Le devoir, 11 février 1993, Cahier A
LE DEVOIR Vol.L X X X I V - N o 34 PERSPECTIVES Les Québécois ont peu de moyens pour soutenir leurs ambitions La vente de Provigo Un coup de maître Gérard B é r u bé D’un strict point de vue financier, la vente d’Univa (Provigo) à la banque d’affaires new-yorkaise Blackstone Capital Partners est un coup de maître de Bertin Nadeau qui, à défaut d’afficher des qualités d’épicier, fait valoir ses talents de financier.Acculé au pied du mur par un niveau d’endettement devenu brûlant et par des échéances de remboursement serrées, le holding propriétaire du géant de l’alimentation au Québec a réussi à créer une situation où, d’un strict point de vue financier, tout le monde gagne au Québec.Et, toujours d’un strict point de vue financier, Bertin Nadeau fait ressortir au grand jour le peu de moyens dont disposent les Québécois pour soutenir leurs ambitions.Même la puissante Caisse de dépôt pourra difficilement répondre aux appels des nationalistes économiques d’autant plus que l’autre actionnaire important, la famille Sobey avec 25% des actions en circulation, a qualifié le prix offert de raisonnable.La Caisse semble coincée.D’une part, elle ne peut détenir plus de 30% du droit de vote d’une entreprise.D’autre part, elle a encore fraîchement en mémoire la déconfiture du dossier Steinberg.Pour retenir Provigo, il lui faudrait injecter 825 millions$ dans l’aventure, avec ou sans l’aide d’un investisseur institutionnel, et dénicher un autre Michel Gaucher.Blackstone a su capitaliser sur cette plaie encore béante pour se lancer à l’assaut de Provigo.La mésaventure de la Caisse de dépôt dans le dossier Steinberg n’a pas impressionné les Américains quant aux capacités de l’institution à mener avec succès un LBO («acquisition par démen-tèlement»).En cédant son bloc de 26% dans Univa (Provigo), Unigesco reçoit la rondelette somme de 246 mil-lions$.Le gain en capital, net d’impôt, sur son placement dans Provigo atteindra 56 millions$.Du coup, la valeur comptable par action du holding passera de 3,17$ à plus de 5,25$.La moitié des 400 millions$ de dette d’Unigesco sera rayée, dont les 60 millions$ promis à un remboursement imminent.«Sans la vente de Provigo, Bertin Nadeau n’aurait pu convaincre ses banquiers de commettre davantage de fonds dans l’entreprise», insiste Michel Tessier, analyste chez Tassé & Associés.Il n'avait plus le choix.La Caisse de dépôt ne sera pas laissée pour compte non plus.En acceptant de céder son bloc de 13,5%, elle recevrait 176 millions$ et dégagerait un gain en capital d’environ 150 millions!?, qui s’ajoute à un dividende annuel atteignant 3 millions$ l’an dernier.C’est la différence entre un coût net inférieur à 1$ l’action, et l’acceptation d’un prix unitaire de 11$.Le risque de l’aventure Provigo est transféré aux Américains.Blackstone injecterait 300 millions$ en contrepartie d’une participation de 80% dans la nouvelle société devant chapeauter le géant québécois de l’alimentation.Unigesco et un autre partenaire y engageront 75 millions$ pour conserver un poids de 20%, et un droit de premier refus lors de la revente éventuelle des actions de Provigo détenues par l’actionnaire majoritaire.Si Unigesco s’est engagée à y commettre 40 mil-lions$, l’on s’accorde pour dire que la Caisse de dépôt sera tentée de combler la différence, ne serait-ce que pour veiller à la sauvegarde des intérêts nationaux.Blackstone, pour sa part, fait le pari qu’elle pourra revendre son placement à profits.Elle fait le pari qu’elle connait mieux l'entreprise que les autres investisseurs, que Provigo vaut plus que le prix dicté par le marché.Pour amplifier son rendement potentiel, elle n’hésiterait pas à recourir à l’effet de levier en recourant à un financement externe de 1,25 milliard$.Unigesco a réalisé sur Provigo un rendement de 30% sur sept ans, sans compter les dividendes.L’Américaine croit être en mesure de faire autant, sinon mieux en achetant Provigo au creux du marché, en plein marasme dans l’alimentation, à l’aube d’une reprise économique, dans l’attente des premières retombées de la rationalisation qui a conduit au démantèlement de la chaîne alimentaire Steinberg.L’action de Provigo n'a qu’à revenir à son sommet de 13$ au cours de la prochaine année et Blackstone pourrait empocher un rendement global, gain en capital et dividende, de 21%.Le calcul de Blackstone est simple.Provigo, même à 11$ l’action, double le rendement en dividende versé par les entreprises américaines comparables, un dividende qui pourrait croître de 35% d’ici à 1997.Elle paie environ 13 fois le bénéfice anticipé de Provigo, un bénéfice appelé à grossir, comparativement à un multiple moyen de 16,5 versé dans l’alimentation aux Etats-Unis.Le coussin est confortable.Le risque est calculé, Bertin Nadeau sauve sa peau, et le contrôle de Provigo est appelé à revenir au Québec, si la Caisse de dépôt accepte de verser la police d’assurance de 35 millions$.VOIR AUSSI: ¦ Parizeau demande à la Caisse de dépôt de montrer les dents.Page A-4 ¦ Claude Blanchet cherche une solution de rechange.Page A-5 INDEX Les Actualités .A2 Idées .A7 Agenda culturel .B7 Le Monde .B3 Annonces dansées.JH Montréal .A3 Avis publics.B2 Mots croisés.B2 Météo Culture .B8 Politique .Al Ensoleillé.Économie .A5 Société .Bl Max.: -10.Éditorial .A6 Les Sports .B6 Détails en B2 M O N T R É A I.1 K U I) I SOCIÉTÉ La nouvelle culture publicitaire PAGE B-l I I ?F É V R 1ER I !) 9 3 ACTUALITÉS La famille Kordic poursuit pour 1,8 millions PAGE A-2 T P S ti .1 c T V (J / T o r o n I u S 5 c MONTREAL Un super-scanner pour l'Institut de neurologie PAGE A-3 Des fonctionnaires dans le marché noir du renseignement confidentiel MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Les fichiers de renseignements personnels du gouvernement sont des paniers percés.Le vérificateur général a déjà mis en lumière les lacunes des systèmes de sécurité des banques de données.LE DEVOIR a pu expérimenter le marché noir du renseignement personnel, C’est, au Québec, un marché florissant Deux enquêteurs privés, complètement indépendants l’un de l’autre, ont accepté de collaborer avec nous.Et trois citoyens cobayes nous ont permis de faire enquête sur eux.Des fonctionnaires paient leurs informateurs avec des renseignements confidentiels.LE DEVOIR a tenté l’expérience.Ça marche.Nous avons fourni à nos deux enquêteurs le nom et le numéro d’assurance-sociale de nos cobayes.Quelques jours plus tard, ils nous ont communiqué l'adresse, le numéro de téléphone, la date de naissance de nos amis ainsi que, le cas échéant, lage des enfants, le montant des prestations d'aide sociale et d’assurance-chômage qui leur sont ou leur ont été versées et pendant combien de temps, le numéro d’aide sociale, le numéro de permis de conduire, le contenu du dossier conducteur (points d'inaptitude) détenu par la Société de l’assurance-automobile, le contenu de leur dossier à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).Nos cobayes nous ont certifié n’avoir jamais communiqué avec ces détectives et n’avoir fait l’objet d’aucune enquête dans leur entourage.VOIR PAGE A-8 : FONCTIONNAIRES msmt ,.t*gmKÊgÊÈÊ Assurance-chômage Si on laisse son job, vaut mieux habiter le Québec ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Les conseils arbitraux, où sont entendus les appels des décisions des fonctionnaires de l’assurance-chômage, sont trop généreux au Québec et donnent trop souvent raison aux citoyens qui se sentent lésés par la machine bureaucratique.C’est ce qu’estime la Commission de l’emploi et de l’immigration du Canada qui a commandé une étude en 1991, dont LE DEVOIR a obtenu copie, étude qui cherche à expliquer et à contrer ce phénomène au Québec.Devant les résultats de cette étude qui n’approfondissait que la situation au Québec, le gouvernement a commandé l’an dernier une autre étude, plus complète celle-là, sur l’ensemble du pays, qui portait sur la même question: les chances qu’ont les citoyens des différentes provinces de gagner leur cause en appel contre l’assurance-chômage, a confirmé hiçr un fonctionnaire.Intitulé Étude sur les appels accueillis au conseil arbitral, le document de 1991 démontre qu’il vaut mieux habiter au Québec que dans le reste du Canada quand on veut justifier l’abandon volontaire d’un emploi et éviter d’être privé de prestations pour une période de 7 à 12 semaines, mesure punitive actuelle que le bill C-105, une fois adopté, changera pour la perte de toute prestation.«La situation est la même au VOIR PAGE A-8 : JOB Les USA prêts à s’engager en Bosnie PHOTO AP Ces deux soldats croates traversent une place dangereuse dans la partie ouest de Sarajevo.Une auto épave peut servir de protection contre les francs tireurs, comme on le voit ici.Les Bosniaques pourraient connaître enfin un répit si le projet d’intervention sous couvert de l’OTAN et des Nations unies aboutit.Une opération de pacification pourrait voir le jour sous l'égide de l’OTAN et de l’ONU AFP, REUTER ET LE DEVOIR Les États-Unis sont désormais prêts à jouer du muscle dans les Balkans.Après les fortes tendances à la retenue des prédécesseurs républicains, voici venu le temps de l’interventionnisme US devant l’horreur sanglante de la Bosnie-Herzégovine.Le démocrate Bill Clinton a en effet déci- dé hier d’engager son pays, si nécessaire, dans une opération militaire de pacification en ex-Yougoslavie sous l’égide de l’OTAN et des Nations unies.Après avoir exprimé, au cours des dernières semaines, de fortes réserves sur le «plan de paix» des négociateurs Cyrus Vance et David Owen qui prévoit la division en dix provinces de la Bosnie-Herzégovine, les Etats-Unis se retournent et l’appuient dé- sormais comme base de référence d’un règlement du conflit.Ils servent un sévère avertissement à la Serbie, appelant à un resserrement des sanctions économiques contre Belgrade et à la création d’un «tribunal de guerre» chargé de statuer sur les crimes commis en Bosnie-Herzégovine, qui s’étalent depuis des mois dans la presse in- VOIR PAGE A-8 : BOSNIE Le débat sur l’assurance-chômage fait des remous Des dissidents très encombrants La discipline de parti pose un problème aigu aux conservateurs CHANTAL HÉBERT DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Symptôme de la tourmente politique engendrée par le débat sur le bill C-105 sur l’as-surance-chômage, des députés conservateurs du Québec sont allés jusqu’à réclamer que leur gouvernement montre la porte à leurs collègues dissidents.Selon des sources, l’hypothèse de bannir des banquettes des conservateurs les Jean-Pierre Blackburn, Guy St-Julien et autres qui entendraient voter contre le projet de loi de leur gouvernement en matière d’assurance-chômage a été évoquée au plus haut niveau du gouvernement ces derniers jours.Les pressions en ce sens, rapporte-t-on, émanaient d'autres députés du Québec, dépités de voir leurs collègues mettre le gouvernement sur la sellette.Elles sont devenues particulièrement fortes depuis que le député de Jonquière Jean-Pierre Blackburn a embarrassé les conservateurs la semaine dernière en votant avec l'opposition en faveur d’une motion blâmant le gouvernement pour le projet de loi C-105.Hier à l’occasion de la rencontre hebdomadaire Le député de Jonquière, Jean-Pierre Blackburn, risque d’être banni des rangs conservateurs avec ceux qui sont tentés de suivre sa dissidence.PHOTO ARCHIVES des députés conservateurs, le président du caucus du Québec André Harvey a réclamé des mesures punitives à l’égard des dissidents.«Quand c’est nous autres mêmes qui se tirent dedans, c’est pas bon pour un parti qui s’en va en élection.Le pire, c’est qu’ils parlent souvent en mon nom», s’impatientait publiquement hier le député montréalais Vincent Della Nocce au sujet des dissidents.Hier midi, devant son caucus au grand complet, Brian Mulroney a cependant exclu d’avoir recours à de telles sanctions pour faire rentrer les dissidents dans le rang.«Je ne prendrai pas une batte de baseball, ce n'est pas mon genre», aurait déclaré le premier ministre à ses troupes, selon des participants à la rencontre à huis clos.Mais, alors que le gouvernement prévoit saisir la Chambre des communes d’un projet de loi C-105 à peu près inchangé dès la semaine prochaine, le maintien de la discipline du parti pose un problème aigu pour les conservateurs.D'une part, au moins deux députés, Jean-Pierre Blackburn et Guy St-Julien, ne semblent pas devoir démordre de leur projet de voter contre le bill C-105 s’il n’est pas amendé.«S’ils veulent me mettre à la porte, qu’ils le fassent,» affirme le député d’Abitibi pour montrer la fermeté de ses inten- VOIR PAGE A-8 : DISSIDENTS «Je ne prendrai pas une batte de baseball», dit le premier ministre. LE DE V 0 1 R , .1 E U D I II F É V R I E R I !» !» R i \ 2 EN BREF UN CONSEILLER D’OKA AFFIRME AVOIR ÉTÉ CONFRONTÉ AVEC DES GENS ARMÉS (PC) — Un conseiller de la municipalité d’Oka a raconté hier au coroner Guy Gilbert avoir été confronté avec des gens armés les 1er et 2 mai 1990 et d’avoir fait l'objet de menaces au moment où il tentait de convaincre les Mohawks de démanteler les barricades en place depuis un mois et demi.Il a également confirmé une rumeur persistante voulant que la Sûreté du Québec (SQ) avait failli intervenir à Oka le 1er mai 1990 et que la présence nombreuse de journalistes avait joué un rôle déterminant.«Il a suffi que je quitte le cercle de discussions pour parler avec le notaire Luc Carbonneau pour qu'aussitôt sortent du bois quelques personnes dont une était armée», a affirmé le conseiller Gilles Landreville, hier à l’enquête du coroner portant sur la mort du caporal Marcel Lemay, de la Sûreté du Québec, survenue le 11 juillet 1990 à Oka.-«- LE CAS DE FERCLOUSI SERA RÉVISÉ (PC) — Le ministre de l’Immigration Bernard Valcourt révisera la cas d’une femme originaire du Bangladesh qui est sous le coup d’une ordonnance de déportation et dont l’époux est accusé d’agression à son endroit.La femme, identifiée par son seul prénom, Ferdousi, vit actuellement cachée dans un refuge pour femmes battues.Mardi, on lui a donné 30 jours pour quitter le Canada.D’ici là, nous aurons certainement décidé s’il y a lieu pour le ministre d’intervenir, a déclaré hier Justin de Beauchamp, pork parole du ministre Valcourt.Il a ajouté que le ministre s’attendait à devoir revoir ce cas.Ferdousi, qui a été mariée de force à l’âge de 11 ans, a affirmé aux audiences de la commission d’immigration qu’elle a été constamment battue par son époux, de 20 ans plus âgé.-?- SELON LES SYNDICATS, OTTAWA DOIT FORCER LA MAIN À NATIONAIR (PC) — Selon une coalition syndicale ad hoc, le gouvernement Mulroney doit placer le transporteur Nationair devant cette alternative: accepter le rapport de médiation sur le conflit de travail qui l’oppose à ses agents de bord, ou bien renoncer à ses contrats avec le ministère de la Défense.Intensifiant sa campagne contre Nationair, avec qui 450 agents de bord sont en conflit depuis 15 mois, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et la FTQ ont rappelé hier que cette entreprise assure depuis janvier 1991 le transport des militaires, grâce à un contrat de 30 millionsS, et quelle s’occupe maintenant du gardiennage de chasseurs F-18.Récemment, ont signalé en conférence de presse Judith Darcy et Fernand Daoust, présidents du SCFP et de la FTQ, le ministère de la Défense a confié à Technair Aviation, propriété de Nationair, sept appareils F-18.Ils sont gardés dans le hangar de Technair à Mirabel en attendant que la base de Bagotville, au Saguenay, puisse les recevoir; le rapatriement plus tôt que prévu des F-18 basés en Allemagne a forcé le ministère à les entreposer chez ce transporteur.-?- UNE FEMME D’AFFAIRES NOMMÉE VICE-PRÉSIDENTE D’UN COMITÉ SUR LA SITUATION DE LA FEMME (PC) — Une femme d’affaires de Trois-Rivières, Mme Diane Rioux, a été nommée vice-présidente du Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme pour l’Est du Canada.Le CCCSF est un organisme indépendant, financé par le gouvernement fédéral, et qui a pour rôle de le conseiller sur les questions relatives à la condition féminine.Mme Rioux dirigeait une entreprise de relations publiques à Trois-Rivières.Elle a aussi oeuvré dans le domaine du bénévolat, à la Société canadienne du cancer de Trois-Rivières et à la Société canadienne de la Croix-Rouge.-?- L’AUTOROUTE À PÉAGE RÉAPPARAÎT EN ONTARIO Brampton, Ont.(PC) — Le gouvernement ontarien utilisera le péage pour financer en partie la construction d’une nouvelle autoroute au nord de Toronto, a annoncé hier le premier ministre Bob Rae.Sans ces revenus, une Eortion importante de l’autoroute 407, qui reliera les ban-eues est et ouest de Toronto, «ne serait pas terminée avant au moins 20 ans», indique un communiqué du bureau du premier ministre.L’autoroute servira aussi à soulager la congestion sur la 401, une voie rapide qui traverse le centre de Toronto.Les postes de péage seront érigés sur la première portion de huit kilomètres de l’autoroute, dont la construction devrait être terminée en 1996.La méthode de collecte des droits de passage n’a pas encore été décidée.-«- LA MAISON DE L’AVENIR?Toronto (PC) — Un architecte torontois construit une maison autosuffisante qui pourra produire sa propre électricité, transformer ses déchets en compost, recueillir l’eau de pluie qui l’alimentera en eau potable et recycler ses eaux usées.L’habitation, conçue par Martin Liefhebber Architect Inc., sera en outre entièrement indépendante des services publics ou municipaux.«C’est la maison de l’avenir», a affirmé Chris Ives, ingénieur à la division de la recherche de la Société canadienne d’hypotheques et de logement.Cette conception avant-gardiste a été l’une des deux gagnantes du concours de design de la maison saine de la SCHL, l’an dernier, et figure parmi les innovations technologiques les plus modernes exposes cette semaine dans le cadre de la conférence annuelle de l’Association canadienne des constructeurs : d'habitations, à Toronto.«Cela a peut-être l’air un peu futuriste, voire impossible, et pourtant, toute la technologie requise pour la maison de Martin Liefhebber est déjà : disponible sur le marché», a ajouté M.Ives.La maison comporte, entre autres caractéristiques principales: ¦— 12 panneaux solaires installés sur le toit, qui transforment la chaleur solaire en courants électriques emmagasinés dans de grosses piles au sous-sol; un convertisseur |transforme ensuite l’énergie accumulée en courant de ; 110 volts; — un récipient a compost au sous-sol, qui produit, a partir des déchets, un pied cube d’engrais organique pour le jardin à tous les quatre ans environ; — une citerne extérieure recueillant la pluie et la neige, l’eau ainsi obtenue étant ensuite emmagasinée dans une .autre citerne plus vaste, d’une capacité de 20 000 litres, au sous-sol; de la chaux permet de neutraliser l’acidité engendrée par la pollution de l’air; — un poêle spécial permettant un chauffage additionnel, et pouvant aussi servir à faire la cuisine en cas de besoin.• Cependant, ce genre de maison ne fonctionnera pas si la famille qui l’habite continue d’utiliser d’importantes • quantités d’eau et d’électricité, prévient M.Ives.?LES ACTUALITÉS * Les ambulanciers et les villes de Québec et de l’Ancienne-Lorette mis en cause La famille de Kordic poursuit pour 1,8 million$ ANDRÉ BELLEMARK PRESSE CANADIENNE Québec — L’enquête du coroner sur les circonstances et les causes de la mort du hockeyeur John Kordic a connu un rebondissement aussi spectaculaire qu inattendu hier quand la famille de la victime a déposé une poursuite de 1,8 millions en Cour supérieure contre la ville de Québec, la ville de l’Ancienne-Lorette et la Corporation des ambulanciers du Québec métropolitain (CQM).«La vie de John Kordic aurait pu être facilement sauvée si les interventions avaient été plus adéquates et n’eut été d’un abus de droit de la part de la police», a commenté l’avocat des Kordic, Me Paul Bouchard, en faisant allusion à un des motifs de la poursuite.La routine dans laquelle était plongée l’enquête présidée par le coroner Gérald Locas, amorcée le 7 octobre dernier, a fait place au coup de théâtre lorsqu’en plein après-midi, l’avocat de la ville de l’Ancienne-Lorette, Me Claude Jean, a interrompu le contre-interrogatoire du policier Benoît Moisan pour faire part de cette action de la famille Kordic et demander un ajournement de l’au- dience.La requête de Me Jean a été refusée par le coroner qui a permis que le policier Moisan, qui était sur les lieux le 8 août 1992, au motel du boulevard Hamel, termine son témoignage de deux jours.La poursuite en dédommagement a suscité des commentaires de toute sorte à la fin de la séance d’hier, des commentaires faits sous l’effet de la surprise, surtout du moment choisi.«Nous allons contester vigoureusement cette poursuite et nous marquerons des points pour établir la bonne conduite des ambulanciers qui, d’après nous, ont agi selon les règles de l’art», a dit Me Gratien Boily, représentant la CQM.Pour sa part, Me Jean a affirmé que rien n’indique que les policiers de l’Ancienne-Lorette (et de Québec) aient commis une faute dans l’exercice de leurs devoirs.Quant à Me Denis Lavallée, procureur de la ville de Québec, il a qualifié de «ridiculement exagéré, compte tenu de la jurisprudence» le montant de 1,8 million réclamé par la famille Kordic.«Il ne faut pas oublier également que la ville de Qué- bec (par l’intermédiaire de ses policiers) ne joue qu’un rôle accessoire dans cette affaire puisque l’enquête du coroner porte principalement sur les soins que l’on a apportés (à John Kordic) », a ajouté l’avocat.La poursuite a été déposée par mesure de protection au Palais de jutice de Sherbrooke vendredi dernier, le 5 février, la date limite pour cette procédure selon la loi.Celle-ci prévoit en effet qu’une poursuite semblable doit être déposée au plus tard six mois après l’événement (Kordic est décédé le 8 août 1992).La famille Kordic dispose maintenant de 60 pours pour signifier officiellement la poursuite en dédommagement aux parties intimées.«Il est bien certain que la famille Kordic va aller de l’avant», a affirmé Me Bouchard.Au reproche de Me Lavallée d’avoir «agi en catimini», Me Bouchard a rétorqué, narquois, qu’il avait choisi le Palais de justice de Sherbrooke «parce que c’était plus rapide pour moi qui habite à Sherbrooke».La poursuite est inscrite au nom de Mme Regina Kordic, la mère de John, de son frère et de ses deux soeurs.Une de celles-ci, Toni, habite Lennoxville, en Estrie.LES PROBLEMES SOCIAUX DES AUTOCHTONES Protection des cours d’eau y*S:v«' |IÜ>HI ïi HWimii 1*.'.l’HOTO PRESSE CANADIENNE Plutôt que de créer un nouveau village pour les Inuit de Davis Inlet, plusieurs observateurs estiment que le gouvernement devrait offrir aux autochtones des outils pour qu’ils puissent se prendre en main.Le Canada compte plusieurs Davis Inlet PRESSE CANADIENNE Ottawa (PC) — Le gouvernement fédéral s'engage à participer à la construction d’un nouveau village pour les Inuit de Davis Inlet au Labrador.Mais nombreux sont ceux qui estiment que l’on doit plutôt donner aux communautés autochtones, en ébullition à travers le pays, les outils pour v qu’elles puissent se prendre en mains elles- LMO ciTuC?, y TC.WE^VETTS T> ?\ASTRE.OKi eST % V QOAVFE.?AST?,SS TOUR W ACVlOE K ¦ L’empire de Godzilla D====! écidément, les dinosaures sont de bien curieuses bestioles.Voilà 65 millions d’années qu’ils ont disparu de la surface de la ==^ terre et jamais ils n’ont été aussi présents.Nos écrans, la devanture de nos magasins de jouets, la une de nos magazines sont peuplés de leùrs silhouettes massives.Seraient-ils les détenteurs d’un secret?On pourrait le croire tant est grande l’agitation autour de leur souvenir en cette conclusion de millénaire où, dit-on, finira l’Histoire.Mais quel secret?La réponse se trouve sans doute dans la terreur originelle qu’inspirent leurs crocs acérés et le calme trompeur de leur masse qui, d’un coup, se hérisse.Pour combattre.Et tuer.Impitoyablement.Car telle est la loi de la vie.La redoutable fascination des godzilla et autres tyrannausurus rex de notre jeunesse se trouvait là, dans cet étalage de puissance aveugle et cruelle.La peur a toujours été un excellent moyen de dissuasion.Les états-majors des deux blocs qui, alors se partageaient le monde le savaient bien, eux dont la puissance de feu risquait par une simple pression du doigt, de nous faire basculer dans ces recommencements du monde.La terreur de l’un nourrissait l’autre: Godzilla n’est pas né dans le pays d’Hiroshima sans raisons.Les OVNIS et les Martiens qui soudain se sont mis alors à proliférer, ont la même origine.Leur nature androïde, Barthes et Jung nous l’ont démontré, n’était pas non plus innocente: il s’agissait de se rapprocher, d’humaniser le frère ennemi diabolisé, le communisme devant cette «autre» menace venue du ciel.«Chaque jour étonné tu reprends terre cette nuit n’était pas la dernière mais le brontosaure mais César FULVIO C A C C I A ?mais l’inca mais le Corbeau te guette monde mou.» ICBM, le poème de Paul-Marie Lapointe évoque magnifiquement — en convoquant âges et continents — la terreur banalisée de ce moment.Aujourd’hui les conditions politiques ont apparemment changé.Le Mur de Berlin, il est vrai, s’est effondré.De l’équilibre de la terreur nous sommes passés au déséquilibre des terreurs.De la social-démocratie et du libéralisme à l’écologie et à la pensée politiquement correcte.Quoi d’étonnant si ces horrifiantes bêtes à crocs et à cornes câlinent désormais.comme de gros chats.Dinotopia de l’illustrateur James Gurney nous en donne un bel aperçu.Cet album illustré qui cartonne avec des ventes américaines de 400 000 copies, nous dépeint les dinosaures sous les traits du meilleur ami de l’homme.Une île aux vagues splendeurs orientales accueille ces retrouvailles.Le monstre de jadis est devenu bête d’apparat et de locomotion.Mieux, il est devenu familier comme nos machines.Exit la terreur de l’enfance.Vive les charmes bourgeois d’un gentil Quetzalçoatlus en animal de compagnie.L’Etanger est ainsi domestiqué, réduit à la fonction utilitaire d’une humanité qui contrôle tout, banalise tout, même le monstrueux.«Brave Brontosaure!» aurait pu s’exclamer le pantéologue Stephen Jay Gould dont le livre du même nom est traduit en plusieurs langues.Ainsi l’humanité se réconcilie avec cette proto-histoire épeurante qui lui pendait au nez chaque fois qu’un puissant de la terre s’approchait de trop près de la chambre des boutons.Mais cette époque est-elle réellement révolue?Chassez le naturel, il revient au galop.Telle est la leçon que nous assènera à coups de milliards et d’effets spéciaux Steven Spielberg dans son futur film Jurassic Park dont la sortie, prévue pour juin, sera à ne pas en douter le point d’orgue de ce festival médiatique de dinos sympathiques.Cette adaptation du best-seller de Michaël Crichton met en scène un scientifique qui reconstitue des dinosaures en éprouvettes, à partir de l’ADN de fossiles.Son succès se transformera, capitalisme oblige, en lucratif parc d’attraction pour touristes en mal d’émotions fortes.Mais là encore la nature reprendra ses droits et les gentils dinosaures, leur liberté meurtrière.La revoilà donc, cette terreur qu’on avait cru oubliée.Elle retourne, amplifiée, décuplée par la science, surgissant désormais du coeur infinitésimal de la vie: le génome.A l’heure du débat éthique sur l’eugénisme et de la purification ethnique, le message ne saurait être plus clair.Ce rousseau isme convenu témoigne d’une civilisation en désarroi qui ne peut se représenter le monde qu’à travers les terreurs que lui inspire sa complexité.Triste constat qui renvoie chacun à son irréductible nature et prépare le terrain au Nouvel Ordre idéologique mondial où les plus forts n’accepteront d’aider les plus faibles que si leur intérêt politique et économique s’en trouve justifié.A PROPOS -?- .de la vie privée Au risque de pasticher une étude récente, les citoyens ne veulent pas, n’acceptent pas de voir leur «identité piratée».Juste retour des choses ou évolution inéluctable?L’anonymat de la vie urbaine et la déshumanisation de la technique incitent à une incessante recherche d’autonomie dans tous les domaines de l’existence.Ce n’est ni le temps, ni le lieu de raffiner des «distingues» entre secteurs public et privé en ce qui concerne la protection jalouse de l’intimité, de cette sphère précieuse mais fragile que définit la notion de vie privée.C’est là que se situe le sens profond du projet de législation que le ministre des Communications entend déposer sous peu, à l’Assemblée nationale en vue d’assurer, dans le vaste secteur privé, la protection des renseignements personnels.Iâi Commission ne saurait trop encourager le gouvernement et l’Assemblée nationale à l’engager dans cette voie.Certes, le Québec deviendrait ainsi le premier lieu en Amérique du Nord où seraient intégralement protégés, les renseignements personnels.En franchissant ce pas, on achèverait l’édification du modèle québécois.Mais, trêve de chauvinisme à fleur de peau.Ce n’est pas là que devrait résider la réelle fierté du gouvernement, des législateurs: ce nouveau pari exprimerait ouvertement leur profond respect de la société civile et leur attachement à l’idéal démocratique.Assurer d’une protection jalouse cette dimension de la vie privée que cernent les renseigements personnels, c’est donner un gage concret au pari de la liberté qui fonde la démocratie.C’est souscrire au dessin original de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.Un passé éloquent, un avenir à protéger Rapport sur la mise en oeuvre de la Ijoi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels LE DEVOIR PONDE PAR E N R I B 0 ü R A S S A 'LE 0 JANVIER I » I 0 Directrice USE BISS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÛTEAUX Directeur délégué à l'administration ANDRÉ LECLERC Directeur de l’information BENOÎT AUBIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, R0CH CÔTÉ Rédacteur en chef adjoint JEAN ROBERT SANSFAÇON Directenr des publications spéciales GUY DESHAIES F.A I S CE QUE DOIS LL' DEVOIR.JEUDI 11 FÉVRIER 199 3 IDÉES L'édition revue et corrigée V A quand une politique du livre qui soutienne les artistes et non pas une industrie de bureaucrates?* * # * ê •• - • .i Swm .•*Vi .-.wy/ iSiCaS •v* •• •«/ THE NEW YORK TIMES 4$$ » iS iü Un projet en voie de développement «sauvage»?Les HEC construiront ur\ pavillon dans un boisé de grande valeur patrimoniale FRANÇOIS LANDRY Étudiant au doctorat Université de Sherbrooke 'est un secret de polichinelle: les éditeurs du Québec freinent leur production.La débâcle économique et les taxes dont on éreinte le fragile livre québécois affectent certes éditeurs et libraires, mais il faudrait aussi s’interroger sur la situation de nos auteurs.Est-il pertinent de publier prioritairement au Québec?Ls éditeurs ont-ils rendu aux écrivains la part qui leur revenait?L’éditeur, tel qu’on le rencontre de nos jours et que le sens commun admet désormais comme l’incontournable partenaire de l’auteur dans son processus de publication, apparaît au Québec à la fin du siècle dernier.Jusque-là, l’insignifiance du marché ne justifiait pas d’autre médiation que celle de l’écrivain à son imprimeur, chacun cumulant des tâches en théorie assumées par l’éditeur d’aujourd’hui.L’autoédition et le compte d’auteur constituaient donc les seules avenues de publication.Comment ce nouvel agent, l’éditeur, s’est-il glissé dans le tableau?Par l’extension artificielle du marché ou autrement dit, par l’imposition de la littérature québécoise à un nouveau lectorat En 1875, le ministère de l’Instruc-1 fion publique, forme larvée de notre actuel ministère de l’Éducation, désireux de stimuler la fibre patriotique des Canadiens, confiait à l’abbé Henri-Raymond Casgrain la responsabilité de procéder à la sélection d’oeuvres qu’achèterait le Secrétariat de la province pour les distribuer aux élèves comme prix académiques.Et l'éditeur fut.Casgrain contacta des auteurs, élabora un catalogue, fit imprimer les oeuvres retenues, veilla à leur révision, bref s’interposa entre l’écrivain et son «public».Ainsi, l’éditeur apparut au Québec au moment précis où des subventions lui furent consenties, multipliant par 10 les tirages habituels.Détail important: jamais les auteurs ne reçurent de compensations monétaires pour leur travail, un labeur qui permit pourtant à l’abbé Casgrain de faire d’excellentes affaires et de beaucoup voyager.Cette entorse devint immédiatement une tradition.Car il semble toujours bel et bien reconnu que le bénéfice d’une publication suffise à récompenser l'écrivain.En principe, une triple articulation définit l’acte d’édition.L’éditeur risque; l’éditeur se responsabilise; l’éditeur représente.En d’autres termes, il assume économiquement et juridiquement les conséquences de ses choix.La prétendue logique de notre économie de marché exige que l’investisseur — qu’il s’agisse de Uvres ou de tout autre produit de consommation — provoque une demande ajustée à son offre, conquière un marché, soumette des produits dont la consommation consacrera la qualité.Sans qualité, pas de demande; pas de demande, pas d’entreprise, entend-on souvent Or, il est de notoriété semi-publique que nos éditeurs littéraires ne doivent leur succès qu’à l’exploitation d’un dysfonctionnement spécifique à la conjoncture du Québec.Une enquête de ['UNESCO (1966) révélait que le marché de l’édition ne saurait survivre au coeur d’une population de moins de 12 millions d’habitants.Les subventions, indispensables donc au sain dé- veloppement de la littérature, pallient cette carence.Mais nos éditeurs ont confondu les fins et les moyens.Ils raflent les subventions, couvrent pratiquement leurs frais avant la mise en vente des livres puis abandonnent à son sort la production qu’ils défendent en principe.Résultat?Après les laudations d’usage (critiques circonstancielles, publicités de lancement, consignation de trois mois en librairie), les livres échouent dans les entrepôts où ils deviennent vite encombrants.C’est pourquoi on pilonne les livres («Papier-déchiqueteurs» dans les pages jaunes), parfois sans autorisation de l’auteur.Cette solution est la plus imaginative et la moins onéreuse qu’aient dénichée ces agents pourtant responsables de la diffusion de la culture dans un mar-çhé déjà sous-alimenté.A qui profite cette frime culturelle?A l’auteur?Allons donc! A quoi rime, au juste, cette dilapidation de fonds publics?Ces dépenses gouvernementales soutiennent-elles la propagation de la lecture?Assurément non.Il n’existerait pas de grand public pour les oeuvres québécoises.En tout cas les «stratégies» de l’éditeur sont impuissantes à se le rallier.D’ailleurs les principaux interlocuteurs de nos marchands de culture ne sont pas les consommateurs ni les auteurs mais le Conseil des Arts du Canada et le ministère des Affaires culturelles, qui injectent des fonds en édition et création.Ces structures salvatrices donnent lieu à des jeux de coulisses que dérobent à l’analyse certains atavismes mystifiants (désincarnation du Beau, gratuité de l’Art, mépris des considérations matérielles.).Faut-il voir dans le traditionnel hiatus art/subsistance la principale raison du mutisme des écrivains et plus encore de leur organisme de représentation, l’UNEQ, vis-à-vis d’une situation aussi consternante?Comme toute institution sclérosée, celle de la littérature québécoise est traversée de trafics d’influence, de conflits d’intérêts, de chantages à peine déguisés, de petits régimes de terreur, d’anathèmes rien moins que métaphysiques.Qui contrôle les jurys?Qui contrôle la critique?Qui a le pouvoir de faire et défaire les réputations?Les auteurs ont eux-mêmes accès à des bourses de création.D faudrait ici longuement disserter sur l’indéniable force politique d’une certaine génération d’écrivains très bien placés, vivant dans la sécurité des emplois perma-ments (cégeps, universités, médias).Comme quoi il est des littéraires qui savent mépriser les contingences ma- térielles dans un relatif confort et qui décrochent plus souvent qu’à leur tour les timbales subsidiaires.Ces représentants de ^establishment littéraire d’avant-garde» sont si affables qu’ils ont des amis partout Vous voulez écrire?Ils gagnent des prix, siègent aux jurys, «militent» activement à l’UNEQ, écrivent beaucoup et une génération d’étudiants a acheté leurs bouquins.Ils diront ensuite que leur écriture se moque des compromis esthétiques et ignore la démagogie.Clôture du circuit Vous voulez écrire?Cette activité s’adresse aux bien-nantis, aux yuppies, aux BCBG, aux retraités, ou aux jeunes idéalistes que les réalités auront tôt fait de décevoir.Les droits d’auteur rapportent 10 % sur les ventes au détail.Généralement les tirages initiaux d’un roman au coût moyen de 20 $ oscillent autour des 1500 exemplaires.Lorsque les trois quarts sont déchiquetés pour cause de mévente, échappant de la sorte au barème de calcul des droits d’auteur, on comprend mieux pourquoi de plus en plus de véritables écrivains, écoeurés de mourir de faim pendant que l’éditeur joue au golf en Floride, abandonnent la partie et deviennent n’importe quoi d’autre.ou publient en France.À quand une politique qui soutiendra, non plus une industrie de bureaucrates pour qui la culture se résume à des bilans annuels, mais les artistes, s’il en reste?FRANÇOIS VERMETTE Géographe près avoir envisagé et A abandonné l’idée ,d’un agrandissement, l’École de Hautes Études Commerciales entreprendra ik=J bientôt la construction d’un tout nouveau pavillon.Voulant conserver une localisation à proximité du campus de l’Université de Montréal, l’École se trouvait limitée dans les choix de terrains disponibles.Après de longues négociations avec le collège Brébeuf pour l’achat de son terrain de football faisant front sur le chemin de la côte Sainte-Catherine, HEC dut se contenter d’un terrain perpendiculaire à une voie de circulation et adjacent à la faculté d’aménagement.Tout serait bien si ce terrain n’était recouvert à demi d’un boisé d’une grande valeur.Le boisé du collège Brébeuf est donc en grand danger.Appartenant à la forêt du mont Royal par sa formation, il est une relique d’un autre âge, d’un temps où les grandes institutions du savoir, de la santé et du sacré ont envahi les flancs de la montagne.Ces grandes institutions s’entouraient de domaines partiellement boisés, chasses gardées fermées au public.Des grands domaines boisés de ce secteur il est le seul à avoir traversé le temps dans sa quasi-intégrité.De grande qualité, il surprend par son relief qui nous rappelle que nous sommes aux abords du mont Royal.Ce micro-relief tout en petites bosses, en creux et en affleurements rocheux, a disparu ailleurs sous l’urbanisation du secteur, mais est encore très visible à cet endroit.Avec le mont Royal Hunting Club laissé à l’abandon par l’hôpital Sainte-Justine, il rappelle que ce secteur fut une forêt sauvage et giboyeuse.Dans une étude de l’École d’architecture de paysage datée d’avril 1991 et commandée par HEC, les auteurs reconnaissaient que le boisé, compte tenu de sa situation géographique et du contexte urbanistique, a une grande valeur patrimoniale et que celui-ci est associé au mont Royal.Contrairement au couvert boisé du campus de l’Université de Montréal qui est en constante régression depuis 1955, le boisé de Brébeuf est, quant à lui, resté relativement stable.Pour tenter de préserver au maximum cette intégrité du boisé, les auteurs suggéraient de proscrire la construction au centre de celui-ci.Cette préservation du coeur du boisé permettait d’unifier dans un espace ouvert au public, le collège Brébeuf, le futur pavillon de HEC et la faculté d’aménagement.La préservation de l’intégrité du boisé était préconisée nonobstant sa valeur écologique.En effet l’étude écologique donnait des résultats mitigés sur la valeur du boisé mais déclarait que tout groupement d’arbres constitué d’espèces dites nobles avait en milieu urbain une grande valeur au plan environnemental.De même en conclusion les auteurs allaient plus loin et suggéraient de conserver le boisé comme un vestige de la forêt du mont Royal.Le site du patrimoine, le règlement sur la coupe des arbres et la reconnaissance par des experts de la valeur du boisé nous amenaient à penser que le projet HEC respecterait cette intégrité du boisé.Il n’en est rien.HEC a bien tenté d’acheter le terrain en front de la côte Sainte-Catherine, ce qui lui aurait permis de conserver le boisé, mais n’ayant pu obtenir cette concession du collège Brébeuf, elle a opté pour la construction dans le boisé.Conscients de cette profanation, les promoteurs se sont lancés dans une opération charme tentant de rallier les uns avec un stationnement minimal, axant leur développement sur un lien avec le métro, les autres en alléguant que le bâtiment ne coupera que 18 arbres et que le reste du boisé sera protégé et accessible au public.L’opposition qui pourrait venir de la faculté d’aménagement est désamorcée par le fait que son doyen présidait le jury pour le choix de l’architecte et qu’il contribue maintenant à vendre le projet.Le projet chemine depuis mai 1989 à la Ville de Montréal, le terrain est acheté depuis le printemps 1992; les architectes retenus, une esquisse assez avancée circule de^ puis octobre 1992 qui est celle qui sera (peut-être l’est-elle déjà) présentée au comité exécutif et au comité consultatif.Or, la Ville ne semble pas avoir envoyé de signaux aux promoteurs pour leur indiquer l’impertinence de détruire le boisé; rien n’a encore été vraiment rendu public et le passage au CCA ne se fera qu’en mars 1993.Les promoteurs (chez HEC c’est le responsable du projet, M.Lacombe, qui nous a précisé l’échéancier lors d’une présentation du projet au profit des Amis de la Montagne) veulent lever la première pelletée de terre en mai 1993.Ce délai d’un mois est beaucoup trop court pour que le projet puisse être modifié de quelque façon que ce soit.Les solutions existent pourtant et l’ultimatum de HEC de transporter son projet à Laval, où on lui a offert gracieusement des terrains, si on lui met des bâtons dans les roues, est d’une bassesse qui surprend chez cette institution qui disait vouloir donner l’exemple.La concertation que l’on nous sert à toutes les sauces jusqu’au commercial à la télé fut complètement absente du processus.HEC a agi en solo négociant avec l’un et avec l’autre.Encore une fois on veut nous mettre devant le choix entre le développement sauvage ou rien du tout, encore une fois le patrimoine devra être sacrifié pour qu’un projet voie le jour.N’avons-nous fait aucun progrès en vingt ans?DU DEVOIR Le Zaïre sur un volcan Mais les politiciens refusent l’éventualité d’une famine à la somalienne HEUDONNÉ MUNYAGA KAHOZI LUCIEN MANDJANDJA NAKI Militants du Rassemblement katangais u Zaire de Mobutu, la crise économique A se fait sentir partout et les prévisions sont très sombres.La plupart des politicologues sont d'accord que le Zaire est sur un volcan, mais ils ne veulent pas accep- .ter l’éventualité d'une guerre civile et une famine comme celle de la Somalie, même avec Mo-bu(u à la tête de ce pays., À Gbadolite «le Versailles zaïrois» ou à bord de Son yacht, Mobutu rit dans sa barbe, en lisant les nouvelles en provenance de la Conférence nationale qui a fait le constat qu’il demeure toujours le «Guide de la Nation», le seul garant de la nation, responsable de la défense nationale, de la sécurité du territoire, de la politique extérieure et inférieure (Article ;4 de la Constitution de transition).Les ambassades occidentales à Kinshsa ne sont lias loin de partager l’analyse de monseigneur durent Monsengwo le président de la conférence nationale souveraine.Mobutu est «incontournable», c’est un «mal nécessaire pour préserver l'unité du pays», l'expression revient souvent dans les conversations et les discours officieux des Zaïrois.Le spectre du Katanga, des trois guerres du Shaba et de l’éclatement de cet immense pays, fait frémir la grande majorité des Kinois en général et plus d’un analyste à Bruxelles, Paris ou Washington en particulier.En plus, les diplomates occidentaux basés à Kinshasa continuent à considérer Mobutu comme le seul interlocuteur valable de préserver leurs perpétuels intérêts (cuivre, cobalt.) au Zaïre.Fort de ce soutien, Mobutu n’est plus pressé de faire ses valises.La troisième voie La grande victoire de Mobutu jusqu’ici est l’échec cuisant de l’opposition zaïroise de le faire partir du pouvoir comme ses congénères Kaunda, Sassou-Nguesso, Ziyad Barre.Tshisekedi et son Union sacrée, les vétérans Gizenga, Kamitatu, Kanza, Ileo., ont échoué épouvantablement de mettre Mobutu hors de nuire.la vieille classe politique zaïroise est usée.Il faut du sang neuf pour réorganiser l’opposition et surtout envoyer tous les anciens partenaires du mobutisme à la retraite.Entre les dinosaures de l'union sacrée et ceux de la mouvance présidentielle, seule la troisième voie reste possible pour sortir le Zaïre de la présente crise.Et les jeunes qui ne sont pas les créatures de Mobutu, comme 95 % des politiciens qui participent aux travaux de la conférence nationale, constituent cet espoir.Le Zaïre a besoin de jeunes leaders qui n’ont jamais goûté à la potion mobutienne, et surtout de petits leaders qui doivent féconder la masse du peuple, l’éveiller à la réalité, lui montrer comment sortir de la pauvreté, de l’ignorance et la misère.C’est l’absence de petits leaders qui enfante déjà d’autres dictateurs au Zaïre et qui ouvre en plus la voie à de soi-disant «vrais opposants», «grands hommes», à de soi-disant «Moïse, grands héros», que l’on nous impose d’admirer, de vénérer et de suivre comme des moutons par l’entremise de cette mascarade de la «conférence nationale souveraine».Les Zaïrois ne peuvent prétendre ignorer les causes qui les empêchent de chasser Mobutu de la présidence de leur pays.Si Mobutu est encore président du Zaïre, c’est parce que lçs problèmes qui ont été à l’origine de son coup d’État, le 24 novembre 1965, restent entiers.Et surtout la plupart de ceux qui l'ont aidé à le faire, et à conserver ledit pouvoir en lui taillant une constitution à sa mesure sont presque tous à la tête de l’union sacrée fia grande coalition de l’opposition à la conférence nationale).Il faut dire à Mobutu et à tous ses anciens amis: «Vous avez manqué le grand rendez-vous avec le MPR (Mouvement Populaire de la Révolution), il est grand temps de laisser la place à l'autre génération, bien sûr celle de vos enfants.» L’ÉQUIPE LA RÉDACTION Journalistes : à l’information générale et métropolitaine : Claude Beauregard, Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Pierre Cayouette, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur, LouisGuy L’Heureux, Caroline Montpetit, Bernard Monder, Isabelle Paré, Laurent Soumis, Guy Taillefer, Danny Vear, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l'information culturelle: Michel Bélair (responsable), Roland-Yves Carignan, Paule Des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay (Le Plaisir des livres); à l'information économique : Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Catherine Leconte, Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l’information internationale : François Brousseau (éditorialiste et responsable), Jocelyn Coulon, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l’Information politique : Josée Boileau, Jean Dion, Pierre O'Neill, Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire d Québec), Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa); Serge Chapleau (caricaturiste); à l’information sportive : Yves d'Avignon; Suzanne Marchand (adjointe à la direction), Marie-Josée Hudon, Jean Sébastien (commis), Danielle Cantara, Christiane Vaillant (clavistes), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction), Isabelle Baril (secrétaire à la direction).LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Sylvie Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBUCfTÉ Jacqueline Avril, Brigitte Clouder, Francine Gingras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix, Christiane Legault, LiseMajor (publicitaires); Marie-France Turgeon, Micheline Turgeon (maquettistes); Gloria Taillon (secrétaire).L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Marie-France Légaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thériault (adjointe à l’administration), Raymonde Guay (responsable du financement privé).LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTELE Christianne Benjamin (directrice), Monique Corbeil (adjointe), Nathalie Thabet (responsable du marché institutionnel), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Olivier Zuida, Rachelle Leclerc-Venne, Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aus promotions des abonnements), Louise Paquette.LA PRODUCTION Robert McDougall (directeur des systèmes informatiques et de la production), Johanne Brunet, Lynda Di Cesare, Richard DesCormiers, Michael Schneider, Louis Simoneau.LES ANNONCES CLASSÉES ET LÉS AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Manon Blanchette, Serge César, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Josée Lapointe, Sylvie Laporte, Jean Laurin, Pierrette Rousseau.Micheline Ruelland.Nos éditeurs raflent les subventions, couvrent pratiquement leurs frais avant la mise en vente des livres, puis abandonnent la production.Le boisé du collège Brébeuf est en danger.Appartenant à la forêt du mont Royal, il est une relique d’un temps où les grandes institutions ont envahi les flancs de la montagne.L’ultimatum des HEC de transporter leur projet à Laval est d’une bassesse qui surprend chez cette institution qui voulait donner l’exemple. 1.E I) K V Dili, .1 E U I) I II F Ê V R 1ER I !) !) 3 A 8 —-* LE DEVOIR ?— ACTUALITES FONCTIONNAIRES De Vargent, parfois.merits personnels sur des chômeurs à un ami détective Don du Canada à la Russie Canada ¦r » ¦ a- w w & ifift rnSimmmStmmtSSLmjtkmJÊ^mJÊk I PHOTO Al LES AILES DE LA VIE Un cargo Boeing 707 des Forces années canadiennes a livré hier à Kirov, en Russie, une cargaison de fournitures médicales et chirurgicales attendue désespérément par les hôpitaux soviétiques pour enfants.Cinq centres hospitaliers du pays bénéficieront ainsi du matériel donné par le gouvernement canadien et distribué par la Croix-Rouge.À droite, l’infirmière Sofia Balabanova pose devant le précieux arrivage qui permettra de sauver des vies à l’Hôpital des maladies infectieuses de Kirov.DISSIDENTS Une certaine impatience SUITE DE LA PAGE 1 Ces renseignements ont été recueillis au sein du gouvernement Lorsque nos deux Sherlock Holmes ont fait leur rapport, nous leur avons proposé de couvrir leurs frais.Nous imaginions que leurs contacts leur fournissaient ces renseignements contre rémunération.Mais il n’en était rien.Des fonctionnaires fournissent en effet gracieusement des renseignements confidentiels à des enquêteurs privés, en échange de leur collaboration.L’un de nos deux détective privés a quelques contacts au service des enquêtes de l’aide sociale.Ces contacts, dit-il, lui fournissent le contenu de dossiers de bénéficiaires dont ses clients, des avocats généralement, cherchent à retrouver la trace.En échange, il leur promet de leur fournir des informations sur des assistés sociaux qui font l’objet d’une enquête pour fraude.S’il apprend qu’un assisté social travaille au noir, par exemple, il le dénonce.Cet enquêteur privé a déjà été .employé du Bureau de crédit de Montréal (Equifax).A ce titre, il communiquait souvent à ses contacts au sein du gouvernement la fiche de crédit d’un contribuable soupçonné de fraude.C’est ainsi qu’il récompensait se$ informateurs.En retour, ces commis de l’Etat rémunéraient leur clandestin collaborateur avec des renseignements personnels appartenant à d’honnêtes citoyens qui s’attendent à la confidentialité.Le second détective qui a collaboré avec nous corro-borre sans hésitation cette version des faits., «J’aide des fonctionnaires à faire leur travail», dit-il tout bonnement.Il affirme servir parfois d’intermédiaire pour un fonctionnaire de l’aide sociale qui voudrait vérifier une information sur un bénéficiaire que possède la CSST.Des fonctionnaires préfèrent cependant agir contre espèces sonnantes et trébuchantes et arrondir leurs fins de mois en acceptant quelques billets sous la table.L’une de nos sources relate le cas d’un enquêteur de l’aide sociale qui fournissait de 75 à 100 dossiers d’assistés sociaux par jour à un collègue du bureau de crédit.11 recevait en retour 1$ par dossier.D’autres acceptent pour leurs bons services une bouteille de cognac à Noël.Ces liaisons dangereuses existent dans à peu près tous les organismes publics détenteurs de fichiers importants.La Sûreté du Québec et son Centre de renseignement policier, à Parthenais, n’y échappent pas, selon nos sources.Dans son bulletin d’information confidentiel de décembre 1991, le Centre admet candidement devoir «malheureusement déplorer plusieurs bris de sécurité au niveau de l’aspect confidentiel des informations contenues au CRPQ».Il arrive que des fonctionnaires se font prendre à ce petit jeu.Et lorsque c’est le cas, la justice ne s’acharne pas sur le sort du coupable.Un fonctionnaire de l’assurance-chômage a été reconnu coupable en décembre dernier d’avoir vendu (20$ pièce, pour un magot d’au moins 2000$), des renseigne- temationale.«Notre conscience se révolte à l’idée d’accepter passivement une telle brutalité», a lancé hier le secrétaire d’Etat américain Warren Christopher.Le chef de la diplomatie américaine a annoncé du même souffle que «le président Clinton estime qu’il est temps pour les Etats-Unis de s’engager activement et directement dans les démarches multilatérales qui ont pour but un règlement juste et réalisable à ce dangereux conflit».«Nous sommes prêts à employer notre puissance militaire pour faire respecter un tel accord si nécessaire.J’espère que nous n’aurons pas à en arriver là», a ajouté W- Christopher.Ce dernier a aussi annoncé que les Etats-Unis nommaient le diplomate Reginald Bartholomew, actuellement ambassadeur des Etats-Unis à l’OTAN, pour épauler Cyrus Vance et David Owen, coprésidents de la Conférence de paix sur l’ex-Yougoslavie.Plan en six points Le plan en six points des Etats-Unis pour la Bosnie-Herzégovine est le suivant: ¦ participation américaine aux négociations Vance-Owen; ¦ participation américaine à la mise en oeuvre d’un accord, s’il est accepté par l’ensemble des parties; ¦ participation américaine à une opération militaire avec les Nations unies et l’OTAN si elle s’avérait nécessaire; ¦ renforcement des sanctions économiques contre la Serbie; D'APRES PRESSE CANADIENNE i .Le chef du Bloc québécois Lucien Bouchard dénonce le double standard qui existe entre les blâmes qui ont été portés contre Jean Chrétien et contre Jacques Parizeau pour leurs déclarations traitant des communautés culturelles.M.Bouchard assistait hier soir à la première assemblée d’investiture du Bloc québécois dans la circonscription d’Ahuntsic, a Montréal où Michel Daviault a été désigné comme candidat.| Interrogé par les journalistes, à cette occasion, M.i Bouchard s’est élevé contre cette politique du deux ] poids deux mesures dans le traitement des deux événements survenus récemment Le chef libéral fédéral Jean Chrétien a eu a défendre son chef de cabinet Jean Pelletier, ancien maire de Québec, qui i a découragé un aspirant candidat de race noire à se présen-i ter à l’investiture libérale, sous prétexte que les gens de Québec n’étaient pas prêts à élire un candidat noir.Jacques Parizeau, quant a lui, a été blâmé par tout un regroupement d’organismes représentant des communautés culturelles, parce qu’il avait affirmé que statisti-i quement, les Québécois de souche pourraient faire la 1 souveraineté du Québec sans obtenir l’appui des ado- ptive.Le tribunal lui a accordé une libération conditionnelle à up don de 500$ à la Société canadienne du cancer.A la suite d’un reportage du journaliste Normand Lester à Radio-Canada en octobre dernier, faisant état d’un trafic semblable à l’aide sociale, le ministère de la Main-ci oeuvre et de la Sécurité du revenu a suspendu de ses fonctions un de ses employés pour la durée d’une enquête qui est en cours à la Sûreté du Québec.La porte-parole du ministre André Bourbeau affirme qu’il s’agit d’un «cas isolé», que les systèmes d’information du ministère sont «à toute épreuve» à cet égard.Les employés signent un engagement de confidentialité, dit-elle.Ce n’était pas la première fois que ce ministère était mis en cause pour bris de confidentialité.En 1988, le ministre Pierre Paradis avait dû déclencher une enquête policière sur un trafic de renseignements.Deux fonctionnaires avaient été poursuivis en justice.Le président de la Commission d’accès à l’information, M.Paul-André Comeau, est conscient de l’existence de ce marché noir.«On peut promettre la confidentialité, dit-il en entrevue.Mais on ne pourra jamais promettre qu’il n’y aura jamais de fraude.Parce que c’est une composante de la nature humaine.» Si la technologie «amplifie le risque», M.Comeau rappelle que «les dossiers de papier circulaient, traînaient et se vendaient».Il note toutefois qu’avec,le développement des technologies de l’information, les Etats se sont dotés de lois pour protéger la vie privée.Le gouvernement du Québec, dit-il, «a décidé de se morigéner lui-même», en 1982, en se dotant d’une loi à cette fin, qui n’existait pas avant l'informatique.Le problème, ajoute M.Comeau, c’est que les organismes opèrent sans filet.Il donne l’exemple de la CSST où on a découvert que les 2000 employés ont accès au fichier d’un bénéficiaire.Les consultations ne sont pas enregistrées.De sorte qu’il est impossible de repérer la source d’une fuite.L’organisme doit, d’ici 1996, modifier son système pour pallier cette lacune.Dans ses deux derniers rapports annuels, le vérificateur général du Québec, M.Guy Breton, identifie de nombreuses lacunes à la sécurité des systèmes informatiques.«Il n’y a pas de préoccupation quotidienne pour la sécurité, dit-il en entrevue.Tout le monde n’est pas convaincu de la nécessité de protéger l’information.Il s’est établi une confiance que ça va bien, que ces machines s’autocontrôlent et qu'on ne devrait pas s’énerver avec ça» De manière générale, M.Breton observe que les gens ne sont pas assez prudents avec les mots de passe et les codes qui leur donnent accès aux systèmes.«Les gens se les prêtent», dit-il, ou alors ils conservent le même durant des années.«Tout le monde sait que le mot de passe du collègue, c’est le nom de sa femme».M.Breton note que l’information, c’est le pouvoir.C’est pour cela que le gouvernement est puissant, dit-il.«11 l'a toute».Mais «quand il la laisse fuir, il y a des gens qui en profitent et qui se gagnent du pouvoir avec.1a règle, ajoute-t-il, devrait être qu’on soit tous égaux devant ce que le gouvernement possède.» ¦ respect de la zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Bosnie; ¦création d’un tribunal de l’ONU chargé de statuer sur les crimes de guerre commis en Bosnie.Ne manquant pas de relever l’incurie européenne devant la tragédie des Balkans, Warren Christopher a critiqué les «occasions manquées» des pays occidentaux au couçs des deux dernières années, «pendant lesquelles les Etats de l’ancienne Yougoslavie se sont enfoncés dans les ténèbres de la terreur et du bain de,sang».Alors qu’il y a quelques mois encore les États-Unis ne cessaient de répéter que la situation en ex-Yougoslavie était «très complexe» et qu’il fallait y penser par deux fois avant de s’engager dans une intervention, M.Christopher a noté dans une autocritique remarquée: «Un signal assez puissant et envoyé suffisamment tôt aurait pu empêcher beaucoup d’agressions, de bain de sang.» Il a souligné les myriades «d’occasions manquées» par la diplomatie internationale dans cette pénible affaire.Les États-Unis ont annoncé qu’ils consulteront rapidement leurs alliés pour faire respecter la zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Bosnie, dont la mise en place a été autorisée par les Nations unies mais qui n’est pas encore matérialisée.Prié de dire si Washington avait envisagé d’aider directement les Bosniaques avec des armes ou un appui aérien, Warren Christopher a dit que ces deux solutions avaient été écartées en raison des objections soulevées par la France, la Grande-Bretagne et le Canada, pays qui ont actuellement des Casques bleus sur le terrain.Cyrus Vance et David Owen se sont réjouis des propositions américaines.phones et anglophones.Ces groupes ont soutenu que M.Parizeau établissait différentes catégories de citoyens et semait la division plutôt que le rapprochement.Une rencontre d’envergure a même dû être organisée entre des représentants du Parti québécois et des communautés culturelles pour apaiser les esprits.Pour le chef du Bloc québécois, «il y a deux standards, c’est évident qu’il y a deux standards» entre ces deux traitements.M.Bouchard poursuit: «On aime bien projeter sur les gens du Parti québécois et du Bloc québécois l’image de l’intolérance.Quand on pense qu’il y a encore, en politique, des gens comme Jean Chrétien, qui était membre d’un cabinet qui a adopté la Loi des mesures de guerre, qui a mis 400 personnes en prison, et que ces gens-la s’en tirent indemnes .alors que nous, on n’a jamais rien fait, rien dit de cette nature.Et on passe son temps à nous chercher noise.» Selon M.Bouchard, le chef Jean Chrétien a perdu une belle occasion «d’affirmer clairement quelles sont ses attitudes et ses politiques vis-à-vis la place de ceux qui sont d’origine ethnique différente de ceux qui sont des Québécois de souche, quand ils veulent entrer en politique».M.Bouchard estime qu’il n’appartient pas a un chef de parti de décider, à prime abord, qui doit se présenter comme candidat, mais aux militants de ce parti.SUITE DE LA PAGE 1 fions.D’autre part, condamnés par leurs électeurs parce qu’ils ne prennent pas de positions aussi fermes que ces deux députés, d’autres conservateurs reluquent le camp de$ dissidents.A cet égard, même le lieutenant québécois de Brian Mulroney, Benoît Bouchard, n’a pas échappé dans son comté au vent de réprobation qu’a soulevé son appui au bill, C-105.A cela s’ajoute une certaine impatience dims les rangs des députés du reste du Canada.«C’est un bill du gouvernement, non!» s’exclame ainsi l’un d’entre eux pour qui il est évident que le parti devrait sévir contre les dissidents.Depuis 1984, Brian Mulroney a déjà montré la porte à des députés à deux reprises.Il ne s’agissait jamais de députés du Québec.Ix>rs de l’adoption d’une nouvelle loi sur les langues officielles en 1988, Brian Mulroney avait menacé de sanctions ceux de ses députés qui voteraient contre le gouvernement.Par la suite, l’un des dissidents, lesquels étaient tous de l'extérieur du Québec, avait perdu son poste de secrétaire parlementaire.Plus tard, lors de l’adoption de la TPS, le premier ministre avait également menacé des dissidents d’expul- SUITE DE LA PAGE 1 jourd’hui», précise Pierre Bastien, chef des opérations à Montréal de la Commission de l’emploi et de l’immigration.Ainsi, les conseils arbitraux, première instance d'appel des décisions des fonctionnaires, donnent pleinement raison aux citoyens contre l’assurance-chômage dans 34% des cas, alors que la moyenne hors Québec est de 14%.C’est en Saskatchewan que le taux de réussite des contestations est le plus bas, soit moins de 8%, tandis que l’Ontario se situe dans la moyenne hors Québec.Ces statistiques ne tiennent pas compte des nombreux cas où un conseil arbitral, formé d’un président en principe neutre (une nomination politique), d’un représentant patronal et d’un représentant choisi par les syndicats, tranche la poire en deux, en diminuant le nombre de semaines de privation des prestations, par exemple, ou encore en réduisant l’amende imposée par un fonctionnaire en raison d’une fausse déclaration.«La diminution des pénalités est très fréquente», souligne William de Merchant, du Mouvement Action-Chômage de Montréal, un organisme financé par Centraide qui défend les petits salariés trop «riches» pour avoir droit à l’Aide juridique.Ce qui a changé depuis la réalisation de l’étude de la Commission de l’emploi et de l’immigration qui scrutait les données de 1989-1990, c’est l’adoption du bill C-21 serrant une première la vis aux chômeurs qui quittaient volontairement leur emploi et faisait passer l’exclusion d’un maximum de 6 semaines à une période de 7 à 12 semaines.Depuis, le nombre d’appels pour justifier un départ volontaire et ravoir les prestations perdues a grimpé de façon notable.A Action Chômage, le nombre de cas liés à des départs volontaires a plus que doublé.Ix‘s trois quarts des 400 appels que défend chaque année l’organisme devant les conseils arbitraux portent sur des départs volontaires, alors que cette proportion n’était que du tiers avant le resserrement de la loi.«Typiquement, un employeur change unilatéralement les conditions de travail, une baisse de salaire de 2$ sur 10$ l’heure, par exemple, et l’employé décide de partir», explique M.de Merchant.Du côté d’emploi et immigration, M.Bastien confirme que le nombre d’appels au Québec a augmenté de 50% depuis le C-21, passant de 5200 en 1990 à 7500 en 1992.Si le nombre d’appelants a augmenté depuis, moins de gens, par contre, quittent volontairement leur emploi.Selon Statistique Canada, 278 670 personnes l’ont fait en 1990.Deux ans plus tard, ils étaient moins de 200 000.Il faut avoir le temps pour en appeler d’une décision d’un fonctionnaire de l’assurance-chômage.Malgré les prétentions du ministre Valcourt qui parle d’un délai de 30 jours, un chômeur devra patienter en réalité plus de cinq mois avant de toucher un chèque en cas de départ sion.À l’issue de ces débats, deux députés élus comme conservateurs en 1988, Pat Nowlan, de la Nouvelle-Écosse, et Alex Kindy, de l’Alberta, siègent actuellement aux Communes comme indépendants.Cette fois-ci, le gouvernement se donne apparemment encore une semaine pour aplanir certaines de ses difficultés sur le front de l’assurance-chômage.Mais, sur le fond, à savoir la réduction des prestations et leur élimination complète pour les travailleurs qui quittent volontairement un emploi, le bill C-105 n’est pas ençore promis à des modifications.A la place, le ministre Bernard Valcourt promet d’en assouplir le cadre.Le projet de directives qui circule depuis un mois dans les bureaux régionaux de l’assurance-chômage et qui aurait pour effet de serrer la vis aux chômeurs n’a rien, jure-t-il, ni d’officiel ni de définitif.Ensuite, il y aura bel et bien de nouveaux agents d’assurance-chômage, a assuré le caucus conservateur hier.11 a été question de 300 nouveaux enquêteurs.Mais le ministre a nié catégoriquement en public que le bill C-105 résulte en soi en un accroissement des effectifs de l’assurance-chômage destinés à faire davantage la chasse aux abus.M.Valcourt n’exclut cependant pas de se rendre à la suggestion de certains de ses collègues députés et de mettre en place une ligne téléphonique gratuite pour encourager des délateurs à dénoncer des abus.volontaire, s’il gagne évidemment: il a déjà attendu de 10 à 12 semaines avant la réponse négative du fonctionnaire, il prendra deux à trois semaines pour chercher à convaincre les fonctionnaires et consulter, s’il y a lieu, et il s’écoulera de 4 à 6 semaines avant qu’il soit entendu par un conseil arbitral qui rendra rendra sa décision dans les dix jours.Four en appeler, il faut également être particulièrement mal pris.Comme il est préférable, et c’est une des constatations de l’étude, d’être représentés par un avocat pour le faire, les mieux nantis, souvent, ne s’en donnent pas la peine d’en appeler, plus riches au moins des frais d’avocats qu’ils n’ont pas engagés, «üi Loi sur l’as-surance-chômage est une des lois les plus complexes après la lx>i de l’impôt», fait remarquer Jean-Paul Lalan-cette, un professeur de relations industrielles des HEC, qui fut pendant douze ans président d’un conseil arbitral.Au Québec, quand le prestataire est représenté au conseil arbitral, il gagne entièrement sa cause dans 46,7% des cas, et lorsqu’il se présente seul, il ne gagne que dans 27% des cas.Fait troublant, l’étude met en relief l’incompétence de certains présidents de conseils arbitraux.A ce chapitre, les nominations politiques et la brève formation consentie aux nouveaux présidents — quelques jous seulement — n’aident en rien.A preuve, dans 16% des cas, l’appel porte sur des décisions non fondées en droit ou des avis de fonctionnaires'qui n'ont aucun rapport avec la réalité, de l’opinion même de la Commission.Or, tenez-vous bien, 40% de ces appels sont rejetés! Le prestataire jouit tout de même d’un autre recours, là où il peut espérer gagner sa cause: un appel devant un juge-arbitre de la Cour fédérale.Les délais: environ deux ans! On parvient parfois à se débarrasser d’un président outrageusement incompétent.Dernièrement, les représentants des syndicats et des patrons se sont ligués avec succès pour évincer un président, un des conservateurs nommés pour service rendu.La cause: cet analphabète fonctionnel avait un mal fou avec la jurisprudence, sans parler du dossier comme tel.«Il y a un problème de compétence» aux conseils arbitraux, a reconnu M.Lalancette.LE DEVOIR est publié par U' Devoir Inc., société à responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 2050, rue de Bleury, Montréal.H3A 3M9.Il est composé et imprimé par Imprimerie Dumont, 7743 rue Bourdeau, une division des imprimeries Québécor Inc., 012 ouest rue St-Jacques, Montréal.L'Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et A diffuser les informations publiées dans le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.située au 775, boul.lebeau, St-Laurent.Envoi de publication - Enregistrement no 0858.Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général : (514) 985-3333, Le Devoir (USI’S - (XI3708) Is published daily by !/¦ Devoir Inc., 2050 De Bleury, 9c étage, Montréal, Québec H3A 3M9.Subscription rate per year is $ 439.00 USD.Second Class Postage paid at Champlain, N.Y.US POSTMASTER : send address changes to ; Insa, P.Q, Box 1518 Champlain, N.Y.12919-1518.BOSNIE Prêts à employer la force SUITE DE LA PAGE 1 Il y a deux poids, deux mesures, accuse Lucien Bouchard JOB Des arbitres trop généreux ?
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