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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 6 juillet 1992
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-07-06, Collections de BAnQ.

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Vol.LXXXIII — No 154 • Nuageux avec éclaircies.Max.: 22 Détail page 8.Montréal, lundi 6 juillet 1992 ____________________Toronto 85cents 65* ¦+ TPS + TVQ Champigny DU 2 AU 12 JUILLET 20% DE RABAIS SUR LES DISQUES DE JAZZ ET LES LIVRES DE MUSIQUE ;ost-denis"mîl~ 844-258' L'ENTREVUE DU \ LUNDI Paul Hébert Le comédien Paul Hébert est amer devant la négligence gouvernementale en matière de culture.Selon lui, il suffirait aujourd’hui d’inventer un Festival du shoeclack pour voir tomber les fonds gouvernementaux.Comme les grappes du ministre Tremblay.Il s’est confié à Jocelyne Richer.Québec mettra sur pied à Montréal un grand marché public des produits de la mer Louis-Gilles Francoeur QUÉBEC s’apprête à créer à Montréal une sorte de marché Jean-Talon des produits de la mer pour inciter les Montréalais à consommer davantage les ressources halieutiques de la province et à diversifier leur consommation en découvrant les vertus cachées d’espèces, comme le sé-baste, ignorées ici mais qui font les délices des gourmets des autres pays.C’est ce qu’a révélé au DEVOIR le ministre délégué aux Pêcheries du Québec, M.Yvon Vallières, qui avait été invité à dire comment son ministère entendait soutenir les pêcheries québécoises, qui seront vraisemblablement aux prises avec une nouvelle diminution des quotas l’an prochain et que touche en partie le moratoire annoncé pour les bancs du nord-est de Terre-Neuve.M.Vallière explique que son ministère a mis peu de pression sur les consommateurs, jusqu’ici, pour mettre davantage en valeur les nombreuses espèces du Québec.Il attendait, dit-il, qu’Ottawa donne suite à sa promesse d’investir 5 millions $ dans la mise en marché de nouveaux produits.Mais devant l’urgence d’aider certaines entreprises à faire face à la crise actuelle, notamment celles de la Basse-Côte-Nord, il est possible, dit-il, que Québec prenne les devants sans attendre le réveil des mandarins de l’Outaouais.C’est alors que M.Vallières évoque un important projet en chantier dan?son ministère et qui verra le jour prochainement à Montréal, soit la création d’un important marché public pour les poissons et fruits de mer québécois.Les Québécois aiment en réalité le poisson et les fruits de mer.Ils consacrent à cette forme d'alimentation 750 millions $ par an.Mais seulement 10 % de cette somme, explique le ministre, est consacré à l’achat de produits québécois de la mer, ce qui explique la volonté du ministre de « partir à la conquête du marché québécois » en priorité.Par ailleurs, M.Vallières qualifie de « courageuse » la position du ministre fédéral des Pêcheries, M.John Crosbie, qui a imposé la semaine dernière un interdiction de la pêche à la morue sur la côte est de Terre-Neuve.Le Québec a souvent demandé des mesures de rétablissement des stocks marins : « On ne peut pas toujours demander des mesures de rétablissement des stocks et les dénoncer lorsqu’elles surviennent », dit-il en précisant que les ministres doivent se fier à leurs chercheurs même si, parfois, leurs conclusions ne semblent pas coïncider avec l’expérience directe des gens Voir page 4 : Mer Eltsine devra gagner les milliards qu’il demande Au sommet du G-7, Mulroneyprévient la Russie : le FMI ne manque pas d’endroits pour placer ses fonds D'après CP et Reuter MUNICH - Le président de la Russie Boris Eltsine devra gagner les milliards de dollars en aide occidentale qu’il réclame parce qu’il y a beaucoup d’autres pays qui font la queue pour en obtenir, a prévenu hier le premier ministre Brian Mulroney.À la veille du 18e sommet des sept pays les plus industrialisés qui s’ouvre aujourd’hui dans la capitale bavaroise, le premier ministre canadien a déclaré que M.Eltsine doit accélérer les réformes politiques pt économiques dans l’ex-URSS.« Vous pouvez continuer à y injecter de l’argent et rien n’arrivera avant qu’ils ne réagissent avec des changements économiques fondamentaux », a-t-il affirmé.Mulroney croit que M.Eltsine mérite l’aide du Fonds monétaire inter- national (FMI) mais qu’il avait encore beaucoup de chemin à faire.« Ça dépend de lui.Le FMI a d’autres endroits où mettre son argent », a-t-il fait valoir.Hier, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Michel Camdessus, a déclaré qu’il recommanderait l’octroi d’un prêt de un milliard à la Russie, une aide conditionnelle à la mise en oeuvre d’un certain nombre de réformes de l’économie russe.Le prêt du FMI devrait ouvrir la voie à une aide du G 7 qui pourrait s’élever à 24 milliards $, dont 6 milliards % pour un fonds de stabilisation du rouble.On indiquait hier de source gouvernementale allemande que Michel Camdessus devrait se joindre mardi à Munich au sommet du G7 pour y rendre compte de ses entretiens avec Boris Eltsine.Lors de ce sommet de trois jours, les membres du G7 — les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Italie et le Canada — prévoient discuter de la faiblesse de l’économie mondiale, des négociations sur la libéralisation du commerce, de la prolifération des armes nucléaires ainsi que du développement du tiers monde.Au cours d’une conférence de presse tenue hier conjointement avec le premier ministre italien, M.Giuliano Amato, M.Mulroney a dé claré que tous deux s’entendaient pour dire que le chômage et la croissance seront les principaux sujets économiques qui seront débattus lors de la rencontre du G 7.M.Mulroney a laissé entendre que le Canada, qui affiche le plus haut Voir page 4 : Eltsine "V A Oka, Marc-A ndré Legault n ’est pas tellement surpris.Paule des Rivières MARC-ANDRÉ Legault se doutait, depuis quelque temps déjà, que les 34 Mohawks d’Oka seraient acquittés.N’empêche.Il a senti un vent de révolte monter en lui à l’annonce du jugement.« Tu te dis, maudit! il y a tout de même quelqu’un qui est venu ici et a saccagé ma maison.Je n’ai pas rêvé tout cela.» M.Legault fait partie de la demi-douzaine de propriétaires d’Oka dont les résidences ont été pillées durant ce fameux été indien de 1990 lorsque les revendications territoriales des Mohakws ont dégénéré en affrontements violents.Sa maison, qu’il a mis 13 ans à terminer et dont il a planté chaque clou, est située à quelques mètres des barricades que les Mohawks dressèrent pour empêcher le passage à la pinède d’Oka et que les policiers voulurent défoncer.« A la télévision, le soir, je voyais les jouets des enfants en arrière-plan ; j’ai aussi vu Lasagne avec mon gros coffre à pêche », se rappelait M.Legault hier, qui ne vit plus à Oka mais qui vient faire son tour de temps en temps, en attendant que le Voir page 4 : Oka PHOTO NORMAND BLOUIN Marc-André Legault à sa résidence d’Oka devant le lac des Deux-Montagnes.%, wirifp» wmmi émm vt-rAsi, Les climats de la densité Serge Truffaut ENFIN ! C’est au Spectrum hier entre 18 h et 19 h 30 que l’intensité a dévoilé son identité.Elle avait l’apparence d’un homme à la carrure imposante et revêtu d’une chemise aux couleurs vives de l’Afrique sur laquelle était inscrit : The Jazz Machine.Évidemment, la dynamo qui animait cette « machine » était située derrière une batterie en la personne de Elvin Jones.Sur sa gauche, il y avait le saxophoniste Sonny Fortune et deux membres de la même confrérie instrumentale, soit Javon Jackson au ténor et Ravi Coltrane au soprano ainsi qu’au ténor.Ravi Coltrane, faut-il le rappeler, est le fils de John Coltrane à oui était dédié le spectacle qui, après Montréal hier, sera présenté à Glasgow ce soir et ici et là dans le monde au cours des prochains mois.À la droite de la machine percussive du Jazz — Oui ! Avec un J majuscule —, il y avait Andy McKay, un grand bonhomme manipulant avec beaucoup de doigté cet instrument visuellement magnifique qu’est la contrebasse.À l’extrême droite de monsieur Jones, il y avait un piano d’où un homme, dont il faut d’ores et déjà retenir le nom, Willie Pickens, lançait des figures musicales aussi étonnantes qu’elles étaient limpides comme de l’eau de roche.La connivence ou plus tôt la solidarité dans la densité étant le moto de cette machine en rien mécanique, ces six artistes à part entière se sont accaparés de ces morceaux intimidants que sont Mister D, Naima, « Le blues du train » et Alabama avec une conviction telle qu’ils ont imposé, sans que cela soit nécessairement leur volonté ou objetif, les climats de la densité.Voir page 4 : Jazz DE MONTREAL m spectacle de marionnettes, conception et m.en s.Vladimir Ageev, sam.el dim.A 15h.THÉÂTRE MAISONNEUVE: Place des arts, Montréal (842-2112)— La nouvelle création de Carbone 14 < Le calé des aveugles » conçue et m.en s.Gilles Maheu, du 18 au 22 août à 20b 30.BATEAU-THEATRE L'ESCALE: autoroute 20, sortie 112, St-Marc-sur-Richelieu (584-2226,584-2271)— • Mal de mères » de Chantal Cadieux, m.en s.Robert Lepage, à compter du 12 juin, mar.au ven.à21h.,sam.18h.et 21h.CENTRE CULTUREL DU LAC MASSON: 414 boul Baron Louis-Empain, Ste-Marguerite (514-228-2513)— ¦ Les amuse-gueules » du 23 juin au 6 sept., mar.au jeu.et sam.à 20h , ven.21 h.30, dim.à 19h.30 COLLEGE SACRÉ-COEUR: 429 rue du Collège.St-Donat (819-424-2833)— Les Productions Élastiques présentent • Dieu » adaptation de Louis-Philippe Morin, d'après la pièce de Woody Allen, m.en s.Daniel Desputeau, du 15 juillet au 7 août, mer.au sam.i 20h 30 MANOIR LA LORRAINE: 450 Béthanie, Lachute (514-562-5256, Mil 476-1302)- • Les délires de Madame Foucart » du 23 juin au 29 août, mar.au sam.à 20h 30 STUDIO-THÉÂTRE DA SILVA: 1155 Morel.Ste-Sophie (514-431-2373)— • Les grands chemins » adaptation de Denis Chouinard du roman de Jean Giono, du 27 juin au 29 août.jeu.au sam.à 20h,30— Spectacle de marionnettes pour enfants • Il était une lois » du 28 juin au 30 août, les dim.à I6h THEATRE DE LA BUTTE: 2554 Monty, Val-David (819-322-3474)— < La Virée des Pirates », du 26 juin au 5 sept — • Boulle et frisson », du 26 juin au 5 sept.THEATRE DES CASCADES: Autoroute 40 ouest jusqu'à Vaudreuil.route 540 direction Toronto, sortie Dorion, route 338 direction Pointe-des-Cascades (514-455-8855)— » Corn Flakes » de Jack Sharkee, m.en s.Denise Filiatrault, du 5 juin au 29 août, mar au ven.à 20h 30, sam.à 19h.et 22h.THEATRE LE CHANTECLER: Hôtel Le Chante-cler, sortie 67 de l'autoroute des Laurentides, Ste-Adèle (514-229-3591)— « Cherchez l'homme » de Jean-Raymond Marcoux, m.en s.Louis Lalande, du 18 juin au 23 août, mar.au dim.à 20h 30 THEATRE DU CHENAL-DU-MOINE: 1645 chemin du Chenal-du-Moine, Ste-Anne-de-Sorel (743-8446, Mil 393-9022)— « Sous-sol è louer.de An- thony Marriott et Bob Grant, traduction et adaptation Robert Lavoie, m.en s.André Montmorency, à compter du 12 juin, sem.20h.30, sam.21 h.THEATRE DE LA CHÊVRERIE: route 263, St-, Fortunat (819-344-5550)— • Je n'aime que toi » de Renée Taylor et Joseph Bofogna, du 24 juin au 29 août THÉÂTRE CHEZ BRAZEAU: Rang St-Charles, Papineauville (819-427-5611 )— « Un cadavre A l'en-' (racle » de Pierre-Yves Lemieux, m.en s.Serge Paquette, du 25 juin au 8 août, jeu.au sam.à 20h.THEATRE DE LA DAME DE COEUR: 611 rang de ta Carrière, Upton (514-549-5828)— • Histoire, fantastique d'une nuit blanche » de R.Blackburn, du 19 juin au 23 août THÉÂTRE DES ÉRABLES: 870 Montée Laurin, St-Eustache (473-3357)— < J'réve d'ètre vedette » du 19 juin au 30 août, mer.jeu.20h.30, ven.sam.à 21 h.THEATRE D'ÉTÉ DE BELOEIL: 600 rue Richelieu.Beloeil (464-4772)— « La chatte et le hibou » de Bill Manhoff, m.en s.Fernand Rainville, à compter du 23 juin, mar.au sam.à 20h.30 THÉÂTRE D'ÉTÉ LES FEMMES COLLIN: 248 rang des Continuations, St-Esprit (514-839-6105, 589-4552)— • Ti-Cul Lavoie journalier » de Bertrand B.Leblanc, m.en s.Yvon Leroux, du 12 juin au 29 août, mer.au sam.à 20h.30 THÉÂTRE D'ÉTÉ DE ST-OURS: 2555 rang du Ruisseau, St-Ours (1-785-2732)— Le Théâtre Optique présente « C'est-y-clair, joualvert ! » de Julie Poulin et Catherine Jatbert, m.en s.Michel Vatls, du 19 juin au 6 sept., ven.sam.dim.à 20h.30 THEATRE LA GRANGE DES SOEURS DE MARIEVILLE: sortie 37, autoroute des Cantons de l'Est, Marieville (460-2161, Mil 447-6026)- < Du sang bleu dans tes veines » de Georges Dor, m.en s.Septimiu Sever, du 2 juin au 31 août, mar.au ven.à 20h.30, sam.19h.et 22h.THEATRE LAC BROME: 267 Knowlton Road, Knowlton (243-0361)— « The Mystery ol Irma Vep » de Charles Ludlam, m.en s.Jack Langedijk, du 17 juin au 11 juillet, mar.au sam.à 20h.30, matinées tes mar.et jeu.à 14h.THÉÂTRE DU MANOIR DU LAC DELAQE: 40 ave du Lac, Lac Delage (848-1818)— • Flagrant délire » de Jack Sharkey et Leo W.Sears, m.en s.Jacques Lessard, du 12 juin au 29 août, mar.au sam.à 20h.30 THEATRE DE MARJOLAINE: Autoroute des Cantons de l'Est, sortie 106, Eastman (514-297-2860 et 297-2862)— « Premières de classe » de Casey Kurtti, traduction de Michel Tremblay, m.en s.René Richard Cyr, du 27 juin au 22 août.mar.au ven.à 20h 30.sam.19h.et 22h„ dim.è 20h.THÉÂTRE MOLSON: 191 chemin du Domaine, autoroute 40, sortie Berthier, St-Gabriet-de-Brandon (835-3441 )— » Urgence en folle » texte et m.en s.Larry-Michel Demers, du 17 juin au 5 sept.THÉÂTRE MONT-AVILA: Chemin Avila, Piedmont (349-4426)— « Chômage » du 19 juin au 8 sept., mar.au dim.THEATRE PALACE DE GRANBV: Granby (Mtl 935-5161, Ext.1-800-361-8020)- .Fleurs d'acier.traduction et adaptation de François Tassé, m.en s.Michèle Magny, du 26 juin au 29 août, mer.au sam.à 20h.30 THÉÂTRE LE PATRIOTE: 21 est Préfontalne, Ste-Agathe (819-326-3655, Mtl 861-2244)- « Décroche-moi ta lune » de Lawrence Roman, m.en s.Monique Duceppe, du 19 juin au 6 sept., mar.au ven.à 20h.30, sam.à 19h et 22h THÉÂTRE PIGGERY THEATRE INC.: North Halley (819-842-2431)— « Bedside Manners » de Derek Benfield, m.en s.Perry Schneiderman, du 24 juin au 25 juillet— « Perfect Crime » de Warren Manzi, m.an s.Brian Dooley, du 30 juil.au 29 août.THEATRE PONT-CHATEAU: autoroute 20, sortie 17, Côteau-du-Lac (456-3224)— .Qu'est-ce qu'on va faire avec » de Bertrand B.Leblanc, m.en s.Yvan Canuel, du 2 juin au 29 août, mar.au ven.è 20h.30,sam.19h.et 22h.THEATRE DE STE-ADÉLE: 1069 boul.Ste-Adèle, Ste-Adèle (514-229-7611, Mtl 393-9070)- .Les dix petits nègres » du 13 juin au 22 août, mar.au ven.à 20h.30, sam.19h.et 22h.30 THÉÂTRE DE ST-SAUVEUR: 22 rue Claude, St-Sauveur (514-227-8466, Mtl 430-1812)- .Ce soir on danse » à compter du 12 juin, mar.au ven.à 20h.30, sem.19h.et 22h.30 THEATRE DE LA SUCRERIE: 1292 chemin du Théâtre, Casselman (613-764-5580)— » Week-end de rêve » de Jeanne et Sam Bobrick, m.en s.Richard Niquetle, du 26 juin au 5 sept., mer.au sam.â 20h.30 THÉÂTRE DU VIEUX ROCHER: 15.6e ave.Grand-Mère (819-538-1716)— • Un mari à tout prix » de Donald Chruchill, adaptation Robert Lavoie, m.en s.Claude Colbert, du 17 juin au 29 août, mar.au ven.à20h.30, sam.à 21 h.THÉÂTRE DU VIEUX-TERREBONNE: 867 rue St-Pierre, Terrebonne (492-4777)— • Harold et Maude » de Colin Higgins, m.en s.Jacques Rossi, du 17 juin au 29 août, mer au sam.è 20h.30 THEATRE DE LA VILLE: 180 est de Gentilly, Lon-gueuil (670-1616)— « La mandragore > de Jean-Pierre Ronlard.m.en s.Jacques Rossi, du 25 juin au 29 août, mer.au sam.è 20h 30 La télévision du lundi soir en un clin d’oeil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 OOhOO o Eff* Ce soir L’enter c’est nous autres Des jardins d’aujourd’hui L’or et le papier p La loi de Los Angeles LeTéléioumaip LePoInl/météoTaport L’enferc’est nous autres Cinéma : L'lntws—ft.84 Avec Marie Dubois rsr, WCAX (CBS) Burlington News News p The Golden Girls p Evening p Shade Major p Dad Murphy p Brown Grapevine Northern Exposure p News Sweating Bullets r«in WPTZ(NBC) LaU Plattsburgh News News p Jeopardy!p Wheel of Fortune p The Fresh Prince.p Blossom p Cinéma : Assault and Matrimony-Am.87 Avec Jill Elkenberry et Michael Tucker News The Tonight show p rm CBMT(CBC) Montréal Newswatch CBC Newsmagazine Ear to the ground p The Fresh Prince.p Northwoodp Howie ip The National p The Journal News Newhartp Welcome back.•bit LeTVAÇ éd.18 tires Jeopardy! Secrets de famille Un homme au loyer Minisérie : Les secrets de ms vie Fautsux.Prise 2 Le TVA p éd.réseau TVAp sports Loterie (23M5) (EST1 Puise p Entertainment Tonight Thep Simpsons Tarzan p Murphy p Brown The Jim Thorpe Pro Sports Awards p News p News ArsenloP Hall Show TV5(Té)é Francophone» Performance Espace francophone Journal deTFI Vision 5 Raison de plus Minisérie : (1ère/7) La Dame de Monsoreau Courts métrages Mémoires d’un object)! (3e/4) Hôtel Journal deFR3 «mar Passe- Partout L’étalon noir Le monde merveilleux de Disney Omniscience Route des vacances Beau et chaud Cinéma : Opéra Do Malandro —Fr.86 Avec Edson Celulart et Claudia Ohana m SS’” Musique vidéo Fax: LTnloplus Rock Velours VJ : Sonia Benezra En ligne Musique vidéo «HP News News p Star Trek p FBI: The Untold.Rites ot Passage The Jim Thorpe Pro Sports Awards p News Nightllnep Commercial Programs m sa 1 19h / Spotlight / The Seattle Scene Fax Big Ticket /Simply Red 211)10 / Vldéoflow VERMONT iül ETV(PBS) The MacNeil-Lehrer Newshour p The Nightly Business.Focus on Britain The New Enemployed P.0.V, Cinéma dD Mcmtréal La roue chanceuse Zizanie Dossiers mystères Cinéma : Assistance i femme en danger - Avec Burt Reynolds e< Uza Minnelli -Am.87 Coup de foudre Le Grand Journal Sports plus Sports plus extra Cinéma WCFE (PBS) 17 h/Children Programs The Nightly Business.The MacNell-Lehref Newshourp Mathnet : The Case ol The Galling Stones p You don’t Have to Die Cinéma : Common Threads : Stories Irom The Quilt-Am.89—Documentaire Easterners Great Journeys p CULTURE ET SOCIETE Le Devoir, lundi 6 juillet 1992 BARBARA DENNERLEIN La nouvelle coqueluche du Festival de jazz Sylvain Cormier EFFET de mode, le renouveau de la B-3 ?Vélléités de baby-boomers nostalgiques ?Certes pas sous les doigts magiques de Barbara Dennerlein qui, au Spectrum samedi soir, a ré-splument mené le vénérable instrument là où il n’était jamais encore allé.Par B-3, entendez l’orgue Hammond B-3, une curieuse bête à sonorité unique, surtout due aux vibrations singulièrement chaleureuses de l’ampli Leslie, appendice indispensable.Artefact des années 60, instrument fétiche des Felix Cavalière, Booker T.Jones et bien d’autres rhythm’n'blueseux, ainsi que de maints jazzeux, tels Jimmy Smith et Larry Young, la B-3 n’a jamais vraiment chômé depuis l’époque glorieuse, mais on avait bien l’impression d'en avoir fait le tour.Jusqu’à ce que la belle Allemande, nous prouve le contraire.Samedi, grâce à la présence de Joey DeFrancesco — un autre revivalist de la B-3 — en première partie, on a pu mesurer la distance parcourue par Dennerlein du monde connu aux galaxies inexplorées.Pas manchot, le jeunot Joey, une sorte de musée vivant de la B-3, capable d’assumer un groove r’n’b plus qu’entraînant, mais aussi de s’enliser dans les ballades comme un organiste de centre d’achat.Bref, il donnait le point de départ, résumant le meilleur et le pire du passé.Dennerlein, radieuse, princière, enjouée, charmante et j’en passe, avait trimbalé pour l’occasion sa propre B-3 trafiquée - branchée au système MIDI - et son jeu de pédales reproduisant par échantillonnage toute la richesse sonore d’une contrebasse.Femme-orchestre, il fallait voir son (joli) pied gauche se promener avec une précision et une vitesse inhumaines sur les pédales alors que ses mains chatouillaient, câlinaient, trituraient les deux claviers.Le corps, l’esprit et l’instrument en parfaite symbiose.Idéalement entourée par son duo guitare-batterie habituel, et par ce grand « saligaud » de Ray Anderson, le trombone glauque, le geste salace et l’oeil luisant, Dannerlein avait la fusion inciendiaire, rassemblant sous la coupole jazz, entres autres genres, une pétillante samba-salsa (Dancing Shoes), un redoutable funk ( Wow) et deux blues dangereusement sensuels, dont le premier, Stormy Weather Blues, confinait au pornographique, et le second, en duo avec DeFrancesco, rouvrait la querelle des anciens et des modernes, un âpre débat à finir.Donnerlein, nouvelle coqueluche de Festival ?Elle a mon vote.PHOTO SSIRUS W.PAKZAO Barbara Dennerlein sur son clavier.Les antipodes du Festival PHOTO DAVID PERRY Strunz & Farah Pascale Tontoreau DIFFICILE de comparer des genres qui ne devraient jamais l’être.Seulement, quand, dans la même soirée, on assiste à une performance de L.Shankar et à un spectacle de Strunz and Farah, on ne peut s’empêcher de mettre en évidence un parallèle qui n’existera jamais.D’une part, L.Shankar, originaire de Madras, joue d’un espèce de double violon.Il est seul sur scène.Seul avec son ordinateur.Seul avec son regard perdu, sa tasse d’eau bouillante, sa musique inaccessible réservée aux amateurs inconditionnels d’ésotérisme musical.Quand il joue de son drôle d’instrument, tous les préjugés tombent.Shankar est d’abord et avant tout un violonniste incomparable.Il va même jusqu’à se retourner l’avant-bras gauche — ou était-ce bien une illusion d’optique ?— pour gratter les cordes du violon supérieur pendant que l’archet courait sur l’axe inférieur.Mais il y a la technologie.Encore une fois, et au risque de me répéter, il y a des musiques qui s’écoutent mieux qu’elles ne se regardent.Voir Shankar poser sa cartouche préprogrammée dans l’ordinateur, voir Shankar démarrer la boîte à rythme.La boîte à rythme ?Ça me rappelait le métronome détesté de mon enfance ! Non, décidément, je préfère le méditatif dans mon sa- lon.Aux antipodes de cette musique impénétrable, le duo de guitaristes Jorge Strunz et Ardeshir Farah.Le premier est Costaricain, le second Iranien.Le premier, virtuose de la guitare acoustique, a décidé de se consacrer à son instrument dès le plus jeune âge.Le second, tout aussi habile, a complété des études en génie civil avant de se consacrer à son instrument.Tous les deux, accompagnés de Tiki à la batterie, Guillermo Guzman à la basse, et du Cubain Long John Oliva aux congas, nous ont offert un concert qui n’a pas été long a susciter l’euphorie au Spectrum.Parfois très proche du flamenco, avec Caracol extrait de leur second album Américas, ils frayent aisément avec un jazz plus fusion dans Selva extrait du meme album.Non seulement la guitare acoustique est, au départ, un registre accessible.Mais si l’on y ajoute la richesse d’un style gitan, négligemment comparé à celui des Gypsy Kings, et l’incroyable vélocité du jeu de Strunz et Farah, on obtient un spectacle généreux qui convainc sans réserve.JAZZILOQUE Ondines DIRE qu’il y a quelques années, une jeune femme me demanda avec ingénuité si j’étais bien ce Gilles Archambault qui était à Montréal à la tête d’une ou deux discothèques.« Après tout, me dit-elle, vous vous occupez de jazz.» J’ai repensé l’autre soir à cette anecdote.J’étais au Spectrum, ayant pour quelques heures délaissé la rue, qui avait l’humeur pluvieuse.Terence Blanchard se retirait justement vers l’arrière-scène, laissant la place à Sam Newsome, son saxo.Les deux avaient cette fraîcheur inestimable que visitent les jazzmen en verve.J’étais heureux, je venais même d’apercevoir mon fils un pu plus loin qui dodilenait de la tête.Le pre en moi était comblé puisque la musique était belle et bonne, que de surcroît la bière fraîche et que ma place conquise de haute lutte dans une forêt de tables et de chaises était tout à fait raisonnable.On nous avait annoncé d’entrée que le concert serait enregistré pur une diffusion ultérieure a la télévision.Un cameraman juché sur une grue régnait sur la salle.C’est alors que m’est revenu le souvenir de la dame aux discothèques.J’ai beau aimer le jazz, y avoir consacré beaucoup de temps, y avoir englouti des sommes qui m’auraient permis l’achat d’un yacht luxueux, d’une villa en Méditerranée et de quelques pierres de l’immeuble du DEVOIR, jamais je n’aurais pu mettre sur pied un Festival, petit ou grand.Les musiciens jouaient.Ils étaient cinq.Deux cameramen, en plus de l’autre, les poursuivaient sur leur terrain.À un certain moment, l’un d’entre eux fit quelques sauts si agiles pour s’approcher du contrebassiste qu’on aurait dit une antilope galopant dans une stepp.La foule applaudit.Mais, c’était pour manifester son contentement à la suite d’un solo.Organiser un festival signifie que vous pnsez aussi à l’antilop, a la location de la salle, aux salaires à verser.Je ne saurais pas.Les musiciens, pareil.Vous croyez qu’il croyait qu’une caméra le traquerait un jour, le Terence, quand il s’est mis à apprendre le piano ?Non, il avait probablement la tête à Chopin et les doigts à Schumann.Un cameraman dans ma soupe, je ne tolérerais pas.C’est donc visité par de puissantes interrogations métaphysiques que je quittai le Spectrum.Il pleuvait de plus FESTIVAL Gilles Archambault belle.Tout de suite, je me répétai qu’organisateur de festival, je ne saurais m’habituer aux caprices du climat.Mon festival, je le ferais aux Bermudes ou aux Marquises.Si je me laissais entraîner à mettre sur pied quelque épluchette de blé d’inde que ce soit, au profit d’une quelconque association de misanthropes, je louerais le Forum ou l’Oratoire.Rien à l’extérieur dans ce pays sans été.Une pluie idiote et obstinée s’était installée.Les visages étaient maussades.On se faisait la gueule sous les parapluies.Je me suis approché du chapiteau où devait se produire le quatuor de Andy Middleton, les chaussures déjà imbibées d’eau.Il faut dire qu’elles sont trouées, pas nécessairement à cause de l’état d’impécuniosité dans lequel m’ont plongé les dépenses dont je faisais état plus toi.Mes humeurs étaient sombres.Pour me consoler, j’eus une pensée émue pour les savantes arabesques de Gonzalo Rubalcaba.J’ai dû sourire.On ne sourit pas quand on est seul.Un Américain à l’oeil méchant et à la chemisette plus inquiétante encore me toisa sans complaisance.Je n’ai pourtant pas l’air cubain.Il était temps que je rentre à la maison.Je me suis couché tôt, rongé par les remords.Je n’avais pas accompü mon travail jusqu’au bout.Maudites chaussures ! Le commis avait trop insisté, elles me donneraient l’air jeune.Les rhumatismes alors ?Le sommeil ne vint pas facilement.Quand enfin j’y succombai, il me sembla qu’un cameraman me poursuivait armé d’un lance-flammes et que je m’enfonçais dans des sables mouvants.Je me suis procuré des bottes.Vraiment à l’épreuve de l’eau.C’est ce que m’a assuré le même commis.« Avec la vie que vous menez »>, m’a-t-il dit.EN BREF.Des milliers d’abonnés à l’OSM L’ORCHESTRE symphonique de Montréal (OSM) n’est pas peu fier : près de 12 600 personnes se sont déjà abonnées à l’une pu l’autre des séries de concerts de la prochaine saison, chiffre à peu semblable à celui de l’an dernier à la même époque.Les organisateurs de la campagne d’abonnements sont très contents car les dégâts de la récession sont limités.Le personnel de l’Orchestre, il faut dire, a tout fait pour séduire les Montréalais en instaurant des abonnements à la carte qui permettent de choisir ses concerts parmi plusieurs séries.Des Tibétains en colère LES CANADIENS d’origine tibétaine sont bouleverses par la présence d’une troupe chinoise d’art tibétain au Festival mondial de folklore de Drummondville.Ils ont d’ailleurs manifesté leur opposition à cette présence, à l’ouverture du Festival vendredi.Les Tibétains veulent ainsi rappeler que le Tibet n’est pas une minorité heureuse de la Chine mais un pays occupé revendiquant son indépendance, et soumis à de nombreuses violations des droits de la personne.Radio-Jazz LA RADIO-JAZZ est au poste.Pour une quatrième année d'affilée, une fréquence hertzienne a temporairement pris les ondes montréalaises.De 11 h à 13 h, puis de 17 h à 19 h, Radio-Jazz reçoit des invités et fait le bilan quotidien de la programmation du Festival.De 13 h à 15 h puis de 19 h à 23 h, les animateurs rencontrent leurs musiciens préférés du Festival, les faisant parler sur leur vie et leurs passions.Et des spectacles et encore des spectacles.Il faut syntoniser le 91,3 sur la bande M F.Radio-Jazz peut être entendue au coin des rues Bem et Sherbrooke.Un créateur de lumière est honoré L’ÉCLAIRAGISTE-RÉGISSEU R Jean Philippe Trépanier vient de recevoir le 24e Prix Jacqueline-Lemieux décerné deux fois par année par Le Conseil des Arts du Canada à un candidat en danse.M.Lemieux s’est fait remarquer pour son audace et son ouverture, notamment avec ses éclairages pour Chagall de Ginette Laurin, ses trouvailles techniques pour 3-4 fois par jour de Daniel Léveille et son originalité pour Brûler de Paul-André Fortier.Depuis 1980, c’est la première fois que le prix est décerné non pas à un danseur ou un chorégraphe mais à un « créateur de lumière ».Le Conseil de presse dénonce le Sénat LE CONSEIL de presse du Québe déplore le « précédent regrettable » qu’a créé le Sénat en examinant l’authenticité des informations contenues dans la série L'honneur et le mépris, diffusée il y a quelques mois sur les ondes de Radio-Canada et de CBC.« Il y a là une intrusion gouvernementale inacceptable », écrivait il y a quelques jours le directeur général du Conseil, M.Jean-Paul Sabourin.La série portait sur le rôle des militaires canadiens durant la Seconde Guerre.Des anciens combattants n’ont pas aimé et ont manifesté leur colère au sous-comité du Sénat sur les affaires des vétérans, qui a tenu des audiences sur l’affaire.Si des résonnes estiment que leur droit l’information a été lésé, souligne le directeur général du Conseil de presse, elles devraient s’en remettre aux organismes gouvernementaux constitués pour entendre leur plainte, non pas au Sénat.L’excellence locale Festival international de Lanaudière Donna Brown (soprano, Gabriel, Ève), Mark DuBois (ténor, Uriel), Michel Ducharme (baryton-basse, Raphaël, Adam), Luc Beauséjour (clavecin), Alain Aubut (violoncelle), le Choeur de Lanaudière et les Chanteurs de la Place Bourget, l’Orchestre du Festival, dir.Jacques Lacombe : Haydn : Die Schopfung (La Création) Hob.XXI : 2.Vendredi 3 juillet, Amphithéâtre de Joliette.Carol Bergeron APRfiS quelques tentatives de départ, le Festival international de Lanaudière démarrait fièrement sa 15e saison par un concert des plus réussis qui, en dépit du temps pluvieux et frisquet qui sévissait vendredi soir, attira de nombreux amateurs de chant choral.C’est au jeune chef trifluvien Jacques Lacombe que l’on avait en effet confié la direction du magistral Oratorio La Création que Joseph Haydn écrivit pour trois solistes, choeur mixte et orchestre dans l’esprit des grands chefs-d’oeuvre de Handel.Cet été, par un évident souci d’économie, le Festival a surtout misé la carte de l’excellence locale.Par le passé, un programme de cette envergure aurait fait appel à un chef et à des solistes américains ou européens.C’était là une manière tout à fait défendable d’amener ici certaines vedettes de l’heure.des vedettes qui coûtent cependant fort cher.Cela dit, il arrive parfois que pour être moins spectaculaires les moyens ne sont pas moins efficaces.Tout repose alors sur la manière d’agencer les éléments, et dans le cas présent, de mettre au service de La Création, l’effectif vocal et instrumental qui convient le mieux aux circonstances de l’exécution.Il n’aurait pas fallu ici répéter l’erreur du concert précédent (celui donné à l’église de Saint-Jacques) qui avait chichement privé de sa magnifique parure orchestrale le Requiem de Maurice Duruflé.Il convient de préciser que les deux événements avaient en commun l’emploi d’une masse chorale formée essentiellement de musiciens amateurs (le terme étant utilisé dans son sens noble).Il restait donc aux organisateurs du Festival de l’encadrer adéquatement, ce qui fut raté mardi soir et fort bien vendredi soir.VOratorio de Haydn qui, faut-il le rappeler, n’est pas aussi religieuse- ment orthodoxe que son titre le laisse croire, décrit la création du monde telle que vue par trois témoins, les anges Raphaël, Uriel et Gabriel.Ces trois narrateurs servent en quelque sorte de médiateurs entre la création de la lumière et la beauté du couple humain.Tout s’achève dans la félicité du paradis terrestre car, nous dit le musicologue Reinhard Schulz, La Création est une profession de foi en faveur d’une existence heureuse, d’une vie qui fait passer au premier plan l’unité et la dépendance réciproque de l’homme (être créé) et de la nature (également créée).On croirait y reconnaître là une pensée aussi contemporaine qu’écologique.Les annales parlent d’une célèbre exécution qui eut lieu à l’Université de Vienne le 27 mars 1808 en présence du compositeur.Les choristes y étaient en nombre réduit, seulement 32, et, détail intéressant, les sopranos et les altos étaient chantés .par de jeunes garçons.Pour impressionner l’auditoire de l’amphithéâtre de Joliette, il fallut rassembler un choeur pour le moins inflationniste de 184 voix d’hommes et de femmes.Toutefois, cela ne sembla pas gêner Jacques Lacombe qui sut imposer une discipline rigoureuse à toutes ces voix et à l’orchestre qui les soutenait.À 26 ans, ce jeune chef s’affiche déjà comme un des talents musicaux les plus prometteurs du Québec.Dirigeant la partition de mémoire il fit preuve d’une technique remarquable, d’une compréhension étonnante et d’une sensibilité admirable.Après une introduction instrumentale encore trop imprécise dans ses traits, l’oeuvre émergea par la suite d’une j lecture éminemment intelligente.Donna Brown fut incontestablement des trois solistes la révélation.D’un timbre pur, léger et limpide, celui d’un ange, la soprano canadienne subjugua tout l'auditoire.Son Aria « Nun beut die flur das frische grün » (Alors les prés offrirent la verte fraîcheur) fut un véritable enchantement.Sa prestation laissa dans l’ombre celle de son compatriote le ténor Mark DuBois, particulièrement imprécise dans les Récitatifs.Le baryton-basse québécois Michel Ducharme se signala par la beauté du timbre et la musicalité de son travail.Avec sa collègue Brown, il forma un duo idéal dans la troisième partie de l’ouvrage où les anges Raphaël et Gabriel se métamorphosent en Adam et Eve.Au jour le jour ?Le saxophoniste alto Frank Morgan vient d’enregistrer un album avec trois des plus fins pianistes de la planète jazz, soit Roland Hanna, Frank Morgan et Barry Harris.Ce soir, pour la première fois depuis le terme de cette session, il se produira en compagnie de ces gentlemen à 18 h au Théâtre Maisonneuve.À noter qu’il reste peu de billets.?Il y a moins d’une semaine, Stephen Barry accompagnait le vieux Pientop Perkins.Ce soir à 20 h, à la Place Fred-Barry située à deux pas de l’angle Maisonneuve/Jeanne-Mance, notre bassiste favori chantera Shake Your Hips.C’est une certitude.Alors.?L’engouement du public pour le chanteur nigérien King Sunny Ade est tel, qu’une supplémentaire a été prévue pour ce soir à 21 h au Spectrum.Le show que doit donner John Lee Hooker à la salle Wilfrid-Pelletier affiche complet.?Originaire de Winnipeg, le pianiste Bernie Senensky a accompagné tous les grands jazzmen qui font une halte à Toronto où il a élu domicile.Ainsi, Phil Woods, Elvin Jones, Dizzy Gillespie et plusieurs autres ont fait appel à ce musicien qui se produira ce soir à 19 h à l’amphithéâtre Diet-Pepsi situé sur le boulevard Maisonneuve.Portes closes à la Art Gallery Anne-Marie Tobin de la Presse canadienne TORONTO — Nous sommes au beau milieu du mois de juillet et, à ce temps-ci de l’année, les touristes devraient défiler, nombreux, dans les salles d’exposition de la Art Gallery de l’Ontario, située en plein coeur du quartier chinois de Toronto.Mais les portes du musée d’art — qui est un des plus importants au Canada — se sont refermées samedi et ses 244 employés, incluant les conservateurs, les directeurs, les agents de sécurité et les préposés à la billeterie ont été mis à pied.Pendant les sept prochains mois, les amateurs d’art ne pourront admirer la collection de sculptures de Henry Moore, les oeuvres d’art inuit et les collections historiques d’art canadien.« C’est la première fois qu’un musée de cette importance ferme ses portes pour une période aussi longue », a déclaré Mimi Gaudieri, directrice de l’Association des directeurs de musées d’art, à New York.Depuis qu’elle a été annoncée, la décision a donné lieu à des débats plus ou moins stériles.On en revient invariablement à l'argent, au manque d’argent, plus précisément.D’un doigt accusateur, on a cherché à imputer à quelqu’un la responsabilité des malheurs du musée, sur les ondes des stations de radio, dans les pages éditoriales ou encore au parlement.Les décisions de la ministre néo-| démocrate de la Culture, Karen Has-j lam, sont au coeur de ce débat.! Son ministère a en effet été frappé ! par des compressions budgétaires de 6 millions $ — conséquence de la récession qui frappe durement la province.Mme Haslam a donc été forcée de distribuer parcimonieusement des subventions bien inférieures à ce que demandaient les organismes culturels.Le libéral Ian Scott a traité la ministre de « Cendrillon » avec un mépris non dissimulé.Mme Haslam a également été la cible de nombreuses critiques voulant qu’elle ait cherché à pénaüser des institutions culturelles perçues par certains comme « élitistes ».Le musée, une institution de 92 ans, et le gouvernement se sont engagés dans une véritable guérilla de relations publiques, l’un cherchant à prouver que l’aide de 9,5 millions $ reçue cette année par le musée constitue une réduction de ses subventions et l’autre, une augmentation.En fait, cette somme représente une hausse d’un million par rapport à son financement de base de l’an dernier, qui s’élevait 8,5 millions $.Le' musée a toutefois reçu l'an passé une subvention ponctuelle de 4 millions $, ce qui portait l’aide totale obtenue à 12,5 millions $. 12 U Le Devoir, lundi 6 juillet 1992 EDITORIAL Le plat de lentilles ILS ont beau minauder, faire comme s’il leur manquait un je-ne-sais-quoi, avoir le triomphe modeste et par là prudent, les prosélytes du Sénat triple E ont contre toute attente renversé les résistances.Des neuf constituants provinciaux réunis vendredi en sommet à Toronto, l’Ontario seule se cabre encore.Mais vacille et consent à étudier.C’est plus qu’il n’en faut pour légitimer cette nouvelle version d’une réforme sénatoriale où le Québec a tout à perdre.Un beau gâchis.Et un hallucinant développement dans une saga où l’absurde puise encore à d’infinies ressources.Quelques jours avant la réunion de Toronto, le premier ministre ontarien, M.Rae, suppliait ses collègues de penser leur impasse en termes québécois.Il faut, disait-il en substance, donner aux électeurs québécois une alternative canadienne concrète à la souveraineté.Que le Canada se présente réformé, acceptable, vivable, attrayant même.Et la réponse vint : un Sénat élu, redoutablement efficace, et si égal que le Québec, à terme, y comptera pour à peine un peu plus que rien.En quittant la réunion de Toronto, M.Rae avait l’air médusé, et pour cause.Comme il n’a jamais voulu tuer dans l’oeuf cet échafaudage antidémocratique, le premier ministre du Québec, M.Bourassa, se retrouve devant le scénario fédéraliste le plus invendable de tous.Il n’a d’autre choix, aujourd’hui, que de le refuser tout net.Sans faire durer le suspense en prétendant s’intéresser aux détails, comme c’est son exaspérante habitude.Et il devra le faire pour deux raisons qu’aucun bricolage de triple E ne pourra esquiver.D’une part, le Québec ne saurait accepter qu’au renforcement du pouvoir provincial — qu’il a toujours cherché — on substitue un succédané qui renforce en fait les institutions fédérales.D’autre part, la formule du Sénat triple E n’a jamais eu d’autre fondement, d’autre objectif, d’autre fonction que l’affaiblissement des provinces centrales, Québec et Ontario.C’est son esprit, son essence, la raison de son existence.Seul un gouvernement québécois suicidaire pourrait y concourir.La longue et durable indifférence du Québec à la réforme du Sénat n’est pas un simple accident de l’histoire.Elle tient à la façon même dont le Québec a envisagé la refonte de la constitution canadienne, depuis des décennies.Sous toutes leurs variantes, les propositions québécoises successives cherchaient es-f-sentiellement une chose, l’élargissement de la marge de manoeuvre de l’État-québécois.C’est pourquoi la revendication québécoise était centrée sur la récupération des champs de pouvoirs envahis par le gouvernement central, et sur l’accroissement des compétences provinciales, notamment par l’occupation de champs nouveaux ou mal définis en 1867, comme la culture et les communications.D’autres régions du pays ont été parfois tentées de suivre le mouvement.Au temps de la richesse pétrolière et de la prospérité agricole, le province buiding était un courant fort à l’Ouest.Mais les chocs économiques ont eu raison de cet optimisme.Attribuant tous leurs malheurs à des initiatives fédérales défavorables aux provinces moins populeuses, les provinces de l’Ouest ont préféré s’attaquer à ce qu’elles voyaient comme une conspiration Québec-Ontario pour les exploiter via les Communes.Elles ont rêvé d'un mécanisme qui pourrait bloquer ces mouvements venus du centre.Ainsi est née l’idée d’un Sénat élu, efficace, égal.Il ne s’agissait plus d’accroître son pouvoir, à la façon du Québec, mais d’exercer une résistance efficace à celui d’autrui.Le Québec n’étant pas une « petite » province, cette stratégie lui était complètement étrangère.Même les plus zélés des fédéralistes québécois, et parmi eux le chef du Parti libéral du Canada, M.Jean Chrétien, n’ont jamais souhaité une réforme selon le modèle du triple E.Pour des raisons obvies.Tout au long de l’histoire de la Confédération, on n’a La formule de Toronto est irrecevable cessé de vendre le Canada aux Québécois en leur faisant valoir qu’ils jouent, au sein du gouvernement fédéral, un rôle majeur.Que l’importante représentation québécoise aux Communes peut infléchir toutes les politiques canadiennes, se rendre à peu près indispensable à tous les consensus, tenir entre ses mains le sort des grands partis pour lesquels le Québec devient electoralement incontournable.Mais l’élection de sénateurs capables de bloquer les projets des Communes, sur la base d’une représentation égale par province, défait d’un seul coup cet argument plus que centenaire.Selon la formule évoquée à Toronto, le Québec disposerait de huit élus sur quatre-vingts, et bientôt sur cent quatre, puisque le Yukon et les Territoires seront rapidement appelés à former trois nouvelles provinces.Son influence aux Communes serait enfin neutralisée.Le nouveau Sénat ayant le dernier mot sur tout, sauf sur les lois à caractère financier, on ne pourrait trouver de moyen plus efficace de faire enfin du Québec, à tout jamais, « une province comme les autres ».Rien n’est plus troublant que de voir le premier ministre du Québec, M.Bourassa, et son ministre des Affaires intergouvemementales, M.Rémillard, prolonger le malentendu en prétendant devoir se demander si cette formule « affaiblit le Québec ».Quand elle n’a d’évidence d’autre but que de le casser, comme le reconnaissait si ouvertement le premier ministre de Terre-Neuve, Clyde Wells, au bord de l’hystérie dans sa tirade contre les provinces centrales, à l’entrée de la réunion de Toronto.Toute la littérature du triple E, bien connue du gouvernement du Québec, n’a jamais dit autre chose.Quant au petit truc de maquillage mis au point à Toronto, une majorité variable selon les lois à étudier, il ne saurait longtemps tenir la mer.Il faudrait 50 % des voix sénatoriales pour bloquer un projet de loi touchant les compétences provinciales, 60 % pour les compétences partagées, et 75 % pour les sujets de compétence fédérale.Primo, c’est un cauchemar : le récent projet de loi C-13, sur l’évaluation environnementale, était-il de compétence provinciale, partagée, ou fédérale ?Faudra-t-il appeler constamment la Cour suprême à la rescousse pour en décider ?Et deuzio, les sénateurs québécois qui s’y opposaient ont été défaits sans coup férir.Car même les provinces qui veulent un Sénat capable de bloquer les Communes ne s’opposent pas nécessairement à l’envahissement fédéral dans leurs plates-bandes.Il leur arrive souvent de le désirer, comme c’est le cas en éducation, en affaires sociales, en santé.Que la majorité requise soit de 50 % ou de 75 %, le Sénat pourrait aisément donner le feu vert à des charges fédérales que le Québec, avec moins de 10 % des voix, n’aurait qu’à regarder passer.Pour ajouter l’insulte à l’injure, on « offre » au Québec une « double majorité » pour les projets de loi touchant les questions linguistiques.Comme s’il s’agissait d’une protection ! Ce que cela signifie, en pratique, c’est que les malheureux sénateurs québécois, s’ils favorisent ou rejettent une mesure linguistique, devront chaque fois s’allier une majorité de sénateurs canadiens, c’est-à-dire une quarantaine de sympathisants .Non seulement on pousse le Québec dans un infime réduit, mais encore on l’oblige à s’agenouiller devant le reste du Canada.Belle chambre du chantage permanent.Tout ceci est un vaste dégât, au mieux une blague à laquelle M.Bourassa doit mettre une fin.Et on veut bien que M.Rémillard soit allé « représenter le Québec » au stampede de Cal-gary, mais il n’a pas à jouer au cow-boy pour autant.Il doit dissiper au plus tôt l’impression qu’il y a laissée quand il a fait miroiter son adhésion à un tel Sénat, contre la récupération du droit de veto du Québec.Car ce mythique « droit de veto », rappelons-le, sera désormais aussi utile qu’une potiche.Il ne porterait que sur d’éventuels changements aux institutions fédérales, et ce n’est pas demain qu’on en verra d’autres.Ce que disent les Wells et Getty de ce monde, magnanimes, c’est qu’ils veulent bien l’accorder au Québec, mais après la présente réforme des institutions, qu’ils espèrent bonne pour mille ans.Si le Québec acceptait un Sénat triple E pour acquérir le droit de veto, il troquerait littéralement son droit d’aînesse pour un plat de lentilles.On n’ose même pas y penser, ni penser que notre premier ministre pourrait y penser.LISE BISSOISNETTE LETTRES ACI DEVOIR Une grande artiste VENDREDI LE 12 juin, Louise Lallaye, une artiste de théâtre exceptionnelle, quittait la scène.Si le théâtre québécois pour adultes peut compter sur un ensemble d'artisans polyvalents qui ont permis de bâtir une dramaturgie originale, il en est de même de la dramaturgie pour jeunes publics.En tant que comédienne, metteur en scène et dramaturge, Louise Lallaye qui disparaît, à 40 ans, est une des artisanes de premier plan de ce dynamisme exceptionnel qu’a connu le théâtre jeunes publics depuis 10 ans.Tour à tour pilière de l’AQJT, des festivals jeunes publics, de la Maison-Théâtre, du CQT, des compagnies le Gros Mécano, La Rallonge, Le Gyroscope, le Théâtre de l’Oeil, l’Arrière Scène, le Théâtre de la Ville et le Théâtre de Quartier, elle s’est distinguée particulièrement comme dramaturge, met-teure en scène et directrice artistique.De plus, elle a fait carrière comme scénariste à la télévision dans les émissions pour la jeunesse Je souffle, Klimbo et Pop Citrouille.Louise Lallaye nous quitte trop tôt.Elle laisse un énorme vide au sein du théâtre jeunes publics et de toute la profession théâtrale.Louise LaHaye était une grande amie, une collègue et une collaboratrice de tous les jours.Une carrière en théâtre jeunes publics | n’est malheureusement pas aussi célébrée qu’une carrière en théâtre pour adultes.C’est pourquoi, bien modestement, nous j voulons témoigner de notre profonde admiration pour cette grande artiste et amie.Louise LaHaye était poète, écrivaine, met- ' teure en scène et directrice artistique, bref une femme de théâtre d’une rigueur étonnante.C’est avec ce courage exceptionnel que Louise a lutté pour survivre.L’artiste avait j encore tellement de choses à dire.Malheu- I reusement, encore une fois, la nature a été injuste et la maladie a fait taire une jeune I artiste de 40 ans.Cependant, nous savons que l’écriture est J un de ces arts magiques qui finit toujours I par triompher de la mort pour nous laisser i quelques traces.Heureusement pour nous, Louise nous en laisse quelques unes, magnifiques.Des textes d’une sensibilité remar- I quable.Chu pas ben dans mes culottes, Co codrille, Polaroîde, Court circuit.Peur bleue, | Les trois petits contes sont parmi les petits trésors que Louise LaHaye nous laisse, avec ce style bien à elle, si profond et seasible qui jamais ne sombre dans la facilité et qui tou- { jours fait appel aux forces vives de l’imagi- j nation.Salut I ouise ! Nous sommes avec toi.Ta parole continuera d’inspirer notre pratique théâtrale.Lise Gionet Louis-Dominique Lavigne Co-directeurs du Théâtre de Quartier Montréal, 17 juin 1992 La foire aux chimères LE DÉBAT constitutionnel est devenu une véritable foire aux chimères.À force de vouloir tout régler, on ne réglera rien.Ou plutôt on solutionnera un problème — en en faisant jaillir dix autres.Votre correspondant Jeffrey Simpson souligne (le 29 juin) la cote d’amour du Canada anglais envers les aborigènes.Dans son opposition aux aspirations du Québec, un certain Canada anglais a recours au mercena-riat des aborigènes et des francophones hors Québec (nous excluons les Acadiens, plus sages et plus expérimentés).Ottawa veut se libérer du fardeau économique des aborigènes et en transférer le coût aux provinces.Pour ce faire, on désire utiliser une partie du territoire et des richesses naturelles des provinces en les accordant aux aborigènes.Pour faire d’une pierre deux coups, on oppose les aborigènes au nationalisme québécois.Le message de Elijah Harper peut être perçu dans certains milieux comme étant le suivant : « Kill Meech.Kill Québec.Kill French Québec.» Quant au message d’Oka, on peut y lire qu’une certaine violence armée contre le Québec est légitime.LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice : USE BISSONNETTE Rédacteur en chef et directeur de l'information Bernard Descôteaux Directeur délégué à l 'administration André Leclerc Rédacteur en chef adjoint Jean Francoeur Directeurs adjoints de l'information Pierre Cayouette, Roch Côté Guy Deshaies Directeur des publications spéciales Pierre Beaulieu FAIS CE QUE DOIS Les francophones hors Québec jouent actuellement le rôle d’otages-mercenaires.Sans un Québec fort et contrôlant son avenir culturel et linguistique, il n’y aura plus de vie française dans le reste du pays.Sauf un certain folklore.Le Canada anglais doit se poser la question suivante : quelles seront les conséquences économiques, sociales et politiques pour le Canada d’un Québec brimé dans ses aspirations légitimes ?Ne faut-il pas craindre la déstabilisation permanente du Canada qui déjà ne peut plus maintenir ses politiques sociales et économiques ?La propagande massive rose-bon-bon peut temporairement faire oublier ces réalités.Mais le réveil n’en sera que plus brutal.G.M.Legault Hull, 30 juin 1992 Laïcité NOUS AVONS PU constater dans la politique locale récente un élément significatif d’une situation qui ne devrait pas être.Je pense à la querelle entre commissions scolaires dans l’ouest de llle au sujet d’une location d’école.Ce genre de problème ne devrait plus exister dans un état moderne comme le Québec.Une société moderne de type occidental telle la nôtre ne base plus ses critères de sélection sur l’orientation religieuse de ses candidats, c’est chose du passé.De plus, vu le caractère multiethnique de notre province, nous ignorons en quelque sorte la réalité autour de nous.Cette image archaïque ternit notre système d’éducation qui a le défi d’intégrer la jeunesse du monde qui vient vivre chez nous.Un organisme avec un fort caractère national s’est récemment laïcisé : il s’agit de la Société Saint-Jean-Baptiste, qui a compris qu’une orientation religieuse pour un organisme n’entrait plus dans le portrait actuel du Québec.Et de toute façon, est-ce que cette distinc-l tion est encore visible dans les écoles pro-I prement dites ?J’ai fait mon cours primaire dans une école de la CEC M, il y a de cela plusieurs années.Je n’ai aucun souvenir pré-| cis d’un contenu spécialement catholique, mis à part les rares cours de catéchèse.Ainsi, le défi d’intégration et de laïcisation des commissions scolaires est peut-être la dernière étape à franchir pour conclure la séparation de l’État et de l’Église entamée au Québec, et de véritablement construire sa nouvelle mosaïque.Marc Berger Montréal, 23 juin 1992 LE SILENCIEUX Lorsque l’enfant disparaît LE décrochage n’est pas une nouveauté.Je l’ai vécu.Cependant, au lieu d’être le privilège de l’enfant, il était la prérogative des parents.O De nos jours, moins on fait d’enfants, plus ils sont impossibles à élever.?« Dieu est partout », ai-je appris dans le ritit catéchisme.Comme il était discret côté du Démon, lequel selon Monsieur le curé, passait son temps à se manifester ! ?Plus tard, j’ai découvert que c’était plutôt la politique qui était partout.Alors j’ai compris pourquoi ça allait mal tout partout.?Durant 15 jours, j’ai revécu le plaisir coupable de ma prime jeunesse : recommencer à fumer en cachette.?On nous supplie, Canadiens, de nous parler.Nos « constitutionnaleux » ne font que ça.Vous voyez ce que ça donne ! ?Qu’on ne me parle pas des Rocheuses, cette barrière qui isole la Colombie-Britannique du reste du pays.?Parlez-moi plutôt du « fleuve géant ».Au moins, il mène quelque part.?Cent-ving-cinq ans de Confédération, ça n’est pas énorme, mais c’est au moins ça de révolu.?Grimace.— La crampe du sourire.?On a bien raison de dire que la santé est le plus grand de tous les biens, puisqu’il est le plus dispendieux.?L’absurdité est le propre de l’homme.?Je suis en faveur de la peine de mort, mais seulement pour les volontaires.?Au premier chef, ce qui distingue l’homme de la bête, c’est sa raison, à condition qu’il en fasse usage.?Qui est le plus cruel, de l’animal sauvage qui dévore sa proie vivante ou de l’homme qui la mange morte et apprêtée ?Seuls jouissent de la liberté ceux qui sont morts pour elle.?Quelle idée de n’apporter que des livres « légers» en vacances ! Notre esprit serait-il anémique quand il est libre ?Si on n’oubliait pas, on n’aurait aucun plaisir de se souvenir.?Ce que les enfants m’ont redonné de plus beau, c’est la grâce de l'étonnement.?Le corps ne refuse pas l’âme; il en fait son âme même.Albert Brie Jeffrey Simpson Révolution atlantique ES MARITIMES sont le théâtre d’une mini-révolution intellectuelle.Le patronage qui a longtemps marqué la vie politique du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’île-du-Prince-Édouard, perd du terrain.Parallèlement, les nouveaux filiticiens de l’est du pays en viennent détester cette dépendance produite chez ceux qui se fient aux prestations d’assurance-chômage.Dans ces trois provinces de la région atlantique, les citoyens et les communautés sont devenus très habiles dans l’utilisation qu’ils font de l’assurance-chômage.Les gens travaillent — souvent en conformité avec des programmes financés par le gouvernement — un minimum de semaines par an, suivant les exigences du programme d’assurance-chômage, puis écoulent les autres semaines sous le parapluie de l’assurance-chômage.Les trois premiers ministres — Frank McKenna (N.-B.), Joe Ghiz (I.-P.-E.) et Don Cameron (N.-É.) — oeuvrent tous à modifier la psychologie de la région.Aucun d’entre eux n’utilise le patronage politique autant que ses prédécesseurs.Les trois sont des technocrates qui se tournent du côté du secteur privé pour aider à tirer leurs provinces de cet état de dépendance.M MC K EN N A est peut-être le plus radical du trio.Au • risque d’un coût politique personnel élevé, il s’évertue à changer les priorités du Nouveau-Brunswick.Sa cible prioritaire est une réforme du système d’éducation.En vue d’obtenir l’argent nécessaire à une telle réforme, M.McKenna a réduit de 42 à 18 le nombre des commissions scolaires.Il diminue le nombre de lits d’hôpitaux et entend réduire le coût des soins de santé.On est aussi témoin de compressions dans les dépenses gouvernementales.McKenna adopte une ligne très dure dans les négociations avec les syndiqués du secteur public.À moins que le Nouveau-Brunswick n’améliore son système d’éducation, pense McKenna, cette province se trouvera dans l’impossibilité d’attirer les sociétés qui comptent sur une main-d’oeuvre spécialisée.Dans une province au haut taux de chômage, où deux familles — les McCain et les Irving — dominent le secteur privé, la population n’est pas nécessairement portée à faire le lien entre une meilleure scolarité et l’amélioration des chances du point de vue économique.La conséquence, c’est qu’en tentant de couper les dépenses dans d’autres domaines en vue de se procurer de nouveaux revenus, McKenna perd des appuis politiques, bien qu’il dispose d’une forte majorité à la législature et d’un délai de quatre ans avant la tenue des prochaines élections générales.McKenna entend prolonger l’année scolaire.La loi précise actuellement qu’il y a 184 jours d’enseignement par an.S’il faut soustraire de ce total les journées pédagogiques et les jours où le mauvais temps force l’annulation des cours, il en résulte que les élèves sont en classe moins de 170 jours par année.Le premier ministre veut aussi inclure plus d’heures consacrées aux mathématiques et aux sciences.Son but est de revenir à une fréquence plus grande des tests, à une évaluation plus suivie des élèves.Bien entendu, les enseignants se montrent sceptiques.Us ont combattu ardument pour obtenir ces « jours pour le développement professionnel » qui ont pour effet d’écourter l’année scolaire.Les négociations qui se déroulent cet automne seront sans doute difficiles sur ce point précis du nombre de jours d’enseignement.TOUT à CÔTÉ, en Nouvelle-Écosse, le premier ministre conservateur Don Cameron est sorti vainqueur d’une campagne faite de promesses portant sur la fin de la corruption et du patronage.Lorsque Cameron a remplacé le premier ministre John Buchanan (devenu sénateur), les conservateurs traînaient désespérément de la patte dans les sondages.Maintenant, ce sont les conservateurs qui sont donnés gagnants lors des prochaines élections.La raison derrière cette remontée se trouve dans la détermination que met Cameron à vaincre le patronage et la corruption, sans parler de son style personnel.Les sociétés ou compagnies qui s’adressent à lui pour obtenir des subventions n’obtiennnent rien.Cameron continue à dire à ses concitoyens que les subsides et les dons gouvernementaux n’ont en aucune manière amélioré les perspectives économiques à long terme de sa province.Don Cameron souligne de façon particulière la nécessité d’améliorer l’infrastructure, spécialement le port et l’aéroport d’Halifax, le réseau de routes et le système d’éducation.Il vise la privatisation de plusieurs sociétés d’État, ce qui comprendrait la société qui produit l’énergie électrique pour la Nouvelle-Écosse.CAMERON, McKenna et Ghiz ont succédé à des politiciens au profil traditionnel qui comptaient sur Ottawa pour obtenir subventions et allocations.Les leaders de l’autre génération avaient joué avec finesse la carte du patronage et, pour se maintenir au pouvoir, utilisaient les largesses gouvernementales.Souvent, la pauvreté des Maritimes était telle que les gens se fiaient aux miettes gouvernementales.Au moment des élections, le peuple retournait les faveurs au parti qui avait distribué ces miettes.A noter que ces trois politiciens ont été élevés dans un système révolu qu'ils ont rejeté.Ils ont constaté que l’état de dépendance face aux subsides gouvernementaux, à l’assurance-chômage, aux subventions et aux programmes visant à créer des emplois n’ont rien fait pour les Maritimes.Le chômage a toujours une cote élevée.La dépendance a empêché les citoyens de prendre des initiatives.Les octrois fédéraux ont rendu la région dépendante d’Ottawa.Les trois dirigeants politiques ont maintenant convenu d’ouvrir tout achat gouvernemental aux sociétés installées dans cette région.Au cours des discussions sur la Constitution, ils font pression pour que l’on modifie l’article 121 garantissant la libre circulation des biens, des travailleurs, du capital et des services par tout le Canada.Ensemble, ils travaillent à une série d’initiatives pour l’ensemble de la région, ce qui comprend la coopération dans le tourisme, dans la promotion de l’économie et dans les échanges universitaires.Fort lentement, les Maritimes vivent leur propre Révolution tranquille.
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