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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier C
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-01-09, Collections de BAnQ.

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araiBEMfe Jusqu'en 1949, la bière était vendue en barils de bois au Québec.Ces derniers furent ensuite remplacés par les tout nouveaux barils en acier inoxydable.L’HISTOIRE BRASSICOLE VUE DE LA RUE ST-AMBROISE Griffon Le Devoir, samedi 9 janvier 1993 ¦ C-1 De la Marmaille aux Deux mondes Les 20 ans d’une grande petite troupe IVlIchel Rôl)idou\ H*-'» IVlIchel Rôl)idou\ Ionique Rîoux Ionique Rîoux RENTRÉE CULTURELLE 1993 RÉSERVATIONS PUBLICITAIRES (514) 985-3399 Date de tombée: le 13 janvier 1993 • THÉÂTRE • SPECTACLE • MUSIQUE • DANSE • TÉLÉVISION • CINÉMA • RADIO • ARTS VISUELS • DISQUES • VIDÉO PARUTION le 23 janvier DANS LE DEVOIR Robert Lévesque LS ONT DELAISSE leur nom de troupe, qui avait décidément une connotation enfantine et dissipée (c’était La Marmaille), et ils ont adopté le adopt nom large et sage de «Théâtre inde Ides deux mondes», mais ce sont toujours la même passion, le même engagement.Et le même trio qui depuis 20 ans poursuit, depuis le Québec, une aventure théâtrale qui les a mené à travers le monde, de Arnhem au Wisconsin, de Brisbane à Mexico, de Fos-sur-mer à Rotterdam.Le trio, Monique Rioux, Daniel Meilleur, Michel Robidoux (qui a remplacé il y a 17 ans France Mer-cille), forme en quelque sorte le triple coeur qui bat au creux de cette aventure où l’on a vu une troupe de «théâtre pour enfants», fondée en 1973 avec les moyens du bord, devenir peu à peu cette grande petite compagnie (ils sont sept permanents, ils ont des locaux rue Chabot mais pas de salle de théâtre à eux) qui sillonne le monde non seulement des festivals (de Limoges à Lyon à Toronto) mais celui des salles petites et grandes des villes de province et des capitales d’au moins trois continents, et tout bientôt des deux autres.L’ex-Marmaille, dont Daniel Meilleur m’explique le changement de nom par un désir de justesse («et puis c’était le moment ou jamais à 20 ans»), ne s’adresse plus tellement aux enfants d’école (un de leurs spectacles avait pour titre On n’est pas des enfants d’école et en appelait à l’abolition des frontières entre adultes et enfants) qu’aux enfants du monde, jeunes et vieux, d’ici et de partout, dans des spectacles au langage universel.«Si l’on avait gardé le nom de la Marmaille, la majorité des amateurs de théâtre de Montréal continuerait à ne pas venir voir nos spectacles», pense Daniel Meilleur, et il a raison parce qu’il y a maldonne avec ce nom de Marmaille, et le public québécois ne sait pas encore à quel point le théâtre fait par ce trio montréalais est d’une qualité internationale, d’une tenue de premier plan qui a été acceuillie partout dans le monde par les éloges de la critique et les invitations qui se sont mises à pleuvoir au point où une production comme Terre promise/Terra promessa, que l’on peut voir actuellement au Théâtre d’Aujourd’hui, et qui en est à sa 324e représentation ce soir, a un carnet de route rempli jusqu’à la fin 1994 où elle sera jouée en Irlande, puis en Asiç, à Hong-Kong et au Japon, aux Etats-Unis (Seattle et Washington) en plus d’être sur la route du Québec et des Maritimes.Comment une troupe si petite gère-t-elle une si grande activité, parce qu’il faut dire que le Théâtre des Deux Mondes (on dira le TDM) ne joue non seulement Terre promise depuis 1988 mais aussi L’Histoire de l’oie, créée en 1991 avec un texte de Michel-Marc Bouchard et jouée depuis en français, en anglais ou en espagnol, au Mexique, en France, en Suisse, en Belgique et bientôt en Ecosse au festival MayFest de Glasgow.Eh bien, me raconte Daniel Meilleur, on gère en se multipliant, avec des ordinateurs, des horaires serrés, un directeur général hyper-efficace (Pierre MacDuff y est à plein temps depuis un an et demi ), une directrice de tournée (Marcelle Duguay) qui a fait ses classes avec l’Orchestre symphonique de Toronto durant 10 ans, une coordonnatri- ce (Francine Séguin) qui garde la tête froide, un comptable honnête (Jacques Bélanger) et surtout, «surtout», insiste Daniel Meilleur, «la jeunesse d’esprit d’un groupe uni, la conviction qu’il faut aller au bout des idées artistiques, l’absence de formule et le refus de faire des concessions au marché, de refaire un succès dans les mêmes traces».C’est ainsi que fonctionne l’ex-Marmaille.Cette troupe, qui a 20 ans, demeure un laboratoire où «l’on se met en danger» à chaque production, comme dit Daniel Meilleur.Ainsi l’histoire de Terre promiseITerra promessa est-elle l’histoire d’un long travail de collaboration entre deux groupes, la Marmaille et le Teatro del T Angolo de Turin, oui un jour ont eu le goût de travailler ensemble et qui sur une période de trois ans, partant d’une thématique proposée par les Turinois (l’Amérique, terre promise), en sont arrivés à cet objet remarquable, cet exploit théâtral qui consiste à jouer rien de moins que l’histoire de l’humanité autour de l’histoire d’une pierre, le monde oui évolue et s’affronte autour d’elle, immuable, un spectacle unique qui a la particularité d’être joué sans que Ion voit l’entièreté du corps des acteurs («acte d’humilité pour comédiens» dit Daniel Meilleur) puique le rideau, idée de génie, n’est levé qu’au tiers ou à moitié avant de l’être entièrement lorsque les acteurs sont silhouettés dans un jeu de lumières.Terre promise/ Terra promessa n’a pas été joué à Montréal depuis qu’en 1989 la Marmaille remportait le prix de la meilleure conception sonore et visuelle au Festival de théâtre des Amériques (et le prix de la meilleure production jeunes fiublics décerné par es critiques).Daniel Meilleur ne cache pas cette gêne de constater que sa troupe joue maintenant beaucoup plus à l’étranger qu’ici.Au plaisir évident de voyager (même avec les ennuis inhérents), les gens des photo Jacques grenier Deux Mondes aimeraient ajouter le Daniel Meilleur plaisir d’une circula- tion québécoise plus forte, par exemple jouer autant à Drummondville qu’à Sartrouville, à Trois-Rivières qu’à Zoetermeer.Mais tout cela c’est le problème de fond que vivent les compagnies québécoises qui produisent des spectacles de haute qualité.«Nous vivons de la tournée, c’est d’elle que nous allons chercher nos profits, nos salaires; les producteurs étrangers nous invitent et endossent les frais de la promotion.Si l’on joue au Québec, il faut assumer des frais énormes de publicité, de déplacements, de locations, si bien qu’il faut payer pour jouer ici quand on fait des profits à jouer ailleurs».Des troupes comme le Théâtre des deux Mondes, comme le Théâtre Ubu de Denis Marleau, Carbone 14, c}es artistes comme Robert Lepage, Edouard Lock, vivent ce drôle de drame, revalorisant et déprimant à la fois, d’être plus sollicité et applaudi à l’étranger qu’à domicile.Daniel Meilleur, qui sait que la Marmaille est devenue les deux Mondes par cette maturation des voyages, craint par ailleurs qu’«un rendez-vous historique» se rate, ici au Québec, si les conditions de soutien aux arts (il s’en prend vivement à Ottawa et à Montréal qui sont «nuis», le Québec «est en train de bouger», dit-il) ne s’améliorent pas.«La force des créateurs va se développer ailleurs., le rendez-vous n’aura pas lieu à Montréal».Un conseil: allez voir Terre promise /Terra promessa au Théâtre d’Aujourd’hui.Un rideau à peine levé laissera passer une magie théâtrale qui vous saisira.Un bel anniversaire.PHOTOS PAUL-ÉMILE RIOUX Trois scènes de Terre promise/Terra promessa, un spectacle du Théâtre des Deux Mondes qui retrace l’histoire de l’humanité par l’histoire d’une pierre, et qui a la particularité d’être joué sous un rideau au tiers levé. C-2 ¦ Le Devoir, samedi 9 janvier 1993 le cahier du f • ameai * CINEMA Les grenouilles et les scorpions The Crying Game.Écrit et réalisé par Neil Jordan, avec Stephen Rea, Jaye Davidson, Miranda Richardson, Forest Whitaker, Jim Broadbent, Ralph Brown, Adrian Dunbar.Grande-Bretagne, 1992.112 minutes.Aux cinémas Loews, « Laval, Centre Eaton et Pointe-Claire.Francine Laurendeau SUR L’OCÉAN de morosité qui embourbe nos écrans ces temps-ci, The Crying Game se détache avec l’éclat d’un pur joyau.Ce dernier film du réalisateur irlandais Neil Jordan n’est certes pas parfait.Mais il séduit par son originalité et ravit par son humour singulier.Ça commence dans une fête foraine, en Irlande du Nord.Une blonde très ordinaire (Miranda Richardson) aguiche un grand balè-ze noir (Forest Whitaker) qui la pousse vers un terrain vague où il lui saute dessus.Bien quelconque tout ça, soupire le spectateur.Mais la scène change de ton quand des agresseurs capturent l’homme et l’emmènent dans un coin secret.Et on comprend que les agresseurs et la blondasse sont des militants de l’IRA, et le balèze un soldat britannique pris en otage: si un de leurs camarades n’est pas relâché, le soldat sera exécuté dans les 48 heures.Film politique?Pas vraiment.Le malheureux s’appelle Jody et se lie d’amitié avec le plus sympathique (le seul sympathique) de ses ravisseurs, Fergus (Stephen Rea).Jody explique à Fergus que le monde se divise en deux clans, les grenouilles et les scorpions, c’est-à-dire les bons et les méchants.Fergus est évidemment une grenouille.Avant de mourir, Jody charge Fergus d'un message pour sa bien-aimée, la très jolie Dil (Jaye Davidson), qui vit en Angleterre, coiffeuse le jour, chanteuse de bar la nuit.Je Miranda Richardson dans le Film écrit et réalisé par Neil Jordan, The Crying Game.ne vous raconterai pas dans quelles circonstances Fergus fera la connaissance de Dil qui le conduira de révélation en révélation, ni comment il sera rattrapé par la blonde du début devenue brune, ni encore moins comment finiront ses aventures peu communes.Car même sans avoir prêté serment, je respecte le secret professionnel qui interdit - tacitement -aux journalistes de dévoiler au spectateur potentiel qu’est le lecteur, les temps forts, les moments choc d’un film.Et laissez-moi vous dire que celui-ci vous réserve d’étonnantes, de juteuses surprises.Le premier charme de ce film est dans la description des personnages.Dans l’amitié inattendue qui jaillit entre le gardien et son otage et aussi dans l’humour qui allège le ton faussement noir de l’histoire.Ainsi, la séquence où Fergus, mortellement intimidé, aide Jody (mains liées) à soulager sa vessie est d’une irrésistible drôlerie.La rencontre avec Dil nous entraîne dans un monde nouveau, un Londres marginal, l’univers corn- DERNIERE SERIE de RTT T ETS en VENTE LUNDI! CteJfHANTOM ot the( /L A M IT 11 I-' \Y/ l I n v n w/ i» tnrn a /rtllA ill¦ A N I) U \ W I.I.O Y I) W i: Il H I- |( mis en seine par II A II () I.I) I’ l< I N C I.REPRISE POUR UN TEMPS LIMITÉ! MAINTENANT JUSQU'AU 4 MARS 1993! n Théâtre Maisonneuve, ü U Place des Arts.Montréal RÉSERVEZ 1 NI SOIRÉE AVEC I I PHANTOM (514) 790-2222 Billets egalement en vente au guichet «le la Place «les Arts et aux guichets TickctMastcr (situés dans certains magasins «le la Baie) Croup* (20 et plus) téléphone/: (S 14) 874-91 S.1 au Québec; Réserve/, une place «le choix grâce à Avant-premiére «le American Express.Compose/ le (514) 790-0300.Version origin.île! l it aogl.iis .ivi-t «les siirlilrcs en français.Plsce dGS ArtS, Montré3l (4I0) 925-7466 en dehors «lu Québec Canadien -PEDAGOGUES ET DIRECTEURS (’TRICES) D’ÉCOLES- Ne larde/ pas! Réserve/ dès .iiijouril'lmi des places pour vos éludiaots dans le .Programme édile alil'«lu l’Iiaulom.Pour olilenir plus de détails el vous renseigner au sujel du transport gratuit par autolnts, téléphone/ .(SI t) H7i OIS ».PHOTO MIRAMAX plexe et dépaysant de Dil.Et ici, l’invention de personnages inédits (le garçon du métro) et la direction d’acteurs se révèlent magistrales.Je trouve que Neil Jordan est à son meilleur lorsqu’il déploie son imagination vers les frontières inexplorées des ambiguïtés sexuelles.Souvenez-vous de son Company of Wolves , rafraîchissante fable psychanalytique inspirée du Petit Chaperon Rouge.Mais pourquoi faut-il que cette fascinante plongée en eaux troubles se transforme soudain en mélo-tragédie avec le retour de Jude en perruque noire et de ses sbires de l’IRA?Là, l’intérêt dégénère nettement.Heureusement que la sé- 3uence finale vient boucler la boucle e l’humour noir, des grenouilles et des scorpions.Cinéma d’apprentissage On My Own D’Antonio Tibaldi.Avec Judy Davis, Matthew Ferguson, David Mcllwraith, Nicolas Van Burek.Scénario : Gill Dennis, Antonio Tibaldi, John Frizzell.Image : Vic Sarin.Musique : Franco Piersanti.It.-Aust.-Can., 1992.Présenté cette semaine au Rialto.Alain Charbonneau VOICI un petit film qui ne brille ni par l’originalité de son scénario, ni par le grain de sa photographie, ni par l’intelligence de sa mise en scène, et qui malgré tout se recommande pour sa simplicité et sa sobriété d’ensemble.Empruntant l’essentiel de ses thèmes au roman d’apprentissage, On My Own du réalisateur Antonio Tibaldi peint, sur quelques semaines, le difficile passage à l’âge adulte d’un adolescent que ses parents, divorcés depuis longtemps, ont placé comme pensionnaire dans un prestigieux collège privé de l’ouest canadien, d’architecture parlementaire et d’atmosphère monastique.C’est là que Simon mène à 15 ans l’existence sans histoire d’un collégien normalement constitué, une existence partagée entre les lénifiants cours de maths et les enlevantes parties de foot.La vie ne l’a pas encore frappé, mais elle ne tarde pas à le faire.Pendant le congé de Noël, Simon apprend par la bouche de son père la véritable raison de la séparation de ses parents : la schizophrénie de sa mère, qu’il n’a pas revue depuis deux ans et qui est venue exprès de Londres pour le voir pendant les fêtes.Pour le jeune Simon, l’innocence devient d’un seul coup chose du passé, et avec elle, tout le monde de l’enfance que l’univers clos et protecteur du pensionnat perpétuait en lui, bien artificiellement.De retour au collège, il sent intuitivement la fracture que la troublante révélation a ouverte en lui, et c’est pris entre celui qu’il était et celui qu’il devient qu’il apprend alors le dur métier de vieillir.Conscience accrue du monde extérieur, éveil de la sexualité, écoute plus attentive et plus fascinée des rêves et de leur indomptable pouvoir de condensation, plaisir à demi-coupable d’enfreindre les règles du collège et de transgresser l’interdit, expérience des limites de la raison à travers la découverte de PHOTO ARCHIVES Judy Davis la maladie de sa mère et le choc dé son suicide, enfin révolte contré lè père dont il parviendra peu à peu à comprendre les mécanismes inconscients et, partant, le ridicule : tout ce mûrissement précipité, et que précipite encore plus la rencontre d’un nouveau compagnon de classe plus désinvolte et plus déluré que les autres, avec qui Simon fera les 400 coups, est traduit de manière très sensible, sur le mode intimiste (on sent ici et là poindre des accents d’autobiographie), et surtout sans l’habituelle mièvrerie châtrée dont s’enrobent à l’écran les chroniques adolescentes.Pour ce premier long métrage, fruit d’une co-production canado-italo-australienne, Tibaldi a retenu le talent de Judy Davis, qui prête à cette mère, crucifiée par ses propres hallucinations, la même crédibilité qu’à la femme banale de Sydney Pollack dans Husbands and Wives.Sans écraser le jeu du jeune Matthew Ferguson, très émouvant par endroits, Davis apporte à On My Own l’once nécessaire de profondeur et d’intériorité dans l’interprétation et sert ainsi de parfait repoussoir à la solitude et à la fragilité de l’adolescent, laissé à lui-même et forcé par les circonstances de voler pour la première fois de ses propres ailes.Recommandé à ceux et celles chez qui l’adolescence n’est pas que lettre morte et que The Dead Poet Society aurait profondément ennuyés.3 I ORCHESTRE SYMPHONIQUE BAillj I DE MONTREAL Charles dutoit tfl/T En collaboration avec: cfb Place des Arts présente LES CAUSERIES OSM Mardi 12 et mercredi 13 janvier à 18h45 Hall central de la Place des Arts invités cette semaine: Georges Nicholson animateur à Radio-Canada Jean-Jacques Nattiez spécialiste de Wagner LES GRANDS CONCERTS Jeffrey Tate, chef Elizabeth Connell, soprano Mardi 12 et mercredi 13 janvier, 20h00 MOZART: Symphonie no 25, K.183 BERG: Trois pièces pour orchestre, opus 6 WAGNER: Gôtterdâmmerung, extraits BILLETS: 9,25$ 19,25$ 27,00$ 37,50$ LES CONCERTS AIR CANADA Jeffrey Tate, chef Mardi 19 et mercredi 20 janvier, 20h00 ELGAR: HANDEL-HARTY: HOLST: HAYDN: Ouverture «Cockaigne» Water Music Suite «St.Paul» Symphonie no 104 «Londres» Co-commanditaire: ^Succession ésioi BILLETS: 9,25$ 19,25$ 26,00$ 35,50$ AirCanada LES MATINS SYMPHONIQUES MÉTRO Jeffrey Tate, chef Mercredi 20 janvier, 10h30 HANDEL-HARTY: Water Music HOLST: Suite «Si.Paul» HAYDN: Symphonie no 104 «Londres» BILLETS: 15,08$ (taxes incluses) cft) SALLE WILFRID-PELLETIER EN VENTE À L'OSM: K42 W5I ET AUX GUICHETS UE LA PLACE DES ARTS: «42-2112 (luxes el redevance Place des An, en sus) 1 Le Devoir, samedi 9 janvier 1993 ¦ C-3 le cahier du 1 • CINEMA Chariot personnage Chaplin Réal: Richard Attenborough.Scénario: William Boyd, Bryan Forbes et William Goldman, d'après My autobiography de Charles Chaplin et Chaplin: His life and art de David Robinson.Avec Robert Downey jr, Géraldine Chaplin, Dan Aykroyd, Kevin Dunn, Anthony Hopkins, Milia Jocovich, Diane Lane, Kevin Kline.Images: Sven Nykvist.Musique: John Barry.Odile Tremblay À L’HEURE où les biographies filmiques sont tellement à la mode chez nos voisins du Sud, la vie de Charles Chaplin se révèle un des sujets les plus inspirants et des plus riches.L’homme connut tous les sommets: pauvreté, célébrité, richesse, génie, scandale, déboires conjugaux et politiques, en plus d’avoir créé et symbolisé à lui seul le septième art, en traversant et marquant une grande partie du siècle.C’est Richard Attenborough (le réalisateur de Gandhi) qui entreprend aujourd’hui de rendre Chaplin au cinéma.Ce qui n’est après tout que justice.L’enfant de la balle, fils de deux acteurs de music hall londoniens, fit ses débuts sur les planches à l’âge canonique de cinq ans quand il dut remplacer à pied levé sa chanteuse de mère (sans grand talent) qui recevait des tomates pour avoir perdu la voix durant son numéro.On verra Charles Chaplin partir comme un saltimbanque sur les routes d’Europe et des Etats-Unis, avec une troupe de vaudeville, en clown mime toujours empêtré dans ses souliers.Chariot se dessine, et trouve bientôt son chapeau, ses godasses et sa claudication célèbre.Passant au cinéma, à 25 ans, Charlie Chaplin est déjà un mythe, à 26 il est richissime et à 30, co-fondateur, aux côtés du trio Fairbanks, Pickford et Griffith, de United Artists.Tour à tour et simultanément acteur, producteur, réalisateur, scénariste, compositeur de musique, jongleur, mime, funam- bule; artiste complet.Le film d’At-tenborough, basé sur l’autobiographie de Chaplin et le livre qu’avait consacré au célèbre mime David Robinson, tient plus de la reconstitution historique de premier degré ue de la biographie de fond.Il y a es costumes magnifiques, des décors quelque peu fabriqués, des Pour les yeux de Pacino Scent of a woman Réal: Martin Brest.Scénario: Bo Goldman.Avec Al Pacino, Chris O’Donnel, James Rebhorn, Gabrielle Anwar, Richard Venture.Images: Donald E.Thorin.Musique: Thomas Newman.Odile Tremblay DEPUIS quelques années, une des tendances du cinéma américain est de faire jouer des rôles d’handicapés physiques ou mentaux à des stars masculines du grand écran.Robert de Niro fut un catatonique tiré de son sommeil dans Awakening et Dustin Hoffman un psychotique dans Rain Man, pour ne nommer que ceux-là.Ce type de rôle a le mérite de tirer des ressources insoupçonnées à des acteurs chevronnés, d’étendre leur registre, bref de nous étonner, par un côté «freak» inusité.Cette fois, c’est au tour d’Al Pacino de jouer un aveugle grincheux, vétéran de guerre toujours en train de grogner contre ses semblables, qui, à travers l’aventure d’une fin de semaine de liberté, sera touché par la grâce et s’humanisera.La rédemption à travers le dialogue et la découverte de l’autre étant également un thème de l’heure du cinéma américain.Scent of a woman raconte la mésaventure de Frank Slade (Al Pacino), vétéran de guerre au caractère atrabilaire, qui a perdu la vue, et que sa fille, qui désire prendre l’air durant la longue fin de semaine de l’Action de grâce, confie à un jeune étudiant ayant placé une annonce pour jouer la nounou.Or, Charlie, l’étudiant en question (Chris O’Donnel), a des ennuis à son chic collège privé, où il a été mêlé à une histoire de vandalisme.Sa fin de semaine avec le vieil aveugle original lui trempera le caractère.Car Frank Slade l’entraîne dans une folle équipée à New York, où les attendent la grande vie, limousines, fine cuisine, suite au Waldorf-Astoria, mais aussi menaces de suicide, affrontements, désespoir, etc.Ses problèmes scolaires prennent un autre Conservatoire d'art dramatique de Montréal Gouvernement du Québec Ministère des Affaires culturelles PHOTO MYLES ARONOWIRTZ Al l’ucino danse le tango en compagnie de Gabrielle Anwar.éclairage.Quant à Frank Slade, il lui-même et aider plus petit que soi.découvre qu’il peut encore sortir de Le film est porté par l’effet de AUDITIONS D'ENTRÉE Année scolaire 1993-1994 DATE LIMITE D'INSCRIPTION: 1er FÉVRIER 1993 Pour être admises, les personnes sélectionnées à la suite des auditions devront être titulaires d'un diplôme d'études collégiales au plus tard le 15 août 1993 ou être âgées d'au moins 22 ans le 1e1 février 1993.Pour renseignements: Conservatoire d'art dramatique de Montréal 100, rue Notre-Dame Est Montréal (Québec) H2Y 1C1 Téléphone: (514) 873-4283 Québec ss contraste entre les deux personnages, ce qui ne profite d’ailleurs pas au plus jeune.Car Chris O’Donnel, falot adolescent au visage poupin et à l’ignorance des choses de la vie paraît d’une telle insignifiance à côté d’Al Pacino qui joue les vieux excentriques aveugles avec force trébuchements, crises de colères, percées d’humour noir, dignité renfrognée et concentré d’émotions que seul un vieil acteur bourré de métier peut tirer d’un rôle aussi casse-gueule, qu’il est littéralement anéanti par la performance de son vis-à-vis.Frank Slade aurait pu être grotesque ou carrément invraisemblable, Al Pacino lui donne vie et crédibilité.Il porte le rôle et le film sur ses épaules.Mais à part ça, Scent of a Woman est plutôt faiblet du côté du scénario, quand il ne tombe pas dans la plus totale invraisemblance.Toute la dernière partie qui se déroule dans le collège huppé du jeune homme, avec un comité de discipline qui change d’avis comme une girouette sous les belles paroles du vétéran, fait virer le film en eau de boudin.Au point de départ, le dit collège avec ses vieux murs, ses traditions et principes d’un autre âge, sa faune professorale engoncée et ses élèves chahuteurs avait hérité d’un décor bien campé, comme était bien dessinée aussi le New York doré où s’aventurent les deux héros.Du côté de l’image, rien à dire, ce sont les dialogues qui font décrocher le spectateur quand ils tombent dans la morale et les bons sentiments.Martin Brest, qui nous avait déjà livré l’ultra léger Beverly Hills Cop et surtout l’excellent Midnight run, «road movie» qui donnait la vedette à Robert de Niro, s’est spécialisé dans le film d’action.Scent of a Woman se veut une incursion dans le drame psychologique, genre dont le cinéaste ne maîtrise pas tous les subtils rouages.Du moins a-t-il eu le flair d’aller chercher Al Pacino qui par- Films et Cinéma Libre présentent au Cinéma ONF, 496-6895 1564 St-Denis (métro Berri) le dimanche 10 janvier à 18h00 et 20h00 au Cinéma PARALLELE 3682 St-Laurent, 843-6001 lundi mardi et mercredi à 19h00 et 21h00___________ Vent d'Est AINSI QUE LES HOMMES VIVENT?un film de Guy Simoncau ¦ nn son an.".étonnant et courageux" ".un tilm événement" le Devoir la Presse ".un tilm simple, direct et sincère sur le malaise affectif de l'homme moderne" Voir belles images, quelques bonnes idées, comme celle d’avoir confié le rôle de la mère de Charles Chaplin à sa propre fille Géraldine Chaplin qui s’acquitte de sa tâche avec sa présence habituelle et beaucoup d’émotion.Mais Attenborough est resté nécessairement partial dans ce qu’il a choisi de mettre en scène, et on peut interroger ces choix-là.Mises à part d’intéressantes incursions du côté de la carrière de Chaplin, (on assiste avec grand plaisir à la genèse de plusieurs classiques comme The nid.Modem Times, etc,- et les vrais films de Chariot se mêlent harmonieusement aux scènes reconstituées), le réalisateur a mis surtout l’accent sur la vie conjugale de Chaplin, fort mouvementée par ailleurs, à travers ses quatre mariages avec des femmes-enfants, (la première n’avait pas 18 ans) - ce goût des jeunes filles, -comme dirait Lafer-rière- devant lui causer au long de sa longue vie procès et ennuis.On aurait aimé en connaître davantage sur la période de la persécution qu’il vécut sous le MacCar-thysme, quand il fut soupçonné Robert Downey jr tient le rôle titre dans le film de Richard Attenborough.d’accointances communistes et bouté hors d'Amérique.On aurait aimé également en découvrir plus sur son enfance, sa jeunesse nomade sur les routes du monde.Des pans entiers de son existence sont à peine effleurés.Par dessus tout, on peut reprocher au film d’Attenborough de ne pas avoir creusé la psychologie de son personnage.Au delà des faits de sa vie, les contradictions, les pulsions, les détresses, les extases d’un génie créateur comme Chaplin nous restent invisibles.Robert Downey a beau rendre physiquement son modèle avec beaucoup de versatilité et une souplesse de chat, reproduire fort comiquement ses gags, ses culbutes et survoler plus de 60 ans de sa vie, à grand renfort de maquillage, en bout de ligne, il ne rend pas l’intériorité du grand homme qu’il incarne.Les dialogues, très simplistes, restent au ras des pâquerettes.De plus Attenborough, qui a pourtant soigné l’image, est demeuré conventionnel dans le traitement de son film.Tout s’enchaîne sans surprise, sans scènes oniriques, sans effets spéciaux, ni rien de rien d’un tant soit peu surréaliste, qui pimenterait la biographie.Chaplin nous en apprend un peu plus sur ce qu’a fait Chaplin, nullement sur ce qu’il fut.IFAMOUS PLAYERS Catherine Deneuve 9a INDOCHINE Hofs PARISIEN 480 Stc-Catheime O AT RICHARD BOHRINGER ELENA SAFONOVA ROMANE BOHRINGER un film de n a i inr mii i ru g trice Md Vajos.PARISIEN 866-3B56 480 Ste-Cathenne O wC 1 30-4 00-6 30900 CENTRE LAVAL6*™ 1600 Le Coibiisie» ?O Tout tes uni 7 10-9 30 tanvdim 12 202 304 5D7 10 9 30 COUCHE TARD tam 11 50 !?nn DOLBY STERËÔ1I I .\ 1 il il A A i HISTOIRE» tégjSo/s] UN FILM DE CLAUDE LELOUCH CENTRE-VILLE ««-film 7001 Université meho McGill é> "U CHÊNl" et uLES NUITS FAUVES" S'AVÈRENT LIS LIONS DU BOX-OFfICt 1993 SÉLECTIONS DE U MESSE PARMI LES 10 MEILLEURS FILMS DE 1092 Huguette Roberge ?Luc Perreault SÉLECTIONS "MEILLEURS FILMS DE 1992 EN FRANCE" -STUDIO MAGAZINE m SI I l( I ION s# Oi l K II I I I I l STI VAL 1)1 C'ANNI S LE CHÊNE l.c film de ( if ni ( (Aluni i/ui u rvvclc Ixomunc ntAinin/cr: UN FILM D E LUCIAN PINTILI MgggrrffiTTi ALLIANCE V I VA HL M’ ,'rO/RK()KMtSjQlj¥.V,V Montré CONCOURS D'ADMISSION ANNÉE SCOLAIRE 1993-1994 V,0'kk de MisuA v VlV Disciplines principales: Instruments d'orchestre, art vocal, guitare, clavecin, orgue, piano, ondes Martenot, saxophone, direction d'orchestre, écriture, composition, analyse, histoire de la musique.Formation musicale professionnelle (D.E.C., études supérieures) DATE LIMITE D'INSCRIPTION: le vendredi 29 janvier 1993 à 16 h RENSEIGNEMENTS: Conservatoire de musique de Montréal 100, rue Notre-Dame Est Montréal (Québec) (514) 873-4031 Gouvernement du Québec Ministère des Affaires culturelles Québec ss i C-4 B Le Devoir, samedi 9 janvier 1993 CLASSIQUE VITRINE DU DISQ.UE Un héritier de Scriabine Vichnegradski Quatuors à cordes no.1 op.13, no.2 op.18, no.3 op.38bis, Troisième quatuor à cordes, deuxième mouvement, Composition pour quatuor à cordes op.43, Trio pour violon, alto et violoncelle op.53, avec l’Arditti String Quartet.Slock EB.201.Vichnegradski 24 Préludes op.22, pour deux pianos, Intégrations op.49, pour deux pianos, avec Henriette Puig-Roget et Kazuoki Fujii.Fontec Records V-3.200.Carol Bergeron «J’AI JOUÉ dans un concert à quatre pianos des oeuvres avec quarts de ton de Vichnegradski.C’est très mauvais, et les sons eux-mêmes deviennent lourds.» Plutôt lapidaire, cette appréciation vient d’un Boulez qui, dans une lettre adressée à John Cage, commentait l’activité musicale parisienne de l’automne 1951 — le 28 novembre, en compagnie de Claude Helfïèr, Yvette Grimaud et Ina Marika, il avait en effet participé à l’exécution du Deuxième fragment symphonique op.36 de ce compositeur né à Saint-Petersbourg en 1893.En 1937, un concert entièrement consacré à sa musique avait pourtant suscité des éloges d’un Messiaen, et d’un Emile Vuillermoz qui affirmait: «nous serions à la fois bien imprudents et bien ingrats si nous négligions cette occasion d’aborder une étude qui peut être pour notre vocabulaire sonore la source d’enrichissements certains».Héritier de Scriabine qui compte parmi les pionniers du langage musical contemporain, Ivan Vichnegradski fait partie de ce que l’on appelle aujourd’hui «l’avant-garde nasse» des premières décennies du 20e siècle.C’est en effet chez Scriabine, plus que chez Stravinski et Prokofiev, que l’ancien système tonal (celui de Mozart et de Brahms) est remis en cause.Prométhée ou Poème du feu op.60 pour clavier à lumières, piano, orgue, choeurs et orchestre, créé le 15 mars 1911 à Moscou, en est la démonstration la plus probante; selon Manfred Kelkel, l’ouvrage s’appuie sur la théorie des correspondances (tout est lié, tout est dans tout) et la notion de vibratiop universelle (tout est vibration).A partir de là, l’exploration se dirigea vers des systèmes musicaux différents: vers «l’harmonie absolue» de Nicolas Obouhov (1892-1954), vers CORPSoA CORPS geste et parole Avec ROGER LÉGER, PATRICIA PEREZ et HUY PHONG DOAN, spécialiste des arts martiaux appliqués au théâtre VIOLONCELLE ET VOIX parole et musique Musique de CLAUDE LAMOTHE Avec PAULINE VAILLANCOURT et CLAUDE LAMOTHE DU 19 JANVIER AU 6 FÉVRIER DU MARDI AU SAMEDI À 20H30 RÉSERVATIONS: 521 4191 ESPACE LIBRE 1945 rue Fullum TEXTES ET MISES EN SCENE JEAN-PIERRE R O IM FARD ÉCLAIRAGE SYLVIE MORISSETTE le «total chromatique» de Nikolai Andreevitch Roslavetz (1881-1944), d’Efim Golychev (1897-1970) et d’Arthur Lourié (1893-1966), ou encore vers les systèmes «ultrachro-matiques» de Mikhail Vassilievitch Matiouchine (1861-1934), de Dimitri Mikheevitch Mielkich (1885-1943) et, bien entendu, d’Ivan Alexandrovitch Vichnegradski lui-même.Sa grande oeuvre, son chef-d’oeuvre selon certains, est un oratorio pour récitant, choeur et orchestre qu’il acheva en 1917, puis remania à deux reprises (1927 et 1940); le texte de La journée de l’existence s’inspire de la philosophie hindoue et décrit l’apparition et l’évolution d’une «conscience cosmique».Ce fut pour lui le point de départ d’une recherche qui le conduisit à l’«ultrachromatisme» ou l’exploitation systématique des microintervalles (quarts de tons, sixièmes de tons, huitièmes de tons, etc.).Dès son arrivée en France, Vichnegradski (on lit aussi VVy-schnegradsky) travailla à la mise au point d’un piano capable de reproduire les quarts de tons, ce qui le conduisit en Allemagne où il rencontra le Tchèque Alois Haba qui poursuivait la même recherche.Un hybride à «triple clavier» (trois manuels superposés) fut construit en 1928, qui ne répondit toutefois pas à toutes ses attentes, puisqu’il préféra écrire pour deux pianos accordés à des diapasons distants d’un quart de ton.C’est ainsi que se jouent les 24 préludes op.22, par exemple.Publié au Japon, l’enregistrement de la pianiste française Henriette Puig-Roget et de son col- lègue japonais Kazuoki Fujii est hélas vendu sans aucune documentation en français ou même en anglais.Aussi pour éclairer sa lanterne sur un compositeur auquel la musicologie ne s’est pas encore intéressée sérieusement, il faudra se procurer l’excellente gravure des oeuvres pour quatuor à cordes jouées par le merveilleux Arditti String Quartet.Ce discjue numérique est accompagné d’une généreuse présentation.A noter qu’un concert Vichnegradski donné à Radio-France en 1977 avec les pianistes Sylvaine Billier, Martine Joste, Jean-François Heisser, Jean Koerner et le violoncelliste Jacques Wiederker fut diffusé par l’éditeur allemand Blick (EB 107/8) en deux microsillons dont la quatrième face reproduit un fascinant entretien que le compositeur, alors âgé de 85 ans, avait accordé.Souhaitons cependant que, profitant du centième anniversaire de la naissance du compositeur franco-russe, des efforts soient consentis afin de mieux faire connaître son oeuvre.Des efforts comme l’hommage que lui rendait tout récemment Bruce Mather par un concert qui sera diffusé demain soir sur les ondes MF de Radio-Canada.Faut-il rappeler qu’à l’instar du compositeur français Claude Bal-lif, Mather a lui aussi intégré dans ses propres compositions l’écriture «ultrachromatique» de Vichnegradski.11 lui a par ailleurs consacré deux microsillons parus sous l’étiquette McGill Records; des pièces en quarts de tons pour deux pianos (77002) et d’autres pour trois pianos accordés en sixièmes de tons (83017).CELLE-LÀ MISE EN SCÈNE: LOUISE LAPRADE AVEC ISABELLE MIQUELON, MARC LEGAULT, JEAN-FRANÇOIS PICHETTE E S PAC E GO THEATRE DAN I S DU 12 JAN AU 13 FÉV 1993 • 5066, RUE CLARK.RESERVATIONS 271-5381 OU RÉSEAU ADMISSION 790 -1245 Rachmaninov Le lundi 11 janvier 1993 à 20 h Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts André Prévost Ouverture Concerto pour piano n° 1 en fa dièse mineur, op 1 Symphonie n° 2 en mi mineur, op 27 Chef d orchestre Agnès Grossmann Soliste Alain Lefèvre pianiste Agnèa Grossmann Chef d'orchestre Alain Lefevre Pianiste Une présence Une invitation de: Q d>/// ORCHESTRÉ: METROPOLITAIN H .N F S GROSSMANN Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts Reservations téléphoniques: 514842 2112.Frais de service.Redevance (le 1,25 $ < » faxes) sur foui billef de plus de 10$ UN CHOIX D’IMPORTATION EN MUSIQUE DE FILM Cmvcpa nn AU GOUT DES G nus I l ANS K l I» L Z CINÉPHILES V ^ oiible VIF.île véronique |hr ItntfMs life «I Wftmilw vv *•> /kr«—.rw-m» 5219, ch.de hi Côte-des-Neiges (prés de la station de métro ( ô te - des-Neiges) Tel.: 342-1515 Des Sundays pour vos dimanches The Sundays BlindGeflen (MCA) LE GROUPE, composé d’un couple, la chanteuse Harriet Wheeler et le guitariste David Gavurin, et de leurs amis, est issu de Bristol, en Angleterre.En 1990, à la sortie de leur premier album, Reading, Writing and Arithmetic, la très volage presse britannique en a fait l’éloge pendant au moins 15 minutes.Blind, leur deuxième album, a récemment traversé l’Atlantique, et je viens de passer un après-midi délicieux à l'écouter.Comment vous situer le genre très particulier des Sundays?Ilya d’abord et avant tout la voix de Harriet, très douce, très enfant-fleur, pas loin d’Edie Brickell et de Susanna Hoffs (ex-Bangle), avec des petites pointes à la Sinead O’Connor dans les chansons les plus tristes (la mélancolie, en cette fin de siècle dépressive, est de plus en plus à la mode).Il y a la musique, très Cocteau Twins, agréablement et intelligemment pop, plus folk que rock, vaguement celtique, mâtinée d’ambiances et de sonorités délicatement psychédélisantcs.Une musique de champignons magiques, en orbite autour du globe, plus légère que l’air, fondée sur une rythmique très valsante de guitares électriques et acoustiques riches et harmonieuses.Je ne me lasse pas de leur version absolument envoûtante du Wild Horses des Rolling Stones.Faites-en vos dimanches.Artistes divers 10 ANS 10 ARTISTES LES GRANDS SUCCÈS DE Bud CKOI Les grands succès de L’Empire des Futures Stars Disques Passeport (Sélect) MICHEL, BÉLANGER, le président d’Audiogram, l'étiquette des Richard Séguin, Jim Corcoran, Michel Rivard, Laurence Jalbert, Vilain Pingouin et consorts, me le confirmait récemment: s’il est techniquement possible qu’un nouvel artiste soit recruté après l’écoute d’une bande démo, plus souvent qu’autrement ce sont les concours qui permettent aux compagnies de disques de connaître et de jauger les nouveaux venus.Tout, ici, est question de visibilité.Et L’Empire des Futures Stars est, de loin, la compétition la plus courue et la plus médiatisée (CKOI la parraine depuis le début, et la finale au Spectrum est télédiffusée en différé par Radio-Canada).S’il vous en faut la preuve, procurez-vous la compilation lancée à l’occasion du dixième anniversaire The SUNDAYS de l’événement.Tous les artistes représentés ont vécu (et fort bien survécu à) l’épreuve cruciale de L’Empire: Vilain Pingouin, The Box, Laurence Jalbert (qui avait participé avec le groupe Volt), Marie- Denise Pelletier, Tango Tango, Le Grand Manège, Madame, Laymen Twaist, Les Parfaits Salauds et Bündock.De L’Affaire Dumontier (The Box) à Sous la pluie (Vilain Pingouin), l’échantillonnage proposé trace un portrait passablement fidèle du rock tel qu’il s’est pratiqué chez nous depuis 1982.Artistes divers Groin Thunder! Trogg-Punk Noise From All Over The Place! Dog Meat Records (Disques Cargo) LES TROGGS et leur chanteur Reg Presley, malgré leurs costumes à rayures bien proprets de parfaits petits Mods, étaient des punks avant l’heure.Wild Thing, I Can’t Control Myself, I Just Sing et Girl in Black, en 1966-67, ramenaient le rock à ses composantes de base (sexe, agressivité, minimalisme instrumental) alors que les Beatles, les Stones, les Kinks et même les Who le nourrissaient de milles substances et autant d’instruments étranges.Les Troggs faisaient du bruit dans le garage alors que tout le monde batifolait au jardin.Sur cette compilation revigorante, 24 groupes, tous plus irritants, tous plus fâchés les uns que les autres, se sont emparés du répertoire des Troggs, et sont parvenus à en augmenter le pouvoir corrosif.Plusieurs formations jouent très très mal, ce qui ajoute au charme.Tenir hors de la portée des enfants.Sylvain Cormier Laurent Voulzy, Caché derrière, BMG.Il Y A ceux qui détestent, il y a ceux qui adorent.Principal reproche adressé à Laurent Voulzy, un son par trop commercial.Expression réductrice d’une qualité musicale sans faute.Voulzy qui pond des hits comme d’autres des oeufs peut passer jusqu’à une semaine en studio pour le plaisir d’améliorer un accord.Résultat, neuf longues années ont séparé son premier album de ce troisième qui réunit dix titres aux textes partagés avec le copain de toujours, Souchon de son petit nom.Côté mélodie, mêmes rengaines efficaces tendance pop «commercial» pleines de claviers, synthé et batterie percutante.Un album léché qui balancera agréablement notre morosité hivernale.Pascale Pontoreau Jusqu’au bout du mmde Trois lectures spectacles réunissant trois auteurs néo-québécois.lundi 11 janvier 1993 à 20h — Bulgarie La Fêlure de Sonia Anguelova mise en lecture d’Alice Ronfard lundi 18 janvier 1993 à 20h — Chili L'Attente de Miguel Rétamai mise en lecture de Guy Beausoleil dimanche 24 janvier 1993 à 20h — Liban Willy Protagoras enfermé dans les toilettes de Wajdi Mouawad mise en lecture de Pol Pelletier théâtre d'aujourd'hui 3900, rue Saint-Denis, Montréal Réservations: 282-3900 ENTRÉE LIBRE Le Devoir, samedi 9 janvier 1993 M C-5 le cahier du 7 • ROCK Donovan n’a jamais fumé de pelures de bananes Donovan Troubadour: The Definitive Collection 1964-1976, Epic/Legacy (Sony Musique) Mini-coffret _______Sylvain Cormier BOB DYLAN, dans une chambre d’hôtel à Londres en 1965, au début de sa première tournée britannique, feuillette les journaux pour voir ce qu’on dit de lui.Son oeil accroche la photo d’un dénommé Donovan qui porte la même casquette qu’il arborait, lui, l’année d’avant.Et la même veste en denim.Un sale copieur?«Qui est ce Donovan?», s’en- 3uiert-il, irrité, auprès de sa cohorte e parasites.Alan Price, le clavié-riste des Animais, venu visiter le grand poète et, si possible, revendiquer l’honneur de se saoûler la gueule avec lui, marmonne une réponse, déjà passablement éméché.«Donovan?Il écrit de belles chansons.Ce n’est pas un faux-cul.» Quelques jours plus tard, dans un appartement de Chelsea, Donovan est officiellement présenté à Dylan et à sa cour.En guise de test introductif, on lui demande de chanter.Donovan s’exécute, et amorce To Sing For You.La voix est douce, mélodieuse, rien à voir avec celle, nasillarde et traînante, de Dylan.Il y a bien du Dylan dans la suite d’accords, dans la manière de résoudre le refrain, mais l’air a aussi quelque chose de celtique.Dylan écoute attentivement, sourit, et parle le premier une fois la chanson achevée.•
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