Le devoir, 5 décembre 1992, Supplément 1
iEDiiJ(mtr.r(0]vir)FsrA>niiiT?fiRs — mm if • v ! t , kîËiSlÉ WêM >HOTO JACQUES GRENIER I—üt «« caJiLerspéçlaL J.1 ¦ r.lt: 'msâm mMUMU ;r4 |p6;i;:3|a aprr*3 SÏÏÆ i L:~.>ïïi |l Montréal, samedi^ecembrëM 992' t.¦ - "^rsr SI-'- 1 ._• • — — LE CAPITAL*^ Dê Ç0X6ff]oN yot^ Cégep du Vieux Montréal [=Nl Téléphone: (514) 982-3401 2 B Le Devoir, samedi 5 décembre 1992 cahier spécial Éducation des adultes Le Québec traîne toujours de la patte PHOTO JACQUES GRENIER y***'* Emplois Jobs Catherine Lafrance Les données du dernier recensement fédéral n’étant pas encore disponibles pour fin de compilation, c’est au recensement de 1986 qu’il faut se reporter pour analyser l’état de la scolarisation des Québécois adultes.A prime abord, ce qui frappe, c’est le retard que semble accuser le Québec par rapport aux autres provinces.Le Québec compte plus d.’un million d’adultes qui n’ont pas atteint la 9e années et plus d’un million qui ont étudié au secondaire sans obtenir de certificat d’études secondaires, deux cent mille de plus que ceux qui obtiennent ce certificat.Robert Maheu, directeur des études démographiques et économiques du ministère de l’éducation fait remarquer qu’au pays, plus on va vers l’ouest, plus les adultes sont scolarisés.C’est une question de marché du travail, une question d’emploi.Le Québec a exploité, à travers son histoire, des secteurs de travail qui demandaient moins de main d’oeuvre qualifiée, le textile, par exemple.«Aujourd’hui, dit-il, on dirait que la tradition est restée.» Le Québec compte plus d'un million d'adultes qui n'ont pas complété une neuvième année et a le taux de diplômés le plus faible Depuis la Révolution tranquille, des efforts importants ont UQAM actuelle Etudes en andragogie Famille de l’éducation ¦ Certificat de premier cycle pour formateur-trice-s d'adultes en milieu scolaire Ce programme vise à offrir une formation psychopédagogique (programme menant au permis d’enseignement), avec accent sur la problématique de l’éducation aux adultes, aux formateur-trice-s d’adultes oeuvrant dans les commissions scolaires.¦ Certificat de premier cycle pour instructeur-trice-s en milieu de travail Ce programme vise à munir l’instructeur-trice de moyens efficaces pour une meilleure planification de la formation, l’élaboration de programmes et l’évaluation des compétences.¦ Certificat de premier cycle en intervention éducative en milieu familial et communautaire Ce programme vise le développement des compétences en élaboration de plans de services et de plans d’intervention chez les candidat-e-s oeuvrant auprès de personnes handicapées ou de personnes présentant une mésadaptation socio-affective.été faits pour faciliter l’éducation des adultes.Les inscriptions aux programmes d’éducation des adultes ont augmenté significativement, mais, des trois provinces qui ont le taux de diplômés le plus faible, le Québec se place en tête de liste, l’Alberta suit, avec la Colombie-Britannique, alors que le Nouveau-Brunswick se retrouve au premier rang des taux de diplômés .« Mais ces ratios sont plus ou moins représentatifs puisque la qualité de l’éducation ainsi que le taux de difficulté d’obtention des diplômes peuvent varier selon les provinces.On peut quand même dire que la population de l’Ontario, par exemple, est nettement plus scolarisée que celle du Québec», dit M.Maheu.Les adultes se trouvent dans trois niveaux d’études, dont deux très distincts avec des besoins distincts et surtout des raisons très particulières pour aller chercher une formation complémentaire.Le niveau secondaire est le plus diversifié.On y retrouve trois catégories-type d’étudiants adultes: les jeunes de plus de 16 ans, décro-cheurs en majorité, qui reviennent sous la coupole de l’éducation des adultes, puisque la loi sur l’instruction publique les a décrétés adultes dès qu’ils ont 16 ans.Selon Robert Bisaillon, président du Conseil supérieur de l’éducation, ce qui caractérise ces étudiants c’est leur manque ce motivation dans la plupart des cas.La deuxième catégorie, issue du milieu urbain regroupe surtout des femmes peu instruites et en chômage , beaucoup d’immigrants, en général des adultes démunis et sous-scolarisés.Le retour aux études, pour ces adultes représente une longue et difficile ascension vers l’alphabétisation, très souvent, ou le retour à la case départ sur le marché du travail duquel ils ont pu être exclus pendant longtemps pour différentes raisons.Enfin, la troisième catégorie est celle des travailleurs non qualifiés, sous-scolarisés également, souvent démunis aussi, qui viennent chercher au secondaire un minimum d’instruction, par obligation, pour tenter de conserver un emploi dont on peut supposer qu’il est souvent précaire ou appelé à disparaître dans les prochaines années, balayé par les nouvelles technologies.Les adultes fréquentent également le cegep pour aller y chercher essentiellement du perfectionnement professionnel.Il est intéressant de noter que la façon d’étudier de ces adultes au collégial s’inscrit dans la lignée du recyclage typique; les étudiants adultes viennent prendre des cours et non chercher un diplôme.Il ne s’inscrivent pas nécessairement non plus à un programme.A l’université c’est sensiblement la même chose; programmes courts ou temps partiel.Au Québec, le niveau d’études des femmes dépend de leur milieu d’origine.Les communautés portugaises et allemandes, par exemple, qui comptent à peu près le même nombre d’individus vivant au Québec, ont un profil très différent.Là où 55 Portugaises de 35 à 44 ans ont étudié à l’université en obtenant un diplôme, 290 Allemandes du même âge ont atteint le même niveau d'études et obtenu le même diplôme.Parmi les membres de la communauté arabe vivant au Québec, c’est le groupe des femmes de 25-34 ans qui semble le plus intéressé par les études universitaires.Les hommes sont très scolarisés comparativement aux communautés de même importance.Chez les Québécois de langue française, comme chez les Québécois de langue anglaise, hommes ou femmes, ce sont les 25-44 ans qui sont les plus scolarisés ¦ Certificat de premier cycle d'éducation personnalisée pour les aîné-e-s Ce programme vise l'intégration à l'université des personnes de plus de cinquante ans désireuses d'associer à leur expérience personnelle et professionnelle des apprentissages nouveaux.Ces programmes admettent des étudiant-e-s à la session d'automne et à la session d’hiver.Renseignements : famille de l’éducation, 1301, rue Sherbrooke Est, local L-1110, Montréal (Québec), tél.: (514) 987-4760, ou registrariat, 870, boul.de Maisonneuve Est, local T-3600, Montréal (Québec), tél.: (514) 987-3121 Université du Québec à Montréal PROGRAMME D'INFORMATIQUE ET DE LANGUES DU YMCA I.'informatique à la portée de tous ! l es langues imc affaire rentable ! INFORMATIQUE Dactylo sur ordinateur L'informatique pour les vrais débutants Connaître l'IBM PC Lotus 123 DOS et Windows WordPerfect 5.! Ateliers sur ta microédition DBase IV-h Windows en une semaine LANGUES Anglais Français Espagnol Allemand Italien Grec Portugais Japonais YMCA CENTRE-VILLE 1450.rue Stanley (Métro Peel) 849-8393 postes 712 et 732 Début de session : 11 janvier Inscription : IS.16.17 décembre 4.5.6.7,8janvier entre I2h-I4h et entre 16h-)8h YMCA HOCHELAGA MAISONNEUVE 4567, Hochetaga (Métro Viau) 255-4651 cahier spécial Education des adultes Le Devoir, samedi 5 décembre 1992 ¦ 3 La formation aux adultes a connu des jours meilleurs Claire Harvey et André Piché v Aune époque où les besoins en éducation se font pressants, le service d’éducation aux adultes ne connaît pas ses meilleurs jours.Victime de compressions budgétaires, il n’est pas en mesure de répondre adéquatement aux besoins d’une clientèle de plus en plus nombreuse à faire le pied de grue aux portes de ses centres de formation.Selon Jean Bertrand, coordonnateur du secteur des adultes à la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM), la clientèle des centres de formation s’est grandement diversifiée au cours des dernières années.En effet, l’arrivée massive d’immigrants non-spécialisés a rendu plus que nécessaires la francisation et l’alphabétisation de ces al-lophones.De plus, en 1985, lorsque le ministère de l’Education du Québec (MEQ) a introduit «l’enveloppe ouverte», le ministère provincial de la Main-d’oeuvre et de la Sécurité du revenu et de la Formation professionnelle (MMSRFP) a, quant à lui, débloqué des sommes pour que les prestataires de la sécurité du revenu puisse accéder à l’emploi.«La formation et le recyclage de la main-d’oeuvre ont aussi provoqué une augmentation notable d’adultes dans ce secteur de l’éducation», mentionne M.Bertrand.Par ailleurs, 1989, marque «l’harmonisation de l’âge des clientèles jeunes et adultes dans les formations générales et professionnelle.«Cette mesure qui s’imposait pour le secteur professionnel a empiré le décrochage d’élèves en formation générale dans le secteur des jeunes», précise le coordonnateur.Et les décro-cheurs ont envahi la formation générale pour adultes, brisant encore une fois l’équilibre de ce secteur.En outre, l’article 2 de la Loi sur l’instruction publique contient une zone ombragée.«En effet, dit M.Bertrand, tous ont droit aux services éducatifs pour adultes.Toutefois, l’accessibilité à ces mêmes services vient de dis- paraître puisqu’elle est conditionnelle à l’offre des commissions scolaires.Celles-ci ne sont justement plus en mesure de le faire à cause des restrictions budgétaires.» Le premier juillet 1992 marque un changement de cap.Le MEQ ferme l’enveloppe budgétaire de la formation aux adultes juste au moment où les besoins de la clientèle sont les plus urgents, les laissant sur le carreau au niveau des ressources, de l’accessibilité, de la pédagogie et de l’équipement.C’est la situation à laquelle les administrations doivent faire désormais face.Les résultats sont plus encourageants sur le terrain.Le centre d’alphabétisation Lartigue à Montréal a bien sûr souffert des coupures budgétaires.L’enveloppe fermée a provoqué l’abolition deux groupes.«La journée de l’inscription, des individus sont arrivés à 6 heures au centre pour s’assurer une place.Du jamais vu, explique Mme Denise Desmarchais,, directrice de l'établissement.A part quelques exceptions, l’intérêt est réel chez les 325 élèves dont l’âge varie de 17 à 78 ans».Aujourd’hui rien ne laisse transparaître cette situation d’alarme.Formateurs et élèves sont à la tâche.«Parce que l’enseignement est magistral, entre autres, nous n’avons pas de problème de discipline, déclare Mme Desmarchais.Ainsi, l’individu qui retarderait la dictée par manque de ponctualité serait rappellé à l’ordre par les autres».Les centres d’alphabétisation font beaucoup plus que d’offrir cette formation.«Nous mettons l’accent sur l’accueil puisque c’est à partir de l’inscription que nous pouvons sécuriser notre clientèle.L’entrevue est donc très importante.Une fois cette étape franchie, nous privilégions la valorisation et la responsabilisation de l’adulte au fil des 2 000 heures de ce processus d’alphabétisation», explique une enseignante.La notion de réussite est très relative et l’abandon n’est pas associé à l’échec.Une question à régler dans le pays d’origine, un problème de garderie, plusieurs raisons empêchent quelqu’un de poursuivre sa formation.«Parfois, nous leur suggérons d’abandon- /a compétence qu'on connaît l'arbre Collège de Bois-de-Boulogne /- ortu*reu/fuuAhoiu.?>• ner momentanément plutôt que d’éroder les 2000 heures du processus d’alphabétisation.En effet, le ministère n’admet pas la poursuite d’une formation générale ou professionnelle passé ce nombre d’heures», précise Mme Martienne St-Laurent-Forest, adjointe au centre.Sauf le diplôme de dernier niveau qui donne une entrée au cours secondaire sans autre évaluation, celui-ci n’a pas de valeur intrinsèque.Les objectifs sont plus élevés en enseignement général aux adultes.Mme Michèle Du Berger, adjointe à l’école Sainte-Croix à Montréal déclare: «Certains viennent pour apprendre, rompre leur solitude et en éprouvent une énorme fierté.En majorité, les élèves veulent obtenir un diplôme de secondaire V ou les pré-requis pour s’inscrire en formation professionnelle.» Cette clientèle a souvent des responsabilités familiales.«Ils ont énormément de courage et de détermination, explique Jacqueline Boivin, enseignante en mathématique.Certains effectuent tout le rattrapage du premier et deuxième cycle en 18 mois.Ceux-ci fournissent un effort soutenu et sont énormément motivés.Des facteurs externes liés à leur condition sociale constituent les principales causes d’abandon pour ces individus souvent défavorisés.» La trajectoire est sinueuse avant d’arriver à l’éducation des adultes.«J’ai quitté l’école après mon secondre III en 1980, raconte Martine, 44 ans.J’ai dû recommencer en secondaire I.Cette fois-ci, j’ai bien l’intention d’obtenir mon diplôme, d’accéder en formation professionnelle et devenir infirmière auxilliaire.» «Ma situation est totalement différente, explique Line, mère d’un enfant de cinq ans.Je désirais me rendre aux études universitaires et je vais devoir renoncer à ce projet.Je n’aurai pas le temps de compléter mon secondaire V dans les limites accordées Les besoins sont de plus en plus variés de l'alphabétisation à la francisation des allophones à l’heure des compressions budgétaires par le MEQ à cause de mes obligations familiales.» Contrairement à la formation générale, l’enseignement professionnel est la porte d’accès directe à l’emploi.«Nous répondons aux besoins spécifiques de l’industrie, explique M.Robert Goyer, directeur du Service de l’éducation des adultes et du Service de la formation professionnelle à la Commission scolaire Sault-Saint-Louis.Ce secteur de formation s’est beaucoup amélioré.Le renouvellement des équipements, l’établissement de meilleurs critères d’admission et un personnel mieux qualifié en ont haussé la qualité.» «Nous formons des ouvriers qualifiés capables de fournir les services de base», précise M.Yves Grenier, directeur au Métiers de l’automobile.«Les étudiants sont admis en fonction de leur intérêts et de leurs capacités, signale Mme Normande Lacombe, directrice au Centre de commerce et secrétariat Stella Maris.Après avoir connu une période plus faste, les centres d’éducation aux adultes se sont vus imposer un plafond alors que les besoins sont grandissants.Ce décallage entre l’offre et la demande ne devrait pourtant pas exister compte tenu des allophones, d’une main-d’oeuvre non-spécialisée et des bénéficiaires de programmes sociaux qui devraient avoir accès à l’instruction.COLLEGE MONTMORENCY LE CÉGEP «r " QUI GRANDIT AVEC SON MILIEU.-UN COLLÈGE ENRACINÉ DANS SON MILIEU — UN ENSEIGNEMENT DE QUALITÉ -UN PERSONNEL HAUTEMENT QUALIFIÉ -UNE VIE ÉTUDIANTE RICHE ET DYNAMIQUE -DES TAUX DE PLACEMENT EXCEPTIONNELS -DE L’ÉQUIPEMENT MODERNE À L’ÈRE DE LA TECHNOLOGIE, LE COLLÈGE MONTMORENCY MISE SUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE, AVEC SES QUINZE PROGRAMMES.LE COLLÈGE MONTMORENCY.UN AVANT-GOÛT DE L’AVENIR! ® COI.I.KGK MONTMORENCY ¦47Ç, boulevard de l'Avenir Iaval, Québec IHN MI9 (51-4) Mrt-SlOO Télécopieur (SI-») .336-0835 4 ¦ Le Devoir, samedi 5 décembre 1992 cahier spécial Éducation des adultes Que vaut le diplôme décerné aux adultes?à&im >&*ftS***j .'t ¦ 'K'% JVTm Josée Lapointe Les adultes qui entreprennent des études au niveau secondaire ont-ils besoin d’un maximum de cours obligatoires pour que leur diplôme ait de la valeur ?Sans prétendre accorder des diplômes à rabais, le ministère de l’Éducation pourrait revoir en profondeur sa proposition d’imposer une série de nouvelles exigences à l’intérieur de la grille-horaire du secteur adulte.Actuellement, seuls les cours de langue maternelle et seconde sont obligatoires pour les adultes 3ui veulent obtenir un diplôme ’études secondaires (DES).Mais le projet de régime pédagogique de l’enseignement général et professionnel des adultes, qui normalement devrait être mis en application le 1er juillet 1994, ajoute des cours obligatoires en chimie, en physique, en mathématiques et en histoire selon les niveaux.«Le plan de l’ex-ministre Pagé pour l’enseignement secondaire secteur jeune prévoit une diminution des cours obligatoires.Il faudra que l’éducation des adultes s’ajuste elle aussi et qu’elle s’assouplisse au lieu d’être plus exi- feante», estime Elizabeth Main-a, de la Table des répondants de l’éducation des adultes des commissions scolaires.«Le ministère de l’Éducation a essayé de calquer la grille-horaire des adultes sur l’actuelle grille des jeunes alors que les finalités pour les uns et pour les autres ne sont pas les mêmes», soutient Bernard Vallée, de l’Institut canadien de l’éducation des adultes (ICEA).«C’est vrai que le menu disciplinaire qui a été proposé est la voie royale qui mène à l’enseignement collégial, admet Marc Goulet, responsable de prpjet de régime au ministère de l’Éduca- Le ministÈre n’octroie pas de diplôme à rabais aux adultes mais le diplôme n’est pas toujours pris au sérieux et les adultes l’utilisent surtout comme pré-requis à des études plus avancées.tion.Nous voulions donner des chances égales aux adultes qui désirent y accéder.» Mais la nouvelle grille-horaire [jrésentée est loin d’avoir fait ’unanimité parmi la centaine de groupes et commissions scolaires consultés par le ministère.«Les adultes qui entrent au secondaire savent ce qu’ils veulent beaucoup plus que les jeunes, estime Elizabeth Mainka.Laissons-leur la possibilité de déterminer leur propre profil de formation.» Par ailleurs, une minorité d’adultes utilisent le DES obtenu «L\ FORMATION DI S \l»l LU S \L DOIT 1*1.1 S I I Kl.(Il L.NSLIGNLMLNI COI.I.LOI \l LM II Kl Ml M \ I»\K I, M \IS 1)1 \ LM K l NI SOI RCL 1)1 PROMOTION Il l)L KLNOl M II I Ml M < (>l l.l< IMS \I*\KI IN III Kl.» «Il est nécessaire pour les deux secteurs de l'enseignement collégial de s'harmoniser et de partager leurs ressources selon un modèle souple.C'est la seule approche susceptible de relancer l’éducation des adultes, domaine négligé de l’enseignement collégial, qui pourrait bien dans un proche avenir être lui-même catalyseur de l'enseignement régulier, voire même le dépasser.C’est lui qui, bientôt, devra satisfaire l’ensemble d’une population, plus scolarisée, soumise à la pression de la complexité du développement technologique.» Extrait du mémoire de la FAC présenté à la Commission parlementaire sur l'éducation.FÉDÉRATION AUTONOME DU COLLÉGIAL 1067 rue St-Denis, Montréal, H2X 3J3 Tél.: (514) 848-9977 -Télécopieur : (514) 848-0166 comme porte d’entrée pour des études post-secondaires.«Moins de 10%», confirme Bernard Vallée.Pour l’immense majorité de ces adultes, donc, le diplôme sert surtout de pré-requis pour le secteur professionnel, ou bien il représente une fin en soi.Bernard Vallée ne croit pas qu’une grille unique et rigide soit la meilleure solution pour rehausser la valeur du DES pour adultes.«Peut-être cependant que c’est ce que voulait le ministère», avance-t-il.Marc Goulet assure quant à lui que le MEQ a conscience que la majorité des adultes n’a effectivement pas besoin de tant de cours obligatoires.«Nous allons tenter un compromis pour permettre aux adultes qui ne désirent pas nécessairement entrer au cégep de jouir d’un profil d’études personnel», affirme-t-il.Pour Elizabeth Mainka, la grille-horaire proposée est réduc- trice et ne tient pas compte des cheminements complètement différents des adultes qui retournent à l’école.«Si l’adulte qui s’inscrit au secondaire a la très ferme intention d’accéder au cégep par la suite, il prendra les cours en conséquence, croit-elle.Mais ce seront des cours optionnels disponibles, et non des cours obligatoires pour tout le monde.» Le diplôme d’études secondaire serait davantage pris au sérieux si on offrait un éventail de cheminements aux adultes qui l’optien-nent, estime Bernard Vallée.Ces différents cours, bien entendu, devraient tous avoir le même poids et être donnés avec la même rigueur.M.Vallée a conscience que vu les budgets réduits, les commissions scolaires risquent de laisser tomber plusieurs cours optionnels.«C’est sûr qu’un cheminement basé sur le choix peut être très hypothéqué si on n’a pas les Une fédération d’enseignantes et d’enseignants de cégep dans LA CENTRALE DE L’ENSEIGNEMENT Fédération des enseignantes et enseignants de CEGEP (CEQ) moyens nécessaires pour assurer ce choix», convient-il.Ce n’est pas un mais bien deux régimes distincts que le ministère de l’Éducation propose, un pour le secteur général et un pour le secteur professionnel.«Le secteur professionnel a un fonctionnement plus global et est déjà fréquenté par des jeunes de plus de 16 ans, donc adultes selon la loi de l’instruction publique», constate Marc Goulet.Lors de la consultation, seuls les organismes et commissions scolaires qui se sont sentis concernés par cet aspect ont émis des commentaires.La majorité s’est prononcée en défaveur de cette proposition.Elizabeth Mainka croit que le ministère ira quand même de l’avant.«Nous voyons bien que c’est pour donner de meilleures chances de réussite aux adultes dans le secteur professionnel,«dit-elle, mais il ne faut pas que ça se fasse au détriment des particularités de ceux-ci.” Selon Bernard Vallée, les clientèles du professionnel et du général ne sont de toute façon pas aussi différentes qu’elles en ont l’air.«Dans le cas des adultes, il faut prendre un approche clientèle et non une approche programme, mais ajoute-t-il, cette mesure de deux régimes séparés est davantage inappropriée qu’inacceptable.Le ministère continue dans sa logique d’harmonisation avec le secteur professionnel jeune», constate-t-il.Déjà, on voit que les deux projets de régimes n’ont pas les mêmes priorités: la reconnaissance des acquis est beaucoup plus développée au professionnel, alors qu’au général on met sur pied des programmes d’insertion socio-professionnelle qui seraient pourtant nécessaires pour la clientèle du professionnel.Le projet de régime récolte l’approbation lorsqu’il énumère une série de services complémentaires disponibles pour les adultes et non liés à la formation académique, tels des services sociaux et de garderie, des services de conseiller et d’orientation.Elizabeth Mainka applaudit ces mesures qui permettront peut-être aux adultes de se sentir plus encadrés pendant leur cheminement scolaire.Bernard Vallée considère ces propositions comme une nette amélioration, mais, là encore, la question des enveloppes budgétaires le tracasse.«C’est bien beau cette volonté de créer des services, mais si on ne donne pas plus d’argent aux commissions scolaires, ça demeure un voeu pieux.» La situation est à peu près semblable en éducation populaire.Le ministère réitère sa volonté de voir les commissions scolaires participer à l’éducation populaire d’une manière structurée.Mais depuis un an, plus aucun budget n’est débloqué à ce chapitre.Il y a dix ans, cette enveloppe contenait 10 millions.«Les cours d’éducation populaire ne sont pas crédités et n’ont aucune sanction officielle, explique Bernard Vallée.Mais c’est une filière qui a toujour permis à de nombreux adultes de se réinsérer dans le système scolaire.Si le ministère reconnait cet apport, pourquoi a-t-il coupé les vivres ?» cahier spécial Éducation des adultes Le Devoir, samedi 5 décembre 1992 ¦ 5 Qu’est-ce qui fait courir les adultes vers les cégeps ?Surtout les changements technologiques et les besoins de recyclage Diane Précourt La comparaison des données d’aujourd’hui avec celles des premières années d’existence des cégeps alors qu’on ne comptait que quelques milliers d’étudiants adultes, montre une croissance impressionnante du secteur de l’éducation des adultes.Mais qu’est-ce qui fait donc courir les adultes vers l’école?Entre 1981 et 1985, le nombre de personnes inscrites à des cours crédités au secteur de l’éducation des adultes a connu une augmentation de 23,3 %, à 70 450, où il s’est toutefois stabilité par la suite, entre autres à cause du transfert progressif des fonds vers la formation sur mesure.Mais si l’on disposait de l’ensemble des statistiques incluant la formation non créditée - que les collèges ne sont pas tenus de transmettre au ministère-, on verrait probablement que l’effectif global du secteur aaulte a continué de croître depuis 1985.Ces informations sont contenues dans le Rapport sur l’état et les besoins de l’enseignement collégial publié en mars 1991 par le Conseil des collèges du Québec: L’éducation des adultes dans les cégeps.L’absence de données statistiques en formation sur mesure est inversement proportionnelle à l’impact de cette dernière chez les clientèles adultes.Selon Claudine Audet du Conseil des collèges, qui a participé à la recherche et à la rédaction de la publication gouvernementale, le développement des cours non crédités constitue l’un des changements majeurs au cours des dernières années dans l’éducation des adultes, qui avait notamment connu un développement rapide entre 1985 et 1989 dans la foulée de l’accord Canada-Québec.Selon M.Daniel Campeau, de la Direction générale de l’éducation des adultes au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science, plus de 7300 entreprises et autres organismes (hôpitaux, municipalités, etc.) ont été le lieu de 84 000 inscriptions pour des activités de formation collégiale en service aux entreprises en 1990-91, à 90 % des activités non reconnues; alors que 209 883 individus (jeunes et adultes, temps plein et temps partiel) étaient inscrits aux activités de formation créditées offertes par les cégeps à la session d’automne 1990-91 .Ainsi, les besoins pressants des entreprises ont accaparé une bonne partie des ressources de formation collégiale.«Le poids politique de la clientèle institutionnelle, dit-il, est sans doute plus inposant que celui de la clientèle individuelle.» Bien qu’ils soient majoritairement concentrés dans les départements d’éducation des adultes, la présence des adultes dans le secteur régulier a également connu une nette progression: 33,6 % selon le document du Conseil, passant de 7083 à 9465 personnes inscrites entre 1985 et 1989, en prenant comme seuil les gens de 25 ans et plus.Et contrairement à l’éducation des adultes, ceux du secteur régulier inscrits au Diplôme d’études collégiales (DEC) étudient majoritairement à temps complet.Mais à quoi attribue-t-on cet engouement des adultes pour retrouver les bancs de l’école?«La transformation de l’organisation du travail et les changements technologiques, bien sûr, ont créé des besoins de formation plus pointue et de recyclage en réponse à des attentes très immédiates, explique M.Campeau.Mais il y a aussi la récession qui favorise une ruée vers les programmes d’aide au perfectionnement, dans le cas des gens licenciés par exemple.» Des enquêtes effectuées par le Conseil supérieur de l’éducation avaient rapporté il y a quelques années que la majorité des personnes suivant des cours à l’éducation des adultes au Québec étaient déjà actives sur le marché du travail.Ainsi, on y retrouve en ordre décroissant des personnes en em-loi, en chômage et non dénom-rées dans la population dite active.L’un des facteurs déterminants de ce trait de la clientèle provient de ce que la formation des adultes est surtout financée par des programmes de main-d’oeuvre s’adressant à des populations bien déterminées.Il y a peu d’études approfondies du phénomène.On sait toutefois que la population des jeunes en général diminue -même si elle augmente actuellement dans les cégeps - et que la population active de l’an 2000 est déjà à 75 % sur le marché du travail: d’où l’ampleur que prennent le perfectionnement et le recyclage.Mais l’augmentation de la présence des adultes à l’école n’est pas une situation propre à l’enseignement collégial: le cégep se rangerait en troisième place dans le système public d’éducation quant à la fréquentation des adultes, après le secondaire et l’université.Il s’agit plutôt d’une tendance généralisée touchant l’ensemble des organismes de formation.«En fait, tout le contexte de l’éducation des adultes s’est profondément transformé, estime Claudine Audet.Et si beaucoup d’efforts ont déjà été consentis, il y a encore du travail à faire notamment en ce qui a trait à la concejtation entre les ministères de l’Éducation et de la Main-d’oeuvre concernant les programmes destinés aux adultes.» Aussi, une panoplie de possibilités de formation sont maintenant disponibles dans les secteurs de l’éducation aux adultes des cégeps.Cependant, l’étendue réelle de l’offre est plus limitée que ne le laissent croire les listes officielles de cours et de programmes, estime le Conseil.«La formation véritablement offerte et dispensée est largement dictée par les priorités et les règles du financement, règles qui ne laissent pas beaucoup de marge de manoeuvre aux établissements.» Pendant que la formation sur mesure dans les cégeps s’est développée à un rythme sans précédent au cours des dernières années, l’accès à certains types d’enseignement standardisé comme la formation générale ou le DEC technique, semble s’être resserré.Et «l’accès à la formation est rendu plus difficile par le fait que peu de ponts sont établis entre les types de formation et peu de services d’information, d’orientation et de reconnaissance des acquis sont disponibles», lit-on dans le document du Conseil des collèges.Ainsi, ce dernier considère que les cégeps doivent inclure dans leur mission des services de qualité aux adultes en tant qu’indivi-dus, aux entreprises et aux diverses organisations du milieu en mettant un accent non équivoque sur la formation qualifiante, c’est-à-dire «une formation fondamentale, une formation intégrée et qui débouche sur une sanction formelle des études».PHOTO JACQUES NADFEAU y Formation en chimie au cégep Ahuntsic coars ola samedi SESSION HIVER 1993 Cours d'arts plastiques pour enfants et adultes -10 cours de 2 heures.Coût: 75$ par enfant.-10 cours de 2 h30.Coût: 95$ par adulte, matériaux inclus Début des cours: le 16 janvier 1993 Inscription: par téléphone, le 13 décembre1992, de 9h à 12h au 987-3579 ou 987-3453.Université du Québec à Montréal FAITES CARRIÈRE EN BUREAUTIQUE 85 ans d’expérience • Amorcer une carrière?• Améliorer sa compétence?• Retourner aux études?• Obtenir un emploi?Quel que soit votre objectif, faites-nous confiance! UUJL 3 US 5 jrrr “The Mother House” Collège de Secrétariat NOTRE-DAME Tél.: (514) 935-2531 2330, rue Sherbrooke Ouest, Montréal H3H 1G8 • SPRINT • Aide financière • CEC • DEC Métro Atwater 6 B Le Devoir, samedi 5 décembre 1992 cahier spécial Education des adultes Choisir REUSSIR , wæmm, Û v#Wy.:' U1IÏ571E© Le retour sur les bancs d’école: une condition d’emploi remportent la palme de la popularité avec 51,8%.En fait, au cégep, par exemple, plus le programme est long, moins il attire: 13,8% des étudiants adultes se sont inscrits à des DEC, 11,3% à des DEC techniques, 23,1% aux différents certificats ou attestations d’études collégiales.Signe des temps (difficiles) également: la migration des étudiants adultes vers les études à temps partiel.En 1980, plus de 18 000 adultes étaient inscrits aux études à temps plein, contre 43 500 à temps partiel.En 1991, les adultes appartenant à la première catégorie ne sont plus que 8833 et les étudiants à temps partiel sont maintenant au nombre de 66 500 Différence de milieux: chez les francophones en général, les hommes étudient plus que les femmes alors que l’écart est presque inexistant pour les anglophones.En 1989-1990, la proportion chez les francophones était de 106 000 hommes pour 84 000 femmes aux études pendant que les hommes et les femmes de langue anglaise étaient nez à nez, avec 11 000 étudiants, toujours pour la même période.La clientèle féminine compte pour 45% des effectifs, et ces femmes sont aussi inscrites en majorité en formation générale.Si le passé est garant du présent, l’avenir, en calculs statistiques, est aussi souvent garant de l’avenir; c’est donc en tenant compte des facteurs de croissance de la fréquentation universitaire observée au cours des dernières années, qu’on a pu prévoir les fréquentations futures de nos institutions scolaires.Une croissance de 0,2% par année, est prévue pour 1992 à 1997, tandis que pour la période 1997 à 2002 on attend 0,1% et enfin on fjrévoit une croissance nulle pour es années suivantes.Ces chiffres s’expliquent en tenant compte du facteur démographique qui devrait venir presque annuler la hausse de la fréquence prévue d’ici 15 ans.Beaucoup d’étudiants opteront pour des institutions situées davantage en périphérie des grands centres urbains, en région, donc, ce qui expliquera la hausse des taux de fréquentation de certains établissements, par rapport à une baisse prévue dans dans certaines autres institutions situées celles-là à Montréal ou à Québec.Les grandes universités de Montréal, comme McGill, Concordia, ou l’université de Montréal devraient voir le nombre de leurs étudiants baisser d’ici 2004, l’UQUAM, quand à elle, devrait faire bonne figure en maintenant bon an, mal an, ses quelques 22 000 étudiants à temps complet.Catherine Lafrance De plus en plus de Québécois adultes retournent sur les bancs d’école, cédant ou même craquant sous la pression exercée insidieusement par le marché du travail en général et par les employeurs en particulier, pour qui un niveau élevé de scolarisation est devenu un prérequis, indépendamment, souvent, des exigences de l’emploi demandé.Les étudiants adultes, version fin de siècle, ont troqué le traditionnel masque de l’ambition contre le visage de la peur.Ce n’est plus pour faire bonne figure auprès de l’employeur ou pour épater la galerie qu’ils retournent en classe; c’est, pour les plus chanceux, dans le but de conserver leur emploi; sinon, pour les autres, dans le but d’en trouver un.Si la tendance se maintient, ce seront les programmes les moins longs, suivis loin des centres urbains, dans beaucoup de cas et à un niveau d’étude de plus en plus élevé, qui attireront désormais ces nouveaux étudiants.Au Québec, généralement, le nombre d’inscriptions aux programmes d’éducation des adultes a augmenté de façon significative, si on en croit les chiffres fournis par les deux ministères dont relèvent l’éducation, soit le ministère de l’Éducation et celui de l’Enseignement supérieur et de la science.Les étudiants adultes sont partout; secondaire, pré-secondaire, collégial et université.En quatre ans, de 1988 à 1992, les inscriptions aux programmes d’alphabétisation sont passées d’environ 15 000 à 31 000.Durant la même période, les inscriptions aux programmes d’insertion à la vie com- La grande motivation du retour à l'école pour la plupart des adultees c'est la nécessité de trouver un emploi ou même de conserver celui qu'on a.1991-92.La formation professionnelle bat de l’aile puisque de 124 000 inscriptions en 1987-88, elle ne compte plus que 97 000 inscrits quat re ans plus tard.La clientèle principalement visée demeure celle qui est sur le point d’obtenir un diplôme d’études secondaires.Entre tous les groupes d’âge, c’est celui des 16-34 ans qui compte le plus grand nombre de consommateurs de programmes d’éducation des adultes de niveau secondaire et pré-secondaire dans le réseau des écoles publiques et privées de 80 commissions scolaires.En 1990 ils étaient plus de 146 000 de ce groupe d’âge à s’inscrire à des programmes d’éducation des adultes.L’âge moyen de l’étudiant adulte qui s’inscrit à un programme de niveau secondaire est de 30 ans.En tout et pour tout, le nombre d’adultes ayant suivi des cours de niveau secondaire ou pré-secondaire a plus que doublé depuis 1982, passant de 101 000 à 213 000.De 1980 à 1991, l’effectif total inscrit au service d’enseignement aux adultes de niveau collégial et universitaire a connu une augmentation de 20,7%).Ce sont les inscriptions hors programmes qui Pour connaître nos dates et nos heures d'inscription, consultez notre brochure ou composez: 596-5000.munautaire sont passées d’environ 2000 à seulement 3000.Pas de progrès, donc, dans ce secteur, pas plus que dans celuil de l’apprentissage des langues secondes, secteur d’étude qui connaît une nette baisse d’intérêt, alors que les adultes qui s’inscrivaient à ces programmes en 1987-88 étaient au nombre de 20 000 pour passer à 11 000 en 1992.Ces chiffres por- tent à croire que les secteurs «payants», pour la clientèle à qui s'adressent ces formations, sont ceux qui permettent le plus rapidement possible d’être éligible à un emploi En revanche, au niveau du secondaire, la formation générale tient le haut du pavé de la progression avec 65 000 inscriptions en 1987-88 et plus de 87 000 en Education des adultes Session de janvier C'est le temps de penser à s'inscrire à l'éducation des adultes : alphabétisation, formation générale et professionnelle, français langue seconde, activités de développement personnel et social, éducation populaire.MATHÉMATIQUES cours, orientation, counselling pour difficultés de toute nature, à tous niveaux par les Services Universitaires de Consultation en Apprentissage et Enseignement des Mathématiques 488 6654 cahier spécial Education des adultes Le Devoir, samedi 5 décembre 1992 ¦ 7 + Le rêve brisé dix ans plus tard Catherine Lafrance Le président du Conseil supérieur de l’éducation, Robert Bisaillon, déplore le peu de cas qu’on ait fait des préoccupations sociales du rapport de la commission d’étude sur la formation des adultes, la commission Jean, pourtant considérée, par le milieu, comme une référence incontournable, la Bible du monde de l’éducation des adultes.«Le rapport de la Commission, paru en 1982, est arrivé en pleine récession, dit-il.Dix ans plus tard, empêtrés encore une fois dans les méandres des difficultés économiques que nous traversons, les ministères concernés par l’éducation des adultes, après avoir ouvert des enveloppes budgétaires, s’empressent aujourd’hui de les refermer, tournant la page sur le rêve de madame Michèle Jean.» Le conseil supérieur de l’éducation a publié en janvier dernier un avis destiné au ministre de l’Education et qui fait le bilan de l’éducation des adultes dix ans après le rapport de la Commission Jean.La présidente de la Commission, selon Robert Bisaillon et son équipe, avait fait le voeu de garantir aux adultes, sans distinction d’âge, de sexe ou de nationalité, la possibilité d’accéder à l’éducation, c’est-à-dire la possibilité pour chaque adulte de se développer sur les plans personnel et social.Là où le bât blesse, c’est qu’au-jourdTtui, dans un contexte de récession, de mondialisation de l’économie, avecJ’évolution rapide des technologies, la barre est haute.Les exigences sont très élevés dans un marché du travail saturé, où, forcément, la concurrence est forte.La Commission recommandait que les objectifs généraux de la formation de base soient la maîtrise des langages, la créativi- té, l’initiative et le développement du sens critique, et, de façon particulière, plusieurs choses, dont l’occupation des loisirs, etc.Maintenant, la plupart des adultes qui retournent aux études le font par nécessité; pour conserver ou retrouver un emploi, ou encore pour se recycler et se perfectionner, souvent à la demande expresse de leur employeur.En bref, 64% des adultes qui retournent aux études le font par obligation, pour des raisons de survie sur le marché du travail (un sur deux seulement vise un diplôme quel qu’il soit) et non pas, comme le souhaitaient les membres de la Commission Jean, pour s’enrichir sur le plan personnel.Mme Michèle Jean, maintenait en poste au secrétariat d’Etat, en éprouve qelques regrets.«Les gouvernements, dit-elle, se sont enfermés dans un carcan rigide et académique qui laisse peu de place aux acquis personnels.Le rapport de la commission préconisait plutôt un système souple, qui n’invalidait pas l’éxpérience personnelle comme le travail communautaire ou autres connaissances qui ne viennent pas nécessairement d’une formation académique.» Quoiqu’il en soit, Mme Jean considère qu’il s’est fait beaucoup de choses dans le domaine de l’éducation des adultes depuis dix ans, notamment en formation professionnelle.«Le Québec a pris de l’avance et se place même tout-à-fait à ’avant-garde, dit-elle, en créant une Société de développement de la main-d’oeuvre.» Une plus grande participation financière des milieux patronaux serait tout de même souhaitable, selon la présidente de la défunte commission, pour établir un partenariat en éducation des adultes entre le monde des institutions scolaires et celui du travail.' Mme Michèle Jean «Les employeurs, dit-elle, devraient être davantage responsables des ressources humaines, devraient voir davantage à la formation de leur personnel, l’encourager et lui donner les moyens d’étudier».On traîne de la patte comparé à d’autres pays comme les Etats-Unis, la France, les Pays-Bas, par exemple, où un certain partenariat est pratiqué.Il faut donner aux entreprises les moyens de former leur personnel avec une taxe sur la masse salariale, par exemple, comme suggéré dans le rapport de la Commis-_ sion, mais il y a d’autres façons,’ certains incitatifs fiscaux, etc».Au sujet du financement, le Conseil supérieur souhaiterait que les institutions disposent de plus d’argent, pour mettre sur pieds des systèmes adaptés aux modes d’étude des adultes.Alors que la clientèle adulte des établissements publics d’éducation est soit égale, soit supérieure en nombre à la population des jeunes, on enferme ces adultes dans un modèle conçu pour les jeunes.L’éducation des adultes a un modèle unique; celui de l’école ¦ L’éducation des adultes, c’est une clientèle particulière aux besoins spécifiques.L’éducation des adultes, est un monde pluriel qu’il faut singulariser.El CEQ L’éducation des adultes, c’est un personnel compétent aux réponses multiples.traditionnelle telle que proposée aux étudiants réguliers qui la fréquentent.Elle est peu adaptée aux exigences et au mode de vie des étudiants adultes.«L’éducation des adultes est calquée sur le modèle des plus jeunes.Pourtant, les adultes ont en général un niveau de motivation supérieur et, évidemment, des besoins différents» dit Robert Bisaillon La durée de la formation dans l’éducation des adultes est la même que celle des plus jeunes, sauf que les adultes s’inscrivent moins à des programmes qui donnent des diplômes.Il n’existe pas non plus, selon Robert Bisaillon, de lien entre les politiques d’emploi, le développement de la main-d’oeuvre et de formation et l’assurance chômage ou l’assistance sociale.«Depuis la réforme de l’assurance chômage, dit-il, on renvoie les individus aux mesures de dernier recours, à l’aide sociale, et ensuite seulement on les retourne aux études.Les politiques de formation sont nébuleuses.Au gouvernement fédéral, on coupe dans l’assurance-chômage pendant qu’au gouvernement provincial, on dit aux individus: soyez employables le plus vite possible.Tout ceci ne cadre pas du tout avec les objectifs de la Commission de 1982.» Selon le bilan du conseil supérieur de l’éducation, un des pro- blèmes du financement est le manque d’intérêt des entreprises dans la formation professionnelle.«Les employeurs ne veulent pas payer, ils se désistent, ils ont peur qu’une fois formés, les employés partiront vers d’autres emplois peut-être mieux rémunérés», y lit-on.Pendant ce temps, cependant, une formation personnelle de niveau élevé est presque devenue nécessaire pour se maintenir en vie sur le marché de l’emploi, ce qui revient à dire que la responsabilité et le financement de l’éducation retombent sur les principaux intéressés, les adultes qui ont besoin d’éducation et qui, souvent, doivent en faire les frais.En clair, le rapport du conseil supérieur de l’éducation demande aux gouvernement et aux ministères concernés, de faire plus de place en général à la formation personnelle et de donner aux adultes les moyens concrets de réaliser cette formation, Une meilleure adaptation des modèles d’éducation est essentielle selon Robert Bisaillon, qui se demande pourquoi, au fait, un DEC en éducation des adulte dure obligatoirement trois ans.Le Conseil demande qu’on accorde davantage de pouvoir d’initiative aux institutions et enfin, qu’on revoie complètement tout le système de financement de l’éducation des adultes.Un premier Choix: la compétence La compétence en formation prend racines lorsqu'une maison d'éducation sait s'adapter aux besoins des entreprises et de la société.Depuis 20 ans, le Collège de Bois-de-Boulogne fait de la formation sur mesure dans les organisations.En 1991, près de 170 entreprises, chefs de file de l'économie québécoise ont fait affaire avec nous.Nos services: Aide-conseil Analyse de besoins de formation Développement de matériel de formation Développement et animation de session deformation Établissement de plans de formation Évaluation du personnel Pour nous rejoindre: Service de l’Éducation des adultes Collège de Bois-de-Boulogne Téléphone: 332-3000, poste 313 Télécopieur: 332-3235 Collège de Bois-de-Boulogne /
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