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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1993-01-23, Collections de BAnQ.

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Curçlhè froncoive Vio • Btfie • Spmfyèvx Une bonne table.Vol.LXXXIV — No 18 Dégagement partiel.Max.: 1.Détail page A-4.Montréal, samedi 23 janvier 1993 4 CAHIERS — 1,30* + tps + TVQ [ CULTURE Une grande rentrée.ordinaire w Oui, il y a, ou plutôt il y avait la récession dont les échos se font encore entendre derrière les rideaux de scène.Mais, malgré les restrictions et les compressions budgétaires, c’est à un étonnant foisonnement de spectacles que nous assisterons dans les mois qui viennent.Notre Cahier du samedi y est consacré.Arthur Buies, le gentleman chroniqueur * » Grand orphelin, bohème et célibataire, Arthur Buies passa sa vie dans l’instabilité complète, entre le bonheur de connaître et le mal de vivre.L’édition de ses chroniques par les Presses de l’Université de Montréal nous offre la prose d’un des esprits les plus originaux du 19e siècle québécois, écrit Robert Lévesque.Page C-21 ÉCONOMIE Nationair complice d’Air Canada?Et si Nationair se faisait complice d’Air Canada?Le président de Nationair résume la situation: «Je tire sur le marché, j’affaiblis davantage Canadien, Air Canada réplique en prétextant réagir à la concurrence, et il tue Canadien».À lire en page B1 EDUCATION J’aime l’école Notre cahier spécial ÉDUCATION de 12 pages Chantal Hébert de notre bureau d'Ottawa MALGRÉ les sondages et une conjoncture difficile, Brian Mulro-ney aurait résolu de rester en selle pour une troisième campagne électorale, ont indiqué au DEVOIR plusieurs sources bien placées dans la capitale fédérale.Après deux mois d’incertitude, le premier ministre, indique-t-on, mettra son parti et ses députés sur un pied d’alerte la semaine prochaine en vue du déclenchement d’une élection n’importe quand à compter du 1er avril prochain.Un remaniement ministériel d’envergure, un Discours du trône et un budget Le premier ministre mettra son parti sur un piea d’alerte la semaine prochaine précéderaient le déclenchement d’une élection générale.Dans les rangs de l’oppo- sition, on s’attend généralement à ce que le vote ait lieu dès au mois de iuin plutôt qu’à l’extrême limite de l’automne prochain.En attendant, depuis le milieu de la semaine, des signaux destinés à mettre fin aux rumeurs de départ qui entourent Brian Mulroney depuis son échec référendaire ont commencé à être envoyés.Le chef de cabinet du premier ministre Hugh Segal aurait ainsi enjoint en termes «sans équivoque» les principaux aspirants à sa succession de mettre un terme à leurs campagnes officieuses, indique-t-on de source ministérielle.Quatre ministres, Perrin Beatty, Kim Campbell, Michael Wilson et Jean Charest, avaient commencé à tâter le terrain d’une course au leadership.Après plusieurs semaines de flottements, l’entourage du premier ministre serait également rassuré sur ses intentions.Voir page A-4 : Mulroney Après deux mois de flottement Mulroney se ressaisit ® Il resterait en selle pour la prochaine élection 1 Les aspirants doivent rentrer dans le rang Les jeunes du PQ veulent «brasser la cage» Ce n’est plus le parti de la jeunesse, affirme leur président Pierre O’Neill INTITULÉ Brassons la cage, mis de l’avant par l’exécutif du comité national des jeunes du PQ, un document de réflexion porteur d’une virulente critique sera porté à l’attention des membres du conseil national du parti, dont les assises se tiennent en fin de semaine à Québec.«Le PQ n’est plus le parti de la jeunesse», proclame leur président, Christian Picard.Le comité national des jeunes péquistes invite les dirigeants du parti à une profonde remise en question, à créer un environnement favorable aux jeunes, à élaborer une structure accueillante où ils seront associés aux grandes orientations et décisions politiques.«Nous désirons devenir le porte-parole des jeunes auprès du parti et non du parti auprès des jeunes», peut-on lire dans le document dont LE DEVOIR a obtenu copie.Remontant jusqu’à la naissance du parti, rappelant quelques-uns des épisodes qui ont marqué son évolution, les auteurs du texte insistent sur le rôle prépondérant qui leur a toujours été dévolu dans le passé.«Non seulement les ieunes étaient-ils les bienvenus au PQ, mais ce parti était le leur.PHOTO JACQUES NADEAU Christian Picard, président du Comité national des jeunes du Parti québécois Pour René Lévesque, comme pour plusieurs leaders péquistes de sa génération, le PQ était l’unique porte-parole de la jeunesse du Québec sur le plan politique» Un préjugé favorable qui, selon eux, a prévalu aussi longtemps que le parti est demeuré dans l’opposition.«Tant que le parti ne prit pas le pouvoir, tout était permis dans l’imaginaire des jeunes.Le fossé entre le discours du parti et ce que les jeunes voulaient était quasiment inexistant.Les jeunes sentaient que leur influence était significative.Le PQ, pour un jeune de l’époque, en plus d’être un instrument de regéné-rescence, était un lieu de haute socialisation où l’on se sentait chez soi, où le conflit intergénérationnel n’existait pas, puisque l’on possédait la force du nombre et que c’était en notre nom que l’oij construirait un Québec neuf».A travers cette analyse de l’évolution de leur parti, les jeunes péquistes constatent que leur influence a diminué, d’abord avec l’accession au Voir page A-4 : Jeunes Première salve de Clinton contre le Canada Washington revient à la charge dans le conflit du porc Marie Tison de la Presse canadienne WASHINGTON — À peine entrée en fonction, l’administration Clinton a tiré sa première salve commerciale contre le Canada.Tard jeudi soir, les États-Unis ont demandé une révision d’un ju-ement rendu en vertu de l’Accord ilatéral canado-américain qui donnait raison au Canada dans un conflit commercial sur le porc vivant.Les États-Unis ont fait valoir que le groupe spécial d’experts responsable de ce jugement n’avait pas suivi une règle de procédure fondamentale, ou qu’il avait excédé sa juridiction.L’administration américaine a ainsi suivi une procédure de contestation extraordinaire qui n’avait été utilisée qu’une seule autre fois, en 1991, dans un conflit sur le porc gelé et surgelé.Le Canada avait remporté cette partie.Le nouveau conflit porte sur le porc vivant exporté du 1er avril 1988 au 31 mars 1989.Le département américain du Commerce a statué en juin 1991 que le programme tripartite canadien d’assistance aux producteurs de porcs vivants constituait une subvention déloyale oui permettait à ces producteurs d'écouler leur marchandise à un coût avantageux sur le marché américain.Le 30 octobre dernier, un groupe spécial composé de cinq experts des deux pays a déterminé que ce programme, financé par le gouvernement fédéral, les provinces et les producteurs eux-mêmes, ne constituait pas une subvention déloyale, fl a ordonné au département américain du Commerce de recalculer les droits compensatoires imposés sur les exportations canadiennes de porcs vivants pour l’année 88-89 et de rembourser environ 8 millions$ Voir page A-4 : Clinton Selon deux spécialistes, le Québec et le Canada ne sont pas des priorités pour Clinton Voir page A-5 Les Haïtiens commencent à se sentir moins seuls Jesse Jackson leur apporte le soutien de la communauté noire américaine Sylviane Tramier Envoyée du DEVOIR PORT AU PRINCE —S’il fallait une nouvelle preuve que décidément la communauté internationale se soucie du sort d’Haïti, elle est arrivée hier à Port-au-Prince, en la personne du révérend Jesse Jackson qui a mis pour la première fois le pied sur le sol haïtien.Invité par la «Plate-forme haïtienne des organismes de défenses des droits humains» composée de proches du président Aristide, Jesse Jackson vient renforcer la conviction qu’ont les partisans du père Aristide que leur message a trouvé un écho dans la population noire américaine.«Le traitement spécial réservé aux réfugiés haïtiens aux États-Unis est perçu comme une discrimination envers toute la communauté noire», dit Paul Déjean, animateur d’un centre d’alphabétisation et membre de la Plate-forme.S’il était arrivé un peu plus tôt dans la journée, Jesse Jackson aurait pu assister à l’aéroport à une scène qui à elle seule résume la situation de ces réfugiés.À deux reprises hier se sont posés des avions de Miami Air, amenant chacun 171 rapatriés.Aujourd’hui, ils arrivaient des Bahamas.En rang, deux par deux, leurs baluchons à la main, ils sont conduits «SM» PHOTO AFP Ces Haïtiens rapatriés attendent au bureau d’Immigration de l’aéroport,de Port-au-Prince.Ils font partie des quelque 2000 réfugiés qui ont été refoulés de Cuba, des Bahamas et aes États-Unis depuis un mois.Le sort qu’on leur réserve aux États-Unis commence à être vu comme une forme de discrimination par la communauté noire de ce pays.par un responsable du Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) dans des installations de l’aéroport à quelques centaines de mètres de l’avion.Là, un par un, ils passent devant les autorités de l’immigration haïtienne qui vérifie leur identité, puis ils reçoivent de la Croix-Rouge un sac de trente livres de vivres (de l’huile, du riz, du sucre et de l’avoine) et une allocation de sept dollars US pour prendre le tap-tap qui les ramènera chez eux.Le gouvernement haïtien est là aussi, discrètement.Une élégante responsable refuse de parler à la presse, mais distribue à chaque rapatrié un petit sac de papier contenant deux paquets de biscuits soda et sur lequel est inscrit : «Bienvenue Nan Peiyi ou — Ayiti Kontan Wé ou — Ayiti Bezwen ou».Les rapatriés ont tous à peu près la même histoire à raconter: ils sont partis sur un bateau, certains ont payé 500 dollars pour leur passage.Ils ont été interceptés au bout de six à huit jours en haute mer, certains ont été déposés sur une île voisine des Bahamas.Ils ont été mis en prison, plusieurs mois, puis placés dans des camps de détention.Sur le vol de l’après-midi, il y a beaucoup de femmes.Jeunes, la vingtaine à peine, parties seules Ejur Miami.Il y a Iranize, Je Saint-ouis-du-Nord, près de l’île de la Voir page A-4 : Haïti (T*.Françoise Kay 1er * s SOCIETE café, Il 15, vue «lu la Moulante, 9«.7-« 1 6», nslauraiil u« K .Galerie Elea London IM h, rue Sherbrooke l Hiesl, Mon In.il 11*11 I ( • » • « I I • i • I» Membre tit’I Us, uiiitiirti J * I* n.‘.ME rsc iq ns H 1 j8 ts» eT irC 'OS' 1 h Le Devoir, samedi 23 janvier 1993 M A-9 L’ACTUALITE INTERNATIONALE S' Sept des dix Etats de la CEI s’accordent sur un nouveau statut Le sommet de Biélorussie n’a toutefois pas réussi à résoudre le désaccord sur le contrôle de l’arsenal militaire d’après Reuter et AFP MINSK — Sept des dix États rpembres de la Communauté des Etats indépendants (CEI) ont adopté hier à Minsk un nouveau statut tendant vers une plus grande intégration, a déclaré le président russe, Boris Eltsine, à l’issue du sommet tenu dans la capitale de la Biélorussie, au cours duquel, par ailleurs, on n’a pas réussi à résoudre les désacord sur le contrôle de l’arsenal nucléaire.M.Eltsine a ajouté que les dix anciennes républiques soviétiques réunies au sein de la CEI avaient paraphé un document qui permettait aux trois réfractaires d’adopter à leur tour le nouveau statut dans un délai d’un mois ou deux.Selon des responsables du sommet, les trois Etats à avoir refusé de signer le nouveau statut sont le Turkménistan, l’Ukraine et la Moldavie.¦Je pense que, par un effort mental conjoint, nous sommes parvenus à une décision qui convient à tout le monde et ne pose pas de problèmes en ce qui concerne les intérêts nationaux de chacun», a poursuivi Boris Eltsine.Le président ukrainien Leonid Kravtchouk a réaffirmé pour sa part que les trois États qui n’avaient pas signé l’accord n’étaient pas pour autant exclus de la CEI.«Les chefs d’État ont confirmé que la CEI en tant que structure a le potentiel pour améliorer son travail dans tous les domaines, économiques et politiques, a-t-il dit.La Communauté marche et tous les Etats sont des membres de la CEI oeuvrant activement à son amélioration.» Le président biélorusse Stanislav Stankevitch a pour sa part estimé que, loin d’être au bord de l’éclatement, la CEI était plus soudée que jamais.La seulç ombre au tableau est venue des États d’Asie centrale.Le président ouzbek Islam Karimov a ainsi estimé que sa république et le Kazakhstan seraient «obligés d’utiliser leur propre potentiel» si la CEI se contentait «d’exister de façon aussi amorphe.» Un premier accord est intervenu entre les dix partenaires à propos de la création d’une banque commune, point de départ essentiel, selon les économistes, pour apaiser les tensions monétaires et relancer le marché.La Russie, a expliqué Evgueni Gorelik, disposerait de 50 pc des voix à son conseil d’administration en tant que principal bailleur de fonds.Mais les décisions seraient prises à une majorité des deux tiers.Les dix chefs d’Etat ont enfin étudié des mesures pour rétablir l’ordre au Tadjikistan, en proie à des conflits ethniques.Aucun des chefs d’État n’a abordé l’épineuse question du contrôle des arsenaux nucléaires.L’Ukraine, qui dispose de 176 missiles, s’est engagée à les désarmer mais refuse de céder aux injonctions de Moscou, qui exige d’en prendre le contrôle.Ces armes sont pour l’heure sous la tutelle du commandement militaire commun de la CEI.La Biélorussie, qui rejette tout projet de défense commune, est prête à céder ses armes nucléaires à la Russie.La position kazakhe est proche de celle de l’Ukraine.Des désaccords subsistent en effet entre l’Ukraine et la Russie sur le retrait d’Ukraine des missiles stratégiques nucléaires stationnés sur son sol, a déclaré le ministre de la Défense russe Pavel Gratchev à des journalistes en marge du sommet.Le général Gratchev a souligné P que des experts des deux pays de- ft vaient se rencontrer le 26 janvier pour évoauer ces questions.Avant le sommet de Minsk, le mi- ] nistre russe de la Défense avait exigé un retour rapide vers la Russie | de l’armement nucléaire de l’ex-URSS basé en Ukraine.Hier, la délégation ukrainienne a j indiqué de son côté que Moscou de-1 vrait payer le transport, le stockage j et la destruction future si elle vou- j lait récupérer ces armes, une position que les Russes ont immédiate-, ment contestée.La question du désarmement! stratégique n’a pas été évoquée! hier, lors de.la conférence de presse j des chefs d’État de la CEI.EN BREF Les E.-U.veulent passer le commandement en Somalie MOGADISCIO (AFP) — Les États-Unis ont officiellement demandé au Conseil de sécurité que l’ONU prenne le commandement de la force multinationale en Somalie, qui est sous commandement américain, a rapporté un porte-parole de l’ONU hier à Mogadiscio.Selon Farouk Mawlawi, Washington a écrit au Conseil de sécurité en l’invitant «à examiner rapidement la question d’un mandat approprié pour que l’ONUSOM (Opération des Nations unies en Somalie) prenne le contrôle des forces multinationales en Somalie actuellement sous commandement américain».M.Mawlawi n’a pas donné plus de précisions.Dans une interview à l’AFP, l’ambassadeur des États-Unis Robert Oakley a pour sa part déclaré que son pays souhaitait que l’ONU prenne dès que possible le contrôle de l’opération Rendre l’espoir.Le représentant de l’ONU pour la Somalie, M.Ismat Kittani, avait déclaré lundi à New York qu’un tel transfert de responsabilité exigeait une nouvelle décision du Conseil de sécurité et que des «discussions intensives» étaient en cours sur le sujet.L’ONU répugne à prendre le commandement en Somalie parce que les Casques bleus ont traditionnellement interdiction de tirer les premiers si l’agression n’est que potentielle.Une «maladie tueuse»sévit au Soudan NAIROBI (Reuter) — Une maladie semblable au sida a causé la mort de 60 000 personnes dans le sud du Soudan, coupé par la guerre civile de toute aide extérieure, ont rapporté hier des membres de l’ONU et d’associations humanitaires.«On l’appelle la maladie tueuse.Des familles, des villages entiers ont disparu.Nous l’avons constaté de nos propres yeux», a déclaré un membre d’une association d’aide médicale.Cette maladie, le Kala-azar, se propage par le biais des moustiques qui vivent dans les forets d’acacias inondées, en bordure des cours d’eau.Elle se traduit par de la fièvre et l’amaigrissement des malades.«Les symptômes sont les mêmes que ceux du sida.Le système immunitaire est déficient et on meurt d’autres affections», a déclaré un assistant médical.La maladie du Kala-azar a été observée dans différentes régions du monde, mais l’Afrique enregistre probablement le plus grand nombre de cas, ont déclaré des responsables médicaux.Des responsables humanitaires avaient recensé, en 1983,85.000 personnes dans le Parayang, une région isolée située à 830 km de la capitale Khartoum.Après s’être rendues sur place, une région d’habitude inaccessible du fait des combats, les Nations unies ont estimé à 60.000 le nombre de décès liés à cette maladie.Une personnalité de cjauche au gouvernement brésilien BRASILIA (AFP) — Mme Luiza Erundina, ancien maire de Sao Paulo et figure emblématique de la gauche socialiste brésilienne, a créé la surprise hier en acceptant d’entrer au gouvernement de M.Itamar Franco au poste de ministre-chef de l’administration fédérale auprès de la présidence de la république.L’entrée de Mme Erundina, 58 ans, au gouvernement a été annoncée hier par le porte-parole de la présidence, M.Francisco Baker.Mme Erundina, du Parti des Travailleurs (PT-gauche), est la première femme nommée dans le nouveau gouvernement et la première personnalité politique du PT à accepter de participer a l’administration de M.Itamar Franco, qui a succédé à M.Fernando Collor, destitué en décembre dernier pour corruption.Israël vend des avions aux É.-U.JÉRUSALEM (AFP) — Les Industries aéronautiques israéliennes ont annoncé hier avoir signé un contrat de vente a’avions sans pilote d’un montant de 250 millions de dollars pour les forces armées américaines.Israël fournira aux Etats-Unis, au cours des prochaines années, des systèmes Hunter composés chacun de huit avions bimoteurs sans pilote et d’un système électronique de surveillance.Le contrat a été signé le 19 janvier avec le Pentagone, indique-t-on de même source.Six compagnies étaient en lice, dont IBM.Jivkov acccusé de haute trahison SOFIA (AFP) — L’ancien dictateur communiste bulgare Todor Jivkov, 81 ans, sera accusé de haute trahison «pour avoir porté préjudice à la Bulgarie en faveur de l’ex-URSS», a annoncé hier le procureur général Ivan Tatartchev, cité par l’agence bulgare BTA.M.Tatartchev a notamment indiqué que M.Jivkov avait proposé que la Bulgarie devienne la 16ème république de l’URSS.Moscou a toutefois rejeté cette proposition «pour des motifs tactiques», selon M.Tatartchev.Le procureur général a estimé que le parti communiste bulgare (PCB) a fonctionné en tant qu’«agent des gouvernements soviétiques et contre les intérêts du peuple bulgare».Assemblée du Conseil La prochaine assemblée du Conseil aura lieu le lundi 25 janvier 1993 à 19 heures.Parmi les points à l’ordre du jour soulignons entre autres : les suivants • Nomination d'un maire suppléant.• Contribution financière de 40 000 $ à la Société d’Héritage Rialto.• Nomination à diverses commissions permanentes du Conseil.• Règlement changeant le nom de la rue Gamelin en celui de la rue Émilie-Gamelin.Adhésion, de concert avec 3 autres villes, à un projet de réaménagement du boulevard Henri-Bourassa.L’hôtel de ville de Montréal est situé au 275, rue Notre-Dame Est (métro Champ-de-Mars).Le 23 janvier 1992 Le greffier de la Ville, Léon Laborge Bagdad semble avoir entendu raison d'après Reuter et AFP BAGDAD — L’Irak semble désireux de tournçr la page de ses démêlés avec les États-Unis.Bagdad a évité hier de s’en prendre hier à Bill Clinton malgré les deux attaques aériennes ordonnées en 24 heures par le nouveau président américain.Hier matin, en effet, un chasseur F-4G américain a ouvert le feu contre ce que les Américains identifient comme une base de missiles à l’est de Mossoul, au-dessus du 36e parallèle.Selon le Pentagone, la base de missiles attaquée se situait dans la zone d’exclusion aérienne décrétée par les Occidentaux.Le ministère irakien des Affaires étrangères nie toutefois qu’il y ait eu des missiles là où l’attaque s’est produite hier matin, allant jusqu’à affirmer que les Américains ont «fabriqué les raisons» d’une «provocation».Néanmoins, affirme Bagdad, l’Irak s’en tiendra à la résolution de cessez-le-feu de son Conseil de commandement de la révolution.Le quotidien baasiste Al Saoura, seul journal d’État paru hier matin, se contentait de reproduire un communiqué sur l’attaque de jeudi par deux chasseurs F-4G et un Mirage, sans faire référence à Bill Clinton.Il publie par ailleurs un sondage selon lequel la population irakienne soutiendrait à 82% une politique de la main tendue au nouveau président américain intronisé mercredi.Côté américain toutefois, l’esprit de conciliation, selon un sondage Çaru jeudi dans le Los Angeles imes, ne prévaut pas face à l’Irak, car 60 % des Américains sondés étaient supposément favorables à une action militaire pour renverser Saddam Hussein.Le radoucissement apparent des relations entre les deux pays - après un regain de tension qui a fait, selon Bagdad, 46 morts la semaine dernière au cours de raids alliés - a été illustré par l’arrivée hier d’un second avion des Nations unies.Jeudi, 52 fonctionnaires de l’ONU avaient atterri dans la capitale irakienne pour une mission d’inspection qui a pu débuter dès hier après deux semaines d’interruption.Paul Brough, chef d’une équipe de 25 experts chimistes, a déclaré à la presse que son équipe avait vérifié les réparations entreprises par les Irakiens pendant les fêtes de fin d’année sur leur usine de destruction de produits chimiques à Mou- *'• .'*&***¦.« ' '' « * ' ^ ?;•.r >¦«.’ ’ :.- - • • - ¦ ?*./, - •• .V» i- ; ri-'-* PHOTO AP Des soldats de la 1ère division de cavalerie des États-Unis ont mené hier un exercice de tir tout près de lu frontière de l’Irak.Ils ont pris comme cibles des chars d'assaut abandonnés par les troupes de Saddam Hussein lors de la guerre du Golfe.Environ 1000 soldats de l’Oncle Sam sont arrivés cette semaine au Koweït.thana, à 130 km au nord-ouest de Bagdad.Il a estimé que son équipe pourrait se remettre au travail en début de semaine prochaine.Un autre groupe de 19 spécialistes rattachés à l’ONU est arriué hier à Bagdad en provenance de Bahrein.L’irak n’a autorisé la reprise de ces missions d’inspection que mercredi, jour de l’investiture de Bill Clinton.Côté diplomatique, la tendance était à la souplesse, hier.Le ministère russe des Affaires étrangères vantait la politique étrangère des États-Unis, ajoutant toutefois dans le même communiqué, que pour toute attaque militaire ultérieure contre l’Irak, le consentement du Conseil de sécurité de l’Onu était requis.Pour sa part, Edward Perkins, ambassadeur américain près l’Onu, a indiqué hier que l’Irak semblait se mouvoir ces derniers jours dans le sens du respect des résolutions des Nations unies; le diplomate s’est refusé à commenter les raids américains sur l’Irak jeudi et hier.L’Irak a déplacé vers le sud des missiles sol-air en décembre, après qu’un chasseur F-16 des États-Unis eut abattu un Mig irakien.Les Américains ont déjà fait savoir qu’ils considéraient comme une attitude hostile à leur endroit le fait que leurs avions de patrouille soient pris dans la ligne de mire des radars irakiens.Hier matin, deux missiles HARM ont été lancés contre ce que le Pentagone dit être une base de missiles SAM-3, mais l’on a aussi fait savoir que ce pilote américain aurait tout bonnement raté sa cible.CARRIERES ET PROFESSIONS Information Ville de Montréal Cette année, écoutez CIEL! ET PARCOUREZ L.E MONDE ! MAROC IDENTIFIEZ 5 MOTS PASSEPORT TIRAGE LE 26 FEVRIER 1993 MOT DATE DE PASSEPORT DIFFUSION REMPLISSEZ ET RETOURNEZ À: CIEL, C.P.98,5, LONGUEUIL J4H 3Z3 NOM PRÉNOM ADRESSE VILLE CODE POSTAL TÉLÉPHONE COUPON ORIGINAL OBLIGATOIRE PHOTOCOf IE REfUSÉE QUESTION D'HABILETÉ A COMPLÉTER 9018.5 = LE DEVOIR cx^ SAINT-HUBERT AGENT-E DE RELATIONS HUMAINES (liste de rappel) Exigences ; Diplôme universitaire de premier cycle en service social (T.S.) Membre en règle de la Corporation professionnelle des travailleurs sociaux.Expérience minimum ; 2 ans d’expérience clinique, en CLSC de préférence, auprès des clientèles suivantes : famille, enfants, adultes et personnes âgées.Capacité d’intervenir auprès de la clientèle francophone et anglophone.Les propositions de candidature doivent être acheminées, avant le 30 janvier 1993, au : CLSC Saint-Hubert a/s : Services administratifs 6800, boul.Cousineau Saint-Hubert, Québec J3Y 8Z4 DIRECTEUR (JeS RESSOURCES huiyiAÎNES Un important syndicat national cherche un professionnel expérimenté pour s'engager dans tous les aspects de l’administration îles ressources humaines.Ses responsabilités comprendront l’élaboration et l’administration de plusieurs programmes et politiques portant sur les ressources humaines, des questions de relations du travail, des systèmes d'administration et des programmes de formation.Ce poste sera d’un intérêt pour des individus ayant un diplôme universitaire, de préférence en relations du travail ou en administration des ressources humaines, ou l'équivalent, au moins cinq années d’expérience dans une capacité analogue, de même qu’une connaissance et une compréhension approfondie des politiques et programmes du mouvement syndical, des droits de la personne, de l'équité salariale et de l’accès à l égalité.D’excellentes qualifications de communication et une compétence en informatique sont également requises, ainsi que la capacité de communiquer dans les deux langues officielles serait considérée comme un atout.Le salaire annuel courant est de 71 684 $ à 72 555 S.Nous sommes engagés envers l’équité à l'emploi et nous favorisons les candidatures des femmes, des minorités visibles, des Autochtones, des personnes ayant des handicaps physiques et d’autres personnes, quelle que soit leur orientation sexuelle.Veuillez transmettre votre candidature et votre curriculum vitae, d’ici le 5 février 1993 à: DOSSIER 1521 / LE DEVOIR C.P.6033, suce.Place d’Armes Montréal, Que.H2Y 3S6 y t A-10 ¦ Le Devoir, samedi 23 janvier 1993 EDITORIAL Autoroute péquiste à l’italienne JACQUES PARIZEAU est un incorrigible triomphaliste.Le soir de la victoire référendaire du NON, il s’exclamait que le Québec était désormais lancé sur l’autoroute de l’indépendance.Dimanche dernier, dans Charlevoix, il prédisait avec ravissement l’élection à Ottawa «d’un véritable parlement à l’italienne», formé de cinq partis dont aucun ne disposerait de la majorité suffisante pour gouverner seul.Non seulement les deux affirmations sont prématurées, à tout le moins, mais elles font preuve d’un optimisme délirant.Chez les principaux militants péquistes, réunis cette fin de semaine en conseil national à Québec, le président du Parti québécois peut créer l’illusion que l’affaire est dans le sac, surtout si la paralysie s’installe dans la capitale fédérale, à la suite des élections générales de cette année.Perspective dangereuse, cynique même.Mettant ses troupes au service de M.Lucien Bouchard, le chef péquiste entrevoit avec délectation le jour où les trois «vieux» partis fédéraux devront partager les sièges des Communes avec le Reform Party dans l’Ouest et avec le Bloc québécois.Ce qui est fort plausible, probable même, dans l’état actuel des choses.Au Québec, en tout cas, M.Bouchard est présentement le chef le plus populaire et, selon les sondages, il pourrait y récolter plus de la moitié des 75 sièges.Que les Canadiens se donnent un gouvernement minoritaire, qui doive composer avec un ou d’autres partis, n’est pas une catastrophe en soi.C’est arrivé durant les années 60 et 70 et il en est résulté des gouvernements plus près des citoyens et soucieux des besoins réls.Que M.Parizeau souhaite une transition de ce genre, on ne saurait le blâmer.Ce qui est étrange, par contre, c’est l’interprétation qu’il tire de cette éventualité à l’italienne.«Nous aurons à Ottawa le gouvernement le plus faible de notre histoire et ce, à quelques mois d’une élection québécoise, prédit-il euphorique.Voilà une situation extraordinaire et nous ne devons pas laisser s’échapper cette occasion.» Comme si les dissensions et la pagaille au plan fédéral, attisées et entretenues par les partis «régionaux», ne comportait que des bénéfices pour le Québec.Ou comme si la paralysie du gouvernement d’Ottawa permettrait de négocier dans les meilleures conditions la souveraineté du Québec, advenant l’élection subséquente des péquistes à Québec.L’obstruction systématique comme mode de gouvernement, l’instabilité et le cafouillage à de- meure, l’impuissance perpétuelle à moins de compromis à n’en plus finir?Si c’est ce que M.Parizeau souhaite, ça annonce des années terriblement douloureuses pour l’ensemble des Canadiens, les Québécois y compris.Quand Parizeau pave la voie à Lucien Bouchard?A l’évidence, il faut coordonner l’action des souverainistes à Québec et à Ottawa, d’établir de la cohérence dans le discours des uns et des autres, à l’approche des grands rendez-vous électoraux.En traitant le Bloc en «parti frère» qu’il faut aider de toutes les manière - ce sera le «show» de M.Bouchard, dit même M.Parizeau - le PQ renvoie l’ascenseur au député indépendant de Lac-Saint-Jean.Celui-ci, en effet, s’est mis sous les ordres du chef péquiste et est resté dans son ombre, lors de la récente campagne référendaire.M.Parizeau aurait dû afficher la même attitude réservée et prudente envers le Bloc, au lieu de bomber le torse, comme il aime si souvent le faire.Heureusement, M.Bouchard se montre moins triomphaliste que le chef péquiste, même s’il se voit déjà dans la peau de celui qui détient la balance du pouvoir et qui, de ce fait, peut faire danser le gouvernement.En termes mesurés et responsables, il ne souhaite quand même pas, quant à lui, «un vrai parlement à l’italienne», saboté par une constellation de petits partis.Il tente d’atténuer l’impact négatif de l’envolée du «grand chef», estimant que M.Parizeau faisait uniquement référence à l’hypothèse d’un gouvernement minoritaire.Peut-être le fera-t-il en fin de semaine, mais le président du PQ n’a pas cru bon, lui, de clarifier ses outrances verbales.Quant à M.Bouchard, il ajoute avec bon sens: «Je ne crois pas que les Québécois veulent un gouvernement bordelisé à Ottawa.» À la bonne heure.Ce n’est pas dans le chaos que les grandes décisions concernant ce pays - la question du Québec est évidemment du nombre - doivent se prendre.Tant que les Québécois en feront partie, tant qu’ils paieront taxes et impôts au gouvernement central, ils le voudront efficace et compétent.Ce n’est fias non plus en désarçonnant ou en para-ysant le Parlement fédéral que les Québécois susciteront les conditions idéales à de nouveaux arrangements politiques et administratifs avec Ottawa et les autres provinces.Il est tristement étonnant que M.Parizeau laisse entrevoir - dans un discours partisan, il est vrai, il faut faire la part du feu - que la faiblesse du Parlement fédéral serait la force des troupes de choc québécoises.Une souveraineté ordonnée, harmonieuse et pacifique naîtrait de la pagaille et du chaos de voisins avec lesquels on prétend, par ailleurs, établir une association et un marché commun?Quelle étrange aberration de la part d’un chef qui aspire à devenir le premier président de la République du Québec! Heureusement, en plus de M.Bouchard, il est d’autres souverainistes qui ne misent pas sur l’anarchie d’un pays en ruines et déboussolé pour bâtir un nouveau Québec.Ils osent le dire publiquement, ce qui n’est pas facile.Ainsi, le porte-parole de l’opposition péquiste en matière constitutionnelle a eu le courage de dire, jeudi, ce que la plupart pensent tout bas.Le prochain gouvernement fédéral devra être «non seulement légitime, mais aussi représentatif du Canada anglais et en mesure d’être un interlocuteur valable à une table de négociation», dit le député Jacques Brassard.C’est le bon sens même.En effet, tant et aussi longtemps que le régime actuel fonctionne tel quel, tant que le Québec continue d’être une province et que la souveraineté n’est pas acquise, les députés du Bloc québécois devront légiférer et prendre position dans les meilleurs intérêts du Québec.On ne saurait mieux dire.Encore une fois, ce n’est pas en souhaitant ou en attisant la pagaille que les intérêts du Québec seront les mieux servis.Plus le gouvernement fédéral sera faible et morcelé, plus les discussions seront ardues.Plus le Canada anglais se sentira menacé et aux abois, plus il se rebiffera et refusera de négocier civilement quoi que ce soit.Ce n’est sûrement pas en le braquant au point de départ que le Québec va améliorer ses chances d’une «souveraineté association sans trait d’union», pour reprendre la formule de M.Bouchard.En fondant le PQ, il y a 25 ans, M.René Lévesque, qui avait du flair politique et un sens inné de la démocratie, ne souhaitait sûrement pas que le Québec de ses rêves surgisse du chaos et de l’anarchie parlementaires.GILLES LESAGE Il est minuit cinq, Mme Bacon Dans une allocution dont nous reproduisions de larges extraits dans notre édition d’hier, madame Lise Bacon, vice-premier ministre du Québec, s’attaquait sans réserves aux baby-boomers.Reprenant la thèse largement répandue par un essai de l’homme de lettres François Ricard intitulé «La génération lyrique», Mme Bacon pose la question «Sommes-nous allés trop loin?Le rattrapage si essentiel des années soixante serait-il devenu le grand dérapage de toute une génération?» Madame Bacon a raison: les vingt dernières années furent celles d’un dérapage qui reste encore incontrôlé.Après avoir créé un réseau d'écoles publiques ouvertes et gratuites, on l’a abandonné aux mains de tout un chacun et aux modes les plus farfelues.On a fait de même avec les systèmes de santé, de sécurité du revenu, les universités, la recherche.Toute idée «nouvelle», «créative», souvent lancée, il est vrai, par la génération issue du baby-boom, trouvait une oreille attentive, pour ne pas dire un vide du côté de l’autorité qui ne demandait qu’à se laisser remplir.De ces trente glorieuses naquit une belle anarchie des moeurs politiques et sociales, et conséquemment, un désabusement aigüe à l’égard de la chose politique.Mais à qui la faute?Selon notre vice-premier ministre reprenant textuellement les mots du professeur Ricard, la faute reviendrait aux baby-boomers qui, après avoir largement profité des largesses de l’Etat providence, réclameraient maintenant «l’effacement de leurs propres dettes et l’annulation de leurs obligations d’adulte à l’égard des autres».Quelle généralisation ! Le plus grand tort de cette désormais célèbre génération née entre 1945 et 60 fut bêtement.de naître en aussi grand nombre à une époque de croissance économique rapide.Tout au long de sa jeunesse, elle a profité d’un certain confort qui n’avait pourtant rien à voir avec celui des enfants des années quatre-vingt.Elle a même pu trouver du travail à un âge assez jeune, quoique moins jeune que celui des générations antérieures.Là s’arrête le mythe.Une petite minorité seulement des baby-boomers a pu accéder aux études post-secondaires pour lesquelles, faut le rappeler, il fallait défrayer le double du prix actuel.Au risque de nous répéter, qu’on se détrompe: tous les baby-boomers ne sont pas devenus profs ou fonctionnaires! Un grand nombre n’a pas pu s’instruire au-delà des études secondaires et se retrouve aujourd’hui parmi les sans-emplois de plus de 40 ans.Aujourd’hui âgée de 33 à 48 ans, cette génération n’a pas encore atteint l’âge de profiter pleinement du système de santé universel, ni bien sûr de la retraire dorée.Par contre, elle consacre depuis longtemps la moitié de ses revenus en taxes et impôts, et c’est encore elle qui remboursera d’ici vingt ans les dettes accumulées jusqu’ici, sans espoir d’en profiter pour elle-même l’heure de la retraite venue.Cela étant dit, il est ridicule d’accuser une génération en particulier des maux d’une autre génération.Toute génération, comme tout groupe social ou ethnique, possède ses forces et ses faiblesses.Mais si madame Bacon tient absolument à désigner des coupables, pourquoi ne pas regarder du côté de ceux et celles qui ont exercé le pouvoir depuis vingts ans?Les retraites extraordinaires, les soins de santé gratuits, l’université gratuite pour leurs jeunes, ce sont les 55 ans et plus qui se les ont offerts en cadeau avant de refiler la facture aux suivants.Avant de juger la génération des baby-boomers qui arrive tout juste à l’âge nécessaire pour assumer des responsabilités supérieures, il faudra patienter un autre vingt ans.Ce qui n’est plus le cas pour la génération précédente qui s’accroche au pouvoir malgré la retraite dorée qui l'attend.Quelle heure est-il pour madame Bacon?JEAN-ROBERT SANSFAÇON LETTRES Aü DEVOIR La vision télé LA TECHNOLOGIE moderne est une merveille.Cela, personne ne peut le contester.Ce qui est moins merveilleux, c’est l’emploi qu’on en fait.Je ne parlerai ici que des médias électroniques.Ils ont un pouvoir fabuleux, celui de donner l’existence et de la refuser à ce qu’ils veulent.Les médias fabriquent la réalité à leur guise.Et cela, c’est effrayant.Il y a quelques années, l’urine de Ben Johnson avait été élevée au rang des réalités internationales de premeir plan.On en a parlé je ne sais combien de fois à la télévision.On nous a montré des centaines de fois le départ de la course du grand athlète! Et le salaire des sportifs! Et les exploits des joueurs! Le spectateur finit par s’imaginer que les sports sont le tout ae la culture et de la réalité.Sans la télévision, il est clair que le monde du sport ne serait pas ce qu’il est dans l’esprit du public consommateur de notre époque.Mais ce n’est pas seulement dans le domaine du sport que s’exerce le pouvoir magique de la télévision, c’est dans tous les domaines auxquels elle s’intéresse.Elle a réussi à mettre dans la tête de millions de personnes que les lotos et les tirages de toutes sortes sont le moyen tout naturel et inévitable pour accéder à la richesse.Quand elle le décide, elle fait de certains voyous vulgaires des artistes de grande ré- putation.Elle donne à toutes les formes de bavardage et de futilité le prestige et la considération de l’oeuvre d’art.Si elle le veut, elle peut décider qu’il est important de savoir quel est le meilleur mari au Québec! Même la langue est à son service.Elle la plie à tous ses caprices.Nous en reparlerons «au retour de la pause»! Paul-Emile Roy Lorraine, 30 décembre 1993 LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice: LISE BISSOnriETTE Rédacteur en chef Bernard Descôteaux Directeur délégué à l'administration André Leclerc Rédacteur en chef adjoint Jean-Robert Sansfaçon Directeur de l’information Benoît Aubin Directeurs adjoints de l'information Pierre Beaulieu, Roch Côté Directeur des publications spéciales Guy Deshaies FAIS CE QUE DOIS Une grande absente PERSONNE N’OUBLIERA que Simonne Monet-Chartrand a été co-fondatrice de la FFQ.Mais nous voudrious rappeler ici qu’elle a été une des membres individuelles les plus fidèles du Conseil Régional de Montréal.Historienne, autodidacte qui savait l’importance du passé sans y être pour autant «accrochée», Simonne Monet-Chartrand a toujours été une femme de son temps au plein sens du terme, c’est-à-dire toujours active, critique et engagée dans les grands dossiers d’actualité.Ce qui explique sa capacité à rejoindre les femmes de tous âges.Son absence à notre réunion du 9 décembre dernier nous a toutes beaucoup chagrinées parce qu’elle confirmait malheureusement la gravité de son état.Si le militantisme est défini comme l’engagement désintéressé dans une cause qui rejoint et vise le bien-être de la collecitivité, alors oui, Simonne était une vraie militante et, pour continuer de l’associer, à la vie du Conseil régional de Montréal, nous proposerons à notre prochaine rencontre, que celui-ci porte désormais le nom de Conseil régional Simonne Monet-Chartrand.Au nom de toutes les membres du Conseil nous présentons nos plus sincères condoléances à Michel Chartrand, ses enfants et petits-enfants.Evelyne Tardy présidente, Conseil régional de Montréal, Fédération des femmes du québec.Tt BUSH- Û t .A CLitJTOKÎ Daniel Latouche Céline et les bedaines On nous adore à Washington, mais on nous déteste à Miami.Tel est donc notre lot en cette fin de millénaire.Pendant que Céline fait des pieds, de la voix et des mains pour leur montrer qu’on sait chanter, en Floride, il faudrait aussi leur prouver que le coeur y est en plus du ventre.Que faire pour qu’ils nous aiment.Envoyer Céline à Fort Lauderdale leur montrer sa bé-daine et Della Noce au Kennedy Center pour y chanter un petit aria.C’est fou ce qu’au Québec on a les compliments faciles et l’insulte encore plus.Cette,semaine, la nouvelle présidente des Etats-Unis et son mari ont offert leurs félicitations les plus sincères à pas moins de 2 000 artistes venus leur faire de l’«entertainment».On comprendra alors que le fait que madame Hillary ait qualifié le tour de chant de Céline d’un éloquent «It’s fantastic» n’a pas un caractère aussi magique qu’on a voulu nous le faire croire.Quant à la croisade de M.Della Noce, elle a quelque chose d’indécent, comme si la situation des Québécois en Floride était équivalente à celle des Noirs américains ou des hispanophones.Si notre député-ténor se cherche une cause et un air à chanter, qu’il regarde donc du côté des marches funèbres.Son parti va bientôt devoir s’y mettre.Au moindre prétexte, on sort les encensoirs ou on monte aux barricades.Si elles se font rares, on s’en invente.Si l’encensoir fait défaut, on choisit la voie des médias.Il suffit d’une pancarte en anglais à Westmount pour qu’immédia-tement on choississe a’en faire un drame national.Le moindre petit dictionnaire engendre des transes.On suit les immigrants à la loupe pour déterminer s’ils vont pisser en français.Au moindre accroc de leur part, on proclame que la Loi 101 ne suffit plus, que nos gouvernements envoient de mauvais messages et que les pires malheurs s’apprêtent à fondre sur nous.Nous sommes toujours en attente de malheurs, linguistiques ou autres.Cette manie de voir le pire partout a pour effet de susciter des crises d’urticaire chez une autre catégorie de citoyens qui eux choisissent de monter aux barricades dès qu’un simple citoyen se plaint que la Loi 101 n’est pas respectée.On l’accuse immédiatement, le malheureux, d’être un faciste en puissance, un Serbe qui s’ignore et un néo-nazi en gestation.Et voilà, c’est reparti.Quand sera-t-il possible de critiquer certaines lacunes de nos lois linguistiques et certains des comportements tout aussi critiquables des communautés culturelles sans pour autant courir le risque de se faire accuser d’être vendus aux Anglais ou de manger de l’immigrant?Comment éviter que le moindre commentaire des uns ne mette en branle toute une série d’automa-tispies chez les autres?A force de vivre grimpés dans les ri-plus deaux, on finit par ne plus voir ce qui se passe au ras du sol.On se lance dans des interprétations grandiloquentes alors que la réalité est beaucoup plus simple.En tant que membre officiel de la génération des baby-boomers, je veux bien me faire dénoncer par certains de mes collègues et pointer du doigt par les bien-pensants, mais Mme la Chanoine Bacon m’accuse d’égoïsme et de ne pas être gentil envers nos pauvres petits jeunes, alors là je débarque et je lui renvoie le bénitier.Pauvre madame.A-t-elle oublié que c’est elle qui a sonné le début de la croisade anti-jeunes dans son propre parti, qui a suggéré une exécution publique pour dépecer politiquement Mario Dumont et qui ne manque jamais une occasion de jouer la Soeur-supérieure-en-mal-de-couvent-à-diriger.Si ce discours est un indice de la prochaine course au leadership, armons-nous de patience.Et pour la qualité totale en politique, on repassera.D’après le vice-premier ministre, il faut cesser d’évacuer le sacré.Je rêve ou quoi.Corrigez-moi si je me trompe, mais notre «ma-tante» est toujours membre à part entière d’un gouvernement qui a tout fait pour ramener la politique à un simple jeu de couloirs.«Il est minuit moins cinq» s’est-elle exclamée, dénonçant du même coup le S1 t* * • * « • * * I 4 « « I «confort et l’indifférence» d’une génération qui s’approche du «degré zéro de la pensée».Wow ! Esprit du Frère André, où êtes-vous ?On reste pantois devant une telle collection de clichés usés jusqu’à la corde.Si «ma-tante» veut tant contribuer à faire de la place aux jeunes, alors elle peut commencer par foutre à la porte le porteur de stylo qui lui a ramassé cette collection de clichés digne des anciens Feuillets paroissiaux.Cela fera un «job» de plus à donner à un jeune.Je veux bien que tantine soit en proie à une grave crise existentielle et qu’elle cherche un sens à sa vie — à la fin Janvier, nous cherchons tous un sens à notre vie — mais de grâce qu’elle le fas- se en silence et dans son moi profond.Si elle veut absolument parler de ses états d’âme, je lui suggère une petite conversation avec son collègue Côté, le Docteur Schweitzer du Parti Libéral, l’homme qui plantait des hôpitaux.C’est curieux cette manie récente de certains de nos politiciens d’y aller de réjlexions creuses sur l’inutilité de l’État et sur le manque de gratitude de la population.C’est curieux et c’est aussi très dangereux.Je veux bien qu’on se compare aux Américains et qu’on y aille de langoureuses analyses sur notre retard démocratique par rapport à un pays qui vient ae s’élire un président qui sait jouer du saxophone.On peut l’écrire, le penser même, mais ae là à le croire ! Bill Clinton et la victoire du parti Démocrate représentent ce qu’il y a de plus classique et de plus traditionnel dans la politique américaine.Il est le premier depuis Roosevelt à toujours avoir rêvé de devenir président et d’y avoir ensuite consacré toute sa vie.C’est le Robert Bourassa de la politique américaine.Alors, qu’on ne çharrie pas sur notre retard historique.A ma montre, nous serions plutôt en avance.Passé minuit, pour parler comme tantinette.Chaque jour on s’enfonce un peu plus dans la conviction qu’il n’y a plus rien à faire et, pour s’en convaincre, on répète les mêmes erreurs afin d’avoir le plaisir de constater de nouveau que même en politique deux et deux ne font pas cinq.Dans n’importe quel pays sérieux de la planète, le comportement récent du ministre Valcourt lui aurait valu un rappel à l’ordre par son chef et un départ rapide pour le Botswana comme ambassadeur.Son analyse du dossier de la main-d’oeuvre et sa grossièreté n’ont d’égal que la patience béate du ministre Bourbeau qui semble encore convaincu _ue l’approche du «Ottawa-n’est-pas-ïn-avec-nous» peut encore faire avancer les choses.Il serait temps de tirer les conclusions qui s’imposent.Ou bien la main-d’oeuvre est une question vitale pour le Québec et on passe aux actes, ou elle ne l’est pas et on se la ferme.S’il y a un comportement qui contribue à dévaluer la politique, c’est bien celui de toujours répéter les mêmes erreurs.Les États-Unis viennent passer à travers douze années de Reaganisme.Au Canada, nous en sommes à huit ans de Mulroney et à sept années de libéralisme avancé au Québec.Il semble que les Canadiens soient sur le point d’indiquer la sortie au premier ministre fédéral.Au Québec, les chances sont bonnes pour que nous changions de chemise et de souliers en même temps, renvoyant du même coup Robert Bourassa et le fédéralisme pour un autre long séjour d’étude à Bruxelles.La seule leçon que j’en tire, c’est que cela nous prend en moyenne quatre ans de moins au Canada et au Québec pour réussir la même chose que les Américains.• r ?il:
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