses résultats aujourd’hui, ont signalé qu’à cause de l’effet Hees-Edper leurs provisions pour pertes sur prêts étaient égales ou supérieures a celles du premier trimestre 1992.A la Royale, elles sont passées à 300 millionsS.À la TD, elles sont de 15,0 millionsS.A la Scotia, elles sont de 116 millionsS.A la Banque de Montréal, des provisions de 162 millionsS ont entraîné une diminution du revenu net.Quant à la Banque Nationale, ses provisions ont été de 75 millionsS, une augmentation de 10% sur celles du premier trimestre 92.Quand on songe dans quel pataquès financier nous sommes plongés, on ne peut que se poser une seule question.Comment se fait-il que ces banquiers aient accordé prêt sur prêt à un empire où les liens commerciaux et financiers sont pour ainsi dire la raison d’être, alors qu’ils avaient suggéré au gouvernement, dès 1989, d’interdire de tels liens sous prétexte qu’ils peuvent entraîner faillite après faillite?Les prêts à l’empire totaliseraient 9,3 milliards, contre 5 milliards pour Olympia & York.LES ACTUALITÉS Matinée d’enfer sur l’autoroute 20 PAGE A-5 • MONTRÉAL Longueuil rêve d’une nouvelle communauté urbaine PAGE A-3 ¦ LES SPORTS Ben Johnson nie avoir recommencé à se doper PAGE B-6 Des exploiteurs de bingos extirpent de l’argent à des organismes de charité PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Des promoteurs de bingos empochent plus que leur part des recettes destinées aux organismes de bienfaisance qui les engagent Dès 1991, le dossier a été porté à la connaissance du gouvernement, qui n’a encore rien fait pour corriger la situation.Au cours des dernières années, les groupes communautaires voués aux oeuvres sociales et humanitaires de l’est de Montréal ont maintes fois attiré l’attention du gouvernement sur les irrégularités entourant l’industrie du bingo.A plusieurs reprises, ils ont dénoncé les promoteurs qui exploitent cette industrie à leur profit personnel.Autrefois tenus presque exclusivement dans des sous-sol d’églises, les bingos ont aujourd’hui prépondérance dans les plus grandes salles de Montréal et de la périphérie.Fréquenté surtout par des gens de modeste condition, le «casino des pauvres» a connu un essor vertigineux au cours des trois dernières années.En 1991-1992, le montant des sommes jouées a atteint 128 millions$ À la rescousse des organismes lésés, le député péquiste Michel Bourdon est intervenu auprès des différents responsables gouvernementaux pour faire en sorte que l’on remédie à la situation.Successivement, il a exposé le problème au ministre du Revenu, en août 1991, au président de la Régie des loteries et courses du Québec, Marcel Savard, en octobre 1991, et au ministre de la Sécurité publique, Claude Ryan, en décembre 1992.VOIR PAGE A-8: BINGOS Plus que 18 jours.ESTAURA A BLONDI PHOTO ROBERT SKINNER h i if 1 PLUS^kp dix-huit jours avant le printemps.Mais hier, c’est comme si l’hiver avait déclaré forfait, afin de laisser place à une grande répétition générale de l’équinoxe le plus ardemment attendu des Québécois.Rue Saint-Denis, les bancs des terrasses, encore ensevelis sous la neige la semaine dernière, ont accueilli leurs premiers clients avides de petits réconforts solaire et alimentaire.Trop choyés, les policiers?Conditionnement physique, aide psychologique, saine alimentation, la CUM fait tout pour rendre la vie facile à ses gendarmes DANNY V EA R LE DEVOIR Cours de formation, aide psychologique, programme de conditionnement physique et de saine alimentation, voyages d’étude.Les policiers de la Communauté urbaine de Montréal ne manquent pas de programmes et de services pour leur rendre la vie plus facile.Choyés, minouchés à souhait, ces policiers?Chose certaine, le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM) ne les abandonne pas à eux-mêmes.Dernier programme en lice?Ceux et celles qui le désirent peuvent maintenant soigner leur alimentation dans le cadre d’un projet-pilote offert dans cinq postes de police.«Un policier peut facilement prendre de mauvaises habitudes alimentaires, surtout lorsqu’il travaille la nuit.En patrouille, il lui faut prendre des trucs pour éviter les pizzas et les beignes», explique Christiane Gauthier, administrateur à la section formation du SPCUM.Comme dans le cas de bien de ces programmes, le SPCUM s’est assuré l’aide de spécialistes.\jà firme CF Consultants est ainsi chargée d’implanter ce programme global de conditionnement physique et «de mode de vie» dans les cinq postes visés, aux coûts de 170 000$, pour les trois prochaines années, révèle une récente résolution de la CUM.Bon an mal an, le SPCUM fait ainsi de son mieux pour s’assurer du bien-être de ses policiers.«Nous voulons qu'ils soient en forme, à la fine pointe des changements sociaux et des techniques policières», dit Mme Gauthier, responsable de la formation.Formation, aide de psychologues, le président de la Fraternité des policiers de la CUM, Yves Prudhomme, reconnaît que les services offerts aux policiers sont nombreux.Mais il soupire lorsqu’on lui demande si les 4450 policiers de Montréal sont trop gâtés.«Nous avons besoin de l’aide qu’on nous propose; c’est une soupape pour le travail difficile que nous faisons.On doit sans cesse s’améliorer pour mieux comprendre la nouvelle réalité de Montréal.Un policier devrait retourner sur les bancs d’école tous les trois ans», dit-il.En fait, chaque année, les policiers reçoivent une formation obligatoire de quatre jours.Dans une ancienne école de Montréal, criminologues ou spécialistes du crime enseignent chaque semaine à 59 policiers.Récemment, ils ont eu droit notamment à des cours de déontologie policière et de contrôle de foule.En tout, \tr M» mm 1 m mrrÆ' VOIR PAGE A-8: POLICIERS Ou les médecins collaborent ou Québec légalise tout de go les sages-femmes JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Le ministre de la Santé Marc-Yvan Côté pourrait annoncer dès la semaine prochaine la légalisation des sages-femmes.Lors d’une rencontre tenue mardi par le ministère à Montréal, en présence des représentants des médecins et des sages-femmes, le sous-ministre Simon Caron a été très clair: ou les médecins collaborent aux projets-pilotes sur les sages-femmes, ou le ministre légalise tout de go la profession.Cette annonce aurait lieu dans le cadre de la commission parlementaire sur les thérapies alternatives qui s’ouvre mardi prochain à Québec.Le sous-ministre a abordé les participants à la rencontre en leur posant d’emblée le scénario de la légalisa- VOIR PAGE A-8: SAGES-FEMMES Parachutages en Bosnie Les Américains persistent malgré la controverse LE DEVOIR AVEC AFP ET REUTER Rien n’y fait, ni les nouvelles sur les vivres perdus, ni l’annonce de nouveaux massacres en Bosnie du nord-est: les Américains vont pousuivre les opérations de parachutage de nourriture et de médicaments, en dépit de l’offensive serbe qui fait rage contre les quelques villages encore tenus par les Musulmans.Au même moment, sur la scène diplomatique, on notait hier soir une percée avec la signature aux Nations unies d’un accord sur le volet militaire du plan de paix Vance-Owen (page B-3).Le porte-parole du président Clinton a laissé hier transparaître l’embarras de Washington devant la détérioration de la situation dans l’est de la Bosnie, d’autant que des informations établissent un lien entre le début de l’opération humanitaire américaine et la flambée simultanée de violence dans la région.L’enclave de Cerska serait tombée aux mains des irré- VOIR PAGE A-8: BOSNIE Voir aussi l’éditorial de François Brousseau en page A-6 Nouvelle ronde de baisse des taux hypothécaires GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR Se livrant une concurrence féroce, les institutions financières ont abaissé d’un autre cran leur structure des taux d’intérêt.Faisant écho à la forte réduction du taux d’escompte la veille, les banques ont, hier, retranché 25 points à leur taux préférentiel et délesté d’un autre 50 points (1% en deux jours) leurs taux hypothécaires.«La guerre est féroce, vorace.C’est épouvantable!», a lancé Jean Lemire, de la division Produits de financement à la Banque Royale.\a campagne REER derrière elles, les institutions financières, inspirées par un dollar canadien au-dessus des 80 cents américains, ont assoupli leur structure de taux hypothécaires, de 50 points en moyenne et de 100 points en deux jours, après avoir fait VOIR PAGE A-8: TAUX 'JL r^L -r A y-’.?>«¦&•.-rt- ,-Ÿ^waî mm ' .Transvick poursuit ses activités LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR La société Bérou-Transvick ne cessera pas ses activités à son site d’enfouissement de Saint-Jean-de-Matha malgré la demande de cette municipalité qui lui demandait, lundi, de respecter le zonage agricole du secteur.C’est ce qu’a déclaré hier au DEVOIR le procureur de Transvick, Me Alain Chevrier, qui a produit une lettre de la Commission de protection du territoire agricole, envoyée mardi à la municipalité de Saint-Jean-de-Ma-tha.Selon ce document, la commission «a toujours pris pour acquis qu’il existait des droits acquis aux termes de l’article 101 de la Loi sur la protection du territoire agricole sur le site d’enfouissement sanitaire Bérou-Transvick».Ces droits portent non seulement sur les parties de lots 332 et 333, où Québec autorise l’enfouissement de déchets, mais sur «l’ensemble» de ces derniers où se déroulent d’autres opérations de la compagnie.La commission ajoute que les droits acquis de Bérou-Transvick s’étendent à un troisième lot, le lot 331, dans lequel des déchets ont été enfouis illégalement par l’ancien propriétaire au nez du ministère.C’est sur ce lot que Transvick veut notamment installer une membrane pour stopper les écoulements des lixiviats et profiter de la profonde tranchée ainsi creusée pour y enfouir de nouveaux déchets, prolongeant ainsi la vie du site pendant quelques années.C’est ce projet que le ministre québécois de l’Environnement, M.Pierre Paradis, vient d’envoyer en audience mais dont l’examen a été paralysé temporairement par la Cour supérieure jusqu’à audition sur le fond à la mi-avril.La saga judiciaire qui oppose Transvick à Saint-Jean-de-Matha a atteint un niveau sans précédent, hier, alors que cette compagnie obtenait de la Cour supérieure une mise sous scellés de ses plans et devis.La municipalité les avait inclus dans sa demande de jugement déclaratoire pour que la Cour les Transvick poursuit d’autre part le procureur de Saint-Jean-de-Matha.déclare non conformes au règlement de zonage local.Transvick poursuit d’autre part en dommages et intérêt le procureur de Saint-Jean-de-Matha, Me Raymond Doray, de l’étude Lavery, De Billy, pour avoir joint ses plans à sa poursuite.Transvick poursuit, de plus, au pénal Me Doray devant la Commission d’accès à l’information pour la même raison.Ayant transformé le procureur de son adversaire en accusé, Transvick lui intime finalement «de cesser immédiatement» de représenter cette municipalité dans tout dossier contre elle.Si le jugement réclamé par Me Doray devait être accordé, le ministère de l’Environnement devrait fermer le dossier des projets de Transvick, mettant littéralement fin à ses opérations à Saint-Jean-de-Matha.Rejoint par LE DEVOIR, Me Doray s’est dit «troublé» par cette pluie de poursuites contre des citoyens, des élus, la ville et maintenant ses procureurs.«Comme citoyen, a-t-il dit, je suis très troublé de voir la multiplicité des moyens judiciaires déployés pour empêcher les citoyens et les tribunaux de discuter d’une question d’intérêt public telle que les problèmes de gestion d’un site d’enfouissement sur leur territoire.» Vendredi dernier, le procureur de Transvick consentait pourtant à la divulgation des plans et devis du projet Transvick devant la Commission d’accès à l’information du fait de leur inclusion dans le dossier public de la Cour.Mais se ravisant, lundi, Me Chevrier présentait une requête pour faire sceller les documents, que lui accordait hier le juge J.J.Croteau, de Joliette, jusqu’à audition prochaine sur le fond.Transvick poursuit depuis la municipalité et son procureur pour avoir dévoilé les documents que les citoyens demandaient au Bureau d’audiences publique sur l’environnement (BAPE) de divulguer avant le commencement de son enquête.Le BAPE n’est pas lié par la Loi d’accès car il procède dans ce domaine en vertu des pouvoirs vastes et prépondérants des commissions d’enquête.PHOTOS JACQUES GRENIER Les trois carambolages ont causé la mort de deux personnes, dont l’occupant de ce véhicule (en haut).À droite, la circulation sur l’autoroute 20 dans les deux directions a été bloquée pendant plusieurs heures en raison des multiples accidents.1 - —| Matinée d’enfer sur l’autoroute 20 Le brouillard cause la mort de deux personnes LE DEVOIR Matinée d’enfer sur l’autoroute 20 hier matin, malgré un soleil qui promettait une belle journée de fin d’hiver: en quelques minutes trois carambolages majeurs d’une quarantaine de véhicules ont causé la mort de deux personnes, en blessant 18 autres et perturbant la circulation jusqu’en après-midi, entre Saint-Hyacinthe et Sainte-Rosalie.Dans les trois cas, un épais et soudain brouillard est apparu, causant la perte de contrôle des véhicules.Le premier accident est survenu vers 6 h55 sur l’autoroute 20 est à la hauteur du kilomètre 135, dans le secteur de Saint-Hyacinthe, alors que 13 véhicules ont été impliqués dans l’accident, sept autres quittant la chaussée.Un homme de 52 ans, de la région de Saint-Hubert, a perdu la vie.Dix minutes plus tard, à la hauteur du kilomètre 134 en direction ouest, dans le même secteur, un camion-remorque a heurté une voiture sur le côté et l’auto est demeurée accro- chée au camion, prenant feu.Le conducteur de l’automobile est mort calciné dans sa voiture et cinq autres véhicules, dont un de la Sûreté du Québec, se sont heurtés, causant des blessures à trois personnes.Enfin, au kilomètre 138 en direction ouest, dans le secteur de Sainte-Rosalie, une collision, impliquant 7 camions-remorques et 6 voitures, est survenue, faisant 5 blessés.Dans certains cas, il semble que des autos se soient arrêtées à cause du brouillard, pour être heurtées par des camions-remorques.Comme si ce n’était pas assez ,on comptait, vers 7h30, route 116 ,à Saint-Bruno, en direction Montréal, trois autres accidents, dont un début d’incendie dans un véhicule maîtrisé par les pompiers.Constatant une augmentation du nombre d’accidents causés par des véhicules commerciaux, le service des relations publiques de la Sûreté du Québec déclarait hier soir que la SQ projetait de lancer une opération d’envergure envers les camionneurs, par exemple pour mieux contrôler les vitesses excessives.L’AMOUR EST PLUS BEAU AVEC LES BONNES LUNETTES Pour vous permettre de ne rien manquer de ces petits 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677-4747 • Saint-Lambert: Clinique visuelle Saint-Germain-Trottier tr 671-9295 Ryan veut rencontrer la direction d’Hydro LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Le ministre de la Sécurité publique, M.Claude Ryan, rencontrera prochainement la haute direction d’Hydro-Québec pour discuter de la transformation de son ancienne force constabulaire en un service de «sécurité», équipé pour des opérations de renseignements et d’analyse contre les nouveaux adversaires de ses méga-projets et doté de moyens de surveillance électronique modernes et non identifiés pour l’instant.C’est ce qu’affirme M.Ryan dans une lettre qu’il faisait parvenir mardi à M.Romeo Saganash, du Grand Conseil des Cris du Québec.Dans cette lettre, le ministre précise qu’il a pris connaissance de reportages récents sur la mise en place du nouveau service de sécurité hydro-québécois, qui l’ont préoccupé («7 had also noted thoses reports with some concern», écrit-il).Le ministre a offert aux Cris d’en discuter à l’occasion d’une rencontre et assure son interlocuteur que le service de sécurité d’Hydro-Québec n’outrepassera pas ses pouvoirs.«Il n’est pas question, écrit le ministre, d’accorder à ce service d’Hydro-Québec le statut d’un service policier dans le plein sens du terme».Récemment, le chef de la sécurité d’Hydro-Québec, M.A.Gendron, déclarait à Radio-Canada que ses constables avaient des pouvoirs d’agents de la paix semblables à ceux de n’importe quel autre corps policier.Il répétait la même chose dans une entrevue accordée au DEVOIR.ROBIC AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE 55, St-Jacques, Montréal.OC H2V 3X2 Fax: (514)845-7074 Tél.: (514) 98 R>0*B-l-C Za rnaitïtic du Intancjlùtu LE SIEGE DE WACO SE CONTINUE Waco, Texas (AP) — David Koresh, chef de la secte Davidian, a déclaré hier après-midi aux policiers qui font le siège de sa secte a Waco, au Texas, qu’il ne mettrait fin au siège qu’à partir du moment où il recevrait «des instructions supplémentaires» de la part de Dieu.La veille, Koresh avait affirmé dans un message diffusé à la radio qu’il allait se rendre, mais les quelque 400 policiers massés autour du ranch de la secte attendaient toujours hier.Dans l’après-midi, Jeffrey Jamar, agent spécial du FBI de San Antonio, déclarait: «Koresh a dit qu’il avait reçu un message de Dieu lui ordonnant d’attendre».Les négociations se poursuivent, a y ajouté M.Jamar., j SEINS NUS: PAS rJ D’APPEL x-7 Toronto (PC) — La Couronne ne ; portera pas en appel l’acquittement, , des cinq femmes qui se sont dénudée la poitrine en public pour protester) contre la condamnation d’une autr%^ manifestante aux seins nus.Jim Trq-C^ levan, directeur régional des procuvh reurs de la Couronne, a fait savoir ) qu’il avait décidé de ne pas en apper,;,, 1er du verdict rendu lundi à Water-,, ; loo, en Ontario, après consultation •.j avec le procureur général.Les cinq femmes acquittées manifestaient > , -contre la condamnation de Gwen Jacob, une étudiante accusée un an plus tôt de s’être promenée topless dans les rues de Guelph, en Ontario.PRONOVOST: PROCES s AJOURNÉ * Shawinigan (PC) — La poursuite a déclaré sa preuve close, hier, au procès du député conservateur de Saint-Maurice, Denis Pronovost, après avoir fait entendre le témoignage d’un ancien employé du député qui prétend avoir été agressé sexuelle-' y ment par ce dernier.Le procès a eq-; suite été ajourné et se poursuivra les.4 et 5 mai.Le jeune homme entendu, • hier est venu raconter que c’est conv-, l me auto-stoppeur qu’il a fait la ren-contre du député Pronovost, en 2 j mars 1991.Le député l’aurait alors jjû reconduit chez-lui et serait monté àj,5 | son appartement, «pour voir corn- ; u j ment il était installé».53V LA MISSION À MOSCOU ; RAPPORTE DES £ DIVIDENDES LE DEVOIR — Ottawa, la Ville de ,j.; Montréal et la Chambre de commer-,, ce du Montréal métropolitain réalise! i ront une étude de faisabilité sur des», initiatives visant à accélérer les transferts de technologie entre des entrç- ;j prises de la région de Montréal et des institutions de recherche russes, .Le projet est une retombée directe „, de la mission économique menée • ;, l’automne dernier à Moscou par le.maire Jean Doré.L’annonce a eu heu-dans le cadre de la visite officielle, 4 ; Montréal, du maire de Moscou, M.Youri Louzhkov.L’étude coûtera 50 , 000$.Elle aura pour but de circons-.crire les secteurs les plus promet- ; : < teurs de coopération technologique .; entre les firmes et institutions de I3 ,, région de Moscou.De plus, elle per-,, mettra d’examiner les approches les plus efficaces pour effectuer de tels ^ transferts, notamment la création , i d’une foire technologique.La formule retenue pour sa réalisation est l’ôrT ganisation d’un certain nombre de colloques réunissant des experts ca-‘ nadienset russes dans le domaine, „ des transferts de technologie.Le ,,.projet sera géré par la Chambre de.commerce du Montréal métropolitain.SPICER SEMONCE LES;;' CÂBLODISTRIBUTEURS :.i * j Hull (PC) — Les câblodistributeurs canadiens ne doivent pas refiler à .leurs abonnés les coûts de la concurrence qu’ils livreront aux géants • ; ; américains des télécommunication?’, a soutenu hier le président du CRTC, Keith Spicer.«Nous ne vou-| ;, Ions pas que les consommateurs , .aient à payer pour la concurrence ] ;, que vous aurez des réseaux américains», a-t-il lancé aux audiences dû ' ‘ CRTC sur l’avenir de la télévision canadienne qui se poursuivent à Hull depuis lundi.Des 7,2 milliards$ que les câblodistributeurs prévoient investir dans la modernisation de leur système de diffusion, 2 milliards$ seront à la charge des usagers.«Au lieu de dépenser ainsi 7 milliards$, > pourquoi ne vous achetez-vous pas.» un satellite?» a demandé Spicer.Uq; satellite canadien ne pourait diffuser;, les émissions produites par les ré- i,,, seaux locaux; les câblodistributeurs,.préfèrent donc modifier leurs équi-, pements.Ils y sont d’ailleurs forcés.' De puissants consortiums améri- ( cains lanceront bientôt dans l’espace des satellites de diffusion qui, dès • ; • 1994, seront directement accessibles aux consommateurs canadiens.Une antenne parabolique de la grandeur,; d’une assiette leur suffira à capter 200 canaux.Une telle antenne coûte; ra aussi peu que 300$., ¦¦¦¦m 903524 LE DEVOIR, LE JEUDI 4 MARS 1993 A 3 LE DEVOIR MONTREAL r K ana d'axpérhnca à voir» aarvlca Copieurs NP et Copieurs Personnels pc Canon .Pour ranaalgnamanta, appeler Le maire de Longueuil rêve d’une nouvelle Communauté urbaine Les autres élus municipaux de la Montérégie ne sont pas intéressés DANNY VEAR LE DEVOIR Le maire indépendant de Longueuil, Roger Ferland, rêve de la création d’une Communauté urbaine de la rive sud de Montréal.De Châ-teauguay à Contrecoeur, de Longueuil à Beloeil, la nouvelle Communauté regrouperait une quarantaine de villes de la Montérégie.Au surplus, le maire a proposé la fusion «forcée» de sept villes de la Rive-Sud.Il y a cependant un hic! De son propre aveu, ses projets ne recueilleront aucun appui chez les élus municipaux delà Montérégie.C’est que le maire Ferland a simplement rendu publique hier une proposition qu’il présentera, samedi, au Groupe de travail sur Montréal et sa région, chargé d’examiner des avenues de développement pour la région métropolitaine.Lors de sessions publiques de consultation qui se tiennent à compter de samedi, le Groupe entendra les propositions des divers représentants de la région.Dans le cadre de cette consultation, le Groupe s’interroge notamment sur les modes d’organisation des municipalités.«Un comité a été mis sur pied.Il demande des opinions.Je lui livre la mienne», a dit le maire Ferland.La Rive-Sud détient le championnat du monde des structures para-municipales, a affirmé le maire Ferland.«Il faut y mettre de l’ordre.Il faut tout faire pour réduire les coûts», dit-il.La création d’une Communauté urbaine viendrait assurer le développement harmonieux de la Montérégie et la doterait d’une voix forte, capable de faire face à la Communauté urbaine de Montréal et à Laval, a dit hier le maire de Longueuil.Une fois reconnue et structurée, la Rive-Sud serait un partenaire à part entière à une Table de concertation métropolitaine, avec les représentants de file de Montréal et ceux du bloc nord, précise le mémoire du maire Ferland.Selon lui, la fusion de certaines villes est une question encore plus criante.Québec devrait faire preuve de leadership politique à ce chapitre, dit-il.Avec la fusion de Longueuil, Brossard, Boucherville, Greenfield Park, Saint-Hubert, Saint-Lambert et Lemoyne, cette houvelle entité assurerait une plus grande équité fiscale, dit-il.Le maire de Boucherville, Hugues Aubertin, ne croit pas que la fusion ni une Communauté urbaine soient Ja solution aux problèmes de la Montérégie.«La Communauté urbaine de Montréal n’est pas un modèle d’harmonie.Pourquoi importer ce modèle chez nous?» demande-t-il.Le maire de Boucherville reproche à son homologue de Lon-gueueil de vouloir faire payer à d’autres les mauvais choix urbanistiques d’il y a dix ans.Le maire de Boucherville croit plutôt que la Montérégie doit se doter d'un outil de promotion régional qui regarderait tant le développement résidentiel que le développement industriel ou agricole.«Si cet outil existait, on réglerait bien des problèmes», dit-il.Le maire de Boucherville présentera également sa proposition au Groupe de travail.La Conférence des maires de la rive sud de Montréal n’avait pu arrêter un consensus dans le but de présenter une vision commune de la Montérégie au Groupe de travail sur Montréal et ses régions.Le Suburban voudrait voir le Parti Egalité au fédéral PAUL CAUCHON Le devoi-r Depuis un mois, l’hebdomadaire The Suburban appelle les anglophones du Québec à se regrouper pour redoubler d’ardeur dans la lutte linguistique.L’éditeur de ce journal distribué principalement à Côte-Saint-Luc, Hampstead, Villè Mont-Royal et Wçstmbunt, aimerait voir lé Parti Egalité mener la lutte sur la scène fédérale et au niveau international.Dans une chronique publiée le 10 février, l’éditeur Christy McCor-ipick évoque la capacité du Parti Egalité à mener la bataille pour, les «droits civils» en écrivant que «rien n’est gagné facilement; il n’y a pas de victoires sans douleur».«Nous avons les outils pour nous battre, ajoute-t-il, mais il y aura des dommages, de nature politique, économique, et si les choses vont vraiment mal, des pertes de vie».Dans un éditorial non signé publié le 17 février, The Suburban commente le rôle du Parti Egalité sur la scène provinciale en écrivant qu’il est peut-être temps pour le par-.ti de porter sa lutte contre les lois linguistiques du Québec au Parlement européen ou à la Cour internationale de La Haye.Il n’est pas question pour le parti d’abandonner son rôle législatif, écrit-on, mais «aucun parti de protestation (protest party) n’est parvenu à ses fins sans propagande décente hors des murs de la législature».* «Attirer l’attention du monde et mener une politique de confrontation pourraient accomplir ce que les règles polies qui conduisent le parlementarisme n’ônt pas réussi», ajoute-t-on.Interrogé par LE DEVOIR, M.McCormick déclare vouloir poursuivre «une lutte pour les droits civils».«Pourquoi prétendre que l’ouest de Montréal est francophone alors que c’est faux?«Nous ne demandons rien à personne, nous ne demandons aucune faveur, nous voulons tout simplement qu’on nous laisse en paix», dit-il.McCormick ajoute que «si nous menons des campagnes pour sauver les bébés phoques, on peut défendre les anglophones de Montréal».11 est à poter que le nouveau chef du Parti Égalité, Keith Henderson, signait lui-même une chronique dans l’édition du Suburban du 24 fé- vrier.Il y décrit son parti comme un parti qui veut «protester contre la discrimination commanditée par l’État, contre les législations inégales, les lois linguistiques répressives, le racisme, le séparatisme à l’esprit étroit qtti chercher à déformer l’Histoire et détruire notre héritage comme Canadiens.» En entrevue au DEVOIR, l’éditeur dp Suburban va plus loin: «Le Parti Égalité doit continuer la lutte, mais il •pourrait être tenté par la scène fédérale, sous son nom ou sous le nom du Parti des droits civils, pour mener ce combat.Il y a un vacuum politique actuellement au Canada».The Suburban entretient des relations houleuses avec d’autres membres de la communauté anglo-phone.Ainsi en janvier, l’hebdomadaire accusait The Gazette de propager des idées antisémites en publiant des reportages jugés fallacieux contre Israël.The Suburban se montrait également d’avis que The Gazette ne représentait pas adéquatement les intérêts de la communauté anglophone.Ray Brassard, adjoint à l’éditeur de The Gazette, rejette ces accusations.«Je ne suis pas certain que ça vaille la peine de répondre à M.McCormick, dit-il.The Gazette est le reflet de la communauté qu’elle dessert, et en ce sens chaque journal représente ses lecteurs.Nous faisons d’abord de l’information.Et dans les rencontres publiques que noiis organisons avec la communauté anglophone, personne ne nous parle du Suburban».Christy McCormick a dû se battre sur un autre front cette semaine, puisqu’un journal communautaire de Los Angeles, Heritage, rapportait le 28 janvier 1992 des propos qu’on lui prêtait, à l’effet que «les francophones sont allés tellement loin contre la communauté juive qu’il serait «juste» de les qualifier d’«antisémites».Comme ses propos ont été rapportés cette semaine par The Globe and Mail, M.McCormick a tenu à «nier avec véhémence» dans l’édition d’hier du Suburban les allégations voulant que lui ou son journal considère les québécois francophones comme antisémites.«J’ai été mal cité, je ne savais pas que j’étais interviewé, je ne m’en souviens plus, tout cela est faux» a-t-il répété au DEVOIR.The Suburban est distribué gratuitement dans les foyers de l’ouest de Montréal à 110 000 exemplaires.Les affaires sociales donnent raison au CLSC Rosemont LE DEVOIR La Commission des affaires sociales donne raison au CLSC Rosemont.Dans une décision rendue le 16 février dernier, la Commission des affaires sociales a rejeté la plainte de requérants qui contestaient l’élection, le 9 mars 1992, de Gisèle Deslandes comme l’un des cinq représentants de la population au conseil d’administration du CLSC Rosemont.Deux candidats défaits à l’élection de 1992 alléguaient que l’article 151 de la Loi sur les services santé n’autorisait pas Mme Deslandes à siéger au conseil d’administration puisqu’elle «était à l’em- ploi d’un autre organisme dispensant des services reliés au domaine de la santé ou des services sociaux».La Commission des affaires sociales a statué que Mme Deslandes «n’a aucun lien d’emploi avec le CLSC ni avec une autre entité.Elle est secrétaire réceptionniste de deux médecins omnipraticiens qui pratiquent leur profession en cabinet».Mme Deslandes n’est donc pas à l’emploi d’un organisme dispensant des services reliés au domaine de la santé .«mais plutôt à l’emploi d'une personne, en l’occurence un médecin qui dispense de tels services».fev-' oijahs ¦ Au pas de course! PHOTO JACQUES NADEAU POUR le docteur Kip Keiner, le mauvais temps n'a jamais été une excuse pour ne pas s’adonner à la course à pied.Mais, hier, le soleil et la chaude température pour cette période de Tannée l’ont incité à porter des vêtements un peu plus.estivaux pour son escalade du mont Royal.Découverte médicale majeure à McGill LE DEVOIR Un groupe de chercheurs du Centre de recherches en neurosciences de l’Université McGill et de l’hôpital Général de Montréal, en collaboration avec d’autres chercheurs américains, viennent d’identifier le gène responsable de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) chez les cas familiaux, une maladie dont les causes demeurent inconnues et qui a compté, parmi ses victimes, le joueur de baseball Lou Gehrig, le physicien Stephen Hawking, et plus près de nous au Québec, le fondateur de la maison CROP, Yvan Corbeil., La SLA est une maladie neurodégénérative qui entraîne la déperdition des gros neurones moteurs du cerveau et de'la moelle épinière.La mort des cellules provoque une atrophie musculaire progressive qui aboutit à une paralysie totale, généralement entre deux et cinq ans après l’apparition des premiers symptômes.Malgré cette importante découverte, la maladie n’a pas livré tous ses secrets puisqu’elle se manifeste dans la majorité des cas sous forme sporadique, et non familiale.L’identification d’un gène transmis par la famille permet cependant de croire que les chercheurs pourront mieux comprendre la pathogénèse de la forme sporadique.L’équipe de McGill, en collaboration avec le service de neurologie de~ l’hôpital Général du Massachusetts à Boston, publie cette semaine dans la revue Nature qu'elle a trouvé un gène responsable de la SLA dans la région du chromosome humain 21, où l’on trouve le gène de la superoxyde dismutase-1, une enzyme qui protège les cellules contre les effets toxiques de l’oxygène en métaboli-sant les radicaux libres d’oxygène.madeleine arbour, s.d.i.q., d.i.c.cl» v • t > nnn.i < j.j.-• t » I j• : * • m h denliel • comme,c,0/ depuis 1965 vieux-montféal (514) 878-3846 Une association étudiante de l’UQAM sous enquête Des allégations de fraudes et d'abus de ; confiance de l'ordre de 20 000$ ! ISABELLE PARE LE DEVOIR La police de la CUM fait présentement enquête sur des allégations de fraudes et d’abus de confiance de l’ordre de 20 000$ survenus à l’une des trois associations étudiantes de l’UQAM.En fait, l’enquête amorcée par les policiers de la section des crimes économiques de la Communauté urbaine de Montréal découle d’une plainte déposée par l’association elle-même (AGESSHALCU-QAM), à l’endroit de deux de ses ex-membres.Et cela, au terme de longues vérifications comptables.L’identité des présumés fraudeurs est tenue secrète tant que des accusations formelles ne seront pas portées.L’association étudiante évalue à 20 000$ le montant des opérations financières illégales effectuées par ces personnes.Elle estime à 5000$ le montant de la fraude alléguée à l’endroit d’un des deux membres, et à 10 000$ les opérations financières reliées à des abus de confiance.«Il y a eu des comptes de dépenses injustifiables, comme des réclamations pour couvrir un transport de 1500 kilomètres entre Montréal et Ottawa.C’est quand même pas la Floride, Ottawa!» a donné hier en exemple M.Robert Dubois, responsable à l’interne de cette association.D’autres aberrations, dont des dépenses d’un montant de 5000$ effectuées par une de ces personnes durant la période estivale et celle des Fêtes — moment où les activités de l’association sont au point mort —, figurent au nombre des irrégularités reprochées par l’AGESSHALCUQAM.La seconde personne aurait pour sa part détourné 1520$ en signant à son nom des chèques destinés à subventionner un organisme étudiant moribond dont les activités n’ont jamais fait l’objet d’un rapport ¦ final.; Somme toute, l’exécutif de l’as-.sociation, qui représente 14 500 .étudiants des secteurs des sciences humaines, arts, lettres et * communications, estime que sur • 35 comptes de dépenses analysés, ’ seulement cinq ont été véritablement autorisés.De ce nombre, trois l’ont été par les personnes : mises en cause, souligne M.Du-.bois.i Si on a mis tant de temps à sou- -mettre le dossier aux enquêteurs — certains faits reprochés remontent à près de deux ans —, c’est .que des pressions énormes s’exerçaient à ce moment à l’intérieur même de l’exécutif pour passer l’affaire sous silence, a expliqué le .porte-parole étudiant.i La vacance de certains postes à • l’exécutif a ensuite empêché l’at-.teinte du quorum nécessaire pour traiter de cette affaire, reléguée aux oubliettes pendant plusieurs mois.Ce n’est qu’en décembre dernier, lors de l’élection de trois nouveaux membres, que l’exécutif a décidé de faire toute la lumière sur ces faits.«Nous ne croyons pas que notre crédibilité sera affectée.En déposant cette plainte, nous avons justement voulu regagner le respect des étudiants et faire savoir que cela ne se répétera pas», a fait valoir M.Dubois.Le budget de cette association, entièrement financée par les cotisa- • tions étudiantes, s’élève à environ i 450 000$ par année.Secouée par cette histoire, l’AGESSHALCUQAM s’est maintenant dotée d’un comité qui scrute et autorise chaque semaine les dé- 1 lenses de ses membres.Toutefois, a comptabilité de l’association ne fait toujours pas l’examen d’un vérificateur externe.Faute de moyens, plaide l’association.«Groupe de travail sur Montréal et sa région AVIS D'AUDIENCE PUBLIQUE RAPPEL Le Groupe de travail sur Montréal et sa région mis sur pied par le ministre des Affaires municipales tiendra bientôt une audience publique pour recueillir des propositions concernant : • la vision d'avenir du Grand Montréal; • • le rôle et les responsabilités des municipalités du Grand Montréal; • les modes d'organisation et de fonctionnement municipaux en fonction des besoins du Grand Montréal.Calendrier et horaire • les 6,13,20 et 27 mars, de 9 h à 18 h • les 11,12,19,25 et 26 mars, de 16 h à 22 h.Endroit Holiday Inn Crowne Plaza, Métro Centre 505, rue Sherbrooke est (coin Berri) Montréal (Québec) H2L1K2 Salles Van Gogh et Renoir Métro Sherbrooke Stationnement intérieur ; entrée sur la rue Berri.Télédiffusion en différé L'audience publique fera l'objet d'un reportage télévisé quotidien, accessible aux abonnés du câble du Grand Montréal, canal 9, Vidéotron et CF Câble ; • les 7,14, 21 et 28 mars, de 14 h 30 à 16 h 30 • les 12 et 26 mars, de 21 h à 23 h • les 13, 20 et 27 mars, de 14 h à 16 h.Le secrétaire général .Groupe de travail sur Montréal et sa région 600, rue Fullum bureau 8.08 Montréal (Québec) H2K 3L6 Téléphone: (514)864-9961 Télécopieur: (514) 864-2068 1 A 4 LE DEVOIR.LE JEUDI 4 MARS 1993 LE DEVOIR ?- POLITIQUE Renseignements personnels L’assurance-auto révise ses systèmes de sécurité MICHEL VENNE DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC La Société de l’assurance-automobile détient des dossiers sur quelque quatre millions de Québécois.La Commission d’accès à l’information constate la relative facilité avec laquelle plusieurs milliers d’individus, répartis partout au Québec, peuvent y avoir accès grâce à l’informatique.Or, la SAAQ vient d’accepter de réviser ses systèmes de séçurité.Un cas qui démontre que l’État peut faire mieux pour la protection des renseignements per-sonnets.En avril 1992, la fille de Jean-Paul Ménard, un comptable de Saint-Al-phonse-de-Rodriguez, quitte le nid familial et se cherche un logement à Montréal.Elle remplit un formulaire de location, de même que son ami qui partagera le loyer.Quelque temps plus tard, la propriétaire de l’immeuble, une dame d’Otter-bum Park, avise la fille de M.Ménard qu’elle n’aura pas le logement.Pourquoi?Parce que des informations sur la fiche étaient fausses.Lesquelles?Votre ami dit être propriétaire d’une automobile, ce qui est feux: le véhicule est immatriculé au nom de son père.Comment cette dame avait-elle appris ce détail?Dans ses dossiers figurait un document portant l’entête de la Société de l’assurance-automobile du Québec (SAAQ).Un document obtenu frauduleusement, de toute évidence avec la complicité d’une connaissance ayant accès aux fichiers de la SAAQ.En racontant la mésaventure au DEVOIR, M.Ménard dit avoir perdu dès lors toute illusion sur la confidentialité.C’est un cas isolé, réplique la société.Or, la Commission d’accès à l’information est à mettre la dernière main à une enquête sur la SAAQ qui tend à donner raison à M.Ménard.L’enquête montre «la relative facilité d’accès aux données de la société».A la suite de cette enquête, la SAAQ a fait amende honorabîe et a promis d’apporter de nombreux correctifs aux problèmes soulevés par la commissioa Elle a créé un comité chargé de faire rapport d’ici le 1er avril sur les moyens de contrôle additionnels qui peuvent être pris.Elle a dégagé un budget spécial de 100 000$, en période de compressions, pour feire l’étude de ses systèmes et sensibiliser ses mandataires à leurs obligations de confidentialité.«Nous prenons ce rapport très au sérieux», dit en entrevue le secrétaire de la SAAQ, M.Claude Gélinas.Ce dernier a mis en lumière hier les initiatives prises par la société pour améliorer la protection des renseignements et sensibiliser son personnel en organisant des semaines de sensibilisation parrainées par sa mascotte, l’agent 00-fuite.Le rapport préliminaire d’enquête de la commission révèle que quelque 1100 personnes travaillant pour le compte des 110 mandataires de la société (points de service de la société pour le renouvellement des immatriculations) ont un accès direct par terminal aux données, dont 800 employés de 64 caisses populaires.La commission observe que la SAAQ ne fait aucune analyse des consultations effectuées par les mandataires.On n’a aucun moyen de vérifier si des dossiers sont consultés pour des motifs autres que ceux qui sont légitimes.Le service de soutien aux corps policiers de la société a répondu pour sa part à pas moins de 7,6 millions de demandes de renseignements en 1991.Quelque 800 demandes provenant du Service anti-crime des assureurs, une sorte de police privée des compagnies d’assurances, ont obtenu une réponse en 1991.La SAAQ fournissait les renseignements par téléphone, sans vérifier minutieusement l’identité des personnes disant être à l’emploi de ce service, ni ne prenait en note le numéro de dossier du client en cause, pour vérification ultérieure.La SAAQ communique par ailleurs des données à quelque 509 organismes publics et privés, sans demander le consentement des personnes fichées.Elle a le droit de le feire, en vertu de la loi d’accès à l’information, à condition quç cela soit pour l’application d’une loi.A la demande de la commission, la SAAQ a accepté de réviser la liste des organismes à qui elle transmet des informations et les fondements légaux de ces transferts; de mettre en oeuvre un système de vérification des transactions faites par les mandataires; de réviser les fondements légaux de certaines communications de renseignements à la police; de modifier la procédure de communication au Service anti-crime des assureurs pour qu’aucune demande ne soit acceptée par téléphone et que tous les contrôles appropriés soient faits.iz-uoui uns æaiion cSizz la FAMILLE DUFOUR HÔTEL VAL DES NEIGES Mont Ste-Anne, Beaupré (418) 827-5711 FORFAIT SKI (2N/3J) incluant: 2 soupers, 2 couchers, 2 petits-déjeuners, un billet de ski de 2 jours consécutifs, le service de navette entre l'hôtel et les remontées et piscine intérieure A partir de par pers.occ.dble jusqu’au 28 mars 93 AUBERGE Baie St-Paul (418)435-5505 FORFAIT SKI ENVOÛTANT (2N/3J) incluant: 2 soupers, 2 couchers, 2 petits-déjeuners, un billet de ski au Massif 4 CQ$ par pers.occ.dble • jusqu’au 28 mars 93 A partir de C^ixITerres Isle aux Coudres (418) 438-2711 FORFAIT «RANDONNÉE EN TRAÎNEAU À CHIENS (2N/3J) incluant: 2 soupers, 2 couchers, 2 petits-déjeuners, une randonnée en traîneau à chiens d'une durée de 20 min.A partir de 4 E 4 $ par pers.occ.dble ¦ ** ¦ jusqu’au 28 mars 93 „MOTEL Ui Qa££NDON «NOUVELLEMENT RÉNOVÉ.Vieux-Québec (418) 692-2480 PLAN CONTINENTAL (1N/2J) incluant: 1 coucher et 1 petit-déjeuner .par pers.occ.dble A partir de T W jusqu’au 31 mai 93 RENSEIGNEMENTS ET RÉSERVATIONS: 1 (800) 463-5250 ou, de Montréal (514) 861-2821 La bataille de Westmount Entre Berger et Johnston, les libéraux fédéraux sont divisés 'if • • i PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Entre Donald Johston et David Berger, lequel sortira vainqueur de la bataille de Westmount?L’issue est pendante et imprévisible.Les membres de l’association libérale de la circonscription fédérale de Saint-Henri-Westmount sont sur le pied de guerre en vue du congrès de mise en nomination qui se tiendra le 19 avril, pour choisir le candidat qui portera la bannière de leur parti aux prochaines élections générales.Une lutte de titans, celle qui s’amorce entre l’ancien ministre du régime Trudeau et le député sortant qui siège à Ottawa depuis 1979.Donald Johnston s’est fait élire pour la première fois député du comté de Saint-Henri en 1978, à l’occasion d’une élection complémentaire.Il a été réélu aux élections générales de 1979 et 1984.Aux élections de 1989, il a décidé de ne se pas représenter et a annoncé son retrait de la vie politique.Ce qui a libéré Saint-Henri-Westmount en faveur de David Berger, dont le comté venait d’être effacé de la carte électorale.En annonçant son intention de briguer à nouveau les suffrages de l’électorat et de feire la lutte à David Berger à la convention, Donald Johnston a créé un profond malaise dans les rangs libéraux.Plusieurs députés lui ont alors suggéré de s’abstenir ou de se mettre à la recherche d’un comté plus clément, pour éviter de mettre en péril l’unité du parti.Même que le chef du parti, Jean Chrétien, est intervenu en offrant à son député de le désigner d’office.Une offre que David Berger a déclinée.Plaidant sa défense, Donald Johnston a expliqué hier au DEVOIR que son ancien élève de la faculté de droit de l’Université d’Ottawa fait l’objet d’une vive contestation au sein de l’association libérale du comté.Et que s’il n’avait pas cédé aux pressions des militants, d’autres candidats auraient émergé.«Les gens sont venus me voir pour me convainre.Ce n’est pas facile pour moi, parce que je connais Berger depuis longtemps.Mais j’ai été influencé par le fait que d’autres libéraux songeaient également à lui faire la lutte.Si c’est vrai que cela crée un malaise, c’est inquiétant, mais les militants du comté ne sont pas contents du député en place».Cette tournure des événements attriste profondément le principal intéressé, David Berger, considérant 3ue toutes cës années, il a été soli-aire de son ami Johnston dans tous les débats difficiles qui ont marqué la vie du parti, notamment dans l’offensive que Pierre Trudeau a menée contre l’entente du lac Meech.«Il me déçoit», a-t-il déclaré hier au DEVOIR Tout indique que la fronde des militants du comté contre David Berger est plus sérieuse que le député veut le laisser entendre.La présidente de l’association, Mme Yvette Sen-tenne, a annoncé hier au DEVOIR qu’elle venait de remettre sa démission pour diriger la campagne de l’aspirant Johnston.Une contestation qu’elle partage avec cinq autres membres de l’exécutif, en expliquant que M.Berger s’est mis à dos les militants par des firises de position contraires à la igné du parti.«Ce n’est pas une guerre de personnalités, c’est une guerre d’opinions».Président de la commission politique du PLC-Québec et membre de la commission électorale, l’ancifeh ministre Serge Joyal a lui aussi été pressenti par les militants.Mais'il a préféré laisser la voie libre à Donald Johnston.Dans ce dossier, M.Joyal est porté à croire que le mécontentement des militants du comté est-généralisé.Non seulement parce que M.Berger s’est opposé à l’entente du lac Meech ou qu’il a critiqué l’éri-tente de Charlottetown.Mais surtout parce qu’il,a appuyé Richard Holden et le Parti Égalité aux dernières élections provinciales.En plus d’avoir remis en question la position constitutionnelle que les libéraux ont adoptée il y a deux ans au congrèstdè Sherbrooke et un an plus tard au congrès d’Ottawa.A son avis, c'est ce comportement qui a contribué là creuser le fossé entre les militants et leur député.Est-ce que David Berger mérite le sort qui l’attend, au risque de mettre en péril l’unité du parti?«C’est lui qui a préféré affronter une convention ouverte et démocratique», fait observer Serge Joyal, qui refuse de prédire qui en sortira victorieux.: „ ¦ “ Pour Québec, l’ennemi n’est pas américain MICHEL VENNE DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC Lorsqu’il réfléchit à l’avenir de la télévision au Canada, le gouvernement du Québec s’inquiète moins de l’impact de la télé américaine bientôt facilement disponible par satellite que du sort qui sera réservé à la programmation de langue française sur le câble.«La venue prochaine d’un système de diffusion directe par satellite (DDS) américain ne suscite pas au Québec un niveau de crain- 0 o1 te et un sentiment d’urgen- r ce semblables à ceux qui se * manifestent actuellement “ dans le reste du Canada», écrit le ministère des Communications québécois dans un mémoire adressé au CRTC dans le cadre des «audiences du siècle» sur l’avenir de la télévision, ouvertes lundi à Hull.Aux yeux du ministère, l’enjeu principal de ces audiences pour l’industrie québécoise de télédistribution concerne plutôt l’offre d’une programmation francophone «majoritaire et diversifiée» sur le service de base du câble.> A preuve, de 1981 à 1991, le taux d’écoute des stations de télévision anglophones a chuté presque de moitié: de 21,6 à 12,3% à Montréal; de 9,1 à 5,6% dans le reste du Québec.Le ministère des Communications fait le pari que la venue d’un DDS américain ne va pas modifier cette tendance.Les Québécois écoutent peu la télé américaine maintenant alors qu’ils ont déjà accès à tous les grands réseaux par le biais du câble.On ne voit pas de raison pour laquelle ils changeraient leurs habitudes, même si le nombre dp canaux disponibles augmentait.A condition, bien entendu, de protéger la prédominance de la programmation de langue française sur le câble.Pour atteindre cet objectif, le ministère recommande entre autres de continuer à exiger des télédistributeurs qu’ils offrent les canaux spécialisés (Canal Famille, Réseau des sports, TV5, Musique Plus.) sur le service de base du câble.Les télédistributeurs voudraient pouvoir les offrir au volet facultatif.Il recommande également que la télévision internationale de langue fran- çaise obtienne le statut de station d’intérêt public, compte tenu de son rôle au sein de la Francophonie, et se voit garantir un statut permanent au service de base au Québec et une diffusion prioritaire ailleurs.La diffusion directe par satellite permettra à une famille équipée d’une antenne parabolique de capter entre 100 et 200 chaînes de télévision américaine.Et l’antenne ne sera plus cette encombrante soucoupe installée avec difficulté sur le toit mais un ob-’¦ * 0 jet d’un pied de long, que vous placerez sur votre bal-0 con, devant une fenêtre.c Au Canada anglais, cette perspective fait frémir.La télé américaine exerce déjà un attrait important auprès de nos voisins de langue anglaise.En 1990, selon statistique Canada, les anglophones ontariens préféraient dans une proportion de 76% écputer des émissions produites aux États Unis plutôt qu’au Canada (incluant les émissions américaines présentées par les stations canadiennes).Il en va tout autrement pour les francophones du Québec chez qui cette proportion n’était que de 33% (en baisse de 12% depuis 1985).En 1991, au Québec, les dix émissions les plus écoutées aux heures de grande écoute étaient toutes produites au Québec, alors qu’au Canada anglais, une seule était canadienne.Ces différences devraient inciter le CRTC à opter pour des solutions différentes pour le Canada et le Québec.D’autres faits militent en faveur de traitements distincts, notamment le taux de pénétration du câble, de 69% au Québec contre 82% en Ontario.Le ministère se prononce par ailleurs contre le paiement de redevances par les câbiodistributeurs aux télédiffuseurs (qui en réclament); en faveur d’un moratoire de cinq ans sur la venue de nouveaux services télévisuels; pour une étude poussée du multiplexage (comme fait TVA avec Vidéo-way, deux émissions disponibles à la même heure au même canal) avant d’autoriser sa généralisation; et pour que les services de télévision à la pièce (téléchargement de films par exemple) en français soient distincts au Québec.‘U üJ c*:3 v; PHOTO PRESSE CANADIENNE Jacques Parizeau a tenté de rassurer les Américains au sujet du modèle économique québécois.Parizeau essaie de rassurer les Américains PRESSE CANADIENNE Washington — Le chef du Parti québécois Jacques Parizeau est venu à Washington avec l’intention de rassurer les Américains au sujet du modèle économique québécois.Les Québécois font les choses un peu différemment des autres Américains sur le plan économique, mais cette façon de faire est entièrement compatible avec les règles du jeu généralement acceptées, a déclaré M.Parizeau hier, dans un discours prononcé au Centre des études canadiennes de l’Université Johns Hopkins.Le chef péquiste a entrepris eu matinée une visite de trois jours à Washington.Il profitera de l’occasion pour rencontrer des haut§ fonctionnaires du département d’État et divers congressistes.Il a débuté hier avec le représentant démocrate du New Jersey Robert Torricelli, également président du sous-comité des Amériques’dü comité des affaires étrangères.: : : Au cours de la discussion d’une trentaine de minutes, les deux politF ciens ont parlé de l’Accord de libre-échange nord-américain et de la possibilité de l’étendre au reste des Amériques.Un cancer emporte l’ambassadeur du Canada en France SYLVIANE TRAMIER LE DEVOIR M Claude Charland, ambassadeur du Canada en France, est décédé hier à son domicile parisien des suites d’un cancer.Il était âgé de 59 ans.Hospitalisé à l’hôpital américain de Neuilly pendant une dizaine de jours, M.Charland avait regagné la résidence officielle de l’ambassadeur canadien, rue du Faubourg St-Honoré, le week-end dernier.«Nous qui travaillions avec lui sommes tous bouleversés», a dit au DEVOIR M.Marc Lortie, ministre-conseiller politique à l’ambassade canadienne à Paris et proche collaborateur de M.Charland.M.Charland devait mettre un terme à sa carrière diplomatique dans un mois et revenir prendre sa retraite à Montréal.Son remplaçant à Paris n’avait pas encore été nommé par Ottawa.Mais le nom de M.Marcel Masse, ancien ministre de la Défense, a circulé dans la rumeur publique.C’est en France que M.Charland avait commencé sa carrière à l’étranger en 1958, comme secrétaire aux affaires commerciales à l’ambassade du Canada.De nouveau en 1970, il y était affecté comme ministre conseiller aux affaires commerciales.Il avait été ambassadeur au Mexique de 1979 à 1982, et en Italie de 1985 à 1988, avant d’être choisi personnellement par le premier ministre Mulroney pour le poste d’ambassadeur à Paris en septembre 1988.Né en 1933 à Québec, diplômé de l’Université de Montréal et de l’Université McGill, M.Charland était ehL tré au Service extérieur du Canada en 1957, et il avait notamment assumé les fonctions de sous-ministre adjoiht au ministère de l’Industrie et du Coml-merce et au ministère des Affaires extérieures.:.- M.Charland avait prononcé, devant l’association France-Canada à Paris, le 18 janvier, son dernier discours officiel.Il laisse dans le deuil son épouse, Marguerite Panet-Raymond, et leurs trois enfants.Économisez jusqu’à 70$ par année Installez une pomme de douche à débit réduit.ËCOKIL0 333-KILO è i ! XXM ISE-300 DOW JONES SCAN 17,12 +20,96 +3,51 +0,26 1786,82 3467,18 3404,04 80,50 LE DEVOIR, LE JEUDI t M A K S 1 !) I) 3 _A 5 -* le Devoir ?- ECONOMIE 1 1 l 1 1 t 1 t > 1 EN BREF ?BAISSE DU BÉNÉFICE DE LA LAURENTIENNE La Banque Laurentienne a mis un terme à son premier trimestre avec un bénéfice net de 7,5 millions$ , (0,36$ par action), en baisse de 22,7% par rapport à celui de 9,7 millions$ (0,53$ l’action) du trimestre corres-' pondant de 1992.Cette contraction traduit les fluctuations importantes des taux d’intérêt et de l’effet négatif des prêts non performants, «qui se maintiennent à un niveau relativement élevé».Au 31 janvier 1993, L’actif de la banque totalisait 8,2 mil-liards$, inchangé par rappqrt au 31 janvier 1992.En revanche, les prêts non performants, nets des provisions, atteignaient 209,8 mülions$ ou 3,2% du total des prêts à la fin du pre-mifer trimestre, contre 158,7 mil-lkms$ (2,4% du total des prêts) un an plus tôt.Les pertes sur prêts de la Banque Laurentienne, prévues pour 1993, sont de 36 millions$, comparativement à un total de 37 millions$ en 1992.La banque a imputé une provision pour pertes sur prêts de 9 millions$ à ses résultats du premier trimestre de 1993, contre 7 millions$ iuni an plus tôt -Ü36 INNOVATECH APPROUVE NEUF PROPOSITIONS D’INVESTISSEMENT La société Innovatech du grand Montréal a approuvé neuf propositions d’investissement, qui totalisent 23 millions$ et dont la réalisation s’étalera en moyenne sur une période de trois ans.Quatre de ces propositions portent sur des sociétés sans but lucratif et cinq impliquent des entreprises commerciales.Selon M.Bernard Coupai, pdg d’Innovatech, un effet multiplicateur de l’ordre de trois fait que ces investissements entraîneront des retombées de 60 à 65 millions$.M.Coupai précise par ailleurs qu’il est très difficile de prédire combien d’emplois seront ainsi créés.Innovatech bénéficie d’un fonds de 300 millions$ à investir d’ici 1997 dans des sociétés ayant des effets structurants dans des secteurs de haute technologie.-«- LA REVENTE DEMEURE STABLE À MONTRÉAL Le volume des transactions SIM/MLS est demeuré pratiquement inchangé entre le troisième et le quatrième trimestre de 1992.En chiffres annuels corrigés des.variations saisonnières, 17 900 unités résidentielles ont changé de propriétaires entre octobre et décembre, comparativement à 17 800 au cours des trois mois précédents.En fait, depuis la poussée de 24% enregistrée au début de 1992, l’activité immobilière n’a affiché aucun gain d’un trimestre à l’autre.En l’absence d’amélioration de la demande, la faiblesse des prix s’est poursuivie au quatrième trimestre.Le prix moyen SIM/MLS des maisons unifamiliales (117 000$) a en effet diminué de 0,4%,à la suite d’un repli de 1% au trimestre précédent De nouvelles baisses des prix moyens des condominiums (109 000$) et des plex (146 000 $) ont également été enregistrées, des diminutions respectives de 1,8% et 1,4% par rapport à la même période en 1991.La Chambre d’immeuble du Grand Montréal note que le déséquilibre est toujours plus prononcé dans les marchés descondomi-niums et des plex, où les rapports sont respectivement del acheteur pour 26 unités à vendre, et de 1 pour 29.Par-comparaison, 1 vendeur de maisons unifamiliales sur 17 parvient àconclure unfe transaction.-?- CONTRAT DE 10M$ POUR ABB La; division Systèmes de combustion d’ABB, située à Sherbrooke, a obtenu un contrat de 10 niillions$ pour la fabrication de trois chaudières.Ces chaudières doivent être livrées à la firme américaine Ogden Martin d’ici au début de 1994.La valeur de ce contrat représente le tiers du chiffre d’affaires annuel de 30 millions$ dégagé par l’usine de Sherbrooke, qui emploie 300 personnes.-?- f»Jil MONTRÉAL BRASSE DE GROSSES AFFAIRES ¦On rapporte une très forte activité durant le mois de février 1993 à la ;Bourse de Montréal: la valeur totale des actions négociées s’élève à 2,3 ',milliards$, ce qui représente une hausse de 22,3% par rapport à janvier .1993.Ce mois de février a donc été 3e troisième plus actif de tous les Temps dans le marché des actions •après avril 1986 et avril 1987 où la valeur des actions négociées avait atteint 2,4 milliards$.Pour janvier et février 1993, la valeur négociée est légèrement inférieure (0,5%) à la inième période en 1992.Marconi entend demeurer au Québec Sortant de son mutisme, l’entreprise d’électronique compte investir 230 M$ au cours des cinq prochaines années CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Après des années de «grande modestie en demeurant trop discrète» sur ses activités, avouant même avoir fait «le coup du mépris» en n’informant pas ses employés sur ses projets d’avenir, la direction de la compagnie Marconi Canada est sortie de son mutisme hier pour affirmer qu’elle est au Québec pour y rester et qu’elle projette d’y investir 230 millions$ au cours des cinq prochaines années, soit 200 millions$ en recherche et développement et 30 millions$ pour aménager dans de nouvelles installations.Au cours d’un long déjeuner de presse, le président de Marconi Canada, M.John H.Simons, et trois de ses vice-présidents, ont parlé en long et en large de cette société, dont l’actionnaire majoritaire est la firme britannique General Electric.Marconi Canada, ont affirmé ses dirigeants, est «maître de sa destinée et jouit d’une autonomie totale».Dans le communiqué remis aux journalistes, ils font la déclaration solennelle sui- vante: «Marconi Canada s’engage à préserver sa tradition d’innovation et d’excellence technologique à Montréal».Pourquoi faire tout à coup de tels engagements publics après de longues années de silence?Parce qu’en janvier dernier, le président de l’Association des ingénieurs et scientifiques de Marconi à Montréal a mené une charge à fond contre ces dirigeants, en produisant une étude du professeur Léo-Paul Lauzon sur les états financiers de l’entreprise, dont les conclusions montraient un désengagement de Marconi dans la métropole, une baisse de personnel, une diminution de l’effort en recherche et développement et un glissement des activités vers d’autres centres de Marconi au Canada et aux Etats-Unis.Fondées ou pas, des rumeurs de.déménagement circulent depuis quelques années et cela n’est pas bon pour le moral des troupes.Et puis, se faire demander sans cesse.quand va-t-on déménager devient «achalant», avoue le vice-président aux Finances, Michel Salbaing.Quoi qu’il en soit, Marconi veut désonnais éliminer tout doute quant à son avenir québécois.Cette entreprise est ici pour y rester, mais pas très longtemps encore à son emplacement actuel sur la rue Jean-Talon à la hauteur de Ville-Mont-Royal, dans un édifice de 1930.Une première étude faite, il y a un an et demi, a établi que la modernisation de cette usine et des bureaux administratifs serait de l’argent perdu.Une deuxième démarche terminée en juin 1992 a conduit à une liste de 37 emplacements disponibles, dont neuf avec un édifice déjà construit.Puis, la liste a été ramenée à cinq noms, dont un avec édifice, celui de Philips à Ville Saint-Laurent.Les terrains sans construction retenus sont situés à Laval, Saint-Laurent, Lasalle et dans le parc technologique de Montréal.Le 19 janvier dernier, Marconi a fait savoir aux trois paliers de gouvernement son intention de déménager, en s’informant des programmes et subventions disponibles.La direction attend les réponses à ce sujet avant de finaliser un «modèle finan- cier justifiable» qui sera présenté aux actionnaires, lesquels tiennent habituellement leur assemblée annuelle au mois d’août.Marconi pourrait, si les échéanciers sont respectés, avoir un nouvel immeuble dans deux ans, si l’optiqn de la construction était choisie.Evidemment, l'acquisition de l’immeuble de Philips hâterait le déménagement.En ce qui concerne le rapport Lauzon, les dirigeants de Marconi en acceptent certains éléments, mais en • rejettent d’autres.Ils contestent que 26,5% des contrats de Marconi proviennent du gouvernement canadien et précisent que 85% de leurs produits sont exportés: la confusion provient du fait que les ventes au gouvernement américain doivent passer d’abord par une corporation fédérale canadienne.Le professeur leur reproche par ailleurs d’avoir converti Marconi en institution financière qui fait son profit en prêtant de l’argent, au lieu d’investir en rd.Les dirigeants reconnaissent avoir 200 miilions$ en réserves, pour faire de bonnes acquisitions en temps opportun.«Power Corporation en plus de 1 milliard$ et personne ne l’accuse de mauvaise gestion», lance M.Salbaing.In stratégie de Marconi laisse place à diverses possibilités de partenariat et d’acquisition, pour des technologies, des produits et des compagnies, partout en Amérique du Nord, ce qui est une bonne façon, explique-t-on d’accélérer le développement technologique et l'ouverture des marchés.Marconi a effectivement fait des licenciements depuis l’application d’une nouvelle stratégie en 1989, mais il y a eu des pertes d’emploi dans toutes les usines.Ixi récession et la baisse des commandes militaires en sont la cause.Le chiffre d’affaires devrait diminuer de 10% cette année, mais les bénéfices se maintiennent, grâce à une amélioration de 40% de ia productivité depuis 1989.La direction pense qu’il ne devrait pas y avoir une nouvelle coupure de personnel, sauf pour compléter l’élimination des 300 emplois, actuellement en voie d'exécution.Le libre-échange commence à verser des dividendes Ottawa (PC) — Le Canada a gagné du terrain dans le marché canado-américain des marchandises au cours des trois premières années qui ont suivi la signature de l’accord de libre-échange, en 1989, indique une étude de Statistique Canada, dont les résultats sont paras hier.Mais cette augmentation des ventes de marchandises canadiennes est en grande partie due à des incursions de plus en plus fré- Suentes deg entrepreneurs cana-iens aux Etats-Unis.L’étude de Statistique Canada démontre que la part du marché américain détenue par le Canada est passée de 7 à 9%, entre les trois premières et les trois dernières années de la décennie.«Cela signifie donc que les industries canadiennes ont gagné du terrain.» Cette étude des tendances commerciales a été effectuée entre 1981 et 1991, une décennie où les ventes de produits manufacturés ont grimpé de près de 1 billion$ US, passant de 1 à 2 billions$ pour La FTQ se penche sur l’organisation du travail PRESSE CANADIENNE Le travail en équipe, la qualité totale, le partenariat patronal-syn-dical, le contrôle de la qualité.Comment ces thèmes à la mode se vivent-ils dans le quotidien des syndiqués ?Ces phénomènes ont pris tant d’ampleur dans les entreprises Québécoises que la FTQ a décidé e sonder ses syndicats affiliés sur la question et de tenir un colloque sur ces changements dans l’organisation du travail.«La qualité totale, chez nous, ça marche.On n’a pas tous les mêmes employeurs», ont dit des travailleurs de chez Goodyear à Valleyfield.A l’opposé, d’autres se plaignent: »Chez nous, là où il y avait quatre employés occupant une même fonction, il n’en reste que deux, qui doivent travailler davantage.» Dans la construction, des syndiqués ont souligné le «décalage» entre le discours sur la qualité totale et la réalité: multiplication des sous-traitants, présence dans la construction «d’aventuriers qui recherchent le bénéfice à court terme avant de disparaître», travail au noir qui représente jusqu’à 40% des travaux de construction, etc.Dans certaines entreprises, on prétend appliquer le principe de la qualité totale, alors qu’on continue à payer les ouvriers au rendement, dénonce-t-on dans le sondage de la FTQ.Le colloque du 10 au 12 mars, à Montréal, sera l’occasion de mettre en commun ces expériences qui se multiplient, autant dans les entreprises privées que dans les sociétés d’Etat, les hôpitaux et les municipalités.le Canada et les États-Unis.L’étude semble confirmer la thèse du gouvernement, qui a toujours soutenu que le libre-échange était un stimulant positif pour l’économie canadienne, une opinion que ne partagent pas les syndicats, pour qui l’accord de libre-échange est responsable de pertes d’emplois massives.Statistique Canada expose que la part du Canada dans son propre marché est passée de 66,8% à 59,3%.Mais cette perte d’une part du marché canadien est compensée par un gain de près de 1% dans l’imposant marché américain, où la part canadienne passe de 1,9 à 2,6%., Durant la même période, les États-Unis ont perdu du terrain sur leur propre territoire, leur part du marché passant de 90,7% à 85,4%.Les ventes de produits américains ont tout de même connu une augmentation notable au Canada - de 24,5% à 27,4%.Statistique Canada a cependant reconnu les limites de son étude, précisant que les produits manufacturés représentent environ 80% de toutes lqs marchandises exportées aux États-Unis par le Canada.Le PQ veut empêcher le secteuj* épicerie de Gulinar de passer aux É.-U.Québec (PC) — Le Parti québécois exige que le projet de vente du secteur épicerie du géant agro-alimentaire québécois Culinar à des intérêts américains soit bloqué.«Pourquoi vendre à des étrangers nos entreprises rentables pour soutenir des entreprises en difficulté à l’extérieur du Québec?», a demandé hier, en conférence de presse à Québec, le député péquiste d’Arthabaska, Jacques Baril.Culinar est propriété à 55% du Mouvement Desjardins (via la SID), à 35% de la Société gouvernementale d’initiatives agro-alimentaires (SOQUIA) et à 10% d’intérêts privés.Culinar regroupe les biscuiteries Viau de Montréal, Lido de Saint-Lambert, Grissol de Saint-Laurent, McCormick (en Ontario) et une confiserie située à Sainte-Marie-de-Beauce.L’entreprise possède également un réseau de distribution pancanadien avec postes à Sainte-Foy, Saint-Laurent, Winnipeg, Saskatoon, Vancouver et Edmunston.Ce que M.Baril craint le plus, c’est surtout la perte des 1000 emplois de Culinar au Québec et le transfert à des intérêts étrangers de son groupe Épicerie, qui exploite cinq usines dont quatre au Québec, et du réseau de distribution qui s’y rattache.M.Baril a mis en relief le fait que Culinar déclarait des profits de 14 mil-lions$ en 1990 mais faisait part de pertes de 9 millions$ l’année suivante, après avoir acheté la compagnie américaine Drake Bakeries du New-Jersey.Le président de Culinar, Jean-René Halde, confirmait d’ailleurs le 14 janvier dernier que la vente du groupe Épicerie de Culinar permettrait «de poursuivre le redressement de Drake».Le député péquiste en conclut qu’il ne «faut pas vendre des éléments d’actif rentables appartenant aux Québécois pour soutenir des entreprises en difficulté à l’extérieur du Québec».Le député d’Arthabaska a rappelé qu’en 1978, le gouvernement du Québec avait justement investi 1 lmillions$ dans Culinar pour empêcher l’entreprise de tomber entre des mains américaines qui la convoitaient.«Cet investissement vaut, aujourd’hui, 60 mil-lions$», a-t-il ajouté.Au sujet de ce dossier, le député Baril a fait parvenir au cours des derniers jours deux lettres aux propriétaires actuels de Culinar.Une première, adressée au président de SOQUIA Lucien Biron, réclame que les rapports annuels dç chacune des entreprises des groupe Épicerie et Pâtisserie de Culinar des cinq dernières années soient rendus publics puisque les contribuables québécois sont copropriétaires dç l’entreprise par le biais de la société d’État SOQUIA Dans une seconde lettre adressée cette fois au président du Mouvement Desjardins, Claude Béland, le député Baril se dit «étonné» que cet L'EVENEMENT DE L'ANNEE ORGANISE POUR LES GENS D'AFFAIRES! - 9 ET 1 O MARS AU PALAIS DES CONGRÈS DE MONTRÉAL - La mondialisation est une nouvelle source de progrès où chacun peut enfin jouer un rôle stratégique, de la petite entreprise à la plus grande.C'est maintenant une question de mise en commun, d'information, d'imagination, de réflexion et d'action! Sous le thème CONQUÉRIR, venez entendre des conférenciers d'envergure internationale dont les organisations ont décidé de conquérir le monde : EJ Claude Chamberiand, Président - SECAL ?Gérald Tremblay, Ministre de l'Industrie, du Commerce et de la Technologie ?Charles Handy, London Business School ?Charles Sirois, Président et chee de la DIRECTION,TÉLÉCLOBE INC.?Jean-Luc Landry, Président Bolton Tremblay inc.O Luc Doublet, Président, Groupe Doublet inc.(Europe) ?Christophe Morin, Directeur, Groupe Doublet inc.(É.-U.) ?Karsten J.Westphal, Vice-président, Opérations internationales, SPAR Aérospatiale Ltée ?Rajendra S.Sisodia, George Mason University (É.-U.) ?Michel G.Kazeef, Vice-président, Alumax inc.(É.-U.) ?Jean Guilbault, Vice-président Rolls-Royce (Canada) Ltée ?Réiean Appleby, Vice-président, Asea Brown Boveri (Europe) ?Jocelyn Proteau,Président et chef de la direction, Fédération des caisses populaires Desiardins de Montréal et de l'Ouest du Québec ?Serce Godin, Président et chef de la direction,Groupe CGI inc.?Jean-Pierre Gilardeau, Vice-président et DIRECTEUR GÉNÉRAL,AlUMINERIE LAURALCO INC.?Pierre Gosselin, opérateur, Aluminerie Lauralco inc.?Pierre Micnault, Président et chef de la direction Club Price Canada inc.Cl Robert P.Breault, Président du conseil d'admin., Breault Research Organization inc.(É.-U.) ?L.Don Brown, Vice-président exploitation, Kratt General Foods Canada Inc.Cl Morris Goodman, Président du conseil d'admin., Pharmascience inc.?Mario Bertrand, Président et chef de la direction, Télé-Métropole inc.?Jim C.Tennant, Vice-président Air Canada ?Morrel Bachynski, Président MPB Technologies inc.Cl Michael Tarnow, Président, Merck Frosst Canada CI R.Charles Terreault, École polytechnique de Montréal CI Michel Nadeau, Premier vice-président, Caisse de dépôt et placement du Québec POUR INFORMATION OU RÉSERVATION : Téléphone 879-1636 - Télécopieur 879-1722 A.P.R.H.Q., 1253, McGill College, Bureau 820, Montréal (Québec) H3B 2Y5 Inscriptions sur place dès 7 h 45 - Frais pour les 2 jours : 590 $ (taxes et repas compris) Frais pour le 9 mars ou le 10 mars : 360 $ (taxes et repas compris) actionnaire principal de Culinar appuie la vente de l’entreprise à des intérêts étrangers.Rappelant que les Caisses populaires ont toujours dans le passé démontré que la meilleure façon de développer l’économie du Québec est «d’assurer notre propre développement», M.Baril ajoute qu’il a «beaucoup de difficulté à conmprendre la décision de Desjardins de consentir à la vente d’entreprises rentables du Québec et appartenant aux Québécois pour renflpuer des entreprises déficitaires aux Ktats-Unis et maintenir des emplois à l’extérieur du Québec».M.Baril, tout en demandant au Mouvement Desjardins de réviser sa décision dans ce dossier, a lancé: «Après Provigo, voilà que le gouvernement libéral se fait une fois de plus le complice de la dilapidation des instruments que les Québécois se sont donnés au cours des 15 dernières dans le secteur agro-alimentaire.» LES COMPAGNIES MOLSON LIMITEE il'.WILLIAM S.SHANAHAN Eric H.Molson, président du Conseil de Les Compagnies Molson Limitée, est heureux d'annoncer la nomination de Monsieur William S.Shanahan, président et chef de l'exploitation de Colgate-Palmolive, à New York, au conseil d’administration de Les Compagnies Molson Limitée.Cette nomination entre en vigueur immédiatement.Au cours de sa carrière chez Colgate-Palmolive qui a commencé en 1965, M.Shanahan a occupé divers postes dans différentes villes.Citons notamment des postes de direction dans diverses filiales de Colgate à l'extérieur des États-Unis, lin 1979, M.Shanahan a été nomme président et chef de la direction de Helena Rubenstein, Inc., qui était alors une filiale de Colgate.En 1983.M.Shanahan a accepté un poste de membre de la direction de Colgate-Palmolive et en 1989, il est devenu chef de l'exploitation.Le 5 novembre 1992, M.Shanahan a accepté la présidence de Colgate-Palmolive tout en conservant le titre de chef de l'exploitation.M.Shanahan a obtenu un baccalauréat du collège Darmouth et il a étudié à l'université de Californie, à l'université International Christian de Tokyo et à l'université des Philippines.Société canadienne ouverte diversifiée, Les Compagnies Molson Limitée exerce ses activités à l'échelle internationale.Chacune de ses principales entreprises.Les brasseries Molson, Diversey Corporation, La Compagnie Beaver Lumber, les magasins-entrepôts de rénovation domiciliaire Aikenhead's et Le Club de Hockey Canadien, est un chef de file dans son secteur.Y LE DEVOIR, LE JEUDI 4 MARS 1993 EDITORIAL Comme des poissons sur le gril Jean-Robert Sansfaçon Ce n’est pas la première fois que des citoyens montréalais manifestent contre la taxation.Cette semaine les commerçants, l’an dernier les propriétaires, les finances municipales vont de mal en pis et c’est à chacun son tour de passer à la caisse.==========! a manifestation des propriétaires L d’immeubles commerciaux enragés, lundi dernier, a donné lieu à des scènes dont nous aurions très bien pu nous passer.Ces propriétaires contestent l’obligation de verser une surtaxe sur la valeur locative de leurs immeubles, surtaxe qui remplace l’ancienne taxe d'affaires payée directement par les commerçants.Le pro-=====J blême avec l’ancienne taxe, c’est que la Ville n’avait aucun recours contre un commerçant locataire en difficulté financière, et qu’elle ne pouvait non plus taxer les immeubles gouvernementaux.Avec la nouvelle taxe annoncée l’automne dernier, Montréal prévoit recueillir à peine plus que l’an dernier, soit 319 millions $ plutôt que 303 millions $, dont une dizaine de millions $ de plus d’Ottawa (qui refuse de payer!).Le hic, c’est qu’il revient désormais aux propriétaires de payer d’abord la facture avant de se faire rembourser par des augmentations de loyers.Dans le cas de locaux inoccupés, les propriétaires ont droit à un remboursement, mais l’année suivante seulement Les propriétaires d’immeubles commerciaux protestent, refusent de se faire percepteurs d’impôt à la place du percepteur, et contestent l’obligation d’attendre un an avant d’être remboursés.En somme, pour la grande majorité d’entre eux, il n’y aurait pas d’augmentation de taxes au bout du processus, mais des tracasseries administratives supplémentaires, l’obligation de hausser les prix de base de leurs loyers et d’avancer d’importantes sommes à la Ville sans intérêts, en attendant un remboursement Soit dit en passant toutes les Villes n’offrent pas un tel remboursement de taxes pour les locaux inoccupés.On peut comprendre ces gens déjà fortement touchés par la récession économique, souvent aux prises avec des locataires qui ne paient pas leur loyer.De là à revenir à l’ancienne taxe d’affaires, le maire Doré l’a répété: pas question! Cela étant dit, il ne fait aucun doute que la Ville doit se creuser les méninges pour trouver rapidement une méthode de perception de cette taxe qui corresponde à la réalité commerciale plutôt qu’aux préoccupations des fonctionnaires.Mais par-delà les problèmes de perception fiscale auxquels nous faisons face aujourd’hui, il ne faudrait pas non plus oublier qu’il y a bel et bien eu augmentation de taxes pour les propriétaires d’immeubles non résidentiels.Pas cette année, mais l’an dernier.D’un coup, ces propriétaires montréalais ont vu leur compte de taxes grimper de 85 millions $.Pourquoi eux et pas les autres?Parce qu’au moment de son opération «pelletage de dépenses», le ministre Claude Ryan avait fortement suggéré que ses 500 millions $ de coupures aux municipalités soient récupérés dans le commerce et l’industrie.Une fois de plus, pourquoi là?Une réponse plausible, c’est que Québec avait compris que l’entrée en vigueur de la TPS fédérale ferait épargner jusqu’à 800 millions $ de taxes aux entreprises de fabrication désormais en mesure de refiler entièrement la TPS aux consommateurs.Une aubaine, en somme! Le hic, c’est que l’introduction de la nouvelle surtaxe municipale a tout autant frappé les petits propriétaires d’immeubles commerciaux que la grande industrie, les premiers n’ayant aucunement profité de la TPS, c’est le moins qu’on puisse dire.Dans toute cette affaire, et même s’il est à l’origine des problèmes, Québec s’en tire tellement bien qu’on peut déjà prévoir le retour prochain du «pelleteur» de problèmes dans la cour des municipalités.Après le délestage récent de ses responsabilités en matière de transport en commun, des indices font craindre que Québec ne répète l’exploit dans le domaine fragile de la culture.Soutien aux organisations culturelles, aux institutions, pourquoi ne pas «responsabiliser» les municipalités davantage?Si d’aventure Québec se laissait tenter par l’idée, nul doute que Montréal serait encore une fois la ville la plus meurtrie à cause de la concentration de services culturels qu’on y retrouve.Et on devine quels petits poissons passeront au gril cette fois.La prochaine taxe sera-t-elle pour la culture?L’humanitaire meurtrier François .haque jour, la scène balkanique franchit un degré de plus dans l’horreur.Selon la «dernière» en date, les envois aériens de nourriture dans l’est de la Bosnie-Herzégovine auraient eu en réalité pour effet.d’accélérer le massacre des populations locales en proie à l’agression des Serbes! Explication: la recherche éperdue de nourriture par des défenseurs affamés et épuisés les aurait conduits à baisser la garde, constituant ainsi une utile diversion tactique pour les agresseurs.La coïncidence chronologique entre «l’opération parachutage» et la chute de la petite ville de Cerska, l’un des derniers bastions non encore «purifiés» par les Serbes, ne serait donc nullement fortuite.La réponse américaine, hier, à ces nouveaux défis à l’entendement enregistrés sur le théâtre de l’absurde bosniaque?Il faut continuer les parachutages.et convoquer le Conseil de sécurité! On ne sait s’il faut pleurer ou rire devant cette pathétique gesticulation multinationale autour de l’ex-Yougoslavie, alors qu’un remake régional de la Seconde Guerre mondiale — camps de concentration inclus — se déroule depuis près d’un an à deux heures d’avion de Paris.Le parachutage des vivres en Bosnie consacre l’entrée sur le terrain des Américains dans cette crise sans fin.D y a là une leçon pour les Européens, qui n’ont su jusqu’à Brousseau maintenant que recueillir quelques milliers de réfugiés à la frontière et envoyer quelques Casques bleus au mandat strictement «humanitaire» Oire: passif) et allègrement bafoué.Mais ce «progrès» que pourrait constituer en soi l’incursion américaine se fait tellement à reculons qu’il constitue en fait une régression.L’aide militaire directe ou indirecte aux Bosniaques ayant été depuis longtemps éliminée des plans stratégiques euro-américains, on s’est résigné à «assister» sur le terrain des gens promis à la potence, pour leur permettre de mieux endurer le temps qui passe.en attendant l’échéance.La dernière régression en date concerne l’utilisation de la voie aérienne en lieu et place de la voie terrestre.Dans un contexte de guerre totale, l’acheminement d’aide matérielle par les airs, à 3 kilomètres d’altitude, est une folie lorsque les enclaves visées sont aussi petites (quelques kilomètres carrés), et les risques d’erreur si grands.L’opération devient révoltante quand on connaît la raison derrière cette réticence: les Américains ne veulent absolument pas engager leur infanterie sur le terrain, mais ils tenaient à faire un geste symbolique pour souligner, une bonne fois pour toutes, l’impuissance obscène de l’Europe dans cette crise.Les effets pervers s’ajoutant les uns aux autres, dans une démente série noire, on en arrive aujourd’hui à une nouvelle extrémité de l’absurde: l’humanitaire meurtrier.La place des femmes La plaçe qu’occupent les femmes dans l’Eglise catholique romaine depuis ses débuts est assez bien connue.La place qu’occuperont les femmes dans l’Eglise de l’avenir fera probablement couler beaucoup d’encre, peut-être même beaucoup de larmes.Si j’ai bien compris, le Christ est (non pas était) de son temps.Or, il n’est pas suiprenant qu’en l’an 30 de notre ère, il choisisse des hommes pour faire équipe et succession.Et, puisque Jésus est de son temps, aujourd’hui il choisirait, sans doute, des hommes et des femmes pour être ses apôtres.Dgmmage qu’en 1992 il y ait dans son Eglise des êtres ancrés et enfouis dans un passé révolu.,Tels aussi sont ceux et celles de l’Eglise anglicane qui n’acceptent pas la décision récente d’ordonner des femmes prêtres.De piême, il est probable que dans notre Eglise, il y aura scission aussi.Sont-elles à éviter à tout prix?Nop, car tant et aussi longtemps que l’Église ne sera pas de son temps il y aura domination de la femme par l’homme.Et, à partir de domination il n’y a pas loin à aller pour trouver discrimination et violence.Mes propos choqueront probablement ceux et celles qui pensent que le sujet est très complexe et qu’il nous faut faire des études.un peu comme l’affaire Galiléo où il fallut quatre siècles d’entêtement et onze ans d’étude par une commission spéciale pour arriver à la conclusion que Galiléo n’avait pas tort.La terre tourne bel et bien autour du soleil!, Que l’Église soit de son temps.Jésus l’est Laurent Isabelle Ottawa, 4 février 1993 LETTRES -?- Le cégep discrédité Le Parti libéral n’a jamais reçu de la population le mandat de procéder à un chambardement arbitraire et déraisonnable de l’éducation collégiale, comme il s’apprête à le faire d’après les hypothèses rendues publiques récemment.L’abolition d’au moins un cours de philosophie, l’élimination de trois cours d’éducation physique, la littérature remplacée par la langue maternelle, l’anglais obligatoire, sans parler de la disparition de la commission pédagogique et des départements, toutes ces mesures parmi d’autres, entraîneraient, en plus d’une liquidation de l’orientation humaniste et d’un bouleversement du régime pédagogique, l’amoindrissement et, partant, le discrédit de l’enseignement collégial.Des 200 mémoires présentés en commission parlementaire, seules les préoccupations des milieux d’affaires et du Conseil du Trésor semblent avoir été retenues.Par contre, celles des professeurs et des étudiants, qui ont été ignorées jusqu’à présent, doivent être prises en compte car ces derniers demeurent les principaux artisans de toute réforme.Pour répondre aux besoins de formation des jeunes, les correctifs au régime pédagogique devront s’appuyer sur les acquis du système qui a fait ses preuves depuis un quart de siècle.C’est pourquoi Mme Robillard doit rendre public un Livre Blanc recherchant le plus large consensus auprès des intervenants du milieu et repousser le dépôt de son projet de loi à l’automne 1993.Les discussions en catimini doivent cesser; au-delà des étiquettes syndicales, les élus de la FNEEQ, de la FAC et de la CEQ doivent s’unir et proposer à leurs membres un plan d’action pour l’ensemble du réseau.Paul Drouin Cégep Edouard-Montpetit (FNEEQ) Claude Saint-Laurent Cégep Rosemont (FAC) Montréal, 23 février 1993 Totalitarisme scolaire Lors de la vente du Collège Marie-Vic-torin au ministère de l’Éducation, les tenants du réseau public de l’enseignement semblaient se réjouir d’une telle transaction, comme s’il s’agissait d’une entreprise de déminage en vue d’assurer une marche sûre et efficace vers l’hégémonie en éducation.Par contre, le président de l’Association des collèges privés y voyait un autre recul pour la survie des institutions privées.«Au cours des dix dernières années, dit-il, la baisse des subventions gouvernementales aux instituts privés a été de 26 % en comparaison de 10 % pour le secteur public.» Je cite un document du Concile Vatican Il sur «l’éducation chrétienne» publié le 28 octobre 1965.«Le pouvoir public, dont le rôle est de protéger et de défendre les libertés des citoyens, doit respecter la justice distributive en répartissant les subsides publics de telle sorte que les parents puissent jouir d’une vraie liberté dans le choix de l’école de leurs enfants, conformément à leur conscience.» Depuis plus de 30 ans, chez nous, divers partis politiques oqt été au pouvoir.Des ministres de l’Éducation se sont succédé à un rythme effarant; et toujours nous constatons le même courant de fond qui semble vouloir instaurer le totalitarisme scolaire.Nous savons que des autorités gouvernementales tâchent de pratiquer la justice distributive dans le domaine scolaire comme dans l’imposition des charges fiscales.Pourquoi pas chez nous et peut-être à un moindre coût et avec une meilleure efficacité?Roger Malo Montréal, 19 février 1993 // fsr- AEAO• £10 QUETE id'atfüvS *¦ Campagnes L^==1| undi dernier s’est ouverte officiellement la campagne législative française.La veille a été inauguré l’important Salon de ==^ l’agriculture à Paris.Entre ces deux événements, aucun rapport si ce n’est que le second.peut être l’objet principal dii premier.Quoi de plus normal pour ce peuple de paysans, fiers de leur terre riche et «abreuvée de sang» dont on sait, depuis le mot terrible du Maréchal Pétain, «qu’elle ne ment pas».Mais autant à droite qu’à gauche, ce thème a plus d’une chance de faire chou blanc.Car la vraie préoccupation de tous les Français, la seule, celle dont tout le monde parle et pour laquelle personne ne parvient à trouver de solutions, je vous le donne en mille, c’est le chômage.Eh oui, déjà trois millions de chômeurs.Les statistiques précisent: 2 992 600 chômeurs.Nuance qui vaut son pesant d’or surtout en campagne électorale.L’heureuse surprise, c’est pour la droite lorsqu’elle prendra le pouvoir.en mars.L’Espagne et la Grande-Bretagne ne se sont pas embarrassées de ces précautions statistiques et politiciennes pour franchir ce Rubicon des temps modernes.Solidarité européenne oblige.Voilà pourquoi les écologistes talonnent les socialistes avec — tout de même — 17 % des voix au lieu de les dépasser allègrement pour devenir la première formation politique de l’Hexagone devant l’UDF et le RPR.Mais ce sera sans doute pour les présidentielles en 1995 où les duettistes d’aujourd’hui Brice Lalon-de et Antoine Waechter, respectivement leaders de Génération Écologie et des Verts, reprendront leurs billes pour conforter leur position et celles de leurs partis.A moins qu’entre-temps leur consoeur, la très médiatique Dominique Voynet, ne les coiffe au poteau ou, pire, que la droite ne leur coupe l’herbe sous le pied dans leur propre circonscription.Dans ce cas il faudrait attendre pour le grand tournant vert.La droite ne leur en voudra pas tl s“ *4 FULVIO C A C C I A ?de prendre leur temps.D’ailleurs Balladur, le premier ministre pressenti, n’a-t-il pas déclaré l’autre jour que la droite régnera jusqu’à la fin du siècle et au-delà?Ainsi, le XXIe siècle serait conservateur comme il devrait être mystique, pour paraphraser Malraux.Le Wall Street Journal le laissait entendre en publiant, lundi dernier, une longue analyse à cet égard.Brian Mulroney peut partir tranquille, la relève est assurée.Nous vivons tout de même une époque bien curieuse.Au moment où les partis de la gauche démocratique s’apprêtent à être dégommés en Europe occidentale, voilà qu’outre-Manche et outre-Atlantique le néo-conservatisme, inauguré par Reagan et Thatcher, connaît le même sort.Il est vrai qu’une décennie de pouvoir, ça use.La couleur politique sur ce point importe peu.Décidément, Américains et Européens se trouveront toujour?à contretemps.Remarquez, cela ne les empêche pas, même aujourd’hui avec Clinton, de s’empoignèr joyeusement à propos du GATT.On se souvient encore du charivari des agriculteurs français, l’automne dernier.Nous revoilà donc de nouveau en pleine campagne.Même s’ils ne représentent aujourd’hui que 1,5 million de personnes soit 6,2 % de la population active de France — contre 12,8 % il y a seulement vingt ans —, lès paysans n’en demeurent pas moins puissants, politiquement et économiquement.Le Sénat français est peuplé de culti- vateurs et le formidable volume d’exportations agro-alimentaires — plus de 35 milliards de dollars en 1990 —, le second en importance au monde, les autorise à parler haut et fort.Toutefois les réformes successives de la politique agricole commune — PAC — et l’alignement sur la loi du marché vont accélérer leur disparition.Ils seraient 300 000 agriculteurs dans trente ans.Les autres devront se recydler dans le gestion et l’aménagement de l’environnement avec les primes pourvues à cet effet par la Commission agricole.Ainsi, l’intégrité du monde rural serait préservée.Mais qu’en est-il de cette identité française dont les fibres, du moins se plaît-on à le répéter, sont d’abord paysannes et catholiques avant d’être républicaines et laques.Cette crise du monde rural, caractérisée par le vieillissement de la population, n’est pas étrangère à l’abandon du catholicisme.Un terreau idéal pour les nouvelles églises réformées qui font florès en ces contrées délaissées.Il n’est pas étonnant d’ailleurs que plusieurs d’entre elles aient voté contre Maastricht en septembre dernier.Ce refus d’un gouvernement par lent pa : locales le haut, détaché des priorités locales, signe autant le désir d’un pouvoir enraciné que celui de renouveler les liens communautaires, si absents aujourd’hui.Ce contexte favorise Jes retours nostalgiques; ce jiont profite, le feuilleton québécois Emilie où 'la Passion d’une vie dont les épisodes' scandent depuis cet hiver la vie télé-; visuelle de nos chers cousins.La France profonde y redécouvre, émue, le miroir familier de ses origines, fleurant bon l’Ancien régime, exaltées, magnifiées par le climat rude et l’espace.La croisade d’un Philippe de Viliers, le Vendéen, parti à la reconquête des «vraies valeurs» françaises n’est pas étrangère à ce climat Comme la faveur soudaine defe Français à l’égard de Louis XVI dont on célébrait en janvier dernier le bicentenaire de sa mort.Le roi est mort.Vive le roi.APROPOS -?- .des pensions alimentaires Sur le plan économique, le bénéfice fiscal accordé au payeur d’une pension alimentaire est fonction de son taux d’imposition de telle sorte que la réduction d’impôt accordée par une telle mesure et qui constitue un manque à gagner pour le gouvernement, n’est pas nécessairement compensée par l’impôt payé par le bénéficiaire.Puisque ce dernier se retrouve généralement avec un revenu moindre que celui du payeur, il en résulte que le taux d’imposition applicable à la réception de la pension alimentaire risque d’être moindre que celui qui fut applicable au payeur de la pension.De plus, dans la mesure où les parties s’assurent que le paiement de la pension tienne compte de l’impact fiscal, ceci a pour conséquence que le paiement effectué par le débiteur alimentaire est augmenté afin de compenser l’impôt payable par le créancier alimentaire.La question qui se pose est donc de savoir si l’impact fiscal doit subsister ou si, pour des fins de simplicité, d’équité et de neutralité, aucune conséquence fiscale ne devrait être rattachée à un paiement et à une réception de pension alimentaire.Tiré de La solidarité avec les familles du Québec, Conseil de la famille du Québec.FONDÉ PAR LE DEVOIR B 0 0 R A S S A L 0 JANVIER 1910 HENRI Directrice LISE BISSONNETTE Rédactenr en chef BERNARD DESCÔTEAUX .Directeur délégué à l'administration ANDRÉ LECLERC Directeur de l'information BENOÎT AUBIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, R0CII CÔTÉ Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur des publications spéciales GUY DESHAIES FAIS CE QUE DOIS LE DEVOIR.LE .1 E IT I) | 4 M A R S I 9 9 3_A 7 IDEES La philo dans l’étau Aurait-on vraiment sonné le glas de la philosophie au collège?FERNAND DUMONT Professeur Université Laval vec une discrétion que parviennent parfois à enfrein-dre quelques journalistes, on prépare actuellement un réaménagement de l’enseignement collégial.Dans cette vaste remise en chantier, il paraît que l’on songe sérieusement à chambarder l’enseignement de la philosophie, qui serait réduite à ja logique et à l’histoire des idées.Au tant proclamer que c’est la fin de la philosophie dans les cégeps.Il vaudrait mieux le dire franchement, à fiaute et intelligible voix.; La logique n’est pas la philosophie.Tout au moins, elle ne lui appartient pas en propre.En lui accordant pareil privilège, à quelle inspiration obéit-pij?: Espère-t-on former ainsi les étudiants à la rigueur de la terisée?Mais ce sont toutes les disciplines inscrites au programme qui doivent apprendre à user convenablement de la raison.Ne serait-ce pas plutôt par.ce qu’on tente de transformer la philosophie en une technique semblable aux autres, de la convertir à cette mentalité instrumentale qui règne de plus en plus dans l’industrie de l’éducation?Quant à l’histoire des idées, ne se résumera-t-ell,e pas à un catalogne d’auteurs?Etant donné le temps que l’on pourra y consacrer, elle ne fera qu’ajouter à la marqueté rie de notions disparates dont on encombre l’esprit des étudiants.Il y a pire encore.En ramenant la philosophie à une technique de la pensée et au bottin des philosophes, qnllui donnera ce ton neutre, aseptique, qui contredit l’interrogation qu’elle est censée susciter.Au coeur dflila tradition philosophique se trouvent, non pas la logique et le répertoi-Ce des auteurs, mais la métaphysique dJ’éthique: ce qui concerne notre çonscience, et pas seulement nos outillages; ce qui dérange la tranquille grisaille où risque de s’embrumer le savoir.D est vrai que si on pouvait chasser ces questions embêtantes hors des établissements scolaires, le système serait probablement plus facile à administrer.Toujours à écouter la rumeur, je crois comprendre que l’on amputera la philosophie pour faire davantage de place à l’enseignement du français.On veut remédier à une criante lacune, sinon à une catastrophe, que personne ne peut plus dissimuler.Mais, allons-nous guérir de cette maladie endémique seulement par l’administration à forte dose de règles grammaticales?Comme s’il s’agissait, là encore, de la simple maîtrise d’un instrument.Comme si la langue était rangée elle aussi, avec les débris de la philosophie, dans la panoplie des techniques.Ne serait-ce pas quelque défaut plus profond de la pensée elle-même qui expliquerait pourquoi tant de «t’sé j’veux dire» restent sans suite et sans écho?De sorte qu’en échangeant Platon pour la grammaire Grévisse, on ne ferait que changer le mal de place.D y a longtemps que l’on remet en question l’enseignement de la philosophie au collège.Je me souviens avoir été convoqué, avec bien d’autres, par l’un des comités constitués à cet effet au fil des ans.Je succédais au doyen d’une faculté des sciences qui venait de condenser sa pensée dans une formule lapidaire: «On n’a pas besoin de philosophie pour fabriquer des fri-digaires.» Quand la culture est aux mains de pareils magistères, on peut s’attendre à ce que surviennent un jour ou l’autre de grands progrès.Je ne sais pas quelles ont été les conclusions de ces comités.J’ai quand même une petite idée de ce qui a pu conduire à la chirurgie qui s’annonce.Une suspicion s’est développée peu à peu à l’égard des cours de philosophie.Dans certains cas (dans combien?), des professeurs y ont mis n’importe quoi, au gré de leurs préférences ou de leurs caprices.J’ai connu des étudiants à qui on avait servi des salades composées de morceaux de Roland Barthes, de fragments de Nietzche, d’un soupçon de Michel Foucault, le tout apprêté à la sauce Wittgenstein.En quelques endroits, le menu tout-Marx était à la mode.Je n’insiste pas sur des fadaises plus anodines.Cela çtant dit et connu, il est vrai que la majorité des professeurs de philosophie ont mis en oeuvre beaucoup d’ingéniosité pour offrir à leurs élèves un enseignement de qualité.La tâche est particulièrement difficile, est-il besoin de le souligner?L’enseignement de la philosophie est dans une situation semblable à celui du français: on ne saurait l’isoler hermétiquement du reste.Tous les deux jouent un rôle de médiation entre des savoirs et des expériences.Leur échec est symptomatique d’une carence plus vaste: leur réussite dépend de conditions qui dépassent leur insertion dans le curriculum.Aussi, c’est en repensant les programmes des collèges comme un ensemble, en examinant soigneusement comment on pourrait remédier à une incohérence évidente, que le statut de l’enseignement de la philosophie (aussi bien que celui du français) pourra Comme le français, l’enseignement être repensé de façon claire et positive.Ut dispersion et le fatras: voilà la déficience essentielle, et on n’y échappera pas sans tracer des itinéraires pédagogiques où les élèves aussi bien que les professeurs pourront se retrouver.Au lieu de jongler avec des cours à supprimer ou à remplacer.Ne faut-il pas souhaiter que l’on institue pour cette discipline et pour d’autres des examens généraux, à la grandeur du Québec, administrés par le ministère' ou une commission indépendante?Loin de brimer l’initiative des professeurs, ces examens démontreraient aux yeux du public que l’on s’entend quelque peu au sujet de la culture diffiisée dans les collèges.La preuve serait faite que les professeurs de philosophie ou de français ne sont pas tous des farfelus qui racontent n’importe quoi, contrairement à ce qu’on colporte un peu partout.11 y va de la démocratie scolaire: en fin d’étude, un étudiant a le droit d’être évalué d’après des normes définies pour l’ensemble du Québec, et non pas en fonction de l’établissement où il a poursuivi ses études.Un professeur devrait désirer, je crois, être jugé de la même façon.(Incidemment, à quand des évaluations des universités au grand jour?) Naufrage éventuel J’en reviens au naufrage éventuel de la philosophie.Celle-ci est déjà confinée à un ghetto à l’université, à une faculté ou à un département.Alors que, par vocation, elle devrait être présente partout.Faut-il rappeler que, dans ce qu’il est convenu d’appeler notre civilisation, les grands scientifiques ont toujours entretenu des préoccupations philosophiques?Lire Spinoza avec ferveur n’a pas empêché Einstein de découvrir la relativité.Nous avons abandonné cet héritage pour fabriquer plus rapidement des chercheurs, ces produits de haute technologie qui remplaceraient les savants vétustes d’autrefois.Il serait donc normal que, pour achever une si noble entreprise, les collèges soient débarrassés de la philosophie.Bientôt la réforme sera donc complète.Un jour viendra où l’économisme ayant assuré notre salut, les gadgets techniques nous serviront de science et quelque pacotille religieuse nous tiendra lieu de métaphysique.Tout cela dans un français impeccable, n’en doutons pas.de la philosophie joue un rôle de médiation entre des savoirs et des expériences.THE NEW YORK TIMES En échangeant Platon pour la grammaire Grévisse, on ne ferait que changer le mal de place.it» K JJ 11lu Hommage à René Paré, un ancien du Devoir L’homme de toutes les causes Derrière les Coopérants, les Artisans GÉRARD FILION pz\ Ex-directeur du DEVOIR t______ .’est à l’été 1940 que je rencontrai .René Paré pour la première fois.’ 1 J’étais en vacances à l’Isle-Verte, „1 i mon pays d’origine, et l’organisa-, \_J tion locale de la Société des Arti-¦ ;.sans canadiens-français, dirigée par une tante de ma femme, se mettait en frais pour accueillir le colonel Bédard, président général, et sa suite, en tournée de propagande., Me René Paré, jeune avocat de Montma-gny, faisait partie du petit groupe de visiteurs.;Selon la liturgie propre aux Artisans, la soirée devait consister en une causerie du colonel Bédard aux assurés de lTsle-Verte, agrémentée, si possible, de quelques morceaux dç .chant et de musique.,,Ma tante, Blanche Rouleau, m’ayant demandé d’organiser la soirée, je décidai d’en mettre plein les yeux et les oreilles de nos visiteurs.Iæ hasard avait voulu que plusieurs artistes originaires de l’Isle-Verte fussent de passage en même temps dans leur village d’origine.Qui étaient-ils?Lucien Martin, violoniste, Prix d’Europe, Jeanne Servêtre, pianiste, classée deuxième au concours du Prix d’Europe, Cécile Préfontaine, pianiste, Prix d’Europe, Françoise Servêtre, mezzo-soprano, Murielle Hall, contral-tojjl ne manquait que Georges-Henri Lindsay, organiste, Prix d’Europe., Çe fut évidemment une soirée extraordinaire.,,dont René Paré me rappelait encore le souvenir après un demi-siècle.Deux ou trois ans plus tard, je retrouve René Paré, au Conseil supérieur de coopération; il avait, dans l’intervalle succédé au colonel.Bédard à la présidence des Artisans.Nous ne nous sommes pratiquement plus quittés.Arrivé à la direction du DEVOIR en 1947, je l’invitai à faire partie du conseil d’administration, dont il occupa la présidence durant quelque vingt-cinq ans.Au début de la Révolution tranquille, il me fit nommer au Conseil d’orientation économique et à la Société générale de financement.; Après ma retraite, je continuai à lui rendre visite une ou deux fois par année, chez lui à Outremont.Phénomène étrange, nous n'avions que irinq ans de différence, nous avons été au cou-de à coude durant presque un demi-siècle et nous ne nous sommes jamais tutoyés.Je l’ap-I pelais monsieur Paré, lui m’appelait Gérard, mais toujours en nous disant «vous».• Arrivé dans la métropole à l’âge de trente-I nuit ans, René Paré s’est rapidement adapté I êt y a fait une carrière remarquable, non seu- lement à la direction de la Société des Artisans qu’il dépoussiéra, modernisa et fît prospérer, mais aussi dans un grand nombre d’associations auxquelles il apporta compétence et dévouement.Oeuvres laïques, mais aussi oeuvres religieuses.Il suffit de rappeler le rôle éminent qu’il joua dans le succès de la Grande mission au milieu des années cinquante.Au sommet de sa carrière, il fut un des hommes les plus en vue de Montréal et du Québec.Quand il y avait une fonction importante à remplir, une oeuvre à sauver, un mouvement à lancer, il était parmi la demi-douzaine de Canadiens-français auxquels on pensait spontanément.Lui arrivait-il de dire non?Je l’ignore, mais il se laissait convaincre tellement souvent qu’on finissait par penser qu’on abusait de sa bonté, car René Paré était un homme bon, dévoué, charitable.Ce n’était pas facile de lui faire dire du mal de quelqu’un, il trouvait facilement des excuses aux pires comportements.Avec raison il ne se laissa jamais tenter par la politique; les mesquineries du milieu lui auraient été intolérables, il avait la peau trop fine et trop rose pour ne pas être écorché.René Paré a fait une belle et une bonne vie.Une belle vie, car il fut toujours partout.Une bonne vie, car il était un homme vertueux, pieux, charitable et cela avec discrétion.Il fréquentait l’église sans ostentation, tôt le matin, comme pour éviter de s’offrir en modè-le.Comme tout le monde, il connut des épreuves; il resta digne et serein.Il ne se plaignit jamais.Il était admirablement secondé par une épouse forte, entraînée à exercer son autorité comme enseignante dans les petites écoles d’autrefois.Sa nombreuse famille lui était précieuse.La réciproque était vraie.Belle et bonne vie; belle et bonne mort.René Paré ne laisse que des regrets.GASTON DESCHÊNES Historien ~| e René Paré est mort il y a quelque M temps, un an après la liquidation des Coopérants, et il n’est pas difficile d’imaginer avec quel chagrin il a vu s’effondrer une institution qu’il ___________ a présidée pendant plus de trente ans et qu’il a laissée, en pleine prospérité, au milieu des années soixante-dix, sans se douter qu’elle enflerait au point d’en crever.Les Québécois auront-ils plus de lucidité pour interpréter le décès de l’homme qu’il n’en ont eue pour la disparition de «l’oeuvre» démantelée l’an dernier dans une étonnante indifférence?«La fin des Coopérants assombrit l’image des assureurs québécois», titrait LE DEVOIR du 7 janvier 1992.C’était une façon de voir les choses, au premier degré, celle que la plupart des témoins de l’actualité galopante retiendront et que les autres, qui ont le privilège d’en savoir un peu plus, ont manifestement choisi de laisser courir dans une société dont la mémoire, elle, a depuis longtemps été liquidée.Le Québec voit disparaître une institution d’assurance: et après?Il en est probablement disparu des dizaines depuis que l'assurance et la mutualité existent ici, soit la fin du XVIIIe siècle.Des dizaines d’autres sont disparues par voie de fusion ou autrement, au point où bien malin qui réussit à établir la «généalogie» des institutions d’aujourd’hui.C’est justement le cas des Coopérants.Il s’agit à première vue de l’institution créée en 1936 par les agriculteurs du Québec sous le nom de «Mutuelle-vie de l'Union catholique des cultivateurs».Cette entreprise était promise au plus bel avenir.on la voyait même créer un réservoir de capitaux propres à soutenir l’industrie agricole.En 1980, elle unissait sa destinée à celle des Artisans et, même si cette dernière apportait en dot un bilan beaucoup moins considérable, c’est sous son nom — les Coopérants — qu'elle allait poursuivre ses activités dans un «mariage sans douleur» (LE DEVOIR, 23 octobre 1980).Par cette union avec les Artisans, les Coopérants plongeaient leurs racines dans le dernier tiers du XIXe siècle.Fondée en 1876, la «Société des artisans canadiens-français» avait elle-même pris la relève de la «Société canadienne des menuisiers et charpentiers», formée à Montréal le 6 décembre 1853, le prototype parfait des nombreuses sociétés de secours mutuels, aussi dites «bienveillantes» (Benevolent Societies), implantées au XIXe siècle à Québec, à Montréal et dans les autres villes du Québec sur le modèle des «sociétés amicales» (Friendly Societies) anglaises.Il s’agissait alors d’une minuscule association qu’on aurait pu réunir dans l’armoire à balais de la maison dorée des Coopérants: 17 membres, au début, qui cotisaient un dollar par mois pour venir en aide aux membres malades ou à leurs héritiers.Les artisans à qui cette société était exclusivement réservée, au départ, se réunissaient fréquemment et défilaient derrière leur bannière aux funérailles ainsi qu’aux fêtes nationale (Saint-Jean-Baptiste) et patronale (Saint-Joseph).Cette minuscule société, qui fournissait une protection contre les malheurs de la vie à bien meilleur coût que les compagnies d’assurance, allait cependant se développer au point de devenir je modèle du genre.A la fin du siècle dernier, elle adoptait le système des succursales mis au point par ses concurrentes américaines.La Société des artisans comptait 5000 membres vers 1900,21 000 vers 1910 et 450 000 en 1975, à l’époque du départ de Me Paré.Elle possédait des succursales dans la plupart, des provinces canadiennes et dans plusieurs Etats du Nord-Est américain.Elle avait été à l’avant-garde du mouvement de la «survivance française», l’une des «couvertures» de l’Ordre de Jacques-Cartier fia «Patente»), l’animatrice de l’Union des mutuelles-vie françaises d’Amérique (fondée au début des années 1940) qui réunissait des institutions semblables au Canada (Union Saint-Joseph du Canada), en Acadie (Société l’Assomption) et aux Etats-Unis (Association canado-américaine).Sous la présidence de René Paré, les Artisans ont favorisé le rapprochement entre le mouvement mutualiste et le mouvement coopératif.Une succursale des Artisans, à Lévis, n’avait-elle pas servi de nourrice à la première caisse populaire?Plus tard, les Artisans opteront eux-mêmes pour le statut de coopérative.Ce n’est pas une institution financière ordinaire qui est disparue en 1992: c’est une prestigieuse institution collective québécoise, mise sur pied bénévolement par des petites gens.PHOTO ARCHIVES René Paré fut l’un des hommes les plus en vue du Québec.T.TV.wm Des disquettes, S.V.P.! Étant donné l'abondance du courrier, LE DEVOIR se réserve le droit d'adapter et de réduire les textes qui lui sont envoyés pour publication dans la page Idées.Les textes soumis ne devraient pas dépasser quatre feuillets (un feuillet comptant 25 lignes).Si possible, joindre à votre texte une copie sur disquette de 3,5" et indiquer le type de logiciel utilisé.Prière de bien préciser également vos nom, occupation, adresse et numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU "DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes : à l'information générale et métropolitaine : Claude Beauregard, Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Pierre Cayouette, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur, Louis-Guy L'Heureux, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Laurent Soumis, Guy Taillefer, Danny Vear; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes)-, à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Roland-Yves Carignan, Paule Des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay (Le Plaisir des livres): à l'information économique : Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Catherine Leconte, Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut, Claude Turcotte; A l'Information internationale François Brousseau (éditorialiste et responsable), Jocelyn Coulon, Sylviane Tramier, Clément Trudel; À l’information politique : Josée Boileau, Jean Dion, Pierre O’Neill, Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec), Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa): Serge Chapleau (caricaturiste); à l'information sportive : Yves d’Avignon; Suzanne Marchand (adjointe à la direction), Marie-Josée Hudon, Jean Sébastien (commis), Danielle Cantara, Christiane Vaillant (clavistes), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction), Isabelle Baril (secrétaire à la direction).LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur): Manon Scott, Sylvie Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice), Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier, Francine Gingras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix, Christiane Legault, LiseMajor (publicitaires): Marie-France Turgeon, Micheline Turgeon (maquettistes): Gloria Taillon (secrétaire).L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Marie-France Légaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thériault (adjointe à l'administration), Raymonde Guay (responsable du financement privé).LÉ MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTELE Christianne Benjamin (directrice), Monique Corbeil (adjointe), Nathalie Thabet (responsable du marché institutionnel), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Olivier Zuida, Rachelle Leclerc-Venne, Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements), Louise Paquette.LA PRODUCTION Robert McDougall (directeur des systèmes informatiques et de la production), Johanne Brunet, Lynda Di Cesare, Richard DesCormiers, Michael Schneider, Louis Simoneau.LES ANNONCES CLASSÉES ET LES AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Manon Blanchette, Serge César, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Josée Lapointe, Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland. I.K P K V 0 I H ¦ I.K .) K [' I) I I M A R S 19 9 3 A 8 -?LE DEVOIR ?-—-: ACTUALITES BINGOS Québec a SUITE DE LA PAGE 1 Vaines démarches dont l’insuccès a incité le député de Pointe-aux-Trembles à transmettre le dossier au DEVOIR Au nom de M.Ryan, son attaché de presse, François Grenon, nous a finalement informés hier que le ministre a ordonné un «examen» du fonctionnement de la Régie des loteries et des courses du Québec.Reconnaissant l’importance du dossier des bingos, le porte-parole du ministre a toutefois tait savoir que l’évaluation en sera faite dans le cadre de l’examen global du fonctionnement de la Régie.«Nous prenons en considération ce qui a été mentionné par M.Bourdon».Fondée sur les témoignages des victimes et sur les irrégularités observées en cours d'enquête, la dénonciation de Michel Bourdon se résume essentiellement à travers les éléments suivants: • La prérogative d’attribuer des permis d’exploitation de bingos est celle de la Régie des loteries et courses du Québec.En vertu de l’article 6.1 du règlement de la Régie, ces permis doivent être octroyés à des organismes qui oeuvrent dans les limites d’un quartier.Pour l’ensemble du territoire de l’est de Montréal, ils ont été octroyés à des industriels du bingo, dont les activités couvrent le territoire de la région de Montréal • Dans la correspondance qu’il a échangée avec les autorités gouvernementale, M.Bourdon identifie les entrepreneurs qui bénéficient de permis d’exploitation de bingos, qu’il accuse nommément d’extirper les fonds destinés aux organismes de charité.Des entreprises dont les administrateurs sont tous, selon lui, associés au Parti libéral du Québec • Jusqu’en octobre 1991, ces titulaires de permis avaient la haute main sur toutes les étapes du déroulement des bingos qu’ils organisent au nom des organismes de charité.Avec l’appui du député Bourdon, ces organismes ont obtenu de la Régie le droit d’assumer eux-mêmes la comptabilité des recettes des bingos.A compter de ce moment, leurs recettes ont doublé, ce qui tend à démon- laissé faire depuis 1991 trer que dans le passé ils ont été privés de sommes considérables.Dans une lettre au président de la Régie, le député de Pointe-aux-Trembles évalue à 30 000$ par semaine la somme qu’un seul industriel du bingo a pu empocher aux dépens des organismes de charité.• Sur la base de cette constatation, Michel Bourdon est revenu à la charge et a adressé le 31 octobre 1991 une lettre au président de la Régie, Marcel Savard, lui réclamant la liste de tous les établissements où se tiennent des bingos hebdomadaires, ainsi que la liste des détenteurs de permis d’exploitation.Une requête que la Régie a rejetée et que le député a portée devant îe président de la Commission d’accès à l’information, M.Paul-André Co-meau.• Dans une lettre du 3 décembre 1991 au ministre du Revenu, Raymond Savoie, dont relevait à l’époque la Régie des loteries et des courses, le député Bourdon fait ressortir l’absence totale de contrôle des recettes provenant des bingos.Il propose une série de mesures concrètes pour normaliser cette situation.Et il affirme: «Tant dans ses décisions que dans son administration, la Régie fait montre d’incohérence, d’incompétence et de favoritisme».A l’époque, même l’attaché politique Yves-Thomas Dorval avait jugé bon de transmettre un mémo «confidentiel» à son ministre pour attirer son attention sur ce dossier.• En dernier recours, le député du PQ s’est adressé le 15 décembre 1992 au ministre de la Sécurité publique, à qui le premier ministre Bourassa a confié, le 2 décembre, la responsabilité de la Régie des loteries.Après avoir reformulé l’essentiel des éléments du dossier, il écrit à Claude Ryan: «J’ai la conviction, qu’avec la complicité de la Régie des loteries du Québec, des aventuriers sans scrupules ont accaparé une partie de cette activité à leur profit personnel».Depuis, plus précisément le 25 janvier, M.Bourdon s’est entretenu avec le directeur de cabinet et l’attaché politique du ministre, leur faisant valoir que les autorités de la Régie devraient être appelés à comparaître devant la commission parlementaire permanente du budget et de l’administration.Il n’en a plus jamais entendu parler.AT \W PHOTO JACQUES NADEAU Patrick Gervais, Éric Pelletier et Daniel Lewozach n’ont pas caché leur joie de faire partie des quelques chanceux qui ont pu assister au concert de Peter Gabriel, hier, au Spectrum.Pour les fans de Fange Gabriel, un véritable cadeau du ciel! SAGES-FEMMES Les médecins refusent de bouger SUITE DE LA PAGE 1 tion et il a conclu la réunion sur le même thème, en soulignant le fait que le ministre y songeait sérieusement.Au cabinet du ministre Côté, on parle en termes plus sibyllins.«Même s’il y a des points de vue très opposés dans ce dossier, la volonté du ministre est toujours d’avoir des sages-femmes», dit la porte-parole Marie-Claire Ouellet.Marc-Yvan Côté est en vacances cette semaine et il rencontrera le sous-ministre Caron dès son retour lundi.A partir de là, il «procédera aux mesures qui s’imposent», dit-on encore au cabinet.Le Dr Georges Boileau, de la Fédération des médecins omnipraticiens et qui était présent à la rencontre de mardi, déclarait pour sa part hier au DEVOIR: «Le gouvernement peut prendre ses propres décisions, nous on ne changera pas d’idée.» Et si le ministre procède, qu’arrivera-t-il?«Que le ministre prenne d’abord sa décision, après on verra», dit le Dr Boileau.On murmure en fait en coulisses que les fédérations de médecins font traîner le dossier depuis l’automne dans l’espoir du départ du ministre Côté, qui n’a jamais caché son appui aux sages-femmes.En cas d’élections, Marc-Yvan Côté a déjà fait savoir qu’il ne se représenterait pas.Au ministère, on raconte plutôt que le ministre n’a précisément plus le choix d’agir vu l’entêtement inébranlable des médecins.Deux points majeurs font tiquer les fédérations de médecins dans la formulation de l’actuelle loi 4 sur la pratique des sages-femmes dans le cadre de projets-pilotes.D’une part les médecins s’opposent aux accouchements se déroulant hors de l’hôpital, d’autre part ils contestent le fait que des gestes médicaux puissent être posés par des non-médecins.Tous les projets-pilotes qui ont été soumis au ministère prévoient que les accouchements auront lieu dans des maisons de naissance.Les médecins considèrent cette situation inadmissible.«On s’est toujours battu pour que toutes les femmes puissent accoucher dans un milieu sécuritaire, qui est l’hôpital.Nous ne reviendrons pas là-dessus», disait hier le Dr Boileau.De plus, les fédérations butent contre l’article 2 de la loi qui permettra aux sages-femmes de poser des gestes médicaux, comme l’épisiotomie.Or même dans des pays comme la France, où la profession de sage-femme est intégrée aux équipes médicales, de tels gestes sont toujours réservés aux médecins.L’expérience de l’Ontario, qui vient de reconnaître les sages-femmes, n’émeut pas les médecins québécois.«Là-bas, les omnipraticiens ne veulent plus faire des accouchements, alors qu’ici, la moitié de ceux-ci sont pratiqués par des omnipraticiens.Et de plus en plus de jeunes médecins généralistes sont intéressés par l’obstétrique», explique le Dr Boileau.De plus, comme le soulignait la lettre envoyée par les associations médicales à tous leurs membres pour leur passer le mot d’ordre de ne collaborer à aucun projet-pilote, «le ministère n’a pas fait la démonstration du besoin de sages-femmes au Québec».Du côté des sages-femmes et de l’association Naissance-Renaissance, qui regroupe des femmes qui ont fait appel à des sages-femmes, on ne crie pas victoire trop vite.Ces groupes souhaitent tous la légalisation directe des sages-femmes.Ils disent aussi que si les médecins ne collaborent pas, la situation ne pourra guère être pire que celle qui prévaut présentement.«Sur le terrain, on trouve quand même des médecins prêts à travailler avec nous», notait hier Marie-Andrée Morisset, de l’Alliance des sages-femmes praticiennes.Mais les sages-femmes veulent aussi obtenir leurs maisons de naissance, «un lieu où tout est fait en fonction de la naissance, pas un lieu de maladie», comme le disait Hélène Laliberté, vice-présidente de Naissance-Re-naigsance.A l’Association des sages-femmes diplômées, on ajoute ne pas vouloir que la profession soit légalisée en parallèle au système de santé.Elles veulent avoir accès aux hôpitaux pour pouvoir travailler avec le plus grand nombre de femmes possible.«Mais quelle que soit la solution, ça risque d’être la bagarre», concluait Marie-Claude Renault, vice-présidente de l’Association.POLICIERS 200 000$ de bonnets de fourrure SUITE DE LA PAGE 1 ces cours de formation coûtent quelque 5 millions$ pai; an au SPCUM.A cette formation obligatoire vient parfois $e greffer une formation plus individualisée.A titre d’exemple, le SPCUM veut préparer ses effectifs à l’arrivée d’un casino à Montréal.Dans cette perspective, les sergents-détectives William Levesey et Mario Lamothe ont visité la mecque du jeu nord-américaine: Las Vegas, au Nevada.Pendant six jours, ils y ont participé à la 15e conférence internationale sur le crime organisé asiatique.La CUM avait mis à leur disposition quelque 3000$ pour cette petite visite, révèle une récente résolution de la CUM.Lorsque le policier monte en grade, une nouvelle formation lui est également dispensée.On évalue notamment sa santé psychologique.Cette année, la firme André Filion et Associés effectuera l’évaluation de la santé psychologique des candidats au grade d’officier de direction au SPCUM.Il en coûtera quelque 4000$, révèle une récente résolution de la CUM.En tout temps, deux psychologues écoutent les po- liciers qui veulent bien leur confier leurs problèmes.«C’est certainement notre programme le plus important», dit M.Prudhomme.Chaque jour, les policiers sont sans cesse confrontés à la misère humaine, dit-il.«On dit qu’on est gras dur.Mais il faut voir le contexte avant de porter un jugement trop rapide», dit M.Prudhomme, président de la Fraternité des policiers de la CUM.Le SPCUM a d’autres programmes, moins importants.Dans îe cadre des examens de pré-emploi de ces aspirants policiers, le SPCUM a retenu les services de deux firmes: la firme Raymond, Chabot, Martin, Paré, évalue la santé psychologique des aspirants-policiers.Fin 1993, c’est elle qui procédera à ces «évaluations psychométriques» aux coûts de 160 000$.Le Groupe Santé Médisys effectuera leurs examens médicaux.Il en coûtera quelque 80 000$.Avec un esprit sain dans un corps sain, les policiers travailleront mieux.Sinon ils pourront toujours mieux se protéger et la tète et le corps avec les 200 000$ de bonnets de fourrure et les 200 000$ de chandails de laine que le SPCUM souhaite acquérir en 1993, selon une résolution récente de la CUM.«On dit qu’on est gras dur.Mais il faut voir le contexte avant de porter un jugement trop rapide», dit Yves Prudhomme, président de la Fraternité des policiers de la CUM.La mégastar «réchauffe» son nouveau spectacle au Spectrum SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR Il était 7h30 hier matin lorsque Chantal Blanchard, porte-parole des Productions Donald K Donald, l’a confirmé sur les ondes de CKOI à un Normand Brathwaite qui a failli y laisser son déjeuner: oui, Peter Gabriel est en ville depuis le début de la semaine; oui, il répète au Spectrum le nouveau spectacle qu’il proposera incessamment en tournée mondiale; oui, le public est invité à une générale ce soir à 22h.Brathwaite, haletant, aura tout de même eu la présence d’esprit de demander à Mme Blanchard de rester en ligne.S’il voulait un billet, c’était à ce moment-là ou jamais.Il régnait autour du Spectrum, quelques minutes plus tard, une atmosphère de ruée vers l’or.On imaginait les courses folles à travers la ville qui avaient mené là les fans de Gabriel, particulièrement nombreux et convaincus au Québec depuis les beaux jours de Genesis.Ils n’avaient pas eu le choix.Les billets n’étaient disponibles que là, à partir de 9h, à 15$ pièce, une incroyabîe aubaine.Pour donner une chance au plus grand nombre, chaque acheteur n’avait droit qu’à un seul des 800 billets, auquel s’ajoutait un bracelet d’identification immédiatement placé au poignet de l'heureux détenteur, histoire d’empêcher la revente.La queue, au moment d’ouvrir les guichets, s’allongeait sur la rue de Bleury jusqu’au boul.René-Lévesque.En plus de l’occasion unique de voir une rockstar majeure d’aussi près — les Montréalais n’avaient pas bénéficié d’une telle chance depuis le spectacle-surprise des Police au même Spectrum en 1983 —, il s’agissait également de satisfaire une curiosité bien iégitime: enfin, on allait savoir à quoi ressemblaient la mise en scène de Robert Lepage et les éclairages d’Alain Lortie.On se rappellera que Lepage, dont les supplémentaires montréalaises de Les Aiguilles et l’opium sont actuellement à l’affiche,: avait rencontré Gabriel dans le cadre des activités du parc expérimental mis en place en 1991 par Gabriel avec î’aide, entre autres, de Laurie Anderson et Brian Eno, une sorte de cénacle d’artistes, de musiciens, de cinéastes, de psychologues, d’architectes et de scientifiques travaillant en commun à de nouvelles expériences.Le spectacle d’hier soir était en réalité une générale «habillée» (traduction littérale de dress rehearsal), une répétition devant public où tout était agencé pour la première fois en temps réel: les chansons, celles du nouvel album Us et les anciennes, dans l’ordre prescrit par les mises en scène de Lepage, éclairées par la main experte d’Alain Lortie.Mais pour les fans, c’était bien plus qu’une formalité technique: plutôt un véritable cadeau du ciel.TAUX Moins de 7% pour une hypothèque SUITE DE LA PAGE 1 passer leur taux préférentiel de 6,5 à 6,25%.Désormais, une hypothèque s’obtient à un taux variant de 6,99% à 10%, selon que l’échéance est de court ou de long terme.L’hypothèque de cinq ans commande, pour sa part, du 8,95%, inférieur au taux psychologique de 9%.A l’opposé, les taux offerts sur les certificats de dépôt est retombé dans l’intervalle des 5,5-7%.«La situation qui prévaut actuellement — taux hypothécaires à des niveaux jamais vu en 20 ans combinés à des prix déprimés dans l’immobilier — ne se reproduit qu’une fois tous les 30 ans.Plus que jamais les conditions sont favorables», a souligné Jean Lemire.Et on ne parle pas de prix plancher.«Le loyer de l’argent n’a pas fini de se replier.Toutefois, les prochaines baisses vont se faire plus graduelles, la Banque du Canada craignant un retour de la volatilité sur le dollar», a enchaîné Dominique Vachon.Selon l’économiste de la Banque Nationale, un retour du taux d’escompte à son niveau du 9 septembre dernier, soit à 4,93% (contre 5,89% présentement) apparaît dans les cartes, une descente qui se fera cependant de façon pro- gressive et qui sera tributaire de l’ajinonce des déficits et des budgets des gouvernements.A pareille date, l’hypothèque de cinq ans commandait un taux de 8,5%.Taux d’intérêt réels parmi les plus élevés au monde, reprise économique en Amérique du Nord combinée à une récession en Europe, recours massifs des provinces au financement extérieur, départ de Brian Mulroney.Tous les ingrédients sont réunis pour soutenir le dollar canadien et, par ricochet, accroître la marge de manoeuvre de la banque centrale.S’ajoute à cette conjugaison de facteurs le besoin de prêter des banques.Fortement ébranlées par les mauvais prêts commerciaux et industriels, les institutions financières se replient sur les prêts immobiliers résidentiels, plus sécuritaires.«Les produits hypothécaires ont également ceci d’attrayant pour les institutions qu’ils entraînent généralement la concentration d’une panoplie d’autres services financiers requis par les consommateurs, a enchaîné Jean Lemire.Il n’est donc pas surprenant de voir les institutions multiplier les options et les nouveautés sur les prêts hypothécaires et ce, à un rythme à ce point accéléré que «ce n’est plus drôle».BOSNIE Des combats autour de Cerska SUITE DE LA PAGE 1 guliers serbes parce que ses défenseurs, affamés par dix mois de siège, étaient trop occupés à rechercher les vivres largués par les Américains.C’est du moins ce qu’affirme un responsable de la ville de Tuzla où, dit-il, près de 8000 réfugiés de Cerska, certains au bord de l’épuisement, sont arrivés depuis samedi dernier.«De nombreuses personnes, y compris des soldats, sont parties à la recherche des colis et c’est alors que Cerska est tombée», a expliqué Mirza Kuluglic, «ministre» de l’Information de Tuzla.Il a fourni son témoignage et une cassette vidéo à Reuter Télévision hier à Split, en Croatie.Mais un porte-parole de l’armée serbe bosniaque a démenti la chute de Cerska.«Les Serbes ne sont pas à Cerska.Nous serions ravis que ce soit le cas, mais ce n’est pas vrai», a déclaré le commandant Milenko flic, joint par téléphone à Vlasenica, à 35 km au sud de Cerska.Il a ajouté : «les Musulmans tiennent toujours Cerska, si nous l’avions prise nous l’aurions dit.À Washington, le porte-parole du département d’État a déclaré que des combats violents se déroulaient autour de Cerska, sans être en mesure de confirmer que la ville était tombée ax mains des Serbes.Les Etats-Unis ont soumis au Conseil de sécurité de l’ONU une déclaration appelant Musulmans et Serbes à cesser les combats dans l’est de la Bosnie, à laisser passer les convois humanitaires et à revenir à la table des négociations.L’ONU a organisé un convoi humanitaire pour tenter de passer à travers les lignes serbes et de porter secours aux milliers de Musulmans malades, blessés et assiégés dans Cerska.Près de 20 (XX) personnes, selon Radio-Sarajevo, tenteraient de fuir la ville.Ijus Serbes s’y livreraient au pillage et aux pires exactions.L’information n’a pas reçu de confirmation indépendante.Une douzaine de camions du HCR, chargés de couvertures, de matelas et de médicaments, attendaient hier soir du coté serbe de la frontière pour se rendre dans la localité de Konjevic Polje, où 1500 Musulmans ont fui l’avance serbe.Économisez jusqu'à 60$ par année Abaissez la température du thermostat de 22°C à 20°C quand vous êtes à la maison.CST ËCOKILO 333-KILO a
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