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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Supplément 2
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-06-06, Collections de BAnQ.

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LEFFET \ pO^J ^ PROGRAMME SOUVENIR 4 juin su 1“ flomubre 1992 moigffiges }m coucous Progminination .1 -, CJ .« J English abstracts MUSEE DU QUEBEC PARC DES CHAMPS-DE-BATAILLE, QUÉBEC BANQUE NATIONALE COMUANDIÎAIRE OFFICIEL EXPOSITION DE JEAN-PAUL LEMIEUX • Forfait-Musée du Qué 57.50$ par personne en occupation double incluant le billet d admission au Musée \ iilitlc du juin au I novembre 1992, selon disponibilité.I axe en supplement.Parfaitement bien situé, et tellement bien entouré.L e Québec Hilton se trouve à seulement 19 km de l’aéroport.Vous êtes à deux pas des édifices parlementaires provinciaux, du Vieux Québec, de deux salles de cinéma et de plus de 75 magasins.Hébergement: 563 chambres élégamment aménagées et 36 superbes suites, 7 étages pour non-fumeurs et 2 Étages Plus.Chacune avec contrôle climatique individuel et fenêtres qui s’ouvrent.Services récréatifs: Piscine extérieure (été seulement), club de santé, sauna, massage et salle d’exercices.Services d’affaires: 18 salles de réunion accueillant 10 à 1000 personnes; adjacent au Centre des Congrès qui offrent 14 salles de réunion accueillant 10 à 3 000 personnes.Télex 24 heures sur 24, télécopieur et service de secrétariat.QUÉBEC Pour réserver, communiquez avec votre agent de voyages, ou composez le 1-800-268-9275 au Canada ou encore appelez à l’hôtel, (418) 647-2411.Aux États-Unis, composez le 1-800-HII.TONS/445-8667.ttlïlN 3, Place Québec, Québec (Québec) Canada G1K 7M9 ÎI y a un an déjà, nous avons célébré ensemble l'agrandissement magnifique et impressionnant du Musée du Québec.Plusieursd'entre vous avez admiré les oeuvres d'artistes de renom qui s'y sont succédés.Fidèle à cette tradition, le Musée du Québec nous présente pour la saison estivale, la plus importante rétrospectivedesoeuvresdu peintre Jean Paul Lemieux.Quoi de plus approprié pour rendre hommage au rôle que Jean Paul Lemieux a joué pour le développement de notre culture au Québec.Ses œuvres ont su témoigner de la mission qu'il s'était donnée de traduire une vision de notre collectivité et de son environnement à travers un regard intérieur d'une générosité profonde.Sa détermination, sa simplicité, son implication soutenue, son approche intimiste de la création artistique ont été génératrices et stimulantes pour les jeunes qui ont suivi son enseignement et pour plusieurs artistes de son époque.Je suis persuadée du succès que connaîtra «l'été Lemieux» au Musée du Québec et j'invite toute la population à venir visiter et revisiter cette superbe exposition.La ministre des Affaires culturelles du Québec Liza Frulia-Hébert i epuis sa réouverture en mai dernier, le Musée du Québec ne cesse de récolter des hommages pour la qualité de sa programmation, pour la qualité de son accueil.Le Musée du Québec a pour principale vocation la diffusion de l'art québécois et constitue en ce sens un objet d'enrichissement et de fierté pour le Québec tout entier.En présentant la plus grande rétrospective des œuvres de Jean Paul Lemieux pour marquer le premier anniversaire de sa réouverture, le Musée du Québec réaffirme sa mission et convie le public à une véritable célébration de l'art québécois.L'Effet Lemieux au Musée du Québec, un événement important, un événement heureux: les retrouvailles d'un peuple et de son peintre.Mm' i JEAN PAUL LEMIEUX: un grand moment c: rest en 1988 que le Musée du Québec a inscrit à l’agenda de sa programmation une rétrospective des oeuvres de Jean Paul Lemieux.L’artiste, ayant endossé le projet, se prêta aux entrevues nécessaires et fit preuve d’une grande générosité.Puis, le 7 décembre 1990, alors que le comité d’organisation de l’exposition était réuni, Anne Sophie Lemieux fut appelée d’urgence au chevet de son père, qui mourut le jour même.C’est alors que, plongés dans le deuil, nous avons senti l’énorme responsabilité que nous confiait l'histoire.Notre mission était, désormais, de retenir l'âme de Jean Paul Lemieux, en assurant que le plus grand nombre possible de visiteurs puisse s'imprégner de son œuvre.Car les liens qui unissent Lemieux à son public demeurent.Les Québécois portent tous au fond des yeux, au fond du coeur, une oeuvre de Lemieux qu'ils chérissent particulièrement.C’est à un rendez-vous avec un grand homme et un superbe artiste que nous convions le public.Ce rendez-vous a été rendu possible grâce à l’enthousiasme et à la rigueur de Michel V.Cheff, conservateur en chef du Musée du Québec, à la science de Marie Carani, conservatrice invitée, à la précieuse collaboration de lafillede l'artiste, Anne Sophie Lemieux, de l’exécuteur testamentaire, monsieur Jean Pelletier et des nombreux prêteurs.Nous les en remercions.Musee du Quebec L’Effet Lemieux, au Musée du Québec: un hommage à l'artiste et à son public.Le président du conseil d’administration du Musée du Québec La directrice générale du Musée du Québec Jean-Guy Paquet Andrée Laliberté-Bourque Jeune Fille dans le vent 1964 Huile sur toile 87,3 x 62,5 cm Musée du Québec Don du docteur Marcel Carbotte ÉDITION Le Musée du Québec, sous la responsabilité de Jean Héon, directeur des communications.Éditeure déléguée: Germaine Salois, Promotions Ad Librum inc.RÉDACTION Rédactrice en chef: Germaine Salois Rédacteurs: Lise Boyer, Marie Carani, Paul Desmarais, Jacques de Roussan, Marcel Dubé, Marius Dubois, Francesco lacurto, Laurent Laplante, Jean Lapointe, Claude Le Sauteur, Winston McQuade, Jean Paré, Jean Pelletier, Madeleine Poulin, Guy Robert, AlainStanké.Réviseur: Réjean Côté Synthèse des textes avant traduction: Robert Boivin Traducteur: Ian Mason, Mark McKenzie.PRODUCTION Concepteur-graphiste: Corbus design inc.Conseiller à la production: Pierre Murgia Collaborateurs: Patrick Altman, Louis Gauvin, Claire Lehouillier, André Marchand, Yvon Milliard, Lucie Morissette, François Rivard, Nathalie Thibault, Marie-France Tremblay, Nancy Trépanier, Joanne Trudel, Myriam Young.Compogravure: Compelec Impression: Imprimerie Canada Distribution: Messageries de Presse Benjamin PUBLICITÉ Directrice des ventes: Germaine Salois Conseillers publicitaires: Réjean Côté, Louis Laberge, Gilles Landreville, Nathalie Plamondon.EXPOSITION JEAN PAUL LEMIEUX Musée du Québec Président du conseil d'administration: Jean-Guy Paquet Directrice générale: Andrée Laliberté-Bourque Conservateur en chef: Michel V.Cheff Conservatrice Invitée: Marie Carani Attachée de direction: Louise Dubois Président des Amis du Musée: Jacques Blanchet La réalisation et la circulation de l'exposition »L'EHel Lemieux ¦ sont rendues possibles grâce à des généreuses subventions du ministère des Communications du Canada par le biais de son « Programme d'appui aux musées », et du Conseil des arts du Canada par le biais de son « Programme d'appui aux expositions ».Cette exposition a été aussi rendue possible grâce au soutien financier de la Banque Nationale.ISBN 2-551-12878-1 Dépôt légal - 2e trimestre 1992 Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ©Musée du Québec, 1992 Imprimé au Québec, Canada Le Musée du Québec est une société d'État subventionnée par le ministère des Affaires culturelles du Québec.L'EFFET LEMIEUX À VOIR ABSOLUMENT! et été, le Musée du Québec présente une rétrospective de plus d'une centaine d'œuvres de Jean Paul Lemieux dont la moitié sont des toiles inédites.Il s'agit, à ce jour, de la plus importante exposition de cet illustre peintre.Ce peintre par excellence de l'âme québécoise a aussi pratiqué la critique et l'enseignement, et l'homme était, de l'avis de ceux et celles qui l'ont fréquenté, un être exceptionnel.Pour vous faire découvrir ce Lemieux méconnu, nous avons réuni dans ce programme souvenir des témoignages touchants, généreux et éclairants de personnalités qui ont connu le peintre.Nous souhaitons que ces témoignages contribueront à vous faire apprécier davantage l'œuvre de ce grand artiste.Je veux saluer la Banque Nationale, commanditaire officiel de l'exposition ainsi que les partenaires d'affaires du Musée du Québec qui ont accepté de s'associer à ce premier magazine.J'adresse des remerciements particuliers à ('Honorable Perrin Beatty, ministredesCommunicationsdu Canada, pourson soutien exceptionnel à la réalisation et à la circulation de cette exposition.Le contact personnel avec l'œuvre de Lemieux constitue une expérience à vivre ou à renouveler.On succombe à «l'effet Lemieux», il est irrésistible! Nous nous réjouissons de pouvoir offrir cette manifestation culturelle exceptionnelle qui promet d'être également un événement touristique incontournable à l'été 92.Bienvenue à votre Musée du Québec! Jean Héon directeur des communications MOT DE LEDITEIJP TÉMOIGNAGES 7 Jean Lapointe 9 Jean Paré 11 Madeleine Poulin 13 Marcel Dubé 15 Francesco lacurto 17 Paul Desmarais 19 DIRE LEMIEUX ET LE SUIVRE Marie Carani L'auteure nous explique, du point de vue de l'histoire de l'art, le cheminement artistique du peintre.25 LE MUSÉE DU QUÉBEC: 60 ANS D'EXCELLENCE Suivez, en photos, les faits marquants du Musée.33 JEU CONCOURS POUR LES JEUNES Chassez les détails contenus dans les trésors du maître, et gagnez de très beaux prix.¦ 37 DE L'ACTION AU MUSÉE En plus de l'exposition, profitez des films qui racontent Lemieux.Découvrez la programmation riche et variée du Musée du Québec.LU U.< O v'fiijiV»- *•'- **vJ't***'v • r' '•:*•** %'Jv 7 'S'- ¦ ’•TSoyr- 7 i-ni.IM (W-iwjJIBfirr ¦ V*vw, ;'v .*rj fCT* ’•>¦ vkjanVjiwi / .tv «w**r .9f OUVERT TOUS LES JOURS DE 7h30 à 23h.46, boul.Sl-Cyrille O.(près de Id rue Cartier) 523-2013 46, boul.Champlain, Vieux-Québec (face à la traverse de Lévis) 692-2013 Laissez-Vous Conquérir Far Les L rJyf «5*2 h&&?' ssflpp' ¦ En direct du Parc des champs de bataille! Centre d'interprétation P«< dr» (luunp^ tU bataMr 1*1 Gouvwnefneni rki Canada Gowmrwnl qI Canada GrAce à la technologie audiovisuelle de cette fin de siècle, transportez-vous sur les Plaines d Abraham A lépoque de la grande bataille et de la création d'un Parc.Une exposition-spectacle haut en couleurs vous attend au tout nouveau Centre d interprétation du Parc des champs de bataille, au Pavillon Baillairgé au Musée du Québec.Réservations requises pour les groupes de 10 personnes et plus.Pour Informations ou réservations : (418) 648-4071 Canada * LU 1910 Remembered Il a (ait des personnages qui se cherchent sans se trouver Des Inconnus sans visage qui rêvent de se parler Ils ont sûrement trop d'espace pour pouvoir se rencontrer Et |e crois que le temps qui passe les a bien trop éloignés Dans un grand pays de neige on les a vus ce matin Former le plus beau cortège pour prendre le même train Car ils s'en vont à la fête pour Julie et l'univers Des souvenirs plein la têted'un temps où tout était clair They remember 1910 Le temps heureux des chapeaux fleuris, des parasols They remember 1910 Un vieux manoir où les enfants riaient Du temps qui s'envole Voyez les grandes personnes qui voyagent au bout du temps C'est l'infini qu'ils sillonnent sans se rencontrer pourtant Ils s'en vont tous à la fête pour Sylvain et les étoiles Des horizons plein la tête marchant au bout de leur toile Habillés de mi-carême et de masques de couleurs Ils voudraient se dire je t'aime sans oser montrer leur coeur Alors ils jouent le beau monde se font visiteurs du soir Et leurs souvenirs remontent comme la plus belle histoire Refrain They remember 1910 Une saison comme un tableau qui chante la Fête-Dieu They remember 1910 Et c'est signé Jean Paul Lemieux I tre devenu au fil des ans un ami de Jean Paul Lemieux demeurera dans mon coeur un privilège précieux que je conserverai à jamais.Avec ce très grand monsieur, j'ai vécu des moments de tendresse et d’amitié inoubliables.N'étant pas critique d'art, je ne peux juger les toiles de ce Maître de chez-nous, mais je puis vous assurer que tous les tableaux de Lemieux faisaient vibrer les cordes sensibles de mon émotivité.Je me contenterai de vous raconter quelques anecdotes vécues avec les Lemieux.A l'automne 1969, je reçois un appel d'Anne, la fille de Jean Paul, me disant que son père désirait me voir.Je vais chez lui le lendemain et après un bon moment il me dit: «J'ai une petite surprise pour vous.» Il va dans son atelier situé au fond de l'appartement et revient avec un tableau horizontal de trois pouces sur trente approximativement, intitulé Première neige à l'isle aux Coudres.Il le tend vers moi en me disant: «C'est un cadeau» et Madeleine d'ajouter: «Il l'a peint pour vous.» Ai-je besoin de vous dire que j'ai versé des larmes de joie pendant un bon moment.et Marie, ma femme, m'a imité.Quelques années plus tard, je me précipite à Sillery pour lui faire entendre une chanson écrite en collaboration avec Marcel Lefebvre.Bien assis dans son salon, tenant I sa femme Madeleine par la main et sans doute par le coeur, je fais jouer «1910 Remembered».Au bout de quelques notes il se met à pleurer et plus lachanson avançait, plusil pleurait.Dans mon inquiétude je cherchais un certain réconfort auprès du regard de I Madeleine; elle me fait signe de la tête que oui.en voulant dire que ça lui plaisait.Au bout d'un moment, il me répète à trois ou quatre reprises, à travers quelques sanglots: «C'est beau.c'est beau.c'est beau».Je suis revenu à Montréal ayant au coin du coeur un sourire de bonheur indescriptible.L'admiration et l'amitié profonde que j'ai toujours eues pour ce grand artiste n'ont cessé de croître au fil des ans.Je me rappelle le jour où Marie et moi étions allés passer toute une journée avec les Lemieux à l'île-aux-Coudres.Après le repas, il me dit: «Venez dans mon atelier, j'ai quelque chose à vous montrer».Au moment où je monte l'escalier, Madeleine me dit: «Vous êtes privilégié, il n'a permis à personne, même pas à moi, de voir ses toiles récentes».Rendu en haut, j'ai eu un choc.Toutes les toiles de monsieur Lemieux étaient d'une tristesse.Les sujets étaient sombres.C'était au moment des troubles en Pologne et il avait peint un grand tableau illustrant des soldats avec des casques de métal qui tiraient sur.je ne me souviens plus trop bien.Il y avait un autre tableau montrant un enlèvement et d'autres sujets aussi sombres les uns que les autres.«Qu'est-ce que vous en pensez?» Je ne savais trop quoi dire.Je trouvais cela beau puisque c'était des Lemieux.«Vous savez, Jean Paul, puisque vous me demandez mon opinion, j'aimerais vous répondre de façon un peu inusitée: Jacques Brel a écrit des chansons tristes, c'était des chefs-d'œuvre, mais il a aussi écrit des chansons gaies qui étaient I aussi des chefs-d'oeuvre.Moi je trouve ça beau, mais je préférerais que vous fassiez un jardin avec un peu de rouge quelque pari dans le jardin.Vous savez, le rouge qu'on retrouve comme sur Les mi-carêmes, un rouge qui vous appartient à vous seul».Pour une des rares fois, j'ai quitté les Lemieux un peu triste à l’idée que ce grand peintre s'attristait devant les événements face auxquels il ne pouvait rien.Un mois plus tard, il me téléphone et me dit: - «J'ai peint un jardin.» - «C'est pas vrai», lui dis-je: «Et puis est-ce qu'il y a du rouge dedans?» - «J'en ai mis un peu», me dit-il en riant.Je venais de réaliser que sa période detristesse était du passé.J'aimais beaucoup aller visiter les Lemieux à l'île-aux-Coudres.C'est là que je les retrouvais heureux dans leur très jolie maison.Je me réjouissais à l'idée de le faire rire aux éclats et d'apporter un peu de joie à ce grand monsieur qui souffrait du manque de communication entre les êtres et qui me donnait l'impression de s'ennuyer de 1910, époque où le béton n'alourdissait pas nos villes comme aujourd'hui.Actuellement, il doit être avec Félix en train de peindre une chanson dont les accords doivent ressembler au Tour de l'Ile.j j \ Jean Lapointe, one of Québec's most popular singers, enjoyed many pleasant moments with Lemieux.Lapointe considers it a privilege to have become a personal friend of the painter over the years.Lapointe tells how one day, without wishing to, he made Lemieux cry by singing one of his recent compositions entitled 1910 Remembered.Since then, Lapointe remembers the painter as a great man who suffered due to the lack of communication between people and who missed 1910, a time when concrete did not weigh down our cities like nowadays. OUVERT 363 JOURS PAR ANNE! W N.I *rt' '% ^>3 ••««tpûdèfa ;7ræ QUARTIER PeIît Champlain ACCESSOIRES • CADEAUX • JOUETS • TROUVAILLES Le Fou du Roi Eole2 CRÉATIONS • MODE Zazou Les Vêteries & Blanc mouton Atelier Ibiza Le Capitaine d'A Bord Point de Mire Ô.Clan Peau sur Peau 692-4439 692-4882 VÊTEMENTS 694-9990 694-1215 692-2103 694-0624 694-9904 692-1214 694-1921 692-5132 694-0349 692-2875 692-2880 692-4349 Les Vêteries Atelier la Pomme Blanc Mouton, Style Libre Les enfants du Quartier BIJOUTERIE • JOAILLERIE Louis Perrier, Joaillerie 692-4633 Les bijoux Décade 692-4425 Galerie Dioptase 692-4867 ÉPICERIE • TABAGIE • CONFISERIE • SERVICE Confiserie d'époque, Madame Gigi 694-2269 Épicerie fine Le Mirliton 692-4827 Tabagie Casse-Cou.692-4440 Bureau de change Lenlyn 694-0011 Borgia Bouchard avocats 694-2009 LOISIRS • DÉTENTE Théâtre Petit Champlain 692-2631 Location Petit Champlain 692-2817 ART DÉCORATIF Etcetera 692-3394 Potenciel 692-1743 Pauline Pelletier 692-4871 Flamand Sculpteur 692-2813 Le Jardin de l'Argile 692-4870 Studio Pihay 692-0297 OKWARI ' 692-0009 Fabricant Cuivre Décor 692-1067 La Galerie 84 1 /2 692-3047 La Dentellière 692-2807 Atelier 2 692-2102 La Galerie au fil du temps 692-5867 BOIRE ET MANGER Le Lapin Sauté 692-5325 La Grignoterie 694-1121 Le Cochon Dingue 692-2013 Trattoria Sant'Angelo 692-4862 Le Pape Georges 692-1320 Restaurant Sous-Le-Fort 694-0852 Ses 50 commerces composent LE PLUS ANCIEN QUARTIER COMMERCIAL EN AMÉRIQUE DU NORD.Les créations originales qu’ils vous offrent vous ramènent au temps où artistes et artisans étaient au coeur du commerce.Les vêtements y sont des bijoux, les bijoux de l’art, l’art un mode de vie.Venez y magasiner, boire et manger, vous détendre à longueur d’année.Ouvert le dimanche, ouvert au bon goût.On peut accéder au Quartier Petit Champlain par le Funiculaire du Vieux Québec. JEAN PARE Le sage de l'île S, Président Maclean Hunter Québec ' on Ile, où je l'ai rencontré pour la première fois, en août 1959, au retour de la Côte nord, encadrera toujours l'image que je garde de Jean Paul Lemieux.Il y avait là, au bout d'une longue allée, dans un petit manoir de pierre dominant le Saint-Laurent, un homme dans la jeune cinquantaine, une femme blonde et une quasi jeune fille qui visiblement attendait, au coeur de cet isolement, de dérouler de longs cheveux au bas de sa tour.SurlaCôte nord, j'avaisapprisavecamusement que le mot «papinachois» - nom d'une tribu dont il restait encore à l'époque quelques noms sur des pierres tombales usées qu'on trouvait sous les sumacs au bord du chemin - signifie: J'aime bien rire un peu.De vous, bien sûr.En rencontrant Lemieux, je me dis: Ah! Voici un Papinachois.Les yeux moqueurs, le rire, les propos, ses tableaux sur des chevalets, tout disait l'ironie.Ce TÉMOIGNAGES n'était pas un farceur, comme c'est aujourd'hui la mode de l'être: il était juste narquois.Le moqueur sait qu'il a droit de l'être.Son ironie est à la fois une philosophie et un code que seuls comprennent ceux qui le méritent.C'est une façon de reconnaître les siens.Et aussi un analgésique._ Son île était donc à la fois un refuge et une forteresse, située comme par hasard juste à mi-chemin de la grande coulée de sa vie, qui s'est étendue de Québec jusqu'à la Bretagne et à la Californie mythique de ses 12 ans.Le temps perdu et le rêve d'un temps meilleur à retrouver.Il s'était incrusté sur ce récif entre nostalgie et regret dans un pays de passage où rien n'est assuré de durer, constamment détruit et recréé par toutes les invasions.De son glacis dominant la grève, les herbes marines et l’amont, tourné pour un dernier coup d'oeil vers une patrie ingrate, il regardait passer les flottes d’envahisseurs, reîtres, marchandsou immigrants.Sur la terrasse, le vieux canon de fonte était tourné.vers l'Amérique.Vers la capitale, peut-on aussi penser, symbole de l'insondable médiocrité du pouvoir, dont l'ultime péché est l'impuissance.Laïque, anticlérical, anti-nationaliste, il ne manquait pas de moquer toutes les manifestations de sottise.Il écorchait les curés qui couvraient de badigeon d'aluminium Sherwin Williams leurs vieux chandeliers de bois sculpté ou, pire, les remplaçaient par du «liturgique moderne».Il racontait comment les personnages de cire du Musée du Crime qu'on pouvait visiter près du Monument national de la rue Saint-Laurent, au début du siècle, avaient été simplement rhabillés pour devenir les pieusesstatuesdequelqueBondieu-Ramade pèlerinage à Sainte-Anne, et comment Cordélia Viau s'est peut-être réincarnée en sainte Vierge.Seules les îles durent.Les Coudres étaient un vestige de ce qui avait failli être une civilisation, mais qui croulait, attaqué par les flux et reflux du changement, qui s'enfonçait sous la haute marée de l'aluminium, du plastique, des stations services, des maisons mobiles, du phentex.Tout ce qui avait détruit une civilisation paysanne sans pour autant laisser une culture.Il préférait ne plus regarder de l'autre côté du fleuve: au fil des ans, le plateau couvert d'herbes ventées, si maritime, où il s’était réfugié, s'était transformé en forêt, en muraille d'arbres.I Il était conscient de l'artificialité de son micro-continent, _ de cette réserve chronologigue.Les îliens, qui travaillent tous au large, en dehors, en ramenaient les scories culturelles.Il avait pour eux un sourire indulgent qu'il n'accordait pas cependant à ceux quiauraientdû savoirmieux, et qui pratiquaient le faux, le toc, comme ces mythiques chasses au marsouin organisées pour la caméra.Il est facile de mettre un chasseur sur scène, mais on ne fera jamais revivre les millions de marsouins, de morses et de bélugas qui fréquentaient la route d'eau avant la grande Catastrophe, avant la Chute.Par contre, il dirigeait volontiers ceux chez qui il reconnaissait du goût et de la curiosité authentique vers les artisans qui, sans le savoir, avaient conservé les traditions vivantes.Pour Jean Paul Lemieux, l’île était aussi un filtre.Une épreuve imposée pour le mériter, lui, avec la paix de son ermitage, et les couchers de soleil, au dessus des Eboulements, qui éclaboussaient à la feuille d'or les meubles paysans de la Haute époque, les gravures et sculptures naïves, les argents patinés qu'il avait, avec les Palardy et autres amis, sauvés du naufrage.Les chemins montants, le bateau-passeur, les marées capricieuses séparaient le tout-venant collectionneur de «souvenirs», de sanctuaires, de dépliants, de paysages et de fast food, de ceux qui avaient des raisons profondes de venir l'écouter, fidèles, amis, clients, et parfois même quelques escrocs de service dont la I cautèle parvenait à tromper la méfiance vigilante de sa femme Madeleine, qui veillait jalousement sur sa paix, sa gloire et le respect qui lui était dû.Le | peintre était son oeuvre à elle.À ceux-là, Lemieux ouvrait le I livre d’une mémoire plus longue et plus I ancienne que lui, dont il semblait avoir recueilli les derniers mots.Il enseignait aussi une première moitié de siècle riche et bouillonnante, mais que l’amnésique révolution tranquille a bruyamment occultée et laissé tomber entre les fentes du perron.Il savait la généalogie, l'ethnologie, la politique, la culture, l'histoire.Il jetait un regard impitoyable sur la médiocrité qui l'avait refoulé dans cette forteresse.Il avait plus horreur encore des pédants que des béotiens.Il ne pérorait jamais sur l'Art.Quand Star Wars a explosé sur tous les écrans de la planète, je l'ai reconnu, je pense, déguisé en vieux sage, sous les traits d'Alec Guiness, l'âge du combat et de la violence terminé, l'épée remplacée par la concentration et la sagesse moqueuse, qu'il cachait pour ne pas la gaspiller.Comme Obi Wan Kenobi, il n'existait pas pour tout le monde.Combien de curieux ont fait le lourde l'île, pensant qu'ils y verraient automatiquement le peintre célèbre, comme ça, comme un calvaire de bois peint le long de la route! Il se moquait pour ne pas pleurersans doute, pour ne pas déprimer devant la bêtise, pour ne pas trépigner, s’agiter en vaines polémiques et participer ainsi au désordre.L'ordre doit être à l'intérieur de soi quand on a le chagrin de n'avoir pas trouvé le monde dont on rêvait.Le stoïcisme n'est pas un regard résigné mais apaisé, qui sait que le monde intérieur est plus vrai que l'autre.C'est Alceste que l'on croyait voir à la proue de l'île?Dessous, il y avait Marc-Aurèle.t Jean Paré, publisher of the magazine L'Actualité, the Québec equivalent of Time or Newsweek, met Jean Paul Lemieux for the first time in August 1959.The painterwas already in his fifties and lived on Ile aux Coudres.Paré came to know a Lemieux who was sly, secular, anti-nationalist and anticlerical, who continually made fun of all the manifestations of foolishness.According to Pare, the painter resembled the character played by Alec Guiness in Star Wars.Like Obi Wan Kenobi, Lemieux had passed the age of combat and violence.The sword had given way to concentration and a mocking wisdom which he hid so as not to waste it.Paré believes that Lemieux basically made fun in order not to cry.He used irony as an analgesic. J.P.LEMIEUX L.AYOTTE BASQUE L.BELLEFLEUR BLANCHE BOLDUC YVONNE BOLDUC D.COLLET-LARICHELIÈRE CORNO S.COSGROVE R.DAIGNEAULT D.DESMARAIS M A.FORTIN F.IACURTO P.LAGACÉ LAURIER H.MASSON A.MICHEL M THOUIN-PERRAULT RENÉ RICHARD L.LACROIX-ROCHON A.ROUSSEAU J.SAINT-MARIE SANCHAGRIN P.SOULIKIAS C.TESTEAU P.TOUGAS S.C.A.L.P.TREMBLÉ J.F.WILLIAMS L.ZEGRAY « ARMANDINE » huile sur toile 1957 41 x 23 po OEUVRES CHOISIES DE JEAN-PAUL LEMIEUX BAIE ST-PAUL: 61 rue St-Jean Baptiste, Baie St-Paul, Charlevoix.Qc.GOA 1B0 (418) 435-2428 Du 24 juin au 3 septembre de 10h à 18h tous les jours.V ï » 1 ,5 Sf 5 MONTRÉAL: 1108 ouest, rue Laurier, Outremont, Qc.H2V4N9 (514) 270-2962 Pour l'été, sur rendez-vous seulement. C'est triste, la neige.i u milieu des années soixante, nous marchions, un groupe d'étudiants, quelque part dans la campagne désespérément plate qui s'étend entre Québec et Montréal.C'était une de ces pâles journées d'hiver quand le blanc de la neige se confond presque avec le blanc du ciel, et le disque du soleil lui-même se détache à peine en blanc sur blanc.Une journée comme nous en avions tant vues depuis notre enfance.Mais ce jour-là, en regardant le ciel, l'un de nous a dit: «Tiens.C'est un Lemieux».Et tout à coup, dans le plaisir de nommer, de reconnaître, nous avons aimé ce ciel, ce paysage, ce morceau de pays.Plusieurs années plus tard, dans une entrevue pour la télévision, Jean Paul Lemieux m'a dit qu'en réalité, il n'aimait pas la neige: «C'est triste la neige» me dit-il de sa voix très particulière, arrachée à sa gorge, et qui ne se prêtait jamais à un mot de trop.Mais il peignaitquand même la neige.il la «reconnaissait» dans ses grandes étendues à perte de vue, alors qu'il refusait de peindre la montagne, par exemple, dont le défaut était d'être «pittoresque», un mot qu'il crachait presque.A ce moment-là, Jean Paul Lemieux avait 81 ans.C'était précisément la veille de son anniversaire, il avait l'oeil pétillant et le sourire souvent malicieux, que j'avais connus quelques années plus tôt, mais dans toutes ses paroles on sentait que la tristesse de la neige lui était devenue plus familière que la gaieté.Il ne cherchait d'ailleurs nullement à le cacher et, au moment de cette rencontre, comme à d'autres occasions, plus tard, il faisait part volontiers d'un pessimisme croissant; un pessimisme universel illustré dans quelques oeuvres tardives, très sombres, qui ont pour thème l'Hiver nucléaire.Mais ce n'est pas ce qui nous restera de l'œuvre de Jean Paul Lemieux.C'est une œuvre où le pessimisme est tempéré par la grâce.où, mystérieusement, nous nous reconnaissons, avec joie.A quel prix pour lui?Je ne peux pas ne pas citer une grande amie de l'artiste, Gabrielle Roy, décrivant les états d'âme que provoquait chez lui l'exercice de son métier: «Certains jours, à son front obscurci, à ses yeux obsédés, on pouvait sentir combien Jean Paul Lemieux se sentait encore loin de son but et combien il ne pouvait s'empêcher de s'en blâmer.Nous assistions, impuissants, à cette misère d'âme tournée contre elle-même.Puis à d'autres jours, sans motif qui nous fût visible, Jean Paul était gai et détendu, et il riait avec abondance, comme te savent faire à leur heure de libération les tempéraments marqués de mélancolie.Chagrin et joie, en peu d'êtres 3 ai-je vu se com-** battre aussi for-tementquechezluicesdeux pôles de la vie», k For Madeleine Poulin, aCBC Reporter, Lemieux is the painter of winter landscapes.Imagine her surprise when Jean Paul Lemieux calmly told her during a television interview that he did not like snow! "Snow is sad", he said.Lemieux was 81 at the time, and the sadness of the snow seemed to have become much more familiar to him than its cheerfulness.He freely admitted a growing pessimism that he illustrated in his late works having as their theme the nuclear winter.Nevertheless, according to Madeleine Poulin, it is not this image that will remain of Lemieux.He will, of course, be remembered as a pessimistic person, but one tempered by grace. (Z)LjEXL-IS Hifflyw Mtp - ew riT v“' Jiff LE GENIE DU SCULPTEUR DANS L'ŒUVRE DE MICHEL-ANGE cnsi mg A.DEUA AW UNIX tfjaÿau*'! MARCEL DUBE e ean Paul Lemieux est à la fois le peintre du mystère et de la souvenance.Il a laissé derrière lui, au-delà de l'impitoyable mort qui nous l'a arraché, une œuvre qui porte en elle-même un monde unique qui n'est pas seulement celui d'un artiste peintre, mais nous renvoie en même temps aux sources d'une étrange poésie.Dans toute l'histoire de la peinture québécoise, je ne connais aucun peintre qui ait façonné son art avec autant de personnalité et d'originalité, ayant pendant toute sa vie fait école à lui seul.Voilà pourquoi il est difficile de classer et de définir un style qui échappe à un jugement définitif qui catalogue Lemieux.Auteur du texte d'un ouvrage d'art paru à la maison d'édition Art Global en 1988 et titré Jean Paul Lemieux et le livre, j'ai vécu pendant deux mois en compagnie de quatre grands livres d'artistes illustrés par Lemieux,comprenantcinquante-huitestampesoriginales imaginées à partir de quatre sujets différents: La petite poule d'eau, Time Remembered, Maria Chapdelaine et Canada-Canada.Ces illustrations constituant ma source vitale d'inspiration, je m'y référais constamment, éprouvant chaque fois diverses émotions qui tenaient de la magie émanant de l'invention, de l'imaginaire et de la sensibilité créatrice de Lemieux.À plusieurs reprises j'ai connu alors ce qu'est l'émerveillement.Il est tout d'abord muet.Gilles Corbeil, aujourd'hui disparu lui aussi, était un grand ami de Jean Paul Lemieux.Neveu du célèbre poète Émile Nelligan, il était propriétaire de galeries à Montréal et éditeur, homme de culture et collectionneur d'art.C'est lui qui avait publié le roman de Gabrielle Roy, La petite poule d'eau, sous forme de livre d'artiste si humainement illustré par Lemieux, qu'il admirait tant comme peintre, et qu'il a tenté de définir dans un texte dont je cite un extrait: «// se rapprochait davantage des Expressionnistes allemands et plus particulièrement de Munch.Mais Lemieux n'est pas allemand.Les états de transe lui font peur.Son angoisse est plus feutrée, moins désespérée et tempérée par une grande tendresse.Quoiqu'il s'en défende, il y a chez lui un amour profond de l'humanité".«Tendresse», «amour», sont deux termes qui collent très bien à plusieurs tableaux de Lemieux qui a su cependant exprimer nombre d'autres thèmes dans l'ensemble de son oeuvre.Mais en terminant ce court texte, je tiens spécifiquement à m'attarder sur ceux du «temps» et de «l'enfance», qui se mêlent étroitement dans l'imaginaire et la mémoire de l'artiste.Dans le texte liminaire écrit par Jean Paul Lemieux dans son livre d'artiste Time Remembered, je relève cette phrase qui le caractérise dans une bonne partie de son oeuvre: «La nostalgie du temps passé m'a toujours hanté comme elle remue tous ceux qui ont connu une enfance heureuse».Après avoir parcouru cet ouvrage de grande classe et en avoir admiré en les commentant chacune des seize estampes qu'il contient, je concluais personnellement ainsi: «Je les vois redéfiler une à une devant mes yeux et l'impression qui se dégage à nouveau de Time Remembered se précise.Celle que tous les personnagesou presque, même retrouvésàcetteépoque heureuse du début du siècle avant que n'éclate la guerre de 1914, que tous les personnages ou presque, dis-je bien, qui portent chapeaux, rubans, ombrelles, longues robes claires ou sombres, costumes d'écoliers (.) charrient déjà dans leurs yeux le deuil de ce qu'ils sont, sachant que bientôt ils ne seront plus.Tels les doux fantômes blancs de leur enfance ou d'une existence heureuse qui, coûte que coûte, leur échappera».Le génie de Jean Paul Lemieux aura été de fixer nombre de ses personnages dans un temps que j'appelle irréel et à jamais «suspendu».|yi TEMOIGNAGES Renowned writer and playwright, Marcel Dubé in his commentary published in "Jean Paul Lemieux et le livre", writes, "In all of the history of painting in Québec, I know of no other painter whose art is of such personal energy and originality.All his life, he has been an innovative leaderand a school onto himself." Touched by the artist's gentleness, great love of life, anguish and despair, Dubé is moved by memories of childhood and of the passing of time which he believes are implicit in all of Lemieux's art.In this respect, Mr.Dubé quotes Lemieux himself." I have always been filled with the nostalgia of times passed, as have those whose childhood was one of happy days." LES CHEFS D’ŒUVRE S’EXPOSENT AU MUSÉE LES LIVRES QU’ON AIME SE RETROUVENT A Bouquinerie M de Cartier LIVRES ET OBJETS CADEAUX 1120, rue Cartier, Québec 525.6767 TREMBLAY, BOIS, MlGNAULT, DüPERREY & LEMAY Charles Tremblay, ch Liliane G.Duperrey Richard Talbot Louise Jacoues Donald Béchard Marc Lemaire Lucie Fiset François Duchesneau Daniel Bouchard André Bois Suzanne Hahdy-Lemieux, m jur Pierre Giroux, ll m Alain Tremblay Claire Moffet, ll m Isabelle Huijon Jean-Paul Mohin Joanne Marceau Christian Bolduc André Miqnault André Lemay Marc Boulanger Louis B.Rochette* Luc Jobin Yves Boudreault Stéphane Rochette Louise Beaulieu, m unit •*QM! W UMCMS « COM HCl c 0 N S E I t 8 Denis Lemieux, d e s .ll.d Denis Feri and, ll m Severin Lachapelle Claude Belleau, ll.d Iberville Un 1195, Av.Lavigerie, bureau 200, Sainte-Foy, (Québec), CIV 4N.1 Téléphone:(418) 658-9966 Télex: 05I-J7MQBC Télécopieur: (418) 658-0100 FRANCESCO IACURTO y •Kit Artiste peintre I ' ai bordé mon compagnon dans son lit d'hôpital en lui promettant de revenir très bientôt lui rendre visite.Il était faible.Mon épouse Laurette et moi sommes sortis de la chambre.Dans le couloir, juste comme nous allions partir, je sentis une main sur mon épaule.Je me retournai: Jean Paul s'était levé.“Mais qu'est-ce que tu fais là?» lui ai-je demandé surpris.«Je voulais vous dire encore aurevoir mes amis».Le lendemain, j'appris qu'il était décédé.Il est parti si vitel J'ai eu si mal que, quelques jours plus tard, c'est moi qui entrais à l'hôpital.J'étais incapable de manger, son visage me hantait.Je voyais sa palette; peut-être parce que peu de gens avaient eu ce privilège.Il n'avait jamais nettoyé sa palette.Toute la couleur de tant d'années s'y était accumulée; c'était haut comme ça! Soixante-cinq ans d'amitié.Je cherche les dates dans ma mémoire, je ne sais pas si mes souvenirs se tiennent chronologiquement; ils déferlent comme une cascade que je ne peux retenir.J'ai rencontré Jean Paul Lemieux et sa future épouse Madeleine Desrosiers à l'École des beaux-arts de Montréal en 1926.Je le voyais travailler assidûment dans son coin.Je devinais le solitaire.A cette époque, il peignait presque exclusivement dans les tons de vert et le professeur lui reprochait l'absence de couleur.Un jour, j'osai lui demander: “Mais de quelle couleur est le ciel là?» Probablement vexé de ma question, il répliqua vivement: «Oui, mais je n'aime pas ce bleu-là!» Au début, forcé de répondre aux exigences de l'École, qui ne jurait que par le conservatisme européen, il peignait comme tout le monde.Comme chacun de nous, il était en quête de son identité.Quand il eut réalisé la Procession de la Fête Dieu, je n'ai pas compris ce qui avait pu provoquer un si grand changement.J'étais content pour I lui; plus, j'en étais fier puisqu'il était mon ami.Je croyais à son talent et j'étais heureux qu'il ait trouvé une manière différente de s’exprimer.Imaginez ma | surprise de voir tant de couleurs! Obsédé par le temps, par l'espace, son ¦ oeuvre s'orientait vers les horizons infinis, • les tons sombres, les tableaux gris.Je percevais son caractère mélancolique, songeur: c'était sa réflexion sur le monde et l'environnement qu'il reproduisait.J'étais touché par ses beaux tableaux: c'était lui, profondément lui.J'aimais ce qu'il faisait, et il appréciait mon travail: »Tu peux exposer n'importe où, lacurto, je vais toujours reconnaître ta couleur».Quel velours! Je dois dire qu'il m'a influencé.Pas tellement dans le style: il a insufflé en moi l'importance vitale de représenter le Québec, il m'a imprégné de la nécessité de témoigner des nombreuses facettes de la vie du Québec.Du temps de notre jeunesse, nous allions entendre les artistes s'enflammer dans des discussions sur l'art.Je vous assure qu'on se serait facilement cru à Montparnasse.Tous deux, nous jugions que le dessin était fondamental en peinture et nous pensions que l'art abstrait servait de prétexte aux «incapables».Les dernières années, nous allions souvent _ nous balader dans les rues de I lavilleenvoiture.Ilétaitfurieux œ de constater que tel édifice avait été détruit, tel autre caché par un nouvel édifice aussi moderne que laid, tel monument laissé à !'abandon:«lls tuent ma ville», disait-il toujours.Jean Paul souffrait de la destruction de la planète.J'approuvais et je renchérissais.Ensemble, nous déplorions la disparition de lieux qui nous étaient chers dans la vieille capitale et nous nous scandalisions - je suis toujours scandalisé d'ailleurs - de l'absence d'une École des beaux-arts à Québec.«Comment veulent-ils que les jeunes apprennent?» Jean Paul, tout comme Madeleine, s'indignaient qu'aucun gouvernement n'ait cru à la réouverture d'une telle école.Surtout dans une ville aussi belle que la nôtre.L'université n'est pas faite pour les artistes, les peintres ne sont pas des universitaires.Nous souhaitions que les jeunes artistes puissent connaître l'exaltation d'une atmosphère créée à leur image, entasser leurs chevalets côte à côte, apprendre dans un milieu stimulant.Tôt ou tard, les artistes l'obtiendront leur école.L'ironie, c'est que les politiciens lui donneront probablement ton nom, mon ami, et feront de grands discours pour dire combien tu y tenais.-Sv Painter Francesco lacurto first met Jean Paul and Madeleine Lemieux in 1926 at l'École des beaux-arts de Montréal.Their friendship was to last 65 years.The day before Lemieux died.lacurto was at his old friend's side in the hospital.Francesco lacurto reports that as a student, Lemieux already showed little inclination to use colours.He liked to paint almost exclusively in green whichdrew criticism from the teacher.Young Lemieux also had the conviction that a know how to draw and he deplored the fact that abstract art often serves as a pretext for those whoare "incapable".Later, recalls lacurto, Lemieux instilled in him the vital importance of bearing witness to the numerous aspects of Québec life.Au «Chanoine Kir» même les prix sont sympathiques Le seul véritable "bistro-restaurant" français de Québec jusque dans l'assiette vous attend tous les jours de midi à minuit Crème d'oignons caramélisés gratinée a Crème de Chou-fleur aux crevettes & curry * Céleri rémoulade * Tartare de saumon frais en habit fumé * Pot de rillettes maison a Assiette de poissons fumés a Mousseline de foies de volaille a Hure de queue de boeuf à la Bourguignonne a Escargots sur coquilles à la Bourguignonne a Fricassée d'Escargots en Fillo a Oeufs meurette a Salade tiède de Ris de Veau & foies de volailles a Filet de truite fumée à la crème de raifort a Panachée de salades vertes a Frisée aux lardons & son oeuf mollet a Camembert & Chèvre chauds sur pain aux noix & salade aTortellini aux petits légumes a Cannelloni gratinés a Moules marinières, Poulettes ou façon «Chanoine» a Pavé de Saumon frais rôti a Escalope de Saumon à la façon de Dominique Freminet a Steak grillé, frites & salade verte a Bavette de boeuf ou de cheval aux échalotes a Coeur de Filet mignon aux escargots & vin blanc a Entrecôte "Marchand de vin" a Tartare de boeuf ou de cheval a Andouillette braisée & sa purée de pois cassés a Saucisse de Toulouse maison aux lentilles a Noisette d'Agneau à la moutarde d'herbes fraîches a Ris de Veau poêlés à la façon de Florent Colombo a Filet d'Agneau en croûte légère & son jus a Choucroute Alsacienne garnie a Fromages variés a Desserts maison a LE CHANOINE KIR une vraie bénédiction pour la rue Cartier - 524*5303 S’APPUYANT SUR KODAK ET SA PARFAITE MAÎTRISE DE L’IMAGE ET DE LA COULEUR, COMPÉLEC VOUS OFFRE SA PLUS HAUTE DÉFINITION POUR LA REPRODUCTION DE VOS ŒUVRES LES PLUS PRESTIGIEUSES.Aucun des autres secteurs du vaste domaine des industries graphiques et de la communication n'a été soumis à des changements aussi explosifs que ceux de l’édition électronique et du traitement intégré du texte et de l’image.Depuis plus d’un an, Compélec a fait son entrée en compogravure (composition et photogravure numérique) et depuis, assure avec son système Prophecy de Kodak «le pont» entre le texte et l’image.?ENVIRONNEMENT POSTSCRIPT PC ou MAC ?QMS COULEUR 11x17 ?LINOTRONIC 100 A HYPHEN 300 A LINOTRONIC 330 A IMPRIMANTE LASER 1000 pts compélec 336, rue du Roi, Québec Téléphone: (418) 522-6831 Télécopieur: (418) 522-8437 Modem: (418) 522-6833 A SYSTÈME PROPHECY DE KODAK A SCANNER NUMÉRIQUE • PHOTOS • DIAPOS • ILLUSTRATIONS • LOGOS A PELLICULAGE ÉLECTRONIQUE Avec ses trois imageuses postscript, Compélec produit évidemment tous les fichiers haute définition couleur ou noir et blanc.mm ttü# us#?MM* s.ïJssè* SitM II WVm mKw, s ¦' ¦'tvj jvi if Un peintre à l'honneur -\^0?juAcX^ àww QUÉBEC CENTRE-VILLE LEMIEUX POUR DEUX Forfait Jean-Paul Lemieux pour deux personnes incluant : • billets d'entrée au Musée du Québec • petits déjeuners complets • chambre supérieure pour une nuit • taxes & services inclus occ.double du 3 juin au 1 novembre 1992 418-647-2611 99$ PAUL DESMARAIS L e peintre sentinelle Président du conseil et chef de la direction Power Corporation du Canada «HH m ' qs| I le suis reconnaissant au Musée du Québec de m'avoir invité à exprimer, dans le programme souvenir de cette grande rétrospective de Jean Paul Lemieux, toute l'admiration que je ressens pour son oeuvre et la profonde amitié que mon épouse et moi, ainsi que les membres de ma famille, éprouvons pour ce très grand artiste et surtout pour cet homme attachant qui a marqué profondément la sensibilité québécoise et canadienne de son temps.C'est en 1960, au début de cette période cruciale pour le Québec contemporain que l'on a appelée la Révolution tranquille, que j'ai découvert la peinture de Jean Paul Lemieux, au moment où je m'installais moi-même au Québec.Même si ses paysages sont québécois, sa peinture avivait en moi la mémoire de mon enfance dans le nord de l'Ontario et évoquait l'immensité quasi démesurée de notre pays.Toutefois, malgré ce sentiment de profonde solitude qui envahit les toiles de Lemieux et l'âme de celui qui les contemple, j'appris progressivement à découvrir l'humanité chaleureuse des personnages de cet univers pictural, dont la vie est toute intérieure.J'ai alors ressenti l'envie de connaîtrece peintre admirable et c'est ainsi qu'il accepta en 1968, de quitter sa chère ile-aux-Coudres pour accepter notre hospitalité à La Malbaie.Quel plaisir ce fut de découvrir un homme et une femme, son épouse Madeleine, remplis de bonté, de finesse, d'intelligence et de culture! À compter de cette date, nos rapportsse sont intensifiés.Lemieux commença un portrait de moi en 1972 à Paris, qu'il termina par la suite à Québec; je le retrouvai une autre fois à Paris après sa grande exposition de Moscou et le visitai chaque été dans son île.J'appréciais son humour, son art de vivre, sa passion pour la nature et son amour des hommes.De même que mon grand-père Noël Desmarais m'avait appris jadis à découvrir la beauté de la forêt canadienne et à respecter l'ordre de la nature, de même Lemieux m'apprenait, à son tour, à regarder et à contempler l’univers, tout en découvrant la place centrale que l'homme y occupe.Il me donnait un nouvel et précieux héritage, que j'essaierai de transmettre à mon tour.Ses toiles, pour moi, sont apparemment vides et pourtant pleines de vie, habitées en quelque sorte.Car on pourrait dire de Lemieux, au sens traditionnel et noble du terme, qu'il était un "habitant» de son pays, de son île, de son travail, de sa vie.Enraciné dans sa vérité, cherchant l'authenticité de l'univers autour de lui, il a bâti une oeuvre solide et il nous a laissé, à chacun, une richesse impalpable.On parle toujours de ses grands espaces, de la dimension éclatée de sa vision; on ne signale pas assez ses cieux, le regard qu'il projette au-delà de l'horizon, à la verticale, vers le ciel noir où flotte une neige intemporelle, des étoiles invisibles et, assurément, une vie immanente.Sur cette «Terre des Hommes» dont Antoine de St-Exupéry nous parle, chaque homme doit contribuer à l'édification du monde.Jean Paul Lemieux a rempli sa mission.Il nous manque, même si nous savons qu'il est encore parmi nous, autour de nous, en nous.TEMOIGNAGE: Nostalgie de l'enfance et des paradis perdus de l'insouciance, douce tristesse du souvenir de ceux qui, nous ayant quittés, sont toujours au cœur de nos mémoires, solitude peuplée, silence attentif et vibrant, voilà ce qu'évoque, à mes yeux, la peinture de mon ami Jean Paul.Un jour d'été, à l'île-aux-Coudres, je le regardais travailler avec une intensité presque religieuse sur un très grand tableau d'hiver, au centre duquel un enfant-prince aux yeux naïfs scrute intensément l'inconnu devant lui, alors qu'il est lui-même à l'extrême limite d'un espace démesuré.Il s'éloigne, sans bouger, d'une gare située à l'arrière plan et les voies du chemin de fer l'invitent à ce voyage statique.Je suis resté à le regarder travailler, en silence.Il me demanda, à un certain moment, ce que je pensais du sujet et de son traitement.J'osai soutenir que la voie ferrée s'éloignait trop vers la droite, qu'elle pourrait se rapprocher du personnage perdu dans ce paysage du bout du monde.Quelle ne fut pas ma surprise de le voir m'associer ainsi, si naturellement, à sa réflexion! Ce n'est que plus tard, quand il considéra que son travail fut terminé, qu'à mon tour je le suppliai de me laisseracquérircetteœuvreunique.laquelleestdevenue une des principales pièces de la Collection de Power Corporation.Je reçois beaucoup d'amis étrangers soit dans Charlevoix, soit à Montréal ou ailleurs, où des tableaux de Lemieux «habitent» avec nous.Et je suis toujours étonné et ravi de les voir s'arrêter, scruter la toile, garder le silence, s'avancerou reculer, avant de nous demander: «Qui est ce peintre?Quel est le sens de ce tableau qui semble nous interroger?» À mon avis, il n'y a jamais de conclusion lorsque l'on parle de Jean Paul Lemieux.Il est hors du temps et pourtant toujours là! Etje crois mêmequ'il rajeunira avec les années, qu’il témoignera toujours pour l'homme d'ici, vigilant et debout sur sa terre, sentinelle de l'intemporel et de l’infini.A ^ Suite des témoignages en page 39 President and chief executive officer of Power Corporation of Canada.Paul Desmarais is also a great an lover.In the late sixties, he struck a personal friendship with the artist and his wife Madeleine.This friendship cumulated in a portrait which Lemieux made of him in the late seventies.Mr.Des-marais remembers w ith emotion how one day the artist not only permitted him to watch but encouraged commentary on the work being done.To Mr.Desmarais's astonishment.Lemieux integrated his suggestions into the painting.Mr Desmarais has great admiration for Lemieux's work, particularly for his skies which "suggest a transcendant life", while never loosing sight of the human touch."Lemieux taught me to observe and contemplate the universe and thereby discover mankind's central role in the scheme of things.” He goes on to say that, for him.Lemieux's paintings evoke "memories of childhood and innocence lost, sad memories of our loved ones gone but still present in our hearts, a solitude fulfilled,asilence both vibrant and thoughtful". MAITRE DEVOS .w î .LAVERY DE BILLY AVOCATS Montréal Bnrnin 4000 I Blair Ville Murir Montréal (Quélar) II.IH4M4 (SI4) 871-1522 (,)né|»rr Biirrau 500 02S.rlicniin Saint-Louis C^ilélar (Ouélirr) (.IS ICI (418)688-5000 Ottawa 20' étage 4.r>, rue O'Connor ( )ttawa (( hitario) K II* 1 A4 (618)504-40.% I oronlo.Ottawa, Kégion ** » .I • v: lr/J -, ' .V - >, T\ k * A; i nr nr ¦¦ y^ J •¦ ) ¦ ." \ S'k y*' ' ^ V ' .- UN DIALOGUE INTIME / ENTRE 1 / UN PEINDRE ET UN PEUPLE ¦ ' ¦ Il HSH1 i II î ¦ Vi, (VL rl I &Mvr [W.V S ¦ V ’S ' { BANQUE ! NATIONALE / / / / ./ (1904‘;t990) \J> /T' /¦ / Gonjmanditaire officiel de l'exposition1 L’effet Lemieux au Musée du Québec.• u .J- ' \ K Y lT\: *Y ¦ 'G MUSEE i 1 son ouverture, en 1933, les collections du Musée du Québec comprennent notamment un volet sciences naturelles, qui quittera le Musée en 1962.When the Musée du Québec opened in 1933, its collections included a natural science section which left the Museum in 1962.V s *?.! 'll '' i( ¦ tia , «< M i-iï/jSL C'est cependant la collection des beaux-arts et les événements qui s'y rattachentquipassionnent les directeurs de l'institution.However, il is the fine arts collection and the related events that truly arouse the enthusiasm of the Institution's directors.En 1943, une exposition de la Royal Canadian Academy of Arts et en 1945, une exposition de l'École des beaux-arts de Québec attirent les foules.In I943, an exhibition of the Royal Canadian Academy of Arts and in 1945 an exhibition of the École des beaux-arts de Québec attracted sizeable crowds.Musee du Quebec 27 Déjà, à l'époque, les ateliers destinés aux jeunes sont très populaires.The workshops intended for young people were already very popular back then.60 ANS D'EXCELLENCE c France Gagnon- Collection 1563, chemin Saint-Louis Sillery (Québec) 688-8074 Bruno Côté Rétrospective 10 avril au 17 mai 1992 Les plus beaux cristaux 29 mai au 9 septembre 1992 Les oiseaux bijoux 8 avril au 6 septembre 1992 Antoine Dumas et Raoul Hunter L'art et l'humour A partir du 16 septembre 1992 VILLA BAGATELLE «s Petits AccramsiiT LES GRANDS Petits musées intimistes, la Villa Bagatelle et la Vieille maison des Jésuites accueillent les plus grands artistes d'ici et d'ailleurs.Faites comme nos milliers de visiteurs annuels et suivez la piste des Lemieux, Mirô, Picasso, Riopelle, Dumas et Jourdain.Hommage au sillerois J.-P.Lemieux LA CAISSE DESJARDINS DE SILLERY 1394.Maguire.Sillery G1T 1Z3 Tel 681-3566 Télécopieur 681-1049 «n nfn n JSBSii André Voilant et Lucien Jourdain Quand le tambour chante 17 mai au 18 octobre 1992 Le bateau: de poupe en proue Art populaire amérindien 17 mai au 18 octobre 1992 VI ElLLE MAI SON D E S JESUITES 2320, chemin du Foulon Sillery (Québec) 654-0259 maxmæmmMmmm \ DeLUXE JEAN PAUL LEMIEUX Laissez-vous séduire par un FORFAIT DeLUXE JEAN PAUL LEMIEUX offert par Radisson Gouverneurs Québec.Lors de ce séjour, les amants de l'art découvriront les charmes du Vieux Québec tout en profitant de l'exposition «JEAN PAUL LEMIEUX».Voire FORFAIT comprend • 2 nuits à L'EXCLUSIF • Le petit déjeuner continental au salon de L'EXCLUSIF • Canapés servis durant les 5 à 7 au salon de L'EXCLUSIF • Frais de stationnement • Lors du séjour, un dîner table d'hôte pour 2 personnes et la bouteille de vin du maître d'hôtel seront servis au restaurant LE CAFÉ • 2 billets d'entrée au Musée du Québec Pour 2 personnes, Forfait 2 nuits 3 jours (taxes et service en sus) Réservez tôt.car le nombre de forfaits est limité.Le "FORFAIT DeLUXE JEAN PAUL LEMIEUX» e5tva oe.^so^a- ’er -ove-O'e '992 7 ou's oa- se~a -e simesemaîons et se on a asoor o ww Appelez-nous pour réservation au (418) 647-1717 ou sans frais au l|P 1-800-463-2820 Radisson 1M°-333-3333 Tr.LE f’AFÉ COUVERNEU RS QUÉBEC 690, bout.St-Cyrille Est, Québec OC G1R5A8 ®Aut'*t°'' suites avec bain tourbillon, salon Lauréat avec foyer, balcon.gastronomie Un délice pour les yeux.et le palais." Si l'on n'ose plus, parce qu'on l'a usé, employer te mol gastronomie, on pourrait ” l'appliquer sans hésitation à la table des I ,, /m Falaises." Françoise Kayler, La Presse xCH AlSr’ P.A.M.à compter de 93$ rAyr^ par pers.,par jour, occ.double .¦ .incluant souper, chambre et petit déjeuner V 18,Chemin des Falaises, Pointe-au-Pic, Qc GOT 1M0 EpHHP Tü**"" Surplombant le fleuve, l'auberge vous offre 45 chambres dont certai nés avec balcon, bain tourbillon et fywfijMj Lâiüéâi foyer ainsi que deux salles de 1992 réunion.Sur place: tennis, piscine, 8a"T™'vert de pratique, croquet et galet.JBERGE f)Kj Forfait de 82.50$ à 147.50$ nüC par jour, par pers .occ.double UHiO SMuuk incluant souper, déjeuner et coucher I ' * vr a u no Aussi disponibles: Excursions aux V^AlMAKJJo baleines ou dans les Hautes-Gorges.Forfaits golf, ski ou motoneige.49, Côte Bellevue, Pointe-au-Pic, Qc GOT 1M0 (418) 665-3761 fax (418) 665-4727 (418)665-3731 fax (418) 665-6194 L'Auberge des Peupliers, pour un yg|"Wi51i séjour inoubliable où l'ambiance n'a HUSSfl d'égale que la qualité de l'accueil.±±++ P.A.M.à partir de 71$ 1^111^1111 pcrs./jour/occ.doublc,T.P.S.cn sus.service inclus y» 35 Excursion aux baleines: à partir de 101$ //f (\jl& persVjour/occ.double.T.P.S.en sus.service inclus // / Haute-Gorges de la rivière Malbaie VV l 7f à partir de 89$ —jr-— pers./jour/occ.double,T.P.S.en sus.service inclus ' 381, Saint-Raphaël, Cap-à-1'Aigle, Qc GOT 1B0 Calme, détente, Retail fc Silence ^“7“' fine cuisine et romance.1988 et 1991 "L'une des plus coquettes yy.Uafyna auberges de Charlevoix." \lllsOJtjO François Trépanier -Auberges et relais de campagne Forfait de 62.50$ à 100$/jour/pers incluant chambre, souper, petit déjeuner et le service (unes en sus) 223, Chemin les Bains, Saint-Irénée, Qc GOT 1V0 _________(418) 452-3594 fax (418) 452-3240___________ Qutaftcoii (418) 665-4423 fax (418) 665-3179 — mm.ÏSpWi^M.mdm SP»**» TT jTne auberge de campagne m J conçue pour accueillir V/ toute votre famille.Dans un décor magnifique plein de verdure avec une vue sur le fleuve, l'hospitalité de Charlevoix y esta son meilleur.Chambres rénovées (style rustique) dans le Manoir.W pavillons modernes tout Ê-Jconfort dont l’architecture JL extérieure s'harmonise avec le style du Manoir.Salon, foyer, cuisinette, chambre intime, remise à skis, balcon privé.Piscine, sauna, lavomat, golf (27 trous) situé à 500pieds du Manoir, ski (15 minutes du Mont Grands-Fonds).Forfait: 70.00$ à 97.50$ /pers./occ.double incluant chambre, souper, petit-déjeuner, service (taxes en sus).1030, chemin du Golf, La Malbaie G5A 1H1 (418) 665-4413 fax (418) 665-7188 LA PntëONNlEPË /J BEST Oh ZSlWARD OF EXCELLENCE THE WINE SPECTATOR ?J*» ?CAA/AAA MwjeetReslauanl Un relais de campagne au confort incomparable, un grand restaurant et une cave à foire rêver.28 chambres joliment décorées dont certaines avec lit à baldaquin, foyer ou baignoire à remous.Piscine intérieure, sauna, tennis, plage sauvage privée et centre équestre classique.Forfaits à compter de 115 $ par pers., par jour, en demi-pension, service compris.RELAIS & CHATEAUX LA PINSONNIÈRE Cap-à-l'Aigle,Charlevoix GOT 1B0 (418) 665-4431 ¦ À'nuifhht 11 IE-SA 11T-PA H1 25 SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE 1992 Dans la foulée du monde des Arts, bien peu de créateurs ont réussi à nous faire prendre conscience de notre vécu.Jean-Paul Lemieux l'a fait éclater par sa vision nouvelle et attachante.Son oeuvre restera gravée dans la mémoire de notre destin.DESTINÉE D'AUTOMNE CLAUDE LE SAUTEUR.A R C.JE M’ÉVADE DANS CHARLEVOIX L'idée vous séduit?Imprégnez-vous de Rêves d’automne et partez à la découverte des quelque soixante (60) activités de culture, plein air et bonne bouffe.PLEIN AIR Je fais le plein d’énergie: Tour de l’île-aux-Coudres en vélo, escalade.Je respire le bon air: Randonnée pédestre, safari, anorak et espadrilles.J’utilise des transports inusités: Planeur, hélicoptère, avion, charrette.BONNE BOUFFE Je partage avec mes amis les plaisirs de la table: Brunch musical de monsieur le curé, souper poétique, souper international-Je savoure des mets concoctés par les mains expertes de chefs cuisiniers: Chefs à l'oeuvre, tables de fine cuisine.CULTURE • PLEIN AIR • BONNE BOUFFE CHARLEVOIX - QUÉBEC La Fondation Centre Hospitalier De Charlevoix est le maître d’oeuvre de Rêves d'automne.Cet événement lui permet de recueillir des fonds pour satisfaire les besoins distincts de ses clientèles.Procurez-vous le programme détaillé auprès de Rêves d'automne 74, rue Fafàrd, Baie-St-Paul (Qc) GOA 1B0 (418)435-2535 |n|Gouve.nomontduouobe C\/3 Ministère ¦ ¦du Tourisme CULTURE Je découvre l’univers de la peinture à Baie-Saint-Paul: W Route des grands peintres, exposition rétrospective Clarence Gagnon, q/ collection du centre d'art, galeries d'art.^ Je m’entretiens avec les peintres: Belle virée des galeries d'art, peindre dans la nature, dessiner avec.CO Je recherche les spectacles intimes: U Chansonniers et musiciens dans les restobars, contes et légendes, soirée intime avec Félix-A.Savard.W Je participe à des spectacles plus imposants: [-h Théâtre, la relâche (ouverture), soirée avec un artiste réputé.(J Mes enfants sont aussi spectateurs: ^ Théâtre de marionnettes, cinéma.c/3 CATALOGUE JE1\ PAUL LEMIEUX .EMIEUX QU'ON CONNAÎT - LEMIEUX QU'ON IGNORE - LEMIEUX QU'ON AIME Po^j MUlll OU QUltlC OU QUt«| lis fUtLICATI Volume de 320pages, format 24 sur 32 cm, relié pleine toile, avec jaquette en muletas laminée, offert dans un élégant boîtier cartonné.160 illustrations, dont 120 reproduites en couleurs.Un livre à contempler.Un livre à lire.Un livre à offrir.Un ouvrage splendide sur l'un des artistes les plus connus et les plus aimés du Québec.Cent vingt tableaux de Lemieux, provenant des collections du Musée du Québec, de grands musées canadiens, de compagnies prestigieuses et de collectionneurs privés, sont reproduits en couleurs et commentés par une analyse surprenante, rigoureuse et passionnée de Marie Carani, professeure d’histoire de l’art contemporain à l’Université Laval.À la fois catalogue de l’exposition présentée au Musée du Québec du 3 juin au 1er novembre 1992, ouvrage de référence et superbe livre d’art, ce volume illustre les œuvres les plus connues de Lemieux ainsi que celles, troublantes, de sa maturité tardive; la plupart jamais montrées auparavant.Marie Carani suit pas à pas l’étonnante carrière de Jean Paul Lemieux jeune professeur à l’École des beaux-arts de Québec, critique d’art ei critique social, témoin et acteur des formidables transformations artistiques et sociales des années trente aux années soixante, peintre solitaire, mais extrêmement sensible aux courants artistiques les plus modernes, interprète des angoisses et des espoirs de ses contemporains.I- | COMMANDE POSTALE Nom :- No compte client: Adresse: ___________________________________________________ 85$ En vente ville : Code postal : Téléphone : (_____) Quant Code 2-551-15120-1 Titre JEAN PAUL LEMIEUX Cartesdecréditacceptées 32 €& Numéro :_______________________________________________ Date d'échéance :______________________________________ Banque ________________________________________________ Nom du titulaire ._____________________________________ Signature :____________________________________________ Vçnte et information : TELEPHONE: (418) 644-1036 TELECOPIEUR (418) 646-3330 Retournerce coupon à: Librairie du Musée du Québec 1, avenue Wolfe-Montcalm Parc des Champs-de-bataille Québec(Québec) GIR 5H3 Prix unitaire Total 85$ Somme partielle TPS 7 % Total Important : Paiement par chèque ou mandat-poste à l'ordre du « Musée du Québec ».Les prix indiqués sont établis en dollars canadiens.dès le 3 juin au Musée du Québec et dans les bonnes librairies Une coédition Musée du Québec et Les Publications du Québec.L J GALERIE **.t» •» v -*
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