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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
jeudi 16 juillet 1992
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-07-16, Collections de BAnQ.

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(ao ans dexpinanca a votre serviea Copieurs NP et Copieurs Personnels PC Canon Pour renseignements, appelez Vol.LXXXIII — No 163 Ensoleillé.Max.: 27.Détail page 8 Montréal, jeudi 16 juillet 1992 Toronto 85 cents 65* + TPS + TVQ >_(> «*» 7 * $S* Bombardier dans un projet immobilier de 1,5 milliard Serge Truffaut RÉPUTÉE pour les multiples activités qu’elle poursuit dans le domaine des transports, voilà que la compagnie Bombardier se lance dans l’immobilier en donnant le coup d’envoi à un projet résidentiel si vaste, qu’il nécessitera des investissements de.1,5 milliard $.En attendant que les gouvernements du Canada, du Québec et de l’Ontario arrêtent une décision sur le TGV Québec-Windsor, Bombardier et la ville de Saint-Laurent ont signé une entente qui prévoit la construction d’environ 15 000 unités résidentielles sur les 24 millions de pieds carrés que le transporteur possède, par le biais de sa filiale Canadair, dans le territoire administré par cette municipalité.Selon les informations fournies hier par M.René Dussault, président de la Commission de l’habitation de Ville Saint-Laurent, Bombardier agira en tant que maître d’oeuvre de ce projet qui comprendra cinq phases s’étalant sur une douzaine d’années.Plus précisément, Bombardier « vendra graduellement les terrains à des constructeurs qui devront se conformer aux normes incluses dans Voir page 4 : Bombardier SOCIÉTÉ La fausse île d’Expo 67 devient un vrai parc « Revampée » au coût de plus de 24 millions, Plie de l’Expo sera de nouveau accessible dès ce week-end aux Montréalais.Surprise! La fausse lie est devenue un vrai parc.Et pour fêter l’événement, on y donnera un spectacle monstre, Montréal, ville francophone, toute la journée samedi.Page 11 crois pas que les bases de l’entente sur le Sénat vont être changées », précisait-il.« Je ne crois pas qu’aucun élément fondamental soit appelé à être modifié.» À l’intérieur, où les discussions se sont prolongées pendant près de six heures, le bal a repris de plus belle, révèle-t-on.Tout le monde, exception faite du sénateur Lowell Murray, raconte Joe Clark qui s’est retrouvé sur la sellette, y a mis son grain de sel.Au terme de la rencontre, rien n'était vraiment réglé et le cabinet fédéral était toujours profondément divisé.En public, le ministre Clark a annoncé qu’au cours des prochains jours, Ottawa tentera de régler une série de « détails » susceptibles de rétablir la substance de l’Accord du lac Meech réclamée par Québec comme condition de son retour à la table.Il évoquait alors l’hypothèse d’une rencontre informelle des premiers ministres et des chefs autochtones dès la semaine prochaine pour entériner son projet d’entente.Trente minutes plus tard, Brian Mulroney venait nuancer encore davantage l’appui de son gouvernement au projet négocié par son ministre.Il ne saurait s’agir, selon le premier ministre d’un projet canadien définitif tant que le Québec n’en Voir page 4 : Cabinet Montréal n’a pas jeté l’éponge dans l’affaire de l’Hôtel-Dieu Caroline Montpetit MALGRÉ la décision du gouvernement du Québec d’octroyer les contrats de construction pour l’érection de l’Hôtel-Dieu à Rivière-des-Prai-ries, la Ville de Montréal espère toujours avoir gain de cause dans ce dossier et obtenir le maintien de l’hôpital dans le centre-ville de Montréal.Manifestement agacé de la décision du ministre de la Santé et des Services sociaux, Marc-Y van Côté, le maire de Montréal, Jean Doré, a déclaré hier qu’il était urgent « que M.Bourassa, lui-même député de l’île de Montréal, fasse passer le message clairement à ces ministres que certaines décisions peuvent mettre en péril l’avenir de la métropole».« Tant que la bâtisse ne sera pas construite, d’ajouter Daniel Buissiè-res, responsable des communications à l’Hôtel de ville de Montréal, nous gardons l’espoir de faire changer la décision.L’un de nos premiers Voir page 4 : Montréal Du balcon à l’obélisque Chantal Hébert de notre bureau d'Ottawa UNE semaine après l’entente constitutionnelle négociée par le ministre fédéral Joe Clark avec les neufs autres provinces, le gouvernement Mulroney a une mutinerie sans précédent sur les bras et un siège en règle à sa porte.De l’extérieur, les premiers ministres des provinces anglophones et les chefs autochtones l’accusent de se traîner les pieds avec l’intention de saborder les acquis de plusieurs mois de négociations.Dans ses propres rangs, sénateurs, députés et ministres québécois mènent une guerre de tranchée sans répit contre l’accord Clark, un conflit qui pourrait même mener le gouvernement Mulroney à l’éclatement, a confié hier au DEVOIR une source Clinton remporte haut la main l’investiture du Parti démocrate NEW YORK (AFP) - Le gouverneur de l’Arkansas Bill Clinton, 45 ans, a été élu hier soir candidat démocrate aux élections présidentielles de novembre prochain par la convention du parti réunie à New York.La majorité requise de 2145 voix a été atteinte lors du vote de la délégation de l’Ohio.M.Clinton, qui a choisi le sénateur du Tennessee Al Gore comme candidat à la vice-présidence, doit prononcer ce soir son discours d’acceptation.Bill Clinton a ainsi reçu hier soit la récompense de six mois de campagne difficiles, couronnement qui lui permettra de porter les couleurs du parti dans la course à la Maison-Blanche.Un seul tour devait suffire au gouverneur de l’Arkansas pour recueillir la majorité des voix et, d’entrée de séance, le ton était donné quand les délégués ont hué copieusement les représentants du courant minoritaire venus à la tribune de l’amphithéâtre du Madison Square Garden réclamer le droit à la parole pour Jerry Brown, et plaider sans succès en faveur de la plate-forme pour le progrès de l’ex-gouverneur de Californie.Jerry Brown, rival malheureux de Bill Clinton qui ne dispose que de l’appui de quelque 600 délégués, aura laissé planer jusqu’au dernier moment — son discours de début de soirée — le mystère sur son éventuel ralliement au ticket Bill Clinton-Al Gore, un suspense relatif qui ne Voir page 4 : Clinton fédérale haut placée au terme d’une rencontre particulièrement houleuse du conseil des ministres.Hier, quand le cabinet fédéral s’est réuni pour faire le point, tous les symptômes d’un grand affolement étaient en effet au rendez-vous.Avant même de franchir la porte de la salle de réunion, plusieurs ministres tiraient dans toutes les directions.Des ministres comme Benoit Bouchard et Marcel Masse affirmaient ainsi que l’entente actuelle, avec son Sénat égal, n’est pas vendable au Québec.Leur collègue Joe Clark rétorquait pour sa part qu’il ne lui manque que quelques améliorations pour être complète.« Je ne Jn audacieux jeu de nuit e Théâtre Sans Fil inaugure cette semaine, sur le parvis de la basilique Notre-Dame, son grand spectacle octurne intitulé « Le grand jeu de nuit ».Notre collaborateur Michel Vais a assisté au spectacle et nous livre BS commentaires en page 4.Le cabinet Mulroney menacé d’éclatement ^ CO Formation des maîtres Datelfe tombée: le 7août 1992 842-9645 EDUCATION RÉSERVATIONS PUBLICITAIRES D'ici l'an 2001, le quart des professeurs actuels des niveaux primaire et secondaire auront pris leur retraite.La situation est semblable dans les cégeps.Quels changements provoquera ce rajeunissement du corps professionnel?Quels standards doit-on exiger de ces nouveaux maitres?les futurs professeurs possèdent-ils une formation suffisante pour enseigner à nos enfants?Comment s’y prendra-t-on, dans les universités, pour accueillir cette nouvelle clientèle?Dans son édition du 15 août, LE DEVOIR se penchera sur l'éducation de demain au Québec.PARUTION le 15 août DANS LE DEVOIR K 2 ¦ Le Devoir, jeudi 16 juillet 1992 La tumeur du pape était bénigne Jean-Paul II restera à l’hôpital une dizaine de jours Bacon s’offusque des vantardises s cries coûteuses pour les Québécois ROME (Reuter) — Le pape Jean-Paul II a été opéré hier matin d’une tumeur bénigne au côlon.Le souverain pontife, dont l’état a été jugé satisfaisant, devrait rester à l’hôpital pendant une dizaine de jours.« L’opération a été radicale et curative parce que la lésion était de nature bénigne», indique un communiqué commun diffusé par le Vatican et la clinique Gemelli, où s’est déroulée l’intervention.« Nous avons retiré une tumeur de la taille d’une orange », a déclaré le médecin anesthésiste Corrado Manni.Le pape a réagi à l’opération « non pas comme un homme de 72 ans, mais comme un homme de 20 ans », a-t-il ajouté.Les chirurgiens ont également rocédé à l’ablation de la vésicule bi-aire — une des interventions chirurgicales les plus courantes — parce qu’ils y avaient détecté des calculs.Les résultats d'une biopsie de la tumeur, effectuée avant et pendant l’opération, ont montré qu’elle était bénigne, a indiqué le porte-parole du Vatican Joaquin Navarro-Valls.D’autres examens seront pratiqués pour confirmer ce résultat.Le souverain pontife a bien supporté l’opération et il a rapidement repris conscience, précise le communiqué.Il devrait rester à l’hôpital pendant une dizaine de jours.Depuis son hospitalisation dimanche dernier, Jean-Paul II a reçu des voeux de bon rétablissement de nombreux dirigeants, notamment du président George Bush et de la reine d’Angleterre Elizabeth II.Il a également reçu un message du Turc Mehmet Ali Agça, qui avait tenté de l’assassiner place Saint Pierre en 1981.Joaquin Navarro-Valls a précisé que cette blessure n’avait aucun lien avec son opération intestinale.Pendant l’intervention, quelque 4000 Polonais qui avaient obtenu une audience avec le pape à cette date ont prié dans la basilique Saint Pierre de Rome.« L’ensemble du monde chrétien et catholique a poussé un soupir de soulagement », a déclaré pour sa part le chef du protocole du Vatican, Mgr Domenico De Luca.Le cardiologue Attilio Maseri avait déclaré après l’opération que la tumeur semblait etre « bénigne à 99 % », ce qui pouvait laisser croire à un début de croissance de cellules cancéreuses.Mais prié de dire si la tumeur était complètement bénigne, Joaquin Navarro-Valls a répondu: « Oui, c’est confirmé à 100%».Le professeur Francesco Crucitti, qui a dirigé l’équipe médicale pendant l’intervention, a également dit que la tumeur était « totalement bénigne ».Le souverain pontife devrait pouvoir se rétablir complètement sans modifier son emploi du temps, a-t-il ajouté.Il pourrait même marcher à nouveau dès aujourd’hui.Le pape, voyageur infatigable, a effectué 55 visites dans plus de 100 pays depuis son élection en 1978.Il doit se rendre en République dominicaine en octobre prochain à l’occasion du 500e anniversaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb.Robert Lefebvre de la Presse canadienne QUÉBEC — La ministre de l’Énergie, Lise Bacon, trouve « osé » et « déplacé » pour les Cris de se vanter d’avoir dénigré le Québec au point de lui avoir fait perdre 17 milliards $ en bloquant le contrat de vente d’électricité à l’État de New-York.« Et quand je dis ‘osé’, je ne vais pas très loin », a déclaré Mme Bacon aux journalistes à son arrivée hier matin à la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, à Québec.Elle commentait alors la stratégie annoncée la veille par le Grand Conseil des Cris consistant à « sensibiliser » les Québécois contre le projet Grande-Baleine.Le vice-président du groupe autochtone, Roméo Sa-ganash, a profité de la première Conférence mondiale des jeunes indigènes, qui se tient à Québec, pour annoncer la tenue prochaine d’une vigoureuse campagne de sensibilisa- A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A yyyyyyyyyyyyyyyyy ?TV 3 5 O A N S MONTRÉAL fête r p(Ses La Corporation des celebrations du 350‘ anniversaire de Montréal et la Banque de Montréal présentent Une réalisation du Théâtre Sans Fil, producteur du Seigneur des anneaux.Un fabuleux spectacle son et lumière.Une expérience unique.À LA PLACE DARMES Devant la Basilique Notre-Dame Tous les jours, sauf les lundis, à compter du 14 juillet, à 21 h30.Billets 15$ (taxes incluses).En vente au Réseau Admission, (514) 522-1245 (appels locaux) ou 1 800 361-4595 (extérieur de Montréal), ou en personne au Marché Bonsecours.Pour plus de renseignements, composez le (514) 872-7292.Une présentation de U,rands partenaires I n collaboration avec /\i>C( /,, participation de Banque de Montreal (D MOLSON OXEEFE Ville de Montréal nœ* Canada 92.5 tion adressée cette fois aux Québécois.Cette campagne serait du même genre que celle qui leur a valu du succès auprès des Américains et qui s’est soldée par la perte, pour le Québec, du fameux contrat de 17 milliards $.« Je trouve ‘déplacé’ qu’ils (les chefs Cris) choisissent un moment où ils réunissent leur jeunesse pour continuer la même campagne de dénigrement sur le Québec.J’espère que ce n’est pas cela qu’ils veulent léguer à leur jeunes », a commenté la ministre en affirmant vigoureusement que le gouvernement « va s’occuper » de contrer cette prochaine campagne de dénigrement.Pour Mme Bacon, il est évident que les Cris et les autochtones du Québec en général veulent avoir des rencontres avec le gouvernement du Québec dans les présentes négociations constitutionnelles.Elle comprend donc qu'ils fassent des pressions sur la place publique pour les obtenir.Au chapitre plus large de l’autonomie autochtone et des revendications territoriales, Mme Bacon a refusé de commenter les propositions qui ont fait l’objet d’une entente constitutionnelle la semaine dernière.i Elle a simplement déclaré qu'en ce qui a trait à une éventuelle modification des frontières québécoises, il faudrait que les provinces acceptent de morceler leurs terres.«Quant à' nous, a-t-elle dit, nous n’avons pas encore accepté de faire cela.» Les Cris de Grande-Baleine boudent l’étude du projet Catherine Leconte LA COMMUNAUTÉ CRIE du village de Grande-Baleine a fait savoir hier qu’elle suspend toute participation ultérieure au processus d’évaluation environnementale du projet hydro-électrique d’Hydro-Québec, « d’ici à ce que des questions d’importance concernant le processus soient réglées».Le communiqué, qui porte le nom du chef de Whapmagoostui (le nom cri de Grande-Baleine), Matthew Mukash, justifie cette initiative par « l’abandon du projet original de la rivière Grande-Baleine et son remplacement par Hydro-Québec, à mi-chemin au cours de l’exercice d’évaluation, par un projet différent ».On se souvient qu’à la suite de l’annulation du contrat de vente de 1000 mégawatts à l’État de New York, en mars dernier, Hydro-Québec a fait savoir que la réalisation totale du complexe serait vraisemblablement plus étalée dans le temps : la mise en service de la centrale G B1 reste prévue pour l’an 2000, mais on repousserait de quelques années celle des centrales G B 2 et G B 3, respectivement fixée à 3 et 5 ans après celle de G B 1 dans la version initiale du projet.Les Cris de Whapmagoostui semblent considérer que cet allongement du calendrier des travaux de Grande-Baleine est une modification substantielle du projet, nécessitant l’ouverture d’un nouveau processus d’évaluation.Hvdro-Québec et les cinq comités d’évaluation qui examinent conjointement le projet (aux termes d’un protocole d’entente intervenu en janvier dernier entre Québec, Ottawa, les Inuit et les Cris) soutiennent le contraire.La question avait déjà été soulevée lors de la première série d’audiences publiques tenues par ces comités au printemps dernier sur les directives qu’ils doivent prochainement donner à Hydro-Québec quant aux études d’impact que la société d’État devra effectuer.Paul La- coste, président du comité fédéral d’évaluation, nous a d’ailleurs signalé hier que l’administrateur fédéral de la Convention de la Baie James, M: Dorais, avait écrit aux Cris en juin dernier pour leur signifier officiel»; lement que la modification de l’é-’ chéancier ne changeait pas le projet, lui-même.• • M.Lacoste ne s’étonne pas outre mesure de voir la question ressurgiù; car « certains voudraient rouvrir letf négociations qui ont mené si laborieusement au protocole de janvier »„ dit-il.Le chef Mukash réclame d’aik.leurs, dans son communiqué, une, réunion des signataires du protocole.,, M.Lacoste se dit toutefois per-» plexe quant au fait que l’initiative ait-été prise par les Cris de Whapmav goostui, alors que le protocole d’en-, tente de janvier n’a pas été signé par les communautés locales mais par le» Grand conseil de Cris du Québec.(IL n’a pas été possible hier de joindre, des responsables du Grand conseil» pour savoir s’ils entérinaient cette initiative locale.) • .> En tout état de cause, précise-t-il/ aucune participation active des Cris* n’est requise au stade actuel du pro-' cessus d’évaluation.Les comités rédigent en ce moment la version fi-“ nale de leur directive d’étude d’im-1; pact, qui devrait être prête vers la fin août.Il se peut qu’liydro-Québec: souhaite la collaboration des Cris pour mener ensuite ces études, mais; « s’ils s’abstiennent, cela n’invalidera, pas le processus et n’ouvrira pas à contestation juridique», assure M» Lacoste.« Nous aimerions beaucoup avoir un concours actif des populations locales, notamment sur les as-J pects sociaux et culturels, mais on ne» peut forcer personne.» » «J’aime à croire qu’ils apporte-, ront leur concours et que ceci n’est; qu’un accident de parcours, comme*' il y en a eu beaucoup d’autres », ajoute-t-il.Mais au pire, leur absten- 1 tion ne serait guère qu’« un appau-*’ vrissement pour le rapport d’évalua- ' tion, et une occasion manquée pour eux ».Mercredi demande à Bourassa de dévoiler ses exigences Les femmes autochtones dénoncent leur chef Maurice Girard de la Presse canadienne OTTAWA — Le Grand chef de l’Assemblée des premières nations a demandé hier au premier ministre du Québec de mettre un terme aux négociations bilatérales avec le gouvernement fédéral et de faire connaître au public canadien ses réserves sur la mise en oeuvre de gouvernements autochtones au pays.Au cours d’un rallye sur la Colline parlementaire, M.Ovide Mercredi a pointé du doigt la Tour de la paix au moment où le carillon était actionné et il a exhorté les ministres et députés conservateurs participant à la rencontre du cabinet de mettre un terme à leurs objections sur l’entente de principe conclue la semaine dernière entre les premiers ministres des neuf provinces anglophones et le ministre des Affaires constitutionnelles, M.Joe Clark.« Pour le Québec, la prochaine étape, c’est de négocier de façon bilatérale avec le gouvernement fédéral et nous ne sommes pas d’accord.Dans l’intérêt de la province de Québec, il (M.Robert Bourassa) devrait faire connaître publiquement les exigences du Québec sur le projet de réforme et retourner à la table multilatérale de négociations », a déclaré M.Mercredi, longuement ovationné.Un peu plus de cent personnes ont participé tout au long de la journée à cette manifestation autochtone pour sensibiliser le public canadien au danger que l’entente de principe se désagrège et qu’elle emporte dans sa chute la reconnaissance du droit autochtone et la création future d’un troisième niveau de gouvernement contrôlé par les premières nations.Depuis l’annonce surprise du 7 juillet, le projet fait l’objet de nombreuses critiques, plusieurs au sein même du gouvernement comme les ministres québécois Benoît Bouchard et Marcel Masse estiment qu’il s’agit d’un point de départ pour la négociation plutôt qu’une offre à prendre ou à laisser pour le Québec.Mais, à l’exemple du cabinet du premier ministre Brian Mulroney, i les autochtones ne font pas non plus : preuve d’unanimité.Hier, dans un communiqué, l’Association des femmes autochtones du Canada a dénoncé à son tour le projet de réforme, qui brimerait les droits des femmes aborigènes, et dénoncé personnellement leur principal porte-parole, M.Mercredi « Nous sommes déçues mais peu surprises que le chef national Ovide Mercredi ait décidé de ne rien faire pour l’égalité des genres dans cette ronde de négociations.Depuis le début, il n’a jamais donné son appui à l’égalité des femmes, même s’il a pu récupérer son statut personnel d’autochtone grâce à la lutte qu’ont menée les femmes autochtones ces 20 dernières années», a déclaré Mme Sharon Mclvor, au cours d’une con- ’ férence de presse donnée en compagnie de Mme Judy Rebick, présidente du Comité d’action nationale.« Le droit inhérent aux gouvernements autochtones, c’est un per: mis (qu’on accorde aux hommes) pour faire de la discrimination contre les femmes.Aujourd’hui même, on le constate à travers le pays.Des Amérindiennes se retrouvent partout devant les tribunaux pour tenter de se protéger contre des gouvernements autochtones dominés par les hommes », a ajouté Mme Mclvor.Depuis 1985, les femmes autochtones qui ont convolé en justes noces en prenant mari à l’extérieur des réserves ont perdu leur statut officiel.Ce qui se traduit pour elles par un fardeau financier additionnel, font valoir les Amérindiennes.« L’engagement de négocier ne veut rien dire pour les femmes amérindiennes.On ne leur garantit pas une seule place à la table de négociations.On ne leur promet’ pas d’écouter leur voix dans le type de gouvernement autochtone qui sera implanté et qui gérera des budgets de plus de deux milliards de dollars.Il n’y a rien pour les femmes autocho-tones dans cette entente », a conclu Mme Mclvor.4 Le Devoir, jeudi 16 juillet 1992 B 3 Côté: «Le Québec et le reste du Canada vivent dans deux mondes différents» Deux ministres libéraux critiquent l’entente dont Bourassa attend toujours les textes légaux Robert Lefebvre de la Presse canadienne QUÉBEC — Tandis que le premier ministre Robert Bourassa attend toujours les textes «légaux» de l’entente constitutionnelle du Canada anglais, deux de ses ministres se sont montrés insatisfaits hier des termes de cet accord intervenu la semaine dernière.Le ministre de la Main-d’oeuvre et de la Sécurité du Revenu, André Bourbeau, a vivement déploré l’incapacité des deux communautés, francophone et anglophone, à s’entendre sur une vision commune du Canada.L’entente négociée la semaine dernière démontre clairement, selon lui, que « le Québec et le reste du Canada vivent dans deux mondes différents ».« Il semble bien que nous ne voyons pas la réalité canadienne de la même façon », a déclaré le minis- tre Bourbeau en arrivant à la réunion du conseil des ministres, à Québec.« Le Québec a toujours dit que le Canada avait été construit sur le concept de deux nations, deux peuples fondateurs, sur le bilinguisme.Maintenant, il semble que nous avons 10 provinces et que tout le reste (ces concepts) s’est échappé par la fenêtre », a-t-il dit en anglais.Sa collègue Lise Bacon, ministre de l’Énergie et des Ressources, après avoir repoussé plusieurs questions des journalistes sous prétexte u’elle voulait s’abstenir de livrer ses tats d’âme personnels, a fini par déclarer que la proposition pour une représentation égale au sénat devra être reconsidérée parce qu’elle n’est pas acceptable au Québec.Mme Bacon a ajouté que les provinces qui réclament une telle représentation à la Chambre haute devront faire des compromis.Les quelques autres ministres qui ont défilé devant les journalistes à l’entrée de la réunion du cabinet ont refusé de se prononcer.Ce fut notamment le cas du ministre Claude Ryan qui a dit garder ses commentaires pour le moment opportun.Le ministre des Affaires intergouvemementales et responsable du dossier constitutionnel, Gil Rémil-lard, a assisté à la réunion, mais il n’a pas voulu rencontrer la presse.Comme la plupart de ses collègues, il est entré par le sous-sol du « bunker » qui est inaccessible aux journalistes.Entre temps, le premier ministre Bourassa et ses conseillers attendent toujours la rédaction en termes juridiques de l’entente du 7 juillet.Selon l’attachée de presse du premier ministre, Mme Sylvie Godin, M.Bourassa cherche à faire clarifier certains détails de l’entente, notamment ceux portant sur la société distincte et sur le droit de veto pour la création de nouvelles provinces.Des rencontres ont été tenues lundi entre fonctionnaires fédéraux et québécois et c’est sur ces points échangés que se penchent présen- tement M.Bourassa et ses conseillers.« Mais pour l’instant, rien n’est changé en ce qui a trait à une présence éventuelle de M.Bourassa à la table de négociation.Les conditions pour un retour, soit la substance de Meech, ne sont toujours pas remplies», a ajouté Mme Godin.LE DEVOIR écrivait hier que le premier ministre Bourassa posait trois conditions à son retour aux négociations constitutionnelles: un sénat équitable (et non égal), le concept de société distincte inclus dans la clause Canada, et des pouvoirs accrus dans certains secteurs.Par ailleurs, la menace du premier ministre ontarien de ne plus se présenter à une réunion constitutionnelle tant que M.Bourassa boycottera ces rencontres n’a aucun effet pour l’instant, observe encore Mme Godin.« Ça ne veut rien dire tant qu’ü n’y a pas de réunion convoquée par Ottawa.» PHOTO JACQUES NADEAU »-«• mm • - y -»i-» mm À Côté de la Tour de l’Horloge, dans la montagne de poussière de granit destinée à paver les allées du quai Jacques-Cartier, des hirondelles à front blanc ont aussi creusé leur nid cet été.Pour ne pas déranger leur couvée, le Vieux-Port a dû interrompre ses travaux trois semaines durant.Heureusement, les oiseaux s’envolaient cette semaine pour d’autres deux en laissant le champ libre aux ouvriers.Les amours perturbatrices des hirondelles Fini l’alcool gratuit sur les vols d’Air-Canada À COMPTER du 1er août, les voyageurs en classe économique d’Air Canada, sur les vols en Amérique du Nord, devront payer 2$ pour une bouteille de bière ou un verre de vin et 4 $ pour les spiritueux.Les boissons non alcoolisées continueront d’être gratuites.Les voyageurs en première classe ou en classe affaire aront droit à l’alcool gratuit, comme par le passé, de même que les voyageurs des vols in-temationauxet des Antilles.Un porte-parole d’Air Canada, Denis Couture, a déclaré que cette mesure va produire des économies de « quelques millions de dollars » par année.« Nous perdons tellement d’argent et il faut faire tellement de choses pour restructurer la compagnie et la rendre rentable que nous avons cru que le moment était venu d’adopter ce qui est considéré comme un standard en Amérique du Nord», a-t-il ajouté.La plupart des sociétés aériennes américaines font payer l’alcool aux voyageurs de classe économique.Canadien International songe également à fixer des prix pour l’alcool, mais ce ne sera sûrement pas le mois prochain, si jamais cela se fait.Air Canada a perdu 218 millions $ l’an dernier et 164 millions $ au cours du premier trimestre de cette année.La société mère de Canadien International, PWA Corp., a perdu 162 millions $ en 1991 et 74 millions $ au cours des trois premiers mois de 1992.En accédant à la présidence d’Air Canada, en février dernier, M.Hollis Harris avait fait savoir que la compagnie devait devenir rentable avant la fin d’avril 1993.La récession est en partie responsable des malheurs d’Air Canada, a reconnu M.Harris, mais le grand coupable, selon lui, est le coût d’exploitation trop élevé de la compagnie.Selon des analystes, le coût moyen d’exploitation d’Air Canada est d’environ 10 % supérieur à celui des sociétés aériennes américaines.La semaine dernière, Air Canada a annoncé que 1809 employés seront licenciés en novembre.Ce qui portera à 6000 le nombre des employés congédiés depuis octobre 1990.Danny Year DEPUIS un mois, 125 hirondelles des sables perturbent une partie des travaux de construction de la nouvelle centrale à turbines à gaz d’Hydro-Québec, à Bécancour.En pleine saison des amours, les hirondelles des sables, comme leur nom l’indique, aiment bien bâtir leurs nids dans un terrain sablonneux.Pour elles, le chantier de construction d’Hydro-Québec était un endroit rêvé, note Serge Dupuis, responsable de l’environnement sur le chantier.Sans peur, les hirondelles ont aménagé leus nids sur le versant d’une tranchée qu’Hydro-Québec devait creuser pour enterrer ses câbles d’alimentation de 230 KV, lesquels relient la centrale à turbines a gaz au poste d’alimentation de la centrale Gentilly 2.(La centrale à turbine à gaz servira à alimenter les services auxiliaires de Gentilly en cas de pannes de réseau).« Dès que j’ai vu les oiseaux dans la tranchée, je me suis dit que je devais les protéger », a noté cet ancien ornithologue.Loin d'être démuni, il a pu utiliser la réglementation fédérale sur les oiseaux migrateurs pour convaincre les ingénieurs du chantier.En effet, en vertu de la Convention sur les oiseaux migrateurs, nul ne peut déranger la nidification de ces oiseaux, a confirmé le biologiste Jean Gauthier du Service canadien de la faune.Aujourd'hui, les hirondelles ont eu leurs petits.« En tout, on a sauvegardé de cinq à 600 oiseaux », lance fièrement Serge Dupuis.En dépit des vacances de la construction, la section où nichent les oiseux a été balisée pour protéger les hirondelles des impulsions d’un entrepreneur trop pressé.Une partie de la tranchée a tout de même été remblayée.Mais le trou qui reste ne sera comblé qu’à la fin août.Cependant, le calendrier des travaux de la nouvelle centrale ne s’en trouvera pas affecté (la centrale doit entrer en fonction en décembre 1992) et la sauvegarde des oiseaux ne coûtera pas un sou aux Québécois, a tenu a préciser Serge Dupuis.La chute d’un pont n’alarme pas Middlemiss d’après PC LE MINISTRE délégué aux Transports, Robert Middlemiss, affirme qu’il ne faut pas faire de lien entre la chute tragique d’un pont sur l’autoroute Jean-Lesage la semaine dernière et l'état général des ponts au Québec.« Il ne faut pas déduire du fait qu’un pont en voie de démolition s’est écroulé que tous les ponts au Québec sont dans un mauvais état », a assuré hier le ministre en entrant à la réunion hebdomadaire du conseil des ministres.Reconnaissant que certains ponts étaient ou sont dans un état « pitoyable », le ministre Middlemiss a rappelé que le gouvernement faisait actuellement du « rattrapage » en consacrant, depuis deux ans, quelque 30 millions $ additionnels par année à la réparation de ces ponts.Il a rappelé que son ministère a acquis il y a deux ans des équipements capables de mesurer la capacité de l’ensemble des ponts et qu’un programme de réparation avait alors été élaboré suivant certaines priorités.Son ministère consacre donc maintenant 60 millions $ annuellement à la réfection des ponts.Il affirme que l’ensemble des ponts qui ne sont pas identifiés comme ayant une « capacité moindre » sont en bonnes conditions.Mais il n’en a nommé aucun.La chute du pont de l’autoroute 20, survenue vendredi dernier à la hauteur de Notre-Dame-Du-Bon-Conseil a entraîné la mort d’un travailleur de la construction.La Comission de santé et sécurité au travail a fait enquête pour connaître les causes de l’effondrement mais n’a pas encore annoncé ses conclusions.Les travaux sur le pont, qui devaient initialement durer 13 semaines, seront vraisemblablement prolongés, indique-t-on au ministère.En mai dernier, la Société canadienne du génie civil avait affirmé que plus de 1200 ponts étaient en si mauvais état qu’ils devraient être renforcés ou remplacés.Près de 40 % des ponts du Québec ont été construits voilà plus de quarante ans en fonction d'une circulation beaucoup moins dense que l’achalandage actuel.Même les ponts plus récents n’ont pas été prévus pour une circulation aussi grande.Sur le pont Champlain, par exemple, l’achalandage depuis l’ouverture en 1962 est passé de 7300 à 120 000 véhicules par jour.La pire situation se retrouve sur les routes secondaires, où neuf ponts sur dix sont jugés trop faibles.Plusieurs sont fermés à toute circulation lourde et à tous les printemps, on craint que plusieurs soient emportés par la crue des eaux.Les guerres politiques de libération sous l’angle du microcosme culturel Jean Chartier LES GUERRES de libération politique sont maintenant abordées sous l’angle du microcosme culturel.C’est ce qu’on appelle la reculturation de soi, de la femme, de l’autre.L’approche idéologique des années 60 et 70 a été complètement mise de côté.C’est du moins ce qui ressort des propos de M.Roger Dufour, auteur d’un Dictionnaire du crime et de la violence, qui faisait hier la synthèse du 2e Congrès mondial sur la violence et la coexistence, à la mi-temps du congrès.Le premier congrès s’était tenu à Jérusalem voici deux ans.« Toute structure, toute idéologie, toute société, toute religion, toute famille, toute structure biologique peut être cause de violence, affirme M.Dufour.On ne cherche plus la cause magique, l’exploitation, la religion, l’oppression de la femme.Car, on sait que toute structure, toute relation doit être la base de quelque chose qui va dériver vers la violence et l’oppression ».L’approche à la violence se fait donc principalement dans l'examen de la relation à deux, en vertu de ce qui est examiné à ce congrès.M.Dufour se réjouit d’ailleurs que l’expérience des travailleurs du terrain, à savoir les travailleurs sociaux, les psychologues et les éducateurs de tous niveaux soient pris en compte dans ce congrès, tout comme le travail de recherche universitaire et celui des définisseurs de société.M.Louis-Edmond Pettiti, le président de l’Association internationale d’échanges scientifiques sur la violence, explique que l’organisme est en quelque sorte allé à l’aventure.« En 1992, les violences diverses se sont manifestement accrues de façon importante.Nous voulons que ce type de rencontres soit le révélateur clinique des causes de nos échecs ».M.Pettiti est juge à la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg.Il rappelle qu’il y a 40 ans on n’aurait jamais cru qu’il y aurait des problèmes de respect de droit de la personne dans des démocraties nordiques.Et, pourtant cela se produit.Voici 20 ans, Ce genre de colloque aurait entraîné des condamnations à priori, ajoute-t-il.« Nous avons évité les procès politiques à priori.Nous adoptons une approche plus approfondie, plus psychologique des interactions de ceux qui participent à la violence comme auteurs, et de ceux qui y participent comme victimes ».Les ateliers faisaient relâche hier après-midi et les congressistes étaient invités à rencontrer les artistes.Ainsi, le vernissage d’une exposition d’oeuvres d’art sur la violence avait lieu à la Galerie Christiane Chassay.Cette exposition intitulée Violence, Pièges du regard, et en anglais La séduction mortelle, est organisée par la Société d’esthétique du Québec.M.Jacques-Bernard Rou-manes, de l’Université du Québec, a exposé en conférence de presse la vision à l’origine de cette exposition.Selon lui, « le superhéros des temps modernes n’est plus James Bond, c’est l’artiste performant qui nous montre une image, qui engage tout le corps dans l’art, car l’art est devenu performant».Cette vision bien exclusive de l’art est fortement représentée à Montréal.Un catalogue avec de nombreux textes d’analyse a ainsi été lancé lors du vernissage des artistes Dominique Blain, Peter Gnass, Michel Goulet et Éric Simon à la galerie de sculptures de Mme Chassay.Une autre exposition s’ouvre aujourd’hui à la Galerie Graff avec des oeuvres de Luc Béland, Louis-Pierre Bougie et Massimo Guerrera.Demain, un troisième vernissage aura lieu à la Galerie Trois-Points avec des oeuvres de Michelle Iléon, Peter Krausz, Denis Langlois et Marion Wagsehal.Les grandes villes francophones en congrès Un seul marine accusé d’agression sexuelle sera jugé pour le moment Jean Dion PRÈS DE 120 délégués représentant une soixantaine des plus grandes villes francophones du monde se réuniront à Montréal, aujourd’hui et demain, à l’occasion de la Xlle assemblée générale de l’Association des maires et responsables des capitales et métropoles partiellement ou entièrement francophones (AIMF).Sous le thème « Ressources humaines et formation dans un contexte municipal », les délégués discuteront notamment du développement et des transports, de la gestion informatique, de l’économie, des fi- nances et de l'organisation administrative.Toutes les délibérations en commissions se dérouleront à huis clos, ont fait savoir les organisateurs.Une conférence de presse clôturera l’événement, demain après-midi.Entre-temps, les participants auront assisté aux cérémonies entourant l’inauguration de la place Char-les-de-Gaulle, cet après-midi au parc Lafontaine.Samedi, une réception sera donnée à l’Hôtel de Ville, à la suite de laquelle les délégués assisteront au spectacle francophone présenté dans le nouveau parc des îles.C’est l’Afrique qui a envoyé le plus important contingent de délégués à cette assemblée avec la représentation d’une trentaine de villes, parmi lesquelles Abidjan, Antananarivo, Brazzaville, Casablanca, Dakar, Kinshasa, Libreville, Lomé, Marrakech, Nouakchott, Ouagadougou, Tunis et Yaoundé.Du côté européen, le participant vedette sera certainement le maire de Paris et ex-premier ministre de la France, M.Jacaues Chirac, qui est arrivé à Montréal hier.Bordeaux, Genève, Liège, Lille, Luxembourg, Marseille et Bucarest prendront également part aux discussions.Venant d’ailleurs dans le monde, Port-au-Prince, Beyrouth et Phnom Penh ont aussi confirmé leur présence.Pour sa part, le Québec sera représenté, outre la ville hôtesse, par Québec et Hull.Si l’Association des municipalités du Nouveau-Brunswick sera des débats, il faut cependant remarquer qu’aucune ville canadienne hors Québec n’est spécifiquement représentée.L’an dernier, l’Assemblée générale de l’AIMF s’était déroulée à Bordeaux, en France.Le site de la rencontre de 1993 devrait être dévoilé au cours de cette Xlle assemblée.QUÉBEC (PC) — L’enquête préliminaire de trois des quatre marines américains accusés d’agression sexuelle sur une adolescente de 12 ans, a été reportée, hier, au 30 septembre prochain.Quant au sergent Leonard Per-mell, 26 ans, il est le seul qui se retrouvera aujourd’hui devant un juge de la Cour de Québec pour demander des modifications aux conditions de son cautionnement afin de pouvoir retourner aux États-Unis en attendant la reprise de l’enquête.Les trois autres, les caporaux Cla- rence Morris, 24 ans, Mark Cunningham, 22 ans, et Terry Cobb, 21 ans, passeront l’été sur une base américaine située à Terre-Neuve, où ils sont confinés depuis leur arrestation, en juillet 1991, à bord du porte-hélicoptère USS-Guam, alors en visite de courtoisie à Québec.Les accusés ont dû remettre leur passeport et s’engager à verser un cautionnement de 5000$.Les actes reprochés aux marines se seraient produits sur les Plaines d’Abraham.Delia vous offre le et d’autres ( tender et le dernier vols pour Boston, éparts pratiques tous les jours.Départs pour Boston 6 h 45 9 h 45 13 h 05 15 h 10 18 h 50 (Premier vol) (Dernier vol) Consultez votre agent de voyages ou appelez Delta à Montréal au 337-5520.A DELTA AIR UNES il/hmirDii Métier Nous Doivu’ DesAûes.uo 4 M Le Devoir, jeudi 16 juillet 1992 Lavoie-Roux et Rizzuto sont opposés au projet d’entente Maurice Girard de la Presse Canadienne OTTAWA — À l’exemple des Claude Castonguay, Gérald Beaudoin, Solange Chaput-Rolland et Roch Bol-duc, les sénateurs québécois Thérèse Lavoie-Roux et Pietro Rizzuto n’acceptent pas le projet de réforme du Sénat proposé par le gouvernement fédéral et les provinces anglophones.Un des principaux organisateurs du Parti libéral du Canada, le sénateur Rizzuto affirme que, s’il faut isoler certaines provinces dans cette ronde Canada, ce devrait être le tour cette fois-ci de Terre-Neuve et de l’Alberta.« Il ne faudrait pas que ce soit le Québec qui soit mis de côté.D’après moi, si Terre-Neuve et l’Alberta insistent sur un Sénat égal, le gouvernement fédéral et les autres provinces pourraient en arriver à une autre solution et essayer de les convaincre.Il faudrait à un moment donné qu’ils (l’Alberta et Terre-Neuve) fassent leur part », a déclaré M.Rizzutto au cours d’une interview à la Presse Canadienne.Appuyé par le Québec et sept ou huit provinces, le gouvernement fédéral pourrait alors présenter à la Chambre des communes une proposition constitutionnelle, qu’on pour- rait par la suite soumettre à la population par voie de référendum, suggère-t-il.« Je ne suis pas partisan d’un Sénat égal et je l’ai jamais été », rappelle M.Rizzutto, qui insiste pour que le Québec conserve ses 24 sièges, quitte par la suite à bonifier la représentation des Maritimes et de l’Ouest.« Le Québec devrait garder son nombre de sénateurs, 24, peut-être descendre jusqu’à 20.Les Maritimes ne peuvent exiger d’en avoir plus que 20.Dans l’Ouest, on pourrait aller jusqu’à 30 ou 40.Mais il est important que le Québec garde au moins son 20 pour cent de sénateurs», dit-il.Dans l’ensemble, Pietro Rizzuto n’est « pas très optimiste » sur les chances de succès de la réforme enclenchée le 7 juillet par l’entente de principe conclue entre le fédéral et le Canada anglais.« Il ne semble pas qu’il y a de l’enthousiasme pour trouver un accord, surtout si on regarde les déclarations de l’Alberta et de l’Ouest.Us ne semblent pas prêts à faire des changements.» Ancienne ministre libérale dans le cabinet Bourassa, la sénatrice Thérèse Lavoie-Roux trouve non seulement la proposition sur le sénat inacceptable pour le Québec mais aussi « irréaliste ».Quant au mode proportionnel d’élections, « c’est inu- tilement compliqué », souligne-t-elle.Le projet de réforme du ministre Clark est si mal enclenché que, « sans devoir tout recommencer à zéro, il faudra en refaire une bonne partie ».Elle rappelle que la mise en oeuvre de gouvernements autochtones crée également des difficultés pour le Québec, qui ne compte pourtant que 60 000 Amérindiens, soit un dixième de la population autochtone du pays.« Est-ce qu’on se retrouve avec 12 ou 15 gouvernements au Québec?Je ne le sais pas.Que certains droits soient donnés aux autochtones, c’est bien.Sur la question du territoire, on ne sait pas mais on a déjà parlé du Québec (comme territoire amérindien) moins le Saint-Laurent.Est-ce que dans le fond on se crée des problèmes pour dans cinq ans quand les tribunaux vont décider », ajoute la sénatrice, nommée par le premier ministre Mulroney.Quant au Sénat, elle y voit des problèmes pratiques : « On va demander aux sénateurs de représenter au-delà d’un million d’électeurs, mais avec moins de pouvoirs qu’ils en ont présentement.Devoir répondre à un million d’électeurs, ça veut dire que potentiellement il y a un million de personnes capables d’aller frapper à votre porte».Le Théâtre Sans Fil propose un audacieux Jeu de nuit Michel Vais NOVATEUR et risqué, le spectacle à grand déploiement du 350e anniversaire de Montréal l’est à plus d’un titre.D’abord par l’ampleur du cadre, par les moyens mis en oeuvre, par le nombre de participants, mais aussi par le propos (l’histoire de Montréal) qui a forcé les concepteurs à faire une sélection sévère, de la fondation de la ville à des événements tout récents.Hier soir, 3300 spectateurs installés sur des gradins face à la basilique Notre-Dame, de part et d’autre de la statue de Maisonneuve, sur la Place d’Armes, ont assisté à cette fête audiovisuelle orchestrée par André Viens, metteur en scène et directeur artistique du Théâtre Sans Fil.Afin d’élaborer son premier spectacle entièrement conçu pour le plein-air, Viens s’est entouré de l’auteur Pierre Voyer (avec qui il avait déjà travaillé dans le Seigneur des anneaux) et du scénographe Michel Demers qui a conçu les marionnettes géantes (il avait fait celles du Seigneur, du Hobbit et de Rabelais).La musique est signée Jean-François Léger, les éclairages, Claude Accolas, tandis que Paul Saint-Jean, de la compagnie L’Écran humain, a conçu les projections.En fait, la basilique Notre-Dame constitue à la fois le décor du spectacle, l’écran des projections de films et de formes fixes, mais aussi un acteur de l'épopée grandiose qui nous est racontée.Un premier mouvement du spectacle se concentre sur le Régime français, de l’arrivée des .grands voiliers à la capitulation de Montréal.Ensuite, le Régime anglais nous fait revivre l'occupation, la crise des Patriotes et l’union du Haut et du Bas-Canada.Enfin, un troisième mouvement s’attache à l’époque moderne, c’est-à-dire, aux dernières 125 années.Nombreux furent les clins d’oeil à l’Histoire, parfaitement reçus par un public détendu.Parmi les plus réussis, il faut citer le surgissement du visage de Lord Durham, sous un gigantesque chapeau (quoique sa crotte de nez, que l’on s’est amusé à agiter, a détourné le public de ses propos) ; ou encore, la composition inopinée du visage caractéristique de Jean Drapeau, à même les anneaux olympiques; j’ajouterais aussi la déroute des armées française et anglaise, après la bataille des Plaines d’Abraham, alors que les soldats ennemis sortent en se soutenant mutuellement, clopin-clopant.Le public a bien apprécié la reconstitution du match de hockey au cours duquel Mauric Richard a été expulsé, causant l’é ute que l’on sait, de même que l’ai /ée dramatique de l’armée, au mom it de la Loi des mesures de guerre.ce sujet, des frissons ont parcouru les spectateurs en écoutant le commentaire : « Les réactions des autorités politiques surprennent la population et seront par la suite sévèrement critiquées.» S’ensuit l’explosion d’une boite aux lettres installée depuis le début au coin gauche de la basilique! Bref, un spectacle grandiose, amusant, plein de surprises, à voir.PHOTO JACQUES NADEAU « Le grand jeu de nuit » évoque les grands événements des 350 ans d’histoire de Montréal.Ci-dessus, un épisode qui a marqué l’histoire de Montréal et de tout le Québec : la bataille des Plaines d’Abraham.• ill ili H \r ' -\v SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Cabinet sera pas partie prenante et jusque-là, rien n’y serait donc à prendre ou à laisser.Selon plusieurs sources, les paroles de Joe Clark ne reflètent pas fidèlement l’état d’esprit du gouvernement fédéral.Depuis la semaine dernière, plusieurs ministres, députés et sénateurs québécois ont en effet opposé une fin de non-recevoir sans appel à son entente.Encore hier, le mouvement d’opposition au sein des troupes du Québec à Ottawa s’est encore amplifié, les sénateurs Thérèse Lavoie-Roux et Pietro Rizzuto y ajoutant leurs voix.À la table ministérielle entre temps, la rencontre d’hier aurait cristallisé ces positions.Alors qu’à Ottawa, plusieurs stratèges du gouvernement auraient voulu que les ténors fédéraux québécois exercent des pressions sur Robert Bourassa, ces derniers auraient clairement signifié qu’ils continueront à se dresser en obstacles sur la voie de l’acceptation du projet actuel au Québec.Dans l’ensemble, les délibérations d’hier n’auraient pas amené les ministres québécois à rentrer dans le rang.À la place, les déclarations à Québec de la ministre Lise Bacon les auraient encore aiguillonnés sur la voie de la dissension.Tout cela place le gouvernement fédéral dans une situation critique.À partir de maintenant, rien n’est certain, conviennent ainsi les stratèges fédéraux.Selon plusieurs proches du gouvernement, toutes les hypothèses, d’un référendum fédéral jusqu’à une élection générale sont en effet envisageables.À tout coup, convient-on cependant, le gouvernement Mulroney frisera l’éclatement : LE ¦ Le projet Clark : sous sa forme actuelle, l’entente négociée par le ministre Clark n’a pas trouvé preneur au Québec.À tous les niveaux, les membres québécois du gouvernement Mulroney ont indiqué qu’elle devrait être renégociée, en particulier en ce qui a trait au Sénat.Par contre, neuf provinces l’appuient publiquement, ce qui rend improbables des modifications importantes.Mais si, au bout du compte, Robert Bourassa ne juge pas le projet acceptable, Brian Mulroney devra choisir entre son aile québécoise ou le fruit des travaux du ministre Clark.¦ Un projet unilatéral fédéral : à Ottawa comme à Québec, plusieurs souhaitent en privé que le gouvernement fédéral réécrive l’entente de la semaine dernière pour la rendre plus conforme au rapport Beaudoin-Dobbie et aux revendications du Québec.S’il le fait, Brian Mulroney s’expose à se mettre à dos la plupart des premiers ministres provinciaux, dont certainement les Getty, Ro-manow, Filmon et Wells, partisans d’un sénat Triple-E.Il ne pourrait pas non plus compter à coup sûr sur l’appui des partis d’opposition à Ottawa, appui jugé essentiel à une victoire référendaire dans le camp fédéral.¦ Une élection fédérale : à entendre les échos des députés conservateurs qui viennent de passer un mois dans leurs comtés, la solution d’une élection s’apparenterait à un suicide pour le gouvernement Mulroney.Si des élections avaient lieu d’ici la fin de l’année, peu de députés du gouvernement ont confiance d’être réélus.Le premier ministre a en plus toujours exclu l’hypothèse de faire de la question constitutionnelle la base d’une campagne électorale.Hier, avec peu de sorties de secours à sa portée, le cabinet fédéral s’en est tenu à envisager l’hypothèse à court terme d’un retour de Robert Bourassa à la table fédérale-provin-ciale.Si Québec a des objections à faire valoir sur la notion d’un sénat Triple-E, il devra revenir le dire à la DEVOIR Renseignements.(514) 844-3361 lES BUgftüff \ Administration.(514) 844-3361 mJtfs °!i!ï£o\ Rédaction.(514) 842-9628 Aü 16H30 pg 9H00^,— Annonces classées.(514)286-1200 Publicité.(514) 842-9645 numéro sans Irais.1-800-363-030S Abonnements Les numéros de téléphone suivants sont valables pour le service de livraison par camelot et pour les abonnements postaux.Montréal.(5141 844-5738 Extérieur (sans trais).t-800-463-7559 Service à la clientèle LE DEVOIR 211, 8t-Sacrement, Montréal QC H2Y 1X1 table à onze, a ainsi stipulé le ministre fédéral Joe Clark.D’ici la semaine prochaine, Ottawa tentera donc de régler trois des cinq anciennes rubriques de l’accord du lac Meech qui posent encore problème, c’est-à-dire, des ajustements décrits comme techniques à l’entente sur l’immigration, l’exigence de Québec d’avoir un veto sur l’admission de nouvelles provinces et une formulation plus musclée de la clause de société distincte.Il inviterait alors Robert Bourassa à revenir à la table et c’est seulement au terme de cette démarche qu’Ottawa aviserait.4 Montréal buts dans ce dossier était que le débat public se fasse, et le débat public va continuer de se faire.Nous attendons avec impatience le rapport de Me Michel Yergeau, président du comité consultatif sur l’avenir de l’Hô-tel-Dieu, qui doit être présenté à l’automne ».Par ailleurs, dans les coulisses de l’Hôtel de ville, on affirmait hier toujours compter sur l’appui de quelques membres du Conseil des ministres de Québec, notamment Claude Ryan et Daniel Johnson, présumé-ment peu enthousiastes face aux conséquences du projet du ministre Marc-Yvan Côté.Selon une source de la ville de Montréal qui refuse d’être identifiée, les débats autour du projet du ministre Côté auraient en effet été « animés » au Conseil des ministres, et le consensus autour de cette décision demeurerait fragile à Québec.Pour sa part, Jocelyn Dumas, attaché de presse de M.Johnson, lui-même président du comité ministériel de Montréal, a affirmé qu’il y avait effectivement eu des recommandations du comité ministériel de Montréal quant au projet de M.Côté, mais que la décision d’entériner la décision était gouvernementale et relevait de l’ensemble du conseil des ministres.« Il y a eu des rencontres de M.Johnson avec des représentants de plusieurs organismes dans ce dos- CARTES D’AFFAIRES ROBIC AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE 55 St-Jacques, Montréal, Québec H2Y 3X2 Fa* (514) 845-7874 Tél.: (514) 98 R O B I C /zz zzzzzzYzziZ' z/z-i zz/Yzzzzzyz/’/zz sier, et notamment du comité présidé par la Chambre de commerce de Montréal.M.Johnson a tenu compte des avis qu’il avait ainsi reçus.Mais à ce jour, le gouvernement a rendu sa décision, et il serait étonnant qu’il revienne sur cette décision, à moins d’une très bonne raison», a dit M.Dumas.De son côté, le ministre de la Sécurité publique, M.Ryan, a refusé hier de commenter le dossier, ce dernier relevant bien de la juridiction de M.Côté.Selon Daniel Bussières, la Ville pourrait par ailleurs également se montrer difficile dans la négociation concernant la cession de la partie du terrain de Rivière-des Prairies appartenant à la ville de Montréal au gouvernement du Québec.« Je vous laisse déduire qu’on ne vendra pas notre terrain tout de suite, les yeux fermés, a souligné M.Bussières.Le 23 juin, nous avons nommé un interlocuteur pour discuter de la vente du terrain en question.Cela dit, en dernier recours, le gouvernement du Québec a tous le moyens légaux pour nous exproprier ».Une partie seulement du terrain prévu pour l’emplacement du nouvel Hôtel-Dieu à Rivière-des-Prairies, appartient présentement à la ville de Montréal, le reste étant présentement en voie d’expropriation.Pour sa part, Me Michel Yergeau, a confirmé hier qu’il était clair dés le début de la tenue des audiences publiques du comité qu’il travaillait « sur un dossier dans lequel la décision gouvernementale avait déjà été prise ».« Les contrats de construction du nouvel Hôtel-Dieu sont accompagnés de clauses résolutoires, a-t-il cependant précisé, advenant que le gouvernement décide de ne pas aller de l’avant avec son projet.La décision gouvernementale n’est pas absolument irréversible ».Me Yergeau a par ailleurs précisé que « si son comité pourrait arriver à la conclusion que l’Hôtel-Dieu devrait déménager à Rivière-des-Prairies, il est évident que de telles décisions ne devraient pas être prises selon le processus que l’on connaît actuellement ».Me Yergeau a ajouté que bien que les organismes de consultation n’aient pas d’autre poids que le poids moral d’un rapport, « un travail honnête dont les conclusions sont franches ont nécessairement une influence ».4 Bombardier l’entente signée par la Ville et la compagnie ».Présidée par M.Laurent Beaudoin, cette compagnie assumera tous les coûts afférents à la mise en place des infrastructures inhérentes à ce type de projet comme, par exemple, la construction des rues et des égouts.En effet, selon les précisions apportées par M.Dussault les acteurs en présence ont élaboré ce projet en PHOTOCOPIES URGENTES?| En noir?En couleurs?De qualité?À bas prix?Vite faites?_________Toutes grandeurs?Alors, adressez-vous à : SCRIBEC 385-9400, 45, RUE JARRY EST | fonction, notamment, du principe suivant : que les citoyens actuels de Saint-Laurent n’assument pas les coûts d’installation des services qui se financent normalement par les taxes d’améliorations locales.Dans ce contexte, Bombardier va « céder graduellement 18 % des terrains à la ville.De notre côté, pour dispenser certains services, et dans le but d’économiser au niveau des coûts d’entretien, on va procéder, par exemple, par bassin de rétention ».À la faveur des négociations qui se sont poursuivies sur plusieurs mois, il a également été décidé de mettre en marché un produit résidentiel s’adressant presque exclusivement à ces premiers acheteurs qui, faute de trouver à Montréal un produit s’accordant au volume de leur bourse respective, s’exilent en banlieue.De fait, on s’attend à ce que les unifamiliales, les semi-détachées ou les condominiums attirent d’abord et avant tout les jeunes couples.C’est en tout cas en fonction de ce type de clientèle qu’un concept architectural particulier a été dessiné.Dès aujourd’hui on va donner le coup d’envoi aux premiers travaux, plus précisément la démolition des pistes de Canadair, pour vendre ensuite des terrains à des promoteurs qui construiront entre 1100 et 1200 unités dans le cadre de la première phase.Les premières maisons ou copropriétés seront livrées à la fin de 1993 ou au début de 1994.Incidemment, les promoteurs qui de concert par Bombardier et Ville Saint-Laurent devront se conformer aux normes ou règles qui ont été fixées.« Le développement architectural, par exemple, se fera selon les normes que nous avons établies ».Dans l’ensemble le projet prévoit que 85 % des constructions seront résidentielles, 6 % pour les commerces ou services, et le reste pour les besoins divers.4 Clinton changeait rien au succès garanti de son rival.« Nous devons nous préparer à nous battre pour Bill Clinton.Chaque voix comptera le 3 novembre prochain », a insisté le maire noir d’Atlanta, Maynard Jackson, sous les applaudissements de la salle.Le discours de nomination prononcé par le gouverneur de New York, Mario Cuomo, devait constituer le morceau de choix.En début de soirée, quelques extraits du texte circulaient déjà, notamment un passage où le gouverneur, l’un des meilleurs orateurs du parti, enjoignait le président George Bush de « laisser la place au gamin .».« Le temps du changement est arrivé, quelqu’un d’assez intelligent pour savoir, assez solide pour agir et assez sûr pour diriger », lançait encore le è«uvemeur de New-York qui devait aussi souligner comment son collègue de l’Arkansas avait présenté onze ans durant un budget en équilibre, compliment de poids pour cet homme politique moins chanceux avec les finances new-yorkaises.Avant le traditionnel « roll call », un cérémonial durant lequel chaque État annonce son vote, les délégués devaient connaître un moment émouvant avec la diffusion d’un film sur Robert Kennedy, assassiné en 1968 alors qu’il faisait campagnç pour la Maison-Blanche qu’avait occupée son frère John, lui aussi assassiné, en 1963.Quant à la vedette de la soirée, Bill Clinton, c’est sans doute de sa chambre d’hôtel, devant le téléviseur et entouré par ses proches, qu’il entendait suivre son intronisation., p Depuis le début de la Convention , lundi, le gouverneur de l’Arkansas peaufine son discours d’acceptation, ne s’accordant que quelques pauses pour faire son jogging quotidien, ou pour s’entretenir avec des personnalités étrangères comme hier matin, avec le president du Congrès natio, nal africain (ANC), Nelson Mandela.Cette convention a d’ores et déjà prouvé l’emprise de Clinton sur le parti : sa plate-forme électorale a été adoptée sans heurt et il a reçu le soutien de l’ensemble des ténors du parti, surtout celui du pasteur noir Jesse Jackson, qui s’était pourtant rallié du bout des lèvres.Aujourd’hui, dernière journée de la Convention, les quelque 4000 délégués venus des 56 États et territoires de l’Union, devaient accorder l’investiture au candidat à la vice-présidence, le sénateur Al Gore, avant le discours final de Bill Clinton, qui montera enfin à la tribune.Hier après-midi, les démocrates discutaient ferme de la démission surprise d’Ed Rollins, co directeur de la campagne de Ross Perot.« Je souhaite à M.Perot tout le bien possible», déclarait M.Gore, laissant clairement entendre que pour les dé- [ mocrates, cette candidature indé-pendante aux présidentielles — tou» ; jours pas officialisée par l’homme d’affaires texan — vole d’abord des | voix au républicain George Bush.; Enfin, selon un sondage ABC-Was- j hington Post publié hier soir Bill Clinton fait un bond de 12 points dans la faveur du public américain.Selon cette enquête, M.Clinton est crédité de 42 % des intentions de vote, contre 30 % au président George Bush, pour les Républicains, et 20% au milliardaire texan Ross Perot, qui doit se présenter comme candidat indépendant.L’avance du gouverneur de l’Ar-kansas est encore plus nette auprès ; des personnes qui se déclarent cer- ;; taines de voter le 3 novembre.Elle ;; est de 17 points sur M.Bush, corn- ; parée à un retard de 5 % la semaine ; dernière.Selon un autre sondage diffusé .hier par la chaîne CBS, 41 % des per- j! sonnes interrogées voient en M.Clin- j ton le candidat le plus susceptible de ; leur apporter les changements qu’ils ; souhaiteraient, contre 30% pour M.’-! Perot et 15% pour M.Bush.Les candidats bénéficient tradi- ! tionnellement dans les sondages de la publicité qui leur est accordée au- • moment de la convention de leur parti.16 juillet par la PC al P AP I990: plus de 2000 personnes assistent, à l'église de l’Ancienne-Lo- ’ rette, aux funérailles du caporal Pierre Lemay, mort devant les barricades d’Oka; un violent tremblement de terre fait plus de 240 morts dans le nord des Philippines.1986: le chef de la police de Jean-Claude Duvalier est condamné à mort, en Haïti,______________ ________ ECONOMIE Le Devoir, jeudi 16 juillet 1992 Provigo se défait de ses intérêts dans l’Ouest canadien pour 120 millions $ d’après la Presse Canadienne LE GROUPE Provigo se retire de l’Ouest canadien, cédant pour 120 millions $ sa filiale Horne & Pitfield, basée à Edmonton, ainsi que ses droits de bannière IGA en Ontario.W aldman ferme samedi ii • K « 'Danny Vear N’ÀYANT PAS réussi à s’entendre alvec ses 23 travailleurs syndiqués en gtève depuis six mois, la poissonnerie Waldman fermera ses portes samedi.Le Groupe La Mer, propriétaire de Waldman, a invoque les salaires trop élevés de ses 23 travailleurs et la conjoncture économique actuelle pour expliquer sa décision.: « À moins d’un miracle, on ferme lés portes.Nous perdions tout simplement trop d’argent », a expliqué Jeffrey Coleman, vice-président aux finances du Groupe La Mer.En fait, lè Groupe La Mer compte se retirer djj plus en plus du commerce de dé-du poisson, a indiqué M.Coleman.« Nous avions six commerces | détail.Il nous en reste deux.Nous pns nous concentrer sur nos acti-§s de grossiste et de courtier in-v national de poissons », a-t-il noté.» L’entreprise met ainsi fin brutalement au conflit de travail qui l’op- janvier.syndiqués des concessions salariales.Dé leur côté, les syndiqués exigeaient un gel des salaires et des avantages que Provigo leur avait consentis.C’est à la fin de 1988 que La Mer achetait la poissonnerie de la rüe Roy de Provigo.Le nouveau propriétaire, Kosta Katsoulis, a toujours prétendu qu’il ne pouvait accorder les mêmes avantages salariaux que le géant Provigo.Pour Michel Larose, président des Travailleurs unis de l’alimentation et dû commerce, local 501, l’employeur a simplement voulu se débarrasser dé ses travailleurs syndiqués.« Nous étions prêts à faire des concessions.O’fest clair et net qu’il ne veut plus des syndiqués», a noté Michel Larose.Frustré de la tournure des événements, M.Larose a soutenu que l’employeur ouvrira « sous peu » un libre-service de poissons « sous un autre nom».Le Groupe La Mer ne nie pas qu’il aimerait ouvrir un comptoir libre-service de poissons.Celui-ci ne remplacera pas nécessairement la légendaire poissonnerie de la rue Roy.En fait, le Marché central serait envisagé.« Personne ne nous a cependant encore approché », a précisé Monsieur Coleman.Selon Jeffrey Coleman, Waldman a enregistré des profits uniquement lors de la première année d’opération suivant l’acquisition.Depuis, l’entreprise aurait accumulé des pertes de l’ordre de 300 000 $.Pour Waldman, la vente par la famille Waldman aurait signifié la fin de la rentabilité, note-t-il.boursier Dow Jones 12.97 Dollar canadien (US Cents) Or (New York-USS) + 2.90 354.00 TSE-300 3472.03 Montréal-XXM 1841.82 (PC) pannciPDCTionk L’acquéreur est le Oshawa Group, de Toronto, dont la principale activité est déjà la chaîne IGA, dont elle regroupera maintenant les marques de commerce dans presque tout le Canada; la transaction a été annoncé conjointement hier par les deux parties.La transaction concerne avant tout l’actif de Horne & Pitfield Foods, formé d’entrepôts et de 259 magasins, franchisés et affiliés, soit des épiceries IGA, Garden Market, Triples ainsi que des dépanneurs Reddi Mart et Mayfair; outre l’Alberta, ce réseau s’étend en Saskatchewan, dans les Territoires du Nord-Ouest et le nord de la Colombie-Britannique.Oshawa Group, déjà propriétaire des IGA du Québec, obtient maintenant d’une autre filiale de Provigo, Loeb, les franchises et marques de commerce IGA en Ontario surtout, de même que dans l’Outaouais québécois et en Abitibi.Selon Germain Lecours, vice-président d’Univa, nouvelle appellation de Provigo en bourse, la vente a pour avantages de « concentrer nos énergies dans des marchés près de chez nous, où nous avons une position de leadership et qui ont plus de potentiel ».Provigo avait investi en Alberta du temps où Pierre Lortie était président.L’argent de la vente servira à appuyer les activités de Provigo Distribution au Québec, de la filiale Loeb en Ontario et dans le Nord-Ouest québécois, de C Corp au Québec, en Ontario et en Alberta et de Provigo Corp.en Californie.Provigo réalise un chiffre annuel de 4 milliards ?au Québec, rappelle M.Lecours, et de près de 2 milliards $ en Ontario avec 120 épiceries Loeb.À Toronto, Sam Crystal, vice-président d’Oshawa, a souligné que la société pourra maintenant se développer « à partir de notre base, IGA, comme chez Univa où la marque de commerce principale est Provigo.La transaction sera dans le meilleur intérêt des deux parties.» La clôture de la transaction est prévue pour le 8 septembre et le transfert effectif des titres de franchise durant l’année qui suit.Le montant d’environ 120 millions?étant « sous réserve des ajustements normaux de clôture ».La transaction doit obtenir l’approbation du tribunal administratif de la concurrence, au ministère fédéral de la Consommation et des Corporations.La CIBC croit que la reprise est bien enclenchée, mais se fera lentement Serge Truffaut REFLET de la très lente rémission de l’économie canadienne, l’indicateur de la CIBC a progressé pour la première fois depuis août 1991.De 98,5 points en début d’année, l’indicateur CIBC a atteint les 98,6 points en avril dernier, soit une faible augmentation de 0,1 %.Si minime soit-elle, cette hausse indique que l’économie canadienne « poursuivra sa reprise » a assuré M.Edward Heese, économiste au sein de la CIBC.Une reprise qui évoluera cependant au rythme lancinant du « deux pas en avant, un pas en arrière ».En effet, selon les propos tenus par cet expert le cheminement, en avril dernier, propre à chacun des sept vecteurs qui composent l’indicateur de la CIBC illustre parfaitement le rythme mi-figue, mi-raisin qui distingue l’économie canadienne alors que quatre d’entre eux enregistraient une augmentation pendant que les trois autres régressaient.Du côté des augmentations, la composante dite de la « courbe rendement »i s’est singularisée en réalisant, la plus forte progression, soit 0,8 % de plus qu’en mars 92.Une progression qui traduit « une réaction à la baisse continue des taux d’intérêt à court terme ».Sur le front immobilier, si la composante des mises en chantier progressait de 0,6 % sur mars 92, la composante dite du cours des actions diminuait de 0,7 % en raison principalement de la piètre performance des entreprises immobilières inscrites à la bourse.À l’instar de la courbe de rendement, la composante ratio prix/coûts a enregistré une forte hausse de 0,4 %.Ainsi que l’a spécifié M.Heese, cette hausse est attribuable en grande partie à une baisse des coûts qui s’explique par un gain de productivité ayant pour corollaire une diminution des niveaux d’emploi.À cet égard, l’économiste de la CIBC a mentionné que les compagnies vont hésiter à embaucher du personnel tant et aussi longtemps qu’elles n’auront pas la certitude que la reprise est non seulement certaine, mais également rigoureuse.Pour ce qui est des autres composantes de l’indicateur CIBC, celui propre à l’économie américaine a grimpé de 0,3 %, toujours en avril sur mars, parce que « les demandes d’assurance-chômage par état ont légèrement diminué ».Pour sa part, la moyenne d’heures travaillées a régressé de 0,5 % alors que le crédit à la consommation fléchissait de 0,6 % malgré la baisse continue des taux d’intérêt.De son côté, et toujours en avril dernier, l’indicateur CIBC de l’inflation a diminué de 2,3 %.Selon les économistes de la deuxième banque au pays, « ce recul, de même que des signes de capacité excédentaire significative de l’économie, porte à croire que les conséquences des récentes augmentations des prix des marchandises et des importations seront considérablement atténuées ».Le projet d’union économique reçoit un appui mitigé au Québec Guy Taillefer HONNIE À Ottawa par d’influents ministres fédéraux, la formule d’union économique contenue dans l’entente constitutionnelle de la semaine dernière reçoit, au mieux, un appui mitigé au sein du gouvernement Bourassa et dans les milieux d’affaires du Québec.Si ce n’est que par le silence qu’il observe à ce sujet, le gouvernement québécois donne l’impression qu’il arriverait assez facilement à s’accommoder de l’entente constitutionnelle si toutes ses dispositions étaient modelées sur sa formule d’union économique.Et pour cause, puisqu’il s’agit d’une formule criblée d’échappatoires qui laisse intacts les pouvoirs des provinces en matière commerciale.Une formule qui fait davantage, estiment les observateurs, pour isoler les provinces les unes par rapport aux autres que pour améliorer la mobilité inter-provinciale des biens, des services, des personnes et des capitaux.Ces derniers jours à Ottawa, avec une franchise contrastant avec la discrétion qu’ils affichent face aux autres dispositions de l’entente constitutionnelle, le ministre des Finances, Don Mazankowski, et celui du Commerce extérieur, Michael Wilson, ont tiré à boulets rouges sur le projet d’union économique — qui remplacerait l’article 121 de la constitution actuelle — se prononçant contre la majorité des 13 exemptions qu’a accepté d’y inscrire, à la demande des provinces, le ministre des Affaires constitutionnelles, Joe Clark.Dans les milieux d’affaires québécois, le projet d’union économique ne fait pas l’unanimité.Le président de l’ultra-fédéraliste Regroupement économie et constitution, M.Claude Beauchamp, estime que le projet mis au point par Ottawa et les neuf provinces anglophones constitue « un pas dans la bonne direction », mais que les exceptions qui y sont prévues font une trop large part au soucis ponctuelles des provinces.« Il faut s’en tenir dans la constitu- tion aux grands principes », fait valoir M.Beauchamp, et laisser la cuisine quotidienne des conflits commerciaux inter-provinciaux à l’examen du tribunal indépendant dont l'entente constitutionnelle prévoit la création.Un tribunal dont M.Beau-champ salue incidemment « l’intelligence ».M.Beauchamp s’explique mal, par exemple, que le projet d’union autorise des restrictions à la propriété immobilière par un non-résident.Une exception constitutionnelle revendiquée par l’île-du-Prince-Édouard pour contrôler le flot des Américains qui font l’acquisition de terrains en bordure de mer.Si bien que tout, dit-il, n’a pas besoin d’être inscrit dans la constitution.Il déplore particulièrement que les questions fiduciaires fassent l’objet d’une exemption.Chaque province ayant à ce sujet sa législation particulière, M.Beauchamp se demande pourquoi les premiers ministre fédéral et provinciaux n’ont pas encore convenu d’appliquer le principe de la reconnaissance mutuelle.Cela dit, M.Beauchamp croit justifié que des exceptions soient prévues au chapitre, notamment, des entreprises qui exercent un monopole — nommément l’industrie des télécommunications — et dans le domaine de la sécurité publique, de la santé et des services sociaux.Beaucoup moins tendre à l’égard du projet fédéral, le président de l’Association des manufacturiers du Québec (AMQ), Richard Le Hir, se dit encouragé par la proposition de tribunal indépendant, mais désapprouve fermement la montagne d’exceptions qui accompagne le projet d'union économique.« Si cet accord passe, la compétitivité du Canada ne s’améliorera certainement pas », dit M.Le Hir, dont le point de vue est d’ailleurs partagé par le Conseil canadien des chefs d’entreprise.Pour des raisons politiques et électorales, affirme-t-il, les petites provinces vont à l’encontre de la « logique économique » qui veut que disparaissent les barrières à la libre circulation commerciale.La reconversion de l’industrie militaire, talon d’Achille de l’économie des pays de l’Est Jocelyn Coulon LES RÉDUCTIONS des dépenses militaires auront des effets dévastateurs dans les anciens pays de l’Est dont la situation économique est déjà catastrophique.« Je né vois pas comment les anciens pays de l’Est, et particulièrement la Russie, pourront reconvertir leurs industries militaires à court terme.Ils sont aux prises avec un problème effarant dont la solution prendra des décennies », dit Christian Schmidt, professeur à Paris-Dauphine et présideilt de l’Association internationale des économiste de défense.M.Schmidt participe au 2e Congrès mondial sur la violence où il livrera aujourd’hui une présentation sur les relations entre économie et guerres.Il est l’auteur de plusieurs livres dont Penser la guerre, Penser l'Économie, publié récemment chez Odile Jacob.L’universitaire français souligne que les ajustements industriels et economiques dans les pays industrialisés, qu'occasionne la baisse des budgets militaires, auront des effets différents selon les régions qu’elle touche.Même en Occident, surtout en France, les conséquences pourront être dramatiques.« Lorsqu’on examine les économies de l’ancien bloc de l’Est, on constate trois problèmes : militarisation de l’industrie ; interdépendance étatique et armée pléthorique», dit-il.Il est difficile de chiffrer avec exactitude le degré de militarisation de l’industrie est-européenne, mais politiciens et économistess russes ont déjà déclaré que près de 55 % de la production industrielle russe provenait des industries militaires.Le complexe militaro-industriel de l’ancienne Union soviétique compterait quelque 7 millions de travailleurs.Il faut ajouter à cela les 4 millions de soldats de l’Armée rouge.« Les dirigeants russes prévoient une restructuration massive de l’industrie militaire.Il y aura donc une armée de techniciens, d'ingénieurs et de savants à la recherche d’emplois.Or, l'économie russe est en plein naufrage et rien n’indique que la situation va s’améliorer, même avec l’aide occidentale », dit-il.Selon M.Schmidt, il existe dans l’ancienne Union soviétique entre 150 et 200 villes dont la survie dépend uniquement de l’industrie militaire.Pour intégrer les pays de l’Est au système économique soviétique, Moscou avait développé un réseau d’industries militaires en Pologne, en Hongrie et en Tchécoslovaquie qui se spécialisaient dans la production de certains biens.« L’éclatement du bloc de l'Est fait en sorte qu'aujour-d’hul de nombreuses unités de production dans ces pays n’ont plus de Près de 55 % de la production industrielle russe proviendrait des industries militaires.Sur notre photo, l’assemblage d’un MIG-29 Fulcrum.Les discussions à trois progressent WASHINGTON (AFP) - Les représentants américains et mexicains aux négociations pour la création d’une zone de libre échange en Amérique du Nord (NAFTA) sont parvenus à un accord préliminaire dans le secteur des produits agro-alimentaires, ont indiqué hier des respona-bles américains.Selon ces sources, tant au sein de l’administration Bush qu’au Congrès, les négociateurs semblent avoir réglé la question des contrôles sanitaires, avant la prochaine réunion des responsables des négociations, prévue le 25 juillet.Cet accord est préliminaire et reste ouvert à la discussion, ont précisé des sources du Congrès.De nombreux autres sujets sont toujours en négociation dans ce domaine, notamment la période de transition pour les taxes sur ces produits, a indiqué un responsable du département de l’Agriculture.Les présidents américain George Bush et mexicain Carlos Salinas se sont rencontrés mardi à San Diego.« Nous sommes dans la dernière étape », a déclaré M.Bush.Mais aucun résultat n’a été annoncé à cette occasion.La question de la sécurité des produits agro-alimentaires a été une des plus difficiles dans le cadre des négociations, notamment pour les taux de pesticides autorisés et les procédures de contrôle.Ce traité doit donner naissance à une zone de libre échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada.marché.Elles doivent se reconvertir.Mais comment et pour produire quoi?» À ces problèmes économiques, s’ajoutent les difficultés humaines considérables que provoque la réinsertion dans le secteur civil de millions de soldats démobilisés.Il reste quelque 500 000 soldats russes et leurs familles dans les anciens pays de l’Est qui doivent retourner chez eux et Moscou veut sabrer plus de la moitié des effectifs de l’ancienne Armée rouge.Si l’Est est durement frappé par les effets du désarmement, la situation à l’Ouest est différente selon les pays.« Les pays occidentaux, notamment les États-Unis et la France, ont des problèmes différents dans la gestion de la décroissance de leurs budgets militaires, dit M.Schmidt.Les Américains peuvent encaisser le coup, car le complexe militaro-industriel n'a pas l’envergure de celui de l’ex-URSS.De plus, le dynamisme de la société américaine et une politique d’exportation qui ne se fonde pas sur quelques gros clients vont amortir les chocs de la décroissance.« La France est dans une tout autre situation.D’abord elle exporte massivement sa production militaire et est extrêmement dépendante de trois ou quatre gros clients comme c'était le cas avec l’Irak.Ensuite, la réduction du budget militaire frappe les industries de plein fouet car la part du budget militaire consacrée à l’achat d’équipements représente le premier budget industriel d’investissement en France.C’est pour vous dire l’importance de la défense dans ce pays.» Selon le chercheur français, la décroissance du budget militaire et la stagnation du marché à l’exportation vont durement toucher des régions, comme Bordeaux, où est concentrée l’indust- e militaire.Résultats décevants pour Air France PARIS (AFP) — Les compagnies aériennes Air France et UTA ont enregistré un trafic passagers retrouvant tout juste, au premier semestre de 1992, le niveau de la même période de 1990 ( +0,8 %), a-t-on appris hier.Le trafic est en sensible hausse par rapport aux six premiers mois de 1991, avec une aupientation de 16,7 %, mais la compagnie aérienne fait remarquer que cette progression est peu significative dans la mesure où le premier semestre de 1991 avait été très pénalisé par la guerre du Golfe.Chez Air France, on déplore d’autant plus cette « absence de réelle reprise du transport aérien » qu’elle s'accompagne d’une dégradation du taux de remplissage des avions.Liquidation Estival Là est la question: 'De combien peut-on encore baisser les prix durant les 3 premiers jours de cette liquidation estivale?1 accord! accord! accord! 350 Hondas 1992 -Civic, Accord et Prélude - aux prix les plus bas, jamais vus à Montreal! Faites votre choix! * Notre prix est ce qui vous attire, mais SERVICE vous allez rester pour notre nouveau ,EjHESjj3E| Spécial sur service - 3 lours; Changement d’huile et de filtre: 24,95$** Prolongez la durée de votre moteur avec les pièces d'origine Honda E3E3DISQ >n5Se Montreal, 1110 ru, Blaury, J ïvjt Uval, 266 bout.Laballa Btvd., Tél: 879-1550 Tél: 625-1953 La formule gagnante: No 1 pour le prix, la sélection et le service - Automobiles, en Inventaire seulement »« Taxes en aua 6 ¦ Le Devoir, jeudi 16 juillet 1992 L ACTUALITE INTERNATIONALE Al Gore, candidat de l’écologie WASHINGTON (AFP) - Al Gore, 44 ans, sénateur démocrate du Tennessee et co listier de Bill Clinton dans la course à la Maison-Blanche, est avant tout le candidat de l’environ-> nement et du changement.« Nous voulons le changement.nous voulons la protection de notre environnement et un avenir pour nos , enfants » a déclaré hier l’auteur à succès de Earth in the Balance, testant les thèmes de son discours d’acceptation devant la convention démocrate.Albert Arnold Gore est né le 31 mars 1948 à Washington dans une famille politique.Son père siégeait à la Chambre des représentants, puis au Sénat.Opposé à la guerre du Vietnam, Al Gore sert néanmoins dans l’armée.À son retour, il est un temps journaliste.En 1976 on lui propose de profiter d’un siège vacant à la Chambre des représentants.Il n’hésite pas.Élu sénateur en 1984 après quatre mandats comme représentant, il devient rapidement un expert des questions de désarmement et d’environnement.Sa sincérité, sa prestance aussi, sont remarquées.En 1987, beaucoup voient en M.Gore un espoir des démocrates face au président George Bush.Candidat à l’investiture démocrate pour les présidentielles de 1988, timide, légèrement guindé, peut-être trop intellectuel, il vit un drame personnel.Son fils est grièvement blessé ^ dans un accident.Le sénateur se replie sur sa famille, plus importante que la Maison-Blanche.Son fils guéri, il se déclare de nouveau prêt à servir son parti et son pays quand Bill Clinton lui propose d’être son co-listier.« Tipper », sa femme rencontrée lors de ses études de droit à Harvard, donne l’image d’une femme de candidat traditionnelle.Pourtant, elle est devenue célèbre avant son mari quand, au milieu des années 80, elle lance une croisade, alors controversée, contre la pornographie dans le rock.Ce qui la place à l’avant-garde de la campagne 92 axée sur les « valeurs familiales ».Le couple a trois filles et un fils.Al Gore PHOTO AP Croissance et emplois NEW YORK (Reuter) — Les démocrates américains ont approuvé mardi soir un programme électoral privilégiant la croissance économique et les emplois.Le document de 20 pages a été approuvé à une forte majorité après le rejet par la convention démocrate d’amendements de l’ancien sénateur du Massachusetts, Paul Tsongas, qui proposait notamment une taxe supplémentaire sur l’essence pour financer des travaux publics.Le programme que défendra Bill Clinton prévoit 200 milliards $ d’investissements sur quatre ans pour accroître la productivité, créer des emplois et développer la formation professionnelle.Il rejette « la théorie du gouvernement selon laquelle on peut couper les jarrets des milieux d’affaires et parvenir à la prospérité grâce à des taxes ».« Nous offrons plutôt une troisième voie.Tout comme nous avons toujours considéré les travailleurs et les travailleuses comme la base de notre économie, nous considérons les affaires comme une entreprise noble et nous nous engageons a créer un climat bien meilleur pour les firmes et les entrepreneurs indépendants », poursuit le document.Bill Clinton a proposé de n’augmenter les impôts que pour les plus hauts revenus et de les réduire pour la classe moyenne.Le programme affirme aussi le droit des femmes à l’avortement « quels que soient ses moyens financiers» et se prononce en faveur d’une loi nationale protégeant ce droit.POUR OBTENIR DES CANDIDATES DE QUALITÉ UTILISEZ LES CARRIÈRES ET PROFESSIONS DU DEVOIR 842-9645 J Bill Clinton, un « fou de la politique » Alain Frachon Le Monde LITTLE-ROCK (Arkansas) - « Depuis des années, je me suis préparé pour une vie politique qui devra être au service du changement ».Quand il écrit ces lignes, en décembre 1969, Bill Clinton a 23 ans et pense déjà à la Maison-Blanche.Il se confie dans une lettre adressée à l’officier du bureau de recrutement de Little-Rock, la capitale de l’Arkansas.M.Clinton vient d’être déchargé de toute obligation militaire.Quelques mois plus tôt, il avait résilié son sursis d’étudiant et pris, un court instant, le risque d’aller faire une guerre du Vietnam qu’il dit « injuste », afin, expli-quait-Û, de « préserver » son « avenir politique» : avoir échappé à la guerre, même en tant que sursitaire, pourrait ne pas faire bonne figure dans un curriculum de candidat.L’anecdote en dit assez long.Avant d’être un modéré, un centriste, un démocrate, un homme du Sud, un des plus jeunes gouverneurs et candidat à l’élection présidentielle de l’histoire des États-Unis, M.Bill Clinton est un « fou de la politique ».Ses amis décrivent un passionné de la chose publique : le Wall Street Journal parle « d'un calculateur ambitieux ayant les yeux sur la Maison-Blanche depuis l’adolescence ».Pour comprendre le personnage, il faut revenir à ces années 60, celles de la formation.Le fond de l’air est encore imprégné d’idéal Kennédyen.Le service public, la politique, sont des cursus « nobles ».Le profil à la mode n’est pas encore le « yuppi », petit génie de la Bourse ou entrepreneur; cela viendra avec les années 80, avec la vague républicaine conservatrice, reaga-nienne et bushienne, qui va « démo-niser » la chose publique.À l’époque de l’étudiant Clinton sur les campus tourmentés des universités, quand on voulait « changer la société », on pouvait être gauchise et finir dans la banque, ou réformateur et se préparer à « faire de la politique ».Ce dernier choix est celui du sage et réfléchi Bill Clinton : le changement dans le système, pas la rébellion.John Kennedy pour héros Aujourd’hui, le candidat Clinton reste fidèle à l’ambition de sa jeunesse.Parfois accusé de manquer de convictions profondes, de calibrer son programme à l’aune des sondages, il a, en des temps où il est de bon ton de stigmatiser la politique, le courage de faire l’éloge de la vie publique.Quand le président George Bush tonne contre les « politiciens » de Washington et quand l’indépendant Ross Perot assure que le metier de président est « le plus dur, le plus sale de tous les jobs », Bill Clinton réplique : « J’ai été élevé à une époque où la politique était une activité honorable, le meilleur chemin pour promouvoir le changement (.).La politique, c’était John Kennedy qui promettait de changer le pays et nous faisait croire qu’il le pouvait ».C’était la fin des années 50.Le jeune Clinton avait trouvé son héros, même s’il vivait alors dans un univers très éloigné de la brillante société de la côte Est entourant JFK.Bill Clinton est né, en août 1946, à Hope, une bourgade désolée d’un État qui ne l’était pas moins, l’Arkansas, un des moins peuplés de l’Union avec un peu plus de 2 millions d’habitants, à cheval entre l’Ouest et le Sud profond.Sur la côte Est, on vous glisse que c’est la patrie des Hill Biüies (version américaines du « plouc»), des gens peu fréquentables qui sillonnent les routes en camionnette, la Winchester sur la banquette arrière, la canette de bière à côté du volant et la radio bloquée sur la station de « country-music », le « blues » du petit Blanc.Le candidat démocrate à l’élection présidentielle de 1992 ne naît pas William Clinton mais William Jefferson Blythe.Son père meurt trois mois avant sa naissance.Sa mère se remarie avec Roger Clinton, vendeur de voitures, et la famille s’installe à Hot-Springs, station thermale de l’Arkansas, où Al Capone vint longtemps soigner ses rhumatismes.Le beau-père s’avère être un homme violent, alcoolique, Bill doit souvent s’interposer, être l’arbitre des conflits au domicile familial.Plus tard, un demi-frère aura maille à partir avec la justice, condamné à un an de prison pour trafic de cocaïne.Quand on lui reprochera d’être un homme politique trop conciliant, fuyant les situations de conflit, toujours porté au compromis, M.Clinton expliquera : « Mon désir d’accommoder vient sans doute en partie de mon enfance du fait que j’étais la seule personne qui recollait les morceaux a la maison ».Entre deux concerts de jazz, Bill Clinton fait des études brillantes, « monte » à Washington.Il étudie les relations internationales à l’Université de Georgetown, décroche une bourse pour aller en Grande-Bretagne, à Oxford, où il planche sur l’économie, avant de faire son droit à la prestigieuse Université de Yale.Il y rencontrera Hillary, vedette de la promotion, qui deviendra sa femme.Parcours classique, parfait, d’apprenti-technocrate à l’américaine, entrecoupé, déjà, de quelques parenthèses politiques : Bill Clinton manifeste souvent contre la guerre du Vietnam, milite pour les droits civiques de la communauté noire et, en 1972, participe à la campagne, malheureuse, de George McGovern, candidat présidentiel démocrate qu’écrasera le Républicain Richard Nixon.Jeune gouverneur Ses études achevées, M.Clinton — grand, costaud, cheveux longs, accent chantant et éternel sourire de gentilhomme du Sud — entreprend immédiatement de « cultiver» sa base politique locale.Candidat pour représenter son État à la Chambre, à Washington, il est battu en 1974 mais devient, deux ans plus tard, ministre de la justice du gouvernement de l’Arkansas.Il est élu gouverneur en 1978 : à 32 ans, il est le plus jeune gouverneur du pays.Pas pour longtemps.M.Clinton investit le gouvernement local avec quelques-uns de ses amis intellectuels de Yale.Ils ont la trentaine et la « grosse tête ».Choc culturel avec les braves citoyens de l’Arkansas, qui, bien décidés à ne laisser personne les prendre de haut, renverront deux ans plus tard ces brillants jeunes gens à la pratique ou à l’enseignement du droit.Ici, où le temps est lourd, la politique s’apprend avec patience, lentement, comme on doit savoir boire un vieux bourbon et écouter les notables au bar de bois sombre du majestueux et très colonial hôtel Capitol de Little Rock.M.Bill Clinton apprendra, sillonnera l’Arkansas en tous sens et écoutera.Il fait amende PHOTO AP Bill Clinton honorable et, comme c’est tout de même l’enfant chéri du pays, il retrouve son fauteuil de gouverneur en 1982.Il sera, depuis, toujours réélu, performance sans égale dans la vie politique américaine.En 1991, ses pairs le nommeront « meilleur gouverneur des États-Unis ».« Bill le malin » Ses administrés lui signent un carnet de notes élogieux.On en trouve peu, même chez les Républicains, pour ne pas reconnaître que le gouverneur Clinton n’a pas sérieusement modernisé l’Arkansas.Il a réformé le système d’éducation pour en faire un modèle national ; il a attiré des industries dans un des États les plus pauvres du pays, aux dépens, disent ses critiques, de l’environnement.Le bilan n’en est pas moins piqué de quelques contradictions, celles d’un homme du Sud.S’il a systématiquement appuyé les « minorités », en nommant des femmes et des Noirs aux postes-clés de l’administration, il n’hésite pas à aller jouer au golf dans un club où il n’y a que des Blancs.S’il a développé les programmes d’aide sociale, il a fixé des limites : toute personne qui se voit proposer un emploi ne peut refuser et continuer à recevoir les allocations d’assistance.S’il a osé, ce qui n’est pas rien dans le Sud, affronter le puissant lobby de la National Rifle Association (NRA, qui défend le libre commerce des armes individuelles), il est partisan de la peine de mort : il a interrompu sa campagne, durant les primaires, pour venir signer l’ordre d’exécution d’un assassin qui avait perdu une grande partie de ses facultés mentales.Ses amis font le portrait d’un homme de dialogue.« Il est incapable de garder rancune à quelqu’un.Il cherche toujours à apaiser les différends, il évite la confrontation », déclare une de ses principales col- laboratrices, Betsey Wright.Ses adversaires y voient autant de faiblesses.« Il cherche l’approbation de tout le monde, il promet les mêmes clio-ses à tout le monde, il fuit les conflits », affirme Meredith Oakley, éditorialiste de choc à lArkansas Democrat.Ses amis vantent un homme du centre, politique avisé et précautionneux, qui a fait la preuve, sur le terrain, qu’il savait mettre en pratique ses idées.Ses adversaires dénoncent « un politicien » trop habile, l’appellent « Bill le malin », ridiculisent la réponse qu’il a faite quand on lui demandait s’il avait déjà fumé de « l’herbe » : « Je n’ai pas inhalé », avait répliqué ce baptiste qui sera plus tard, à Georgetown, l’élève des jésuites ; ils assurent qu’il lui manque « un noyau de convictions solides», un « message autre que les livres de politique et d’économie à la mode qu’il ingurgite les uns après les autres ».Ses amis évoquent un homme « chaleureux, charmeur » : ses ennemis stigmatisent un « séducteur », un tantinet volage, dont les prétendues aventures témoigneraient d’une certaine faiblesse de caractère.Personne ne lui conteste de formidables talents d’homme de campagne : orateur né, M.Clinton a de l’humour, ne se prend pas toujours au sérieux, peut inépuisablement serrer des mains, écouter ses administrés, sans jamais donner l’impression de s’ennuyer.C’est un technocrate entouré de jeunes technocrates, mais poli et mûri par une demi-douzaine de campagnes électorales dans l’Arkansas : elles lui ont enseigné la relativité des choses apprises à Oxford et à Yale.Français, il serait énarque, élu d’une circonscription rurale, à gauche de la droite, à droite de la gauche, et radical façon Ille République.Version contemporaine, bien sûr, car M.Clinton est « éminemment le produit des années 60 », raconte Bet- sey Wright, celles d’une actualité brutale : Vietnam, assassinats politiques (Robert Kennedy, Martin Luther King), drogue, lutte pour les droits civiques.Il pourrait être un des personnages du film fétiche de cette génération.The Big Chill (« Les copains d'abord»), attablé avec ses amis de Yale à discuter, sur fond de rock, de l’ébranlement des valeurs traditionnelles.La touche sudiste est là, aussi : il connaît son Presley (Elvis), même s’il est plus jazz que Rock; il ne résiste pas à la « junk food» (hamburgers et crèmes glacées) et, nostalgique, il vient de s’acheter une Ford Mustang décapotable bleu pâle.Bill Clinton a le même âge que le fils aîné de George Bush.À chaque étape de sa vie publique, il a tissé des hens d’amitie qui forment aujourd’hui un véritable réseau de sympathisants.Cela va du journaliste Strobe Talbot, éditorialiste de politique étrangère à Time Magazine, à l’économiste de Harvard, Robert Reich.Gouverneur, il a « présidé à peu près toutes les associations de gouverneurs imaginables », rapporte Meredith Oakley.En 1984, il fonde, avec d’autres, et préside, le « Conseil pour une (nouvelle) direction démocratique », groupe de pression qui bouscule la hiérarchie du Parti démocrate.Jamais démagogique, rarement lyrique Le Conseil veut réaligner le parti au centre, le débarrasser de son image de cartel des minorités : femmes, Noirs, syndiqués.C’est seulement à ce prix que le parti regagnera, dans le Sud notamment, la classe moyenne blanche, qui fait tes majorités présidentielles et permet aux républicains d’être depuis une génération à la Maison Blanche.Après le Watergage de Richard Nixon, un autre sudiste démocrate, Jimmy Carter, avait incarné le retour à une certaine morale publique, brièvement.Après la révolution conservatrice de Ronald Reagan, un deuxième gouverneur démocrate, .Michael Dukakis, avait — vainement — voulu réaffirmer les valeurs de l’État-providence, Bill Clinton veut être l’homme du recentrage, celui qui donnera un profil à la fois plus moderne et plus modéré aux démocrates.À une époque où les candidats croient devoir faire simple — « une bonne phrase-clé pour le journal télévisé » — où M.Bush joue « l’expérience » et M.Ross Perot le « leadership », M.Clinton disserte sur les thèmes qui lui tiennent à coeur : éducation, investissement, lutte contre la pauvreté .On lui reconnaît une très sérieuse compétence sur toutes les questions économiques et sociales (son expérience de politique étrangère est nulle) ; on lui reproche de n’être le porte-parole d’aucqn grand thème mobilisateur.M.Clip-ton est plus moderniste qu’inspir,é, jamais démagogique mais rarement lyrique.S’il est fasciné par l’exemple et l’idéal kennédien, il lui manque sans doute un peu de souffle.Ne restez pas collé sur votre chaise.Etirez-vous entre deux appels.C’est bon pour votre dos et vos dossiers.panr/c/pacr/on «j W'fffli'i mm pjjîjlW- ¦ 4 .v, iiiWÊm Wmliih wMw r -h; Le Devoir, jeudi 16 juillet 1992 ¦ 7 L’ACTUALITE INTERNATIONALE Les Serbes cherchent une solution diplomatique LONDRES (Reuter) — Le chef de la communauté serbe de Bosnie a proposé hier à la conférence de Londres un cessez-le-feu et un dialogue direct avec ses adversaires du gouvernement bosniaque pendant que, sur le terrain, ses forces poursuivaient leur offensive sur plusieurs fronts.Radovan Karadzic a estimé que la conférence de Londres, organisée par la CEE, était la dernière chance de la paix dans l’ex-république yougoslave et que les négociateurs ne devaient pas partir sans avoir signé un accord de cessez-le-feu.Les représentants des trois communautés de Bosnie-Herzégovine — croate, serbe et musulmane — sont à Londres pour des entretiens séparés avec les médiateurs de la CEE, le Britannique Lord Carrington et le Portugais José Cutileiro.Un dirigeant de la communauté croate de Bosnie, Mate Boban, devait aussi rencontrer les médiateurs européens au siège de Christie’s, où se déroulent les discussions.Avant même que le leader serbe ne propose un face-à-face pour hier soir, le ministre bosniaque des Affaires étrangères Haris Silajdzic avait exclu cette éventualité en disant que « les Juifs ne s’étaient pas assis avec Hitler ».Il comptait pour sa part proposer un plan en quatre points, qui était condamné d’avance par le dirigeant serbe.Ce plan du gouvernement de Sarajevo prévoit la cessation de tous les actes de guerre, le rétablissement de la situation politique qui prévalait en Bosnie avant le début du conflit, la reconnaissance du gouvernement de Bosnie et des frontières du pays, des dommages de guerre et la punition des personnes coupables de crimes de guerre., | De plus, le gouvernement bosnia- !|ue rejette des divisions régionales ondées exclusivement sur des principes ethniques.Interrogé sur le plan de Silajdzic, Radovan Karadzic a dit qu’il s’agissait de conditions « conçues pour être repoussées».« Il faut transformer la Bosnie-Herzégovine en une sorte de confédération comme la Suisse », a-t-il dit, ajoutant qu’un État unitaire était inacceptable pour les Serbes.Le leader serbe a prié ses interlocuteurs de s’engager à ne quitter Londres qu’après la signature d’un cessez-le-feu.Il a aussi demandé l’ouverture de couloirs humanitaires en Bosnie, la démilitarisation de Sarajevo et un accord sur le libre passage des réfugiés.Il s’est dit prêt à garantir un cessez-le-feu inconditionnel, « dans la mesure de nos moyens », et a précisé que cette trêve devrait concerner tous les points de Bosnie et pas seulement Sarajevo.La capitale bosniaque a continué d’être la cible des tirs de l’artillerie serbe, qui a aussi pilonné six autres villes de Bosnie ainsi que, pour la première fois depuis des mois, une ville de Croatie.Selon la police de Slavonski Brod, huit soldats ont été tués par des obus tirés depuis la Bosnie voisine par dessus la rivière Sava.Les projectiles sont tombés en plein milieu d’un stade où se tenait un défilé de l’armée.« C’était un bain de sang », a déclaré un docteur à l’hôpital.Selon l’agence Tanjug, basée à Belgrade, et l’agence de presse serbe SRNA, les forces serbes se sont emparé d’une partie de Bosanski Brod, qui fait face à Slavonski Brod du côté bosniaque de la Sava.Les combats se sont poursuivis à Gorazdé, dans le sud-est de la Bosnie, où les défenseurs musulmans ont lancé par radio un appel avertissant que la ville, à 70 km de Sarajevo, ces-sérait d’exister s’ils ne recevaient pas une aide immédiatement.PHOTO AP Le ministre bosniaque des Affaires étrangères Haris Silajdzic, hier, à Londres.Plus de 70 000 personnes sont bloquées à Gorazdé, dernier bastion musulman dans cette partie de la Bosnie.À Sarajevo, les faubourgs musulmans ont été bombardés durant la nuit par les forces serbes et un Français affecté à l’aide humanitaire a été blessé par un tireur isolé.Des combats ont également été signalés à Bihac, Bugojno, Jajce, Gra-dacac et Visoko.L’agence de presse officielle de la présidence bosniaque a affirmé que les chefs serbe et croate, Radovan Karadzic et Mate Boban, ceux-là même qui négocient la paix à Lon- dres, avaient passé un accord visant à dépecer la Bosnie-Herzégovine.Selon l’agence musulmane BH Press, les deux hommes se sont rencontrés près de Sarajevo pour s’entendre sur la division de la Bosnie en sphères d’influence.L'Herzégovine a été partagée en deux, l’ouest allant aux Croates et l’est aux Serbes.À Genève, le Haut commissaire des Nations unies aux réfugiés (HCR), Sadako Ogata, a demandé la tenue d’une conférence internationale d’ici la fin juillet pour arrêter des mesures afin de faire face l’afflux de réfugiés venus de l'ex-Yougoslavie.L’assistance étrangère reste insuf-fisante pour venir en aide aux 1 752 000 personnes qui ont fui les combats depuis un an.L’OTAN a annoncé qu’elle entamerait aujourd’hui la surveillance des côtes yougoslaves, en coopération avec l’UEO.Le nouveau premier ministre yougoslave, Milan Panic, est attendu demain à Paris.Il sera reçu par le président François Mitterrand avant de se rendre à New York pour s’entretenir avec le secrétaire général de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali.L’université de Naplouse [encerclée par des •soldats israéliens \ JÉRUSALEM (Reuter) — Les Palestiniens ont demandé hier au premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, de retirer les troupes de Tsahal qui bloquent depuis mardi soir l’université de Naplouse, en Cisjordanie J_ occupée.Les incidents ont débuté le jour de l’entrée en fonction du chef du gouvernement qui se trouve confronté à ?on premier test sur le terrain.\ Yitzhak Rabin a déclaré hier soir qu'une décision serait prise aujourd’hui.« Le chef d’état-major (de l’armée) s’est rendu sur place (.) et nous prendrons une décision demain », a-t-il dit à la télévision israélienne.L’armée, à la recherche de Palestiniens suspects, a encerclé l’université où sont bloqués 3000 étudiants, professeurs et enfants.Le secteur a été interdit à la presse.Les 130000 habitants de Naplouse ont reçu l’ordre de rester chez eux.« Tout ce que je dis à M.Rabin, c’est qu’il faut désamorcer les choses.Nous voulons éviter des affrontements.Nous voulons éviter un bain de sang», a déclaré Saeb Erekat, membre de la délégation palestinienne aux pourparlers de paix.Tsahal, qui soupçonne des Palestiniens armés d’être sur le campus, a demandé que chacun se soumette à une fouille.Les étudiants ayant refusé, les soldats se sont alors déployés autour de l’université.L’armée a assoupli ensuite sa position en déclarant qu’elle ne fouillerait que les activistes présumés.Le général Dani Rothschild, chargé de la politique dans les territoires occupés, a souligné que l’action de l’armée était décidée en coordination avec Yitzhak Rabin, qui est également ministre de la Défense.« Nous faisons une distinction très claire entre notre désir de poursuivre les pourparlers de paix dès que possible (.) et d’autre part nous ne tolérerons aucun acte de violence de quelque partie que ce soit », a-t-il dit lors d’une conférence de presse.« Les forces armées resteront dans la zone de l’université aussi longtemps que cela sera nécessaire, même si cela doit durer », a de son côté déclaré le général Dani Yatom, Mandela accuse Pretoria de terrorisme devant l’ONU NATIONS UNIES (Reuter) - Nelson Mandela a accusé hier devant l’ON U le gouvernement de Pretoria de suivre une politique de terrorisme d’État empêchant la reprise des pourparlers sur la démocratisation de l’Afrique du Sud.Venu devant le Conseil de sécurité à l’occasion d’un débat sur l’Afrique du Sud, le dirigeant anti-apartheid a réaffirmé que le gouvernement blanc orchestrait les violences dans les cités noires contre les mouvements démocratiques tels que le Congrès national africain (ANC), dont il est président.« Cela constitue une stratégie délibérée de terrorisme d’État », a-t-il dit.Il a invité le Conseil de sécurité à intervenir pour faire sortir l’Afrique du Sud de l’impasse.« L’absence de mesure décisive ne pourrait que diminuer son prestige », a-t-il dit.Nelson Mandela a demandé au secrétaire général de l’ON U Boutros Boutros-Ghali d’envoyer un émissaire spécial tenter de débloquer la situation.Les violences ont amené l’ANC à suspendre en avril les négociations avec le gouvernement du président Frederik de Klerk.Mais Nelson Mandela a rappelé que les pourparlers achoppaient déjà sur des points importants, comme le droit de veto demandé par la minorité blanche.« Si le gouvernement ne s’engage pas sur une démocratie complète et n’accepte pas la création d’un organe souverain et constituant, (les pourparlers) ne progresseront pas », a-t-il souligné.Nelson Mandela s’en est également pris au chef zoulou Mango-suthu Buthelezi, du mouvement In-katha, qui devait lui aussi s’adresser devant le Conseil de sécurité, tout comme le ministre des Affaires étrangères Pik Botha., « Le Parti de la liberté Inkatha est devenu une extension du régime de Pretoria et ses activités sont financées par le gouvernement sud-africain, ses membres sont armés et entraînés par l’Afrique du Sud », a-t-il affirmé.Le Conseil de sécurité a préparé un projet de résolution qui demande au secrétaire général d’envoyer un émissaire en Afrique du Sud pour re-commender des mesures visant à mettre fin aux violences et à faciliter la reprise des négociations.À Johannesburg, l’ANC a critiqué les récentes initiatives du président pour lutter contre les violences et a estimé qu’elles n’étaient qu’une tentative « mesquine et puérile » d’influer sur les débats aux Nations unies.Frederik de Klerk a annoncé mardi la dissolution de trois unités des forces de sécurité accusées par l’ANC d'avoir joué un rôle important dans les violences, qui ont fait 6000 morts au cours des trente derniers mois.Le démantèlement de ces unités faisait partie des 14 exigences posées par l’ANC à la reprise des négociations de la Convention pour une Afrique du Sud démocratique (Codesa).Des violences ont opposé hier forces de l’ordre et manifestants de l’ANC et du Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu) dans au moins deux villes sud-africaines.À Pietermaritzburg, au Natal, un policier a été blessé et 25 personnes ont été arrêtées lors d’une tentative d’occupation de l’Hôtel de ville.Au Cap, les manifestants ont occupé un bureau du Parti national pendant plus-d’une heure.Des heurts se sont produits avec la police.C’est simple: payez moins.TÉLÉPLUS AVANTAGE AVANTAGE OUTRE-MER WATS Même si vos frais d’interurbains sont peu élevés, TéléplusMC vous permet d’économiser jusqu’à 15 % | en tout temps sur vos appels au Canada et à destination des États-Unis*.Si vous faites un usage important de l’interurbain, optez pour les plans d’économie Avantage** Canada et États-Unis* et profitez d’un taux progressif d’escompte allant jusqu’à ) 30% |, Du nouveau pour votre budget : économisez maintenant jusqu’à 30% sur vos appels interurbains vers près de 200 pays.Ces réductions s’appliquent 7 jours par semaine, 24 heures sur 24.Vous faites au moins dix heures d’interurbains par mois vers plusieurs destinations spécifiques au Canada ou aux États-Unis*?Le service WATSMC, 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premier ministre J an Camogursky ont voté contre et les partis hongrois se sont abstenus.Le programme de M.Meciar a été critiqué par les communistes, qui en trouvaient les priorités économiques mal définies, et par les indépendantistes qui le jugeaient trop timoré.Le parti de droite chrétien-démocrate a estimé qu’il « n’offrait aucunes garanties pour la Slovaquie » et les partis hongrois l'ont jugé « discriminatoire envers les minorités ».Le premier ministre slovaque Vladimir Meciar veut faire proclamer la souveraineté de la Slovaquie demain par le Parlement de Bratislava, puis faire adopter en août une constitution slovaque, avec un poste de président slovaque.Élections demandées en Éthiopie ADDIS-ABEBA (Reuter) — Dix des partis politiques du sud de l’Éthiopie ont dénoncé hier les résultats des élections régionales du mois dernier et ont demandé la tenue d’un nouveau scrutin sous supervision internationale.Les dix factions, regroupées au sein de la Coalition des peuples éthiopiens, qui assure représenter 10 des 55 millions d’habitants du pays, ont estimé que les élections ne s’étaient pas déroulées correctement.Dans un communiqué, elles ont accusé la faction dominante du gouvernement, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE), de manoeuvres d'intimidation et de fraudes.Elles demandent de nouvelles élections et le retrait dans les casernes des forces du FDRPE, mandatées par le gouvernement pour faire office d’armée régulière pendant la période de transition.Des dizaines d’observateurs étrangers ont assisté aux élections du mois dernier et ont déclaré n’avoir constaté aucune irrégularité grave.Les résultats n’ont pas encore tous été rendus publics.Mais à Addis-Abeba, le FDRPE, originaire du Tigré, a remporté une victoire écrasante.Le scrutin avait été boycotté par quatre factions politiques, dont la plus importante, le Front de libération de l’Oromo ( FLO), qui s’est retiré du gouvernement intérimaire éthiopien.Reprise du dialogue sur Chypre NEW YORK (AFP) - Les négociations destinées à favoriser une règlement global de la question chypriote ont repris hier au siège des Nations unies, ou le président de la communauté chypriote grecque, M.George Vassiliou, a tenu un premier entretien séparé avec le secrétaire général de l’ONU, M.Boutros Boutros-Ghali.M.Vassiliou a déclaré être arrivé à New York « avec l’espoir qu’il s’agit de la dernière série de négociations avec le secrétairé général, car la solution du problème chypriote aurait dû être trouvée il y a longtemps, et que maintenir l’île divisée dans le monde d’aujourd’hui est un anachronisme ».La solution du problème chypriote « représente pour nous une dette face à tous les chypriotes — grecs et turcs —, et surtout face aux générations futures a ajouté M.Vassiliou.Je suis ici avec la détermination de faire tout ce qui est possible pour parvenir à ces objectifs, a-t-il affirmé ».Le secrétaire général devait s’entretenir tout de suite après avec le chef de la communauté chypriote turque, M.Rauf Denktash.Action réclamée contre les Khmers rouges HONG KONG (AFP) - Le général français Michel Loridon, commandant en second de la force internationale de l’APRONUC (Autorité provisoire de l’ONU au Cambodge), a déclaré qu’il avait voulu entreprendre contre les Khmers rouges une action plus directe que d’autres responsables de l’ONU ne l’auraient permis.Dans une interview à l’hebdomadaire Far Eastern Economie Review, le général Loridon, qui doit quitter son poste à la fin de'ce mois, a déclaré qu’il partait frustré par son « incapacité à faire appliquer le mandat de l’ONU ».« C’était notre chance d’agir face aux Khmers rouges, de les pousser à appliquer les accords (de paix de Paris) qu’ils ont signés », en même temps que les trois autres factions cambodgiennes, a-t-il affirmé.Le général australien John Sanderson, commandant de la force internationale, et le chef japonais de l’APRONUC, Yasushi Akashi, sont généralement cités parmi les personnes en désaccord avec la thèse défendue par le généraLLoridon. 8 ¦ Le Devoir, jeudi 16 juillet 1992 LES ANNONCES CLASSEES 286-1200 INDEX DES REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100-199 IMMOBILIER RESIDENTIEL 100150 Ackjhverte-écKonge 160-199 location 200-299 IMMOBILIER COMMERCIAL 200250 Ackrf-venleéchange 251-299 Location 300-399 MARCHANDISES 400-499 OFFRES D'EMPLOI 500-599 PROPOSITIONS D'AFFAIRES ET DE SERVICES 600-699 VÉHICULES LES ANNONCES CLASSEES DU DEVOIR DU LUNDI AU.VENDREDI DE 8H30 A16H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant I4h30 pour l'édition du lendemain.Téléph one: 286-1200 Télécopieur: 286-8198 Pour pl acer votre annonce par la poste: C.P.6033, suce.Place d'Armes Montréal, H2Y 3S6 Appartements-logements Appartements-logements à louer àlouer Propriétés à vendre Propriétés à revenus Hors-frontières logements U GARDEUR, mason (80 ans), résdence e: commererae.2 étages let A LOUER 1200 pi.comm Idéal prof et gens ü'att Peut VENDRE 581-1712 LONGUEUR, Dung 5 chambres, 2 foyers.2 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Lepage, à compter du 12 juin, mar.au ven.à21h.,sam.18h.et 21h.CENTRE CULTUREL DU LAC MASSON: 414 boul.Baron Louis-Empain, Ste-Marguerite (514-226 2513)— a Les amuse-gueules a du 23 juin au 6 sept, mar.au jeu.et sam.à 20h., ven.21 h.30, dim.é 19h.30 COLLÈGE SACRÉ-COEUR: 429 rue du Collège, St-Donat (424-2833)— Les Productions Élastiques présentent a Dieu > adaptation de Louis-Philippe Morin, d'après la pièce de Woody Allen, m.en a.Daniel Desputeau, du 15 juillet au 7 août, mer.au sam.à20h.30 LE CIRQUE: 2112 St-Denis, Montréal (987-7658)- MANOIR LA LORRAINE: 450 Béthanie, Lachute MUSIQUE CLASSIQUE I CE SOIR.JEUDI 16 .TI fTT .T FT LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE CIEL MF PRÉSENTE À 22:00 • sérénade K.100 (Mozart) • symphonie no 9, ler-2e mouv.(Schubert) DEMAIN SOIR, 22:00 • concerto pour deux violons BWV 1043 (JS Bach) • concerto pour violon BWV 1042 (JS Bach) • concerto pour clavecin et pianoforte (CPE Bach) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 (514-562-5258, Mtl 4761302)- • Les délires de Madame Foucarl a du 23 juin au 29 août, mar.au sam.è20h.30 STUDIO-THÉÂTRE DA SILVA: 1155 Morel, Ste-Sophie (514-431-2373)— a Les grands chemins a adaptation de Denis Chouinard du roman de Jean Giono, du 27 juin au 29 août jeu.au sam.à 20h.30— Spectacle de marionnettes pour entants a II était une fois a du 29 juin au 30 aoûL lea dim.à 16h.THÉÂTRE DE LA BUTTE: 2554 Monty, Val-David (819-322-3474)— a La Virée des Pirates a, du 26 juin au 5 sept.— a Boutie et frisson «, du 26 juin au 5 sept.THÉÂTRE DES CASCADES: Autoroute 40 ouest jusqu'à Vaudreuil, route 540 direction Toronto, sortie Dorion, route 338 direction Pointe-des-Cascades (514-455-6655)— a Com Flakes a de Jack Sharkee, m.en s.Denise Filiatrault, du 5 juin au 29 août, mar.au ven.à 20h.30, sam.à 19h.el 22h.THÉÂTRE LE CHANTECLER: Hôtel Le Chante-cler, sortie 67 de l'autoroute des Laurentktes, Ste-Adèle (514-2263591)— a Cherchez l'homme a de Jean-Raymond Marcoux, m.en a.Louis Lalande, du 18 juin au 23 aoûL mar.au dim.à 20h.30 THÉÂTRE DU CHENAL-DU-MOINE: ^chemin du Chenal-du-Moine, Ste-Anne-de-Sorel (748 8446, Mtl 393-9022)— a Sous-sol à louer a de Anthony Marriott ol Bob Grant, traduction et adaptation Robert Lavoie, m.en s.André Montmorency, à compter du 12 juin, sem.20h.30, sam.21h.THÉÂTRE DE LA CHÉVRERIE: route 263, St-Forlunat (816344-5550)— a Je n'aime que toi a de Renée Taylor el Joseph Bologna, du 24 juin au 29 août THÉÂTRE CHEZ BRAZEAU: Rang St-Chartes, Papineauville (819-427-5611 )— a Un cadavre à l'entracte » de Pierre-Yves Lemieux, m.en s.Serge Paquette, du 25 juin au 8 août jeu.au sam.à 20h.THÉÂTRE DE LA DAME DE COEUR: 611 rang de la Carrière, Upton (514-549-5828)- • Histoire fantastique d'une nuit blanche • de R.Blackburn, du 19 juin au 23 août THÉÂTRE DES ÉRABLES: 870 Montée Laurin, St-Eustache (4783357)— a J'rêve d'ètre vedette a du 19 juin au 30 août, mer.jeu.20h.30, ven.sam.à 21 h.THÉÂTRE D’ÉTÉ DE BELOEIL: 600 rue Richelieu, Betoeél (464-4772)— a La chatte et te hibou a de Bill Manholl, m.en s.Fernand Rainville, à compter du 23 juin, mar.au sam.à 20h.30 THÉÂTRE D’ÉTÉ LES FEMMES COLLIN: 248 rang des Continuations, St-Esprit (514-8366105, 589-4552)— a Ti-Cul Lavoie journalier • de Bertrand B.Leblanc, m.en s.Yvon Leroux, du 12 juin au 29 août, mer.au sam.à 20h.30 THÉÂTRE D'ÉTÉ DE ST-OURS: 2555 rang du Ruisseau, St-Ours (1-7862732)— La Théâtre Optique présente a C'est-y-clair, jouaivert 1 a de Julie Poulin et Catherine Jalbert, m.en s.Michel Valls, du 19 juin au 6 sept, ven.sam.dim.à 20h 30 THÉÂTRE LA ORANGE DES SOEURS DE MARIEVILLE: sortie 37, autoroute des Cantons de l'Est, Marieville (4662161, Mtl 447-6026)- « Du sang bleu dans les veines ¦ de Georges Dor, m.en s.Septimlu Sever, du 2 juin au 31 août, mar.au ven.à 20h.30, sam.19h.et 22h.THÉÂTRE LAC BROME: 267 Knowlton Road, Knowlton (243-0361)— a Cabaret a comédie musicale de Kander and Ebb, m.en s.Corey Castle, du 15 juillet au 8 août, mar.au sam.à 20h.30, matinées les mar.et jeu.à 14h.THÉÂTRE DU MANOIR DU LAC DELAOE: 40 ave du Lac, Lac Deiage (8461818)— a Flagrant délire a de Jack Sharkey et Leo W.Sears, m.en s.Jacques Lessard, du 12 juin au 29 août, mar.au asm.è 20h.30 THÉÂTRE DE MARJOLAINE: Autoroute des Cantons de l'Est, sortie 106, Eastman (514-297-2860 et 297-2862)— a Premières de classe a de Casey Kurtti, traduction de Michel Tremblay, m.an a.René Richard Cyr, du 27 juin au 22 août, mar.au van.è 20h.30, sam.19h.et 22h., dim.à 20h.THÉÂTRE MOLSON: 191 chemin du Domaine, autoroute 40, sorbe Berthier, St-Gabriel-de-Brandon (8363441)— a Urgence en lolie a texte et m.en s: Larry-Michel Demers, du 17 juin au 5 sept THÉÂTRE MONT-AVILA: Chemin Avila, Piedmont (349-4426)— a Chômage a du 19 juin au 8 sept., mar.au dim.THÉÂTRE PALACE DE QRANBY: Granby (Mb 9365161, Ext.1-806361-8020)- .Fleurs d'acier .traduction et adaptation de François Tassé, m.an a.Michèle Magny, du 26 juin au 29 août, mer.au asm.à20h.30 THÉÂTRE LE PATRIOTE: 21 est Prétentaine, Ste-Agathe (8163263655, Mb 861-2244)- .Décroche-moi la lune a de Lawrence Roman, m.an s.Monique Duceppe, du 19 juin au 6 sept., mar.au ven.à 20h 30, sam.à 19h.et 22h.THÉÂTRE PIQOERY THEATRE INC.: North Hatley (816842-2431)- • Bedside Manners > de De^ rek BenfiekJ, m.en s.Perry Schneiderman, du 24 juin au 25juillet— a Parted Crime a de Warren Manzi, m.en s.Brian Dooley, du 30 juil.au 29 août THÉÂTRE PONT-CHATEAU: autoroute 20, sortie 17, Côteau-du-Lac (4563224)— a Qu'est-ce qu'on va taire avec > de Bertrand B.Leblanc, m.an s.Yvan Canuel, du 2 juin au 29 août, mar.au ven.à 20h.30, sam.19h.ef 22h.THÉÂTRE DE STE-ADÊLE: 1069 boul.Ste-Adéte, Ste-Adèle (514-2267611, Mb 3989070)- .Les dix petits nègres a du 13 juin au 22 août, mar.au ven.à 20h.30.sam.19h.et22h.30 THÉÂTRE DE ST-SAUVEUR: 22 rue Claude.St- Sauveur (514-227-8466, Mb 4361612)- • Ce soir on danse > à compter du 12 juin, mar.au ven.è 20h.30, sam.19h.et 22h.30 THEATRE DE LA SUCRERIE: 1292 chemin du Théâtre, Casselman (618764-5580)— a Week-end de rôve a de Jeanne et Sam Bobrick, m.an a.Richard Niquette, du 26 juin au 5 sept., mer.au sam.à 20h.30 THÉÂTRE DU VIEUX ROCHER: 15,6e ave, Grand-Mère (8165361716)- a Un mari à tout prix.de Donald Chruchill, adaptation Robert Lavoie, m.en s.Claude Colbert, du 17 juin au 29 août, mar.au van.à 20h.30, sam.à 21h.THÉÂTRE DU VIEUX-TERREBONNE: 867 rue St-Pierre, Terrebonne (492-4777)— a Harold et Maude a de Colin Hlgglns, m.en a.Jacques Rossi, du 17 juin au 29 août, mer.au sam.à 20h.30 THÉÂTRE DE LA VILLE: 180 est de GenbDy, Longueur (670-1616)— a La mandragore a de Jean-Pierre Ronlard, m.en s.Jacques Rossi, du 25 juin au 29 août, mer.au sam.à 20h.30 ponricipjcTinn^çi Ça,ça fait du bien! La télévision du jeudi soir en un clin d’oeil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 OOhOO «affilé Ce soir L'enter c'est nous autres Baseball / Padres n Expos Le Télélournaig LePolm/météo/sport L'enter c'est nous autres Cinéma : Le» veux du coeur—Am.72 PTi WCAX (CBS) Burlington News News g The Golden Girls g Top Cops g Democratic g Convention Bodies ol Evidence g News Sllk Stalkings fc-Y WPTZ(NBC) ^ Plattsburgh News News g Jeopardy! Wheel of Fortune g Different World g Cheers g Wings g Democratic g Convention News The Tonight Show g ®KXC) Newswatch Football / Lions n Argonauts The National g The Journal News Newhartg Welcome Back.© EX" LeTVAg éd.18 hres Jeopardy! Secrets de famille Cinéma : La vengeance des fantôme» —Am.82 Avec JoBeth Williams et Craig T.Nelson Fauteux.Prise 2 LeTVAg éd.réseau sports Loterie (23h45) œ HS"1 Puise g Entertainment Tonight g Cheers g Different World g The Cosby Show g Beverly Hills g Unsolved Mysteries g News g Arsenlog Hall Show «R TV5 (Télé Francophones Découverte Des chiffres et des lettres Journal deTFI Vision S Les moissons de 1er Cinéma : Berthe -Fr.86 Avec Marte-Chrtettne Barrault Espace francophone Clnérama Tététourisme Journal de FR3 Passe- Partout L'étalon noir Le monde merveilleux de Disney Québec nature Route des vacances Beau et chaud Points de vue g Beau et chaud SERS"” Musique vidéo Fax: LTntoplus SoHdrok: / VJ: Paul Sarrasin Musique vidéo Rock en bulle 21h15 / Musique vidéo y ®!ÏF News News g Star Trek g The Young Riders g Partners g Democratic g Convention News Nlghtllne Commercial Programs 19h / Spotlight / Sarah Mclachlan Fax Vkféoflow rroi VERMONT ETV(PBS) The MacNeil/Lehrer News hour g The Nightly Business Burl Wolf: Eating Well Democratic Convention g Convention Night.Alive TV g Cinéma: D.OA.® Montréal La roue chanceuse Zizanie Survivre Cinéma : Madame Soffet—Am.14 Avec Diane Keaton et Mel Gibson Coup de touore Le Grand Journal Sports plus Sports plus extra Cinéma ® m 17 h/Children Programs The Nightly Business.The MacNell/Lehrer News hour g Nature g Cinéma : Hope And Glory— G.-B.87 Avec Sébastian Rice-Edwards et Sarah Mlles Emmerdale Farm Alive TV g Le Devoir, jeudi 16 juillet 1992 Le deuxième souffle de vie des îles 25 ans après l’Expo, la fausse île est maintenant devenue un vrai •«S® U SP* aw^- «b Isabelle Paré EN 1967, on la voulait moderne, futuriste, urbanisée, branchée.Elle pavoisait son architecture éclatée, son monorail filant au-dessus du fleuve.Aujourd’hui, le va-et-vient des canards a remplacé celui des navettes, les arbres poussent à la place des drapeaux, toute une ville-ephémère a disparu au profit d’espaces verts pour faire du site de l’Expo une fausse île métamorphosée en vrai parc.Vingt-cinq ans après la foire universelle de Montreal, l’île créée de mains d’homme pour l’Expo 67 connaît cet été sa résurrection, son second souffle après avoir sombré tristement dans l’oubli, le délaissement et l’abandon.Sorte de cadeau du fédéral à l’occasion du 350e anniversaire de Montréal, la partie sud-ouest de 111e Sainte-Hélène — aussi vaste que le Parc Lafontaine — , revam-pée au coût de plus de 24 millions $ renouera dès demain avec le public après d’austères années de solitude.La métamorphose est totale.Arrachée au fleuve dans les années 60, cette île construite avec les terres remblayées lors de la construction du métro, vient faire mentir l’histoire en affichant des airs résolument naturels.Passée la nostalgie post-Expo, on s’était décidé en 84 à raser les derniers pavillons encore (Jebout, vandalisés et squattés par les Punks et autres créatures urbaines.Mais ce qui était la « Terre des hommes » n’était décidément plus la terre de personne depuis longtemps.Plutôt un No man’s land bétonné où seul le grand stabile de Calder résistait à la soufflerie du vent.À deux pas du métro, la Biosphère, rescapée de l’incendie de 1976, continuait à dresser sa triste carcasse dans l’horizon malgré l’usure du temps.Dans le désintérêt général, les berges encrassées n’étaient plus visitées que par de rares pêcheurs, et la route, par les automobilistes en quête d’un détour pour éviter les bouchons du Pont Jacques-Cartier.Aujourd’hui, la nouvelle pointe, qui s’élance franc Sud comme la proue d’un bateau fendant le fleuve, a tro- qué ses airs de terrains vagues pour ceux d’un parc-jardin s’étendant sur 35 hectares.Dès la sortie du métro, une vaste place publique pousse les visiteurs à s’engouffrer dans les confins de nie.Attirés par une fontaine « interactive », puis par une enfilade de canaux et de cascades marquant la promenade qui constitue l’épine dorsale du parc, le promeneur est guidé lentement jusqu’au grand Homme de Calder, dressé devant le fleuve comme un sage veillant sur la ville.« Le site de l’Expo était urbanisé, fermé sur lui-même.Nous avons ouvert llle sur la ville en privilégiant les vues sur Montréal, sa montagne et le fleuve.Tout a été pensé à l’inverse de l’Expo.De l’éphémère, nous avons voulu créer quelque chose de durable et de plus naturel », explique Daniel Lauzon, architecte-paysagiste à la Ville de Montréal, en contournant l’imposante sculpture.D’ailleurs, le fameux stabile de Calder a marqué toute l’histoire du parc.Sous le feux des projecteurs en 67, le géant a ensuite été laissé à lui-même, a subi les affres des vandales.Pire, les Montréalais l’ont oublié.L’été dernier, le mastodonte de 55 tonnes, tout de nickel et d’acier inox — un des plus imposants jamais construits par Calder — a finalement été rescapé et déplacé à l’aide d’un fardier spécial construit à cette seule fin.On lui a créé un réceptacle tout taillé à sa mesure, visible depuis le Vieux-Port, ceinturé d’un grand jar- PHOTOS:JACQUES NADEAU Les Montréalais pourront visiter le nouveau Parc des lies dès samedi.Une enfilade de canaux et de cascades constitue l’épine dorsale du parc (photo du haut) et amène le promeneur jusqu’au grand Homme de Calder dressé devant le fleuve comme un sage.Au loin, entre les maillons de la Biosphère (photo ci-contre) ou au-delà de la cime des arbres (photo du bas) les tours de la ville soulignent, à rebours, le caractère bucolique du nouveau parc.din blanc.Un jardin comme l’aurait aimé Calder.« Un ingénieur de l’époque nous a raconté que Calder avait imaginé qu’un jardin blanc entoure son oeuvre.C’est d’ailleurs une de ses rares oeuvres à n’avoir pas été peinte de couleurs.En fait, nous réalisons ses intentions 25 ans plus tard », raconte Daniel Lauzon, pointant du doigt les plantes et arbustes pleins de boutons blancs prêts à éclater.Au-delà de cette oeuvre maîtresse, l’enfilade de cascades enrochées, façon japonaise, avec ses pierres encastrées sans le moindre mortier, impressionne.D’abord sage, l’eau se fait lentement rebelle, déboulant en escalier jusqu’au côté jardin, voire au côté nature du parc de la pointe où s’étend le grand lac des Cygnes.Aménagée en moins de deux ans, à coup de bulldozer, de milliers de mètres cubes de terre et du pouce vert d’une quarantaine de jardiniers à temps plein, on a donc redonné vie à ce qui n’était qu’un terrain vague semé de dalles de béton et de bouts de tuyaux.« Il y avait des conduits électriques vétustes, prêts à exploser au moindre impact avec une rétro-caveuse.C’était un vrai danger ce terrain car tout avait été construit pour ne pas durer.Il a fallu d’abord sécuriser le site », rappelle M.Lauzon.Eventrés, tous les canaux d’aqueduc, d’égouts et de gaz et d’électricité ont dû être arrachés, l’asphalte des anciennes rues et les fondations des pavillons enlevés.Après un lifting majeur, ce côté sud offre maintenant à la vue un grand amphithéâtre naturel semi-circulaire, ouvert comme un radar sur la ville, avec pour fond de scène les gratte-ciel se profilant à l’horizon et le miroir du lac des Cygnes.Prêt à accueillir des foules de 75 000 personnes, le site a aussi été pensé en fonction d’autres usages pour ne pas avoir l’air trop désertique en période d’accalmie.« On pourra venir voir le coucher de soleil sur la colline, faire voler des cerfs-volants ou faire glisser les enfants l’hiver », raconte l’ar-chitecte-paysagiste pour qui le grand retour à la nature du parc s’imposait.D’ailleurs, si des tonnes d’idées — 232 mémoires — ont été énumérées pour trouver une nouvelle vocation à l’ex-site de l’Expo, le consensus s’est vite fait.Quelques promoteurs voulaient y ériger des casinos, des golfs et des hôtels, d’autres un Disneyland ou un Epcot Center version nordique.Mais la simplicité a vite eu raison des projets de grandeur.Partout, le vert et le bleu dominent.Pas moins de 4000 arbres et 35 000 arbustes ont été plantés en deux ans.Pas un sentier n’est privé de point de vue sur un coin de fleuve, une sculpture ou un coin de verdure.Toutes les cascades et chapelets d’étangs menant au grand lac des Cygnes, agrandi et remodelé de façon plus naturelle, sont en fait une ode à l’eau et au fleuve Saint-Laurent dont le courant ondoie tout autour, au rythme de près de 10 000 mètres cubes par seconde.« C’est toute la chaîne de l’eau qui se trouve représentée ici, des fontaines jusqu’aux berges.C’est une façon de dire combien l’eau, qui manque à plusieurs pays, est une immense richesse pour Montréal », explique Daniel Lauzon.D’ailleurs, plus de 2,5 kilomètres de berges ceinturant la pointe de l’île ont été astiquées, protégées contre l’érosion et semées de centaurées, de spirées et autres plantes indigènes pour permettre aux badauds de descendre jusqu’au fleuve admirer le courant ou taquiner le brochet, la truite ou le maskinongé.« Les gens ne s’imaginent même pas ce qu’il y a ici.Dans le lac des Cygnes, même avec les détritus datant de l’Expo, c’était plein de poissons », affirme Pierre Deschênes, responsable du chantier du nouveau parc.Tout autour de la pointe, l’asphalte a été remplacé, il fait place à une splendide promenade riveraine où marcheurs, cyclistes et joggeurs pourront déambuler à l’abri des pots d’échappement.Sous la voûte de verdure, ou quelques marmottes détalent à notre arrivée, des fenêtres, parc! Aujourd’hui, le va-et-vient des canards a remplacé celui des navettes, les arbres poussent à la place des drapeaux, toute une \ ville éphémère a disparu au profit d’espaces verts pour faire du site de l’Expo une ; fausse lie métamorphosée i en vrai parc.Vingt-cinq ans, après l’Exposition universelle, les Montréalais! pourront assister en fin de j semaine à la résurrection 'j de leur Ile.I I h taillées dans la masse végétale, s’ouj vrent çà et là sur le fleuve.Même les arbres, les fleurs n’onti pas été plantés dans le même esprit* qu’en 67.« À cette époque, on 3 planté des espèces, comme des or-j mes chinois et des érables de Nor-J vège, qui poussaient très vite, maig dépérissent rapidement », déplore M; Jean-Jacques Lincourt, gérant de la; section horticulture au Parc des îles.; Chaîne écologique oblige, les jardi-j niers ont cette fois jeté leur dévolu; sur les chênes, noyers, micocouliers; et autres essences indigènes au Sudj du Québec pour jeter les bases d’unej forêt qui attirera une foule d’oiseaux; et de quadrupèdes.Pas un pesticide,*, pas un herbicide ne franchira les; portes du parc, insiste M.Lincourt.; I Plusieurs bestioles ont d’ailleurs déjà élu domicile dans Pile : des ca-i nards noirs, des bihoreaux, des hé-j rons s’y font de plus en plus nom-.' breux.Les experts du Biodôme ont) même mis la main aux plantes aqua-1 tiques du lac pour s’assurer que les canards viennent s’y faire la dent et nicher dans des ilôts marécageux.Marmottes et mouffettes y trottinent nonchalamment, attirés par ce nouveau garde-manger végétal, donnant des maux de têtes aux jardiniers.Finalement, hormis les statues, il ne restera de traces de l’Expo que la Place des Nations, coeur battant des activités de 67, requinquée pour souligner les 25 chandelles de la grande foire universelle.Version 1992, les arbres ont remplacé la forêt de mâts où claquaient les drapeaux, le béton dort sous le gazon et les vivaces recouvriront bientôt de tapis de fleurs les pyramides à l’air austère.Seule vestige intouché, la dalle arborant la grande ronde humaine formée de bras tendus vers le ciel, symbole indélébile de l’Expo 67.Reluisante, bien brossée, elle attend ses prochains visiteurs, qui viendront cette fois du voisinage plutôt que des quatre coins du monde.Du reve, on est passé à la réalité.Et les Montréalais, eux, ont retrouvé leur île, la vraie.»»«(¦ * nuit i » * * i * t r Ht » ?Ml» flül .i » Ml O V ¦ ÆSL.fÿtjîHWÜ ‘ ;l'.(5*1! rv*üti WüTiB^rr-w «urn «rfr LfJiijÉ TT,.m .m EhHSE ll’ysJTO-riiK»»—fiiH i W 1 ****t4iP^"* 1 4 ki Ifl 1 1 § W 12 ¦ Le Devoir, jeudi 16 juillet 1992 CULTURE ET SOCIETE ARTS VISUELS/chronique L’irremplaçable René Payant PHOTO DENIS FARLEY M et mol, acrylique sur toile, de Raymond Lavoie ( 1983).Jean Dumont NOUS ne cessons, depuis 1987, de constater combien René Payant nous manque, bien trop tôt disparu.Les artistes ont perdu avec lui un regard attentif et difficilement remplaçable.Et tous ceux qui s’intéressent à l’évolution de l’art, ou s’attellent à la tâche de jeter un pont entre sa manière particulière et infinie de penser le monde et l’étroitesse des seules analyses qu’autorisent le langage et la raison, prennent la mesure du prix du deuil de l’historien d’art aux multiples intérêts et du critique dont l’oeil et l’esprit étaient toujours et déjà posés sur le futur.Combien de fois revenons-nous à son Vedute, Pièces détachées sur l’art, la collation de ses textes critiques à laquelle il mit la dernière main juste avant de disparaître ?Non pour y trouver des recettes, bien sûr, mais la possibilité et la légitimité de voies nouvelles, le prétexte d’ouvrir l’analyse à la création, et l’étonnant équilibre entre la rigueur des sources et l’absence de dogmatisme des voies offertes.Le travail du professeur, de l’historien, du critique ne fut longtemps connu que d’un noyau de spécialistes.Mais il devint vite évident que la recherche, les activités et les inquiétudes de René Payant étaient ancrées dans un terreau social et humain largement plus riche que celui de la spécialisation.L’exposition Legs de René Payant que présente actuellement la Galerie d’art du Collège Édouard-Montpetit, et constituée de la collection personnelle d’oeuvres que le critique a léguées au Musée d’art contemporain, est un excellent moyen de prendre connaissance de l'éventail des intérêts de René Payant dans l’art contemporain du Québec.Cette exposition itinérante, qui débute là son parcours, comprend 29 oeuvres représentatives de l’activité de 22 artistes dont, entre autres, Louis Comtois, Michel Goulet, Raymonde April, Guy Pellerin, Louise Robert, etc.Dans le cadre de cet événement, la galerie a organisé une série de conférences.François-Marc Gagnon y a déjà traité de l’importance de l’interprétation qu’a faite René Payant de l’oeuvre de Borduas pour notre compréhension de l’art abstrait.Nicole Dubreuil-Blondin a traité de la co-existence, chez Payant, de l’historien du passé et du critique du présent.Le mercredi 22 juillet, à 19 h, Marie Perrault, s’appuyant sur les oeuvres exposées, « tentera de cerner ses préoccupations esthétiques et son engagement dans une perspective sociale plus globale ».L’exposition est visible jusqu’au 7 août prochain.100, rue de Gentilly est, Montréal.Tél: (514) 679-2966.La violence et l’humain DANS le cadre du lie Congrès mondial sur la violence et la coexistence humaine (voir les articles de Jean Chartier, LE DEVOIR, 13, 14 et 15 juillet), la Société d’esthétique du Québec a confié à Louise Poissant la responsabilité de regrouper, dans trois galeries différentes, 11 artistes traitant de ce sujet.Blain, Gnass, Goulet et Simon sont à la Galerie Christiane Chassay, au 372, rue Ste-Catherine ouest; Béland, Bougie, Guerrera, à la Galerie Graff, au 963, rue Rachel est; et Héon, Krausz, Langlois et Wagschal, à la Galerie Trois Points, au 307, rue Ste-Catherine ouest.J’ai conscience que mon appréciation de ces expositions est éminemment subjective.J’ai rencontré Peter Gnass qui installait ses oeuvres chez Christiane Chassay.Elles traitent de la Seconde Guerre mondiale.Le hasard a voulu que cette horreur ait servi de cadre à nos adolescences respectives, vécues chacun des camps opposés, et que nos jeux et nos terreurs aient été alimentés de la chute de bombes tombant des mêmes avions.Une, parmi les innombrables raisons de la prolifération de la violence, et de la difficulté, non seulement de la paix, mais du respect des autres, pourrait bien tenir au rapport existant, dans nos sociétés, entre le nombre de ceux pour qui la violence est abstraite (type CNN), et donc séduisante, et ceux pour qui elle a un visage, symbole d’un corps ou d’un esprit à jamais meurtris.Les expositions sont visibles jusqu’au 18 juillet.Québec-Mexico NE MANQUEZ pas, sur la route des vacances (pas obligatoirement celle du soleil!) de visiter, au Centre d’exposition du Vieux Palais, à Saint-Jérôme, l’exposition-échange Québec-Mexico.Jeunes artistes mexicains et ’ québécois ont été sélectionnés en fonction de leur représentativité des tendances actuelles de l’art contemporain.Du côté québécois, Dominique Laquerre, Sophie Ouellette, Josée Pellerin, Danièle Alain et Jacques Desruisseaux ont déjà présenté leurs oeuvres au Musée universitaire Del Chopo, à Mexico.Aujourd’hui, Abraham Cruzvillegas, Luis Carlos Gomez, Diego Gutiérrez, Juan Manuel Romero et Gabriella Torres proposent leurs oeuvres imprégnées de l’inquiétude face à la répression et de l’appartenance au territoire, à Saint-Jérôme.Jusqu’au 30 août, 185, rue du Palais, Saint-Jérôme.Tél: (514) 432-7171.Dessin rebelle DANS le domaine des inquiétudes qui ponctuent de plus en plus fréquemment notre quotidien, et surtout des réactions nécessaires à ces inquiétudes, il vaut d’aller visiter, au Centre Saidye Bronfman, la 4e édition d’une série instaurée par Peter Krausz, l’ancien directeur de la galerie.L’exposition, montée par Claire Gravel (qui fut critique d’art au DEVOIR) s’intitule Le dessin rebelle.Elle veut mettre en relief, non seulement les transgressions formelles du dessin hors de son territoire, mais aussi « rendre compte de la portée critique d’oeuvres engagées ».Les noms de Lani Maestro, Sandra Meigs, François Morelli ou Eric Robertson, retenus, entre autres, par la conservatrice, vous diront mieux que moi le sérieux de l’engagement des artistes.Jusqu’au 20 août prochain, 5170, chemin de la Côte Ste-Catherine.Tél: (514) 739-2301.Entre tolérance et acceptation Un exploit prodigieux VIDÉO MUSIQUE e n PHOTO PETER MOORE What It’s Like, What It Is, No 3, qu’Adrian Piper présentait en début d’année au Museum of Modem Art (notre photo).What It’s Like, What It is # 1 Installation vidéo de Adrian Piper, présentée dans le cadre de l'exposition Pour la suite du monde au Musée d'art contemporain de Montréal, jusqu’au 11 octobre.Daniel Carrière «JE CHERCHE à provoquer une transformation d’ordre psychologique chez le spectateur, écrit Adrian Piper, en lui présentant une réalité qu’il ne peut esquiver et qui met à jour les relationalisations défensives grâce auxquelles nous escamotons notre responsabilité politique ».Adrian Piper est une artiste américaine née en 1948 qui vit à New-York.Son installation vidéo que le MAC présente dans le cadre de Pour la suite du monde arrive non seulement à provoquer cette transformation psychologique chez le spectateur, qu’elle souhaite et qu’elle mentionne dans un essai publié en 1990, intitulé Xenophobia and the Inde-xical Present, mais réussit surtout à le prendre à partie dans un jeu du regard duquel il ressort sollicité par des émotions d’une troublante intensité.Au centre de la niche qu’occupe l’installation, se dresse une colonne de forme carrée dont les quatre faces sont occupées par des écrans.Sur les murs, devant les écrans, l’artiste a exposé des photos de Noirs, derrière des cadres de fenêtres.Le spectateur circule entre les fenêtres et les écrans qui présentent une scène de rue, la camera visiblement placée derrière une vitrine, devant laquelle des Noirs s’arrêtent quelques instants.Ils la scrutent du regard, y aperçoivent quelque chose qui demeurera mystérieux pour le spectateur, et la quittent démontrant une profonde résignation empreinte de tristesse.En voix off on entend une jeune femme noire dénonçant l’ostracisme qui la condamne à occuper un emploi de serveuse, malgré ses études supérieures.« Je veux contribuer par mon oeuvre à la création d’une société où le racisme et les clichés raciaux n’aient plus leur raison d’être, poursuit Adrian Piper dans son essai, où l’attitude prédominante face aux personnes d’autres cultures et ethnies soit non plus la tolérance, mais l’acceptation ».« Cette distinction est capitale.Nous tolérons la pilule amère, l’huile de ricin, la fraise du dentiste.Nous les supportons parce que nous reconnaissons qu’elles sont bénéfiques.Voilà l’attitude qui règne chez la plupart des bien-pensants (.) ils en prennent leur parti en serrant les dents; quelquefois même ils y trouvent matière à se convaincre de leur propre mérite».Dans ce non-lieu où il est livré à lui-même, derrière ou devant la vitrine, l’écran et le cadre de fenêtre, le spectateur qu’interpelle le regard des acteurs de la bande vidéo sait qu’il n’est ni objet, ni sujet.Il n’est surtout pas voyeur, il serait plutôt aveugle.Les protagonistes regardent à travers lui, en portant sur son absence (de fait et de raison) un jugement impuissant mais pourtant juste.« Par opposition, écrit encore Adrian Piper, accepter une rencontre c’est faire preuve de sensibilité à ses effets sur nous, percevoir son intérêt et, de là, en jouir pour ce qu’elle est et pour ce qui, en elle, nous rejoint ».« Acquiescer à ce que peuvent nous apporter les personnes d’autres cultures et ethnies, et non simplement les tolérer, c’est se montrer flexible, profiter d’une nouvelle expérience, considérer la rencontre comme source d’évolution personnelle, au lieu de se barricader et de se protéger ».Ce sont tous ses idéaux humains à la fois qu’Adrian Piper a réussi à exprimer en quelques instants d’une force sidérante, où le spectateur s’interroge sur ce qui peut bien attirer le regard des passants présentés à l’écran, ou celui, figé, des gens sur les photos.Il n’y comprendra que dalle, peut-être, sinon que la qualité du regard que la vidéaste porte sur le spectateur constitue le plus grand intérêt de l’art vidéo, et sa plus parfaite contribution aux arts visuels.Concerts Populaires Orchestre Franco-Québécois pour la Jeunesse, dir.Raffi Armenian: Berlioz, Ouverture « Le Corsaire »; Saint-Saëns, Introduction et Rondo capriccioso, Virginie Robilliard (violon); Moussorgskl/Ravel, Les Tableaux d'une exposition.Dir.Mark Foster: Gouttenoire, Ramure; Rozankovlc, Hoketus.Prochains concerts: ce soir à l'église Saint-Michel de Vaudreuil, dimanche à l'amphithéâtre de Lanaudière (14h30) et au Théâtre de Verdure du Parc Lafontaine (20 h 30).Mardi 14 juillet, Aréna Maurice-Richard.Carol Bergeron PENDANT qu’au centre-ville, pour fêter le 14 juillet, de joyeux gourmands dévoraient quatre tonnes de gâteau, les Concerts Populaires inauguraient leur saison estivale 92 par un hommage à la France auquel était associé un orchestre formé des meilleurs étudiants des conservatoires de musique de Lyon et de Montréal.Parrainé par l’Office Franco-Québécois de la Jeunesse qui lui a donné, à peu de choses près, son nom, l’Orchestre Franco-Québécois de la Jeunesse (OFQJ) rassemble donc 35 Lyonnais et autant de Montréalais.Sans doute convient-il de rappeler que cette collaboration inter-conservatoires entre la France et le Québec s’est effectuée en trois étapes: d’abord, en 1990, par une tournée outre-mer (dans la région Rhône-Alpes) de l’orchestre du Conservatoire de Montréal alors placé sous la direction du chef trifluvien Jacques Lacombe; l'année suivante fut employée à la réalisation d’un concours de composition qui prima les oeuvres de Philippe Gouttenoire (France) et d’Anthony Rozankovic (Québec); cet été, après un stage intensif de formation (du 2 au 10 juillet), l’OFQJ effectue une tournée de sept concerts au Québec — présenté comme le « concert-gala du 350e », celui de BASILIQUE NOTRE-DAME Jeudi 16 juillet ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL CHARLES DUTOIT DIRECTEUR ARTISTIQUE Charles Dutoit, chef Louis Lortie, piano Chantal Juillet, violon Gary Hoffman, violoncelle Mozart: Symphonie no 17, K.129 Beethoven: Concerto pour piano no 3 Beethoven: Concerto pour piano, violon et violoncelle Jeudi 16 juillet, 19h30 Billets: 7,86$, 15,50$, 22,47$ (taxes en sus) Disponible! au Service d abonnement de l’OSM, aux guichçts de la Place des Am, aux guichets Admission (Frais de service) et, le jour de concert, à la basilique Notre-Dame.POWER CORPORATION OU CANADA PRÉLUDES MOZART de I8M5 à 18H45 Musica Camerata Montréal Luis Grinhauz, violon Guy Fouquet, violoncelle Bertha Rosenohl-Grinhauz, piano Billets individuels: 3,00$.GRA TU/TS pour les détenteurs de billets de concert de la soirée.IxjuU Lonic Gary Hoffman ChantaJ Juillet LES FESTIVALS aujourtl *hui CENTRE ORFORD Les stagiaires en concert, à 20h.¦Cr ?Eglise st-michel DE VAUDREUIL L’Orchestre franco-québécois pour la jeunesse, dir.Raffi Armenian, à FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC Hall du Musée de Québec: Concert de Sarah Cunningham, viole de gambe, à 20h.30— Église St-Roch: Li-verpool Oratorio, de Paul McCartney et Cari Davis, à 20h.30— Place d’Youville: Charlélie Couture à 21h.30 ?NUITS D’AFRIQUE 92 Club Balattou: ce soir, Théo & High Life Stars du Ghana.?MUSÉE DE LA CIVILISATION Dans le cadre du Festival d’été Inter- national de Québec, 3e Forum de la chanson francophone, à 1 lh.— Musique traditionnelle Africaine, Francis Bebey, à 17h.?PLACE D’ARMES Devant la Basilique Notre-Dame,# Le grand jeu de nuit » spectacle son et lumière, réalisation du Théâtre sans Fil, du 14 juillet au 2 août, mar.au dim.à 21h.30 tüt FESTIVAL MOZART PLUS L'orchestre symphonique de Montréal dirigé par Charles Dutoit donne le 2e concert du Festival Mozart Plus à la basilique Notre-Dame à 19h30, avec deux oeuvres de Beethoven en « plus » jouées par un trio formé de Louis Lortie, pianiste, Chantal Juillet, violoniste et Gary Hoffmann, violoncelliste.Kn guise de Prélude à ce concert à 18h 15, Musica Camerata — Guy Fouquet, violoncelle, Luis Grinhauz, violon et Rosenohl Gnn-hauz — joue du Mozart pendant une demi-heure.mardi se distinguait par la création des deux partitions gagnantes du concours.Si les avantages d’une telle aventure profitent d’abord aux musiciens participants, le public qui se réjouit de les entendre n’en est pas complètement privé.Il peut ainsi constater que les efforts collectifs qu’une société consent à la noble et indispensable cause de la formation musi-.cale, contribuent à assurer un niveau d’excellence qui ne cesse de s’améliorer.Qu’en huit jours de travail assidu, l’on parvienne à former un orchestre symphonique capable de jouer efficacement en concert, cela relève bien sûr du prodige, mais d’un prodige aujourd’hui réalisable.Avec un sang froid admirable, comme de véritables professionnels, ces Francos-Québécois — sous l’at-tentive direction de Raffi Armenian et de Mark Foster — se sont même offerts le luxe d’une bonne performance dans un lieu plutôt contra- -riant pour la musique.Faut-il redire que d’abord et avant tout destinée aux exploits sportifs, l’Aréna Maurice-Richard n’est pas une salle de concert : l’orchestre symphonique y sonne d’ailleurs comme une vulgaire fanfare.Même dans leur géniale orchestration de Maurice Ravel, les Tableaux d'une exposition de Modeste Moussorgski y perdent tout l’éclat du vernis et une bonne partie de la pigmentation.Pour les mêmes raisons, on doit hélas regretter d’y avoir entendu exécuter les deux créations.Très raffinée dans son écriture instrumentale, Ramure de Philippe Gouttenoire y perdit, à mon sens, beaucoup plus que le terre à terre llo-ketus d’Anthony Rozankovic.Aussi différents que le jour de la nuit, les deux ouvrages reflètent, par ailleurs, deux sensibilités diamétralement opposées.Plus subtil, le langage du Français semble plus complexe et plus riche que celui de son collègue québécois — plus apte aussi à déboucher sur quelque chose de personnel.Toutefois, dans le contexte particulier du concert, ces deux pages abstraites auraient sans doute profité de quelques coupures.Après l’énergique Ouverture d’Hector Berlioz, Armenian accompagna la violoniste lyonnaise Virginie Robilliard dans la très populaire Introduction et Rondo capric- ' I cioso de Camille Saint-Saëns.Probablement un peu gênée par l’acoustique de l’Aréna, la jeune soliste s’abandonna malgré tout hardiment à une lecture qui gagna en ferveur ce qui lui manqua en aisance.TÉLÉ La vengeance des fantômes Version de Poltergeist, un film de Hooper qui s’apparente plus à un film de Speilberg (qui a été producteur), une histoire de fantômes à peu Crès idéale, captivante, abracada-rante et épeurante.TVA 19 h 30 Beau et chaud Pierre Flynn, Kathleen Dyson, France D’Amour et une démontra-tion de tal-chî.Radio-Québec 21 h — Paul Cauchon Le Devoir, jeudi 16 juillet 1992 ¦ 13 DES IDEES, DES EVENEMENTS L’Algérie sans père Pour qu’enfïn les frères deviennent citoyens, le FI(L)S) doit aussi mourir Marie-Blanche Tahon Professeur de sociologie, Université d'Ottawa LJ ASSASSINAT de Boudiaf le 29 juin conforte la thèse de ceux qui estimaient qu’il fallait laisser se déployer le processus électoral en janvier, quelle qu’en soit l'issue : en l’occurrence, la victoire du Front islamiste du salut (FIS) et la possibilité que soit instauré un État islamique.En effet, l’avènement au pouvoir du FIS aurait confronté l’utopie islamiste à la réalité.Cela aurait certes pris un certain temps et imposé des conditions de vie qui auraient été dures à supporter pour de nombreux Algériens et des Algériennes en plus grand nombre encore.Cette épreuve, qui apparaissait régressive, n’était-elle pas inéluctable sur la voie de la reconnaissance de la différenciation politique ?L’arrêt brutal du processus électoral en janvier aboutit six mois plus tard à une situation politique où prévaut l’aspiration par le vide.Après la dissolution du Parlement et la destitution du président de la République, on assista à la constitution du Haut Comité d’État composé d'hommes auto-désignés, à l’interdiction du FIS et à la liquéfaction structurelle du FLN tandis que les innombrables petits partis politiques sortaient laminés de l’épreuve électorale.Mais, l’armée était présentée comme le dernier rempart à la démocratisation et Boudiaf, de par sa légitimité historique, était censé faire office de paravent à l’absence d’institutions en Algérie.Boudiaf assassiné, l’Algérie est nue, même si ses femmes sont hidjabisées.Qu’il l’ait été, ,lui qui voulait restaurer l’autorité de l’État face à l’aventure islamiste, par un de ceux qui étaient chargés de le protéger physiquement, doit faire image.(Test du sein même de la sécurité qu’est venu le coup.Pointer les islamistes n’aboutit qu’à renforcer leur rôle de Robin de la Casbah pour lequel ils furent ! déjà largement plébiscités en décembre, sans compter que, depuis, grâce aux bons soins du pouvoir, des milliers de jeunes sont enfermés dans des camps où ils subissent l’endoctrinement de quelques zélateurs fisis-’ tes.L’armée à l’image du pays On se souviendra que c’est pour défendre la démocratie naissante qu’a été arrêté le processus électoral.La formule adoptée en janvier est aujourd’hui caduque.Et, pas seulement à cause de la disparition de Boudiaf.Le refus de Nezzar d’assumer le pouvoir et > donc la désignation de Kafi — qui illustre un certain retour du FLN, sinon un retour certain — à la tête du HCE est sans doute l’événement important de la période inaugurée par l’attentat contre Boudiaf.Il marque moins, me semble-t-il, la volonté de l’armée de maintenir, comme elle le faisait depuis 30 ans, son rôle de tireuse de ficelles — commander sans gouverner — que l’aveu d’un risque d’implosion en son sein.La nouvelle donne débouche sur une paralysie patente qui, à termes peut-être courts, risque d’enfanter la guerre civile entre factions de l’armée — ou entre celles-ci et d’autres, issues du FIS, mais qui retrouvera les siens ?Avec l’assassinat de Boudiaf et la désignation de Kafi plutôt que de Nezzar, on assiste à l’aveu que l’armée algérienne ne protège plus rien.La solution préconisée en janvier n’en était pas une.Mais, juillet n’est plus janvier.La répression exercée contre le FIS l’a probablement renforcé aux yeux de l’opinion publique et il n’y a plus de garde-fou.Le refus de Nezzar de prendre le pouvoir indique que la dernière cartouche avait déjà été tirée.La surprise de l’assassinat de Boudiaf réside dans la brièveté de la formule.Pas dans son élimination violente.Celle-ci résulte du mécanisme mis en branle avec l’arrêt du processus électoral.L’armée algérienne ne peut être imperméable à l’islamisme.D’abord, parce qu’elle est une armée d’appelés : tous les jeunes hommes font leur service militaire.On imagine mal comment ils abandonneraient magiquement leurs sympathies pour le FIS en franchissant la porte de la caserne.D’autant qu’ils sont quotidiennement encadrés par des officiers et des sous-officiers qui ont reçu leur formation à l’époque de la montée de l’islamisme dans les années 80.Et, de manière moins immédiate mais tout aussi importante, la hiérarchie militaire elle-même est partie prenante du processus de contagion de l’armée.Elle a beau affirmer une volonté d’éradiquer le mouvement religieux comme mouvement politique, elle ne peut souscrire à l’assainissement que Boudiaf appelait de ses voeux.En effet, n’est-ce pas elle, en grande partie, qui a tiré profit de la corruption et des pratiques maffieuses ?Or, la lutte contre l’inégalité et la corruption faisait aussi partie du fond de commerce du FIS.Les appelés et les cadres intermédiaires de l’armée n’y sont certainement pas insensibles tandis qu’ils sont chargés de la répression.D’où leur grogne et parfois la désertion pour s’engager, semble-t-il, dans des maquis islamistes.En finir avec le Parti unique L’armée algérienne n’est pas au-dessus de la mêlée.Elle est à l’image du pays.Six mois après janvier, il n’est plus possible de le camoufler.D’où le refus de Nezzar de prendre Mohamed Boudiaf la direction du HCE.La mort de Boudiaf ouvre aussi, peut-être, la perspective d’en finir avec le Parti unique.On a assez répété les malheurs provoqués par la direction du FLN comme parti unique depuis l’indépendance.Boudiaf s’y était opposé dès 1962, ce qui provoqua son emprisonnement puis son exil à l'étranger.Mais, le processus qui se déroulait depuis octobre 1988, s’il vilipendait le FLN, ne remettait pas fondamentalement en question le recours au Parti unique.Avec les élections du 26 décembre 1991, furent désignés le FIS et le FFS qui n’est sans doute pas loin de représenter le Parti unique pour de nombreux Kabyles ?Et, Boudiaf lui-même, après avoir interdit le FIS, s’était mis en tête de lancer un Rassemblement national patriotique.Sans préjuger des chances de réussite de ce projet dont l’accouchement paraissait bien laborieux, cette initiative prise par « le chef de l’État » illustrait la reconduction des pratiques coutumières.Sa mort lève cette hypothèque, en effet, on voit mal Kafi avoir la carrure pour reprendre ce projet.Il est incontestablement nécessaire que, dans la perspective d’une réanimation du processus électoral, les démocrates parviennent à mettre fin à leur éparpillement — on sait qu’en décembre, on ne dénombrait pas moins d’une cinquantaine de partis, ce qui ilustrait une prompte déliquescence du processus démocratique encore balbutiant plutôt que son arrimage et confortait le point de vue selon lequel la démocratisation avait été un os jeté en pâture par un pouvoir aux abois après octobre 1988.Mais, le terme à cet éparpillement ne pouvait être mis par un homme aussi providentiel soit-il, aussi légitimement historique (son rôle dans le déclenchement de la guerre de libération et pendant cette guerre) et sociologique (ne pas avoir trempé dans les magouilles du FLN) soit-il.Cet homme — Boudiaf — n’avait pas de légitimité politique.En finir avec la tragédie familiale Il n’y a plus d’hommes providentiels en Algérie.Il n’y a plus de Père pour les frères.Boudiaf était le dernier qui pouvait endosser ce rôle.On pourrait espérer que les frères deviennent enfin des citoyens.Si cela était, ces six derniers mois n’auraient pas été perdus.Mais, reste le FI(L)S.Il devra lui aussi mourir pour que l’Algérie en finisse avec sa tragédie familiale.Mais, sa mort ne peut être décrétée.Elle ne surviendra que lorsque les Algériens pourront faire de la religion une pratique privée.Ce qui suppose notamment un assainissement de la situation économique et une concrétisation de la souveraineté politique.L’équipe au pouvoir depuis janvier n’avait entamé ni l’une ni l’autre.Le FIS est incapable de réaliser la première et remet la seconde entre les mains de Dieu.La possibilité de faire de la religion une pratique privée requiert un pas supplémentaire à franchir : désespérer de la souveraineté divine comme souveraineté politique.Ailleurs, on y a sacrifié des siècles et des vies innombrables.Par quel privilège l’Algérie devrait-elle y réussir en moins d’un lustre ?Quatre raisons d’accepter l’offre des Neuf John Richards Simon Fraser University, Burnaby, Colombie-Britannique SI on m’avait invité à écrire une nouvelle constitution, je n’aurais pas produit l’accord qu’ont conclu les neuf premiers ministres le mardi 7 juillet.J’aurais adopté la recommandation de Pepin-Robarts pour accorder, une fois pour toutes, la compétence sur la langue aux provinces — en préservant certains droits des minorités linguistiques et le bilinguisme dans le secteur fédéral.J’aurais utilisé la formule de la Colombie-Britannique pour créer un nouveau Sénat élu basé sur l’égalité des cinq grandes régions du pays (Atlantique, Québec, Ontario, Prairies, Colombie-Britannique avec territoires du Nord).Mais personne ne m’a invité à écrire la constitution parfaite.Nous voilà face au document imparfait des Neuf.Robert Bou-rassa a-t-il raison de le décrire comme un « énorme progrès » ou le document mérite-t-il le NON catégorique qu’a apporté votre journal ?Permettez à un non-Québécois de résenter la défense d’un accord qui fournit mon avis une fondation suffisamment solide pour que les Canadiens puissent enfin se tourner vers d’autres problèmes dans la maison (duplex ?triplex ?) qu’ils habitent.Dans un grand pays où la plupart des citoyens n’ont pas l’occasion de connaître intimement les complexités de l’ensemble, il y a un risque constant que des chocs fassent naître des dialogues politiques contradictoires qui, à leur tour, déclenchent des crises politiques.Notre crise constitutionnelle n’est heureusement pas sanglante comme celle de la Yougoslavie ; c’est quand même une crise.Depuis trente ans, quatre chocs ont ébranlé notre équilibre constitutionnel.La Révolution tranquille en fut le premier.En éliminant le rôle de l’Église comme défenseur de la langue, elle a laissé un vide qu'a rempli le gouvernement provincial.Jusqu’à présent, la majorité des Canadiens hors Québec n'ont toujours pas compris ce rôle nécessaire — une incompréhension à laquelle Pierre Trudeau a contribué en prônant un enchâssement constitutionnel de la liberté de choix entre les deux langues officielles comme substitut à un statut spécial pour le Québec dans ce domaine.Mais il faut que les Québécois mesurent l’ampleur des autres chocs.Les fluctuations des prix des richesses naturelles amena le gouvernement fédéral à poursuivre pendant longtemps une politique axée trop exclusivement sur la redistribution des revenus provenant de ces ressources.Pour beaucoup de Canadiens, la Politique nationale de l’Énergie en 1980 est un péché aussi grave que le rapatriement de la Constitution sans l’appui du Québec l’est pour d’autres.Je reviendrai sur la question du Sénat, mais il est évident qu’il n’y aura aucune réforme constitutionnelle durable sans une réponse positive à la demande de ces Canadiens pour un nouveau Sénat élu et capable d’exercer une influence importante à Ottawa.Le troisième choc est la profonde crise sociale au sein des communautés autochtones à mesure que leur intégration avec la société industrielle s’accélère.Si nous avions poursuivi une politique plus dynamique, les chefs autochtones n’auraient peut-être pas insisté sur un troisième palier de gouvernement.Mais cela ne s'est pas produit, et il faut accepter le « beau risque » de créer ces nouveaux gouvernements autochtones.Le choc final a été l’ampleur de la crise fiscale depuis quinze ans.Cette crise a inquiété beaucoup de Canadiens qui craignaient une dégradation éventuelle de la qualité des services sociaux.Et elle a généré simultanément une demande de reconnaissance constitutionnelle de l’État providence comme élément fondamental du pays.En général, l’accord des neuf répond assez bien à ces quatre chocs.Voici pourquoi.1) C’est un accord basé sur le respect des capacités des provinces d’exercer des pouvoirs importants sans l’ingérence du fédéral.La réforme des politiques pour la formation de la main-d'oeuvre est une priorité absolue au Canada.Qu’on accorde cette compétence aux provinces est un gain majeur.Il est également important que l’accord respecte enfin la position québécoise sur une limite au pouvoir fédéral de dépenser dans les domaines réservés aux provinces.Il y aura toujours désaccord sur les limites des compétences respectives, mais pour ce qui est de la division des pouvoirs, cet accord va plus loin que Meech dans la décentralisation, et signifie un rejet des thèses centralisatri- ces.2) C’est un accord généreux pour les autochtones.Tout politicien intelligent — aussi bien parmi les autochtones que parmi les « Blancs » — prédit en coulisse qu’il y aura de nombreuses difficultés quand viendra le moment de mettre en pratique les réformes proposées.Mais, comme a dit Brian Mulro-ney, rien ne peut être pire que l’héritage de l’actuel ministère des Affaires indiennes.L’accord représente un engagement collectif visant à guérir une honteuse plaie dans le corps politique du pays.3) L’accord respecte l’État-providence tout en reconnaissant le besoin de libérer le marché intérieur du pays.Le langage employé manque d’élégance et contient trop d’exemptions et d’énumérations de détail.Néanmoins, il contient l’essentiel de la social-démocratie européenne — c’est-à-dire un respect simultané de la liberté du commerce et du rôle positif de l’État-providence.4) L’accord réalise enfin une réforme du Sénat.On arrive là au coeur de la difficulté de la défense de cet accord au Québec.Faire avaler aux Québécois un Sénat où ils possèdent le même nombre de sénateurs que Terre-Neuve ou l’Alberta semble à première vue vouloir leur faire accepter les thèses constitutionnelles de Preston Manning ou de Clyde Wells.Ce n’est pas le cas.Bien sûr, les Neuf ont créé un Sénat Triple-E, mais il faut aller au-delà des symboles et regarder les règles du jeu.Quoiqu’il n’y ait rien de plus ennuyeux qu’une analyse minutieuse du fonctionnement des institutions politiques, il faut le faire.Le point de repère dans le Sénat actuel permet à 53 sénateurs, soit une majorité simple, de ratifier un projet de loi des Communes.Le Québec, avec ses 24 sénateurs, peut fournir 45 % du total nécessaire à l’obtention d’une majorité simple.Pour la législation ordinaire, l’accord des Neuf propose une ratification par un processus à une ou à deux étapes.Dans le premier cas, il faut plus de 40 % des voix.Si un projet de loi rallie entre 30 % et 40 % des sénateurs, il est soumis à l’étude des députés et des sénateurs réunis en assemblée conjointe.Son sort dépend de la majorité simple de cette assemblée, dans laquelle le Québec aura 43 % du total nécessaire pour la ratification.Seulement si les opposants à un projet de loi rallient plus de 70 % des sénateurs, peuvent-ils bloquer définitivement un projet de loi.Pour résumer, dans le Sénat actuel le Québec possède 45 % du total nécessaire pour la ratification d’un projet de loi.Selon les nouvelles règles du jeu le Québec possède 43 % du total nécessaire pour la ratification dans une assemblée conjointe ; il possède 31 % du total nécessaire pour franchir le seuil des 30 % des voix et déclencher cette seconde étape.Il y a une perte d’influence indéniable pour le Québec — comme pour l’Ontario — dans ce nouveau Sénat.Personnellement, j’aurais préféré la réforme s’appuie le principe de l’égalité des cinq grandes régions du pays, mais on ne peut pas tout avoir.Il ne faut pas oublier que, pour les Québécois, il y a aussi une protection supplémentaire pour leur régime linguistique.Tout projet de loi sur le langage doit être approuvé par la double majorité — celle de tous les sénateurs et celle des sénateurs francophones.Ce nouveau Sénat va compliquer la vie politique à Ottawa, et cela peut créer des inefficacités.Mais lorsqu’on prend en considération l’ineffacité de nombreux projets de loi votés par les Communes, un Sénat réformé peut contribuer au bon fonctionnement du gouvernement fédéral.Il pourra obliger les députés à assainir leurs projets avant de les faire adopter.J’ai toutefois une réserve importante en ce qui concerne la clause de la société distincte.Depuis Meech, les versions successives (propositions fédérales en 1991, Beau-doin-Dobbie, et cet accord) ont graduellement restreint sa portée.Un compromis constitutionnel durable doit clairement reconnaître le régime mis en place par les gouvernements du Québec pour promouvoir le français et, ce qui est le revers de la médaille, limiter l’anglais.À condition de respecter des droits linguistiques de la minorité anglophone, le Québec doit chercher à modifier l’accord pour renforcer cette clause, ou même y ajouter le concept de Pepin-Ro-barts qui accorde explicitement aux provinces la compétence en matière linguistique.Raciste, moi ?Jean-Marc Bouchard NOUS sommes tous, qu’on le veuille ou non, à la fois instigateurs et victimes du racisme, ce fléau qui menace de plus en plus notre société.Instigateurs, parce que chacun d’entre nous fait preuve à un moment ou à un autre d’attitudes et de réflexes racistes, qu’ils soient réfléchis ou non.Victimes, parce qu’en fin de compte, tout le monde en sort perdant, puisque qu’en dépossédant l’autre de son humanité, le raciste nie sa propre humanité.Mon cheminement est long et ardu dans ma lutte contre le racisme.C’est principalement une lutte intérieure contre mes vieux réflexes et habitudes.Je ne me croyais pas raciste : le racisme c'était l’affaire des autres.Les événements, et une rîrsonne en particulier, m’ont amené remettre en question cette croyance.Depuis quelques années déjà, je me suis lié d’amitié avec un noir.Cela m’a ouvert les yeux et permis d’être témoin à plusieurs reprises d’incidents à caractère raciste.Je vais raconter trois de ces incidents dans les lignes qui suivent.Le premier incident s’est déroulé l’été dernier devant l’immeuble où j’habite.J’avais garé la voiture devant l’entrée de mon immeuble pour m’absenter quelques minutes afin de monter à l’appartement, pendant que mon copain attendait dans la voiture.À mon retour, je constatai que mon ami quittait la voiture pour aller vers la personne qui s’était garée derrière l’auto durant mon absence.Il m’indiqua qu’elle avait klaxonné à plusieurs reprises et avait même heurté le pare-choc arrière de la voiture.Celle-ci, coincée entre ma voiture et une autre voiture qui s’était garée derrière elle, avait paniqué et perdu toute contenance et savoir-vivre.Elle se mit à injurier mon ami, à faire des gestes disgracieux et à l’invectiver de propos racistes et grossiers.Celui-ci la somma de se servir de sa tête et de se conduire d’une façon civilisée.Mais en vain.Finalement, elle parvint à reculer sa voiture et quitta en maugréant contre mon ami et en faisant des gestes complètement déplacés.L’altercation avait duré à peine quelques minutes, mais avait laissé de profondes cicatrices chez mon ami.Ma réaction : je ne me suis pas interposé.Je suis resté figé et je n’ai pas protesté avec véhémence auprès de cette femme.J’ai même mentionné à mon copain d’être prudent car, si les policiers étaient appelés sur les lieux, il pourrait avoir des problèmes.Quel a été mon motif pour agir de la sorte ?Je ne suis pas une personne qui s’extériorise beaucoup, mais je crois que j’ai alors eu un réflexe lâche et raciste : la peur d’être confronté pour avoir pris la défense d’un noir m’a paralysé ! Ça ma pris beaucoup de temps à le reconnaître.Le deuxième incident a trait à une réception à laquelle j’invitais plusieurs membres de ma famille.Bien qu’il m’avait aidé dans les préparatifs, je n’invitai pas le même copain à ma réception et je cachai même sa photo qui se trouvait sur la bibliothèque.Là encore, la peur de la réaction de ma famille et le qu’en dira-t-on me dominèrent.Quand mon ami réalisa ce qui s’était produit, il fut profondément blessé et humilié.J’ai aussi fait preuve d’un manque de courage à plusieurs occasions lors d’altercations à teneur raciste.Ainsi, un jour nous marchions paisiblement sur le trottoir, lorsqu’un homme venant en direction opposée heurta délibérément l’épaule de mon ami.Ce dernier s’arrêta pour manifester sa désapprobation.L’homme tourna la situation en dérision et lui signifia que, s’il n’était pas content, il n’avait qu’à retourner dans sa plantation de bananes, ce qui souleva les rires des personnes qui l’accompagnaient.Que fis-je ?Au ieu de protester vivement de ce manque de savoir-vivre et de ces propos racistes à l’égard de mon ami, j’attendis silencieusement jusqu’à ce que nous poursuivions notre chemin.Là encore, j’ai préféré le silence plutôt que de manifester mon désaccord.J’ai fait preuve de racisme à maintes occasions au cours des dernières années.Le racisme, c’est quelque chose d’insidieux, qu’on refuse souvent de reconnaître à moins d’y être contraint.Dans mon cas, je ne peux crier victoire et j’ai encore beaucoup de chemin à faire.La lutte la plus difficile est souvent contre moi-même.Il y a toutefois de l’espoir et j’espère que ces propos aideront d’autres à prendre conscience de leur propre attitude face au racisme.La première étape consiste à d’abord prendre conscience et reconnaître ses propres comportements racistes, puis à agir pour les enrayer.L’équipe du DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes : à l'Information générale : Jean Chartier.Yves d'Avignon, Jean-Denis Lamoureux, Louls-G.L'Heureux, Bernard Morrier, Laurent Soumis; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l'Information culturelle : Michel Bélalr (directeur), Paule des Rivières.Marie Laurier, Robert Lévesque.Nathalie Petrowski.Odile Tremblay (Le Plaisir des livres); à l'Information économique: Robert Dutrlsac, Catherine Leconte.Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut.Claude Turcotte; è l'Information politique; Josée Boileau.Pierre O'Neill (partis politiques), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec), Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa), Jocelyn Coulon (politique internationale), François Brousseau (éditorialiste politique internationale et responsable de la page Idées et événements); aux affairée sociales : Paul Cauchon (questions sociales), Caroline Montpetit (enseignement primaire et secondaire), Isabelle Paré (enseignement supérieur), Louls-G.Francoeur (environnement), Sylvain Blanchard (relations de travail), Clément Trudel (affaires juridiques).Suzanne Marchand (adjointe à la direction), Marie-Josée Hudon, Jean Sébastien (commis).Danielle Cantara, Thérèse Champagne.Monique Isabelle, Chrfstlane Vaillant (clavistes), Marie-Hélène Alarle (secrétaire à la rédaction), Isabelle Baril (secrétaire è la direction).LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Scott.Sylvie Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ Lise Mlllette (directrice),Jacqueline Avril.Francine Gingras.Johanne Guibeau.Lucie Lacroix.Chris- tiane Legault.Lise Major (publicitaires): Marie-France Turgeon, Micheline Turgeon (maquettistes): Johanne Brunet (secrétaire).L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordonnatrice des services comptables): Florins Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Marie-France Légaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thériault (secrétaire à l'administration).Raymonde Guay (responsable du financement privé).LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice), Monique Corbeil (adjointe), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle.Olivier Zuida, Rachel Leclerc-Venne.Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements), Louise Paquette LES ANNONCES CLASSÉES ET LES AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Françoise Blanc, Manon Blanchette, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Françoise Coulombe, France Grenier, Josée Lapointe, Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland.LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire Limitée, société è responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 211, rue du Saint-Sacrement, Montréal H2Y 1X1.Il est composé et imprimé par Imprimerie Dumont, 7743, rue Bourdeau, une division de Imprimeries Québécor Inc., 612 ouest rue Saint-Jacques.Montréal L'Agence Presse Canadienne est autorisée é employer et è diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., située au 775, bout Lebeau.St-Laurent Envoi de publication - Enregistrement no 0658 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec Téléphone général (514) 844-3361 .Abonnements : (514) 844-5738 LE DEVOIR (USPS = 003708) is published daily by L'Imprimerie Populaire, Limitée.211.rue du St-Sacrement, Montréal.Québec H2Y 1X1 Subscription rate per year is $ 439 OO USD Second Class Postage paid at Champlain.N Y US POSTMASTER send address changes to Insa.P Q Box 1518, Champlain, N Y.12919-1518 k •« ïï ««> 1.4* -(**¦ «ffl 14 ¦ Le Devoir, jeudi 16 juillet 1992 ÉDITORIAL Plus qu’une question énergétique Les Cris ont profité de la première Conférence mondiale des jeunes indigènes, qui se tient sous leur égide à Québec, cette semaine, pour nous annoncer leur prochaine campagne auprès des Québécois contre la phase 2 du développement hydro-électrique de la Baie James.A peu près au même moment, l’Assemblée des Premières nations, présidée par le chef Ovide Mercredi, lui-même un Cri du Manitoba, manifestait au Parlement d’Ottawa pour s’assurer que le droit inhérent des autochtones à l’autonomie gouvernementale, tel que reconnu au projet d’entente constitutionnelle de la semaine dernière, ne soit pas remis en question par les objections du Québec.Apparemment anodins et non reliés, les deux incidents sont, au contraire, intimement enchevêtrés; ils risquent de causer de cuisants maux de tête aux Québécois.Autant la question énergétique est cruciale, autant le droit inhérent que l’on s’apprête à leur reconnaître, en blanc, donnera des armes supplémentaires puissantes aux Cris pour gêner les méga-projets du gouvernement.Celui-ci a bien raison de s’en inquiéter vivement.Et nous aussi.Habiles communicateurs, les chefs Cris profitent de toutes les tribunes disponibles pour clamer leurs revendications et promouvoir leurs aspirations.Ce en quoi nul ne saurait les blâmer.Sauf qu’au lieu de tenter d’abord de convaincre les autres Québécois du bien-fondé de leurs causes, ils ont plutôt opté à ce jour pour leur imposer en quelque sorte des décisions en misant sur l’opinion internationale.C’est ainsi que, de la Hollande à Barcelone, en passant par New York, le matraquage publicitaire des Cris, à fort prix, a obtenu d’immenses succès médiatiques, au détriment de la majorité québécoise, suscitant et entretenant méfiance et incompréhension.Mais tout cela va changer, promet M.Roméo Saganash, vice-president du Grand conseil des Cris du Québec.« Les Cris reconnaissent depuis longtemps la nécessité d’informer la population québécoise, dit-il, mais nous devions d’abord nous occuper de questions plus urgentes, dont celle de l’Etat de New York.Puisque le contrat est maintenant annulé, nous sommes en mesure de concentrer nos énergies à l’endroit des Québécois.» Passe encore que les Cris, obsédés par les projets de Grande-Baleine, veuillent sensibiliser les autres Québécois à l’efficacité et à la conservation énergé-H-tiques, et tentent de nous convaincre d’utiliser des sources d’énergie autres qu’hydro-électriques.Ce sont des thèmes importants et à la mode du jour, même si la preuve est loin d’être faite que des sources « alternatives » pourraient assurer aux Québécois l’énergie stable et permanente dont ils ont besoin.Mais de là à nous annoncer le même traitement qu’à New-York, il y a de quoi frémir: qui ne se rappelle l’abusif pavé publicitaire dans The New York Times?En ce sens, la ministre de l’Energie et des Ressources a raison de juger osée et déplacée ce qu’il faut bien appeler la « menace » des Cris, fût-elle formulée par un chef aussi pondéré et sobre que M.Saganash.Mais Mme Lise Bacon verse à son tour dans l’exagération quand elle attribue au dénigrement des Cris la perte du contrat de 17 milliards $ d’électricité à l’Etat de New York.C’est d’abord et avant tout la diminution, temporaire semble-t-il, des besoins de la métropole américaine qui l’a poussée à annuler le contrat avec Hydro-Québec pour l’énergie du nord, si chère au premier ministre Bourassa.Celui-ci, sans mettre sur la glace la Baie James, qui lui tient lieu de stratégie économique depuis plus de vingt ans, jouit donc d’un répit de quelques années, dont il faut user au mieux et au maximum.Notamment pour rétablir les ponts et La gestion de la Baie James et du Nord est lourdement remise en cause.discuter civilement avec les Cris, à la condition que les uns et les autres y mettent la bonne volonté requise.Et il en faudra énormément.En effet, le droit inhérent à l’autonomie gouvernementale que le Canada anglais est disposé à reconnaître aux autochtones, sans le définir de quelque manière, implique notamment que les Cris, par exemple, auraient un droit de regard, voire même une souveraineté préalable, sur leur territoire, à celle des Blancs, français ou anglais.On voit bien pourquoi le chef Mercredi et ses collègues jubilent et piaffent d’impatience.Le fameux droit inhérent leur permettrait, entre autres, de remettre en cause la Convention de la Baie James, que les Cris ont bel et bien signée, il y a près de vingt ans.La double victoire des Cris, à New-York d’abord, à Ottawa ensuite, auprès du gouvernement fédéral et des neuf autres provinces, élargit le fossé avec le gouvernement et la majorité québécoise, qui y voit une menace à l’intégrité du territoire.Les déclarations des chefs autochtones depuis dix jours ne font rien pour atténuer cette crainte.Bien au contraire.M Mercredi laisse entrevoir qu’il pourrait y avoir une dizaine de gouvernements autochtones - un troisième ordre, en concurrence ou en parallèle avec Québec et Ottawa - seulement au Québec.Sans, encore une fois, que le projet d’accord constitutionnel cerne, si peu que ce soit, l’aire et l’autorité de ces nouveaux gouvernements, contrôlés sur le territoire québécois par les Cris, les Mohawks, les Montagnais, les Micmacs, les Algonquins, les Hurons, et au moins cinq autres nations amérindiennes.On comprend dès lors pourquoi même M.Bourassa qui, en toute chose, préfère l’ambiguïté et le flou artistique à la clarté et à la fermeté, ne peut s’empêcher d’évoquer de vives réticences au fameux droit inhérent et, surtout, de s’appuyer sur l’essentielle intégrité territoriale.Sur ce point d’ailleurs, le gouvernement est sur la même longueur d’onde que le Parti québécois, qui a pris ses distances après avoir tenté d’amadouer les autochtones.Au début de la semaine, le chef Mercredi a dit qu’il craignait les demandes de «clarifications» telles que formulées par M.Bourassa.« A-t-il le droit, à la toute fin du processus, de se présenter et d’exiger de nous de nouveaux compromis?demande le président de l’Assemblée des Premières nations.Et si oui, est-ce juste?Ma réponse, c’est non.Ça m’inquiète quand M.Bourassa ne me dit pas, privément ou publiquement, l’objet de ses inquiétudes.Il veut que nous mettions de l’eau dans notre vin mais, de toute évidence, il a mis plus de vin dans son propre vin.» Ce qui, on le reconnaîtra, a de quoi surprendre tous ceux qui, à l’inverse, ne cessent de déplorer les incessants louvoiements et les interminables tergiversations qui caractérisent l’action et le gouvernement de M.Bourassa.M.Mercredi en a remis hier en demandant au premier ministre du Québec de mettre un terme aux négociations bilatérales avec Ottawa et de faire connaître au public canadien ses réserves sur la mise en oeuvre de gouvernements autochtones au pays.Encore qu’elles pourraient être plus précises et limpides, les objections du Québec sont pourtant connues des chefs autochtones, y compris de M.Mercredi.Elles découlent en bonne partie des revendications de sa propre nation - qui remet en cause sa propre signature à la Baie James - et des aspirations d’enclaves amérindiennes égrenées à travers le Québec.M.Saganash prétend, de son côté, qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter et que, même si le droit inhérent représente un minimum, les autochtones veulent vivre en harmonie avec leurs voisins.A la lumière de la formidable campagne orchestrée par les Cris contre Grande-Baleine, il y a toutefois lieu d’être spectiques à l’acte de foi aveugle qu’on nous demande.Car le problème de Grande-Baleine est plus qu’un problème énergétique, ainsi que l’a écrit M.Victor Rodriguez-PadiUard, de l’INRS, dans LE DEVOIR d’hier.« Le problème se place sur l’arène politique.Ce qui est en jeu n’est pas la préservation du milieu nordique, non plus d’ailleurs la survie de la culture des premiers habitants du territoire.Ce qui se joue, c’est la gestion des territoires et la récupération des rentes économiques que ces territoires peuvent dégager, en particulier la rente hydroélectrique.Tant que ceci ne sera pas reconnu ouvertement par tous les acteurs, les solutions proposées tomberont à côté et l’issue définitive du conflit sera renvoyée aux calendes grecques.» Les Québécois, du Nord et du Sud, ont des choix cruciaux à faire.GILLES LESAGE LETTRES AU DEVOIR Le sobriquet québécois ON TROUVE dans le dictionnaire Robert à l’article Francophone ce qui suit : « Qui parle habituellement le français, au moins dans certaines circonstances de la communication, soit comme langue maternelle, soit comme langue seconde.» À cause de l’abus que l’on fait chez nous de ce terme, à SOS Génocide, nous ne l’employons pas pour désigner notre peuple.Vous me faites l’honneur de me citer (LE DEVOIR, 8 juillet 1992) mais, hélas, que ce soit voulu ou non, votre affirmation que j’aie déclaré qu’ « on ne peut faire des francophones avec des Tamouls, des Vietnamiens (sic), des Musulmans ou des Sikhs », est tout a fait fausse.C’est le nom traditionnel de Canadiens français que j’ai employé, en rejetant le sobriquet multiculturel et suicidaire de Québécois.Nous tenons à notre héritage de culture française et rejetterons toujours avec force l’américanisation telle que nous la propose la nouvelle classe dominante chez nous.Bien sûr, cela faisait votre affaire pour nous peindre sous un jour détestable, mais je suis quand même en droit d’exiger que votre journal publie une rectification.Raoul Roy Montréal, 9 juillet 1992 Les Joies du zapping CONSCIENT du fait que le Québécois s’écrase en moyenne quatre heures par jour devant son téléviseur, le gouvernement fédéral en profite pour le mitrailler directement dans le confort de son salon.À l’aide d’une petite ritournelle, digne d’une annonce de bière, on lui vend un espace géographique.Face à cette diarrhée publicitaire a odeur d’unité canadienne qui s’abat sur nous, que faire quand l’exaspération prend le dessus ?Zapper ?Oui mais.Vous allez à la chaîne suivante, en l’occurrence TVA.Au début, vous croyez qu’il s’agit du film Alien 3, mais vous avez tôt fait de vous apercevoir que vous êtes victime d’un autre raid publicitaire, avec Roberta Bondar en vedette.Un petit zap nerveux à Radio-Québec et vous n’arrivez pas à y croire en voyant un Denys Arcand, ému, discourir sur la beauté des Rocheuses, comme s’il venait de remporter la Palme d’Or à Cannes.Petit conseil : dans un tel moment de détresse, n’allez surtout pas à CBC ou à CTV, où le pilonnage est continuel.Mais que faire pour échapper à cette attaque fédérale ?C’est simple ! Faites marcher votre doigt jusqu’au canal 35 et revenez en sens inverse.Cela vous permet habituellement de revenir à votre menu original en moins de 30 secondes.Autres solutions : il y a toujours le canal météo, le télé-rencontre, et le canal téléguide.Triste pub ! Et ce n’est qu’un début, il va sans dire.Pour vendre ce pays fade, aussi plat que ses plaines de l’Ouest, on est prêt à tout.Attendez voir.Ou bien, zappez ! Jacques Côté Québec, 17 juin 1992 Le biodôme tout un égosystème PROPRE comme un sou neuf, comme à l’aube du sixième jour de la Création (il y manque encore le bipède central au divin projet), le Biodôme rutile de tous ses équilibres.Les paris sont ouverts, saura-t-il mieux régler son monde qu’On le fit du nôtre ?Ou j bien, en fidèle imitation, nous donnera-t-il en J primeur la lente dégradation de la planète | dans le reflet déjà trouble des aquariums ini-[ tiaux ?En visitant la grosse machine mise en route, j’ai été séduit comme beaucoup par la nage du canard vu de dessous.Mais je suis, comme certains, bien curieux de voir viellir la chose, et nous avec.Sauront-ils, à dose mesurée, vaporiser la forêt laurentienne de : pluies acides ?Parmi les changements de j température et la régulation des journées, j ont-ils programmé l’amincissement gradué | de la couche d’ozone ?Le Saint-Laurent ma-j rin, vide de ses bélugas, est-il le fruit d’une LE DEVOIR -ïü- - Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice : USE BISSONNETTE Rédacteur en chef et directeur de l'information Bernard Descôteaux Directeur délégué à l'administration André Leclerc Rédacteur en chef adjoint Jean Francoeur Directeurs adjoints de l'information Pierre Cayouette, Roch Côté Guy Deshaies Directeur des publications spéciales Pierre Beaulieu FAIS CE QUE DOIS savante vision d’avenir de notre fleuve trop pollué ?Une première entorse déjà : sous prétexte d’ouvertures officielles, on a fait veiller les pauvres manchots beaucoup plus tard ces soirs-là que ne le prévoient les nuits antarctiques en cette saison.Alors que Jean-V.Dufresne y vit gentiment copuler les tortues, moi, dès le lendemain, j’ai vu dans la cage aux castors lutiner le Doré auprès des grands bâtisseurs de barrages.Soucieux moi aussi de mon égosystème, j’en suis sorti hanté par la précarité du monde et l'éventualité d’une prochaine Apocalypse : un simple changement d’édiles municipaux galactiques qui décideraient, dans le cadre de ne je ne sais quel 350e, de vider Dieu de son poste de directeur pour transformer notre beau biodôme terrestre en vélodrome de l’espace recyclable.Christian-Marie Pons Outremont, 22 juin 1992 Je reprends du service AU DÉBUT des années 70, lors de la création d’Oxfam-Québec, c’est avec plaisir et enthousiasme que j’ai accepté d’être le porte-parole de cet organisme.L’appui que vous avez manifesté à cette époque a permis de placer Oxfam-Québec au premier rang des organismes d'aide au développement Mon engagement dans Oxfam a duré quel- âues années, le temps de bien établir la cré-ibilité de l’organisme dans l’opinion publique québécoise.Par la suite, d’autres ont pris la relève.Malheureusement, comme vous, j’ai constaté que certains individus ont trahi notre confiance et ont abusé d’une façon inacceptable de leurs fonctions au point où leurs agissements ont fini par affecter sérieusement la réputation de cette belle oeuvre et par compromettre gravement sa mission humanitaire.Devant la situation déplorable, des gens ont décidé de sauver la barque du naufrage et de redorer le blason d’Oxfam-Québec.Autour de M.Jean-Pierre Charbonneau dont la feuille de route offre toutes les garanties nécessaires actuellement, particulièrement au plan de la transparence, ces hommes et ces femmes s’activent pour redresser rapidement la situation.Invité à reprendre du service, j’ai choisi de plonger moi aussi et d'épauler la nouvelle administration qui veut entre autres, prioritairement, sauver la cinquantaine de projets toujours en activité.Je vous invite donc à emboîter le pas et à contribuer généreusement avec confiance.Yvon Deschamps Montréal, 30 juin 1992 LL BAUôU EST Fewioov y HOMPOl ?CrttRAC À LWSrEL "E€.\A\JIE, Maurice Tourigny L’imaginaire démocrate LES ASSEMBLÉES politiques sont dangereuses; elles ont le pouvoir de nous faire croire à l’utopie, elles réduisent la réalité, elles nous aveuglent parfois.On ne peut les ignorer, mais il faut s’en méfier.Après quatre jours de slogans répétés, de discours chargés d’émotions, de dénonciations d’un régime aberrant, après quatre jours dans une enceinte où sont dits et redits les espoirs d’un peuple, où l’on rit des adversaires grossiers, où Ton pleure sur la douleur nationale, il est facile de prendre des souhaits pour des accomplissements.Les Etats-Unis peuvent-ils rebrousser chemin et choisir de nouvelles avenues en politiques nationale et internationale ?Le Parti démocrate peut-il renverser une situation alarmante maintenue par des forces bien installées à l’affût de toute menace à leurs possessions ?Le Parti démocrate peut-il vaincre les puissants lobbies opposés à un régime national de santé, à l’organisation des travailleurs contre l’exploitation, à la protection de l’environnement ?Je n’en suis pas convaincu, mais je veux bien y croire encore une fois.D’ailleurs y a-t-il une alternative ?L’Amérique n’a plus les moyens de l’échec républicain et de l'illusion de justice.Ce soir, le Parti démocrate désignera officiellement Bill Clinton, gouverneur de l’Arkansas, comme candidat à la présidence des États-Unis lors des élections de novembre prochain.Clinton a du pain sur la planche ! Et on peut parier que la campagne électorale deviendra très laide et remplie d’attaques injurieuses.Bush et son parti tentent présentement d’annihiler les efforts d’un candidat possible, Ross Perot; une fois ceci accompli (ça ne devrait pas être très long), ils s’en prendront à Clinton.Que peuvent-ils faire d’autre ?De quel grand succès peuvent-ils s’enorgueillir ?Quelle brillante victoire peuvent-ils ériger en symbole de leur gouvernement ?Préparons-nous à une campagne dite « négative ».EN ATTENDANT, nous entendrons ce soir le discours de celui qui pourrait bien être le prochain président des États-Unis.Voyons voir.J’ai entendu presque tous les discours prononcés de la tribune du Madison Square Garden; j’ai écouté les plaisanteries faciles sur le compte de Dan Quayle; j’ai baillé aux clichés répétés; je me suis moqué de ce patriotisme à la gomme et du « rêve américain » que tout bon politicien doit brandir.Malgré bien des ratés et beaucoup de prévisible, malgré des harangues avortées et des rhétoriques douteuses, certains propos ou plutôt certains orateurs m’ont agréablement surpris.Encore une fois, les voix noires m’ont atteint, tout spécialement celle de Barbara Jordan, une Texane exreprésentante de son État à Washington.Mme Jordan, dans une langue simple et émouvante, a décrit le désespoir des ghettos, les injustices subies par les travailleurs illégaux, l’impuissance et la pauvreté d’une trop grande partie de la population.Chaque phrase, chaque mot pesait lourd d’expérience et de conviction.Quand elle faisait appel aux femmes, l’assemblée jubilait; quand elle s’insurgeait contre le racisme, Blancs et Noirs reconnaissaient leurs torts.« Nous reconnaissons les identités culturelles.Cependant, la division est interdite.» Je croyais rêver quand Barbara Jordan a lancé le mot : « Le climat devra en être un de dévotion à la cause commune et de tolérance.Et, qui, d’amour.» Ce mot dans la bouche d’une femme noire qui venait de dénoncer la loi du mâle blanc m’a redonné confiance.Barbara Jordan, j’admire votre courage et la force qui vous a permis de parler d’amour devant les politiciens de la planète en 1992.Le lendemain soir, Jesse Jackson s’adressait à l’assemblée pendant 30 minutes; le tiers de son allocution était improvisé.Après un différend assez violent avec Bill Clinton, Jesse Jackson lance un appel à l’unité du parti et se plie à la règle du jeu.Son message n’a pas dû plaire à tous les démocrates mais au Madison Square Garden, les murs ont bien failli s’écrouler.« Nous devons appuyer les travailleurs et les pauvres.Nous devons vaincre les lois de l’oppression.Nous ferons des grèves, nous renforcerons les ouvriers ».Lettre de New York À ceux qui souffrent, Jackson a rappelé qu’ils ne sont pas seuls et qu’un changement approche.Et puis il a expliqué à ceux qui ne l’avaient pas encore compris que, pour beaucoup de jeunes, les prisons d’Amérique offraient une vie plus facile que leur milieu originel.Il a redit en d’autres mots ce que Barbara Jordan avait d’abord énoncé : la pauvreté et l’absence de tout espoir d’une vie meilleure n’engendrent pas la compréhension ni la parole.Ne parlons pas de fraternité aux 10 millions de chômeurs et aux 30 millions de travailleurs qui vivent en-deçà du seuil de pauvreté dans le pays le plus riche du monde.Ne parlons pas de justice aux victimes de l’oppression organisée et profitable à un petit groupe.Jesse Jackson a laissé l’assemblée après l’avoir conduite dans un retentissant Keep hope alive qui a assourdi les marches ennuyeuses de l’orchestre pour un temps.Jimmy Carter, ancien Président des États-Unis et un des principaux artisans des accords de paix entre l’Égypte et Israël, s’en est pris à la politique internationale de George Bush en déclarant que les États-Unis sont devenus un obstacle majeur à la paix dans le monde et à une politique environnementale concertée.BOB I1ATTOY, un conseiller de Bill Clinton en matière de santé atteint du sida, a bouleversé les congressistes mardi soir dans une allocution brève mais percutante.S’adressant à George Bush, Hattoy a déclaré : « Le sida est une crise de la’ santé nationale qui nécessite des autorités médicales, pas des jugements moraux.» Après avoir dit que le sida s’attaquait à toutes les couches de la société américaine, « médecins et avocats, militaires, pasteurs, rabbins et prêtres, démocrates et Républicains.Les sidéens font partie de la famille américaine.Monsieur le Président, votre famille a le sida.Nous mourons et vous ne faites rien ».Tant de mots troublants, tant de projets de redressement du pays, tant de promesses.Faut-il compter sur les démocrates unis sous la bannière de Bill Clinton et d’Al Gore ?Oui, il n’y a pas d’autre choix.
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